Le Monde illustré, 18 septembre 1886, samedi 18 septembre 1886
[" Î LE MONDE ILLUSTRE Ta Séme année, No 124{\u2014-Samedi, I8 septembre 1886 ABONNEMENTS : Bureaux : 80, rue St-Gabriel, Montréal LE No.5 CENTS | Six mois: $1.80.\u2014 Un an: $8.00 J > 2-21 #Æ A 1428 ; # 2 | aa R= Qi -4 §i à, ae iy 2 a à lu a N , PES >\u201d LC\" PU Tr 2 AF, _ Vo À ass LA CA 54 7% \u2018 a; me \\ Fa Ores ii J \\æ ed 14%.Sy ¥ \u201c5 EX 5% ) \u20ac £5 Ft 5, = A La a Ep el ¥ 5 3, Ve À ï, Cô 253 $1 X % Zz = * Sune A 2 1 LES CITOYENS SE RÉFUGIENT SUR IA PLACE DE LA BATTERIE CAROLINE DU SUD.\u2014LE TERRIBLE TREMBLEMENT DF TERRE DE CHARLESTON.-LA PREMIÈRE SECOUSSE m0 vases 154 LE MONDE ILLUSTRE LE MONDE ILLUSTRE Montréal, 18 septembre 16686 SOMMAIRE Texte : Entre-nous, par Léon Ledieu.\u2014 Poésie : Le drapeau du 14me, par Rémi Tremblay.\u2014Scène de la vie mexicaine, par Arthur Appeau, \u2014 Le major Edmond Mallet.\u2014 En réponse à Hermance.\u2014Le tremblement de terre.\u2014Curio- sités médicales : Peut-on mourir de peur.\u2014 Récréations de la famille.\u2014Le code du chasseur.\u2014Choses et autres.\u2014 Feuilleton : Les deux sœurs.GRAVURES : Caroline du sud : Le terrible tremblement de terre de Charleston.\u2014Scènes de désolation.\u2014 Colon mexicain mis à mort par une bande de sauv A paches.\u2014 Portrait du major Mallet.\u2014 Gravure du feuilleton.Primes menseles du \u201c Monde Iustré \u201d 1re Prime \u2019 .850 Ime .28 Sme 8 .18 me + , .10 Smee < .3 Gme .\u2019 .4 Ime * .3 Sme * .2 86 Primes, à 81 .86 94 PRIMES .2 à 8200 Le tirage se fait chaque mois.dans une salle publique, par trois personnes choisies par l\u2019assemblée, Aucune prime ne sera payée après les 30 jours qui suivront le tirage de chaque mois.NOS PRIMES Au dernier tirage de nos primes mensuelles, le lot de $50.00 a été réclamé par M.Napoléon Hawey, cordonnier, 69, rue Boisseau, Saint-Sauveur, Québec ; la prime de $25.00 par M.O.Emile Dorais, Banque du Peuple, Trois-Rivières, et celle de $ro.00 par le Dr.G.A.Bourgeois, inspecteur des Postes de Trois-Rivières.La liste complète des réclamants sera publiée la semaine prochaine.= Bg ENTRE-Nous [5 3 SAE re, lO CATE SERENE FOI ESR = A charité, s'il vous plait ?2 C'est le lundi que vous entendez le plus à souvent cette prière du pauvre, qui s\u2019en va «x de maison en maison, dans les rues du 7 commerce de Montréal.Vieillards décrépis, aveugles conduits par des enfants, vieilles femmes au chef branlant, estropiés de tous genres, boiteux, bossus, infirmes, invalides, paralytiques, tous les malheureux, souffreteux, affamés, poursuivent leur voyage douloureux demandant de ci, de là, au nom du Dieu de charité, de quoi soutenir la misérable existence qu\u2019ils traînent, sans autre espoir que la mort pour délivrance.C'est un triste spectacle que celui-là et quoiqu'on fasse on le verra longtemps encore, toujours peut- être.*,* La plupart des maisons de commerce de Montréal et de Québec, ont leur jour de charité.A Montréal, c'est le lundi qui a été adopté comme jour de distribution dans les rues Saint-Paul, Notre-Dame, Saint-Laurent, Saint-Joseph et Sainte- Catherine.Le matin, le caissier a l'ordre de disposer de |) une à deux piastres, que l'on place, en cents, à portée de la main.Chaque pauvre qui entre reçoit l\u2019aumôme ; parfois quand cette somme est épuisée et que le défilé de la misère co tinue, on puise de nouveau à la caisse et on donne jusqu\u2019au soir.Après quoi, le commerçant ferme son cœur ct \u2018a bourse ; tant pire pour les malheureux qui n\u2019ont pu venir ce jour-là.On ne donne que le lundi.Dans d'autres quartiers c\u2019est le samedi que l'on adopte pour faire l'aumône.Les autres jours les pauvres diables s'en vont à l'aventure de rue en rue, demandant qui du pain, qui des vieux vêtements.D'aucuns se font des protecteurs qui leur donnent À jour fixe.De temps autre les donateurs remarquent qu\u2019un de leurs protégés ne vient plus ; on y pense quelques instants, puis on l'oublie, Le gueux est mort dans son taudis.C'est pourquoi il ne vient plus, à Le Que fait-on pour les pauvres obligés de men- ier Nous, le public, faisons peu, et beaucoup même ne font rien.C'est sur les communautés que retombe presque tout le fardeau de secourir les malheureux.La meilleure institution qui existe parmi les laïques, est la Société de Saint-Vincent de Paul, qui est admirable de dévouement, mais dont les membres ne sont pas aussi nombreux qu\u2019ils devraient l'être.Quand à I'Etat, au Conseil-de-Ville, leur concours est presque nul.Le voyageur sans ressources, le malheureux qui est chassé de son logis, faute d'argent pour payer son loyer, le pauvre enfin qui n\u2019a ni feu, ni lieu, ni sou, ni maille, ni travail, n\u2019a d'autre refuge que la prison.C\u2019est triste à dire, mais il est encore plus lamentable de voir, tous les hivers, des centaines, des milliers mêmes de pauvres hères ne pouvoir trouver d\u2019abri ailleurs que dans les postes de police, où on les traite exactement comme des ivrognes et des voleurs.Dans les grandes villes d'Europe il existe des refuges, des Workhouses, des asiles de nuit ;\u2014chez nous, rien.Il faut mendier, aller en prison ou mourir.*,* En Egypte, la mendicité n\u2019était permise sous aucun prétexte, et la peine capitale menaçait l\u2019individu qui enfreignait cette loi, mais l'Etat fournissait du travail à tous les hommes valides dé- sœuvrés.On les employait à des travaux publics, percement de routes, de canaux, construction de monuments, de ports, etc.Pline dit même que les Pyramides ont été élevées par ce moyen.Si le vieil historien dit vrai, il est assez étrange de voir que, seules parmi tant d'autres merveilles, les œuvres des désœuvrés aient résisté au temps et soient restés les monuments les plus imposants et les plus grandioses de l\u2019antiquité.Les Hébreux semblent n\u2019avoir pas connu la mendicité.Chez les Grecs, elle était défendue par les lois les plus sévères.Ce sont surtout les Romains qui, sous les ernpe- reurs, ont le plus connu cette plaie qu\u2019une société bien organisée doit chercher constamment à faire disparaître.De nos jours, on mendie partout et plus encore dans les grandes villes qu'ailleurs, et on peut dire, je crois, que la mendicité est le produit de la civilisation.Cependant il faut reconnaître que tous les mendiants ne sont pas dignes de pitié, et c'est en observant les faux mendiants qu\u2019Alphonse Karr a eu raison de dire que si : \u201cla pauvreté est une situation, la mendicité est une profession.\u201d De tout temps on a essayé de se débarrasser de ces parasitcs.Voyez ce que dit la vieille\u201d ordonnance du roi Jean, rendue en 1350 Pour ce que plusieurs personnes, tant hommes que femmes, se tiennent oiseux parmi la ville de Paris et ne veulent exposer leurs corps à faire aucunes res, ainsi truandent les aucuns, et les autres se tiennent en tavernes et bordeaux, est ordonné que toutes tmanières de telles gens oiseux, ou joueurs de dez, ou euchanteurs es rues, ou trusndans et meudialts ayaut mes- tier où non, suit hommes ou frmumes, qui soient sains de corps et de membres, s'exposeut à faire aucunes besognes de labeur en quoi ils puisseut gagner leur vie, et vuident la ville de Paris de dans, trois jours après le cry .Et si, aprés {5 dits trois jours, ils y sout trouvés oiseux cu Jouant aux dez, ou mendiant, ils seront pris et menés en prison et tenus pendant l'espace de quatre jours.Et quand ils auront caté délivrés de la dite prison, s'ils sont trouvés oiseux ou s\u2019ils u'ont bien dont ils puissent avoir leur vie, où s\u2019ils n'ont aveu de personnes auffisan i la dore fois ils seront dgnés au front d'un for chaud bos des dits lieux., Malgré l'ordonnance du roi Jean et les autres, dit un écrivain français, la tradition de la mendicité s'est maintenue à travers les âges.Mendiants : modernes ou truands, leur nombre est énorme et s'accroît.Nous en connaissons un tout près Paris, qui mendie dans la semaine vêtu de loques et qui, le dimanche, met une redingote.*,* Ne voyons-nous pas la même chose au Canada ?Qui de vous ne se souvient d'un certain aveugle mendiant, il y a quelques années, non loin d\u2019une de nos principales églises, et qui était propriétaire d'immeubles ?Ne vous rappelez-vous pas aussi deux chanteurs, l'un manchot, l'autre n'ayant qu\u2019une jambe, se donnant pour des matelots, victimes de la guerre franco-prussienne, et qui, après avoir fait une excellente recette pendant la journée, passaient leur soirée À faire tout autre chose que le bien ?J'ai connu, il y a dix ou douze ans, un homme bien bâti et solide qui, d\u2019une voix pleurarde, demandait la charité, alors qu'il avait plus de quatre cents piastres en poche.L'année dernière on voyait souvent un joueur d'orgue, parcourant les rues en moulant des airs idiots, et qui avait une magnifique propriété dans le Nord ! Il existe, à Montréal, des mendiantes qui portent des robes de soie le dimanche.Tous ces gens-là sont des exploiteurs dont nous sommes les victimes, et leur place serait en prison aux travaux forcés.Malheureusement, ils ont réussi à tromper un prêtre ou un citoyen respectable, et à obtenir le certificat exigé par la loi pour demander la charité.*,F Ceux-là sont heureux, ils ont une profession lucrative et ils peuvent vivre mieux que bien des avocats et des médecins, car ils ont au moins l'assurance d'avoir du pain sur la planche pour leurs vieux jours.Mais les autres, ceux qui sont vraiment pauvres pour une cause ou pour une autre, quelle existence, quelle vie ! Ne plus pouvoir compter sur l'espoir et toujours craindre l'avenir.Se coucher tous les soirs sans savoir si demain on mangera.On doit s'user vite à ce métier, que l'on fait parce que tous les autres sont inabordables ; les forces doivent s\u2019en aller en peu de temps, et la mendicité tue sans nul doute son homme en quelques années.Ce serait une erreur que de le croire sans faire de restrictions ; si c'est une loi générale qu'un mendiant ne peut vivre bien vieux, elle a des exceptions.On a jugé, il y a un mois, À Paris, un homme accusé de mendivité, qui, en réponse à la question d'usage : \u201c Quel est votre âge ?\u201d à répondu : \u201c Cent ans.\u201d Oui, cent ans ! et il en a donné la preuve.Avouez qu'il est lamentable de voir un centenaire mendier.Les mendiants octogénaires ne manquent pas chez nous, et à cet âge vingt ans de plus ne blanchissent guère les cheveux et n\u2019ajoutent pas de rides au front.*,* Certes, je ne suis pas partisan de la laicisa- tion de la charité, car je sais bien que jamais une administration ne saura donner avec autant de tact et de délicatesse que le font les Sœurs, mais je voudrais voir les conseils municipaux des grandes villes s'occuper un peu de leurs pauvres.On a des comités de toutes sortes ayant les noms les plus baroques, et des attributions qui font rêver : Comité des parcs et /raverses ; comité de l\u2019Hôtel de Ville ; comité de ci, comité de cela ; sous-comités, sous-sous-comités, comité de présidents de comités, etc, etc., est-ce que je sais ! Il n'ya jamais eu un échevin qui ait pensé à former ur comité d'assistance publique, un comité de charité enfin, que l\u2019on baptiserait d'un nom quelconque, mais qui ferait quelque chose pour les pauvres.Avec un peu d'ordre et de travail et beaucoup LE MONDE ILLUSTRE 166 I Ce sera la plus bells : il faut bien du courage, Lorsqu'on est prisonnier pour affronter la De celui qui vous tient au bout de cent mousquets, Cependant vous fuirez.Les énormes bouquets D'arbres protégeront votre fuite.Sur treute ]l eu restera vingt uvoc moi.Qu\u2019une entente S'établisse entre vous : ceux-là qui partiront, Emportant le drapeau, se précipiteront En courant vers l'endroit occupé par nos lignes.Donc, qu'ils vorteut des raugs tous ceux qui se croient digues De réclamer leur part des da:igers à courir Et qui, pour le drapeau, n'ont pes peur de mourir \u201d i de tact, il serait facile d'avoir une liste complète, Sous us wold] de Lomb In poussière brûlante .: ait.La nuit, sais dresser notre tente quartier par quartier et rue par rue de tous les Nous couchions dans la boue, à la pluie et sans fou.malheureux de la ville et de leurs besoins.Les plus forts n'étaient pas malades pour ai peu, Une fois ces renseignements obtenus, \u2014 et la Mais plusieurs en mouraient et les intempéries police pourrait les avoir facilement, \u2014on s'occupe- Bref, chez nous one a Tou taire rait des moyens propres à soulager ces misères et £taient loin d'établir notre longévité.même à en faire disparaître une partie, = x Mais, n\u2019y pensons pas ! * Done le trois juin I'an mil-huit cent soixante et quatre, *,* L'âge de ce mendiant dont je vous parlais Selon notre habitude, il nous fallut combattre.tout à l'heure me rappelle que je ne vous ai pas encore dit un mot de ce vieillard illustre, Chevreul, dont la France vient de célébrer le centenaire.La fête du doyen de tous les savants du monde, a été digne du pays qui l'a vu naître.La liste des sociétés et des collèges colonnes du Monde lllustré.Tout ce quo la France compte de célébrités dans les lettres, dans les sciences et dans les arts a tenu à honneur d'aller saluer ce vétéran de x \u2018 ui sont venus féliciter le grand chimiste, remplirait six Ce n\u2019était pas cels qui nous inquiétait Mais notre bataillon seul en avant restait : Notre gauche pliant, ls charge nieurtrière De l'ennemi l'avait rejetée en arrière Où l'on avait coustruit de fragiles remparts.Pour nous, environnes, cernés de toutes parts, Nous tirions en avant, du côté des rebelles Qui, restés devant nous, à leur devoir fidèles, S'escrimaient de leur mieux pour nous exterminer.Nous étions duna le hois : comment déterminer Notre nombre ?Pour eux c\u2019était chose impossible.Îls croyaient voir en nous un obstacle invincible.Notre feu bien nourri les tevait en arrêt ; 118 n'osaient s'avancer à travers la forêt, Ne voulant pas combattre une troupe nombreuse.,% Il dit, et, dans l\u2019instaut trente bomumics s'avancèrent : Sur un ordre du chef, d'autres se dispersèrent ; La garde du drapeau s\u2019élança sur les pas De son chef qui boitait mais qui ne brouchait pas.J'en étais.Nous marchions deux à deux ; le silence N'était interrompu que par la bruit immense Des milliers de canons qui vomissaient la mort.Les arbres se tordaient et craquaient sous l'effort Des boulets, des obus et autres projectiles (Toutes iuventions éminemment utiles) \u2018ela grinçuit, sifflait, éclatait dans les airs, S'enfouçait duns le bois, s\u2019enfonçait dans les chair, C'était assourdissant mais, à part ce vacarme, travail.Mois, de leurs compagnons la fougue impétueuse, | Rien du silence encor n\u2019avait rompu le charme.Un journal spécial, de seize pages, Le Centenaire ulbutant nos auis, nous avait contournés.*,* de Chevreul, à paru ce jour-la; une représentation * , .; Tout à coup un juron près de nous retentit : organisée en son honneur a eu lieu à l'Opéra ; le ¢ Halte.la ! Rendez-vous ?Et toi, Yanké maudit, roi d\u2019Italie lui a envoyé le cordon de grand croix de l'ordre de la Couronne de fer ; empereurs, rois, souverains de toutes les Puissances lui ont envoyé leurs félicitations.C'était splendide ! *,* Les pièces de vers composées en l'honneur de M.Chevreul, pour cet anniversaire, sont nombreuses, mais je ne puis que vous citer les stances de M.Emile Guiard : Cent ans ! Il a cent ans! Que la jeuuesse en fête Chante un air de triomphe et porte haut la tête ! Prodiguons-lui palmes et fleurs ; Que l'exemple nous serve et qu\u2019il nous régénère.Son siècle est accompli, le voilà centenaire, Je grand doyen des travailleurs ! Un siècle de travail, de longues découvertes, N'a pu briser ce chéue aux feuilles toujours vertes, Qui vit naître et graudir sous lui Des générations pour la mort déjà mûres ; Et qui nous couvre encor de ses larges ramures, Nous, les arbrisseaux d'aujourd'hui.Ah ! que puisse le Ciel, écoutaut ma prière, , La prolonger encor cette longue carrière ! Et, si tout se compte ici-bas, Pour que ce vieillard vive, 6 marâtre Nature, S'il te faut d'autres morts offertes eu pâture, Que ce vieillard ne meure pas ! l\u2019renda les jours de ces gens à la vie infeconde, Qui ne savent marquer leur passage en ce monde Que par leur instinct destructeur.Prends leurs Jours consacrés à la haine, & l'envie ; Prends leurs jours et fais-en une éternelle vie Pour les Chevreul et les Pasteur ! Et maintenant, si vous voulez connaître le secret de cette jeunesse de cent ans, de cette force et de cette santé qui distinguent M.Chevreul, si vous désirez savoir ce qu'il a fait pour résoudre ce problème insoluble de ne pas connaître la vieillesse, je vous dirai tout bas qu'il a fait le contraire de ce que nous faisons.Il n\u2019a jamais bu que de l\u2019eau, s\u2019est toujours cou- Les excès lui ont ché tôt et s\u2019est levé à l'aube.toujours été inconnus.Ah ! jeunes gens, vous n'aurez jamais cent ans ! | 22 Fe -\u2014o.LE DRAPEAU DU 14\" RESPECTUEUSEMENT DÉDIÉ AU MAJOR EDMOND MALLET C'était à Cold Harbor.Les chefs des deux armees Allaient conduire au feu leurs troupes décimées Par des combats sanglauts où la faulx de la Mort Couchait sur le gazon le faible avec le fort.Nous avions affronté bien souvent la mitraille, La légère escarmouche et ln grande bataille, Sans interruption, variaient loisir Un programme peu fait pour nous laisser moisir Dans cette inaction autrefois si funeste Aux troupes d\u2019Annibal.Les étapes, du reste Etaient presque toujours trop longues à franchir.Pas le moindre filet d'eau pour nous rafratchir.Groupe de tirailleurs, au poste abandonnés, Nous restions là pourtant soumis à la consigne Sac haut que l'ennemi repoussant notre ligne, Nous avait enserrés dans un cercle de fer, Le bronze mugissait, faisant un bruit d\u2019enfer ; Les boulets en sifflant s'enfonçaient dans le sable ; Des arbres s\u2019abattaient.Ce vacarme effroyable De nos blergés couviant les cris désespérés Se rapprochait toujours.Nous voyant entourés, Nous tious sentions perdus.Soudain une estafette Transmit au commandant l'ordre de la retraite.Une heure avant cela, par un autre courrier, Le general avait fait dire à ce guerrier : ** Metraitez à l\u2019instant.\u201d Mais le courrier, sans doute, Sous les conps des vainqueurs dut succomber cn route : On ne le revit plus.Ainsi le mouvement De recul s'opèra sans notre régiment.Des lignards réguliers c'était le quatorzième : Un brave régiment trempé dans le baptême Du feu dès le début de la guerre.Plus tard, Vingt batailles avaient orné son étendard De nombreux coups de feu reçus dans la mélée.Ce glorieux chitton de bannière étoilée Etait chez nous l\u2019objet d'un culte bien fervent.[1 flottait ce jour-là, caressé par le vent, Et fièrement porté par le sergent Labelle, Lequel malgre le feu d\u2019un peloton rebelle Sut nous le conserver.Notre porte-drapeau Ne songeait pas du tout à ménager sa peau.Il n'avait pas vingt ans, ce vétéran imberbe, Mais de son sang français il avait rougi l'herbe Des champs virgiuiens bien avant Cold Harbor.Ou nous avait tué notre dernier major Et notre bawillon, depuis une semaine, Avait pour commandant un simple capitaine : Le brave McGibbon, un héros écloppé Qui des prisons du Sud, récemment écha pé, Nous était revenu plein d'ardeur et d'audace.Il nous «lit : \u2018* Nous avons des rebelles en face, Tandis que, sur nos flancs, en arrière surtout, On enteud crépiter des coups de feu partout.Il nous faut cepeudaut rejoindre notre armée.La route en est peut-être en ce moment fermée.Nous allons deployer et marcher prudemment Afin d'arriver tous dans le retranchement Où le reste du corps combat depuis une heure.Pour tirer il faudrait une raison majeure, Des partis ennemis patrouillent la forêt, [a admets que, pour ma part, je n\u2019ai nul interet À me faire pincer).Si leur ligne d'attaque Se dresse devant nous, il faudra qu\u2019on bivouaque Entre deux feux, comptant qu\u2019un hardi coup de main De nos soldats viendra nous dégager demain, Et, si nous rencontrons pine simple patrouille, Laissons-là doucement s'en retourner bredouille, Ne tirons pas un voup, car il ne faudrait pas Avoir tous les maudits rebelles sur les bras.+ Nous aurons, dispersés, une chance plus sûre D'échapper au péril ; mais, à toute aventure, Il faut prévoir le cas où l'on serait surpris.Car notre cher drapeau ne doit être pris.Hi faut trente soliluts pour lui faire une escorte.S'ils sont aussi vaillunts que celui qui le porte, Nous pourrions reucontrer cing cents diables d'enfer Et les renvoyer tous retrouver Lucifer Sans le moindre chiffon, sans la moindre parcelle De ce noble étendard qui daus ses plis recèle Les souvenirs nimes de combats glorieux Et l'emblème des droits légues par nos aieux.** Si nous tombions aux mains d'une troupe nombreusr, Capable d'écraser l'escorte valeureuse, Qui m\u2019accompagners, ne songez pas à moi : Dégagez le drupenu, Je pourrai sans émoi l\u2019révoir mon sort futal, (car ma jambe blessée M'empêche de courir).Heureux à la pensée Que vous aurez encor ve glorieux chiffon, Si l'ennemi tue prend, je boiri jusqu'au fond La coupe qu'il reserve aux fugitifs.En somme Pour sauver l\u2019étendard on peut bien perdre un homme D'ailleurs, le régiment saura bien me venger.Mais vous aurez aussi votre part du danger ; Passe-moi ce (lrapeau,\u201d criait un chef rebelle En désignant du doigt notre sergent Labelle, Uni regard nous prouva qu'ils étaient cent au moins.Prêts \u20ac ous fusiller, attendant néanmoins L'ettet que produirait sur nous cette apostrophe.En résistant on eût hâté la catastrophe : Ces Virginicus là n'étaient pas patients ; MeGibbon le savait ; il nous dit : \u2018\u2019 Mes enfants, Rendez-vous, il le faut, lutter est impossible ; Si vous restez armés, vous leur servez de cible.\u201d Les mousquets de nos mains tombèrent à l\u2019instant : Ils pouvaient nous flamber la tête à bout portant.Nous nous trouvions là trente avec le capitaine, Pourtant, il n'en resta pas plus qu\u2019une vingtaine.,Ç * xt Lorsqu'on avait voulu s'emparer du drapeau, Dun coup de poing Labelle avait fendu la peau D'un grand Virginien, puis avait pris la fuite, Alors dix d'entre nous partirent A ra suite.Cent balles saluaient notre brusque départ ; | Nous tuant six soldats : ils dorment quelque part ! De leur dernier sommeil.Quant au brave Labelle 11 tomba sous le feu de l\u2019escouade rebelle ; Le drapeau qu'il tenait à la maiu fut crible | Je fus saisi d'horreur, et mon regard troublé ! Me le fit voir gisant, pâle, ayant reudu l\u2019âme.| Or.pour exécuter en tous points le programme : Qu'il était à propos de suivre, je songeais ! À prendre le drapeau mais, comme j'allongeais ; Le bras pour le saisir, ce fuyard intrépide | Reprit en bondissant, cette course rapide Qui devait nous sauver, j'eu etais bien certain.Je le suivais de près.Lorsqu'au fond d\u2019un revin Nous sortimnes du bois, il faisait déjà sombre.Nos zouzous étaient là.Voyant sortir une ombre, Puis deux, puis trois, puis quatre, ils tirèrent sur nous Sans nous faire aucun mal.\u2018* Allons, êtes-vous fous ?Voyez cet étendard, est-ce un drapeau rebelle ?\u201d Leur cria le sergent.Puis ce brave Labelle, S\u2019arrêtant à mi-vôte et plantant son drapeau Nous dit : ** Ralliez-vous autour de ce lambeau i Il est bien mutilé mais on n'a pu l\u2019abattre.\u201d i Rallies, notre nombre était réduit à quatre : Quatre hommes échappés au feu des ennemis Kapportant l'étendard à leur garde commis.x, | | | On nous apprit alors qu\u2019à très peu de distance Le brave batailion dont nous pleurions l\u2019absence, | Réduit à cent soldats, faisait le coup de feu.Nous rejoignimes donc ces braves.Au milieu Du bruit assourdissant de notre artillerie 118 étaient alignés près d\u2019une batterie, Une immense clameur salua le drapeaux, L'adjudant McGibbon brandissait le fourreau De son sabre.11 était frère du capitaine.Il nous avait suivi n\u2019emportant que la gatne De sou glaive, resté là-bas dans la forêt.11 pleurnit en sougeant à son frère et jurait Qu'il ferait payer cher à l\u2019armée ennemie Ce que, dans sa douleur, il traitait d'infamie.L'autre, un Américain, jeune sous-lieutenant, Sougeant à notre exploit, était tout rayonnant Quant aux deux Canadiens : le sergent et moi-même, Nous nous flattions d'avoir, en ce péril extrême Agi d'une façon digue de nos aieux.Su je retrace Ici cet exploit glorieux, C'est que je tiens beaucoup vous faire connaître Le nom de ce héros qu\u2019on oubliait Frutêtre Or, vous ne pouvez pus oublier Cold Harbor : Vous y fâtes bleseé, vous en souflrez encor.De contrôler ces faits il vous sers facile, Vous êtes un chercheur, vous êtes francophile, Et, sachant votre goût pour de pareila récits, J'ai voulu vous narrer ces détails inédits.Réært TremsLar, Stoke Centre, 4 septembre 1886. 156 LE MONDE ILLUSTRE 1.La rue Broad, vis à vis le bureau de Poste.\u20142, La rue de l'église Saint- Philippe (câté nord\\.\u20143.Les ritoyeus se retugient daus le par Washington : Secours aux blesses et aux mourants.\u20144.La rue Meeting.\u20145.Ta rue Court (à gauche se trouve le poste central de police) CAROLINE DU SUD.\u2014LE TREMBLEMENT DE TERRE DE CHARLESTON.\u2014SCENFS DE DESOLATION \u2014 [ LE MONDE ILLUSTRÉ 167 [Pour le Monde Illustré) SCENE DE LA VIE MEXICAINE Suite) VI INQUIÉTUDES DE FRANCISCO ETOURNONS maintenant à nos deux amis, Francisco et Cuchillo, que nous avons quittés pour suivre Maurice.Les deux Mexicains suivirent longtemps À des yeux la haute taille du trappeur qui s'éloignait rapidement.Quand il eut disparu, ils poussèrent un soupir et se placèrent de manière à surveiller toute la prairie.Francisco, tout en veillant attentivement, se demandait tout bas si le trappeur réussirait.Certes, il ne doutait pas de l\u2019habileté et de la prudence de son ami, mais comment pourrait-il, en s\u2019aventurant dans un pays qu\u2019il ne connaissait pas, éviter les Indiens.Et s'il réussissait, comment pourrait-il arriver jusqu\u2019à Inez, une captive qui, par conséquent, devait être gardée À vue ?Ses idées changèrent peu à peu de cours ; il voyait Maurice rampant avec précaution dans la prairie ; il approchait, un sourire se jouait sur ses lèvres.Au moment où il levait la tête pour jeter un coup d\u2019wil dans le camp, deux Apaches se précipitaient sur lui et le terrassaient.Un cri sourd sortit de la poitrine de Francisco, et il regarda autour de lui d'un air hébété.Son regard rencontra Cu- chillo qui l\u2019examinait d\u2019un air étonné.Ces pensées remplissaient son cœur d'une crainte indéfinissable qui lui faisait désirer vivement le retour du Canadien.Pendant ce temps, la nuit était venue, une nuit sans crépuscule, une vraie nuit des tropiques.Le ciel, d\u2019un bleu profond, était semé d'étoiles sans nombre, dont la lumière scintillante était absorbée par celle plus nette de la lune, à mesure que celle-ci s\u2019avançait dans l\u2019espace.Des bruits sans nom, apportés par la brise, passaient indistincts, se confondant avec le bruissement des feuilles.Dans la prairie, aucun être n'apparaissait aux yeux de nos aventuriers.Deux mortelles heures, longues comme des siècles, passèrent sans amener le retour du trappeur.La situation devenait intolérable, et Francisco ne put y tenir plus longtemps.Son imagination surexcitée lui montrait le Canadien blessé et prisonnier des Apaches, et déjà il se levait pour aller À sa recherce, quand Cuchillo se pencha vers lui et lui souffla À l'oreille : -\u2014\u2014Voyez donc, senor, comme les herbes remuent, là-bas.Je l\u2019ai déjà dit, la lune éclairait toute la prairie et permettait à nos amis de signaler tout danger.A cent pas devant eux, l'herbe était agitée comme dans la journée lorsque le jaguar était apparu.\u2014Nous sommes découverts, pensa Francisco en saisissant sa carabine qu\u2019il amorça de nouveau.Maurice est pris, et ces chiens veulent nous faire prisonniers aussi ; mais per Dios, ils n'auront que mon cadavre.Celui qui avait causé l'alarme s\u2019avançait toujours, sans se douter que sa vie fut en danger.C\u2019était bien un homme, mais on ne pouvait voir si c'était un indien, car il rampait avec précaution, s\u2019arrêtant quelquefois pour Écouter.,-\u2014En voilà un qui va partir pour les prairies bienheureuses, murmura Cuchillo lorsque l\u2019inconnu fut à trente pas ; que Wacondah le reçoive dans son sein.Au moment ou il allait lâcher la détente, une voix bien connue cria : \u2014Ne tirez pas, corbleu ! c\u2019est moi.\u2014 Maurice ! dit Francisco avec un soupir de soulagement.\u2014Eh | oui, c'est moi dit celui-ci en s'asseyant auprès de ses amis.\u2014Fh bien ?\u2014Eh bien, Francisco, j'ai vu votre fiancée.Un flot de sang monta aux joues du jeune homme.\u2014Conte-nous cela, dit Cuchillo._\u2014Lin vous quittant, commença Maurice, je me dirigeai vers ce bouquet d\u2019arbres que vous voyez devant nous.Quand je l'eus atteint, je cherchai à m'orienter.Un hennissement de cheval m\u2019indiqua l'endroit où étaient campés les Indiens.J'avais à peine fait deux cents pas dans cette direction, que je me trouvai en face du camp.Deux pas de plus, et je me trahissais ; heureusement, je m'arrétai et je regardai.Les guerriers n'étaient pas encore de retour, et il n'y avait au camp que les vieillards et les enfants.\u201c Au bout d'une demi-heure, comme il commen- Colon mexicain tuis à mort par ane hande de sauvages Apaches.çait à faire sombre, j'aillais me rapprocher du camp lorsque j'entendis derrière moi les hurlements des guerriers qui revenaient de la chasse, Il n\u2019était pas prudent de sortir à présent ; j'attendis.Un moment après l'arrivée des chasseurs, dona Inez sortit de sa tente et se dirigea vers la rivière.\u2018\u201c Bon, dis-je, bonne affaire.\u201c Je la suivis de loin et, quand elle fut assez éloignée, je m\u2019approchai et je lui parlai.\u201d \u2014Pourquoi ?demanda Francisco ; ne valait-il pas mieux lui laisser ignorer que nous sommes venus à son secours.Maintenant qu'elle sait tout, sa joie peut nous trahir.\u2014I1 le fallait bien; autrement, comment aurions-nous fait pour nous entendre avec elle sur les moyens à prendre pour favoriser sa fuite ?D'ailleurs, vous n'avez rien À craindre, Inez ne se trahira pas.\u2014Ensuite, ensuite, dit Cuchillo.\u2014 Ensuite, je suis revenu ici en faisant un détour pour examiner les abords du camp.\u2014Quand agirons-nous ?demanda Francisco.\u2014Demain soir.\u2014Demain soir, je.\u2014Vous vous trompez, interrompit Maurice ; vous et Cuchillo ne la verrez qu'aprés demain, Francisco le regarda avec surprise.\u2014Vous comprenez comme moi, mon cher, que si nous enlevons votre fiancée sans mettre les Apaches dans l'impossibilité de nous poursuivre, ils nous auront bientôt rejoints et pris.Alors notre sort ne sera pas douteux.Il faut donc trouver un vlan pour remédier À notre infériorité, \u2014Vous avez encore raison, dit Francisco.Vous avez donc trouvé un plan ?\u2014Oui, j'en ai trouvé un.\u2014Dites-le alors, dites-le vite.\u2014Je vous l'expliquerai demain.Pour le moment, laissez-moi dormir un peu, je suis brisé de fatigue.Francisco se résigna à attendre.Quant au trappeur il dormait déjà ; Cuchillo se coucha à côté de lui, et Francisco prit le premier quart de veille.VII LIBRE ! La journée parut horriblement longue à dona Inez.Elle résolut de passer la journée dans sa tente, ne voulant pas donner l'éveil à ses soupçonneux gardiens ; à mesure que le temps, passait elle devenait de plus en plus nerveuse.\u2014Si j'allais manquer le rendez-vous, pensait- elle, si les Indiens refusaient de me laisser promener ?Cette pensée la fit frémir, et elle ne voulut pas s'y arrêter.\u2014Dieu me protégera, ajouta-t-elle.La journée finit enfin, le soleil disparut à l'horizon, et l'obscurité envahit rapidement la prairie.\u2014Allons, murmura la jeune fille après une courte prière.Elle sortit.Son cœur battait bien fort, mais son visage restait calme.Personne ne fit attention à elle ; on connaissait ses habitudes.Elle suivit lentement le chemin qu'elle avait parcouru le soir précédent.Arrivée au lieu du rendez vous, elle s'arrêta et son regard inspecta anxieusement tous les coins et recoins de la clairière.Personne ! il n\u2019y avait personne ! Son cœur se serra et des larmes coulèrent sur ses joues.Elle appela d\u2019une voix tremblante ; l\u2019écho seul lui répondit.Hélas ! c'était donc vrai, Maurice et ses amis avaient suc- combés ! A ce moment une clameur s'éleva du c6té du camp ; des hurlements féroces faisaient retentir les échos de la solitude.\u2014 Je suis perdue, pensa Inez ; on s\u2019est aperçu de mon absence et on va se mettre à ma poursuite.Ses jambes se dérobèrent sous elle, ses yeux se fermèrent et elle tomba évanouie sur l\u2019herbe.Quand elle reprit connaissance, elle était couchée au fond d\u2019un canot, monté par un homme, qui ramait avec ardeur tout en se tenant dans l'ombre projetée par les arbres qui garnissaient les rives.\u2014Où suis-je donc ?murmura la jeune fille en se soulevant à demi.\u2014Ne craignez rien, senorita, c\u2019est moi, dit Maurice, qu\u2019on a sans doute reconnu.\u2014Vous, senor | Ah! oui, je me souviens.Mais je ne vois pas vos compagnons, ajouta-t-elle après un court silence.\u2014Mes amis sont en route pour nous rejoindre, répondit Maurice ; ils ont pris la voie de terre.\u2014Nommez-moi ces deux braves qui n'ont pas hésité à se joindre à vous, afin que je puisse mettre leur nom et le vôtre dans mes prières.\u2014 Vous les connaissez, senorita ; l\u2019un est Cu- chillo, le pion, l'autre est don Francisco Miramon.\u2014Don Francisco ! s'écria Inez en rougissant. f ALI EE SAM ARE NOTE ROAR tr on leit + i + nn Ca cas fi te ne av va.na 168 LE MONDE ILLUSTRÉ Maurice sourit, mais il garda le silence et parut fort occupé À diriger le canet qu'il lança au milieu de la rivière.~Comment se portait ma mere.et Fabian, quand vous êtes parti ?demanda Inez.«Sauf la douleur de vous savoir aux mains des Apaches, votre mère était en parfaite santé.Don Fabian a été blessé, peu dangereusement, il est vrai, en vous défendant.Inez poussa un soupir de soulagement, et, cédant peu à peu à la fatigue, elle s\u2019endormit.Elle reposait depuis assez longtemps lorsqu'elle fut réveillée par un coup de fusil.Ses regards s'ar- rêtérent sur le Canadien qui se baissait pour prendre sa carabine.\u2014Les Indiens ! dit-elle avec effroi.\u2014Non, senorita, c'est un signal de nos amis ; nous sommes arrivés.En même temps, il tira à son tour.Deux autres détonations lui répondirent sur la rive gauche.\u2014Allons, ils ont réussi, murmura-t-il, en ramant vers la rive.Au moment où le canot accostait, deux hommes parurent sur la grève.\u2014Âvez-vous réussi ?demandèrent-ils ensembles.Maurice aida Inez à descendre du canot.\u2014Inez, chère Inez, vous nous êtes rendue enfin, s'écria l\u2019un d'eux en couvrant de baisers la main que la jeune fille lui abandonna.\u2014Voyons, Francisco, dit Maurice, modérez-vous, et donnez-nous à manger.\u2014Vous tombez bien.Cuchillo a lacé un bison, ce matin, et nous sommes en mesure de vous offrir une tranche de venaison.Maurice et Inez mangèrent avec appétit, et lorsqu\u2019il eût fini, le jeune homme se tourna vers Françisco : \u2014Les chevaux ?\u2014Nous en avons quatre qui paissent dans la prairie, à deux pas.\u2014Alors partons, dit Inez, les Indiens doivent être à notre poursuite, et il ne ferait pas bon de les attendre.\u2014Oh ! ne craignez rien, répondit Francisco en riant, grâce à notre ami Maurice, ils ne sont pas plus dangereux qu\u2019un troupeau d\u2019antilopes.\u2014 Au fait, dit Maurice, contez-moi cela.VIII L'IDÉE DE MAURICE \u2014Je commence ; mais avant je vais raconter A senorita ce que nous avons fait depuis notre départ du rancho.\u201c Vous ne savez pas, continua Francisco en s'adressant à Inez, que nous avons poursuivi les Apaches à pied.Cela nous fut d\u2019un grand secours tant que dura la poursuite.Mais après, tout changeait.De chasseur nous devenions gibier, et il importait que nous pussions courir mieux que le chasseur.Cela était difficile, car les Apaches avaient de bons chevaux et nous étions à pied.\u201c Je ne sais trop comment nous serions sortis de là sans Maurice.D'après lui, il n'y avait qu\u2019un moyen : s'emparer des chevaux qu\u2019il nous fallait et disperser les autres.Rien n\u2019était plus simple, en effet ; mais comment faire ?Notre ami nous expliqua son plan et nous chargea d\u2019en exécuter une partie.\u201d Francisco s'arrêta un instant pour respirer.\u2014Avant de partir, reprit-il en se tournant vers le trappeur, nous avions fabriqué une dizaine de fagots de mimosas.Grice A vos indications, nous atteignimes l'endroit od étaient les chevaux.Nous réussimes à monter à cheval, et nos lassos capture.rent les deux autres.Pendant que je restais 2 la garde de ces montures, Cuchillo s'était approché des autres \u2014 il y en avait cinq, je crois \u2014 et tout en leur parlant doucement, il leur attachait les fagots à la queue.Ce fut bientôt fait ; deux minutes après les chevaux avaient disparus.Quant à nous, nous avions lancé nos montures au galop car nous entendions les Indiens qui arrivaient en hurlant.Nous avons galopé jusqu'au lever du soleil et depuis ce temps :es chevaux se reposent.\u2014ÀA combien estimez-vous la distance que vous avez parcouru ?\u2014 Douze ou quinze lieues environ, répondit Francisco.A votre tour maintenant, Maurice, dites-nous comment vous avez réussi.~\u2014Quand je vous quittai, dit Maurice, j'ailai me placer à l\u2019une des extrémités de la clairière, à deux pas des canots.« De ce poste, je vis senorita sortir de sa tente qui allait m'attendre au rendez-vous.Tout à coup, j'entendis le galop des chevaux.Les Indiens se levèrent précipitamment et coururent suivis des femmes et des enfants.\u201c C'est le moment, dis-je, allons, \u201cJe sortis de ma cachette et j'éventrai cinq canots avec mon hachete.Quant au sixième, le mettre à l'eau, saisir une pagaie et m'éloigner, tout cela fut pour moi l'affaire d\u2019un instant.Quand j'arrivai à l\u2019endroit où je devais rencontrer dona Inez, je ne vis personne, mon cœur se serra.\u201c Elle croit que nous sommes découverts, pen- sai-je.j'allais me rembarquer quand j'aperçus un corps étendu sur le sol, c'était senorita, Je la transportai dans le canot où elle reprit connaissance.Ensuite, j'ai ramé jusqu'ici sans avoir rencontré les Indiens.\u201d \u2014Maintenant que nous avons mangé et causé, continua-t-il, à cheval et partôns.On dmena les chevaux, et après avoir fait une espèce de selle avec le zarape et le lasso de Cu- chillo pour Inez, la petite troupe partit au galop.IX RETOUR Une semaine après ce.évènements, trois cavaliers et une femme couverts de poussière descendait au galop la route escarpée qui mène au ran- cho del Sause.Arrivés devant la porte, ils s\u2019arrêtèrent et mirent pied à terre.\u2014Frappe, commanda un cavalier à un de ses compagnons.Celui-ci obéit.Un aboiement sonore lui répondit, puis une voix, jeune et bien timbrée, se fit entendre.\u2014La paix, Diamant.porte.Un moment après la porte s\u2019ouvrit, et un jeune homme s'avança en disant : \u2014Caballeros, soyez les bien.\u2014Eh bien, qu'as-tu donc ?demanda un des cavaliers, en le voyant s'arrêter et pâlir.Dominguez, ouvrez cette \u2014 Francisco, Maurice, Cuchillo, balbutia le | jeune homme.\u2014Et moi, frère, dit une voix douce à son oreille, tu m\u2019oublies donc ! \u2014Ciel, Inez ! s\u2019écria Fabian.\u2014Oui, c\u2019est moi, mon bon Fabian, répondit la jeune fille en se jetant dans les bras de son frère.Au bout d'un instant, la jeune fille se dégagea et dit d\u2019une voix émue : \u2014Et notre mère ?\u2014Je vais la préparer à vous recevoir, dit vivement Fabian.\u2014Inutile, mon cher, répondit Francisco, voici Joséfa qui vient nous chercher.En effet, dona Luisa avait vu les voyageurs et les avait reconnus, on pouvait entrer maintenant.Nos amis suivirent Joséfa.Il est des scènes qu'il faut renoncer à peindre.Aussi, l\u2019on ne saurait décrire les transports de dona Luisa et de sa fille.oo Pendant ce temps-là, Fabian se faisait raconter par Francisco les principaux incidents du voyage.\u2014 Ah | mon cher Maurice, dit-il quand son ami eut terminé, comment pourrons-nous nous acquitter envers vous ?\u2014Accordez-moi votre amitié, et je vous tiendrez quitte.Cependant, reprit le Canadien, si vous voulez me faire plaisir, accordez-moi la liberté de Cuchillo.\u2014Mon amitié, vous l'aviez déjà, répondit Fabian.Puisque vous me le demandez, je vous accorde la liberté de Cuchillo et je lui donne en outre deux onces d\u2019or pour l'aider à s\u2019équiper.\u2014Caballeros, dit dona Luisa, soyez bénis pour le dévouement dont vous avez fait preuve.Francisco, ajouta-t-clle, je ne connais qu\u2019un moyen de vous récompenser.Demain nous commencerons les démarches nécessaires pour vous unir à celle que vous avez sauvée.; i \u2014Vous me comblez, senora, répondit Francisco en lançant un regard brûlant à Inez, qui devint rouge comme une grenade en fleur.\u2014Quand à vous, senor, continua la vieille dame Ÿ en s'adressant à Maurice, je nai que mon amitié et ma reconnaissance À vous offrir.\u2014 Et c'est là tout ce que je demande, répondit Maurice en s'inclinant.Je me contente d\u2019avoir prouvé la vérité de ces paroles : \u2018 Un bienfait n'est jamais perdu.\u201d ARTHUR APPEAL, FIN, - WMO - LE MAJOR EDMOND MALLET Yi ous avons aujourd'hui le plaisir de présenter dE à nos lecteurs le portrait et la biographie d\u2019un compatriote qui, par sa bravoure chevaleresque, s\u2019est distingué sur le champ d\u2019honneur, dans vingt-deux des plus sanglantes batailles, durant la dernière guerre de sécession.C'est un des nôtres qui a prouvé, une fois de plus, que les Canadiens-Français sont toujours demeurés attachés à la Foi, et à la langue de leurs ancêtres, que leur sang n'a pas dégénéré et qu'il coule dans leurs veines aussi pur, aussi vivace qu'aux jours où nos ancêtres laissaient la vieille Normandie pour jeter les bases d'une colonie, en Amérique.Nous voulons parler du Major Edmond Mallet, de Washington, I).C., notre populaire compatriote et concitoyen qui a été choisi l\u2019année dernière à l\u2019unanimité pour présider le grand Congrès National de Rutland.Le major Mallet, dont la famille est originaire de Bretagne, est né à Montréal, le 17 novembre 1842.En 1849, sa famille alla s'établir à Oswego.En 1861, lors de la guerre de sécession, il s'en- £agea, arriva rapidement au grade de sous-lieutenant, puis d\u2019adjudant et devint major à la fin de la guerre.A la bataille de Cold Harbor, en Virginie, le 1, 2 et 3 juin 1864, le 81ème fut placé au premier rang.Pendant la première journée, M.Mallet eut son cheval tué sous lui, et le troisième jour, pendant une charge à la baïonnette contre les fortifications de l'ennemi, il fut grièvement blessé par une balle qui lui atteignit les intestins.Après la guerre, M.Mallet continua ses études de droit que la guerre avait interrompues, puis il accepta une place de commis au trésor, à Washington.Plus tard, il fut agent spécial des sauvages à Puget Sound, mais le climat le força à donner sa démission et il revint au Trésor.Le major Mallet est le fondateur de l\u2019Institut littéraire Carroll.Il est président général de l'alliance Saint-Jean-Baptiste, qui comprend tous les Etats de l'Union Americaine.Il prend part à tous les mouvements qui ont pour but, le bien et la gloire du nom Canadien.Il est avant tout catholique, et ami dévoué des écoles paroissiales et de la presse canadienne.\u2014-\u2014- BG\" Tout nouvel abonné au MONDE ILLUSTRÉ, pour 4, 6 ou r2 mois, recevra gratuitement fout ce qui a paru du feuilleton en cours de publication : \u201c Les Deux Sœurs\u201d L'abonnement est stric- tement payable d'avance.\u201c Ge pre. LE MONDE ILLUSTRE 169 EN RÉPONSE A HERMANCE Es vers qui précèdent votre simple mot ou 3 plutôt le commencement, résument justement ma pensée, aimable Hermance, et je suis heureuse de l'avouer, il existe entre 7 nos sentiments une ressemblance quelque peu frappante.Toutefois, je n\u2019ai pas l\u2019audacieuse prétention de croire que je puisse m'exprimer aussi délicatement, aussi harmonieusement que vous le faites, et si naturellement ; cependant, tout ce que vous alléguez mon cœur le ressent, et je continuerais avec raison en appuyant votre thèse que té Quand l\u2019amitié me tend la main « Je rompe avec toutes tues craintes, ** N'atteudant plus du lendemain \u201c L'amour, ses tourments et ses feintes.\" Voici comment il arrive que, sous l\u2019étreinte chaleureuse de votre main, je sens mon cœur se dilater à un tel point, que les mots me manquent pour décrire mes pensées.Jai oui dire une fois à un jeune orateur, auquel on demandait d'adresser la parole à une nombreuse assemblée : \u2018\u2018 Messieurs, quand on me demande de parler en public, et que je n\u2019y suis pas préparé (va sans dire), j'ouvre ma poitrine et, mettant mon cœur à découvert, je le laisse dire ce qu\u2019il ressent.\u201d Eh! bien, je vous assure que cette fois il s\u2019en tira mieux que je ne pourrais le faire ; qu'importe, je vais essayer la même chose aujourd'hui, et vous me saurez gré de ma bonne volonté, n'est- ce pas ?Hermance, vous me demandez qui je suis ?Dois- je le dire ?C'est mon secret ! Jamais je n'ai voulu découvrir mon nom, mais je vous ferai le port ait fidèle de Marguerita : Blonde (dans toute son acception), passant un peu la vingtaine.Jugez maintenant si mes mots sont vrais.Elevée sur les rives enchanteresses du majestueux fleuve Saint-Laurent, respirant chaque jour l'air embaumé de la campagne, l\u2019une des plus belles du Bas-Canada.J'aime les fleurs, je m'enivre de leurs parfums ; j'adore vos écrits, Hermance, je les lis et relis à l'envi, cherchant comme l'abeille industrieuse, à en extraire le suc exquis de la douceur qui en découle, pour en tirer profit.Ii est d'usage, chez nous, de ne rien laisser perdre.En vérité, ma bonne asie \u2018vous m'avez déjà donné ce doux nom), il existe chez les femmes une certaine analogie d'idées que nul n'a pu décrire, et qui, cependant, À sa raison d'être.C\u2019est ainsi que vous lire m'a suffi pour vous comprendre, au point qu'il me semble vous connaître.La générosité de votre accueil est le fait d\u2019un grand cœur.Vous attachez beaucoup d\u2019importance à la douce sympathie, et moi, ce mot est l'âme de ma vie ; si, avec la gracieuse bienvenue de monsieur le rédacteur, il m'est encore permis de tracer quelques lignes ici, je vous esquisserai du mieux que je le puis ce que j'y trouve de véritable bonheur.Dites, qu'en pensez-vous ?co.SEP er 0040: 00 a000s 10000000 cos 000001 aves ue Merci mille fois, Hermance, de votre avis de l'autre jour.Me demander de donner de mon affection a quelqu\u2019un, c'est me faire un suprême plaisir.Mon cœur ne cherche qu\u2019à s\u2019épancher, et mon bonheur est de faire celui de mes semblables.Oui, Angeline et Ninette, désormais vous êtes mes amies, et si vous êtes heureuses je le serai aussi, Ne gardez pas rancune à Marguerita.,* REINE.\u2014A vous s'applique le dicton anglais.Votre réponse est skort and sweet.J'en ferai mon profit, elle est très expressive.Merci.MARGUERI l'A.-\u2014- -\u2014e La vie ressemble à la mer qui doit ses plus beaux effets aux orages.\u2014MME DE KKUDNER.N\u2019imaginons jamais que les hommes sont trop bons, de peur d'avoir ensuite à les trouver trop Mauvais.\u2014 SAIN l'E-BEUVR.Ne croyez pas qu\u2019en abaissant les autres par vos discours vous vous releviez vous-même.Quand on Inonte sur des cadavres, on ne se grandit pas pour longtemps, et l'on s'enfonce bientôt dans la boue.LE TREMBLEMENT DE TERRE EPUIS la catastrophe de mardi dernier, plusieurs nouvelles secousses de tremble- ressenties à divers intervalles à Charleston et aux environs.Malgré cela la population commençait À se rassurer, et plusieurs des personnes qui campaient dans les rues et sur les places publiques s'étaient hasardées à rentrer chez elles ; mais à la suite de la nouvelle secousse qui s'est fait sentir vendredi soir, vers onze heures, sur toute la côte de l'Atlantique, depuis Jacksonville jusqu\u2019à Washington, une nouvelle panique s\u2019est produite à Charleston, dont les habitants sont littéralement affolés, Les personnes qui s'étaient décidées à rentrer chez elles, en sont sorties en toute hâte, se précipitant dans les rues, où elles ont passé la nuit en proie à une terreur continuelle et dans l'attente de quelque effroyable cataclysme.Bien que pendant la secousse de vendredi soir, une personne, une femme, ait été tuée, il n\u2019y a pas eu de nouveaux dégâts matériels importants.Deux maisons se sont écroulées, mais elle avaient été déjà à moitié démolies par la secousse de mardi.De plus une partie de la corniche de l'hôtel Charleston s\u2019est effondrée.L'effet n\u2019en à pas été moins désastreux au point de vue moral, car la secousse avait été accompagnée d\u2019un bruit sourd et prolongé vraiment effrayant.Tous ceux qui peuvent quitté la ville sen vont en toute hâte, tandis que les autres n'osent pas encore s'aventurer A retourner dans leurs demeures.La terreur et la consternation des habitants a encore été augmentée hier matin par le bruit qui s\u2019est répandu parmi eux qu\u2019une pluie de gravier et de petits cailloux s'était abattue sur une partie de la ville, notamment dans le voisinage des bureaux du journal le News and Courier.La ville présentait hier un aspect lamentable.La population était complètement démoralisée et le bruit d\u2019une porte fermée par un courant d'air suffisait pour faire déguerpir tous les locataires de la maison.Le tremblement de terre n\u2019a eu aucun effet sur le hâvre et le port de Charleston.Les sondages qui ont été faits ont prouvé que la surface du sol, au-dessous de l\u2019eau, n'avait aucunement été bouleversé comme on l'avait craint d\u2019abord.Après Charleston, c\u2019est à Savannah et à Augusta (Georgie) que la secousse de vendredi soir paraît avoir été la plus violente.À Savannah même plusieurs légères vibrations ont été ressenties depuis, notamment dans les bureaux et les ateliers du Morning Nezvs, qui se trouvent à l'étage le plus élevé du plus haut bâtiment de la ville.Lors de la secousse de vendredi soir, les typographes du Morning News se sont tous sauvés dans la rue ; mais ils sont retournés reprendre leur ouvrage quelques instants après.L'inquiétude est plus grande encore à Augusta ( Georgie) oll les affaires étaient presque complètement suspendues hier et où les habitants n'ont pour ainsi dire pas dormi depuis le 31 août.Le tremblement de terre de mardi dernier est le plus fort qui se soit jamais produit aux Etats-Unis ; c'est également celui qui s\u2019est fait sentir sur la plus grande étendue du territoire.Il a été précédé pendant plusieurs jours de quelques légères vibrations dans les Carolines et de quelques secousses plus prononcées à Charleston le 27 et le 28 août.La grande secousse qui a causé tant de dégâts à Charleston, semble avoir commencé dans le centre de la Caroline du Nord le 31 août, 9 h.so m.du soir.De là, les secousses se sont propagées dans toutes les directions, avec une rapidité variant de 25 à 65 milles à la minute et se sont fait sentir sur une étendue de 900,000 milles carrés, comprenant 28 Etats, depuis le golfe du Mexique jusqu'aux grands lacs et au sud de la Nouvelle-Angleterre, d\u2019une part, et de l'autre, des côtes de l'Atlantique jusqu\u2019au centre de la vallée du Mississipi.Dans les Carolines, la secousse a été accompagnée par quelques éboulements de terrain et le sol s'est crevassé en plusieurs endroits.On a déjà reçu de divers points plus de cent rapports sur le tremblement de terre au bureau central du service des signaux à Washington, et, lorsque tous les rapports seront arrivés, on dressera une carte indiquant les points d'origine de la secousse et son intensité dans les différents endroits où elle s\u2019est fait sentir.ment de terre, légère il est vrai, ont été : CURIOSITÉS MÉDICALES.PEUT-ON MOURIR DE PEUR ?8 eut-on mourir de peur ?se demande le journal médi- cal anglais The Lancet, à ropos du cas tout récent Ps d'une jeune femme de Keating.L'affinnative ne 2» semble douteuse, au moins dans le cas en ques- 20 tion.Cette jeune femme, voulant eu finir avec la Vie, avait avalé une certaine quantité de poudre _ Ineecticide, après quoi elle s\u2019était étendue aur son lit, où elle tut trouvée morte au bout de quelques heures.Il y eut enquête et autopeie.L'analyse de la poudre trouvée dans l\u2019estomac et qui n'avait même ps digérée, démoutru que cette poudre était absolument inoffensive par elle-même, au moins our un être humain.Et pourtant la jeune femme était bel et jen morte.Les médecins chargés de l'affaire estiment que le sujet, doué d'une imagination exaltée et d'un tempérament éminemment nerveux, & dû mourir par syncopes, sous le coup de la violeute émotion consécutive à l'absorption de la poudre su e mortelle.he Lancet raproche de ve cas tout récent deux exemples de cruelles mystification où la mort survint également sous le coup d\u2019une profonde terreur.Le premier est le cas classique d'un condamné anglais du siècle dernier livré à des médecins pour servirà une expérience psychologique, dont la mort fut le résultat.Ce malheureux avait été solidement attaché à une table avec de fortes cour.voies ; on lui avait bandé les yeux, puis on lui avait annoncé qu'il allait être saigné au cou et qu\u2019on laisserait couler son san jus- fu à épuisement complet, après quoi une piqûre insignifante ut pratiquée à son épiderme avec la pointe d\u2019une aiguille et un syphon posé près de ss tête, de manière à faire couler eur son cou un filet d'eau qui tombait sans interruption, avec un bruit léger, dans un bassin placé à terre.Au bout de six minutes, le supplicié, convaincu qu\u2019il avait dû perdre au moins sept ou huit pintes de sang, mourut de peur.Le second exemple est celui d\u2019un portier de collège qui s\u2019était attiré la haine des élèves soumis à sa surveillance.Quelques-uns de ces jeunes gens s\u2019empardrent de sa personne, l'en- érmèrent dans une chaiubre obscure et procédèrent devant lui à un simulacre d'enquête et de jugement.On récapitula tous ses crimes, on conclut que la mort seule pouvait les expier, et que cette peine serait appliquée decapitation.En conséquence, on alls chercher uue hache et un billot, qu\u2019on dé au milieu de la salle ; on annonça au condamné qu'il avait trois minutes pour se repentir de ses fautes et faire sa paix avec le ciel ; enfin, ley trois minutes écoulées, on lui banda les eux et on fe fora de s\u2019agenouiller, le col découvert, devant le | billot, après quoi les tortionnaires lui donnèrent un d coup de serviette mouillee et lui dirent, en riant, de se relever.À leur extrême surprise, l\u2019homme ne bouges pas.On le secoua, on lui tâta le pouls.Il etait mort.Mort £y ur, évidemment, sous l'influence de la terrible épreuve à quelle il venait d'être soumis.cmos.RECREATIONS DE LA FAMILLE No 224.\u2014LoGoGRIPHE Si l'on est mon Premier, | L'esprit ni la finesse Ne vous fout estimer.Devenu mon Dernier, La langueur, la faiblesse Ne vous fout dédaigner.No 225.\u2014lHOVERBE-DEVISNETIE Mettre à la place des X les mots propres à reconstituer un proverbe connu.XXXX on XXXX pour imprimer la XXXXXXX à vet enfant, plus il semble XXX as XXXXXXXX augmenter No 226.\u2014~CHARADE Mon Premier est en fer lorsqu\u2019il n'est en gris ; Tout subit de mon Deux la marche et le progrès ; Gras ou maigre mon Tout & pour moi mille attrait.SOLUTIONS : No 322.\u2014Le point sur l\u2019i.No 223.BLANCS, Noirs.1P4FR 1 PSC 2F2F 2 1 4 3 Fpr.P, échec et mat.Si:1 RlerT 2F2F 2 F ou P joue 3 N8e T ou ou D pr.P, échec et mat.ONT DEVINE : Laurentine Dufresne, Ottawa ; 8.Dupuis, Montréal.-\u2014\u2014 Rendre uue volaille tendre.\u2014Les Français ont une manière de rendre tendre dans le rôtissage une vieille volaille, qui vaut la peine de s\u2019imiter.On doit l'assaisonner et l'attacher dans deux épaisseurs de papier mou, blanc ou légèrement brun, et la mettre dans le fourneau une demi-heure plus tôt qu'il faut pour la faire cuire.Elle cuira lentement ainsi préparée, et si on la saupoudre délicatement avec de la farine quand on enlève le papier après une demi-heure de cuisson, la volaille sortira du fourneau d\u2019un beau brun et sera facilement dé- coupée. \u2014 - mre sente EE ES a 160 LE MONDE ILLUSTRE a ome se ee ep | LE CODE DU CHASSEUR Voici quel doit être le code du parfait chasseur : Bans rechiner tu sauteras De ton lit matinalement.Dans lea champs tu t'échineras, Jusqu'au soir inclusivement.Beaucoup de chasseurs tu verras, Mais de gibier aucunement.L'œuvre de mort n'accompliras Jue dans des réves seulement.ets tu respecterns, Ainsi que les chats mémement.Le chien d'autrui tu ne prendras Pour un lièvre devenu grand.Ton camarade tu tueras Le moins possible assurément.Ton fusil tu déchargerss En revenant soigneusement.Vers huit heures tu rentreras Anéanti complètement Et jamais ne rapporteras Qu'un moineau mort d'isolement.CHOSES ET AUTRES \u2014Durant le cours de cette année 70,000 personnes sont mortes du choléra en Corée.\u2014Un grand nombre de chrétiens ont été massacrés en Chine depuis quelque tempe.\u2014Les vendanges en Californie vont donner, ostte annce, 25,000,000 de gallons de vin, soit 10,000,000 de gallons de plus qu'en 1885.\u2014Une femme coquette ressemble à l'ombre Ui vous accompagne ; 8i vous courez après ale, elle vous fuit ; si vous fuyez, elle vous suit.\u2014Dans l\u2019infortune, un Turc se résigne, un Russe se sournet, un Espagnol se tait, Un Anglais se tue, un Français espère.\u2014La récolte du blé en Autriche et Hougrie est de 6,000,000 d'hectolitres de moins que l'année dernière.\u2014L' Allemagne produit 73,000 pianos an nu- ellement, l'Angleterre eu fait 45,000, les Etats- Unis 42,000, et la France 20,000.\u2014L'Orégon paie une prime de 2 ceuts pour chaque écureuil tué, et un homme s\u2019est récemment présenté au bureau du trésor avec 125,- 000 queues de ces petits animaux.\u2014Une manufacture d\u2019allumettes d\u2019Akron (Ohio) peut faire 57 millions d\u2019allumettes par jour quand elle est en pleine activité.\u2014Le prix du blé en Angleterre est environ 18 cents meilleur marché le boisseau qu\u2019il n'a été depuis cent vingt-cinq ans.\u2014Un homme de l'Île du Prince- Edouard possède un cheval qui a perdu un œil dont la place inoccupée lui sert de voic respiratoire.\u2014Un Canadien-Français du nom de Roch Bienvenu, après avoir 14 mois aux Etats- Unis s\u2019en est retourné au Canada et a déclaré, en pleine Cour de Justice, se nomwer Welcome.Quelle sottise ! \u2014Pour donner à ls mousse uue belle coloration verte, il suffit, après l'avoir fait sécher, de la plonger pendant quelques minutes dans de la teinture d\u2019indigo.\u2014Ceux qui ont éprouvé des douleurs d'oreilles savent quelles souffrances atroces elle fout endurer.On pervient rapidement à se procurer un calme par l\u2019application sur l'oreille d\u2019un petit sachet de grains d'avoine très chaud.On renouvelle les sachets lorsqu'ils sont refroidis.\u2014Une machine pour ceuillir les framboises à été inventée par un citoyen de Yates, N.Y.Elle consiste en une longue poche faite de drap attachée à une charpente légère.La poche ont ée d'arbres en arbres, et un grand crochet à la main l'opérateur attire chaque framboisier au-dessus de ce plateau, tandis qu'avec l\u2019autre main il frappe légèrement dessus avec une palette pour faire tomber le fruit.ADEMOISELLE J.CHAMPAGNE, ci- devant du Grand Syrrticat de la Puis sance, informe respectueusement Pa Nombreuse clientôle, et Le public.qu\u2019elle à ouvert ua Baion de Modes, au No 754, rue Ste-Cathe- rine, on elle invite les Dames & venir examiner ses comptoirs déjà en.ombrés de tout ce qu'il y à de plus nouveau en fait d\u2019étoffen a Manteaux et de fournitures pour Robes ct Chapeaux.Des madistes de première classe, venues de Now.York, assurent une exécution par- fatie de toute commande qui lui sera confiée.NOUVEL AVIS Pour les perronnes possédant la collection du Magasin Pittoresque (ire série, 50 vol.), l\u2019adm nistration à eu là ponsée de réunir en un seul volume in Tuble des quarante premières années (1833 à 1872) et colle de dix années suivantes.Prix du volume contenant les deux Tables : Volume broché : 10 francs ; 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de Visites : 75 centins la dousaine.Une visite est sollicitée $100 DE RECOMPENSE Cette récompense libérale sera donnée à chaque personne qui, étant atteinte de imal de tête, Insomnie, maladie du foie, Fhuma- tisme, dyspepsie où constipation, prouvera qu\u2019elie n'a obtenu aucun résultat sensible en buvant de l'EAU DES 1'-LEUN.E.Massicotte & Frère, seuls Ageuts, 217, RUE ST-ELIZABETH (Téléphone No 310 A) DIGNE D'ENCOURAGEMENT C'est vraiment extraordinaire l'augmentation des affaires de IA maison David Lau- thier et la grande rédu-tion des inarctan- disen Jugez-en par vous-mêmes en faisant une visite chez DAVID LANTHIER, 1489, Rue Notre-Dame, ENSEIGNE DE LA BOULE VERTE DR JOS.G.A.GENDREAU, CHIRURGIEN-DENTISTE Le Dr Uendresu, den\u2019 iste, autrofols de la rue Sainte - Catherine, désire informer sa clientèle qu\u2019il vient de transporter sou bureau au No 14, rue Saint-Laurent (porte voisine de choz M.la Dr Lachapelie).MAGASIN DE L'UNION, No (9, rue Saint-Laurent, (9 Chapeaux de toutes sor Jus va \u2019 tes, depuis 25 cents SR faits sur heures d'avis, commaudes à 21 CAZENEUVE ARCHAMBAULT, Gérant.VICTOR ROY ARCHITECTE No 26, rue Saint-Jacques, Montréal FRANK LESLIE'S ILLUSTRATED, fournat ust, pu- ' k contient 8 pages de texte et 3 pages de avures.Prix d'abonnement : un an, $+ ; 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