L'Opinion publique, 26 novembre 1874, jeudi 26 novembre 1874
[" Vou.V.\u2014N LES CANADIENS DE L'OUEST SEAN-MARIR DUCHARME (Suite et fin) Ducharmd fut trés-sensible à la perte relativement norme qu'il venait d'éprouver, et espérant que ses repré- senlations auraient un certain effet, il se rendit auprès des autorités espagnoles à St, Louis, pour solliciter quel- qu'indemnité.Bien loin \u2018de l'écouter favorablement, le gouverneur ordonna qu'on le conduisit en prison où il resta un an.Pour comble de malheur, les traitants espagnole, jaloux de ses sucoës et de son influence sur les sau- vsges, représentèrent au gouverneur que non seulement Ducharme nuisait & leur tratio, mais encore avait pris trop d'ascendant sur les tribus de l'Uuest.Ils intr guèrent tellement contre Ducharme qu\u2019ils réussirent, à force d'instances et de fausses représentations, à le faire condamner à mort.On tenait peu compie en ces temps- là, chez les Espagnols surtout, de la vie d\u2019un homme lorsqu'on croyait ce dernier capable de nuire aux intérêts de l'autorité ou d'un certain nombre de personnes influentes.Ducharme allait donc être exéouté sans plus de formalités, .Instruit heureusement à temps du sort qu'on lui destinait, il psrvint à prouver que plus d\u2019une fois il avait arraché à ls mort des Espagnols captifs chez les sauvages, on donnant à leurs maîtres de fortes rançons : ce qui lui valut la vie sauve, puis la liberté, Une fois sorti des murs froids de la prison où il avait langui pendant onae long mois, Ducharme ne fut plus do miué que par un sentiment, celui de la vengeance.Il résolut de laver dans le sang des Espagnols le cruel outrage qu'on lui avait infligé.Aussi, à son retour à Muckinaw, il leva le ori de guerre parmi les sauvages qui lui étaient dévoués, depuis le inc Supérieur jusqu'aux Montagues Rocheuses, et à son Appel quinze cents guerriers vinrent prendre les armes sus ses ordres.Familier avec leurs ditférents dislec(es, illeur fit en termes émus et passionnés le réoit de ses malheurs, ét sut allumer dans leur cœur le fou de Is ven Geance qui l'animait contre les Espagnols.Les sauvages, surexcilés par In véhémence de son langage, deman isient à grands cris qu'on les menât contre l'ennemi, eb choisirent pour leur chef un capitaine renommS de ls tribu Uttaws, Natch-i-ku-is, d'une taille imposante, d'une bra- youre à toute épreuve, mais capable de se porter aux ex tiémités les plus sanguinaires.- L'Angleterre et l'Espagne étant alors sux prises, le lisutenant.gouvegneur Sinclair, de Mackinaw, vit cette entreprise d\u2019un bon œil, et la favoriss autant que possible.Grâce à son influence, quelques soldats réguliers et bon nombre de Canadiens vinrent grossir les rangs de la formidable expédition que Ducharme avait réussi à organiser, L'expédition suivit d'abord In rivière aux Renards, et \u201cprès avoir franchi le Portage du Wisconsin, elle descendit Le rivière de ce nom, puis le Missouri.Aucun obstacle sérieux n'entrava es marche, et Duchwme prit ses mesures, à une certaine distance de St.Louis, pour donner l'assaut au fort, le 25 mai 1780.Les Espagnois ne purent résister à ce flot débordans d'envabisseurs qui, une fois maltres du fort, se rudrent dans l'intérieur en fesant en- leadre de terribles hurlements qui pépandirent la plus grande consternation parmi les habitants.Puis, armés de leurs tomahawks st de leurs longs couteaux, il commencèrent une horrible boucherie qui dura tant que Du.charme n'eût pas ordonné de cesser le pillage et le massacre.On rapporte que lorsque leur vengeance fut apaisée, Ducharme et ses compaguons, attendris par le nombre des cadavres qui jonc haient les rues, par les flote de sang qui avaient coulé, pleurèrent amèrement sur la perte de tant de vies et reprirent, tristes et silencieux, le chemin de leurs foyers.La terrible vengeance de Ducharme a fait donner à cette année dans l'histoire de St, Louis le nom de \u2018 L'année du coup.\u201d Deux ans plus tard, Ducharme fut condamné par le lieurenant-geuverneur Sinclair à psyer une amende de quinze cents bottes de foin sauvage parce qu'il était allé faire la traite dans l'intérieur sans le permis de rigueur, Un traitant, du nom de Paul Delacroix, parti également sans licence de Makinaw pour aller trafiquer chez les sauvages, fut condainnô à la même amende \u2018 au nom du Roi,\u201d mais il refusa de la payer, Il déclara que le Roi demeurait de l'autre côté de l'océan, qu\u2019il ne croyait pas qu'il eût besoin de foin, et qu'il était bien décidé en oon- séquence à ne pas payer l'amende.Delacroix n'était pas facile à contrôler, et le gouverneur Sinclair ne pouvant mettre ss condamnation en foros, dit se contenter de cette fin de non- recevoir.Ducharme avait eu pour compagnons de ses courses aventureuses un frère du nom de Damini que, confondu 4 tort avec lui par un historien de l'Illinois, (1) et un cousin, Laurent Ducharme, qui tous deux s'occupèrent activement de la traite.1! retourna vers 1800 à Lachine, où il vécut dans une honnête aisance du fruit de ses rudes labeurs.Les ravages du temps ne semblèrent pas ébranler sa robuste constitution, car dans ses dernières années, quoique sa chevelure fut aussi blanche que la neige, ilétait encore droit comme un chêne.Il eut La douleur d'être frappé d'une cécité presque complète quelque temps avant sa mort qui eut lieu vara 1303, II était âgé d'environ quatre-vingts ans.Trois de ses fils marchèrent sur ses traces et allèrent aussi faire Ia traite dans l'Ouest : Joseph, Dominique et Paul.Lyman C.Draper, qui rendit visite à ce dernier à 1a Baie Verte, Wisconsin, en 1857, dit qu'il était fixé dans cet état depuis à peu près soixante-trois ans, et qu'il était alors Agé d'envirnn quatre-vingt-sept ans.Dominique, qui devint agent des sauvages au lac des Deux Montagnes, s'est distingué dans la dernière guerre, en contribuant d'une minière active, à la tête d\u2019une bande de sau- vag \u2018+, à la défaite des troupes du Colonel Boersther, qui furent obligées de se rendre, le 24 juin 1813, après un engagement très-vif sur les bords du Lac Ontario, près de Niagara.Bref, les trois fils de Jean Marie Ducharme surent se montrer dignesde leur brave et intrépide père.Joszru Tassé.LA DEFENSE DE LEPINE La lettre suivante que nous recevons du Manitoba se recommande assez d'elle-même; nous dirons cependant qu\u2019elle vient d'un homme impartial et dont les opinions méritent une considération particulière.Voiei cette lettre : 0.D.(1) Jobs Reynold, auteur du * Pioneer History of the llligois.\" NEMENT, D'AVANCE.$3.00, RIT DU NUNERN, 7 ORNTING, jazo - Wiwnireg, 2 novembre, 1874.4 J'ai entendu plaider M.Chapleau dans ls cause de Lépine et dans cells de Nault, et jo vous assure qu'il a droit d'être fier des succès qu'il a obtenus, sinon sur le jury, du moins sur l'esprit de œux qui sont à portée d\u2019apprécier le talent.Il ne se trouvait pas dans la meilleure position possible pour faire ce que les gens du métier appellent une belle cause.Il est arrivé ici à peine six jours avant l\u2019ouverture de la cour, presque sans renseignements aur la cause dont il s\u2019était chargh, et cela, quand il s'agissait de refaire l'histoire de notre province pendant quatre ans.Dans l'impossibilité de rien connaître de la preuve qui pouvait être faite par la poursuite ou par la défense, il a dû procéder, je ne dirai pas à tätons, muis avec une extrême prudence, et en sondant chaque pouce du terrain sur lequel il avait à se mouvoir.« Pour un avocat habitué aux succès les plus sérieux de Is cour d'assises, on s'imagine bien un peu qu'une foule de petites ficelles sont mises en jeu pour amener le jury où l'avocat veut le conduire, ou du moins pour l'écarter tellement de son chemin qu'il ne puisse jamais en venir à uneentente unanime.Mais, pour cela, il faut connaître le jury, son éducation, ses habitudes, ses upinions, ses traditions.IL faut savoir quel souvenir attristant le fera pleurer, quelle joyeuse allusion le fera sourire.Il faut vn peu flatter ses caprices, ses ambitions, ses vanités; i! faut le grandir dans sa propre estime, afin qu'il résiste aux appels de Ia poursuite qui va démontrer tout à l'heure que si l'accusé n'est pas condamné, [a société est perdue 4 tout Jama.\u201c[ln'y a pas jusqu'aux juges qui n'aient leurs côtés faibles, et qui ne puissent être, aveo une diplomatie suffi.annte, amenés parfois dans une impasse qui profite au client.Mais tout cela ne peut réussir, ne peut mème être essayé que lorsque l'avocat possède ls connaissance et l'habitude de son monde.Sans cela, ses plus beaux mouvements se heurtent à l'inditérence générale, ses mots les mieux trouvés tombent à plat, s'ils ne frappent pas absolument à faux, et ces petits échecs repétés finissent souvent par influer sur la cause d\u2019une manière désastreuse.\u201c M.Chapleau se trouvait malheureusement dans ces circonstances défavorables.Il venait plaider une cause qu'il ne connaissait que très.peu\u2014judicisirement parlant devant un juge qu'il n\u2019avait jamais vu sur le banc, devant un jury et devant un publio dont il n'avait jamais eu l'occasion de connaître les idées ou les tendances, Ajou- Lez à cela toutes les fausses informations qui lui furent prodiguées et qu'il n'avait aucun moyen de contrôler, toutes les réticences mises dans les quelques renseignements qua lui furent donnés, les préjugés qui ourgi«sent toujours plus ou moins contre les étrangers, le fort courant d'opinion constamment entretenu contre les accusés dans une classe nombreuse de ia population, et vous aures une faible idée des difficultés que M.Chapleau avait à surmonter dans cette cause.\u201c Son seul moyen de succès, dans les circonstances où il était placé, était de s'en tenir à la preuve, et d'aller droit devant lui absolument comme s'il eut plaidé es première cause ; il avait à mettre de oôté toute son expérience du jury pour ne s'appuyer que sur sad talent da TOONt: om rm tre 8 drt lr ele Oy Era see gp \u2014\u2014\u2014\u2014\u2014 cere ; 578 \u201cUn nouvel écueil à craindre, et qu\u2019il ne pouvait éviter qu'avec la plus grande prudence et la plus grande délicatesse, résultait de la nature même de la cause et du côté politique qui en formait les principaux traits.Un avocat de la position de Chapleau, ex-solliciteur général, conseil de la Reine, ne pouvait pas prôner dans les mêmes termes qu\u2019un autre l'héroïsme et Ia grandeur d'un soulèvement dont l'origine était certainement illégale, et, pourtant, autour de ce point tournait toute la cause.La cour, on doit le dire, avait accordé à la couronne toute la latitude possible pour sa preuve, et toute l\u2019histoire du gouvernement provisoire a été faite.En écoutant l'interrogeioire des témoins, on oubliait souvent que Lépine subissllit son procès pour la mort de Scott.Un avait l'air de s'occuper avant tout des faits ot gestes de la population française durant ces malhoureux troubles de 1869 70.C'est le juge lui-même qui a dirigé les procédés, et c'est lui qui & voulu chercher à élucider le pourquoi et le comment de ces zialheureux événements.La défense s\u2019est trouvée autorisée à faire une contre-preuve, à démontrer la signification de l'attitude de la population anglaise.\u201c Puis venait ensuite la conduite des gouvernements anglais et canadien, divers actes du gouvernement de la Baie d'Hudson, de I'hon.M.Archibald, alors qu'il était lieutenant-gouverneur de cette province, les promesses et surtout la nécessité d'une amuistie.Cela faisait partie des questions de droit plutôt que de faits, et elles furent plaidées en anglais, pour lo juge en même temps que pour le jury.\u201c C'est avec cette preuve que M.Chapleau a fait sa cause, en s'aidant des lacunes de la preuve de la poursuite.La cause se divisait naturellement en trois parties : lo.Scott a-t-il été tué?2o.Si oui, Lépine est il responsable de sa mort?30.Si Lépine est l\u2019auteur de Is mort de Scott, n'agissait-il pas comme membre d\u2019un gauvernement aussi régulièrement organisé que les oir- constances le permettaient, et doit-il être tenu pour res- ponesble d'un acte que toute la contrée, par le fait de son adhésion au gouvernement provisoire, aurait refusé de condamner.+ Voilà les trois points qu'il y avait à discuter, et je puis vous assurer qu'ils l'ont été de main de maitre.M.Chaplesu a pris la preure de L.poursuite point par point, témoin par témoin, et :l en a fait voir les contradictions et les lacunes avec uno vigueur d'argumentation irrésistible.\u201c Il est une chose bien certaine, et que tout avocat ne pourra manquer d'admettre, c\u2019est que la poursuite a été tres fairle, négligée surtout, dans sa preuve.Les faits Qui se rattacheat à ls mort du malheureux Scott sont tellement connus de tout le monde qu'on a paru vouloir se passer des minutieuses exigences de la preuve légale.Des témoins ont prouvé que Scott avait été blessé, mais personne n'a prouvé qu'il était mort.Il a été démontré au contraire qu'il était encore vivant plusieurs heures apiès ce qu'on appelle son exécution.Et aucune information n'a été donnée sur ce qui s'est passé plus tard.Bien plus, aucune démarche n'a élé faite pour recouvrer le cadavre, s'il existe; On n'a rien fait pour mettre les tribunaux en demeure de dire que réellement, légalement, judiciairement, la mort de Scott était prouvée.\u201cQuant à la part que Lépine à prise dans ce triste drame, elle se réduit à ceci: il présidait la cour martiale.A-t-il exprimé son opinion en faveur de la condamnation?Non, A-t-il insisté pour que la sentence fâtexécutée?Non; au contraire, i! a témoigné ls plus grande surprise en apprenant qu\u2019elle devait avoir lieu, Il est vrai qu'il occupait une position éminente dans le gouvernement provisoire, et il n'y a pas de preuve qu'il ait usé de toute l'influence dont il pouvait jouir, pour empêcher la perpétration de cette regrettable erreur.Mais qui donc peut se vanter d'avoir fait plus que lui?Qui donc & fait la moindre démarche sérieuse, légale, Pour empêcher l'exécution de Scott} A-t on essayé les moindres démarches devant les magistrats?A-t-on les preuves des plus légères tentatives d'évasion ?Non ; aucontraire.D'après les témoins les plus inté- reszés à pallier leur coupable indifférence, il y avait plus de deux cents personnes présentes À l'exécution de Scott, et personne n\u2019a dit un mot, n\u2019a fait un geste, pour em- Pêcher que ce sang fût versé.Tout ce monde-là n'est-il pas auvsi coupable que Lépine ?Celui-ci v's fait que suivre l'exemple de toute la population en laissant agir comme ils l'entendaient ceux qui avaient à cette époque la direction des affaires de cette contrée: Il n'a pris aucune part directe à l'exécution ; ce n'est pas lui qui a tiré les coups de feu, ce n'est pas lui qui a donné le sigoal, il n'était même pas sur le lieu de l'exécution.A plus forte raison n\u2019y a-t-il rien de prouvé sur le dernier acte du drame, lorsqu'on présume que Scoti à réellement été mis à mort, puisque les premières blessures n'avaient pas ôté immédiatement mortelles.\u2018De quel droit les vengeurs de Soott viennent-ils au.L'OPINION- PUBLIQUE jourd'hui demander ls punition de Lépine, lorsqu'il n'a | fait que ce qu'ils ont fait eux-mêmes ?Pourquoi la justice fait-t-elle lo procès de Lépine pour un acte public que les représentants de la justice n'ont pas même essayé de prévenir, lorsqu'il était de leur dovoir de le faire ?Pourquoi fait-on déclarer à la Reine que sa pair cf +a dignité demandent ls condsmnation de Lépine, lorsque les représentants de la Reine ont eux-mêmes aidé à l'établissement du gouvernement qui a mis à mort l'infortuné Scott?\u201c Mais le côté principal de la question, le côté qui intéresse le publio étranger, c'est la reconnaissance du gouvernement provisoire comme gouvernement de facto, et Ia promesse implicite d'une amnistie accordée à tous ceux qui en Ont fait partie.Le juge Wood, président du tribunal, n'a autorisé que is production des documents officiels, et à refusé l'admission des lettres privées de Sir George Cartier, de Sir John A.MacDonald, et d'autres per- sonnsges qui, on ne peut cependant pas le nier, avaient pleine autorité de parler et d'écrire comme ils l'ont fait, et de prometire ce qu'ils ont promis.Malgré cette lacune dans ls preuve de la défense, il y avait sutlisamment dans les blue books pour démontrer que le gouvernement de Riel avait été reconnu comme ayant une existence de facto par le gouvernement canadien et par les autorités impériales, que les délégués de Riel avaient été invités après l'exécution de Noott à formuler leurs demandes et que le gouvernement canadien les avait accordées sur les ordres formels du ministre des colonies.Cels ne vaut-il pas autant, ne vaut-il pns mieux qu\u2019une promesse verbale ou écrite d'amnistie ?Et de plus, toute la popula tion de Ia Riviére-Rouge n'a.t-elle pas accepté le gouver- ment de Riel?Le Gouverneur McTavish lui-méme ne l\u2019a-t-il pas autorisé ?\u201cSi ce gouvernement n'était pas légal, ni régulier, il il n'est que la manifestation d\u2019une usurpation de pouvoirs qui devrait être soumise aux tribunaux d'une manière différente.Si le gouvernement de Riel n\u2019était pas un gouvernement établi d'après la loi et la constitution, tous ceux qui en out fait partie, tous ceux qui I'ont soutenu, tous ceux qui l'ont toléré, sont coupables de haute- trahison et devraient être poursuivis comme tels.Le crime de haute-trahison est le plus grand crime connu à la loi anglaise ; pourquoi l'ignorer, pour ne s'arrêter qu'à un acte isolé d'homicide ?\u201c Mais on sait trop bien que In Reine elle-méme a pardonné la rébellion et qu'elle a oublié Ia révolte dont certains de ses sujets se sont rendu coupables contre son autorité.Toutes les mesures ont été prises pendant trois ans pour empêcher les poursuites contre les chefs du mouvement de 1869, et co n'est que l'automne dernier que Lépine a élé arrêté par 1e fait d'une poursuite privée.Le mot a été dit en pleine cour.S'il y à du vrai dans toutes ces protestations de loyauté et de la sincérité dans toutes ces dénonciations contre les ennemis du trône, ne devait-on pas poser la question carrément, bravement.comme elle doit l'être devant les tribunaux et devant le public ?Cette manière d'éluder l'esprit de la loi, de s'autoriser des lacunes des documents officiels, de prendre avantage des préjugés d'une partie de la population, pour arriver à un simple fait d'homicide, lorsque pas moins de six personnes ont déjà perdu la vie par suite de ces malheureux événements, et qu'on demande encore la vie d\u2019un égal nombre, cette conduite, difje, n'est-elle pas illogique au suprême degrô ?Ne porte-t-elle pas avec elle sa propre contradiction ?\u201cIl y a eu, dans toute cette phise de transition du gouvernement de la Baie d'Hudson au gouvernement canadien, une série d'erreurs, de bévues, commites par toul le monde.Pourquoi n'en demander compte qu'à ceux qui étaient les moins en position de ne pas #b tromper ?Pourquoi vouloir que des hommes absolument ignorants de la loi et de la constitution aient observé, dans leurs procédures, toutes les formes de la jurisprudence ?Pourquoi les condamner pour avoir suivi les instructions du Gouverneur McTavish qui leur conseillait fortement d'établir un gouvernement ?Pourquoi leur demander d'avoir été plus loyaux que le Secrétaire d'Etat qui écrivait à M.MoDougall qu'après le ler décembre le gouvernement de Riel était le seul en existence de facto dans cette contrée ?\u201cSi le gouvernement provisoire n'a pas eu d'exis- intence légale ou de jure, et il ne pouvait pas en avoir sans qu\u2019il s'en suivit une révolution dans la confédération, on a du moins reconnu les Métis comme belligérants, on a traité avec eux.Ils ont donc droit aux immunités acccordées aux confédérés du Sud, aux insurgés de Crète, aux raiders de St.Albans, aux révoltés de Cuba, sux soliats de Don Carlos.Ceux qu'on prend les armes à la maiu, on les juge comme révoltés, si on croit que ce soit de bonne politique de le faire ; mais après avoir traité avec eux, après avoir demandé et obtenu une suspension d'armes, on ne leur fait pas un procès pour meurtre où pour incendiat, 26 NovEusre 1874 mee re \u2018Je ne prétends pas exprimer mon opinion sur la v4, leur de ces argumonts ; c'était aux jurés et an Juge de les apprécier.Jo ne fais que présenter un tableau trés en petit de l'argumentation de M.Chapleau dans ceti cause, laquelle marquera certainement dans nos sonales judiciaires comme une de nos plus intéressantes célèbres.«En écoutant ce long plaidoyer\u2014long seulement parla multitude de inits et d'événements qu\u2019il embrassnit, car il n\u2019a duré que deux heures et quart\u2014je me prouais à regretter, au point de vue de l'art, que cette cause nent pas été portée devant un tribunal composé de trois oy cinq juges choisis dans Ontario.ou Québec, devant un juré d'hommes brisés à ce genre de questions, et devant un public plus capable d'apprécier l'importance de la caure et le talent de ceux qui l\u2019auraient dirigée.\u201c Malgré le trop peu de temps que M.Chapleau eut à sa disposition pour préparer sa cause, il eut de beaux sucods oratoires.En plus d\u2019une circonstance, on sentit un frisson parcourir tout l'auditoire ; même ceux qui ne le comprenaient pas étaient émus par cette voix sympathique et expressive qui rend si bien tous les sontiments et toutes les émotions.\u201d cause CAUSERIE D'UNE FILLE D'EVE Rien de nouveau sous le soleil.Les empires s'ecrou- lent, les hommes politiques tournent sur leurs goods, les jolies femmes changent d'amoureux, l'ilole de la veille est renversée le lendemain, on adore ce qu'on à brülé et l'on brile ce qu'on & adoré! Co manège dure depuis des siècles, c\u2019est-à -dire, depuis qu'il y a des empires, des hommes politiques et des femme : charmantes, et l'on x toujours ls bonhomie de s\u2019en étonner comme si l'on assistait à un spoctacle nouveau.Chacun se récria dans son langage : les gens positifé commentent les événements, les poêtes gémissent.Ah! dans le monde rien ne dure que les larmes, sou pirait l'immortel Pétrarque ! Pleurer des larmes, voilà lu seule mode éternelle! On pleurait avant Pétrarque, on a pleuré depuis et l'on pleure en core ! Le genre humain est un grand enfant inconsolatle ! il est des marmots raisonnables que ls maman apaise en leur disant : \u2018\u2018 Petit, ne vous désolez pas ainsi car vous de.viendres laid.\u201d Ces sérieuses menaces ont souvent le prodigieux effet de calmer les plus gran-is chagrins; nal ne voudrait risquer une pareille éventualité., Grand'méie Eve n'a pas averti son petit fils du dangor qu'il courait.l'imprudent grimace coutinuellemant sans crainte de perdre ses attraits ! .U homme ! tu vis, donc tu souffres, s'écriait Château briand dans les déserts du nouveau monde, en entendant au milieu de la nuit les vagissements plaintifs d'un de ses compagnons endormis.La souffrance est une des conséquences naturelles de la vie.Cependant mieux veut souffrir avec d'immortelles espérances que de rester dans le néant, là où l'on ne parle, ni ne rit, ni ne pleure * Les poëtes ont le privilége de dire les vérités les plus tristes avec tant de charmes que nous leur pardonnour volontiers de nous affiiger si agréablement.Qui de nous ne croirait sentir frissonner une brise de son passé en lisant ces touchantes paroles de Turquety: Oh ! que d'arbrisseaux nus, que de roses fancer, Dans le vallon de mcs années\u2018 Li faut avoir bien peu vécu pour fouler las leuilles fl tries ot los roses fanées | Le printemps, il est vrai, peut renaître encore sous les rayons d'un soleil nouveau, c'est toujours la saison des amours et des fleurs, mais cet chères et délicieuses fugitives iront à leur tour comme tant d\u2019autres, mourir avec les premières feuilles d'a tomne! Pauvres amours! Pauvres fleurs ! .de finis par oil toute femme commence.Les coil la Pompadour.tout le monde n'est pas familier avec ce nom jadis assez connu à la cour de Louis XV.Une artiste en chignous me disait: \u201c Je vous fers! des troubadours pour 75 cents.\u201d _, Le prix était modique en vérité! Voici done venir l'ère deu ménestrels et des iroubadours, le moyen âge tout e tier va revivre dans nos cheveux : Tandis que sous ses doigts vibre Le mandoline, youd vente obantant le joyeux troubadour : .guerre madame, en Pales Se reviens à plods déposer mon amour ! res à mm 26 NovemsrE 1874 DE LA CONSTITUTION PHYSIQUE DU GLOBE TERRESTRE Ce n\u2019est pas une simple étude qui pourrait donner une idée complète des différentes modifications qu'ont subies nosmers et nos continents, expliquer comment la vie végétale et animale s'est manifestée à la surface de notre globe, quels ont été sa progression et son développement.Les savants ont écrit des centaines de volumes sur cette matière, et elle n\u2019est pas encore épuisée.Ainsi dans cette étude, je ne puis donner qu'une esquisse bien incomplète de ce qu'aélé 1s terre dans les temps primitifs et de co qu'elle est maintenant.Cette étude sora divisée en trois parties.PREMIERE PARTIE.La terre, comme chaouu le sait, à la forme d'une boule, ou sphéroide, un peu aplatie vors les pôles.Son dismé- tre est de plus de 3,000 lieues, et sa surface est inégale : ici elle est bérisshe de longues chaînes de montagnes, ailleurs elle présente des dépressions profondes ; mais ces inégalités, toutes gigantesques qu'elles nous paraissent, lorsque mous les comparons aux petits objets dont nous sommes environnés, sont, dans la réalité, fort lvgères comparativement à ls masse du globe ; elles sont proportionnellement beaucoup moins grandes que celles quise voient sur l'écorce de l'orange la plus fine; et si l'on voulait les représenter ea relief sur une sphère d'un mètre de diumètre, les plus hautes montagnes seraient encore si petites qu'il faudrait presque un microscope pour les apercevoir.Les parties les plus déclives de lasurface du globe sont racouvertes par de grandes masses d'eau qui constituent les mers et qui cichent ces déclivités à notre investigation ; m tis les enfoacements les plus profonds que l\u2019on ait pu mesurer jusqu'ici au moyen de la sonde ne descendaient pas à plus de 5,00U mètres au- dessous du niveau de la mer, etl'on sait, par des mesures précises, que les sommets des plus hautes montagnes ne s'élèvent pas & 8,000 métres au-dessus de ce même niveau.De sorte qu'ehtre les points les plus élevés et les plus déclives de la surface de la terre, on n'a constats qu'une différence d'environ quatre lieues (1).La plus haute montsgne de l'Europe est le Mont- Blanc, qui s'élève À 4,810 mètres audessus du niveau de la mer ; le Mont Perdu, qui est I'ua des pics les plus éle- véa des Pyrénées, en a 3,410 le pic de Ténéritts a 3,710 mètres de hauteur.Dans l\u2019Am>rique du Sud il y a, dans ls chaine de la Cordillère des Andes, des montagnes bien plus brutes ; le Chimborazo au Pérou, à 6,530 mètres et le Nevado du Sorata à 7,696 mètres ; muis c'est en Asie que se trouvent les montagnes les plus élevées du moule; l'un des pics de l'Himalaya, au Thibet, à 7,821 mètres.Du reste, la surface de ls terre est loin d'avoir eu toujours Ia contiguration que nous lui connsissons aujour- d'hui ; elle a été bouleversée mainte fois, et il y a lieu de croire que primitive:nent le globe entier était uns masse fondue par la chaleur et qui, en se refroidissant, s'est soli- difise peu à peu.Eu ettat, une masse fluide où de coa- sistance pâteuse, qui serait anim'e d'un mouvement de rotation, comme l'est effectivement [a torre, ne conserverait pas une forme sphérique, mais, à raison de ls force ; centrifuge que ce mouvement développerait, elle tendrait | à t\u2019aplatir vers les pôles, tandis que, dans une sphère ! de visiter les pays lointains, il suffit d'examiner ce qui solide, aucune déformation de ce genre no se manifesterait.Or, puisque le globe terrestre, ainsi que nous l'avons déjàdit, présente précisément cet aplatissement vers les pôles et un renflement correspondant à l'équateur, on peut conclure qu\u2019il a passé par un état uide ou pàteux, par un état de fusiop igaée.Le rayon de l'équateur est de 6,576,986 mêtres où 20 millions de pieds, tandis que le rayon du pole n'est que de 6,156,324, ce qui donne un rayon moyen de 6.306,745 mètres, et une différence d\u2019environ quarante-deux kilomètres ou 257 arpents ou3 lieues entre les deux diamètres, L'homme t'a pu examiner la nature des substances qui constituent notre globs qu'à des profondeurs très-petites, même en descendant dans les mines creusées pour l\u2019extraction des richesses que la terre renferme, car les plus profondes de ces excavations n'ont guère plus de 400 mètres.Mais par des calouls, dont il serait impossible de donner ici une idée, on & trouvé que la partie centrale de la terre ne doit être occupée ni par l\u2019eau ni par des va.Peurs, mais par des matières aussi pesantes que nos métaux les plus lourds eb ai chaudes qu'el'es sont dans un état de fusion constante.ol grand nombre de faits concourent à prouver que la | ae & une chaleur intérieure qui est un reste de sa ch.li tive et indépendante de celle qu'elle reçoit du .Il.Ainsi, a température s'élève d'autant plus qu'on second à des profondeurs plus considérables; il ys des Mines très-profondes qui sont si chaudes que les ouvriers \u2014 afl} Un mètre vaut 3 pieds 8 pouces angists.Un kilomètre vaut 1000 L'OPINION PUBLIQUE ° ne peuvent y travailler que nus, et toutes les fois que l\u2019eau d'une source un peu considérable vient d'une grande profondeur, sa température est très-élevée.Un & même pu mesurer cet accroissement de température et s'assurer que le chilear de la terre augmente d'environ an degré du thermomètre centigraie par 33 mètres.Ainsi, dans les caves trés-profon los, où l'inflaence des saisons ne se fait pas sentir et où la température est toujours ls même, lethermomètre marqua 1! degrés centigeades ; eb à une profondeur de 6U mètres au-dessous de ces caves, la chaleur est d'environ 13° .A environ 3 kilomètres, elle doit être égale à la température de l'eau bouillante, c'est-à- dire 4 10° du thermomètre centigrade ; et à vingt kilomètres, ou cinq lieues de poste, au-dessous de la surface, la chaleur parait devoir être assez intense pour fondre la plapart des roches ; entin, vers le cantre du globe, la température, si elle augmente toujours suivant la même loi, dépasserait cel.e de nos forges les plus puissantes et fluidilierait tous les corps connus ; aussi davons-nous penser qu'à une profondeur qui n'est pas comsidérable, la terre est actuellement à l'état de fusion ignée, et que c'est la surface seulement de cette masse fluide qui, s'étant solidifiée par le refroidissemant, constitue une sorte de croûte ou de pellicule.Il parait bien démontré que le globe était autrefois dins un état d'incaudescence et s'est re- foidi peu à pou; muis il ne faut pas conclure que ce refroidissement continue encore de nos jours: il est urrivé à peu près à son terme.Depuis les temps historiques, la température du globe n'a pas sen iiblement changé, et par de savants calcals on & prouvé que la surface de la terre reçoit du soleil, pendant une année, une quantité de chaleur à pou près équivalente à celle qu'elle perd dans le même espace de temps; ls chaleur de l'intérieure de ta terre n'exercs plus au: la température de cette surface qu'une influence insensible, et pour que cette influence, presque nulle, fit dimiauée de moitié, de sorte que l'accroissement de tempéra:ure ne ft plus que d'un J degré pour 33 mètres, il faud-ait qu'il s'écoulât plus de 30,000 années.La croûte de la tarre n'est pw« formée tout d'une pièce, elle se compose d'un grani nombre de matériaux ditté- rents.L'étude particulière de chicun> de ces substances appartient à ls minéralogie ; calle de leurs rapports mu* tuels et du rôle plus ou moins important qu'elles jouent dans la constitution du globe est du domine de la géologie.Un donne le nom de roshes aux substances minérales qui, réunies en masse plus ox moins considérables, constituent pour ainsi dire les matériaut essentiels du soi ; le nom de terrnins s'applique aux diverses réunions de roches qui paraissent s'être form*es clins des circonstances identiques.Le mot roche ainsi défini n'implique aucune idée d'état pierreux ou mou, de corps volumineux ou petit, de structure dense ou lich3, d'origine aqueuse ou ignéa; I'argile, milgré son état da mollesse, et le sable, bien qu'il soit meuble, soat des roches aussi bien que le granit ou que le calcaire.Lorsqu'on examine les flancs des montaugaes, les excavations creusées par notre industrie, ob diverses autres loc:'*tés favorables aux études géologiques, on s'aperçoit bientôt qu'il existe un grand nombre de terrains diff'rents, et que ces terrains forment en général des couches ou étages qui se recouvrent les uus les autres.Pour s'en convaincre il n'est pas nécessaire nous entoure.En étudiant les divers matériaux dont se compose la croûte extérieure de notre globe, le géologue se convaincra facilement aussi que, dans la plupart des cas, ces roches si diverses ne sont pus placées les unss à côté des autres, mais se recouvrent mutuellement et forment une série de couchss plus où moins épaisses, qu'on peut comparer à autant d'assises dans un massif de maçonnerie.Le gypse ou pierre à plâtre, par exemple, repose évidemment sur le calcaire grossier, le calcaire grossier recouvre à son tour l'argile plastique : en forant des puits, et après avoir traversé les deux couches dont il vient d'être question et d'autres encore, on à rencontré la craie, etc, ete.Du reste, il n'est pas nécessaire de creuser ainsi des puits pour s'assurer de la superposition des différentes couches formées par ces roches ; pour la voir bien distinctement, il suffit d'examiner les falaises du bord de la mer, l'escarpement de certaines collines ou des tranchées ourertes par le nivellement des chemins de fer ou l'exploitation des carrières, car lorsque le point de contact de deux couches se trouve mis à nu dans une de ces circonstances, on peut souvent distinguer, sans aucune diffical.é, ls manière dont l'uue de ces couches se continue au-dessous de l'autre.Dans d\u2019autres localités, on ne voit rien de semblable, les roches ne laissent spercevoir aucune trace de succession de couches et constituent des masses compactes.Les géologues distinguent dans les mstériaux constitutifs du sol deux classes de roches : celle de formation aqueuse ou nuptunienne et celle de formation ignée ou plutonique.D'après la nature des fossiles contenus dans 579 les unes se sont disposées au sein de la mer, d'autres dans des bassins occupés par de l'eau douce, et de Là encore une distinction importante à établir entre les formations lacustres et les formations marines.Mais, pour se former une idée nette de la manière dont la nature s produit toutes ces \u2018nmenses couches terreuses, il faut étudier les phénomènes qui se passent de nos jours sur divers points de la surface du globe.(A continuer) Dn.J, A.Cazvizs, L'OPINION DE M.CHAPLEAU Jeudi dernier, une centaine de personnes se réunissaient au St.Lawrence Hall pour présenter à l'hon.M.Chapleau un cadeau en témoignage des services qu'il a rendus à la cause nationale en défendant Lépine et ses compagnons d'infortune.Ce cadeau consistait en une boîte d'argenterie et un servize à déjeuner qui ont coûté $1,800.En réponse à une adresses, lue par M.Dasjvrdius, M.P., M.Chapleau a prosoncé le discours suivant qui sera lu avec intérêt : M.Dexjardina et Messieurs, .l'our répondre à votre bienveillante et trop élogieuse adresse, je feral ce que j'ai fait dans tout le cours du procès qui me vaut cette manifestation, \u2014je vous parlerai qu cœur\u2014ju n'écouterai que l'inspiration des sentiments que vous éprouvez vuus- wbmes, Vous avez bien voulu dire, Messieurs, que j'ai accompli uu graud acte de dévouement: je crois n'avoir accompli qu'un double devoir, celai qui s'impose à tout avocat à qui l\u2019on fait appel en faveur d'un malheureux, et celui d'un Canadiun- Français sur qui reposent les espérances d'un compatriote.J'ai fait ce voyage de Man.tuba, contrée encore lointaine pour nous, et j'oss dire qu'aucun sentiment autre que celui d'un devoir sacré ne m'a animé durant tout le cours de l'œuvre que j'al poursuivie.Il ne m'appartient pas de dire si j'ai blen ou mal accompli cette tâche, mais ju puis affirmer cn toute frau- chise que j'ai fait mou possible.En arrivant à Winnipeg, j'avoue avoir été péniblement affects par un fait que j'avais un peu prévu d'avance.Vous connaissez, au moins par our-dire, le caractère des Métis.lle tiennent de la race française la vivacité et l'intelligence, mais de la race indienne l'insouciance et l'imprévoyauce.Deman- dez-leur de faire telle où telle démarche,\u2014si vous leur persuadez que cette démarche est raisonuable, ils sont prèts, vt, entraînés par leur nature chevaleredque, ils pourront au besoin accomplir des acted d\u2019héroisme, mis pour eur l'action doit suivre immédiatement la résolution ; s\u2019il faut atteadre, lia.souci nce repeend sun empire, et ils attendent trop lunytemps.Quand je suis arrivé, rien n'était prépard pour lv gruud provds; les Métis attendaient encore.Mon honorable ami M.iioyal m'avait prévenu de ve fuit incontrôlable.La première question qui s\u2019est imposée aux défenseurs de M.Lépine, & été celle de l'illégalité de Is liste des jurés.Je croyais que cette liste avait étô préparee d'une manière illé- gals et dans une intention évidemment hostile à mon client, T1 me sembluit qu\u2019il était facile de la faire rej ter par la Cour, mais, consulté eur ce point, M.Lépine m'a déclaré formellement qu'il ne voulait pas du ces procédés dilatoires, qu\u2019il voulait en finir au plus tôt, sans s'inquiéter si une nouveile ltate lui offrirait de meilleures chances d\u2019acquittement.J'ai dû véder à ce désir, plus chevaluresque, je l'avoue, que prudent.Vous connaissez, Messieurs, lv verdict des jurés.Ils ne m'appartient pas de l'apprécier, mais il m'est permis de l'expliquer.Vous savez quelle éducation politique ou publique ont reçue les Métis.Cette éducation leur ext venne do deux autorité: différentes, je puis dire de deux tutelles die.tinctes, 1u\u2018is dont l'influence & été identique.La Comprgaie de la Baie d'Hudson & été pour eux, en thèse générale, un gouvernement paternel, bienveillent et préoccupé de leur faspirer, en mème temps que la confiance, le respect de l'autorité constituée.Tris-liborale dans les transactions journalières, faissnt uux Métis des avances considérables, sans exiger d'autres garanties que celle de leur honnêteté persnnnelle, cette compa- guie leur inspirait une légitime confiance, et cetto confisnce opérait chez ces esprits defiants comme le moyun le plus «fB- cace de gouvernement.La Compagnie en profi\u2018ait pour donner à son autorité le prestige et le caractère d'un- institution sacrée, Du là, chez les Métis, un respect tout particulier et dont nous avous peine à nous faire unc juste idée, pour le pouvoir constitué.D'un autre côté, vous savez, Messiours, l'influence blenfai- sante, mnais prépondérante exercée par Is religion sur les po- pulstions du Nord-Ouest.Depuis les temps déjà bien éloign 8 où Mgr.l\u2019rovencher, de glorieuse mémoire, plantait la croix au milleu de ces vastes solitudes, jusqu'à ce jour où.Mgr.laché, continuateur d'une œuvre vi sublime, consacre sa vie à la diffusion des vérités évaugéliques, l'auturité de l'éplisea toujours êté respoctée, à toujours exercé son empire sur l'esprit de ces populations qu'une nature sauvage et grandiose emule préilis- poser aux idées religieuses.Le métis est sincèrement reli- gienx ; c'est sa gloire, et il trouve daus l'habitude du respect pour l'autorité ecclésiastique, une consolation es mème temps qu'une garantie pour ss gouverne dans toutes les chones de la vie.Cette double influence civile et ccclésiastique & dû Laisser une empreinte profonde sur le caractère des Métis.Tour eux l'autorité, c'est tout, et ile ne pourraient en secouer le joug qu'en croyant obélr à une autre autorité, exerçant sur cuz un empire plus absolu.Vous comprendr s ainsi facilement pourquoi les paroles du Juge daus l'afisire L-pine ont tant influé sur l'opinion des jurés.La voix de l'autorité se faisait entendre, donnant, je doia le dire, non pas seules ment des éclaircissements eur la cause, mais en réslité dus injonctions; ils n'ont pas vu au-delà, Île avaient prêté serment, et ils ont «ru devoir obéir aux instructions du Juge plutôt qu'aux eupplications de l'avocat, Je ne discute point leur verdict, je lo constate et je l'explique.Où dira peut-être que les jurés dans cette circonstance out été trop obéissauts, ou méme trop naifs ; pour ms pact, je ne puis m'empécher de dire qu'ils ont agi avec une honnêteté digae d'sdmiration, bien qu'un verdict didérent eût pu être donné honnétement.{les roches d'origine aqueuse, on reconnaît aussi que I bs Quoiqu'il en soit, Messieurs, 1] me semble que ce respect de l'autorité, si évident ches les Métis, devrait faire comprendre à nou gouvernants que ces bommus-là nc sont point des ennemis du trône ni ces révolutionbaires ; ce sont des hommes d'ordre ef, primettez-mol cette expression, du bols dont on fait les bone citoyens.11 me semble que l'homme ni distingué qui préeid- à nou destivés, Lord Dufferiu, un véritable homme d'Etat, compreudrs facilement que la Reine n'a pas du moil- leurs rujets que les Métis du Nord-Ouest, et qu'une amuistie générale serait le moyeu le plus sûr de feconquérir leur con- flance ut de Jea rallier au grand œuvre de le fondation d'vae uationalité durable sur ce continent.Je puls rappeler icd un mot de M.Lépine lui-même.Un jour que j'ailais le voir dans es prison, je lui demandal, avec la liberté qu'un avocat n le privilége d'exercer avec son client : * Dites-mnoi donc franchement, mon biave Lépiue, n'avez vous rien à vous reprocher dans toute cette affaire ?\"\u2014\u201c Eb Len, monsieur l'avocat, me dit-il, je ne suls pas plus religieux qu'un autre, mais j'ai été À confesse plusieurs fois depuis is murt de Scott, et je n'sl jamais parlé de cette affaire-là à mou vonfesseur, parce que c'est l'intention qui fait le mal, ct je n'ai jamais eu intention de faire de mal à personne, Nous avious un gouvernement dans ce temps-là, et j'ai obel au gouverue- ment, D'ailleur-, je suis assez furt, assez courageux et asses noble pour attaquer un homme ea face sans avoir besoin de l'axsasstner.\" L'hutime qui me tenait ce langage est, je ne crains pas de le dire, respecté et aimé de toute la population, dus Anglais soie des Métis, 11 possède une instruction très-passable : il ent intelligent, brave et jer comme on dit dans le pays.Je ne veux pour preuve de ss nature chevaleresque que lu fait suivant: Voun savez que Lépine avait été admis à caution ; ob bient le jour où il s'ent présenté devant la Cour, ce cautionne- tnent n'avait aucune valeur.Il aurait pu traverser ls frontière et narguer ses (accuésteurs, sane même craindre que ses cau- tioux fussent inquiétées.I] esvait tout cela, et cependant il est venu ve livrer, Et moi je me d's que l'homme qui pousse ausai foin fe >crupule, ne peut pas être un meurtrier ! Messieurs, je veux vous dire fci que M.Lépine est marié à vne femme digne cn tous points de partager le sort d\u2019un homme aux pri-es avce l'adversité, spuctaclo digne des dives, au dire d'un orateur payen.Je l'ai vue au moment où ellu venait visiter son mari, à Is prison.ct je dirais que j'ui été heureux de la connaître, si la vue d'une mère de douleurs pouvait luiseer autre chose ur le cœur qu'une impression pénible, Lépine venait d'être condamné ; à femme, brisée par cet effroyable mal- Leur, voulait cependant me remercier de mes inutiles efforts ; mais elle ne pouvait parler, l'émotion la suffoquait : elle me dit adien au milieu de eus sanglots, et elle m'écrivit ensuite la lettre suivante : Kr.Bonirace, 3 Nox.1511, AJONSIEER, 11 m'est impessible de vous laisser partir de Manitoba sans vous adresse un mot, pour «xprimer un peu ma trop juste rvvopnsisgance pour ce que vous avez fait pour mon cher mari, pour mes enfants, pour moi.Jamais je ne pourrai vous ou- blues ; votre nom, permettez-moi de vous le dire, sers prononcé avec vonération par uous lous.J'apprendrai à mes petits enfants à Je bénir, à le porter au pied du Trône de l'Eternel, et si Dieu veuc exaucer la prière de l'épouse aflligée, des enfants privés de leur soutien, de lear bonheur, oui, et le Dieu Bon et Juste ne peut lu rejeter, les bénédictions du Ciel vous accompagneront en tout et partout pendant cette vie que vous dé- p- naræ pour le justice, pour le bouheur des autres.J'aurais deniré vous prouver ma vive gratitude, où du moins vous l'exprimer de vive voix ; mais quand j'ai eu l'avantage de vous rencontrer hier après-midi, j'avais le cwur trop brisé.Je suis pourtant un peu remise ; lu résignation, la générosité de mon cher mari me donnent du courage pour supporter l'épreuve.Au reste, le Bon Dicu qui irappe d'une main ne lusiquera pas de consoler de l'autre.l'ermettes-moi Monsieur, de me joindre à M.Lépine pour vous souhaiter un bon et heureux voyage ; nous n'aurons qu\u2019un -«eur et qu'une voix pour vous souhaiter tout le bonheur pos- rible sûr cette terre, Je demeure, Monsieur, Avec respect ct une reconnaissance éternelle, ©.Lérise, (née Marion.) A.(narceav, Eculer, 1 à Winnipeg, P.M.à Messieurs, la voie douleureuse parcourue par cette femme forte, je l'ai parcourue moi aussi eu grande partie.J'ai laissé Montréal plein du courage, d'espérance et d\u2019ambition ; j'ai travaillé avec toute l'énergie dont je suis capable, et j'ai succombé, j'at vu condamner le brave Lépine, Atterré par ce premier coup, j'ai dû recommencer I» même travail pénible pour défun- dre Nault, une autre victime des troubles du Nord-Ouest.Plog heureux Cette fois, bien que lu cauee füt plus difficile à défendre devant le même tribuval, je n'ai cependant pas obtenu un succès complet, car Nault ent encore dans les fers.Beul, Lagimodière est sorti de prison et jouit maintenant de cette liberté semble indis- peurable aux robustes enfants de la prairie, Mais je dois le reconnaître, dans cette épreuve j'ai été souteau par les sympathies dus habitants de la province de Québec.Mes amis, et même Quelque w-uns de m 8 adversaires politiques m'ont encouragé de leur approbation et de leurs conseil», et cn arrivant à la Rivière Rouge, l'exemple du vénérable évégne de St, Boniface 8 été pour moi un guide aseure.J'ai vu Mgr.Taché qui, depuis cing ans, à partage toutes les épreuves dee Métis, et résumé, pour ainsi dire, dans sa personne toutes leurs souffrances; j'ai vu ce vénératle prélat, brisé par ls douleur, à lu suite d\u2019un accident péuible, se faire porter aux piede du tribunal pour déposer devant Dieu et devant les hommes des faits qu'il & von- bus et desquels ressort la justification du peuple si cher à son «œur, et il m'a paru qu'en presence des souffrances morales dont ses traits portent l'empreinte, j'étais mal venu à me plaindre moi-même, que j'étais plutôt heureux d'avoir pu m'identifier un instant avec un homme dont l'histoire devra honorer le souvenir, Messieurs, en m'offrant ce cadeau vraiment princicr, vous avez bien voulu frire allusion à mon prochain mariage.Je vous en remerciv, et je crois que vos bon souhaits me porteront bonheur, Les animosités s'effacent, les actes de malveills ice s'uul-lient ; mais les témoignages d'amitié restent dans le souvenir, ct soyck convaincus, Messieurs, que jo me rappellersi toujours cette fète d'amis comme un des plus beaux jours de ma vie! Lu Theatre complet de Camilis Doucet, do l\u2019Académie française.2 vol.Michel Levy.Voilà un régal comme il en est donné de temps en temps aux délicats : lire les deux volumes dont Je titre cut on tite de cette onusorie, ut par ces temps anti-littéraires, causer fatale Hèrement avec l'esprit si fin, ei lottré quis écrit Ia Considération et le Fruit défendu, Est-il nécessaire d'analyser ces comédies?Non, La plupart les ont vues, Ceux qui ne les out pas vues les connaissent de renowmuée ; pourquoi amolodrir ces œuvres par une étude froide?L'étude, d'ailleurs, n été faite, et de ruxin de maître \u2014par un maître, M.Jutes Sandeau, directeur de l'Académie lors de l'élection de M.Camille Doucet, ot qui fut chargé, comme tel, de lui répondre.Vos comédies, disait M.Jules Sandeau, sont toutes écrites en vers, ét certes, il vous avait felu quelque courage pour adopter cette forme et lui demeurer fidèle, dans une époque où In presse elle-même tend de plus en plus à se mettre à l'aise, et où il est sérieusement question de supprimer le style cominu un embarras.Votre vers, il est vrai, juilliveait vi librement d'une veine si franche ; 1] so ployait avec tant de souplesse aux exigences du théâtre, .que je crolrais volontiers que vous ue pouviez donner une autre forme à votre puosé«, sl vous ne venies pas de prouver ici le contraire.; Et ailleurs, M.Jules Sandeau rappelant que M.Camille Doucet succédait à M.Alfred de Vigny, petit cousin de Kognard, ajoutait : ; Si le comte de Viguy avait pu prendre part à votre élection, n'en doutez pas, c'est la voix de sou couvin qu'il vous aurait donnée, car votre dialogue a ce tour vif, alerts et rapide, qui vous rattache à la famille de Kegnard.Certes, voilà un éloge aussi maguitique que mérité, doublement magnifique, parce qu\u2019il était prononcé, en pleine Académie, au milieu des illustrations françaises, et que le juge #'appelait Jules Sandeau.Qu'\u2019ajouterions-nous à cela?Rien.D'ailleurs, le but de cette causerie cet moins de parler de ce qui est connu, que de ce qui cet presque ignoré, par notre génération littéraire s'entend.Ainsi qui savait, parmi nous, lus nouveaux venus, que M.Camille Doucet avait fait une revue ?Oui, une revue! intitulée: de Dermer Panquet de 47.Oh! rien de politique; c'est un pocte qui parle, un pocte qui ne veut pas déchoir en faisant descendre son inspiration au niveau deg banquets d'Odilon Barrot.Le pocte est celui qui vrée - pourquoi voudrait-il s'associer à ceux qui détruisent?Ah! où sont-elles ces actualités de 1841, que l'écrivain raille d'un vers si libre et si plaisant! Où seraient-elles plutôt, si le publication du Théâtre complet de M, Camille Doucet n'était venu les rappeler à ceux qui les ont conaues où les apprendre à ceux qui les ont ignorées ?Le jour de la première représentation du Dernier Banquet de 47, le 10 décembre, il y avait trois comédies qui se jousient : deux sur la scène, l'une de M, Camille Doucet, l'autre en cinq actes, de M.Ancelot, et la troisième dans la salle, Voici l'histoire: M, Camilie Doucet, avant d'aller au suppiice,\u2014qnel aupplice qu'une première !\u2014dinait en famille près de l\u2019Odéon, eon théâtre.Tout à coup on vient lui annoncer qu'un jeune homme le demande.II quitte la tible et se trouve en pr svRce d'un étudiant qui lui dit : \u2014 Monsieur, j'ai cru de mon devoir de venir vous prévenir d'une chose.\u2014Laquelle, monsivur ?\u2014Le public croit que votre pièce est réactionnaire, et vi-nt avec l'intention de vous sifiur, Quelle entrée en matière pour un poéte, quelques heures avant que la toile se lève sur son œuvre\u2019 M.Camille Doucet palit: mais enfin, comme l'auteur dramatique a cela de com- run avec lo guitloting futur, qu'il ne peut pas éviter l'exéeu- tion, il part, arrive 4 1'Odéon, et monte d'un pas ferme ces do- grés de pierre, ou sont venues se briser hélas! tant d'espérances! Il regarde par le trou du souffleur.Une salle! oh! une salle effrayante! Des têtes échevelévs, Ces regarda furibonds.La toile allait se lever sur la première pièce, une co- mrdie en cinq actes, de M.Aucelot, nous l\u2019avons dit.Le premier acte se joue au milieu d'un brouhaha terrible: si terrible que le régisseur doit veuii de la part de M.Camilie Doucet, dire au pubtic : \u2014 Messieurs, M, Camille Doucet sait qu'on doit siffler sa revue : eh bien, il vous prie d'être patients jusque-là.Siffics la seconde pièce si vous voulez, mais au moins écoutez ls première! Le public comprit-il tout ce qu'avait de charmant, de spontané, ce généreux, cet acte de grntilboinmerie littéraire?Toujours est-il qu'il se lut et écouta.M.Ancelota cu assez de &rande succès pour qu'on puisse avouer une de ses chutes.An milieu du troisième acte, ta monsieur placé l'orchestre pousse un béillement si énergique, st profund et sonore, que touts la salle part d'un éclat de rire.Les cris se croisent : \u2014Ne continuez psc! ne continuez pas! Passous tout de suite à la revue! Et c\u2019est ce qui fui fait! ('hose unique au théâtre, Ia jidce ne fut pas terminée, et l'on passe à la revue.Le hasard veut qu'elle commence par un chœur sur l'air à la mode de ce temps-là, du Chevaltr de Marson-Rougr Mourir pour la patrie! Toute Ja salle entame le couplet.ulle est désarmée, écoute: applaudii ; ce fut un grand saccès.Mais il n'y s pas qu'une revne charmante, parmi ces œurres de début de M.Camille Loncet que nous voulons rappeler au public.Uuvres le premier volume, à la puge 263, et lises d'on bout à l'autre ces ving tpages remarquables, intitalées : le Choint du cygne.Ce n'est qr'un court monologue, iequel, écrit pour Frédérick-Lemaître, fut joué par Bocage, à l'Udéon, le 20 févricr 1843.Il ÿ à là-dedans nn soufilo, une inspiration puissante, qui font regretter que M.Camille Doucet, lié\u2014il le croyait, du moins, sans doute,\u2014par do hautes fonctions officielles, ait cru devoir trop souvent s'arrêter, et rogner un peu les ailes de «amuse.Nous voulions citer quelques-uns de ces vers, peu connus comme ceux qu'out écrits au début In plupart des potes devenus célèbres ; male nous n'osons faire un choix : il faudrait tout citer.En somme, il faut louer la librairie Michel Lévy d'avoir réédité ces deux volumes.Le théâtre est tombé dans de tels excès de réalisme, on étale sur ls scène des plaies si honteuses, Qu'il est bon qu\u2019on voie que judis le succès pouvait s'acquérir par des œuvres saines et furtes.Le Théatre complet de M.Camille Doucet sers lu et relu par tous.Publié it y & huit jours, il nurait déjà vingt éditions, s'il l\u2019était par tous ceux que fe poéte des Ænnemie de lu maison, cette plèce exquise qui n'a jamais quitté le répertoire, n aidés, encouragés où défendus.Com- L'OPINION PUBLIQUE \u2014\u2014 È 26 NovEusre 187, bien, parmi les littérateurs d'aujourd'hui, à l'Ac - l'Académile, qui lui doivent tout ou partie de hn Est-il beaucoup d'écrivains dont on puiwe on dire bi Après le maguifique éloge de M.Jules Bandeau, c'est oat: louauge qu'il soit permis d'ajouter, Auger ppg = On va bientôt commencer ls construction d'u ; nivr militaire au jardin d'acclimatation à parie by con.Les étude faites par le ministère do le guerre et radin tion des postes out, en effet, démontré la heen ii ) France, de posséder un système de télégra, ¢ Bussie, l'Italie, l'Autriche et l'Allemagne pue ve as que La Le pilgeonnier du Jardin d'acclimatation serait tac parait-il, d'après le plan qui a svrvi à la construction du Li geonnler de Berlin.11 doit être aménagé du façon à recor\u2019 deux mille paires de pigeons reproducteurs.La direction d cet établissement type sera chargée d'élever et d'entraîner dé pigeons de race qui seront ensuite répartis entre les dit cr ote postes militaires.Un doit arriver, daue un avenir prochain u pouvoir retier, par ce moyen, toutes los places fortes ls Frag.En atiendant, on cherche à dévolopper dany notre pare goût des concours de pigeons voyageurs.Un peut voir eg : moment su Jardin ('acclimatation une exposition de piges dans laquelle figurent les vain jueurs des \u201courscs d-6 trois det.nières années.° Les races anglaise ut bulge y sont représentées par des types admirables.Cos oiseaux, achotés par le Jardin d'avclimata.tion, portent encore sous l'aile les cachots imprimes qui indiquent ls société Colombophile à laquelle île apparteusieur précédemment et les prix qu\u2019ils ont rempurtcs, Depuis 1873, il nous & été permis plusieurs fois d'assister à des concours de pigeons voyageturs, Cest vraiment Qu ep tacle curieux daus tous ses détails.Les plgvons d'i6 nous avons vus étaient, pour la plupart, «,.voyés à Paris par dus sociétés bulges.lle arrivaivut par I gare du Nord, enfermés vingt-cing par vinsi-ang dans des paniers d\u2019osier, longs ct plats, garnis sur les cites de mangeoires et de petites ouvertures pour le passage de l'air, Le moment de la course venu, où dispose tons ces panier sur une même ligue, comme les chevaux sur la piste, Un signal est donné, et aussitôt des hommes d'ey'tijr sould.simultanément tous les couvercles.Les pigeons sont libres.Surpria par ce brusque passage de l'obscurité du panier à la lumière du jour, ils restent indécis pendant qu 1 ues seconde puis, tout à coup, c'est Un cavoloppement imai-nse, ana \u2018Fous les oiseaux piquent droit sur le ciel.Ou -Krait na graui nuage roux qui s'élève de terre avee un bruisBem-nt datlvs.Arrives à Univ certains hauteur au-dessus des arbres et du toits, les pigeons prennent tous la direction da Noo sae Qu'un seul d'entre eux ait pu s'urientér où avoir le meco lie doute sur Is route à suivre.Encore ua fait intéressant à sign iler.Le pigeon ju voyac- De maoge pes, Si la distance à parcourir «st lonz'ie, 1 va toujours sans s'arrêter pour prendre de le nourriture of if a rive enfin, maigre, épuise, mourant.St où lui pres bie alors des graines, il les refuse.Il a contente de boire ut uu Jess.puis il s'endort.Deux heures sprès, il commence 5 manx © avec beaucoup de modération, et se reniort Îmwiné fiatement après.Si la course qu'il à faito à vt très-longue, le pieron = traite ainsi quelquefois pendant quarante-huit bourrs avant d revenir à &a nourriture normale.N'ust-ve pas la uu\u201c proivs admirable d'instinet?NOS GRAVURES L'AMNISTIE Cette gravure est tout un article de journal.levi des populations fait pencher la balance du boa cit», celui du sens commun et de la justice.LA HOREMIESNE Cette bohémienne, nos lecteurs la conna- Guilda dans ses beaux jours, l'héroine de l'A uc remet lu veille de son mariage.ent, Cet LE LENDEMAIN DE LA CEMVETE Au milieu des algues encore couchées par l'orage qi à chassé le flot sur ln grève, pendant la darnie:v nu:t deux pauvres femmes sont assises.s'intéressint aux eflorts des sauvetours, qui cherchent à ramener sr la rive une embarcation échouée.Hélas! ceiuiou ceux\" 1s montaient ont disparu.Un reconnait à | air triste e abattu de ces deux infortunées combien e-! grand leur malheur: elles ont pordu ce qu'elles avaient de plus cher, les soutiens de la famille; mais leur air résizné indique aussi que c'est un malheur auquel s'attendent tous ceux que la destinée à condamnés à cette lutte éternelle ave 1a mer.Elles avaient déjà perdu tout espoir.coucou Scène de famille, vieille comme le monde.nouvelle.Elle plaira à Loutes les mères.et toujourt LA PARTIE DE DONIXOS Ce tableau est digne d'être remarqué.représente, vingt fois chacun de nous dire: c'est la nature prise sur le fuit.D'un coup qui va décider de la partie.tention, quelle variélé d'expressions sur cc* nés tous vers le même objet qui est le nu position, et qui en fait l'unité.C'est d'un ren L'expression en est forte ; elle se grave dans la 7! pa _ | 96 NovEMBRE 1874 = mo = if 582 I 7 7 W in i im my \\ Ÿ i} ii ' eu 4 | : | eh T | y 4 0 Ÿ A | .7 ; j .J ; I i # qu i \\ | a bi y + i Wh 4 7 il i ) i wi # hy Ji i! i / I Nh / | I | | 0 aN Shy A) JU ç 7 i Il 7 i ÿ : it ÿ i | Ÿ; N NS i j Vi i à i i i I / | i fi Se» 7 \\ | 0 i y VU) fé es 0 \\ W i 7 \\ i | ÿ 7 SONY | a 7 M M WL Ji 7 RTA A \\ Ÿ Ww / Ÿ fi RS, os UN N a Ÿ SE My Mh lh S ON 7 i of (ng) a as Se SN S an Ne 7 cs = 2, 0 CF 7h 7 7 = | 2k W i ON iz = re ny 4 J Lg 7 EE SAN z A | A 5 N VY 2 2 GG 2 A 77 Ta = n 7) pi Ÿ i TH 7 > / 7 3 CLARA c Fun = Hi A A2 77, \\ IA \u201ci 40 v0) A PE = yi HA 7 NN oi N 7 Z % KO 3 i EN L'OPINION 174 3 J ve Jr es fe f i tw pe i, 24) ih 7 og .ÿ 7 LI i 7) i! 17 0 4 M ) I bl # 4 i} LA BOHRMIENNE = AN 7 ; i i = il A | 4 i W 4H = L 8 i / k i \u20ac = = ES ES 4 \\ v { = 4 R= es rt / D) 1 a = Rad) fi N Ÿ \u201cÀ LA a S 3 IX 2 PUBLIQUE 4 il ry Z Zu == Se Ed 4 Ce = RS (7 À \\ AS NN Ea x = me PL pe / À & \\ ù \u2018 « Ed Ey N NON N |, À = N \u2019 SE N Wil 7 J $ NS SN pa - S va A 2 = OW 2 lh i N v Ju i NN NEN S SN \u2014_ CS = ES: wi \u201c XN = OS 3 es DQ NS S S 5 a I = == MN PE >» i S x) = 4 7) \\ N J A \\ NS SH = RS A 2 À .N W ) le NS 3 > S / \" 1 X [4 / 5 = S N pe 4 : Wh NU \\ 4 ; J wi DN = 4 4 S 77 nN J A I / \\ WN de % a i UN ly i 7) ss NS >> 7e y 7 in 7 i 7 NS \\ N NN \u2014 ~ 0 i 7 ÿ A N I = = HE Ji h fn wm Ve Rn = = S RE i 2 rs PE a oy 4 fi = 3 NG tones == es 07) fi ÿ SN NN + Fes ee = 77 ps fr 4 7 Ÿ 7 U S BN a 5 pp = ies Be 5; [1738 D fh Ses Re = = == = = ES SA Zl fi 7 7 7 7 7 7 Y A NN 3 N N SN ÈS a na Pi Pan 4 af wh vi 7 v A 7 7 va Wis i il GG ya 7 NN N SE pe a 3 W x =.NS > > ® /- = A À & = 3 ma 2) bass > SS \\ à ON re qe Nr y NN = = AN Ÿ WN == J Ÿ « Ne SAN SE / A oS i RS = A miss SOR os i A N a k Ÿ Y == Ran = Ta, co \\ 4 4 ; = NS I 3 ji Au ; i\" ifr A ss : x Al A \u20ac 4 RX ny À 2 WN LS 445 = : ; RB = NY A DN \\ À MN 4 LD Na EN NS x 4 = EN 1% Ta 3 Ny EA = 4s & Fe) À = by 3 5 à NS ET CN pes TY IS NS AR ss = Es S oy CoE JE N Fa ES si À sf - 3 hs oes Na oY | ory 2 i pe x os SRI S NN 5\u201d zr > Le 2 bh N su \"ex =, n 7 ON 47, 5 RR A \u20ac x Po IRE | Sa X RR ia 7, oes re N RR A = add N = SE sers = 7% =H Zo = Fh = 7 => = 2 EE es J N I SN Sot NS SN Jf Fr, LA UN = J =.v ILE aE GE EZ 7 À pet hs BI SEAN od FAN QN ; N (A S 3 > = ES Sav CERRY Sn = NS Ÿ \\ vr pe bid Xs EN ns Leur = > aad = 53 Sa Na NS A 254 = gs pz) a oy wha PROS i \u2014 ES = ex LF See 354 To A \u2014 ee pas a he Pad fs NN = ed To add \u2014r va = rr = EC = TD A go Aen 2% 0 pA al Le 2 5 N A gm me td = =.= SA NS PA) PE = q \u201c+ pa \u2014\u2014 aw a ep Ti CS -\u2014 2 Ÿ bd A; SN a wa LY ae = lg get + ~~ \u201cNT RY = - = ancre\u201d RAS RAGE ova Te ey =- = Sas gy me Ta $ hay NE NE va te -\u2014\u2014 te N AS i TR a Se BURT TG ARI mu ce TL ce a À 3 SH rs LS SN ee SN D sa => SES __ S082 = 05 FY hE pet 2 \u2014 : = NN ne = RS ss A Ea 5 & == peas pd Le tS nez = ae) px hd = im ESOC a.\u2014 Fy Ta STE NRE = Dé cie o_o Shika ven] =.= = = =: = = == L'OPINION PUBLIQUR == = = 2 = == = = = es aim = = == x === = == == LE 2x, Fee me Stat Se = = =r = 3 % = 4 = z = = = == = = = (22 2 == == i == + ~ od = = = # + Da = = == Fa A #= nes = Fou a.ER = ==: sx == ze\u201d = = = = = Less @ = = m\u2014 i= = + £ = == sen Sex Tos PES Ee A + = = 75 Lu ps or - = = = = x = = 5 == Fg = = x 5.he Te = = 5 Sag x Z = 4 = HE.= = Le = == ard et pes ss => XA =I = = = = Æ = + == hy = 2e = og se A ZZ = TEs 7, il = Zong 2 E oe ë EE == En 25 === Eo == = = = = 2 à FES ee 3 = Es =: 2 Fa ge, A we fd | + 2 5 = 2 = fan = = = = = 5 L = x a ES = sas mu «+ 562 EE = ay = = = \u20ac.Aa aa Ee x pis = ie eg == = = Ej 3 Zea cu =k > = a, = = ze a.= esol a a o 24 96 NOVEMBRE 1874 \u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014 rr i] 584 ce im ma pao _ = Le PRES set eZ J Ve \u20ac es rp RG Ë PS ë = 4 (LO) 3 Toe EE 74 4 À ne Go & G mr he S py po A mx 3 ( = 28 = ESS ES I.Lat == ord A PERS = 2 [2% pe.ES ey ne\u2019 wr ak: = Cu pi à , (5d - EN = LES ER HB.| 24 = À he | Pre top a = FE 5 5 A \u2018) = ar bY on Le, = Far = i 0 oA = VA, 2 ff > = == oy | ee = D SS ; = == 3 / 753 re a pa Pa amo meer pa pn EE CRE a Pd RC ES ee = 3 : igs ps VS = À == = B A 0 SE = = LE == yf \u201c8 & vf h 3 \u20acorco ji = v v Lp _\u2014 = == - ca ; \u2014 | cs, = Zo 221 4 a Stems 2 LA PARTIE DE DOMINOS (8 en \u2014\u2014 a H 7 F £ > bE M à =i Le a [23 A 2 Foyer A ota Sa Sr Se) a press LUE 52g 3 \u2014\u2014 SU L'OPINION PUBLIQUE a y ri 72 PO mad} Fe] e Sala iy y! à = \u201cFes 2% Cie SI ie i Y ee as ce.1 Le fi rie Z BJ = EN are am de.24e Led 2) - 3 Ae a 4 J fa a < 2e -~7 Ps = im Pres Foe) = : EE Ty AE CS ap ds = à FT me an x= 3, x A Xe rs > Fr à 1] À \\ \\ i Ad > P d = ik =] = \u2014 rE rey At x pa 153 xd \u2018A =X à ê in = a = #\u201c, 2 3] ! : : \u2014 temp À @ oy d 7 fo > P - PNA S à LE 4 JET a = pu Esa = r=! == = = FH JAS = os rs on _ #4 7 Es pr pre a 20 pe Ex \\\\ N gd 2 NES 1 = bp, kb # STA aa 26 Novewere 1874 ny NoveusRE 1874 ei AVIS MussiEuus Paré +1 URaVEL, 32 Cote Sr.Lamoert, ont été nommés agents de L'Upinion l\u2019ublique pour la ville de Montréal.Ces messieurs sont sutorisés à prendre des abonnements et des annonces pour ce journal.TOPINION PUBLIQUE JEUDI 26 NOVEMBRE 1874 BULLETIN Nous attirons l'attention du lecteur sur le discours «de lbon.M.Chapleau que l'on trouvera dans une autre colonne.Cet éloquent discours contient une explication intéressante du verdict dans le procès Lépine, explication qui corrobore celle donnée par L'OUpinion l'ublique sur les motifs honnêtes auxquels les jurés métis ont otéi, oe La nouvelle loi électorale vient encore de faire une victime, et cette lois elle a choisi le premier de nos hommes politiques.Sir John A.MacDonald, dont l'élve- tiun était contestée devant les tribonaux, n'a pas attendu la tin de l'euquête, il a donné de suite su démission, déclarant qu'en effet son élection était entachée d'iiléga- tite, mais qu\u2019il n'était pas personnellement responsable ae ces tlle alités, Interrogé sous serment, il à rendu un témoignage franc | et complet, Il a «lit carrément ce qu'il avait fait, avouant sans détours qu'il avait fourai mille piastres 4 son comité électoral.Cette attitude contraste singulièrement avec hs réticences de Certains témoins dans des causes sem blables, hommes Aubiles qui trouvent le moyen d'obtenir de l'argent de tous leurs amis sane même, parsit-il, leur en demander où leur dire comment ils l'emploieront.A quot servent ces échappatoires, sinon à compromettre davantage, dans l'esprit des hommes droits, ceux qui les iaventent\u201d Mais ce n\u2019est là qu'un détail, et, après tout, la consola- ton ext tigre de pouvoir dire jue Nir John est resté digne dans un procès humiliant.Car c'est une véritable humilistion pour un homme comme Sir Jobn A.Mne- Donaisl,\u2014le premier nom du pays, un nom connu en Europe.\u2014d'être obligé de venir avouer cn cour qu'il à \u201cit, pour être élu, l'œuvre d'un cabaleur vulgaire, qu'ila visité les estaminets de Kingston au bras de quelque wiogne aimé de lu populace.(\u201cest humiliant pour lui, \u201clis0n- nOUs: nous nous tromipons, c'est bumiliant surtout pour le pays.Qu'est-ce que notre société, qu'est-ce que notre démocratie, qu'est ce que la liberté chez nous, si 1-s chefs de la nation ne peuvent obtenir la faveur popu laire u's Is condition d'aller, à périodes fixes, putauger \u201clang la boue des derniers rangs, d'oublier le respect qu'ils se doivent 4 cux-méwes, de cesser d'agir en yentlemen?Cet etut de choses est propre, tout simplement, à dégouter de la vie publique les hommes les plus en état de rendre ! seivice, À la vorité, le témoignage de Sir John peut être une tévelstion pour l'étranger, mais ne surprend personne ici.i Chacun sait yue tous les députés\u2014snns une seule exce] tien\u2014-sont dans le méme cas, et que sl toutes les élections avaient été contest: es devant les tribunaux, elles aursient toutes été annullées, à moins d\u2019un accidenf de la procédure i ywdiciaire, Lour l'honneur «du pays, il faut que les choses changent, Lo E aux légistes de Sa Majesté pour savoir si nous sommes a nes 2 nant à St.Pierre de nous prêter ses clefs.Le juge Mon« i \u201col cbréihonies i tra py a j ; u il était logique, étant admis son point de vue.Mais ordonner l'inhumation dans le cimetière principut sans les cérémonies religieuses c'est être inconsé quent, var si la cour de Londres \u201c reconnait le droit de force: la main du prêtre, elle n'aurait pas dà se contenter d'une «lemie mesure, elle aurait dû accorder à (iuibori une réparation complète.On se demande maintenant ce que va faire l'autorité ecclésiastique.Dimanche dernier, l'abbé Rousselot, curé de Notre- Dame, a tenu du haut de ls chuire à peu près le langage suivant : « Mes Frères, vous avez tous lu les dépèches qui annon- # cent la fin du procès \u2018tuibord en Angleterre.Ces dé.* pêches sont au nombre de trois, et elles s'accordent + toutes sur un point, savoir: (Guibord devra être enterré Wdgns le cimetics principal sang (es rérémonies religieuses, ! «Comme nous n'avons pagencore le texte du jugement, | \u201cje ne puis vous parler en pleine connaissanze de cause de la position qu\u2019il noûs fait: mais vous avez droit |+ cependant dès nujourd hui & quelques paroles de votre *- curé à ce sujet.et voici ce que j'ai à vous dire sur le i+ point également constaté par les trois dépêches.+ D'abor:l, la cour de Londres declure que l'enterre- \u201cnent se tera sans les réremonies religieuses.Ur, Vous \u201c savez que la sépulture ecclesinstique, c'est-à-dire, avec | + les cérémonies religieuses, \u2018était la chose principale re.So clumee par institut Cana-liea et crdonnée par la cour | + de première instance à Montréal.Je «dois donc féliciter |\u2018 les juges d'Angleterre d'avoir été assez bien inspirés i & pour ne pas comiman ler à un curé ¢ atholique du Canada j* de mettre ses vétemunts religieux et d'aller Jeter de | + l'eau bénite sur la tombe d'ua de ses paroissiens.Ce 6 serait ls, vous le comprenez, un attontat aux justes li- Le bertés de l'Erlise en © pays.Ni ce jugement ne va + pas plus loin, il nous sera facile de nous y conformer, | car le cimetière a été aggrandi eue torrain nouvelle {+ ment achevé n'étint pas héni, nous pourrons y enterrer la dépouille de Guibord sans enfreindre n°3 règles PINION PUBLIQU « disciplicsires.| © Mais si le jugement allait jus qu'à nous ordonner d'en- | = terrer tieiburd en terre bétite, nous le déplorerions pro- < fortément.Ce serait un véritable acte de tyrannie qui, ++ loin de «levenir un succès pour l'Institut Cana-lien, tour- \u201c+ perait à sn honte.et en fersit un objet de réprobation « dans tout le pays et aux veux du mon-le entier.\u201d ; ol are en eat là.| Le Tumes de Londres se prononce en faveur de l'am- *nistie pour le Manitoba.Une dépêche transatlantique , doune l'analyse suivante «le son article : Le Tunes demande la commutation de la sentence de Lépine.Hi dit que les actes politiques des mécontents de Ja Riviere Rouge ont «té complétement oublies, et que la mort de Scott était si étroite:nent sous 1evatix objets politiques de la rébellion, que les hommes d'Etat ne peuvent jus la considérer comme un meurtre ordinaire.la mort de Lépine ajouterait brutalité à brutalite, \u2018t catacherait l'histoire du Canada d'une infaiuie dont les fils de ceux qui demandent ke mort du condamné auraient ; Lonte.Cette opinion «du, grant journal de Londres est un indice sûr de l\u2019opinion du peuple anglais.Uscar Doss.el que nos mœurs evient refurmées de facon, au moi\u201d 4, a\u2019 ve que nos chefs ne soient plus obligés «d'exposer leur dignité, La tentative des libéraux de prouver, même après as deuission, des faits de corruption électorale personnels à Nir John, atin de le rendre inégilible pour cing ans, est tres mal vue en genéral.Un dit avec raison que, tous les députés étant égulement passibles d'une poursuite, Sir Jobin est le dernier que l\u2019on devrait poursuivre, parce \"il est le premier entre ceux qui, par leurs talents et les services rendus, méritent un siége en parlement.Réformons nos niweurs, ne persécutons pas ceux qu'elles forcent à se compromettre.Le tribunal a déclaré l'élection nulle, sans impliquer Sir John personnellement, La exuse Guibord vient d'être decidée en Angleterre, Somme nous l'apprend la dpêche suivante communiquée Au Nouveau- Monde : Nov.21, 1576 \\ M.Jerex, | Montval, y tes donné d'enterrer dans le cimetière principal, sans s cérémonies, Il n'est pas pécheur public, ni nomié- ment excommunié.AnUExT, Cette décision est un graud évènement pour notre Pays.elle veut dire que l'Eglise n'est pas libre ici.Il sat entendu que désormais nous devious nous adresser | NOUVELLES L Cnirers du let novembre contient un magnitique rap- * port du deuxième centenure de l'érection du divcèse de Quebec.os Un dit que la ple devenue vacute duns le Sénat par Ja mort de M.Maillhot, vera remplie por M.Päquet, de Berthier, où M.Laframboise, du Voréonal, .- La Gazette de Julio tie annonce dang son dernier numéro que les chirecteurs lu Cheumn de fer du Nord ont decide de Lure jasser ce chemin à Joliette.\u2026.Le comité des finances du Conseil de Ville de Quebec à fait un rapport favorable à lu demande de ls Compagnie de chemin de fer de Québec au lac St.Jean.En même temps, le comité a recommandé au Couscil de Ville de Québec de souxcrire pour $1000 (actions, afin d'assurer la construction de la section comprise entre Québec et St.Raymond, Un dit toujours que M.Letellier de St.Just doit être nommé collecteur\" des douanes à Québec et que M.Cau- chon le remplacera daus le cabinet.Toutefois cette ru- meur rencontre beaucoup d'incrédnles.bv Le Journal de Québec annonce que bon nombre d'ouvriers canadiens qui avaient émigré aux Etnis-Unis, sout de retour au Canada, LE Nous voyons par une proclamation du lieutenant -gou- verneur qu'une étendue de 38,800 acres de terre inculte située partie dans le comté de Champlain et partie dans le comté de l\u2019ortneuf, en arrière de la seigneurie de Batis- can, vient d'être érigée en Township wous le nom de Mekinsc, d'après un rapport de l'hon.H.G.Mailhot, commissaire des terres de la Couronne.Cotte éterdue de terre # élé sulliviséa en lots de 100 scres chacun pour les tins de la colonisatian, D'après les rapports des arpeuteurs, ves terrains sont cultivables et de bonne qualité.Avant longstemps, il eut probable que ce nouveau towas hip comptera plusieurs établissement» ; our il se trouve sur la voie qui traversent les commeryants de Lois pour se rendre au lieu de leur< exploitations.a La fin du discours que l'honorable M.Chapleau, dit le Hien Public, à prononcé en faveur de Lépine, à la cour cri minelle de Manitob1, à été signslé par un inci lent bien touchant et qui donne une ilée favorable de I'éloquence déployée, en cette circonstance solennelle.par l'ex-soi i- citeur-général, Les mouvements de sa péroraison furent si path*tiques qu'un grand nombre des auditeurs fonrlirent en larmues, et que madame Wood, épouse du présitent du Tribunal.qui assistait à l'audience avec son jeune tils, âgé de quel ques années seulement, ne put s'empêcher «e pleurer.Après le discours de M.Chay-leau, le petit garçon courut A son père et lui dit en pleurant : * J'espère, papa.que tu ne diras rien pour faire de la peine à L-pime \u2018\u201d Le fév.M, Durocher, U.MS.est le fondateur «de l'Union St.Joseph de St.Sauveur de Québe, laquelle, wal gré le peu d'années «l existence quelle compte, 4 dejà fait une somme de bien considérable.Les munies et les veuves des sociétaires sont secourus avec une libéralit peu commune, gracs à lu bonte wiministration de finances.Les principaux officiers de 1'7 sn sont : MM.Kirouac, maire de St.Sauveur, président: A.Langlsi< libraire importateur, vice-président ; Et.Légaré, trésorier.et I.B.Lapointe, orgnniste, secrétaire-arch\\viste.Au nombre dex membres bienfuiteurs de catle société figurent hon.M.J.E.Giingras et M.I\u2019.V.Valin, membre pour la division Est de Québec.Ces deux messieurs viennent de faire cadeau à l'Union St.Joseph de NG San veur d'une magnifique bannière, confectionnée dans une des premières maisons de Lyon (France).Cette bun nière est très-riche; elle mesure plus (le cing pieds de hauteur sur près de trois pieds de largenr.Au ventre.SL.Joseph tenant l'enfant Jésus dans ses bras: au dessus, sur une bande de drap d'or, l'inscription suivante.I\" \"nin St.Joseph.au pied, on lit: A St.Saurcur dv gue.hee, 1374, Low franges qui entourent cette bauniere et les glan ia qui l'ornent sont d'or et artistement 4 sillés, Des discours ont été prononcés lors de lu présentation de ce beau présent, qui a eu lieu jeudi 12 courant, au preshytère de St.Sauveur, en présence des Pures (ilats qui désservent cette localité et d'une foule de citoyens avides de contempler cette belle banuière que tout Qué bec aimirera dans ses processions.BIBLIOGRAPHIE Nous venons «le recevoir la Vatice biographique sur Mur, Laval, premier «vêque de Québec, par le Grand Vicaire Edmond Langevin.C'est un volume d'audelà ut pages et dont l'importance n'échappe à per
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