Voir les informations

Détails du document

Informations détaillées

Conditions générales d'utilisation :
Domaine public au Canada

Consulter cette déclaration

Titre :
Album universel
Succédant au Monde illustré (1884-1902), L'Album universel offre des textes variés, abondamment illustrés de gravures et de photographies.
Éditeur :
  • Montréal :Compagnie de photogravure de Montréal,1902-1907
Contenu spécifique :
samedi 21 mars 1903
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
chaque semaine
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Monde illustré (Montréal, Québec)
  • Successeur :
  • Monde illustré (Montréal, Québec : 1907)
Lien :

Calendrier

Sélectionnez une date pour naviguer d'un numéro à l'autre.

Fichier (1)

Références

Album universel, 1903-03-21, Collections de BAnQ.

RIS ou Zotero

Enregistrer
[" LE MONDE ILLUSTRE ALBUM UNIVERSEL 19e ANNEE\u2014No 47 MONTREAL, 21 MARS 1903 40 PAGES, 5c.le Numéro a = KE 2° / fé 5 / À 2X 2 Pi od a 8% A 2 À 74 7 3 4 6 4 a A > v, \u20ac +3 A Co 3.4 {A i SN Hi # 2 5 A oli 7 A, Af À oo 9 2 (IW AL MLLE ATHLETA, la femme la plus forte du monde, qui lance un défi aux champions canadiens Louis Cyr et Horace Barré 11 ALBUM UNIVERSEL ALBUM UNIVERSEL Hureau de Ré : Batiment de \u201cLe P » 55 rue faint-Jacques.Boîte du Bureau de Poste pour correspondance, 158.Tiroir du Bureau de Poste pour les journaux, 9101.ABONNEMENTS : UN AN,93.00 .+ + + + + + + 6 MoIs, $1.50 4uois, $100 .Payable d'avance NOTRE FRONTISPICE Il aous à paru intéressant de consacrer notre frontispice à Mademoiselle Athleta, l'athlétique Parisienne qui se pretend la femme la plus forte du monde, et qui vient d'en lancer tout particulle- rement le défi À nos champions canadiens, Louis Cyr et Horace Barré.Mademoise.e Athleta, s\u2019il faut eu croire les autorités sportives et médicales de France, est un véritable phénomène.On prétend qu'elle n\u2019a pas son rival sur tout de globe terreste.La parole est & nos hommes forts canadiens.Le monde du sport attendra leur répouse avec auxiété.pe DEUX ARTICLES SPÉCIAUX \u2014 Les lecteurs de l'\u201cAlbum Universel\u201d out la bou- ne foriune, cette semaine, de deux articles spé- claux que nous devons à deux excellentes p:umes canadiennes.L'un, en prose, \u201cConte de carême\u201d, signé Colombiue, contient, sous sou air modeste, une haute leçon de philosophie vraiment chrétienne.L'autre, en vers, est de Monsieur W.Chapman, une de nos gloires littéraires.Nos lecteurs feraient bien de ne pas tourner la page 1112 saus la lire atteutivement.+ M.WILLIAM CHAPMAN Nos lecteurs doivent savoir déjà, pour l'avoir lu daus les journaux quotidiens, que M.P.H.Chabot, d'Ottawa, a pris l'initiative d\u2019une souscription nationale pour permettre à M.William Chapman d'aller faire imprimer ses oeuvres poétiques à Pa- M.P.H.CHABOT.ris.C'est leur être agréable, croyons-nous, de leur donner, en même temps que le portrait de M.Chabot, dans cetie colonne même, celui de monsieur Chapmau, en la page 1113, et une pièce de vers inédite du sympathique poète, en la page 1112.MON RÊVE {Pour ALBUM UNIVERSEL] A Mademoiselle M.A.Mon rêve, (u le sais, c'est de vouloir te plaire, C'est d'apprendre & l'aimer, & toujours te chérir ; C'est d'être à tes geuoux, t'adorer, te complaire ; C'est cueillir tes aveux, tes iarmes, tes sourires ; C'est de te coutempler, de te voir, de l'entendre ; C\u2019est respirer tou coeur qui me charme et m'euivre; C'est te dive Jes wots Jes plus doux, les plus teu- [dres ; C'est imiter l'oiseau qui, tremblaut vous le givre, S'euvole eu grelottaut au bord de tu feuêtre ; C'est d'être le rayon du gu! solell levaut, Qui tout discrètement eu ta chambre péuètre ; C'est te suivre partout, du Couchaut au Levaul, Et du Nord au Midi, de l'aurore jusqu'au soir ; Partout où je te vois : daus l'onde et le nuage, Au bord du clair ruisseau, au sein de ia nuit noire; Au milleu des bles d\u2019or, au seiu du vert feulllage ; Partout où je t'œuteuds : daus la brise qui pleure ; Daus le murmure des flots, daus le bruit des tem- [pêtes ; Duus la voie du torrent, dans le timbre de l'heure; Dans le chant des oiseaux et daus celui des fêtes ; Oul, partout te suivre, t\u2019enteudre et te voir, C'est là tout mou bonheur et c\u2019est là tout mon (rêve, C'est là ce que j'atieuds et ce qui reud l'espoir A mou coeur qui te suit sans repos et saus trève.ALPHONSE.Montréal, 5 mars, 1903.\u2014 >> L'UNION STE-CÉCILE Fondée en septembre 1897, par M.J.E.Bernier et uve quiusaiue de jeunes musicieus, cette assu- clation a depuls lors marché de succès eu succès, et est maintenant l\u2019une des plus fioriesautes de la ville de Montréal, comptaut plus de 150 membres qui se recruteut parmi l'élite de notre jeunesse ca- uadienue.Un comité toujours netif composé de douse des membres de l'association, et guidé pur l'habile direction de l'association, assurait, il y a quelques mois, l'existence sociale et légale de cette uuion, en déposant au greffe des Tutelles et faisaut enrégistrer son titre.L'Union Ste Cécile a aussi fait connaître au public son programme tout entier, qui est l'étude, la pratique et la propagation de l\u2019art musical sous toutes les formes.L'association possède maintenant de superbes salume, salle de billard, de pool, bibliothèque, etc, nu No 46 rue St Hubert, où tous les amis de l'as nucint.on sout les bienvenus.C'est là que se donnent des leçons de musique suus la direction de professeurs dont le talent et l'habileté sont reconnus.C'est iA encore que, dns le cours de l'hiver, les membres et les amis de l'association ont l\u2019occasion d'entendre traiter des questions d'art et de musique eu particulier, par des conférenciers intéressants, dont la plupart sont des membres de l'association.C\u2019est 1A, enfin, que l\u2019on met À l\u2019étude et que l'ou prépare des oeuvres de maîtres pour des soirées que l\u2019Union offre À ses amis, qui l'ont si fidèlement et si généreusement patronée.Les principaux bieufaiteurs de l'Association sont: M.F.D.Monk, président honoraire ; Rév.J.B.Jobin, vice-présidcut Lonoralire ; I'Hon.J.I.Tarte, Sir Wm H.Hingston, MM.James Cochrane, maire; R.Forget, I\u2019échevin Laporte, I'Hon.L.Beau- bien, ete., etc.L'auwnônier est M.l'abbé Richard, vicaire à St Jacques.Le président actuel, M.Aug.Hubert, est un homme de mérite et de tact.La mellleure harmonie règne parmi les membres, et lorsqu'on entre à l\u2019Union Ste Cécile, on sent que l'on est chez sol.Tous les amateurs iustrumentistes ou vocalistes devraient faire partie de cette excellente et unique assoclation dans son genre.Mainteuant, il est bon de dire que, pour appartenir à l'Union, il n\u2019est pas nécessaire d'être tous musiciens, on aide à l'association dans ses différentes oeuvres.Jeunes gens de bonnes familles, allez visiter l\u2019U- mion Ste Cécile, et si vous tenes à entrer dans une distinguée association canadienne-française, c\u2019est IX que vous la trouveres.NOS SUCCÈS THÉATRAUX M.PAUL CAZENEUVE DANS HAMLBT.M.Paul Caxeneuve, l'artiste aimé den foules, remporté un véritable auccès dans Hamlet, représenté dernièrement au Théâtre Natioual Français.Nous avons cru devoir eu laisser uu souveuir à nos lecteurs, sous la forme d\u2019une excellente photographie, prise spécialement pour \u201cAlbum Universel\u201d, par l\u2019artiste Richard, 1618 rue Sainte-Ua- theriue.\\ \u2014\u2014\u2014 po - VINGT EXCELLENTES RAISONS Qui devraient bien vous convaincre que } L'ALBUM UNIVERSEL | (LE MONDE ILLUSTRÉ) MUC + est devenu indispensable dans toutes les familles : lore raison.\u2014C\u2019est le JOURNAL D'ACTUALITE ILLUSTRE le plus complet comme le plus intéressant qui ait jamais été publié en Canada.2me raison.\u2014C\u2019est le COMPLEMENT INDISPENSABLE DES JOURNAUX QUOTIDIENS qui n\u2019ont pas le temps d\u2019élucider complètement les questions intéressantes qui tombent dans le domaine de la publicité.A 3me raison.\u2014Ses illustrations, toutes d'actualité, et au nombre d\u2019une centaine à chaque numéro, sont d\u2019un FINI D\u2019EXECUTION INSURPASSABLE.; LI: HE 4me raison.\u2014Ses articles profusement illustrés portent toujours SUR LES EVENEMENTS INTERESSANTS N \\ A SEMAINE.Sme raison.\u2014 Ses feuilletons illustrés, dont il publie seize pages à chaque semaine, sont LES PLUS BEAUX qui aient jamais été publiés en Canada.6me raison.\u2014Parce qu\u2019il est plus qu\u2019un journal de famille, c\u2019est LE LIVRE PAR EXCELLENCE de tous les âges et de toutes les conditions.4 1me raison.\u2014Ses PAGES COMIQUES ET SES VARIETES humoristiques dérident les plus moroses.\u201cor 8me raison.\u2014Parce que ses MORCEAUX DE MUSIQUE sont des primeurs, et recherchés avec soin parmi les plus recentes éditions européennes.© 9me raison.\u2014Parce que ses pages de CURIOSITES NATURELLES, SCIENTIFIQUES ET AUTRES instruisent en même temps qu\u2019elles récréent.\u2018a 10me raison.\u2014Parce que ses pages de MODES ILLUSTREES sont rédigées avec sein et renseignent bien sur les dernières créations de Paris et de New-York.+ {ime raison.\u2014Parce que ses PAGES LITTERAIRES sont toujours consacrées à ce qu\u2019il y a de plus nouveau dans les grandes revues européennes.f2me raison.\u2014Parce qu'il porte un intérêt tout particulier aux SPORTS EXTERIEURS et INTERIEURS, ce facteur si important de la vie moderne.+ \" 13me raison.\u2014Parce que son coin de la RECREATION en appelle à tous les esprits chercheurs en quête de problèmes intéressants et variés.{4me raison.\u2014Parce que ses études géographiques illustrées D'UN PAYS PAR SEMAINE font l\u2019éducation \u201c du peuple.I15me raison\u2014 Parce que sa petite revue illustrée est la DOUCE PHILOSOPHIE d\u2019une semaine bien occupée.wv lôme raison.\u2014Parce que ses TABLEAUX D'ART sont tellement beaux qu\u2019ils méritent d\u2019être conservés.\u2019 17me raison.\u2014Parce que ses CHRONIQUES EUROPEENNES ILLUS TREES, par Léon Zor, correspondant spécial de \u201c l\u2019Album Universel,\u201d nous met au courant de tout ce qui se passe dans le vieux monde.- Ÿ 18me raison.\u2014Parce que ses portraits forment une des plus BELLES GALERIES NATIONALES qu\u2019on Le .puisse collectionner.ne 19me raison.\u2014Parce que c\u2019est le journal DE TOUT LE MONDE, des enfants comme des vieillards, des 0 femmes comme des jeunes filles, des riches comme des pauvres, des intellectuels comme 0 des autres.20me.raison.\u2014Parce qu\u2019il ne coute que CINQ CENTS et que vous avez QUARANTE PAGES de matière et + d'illustrations de toutes sortes.3 NAA ANANAANANAQRLESAAAOOOOOOOOE La ne La : ALBUM UN IVERSEL Mop! fo 0 a da \"4 ; % A Lu N° > ix % : * \u201c j bl x LS Hy ?e Ÿ K ve \u20ac A à oti \"2 e 104 # ES & #5 FA sh 48 i a iy dl \u201c3 ¥ a Te.He LU J Es AY > ET 4 +53 i +}, $ Fi er\" ¥ ++ \u201d a , EF {RN V3 A £4 BY db 4 \u201chive fd 8 + je Y q A EUR 74 | 3 £0 e CA IS Lu Pa [3 \u2014\u2014 sac Ea LL ke \u2014- à J xR) ¢ is, PAS .! i» Lg 5 À Fa M y Gs! Aa 7) id \u201col > y ef RY au >, AY es hil ?- LA SAISON DU CARNAVAL LC : Commogs ie passe à Venise, (d'après le tableau de Durand-Lorientais). wv ALBUM UNIVERSEL # & LE FIANCE DE GERTRUDE Tous les sors, & sept heures sonnantes, j'entrais dans le salon des Lehrman.Mattre Lehr- nau, ses bésicies sur le nes, lisalt la gazeiter Mme Elisabeth, aa femme, tricotalt l'éternelle couverture, comimencée au lendemain de ses noces peut- être et toute grise maintenant à force d'avoir été maniée.Quant A Melle Gertrude, penchée sous l'abat-jour de la lampe, eLe s'ocfupalt de quelques travaux d\u2019aigulllé pour les pauvres du bourg.On ue se dérangeait point À mon arrivée, les trois têtes se levalent et j'étals accuelill par un sourire muet, toujours le même.Alors, discrètement, gagnant le fauteuil qui m'attendait près de la table, en face de MeLle Geftrude, je bourrals ma grosse pipe de porcelaine, et, sans mot dire, me mettais à fumer.De temps en temps, maître Lehrman, hochant la tête, épelait à haute voix quelque nouvelle importante donnée par la gazette.Mme Elisabeth et Melle Gertrude, Interrompant leur travail, le- valent les yeux vers lui, et mol, lançant un gros nuage de fumée, je me permettals quelques timides observations.Puis tout retombait dans le silence jusqu'au moment où Lisa, la vieille bonne, apportait le thé, Alors, tous cessalent de travalil- ler : la gazette était posée sur la cheminée ; la couverture ou le bonnet d'enfant, dans la corbeille à ouvrage ; je remettails ma pipe dans ma poche, et, tandis que l'eau chantait dans la bouilloire, on commençait à causer des événements du jour.Puis, au premier coup de dix heures, Lisa m'apportait ma lanterne, je serrais la main à maître Lehrman et & sa femme, je m'iiclinais devant Melle Gertrude, qui, chaque fois, rougissait imperceptiblement, et je rentrais ches moi, à l\u2019autre bout du village, m'amusant À voir danser sur le mur les ombres qu\u2019y dessinait ma lanterne.Vol:à bien trols ans que, par toute saison, §'al- 1aia passer a soirée ches maftre Lehrman.Du jour où, vêtu de mon bel habit bleu à boutons de cuivre, j'avais demandé la main de Melle Gertrude, on m'avait octroyé mes grandes entrées daus la maison du notaire.Mais on ne se pressait pas pour le marlage ; dame ! il faut bien se connaître un brin avant de s'unir pour toujours, et Melle Gertrude n\u2019avait pas encore tout À fait dit oui.Elle voulait attendre.Et puis, dois-je le dire, j'avais des craintes : il me semblait qu'elle rêvait À un autre que moi.Mais, comme je possédais quelque argent, et que j'étais aimé dans le pays, maf- tre Lehrman me jugeait un parti sortable et Melle Gertrude finirait par dire le oui solennel.Ainsi, je prenais patiemment mon parti, sûr que le mariage se ferait un jour ou l'autre et ne craignant point de rivaux.J'avais tort, \u2014 je peux bien le dire maintenant, \u2014 car le neveu du curé intrigualt fort auprès de maitre Lehrman pour avoir la in de sa fille.Mais Fritz était gueux comme pas un, et je me croyais bien tranquille de son côté.I! était jeune, il était beau garçon et avait fort belle façon, sortant À peine du service militaire, c'est vrai, mais Je pensais que jamais maître Lebhrmaa ne lui donnerait sa fille, quoi qu\u2019en eût dit celle-ci ; j'avais tort, je le répête, les événements en décidèrent autrement, \"I Un soir, en ouvrant sa gazette, maître Lehrman eut un hochement de tête plus fort que d'ordi- najre.\u2014Hé, hé ! ils se pourrait bien que nous ayous la £uerre avec la Prusse.Ce mot de guerre jeté dans la tranquil:ité de ce salon, fit un drôle d'effet.Mme Elisabeth et Melle Gertrude en oublièrent leur couture et je sentis un frisson me passer dans le dos.Vous comprenez, J'étais habitué an calme de mon existence et, placés comme nous étlons au beau milleu de la fron- tidre.Je n'osals pas trop penser À toutes les conséquences d'une guerre dans le pays, mais je n\u2019étais pas rassuré du tout, et le soir, en rentrant, je ne m\u2019Amusais plus À regarder danser les ombres sur le mur de la Grande-Rue.Peu à peu, les bruits de guerre alldrent grossissant: on en parlait beaucoup dans le pays, et j'allais de groupe en groupe, de maison en mal- son, cherchant À calmer mon inquiétude.Mais tout ce qu'on en disalt n\u2019était pas fait pour me tranquilllser.Enfin, un beau jour, on apprit que la guerre était définitivement déclarée.Ce fut un grand remue-ménage dans tout le bourg.Les paysans se lamentalent sur leurs récoltes, les bourgeois anxieux se demandaient quelle contenance 11 faudrait tenir, les femmes surtout s'Inquiétalent de leur fLe ou de leur fiancé, Mais le plus terrible, ce fut quand un grand placard blanc, collé A la porte de la mairie, annonça 'a première défaite de nos troupes Du coup, les travaux des champs furent abandonnés, et tout le long du jour les villageois stationndremt sur la p-âce d'armes, commentant le bulletin qu'on re- aouvelalt sans cesse sur les mura de l'hôtel de ville.Tout cela ne m\u2019allait qu'à moitié.Je songeals tristement que si les Prusslens envahissaient le pays, lls brûleralent ma maison et me pilleraient mes biens.Puis tous les hommes valides s'étaient eurôlés dans les mobiles, Fritz, le neve udu curs, À leur tête, et l\u2019on commençait à me montrer au doigt dans le bourg.Je n'en continuai pas moins mes quotidiennes visites chez les Lehrman, mals, sans qu'ils m'eussent jamais rien dit, je voyais bieu qu\u2019ils pensaient, comme tout le monde, que ma place n'était point A, quand on se battait à quelques lleues plus loin.Je ne savais trop quel parti prendre.Je ne pouvais rester dans le pays.Les gems, dont j'avais autrefois toute l'estime, me regardaient d'un mauvais oeil maintenant; d'un autre côté, j'avais peur de ne plus revenir, ei j'allais w'tébattre, et J'almais trop mes petites habitudes pour rompre ainsi avec elles.Enfin, un jour, je pris une bonue résolution.Je fis mes adieux à M.Lebrmau, et, en plein midi, afin que tout le village pat me voir, je pris la diligence de Mulhouse.Mais au lieu de m'engager dans les mobiles, comme les autres, je m'en allai tranquillement vers Bruxelles attendre la fin de la campagne.7m Ce que j'ai souffert A Bruxelles n'est pas possible À dire.C\u2019est avec un tremblement de tout le corps que j'ouvrais chaque jour la gazette, cral- gnant toujours d'y lire que !es Pruesiens avaient etvahi le bourg et Incendié les tant que dura la guerre, les journaux se turent sur le village, et rien ne put calmer l'inquiétude qui me rongeait le coeur.Pourtant, un beau matin, j'appris que Te traité de paix était signé, que la guerre était finie, et que nous devenions Alle- mauds.Tout entier À la joie du retour, je m\u2019em- pressal de faire mes préparatifs.Ah! disals-fe, pourvu que je puisse reprendre mes chéres habitudes, passer les soirées cuez matire Lelirman, et, un beau jour, épouser Gertrude, que j'aimais tant.Alez! mon égoïsme fut durement puni.Oui, j'osai revenir au pays.Ma maison se cachait toujours sous le houblon, là-bas, au bout du village, ; les Prussiens n'avaient rien touché, et je retrouvais tout en état.Mais quand, le soir de mon arrivée, je voulus retourner chez maître Lehrman, Lisa, me fermant la porte au nez, cria bien fort qu'on ne recevait pas les lâches.Les habitants du bourg se détourndrent de mol, et les gamins me poursuivaient de leurs huées en me jetant des pierres.Mais, le pire est que, quelques fours plus tard, Je via passer Melle Gertrude.Elle venait d\u2019épouser Frits, le neve udu curé.Oh! celui-là s\u2019était bien conduit ,au moins ; il était revenu avec une bale dams la poltrine, mais cela n'y paraissait guère, un gros ruban rouge en cachaît le trou.Et depuis je vis tout seul, méprisé déda!gné, hal par tout le village.Il n\u2019est pas de misères dont je ne sois journellement victime ; et j'ai l'âme brisée de voir passer les enfants de Gertrude, seur panier à la main, qui partent pour l\u2019école ou en reviennent.Mals, ce qui me navre le plus, c\u2019est de songer que, quand je mourrai, nul ne se signera aux tintements de mon gas, et que ma bière s\u2019en Ira toute seule au cimetière, où personne ne viendra m'apporter des fleurs.PAUL BRINGER.> LA PRINCESSE ANNE C'est la saison des lilas.Le printemps si doux sème des parfums et des rêves gracieux sur la plaine fleurie.Au château, un matin de mai, ia première hirondelle a frôlé une fenêtre de la tourelle.Et la princesse Anne, entr\u2019ouvrant sa fenêtre, lul a dit bonjour avec ses yeux de seize ans et son sourire d'ange.La princesse Anne est une des plus jolies fleurs de Bretagne.L'hiver dernier, un trouvère qui pas- maisons.Mais, sait au château, à dit que ses yeux étaient deux biuets ; mais tous les pauvres de ia contrée l'ont dit avant le poète ; car jamais l'on ne vit ange ranimer avec tant de grâce les courages et les âmes désolées.La princesse s'en est venue À la lisière du bois, s'en est venue avec don rouet de bois doré.La lisière du bols est pleine de parfums et de rêves gracieux, qui dansent agréablement en ca- deuce, avec des musiques d'olseaux et des musiques de brise., Tous les oinelets sont venus l'un aprés l'autre ; tous les oiselets A voix diamantée ont murmuré des chants de réve que la princesse Anne écoute.Et la roue du rouet doré semble tourner toute seule, et les yeux bleus de la fileuse semblent mi- rr leurs regards on ne sait où, peut-être au paradis des rêves d'or, au paradis où les roses fleurissent toujours TA SAISIE 8 6 ee 63, TE rl) A(T, , Me 2 D.He NS NS > 7 WA A aa] Bay FI La fileuse vit un séraphin qui tenait une couronne d'or Tout à coup, la princese entendit un froufrou daus tes brauches des arbres, un froufrou d'ailes qui chiffonnalent des feuilles.Tous les oiseaux se turent.Et dietinctement, la fileuse vit un etéraphin qui tenait une couronue d'or, ébloulssante de pierreries.La plus précieuse des couronnes royales, la cou- roune de France, que l'envoyé céleste posa mignonnement sur le front de la réveuse au rouet en bois doré.C'était un soir, à Amboise, un soir que la reine de France fit ce récit à eon petit page ; et son petit page lui demanda plusieurs fois le nom de la fileuse, car, en contamt som histoire, ia reine Anne se garda bien de dire son nom.Et je ne pourrais vous assurer que c'était da reine elle-même, si je n'avais lu quelque vieux grimoire du trouvère, qui comparait les yeux d\u2019Anne de Bretagne À deux bluets.EMIL CAUSE.Le \u201cFigaro\u201d nous donne l\u2019origine d'un acte usuel et familier que nous accomplissons bien souvent sans envie.L'origine de la poignée de main.Vous êtes-vous jamais demandé, quand vous faites le mouvement traditionnel et quasiment machinal, de tendre la main à l'ami que vous rencontres, comment l'habitude de ce mouvement a bien pu s'établir ?Voici une explication qui n'a rien de très honorable pour l'espèce humaine, mais Qui ne manque ni d'ingéniosité, ni de vraisemblance : Autrefois, lorsque deux hommes se rencon- tralent, chacun d'eux devait tendre devant lui, \u201cblen ouverte\u201d, sa main droite \u2014 celle qui frappe, \u2014- tout simplement pour démontrer Que cette main ne préparait aucune agression.Et, de plus, cette main, une fois ses bonnes Intentions démontrées, étreignalt celle qui s\u2019offrait en retour, afin de s\u2019assurer qu'aucune arme ne s\u2019y trouvait traîtreusement dissimulée, Et voilà comment la poignée de main aurait pris Naissance.Ainsi, ce geste, réputé loyal entre tous, serait un geste de défiance réciproque et attesterait une perpétuelle défensive. ALBUM UNIVERSEL LA CLOCHE ERRANTE A travers l\u2019azur clair § Ÿ du ciel, plus haut que les monte neigeux, do- - minant les vallées ver- [iy tes où dorment les vy- luges aux (toits rouges, franchiseant lee tor- { rents et les fleuves, elle LY \u2018 s\u2019en allait, la petite cloche, volant dane l'air, stlencleuscinent, elle s\u2019en allait saus repos, saus trève Parfois, dans sa course errante, ele coupait les cercles bruyauts des hirondedles en chas- ve, ou les bataiMons épais des grues voyageuses ; alors loa oiseaux effarés s\u2019eufuyalent devant elle avec des cris d\u2019effroi.Du fond de leurs vallées, ies hommes du regar- dnient passer avec surprise.Personne ne savait d'où elle venait, où elle adlait.Quelquefois, lorsque les vents soufflaieut eu tempête, un son faible et cristallin, s'envolait de la cloche et coulnit dons l'air limpide, comme un sauglot.Alors, les paysans qui travaillajent dans les champs, les enfants qui joualent au bord de l'eau, levaient la tê- te et tendaient les bras vers la voyageuse, et tous lui demandaient naïvemeut de fixer chez eux sa course vagabonde.Muis elle passait, indifférente, bit au-dessus des désirs humains, et, dans l'azur limpide, poursuivait sa course et son rêve.* » .Plusieurs fois, cependant, la voyageuse avait senti le désir d'un repos éternel ; elle avait rêvé de descendre sur la terre et de mêler aux joies et aux peines de l'humanité sa voix grave et douce à la fois.Un soir, comme elle passait au-dessus d'une ville vruyante, elle avait entendu nue de ses soeurs terrestres qui tintait dans le brouillard d\u2019un crépue- cule d'automne.A sa voix, tout um peuple d\u2019ouvriers sortait de l\u2019usine enfumée ; et, se répandant par les rues assombries, tous, hommes, femmes et enfants, regagnalent en hate humble demeure, le foyer hospitalier.Alors, elle avait fait ce rêve, d'être celle qui rythme les heures saintes du travail et donne l'instant désiré du repos.* * * Ce fut par une uuit douce de printemps gue se termina d'odyssée vagabonde de la cloche.Au-dessus d'un beau pays aux malsons blanches.aux jardins cmbaumés, la petite cloche se reposait dans la nuit sereine.Aux clartés bleues de la lune, «lle voyait les terrusees sombres d'un palais royal descendre en pente douce jusqu'au ss- ble argenté G umo mer Calme.A travers l'espace, le parfum des fleurs précoces, le chant triste des rossignols montalent jusqu\u2019à elle ; et les flots berceurs se brisalent mollement sur la grève avec uue plainte douce.Tout à coup un sanglot humain monta vers le ciel, dans la nuit; et la petite oloche tressailifit toute de compassion.Pourtant, elle en avait entendu beaucoup durant son long voyage, de ces gé- nissements désespérés ; plaintes d\u2019enfants, larmes de femmes ou révoltes de imisérables.Mais le sang'ot qui venait jusqu'à elle, cette nuit, était si douloureux, qu'elle se pencha doucement vers la terre, pour voir d\u2019où il venait.Sur Ja terragze du palais dominent la mer, une belle jeune file se tenait toute\u2019 droite, les mains levées au clel : on lui eût donné des ailes d'ange.Sa longue chevelure blonde déroulée flottait sur sa robe de brocart, et deux ruisseaux do larmes inondaient ses joues.\u2018 La jeune file était ls princesse Joli-Minols, fille du roi Aymerl, et flaucée au prince Olifant.Ie lendemaiu, devaient ee célébrer, en grande soleu- uité, les noces princières.Mais hélag ! aucune musique céleste ne saluerait de cortige royal quand il frauchirait les marches de la vielle église : nulle voix joyeuse de cloche ue chanterait daus l'agur du otel le bonheur des nouveaux époux.Car, de- puls longtemps, la voix des cloches était morte dina tout le royaume du roi Aymertr Un jour, le peuple imple et félon des Chéros- ques avait envahi le territeire des Mélodienus, ravagé leur capitale, et emmené, avec les prigon- niers de guerre, toutes des cfochre du royaume : ces cloches étaient en effet l'orguell et la joie des Mélodicus, ferveuts adorateurs de leur wusique vibrante.Aussi, les Chérosques, lvres de leur vie- toire, n'avalent-ils pas cru pouvoir jufliger à leurs ennemie de plus terrible châthuent ni de plus cruelle humiliation que de leur enlever les méo- dieuses compagues qui partageateut leur existence.Telle était l'histoire que la princesse Joli-Minois cuntalt à la nuit : et des darmes coulaient en abon- - dance de ses yeux quand elle pensait à la tristesse silencieuse de cctle journée, qu'elle aurait voulu «i belle, si gnie, sl mélodique.Quoi! nulle musique harmonieuse, nul chant nérieu ne rythmerait sa marche nu bonheur, quand elle traverserait demain la gifle en fête, pour recevoir à d'autel l\u2019an- edu nu 1 qui engagerait sa fol ct sa vie au prince Olifant ! A cette pensée, la petite princesse sauglotalt éperdument, et ses malus roses se tendaieai au ciel dans un grand geste de désespoir et de prière.Tout à coup, ULB son cristallin daus l'air attira son attention.Elle dressa l'oreille : et bientôt ce fut toute une mélodie joyeuse qui lui arriva À travers l\u2019espace vibrant.toute tme cascade babillarde de notes légères.Et voici que, dans l'air bleu de la nuit, la cloche errsnte gliseait vers la priu- cesse, ravie.Et quand elle fut tout près d'elle, elle sonna un carillon d\u2019allégresse, oi gal et si alerte que la princesse Joli-Minois, battant des mais, méla les perles de son rire clair À la chansou de la cloche.Puis, toute heureuse du bieu qu'elle avait fait, la cloche vola jusqu'à Ja fièche altière de l'église qui dressait au clair de lune sd fine silhouette ; elle se glisa au faîte du clocher, où, depuis si loug- temps, les voix aériennes s'étaient tues ; À son arrivée s'envolérent, éperduce, les comellles et les ci- gogues qui y avaient élu domicile, et la petite cloche s\u2019endorimnit paisiblement en attendant l\u2019aurore.° ° ° Le lendemain matin, quand les premiers rayons du soleil levant frappèrent la tour de l'église, la cloche se réveilla, et tout de suite elle commença bravement un carillon sonore.Alors, de toutes les rues de la ville, la foule accourut, battant de pied de la tour, comme les flots pressés d'une mer démonitée.Et tous, les yeux levés au ciel, poussaient des cris d\u2019allégresse.Quand s'avança le cortège uuptial de la princesse Joli-Minois, radieuse en sa blanche toilette, et du prince Olifant, da vaillante petite cloche fit plus douce sa musique et plus mélodieux ses accorde, toute fière de ce grand bonheur dont elle était un peu la cause.EDOUARD MAYNIAL.tC LES SEPT NOTES DE LA GAMME Elles sont descendues un beau matin de priu- temps de Leur haute tour d'ivoire, les sept soeurs harmonieuses.Le soleil est «1 beau, si brillant, le cle: si bleu, l\u2019air si suave et si limpide ! \u201cComment résister, mes soeurs, à la voix de cette superbe nature qui nous invite ?Tressons des guirtandes et dapsone, Mélant nos voix A la sien- le, formous des chocurs harmonieux.N'avons- nous pus toutes, mes soeurs, quelque chose de semblable ct d'opposé, tout casemble ?Donnons-nous des noms qui nous distinguent l'une de l'autre.Moi, la première née, je m'appellerai Do: La seconde em mnalsansoe.\u2014C'est moi, dit une voix musicale : je m'appellerai Ré.La troisième s\u2019avauce : \u201cJe eorad Mi, dit-elle.\u2014Bt mol Fa.Après vinrent les trois dernières : \u2019Bol, La et Si, toutes plus belles et plus attrayantes d'une que l'autre.Et ellos se groupdrent et se mirent à chanter toutes ensemble ; mals, offrayées, elles «'arrêôtà- rent subitement.\u2014L me semble, jes sveurs, dit celle qui avait parlé la première, que nous outrageons notre divine mère, la Musique.Ne nous a-t-elle pas envoyées vers les humains pour combler tour à tour les coeurs de jole ou calmer des douleurs ?Et n'est-ce pas à un effet tout coutraire que nous sommes arrivées ?Les sons que nous venons du produire seraleut peut-être d'un effet magnifique, si mous cousentions À ne pas les mêler ainel.\u2014Choisissons alors, dit une autre, celles d'entre nous dont des voix @e peuvent jolndre agréablement, et amener de cette sorte des rencontres heureuses qui devront porter dans les âmes ces ravissements célestes que l\u2019on attend de nous.Elies firent entendre alors ces vélestes harmonies que les mortels retinrent et imitèrent \u2014Ainsi, s\u2019écria nussitôt une de celles qui avaient gardé jusque-là le silence, nous pourrons chanter l'édlat du brillant soiell, la mélancolie du solr, les fleurs ot la verdure ; le bruit du vent dans le feuillage, le doux murmure des ruisseaux tombaut de la colline, et auest tout ce que le coeur renferme de sentiments.\u2014Alors, dit Sol, je commenoeral donc avec autre aînée, Do.Mi viendra ae joindre À nous ; puis les autres voix tour À tour, soit qu'elles se fassent entendre eeules, soit qu\u2019elles s'unissent parfois avec nous, dans la même harmonie.Et les sept soeurs, formant la gaimme cet se te tant par da- main, fireut résonner ces mélodies célestes que les morteis, assez heureux pour les entendre, s'empressèrent de retenir et d\u2019imiter.Les Anges les avaient en effet apportées du Cic'.MERYEM CECYL.+E Comment casser un caillou d'un coup de poing Le caillou présente une grande homogéuéité de tissu ; ia propriété d\u2019un graud nombre de plerres homogènes est de se diviser à leur Intérieur par une contraction subite, lorsqu'on les a préalablement chauffées et qu'on les plonge ensuite brusquement dans l\u2019eau froide ; elles \u201cétonnent\u201d, suivant l\u2019expression consacrée.Lorsque le partage de la pierre, soumise À l\u2019ox- périence de la trausition subite du chaud et du froid se produit avec violence, les fragments vv- lent à distance ; mais souvent ce partage ne s'opère que d'uve manière occulte, les fragments restent encore en regard les uns des autres et l'oeil le plus attentif ae saurait distinguer les joints des fissures.L'opérnteur se dispose donc à donner le spect: cle phénoménal : il s'cst entouré le poing d'un mouchoir, peur amortir le coup terrible qu\u2019il aura à porter ; Il paraît recuelllir toutes ges forces; par un mouvement subit d\u2019une violence exagérée, il frappe sur le caillou ; une forte aspiration s'échap pc de sa poltrine et exprime l'énergie supposée de l'effort.Le jeu est complet : Ia pierre a volé en évlata, i admiration et l\u2019effroi ont pénétré dans l'esprit des assistants.-\u2014\u2014
de

Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.

Lien de téléchargement:

Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.