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Titre :
Le Monde illustré
Prenant la relève de L'Opinion publique (1870-1883), Le Monde illustré occupe une place importante dans la vie intellectuelle du Québec au tournant du xxe siècle. En 1902, il devient l'Album universel. [...]

Le 10 mai 1884, le réputé typographe et imprimeur Trefflé Berthiaume, en collaboration avec Napoléon Sabourin, lance Le Monde illustré. Il souhaite répondre à la demande d`un lectorat francophone à la recherche de journaux plus policés, mieux rédigés et faisant appel aux nouveautés techniques pour leurs illustrations.

Le Monde illustré constitue une source unique pour l`appréciation de l`art de l`illustration québécoise au tournant du xxe siècle; gravures, dessins et photographies y sont reproduits selon un procédé de phototypie breveté.

Bien que l`hebdomadaire publie des photographies pour la première fois en 1888, la place accordée aux dessins y demeure prépondérante. Grâce au concours des meilleurs artistes canadiens, ceux-ci sont empreints d`un réalisme indéniable. Ils se composent de scènes urbaines et villageoises, de paysages et de portraits de personnages influents. Avec une contribution s`élevant à 237 dessins, l`illustrateur Edmond-Joseph Massicotte est particulièrement prolifique au sein du journal.

Ses objectifs sont fidèles à ceux de son prédécesseur. Composé aux deux tiers de textes littéraires, l`hebdomadaire se définit d`abord comme un journal visant l`affermissement de la littérature québécoise. Il cible l`intellectuel canadien-français et désire contribuer au développement du bon goût par l`initiation aux arts et aux sciences.

Léon Dieu, directeur de la populaire chronique « Entre nous » de 1884 à 1898, et Jules Saint-Elme (pseudonyme : Amédée Denault), directeur du journal de 1892 à 1895, invitent les plus importants auteurs de l`époque à leur soumettre des textes. Le public découvre ainsi les écrits des Régis Roy, Édouard-Zotique Massicotte, Mathias Filion, Firmin Picard, Benjamin Sulte, Louis Fréchette et Albert Ferland.

Une grande place est également accordée à la reproduction de romans-feuilletons. Occupant généralement deux pages du journal, ceux-ci participent au développement du goût littéraire ainsi qu`à la démocratisation de la lecture du roman populaire dans la francophonie canadienne de la seconde moitié du xixe siècle. Richement illustrés, ils portent la signature des plus grands auteurs français tels Jules Verne, Jules Mary, Paul Féval, Zénaïde Fleuriot et Xavier de Montépin.

Précurseur de la presse illustrée du xxe siècle, l`hebdomadaire propose un contenu fort varié. Les numéros se composent d`actualités, de poèmes, d`articles scientifiques, d`une chronique variété, de biographies, d`annonces, de jeux de société, de chroniques mode, de recettes et de conseils culinaires.

En 1902, afin de s`adapter à une société changeante et de plaire à un plus large public, Le Monde illustré adopte le nom d`Album universel. Avec ce titre dit « de tous les pays et de toutes les branches du savoir humain », l`hebdomadaire désire satisfaire la légitime curiosité des lecteurs faisant partie des nouvelles classes sociales issues de l`extension du suffrage, de l`organisation ouvrière et de la démocratisation de l`éducation et des sports.

Voir aussi :

L`Opinion publique

Album universel

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l`Université Laval, 1973, vol. 3, p. 95-96.

BOIVIN, Aurélien, « Les périodiques et la diffusion du conte québécois au xixe siècle », Études françaises, vol. 12, n°s 1-2, 1976, p. 91-102.

« Denault, Joseph-Marie-Amédée », Dictionnaire biographique du Canada, en ligne.

LEMIRE, Maurice, La vie littéraire au Québec, Sainte-Foy, Presses de l`Université Laval, vol. 4, 1991.

MICHON, Jacques, Histoire de l`édition littéraire au Québec au xxe siècle, Saint-Laurent, Fides, vol. 1, 1999.

« Trefflé Berthiaume», Dictionnaire biographique du Canada, en ligne.

Éditeur :
  • Montréal :Berthiaume et Sabourin,1884-1902
Contenu spécifique :
La femme détective
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
chaque semaine
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Journal du dimanche,
  • Successeur :
  • Album universel
Lien :

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Références

Le Monde illustré, 1901-10-12, Collections de BAnQ.

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[" pr LB MONDE ILLUSTRÉ 100 DETECTIVE Grand roman dramatique \u2014_\u2014 111 Par un - ces derniers jours d'hiver qui sont parfois dune dou ur exceptionnelle et qui ressemblent aux premiers tours du printemps, trois hommes causaient en se prom-nant au soleil dans le jardin minuscule situé derri re le petit hôtel de la rue de Sureanes, et touchant :11 grand jarain du pensionnat de Mie Du- bief.Ces hounes étaient Pierre Lartigues, Verdier et Maurice.Depuis uu mois, disait Verdier, la police re remue peaucuup.1nais elle s'agite dans le vide.Cependant il ne faut point jouer avec le feu.Hâtons-nous d'arriver à nos fins et de disparaitre.Hâtons-nous, c'est bientôt dit ! répliqua Lartigues.Avons-nous trouvé Simone 1.\u2014Non.\u2014Élle cst à Paris cependant, puisque Maurice en a acquis la certitude.\u2014Deyuis ce moment, fit Verdier, j'ai cherché de tout cite.Je n'ai obtenu aucun renseignement.\u2014J'en ai fait autant, sans plus de succés, ajouta Lartigues.\u2014Je vais we mettre en quête à mon tour, dit Maurice, «* ce sera bien le diahle si je reviens bredouille.Simone à posé pour un tableau.Eh bien! je verrai lus marchands de tableaux.Si le peintre esthabile, il a dû reproduire exactement les traits de son n.:lèle, traits qui me sont connus par la photographie\u2026 Une fois le tableau trouvé, je prendrai l'adresse du peintre et par lui j'aurai l'adresse du modèle\u2026 Faites-en autaut de votre côté\u2026 Les d-ux hommes approuvèrent ce projet.Mauri:e reprit : \u2014Sur:ut soyez prudents.Ne vous montrez en plein jour dane Paris que bien déguisés et surtout bien grities.Vous savez que la meute puliciere est plus que jamais en chasse, et qu'elle soupgonne l'existence d'une association.\u2014Aimce Joubert vous a-telle fait des confidences à ce sujet :\u2026 demanda Lartigues.\u2014Nou, car elle évite avec soin toute causerie relative i ses fonctions à la l\u2019réfecture, mais il a sufti de quel ues mots pour me faire comprendre cu plutôt deviner bien des choses\u2026 \u2014C'est Lartigues qu\u2019elle cherche, dit Verdier, et Lartigues est mort.~Elle atfirme le contraire.répliqusa Maurice en regardant attentivement les deux hommes.Tous deux restèrent impassibles.Yerdier reprit : > \u2014Son corpe n été exposé à la Morgue.vous le savez bien\u2026 \u2014Elle ne l'a point reconnu pour Lartigues.\u2014Rien de plus naturel.Vingt-trois ans changent un Visage.Aimée Joubert ayant quitté un jeune homme Tetrouvait un vieillard.D'ailleurs ls décomposition Cadavérique rendait les traits méconnaissables\u2026 Maurice demeura silencieux.\u2014Ne pourrions-nous surveiller les agissements de oeite femme 1.demanda Lartiques.\u2014fardons-nous en bien ! répondit le jeune homme.TROISIEME PARTIE LE FILS \u2014 Pourquoi ?\u2014-Parce que ce serait un moyen infaillible d'ettirer sur nous le danger qui ne nous menace pas.en ce moment du moins.Si le hasard mettait Mme Ru- sier sur la piste de l'un de nous, elle aurait beau vouloir me le cacher, l'espoir de la vengeance prochaine rayonnerait sur son visage |.Soyez sans inquiétudo\u2026 Nous n'avons à craindre aucune surprise.Rappor- tez-vous en & moi pour cela.\u2014Soit.Agissez seul de ce côté.Nous comptons sur vous.Autre chose : Vous avez pris l'engagement de nous défaire de Marie Bressolles, et cette héritière d'Armand Dharville vit toujours.\u2014Elle est mourante\u2026 \u2014Ou1, mais d'une maladie de langueur qui peut traîner des semaines, des mois, une année peut-être ; c'est inadmissible, vous le savez aussi bien que nous.Tout est compromis par de tels retards !.\u2014Que faire \u2018 \u2014En finir.\u2014 Par quels moyens ! -C\u2019est ce que nous allons examiner ensemble.IV Lartigues reprit : \u2014Je me suis occupé quelque peu de médecine à mes moments perdus, surtout au point de vue toxicologique.\u2014Oh ! ne me varlez pas de poisons.interrompit Maurice.Le poison, quel qu'il soit, laisse des traces.\u2014J'en connais un qui n'en laisse aucune.\u2014 Lequel ?\u2014Je vous le dirai tout a l'heure.\u2014A quoi bon ?I] me serait impossible de l'administrer sans me compromettre, et j'aime infiniment mieux renoncer à ma part de l'héritage d'Armand Dharville, que de risquer une partie dont l'échafaud est I'enjeu probable.Ce n'est pas le sang-froid qui me manque, vous le savez bien, mais je n\u2019aimerais pas un agent de la sûreté sur mes talons.\u2014 Vous n'avez rien de ce genre à craindre.Que dit le médecin à propos de la maladie de Marie Bres- solles { \u2014I1 affirme qu'une partie du venin de la vipère a passé dans le sang de la jeune fille, malgré la succion opérée, et telle est, selon lui, la cause de la maladie de langueur qu'il combat vainement.Je crois qu'il se trompe\u2026 La véritable cause n'est point la.\u2014Où donc est-elle ?\u2014Dans l'amour de Marie Bressolles pour Albert de Gibray.\u2014C'est bien romanesque.\u2014Romanesque, soit, mais absolument vrai.\u2014 Albert de Gibray est plus malade que la jeune fille.Donc elle ne l'épousera pas.Le médecin d'ailleurs m'a fait l'effet d'un sot en trois lettres, mais nous nous servirons de sa sottise.\u2014Et comment 1.\u201411 est une chose généralement admise, même par des médecins sérieux et expérimentés.Je ne l'affirme, ni ne la nie, il me suffit de la constater.Ces hommes de science donnent pour certain que si une jeune fille mordue par un reptile, et guérie d\u2019une manière insuffisante, se marie e* devient mère, l'enfant abaorbe le virus et la mère est sauvée.Ou jo me trompe fort, ou ai vous suggéres au docteur cette idée très pratique, il s'empressera de conseiller un mariage immédiat.Le pére, qui ne vit que pour sa Bille, saisira la balle au bond, et n'ayant aucun autre mari sous la main, puitqu\u2019Albert de Gibray ne meurt et qu'en outre le juge d'instruction s\u2019opposersit au mariage, vous suppliers d\u2019épouser au plus vite.Rien ne vous empêchers plus alors d'exécuter ce que nous avons résolu.\u2014Par quel moyen 7 Espliquez-vous enfin.\u2014Tout bonnement, mon cher, par l'aoide prussique\u2026 \u2014Tout bonnement ! répéta Maurice avec un éclat de rire.11 faut en trouver, de l'acide prussique.et ce n'est pas commode.\u2014Tropmann en a bien fait, et Tropmann n\u2019était qu'un rustre.Je vous croyais un peu chimiste.\u2014 Pas autant que Tropmann, car je suis incapable de faire ce qu'il a fait.\u2014Eh bien ! moi, je me suis occupé de chimie comme de médecine, et je vous fournirai de l'acide prussique quand il vous en faudra.Donc, une fois marié, il vous suffira de faire respirer à votre femme endormie le flacon d'une forme spéciale que je vous auvai remis.Vous agirez ainsi sans péril, à coup sûr, et vous prendrez votre revanche des deux insuc- sès du patinage, au bois de Vincennes, et de la vipère, rue de Verneuil.Après un instant de réflexion Maurice répondit : \u2014Oui, je m'occuperai de cela.\u2014Le plus tôt possible, je vous en prie\u2026 J'ai reçu d'Angleterre une nouvelle lettre plus pressante que toutes les autres.Michel Brémont ne comprend rien a tant de lenteurs, et voit la partie compromise, peut- être perdue, ti nous ne nous hâtons.\u2014Michel Brémont en parle trop à sun aise ! répliqua Maurice.Conseillez-lui de modérer son impatience\u2026 Et, à propos de correspondance, j'ai pensé à une chose.une inquiétude m'est venue.Prenez garde a vos lettres.\u2014Que voulez-vous dire ?\u2014On pourrait établir à In poste, à votre intention, l'équivalent du fameux cabinet noir dont on a tant parlé jadis.\u2014Bah ! les correspondances sont inviolalles\u2026 -Quand il s\u2019agit de la découverte d'un secret comme le notre elles cesseraient bien vite de l'être, si le procureur de la République et le juxe d'instruction le demandaient.Lartigues frunça le sourcil.\u2014 Vous pourriez avoir raison.murmura-t-il.\u2014J'ai raison, n\u2019en doutez pas.\u2026 \u2014J'aviserai\u2026 \u2014Vous êtes prévenu.Maintenant ie vous quitte.\u2014Ah ! encore un mot.\u2014Jécoute.fit Maurice.\u2014 Savez-vous ce que devient le comte Yvan ?l'avez- vous vu / Je l'ai vu deux fois, a des diners d\u2019awis.\" \u2014Parle-t-il de ses projets ?\u2014Jamais.Sans ma mère, j'ignorernis encore son véritable nom et le but de son voyage i Paris.\u2014Un point important à éclaireir : En venant causer avec Mme Rosier, lui a-t-il parlé de Lartigues 1 \u2014Non, mais je sais qu'il lui en avait parlé précédemment et que, dans l\u2019homme frappé par moi et couché sur les dalles de la Morgue, il n\u2019a pas reconnu Lartigues.\u2014Il ne l'a pas reconnu ?s'écria le pseudo-Van Broeck.Il le connaissait donc ?\u2014C'est probable.c'est méme certain.\u2014 De qui tenez-vous ces détails 1 \u2014 De ma mère elle-même lorsque je l'ai questionnée quelques jours après la grande scène de la reconnaissance.Aussi je ne puis me persuader que l'homme auquel vous donnez le nom de Lartigues soit en réalité le Gustave Perrier frappé par moi rue Montor, gueil / \u2014Vous ne pouvez vous persuader cela 1.\u2014Non.Lartiguea haussa les épaules. 101 \u2014C'est absurde ! repliqua-t-il, we (re \u2014 Kn quoi done ?a XN \u2014Quel intérêt aurions-nous à vous tromper 7 7, -=¢ Maurice ne répondit pas tout de suite.Il regarda fixement son interlocuteur puis, après un ius*nt de silence, il dit d'une voix basse et sèche : - -Ecoutez-moi.écoutez-moi tous deux.et si vous m'avez menti, si l'homme que j'ai frappé n'était point Lartigues, si Lartigues est vivant et si vous le rencontrez un jour, dites-lui ceci de la part de son tile :\u2014Je suis venu au monde avec le sang de mon père dans les veities et tous ses mauvais instincts dans l'âme.Je suis né assassin comme lui \u2018\u2026 Je portesur mon front et au fond de mon cœur la tache originelle qui me vient de lui, et pourtant je vaux mieux qu'il ne valait ! Les criminels les plus endurcis gardent une sorte d'honneur dans le crime\u2026 Il ne l'a pas gardé ! Quand vous m'avez dit que j'avais frappé mon père, vous m'avez vu pâlir et chanceler.Vous avez supposé que l'ho.reur, l'épouvante et le remords m'\u2019atlu- laient\u2026 C'était vrai dans le premier moment, mais depuis j'ai réfléchi, je me suis souvenu, et aujour- d'hui je nai qu'un regret, c'est que Pierre Lartizues expirant n'ait pas su que je suis sun fils, à lui, lv lâche, le seélérat, l'infime, qui me faisait naître dans Ute prison, après avoir voulu jeter ma mere innocente à la guillotine qui me réclamera tôt ou tard * Vivant ou mort qu'il soit niaudit \u2018 Maurice se tut.Les deux complices étaient épouvantés de ln voix du jeune trnnme, de son attitude menagante, de l'espece de sombre délire qui dictait ses paroles.=, Lartizues seutait un frisson courie sur sa chair : une sueur glacée mouitlait ses tempes.: reprit le tils d'Aimée Joubert d'un ton plus calme et, st mon pere existe, répétez-lui Souvenez-vous ce que vous venez d'enteudre \u2018 Parbleu ! répondit Verdier avec un rire con traiat, nous n'aurons çarde d'oublier votre tirade, qui ferait grand elfet dans un drame mais je vous répete que votre pure est mort.\u2014Helag ! vui ! 11 n'est que trop mort ! crut devoir ajouter Lartigues lui-même, et c\u2019est facheux, car il ne manquerait point de vous admirer ! Il se retrouverait en vous et vous trouverait absolument digne de lui ! Maintenant, parlons d'autre chose\u2026 \u2014De quoi ?demanda Maurice.- Dois-je m'occuper de chimie ?\u2026.\u2014 \u2018Jai.Je vais faire en sorte que nous ayous, a href délai, besoin d'acide prussique.\u2014 Bravo |.En ce moment Dominique parut sur le seuil du petit hôtel et, une serviette à la main, s'avança vers nos personnages.Le muet venait les avertir que le déjeuner était servi.Sa pantomime expressive sunpléait admirablement à la parole absente.Elle fut comprise et les misérables, qui venaient de traiter des projets de nouveaux crimes aussi froidement que des négociants honorables traitent des projets d'affaires, allèrent se mettre à table où les attendait un repas d'une finesse exquise, car ils étaient xourmands tous trois, et Dominique, à ses qualités de mutisme et de discrétion, unissait les talents hors ligne d'un cuisinier de premier ordre.Vv Laissons s'attabler les trois membres de la société des Ciny et prions nos lecteurs de franchir avec nous ln muraille qui séparait le petit jardin de la rue de Suresne, du grand jardin de la rue de la Ville-l'Evê- que, hôtel transformé en pensionnat par Mme Dubief.On n\u2019a pas oublié, du muins nous l'espérons, que deux mois auparavant Simone était entrée dans ce pensionnat comme surveillante de la lingerie.Madame Dubief avait bien jugé la protégée de Marie Bressolles et de Gabriel Servet, et lui accordait sans restriction une confiance dont elle la sentait digne.LE MONDE ILLUSTRE La jeune fille faisait d'ailleurs tout ce qui:dépendait d'elle pour ne point démériter de cette confiance.Jamais ls lingerie n'avait été si bien tenue et le linge des pensionnaires en si bon état.Grâce à l'activité de Simone il était devenu possible de supprimer deux ouvrièren, ce qui constituait pour la maîtresse du pensionnat une notable économie.Simone avait quitté son humble logement de la rue Gît-le-Cœur, Son pauvre petit mobilier, qu'elle tenait à conserver quoi qu\u2019il fût absolument sans valeur, zarnissait maintenant une chambre au troisième étage du vieil hôtel, chambre situé près de la lingerie, indépendante des dortoirs, et prenant jour sur les jardins.C'est dans cette chambre que Simone pussait ses dimanches, quand elle n'allait pas rendre visite & ses protecteurs.Le jour où nous retrouvons la Jeune lille était un samedi.L'enfant abandonnée de Valentine Dharville avait retrouvé sa santé et sa vigueur juvéniles.Les fraiches couleurs reparaissaient sur ses joues si longtemps pâlies par lu souffrance.Alerte, joveuse, infatixable, elle allait et venait de ln lingerie aux dortairs, plaçant sur chaque lit de fer le linge de chaque pensiontaire pour le dimanche matin, Deux ouvrieres de atelier dont elle avait la direc tion l'aidaient dans cette tache.Elle se faisait obéir en parlant poliment ot d'une voix tres douce.Chacun de sus ordres etait accompagné d'un sourire.wusst les ouvrières l'adoraient.L'une d'elles, que lon nommeat Justine, seule eu ce moment duns un dortoir avec sa compagne, dit tout à coup, en posant Un petit paquet soigneusement plie sur le pied d'un lit bien Llane \u2014U'est drole © Les trois quarts des peusionnaires do madame, quand elles ont filé, ct que par conséquent.jo ne les vois plus, je les oublie tout de suite.Quitize jours après je ne me rappelle seulement pas leurs noms : eh bien ! chaque fois que je m'approche du lit que voila, je pense tout de suite à cella qui loc cupait 1l y à six mois.a Mlle Marie Bressolles.-\u2014Pardine, moi aussi j'y pense répoudit la seconde ouvrière, occupée de Is meme hesogne un peu plus loin.Comment pourrait-on l'oublier, la chère 1nignonne, apres les souvenirs qu'elle à laissés ici /\u2026 Elle etait si centille, si bonne, si uénéreuse L.Combien de fois nous at elle glissé une prece blanche dans la main pour nous remercier de lui bien arranger son linge !.Elle ne nous devait rien cependant\u2026 Nous étions payées pour ça\u2026 \u2014Oui.oui.reprit la première, c'était une pen- sionniaire comme on n\u2019en voit pas souvent, \u2014Elle est bien malade, à ce qu'il parait ! \u2014 Qui, j'ai entendu madame qui en parlait à Mile Simone.\u2014Méwe que wamselle Simone pleurait comme une fontaine.\u2014CÇa se comprend, ma chere.Mamsclle Simone est entrée chez Mme Dubief sur la recommandation de Mile Marie et de son père.Elle à bon cœur, elle est reconnaissante, et naturellement ça lui faisait du chagrin de savuir que la pauvre jeune fille était an danger.\u2014Pauvre petite, si elle venait a mourir, quel malheur ! \u2014-Oh ! oui, quel malheur ! Impossible de ne pas l'aimer ! ! C\u2019est comme mamselle Simone.elle est arrivée ici après nous, et on lui a dunné tout de suite autorité sur nous.Eh bien ! on ne peut s'empêcher de lui porter amitié.Elle est aussi bonne que 1'était Mlle Marie.Eu ce moment, Simone entra.\u2014Justine, ma fille, dit-elle, vous causerez à l\u2019atu- lier tant que vous voudrez.Pour le moment ache- vuns vite notre hesogne.Madame peut venir faire sa visite.\u2014Nous parlons de Mlle Marie Bressolles et de sa maladie.répliqua Justine.En avez-vous des nouvelles, mamselle Simone, depuis ces derniers jours 1 \u2014Hélas, non | Je voulais aller i l'hôtel de la rue de Verneuil, avec la permission de Mme Dubiel prendre dea nouvelles.\u2014Et vous n'y 8tes point allée 7.\u2014Non ! .\u2014Pourquoi ?\u2014 J'avais peur qu'un me réponde encure \u201cque mademoiselle ne peut voir personne.Ce qui signifie qu'elle va plus mal.ou tout au moins qu'eil.pas mieux.\u2014Vous n'avez point demandé à parler à - Le va 4 papa ou à 8& maman 1.\u2014J'ai eu peur de paraitre indiscrète, Justine allait sans doute formuler quelque \u201cin nouvelle.Elle n'on out pus le temps.Une voix crin du rez-de-chaussée \u2014-Mlle Simone.La Jeune fille sortit du dortoir et se pen: tn rampe de l'escalier en demandant : \u2014\u2014Qui tn appelle +.C'est moi, mamselle\u2026 répondit le con.\u2014\u2018ue me voulez-vous 7.Minselle, c\u2019est une lettre\u2026 \u2014 Une lettre pour moi L.Cui.Votre nom est sur l'enveloppe fit Ninotie és: la mantorais bien, mais mes jambes sont vier, \u2014 do vais la chercher.attendez.La jeune fille descendit prestement les t: etse trogvaqres du concierge qui tenait une main.-C'est bien étonnant, murmarait Sunotee m'écrire.C'est la premiere fois que ça man connais si peu de monde Est-ce positive ulet : \u201cDame Cowen a vont Lar.Rexarde Sunone prit l'enveloppe, LA souscription était aînsi conçue MILLE SIMON; Linen de Mun Joab, onstitar, oo, pe de ha VAL PE rare, j C'est bien pour not.nnpossible d'en Merci.Lt Simone remonta quelques marches de tres intriguée de saveur de qui lui venait cet.A mi-chemin entre le rez-de chaussée et 1; étace elle s'arréta, décacheta l'enveloppe, +1 gard en parcourut rapidement le contenu.Ses yeux se remplirent aussitôt de Tarmne-.\u2018que ses levres Légayaient : Ah 1 juuvre enfant |.La lettre, d'une écriture tremblée, était vu Bressolles.Voici ce qu\u2019elle contenait .J'ai su, ma chère Simone, que vous étiez ver: sieurs fois prendre de mes nouvelles, minis qn.n'aviez pas pu me voir, ni voir mon père \u2026 malade, bien malade.Aujourd'hui, quoique loin d'être von convalescence, je vais un peu wi Je serais heureuse de vous embrasser, n 4 Simone.C\u2019est demain dimanche, votre jour de sortit.Si vous pouvez venir rue de Verneuil, vous 1.1 grand plaisir, car Vous savez que je vous aime.Vous êtes heureuse, vous \u2018\u2026 Vous êtes cu C'est à mon tour d'être malade.Vous êtes «1 et je vais peut-être mourir.À deniain, n'est-ce pras ?Votre amie, Mik Biesso Simone relut deux fois cette lettre en pleurs = chaudes larmes.\u2014 Mourir \u2018\u2026 balhutia-t-elle en s'efforçant d'éti « ses sanglots, Elle parle de mourir .Oh! cor L pas possible I.Dieu serait trop cruel s'il appel.lui cet ange qui traverse la vie en répandant des | .u- faits sur son panssage !.Ah ! oui, certes, j'irai les main.Et je demauderai à madame la permixsivr + partir de bonne heure.À cette minute précise, Mme Dubieff parut au + de l'escalier qu\u2019elle s'apprêtait à gravir pour aller fairy aux dortoirs sa visite d'inspection de chaque same}. LE MONDE ILLUSTRR 102 main quasi diaphane au jeune Russe qui la serra avec Paul de Gibray embrassa son fils et sortit vive- = \u2014 \u2014 gt vit Simone en larmes.B32.\" pons 0 _ Le jeune utticies d'artillerie dont nous avons fait - avez-vous, mon enfant / demauda-t-elle d\u2019un connaissance sur le lac du bois de Vincennes, et le effusion.ton \u2018cetueux.vicomte Guy d'Arfeuilles, venaient souvent voir le A \u201cte question, les sanglots de Simone éclatérent.malade et lui procuraisnt quelque distraction.ment, F ae put répondre, et tendit à Mme Dubief la tir elle venait de recevoir.ne, nos lecteurs l'ont déjà compris, était une l'élite, une nature toute de tendresse, de re- eotit.nce, de dévouement.FE .\u2018outliait pas, elle ne pourrait oublier jamais, ivvait son retour à la santé, son existence ac- nati ' \u20ac Va .calme, si heureuse, et la ce.titude d'un ave- wir © ,uille, & la protection de Mlle Bressolles, sa une hdésitation, sans un regret, elle aurait dom vie pour pi unger celle de Marie, et son ser nous l'attirmons, lui aurait paru la chose du mot plus naturelle.M: -ubief lut la lettre, essuya ses yeux et dit - qu\u2019il arrive toujours, la chére enfant s'at- \u201cpt 54 maladie lui fait voir les choses en noir.Jesu
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