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Titre :
Album universel
Succédant au Monde illustré (1884-1902), L'Album universel offre des textes variés, abondamment illustrés de gravures et de photographies.
Éditeur :
  • Montréal :Compagnie de photogravure de Montréal,1902-1907
Contenu spécifique :
samedi 7 mars 1903
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
chaque semaine
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Monde illustré (Montréal, Québec)
  • Successeur :
  • Monde illustré (Montréal, Québec : 1907)
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Références

Album universel, 1903-03-07, Collections de BAnQ.

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[" LE MONDE ILLUSTRE ALBUM UNIVERSEL 19 ANNEE\u2014No 45 MONTREAL, 7 MARS 1903 40 PAGES, Se.le Numéro VN, SN 73 AN Kit À = : 9/7» Wi +) Hs Bg SX I ) / ; A UNE JEUNE BEAUTÉ MONTRÉALAISE (D'après vue pi phi pré p Al Uni 1 l'artiste-pl phe Richard, 1618 Ste Catherine) 1058 ALBUM UNIVERSEL ALBUM UNIVERSEL Bureau de Rédaction : Batiment de \u2018 La P .56 rue Batut-Jacques.Boîte du Bureau de Poste pour correspondance, 158.Tiroir du Bureau de Poste pour les journaux, 3191.ABONNEMENTS : UNAN,$800 ., 6MOIs $1.50 4MOIS, $100 , .Payable d\u2019avance NOTRE FRONTISPICE Nous cutusacrous notre frontispice d la reproduction d'une magnifique photographie prise spé- cialemant pour l'\u201cAlbum Universel\u201d, aux ateliers Richard (1618 rue Sainte-Catherine), photographie de fantaisie d'une de nos jeunes beautés de la partie Est de Moncréal.C'est un charmant lninois plein de douceur et de grâces aaturelles, que l\u2019art du photographe a su, d'ailleurs, faire parfaitement ressortir.\u2014\u2014\u2014 >.\u2014\u2014 NOS PAGES CENTRALES Lu saison du carême, époque de l'année où le poisson prend la place d'honneur À nos tables, donne une graude actualité à l\u2019intéressante étude illustrée sur les Iles de la Madeleine, que l\u2019\u201cAlbum Universel publie daus :e présent numéro.C'est à monsieur Rodolphe Lemieux, C.R., député de Gas- pô et des fles de la Madeleine au Parlement d'Ottawa, que nous devons ces photographies et ces notes.Nos lecteurs y trouveront certainemeat un grand intérêt.Lecture faite, ou en viendra À la même conclusion que monsieur Lemieux, c\u2019est que In Providence méuage un avenir de prospérité à ce coin pittoresque de la provitice de Québec.C\u2019est daus le journalisme \u2014 antichambre de la baute politique \u2014 que monsieur Lemieux a fait ses premières armes, et nos lecteurs aimeront, sans doute, à le voir, de temps À autre, revenir, dans I'*Album Universel\u201d, à ses anciennes amours.\u2014 -\u2014 o> C\u2014\u2014\u2014\u2014 NOS CONCOURS Nous attirons tout particulièrement d'attention de nos lecteurs sur les succès des concours que Tirésias publie chaque semaine.C\u2019est presque par millier que les répouses nous arrivent maintenant.Pour preuve, nous référons nos lecteurs pages 1065 et 1073.\u2014\u2014\u2014 pe LA PAGE DE LA MÉNAGÈRE Par suite d'une iudisposition, uotre charmante collaboratrice CORDON-BLEU n\u2019a pu nous fournir à temps les éléments de sa \u201cpage de ia ménagère\u201d.Ce sera pour la semaine prochaine.\u2014 +pe \u2014\u2014\u2014 PROCHAIN FEUILLETON Dans notre prochain numéro nous cominence- rons la publication d\u2019un joli feuilleton iliustré intitulé \u201cFille de forçat, fils de faussaire.\u201d C'est un charmant romau d'amour, inédit, qui ue durera que trois numéros.terme AU MONUMENT NATIONAL Nus prévisions se sont réalisées, et Le Triomphe de la Croix, au Monument National, à fait salle comble, da semaine dernière.Il en sera de même encore pendant la semaine commencaat je 2 mars, avec un surcroit d'intérêt pour le public.En effet, M.Daoust introduit dans ce grand drame chrétien la nalesance du Christ, en quatorze tableaux.On w'aura jamais rien vu de pareil à Montréal.\u2014\u2014 pe \u2014\u2014 POUR GUERIR UN RHUME EN UN JOUR Prenez les Tablettes ** Laxatives Bromo Quinine.\u201d Tous les pharmaciens rembonursent l\u2019argent si elles ne guériment pas.La due ture dé E.-W.Grove est eur chaque boîte.\u20141 UN BRIN D'AMOUR {fourl ALBUM UNIVERSEL] Je demande très-peu de close, Moins qu'un lys et moins qu'une rose, Pour répondre à la passion Dont je brûle pour toi, Ninon : C'esi peut-être une folie.Mais je t'aime pour la vie, Et je me contente en retour, D'uu brin d'amour.Ce n'est pas que tva gourmandise Se trouve servie À sa guise ; Ce n'est pas que mon pauvre coeur Ne désire uu plus grand bouheur ; Je voudrais t'avoir pour amie : Muis je te trouve si jolie, Que je me contente en retour, D'un brim d'amour.Et pourtant, si j'osais te dire, Mes soupirs, mes pleurs, mon délire, Quand je crois entendre tes pas, Quaud je rêve être dans tes bras, Peut-être, 6 douce espérance, Pour soulager ma souffrance, Tu donnerais plus en retour Qu'un brin d'amour.GUSTAVE RENAUD.Muutréa\u2019, 20 février, 1903.+ \u2014\u2014_\u2014_ COMMUNICATION LA LANGUE INTERNATIONALE La question d\u2019une langue universelle occupe le monde intellectuel depuis plusieurs années, et n\u2019est pas encore résolue par l'Esperanto.Que 1'é- tabllssement d\u2019une langue universelle serait une oeuvre humanitaire, ceci est unanimement admis par tous les ravants, les geus d\u2019affaires et les étudiants.Ca serait un pas immense vers le progrès et da vulgarisation des sciences et de la littérature.Ca tendrait à rapprocher les nations et les races et À les faire fraterniser.Cu porterait atteinie au chauvinisme et au jingoïsme.L'importance d\u2019une langue universelle eet généralement reconnue par tout le monde.Dès qu'on se demande A quelle langue vivante on doit donner la préférence pour l'élever à l'état de langue universelle, 1 se présente des difficultés insurmontables.Les trois langues dominantes et lew plus importantes au- jourd'hui sont l'anglais, le français et l\u2019allemand.Tout le monde est prêt À reconnaître que ce serait une bonne chose si un de ces langages était accepté comme International.Tout désirable que ça soit, c\u2019est tout À fait irréalisable.Le prestige et la suprématie politique et commerciale que le choix d\u2019une de ces langues donnerait à ça nation \u2018d'uue langue vivante subordonnée.l'espective, seraient trop grande pour que les dey autres acceptassent.A, part ça, ln grammair.- française et aKkemande est très difficile.Ne pouvant ee servir des trois grandes langu.du monde, Il reste le cholx d\u2019une lkingue morte, 1: fabrication d\u2019une langue artificielle, ou l\u2019adoptiou Les langues mortes, voit de latin ou le grec, doivent être mis - de côté.Ieur grammaire étant trop difficile, elles manquent de trop de mots pour exprimer les choses et les Idées modernes.Lu création d'une lingue artificielle est une tdu faucinatrice et pas neuve du tout.Dès 1668, Wi kin en propose une, Leibuitz ot Letelier out fade même, Sotos Ochnndo, en 1858, reçoit un pris pour ça À Paris.Le Dr Samenhoff eu invente uu- qu'il nomme Esperanto, Schleyer fait le Volapiil Bollack, ia lumgue bleue, La beauté et des avat.ligue pratiques d'une telle langue sont la grand simplicité et la régularité.Pas de verbes irrégu ellrs, pas de différents genres aux choses ina nées, pas d'exceptions aux règles et pus d'exeup tions aux exceptions, Mails, toutes les langues artificielles, malgré dev simplicité et leur régu'arité, out un grand défau: elles n'eut pas de littérature.Les promoteurs d: ces langues prétendent que, dès qu\u2019une seru uni versellement acceptée, Il sera écrit des livres dan cette langue; mais nous croyons qu\u2019une languv est une chose v1Zauique qui évolue leutement, © qu'alors ça ne peut être manufacturé en quelque: Jours entre les quatre murs de l'étude d\u2019un s« vant.H y a encore l'adoption d'une langue vivant d'une nation subordonnée.Dans ce cas, la préf.rence a presque toujours été donnée À l\u2019espagno! Comme grande puissance, l'Espagne est finie.|.Jidousie internationale ne pourrait venir en jeu Et cette langue est la plus douce, si simple, tre harmonieuse et facile à appreudre.Ses verbes ir réguliers présentent quelques difficultés, mais pa- si grandes que dans les autres langues.Et ence re, on pourrait bien en faire tous des verbes re Buliers.L'espagnol a aussi une belle dittératur: Pour cela, c'est de toutes les langues vivantes, 1: plus propre a faire une lasigue internationale.Mais, quel que soit le langage qu'on prenne, cec n'est pas d'une importance aussi grande que le fait d'en venir à une entente universelle, accepta la même luugue pour servir d\u2019intermédiaire a: monde entier.Le dernier fait est souvent Inape: cu par des fervents zélateurs d'une langue artif cielle quelconque.Le laugage international s\u2019établira de lui-me te par l'évolution naturelle.Comme l\u2019a dit 1 professeur Schroer : Uu langage universel exist.c'est une langue qui, par son extension sur le gio be terrestre et par la facliité avec laquelle elle peut être apprise, s'est tellement établie que ris ne pourra l'empêcher de devenir, dans un aveu.rapproché, le grand moyen de communication © ternationale., C'est l'anglais.JEAN POL.Veuillez découper le bulletin suivant après l'avoir rempli, et nous le renvoyer avec une piastre, et vous recevrez l'ALBUM UNIVERSEL pendant quatre mois.va, pour quatre \"mois.dans cette lettre.comme suit : NOM.BULLETIN D'ABONNEMENT Veuillez m\u2019envoyer l\u2019ALBUM UNIVERSEL Vous trouverez une piastre Et adressez-moi le journal, \u2018 ADRESSE.mmm . ALBUM UNIVERSEL Petite Revue Illustrée PAR 20OZO PES Les jours gras d'aujourd'hui semblent avoir perdu de leur entraln d'autrefois.A la ville, on n'en parle pas.C\u2019est tout au plus el les régistres de ln correctionnelle du kademain accusent une notable augmentation de délinquants, poussés pro- bablemesit la veille à des Ilbations trop enthouslas- tes par le souveulr des anciens plaisirs que ramenait, chaque année, cette date mémorable des jours gras.Mais, on me dit qu\u2019il reste encore, dans la plu part de nos bonnes campagnes canadiennes, des vestiges de charivaris, mascarades et promenades carnavalesques de jadis.C'est dire que.cette numée, à Montréal du mois, nul événement remarquable n'a marqué particulièrement de passage du mardi-gras.La chronique a bien relevé certälnes escapades tapageuses, mais qui auralent pu se produire en des temps tout ordinaires.C'est ainsi que nos grands cuifrères out rapporté la comparution en correc- tionneke d\u2019un trlo accouplé, ou d\u2019un triple couple formé de quelques-uns de uos jeunes sports et de bayadères du théâtre de la rue Côté.Ces gais vaumbocheurs avalent cru devoir fêter le mardi-gras eu se lançant par la tête des petits pains chauds, au milieu d'exclamations par trop bruyasites pour la châtoullleuse oreille de notre police.Cette bataille nouveau genre se terami- na devant le Recorder, en la manière usuele, Quand on est né pour de petit pain.° * * Il n\u2019y n que le carème qui reste toujours le mé- me avec sa caractéristique d'oeufs et de poisson, Et, cependant, s\u2019il faut en croire les vieilles chro- siiques, le relâchement se poursuit insensiblement depuis des siècles.\u2018Les jeunes gens, dit l\u2019innimi- table Brillat-Savarin, dans sa Méditation XXIV, jusqu'à un certain âge n'étaient pas astreints au jeâue.Ensuite, les geus faits vinrent à s'apercevoir que le Jeune les irritait, Jeur donnait mal à Ia tête, es empéchait de dormir.On mit ensuite sur le compte du jeûne tous les petits accidents qui assiégoat l'homme à d'époque da printemps, tels que les éruptions vernales, les ébloulssements, les salgnements de nez, et autres symptômes d'ef- fervesceuce qui signalent le renouvellement de la nature, De sorte que l\u2019un ne jeQuait pas parce qu\u2019i se croyait malade, l\u2019autre parce qu\u2019il avait été, et tri troixième parce qu\u2019il craignait de le devenir ; d'où fl arrivait que le jeûne devenait tous les jours plus rare.\u201d Enfin, aujourd'hui, le temps du carême n\u2019est certes puis fait pour effrayer personne, avec les accommodements modernes, surtout si on a le privilège de gnammir sa table de sarcelles, de homards, de malpecques, de primeurs fmportées, de bordeaux, sans parler de l'exquise variété de petits plats que In gastronomie du sidale nous offre aves les oeufs, le poisson et les légumes.Mais, Le ciel défeud, de vrai, certalus conteutements.oo À La mode est aux essais théâtraux.H me faut bien y aller du mieu tout comme les autres.J'm'intitule : QUE J'VOUS AIME DON ! SIMPLE LEVER.DEÉRIDANT EN 1 ACTE ET 8 TABLEAUX.La scène se passe n'importe où.Décors : n'importe quoi : une lune, une guitare et un meuble quelconque.Personnages : n'importe qui : lui et elle.L'heure : n'importe quand \u2014 pourvu que lu bot- procédé tout nouveau de discussion et qui ne laisse pas que 1e du beau-père ne Roît pas trop proche.I ik Je vous aime II Les mémes.1 ÿ O Oui, je vous aime ! ! III Eucore les mêmes.Ig \u2014 Que j'vous aime ° ° .d'être assez don ! ! ! typique.Au cours d\u2019une harau- gue enflammée, M, Len nox sortit une Bible de Ia poche de son habit, et, y plaçant solennellement ln waln droite, prit le clel à témnoin que ce qu\u2019il venait de dire était la vérité, rien autre chose que la vérité.Le geste était Impo- saut ! L'émol, dit-on, fut grand dans ln foule.HN y avait de quoi ! N est À espérer que la pratique se propage.Ou entendra bientôt dane nos restaurants : Mademoiselle, c\u2019est du veau que j'ai demandé, et non pis du cochon de dait ! Et la walter, pour toute réponse, sortira de son corsage une mignonne Bible, ot, les yeux au ciel : \u2014C'est bien du veau ! ° * + Notre prude pouce s'est scandalisée du décolleté des affiches théâtrales de Madame Patrick Campbell.C'est san devoir.Mauls, il faut bien logiquement aduwttre, si le privteipe «a jeu est bon, que cetie guerre sainte ne devra pas s\u2019en tenir JA.TH faudra surveiller de près certaines loges de nos théâtres \u201cselect\u201d, qui se garnissent de la fine fleur de notre société, les soirs de gala.Quelques constables ga- lauts \u2014 nous en connals- sons \u2014 pourrakeeat peut- être çe (tenir près du con- tr&e et nouer délicate- meut sur les épaules rosées de ces dames une espèce de baveir en sole qui serait tout à fait charmed.C'est ime simple suggestion que nous faisons.IT faut bien protéger les moeurs ! ° LS .Les \u201cflots\u201d d'encre qu'a fait seusationnel ue Saint-Eustache & sont subita- ment\u2026 \u201capaisés\u201d.C\u2019est à pelne si l\u2019on en trouve un bien léger écho datis les colonnes de nos grands confrères, Il est vrai } qu'on nous à servi à profusion pendant quelques ~ 0 jours, de quoi satisfaire Li AC couler le crime tous les goûts et tous les appétits.Ce que des pauvres reporters qui out été dépéê- chés sur le théâtre du crime ont dû «4 avoir du tintouin ! Bien pen de personnes, qui ne sout pas du métier et qui lisent leur Journal, les pieds eur les chenets, ne ge doutent pas de la vie de surmenage que mènent où plutôt qui mène ces pauvres re porters, en certaines circonstances.C'est le maoque de summiell complet souvent pendant plusieurs jours, la course fiévreuse aux renseignements, la bataille pour le fil téléphonique \u2014 dorsqu\u2019il n\u2019y a pas de télégraphe \u2014 comme lA chose s\u2019est vue à Saint-Eustache.Et quelle nourriture, grand Dieu ! pour réparer cette déperdition continuele d'énergie! Menu invariable : steak et oeufs le matin ; oeufs et steak le midi; puis, steak et oeufs le soir.Puis, une fois la beso- gue consciencleusement terminée, le pauvre reporter revient au logis, le cerveau vidé, le système ébranié par cetie tension continuelle, écoeuré des petitesses de l'Ane humaine qui ont déroulé devant ses yeux, abruti par les inepties qu'il lui a fallu par esprit du devoir débiter à pleines colonnes, dégoûté de Ja vie.Le lendemain, «ans trève, encore Il lui faut pré- M.Lennox, le candidat conservateur À York,a un senter le cou au collier, le sourire aux lèvres, Pauvre reporter ! Zozo. 1060 LETTRE D'EUROPE Du correspondant spécial de \u2018\u2018l'Album Universel,\u201d M.Léou Zor Paris, 19 février 1903.Pendant les trois Journées qui ont été consacrées au splendide tournol de la fiu de janvier, a Monaco, le tir a 616 des plus brillants, bon nombre de tireurs ayant couxervé leur chance jusqu'au 12v tour, après lequel le prix s\u2019est trouvé classé «autre MM.le comte Zichy, gagnaut du Grand Prix en la #8 Cr 1894 ; Thompson cAméricain) : Mackintosch (Australien), et Pallier Jounson (Anglais), qui, seurs, l'avaient pas manqué.Un barrage palpitant a eu lieu «ntre ces quatre valllants \u201cshooters\u201d, qui sont allés jusqu'au 17e tour sans manquer.Au 18e tour, le comte Zichy et M.Thompson ont pris zéro.Au 19e tour, M.Mackintosch manque, et M.Pellier Johuson, ayaut tué son pigeon, est proclamé vainqueur aux applaudissements de toute l\u2019assistance.Le héros du jour a reçu l\u2019objet d'art, an superbe service à thé en vermell de la maison Kis- ler et Carré, et ln somme de 18,380 francs.M.Mackintoach a touché, comme second, 12,675 francs ; les troisième et quatrième places, s'élevant à la somme de 13.640 francs, ont été parta- géce entre le, comte Zichy et M.Thomson.M, Pellier Johnson, capitaine de l'armée anglaise, «st originaire de Wells, dans le Norfolk; il pos- sade toutes les qualités qui font le bon tireur ; il n'avait jamais tiré à Monaco, mals les succès qu'il avait remportés à Spa et à Namur le désignaient ALBUM UNIVERSEL eme re on a mt trim ae em pour ! + comme un concurrent des plus sérieux grands Concours internationaux.® ° Pour réduire :e Mad Mullah, l'Angleterre a en trepris, dans le Somaliland, vue expédition peut être peu considérable par le nombre des combs* tants européens dA engager, mals particulièrement importante en raison des moyens matériels qu ! s'agit de concentrer à la côte.Outre le climat du pays, où la malaria règne d'u ne façon endémique, ie commandant de l\u2019expéd tion, très au courant de la topographie de la 16 glon où il va opérer, ne dissimule aucune des dif ficultés de la route qu'il aura à parcourir pour à teindre les Derviches.Tous les transports de mu nitions, de vivres et d'eau vont se faire À dos «d chameaux ; C'est par milliers que ces animaux sont recrutés en Arabie et transportés d\u2019Aden +! de Berbern à Obbia, sur ln partie de la côte d'Afrique placée sous le protectorat italien où les Anglais sout autorises à agir.Débarqués en janvier d'un transport venant des Indes, les cavaliers du 2e sikhs ont formé l'escorte du colonel Conbe.A quarante milles d'Obbia, ils se s«ut heurtés à un parti de Derviches qui était venu faire des tazzin sur des tribus alliées.Les auxiliaires recrutés par le colonel Sivayne sont de robustes galllards, mais Es ne valent pas les troupes de I'nrmée dex Indes, arrivées 2 la côte des Somalis.Ci-jointe l\u2019une des plus récentes photo- graphics reçues de ces régions reculées.° e On annonce que les troupes du sutian du Mi viennent de remporter sur les rebelles un in tant avantage.Le camp de Bou-Hamara a été complètement © truit et ses partisans ont pris la fuite.Toute l'ar tillerie, les armes, \u2018es munitions, les chevaux et les troupeaux du prétendant sont tombés, avec de nombreux prisonniers et le prétendant fui-méimr.AUX mains des vaQqueurs.Et maintenant, le sultan va pouvoir, fidèle, cette fois, aux viellles coutumes marocaines qu'en lui reprochaït d'abandonner, montrer aux populations des vies qui lui sont demeurées fidèles conmnent Il traite ses ennemis.Qu aura recuellli sur w champ de batalile assez de têtes pour en garuir à la fois tous les remparts du Marne ; et, quant aux prisonniers, chargés de lourdes chaînes qui les réunissent les uns aux autres par le cou et suppriment pour eux tout espoir de fuite, ils vont subir le sort habituel cn parell cas: escortés de cavaliers armés qui ne les quittent pas de Voell, quelquefois même attachés à la queue des chee vaux, Ils seront promenés à travers les rues de In enpitale et offerts en proie à la curiosité féroce de la foule.LEON ZOR. i \u2018Frès granu, mince, nerveux, les cheveux opulents, l'oeil noir et vif, le nez long et légèrenieut arqué, la lèvre fine et mobile, voilà Rodolphe Gi- tard, La première fois que je Je vis, c'était chez lui.il me requt dans son cabluet de travall, avec une vxquise politesse.Sa fennue, belle et intelligente, cerivait sous en dictée.Lul, Wl était couché sur un livan ; revêtu d'une robe de chambre et chaussé de pantoufles, il culottait une bonne pipe en fumaut comme un Alle- aad, Dans tout cet Inté- vieur, Uu air de bonheur ~aus mélange.\u2014Vous me paraissez vès heureux, lui dis-je.\u2014Oul, en effet, me ré- pondit-il, très heureux, «4 Jo me me seus nulle part plus content de moi que dans ce cabinet de \u2018ravail et dans ce sans- gène, qui repose des rai- leurs soclales auxquel- es Il nous faut si souvent nous plier.\u201d M.Girard, né aux Trols- Rivieres, leo 24 avril 1879, «si fils de M.Louis Gi- ard, officier de doua- \u2018 ses, et de Melle Emma Trottier, et petit-fils du vapitaine Hubert Girard.11 commença ses études chez les Frères de ln Doctrine Chrétienne.A 12 aus, il vint à Montréal avec su famille et «nhtra à l\u2019Académie Commerciale Catholique de Montréal, où H complé- ln xes études comuer- ciiles, à l\u2019Age de 14 ans, avec le diplôme de gran- le distinction.Ne se seu- \u2018ant aucun attrait pour le coranierce, il résolut t ve faire un cours d'étu- ; les classiques, et com- meng seR études de 1n- \u2018in avec M.l'abbé Hoec- \u2018 wor Filiatrault, Sulpicien distingué.1 conti aa au Collège de Montréal, où l obtint de brillants sue- Ces, Au milieu de ses études de latin et de grec.« jeune homme fut tou- Jeux eu proie à la rage d'écrire, et il n'avait pas 17 aus que déjà il avait \u201cAVoyé plusieurs contes «1 chroniques au \u201cTriflu- vien\u201d, feuille modeste de sit vie natale.Au milieu de la nature ALBUM UNIVERSEL M.RODOLPHE GIRARD L'homme du jour dans le domaine des lettres \u201cLa Presse\u201d, on il est encore aujourd'hul, eu at- teudauit qu\u2019il devienne peut-être conservateur de la bibliothèque publique.Le Jeune romatcier continua d'écrire, et eu 1902, il publiait \u201cMosaïque\u201d, contes et nouvelles, qui eurent un succès Incontesté ; \u201cLe Conscrit Impé- rlal\u201d, lever de rideau, qui sera joué prochainement ; \u201cA In Conquête d\u2019un Balser\u201d, comédie en trois actes, dont il n\u2019est pas satisfait, et \u201cFleur de M.RODOLPHE GIRARD 1061 qué, c'est un drame de grande envolée, un drame de cape et d'epée.Dats cette plèce, l'auteur s'&t attaché à développer une Idée neuve, originale, et à conduire une intrigue captivante et remplie d'émotions.M.Girard a adopté le grand geure romantique, c'est-à-dire le genre ie plus en vogue de nos jours, L\u2019anctlon se déroule en 1692, duns le bourg de Verchères, sous de règne du Rol-Solell, époque où la France et le Canada n'étalent qu'un méme pays.Mudaleine de Verchères se meut au milieu d'une furte et touchante intrigue d'aumodr.Les dangers surgissent à chaque pas.C'est une lutte incessante avec l'Iudicm rusé et sanguinaire, ailnsl qu'avec In haine et la julousle qui se sont glissées jusqu\u2019au seln même du château-fort de Verchères.Une autre belle figure daus cette pièce est celle du chevalier ue Briae, le Gascon sans peur et sans reproche, venu au Canada, de ses montagnes des Pyrénées, pour défendre la fleur de lys.A pelne débarqué sur le rivage de Verchères, il est frappé av coeur par les deux grands yeux de Madeleine, Cet amour le fait tomber victime dun odieux complot tramé par son supérieur et sou rival, son mortel cunemt.Du premier au dernier acte, il se donne de magnifiques coups d'\u2019épée.Jacqueline, l'épée du chevalier de Briac, accomplit des prodiges de valeur.IA scène où Madelel- ne défend seule, avec quelques femmes, le cha- teau-fort de Verchères contre une bande d'Iroquois ct sauve la vie du chevalier de Briac, est d'un magnifique effet théâtral.Lit représentation de \u201cFleur de Lys\u201d nécessite Une nombreuse figuration, de splendides cos- tunes et uue scène ornée de somptueux dé- CoOTs, Cuite pièce à été dédiée à M.ChHfinles Tarieu de Ianaudière, avocat, Gème descendaut en ligue directe de lhéroïne de Verchères.L'auteur de \u201cFleur de Lys\u201d a actuellement eur le métier wie pièce de société, recommandable surtout par l'originalité du sujet et le développement philosophique de la thèse, Ie style de M.Girard est particulièrement remarquable par son extrême facilité ; cette grande facilité de travail tourne parfois à l'excès, et, conséquemment, se change en défaut : la phrase n\u2019est sauvage et du site incomparable où est cons- :ruit le Séminaire de l'hilosophie des Sulpi- viens, M.Girard se sen- iit plus que jamais pris par la passion d'écrire.C'est alors qu\u2019il commença son roman de \u201cFlorence, roman qu'À termina et publia quelques mois Plus tard, après être entré à la rédaction de \u201cLa Patrie\u201d, en 98.Cet ouvrage obtint un succès des plus flatteurs pour le jeune auteur de 20 ans.Comme 1! n'avait pas un sou en poche, pour décider l'Imprimeur à commencer l'impression de son livre, M, Girard avait dû emprunter de l'argent, «t avait même fait cadosser un billet au montant de $40, qu\u2019il remboursa \u2014 chose rare pour un billet endorsé \u2014 rubis sur l'ongle.Après avoir été attaché durant un an a la rédaction de \u201cLa Patrie\u201d, il pasan à in rédaction de Lys\u201d, grand drame romantique «a 5 actes, repré- seuté au \u2018Théâtre National\u201d, et qui remporta tout un triomphe à l'auteur \u2014 en dépit de la cabale qui s'était faite contre son succès par un groupe hostile, Nous devons d'abord féliciter M.Girard de s'ê- tre écarté des sentiers battus de 1837, et d'avoir pénétré courageusement jusqu'au début de ia co- tonie, pour y mettre en scène la plus pure et la plus vaillante des héroïties de notre histoire, la Jeanne d'Are du Canada.\u201cFleur de Lys\u201d est un drame canadien fort bien écrit ot solidement charpenté.Comme plus d'un connaisseur l\u2019a déjà remar- pas toujours suffisamment émondée; mais de la vie, du feu, de la passion, de l'âme enfin ! traversé comme des éclairs par des traits fulgurants d'esprit et d'humeur moqueuse teintée de spleen.Avec cela, une observation étonnante des hommes et des choses chez un Jeune homme de 23 ans.En 1901, M.Girard épousa Melle Régine Lefai- vre, fille de feu M.Jean-Baptiste Lefaivre, allige aux familles Taché, de Boucherville, Pepin, Char lebois, Stubanger, Turgeon, et autres familles dia- tinguées.Au nombre des peintures que M.Georges Del- fosse, le peintre bien connu, doit exposer au Salon, au mois de mars, fera le portrait de M.Gi- vard, qui est un chef-d'œuvre du genre.L'ANNALISTE. | 1062 ALBUM UNIVERSEL LL a 4 a asda l dA AAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAA BAAAAAAAAAAAAMAAAAAAMAAAAAAAAAAM VV VV VV meme me CONSTANTINOPLE Une visite d'actualité chez le sultan de Turquie LL ea 4 4 44 4 es sea A AAAAAAAANAAAAAAAAAAAAAAAAAANMAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAA APP POP EEE PE PE ETES ETES SES TT eee Si l'a refait un jour le recensement des 1merveilles du monde, b} ve faudra pas omettre l'entrée du port de Rio-Janelro, l'entrée de Lisbonue par le \u2018Tage, enfin, l'entrée de Constantinople par la mer de Marmara, De celle-ci surtout j'ai gardé un vivant souvenir.A guuche, Stamboul.En face, séparées de Stam- boul par la Come d'Or, Galata ct Péru.A droite, séparée de Stamboul, de Galata et de Péra par la mer et le Bosphore, Bcurati.LA, l\u2019Europe, ici, l'Asie.Avec ses quatre villes en une réunles, Constantinople commeuce et termine deux mondes.De Stumboul, on voyait le château des Sept- Tours, épouvantail farouche, et ia lougue ligne noire des murailles antiques, et les six bosses enchevêtrées.De Galata et de Péra, sur le fond, ca- pricieusemcat boursouflées, en un désordre aussi coufus, les collines riautes.Et, posé en éventail sur les replis du mont Bourgourlou, Scutari, l\u2019asiatique émergeait sur la droite avec son vaste clme- tière, dont les arbres dentellent l\u2019horizon, étalé comme un pare royal.Et de toutes ces hauteurs crénelées de la grande ville orientale, encadrant les dômes épars des mosquées, blaucs et droits comme des cierges, s'éluu- calent à l'infiui les pimpants minarets qui piquent les cleux de leurs flèches éluncées où scintille le croissant d'or.Les maisons surgissaient maintenant, claires et colorées, dans l'éblouissement du réveil, éparpillées au basard daus le désordre des collines qui forment de loin un gigantesque amphithéâtre.Et, bordant une double ligne de palais élégante, d\u2019une blancheur de lait, et de konaks enfouis à demi dans la verdure, le Bosphore étendait en ruban ses flots d'un vert émeraude qui marlent deux mers et baignent deux mondes à la fois.Il est un dernier tableau, d\u2019une beauté étrange et saisissante, qu\u2019on observe avant de débarquer : le port et son mouvement.Steamers aux larges carènes bedonnantes, cuirassés au repos gardant la ville immense, yachts de plaisance, légers caïques sillonnant la rade en tous sens parmi les felouques coquettes et les gros paguebots : c'est un véritable fouillis.Et partout des crachements de fumée, des mugissements de sirènes, des hisse- ments de voiles et des appels de batellers.La pointe du Sérail contournée, au milieu de la cohue mouvante des barques ct des \u201csteamboats\u201d, sans attendre même que nous aycas stoppé, des caïques se précipitèrent et s'accrochèrent de tous côtés aux cordages, tundis qu'une foule disparate de solides gaillards, se hissant à force de bras par les hublots, envahissaient le pont en baragouinant toutes sortes de langues.* * .Il me plaisait de courir seul, à l'aventure, à travers la ville, et deux choses me frappèrent d'u- bord : le mauvais état des rues et Ia rareté des véhicules.Ah! cer rues, ce pavé! \u201cFigurez-vous, raconte Albert Millaud, les ornières \u2018es plus boueuses, les pierres les plus aiguës, les galets les moins ronds, On se sent brisé dans les jointures, piqué depuis l'orteil jusqu'au talon.Et, pour comble d'agrément, vous ue pouvez pas faire un pas sans éveiller un chten qui dort au milieu de la rue et qui se redresse en grondant.\u201d Rien d'exagéré dans ce tableau.Tant que dure l'hiver, qui ost généralement très mauvais, on ne marche pas, on Salnte Soplile, vue extérieure vu VVVIVUVVOUUST patauge.Pour comble, les voitures sont presque Introuvables.Pas de charrettes ni de camious, dans ce port que sa situation unique rend si commerçant.Les \u201chamuwals\u201d les remplacent.Le hammal est à la fois débardeur et portefaix, Il est robuste et blen campé, Les chameaux Le pul- luleat pas à Constantinople comme À Sinyrne ; on n\u2019y rencontre que de rares caravianes.Les ham- mals remplacent icl les chameaux, comme à Smyr- ne les chameaux remplacent les haquets.Deux forts bâtons sur leurs épaules, deux batons croisés au centre desguels pendent futaillea et ballots, les hammals s'élancent au pas de course, bousculant tout sur leur passage.Si les rues sont tortueuses et délabrées, les bou- Le grand bazar Le palais de Yildiz La Mosquée Hamidié tiques, la plupart bâties en bois, sont à l\u2019avenant.Dans le désarroi des collines, elles dégringolent pôle-mêle le long des rues en zig-zag.U n\u2019y a de véritables magasins qu'à Péin et à Galata, dans les deux quartiers \u201cfrancs\u201d (\u201cfranc\u201d est ici employé pour européen et non pas pour français), où des enseignes dans toutes des langues attesteuf l'extrême variciÉ des colonies.Quel est le chiffre global de la population ?Nul ne saurait le dire exactement.Une foule de rues t'ont pas de nom, et je ne vois guère que celle do Péra qui porte aes numéros.Un receusement -e- rait diffieile.Force est de caleuler approximativement et de se dire: il y à environ 100,000 maisons à Constantinople pour une enceinte de 10 à 12 milles.A 10 habitants par logis, cela fait un million.Sur ce million, il faut bien compter 300,000 étrangers, la plupart Grecs ou Arméniens.De par ce mélange de races, la diversité est grande des types et der costumes.Des costumes Lu Corne d'Or, Vue générale lucaux, d'ailleurs, ou a pu dire qu'aucun ue ressemblait à l'autre ; leur bariglage est influl comme la palette d'un peintre.Deux coiffures dominent : le fez rouge et le turban, rouge aussi on vert, si celul qui Je porte a fait le pèlerinage de la Mecque, pèlerinage que tout mustilman est tenu de faire une fois au moins daas sa vie.Le fez necompague généralement lu redingote voire introduite en Turquie par le sultan Mahmoud et de rigueur pour l\u2019innombrable légion des fouctionnat- res, Le turban exige ia veste courte, nou boutonnée, ornée chez quelques-uns de passementeries ; les manches larges et évasées ; la culotte bouf- faute serrée au mollet, enfin, le cafetan et les bu- bouches traditionnelles.Veste, culotte, cafetan, babouches, le tout est de couleur éclatante, rouge, vert, jaune, bleu, \u2014 et le tout sale également.Pour les femmes, la mode \u201cfranque\u201d s\u2019introais« peu à peu.Peu à peu, «les l'ont appropriée à la tradition.Leurs robes ont une tournure \u201cparisienne\u201d, et, tout en absorbant force boulettes de riz pour s\u2019engraisser, -\u2014 car l'obésité chez la femme est aux yeux du Ture un signe de beauté, \u2014 elles ne dédaignent pas de se saugler dans des corsets.Par exemple, elles resteut fidèles au \u201cfé redjé\u201d, qui est une sorte de manteau sans manches, ample comme un domino, et surtout ai \u201cyachmack\u201d, le double voile blanc qui cache le vi- suge et qu'impose la superstition religieuse.Greeques et Arméniennes portent des chapeaux.Les Turques, elles, ne se sout pas affranchies du \u201choto\u201d, petite toque rondé parsemée de broderier, de fleurs, de pierreries même que'quefois.Chez les femmes du peuple, le \u201choto\u201d est remplacé par un long foulard qui les encapuchonne et tombe comme un voile sur les épaules.Les plus misérables, qui n'ont ni \u201choto\u201d, ni foulard, ni \u201cyachmack\u201d, relèvent leurs jupes et s\u2019en couvrent la tête : car la femme turque comumettrait un s* crilège qui montrerait son visage à un autre hom- ne qu\u2019à son mari.Hommes, femmes, enfants, vielllards, tout ce peuple va et vient, indifférent à tout, dans les rues sales et défoncées.Les gens ne marchent pas, ils grouillent.Ils ne se dirigent pas vers un but, ils passent.Et on les voit aller, le freat rêveur, les yeux plongés dans le vide où s'alanguit leur peusée paresseuse.Un Ture qui restera douze heures rans s'asseoir, restera de même assis douze heures, sans bouger, en fumant son chibouk (narguilhé).Dans ces méchantes boutiques enfu mées que sont los cafés tures, il fait des séntices qui durent des heures, accroupi sur une table, les jambes repliées comme un taËleur sur un établi, té donnant signe de vie que pour aspirer le narco tique du chibouk.Cette prostration qui frise l'état comateux, cet engourdissement physique et cérébral, cela sup pelle le \u201ckief\u201d ; c'est cette demi-existence qui pré cède le sommeil, c'est \u2018la vie sous le boisseau\u201d C'st lui qui incite le Ture à ne pns faire aujour d\u2019hui ce qui peut être fait le leademain, C'est lu qui a produit cette décadence qui fait eroire à l\u2019é tranger qu'il a changé de siècle eu changeant de eUmat.C'est l\u2019intime et l'implacable ennemi th la race.\u201cRêver, fumer, bâiller\u201d, telle semble être la & vise des Turcs.Parmi les Levantins, d\u2019une exube rance relative, on les reconnaît à la lenteur de leur marche et à leur gravité.Ce sont des silen cieux ; ils ne parlent que contraints et se livrent souvent à des mimiques qui leur éviteut la fati gue d'ouvrir \u2018es lèvres ; ils ne chantent jamais.Les femmes elles-mêmes croiraient se déshonorer en chantant.Jamais un mot pour saluer.Pas de \u201cbonjour\u201d, pas de \u201cbonsoir\u201d.Le geste seul : la main portée à la poitrine, À la bouche et au front.ce qui veut dire que le coeur, la parole et la pen sée rout offerts À In fois.L'allégresse de la na ture ne déteint pas sar eux. ALBUM UNIVERSEL 1063 C'est au pont qui relie Galata et Stamboul, les quartiers francs et les quartiers \u201cIludigènes\u201d que l'on à surtout une Impression vive de in grande té cosmopolite, Précisémeit parce qu\u2019il unit jeux centres populeux, Ce pont constitue la voie La plus fréquentée, C'est le Strand de Londres, a ruerta del Sol de Mudrid.Tout en bois et soute- a par des bateaux qui servent d\u2019embarcadère our les vapeurs de Scutarl, des Eaux-Douces d'A- se, d'Eyoub et de toute la Corne d'Or, il tremble ur bout à l\u2019autre, coumne pris de la danse de saint-Guy, lorsqu\u2019uue voiture le traverse.Pour puelques paras, prix du péage, un spectacle unl- ue vous est offert ici.De types de toutes les na- analités et de toutes Jes races, de spéchuens de \u2018ts les costimues locaux et exotiques, le défilé est verpétuel, Et le pont, de par le mélunge des cou- urs, se barlole à In façon d\u2019un kaléidoscope.Marchands de nougats, de confitures, d\u2019oranges i de glaces ; culporteurs et cuolies ; guides à l\u2019af- at du \u201cghisour\u201d ; eufants en haillous accrochés à \u2018nabit du passant ; oneurs de chevaux et d'Anes; dves au teint pâle ou bistré ; arméniennes aux vies auguleuses et fatiguées ; zingaris à l'oeil sir; chargeurs dont l'Industrie se pratique en soin vent sur de petits tréteaux ; décrotteurs aux spels suppliants : \u2014 tout ce moude bizarre va, ent, tourbillonue ¢t dome une vie intense de fol- au pont de Galata.A cette cohue inouvante, ajoutez la foule des sifs, les us atnenés par le tohu-bohu de In four- iHière humaine, les autres se chauffaut de dos au ei, à la façon des Jdézards.Ou trouve même, \"nr ce pont, des écrivains publics.Mails que de -mps pour écrire une lettre ! Le \u201ccalaume\u201d glisse :-ntement sur le papier, et à rebours, de droite à stuche, se succèdeeit les lignes qui nous font l'ef- 1 de signes cabalistiques.° ° e Le Bazar me fut une déception, s'avais visité, +1 de jours auparavant, le bazar de Smyrne, qui à nue merveille, malgré son état lamentable ; \u201cttis sorti de là éblout par tant de richesses \u2014- apis, étoffes, bijoux, ete, \u2014 et je tombais sur se mauvaise contrefaçon ! On m'exjliqua.Il y :« queques vingt-cinq ans encore, les bâtisses de verre étaieut très rares à Coustantinople ; on ne Jus construisait guère qu'eu planches, et c'était \u201caque jour un incendie nouveau.Des quartiers lLimbèrent, le veut de la mer aidant, et ce fut, une \u201cait, le tour du Graud Bazar.Ce qu\u2019il en reste \u2018est que le spectre de ce qu\u2019il a été.+ * LS Daus aucune ville on ne rencontre autant de \u2018dens qu\u2019à Coustantinople.La raison en est sim - ie: la religion du Coran Interdit l'entrée de ces patvree bêtes dans les demeures ; forcées d\u2019errer, les en ont prie\u2014philosophiquement et utilement !ur parti.Jai dit \u201cutilement\u201d.C'est qu\u2019à Constantinople \u2018ay à ni cantonniers, n! balayeurs et, déjà af- ji 'vusement sales, si les rues ne sont pas toutes = cloaques, on le doit aux chiens, qui se sont \u2018-uvement chaigés du service de la voirie.Tout l-ur est bon.J'en ai vu, devant un étal, qui bu- \u2018aient une boue liquide où coulait un filet de \u201cang ! \u2018 La république des chiens de Constantinople est de telle sorte constituée que chacun a son quartier i°6pre, sa propre rue.A vrai dire, c'est par là une foule de petites républiques ne vivant pas tou- Jours en paix.Malheur a l\u2019animal qui veut pas sr d'une communauté à une autre! L'alerte teinée, tous les assiégés sont debout pour repousser I'intrus, et la bataille qui s'egage est sl terri.lle que beaucoup en sortent ablinés, sanguino- Louts, blessés A mort, Mair s'il s'agit d'un molos- Une rue de Stamboul se AUX crocs solides, si l'assaillant sort vainqueur de Ja lutte, la dictature en est le prix : le quartier conquis lui appartient.Je demandait un jour au docteur Mavrogeuy-pa- cha, le médecin du Sultan, sl les cas de rage étaient uowbreux.\u201cIl n'y en a jamais\u201d, me ré- poudit-Il.Et comme je m'étonnal, il ajouta : \u201cC'est qu'lel tes chiens vivent en pleine Hberté.\u201d * ° .C'est seulement au Sélamlik que les étrangers peuvent volr le Sultan, Je ne dis pas le peuple qui, lui, ne le volt jamais, et pas même en photographie, puisque In reproduction des traits du padischah est interdite.Le Sélaumllk est Ja courte sortie qu\u2019il fait chaque dimanche (pour nous le vendredi) de son palais d\u2019Yildiz-Kfosk à lu mosquée de Hamldié, & cent pas de IX, Un pavillon réservé au corps diplomatique et à ses Invités se dresse en face et permet aux privilégiés de voir défiler le cortège impérial.La mosquée d'Ortakeut.\u2014 Le Bosphore Dès le matin, dix mille soldats et cavaliers enferment d'un triple cercle le palais et la mosquée, et, parmi les excadrons alignés, il m'a été donné de voir ces farouches \u201cbachi-bouzouchs™, fanatiques comme des enfants d'Omar, appelés à Cous- tautinople au moment du massacre des Arméniens.Avec leurs manteaux cendrés et leurs lances lul- santes, pressés les uns contre les autres sur la colline, on eût 6.de loin une muraille grise hérissée de pointes d'acier.A midi commence le défilé des vizirs, pachas, chambellans et autres dignitaires, au son des fanfares.Tout A coup, un silence.Le Commandeur des croyauts sort du palais.Penché sur le ché- riffé de l'un des minarets, le muezzin psalmodie alors, d'une voix plaintive et rauque, l'éternelle 1t- tanie : \u201cIl ay a de Dieu que Dieu et Mahomet est son prophète.\u201d Puis débouche le carrosse impérial.Un frisson passe, comme une vague, sur cette foule soldatesque, et, soudain, sorti de ces dix Les obélisques de Constantin et de l'héodore mille poitrines, éclate, formidable et prolongé comme un coup de tonnerre, le suprême vivat : \u201cPadischaliim tchok yacha\u201d, Le souverain passe.11 entre dans la mosquée.Des nattes de jone, vite, sont éteadues dans In cour, et, sur elles, pêle-mêle, viennent se jeter avec de grauds gestes, le troupeau des pèlerins, des \u201cafraus\u201d venus à pied des plus lointaines pro- Vitces pour assister au Sélaimik.Tant que dure la cérémonle, ces malheureux s'agenouillent, bal- ssl Ju terre, se reèvent brusquement, les bras en l'air, et s'agenouillent pour se relever encore, avec un ensemble parfait, COMME mus par un méme ressort.Un tel fanatisme impressionne.Cependant, les prières sont finies dans la mosquée.Le sultan remonte duns sa voiture, qui repart comme une flèche vers le palais.Aussitôt tous les gens de la cour, miuistres, pachas, généraux, pufiis, beys, cunuquer, se précipitent à sa suite, en troupent, au grand trot de leurs trop courtes jambes, daus un tohu-bohu grotesque.Pour les étrangers présents, le Sélamlik finit par un éclat de rire, La religion tioat une place énorme dans la vie des Turcs.Avant que citoyens, Îls sont musulmans, et cette cohésion morale dans une même foi à préservé des schisnies la doctrine de Mahomet.Les lois du Coran ue sont pas seulement théologiques, dans le sens spirituel de ce mot, elles sont surtout sociates ; elles s'occupent des moeurs et, par là, réghat les détails de la vie journalière.Lul-même, le gouvernement, est religieux, puisque le sultan est pontife suprême, ot ses moindres édits deviennent des dogmes sacrés.Cette fidélité der fidèles, «1 je puis dire, a eu pour résultat de multiplier les mosquées, les maisons du Dieu de Mahomet, daus l'antique Byzan- ce.Pour le cnarme du pittoresque, on n\u2019en compte pas moins de trois cent quarante-skix ! Entre toutes, À cause des souvenirs qu\u2019elle évoque, et aussi de la splendeur de son vaisseau, Sainte-So- phie est In reine des mosquées.Son histoire est celle de la capitale d'Orient depuis dix-sept siècles, Puisque, en réalité, quoique brûlée par la suite et reconstruite, elle date de Constantin le Grand, qui lp dédia À la sagesse divine, l'\u201cagin sophia\u201d des Grecs.Telle que nous la voyons aujourd'hui, l'admirable basilique repose sur des colonnes mémorables ; 18 unes arrachées au temple de Diane, à Ephèse, vestiges de l'incendie qu'alluma Erostrate ; les autres au temple de Jupiter, de Cyzique, à celui du Soleil, à Palimyre, à ceux de Rome, d'Athènes, des Cyclades, de Thèbes.De sorte qu'édifiée sur des débris de sécos et de fanums voués au culte païen, mosquée aujourd'hui après des trausformations, l\u2019ancienne métropolitaine de l'empire chrétien ost composée di amalgame de trois styles religieux.Toutes leg mosquées sont tournées du côté de La Mecque ; et c\u2019est toujours aussi du côté de In Ville-Salute que se tournent les inusulmans pour prier.Pour rectifier la direction de Sainte-Sophie, on a dû placer en biais, le long des muraillen, les immenses nattes de jonc qui recouvrent le sol.Le mirab, creusé dans un piller de I'abeide, ime dalle rouge au pled de ce palier, enfin un tapis sur lequel Mahomet faisait ses dévotions, indiquent encore le côté de La Mecque.Les primitives images de couleur, les figures d'Anges, les symboles naïfs des premiers chrétiens ont été badigeonnés et rebadigeonnés, et tout a été fait pour donner à l'intérieur de Sainte-Sophie l'aspect d\u2019un \u201csépulere magnifique et sinistre.\u201d Au dehors, en adossant les bâtiments aux bâtl- ments, en étouffant l'ampleur élégante des coupoles, on a réussi à donner l'aspect d'une informe, d'une barbare forteresse au montuncnt qui fit dive à Justiniew \u201cqu\u2019il avait vaineu Salomon.\u201d VOYAGEUR. \\ : 1064 AAASAAASAASARANAAANAANANANAANAAANRAAAARAARAAAAARAAAA AAAAAAAAANN VV VV TV Tr PTT SE ESS NE ESS ALBUM UNIVERSEL a 0 ob ol bob bAAAARAAAN WANN IEET LES ILES DE LA MADELEINE Polsson et grandes pôches.-Un vaste domalne.- - Des fouilles récemment pratiquées dans Ics grottes des Baoursé-Roucsse, près de Menton, ont amené la découverte de quatre squelettes humains.De l'étude de ces squelettes, 11 semblerait résulter que, parini nos arrière-ancêtres, figurent des indi vidus du type négroide, descendant, prétendent les darwiniens, du pitécanthrope, qui constituerait le chaînon disparu catre l'homme actuel et l\u2019anthro- polde.til + \u2014\u2014\u2014 SUS A I ENNEML.Le rhume, la toux, c'est incommode et ça fait souffrir.Tuez-les dès le priucipe avec le BAUME RHUMAL.pe 0 ALBUM UNIVERSEL 1073 BAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAS Enseignement de l\u2019Esperanto par M.A St-Martin ACCENT EVVAAAAAAAAAAAAAAAAAAAN PP REGLE : L\u2019ACCENT TONIQUE REPOSE TOUJOURS SUR L\u2019AVANT DERNIERE SYLLABE REMARQUES, Ecoutez uu Auglais parlaut le francais, si wo- » compatriote l\u2019a pas appris notre idiome dès n bus âge, iufallliblement, !l conservera un ac- ut étranger; de même phénomène se produit rsque des Français entrepxcanent de parler l'au- cuis.Au bout de plusieurs aunées de (travail, d'étu- 3 et d'efforts coustants, nous ne JArvenous pas core à prononcer l'anglais assez bien pour que = derciers ne s'aperçoivent, à un moment donné, se nous De parlons pas notre langue maternelle.Nous reinarquons tous les jours la prononcia- n de l'auglais par les Allemauds et les Suédois.Nous-Mêmes, Cunadiens-français, sommes-
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