La Minerve, 31 décembre 1860, lundi 31 décembre 1860
[" VOL.XXXIIL aFEUILLETON.LES PIRATES CHINOIS.MA CAPTIVITÉ DANS LES MERS DB LA ÇUIXE, PAR FANNY LOVIOT.VOYAGE EN CALIFORNIE ET EN CHINE CHAPITRE IV.Incendie.\u2014Départ pour 1a Chine\u2014L' Ar\u2019 er malade à bord.\u2014 Les sur\u201d ciers chinvig.\u2014 Mort.\u2014 Jes mers de la Chine.\u2014Une voie d'vau.\u2014 Arrivée & Hong-Kong.\u2014 Visite au consul.\u2014 Voyage à Canton-\u2014Insurrection chinoise.Après dix-huit mois passés en Californie, pendant lesquels j\u2019éprouvais tour à tour des chances de prospérité aussi bien que des déboires réels, je prie ua purli téméraire.Daus le courant de l\u2019année, je m'étais liée avec \"ne artiste, nommée Mme Nelson.\u2018le dame avait formé le proje: de er la Californie pour se rendre à patavia.Des lettres pressantes l\u2019invitaient à se rendre dans ce pays pour y donner pendant six mois des représentations ; elle m\u2019engagea à l\u2019accompagner, m\u2019eflrant les bénéfices d\u2019une spéculation qui devait mettre notre voyage à profit; nous devions nous arrêter en Chine, et là faire une pacotille de tous objets propres à revendre à notre retour.J'hésitai longtemps à entreprendre cette longue traversée, lorsqu'une catastrophe, trop fréquente à San-Francisco, vint me décider entièrement.Le feu se déclara une belle nuit duns la maison voisine de celle que j'habitais avec nu sœur; l\u2019incendie prit en un instant de telles proportions, qu\u2019il ne fallut songer qu\u2019à se sauver.Réveillées en sursaut, nous n\u2019eûmes que le temps de nous habiller à la hâte et de jeter pêle-mêle des vêtements et des valeurs duns des malies v'on faisait cnauite passer par les fenêtres.Enfin, l'intensité du feu devint telle, qu\u2019il nous failut descendre les escaliers quatre à quatre suns mème prendre le temps de nous chausser.Nous n\u2019élions pas à vingt pus que le corps de logis, construit en bois, s'embrasa et s\u2019ablma en moins de dix minutes.\u2018Trois heures plus tard, on comptait cinquante-deux maisons détruites de fond en comble.Ce feu nous emportait plus de quatre mille piastres.Aucune des marchandises de notre store n\u2019avait pu êlre sauvée.Ma sœur, assez démoralisée par ce revers inattenda, résolut cle retourner À Yseka, où l\u2019on nous disait que le commerce allait fort bien.Quant à moi, je pris le parti de suivre Mme Nelson, car, outre l'avantage pécuniaire que je croyais retirer de ce voyage, j\u2019éluis dévurée du désir de voir des pays nouveaux.Notre itinéraire fut décidé de la minière suivante : nous devions nous diriger d\u2019abord vers In Chine, et, auprès avoir passé à Canton, Macau et Hong-Kong, gagner en dernier lieu Batavia.Dès que tous ces projets furent arrêtés, nous fimes nos préparatifs de départ.Or, le 11 juin 1854, nous nous ren- dimes à bord de I\u2019 Arluro, navire an- fai, en partance pour la Chine.ar un hasard singulier, il y avait, comme passagers, quatre artistes [ran- gais: un chanteur, une chanteuse, ua pianiste et un violoniste qui al- Inient à Caleutta.Ils faisaient, comme nous, un circuit, et comptaient donner des concerts sur leur passage dans les différentes villes où ils s\u2019ar- réteraient.De plas, dans Pentrepont, trente-ciny Chinois qui regagnaient leur patrie.Quinze jours nprès notre départ, nous dépassions les Îles Sandwich.Vers cette époque, Mme Nelson, qui n'était bien portée jusqu'alors, devint mélancolique et souifrante.Pour la distraire de son malaise, je lui proposai de nous faire tirer la bonne a nture par deux Chinois qui par- I: un pen anglais.Ils avaient « « prétentions à l'infaillibilité dans l\u2019art de la chiromancic.La curiosité ns'était venue de niettre leur science à l'épreuve, cn voyant le second du bord éclater d'un fou rire en les écoutant.Le plus difficile était de décider ces magots à nous approcher; je fis tant qu\u2019ils vinrent auprès de nous.Mme Nelson leur tendit la main avec un certain air de raillerie et d\u2019incrédulité ; ces deux Chinois exaiinèrent avee attention cetle main mignonne et blanche ; ut fixant tout à tour les yeux sur son vi ils s'interrogaient entre eux sur les lignes qu\u2019ils découvraient.Cette consultation durait depuis un moment et cela commengail & nous impatienter, car ils ne parlaient pas Croyant qu'ils se moquaient de nous, nous les pressûmes de s'expliquer, mais Île gardèrent le silence.Mon amie leur demanda alors en souriant s'ils n'étaient pas sûrs de leur prétendue science.L'un d\u2019eux répondit qu\u2019ils se taisaient, crainte de l\u2019affiie get.\u201c Vous avez tort, leur dit-elle, car je n'y croie pas?Se ne sais si cette parole les mécontenta, mais ils se mirent à lui tirer le plus triste horoscope.\u2018* Vous uvez été très-riche, lui dirent-ils (et cela était vrai), mais il est inutile de chercher à le devenir davantage, car vous n'avez que très peu de terms à vivre.\u201d Mme Nelson parut frappée de cette prédiction et, à partir de ce moment, elle tomba dans tune tristesse qu\u2019il ane fut impossible de dissiper.Je me rapprochai presque, comme une mauvaise pensée, de i'avoir engagée à consulter Pavenir.Néun- moins, je voulus à mon tour connaf- tre mon sort, et je tendis bravement la main gauche.Le sccond horoscope parut les dédommager du pre- ier, il me dirent que j'avais des lignes très-heureuses; qu\u2019un jour je deviendrais rivhe, mais très-riche.Cependant, leur visage prit tout à coup une expression sérieuse en se montrant un signe sur mon front, qui n\u2019était certainement visible que pour eux ; il indiquait qu\u2019an jour il m\u2019arriverait un grand malheur, mais.+, car il y avait an maie, que pourtant cela ne ferait point obstacle a ma tu- ture prospérité.Je ris de leurs prédictions qui m\u2019avaient dejà été faites par des somnambules, et j'essayai, par des plaisanteries, de ramener quelque guieté dans le cœur de ma pauvre amie.Le lendemain de ce jour, Mme Nelson fat plus triste et plus soulfrau- te encore ; elle dessina, néanmoins, au crayon, le portrait des deux Chinois et le leur donna pour les remercier, ce qui leur causa une veritable Joie.Huit jours après la scène que je viens de raconter, Mme Nelson était dans un État,de sunté des plus ular- mants, clle était prise de douleurs rheomutistuales articulaires, ct il n'y avait aucun médecin à bord.Un des Chinois qui avuit tiré notre horoscupe vint offrir au capitrine, pour lu tuulude, quelques pilules dont, comme ducteur (car il purait qu\u2019il était docteur), il avait expéri- ment l\u2019usage duns son puys.Ces pilules étaient rouges et de lu grosseur d\u2019une tête d\u2019épingle ; elles avaient la vertu, disait-il, de guérir la plupart des inalndies; leurs effet dépendait surtout des quantités bien ordonnées, Les pussagers françuis et moi, nouscrèmes qu\u2019il valait mieux nous fier à la science médicale des Chinois que de laisser Mine Nelson mourir suns secours.On essaya alors de lui fuire prendre douze de ces pilules; muis elle nous questionna, et nous eÂmes l'itnprudence de lui «ire que le remède qu\u2019on lui proposait avait été prescrit par pur un Chinois.Oh! alors elle s\u2019opposa obstinément À nos instunces, tant le souvenir de l\u2019affreuse prédiction qui lai avait été faite pesait sur son esprit.La résis- tunce qu'elle apportait à nos soins nous init au désespoir.Nous la suppliâmes à mains jointes de céder à nos prières ; elle y conseutit enfin et prit six de ces pilules, muis il fut impossible de lui faire accepter le reste, Hélas! soit que ce remède, duns l'efficacité duquel nous avions foi, lui fût ndministré trop tard, soit qu\u2019il lai fût contraire, la maladie qui devait lu tuer fit, à compter de ce moment, de rapides progrès ; un violent délire s\u2019empara d'elle, pendant lequel elle s\u2019écriult à chaque instant : \u201c Les Chinois! oh! les Chinois!\u201d Bientôt un hoquet, avant-coureur de la tnort, vint vous terrifier tous.Nous vimes cette pauvre femme, jeune Pncore et pleine d'intelligence, se débuttre dans les convulsions de l'\u2019a- unie.Je m'approchai de son lit de ouleurs, j\u2019attirai sur ma poitrine, avec un saint respect, ce visage amaigri par la souflramee, et j\u2019y déposai le haiser de l\u2019adieu suprème.Ses paupières appesantiss et mi-closes se relevèrent pur un dernier effort ; vile me sourit duucoment, comme pour ne remercier, puis son corps se ruidit sous mon étreinte, et le dernier souf- le de sa vie, s\u2019exhalunt de ves lèvres livides, glissa le long de won visage.Dans la même nuit, et par ordre du capitaine, les matelots transpors tèrent son corps nu milieu du pont ; tout le munde se rangea autour et l\u2019on técita la prière des morts.La cérémonie achevée, le cadavre fut enveloppée dans un drap aves un boulet aux pieds, puis on le glissa dans la ter parclesaus le bord.Le bruit sourd produit pur sa chüte retentit duns le cœur de chucun de nous ; tout était fini, La tnort prématurée de Mme Nelson me fit un mal si poignant que je derneural plusieurs jours dans une proetration complète ; les pensées les plus sombres venaient en foule m'us- œuillir, car j'éprouvai à ce invinent la cruelle douleur de l\u2019isvlement, je me vis livrée à tous ler husards, loin de wa patrie, de ma fausille, et je maudis le jour où m\u2019était, venue la fatale inspiration de quitter la terre natale.Ma situation présente me part être une punition du ciel et un mauvais présige.Que pouvaise-je seule dans l\u2019avenir, sans un conseil, saus une voix amie, duns in nouvelle route que jo m'étais tracée?que n'au- ruis-je pas donné pour retourner en arrière ! munis je ne pouvais arrêter le \u2014 navire qui in'emportait à pleines voiles ; je dus subir ta destinée ! .sees ve s mers de la Chine sont parsemées de récifs qui rendent la navigation extrêmement périlleuse dans celle partie du monde ; cependant, nous dépassûmes, par un temps superbe, les Baccliises, groupe d'ilots parmi lesquels notre nuvire glissa sans Cncombre.\u2018Trois jours encore et nous devions toucher la terre; nous nous félicitons déjà d\u2019être au terme de notre voyage, l'ursqu\u2019un ouragan des plus ellroyables yiat fondre sur nous.Letonnerre gronda dans l\u2019iminensité avec accompagnement d'éclairs ; des nuages noirs, énorines, roulaient dans le ciel avec furic, ils étaient en couches si épaisses au-dessus de nus têtes, qu\u2019ils as- sumbrissaient l\u2019atimusphére dans toute son étendue.Au luin, partout se montraient à nos yeux des trombes à l'aspect gigantesque : si nous étions touchés par l'une d'ells nous coulions infuilliblement : le capitaine, vieux loup de mer, jetait souvent les yeux sur son baromètre, et chaque fois il n\u2019avait rien de raszusant ; nous subissions, disait-il, la queu d\u2019un typhon, L'\u2019inquiéiude la plus vive commençait à s'emparer de tous ; l\u2019Arturo vint à faire eau ; il fallut forcer les Chinois du l\u2019entrepont à s\u2019employer aux pompes: H y uvuit trois Jours fque nous étions submergés, c\u2019est le tuot, par une pluie antédiluvienne lorsque la tempête viut pourtant a s'apaiser.Muis un culme Hat, qui dura neuf jours, succéda à à lourmente.De temps à autre, une brise légère s\u2019élevait, mals des courants contraires nous repoussaient toujours.Bref,il y avait vingt et un jours que nous étions ballottés aux abords de l'empire chinois, lorsque le capitaine vint nous dire que nos vivres étaient presque épuisés, Les matelots de l\u2019Arturo, harassés de fatignes et peu conflants du reste dans l'expérienco de leur capilsine, lui déclarerent qu'ils se refusernient à exécuter les manœuvres s\u2019il ne leus permettait de détacher une embarcation et d'aller avec une partie de l\u2019équipage à la recherche de Hong- Kong, qui ne devait pas ètre éloigné de plus de trente anfiles.Te copi- taine avait vingt-deux hommes d\u2019équipage .il consentit à en laisers partir huit.El fit ensuite jeter l\u2019ancre près d'une côte vers luqnelle nous avions pu avancer, et nous nf- tendimes le retour de ces courageux matclots qui se dévouaient d\u2019eux- mêties au suluis de tous.Vingt quatre heures après, !ls revinrent uvac un steamer qui nous prit à la remorque.C'est ainsi que nous fimes notre entrée dans la rude de Hong- Kong, le 39 avût, aprés soixante-sci- ze jours de traversée.seu oveueur seen vs so ses 0 possén eus (A CONTINUER.) TYPES ET CARACTERES.LES GENS SÉRIEUX.Les lecteurs du Measager nous sont témoins que, jusqu'ici, nous avons fait ensemble de lu charité charitable, mais aujourd\u2019hui je me sens bonne envie de quereller ; d\u2019abord, cela metira un peu de variété dans les choses, ce qui n\u2019est pas du tout dédaigné en France ; puis, chacun 2 ses antipathies, gens ou choses qui lui déplaisent Eh bien, morbleu ! quercHlons-noug, je ne demande pas mieux, j'ai dans le cœur des impatiences, et mème des colères rentrées et accumulées depuis cing où six ans ; clies veulent absolument sorur, jelles me prennent à la gorge, clles : sont eur mes lèvres, dans mes doigts, au bout de ma plumes\u2019en aillent done une bonne lois.Jen veux surlout A un mot, il m\u2019n- guee, il m'impatiente ; je veux le châtier comme il mérite de l'être, Frapper sur un mot, c'est plus come imode que de frapper eur son pro- | chain, attendu que le prochain a quelquefois la maladie de se rebiller.Ce mot détesté, abominé, n'en rlez faire et d'écrire, n\u2019est ni françuige, ni : grand rôle chez nous.pas trop, c\u2019est le mot sérieux, un envahisseur, il se fourre partout, tout dominer, Il parait qu\u2019anjour- d\u2019hui on ne peut rien faire suns Im : défense ubaolue de penser, d'écrire, de parler, de dîner, de faire de In ; prose où des vers, sans ce coquin de mot ; il nous faut une parole sérieuse, une littérature sérieuse, des livres aé- rieux, une politique sérieuse, des cn- treprises sérieuses, Vous verrez que le besoin se fern bientôt sentir d\u2019avoir des habits sérieux, des dîners sérieux, des amusements sérieux, Tout devra être sérieux, cotime en 1825 ou 26 tout était à la Giraffe.Les hommmes qui ne seront pas jugés | sérieux, ne seront bientôt lus rien ; dans l'humanité.On disait à quel- qu\u2019un: \u201c On n\u2019a pus assez compté avec les masses, surtout à l\u2019aris.Sn- | vez-vous que dans le faubonrg Sainte | Antoine seul, il y à cent vingt mille hommes, rudes natures, aplvs au tra- ! vail et à l'émeute \u2014Ah oui, répon- | dit-il, mais ce ne sunt pas des gens sérieux.\u201d Je mnis pourtant des per- nounages très-graves, qui out pris font Qu\u2019elles \u2014 au sérieux les cris de cette population, et qui n\u2019ont été russurés que quand ils ont été éloignés, où même quand pour quelques-uns la mer les a séparés.Attention donc, voilà un ennemi mortel pour la vérité et pour le caretère national; il menace la France d\u2019une invasion plus terrible que celle des barbarres de toutes les espèces, de l\u2019invasion de l'ennui.Chez nous, le christianisme a résisté à toutes les invasions.Je ne suis s'il résisterait à celle-ci, Car cet implacable mot ne respecte rien, ni sacré, ni profane ; bien au contraire, il entend faire sa plus belle et sa plus désastreuse invasion dans le domuine religieux ; on ne se défie nullement de ses piéges.Le christianisme, de sa nature, cst une chose grave ; aussi Dus jeunes orateurs et nos jeunes écrivains s\u2019y laissent prendre de la belle fugon; vous voyez de tout jeunes homines arriver avee un gros livres tout hérissé de phrases de convention, de mots obscurs et barbares, de sentences qui aloppent, ventre à terre, dans tous vs ouvrares de la coturie des gens sérieux, d'un jargon dit philosophique, qui sent d'un kilomètre le pays uébuleux d'où il vient, et même un peu la choucroûte.Oui, attention, C'est plus grave qu'on ne le pense! Quand on a l'honneur de parler ou d'écrire pour un peuple, au nom de lu Religion, on doit parler le langage de ce peuple, c\u2019est lu première condition ; on doit parlez pour être écouté, écrire pour être lu et compris de la masse, arrière toute question d'u- mour-propre.Je enis bien qu\u2019il n'est pas désagréable de s'entendre dire par un de ces hommes qui s\u2019appellent modestement sérieux, la phrase sacramentelle : Vous venez de fuire une œuvre sérieuse, un livre profondément pensé, fortement écrit ; alors on ne demande pas mienx que de se croire un apprenti grand homme et même de se 1netire à la recherche de la première place de grand homme qui se irouvera vacante.Mais après, qu\u2019en résulteru-t-il?quel bien se fentl-il?Et lu France et les mes, que deviendroat-clles?De bonne foi, est-re que nous sommes des gens sérieux «uns le sens que cus messieurs donnent à ce mot?Que le bon Dicu nous en préserve fo.Ile sont là une confrérie de bous hommes, jeunes on vieux, qui s'imaginent un peu inrner le inonde, et que le monde regarde à peine en passant son chemin, Hs parlent par sentences, ha tête haute et fa gorge eniprisonnée dans un col empesé.Toutes leurs phrases toubent en cadence, uvec une monotonie agagante, ubsoliment comme des brunlements de têle de l'ours du Jurdin des plantes.Fn til comité, ils ne se ménagent pas es compliments les uns aux autres ; ils conjuguent avec avec amour le verbe : Je suis un homme sérieur, vous êtes un homme aérieur, il est un homme sérieux ; nous sommes des hommes sérieux.Cela pose bien quelqu\u2019an qui n\u2019a pas le moyen de 8e poser d\u2019une autre fagon ; c\u2019est bon genre, inaie ce n\u2019est pus avec ces Mmotelà qu'on alimente les intelligences et les cœurs, Est-il même bien sûr que les gens sérieux lisent les livres sérieux jusqu\u2019à lu fin ?Avez-vous quelquefois visité par le menu la bibliothèque d\u2019un homme sérieux ?C'est une étude A faire.LA vous voyez le livre grave tout flambant, neuf; il est coupé jusqu'à lu soixantième page quelquelois jusqu'à la quinzième où vinglièn:e, avec la table, bien entendu, car eofin il a souvent fallu écrire uue belle lettre d\u2019encourugement à l'auteur.Mais le livre pux da tout sérieux, comme qui dirait pre exemple Jérôme Patu- rot à la recherche d'une position ev- ciale, est coupé jusqu\u2019à la dernière | page, même les feuillets niteatent que les doigts y ont Iniseé bien des (traces ; et sn couverture, donc?Pau- vee volume ! il cst aussi mul vêtu gue devait Pétre Je surdit Jérémne, au chapitre qui à pour titre : Suicide de Jérôme l\u2019aturot, philosophe invom- pris.Non, cette façon de dire, de {pas sincère, elle est dangereuse.| grands mots ronflants.Je crains sons cease que dans ces broussailles ne soit cachée une erreur qui attende lu vérité eu pasenge, pour lui demander la bourse où Ja vie et l\u2019étoufler, non entre deux portes, mais entre deux phrases.Nous n'avons pas besoin de surcroft d'orneruents empruntés ; «uns doute, puisqu'il faut we faire tout à tous, on peut quelquefois, cn passant, employer cette mma- nière, à l'usage des gras qui ont ce genre d'appétit, Mais revenons vite dre au bus de la pyramide.[pien 0 que fait le monde aujour- d'hui; nous n\u2019avons jamais été si légers, que depuis qu\u2019on nous surt tant de choses sérieuses.Est-ce que l'homme.de ce siècle a le temps et le courage de sc plonger dans ces nuages?Après ses préoccupations, il saisit un livre frivole, ou Lien il se Jette sur la chronique ou sur les faits divers de son journal.L'homme vraiment sérieux serait celui qui trouverait le moyen d\u2019amnser un peu le monde, en Vinstruisant.Pour étre sérieux, en france, il ne faut pas avoir l\u2019air de l\u2019être, et surtout il ne laut pas s\u2019en vanter ; l\u2019homme sérieux est celui qui prend son humu- tité telle qu\u2019elle est, et les moyens de la miener où it veut qu\u2019e.le arri- Il y u quelques années, il se trouva dans notre colonie d'Alger un certain nuuibre de inarabouts où prélres arabes, qui, par les jonglerics et des tours de prestidigitation l'anatisèrent plisieurs tribus; on les prenait pour des saiuts à miracles.Hs préchuient contre nous une guerre sacrée et à mort; aussi, beaucoup de nos pauvres soldats totabaient frappés à l'improviste.Chaque buisson, même ele que touffe d'herbe reeclait un bédouin et une carabine qui manquait rurement sun coup.C\u2019étuit désolant ! Alors, qu'eût fuit une réunion de ces gens qui s'appellent sérieux ?D'abord ils euseent formé un couitt, c'est de règle ; ils se seraient un puu disputés, puis, probablement, lu cou- clusion efit été un gros livre d\u2019au moins un frane, qui aurait dû être répandu chez les Arabes, qui, en al- tendant, wuraient continue de tuer les Françuis.[[enrensement, 11 se trouvait là un officier qui avait la bonne chance de n'être pas un homme sérieux ; il écrit en France, il fait venir on Algérie le célèbre prestidigitateur Robert Hon- din.On doune des représentations gratuites aux Arabes ; ils y viennent en foule.L'irtiste les amuse, les étonne, les confond par ses tours ; il laisse bien loin derricre lui les marabouts, et chacun s'en retourne avec la conviction que les Français savent bien mieux fnire les miracles.Le prestige des mirabiouts est perdu; la guerre cusae, ct nos soldals ne sont plus tués, Voila ce qui s'appelle être vraiment sérieux.En France, souvent fe apparence les plus | plus sérieuses.On sait l'histoire de ce chef d\u2019escadron.En 1851, duns la Nièvre, il marchait à la tete de ses homies sur ane bourgade insurgée ; il trouve li foule amentée sur la place principale de lendroit, Les figures sont sinistres, atrocea ; on cat arm de hachez, de fauls, de fusils.L'ollicier voit tout cela, il s'approche seul, avec une figure utniv, il adresse quelques paroles bieuveilinates ; il remarque un moment d\u2019intécision.Il saute duns une charrette qui se trouvait Jà ; c\u2019était ce qu\u2019on appelle un bon vivant, un vrai lrauçais.De sa charrette, il feur aulresse ces mois : & Mes amis, vous me puraissez du braves gens, je ne voudrais pus vous faire de mul; nous sommes lous Frunguis, ct un Français aime mieux s'amuser un peu que de se donner des coups dc fusil.Ecoutez, faisons la paix ; que chacun refourne chez soi tranquillement, et il n\u2019en sera que cela ; même pour ne pas vous reconnaîire, je vais fermer les yeux.\u201d On se tit à sourire.Alors le commandant reprit: * J'avais raison de dire que vous êtes tous de bons enfants, je suis content de vous, et pour que ln chose finisse tout à lait à la française, il fant que je vous chante une chunsonnette.\u201d {'entinue su chanson ; tout le monde rit, tout le monde est désurmé et chacun retourna à ses occupations.Mettez-là un homme sérieux à lu façon que nous avons dit !.choses en Mais je me hâte de finir et de me résumer: je hais cette numie, cette toquade d'ètre un homme rériens, { parce que cest faux : c'est antisfran- Gais et anti-chrétien.Ce gare Fait prendre en dégodt les plus snintes | choses : Passnisonnement joue un si Les virités C'est ! chrétienne : elle est factice, elle n\u2019est i chrétiennes sont assez ausières aet- Je \u201cHl gite tou, il se permet tout, il veut me défie tonjours de ce bugage de! de cet ennuyeux baga K , | + ; ) \u2018 # lvestuénies, sans qu\u2019ou ies aurebarge ; Où tes fait prendre en dégutt.La poinme de terre est un excellent > ment, \u20ac { pourtant, plus de l'un de nous a \u201c quelques anaées sans s'en ouch rd Énorsnément, à cause de l'assxisonne- meut qui les accompognait ru col \u201cJêge, Que de gens en sont là à ee gard de la vénté! Restons done Français; n\u2019ullons pas chercher hs défunts des sautres, nous en avons Lune dose suifisante ; nis aussi, cone rcrvons nos qualités, C\u2019est à lu ve | rite à se faire tout à ous, Nux Mis- notre bon languge francais et chré- | sioancires cn Chiue prennent les usa- tien.Je comparerai le genre sérieux ges et même les vélements du pays, à ces gros fruits que lon met, dans Îls se cviffent du chapeau puiatu et un grand diner, au sommet d\u2019une |consentent même à ujouter à leur magnifique corbeille, ils sont là pour chevelure l\u2019appendice dv cheveux la tuontre, mais personne n'y touche : (qui traine jusque sur les tulous, on s\u2019en garde bien.C'est dur, c'est ne nous demande put tant ; donnons corince, Ça ne sera abordable qu\u2019à la à notre phrase, à notre parole, à noire fin de lu saison ; encore, les faudra- manière le cachet français, une allu- t-il faire cuire.Chacun les regarde, re française, suns qu\u2019eile cesse d'être les admire, mais s\u2019empresse de pren- chrétienne, et nous serons des gene oilà vraitnent sérieux.Un L\u2019asuk MvLuois.Nouvelles Etrangeres.qui implorent également la charité chrétienne ?Ah! qui, parmi les chrétiens, ue se fera pas une joie de leur porter du secours ?Que d'autres nations aient pitie d\u2019eux ; nous, Allemands, nous nous chargerons d\u2019abord des enfants des parents assassinés, afin de leur rendre autant que possibles la maison aternelle et l'unour maternel.Eh ien ! qui est-ce qui est prêt à accueillir pour l'amour de Jesus-Chriet, dans si maison et duns son cœur, un de ces enfants abundonnés, des martyrs ?\u2014Priuces et peuples, grands et petits, aidez, aidez de toutes vos forces, portez ja main vers les trésurs, que mangent la rouille et les vers, restant là sans utilité et qui un jour voits aceuseront.Autorités spirit.elles ct communales, propriélaires, fonctionnaires, artistes, négociants, (us, Citoyens eampagnenls, de- mabdez-mmii de vous envoyer un en- \u2014On éceit de Vienne, 23 nuvem- bre, à la Correspondance Havas : L'agitation contre la constitution historique, pour laquelle on avait témoigne une #i chaleureuse prédilection avant la promulgation du diplôme impérial du 20 cvtobre dernier, se généralise chaque jw\" davantage en Hongrie.[1 est: C\u201cident que le parti politique qui vtt In remise en vigueur pure et simgle de la constitution de 1818 y gague sensiblement eu foree «ten nombre.Le gouvernement impérial se trouve ainsi plied entre deux grands partis qu'il lui importe de ne pas heurter de front, sus voir : celui de lu jeune Hongrie libérale et in:bue des principes modernes, et evlui des snagaats où de laristocratie nobiliaire.Cette position ne pourra etre longtemps tenable pour be ministere qui ne devra finalement se prononcer pour fog de maryr.où contre l'un de ces puuatis, On croit, Cet aprel, nons ie faisons aux ca à Vivone, que l\u2019empereur voudra !iholiques por qu Îls ne lnivsent pas maintenir intact son diploine du 20 ueracher à in relicion de leurs pères octobre, augnel Ja b'uute aristocratie fos hug obs ees dorronites martyrs dont s'est onvenement ct cordialemest|15 péntestanis s'emparent fi agit rulliée.jde les sauver À la fois duns leur fine » Le sorbralearchevèqne avaitronni, ; © dans leur corps, et d\u2019accompliv un il y a quelqu.ours, duns son palais, ! Gawler a humanité qui devient, surtout à Uran, un ve.vin nombre de gotubles 91, Ces cireons\" \u2026 °
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