La maison moderne, 1 mai 1906, Mai
[" = = (fs Wer \u2014\u2014\u2014 777 \u2014\u2014 ell \\ = 91514 der R = = £ ee errs ee aed \u2014 - ot an ly aa NN: ad A ey ww vo =\u201d NN NA DD =.S NON EE = D (SNS N NX x = N \u20ac 4 > Fo SS Soe = = 4 RG ES NR a) \u2014 ai a) > | guet ex x a I) NES EN SN SN LX N° -\\ 27 as NN Su PRIX S | \u2014\u2014 2e GR | | u u t eva Voir Historietle > £7 VS SAN 0 : me Nu he = SN SN > gh A Wh \\ i! 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// 7 And NUMERIQUE Page(s) manquante(s) ou non-numerisee(s) Veuillez vous informer auprès du personnel de BANQ en utilisant le formulaire de référence à distance, qui se trouve en ligne https://www.bang.gc.ca/formulaires/formulaire reference/index.htmi ou par téléphone 1-800-363-9028 et Archives Bibliothèque nationales Québec \u2014\u2014\u2014\u2014 [| mt HI Ii Wi il Be ~~ LISTE MENSUELLE \u2014DE LA\u2014\u2014 Société de Crédit Febdomadaire, Limitée.Nos.des.Contrats LISTE DU 3I MAI 1906.REMBOURSABLE LE 31 JUILLET 1906.Valeur C.A.Lavimodière, Valleyfield Desmarais & Fils, 166 3 Notre- Dame, Montréal.L.J Dion, Verdun.Alex.Miller, Contrecœur P.Q.Nicholas Michon, forgeron, La Présentation .P.A.Laliberté, Ste-Marie de Monnoir, Que.Henri Dupuis, 23 Ste-Famille, Montréal .Eug.Lavigueur, Windsor Mills, Qué .C.E.Brown, conducteur I.C.R., Trur , N.s.Mrs James Smith, 136 St- Laurent, Montréal z|Nicholas St-Denis, 140 de la Couronne, Québec.Delle Albina Clément, 501 rue Wolfe, Montréal.Delle A.Brosseau, 131 Dalhousie Ottawa .Maria Lafontaine, 637 Notre Dame, Montréal .H.D.Dufort, 1836 Notre-Dame, Delle R.Tremblay, 500 Pare Lafontaine, \u201c\u2018 Réserve .Delle R Tremblay, \u2018500 Parc Lafontaine, Mont.Réserve .Frédéric Larose, 285 Mentana, Montréal.Réserve .Dame A.Alliusi, 1423 St- Laurent, Montréal .Reserve .Co .Total des opérations du 31 Mai 1906 6 6 6 GRAND TOTAL A.\u201902 Cc.\u201903 cc 1 lp « .|Pop.\u2018 RC.Spé.\u201c\u2018 66 1905 of E.ce - |Continuelle \u201c 200.00 200 00 180.00 260.00 260 00 130.00 260.00 [178.20 162.00 3(149.40 98.60 95.20 73.60 73.60 27.62 27.62 27.62 27.62 27.62 27.62 27.62 27.62 réglées antérieurement 2,741.56 257,019.43 259,760.99 On demande partout de bons agents actifs et bien recommandés.TELEPHONE BELL, MAIN 675.\\*\\ Mi TT II Hi Tm HINER IRAN HIRE NIH RN \u201c No 1, Croix en Or, 14 Carat.0.$2.75 No 12.Croix en Argent massif lourd $1.15 oe ** 2, Crucifix avec haine de cou Or, 14 carals.11.65 \u2018\u201c 14.Médaille d\u2019émail en couleurs .60 tn \u2018\u201c 3.Croix avec chaine de cou Argent solide.1.30 \u201815.Médaille 1'émail en couleurs .,.65 ' \u2018\u201c 4.Croix ornée de perles, en Orde 14 carats.4.30 16.Crucifix d'émaille en couleurs.,.85 x \u2018* 5.Croix et chaine de cou, en Argent solide.75 \u2018* 17.Médaille d\u2019émail en couleurs.,,.50 Le \u201c* 6.Croix et chaine de cou en Or de 14 carats 6.10 \u201818.Médaille d\u2019émaille en couleurs .50 \u2018\u20ac 7, Croix en Argent solide.\u2026.acces.1,35 \u2018* 19.Chapelets en Argent solide avec graine ; \u2018* 8.Croix montée en perles, Or de 14 carats.7.50 en couleurs.secs senc cuncnu0ene 2,25 NE \u20189.Croix montée en perles (Barocques), Or \u201820.Chapelets en Or solide de 14 carats .,, 27.00 .de 14 carats .sieve 9.00 Si \u2018* 10, Médaille, Or 14c.,$3.No 11.Méd.,Or 14c.3.85 Toutes les vignettes sont de grandeurs naturelles.; Nous l\u2019enverrons à aucune partie du Canada sur réception du prix.br NT mi Cs amy © HENRY BIRKS & SONS, Limited.| Orfèvres en Or et Argent.Carré PHILLIPS, MONTREAL PO © Vor.III.MAI 1906.PRIX : 5 CTS LA MAISON MODERNE MAGAZINE DE FAMILLE Bureau principal à Montréal : 107 St-Jacques, Chambre 16, Tél.Bell, M.675., J., 28 Saint=J h.SUCCU RSALES .A OTTAWA I À.\u2018oilbrandeen.280 Dalhousie.HARRISON A.DEMERS, EDITEUR-PROPRIETAIRE.ABONNNEMENT : i PAR AN - CHARLES E.DEMERS, DIRECTEUR, ROPRE DARE DE Sainte Notre-Dame a la robe rose, Au long manteau bleu! Dans vos bras bénis, \"Enfant qui repose, Est Enfant de Dieu.Votre front de Vierge a pour diadéme L\u2019Arc aux sept couleurs.A votre collier l\u2019aube a mis sa gemme, Le printemps ses fleurs.Si grande bonté, tant d\u2019amour éclaire Vos regards si doux, Si plein de tendresse est le nom de Mère Senvolant a Vous, Et tant de pitié de votre visage Rayonne sur mous, Qu'il! fait bon venir devant votre image Pleurer à genoux! O reine de Mai, des lis et des roses! Comme en un berceau, Jésus s\u2019est blotti, les paupières closes, Dans votre manteau.RAI Et, tandis qu'il dort, l\u2019archange, dont l'aile S\u2019entr\u2019ouvre sur Vous, Et qui.s\u2019il n\u2019était d\u2019essence immortelle, Semblerait jaloux, Celui dont l\u201d\u2019Ave\u201d portait en message Un son d\u2019\u201c Angelus,\u201d Hésite, et confond avec votre image Les traits de Jésus.O Vierge de Mai, belle Dame rose! Ecartez un peu Les plis où Jésus sur vos bras repose Dans le manteau bleu.Avant son réveil, avant qu\u2019il ne lève Ses beaux cils soyeux, Avant qu\u2019il ne laisse échapper le rêve Qui lui vient des cieux, Dame rose, ouvrez, pour que je le voie, Votre manteau.bleu, Tt que je savoure un rayon de joie En regardant Dieu.RENE DES CHESNAIS.i \u2018 i i A toy Ladi 15 ¥ it : Blonds et Bruns Aimez-vous mieux .les blonds ou les bruns?Interrogation banale, oiseuse, indfiscrète, dites-vous, peut-étre?.- N\u2019ayez cure, il ne s\u2019agit pas ici du sempiter- tel prince charmant\u2014lui seul possède, outre le teint, la couleur, l'air, le signalement unique et merveilleux qui fait rouler les yeux du cœur: presbytes célèbres qui voient mieux de loin que les microscopes modennes les plus perfectionnés, dit-on.Or, pour n\u2019être pas u!tra-abstraite, je m\u2019explique plus clairement, et, je repolis ma question à la Boileau.Les blonds sont-ils mieux doués, au physique.au moral.que les bruns?et vice- k Xk Xk Un écrivain scientifique aiméricain, Hene- lock Ellis, vient de terminer une étude remarquable\u201d sur les relations intimes qui existent entré le génie et le tempérament.Suivant cet érudit, les blonds ont la priorité, et le docte compilateur va jusqu\u2019à 1llustrer son étude de grands noms! ainsi, César, Alexandr Charlemagne, Alfred le Grand, et, et, devinez qui?.\u2019 Washington, comme de raison! Bien américaime, n'est-ce pas, la liste ou nomenclature?A côté de George Washington qui avait les cheveux roux, le teint blanc et rose, les yeux gris, s\u2019assied le blond Shakespeare aux yeux myosotes et aux cheveux chataîns.Fox, Cob- den, Tennyson, Brizeux, Churchill, Quincy, Randolph avaient aussi les yeux bleus ou gris et les cheveux blonds ou roux.Napoléon Bonaparte avait des yeux d\u2019acier \u2014gris foncé\u2014nuancé d\u2019or et de flammes: le feu des batailles y brillait toujours; ses cheveux étaient aussi couleur de feu et son teint pâle et livide.Les réformateurs politiques, les poètes, les artistes, les militaires, et les marins de renom sont généralement blonds ou roux; les hommes d'état, les génies, les explorateurs, les autocrates et les philosophes sont bruns.Et parmi les noms connus se remarquent: Bismarck qui avait un étincelant œil noir et une LA MAISON MODERNE CAUSERIE FEMININE sages ox ge gs sat fe 525052585 face basanée et rubiconde, Gladstone, teint olive, yeux noirs, devenus historiques, D'Is- raëli, le \u201cnoirâtre aux yeux d\u2019ébéne,\u201d Abd- ul-Aziz: le noir sultan, Chatham (Pitt aîné), beau brun aux yeux d\u2019aigle, Webster, si noir que Carlyle le compare à Vulcani, Goethe, Hugo, D\u2019Arguesseau, Berryer, MacKan, Lou- vois, Lubbock, Léon XIII avaient de perçants yeux noirs, un teint mat et des cheveux foncés.Les autorités physiologiques, à peu d\u2019exceptions près, sont du même avis que notre américain.Lombroso, Beddock, Hansen, Mayr, Bélonigo, Benard, Chadwick et Ernst écrivent dans le même sens; et prétendent que les blonds sont courageux, tenaces, impérieux, homme d\u2019action, amant des batailles et des conquêtes, il ne s'avoue jamais vaincu, Le type mâle saxon a le courage et l\u2019énergie du bouledogue.Les blonds ont aussi, paraît-il, beaucoup plus de force d\u2019enduramce que les bruns, leur vitalité est plus forte; ils résistent mieux à la \u201cmaladie et ont plus d\u2019influence sur leur entourage que les bruns.Les bruns sont altiers, orgueilleux, amis du faste, de la gloire et de la richesse: \u201câme de fer, cœur de feu ou de peine, le brun réussit généralement où le blond échoue.\u201d * % À} Voici pour les bruns et les blonds; maintenant, il m\u2019a semblé qu\u2019un coup d\u2019œil rétrospectif sur les blondes et sur les brunes ne nuirait pas à notre psychologique étude; et, j'ai pensé vous être agréable, mesdames, en choisissant pour cicérone, un humoriste français au pseudonyme anglais: Max O'Rell, l\u2019inimitable auteur de \u201c Femme et Artiste.\u201d Voici ce qu\u2019il pense et dit de nous: \u201cTa femme idéale des peintres est blonde; Eve, Venus, Hélène de Troie, toutes les beautés célèbres de l\u2019antiquité et de la mythologie sont blondes.Cléopâtre elle-même l\u2019a échappé belle.Si son caractère altier n\u2019avait pas été décrit par les historiens avec autant de précision, elle eût peut-être été transmise à la postérité sous les traits d\u2019une blonde, AGENTS SOLLICITEURS DEMANDES Hé FOTOS ES LE LE Ae ay or yd leur (il iro gt i ie fs at 0 att rétro 25 1 nt sd 7 far Re vise oll 5 da LA MAISON MODERNE 231 La douceur est toujours accompagnée dans l'imagination par des cheveux blonds, et c\u2019est pourquoi le Seigneur lui-même est ainsi représenté bien qu\u2019il appartint à une race qui n\u2019a jamais produit que des bruns à la peau basanée.La blonde a la peau douce et blanche, les yeux b'eus ou gris-clair.Sa beauté suggère à limagination la possession de toutes les qualités féminines et va droit au cœur du peintre.La b'orde est la temme par excellence.La blonde s\u2019adresse à MTimagination, au cœur, à l\u2019âme, tandis que la brune s\u2019adresse plutôt aux sers.Il est admis .du moins supposé, que la blonde est sent\u2018mentale, modeste,, obéissante, angélique, et que la brune est fiere, orgueilleuse, passionnée, altiére, volontaire.Voilà pour la fab'e.Dans la réalité j'ai connu des brunes qui éta:ent des anges et j'ai entendu parler de blondes qui étaient de parfaits démons.Si le choix était offert, la plupart des femmes demanderaient à être blondes, et la preuve en est que, tandis que la b'onde ne se fait jamais teindre en noir, la brune se fait souvent teindre en blond vif, blond cendré, blond filasse et acajou clair.Sur la scène.les dames du ballet et des chœurs portent des perruques blondes, sinon à l\u2019Opéra, du moins dans ces théâtres où les directeurs cherchent à donner à l\u2019auditoire des représentations qui s\u2019adressent aux yeux plutôt qu\u2019à l\u2019esprit.Dans le mélodrame moderne, lingénue est blonde et l\u2019aventurière est brune.Les poètes ont montré autant de partialité que les artistes pour les blondes.Alfred de Musset a chanté la femme \u201cblonde comme les blés.\u201d Les sonnets de Pétrarque sont adressés à Laure \u201caux yeux bleus et à la chevelure blonde.Les Grecs de l\u2019antiquité appelaient les jeunes blondes \u201cfilles des dieux\u201d Tes im\u2018ridionaux ont toujours d\u2019autant plus admiré les blondes que leurs pays ne produisent guére que des brunes.Grâce à .cs yeus bleus, profonds et ré- veurs, sa peau fine et blanche, ses traits délicats, sa taille élancée, la blonde est la jeune fille idéale; mais la beauté de la jeune fille n\u2019éclipse pas, à mes yeux, la beauté de la femme de trente ans, beauté que vous trouvez alors plus souvent chez la brume que chez la blonde, beauté plus piquante, plus solide, plus durable.Mais allez donc poser des *ègles! Nous avons tous vu des brunes passées à trente ans et des blondes de quarante ans encore superbes.Vous ai-je entendu me demander si je préfère l\u2019une à l\u2019autre?Je vous défie de trouver un homme capable lde répondre à pareille question.Le sauterne est un vin exquis, léger, peut-être un peu sucré, mais délicieux ; le volnay a plus de corps, plus de bouquet ; c\u2019est un Dbreuvage excellent.Jaime le sauterne et le bourgogne.Pour mon ordinaire, je préfère le bourgogne; pour un repas léger d\u2019'huîtres et de poisson, je prends du sauterne.Au repas conjugal, où il est défendu de mêler ses vins, je crois pouvoir affirmer que j'aurais été heureux avec une blonde et que j'aurais pu trouver le bonheur en compagnie d\u2019une brune.\u201cCe n\u2019est que la femme de loisir qui peut se permettre le luxe d\u2019être blonde.La blonde, qui veut rester belle, demande beaucoup plus de soins que la brune.Quel que soit son âge, pour être jolie, i! faut absolument qu'elle conserve une apparence de jeunesse.Le soleil qui augmente la beauté d\u2019une brume comme il augmente celle d\u2019une pêche, détériore une blonde en lui tannant la peau ou en la lui couvrant de tâches de rousseur.En vieillissant, la blonde perd non seulement la fraicheur nécessaire à sa beauté, mais elle conserve une expression qui we sied guère qu'à la jeunesse.Si J'étais femme riche, je demanderais peut- être à être blonde; si je ne l\u2019étais pas, je préférerais certainement être brune.Dans les pays du nord, vous voyez fort rarement de jolies figures de femmes parmi les gens du peuple.Elles sont passées, flétries et sans expression au sortir de la première jeunesse.Au contraire, en Italie et en Espagne, vous rencontrerez à chaque pas, dans les rues, des marchandes de fruits ou de fleurs qui auraient pu poser pour les madones de Raphaël et de Murillo.Les brunes gagnent à être exposées au soleil ce que perdent les blondes.Maintenant que vous me me le demandez pas, je vais vous dire ce que j'aime, c\u2019est une blonde aux yeux bruns foncé ou, mieux encore, une brune aux yeux bleus ou violet clair.Si vous êtes de mon goût, allez en Irlande, vous y rencontrerez ce type exquis de femme, combinaigon délicieuse de ce qu\u2019il y a de mieux chez la brume et chez la blonde.% * x Comment trouvez-vous que je le trouve?.ce bon M.Paul Blouet.Il avait peur des GRAPHOPHONE DE $9.00 POUR $1.00.PITH I 232 LA compromis d\u2019abord, n\u2019est-ce pas?mais en terminant, il se décide, et, son vote pour l\u2019irlandaise ressemble assez à un post-scriptum.Comme le P.S., la finale de \u201c Sauterne et Bourgogne\u201d renferme la pensée de l\u2019auteur sans ambages et sans voiles.x kk Mais cette Irlandaise ressemble mordicus à la Canadienne, et je regrette bien que \u201c Max O\u2019Rell\u201d n\u2019ait pas poussé une pointe jusqu\u2019à Québec, à Montréal ou à Toronto.Sans forfanterie, je prétends que les belles blondes aux longs yeux bruns, les ravissantes brunes aux doux yeux bleus ne sont pas rares dans notre belle et vaste Puissance! Qu\u2019en pensez-vous, mesdames ?% + + Et pour terminer, revenons à nos bruns et blancs moutons!.Le monde a baptisé le blond\u2014\" bon enfant\u201d; et, le brun\u2014\u201c beau diable ! \u201d Le sont-ils toujours?J incline à croire que le teint et le ton ne font rien à l\u2019affaire, et pour cause: Ne savors-nous pas toutes\u2014par expérience, peut-être; par oui-dire, certain!\u2014que, beaucoup de blonds ont les défauts des bruns, comme légions de bruns ont les vertus des blonds.Allons! à l'instar de mon humoriste, me voici en plein dans les compromis, apparence qu\u2019ils sont contagieux!.Les poètes orientaux chantent aussi sur le même air; écoutez cette poétique prose: \u201c Les blonds ont le rayonnement des aurores qui sortent de la mer, sur leur chevelure scintille l\u2019or des blés mûrs, leur peau est faite de velours ou de lait, leur chair pétrie de lis et de roses.\u201cLes bruns ont le mystère des nuits profondes, leur chevelure a la couleur des cieux sans étoiles, et sous cette onde nocturne, leurs yeux sont agrandis, ils ont la majesté de l\u2019infini; leur peau est faite d\u2019ambre clair, leur chair pétrie de rayons de lune, de blancheurs de camélia, ferme et unie comme un marbre doré au soleil d\u2019Orient.% % x La vérité sur tout ceci, je la trouve dans cette pensée oubliée ; Pour le cœur, le type préféré c\u2019est celui de l\u2019être aimé; pour l\u2019intelligence, c\u2019est celui MAISON MODERNE de l'etre tél que Dieu le veut, avec l\u2019ensemb\u2018e des vertus nécessaires à sa mission terrestre, MADAME BOISSONNAULT.\u201c Beaulieu Castel\u2019 Saint-Blaise, Qué.- 105\u2014\u2014\u2014 UN RECORD DANS L\u2019IMMEUBLE La maison Charruau & Daoust vient de bâcler en une semaine une des plus importantes transactions qui se soient faites depuis longtemps dans le quartier d\u2019Hochelaga.Une superficie de 3c0.973 pds de terrains et une autre de 94.752 pds ont été vendues pour la Succession Henry Hogan, au Parc Frontenac, Quartier Hochelaga, pour la somme de $77,853.82.Cette maison s\u2019ouvre sous les auspices les plus favorables peur la Ma\u2018son Charruau & Raoust.Nous croyons intéresser nos lecteurs en donnant un aperçu du chiffre d'affaires fait par cette maison depuis le Ter avril 19095.Vendu pour la Succession Henry Hogan, au Parc Frontenac, Quartier Hochelaga, 810 lots, $238,138.46 ° Pour les Frères de l\u2019Instruction Chré\u2018ienne, 42 lots, .28,248.00 Boulevard St-Paul, Succession Hepburn, 40 lots, .25,206.80 Part'culiers, 121 lots, .34,104.97 Divers, 56 lots .18,732.00 Vendu en propriétés, .112,475.00 Le tout formant un total de .$457,055.23 Cette maison a actuellement en mains pour environ $2,500,000.00 en terrains, et pour au delà de $500,000.c0 de propriétés; et représentent les importantes Successions de H.Hogan; C.-T.Viau; E.Hepburn; la Congrégation des Frères de l\u2019Instruction Chrétienne; la Compagnie de Construction du St-Laurent, Ltée, et plusieurs syndicats importants, Nous jugeons inutile de faire une longue réclame à la maison Charruau & Daoust.Ces chiffres en disent suffisamment.Cependant, le fait que cette maison n\u2019existe que depuis deux ans seulement et se tient déjà au premier rang parmi les plus importantes maisons d\u2019immeubles de Montréal doit être mentionnée avec tout l'honneur qui lui est dû.PLUS DE 50,000 LECTEURS ONT REÇU CE MAGAZINE.A _\u2014 + | ça it} LA MAISON MODERNE (Suite) Epitre à l\u2019homme qui désire se marier.Quand vous êtes mort, a dit un cynique Américain, c\u2019est pour longtemps; mais quand vous êtes marié, c\u2019est pour toujours.Donc avant de prendre une décision aussi importante, réfléchissez bien, pesez avec le plus grand soin toutes les conséquences.Rap- pelez-vous que la cérémonie du mariage ne dure que quelques instants.Aussitôt que vous aurez dit \u201c Oui,\u201d votre sort sera scellé et vous pourrez passer le reste de votre existence à vous repentir.Considérez bien toutes les influences qui doivent vous guider.Vous laisserez-vous tenter par argent?Non, à moins que ce ne soit par philanthropie.Le fait est que les filles riches désirent probablement se marier tout aussi ardemment que les autres; mais n\u2019en épousez pas une à moins que vous n\u2019ayez vous-même de la fortune, car elle pourrait fort bien vous reprocher un jour de l\u2019avoir épousée pour son argent.Par la beauté?Non, ia beauté passe.Par la laideur?Non, la laideur reste.Par quoi alors?Par un ensemble de charmes physiques, moraux et intellectuels qui s'adressent surtout à votre cœur et à votre esprit.Il y a chez le même homme une centaine d'êtres et chacun de ces êtres peut être touché par un différent type de femme.De son choix dépendra ll\u2019être qui survivra aux autres et l'existence que cet homme mènera.Telle femme inspirera à un homme les sentiments d'amour les plus purs, telle autre les sentiments du respect le plus profond.Quelque beauté sévère en fera un chevalier sans peur et sans reproche; quelque beauté empoisonnée en fera un crimimel.Avec un type Watteau, il se croira capable de vivre de bonbons et de choux à la crème; avec un type Téniers, il se contentera dé mener l\u2019existence d\u2019un ami Fritz, la pipe à la bouche et un brec de bière à la main.Avec une beauté calme et régulière, aux yeux modestement baissés, aux cheveux lisses et la raie au milieu, il songera à devenir père de famille et capitaine de pompiers, bon père et bon ci toyen.Avec une Bostonienne, instruite au- delà de son intelligence, il pourra passer sa vie à essayer de comprendre les poèmes de Browning.I! est impossible d'imposer à l\u2019homme quelque type de femme que ce soit.Chacun de ces types réveillera en lui um certain appétit.J\u2019ai connu un jeune homme gai, volage, frivole, dont la mère me disait un jour: \u201c Pauvre garçon, j'espère bien qu\u2019il ne se mariera jamais; je l\u2019espère du moins pour sa femme.Pauvre créature, il vaudrait mieux pour elle qu'elle ne fat jamais née.Ce jeune homme est aujourd\u2019hui le modèle des maris, régulier, casanier, père de huit enfants qu\u2019il adore, dévoué corps et âme à sa bonne petite femme et conseiller municipal.Si la beauté, cher ami, doit vous influencer dans votre choix, ne vous décidez pas, en tout cas, avant d'être parfaitement sûr que vous pourrez être heureux avec cette femme tricotant à vos côtés, tandis que vous ferez sauter bébé sur vos genoux sous quelque vérandah couverte de jasmin.Si cette femme ne possède pas un genre de beauté capable de vous inspirer ce sentiment-là, elle n'est pas femme de foyer, ne l\u2019épousez pas.Une femme doit se marier jeune, très jeune même, de façon que son mari puisse jouir de toutes les différentes phases de sa beauté, depuis la beauté de jeune fille encore enfant jusqu\u2019à cette seconde jeunesse, plus attrayante encore peut-être que la première, que possèdent la plupart des femmes qui trouvent le bonheur dans le mariage.Le Watteau de dix- huit ans devient un Rubens a quarante ans.Une femme est souvent plus belle à quarante q'\u2019elle ne l\u2019a jamais été.surtout si elle a pris soin d\u2019elle et qu\u2019elle ait été aimée et choyée par son mari et ses enfants.C\u2019est une rose épanouie dans toute sa gloire.C\u2019est à quarante ars qu\u2019une femme est au zénith de sa beauté.Cert à quarante ans qu\u2019elle jouit de toutes ses grâces et qu\u2019elle se possède véritablement.Elle a du tact; elle s\u2019habille admi- 112 COLONNES D\u2019HISTORIETTES POUR 5 CENTINS SEULEMENT.{KRU SHES, Rain 231 a SERRES Wa OS nana LA MAISON MODERNE rablement, elle est calme, posée, sûre d\u2019elle- même.Sa connaissance du monde, son expérience de la vie, tout cela tend à la rendre une compagne plus délicieuse que jamais.L'amour qu\u2019elle a inspiré est écrit sur chacun de ses traits.Ses yeux brillent de joie, sa bouche exprime l\u2019extase des baisers présents et passés qui y ont été imprimés.Sa figure rayonne de reconnaissance.Oui, la femme de quarante ans est une joie incomparable, enivrante pour un mari.Cette femme, je le repète, est plus belle encore qu\u2019elle ne l\u2019a jamais été, et sa beauté est d\u2019un caractère tellement différent de ce qu\u2019elle était quand elle avait vingt ams, que je comprends parfaitement quil soit possible à un homme de retomber amoureux de sa femme.Tout cela est la vérité, mon cher ami.Ne craignez même point l\u2019arrivée des cheveux blancs.Avec un joli teint, une expression aimable et souriante et deux beaux yeux noirs, rien ne va mieux que !es cheveux blancs, et plus ils sont blancs, plus ils sont beaux.Et, me direz-vous, à quel âge un homme doit-il se marier\u201d Jeune, mais cependant pas trop jeune, pas avant que son avenir soit bien clairement tracé, pas avant qu\u2019il puisse donner à sa compagne tout le bien-être qu\u2019elle est en droit d\u2019attendre de lui.Je dirai donc, pas avant trente ans, surtout pas avant d\u2019être absolument certain que le bonheur pour lui est là.Le mariage n\u2019est pas une expérience a faire.Quant à la différence d\u2019âge qu\u2019il doit y avoir entre votre femme et vous, je suis arrivé a cette conclusion qui me parait fort sage: épousez une femme qui ait la moitié de votre age \u201cplus sept.\u201d Quel que soit votre age.vous arriverez, je crois, à un résultat satisfaisant.Faites le calcul et vous verrez que j'ai raison.N\u2019épousez jamais une femme plus riche, plus grande ou plus âgée que vous.Par la fortune, par la taille, par l\u2019age, soyez toujours supérieur à votre femme.Si vous voulez qu\u2019elle vous admire un peut et vous respecte beaucoup, forcez-la de lever la tête) obligez-la de s\u2019adresser à votre force virile, à votre bourse, ou à votre expérience de la vie pour trouver la protection qu\u2019une femme doit rechercher chez l'homme.Epousez cette femme à un âge qui vous permette de jouer avec elle, tour à tour, le rô'e de mari, de camarade, d\u2019amant, de conseiller, de protecteur, le tout assaisonné d'un petit soupçon de papa.(Suite) 0: BOUQUET DE PENSEES Les grandes qualités d\u2019une femme peuvent la rendre admirable, mais- bien souvent vous l\u2019aimez à cause de ses mille petits travers.P.Blouet.Nul ne garde mieux un secret que celui qui l\u2019ignore g ; Caldéron.Jaime mieux étre trompé que de vivre éternellement dans la défiance, fille de la lacheté et mère de la dissimulation.Bossuet.Le temps est le plus mortel ennemi des gens qui ne font rien.Fontenelle.OO TRAIT DE GENEROSITE Un bohème doit une assez forte somme à son propriétaire.\u2014 Tenez, dit celui-ci, je suis bonhomme, je vous abandonne la moitié de ma créance.\u2014Je ne veux pas être en reste avec vous, répond aussitôt le bohème, de son air le plus digne.Je vous abandonne l\u2019autre moitié! 0 \u2014\u2014\u2014 SABLE! SABLE! SABLE! + Nous sommes heureux d\u2019apprendre que M.Anthime Robillard, propriétaire de la barge John McGee est déjà en possession de deux un de $5,000.00 et l\u2019autre de $1,900.00, malgré le désir de ses jolis contrats de sable; adversaires! Heureux succès pour M.Rob - lard et nous lui souhaitons que la saison s\u2019en suive.\u2014 TOUJOURS UN FEUILLETON MORAL ET TRES INTERESSANT.pe \u2014- ~~ \u201c A Ç LA MAISON MODERNE e §2525252525252525250520252525252525e52525252525e5e6262525252525252525e5d5d52525eheht - LA DETENTION DE DAVIS \u201cLE ROUGE\u201d Ye dre 2252050520 Davis \u201cle Rouge,\u201d l\u2019homme reputé terrible et méchant, ayant enfin été capturé après une chasse mouvementée, saisissait avec rage les barreaux de sa cellule et les ébranlait de toute la force de ses bras jeunes et vigoureux.Davis venait d\u2019être jeté en prison et était encore sous lempire de l\u2019émotion violente causée par le combat acharné qu\u2019il avait dû livrer à ses poursuivants avant de succomber sous leur nombre.Le corps constabu:aire à qui revenait l'honneur de son arrestation.s\u2019était dispersé pour aller faire panser leurs nombreuses blessures.Une colère violente et terrible faisait bouillonner le sang de Davis et l\u2019agitait jusqu\u2019à la moelle des os.Aussi frappait-il rageusemert la porte de sa cellule dans l'espoir de l\u2019enfoncer et de causer encore plus de tracas et difficultés à ses ennemis, les gendarmes.Il n'y avait rien d\u2019impossible à ce qu\u2019il mit suite à son dessein, car la prison communale, rongée par la vétusté, menaçait de s\u2019écrouler sous les coups du vigoureux aventurier.Dans les courts instants où Davis cessait les attaques contre la frêle barrière qui le séparait de la liberté, i! entendit s\u2019élever dans le silence et l\u2019obscurité du corridor une voix douce et frêle qui semblait s\u2019adresser à lui comme dans une prière et qui lui disait en suppliant: \u201cOh! s\u2019il vous plait, ayez pitié de moi, cessez d\u2019ébranler ainsi la porte, car si vous alliez vous échapper, que deviendrait-il de moi?Si vous brisiez la porte, je serais bien à plaindre.Par pitié, cessez, cessez.\u201d Comme ces mots étaient parfois entrecoupés de sanglots, Davis piqué par la curiosité, s\u2019ar- réta.\u201cQui est là?\u201d grommela-t-il.\u201cCe n\u2019est que moi,\u201d répondit la petite voix.M.Hensley n\u2019est pas à la maison et je garde la prison.\u201d Comment s\u2019appelle ce \u201cmoi?\u201d demanda-t-il.\u201cCapitola.\u201d Alors une forme légère et sveite sortit de l\u2019ombre et vint se placer, tremblant, dans le demi jour qui éclairait la cellule, et \u201cle Rouge\u201d put l'examiner à son aise.Quelle délicate et gracieuse figure de jeune fille il aperçut alors! Un visage du plus pur oval, un fin menton, des joues minces quoique peut-être un peu maigres.Une abondante chevelure aux touffes soyeuses et foncées encadra\u2019t son visage et descendait en deux pre tresses ondulées jusque sur les genoux de la jeune fille.Enfin deux grands yeux limpides et clairs comme des perles de la plus belle eat, éclairant son visage et en faisait ressortir la pâleur.La robe de calico bleu qu\u2019elle portait était repliée aux épaules et la blancheur mate de sa gorge délicate tranchait sur le bleu sombre de son vêtement.Les manches étaient re\\evées au-dessus des coudes, et Davis admira ses beaux bras à la jointure de chacun desquelles apparaissait une gentille fossette.Alors, Davis le \u201cRouge,\u201d l\u2019homme terrible, sentit tout-à-coup un désir étrange de mettre ses lèvres sur les fossettes.Il se rappela alors, en un instant, sa réputation d\u2019homme méchant et donnant à ses sourcils et à sa voix une ,expresgion menaçante et presque fércce, 11 grommela de nouveau: \u201c Qu\u2019est-ce qu'il y a?\u201d L'enfant s'approcha.plus près.\u201c S\u2019il vous plait, ne forcez pas la porte ainsi,\u201d dit-elle, car si vous vous échappez, M.Hensley dira que c'est ma faute et il me battra.Je suis fatiguée d\u2019être battue.\u201d Les sourcils de Davis se froncèrent davantage lorsqu\u2019il lui demanda qui la battait ainsi.\u201cM.Hensley,\u201d répondit la pauvre enfant.\u201cIl n\u2019agissait pas ainsi lorsque Mme Hensley vivait, mais depuis que celle-ci est morte, il me maltraite continuellement et pourtant je suis assez âgée pour ne plus être battue.\u201d \u201c Me dites-vous là la vérité?\u201d fit rudement Davis.Pour toute réponse, se plaçant tout près de la porte de la cellule, elle découvrit son épaule, et Davis put apercevoir, tranchant sur la blancheur immaculée de sa peau une longue blessure encore saignante à l\u2019une des extrémités et se résolvant ensuite en une raie bleue sans cesse décroissante que se terminait par une simple enflure à peine perceptible: c'était évidemment la morsure d\u2019un fouet dirigé par une main brutale.\u201c Voici une preuve,\u201d dit- elle simplement.\u201cIe Rouge\u201d sentit son haleine l\u2019effleurer et aussitôt un étrange sentiment s\u2019empara de lui.Le sang affluait à son cœur et la tête lui tournait.Jamais rien de ce genre ne s'était LAISSEZ VOTRE COMMANDE AU DEPOT LE PLUS RAPPROCHE.235 Es RE 236 LA MAISON MODERNE ° passé en lui.Il avait peu fréquenté les femmes et ne s\u2019y attendait fort peu en cette matière.Il se serait attaqué à n\u2019importe quel adversaire quelque redoutable qu\u2019il fut, il avait été joueur, maraudeur, il avait même tué son homme ; mais quand au reste, il n\u2019était guère plus qu'un enfant, et les passions de l\u2019adolescence dormaient encore en lui.Il était donc loin de penser que l\u2019apparition d\u2019une forme svelte de jeune fille et un regard jeté sur ses épaules et ses bras nus pouvait secouer un homme de la sorte.\u201c Ah!\u201d s\u2019écria-t-il, d'une voix rauque, \u201c mais quel est donc pour vous ce Hensley, Capitola?\u201d et sa VOIX s\u2019attarda sur ce nom comme sur quelque chose de bien doux à prononcer.\u201cMme Hensley m\u2019avait retirée de l'orphelinat,\u201d répondit Capitola.Elle fut bonne pour moi, mais depuis sa mort, j'ai eu à souffrir de la faim, de la fatigue et des mauvais traitements de son mari, à tel point que bien souvent j'ai peine à me soutenir et je crains de tomber d\u2019épuisement et de douleur.Si vous enfonciez cette porte, je suis sûre quil me tuerait, car il m\u2019a confié le soin de la prison en partant pour Cinnamon où l\u2019appelaient certaines affaires.Il sera de retour ce soir.S'il vous plait, soyez tranquille d\u2019ici à ce temps-là, voulez-vous?\u201c N\u2019y a-t-il personne pour prendre soin de vous,\u201d s\u2019informa Davis.La jeune fille branla la tête en signe de négation.Davis laissa échapper un formidable jurom Toute sa vie, il avait juré aussi naturellement qu\u2019il respirait.Cette fois-ci, il s\u2019en repentit et balbutia des excuses.Tout-a-coup, comme si une résolution soudaine eut traversé son esprit, il commanda à l\u2019enfant de s'approcher.Malgré son étonnement, celle-ci s\u2019approcha docilement.\u201c Regardez-moi,\u201d lui dit Davis, le \u201c Rouge,\u201d le méchant homme ; \u201cje ne suis plus méchant; c\u2019est un honnête Homme que vous allez voir, maintenant.\u201d Elle regarda.La figure qu\u2019elle aperçut n\u2019était pas méchante, ni terrible, comme celle qu'elle s\u2019était imaginée.En effet, cette figure, malgré les taches de rousseur qui la couvraient, reflétait un air de gaieté et de bonne humeur charmante.Autour de sa bouche, aux lèvres minces, flottait encore, cependant, un reste de cette expression terrible qui lui avait valu probablement sa réputation de méchanceté.Ses yeux bleus étaient assez honnêtes pour appartenir à un respectable citoyen.Enfin, pour compléter cet ensemble, son front était couronné d\u2019une chevelure dont la couleur tirait tellement sur le rouge qu\u2019elle lui avait valu son surnom de la part de ses compagnons.\u201c Est-ce que je ressemble à un méchant homme?\u201d demanda- t-il \u201c Je ne sais pas,\u201d répondit l\u2019enfant.\u201c car je n\u2019en ai jamais vu.\u201d \u201cEh bien, je n\u2019en suis pas un,\u2019 affirma-t-il positivement.\u201cJe sais qu'on m\u2019appelle mé- chant, mais qu\u2019en sait-on?Il est vrai que je me suis livré au jeu, mais à partir d\u2019aujour- d\u2019hui, je romps avec les cartes.Je me suis également adonné à la boisson, que, vous, femmes, vous avez en horreur.Voici le cas que j'en fais, maintenant.\u201d Sur ces paroles, il tire de sa poche un flacon d\u2019eau de vie qui avait échappé aux perquisitions de la justice et le lance avec fracas contre le seuil en pierre de sa cellule, où il se brise et laisse répandre un liquide acre et malsain.\u201cOn vous a dit que j\u2019avais tué un homme.Vous devez savoir pourquoi?\u201d La jeune fille fit signe que non.\u201cAlors, je vais vous le dire.J'ai tué cet homme parce que je l\u2019avais surpris à battre cruellement un pauvre petit enfant sans défense.I! est vrai que c\u2019était son enfant et qu\u2019il avait le droit de le corriger, mais comme il le battait avec un fouet et que chaque coup faisait couler le sang sur le corps du petit, ce spectacle me mit hors de moi, et je m\u2019élançai sur lui.Il épaula son fusil, moi le mien et comme je fus le plus vif et le plus adroit, je tirai le premier et il tomba mort à mes pieds.Voila tout.Jai fait toutes les choses que je viens de dire, je l\u2019avoue, mais me voilà changé.Tenez, je serai franc avec vous et j'irai tout droit au but.Permettez-moi de briser ces barreaux et laissez-moi vous comn- duire devant un ministre de la relig'on, qui nous mariera.Alors nous irons nous cacher dans quelqu\u2019endro:t éloigné où personne ne nous connaîtra et où je recommencerai une nouvelle vie.Je n'ai.guère l\u2019expérience des femmes, surtout quand iles\u2019agit de s\u2019adresser à leur cœur.Aussi je vous dirai simplement qu\u2019il faudrait être de marbre pour re pas être attiré par une gentille enfant comme vous.Je vous aime, \u2018Capito\u2019a.Voulez-vous venir avec moi?\u201d La proposition du détenu était vague, mais sa sincérité ie pouvait être mise en doute.\u201cOh! ce ne serait pas honnête de ma part d\u2019aider à votre évasion.S\u2019il vous plait, ne me demandez pas cela.\u201d fit enfant \u201c Je ne réclame aucunement votre assis- TOUJOURS DE NOUVELLES HISTORIETTES COURTES. LA MAISON MODERNF 237 tance; répartit l\u2019autre vivement.Dites seulement que vous consentez et au premier effort, j'aurai mis en pièces cette vieille porte qui nous épare.Songez-y, ma chérie.\u201d Cette expression, pourtant, inusitée chez lui, se présenta d\u2019e!le-même à ses lèvres.Capitola passa sa petite ma\u2018n à travers les barreaux et la plaga dans celle que lui tendait Davis.A ce fébrilement sur le grabat de sa cellule.Ii était assoupi et rêvait qu\u2019il tenait dans sa grosse main celle de Capitola et quil posait ses lèvres sur les fossettes qu\u2019il avait aperçues tantôt à ses coudes.Il lui semblait que ces caresses la faisaient pleurer et il fut saisi d\u2019un soudain attendrissement.Alors 11 s\u2019é veilla avec la conviction que que'qu\u2019un pleu- Je vous serai toujours dévoué et fidèle, ma chérie.contact, il sentit son cœur se fondre et il eut voulu attirer près de lui cet être si frêle qu\u2019il eut craint de le briser en le pressant dans ses bras d\u2019athlète.\u201cJe vous donne jusqu'à ce soir pour y penser,\u2019 répéta Davis avec un regard d'encouragement.L\u2019après-midi s\u2019était écoulée, le crépuscule même était devenu la nuit et Capitola n\u2019était pas encore revenue.\u201cLe Rouge\u201d s\u2019agitait rait réellement dans le corridor.Il s\u2019élança vivement vers la porte en s\u2019écriant \u201cCapitola, ma chérie\u201d Et dans l\u2019obscurité, une petite main traversa encore les barreaux cherchant de nouveau un refuge dans ses grosses mains brunies par le soleil.\u201c S'il vous plait, brisez les barreaux,\u201d lui dit tout bas, Capitola, qui se cacha, en même temps la figure dans ses deux mains.\u201c Je ne puis supporter la pensée TOUJOURS DES RECETTES CULINAIRES A LA PORTEE DE TOUS.stheirinarinaininind Pt EEE 238 LA MAISON MODERNE que vous êtes seul, ici, dans cette prison avec les rats et les araignées, tandis que.\u201d sa voix se perdit dans un sanglot.\u2018L'instant d\u2019après, Davis avait accompli sa tâche et il était dans le corridor, debout devant Capitola, dont les larmes coulaient abondamment sur les joues et passaient à travers les doigts qui lui cachaient le visage.Davis le \u201cRouge\u201d prit dans ses mains les petits doigts frêles et les attira à lui, puis se laissant entraîner par l\u2019ameur il baisa avec tendresse les mains et les joues toutes mouillées de pleurs de sa nouvelle amie.\u201c Maintenant, dit-il, \u201cpour sceller notre pacte, em- brassez-moi\u2019\u201d\u201d Et Capitola, après avoir jeté un long regard sur la figure attendrie du mé- chant homme, enlaca ses deux bras autour de son cou et appliqua ses lèvres sur les siennes dans un baiser qui secoua Davis dans tout son être aussi profondément qu\u2019il l avait été à la vue de la b'essure que Capitola lui avait montrée sur son épaule dans l\u2019après-midi.\u201c Je vous serai toujours fidèle et dévoué, ma chérie,\u201d promit-il solennel:ement.\u201c Ainsi, que Dieu me soit en aide.\u201d Le ministre devant qui ils se présentèrent, fécita rapidement les paroles sacramentelles, quoiqu\u2019il eut dû se trouver, avec raison, dans de très mauvaises dispositions à leur égard, ayant été pour ce faire, malencontreusement tiré d\u2019un profond sommeil.Mais ce ministre était un homme juste et sage qui, en Outre, connaissait Capitola.Il savait dans l\u2019opportunité reconnaître un homme sans s\u2019occuper des appréciations bonnes ou mauvaises du monde.Dans la circonstance, il ferma donc les yeux sur le fait que le fiancé était un prisonnier et il les congédia avec sa bénédiction.Environ deux ans après cet événement, le ministre recut une lettre couverte d\u2019une écri- fure fort mauvaise.Elle venait d'un autre état et l\u2019auteur, après avoir annoncé qu\u2019il était propriétaire d\u2019urfe belle ferme qui produisait à merveille, terminait en disant: \u201c Comme je vous l'avais promis ainsi qu\u2019à la petite fille, J'ai fait mon possible pour mener une vie honorable.Nous avons maintenant un joli garçon.Il suit sa mère et dit déjà: \u201c Papa.\u201d Quand le ministre replia la lettre, après en avoir fait la lecture, un éclair de joie brilla dans ses yeux en même qu\u2019une larme perlait à ses paupières.ABONNEMENT: ANECDOTE HISTORIQUE Un jour, Christian IX, le regretté souverain du Danemark, entra dans une école, au moment où l\u2019on y faisait la classe.Il interrogea les gamins qui précisément étaient au beau milieu d\u2019une leçon d'histoire, et demanda un écolier quel était, à son avis, le plus grand roi du Danemark.\u2014Valdemar le victorieux ! hésiter l\u2019enfant.\u2014Bien! Et toi, mon petit ami?demanda- t-il à un autre écolier.\u2014Christian IX! : \u2014Oh! oh! dit le roi, voilà qui est flatteur.Mais qu\u2019est-ce qu\u2019il a donc fait de si grand, ce Christian IX?\u2014Ma foi, je ne sais trop, dit l\u2019enfant quelque peu géné.z \u2014Fh bien, dit le roi en éclatant de rire, nous sommes tous les deux logés à la même enseigne, car je ne suis pas plus savant que toi sur ce point.répondit sans LES SECRETS DE LA MENAGERE Menu.Potage velouté Filet de bœuf Rossini Homard à l\u2019Américaine Faisan rôti Céléri au beurre Soufflé au citron Biscuit glacé RECETTES CULINAIRES Boulettes pour utiliser les Restes et Reliefs divers \u2014Mettons qu\u2019il vous reste de la volaille, du lard, n\u2019importe quelle espèce de viande; gibier, bœuf, veau, mouton, etc, hachez le tout très finement; ajoutez une poignée de raisin de Corinthe, trois pommes 5o cts PAR AN pa bid a LA MAISON MODERNE 239 de reinette épluchées et hachées, sel, muscade, deux blancs d\u2019œufs.Formez avec ce mélange des boulettes grosses comme des.noix, roulez dans la chapelure et faites griller à feu doux.On sert généralement ces boulettes avec une omelette.Restes de boeuf en miroton : Hachez finement beaucoup d'oignons; faites fondre du beurre dans une casserolle et, lorsqu'il est chaud, mettez les oignons et laisr sez doucement prendre couleur; lorsqu\u2019ils sont presque en purée, ajoutez une pincée de farine dans du lait, un peu d\u2019eau-de-vie, œufs entiers, persil et fines herbes hachées, formez des boulettes que vous trempez dans la farine et que vous faite frire à large friture.Servez avec sauce piquante.Le Rusé William Faith Durant la dernière décade, d\u2019étranges gens ont émigré vers les régions paisibles et reculées du sud américain, et le comté de Brandle en a regu un fort contingent.Règle générale, comme ils apportent avec eux dans un milieu plutôt indolent, la farouche énergie des peuples au nord, le succès sourit à leurs efforts et ils ne tardent pas a s\u2019amasser des économies en préviston des mauvais jours.Brandle est également le nom du chef-lieu du comté.C\u2019est une de ces délicieuses cités antiques où l\u2019on se croit toujours dans l\u2019après- midi, excepté lorsque l\u2019on dort.Um jour, cependant, el'e s\u2019éveilla pour une heure entière.John Heath était le procureur de l\u2019Etat.C'était un jeune homme qui avait hérité des fonctions et de la fortune de son oncle, le vieux juge Bodge.L'appartement qui lui servait de bureau avait jadis été propre, mais, hélas, le temps, la poussière et les araignées avaient fait leur œuvre sans interruption, car jamais aucune main profane n'avait osé s\u2019opposer à leur travail persévérant.Des piles de vieux livres, parmi lesquels on distinguait quantité de statuts et de rapports gouvernementaux étaient entasées pêle-mêle dans tous les coins.La brise d\u2019avril entrait pas la fenêtre ouverte et secouaient impudemment les nombreuses toiles d\u2019araignées qui pendaient au plafond.Heath, le regard perdu dans l\u2019horizon, était nonchalamment étendu dans sa chaise, les jambes allongées sur sa table de travail, lorsque le shérif Tom Price arriva et lui demanda s\u2019il y avait du nouveau.\u201c Pourquoi demandez-vous vela, shérif?ré- pondit-il.Vous savez bien que la seule chose qui marche dans ce bureau est l'horloge.\u201d \u201cIl en est de même pour moi.Je crois qu'il faudra faire commettre un crime à quelqu\u2019un afin d\u2019avoir de la compagnie.\u2014\u2014\u2014 Juste a ce moment, un personnage étrange entra précipitamment dans le bureau.C'était un homme de taille moyenne, aux épaules courbées, aux cheveux presque blancs, et à la figure ridée et jaune comme un vieux parcher min.\u201cMon nom est William Faith,\u201d dit-il.\u201cJe vivais au Wisconsin lorsque la mauvaise santé de ma fille m\u2019obligea à chercher un climat plus doux et je me suis arrêté ici.Je sais que vous êtes les officiers de loi, car on me l\u2019a dit.Or, j'ai acheté à environ cing milles de la ville un petit morceau de terre au prix de deux mille piastres: j\u2019en payai la moitié comptant et je donnai une garantie pour l'autre moitié.Il y a de cela environ un mois, Je reçus\u2019 du Wisconsin le reste de l'argent que j'avais économisé par mon travail et je le mis à la banque, ici.Avant-hier, trois hommes se présentérent chez moi et demandèrent à acheter ma propriété, dont ils offrirent trois mille piastres, à condition pour Inoi de fournir la preuve que j'étais capable de payer h\u2019hypothèque qui y était attachée.Je vins donc à la ville, hier, pour retirer mon dépôt et ce matin nous avons conclu le mare ché.Après que nous eumes compté chaeun notre argent, ils placèrent le tout dans une boîte scellée qu\u2019ils remirent à ma fille, Ma- thilda, pour la garder jusqu\u2019à demain.Mais après leur départ, notre curiosité s\u2019éveilla et nous eûmes des soupçons.Alors.\u201cVous avez ouvert la boîte et vous n\u2019y avez trouvé que du mauvais papier\u201d interrompit Heath.\u201c Mon vieil ami, vous avez été filouté, volé.\u201d A ces mots, M.Faith retomba sur sa chaise comme s'il eût été suffoqué, mais tout-à-coup il bondit en s\u2019écriant: \u201cLes voilà qui s\u2019en vont, maintenant!\u201d et il s\u2019élança, accompagné de Heath et du shérif, à la poursuite de trois COLLABORATION SOLLICITEE + 240 LA MAISON MODERNE hommes qui venaient de passer dans une voiture.Ceux-ci, décontenancés par cette démarche scudaine de la justice, ne savaient apparemment quelle décision prendre.Ils songérent d\u2019abord à la fuite, mais l\u2019aspect menaçant du shérif Price qui venait de sortir un énorme pisto:et du fond de son habit, leur fit comprendre qu\u2019il était plus prudent de sarréter pour parlementer.Les deux groupes se ren- eontrérent juste en face de la banque de Brandle ou se trouvait arrété la voiture.A ce moment, I'intéréet de la situat.on fut grandement augmenté par l'arrivée d\u2019une attrayante jeune fille aux yeux bleus et aux cheveux blonds, qui sangotait désespéremment et demandait à son père s\u2019il allait recouvrer son argent.Alors un des trois prétendus filous descendif du wagon et demarida pour entretenir M.Faith.Il parlait avec calme et sang-froid et assura aux gens attirés autour d'eux par cet incident, qu\u2019il y avait certainement un malentendu dans cette affaire, et qu\u2019une entrevue avec M.Faith mettrait les choses au point et lui ferait reconnaître son erreur.Il invita alors M.Faith à entrer dans la banque et avec une aisance parfaite i! demanda au caissier la permiss:cn de se servir de .a chambre privée pendant quelques minutes.Mlle Faith insista pour accompagner son père qui, lui, ne jugeait pas sa présence nécessaire.La- dessus elle lui répondit avec fermeté : \u201c\u201c Vous vous êtes laissé duper une fois, aujourd\u2019hui, j'empêcherai, sil est possible, que vous le soyiez encore une fois.A.ce moment, presque toute la population de Brandle était réunie devant la banque et avait entendu les paroles de Mile Faith.Flles furent recueillies avec de nombreuses approbations.Après une entrevue d\u2019environ dix minutes, M.Faith sortit, suivi de près par sa fille et se dirigea vers la porte; mais celle-ci, le retenant par son habit, lui recommanda de ne pas sortir avant d\u2019avoir remis l\u2019argent à la banque.\u201cNe sortez pas avec l'argent, dit- elle, ou bien vous la perdrez encore.\u201d Le vieillard parut contrarié, mais il fit ce qu\u2019on lui demandait et poussa devant le caissier, dix billets neufs de cent piastres chacun.\u2018Celui-ci regarda les billets avec méfiance, les examina attentivement au microscope et dit enfin: \u201cJe n\u2019aime pas ces billets, ils me paraissent contrefaits.\u201d ! \u201cCe sont ceux que vous m\u2019avez donnés,\u201d repartit l\u2019homme\u2019 au bel habit en s\u2019adressant à M.Faith\u201d \u201cVous mentez,\u201d fut la réponse.\u201cJe vous ai donné les billets que j ai retiré de la banque,\u201d et se retournant vers le caissier, \u201c vous savez qu\u2019ils mn\u2019étaient pas contrefaits.\u201d Le caissier corrobora M.Faith.L'étranger parut quelque peu déconcerté et fit entrer ses compagnons pour conférer avec eux; puis il «demanda à M.Faith la faveur d\u2019une mou- velle entrevue qui lui fût également accordée.La jeune fille s\u2019attacha de nouveau à son père et à la grande admiration de la foule réunie, obtint d\u2019assister à la conférence.Elle en sortit encore avec lui et l\u2019entraina dro:t au guichet où une nouvelle file de bil- jets fat poussée à travers le grillage.3 \u201c Voilà sûrement l'argent que je vous ai payé h:er,\u201d fit remarquer le caissier que ces manœuvres des deux hommes commençaient à irquiéter au plus haut degré.\u201cC\u2019est bien cela,\u201d répordit M.Faith, vous pouvez remettre les autres billets à ces messieurs.\u201d Je ne réclame que ce qui m\u2019appartient et je me sers passab'ement honteux de m\u2019étre ainsi laissé berner.\u201d A ce moment Heath et le shérif qui avaient surveillé les agissements des trois étrangers, entrèrent en scène.\u2018 Etes-vous prêt à assermenter une plainte contre ces hommes?\u201d dit Heath à M.Faith./ \u201cPère,\u201d dit la jeune fille, \u201cm\u2019entreprenez pas autre chose, mais venez vous en tout droit à la maison avec moi.\u201d \u201cMais, 11 nous faut quelque chose à produire pour motiver l'arrestation de ces personnages; nous devons avoir sa plainte.\u201d \u201cJe ne veux plus avoir aucune affaire avec eux,\u201d reprit M.Faith avec emphase.Je m\u2019en vais chez moi, et si jamais j'y rencontre quelque étranger, je lance mes chiens sur eux.\u201c Viens, ma chérie,\u201d dit-il, en se tournant vers sa fille qui l\u2019entrainait par son habit.\u201c Je suis heureux de pouvoir maintenant m\u2019en retourner avec toi.\u2019 En vain Heath et -le shérif tentèrent-ils de le retenir plus longtemps.II avait tout ce qu\u2019il désirait: son argent était en sûreté à la banque, c\u2019était tout ce qu\u2019il lui fallait.Tous ces faits s\u2019étaient accomplis en si peu de tempis qu\u2019il fallut à Heath quelques moments de réflexion afin de recueillir ses idées et de savoir quelle décision prendre dans cette épineuse affaire.Il chargea le shérif de surveiller les trois LES AMATEURS DE LA PHOTOGRAPHIE TROUVERONT LA MAISON MODERNE 241 personnages suspects pendant qu\u2019il s\u2019entre- tiendiait avec le caissier.\u201c Pouvez-vous jurer que ces billets sont contrefaits,\u201d demanda-t-il alors à celui-ci.Le caissier, à cette question qui mettait en tout sa compétence et qui allait engager sa rceponsabilité, resta court, jeta un regard inquiet sur le magistrat, rougit et se mit à balbutier.Tout son sang-froid l'avait abandonné.\u201cJe soupçonne qu\u2019ils le sont,\u201d dit-il, \u201cmais je ne puis le jurer.Je ne sais vraiment pas.\u201d il ne put en dire davantage.\u201cAlors vous ne pouvez affirmer s'ils le sont ou non\u201d \u2018Un \u201cNon\u201d timide fut la réponse.Pauvre garçon! Il n\u2019était caissier que depuis un an et pour un salaire annue! de $450 on ne pouvait s\u2019attendre de trouver en lui un ex- instant, grâce à l'inexpérience de M.Faith dans les affaires.Il leur arrivait aussi de se demander ce qui était advenu de la famille Faith car le vieillard avait tout vendu ce qu\u2019il possédait et il avait quitté le pays peu de temps après la tentative de vol dont il avait failli être la victime.Un mois p:us tard environ, une lettre venait de New-York, et portant l\u2019adresse de Heath, arriva à Brandle.Elle n\u2019était pas signée et l\u2019écriture évidemment déguisée ne fournissait aucun indice qui put arriver à en faire connaître l\u2019auteur.Elle se lisait comme suit: Cher monsieur, T1 arrive des choses tellement étonnantes w | 1] ~ J NA I : > LA A S a |, ~~\" -£ ~~ Pa WT [== a) P00 - / 2e = pert.Lorsque l'individu aux belles manières et au langage plein de calme et dignité vit la tournure qu\u2019avait prise l affaire, il se dirigea tout simplement vers le guichet et demanda qu\u2019on lui remit ses billets, ce qu\u2019on ne pouvait lui refuser.Puis, s\u2019inclinant devant le procureur et le shérif, il leur dit: \u201c Messieurs, comme vous n\u2019avez rien trouvé contre nous, j'espère que vous nous permettrez de continuer notre voyage,\u201d et ils se retirèrent avec un air de dignité qui ne manquait pas d\u2019ironie, ; Heath et le shérif tinrent souvent, dans le vieux bureau, de paisibles conférences dans lesquelles ils continuaient à déplorer la tran- quilité du pavs et l\u2019insuccès de l\u2019affaire Faith, dont l\u2019issue avait grandement trompé leur attente.Ils se voyaient déjà avec une cause importante à exploiter, avec de longs jours à écouler en compagnie de trois brigands qui leur paraissaient des plus aimables, et tous ces beaux rêves s\u2019étaient évanouis en un qu\u2019on ne peut s'empêcher de les dévoiler, malgré les dangers d\u2019une telle révélation.Aussi, nous étions allés jusqu\u2019en Floride d\u2019où nous partimes pour une tournée du côté de New-York, dans l\u2019intérêt de notre industrie qui est d\u2019échanger les billets de notre fabrique contre ceux de l\u2019Ftat.Les affaires allèrent à merveille et nous eûmes toutes les chances possibles jusqu\u2019au moment où nous mimes les pieds dans votre satané pays.IA, nous rencontrâmes William Faith, qui nous parut la proie la plus facile que nous ayons encore rencontrée.Nous lui fimes nos propositions et montâmes notre affaire du mieux que nous pümes pendant que rayonnait sur nous comme une vision céleste cet ange aux cheveux d\u2019or, qui s\u2019appelle sa fille.Oh, mais quelle différence, le lendemain matin.Le vieux renard était de force à nous remettre notre change.En effet, il mit sur notre compte \u2018les produits de sa propre industrie et nous extirpa autant d\u2019argent que nous vou- TOUJOURS DE BONS ARTICLES DANS NOS COLONNES. 242 LA MAISON MODERNE lions lui en tirer nous-mêmes.Ainsi, en faisant passer pour nôtres des billets qu\u2019il avait contrefaits lui-même, non-seulement il nous a déporil'é de toutes les recettes de notre voyage, mais même si cet imbécile de caissier cut pu distinguer une vessie d\u2019une lanterne, nous aurions été vos hôtes à titre de faux-monmayeurs.Mais le plus beau de ceite affaire, c\u2019est l'habileté avec laquelle il nous subtilisa les mille dollars que nous lui avions rayé le matin et remit ensuite à la banque l\u2019argent qu\u2019il en avait retiré la veille.Cest un véritable chef-d\u2019œuvre d\u2019escroquerie.Nous primes quelque temps avant d\u2019atteindre ii0s pénates car nous n'avions plus assez d'argent pour voyager en chemin de fer.Si jamais nous nous remettons en route, soyez certain que votre contrée ne sera pas compris dans notre itinéraire Donnez au confrère Faith l\u2019assurance de notre plus haute consi- dérat'on.\u201d Rien ne prouvait aux officiers de la justice que cette révélation était la vérité.Mais quand bien même il en eft été ainsi, le rusé William Faith et sa blonde fille étaient déja part's sans laisser de traces et personne ne savait où ils éta\u2019ent all¢s.:0: La Liberté de Paris, publiait, ces jours derniers, le petit article fantaisiste suivant, qui {fera bien rire les canadiens, nullement embarrassés pour se trouver des compagnes : Ces derniers temps, une compagnie américaine proposa à notre administration des téléphones, d installer à Paris, des appareils à commutateurs automatiques permettant la suppression\u2014administrative, bien entendu\u2014 de tous les intermédiaires.M.Bérard chercha naturellement des obstacles, mais la compagnie répondit victorieusement à tout.M.Bérard brûla donc sa première cartouche : \u2014Mais que ferais-je, moiselles du téléphone?Le sous-secrétaire diEtat croyait bien que la compagnie allait s\u2019avouer vaincue.Mais il connaît mal les Américains.\u2014Signez-moi le contrat, répliquèrent les Transatlantiques, et nous vous prenons ferme toutes vos demoiselles.\u2014Hein?\u2014Oui, nous nous chargeons de toutes ces \u201cgirls\u201d désormais sans emploi à Paris.Au jour convenu, nous en prendrons livraisons\u2019écria-t-il, des de- \u2014\u2014 x Déjà, M.Bérard pensait à quelque monstrueux trafic, à je ne sais quelle gigantesque traite des, blanches.Il eut un geste d\u2019indignation, chercha un mot histirique, ne le trouva pas et dit: \u2014Pour qui me prenez-vous?\u2014 Non, vous, nous ne vous prenons pas.En revanche, nous trouverons fort bien l\u2019utilisation de ces demoiselles.Nous les enverrons au Canada.\u2014iMonsieur ! \u2014.Au Canada, o.des milliers de jeunes hommes bien élevés, fort aimables et pourvus d\u2019excellentes situations, cherchent en vain à se marier.Le Canada est un bien joli pays, mais ii manque de femmes.Une cargaison de Paris:ennes serait reçue là-bas avec enthousiasme.Pas une ne nous resterait pour compte! N'est-ce pas là une exce!lente combinaison?Tout le monde sera content: vous, moi, les abonnés, les demoiselles du téléphone et les Canadiens ! M.Bérard resta silercieux.tand:s que l\u2019é- missa\u2018re de la compagnie souriait, triomphant, Enfin.M.Bérard répondit : \u2014J\u2019examinerai votre proposition avec le plus vif intérêt.Revenez me voir.L'affaire est aujourdhui à peu près conclue.Mais, voi à, faut-il fél'citer les Canadiens, ou les plaindre?A.LEO LEYMARIE, 3, rue Nicolas-Charles, Paris, 15e.Graphophone Gratis Quiconque est abonné ou achète notre Magazine dans les dépots de journaux pourra se procurer le Graphophone Columbia de $9.00 pour $1.00 en faisant remise de 35 centins, pour lequel vous recevrez un \u2018\u2018Bon\u2019\u2019 vous conférant ce droit.\u2014 Adressez : La MAISON MODERNE, Chambre 16.No.107 rue St-Jacques.Tél.Bell Main 675 Nom No Rue Ville LE SEUL MAGAZINE ILLUSTRE DE CE GENRE AU CANADA, PRIX 5 cents.au HIE QU HHH HR EI RIT HRB EAH HAT HICH EH HR LA MAISON MODERNE Tocurez-vous CCI Patrons.boo 5303 Fancy Yoks 5304 Tucked Yoke 5294 Tucked Eton Waist, £2 to 40 bust.Waist, 32 to 40 bus! with Vest, 32 t0 40 bust.5262 Tucked Blouse, 32 t0 40 bust, > = Sur LU À 6313 Infant's Tucked and Plain Sacques, 6 mos., 1 and 2 years.a TSE » 6317 Misses\u2019 Eton TN LAS ped 6287 Fancy Pony | Jacket, 14 to 18 years.\u2018 5282 Child\u2019s Princesse Jacket, 32 to 40 Bust.5261 Child's French * Petticoat, \u2019 2 4 and 6 years.Dresg, 2 to 8 yrs.8271 Coffee Coat with > A > 53 5205 Six Gored Cireu.SARE # Ripple Basque, 6207 Misses\u2019 Circular 5289 Chil lar Skirt, 5278 Empire House À 32 to 46 bust.Skirt, 12 to 16 yra, Dress, 2,4and 6 Yrs.22 10 32 waist.Gown, 32 t0 40 bust, DÉCOUPkZ ET MALLEZ CE COUPON AVEC Ed Ets POUR CHAQUE PATRON, À 4 LA MAISON MODERINE, MONTREAL No Nom Grandeur No.et rue No.Ville Grandeur | Comté Donnez la mesure du buste pour corsage, mesure de taille pour jupe.Si pour un enfant, donnez son âge. 244 LA MAISON MODERNE \u2014\u2014 ass = ree \u2014\u2014 3e Couplet.Mère, me redit sans cesse : Souriquette, gare au chat! Crois-en ma vieille sagesse : Tout chat est un avocat.ge Couplet.Entre nous, cette Minette Au minois calin, béat, A la voix douce et fluette, Vs 20 Serait-elle un avocat?BLANCHETTE ET SOURIQUETTE , Se Couplet.1er Couplet De plus près voyons la chose, .\u2018 .Vérifions son état: Un jour, au fond d\u2019une armoire, Vit-on jamais nez plus rose?Branche minette aperçut Ce n'est pas un avccat.ne souriquette noire; D'un bond Blanchette accourut.6e Couplet.Refrain Souriquette, la pauvrette, ; ; ; igait Mi En aurait dit bien plus fong; Gore! conic! coi, asalt Minas Na frite de\u201d ancre y \u2018 >, , omb.: Couic, couic,- couie ! sœur souriquette S'abattit SO Ref ain Approche, je t'aime bien.Kefram al.2¢ Couplet Couic! couic! couic! fait Souriquette | i : iffes du chat: Souriquette, sans malice, ra les griffes du che Igncrant ce qu\u2019est d\u2019un chat Couie! couic! c'est un avocat \u2018 Et la griffe et l\u2019artifice, ouic: COULC : : N S écrie: Fst-ce un avocat?AUGUSTE CHARBONNIER.Allegretto.5\" an re ABBA ae ENS 52 Naas 14e se lL \u2014 6\u2014F5\u2014 \u2014 \u2014\u2014 \u2014 Lh \u2014_ ww \u2014 \u2014\u2014 \u2014\u2014 Un jour, au fond d\u2019une ar - moi - re, Blan - che Mi - nette .: + fn _ i TN - N\u2014 = a N No rrr eae \u2014\u2014 mu \u2014 == = \u2014-\u2014-&@ \u2014 7 PA L_ ea PA o\u2014 ~~ \u2014\u2014ygy\u2014\u2014\u2014 = \u2014_\u2014\u2014 7 a - per-çut U- nesou-ri- quet - te noi - re: D\u2019un bond Blan-chette 2 Refrain, ÿ Allegro: _ pis EE J I= er \u2014 it \u2014f\u2014 NAN NN _ = .ICP J 1 _\u2014_ad_\u20149 4g ac - cou - rut.Couic ! couic ! couic ! fai - sait Mi - net - te, & 4 moe, Td I\u2014 = .i \u201cINT ee Tee\" \u2014N\u2014 To | \u2014_I \u2014 \u2014 \u2014 \u2014 iJ \u2014 i.| J d st ST TS \u2014+ Fromme \u2014 e\u2014 e \u2014 \u2014-\u2014\u2014 5 Ap - pro - che, va, ne crains 1ens Couic ! couic ! couic ! sœur Ce psp pee = ee peer sou - ri - quet - te, Ap - pro - che, je t\u2019i- me bin! rall.~ y $e = 7 RENNES TRS - Q LA MAISON MODERNE 245 | Un type de machine qui tend de plus en plus à détiôner les plus somr tueux équipages.Nouvelle canadienne extraordinaire L\u2019automobilisme ! le teuf! teuf!! le véhicle par excellence de l'avenir! dit-on.Ne vous est-il jamais arrivé d\u2019exprimer tout bas, et même tout haut, peut-être, le désir qui s\u2019empare de votre âme, lorsque sous vous yeux.passe comme un météore éteint, une de ces machines, propriété des.grosses bourses : \u201cJe voudrais bien, moi aussi, aller en automobile! Eh! mon Dieu ! c'est ce désir, bien légitime en somme, sinon facilement réalisable, qui, depuis une huitaine s était emparé de mon esprit.Jour et nuit, je ne rêvais qu\u2019automobiles sous l\u2019empire de cette obsession, appét:t, gaieté, sommeil, avaient fui.Je maigrissais à vue d\u2019œil.Et quand mes amis inquiets, ou à coup sûr paraissant l\u2019ê tre, me demandaient pitoyablement: \u201cMais, qu\u2019as-tu donc?tu as lair d\u2019un déterré! Je répondais invariab!ement d'une voix sépulchrale: U mal terrible me mine, me ronge, mal pire que l\u2019alccol et auquel nul autre mal ne saurait être comparé; un mal vingtième siècle, un mal contre lequel la science médica!e est impuissante et qui s\u2019appelle \u201cle mal d\u2019automobile!\u201d Sûrement, j'en mourrai ! Cette déclaration si franche avait pour résultat d\u2019exciter un fou-rire chez mes amis qui finalement, me tournaient le dcs en disant: \u201c Pauvre garçon! pauvre homme! Confiez c ; ABONNEMENT: vos peines à vos amis, après cela.tude, o fourberie humaine! Une après-midi que le fatal mal d\u2019auto me tenaillait plus fortement que d'habitude, je quitte ma demeure, et, titubant comme un homme ivre, sous les coups d\u2019un vrai déses- pcir, j'arrive à l'angle ouest des rues Ste Catherine et St-Laurent, en même temps qu\u2019un automobile princier, lequel s\u2019arrête à deux pas de la porte flamboyante d\u2019un hôtel afin de permettre à ses ocoupants d\u2019ingurgiter, sous prétexte de se rafraîchir, une demi- douzaines de verres d\u2019eau de feu.Le teuf! teuf! est là, au repos, seul, tous en sont descendus.Fasciné, hypnotisé, comme le petit oiseau par le serpent, le cœur battant très vite et très fort, l\u2019œil dilaté et fixe, je m\u2019approche du véhicule moderne, lentement, pas à pas, plus près, toujours plus près.Indifférent complètement à tout ce qui m \u2018entoure, piétons, voitures, cavaliers, tramways, je n\u2019aperçois qu\u2019une chose.je ne vois qu\u2019une chose : l\u2019automobile.Puis, mu comme par un choc électrique, au moment où ma main le touche, je bondis sur le siège en poussant un grand soupir de soulagement aussitôt converti en angoisse.Hélas, n\u2019ayant jamais jusqu\u2019à ce jour conduit autre chose que des tombereaux, j'ignore absolument le secret de la mise en mouvement du moderne véhicule.Je me dé- O ingrati- 50 cts PAR AN \u2018 246\" LA MAISON MODERNE mene, je tite des pieds, des mains, avec une hâte fébrile facile à comprendre, les têtes de clous dorées, les poignées nickelées du guidon, tout, tout ce qui se mouve à ma portée.Déjà, les passants intrigués se rassemblent, deviennent cohue; et j'entends trës distinc- ment la voix et les pas des maîtres du teuf! teuf! qui abandonnent l\u2019hôtel pour reprendre leurs sièges sur l\u2019infernale machine.Sous l\u2019empire de la folie qui s\u2019empare de mon cerveau surrexité, je m\u2019emballe comme un énergumène ; et, au moment où les proprié- - £6 taires du meuble \u201d impassible mettent le nez à la porte de l\u2019hôtel, je ne sais par quel hasard, la machine hurlant tout à coup son cri de guerre, prend son élan et file à route vitesse vers la rue Bleury.O délices inénarrables! Nul bonheur ici-bas, ne saurait être comparé à l\u2019infinie jouissance que je goûtai à cet instant psychologique.J'étais ravi, au troisième ciel.Hélas! ce bonheur fut de courte durée, car presque aussitôt, j\u2019entendis derrière moi des cris, des hurlements, un brouhaha indescriptible du milieu desquels parvenaient distinctement à mes oreilles ce mot: Arrêtez! arrêtez! ; pris, ruminant quelque phrase d\u2019eXcuse- pouf apaiser le légitime ressentiment des.proprié- .taires, lorsque je leur \u201cremettrais.en mains - propres l\u2019objet de mon escapade.\u2026 malheur! n\u2019ayant jamais possédé la clef de la locomotion du teuf-teuf, j\u2019ignorais par le fait même, le principe et la camse de son arrêt.Aussi, pendant que je sens mes cheveux se dresser sur ma tête, l\u2019incontrolable machine fasse-t-elle comme une trombe à travers la foule déjà compacte et sous le nez des \u201c proprios\u201d ahuris.Ceux-ci, revenus de leur stupeur, s\u2019égosillent à crier: arrêtez! arrêtez ! mais arrêtez donc! arrêtez-le! La foule fait chorus.Oui, mais arrète-t-on les avalanches?Je dévale donc sur la rue Ste-Catherine avec une vitesse vertigineuse, concentrant toutes mes facultés, toutes mes forces à maintenir la folle machine, en pleine rue.Les piétons effarés se garent comme ils peuvent et poussent des cris de paons; les chevaux se cabrent menaçant de prendre le mors aux dents, les dames et les demoiselles se pâment, et les agents de police brandissant leur \u201c casse-tête \u201d font mine de s'élancer à ma poursuite.La police à cheval arrive à bride abattue, le tocsin d\u2019alarme résonne, !es cloches se mettent en branle et tintent le g'as; de tous les postes de la ville et de la banlieue les pompiers avec tout leur attirail arrivent ventre à terre, chechant l\u2019automobi!e fantastique qui hurle et bondit à travers les obstacles, sans ralentir sa course.( Plus mort que vif, je manœuvre néanmoins le gouvernail avec l\u2019énergie du désespoir ; car, déjà, un certain nombre de femmes, d'enfants et même d\u2019honorables citoyens ont été renversés, foulés, écrabouillés par le véh'cle enragé qui file toujours, insensible aux cris de dou- \u2018eur des victimes, insensibles aux cris d\u2019horreur des témoins involontaires de ces mas- .SACTES.Jamais révolution ne mit une ville aussi - ricadées.avec leurs nourrissons, -dans \u201ccroix ont, paraît-il, qu\u2019elles l\u2019avaient bien toujours dit, que la fin \u201cdu monde, ou du moins la fin de Montréal, not: A Aux trois-quarts.satisfait, je m\u2019empresse de faire volte-face \u2018afin\u2019 de ramener l'auto au point dot je lavais - sens dessus dessous.Banques, magasins, bureaux, manufactures sont fermées partout.Et les employés sont dehors anxieux d\u2019apercevoir l\u2019automobile fantôme ; car la nouvelle s\u2019est répandue comme une traînée de poudre.Plusieurs riches Américains, m'a-t-on dit, avertis par des amis se sont mis en route de diverses parties des Etats-Unis pour jouir d\u2019un événement si extraordinaire, d\u2019un spectacle si inoui.Bon nombre de mères de famille se sont bar- leur demeure; et les vieilles commères montréal- aises entassant signes de croix sur signes de affirmé solennellement arriverait sûrement par les automobiles., Quoiqu\u2019il en soit, l\u2019auto continue sa course insensée, et je me demande, une terrible an- goilsse au cœur, comment tout cela va finir.De toutes parts déjà, on a élevé obstacles sur obstacles, barricades sur barricades.Les tramways que l\u2019on a scientifiquement fait dérailler sont placés en travers des rues qu\u2019ils bloquent.Montréal présente l\u2019aspéct de Paris lors de la Commune en 1871.De tous côtés on entend les hurlements sinistres des chiens agacés par cet inusité remue-ménage ; les cris, 7 les lamentations et les vociférat ons d\u2019une foule hors de ses gonds, que surveillent d\u2019un regard paterne et le bâton au poing.les agents de notre Corps de Sûreté; tandisque des fenêtres, des toits et des trottoirs s élève, continue, comme un bruit de la houlé d\u2019une mer \u201cdémontée ce cri \u2018qui m\u2019horripile: Arrêtez! Arrêtez l\u2019C\u2019est un fou! Arrêtez-le!!\u201d Rassuré néanmoins par la facil'é avec laquelle je me maintiens en équilibre, et très- fier de mon adresse à conduire l\u2019infernal auto, j'ai enfin conscience de mon immunité et gouailleur, j'apostrophe la foule par des aménités de cette nature: T'as de nigauds, c\u2019est cela, arrêtez-nous, je ne demande pas mieux, moi.Allons! que le pus brave vienne m\u2019attacher le grelot.Trente sous de récompense.Et l'auto file toujours.Vous dire le nombre de rues parcourues, la quantité d\u2019obstacles franchis, n\u2019est guére possible.Toujours est-il que, arrivé en face de 1église St- Jacques, je vois avec stupeur la rue fermée par une haute et épaisse barricade de poutres de fer solidement rivées entre e'les\u2014ouvrage des forgerons de la ville sous l\u2019habile direction du plus renommé ingénieur du \u201c Dominion.\u201d C\u2019est la mort à brève échéance! Et quelle mort?effroyable, inéluctable!.Tout mon être frémit.une sueur froide m'\u2019inonde, je ferme instinctivement les yeux.puis un choc épouvantable, un bruit de ferraille qui s\u2019écroule, une clameur sans nom à travers laquelle j'entends distinctement ces mots prononcés à mes oreilles par une voix plus ou moins aigre, que me réveille en sursaut: Lève- toi, mon homme; six heures ont sonné.sayez en réalité le remède employé en rêve par votre humble serviteur: C\u2019est un serum infaillible contre la rage d'automobile: c\u2019est moi qui vous le d's.AUGUSTE CHARBONNIER.CE MAGAZINE EST EN VENTE DANS TOUS LES DEPOTS DE JOURNAUX. wh qi bo LA MAISON MODERNE | 247 LA SCHLITTE \u2014Qui va là?grommela Frédéric Schlouk réveillé en sursaut et tâtant déjà le revolver caché sous son chevet.\u2014Ami, répondit une voix dans l'ombre, c\u2019est moi, Samuel Rosen.Nous avons a causer.Celui qui venait d\u2019entrer, connaissait les êtres de la maison.Il frotta une allumette, puis une autre, tout en maugréant contre la pluie qui avait détrempé son phosphore.Enfin une chandelle brilla, éclairant le sordide intérieur où le nocturne visiteur venait de s\u2019introduire sans autre façon.C'était une masure du bûcheron vosgien, aux murs délabrés.Une table, deux _ escabeaux mal équarris, un lit composé simplement d\u2019une paillasse sur les trétaux, constituait tout le mobilier.Aux murs et torchis pendaient un fusil à deux coups, et des engins de bracommnier : filet, pièges divers qui ne laissaient aucun doute sur la profession du maître de céans.Schlouk, lalerte passée, s\u2019était renfoncé sous la couverture et ne semblait pas décidé à se lever.On ne voyait de lui que le visage, un visage rougeaud, aux traits rudes, aux mâchoires puissantes, encadré d'un collier de barbe grisonnante.Tout en grognant comme un ours dérangé, il épiait entre ses cils mi-clos, son ami Samuel, attendant qu\u2019i! voulait bien s\u2019expliquer.Celui-ci ne se pressait pas.I! allait et ve- naît, le front soucieux.C\u2019était un grand diable de montagnard alsacien, à la face basanée, aux petits yeux vifs, toujours clignotants, comme à l\u2019affût.Comme Schlouk, il appartenait à cette catégories de coureurs de frontières, vivant de métiers interlopes: fraude, Dbraconnage, sans cesse traqués par les polices allemande et française.Huit jours plus tôt, Schlouk mis en joue par un garde allemand, avait riposté d\u2019une balle en plein ventre, et depuis il se cachait dans les bois de Saint-Avod, à une demi-lieu de la frontière franco-allemande.Rosen qui se trouvait avec lui au moment du crime, lui avait vainement conseillé de mettre la frontière entre lui et la police.Schlouk avait résisté jusqu\u2019ici et, à ce mo- Ment encore, il affectait une assurance qu\u2019il était loin de ressentir.Après quelques minutes d\u2019attente, il rejeta la couverture, sous laquelle il apparut tout habillé, botté, s\u2019assit sur le lit, jambes pendantes.\u2014Enfin, grommela-t-il, a?.Tu aurais pu frapper.Rosen haussa les épaules.\u2014Voilà une heure que je cogne.Tu as le sommeil dur, pour un homme guetté par la police.Cette fois, Schlouk se leva, et d\u2019une voix qu\u2019il s\u2019efforçait en vain de rendre calme: \u2014On a découvert le cadavre?interrogea- t-il.\u2014Oui, ce matin.C\u2019est un chien de berger qui.\u2014Ft l\u2019on sait que c\u2019est nous?.Samuel jeta un regard de travers sur son associé.Une flamme brilla au fond de ses petits yeux gris.\u2014Frédéric, dit-il, tu as tort de parler de la sorte.D'ailleurs, ce n\u2019est pas le moment de chicaner.C\u2019est toi qui as tiré, mais nous étions ensemble, je t'ai aidé à cacher le corps, Mon cas ne vaut pas mieux que le tien.Par conséquent, commençons par nous mettre à l\u2019abri.On verra ensuite.\u2014Tu as raison, et l\u2019on m'\u2019arrête, je dirai les choses telles qu\u2019elles sont.Je n\u2019ai rien à perdre.Les deux complices se serrèrent la main et Schlouk poursuivit d\u2019une voix sourde: qu'est-ce qu\u2019il y \u2014Par exemple, je voudrais bien savoir qui nous a dénoncés.Nous étions seuls cette nuit- la avec l'autre.Personne n\u2019a vu.\u2014Personne n\u2019a vu, mais on a entendu parler trop.Je te l\u2019ai dit cent fois.\u2014Bast! il ny a pas de mouchard parmi nous.Personne ne regrette ce mauvais chien de Schneider qui n\u2019a eu que son dû.Nous étions en cas de légitime défense.et puis jamais un Alsacien ne vendra.\u2014Tu oublies qu\u2019il n\u2019y a pas que des Alsaciens par ici: les Allemands ont des yeux partout.et tu as la mauvaise idée de venir te cacher ici, à trois pas des coupes de Saint- Avod.Il y a là un certain Kaufman et deux ou trois Bavarois de ses amis, qui sont autant d\u2019espions au service du Kaiser.Schlouk sursauta : \u2014 Ainsi, c\u2019est un de ces maudits qui a parlé?\u2014C\u2019est probable.\u2014Et tu sais lequel?\u2014 J'ai des soupçons, mais pas de preuves.Frédéric Schlouk lâcha un juron: \u2014Je ne partirai pas d\u2019ici avant de savoir son nom et d\u2019avoir réglé ce compte.LE SEUL MAGAZINE DE CE FORMAT AU CANADA. 248 LA MAISON MODERNE \u2014Ne t'emporte pas.IL homme n\u2019est pas loin peut-être, et nous pourrions bien le rencontrer tantôt sur la schlittweg.\u2014Alors selon toi, c\u2019est un schlitteur, et tu sais son nom?\u2014Pas précisément, je te l\u2019ai dit; mais nous n\u2019aurons pas grand\u2019peine à le découvrir.Il se trahira lui-même.Nous allons remonter la schlittweg jusqu\u2019au col de Saint-Avod.Celui des schlitteurs qui se troublera en nous voyant surgir tout à coup.\u2014Sera le bon!.s\u2019écria Schlouk.Et il a'la décrocher son fusil que Rosen s\u2019empressa de lui arracher de ses mains.\u2014Pas de bétise, ordonna-t-il d\u2019un ton d\u2019autorité, c'est assez j que de croire qu\u2019il est impossible de bien poser votre portrait le soir ! ~ Nous avons installé dans notre atelier photographique des appareils les plus modernes nous donnant aussi l'avantage incontestable de bien faire votre portrait, à la lumière artificielle, à n'importe qu\u2019elle heure du jour ou du soir.On pourra voir dans nos salons des photographies posées à la lumière Artificielle, d\u2019un fini irréprochable, et dont une a remporté un prix au concours de Philadelphie.Afin de convaincre le public de ce nouveau procédé, nous avons décidé de faire une ligne spéciale de Portraits Cabinets à prix réduits pour $2.50 la douzaine durant ce mois, J.A.HOMIER Proroarapne 2587 Ste-Catherine, (prés Guy) BELL TEL., UP 3951 MONTREAL es = 152520252525252525252525252525252525252525 A.C- LACHANCE PROFESSEUR DE MANDOLINE, GUITARE ET BANJO, 326a Lagauchetiere, Montréal LECTEURS, ENCOURAGEZ CES ANNONCEURS.CL ii Mode Deanna sorb ace 262 LA MAISON MODERNE _ = f i EMAILLEES * Les Peintures à planchers et Pp Pour Meubles et Ornements à maisons qui sèchent en yo de la Maison.8 heures.IE ¢: DS CO.roe meen | P.D.DCE e RUE McGILL se: = VOULEZ-VOUS AVOIR UNE | ji BONNE SANTE ?° n Buvez Régulièrement \u2014 i EO Mere 6 l'aime 22 a SEE HE FABRICANT DE \u2014\u2014\u2014 {7 Une Source canadienne d\u2019une valeur ana- : logue dans sa composition aux célèbres sources les plus renomméêées d\u2019 Europe.BANDAGES 5 SPECIFIQUE contre le Rhumatisme,excel- ET gd\" lents résultats obtenus dans les Dyspepsies, a la Migraine, maladies des Reins, Rognons, Iembres oe du Foie, Gravelle, affections de la Gorge, rs pour reconstituer la muqueuse nazale et du pharynx.Afin de faciliter l\u2019usage de cette eau qui, tous les jours, a des succès remarquables, le propriétaire a eu l\u2019idée humanitaire de la faire mettre.à la source même, en cruches (verre empaillé) de 3 et 5 gallons, au prix modique de $1.00 et $1.50 la cruche, livrée à domicile.Ces prix comprennent la cruche, et lorsqu'elle est retournée, une remise de 40 ou 50c est donnée suivant la grandeur de la cruche.Analyse, certificats et informations fournis avec plaisir.Alphonse A.Granger, cme Sens PROPRIETAIRE HArtificiels| {: Sur Commande Nouveau bandage herniai- LE.re avec coussin pneumatique, ajustable, garanti retenir n'importe quelle herne, Bés\u201d Nous faisons aussi sur commande les BAS ELAS- om TIQUE pour la varice._ Ecrivez en expliquant vo- : 43 Notre-Dame-Ouest, Montréal =, Satistaoti ti ;( == tre cas.Satistaction garantie Lin TEL BELL, MAIN 4679.ou argent remis.8 be.cL Big i i a ny STILLES Dig les Puss Digesb| > REMEDE SOUVERAIN Sin Guérissent tous les (ti POUR LA GUERISON DE LA DYSPEPSIE I genresde Dyspepsies.bs DE LINDIGESTION ET DE TOUTES LES \u2018| \\ \u201ca: \u2018 AFFECTIONS DE L'ESTOMAC.J \\ \\ Darfout à 500, 1a boîte Ni pi N qu i set N ° Lea SI \\ Victor Levesque, gs A ESS N PHARMACIEN = i 1 SP XO S \\ 566 Parc Lafontaine 3 | INSTITUT MEDICAL DE MONTREAL À 5 8 2082 RUE STE CATHERINE MONTREAL.DMD Seul agent pour le Canada A NS SN S \\ MH \"7 TEL Bell, , E L TT Tél,\" Bell, Est gro, === EN= alae EE EE EE CRIE LE RES CORP RE ol | T | 1 * i Situation.LA MAISON MODERNE 263 quoi casser les vitres, elles se casseront bien seuls.Li | GOULE | Cependant la baronne a genoux aux pieds FLEURISTE des brigands conjurait de sauver son mari, mais bientôt les flammes l'entourèrent et les cris qu\u2019il fit entendre ne laissèrent plus de .doutes sur l'horrible situation dans laquelle 1! se trouvait.Jean l\u2019Ecorcheur répondit à la baronne qu\u2019il était trop tard pour sauver son mari, mais qu\u2019on pouvait du moins l\u2019empêcher de souffrir; en même temps armant un de ses pistolets, il ajusta le baron et envoyait une balle dans la tête de sa vigtime.\u2014Partons-nous maintenant?demanda alors Pierre le Noir.\u2014Oui, répondit Jean l\u2019Ecorcheur, partons, mais ne veux-tu pas emporter !a baront£e en croupe derrière toi?\u2014Que veux-tu que je fasse de cette folle?répondit Pierre le Noir.La pauvre femme avait, en effet, complètement perdu raison.Accroupie sur le sol, le regard fixe elle tenait des propos incohérents et les bandits l\u2019abandonnèrent dans cette triste Cependant les paysans des villages environnants s\u2019étaient rassemblés et se diri- : gèrent vers le château dont il ne restait plus que des ruines.Quelque temps après, la paix ayant succédé à la guerre entre les deux pays, des forces considérables furent dirigées contre la bande : de Jean l\u2019Ecorcheur et contre celle de Pierre \u201cle Noir et les bandits furent obligés de se disperser.Jean l\u2019Ecorcheur après avoir erré longtemps dans le pays ne tarda pas à se trouver seul et sans ressources, voyant qu\u2019il ne pouvait vivre longtemps ainsi, traqué de tous côtés il résolut de s\u2019engager dans l\u2019armée autrichienne pour dépister la justice.Malgré cela, il fut reconnu à Limbourg par une de ses victimes et arrêté le 24 avril 1802.Gardé par des soldats autrichiens, il espérait toujours pouvoir se sauver, mais quand il se vit conduire 3 Mayence et mis aux mains de la gendarmerie francaise, il ne pu s\u2019empécher | de s\u2019écrier : \u2014C'\u2019est fini maintenant, je suis perdu! - Dix neuf de ses complices avaient été ar- Têtés presque en même \u2018temps que lui, tous furent condamnés à mort.Quelque temps après, quinze autres bandits étaient pris et condamnés aux travaux forcés à perpétuité.Jean l\u2019Écorcheur fut guillotiné le 20 novembre 1803 après avoir reçu les secours de la religion.- 1888 SAINTE - CATHERINE Vis-à-vis le Théâtre Français Tél.Bell, Est 931.C.J.GRENIER & CIE Fabricants et Importateurs de CORSETS Assortiment complet de toutes les meilleures marques de Corsets.\u2014Satisfaction garantie.\u2014Aussi Tournures, Jarretelles, etc., etc.112 COLONNES DE LECTURE POUR 5 CENTS. 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LA MAISON MODERNE FEUILLETON Les Colons du Missouri XV (Suite) Lorsqu\u2019Alice se sentit serrée dans les bras de son oncle, elle oublia les chagrins et les , soucis dont elle ne connut bien tout le poids Boulanger de Sa Majeste que lorsqu\u2019elle en fut délivrée.Là elle trou- .vait une affection naturelle, une protection légitime : de l\u2019amitié, de la sûreté, et un appui.Elle versa quelques larmes de bonheur sur la poitrine de son oncle.246 Av.Hotel-de-Ville, \u2014Ft maintenant, monsieur Allen, dit le baronnet pendant qu\u2019i! tenait sa nièce dans ses .bras ; comme ty£éur de cette jeune demoiselle, MONTREAL.| je désireæ fler une question qui vous trouble ~~ beaticoup en ce moment, comme je puis le voir à votre visage.Vous avez peur que je ne : l'enlève sans vous consulter l\u2019un et l\u2019autre: Seul Fabricant du depuis que j'ai de l\u2019autorité sur elle, 11 n\u2019en .| est pas ainsi.Elle ne se laisserait pas enle- | ver, vous voyez que je sais tout, et mainte- | | , nant j\u2019ai envie de !a laisser fuir avec vous.\u2019 Que dites-vous de cela, monsieur?\u2014Je dis, monsieur Deming, que je céderai plus facilement à une proposition semblable | que votre nièce ne s\u2019y déciderait.\u2014C'est ce que je pensais.Jamais notre sexe n'a pu refuser une femme depuis Adam | In KODAK jusqu'à nos jours.Eh bien, Alice, demandez ; à M.Allen s\u2019il consent à vous épouser demain.\u2014Oh! s\u2019écra Mme Wyman remplie de Ou CA MI \u2018RA surprise.Mais Alice ne dit rien, et Allen rougit comme une jeune fille.\u2014Qui, c\u2019est ainsi, dit le baronnet; si je Vous avais dit à tous les deux que vous ne seriez pas l\u2019un à l\u2019autre, mais, ayant dit que cela serait, vous gardez un silence complet.\u2014J\u2019épargnerai à Mlle Newcome l\u2019embar- | ras de décider une pareille question, mon- | sieur Deming, si la conscience de mon indignité ne retenait pas ma langue, dit Allen?\u2014Qu\u2019est-ce que c\u2019est, monsieur?Etes + vous donc devenu tout à coup si terriblement Vous procurera beaucoup d\u2019agre- Pain a portée de toutes les Bourses.4H Tel.Est 71 Rb modeste, vous qui, i! y a quelques heures ment.Venez voir le grand seulement, vous vous sentiez digne de ma choix chez | nmièce?| \u2014Pardonnez-moi, monsieur Deming, Je \u201cpense que vous comprenez que l'égalité ap- W .B.BAIKIE & CO parente de nos positions a cessé d\u2019exister.Vous ne croyez pas aux mariages dispropor- 150 RUE PEEL : tionnés, ni moi non plus.Tel.Bell Up 4142.MONTREAL tk \u2014Bien! bien! bien! FEntendez-vous cela, ~~ CE MAGAZINE EST TOUJOURS INTERESSANT ET MORAL.nn [ITH RWR] RR RR HH RH IR TA TR RH BRT EER RE 8 fi ! + ji: i SH ae i pe i p i OT 268 LA MAISON MODERNE uATGAUX 0G PRINTEMP Toutes les nouveautés, Toutes les formes.Toutes les nuances.Tous les prix, Chez le célébre Chapelier ARMAND DOIN 25 années d\u2019expérience a 348 CASQUETTES TOURISTES Aussi grand choix de Casquettes de tous genres.1 3 74 Est, rue Armand Doin, Notre-Dame Vis-à-vis le Palais de Justice Tel, Bell, Main 1146.Alice?Ce jeune républicain rejette une alliance avec l\u2019aristocratie anglaise! Peut-être désire-t-11 que vous abandonniez vos droits pour qu\u2019i! puisse encore vous épouser?\u2014Dieu sait, dit Allen avec émotion, que je ne lui demande aucun sacrifice.C\u2019est moi- même, c\u2019est mon amour, un amour aussi pur et aussi ardent qu\u2019un homme ait jamais ressenti, que je me propose de sacrifier à son bonheur présent et futur.Si j'étais riche et si je pouvais l\u2019entretenir dans la position sociale à laquelle elle a droit, le cas serait bien différent; tel qu\u2019il est, je ne puis lui demander de m'épouser.\u2014Par Jupiter, jeune homme, j'aime votre nature; j'aime votre nation aussi.Jal vu beaucoup d'Américains, cet été, et si je les aime, ils ont une bonne dose d\u2019orgueil, mais ils y ont été amenés honnêtement, car il n\u2019y a pas de plus grand orgueilleux que ce John Bull.Ce n\u2019est pas la question, cependant.Alice, voulez-vous encore demander à ce monsieur s\u2019il veut vous épouser, et vous considé- rez-vous comme refusée d'avance?\u2014Vous avez le droit de me donner à qui vous voudrez, répondit-elle en appuyant légèrement sur le mot donner, et en rougissant beaucoup.\u2014Oh! la ruse des femmes! s\u2019écria le baronnet en riant.Que, si ce n\u2019est une femme, aurait trouvé le moyen de tourner une telle difficulté.Je dois vous donner, n\u2019est-ce pas?Dai presque envie, pour complaire à ce monsieur, de ne pas le faire.\u2014Mais, si je ne le fais pas, vous serez si triste, que votre compagnie gâtera tout le plaisir de notre voyage; donc, monsieur Allen, je vous la donne, elle est a vous, et je vous félicite \u2018ous les deux: Mme Wyman fait de même, j'en suis sûr.\u2014Que le Seigneur soit loué! s\u2019écrie Mme Wyman, quand Allen reçut sa jeune fiancée dans ses bras.Si jamais j'ai désiré quelque chose dans ma vie, c\u2019est cela! \u2014Croyez-vous que vous puissiez parvenir à faire marier ces jeunes gens-là demain, madame Wyman?Je désirerais beaucoup avoir leur société pour descendre le fleuve, le jour suivant.La bonne femme répondit qu\u2019elle était toute disposée à les aider dans leurs préparatifs de mariage.\u2014Cest vous donner peu de temps pour vous préparer à un long voyage, monsieur Allen, dit M.Deming, après avoir discuté quelques minutes sur la possibilité d\u2019un ma- EN VENTE DANS TOUS LES DEPOTS ace 22 \\ = x rs / Em ws LA MAISON MODERNE * LE PLUS GRAND LE PLUS ATTRAYANT CHOIX D\u2019ARTICLES FANTAISISTES 7 = 7 / F 7 Ql RN VS vu = \u2018 > | : 8 RY = SN it y 3 = 1 Ny y 7 SN itt PORCELA.NES, VERRERIES, BRONZES, VASES.Articles en cuivre doré, verre coupé, etc., etc.Les vrais nouveautés pour cadeaux de noces ou de naissances, à des prix populaires.G.W.CLARKE & CO.carienve Tel.vp 2736 EST TOUJOURS APPRETÉ AVEC LES VIANDES :: : PORC, SAUCISSE, GRAISSE.En vente chez tous les bouchers et épiciers de première classe.Etaux de détail : 24, 25, 26 et 27 Marché St-Laurent- Entrepôts et Bureaux : 18 rue Saint-Philippe.Tel.Bell, Main 3713 A M Tel.Marchands 874.J K H A R PP E R CEST A LA FOIS INTERESSANT ET INSTRUCTIF. ° Le Portrait |= CARTES POSTALES i.157 Ste-Catherine-Est au Pastel + | PUMONT GLOBENSKY, Gérant.| 5 pieds de haut $25 00 4 | TES PERTE ere ques mate || V5 Ps de ler cd LE | porn SLES GLACEES noires et en couleurs, 2 C\u2019est COTE air pour, | in | RIED Ra taisie.Ziroc ave ne diamantés, 2 Toutes les OCCASIONS R pour sc ou 25c la douzaine.Ludger Coté| |- i Romeo Roussil, Prop.PHOTO ARTISTE 1 1 POUR LE GROS | (1495 rue STE-CATHERINE, Honlrèal 9 Chambre 14, Monument National Entre les rues Wolfe et Amherst i} i MONTREAL SPÉCIALITÉ : Agrandissements de tous * genres.i = Jones et Gardes | | Ea EN OR SOLIDE A \u201c pe 1 à BA GUESS © I i Bagues à diamant pour Demoiselles, valeur spéciale .$5.00 | 5 = Bagues 2 diamants (Jumelles) de.818.50à 500.00 | i: Bagues à diamant et perles, rubis, etc., de .815.00 à à $125.00 \u201c| Bagues pour Messieurs, très jolies, de.$30.00 34 $350.00 Bagues de Fantaisie, or solide, pour Dames, de.$1.25 4 $25.00 En outre, un splendide assortiment d'articles de fantaisie : | Coutellerie, Argenterie, Bronzes, Boites a Bijoux, Horloges en Bronze doré = A et en bois, Chaines, Colliers, Loquets, Epinglettes de tous genres, ; Boutons à Manchettes, etc, etc, etc.A.SCOTT & CIE £ 4 | A 4 NR [| 4 LA PLUS GRANDE MAISON DE À E + | 605 \u2018 4 BIJOUTERIES DE LA PARTIE EST ' ] : 1 1777 _1M6 he Sebo, = bl VW EL A LA PORTEE DE TOUS LES MEMBRES DE LA FAMILLE, \u201c \\ ®.\u2014
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