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Titre :
Le Monde illustré
Prenant la relève de L'Opinion publique (1870-1883), Le Monde illustré occupe une place importante dans la vie intellectuelle du Québec au tournant du xxe siècle. En 1902, il devient l'Album universel. [...]

Le 10 mai 1884, le réputé typographe et imprimeur Trefflé Berthiaume, en collaboration avec Napoléon Sabourin, lance Le Monde illustré. Il souhaite répondre à la demande d`un lectorat francophone à la recherche de journaux plus policés, mieux rédigés et faisant appel aux nouveautés techniques pour leurs illustrations.

Le Monde illustré constitue une source unique pour l`appréciation de l`art de l`illustration québécoise au tournant du xxe siècle; gravures, dessins et photographies y sont reproduits selon un procédé de phototypie breveté.

Bien que l`hebdomadaire publie des photographies pour la première fois en 1888, la place accordée aux dessins y demeure prépondérante. Grâce au concours des meilleurs artistes canadiens, ceux-ci sont empreints d`un réalisme indéniable. Ils se composent de scènes urbaines et villageoises, de paysages et de portraits de personnages influents. Avec une contribution s`élevant à 237 dessins, l`illustrateur Edmond-Joseph Massicotte est particulièrement prolifique au sein du journal.

Ses objectifs sont fidèles à ceux de son prédécesseur. Composé aux deux tiers de textes littéraires, l`hebdomadaire se définit d`abord comme un journal visant l`affermissement de la littérature québécoise. Il cible l`intellectuel canadien-français et désire contribuer au développement du bon goût par l`initiation aux arts et aux sciences.

Léon Dieu, directeur de la populaire chronique « Entre nous » de 1884 à 1898, et Jules Saint-Elme (pseudonyme : Amédée Denault), directeur du journal de 1892 à 1895, invitent les plus importants auteurs de l`époque à leur soumettre des textes. Le public découvre ainsi les écrits des Régis Roy, Édouard-Zotique Massicotte, Mathias Filion, Firmin Picard, Benjamin Sulte, Louis Fréchette et Albert Ferland.

Une grande place est également accordée à la reproduction de romans-feuilletons. Occupant généralement deux pages du journal, ceux-ci participent au développement du goût littéraire ainsi qu`à la démocratisation de la lecture du roman populaire dans la francophonie canadienne de la seconde moitié du xixe siècle. Richement illustrés, ils portent la signature des plus grands auteurs français tels Jules Verne, Jules Mary, Paul Féval, Zénaïde Fleuriot et Xavier de Montépin.

Précurseur de la presse illustrée du xxe siècle, l`hebdomadaire propose un contenu fort varié. Les numéros se composent d`actualités, de poèmes, d`articles scientifiques, d`une chronique variété, de biographies, d`annonces, de jeux de société, de chroniques mode, de recettes et de conseils culinaires.

En 1902, afin de s`adapter à une société changeante et de plaire à un plus large public, Le Monde illustré adopte le nom d`Album universel. Avec ce titre dit « de tous les pays et de toutes les branches du savoir humain », l`hebdomadaire désire satisfaire la légitime curiosité des lecteurs faisant partie des nouvelles classes sociales issues de l`extension du suffrage, de l`organisation ouvrière et de la démocratisation de l`éducation et des sports.

Voir aussi :

L`Opinion publique

Album universel

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l`Université Laval, 1973, vol. 3, p. 95-96.

BOIVIN, Aurélien, « Les périodiques et la diffusion du conte québécois au xixe siècle », Études françaises, vol. 12, n°s 1-2, 1976, p. 91-102.

« Denault, Joseph-Marie-Amédée », Dictionnaire biographique du Canada, en ligne.

LEMIRE, Maurice, La vie littéraire au Québec, Sainte-Foy, Presses de l`Université Laval, vol. 4, 1991.

MICHON, Jacques, Histoire de l`édition littéraire au Québec au xxe siècle, Saint-Laurent, Fides, vol. 1, 1999.

« Trefflé Berthiaume», Dictionnaire biographique du Canada, en ligne.

Éditeur :
  • Montréal :Berthiaume et Sabourin,1884-1902
Contenu spécifique :
samedi 8 novembre 1890
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
chaque semaine
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Journal du dimanche,
  • Successeur :
  • Album universel
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Références

Le Monde illustré, 1890-11-08, Collections de BAnQ.

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[" LE MONDE ILLUSTRE ABONNEMENTS : Tux ANNÉE, Ne 340 \u2014SAMEDI, 8 NOVEMBRE 1890 Onan, $3.00 = - - Six mois.$1.60 ; Quatre mois, 81.00, payable d'avance BERTHIAUME & SABOURIN, PROPRIETAIRES.Vendu dans les dépôts - - 5 cents la copie BUREAUX, 40, PLACE JACQUES-CARTIER, MONTRÉAL.ANNONCES: La kigue, par insertion - - - < \u2026 10 cents Insertions subséquentes + < - - Bcents Tarif apéeial pour annonces 8 long terme me ao m0 ALPHONSE KARR, pictpt.\u2014Dessin de Henri Meyer (Du Jouruel Fiuairé) 434 LE MONDE ILLUSTRÉ MONTREAL, 8 NOVEMBRE 1890 SOMMAIRE TEXTE : Chronique, par 8.du Lary, \u2014 Cris et types Montréalsis, par F.-Z.Mawsic tte.\u2014Voésie : Veni Vidi, par Dr R.Chevrier.\u2014M.Wilson et la noblesse française.\u2014 À travers le Canada : Sulaberry de Valleytiell.par Jules Saint-Elme.\u2014t hronique scien- titique.\u2014 Bibliographie \u2014 l'uésie : An roi.\u2014 La vie américaine (suite), par Louis de Saintes.\u2014Les écri vains de toutes les littératurés : Alphonse Karr.\u2014 Ve veulent en faire un nin: ieur, par Alphonse Karr, \u2014Poésie : .es petits oiseaux, par KE.Z.Massicotte \u2014 La question du jour, par J.8.E.\u2014Une auvre d'art, par Louis Fréchette\u2014Choses et autres.\u2014Feuille- tous : Fleur-de-Mai (suite) \u2014Le Régiment (suite et fin)\u2014N.otes historiques.GRVURES : Portrait de M.Alphonse Karr.\u2014 Beaux-arts : Le retour du fi lèla measag-r.\u2014Salaberry de Valley- field : L'hôtel-de-ville et la place du marché.\u2014 Vue à vol d'oiseau de Salaberry de Valleytivld.\u2014Gravure du feuilleton.Primes Mensuelles du \u201cMonde Illustré\u201d Ire Prime - - 850 me = .28 sm = - .15 me © .- 10 bme \u201c - .* 5 Ame « - \u2018 4 7me « - - - 8 sme \u201c : - - 2 86 Primes, à $1 - : - 8&8 94 Primes $200 Le tirage se fait chaque mois, dans une salle publique, par ois personnes choisies par l'assemblée.Aucun prime ne sera payée après les 30 jours qui suivront le tirage de chaque mois.NOS PRIMES QUATRE-VINGT-NEUVIÈME TIRAGE Le quatre-vingt neuvième tirage des primes mensuelles du Moxp& ILLUSTRE (numéros datés du mois d'OCTOBRE), aura lieu samedi, le 8 NOVEMBRE à 8 heures du soir, dans la salle de l'UNION SAINT-JOSEPH, coin des rues Sainte- Catherine et Sainte-Elizabeth.Le public est instamment invité à y assister Entrée libre Tal! bi DX #FS FA \"ÉTAIs, l'autre jour, au guichet d'un bureau de pn-te.Beaucoup de monde.Pendant que j'attendais mon tour, j'observais les personnes qui devaient être servies avant moi.Se trouvait là un monsieur qui pestait contre la lenteur de l'employé.\u201c On n'a jamais vu cela ! Si ce bonhomme ne connait pas son service, qu'on lui donne son congé !\u201d Vous entendez d'ici toutes les aménités prodi- Quées par le personnage dans son impatience.Eh bien ! je fuisnis à part moi certaines réflexions auxquelles je tiens à donner la volée ! L'on n'imagine pas les qualités dont de modestes employés doivent être doués pour servir ce grand seigneur qui a nom le public.Pour les quelques ns LE MONDE ILLUSTRE centaines de piastres qu'an leur alloue par an, ils sont obligés de s'armer d'une patience d\u2019ange s'ils ne veulent pas sortir de leur peau.\u201c Comment, vous allez vous ériger en défenseur de ces caillarda qui en prennent fort & leur aise A l\u2019égard des citoyens qu\u2019ils sont payés pour servir ?\u201d me dira-t-on.Parfaitement, et voici pourquoi : Prenons cet employé qui, là à son guichet, passe sa vie à débiter des mandats poste, exercice qui n'est point par lui-même des plus divertissants, vous l'avouerez.Il doit faire les mentions voulnes dans res registres, veiller à ne pas ge tromper dans l'inscription des sommes, détacher le mandat et le requ, apposer au dos le cachet dans le cercle correspoudant 4 la gone, encaisser I'nrgent et rendre la monnaie.TI importe qu\u2019il ne fasse pas d'erreur À son préjudice dans cette dernière opération, enr ce serait autant de rogné sur son traitement qui n\u2019est déjà pas lourd.Or, pendant qu\u2019il se livre À ces exercices multiples, comme il n'est pas sour:l cet employé, il entend que le monsieur auquel je fais allusion le traite de bélitre, de propre à-rien, ne connaissant prs son métier, et il resta calme, impassible.Moi, je Vadmire ! Tl est à coup sûr doté des qualités qu\u2019on se plaisait à reconnaître chez le sage Nestor, de classique mémoire.Car pour être employé on n'en est pas moins homme, et j'opine que le pauvre diable souffre en silence.Observez les façons d'être du puhlic dans bien des cas, et «dites moi si toutes les fois qu'il en a l'occasion il ne se montre pas abominahlement tracassier envers d'humides travailleurs.Au chemin de fer, au télégraphe, partout enfin.l'on peut constater l'irritabilité de nos contemporains.Vous voyez des individus qui vont déposer une dépêche ou prendre un hillet de chemin de f-r, demander aux employés un tas de renseignements.Que cela vexa ceux qui attendent, on le conçoit aisément, mais la faute n'en est point au préposé.J'entends bien, vous dites qu\u2019il doit envoyer l\u2019'imnortun au diable.Un moment : si ce dernier\u2014l'importun, pas le diable !\u2014est un mamamouchi quelconque (comme qui dirait un richard, par exemple, à l'&- poqua où nous vivons), il se plaindra de l'insolence de l'agent ; et n\u2019ouhliez pas que la raison du plus fort est toujours la meilleure, de notre temps comme celui du bon La Fontaine.* * + Que d\u2019eau ! que d'eau ! On n'entend plus parler que d'inondations en Europe.A Prague, la ville est en partir sous l\u2019eau, Ja fa- mina commence à se faire sentir et le beau pont de Charles TV orné de ses vingt-quatre statues est emporté.La jolie petite ville de Bayes, chef lieu des possessions françaises au Soudan est détruite, Le lac de Constance monte avec une \u2018 fâcheuse constance \u201d et noie les villes et les villages assis sur ses bords.Ti n\u2019y à qu'à Salonique qu'on à manqué d'eau.Mais cela n'a rien d'étonnant, car un grand incendie vient d\u2019y détruire 3 000 maisons et la plupart des édifices publics, et chacun sait que là où il y n un incendie on ne trouve jamais d'eau.On a di renoncer à comhattre le fléau, qu'on croit avoir été déchaîné par des Turcs jaloux ou des brigands rapaces : aimahles gens, Sauf cette regrettable exception, il y a vraiment trop deau en ce moment, surtout en Silésie et dans Ia haute Autriche où nombre de villuges ront inondés, Tous les fleuves mauvais couchenrs gant sortis de lenra lits Q te de ruines! Quelle belle occasion d'organiser des fêtes et des hals, pour ceux qui ne comprennent la charité qu\u2019en dansant ! * #* + Pendant que l'eau détruit les gens sur terre, les hommes cherchent à perfectionner les moyens de se (létruire sous l'eau.Je na veux pas faire une allusion méchante aux travaux de sondage pnnr le pant qu'on doit jeter sur la Manche.T! paraît que les ingénieurs sont très satisfaits de leurs travaux, ce qui est assez leur ordinaire tant qu\u2019ils en sont aux études pré- aratoires.Îls ont trouvé une assiette solide sur Faquelle repose solidement lcur confiance, en attendant qu'on y établusse les piles du fameux pont.Je demande À voir l'effet d'un paquet de mer de quelques centaines de mille kilos se jetant sur les travaux, pour avoir foi dans leur réussite.Jusque là, permettez moi de ranger ce pont dans la eaté.gorie des ponts peu praticables.avec le Pout Euxin.C'est d\u2019un nouveau sous-marin italien que je veux vous parler.Très à la mode les sous marins.Depuis ki lang.temps que les hommes s'ontre-détruisent sur terre et sur wer, le besoin se faisait généralement sentir de trouver un moyen de se battre aussi sois l\u2019eau, On s'étonne que l'Angleterre et l\u2019Allemagne n'aient pas encore donné leur note dans ce concert européen.La parole est aujourd'hui à l'Italie, Un inventeur de ce pays vient d'essayer devant des ingénieurs distingués (vette épithéte est de ri gueur) et des ministres crispiniens, un sous-marin absolument sphérique qu\u2019il nomme la balle nau tique.Il paraît que ce petit joujou est extrêmement commode : il peut également servir à ramasser son porte monnaie où ses lunettes qu\u2019on aurait laissé tomber au fond de la mer, ou bien faire sauter le- plus g 08 navires, avec les braves gens qui ont le tort de s\u2019y trouver au moment critique.Les Italiens sont dans la joie, comme naguer: avec leur sous-marin, le Péral, les E-pagnols qui semblent en avoir rabattu depuis.Quant à lin venteur, avant de vendre son brevet au gouverne ment, il veut perfectionner sa balle nautique en s appliquant l'électricité.+ + * T'électricité ! Aujourd\u2019hui c'est toujours la mot de la fin, l'électricité ! On transporte les gens, on cause avec ses amis, on entend des opéras, on éclaire les rues, cn actionne les machines, on foudroie les passants, on guérit les malades, nn exécute les condamnés par l'électricité.Pensée, justice, force, harmonie, santé, lumière, que de rôles divers elle joue en ce bas monde ! Aujourd'hui, dépouillant son aspect terrible, elle se fait Lonne fille, O chantre des Bucoliques, préte moi ta lyre, pour redire comment l'électricité fait pousser les légumes ! Las Anglais et les Allemands avaient déjà fait desexpériences sur l'influence du courant électrique sur la croissance des végétaux.Mais les résultats étaient si peu concluauts, qu'on n'était pas bien d'accord sur l'utilité du procédé.Mais voici qu'un agriculteur russe, M.Spech- new, qui, depuis six ans, retourne en tous sens la question et ses plates-bandes, viert d'obtenir des résultats remarquables, Il enfonce en terre de grandes plaques de zine et de cuivre, reliées au-(lessus du sol par un fil da fer, et c'est entre ces plaques qu il cultive ses légumes : vous voyez que c'est très simple.En faisant passer un courant sous terre, on n'avait pu jusqu'ici augmenter que de 15 à 17 0/0 le rendement des plantes.Avec son &ystème, M.Spechnew parvient à des résultats prodigieux ; les fruits de la Torre Promise, mis à côté des siens, eussent paru chétifs et mal venus aux messagers des Hébreux.Ses curottes attrignent 27 centimètres de diamètre et pèsent 3 kilos.Mais je ne veux pas m'arrêter au seul exemple de cette racine, dont le nom enche un sens figuré qui pourrait faire une mauvaise impression sur votre esprit, M.Spechnew ne cultive pas seulement les ca- rattes.T1 obtient des radis de famille qui mesurent 44 centimètres de long sur 14 de diamètre, ce qui ne les empêche pas d'être excellents.À bientôt donc les petits pois gros comme des raisins, les raisins comme des prunes, les prunes conne des pommes, les pommes comme des citrouilles (heureux Normand=) et los citrouilles comme des maisons.Quel régal économique ca sera de déguster en famille une neperge électrisée aussi forte qu'un baliveau de vingt ans, mais toujours tendre.Voilà qui enfoncera Godefroy Lebeuf d'Argenteuil.Et ue diries-vous d'un melon électrique dans laquel il faudrait c'introduire pour le savourer à l'aise 1 Pourvu que les prix n\u2019sugmentent pas avec la taille ! ++ + Ily a pourtant des gens qui craignent qu\u2019un iour venant les vivres ne manquent aux hommes et qu\u2019ils na soient affamés sur la terre transformée en radeau de la Méduse.Le mal ne semble pas rachain, et si les humains se mangent de temps en temps entre eux, cala provient de mauvaises hahitudes, inculquées dès leur naissance aux enfants dos régions où cela se pratique, plutôt que de l\u2019abaence d'autres aliments subitantiels.La nouvelle découverte va rassurer les esprits ti- marés, Croissez et multipliez.On n\u2019est pas encore à l'étroit sur le globa (damandez plutôt à Stanley) et chaque découverte vient à son heure.La physique, quand cela sera nécessaire, nous apprendra à décuplar la rendement de la terre, en attentant que la chimia nous donna la formule de l'élicir dont une seule goutte vaudra un dîner de Gargantua.Pd Les gens qui sont appalés devant la justica sont d'ordinaire en proie À une certaine émotion.Je ne parle pas seulement de ceux qui ant À répondre d'un méfait quelconque, mais bian anssi des simples témnins.On s\u2019imagine pas les incidents baroques auxquels ce trouble peut parfois donner lieu.J'ai souvenir que lors d'un procès ani 5e déroula jadis devant la cour d'assises du Hainaut\u2014ane cour, soit dit en passant, qui a la spécialité des causes célèhres, \u2014on fit comparaître comma té- man un campagnard chez qui l'accusé s'était introduit nuitamment et avec effraction.Te bonhomme était très ému, et de plus atteint «de surdité.L'on eut toutes les paines du monde À lui faire prêter serment.Il métamarphosait la formule légale, de la façon la plns désopilante.Au lieu de dire : \u201c Ainsi m'aide Dieu.\u201d il sa lançait dans des \u2018 Ainsi, monsieur.\u201d \u201c Ainsi, Mathieu.\" \u2018* Ainsi.monsieur Mathieu.\u201d Bref, l'auditoire était en gaieté \u2014mais cn fut hien autre chose lors de sa déposition.La président deuait lui arracher ses réponses.Voici, pour autant que mas aouvenira soient fidèles, a peu près commant il témoigna : La président.-\u2014Racontez nous ce qui s\u2019est passé, Silence du témoin, qui roule autour de lui des yeux en hnules de Into.La président.\u2014Allons, ne vous troublez pas.C'était la nuit ?2 Te témoin, \u2014 La nuit, monsieur le président.Le préairlent.\u2014 Vous étiez ennché ?Le témnin.\u2014Couché, monsieur la président.La président.\u2014 A vec votre femme ?Le témoin.\u2014Avec votr\u2019 femme, monsieur le président, Jamais un acteur jnuant las comiques n\u2019abtint Un succès aussi pvramidal, Depuis la cour jusqu\u2019à l'accusé, l'an se tordait dans la salle.Et.ce qui ne co trihmait pas peu à redouhler l\u2019hilarité, c'était la tête du bonhomma\u2014qui ne comprenait rien à cette scène et avait l'air de commencer À croire qu\u2019il se trouvait au sein d\u2019ana maison d'aliénés.C'est un des meilleurs incidents d'audience dont j'ai conservé le souvenir.+ + + Les exécutions par l'électricité dont on vient de faire aux Etats Unis In cruelle expérience, m\u2019amène à parler d'un châtiment singulier en usage dans la République Argentine pour corriger les ivrognes, Au lieu de les condamner seulement à l'amende ou À quelques jours de prison, il paraît qu\u2019on les oblige à balayer lea rues pendant un temps déterminé.On cite un émigrant français, employé de commerce, qui aprés avoir subi huit jour: de cette peine, s\u2019en trouva ri humilié, qu'il s'empressa de regagner les rivages nlus hoepitaliers aux ivrognes da la mère vatrie.N'aurait-il pas mieux fait de rennncer à boire ! On voit souvent dans la libre Amérique appliquer des peines dont se blesserait certainement LE MONDE ILLUSTRE notre eaprit d'indépendance, Dernièrement une loi fut édictée aux Etats-Unis condamnant à l'amende les jeunes fumeurs âgés de moins de 16 ans.On annonce déjà que piusieurs enfants ont été 3mnidamnés À New-York à des amendes variant de dix à vingt dollars, LA dessus j'arrête mon bavardage et j'allume une -igarette en me félicitant de ne pws être aux Etata- Unis, mais en regrettant mes seize ans.8.pu Lary.CRIS ET TYPES MONTRÉALAIS Dans les métiers, comme dans le commerce, comme dans tous les arts, il arrive que des individus supérieurament doués, pour le genre de travail qu\u2019ils ont adopté, dépassent bientôt leurs confrères et savent tanir le haut du pavé.Hélas ! rien n'est stable en ce monde.En voici un exemple.Il y a quelques années, sans avoir averti les citadins, passa dans les rues de notre ville un individu qui fit fureur dès le moment de son apparition.Pourtant, rien, ni dans son extériear, ni dans ses habitudes, n'avait jusqu'alors anuoncé ce phénomène.Cependant, par un cri, lancé d\u2019une manière à lui seul, entramélé de farces plus ou moins polias, mais toujours à propos, cet homme fit sortir Montréal de ses gonds Sur son passage les enfants pullulaient, les femmes ouvraient leurs fenêtres avec fracas, les hommes accouraient aux portes.Pas nn ne voulait na pas voir, celui qui dans un jour, au chant de : Galette, galette, galette, s'était fait une popularité digne d'un gouverneur anglais.Sa voix était si sympathique, ses intonations si heureuses.ses paroles tellement appropriées au gnût de la populace, qu'il vendait, vendait, vendait.Ii fut prêt de faire fortune.Tous voulaient des galettes, Juché sur une petite express atuslée d'une ro- sinante paisible, qui contrastait étrangement avec les allures vives du maitre, notre homme, avec des allures de tribun populaire débitait, sa marchandise en psrlant continuellement : Calette galette, galette Bonne galette au beurre Pas trop d'beurr\u2019 derlans.Le beurr\u2019 a passé au travers De la tinette Pour rejoindre la galette.Galette galette madame, Troisse pour cinq cennes.Puis il continuait, mêlant la politique et les affaires publiques, saupoudrant le tout de propns plus ou moins scabreux, il eut une vogue phénoménale.Bientôt il crut qu'il lui était permis de dire ce qu\u2019il voulait.Tous les moyens lui paraissaient bons pour atti rer l'attention, faire esclaffer les gens et vendre des bonnes galettes.Mais il était du monde où les plus belles choses ont le pire destin, un jour, tout croula, notre type méme s'évanouit.Plusieurs années s'écoulérent sans plus en entendre parler.TI y a quelques temps il est reparu sur la scène, vendant de la poésie et de la prose composées par lui.Quella chute, grand Dieu ! Quel exemple terrifiant pour vous, humains ! Si passant par notre ville vous voyez un petit homme à barbe inculte et noire, marchant dans la rue suivi d'un auditoire enfantin, récitant recto tono des contrats de mariage, tenant dans une main une liasse du papiers qu'il vous offre pour cing cen.tins l'unité, chapeau bas, messieurs, vous êtes en présence de Galette madame / + + * Les huitres sont arrivées.Grande féte pour les gourmets.Les mois d'octobre et novembre sont à Montréal ceux où le plus grand nombre de mollusques s'engloutissent dans les profondeurs caver- neures des estomacs puissants.Dès la fin de septembre commencent à s'ouvrir 458 les petites shop, dans les magasins non loués, et les dépota d'huîtres au grand air, le long des voies pu- iques.Certaina connaisseurs bien coppés les font ouvrir et n\u2019ont qu\u2019à les manger on half shelve.C'est un délice pour eux.D'autres préfèrent se rendre à bord des goëlettes, dans le port, et là, ils se rassasient pour un an.Puisque nous sommes sur le aujet, rappelons cette ronde de Benjamin Sulte pour terminer : ( Air des conspirateurs dans La Fille de madame Angot) Fils de la treille L'hiver, l\u2019été Un rien réveille Notre galté, Reraplis ton verre, Bon Canadien, Et sans mystère Vide-le bien ! Quand vient l'automne Lourd et transi Le froid nous donne Grand appétit Avec audace Le fin mangeur Rencontre en face Le franc buveur ! Vive et les huitres Et les chansons ! Buvez par litres Joyeux garçons ! Pour mieux redire Notre gaité Mettous la lyre En liberté.Huitre qui vaille Au picotin N'est rien qui vaille Dans un festin J'aime la Lelle Ping wut le bec La plus rebelle, C\u2019est.la Malpec ! Au revoir.£3 Cette TZ VENI, VIDI (SONNET) Je t'ai donc vu, Paris et ton Lourdonnement De vaste ruchie humaine a charmé mes oreilles ; J'ai voulu contempler ton monde de merveilles Et je fus ébloui de leur rayonnement ! J'aime tes voix, tes bruits, ce carillon charmant Qu'on enten sourdre au loin, Paris, quand tu t'éveilles ; Et voir nager, perdus dans les brumes vermeilles Du soir, tes arcs, tes tours, ne fascine vraiment, Tes parcs et tes jardins sont autant de poèmes De beauté, de fraicheur et de charme coquet Dont chacun a le droit de lire son feuillet.Les pensers,\u2019les projets, les arts et les systèmes S'en viennent dans tes murs demander leurs baptèmes Avant de s'envoler par le monde inquiet.DB OF Étant Paris, octobre 1890.M.WILSON ET LA NOBLESSE M.Bruno Wilson tire les larmes avec son attendrissement.Les choses ne se sont pas passées comme il l\u2019imagine.Peu de nollease a quitté le pays tout d\u2019abord.C'est à la longue, d'année en année, que ces messieurs ont décampé, et encore il n\u2019en est parti qu\u2019un petit nombre, à mesure qu'ils trouvaient à vendre leurs seigneuries.Ceux qui sont partis en bloc, de 1760 à 1763, étaient des officiers de l\u2019armée et des fonctionnaires civile\u2014des Français enfin\u2014et quelques rares Canadiens.C'est une pitié de voir que l'on imagine l\u2019histoire au lieu de l'étudier.CHAOUIGXONETTR. SALLABERRY DE VALLEYFIELD \u2014 ee es OICI une petite ville cana- 2 dienne comma il ne s\u2019en trou- | ve pas un grand nombre dans toute la Puissance, comme il s\u2019en est rencontré particulièrement très peu, jusqu\u2019ici, dans notre bonne vieille province de Québec.C'est chez nos voisins des Etats-Unis, gens de leur siècle, tout à la vapeur et à l'électricité, si jamais il en fut, qu'il faut aller chercher le prototype de Sulaberry de Valleytield, Je veux parler de ces villes qui s\u2019avancent vers le progrès par étapes, entremélées de haltes successives ; de ces villes que l'on voit surgir du sol, un beau matin, et dont au bout de quelques mois la population se chiffre déjà par des milliers d'habitants.Pour quelques années ensuite, le mouvement se ralentira, quitte à reprendre avec furie bientôt après.C'est ainsi qu\u2019au bout de trois ou quatre de ces pas de géants une bourgade américaine aura pu devenir une grande ville ; c'est ainsi que Chicago, par exemple, et ses satellites comme Saint-Paul et Minneapolis, ont grandi \u2018pendant ces _derniers temps.Tel a fait, dans une bien plus humble mesure, la tite ville canadienne que nous allons étudier.Pendant que les autres villes de la province de Québec, plus vieilles'de fondation, comme ;Trois- Rivières, Sorel, Saint-Hyacinthe, suivaient vers le progrès une marche lente mais continue, croissant proportionnellement d'année en année, à l\u2019instar de Montréal et: de Québec, Salaberry de Val.leyfield s\u2019est vue porter, en deux coups, à l'état de prospérité et de population où elle se trouve au- jourd\u2019hui ! \u2018 A l'heure qu\u2019il est, c'est un temps de halte'dans sa marche en avant, mais instant de la troisième étape va bientôt sonner.\u201d Et cette étape,\u2019si elle ne trompe pas les prévisions, devra doubler la population de 6,000 Ames que renferme actuellement Salaberry de Valleyfield, et développer singulièrement son industrie si pleine de riches promesses.Quant aux progrès successifs, ils ne sauraient manquer, d'être à l'avenant, et l'avenir nous les révèlera.* + * Salaberry de Valleyfield, il y a cinquante ans, on ne le soupçonnait même pas.Et\u2019pour la bonne raison que, en 1840, alors que le canal de Beau- barnois était encore \u2018à l'état, de; projet, la forêt vierge régnait partout sur le site magnifique où s'allongent à présent les rues de cette ville.- 3 Voici un bout'de description qui se rapporte à ces temps préhistoriques de la cité.Je le cueille dans un article bien élaboré, dû à la plume d'un jeune citoyen de talent de Salaberry, et publié dans l'organe local, le Progrès de Valleyfield : \u201c Le voyageur qui aurait alors debarqué à cet endroit\u2014l'emplacement actuel de Valleyfield \u2014 n\u2019aurait pu voir, comme unique spectacle, qu'une langue de terre couverte d'arbres séculaires, et qui s'avançait fort avant dans le fleuve, semblable à une sentinelle avancée, à la tête des rapides.La rive, amoureusement inclinée vers le fleuve, venait y marier son beau sable jauni par le soleil, aux vagues capricieuses et offrait un lieu propice pour le camprment.L'on voit même dans l\u2019histoire que les Indiens en avaient fait un lieu de halte comme les troupes un endroit d'arrêt, dans leurs marches à travers le pays.Le soleil se levait, chaque jour, radieux, éclairant toujours de sa lumière les mêmes scènes, les mêmes paysages, lorsqu'un jour, quelques citoyens du comté de LE MONDE 1LLUSTRÉ Beauharnois, émigrèrent des paroisses de Saint- Timothée et de Saint-Clément à la \u201c Pointe du lac \u201d comme les voyageurs d'en haut l\u2019appelaient alors, dans leur langage populaire et expressif.Ils commencèrent à défricher les terres couvertes de forêts inextricables pour la plupart.L'impulsion était donnée ; car c'est cs mouvement insignifant en apparence, cet humble commencement qui donna naissance à la progressive ville dont nous sommes si justement fiers d\u2019être les citoyens.Oui, car depuis, quelle transformation prodigieuse ! Le désert \u2014 \u2026 & fait place à la civilisation, le silence mystérieux des bois à l\u2019activité commerciale.A la place de ce lieu où l\u2019on pouvait naguère admirer la nature dans toute sa sauvage et primitive beauté a grandi un centre industriel dont le développement est étrange à constater \u201d.Quoi qu'il en soit, c'est de 1840 ou à peu près que datent les premiers établissements fixes dont la chronique fasie mention, au pied du lac Saint.François.C'est & cette date que commença, vers cet endroit, l'exode de quelques pionniers venant des plus anciennes paroisses du comté de Beauhar- nois, telles que Saint-Timothée et Saint-Clément, plus vieilles d'une trentaine d'années.la cause déterminante en fut le projet du canal de Beau- harnois qui venait d'être mis à jour, canal dont l'embouchure allait se trouver justement dans l'endroit baptisé du nom de \u2018\u201c Pointe du lac \u201d, comme on l'a vu, par les voyageurs.Les débuts de la nouvelle mission furent bien lents et bien misérables.Je dis mission, parce que nos anciens, comme encore, Dieu merci ! ceux de la génération actuelle, ne se groupaient jamais qu'autour de la chapelle, à l\u2019ombre de la croix.Elle s'appela d'abord Saint-Cyriac, si je m'en rapporte à la légende, et puis Sainte Cécile, nom qui reste encore À la paroisse dont Salaberry est démembrée.De 1842 à 1847 les travaux du creusage du canal groupèrent peu à peu la population dans la nouvelle paroisse.Les terres avoisinant le champ de ces travaux furent concédées, et le nombre des maisons dans l\u2019humble hameau qui devait être Sa- laberry, plus tard, fut porté à une trentaine, de cinq ou six qu'il était précédemment à cette époque.* * * Les vingt années qui s\u2019écoulèrent de 1849 à 1869 peuvent être considérées comme une première halte dans la marche de Salaberry vers le progrès.Le creusage du canal étant fini et avec ells l\u2019activité momentanée qu\u2019elle avait produite.L\u2019ouverture de la navigation et son mouvement de va et vient put bien encore fournir un faible contingent de population, mais cela ne fut rien ou presque rien en comparaison de l'accroissement rapide des cinq ou six précédentes années.Sainte-Cécile parut stationnaire et laissa croire, pour ce laps de temps, qu'il ne serait jamais plus qu\u2019un simple petit village.Mais aveo 1869 s'ouvre pour Salaberry une nouvelle phase de vitalité et d'avancement.Cette période devait durer quinze ans, c'est-à-dire jusque vers 1884, alors que commença cette accalmie dont Salaberry souffre, mais qui ne tardera pas à prendre fin pour faire place à une nouvelle fièvre de progrès, comme tout semble l'indiquer.Pendant ces quinze années, la population de Salaberry de Valleyfield passa, de quelques centaines qu\u2019elle était, à cinq mille cinq cents et plus, son industrie prit de larges développements et son commerce atteignit le degré de prospérité qu\u2019il a conservé jusqu\u2019aujourd'hui, sans grande modification.Nous étudierons sommairement l\u2019histoire de ces quelques années : elles constituent la seconde étape fournie par Salaberry vers sa destinée.Il nous sera donné de juger que ce qui a fait la prospérité de Salaberry durant cette période là est appelé à lui imprimer un nouveau et plus durable mouvement, dans un avenir très prochain.J'ai nommé ses magnifiques pouvoirs d\u2019eau.+ + Dès avant 1869 déjà, un industriel de Montréal, M.Alexander Buntin, avait jeté les yeux sur le \u2014 village de Saint-Cécile, si avantageusement situé sous le rapport de la navigation.Il avait du même coup apprécié toute la puissance de ses pouvoir d'eau et le profit énorme qu'on en pouvait tirer.Ce monsieur, ayant décidé d'investir un certain capital dans l'industrie de la fabrication du papier n\u2019hésita pas un seul instant et choisit Sainte-Cécile ur y établir ses usines.Tel fut le premier germe de l\u2019industrie valley.fieldienne qui pronet tant aujourd'hui.Moyennant certains travaux préliminaires, relativement peu dispendieux, les usines à papier de M.Buntin purent disposer d\u2019une force motrice considérable et elles fonctionnèrent avec plein succès.Encouragée par cet exemple, la compagnie de coton de Montréal résolut, à son tour, d'établir à Valleyfield une de ses principales filatures.À yant obtenu du gouvernement les droits nécessaires, la compagnie entreprit et mena à bonne fin des travaux considérables pour endiguer une branche «lu Saint-Laurent, celle qui contourne la Grand'lle, au sud.De cette façon, elle put obtenir une pression hydraulique des plus fortes dans son canal d'alimentation qu\u2019on venait de creuser.Le village de Sainte-Cécile accorda à la compagnie une exemption de taxes pour vingt ans, et bientôt après une bonne moitié de l'usine actueile ayant été construite, la filature entrait en pleine opération.Immédiatement les ouvriers accoururent et se groupèrent autour de la filature et des moulins à papier, dans le petit village hier encore ignoré.Cette double industrie, quoique naissante, occupait déjà quatre ou cinq cents employés réguliers.Par malheur, comme c\u2019est trop généralement le cas lorsque nos travailleurs Canadiens-français ont affaire au capital étranger, et ce jusqu'à ce qu\u2019on ait été forcé de reconnaître leur mérite prédominant, les meilleurs emplois furent pour des ouvriers importés qu'on vint imposer à nos gens comie leurs chefs ou boss, (style manufacture).Tlen fut ainsi tant à la filature de coton que dans les usines au papier.Cette importation d'ouvriers étrangers n été le noyau du petit quart de population parlant anglais que Salaberry de Valleyfield possède aujour- d'hui.Anglais ou Ecossais pour la plupart, ils s'acharnèrent à conserver, avec la langue et les «li- verses religions, les traditions du pays.À ce sompte-là, ils ne pouvaient guère frayer avez nos concitoyens Français d'avance prévenus contre ces émigrés des vieux pays, si scrupuleux gardiens surtout, de leur religion, leur langue et leurs coutumes eux aussi.Cela suffit à expliquer comment \u2018 a pu prendre naissance cette ligne de démareation, nette et bien tranchée, qui existe encore entre les deux groupes de Ia population, la majorité fran çaise et la minorité anglaise.La séparation est si complète, que l'un et l'autre groupe semble avoir voulu éviter jusqu'à la juxta- habitation de l'autre.Ainsi l'on trouve le groupe anglais, compact et réuni assez loin da centre fran- ais, c\u2019est-à-dire l'entrée du canal de Beauharnois, l'église catholique l'hôtel-de-ville, le bureau de poste, etc.Il habite une sorte de petit faubours, très joliment et régulièrement bâti, au nord-Est de la filature de coton.Autrefois connu sous le nom de \u201c Village anglais \u201d, ce petit coin de banlieue à été incorporé depuis et forme ce qu'on appelle encore le quartier anglais de Salaberry de Valleyfield.Cependant il est à noter que cette réserve mutuelle où ils se tiennent, n\u2019empêche pas les deux groupes de population de vivre dans la plus parfaite harmonie et de se traiter avec courtoisie.Sa- laberry a déja eu, une fois, un maire anglais, M.Anderson, et le conseil de ville, composé de six membres, en possède un, régulièrement, qui représente la nationalité et les intérêts anglais.Voila un exemple à suivre, d'entente clairvoyante, dans nos nombreuses cités à la population mixte.+ + * , À propos d'entente entre les citoyens, il me souvient d\u2019une occasion où elle s brillé au plus haut point, à Salaberry de Valleyfield, de la part de nos compatriotes surtout.Je vais rapporter brièvement la chose tout de suite, d'autant mieux que le a cours chronologique des évènements que je me suis appliqué à suivre jusqu'ici m'a conduit insensible ment jusqu'à la date voulue.Car, en effet, de 1869 à 1874, voici tout ce qu'il y a de noter : les industries du coton et du papier prirent du développement, le commerce s'améliora un peu et la population grandit avec assez de régularité.C était donc en l'année 1874, Sainte Cécile était devenu un gros village de près de trois mille habi tants et c'était toute son ambition de se voir éri ger en ville La charte préparée et soumise à la legislature de Québec fut accordée cette même an née-là ; Sainte-Cécile resta le vocable de ia paroisse, il n\u2019y avait plus qu\u2019à trouver un nom pour la petite ville, toute fraîche incorporée.Le maire d'alors, M.Marc.-Charles Despocas, un des principaux commerçants de ls nouvelle cité, en proposa un très joli, celui de Salaberry.C'était, à la fois, rappeler le héros qui ssuva le pays non loin du site de Sainte-Cécile et la division sénatoriale dont son territoire fait partie.Mais il était dit qu\u2019un dessein si juste et si intelligent ne réussirait pas complètement et du premier coup.L'opposition vint de qui on pouvait la croire naturelle, mais dont on ne voulait pas l'appréhender.M.Alex.Buntin, plus haut nommé, représentant de l\u2019idée anglaise, et possesseur à lui seul de près d'un tiers de la propriété aans la jeune cité, voulut biffer le nom de Salaberry pour imposer celui de Valieytield, l\u2019objet de son choix.Le maire s'opposs vaillamment, comme bien l'on pense, à ls consommation de cette iniquité arbitraire.Il en naquit des contestations interminables.Finalement, pour ne pas retarder la concession entière de la chartre ou contrecarrer dès le début son parfait fonctionnement, les deux représentants de la ville en vinrent à une entente.Sur l'avis des législateurs eux-mêmes, la majorité, toujours tolérante, céda le pas à Ja minorité, et la charte fut inscrite dans les statuts sous le nom de \u201c Sala- berry de Valleyfield.\u201d Les Anglais étaient satisfaits et les Français furent censés l'être.Il est résulté de cela que, pour les gens d'affaires, le nom collectif d'incorporation étant trop étendu, la finale seule, Valleyfield, est restée.On l\u2019emnploie seule À l'hôtel des postes, au télégraphe, aux stations de chemin de fer, dans les currespon- dances privées trop généralement et dans les lettres d'affaires surtout.L'autre sombre dans l\u2019oubli, et c'est ainsi que se trouvent radicalement lésés, par un suhterfuge habile, les droits indiscutables et sacrés de la majorité Nos gens, cependant, ne se plaignent pas trop : ils souffrent cette avanie pour le bien de la paix.La générosité française vivra toujours ! Néanmoins, les actes et minutes du conseil de ville et cles cours de justice siégeant à Salaberry de Valleyfield conservent religieusement la rus- cription légale.Le journal français et unique encore de la ville, s'inscrit fidèlement et avec générosité sous la rubrique de Salaberry de Valleytield.Espérons que cette chère relique pourra être ainsi sauvée du naufrage.Salaberry, c'est un nom qui doit tenir au cœur, non pas seulement à nos compatriotes de l'endroit intéressé, mais à chaque Ca nadlien-Français digne de son origine.Plus ambitieux, sans vouloir être injustes cependant, sont encore mes vœux, à moi.Vienne le Jour où la charte qui régit Salaberry de Valley- field aura besoin d'être remaniée ! Alors, si comme aujourd'hui, la population française l\u2019emporte encore d\u2019une énorme proportion sur l'autre, et c'est hien probable qu'il en sern ainsi, elle pourra se faire rendre justice et ne pas passer davantage pour habiter une ville toute anglaise, aux youx des étrangers.Dana ce temps-là, le joli nom de Valleyfield, charmant en vérité dana son genre, mais dissonant en ces pays-ci, irait échoir à quelque frais village d\u2019origine saxonne, capable d'en faire ses plus chères délices., Après avoir étudié les origines de Salaberry et savoir saluée à l'aurore de son histoire comme ville, je m'arrête ici.LE RONDE ILLUSTRE Dans un prochain article, j'essaierai de montrer ce-qu'elle a été depuis lors, ce qu'elle est et ce qu'elle promet d'être.Nous verrons, si possible, ans quelle mesure la jeune cité à réalisé ses destinées depuis 1874 jusqu\u2019au temps d'à présent.ELL CHRONIQUE SCIENTIFIQUE Céleris empoisonnéds.\u2014Le Dr Charles M.Cresson, de Philadelphie, prétend avoir trouvé à plusieurs reprises des bacilles de la fièvre typhoïde dans le jus provenant de l'expression de céleris, cultivés près de Philadelphie.Les aifilets des locomotives.\u2014Un médecin auriste distingué de Glascow, le Dr Thomas Barr, a fait une étude, présentée à l'Association médicale britannique, sur les accidents causés par les sifflets de locomotives sur le sens de l\u2019ouïe.Après avoir constaté qu\u2019ils sont beaucoup plus nombreux que l\u2019on n\u2019est porté À le croire, il arrive à cette conclusion, qu\u2019il est absolument nécessaire de supprimer les signaux sonores, stridents et aigus, chose d'autant plus facile que l'on peut ob tenir des signaux sonores de grande portée sur un ton beauconp plus bus.Les sifflets et les sirènes de navires à vapeur en sont la preuve.Dans les locomotives à très haute pression, le régulateur de distribution pour le sifflet n'existe pns ou fonctionne mal, de telle sorte que le son a bien plus de violence après un arrêt, où la pression s\u2019est nécessairement élevée, qu\u2019en cours de route ; or, rien n'est moins logique, puisqu'à ce moment le signal n'a qu\u2019une importance relative ; -d\u2019autre part, rien n\u2019est plus nuisible puisqu\u2019il se produit alors au milieu de la foule amassée sur les quais des gares.Un curieux phénoména physiologique.\u2014Tout le monde sait qu\u2019en mettant les deux fils d\u2019un galvanomètre sensible l\u2019un au dessus de la langue, l\u2019autre au-dessous, on produit un courant qui fait dévier l'aiguille du galvanomètre.Mais l'Ælectri- cal enyineer nous indique un autre moyen beaucoup plus simple et beaucoup plus original de mettre en évidence les propriétés acides de la salive.Il consiste à mettre une petite lame de zinc sous la langue et une pièce de fr.en argent entre la lèvre et la gencive supérieure.Au moment où l'on fait toucher ces deux métaux, les yeux subissent une contraction faisant croire à l'apparition d\u2019un éclair.Si l\u2019on ferme les yeux en faisant cette expérience, on ne sent plus rieu.Nous avons répété cette expérience avec des pièces de 1 fr.et de 2 fr.en argent et des pièces en or, mais le phénomène est moins net qu'avec une pièce de 5 fr.en argent.Cette expérience est très curieuse et nous engageons nos lecteurs à la répéter.Les ballons de mer.\u2014 La marine et l'aérostation sont deux termes qui semblent jurer ensemble.Cependant, ballons ct vaisseaux se confient aux éléments mobiles, et les conducteurs d\u2019aérostats, comme ceux «les navires, s'appellent capitaines.Le capitaine de vaisseau Serpette avait été délégué par le ministre de la marine pour suivre les cours de Meudon.Après plusieurs mois d'études, les capitaines Krebs, Renard et Serpette se sont rendus à Toulon avec deux ballons et les appareils nécessaires pour commencer leurs expériences.1 e ballon militaire a, sur terre, un point d\u2019attache, immobile et solide.On peut y établir, avec une sécurité presque absolue, l'observatoire nécessaire aux opérations de guerre.En mer, le câble qui attache le balion au navire ne sert qu'à lui imprimer une oscillation souvent dangereuse.De plus, la marche du bateau communique une traction fâcheuse à l\u2019aérostat.Le capitaine Serpette a combattu ces difficultés en augmentant la force ascensionnelle Jes aérostats par la purification du gaz hydrogène et en réduisant leur volume et leur poids 437 Les ballon en service au parc maritime de La goubran, dans l\u2019arsenal de Toulon, ne cubent pas plus de 1,000 pieds.Ils enlèvent quatre hommes nunis d'appareils de photographie.Le câble, en fil d'acier d\u2019une longueur de 3,600 pieds, très léger et résistant, s\u2019enroule sutour d'une bobine attachée au cuirassé.Singuliers effets d'un coup de foudre.\u2014 La Revue scientifique, après avoir rappelé le cas de foudre en boule de Pontevedra, signalé ici il y a quelques mois (8 février 1890), cite le fait suivant que lui communique M.Cunisset Carnot ; Dane l'après-midi du 13 août dernier, un violent orage éclata sur Dijon et ses environs.La foudre tomba en plusieurs endroits ; mais, au village de Plombières, il se produisit une décharge électrique vraiment extraordinaire \u2014 La foudre frappa d\u2019abord un poteau télégraphique placé sur la route, à quelque distance des maisons ; puis, suivant le fil aérien sans le fondre, pénétra dans une maison, où elle fit un trou au plafond et démolit la cheminée.Ensuite, après avoir suivi, sur un certain parcours encore, le télégraphe, elle le rompit et tomba, au bord de la route, aur une énorme pierre de taille qui fut mise en morceaux, tandis qu\u2019une porte de jardin voisin était arrachée de ses gonds brisés.Mais une partie de la décharge seulement paraît avoir pris cette voie, car, cimu'tanément, une maison placée sur le trajet du télégraphe, qui y est attaché, recevait la visite du fluide dans de singulières conditions.\u2014Cette maison est celle d\u2019un boulanger qui, au moment du coup, était derrière son comptoir, occupé à couper du pain, tandis que deux peintres, montés sur un échafaudage, à l'extérieur, peignaient en vert la devanture de la boulangerie.\u2014 Quand la décharge se produisit, un des deux peintres fut, non pas jeté à bas de l\u2019échafaudage, mais descendu à terre sans secousse ; le pinceau que tenait l'autre fut retourné et introduit, les poils les premiers, dans la manclie de son veston, et le pot de couleur fut renversé.En même temps, dans la boutique, le boulanger voyait apparaître à ses pie«ls une boule de feu qui disparut instantanément,en lui donnont une violente secousse ; son couteau était enlevé de sa main et projeté à l\u2019autre bout de la pièce, tandis que son tablier et plusieurs doigts de sa main droite étaient couverts de peinture verte, empruntée évidemment, par le fluide, au pot \u2018ont se servaient les peintres.BIBLIOGRAPHIE PIKON, 88 vie, ses œuvres, aventures plaisantes, bons mots, Chansons, ete.Jolie brochure publiée par la librairie Ste-Henriette (G.-A.et W.Dumont) 1826, rue Ste-Catherine.Agent à Québec : M.F.Réland, 364, rue St-Jean.Prix : 15 ceutina.Nous avons lu avec plaisir cette charmante petite brochure qui vient de paraître à la librairie Ste-Henriette.Et bien souvent, en faisant cette lecture, nous avons ri de grand cœur aux bons mots du roi des rimes, Piron.Comme les jours sombres de l'automne sont maintenant arrivés, nous conseillons à nos lecteurs de se procurer ce livre, il servira certainement à les distraire.Nous félicitons les éditeurs de leur bonne pensée, et nous pouvons les assurer que bientôt pas une famille ne manquera d'au moins un exemplaire de iron.Il aura certainement le même succès que I'Ams drs salons, édité par la même maison ; livre que l'on trouve dans tous les foyers.La baronne de N., qui est un peu mûre, demande en minaudant au baron Rapineau : \u2014-Quel Age me donnez-vous, voyons ! Une bonne amie à son voisin : \u2014 Elle s'adresse à lui, parce qu\u2019elle le sait avare, LR + Deux chasseurs se rencontrent en plaine.\u2014 Quelle est donc cette dame qui t'accompagne \u2014C'est ma belle-mère.=\u2014Et tu l'emmènes à la chase 1 \u2014Oui à cause des accidents ! Chassé, proscrit du royaume de France, Au Canada, viens, Comte de Paiis ; Si ta devise eat de foi, d'espérance, ue, de par Dieu, le trône en soit le prix.hambord mourant te cède en apanage Un droit divin qu\u2019un drapeau disputa.Recueille donc ce royal héritage : Un trône en France, amour en Canada.En son exil, Vive le Roi, quand méme'! Viendra le jour où tu prendras ton rang : N'achète le sacré diadème à Au prix de l'or, de la honte ou du sang.L'or est aux Juifs, lu honte est à la suite De ce parti qui parla de drapeau.Agis en roi, si la France t'invite, Compte sur Dieu, sois_ton p.opre héraut.Le Canada, resté français, t'acclame Heureux et fier de saluer en t i Celui qu'en France, en silence, on réclame.Saus crainte, ici, chantons : Vive le Roi ! Puisse l'écho jusqu'aux champs de Vendée, A Quiberou, dans les landes d'Armor, Dire à la France : Entin, sois décidée.\u2026.\u2014Vive le Roi !\u2014Nous t'aimous plus encor, LA VIE AMÉRICAINE (Suite) De ce qu\u2019il y a des abus, comme je l\u2019ai indiqué plus haut, il ne s\u2019en suit pas qu'on doive condamner tout un système.Les grands centres de population américaine devraient avoir des agences matrimoniales pour fuciliter les relations et les unions entre jeunes C'est peut être un peu risqué ce que vous avancez là, direz vous.Aussi, je me sens de nouveau le besoin d'appuyer mon dire par le témoiguage d'un é rivain qui sait dire de bonnes vérités sous une forme plaisante, dans le Canadien des Etats-Unis.M.Ch.L.de Salaberry se demande si le beau zèle des Américaines pour le mariage s\u2019est refroidi et, répondant carrément non, ajoute : Le fait que l'Allemand Mock, dont les journaux avaient publié les désirs, a regu plus de cing mille lettres de femmies qui tou es voulaient l'épouser, le feraient disparaître pour jamais.Malgré leurs autres petits défauts, Dos sœurs ne te sont jamais fait tirer l\u2019oreille pour remplir ce léger devoir.La différence est «le sav.ir où se rencontrer.C'est le ralon qui nous manque.Nous somines là des milliers de garçons et filles qui soupiruns les uns après les autres et nous ne savons où nous dénicher, l\u2019uis- qu'il y a des Exchanges pour le pétrole, les acti«ns de banque et mille autres articles de commerce, pourquoi n\u2019y en aurait il pas un pour lu plus grande nécessité de la vie, qui est celle de l'homme pour la femme et de la femme pour l'homme ?Et que les gens mariés qui ont saisi leur poisson depuis longtemps ne viennent pas nous dire avec un air dégoûté que de semblables mariages seraient vides de bunheur.parce que l-a partis manqueraient de se connaître suffisamment.Et n'est ce pas seulement dans ces circonstances que l\u2019on aime éperdument ?Le fait seul de choisir un consort de la sorte, sans consulter antérienrement les propos sangrenus d'un voisinage cancaniers, dénote déjà un- Âme aimante et anxieuse de se prodiguer.Dans tous les cas, l'homme ne vit pas sen.lement de pain, il lui fauc quelqu'un pour coudre ses boutons, raccomm-«ler ses chaussettes et faire bouiliirs n pot au feu, sans parler de cette mulviplication spéci le- ment ordonnée par la loi nouvelle,\u201d Alors il a besoin d\u2019une épouse ; et où la preu-lrait-il s\u2019il n'a aucune connaissance parmi le beau sexe ?À Castle Garden, naturellement, et toujours i Casale Garden, tant qu'on ne lui en aura pas ouvert les portes d'un Ærchange mieux pourvu et plus agréable.Comme vous le voyez, la nécessité d'agences matrimoniales s'inpnse tellement, qu'il s'en est créé une par la force des chuses, Vous savez sans doute ce qu'est Castle Garden.C'est le lieu de débarquenient des émigrants.On J voit passer des familles entières, des vieillards, quelquefois attirés par l'espoir d\u2019une existence LE MONDE ILLOSTRE meilleure ; des jeunes gens, qui ont au moins l'se veuir devait eux, et des jeunes filles représentant tous les plus frais minvis de la vieille Europe.Celles vi restent parfuis longtemps & Castle Garden, en attendant une place.Ce n'cat pas toujours celles qu'elles avaient rêvée, mais elles se- runt heureuses de la prendre faute de mieux.La rapidité et la facilité des comwunications entre l'Ancien et le Nouveau-Monde, ont fait disparaître puur l'Européen cet âge d\u2019ur où l\u2019on courait au devant de lui, à l'arrivée de chaque bateau, pour lui offrir du travail.Malheureusement, ce west plus cela aujourd hui.ll sutlit d'aller faire une promenade à Castle Garden pour voir le nombre considérable d'émigrante qui sout là sans ressources, Un tel état de choses ne pouvait manquer d\u2019attirer l'attention des aspirants au wariage.Le chef du bureau diwinigration en sait quelque chuse, ll ne se passe pas du jour que ce haut fonctionnaire ne reçoive quelque correspondance matrimoniale ainsi cunçue : M.le Commissaire, Je demeure sur la frontière indienne, dans une contrée ol les habitations sont tres raves et les femmes encore plus rares.l'est Vous dire tout le prix que l\u2019on attache à Calleæ-ci, Longtemps j'ai résieté aux ennuis de la solitude et du célibat furce, mais je suis 4 bout de résistance et jose W'audiesser à vous pour tn: ttre Uu terme à mou infortune.Four vous douner une idée de son inten ité, il me suffira de vous dire que dans les premiers temps ds mon Établissement dans cette coniiée sauvage, j'avais gardé l'habitude de purter des chauesettes\u2014dermier vestige de lu civilisation que je venais de quitter, ll m'a fallu, hélas ! renvucer à cette duuce et innocente hatitude.Mon cœur se gonflait à la vue de mouceau de chaussettes jetees au rebut, grussissant de setialne eu semaine, Et pus de gentille p tite main pour mettre de l'ordre daus tout cela | Aussi, je n'en purte plus de chaussettes, et, pour m'eparguer le triste spectacle de mes pieds privée de cette enveloppe indispensable duns tout pays cix 1isés, j'en suis reduit « garder mes boites des muis entiers.C'est que, voyez-vous, nous he couchons pus sur des lita de 1.ses.C'est surtout lorsque je pense à la choucroûte que mes larmes sont prêtes à deboruer, Il y a si lungtetps que Jeu ai suvouré de cette boune choucroiite, comme vu sait bien la faire daus trou pays ! Aussi, je vous eu coujure, monsieur le Commissaire, envuyez-Inol parti les jeunes filles disponibles à Castle Garden, une de celles qui raveut le micux préparer ce mets national.C\u2019est l'essentiel, Quant au reste, je n'en suis pas difficile ; entre vingt- ciuy et trente aus, taille n.oyeune, figure assez avenante et teint frais, voilà mon affaue, Je ne chicanesai pas sur la longueur du nez ou des oreilles, la couleur des yeux encore woius sur colle de la chevelure, car vuua le savez, C'est Un Aiticle fort risqué daus nus pniages.Dans les envirois, les Indiens en unt eulevé une centaine, l'an der- hier seulement, eu en scalpant les propriétaires.Mais ne dites pus cela à mia future ; ça pouriait peut-êète la de- goûter de venir.\u2019 Daus l'espoir que vous voudrez bien vous intéresser à mon cas et m'ensuyer le remède, Je suis, wmonsieur le commissaire, Votre dévoué se: viteur, FRANK HARTMANN.P.S.\u2014La meilleure nianière est de l'expédier contre ren:boursemient au fort de High Hill, où j'hui la chercher à cheval.| «commandez-Jui bien de se muuir d'une bonne ~ provision d'aiguilles et de fil, F.H.Cette correspondance pourrait former un gros volumie : je vous en ferai grâce.Mais ce qu'il y a d'étonnant, c'est que cette prote singulière ait eu le dun de provoquer la jalousie cle certaines dames de New York.Je ne comprende pas, écrit au Commissaire Mistress Prettymouth, avec uue amertume mal déguirée, que les feriviers de l'Ouest aillent chercher des épouses au Cas tl- Garden, et encouragent ainsi l'immigration des Kuio- péennes, alors yue ant d'Américaines cone noi, jeunes filles ou veuves, scialent si heuteuxs ce porter le joug matrimonial.Si ce prys-ci a besoin de protection, c'est assurén ent ur écarter cette concurrence déloyule que vient nous ivrer sur nos propres marchés l'ambition des filles de l'Europe.Les Allemands et les Français ont bien frappé d'inter diction à l'entrée de leurs purts notre besu pore aniéri cain, sous le fallacieux prétexte qu\u2019il était trichiné, Pe urquoi donc, par de justes représailles, nos jeunes gens ne fermeraient-ils pas la porte de leur cœur à ces produits exotiques, malrains.pour nous, hélas ! y a là, monsieur le Commisraire, un sentiment de justice et de patriotirme qui ne vous échappera pas, etj> suis persuadée que vous ferez tout en votre petivoir pour faire bénéficier vos compatriotes des demandes mistrinio uiales des fermiers de l'Ouest.Pour mon compte personnel, je vous assure que je sais coudre un bouton de chemise et préparer la chousroûte aussi bien que n'importe qui.Je ne demande qu'à me consacrer toute eutère au bouheur d'un fermier eu quite d'une épouse, ; , Dans l'espoir que vous voudrez bien m'honorer de vos faveurs, agréez, monsieur le commissaire, Dies reniercie.ments auticipés.Ç FANNIE PRETTYMOUTH P.S.\u2014Ni vous réussiez à me marier, je donnerai vus Pb noms à mon premier-ué.; lui de Costes, - Les écrivains de toutes les littératures ALPIIONSE KARR L'auteur des Guépes, dont nous publions le por trait en première page, est fils d'un pianiste distingué, et était né le 24 novembre 1808 Après 1a wort de son père, il vécut d'abord modestement avec sa mère, aux environs de Paris, et obtint d'être chargé d'une classe de cinquième au colliy: Bourbon, oti il avait fait lui-méme ses études.Sous la double influence du romantisme et d'une première pas-ion qui loi fournit le sujet de ses debuts littéraires, il cultiva la poésie et envoya vue pièce de vers au directeur du Figaro, qui répondit en lui demandant de la prose.Il devint dès lors, un des rédacteurs de la feuille satirique.Déçu dans son amour, il mit en prose le rowan de sa jeunesse qu\u2019il avait d\u2019abord écrit en vers et, qu'il intituls : Sous les T'elleuls.Après ce roman, qui parut original, vinrent successivement : Un heure trop tard, Fa dièze, Vendredi sur et le Chemin I.plus court.Du grand nombre de romans ou ouvrages du fantaisie, publiés ensuite par M.Alphonse Karr, nous citerons encore : Genersève, Cluthide, Fen Bressier, Voyage autour de mon jardin, la famille Alain, Tisturre de Ruse et Jean Duchemin, Forten theme, les Soirées de Sainte-Adresse, Lettres écrites de mon jardin, la l'énélops normande, la Pécha en eau dunce et en eau salée, suivi du Dictionaire du pécheur, Roses noires et Kuses bleues, etc.Tous ces romans ou recueils de nous elles ont été plusieurs fois réimprimés en divers formats.Au milieu de ces publications, M.Karr n'abandonna jamnais le journalisme.Médacteur en chef du Figaro en 1839, il fonda, au mois de novembre de cette même année, les Guêpes, peuite revue aris- tophanesque, qui eut un succès des plus retentis- sunt, atlira au critique de vives inimitiés, voire même de la part de Mme Louise Collet, une tentative de meurtre qui, heureu-ement n'aboutit qu\u2019à une égratignure.Les G'uépes, qui sont devenues, dans la suite, /es G'uêpez itlustrées, ont été en partie réimprimées en volumes.Après lu révolution de 1848, Alphonse Karr se présenta sans succès aux élections pour la Constituante, duns la Seine-Inférieure.Il publia à cette époque, le Livre des cent vérités et fonda le Journal, où il défendit la politique modérée de la Constituante et du général Cavaignac.Après le 2 décembre, Alphonse Karr se retira à Nice, où il s'occupa d'hurticulture, objet d\u2019une des passions les plus constantes de sa vie.Plusieurs fleurs, notatument un dahlia, portent son nom.Au milieu de sun commerce, il publia de nouvelles séries de G'uépes : il reprit encore une fois ce genre et ce tit.e, en feuilleton hebdomadaire dans l'Opinion nationale, en 1869, puis dans le Figarn, sans y retrouver la verve qui avait tant contribué à leur succès.Le 13 jauvier 1860, M.Alph.Karr fit représenter au Vaudeville une pièce en cinq actes, en prose, la /\u2019énelope normande, tirée de son roman du même titre, et qui n'eut pas tout le succès que la direction du théâtre paraissait s\u2019en promettre.En 1866, il donna au Théâtre-Français les Æuses jaunes, comédie dont le sujet était emprunté à une gracieuse nouvelle, Dans Is derniéres années de sa vie, Alphonse Karr s\u2019était fait le coryphée des réactionaires.Son volume d l'encre verte est une pitoyable attaque zuntre la République et une œuvre anti-patrio- tique.Lepuir, il s'était condamné au silence.Ce tut un des esprits les plus alertes et les plus bril- ante de notre époque, un des maîtres de la chro- LE MONDE ILLUSTRY 439 = nique, et comme romancier, il a souvent donné une note fort origiuale.M.Alphouse Kurr est décédé le 30 septembre dernier.ILS ONT VOULU EN FAIRE UN MONSIEUR J'ai vu hier une chose tristement comique, une famille do cultivateurs a cru devoir pousser un de ses Mielnbres : Un gargon a é1é uns au colicge, Dieu suit que de sacrifices ce latin a coûté à ces pauvres gens ! Dieu sait de cumbien de vétenients chauds lhiver on s\u2019est privé, pour entretenir au college lorgueil de ln dynastie ! Combien de fuis on n mungé du pain sec, quand arvrivaient les époques fatnles des quartiers a payer ! 11 reste & In ninison un fils et une fille.La fille à manqué un bon marisge avec un garçon qu'elle slinail, ses parents H'ayant pus soulu lui donner une petite dot que demandait la famille du jeune home, parce que l'argent était destiué à celui qu'on élevait pour en fure un Monsieur.Le tils conduit la ferme et nourrit tout le monde, mais il a bien du wal a obtenir quelques journaux pour suivre les progrès de l'agriculture.11 a besoin de se quereller pour obteuir de ses parents le fumier nécessaire pour engraisser ses terres.Ni lui ni sa swur n'ont d'hubits propres pour le dimauche.Le prix de leur travail opi- uiâtre est euvoyé à la ville pour l'éducation uni versitaire de Monsieur.Muis le Monsieur a écrit qu'il était bachelier.Depuis quelques jours on attendait le dit Mou- sieur : il avait élé passé le commencement des vacances chez un camarade de co lège, et il navait accordé que huit jours à +æ fauulle, ll avait an- notcé, par une lettre, qu'il allait arriver avec son ami.Ses parents sont fort riches, disait-il ; il espérait qu'on lui ferait un bon accueil et qu'un u'aurait pas l'air trop paysans.Depuis la réception de cette lettre, ces pauvres gens sont dans une agitation singulière : «abord on se prive de tou! pour pouvoir depenser davantage quand le Monsieur va arriver ; On & vendu deux ] x | VY ; ?XY Sp LR RS + ar a y af + it a, ol ms wind d 23 pue, À a, 1) -\u2014 utils! æ a Pa \u201ca, Xs & $ ver pa i Sh * se, \u201cie Ei % menu EE STE ie ACS 4 5 ve _ _- ym sowed a N PE Xa, a EZ KU] [AY A by -\u2014 ya I foo.on 3 = Ra pue Fo vs RY oe A = OR, > en Pa sg aE a) oJ AR ba I ra BAL : A) er > k; 3 3 2 + SA 5 A Lt 3 x » 5 Bs Fv.RAR a Pg es, hs a SO Sard à £4 es p) 39 hy 2% va = ES J LS LY?5; Le Eig LS BE 2 pa ERA RK fy i es \" 2 0 FR 7) A ne A SARABEERY DE VALLAYPIRLD A VOI D'OISRAU 1 or ais EY ae & pr te Zr wis te \u2014 Fa - ar + È ~ 2.\"EE 4 gt > ; : va à =, » a _ or Lf a a Nie ri vi ; Re ver ool ps Bu pe x3 2 5 jd prt 8 a hy} ot » [Te tod a + D eG v3: x + ir t 0 Xi i 8 Fr Fe.ri, 5 rt + Za toc; = as A ; i, Sh) A sd \u201c 5 .; A % =n 5 À + ils a Sa = Fo pa =*- 1 w vy i ¥ od | oy i Rl a BLN Pp na ey L'HOTEL-DE\u2014VILLE KT LA PLACE DU MARCHE A TRAVERS LE CANADA.\u2014 SALABERRY DE VALLEYFIELN) Photographies James Martin, Valleytield, \u2014Phete-gravures Armstrong y i Vi ! I nu il R fi eu if M th fm A \u201c | Wi H TER | ul fi i || ET wo hi la fi | il bil Hi Sig 1 al hy W Ji il fi | | ; i Ni i gi M bik an hi } i On Il I i hi ! i ii | i infec | ft kd y 5 ! \" 18 | | ih 5} ; ; i i i I' 5 i M fl ii il + fl It I pe NU hy ! 3 vais | i il ii ju # | Ÿ il 1 hy | | hy ft n i | il i by h y hi! Ji | | | hi i | | i fi il ii i Ji.if 1 \" W I it | ; fi I ih gi | y Vie i {il il Au h I wit) Li , | il ih i bi | DIU li TH | gt fi | al Ih i pi li Es, I I fi I fi iy | | | } ï ity | He 1 il i i | fi | { i EN A I; | AE À i | A ; | i ; \\ ef I I ; il i lr \u2014_ |i i ii i i | Ji Jil y I I | | fp Ih ! | li ft : It i! H I i # hi Ji ; Be.\u201d ve ! i I | i el i if iil Ih pi i J! i i ! | if i hl | | i 4) di th I ul! df Hi dx Ta 4 Co Hi M | dl i! i! j il il if i 4 fi J A) i I i i it upp | i il ih | hi fl ih ie | | igs 1h i {I ul i | ; Pr \"thd |i i I IN hl i i 1h i i KR x nl (|! I ih Ih | | i li lit ti [A iu À } All +; | ni | | i | i i il i.| =) A li if 1e fs dl il Hi La fod | I il | tu je I : fl I il | Mit i ! I | i ji ; \"il I i Hi 1 ky KG: y il Jif | lr il | i A if I il 0 i\" yl Hi Roa 3 a Lo { i lk, il i i i i: | Ii ; il ; ! pill i f I! | A il \u201c : Hi ii A I hil | i In lh ih \" i i il 8 Mr li J I i! j Li i ha! 4 Ih il | I i H | jh | | il Jib, À oi i ii |r hi i Au pif I | / N li b A ey dl lle i il { f s £ i i I Li i hi A i à RN I yl P ji IH I il! if i | \"i | | fi i y Ç | = i W | He i I i Ii i ih i; i 4 \\ Ÿ y th i A I fi bi i | i ; fu A i: he I S à oe A \u201cWhi I ol hin iy i i iil y S 4 il f Il i il sf J NR Rs) i ni iit lig | lf ; NN NN f A a | h Ii 4 | i i i Ii il ii 5 NN = | ; iif 2 oS = Be hp hi Wl th / | fi | ÿ il hi i * = ES 3 a i inf pu jit | =.I il ily; i il us hi if i J i i Wh at TS =.\u201cyy Py i [0 i, Ï fi i i jl >.ê nN so La by A EN = Mn 24h i i! | f ! di i i i i fp I\" Le Z bil Hy £8 a ; i EO Ww | ce i ve ho} = Xo S Ÿ i Re 2 34 / ull Th ; w ip ee En] Sc \u20ac == \u20ac = Ts i th TT pe = SER i / pl Yd i il ih & Wy > de v4 = « A.I | I % i 4 \u201cÀ, i | dk ww pet : 12 \" N [i i Wh a \"à 3 pe, S As S °° S = Eo N S +» Erma Ea ST ANN NN Ne ND S NN \u2014 44 iP.\\ Ÿ FAN ÿ nN NN SN S X =N S > S$ = 4 IR N , S Nn ty N S D NN Xr.ae ea {3 HE \\ J if S ES 2 NN \u2026 .jog fh NY S S , RN BA Eu _ Pa - \u2026 Es PR \u2026\u2026 , S \u20ac ; fs: + > LS «i }.VEE rb $ = Ry or Up PES dy A.9 ny 8 L= Nr ES, pare af NS Sn a= Ses\u201d 4 5 x Bay, ih \\ Re \\ = sa = f ja e » = ii \\ ox ss SN 3 SES Hi = 5 3 ik.3 SN S S$ se 4 AN \u20ac y = Wp x 4 À sm v se N NS à Ww = A Li \\ 7 ta i 1h) yk EN 1 EE ta pit ÿ \" diy a * a, te Tm ME \u2014\u2014 > BEAUA-ARIS.\u2014 LE RETOUR DU FIDELE MESSAGER 422 LE MONDE ILLOSTRÉ | FLEUR - DE - MAI, Feuilleton du \u201c Monde Illustré \u201d ee EY +3 Ea Elle se tint sur ses gardes, et, légère comme un chevreuil, elle se mit hors de son atteinte.\u2014 Voir page 422, col 1.PLEMIERE PARTIE LA TIOTE (Suite) Romain se fâchait, tout étonné de se heurter à cette résistance imnprévue.Une lueur de colère commençait à luire dans ses prunelles fauves.\u2014Et moi, je veux que tu me le dises, \u2014gronda- til.Et, prenant a course, il a\u2019élanga sur la Tiote.Mais elle se tenait sur ses gardes, Et légère comme un chevreuil elle se mit hors de son atteinte.Cependant il était fort, agile, rompu à tous les exercices du corps.Mais la Tiote revint sur ses pas, toujours tour- No ¢ nant et zigzaguant à travers le taillis, puis avisant un gros chêne qui se trouvait À l'orée du bois, elle le gravit avec la prestesse d'un écurevil.Romain, furieux, arrivait au pi d du chêne.\u2014Veux-tu descendre !.\u2026.Veux:tu descendre !.La lande était à deux pas, le chêne s\u2019élevant sur le talus même qui séparait le taillis de la plaine.Romain courut jnsque là, et se mit à ramasser des pierres dures, coupantes\u2014tout en grondant : \u2014Attends ! attends ! sale gueuse, je saurai bien te faire clégringoler de là, tu vas voir.La Tiote, cepennant, avait gagné vivement une branche transversale et là, elle se cachait de son mieux derrière le feuillage.Mais il parvint bien vite à la découvrir et les pierres commencèrent à voler avec un sifflement aigu.ientôt l\u2019une d\u2019elles atteignit ls pauvre Fleur- de-Mai au visage.Et elle ne put retenir un cri de douleur.\u2014Veux-tu descendre, \u2014cria encore Romain dont le colère allait grandissant.Et il lança une nouvelle pierre, aussitôt suivir d\u2019un autre cri.\u2014Qu'a-telle donc fait, cette fille, \u2014demandd une voix aigre et cassante, qui fit Romain se re tourner brusquement.Il n'avait pas enten lu venir jusqu'à lui un petit panier en osier, attelé d'un cheval à tous cris.Maigrement nourri, et conduit par une vieille dame vêtue à la mode de la ville, d\u2019un costume noir à la fuis prétentieux et défraîchi.\u2014 Bon ! se dit Romain en lui-même, \u2014c'est In vieille dont m'a parlé Irma, attention La dame était grosse, matlue, elle pouvait bien toucher à la soixantaine.La couperose avait envahi ses joues flasques, et des yeux petits, mauvais, agiles, brillaient sous des sourcila embroussaillés.\u2014Faites excuse, wa brave dame, \u2014répliqua Romain.\u2014minis il n'y a pas moyen de venir à bout de cette petite ross, .Elle vst méchanto comme une peste.Elle chaparde tout ce qui est à sa por- tuée I. LE MONDE ILLUSTRÉ 443 EE Dans les yeux de la vieille dame brillait une joie féroce.\u2014 Ah ! si elle vole !.la corriger.- \u2014C'eut ce que je faisais, comme vous voyez.\u2014Et vous, mon brave homme,\u2014demands la dame après avoir apaisé son cheval que les taons énervaient, êtes-vous du pays ?\u2014Ah ! tu veux me faire causer la vieille, çe dit Romain, nous allons bien voir.Tout haut il répliqua : \u2014 Non, ma chère dame, je suis de Marchenoire, Lien loin d'ici.mais je suid venu dans ce pays we louer, parce que la maîtresse de la Glandière avait besoin d'un domestique.\u2014 Ah ! c\u2019est très bien ! C'est très bien !.Et pouvez vous m'indiquer la route de Nançay ?\u2014 Vous lui tournez le dos, ma bonne dame, mais en longeant la sapinière que vous avez devant vous sur la droite.vous arriverez À un frayé qui vous y mènera.La vieil'e dame formula un remerciement, tout en répétaut : \u2014Si cette enfant vole, faut la corriger \u2018 vèrement la corriger \u2018 Et le panier ¢\u2019eloigna tout cahotant.Quand il fut au loin, Romain montra le poing a ia Tiote, qui, defaillante, se tenait cramponnée à sa branche.\u2014 Tor !\u2014lui dit il \u2014je te repincerai.et ça ne sera pas long.Puur l'instant j'ai autre chose a faire.Et surtout tâche de ne pas aller raconter des ragots à Irma !.\u2014\"Tiens ! suis-je bête !\u2014 fit-il en riant, tandis qu'il s'éloignait.\u2014Pnisqu\u2019elle ne parle pas, elle n'ira point lui faire des poting.En attendant, elle sait où est la galette.Cu j'en suis sûr, et il faudra bien qu'elle m'indique le magot, autrement, je lui en promets de l'agrément.Tout en oontinuant son suliloque, Romain avait pris un\u2019layon de coupe ramenant au court, et il s'était mis à filer le panier qui continuait son chemin à travers la braude.La vieille dame atteignit bientôt la route de Nançay et se dirigea vers Salbris.Le cheval allait lentement, fatigué par la chaleur et les mouches ; il fut facile à Romain, tout en ne perdant pas de vue son objectif, de se tenir à grande distance, se dissimulant derrière les talus, les genêts bordant la route, pour éviter d'éveiller les souy çons de la vieille qui se retournait fréquemment.Le panier atteignit bientôt Salbris, et traversant le Lourg en biais, prit une route sur la droite, laquelle après maints détours le conduisit jusqu'à un portail plein, qui se referma sur lui.\u2014C'est là qu\u2019elle loge, la carabosse, \u2014 fit Romain, qui n'avait pas abandonné son espionnage.Romain était toujours vêtu d\u2019une façon sordide avec son méchant chapeau percé, sa cotta bleue, sa grosse tique, il avait toujours l'air de ce qu'il élait lorsqu'il avait rencontré Irma, d'un mauvais vagabond, d\u2019un méchant rôdeur.Il franchit la clôture d'un pré, et s'approchant d'un homme qui était, le long de la rivière, occupé à tendre des nasses : \u2014 qui ça appartient-il cette maison-là ?\u2014de- manda-til.\u2014A Mile Henriette Dementiéres.Mais pas besoin de frapper à la porte, mon brave homme, on tie vous donnerait point.Non.On ne donue jamais.\u2014Hon !.bon !.merci.Et Roniain reprit le chemin de la Glandière, en se répétant ce nom cent fois pour le loger dans sa cervelle et en se disant : \u2014Faut que je sache où elle va et d'où elle vient, cette vieille taupe, ça doit pouvoir servir.c'est bien mal, il faut .Bé- IITL.\u2014UN SECOURS IMPRÉVU Au grand trot de deux superbes percheronnes, attelées avec dea queues de renards et des prétin- tailles, un confuit«ble et éiégant omnibus tout peitit en jaune et conduit à grandes guides par un postillon portant au bras une plaque armoriée, suivait d\u2019une route plate et poudreuse du département de Loir-et-Cher, tout proche de l'endroit où se sont déroulées les premières scènes da ce récit.Derrière a voiture, s'envolait un nuage de poussière dorée, tandis que le postillon faisait claquer bruyamment son fouet.Sur l'impériale étaient entassées des malles et des valises, L'omnibus quitta bientôt la grande route et s'engagea dans une allée ombreuse de châtaigniers séculaires, aboutissant à une grille ouvragée toute garnie de fers de lances et d\u2019artichants, Devant la grille, s\u2019élevait un imposant château Loura XITT, au bas du perrun duquel s'arrêta l'attelage tout trempé de sueur, après avoir décrit une courbe savante.Sur le perron se tensit, attendant l'arrivée de l'omnibus, la marquise de Lauriac, grande, droite, imposante et charmante tout à la fois, malgré ses svixante ans bien sonnés.Elle descendit avec empressement les quelques marches du perron et reçut dans ses bras une jeune femme toute vêtue de noir, qui couvrit Mme de Lauriac de carresses, \u2014Blanche ! na chère Blanche !\u2014s'écria la marquise.\u2014 C'est mal ! oui, c'est bien mal ce que je répète en ce moment, mais que je suis heureuse de te revoir.Ah ! désormais nous ne nous quitte- roux plus.Mine Blanche de Kersaint était la vivante image de «a mère : dans son chartiant visage on retrouvait toutes les grandes et pures lignes qui avaient fait de Mme «de Lauriac, quelque trente ans aupa- rsvant, l\u2019une des plus jolies feænmes de l\u2019aristocratie parisienne.À la suite de Mme de Kersaint, ur jeune homme plus âgé qu\u2019elle de quelques années à peine, mettait pied à terre et s'empressait auprès d\u2019une adorable petite fille tenue sur les bras d'une femme de chambre descendant en même temps que lui de l\u2019omnibus.\u2014Ma mère, \u2014fit Mme de Kersaint,\u2014embrassez Louise.Et elle remit le bébé à la marquise qui le pressa tendrement sur son cœur.\u2014C'est grand'mère !\u2014s'écria Mlle Louise en passant ses petits bras autour du cou de Mme de Lauriac, oui, \u2014c'est grand'mère, je la reconnais très bien ! \u2014Ft à qnoi la reconnais-tu, \u2014demanda en souriant Mme de Kersaint,\u2014tu ne l'as jamais vue?\u2014Et à son portrait donc, fit le bébé en recom- men«ant ses caresses qui, on le devine, lui furent rendues avec usure.M me de Tauriac, suivie de Mme de Kersaint et de Henri de Lauriac, pénétra dans un salon du rez-de chaussée.Des bras de sa grand'mère Mlle Louise avait passé sur les genoux de son oncle.\u2014Eh bien ! ina fille \u2014fit là marquise après avoir regardé longuement la jeune femmie\u2014tu es dunc décidée à vivre ici désormais ?.\u2014Oui, ma mère.\u2014 Et tu crois que tu pourras te faire exutence retirée.\u2014Oh ! certainement, ma mère.Après les tortures que jai subies, le repos auprés de vous sera encore du bonheur.! \u2014Ah ! la vie n\u2019est qu'un composé de douleurs, s'écrin Henri de Lauriac.\u2014Mue de Kersaint regarda son frère avec étonnement.Grand, bien fait, distingué et élégant, d'une physionomie mâle et régulière, Henri de Lauriac ne devait rien avoir dans son existence qui pit wotiver, aux yeux de ss sœur, sa mélancolie.Et cependant une expression de tristesse profonde se lisait dans ses yeux noirs.Il regarda fixement sa sœur et lui répondit en hochant la tête : \u2014Chacun de nous, crois-le bien, ma chère Blanche, porte avec lui ses chagri.s et ses peines.Après avoir prononcé ces paroles toutes pleines de réticenceh, Henri de Laurias se leva et sortit du salon d'un pas nerveux, agité.Blanche interroges sa mère du regard.\u2014Qu'a donc Henri, ma chère maman ?\u2014de- manda-t-elle\u2014Je ne l'avais pas vu depuis deux ans, il est vrai, lorsqu'il est venu au devant de nous à la gare, mais je l'ai trouvé tent changé.cette Triste, grave, soucieux, lui qui était si joyeux autrefois, si réellement jeune $.\u2014II vieillit.les années.Blanche secoua la tête.\u2014 Vous mue cachez quelque chose, ma mère.\u2014Je ne sais rien, \u2014répliqua vivement la marquise de Lauriac,\u2014je te jure, ma chère Blanche, que je ne sais absolument rien.Car Henri ne n'a pas fait de confidences et je ne les ai pas sollicitées.Je crois cependant qu\u2019il garde au fond de son cœur un secret et un chagrin ; car, comme toi, je lai trouvé très changé.ll ne va plus à Paris.Il ne se rend ni à Orléans, ni à Vierzon, ni à Blois.Il vit auprès de moi, ici, à Lau- riac, où la vie régulière et monotone n'est certainement pas gaie.Mais ce n\u2019est pas d'Henri, qu'il s'agit ma chère fille, c'est de toi.Ce sont tes chagrins qui pour l'instant me préoccupent par-dessus tout.PLes yeux de la jeune femme se remplireut de larmes.\u2014Ne pleure pas, ma chérie.je ne veux pas aggraver tes chagrins.Tu nvuas écris que tu quittais ton mari, que tu ne voulais p»s vivre au près de lui.que tu venais te réfugier près de moi.avec ta fille.C'étaient là des résolutions bien graves, .\u2014 Elles sant irrévocables, ma mère !.\u2014Malgré tout le bonheur que j'avais à te voir venir vivre à Laurinc, ces résolutions, j'ui dû les combattre.Peut-être n'avais-tu à reprocher à ton mari que des inconséquer.ces ?Blanche de Kersaint étendit la main, en répondant à sa mère : \u2014M.de Kersaint est un misérable.La marquise hocha la tête.\u2014Ma chérie, l\u2019homme qui trompe sa femme est toujours aux yeux de celleci un mi-érable, et digne, d'après elle, de monter sur I'échafaud.J'ai pesé ninsi la première fois que j'ai eu la preuve des infidélités de M.de Laurise.Depuis.j'ai pleuré Lien des fuis encore.puis mon parti a été pris.\u2014Eh ! ma mère !\u2014s\u2019écria la jeune femme, -\u2014ai je n'avais à reprocher à monsieur.de ,.Ker- saint,\u2014elle insista sur les syilabes de ce nom en le pronorçant avec un écrasant mépris, \u2014si je n'a vais à lui reprocher que son manque à la foi jurée, à la fui que seule j'ai tenue.j'aurais souflert sans me plaindre.Jai ma fille.Et Dieu a mis au cœur des mères un tel amour pour leur enfant, qu\u2019il leur donne force et courage pour supjorter toutes les douleurs.mais,.quand je vous ui dit que cet homme est un misérable, ma mére.je ne vous parlais pas de moi, 1e ue me mettais pas en cause et je vous ai dit la vérité.Le visage de Mme de Lauriac devint d\u2019une mortelle pâleur.\u2014TI y & donc autre chose ?\u2014demanda-t elle.\u2026 \u2014Mais pourquoi, alors, ne m'avoir pas écrit ?.,.Poy: ne w'as-tu pas prévenue 1.\u2014Ma mère, il est des secrets que l'on ne coutie pas à une lettre.\u2014Ah ! ma pauvre enfant.\u2014Oh ! ma were, ne me faites pas de reproches.\u2014Je ne t'en adresserai pas, ma chérie.Avant cette union qui était loin de me plaire, je t'ai dit tout ce que j'avais à te dire.Nous avons rencontré M.de Kersaint à Vichy.Il était bien de sa personne.brillant cavalier.en tous points charmant.Je n'aimais ceperdant point l\u2019expression de son visage.Pour moi, il me semblait toujours voir briller dans ses yeux à demi fermés une lueur de fausseté, de froide ironie qui éveillait en mui, contre lui, une prévention insurmontable.Tu as voulu l'épouser malgré tout.tu en étais folle, ma chère petite.\u2014 Folle !.oui! Lien folle !.\u2014s\u2019écria Blanche en se voilant son visage de ses mains pour cacher la honte qui le rougissait à cet instant.\u2014 Et maintenant.maintenant que je connais l\u2019horrible vérité.en partie du moins.cet amour que j'ai ressenti, je me le reproche comme la plus odieuses des fautes, comme un crime, ma mère !.J'ai honte !.J'ai horreur de moi, quand je me dis que j'ai appartenu à cet homme, et qu\u2019il est le père de mon enfant.(4 suivre) 444 PRUILLETON DU \u201c MONDE ILLU£IRÉE \u201d MONTREAL.8 NOVEMBRE 1800 LE REGIMENT TROISIEME PARTIE CONSEIL DE GUERRE \u2018\u201c(Suite) Le sergent arracha sa médaille militaire : \u2014Nou, pas cela ! non, pas cela ! dit Jacques.Mon Dieu, je ne pourrai jamais.C\u2019est trop ! c'est trop.Le sergent, impassible, bien que ses mains fussent tremblantes et ses yeux mouillés de larmes, tant cette scène est impressionnante, port la main sur les galons.D'un geste brusque, il les arracha.Mais on eût dit que du même geste il avait arraché le cœur du condamné, car on vit Jacques pâlir tout à coup, faiblir, battre l\u2019air cle ses bras et tomber évanoui.Il y eut, dans les rangs des soldats, une rumeur d'émotion.Beaucoup pleuraient, même parmi ceux qui ne connaissaient pas Jacques et ne l'avaient jamais vu.Un homme alla chercher de l'eau pour jeter à la face du sous-otficier.La triste cérémonie se trouva forcément interrompue.Alors, à ce moment, on vit arriver, au grand galop du cheval, une voiture qui s'arrêta sur la place, derrière les détachements.La portière s\u2019ouvrit.Un homme descendit.C\u2019était l'oncle César.De loin, Marjolaine le reconnut.Elle jeta un grand cri et se précipita à sa rencontre.\u2014 Mon oncle ! Mon oncle ! Sauvez le ! \u2014Je vais échayer ! dit le brave homme.Jera- mène Patuche.Jacques était toujours évanoui.L'unele s'approche du commandant.On veut l\u2019éloigner.Des soldats le repoussent.Alors, il crie : \u2014Mon commandant, je demande que on m\u2019écoute.Je demande que l'on sursoie a la dégradation ! Mais que peut la voix du brave César devant la rigueur de la discipline et l'inflexibilité de la loi ?Cheverny l'a entendu.Il fait un signe au commandant qui se rapproche de lui sans sortir du carré.\u2014 Commandant, je cours chez le général en chef.J'obtiens un sursis.Pouvez-vous attendre ?\u2014Je vous attendrai, mon colonel.Du reste, Jacques ne revient pas à lui.On ne peut dégrader cet homme à demi-mort.On est bien forcé d'attendre.\u2014Prenez ma voiture, dit l\u2019oncle, vous irez plus vite.Il en fait descendre Patoche qui n'est guère à son aise et commence, devant cet appareil tili- taire imposant, devant ces douleurs, ces désespoirs, son lugubre ouvrage, À regretter d'avoir obéi à César.\u2014J'aurais mieux fait de rester à Vienne, pen- sa-t-il.Et il regarde derrière lui, pour s\u2019enfuir.Mais César le surveille.Il relève la tête et fait contre fortune bon cœur.Cheverny est parti.Le général commandant le Ge corps demeure rue Saint-Nicaise, à peu près au milieu de la rue.Le colonel est bien vite arrivé.Le géneral est chez lui.On introduisit Che- verny.Pour tous ceux qui sont restés là-bas, sur la No 0 LE MONDE ILLUSTRÉ place de l\u2019Hôtel-de-Ville, l\u2019entretien semble bien long.Des minutes et des minutes se passent.Puis tout à coup la voiture reparaît, Depuis quelques instants, Jacques est revenu à lui.Il s\u2019est relevé, entre les soldats qui le gardent.Et il ne comprend pns pourquoi on le fait ainsi languir, pourquoi on ne termine pas d'un coup son supplice.Bernard lui crie : \u2014Couraga ! Confiance ! Nous allons te sauver ! Il n\u2019entend pas.Marjolaine dit : \u2014Mon Jacques ! Mon Jacques ! Il n\u2019entend pas non plus.Il ne reconnaît pas la douce voix de celle qu\u2019il aime.Cheverny descend de voiture et fait pusser un ordre au commandant.Celui-ci en prend lecture.Aussitôt suivent quelques commandemeuts brefs et toutes les sections défilent, retournant à leur caserne resproctive.Jacques reste sur la place avec ses gardes.Que se passe t-il ?Est ce enfin fini ?On le reconduit à la prison.Mais au lieu de l'amener dans sa cellule, c'est devant le commissaire du gouvernement et devant le capitaine Ségond, au parquet militaire, qu'on le conduit.Et en même temps que lui entrent César et Patoche.Il voit son oncle.\u2014\u2014 Il reconnaît l'homme d\u2019affaires.Il croit rêver.Pourquoi ceux-là, à cet instant de sa vie ?Le commissaire du gouvernement fait un signe à César.\u2014Parlez, monsieur, j'espère que vous avez à nous dire des choses bien graves, bien importantes, pour n\u2019avoir pas craint de vous interposer ainsi en cette condamnation.\u2014Chertes, oui, graves et importantes.Et se tournant vers Patoche fort gêné.\u2014Voichi Patoche, que M.le capitaine rapporteur connaît et qui n\u2019a pas voulu che présenter devant le concheil.Parlez, monchieur Patoche, ain- chi qu\u2019il est couvenu.\u2014Ainsi qu'il est convenu, dit Patoche, payez d\u2019abord avant que je parle.\u2014Ch'est juchte ! Et 'oncle César lui tendit un portefeuille, Patoche y jeta un coup d'œil rapide, s'assura ue l'un des billets faux s\u2019y trouvait, avec une liasse de billets de la Banque et sourit, tranquillisé.Tout se passa bien, ensom me, ainsi que César le lui avait promis.Alors il commença : \u2014J\u2019ai à dire, messieurs, que Jacques n\u2019a pas mérité d'être accusé d'avoir triché au jeu.llya bien eu tricherie, en effet, mais les cartes avaient été glissées, préparées dans son jeu par le croupier lui même.\u2014Ah ! misérable ! s\u2019écria Jacques.\u2014La preuve ?demanda le capitaine Segond.Patoche répondit simplement : _\u2014J'avais payé le croupier pour qu'il en fût ainsi.\u2014 Dans quel but ?\u2014 Pour déshonorer Jacques.Mais dans quel intérét?\u2014Jacques est le fils de Mme de Cheverny.Il me génait \u2014Misérable ! c'était toi ! dit le sous-officier.En quelques mots, cynique, insolent, audacieux, Patoche raconta l'intrigue dans laquelle il avait attiré Mme de Cheverny, de concert avec Pierre Gironde, complice malgré lui.Il connaissait le secret de Mme de Cheverny ; il l\u2019avait découvert lorsqu'il était intendant dans 84 famille.Il avait gardé le silence tant qu\u2019il avait pu tirer de l'argent d'Antoine de Pontalès, le frère de Mme de Cheverny.Celui-ci mort, il s\u2019était trouvé bientôt réduit À l'extrême misère.= C'est alors qu\u2019il avait commencé à soutirer de l'argent de Mme de Cheverny en lui présentant comme son fils ce Pierre Gironde.= Pierre Gironde, son ancien employé, sous le coup de menaces terribles, n\u2019était vu forcer de jouer le rôle d'enfai.t trouvé et par conséquent le fils de Mme de Cheverny.Les officiers l'écoutaient, écœurés, mais silencieux.Patoche se tut.\u2014Continuez, dit le rapporteur.Patoche, flegmatique, en pleine possession :le son sang-froid : \u2014J'ai fini.\u2014Couiment ?Ce n\u2019est pas possible, \u2014Si, j'ai fini la première partie de ma déposition.Il cligna l'œil vers César.L'oncle lui passa un second portefeuille.l'a- toche s'assura que celui-ci, comme l'autre, contenait les précieux billets, le couls dans sa poche et dit : \u2014Je dois ajouter que j'ai menti, toujours dans l'intention de nuire à Jacques, lorsque j'ai prétendu l\u2019avoir vu, dans le pavillon des Aulnaies.frapper Pierre Gironde.Je n'ai rien vu.Donc, j'ignure absolument si le meurtrier de Gironde est Jacques, ou M.Bernard de Cheverny.Le rapporteur, très froid, dit au greflier : \u2014 Vous écrivez ?\u2014Oui, mon capitaine.Patoche fit un signe à César qui comprit et s\u2019exécuta.Le misérable poussa un soupir de soulagement quand il se sentit maître des trois billets.TI n'avait plus rien à craindre et il était riche.Ses poches étaient gonflées de billets de banque En somme, c'était une excellente affaire, Et si peu de risques ! Une remontrance ! Une amende ! Quelques jours de prison pour faux te- moignage ! Qu'était-ce ?Rien, puisque tout cela lui valait une fortune ! \u2014 Continuez ! dit le commissaire du gouverne ment.\u2014J'\u2019arrive au plus intéressant.Pierre Girondu a été tué eu duel par Jacques ou par M.Bernard de Cheverny.Maia quel que soit celui des deux qui a tué Gironde, il n\u2019a pas tué un officier fran çais ! Un vif mouvement de stupéfaction parmi ceux qui étaient là.Patoche s\u2019y attendait, car il sourit, savourant son effet.\u2014Fxpliquez-vous, dit Segond, vraiment ému.\u2014 C\u2019est bien ce que je suis venu faire.Et s'adressant au greffier : \u2014 Monsieur le greffier, ne perdez pas une de mes paroles.Pierre Gironde n\u2019avait pas le droit de porter ce nom, car son vrai nom était Andréa Mo- riani ; Pierre Gironde s\u2019est dunc engagé, à fait son volontariat, est devenu officier de réserve sous un nom d'emprunt ; en outre, Pierre Gironde, non seulement n'avait pas le droit d\u2019être soldat français, car il est Italien de naissance, né à Mongelis, sur la côte, près de Sestii-Levante, ainsi que vous pourrez vous en assurer.Le vrai Pierre Gironde qui était apprenti mécanicien, est mort rue Saint- Roch, il y n deux ou trois ans.Voilà ce que j'avais à dire.Et Patoche s'assit.Il y eut un profond silence.Tous étaient singulièrement étmus.Cette révélation changeait si complètement lu nature de l'affaire, qu\u2019il n\u2019y avait plus aucun doute à voir, Jacques était sauvé ! Il n\u2019y avait plus le meurtre d\u2019un officier.Il n\u2019y avait plus qu\u2019un duel, avec un étranger, un imposteur ! Un duel avec un seul témoin, un duel irrégulier, mais un duel.Le capitaine rapporteur s'avança vivement vers Jacques qui, interdit, tremblant, regardait tout le monde en n\u2019osant croire ce qu'il entendait : \u2014 Jacques, je suis bien heureux.\u2014Mon capitaine ! \u2014 Vous serez gracié.Vous serez rendu à la liberté, réintégré dans votre grade, votre décora- tiou vous sera rendue, et vous rentrerez dans 1'armée, je vous le jure.Il se tourna vers le commissaire du gouverne ment, : \u2014N'est-00 pas, mon commandant } = = \u2014Sans nul doute ! ! \"Alors, Jacques pleura.\u2014Mon Dieu, que je suis heureux ! que je suis heureux ! répétait-il.Plus de déshonneur ! plus de honte ! Soldat, toujours soldat ! \u2014Et toujours bon soldat, u'est-ce pas?dit le capitaine.; ; \u2014 Ah ! certes ! dit-il avec un geste d'orgueil.Jacques, alors, se précipita dans les bras de son oncle : \u2014 Mon oncle, c\u2019est à vous que je dois ce bonheur ! Comment vous le paierai-je jamais ?-\u2014Je t'aime comme mon enfant, Jacques, dit César, les yeux humides.Rien que de naturel dans tout che que j'ai fait.Patoche se leva.Toutes ces effusions le génaient.\u201c _ Pardon, excuse, la compagnie.Je suis bien content de vous voir heureux, mais je voudrais savoir ce qu'on va faire de moi ! \u2014Vous garder provisoirement, dit Segond.Et ce provisoire durera longtemps ?\u2014Jusqu'à ce que vous nous ayez aidés à trouver les preuves de tout ce que vous venez de nous dire.\u2014-Oh ! ce ne sera pas long.\u2014Tant mieux pour Jacques.Toutes ces preuves, avec un rapport et les pièces à l'appui, seront envoyées au chef de l'Etat qui fera cette grâce pleine et entière.\u2014 Alors ?\u2014 Alors Jacques tera libre.\u2014Et moi ?\u2014 Vous aussi, sans doute, si vous n'avez pas autre chose de lourd sur la conscience.Patoche eut un frisson dans le dos.Mais il se remit bien vite.\u2014Oh \u2018 rien du tout, je suis bien tranquil.Jacques fut reconduit en prison.Patoche I'y suivit.Marjolaine et la famille Cheverny furent vite instruites des révélations de Patoche concernant Pierre Gironde.\u2014TI est sauvé ! dit Cheverny.Et nous pourrons l\u2019aimer comme par le passé, sans qu\u2019il y ait de nuage sur notre affection.rx Tls restèrent tous les quatre à Châlons pendant les jours qui suivirent ; Cheverny et Bernard avaient obtenu congé.Tis ne voulaient plus s'éloigner de Jacques.Grâce à l'activité déployée par Segond, grâce aux révélations de Patoche, les preuves attendues arrivèrent bientôt.Andréa Moriani était bien Italien de naissance.Cela détruisait l\u2019échafaudage même de l'accusation.La grâce arriva presque aussitôt, accompagnée d'un ordre qui envoyait Jacques ec garnison au 127e de ligne à Givet, dans les Ardennes, et Bernard à Grenoble.Après leur mise en liberté, conune ils avaient trois jours pour rejoindre leur régiment, Bernard et Jacques allèrent passer trois jours aux Aulnaies auprès de Cheverny, de Margaerite et de Berne- rette.Ce furent trois journées de bonheur infini pour toutes ces créatures si aimantes et si tendres.| Jacques ne se lassait pas de regarder sa mère.Et celle-ci s\u2019abandonnait sans réserve à toute la joie de retrouver son tils, espérant que Dieu, l'ayant assez éprouvée, l'épargnerait désormais.Bernerette, mieux portante, mais toujours triste, fut seule à pleurer, en ces jours-là.Le souvenir de Gironde, le premier qui eût troublé son cœur, restait en elle.L'oncle César ne pouvait être oublié, au milieu de ce bonheur qui lui était dû.On l'avait fait venir avec toute la famille Che- verny aux Aulnaies.L'oncie César, joyeux et rayonnant, se frottait les mains avec vigeur.Un large sourire s'épanouissait continuellement sur sa honne figure.Un air de malice s\u2019y ajoutait et le vieux matelot poussait des hum ! hum ! très accentués ; un secret lui démangeait la langue.LE MONDE ILLUSTRE =\u2014 Marjolaine l\u2019accablait de caresse.Mme de Che- verny voulait le garder toujours près d'elle.\u2018 Bernard lui témoignait autant d'amitié que Jacques.Enfin, on lui fit raconter son odyssée avec Patoche.Et il dut avouer son immense fortune.\u2014Îls chont à vous, mes millions, dit-il à Jacques et à Marjolaine, à vous deux, le jour où vous vous marierez, le jour où tu cheras nommé officier, mon Jacques.Moi, j'ai toujours vécu de peu, et je n'ai pas begeoin de tant d'argent ! Le lendemain de son arrivée aux Aulnaies, la veille de son départ pour Givet, Jacques vit des- candre au chateau un sergent du l45e de ligne.C'était Michel, son ancien camarade de chambre.Il demanda Jacques.\u2014Jacques, lui dit-il, je suis envoyé par nos camarades du 1456 pour vous demander pardon.Jacques lui tendit les mains, ému : \u2014Je vous pardonne et je ne me souviens plus de ce qui s\u2019est passé, Ditea-le leur bien.X Patoche, en celluie, trouvait le temps long.En vain, tous les jours, demandait il au surveillant : \u2014Dites donc, mon brave, c'est pour aujour- d'hui ?\u2014Je l\u2019ignore.\u2014 Alors, pour quel jour! \u2014Je n\u2019en sais rien.\u2014 Pourquoi me garde-t-on ?\u2014 Impossible de vous le dire.dans les épinards.TI perdait patience.Ses trois cent mille francs étaient au greffe.Il avait hâte d\u2019en jouir.Enfin, un matin, les gardiens de la prison vinrent le chercher.On le fit passer au grette.\u2014Que me veut-on ?\u2014Vous allez quitter Châlons, lui dit le greffier.\u2014Je suis libre ?\u2014Pas tout & fait.-On se moque de moi.\u2014Non.\u2014-Que me veut-on ?Où m'envoyez-vous \u2019 \u2014-A Paris.\u2014En prison ! \u2014Oui.\u2014 Mais je ne suis pns condaniné, moi.\u2014C'est vrai.Vous êtes inculpé seulement.\u2014De quoi ?\u2019 Le greffier ne répondit pas.En ce moment entrait Benjamin souriant, la mine fûtée.Il salua profondément Patoche.\u2014Enchanté, monsieur Patoche, de me retrouver Avec vous.Patoche pâlit.\u2014Benjamin ! Qu'est-ce que cela veut dire / \u2014 Nous allons faire route ensemble, monsieur Patoche.C'est moi qui suis chargé de vous accompagner.\u2014Ah ! Eh bien, vous, du moins, vous allez m'expliquer ?\u2014Volontiers, personne ne m'a défendu de parler.\u2014Je vous écoute.\u2014 Vous êtes inculpé, mon bon Patoche, d'avoir assassiné M.Antoine de l\u2019ontalés, le député.Patoche chancela.Une grosse sueur vint à son front.Il essaya de rire, pourtant, afin de faire bonne contenance.Mais il se sentnit perdu.\u2014V ous êtes renseigné, dit Benjamin, goguenard.Tl lui attacha les bras par une corde passée autour de la taille.\u2014 Allons, enlavez, c\u2019est pesé ! dit-il.pour la cour d'assises.Je ne suis j as En route * * * Patoche ne passa pas en cour d'assises.Trois jours après son incarcération, on le trouva mort dans sa cellule.Il s'était pendu avec son mouchoir.FIN 445 NOTES HISTORIQUES Yæ Suérir de Montréal, en 1842, était M.John Boston.Le 20 octobre 1590, première cérémonie reli- Kieuse dans la cathédrale SAINT-PIERRE, à l\u2019occn- sion de la bénédiction d'une cloche pour une paroisse du curé Labelle.Le NATIONAL devient bi-hebdomadaire à partir du 14 octobre 1890.De cette date il est imprimé ar M.Gonzalve Désaulniers (rédacteur), et Edouard Leblanc.Organe de l'hon Geo.Duhamel.Le 12 octobre 1890 (dimanche), le frère Mathieu à prononcé ses vœux de religion dans la chapelle des FrANCISCAINS de la rue Richmond.C'est la première fois, depuis l\u2019expulsion des Récollets, que pareille cérémonie a eu lieu pour un fils de saint François.La première pierre de la cathédrale SaINT- Pieri, de Montréal, a été bénite le 28 anût 1870.Mgr Bourget fit la bénédiction et prononça les paroles suivantes : \u201c Cette cathédrale sera le couronnement de toutes les œuvres de charité catholique de la ville.Elle s'élèvera sous la protection de la sainte Vierge et des saints; ce sera une œuvre bénite qui attestera la foi profonde du peuple canadien.\u201d TRAPPISTES D'OKA.\u2014En août 1881, quatre Trap pistes partis de Bellefontaine (France), ayant à leur tête le Père M.Guillaume, prieur, et le Père Jean-Baptiste, obtinrent du séminaire mille acres de terre à Oka, nu pied de la montagne, place peu fertile.Le gouvernement de Québec leur accorda 810,000 pour construire le monastère.Le premier Père trappiste d'origine canadienne, en religion Père Jean-Marie, est le fils de M.Murphy de Montréal : et le premier frère convers, né Charles Métivier, en religicn frère Joseph, est un ancien citoyen de St-Jean d'Iberville, où il a demeuré.VoyAGE ENTRE QUEBEC ET MONTRÉAL.\u2014On lit dans l'Aurore du Canada du 11 février 1842 l\u2019annonce suivante : \u201c Ligne de voiture verte, entre Québec et Montréal, en deux jours de trajet.Les propriétaires informent respectueusement leurs amis et le public en général que leur diligence est en opération.Leurs jours de départ de Québec seront tous les mardis, jeu«lis et samedis ; il sera fourni ds carrioles couvertes pour toute heure requises pour passagers où bagages.Extra.Les places d'arrêts sur In route seront à Berthier chez M.Gagnon, maison ci devant occupée par M.Morrison ; aux Trois-Rivières, chez M.Charles Bernard, ancienne place de M.Ostrom où l\u2019on trouvera l'agent constamment ; à Deschambault, chez M.T.Marcotte.Les livres seront ouverts à Montréal dans tous les rrincipaux hôtels, s'adresser à Montréal chez M.François Benoit, rue Capital, près de la maison de Douane ou vieux marché.Michel Gauvin, Québec, T.Marcotte, Deschambau't, Frangois Benoit, Montréal, Thos.et Tous.Lecomte, Montréal, propriétaires.Montréal, 30 Nov, 1841.PETITE CHRONIQUE LES FEMMES NE DOIVENT l'AS LIRE CE QUI SUIT Les Pou«res Orientales sont un élément indispensable à la constitution du squelette : à ce titre, elles doivent entrer dans la nourriture fournie aux jeunes enfants.Elles concourrent également dans une 1nesure très marquée à la reproduction «des êtres et à la secrétion clu lait.Avis aux mères qui allaitent, c'est le grand remède de la mère et de l'enfant.Il forme le aystème osseux et fait disparaître le rachitisme.l+\" l\u2019emploi des Poudres Orientales tout vice de conformation est sûrement évité et les enfants grandissent heaux et forts.Les Poudres Orientales assurent aussi a l'aide d'un traitement facile et en moins de trois mois le développement des formes de la poitrines chez lu femme depuis l\u2019âge de dix ans jusqu'à l'âge mûr.Employées et recome mandées sur les deux continents.Boîte avec notice : Un dollar.Demandez À votre pharmacien ou écrivez à l'agence de Poudres Orientales ?Boîte-Poste 694, Montréal.| Takis 446 \u2014 Avis aux mères.\u2014Le \u2018 sirop calmant de Madame Winslow\u201d est employé depuis plus de 50 ans par les mères pour la dentition des § enfants, et toujours avec un succès complet.Il soulage le petit patient aussitôt.procure un sommeil calme et naturel en enlevant la douleur, et le petit chérubin \u2018\u201c s'épenoui comme un honton de fleur.\u201d Il est trés agréable & prendre, il celine l'enfant, amolit les gencives, enlève la douleur, arrête les venta, régularise lea intestins, et il est le tmeilleur remède connu pour la diarrhée causée par le dentition ou autrem-nt.Vingt-cinq cents la bouteille re \u2014Alfred est assis près de la jeune fille et lui demande timidement d'être sa femme.Elle se trouble et devient toute nsive.Certes, elle le voulait bien : elle \u2018aimait de toute son âine.Flle aurait accepté et en aurait Até très heureuse, certaine d'avance qu\u2019Alfre:l ferait un excellent mari.Francs et honnêtes tous denx, ile avaient appris À se connaître «ès l'âge le lus tendre, Mais une maladie inconnue à jeune fille la troublait depuis quelques mois.Elle Int un jour chez une amie un petit livre qui traitait des maladies inhé entes À ln femme et de auite elle comprit wo qu\u2019elle avait, C'était ls maladie qui affecte les trois quart et demi \u2018les femmes.Sans rerarder elle re procura le reniède in affecte les troia quart et demi des femmes.Sans retarder elle se procura le remade in faillible pour ces maladie là, le \u2018\u201c Régulateur de la Santé de la femme \u201d et un \u201c Fermale Pourous Plaster \u201d du Dr Lari- vière, et deux mois après elle était guérie et était l'épouse heureuse de l\u2019heureux Alfred.Dépôt de ces remè les à Montréal, chez: Dr J.Luluc Pienult et Contant Lavinlette et Nelson, Dr F Demers, Evans et Fls, où tous les marchan]s peuvent a le procurer.Anssi À vend e partout aux Etats-Mnis.Pour toutes informations écrivez au propriétaire, Lr J.Larivière, Manchester.CEINQUI: M \" TIR GE MENSU£I, LE 12 NOVEMBRE 1840 ANT.| 3134 LOTS VALANT .852,40 | G-OTLOT VALANT.$15,000 Le Billet:$1 - - - 11 Billets poor $10 AF De randez les cire lair 883 | SEC LEFERVRIE, Garant, st, rue S2 Jueques, Montr al.Canad: CHEST | four la T L'Asthme O'Thumes Bronchites Catharre Enrouements Etc.ete | LE GRAND REMEDE CANADIEN Pour les maladies ci-dessus mentionnées.Infaillible dans tous les cas.Demandez-le à votre pharmacien, Expédioz Aussi franco par la malle sur récoption du prix.Adresses: 4 W.E.CHESTER Ï 461 \u2014 rue Lagauchetière, Montréal \u2014 461 erscnuecces au 30 nuvembre 'es deux jours inclus.LE MONDE ILLUSTRE GUERISON PROMPTE ov BEAU SEXE fl NN.8,\u2014Demandez-lo toujours comme \\ suitg Sirop de Tertbenthine du Docteur Larviolette ), En vente chez tous les pharmaciens, SO ets le Flacon.SPECIAL | Corps et calegons en laine $1 Chaussettes en laine .25¢ I! 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