L'Action, 3 juin 1911, samedi 3 juin 1911
[" 1re ANNEE.\u2014N\" 8 TOUS LES SAMEDIS \"Action LE NUMERO : CINQ SOUS PAR AN : DEUX DOLLARS Toumbé dèssus! Escrasas lous! (CYRANO) \u2014 | DIRECTEUR JULES FOURNIER 3 JUIN 1911 MONTRÉAL 323, Rue SAINT-DENIS, 323° Téléphone : Est 1678 NOS MINISTRES A LONDRES.\u2014 .\u201d a % ba peg >.QUAND ON EST POUR L'UNION DES RACES\u2026 Lorsque M.Rodolphe Lemieux viendra parler devant un auditoire canadien-français de l'union des races, quelqu'un devrait bien lui demander d'expliquer le simple petit fait que voici.gx 11 y avait au collége militaire de Kingston, en 1897, un officier du nom d\u2019English, mange- français reconnu.Cet English avait alors sous sa direction un certain Alfred LaRocque, de Montréal, qui, de l\u2019aveu de tous, était un des meilleurs élèves de l\u2019école.Intelligent, consciencieux, exact à la discipline, ses efforts valaient à ce jeune homme d\u2019être très fort aux examens.Avec cela, sympathique à l'extrême et des plus populaire auprès de ses camarades de toute origine.Malheureusement il était Canadien-Français et c\u2019est ce que le capitaine English ne pouvait lui pardonner.I1 le lui déclara tout rondement un bon jour, en présence de nombreux témoins.TI lui annonça qu\u2019il allait le \u201cbloquer\u201d aux épreuves, quelles que fussent d'ailleurs ses \u201cnotes.\u201d Il tint parole, ayant eu soin de raturer en cachette les feuilles d'examen.* Une autre fois, en présence de trente éléves, il avertit LaRocque de ne jamais se montrer a la parade lorsque lui, English, serait commandant.Et il prit la peine de donner cette raison, qu\u2019il ne pouvait endurer qu\u2019un \u201cFrenchman\u201d parût devant lui.Dans une plainte adressée à ce sujet au ministre de la milice par M.Gordon-Bennett, de Halifax, à la même époque, on lit ce qui suit : \u201cAt the artillery room, between the hours of a quarter to eleven and a quarter to one o'clock, Captain English told LaRoque, who was a cadet, that he would pluck him in his examination, no matter how good his papers were (these papers were held by the before-mentioned cadet and handed round), and he did pluck him, too; and his papers were secn afterwards by several cadets, who will attest to the facts, that where others were given good marks, La- Roque only secured about half, and his answers, compared with the book, were far better, LaRoque\u2019s address 1s: A.LaRoque, 395 Dorchester St, Montreal.\u201cAll this and much more is attested to.Captain English, in the presence of thirty cadets, told LaRoque never to come on parade in his presence when he was senior officer.The sole reason assigned for this he (Captain English) stated in a classroom (attested to) was that he was a Frenchman, and he couldn\u2019t bear them.My son (L.G.B.) felt this rather keenly, and showed it.as many of his relatives are French, including his first cousin, the present ninth Marquis DeRuvignes and Raine- val.\u201d (TRADUCTION:) \u201cA 1a salle d'artillerie, entre 10 h, 45 du soir et minuit 45, le capitaine English déclara à LaRoque, qui était l\u2019un des \u201ccadets\u201d, qu\u2019il allait le \u201cbloquer\u201d aux examens, quelles que fussent ses \u201cnotes\u201d, (LaRoque avait à cette date ses \u201cnotes\u201d entre les mains et il les laissa circuler parmi les élèves).De fait, English le \u201cbloqua\u201d.Par la suite, plusieurs \u201ccadets\u201d vireiit ses \u201cnotes\u201d, et ils sont préts i porter témoignage sur ces faits.Là où d\u2019autres avaient reçu de bonnes \u201cnotes\u201d, LaRoque obtint seulement la moitié de celles auxquelles il avait droit.Ses Téponses, comparées au livre.indiquaient qu\u2019il avait en réalité obtenu de bien meilleurs résultats.Voici l'adresse de La- Roque: Montréal, rue Dorchester, 395.\u201cTI y a des témoins de ce fait, et de faits beaucoup plus graves.Le capitaine English, en présence de trente \u201ccadets\u201d, dit un jour à LaRoque de ne jamais se montrer à la parade en sa présence lorsqu'il aurait le commandement.La seule raison qu\u2019il en donna (et il y a des témoins de cela).c'est que LaRoque était Français (\u201cFrenchman\u201d) cet que lui, English, ne pouvait souffrir cette race.Mon fils (Lionel- Gordon Bennet) ressentit cette injustice plutôt vivement et le laissa voir.car il compte lui-même des Français parmi ses parents, entre autres son cousin le mar- oui de Ruvignes-Raineville.\u201d (Vair Ordres du jour, Sénat, p.1073, interpellation de M.Landry.) e, Voilà donc des fails.Il ne s'agit pas ici d\u2019une histoire en l'air, comme les journaux ministériels excellent à en \u2018fabriquer.M.BRODEUR AU BANQUET DE LA PILGRIMS\u2019 SOCIETY.; - Nous donnons les noms, les dates, les circonstances, Nous prouvons qu'en 18097 ce capitaine English, dans l'exercice même de sa charge, insultait publiquement un jeune Canadien-Fran- çais tres distingué qui avait le seul malheur d'être de notre race.Nous prouvons, par le témoignage même d\u2019un Anglais, qu'il faussait les rapports d\u2019examens pour le \u201cbloquer\u201d\u2019\u2014et qu\u2019il s\u2019en vantait.Nous prouvons que devant tout le collège militaire il jetait gratuitement injure la plus basse à tous les Canadiens-Français en traitant LaRocque de vil \u201cFrenchman\u201d, dont la vue seule suffit à souiller.Nous prouvons, en somme, que cet English n'était qu\u2019une brute indigne de demeurer un instant de plus dans l\u2019armée canadienne.Eh bien! que croyez-vous qu\u2019on en fit, de cette brute\u2014sous le gouvernement de l'union des races?Que croyez-vous que fit M.Laurier, mis au courant de ces faits?* « * Qu'il destitua au plus vite ce goujat déplorable?Ah bien vous n\u2019y êtes pas! Au contraire, on le promut, Simple capitaine alors, English Occupe au- jourd'hui dans l\u2019armée canadienne la position de lieutenant-colonel.Ce n\u2019est pas tout; voici matntenant le com- ble\u2014le comble des combles : \u2018 English, ce même English qui en 1907 déclarait \u201cne pouvoir souffrir même la vue\u201d d\u2019un maudit \u201cFrenchman\u201d, est aujourd\u2019hui parmi nous.C\u2019est lui qui, dans la canadienne-française province de Québec, à Montréal même, dirige iS soldats (\u201cMontreal, Divisional Area No.4\u201d).Ainsi l'a voulu le ministre de la milice, le \u201ccher collègue\u201d de M.Laurier, Sir Frederick Borden.* * * Ft M.Rodolphe Lemieux ne trouve rien à redire à cela.Et le Canada approuve cela ! Et d\u2019Hellencourt trouve cela tout naturel! 1 Quand on est pour l\u2019union des faces, voyez- vous.: Jules Fournier.VAN! On sc demande quel instrument tiendra M.Gouin, dans le concert impérialiste.Le banjo, sans doute?® ° ® M.Louis-Joseph Tarte main.11 veut bien nous envoyer en prison, mais non pas durant les chaleurs, sg H paraît que nos députés, à la réouverture de la session, seront tenus d'assister à toutes les séances sans toucher un sou d\u2019indemnité de plus.° Par suite, les Chambres vont se trouver, dit le Canada, \u201cdans une situation intéres- n\u2019est pas inhu- Tu parles!.* Sheldon a résolu de subir son procès devant le juge Langelier.L'ancien courtier se sent coupable.* * * Comment M.le notaire Narcisse Péro- deau peut-il à la fois être directeur de la Montreal Light, Heat & Power et prendre les intéréts de la ville de Montréal dans le cabinet Gouin?\u201cC\u2019est une Candide.\u201d grande question! répondit » * * La Patrie envoie un de ses reporters reconduire en France Mlle Benoit.Cette pauvre enfant n'est-elle pas déjà assez compromise?\u201c.Dans un grand restaurant de Londres.Le garçon demande à M.Brodeur: \u2014 Monsieur désire-t-il un repas d'hôte, ou un repas à la carte?\u2014 Un peu des deux, répond le ministre canadien.; ee \u2018On sait qu\u2019en Perse il existe de drôles d'usages.Ainsi deux hommes veulent-ils se souhaiter le bonjour suivant les règles: ils sont tenus de se frotter -le nez réciproquement, C\u2019est un pays par trop bizarre: on peut être sûr que M.Gouin n\u2019y mettra jamais les pieds.table Pe Les commissaires du recensement ont posé à Rodolphe Lemieux la question \u2018suivante: \u2014 Etes-vous fils unique?le ministre a dù avouer ses six frères.C'est bien ennuyeux, Je recensement, Ten Les derniéres statistiques constatent que la folie augmente, dans la Province.Et le tirage de la Presse, donc! et On annonce que M.Brodeur va être décoré lors du couronnement, A quand le tour de M.Adélard Lanctôt?ee Tous les journaux, y compris le Devoir, ont parlé ces jours-ci du \u2018\u2018\u2019patinoir\u201d Ontario.Eh! eh! les amis, on dit \u201cla patinoire\u201d et non pas: \u201cle patinoir\u201d.C\u2019est du moins comme ça dans le dictionnaire français.CRP Le \u201cCanada\u201d parle matntenant de J\u2019affaire \u201cFournier-la Patrie\u201d.Tiens, ce n\u2019est donc pas nous l\u2019accusét\u2026.Mais il nous semblait, aussi.set Un membre du parlement anglais vient de dresser la statistique suivante sur l\u2019étät matrimonial de la ville de Londres et du comté de Middlessex: \u2018 Femmes qui ont quitté leur mari, 1,872.Maris qui ont quitté leur femme, 2,371.\u201c Ménages vivant en guerre perpétuelle, 191,023.Epoux qui se détestent chez eux, mais se sourient devant le monde, 162,315.Epoux qui vivent ensemble et.parlent pas, 510,152.Ménages heureux en apparence, 1,102._ Ménages récllement heureux, 12.- Allez donc vous marier, après cela! tg .Le Soleil en est rendu 3 dénoncer les \u201cvitupérations\u201d et les \u201csottes impertinences\u201d du Pays.11 trouve maintenant très dangereux pour le parti les libéraux genre Langlois.ne se Le Soleil ne trouvait point M.Langlois aussi dangereux lorsque M.Gouin faisait publiquement l'éloge du \u201cvaillant\u201d et \u201cprogressif\u201d député de Saint-Louis.Comment s\u2019est.faite cette transformation?Pour emprunter 'à M, Chapman un de ses bons vers: Comment en sin: plomb vil\u201d Por pur s'est-il LAN +[changé? \u2018les Etats-Unis, qui aurônt-bientôt 100, 600; d'habitants, ne soient pas plus pros- Abitan L\u2019ACTION LA GRANDE QUESTION A propos du dernier Armand lavergne à consacré le plus clair de son discours, l\u2019autre soir, à la question de l\u2019immigration, ll a même négligé pour ce sujet la marine et la réciprocité.ll a cu raison.De quelque importance que puissent être, à l\u2019heure qu'il est, ces autres problèmes, ils p'approchent pas en gravité, du premier.que de nous exposer au reproche d\u2019exagération: la question de l\u2019immigration à elle seule est cent fois plus importante, au point de vue de notre avenir national, que toutes les autres ensemble.La marine pourra nous coûter bcaucoup d'argent, d'énormes gaspillages.La réciprocité sera, peut-être, fort nuisible à nos intérêts économiques.Mais, dès que l\u2019on est assuré de la vie, tout se répare.\u201c\u2018Plaie d'argent n\u2019est pas mortelle.\u201d On n'en saurait dire autant de l\u2019immigration, puisque, d'ici vingt ans, c'en sera fait, grâce à elle, de notre existence même.La marine et la réciprocité pourront nous blesser: l\u2019immigration nous tuc.\u201c.»* Nous nous placerons cette fois, pour étudier la question, au point de vue simplement canadien-français.Rappelons d\u2019abord quelques faits: Depuis 1900, il est entré au pays, grâce aux efforts du ministère de l\u2019intérieur, plus de 2,000,000 d'étrangers.Chaque année le torrent de l\u2019inmigration augmente de volume.En supposant qu'il s\u2019accroisse, d'ici 1930, dans la progression qu\u2019il a suivie en ces dernières années, nous en arrivons, avec M.Laurier lui-métiie, à cette conclusion, Nous l\u2019osuns dire au risque dans vingt ans 13 population du Canada sera de près de 25,000,000.Réfléchissez un \u2018pun li-dessus, s\u2019il vous \u2018plait; SRE : CoE * Dans\u2019 Vingt diis, Yes Canadiens-Frangais seasont.combien?.Les plus optimistes disent: 3,000,000, Admettons ce \u2018chiffre.Les Canadiens- Français formeraient donc, dans vingt ans, 12 p.c.de Ja population du pays.Et daus quarante ans, toujours cn suivant la même progression, ils n'en formeraient seulement pas 5 p.c.11 ne s\u2019agit pas ici de fantaisies, de chimères.chiffres mêmes du, ministère de l\u2019intérieur et que n'importe qui peut faire comme nous.T1 s\u2019agit de faits évidents, \u2014 indiscutables, \u2014 qui crèvent les yeux.* , * Aussi bien les ministériels eux-mêmes, pour peu que vous les serriez de près, l\u2019ad- mettent-ils assez facilement dans la discussion.\u2014 C'est vrai, disent-ils, vers le milieu de ce siècle nous ne formerons plus fort probablement que 5 ou 6 p.c.de la population canadienne.Nous aurons alors un député sur vingt au parlement fédéral.Mais qu\u2019y faire?On ne peut pourtant pas paralyser 11 s\u2019agit, de calculs basés sur les \u2019 la prospérité de tout le pays pour sauver les Canadiens-Français! Si étrange que ccla soit, nous avons vu beaucoup de gens intelligents prendre à cet argument.Nous nous demandons s\u2019il en est pourtant de plus faux.Oh sans doute, si vous prenez to suite pour acquis que la prospérité d'un pays s\u2019accroit en raison directe de la dense laisser tout de sité de sa population, sans doute alors cette : raison a quelque valeur.Mais c'est précisément là ce qu'il faudrait démontrer \u2014 et ce- qu\u2019on ne réussira jamais à démontrer.Nous avons sous les yeux l\u2019exemple des Etats-Unis qui prouve précisément le con- : traire.Croyez-vous que le citoyen améri- plus riche aujourd\u2019hui, dans l\u2019ensemble, qu'il l\u2019était- lorsque les Etats-Unis comptaient six ou huit millions d'habitants?Il faudrait pour le penser n\u2019avoir jamais ou- Sert un traité-d'histoire ou d'économie politique.A La-richésse globale, d'un pays,-ccl&; va de soi, augmente constamment avec le chiffre cain, dans un pays de 90,000,000 d\u2019âmes, soit \u2018de sa population; mais il en va tout autrement \u2018de Ja richesse individuelle.En d\u2019autres mots, plus on est nombreux, plus le sûit cn aucune fagon «que-la part.de:chacun \u2018Soit moins petite.CL \u2018Autrement, comment .expliquerait-on que Sires que 16 Canada; qiii en a.8,000,000?} i gâteau à partager est gros; mais il ne s\u2019en-j ] a | , discours d\u2019Armand Lavergne Comment expliquerait-on que les Américains aient vu leur prospérité baisser tandis que montait leur nombre?Prenez même, si vous le voulez, Vexem- pile actuel du Canada, tenez compte de l\u2019augmentation du coût de la vie, et dites si nous sommes mieux aujourd'hui, avec nos 8 ou 9 millions d'habitants, que nous l\u2019étions par exemple en 1004, au début même de l\u2019immigration intensive?Non, cent fois non, la prospérité d\u2019un pays ne s\u2019accroit pas nécessairement avec su population.C'est là un fait que nient également l\u2019histoire, l\u2019économie politique, et le simple bon sens.* * * Pour avoir trop longtemps méconnu cetle vérité, les Etats-Unis sont maintenant acculés au plus terrible danger qu\u2019ils aient jamais couru.L'expérience leur ayant enfin ouvert les yeux, ils travaillent aujour- d\u2019hui de toutes leurs forces à restreindre le plus possible l'immigration au lieu de l\u2019encourager.11 y à de cela quatre ou cinq ans déjà, un des plus grands écrivains de l'Angleterre, M.H.-G.Wells, dans un livre qui cut un énorme retentissement ct dont on n\u2019a pas cessé de parler, Future in «America, abordait successivement les divers problèmes que les Etats-Unis ont à résoudre.Rendant compte de cet ouvrage, dans sa livraison du Ter février 1007, la North zImerican Review résumait ainsi quelques-unes des opinions de l'auteur: \u201cIl (M.Wells) considère comme d'une importance relativement infune et négligeable, dans le champ de notre vie nationale, \u201cdes affaires conune les scandales de Chicago, les scandales des assurances, et toutes les crudités manifestes du spectacle américain\u201d.\u2018Mais tout en dehors de ces affaires, il, aperçoit nos dangers réels.\u2018Il attend des\u201d conséquences désastreuses de la folic que nous avons\u2019 faite en\u201d atfifan( sur nod tives\u201d sans exercer de choix, une immigration qui ne lui paraît pas être \u2018un apport de gens énergiques, de colons indépendants sous le rapport économique.mails en somme une importation d'ouvriers de plus en plus étrangers à la tradition nationale\u201d.Le docteur Darlington, médecin hygiéniste de la ville de New-York, disait, dans un de ses derniers numéros, quelque chose de semblable au sujet de la qualité de notre immigration.Et à ceux qui prétendent que le suffrage relèvera le caractère de ces nouveaux .Venus, oh ne saurait mieux répondre que par les propres mots dont se sert M.\\Vells: \u201cOn accorde- aux immigrants le droit de vote, je le sais; mais cela ne leur donne pas la liberté, cela jette seulement le pays dans l'esclavage.On a reconnu le droit de vote aux nègres, aussi.\u201d La North American Revi-w, on ne l\u2019ignore pas, est une des grandes revues non seulement des États-Unis, mais du monde, Or, clle donnait pleinement raison \u2018à M.Wells, ainsi que firent, du reste, à l\u2019époque, toutes les publications les plus sérieuses d'Angleterre ct des Etats-Unis.D'ailleurs, le danger signalé par M.Wells était tellement réel et tellement frappant, on le sentait si bien dans le pays depuis si longtemps, que le Congrès de Washington décidait, vers la même date, d'aviser sans retard aux moyens de le conjurer, s\u2019il en était temps encore.Le 26 février 1907, on lisait même à ce sujet dans le Canada un long article qui débutait par les titres suivants: \u201cLE PROBLEME DE L'IMMIGRATION \u201cUn million d'immigrants par an.Alarmé par l\u2019invasion étrangère, le Congrès américain décide de convoquer une conférence internationale de l\u2019immigration.; L'article proprement dit s\u2019ouvrait sur ce lignes: ) \u201cALORS QUE LE CANADA VOIT GROSSIR AVEC SATISFACTION, D'ANNEE EN ANNEE, LE NOMBRE D'IMMIGRANTS QUI VIENNENT PEUPLER SON IMMENSE TERRITOIRE, les Etats-Unis commencent à s\u2019a- larmér de l'abondance de l'immigration étrangère.\u201d Plus loin on trouvait les.détails suivants: \u201cLe \u2018président Rosevelt\u201c nourrit, depuis quiique temps, le projet de convoquer wu conf rence internationale .\u201c.L'amendement à lu loi sur l\u2019immigration comporte aussi, outre l'autorisation de Tonvoquer la conférence internationale dont sur l'immigration.mé + \u20ac convoquer une .l\u2019objet est ci-dessus énoncé, une clause décrétant la constitution d\u2019une commission de neuf membres: trois sénateurs, trois membres du Congrès, trois membres désignés par le président \u2014 chargée de faire une enquête aussi complète que possible sur toutes questions ayant trait à l'immigration.\u201cDès que cette commission aura terminé son travail, le président enverra des invitations pour le congrès international aux gouvernements des puissances qui fournissent le gros de l'immigration aux Etats-Unis.Ce congrès se tiendra très probablement à \\Vashington.\u201cLa commission spéciale de l'immigration sera puissamment aidée dans sa tâche par le Bureau d\u2019Imiunigration ect le Bureau du Travail.Le premier suit immigrant depuis son pays natal jusqu'au port americain où il débarque.A ce bureau, il incombera d\u2019établir quelles sont les conditions économiques ou politiques qui induisent les émigrants à quitter leur pays, quels moyens emploient les agents des compagnies de navigation pour recruter des émigrants, etc.\u201cLe Bureau du Travail, lui, suit l\u2019émigrant depuis le moment ou il débarque aux Etats-Unis.A ce bureau incombera la tache de dire quel nombre d\u2019immigrants demeurent dans les villes, à quels métiers ou professions ils se livrent, combien s'établissent aux champs, combien tombent à la charge de la charité publique, etc.\u201d Cetle commission se réunit, elle parcourut toute l\u2019Europe, elle rechercha les moil- leurs moyens de restreindre l'immigration et les indiqua au gouvernement, qui s\u2019empressa de les mettre à exécution.Depuis cette époque, les Etats-Unis, loin de favoriser l'immigration, s'appliquent au contraire à en diminuer le volume le plus possible.Or, le gouvernement du Canada, en cette meme année 1907, imporiait CINQ FOIS plus d'immigrants, proportionnellement, que les Etats-Unis n'en avaient jamais reçu à aucune époque de leur histoire.Et encore maintenant, malgré cet exemple, il continue a payer chaque année quelque chose comme quinze cent nulle piastres pour en faire venir d'autres.Si l\u2019on a jamais vu plus bel exemple d'aberration, qu\u2019on le dise! # * % Non, rien ne saurait excuser cette politique de suicide, cette politique de démence.Saps-autre utilité- que d'enrichir les spé: culateurs et les ¢ompagnies' dé transport «ui alimentent le C.\u2026.E., clle conduit la nation tout entière, Anglais comme Français, à des désastres.lle est en train de former chez nous un .peuple d\u2019étrangers, qui n\u2019aura de canadien que le nom, un peuple trois fois plus nombreux que le nôtre, et dans lequel nous irons d'ici vingt-cinq ans nous engloutir.Et surtout elle assure définitivement la perte de l'élément canadien-français.D'ici vingt-cinq ans, grâce à cette politique.se sera consommée notre ruine irrévocable.Dans vingt-cinq ans, ne l\u2019oublions pas, il y aura en ce pays 25,000,000 d'habitants.Et nous serons là-dessus 3,000,000.Aujourd'hui que nous formons le tiers de la population canadienne, que nous avons un premier-ministre et deux ministres de notre race, nous sommes obligés de nous .laisser sacrifier à tout propos au nom de la conciliation.population du pays ct l\u2019on nous a volé nos écoles au Manitoba, dans la Saskatchewan et dans l\u2019Alberta, c\u2019est à peine si nous pouvons faire respecter notre langue même dans la Province de Québec.Que sera-ce quand nous serons 3,000,000 sur 25,000,000 ?\u201c+ Alors peut-être on commencera de comprendre, dans la Province de Québec, quelle aura été vraiment l'influence de M.Laurier : sur les destinées de la race.Alors peut-être on ouvrira les yeux.Seulement.il sera trop tard! Jules Fournier.Ceux de nos lecteurs qui passent l\u2019été à la campagne ont un moyen bien simple de Nous formons lc tiers de la .recevoir l\u2019ACTION régulièrement.Ils n\u2019ont | qu\u2019à s'abonner pour la durée de leur villégiature.Nous prendrons pendant l'été des abonnements de trois mois, à so centins; livraison par la malle tous les samedis matin, dans un rayon de soixante milles autour de Montréal.S\u2019adresser par lettre à l\u2019ACTION, rue Saint-Denis, 323.NOS GYMNASTES La Société Nationale de Gymnastique enverra ses meilleurs gymnastes au Congrès de Nancy, où toutes les meilleures équipes du monde.seront présentes.Le professeur Scott.directeur de l\u2019équipe canadienne, a reçu des deux gouvernements la promesse d'une subvention.En atten, dant, des représentations spéciales sont organisées pour le 24 juin et le 4 juillet, dont les recettes compenseront, au \u2018moins partiellement.l'insuffisance de l\u2019aide effi- as = cielle.CONTRE LE \u201cSOLEIL\u201d Le procès de M.Fournier contre le Soleil, pour diffamation, se plaidera à Montréal jeudi prochain, 8 juin.Cette cause promet de n'être pas sans intérêt, On compte d'avance, parmi les principaux témoins, plusieurs hommes politiques connus, journalistes et députés.M.Perron défendra le Soleil.M.Gustave Lamothe est I'avocat de la poursuite.MAIS SANS DOUTE! Ce journaliste de Hull, qui écrivait à M.Al- lard, au mois de mars 1909, pour lui demander \u201cen grâce\u201d une carotte de $30, n\u2019est pas le seu! de son espèce, Nous posons en fait que sur la centaine de journaux qui défendent aujourd'hui le ministère, dans la Province de Québec, il n\u2019y en a pas deux qui ne soient à un degré quelconque dans le cas du Spectaleur.La seule différence de l'un à l\u2019autre est dans la grosseur de la susdite carotte.Le Spectateur reçoit sa part par miettes de $30, on donne au Canada jusqu\u2019à $45,000 à la fois: aucun n\u2019est oublié.Ces gens-là trouvent que le pays est prospère.Beau dommage ! CHOSES D\u2019'AUTREFOIS PINONDEL Il y a toujours des imbéciles pour se ruiner par les journaux, comme d\u2019autres par les théâtres, les filles et les cafés, Pinon- del, révant une grande carrière politique, trouva le Modérateur qui rôdait vide à travers les rues; il y mit cinquante mille francs, moyennant quoi Ruffin, rédacteur, promit de le faire, avant deux ans, député ct sous-secrétaire d'létat.Son illusion à duré Jusquau dernier abonné.A l\u2019heure supré- me, quand les protèts pleuvaient, quand les huissiers verbatisaient, quand Ruffin fuyait les recors, l\u2019inondel, arpentant les bureaux, disait: Eh bien! je ne regrette pas l'argent que j'y perds.Cela m\u2019aura servi de jalon.Qu'il hérite, Ruffin le ressaisit et le retond.Ce Modérateur, déjà fatal à tant d'action- maires, si souvent acheté, si vite revendu, relevé tant de fois, va se ranimer encore.Depuis deux ans que la Fruternité est morte Sôn à-éublié'es indüstrics de Rapax, son fondateur; quelqu\u2019un songe à recomimnencer le -même- jeu.Il s\u2019agit de-prendre-la \u2018défense des intérêts matériels en les effrayant.[L'homme qui monte cette affaire m\u2019en a exposé le plan.1! est tout de feu, il va sauver la patrie.L\u2019illustre Moutonnet, qui l\u2019inspire, ct qui tiendra la plume, est toujours sûr de faire bouillir son pot.Louis Veuillot, Les Libres Penseurs.A cer cares C\u2019est aujourd\u2019hui l'inauguration du Parc King-Edward.[Pour \u2018assurer un service irreprochable, il y a maintenant six bateaux qui font la traversée du quai Racine a 'lle.Ce sont le [White Star, 'Impérial, le Khoda, le Louiseville, le Châteauguay et le J.-1.Paul.Tous ces coquets bateaux ont été remis à neuf d\u2019un bout à l\u2019autre et tous vous meéncront rapidement sur les rives enchanteresses de l'Ile Grosbois.Les montagnes russes du King-Edward sont les plus grandes et les plus belles de tout le Canada.Elles ne seront inaugurées que samedi prochain, avec les autres amusements, mais en attendant il vaut tout de même la peine de faire le voyage.On prend le bateau \u2018au quai Racine, en face des usines de locomotives.Prix du passage, entrée du Parc comprise: 20 centins.x ok % Tous les jours on voit les tribunaux condamner des laitiers qui écrément leur lait ou y ajoutent de l\u2019eau.Tous les jours on en voit qui apportent du lait à leurs clients dans des récipients malpropres et malodorants, Avez-vous songé un instant à ce qui attend les pauvres petits à qui ce lait est donné?Avez-vous pesé la responsabilité qui repose sur vous, meres de familles, quand vous nourrissez vos enfants de cc lait malpropre ou impure?Il est un moyen bien facile de leur épargner les dangers du lait contaminé: c\u2019est de leur donner le lait Laurentia, \u2014 Qu'est-ce que le lait Lau- rentia?C'est un lait pur et sain, parfaitement homogénéïsé, c\u2019est-à-dire dont les molécules ne forment qu\u2019un tout parfait.Ce produit s'obtient grâce à un procédé mécanique spécial, qu\u2019il scrait Lrop long de décrire ici dans ses complexes détails, Mais qui assure la pureté, la qualité ct la conservation pour ainsi dire perpétuelle du lait.Tous les corps gras qui forment la creme se trouvant à la même densité que le Teste du liquide, on est ainsi protégé contre l\u2019écremage et par conséquent le caillage du lait, Placé dans un récipient herméti- ment fermé, il se conserve pour ainsi dire indéfiniment et ne peut jamais perdre de sa saveur délicate et de sa force nutritive.Le lait Laurentia provient de vaches Saines et régulièrement inspectées, Si le moindre indice fait à un moment douter de la qualité d\u2019une traite, celle-ci est immédiatement rejetée; l\u2019usine de Lacolle, où se fabrique le lait Laurentia, n\u2019emploic que des produits parfaitement purs.Pour plus amples renseignements, s'adresser à la Com- pagnic de Produits Agricoles Saint-Lau- rent, 2t-23 rue Saint-Pierre: téléphone: Main 4619.ierre; télép L'ACTION LES DRAPEAUX Donc, les soldats français auront vu, jours infâmes! Après Brune et Desaix, après ces grandes âmes Que nous admirons tous, Après Turenne, après Saintraille, après Lahire, Pouluiller leur donner des drapeaux et leur dire: \u201cJe suis content de vous!\u201d i O drapeaux du passé, si beaux dans les histoires, Drapeaux de tous nos preux ct de toutes nos gloires, Redoutés du fuyard, Percés, troués, criblés, sans peur ot sans reproche, Vous qui daus vos lambeaux méêlezs le sung de Hoche Lt le sang de Bayard, O vieux drapeaux! sortez des tombes, des abimes! Sortez en foule, ailés de vos haillons sublimes, Drapeaux éblouissants! Comme un sinistre essaim qui sur l'horison monte, Sortez, venes, volez, sur toute cette honte Accoures frémissants! > - - » { Délivrez nos soldats de ces bannières viles! Vous qui chassics les rois, vous qui prenies les villes, Vous en qui P\u2019âme croit, Vous qui passics tes monts, les gouffres et les fleuves, Drapeaux sous qui l'on meurt, chasses ces aigles neuves, Drapeaux sous qui l\u2019on boit! Que nos tristes soldats fassent iv différence! Montres-leur ce que cest que les drapeaux de France, Montres vos sacrés plis Qui flottaient sur le Rhin, sur ia Meuse ct la Sambre, dit faites, à drapeaux, auprès du Deux-Décembre \u2019 Frissonner Austerlitz! Les Châtiments, WAAAY Victor Hugo.L\u2019AVENIR DE LA RACE ll y a près de trois cents ans, on voyait sur les bords du Saint-Laurent, des hommes venus de l\u2018rance que, déjà, on appelait \u201cles Canadiens\u201d.lls étaient braves, aventureux, intrépides et, les premiers, ils ont exploré presque toute l'Amérique septentrionale.De nombreuses générations de soldats et de colons, fiers du nom français, ont travaillé à élever l'édifice de notre nationalité pendant ces trois siècles, chacune apportant à l'ocuvre sainte le concours de son activité, l'appui de sa foi ardente.L'édifice, cimenté par le sang de héros et de martyrs, a grandi au milieu des orages, sous l'effort des éléments hostiles, rendu plus inébranlable par tous les assauts subis.Les fondateurs de la Nouvelle-lrance vain- ; cus, après un siècie et'demi de luttes, n\u2019ont pas su, ou peut-être daigné, transmettre à leurs fils un riche héritage de biens matériels, mais ils leur ont légué le souvenir de faits d'armes glorieux, d\u2019admirables dévouements, d\u2019existences héroïques.Cet héritage est de ceux.qui conservent et fortifient les nations, Aussi, en dépit de toutes les prédictions pessimistes, nous avons survéeu à l\u2019abandon, à l'isolement, à I'oppression.\u201d Nous avons conquis le droit de vivre et de nous développer librement sur le sol américain, ct rien .n\u2019entrave plus notre légitime expansion, Plus, peut-être, qu'aucun autre des peuples nouveaux qu\u2019a vus naître l'ère moderne, nous possédons les conditions fondamentales essentielles pour assurer aux fils d'une meme race une vie nationale distincte et durable.Les flots de la population anglo-germano- saxonne s\u2019amoncellent, il est vrai, autour de nous, nous ne somines que deux millions, alors que, de l\u2019Atlantique au Pacifique, de la Mer glaciale au golfe du Mexique, pres de soixante- quinze millions d'hommes vivent dans une espèce d'homogénéité, basée sur la prédominance habituelle de la langue anglaise.Mais la Suisse française ne progresse-t-elle pas, depuis plusieurs siècles, à côté de la Suisse allemande, que borne ct continue géographiquement l\u2019empire germain?La Hongrie n\u2019a-t-elle pas, de même, conservé sa langue et son caractère national au milieu des éléments slaves ct tudesques qui l\u2019environnent?Il ne résulte d'aucune loi naturelle ou sociologique que la force d'attraction de tout un continent soit plus grande que celle de quelques Etats frontières._ Au surplus, il ne saurait être isolé au milieu des nations, lc petit peuple à qui les mille voix de la renommée redisent constamment la gloire de sa mère-patric, et qui n\u2019a qu'à lever les yeux pour voir celle dont il tient l'être briller au sommet du monde civilisé.* * * Pourquoi donc l\u2019avensr de notre peuple reste-t-il encore un problème?Pourquoi la foi en nos destinées semble-t- elle, peu à peu, s\u2019éteindre au coeur de plusieurs des hommes qui composent nos classes dirigeantes?20; Comment se fait-il que des penseurs dégagés de tout préjugé, comme J.-B.Seecly, aient pu prévoir la fin de notre nationalité et qu ils s\u2019attendent à nous voir disparaitre dans l'oeuvre d'unification de tout le continent nord-américain?\u201c C\u2019est que, depuis un quart de siècle surtout, des symptômes de décadence se font sentir parmi nous.Cest que l\u2019âme canadienne-fran- çaise, sortie de longues périodes de luttes, n'a pas encore trouvé sa voie ct qu\u2019elle s\u2019est laissé envahir par l\u2019apathie et l\u2019égoïsme.i Nous ne \u2018songeons plus guère à notre avenir que comme on songe au passé: c\u2019est-à-dire avec un sentiment de douce quiétude auquel se mêlent, aux jours de fêtes nationales, quelques élans d'enthousiasme : nous ne cherchons point à le préparer.Fidèles à notre foi, a nos traditions, à nos souvenirs Historiques, vaguement confiants dans la mission de la race fran- caise en Amérique, nous en sommes venus à ne plus nous demander même, quelle est cette mission., D'une longue hérédité belliqueuse, il est resté à un'grand nombre d\u2019entre nous une conception fausse du patriotisme.Un instinct de com - bativité s'est perpétué qui ne sait voir dans l'expansion active d\u2019un peuple que la lutte contre les ennemis qui l\u2019entravent ou s\u2019y opposent.Or, depuis bientôt trente ans, nous n'avons plus guère de batailles à livrer pour la revendication de nos droits.Les qualités brillantes que nos pères ont déployées pour défendre le sol de la patrie et conquérir les libertés constitutionnelles, nous n'avons presque pas songé, depuis qu'une paix absolue nous est assurée, à les utiliser dans un autre champ d'action, dans la culture des arts de la paix.Les uns, cédant à leur penchant invincible pour la lutte, se sont jetés avec ardeur dans les guerres puériles dus partis, les autres se sont ralliés au culte exclusif de Mammon.Presque tous, cependant, nous sommes restés patrioles, mais de ce patriotisme inactif et aveugle dont on meurt.Notre nationalité résisterait à l'oppression, clle succombera par la tolérance, si nous ne nous hatons d\u2019ouvrir des champs nouveaux a l\u2019activité des esprits, à l\u2019ardeur des tempéraments.Edmond de Nevers.L'Avenir du peuple canadien-français.NOS MIRABEAUS M.LAFORTUNE \u2014Je viens de dire à l'honorable député accusateur qu'il peut rire de son acte, mais que celui qu\u2019il a accusé ne rie pas, depuis que cette accusation méchante a été portée contre lui.Il ne pourra jamais réparer le mal qu\u2019il a fait à cette famille-là.Le député de Richelieu sera exonéré, je n\u2019en ai aucun doute, mais le résultat de cette accusation méchante qu\u2019on a colportée aux quatre coins du monde, ct qui figure en grosses lettres, comme une grande réclame pour le député de Champlain, dans les journaux du pays, le résultat, dis-je, sera un mal incalculable envers le député de Richelieu, que le député de Champlain ne pourra jamais réparer envers lui ct sa famille.On dit: mais le travail se faisait à la porte voisine de Papincau.Or, le député de Richelieu qui avait demandé à Champagne et Pagé de faire ce travail, était en droit de croire, et et la réponse quil a eue de ces messieurs, c\u2019est qu\u2019ils avaient la permission de le faire.Rien de plus naturel et de plus logique; lorsque ces messieurs arrivent pour faire ce travail, c\u2019est qu\u2019ils ont la permission de le faire de M.Pa- pinceau.M.PAQUET.\u2014L'honorable député me per- mettra-t-il une question?A-t-il lu cette partie du témoignage où M.Papineau déclare qu'il n'avait aucune connaissance de ces travaux?M.LAFORTUNE.\u2014On parle de notoriété publique, des choses affreuses qui se passent à Sorel.L'honorable député de Jacques-Cartier n\u2019a pas été très affirmatif sûr ce point, mais le député de Terrebonne l\u2019a été davantage.Il nous a dit qu\u2019il s\u2019y passait des abus et des fraudes.Mais nous ne sommes pas obligés de croire ces messieurs.Du temps où ces messieurs étaient au pouvoir, les finances du pays laissaient bien à désirer, mais depuis que l'administration libérale gouverne, les millions affluent et cette année nous avons un surplus de trente millions.Jamais vous n\u2019en aves eu autant, Ces messieurs sont encore sous le coup de l\u2019ancienne administration.Ils se croient encore au pouvoir.Ils devraient pourtant s\u2019apercevoir que c'est nous qui sommes au pouvoir depuis 1806, et voilà pourquoi les millions s'accumulent.C'est donc une affirmation gratuite, mais nous ne sommes pas obligés de prendre son ipse dixit.J'aime mieux croire la preuve au dossier.Le savant ami dit: C\u2019est un truc.Des trucs, il n\u2019y en a pas dans notre parti, c\u2019est de l\u2019école nouvelle pour nous, C\u2019est peut-être pour le député de Jacques-Cartier \u2018quelque chose qu\u2019il connait bien : ch bien, qu\u2019il en garde la patente s'il la possède.(Extrait du dernier discours de M.D-A.Lafortune au Parlement fédéral, voir Han- sard.{Loyal avertissement) s@- DANGER ! NOS RECLAMES Le: pauvre diable faisait peine à voir.A moitié ivre, souillé de boue, les habits en haillons, il se trainait lamentablement au long des murs, la lèvre pendante, l\u2019ocil égaré.En l\u2019apercevant, elle faillit pousser un cri et se serra nerveusement à mon bras.Puis, soudain, pour dissimuler sa peur, elle essaya de plaisanter.\u2014 En voilà un, dit-elle, qui ne doit pas s'habiller chez Jean Hudon, 29-Ouest rue Sainte-Cathe- rine; téléphone: l£st 2005.* * * En l\u2019an 36 avant Jésus-Christ, six ans avant la mort de Cléopâtre, Antoine retourna de Rome en Egypte, et y retrouva celle qu'il aimait plus que la fortune, plus que la gloire, plus que l'honneur (style sérieux).La reine d'Egypte était alors âgée de trente-trois ans, mais elle était plus séduisante que jamais, el, avant de quitter la capitale de l\u2019lEmpire, Antoine lui avait envoyé muainte galore chargée de précieux présents, ce qui plus tard n'empêcha pas l'ingrate de le trahir.Elle lui fit cependant servir ua festin admirable, qui coù- ta des sommies folles.lLes mets, venus de toutes les parties du monde, étaient merveilleux, et les vignes de tous les pays avaient fourni leurs vins aromatiques, capiteux ct exquis, Antoine lui-même, qui pourtant était difficile, jugea le banquet très bien.ll n'y manquait en effet que du ginger ale Frisco.Et encore faut-il dire qu'à cette époque le /risco était inconnu, de même que Jules Durand, son inventeur.\u2014 Frisco Soda Water Co., 308 rue Saint-Do- minique; téléphone: list 2297.* , * Sire de Framboisie ramena sa femme dans son château de Framboisie, puis, c'est la chanson qui le dit: Lui trancha la tête d'un* balle de son fusil.l'histoire affirme aussi que Madame s'était cufttie du logis, non seulement pour Danser l'cancan dans un bal de Paris Mais aussi parce que son mari, trop vieux pour elle, la maltraitait.Ainsi, il n'avait jamais voulu ineubler convenablement le vhâteau de ses pères et Madame avait horreur des vieux meubles, O vous tous que le sort de lFramboisie menace, vous dont les épouses pourraient quelque jour fuir un logis trop mal meublé, allez.allez.tout de \u201ctite voir Valiquette.11 vend à des prix tres bas les plus beaux meubles de la ville.Vous, rossignols imprévoyants que votre fauvetlte pourrait quitter pour un pinson, hatez-vous de redorer la cage et votre fauvette Vaimera, \u2014 N.-G.Valiquette, 477- Est rue Sainte-Catherine; téléphone: Ist 4182.*.* Distrait, je venais de laisser tomber les - fames qui traînaient au fil de l'eau, tandis que notre esquif, hercé dans le courant, s'approchait peu à peu de la grève.\u2014 Je suis, mme dit Joséphine, envahie d'une sombre torpeur.\u2014 Cependant, lui dis-je, lu l'as rien mangé qui puisse te faire mal: à part huit ou dix tranchés de pore frais, des choux, des patates, une tarte et quatre assiettées de crême, tu n\u2019as\u2018presque rien pris, au diner.\u2014 Cela n\u2019empêche que je suis fort mal à mon aise.\u2014 Sans proférer un mot de plus, je saisis au fond de la cha loupe une petite bouteille contenant une liqueur aux reflets d\u2019ar.\u2014 Trends, lui dis- je.prends, 6 Joséphine, un peu de cette réconfortante chose, C'est du Brandy Richard, le meilleur des digestifs et des toniques connus.11 est garanti par ses dépositaires, Laporte, Martin & Cie, 568 ruc Saint-Paul: téléphone: Main 37066, * og Xx Comme nous ne savons pas de quelle fa- con passer les fêtes du Couronnement, Proserpine et moi.et comme nous ne pouvons nous payer un voyage au pays des l.ords, nous sommes allés chercher un coin de la ville où nous puissions tous deux vivre tranquilles.Le logis n\u2019a pas été difficile à trouver, mais il en a été autrement du restaurant.Par bonheur un ami nous conseilla d\u2019aller chez un certain Bonneville, homme charmant, qui nous fit voir un bijou de restaurant récemment agrandi et considérablement augmenté.Au lieu de deux salles à manger il en a trois et toutes les décorations sont neuves.Le mobilier, de style Mission, est aussi entièrement neuf, Notre seule mission à nous étant de bien manger, nous avons «iné là et nous sommes régalés.Suivez notre exemple, allez au Café Saint-Gabriel.- Si vous pouviez me dire pourquoi celle ne veut plus voir voir son nom dans ces colonnes, vous me rendriez grand service, car j'ai renoncé, depuis longtemps, à comprendre les caprices féminins et la dona mobile conserve pour moi son impénétrable mystère.Ah! si j'étais riche et puissant, influent et bien placé, sans doute en serait-il autrement!.\u2014 Oui, je le crois.\u2014 C\u2019est pourquoi,dès demain, je vais commencer à niédifier une fortune.La chose me sera, je crois, \u2018facile.On m\u2019a donné l\u2019adresse d\u2019un homme extraordinaire à qui tous les placements réussissent: je veux I'allez voir, implorer ses conseils, quémander son aide.Songez qu'il connaît tout en fait de propriétés foncières, et comme tant d\u2019autres lui doivent la fortune, je ne vois pas pourauoi il refuscrait de faire la mienne, Dès demain, je verrai J.-B.-D.Légaré, 11 rine Saint-Jacques; téléphone: Main 6620.monde.3 Non, mais j'ai bien ri l\u2019autre soir en recevant la visite du baron de la Tournetière du Haut-Castel, jeune noble français venu au Canada en voyage d\u2019exploration.Ayant sans doute entendu parler des quelques arpents de neige, il s'était apporté, avec des vêtements en poil de chèvre, un passe- montagne ct une collection d\u2019alpinstocks.Quand j\u2019eus fini de rire, puis de lui expliquer que nous crevions de chaleur, il me montra dans sa valise une provision de petites bouteilles pour combattre le froid.\u2014 Au moins, lui dis-je, cette fois vous ne vous tles pas trompé, car cela peut servir en êté comme en hiver.\u2014 C\u2019était de ce fameux Sandy Macdonald, le plus parfait et le meilleur des whiskys écossais.Vendu i Montréal par L.-A.Wilson, 87 rue Saint- Jacques; téléphone: Main 2424.* + Quand j'étais enfant, j'apprenais la géographie.Arrivé au chapitre de l\u2019Asie, le professeur \u2014 un homme très sérieux \u2014 nous parlait du Plateau de Pamir, qu'on a surnommé le Toit du Monde.Je ne sais si c'est à cause de mon caractère élevé, mais j'aurais voulu visiter ce plateau, vivre sur ce toit du globe, et y mener une vie en l\u2019air.Hélas! je ne l\u2019ai pu.l\u2019amir est demeuré pour moi l'inaccessible.comme la Vérité en l'Amour.Pour me consoler, un mien ami n'offrait dernièrement un emplacement à vendre sur le Plateau Bon-Air.Je le fus visiter, ce plateau, et je me consolai de Pamir.Le Plateau Bon-Air (comme le nom d'ailleurs l'indique avec la clarté nécessaire) est le site tout indiqué à ceux-là qui cherchent le bon air de la campagne à quelques arpents de leur bureau, Prenez le tramway de la rue Amherst ct rendez-vous au bout de la ligne.Là, vous trouverez un agent du Crédit-Métro- politain qui vous fera visiter les terrains.Tous les dimanches, une fanfare y joue.Or, peut-on se figurer rien de plus agréable que de se trouver un placement de tout repos au son de li musique?\u2014 Le Crédit Métropolitain, 74 rue Saint-Jacques; téléphone: Main 6455.N.-B.\u2014-Conditipns dautes: prix modérés.* * * Longtemps je suis resté à ma fenêtre, où la brise du soir n'apportait avec un parfum de lilas les voluptteux accords dune des plus accommo- ; Valse calme et langoureuse.Les sons: venaient de loin, et je n'en saisissais parfois que des bribes; mais ils étaient si ten- , dres, si passionnés et si doux à la fois, que je me démandais s'ils venaient bien de ce Plus tard, j'ai découvert la sour- ; ce de cette harmonie angélique, dont j'é- tits separé par la largeur du pare.C'était une planiste qu'il ne M\u2019a pas- encore \u2018été donné de voir.Je sais pourtam qu\u2019elle s\u2019appelle Tlortense et que son piano sort tout droit des magasins de M, Ed.Archambault.On: sait que M.Archambault, en \u2018fait d\u2019instruments de musique, vend \u2018ce qui sé fait, de tout à fait mieux.I] vous fournira aussi de la musique en feuilles, un phonographe Ed.Ar\u201d et: des rouleaux, etc, etc, utc.chambault, 3r2-lEst rue Sainte-Cathérine: téléphone: Est 1842.! .® * ® a J'ai fait trois fois le tour du monde 1 lit les dangers font mon bonheur.Ainsi chante Jlenri dans les Cloches de Carnerille\u201d Tlenri, bien souvent, n\u2019a même.jamais © fait le tour de sa ville.Ce n\u2019est pias comme moi.Sans avoir fait le tour dn monde, j'ai beaucoup voyagé et, si mon parrain m'a appelé Pierre, la mousse me fait complètement défaut: j'ai vu l'Europe, les deux Amériques, l'AustraJasie et un coin de d'Afrique, \u2018Jamais pourtant les dangers n'ont fait mon bonheur.Ce.que j'aime au contraire par-dessus tout, c'est le voyage sur mer, mollement bercé par les flots, ayant devant moi leur bleu incomparable et, dans les oreilles, leur chanson monotone, mais Loujours agréable.\u2018C\u2019est la course au lointain horizon, c\u2019est le large, avec sa forte houle et son grand souffle amer, c'est l'ivresse d'aller sur cette vaste mer\u201d, comme l\u2019écrivait M.Coppée.\u2014 Par exemple, il me fant du confort: une bonne cabine, bien placée sur le pont, une vaste promenade, une compagnie agréable.des repas excellents.J'ai trouvé tout cela au cours d\u2019une récente traversée que je fis de Bristol à Montréal.\u201cLe ciel était très pur, la mer était fort belle\u201d, et sur notre navire la vie était un continuel rève.Un service attentif, un personnel poli (eh! oui, pourquoi pas?), des recoins confortables, une belle bibliothèque et une salle de musique d\u2019où sortaient des sons enchanteurs.C'était- à bord du Royal-George, le\u2018 magnifique paquebot du Canadien-Nord: \u2014 Retenez dès aujourd\u2019hui votre cabine au siège de la Compagnie, bureaux de la Banque Impériale; téléphone: Main 6570.ee.Blanche prit sa cuiller, qu\u2019élle porta délicatement à ses lèvres avec la fraise qu'elle contenait.Elle fit glisser dans sa bouche le fruit succulent, ferma à demi les yeux, puis écrasa doucement la fraise succulente: \u2014 Vraiment, fit-elle rouge de plaisir, ces fraises sont exquises!.Un monsieur, qui se trouvait non loin dé nous et.qui cher- chait-à-engager la conversation avec nous, bien que n'ayant d\u2019yeux-que pour Blanche; nous dit: \u2014 Céla n\u2019est pas surprenant: ce sont les fraises de Ledermann, le fameux horticulteur de Rougemont.Or, vous savez que Ledermann -a la réputation de cultiver les meilleurs fraisiers, framboisiers êt gadcliers de la province.Ecrivez-lui, il vous en enverra des plants au-prix très modique de $3 et $4 le cent (fraiside transport à la charge\u2019 de l\u2019acheteur).TE L\u2019\u201cAction\u201d est publiée à Montréal :par Jules Fournier, tous les samédis, \u2018Adresse pour la police: rue Saint-Denis, 323. 4 LE PROCES TARTE-FOURNIER C'était jeudi l'ouverture du terme de juin, aux assises.Le directeur de l'Action, dès dix heures du matin, se présentait devant le tribunal pour répondre, une fois de plus, à l\u2019accusation de libelle portée contre lui par M.Louis-Joseph Tarte.i Mais ni M.Louis-Joseph Tarte ni son avocat n\u2019étaient là.L Ën vain M.Fournier passa-t-il au Palais le plus clair de la journée.11 entendit appeler tour à tour les noms d'une cinquantaine de personnes accusécs de méfaits divers: vol, faux, meurtre, etc.Mais pas la moindre accusation de libelle.Jeudi soir le grand jury était libéré sans seulement avoir été saisi de l'affaire Tarte- Fournier.; ,Ç ; Et le directeur de l\u2019Aclion s'en revenait tranquillement chez lui.\u2014 Allons, encore quelques mois de liberté!.odio POURQUOI?On lit dans le Soleil (numéro du 29 mai), a propos du prochain voyage de M.Borden dans J Ouest: \\ \u201cJa question qui se pose est donc celle- ci: les gens de l'Ouest sont-ils gens à se laisser prendre à cette manoeuvre assez grossière?2.\u201cC\u2019est peu probable: les associations de fermiers (sic) qui, l\u2019année dernière, lors du voyage de Sir Wilfrid, lui ont posé leur ultimatum, se proposent de recommencer avec M.Borden.\u201d Tiens, tiens, mais c'était donc vrai, que ces associations avaient posé un ultimatum à M.Laurier! Mais alors pourquoi le Soleil a-t-il tant tardé à le reconnaître?.l\u2019ourquoi prétendait-il le contraire, l'an dernier?; Pourquoi M.d\u2019Hellencourt a-t-il si longtemps menti, là-dessus?M.Lemieux dans Rouville Ainsi que nous l\u2019annonçons dans une autre colonne, M.Brodeur, dès son retour d'Europe, donnera sa démission, M.Rodolphe Lemieux deviendra ministre de la marine et se portera candidat dans Rouville.La chose est si bien décidée que M.Lemieux a déjà commencé à préparer son élection dans ce comté.11 y a quelque temps, M.Robert, député à Québec, se rendait à Ottawa, à la tête d\u2019une petite délégation, pour assurer d'avance I'honorable ministre de l'appui des libéraux rou- villois.Il fut convenu, comme de raison, que l'affaire resterait secrète jusqu'à ce que M.Brodeur annoncât officiellement sa démission, mais il en transpira tout de même assez pour permettre a Action de se renseigner.Depuis, M.Robert eut avec M.Lemieux, au sujet de la prochaine élection de Rouville, plusieurs entrevues.Mercredi, 3t mai, il venait une fois de plus à Montréal rencontrer son futur candidat, qui l'avait mandé spécialement pour arrêter avec lui certains détails d\u2019organisation.Il ne put le voir ce jour-là, M.Lemieux ayant à la dernière minute manqué à son rendez-vous.Mais avant de partir pour son comté, M.Robert rencontrait ici des amis minis- téricls et il leur faisait part de ses espoirs: \u2014\u201cNous sommes absolument certains, disaît- ils, de remporter Rouville malgré tous les efforts de l\u2019opposition.D'abord nos gens sont foncièrement rouges; et puis, on peut bien le dire, il n\u2019y a pas un comté de la Province, en ces derniers temps, qui ait été aussi bien traité par le gouvernement.Nous avons su arranger notre affaire.Seulement depuis quelques mois, les gens de Rouville ont reçu des faveurs à eux seuls autant que dix autres comtés mis ensemble: $1,500 pour le pont Yule, $1,- 800 pour le pont Magenta, crédits votés pour Pabaissement des cites sur le Richelieu, etc, etc, etc\u2026.Chaque paroisse a reçu sa part: Marieville, L\u2019Ange-Gardien, Saint-Césaire.A Saint-Césaire, le syndicat pour l\u2019industrie du tabac vient tout justement de toucher une subvention de $2,000 que lui accorde le ministère de l\u2019agriculture; de plus le gouvernement ga- yantit pour $48,000 d'obligations de la même entreprise :.Vous avez par là une idée de la situation.Je vous le répète, il n'y a pas une paroisse que l'on ait négligée : Lemieux sera élu dans Rouville par 500 malgré tous les Bou- rassas du monde.\u201d Ainsi raisonnait M.Robert.\u2018Seulement le peuple est quelquefois un animal.bien curieux.Avec lui, On ne sait jamais ! M.Robert et M.Lemieux aussi feront bien d'être confiants, mais pas à l\u2019excès.De la con- : wen faut! fiance, w'en -faut\u2019\u2018sans-doute, mais pas-itfop: chain tefme.\u201d L'ACTION \u2014 LA DERNIERE NOUVELLE NOUS N\u2019AURONS PAS D\u2019ELECTIONS GENERALES CETTE ANNEE Ottawa, 2 juin.Nous n\u2019aurons pas d\u2019élections générales cette année.C\u2019est du moins la grande probabilité.Telle est l'information, de source absolument sérieuse, que l\u2019Action est en état de communiquer aujourd\u2019hui à ses lecteurs.En revanche, les ministériels se proposent de nous offrir, comme dédommagement, quelques élections partielles à l\u2019automne, dont trois \u2014au moins-\u2014dans la Province de Québec.Ces trois élections auront lieu dans Rouville, ans la Beauce et dans Gaspé\u2014voici comment : Immédiatement après son retour d'Europe, M.Brodeur démissionnera.enfin! M.Le- mieux prendra alors le portefeuille de la marine et résignera son mandat de Gaspé pour se porter candidat dans Rouville, M.Béland, devenu ministre des postes, demandera à ses fidèles Beaucerons de le réélire.Et l\u2019un des frères de M.Rodolphe Lemieux \u2014 peut-être le shérif, peut-être M.Auguste Le- mieux d\u2019Ottawa\u2014ira recueillir dans la Gaspé- sie la succession de l\u2019actuel ministre des postes.* *« * C\u2019est ainsi que lc peuple de la Province de Québec sera tout d\u2019abord appelé à sc prononcer sur les deux questions de la marine et de la réciprocité.D'avance, sa aux yeux des ministériels ; qu'ils aient raison.réponse ne fait aucun doute et il semble bien Dans la Beauce, M.Béland jouit d\u2019une po- IL Y EN À ET IL On trouve dans les documents session- nels de la Province de Québec (1910-No 94) les deux lettres suivantes: 60 .5603/09 \u201cLE SPECTATEUR\u201d Hull, P.Q., 1er avril 1909.Hon.M.Allard, ; Ministre des Terres et Forêts, Québec.Mon cher Ministre, Je crois que c\u2019est le bon temps de vous solliciter un acompte, sinon toute la faveur que je vous ai demandée l\u2019autre jour pour mon journal, lequel me coûte beaucoup d'argent et de travail.an Je trouve, dans la \u201cGazette Officielle\u201d, un avis de votre département concernant des forces hydrauliques.Je trouve également l'avis de cette vente dans le journal \u201cLe Temps\u201d, d'Ottawa, que je suppose avoir ete autorisé pour le publier.En conséquence, je vous demande en grâce de bien vouloir m'autoriser à publier cet avis dans , mon journal, cinq fois, c\u2019est-à-dire, jusqu'au 6 mai prochain.Vous ne sauriez croire I'immense service que vous me rendriez en faisant cela.Avec l'espoir d\u2019une réponse favorable par le prochain courrier, je suis, Bien à vous, (Signé) E.-E.CINQ-MARS.3/5/10.Québec, 2 avril 1909.M.M.-E.Cinq-Mars, Propriétaire \u2018Le Spectateur\u201d, Hull, P.Q.Cher Monsieur, Co En réponse à votre lettre, datée d'hier, me demandant l'autorisation de publier dans le \u201cSpectateur\u201d, l'annonce de l'affermage de certains pouvoirs d\u2019eau, je dois vous dire que vu la longueur de cette annonce et la dépense assez considérable qu\u2019elle entraine, j'avais limité le nombre des journaux à être autorisés à la publier.Cependant comme votre journal paraît dans le district où se trouve les pouvoirs d\u2019eau en question, je pularité personnelle qui à elle seule lui assurerait la victoire, Dans Gaspé, le résultat, pour bien des raisons, n'est pas moins certain.Enfin, ainsi que nous l'exposons ailleurs, il y à quatre-vingt-dix-neuf chances sur cent pour que Rouville, de même, reste fidèle au ministère.L'opposition pourra bien sans doute, si le coeur lui en dit, y recommencer contre la marine la lutte de Drummond, mais avec un succès tout différent.Fort de ces trois victoires, le ministère attendra ensuite en 1912 pour donner le signal de la grande lutte.* 4 * Pour le moment, les journaux ministériels vont continuer d'annoncer que les élections générales sont imminentes, qu\u2019elles auront lieu au plus tard à l'automne.Les ministres, de leur côté, convoquent précipitamment des assemblées et font mine de se préparer comme pour un engagement très prochain.Tout cela pour affoler les conservateurs et leur faire jeter leur poudre aux moineaux.On peut nous en croire\u2014l\u2019zIction est bien informée: les ministériels, à l'heure qu\u2019il est, sont décidés à ne donner la bataille qu\u2019en 1912.Hormis de complications nouvelles très importantes, ils se contenteront pour maintenant de quelques élections partielles.Nous n\u2019aurons pas d'élections générales cette année.Pierre Beaudry.NY EN A PAS! vous autorise a publier cctte annonce trois fois à raison de $10.00 chacune.Votre tout dévoué, (Signé) JULES ALLARD.3/5/10.Lorsqu'on demande à nos ministres d\u2019encourager l\u2019agriculture, de construire des routes pour les colons, d'augmenter le traitement des institutrices, ils ont une réponse inva-iable : Nous n\u2019avons pas d'argent.Mais lorsqu'il s\u2019agit d'accorder à un gazetier ministériel une carotte, ils ont de I'argent! Le Spectateur est un tout petit journal, qui tire à peine un millier d'exemplaires, que personne ne lit: tout ce qu\u2019il peut faire, c\u2019est d\u2019accrocher un $30 par-ci, un $so par-là.Plus répandu, comptant plus d'influence, il obtiendrait plus.Quotidien comme le Canada, il pourrait prétendre lui aussi à son $45,000.Il y a ainsi dans la Province de Québec cinquante feuilles petites et grosses qui émargent au budget, sous tous les prétextes, les unes pour quelques centaines de piastres par année, les autres pour plusieurs milliers.L'on n\u2019a qu\u2019à ouvrir les Comptes publics pour voir combien cette espèce particulière de dilapidation coûte chaque année au trésor provincial.C'est avec cet argent\u2014volé aux colons et aux petites maîtresses d\u2019écoles\u2014qu\u2019est entretenue la presse ministérielle de chez nous, C\u2019est avec cet argent que l'on paie pour faire emplir le bon peuple.De l'argent pour les petites maîtresses d\u2019écoles, il n\u2019y en a pas! Mais de l'argent pour les journaux de la crèche, il y en'aï L'AFFAIRE FOURNIER «© Sous ce titre: L'AFFAIRE FOURNIER, et ce sous-titre: Contre l'attente générale, elle ne figure pas sur le rôle des assises, on lisait dans le Canada d'hier : \u201cL\u2019affaire Fournier-\u201cLa Patrie\u201d ne figure pas sur le rôle.M.Jules Fournier s\u2019est présenté hier à la cour, pensant voir sa cause appelée Mais ayant demandé à Mtre Walsh si le ministère public allait procéder, le substitut du procureur-général lui répondit: \u201cSi l'avocat du plaignant ne procède pas, le ministère public ne proce- dera pas.\u201d \u201cLa cause serait: donc: tenvoyée au-pro- Re) pe \u201c Le Soleil continue d\u2019accumuler les conjone- ions, - M.d\u2019Hellencourt fera bi à M.en de retourn son Bossuet.(Ta | as ly a aussi un aut eur que nous nous permettrons, en passant, d \u20ac e recommand confrère.\u2019 er ad ?\u2018 C\u2019est un nommé Larousse, qui écrivit naguère un livre curieux, intitulé: Petit dic- lonnaire à l'usage des écoles primaires, fout: d Hellencourt trouvera là-dedans une poule Me, choses qui le surprendront peut- | .Mails comme 1l aime le nouveau i fera plaisir.sa tu Lr Nous vivons tout d ê .Nou e même dan bien étrange.% em pays e Courrier de.(petite ville qui n\u2019est pas à cent lieues de.Montréal), publiait ans son dernier numéro, sous ce titre plu- tot énigmatique: es chiens vicieux et not\u201d maire! un article bref, mais plei ici dans son entier: plein de choses.Le voici Chacun sait depuis longtemps que certains chiens de la ville Gboient quand P sonne.C\u2019est vraîment agaçant.Angelus - \u2014\u2014 On constate depuis queique temps l\u2019appu- rition d'un nouveau mal, et c\u2019est not\u201d maire qui en est frappé.; Chaque dimanche, à huit heures précises, il hurle daus la rue, commna un déchaîné.Est-il malade?Nul ne le sait.\u201cris à la police.Un anaire qui hurle dans la rue \u2014 comme un déchainé \u2014 chaque dimanche soir \u2014 à huit heures précises.Non, mais qu'est-ce que cela peut bien vouloir dire?\u2014\u2014 D'OU VENAIENT LES $69,000?Quand M.Foster, voilà de cela quelques années à peine, comparut devant la fameuse commission des assurances, on le força d\u2019expliquer sou par sou les différents articles de son livre de banque; et l'on eût raison.En ce temps-là les journaux ministériels soutenaient avec une énergie de fer qu'un homme public doit compte au public de ses moindres affaires d\u2019argent ; qu\u2019il n\u2019y a pas de \u2018\u2019profits\u201d quelconques qu'il ne doive être prêt à avouer en tout temps.Pourquoi aujourd\u2019hui les mêmes gazettes se révoltent-elles parce que l\u2019on demande à M.Oliver d'expliquer la provenance des $69,000 ?Pourquoi ce qui était bon à leurs yeux dans le cas de M.Foster ne serait-il pas bon également dans le cas de M.Oliver?Un homme qui aspire aux honneurs, qui recherche les charges de confiance, les hautes situations, doit accepter comme la rançon de ces avantages les obligations et fes ennuis qui en sont les corollaires.Autrement, il n\u2019a qu'une chose à faire: c\u2019est de rester dans la vie privée\u2014ou d'y rentrer.Le public demande, et il a droit de savoir d'où viennent ces $69,000 ?M, Oliver prétend qu\u2019il ne les a pas reçus du Canadien-Nord.C\u2019est possible, Mais alors où les a-t-il pris?Encorc une fois, d\u2019où venait cet argent?Discours de Ministre (D'après Jacques Ferny) Messieurs, grâce au gouvernement Dont nous jouissons à l\u2019heure actuelle, Le pays vit dans l\u2019enchant\u2019ment D'une félicité perpétuelle.Au-dedans, point d\u2019agitations; Le gâchis simplement, rien autre.À l'extérieur, quoi?des nations, Messieurs, étrangèrs à lu nôtre! Enfin, chose extraordinaire! \u2014A quoi Cla tient-il?J'n\u2019en sais rien\u2014 Nous ne sommes pas même en guerre! Tout va bien, messieurs, tout va bien! Tout va bien! Le gouvernement, Messieurs, fait marcher le commerce, Lequel, pour se mettre en mou\u2019 ment, N\u2019attendait que lui, sans controverse! Oui, malgré les cris astucieux Des commerçants conservateurs, Les affairs, en somme, messieurs, Les affaires.sont les affaires.Nous avons la crise, sans doute, Mais aprés tout, ell\u2019 se maintient Solid\u2019ment, la crise! et, somm\u2019 toute, On peut l\u2019affirmer, el\u201d va bien! Tout va bien! Le gouvernement S\u2019intéresse à l\u2019agriculture: Les blés s\u2019ront coupés dans queuqu'temps, Et l\u2019avoine aussi, cest bien sûr! L'org\u2019 n\u2019est pas laid, le seigle est beau, La températur\u201d printanière; Il tombe moins souvent de l\u2019eau, Qu'il n\u2019en tombait l\u2019année dernière, Le cochon n\u2019a pas mauvais\u2019 mine, Le prix d'la volail?se soutient, Et quant à l\u2019espèce bovine, Elle engraisse, donc elle va bien?Tout va bien! Le gouvernement, Vous a promis avec largesse Des réformes.Eh bien! réell\u2019ment, Lorsqu'il vous a fait cetf\u2019 promesse, JL avait l\u2019intention d\u2019la fnir.Il l\u2019a même encore à cette heure.1 la gardera comm\u2019 souv\u2019nir Précieus\u2019ment jusqu\u2019à ce qu\u2019il meure! Parfois, avec inquiétude, Vous vous dites: \u201cMais qu\u2019est-\u2019'que d'vient Cetf\u2019 loi qu\u2019on a mise à l\u2019étude?\u201d Calmez-vous, messieurs, elle va bien! Tout va bien! Le gouvernement, Soucieux de diminuer vos charges, Les accroît progressivement Dans les proportions les plus larges.Des titulair\u2019s de ces impôts La joie, d'ailleurs, est évidente ; Ils vont, clamant à tout propos: L'impôt va très bien, il.augmente!\u2019 * Que dis-je?Mais on en rencontre Et Journellement je n\u2019sais combien Auxauels il reste encore leur montre!\u2026 Et quelquefois même, elle va bien! Tout va bien! Le gouvernement Est composé de gens intègres, ut ne trou\u2019 jamais leur traitement Ni leurs frais d\u2019voyag\u2019s assez maigres! Un autre fait\u2014trop rare, hélas! ar le temps qui court, les honore\u2026 On est allé voir en prison, h bien! ils n\u2019y sont pas encore!\u2026 Et puis, d'ailleurs, quand, pour un° cause uelconque, il arrive que rien Ne va, c\u2019est encor\u2019 la même chose! out va bien, messieurs, tout va bien! Zut."]
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