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Titre :
Le Monde illustré
Prenant la relève de L'Opinion publique (1870-1883), Le Monde illustré occupe une place importante dans la vie intellectuelle du Québec au tournant du xxe siècle. En 1902, il devient l'Album universel. [...]

Le 10 mai 1884, le réputé typographe et imprimeur Trefflé Berthiaume, en collaboration avec Napoléon Sabourin, lance Le Monde illustré. Il souhaite répondre à la demande d`un lectorat francophone à la recherche de journaux plus policés, mieux rédigés et faisant appel aux nouveautés techniques pour leurs illustrations.

Le Monde illustré constitue une source unique pour l`appréciation de l`art de l`illustration québécoise au tournant du xxe siècle; gravures, dessins et photographies y sont reproduits selon un procédé de phototypie breveté.

Bien que l`hebdomadaire publie des photographies pour la première fois en 1888, la place accordée aux dessins y demeure prépondérante. Grâce au concours des meilleurs artistes canadiens, ceux-ci sont empreints d`un réalisme indéniable. Ils se composent de scènes urbaines et villageoises, de paysages et de portraits de personnages influents. Avec une contribution s`élevant à 237 dessins, l`illustrateur Edmond-Joseph Massicotte est particulièrement prolifique au sein du journal.

Ses objectifs sont fidèles à ceux de son prédécesseur. Composé aux deux tiers de textes littéraires, l`hebdomadaire se définit d`abord comme un journal visant l`affermissement de la littérature québécoise. Il cible l`intellectuel canadien-français et désire contribuer au développement du bon goût par l`initiation aux arts et aux sciences.

Léon Dieu, directeur de la populaire chronique « Entre nous » de 1884 à 1898, et Jules Saint-Elme (pseudonyme : Amédée Denault), directeur du journal de 1892 à 1895, invitent les plus importants auteurs de l`époque à leur soumettre des textes. Le public découvre ainsi les écrits des Régis Roy, Édouard-Zotique Massicotte, Mathias Filion, Firmin Picard, Benjamin Sulte, Louis Fréchette et Albert Ferland.

Une grande place est également accordée à la reproduction de romans-feuilletons. Occupant généralement deux pages du journal, ceux-ci participent au développement du goût littéraire ainsi qu`à la démocratisation de la lecture du roman populaire dans la francophonie canadienne de la seconde moitié du xixe siècle. Richement illustrés, ils portent la signature des plus grands auteurs français tels Jules Verne, Jules Mary, Paul Féval, Zénaïde Fleuriot et Xavier de Montépin.

Précurseur de la presse illustrée du xxe siècle, l`hebdomadaire propose un contenu fort varié. Les numéros se composent d`actualités, de poèmes, d`articles scientifiques, d`une chronique variété, de biographies, d`annonces, de jeux de société, de chroniques mode, de recettes et de conseils culinaires.

En 1902, afin de s`adapter à une société changeante et de plaire à un plus large public, Le Monde illustré adopte le nom d`Album universel. Avec ce titre dit « de tous les pays et de toutes les branches du savoir humain », l`hebdomadaire désire satisfaire la légitime curiosité des lecteurs faisant partie des nouvelles classes sociales issues de l`extension du suffrage, de l`organisation ouvrière et de la démocratisation de l`éducation et des sports.

Voir aussi :

L`Opinion publique

Album universel

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l`Université Laval, 1973, vol. 3, p. 95-96.

BOIVIN, Aurélien, « Les périodiques et la diffusion du conte québécois au xixe siècle », Études françaises, vol. 12, n°s 1-2, 1976, p. 91-102.

« Denault, Joseph-Marie-Amédée », Dictionnaire biographique du Canada, en ligne.

LEMIRE, Maurice, La vie littéraire au Québec, Sainte-Foy, Presses de l`Université Laval, vol. 4, 1991.

MICHON, Jacques, Histoire de l`édition littéraire au Québec au xxe siècle, Saint-Laurent, Fides, vol. 1, 1999.

« Trefflé Berthiaume», Dictionnaire biographique du Canada, en ligne.

Éditeur :
  • Montréal :Berthiaume et Sabourin,1884-1902
Contenu spécifique :
samedi 11 octobre 1890
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
chaque semaine
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Journal du dimanche,
  • Successeur :
  • Album universel
Lien :

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Références

Le Monde illustré, 1890-10-11, Collections de BAnQ.

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[" LE MONDE ILLUSTRÉ ABONNEMENTS : 748 ANNÉE, No 33;-SAMEDI, 11! OCTOBRE 1890 ANNONCES : Unan, $3.00 - - = Six mois.81,50 La ligne, par insertion - - - - - 10 cents Quatre mois, 81.00, payable d'avance BERTHIAUME & SABOURIN, PROPRIETAIRES.Insertions subséquentes - - - - Scents Vendu dans les dépôts - 5 cents la copie BUREAUX, 40, PLACE JACQUES-CARTIER, MONTRÉAL.Tarif spécial pour annonces à long ferme LES GRANDES MANŒUVRES DESLA CAVALRIE EN ANGLETERRE.\u2014~LARTILLERTEZALLANT PRENDRE POSITION = - 870 LE MONDE IBBUSTPRE LE MONDE ILLUSTRÉ MONTREAL, 11 OCTOBRE 1880 SOMMAIRE Texte : Entre-Nous, par Léon Ledieu.\u2014Podaie : Epitha- lame, par Dr R Chevrier.\u2014Notes et faits, par J.A.Chaussé, \u2014Ferréol (avec illustration), par Jules Ler- mina.\u2014 Nouvelles A a main \u2014 Littérature : Près d'une tombe, par Jules Saint-Elmes.\u2014 L'Exposition des beaux-arts, par Gi.A.Dumont.\u2014Cris et types Montréalais, par E.Z.Mnasicotte.\u2014Une lettre au ciel, par Mathias Filion.\u2014Un boulevard de Paris.\u2014 Primes du mois de septembre : Liste des numéros gagnants.\u2014 Astronomie : Idée d\u2019une communication entre les deux mondes (suite et fin).\u2014 Feuilleton : Le Régiment, suite.GRAVUREL : Les grandes manœuvres de la cavalerie en Angleterre : l'artillerie allant prendre position.\u2014 Un boulevard de Paris entre deux et quatre heures de l'après-midi.\u2014Banquises de glace «aus le détroit de BRelle-Isle.\u2014Portrait.: Osias Leduc, peintre ; J.A.Marois, peintre.\u2014Lac Saint-Jean : Vue du lac 7 Edouard, \u2014Gravure du feullieton.Primes Mensuelles du \u201cMonde Hlastré\u201d Ire Prime - - - $50 Ime « - - - 25 Sms * .« 16 éme æ > > - 10 Sme « + - .5 fm * - - .4 7me « 1177 8 me « +1 3 86 Primes, 8 $1 - - .88 94 Primes 8200 Le tirage se fait chaque mois, dans une salle publique, par crois personnes choisies par l'assemblée.Aucun prime ne sera payée après les 30 jours qui suivront u tirage de chaque mois.L ÿ a quelques jours arrivaient à New\u201d York tout un lot d'émigrantes, la plupart jeunes et jolies, qui avaient quitté les brumes d'Angleterre pour venir M respirer l'air pur et libre de la jeune Amérique.Interrogées sur leurs intentions, l'une d'elles répondit avec l\u2019aplomb qui distingue les filles d\u2019A ibion : \u2014Nous allons au Lac Salé où nos futurs maris nous attendent.\u2014Mais ce sont les Mormons qui vivent là-bas ! \u2014C'est vrai, les voix nous appellent et nous allons vivre avec les saints des derniers jours.\u2014Et cela vous convient de devenir la septième ou huitième femme d'un citoyen que vous n\u2019avez jamais vu ?\u2014Oh ! oui, monsieur, dit-elle, en baissant les yeux, les voix nous appellent.Elles étaient deux cent trois de ce genre-là, et parmi elles se trouvait une femme mariée qui avait abandonné son mari et ses enfants pour aller mener une vie atroce chez les Mormons ! Voyons, ne faut-il pas avoir perdu tout sens moral, avoir le cerveau conformé d'une manière toute particulière pour se lancer tout à coup froidement dans une existence pareille 1 Mais, enfin, comment ces jeunes filles-là ont elles été élevées, de quelles familles peuvent-elles bien sortir, quels exemples ont-elles eu sous les yeux comment vivait-on dans leurs faiilles, quelles ie:- tures ont pu les pervertir ainsi Ÿ Autant de points d'interrogation qui resteront probablement sens réponse, et l\u2019on se trouve seulement en présence d'un fait brutal dont I'immoralité n'est pas à prouver.Je n'y comprends rien.*,* Birchall est aussi un joli type d\u2019une classe d'immigrants qui fersient aussi bien de rester chez eux à pêcher à la ligne dans les eaux troubles de la Tamise.Voilà un gaillard qui prend bien les choses.Depuis qu'il est condamné à mort il passe son temps à dessiner, et il n\u2019a pas un trop mauvais coup de crayon, et ses sujets appartiennent invariablement au genre léger, ce sont des danseuses court vêtues, des femmes très peu couvertes qu\u2019il esquisse avec un certain talent.Il parle de sa future exécution avec autant d\u2019indifférence que si la chose ne le regardait pas du tout.\u2014Enfin de compte, dit-il, il faut toujours partir un jour ou l'autre, et quelle différence cela peut-il faire qu'un homme meurt d\u2019une manière ou d\u2019une autre.L'un meurt de consomption, l\u2019autre d\u2019une congestion, un troisième tombe dans un précipice ou sous un train.Les morts subites sont fréquentes aussi, qu'est-ce que cela peut me faire de mourir en une minute.Quand aux regrets, aux remords, tout cela lui est parfaitement inconnu.Après avoir suivi les phases de ce procès célèbre avec beaucoup d'intérêt, ses compatriotes d'Ontario se livrent à un nouvel exercice.Ils parient entre eux, qui, pour l'exécution, qui, pour la commutation de peine, et on n\u2019entend guère que ces deux phrases : \u2014TI sera pendu.\u2014 II ne sera pas pendu.J\u2019espère qu\u2019il le sera, mais je voudrais bien qu\u2019il reçoive de temps en temps la visite d\u2019un monsieur dans le genre de celui dont l'histoire est légendaire.C\u2019était un Anglais, évidemment, un Anglais qui après avoir remué ciel et terre pour obtenir la permission de voir un condamné à mort qui devait être exécuté prochainement, en était venu à ses fins, après avoir convaincu les autorités qu'il avait quelque chose de très important à lui dire.On l\u2019introduit dans le cachot du misérable.\u2014C'est vous qui êtes X.?\u2014Oui.\u2014C'est vous qui allez être pendu ?\u2014Oui, ensuite ?\u2014Pendu le 14 du mois prochain ?\u2014Oui, oui, oui, après ?\u2014Oh ! enchanté de faire votre connaissance.Alors, le 14 du mois prochain, on viendra, le matin, dans votre cellule, on vous attachera les mains, comme ça, sur Ia poitrine, on vous ligottera les pieds, mais de manière à vous permettre de marcher à petits pas, on vous mettra au cou un nœud coulant, on vous conduira sur la potence, on attachera la corde à un anneau.\u2014Ahb ça, où voulez-vous en venir ?\u2014Attendez, on ouvrira la trappe, vous tomberez dans le trou, vous ferez coic, vous gigotterez un petit moment et puis après vous ne gigotterez plus du tout.\u2014Allez nu diable.\u2014Oh ! non, pas moi, vous.Eh bien, adieu, mon ami, n'oubliez pas, vous ferez coïc, gigotterez un peu et puis.\u2014Que le diable vous emporte, hurla le malheureux.\u2014Non, pas moi, adieu.° Et il s\u2019en fut tranquillement, enchauté de lui- même.Oui, j'espère bien que Birchall fera coic le 14 novembre prochain, car, ainsi que le dit Maxime du Camp, la mort et la justice doivent être exactes au rendez-vous qu'elles se donnent.*,* La fameux Lacenaire ne dessinait pas, mais il faisait des vers en attendant la guillotine.Voici la dernière élucubration de ce bandit ; elle est écrite en argot.Pègres traqueurs, qui voules tous du fade, Prites Fesgourne Amon dur boniment, Vous commencez par tirer en valade, Fuis au grand truc vous marchez en taffant.ca pautre «boule, On perd la boule, Puis de la tolle on s\u2019cramponne en rompant, On vous roussine, Et puis la tine .Vient remoucher la butte en rigolent.Cette horrible langue peut se traduire ainsi: Voleurs, poitrons qui voulez tous part au butin, Prêtez l'oreille à mes dernières paroles : Pour commencer, vous fouillez dans les poches : Puis, quand vous vous mêlez de tuer, vous tremblez.La victime arrive, On perd la tête, Et on se sauve de ls maison tant qu'on peut.On vous dénonee Et puis le peuple Vient vous voir guillotiner en riant.C'est idiot, mais il ne faut oublier que c\u2019est de la poésie d'assassin qui va mourir.+*,* Depuis que je suis revenu du Labrador, je n\u2019entends parler que d'assassinats, ce qui me prouve combien je revis en pays civilisé.J'y pensais, hier, à cette côte stérile et je me voyais assis le soir sur le roc dénudé assistant au lever des étoiles, je repensais à ces solitudes, à la mer, aux mondes qui commencent à briller quand l'ombre se fait, je songeais à écrire ce que j'avais ressenti alors, quand les vers suivants me tombèrent sous les yeux.Jacques Norman«l, le poète, a eu les mêmes rêves, a contemplé le même spectacle, mais il le dit si bien que je vous fhvite à lire ces cinq strophes.L'ÉTOILE Dans le ciel transparent que le couchant colore, Une étoile parait, timide et seule encore, Comme un œil scintillaut aux portes de la nuit.Seul moi-même, suivant le hasard de mon rêve, Assis sur un rocher au-(lessus ce la grève, Je regarde, songeur, ce point fixe qui luit, Et je me dis : ** Combien avant moi, d'autres homies, Depuis les premiers temps de ce monde où nous sommes, Près de la même grève onc rêvé s0 cieux ; Vers ce même astre clair qui, sur l'horizon rose, Aiusi qu\u2019un clou d'argent étincelle et se pose, Combien d'autres mortels ont élevé les yeux ?Quel était donc leur but en fixant cette étoile ?Espéraient-ils jamais percer le sombre voile Qui d'un monde inconnu nous cache la clarté ?Vermisseaux inquiets s'agitant sur la terre, Voulaient-ils arracher à l'astre le mystère Enviable et lointain de sa placidité ?N'était-ce pas plutot dans ces moments d'ivresse Où tout l'être exalté déborde de tendresse, Que leurs regards montaient vers la pâle lueur ?Ne la prenaient-ils pas pour douce confidente De leurs espoirs comblés, et, d'une voix ardente, Ne lui contaient-ils pas l\u2019histoire de leur cœur ?Partez, envolez-vous vers les profondes voûtes, Fristesses et bonheurs, espérances et doutes, Grandiose sonpir «le ce monde anxieux ! De tout temps, isolé dans sa faiblesse extrême, L'homme chercha là-haut comme un autre lui-même : La joie et la douleur font regarder les cieux.*,* Je vous ai parlé tout à l'heure d\u2019un anglais assassin et de jeunes anglaises toquées, mais il ne faudrait pas vous laisser sous l'impression que je veuille mépriser cette race qui a de grandes qualités, et je vous prie de croire, je vous l'ai déjà dit, que j'aime beaucoup les bons Anglais.Justement, je viens de lire un compte-rendu de deux ouvrages écrits l'un par M.Hillebrand, l'autre par M.Brownell, qui traitent de la France, ou plutôt des Français.Ces ouvrages sont très bien faits, et je détache de l'analyse un passage qui se rapporte à l'appréciation faite de la femme française.Les jeunes filles françaises n'ont aucune li- verté, dit M.Hillebrand, elles ne sorteat pas qu'on ne les accompagne.L'appréhension des parents, c'est que, livrée à elle-même, leur fille ne quelque sot et fâcheux mariage.Quel contraste avec l'indépendance des jeunes anglaises et américaines, dont la préoccupation constante est \u2014\u2014 de s'emparer de l'imagination d'un homme, de, conquérir un mari ! Dans le mariage français se retrouvent les deux traits dominants de notre caractère, rationalisme et instinct social.\u201cIl est ignoré de personne, dit M.Hillebrand, que la famille française est fondée sur le mariage de raison.\u201d D'après M.Brownell, l'individuslismeétant inconnu an France, tout y étant organisé au point de vua de la société et de l'opinion, il serait contraire aux tendances nationales de laisser une institution aussi importante que le mariage entièrement à la fantaisie des personnes intéressées.On se marie en France moins pour soi que pour les autres, rarement au- dessus ou au-dessous de sa classe.Les mésalliances inspirées par la passion y sont fort rares.Pendant les vingt années qu'il à vécu en France, M.Hillebrand n'a jamais entendu citer un jeune homme de famille qui ait épousé l\u2019institutrice de sa sœur, ni une jeune fille qui se soit laissé enlever par le précepteur de son frère.\u201c On sait, ajoute- t-il, que de pareils faits se produirent journellement dane les pays de race germanique, sans parler d'extravagances plus grandes encore en Angleterre.Les Français ne sont pas précisement des coureurs de dot, mais les considérations de fortune pèsent pour eux d\u2019un grand poids.Dès lors il importe peu que les personnes se connaissent avant de s'épouser.I] y à même à cela de grands obstacles.L'auteur remarque que dans la bonne société de province les règles pour les préliminaires du mariage sont aussi sévères que celles qui imposent l'observation du dimanche en Angleterre ou en Ecosse.Les futurs se sont rencontrés peut-8tre pour la premidre fois avant de se rendre à la mairie et à l\u2019autel.Les découvertes viendront après \u201d.Ces découvertes seront la plupart du temps assez agréables, nos auteurs se plaisent à le constater.Elevée comme nous l'avons vu, la jeune fille, selon les probabilités, deviendra une femme fidèle, ordonnée, attachée à ses devoirs.Le mariage de convenance n'exclut même pas l\u2019idée d'amour.Au témoignage de M.Hillebrand, la plupart des mariages frangass sont plus heureux que nos mariages d'inclination.Une telle conception du mariage a pour conséquence logique l'indissolubilité : \u201c Le mariage allemand étant fondé sur l'inclination, doit cesser lorsque l'inclination cesse \u201d.Le mariage français est au contraire une institution sociale, dans laquelle sont placés les intérêts de tiers mineurs, et qui, en tant quo garantie d'ordre public, ne devrait pas être touchée.L'extrême facilité du divorce, qui exista en Amérique est sévèrement jugée par M.Brownell.M.Hillebrand note encore la tendresse extrême, aveugle, des parents français pour leurs enfants.L'enfant devient le personnage principal de la maison, le seul intérêt, le seul souci.Les filles ne se marieront pas au loin.Les fils autant que possible, continueront dans la ville natale les affaires de leur père, ne chercheront pas à émigrer, à se rendre indépendants.La famille germanique, anglaise, américaine, se dissout naturellement par l'émancipation des enfants et la fondation de nouveaux foyers, les biens qui relient les divers membres sont assez faibles et faciles à relâcher : la famille française, au contraire, œuvre de l'intelligence ordonnatrice, organisatrice et sociale, forme une association plus étroite et plus durable.Rien n\u2019est touchant comme l'amour des fils pour leur mère, l'amour des frères et des sœurs, des cousins et des cousines, l'assistance et les secours qu'on se prête, les sacrifices à l\u2019honneur du nom, ls mémoire et Je culte des morts.Venant de la part d\u2019étrangers ces appréciations ont une grande valeur et il faudrait tout lire pour en comprendre I'importance.En terminant, je m'aperçois que M.Hillebrand est Allemand, les compliments ne sont donc pas inspirés par son amour aveugle pour la France.M.Brownell est bien anglais, lui.LE MONDE ILLUSTRE EES ETT rr YR ID 9 ra SS aes 2222 RISE SS wi NN LS YT PUSS EPITHALAME-ALLEGORIE \u2014t A MONSIEUR ET MADAME J.-BTK SAINT-LAURENT Deux fleurs qui s'étaient adorées En s\u2019apercevant sous les cieux Dans un bosquet délicieux __§ Vivaient tristes et séparées.Et rapides fuyaient les jours Sans réaliser Tours chiméres, Elles savaient, fleurs éphéméres,?Qu'un printemps ne vit pas toujours ! C\u2019était une rose trémière Aux pétales vierges encor ; L'autre, un jasmin galonné d\u2019or Était à sa flamme première.Que leur importait le pinson Avec ses romances plaintives, Et l'onde qui s'arrête aux rives Pour conter fleurette au buisson.Que leur importait la ramée Que trompe l'inconstant zéphir, Le ciel de pourpre ou de saphir Souriant à la vague aimée ?Rien n'existait que leur roman, Que leurs amours plus frêles qu\u2019elles Et de n'être pas infidèles Elles avaient fait le serment.Ët souvent au souffle des brises Dont l'aile venait les bercer On voyait longtemps s'enlacer Leurs jeunes coroles éprises ! Aux voluptueuses odeurs De leur sein sans cesse exhalées Etaient doucement épelées Leurs confidences, leurs ardeurs.Et vers les spères inconnues En un hymne rempli d\u2019aveux, Portant leurs désirs et leurs vœux S\u2019élevaient leurs voix ingénues, L'amour quoique fourbe et moqueur Fait parfois d'adorables choses, Change en bonheurs les denils moroses Et de bien des maux est vainqueur.Pauvres fleurs à peine naissantes Leurs pleurs, leur parfum, leur beauté, Leur amour, leur sincérité Rendaient leurs prières puissantes.Et l'on vit un matin vermeil Par la même brise bercées, * Sur la mème tige enlacées Les deux fleurs sourire au soleil.Dy OF Gérer LE SARDINIAN AU MILIEU DES GLACES (Voir gravure) Il est rare que les vaisseaux traversant le détroit de Behring, en route pour Québec, aient rencontrés autant de banquises de glace que durant les mois d'août et septembre dernier.L'undes steamers de la ligne Allan, le Sardinian, rapporte que lors de son dernier voyage il en a rencontré des centaines, à tel point, que la mer en était littéralement couverte sur un parcours de plusieurs milles, et que ces banquises étaient d'une hauteur énorme.Heureusement que le temps était parfaitement calme, et le Sardinian a pu traverser cet immense champ de glace sans le moindre accident.La gravure que nous publions aujourd'hui est due au crayon de M.Edward Roper, l\u2019un des pas- sagors du Sardinian.SAINTE-ANNE-DE-BEAUPRÉ.\u2014On mecommunique les renseignements suivants sur les diverses constructions de l\u2019église de Sainte-Anne-de-Beaupré : \u201c La première église fut bâtie en 1658, la première pierre ayant été posée par l\u2019abbé de Queylus, un an avant l\u2019arrivée de Mgr de Laval, c'est-à-dire la même année.En revenant de Ste-Anne, l'abbé de Queylus bénit ls première église de Château- Richer.L'église de Sainte-Anne fut rebâtie presque totalement, en l'année 1787.La voûte et le clocher furent faite en 1788, et on commença à la couvrir en bardeaux, en 1789.Lorsqu'il s'agit de rebâtir, il fut proposé de le faire sur la terre d'Augustin Si- mard, à environ 20 arpents plus bas.Cette église existait depuis 130 ans.MAuoMET.\u2014 Dans un des derniers numéros du Monpe ILLUsTRÉ, je donnais quelques notes sur Mahomet.Aujourd\u2019hui, j'ajouterai d'autres détails supplémentaires aur ce prophète : La date exacte de sa naissance est le 29 août 570 de J.C ; il mourut le lundi 8 juin 632 ; son tombeau est à Médine (Arabie), qui a reçu à cause de cela l\u2019épithète de monewwerch (l\u2019illuminée).Le nom Mahomet s'éloigne un peu de la véritable orthographe arabe, c\u2019est Mohammed (le glorifié) qu'on devrait dire ; les Turcs prononcent Méhémet, quand il est question d'un personnage vivant du nom de Mohammed, c\u2019est au contraire l\u2019usage en français de se servir de la forme Mohammed, lorsqu'on parle des Arabes vivants qui portent ce même nom.Lg KoraN.\u2014 Le Koran (ou Coran) est un assemblage informe et incohérent de préceptes moraux, religieux, civils et politiques, mélés d\u2019exhortations, de promesses et de menaces relatives à la vie future et de récits empruntés avec plus ou moins de fidélité à l'antiquité biblique, aux traditions arabes et même à l\u2019histoire des premiers siècles du christianisme.Le Koran est divisé en cent quatorze chapitres.L'invocation arabe bismil- lahtrrahmanirrahim (au nom du Dieu clément et miséricordieux) se lit en tête de tous les chapitres du Koran, le chapitre IX seul excepté.Le mot racham est appliqué à Dieu comme embrassant dans sa miséricorde tous les êtres, sans distinction aucune ; rakim, au contraire veut dire miséricordieux dans un sens plus restreint, envers les bons, les fidèles, ceux qui méritent sa grâce.Bien que la traduction donnée ici ne rende pas la nuance qui existe entre ces deux mots arabes, elle est donnée comme étant généralement adoptée.Le mot Aoran ou Aour'an veut dire lecture.Avec l'article al, la lecture; livre, le livre par excellence.Le Koran est appelé encore el ki/db, le livre : kitaboullah, le livre de Dieu ; killimet oullah role de Dieu ; el tenzil, livre descendu d\u2019en haut ; el dhikr, admonition : el forkan, distinction (entre le licite et l\u2019illicite, le bon et le mauvais) ; el mos\u2019- hat, le volume (codex par excellence).TyPE-WRITER.\u2014Mon article, qui a paru dans le Monpe ILLusTRÉ du 30 août, dans lequel je proposais un mot français pour type-writer, a eu plus de succès que je ne l'espérais, puisque il y a un mois je ne connaissais pas de mot pour désigner le type-writer en français, Maintenant, nous en avons - quatre, savoir : Mécanigraphe, qui existe sur les demandes d'admission au service civil.Clavigraphe, qui a été proposé en France par M.Louis Fréchette.Graphotype, qui est, d\u2019après un traducteur éminent, la traduction la plus fidèle de type-voriter.Et Machinégraphe, que j'ai proposé.Lequel de ces quatre mots devonsnous employer 1 \u201c Du choc des idées jaillit la lumière \u201d.J.-A.CHAUSSÉ. (TT | | | 372 LE MONDE ILLUSTRE FERREOL, par Jules Lermina Jeune, brave, intelligent,\u2014il était né à Marseille \u2014Ferréol avait pour principe de ne jamais s'étonner.Il laissait aux âmes faibles le vulgaire émoi de la surprise et ne craignait même pas, comme les anciens Gaulois, que le ciel lui tombât sur la tête.Cet incident lui eût paru fâcheux, mais n\u2019eût pas ébranlé son sang froid.Il ne manquait de rien\u2014étant bien de chez lui \u2014 menait joyeusement ses cinq lustres, tout éclairés de bien-être, faisait la nique au passé et riait à l'avenir.A Paris, il rencontra Angèle.Elle était adorablement jolie.Il l'aima.TI le lui dit.Elle écouta.Il la pressa.Elle résista.Il insista.Elle demanda le mariage.Logique avec lui-même, il ne s\u2019étonna pas.Elle était vertueuse.Pourquoi ne pas l'épouser ?Ferréol lui dit : \u2014Vous avez une famille ?\u2014Un père.\u2014Où est-il ?\u2014A Brest.\u2014Que fait-il 1 \u2014 Il radoube des vaisseaux.Epouse-là, si tu veux.\u2014 Page 373, col.3 Avoir un beau-père radoubeur rentre dans les contingences admissibles.\u2014Je pars, dit Ferréol.\u2014 Pourquoi ?\u2014Pour demander votre main à M.votre père.Voilà comme je\u2018suis, moi ! Rien au lendemain.Prsé, vendu.Je vous aime, vous m\u2019aimez.\u2026.Hein ?vous m'aimez 1 \u2014Oui.\u2014Donc.le train part.à huit heures du soir : À onze heures du matin, je suis à Brest.Je cours au radoub.Je vois votre père.Je lui pose la question.Il répond.Je suis ravi.Je reprends le train à trois heures et après-demain, sept heures du soir, je vous dis : \u2018 Tu es à moi ! \u201d Elle rougit, eut un délicieux sourire et, murmurante, dit : \u2014Va ! + + * Ferréol prit une voiture dont le cocher était ivre.Il ne s\u2019étonna pas.À la gare, le préposé aux billets lui glisss deux pièces roumaines.Il ne s\u2019étonna pas.Dans la salle d'attente, on lui vols sa valise.Il ne s\u2019étonna pas.Dans le wagon, un Anglais\u2014seul\u2014uceupa les quatre coins, un de sa personne, un de son parapluie, un de sa lorgnette, un de son Bwdeker.Ferréol ne s\u2019étonna pas.Le train déraills.Enfantillage.Ferréol eut lv nez à demi écrasé.Billevesée.Il y eut un retard d'heures multiples.Fadaise.Le surlendemain, à l\u2019heure dite, \u2014mais à vingt quatre heures près, \u2014Ferréol débarquait à Brest, et, rapide comme un zèbre marseillais, enfilait la rue de Siam.\u2014Les ateliers du Radoud ?\u2014Bur la Penfeld, troisième bâtiment à gauche.Ferréol ignorait absolument l'identité géographique de la Penfeld.Mais un homme comme lui no demandait pas d'explications.Il alla droit devant lui, comme celui qui sait très bien, tourna vers Saint-Sauveur, se heurta à la porte Gabon, rebondit sur la Madeleine, caram- bols sur le château, finalement vit sur un éeri- teau : Quai de la Penfed\u2014et intelligent, puisque Marseillais, devina qu\u2019il était en bon chemin.Il s\u2019engagea sur le quai, faillit se rompre les jambes aux cordes goudronnées, se prendre au = MONDE ILLUSTRÉ 373 tomate iège des anneaux, reçut force horions des porteurs de ballots et enfin tomba en arrêt devant un bâtiment sur lequel, en lettres noires sur fond chique tabac, s'écrasait ce mot unique : \u2014Radoub.Cette chance ne l\u2019étonna pas plus que le reste.Tl vit une porte, devina qu\u2019elle devait servir à entrer, tourna le bouton, pénétra et aperçut dans une salle noire un lit de camp et, sur ce lit de camp, un matelot qui fumait us pipe.Hirsute, embriqué, type du loup de wer.+ + * \u2014~Monsieur Kénézek demania Ferréol.C'était le nom de famille de la bien aimée.Angèle Kénéæek.\u2014II n\u2019est pes là.\u2014Où est-il Ÿ \u2014 Au travail, donc.\u2014Où ça ?\u2014La.dans le fond.Et la main du matelot dessina du pouce une vague topographie.\u2014Fh bien ! j'irai le trouver au travail.\u2014Toi ?mon petit ! \u2014 Pourquoi pas ! \u2014('a serait drole.\u2014 Ah ça ! pas de phrase ! j'ai à parler à M.Kénézek, affaire urgente et qui n'admet pas une minute de retard.Je veux le voir, je le verrai et tout de suite, dussè-je pour cela plonger au fond des enfers.Le matelot sursauta, passa sa pipe cle la canine de droite à la molaire de gauche, puis s\u2019écria : \u2014Alors tu es de la partie ! Ferréol ne comprit pas.Mais ses principes lui dictaient la réponse : \u2014Parbleu ! fitil en se cambrant avec désinvolture.\u2014Alors ça va.je te conduirai.C\u2019est à deux Tu peux t'habiller ici.S'habiller ! Tout autre que Ferréol eût esquissé un geste de surprise plus ou moins contenue.Mais lui, jamais ! Après tout, pour se présenter devant un beau-père.peut-être était-il convenable d'endosser l'habit noir.\u2014Allons, reprit-il.Le matelot fit deux pas vers une porte, puis s'arrétant dit : \u2014Ah ça ! ne blaguons pas ! 11 leva le bras et détacha un tableau graisseux pendu au mur ; et lisant, interrogea Ferréol comme suit : \u2014TTu n\u2019es pas en état d'ivresse ?\u2014Moi ?Ah mais ! (se contenant) je n'ai pasun verre d\u2019eau dans l'estomac.\u2014Y at-il plus d\u2019une heure que tu as mangé ?\u2014Trois heures.Ferréol eut une furieuse envie de demander si on se moquait de lui : un autre aurait succombé à la tentation ; lui, non.\u2014Tu n\u2019es pas en transpiration ?\u2014Je suis sec comme une ardoise.\u2014 Ardoise.tout à l'heure.Ce tout à l'heure n\u2019éclairait pas la situation.\u2014Tu es en bonne santé ?\u2014Je suis de bronze.\u2014Tu as l\u2019esprit calme 1 \u2014Un granit moral.\u2014 Bien.L'homme remit l\u2019écriteau en place et ouvrit la porte.++ + \u2014Déshabille-toi ! Jusqu'ici Ferréol n'avait demandé personne en mariage.Mais bien qu'il eut l'esprit vif, il n\u2019avait pas supposé que cet acte\u2014important il est vrai\u2014dût être accompagné de pareilles formalités.Mais comme il était de ceux que rien n\u2019étonne, il ne broncha pas et obéit.Il faisait presque nuit dans la pièce et Ferréol en était réduit aux conjectures.Le matelot ouvrit un coffre et en tira un bonnet un gilet, un calegon et des chaussettes.\u2014Avec ça, fit-il, nique pour la transpiration ! \u2014En effet, dit Ferréol en se couvrant de ces moe\u201d objets qui exhalaient une singulière odeur, extrait de goudron et d\u2019algue marine \u2014panaché.Puis le matelot exhiba un vêtement verdâtre, pantalon à pied et à gilet, d'une étoite solide et souple.|| fit asseoir Ferréol, l'aida avec la dextérité d\u2019un valet de chambre émérite, lui passa le pantalon, lui laça de gros souliers, très lourds, introduisit les bras l'un après l'autre dans le gilet et remonta une collerette de cuir qui s\u2019adaptait exne- tement aux épaules.Sur le dos, il plaça un coussin, et, par dessus, une pélerine de métal qui ressemblait à une cui- rase, Ferréol se prêtait «le grâce excellente à ce travestissement.Une idée lui traversait le cerveau qui n\u2019était pas sans flatter sa vanité.Tl songes aux chevaliers de l\u2019ancienne Bretagne et se dit qu\u2019Angèle, la doucr Armoricaine, lui avait sans doute caché par modestie qu\u2019elle descendait de quelque antique famille, den ducs de la Mer.Pendant ce temps, l'autre continuait à l'ajuster, murmurant des phrases, récitées par cœur, comme la théorie du caporal : \u2014 Faire pénétrer chaque bouton de la pélerine de métal dans la boutonnière correspondunte ce la collerette de cuir.\u2014 Pur dessus la collerette ajuster les brides ou segments «le cuivre, ainsi que les écrous à oreilles.\u2014 Visser ces derniers jusqu'A ce que la jonction du vêtement et de la pélerine.ete.C'était long.seulement : \u2014Vous êtes sûr que je verrai M.Kénézek ?\u2014Oh ! il ne s'envolera pas ! répliqua le matelot avec un gros rire.Puis il ajouta : \u2014 TI n\u2019y a plus que le casque, Nous le mettrons là bas.Puisqu'il n'y avait plus que le casque, le plus dur.Cela ne serait plus qu\u2019affaire de patience.Le matelot prit sous son bras une sorte de boule enveloppée dans un sac de cuir.Le costume de Ferréol lui rappelant vaguement la camisole de force, il se dit que jamais condamné n\u2019avait vu le bourreau porter déjà sa tète sous son bras, en le menant À l'échafaud.D'ailleurs il ne s'agissait pas d'échafaud, mais d'amour.Le matelot fit sortir Ferréol, le conduisit sur le quai, tourna à droite, puis à gauche, et arriva sur une jetée qui s\u2019avançait dans un bassin de quelque dix mètres.A une courte distance, la coque noire d\u2019un bâtiment dont Ferréol, par contenance, demanda le nom : \u2014C'\u2019est le Duguay-Trouin / Un rude trou à aveugler ! En toute autre circonstance, Ferréol eut peut- être prononcé quelques paroles sympathiques à l'adresse du Duguay-Trouin, blessé dans ses œuvres vives.Mais il était géné aux entournures et se tut.Le matelot appela un de ses camarades, «jui sans mot dire, vint se placer derrière Ferréol.\u2014('a va bien ! \u2014Parbleu ! fit Ferréol.\u2014Alors, attention ! Tu vois, l\u2019ardoise est accrochée à la ceinture, avec le crayon.\u2014Je vois.Ce fut son dernier mot.A ce moment, d'un mouvement à la fois rapide et doux, les deux hommes saisirent le casque, dégagé du sac de cuir, le soulevèrent au dessus de la tête de Ferréol, l'emboîtèrent jusqu\u2019à ses épaules et serrèrent les écrous.Ferréol, aveuglé, étouffé, ent un éblouissement.Un instant la nature faillit l'emporter sur la vigueur de son principe.Mais toute protestation lui parut inopportune.Mais Ferréol était patient.TI dit ++ * Il se sentit enlever de terre, puis suspendu dans le vide : puis une étrange sensation de froid lui monta des pieds à la ceinture, il y eut un remous au-dessus de sa tête.Il ouvrit les yeux tout grands, et à travers les hublots de son casque, il vit un poisson qui passait, Certes, ces péripéties n'étaient pas banales.Mais pour avoir quelque mérite, c\u2019est de l\u2019étonnant seul qu\u2019il convient de ne pas s'étonner.Ferréol descendait avec une rapidité relative.Enfin il vit le fond de l\u2019eau et, à quelques pas, un monstre À tête énorme et à yeux gigantesques, qui fit rapidement quelques pas vers lui, prit à sa ceinture une ardoise semblable à celle que portait Fer- réol et, écrivant quelques mots, la lui montra.Ferréol, qui avait des bourdonnements dans la tête, lut : \u2014Je suis Kénézek.Qu'est-ce que tu veux 1 L'instant était solennel.Ferréol eut une longue aspiration a laquelle se prêta complaisamment lu poinpe foulante, puis, le poumon satisfait et l'âme forte, il réitéchit.De ce scaphandrier à grosse tête dépendait le bonheur de sa vie entière.Entre casques, on devait s'entendre.Comn:# lwnu-père, Un plongeur était convenable.Ce n\u2019était pas une situation commune.Ferréol prit à son tour l\u2019ardoise et, quoique con- sicérablement gêné, écrivit : \u2014Je in\u2019appelle Ferréol, j'habite Paris.J'ai dix mille livres de rente.J'aime votre fille Angèle et j'ai l'honneur de vous demander sa main.TI y eut un grondement sous le casque de l\u2019aieul.Il passa une algue sur son ardoise, puis écrivit de nouveau : \u2014Epouse-la ri tu veux, je m'en.\u2014 Vous consentez 1 ardoisa vivement Ferréol ravi et ingniet à la fois.\u2014Bon débarrus ! crayonna Kénézek, je consens ! mais fiche-moi le camp, j'ai à faire.Enthousiasmé, Ferréol voulut s'agenouiller devant le scaphandre paternel.Mais son vêtement gonflé tirait par en haut.Cet acte d'hommage respectueux lui fut interdit.Cependant le père d\u2019Angèle répétait sur l\u2019ardoise sa parole suprême : \u201c Fiche-moi le camp ! \u201d Et comme Ferréol, ne sachant comment #\u2019y prendre pour remonter, ne se hâtait pas assez à son gré, il frappa cinq fois\u2014selon l\u2019ordonnance\u2014 la corde d'appel, Ferréol se sentit enlevé et, se frayant un passage à travers une compagnie de dorades, reparut à la lumière des cieux.+ * * \u2014Ça ne fait rien ! lui dit le matelot en humant le verre de rhum que Ferréol lui offrit bénévolement, à ta place, j'aurais attendu dix minutes.Kénézek va remonter à cinq heures.11 était cing heures moins dix.Ferréol répliqua : \u2014TUn homme comme moi n'attend pas dix minutes.\u2014De retour A Paris, Ferréol épousa la fille du scaphandrier.lt il vit heureux, ce qui n\u2019est pus parvenu à l\u2019étonner.NOUVELLES A LA MAIN Aux courses.\u2014 Moi aussi, monsieur, je fais courir.\u2014111 \u2014Je suis l\u2019inventeur d\u2019un purgatif ! ++ + Le chapitre des doléances.\u2014Oui, monsieur, le jour même où je me mariais, mon caissier prefitait de mon absence pour m\u2019enlever ma caisse.\u2014 Qu'est-ce que vous voulez ?un accident n\u2019arrive jamais seul ! +.+ + Un ami rencontre un veuf tout larmoyant.- Mais vous m\u2019avez dit cent fois que vous éprouviez une belle horreur pour votre femme ! \u2014C'est vrui ; mais vous savez bien qu'on souffre encore après s'être fait arracher une dent mauvaise ! ++ + Entre boulevardiers : \u2014Est-elle vraie, la nouvelle qui circule au cercle?Tu épouses Mme de X., une veuve en possession de cinquante ans bien sonnés ?\u2014Oui, mon cher, et en possession également de cinquante mille francs de rento bien sonnants | «4e Te ye ery LE MONDE ILLUSTRE 2\u2014 PRES D'UNE TOMBE (HOMMAGE A MON AMI, ACHILLE B.) C'était hier.Nous faisions tous les deux, non ami et moi, notre promenade de l'aprés-diner.Marchant à l'aventure, tristes orphelins, comme instinctivement, c'est vers un même but que nous avons dirigé nos pas.O douce sympathie do l\u2019amitié qui nous a conduits l\u2019un et l'autre au vieux cimatière où dorment leur dernier sommeil celles qui ont été nos mères, aimable spontauéité, je te bénis ! Pour moi, c'est pour la centième fois, peut être, durant mes quinze longs mois de deuil, que je me retrouve agenouillé auprès du tertre vénéré.Toujours, pourtant, je m'y incline avec une affection nouvelle, toujours, lorsque je me relève, je sens en mon Âme la force d'un courage nouveau.Et j'ai vu, mon ami qui n\u2019a pas comme moi, l\u2019avantage de revenir souvent à la tombe chérie, subir les mêmes impressions, pendant que nous y priions tous deux.J'ai vu se refléter, en même temps, sur son vissge, et les mêmes tristesses du regret, tribut à la nature, et les mêmes saintes joies de l'espérance, hommage à la foi ! Cela m\u2019a fait penser : il est donc bien vrai que jamais du fils A 1a mère quelques pieds de terre froide, quelques années de douloureuse absence ne sauraient interrompre le courant d'amour inéluctable par le ciel établi ! Ah | c'est qu\u2019en effet, 6 tombeau, tu ne sais pas quel trésor de tendresse tu ravis à nos cœurs quand tu détiens une mère en ton humide prison ! Hier, sous un des plus beaux soleils de septembre qu'on puisse rêver, les fleurs, dont de pieuses mains ont embelli les tombes, étaient dans tout l'éclat de leur fraîcheur.La brise caressante les agitait doucement.Elles semblaient chanceler sous le poids de la tristesse dont nos âmes navrées déversaient dans leur frôle corolle les funèbres secrets.Pouvons-nous le croire, charmantes et saintes fleurs qu\u2019on sème sur les tombes, Dieu permet-il cela que vous poussiez une de vos racines, à travers le bois du cercueil, jusqu\u2019au cœur du cher en- sevelil.Oh ! si ça n\u2019est pas un mensonge, un rêve de ma triste imagination, parlez, discrètes messagères, parlez à mon oreille, parlez.ou plutôt parlez à mon cœur ! Dites-moi quelque chose, petites privilégiées qui croissez sur la tombe de ma mère, diles- moi quelque chose de ce cœur regretté jusqu'où vous arrivez.Dites ce qu'il est devenu cet abîme insondable de la pure affection.Il ne saurait être encore aride et desséché, il avait tant d'amour ! Mais non, oh ! non, les fleurs sont muettes.Les fleurs ne disent rien, elles ne parlent qu'à Dieu.Seul le vent, dans les grands arbres d'alentour, mêle sa dolente chanson aux soupirs qu\u2019exhale ma poitrine oppressée.Cependant la foi se ranime, et la foi parle au cœur.Sur le bord d\u2019une tombe qui cache à la vue du corps une personne chère, c\u2019est là qu'il fait bon d\u2019être croyant ! Près d\u2019une tombe, on aime à voir plus loin que ce bout de vie orageuse qu\u2019il incombe à chacun de couler ici-bas ! Près d'une tombe, l\u2019âAme grandie par son espoir, bénit Dieu d\u2019être Dieu et de faire si bien tout ce qu'il fait ! Car la foi nous dit : à toi qui espères en ce que tu aimes, il sers donné d'aimer à jamais ce en quoi tu auras fermement espéré ! Devant cet enseignement, l'âme se réconforte, le cœur ranime son courage.Le croyant se dit : je dois vivre pour croire, espérer et aimer, et le chrétien répond : il faut aimer, espérer nt croire pour vivre ! Et alors, dans l'enthousiasme qui la remplit, la créature reconnaissante lève au ciel son regard et confesse au Seigneur : vous seul, 6 mon Dieu, vous êtes grand ! Lorsque j'ai longtemps prié dans ce lieu solitaire qu'est notre champ des morts, je sens mon énergie abattue se réveiller soudain.Dans les douces \u2014 Ww émotions que la foi me ménage près de la tombe ma mère, mon âme se retrempe, et ce n\u2019est plus le même, le chrétien qui retourne après ces suave minutes d'intime entretien que celui qui y était venu accablé de tristesse.| C\u2019est là que vont mourir les soucis qui s\u2019acharnaient à me poursuivre ; là que je vais panser u grand nombre de blessures que m'infligent, souvent, les ronces du chemin.C\u2019est là que je me rends quand la solitude me pèse, m'y rétablir dans l'intimité de la chère dis parue.\u2018C\u2019est là que j'amène, comme au plus digne rendez-vous, un ami de cœur se prosterner avec moi.Hier nous étions deux intimes, deux frères en amitié, deux frères en deuil, pour accomplir l\u2019émotionnant pèlerinage.Ensemble et la main dans la main, nous avons été nous agenouiller auprès de chacun des deux tertres sous lesquels reposent nos deux mères.Ils sont tout près l\u2019un de l\u2019autre, à l'ombre des grands bras de la croix noire, le sien plus frais de quelques mois, le mien toujours non moins vénéré.Pauvres enfants, lui, l'hiver l\u2019a rendu orphelin, par aon air trop vif pour de faibles poitrines, et woi, c'est au printemps qu'a disparu ma mère, avec le parfum délicieux des premières roses fanées ! Avez-vous été satisfaites, chères âmes de nos mères, de cette visite que nous vous avons voulu faire avant que de nous séparer Ÿ Notre filial amour ose l\u2019espérer.ntendez donc, c'est l'unique gage que nous vous demandons, ce cri du cœur que nous poussions vers vous, en nous dérobant, hier, bien malgré nous, à vos surnaturelles étreintes.Dans la tourmente de notre terrestre existence, déjà bien ballottés par les flots, nautonniers de vingt ans, c\u2019est notre espoir en vous que nous prenons pour Pp boussole.Que le bruit des concerts angéliques aux- que vous méêlez dès à présent vos voix, nous n\u2019en outonspas, saintes mères et vaillantes chrétiennes, n'empêche point d'arriver à vos oreilles, comme un suprême appel, la prière de votre enfant : \u201c O mère, veille sur moi comme jadis, et fais en sorte d\u2019être toujours contente de ton fils ! Puisse Dicu donner raison à ton amour, quand finira ma vie, et réunir, pour l'éternité, des cœurs qu\u2019il n\u2019a pu séparer que pour un temps ! \u201d \u2014\u2014 ELL L'EXPOSITION DES BEAUX-ARTS TIT M.J.-A.Marois, peintre bien connu, a mis à l'exposition quelques toiles.La plupart d'entre- elles sont bien brossées et dénotent chez M.Marois beaucoup d\u2019habilité.Ce que nous avons trouvé de mieux est une Tére de vieillard (copie).Vraiment, dans ce petit ta bleau l'artiste s'est su Digne de remarque aussi, la Trinité, d'après Pierre de Cretone, la Pêche à Saint Malo, d\u2019après Pierre Beretini, Une scène de rivière, Une vue aans les Alpes, et deux portaits : celui de l\u2019hon.C.-S Rodier et celui du peintre lui-même.* » * Arrêtons-nous maintenant, devant deux charmantes petites toiles, mises, nous ne savons pourquoi, dans un coin isolé et en partie cachées par d'autres objets.Elles sont toutes petites, mais bien réussies.Pas un artiste ne refuserait d'y apposer son nom.La première de ces toiles représente le Christ en eroix, d'après Bonnat.Le Christ, les yeux au ciel et la figure empreinte de la plus grande douleur, exalte son dernier soupir.C'est vivant.Le deuxième tableau est une Mater Dolorosa admirable ; un original celui-là.Nous croyons cependant que l'auteur, pour faire cette belle tête, a dû s'inspirer ches le Guide, car elle a quelque peu le caractère des productions du célèbre peintre italien.Ces deux toiles indiquent chez M.O.Leduc un talent plus qu\u2019ordinaire.Nous ajoutons de plus que cet artiste sera un maître dans l'avenir, s'il continue de peindre.* % +* M.Emile Lefeunteun expose plusieurs tableaux et plusieurs dessins au crayon.L'un d\u2019entre eux nous montre le Christ en croix sur le rocher du Golgotha ; un rayon l\u2019illumine obiiquement.La croix se détache sur un ciel sombre.Plusieurs autres toiles représentent des paysages et scènes de campagne, et aussi quelques portraits.Ce que nous avons le plus remarqué dans l'exposition de cet artiste est Une téte de patriarche, copie d'un grand maitre, qui est bien peinte.Nous pouvons en dire autant de beaucoup des dessins au crayon de M.Lefeunteun.++ * Parlons de M.J.-C.Franchère, qui arrive justement de Paris, après y avoir étudié pendant trois ans sous la direction de Gérôme et de Jos.Blanc.Notre compatriote, nous sommes heureux de le dire, a bien profité des quelques années la- bas, et tous ceux qui voudront s\u2019en convaincre n\u2019auront qu\u2019d aller voir les productions de cet artiste.Son Job, d'après Bonnat, est fidèlement reproduit et digne d'attention.Réellement, le grand peintre français n\u2019a jamais été mieux copié.Encore une excellente copie, c'est Une tête de femme, d'a- rès Cormon.Bien faits également divers tableaux représentant quelques Paysages en Bretagne, un Intérieur du Louvre, Une rue à Saint-Malo et Une jeune Italienne.Ces divers tableaux font beaucoup d'honneur à M.Franchère.CRIS ET TYPES MONTRÉALAIS Les vendeux de journaux sont très nombreux à Montréal.Plusieurs n'ont que cela pour vivre.Bon nombre les portent à domicile et se font un salaire respectable et raisonnable.D'autres aiment mieux attendre les passants aux coins des rues.Les postes préférés par ceux-ci sont la rue St- Jacques et la ru Notre Dawe, entre la côte Saint- Lambert et la rue McGill, puis le boulevard St- Laurent entre les rues Ste-Catherine et Craig.Ce sont pour la plupart des petits garçons.Cependant le sexe, l'âge, la nationalité ne comptent pas pour des obstacles, car on rencontre des vieillards, des femmes, des filles, des Canadiens-fran.çais, des Anglais, des Ecossais, des Irlandais, des Italiens, même des Juifs.Les endroits les plus achalandés sont le bureau de poste et le bas du boulevard.Dans l'Ouest, le matin, on crie : Gazette, Herald, le soir : Star, Witness.Dans l\u2019Est, après ls journée, on chante : Le Monde, la Presse, la Patrie, l'Etendard.Une fois par semaine on ajoute : Le Monde I- lustré, Le Samedi, La Bibliothèque.J'ai dit plus haut, en parlant de l'Ouest, on orie, et en parlant de l'Est, on :hante.Cela est très vrai.Les premiers n\u2019y mettent aucune harmonie, c\u2019est bref, sec, britannique ; les seconds, au contraire arrange leur nomenclature de manière à varier les tons.Îls chantent les noms et mettent les syllabes sonores à la fin.On reconnaît de suite, par ce fait, des descendants de race latine.++ * Maintenant, disons un mot des Runners LE MONDE ILLUSTRE 875 On appel runners des individus ou plutôt des sangsues qui se collent à vous dès votre descente d'un wagon ou d'un bateau, afin de vous conduire dans le meilleur hôtel à très bon marché ; dans des magasins où le marchand donne le butin pour rien.\u201cSs vous paieront une traite, seront gens de service, converseront d'une manière agréable, polie, savante même, Ils connaissent tout, ils savent tout.Une autre variété de runners existe aux abords des grands hotels.Coux-là raccolent des Américains pour les maisons de jeux et des big bugs pour les waisons de plaisirs, Mais, à part leur toilette toujours à la mode, et leur connaissance du aport et de l'étiquette, ils se rapprochent ausez des précédents.Le bon temps des runners vulgaires est passé.En effet, tant que les voyageurs des pays d'en haut pullulèrent dans Montréal, ils avaient l\u2019atoul en main.Chaque établissement avait ses représentants dans tous les lieux publics.Néanmoins ce furent les marchands d'habits de confection qui remportèrent la palme.Une fois le pigeon rendu là, il n\u2019en sortait pas sans avoir acheté.Lorsque les pauvres cayeux faisaient mine de partir sans payer leur tribut, un des commis les faisait passer en arrière, dans un cabinet sous un prétexte quelconque et les enfermait la, de longues journées.Ils en sortaient quand ils étaient décidés à acheter.E35 Muse UNE LETTRE AU CIEL Il était huit heures du soir, et il pleuvait à verse, une pluie froide poussée par le vent d\u2019automne.Bernard, le vieux facteur, venait de rentrer chez lui, mouillé, glacé, trempé jusqu'aux os, fatigué.Il dépoua sa casquette et s'assit près de la cheminée où flambait un bon feu.\u2014Quel temps ! quel \u2018temps ! se ditil en lui.même.Ah ! il est dur le métier, très dur, très dur.L'été, sous un soleil brûlant et sur des trottoirs durs et chauds comme le feu ; l'hiver, dans la neige, dans l\u2019eau, au milieu des tempêtes.ah! dur le métier, très dur ! Heureusement tout est fini.Demain je donne ma démission, c\u2019est bien raisonnable, après un service de trente ans.J'ai des petites écunomies, pas très fortes, mais suffisantes pour we faire vivre, moi et ma pauvre vieille sœur Suzanne.Je vais donc me reposer ; demain, je serai libre, je m'amuserai et.demain, je m'ennuierai.Oui, je m'ennuierai, car j'aimais le métier.J'ai vu sourire bien des jeunes filles lorsque je leur présentais une lettre, j'ai entendu battre bien des cœurs, mais j'ai vu pleurer bien des yeux à mon arrivée.Le facteur de poste porte avec lui la joie, l'espérance, le bonheur, les promesses d\u2019amitié, les serments d'amour.I] porte aussi le deuil, la tristesse et les larmes.Il gémit avec celui qui pleure ; il rit avec la gaieté.Vraiment des larmes coulent sur mes joues quand je pense que tout est fini.Allons souper ! Et comme le vieux facteur se mettait à table, sur laquelle fumaient des plats succulents préparés par la vieille sœur, on frappa à la porte et Suzanne fit entrer.un pauvre petit garçon de sept à huit ans au plus, déguenillé, en lambeaux, la tête couverte d\u2019un vieux chapeau sans bord, les pieds chaussés, l\u2019un dans un sabot de bois et l\u2019autre dans une vieille savatte.mais des cheveux blonds, blonds zomme l\u2019or, une figure intelligente, des yeux bleus comme le ciel.L'orage augmentait de vitesse, la pluie battait les vitres, les arbres ployés par les efforts de la tempête poussaient des gémissements sinistres, et la maison tremblait sur sa base.Le petit garçon, inquiet, s'approchait du feu et regardait avec des yeux de convoitise la table où mangeait le facteur.\u2014Tu as froid et tu as faim, dit Bernard en regardant l'enfant.\u2014J'ai faim et j'ai froid, répondit le petit déguenillé, Mais, M.Bernard, je vous connais depuis longtemps, vous veniez porter des lettres à ma mère.je sais que vous êtes bon, et j'ai quelque chose à vous demander.\u2014Parle, petit, parle.\u2014C'est que, voyez-vous M.Bernard, j'ai une lettre à envoyer à ma mère.et je n'ai pas d\u2019argent.et j'ai dit : M.Izernard est bon, il ira porter cette lettre.\u2014Par un temps pareil, reprit le facteur, et après wa journée, jamais ! D'ailleurs, j'ai fini, je ne fais plus partie du métier.L'enfant pleurait à chaudes larmes, le vieux fac teur s\u2019attandrit.\u2014Allons, ne pleure pas, dit-il.envoyer cette lettre ?\u2014À maman ! Des hommes que je ne connais pas sont venus la chercher, il y a quelques jours, et elle n\u2019est pas revenue.\u2014Elle est en prison peut-être, se dit en lui- même Bernard, pauvre enfant ! Et tout haut : donne moi ta lettre.\u2014Je ne sais pas écrire, moi, écrivez vous même \u2014Allons, reprit le vieux facteur, puisqu'il le faut.mais que veux-tu dire à ta mère ?Et pendant que l'enfant dictait des phrases en trecoupées par les sanglots et les larmes, Bernard, le vieux facteur, écrivait : A qui veux tu Maman, Depuis que tu es parti, j'ai bien pleuré.Pendant que tu restais avec moi, tu me disais souvent de faire ma prière et j'ai prié.tous les matins, je dis au bon Dieu : \u201c Donnez-nous aujourd'hui notre pain quotidien \u201d, et ce.ndant je n\u2019ai pax mangé depuis eux Jours.Je suis seul, il fait mauvais, j'ai froid et j'ai faim.\u2014C'est tout, dit Bernard en pliant la lettre ?\u2014Oui, répondit l'enfant.\u2014Et où est-elle ta mère ?\u2014Au ciel ! \u2014Au ciel ! reprit le facteur en sautant sur sa chaise.\u2014Oui, nais vous irez porter la lettre, vous êtes bon, vous.Est-ce loin le ciel 1 \u2014Le ciel, non, non, re n\u2019est pas loin.J'irai porter la lettre, je reviendrai bientôt.en attendant, assis-toi À cette table.Suzanne sers cet enfant, réchauffe-le, je reviendrai tout à l'heure.Cette foule qui défile lentement sur les trottoirs est essentiellement cosmopolite ; toutes les nationalités s\u2019y coudoient ; les Anglais, surtout les A mé- ricains et les Russes y fourmillent.À côté de ces types étrangers facilement reconnaissables, il y a des figures bien parisiennes, comme par exemple la dame, le monsieur et l'ofticier attablés que nous voyons dans la gravure.Inutile de dire que l\u2019élément militaire y foissonne, car ce ne sont les soldats qui manquent en France, comme dans toute l'Europe, d'ailleurs.Quand le tourlourou parisien n'a rien à faire, il va flâner sur les boulevards.Le boulevard est, en effet, le grand rendez-vous de tous les promeneurs de la capitale.Quoi de plus charmant que ce spectacle ?Les beaux équipages se pressent à la suite les uns des autres sur la chaussée, la foule brillante qui s\u2019avance lentement sur les trottoirs, les vitrines des magasins resplendissantes de richesses tout cela forme un coup d\u2019œil ravissant.PRIMES DU MOIS DE SEPTEMBRE LISTE DES NUMÉROS GAGNANTS Lo tirage des primes pour les numéros du mois septembre, a eu lieu samedi, le 4 octobre, dans la salle de l\u2019Union Saint-Joseph, coin des rues Ste- Catherine et Suinte-Elizabeth.Trois personnes choisies par l\u2019assemblée ont surveillé le tirage qui a donné le résultat suivant ler prix No.15,563.850.00 Ze prix No.31,135.25.00 3e prx No.1,245.15.00 de prix No, 34,845.10.00 5e prix No.393.5.00 6e prix No.13,926.4.00 7e prix No.23497.3.00 8e prix No.17,484.2.00 Les numéros suivants ont gagné une piastre chacun : au ciel, oui j'irai.314 7.665 12,709 18,084 23,040 29,762 Et le père Bernard, prenant sa casquette, sortit, 3 tH ra > hr NN aoe oe agité, la tête en feu.Il erra dans la ville sous une 385 8,29 an 74 oa son 0,688 pluie battante, murmurant entre ses dents : G6 8,421 1 EH 23,096 30,996 \u2014Au ciel la mère, et l'enfant seul, abandonné ; 1,027 8,849 14 499 18.968 ut 31,104 il restera avec moi, je ne suis pas riche, mais la 1,483 9.700 22 20.24,68 : 1,118 jeunesse dans mon logis, cela we rajeunira .une 1,617 9,748 14,7 70 5 1085 27,600 31,699 bouche de plus à nourrir, c\u2019est grave, mais je tra- 2,282 10.004 16,069 20.104 27,687 31,818 vaillerai, je porterai des lettres.les camarades 2,815 10,265 16,141 20.0 28,294 31,847 riront 8ils le veulent.mes vieilles jambes sont 3 797 11,139 16,518 5 1\u20ac 9 28,460 32,043 bien fatiguées, mais u'importe ! 4,276 11,590 16,57 J 20,290 29,309 32,381 guces, qu'importe.5596 11.740 16,621 22030 29,340 32,725 Yet 6.205 11,873 16,884 22,500 29,482 33,295 \u2014 Elle s'est rendue, ta lettre, petit enfant, dit 6,686 11,915 17,145 72,668 29,547 33,718 Bernard en entrant, j'ai la réponse, tu n\u2019auras plus 7,237 12,604 froid, tu n'auras plus faim.Et le lendemain matin, pendant que Bernard, le vieux facteur, revètait son uniforme galonné rouge et sa casquette, l'enfant, à genoux au pied du petit lit où il avait dormi bien chaudement, récitait devant l'image du bon Dieu : \u201c Donnez- nous aujourd'hui notre pain quotidien ! \u201d UN BOULEVARD DE PARIS (Voir gravure) Paris sans boulevards ne serait pas Paris ; ils sont les traits principaux de sa physionomie.La gravure que nous publions aujourd'hui représente parfaitement un des passages les plus connus et les plus fréquentés de la capitale française.Qui n\u2019a pas entendu parler du célèbre Tortoni ?Le tableau est pris sur nature, dans l'après-midi, au moment où le boulevard rayonne dans toute sa splendeur, étalant au soleil les couleurs variées des plus riches toilettes.N.B.\u2014Toutes personnes ayant en mains des exemplaires du Mowpe ILLUSTRÉ, datés du mois de SEPTEMBRE, sont priées d'examiner les nu- wérus imprimés en encre rouge, sur la dernière page, et, s'ils correspondent avec l\u2019un des numéros gagnants, de nous envoyer le journal au plutôt, avec leur adresse, afin de recevoir la prime sans retard.Nos abonnés de Québec pourront réclamer le fnontant de leurs primes chez M.F.Béland, No.264, rue Saint-Jean, Québec.Pommes à la Saroyarde.\u2014Frotter à l\u2019ail un plat de terre pouvant aller au four, puis émincer finement des pouimes de terre Hollande, et les déposer dans une terrine.Assaisonner : sel, poivre, muscade ; ajouter un œuf, le lait nécessaire, fromage de gruyère râpé, et verser le tout \u2018lans le plat.Saupoudrer de fromage et casser par place de petits morceaux de beurre.Cuire à feu doux.Proportions pour 10 personnes : 6 grosses pou- mes Hollande, un œuf, un litre et demi de lait, 150 grammes de fromage, plus 50 grammes pour saupoudrer et 150 grammes de beurre.La cuisson demande de 35 à 45 minutes. ms rss Ta OR es TA As £ Fr is & ve 4 Sd Ned Mi pr ve A a + ay 2 Ci x A 4 ; 0 wr où «© : ve a .8 7 tr PE! 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