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Titre :
Le Monde illustré
Prenant la relève de L'Opinion publique (1870-1883), Le Monde illustré occupe une place importante dans la vie intellectuelle du Québec au tournant du xxe siècle. En 1902, il devient l'Album universel. [...]

Le 10 mai 1884, le réputé typographe et imprimeur Trefflé Berthiaume, en collaboration avec Napoléon Sabourin, lance Le Monde illustré. Il souhaite répondre à la demande d`un lectorat francophone à la recherche de journaux plus policés, mieux rédigés et faisant appel aux nouveautés techniques pour leurs illustrations.

Le Monde illustré constitue une source unique pour l`appréciation de l`art de l`illustration québécoise au tournant du xxe siècle; gravures, dessins et photographies y sont reproduits selon un procédé de phototypie breveté.

Bien que l`hebdomadaire publie des photographies pour la première fois en 1888, la place accordée aux dessins y demeure prépondérante. Grâce au concours des meilleurs artistes canadiens, ceux-ci sont empreints d`un réalisme indéniable. Ils se composent de scènes urbaines et villageoises, de paysages et de portraits de personnages influents. Avec une contribution s`élevant à 237 dessins, l`illustrateur Edmond-Joseph Massicotte est particulièrement prolifique au sein du journal.

Ses objectifs sont fidèles à ceux de son prédécesseur. Composé aux deux tiers de textes littéraires, l`hebdomadaire se définit d`abord comme un journal visant l`affermissement de la littérature québécoise. Il cible l`intellectuel canadien-français et désire contribuer au développement du bon goût par l`initiation aux arts et aux sciences.

Léon Dieu, directeur de la populaire chronique « Entre nous » de 1884 à 1898, et Jules Saint-Elme (pseudonyme : Amédée Denault), directeur du journal de 1892 à 1895, invitent les plus importants auteurs de l`époque à leur soumettre des textes. Le public découvre ainsi les écrits des Régis Roy, Édouard-Zotique Massicotte, Mathias Filion, Firmin Picard, Benjamin Sulte, Louis Fréchette et Albert Ferland.

Une grande place est également accordée à la reproduction de romans-feuilletons. Occupant généralement deux pages du journal, ceux-ci participent au développement du goût littéraire ainsi qu`à la démocratisation de la lecture du roman populaire dans la francophonie canadienne de la seconde moitié du xixe siècle. Richement illustrés, ils portent la signature des plus grands auteurs français tels Jules Verne, Jules Mary, Paul Féval, Zénaïde Fleuriot et Xavier de Montépin.

Précurseur de la presse illustrée du xxe siècle, l`hebdomadaire propose un contenu fort varié. Les numéros se composent d`actualités, de poèmes, d`articles scientifiques, d`une chronique variété, de biographies, d`annonces, de jeux de société, de chroniques mode, de recettes et de conseils culinaires.

En 1902, afin de s`adapter à une société changeante et de plaire à un plus large public, Le Monde illustré adopte le nom d`Album universel. Avec ce titre dit « de tous les pays et de toutes les branches du savoir humain », l`hebdomadaire désire satisfaire la légitime curiosité des lecteurs faisant partie des nouvelles classes sociales issues de l`extension du suffrage, de l`organisation ouvrière et de la démocratisation de l`éducation et des sports.

Voir aussi :

L`Opinion publique

Album universel

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l`Université Laval, 1973, vol. 3, p. 95-96.

BOIVIN, Aurélien, « Les périodiques et la diffusion du conte québécois au xixe siècle », Études françaises, vol. 12, n°s 1-2, 1976, p. 91-102.

« Denault, Joseph-Marie-Amédée », Dictionnaire biographique du Canada, en ligne.

LEMIRE, Maurice, La vie littéraire au Québec, Sainte-Foy, Presses de l`Université Laval, vol. 4, 1991.

MICHON, Jacques, Histoire de l`édition littéraire au Québec au xxe siècle, Saint-Laurent, Fides, vol. 1, 1999.

« Trefflé Berthiaume», Dictionnaire biographique du Canada, en ligne.

Éditeur :
  • Montréal :Berthiaume et Sabourin,1884-1902
Contenu spécifique :
samedi 11 août 1894
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
chaque semaine
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Journal du dimanche,
  • Successeur :
  • Album universel
Lien :

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Références

Le Monde illustré, 1894-08-11, Collections de BAnQ.

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[" E MONDE ILLUSTRE ~= ABONNEMENTS: lluz AN NÉE, No 536\u2014SAMEDI, li AOÛT 1894 ANNUNCES : Unan, F300 = Raa eg CERT va ve \u2014 = 4 ADS Fe ee PTT Te a \u2019™ al AAT or a = Ae A cree gE + vs pe ze tI \u2014\u2014 279 et IN wb i Sr \u201cmg Sa Se) LON DEES, ~ LB NOUVEAU PONT DB LA TOUR : RELEVEMENT DES DEUX PARTIES MOBILES DU TABLIER _\u2014 rapper = vy q@s ve # v \u201cpr * ra ve = Fois 4 LTS i Fi py f Make I: >> BY fn 1 « re.\u2018 - Fre A du | \u201cf - .\u2018 #20 15 Tres, Sn sl | ES À 2\" 4 - pr ge ur} Es Ë 1 A4, - 13 bo FES Gow \u2014 a) as HOTEL SAINT LION VOR D® FEONI HOTEL SAINT LEON : \\UR SUR LA EIVILEE hil} ER Lt ps ed \u201ca aid A == ~ = % 2 \u2014=\u2014= \u2014\u2014 34 we _ + , a Ca utd ; eee = re CT Ce Ac # ES Su Ada) «3 \u2014\u2014 7 -\u2014 pA Ged \u20ac.ad > hg rls = \"A # ; Rd IE Spas I > ial io Ne 4 | ads | Pale PRE TES FEE PA ie A sar SS ak LJ! [ea dde 5 a as 3 & .TV en à RN A FAD SR ad Se ON A 1 I NJ hy CU 1 A 7 \u2014\u2014 : 3 è cr bm A 24 mmencement de ramollissement cérébral.c'est scientifiquement reconnu J'ajoute que, d'après mon expérience, toute bonne action porte.\u2014Porte en soi sa récompense ?.\u2026.\u2014 Non, porte la guigne.\u2014 Allons donc ! \u2014 En vesz-tu an exemple digne d'être transmis aux générations futures Ÿ.T! y à uno dizaine d'années je commençais mes étades de droit à dix- sept ans et logeais, comme ta sais, rue Racine.Un soir d'hiver, il neigeait atrcc:ament, je rentrais ches moi en compagnie de mon voisin Audré Fil- ssc, .ta te souviens d'André Filwmc } \u2014Certainement.un vilain monsieur.au collège il rapportait ; il est mort «le la jaunisse parce qu\u2019an de ses frères avait fait un héritage.\u2014Juste ; tu y es !.Dorc je rentrais lorsque je vis étendue eur le trottoir, devant ma porte, une petite italienne dans le genre de celle qui vient de nous accoster.Elle portait aussi un accordéon en bandoulière.Endormie ainsi tous la neige, elle était en danger de mort.Nous Ia ré- mes à grand\u2019peine, alors elle se mit à sangloter et nous raconta qu'elle n'osait rentror chez son patron, car n'ayant pas les cinquante sous qu\u2019elle devait rapporter elle serait astommée de coups, elle n'avait pu récolter que quatre sous et avait cédé à l'irréaistible tentation d'un bâton de sucre LE MONDE ILLUSTRÉ d'orge.Nous cherchâmes «les yeux un agent de police, mais il n'y en avait pas le moindre à l'ho rison.Sans être grand docteur, je comprenais que si on ne la réchanffait pan la petite courait de vrais périls.Je parlais de lei donner l'hospitalité.\u2014Ne iais donc pas ça, me dit André, est ce que ta connais cette gamine 1.Ne crains tu pas d'être la dupe de ton bon cœur 1 \u2014Je reconnais bien là mon Filsac |.\u2014Pas sympathiae.mais un garçon de bon sens.Du reste je ne tins pas compte de ses observations, je fa monter la petite, je la ranimai auprès d\u2019an bon feu, je la réconfortai avec du thé bien chaad, da rham et des biscuits, je lui abandonnai mon lit et allai me coucher sur an vieux canapé dans ma petite antichambre.\u2014C'\u2019est bien, Georges ' \u2014 Attends donc !.Le lendemain, je me lève, la petite était habillée, elle me dit adieu et se retira avec ane pièce de «dix francs que je lui avais mise dans la main.Après son départ, je m'aperçus que ma chambre était tout en désordre.Elle avait farfouillé dans mes papiers.Pis que cels, mon cher, elle m'avait volé an mouchoir.\u2014 Un mouchoir ?.\u2014Oui.oh ! an objet assez ridicule, an mon- choir brodé et garni de denteller, présent de ma tante de Vannes, Mme de Kermandec.Il va sans dire que je le conser vais pieusement chez moi et ne l'exhibais jamais.\u2014Peuh !.Alors?.sais-tu ce qui est résulté de l\u2019indélicatesse de cette petite vagadonde ?.\u2014Non.\u2014Ma tante a fait an voyage, elle a demandé à revoir le mouchoir qu'elle avait brodé à mon chiffre de see nobles mains, j'ai été embarrassé, je me suis coupé, elle n cra que j'avais donné son mouchoir, elle a quitté Paris en colère.et m'a dés- hérivé !.\u2014Ce pauvre Bréval '.\u2014('a be fait rire ?.Il n'y a pourtant pas de quoi.Depuis ce temps, tout m'a été contraire.Il semble qu'une fatalité s\u2019acharne contre moi.J'ai été reçu avocat, mais impossible de trouver ane cause ; j'avais placé mon petit avoir chez un banquier qui a levé le pied.et poar comble de malheur, je viens de tomber amonreux.\u2014Amourenx ?.Eh bien ! marie-toi \u2018 \u2014 Impossible ! \u2014Tu aimes ane femme mariée 1 \u2014Non, mais ane fille de grande maison, une princesse ! \u2014Peste ! \u2014 Tiens, veux-ta la voir Ÿ.regarde dans ce landeau, près de ce vieillard au n° z crocha et aux favoris blancs.Tous les jours 4 cette beure elle vient ici.Nua regards se sont rencontréa.ça été pour moi le coup de foudre.Et, vois ma folie ! il me semble qu\u2019elle me regarde d'ane étrange façon.Minis c'est la petite princesse ()lga Dragomi- rof.\u2014Ta la connais ?-\u2014Beauconp.Je suis surtout très lié avec son grand-père, le richissime banquier napolitain Ghi- rolandi.Tiens, il y & justement demain grand tralala dans leur hotel de la rue de la Boétie.Veux-ta que ja te présente ! \u2014Ta le peax 1 \u2014Rien de plus facile.J'ai rendu de grand services d'affaires à Ghirolandi ; mes amis sont ses amis.\u2014Ah ! mon cher, j'en deviendrais fou de joie 1.Mais à quoi bon.puisque j'aime sans espoir.la petite Olga paste pour un pen boguée, elle serait bien capable de s'éprendre e toi.\u2014Merci.bien obligé.\u2014 Ne te fâche pas, c\u2019est convenu } \u2014 J'accepte et merci ! II Olga et son grand-père maternel, le richissime banquier napolitain Orlando Ghirolandi, habi- talent à Paris un très bel hôtel de la rue de la Boétie.Ils recevalent besuconp, cholsissaient bien leurs invités et donnalent des fates § la toi pleines de maguificence et de bon guût, Oh Il était évident que signor Ghiroland; cherchait à marier sa petite-fille, mais il était évident aussi qu'il aurait quelque peine à réaliser cet honorable projet.Ce n'est point qu'Olga lragomirat eût aue mauvaise réputation, où môme que sa renommée d'honnête fille eût reça quelque atteinte, Un s'aocordait à la dire vertueuse, charitablo atsez dévote même, à la façon des Russes, qui gardent toujours uu petit fond de mysticisme on dépit du frottement de la civilisation.Mais la jeune Moscovite était originale jusqu'à l'exoentricité et d'aucuns disaient excentrique jas- qu\u2019au grain de folie.Elle était bonne musicienne eb jouait notamment trèe bien du violon ; mais après avoir exéonté quelque concerto classique de manière à exciter l'admiration des connaisseurs elle ne manquait jamais de se lancer, sans trang.tion, dans quelque abeurde rengaine de pitleraro et la surprise de l\u2019assistar «© la faisait potter de rire.Là ne se bornait pas sa \u201c gaminerir.\u201d Lorsqu'elle sortait ave« son grand-père ou sa gouvernante,\u2014ane Anglaise rébarbative qu'elle faisait damner, \u2014 elle ne manquait jamais d'arrêter les petits musiciens errants qu'elle rencontrait eb de leur adresser ane foule de questions dans an bizarre patois italien qu'elle avait appris Dieu sait où.Une de ses excentricités les plus singulières consistait à se muntrer partout, même en toilette de gala, avec un mourhoir lrodé à la main, mouchoir d'assez mauvais gcût, portant d'autres initiales que les siennes et qui pis «st ma- calé d\u2019une large tache d'encre tournée au jaune.Quelques personnes assez familières avec lle pour se permettre cette liberté lai ayant demandé ce que signifiait cet étrange article de toilette, elle avait répondu sans sourire : \u2014 Chat ' c'est une relique.\u2018Toutes les observations la laissèrent inditèren- tes, y comprises celles de son grand père, qui d'ail leurs la gâtait à plaisir.Jolie et riche comme elle l'était, l'originale petite princesse est tout de mème, comme, bien on pense, tronvé un beau parti dans le meilleur monde, mais elle déclarait qu'elle n'é pouserait jamais qu'an june homme de son choix \u2014que da reste elle avait fort peu de chances de rencontrer, ajoutait-elle.Les choses en étaient là, lorsque je lai présentai Georges Bréval\u2014aveo la permisson du banquier Ghirolandi.Georges était amoureux fou, comme on le ait déjà.Il obtint ane valse et dansa le plus gauche ment du monde, bien qu'il paseÂt justement pour an des meilleurs valsears de Paris.Il avait une peur horrible de dire quelque eottise, awssi sa conversation débuta-t-elle par une niaiserle.\u2014 Mademoiselle, dit-il, lorequ'il eut reconduit O'ga à sa place, et se fat installé auprès d'elle, mademoiselle, plus je vous regarde et plos il me semble que je vous ai déjà vue qualque par!.\u2014Sans doute, monsieur, dit Olga.\u2014Mais où donc ?La jeune fille fixa sur Georges un regard d'une incomparable candeur et dit : \u2014Dans votre chambre.Georges frissonna de la tête aux pieds.:'iga devint ronge comme une cerise et continua au lai tendant le mouchoir qu'elle tenait à la main.\u2014Connaissez vous ceci ! \u2014Celui qui a dispara de chez vous lorsque vous câtes donné l'hospitalité à ane petite mendiante italienne.\u2014Et cette petite mendiante ! \u2014O'était moi ! \u2014Vous vous moquez de moi Ÿ \u2014Pas du tout.Mon histoire n\u2019a rien de bien extraordinaire après tout.Mon père, le prince Micolas Dragomirof, avait dû quitter la Husrie par suite de dissentiments avec le tear, il to réfe- gia & Naples et épousa la fille du banquier \u2018rando Ghirolandi.Je naquis de cette union.ln jour tandis que nous habitions ane villa en Sicile, jo tas volée par des brigands, \u2014il y a quelques années on en voyait encore pas mal en Sicile, \u2014ils me vend rent à an de ces indastriels qui parcourent l'Ée- rope et exploitent de malheureux petits êtres avec une férocité Inouie. ow me LE MONDE ILLUSTRE 177 \u2014_\u2014 (ja à aboli In traite des ngres.maison \u2014Ouil.fo vels mourir ! répéta d' , a de cette traite des pauvres petite voix qui allait s\u2019étei \u2018amollie oe OLD rt Non patron, ri mod, we roma « de coupe Arléetonne, gnant ot samollissant, Ia brane ENGLAND lorsque grace à mon talent sar \u2018accordéon Je na \u2014 Non ! oh ! non, ne dis pas cela.mes soins ., rapporté au moins cinquante sous.Un et mes caresses te d: Grande, raide, sèche, jeane, édent hemi- eo Rot morte de faim, de froid eb de pear je \u20ac isputeront & la morb avec tanb née et coiffée d'an chapess ctreond > l'An.Eis endormie sur le pas de votre porte ; j'allais probablement mourir comme un pauvre petit chat abandonné, lorsque vous m'offrites l'hospite- lité, Jo ne pus dormir de la nait, c'est à vous que je pensait.| avai Pour me distraire, en vraie gamine que j'étais, je farfuuillais dans vos papiers ; il y avait an mouchoir sur votre bureau, il me paraissait très joli, avec ses broderies rouges.En le maniant, je renversai l\u2019encrier dessus ; jugez de mon trouble !.\u2026 Je me rhabillai, cachai dans ma poche le témoin de mon indiscrétion et attendis le joar.Ce- pendaut mon père et ma mère étaient morts, l\u2019ane de \u201chaçrin, l'autre assassiné par des sectaires poli- ques.Mon grand-père me fit rechercher et parvint à retrouver ma trace.Comprenez-vous, maintenant | \u2014Oai, mais.\u2014Mais il me reste quelque chose à vous dire.Sans vous je n'existerais plus.j'ai déjà déviaré à mon grand-père que je n'épouserais que vous.j'ai prie mes informations, vous êtes un galant homme, intelligent et bien apparenté ; demandez ma main à mon grand-père.- \u2014Moi.votre.main 1 \u2014trai.me trouvez-vous laide 1.Non, n'est-ce pas, eb bien ! ma dot est de dix millions et je vous aime de tont mon cœar.* & + Aujourd\u2019hai Georges Bréval n'envoie plas av diable les petites mendiantes italiennes.Et il a cessé d'ètre pessimiste.8.BouLkk.FÊTE NUPTIALE a chambre se rosait des premières lueurs d'une aube d'avril.Dans le geand lit, aux profondeurs immenses, la vierge amincie se mourait.Le fiancé penchait près d'elle son front labouré des griffes du désespoir.Da la fenêtre, largement ouverte, les harmonies de la nature\u2014encore à demi ensomumeillée \u2014montaient ineffables et sereines.Les tons rosés de l'aurore colorant la longue pièce de teintes nuancées, et les clartés blanches et roses ruisselant sur les murailles se foncai- no ensemble si exquisement, que la chambre resplendissait au milieu d'an décor superbe.La lumière et les fraîches odeurs venant du jardin s'anissaient et chantaient les mélodies de la terre féconde.Et la vierge malade, couchée sous les draps dentelés de fines gaipures, souffrait \u2014dans ce cadre poétique\u2014aveo un charme attendrissant de grâce.Nes mains flueètes dans les mains de son fiancé qui I'étreignait comme dans un adieu supréme, Ia Provençale parlait Kb ea voix si suave résonnait indolemment, traînant sur les dernières syllabes, et la bouche mignonue faisait chanter les mote.Le fiancé pAli par les nuits dla veilles prolongées se taisait eb écomtait en un silence recueilli les bruits légers dont tressaillait la chambre : les mé lodies de la terre féconde et le poème d'amour exaltant sor les lèvres violacées de 1a bien-aimée._J e vais mourir, murmurait l\u2019enfant, en une plainte si héroiquement résignée que des phalanges d'anges, par l'au-delà devaient précieusement l'inscrire sur le livre aux lettres d\u2019or, où sont ra contées les vios des martyrs et des héros.Plus fort, lo fiancé pressait les doigts diaphanes, et les yeux rayonnant d\u2019ane pitié ardente, verssient des torrents de tendresse qui voulaient infuser des années de bonheur et d'indicibles transporte.de force que je vaincrai : je te rai une jeunesse flouria de beauté et de fon \u2014Vainement, tu eassies de dorer d'ane illusion charmeresse le drame qui se prépare.Je sens trop bien, Hélas ! que je m'en vais.Je ne vois plus déjà le soleil levant ; mon regard s'obecarcit et le crépascale m'environne de ges ombres blômes.N J m'interromps pas ; j'ai si peu d'instants à moi.Puisque le délire n'a point encore martelé ma tête ; puisque je ne suis point fiévreuse, laisse- moi près de toi te causer de mes sensatior s.La fleurette qui s\u2019est ensoleillée de rayons et d'amour veut s'évanouir nimbée de clartés et de baisers.\u2014O mon ami, puisque nous n'irons plus courir les plaines blondes comme en nos jeunes ans ; Ô mon poète, pui:que noas ne réverons plus, en notre adolescence, bercés par la musique de tes vers, veax-tu illaminer ma mort d\u2019ane joie divine ?\u2014Oh ! me Mienne, quel désir est le tien 1 L'enfant qui n'avait point encore va poindre à l'horizon de l'avenir le matin de ea seizième année, cacha\u2014telle ane biche apeurée\u2014ss tête endolorie sur l'épaule de son fiancé, et tout bas, bien bas, elle confessa : \u2014Avant de partir pour toujours, je voudrais é:re.ta femme.\u2014Uh ! sois bénie, ma Marguerite, pour l'ivresse dont tu m'inondes.Je n'osais, par crainte de t'effaroucher, t'exprimer mon vœu le plus cher ; mais ta l'as deviné, laiese moi vite, vite, courir chercher un prêtre qui unira nos destinées.\u2014 Va, mon aimé, et reviens tôt.Leate, le jeane homme s'élança vers ls porte.lteatée seule, Marguerite joignit ses mains où la transparence des veines bleues disait la pauvreté du sang ; puis ses paupières s\u2019abaissèrent lentement, et une prière de fervear vols vers la voûte azurée.Quelques minutes après, le curé du village, vétu de son surplis blanc, pénétra dans la chambre précédé per le fiancé.\u2014 Vous m'avez appelé, ma fille, me voici, dit le vieillard avec une onction pleine de mansuétede.\u2014 Merci, mon père.Hier, voas m'avez nourrie du saint viatique ; j'ai commanié avec Jésus, l'amant idéal de mon âme.Voulez vous, asjour- d'hai, m'anir à Paul, mon fiancé ?La demande de la jeune mourante était faite avec une ingénuité ei adorable que le prêtre se sentit ému jusqu'aux larme.\u2014(Jai, certes, mon enfant, je puis vous unir à Paul.Je vous aime tous deux d'une affection unique, et, si le sacrement que je vais vous conférer peut vous donner un peu de bonheur, 6 mes chers orphelins, le vieux pasteur qui a pris soin de votre enfance et qui a sauvegardé votre isolement sera heureux aussi.On eût dit Marguerite plongée en extase.Paul, agenouillé, presssit contre son cœur la main de son amie.En la chambre, chantaient toujours dies de la terre féconde.Et, dane te décor merveilleax de cette aabe de mai, le vieillard redress sa longue taille voûtée par lige eb les dures austérités ; sa noble tête limbée de cheveux blancs se détacha grave et sublime ; alors, d\u2019an accent lent ou tremblaient l\u2019attendrissement et la foi, il prononça les paroles sacramentelles qui unissent & jamais les cours.Tandis que le prètre otfi sinit, dans la chambre roisselante de clartés roses et blanches, les mélodies de la terre chantaient, chantaient toujours, comme pour célébrer, elles aussi, Ia fête naptiale des amoureux.; ; En la main de Paul, la petite main de Margue- ite eut soudain une crispation.\" La chambre nuptiale ruisselante de clartéa blanches et roses se transformait en chambre mor- taaire.La vierge provençale s\u2019en étai azurs jouir des volaptés mystiquer, éternelles.les mélo- t allée vers les des amours Aimée FABRÈGUE.glaise entre dans un burean de poste les pieds en avant.Elle tourne à demi la tête et dit avec une voix de brouette mal graissée :\u2014 Come on, Clara ! Clara est petite, mince, plate, rousse ; elle a des dents trés longnes et suit sa maîtresse les pieds en avant ! L'Anglaise demande soixante timbres-poste pour affranchir soixante lettres adressées à soïzante personnes différentes.Elle allonge cinq doigts osseux, saisit les timbres eb répète : \u2014Come on, Clara ! Clara fait an demi-tour avec la grâce d'une locomotive : Droite, les talons jointe et les bras pendants, elle lève les yeux au ciel, entr'ouve Ia bouche et tire la langue ! Alore l'Anglaise, grande, raide, sèche et jaune, passe successivement les soixante timbres-postes sur la langue de Clare, petite, mince, plate et rousse, et les applique un par un d'an coup sec sur les soixante lettres adressées à soixante personnes différentes.Pu.s elle se dirige vers la porte en disant encore une fois :\u2014Come on, Clara ! Toutes deax disparaissent comme des ombres, les pieds en avant.Dernièrement, j'ai rencontré la pauvre Clara toujours petite, mince, plate eb rousse, mais elle avait les lèvres collées et ne pouvait plas où: rir la bouche !.CARNET DE LA CUISINIÈRE Pte pour toute sorte de friture \u2014 Après avoir délayé la farine avec an demi verre de vinaigre, lait et sel, on ajoute vne cuillerée d'eau-de-vie et en œuf On bat le toat en travers comme Bne omelette ; on laisse reposer pendant vne demi-heure, puis, au moment de s'en servir, on ajoute la moitié d'an blanc d'œuf battu en neige.Cette pâte s'emploie pour toutes les fritures telles que celles de pieds de veau,
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