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Titre :
Le matin
Éditeur :
  • Montréal :Le matin,1920-1926
Contenu spécifique :
samedi 5 août 1922
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
chaque semaine
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Successeur :
  • Petit journal (Montréal, Québec : 1926)
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Le matin, 1922-08-05, Collections de BAnQ.

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[" Rédaction et Administration 164 RUE SAINT-DENIS MONTREAL Téléphone: Est 893 Atelier: Main 7309 Redigé en collaboration.POLITIQUE ET LITTERAIRE Abonnements par la Poste : Un an .o ee ee les] Tete je $ 2.50 Six mois .+: Is el \u2018ee; lee! [ele] le + 1.50 Adresser toute correspondance.Le MATIN, 164, S.-Denis, Montréal le svis vn chien qvi ronge l'os.VOL.II\u2014No 28 MONTNREAL, SAMEDI, 5 AOÛT 1922 Le Numéro 5 sous \"HEURE Un prophète de malheur annonce la destrue- tion, par des éruptions volcaniques, de l\u2019Europe et d\u2019une partie de l\u2019Amérique du Nord (le Canada excepté) et cela à brève échéance.J\u2019ignore si les häbitants du vieux monde se préparent à faire le grand voyage et en conséquence, s\u2019ils mettent ordre dans leur conscience et leurs affaires.Il y a un oracle bien plug véridique, c\u2019est celui de Bryce qui prédit que \u201csi l\u2019Europe ne finit pas la guerre, la guerre va la finir\u201d.Pris entre ces deux prophètes, il est bien difficile que les gens de l\u2019ancien continent coulent des jours sereins.Peut-être comme Balthazar n\u2019ont-ils pas interrompu leurs fêtes pendant qu\u2019un doigt mystérieux courait sur la muraille de cendre qui bientôt les isolera du monde des vivants.Peut-être n\u2019ont-ils pag vu les signes cabalistiques dont le sens redoutable laisse appréhender des catastrophes.La France qui souvent a sauvé la civilisation européenne Reinterviendra-t-elle pas pour conjurer la menace du destin?C\u2019est elle qui tient le noeud de la situation.De son geste dépend la paix de l\u2019univers.Les dernières paroles de M.oincaré ne nous permettent guère d\u2019entretenir un optimisme consolant: c\u2019est tacitement une dé, claration de guerre.Chasser les Allemands de T'Alsace, vouloir g\u2019emparer de provinces qui ne Sont pas attribuées à la France par le traité de Versailles, équivaut à un ordre de mobilisation.Tl est certain que les Teutons ne se laisseront pas tondre ainsi que d\u2019innocents moutons.On a assez expérimenté les cornes de ses béliers patients et sournois dans leur haine pour ne plus croire qu\u2019on leur mangera la Jaine sur le dos, sans qu\u2019ils usent de représailles.On ne s\u2019installe pas dans les meubles des autres sans conteste.Le jour où la France mettra ses menaces à exécution, l\u2019Europe de nouveau sera à feu et à sang encore pour une question de gros sous.Nous comprenons que les exigences de la France sont justes, que l'Allemagne doit payer les pots et les crânes qu\u2019elle a cassés, mais si celle-ci ne veut pas reconnaître ses obligations est-il sage de risquer ce qui lui reste d\u2019hommes et d\u2019or pour une mauvaise dette?Un individu refuse de poursuivre en justice un homme insolvable, parce qu\u2019il en sera pour ses frais: un pays ne commet-il pas un impair en s\u2019acharnant à vouloir exiger son dû d\u2019un peuple qui cotoie la faillite?Si nous parlons ainsi, ce n\u2019est pas par sympathie pour l'Allemagne qui nous pourvue de sens moral, mais par sympathie pour la France dont les blessures ne sont pas encore cicatrisées et qui va s\u2019exposer à de nouveaux coups.Dans cette nouvelle guerre, la créancière impitoyable n\u2019aura pas le beau rôle de victime de la rapacité allemande.Elle apparut si belle dans son sacrifice consenti quand pour sauver la civilisation et le droit elle donna sa jeunesse, son territoire, ses épargnes, ses espérances dans l\u2019a- teux qui font une pression secrète sur apparaît dé-! EST GRAVE LA FRANCE EN DANGER ne pas rester dans cette attitude qui lui a conquis les coeurs?Il est difficile de se tenir à ces hauteurs, mais la France devait à son passé héroïque de ne pas descendre du Thabor où sa glorieuse transformation venait de s\u2019opérer.Elle met son orgueil à faire face à ses obligations, à honorer sa signature, elle dit: Payez-moi pour que je paie à mon tour.Mais les prescriptions du vieux code d'honneur sont-elles basées sur une conception Vraie de la justice?A-t-elle le droit de payer des dettes d\u2019argent avec le sang de ses enfants?À qui le sacrifice profitera-t-il?si ce n\u2019est aux nations de proie qui lui ont avancé des fonds pour qu\u2019elle fabriquât des obus et se fasse déchirer les entrailles?Ils sont là, les magnats de la finance, \u2018réfugiés dans leur mutisme de fauves.Ce sont la France \u2018pour qu\u2019elle assume les responsabilités auxquelles ils se dérobent pour garder leurs mains appa- tremment nettes du sang du juste.Ont-ils dit seulement qu\u2019ils la soutiendraient dans sa lutte pour \u2018reconquérir la toison d\u2019or, ces argonautes avisés qui poussent les autres en avant pour échapper aux conségeunces de leur convoitise?Et Ja Fran- Ce se mettrait au blanc pour ces lâches! Elle ap- 'paraîtrait dans l\u2019Histoire chargée de cette iniquité: une nouvelle guerre! : Je ne puis croire que la France compromît \u2018pour d\u2019ignobles agitateurs, de vils boursiers, la sublimité de sa mission civilisatrice.Plaie d\u2019argent n\u2019est pas mortelle.Le million donné aux Allemands en 1871 ne lui a pas été fatal.La ban- \u2018queroute elle-même ne l\u2019atteindrait pas dans sa 'probité morale universellement reconnue, surtout si elle y était forcée par des circonstances indépendantes de sa volonté.Dans ce cas, toutes les nations devraient y aller de leur or pour témoi- ner leur reconnaissance à celle qui leur a épargné la réédition de J\u2019affreuse barbarie qui a désolé le monde.La patrie de Jeanne d\u2019Are serait dans la vérité de sa mission si à la face de l\u2019Univers elle affichait son mépris du dollar pour ex- {primer son respect de la vie.Pour le triomphe du droit et de la civilisation, il faudrait que celle qui s\u2019est appauvrie volontairement pour l\u2019amour ide l\u2019humanité fut comblée de tous les dons, que des mages attirés par son étoile lui apportent, des quatre coins du globe, l\u2019or, l\u2019encens et la myrrhe.Il ne devrait y avoir rien de trop beau pour celle qui nous aura évité le carnage d\u2019un champ de bataille, la désolation des foyers, l\u2019angoisse des mères, pour s\u2019adresser à la raison des attendre des événements et de la justice imma- mente des choses la guérison de ses maux.Alors, on verrait une chose, l\u2019Allemagne félone, infidèle à ses promesses, traître à sa parole, retomberait dans sa nuit, alors que la France se lèverait de son aurore empourprée pour occuper tout le ciel, car il est écrit: Je chasserai l\u2019impie, Le mérhanti et le fourbe de devant ma face comme un fétu de \u2018venir, tout, enfin, ce qu\u2019elle possédait.Pourquoi paille, POLEMARQUE.Fausses Gloires La Saint-Jean-Baptisme passe \u2014 \u201cFaiseurs\u201d ou \u201cMakers of Canada\u201d \u2014 Grands hommes dans le silence \u2014 Les \u201cSirs\u201d \u2014 En 37 \u2014 Gloire de Papineau \u2014 Usurpation de Cartier \u2014 Serons-nous toujours une nation?\u2014 \u201cLes peuples ne sont jamais coupables\u201d \u2014 En attendant \u2014 Refusons notre salut aux faux dieux.Nous avons constaté, non sans quelque surprise, que le jour de la Saint-Jean Baptiste avait passé sans la traditionnelle pavane de nos grands hommes.D\u2019habitude, ils apparaissaient en costumes de croisés ou en habits de courtisans Fran- çoig Ier, Louis XIII ou Louis XIV.(Souvent le torse appartenait à une époque et les mollets à une autre maison, mais on n\u2019y regardait pas de si près pour s\u2019extasier devant leur chapeau à panache et leur culotte de velours.) Nous ne ferons pas à nos tribuns l\u2019injure de croire que l\u2019huile de bavard manque pour alimenter leurs traditionnelles prosopopées et leur verve dithvrambique, nous ke faisons que constater le déclin du culte des héros, hero ship, comme dit Carlyle.Nous ferons hardiment notre confession: cette adoration des grands hommes, non pas cueillis au hasard d\u2019un coup de filet divin comme les douze sages de la Grèce, mais parmi les plus obscurs, a toujours rencontré en nous des protestataires résolus, des incrédules déterminés.D'ailleurs on s\u2019expose à des accidents en payant des demi-dieux après coup.Il arrive qu\u2019on laisse de côté des valeurs réelles pour exposer.à l\u2019adoration béate des foules des hommes de troisième ordre dans le but évident de faire triompher certaines .causes qui ne sont pas toujours les bonnes.Il faut dire que ces substitutions s\u2019opèrent avec la complicité des masses distraites ou somnolentes.MLM at NOR 7R ! Le mouton n\u2019était qu\u2019un anachronisme.Le doux frisé était tout aussi digne d\u2019être promené le jour de notre fête nationale que la vache sacrée des Hindous et la Tarasque des Marseillais.Si le peuple avait manifesté librement, il est certain qu\u2019il eut rendu un hommage enthousiaste à Papineau qui incarnait plutôt son idéal, et dont le souvenir reste gravé dans sa mémoire.Mais on en a substitué d\u2019autres qui n\u2019incarnaient aucune idée, aucun principe.Dites-nous, parmi ces makers of Canada, faiseurs du Canada (le mot est trouvé) qui ont inspiré la poésie et la prose officielle, en est-il dont l'intelligence humaine ne puisse prendre la mesure exacte.Leur intelligence est-elle à ce point transcendante?leur caractère si hors de l\u2019ordinaire qu\u2019ils sollicitent notre admiration?Si leur stature dépassait de beaucoup la taille commune, leur mentalité était à l\u2019égalité du vulgaire.Que d\u2019autres sont mûrés dans le silence, comme les Papineau, les Bédard, les FÉrent, les Gar- neau, les Perrault, les Dessaules, les Dorion.les Doutre, etc, dont aucun marbre n\u2019illustre le nom et qui, pourtant, méritaient de passer à la vénération de la postérité.Ils se sont fait chiper ses et des effets qui forment l\u2019histoire, ceux-là ne sont même pas des anneaux qui relient le passé au présent.Ils ont poussé dans notre vie nationale comme des champignons vénéneux, quand les grands Canadiens que nous venons de nommer, armés de force qu\u2019ils puisèrent dans leur patriotisme, accomplirent de grandes choses.Qu\u2019étaient les Sir Louis Hypolite Lafontaine, les Sir Georges Etienne Cartier auprès de ces hommes granitiques qui essuyèrent sans broncher les premiers et les plus redoutables assauts de la Vague | assimilatrice?En Angleterre, en France, aux Etats-Unis, les révolutions ont éclaté par la force des choses.Elles viennent se ranger sous les lois générales qui gouvernent l\u2019Histoire avec ]a même nécessité que d\u2019autres lois régissent la nature.Nos paysans courbés sur la glèbe pour lui disputer chèrement leur vie n\u2019avaient pas l\u2019idée de se révolter contre la fatalité.La rébellion de 37 fut l\u2019oeuvre de quelques cerveaux où une graine de hasard apportée par le vent révolutionnaire qui soufflait de l\u2019autre côté de l\u2019océan germa spontanément.pas la ruée de tout un peuple vers une tyrannie qu\u2019il subissait comme celle d\u2019un sol réfractaire et d\u2019un climat hostile, mais l\u2019effort titanesque de quelques robustes épaules pour dégager notre pays de l\u2019ornière où il se trouvait embourbé.Et leur chef, homme de race en même temps qu\u2019agitateur populaire aprés avoir été le plus habile des meneurs, enveloppé dans sa personne comme dans ses actes d\u2019un nimbe lumineux parce qu\u2019il avait livré et gagné la suprême victoire, celle qui fit des ilotes une nation, n\u2019a pas un socle pour y poser sa statue.O ingratitude humaine! ombres étaient encore soucieuses de la gloire, elles viendraient desceller les pierres de ces monuments d\u2019usurpateurs et la victoire aux ailes de chauve-souris qui projette l\u2019ombre de sa laideur sur le Mont Royal, piquerait une tête dans le vide, comme le criminel romain à bas la roche tarpéienne.Nous sommes en présence d\u2019une sorte d\u2019arianisme qui dispute au surhomme sa divinité pour en couvrir une fausse idole.A la place de Papineau que les Anglais proclament le plus grand politique que nous ayons eus, on place sur les autels de la nation Cartier, un bureaucrate obscur, sans talent, sans générosité, qui dépouilla le libéralisme de sa jeunesse comme un serpent change de peau.Quel héroisme de se mettre sur le côté du manche! Il méritait bien la pension que les Anglais lui ont continuée dans sa postérité, car il faut rendre cette justice à l\u2019Angleterre qu\u2019elle paie bien ses serviteurs.Mais nous avons été vengés, Cartier est mort en Angleterre: il est leurs piedestaux par des politiques sans culture (dans la logique du destin que l\u2019arbre tombe du des créatures anglaises.Dans la chaîne des cau: (côté aù il penche.Nous pourrions être assimiTés gens \u20ac*, Ce ne fut| Si les|- aux Juifs qui choisirent Barabas plutôt que le Christ et que pour cette erreur nous soyions condamnés à ne plus être une nation.Mais comme l\u2019a dit un philosophe anglais: \u201cLes peuples ne sont jamais coupables\u201d.C'est vrai! On lui forga un idéal comme on lui fabrique une galerie de faux grands hommes et on lui dit: Admire! pros- terne-toi! Tot ou tard, la conscience reprend ses droits.Aujourd\u2019hui nous réalisons trop tard peut- être que Dorion eut raison de prédire qu\u2019en signant le pacte de la confédération, nous vendions notre âme à l\u2019impérialisme anglais encore am- bryonaire de son temps.Comme sa préscience l\u2019avait su deviner, toute politique canadienne-fran- çaise deviendra impossible avec une majorité éternellement dressée contre nous.Des naïfs se disent: On peut toujours déchirer le contrat que nombre de coups de couteau ont lacéré.Pausy ay t-il pu retirer des grif'es de Méphisto l\u2019engagement qui lui concédait son âme?Les hommes du Jour dans Québec sont-ils de taille à prendre la conduite de notre tribu pour la diriger vers la terre de l'indépendance?Nous devons choisir au- jourd\u2019hui entre la stagnation et la disparition de notre personnalité ethnique dans le grand tout anonyme.Le dilemne pour nous est celui-ci :Vaut- il mieux être libre parmi les étrangers ou esclaves chez nous?En attendant, payons-nous le plaisir d\u2019envoyer des pierres dans notre panthéon ; c\u2019est certain que dans ce jeu de massacre des innocents, nous atteindrons quelques ciboulots de pitre et de clown politiques.C\u2019est déjà beaucoup qu\u2019ils ne paradent plus dans nos rues le 24 juin à la suite de théories de grosses panses, de poitrails bombés de jambes cagneuses, de cavaliers apocalyptiques cramponés à la crinière de leur monture, spectacle assez humiliant pour ceux qui soutiennent que le Québec est appelé à jouer le rôle de la France en Amérique.S\u2019il était possible d\u2019expurger nos manuels scolaires de ces fausses gloires! Il est bien difficile pour la jeunese de démêler la vérité de l\u2019erreur.Il importe que les impresgions de l\u2019enfance \u2014 celles qui demeurent, \u2014 ne soient pas faussées et que de fausses idoles ne prennent dans leur imagination la place des images saintes.Ayons l\u2019énergie des premiers chrétiens, refusons notre salut à ces faux dieux.| | UN VIEUX LIBERAL.BILLET DU SAMEDI.Un \u201csauveur\u201d Enfin, un homme a parlé! et quel homme! Un minisse pour perle.comme Médérie.La parole d\u2019un ministre, c\u2019est de la bouillie de shah, c\u2019est de la pâte dont on fabrique l\u2019histoire, c\u2019est le verbe lumineux qui protège la crèche autant qu'une épée, c\u2019est la colonne de fumée qui conduit le peuple vers la terre chananéenne du Progrès, c\u2019est le phare qui défarde l\u2019erreur, enfin c\u2019est quelque chose que l\u2019on ne saurait critiquer sans passer pour un expert-aliéniste, un cuistre ou un partisan de la peine de mort.Un homme a donc parlé.Vous avouerez qu\u2019il en était temps; oui, il était temps qu'un homme parlât pour dire quelque chose: Le peuple canadien Courbé comme un gamin qui sent venir son père Se disait en tremblant: quelqu\u2019un de grand va braire! et en effet, ça n'a pas roté: M.Perron a ouvert le bec.\u2014Mais qu'a-t-il pu dire de si remarquable?Halte-là, soyez poli pour les chefs.Un ministre vous a-t-il jamais habitué à la platitude?Un ministre a parlé, voyons: un ministre; vous entendez: UN MINISTRE! Ni plusse, ni moinsse pour parler comme Martin.\u2014Mais qu'a-t-il dit.péchez-vous! \u2014ÏÎ a dit.tout: il à crié.-\u2014Crié quoi?\u2014FEh bien! il a crié.oui, il a eu cette audace altière, ce geste héroïque, cette noble attitude, il a crié: à bas le bolchevisme! \u2014F'ort bien, mais où cela s\u2019est-il passé quelle heure était-il?\u2014Vous en avez des questions, vous! Qu'\u2019est- ce que ça peut vous.\u2014Rien.rien.habitude de mouchard: je travaille pour la commission des liqueurs.allons, de grâce, dé- il a dit.il n\u2019a rien dit du N\u2019empéche que c\u2019est beau d\u2019avoir crié ça! On sait! à quoi s\u2019en tenir maintenant.ALCIDE ASCETIQUE.Une fos pour toutes Le ton de notre journal] ne plaît guère à certain petit journal de province.Il paraît que l\u2019on ne saurait être bon catholique sans la permission de cette feuille.Sans nous attarder à la louche et plate personnalité d\u2019un scribe à gages qui ferait bien mieux de signer ses chèques de son véritable nom que de ne pas signer des entrefiiets de polémique personnelle, nous tenons à rappeler cette juste remarque du,R.P.Ventura* L'Eglise à plus souvent eu à se plaindre de ses défenseurs que de Ses persécuteurs.Bien que tres touchés du geste de cet autre monsieur propre (?) qui affecte de s\u2019apitoyer, nous nous refusons à faire bande avec les crétins comme avec la horde des baise-la-piastre .Pour le reste, nous persistons à croire qu\u2019à l\u2019internationalisme du capital correspond l\u2019internationalisme du travail.Qu'il suffise.R.M.Ne gaspillez pas de timbres Avis est par les présentes donné aux deux syndiqués anonymes et fiers-à-bras (ils le di sent!) qui écrivent des lettres de menaces à nos rédacteurs, de se présenter à l\u2019Iimprimerie le vendredi, après cinq heures.UN apprenti de l\u2019union les recevra avec plaisir.S\u2019il plaît à ces deux matamores d\u2019amener aussi le grand pompier, Alfred Charpentier, l\u2019individu au rasoir, le saute-ruisseau se fera une joie de lui donner toutes les ex-| plications nécessaires.et | JUGEONS L ARBRE AU FRUIT + M.Magnan, chef et champion de notre admirable systéme scolaire, vient de publier un ou- wrage intitulé: Eclairons la route./ Ce titre, issu d\u2019un éteignoir national, nous plonge dans la stupéfaction.L\u2019Eclairons la route ide M.Magnan rappelle impérieusement l\u2019anecdote de Laurent Tailhade: Nous, oranges, avons fait une belle traversée! (1) { On a dit, on dira beaucoup de bien de ce li- ivre bourré, paraît-il, Qe chiffres, de faits, de preuves et d\u2019expérience.C\u2019est le propre des plai- idoyers pro domo d'être copieusement documentés.Pour notre part, nous refusons de nous enga- lzer dans le maquis de la statistique.Les statisti- lques, chacun sait que l\u2019on peut leur faire dire ce ljue l\u2019on veut.A-t-on oublié la récente tentative du premier ministre de Québec pour prouver que Montréal n\u2019était pas la vache-à-lait de la province iet la cinglante riposte de la Gazette?{ Aux jongleries, à la panacée écrite ou wver- bale, nous préférons la réalité.Pour juger l\u2019arbre, nous préférons l\u2019examen du fruit aux boni-i iments du jardinier qui a tout intérêt de nous le faire adopter.J Cependant, s'il est bon et salutaire d\u2019être lune nation de bouillie, s\u2019il est grand d\u2019être un peuple de porteurs d\u2019eau et de scieurs de bois, ic\u2019est-a-dire de lecteurs de la Presse, s\u2019il est noble id\u2019être, selon l\u2019expression de Jules Fournier, une hace de voleurs, s\u2019il est magnifique d\u2019avoir des illettrés comme édiles, des farceurs comme man- (lataires et des actionnaires comme ministres, si cela et le reste est vraiment bon, noble, salutaire let magnifique, alors soit: Honneur à la province de Québec et vive la magnanculture! } Il y a malgré tout un point sur lequel nous Me serons jamais d\u2019accord: c\u2019est la question de cole obligatoire que l\u2019on voudrait affubl&r du tpejoratif de contrainte scolaire.} Nous sommes d\u2019autant plus partisan de ?£&- Cole obligatoire qu\u2019il s\u2019agit, en somme, d\u2019école catholique.| Si le fait de dire à un misérable père de famille dont les enfants, couverts de saleté et rongés par les mouches à vers: Mon ami, tu exposes Les enfants aux pires maladies; voici du savon, lave tes mioches; la loi t\u2019y oblige sous peine de prison.Eh bien! si c\u2019est ça de la contrainte: à bas la liberté de mal faire! A moins que l\u2019instruction primaire ne soit, \u2018pour le peuple, un grand mal?Mais nous ne croyons pas que M.Magnan aille jusque la.Nous sommes, hélas! en 1922.Pour résumer, citons une pensée de M.Omer Héroux sur le nouveau livre: Que tout cet arsenal puisse bientôt servir, il faudrait être sin- Qulièrement optimiste pour en douter.' Nous sommes, là-dessus, singulièrement optimistes.1 ROGER MAILLET.\u2014 (1) Laurent Tailhade dit un jour à un jeune \u2018parvenu, fraîchement blasonné par surcroît, qui vantait les splendeurs de ga noblesse: Une caisse \u2018d\u2019oranges, tombant à la mer dans le port de Brest, se brisa.Ces fruits venaient d\u2019Algérie, Pays deg chevaux arabes.Parmi les fruits -flot- tants surnageait une chose ronde qui provenait, elle, et de l\u2019Algérie et d\u2019un cheval.Et la pauvre chose de crier: Nous, oranges, avons fait une \u2018belle traversée ! LE CULTE DE LA LAIDEUR La muflerie la plus authentique mâtinée d\u2019un crétinisme transcendant préside à nos architectures.C\u2019est indéniable.Quelques-uns seulement commencent de s\u2019en apercevoir et, comme d'habitude, l\u2019innombrable tribu d\u2019ânes généreusement bâtés de la classe dite dirigeante n\u2019en a cure.Pourquoi aussi s\u2019en inquiéteraient-ils, ces dirigeants?N\u2019ont-ils pas, par définition, l\u2019horreur de la beauté?Ne l\u2019ont-ils pas toujours étouffée sous l\u2019équivoque feuille de vigne de la Nlaise pudibonderie laquelle est non seulement contraire à la plastique païenne et absolue, ® nais encore aux antipodes du réalisme, des vérités sans entraves du Moyen-Age, des siècles de foi.Je n\u2019hésite pas à penser que la bégueulerie, la barbarie ambiante auront autant fait pour nous abatardir que tout le reste.On ne comprend pas, on ne veut même pas, semble-t-il, comprendre la souveraine bienfaisance des belles lignes, de l\u2019équilibre et du bon sens ce du décor et voilà qui, pour un philosophe, servirait à expliquer bien des vulgarités morales.De temps à autre, un cri perdu, timide, une \u2018 protestation solitaire, puis c\u2019est la nuit, le silence.Et les rongeurs de la beauté poursuivent leur oeuvre néfaste.C\u2019est ainsi que Montréal se revêt d\u2019une laideur grandissante.Un chancre d\u2019autant plus terrible qu\u2019il n\u2019est trahi par d'aucune douleur physique s\u2019étend sur la population.On s\u2019explique que les horizontales journalistiques, irrévocablement dévouées aux basses satisfactions de leur clientèle se gardent de jeter l\u2019alarme.Où seraient ces grosses folichonnes, si nos gens avaint le culte de la beauté?Toute maison \u2014 fusse une maison Tellier \u2014 divisée contre elle-même périra.= ; - MICHEL BERNARD dans la matière que Dieu a créée à notre usage.| L\u2019âme populaire subit inconsciemment l\u2019influen- Ho Vos grands yeux ont un charme étrange A rendre fol un vieux barbon Et si vous n\u2019êtes pas un ange, Vous êtes, au moins, un démon; Un petit démon plein de ruse Qui n\u2019a pas besoin de trident Et qui trouve que ça l\u2019amuse De se montrer trop imprudent.Trop prudent, démon aimable, Tu l\u2019es et c\u2019est très dangereux, Il ne faut même étant diable, Te servir du feu de tes yeux.Qui sait le terrible ravage Que vous feriez avec ce feu S'il ne fallait que je sois sage Et que vous le soyez un peu! Pourtant, je crois.non, c\u2019est folie Car mon coeur est clos aux verrous, Oui, mais vous êtes jolie Et votre regard est si doux.N\u2019aurait-il pu, le petit traître, \u2026 Usant d\u2019un pouvoir infernal, Avoir crocheté la fenêtre Et pris mon coeur sans trop de mal.Enfin, je ne sais pas, j'ignore, Mon pauvre coeur n\u2019a rien conté Mais il bat plus fort quand l\u2019aurore Apporte des parfums d\u2019été Et je frissonne, c\u2019est étrange, Quand je prononce votre nom; Femme, si vous n\u2019êtes un ange, Vous êtes un petit démon.ALBERT BOISJOLY Montréal 1922 - LATITIE DE NOS EGLISES Vivre dans une cité aux maisons grotesques, roeuvres de purs déments, parmi la camelotte, les poivrieres et les machicoulis de fer-blanc est déja fort triste, mais voici que cette laideur qui sera peut-être légendaire, s\u2019affirme dans nos églises.Certes, quiconque a des yeux pour voir, a mille fois constaté que le mauvais goût n\u2019y est point, d\u2019ordinaire, absent et se traduit en innovations, réparations barbares.En ce qui touche les innovations, on peut affirmer en général que toute innovation est inepte qui défigure la pensée initiale de l\u2019architecte.L'aménagement de l\u2019électricité, d\u2019un nouveau système de chauffage peut toujours être fait sans manquer au plan primitif.Toute innovation qui consiste à multiplier les statues de plâtre aux couleurs violentes, la verrotterie, ]es effets de lumière qu\u2019un opéra pourrait envier, les fleurs de papier, nous paraît déplorable au moment où l\u2019art religieux se renouvelle en France et tend vers une imposante et vivante simplicité, seule digne, en fin de compte, de notre religion.Si après quinze siècles de foi, la pacotille, le bariolage et la musique profane étaient indispensables pour attirer les fidèles nous serions mille fois au-dessous de nos contemporains, les cathécumènes de l\u2019Oubanghi! Pour les réparations, tout procédé de dissimulation, de camouflage devrait être repoussé.Le peinturelurage (de la chaire de Saint-Jacques, par exemple) est un véritable crime.La volonté d\u2019un banal entrepreneur, sa fantaisie, son esthétique doivent être soigneusement refoulés par qui de droit.Cod ¥ Oe ¥ Le correspondant du \u201cDevoir\u201d signalait dernièrement, d\u2019une façon trop discrète.le cas de Notre-Dame de Lourdes.Le centième de ce qu'il y avait à djre là-dessus n\u2019a pas été dit: d\u2019incroyables attentats ont été commis dang cette | magnifique chapelle, J\u2019ai sous les yeux une vieille | et charmante plaquette orngie de gravures sur ! bois et qui me permet d\u2019évaluer sommairement rl\u2019étendue de ce sabotage systématique.Notre- | Dame-de-Lourdes, sanctuaire construit par le re- igretté Napoléon Bourassa à la gloire de Marie- | Immaculée, est le temple le mieux conçu, le mieux | achevé de Montréal.Pas un détail, pas un motif :qui ne soit symbolique et quelle unité, quelle douce harmonie! Hélas, une négligence inqualifiable et une ignorance incroyable ont trop souvent dirigé les réparations infligées à ce religieux poème de pierre.Le caractère original de ce sanctuaire est gravement menacé.On a étouffé, noyé l\u2019éclat des fresques dans un éclairage à contre-sens ion a remplacé le parquet par des tuiles pour salle de bain, on a introduit la criarde statuaire de | plâtre, les fleurs hurlantes de papier peint, les piédestaux pompiers, on a bazardé les délicats gazeliers, les lampes somptueuses mais discrètes, le magnifique autel a été amoindri par un jeu de lumière d\u2019une indécence totale, les quatre vertus théologales ont été masquées par des chandeliers hors de proportion Des plaques de marbre blanckâtre, à lettres dorées, la tuyauterie, les calorifères déparent la belle ordonnance de l\u2019ouvrage; on n\u2019a pas hésité à masquer deux têtes bellement sculptées par l\u2019un de nos plus grands artistes canadiens sous des lustres de salon bourgeois, etc, etc.Bref, il y aurait un pamphlet à écrire dont le titre serait: La grande pitié de Notre-Dame-de-Lourdes, sanctuaire national.(Car c\u2019est la piété publique qui a élevé ce monument.) On ne saurait trop s\u2019inquiéter de l\u2019invasion de l\u2019esprit grossier dans nos églises.Que Dieu délivre sa maison de ce hideux esprit moderne qui se recherche dans toutes les manifestations d\u2019une dévotion trop matérielle, laquelle n\u2019a certes pas pour objet la plus grande gloire de Dieu \u2018\u2018disait le correspondant sus-nom- mé.La sauvagerie architecturale n\u2019est pas l\u2019esprit | moderne.L'esprit moderne est celui de la renaissance chrétienne, du retour aux plus pures traditions.L\u2019abbé Lecocq avait l\u2019esprit moderne.La chapellé du grand séminaire de Montréal est là pour l\u2019attester.SIMPLEX.i Jape 2 \"IR .SVIS .VN .CHIEN .QVI .RONGE .L'OS.Le Matin POLITIQUE ET LITTERAIRE PARAIT TOUS LES SAMEDIS REDIGE EN COLLABORATION 164, rue Saint-Denis TEL.EST 803 ay we Matin est une tribune Ubre pour les esprits libres.Chaque rédacteur est responsable de ses propres articles.Les Mages SONNET Usez moins avec moi du droit de tout charmer; Vous me perdrez bientôt, si vous n\u2019y prenez garde.J'aime bien à vous voir, Mais je n\u2019aime pas bien quoi qu\u2019enfin j\u2019y hasarde ; qu\u2019on me force d\u2019aimer.Cependant mon repos à de quoi s\u2019alarmer: Je sens je ne sais quoi dès que je vous regarde; Je souffre avec chagrin tout ce qui m\u2019en retarde; Et c\u2019est déjà sans doute un peu plus qu\u2019estimer.Ne vous y trompez pas: l\u2019orgueil de ma défaite N\u2019assure point d\u2019esclave à la main qui l\u2019a faite; Je sais l\u2019art d\u2019échapper aux charmes les plus forts; Et quand ils m\u2019ont réduit à ne me plus défendre, Savez-vous, belle Iris, ce que je fais alors?Je m\u2019enfuis, de peur de me rendre.Corneille POUR RIRE l\u2019adresse et la souplesse étaient proverbiales.Leur terrible \u201cgourka\u201d (sorte de couteau en forme de Fichus caractères! disait un per-|serpe, extrêmement effilée) entre sonnage de \u201cLa Grammaire\u201d, de les dents, ils se glissaient hors des Labiche, en parlant des participes: tantôt, ils s\u2019accordent, tantôt, ils ne s\u2019accordent pas! Le participe n\u2019est pas le seul mode de la conjugaison qui détermine la mésintelligence entre les verbes.Ainsi, M.J.Hallaux écrit, dans \u201cComoedia\u201d (13 mars): Certains ne se départissent jamais de leur calme coutumier.Il aurait tout aussi bien fait de dire: \u201cne ge départent jamais\u201d.Au fond, ça n\u2019a pas d'importance.Qu'est-ce que ça peut bien faire à Sirus?.* * * Un monsieur dont la vue est faiblarde et peu sire, Cherchait à se guider à l\u2019entour d\u2019une cure.\u201cMoralité:\u201d Le presbytère.* * * \u2014Une nouvelle guerre?N'y pensons pas, ce serait épouvantable.\u2014En tout cas, c\u2019est une chose que je ne désire voir que bien longtemps après ma mort! * * + (tranchées, passaient en rampant, tels des félins, sous les réseaux de fils de fer barbelés, et allaient surprendre les sentinelles ennemies.Ils les décapitaient d\u2019un seul coup, sans bruit, dans le plus grand mystère! Or, Bâmayaka, étant arrivé jusqu\u2019à .un petit poste, vit soudain, devant lui, à deux mètres, un Boche qui passait la tête hors d\u2019un trou où il se tenait en embuscade.La gourka, prompte comme l\u2019éclair, fit son oeuvre! Mais le soldat allemand, impassible et raide, eut un gros rire épais de Germain, qui résonna sinistrement dans la nuit: \u2014Och! jé croyez qué fos gou- teaux coupaient mieux! L\u2019Hindou le regarda froidement dans les yeux et, lentement, lui dit: \u2014Par Vichnou et Çiva, Boche puant et prétentieux, ton rire va se figer sur tes lèvres.Secoue simplement la tête, si tu l\u2019oses\u2026 Le.Boche fit un geste d\u2019étonnement et sa tête, qui avait été coupée nette, à hauteur de la pomme furet, passe devant un étang privé, sur lequel s\u2019ébat une troupe de canards domestiques, contemplés par un paysan de l\u2019endroit.Le désir de ne pas revenir bredouille ; éveille, chez le Nemrod, une envie {impérieuse d\u2019envoyer un coup de | .: .\u2018fusil parmi les volatiles.| \u201cVoulez-vous me laisser tirer dans ces canards?dit-il au paysan: je vous donnerai dix francs.\u201d Et il tend deux belles coupures, toutes neuves.| Le paysan hésite un instant, prend les dix francs, puis, avec un geste qui consent: \u201cAllez\u201d, dit-il.Mais déjà les canards ont commencé à se disperser, comme avertis par un salutaire instinct.Le chasseur vivement épaule, \u201clance le plomb meurtrier\u2019.Pas un canard ne tombe.Furieux et confus de sa (maladresse, il se dispose à s\u2019éloi- Ygner en bougonnant, lorsque les \u2018canards reviennent en troupe.Le chasseur n\u2019y tient plus.\u201cLaissez-moi encore tirer un coup de fusil, dit-il au paysan, Cette fois-ci, je vous donnerai vingt francs.\u201d Le paysan prend les vingt francs.les empoche, remercie \u2014 et ajoute, en s\u2019en allant, sans attendre le deuxième coup da fusil: \u201cVous pouvez tirer tans que vous voulez! \u2014Pour rien?\u2014Parfaitement: ces canards ne sont pas à moi! Je suis d\u2019un autre village, moi; je me promène par ici, voila tout.\u201d Il a dit que j\u2019étais co.comme la.lune.C\u2019est pas vrai! la\u2026 la lune elle est pleine une fois.par ,mois et moi, je suis plein tous les \u2018jours! Dans une école communale, un |inspecteur, arrivé au milien d\u2019une leçon de calcul mental, pose des questions au hasard.Il s\u2019adresse à l\u2019un des gosses.\u201cVotre père achète un, costume d\u2019une valeur de deux cent cinquante francs; il donne cinquante francs d\u2019acompte.Que lui reste-t- il à payer?Le gosse, sans attendre, répond: \u201cRien, monsieur.\u2014 Comment, rien?fait l\u2019autre, interloqué.Vous n'avez pas, mon ami, pris la peine de réfléchir; je vais répéter ma question: \u201cVotre père achète un costume, etc.\u201d Le gosse, après un moment, cette fois.répète: \u201cRien, monsieur.\u2014Mon enfant, dit l'inspecteur, je me vois forcé de vous dire que vous ne connaissez pas vos mathématiques.\u2014Si, si, monsieur, dit l\u2019élève, je connais très bien mes mathémati- ques, seulement, vous, vous ne connaissez pas mon père.\u201d A l\u2019audience du tribunal correctionnel de Laval un incident assez curieux a eu lieu hier.Un individu nommé Antoine LE MATIN, Samedi dit le prévenu.Le Ministère public s\u2019était levé pour requérir, mais le président lui fit signe de se rasseoir.\u2014Laissez donc, dit ce magistrat, il serait trop content Et de fait, Alanou parut assez vexé Voilà un enseignement.AVOCATS 5 Août 1922 \u2018vou, IT \u2014 No.28 LES BELLES FOURRURES DU PRINTEMPS EMMAGASINAGE Nos nouvelles séries contiennent les modèles les plus récents et les plus distingués, depuis la gracieuse petite cravate en taupe jusqu'au luxueux tour de cou en renard ou en vison.La maison se charge de l'entretien et de la conservation des fourrures qui lui sont confiées par sa clientèle.CHAS.DESJARDINS & CIE, Limitée 130, RUE SAINT-DENIS DES FOURRURES Gonzalve Desaulniers Avocat 92 (est) rue Notre-Dame Tel: Main 2656 LEONCE PLANTE AVOCAT 83 Rue Craig Quest TEL.M.7523 Résidence: Tél.Lsalle 3787-W.GEO.ROBERT, L.L.B.AVOCAT Bureau du soir et résidence 4324 rue Notre-Dame Est (Coin Désormeaux) Tétreaultville Bureau du jour: 7la, rue St-Jacques, Tél.M.2402 Chambres 412 à 414.Montréal MITCHELL, CASGRAIN & Cle 107, rue St-Jacques.FERRON & CIE 11, Place d'Aymes ELLIOTT & DAYID 119, rue St-Jacques, euest BEXUBIEN & LAMARCHE Rue Notre-Dame, 80, ouest Telephone Est 2205 JACOBS, HALL & Cle Rue Craig, 33, ouest.PETER BERCOVITCH Rue St-Jacques, 260.DESDAULLES, GARNKAQ & Cie Rue Notre-Dame, 18.enest ROLAND MAILLE'T Edifice LA SAUVEGARDE Main 2656 FONTAINE & DESJARLAIS AVOCATS 51 St-Jacques.Tél.Main 977 RENE CHOPIN NOTAIRE 80 Rue S.-Gabriel TEL.M.3826 DENTISTES Docteur Edouard Latour Chirurgien-dentiste 389 RUE ST-DENIS Tél.Est 238 2 ST-DENIS Vis-à-vis le carré Viger Dr.Martial Durand Chirurgien-dentiste Tél.Est 1695 MONTREAL DOCTEURS Téléphone Est 7580.Or J.M.E, Prévost Spécialiste.Des Hôpitaux de Paris, Londres, New-York.CLINIQUE PRIVEE pour le traitement des maladies des voies Génito-Urinaires: reins, vessie, maladies vénériennes, syphilis et peau.HEURES DE BUREAU: 10 heures A.M.à 5 heures P.M.460 RUE ST-DENIS, Coin Sherbrooke.Montréal.Tel.Est 6958 Or.Albéric Marin Des Hôpitaux Militaires Vénériens, France, Angleterre.Traitement des maladies de la peau, voies urinaires, syphilis, Consultations: 2 à 5, 7 à 9.295 RUE SAINT.DENIS.ALBAN GERMAIN, C.K.92 NOTRE-DAME EST Tel.Main 901, ~ Bureau tél, est 9342 Garage Savard Tél.Bell Est 5487 WILLIAM HAYNES Armurier et Mécanicien Marchand d\u2019Articles de Sport Spécialités: Chargement sur commande de cartouches de cal.4 à 44.La célèbre poudre anglaise sans fumée.237 AVE HOTEL DE VILLE MONTREAL.Tél Main 2287 Rés.Kockland 349 J.E.C.DAOUST ARCHITECTE Diplôme de l'A.A.P.Q.successeur de GAUTHIER & DAOUST 180, RUE SAINT-JACQUES MONTREAL Vous obtiendrez toufours: Ia meilleure qualité, le service le plus efficace et des prix beaucoup plus bas que les prix pourants du marché, en faisant vos achats ches _.\u2014! 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Un Nemrod revenant, fusil au|lement NOTAIRE (près Craig) Montréal 84 No 71a, Saint-Jacques, et son res [Cylinders Reground] il \u201chs \u201d , ; : a , P \u2019 bureau d'administration au No 162 TEL.LAS.3348.1408 NOTPE.NAME EST, \u2014 Jn.0.patrouilleurs hindous\u201d, dont dos, d'une infructueuse chasse au \u2014 Vous êtes tous des v.|35 rue S.-Jacques Main 5030 rue Saint-Denis.\u2014\u2014\u2014 d\u2019Adam, roula sur le sol.La gourka de Bâmayaka ne par- Cette histoire est authentique, Alanou, poursuivi pour mendicité et vagabondage, demanda comme une faveur deux ans 136, HENKY WEINFIELD &£t-Jacques \u2014 Main 2384 de prison.Mais le tribunal ne lui infligea que six mois seu- JOSEPH - L.GIROUARD, CHAR DE SERVICE 47 à 55 St-Timothée, Réparage, storage, lavage OUVERT JOUR ET NUIT H.SHULMAN ET SHULMAN, Avocats de la demanderesse.Le journal le \u201cfiatin\u201d est publié par ja eompagnie de publication le \u201cMatin, fimitée\u201d, ayant ses ateliers Réparations générales d'automobiles, SPÉCIALITÉ: Pièces de rechange, roues d'engrenage et rev- E.Bourassa Ltée INGENIEUR MECANICIEN tification des cylindres.REMINISCENCES Par Arthur Buies Aussi leg séances du cénacle se ressentaient- elles parfois des coleres qui bouillonnaient dans nos âmes.Mais là nous étions simplement entre nous, C\u2019était à l\u2019Institut Canadien qu\u2019il fallait nous voir, sur ce dernier rempart de la liberté d\u2019idées et de l\u2019indépendance de caractère, que d\u2019épais et obscurs bataillons battaient en brèche à toute heure, et qui, tous les jours, réparant ses blessures, montrait au milieu des tempêtes son front cicatrisé et rayonnant.Mais la guerre odieuse et féroce que l\u2019on faisait à l\u2019Institut ne pouvait durer indéfiniment.Néanmoins il en fallu dix ans pour l\u2019abattre et près de cinq ans de plus pour faire disparaître jusqu\u2019à son nom.L'Institut était venu avant le terme: c\u2019était un enfant robuste et constitué pour affronter les temps mais qui avait eu le tort de naître avant celui où il eût pu trouver les éléments nécessaires de viabilité.x XX X | La génération à laquelle j'ai l\u2019honneur d\u2019appartenir n\u2019a connu l\u2019Institut-Canadien que dans ses dernières années, années de spasmes, de convulsions ,d\u2019intermittences, d\u2019alternatives, d\u2019espérance et de découragement, qui se terminèrent ._,enfin par un trépas ignoré et une disparition sans \u201c éclat.La coupe des humiliations et des désenchantements avait été épuisée; il ne restait plug que l\u2019injustice de l\u2019oubli et le silence fait autour de sa tombe pour compléter la destinée de l\u2019Institut- Canadien.Les \u2018\u2018anciens\u201d étaient devenus de plus en plug rares aux séances de l\u2019Institut.On ne les y voyait guère que dans les occasions solennelles où il fallait donner de notre institution une opinion considérable.oo Le fait est qu\u2019une espèce de dégoût s\u2019était emparé de plus en plus des libéraux de renom, et que, voyant le terrain leur échapper davantage tous les jours, ils aimaient mieux se retirer que de se compromettre sur l\u2019arène brûlante où la jeunesse seule pouvait impunément se risquer.Puis il y avait d\u2019autres considérations; on avait vieilli, on était père de famille, ce qui rendait l\u2019intérieur plus difficile à quitter après les journées de travail; on avait des affaires, des soucis, des intérêts, mille choses qui n\u2019embarrassent pas la jeunesse, de sorte que les hommes arrivés étaient bien aises de trouver des remplaçants; sans cela FInstitut aurait été obligé de fermer ses portes.M.Joseph Doutre, cependant, venait plus souvent que ceux de sa génération.M.J.Doutre, que l\u2019on regardait à bon droit comme le type de l\u2019inflexibilité, de l'attachement inébranlable et immuable aux principes de la vieille école, n\u2019avait pas voulu lâcher prise en face de l\u2019intimidation et de l\u2019intolérance.Il aimait à voir les jeunes gens s\u2019affirmer, manifester hautement leurs opinions, ne relever que de leur conscience et de leurs convictions.Il aimait à les encourager de sa parole et de seg actes; aussi le trouvait-on plus souvent en contact avec eux, et se mêlait-il davantage à leurs réunions ou aux occasions diverses qu\u2019ils avaient de manifester ou d\u2019agir.Les anciens, ceux qui avaient été les fonda- teurs de l\u2019Institut, ne faisaient donc, comme je Viens de le dire, que de bien rares apparitions à nos séances.Oui, cela est vrai, en général, à fort peu d\u2019exceptions près.Mais, parmi ces exceptions il en est une qui vaut à elle seule tout un chapitre et dont il est juste que deux générations au moins gardent le souvenir.XX X En ce temps-là existait à Montréal un homme unique, indescriptible, tellement bizarre, para- doxa] et phénoménal, qu\u2019il ne comptait jamais avec les autres et qu\u2019il était impossible de le classer dans une catégorie quelconque d\u2019hommes ayant certaines occupations ou habitudes connues et définies, vivant d\u2019une vie commune à un certain nombre, ayant enfin des façons d\u2019agir.qu\u2019on peut expliquer et qui se voient encore assez souvent, malgré leur étrangeté.Celui-ci n\u2019était rien de tout cela.Il était.enfin, quoi?Il était.le citoyen Blanchet.Jamais dans aucun pays, il ne s\u2019était vu un type comparable à celui-là.La nature, pour le créer, avait dû tirer des ficelles inouies.Eh bien! Cet être singulier, qui mit à quia toute une génération, vit aujourd\u2019hui, aussi retiré et aussi inconnu que possible, sur un lopin de terre qu\u2019il possède aux environs d\u2019Arthabaska, où il ne lit peut- être pas un journal, lui qui en dévorait deux cents par jour.Le citoyen Blanchet ne se rendait jamais aux séances de l\u2019Institut; il s\u2019y trouvait tout rendu d\u2019avance, le matin, dès que les portes s\u2019ouvraient et l\u2019on était sûr de l\u2019y trouver toute la journée, à quelque heure que ce fût, lisant tous les journaux imaginables qui se publiaient sur le continent américain Il avait fait l\u2019Institut, soi, il se l\u2019était incorporé; les livres de la bibliothèque et les journaux de la salle étaient devenus sa chair et ses os; il n\u2019en sortait pas.Où mangeait-il?Où couchait-il?se demandait-on parfois; personne ne le savait.Moi, je crois qu\u2019il mangeait des tranches de l\u2019Institut et qu\u2019il avait été le dernier à rédiger.A l\u2019Institut, il ne disait mot à personne, et quand par hasard il s\u2019en échappait pour aller au dehors, il allait droit devant lui, toujours par le même chemin, les yeux baissés, ne voyant, n\u2019écoutant, ne regardant rien.Pourquoi aurait-il regardé ou écouté?It n\u2019y avait au monde que deux endroits pour lui, l\u2019Institut et son gîte.\u201cCitoyen, holà! d\u2019où venez-vous donc?\u2014 De l\u2019Institut.\u2014 Où allez-vous donc, citoyen?\u2014 A l\u2019Institut.Tous les soirs immanquablement, à la même heure, on voyait sourdre de l\u2019Institut, comme Ie jus sort du citron, une forme invariablement la même, surmontée du même petit casque, qui comptait vingt ans, et chaussée d\u2019une énorme paire de mocassins en feutre couleur de rouille.Cette forme suivait exactement le même côté du chemin qu\u2019elle avait suivi la veille et qu\u2019elle suivrait le lendemain, longeant silencieusement les maÏsons, roide comme un poteau d\u2019alignement et muette comme une sentinelle qui se dérobe, tout en piquant droit devant elle.Où allait cette ombre?C\u2019est ce que personne n\u2019a jamais su: mais ce qu\u2019elle était, c\u2019est ce que tout le monde savait.Le citoyen Blanchet avait été le dernier rédacteur de l\u2019Avenir, alors qu\u2019il ne restait plus 3! ce journal que deux ou trois cents abonnés, à peine.C\u2019est lui qui le rédigeait tout entier, de la première à la dernière ligne, qui le composait, le corrigeait, I'imprimait et le portait lui-même en ville les samedis soirs de chaque semaine.Il fit ce métier là pendant un an, je crois, et il l\u2019aurait fait indéfiniment, n\u2019eût-il eu que dix abonnés à servir, si l\u2019apparition, en 1852, du Pays, de ce vieux Pays, dans lequel j'ai vidé ma servelle et mon coeur pendant huit ans, ne fût venue obliger l\u2019 Avenir à rendre l\u2019âme sur le sein de son unique rédacteur.Le citoyen Blanchet parlait à toutes les séances de l\u2019Institut, qu\u2019il fût ou non inscrit parmi les discutants, quel que fut le sujet de la discussion, Il se levait droit comme un paratonnerre, disait à peine \u201cM.le président\u201d, pour lui tourner le dos immédiatement après et parler tout le temps qu\u2019on aurait voulu, dans la même attitude, sans bouger d\u2019une semelle et le regard toujours fixé exactement sur le même point.Sa nature, son essence même, c\u2019était l\u2019invariabilité.Il avait toujours la même allure, le même maintien, le même regard, le même geste et le même habit Je ne l\u2019ai pas vu un seul jour habillé différemment et se tenant autrement que je l\u2019avais vu cent fois, et que j'étais certain de le Voir cent autres fois.Il aisait à l\u2019Institut des harangues terroristes et proposait des \u2018motions\u2019 d\u2019un radicalisme farouche, et cependant il était l\u2019homme le plus in- ofensif et le plug doux du monde.C\u2019est lui qui avait un jour rédigé une requête pour faire abolir la dîme, laquelle commençait par ces mots: \u201cAux Citoyens Représentants du Canada \u2019 Cependant, dans l\u2019Institut, quand il se levait pour parler, il ne disait jamais \u201cCitoyen Président\u201d mais comme les autres, tout simplement \u2018\u201c\u2018M.le Président\u201d Je trouvais cela illogique et tout à fait dérogatoire au principe comme au langage rigoureux de la bonne et vraie démocratie; je lui en demandai la raison.Il me regarda fixement dans les deux yeux, vit bien que malgré le sérieux que je tenais à quatre, je lui faisais une plaisanterie à ma façon; il se retourna vivement et partit d\u2019un immense éclat de rire dont le bruit me poursuit encore.Pour nous, nous ne manquions pas d\u2019assister à une seule de ses séances.Aussi le public était-il certain d\u2019y entendre une discussion tous leg jeudis soirs.Quel que fût l\u2019ordre du jour, la question à débattre, nous nous rendions scrupuleusement avec nos rôles distribués à l\u2019avance et notre arsenal d\u2019arguments laborieusement monté.Et tout cela, croyez-le bien, n\u2019était pas une pure matière de forme ni un vain simulacre de gymnastique oratoire; nous voulions sérieusement et fermement nous former pour être un jour à la hauteur des grandes destinéeg que nous entrevoyions dans un avenir prochain pour notre pays.Hélas! Comme ces destinées semblent avoir pris à tâche de faire voir toute la futilité de nos espérances, et comme elles ont l\u2019air de reculer indéfiniment, à mesure que nous croyons avancer! x x X Anant de sous condza aux séances régulières du jeudi, il était rare que nous n\u2019eûssions débattu longuement entre nous l\u2019ordre du jour.Puis nous partions en gerre et quand nous arrivions, chacun avec son alure à lui, prendre place aux avant-bancs qui nous étaient invariablement réservés, on entendait un \u2018Tiens, les voilà\u201d et un murmure courait parmi les rangs.Alors le feu commençait, ce feu qui se prolongeait longtemps après les séances, dans les cabinets particuliers du Richelieu, qu\u2019on pouvait appeler le café Pro- cope de Montréal.Laurier, dans la discussion, était comme un de ces sages éloquents que Platon eût placés\u2019 dans son Académie.Lusignan ne tolérait pas le plus petit manquement à la forme, à la correction du langage.Acerbe dans la critique, impétueuz dans l\u2019attaque et se repliant sur ses jarrets pour lancer une apostrophe, comme le jaguar pour faire un bond sur sa proie._ Ovide Perrault parlait peu; il se tenait dans un angle, avec un sourire narquois, défaisant un à un, derrière ce sourire tous les beaux arguments dont nous venions d\u2019échauffer l\u2019atmosphère de l\u2019Institut.Gonzalve Doutre, toujours positif et toujours sourd, ne connaissait que les textes; il avait un respect candide et pointu pour les dates.Avec lui pas d\u2019échappatoire ni de tangente possible quand \u201cle fait historique\u201d était 1a, certifié par un premier narrateur (copié ensuite par cent autres) qui lui, le tenait de la tradition incrustée dans l\u2019esprit des hommes par le \u201crespect des ages\u201d cette admirable consécration qui exempte de toute recherche, de toute constation personnelle et indépendante, comme de toute critique historique.Vv A cette époque tout le continent nord-américain était en feu.Une guerre effrayante hurlait à nos portes.Les Etats du nord et les États du sud se battaient depuis près de quatre ans.La célèbre affaire du \u2018\u201cTrent\u201d et mille autres affaires de détail avaient failli mettre aux prises les Etats-Unis et la Grande-Bretagne.Montréal regorgeait de Sudistes cherchant à fomenter, de concert avec leurs alliés naturels les torys, des sentiments extrêmement hostiles à l\u2019Union américaine.Pendant que deg milliers de Canadiens-fran- çais combattaient dans les armées du nord, le gouvernement des Canadas-Unis favorisait de son mieux toutes les animosités, ou déclarées ou sourdes, ou encore indécises, contre la grande République, Oh! La république! C\u2019était là un nom digne encore à cette époque de toutes les exécrations.L'occasion était trop belle pour ne pas faire un étalage forcené de loyalisme et ne pas appeler tous les bons Canadiens du pays à faire chorus.Il n\u2019y avait pas longtemps qu\u2019un premier ministre avait proclamé que \u2018le dernier coup de canon tiré en Canada pour la Grande-Gretagne le serait pour un Canadien-français,\u201d et sir George E.Cartier, héritier de cet esprit, était prêt à faire tirer ensemble tous les canons de la forteresse de Québec pour appuyer cette déclaration.x XX La campagne contre le Nord fut menée avec | cette âpreté tranchante, avec cet esprit provo- cateur, cette intransigeance haineuse ce parti pris ou plutôt ce culte du dénigrement, avec ce débordement de calomnies et cette virulence de fiel qui caractérisent les fanatiques de politique presque à l\u2019égal des fanatiques de religion, et les assimilent bien plutôt à une secte qu\u2019à un parti, je veux dire cela surtout de ceux qui, ayant transporté sur un théâtre plus étroit l\u2019esprit et les traditions du torysme britannique, en sont devenus d\u2019autant plus intolérants et plus intolérables.Ces hommes, que le créateur ne s\u2019est décidé à former qu\u2019avec bien des précautions et après avoir longtemps d\u2019avance pétri un limon spécial.sont tout charpentés d\u2019arrogance et d\u2019outrecuidance.Ils consentent à la rigueur à passer pour faire partie de l\u2019espèce humaine, mais à la condition qu\u2019on reconnaisse qu\u2019ils sont nés pour lui commander, que l\u2019autorité leur est dévolue natu- Tellement, qu\u2019ils ont un droit unique et exclusif de l\u2019exercer, de la tenir, et que là où le pouvoir leur échappe, ils ne sont pas tenus, pour le ressaisir, d\u2019user, comme les autres hommes, des moyens 'vulgairement appelés légitimes.Aussi, quand ces hommes-là sont des catholiques, de par leur nature supérieure sont-ils plus catholiques que le pape, et tous ensemble, avec ceux de leur espèce qui sont protestants, sont-ils plus loyaux que la reine, X XX e Tel étaient les hommes, auxquels le pays appartenait au temps dont je parle et auxquels il n\u2019a pour ainsi dire pas cessé d\u2019appartenir depuis la fin du siècle dernier.\u2018 Quand ils virent que deg copflits pouvaient éclater d\u2019un moment à l\u2019autre entre les Etats-Unis et la Grande-Bretagne, par suite de l\u2019attitude partiale de celle-ci, ils songèrent à nous discipliner à leur image et à faire germer en nous une sorte d\u2019esprit militaire, par l\u2019organisation sur un nouveau pied et par la régularisation des milices nationales.De là la création des écoles militaires de \u201ccadets\u201d.Oh! Parlons-en, des écoles militaires.Il n\u2019y eut rien de plu sréjouissant à l\u2019origine; je leur dois quelques-uns des jours les plus amusants de ma vie.Aussi ne veux-je pas les déprécier; au contraire, je voudrais les immortaliser en quelque paragraphes, s\u2019il y avait moyen de faire passer a la postérité une seule ligne écrite en français, dans ce pays où tout ce qui est français semble frappé d\u2019un ostracisme ou d\u2019un dédain irrémédiable.Il y a à cela bien des causes de toute espe- ce, causes compliquées et qui s\u2019aggravent tellement tous les jours, que beaucoup d\u2019esprits excellents commencent à croire que nous nous débattons en vain pour prolonger une illusion, et qu\u2019au lieu de courir à la poursuite des réalités, nous nous attardons à embrasser des chimères et nous complaisons à vivre dans l\u2019ombre avec des ombres. VOL.II \u2014 No.28 LE MATIN, Samedi 5 Août 1922 Page 3 | nouille unique et les rares ornières, creuses com- il me faut converser dans l\u2019horrible secret de mon LEON BLOY CHEZ ROLLINAT \u201cLES MARGES\u201d | Léon Bloy vit et entendit pour la première.ries lugubres.Les horizons rocheux et boisés, toujours si changeants dans leur monotonie, ont pour mes yeux las des foules humaines, un intérêt si prodigieux qu\u2019il m\u2019arrive souvent de les \u2018 désolés fantômes, que c\u2019est à peine s\u2019il me reste la force et le temps de crever du pied l\u2019immonde tri- , Perie de la littérature contemporaine.Pour parler plus clairement, mon cher ami, i Me des fosses, évoquent à mon esprit des songe- âme avec un si grand nombre de lamentables, de: Ps + B A : | { fois Maurice Rollinat au club des Hydropathes, contempler sans changer de place une heure, mon existence a été ornée depuis près de trois dans le courant de 'année 1880 et manifesta son' deux heures, aussi loin de Paris que de mon en-, ans, d\u2019un nombre invraisemblable de péripéties admiration pour le musicien-poète dans deux ar-i fance et noyé dans ce que j\u2019appellerai la rumina-| du même genre que celle que tu as connue.Cela ticles successifs, le premier auFoyer, la petite! revue de Charles Buet et le second auChat Noir (No.du 2 septembre 1882).Avec cet article, Bloy inaugurait la série des études étonnantes qui transformèregt le journa.de Rodolphe Salis en une feuille vraiment littéraire, , L\u2019article Maurice Rollinat, paru en trois fois, | rampe, je glisse, je me cramponne, j\u2019escalade et, devint, augmenté de l\u2019article du Foyer, le chapi-: tre intitulé: Les Artistes mystérieux dans les | Propos d\u2019un entrepreneur de démolition.Il con-' tient déjà les qualités du style de l\u2019auteur et aussi son tour d\u2019esprit: \u201cJ\u2019ai rencontré Rollinat, écrit-il dans le lieu le moins mystérieux du monde.Cela se nommait et se nomme encore, je crois, le club des Hydro- pathes.\u201d \u201cJe crois\u201d est merveilleux.C\u2019est comme s\u2019il ajoutait cette phrase que je l\u2019entendis si souvent prononcer: \u2018Vous pensez bien que je ne m'informai jamais de ce que cela devint, la vie est trop courte!\u201d S\u2019il ne revit pas les Hydropathes, il revit sou-! vent Rollinat, d\u2019abord parce qu\u2019ils fréquentaient tous deux chez Barbey d\u2019Aurevilly et ensuite parce que l'admiration qu\u2019ils avaient l\u2019un pour l\u2019autre, les firent se rechercher davantage.D\u2019après la récente biographie de Rollinat, ce fut en septembre 1883 que le poète des Névroses, fuyant Paris, s\u2019installa définitivement à Fresse- lines.Dans l'intervalle d\u2019un an qui gépare l\u2019arrivée à Fresselines de la publication de l\u2019article de Bloy, il est apparent que Rollinat dut séjourner parfois à Bel-Air, la propriété de sa mère, qu\u2019il S\u2019arrangea pour s\u2019y trouver en l\u2019absence de celle- ci pour des raisons que M.Vinchon a parfaitement indiquées dans son intéressante et complète monographie et qu\u2019il invita quelques amis de Paris à venir partager sa solitude.Léon Bloy fut de ces derniers.Je ne sais si, lorsqu'il répondit à l\u2019invitation de son ami, il se rencontra à Bel-Air avec d\u2019autres artistes venus, commme lui, chez Rollinat.Je ne le crois pas.La manière dont il m\u2019a parlé de ce voyage ne me le fait pag supposer.Votci la très belle et très curieuse lettre d\u2019invitation que Maurice Rollinat lui avait adressée rue Rousselet où il demeurait alors, dans le voisinage immédiat de Barbey: Bel-Air, commune de Ceaulmont près Argenton (Indre).Mon cher Bloy, Venez me voir à Bel-Air.Je vous attends.La belle température est installée, la campagne est savoureuse et nous pourrons faire de longues excursions par des routes aimables et bien sèches.je compte absolument sur vous.Prenez donc toutes vos dispositions et man- dez-moi le jour et l\u2019heure où je devrai aller vous chercher à Argenton ou Celon (ligne Orléans, de Paris à Limoges).Je voudrais pouvoir vous dire que je me ré- illusionne et que je trouve à la chasse des idées: le même plaisir qu\u2019autrefois.Non hélas! La certitude que j'ai de mon dégoût universel se mêle aux moindres opérations de mon exitence et je laisse tourbiilonner dans mon cerveau le péle-méle des pensées confuses.Evidemment, je regarde sans voir et j\u2019entends sans écouter.Ai-je seulement un sujet en tête?pas même! tant j\u2019éprouve désormais l\u2019horreur de l\u2019angoisse intellectuelle et tellement ma conscience intime s\u2019est résignée au végétalisme.Je vais, je viens, souriant, grave, causeur, homme avec mes semblables, mais au fond ce n\u2019est plus que mon corps qui formule mon individualité, Non, mon cher ami, je ne deviendrai jamais un béat de l\u2019existence, il y a trop d\u2019anxiétés funèbres dans mon pauvre esprit, pour que j\u2019en arrive à me contender de ce qui charme ou pacifie les autres hommes.Le côté nerveux et ter- restrement impressionnable de mon être peut avoir encore des émotions purement humaines, mais combien elles sont raillées, déplorées, bannies par une despotique et tenace désolation qui régit si totalement le Rollinat intérieur.L\u2019à quoi bonisme a tant de raisons pour me posséder de la sorte! Les sensations ou les sentiments exhalés par les objets ou les individus ordinaires n\u2019ont sur moi qu\u2019un effet épidermique; cela m\u2019égratigne ou me chatouille, mais ma pensée n\u2019en recoit aucune, diversion et le rongeur de mon âme n\u2019en continue pas moins à me faire en toute sécurité, sa venimeuse et solitaire morsure.Quels bi£us et quels rouges, quels incarnats et quels ors intellectuels pourront placer ma coloration noire et arlequiner ma personne morale si uniformément ténébreuse ! Sans doute j'accepte l\u2019illusion humaine puisque je consens à vivre dans la société; mais aussi quels sarcasmes du Moi penseur contre la lacheté du Moi citadin ! Et comme j'ai besoin de faucher en imagination toutes ces vies dérisoires pour promener dans la mortuaire solitude les Jibreg soliloques de ma perpétuelle mélancolie.Ce ne sont que des apparences voulues ou superficielles toutes ces expressions physionomiques, allures, gesticulations, loquacités que je m\u2019impose lorsqu\u2019il m'arrive de jouer l\u2019homme devant des interlocuteurs vilg ou bornés Au fond, je pense à la Mort qui en a vu et entendu bien d\u2019autres et je me dis qu\u2019une léthargie volontatire serait encore moins ridicule que tous ces remuements d\u2019un néant futur et il me prend des envies de cadenasser mes livres et c\u2018insensibiliser mon âme pour que l\u2019éternelle guetteuse attende l\u2019heure de me cendrifier avec une ironie moins intolérable.Et pourtant, j'aime encore la campagne! L\u2019aspect des choses de la nature m'arrive encore net et familier.Ma rêvasserie nulle et traversée par les musiques, les couleurs et les contextures ambiantes et -> .; \u201c la mort de mon coeur, je me sens pénétré par ie ;-> ~~ des solitudes sans doute à la manière des Luups et des Corbeaux.Le fait est que j\u2019affectionne singulièrement l\u2019impression brumeuse que me font au- jourd\u2019hui les rochers et les arbres.C\u2019est comme un morceau de paysage en rêve qui flotterait im- palpablement devant mes yeux en me Jaissant après sa fuite, tout le magique souvenir d\u2019une apparition.Tous les jours je m\u2019en vais par monts et par vaux, chaussé de forts souliers et coiffé d\u2019un chapeau pointu aussi large qu\u2019un parasol.Je marche des heures entières sans jamais me fatiguer; mon oeil animal regarde bovinement les longues files de châtaigniers centenaires qui parfois ne laissent pas que de m\u2019inquiéter par leur monstrueux branchage d\u2019une si morte langueur ou d\u2019une si houleuse convulsion.Tout m\u2019occupe, m\u2019amuse, me distrait et me terrifie.Je m\u2019arrête jamais rem-i tion campagnarde qui tient de la somnolence de la couleuvre, de la stupeur du crapaud, de l\u2019éche- vèlement du saule et qui répond si bien au sunt lacrymoe rerum de Virgile.Je ne m\u2019arrache à ces sauvages recueillements que pour me plonger dans la fraîcheur des demi-teintes, ombrées et miroitantes comme l\u2019eau qui les réflète.Alors je J\u2019arpente boiteusement les raving scabreux ou la Creuse dort et se précipite.Tout le jour je pêche à la ligne ou bien j\u2019écoute vivre la nature et la nuit, je l\u2019entends rêver.Car, au clair de lune comme dans les plus épaisses ténèbres, j'ai surpris çà et là des chuchotements qui n\u2019ont pas le caractère diurne et dont le sens bien qu\u2019inintelligible tout d\u2019abord, n\u2019en devient pas moins horriblement précis pour qui sait lire dans les broussailles et communier avec les pierres.Voilà mon existence, mon cher ami, venez donc la partager le plug tôt possible, nous avons | encore bien des choses à nous raconter ! Au revoir et cordiale poignée de main.Exprimez toute mon affectueuse et reconnaissante admiration au grand sorcier du vers et de la littérature, à notre cher maître Barbey d\u2019Aurevil- ly; dites au si pur, si compreneur et si raffiné Georges Landry que je l\u2019aime de tout mon coeur et mille amitiés aux amis et connaissances, sans oublier la corrompue naïve, la reine de l'instinct, la bonne diablesse Kryzinska ! Tout à vous et à bientôt.MAURICE ROLLINAT._, _ Léon Bloy se plut à Bel-Air et les raisons étaient nombreuses qui devaient faire qu\u2019il s\u2019y plut.Il aimait la nature à l\u2019état sauvage, les arbres non taillés, les pelouses sans aménagements et les collines pâles.La Creuse, avec ses sinuosités, le séduisait mieux que n\u2019aurait fait la mer qu\u2019il n\u2019a jamais aimée et le château du Crozant l\u2019impressionna vivement.\u201cJ\u2019ai eu, me disait-il, deux émotions intenses et pourtant très différentes, étant en marche dans la campagne.La première fois, ce fut pendant la guerre de 1870, lorsque, marchant vers Tours en suivant le Cher, le château de Chenon- ceaux m\u2019apparut, allongé en travers de la rivière dans son voluptueux cadre tourangeau.La seconde, ce fut avec Rollinat, lorsque me conduisant par des sentiers de lui connus, il fit surgir devant moi le château de Crozant.Je voudrais pouvoir vous procurer cette sensation inoubliable.\u201d Et puis, il aimait Rollinat et l\u2019art de Rol-; linat, .Durant de longues soirées, dans le salon de Bel-Air, il se laissait ravir par son ami à la voix: étrange.Quand il l\u2019avait entendu à Paris, ¢\u2019avait été dans des réunions nombreuses, par conséquent dures à supporter pour lui, réfugié dans le coin le plus obseur d\u2019un salon ou d\u2019un théâtre.A Bel-Air, Rollinat chantait pour Bloy, choisissait pour lui les morceaux qui lui plaisaient et se réjouissait, se sentant compris par un artiste rare, peu facile à séduire et peu enclin aux éloges.Le Les interprétations des poèmes de Baudelaire, tels que le Flambeau vivant ou Causerie, avaient les préférences de Bloy, non qu\u2019il dédaignait les oeuvres poétiques de Rollinat, mais parce qu'il rencontrait dans la traduction des Fleurs du mal une intelligence de Beaudelaire qui correspondait exactement a la sienne.Et il faut avouer qu\u2019il y a là chez Rollinat quelque chose de surprenant dont il est difficile de n\u2019être pas ému en déchiffrant ses mélodies, même si on ne les ajamais entendu interpréter par lui.I à une manière de présenter le poème de Beaudelaire, de le faire lire sans y ajouter, de n\u2019y pas toucher en le traduisant, qui explique son prodigieux succès auprès des poètes, surtout quand on sait que le chanteur et le diseur, l\u2019acteur en un mot, égalait ou surpassait le compositeur.On peut aujourd\u2019hui n\u2019accorder à Rollinat musicien qu\u2019une petite place au-dessus des habituels fournisseurs des cabarets montmartrois et au-dessous des grands compositeurs de son temps, il n\u2019en reste pas moins digne d\u2019une attention très particulière et on ne peut nier qu\u2019il possédât un goût exquis.Il y a dans plusieurs de ses morceaux des réminiscences, mais quand il se souvient, il va tout droit aux maîtres du lied, à Schumann et à Schubert et d\u2019une façon si délicate qu\u2019il faudrait être Un censeur sévère pour lui reprocher une imitation.Dans le Flambeau vivant que je citais plus haut comme morceau préféré de Bloy, il y a un souvenir de Chansons et réveries de Schumann mais si discret qu\u2019en supposant qu\u2019il ait été voulu, on ne peut que féliciter Rollinat d\u2019avoir ainsi cotoyé un génie de cette envergure sans se ressentir des suites de sa hardiesse.Léon Bloy, qui n\u2019était pas musicien, fut enthousiaste de la musique de Maurice Rollinat.Son impression fut si vive qu\u2019on le surprit, longtemps après son séjour à Bel-Air et même dans ses dernières années, en train de fredonner du Rollinat.On peut dire qu\u2019il conserva toujours dans sa mémoire avec le souvenir du Berry, ces mélodies co-| lorées que le chanteur faisait souvent fantastiques et il est en somme facile de s\u2019imaginer ce que furent ces soirées de Bel-Air, après une journée de promenades en pleine campagne ou à la pêche et après des entretiens dont la lettre de Rollinat, citée plus haut, nous a révélé le caractère, Rollinat était en outre très attaché à cette maison de Bel-Air où il avait éprouvé ses premières sensations de poète et où, pour la première fois, il avait eu l\u2019idée de les traduire littérairement.Il exprimait souvent ces sentiments et cela n\u2019était pas pour déplaire à Léon Bloy qui aimait toutes les manifestations de la tendresse et du souvenir.: On verra, dans les deux lettres de Léon Bloy qui suivent, la confiance qu\u2019il accordait à Maurice Rollinat et même l\u2019aveu d\u2019une influence qu\u2019il aurait subie à ses débuts; chose rare que cet aveu, je puis l\u2019affirmer, sous la plume de ce grand artiste qui n\u2019était né de personne, le savait et n\u2019accordait qu\u2019une faible part à ceux qui l\u2019avaient passagèrement inspiré.Voici ces deux lettres: Paris, 26 octobre 1885.Mon cher Rollinat, ;ressemble à une vocation.Ajoute à tout cela les affres d\u2019une persistante misère, l\u2019impossibilité de mon acclimatation dans les latrinières contrées du journalisme, l\u2019insurmontable besoin perpétuel de vociférer mes idées ou mes sensations et comme conséquence de l\u2019effarante hostilité de tous les maquereaux de la : publicité parisienne, sans exception.! Tu vois d'ici l\u2019aimable vie, n\u2019est-ce pas?| Quand je pense que j'ai poussé le jobardis- |me d\u2019une reconnaissance imbécile jusqu\u2019au point de déshonorer mon livre, en le dédiant à Rodolphe Salis que je prenais idiotement pour mon bienfaiteur, à cause de la publicité de son jour- val, alors que cet affreux drôle venait de m\u2019exploiter sordidement depuis plus d\u2019un an! ) , Je veux t\u2019envoyer une collection du Pal.Tu | ignores profondément Le Pal, n\u2019est-ce pas?C\u2019est un pamphlet enragé et publié par moi | seul, qui parut au mois de mars et avril derniers ; et qui aurait pu faire sa fortune et la mienne, en | raison même de sa prodigieuse violence, sans la ; timidité du commanditaire qui craignit de se i faire assommer.Cette publication hebdomadaire fut donc suspendue dès son quatrième numéro, à mon grand crève-coeur, car c\u2019était ma vraie vie et je | n\u2019aurai certainement jamais plus de verve bilieu- | se que je n\u2019en eus à ce moment-là.Je me persuade que tu ne liras pas sans | quelque allégresse cette prose démoniaque! Il me semble, d\u2019ailleurs, que tu as payé pour | savoir ce qu\u2019il en coûte d\u2019aimer la justice et de vouloir au conspect du mufle ambiant, être ex- | clusivement un artiste.C\u2019est évidemment le meil- i leur moyen de faire connaissance avec la solitude.Au fait, tu peux te flatter d\u2019en jouir à nos dépens: que diable fais-tu en Berry?Personne ne peut me le dire.Prépares-tu un volume nouveau?As-tu augmenté considérablement ton stock de mélodies?Il y a de sacrés jours où je donnerais un quartier de ma charogne pour t\u2019entendre encore.Mais je ne te blâme pas d\u2019avoir pris la fuite et je t'envie d\u2019avoir pu échapper à l\u2019effroyable milieu où je suis forcé de vivre.C\u2019est un duel | quotidien avec le désespoir, avec le dégoût suprême, avec toutes les horreurs de la médiocrité et du goujatisme triomphants.(à suivre) | L'URBANISME Nos lecteurs nous sauront gré, au moment où \u2018l\u2019urbanisme est à l\u2019ordre du jour, de reproduire | cat conférence de M.Henri Hébert que nous avons traduit du Canadian Engineer.On nous assure que ces paroles ont déjà paru dans un grand ou plutôt gros journal de Montréal.Nous voulons les publier quand même tant nous sommes persuadés que PERSONNE ne l\u2019a lues.On peut se demander au premier abord ce qu\u2019un sculpteur vient faire dans un domaine qui semble être du ressort exclusif de l\u2019ingénieur, mais en regardant de plus prèg on constate que le sculpteur est un collaborateur des plus précieux en ceci que son rôle est de terminer ce que les ingénieurs et les architectes ont préparé.Les arts ont pour fonction de souligner les travaux des ingénieurs et des architectes, de créer de la beauté et de conservex en autant qu\u2019il est possible le pittoresque qui est une collaboration du hasard et du temps.Ils sont amis de la nature, mais ils admettent très bien que cette nature, soit travaillée dans le but d\u2019aider au progrès général et certains paysages y gagnent à être \u2018complétés par des travaux d\u2019art.Ce mot art étant employé ici dans son sens le plus large.Les Artistes ne désirent pas couvrir la ville d\u2019une forêt, ni faire habiter les gens dans des grottes ou des cabanes en branchages pour créer du pittoresque, et en dépit de ce que beaucoup de gens en pensent ils sont amis de l\u2019ordre et du confort.La logique doit être à la base de\u201ctout.Les Arts urbains comprennent le Génie Civil, qui est la logique du groupement et de la construction strictement utilitaire, l\u2019Architecture qui \u2018est la logique de la construction en général, la \u201cSculpture qui est la logique de l\u2019ornementation, la loi qui est la logique de l\u2019ordre, et enfin l\u2019hygiène qui voit à ce que ses règles qui doivent assuré la santé publique soient observées.C\u201dejst en coordonnant toutes ces différentes énergies que l\u2019on peut arriver à un ensemble satisfaisant pour le bien de la communauté; en effet il ne faut pas perdre de vue que les villes sont créées pour que les humains puissent s\u2019y aglomérer et y vivre dans les meilleures conditions dé bien- être.' Les habitants de ces villes ont non seulement des besoing physiques mais aussi des aspirations et des besoins intellectuels et moraux; ces aspirations et ces besoins doivent être canalisés ou guidés par des hommes de mathématiques pour établir un cadre convenable et solide et des hommes de goût pour distribuer des éléments de beauté et partant d\u2019éternité.Il ne faut pas enfermer l\u2019Art dans les musées, il faut que l\u2019éducation Artistique se fasse dans la rue, il \u2018faut mettre l\u2019Art à la portée de tous et chacun.L'Art ne repousse pas la science quoique d'essence très différente, ils sont étroitement liés.Les artistes devinent ce que les mathématiciens prouvent; ils obéissent tous deux à la même logique qui est la logique de l\u2019équilibre deg masses.La vraie destination de l\u2019Art est de charmer | et d'améliorer l\u2019humanité.L\u2019Urbanisme ne consiste pas à créer de tou- | tes pièces, mais plutôt de tirer parti de ce qui \"existe et une ville ayant un passé renferme quel- \u2018ques vieilles reliques qu\u2019il est bon de conserver; il est évident que par respect d upassé i] ne fau pas tout garder, même les choses laides, il ne s\u2019agit pas ici de respecter la vieillesse à tout prix mais bien de sélectionner et de conserver i te qui a une valeur au point de vue architectural.| Ce qui par malheur ne pourrait pas être conservé devrait être relevé et ces relevés conservés dans des archives, ce pourrait même être un programme intéressant pour les élèves des Ecoles d\u2019Architecture et de Génie Civil.La beauté doit être le but à atteindre dans l\u2019Urbanisme: Beauté de plan, beauté d\u2019ensemble et beauté de détail.i Le temps est fini je l\u2019espère du moins ou l\u2019on disait \u201cAvant de faire beau faisons solide\u201d devant nue petite flaque où nageotte une gre- La destinée nous a, paraît-il, furieusement| et \u2019cest ici qu\u2019est le point de départ du malenten- séparés, puisque, depuis deux ans environ, nous \u2018du; c\u2019est que l\u2019on croit trop généralement que sommes devenus comme étrangers l\u2019un à l\u2019autre.pour faire beau il faille faire compliqué, or rien I] me serait assez difficile d\u2019en dire la raison que' n\u2019est plus faux; nous avons ici-même à Montréal, je ne comprends guère, sinon que de mon côté, il un édifice qui répond bien aux besoins et qui a ÿ a eu un recommencement effroyable des an-, de réelles qualités de beauté; c\u2019est l\u2019élévateur No.ciennes aventures tragiques.Je suis tellement 2.Je ne sache pas que sa solidité ait été compro- occupé à payer des bières et des enterrements;'Mise de par la recherche d\u2019une ligne agréable; de.pour des cadavres récoltés sur des amphithéâtres, |'plus il est bien placé.Il est évident que si on le! Le tabac a fumer le plus populaire au Canada | 1 be Tabac de qualite =z 1 A paquets Ff = ; Plaçait en plein parc Lafontaine il ne perdrait pag ses belles qualités, mais il nuirait à son entourage et il se nuirait à lui-même.Ce qui revient à dire qu\u2019il faut mettre chaque chose à sa place | si on veut obtenir de bons résultats.x Dans le dessin des villes il est bon de réser- Ver certains espaces qui ont l\u2019avantage d\u2019assurer une meilleure circulation d\u2019air et qui peuvent le cas échéant être décorés de statues ou de fontai- (nes, Ces espaces n\u2019ont pas besoin d\u2019être grands pour ces décorations ; les monuments qui décorent les places gagnent le plus souvent pour eux-mêmes et pour l\u2019aspect général à ce que la place soit plutôt restreinte.Le cadre est alors mieux proportionné au sujet.Le monument Maisonneuve a été composé pour la Place d\u2019Armes et ici le programme imposé à l\u2019artiste a été bien rempli.Le monument Cartier aurait été placé avec plus d\u2019avantage en pleine avenue du Parc, des raisons toutes autres que des raisons d\u2019esthétiques ont fait que ce monument n\u2019est pas mis en sa pleine valeur.C\u2019est notre amour exagéré de la ligne droite qui nous a fait commettre une grossière erreur; nous avons en effet la manie de la ligne droite et du quadrilatère envers et contre tout Ce système en quadrilatère n\u2019a même pas l\u2019excuse d\u2019être jeune: Babylone était construite sur ce an, Je voudrais aussi vous parler messieurs des monuments que l\u2019on élève un peu partout actuellement à la gloire des soldats de la grande Guerre et permettez moi d\u2019ajouter que par répercussion, c\u2019est là un des tristes résultats de l'après guerre que de mettre entre les mains de gens bien intentionnés et en dehors de l\u2019Art, le soin de juger des preuves devant aller devant le Public pour servir à gon éducation.Avant d\u2019aller plus loin je tiens a vous affirmer messieurs que en ce qui pourrait me concerner, il n\u2019y a aucune | rancoeur et aucun mauvais esprit, que de plus je crois fermement à l\u2019honnêteté et à la bonne foi de ces juges d\u2019un moment.Leur bonne foi elle-même est surprise et tout en voulant faire bien ils commettent des mauvaises actions en sacrifiant le véritable artiste et, partant les intérêts qu\u2019ils ont à défendre.L'éducation de l\u2019oeil est la plus longue des éducations et sur un bon jugement, jugement fait dans un moment d\u2019intuition par un homme ayant le sens de l\u2019Art, combien y en a-t-il de mauvais.Il est excessivement dangereux de\u2019se fier à son intuition quand on est pas du.métier, parce que beaucoup de choses nous échappent et ce que l\u2019on craint être de l\u2019intuition n\u2019est souvent qu\u2019une satisfaction cérébrale momentanée, je dis momentanée .parce que ces intuitifs honnêtement convaincus, ne regardent plus ce qui les a tout d\u2019abord enchantés.Je tiens à bien souligner ceci.Un artiste regarde, voit mieux et plus vite et il regarde toujours, tandis que la plupart du temps l\u2019individu intelligent ne regarde qu\u2019une fois sans analyser.Il y a aussi, la compréhension de l\u2019Art que tout le monde n\u2019a pas et il n\u2019y a rien ici qui puisse blesser que de ne pas comprendre l\u2019Art et je dirais même qu\u2019il n\u2019y a aucune infériorité intellectuelle réelle, il y a lacune tout simplement, comme chez les artistes il peut y avoir lacune pour les mathématiques ou le sens des affaires, ce sens de l\u2019Art ne peut pas s\u2019acquérir il est en nous et l\u2019éducation peut l\u2019améliorer.Par conséquent c\u2019est faire preuve de droiture que de remettre aux compétences le soin de s\u2019occuper de leurs spécialités propres.I] en va de l\u2019intérêt de tous.Nous allons être affligés pour longtemps du nombre de ces erreurs ou l\u2019auteur a eu le triste avantage de mettre en une composition destinée à améliorer le goût, toute la vulgarité des lieux communs populaires, et ceci à la satisfaction de gens investis du pouvoir de choisir un projet qu\u2019ils ne savent pas lire et qui se laissent plus facilement influencer pâr des marchands de monuments tout faits qui peuvent livrer vite et à des prix défiant toute concurrence que par des gens de goût ayant le sens et du bon goût et de la mesure.L'éducation doit venir d\u2019en haut et cette éducation artistique malgré son apparence facile et simple est peut-etre la plus compliquée et la plus difficile parce qu\u2019elle est la plus subtile, et aussi parcequ\u2019elle doit être faite dans un terrain apte à la recevoir.Ce qu\u2019il y a de plus grave en tout ceci, c\u2018est qu\u2019an ne pourra que difficilement apporter le grand remède qui consiste à démolir, à cause du sentiment sacré qui sera représenté.Afin de remédier à cet état de chose ne serait-il pas urgent de créer une commission chargée de recommander ou de rejeter après jugement, s\u2019il y a eu concours et si ce concours n'a pas été jugé par des gens compétents, tel ou tel projet selon son mérite?Il est évident que les pouvoirs de cette commission ne pourrait pas pour le moment dépasser cette fonction ( pour les petites villes du moins) mais qu\u2019il serait indispensable d\u2019imposer dans les grandes.Un des facteurs les plus négligés jusqu\u2019à\u201d présent dans notre ville en particulier c\u2019est la question des façades, en ce qui concerne les petites habitations du moins (Ceci pourrait bien entrer dans les fonctions de cette commission) Immédiatement après la période qui a vu construire la maison Molson au coin de la rue Sherbrooke et Saint-Laurent, la terrasse Prince of Wales etc et qui sont d\u2019excellents exemples d\u2019architecture, la ville est tombée entre les mains de constructeurs, qui ont cru bon de se passer d\u2019architectes et qui ont enseveli certains quartiers de Montréal sous un manteau de laideur.Ces construr- teurs ont créé un ou deux types de maison, flanquées d'immenses escaliers ne répondant à aucun besoin si ce n\u2019est de supprimer la difficulté de faire entrer un escalier dans un plan et qui les ont aggravés de créneaux en tôle galvanisée de hors d\u2019oeuvre en bois tourné, des fers à cheval, du bois imitant la pierre et de la pierre à laquelle ils donnaient des allures de bois.De plus ils se sont complus à répéter à satiété ces types, en les alignant par groupes de six, huit ou dix, et se promenant dans ces rues assez infortunées pour en contenir plusieurs on ne peut se défendre que très difficilement de l\u2019obsession qui nous envahi, malgré nos meilleures dispositions, et en effet \u201cIl n\u2019y a pas l\u2019élément uniforme si habile soit-il, qui, reproduit à satiété puisse triompher de la monotonie et de l\u2019ennui qui l\u2019accompagne.\u201d Le moyen de nommer cette commission, établir ses règlements, délimiter ses fonctions, tout cela est à trouver, mais le fait est qu\u2019elle s\u2019impose impérieusement.Nous imiterons en ceci, Paris qui est considérée à juste titre comme étant la plus belle ville dumonde et qui a une commission ayant plein pouvoir d\u2019accepter ou de rejeter ce qui peut embellir ou enlaidir la ville.Jusqu\u2019à présent, les résultats se sont montrés probants.Que les petites, elles aussi consultent cette commission, il en sera de leur intérêt et nous pourrons avoir foi en l\u2019avenir en ce qui concerne le bonheur de leurs habitants et leur beauté propre, parceque la beauté est éternelle et que, comme l\u2019a dit un poète anglais.\u201ca thing of beauty is a joy for ever\u201d BANQUE DE Capital, réserve et profits indivis: $55,079,675.76 Actif total: $653,869,071.21 SIX CENT SOIXANTE ET DIX-NEUF SUCCURSALES Canada, Terreneuve, Angleterre, Etats-Unis, France, Mexique Correspondants dans toutes les parties du monde SERVICE BANCAIRE COMPLET au pays et à l\u2019étranger a GUN MONTREAL Fondée il y a plus de 100 ans.a] Siège social: Montréal UN RECORD D'ALPINSNE Les explorations deviennent de plus en plus \u2018ares.et pour cause.À pfrt les raids renouve- és sur les banquises polaires, les missions plus scientifiques que périlleuses, ayant pour but de \u2018econnaître dans le détail l\u2019intérieur de pays mal sénétrés: Bornéo, Nouvelle-Guinée, désert aus- ralien de David, forêts vierges du Brésil, la tâche levient extrêmement limitée.Après les grands navigateurs qui n\u2019avaient qu\u2019à gonfler leurs voi- \u2018es pour entrer dans l'inconnu, après les pionniers casqués de blanc qui n\u2019eurent qu\u2019à se lancer dans la brousse pour découvrir des contrées et les races insoupçonnées, les conquérants d\u2019hier ont dû lever les yeux pour aller chercher du nouveau par delà les nuages.Et pourtant, le 20 décembre, au Queen's Hall de Londres, la Royal Geographical Society et l\u2019Al- Pine Club, ont reçu officiellement et solennellement cinq explorateurs qui viennent d\u2019accomplir un magnifique exploit.Le mont Everest, le Gau- risankar des anciens Atlas, qui dresse à 8,887 mètres sa cime immaculée, la plus haute du monde, n\u2019avait pas été vaincu par l\u2019homme.Il ne l\u2019est pas tout à fait encore puisque le lieutenant-colo- ne] C.K.Howard Bury et ses hardis compagnons Se sont arrêtés à àmoins de 2,000 mètres du sommet, mais ils n\u2019étaient pas partis avec l\u2019intention de l\u2019atteindre, leur but était de trouver une woie d\u2019accès dans le chaos de l\u2019Himalaya.Ils ont frayé da route aux conquérants de demain \u2014 de purs alpinistes ceux-là \u2014 qui, ayant mis toutes les chan-
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