Le Monde illustré, 23 juillet 1898, samedi 23 juillet 1898
[" LE MONDE ILLUSTRE ABONNEMENTS: tome ANNÉE, No 742.\u2014SAMEDI, 23 JUILLET 1898 \u201c ANNONCES 1 Un an, 8300 - - = Six mois, 81.501 ____ _ \u2014\u2014 \u2014 - La ligne, par insertion ._ 10 cents Quatre mois, $1.00, payable d\u2019avance BERTHIAUME & SABOURIN, Proprietaires Insertions subséquentes - .5 cents Vendu duns lez dépôts - - 5 cents la copie Bureaux : ho 42, PLAGE JAGQUES-GARTIER, MONTREAL Tarif spécial pour annonces à long terme MGR LOUIS-FRANCOIS RICHER-LAFLECHE, Evéque des Trois-Rivières, décédé 178 LE MONDE ILLUSTRE MONTRÉAL, 25 JUILLET 1598 SOMMAIRE Texte.~ Entre-nous, par Léon Ledieu.\u2014S.G.Mgr Latièche, par F.Picard.- l'adoussue, par U 4.Poésie : Lo crépuscule, par A.Gingras.\u2014 Les merveilles de la nature, par P.Colonnier.Ruse, par Haude.Pensées à la volée.-Poéaie : Po- lywnie, par H.Desjardins-Nouvelle : Tipite Vallerand, par Louis Fréchette.Les médecins.Poésie : Disparu, par A.Pelletier.L'hou.MA.l\u2019aquet.\u2014 Garde Chmnplain.Bibliographie.Nouveau deuil, par fl.Picard.Poésie : I'A- witié, par B.-H.Séguin.Excursion des typographes.\u2014 Le Montagnard.\u2014Jeux ot nmusements.Rebus.\u2014 Devinette.\u2014 Feuilleton.- Nouvelles à In ain.Conseils pratiques.- Choses et autres.Pare Sohmer.Le jeu de dames.- Une grande différence.GuavtUrEs.\u2014 Portrait de Mur Louis-François Richer- Latièche, évéque des Trois-Rivicres, décédé.À travers le Canula : Vue générale de Tadoussac ; La baie de Taloussac avec l'entrée du Saguenay ; L'hôtel de lu compaxuie du Richelieu ; La baie de Tl'adoussae : Ancienne chapelle de Tadoussac : Intérieur de l'ancienne église.La guerre his.pano-aniéricaine : Un combat autour de Santiago.- Portraits : l'hon.sénateur A, Paquette : M.le Dr P.-K.Lachapelle ; B.-H.Séguin.Devinette.\u2014 Gravure du feuilleton.PRIMES A TOUS NOS LECTEURS LE MONDE ILLUSTRE réserve à ses lecteurs méêtues l'escompte où ln commission que d'autres journaux paient à des agents de cireu- lation.Tous les mois, il fait la distribution gra- truite, parmi ses clients, du montant ainsi économisé.Les primes mensuelles que notre journal peut, de cette sorte.répartir parmi ses lecteurs sont au nomlre de 94; soit, 56 de une piastre chacune, et puis un des divers prix suivants : 82, 83, 4, 85, 810, $15, 825 et 850.Nous constituons par la, comme les zélateurs du MoNbE ILLUSTRÉ, tous nos lecteurs, et pour égaliser les chances tous sont mis sue le même pied de rivalité ; c'est le sort qui décide entreux, Le tirage se fait le ler samedi de chaque sois, par trois personnes choisies par l'assemble, Aucune prime ne sera payée après les 30 jours qui suivront chaque tirage.Les mois de juillet et janvier, \u2014 juillet surtout\u2014 sont deux époques de l\u2019année que nu voient pas sans frayeur arriver les jeunes qui désivent consacrer leur vie à la défense et à l'attaque des veuves, des orphe- lius, des voleurs, des malandrins, des tire-luine, des assassins, etc, etc.Pour être reçu avocat il faut prouver que l'en possède les connaissauces légales requises pour exercer cette profession.Pour être admis à l'étude du droit, tout homme duué d'une intelligence ordinaire est sous l'impression qu\u2019il suffit d'avoir les connaissances nécessaires à cette étude, c'est-à-dire savoir lire, écrire, connaître l'histoire et sa langue (l'anglais et le français, dans la province de Québec) et avoir un cerveau assez bien équilibré.Eh bien ! ce n\u2019est pas cela du tout, puisqu'on exige du candidat à l'étude, du latin, de l'agèbre, de la géométrie etc, qui, jamais, ne lui seront de la inoindre utilité pour piocher le code et lus statuts.LE MONDE ILLUSTRÉ L'avoent qui connaît et comprend bien son droit n'est jamais à court pour conduire sa cause, u'embar- raxso pas sa plaidorie de digressions i propos des grees ou des latins, ne ne fnit pas rappeler à l\u2019ordre conume l'avocat de Racine : Avocat, il agit d'un chapon, Et non point d'Aristote et do sa politique.Regardous autour de nous.Parmi le grid nombre d'avucats qui composent notre barreau, on peut on dire autant des mélecius et des notaîres, combien savent le latin d'une manière convenable et, dans cette minorité, combien sont des sujets de premier ordre / Et, dans le cout, combien connaissent leur langue maternelle, de manière à l'écrire et à ln parler à peu pres passablement 7 *,* Un des quarante innnortels de Académie française, M.Jules Lemaitre, que nous verrons probable.went l'année prochaine à Montréal, à publié au sujet du l'étude du grec et du latin, un article qui n créé un yrand émoi, défendu avec ardeur par les uns, attaqué violemment par les autres.La these de M.Jules Lemaitre a ¢té ainsi vésumée - Les études greco-latines ne servent a rien (telles yuo nous les faisons).Le temps qu'on leur consacre est doublement perdu, car la plupart de nos écoliers n\u2019arrivent pas 4 apprendre les langues anciennes, ct ceux qui par hasard y réussisent n'en tirent d'ailleurs aucun avantage.le fameux trésor d'idées générales et de sentiments généreux, dont les littératures antiques passent pour avoir lo monopole, se reduit en réalité a peu chose, et ce peu de chose se retrouve, digéré et adapté à notre usage, dans nos grands éeri- vnins nationaux.ll est douc inutile d'aller chercher si loin, à travers les ténèbres d'une interprétation pénible, ce que nous avons sous ls main, tout pres de nous, sous une furme plus accessible et souvent plus parfaite.M.Jules Lemaitre ne prétend pus défendre l'étude des langues anciennes, mais il est d'avis qu'il n'est pus nécessaire (ue toute notre jeunesse soit soumise au régime du groc et du latin et, comme il te disait lui même : 1! est très bon qu\u2019il y ait des érudits, des philosophes et même de simples humanistes, munis, soyez tranquilles, nous en aurons toujours assez et ceux qui nous resteront n\u2019en vaudront que mieux, puisqu'ils n\u2019ubei- ront qu'iun goût décidé et à une vocation itmpérieuse.Cette question de réforme de l'enseignement a été souvent agitée en France et à déjà fait de grands progres, ais il en reste encore tant a faire.Ici, on s\u2019en est occupé aussi, et un homme de grand mérite, le père Lefebvre, mort il y à quelques années, y à voué toute sa vie, et ceux qui ont lu l\u2019ouvrage de M.Pascai Poirier le savent bieu.Nous feuilletterons ensemble ce livre un de ces samedis.Les règlements du barreau exigeant des candidats à l'étude, unie connaissance vague du latin, besu- coup de jeunes gens possédant une instruction assez solide, mais n'ayant jamais lu Lhomoud, se voient dans l'impossibilité d'étudier le droit, à moins qu'ils n'aient recours à des professeurs spéciaux qui se chargent de les préparer, ou plutôt comme on «it généralement, de les fabriquer, en un ou deux ans, selon le cas.Ces professeurs, très forts pour la plupart, ne suivent aucunement le programme des culleyes et n'en arrivent pas moins à obtenir des résultats satisfaisants.Ils pourraient faire plus, s'ils avaient, ou plutôt si leurs élèves avaient plus de temps, mais comme le seul but de ces dernicrs est simplement du passer l'examen, ils avalent la quantité de latin requise, quitte à s\u2019en débarrasser au plus vite, tout conne les bacheliers.#.% Il est de par le vaste empire britannique, \u2014 sur lequel le soleil ne se couche jamais-une possession anglaise où jamais de mémoire de générations successives on ne porte de toast au souveraiu de l'altière Mbion ; un paye soglais, où de nos jours encore on te boit jumuis, dans les banquets officiels, à la santé de lu ruine d'Angleterre.Ce pays, cetto terre britannique, s'élève cependant nu dessus des flots, à quelques lieues du Royaume Uni, c'est l'archipel des Hes de Jersey, Guernesey, Aurigny, ete, ete.A Jersey, et der archipel, où ne boit pus à la santé de la Reine, où porte la sauté de la duchesse de Normandie, et ce tons! toutes les autres iles de cet est acclaisé, sans protestation, par tour les nssistant=.y compris les officiers de ln courenne eux méties, l£t, ce faisant, les Jerstais sont tidéles à l'histoire de leur paye.M.de Cléry, qui vieut de publier un ouvrage des plus intéressants sur les Mes Normandes, peus du Hon, Rule, fait valoir ainsi les revendications des Jersinis qui n'ont du reste juunis été coutestées par les Anglais : Lorsque Plilippe- Auguste, derit-il, réunit la Nov mandie à la Couronne de liance, ces îles restèrent au pouvoir du roi d'Angleterre et elles en protfitérent pour s'assurer Une plus grande indépendance sous kL suzernineté éloignée des souverains descendant de leurs ancious ducs.Leurs coutumes furent constatées par différentes enquêtes et la couronne d'Angleterre s'est toujours ensnyée à les respecter.Aujourd'hui encore, c'est comme duchesse de Normandie que la reine d'Angleterre est souveraine de Jersey et du bailliage de Guernesey.Je comprends maintenant pourquet tant de Jersinis que j'ai rencontrés, m'ont dit autrefois à Saint-Malo, qu'ils étaient sujets de la duchesse de Normandie : mais alors, je he comprenais pas et- selon l'usage, quand on ne comprend pas je me contentais d croire qu'ils étaient un peu toqués, Je comprends encore mieux aujourd'hui, lisant es que dit Laurent Carey, de Guernesey : Guillaume le Conquérant, ayant subjugué Angle terrs, 1l cyoutet ce royaume à ses autres ltatset devint tout i la fois, duc de Normandie, roi d'Angleterre, comte du Maine, ete, ete\u2026 Les rois d'Angleterre ne sont devenus nos souverains que parce que Guillaume le Conquérant subjuqua le royaunue et qu\u2019il en réuni le gouvernement à celui de là province de Normandis sous le mème chef.Mais cette ile n\u2019est pus devenue pur là une dépendance du royaume d'Angleterre elle n'est point une de ses conquêtes et ne lui à janu- été formellement ni tacitement unie.Elle est toujours restée un reste des Fats que le Conquérant possédant en Normandie lorsqu'il conquit l'Ancleterre, et, pas conséquent, elle ne peut être censée faire partie de ce royaume, parce que la Normandie n'est jatnais devenue une province anglaise ; au contraire, s'il y a um distinction a faire entre ces deux Etats, on peut dire, en toute vérité, que l'Angleterre est le pays conquis.les Normands (nos anciens compatriotes) avaient plus le droit d'y commander que les Anglais de commander en Normandie.Ce n'est point, \u2014 c'est toujours un (uernesiais qui parle\u2014ce n'est point le long espace de temps ou Ly petite étendue de cette ile qui peuvent changer la na ture des choses : le principe reste toujours le même, et cette ile n'a pas changé sa dépendance.C'est tou jours un reste du duché de Normandie détaché et dis- tinet du royaumo d'Angleterre, mais gouverné par un mème souverain sous différents titres.la Majest W'ayant, à proprement parler, que lo titre de due er cette ile, quoiqu'en Angleterre il porte celui de roi, « qu'il soit, en effet, un des plus grands monarques di monde.Cependant, il ne faudrait pas s'y tromper © si Jersin et Guernesiais sont unanimes pour se réchaner de leur origines normandes ; s'ils tiennent au plus haut point à conserver comme langue oflicrelle la langue française.qui est presque exclusivement celle des campagnes .si aux sénuices des Etats, qui sont leur pouvoir léiis Iatif, et aux audiences des cours royales, il est interdit de parler une autre langue que le français, ils n'en professent pas moins, en toute occasion, la plus loyale soumnission au gouvernement britannique, et enteudent bien ne rien changer à leur condition On en eut In preuve il y à deux nus, quand le bruit courut dans le monde politique que Angleterre pour rait bien céder les Îles Normandes à la France, en retour de certaines concessions en Afrique- Le Buillinge, le plus français des journaux de Guer- nesey, protesta vivement : LE MONDE ILLUSTRÉ 179 Nans doute, «lisait-il, les îles de la Manche ne contribuent pus au budget britannique, ne sont d'aucune valeur commerciale pour l'Angleterre.Elles ne aout d'aucune utilité au Royaume-Uni, excepté commune une mennce dans le cas d'un cunflit avec la France, à qui elles appartiennent géographiquement et ethnographi- queuvnt\u2026.mais nous nous refusons à croire que le gouvernement se serve de nous comme appât pour yagnor l'Egypte et nous sacrifie à ses appétits voraces.D'ailleurs, quel droit aurait-il pour le faire # Notre terrain est bien i nous, et si nous avons accepté ln suzeraineté anglaise, l'île n'ayant jamais été conquise, nous en restons bel et bien propriétaires.Ce langage très fier, mais aussi très logique, est celui de tous les habitants des îles Norniauden et fait comprendre comment en cet heureux pays qui n'a ni droits de douane ni impôts indirects, on porte la sauté de ln duchesse de Normandie et non celle do la reine d\" Angleterre.*,* La terrible catastrophe de la Bourgogne occupe cncore les esprits, bien plus que ne le fait la guerre hispano-américaine.A ve propos certains journaux fiancophobes se sont \u201cvertués, à peine ln nouvelle était-elle connue, à vomir toutes les injures possibles contre l'équipage du mal- licureux navire.C'était aller un peu vite et tres loin, avaut de connaître parfaitement les faits, mais l'habitude de dégoiser cuntre tout ce qui est français est tellement devenue une seconde nature chez certaines seus, qu'ils ne peuvent s'empêcher de le faire, (Qu'il y ait des cas de violence et même de brutalité, c'est trés possible, c'est même probable, mais ce ne sont que ces exceptions que l'on constate dans tous les accidents de ce genre.(Quand six cents personnes sont massées sur le pont d'un navire qui aombre en huit ou dix minutes, on comprend facilement l'affolement qui s'empare des malheureux qui voient la mort devant eux et qui cherchent à lui échapper par tous les moyens possibles et l'on ne peut s'attendre i ce que le sauvetage s'opère méthodiquement et avec toutes les formes de politesse ordinaires.Tous les hommes sont bâtis de la même manière et dans ces cas suprémes, la loi de la couservation, l'égoistie naturel à la nature humaine prennent souvent le dessus et c\u2019est un sauve-qui-pout général qui a lieu.Et pourtant, ces gons qui insultent ainsi tranquille- went, de leur bureau, là où il n\u2019y a aucun danger, dovraient reconnaitre que presque tous les officiers sont morts bravement à leur poste, sinsi que les trois quarts des matelots.*,* Eugène X., est le Québecquois le plus fumiste qui existe dans la vicille capitale, aux murs inutiles.L'autre soir, il annonce à 54 mère qu'il vient de faire une excellente affaire en assurant sa vie pour une vingtaine de mille dollars, au profit de ses sœurs.\u2014 Vingt ruille ! mais comment feras-tu pour payer les primes, toi qui ne gagne presque rien ( Oh ! cele ne m'inquicte guère.On ne me demande qu'un dollar par an.C'est une nouvelle compagnie qui veut se faire de la réclnime.À.uns ces conditions là.je comprends.Oui, mais il n'y à que la clause XVIII qui m\u2019en nuie.Que dit cette clause ! Elle dit.que l'assuré doit aller toucher lui-même l'assuranco le lendemair de son décès.Sy pa TD Es ere acl ears, em er emily > \u2014\u2014 La presse, ln mauvaise presse tue les ames par In corruption qu\u2019elle sème dans tous les rangs de la société, par le scepticisme qu'elle engendre dans les esprits, par l\u2019envie et la haine qu'elle mot dans le cœur des ouvriers.S.G.Mgr LAFLÈCHE Quel nécrologe, que du coups, que de brisements de cœur ! Une nouvelle perte encore, celle-ci affuctant le Canada, et plux particulièrement notre belle province de Québec.Myr Latlècho à rendu sa bollo âme d'apôtre à Dieu : il a quitté la terre le 14 le ce mois, à une heure trente- cing minutes après-midi.Son éloge vst sur toutes les lèvres ; il a été loué, adusiré, par les génies du siècle, par l'éminent conférencier de Notre-Dame de Paris, le Père} Monsabré ; par S.E, le cardinal Pie, l'illustre évêque de Poitiers, successeur de la lumière de l'Eglise au IVe siècle, saint Hilaire ; par l'entourage du Souverain Pontife : les grands Papes Pie IX et Léon XII! l'avaient en singulière estime.Mais surtout, vous vous êtes montré évêque, vous avez agi en prince de l'Eglise, vous étiez bien réulle- ment le successeur des apôtres, à vénérable pasteur, par votre amour pour ceux que le Christ, votre Mo- dele, aimait par-dessus tous les autres : les pauvres, les enfants.La Charité !.Soleil resplendissant, dont les fulgurantes lueurs font briller d'un éclat éblouissant les autres vertus ! Je m'incline devant l'autorité, je vénère la science : mais je mme sens esclave, rien, devant l\u2019homme charitable dont je baiserais les pas.Mgr Latleclie avait été missionnaire dans les immenses Territoires du Nord-Ouest.Un jour\u2014c'était vers IS) \u2014ses malheureuses ouailles apprennent avec effroi l'approche d'en grand parti de guerre des féroces Sioux.Leur missionnaire est l'homme de la paix, le ministre de Dieu : mais il «oil veillerau salut des corps de ceux dout les âmes lui sunt confiées.Il arme les hommes de la mission ; il les exhorte, les encourage, les bénit, les envoie au feu : contre toute apparence, les métis avancent, les Sioux se sentent faiblir ; nouveau Moise, le missionnaire implore la protection du Ciel sur ses tidèles.\u2026 les Sioux sont en déroute, leurs morts jonchent le sol, tandis que les pertes des nôtres sont nulles.Cæeur de soldat, ame d'apotre : c'est ainsi que je nie représente le mnissionaire.(1) Myr Louis-François Richer-Latièche naquit, lui aussi, d'une fort estimable famille de laboureurs de otre province, comme presque toutes nos plus grandes illustrations canadiennes tant il est vrai que le travail de la terre rapproche du ciel.11 vit le jour à Sainte-Anne-de-la-Pérade, le 4 septembre 1518 ; était ordonné prètre à Québec le 7 janvier 1544 par Myr Turgeon, partait pour les missions de la rivière Rouge au Nord-Ouest le 14 avril de la même année.Ses débuts ne furent donc que charité, Ce n'est qu\u2019en 1556 qu'il revenait pour se voir nommer supérieur du séminaire de Nicolet et vicaire général du diocèse des l'ruis-Rivières.En 1861, Mgr Thomas Cuuke, évèque des Trois-Rivières, lui confiait l'administration des finances de l'évêché, en 15362 lui donnait le titre de curé.Le 23 novembre 1866, le saint Pontife Pie IX le nommait évêque d'Anthédon \u2018pi, coadjuteur de l'évêque des Trois-Rivières avec future succession.Il était sacré le 25 février 867 par Mgr Baillargeon, évêque de Tloa, Administrateur de l'archidiocèse de Québec, assisté des évèques de Toronto et de Saint- Hyacinthe.l'nfin, étant en 1870 au Concile (Fcuménique du Vatican, il devint évêque des Trois-Rivières par le décès de Myr Cooke, le : avril.T] prit posession du siège par procuration le 3 juin suivant : M.le Grand Vicaire Ch.-Olivier Caron agissant en son nom, Mgr Latlèche.outre ses vertus, sacs grandes qualités, (1) Ce magnifique trait de bravoure et de charité tout à la fois, m\u2019a été conté hier par mon noble Bienfaiteur, notre dom Bosco de Montréal.\u2014F.P.possédait le talent oratoire : peu d'entre nous n'ont pas eu le bonheur d'entendre sa parole chaude, vibrante, imagée.Ce fut lui qui parla à Notre-Dame, lors du départ du premier détachement des Zouaves Pontificaux canadiens, ot l\u2019on so souvient de l'enthousiasme qui fit frissonner le peuple immense entassé dans la vaste éulise.La profondeur do ses vues en faisait un homme supérieur, ss fermeté dans les principes le vendait redoutable aux ennemis de ln Religion.H a dit, en paraissant devant son Dieu, le Christ qui choisit ses Apôtres : Bown certamen vertavi, 11 me scwble entendre les Choeurs célestes chantant dans lo ravisscment éternel : Euge, serve bone.intra in yaudivan Domini tui! ant as 01 sa me FADOUSSAC (Voir gravures) Un jeune artiste canadien, M.S.Bell, de Fraser- ville, nous envoie une série du vues photoyraphiques «ti, nous en souunes siir, ne manqueront pas d'intéresser au plus haut point ceux qui sont déjà familiers avec Tadoussac, la reine du ** Royaume du Saguenay,\u201d comme l'appelsient nos nimables ancêtres, Charlevoix et ses conteniporains, M.Bell à judicieusement choisi, pour le champ de ses travaux, des lieux consacrés par les souvenirs les plus chers à l'historien et au pocte, commo à artiste et à l'homme de lettres.T1 fait pour cet endreit si gracieux de notre cher Canada, ce que fait de son coté M.Popling pour Ottawa et ses environs.(\"est done avee plaisir que nous nous faisons un devoir de signaler, à un publie intelligent et instruit, les travaux si patriotiques et si persévérants d'un artiste dont la grande modestie est la meilleure zarantie.À ceux qui ne connaissent pas encore cet endroit si célébre et si beau, et qui n'on point encore décidé quel point du pays les verra durant les vacances, ces photographies serviront certainement.Nurtout si l'on a déjà entendu vanter l'air pur qu'on y respire à pleins poumons, la nature grandiose qui repose l'esprit, on ne saurait longtemps être indécis, et bientôt, on se dirige soi-même, vers ces rivages aimés de Dieu, tou imprégnés de charme et de mystire de suavité et de repus.On trouvera & Tadoussac uu petit hameau composé d\u2019une population paisible et heureuse qui, se contentant du strict nécessaire, n'envie guère les adorateurs du veau d'or.Ici point de police, point de prison.La houlette d\u2019un bon curé, doux et pacifique, sutlit pour garantir l'ordre et le bien-être dans nos communautés aux nœurs patriarcales qui sauraient encore inspirer la muse de Longfellow.L'on annonce pour la mi-juillet une kermesse que les nombreux touristes Américains se font toujours un devoir de favoriser de leur mieux.LA, nos généreux voisins sont à même de payer rubis sur l'ongle les gracieux objets que des mains savantes ont su confectionner.C\u2019est li aussi que nos belles canadiennes avec leurs jolis yeux doux, savent, par leurs talents artistiques natifs, toujours surprendre les ctrançgers qui ne s'attendaient pas à les \u2018ucc:s au-si complets, Des représentations chartman-.s, dos retcerts harmonieux, completent la série d'ainusements que l\u2019on trouvera à la Kormesse do l'adoussac.UZ.\u2014\u2014\u2014\u2014 > On veut des romans ! Que ne regarde-t-on de près l'histoire.Guizor.Pardonne tout de suite : crois-tu qu\u2019on à voulu te faire du mal ?si cela est, n'as-tu pas plus de mérite ? 180 LE CRÉPUSCULE Le roile de la nuit déjà couvre la terre Et rien ne restera du jour qui va mourir ; Nexisterait il pas sous un cicl moins austère Un rivage lointain où l'on saurait chérir ?\u2026 Non, le bonheur s'enfuit de l'heure qui s'écoule, Et rien ne reste plus de tous nos purs serments ; Ns rivent comme vit le flot mourant qui coude, Le zéphire qui pusse où la fleur au printemps.Hs naquirent, hélas ! au lever de l'aurore, Rt s'en vont seuls mourir dès le soir d'un beau jour : (eorgine, seul ici, vois, je demeure encore À jamais déluissé par mon plus tendre amour.Où sont allés ces soirs de trompreuses tend resses, Ces baisers, ces désirs, ces réves de bonheur ?.Tu ne recerras done jamais plus mes caresses, Toi qui, sans me le dire, avais pris fout mon cœur f.Mais à quoi peut servir ce chagrin inutile, Cra larmes que je verse et ves cruels regrets ; Si Le vent peut mugir sur vote mer tranquille, Je ne puis épancher vues plus lendres secrets, Toi, brillant répusente, tnsenshle @ mon dime, Toi qui l'enfreis sitôt devant l'immense nuit : Oh I si tu ver partir, jette ce jour infime Dans le gouffre bécnt de l'éternel onblt.Confonds, emporte tout dans de sombres «himes, Et duns l'éternité qui ne finit jamais ; Donne «au flot éternel mes veux les plus sublimes, Mes serments les plus purs el mes plus doux souhaits.Et que num cœur meurtri, plein encor d'assurenc, Aille s'enserclir des de mornes toanbeurs.Que rien ne reste plus de me chère espérance, Rien que l'amer regret de mes jours les plus bean, / 7 7 # Al A + Een pa rl J = 7 de L'Ecole Littéraire.\u2014 Pp) TY LA Lise Na.2 ra Intérieur de l'ancienne église La baie de Tadoussac to PS > vo * a 2 LAS Pd w ts ESRC ro Co + a, MIN, me on TREES.Ed pe peg 1 À me JY Em [rs ie = Basie qe 2,97 od pol oui \u201caa pe > a Rr 4 RET = aS She ME = a a - \u2014 3 Ce À bp - .- se 2 ' ; & EH RE) 0 Wh Us; .t OL ~F 2 A Le CO PRE 1) a ARS C= Bof?oR) > « + pes Mm vec: LI > ve = = 2 (RFA fi HAS AN Pay La baie de Tadoussac iy er entree du Saguenay Vue genérale de Tadoussac Photos 3.Belle A TRAVERS LE CANADA : TADOUSSAC LE MONDE ILLUSTRÉ L'HONORABLE Me ARTHUR PAQUET, sÉNAILL 1 204 K LA DIVISION LA SALLE Aujourd'hui.nous publions le portrait d'un homme ayant percé par son mérite, et appelé, jeune encore, à l\u2019uns des positions les plus élevées du Canada.Le nouveau sénateur pour lu division La Salle, né à Québec le 5 septembre 1557, est le fils de M.Zéphy- rin Paquet, le grand négociant en nouveautés, et de Mine Marie-Louise Hamel.I! conumença ses études au College de Lévis, dont il suivit les cours de 1868 a 1873.k cette époque, il avait déjà choisi sa carrière il so destinait au commerce, carrière dans laquelle il à remporté tant de succès, et entrait à l\u2019Académie Commerciale des Frères dus Ecoles Chré- tienties pour en sortiren ISTH.Nes cours terminés, M.Arthur Pâquet se consacra au commerce des fourrures avec une activité et un esprit d'entreprise qui lui ont valu sa haute réputation d'homme d'affaires.Nur les ruines de l'ancienne lilature \u2018* Paton, \u201d à ln Pointe aux Lièvres, il foudait sa manufacture de pel- leterics (ui, depuis, n's cessé de prospérer.M.A.Paquet est, en outre, aujourd'hui, l\u2019une des têtes dirigeantes du grand établissement de Nouveautés de Saint-Roch de Québec, En ce mument même, le nouveau sénateur s'occupe de l'établissement, à Québec, d'une grande manufacture do chapeaux de paille, qui iloit donner de l'ouvrage à deux cents personnes.Comme on le voit, l\u2019hon.Arthur Pâquet est un homme aux vues larges ct à l'esprit d'entreprise remarquablement développé.[1 est dans toute Ia force de l\u2019âge, il est donc à même de roudre iv son pays, dans ses nouvelles et hautes attributions, de grands et utiles services.Ce sont des lomtnes comme l'hon, sénateur l\u2019âquet qui redonne- rent à cette institution vénérable, appelée le sénat, un regain de jeunesse, de vie et d'initiative.L'hon.sénateur Pâquet s\u2019est marié en 1882, avec Mlle Georgiauna Boivin, digne à tous égards de partager les honneurs décernés à son mari.En terminant cette brève esquisse biographique, nous ne pouvons nous empecher de remarquer que la solution de la question du Sénat.puisqu'il y a aujour- d'hui unie question du Sénat\u2014réforine ou suppression \u2014se trouve dans le choix judicieux des honorables appelés à remplacer les sénateurs déniissionnaires ou les disparus de l'arène parlementaire.Le gouvernemeut semble avoir choisi un moyeu termeentre lasuppression du Sénat moyen radical \u2014 et la réforme du Sénat\u2014moyen plus lent assurément, mais efficace avec le teimps\u2014, d'autant plus que les hommes de talent et d'action ne manquent pas dus notre pays.\u2014\u2014 Mes « hez la femmo ouronnes en or où en porcelaine putée 2 x dr gueriwent In sur de vieilles racines, po be N ladle du foie Dentiers faits d\u2019après les procédés les plus nouveaux, Dents extraites sans douleur chez J.G.A.GENDREAU, Dentiste, 20, rue St-Laurent, Montréal.Tél, Bell 2818, Fausses dents SANS PALAIS Prix : Une-voîte, avec notice, $1.00; Six boites, $5.00; Dépôt général pour In Puissance : L.4.BERNARD, 1882, rue [Sainte-Catherine, Montréal 31520 UG LIQUEURS ET ELIXIR VEGETAL S % ox ia - = GRANDE (HARTREUSE \u201c@ Er thez tous les Importateurs de Vins et Liqueurs, Epiciers en n gros er en détail.EN VENTE sE MÉFIERK DES GONTREFACONS SEUL AGENT AVEC MOSOPOLE BOT Il CANADA.*a Compagnie d'Aporovisionnements Alimentaires\u201d « 242, 244 et 246, rue Saint-Paul Montréal.GILETS D'ETE Si douznines de inlis gilets dete valant 1.50, seront vendus ers, zaines, valant $2,03, pour 75 cents.CHAP-AUX D'ETE En naîlle et en feutre ; tout nouveaux, marchandises d'été, prix excessive ment bas pendant la saison des chaleurs.CHEMISES D'ETE Nous venons de recevoir Un nouveau lot de chemises negligerset emposces da toutes les dimensions.Nous les ventrons au prix qui vous conviendra.té dou- Vous vous sentirez au frais en en portant une.CRAVATES D'ETE Belles cravates blanches et couleurs de faniaisic.dement.GÉNÉREUX & CIE, 227, rue St-Laurent Klles doivent partir rapi- LA LIBRAIRIE ANCIENNE et MODERNE Roligion, Bcience, Arts, lettres, Littérature Livres neufs et d'occasion.Dernières unouveautés regues chaquo se.Attention spéotale au.a poste\u2019 X commandes jar DEMANDEZ NOS CATALOGUKS LOUIS-J.BELIVEAU LIBRAIRE-COMMISSIONNAIRE No 1617, Notre-Dame, Montrca Agence genernle pour le Nouveau Cours Canadien d Kcriture Dyvite,\u201d par J.Aheru, RETIRE GUÉMIK \u201c VF Le SEC AEA rc NÉE Tot ERALE de cs NE PET Le \u201cEy LACH etc.avec ! 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