La Tribune : journal hebdomadaire, 22 avril 1892, vendredi 22 avril 1892
[" Assemblée Legislative Vol.4.St-Hyacinthe, Que., Vendredi 22 Avril, 1892.JOURNAL HEBDOMADAIRE { BUREAU : 114 rue Cascades\u2019) A.DENIS, Directeur-Propriétaire.A.J.DORION, Rédacteur FE U I LLETON \u2014Du mal! beauconp de mal!} \u2014Mais sans doute, Paul, regardant 1a jeune femme \u2014Mas, monsieur.interrompit llélas ! cest st freile ! Combien de \u2014Quand ?à la dérotée, se demanda : René, es \u2014=n lemmes jalouses de mon bonheur, \u2014Le leude-n«in du jour où qe l\u2019i- \u2014Est-elle de bonne lui?\u2014Ah ! laissez-mos continuer ! LE MEDEGIN des FOLLES SEPTIÈME PARTIE LE DRAME DE L'ALBATROS HI LE CHEQUE DE VINGT \u20acINQ MILLE FRANCS ( Suélte) \u2014 Pourquoi si vite ?\u2014Que [tre si nous ne montons pas ?\u2014La soirée est magnifique, allons plutôt au jardin.\u2014Non, an jardin on poursail nous entendre.\u2014Eh bien, qu'importe ?\u2014Tl importe beaucoup, répliqua Mathilde, vient là-haut, je l'eu prie.\u2014Soit, murmnra Paul avec une contraction des sourcils qui n\u2019an- nongait point que l'acquiescement ainsi formulé lui l'ût agréable.Il suivit Mathilde au premier étage et franchit avec elle le seuil du petit salon où nous avons vu la jeune femme dormir dans l'après-midi.Elle s'assst eur une chaulteuse el fil signe à M.de Langeais de venir prendre place à côté d'elle.I1 obéit, mais avec une contrainte manifeste.Mathilde avait Frappe sur un tum- bre.La femme de chambre alluma les cinq bougies d\u2019un candélabre placé eur un meuble et se relira, \u2014Maintenant, dit la sœur de René, nous sommes senls, bien seuls.Jtusons.\u2014Ët de quoi parlerons-nons ?demanda le jeune homme avec un sourire forcé.\u2014Paul, cher Panl, reprit Mathil= de, tu ne veux pas me faire souffrir plus longtemps saus molif, moi qui donnerais ma vie pour Vépargner une souffrance.Tu vas me dire franchement ce qui te préoccupe.\u2014Tiien.Je te le répète.\u2014Eh bien! au risque de te déplaire encore, je te répondrai qu\u2019en affirmant cela tu me trompes ! Au moment où lu descendais de voiture, ton air réveur et sombre m\u2019a frappée vivement.Souliendras-tu que lu n\u2019as rien quand je te rappellerai Ta froideur de tou baiser! Ta lèvre était de glace en effleurant mon front! et pendant le diner tu ue mas pas dit vingt paroles! Lt tout à l'heure tu ne voulais pas monter! lu semblais craindre de t'isoler avec moi, Est-ce que font cela estnaturel ?Voyons, cher Paul aie confiance en moi, Tu es revenu de Paris sous une impression allris- tante, Pourquoi ?A quel propos?Que s\u2019estil passé?Qui as-lu vu?Que ta-l-on appris ?M.de Laugeais baissa la têle.\u2014Ne m'inlerroge pas, balbntia- til, \u2014Pourqnoi ?\u2014Parce qu'il vat mieux que je me taise.\u2014Ne vois-lit pas que tou silence me fait mal ?Je veux savoir.On l'a parlé de moi, j'en suis sûre.\u2014Non, et d\u2019ailleurs, qu'aurait-on pu me dire?combien d'hommes envieux du tien chercheront peurètre à me noircir À tes yeux et à calommier les légèretés de ma vie d'artiste ! Et cepen- dane la Mathiide d'autrefois n'existe plus, ju te le jure! Depuis que je aime, depuis que je t'appartiens, je ne me reconnais pas Moi-mème! Tout est change en mot, va! bien change ?\u2014l\u2019ersonne ne m'a parlé de toi, répliqua donne ma parole d'honneur! \u2014Duis-je comprendre que je ue suis ni directement ni indirectement la catige de ta préoccupation ?\u2014Oui et non, \u2014lexplique-toi, je ten supplie, Quelle que soit ma part de lesponsa bililé dans Les soucis, je veux la connaître.Aw moins, quand je siu- rai de quoi tu m''acenses, Je pourrai me disculper.-\u2014Mais je ne l'accuse pas.\u2014Je le dis que tu m\u2019accuses !! Au nou du Ciel, réponds-moi.Dis-moi tout, ou je vais croire que lu ne m'aimes plus.La veille ou le matin de ce jour, l\u2019aui aurait répondu à nue telle parole en prenant Mathilde dans ses brag, en lu pressant contre son cceur, et la jeune femme s\u2019atlendait sans donte à une tendre démonstration de ci genre.Son attente ne se réalisa point.M.de Langeais se contenta d\u2019attacher sur elle un long et mekinco- \u2018lique regard, Mathilde ressentit si doulourense- ment cette déception que des larmes inoudèrent ses joues.\u2014Paul, cher Paul, balbutia-t-elle tu me caches un secret, je le vois bien, et ce secret doit être terrible, Aïe confiance en moi, par pitié ! Par pitié, dis-moi lout! Tu vois bien que le doute me rend folle, el que les angoisses me tuent ! Mathilde, en parlant ainsi, avait jeté ses bras autour du cou de M.de Langeais et sanglotail sur sa poitrine.[\u2019émolion provoquée par cetle crise de désespoir fut plus loite que la résolution froide du jeune homme.\u2014Eh bien, oui, (t-il, je vais parler.Tu sauras tout, mais il faudra me répondre franchement.\u2014Oui, oh ! oui ! je le jure ! D'ail= leurs, Je n\u2019ai rien à cacher.\u2014TI1 y a quelques semaines, tu l'en souviens, Je t'envoyai un cheque destiné à l\u2019acquisition d\u2019une parure qui te donnaît envie.\u2014Si je m'en souviens! s\u2019écria Matinlde.\u2014Tu le souviens du chiffre inscrit sur ce chèque?poursuivit M.de Langeais.\u2014Parfailement, ce chilfre était égal au prix de la parure désirée par moi, el que tu m'\u2019offrais avec une princière galanterie.\u2014Et le prix de cette parure ?\u2014Vingt-cing malle francs.Mais pourquoi me questionner an sujet d'un chiffre que, pas pius que moi, tu ne peux avoir oublié ?IV EN PRÉSENCE DU FAUSSAIRE \u2014Ne m'inlerroge pas, et laisse- moi continuer, dit M.de Langeais.Mathilde fit un signe affirmatif.\u2014Ce chèque de vingt-cinq mille france.poursuivit le jeune homme, A-t-il été présenté à la caisse de mon banquier ?aul vivement, j- Ven [dont le front.qui éait éclairei vais reçu, \u2014Eselu allée toi mène en toucher L> montant ?\u2014Non.\u2014Pourguen ?\u2014de etargnais les conps d'ost indiscrets, les remarques et lus crom- wentaires des employes.\u2019 \u2014Qui as-tu envoyé à ta placez \u2014Mon frère Rent.\u2014C'est étrange | murmura Paul pendant quelques secondes, redevint sombre tout à coup, \u2014BEtauge?répéta Mathilde.Que vois-lu d'étrange à ceiu?Au lieu de répondre À cette qnes- tion, M, de Langeus continua: \u2014L:-tu bien sûre que ton frère se soit piésenté en personne à la cuisse avec le chèque, et qu'il ait touvhé les vingl-cing mille frances?\u2014Parfaitement sûre.\u2014 En as-tu la preuve ?-Oui, et la incilleure de Loutes.\u2014laquelle ?\u2014 J'avais confié le chèque à René vers les cing heures du soir; le ien- demain, avant ouùze heures, il esl ven déjenser avec moi, et m'a remis la somme qu\u2019on venait de lui compler, \u2014Allons, s'écria Paul, cela devient de plus en plus incompréhensible ! À moins, ajouta-t-il, que ça ne soit trop clair.\u2014Je ne vous nen d'obscur là-de- dans ! dit la jeune femme, Lrès intriguée de ces derniéres paroles et de l'inlerrogatoire que Paul lui lai- sail subir.Esl-ce une énigme que tu me donnes à devimer?\u2014Une énigme, oui, Lrès sérieuse, et dont le mot, j'en ai peur, est ler- rible.\u2014 Paul, explique toi! Lu m\u2019el- frayes! S'agit-il toujours de ce chèque ?\u2014 Toujours, \u2014Eh bien ?=Eh bien, le chèque de vingt- cinq mille lrancs n\u2019a pas été présenté chez mon banquier le lendemain du jour où je (te l'avais fait parvenir, \u2014C'est impossible ! Mathilde.\u2014Je n'en sais rien, mais c\u2019est prouvé.EL à la place de ce chèque on en a présenté, ce matin, un autre.Tu entends, ce matin mème ! \u2014J\u2019entends, mais je ne comprends pas.Paul eul un sourire ironique et reprit: \u2014Je vais m'expliquer.I! n'eut pas le temps de le faire, Un vigoureux coup de sonnette, retentissant à la grille de la villa, arrêla la parole sur ses lèvres.\u2014(Qui peut venir d cette heure ?demanda M.de Laängeais.\u2014Mon frère, sans doute, répondit Mathilde.Le jeune homme tressaillit el répéta : \u2014'T'on frère ! \u2014Je le crois.Un mot de lui m'a prévenue qu\u2019il allait partir pour un long voyage, el qu\u2019il viendrait me dire adieu.interrompit \u2014Ah! fit M.de Lnngeais d'une voix sourde, il arrive bien mal ! - Mathilde, se méprenant au sens de ces mots, répliqua : \u2014dJe trouve qu\u2019au contraire il arrive merveilleusement à propos.Il va te douner les explications que tu désires, et l\u2019apprendre comment il se fait que lechèque en question n'ait été touché qu\u2019anjourd\u2019hui.ial = so Au moment où il se posait vetle question, on frappa deux coups lè- gers & la porte du petit salon, \u2014-Entrez Udit Matilde, La femme de chambre parut sur le seuil.\u2014Madame, fit elle, «est le f ère de majtame.Mathilde jett sur Paul un regard interrogatil.Le jeune homme était devenu très pû'e.Cr fut Ini qui répoudit.\u2014Priez M.Jancelyn de monter, rommanda-t-1] d\u2019une voiy dont les Iutonations parurent à Mathilde singulières et inquiétantes.\u2014ÂA la umnnte précise où mon frère a sonué, reprit-elle, tu allais m\u2019expligner quelque chose.\u2014Ah! sois tranquille, répliqua Paul, lu ne perdras rien pour attendre! René Jancelyn entra \u2014Bonsoir, petite sœur, dit-il en embrassant Mathilde.M.de Lon.genis, Je vous sulne, Paul lai rendit son salut, mais d\u2019une Liçon vaide et contramte.\u2014Tn viens bien tard, commença Mathilde.\u2014C'est vrai, répondit René, je ne crois pas cependant qu\u2019il soit lout à fait heure indue, d\u2019ailleurs je n'ai pu venir plus tôt, Tout un monde d'alfaires ! Une sorte de liquidation générale! Mais, comme je pars demain malin, je n\u2019ai pas voulu me mettre en route sans avoir embrassée, eline voilà! \u2014'Eu as d'autant mieux fail de vemrque lu pourras donuer à M.de Lingvais des renseignements précis au sujet d\u2019une affaire qui le préoccupe.\u2014de suis aux ordres de M.le vicomte, repliqua René avec une assurance plus apparente que réelle, car il ressentaitun commencement de défiance et de trouble.De quoi s\u2019agit-il ?\u2014Tuas bien touche pour moi, N'est-ce pas, demanda Mathilde, un chèque de vingt-cing mille francs |signé par M.de Langeus ?René sentit un petit frisson d\u2019angoisse courir sur sa chair, mais il était assez maître de lui-même pour dissimmler ses impressions, quelle qu\u2019en [iit la nature ou la violence; il répondit douc du lon le plus naturel : \u2014Certainement j'ai touché, et lu le sais ausst bien que moi, petite sœur, puisque avant midi, ce jour.13, je var remus les fonds.Mathilde se tourun vers Paul, -=Tu vois, lui dit-elle.Je savais bien, il y a là quelque malentendu.M.de Langeais, suns mème paraître entendre, s\u2019adressa à Rané et le fit en ces termes: \u2014Vous éles bien certain, monsieur, de n'avoir pas commis quelque erreur ?\u2014Quelle erreur, je vous prie, au- vais-je pu commettre ?répligna fort effronlément Itené.\u2014C'est à vous, monsienr, que Je le demande.\u2014Tl n\u2019est impossible de répondre, ne comprenant pas la question.\u2014Elle est bien simple cependant, el vous me semblez oublieux Je vais donc vous rafraichir Ia mémoire.Au jour indiqué par votre sœur et par vous, on Ne vous a pas vu chez mou banquier, et vous n'avez présenté ou fait présenter à la caisse aucun\u2019 chèque de vingt-cinq mille francs.fit violemment Paul de Langeas.dete répète et je l'affirme on ne vous à pus vu el vous n'avez envoyé personne !! En revanche, ce matm mème, on à touché le montent d\u2019un chèque signé par moi, sinon sous- erit par moi, un chèque de guarantee cing mille francs.Falendez-vous, monsieur ?\u2014Quarantc-ciny mille francs ! répêta Mathilde stupélaite, comment cela peut-il se faire ?Paul étendit la main vers René.\u2014C'esl ce que, pour la seconde fois, je demande à monsieur ! dit-il.Le coup était direct et rude.Néanmoins [associé de PFrautz Rictner fit bonne contenance.\u2014Eh ! monsieur, s\u2019écria-t-il, j'i- guore absolument ce que tout cela siguifie.Jde me suis dérangé pour rendre service à wma sœur.J'avais un chèque de vingt-cinq mulle francs.On m'a compté vingt-cinq mille francs, je vous le répôte!t Le reste ne me regarde pas, et je nai point à m'en occuper ! Pant de Langeais tira de sa poche un earnet, Pouvril et consulta l'une des feuilles.\u2014Vous avez présenté un chéque de vingl-ving mille francs, soit! reprit=1i ensuite.Quel numero d\u2019ordre portait ce chèque ?\u2014Je n\u2019en sais vien.répondit im- pudemiment le frère de Mathilde.Pourquoi m'en serais-je inquiété ?pourquoi m'en souviendrais-je ?\u2014Ce chèque, continua le gentleman, ce chèque portatt el porte en- cova le numéro 5.5620 que vous voyez ibserit sur la souche en regard du chilfre wengt cing mille \\racé par moi elfacé par vous, et remplacé par le chiffre guarante-ciny mille ?Monsieur René Juncelyn, vous êtes un faussaire ! \u2014Paul, balbutia la Jeune femme sffurée.Que dis-tu là! Ce serait monsirueux, mais grâce à Dieu c\u2019est impossible ! Le fière de Mathilde se sentait pris, ce qui ne l'empécha point de jouer l\u2019indiguation el de se donner l\u2019altinude d\u2019un homme injustement sonpçouné.\u2014Vous m'insullez, monsieur ! s'écria-l-il, vous m'en rendrez raison ! Paul eut un sourire moqueur, ae- compagné d'un geste dédaigneux.\u2014Vous rendre raison ! répliqua- t-il, moi, à vous ?Allons done ! vous plaisantez, monsieur ! Depuis quand les gens de ma sorte rendent- ils raison aux clients du bagne ?Itené, davenu livide, fi! un mouvement comme pour bondir sur M.de Langeais.Matlilde, folle d'épouvante et de douleur, s\u2019olança entra eux.Vv L'INCENDIE \u2014Paul, s\u2019écria la jeune femme en joignant les mains, je t'en supe plie, je te le demande à genoux, ne répèle pas celle accusation odieuse.Songe à ce que tu dis.=\u2014Je dis, s\u2019écria M.de Langeais dont la colère et l\u2018indignation grandissaient et qui n\u2019élait plus maître de lui-même, Je dis que vous m\u2019avez pris pour un niais, et gue vous vous êtes trompé ! Vous avez cru qu\u2019un gentilhomme de province, nouveau venu dans la vie paristen- ne, assez épris el assez riche pour glisser dans un bouquet un chiffon de papier rose valant vingt-cinq- nA TRIBUNE mille francs, étattun n4if où un (on, jetant sa «-gnature an hasard, el alors, en homme h«b'le que vons ; êtes, spéculant sur ma satitse où sur, ma foiie, vous avez (alalia le cheque el vous m'avez volé vingt mille france.\u2014Non ! cent fois non ! inleurrom.pit Mathilde avee exaltation, René n'a pas fall cela tI est mon (ere! Je réponds de lui, et l\u2019insulter c'est m'insulter moi-même ! \u2014Ah ! taisez-vous aussi, vous ! ! commanda l\u2019aul d\u2019une voix tou- nante.Après In comé lie de la femme amoureuss, ne jouez point le drame de la femme olfensée ! ! Ce serail peine pudue, J'ai cessé d'ê- tre dur.\u2014Mon Dieu, mon Die! balbulia Mathilde en fondant en larmes.1st ce bien toi qui parles?Me soup.çonties-tu véritablem «ut d'dtre enm- plice d'un acte abominable ?~\u2014Acle que je v'ai point commis, Je le jure : ! dit René dont le sang- froud était revenu, Eoxpliquous-no 1s avec calme, monsieur lo vicomte, et VOUS I» J'uxerz mieux.\u2014Auusi done, répliqua Paul,vons avez toutes les audaces 1 Ah! vous voul-z une expliration ! Je vous l'accorde ! lille sera \u20ac aire et ne sera pas longu- ! Houvrilde nouveau le caurast de chèque dans lequel so trouvait la feuille détachce, et sl poursuit vit : \u2014C'est si sample, pardieu ! qu\u2019an éntant comprendrait ! Voici le chèque lavé ot stirchargé, voire œuvre ! Autieu du cluitre de vérgt-cèng mille francs que j'avais tracé, il porte nne écriture qui ressemble à la mienne, mais qui n\u2019est pas la mienne, le chidre de gadrante cinq mille.Ov ce clièqus est sorti des mains de votre sœur pour passer dans les vôtres, vous en conv nez ! vous-même Gest vous qui l'avez présenté, et c':3t À vous qu\u2019on l\u2019a payé! Concturz, monsieur s'il vous plaî.Mathilde se laisst tonbir à pe- noux aux pieils de son amaut.ile compreuait enfin l'infamie de René.\u2014Grâse ! halbutia t-elle en tendant vers Paul ses mains supphan- tés.Grâce, au nom du ciel ! \u2014Grâce, dites-votus ! répêta M.de L'ingraie.Ali! soyez tranquille tous les le ix ! Je ue vous livrerai pas à la justice.Si Je vous dénon- cis, il faudrait témivigner contre vous devant nn tr.bunal.Il faudrait avouer tout haut que j'ai vécu dans l'intimité de lu sibur d'un facssaire ! Il faudrait remuer tropde boue, et j'ai peur des éclaboussures ! Vivez cn paix dans- votre honte el parta- gez-vous mes dépowmlies.Mais j'ai soif d'air pur, et je pars.Mathilde se tordait les répétant : b-as cn \u2014Pitié | je ne stts pas coupab e.Le vicomte n'entendait nen.11 poursuivit.\u2014de vous épargne,non pour vous, mais pour moi.Seulement ne vous retrouvez jamais sur ma route.Oubliez jusqu'd mon nom.Je ne vous conuais plus, Je dédaigne de vous cuvoyer au Dagne, et je ne veux môme pas garder la preuve de votre crime.M.de Langenis, en disant ce qui précède, jeta sur le tapis le chèque falsifié qu'il tena toujours à la main, el soitit de la chambre sans Écouter et sans regarder Mathilde qui continuait à balbutier d\u2019une voix éteinte : \u2014Grâce, pitié pour moi.Je sus innocente et je l\u2019aime.René out un sourrire cynique au moment où la porte se refermait, et s'élanga pour ramasser le chèque tombé entre lui et sa sœur.La jeune femme avait vu, ou plutôt deviné, le mouvement de son frère.Elle le devança, saisit le papier, et se dressa devant la misérable, les yeux étincelauts de fureur, en serrant le chèque dans sa main crise Ma tremblement nerveux agitait son corps, des dents s\u2019entrechoquaient, un large cercle de bistre se dessinait autour de ses paupières rougies.Elle étendit le !ras vers Roné qui reculs malgré lui, surpris et effrayé de cetle altitude menagante.\u2014Ah teeta Maihilde d'un- voix rauque, Paul a dit fa vértd! tu ce un lâche [tu cs un moffme! lu \u20ac un faussaire ! \u2014Eh bien, après ?répliqua brutalement I» comolics de Fabrice ot de Rittner, que l'importe celn?Ne V'ai-je pas donné ce qui le revenait?As tu quelque chose à me réclamer?Ai-je souci de tes injures?feud=- moi ce Chè.jue et tais-toi ! \u2014Lâche et menteur! continus la jeune femme, je o'ai rien à te rêclu- mer, dis-tn ?Je te réclame mon bouleur que tu viens d'anéantir® d'aimais.J'étais aimée.l'avenir enfin w\u2019appartenait, Tu vins de tout briser, Paul de Langeais grâce À toi me méprise ct, maintenant qu\u2019il te suit infâme, il ne reste plus qu\u2019à te tuèr detuait, comme on a tut Frédérie Battns al y a six mois! En entendant le now de [homme assisgine Rend tressaillit violemment, devint [dle comme vn seeetre ot seutit le vertige semparer de loi, I promena autour de la chambre des yeux hagards pour s'assuter gue personne n\u2019était là pour évouter les paroles de sa steur, Puis, chaucelant ainei qu'un homme gui vient de récevoir eur la tête un coup de massue, il balbulia : \u2014Silenc#, malheureuse folle Silence tt.\u2014Ah! continua Mathilde dont les pranelles s'injeclaient Ge san.Alturas peor! Ah! lu voudrais que je me taire! N'y compte pas!! de parlerai !! Je te Connuis maitite- nant, infâme, J: te connais bien ! tu n'es pas seulement uu faussaire, tu ¢s un aseassin, ou le complice d'un assassin! Ce chéqur m'a lout fait comprendre.Gest d propos d'un chèque falsifié comme c lu-ci que Fabrice et toi vous avez résolu la mort de Frédéric Baltus.J'ai une lettre en mon pouvoir.Une lettre que l'écrivait Fabrice el qui tu as perdue chez moi.Je ne la compre- næis pas alors.Anjourd'hui j'en comprends chaque mot, et je la garde, cette lettre et 1° garde le chèque que votei, el je m'en fais des armes contre (011! Rends-moi mon amour ! rends-moi mon bonheur! Rends-moi Paul de Laugeais, ou je t'envoie à l'échafaud, et Fabrice en méme temps ! Et la jeune femme, pardille a nue furie vengeresse, marchait, les poings levés v>ra son frère.René, livide de peur et de rage, lui saisil les poigne's.\u2014Doune-moi le chèque ! donnee moi la lettre ! dit-il d'une voix sotire de qui sifflait en passant entre ses dents serrées.Mathilde répéta : \u2014Rends-moi l\u2019aul! Rends-moi mon bonheur ! anon i'échafaud t Ta entends ?\u2014bLes papiers! ces papiers: reprit René.\u2014Jama\u2018s! \u2014Jd8 les veux ct je les aurai.\u2014Je te défie ! Le misérable accepta le défi.De son bras gauche, avec une vigueur doublée par la colère, il enlaça Mathilde afin de paralyser sa résistance, landis que de la main droite il s'efforçait de lui enlever le chèque.La jeune {~mme se débattait pour échapper à la brutale étremte de René, elle se tordait comme une couleuvre, elle lui mordail le poignet en baïlbuhiant : \u2014Tu n'auras rien! tu me tuerais plutôt! Rends-moi mon amour !.Rends-moi mon honheur ! René, haletant, az tatsait sans là- cher prise.La lutte était effroyable.Mathilde, quoique plus faibie, ne semblait pas devoir être facilement vaincue.Tout à coup, par un effort violent et imprévu, elle se dégagea, glissa le chèque dans le cursage de aa robe se réfugia dans l'un des angles da petit salon et se mit en défense comme une tigresse acculée.René bondit de nouveau sur elle, et le combat corps à corps recom- menga silencieux et terrible.Ou n\u2019entenduit que le huit des respirations strideates, accom pi- gnant des prétinemerts souris.Le complice de Mittrer avait saist =n tue par les Épistsles \u20ac {ft serrail de man:è.e à l'élutiffer, où toul au wotns à dus faite quidre connie.sance.Sons doute ol athat y quand il chanc-ln et perdit C'oquili- bre, S- pieil- venaient de s'eubar- rasser Jdavs [a fousue troire de Mathilde.I taba & da renverse «nn enteai- nant ta june Tens wee dui, ot tons de an 3e débetirent enfaces, lui recsériat (de plas en plus son élrein t+ homicide, ele :- délendant avec | S08 Aptos, aver ses dents, ( proun- étronge eCstsre, TOU- + lant sur le tapos comme on rend de serpents, h'urta fe gudridon sar Jequel se trouvant 1< canlélabre à; cinq brauchez et fe renverse, Nule fi&e ni la Apercarenit dans fe premier riomuent Que teur iusportait l'olseuticé ?Rene conlut eu finir.[saisit doe la main droite de Mathtd-; 20» doigts eris, \u20ac agi- vent à fa freon d'un étiar; ses ongles déchtrèrent tépiderme.La jeune femme se it à râler.Une seconde de plas et re rile al Jul de.enir e-lun de l\u2019agonie, lent se reteva b'usquement, Lre fevande cave rempei-siit le prdit salon.\u2014 Jw fu bdbata be faussaure, Mathild-.étrangié - à deu, >0 Pit- Dita pour ré, éver: \u2014Iw feu! 1,55 bougies du caudélabte reu- versé avai-ut enflimme les rideaux, et l'incendie se propageat avec la vitesse de la foudre, remplissant Pat- mosphière de la fumée dere dos Étofles consumièes.\u2014Tua voulais m'envoyer à l'échie- faud, chère sœur!! s'eortx Rend, Je ne te crains plus, et tou s cpt va mourir avec toi !! fn même temps il bondit au dehors, referma dernière lui la porte à sur ne con -douhle tour et prit la c'ef, laissant Mathilde au tiiheu des flammes, Vi OU CLAUDE MARTEAU RÉAPRATSAUT \u2014Alb * le misérable ! cvia la jeune feusmie parvenant, LON s1i5 [wile À se dresser sur ses genoux d'abord, puis sur ses pieds.Le misérable ! il ulenferme et Jefeu grandit! Il veut me brûler vive ! il m'assassine, et je suis sa sœur | À moi! ait secours ! Venez à mon aide ! je ne veux pas mourir.Sanvez-moi Jde veux me venger.Ce désir de vengeance reudil à Mathilde la force nécessaire pour se traîner jusqu\u2019auprès du petit meu- We dont nous avons farlé.Elle puit le coffre dans lequ-l élaient enferniée ses papiers, elle y plaça le chèque signé par Paul de langeais et talsifié par R-né.Ceci fait, el sachant la porte ler- mée, elle courul à l'ure des fenêtres avec lu résolution de l\u2019ouvrir et de se précipiter au dehors depuis le preimer étage, au risque de se Drie ser dans la chute Hélas! les rideaux enflammiés, les tentures que dévorait l'incend ¢, formaient devant ¢ile une l'arrière infranchissable.T1 lui Fallut reculer jusqu'au milieu de la pièce.Elle se sentait délaillir.Ls fumée deveuait de plus cn plus épiisse, le plancher craqnant.Mathilde voulut appeler de nou- ves a l'aide.La parole exp'ra dans sa gorge haletante.Elle se laissa tomber à genonx et, se souvenaut tout à coup d\u2019une prière de sou enfance oubliée depuis longtemps, elle ta répéta machinalement en regardant les flammes avec des yeux hagards.Le cercle de feu se rapprochant.Mathilde aurait pu compter les minntes qui désormais lur restaient à vivre.Cependant, depnis le dehors, on apercevait l'incendie, Lee deux femmes au service de pÜussir, | Sen; Mathilde, enterndant les appels dé sespêrés de leur 1m: itresse au milieu des créputements du brasier, avaient perdu Ia tite et parcouraient les | 18 VO'sities En criant au feu, Dans cette partie de Neuilly les habitations sont séparées les unes (ds autres pur de vastes jardins; | NéatmOtES quelques personnes come.mer caicnt à atriver sur le lieu du | sinistre, pleines de lonue volonté, | ais ampui-santes à poiler secours.| Ft Pailteurs, que Faire?une fu- ! mére tone et épaisse lermait toutes | lex issues, Le feu altequait l'esca- hier | l'énélrer dans eeite maison con.| dame ée, c'était courir à certaine, une worl vn éclats sous un chne formidable, Uni homme cn costume de marin bondit dans In pièce où id a entendu pousse! des cris, mais le fumée Ta.veuule; il ne voit rien, il parle; on y ue lui répond pus.\u2014T'obuerre de IPest! murmure vel rome, Sius-je arrivé trop tard : Oil me su-sje trompé de chambre?\u201cGriller sa peau pour le roi de Peus- sey esl ga qui ne serait pas didle | 1 + .| demi consumée da petit sialon vole | 1 Soudain un jet de flamme écarlate, traversant les téuthres, Cetaire : l'enrlroit eù se trouve Mathilde, ave | lcraupie ct presque inanimée, mais * n'ayant point lârhé I» coffret.| Le matelot glisse © coffret dans ist chemise de flinelle, saisit et son- |fêve la june femm + qui perd ron- Malasatil: entre sez bras rolristes, sori de la chambre en bondissant (comme il y estesl entié, s'élAnCe {dans l\u2019escalier dont 1-= marches \u2018rarbonisées s'écronlent sons ses p'eds, et se trouve cufin au dehors, sain et sauf, avec son fardean.1 \u2014H{n'était que temps! dit-il en aspirant une énorme bouttée d'air pur.Tonnerre de Brest ! ça chauf- Ie eran «went dur li-dedaus ! ; Fu ve queMent un jeune ho nme *puigt la foule qui s'anvasssit duns l'avenue condatsant au logis incen Pdig, et séeria ave vu indicibl: ac | cent d'augoisse et d'épouvante : ; \u2014Malinile !* où est Mathilde ; 1 ' | \u2014~31 c'est de cetle petite dawe que vous parl z, It voici, répoudit | Claude Marteau que vos lecteurs j ont deviné déjà, La tête de Methille évanoute ra posait sur l'épinle du matelot, Paul de Langeais, car c'était lui, vit la piceur livide de la jeune fem.ine, se veux fermés et, chime lant, balbutia : \u2014Morte ! elle est morte ! \u2014Non, monsieur, réphiqua C aude.Evanonie seulement.\u2014 Vous eu êles sûr ?\u2014l'ardieu ! ni une égratignaure ni uu cheveu bu Glé, je vous le garantis ! Sortons la d'abord de cette foule où on étouffe, ele reprendra bientôt coun naissance.Les curieux s'écartereat devant le rourageux sauveteur qui put arriver jusqu\u2019à la grille, suvvi de Paul de Langeais Ce dernier n'avait plus la ete à lui.\u2014Où lu conduire 7 répétait-il, où lui donner les sous nécessaires ?\u2014Cia west pra difficile à trouver, répondit Grande Marteau.Si vous voulez venir avec moi, nous allons mettre la petite dame en lien sûr, \u2014Où donc ?\u2014Chez mes patrons, tout à côté, Ils sont en voyage.Ainsi donc vous ne dérangerez personne.(a vous va-t-il ?= Ah ! je le crois bien ! J'accepte avec reconnaïssauce ! Allez, je vous accompague.Claude Mait au, surnommé Hor deplat, était d'une force si prodi- giouse que la jeune femme qu\u2019il portait dans ses bras Ini seniblait à peine plus lourde qu\u2019un eufant el ne ralentissait poiut sa marche.Quatre ou cing cents pas tout au plus séparaient l'habitation de Mathilde de la villa de M.Delarivière, A mi-chemin à peu près sur le boulevard de la S:ine, le matelot rencoutra Laurent qui, surpris par des Ineurs insotitrs, se dirigent du côté de l'incendie.Tout à coup cepeudant Li poite à 1 La petite dame v'a © lle wiv an courant de ce qui ae passait ¢t termina pat cus mols : \u2014Vite, tne chambre pour madame.M.Laurent, s'il vous plaît.l'intendant alléché par l'espoir très vraisemblable d'une sérieuse gratification, til un euspressement Vextréttie à se r°udie aux duairs de Craude Martean.\u2014Je passe le preurier.Quand vous wrriverez, la chabie prête.El tourcaut sor ses talons, il reprit à la ptus razide atiure L+ che- \u201cmin de la villa.| Cluj minutes pas tard Mathilde, j qui Le revenait point à elle-même, | était étendue sur le lit d'une con- fortaide clronbre du rez de-ehaussée, sera { L'ex-mätbdot Tu rezardat avec al- | tention, =Car diohe Dad wnt it a voix | bass.J pielerais wens deus de Cent sons rontre an wal due, que i \\uquelque putre meguon vi- (sugeelà, Mais eù et quand ?Jena | m'en sorviens pus.| Paul de Langenis, debout i vie du lit, tenait daus ss mans uns des mans glacées d Mathilde, et *s'effrayait de l'inmobilité Laante de Li j-uno femme.I se tonrra ver.Claude let Laurent, et leur dit : persis Marteau 1 \u2014la situation de madame m'é- : pouvante.1 fiutrait on méd om, | et le pins vite possible.\u2014lQue Monsieur ue s'inquiète point, répondit Laurent, je viens d'envoyer le groom i Courbevoie | chercher un ductenr.Claude Marteau, nos leeteurs le savent depotis longtemps.avait Dis | uachion en forresr.| En conséquence, il sortit do In villa pour retourner sur 1> théâtre | de l'incsndie OÙ sa présence pouvait être utile.Comme il al-ait franshir la petite : porte donnant sur le boulevard de | la Feine, il s'apergul qu'il avait | gardé le pelt coffret de vieil ar- ; Bent, vulevé des mains de fa jeune | femme au moment da savveloge ! dont nous avons été témoins, \u2014Je le lui rendrai demain,pensa- t-il en revenant sur s°s pas, en ou vrant la j'orte de son pavillon, et en posant le coffret sur vue table.Ceci Fait, 11 retourna au feu.Les secours étaient arcivés du tous vôtés, mais trop tard.D: l'elégante ct coquette demeure il ne restait que quelques pans de mur.Les pompiers noyaient sous der torrents d\u2019eau les décombes fumants.13 commissaire de police, soup- çouneux par vocation et par état, interrogeait les bonnes, Ces pauvres tilles, la têta à l'envers, répondaient qu'ell-s ne sa- aient rien, mais qu\u2019elles attri- buaimt l'incendie à l'\u2019imprudence de Madame.Naturellement le commissaire désira voir Madame, mais personne ne put lui dire où le sauveteur inconnu avait porté la jeune femme.Clande Marteau, Comprenant qu'il n\u2019y avait plus rien à Laure, souf pour leg pompiers, reprit le chemin de la villa.Un autre, à sa place, eût êlé courbaturé, brisé, anéanti.[1 commençait tout an plus à ressentir un peu de fatigue; it rentra dans son pavillon, se j:ta sur son tit, et s'endormit d'un profond sommeil.Le inéderin de Courhevoie n\u2019était point encore arrivé.Laurent, par discrétion, avait quitté la chambre.Paul de Lang>iva veillait seul près de Mathilde toujour: évanonie.Il nous semble a peine nécessaire d'expliquer l'arrivée si opportuna du matelot sur le lieu du sinistre, \u2018Fronvant la soirée belle, il famait tranquillement son brilesgucule en flinant sur la berge de la Ssine, quand il avait aperçu une lueur insolite derrière les vitres de la maison de Mathilde; en même temps les appels des bonnes, qui s\u2019enfuyaient affolses, étaient venus frapper son oreille.( A continuer.) La TRIEUNE Mort du Sénateur Stevens Le parti libéral vient de voir olis- i paraître un vieil ami dans la personne du sénateur Stevens, mort hier à Knowl'on.Feu M.Stevens demenirait à Waterloo et représentait \u2018a division de Bedford au Sénat où il occupait son siège depuis (876, Il fut pendant longtemps maire de Waterloo et préfet du come de Shef- ford ct fut uussi président du chemin de fer Stanstead, Shefford ct Chambly.Sa most laisse à dix-huit le nombre des libéraux au sénat.Le regretté défunt n'avait pas mis tes p'eds à Ottawa durant Li présente sessivn.RR deat gras ao LE P0I550N D'AVRIL Les historiens les plus renommés sont en désaccord sur lorie gine du prisson warrd.l'expli cation la plus simple, et pent- être aussi la meilleure, ost, sans doute, vne allusion à la péche qui s'ouvre cenéraement en avril Comme elle est alors presque toujours infructuense qu'on amène au bout de la ligne moins de poissons que de vivilles savates, co inécompte aurait donné lieu à Ja coutttme d'attraper AQ TCHR OR CON Sea RENTE A i \u201ccomme nourriture ; par consé- | juge a dit : \u201c Nous pensons que celui qui donne un cigare à un juré viole l'esprit de la loi qui défond de fournir aux membres du jury ; quelque aliment ou quelque i Ï Au cours de ses remarques le | | boisson.Un grand nombre de personnes prennent souvent un cigare au lieu d'un whisky.\u201d verre de Le magistrat vankee est allé encore plus loin.H a entrepris de démontrer que le tabne est ; une boisson, \u201cLe tabac.n-t-il dit, est pris quent c'est Un aliment.11 est aussi permis de dire que c'est el : les gens simples et crédules en, leur offrant un appät qui leur échappe, comme le poisson en avril, échappe at pêcheur.Cette explivation ne peut avoir trait, bien entendu, qu'à l'expression française.Ce qui serait très intéressant à connaître, c'est l'origine de la contume, qui paraît exister presque partout.Avalent le poisson d'avril, en Prange, coux gui ont été assez simples pour exécuter la commission d'aller emprunter ou acheter: la corde a lier le vent: an bâton à un bout : de l\u2019huile de cotret : le moule aux niguil-\\, les : an once de finesse en bouteille, ete.Dans les études, c'est- à-dire chez les hommes de loi, on envoie le saute-ruisseau ou un clerc novice chercher le Corde des lois futures.Dans les cuisines, c'est le marmiton on gite sauce qu'on expédie i la recherche de da pierre à enfoncer le mon.lin Angleterre, et méme anx litats- Unis, les commissions dont on charge le pauvre april's fool ne tont pas moins insensées.On lui envoie quérir du lait de pigeon ou bien l\u2019/fistoire du grand\u2019 pire d'Adam.Si c'est Un passant, on Iai crie: \u201cLe cordon de votre soulier se défait\u201d, on bien: Vous avez une tache de boue sur la figure.Et de rire si le malheureux tombe dans le panneau.Poisson d'avril est don- vivant en maints endroits et depuis longues années.Mais bien fin qui saura dire d'u vient ce poisson 1.qe or cr A = Le tabac est une boisson Le tabac est une boisson.Qui l'aurait cru ?C\u2019est la cour suprême du Vermont qui vient de décider cela.Dans la cause de Baker contre Jacobs, la partic qui a obtenu gain de cause en première instance a oflert des cigares aux jurés.Or un statut du Vermont contient la disposition suivante : \u201cSi une partie obtenant un verdict en sa faveur donne ou lait donner quelque aliment ou quelque boisson à l'un des jurés qui ont entondu sa cause, durant la session où le verdict a été rendu, avant ou après le moment où le jury s'est prononcé, le verdict sera annulé et un nou veau procès auras lieu.\u201d Se basant sur ce statut, l'avocat de la partie adverse a appelé du jugement rendu et la cour lui a donné raison.une boisson.Joaquin Miller a dit : * Je bois I+ vent comme jo ; bois le vin.\u201d St un homme peut boire du vent, je pense qu\u2019il peut boire ln funée du tabac, toute déroulante qu'elle soir On est forcé de la buire depuis le berceau jusqu'à la tombe, pares qu'elle vous est soutilée à la fi- aire en tat low of en toute oc casion, (Mest une hoisson.\u201d Neate pas qu'ils ont l'esprit inrénieux les juges aunéricuins \u2018 Consomption querie Vuvieny metoeln retiré, avant reçu d'un moe Aonnairente[n{(rsorientele>Jatormule d'enreme de sh pla et vec pune In Consomption, lu Beotse chiite, le catarrhe PA e Let ai ners radicale | 1 vas, ve que wert son devoir dr le faire contetre aux malades, Pounso parie désir de vonlager Jos souffrances de han cette te instruction pote le préparer et l'emgdoyer.epee did par la poste si ou addresse avec un timbre vesnant co journal, d'enverrai guatls à veux quile désirent y Jourral Ce 16 FOX 3 WEEKLY, pages ifbustré, dévoué sn sport.et aux muvelles D sensation du dour.13 semaines 31,25, Beconipte libéral ieu mais tres de juste, axents et clubs.Demandez échane tion, RICHARD K.FOX.Editeur l'ropriétaire C4F ranklin 34.New York.RHEUMATISM PTE Also Gout, Kelaticn, Neuralgia, Faralysin, Numliness, Blood IHoorders and other cunstituluniad disabilities resulting (ron Exocsscs, linpalred Circulation aud slugpish Liver, by wea: DR.BRIDGMAN'S Saswesicorno: 9 NSW 77 // S.RSS n handiome finger ring.[| wi f | ; 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Unan.8 1.00 6Gmots.50 ANNONOES.Ire Tnsortion cmd ligne (iisertion subs.\u2026.\u2026.\u2026.\u2026.\u2026.© Annouces à loug terme à prix modérés.A.DENIS, Direcleur-Propriéluire.15e.Tic = ÔT-HyAcINTHE, 22 Avril 1892 LA SESSION La session provinciale s'ouvre mardi prochain, le 26 courant.Mortdel\u2019 l'honorable Alexander Mackenzie L'Honorable Alexander Mac- Kenzie, ancien premier-ministre du Canada, est mort dimanche.Il était malade depuis longtemps et sa mort était attendue d'heure en heure depuis plusieurs jours.Les journaux conservateurs comme libéraux sont unanimes à faire l\u2019éloge du défunt.M.Mackenzie n été en effet le type de l'homme habile, honnête énergique.De maçon devenu journaliste et, rentré dans la politique, devenant premier ministre du Dominion, il y a dans cette carrière de quoi justilier amplement les qua'ilicatifs ci- haut.Nous donnons ici quelques dé- -tails sur Ia vie de cet homme regretté.Fsquisee b'ographique du défunt Alexander Mackenzie naquit en Ecosse, le 28 janvier 1822.Son père était architecte de profession et entrepreneur bien connu dans les environs.Le jeune Alexander puisa de bonne'heure les principes du libéralisme écossais auquel il csi resté fidèle pendant route la durée de sa carrière.Il reçut sou instruction, d\u2019abord à l'école privée do Perth.puis à l'école paroissiale de Monlin et finalement an Grammar School de Dunkeld, puisant dans ses diverses maisons les bases d\u2019une éducation solide que les circonstances ne lui permirent pas de pousser vers les sommets de ln science académique.1! avait la vocation de la politique et, dés ses jeunes années, il s\u2019intéressait beaucoup aux iuttes de sa contrée natale.En 1886, il eut le malheur de perdre son père.Abandonné à ses propres ressources, il résolut de tirer parti des connaissances rudimentaires qu'il avait acquises en observant les travaux exé- outés par son père.Il se fit ma gon ot pratiqua ce métier avec -Constance et habileté.On a déjà dit, avec raison ap- \"paremment, que ce sont les troubles de 1887 qui ont valu an Canada l'avantage d'attirer plus tard vers nos rives celui qui devait un jour devenir premier ministre de la confédération canadienne.Vers ce temps là, plusieurs de ses parents émigrèrent dans le pays.Il eut occasion de lire quelques journaux canadions et s'intéressa sans doute beaucoup\u2019 à la lutte de la liberté contre \u2018I'oligarchie.Ce n\u2019est qu'en 1842, cependant, qu'il vint se fier à Kingeton.Il était alors -Âgé dà-vingt ans.Malgré sa jeunesse, il se jeta activement dans la lutte que soutenait alors: le parti réformiste ; contre le gouvernement de lord Metcalfe.Les premiers efforts politiques de M.Mackenzie furent son opposition au mainticn du collège de Kingston, aux réserves du clergé et à tout ce qui était de nature à créer dans l'E- tat des castes privilégiées.Plus tard, il fut, avec son ami George Brown, l\u2019un des adversaires les plus redoutables du ministère Hicks-Morin.En 1852, M.Mackenzie fit son apparition dans le journalisme.Les réformistes de Lambton, éprouvant le besoin d\u2019avoir ce qu'on appelle maintenant un organe, fpondèrent le Shield et en confièrent la rédaction à M.Mackenzie qui passait dès lors pour un des libéraux les plus eminents de cette région.Après avoir rendu d'excellents services à la cause libérale, le Nhield disparut pour faire place à l'Observer qui continua la iutte sous la même direction.lin 1857, M.Hope Mackenzie, frère du défunt, fut élu député à l'ancien parlement du Canada.et lorsqu'il se retira, en 1861, les électeurs trouvèrent tout naturel d'élire Alexander à ça place.Ce dernier accepta un peu à regret : mais depuis cette date jusqu'en 1882 il a continué à représenter le comté de Lambton.Aux élections générales de 1882, pour éviter une lutte locale, il se présenta dans York Est, comté qu'il a représenté jusqu\u2019à sa mort.Après la Confédération, M.Mackenzie représenta le comté de Lambton aux deux parlements provincial et fédéral jusqu\u2019à l\u2019abolition du double mandat, alors qu'il opta pour la Chambre des Communes, en même temps que l'honorable Edward Blake.Ten de temps après, le ou- vernement tory s'écroulait sous le poids du scandale du Pacifique et M.Mackenzie était subitement appelé au pouvoir.Opposé par principe à l\u2019idée protectionniste,il refusa péremptoirement de transiger sur celte question, au grand regret de quelques-uns de ses partisans qui auraient préféré conserver le pouvoir au prix de quelques concessions aux idées que sir John A.Macdonald venait d'adopter en fait de politique fiscale.T1 préféra tomber en brave, enseignes flottantes et drapeau déployé.Il tomba tout d'une pièce en gladiateur, ferme comme le granit de ses montagnes natales.Il a véeu assezlongtemps pour constater qu'il avait eu raison de redouter pays du faux système économique qui entrave encore le développement de nos ressources naturelles.Devenu chef de l'opposition il continua à la diriger jusqu'au 27 avril 1880, alors qu\u2019il annonça à la Chambre qu\u2019il abandonnait la direction de son parti.Sa santé était depuis longtemps chancelante.et la mort subite de son ami, M.Holton l'avait péniblement affecté Il se leva pour appuyer la proposition de sir John demandant que la chambre s'ajournât en si- qno de respect pour la mémoire du député de Chateauguay.Das un muscle ne tressaillait sur sa figure énergique et cependant, vaineu par l\u2019émotion, il fut obligé de s'asseoir en déclarant qu\u2019il lui était impossible de continuer.Ce dernier trait peint le caractère de cet homme honorable.Miné par la maladie, luttant coutre'le mal,+il est resté sur la l'application à notre! brèche jusqu'au dernier moment, tomjours sincere, toujours fidèle, toujours profondément dévoué aux Inféréts de son pays d\u2019adoption et toujours esclave du devoir.C\u2019est du reste le seul genre d'esclavage qu\u2019il ait jamais connu.Plût à Dieu qu\u2019il fut possible d\u2019on dire autant de la plupart de nos hommes publics.En juin 1875, M.Mackenzie alla revoir son pays natal, et il fut reçu avec les honnears dus à son mérite.Il fit aussi une visite à la reine au château de Windsor.Les citoyens de Dundee, de Perth et d'Irvine lui firent 'hommage des franchises de leurs villes respectives.Lors d'un voyage subséquent, en 1881, il reçut aussi les franchises de la ville d'Inverness.Il a servi pendant longtemps dans la milice et lorsqu\u2019il démissionna en 1877 il était major du 27ème bataillon, (de Lamb- ton.) ll était depuis plusieurs années président dela compagnie d'aseurance North American Life et directeur de la Building and Loan Association.M.Macken- tie a été marié deux fois, d'abord à Mlle Neil!, d'Irvine, en Ecosse, et on seconde noces à Mile Sym de Pertshire, Ecosse, qui lui survit et dont l'amabilité est encore présente à la mémoire de ceux qui ont eu l\u2019honneur d'assister aux réceptions qu'elle donnait jadis à Ottawa.Ses funérailles ont hier.Les restes mortels ont été transportés en grande pompe à Sar- nia.Une foule immense a accompagné la dépouille mortelle, Les restes du défunt ont été inhumés dans le cayeau de la famille, au cimetière de Lake View.eu lien L\u2019 Union , Législative des Provinces Maritimes Ilya de cela quelques jours, la législature du Nouveau-Bruns- wick votait à l'unanimité de ses membres ia proposition suivante: * Que c'est l'opinion de celte chambre qu'une union légisia- tive des provinces du Nouveau- Brunswick, de la Nouvelle- Ecosse, et de l'Ile du Prince- Edouard est désirable dans l\u2019intérêt public.\u201d L'auteur de la proposition, M Burchill, député de Northum- berland, a fait valoir l'argument que l'anion législative des provinces maritimes,non-seulement réduirait considérablement les dépenses publiques, mais sim- plifiérait aussi de beaucoup l'administration de la justice dans les provinces.M.McKeown, député de Saint Jean, qui a appuyé la proposition, a traité tout particulièrement le côté financier d'une union législative des provinces.Régumons ces remarques.BILAN DE REVENU ET DEPENSES DES PROVINCES MARITIMES EX 1889.Revenu Dépenses N.-Brunswick.$651.031 $681,505 665,784 713,041 434635 263,604 $1,754-450$1,659,050 N.-Ecosse.Ile P.-Edouard Ce tablean indique un déficit de $30,474 pour le Nouvean- Brunswick, de $45,157 pour la Nouvelle-Ecosse, et un excédant de $171,031 pour l\u2019ile du Prince- Edonard.Daus la somme totale du revenu et de la dépense, c'est l\u2019île du Prince-Edouard qui sauve la situation et ramène à la surface un excedant de £95,400.Les dépenses faites par les trois provinces sont inscrites à trois chapitres : dépenses législatives, éducation et travaux publics.En voici un tableau pour 1889 : Dép.Législ.Educa.Trav, P.N-Bruns- wick 3 67,477 $163,936 $205,361 Nouvelle Ecosse 56,912 212,600 221,000 Ile Prince Edouard 12,216 108.000 77,599 $136,605 $453,936 $503,360 Ajoutons à ce bilan trois gouverneurs dont deux payés $9,000 et lo troisième #5,000.Total $23, 000 par an : les salaires de trois surintendants de l'éducation payés celui de Nouveau-Bruns- wick, $3,810, celui de la Nou- velle-Ecosse, 83,000 et celui de l'Ils Prince-Edouard, $2,189.M.McKeown porte a plus de $100,000 par an, l\u2019économie que pourraient faire les trois provinces avec Une seule chambre de 60 dépu!és.jo ate LE SALAIRE DZS JUGES La mesure ministérielle dont sir John Thompson a donné avis stipule l'augmentation suivante pour les ja- ges de la province de Québec : Juge en chef de la cour du l3anc de la Reine, $7,000 au lieu de $6,000; Les cing juges puinés du mème tribunal, $6,000 au lien de $5.000 : Juge en chef de la cour Supérieure, 57,000 au lieu de $6,000 : Douze juges puinés de la mème cour, $6,000 au lieu de $5,000; Dix sept juges puinés de la mème cour, districts ruraux, $4 500 uu lieu de $4,000; Le doyen de la même cour résidant à Québec si le juge en chef rê- side à Montréal,ou vice rersd, S1,000 en sus de son traitement.Dans les autres provinces, il y a aussi augmentation de $1,000 pour les juges, de manière à ce que ceux des autres provinces que Quêbec ct Ontario aieut comme auparavant $1,000 de moins que ceux de ces provinces: à la seule exception de l\u2019Ile du Prince-Edouard, où le traitement du juge en chef est porté de 84,000 à $6,000 ct celui aes juges assistants de 53,200 à $,4,500.AO RENE PRO SRE FEU J.B.NORMAND On annonce de Trois-Rivières la mort de J.B.Normand, gardien des estacades sur le St Maurice.M.Normand était un des citoyens les plus estimés de Trois- Rivières.Les citoyens de Saint- Hyacinthe ont eu maintes occasions de connaître sa courtoisie et sa politesse, particulièrement lors du camp militaire qui fut tenu à Trois-Rivières en 1888.M.Normand était âgé de 54 ans.Il est mort le 9 avril courant et ses funérailles ont eu lieu mardi le 12.Nos condoléances à sa famille.L\u2019ECLAIRAGE ELECTRIQUE Les journaux du Minnesota se plaignent du prix élevé que l\u2019on paie à Minneapolis pour l\u2019éclairage électrique.Il faut avoner qu'ils ont assez raison.La ville de Minneapolis paie cent cinquante piastres par lumière, et cela pour 480 lnmières.La ville de Toledo paic $100 par lumière ; Hamsburgh, $90, et Springfield, dans l\u2019état du Massacnusetts, $83.33.La ville américaine la mieux partagée sous ce rapport est celle de Lafayette.dans l'Indiana, qui ve paie que $50.60 pour chacune de ses lampes électriques.L\u20190RATEUR A QUEBEC M.Leblanc, député de Laval, sera le candidat du gouvernement, à la Présidence de l'Assemblée Législative de Québec.+.PP ++ \u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014 @hronique Il y aen Chine un immense jardin d'une superficie de 50,000 milles carrés, c'est-à-dire plus que l'étendue des Etats de New- York et l\u2019ensylvanie réunis.A propos de la fortune laissée par M.Grévy, Un curieux a demandé à la Guselle anecdotique, quelle était la fortune de Vie- tor Hugo, au moment de la mort du poète Voici la réponse du notre confrère : \u201c Le grand poéte a laissé cinq millions\u2014non compris la valeur de ses œuvres.En 1884, Victor [Ingo avait touché onze cent mille francs de droit d'auteur.#2 # Les amateurs du piquet sont en fête.Un viennois, le docteur Rodolphe Lothar, vient de prendre l'initiative d\u2019un jubilé à l\u2019occasion du cinquième centenaire de l'invention des cartes à jouer, qui remontent à l'an 1342, Des conférences sur les origines de ve jeu el des matchs importants sont déjà inscrits au programme des fêtes qui doivent avoir lieu.Un docteur vient de rendre un grand service à l'humanité en signalant à l\u2019Académie des sciences un moyeu \u201c simpie et pratique \u201d et * alan portée de tout le monde \u201d de guérir\u2014car c'est bel et bien une maladie, très grave parfois \u2014de guérir du hoquet.Il suffit \u2018* de comprimer fortement le nerf phrénique gauche entre les deux attaches ster- no-claviculaires du muscle ster- no-cléidomastoidien.\u201d Ça n'est pas plus difficile que ça ! #4 + 11 y a quelque temps, un honnête commerçant de Phalbourg prit un billet de la rotorie industrielle de Strasbourg.Pour ne pas ésarer le billet il le lixa,avec de l'empois, à la porte d'un placard.Au tirage, le numéro du billet sortit et gagna un beau lot consistant en un ameublement de salon.L'heureux commer - cant se félicita d\u2019avoir si bien conservé son billet, mais il ne parvint plus à le détacher de la porte.Il se tira d\u2019embarras en décrochant la porte hante de 1 mètre 30 et, la chargeant sur ses épaules, il prit le train pour Strasbourg où on lui délivra son lot apres vérification.eye Très de Créteil, France, une dame se promenait, ayant sur son chapeau un oiseau empaillé, d'après la mode.Un épervier, trompé par l'apparence fondit sur le chapeau et voulut enlever la proie qu\u2019il comptait dévorer Il s'aperçui de sa méprise et disparut rapidement : mais la dame est malade de frayeur.Hog He On entreprend, au Brésil, l'élevage en règle d'un serpent.la GHIOIA, qui remplace avantageusement les chats et les ratiers pour la destruction des souris et des rats.C\u2019est un petit serpent gros comme le doigt, qu'on vend cinq francs au marché de Rio-de-Taneiro.La GIBOIA s\u2019at- LA TRIBUNE tache à la maison de ses maîtres comme les chiens et les chats domestiques ; elle passe ses journées blottie dans un coir, se met en chasse à la nuit tombante, saisissant avec une étonnante adresse les rats par la nuque et leur broyant la tête.#4 + Le journal Le Figaro, de Paris, avait, il y a quelque temps,offert une prime pour la personne qui donnerait la meilleure définition du Socialisme, et le prix a été accordé pour la définition suivante : \u201c Le Socialisme est lu totalité des aspirations et des théories qui établiraient entre les hommes, par différentes mesures législatives, la plus grande égalité de fortune et de pauvreté.\u201d Les définitions suivantes étaient entre les plus spirituelles : \u201c* C'est l'égoisme de ce monde essayant d'étoufler l'égoïsme de l\u2019autre monde.\u201d \u201c C'est la recherche en faveur du genre humain, de la clef du paradis perdu.\u201d \u201c C'est le droit qua Pinfortané de mourir de faim dans un pays où il y en a tant qui meurent d'indigestions.\u201d Au point de vue original, la der- niére réponse avait certainement droit an ** gitean.\u201d Les orgues à manivelles, qui ne mangueront pas de faire leur apparition avec le printemps, ne sont pas fabriqués en Italie comme on le croit généralement.Pas plus d\u2019un sur cent de ces harmonieux instruments ont vu le ciel bleu de l\u2019ancien empire des Césars.Quelques-uns sont fabriqués en France et en Belgique, tandis qu\u2019un bon nombre sortent de manufictures américaines, Ce sont les Allemands qui sont à la tête des nations duns la construction de ces orgues aussi bien que des autres instruments de musique.Les deux tiers des instruments de musique que nous avons aux Etats-Unis sont importés d'Allemagne.Ces orgues de barbarie se vendent ordinairement de $20 a $100, à part le singe, bien entendu ! \u2014\u2014\u2014 fe.Am LOTERIES Les loteries font fureur.Voilà qu'il s'en organise une nouvelle à cinq centins du billet, avec un gros lot de $500 à Hull.\u201cOB LA DEPUTATION Le gouvernement fédéral se propose de denner à la ville de Montréal six représentants aux Communes an lieu de trois.Comme la province n'a qu\u2019un nombre fixe de représentants que la constitution lui interdit de dépasser, il va falloir alors faire disparaitre trois divisions ruro- les pour accommoder la Métropole.LES FROMAGES Nul autant que le Parisien en France ne tient à son fromage.Quand, à la fin de son repas, il n'a pas un petit morceau de ca- menbert ou de roquefort à sc mettre sous la dent 1] est de méchante humeur.Au siège de Paris, \u2018on se contentait saus trop mangréer.des reliefs des clos d'équarrissage et du gibier des érouts, mais c\u2019étaient des malédictions sans fin quand on n'avait pu réussir à se procu- rer\u2014même à prix d\u2019or, le moindre morceau de géromé.\u2026\u2026\u2026\u2026.füût-il mangé par les vers.Depuis les français ont ra- trappé la distance, puisque dix millions de Kilos ont peine à leur suffire chaque année.Aussi l'industrie Iromagère a-t-elle en France une grande importance.On y fubrique des fromages très appétissants et très aypréciés dont voici la nomenclature.Parmi les fromages rallinés, nous citerons : le Brie qui représente une des industries agricoles es plus considérables et dont le département de Seine- et-Marne a la spécialité ; le Cur- lommiers, sorte de façon de Brie, le Camembert, fromage d'hiver, fabriqué dans le Calvados et dans l'Orne, se vendant dans les maisons de premier ordre, de Ofr #0 à fr 10 ; le Mont d'Or,fromage jaune d'oret de séduisante apparence, qui nous vient des en - virons de Lyon ; le Livarot qu'affectionne l'ouvrier ; le Pont-lJ£- vêque, appelé aussi \u201c fromage d'avocat\u201d parce que les Normands, grands plaideurs, comme l\u2019on sait, l'offraient à leurs défenseurs à titre d'honoraires.Les plus en vogue de tous les fromages à pâte ferme sont : le Roguefort, qui s'obtient dans l'Aveyron avec du luit de bre bis, de la race dite de Larzac, et le Hollande.Ln tant que Iromages pressés, i il y a le Grugire, d'origine suisse, ! dont Ia pâte doit être moëlleuse, fine, s\u2019écrasant facilement entre le pouce et l'index et fondant dans la bouche après quelques instauts d\u2019échauflement, en laissant une saveur légèrement salée ; le Porl-du-Suint très fin, très agréable, dont on est redevable aux moines de la Trappe du Port du Salut, près Laval, et que les vrais gourmets parmi les libres-penseurs ne désavouent pas, malgré son origine ultra- cléricale ! AUX J Il ne faut pas faire marcher les enfants.> +
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