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Titre :
Le Monde illustré
Prenant la relève de L'Opinion publique (1870-1883), Le Monde illustré occupe une place importante dans la vie intellectuelle du Québec au tournant du xxe siècle. En 1902, il devient l'Album universel. [...]

Le 10 mai 1884, le réputé typographe et imprimeur Trefflé Berthiaume, en collaboration avec Napoléon Sabourin, lance Le Monde illustré. Il souhaite répondre à la demande d`un lectorat francophone à la recherche de journaux plus policés, mieux rédigés et faisant appel aux nouveautés techniques pour leurs illustrations.

Le Monde illustré constitue une source unique pour l`appréciation de l`art de l`illustration québécoise au tournant du xxe siècle; gravures, dessins et photographies y sont reproduits selon un procédé de phototypie breveté.

Bien que l`hebdomadaire publie des photographies pour la première fois en 1888, la place accordée aux dessins y demeure prépondérante. Grâce au concours des meilleurs artistes canadiens, ceux-ci sont empreints d`un réalisme indéniable. Ils se composent de scènes urbaines et villageoises, de paysages et de portraits de personnages influents. Avec une contribution s`élevant à 237 dessins, l`illustrateur Edmond-Joseph Massicotte est particulièrement prolifique au sein du journal.

Ses objectifs sont fidèles à ceux de son prédécesseur. Composé aux deux tiers de textes littéraires, l`hebdomadaire se définit d`abord comme un journal visant l`affermissement de la littérature québécoise. Il cible l`intellectuel canadien-français et désire contribuer au développement du bon goût par l`initiation aux arts et aux sciences.

Léon Dieu, directeur de la populaire chronique « Entre nous » de 1884 à 1898, et Jules Saint-Elme (pseudonyme : Amédée Denault), directeur du journal de 1892 à 1895, invitent les plus importants auteurs de l`époque à leur soumettre des textes. Le public découvre ainsi les écrits des Régis Roy, Édouard-Zotique Massicotte, Mathias Filion, Firmin Picard, Benjamin Sulte, Louis Fréchette et Albert Ferland.

Une grande place est également accordée à la reproduction de romans-feuilletons. Occupant généralement deux pages du journal, ceux-ci participent au développement du goût littéraire ainsi qu`à la démocratisation de la lecture du roman populaire dans la francophonie canadienne de la seconde moitié du xixe siècle. Richement illustrés, ils portent la signature des plus grands auteurs français tels Jules Verne, Jules Mary, Paul Féval, Zénaïde Fleuriot et Xavier de Montépin.

Précurseur de la presse illustrée du xxe siècle, l`hebdomadaire propose un contenu fort varié. Les numéros se composent d`actualités, de poèmes, d`articles scientifiques, d`une chronique variété, de biographies, d`annonces, de jeux de société, de chroniques mode, de recettes et de conseils culinaires.

En 1902, afin de s`adapter à une société changeante et de plaire à un plus large public, Le Monde illustré adopte le nom d`Album universel. Avec ce titre dit « de tous les pays et de toutes les branches du savoir humain », l`hebdomadaire désire satisfaire la légitime curiosité des lecteurs faisant partie des nouvelles classes sociales issues de l`extension du suffrage, de l`organisation ouvrière et de la démocratisation de l`éducation et des sports.

Voir aussi :

L`Opinion publique

Album universel

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l`Université Laval, 1973, vol. 3, p. 95-96.

BOIVIN, Aurélien, « Les périodiques et la diffusion du conte québécois au xixe siècle », Études françaises, vol. 12, n°s 1-2, 1976, p. 91-102.

« Denault, Joseph-Marie-Amédée », Dictionnaire biographique du Canada, en ligne.

LEMIRE, Maurice, La vie littéraire au Québec, Sainte-Foy, Presses de l`Université Laval, vol. 4, 1991.

MICHON, Jacques, Histoire de l`édition littéraire au Québec au xxe siècle, Saint-Laurent, Fides, vol. 1, 1999.

« Trefflé Berthiaume», Dictionnaire biographique du Canada, en ligne.

Éditeur :
  • Montréal :Berthiaume et Sabourin,1884-1902
Contenu spécifique :
samedi 6 septembre 1890
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
chaque semaine
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Journal du dimanche,
  • Successeur :
  • Album universel
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Références

Le Monde illustré, 1890-09-06, Collections de BAnQ.

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[" LE MONDE ILLUSTRÉ ABONNEMENTS : 7un ANNÉE, No 331 \u2014SAMEDI, 6 SEPTEMBRE 1890 ANNONCES : Un an, 88.00 - - - - - Six mois, 81.60 La ligne, par insertion - - - - + 10 sents Quatre mois, 81.00, payable d'avance BERTHIAUME & SABOURIN, PROPRIETAIRES.Insertions sudsaquentes - - - Koomis Vendu dans les dépôts & cents la copie BORBAUX, 40, PLACE JACQUES CARTIER, MONTRÉAL.Tarif spéciai jver annonces à long terme TT TT = a eT L'EGLISE SAINTE-BRIGITTE DOTTAWA 290 \u2014 LE MONDE ILLUSTRÉ MONTREAL, 6 SEPTEMBRE 1890 SOMMAIRE TaxTs : Causerie, par S.Du Lary.\u2014Bibliographies, par -Z.Masicotte.\u2014L'égliee Ste-Brigitte d'Ottawa, par Ed.Aubé, \u2014Poésie : Sonnet, par Louis de Saintes.\u2014La Justicière, par Maxime Auclouin.\u2014Biographie : Sous-lieutenant J.-D.Chartrand (Ch.des lcorres), r G.-A.Dumont.\u2014Usages et coutumes.\u2014l\u2019uésie : \u2019onsoils d'un père à sa fille.Los petites choses de notre histoire, par P.-G.Roy.\u2014Cueillettes et glanures, par Luc Ullus.\u2014L'honorable Arthur Turcotte.\u2014Machinégraphie et Mécanigraphie, par G.Des Chaussers.\u2014Notes historiques.\u2014 Voyages.\u2014Carnet de la cuisinière.\u2014Nouvelles à la main.\u2014Feuilleton : Le Régiment (suite).Gravures : Beaux-Arts : Dans les bois.\u2014Le lac Saint- Jean, vue de Robertval.\u2014L'\u2019église Sainte-Brigitte d'Ottaws.\u2014Portraits : J.D.Chartrand, sous-lieutenant dans l'armée Française.\u2014L'honorable A.Turcotte, protonotaire à Montréal.\u2014Gravure du feuilleton.Primes Mensuelles du \u2018Monde Illustré\u201d Ire Prime +\" $50 2me © \u201d : : 25 Sme * .« 15 éme \u201c « - - 10 5me © - .« 5 me \u201c - - * 4 \u201c - - - - 8 oe | 86 Primes, 8 81 - - - 86 94 Primes 8200 Le tirage se fait chaque mois, dans une salle publique, par dois personnes choisies par l\u2019assemblée.Aucune prime ne sera payée après les 30 jours qui suivront le tiruye de chaque mois.NOS PRIMES QUATRE-VINGT-SEPTIÈME TIRAGE Le quatre-vingt septième \u2018tirage des primes mensuelles du MoNDE ILLUSTRÉ (numéros datés du mois d'AOUT), aura lieu SAMEDI, le 6 SEPTEMBRE, à 8 heures du soir, dans la salle de UNION SAINT-JOSEPH, coindes rues Sainte Catherine et Sainte-Elizabeth.Le public est instamment invité à y assister Entrée libre.~~~ CAUSERIE PRES vous avoir parlé du Centre et du Sud de l\u2019Amérique, il faut bien dire un mot du Nord.11 ne se passe guère de semaine, sans que les journaux des Etats- Unis ne nous apportent la nouvelle dequelque idée baroque, ds quelque invention curieuse, Aujourd'hui je puis vous offrir les trois choses à la fois.+ Une ville du Michigan voulant donner à la France une marque et un souvenir de sa reconnaissance, pour les efforts généreux de nos pères qui firent triompher l'indépendance américaine, le journal de l\u2019endroit consulta ses lecteurs sur ce qu'il y a de mieux à faire, et l'imagination des indigènes leur inspira des choses délicieuses.\u2014 Un citoyen, qui ne doute vraiment de rien, conseille d'aider France à payer sa dette publique ; ce se.LE MONDE ILLUSTRE rait un peu lourd même pour les Etats-Unis ; il est vrai que le gouvernement ne sait littéralement lus comment dépenser son argent : cela pourrait e tirer de cet embarras et pour longtemps, \u2014Un autre monsieur plus fulätre voudrait faire construire un orgue colossal, qui jouerait alternativement l'hymne national français et le chant patriotique américain.\u2014La plupart opinent pour l'évection à Paris d\u2019un groupe représentant La Fayette et Washington.\u2014 Allons, bonnes gens, vous avez tous manqué le coche : votre reconnaissance est trop tardive et la France n'en a plus que faire ; c'est il y a vingt ans qu\u2019il fallait vous demander comment vous pouviez la lui témoigner ; la réponse eût été facile alors.L'accident bizarre dont je veux vous parler, nous ramène à des idées plus gaies.Il y a des gens qui se plaignent qu'on rencontre beaucoup d'ivrognes à Paris.A Collinsville dans le Texas, c'est la ville entière qui était ivre il y & quelques jours.Au moment où passait un train chargé de tonneaux de whiskey, le pont du chemin de fer s'effondre.Aussitôt la populace se précipite sur sa liqueur favorite et fait bombance au milieu des futailles éventrées non sans avoir pris d\u2019abord ln sage précaution de mettre de côté pour les jours suivants les pièces demeurées en bon état.Les efforts énergiques de la police et des employés du chemin de fer furent impuissants à refréner la passion de tout un peuple altéré ; alors, paraît il, poussés par le désespoir, employés et policemen, pour noyer leur chagrin, firent comme le chien de la fable qui porte & son cou le diner de son maitre ; ils se grisérent aussi, afin que la perte de ce qu'ils étaient chargés de protéger profitit du moins aux représentants de la compagnie et aux défenseurs du bon ordre.Reste à vous parler, pour tenir ma triple promesse, d\u2019une invention curieuse.-\u2014O électricité, à quels usages ne t'abaissera-t-on pas ! Tandis qu\u2019on s'occupe de poser les fils qui permettront dans quelques semaines aux Parisiens de causer par le téléphone avec les liabitants de Londres, les citoyens de Chicago ont imaginé d'établir dans leurs rues des moteurs électriques pour cirer leurs chaussures ! Je suis sûr qu\u2019il y aura des nègres, habitués à courir nus pieds, qui profiteront de cette appareil pour faire reluire d'avantage l\u2019ébène de leur peau.* + + On l'a dit bien de fois, mais il n\u2019est pas inutile de le répéter : l'entrevue que viennent d\u2019avoir les empereurs de Russie et d'Allemagne, à Narva, ne peut avoir aucune influence sérieuse sur la situa- tien européenne, Ce n\u2019est qu\u2019une visite de politesse, comme les souverains s'en font tous les jours à la fin du dix- neuvième siècle, Autrefois, leur grandeur les attachait au rivage et les empéchait de franchir les frontières de leurs Etats.On regardait comme un trait d'originalité l\u2019humeur voyageuse d\u2019un Pierre-le- Grand, d\u2019un Gustave III ou d'un Joseph IT.Toutes les grandes affaires se traitaient par l'intermédiaire des ambassadeurs ordinaires ou non.L'invention des chemins de fer a répandu le goût des excursions, et les princes se livrent comme de simples mortels à la passion à la mode.Ils s'amusent et ils s\u2019instruisent ; ils s'amusent plus qu\u2019ils ne s'instruisent, car on n'apprend pas grand\u201d chose dans les trains de luxe, les banquets de gala et les revues solennelles.Mais il est toujours plus dithcile de former une alliance que de s\u2019embrasser ; on échange des croix et des toasts sans échanger dca promesses d'amitié ; ces pompeuses formalités ne modifient ni les intérêts ni les sentiments.Personne ne s\u2019y tromperait, s\u2019il n'existait en Europe des journaux officieux dont l'emploi principal est de jeter de la poudre aux yeux du public et de faire passer des vessies pour des lanternes, L'entrevue de Narva fournit aux organes des chancelleries une ample matière à dithyrambes, et tous les admirateurs payés et impayés de Guillaume II célèbrent son voyage en Russie comme une conquête pacifique accomplie par le plus remuant des empereurs.C'est la seconde fois que le successeur de Frédéric IIT rend visite à son voisin du nord-eat Qu'\u2019a-t-il donc rapporté de ça première excursion Saint l\u2019étersbourg 11! est vrai que\u2019 M.de Bismarck n\u2019est plus ministre et que sos anciens panégyristes lui font aujourd\u2019hui l'injure de croire que sa chute facilite la tâche de la diplomatie germanique.Tandis qu\u2019il régnait, on le célébrait sur tous les tons comme le garant de la paix européenne il est tombé et on jure que la paix est maintenant mieux garantie.Passons sur cette contradiction et admettons que la disgrâce de cet homme d'Etat naguère tuut-puissant ait été envisagée par le tsar comme un événement favorable.Qu\u2019y nura-t-il pour cela de changé en Europe 1 Il n\u2019y à pas de rapprochement possible entre l'Allemagne et la Russie tant que subsistera la triple alliance La triple alliance a pour objet de préserver l'Allemagne contre un retour offensif de la France et Alsace-Lorraine, et de préserver l'Autriche contre un retour offensif de la Russie dans les Balkans.Encore y a-t-il entre ces deux questions cette dilférence que la France dû signer le poignard sur la george, le traité de Francfort, et, par conséquent, reconnaître l\u2019état de choses établi en Bulgarie par l\u2019usurpation de Ferdinand de Cobourg.La violation permanente du traité de Berlin est une injure permanente au tsar.Depuis le jour où les Bulgares se sont brouillés avec leur libérateur, celui ci est devenu le créancier de l\u2019Europe, un créancier patient mais inflexible, qui ne déchai- nera pus la guerre pour avoir son dû, mais qui ne donnera pas quittance.Or, si Gauillaume II offrait à Alexandre de lui sacrifier le Cobours, la triple alliance serait rompue à l'instant, et ce n'est pas à Paris qu\u2019une telle transaction causerait le plus d\u2019inquétude, mais à Vienne et à Pesth.On a dit bien souvent que M.de Bismarek avait réduit ses alliés à une sorte de vassalité, que l\u2019Autriche et l\u2019Italie étaient devenues les clientes de l'Allemagne.Cela est peut-être vrai de l'Italie de M.Crispi : ce n\u2019est pas vrai de l'Autriche.La vérité est que, pour échapper au cauchemar de la revanche française, les Allemands ont cherché des alliés à tout prix.N'ayant pas su conserver l\u2019amitié de la Russie, ils ont acheté celle de I'Autriche, et ils l'ont payée, ils la paient encore très cher.L\u2019Autriche a acquis la Bosnie et l\u2019Herzé- govine ; elle a étendu son influence dans les Bal kans ; elle s\u2019est assuré le protectorat moral de la Bulgarie ; elle oblige le gouvernement italien à désavouer l'agitation irrédentiste à Trieste et à Trente.Dans le marché conclu sous l'influence de M.de Bismarck, les bénéfices ont été inégalement partagés : les Allemands n\u2019ont que des ga ranties de paix, garantis précaires qui ne les dispensent pas de s'armer jusqu'aux dents ; les Tta- liens ont des sentiments d\u2019amour propre qui ne valent pas ce qu\u2019elles leur coûtent ; les Autrichiens seuls ont étendu effetivement lenr domination et leur influence, ont obtenu ie droit de coutrecarrer, de braver la Russie et ne s\u2019en font pus faute.Personne ne prétend que l'entrevue de Narva puisse avoir pour résultat la rupture de la triple alliance ; elle ne peut donc pas svoir pour résultat un rapprochement entre l\u2019Allemagne et in Russie, rapprochement qui est incompatible avec le maintien de la triple alliance.Laissons donc la presse de Berlin et celle de Londres, qui lui fuit écho, célébrer les bienfaits de cette rencontre ; toutes les phrases du monde ne peuvent rien contre lu logique.(On prononcera des paroles de paix, mais Guillaume 11 ne conquerra pas l'amitié du tsar : il faudrait d'abord qu\u2019il rendit ln vie nu major Panitza ou qu'il aidât à le venger.+ * * On raconte qu\u2019à Malines, Victor Hugo, revon- naissant'au carillon de la tour de Saint-Rombaut de le distraire pendant une longue nuit d\u2019insomnie, ze leva et grava, avec le diamant d\u2019une vague, les vers suivants sur les vitres de la fenêtre de sa chambre : J'aime le carillon dans tes cités antiques, O vieux pays, gardien «le tes mœurs domestiques.Noble Flandre, où le Nord se réchauffe, engourdi, Au soleil de Castille, et s\u2019accouple au Midi, LE MONDE ILLUSTRÉ 291 ter \u2014 Le carillon, c'est l'heure inattendue et folle Que l'œil çroit voir, vêtue en danseuse espagnole, Apparaître soudain par le trou vif et clair Que ferait, en s'ouvrant, une porte de l\u2019air.Elle vient, secouant sur les toits léthargiques Non tablier d'argent, ploin de notes magiques, Réveillant, sans pitié, les dormeurs ennuyeux, Sautant à potits comme un oiseau joyeux, Vibrant ainsi qu'un dard qui tremble dans la cible ; Par un frèle escalier de criatal invisible.Fffarée et dansante, elle descond des cieux, Et l'esprit, ce veilleur, fait d'oreilles et d\u2019youx, Tandis qu\u2019elle va, vient, monte et descen encore.Entend de marche en marche errer son pied sonore.Le carillon, c'est la poésie des heures : poésie parfois ironique quand les heures sont tristes.C'est la musique démocratique du peuple, et l'on conçoit qu\u2019elle tombe des vieux beffrois gardiens des franchises communales.Jadis, quand les princes avaient à se plaindre des bourgeois, ils les privaient de leurs cloches.Elles étaient trop bavardes, sans doute.Il y s des personnes qui connaissent le langage des Hleurs.Les amoureux surtout lisent, à livre ouvert, ces gracieuses payes aux couleurs brillantes, aux douces senteurs, si expressives qu'un bouquet est souvent tout un poème charmant.Les cloches ont aussi leur langage triste ou gai, triomphal ou funèbre ; elles chantent I\u2019 /osannah ou le De pro- fundis des grandes choses de ce monde.I! ne s'agit que d'un peu d'observation pour comprendre ces voix aériennes, trait d'union entre le ciel et la terre.Messagères de la joie ou de la douleur, parfois aussi, quand elles tintent l'heure de la prière, elles font descendre le calme dans l'âme agitée.Alouettes matinales, elles annoncent le réveil de la nature et, avec le rossignol, elles sonnent le couvre-feu.Elle sont conviées à l\u2019union d\u2019un jeune couple, à la naissance du nouveau-né aux adieux suprômes de l'aieul.Il n'est pas un souvenir de notre vie qu'elles n'éveillent et ne fassent vibrer, pas une corde de notre être qui ne résonne à leur appel.La nuit, une clochette au timbre argentin vous éveille et, dans les ombres d\u2019un demi-sommeil, vous voyez défiler, pâles et frileuses, sous les froides voûtes du cloître, une longue procession de jeunes filles, la tête couverte d\u2019un voile blanc, Elles vont prier au pied de la croix.Elles offrent à Dieu qui ne leur demandait pas un si grand sacrifice, leur jeunesse, leur beauté, leurs grâces, leur cwur, l'affection de la famille, les joies de l'épouse, les devoirs austères et doux de la maternité, tout en un mot, ce qui pouvait les faire heureuses, utiles, aimées, vénérées ! Elles ont accepté la loi de la cloche, c'est elle qui règle désormais leur vie ! Les cloches disent encore bien d'autres choses à ceux qui étudient attentivement leur langage intime dans le silence et l'ombre.S.DuLary.BIBLIOGRAPHIES La réception de Monseigneur le vicomte d'Argenson par toutes lea nations des pais du Canada à son entrée au gouverne ment de la Nouvelle-France, publiée par Pierre-Georges Roy, Québec.Léger Brousseau, 1830.Broch.in-1¢ de 23 pages.Coupable du même péché que ce nouveau collaborateur du MoNDE ILLUSTRÉ, ce n\u2019est certes pas moi qui le blâmerai, au contraire.Les annales d'un pays sont des trésors inépui sables réservés aux piocheurs.Quelle récompense lorsque l\u2019un d'eux parvient à remettre en lumière un papier, un document perdu, un fait ignoré ?Seuls ceux qui ont passé par là savent la joie de l\u2019'heureux chercheur.Révélés de cette manière que de riens, en apparence, ont pris plus tard des proportions grandes, et se sont taillés des places respectables dans histoire.Done, continuons nos recherches sans nous occuper si la foule applaudit ou est inditférente.Jeunes, l'amour du lucre n\u2019est pas encore en nous, nous n'avons qu\u2019un but: une petite place au temple de mémoire ; nous l\u2019aurons.+ +* + En dépouillant ma correspondance, l\u2019autre jours une petite brochure au couvert rose se trouva sous ma main.Curieusement je l\u2019examinai.Quelle ne fut pas ma surprise loraque jo vis qu'elle était de mon aimable confrère, P.-G.Roy, de Lévis.Antiquaire st collectionneur, M.Roy venait de mettre au jour un petit drame qui me paraît ex- trémement rare.Alors comme aujourd\u2019hui, il était de mode de faire des réceptions brillantes aux gouverneurs- généraux, venant prendre possession de leur poste en ce pais de Canada.Cette fois, pour recevoir le vicomte d'Argenson, on fit du théâtre.Arrivé le 11 juillet 1658, le drame en question fut joué, par les élèves du collège de Québec, le 28 seulement.M.Roy, dans son introduction courte mais substantielle, explique les faits nécessaire pour l'intelligence du lecteur, puis termine par ces mots : \u201c Ceux que les petites choses de notre histoire intéressent liront avec plaisir, nous en sommes convaincus, la première pièce théâtrale composée au Canada, si l'on excepte toutefois le Théâtre de Neptune en la Nouvelle France, représenté sur les flota de Port-Royal, le quatorze novembre 1606.\" E3 th \u2014 CH.DES ECORRES ET SES OUVRAGES Les ouvrages de notre compatriote M, Char- trand (Ch.des Ecorres), dont nous donnons au- jourd\u2019hui le portrait avec notes biographiques, ont obtenu à Paris, un succès des plus francs, notamment S#-I/airent tiré À dix éditions.Inutile de reproduire les comptes-rendus des journaux parisiens.Citons au hasard quelques- uns des principaux qui en ont parlé : La France militaire, l'Avenir militaire, Le progrès militaire, La Revue d'infanterie, La Revue du Cercle militaire, La Revue de la France Moderne, Le matin, Le Télégraphe, Le Soir, La France, Le Gil-Blas, Le Figaro, Le Temps, Le Semeur, etc, et terminons par ces lignes de La France militaire : St-Maisent, Souvenir d'éeole militaire, par Ch.des Ecorres Un beau volume illustré : chez Charles- Lavauzelle, Paris, 5e édition.Prix : 3 frs.Saint-Maixent n\u2019a plus rien à envier aux autres écoles militaires ; aujourd\u2019hui, Saint-Maixent à son histoire.M.Ch.des Ecorres, dont on n'a pas oublié les amusantes Eupétitions autour de mu tente, publiées il y a deux ans, a fait pour notre pépinière d'officiers d'infanterie, ce que tant d'autres avaient déjà tenté pour l\u2019olytechnique, St- Cyr, Saumur et La Flèche ; il a écrit ses souvenirs d'école précédés d\u2019une préface humoristique de Théo-Critt et illustrés de ravissants croquis dusau crayon de Baïonnette et d\u2019Astier.Le succès de ce livre n\u2019était point douteux, en quelques semaines, l'éditeur à dû tirer cing éditions.C\u2019est que ces récits pleins d'humour et de guieté n'intéressent pas seulement ceux qui out vécu pendant un an à Saint-Maixent, ils ont aussi un grand attrait pour tous les autres officiers de l'armée curieux de connaître les tristesses et les joies de leurs jeunescamaraces pendant leur dureannée d\u2019études, M.des Ecorres demande I'indulgence du public, en a-t- il donc tant besoin ?Non, certes, on lira son livre avec le plus grand plaisir et le plus vif intérêt.L'auteur, l\u2019éditeur et leurs collalhorateurs méritent, à tous égards, nos plus sincères félicitations.Les deux ouvrages de notre compatriote sont en vente chez MM.Beauchemin & Fils, libraires-édi- teurs, 56 rue St-Paul, et à la librairie Ste-Hen- riette (G.A.et W.Dumont) 1826, rue Sainte-Ca- therine, Montréal.L'EGLISE STE-BRIGITTE D'OTTAWA (Voir gravure) Sous le titre : \u201c Ottawa Catholique \u201d, le MoxDE ItLUsrrÉ du 3 mai dernier publiait un excellent article signé Jules Saint-Elme, au sujet des églises d'Ottawa.Le nouveau temple des Irlandais catholiques de la paroisse Notre-Dame, en construction alors, n'ayant été mentionné, qu\u2019en passant, si je puis m'exprimer ainsi, je me permets de joindre les quelques notes suivantes aux précédentes : Sa Grandeur Mgr l'archevêque Duhamel, voyant que la Basilique devenait trop petite pour le nombre croissant des fidèles de cette localité, d e mands aux oatholiques de langue anglaise de décider ce qu'ils préféraient avoir : une paroisse mixte ou une église pour eux seuls.On voit qu'ils choisirent la dernière proposition, En mai 1889 avait lieu la pose de la pierre angulaire du nouvel édifice avec un cérémonial magnifique.Aujourd\u2019hui, le temple est complètement achevé et fait honneur à la ville d'Ottawa.C'est un immense édifice en pierre grise bosselée.Les murs d'extérieur ont 164 pieds par 64.Du sol au sommet de la grande tour il y a 182 pieds et du côté de la petite 80.L'intérieur de la nouvelle église est très joli eb permet d\u2019embrasser tout l\u2019ensemble du premier coup d'œil.Ïl n\u2019y a que 8 colonnes nuancées de vert tendre et dorées ; elles supportent les voûtes latérales à une hauteur de 35 pieds at forment les arceaux de la voûte principale élevée de 50 pieds, Les autels sont de fort bon goût, or et blanc, Ils sont au nombre de trois.Les 240 bancs et les confessionnaux sont en frêne huilé et bordés de linguettes brunies.Il n'y a qu'un seul jubé, celui de l'orgue, éclairé parunlarge vitrail représentant grandeur naturelle la Vierge Marie, sainte Anne, saint Patrice et saint Toseph.La patronne de l'église orne le vitrail colorié au- dessus du maître-autel.La sacristie est actuellement dans lo soubassement de l\u2019église où se trouve aussi une salle d\u2019école du dimanche.Le Rév.P.Mclavern, le curé actuel du nouveau temple, se propose de faire construire une sacristie à l'automne.Le coût de l\u2019édifice est de 293,000.TI devait être livré au culte le 15 août, d'après le contrat, et l'inauguration en a été faite le 3.Cette cérémonie a été des plus imposantes : ella a été présidée par Sa Grâce Monseigneur d\u2019Ottawa, assisté du Très-Révérend M.Routhier, vicaire général du diocèse, du Rév.M.M.MeGuckin, recteur de l'Université d'Ottawa,et de MM.les chanoines Campeau et Plantin comme diacre et sous-diacre d'honneur.Le Kév.M.J.('Gara, de St-Hyacinthe, agissait comme maître des cérémonies.La bénédiction s'est faite par une procession de tout le clergé, en dedans et au dehors de l\u2019église, et cette procession a été suivie d\u2019une messe pontificale par Sa Grâce Monseigneur d'Ottawa.Mgr Grandin, de Xaint-Albert, et le Rév.P.Lacombe, missionnaire des sauvages, assistaient au chœur.La nouvelle église est située à l\u2019encoignure des rues Nt-Patrice et Cumberland, dans la basse-ville ; elle est un des plus beaux ornements de cette localité.L'architecte de ce superbe édlifice, qui fait l\u2019admiration de tous ceux qui le visitent, est M.J.-R.Bowes, un nom familier à tous ceux qui s'occupent tant soit peu de belles constructions.Nos compatriotes d\u2019origine irlandaise ont droit À plus d\u2019un titre, d\u2019être fiers du majestueux temple qu\u2019ils viennent de faire élever, dans la province d'Ontario, à leur digne et vénérée patronne sainte Brigitte.CH (tube La reconnaissance est la mémoire du cœur.Il n'y a pas de premier pas vers la faute ; il n\u2019y en a qu\u2019un \u2014JULES CLARETIE.La paix est le temps où les fils enterrent les pères, et la guerre celui où les pères enterrent les fils.\u2014 HÉRODOTE.L'âme huminine est toujours en travail d\u2019une poésie et d\u2019une foi ; après les grands écroulements, l'heure revient vite ou l\u2019on entend murmurer et se répondre J Aa cask ry 7 POUCES PVOUTEERTEE ANN NN SONNET A MA BEUR O toi, vers qui s'en va mon amour fraternelle, Que me demandes-tu, bonne petite sœur ?\u2019importe quoi, dis-tu, qui là-bas me rappelle À ton doux souvenir : un dessin, une fleur.Si je pouvais, oiseau, développer mon aile, Et voler aux beaux lieux qu\u2019habite ton bonheur, Ainsi qu\u2019au renouveau la rapide hiroudelle, Je t'apporterais vite et mon Ame et mon cœur.Une fleur ! souvenir ?\u2026 la fleur, hélas ! se fane Et le parfum s'en va de la feuille diaphane Qui jadis rayonnait parmi les rameaux verts.Je t'enverrai, ma sœur, quelques «louces pensées, Quelques modestes fleurs par l'amour encensées, Toujours fraîches pour toi : un bouquet de mes vers.NAY A LA JUSTICIERE Jean Guillou, Pierre Destroit, \u2014c\u2019avait été, depuis un quart de siècle, entre ces deux hommes, \u2014 deux minotiers du pays breton, \u2014une lutte âpre, acharnée, sans merci.Jean Guillou, jadis simple piqueur de meules chez Pierre Destroit et renvoyé par celui-ci pour vol d'un sac de grain, avait fini, à force de ténacité, d\u2019sudace, d'intrigues, de tripotages et do chance, par couler son ancien patron,\u2014la vie a de ces terribles renversements de balance !\u2014et maintenant, commerçant, banquier, usurier, brassant 20 millions d\u2019affaires par an, propriétaire des trois quarts des terres de la commune, gonflé par le succès à en faire éclater sa peau de parvenu, grandi de la servilité de ses fermiers, de ses ouvriers et de ses débiteurs, la tête tournée par les courbettes des notables, les avances du préfet et les mamours du député, dur aux humbles, entier vis-à-vis de ses égaux, insolent avec tous, il était le maître incontesté, indiscuté, absolu, le tyran du pays.Un soir de janvier que le vent du nord éparpillait ls neige sur le faite des toits, Jean Guillou souriait au feu de bâches qui flambait dans l\u2019âtre de son cabinet bien clos.Devenu acquéreur de Ia minoterie délabrée, de la maison d'habitation, des meubles.des dernières épaves, en un mot, de ce qui fut le bien de son rival, sur son ordre à lui Jean Guillou, on expuluait, le soir même, Pierre Destroit de son domicile ; et tandis que la bise sifflait rageusement sous les portes, que la flamme crépitait, claire et gaie dans le foyer, Jean Guillou riait d'un mauvais rire \u2014Ah ! on l\u2019avait chassé ! on l'avait traité de voleur ! eh bien ! elle sonnait l'heure de la vengeance longuement préparée et patiemment attendue.Une rumeur dans la rue l\u2019attira à sa fenêtre et voici ce qu'il vit : Il vit Pierre Destroit poussant devant lui une charrette à bras qui contenait quelques effets, un bois de lit, et, accroupie sur un paquet de hardes, une vieille bonne femme ridée, ratatinée, tremblante, transie par le froid.Cette pauvre créature, c'était la mère de Pierre Destroit.Devant chaque porte, celui-ci s\u2019arrêtait et demandait'l'hospitalité pour la vieille, \u2014et à chaque porte on le repoussait,\u2014non point, certes, par dureté de cœur, non, mais par crainte de déplaire à Monsieur Guillou.Comme il fallait que la mère, à peine de mourir de froid, trouvAt un gite sans tarder, il courbait le front sous les humiliations, et continuait sa lamentable tournée, invoquant, pour attendrir les gens, le souvenir des services qu\u2019il leur avait rendus jadis ; car, au temps de la bonne fortune, il s\u2019était toujours montré bon et secourable aux petits sre LE MONDE ILLUSTRÉ Tous désolés, muets, levaient la main vers le logis de Jean Guillou le potentat ; leur haussement d'épaule terrifié voulait dire : \u201c Si nous te secourons, nous lui déplaisons, nous sommes perdus \u201d.La vieille geignait, toussotait sur eon paquet de hardes ; ses mAchoires claquaient ; elle avait croisé sur ses genoux ses mains nouées par la goutte, et se ramassait en un petit tas, pour concentrer le plus possible de chaleur dans le jupon de droguet qui lui servait de manteau.Il ne resta bientôt plus qu\u2019une maison à explu- rer, au bout du bourg, la maison du riche minotier.Pierre hésita un instant et frappa.\u2014 Qu'est-ce que vous voulez 1 \u2014Un gite pour ma mère.\u2014Je ne loge pas les mendiants.\u2014Je ne suis pas un mendiant, j'ai de bons bras et l'habitude du travail, Jean, tu le sais.pendant deux ans, tu as couché sous mon toit.\u2014Vous m\u2019avez chassé, nous sommes quittes.\u2026.et puis, nous n'avons pas gardé les vaches ensemble : Dispensez vous de me tutoyer et filez ! \u2026 \u2014Jean, tu n'auras pas le triste courage de laisser une chrétienne, une femme d'âge, mourir dehors.Ne me refuse pas, je t'en supplie !.Veux-tu que je devienne ton esclave, ta chose ?Laisse pour quelques jours seulement, pour cette nuit, ma mère s'abriter dans ton grenier, dans ton écurie.n'importe où.Qu'est-ce que cela te fait !.Personne n\u2019a voulu nous accueillir, on avait peur de toi ; on te méconnaissait, n\u2019est-ce pas, Jean 1.Nous avons été ennemis, c'est vrai, mais j'ai lutté loyalement.Maintenant je m\u2019avoue vaincu, je m'humilie, que tout soit oublié !.\u2014 En voilà assez | \u2014 Voyons, ce n\u2019est pas possible que tu aies le cœur si dur ?.l\u2019ancienne n\u2019est pas responsable du mal que j'ai pu te faire, elle !.Si tu la lnisse exposée à ce froid, dans une heure, peut- être, elle sera morte.Veux-tu que ce remords pèse sur ta vie ?\u2014Vous in\u2019embétez, allez-vous-en!.Pierre fronça les sourcils.\u2014Oh ! dit-il, je te savais voleur, je ne te croyais pas capable d\u2019un crime.\u2014Mais, écoute-moi, prie le bon Dieu qu'il n'arrive pas malheur à ma mère.tu entends, Jean Guillou ?.La porte se referma avec violence, et tandis que la charrette à bras disparaissait au tournant de la route, Jean Guillou, rentré dans son cabinet, sifflait un air de chasse devant la flamme qui ron- ronnaît joyeusement.A deux kilomètres du bourg, Pierre s'arrêta.La bise soufflait âpre, mordante ; des vols de corbeaux tournoyaient dans le crépuscule gris ; le ciel, lourd de neige, écrasait la terre ; dans le silence ouaté on n\u2019entendait que le claquement des machoires de la vieille, et les siffaments de sa pauvre poitrine déchirée par le froid.Tout à coup, tandis que son fils se demandait avec terreur où il pourrait lui procurer un semblant d\u2019abri pour la nuit, voila quelle se mit à râler !\u2014Non, ce n\u2019était pas possible, elle n\u2019allait pas mourir abandonnée, sans secours, au bord d\u2019un fossé, comme un chien errant ?.Il souleva le jupon de droguet qui couvrait la tête de la bonne femme et aux dernières lueurs du jour, il lui vit les yeux déjà ternis, vitreux : elle agonisait ! \u2018« Mère !\u201d cria-tiil.Les lèvres violettes de la mourante remuèrent : \u2018\u201c Pierre !.que je te baise.mon fi!.\u201d Le râle s\u2019accentua et devint comme un bruit de mer sur les galets.puis s'affaiblit.un soubresaut.un hoquet.c'était fini | Pierre Destroit, accablé, les yeux secs, ferma les yeux de la morte, s'agenouilla dans la neige, et la plainte monotone du vent troubla seule le silence de la nuit.+.* Jean Guillou revenait du chef.lieu du canton où, dans un banquet, on l'avait vivement engagé À poser sa candidature aux prochaines élections législatives.Dans cette demi ébriété qui suit un bon repas et teinte l'avenir de reflets roses, dodelinant de la tête à ses rêves d\u2019ambition, chaudement enveloppé dans sa pelisse de fourrure, un, excellent cigare aux lèvres, il marchait bon pas, yo pour l'instant d\u2019autre souci que la possi.\u2014 \u2014 bilité d'une rencontre fâcheuse.Sa conscience lui reprochait pas mal d\u2019infamies, et les ténèbres s\u2019épaississaient de plus en plus.\u2014Pourquoi disble avait-il refusé ls voiture qu'on lui offrait 1.Bah ! qui donc oserait s\u2019attaquer au riche minotier, au souverain du pays, au futur député ?Député !.la nuit a'éclairait, et dans un éblouissant mirage il se voyait, lui, l'ancien piqueur de meules, le pauvre ouvrier sorti de la crotte, tronant à la Chambre, pérorant, légiférant, tranchant les hautes questions d\u2019où dépendent les destinées du pays.Député ! et pourquoi s\u2019ar- réterait-il en route Ÿ Pourquoi un homme de sa trempe n\u2019aspirerait il pas au portefeuille que tant d'imbéciles ont mis sous leur aisselle.et n\u2019ont pas su garder Ÿ Quand il le tiendrait, il n\u2019était pas d'humeur à le lâcher facilement : n'avait-il pas à son service l'énergie indomptable, l'esprit d\u2019intrigue, l\u2019impassibilité cruelle, la science des affaires et des tripotages qui avaient servi de base à sa fortune ! \u2014Député, eh bien ! oui.puis après.Tout à coup, il vit se dresser devant lui une ombre et recula.\u2014Hé ! l'homme ! cria-t-il passez votre chemin ! \u2014Le chemin appartient à tout le monde, répondit une voix qu'il reconnut pour celle de Pierre Destroit.Il voulut avancer, \u2014l\u2019homme se plaça devant lui.\u2014Jean Guillou ! un mot \u2018 \u2014L'heure est mal choisie pour une explication.\u2014Ah ¢a ! laissez la route libre, ou je vous fends la tête avec mon bâton.\u2014Je n\u2019ai pas peur de ton bâton et je choisis l\u2019heure qui me convient.Pierre Destroit saisit son ennemi au collet, et, le secouant : \u2014Sais-tu que tu as tué ma mère ?Que je te dois la plus grande douleur qui puisse torturer le cœur d\u2019un homme Ÿ Sais-tu qu'à l'heure où tu te gabergeais, aujourd'hui, j'étais seul à suivre le cercueil de ta victime 1 Oui.Tous ces gens que j'ai tant de fois obligés, dont quelques-uns me doivent le bien être, d'autres l'honneur.les lâches ! les lâches \u2018.à peine ont ils eu le courage de se signer, derrière leurs vitres, au passage du convoi ! Pas un ne m'a assisté !\u2014 Mais si la pauvre bonne femme s'en est allée seule à sa dernière demeure, à qui la faute, Jean Ciuillou ?dis, à qui la faute ?Le misérable, à moitié étranglé, bégaya ! \u2014Lache moi ! lâche moi ! \u2014Oui, je vais te lâcher, mais auparavant je veux te dire que tu es une canaille, un voleur, un lâche assassin, et je veux qu'en attendant la punition qui t'atteindra tôt ou tard s'il y & une justice en ce bas monde, je veux te traiter comme on traite les infâmes.Tiens! Maintenant tu peux passer ton chemin, et remercier le Lon Dieu d'avoir eu affaire à un brave homme.Et après avoir craché à la figure de son ennemi il s\u2019éloigna, quand l\u2019autre, fou de rage, fit tourner sou bâton et lui en asséna un coup terrible.Heu- reuscment le coup ne porta point.Pierre Destroit s'était retourné.\u2014Ah ! fit-il, c'est du sang que tu veux ?Alors les deux hommes s'étreignirent dans un corps-à corps furieux.A cet endroit, la route longe la ligne du chemin de fer et la surplombe, elle en est séparée seulement par une faible palissade.Les hasards de la lutte amenèrent les deux adversaires sur cette palissade ; elle céda, et ils roulèrent du haut du talus dans la tranchée ; la chute ne leur fit point lâcher prise, \u2014le duel continua, \u2014duel à mort peut- être, quoiqu'ils n\u2019eussent tous deux d'autres armes que leurs terribles bras de meuniers.Soudain, sans cesser de s'étreindre, ils tendirent l'oreille.\u2014sur les rails des vibrations couraient, et l'on entendait un grondement sourd, comme d'un tonnerre lointain qui se serait rapproché rapidement.L'express !.C'était l\u2019express qui arrivait !.Ils ne se lâchaient pas, craignant mutuellement une trahison.et les trépidations des rails s\u2019ac- centusient.et là-bas, a deux kilomètres, un point brillant apparut dans la nuit.Ce point grossit, grossit fantastiquement, se dédoubla en Er deux yeux, deux gros yeux sanglants de Lite dévorante, qui se reflétaient sur les rails en filets de fou nntant suprême ! Dans vingt secondes le monstre allait passer.D'une brusque secousse Pierre parvir.t à se décramponner et à se coller contre le talus, hurlant.\u2014 Gare, Jean Guillou ! ga.Un broiement d'os et un cri d'agonie per«lu dans le fracas assourdissant du train qui passe.un éblouissement.Dans le fossé où Pierre Destroit, le cœur arrêté, les jambes cassées par le saisissement, s'était laissé glisser, à cinquante pas plus loin, une tête roula.La locomotive, devenue l'instrument de la justice divine, avait vengé le crime qui échappait à la justice humaine.MAXIME AUDOUIN SOUS LIEUTENANT J.D.CHARTRAND (CH.DES KCORRES) Tout Canadien semble apporter en naissant deux goûts bien prononcés : celui des voyages et celui d\u2019être soldat.L'un, il le duit à ses ancêtres, qui étaient pour la plupart plus ou moins soldats.L'autre est dû à sa naissance dans un pays nouveau et encore aux trois quarts inhabité.C'est pour ces rairons que nous retrouvons des Canadiens dans toutes les parties du monde, que nous les voyons découvrir plusieurs places en Amérique et fonder grand nombre de villes.C'est encore pour ces raisons, que nous voyons des Cans- diens servir comme soldats dans diverses armées étrangères, surtout celles de la France et des Etats- Unis.Partout, et dans toutes les circonstances, les Canadiens montrèrent qu\u2019ils étaient les dignes descendants de leurs ancêtres, tous Gaulois.De même qu'ils laissèrent des traces impérissables de leur passage à travers les forêts immenses du Nouveau-Monde, sur tous les grands Incs qu'ils parcoururent en tous sens, de même ils laisséront un souvenir inoubliable de leur vaillance en versant leur sang sur maints champs de bataille.Bien souvent ils assurèrent, par leur courage seul, la victoire prête à fuir le drapeau qu\u2019ils défendaient.Que de beaux faits nous aurions à citer ! Lr Pour ne pas manquer à l\u2019usage, M.le sous-lieutenant Chartrand, dont nous avons à faire la biographie aujourd'hui, à été à la fois voyageur et soldat, comme on le verra dans le cours des quelques notes biographiques qui vont suivre.M.Chartrand est né à St-Vincent-de-Paul (les Ecorres), près de Montréal, en 1554, d\u2019une famille composée de cinq garçons et deux filles, dont les uns résident encore au Canada, tandis que les autres demeurent inaintenant aux Etats-Unis._ 11 fit ses études au collège de Terrebonne, cette institution classique qui, dans sa courte existence, donna un si grand nombre d'hommes distingués.Cette institution, détruite il y a quelques années par un incendie et non reconstruite, était, comme chacun le sait un don généreux de la seigneuresse du lieu, Mme Masson.Ses études terminées, de 1870 à 1572, M.Char- trand voyages dans les Etats-Unis.Il revint au Canada, en 1873, pour prendre part à la campague de la Rivière Rouge C'est 1a qu'il fit ses premières armes en défendant le drapeau anglais, et qu'il contribua à assurer la paix au Canada, un moment troublée par Riel et les Métis, De 1874 à 1876, on retrouve M.Chartrand à LE MONDE ILLUSTRÉ Montréal, où il occupe le double emploi de comptable et d'administrateur d\u2019abord dans les bureaux du Rien public et en dernier lieu au National.Tout en s'occupant d'une manière habile de l'administration des deux journaux que nous venons de nommer, notre jeune lieutenant cherchait à satisfaire ses goûts pour les armes.Et pour cela il ne crut devoir rien faire de mieux que d'entrer dans le 65° bataillon de milice, dont il fut nommé capitaine et adjudant le 15 février 1876, Le 29 soût 1876, M.Chartrand part pour la France, avec le désir de s'engager dans la Légion étrangère.Après son admission à la Légion (ler septembre 1877) , il fit deux années le campague contre les tribus arabes dans le Sud-Oranais.Pendant ces luttes incessantes de chaque jour, car les Arabes ne laissent guère de répit aux Français, M.Chartrand fit des prodiges de valeur et obtint en conséquence de nombreux succès.À quatre années de service, il est nommé officier et plus tard sous-lieutenant porte - drapeau au 3e zouaves.Dans les exercices de tir, il remporta plusieurs premiers prix pour son adresse au revolver et au fusil.Depuis quatre ans, M.Chartrand est lieutenant- instructeur à l'école 1nilitaire de St-Hippolyte-du- Fort, département du Gard.C'est un poste de choix.Il sera décoré de la croix de la Légion d'honneur à la fin de cette année, à douze ans de service quand il en faut ordinairement vingt-six pour l'obtenir.De plus, il sera fait capitaine à quatorze ans de service, étant mis ainsi sur le même pied que les officiers ayant fait leurs études à St- Cyr.Depuis ron retouren France, M.le lieutenant Chartrand s\u2019est allié à la descendante d\u2019une des plus anciennes familles de Gascogne, petite fille du marquis de Latour-Latore et de la marquise de Fo- doas, alliée aux Latour d'Auvergne.De ce mariage sont nés deux charmants enfants.+ + * M.Chartrand a publié un grand nowbre d'articles dans plusieurs journaux français, américains et canadiens, tant sous son nom que sous son pseudonyme (Ch.des Ecorres).Les lecteurs de la /\u2019atrie entre autres, ont remarqué depuis longtemps la fi- nesseet la sûreté de coup d'œil dont M.Chartrand a fait preuve dans lesdivers écrits publiés par ce journal.Une étude sur les Cadres de l'infanterie, parue dans la Arrue de l'infanterie, à mérité à son auteur les éloges bien mérités de la presse française.Expédition autour de ma tente, publié chez Plon, et Saint-Mairent édité par Lavauzelle, ont été bien accueillis du public lecteur.Le dernier de ces ouvrages en est déjà à sa dixième édition.Plusieurs autres livres paraitront sous peu.Comme nouveau fleuron à sa couronne littéraire, M.Chartrand a été admis membre de la Société des Gens de Lettres de France, le printemps dernier, sur le rapport et la proposition de MM.Jules Claretie (de l\u2019Académie française), Paul Vibert et Philibert Audebrand.Nous n'avons plus qu\u2019un mot à ajouter à ce que nous venons de dire, et ce mot nous l\u2019acressons aux jeunes gens qui ont du cœur et de l\u2019intelligence.Nous venons d'écrire très brièvement la vie d\u2019un jeune homme de trente-six ans qui, parti pauvre et ignoré du Canada, à su ge créer en France une réputation enviable et dans les armes et dans les lettres.C'est au milieu du peuple français, où pourtant les grands hommes n\u2019ont jamais manqué et ne manquent pas encore, qu\u2019il a réussi à faire émerger son nom de l'ombre et à l\u2019inscrire sur le péristyle du temple éluvé à la mémoire des hommes utiles à leurs concituyens.Quel beau trioniphe, et combien il doit en être fier ! Ces brillants succès, il les doit & son travail constant, à son courage infatigable, à son amour insatiable de l'étude, à son légitime désir de faire honorer et aimer son pays d'origine, le Canada, en offrant à ls Frauçe un littérateur et un soldat 298 de plus, pour la défendre et par la plume ct jar l'épée.po P P ' F L'exemple du lieutenant Chartrand, nous l\u2019offrons aux jeunes.A eux do le suivre et de s\u2019efforcer de l\u2019imiter.Quelques soient les succès qui couronneront leur travail, ils n'auront jamais à regretter les efforts faits pour satisfaire leurs nobles et généreux désirs, Et lorsque la vieillesse viendra pour eux, comme elle est venue pour les autres, ils pourront se repo ser heureux et satisfaits, car leur passé aura été glorieux et pour eux-mêmes et pour leurs compatriotes, et la mort en les touchant, ne viendra que mettre le sceau à leur immortalité.CAL on USAGES ET COUTUMES Nos lecteurs trouveront peut-être quelque plaisir À être renseignés sur les règles du savoir-vivre qu'on professait, en Angleterre, vers 1664.Il semblerait, d\u2019après les prohibitions de la civilité britannique de cette époque, que les cavaliers du temps de Charles JT n\u2019euesent pas été des \u201c miroirs d'élégance \u201d.Toutefois, il peut encore être avantageux, mêine en notre fin de siècle, de feuilleter le vieux livre anglais.\u201c T1 est incivil, y est-il dit, de déployer ses bras dans de grands gestes, en parlant, ou de se les détirer, ou de les allonger vers ceci ou vers cela, ou encore de se les tordre.N'agite pas tes lèvres pour te chanter un air à voix basse, ni ne fredonne pour toi-même, ni ne siffle, à moins que tu ne sois bien seul.Ne bats pas du tambour avec tes pieds ou tes doigts.Ne fais pas claquer tes dents, ne les frotte pas, ne grince pas des dents.En toussant et en éternuant, tâche de faire peu de bruit.Ne soupire ni assez bruyamment, ni assez ostensiblement pour attirer l'attention des autres sur toi, à moins de grandes occasions douloureuses, où tu ne peux contenir ton chagrin.Si tu bâilles, ne gémis pas, eomme cela arrrive à plus d\u2019un, et abstiens-toi de bâiller autant que tu le peux, surtout quand tu parles, car tu paraîtrais fatigué, ennuyé de la compagnie dans laquelle tu te trouves.Quand tu te mouches, ne fais pas sonner ton nez comme une trompette.Dormir quand quelqu\u2019un parle, s'asseoir quand les autres sont debout, marcher quand les autres sont assis, parler quand il faut se taire ou écouter les autres, sont choses qui dénotent mauvaise éducation.Quand tu t'assieds ne te croise pas les jambes, c\u2019est indécent.Tiens-toi droit et ferme, joins les pieds et ne va pas les mettre l'un sur l'autre.Ne ronge ni ne mordille tes ongles en présence des autres.Ne secoue ni la tête, ni les bras, ni les jambes ; ne roule pas des yeux furibonds ou égarés.Ne lève pas un de tes sourcils plus haut que l'autre.Ne tords pas ta bouche, ne fais aucune grimace.Prends garde d\u2019arroser de ta salive le visage de celui auquel tu parles ; ne t'approche pas trop près de lui.Ne crache pas loin devant toi, ni derrièra toi, mais sur le côté, à une petite distance et non du côté de ton compagnon, ni dans les fenêtres des maisons que tu longes (! ! !) Aujourd\u2019hui, défense de cracher d'aucune manière.\u201d Nous avons fait depuis quelques progrès.Du reste, notre civilité puérile et honnête du dix-huitième siècle contient les recommandations auui étonnantes.pour nous.N\u2019y pros:rit-on pas l\u2019usage de cracher dans la poche de son voisin et de se moucher à table avec sa serviette Î Les hommes ont sans cesse besoin qu'on leur renouvelle les formes de la vérité ; ils ne comprennent plus ce qu'ils ont entendu trop longtemps.\u2014 Doupan. asl N.E.\u2014Notre collaborateur, Frin.OLIN, nous communique la pièce suivante.Cette poésie est inédite et elle s pour auteur un père canadien.C'est une magnitique et complète leçon de morale que nous n\u2019hésitons pas à publier, convaincus que nous sommes que plusieurs de nos lecteurs la liront avec intérêt et qu\u2019un plus grand nombre encore, pour ne pas dire tous, y trouvera un réel protit.CONSFILS D'UN PERE A SA FILLE Ma fille, tu grandis ; en sortant de l'enfance, Quittes-en les défauts, gardes-en l'innocence, * Aimable et cher objet de mes [Plus tendres soins, Ton amour est pour moi l'un des premiers besoins.Puisqu\u2019a dix ans, telle est ta précoce sagesse, Qu'un discours eérieux te plait et t'intéresse Ecoute des avis dont dépend ton bonheur ; Ainsi que ton esprit, je dois former ton cœur.Aux travaux de ton sexe, aux détails du ménage, Prélude en imitant la mère la plus sage.Règle dans son essor ta curiosité : Qu'elle suit naturelle et sans malignité.De tout ce qu\u2019en secret tu vois ou faire ou cire.La vertu te défend de chercher à t\u2019instruire.V\u2019our ton repos, tes mœurs, même pour ta sauté Garde comme un trésor ton ingénuité.A ce Dieu qui d\u2019un soutile anima la matière.Offre, soir et matin, tes vœux et ta prière.Aux auteurs de tes jours, obéir est ta loi ; Exécute à l'instant ce qu'ils veulent de toi.Dans ta soumission, un retard, un murmure, En blessant leur amour, outrage la nature, Respecte la vieillesse et ses infirmités, Ne plaisante jamais de ses difformités ; Dans un corps contrefait soupçonne une belle âme : Le vice seul est laid et mérite le blame, Brille par la décence et par la propreté ; Tout autre luxe est fard et ternit la beauté.Des besoins d\u2019un ami que ton cœur t'avertisse ; Dois-tu le reprocher, ne rends pas un service ; N'écoute ni ne tiens d\u2019'inunodestes propos ; Garde-toi de l'orgueil, c\u2019est le vice des sots.On refuse l'éloge à qui s\u2019en montre avide ; On aime le talent, mais modeste et timide, Ecoute, observe tout ; tuis-toi si l\u2019on médit : Dans cette occasion, le silence est esprit.De dégoûts, de regrets et dde douleurs suivie, La folle intempérance abrègerait ta vie.Que la sobriété préside à tes repas ; Satisfais tes besoins, ne les excite pas.La sagesse sévère intimide effarouche ; Son aimable leçon nous captive et nous touche, Sans affectation, sans apprêt, sans fadeur, Prouve ta politesse exerce ta douceur, D'une vie uniforme adopte l'habitude : Du travail passe au jeu, du jeu passe à l\u2019étude ; Puint de prétentions ; avec grâce, avec goût, Sache écrire, parler, travailler, faire tout.Accorde sans hauteur, demande sans bassesse, Donne avec abundon, reçois avec noblesse.Apprenda à réprimer ton premier-mouvement ; Commande sans humeur, discute poliment.Songe qu'aux aflligés la joie est importune.Riche, fais des heureux, soulage l\u2019infortune.Toi-même deviens-tu la victime du sort, Sans compter eur autrui, rame et cherche le port, Sois grande, libérale, évite l\u2019avarice ; De celui qu'elle atteint elle fait le supplice.De l\u2019avare n\u2019attends nul sentiment humain : Son âme se dessèche, et son cœur est d\u2019airain.La louange corrumpt, préfère la censure, Son utile secours rendra ta marche sûre.À plaire cherche moins qu\u2019à te faire estimer : On s'expose au mépris quan«l on veut tout charmer, Toujours à ta promesse, enfant sois bien fidèle : Garde bien un secret ; défends-toi d\u2019un faux zèle, Renda le bien pour le mal, use sans abuser ; Sans engofiment admire ; abstiens toi de railler.Aux calomniateurs, réponds par le silence, On est fort quand on a pour soi sa conscience, Stérile est la pitié qui s'exhale en discours ; A qui souffre sois prompte à donner du secours.Oppose le pardon l\u2019injure, à l\u2019offense, Le calme à la colère, au mal la patience, De la vengeance, enfin, étouffe tout désir : Haïr est un tourment, aimer est un plaisir.C\u2019est un devoir sacré que la reconnaissance ; Aucun âge, aucun titre, aucun rang n\u2019en dispense.Plains l\u2019ingrat, il trahit ses propres intérêts, Pour lui seul à leur source Ï tarit les bienfaits.Des efforts que sur soi l'on arrive à se faire, L\u2019inestimable paix est un bon caractère, Seule es-tu sur le point de mal faire, dis-toi : Dieu remplit l'univers, il a les yeux sur moi.Près des maux qui pourraient éprouver ta constance, Dieu, pour te consoler, a placé l'Espérance.L\u2019Es ce ! sans elle à mourir destiné, L'homme jouirait-il du bonheur d\u2019être né ?LE MONDE ILLUSTRÉ Si.combien cette idée alarme ma tendresse ! Si tu tombais un jour dans l\u2019extrême détresse, En te décourageant n'accrois pas ton malheur ; A la douce espérance ouvre plutôt ton cœur, Ma fille, ici je veux, ans une loi précise ; T'offrir de la morale une exacte analyse.Jusqu'au dernier moment chéris, avec arleur Aprie Dieu, ton pays, ta famille et l'honneur, Quand des liens du corps l'ordre de la nature Lu jour affranchira ton âme chaste et pure, De l'austère vertu tu n'auras pas en vain Fidélement suivi le pénible chemin; De gloire et de bonheur un héritage immense Au séjour des élus sera ta récompense.LES PETITES CHOSES DE NOTRE HISTOIRE LE LIEU DE RÉPULTURE LES ÉVÈQUES DE QUÉBEC M.C.de Laroche-Héron, l\u2019estimable auteur des Servantes de Diew en Canada, dit, & la page 100 de son livre, que Mgr Denaut est le seul des évêques de Québec dont les cendres ne reposent pas sous les dalles de la basilique de Québec.Ceci est une erreur excusable pour M.de Laroche Héron qui, je crois, n\u2019est jamais venu au Canada, Mais ce que je trouve singulier c\u2019est que Jacques Viger, notre fameux antiquaire canadien, qui a surveillé l'impression et a enrichi de notes intéressantes l'édition des Servantes de Dieu en Canada publiée à Montréal, n'ait pas relevé l\u2019erreur de M.de Laroche-Héron, Il y à eu, non compris J\u2019évêque actuel, son éminence le cardinal Taschereau, quinze évêques de Québec.Sur ces quinze évêques, huit seulement ont été inhumés dans la basilique de Québec.Ce sont : Mgr Pourroy del\u2019Auberivière, cinquième évêque ; Mgr Briand, septième évêque ; Mgr Hubert, neuvième évêque ; Mgr Plessis, onzième évêque ; Mgr Panet, douzième évêque ; Mgr Signay, treizième évêque ; Mgr Turgeon, quatorsième évêque.Les sept autres évêques reposent en différents endroits : Mgr de Laval, premier évêque, repose dans les caveaux de la chapelle du séminaire de Québec ; Mgr de Saint-Valher, deuxième évêque, repose dans la chapelle de l\u2019Hopital-Général de Québec ; Mgr Duplessis de Mornay, troisième évêque, n\u2019est jamais venu au Canada.Il est probablement inhumé dans le sanctuaire de Notre-Dame de Paris ; Mgr Dosquet, quatrième évêque, est mort à Paris où il est, lui aussi, probablement inhumé ; Mgr Dubreuil de Pontbriand, sixième évêque, repose dans l'église Notre-Dame à Montréal ; Mgr Mariaucheau d\u2019Esglis, huitième évêque, a été inhumé dans l'église paroissiale de Saint- Pierre, île d'Orléans ; Mgr Denaut, dixième évêque, repose dans l\u2019église de Longueuil.Je possède une copie de l'acte de sépulture de ce dernier évêque.Cet acte de sépulture n\u2019a, je crois, jamais été publié.\u201c L'an mil huit cent six, le vingt janvier, par nous, Evêque de Canathe, coadjuteur de Québec, a été inhumé dans le chœur de l'église de cette paroisse, le corps de l\u2019Illustrissime et Mévéren- dissimo évêque de Québec, Pierre Denaut, décédé le dix-sept du présent, âgé de soixante et deux ans et demi.Furent présents MM.Cherrier et Roux, prêtres et Grands-Vicaires, MM.Pouget, Roy, Saulnier, Robert, Duval, Hébert, Kimbert, Rhim- bault, Fournier, Périnault, Chaboillez, prêtres et autres qui ont signé avec nous.\u201c (Signé) Hébert, p.; Girouard, ptre ; Robi- taille, ptre ; Lesauleier, ptre ; Kimber, ptre ; Ro- bitaille, ptre ; Fournier, ptre ; Pouget, ptre ; Roy, ptr ; Roux, ptre ; Duval, ptre ; Bégin, ptre ; J.B.Bédard, ptre ; Robert, ptre ; M.Brunet, ptre ; In, Raimbault, ptre ; Barey, ptre ; Durval, ptre ; L.Parent, ptre ; Maizenne, ptre ; Brugeier, ptre ; Chas Germain, ptre ; Cherrier, ptre ; Ch.Boucherville, ptre ; Chaboillez, ptre.\u201ct J.0.Ev.px CaNATHE.\u201d P.G.Rov, Cr Pa Tat Vea \\ TA Coen llotres et Glanures SOYONS DE BON COMPTE C\u2019est extraordinaire comme il y a des gens qui sont pessimistes, qui s'appliquent sans cesse, avec un zèle digne d\u2019un objet meilleur, A ne voir toujours et à ue faire voir que le mauvais côté des choses.On serait tenté de croire que pas un chroniqueur ne voudrait être de ceux-là, parce que #'il sied à quelqu\u2019un d\u2019être impartial c\u2019est bien à celui qui fait l\u2019histoire, même sous forme de chroniques.Pourtant il y a des chroniqueurs dans ce cas là, et j'en sais un au moins.Je lisais, tout dernièrement, dans la chronique d\u2019un grand journal quotidien de Montréal des choses pas mal acerbes contre les unions entre cousins, L'écrivain fait semblant de n\u2019en savoir que du mal et les vilipende d'importance.Il se peut qu\u2019il fût sincère en combattant ce qu\u2019il appelle \u201c ces unions contre nature \u201d, et sa bonne foi, alors, lui est un gage de pardon.Mais, en tout cas, In chose en vaut la peine, étant d\u2019une utilité très pratique, expliquons-nous et cherchons À voir un peu l'autre côté de la médaille.Non point que je veuille me constituer le champion des mariages entre consanguins ; leur fréquente répétition aurait même quelque chose «de tout à fait anormal, je suis prêt à l\u2019avouer.Mais c\u2019est mon humble avis à moi qu'ils n\u2019ont rien d'aussi délétère qu\u2019on veut bien le «lire généralement, comme c'est même passé à l'état de croyance populaire, pour le plus grand désespoir de plus d'un couple aimant déjà engagé dans le ménage, ou près de contracter une union qui doit réaliser tous leurs veux.Et je prétends avoir, pour corroborer mon opinion, I'Ecriture Sainte et la Science, les doux grandes lois qui s'imposent à tout homme raisonnable.Quoi, on parle de ces unions entre cousins comme de choses inouies, * que l'Eglise réprouve.\u201d Voyons donc si l'Ancien Testament, par exemple ne nous fournit pas mille et un précédents qui démentent cet avancé.La loi mosaique, c'était, précédemment à Jésus-Christ, Ia loi de l\u2019Eglise vraie.Or, ne voit-on pas, dans ln loi ancienne, des exemples nombreux de pareils unions ?Je n\u2019en veux citer qu\u2019un : Marie et Joseph n\u2019étaient-ils pas issus du même sang royal de David 1 Comment, on qualifie ces unions d'indécences ou à peu près, on prétend qu\u2019il n\u2019en peut sortir que des aliénés, des aveugles ou des sourds muets, comme au Kentucky\u2014pauvre pays\u2014! C\u2019est un vieux cliché, mais est-il vrai d'un bout à l'autre | J'hésite à le croire, et nombre de lecteurs ont fait comme moi, j'en suis certain.Revenons encore aux choses de I'Ecriture, pour un instant.De quelle façon donc descendrions- nous tous de notre grand-père Adam si les mariages entre consanguins avaient été honnis dès l\u2019origine du monde et frappés de la malédiction du Ciel ?C'est de l\u2019union des frères avec les sœurs d'abord, puis des cousins et des cousines que la grande fn- mille humaine entière a tiré son existence.Et qui voudrait dire que ce sont tous des infirmee ou des fous qui se sont succédés sur la machine ronde ?Isaac épouse sa cousine : Jacob et Esaü, les fruits de cette union, ne sont-ils par robustes et intelligents ?Deux des femmes de Jacob, Lia et Rachel, filles de Laban, sont ses cousines germaines.Six des plus puissants, parmi les douze patriarches sont issus de ces noces.Et ce n\u2019était point un idiot que je sache, Joseph, l\u2019un d\u2019eux, le grand ministre qui sauva de la ruine le royaume d\u2019Egypte.11 n\u2019était pas un idiot Levi, un autre d\u2019entre eux, le pire de toute la race des lévites, non plus que Juda, un troisième, l\u2019aïeul \u201cdu Sauveur.C'est ainsi que le Seigneur couvrait de bénédictions spéciales ceux des fils de Jacob qu\u2019il avait eus de ses cousines.Voilà qui ne cadre guère avec le sentiment de certains personnages, mais avec le mien tout à fait, LE MONDE ILLUSTRY Paasons apros le déluge, comme on dirait dans « Les Plaideurs \u201d, et cherchons, plus près de nous, si les unions malgré consanguinité n'ont pas produit, ailleurs, bien mieux que les désastres dont on les charge 1 Quand a commencé la colonie française de la Nouvelle-France et qu'il n\u2019y avait que quelques familles disséminées autour de l'habitation de Québec, on ne peut s\u2019empêcher de croire qu\u2019il sient été bien nombreux les mariages contractés entre cousins, ou consanguins à des degrés plus ou moins rapprochés.Or, de ce premier germe, ainsi cultivé, n\u2019est-il pas né plus de deux mi'lions d'hommes qui ne sont pas tous des idiots, à ce que l\u2019on dit dans les deux mondes.Par bonheur nous sommes encore assez loin du Kentucky, nous, les fils du St-Laurent ! Pour ce qui est de cette assertion que la loi de l'Eglise catholique de Rome, réprouve de telles unions, il me semble qu\u2019elle n\u2019est pas absolument exacte.Que l'Eglise en défende la répétition trop fréquente, qu\u2019elle en dissuade ses enfants, qu'elle la prohibe méme par une sorte d'amende, cela existe et à bon escient.L'Eglise, sur ce point, est pleinement d'accord avec la science, ct celle-ci prétend que de tels abus conduiraient à la dégénérescence des races, i I'affaiblissement de leur vitalité.Comme l'intimité ordinaire et naturelle des relations entre cousins peut facilement entrainer ces abus, l'Eglise interpose sa prudente autorité et parvient ainsi à rétablir, dans ces unions, un équilibre normal que, sans elle, comme dans bien d\u2019autres cas, l\u2019on verrait bientôt détruit.Est-ce dire pour cela que l'Eglise anathématise le mariage entre cousins, même au premier degré, mariage contracté à chaque trois ou quatrième génération par exemple ?Oh ! que non ; et je sais l'opinion formelle de théologiens éminents qui expliquent ainsi la question.l'ant s\u2019en faut qu\u2019au contraire, et je n'hésite pas à le croire, l'Eglise d'accord, une fois de plus, avec la science, sinon comme curps, \u2018lu moins par la voix autorisée de quelques-uns de ses ministres, encouragera pareille union.Je dis d'accor«l avec la science et voici comment.Un savant médecin Allemand a prouvé que l'union entre consanguins, pratiquée en de justes limites, est très recommandable pour faire bénéticier la progéniture de toutes les qualités physiques ou morales qui distinguent un même sang ; garder indemnes ces qualités, les perpétuer et les développer.Pour la connaissance plus parfaite et réciproque des contractants, pour les sympathies de sentiment et de caractère, ces sortes d'union sont aussi recommandées bien souvent.Ce n'est donc pas trop présumer de dire que l\u2019Eglise, bonne mère non moins que vigilante sardienne, ne peut que les approuver dans bien des cas pour le bien être spirituel et temporel, le bonheur de ses enfants.Ceci soit dit pour établir, à Friori, la thèse que je défends.S'agit-il, à présent, de la démontrer à postériori, comme on dit à l\u2019Ecole, et toujours m'appuyant sur l'autorité de la science?Qu'on me permette d'emprunter à un savant ouvrage d'un praticien américain éminent, le docteur Napheys, les quelques notes suivantes qui vont clore la série de mes humbles remarques : l\u2019on a prétendu, écrit ce savant docteur, que dans ces unions \u2014 celles des cousins \u2014la femme est plus sujette à être stérile, un reproche si dur à supporter, pour toute la vie, que les enfants, s'il y en a, sont exposés à naître ailligés dans l\u2019esprit ou le orps.Pour tous ceux dont ces épouvantails ont fait ou font encore le malbeur, j'ai un mot de consolation Ce mot, je le dis avec autorité, non sans me rendre bien compte de ln responsabilité que j'aasume.Elle est vaine et futile la crainte qui empêche d\u2019épouser un cousin, même un cousin germain, pourvu, toutefois qu\u2019il n\u2019existe dans la famille aucune maladie hé: éditaire.Et que si telle maladie existe, le danger n\u2019est pas plus grand que d\u2019épouse- un membre de quelqu\u2019autre famille où cette maladie se trouve aussi.** En ce qui concerne la stérilité, l\u2019on a constaté par les statistiques que, pendant qu'une femme sur huit n\u2019est pas féconde, dans la moyenne des mariages, Une sur dix seulement dans les unions entre cousins, se trouve dans le méme cas.Sur mille enfants idiots que l\u2019on examinait à Paris, il a été re, connu que pas un seul ne descendait de telmariage.\u201d En voila tant qu'il faut, Je pense, pour nous autoriser à bénir la Providence de ce que nous vivons loin du Kentucky et qu\u2019il nous est permis de nous soustraire à l\u2019arbitraire de sa loi contre les unions «es cousins.Bien plus, n'en déplaise au chroniqueur de Ja l\u2019atrie, c'en est assez, à ce qu\u2019il me paraît, pour lire comme autrefois, dans la romance, cette gentille petite cousine l\u2019écrivait à son cousin : Je choisirais dans la famille Dans le famille c'est mvilleur Quelqu\u2019aimable petite fille Qui m'aimerait fo tout son cœur !.Luc ULLUs.L'HON.ARTHUR TUCOTTE (Voir gravure) Comme nos lecteurs l'ont déjà appris, l\u2019hon.Arthur Turcotte, ancien député de Trois-Rivières et procureur général dans le cabinet Mercier, à été nommé protonutaire à Montréal, en remplacement du regretté M.A.B.Longpré.M.Turcotte (Henri- Réué- Arthur) est né 4 Trois.Rivières, le 19 janvier 1815, et est le fils de feu I'lion.J.-E.Turcotte, qui fut orateur de I'assemblée législative du Canada, et l\u2019un des hommes les plus distingués de son temps.M.Turcotte a fait ses études au collège Ste-Ma- rie de Montréal, dirigé par les Jésuites, et à Sto- nyhurst (Angleterre).ll fut admis au barreau en juin 1x67, et nommé conseil de la reine en 1879.Pendant longtemps, M.Turcotte u été conseiller et maire de Truis Rivieres.Il a été orateur de l\u2019Assemblée législative de Québec de 1873 à 1581, sous l'administration Joly.C'est en 1XT6, qu'il fut élu pour la première fois au parlement.ll était entré dans le miristère Mercier en janvier 1887, et il est devenu procu- reur-général en 1388.En 1x73, il épouse Mlle Marie-Eléonore-Isabelle Macdonald, de Décancour.Lhon.M.Turcotte est un homme distingué sous tous les rapports, et il n'y a aucun doute que son passage à Montréal laissera un bon souvenir.MACHINEGRAPHIE ET MECA- NIGRAPHIE Je savais que mon confrère, J.-Alcide Chaussé était architecte, je savais aussi qu\u2019il était compilateur, mais jamais \u2014je le jure !\u2014-je n'ai su qu'il était faiseur de mots.Certes, depuis son dernier article dans le MoNDE TLLusTiE, il a grandi de cent coudées.dans mon estime : Car c\u2019est un métier ditticile Que celui de faiseur de mots.Puis.dans les champs, et dans la ville (\u2018a n'a jsmais rapporté gros.Que va rapporte ou que ça ne rapporte pas.d'argent, qu'est-ce que ça fait à monsieur Chaussé ?11 travaille pour la gloire.Allons !il ne faut pas blaguer le temps : passons aux deux questions qu'il pose de ln manière suivante : \u201c« Ni quelqu'un n déjà trouvé un mot français pour typewriter et que co mot convienne mieux que celui que nous trouvons qu'il le laisse savoir\u201d.Voici, depuis quelques années on emploie sur les formules de demande d'admission aux examens du service civiles, mécaniyraphie, je ne sais pas par exemple s\u2019il est français, néanmoins on le donne comme tel ; d'un autre côté mon opinion est qu\u2019il convient mieux que Machincyraphie, pour la raison quil rend exactement l\u2019idée, (puisque Mékhanc veut aussi dire machine), et de plus, qu'il sonne mieux à l'oreille.Et nunc erudinini.,.G.Des CHAUSSERS NOTES HISTORIQUES Le premier évéque anglican de Montréal fut M.Fulford.La seeur Tuénise pr JEsus, fondatrice du couvent d\u2019Hochelaga, est décédé en août 1890, Cette institution a été fondée en 1860.Le terrain sur lequel est bâti l\u2019HOTEL-DE-VILLE appartenait autrefois aux Jésuites.Il a été acheté en 1867 et payé en 1887.Les BiENs DES JÉSUITES provenaient de trois sources différentes : donations des rois de France, donations particulières et achats privés faits par les Jésuites.Parmi les propriétés achetées se trouvent celles où sont aujourd'hui le Champ-de- Mars, le Palais ce Justice et l\u2019Hôtel-de-Ville.M.J.-M.LonaxcER, avocat, est décédé le 17 mai 1890.Il était néen 1833 ; admis au barreau en 1x55, Il avait été nommé conseil de la reine par le cabinet de Boucherville, mais la légalité des nominations de ce genre, faite par les législatures provinciales, ayant été mise en doule, il fut de nouveau nommé conseil de la reine par le gouvernement fédéral en 1330.La rue Cnard doit son nom à un des gouverneurs du Canada, sir James Craig.Lorsqu'il fut nommé, des troubles existaient entre les Etats- Unis et le Canada.Aussitôt arrivé (1807), il prit des mesures immédiates pour préserver le pays.Une d\u2019entre elles fut l\u2019ouverture du chemin de Craig, comme voie stratégique à travers les Cantons de l'Est, seul chemin alors entre Québec et ce district.La rue Craig, à cette époque, était un ruisseau traversé par des ponts en bois.(Rév.J.D.Borth- wick).En vertu d'un règlement, toutes les ENSBIGNES de marchands, etc, ont dù disparaître des rues de Montréal le ler août 1890.La première ville qui adopta un règlement semblable est Paris.Eu effet, le 17 septembre 1761, M.de Sartines, lieutenant de police, ordonne que \u201cdans un mois de la date de la publication de cet acte, toutes les enseignes dans Paris et ses faubourgs seront fixées contre les murs des maisons et ne devront pas projeter plus que quatre pouces, y compris la bordure, le cadre ou autres ornements.\u201d Londres suivit l'année suivante (novembre 1762).Dans le Daily News de cette date on lit : \u2018 Les enseignes dans Duck\u2019s Court, dans la rue Saint-Martin, furent descendues et opposées sur le front des maisons \u201d.Mais comme toute vieille habitude prend du temps à dispa- raitre, les dernières enseignes dans Londres ne disparurent qu\u2019en 1773 dans les rues do Maryle- bone et Whitecross, HOME SWEET HOME\u2014Une nouvelle version vient d'être faite à propos de l\u2019origine de cette fameuse chanson (1888).C'est le Detroit Free Press qui la fournit et qu'il dit être la seule véritable.L'auteur, John-Howard Payne entendit chanter l\u2019air par une paysanne, durant son séjour en Italie, un matin qu'il se promenait sur la route ; la paysanne qui portait un panier de fleurs et de fruits au marché, chantait d\u2019une voix douce et mélancolique.Payne ayant demandé le nom de Ja chanson, l'Italienne lui répondit l\u2019ignorer.Payne, cependant, nota quelque peu la musique, qu\u2019il fit compléter par un musicien du nom de Bishop ; il composa les paroles, et mit la chanson dans son fameux opéra Clari.L'auteur ne retira pas un sou pour ses droits d'auteur, et n\u2019eut pas une copie com- plimentaire de la chanson de la part de l'éditeur qui en vendit pour au-delà de 2,000 guinées.Le récit par lequel on dit que Payne errait d\u2019une ville à l\u2019autre sans un ami, sans une maison, entendant partout chanter sa chanson qui lui rappelait tristement le pays, est exagéré ; Payne était cosmopo lite par nature, et s'il souffrit quelque peu, il faut dire que la première partie de sa vie qu'il passa en Amérique fut prospère et beureuse pour lui. TT Ee Qi » == = TI\" LE MONDE ILLUSTRE eee tr et +g z Cen er Mo .ce = ze \u2019 F % ce a «| B >» \u201canal \u20ac Lee RS Ke Sur ee er ve i \" 0 + pe __ Le Ie 3 & ye DS p wr \u201c 7 P BEY * Te + Mg REPRE) 2 an A Le ae +9, a o> es A V2 \u2018AM 3 A ce ' A Cd - À Tae & Yi a i» SN \u201c Et 3 _ x I 1 2 ; 38 \u2014 py 52 5 jy ô oF f 9 Re ae AN | {08 CT as ei \u201c5 Gy 3 \u2014 er \u2014\u2014 HA J.D CHARTRAND LHONORABLE A.TURCUTTE SOUS-LIEUTENANT DANS L'ARMÉE FRANCAISE PROTONOTAIRE A MONTREAL - 1 A .{ * > i - yt % FRE Len = \"Amgen, San ps à ae _\u2014_ 5 ay \u2014 2 oil 5 a + Lea Padaccar ni = se 2 pry x PS x 2X1 i, ns vs Sigh _ a = me Lu -\u2014\u2014 BE 2h Fe = r= We Noe \u201c= : pat £3 # > a.eS 4%; >, A ve ad pe REY A ~~ 3B \"3 NAN.e se =.Ko 3 > > .res rif .h jo) LS (a) LAKE ST.JOHN (fro m Rob ns \u201c ge LE LAC SAINT-JEAN, VUK DE ROBERF\\ AL Photographies Livernoia.\u2014 Photo-gravures Armatrong A poe.PE Fa ro) Pray ag à es pres PTE EPS 3} 2 A k ed LA Liv Ph ° Rd i Le | \u2019 2 Es is h WF + BY LI AA À qd { Cu / wl 5 fo \u20ac 3 i 3 3 , Di { > Ba As v EL : he sr Ÿ ç APE) PD « o£ 1e À 1 à M he Ka vi N Md EY le td x fi, TR da Tg 448 Ns # Py oH ANF » Jon \"we vi mi ë ; ¥; 1! A X Ja) \u201c> ea + Ly EH a N w\u2019 FX oR 4 bP Te» 4 A; 5 Ps A 4 9: 1 od wr Lr Fa a 4 4 Fd a! x a sad ll ! 4 i i 4 77 je 3 7 ui A +f > AL LA 1# y Lf 2} RT sa 5 } -.A.» pA AS à # [J pa = | Se à 4 on ; Le vu i Fa EN dei, 2% Ë i Ay Lv How 7 À t ly al Wx DN W 4 = ai A vf 4 o£) gl gt Lal À X$ bd w Sa i A 1 2 Ade 4 4 ore wd inks 1 # iF og 4 2s is 4, » Pa; 4.\u201d Ww $3 > 2 91% vl + 7 +) ES PE 4° vo SE ~~ fe i a fe rr Ne = 2e = Ee) oi of IY >= Ped or # & i ty Pe Ly Le a SAW \u201cdy wy a 9 ¢ 2 4,7 Poire = he = SE ven, Et ES ae Pid 7 FF 2.- Hi «4 % x aw Cr X il; % alt i (ox § Pi Lr 1 Fa Len JULSNTTI IANOR ZT FE 2% La + Z » SN - TG ad a du er gp AE da, S gu 5 ~~ ya LA a fd WH Lg a = + + i te ee: Ee $ ES > = re > 6 TY A : VAS San Ch) oy) ne | > ê 3 w A x» way 2 \u2014y x.3 4 a LHS YG 8 = 23 = > * [AS ul ey ~ B= i TW S ii \" pi =) La 24 dr | Li | IN fr A [37 \u201c0 Ned == US > SA La Pers UNE = of N rf = > CN er, re en xe yd > Vi a I M GON a * & CR ets Q .A = 2 6 PR = ty N 417 PE OPA SOON - RP ip BEAUX-ARTS.- DANS LES BOIS.\u2014TABLRAU EE N.8.PINTO 463 LE RÉCIT D'UN PRISONNIER.M.Edmond Chaudoin termine dans l'//lustra- tton l'émouvant récit de sa captivité et de celle de ses compagnons au Dahomey.Voici comment les Français furent accueillis par le roi Bahanzin : Le roi est accroupi, il fume une pipe dorée et est entouré de cing belles négresses, qui le comblent d\u2019attentions et de prévenances.Un murmure de terreurs parcourt les rangs et tout le monde se prosterne : le roi vient de se lever face à nous.Il a 40 ans environ, c\u2019est un nègre admirable, bien pris quoique de taille moyenne ; la figure est ouverte, intelligente, le regard franc et droit.Il n\u2019a aucun des oripeaux dont on se plaît à affubler les rois nègres.Nous avons devant nous, nous le sentons bien, un homme et non un singe ; il a le costume des guerriers de son pays, sobre et sombre, une chemisette et un pagne.L'attitude est fière et digne, une légère barbe lui court au menton ; la voix est grave, il scande nettement les mots.On nous présente individuellement à lui en déclinant nos noms ; le roi incline légèrement la tête et nous le saluons de nouveau de la main.ll nous demande si nous ne sommes pas fatigués et si nous ne voulons rien prendre, puis il nous fait signe de nous asseoir ; quatre chaises en effet sont apportées.Nous nous arrangeons de notre mieux deux à deux et, dans cette situation incommode, nous écoutons ; la voix du roi grave et vibrante, s'entend au loin : c\u2019est un discours dont voici la traduction : « Mon père, tous mes aïeux et moi avons toujours été les amis des Français et du roi de France ; depuis plus d\u2019un siècle, nos pays trafiquent en paix.Qui donc a le premier déchainé la guerre et pourquoi ?Que la responsabilité du sang versé retombe sur la tête de celui-là ; moi et mon peuple nous résisterons jusqu'au bout et nous chasserons l'étranger de notre sol ; la terre elle-même se soulèvera contre lui et bien des têtes françaises or neront mon trophée et celui de nos pères, laissant chez vous des éploi set des enfants orphelins avant que nous soyons.\u2018quis.\u201d \u201cIl ya bien assez cie territoires libres, sans foyer et sans ancêtres, pourquoi ne pas les prendre et venir faire la guerre à des gens, qui, depuis cent ans, vivent en paix ?\u201d Le roi se tait, nous ne savons que répondre ; il nous demande alors qui est roi de France ; nous lui répondons : Carnot.\u2014Qui est cet homme, nous dit-il, et qu\u2019a-t-il contre moi ?Puis il nous interroge sur les maisons Régis et Fabre.\u2014Ce sont, répondons-nous, de trés grands commerçants français.Le roi nous interrompt.\u2014Bayol m'a donc trompé quand il m\u2019a dit qu\u2019il était, lui, l\u2019égal du roi de France, et que labre et Régis étaient ses moulecks (domestiques).Puis il continue en disant : \u2018 Ecrivez au roi de France qu\u2019il se fasse apporter la tête de Bayol qui est un traître ; dites qu\u2019on me rende mes autorités et ma terre que m\u2019a donnée mon père et que je ne peux abandonner, alors nous aurons la paix et vous pourrez trafiquer.\u201d La lettre est écrite sous la dictée de Bahanzin qui l'adresse \u2018\u201c au roi Carnot \u201d et la remet à nos compatriotes.Il convient de remarquer que le roi est devenu amical, presque aimable, après les menaces du commandant Fournier et lorsque des obus ont été lancés sur Whydah.Dans cette entrevue, il a accordé la liberté à nos compatriotes, mais il ne leur permit pas de sortir du Dahomey ; ce fut grâce à l'appui du commandant portugais que MM.Chan- doin et ses compatriotes purent gagner les navires français.LE MONDE ILLUSTRÉ ANTHROPOPHAGRS Le Père Augouard, missionaire dans l'Afrique occidentale, vient d'accomplir un voyage de ango à l\u2019'Oubanghi, aflluent de droite du Congo.Dans les régions qu'il a parcourues, I'anthropopha gie est un systéme d\u2019alimentation usuel.\u201c Pour ces sauvages, raconte le P.Angouard, un repas de chair humaine est un régal, et ila préfèrent cette viunde à toutes les autres, disant que c\u2019est un aliment noble, tandis que les animaux ne fournissent qu'une vile nourriture.\u2014C'est horrible ce que vous faites-là, disit-on un jour à quelques cannibales.\u2014 Au contraire, c\u2019est délicieux, avec du sel et du piment.\u2014 Vous comprenez la différence qui existe entre un homme et un animal.L'homme est intelligent, il vous parle au moment où vous allez le manger.11 ne vous fait aucun mal.Et puis, l\u2019on pourrait vous manger, vous aussi.\u2014C'est le sort de la guerre, cela.Tout ce que vous dites prouve combien il est distingué de manger de lu chair humaine.Et puis, \u2018 cette viande a un goût tout particulier.\u201d Le P.Augouard a l\u2019intention de fonder une station sur le Haut-Oubanghi, au milieu même de ces tribus d\u2019anthropophages.UNE EXPÉDITION RUSSE Les journaux russes publient des renseignements étranges sur uno expédition que le capitaine russe Grombtchevsky, parti du kaschgar, se proposait de faire à l\u2019intérieur du Thibet.Les Chinois ont fait une opposition énergique à la marche de l\u2019expédition dans l\u2019intérieur du Thibet.Arrêtée à Polou, l'expédition s\u2019est vu barrer le chemin par des troupes.Ordre a été donné à la population de se disperser sur les montagnes, de ne rien vendre et de ne prêter en général aucun concours à l\u2019expédition.Les autorités exigeaient que l'expédition ren trât immédiatement au Kaschgar, sous menace de recourir à la force.Or, se trouvant dans une situation on ne peut plus critique, à bout de ressources, l\u2019expédition avait besoin de se pourvoir de vivres pour commencer sa marche de retraite.Las des vexations des Chinois, qui agissaient sous l\u2019instigation d'officiers anglais et voyant que toutes ses peines des mois derniers auraient été perdues, une grande partie du Thibet, non comprise dans le progremme de l\u2019expédition de M.Pevtsow, restant inexplorée, M.Grombtchevsky à eu recours, au risque de sa vie et du sort de I'expédition, à une mesure désespérée.Sans compléter ses approvisionnements, il a distribué ses dernières ressources à la population pour sortir de Polou, d'où l\u2019expédition s'est dirigée le 5 mai vers l\u2019intérieur.Il est plus facile de traverser l\u2019Afrique centrale que la Chine.CARNET DE LA CUISINIÈRE Glace à la crème de vanille \u2014 Mettez dans une casserole de cuivre 125 grammes de sucre, une gousse de vanille, huit jaunes d\u2019œufs ; ajoutez un litre de bonne crème, placez sur le feu et tournez jusqu\u2019à ce que la crème reste à la cuillère, sans pourtant laisser bouillir.Laissez refroidir, et faites glacer en entourant de glace et de sel.Saumon en caisse.\u2014 Faites mariner pendant une heure des tranches de saumon dans de l'huile d'olive, avec persil, ciboules, champignons, échalotes, hachés très tin, sel, poivre, muscade.Faites une caisse «le papier blanc et fort, huilée en dessous, garnie de beurre frais & 'intériour.Placez-y les tranches de saumon, au milieu de leur assaisonnement.Couvrez de chapelure, de petits morceaux de beurre et mettez sous le four de campagne.Quand le saumon a pris une belle couleur dorée, servez en ajoutant un jus de citron.d\u2019âté au ris de veau \u2014 Prenez un ou deux ris de veau bien frais, une livre de jambon coupé en tranches fines, deux livres de rouelle de veau.Hachez ensemble les ris, et la rouelle, ajoutez deux œus, sel, poivre, tines herbes et un peu d\u2019eau, et fai ea une farce bien mélée.Ajoutez quelques petits morceaux de truffes.Panez le fond d\u2019une tetriine, mettez-y une couche de jambon, et remplissez la terrine en alternant toujours, et faites cuire au four pendant deux heures à feu deux.Eutremets sucré.Nourdlle manière de faire le pain doré, dit perdu.\u2014Tout le monde connaît In recetto du pain doré, cet entremets sucré si facile à faire.Voici une autre recette, excellente aussi, et qui en fait un plat nouveau : Au lieu de faire tremper les tranches de pain (épaisses d'un demi pouce à peu près) «ans du lait, les faire tremper dang du vin rouge.Quand elles sont suflisamment imbibées, procéder comme pour lo pain doré, c'est- à-dire les plonger dans de l\u2019wuf battu (blanc et jaune), comme pour une omelette, et faire frire dans la graisse ou du beurre fondu.Saupoudrez de sucre mêlé de cannelle en poudre et servir chaud.NOUVELLES A LA MAIN Un bavard disait à une dame : -\u2014\u2014Le plus ditticile pour les femmes, c'est d'écouter.\u2014 Pardon, monsieur, c'est de ne pus entendre.+ * + Pensée d'un époux féroce : \u201c Secouez fortement votre femme ; agitez-lu comme du café.Le sucre est presque toujours au fond.\u201d or Simple question : Savez-vous pourquoi les cochers de cabs sont assis derrière le véhicule ?C\u2019est pour que le supérieur qui est à l\u2019intérieur ne puisse pas voir le postérieur de l\u2019inférieur qui est à l\u2019extérieur.+, Un mot bien féminin.Madame va pour louer une maison : \u2014Ces fenêtres sont bien mal placées ; les voisins peuvent voir tout ce qui se passe dans la maison.\u2014Ni vous louez la maison, madnime, le propriétaire fera murer les fenêtres.\u2014Mais alors comment ferai-je pour voir chez les autres ?* * * Le tirebottes.\u2014 Ma chère Brosse à-dents, je vous présente won ami lo Dalai, La Ibrosse-à-dents.\u2014Je suis dans les hautes sphères, je n'ai rien de commun avec un individu qui traine sur les planchers.Le Balai.\u2014Je ne svis peut-étre pas tris chic, mais je n\u2019ai pas poussé sur le dos d\u2019un cochon.SOMMAIRE DE LA \u2018REVUE RÉTROSPECTIVE \u201d Alexandre Dumas, La Jettatura (le partie) ; Auguste Barbier, L'Idole (poésie) : Fugène Labiche, Un jeune homme pressé (le partie) ; l\u2019rosper Mérimée, Chronique du règne de Charles EX (suite) : Gérard de Nerval, Histoire véridique du Canard ; Albert Duruy, Le brigadier Muscar (fin) ; Burbey D'Aurevilly, Sur les femmes : Léon Gozlan, Balzac à la recherche d'un nom : Villiers de l'Isle-Adam, Sylvabel ; Théodore de Lajarte, les Danses historiques.Un numéro spécimen de !12 pages est envoyé contre demande accompagnée de GU cents en timibres-poste, adressée à la Lecture, 10, vue Saint Joseph, Paris, Abonnements : 14 francs par an, \u201cn un mandat poste à la meme adresse.ATTENTION N'oubliez pas que la charte actuelle de la Compagnie de la Loterie de la Louisiane, qui d'après la décision de la Cour Supérieure des Etat-Unis, est un contrat que l\u2019Etat de la Louisiane et une partie de la constitution de cet état, n'expire que le premier janvier 1895, 14 législature de la Louisiane qui à été prorogée le 10 juillet cette année, à ordonné qu'en IS on soumettra au vote populaire un amendement à la constitution destiné à prolou- ger la charte de la Compagnie de la Loterie de l\u2019État de la Louisiane jusqu'en l\u2019aniiée mil neuf cent dix-neuf, ai mme em LE MONDE ILLUSTRE 299 LE REGIMENT, Feuilleton du \u201c Monde Illustré \u201d Mais, tu as donc volé l'uniforme que tu portes *.DEUXIEME PARTIE CAS DE MOHT (Suite) Et à Gironde, etfrayé de cette violence chez une femme qu\u2019il avait toujours vue si douce ct si tendre .\u2014Toi, mon fils! Viens donc ! Elle l\u2019appelle d\u2019un geste, plein de menaces.\u2014 Ecoute, il n\u2019est pas possible que tu sois won fils.La nature ne fait pas les choses ainsi.Viens, te dis-je.Viens près de moi.Au lieu de s'avancer vers elle, il reculait, effaré.\u2014Pourquoi recules-tu ?Pourquoi t'éloignes-tu de moi 1 Est-ce que je te fais peur ?Tu as peur de ta mère, à présent ?Viens donc ! Viens donc ! Elle l\u2019a rejoint, elle l\u2019a saisi par les bras, elle l\u2019attire et elle rit étrangement, II veut se dégager, [| fl 1] y Mi od jy i Va-t-en ! Va-t-en!.doucement, il voudrait fuir, mais celle le retient et elle le force à rester près de son cœur.\u2014 Plus près ! Plus près encore ! Et prends moi duns tes bras comme mon Bernard aimé, comme ma Bernerette si tendre et si aimante, comme eux quand ils me caressent.Pourquoi veux-tu partir?Cela t\u2019épouvante de me dire que tu m'aimes ?Ne suis je pas ta mire?Regarde-moi donc dans les yeux.Montre les-moi, tes yeux, pour que je lise au plus intime de ton cwur.Pourquoi n'oses tu me regarder ?Ah ! je m'en doute.Va, je m'en doute.Voyons, ombrasse-moi, je t'en prie, je le veux, cat-ce que je ne suis pas ta mère qui t'adore / Car je suis toujours ta mère, n\u2019est ce pas ?Embras- se-moi de tout ton cwur et de tout ton amour filial, allons ! allons ! Elle lui secouait les bras.Elle l\u2019attirait toujours.\u2014Embrasse moi donc ! appelle-moi ta mère : \u2014 Pourquoi hésites-tu à embrasser ts wère Ÿ dieait Patoche, sévèrement.Gironde se sent perdu.Il se penche vers le front de la pauvre femme, Il voudrait bien l\u2019'embrasser .\u2014Page 299, col.3 nou pas pour passer par cette redoutable épreuve, non pas pour obéir, mais parce que, dans son âme, vraiment, est née une affection pour elle.Mais c\u2019est plus fort que lui il n'ose braver les yeux de la mère qui le fouillent.Il rejette la tête en arrière.\u2014Tu recules ?tu as peur ?tutrembles | l'es yeux se détournent | tu fuis § Elle le repousse, avec une énergie sauvage.\u2014Tu n\u2019es pas mon fils ! Ah ! misérable ! misérable ! Lui s'écroule à genoux cette fois, n'y tenant plus.\u2014 Mais tu as donc volé aussi l'uniforme que tu portes ! Va t'en ! va-t'en ! Ne reparais jamais devant mes yeux ! \u2014Pardon ! ditsl d\u2019une voix étouffée, on m\u2019a obligé, je n\u2019ai pu me défendre.Pardon, pardon ! \u2014Flambé ! murmura Patoche.\u2014 Va t'en ! ou plutôt, non, je vois que tu n'aurais la force de marcher, maintenant.Je te cède la place ! Adieu ! Et avec un souverain dégoût à Patoche ; 300 \u2014 Vous, faites ce que vous voudrez ! Et elle s\u2019enfuit.\u2014J'aurais dû me douter de tout cela ! murmura le gredin.J'ai trop tendu la corde, je l'ai causée.Gironde était tombé accablé dans un fauteuil.Patoche s'approcha de lui et lui toucha l'épaule.\u2014 Viens, toi, et n'oublie pas que lorsqu'il s\u2019agit de faire des affaires il faut oublier qu\u2019on & un cœur.Mais Gironde, abîmé dans son désespoir et sa honte, ne répondit pas.\u2014Reste, si c'est ton bon plaisir, dit Patoche, moi, je trouve que ça sent mauvais pour moi, de ce côté, et je file.Il remit son chapeau et s\u2019élança vers la porte, cette porte par laquelle avait disparu Marguerite.Mais il poussa un cri étouffé.Derrière lui, un homme, un sous-officier, venait de faire irruption dans le salon.C'était Jacques qui sautait par la fenêtre.\u2014Tonnerre ! murmura l\u2019ancien intendant.Est- ce que je me ferais pincer comme dans une souri cière.Il s\u2019élaiça vers la porte du fond.Au moment où il allait la pousser, cette porte s\u2019ouvrit et Bernard parut, calme, froid, les yeux seulement laissaient deviner la terrible colère qui grondait dans son cœur.Patoche fit un pas en arrière, pris d'épouvante.Pais, tout à coup, il ce précipite sur Bernard qu'il écarte d'un effort désespéré, s\u2019élance dans le cabinet de toilette, traverse la salle d\u2019armes et saute par la fenêtre.Il se perd dans la nuit, sous le bois d\u2019aulnes.Dans le salon, les trois soldats restent en présence.Gironde, à l'aspect des deux jeunes gens, s'est levé, effaré, les yeux fous, les mains pressant son front.\u2014Eat-ce qu'ils ont tout entendu ?Un froid mortel l\u2019envahit, glace son eœur.Et il reste anéanti devant eux, le front bas, bouleversé.Bernard n\u2019a même pas essayé de courir après Patoche.Qu'il s\u2019en aille, celui-là ! Tl a tait son métier de grerlin ! La cour d'assises ou la po'ice correctionnelle le cueillera quelque jour.Du reste, il le retrouvera bien tôt ou tard.Celui qu'il veut punir, c'est Gironde.Et il y a, dans le petit salon, un moment de solennel silence.Pourquoi Bernard se tait-il ?Pourquoi reste-il ainsi, sans bouger ?Pourquoi, lui aussi, Jacques est-il comme frappé de paralysie ?Ni l\u2019un ni l\u2019autre ne regardent Gironde, en cet instant.Gironde ne semble plus exister pour eux.Pour Bernard il n\u2019y plus que Jacques, pour Jacques il n'y a plus que Bernard.Ils ignoraient qu'ils se retrouveraient.Ils étaient partis séparément ; le hasard vient de les réunir, mais le hasard guidé par le secret que tous deux connaissent, guidé par l'affection que chacun des deux porte à Marguerite.Et ils demeurent silencieux, c\u2019est qu'en cette seconde se passe tout un drame dans leur pensée à tous deux.Jacques sait qu\u2019il est le frère de Bernard.Bernard maintenant n\u2019a plus de doutes ; il sait qu\u2019il est le frère de Jacques.D'un regard mouillé ae larmes, ils se comprennent.Il n'y a rien, il ne peut rien y avoir de plus entre eux, ni questions ni explications.Le secret de la mère, le secret entier, leur est connu.Et en se trouvant ainsi l'un en face de l\u2019autre, amenés par une commune pensée, pour défendre leur mère en péril, ils se sentent pris l'un pour l\u2019autre d\u2019une imumense tendresse.Les larmes s'échappent de leurs yeux.Leurs lèvres, gonflées de sanglots, se contractent.Ils se tendent les bras, ils s\u2019étreignent, ils s\u2019embrassent.Et ils n'ont qu\u2019un seul mot, un seul, wais cent fois répété : \u2014Mon frère ! mon frère ! mon frère ! Et Gironde, qui les entend, qui comprend que ce fils dont il à usurpé la place dans le cœur de Marguerite, que ce fils n\u2019est autre que Jacques, Gironde sent augmenter son épouvante.Il ne veut plus rester là, en face de ces deux soldats qui sont ses juges.Il est prit d'un effroi insurmontable.Il fait quelques pas chancelants vers la porte, mais les deux frères le préviennent.Tous deux s'élancent en même temps.\u2014Tu ne sortiras pas, misérable, dit Bernard, au comble de l'émotion et de la colère.Jacques, du reste, est aussi ému.Il a entendu, de la fenétre du pavillon, la fin de la scène et le LE MONDE ILLUSTRÉ terrible défi du baiser porté par la mère à celui-là u\u2019elle reniait pour son enfant ! Il a écouté, hors de lui.Tous deux fougueux, l'âme vibrante, ils sont incapables, en ce moment, de raisonnement et de prudence.Ils ne songent qu'à la mère, en larmes, tout à l'heure, à cette pauvre femme aimante et douce, dont cet homme, en face d'eux s'est cruellement joué.Ils ne pensent qu\u20193 punir.Dans l'excès da leur colère, ils ne réfléchissent pas à la gravité de l'acte qu\u2019ils vont commettre.S'ile avaient réfléchi, c'est qu\u2019ils auraient moins aimé leur mère.Eu cette mère, ils l\u2019adorent ! \u2014Tu ne sortiras pas ! a dit Bernard.Et bratalement le soldat repousse l'officier jusqu\u2019au milieu du salon.\u2014Prenez garde à ce que vous faites ! dit Gironde.\u2014I n\u2019y n, ici, ni officier, ni soldat, il n\u2019y a qu'un misérable, c'est toi, et deux hommes d\u2019honneur.- \u2014Laissez-moi pasrer.\u2014 Non, reste.\u2014Je vous l\u2019ordonne.\u2014De quel droit ?\u2014Je suis votre supérieur.Bernard eut un insultant sourire.\u2014Tu n\u2019as donc pas entendu ma mère qui tout à l'heure te disait : \u201c Mais tu as done volé l\u2019uniforme que tu portes ! \u201d Si coupable qu\u2019il fit, et il était, nos lecteurs le savent, plus malheureux encore que coupable, Gironde n\u2019était pas un lâche.1! ressentait vivement ces insultes qui le fouettaient et lui faisaient monter le sang au visage.\u2014Pour la seconde fuis, je vous ordonno de me céder la place ! \u2014XNon, pas avant que je t'aie dit ce que je peruse de toi.Gironde, tu es un infaime et un misérable.Pour avoir ainsi, de gaieté de cœur, rendu ma mère malheureuse, pour avoir commis l'inpie sa- cvilège qu\u2019elle te reprochait tout à l'heure, il faut que tu n\u2019nies dans le cœur ni pitié ni respect, il faut que tu aies l\u2019âme bien basse, bien vile et bien lâche.J'ai tout écouté, j'ai tout entendu.Ah! qu\u2019il m'a fallu de courage pendant que j'étais caché là, pour ne pas sortir, te sauter à la gorge et te souffleter, imposteur, comme je vais te souftleter maintenant, avec joie ! Et sa main vengeresse se lève et va s'abattre sur la joue de l'officier.Elle ne retombe pas pourtant.Qui l\u2019arrête duns son élan ?La main de Jacques ! Le sergent s\u2019est précipité sur Bernard.C'est lui qui empêche l\u2019affront suprême.Est-ce que la prudence lui est venue?Est ce qu'il a compris où les mènerait, tous les deux, l'efiroyable drame d'une pareille insulte, bien qu\u2019elle n\u2019eüt pas de témoins ?Non, Jacques est aussi exhalté que Bernard.Lui non plus ne pense qu\u2019à châtier.Et s\u2019il a arrêté le bras de son frère, c'est qu'il veut que ce châtiment vienne de lui, non de Bernard.\u2014Que fais-tu ?dit le soldat.\u2014C'est moi qui dois punir ! \u2014Non, laisse-moi.\u2014C'est moi, te dis-je.\u2014De quel droit ?\u2014Cet homme a pris ma place auprès de notre mère, c\u2019est donc l'affaire entre lui et moi.Retire-toi.\u2014Non.\u2014 Laisse moi seul en face de lui ! \u2014 Non.\u2014 Pourquoi, Bernard, puisque je te prie.Ne suis je pas ton frère ?Ne suis je pas, comme toi, fils de la femme que cet homme insultait ?\u2014Tu es mon frère.\u2014C'\u2019est donc à moi de punir ! \u2014Non.Punir est on droit.\u2014 Bernard ! \u2014Mon droit, te dis je.de punir ! \u2014 Bernard ! \u2014Oserais-tu invoquer ton droit devant d\u2019autres que moi ?\u2014Oh ! mon frère ! \u2014 À qui diras-tu : \u2018\u201c\u201c Je me suis battu avec cet homme parce que ce misérable rendait ma mère malheureuse 1 \u201d Tl'u es mon frère, c\u2019est vrai.Tu es son fils à elle, c'est vrai, mais c'est notre secret.Ma mère, elle-même, l'ignore, moi seul, ai le droit de défendre ma mère ! Moi seul ici aile droit Jacques inolina la tête.L'argument était sans réplique.La main du soldat retomba sur le visage de Gironde.Celuici chancels, poussa un eri étoufté, \u2014Ah ! malheur ! malheur sur vous ! Bernard s'était précipité dans la salle d'armes ; là tout autour des murs, des fleurets.Il en prit deux.Ils étaient mouchetés, il les démoucheta en cassant le bout.Il en jeta un à Gironde, garda l\u2019autre.Et tous les deux, sans un mot, les dents serrées, la rage an cœur, tous les deux engagèrent le fer.La lutte dura longtemps.Ils étaient d\u2019égale force, jeunes tous deux, aussi agiles et vigoureux lun que l'autre, tous deux habitués des salles d'armes.Jacques suivait anxieusement ce combat, le front contracte, les mains convulsivement serrées.Les deux adversaires s\u2019attaquaient à fond, ripostaient et contre ripostaient, comme à l'assaut.Aucune de ces retraites prudentes du combat à l'épée.Si ce n'avait été la pâleur de ces visages, la haine de ces yeux, le rauque sifflement de ces poitrines que la colère gonflait, on se serait cru à une lutte pacifique de deux cscrimeurs.Tout à coup, sur une préparation, Gironde se fendit à fond.Bernard para juste à temps, car la lane du fleuret passa si près de son cou que la pointe lui effleura presque ln peau.Il envoya une riposte foudroyante en plein cœur, trompant la parade cle (iironde, au moment où il se relevait.La pointe démouchetée du fleuret entra sous le sein gauche de l'otlicier, pénétra là comme en quelque chose de mou que rien n\u2019arrêta et ressortit dans le dos.Le coup fut si violent que ln lame se brisa.Un tronçon de tleuret attaché à In garde resta daus la main de Bernard.Gironde laissa tomber son arme.Il resta debout une seconde, les yeux grands ouverts, la bouche ouverte cumme pour crier, puis sans un cri, sans un mot, sans un soupir, il s'écroula, sabia sur le parquet.Te coup l'avait tué raide en lui traversant le cœur.L'homme était mort.Alors, brusquement, la hwine assouvie, lu mère vengée, ce fut comme un épais nuage qu\u2019une invisible main déchirait, écartait, effaçait, devant les yeux des deux soldats.Tls voyaient maintenant ce qu\u2019ils avaient fait.Ce duel, c'était un meurtre.Et le meurtre d'un officier commis par eux soldats.Ils curent In même pensée de l'effroyable danger couru, car il se tendirent les mains, se les étreignirent : \u2014Ah ! frère ! qu\u2019avons-nous fait ?\u2014 Nous sommes perdus ! Et ils restaient etffarés, les mains unies devant ce cadavre.Soudain un flot de soldats en armes, conduits par un officier, un capitaine envahit le salon.C'est Patoche qui a ouvert la porte.C'est Patoche qui est allé les chercher et qui les amène.Tl montre Jacques et Bernard à l'officier.\u2014 Vous voyez, les voici, je vous ai dit ce qui allait arriver, je ne vous ai pas trompé, il est trop tard.ll se baisse, examine Gironde, le tÂâte, met la main sur le cœur et se retourne vers l'officier : \u2014Îls l'ont tué.L'oflicier fait un geste aux soldats.\u2014Emparez-vous de ces deux hommes ! Mais avant que les soldats aient fait un mouvement.Jacques d\u2019une voix ferme s\u2019écrie : \u2014Mon capitaine, je suis seul coupable.Il est inutile d'arrêter Bernard de Cheverny.C'est moi qui ai tué le sous-lieutenant Gironde.Bernard le saisit dans ses bras : \u2014Que dis-tu, malheureux ! Et à l\u2019otlicier.\u2014Î1 ment ! Le meurtrier de Gironde, c\u2019est moi ! Le capitaine et les soldats restent interdits.Les soldats se regardent entre eux.Ils connaissent le sous-officier.Il connaissent Bernard.Ils savent quelle étruite nmitié les unit.Cette double accusation les surprend.Et dans ce moment de désarroi Jacques et Bernard échange de rapides paroles.\u2014Noublie jamais ce que je vais te dire : Tu as vengé notre mère, ta mère, dit-il en se reprenant avec un effort, c'était ton droit.Elle t'aime.Elle ne me connaît pas.Je suis ton frère et je te sauve.\u2014Je n\u2019y consentirai jamair.\u2014Je te sauve.Je te défends de t'accuser.C'est mon droit.Pour te battre avec cet homme, tu m'as dit tout à l'heure que tu étais le seul fils de LE MONDE ILLUSTRÉ 301 Mme de Cheverny.Eh bien, en ce moment, je te dis, moi : Songe à ta mère.\u2014C'est imposible, je ne veux pas que tu te livres à ma place.\u2014C'est la mort pour toi.\u2014Peu importe.\u2014 Bernard ! \u2014 N'est-ce pas la mort pour toi aussi, et ta vie n'est-elle pas aussi précieuse que ls mienne.\u2014Non, ma mort ne fera pus pleurer ta mère, tandis que si tu meurs, est-ce qu\u2019elle te survivra f \u2014Je ne veux pus.\u201411 le faut ! \u2014Je lui dirai qui tu es.\u2014Non, puisque je te le défends.\u2014Je le dirai devant le conseil de guerre qui te jugera, \u2014Jamais.\u2014Je le dirai, il faudra bien que l'on sache pourquoi ce misérable a été tué.\u2014\u2014Jamais, tu te tairas.\u2014 Non.\u2014Songe à ton père ! \u2014Mon père ! Le capitaine s'avance vers eux.ordre : \u2014Soldats, emmenez les.Et Jacques, fièrement, à haute voix : \u2014N'ouhliez pas ce que je vous ai dit, mon capitaine.C'est moi qui suis coupable du meurtre du sous-lieutenant ! Et Bernard, à son tour, aussi fier, aussi énergique : \u2014Mon capitaine, le seul coupable ici, c\u2019est moi ! Le capitaine haussa les épaules.\u2014C'est bon, c\u2019est Lon ! Tout cela s\u2019éclaircira par l\u2019enquête.Il désigna deux hommes pour rester auprès du cadavre.Jacques et Bernard furent placés entre des soldats.Ils allaient partir, quand tout à coup les soldats qui encombraient le seuil s\u2019écartèrent précipitamment.Un mot ciroula : \u2014Le colonel \u2018 C'etait Cheverny, en effet.Il se rendait aux Aulnaies, ainsi qu'il en avait averti sa femme.Parti avant que Patoche fût au camp, il ne connaissait rien du meurtre ; mais en arrivant au château, il avait vu avec surprise un attroupement de soldats devant le pavillon éclairé.Il était allé de ce côté.\u2014 Qu'est-ce donc ! avait il demandé.\u2014Un meurtre, mon colonel.Un otlicier assassiné ! \u2014Un assassinat, chez moi ! Et il était entré précipitamment.D\u2019un coup d'œil il comprit ce qui s'était passé.Le cadavre de Pierre Gironde était étendu au milieu du salon, dans la position où l'avait surpris la mort qui l'avait foudroyé.Et près de lui, debout, Bernard et Jacques, dans une attitude douloureuse, accablés par la responsabilité d'un pareil meurtre, mais étroitement unis par ce malheur même, Jacques avais posé son bras sur l'épaule de Bernard et c'est ainsi qu\u2019ils attendaient qu\u2019on les emmenat.Le colonel s'avança vivement vers eux.Tout de suite, en entrant, il ne les avait pas reconnus.Mais lorsqu'il sc trouva en face d'eux, loraqu\u2019il eut vu que c'était Jacques et Bernard qu\u2019on accusait, il recula de plusieurs pas, comme frappé d\u2019un grand coup au cœur, et si faible et si chancelant qu'il serait tombé si on ne lui avait porté secours.\u2014Bernard ! Jacques ! murmura-til.Les malheureux ! On lui avança vivement un fauteuil dans lequel il se laissa tomber.Et il resta ainsi longtemps, silencieux, les yeux fiés sur les deux jeunes gens, qui eux, n'osaient le regarder.Puis il se releva et d'une voix brisée, voulant douter encore sans doute, avec l'arrière-espérance que Jacques et Bernard h\u2019avaient pas trempé dans ce meurtre et qu\u2019ils étaient arrivés là comme les autres poussés par la curiosité.Il demanda : \u2014Bernard ! Et vous, Jacques, que faites-vous donc ici 1 Ils ne répondent rien.Le capitaine s'avance : \u2014Mon colonel, nous les avons trouvés tous les Joux devant le cadavre, lorsque nous sommes arrivés.D'une voix brisée, le colonel demande encore : Il répète son \u2014Eux aussi, sans doute, avaient trouvé Gironde, déjà mort.Je ne pense pas, mon colonel, dit le capitaine très ému et qui trouvait que c'était une vilaine et lourde tache que celle que lo hasard lui envoyait.Et ce qui vous fait penser le contraire ?\u2014C'eat qu'ils s'accusent tous les deux du meurtre du sous-lieutenant.Bernard l'interrompit et tout tremblant, parce qu'il savait la peine effroyable qu\u2019il allait causer à son père : \u2014Tl n\u2019y à qu\u2019un coupable, mon père, c'est moi.Mais Jacques, obstiné : \u2014Je prie mon capitaine de se rappeler ce que je lui ai dit lorsqu'il est arrivé, Il est inutile à Bernard de s\u2019accuser puisqu'il n\u2019est pas coupable.Et d'une voix ferme: \u2014Mon colonel, c\u2019est moi qui ai tué Gironde.\u2014Mon colonel, dit Bernard, le meurtrier, ja le répète, c\u2019est moi ! Et de nouveau, devant cette étrange situation, tous ceux qui sont là ge regardent surpris.L'ont-ils tué tous les deux, et l\u2019un des deux veut-il sauver l\u2019autre, ou bien n\u2019y a t-il qu\u2019un coupable, en effet, et ce coupable, est-ce Bernard ?est-ce Jacques ?Le colunel garde toujours le silence.Il cherche à se dominer, à reprendre son sang-froid.Nes efforts sont visibles.Fréquemment il passe la main sur son front, l'y appuie fortement comme pour en chasser une douleur insupportable.Quel affreux malheur !| Bernard ! Jacques ! Tous deux près de ce cadavre ! tous deux s'accusant ! l'un des deux coupable ! Lequel?Bernard le fils aimé en qui reposait sa fierté, sur lequel il avait déposé ses espérances paternelles ?Et il pensait alors à Marguerite et se disait qu\u2019un pareil coup la tuerait peut-être.Jacques, le soldat dévoué qui lui avait sauvé la vie au Tonquin et dont il cubliait l'aventure du cercle, pour ne plus se souvenir que du danger de mort qu'il courait maintenant ?Et il pensait à la douce et jolie Marjolaine qui adorait son Jacques, qui ne vivait que pour lui.La jeune fille ne serait-elle pas brisée par cette catastrophe ?Toutes ces pensées se pressaient en tumulte en son esprit, et bien d'autres encore et voilà pourquoi il appuyait la main si lourdement sur son front, comme s\u2019il avait craint que sa tête n\u2019éclatât.Tout à coup, il quitte son fauteuil, il se redresse.Jacques et Bernard n\u2019étaient des assassins ni l\u2019un ni l'autre, Dès lors pourquoi ce meurtre?Qui l'avait amené 1 Quelle si grave insulte / Quelle si grave découverte ?Est-ce donc que les jeunes gens avaient été punis injustement et geavement ?Mais il n\u2019y avait pas eu de punition grave dans le 145e depuis le commencement des grandes manœuvres.Une vengeance?Pour quelle raison mystérieuse ?H veut savoir la vérité.Il les interrogera.D'un geste bref, il fait signe à Jacques de s'approcher.Jacques fait deux pas vers son colonel, prend une attitude militaire et attend.\u2014 Vous vous accusez d'avoir tué cet officier ?\u2014Oui, mon colonel.\u2014La raison de ce meurtre ?Jacques se tait.Le colonel insiste.\u2014 Vous m'avez entendu ?\u2014J'ai entendu, oui, mon colonel.\u2014 Répondez donc.\u2014Une querelle, mon colonel, une insulte, il n\u2019y n pas eu assassinat, comme vous le croyez, mon colonel.\u2014Un duel ?\u2014Oui, mon eolonel.\u2014 Pourquoi ?Précisez.\u2014Je ne puis donner d'autres motifs.Cet otticier et moi, nous nous détestions.T]l y a des haines irraisonnées, se hâta-t-il de dire pour éviter une nouvelle question de Cheverny.Mais (Jeorges secoua la tête.Il ne pouvait se contenter de ces explications.\u2014Quelqu\u2019un connaissait-il votre haine ?\u2014Oui.\u2014 Qui ?\u2014 Bernard.Voilà pourquoi Bernard m\u2019a servi de témoin.\u2014 Mais Bernard s\u2019acceuse lui-même de ce meurtre \u201411 ment, mon colonel.Et avec un doux et triste sourire à son frère pour lui faire accepter la ruse sublime de son dévouement : \u2014Du reste, vous l'interrogerez, mon colonel, et vous verrez que Bernard ne pourra pas, comme moi, expliquer ce meurtre.\u2014 D'autres que mon fils avaient-ils été les confidents des sentiments que vous éprouviez pour M.Gironde ?\u2014Personne, mais plusieurs des hommes de ma compagnie ont été témoins, ce soir même, d\u2019une discussion assez vive qui s'était élevée entre M.Gironde et moi.\u2014À propos de quoi ?\u2014À propos d\u2019une punition infligée, j'étais oon- signé au camp.\u2014Ah ! vous avez forcé la consigne.\u2014Oui, mon colonel.Cheverny était frappé d\u2019une particuliarité singulière.Jacques semblait courir au-devant des charges qui pouvaient l\u2019accabler.L'officier ne put s'empêcher de lui dire : \u2014On dirait que vous prenez plaisir à vous accuser.\u2014Non, mon colonel, seulement je suis franc, je ne cache rien.\u2014 Puisque vous avez tant de franchise, vous me direz sans doute comment il se fait que ce soit ici, dans ce pavillon, chez moi, que vous ayez rejoint M.Gironde.Comment il se fait que vous ayez déshonoré ma maison en la choississant pour y commettre un crime ?Jacques laissa la tête.Il sentait bien que dans Ja situation extrêmement délicate où il se trouvait, il ne pourrait répondre à tuutes les questions.Il fallait à tout prix que le colonel ne se doutât de rien.Rien ne devait troubler son honneur.Le sacrifice personne ne le connaîtrait en dehors de Marjolaine, en dehors de Bernard ! Mais qu\u2019importe ! avait il besoin que le monde connut son dévouement 1 Ne serait-il pas infiniment heureux de mourir pour sa mère et son frère ! Et en mourant ainsi, quel éternel souvenir dans l\u2019âme de celui-ci ! Comme il était sûr que par lui sa mémoire serait révérée ! Le colonel ne le quittait pas des yeux : \u2014 Votre franchise ne va pas loin & ce qu'il parait 1 disait il.Il était inutile de nier, puisque c'était l\u2019évidence, que Jacques connaissait la présence de Gironde aux Aulnaies.\u2014-Je savais rencontrer ici M.Gironde, dit-il.\u2014 Comment saviez-vous cela Ÿ \u2014J\u2019avais entendu M.Gironde lui-même le dire.Le colonel parut inquiet.Il se troubla.Un soupçon etffleura son esprit.Il avait aperçu Gironde, en ces derniers temps, à plusieurs reprises, rue Ampère et même à Nancy, depuis que les réservistes, soldats et officiers, avaient rejoint leur corps pour les manœuvres.Il ne s'était jamais demandé d\u2019où venait l'intimité qui paraissait s\u2019être établie, si rapidement, entre le jeune homme et Mme de Cheverny.Il se le demandait à présent.Que Gironde vint à l'hôtel de la rue Ampère, qu\u2019il vint à Nancy même, cela pouvait être naturel.Mais comment expliquer la présence du jeune homme au château, à pareille heure, et non pas même au château, mais dans un pavillon des Aul- naies récemment aménagé et où personne n'était encore entré, à l\u2019exception des ouvriers 1 Le soup- gon était né dans son esprit, il y devait germer.Mais cette question si grave, il avait peur de l\u2019adresser à Jacques.Il avait un remords.Il lui semblait qu\u2019il insulterait Marguerite.Cependant le meurtre environné de mystères, il voulait, à tout prix, en déméler les raisons.Et il continua en raffermissant sa voix : Jacques, répondez sans détour.faire M.Gironde au château ?\u2014Je l\u2019ignore, mon colonel, \u2014Vous le saviez ! \u2014Non, mon colonel.\u2014 Vous mentez \u2018 \u2014Oh ! mon colonel.Il était impossible, après tout, que Jacques l'ignorât.Ce fut la réflexion que se fit le colonel ; mais en même temps qu\u2019il se disait cela, du fond de son cœur montait le soupçon grandissant en même temps qu'une voix lui criait : \u2014Jacques sait tout ! Jacques ment ! Voilà pourquoi l'officier, Te sourcil froncé, re- Que venait 302 arde longuement le sergent.Et Jacques baissait tête, parce qu'ayant menti, il n'osait pas soutenir le regard de son colonel.M.de Cheverny éloigna Jacques d\u2019un geste et fiv signe à Bernard de s'approcher à son tour.Le jeune homme savait ue son père avait pour lui une adoration véritable.Il lui était facile de deviner que la souffrance du colonel était grande.Son mâle et doux visage, dans lequel il y avait, ainsi que chez beaucoup de nos officiers convaincus de la grandeur et de la saintetd de leur mission, quelque chose de sacerdotal, son visage était bouleversd, faisait peine à voir.Certes, depuis quelques minutes qu'il était là, le pauvre homme avait vieilli, tout trahissait l'abattement chez lui.Et Bernard, voyant cela, souffrait lui-même doublement.Mais justement parce que la révélation de la vérité eût fait déborder ce vase trop plein de tortures morales inoubliables, Bernard, comme Jacques, se disait que rien au monde ne lui ferait trahir cette vérité, et que, dût-il en mourir, la faute passée de sa pauvre mère descendrait avec lui dans les ténèbres de l'éternel onbli.Le colonel se heurtait donc à deux énergiques caractères, dont le courage s'augmentait de la grandeur du sacrifice et de la suprême consolation du devoir accompli.\u2014 Bernard, vous n'êtes pas mon fils, en ce moment, vous n\u2019êtes qu\u2019un soldat devant son ofticier qui l'interroge.Jurez-moi de dire toute la vérité.\u2014 Mon père ! \u2014 Votre colonel.\u2014Mon colonel, fit Bernard, cruellement embarrassé, interrogez-moi.\u2014Vous ne m'avez pas répondu, dit Cheverny qui remarqua cette hésitation, me direz-vous la vérité 1 \u2014Je lai dite tout à l'heure en n'accusant de ce meurtre.\u2014C'\u2019est bien.Je vous a: demandé un serment que vous refusez de me faire, parce que sans nul oute vous allez mentir, vous aussi, comme a menti ce sous-officier.Bernard n'avait rien à répliquer.\u2014Vous prétendez avoir tué cet oflicier ?\u2014En duel.Un duel loyal.\u2014La raison de ce duel ?\u2014Une querelle.\u2014 Vous aussi ! La même réponse que Jacques.\u2014Cet homme insultait le nom que je porte, le nom que tout le monde respecte, mon père, qui est le vôtre et qui est le celui de ma mère, je l\u2019ai souffleté.Jacques intervint : \u2014Mon colonel, ai-je besoin de vous faire observer que Bernard s\u2019accuse sans motif.Je suis seul coupable.Le colonel, devant cette altercation des deux jeune gens, ne savait que faire.Il voulut absolument éclaircir la position.Il reprit en s'adressant à Jacques : \u2014Si vous êtes coupable et si Bernard cherche à attirer sur lui le juste châtiment qui attend l\u2019un de vous deux, me direz-vous quel sentiment inspire un dévouement aussi rare ?\u2014L'amitié qui nous unit, mon colunel.\u2014 L'amitié ! fit le colonel rêveur.Les temps sont passés où l'amitié faisait faire d'aussi grandes choses.Mais c\u2019est Bernard et non vous que j'interroge en ce moment.Gardez le silence.Et s'adressant à Bernard qui était au supplice.\u2014Une insulte à mon nom, dites-vous ?Eh ' qu'importe ! quelle insulte peut donc atteindre le nom de Cheverny ?Et puisqu'il s'agissait d\u2019une insulte pourquoi n'êtes vous pas venu me trouver ?N'était-ce pas votre devoir ?Cela devait être votre première pensée ! Et puis, Bernard, vous êtes bien jeune et bien inexpérimenté pour vous ériger en justicier de mon honneur.Il fallait me laisser ce soin.Mais je crains bien que votre réponse ne soit faite pour cacher quelque nouveau mensonge.\u2014J\u2019ai dit la vérité.\u2014Je veux bien vous croire ; mais puisque vous avez dit la vérité et puisque le nom de Cheverny a été la cause directe de ce duel à l'issue fatale, veuillez me faire connaître quel genre d'insulte cet homme avait choisi pour essayer de souiller un blason sur lequel il n\u2019y à jamais eu une seule tache, y Bernard se tut.\u2014Eh bien?- re eee = LE MONDE ILLUSTRÉ \u2014Je ne puis rien dire de plus.- Voilà qui est singulier.N'insistez pas, mon père.Votre colonel ! Je vous jure, mai, que je ne pense pas en ce moment que je suis votre père ! Il se promenait à grands pus dans le salon.Et sur son visage, ce n\u2019était plus l'accablement de tout à l'heure, c'était maintenant une profonde colère.ll so heurtait À un parti pris de silence qui l\u2019inquiétait et lui onl+vait son sang-froid.\u2014 Votre réponse ine fait penser que cette insulte dont vous parlez est imaginaire et que Jacques peut avoir raison lorsqu\u2019il prétend que vous vous dévouez pour lui.\u2014C'\u2019est vrai dit Jacques.Bernard tressaillit et les mains suppliantes tournées vers son frère : \u2014Je t'en prie, ami, je t'en prie ! Le colonel poursuivait : \u2014Nera-ce vous Bernard, qui m\u2019expliquerez comment et pourquoi Gironde se trouvait ici.\u2014C'est moi qui lui avait indiqué ce rendez-vous.\u2014Dans quel but ?\u2014 Afin d'avoir avec lui une explication.\u2014Sur quoi / \u2014dJe ne puis le dire.Toujours l\u2019éternelle réponse, revenant forcément.C'est que toujours la mère était là, emplissant ce drame de sa personnalité.\u2014 Pourquoi cette explication n\u2019a-t-elle pas eu lieu au camp ?Pourquoi chez moi ?Bernard se taisait.Ft Cheverny murmurait, harassé par cette contention d\u2019esprit : \u2014Que veut dire tout cela ?Que me anche t-on ?Et s'adressant au capitaine qui avait amené les hommes : Par qui avez-vous été prévenu de ce meurtre, capitaine / L'oflicier désigna Patoche, resté assez inquiet pendant cette scène.\u2014Par cet homme ! \u2014Approchez-vous ! dit Cheverny.Patoche s'avança.Bernard et Jacques frémirant.Qu\u2019allait-il dire, celui-là / Allait-il, pour se venger, trahir la mère, rendre inutile leur dévouement ?Ou bien se tairait il ! Aurait-il peur / Le misérable proniena lentement son regard louche et rusé sur tous ceux qui se trouvaient là, et l'arrêta sur les deux frères.On eût dit qu\u2019il voulait faire peser ln menace sur ces deux nobles têtes, afin de leur hien montrer qu\u2019il ne les craignait pas.Ensuite il regarda le colonel et attendit.Cheverny le dévisageait.Ce visage de liche et de fourbe ne lui était pas inconnu.Il l'avait vu passer dans sa vie, il y avait bien longtemps peut-être.Il essayait de se rappeler mais n\u2019y arrivait pns.\u2014Où donc vous ai-je déjà rencontré, vous?dit-il, Patoche tressaillit.Le colonel l'avait-il vu rue Ampere ?Peut-être.Cela pouvait être un danger pour lui.À tout hasard il répondit : \u2014Mon colonel, il est possible que vous vous souveniez de mon humble personne, bien qu\u2019elle ait rudement changé.J'ai été l'intendant de Malpalu, une des propriétés de la famille de Mme de Che- verny.\u2014En effet, murniura le colonel, ce doit être là.Couvment vous trouvez-vous dans ce pays ?\u2014Mon Dieu, dit Patoche de son air bonhomme, J'étais à Nancy pour affaires et jo parcourais le pays autour de Dorange, m'enquérant des propriétés à vendre, lorsque j'eus la curiosité de visiter le campement des soldats nux grandes ma- nœuvres.Bien que je n'ai jamais servi, car j'étais fils de veuve, jo n\u2019en suis pas moins très patriote.J'adore l\u2019armée et.\u2014Assez ! dit le colonel auquel répugnait le cauteleux personnage.\u2014Ce n\u2019est pas mon droit ?fit Patoche avec insolence.\u2014Que faisiez vous, dans ce château ?\u2014Fxcusez, mon colonel, je n'étais pas dans le chêteau, mais devant.-\u2014Comment avez-vous connu le meurtre ?\u2014En passant devant le pavillon pour aller jusqu\u2019au 1 ie, que je savais campé pas très loin, j'ai entendu uu bruit de voix, cone une querelle.\u2014Ah ! Ensuite ?Patoche hésitait, chose bizarre.\u2014Ensuite, je me suis approché et j'ai vu que le bruit de voix partait d'ici, de se petit salon.\u2014Ensuite ?-Le salon était éclairé, la fenêtre était entr'ou verte.ltien d'étonnant à ce qua j'aie entendu rien d'étonnant, non plus, à ce que j'aie vu, \u2014Ët qu'avez-vous vu / \u2014Dame ! vous le devinez bien, pour un peu, mon colonel.\u2014Jo ne devine rien, je vous interroge, répondez ! \u2014S'il vous plait, mon colonel, faites donc attention que jo ne suis pas soldat, moi, et que jo n'ai pas à vous obéir.Je veux bien vous renseigner.Mais j'aime à ce qu'on me parle avec politesse.Le colonel haussa les épaules.L'homme l'exaspérait.Les deux frères échangèrent un coup d\u2019wil.Dans ce regard passait toute leur colère contre le misérable, toute leur rage d'impuissance surtout.Mais ils levaient se taire.En quelque sorte, ils devenaient presque les complices de Patoche, les complices, du moins, de ses mensonges, puisque ces mensonges Jacques et Bernard les souhaitaient, puisque ces mensonges, c'était le salut de la tnère ! Patoche reprit posément, sans se presser, nar- quoi : \u2014Ce que j'ai vu ! Ce que j'ai entendu ?J'ai vu le sergent que voilà et le soldat qui est étendu de vaut vous.\u2014FEst-ce qu\u2019il y a eu des voies de faits ?\u2014Dame ! c'est probable.Lesquelles ?\u2014Un des deux a frappé l'otlicier, d\u2019un soufflet en plein visage.\u2014Ah ! Et le colonel, très ému, se tut, cette fois, Il n'osait pousser plus loin ses questions.C'est qu'il sentait que la vie de l\u2019un des deux jeunes gens qui étaient là dépendait de ce qu'allait dire cet homme.Et qui allait-il accuser ?tuer d\u2019un mot 1 Jacques et Bernard éprouvaient, du reste, à des points de vue différents, la même et terrible émotion, Bernard se disait, se rappelant le suprême outrage qu\u2019il avait tout à l'heure infligé à Gironde, Bernard se disait que son père n\u2019aurait peut être pas la force de supporter un pareil coup.Alors, que deviendrait il ?Et Jacques se demandait lequel des deux, de son frère ou de lui, Patoche allait nommer.S'il accusait Bernard, son dévouement sublime devenait inutile.S'il l'accusait, lui, Jacques, Bernard était sauvé ! Et il aurait voulu supplier le misérable de mentir ! Le colonel, plus ferme, les yeux clos comme pour ne pas voir arriver l\u2019inexorable blessure : \u2014 Lequel des deux a frappé l\u2019otticier ?Patoclie, lui aussi, avait eu le temps de réfléchir.Il sentait bien qu'il était le maître de la si tuation.Pourquoi accuserait-il Bernard ?pourquoi le perdre ?11 n\u2019avait rien contre lui ! tandis que Jacques ! C'était Jacques, sa naissance, qui renversait l\u2019échafaudage de son intrigue, s\u2019écroulant au moment où il touchait au succès.Depuis longtemps il le haissait.Une fois déjà il l\u2019avait perdu, d'honneur, Jacques ne s\u2019en était pas encore relevé.Et maintenant ne pouvait-il s\u2019en débarras ser tout à fait ?TI n\u2019avait qu\u2019un mot à dire pour cela.- -Parbleu ! je serais bien bête, murinura t-il.Et désignant Jacques, d'un geste brusque : \u2014Le sergent ! dit-il, Il y eut, chez Jacques, de la joie, son dévouement servirait donc à quelque chose, et du dégoût pour ce misérable dont il devinait la sourde haine.Quant à Bernard, surpris : - Mais il ment, père, il ment ! Le colonel respirait, soulagé.Entre ces deux pauvres enfants, son choix était fait.T1 ne pouvait hésiter.Si cruelle que pût être pour lui la mort de Jacques, elle lui serait moins douloureuse que la mort de sun fils adoré ! Cependant il crut devoir faire répéter à l\u2019atoche la grave accusation.\u2014 Vous êtes sûr de ce que vous dites ?\u2014Ma foi oui, mon colonel, sir de mes yeux.\u2014 Vous avez vu ?\u2014Le sergent, oui, le sergent souffleter le sous- lieutenant.(4 suivre) LE MONDE ILLUSTRA 303 \u2014 QUELQUES FAITS Bien des gens semblent ne pas bien comprendre ce qui a trait À ls charte actuelle «le la loterie «do l'Etat de la Louisiane, à savoir quand cette charte expire.La com- mgnie & demand une nouvelle charte, et Ju de juillet de cette année la Législu- tune à ordonné de soumettre au vote po- pulnire un umendement à la constitution «de l'Etat, aux élections de 1892.La charte de In compagnie sera ainsi prolongée jusqu\u2019à l'année 1919.Cepentlant la charte actuelle, qui a été ratifi*s par la Cour Su- prema dew Ftuts-Un me «loit expirer que le ter janvier 1805, La demande que nous avons faite pour l\u2019exteution «le notre charte west qu'une affaire «e routine législative et il n\u2019y a pas lieu de douter que lorsque la charte actuelle expirera, le peuple n'or- denne qu'elle soit prolongée jusqu'en 1914, La manière dunt le général Beauregard et le général Early administrent la loterie fait l'admiration de tout le monde, aux Etats-Unis et à l'étranger.L'honnétete bien connue de ces deux messieurs donne le motif de la contiance que le publie témoigne à la loterie de l\u2019État de la Louisiane.\u2014 Times Democrat di da NouveMe-Or- \"us, 8 août, > LE MUSEE DES FAMIELES, paraissant deux fois par mois, publie dans son numéro du 15 Août 1890 : \u2018nu cadet de Normandie au NVIIe Siècle, par F.du Roisgobey.Chronique, Causerie de quinzaine, - Ruines, poésie par Jacques de Bonal.A Saint-letershourg, par Eug.Gothi.Kn se cherchant, par Hip, Gauthier, -Le petit Tailleur, par \u201c>, Science en famille, par L.Baltha- zard, Le premier puratonnerre frangais, Correspondance ct Con scours, par Fug.Muller, Ilustrations par Adrien Marie, Fernet, Stein, Albert Guillaume, Gaillard, cte., ete,, et d'après de vieilles estampes.Prix d'abonnement, Paris : un an 14 fr.D''partements, 16 francs, à la Librairie Cu DELAGKAVE, 15, rue Soutltot, Paris, > Avis aux méres.\u2014Le sirop calmant de Madame Winslow\u201d est employé depuis plus de 50 ans par les mères pour la dentition des enfants, et toujours avec un succès complet, H soulage le petit patient aussitôt, procure un sommeil calme et naturel en enlevant la douleur, et le petit chérubin \u2018\u2018 s\u2019épanouit comme un bouton de fleur,\u201d Il esttres agré- à ble à prendre, il caline l'enfant, amolit les gencives, enlève la douleur, arrête les vents, régularise les intestins, et il est le meilleur remède connu pour la diarrhée causée par la dentition ou autrement.Vingt.cing cents la bouteille PISO'S CURE FOR La Meilleur Cure de latousse 1'n venta dana tontes les pharmacies CONSUMPTION FEES \u2018S12 6¢ LEE Bren, for Le aires, Prontieat Vilhhina ll 6504.+ $2.26 # CHEMISES BLANCHES Devant plissé, pour $1.26 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