Le Monde illustré, 22 juillet 1893, samedi 22 juillet 1893
[" | LE MONDE ILLUSTRE ABONNEMENTS : 10mx ANNÉE, No 41.\u2014SAMEDI, 22 JUILLET 1893 ANNONCES : On an, $3.00 - - .Six mois.$1.50 La ligne, par insertion - .- - - ]0 cents Quatre mois, §1.00, payable d'avance BERTHIAUME & SABOURIN, PROPRIETAIRES.Insertions subséquentes - - - - cents Vrndu dans les depôts - - 5 eents la copie BurkAUX, 40, PLACE JACQUES-CARTIER, MONTRÉAL.Tarif spécial pour annonces à long terme \u2014 = 2 ats 8 mgd o a - Lo ToT Ges Ce Ad MONTREAL.\u2014 LA GARE WINDSOR, DU C.P.R.ET WES TT TRE LE STEAMER FALCON PORTANT LE LIEOT.PEARY DANS SON VOYAGE AU POLE NORD 134 LE MONDE ILLUSTRE MONTREAL, 22 JUILLET 1843 SOMMAIRE T'axTx.\u2014Entre-Noue, par Léon Ledieu.\u2014Lettre de l'Amérique du Sud, par Antonio Chord.- Le bon vieux temps, par EF K \u2014La \u2018 Christian Fudeavor,\u201d par J.St-E.\u2014Pentées sur les 1emmee.\u2014l'ocsie : nuit de mai, par Joscphus.\u2014 Chronique srtistique, par Du- fresne.\u2014 En appel, par Denis Ruthban.-\u2014 La carte à yer, par Charles Leroy re expédition Peary.- étymologie par P.-ti, R.\u2014Prime du mois de juin.En faction, par Abel Mercklein.\u2014 L'annonce du débitant.\u2014Pvésie : La gloire des nez, par Maurice Bou- chor.\u2014 Notes et faits : Histoire de la tlatterie ; Histoire de l'instruction publique, etc \u2014Nouvelles à la main.\u2014Choses et autres.\u2014 Feuilletons : Les deux mariages de Cécile, par V.Vattier d'Ambroyse ; Les mangeurs de feu, par Louis Jacolliot.\u2014Jeux d\u2019es- rit : Enigme ; Charade ; Problèmes d'échecs et de ames.Gravures.\u2014Montréal : La gare Windsor, du C.P.R.\u2014 Le steamer Falcon portant le lieutenant Peary dans sou voyage au pôle Nord \u2014L\u2019Exposition de Chicago: La grande cour le soir.Illumination 4 'électricité de la fontaine Macmonnie.\u2014 Montréal : L'intérieur de la Salle d'Exer -ices pendant la convention de la C.K.S.\u2014 Montréal : Vue du Champ-de Mars.La grande tente de la C.E,S.\u2014 (Gravure du feuilleton.PRIMES A TOUS NOS LECTEURS LE MONDE ILLUSTRE réserve à ses lecteurs mêmes l'escompte ou la commission que d\u2019autres journaux paient à des agents de circulation.Tous les mois, il fait la distribution gratuite, parmi ses clients, du montant ainsi économisé.Les primes mensuelles que notre journal peut, de cette sorte, répartir parmi ses lecteurs sont au nombre de 94 ; soit, 86 de une piastre chacune, et puis un des divers prix suivants : $2, $3, 34, 85, 810, 815, 825 et $50.Nous constituous par là, comme les zélateurs du Monpe ILLUSTRÉ, tous nos lecteurs, et pour égaliser les chances tous sunt mis sur le méme pied de rivalité ; c\u2019est le sort qui décide entr'eux.Le tirage se fait le ler samedi de chaque mois, par trois personnes choisies par l'as«emblée.Aucune prime ne sera payée après les 30 jours qui suivront chaque tirage.AUX PHOTOGRAPHES ET AMATEURS PHOTOGRAPHE» Nous invitons cordialement messieurs les phu- tographes praticants et les amateurs-photographes, désireux de faire connaître notre pays, à nous expédier des photographies des lieux où ils résident ainsi que des endroits pittoresques de notre magnifique province.Nous rembourserons le port des photographies et nous les retournerons à l'auteur aussitôt photogravées, si on le désire.De cette manière, chacun pourra contribuer à faire connaitre les beautés de notre chère province, et ainsi faire œuvre patriotique.ENTREANOUS.ous changeons de gouverneur- général ; lord Derby est en mer, & destination d\u2019Angleterre, ou il va recueillir l\u2019héritage de son frère, un héritage comme on n\u2019en voit guère que dans les contes de fées, et lord Aberdeen, son successeur, arrivera en septembre.Quand je dis que nous changeons de gouverneur, je me trompe beaucoup, car ce n\u2019est pas nous que ce changement regarde, mais bien le gouverne ment anglais.Notre rôle se borne à payer le LE MONDE ILLUSTRE rand seigneur que l'on nous envoie, ce qui est un grand honneur.Pourquoi changer tous les cinq ans ?C'est ce que je ne m'explique pas très bien.Les gouverneurs généraux que l'Angleterre nous donne ne peuvent-ils vraiment pas durer plus longtemps 1 Le climat est-il trop dur ou les cinquante mille dollars que nous leur donnons chaque aunée ue leur suffisent ila pas?Je l'iguore, mais ce que je sais parfaitement, c\u2019est que l'on pourrait trouver facilement un Canu- dien acclimaté, dur au froid, et qui se coutente- ruit de beaucoup moins de dix mille louis.Les gouverneurs sont un peu dans le mème cns que nos miliciens que l'on fait camper pendant douze jours, tous les deux ans ; ils s'en vont au moment où ils commencent à comprendre leur besogne et à connaître le pays.J'ai déjà dit quelque chose du même genre, il y a cing ans, mais je n'ai pas la prétention de croire que les ministres anglais en feront le moindre cas.*,* Ceux des lecteurs du MuosbE ILLustrÉ qui ont assisté aux fêtes nationales du 24 juin, ont gardé le meilleur souvenir du discours d'un Français de grand talent, M.Jules Steeg, inspecteur général de l'instruction publique, délégué du gouvernement français à l'exposition de Chicago ; le succès de cet orateur distingué fut même tel que nombre de ses auditeurs regrettaient que l'on n'en eut pas conservé le texte.M.Steeg, à la demande spéciale de M.le comte de Turenne, consul général de France, a refait de mémoire ce discours, qui vient d\u2019ètre publié.Je viens de le lire, mais combien plus je l'aurais goûté s'il m'avait été permis de l'entendre, car me trouvant plus tard avec cet homme distingué j'ai pu apprécier sa valeur.J\u2019eu détache quelques passages : \u201c Nous avons tant de raisons de l'aimer, dit il, notre douce France.Son sol fertile, son aimable climat n'ont que des caresses pour ses habitants : son Nord a des tiédeurs, son Midi a des brises qui corrigent ou défient tous les excès.Elle reproduit à sa façon l'image des autres pays : elle a les vastes plaines où les moissons ondulent à perte de vue, les riants coteaux où croissent ses vins généreux, des forêts profondes, les rives de la mer, la Provence embaumée, et des montaxnes d'uù descendent ses fleuves et ses travailleurs.Sans doute, nous n\u2019avons pas l'Himalaya, mais nous nous glorifions des fiers sommets du Mont Blanc ! Il nous semble qu'on peut trouver dans notre France tous les charmes de ls nature et qu'elle est le monde en raccoursi.\u201d Et plus loin, il ajoute, sur le même sujet : \u2018* Ce n\u2019est pas une nation légère que celle qui se consacre avec tant de tenacité au travail de l'esprit, au travail de l\u2019industrie, au travail de la terre.Notre peuple, il faut le dire pour ceux qui l\u2019ignorent, est un peuple de travailleurs.Ce dont nous sommes le plus fiers, ce qu'on peut admirer chaque jour dans nos villes et dans nos campagnes, ce sont les saines vertus du travail, de l\u2019économie, de l'épargne, de la prévoyance, de la vie de famille.Rien n'est simple, modeste, uni comme la famille française.Elle est un sanctuaire où la probité, l'honnêteté des mœurs, l'honneur du nom sont l\u2019objet d\u2019un véritable culte.\u201c En dépit des sottes légendes, nos femmes sont des filles respectueuses, des épouses dévouées, des mères tout entières consacrées à leurs enfants.Nous voulons bien que, cédant à l'évidence, on vante lour grice, mais nous demandons, au nom de la vérité, qu'on reconnaisse et qu\u2019on honore leurs vertus.C'est là notre trésor, et pour lequel nous sommes prêts à sacrifier tout le reste ! \u201c Merci à vous, Canadiens-français, de l\u2019hommage si cordial, du souvenir si affectueux dont vous favorisez notre chère patrie.Vous pouvez vous livrer sans crainte à ces touchantes manifestations.Suivons chacun les destinées que la Providence nous prépare : allez où vous portent vos sympathies, vos intérêts, vos devoirs.La République française se trouve assez grande, assez forte pour ne porter ombrage à aucune susceptibilité légitime.** Nous sommes contents de notre lot, contents de notre empire africain, de notre Algérie, de notre Bénégal, de notre Congo, contents de notre empiro d'Asie, contents de la place watérielle et morale que nous occupons duns le monde, contents de l'œuvre imw2nse qui nous est assignée, sans rien oublier des devoirs qui s'imposent & notre patriotisme.\u201d Ces paroles viennent-elles calmer les trembleurs et les fanatiques qui ne cessent de hurler leur cri de French domination ?*,* M eircule toujours des bruits de réformes qui seraient faites prochainement dans l\u2019enseignement, ou plutôt dans le programme des études.Avront-elles lieu ?.Quelqu'un demandait, l'autre jour, à M.Stees, duut je vous parlais tout à l'heure, s\u2019il croyait que nous étions en retard sous ce rappurt, et voici ea réponse textuelle : \u2014 Non, vous n'êtes pas en retard, car le mot retard comporte une idée de lucomotion : non, vous ne pouvez être en retard, vous êtes arritéy, La sentence est sévère, et je la laisse à discuter à ceux qui s'intéressent à cette question si zravo.*.* En feuilletant un vieil ouvrage, j'ai trouvé, dernièrement, un aperçu du régime d'un collège du moyen âge ; il était un peu dur, comme vous allez pouvoir en juger.Porter froc et robe grise du drap le plus grossier, avoir la tête rase, faire à tour de rôle la cuisine, laver la vaisselle, couler la lessive et balayer la maison, étaient les articles les plos doux du code du collège de Montaizu.\u201c T1 fallait, par toutes les saisons, se relever de nuit pour assister à un office d\u2019une leure et demie de durée.les muindres fautes, épiées et dénon cées par une surveillance mutuelle, étaient suivies de corrections jusqu'au sans, car nulle part le martinet ne fut yarni de plus de nuuds ni appliqué d'une main plus impitoyable.\u201c La nourriture était à l'avenant.Chacun recevait, en entrant au réfectoire, une demi-once de beurre pour accomuder le diner, qui était servi sans assaisonnement : un plat de légumes les plus vils, cuits à l'eau, et un demi-hareny ou deux œufs durs.Jamais de viande, toujours du pain bis, et, pour unique boisson, l\u2019eau tirée au puits de la cour.\u201d Voici maintenant l'emploi de la journée : \u2018\u201c De quatre heures du matin à six heures, leçon ; à six heures, messe : de huit haures à dix heures, leçon : de dix heures à onze heures, discussion et argumentation ; à onze heures, diner ; après le dîner, examen sur les questions discutées et les leçons entendues, ou, le samedi, dispute ; de trois à cinq heures, leçon ; à cinq heures vêpres : de cing à six heures, dispute ; à six heures, souper : après le souper jusqu'à sept heures et demie, examen sur les questions discutées et les lecons entendues pendant la journée ; à sept heures et demie complies : à huit heures, en hiver, coucher, et à neuf heures en été.\u201d 1! faut avouer que des gens qui se soumettaient volontairement, pendant plusieurs années, à une pareille discipline de misères et de labeur, devaient être doués d'une forte somme de courage et de volonté.Ft en ce temps-là, on trouvait que ce système était parfait et que lon n'avait pas besoin de réforme.*,* Parleraije du scandale nouveau qu\u2019un journal anglais prétend avoir découvert 1 On dit, mais je n\u2019en crois rien, que le tils du prince de Galle,s le duc d'York, qui vient de se marier avec la princesse May, était déjà marié avec une fille d\u2019un officier de la marine anglaise, que deux enfants seraient nés de cette union, et, de plus, que le mariaye aurait été célébré par un prêtre catholique.On dit bien d\u2019autres choses encor >.ze LE MONDE ILLUSTRE 186 LETTRE DE L'AMÉRIQUE bU SUD L'ÉMIGRATION DANS L'ARGENTINK A grande misère qui, en ces dernières années, à ravagé notre Europe, a été la cause d'une forte augmentation des contingents d'émiyra- tion.Manquant de tout, le pauvre a dû tourner les yeux vers des continents où la vie était, disait-on, plus facile.De tous les pays qui se sont offerts à l'émixration européenne, bien peu se recommandent avec autant d\u2019avantaxes que la Îté- publique Argentine.La douceur de son climat, la fertilité de son sol oncure vierge, la facilité avec laquelle on peut le travailler, la diversité da ses produits, sont des élé ments puissants que l\u2019émigration saura faire fructifier.Ce courant qui, en quelques années, à versé sur la République Argentine plus de 300,000 étran- vers est d'une toute autre nature que celui qui a dunné naissance a 'émigeation mexicaine et australienne.Le caractère qui prédomine dans ces deux émigrations, est le peu d'importance de la classe émigrante : ce ne sont en effet que des aventuriers, la plupart sans feu ni lieu, qui courent à la recherche des placers aurifères.Une fois sur la terre étrangère, quand se sont envolées les séduisantes illusions, la nécessité a fait d'eux des colonisateurs, et ils ont prospéré, grâce à la fertilité du sol qui les à reçus.L'émigrant de l'Argentine vient poussé par des besoins, par la dure nécessité.Il vient fur ce sol lutter pour sa subsistance et celle de sa famille.C'est un vuvrier qu\u2019un manque subit de travail plonge daus la misire.C'est une famille qu\u2019un événement prive de pain et qui court vers d'autres terres a la recherche du pain.Beaucoup viennent ici pour un séjour de quel ques années seulement, ils pensent travailler, économiser et venir revivre sur la terre natale.l'autres, heureusement bien plus rares, accourent ici pour se livrer à toutes les fureurs de l'agiotage.Quelques-uns sont venus exploiter la misère et vivre de l'ignorance des classes pauvres qui émigraient en groupes.Ils servaient d\u2019inter- prêtes à leurs compatriotes pour les tromper, soudoyés qu'ils étaient par quelque riche particulier.Maudite suit cette classe d'émigrants qui est venue importer sur cette terre, l'exploitation et le discrédit.Dans les beaux temps de la République, une grande confiance régnait entre les commerçants et on ignorait aiors ce qu'étaient les effets et les valeurs.Un homme voulait-il monter un établissement dans la campagne, il venait à Buenos-Aires, et dans n'importe quelle maison de commerce, il trouvait un crédit illimité.Des chevaliers d'industrie sunt venus, qui ont exploité cette branche et qui, riches en quelques années, sont allés en Europe vanter la facilité de la vie sur le territoire argentin.Lassé d'être trompé, le commerçant a restreint son crédit, et l\u2019Argentine est devenue aussi, sinon plus, paperassière que l\u2019Furope.L'émigration, dans la République Argentine, par les classes laborieuses qu'elle à transplantées d'un continent à l'autre, par le nombre des émigrants qu\u2019elle & dispersés sur son immense terri- tuire, mérite une importante place dans les grands événements économiques de ln fin du dix-neuvième siècle.Ce mouvement colonisateur est, de notre temps peut être, un peu trop néslixré par les économistes, et il me semble que cette émixration sur les terres encore vierges est l\u2019unique moyen d'éviter la conflagration imminente qui va éclater entre l\u2019ouvrier qui meurt de faim et les grands capitalistes.C'est l\u2019unique moyen de faire produire à notre planète la plus grande somme de productions utiles, par une équitable répartition des travailleurs sur tous les continents.Que de fois, à la vue des flots d\u2019émigrants que les navires européens versent, chaque année, sur cette terre, que de fuis n'ai-je pas fait une comparaison entre ces émigrations et celles qui ont tant agité les premières années de notre Europe.Je pensais à tous ces peuples qui, fuyant la misère, se réuniasaient en grand nombre sous le commandement d'un chef.et les armes à la main, al- lnient s'installer sur des terres plus productives.Je pensais aux émigrations terribles des Huns et des Normands.Que de changements depuis cette époque reculée ! Ce qui causait des guerres, des dévastations, la soumission par la force du peuple envahi, se fait simplement aujourd\u2019hui.Les grandes inventions des derniers siècles ont appris aux nations à se connaître et à s'entr'aider.La navigation à vapeur a rapproché les grands peuples.Une nation manque-t-elle de bras, elle en demande aussitôt à celle où la surabondance de main d'œuvre rend la vie difficile au travailleur.Ainsi s'établit une équitable répartion du travail et des productions, remplaçant la lutte pour l'existence par la solidarité humaine, «jui nous fait tous égaux et tous également possesseurs de n\u2019importe quelle région de notre planète.Mito Hoi?LE BON VIEUX TEMPS LES DAMES DE QUEBEC ET DE MONTREAL EN 1747 \u2018a1 longtemps cru \u2014et peut- être n'ai-je pas été le seul à partager cette croyance\u2014 que cette prétendue rivalité que l\u2019on dit exister entre les villes de Québec et de Montréal, non pas au point de vue de leurs rapports d'affaires, mais au sujet des mérites ou plutôt des avantages personnels aux habitants de l'une et de l'autre cité, était d'origine assez récente.Ainsi, j'ai bonne souvenance d'avoir entendu répéter fréquemment que Montréal s\u2019enorgueillissait de possé der dans ses limites la fine fleur du sexe fort, et que, par contre, Québec avait le monopole des frais 1uinois, de tout ce que la beauté féminine offre de plus gracieux et de plus séduisant ! Or, il appert maintenant qu'il n\u2019en a pas toujours été ainsi.Montréal a joui, un jour, de ce glorieux privilège dont nous nous prévalons aujour- d'hui\u2014muodestement il est vrai '\u2014celui de posséder le plus brillant essaim de jolies femmes et de jolies tilles.Mais, pour retrouver les traces de cette suprématie montréalaise, il faut remonter bien haut, il faut se transporter par la pensée jusqu'à l'année 1747- plus de 1 #0 ans !\u2014et encore n\u2019a-t-il point fallu tout ce temps à Québec pour enlever à son heureuse voisine le plus riche joyau de sa couronne.En 1747 donc, Montréal qui devait nous devan- ver plus tard dans le commerce et l'industrie, dirposait du sceptre de la beauté.C'est le profes seur Kalin qui s'est chargé de transmettre à la génération actuelle la connaissance de ce fait important, dans une chronique qui fut reproduite, en 1826, dans la Bibliothéque canadienne de M.Bibaud et dont voici les parties les plus saillantes : \u201c Jl faut distinguer, disait M.Kalm, parmi les dames du Canada, et celles qui viennent de France, et celles qui sont nées «lans le pays : les premières ont toute la politesse qui est particulière à la nation française ; les dernières se distinguent encore en dames de Québec et dames de Montréal ; les premières n\u2019en cèdent point aux Françaises en politesse, eu belles manières et en bonnes grâces et cela parce qu\u2019elles ont l'avantage de converser fréquemment avec les messieurs et les dames qui viennent tous les étés sur les vaisseaux du roi, et qui passent plusieurs semaines À Québec, mais vont rarement à Montréal.Elles (les dames du Canada) s\u2019habillent superbement, le dimanche, et bien que les autres jours elles ne paraissent pas s'occuper beaucoup du reste de leur toilette, elles aiment à être en tout temps bien coilfées ; aussi ont-elles toujours les cheveux frisés et poudrés, et ornés d\u2019aigrettes et d\u2019aiguilles de tête.\u201d L'on voit que, sauf la tournure ou le vertu-gadin qui sont d'invention moderne, la mode n\u2019a guère changé.\u201cIl y a quelque différence, ajoute M.Kalm, entre les demoiselles de Québec et de Montréal ; celles de la dernière de ces deux villes me paraissent plus jolies que celles de la première : les ma- bières m'ont aussi semblé plus libres à Québec et plus modestes à Montréal.\u201c Les demoiselles de Montréal ne voient pas sans déplaisir que celles de Québec trouvent à se marier plus tôt qu\u2019elles.La raison en est que plusieurs jeunes messieurs, qui viennent de France avec les vaisseaux, se prennent d'amour pour les demoiselles de Québec et les épousent ; mais comme ces messieurs montent rarement à Montréal, les demoiselles de cette dernière ville ont moins de chance de se marier jeunes que celles de Québec.\u201d L'on ne pourrait certes pas, de nos jours, prétexter les mêmes raisons.Les facilités qu\u2019offrent nos voies de communication\u2014sans excepter le creusement du lac Saint-Pierre \u2014 ont placé les Montréalaises sur le même pied que les Québec- quoises.Neulement, il n'y a plus ou fort peu de Français, mais en revenche de bons et solides gaillards canadiens qui portent aussi haut dans leur estime les dames de la métropole commerciale que velles de la vieille cité de Champlain.E.R.LA \u201c CHRISTIAN ENDEAVOR \u201d (Voir gravures) Cette vaste association soi-disant christianisante a visité notre ville, comme chacun le sait, dans les premiers jours de juillet courant.Se transportant, chaque année, de ville en ville, pour y tenir ses grandes assises générales, elle en était arrivée à choisir Montréal pour son rendez-vous.Cette convention, qui a réuni au milieu de nous plus de seize mille étrangers, avec les quelques incidents qu\u2019elle a provoqués, fera épooue dans nos annales.Pour eu conserver le souvenir, LE MoNpE ILLUSTRÉ a fait photographier les deux immenses abris, salles de convention improvisées, où la \u201c* C.E.5.\u201d a tenu ses séances.La grande tente, dressée sur le Champ-de-Mars, a été photographiée par le populaire artiste, M.J.- N.Laprés, et nous devons, à l'obligeance de M.Arless, un des plus habiles photographes anglais de Montréal, la vue de la Naile d\u2019Exercices, avec ses splendides décorations.\u2014J.Sr -E.PENSÉES SUR LES FEMMEs La femme est la plus grande institutrice du genre humain, puisque l'homme enfant reçoit sur ses genoux les premières impressions qui frappent son intelligence, les principes qui régleront plus tard chacun des actes de sa vie \u2014 Mme DRoto- JOWSKA, La femme duit se renfermer dans son ménage, doit plaire à son mari, gagner sa confiance, et le charmer moins par sa beauté que par sa vertu.\u2014 FÉNÉLON.Peu de femmes ont assez de raison pour sentir qu\u2019elles ont besoin d'être gouvernées : et ce qu'il y a de plus fâcheux, c\u2019est que ce sont celles qui le sentent qui pourraient le plus s\u2019en passer.\u2014DE EVIS, _\u2014 rome se 136 NUIT DE MAI A MON AMI LR UK JC, Mouse Aux mourantes lueurs du jour l'étang ecintille.Un long frisson ébranle à peine les roseaux.La lune recourbée ainsi qu'une faucille, En se berçant se mire au sein profond des caux.Les arbres noirs du berd au vent crépusculaire Frémissent, inclinés entre deux firmements.Ve lointains angelus montent du sanctuaire.Voici venir le mois des fleurs et des amants.Le laboureur au front pensif at qui ruisselle, Avec ses lourds chevaux s'en revient de son champ.Le ciel se teint de pourpre, et comme une étincelle Une étoile jaillit du brasier du couchant.En filets de cristal la fontaine soupire, Les nuages en lourds flocons dorment là-bas.Je me sens l\u2019âme triste et tout semble sourire ! Car je songe à tous ceux qui pleurent ici-bua.Un jeune ange, là-bas, referme sa fenétre.Le vent sillonne l'herbe au penchant des talus.Au sein des fleurs tandis que tout semble renaitre, Moi je songe à tous ceux qui ne renaitront plus.Que j'en ai vu, hélas ! et qui faisaient envie, Tomber comme les fleurs eu tranchant de la faux \u2018 Que j'en ai vu partir au matin de ls vie Four s'en aller dormir sous l'herbe des tombeaux \u2018 Oh ! les belles d'antan, qu'êtes-vous devenues * Blanches de mousseline et dans ces vieux détours, Que de fois, l\u2019œil d'azur et les épaules nues Vous vintes, en révant, confier vos amours ! Les pruniers sont fleuris et semblent blancs de givre.On entend la musique, et la danse et le chant.Sur le bord crénelé d\u2019un nuage de cuivre Se montre, par moments, la lune au front d'argent.On vous oublie, à morts ! On à clos vos paupières ! Et des couples joyeux traversent le verger.Quittant l'affreux sépulcre aussi froid que les pierres, Eat-ce vous que l'on voit dans la nuit voltiger ?Blancs fantomes ! errant au fond des solitudes, Dans vos voiles d'azur et les bras enlacés.Sans vous inquiéter de nos ingratitudes, Vous dites aux vivants : Aimez vous ! jouissez ! Aimez ! et soyez purs en vos nids de verdure ; L'ange des voluptés n parfois ses sanglots ! Aimez-vous ! c'est le chant de la fraiche nature, Le murmure lointain et des vents et des flots.JOREPHUS, CHRONIQUE ARTISTIQUE Mme Albani, notre célébre compatriote, vient de remporter un grand succés 4 Convent Garden, à Londres, dans 7unhauser.On lui a fait une véritable ovation.* » + Une jolie anecdote sur Roybet, le inaitre artiste, qui a obtenu la médaille d'honneur au salon parisien.Un jour se présente chez le peintre un pauvre diable portant sous son bras un vieux cadre.Roybet, qui venait de payer dix mille francs une paire de chenets anciens, n\u2019avait plus un rouge liard.\u2014Revenez demain, dit-il au pauvre hère.Le lendemnain, l'homme était au rendez-vous.\u2014Tenez, dit Roybet, je ne puis rien faire de votre cadre, mais j'y ai mis quelque chose dedans.\u2014Vous vous moquez de moi, dit le malheureux, qui faisait une moue dédaigneuse devant la magnifique page, peinte à larges traits, mais d'un coloris rutilant, que lui présentait Royl»et.\u2014 Allez, maintenant, dit l'artiste, chez le premier marchand que vous trouverez sur votre chemin, vous êtes sûr qu'il vous achètera votre cadre.Et surtout, ne le vendez pas moins de cinq mille francs.Le plus piquant de l\u2019histoire, c\u2019est que tout se passa au gré de l'artiste et du pauvre diable.+.+ Beugniet, le célèbre marchand de tableaux de la LE MONDE ILLUSTRE rue Latlite, & Paris, pussdde sur les murs de son antichambre une précieuse ot unique collection, dans ce Paris blasé où l\u2019épithète \u2018 unique\u201d a été depuis longtemps mise en disponibilité pour retrait d'emploi.Cette collection se compuse d'auto graphes spéciaux : les palettes cle presque tous les peintres connus de la fin du siècle.On pourrait faire un cours d\u2019esthétique devant cette collection typique que M.Beugniet doit léguer à l'Etat.Les diverres écoles moderues sont représentées là, avec leurs vencances nettement nccusées, leurs programmes, leurs manifo-tes, et leurs moindres nuances Et Corut ! mort cependant en pleine apothéo:e apris lew longs ot cruels débats que l\u2019on sait, il n\u2019a jamai« obtenu du jury la grande médaille d'honneur, mais ce succès lui importait peu.|! était à la fin de sa vie, accablé de commandes qui faisaient compensation avec les teups où il disait, railleur et convaincu : \u2014dJ'\u2019ai enfin vendu un tableau et je le regrette, car sans cela j'avais la collection complète.la palette de ce peintre exquis est carrée comme celles d'ailleurs de la plupart des paysagistes.lls choisissent cette forme parce qu'elle s'adapte mieux à la boîte à couleurs et laisse les silhouettes contournées aux peintres de genre ou d'histoire qui, travaillant à l'atelier, n\u2019ont pas besoin de courir la campagne, sac au dos.L'aspect des tons fraternisant entre eux dans une promiscuité incohiérente rappelle, d\u2019une façon frappante, les couleurs un peu grises, brouillas- seuses, humides, harmonieuses qui sont l'essence même de la facture de C\u2018orot.Aucun rouge, tres peu de verts, du chrome et surtout du blanc d'argent.Lien différente la palette d'Isabry, qui a été la première de la collection et autour de laquelle sont venues se grouper les autres sur le panneau vù elles sont toutes arrangées en panoplie.Les rouges et les bleus dominent.C'est un désordre curieux, des cuuleurs raclées au couteau s'amoncellent en collure près du pouce.Fébrilement.la brosse a été chercher les moindres places nettes pour essayer les tons, à droite et à gauche, en bas et en haut, partout ; on dirait une plaque de marbre aux veines longuement accentuées.Au centre, l'artiste a bouché une place vide avec une pochade nerveuse représentant une dame de la cour de Henri II.Edouard Detaille a donné à M.Beugniet l\u2019idée de faire illustrer les palettes qu\u2019il voulait collectionner.Aussi, comme Îsabey, il n peint sur la sienne un cuirassier, enlevé de quelques coups de pinceau.C'est l'unique puint de comparaison, par exemple.La modeste planchette, qui a servi à l\u2019exécution de tant d\u2019œux res remarquables, est nette, propre, polie, astiquée, comme un garde municipal en faction.Les couleurs, posées méthodiquement par petites touches, ressemblent à des pains à cacheter.En commençant par la gauche, je note : le bitume, la terre de Sienne brélée, la terre de Sienne naturelle, l'ocre jaune, la laque jaune, le vert anglais.Au centre, le bleu.('a et la, quelques essais délicats, pondérés, posés proprement.Moins accentuée, chez de Neuville, cette correcte tenue du ménage, mais préoccupation analogue pour le placement naturel des couleurs, qui sont alignées comme un peloton de fantassins à la manœuvre.Eugène Lambert couvre sa palette de larges essais, au milieu desquels saute un chat au minois éveillé, et Bonvin n'utilise que les bords de sa pa lette, ce qui lui à permis de peindre sur le reste une carmélite assise, un chapelet à la main.Berne- Bellecour doit tenir sa palette perpendiculaire, car ses essais, semblables à des larmes, ont coulé verticalement.Un ton vert bleuâtre domine.Ie peintre militaire à posé au centre un petit chas- cheur à pied, crâne, résolu, le genou en terre, et le fusil à l'épaule.Pour Protais, beaucoup de vert, de gris et de grandes balafres commes essais.Quant à Vibert, il rompt avec la règle académique qui veut que l'on dispose les couleurs en gamme chromatique allant du blanc au noir.lui ne tient aucun compte des gradations d'usage et et met le blanc au centre, du vert émeraude à l\u2019une des extrémités et à l'autre de la terre de Sienne brûlée.Gustave Doré a signé d\u2019un souvenir et d\u2019un regret à la patrie exilée son immense palette : une cigogne au long cou, perchée sur une cheminée d'Alsace.À côté, la toute petite palette de Ricard, à peine recouverte de couleurs, forme un frappent et curieux contraste.Il existe autant de diffé rence entre elle et celle de Bonnat qu\u2019entre les portraits exécutés par les deux peintres.L'auteur du Christ en Croir fait de larges essais, frottant xes brosses avec une fièvre ragouse.Un peu partout, à la diable, de vigoureux tons «le chair, d'épaisses léchades de bleu laqueux : tout vous aide à retrouver le procédé, l'anpect des œuvres de Bonnat.Le sexe aimable n'est représenté que par madame Madeleine Lemaire.11 est vrai qu'elle tient trés coquettement l\u2019étendard du charme et de la grâce.Une avalanche de roses odorantes et fraîches, qui semblent comme posées par une main habile, sur une coiffure de bal cache en partie les fibres du buis.Les couleurs sunt arrangées avec tant de soin et tant de goût que l\u2019on croirait volontiers contempler un écran de porcelaine préparé pour la circonstance.l'une des premières palettes possédées par cet aimable marchand de tableaux date déjà de vingt aus.Cette dernière partie de ma chronique est tirée d'un écrit de Paul Eudel et fera sans coute plaisir aux amateurs de peinture.DUFRESNE.;N APPEL Eu notre tin de siècle, les dieux de Rome et de la Grèce ont, paraît-il, émigré aux Etats-Unis : un Américain nous le raconte.Et duns leurs aventures sur notre continent, je cueille le fait suivant pour les lecteurs.et peut-être les lectrices du MoNpE ILLUSTRE.Dans les temps anciens, le prix de la beauté fut, un jour, décerné à Vénus, et depuis lors Minerve et Junon maudissent le juge du Mont Ida, plus heureuses en cela que le plaideur moderne qui, pauvre mortel, n'a que quelques heures a sa disposition.Etant donc chez nos voisins, Minerve et Junon dirent, un jour, à Vénus : * \u2014 Tout a bien changé depuis le temps où l'en- ceus fumait sur nos autels : nous sommes maintenant en un siècle de progrès et de lumière ; le goût est devenu plus délicat et plus juste.Il n'est pas bien que vous jouissiez encore des avantages d'un jugement ancien en un état de choses aussi nouveau : nous en appelons de la décision du berger Paris.Rapportons-nous en à Uncle Sam ; celui-ci jugera de façon impartiale.\u2018 Vénus, confiante cn son éternelle jeunesse et sûre d'une nouvelle victoire, pour juge agrée notre voisin.\u201c Voici donc les trois déesses devant leur hôte ; Vénus lui met en main la pomme d'or, reçue jadis sur le mont Ida comme gage de sa supérieure beauté ; et toutes trois, convoitant le fruit merveilleux, attendent, dans les poses les plus gracieuses, l'arrêt moderne.Uncle Sam, en face du problème à résoudre, supputa combien de piastres représentais cette pomme d'or, et n\u2019hésita pas : il la mit dans sa poche et alla à ses affaires.D ris Rethiban, À première vue, on serait tenté de croire que tous les Français sont médecins, car ils ne peuvent s'aborder sans se prendre la main en se demandant les uns aux autres : \u201c Commen vous portez-vous \u201d Vivre en société sans diplomatie, c\u2019est vouloir vivre sans vraies affections.Ne pas dépenser sun énergie et su senbilité à vaincre de mesquins obstacles, voilà le mot de la politique privé.Alors on se garde pour qui en vaut la poine.\u2014 Pau.BoURUET. : at rm LA CARTE A PAYER M.Dumourcn reconduit le ducteur qui s\u2019en va d'on air soucieux après avoir visité la malade.M.l\u2019amouron.\u2014C'est curieux tout de même, cette indisposition, n\u2019est-ce pas, docteur ?Le docteur.\u2014 Heu ! ce no sera peut-être pus grave.M.Dumouron.\u2014 Ah ! c'est qu'on sait comment ces choses-là commencent et on ne sait pas toujours comment elles finissent.Le docteur.\u2014 Voyons, voyons, il ne faut pas s'inquiéter à l'avance.M.l\u2019umouron.\u2014Oh ! c'est que je ne suis pas tranquille, voyez-vous, docteur, vous me dites vous- même qu'il faut attendre.Ie docteur \u2014 Evidemment, on ne peut pas se prononcer immédiatement, il faut voir comment cette.M.Dumuuron.\u2014Pardon si je vous interromps, mais pourquoi ne lui avez-vous pas tapé dans le dos Ÿ Je croyais, qu'aux malades, on leur tapait toujours dans le dus \u2018 le docteur.\u2014 Dans le cas actuel, c\u2019était inutile.M.bumouron.\u2014C'est égal, ça m'aurait fait plaisir, j'aurais été plus tranquille ; une idée, c\u2019est possible, mais que voulez vous! on ne se refait pas.Enfin, au total, que pensez-vous de Clémentiue ?Le docteur.-\u2014 lien de bien grave, quant à pré sent, nous verrons demain.M.Dumouron.\u2014Pourquoi pas ce soir, docteur Ah ! si vous saviez combien je me tourmente ! ma pauvre femme ! elle est bieu malade, n\u2019est-ce pas 1 Oh ! j'aurai du courage, mais je vous en prie, dites- moi tout ! Tenez, ayons une consultation, dix duc- teurs s\u2019il le faut, vingt.Le docteur.\u2014 Mais encore une fois, soyez done raisonnable, madame.M, Dumouron.-Elle est perdue ?Le docteur \u2014 Mme Dumouron a une grosse fièvre, mais, en la coupant.M.Dumouron.\u2014Ma femme ! femme ! Ie docteur.\u2014 Non, Ia fi¢vre, je crois.M.Dumouron.\u2014Mais si vous ne pouvez pas couper la fièvre, qu\u2019arrivera-til Le docteur.\u2014Ah ! des complications, naturellement.M.Lumouron:\u2014Mon Dieu ! mon Dieu ! voilà maintenant que Clémentice va être compliquée ! Que faire ?que faire ?Ce malheureux Dumouron est comme un fou ; il insiste pour que le docteur rentre taper dans le dos de sa femme, pour qu\u2019il l\u2019examine encore, pour qu'il lui fasse tirer la langue une seconde fois.Le docteur.Mais cela ne lui fera aucun bien \u2018 M.l\u2019umouron.\u2014 Dans tous les cas, ça ne peut pas lui faire de mal.Le docteur ne peut sortir qu'après avoir proumis de revenir le soir.Sur de nouvelles instances, il revient le lendemain matin, puis à huit heures.On ne voit que lui dans la maison.M Dumouron.\u2014Qu'est-ce que cela vous fait | Je no regarde pas au nombre de visites, mais pourvu que vous sauviez Clémentine ! il faut couper ma + + Malgré tous les soins et toutes les précautions, Mme Dumouron a eu la variole, mais enfin, au bout de six semaines, elle est sauvée, tout i fait 9 remise.Dumouron s\u2019en va, prônant partout le docteur zélé qui., l\u2019illustre savant que.Trois mois après, M.Dumouron reçoit la note du ducteur zélé qui.\u2014Comment ! comment ! qu'est-ce que c'est que cette plaisanterie, cent.vingt visites à huit francs ! ! Ah ! par exemple, c'est raide ! Neuf cent soixante francs ! Eh bien, merci, en voilà des gaillards qui gagnent lestement leur argent ! Neuf cents ! mais les conducteurs d\u2019omnibus ne gagnent Pas ça en six mois, sans compter qu\u2019ils perdent souvent des places m'a-t-on dit.Cent vingt visites en quarante jours ! mais alors cela ferait, oui, mettons trois cent soixante jours, neuf fois cent vingt, mille quatre-vingts visites, à buits francs, huit mille six cent francs.Mainte- LE MONDE ILLUSTRE am \u2014 137 nant il avait bien une vingtaine de clients, car avec tous ses airs, il entrait et ressortait aussitôt ; à ce compte-là, il aurait même pu en avoir quarante.Quarante fois huit mille six.\u2019Trois cent quarante quatre mille francs ! ! mâtins, les appointements réunis «le tous les ministres ! Jo ne chicane pas, ce n'est pas dans mon tempé rament, je n'entends pas, pourtant, me laisser écorcher vif, ah ! mais non.Tous les mêmes, ces farceurs-là.Etudiants, ile font une vie de polichinelle, les cent coups, des horreurs ; ils ne s'amusent qu'à faire la noce et à embéter le monde, et comme ils sont cousus de dettes, une fuis reçus, il leur faut trois cent mille francs par an, c'est inour ! J'aime bien Clémentine, certes, je nai pas l'intention de marchander, quand il s'agit de sa santé, mais elle n\u2019était pas malade au point de m'en fourrer pour neuf cent soixante francs ! Ce médecin vient ; il me dit : votre femme a la fièvre, il faut la couper.Je lui réponds : coupez la : il ne coupe rien.Est-ce de ma faute ! Comme je lui répétais à toute minute : coupez la fièvre de wa femme ; il n'en fait rien ; alors elle a été compliquée.Quand on ne sait pas faire un nétier, on ne s\u2019en méle pas.Est-ce que je me mêle de faire des matelas, moi ?Non, parbleu, je ne sais pas; eh bien, on fait comme moi.d'abord ce n\u2019est pas moi qui l\u2019invente, attendu que je ne voudrais jamais chicaner pour la santé de Clémentine, mais c'est lui-mème qui m'a dit : La fièvre, une fois coupée, ce ne sera rien.Eh bien ! on ne prend pas neuf cent soixante francs à un homme pour lui couper la tièvre de sa femme, on n\u2019a jamais vu ça, ce serait à mettre dans le journal.Vous allez me dire : Mme l\u2019umouron a eu la petite vérole, c'est juste, mais c'est le ducteur qui en est la cause, il n'avait qu\u2019à couper la fièvre, je ne sors pas de là.Neuf cents francs ! sapristi ! il aimerait bien en avoir pas mal comme ça à couper, des fièvres ! Avec «a que ma femme avait un tempérament à avoir la petite vérole.Elle qui en a toujours eu une peur abominable! Pourquoi a-t-on la petite, vérole, après tout ?Parce qu\u2019on ne vous empêche pas de l'avoir, parbleu ! c'est bien simple.Je n'ai pas été chercher ce monsieur pour lui faire soigner une maladie que ma femme n'avait pas, «a tombe sous le bon sens ; je lui ai demandé d'empècher ma femme d'étre malade, il n\u2019a pas réussi, c'est son affaire.Quand on vous manque un chapeau, on le laisse au chapelier : le docteur a manqué sa petite vérole, qu'il Ia garde.Je n'est pas que je marchande, non, j'ai horreur des gens qui marchandent ; j'aimerais mieux.voir gratter la terre.Dieu merci, je ne suis pus d'un calibre à lésiner, mais en offrant trois cents francs à ce monsieur, je crois que c\u2019est bien raisonnable.Le pharmacien, lui, il à fallu y passer, autrement il aurait refusé les médicaments, mais enfin il donnait quelque chose, au moins des bouteilles, des paquets : mais le médecin, qu'est-ce qu'il a eu à fournir ?Rien, pas la moindre chose, si ce n\u2019est un bout de papier à moi, mon encre, ma plume ! Sans compter que truis cents francs, ça lui fera de belles journées gagnées en se promenant.Maintenant on me dira : Clémientine n'est pas marquée.C'est vrai, mais il n\u2019aurait plus manqué qu\u2019il lui persille la figure, cela aurait été le bou- uet ! Trois cents francs, c'est absolument raisonnable, à la rigueur j'irai jusqu\u2019à quatre, mais pas un centime de plus ; s\u2019il le faut, nous plaiderons, et quand je dirai au tribunal : \u201c Monsieur, j'ai demandé à monsieur de couper la tièvre de Mme l'umouron, il n\u2019en a rien fait, si bien qu\u2019elle à eu la petite vérole : que dois-je à monsieur ?\u201d Nous verrons un peu comment ça se passera.* » * M.Damouron a plaidé, il à perdu, aussi va-t-il partout maintenant déclarant que les médecins sont des voleurs et que !a justice est si bien rendue, en France, que les magistrats se font leurs complices.CHARLES LEROY.L'EXPEDITION PEARY (Voir gravure) Le Falcon, portant le lieutenant Peary et ses treize compagnons, à fait voile pour le Pôle Nord.Le Falcon suivra la même route que le lieutenant Peary à prise en 1841, lors de sa première expédition avec le Aa.Il se rendra, par voie de la baie de DBaflin, dans le détroit de Smith et de là à la baie de MacCormick, où les explorateurs établiront leurs quartiers d'hiver.Le Falcon devra s'arrêter à Godhaven ou à Uppernaville, pour y prendre les chiens «lestinés à tirer les trai- neaux.Le voyage durera au moins deux ans.L'expédition se compose du lieutenant Peary ; du docteur F A.Couk, le chirurgien qui I'a déju accompagné lors de sa premiére expédition ; M.Edward Arturp, le jeune Norvégien avec lequel le lieutenant Peary g'est aventuré le plus loin vers le nord, en 1891; M.Samuel Eutikin, de Westchester ; M.Davison, et le domestique nègre du lieutenant Peary, Matthew Ilensen.ETYMOLOGTES SAINT-CHRISTOPHE D'ARTHABASKA Le fondateur de la paroisse de Saint Christophe d\u2019Arthabaska, Charles Beauchène, allait, le 13 mars 1835, planter sa tente sur les bords de la rivière Nicolet, à dix arpents environ de l\u2019église paroissiale, aujourd'hui batie sur le versant d'une montagne, que l'on connaissait alors sous le nom de Mont Christo, (In croit généralement que c'est ce qui a valu à la paroisse le choix du patron dont elle porte le nom.SAINT-ALBERT Mur Taché est le fondateur de Saint Albert.C\u2019est lui-même qui dési«na l'endroit vù fut élevée la première chapelle.Il mit la paroisse sous le vocable de saint Albert, en l'honneur du R.P.Albert Lacombe, premier missionnaire de ce pays.P.G.R.PRIMES DU MOIS DE JUIN LISTE DES RÉCLAMANTS Montreal \u2014Oscar Rivet (85.00), 270, rue Lafontaine ; J.P.Labadie, 265, rue des Svigneurs ; David Was.brook, 30, rue des Inspecteurs ; Alfred Labelle, 273, rue des Allemands ; P.().Leroux, 168, ruc Saint- Christophe : Pierre Cholette, 409, rue Visitation ; Delle Olive Lachapelle, 18, rue St-Domi-ique : Fran- vois Joly, 1318, rue Notre-Dame ; A.H.Gougeon, 463a, rue St-Hypolite ; J.R.de Cotret, 5, rue Labelle ; Dame J.A Dauray.142, rue St-Laurent ; Dame Lamoureux, 598, rue Wolfe ; Michel Legauit, 310, rue St-Laurent, ; Ernest L.Rondeau; 3:4, rue St-Laurent : Delle U, Roy, 208], rue Notre-Dame ; Moise Devaux, 263 rue des Allemands.Québec.\u2014Dame Berrourel (815.00), 169, rue Fleurie ; C.Larose, 55, rue Sauvageau : Joseph Déry.81, rve ce la Reine ; Paul Julien, 19, rue St-Anselne.St-Hrnri de Montréal \u2014Dame S F.Barrette, 1109, rue St-Antoine.\u201cinte St- Charles, \u2014 Moise Roy, 76, rue Knox, St-Jose ph dv Léris.\u2014 A.Beavgrand (810.00), Lévis.\u2014Stanielas Deslauriers, 70, rue Wolfe, HRrauport, Québec.\u2014Dame J.O.Hardy de Châtillou.St-Augustin.\u2014 Michel Collin.Stanfold.\u2014Octave Morel & Cie.St-Bazrle de Portneur.\u2014Dame Emile R.Pepin.Po'nte-Claire \u2014Dr G.Madore, Sherbrooke \u2014 A.M.Béchard.Fall-R-ver, Mavs.\u2014Dlle Malvina Brouillet, 20, rue Grant ; F.A Forest.South Worcester, Mass.\u2014 Dame Edmond Lambert, 121, rue Canterbury.Lewiston, Maine.\u2014N Brunelle, 35, rue Spruce A la librairie G.-A.et W.Dumont (1526, rue Ste-Catherine), les acheteurs trouveront un beau choix de livres de piété, de littérature, de connaissances utiles, etc.Imagerie religieuse et profane.Chaplets, statuettes, crucifix sur pied, médailles, etc, etc. A er So + + aN f Ye p : A Bale WT I Anan es ayt 20 2 =r eer tm tasse Li y) pie A wi ve, - > vai Ge.A i.Liar 1 at wep anit sn 4 TES from ree 3 ] 21.lly a ade) FT = HS | ä p | PR 2 7 9% nas bY MN xh 1 ain la, UE [3 4 pL A 0 + $41 AN LT iL rd ETN *% riers) oN hor» ! fll.{ TS #1] pi i =A & 1, - a af = - 9 XL eso \u2014 Bie x I - AU =\u2019 \"we PES a1 NR) 1e pe A) > ig ie È ¥ [Cd Sh i A \u201c oh .* pe PC 6 La YEAR ANN YY var BTL a \u2014 \u20ac Falw fa + + \u2014 3c Cae \u2014 re LY 2] Lr x 2 7.Ses.MARS As er il Pde TEI aL J pr SY pause ada =} = ue.Le et La hve [ee => | ES ê M ke Mie ares +: * 3 .\u2018hs fo! \u2018 Id ei a x NS Le 2h a, EE fal rs ae ¥ = bY me = R 3.= - = = A = = Æe Ria ei 5 \u201c \u201c A > NT Spiele 2 me - ; Res ay \u2019 = 3 5 rye = 12% Lv o 3 Tig = Cd a Fp - - = 27 a ~ La AJ I\\ al D pd Nes ae hd peta : Ve as!» ad 2, A = + a pL] 2 one + al 1) A Py sa Por 5-2 \\ 4 L'EXPOSITION DE CHICAGO.\u2014LA GRANDE COUR LE SUIR.\u2014ILLUMINATION A L'ELECTRICITE DE LA FONTAINE MACMONNIE | A \u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014 - . pur\u201d rr rec \u201c I.mAH \u201cdP MONS a [xe = : .5 9 » Ch hs | \u201cRav BY, x = 0\u201d YJ ran 5 Eee Bt en Les Lee æ Zev.nA gr \u201dt - Fu \\ > H = A 2.\u201cdeve 7 pz, ta + PAM a 1 \u201cgi nd
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