La presse, 2 décembre 2017, Arts - Cinéma
[" ARTS PHOTO FOURNIE PAR PARAMOUNT PICTURES CINÉMA LES 20 ANS DE Titanic, le film phénomène de James Cameron, a pris l\u2019affiche en 1997.Vingt ans plus tard, Céline Dion et deux des architectes du succès deMyHeart Will Go On nous racontent la petite histoire de cette chanson indissociable du film.KateWinslet et Leonardo DiCaprio, alors en début de carrière, sont devenus le couple fictif de l\u2019heure ; qui étaient ces acteurs avant de percuter l\u2019iceberg de la célébrité et que sont-ils devenus?À l\u2019époque, Marc Cassivi et Marc-André Lussier avaient exprimé des visions diamétralement opposées de Titanic ; ils l\u2019ont revu récemment, et n\u2019ont pas vraiment changé d\u2019avis ! À LIRE EN PAGES 9, 10 ET 11 TITANIC COUPDEGUEULE MARCCASSIVI RENCONTRE JAYDUTEMPLE PAGE 6 MUSIQUE LHASA, LE DERNIER CONCERT PAGE 2 TÉLÉVISION CEQUE LES VRAIS ENQUÊTEURS PENSENTDE DISTRICT 31 PAGE 7 MONTRÉAL SAMEDI 2 DÉCEMBRE 2017 Après LE PREMIER MIRACLE, le romancier renoue avec les comédies qui lui ont valu un succès phénoménal en France.« Un roman drôle et émouvant sur l\u2019amitié, qu\u2019on a du mal à lâcher.Un livre qui fait du bien.» \u2013 Le Parisien 416 PA G E S \u2013 PA P I E R \u2013 N U M É R I Q U E LISEZ UN EXTRAIT SUR flammarion.qc.ca ARTS MUSIQUE En mai 2009, peu de temps après la sortie de son troisième disque, Lhasa de Sela donnait deux concerts en Islande, au Reykjavik Arts Festival.À l\u2019occasion de la sortie du disque Lhasa Live in Reykjavik, son frère et trois des musiciens qui l\u2019accompagnaient alors \u2013 tous devenus des piliers de la scène indie montréalaise \u2013 nous ont parlé de leurs souvenirs de la chanteuse morte le 1er janvier 2010.JOSÉE LAPOINTE JOE GRASS, GUITARE ET PEDAL STEEL Joe Grass a fait des disques solos et joué entre autres avec Patrick Watson, Marie-Pierre Arthur et Marie-Jo Thério Q Quel est votre souvenir de ce séjour en Islande?R C\u2019est un souvenir musical et émotif.Nous avons passé deux semaines là-bas.C\u2019était le début de la tournée et nous étions en train de préparer le spectacle complet.On travaillait les pièces, mais c\u2019était aussi un temps de grande incertitude, car Lhasa était déjà malade.On ne savait pas que ce seraient les derniers spectacles ; c\u2019est après qu\u2019elle a décidé de reporter la tournée.Tout cela s\u2019est passé pendant ces deux semaines-là.Q Quand vous écoutez le disque, vous entendez quoi ?R Les couleurs sont déjà déf in ies .Not re façon était très libre : il y avait de l\u2019espace, les chansons respirent.Nos antennes étaient toutes sor t ie s quand on jouait.On entend la légèreté de la voix de Lhasa quand el le chante, et el le nous entraînait dans cet esprit-là.Q Est-ce que Lhasa a influencé votre carrière ?R Oui.Lhasa m\u2019a appris l \u2019 i m p o r t a n c e d u moment.Elle savait c\u2019était quoi, le feeling d\u2019une toune et comment aller loin dedans sans briser la magie.Elle m\u2019a fait réaliser que tu peux jouer à gauche, bizarre, mais c\u2019est mieux que de casser le feeling.Je n\u2019ai jamais joué avec quelqu\u2019un qui avait autant d\u2019intensité.Elle trouvait le langage pour chaque morceau.SARAH PAGÉ, HARPE Membre des Barr Brothers Q Les spectacles de Reykjavik ont été les derniers de Lhasa, mais vous l\u2019ignoriez.Ça change votre vision de votre séjour là-bas ?R Ça fait bizarre d\u2019y penser.Pour nous, c \u2019était les premiers grands concerts après la sortie de l\u2019album.C\u2019était tellement fragile.On voyait que les spectacles lui prenaient toute son énergie.J\u2019aime beaucoup ce disque live, je le préfère même au disque studio.I l y a une vulnérabilité, des moments où on ne savait pas ce qui alla it se passer.La seule chanson que je ne peux pas réécouter, c\u2019est A Change Is Gonna Come de Sam Cooke.Ça me brise le cœur d\u2019entendre Lhasa chanter : « It \u2019s been too hard living, but I\u2019m afraid to die.» Q Quel est votre souvenir de Lhasa?R Lhasa n\u2019est pas un souvenir, elle fait partie de moi, de ce que je suis maintenant.Chaque jour que tu passais avec elle te changeait complètement, et j\u2019ai passé énormément de jou rnées avec elle.Q Est-ce que Lhasa a eu un impact sur votre vie d\u2019artiste?R Oui.Chaque fois que j e me demande quel chemin je devrais suivre, je pense à ce que Lhasa me conseillerait.Je sais qu\u2019elle me dirait toujours de faire ce qui est le mieux pour moi, car elle veillait au bien-être de ceux qui l\u2019entouraient.Lhasa était une artiste intègre qui ne faisait jamais de compromis et elle était très tranchée : c\u2019était oui ou c\u2019était non.Elle m\u2019avait dit une fois : « If it\u2019s maybe, it\u2019s no.» MISHA KARAM Frère de Lhasa Q Pourquoi sortir ce disque live maintenant ?R Lhasa laissait toujours passer sept ou huit ans entre ses albums, et ça fait huit ans depuis le dernier.Après sa mort, on avait des choses à vivre, on n\u2019était pas prêts.C\u2019est la première chose qu\u2019on voulait sortir, mais il fallait juste faire ça au bon moment.Q Quelle image avez-vous de Lhasa quand vous écoutez ce disque?R On sent que tout le monde dans le groupe s\u2019écoute vraiment.On entend la fragilité des débuts, et la voix de Lhasa qui est plus naturelle.Avant sa maladie, elle chantait avec beaucoup d\u2019émotion.Sur ce disque, l\u2019émotion est restée, mais elle la pousse moins.On entend l\u2019optimisme, le début de quelque chose de beau.Q Ce qui est troublant, c\u2019est que ces spectacles ont été ses derniers.R Elle était déjà malade, mais elle vivait sa vie comme si ça allait continuer.La raison d\u2019être de cet objet, c\u2019est qu\u2019il y a quelque chose à l\u2019époque qui s\u2019est passé.C\u2019est un cadeau de Lhasa.Q Il y a ce disque, il y aura un spectacle pour les 20 ans de La Llorona au MTELUS le 16 décembre.On voit que Lhasa suscite toujours une certaine ferveur.R Comme pe r s on ne e t comme artiste, Lhasa était toujours vraie.Si ça lui prenait autant de temps entre deux albums, c\u2019est qu\u2019elle refusait la pression de l\u2019industrie.Elle faisait les choses à sa façon, même si c\u2019était parfois difficile.Le résultat de cette authenticité, c\u2019est qu\u2019elle créait un art unique et intemporel, en dehors d\u2019un buzz ou d\u2019un son.C\u2019est ce qui fait que ses chansons sont toujours aussi pertinentes, sept ans après sa mort.ANDREW BARR, BATTEUR Membre des Barr Brothers Q Quel est votre souvenir de ce séjour en Islande?R Je me souviens d\u2019être dans un jacuzz i avec Lhasa, dehors, et un hibou qui vole au-dessus de nous.Nous avons vraiment absorbé le paysage islandais pendant qu\u2019on était là-bas.C\u2019était nos premiers spectacles après le disque, nous étions nerveux et confiants.La musique était toute fraîche dans notre esprit.Q Vous ne saviez pas que ces spectacles seraient les derniers.Comment vous sentez-vous quand vous y pensez?R Encore aujourd\u2019hui, je me sens triste.Une chance qu\u2019on ne savait pas que c\u2019était les derniers shows, sinon, on aurait pleuré sur scène en jouant.Lhasa était fière de ce troisième disque, qu\u2019elle avait autoproduit, et c\u2019est triste qu\u2019on n\u2019ait pu en entendre plus, plus longtemps.Q Lhasa a eu un impact sur votre vie de musicien ?R C \u2019e s t p eu de t emp s après sa mort qu\u2019on s\u2019est regroupés et qu\u2019on a fondé les Barr Brothers.Dans sa vie, Lhasa aimait raconter des histoires, elle mettait en scène toutes sortes de fic tions remplies de personnages.C\u2019était la même chose sur scène.Elle m\u2019a appris que lorsque tu joues une chanson, tu crées une ambiance, une trame sonore pour une histoire.Elle était u ne ex pe r t e l à - deda n s .CHANSON LHASA DE SELA LHASA LIVE IN REYKJAVIK AUDIOGRAM DISQUE / Lhasa Live in Reykjavik Le dernier concert PHOTO ANDRÉ PICHETTE, LA PRESSE De gauche à droite : Joe Grass, Sarah Pagé, Misha Karam et Andrew Barr.l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l 2 A R T S L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 2 D É C E M B R E 2 0 1 7 ARTS HUMOUR STÉPHANIE VALLET CRITIQUE Quinze ans après ses débuts sur scène, Louis-José Houde présentait mercredi soir à l\u2019Olympia Préfère novembre, son quatr ième spec tacle .Fraîchement quadragénaire, l\u2019humoriste propose 1h15 de pur stand-up, sans aucun temps mort.Louis-José Houde se plaît à se comparer au mois de novembre.À 40 ans, l\u2019humoriste fait plus que jamais l\u2019éloge de la lenteur, prenant le temps de faire une pause dans la folie ambiante pour.regarder dans le vide! Ou pas tout à fait.Car il n\u2019y a jamais rien de bien vide dans le spectacle de Louis-José dont les observations sont souvent d\u2019une justesse déconcertante.C\u2019est bien dans les détails que l\u2019humoriste tire encore une fois son épingle du jeu, analysant les petites choses de la vie qui l\u2019entourent.Animé par la même nostalgie que celle présente dans son précédent spectacle Les heures verticales où il portait un regard plein d\u2019amour sur les baby-boo- mers, il regarde cette fois dans le rétroviseur de sa quarantaine, confortablement garé devant son chalet, de petites choses du passé comme les cabines téléphoniques ou les ciné-parcs.«Un novembre, ça se garde à l\u2019ancienne», lance- t-il au public.Un numéro tout en lenteur, où il prend le temps de mettre la table tout en invitant les spectateurs à profiter de la vie à travers des expériences plutôt cocasses, comme sauter en parachute ou tout simplement jeter ses ordures là où c\u2019est interdit.Louis-José Houde commence à prendre son envol et à franchement dérider son public.Il bouge sur scène, s\u2019anime au fil de ses textes pour traiter de sujets plutôt graves comme la pénurie d\u2019eau potable, le racisme et l \u2019homophobie, avec doigté et intelligence.L\u2019humoriste propose ainsi de belles observations sans pour autant faire la morale aux spectateurs qui rient de bon cœur.Dans la seconde partie de son spectacle, Louis-José propose un véritable hymne à la femme, celle d\u2019un soir autant que la mère de famille monoparentale ou la jeune femme avec qui il partagera sa «deuxième fois».L\u2019humoriste rend également hommage avec beaucoup de tact aux victimes de violences sexuelles qui brisent le silence 20 ans plus tard.«Il ne faut pas avoir honte des rapports non consentants.Juste des consentants! Moi, j\u2019ai honte de la moitié!», observe- t-il avant de se lancer dans un numéro nettement plus léger sur ses relations d\u2019un soir.Son sketch sur les mères de famille monoparentale est sans doute le plus efficace et le plus drôle de la soirée.Sur une note plus légère, il déclare qu\u2019elles sont les meilleures dates au monde.Louis-José Houde boucle la boucle dans une finale parfaite et n\u2019aura, après 75 minutes, pas manqué une seule fois sa cible.Louis-José Houde propose un spectacle mature, précis et intelligent, avec un petit vent de folie et de nostalgie qu\u2019il traîne avec lui depuis ses premiers pas sur scène, il y a 15 ans.Un petit vent de novembre qui promet un tonnerre d\u2019applaudissements.Préfère novembre, à l\u2019Olympia, jusqu\u2019au 16 décembre.SPECTACLE DE LOUIS-JOSÉ HOUDE Légende d\u2019automne l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l A R T S 3 L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 2 D É C E M B R E 2 0 1 7 Dee Dee Bridgewater & The Memphis Soulphony Memphis Yes I\u2019m Ready\u2026 30 juin Théâtre Maisonneuve, PdA Jain 5 juillet MTELUS Valerie June 9 février \u2022 Gesù Programme double Ólafur Arnalds Jean-Michel Blais 29 juin Maison symphonique de Montréal Béla Fleck and The Flecktones 1er juillet Théâtre Maisonneuve, PdA Robert Lepage Betty Bonifassi Ex Machina Une odyssée théâtrale à travers les chants d\u2019esclaves du 26 au 30 juin supplémentaires du 2 au 7 juillet Théâtre du Nouveau Monde GoGo Penguin A Humdrum Star Live 1er juillet Club Soda Ian Anderson présente Jethro Tull 50th Anniversary Tour 7 juillet Salle Wilfrid-Pelletier, PdA Daniel Caesar 2 juillet MTELUS Nils Frahm All Melody 22 mars \u2022 MTELUS 28 JUIN AU 7 JUILLET 2018 \u2022 39e édition Du jazz sous le sapin ! Billets en vente maintenant Aussi présentés par le Festival ÉVÉNEMENTS SPÉCIAUX TD LES GRANDS CONCERTS LES GRANDS CONCERTS LES RYTHMES LES RYTHMES LE FESTIVAL À LA MAISON SYMPHONIQUE NOUVEAU MONDE LES COULEURS MONTREALJAZZFEST.COM Supplémentaires ! 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des millions à se réfugier dans un monde virtuel qui ne leur demande pas d\u2019avoir des habiletés sociales ni d\u2019être beaux, parfaits ou intelligents.Un monde qui accepte les jeunes tels qu\u2019ils sont.Pourvu qu\u2019ils soient performants dans les jeux en ligne, un sentiment d\u2019invincibilité et de toute-puissance s\u2019empare d\u2019eux, sentiment rehaussé par l\u2019admiration que la communauté des joueurs leur témoigne à l\u2019occasion.C\u2019était un peu le cas de Thomas, habitué de la plate- forme Twitch, qui pouvait passer d\u2019interminables heures, avec des millions d\u2019autres, à regarder jouer en ligne son héros, le gamer Sodapoppin \u2013 de son vrai nom Chance Morris \u2013, jeune Américain aux cheveux roses.Non seulement Thomas l\u2019a suivi, il lui a aussi envoyé de l\u2019argent, d\u2019abord 50$, puis 500$ et, finalement, quelques heures avant de se donner la mort, 3500$.Toutes les fois que Thomas a envoyé de l\u2019argent, son nom \u2013 ou plutôt le nom de son avatar, DaGuyFromTV \u2013 apparaissait comme une pub à l\u2019écran, en guise de remerciement.Or, le jour de sa mort , Thomas n\u2019a pas fait qu\u2019envoyer des billets verts à Sodapoppin.Il lui a adressé plusieurs messages disant qu\u2019il en avait assez de vivre, qu\u2019il avait des pensées suicidaires depuis l\u2019âge de 10 ans et qu\u2019il ne se sentait tout simplement plus capable de continuer à exister.Il a même, selon son père, affiché la balle de fusil avec laquelle il prévoyait en finir.Sodapoppin n\u2019a jamais répondu à ses appels de détresse.Pas plus qu\u2019il n\u2019a répondu aux demandes répétées d\u2019Alexandre Taillefer qui a tenté de le contacter pour savoir pourquoi il n\u2019avait pas cherché à aider Thomas.S\u2019il avait été capable d\u2019encaisser son argent, il aurait dû être en mesure de lui prêter secours, non?Poser la question, c\u2019est y répondre.Bye ne changera pas le monde et ne convaincra pas le ministre Barrette d\u2019investir un demi-milliard plutôt que 15 millions dans les soins et les services pour les jeunes en difficulté.Qu\u2019à cela ne tienne.Tous les parents d\u2019enfants qui s\u2019adonnent aux jeux vidéo, qu\u2019ils soient joueurs occasionnels ou accros, auraient intérêt à regarder ce documentaire.Et en profiter pour entamer un dialogue qui a rarement lieu entre les parents et leurs enfants, mais qu\u2019il est de plus en plus urgent d\u2019entreprendre.«Vas-tu passer ta vie dans les jeux vidéo?» PHOTO FOURNIE PAR ICI RADIO-CANADA TÉLÉ Selon Alexandre Taillefer, il faut investir au minimum 500 millions dans les soins psychologiques offerts aux jeunes.Sans vraiment donner de réponses sur les raisons qui ont poussé Thomas et d\u2019autres jeunes comme lui à se donner la mort, «Bye» soulève des questions plus que pertinentes et nous entraîne dans un monde rarement exploré par les médias.l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l 4 A R T S L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 2 D É C E M B R E 2 0 1 7 Arte Musica présente CASSE-NOISETTE JEUDI 14 DÉCEMBRE, 11h DUO FUNG-CHIU Janelle Fung et Philip Chiu, piano à quatre mains Œuvres de RAVEL, RESPIGHI et TCHAÏKOVSKI La musique féerique de Casse-Noisette réchauffe les cœurs des petits et des grands depuis sa création en 1892.NATALE A NAPOLI MERCREDI 20 DÉCEMBRE, 19h30 ENSEMBLE VESUVIUS Fêtez Noël à l\u2019italienne ! Découvrez les trésors de la musique traditionnelle du sud de l\u2019Italie.FANTAISIES DE NOËL DIMANCHE 3 DÉCEMBRE, 14h Valérie Milot, harpe Antoine Bareil, violon Un magni?que moment de sérénité avant le tourbillon des Fêtes.NOËL MÉDITERRANÉEN MARDI 12 DÉCEMBRE, 19h30 THE BOSTON CAMERATA & Ensemble de musique arabe SHARQ Chants de Noël de l\u2019Espagne, de la Provence, de l\u2019Italie et du Moyen-Orient.Différentes cultures, langues et traditions rassemblées dans un grand message d'amour et d'espoir.DEMAIN CONCERTS DU TEMPS DES FÊTES NOËLS BAROQUES JEUDI 21 DÉCEMBRE, 11h ENSEMBLE LES SONGES Pascale Beaudin, soprano À quelques jours de Noël, transportez-vous dans les rues enneigées de l\u2019Allemagne et de la France baroques.SALLEBOURGIE.CA/NOEL 514-285-2000 Présenté par MATINÉES DE NOËL Partenaire de saison En vente aussi à Partenaires publics Le Grand Orgue Pierre-Béique a été généreusement offert à l\u2019OSM par madame Jacqueline Desmarais.Saxophone et orgue, voilà un duo inusité qui promet de belles découvertes.Le grand BranfordMarsalis, saxophoniste abordant autant le jazz que le classique, se joint à Jean-Willy Kunz, organiste en résidence de l\u2019OSM.Un concert dans le vent ! VENDREDI, 15 DÉCEMBRE | 20h DU CLASSIQUE AU JAZZ Avecmusique improvisée et projection du ?lm Interprète émérite et compositeur, l\u2019organiste David Briggs est reconnu pour son brillant talent d\u2019improvisateur.Son accompagnement du ?lm semétamorphosera au rythme des transmutations du bon Dr.Jekyll en horrible Mr.Hyde.DIMANCHE, 20 MAI | 14h30 DR.JEKYLL & MR.HYDE BILLETS À PARTIR DE 45$ taxes en sus DÉCOUVREZ NOS CONCERTS DE LA SÉRIE ORGUE OSM.CA | 514 798-3586 BranfordMarsalis, saxophone S\u2019imposant comme l\u2019un des meilleurs organistes de sa génération, Nathan J.Laube se distingue par son jeu prodigieux et ses arrangements virtuoses de grandes œuvres symphoniques.Ce programme vous coupera le souffle ! DIMANCHE, 11 MARS | 14h30 GRAND RÉCITAL Nathan J.Laube, orgue ARTS MUSIQUE ALAIN BRUNET À 43 ans, Emily Haines est au sommet de son art et revient le partager de concert avec Soft Skeleton, groupe à géométrie variable et à structure souple.Ainsi baptisé il y a 11 ans, ce «doux squelette » est voué à porter ses projets créatifs en solo, qui remontent à l\u2019adolescence.Après Cut In Half and Also Double (1996) et Knives Don\u2019t Have Your Back (2006), le plus récent, Choir of the Mind, nous a été dévoilé en septembre et récolte les éloges depuis sa sortie.D\u2019où la suite des choses sur scène.T rois a lbums solos en trois décennies, donc.Trois décennies entre lesquelles la chanteuse, parolière et compositrice a œuvré principalement au sein du groupe Metric, sans compter une collaboration importante au fameux collectif Broken Social Scene.De passage à Montréal la semaine dernière (à l\u2019invitation de l\u2019émission Belle et Bum), Emily Haines nous a accordé une interview de dernière minute à la salle à manger de son hôtel chic, devant son plat d\u2019huîtres et sa flûte de crémant.«Ma vie a beaucoup changé depuis Knives Don\u2019t Gave Your Back, a-t-elle amorcé.Je garde la sensation étrange que cette période a été à la fois très longue et s\u2019est passée tellement vite que je pourrais la mettre dans ma poche ! J\u2019ai quand même dû travailler fort pour faire en sorte que mes chansons nouvelles puissent se connecter aux anciennes.» Inspirée par Savitri Choir of the Mind, le plat principal de son actuelle tournée, est le résultat d\u2019une croissance organique et non d\u2019un objectif clair, fait-elle observer.« Je ne peux qua l i f ier cet album de projet.À un cer ta in moment , i l m\u2019est devenu évident qu\u2019une fenêtre s\u2019ouvrait.Je suis très heureuse d\u2019avoir été réceptive à cette occasion créative, même si ce n\u2019était pas planifié.Un bon artiste doit toujours travailler et la récompense de l\u2019inspiration vient parfois », dit Emily Haines.Pour la chanson-titre de cet opus de haute volée, Haines s\u2019est inspirée notamment de Savitri, fameux livre poétique du sage indien Sri Aurobindo, dont le titre est d\u2019ailleurs inscrit dans le nom légal de la chanteuse, et qui a toujours fait partie de son environnement.Rappelons qu\u2019Emily Haines est née en Inde ; sa mère y avait ouvert une école dans la région de New Delhi.«Entre deux séances d\u2019enregistrement, j\u2019étais rentrée chez moi et j\u2019avais ouvert Savitri.Un passage a été choisi parce qu\u2019il s\u2019inscrivait parfaitement avec la chanson Choir of the Mind dont la création était à un stade avancé \u2013 elle puisait aussi son inspiration de Lou Reed, plus précisément la chanson Street Hassle.Je suis retournée en studio et j\u2019ai enregistré la lecture de ce passage en une seule prise.La chanson s\u2019est restructurée comme par magie.» Sur scène La puissance et les contra- dic tions de l\u2019esprit autonome au féminin, le devoir de construire sur l\u2019amour, l\u2019autoévaluation sans complaisance, voilà autant de thèmes centraux de ce nouveau spectacle signé Emily Haines.P ou r l a prem iè re fo i s depuis le début de sa carrière, Emily Haines a réalisé el le -même ses chansons , après quoi son collègue et complice, le multi-instrumen- tiste Jimmy Shaw \u2013 avec qui elle avait fondé Metric après avoir formé le Mainstream en 1997 \u2013 s\u2019est joint à elle afin d\u2019étoffer le travail.« Il sera avec moi sur scène.Notre groupe sera classique : guitare, basse et batterie \u2013 je ne veux pas dévoiler l\u2019identité des autres musiciens, c\u2019est une surprise.Il y aura des moments où je serai seule avec des voix en surimpression qui incarnent mes démons et qui me lancent des mots cruels, assassins \u2013 à la manière d\u2019une performance audiovisuelle diffusée par CBC Music.Le son sera fort, pur, sombre, le tempo sera lent.Vous savez, ce n\u2019est pas facile de jouer lentement et de bien exécuter la musique, mais j\u2019adore !» Élever l\u2019esprit Choir of the Mind n\u2019annonce aucune réforme importante dans la manière de faire de la pop.Sa qualité se love dans les recoins de l\u2019écriture et de l\u2019exécution.Voilà une approche délibérée.«Une chanson doit d\u2019abord être invitante avant de se révéler.On peut aussi rester en surface à son écoute : si tu n\u2019y vois qu\u2019une forme classique, bienvenue quand même chez moi.Mais si tu veux approfondir davantage, tu peux découvrir des choses au-delà de la forme apparente », dit Emily Haines.Fille du poète et parolier Paul Haines (1933-2003), qui a déjà écrit pour la musique, notamment le projet Escalator Over the Hill de Carla Bley, Emily Haines est férue de littérature.«Je pourrais un jour m\u2019investir dans d\u2019autres formes littéraires comme la prose, mais je n\u2019aime pas barboter superficiellement.Aujourd\u2019hui, j\u2019ai le sentiment d\u2019avoir trouvé mon affaire : la pop.Ce besoin de créer des œuvres plus consen- suelles est probablement une réaction aux choix de mon père, qui avait souffert de se sentir incompris.C\u2019est mon truc, remarquez, je n\u2019en fais pas un principe général.» N\u2019empêche.Choir of the Mind porte les qualités de la substance littéraire paternelle et celles de la convivialité pop.« Regardez du côté de mes amis de Broken Social Scene : ils peuvent être à la fois accueillants et élever l\u2019esprit.C\u2019est aussi mon objectif.» Élever l\u2019esprit en chœur, il va sans dire.À l\u2019église Sainte-Thérèse- d\u2019Avila de Sainte-Thérèse, le 4 décembre, 20h.Emily Haines et le «chœur de l\u2019esprit » PHOTO JUSTIN BROADBENT, FOURNIE PAR LA PRODUCTION Emily Haines a sorti trois albums solos en trois décennies avec le groupe Soft Skeleton.Trois décennies entre lesquelles la chanteuse, parolière et compositrice a œuvré principalement au sein du groupeMetric, sans compter une collaboration importante au fameux collectif Broken Social Scene.«Notre groupe sera classique : guitare, basse et batterie.Il y aura des moments où je serai seule avec des voix en surimpression qui incarnent mes démons et qui me lancent des mots cruels, assassins.» \u2014 Emily Haines l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l A R T S 5 L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 2 D É C E M B R E 2 0 1 7 DOUZE CENTENAIRES QUÉBÉCOIS DÉVOILENT LES SECRETS DE LEUR LONGÉVITÉ.OFFREZ CETTE SAGESSE À VOTRE MÈRE, VOTRE GRAND-MÈRE OU VOS AMIS. ARTS Tout juste de retour de Bali, où il a animé l\u2019émission de téléréalitéOccupation double pour V, l\u2019humoriste Jay Du Temple prépare son premier spectacle solo, Bien faire, prévu en juin prochain.Discussion avec un animateur et humoriste qui ne regrette rien.MARC CASSIVI COUP DEGUEULE Ton one man show sera une suite logique duMini tour et duMoyen tour, que tu présentes en ce moment.Et comme pour le reste, tu as choisi de produire le «grand tour» toi-même.Ce n\u2019est pas contre ni en réaction à quoi que ce soit, mais avec ma sœur, qui est aussi ma gérante, on a décidé de faire les choses nous-mêmes.C\u2019est elle qui envoie les courriels, qui appelle dans les salles et qui se cogne parfois aux portes closes d\u2019une minorité de salles qui ne veulent pas nous recevoir.Le Moyen tour, dans le fond, c\u2019est le rodage de mon premier show, qui sera prêt en juin.Ça ne m\u2019étonne pas que ton spectacle s\u2019appelle Bien faire.C\u2019est assez récent pour moi, la vie publique.Mais dans ma vie privée, j\u2019ai toujours voulu bien faire, ne choquer personne, que tout le monde soit de bonne humeur.J\u2019ai grandi avec des filles : ma mère, mes deux sœurs, ma grand-mère.En remarquant qu\u2019elles avaient changé leurs cheveux ou leurs lunettes.Ce n\u2019était pas téteux ! Mais si tu ne le remarquais pas, elles étaient un peu choquées ! [rires] J\u2019ai aiguisé ça, mais c\u2019est un couteau à double tranchant.Ça peut nuire.J\u2019en parle dans mon spectacle.J\u2019aime bien ce titre-là, parce que je ne suis pas toujours le gentil, le bon gars dans le show, malgré l\u2019image que j\u2019ai.Cette image de «bon gars» m\u2019amène à parler d\u2019Occupation double.Tu t\u2019affiches comme féministe, tu as grandi avec des femmes, tu l\u2019as écrit notamment dansUrbania.Peut-il y avoir pour toi une contradiction à animer une émission qui ne fait pas nécessairement la promotion du respect de la femme ni de ce qu\u2019il y a de plus admirable chez l\u2019être humain?Je comprends tes réserves.Je me suis posé les mêmes questions quand on m\u2019a offert d\u2019animer l\u2019émission.Jusqu\u2019à un certain point, j\u2019ai été choqué qu\u2019on me l\u2019offre.Je me suis demandé si je voulais être « ce gars-là ».Mon but n\u2019a jamais été d\u2019être connu, d\u2019être une vedette.Je veux juste faire des projets qui m\u2019allument.Je me suis demandé si j\u2019étais prêt à faire partie d\u2019une « clique ».Les choses allaient bien, je n\u2019étais associé à personne.J\u2019étais autant invité à Radio-Canada qu\u2019à TVA.Puis j\u2019ai entendu Matt Holubowski à La soirée est (encore) jeune critiquer La voix.À un de mes amis, il a dit que pour changer la machine, il ne fallait pas s\u2019en exclure, mais passer dedans.Ça m\u2019a fait du bien de l\u2019entendre dire qu\u2019on pouvait rester soi-même tout en participant à ce genre d\u2019émission.Tout en gardant son esprit critique.Exactement.J\u2019ai refusé l\u2019offre d\u2019OD au départ, parce que j\u2019avais peur de ce que les gens allaient penser.Surtout les humoristes ! On est très cyniques comme groupe.C\u2019est bien vu de seulement faire de l\u2019humour.Je suis le premier à dire que je ne veux faire que du stand-up.C\u2019est facile à dire au début, parce qu\u2019on ne t\u2019offre pas autre chose.J\u2019y ai réfléchi : on m\u2019offrait d\u2019animer un gros show de télé à Bali, qui allait aider ma carrière, qu\u2019est-ce que j\u2019avais à perdre ?J\u2019en ai beaucoup discuté avec mes parents.Mon père m\u2019a dit : « Si tu restes toi- même, ça ne pourra jamais te nuire.Et c\u2019est ce que tu vas en faire après qui va démontrer ta vraie nature.» C\u2019est sûr qu\u2019il y a des choses dans Occupation double avec lesquelles je ne suis pas nécessairement d\u2019accord.Mais mon rôle, c\u2019est d\u2019animer au meilleur de mes capacités et de mettre de l\u2019eau dans mon vin.Ce n\u2019est pas moi qui produis l\u2019émission.Il y a des décisions qui ont été prises ou des choses qui sont arrivées qui m\u2019ont touché, qui m\u2019ont fait de la peine.Mais j\u2019ai beaucoup appris.Je l\u2019ai fait, je suis heureux de l\u2019avoir fait.Est-ce que je vais le refaire ?On verra.Qu\u2019est-ce qui a pu te faire de la peine?Plein de petits trucs.De ne pas être d\u2019accord avec des décisions qui ont été prises ?Exactement.Et de réaliser \u2013 comme je suis un humoriste qui s\u2019autoproduit et qui est habitué de prendre toutes les décisions \u2013 ce que c\u2019est de jouer un rôle précis dans un concept comme OD.Ce qui est très correct.J\u2019ai signé un contrat jusqu\u2019à Noël.Je joue ce rôle avec grand plaisir, en étant honnête avec moi- même le plus possible.Avant, j\u2019étais le premier à dire : OD, je suis au-dessus de ça ! Mais quand tu es dedans, tu réalises que ce sont des êtres humains qui vivent des choses.Chaque fois qu\u2019il y a eu un conflit ou une situation qui m\u2019a affecté, je me suis posé des questions sur ma génération, les milléniaux ou whatever, sur la façon dont on a été élevés, la façon dont je réagirais à la place des candidats.Même si ce ne sont pas tous des gens avec qui je chillerais tous les jours, il y a une partie de moi qui admire leur courage de se mettre à nu 24 heures sur 24, sept jours sur sept, devant tout le Québec.En 2017 ! Jamais je n\u2019aurais été game de faire ça.Ça prend un peu d\u2019inconscience ou un désir d\u2019exhibitionnisme très fort.C\u2019est difficile à comprendre pour un snob commemoi, qui considère la téléréalité comme les bas-fonds de la télévision ! J\u2019ai dû regarderOccupation double pendant des années, lorsque j\u2019étais coanimateur deC\u2019est juste de la TV.J\u2019ai vraiment l\u2019impression qu\u2019on met des gens dans une cage de verre pour mieux se moquer d\u2019eux.Il y a une méchante de service encore cette année qui s\u2019appelle Joanie.Tu n\u2019as pas peur pour elle, pour la suite?C\u2019est la première chose qui m\u2019a inquiété, quand l\u2019émission est entrée en ondes.J\u2019ai fait attention à mon comportement avec les candidats, même si ce n\u2019était pas toujours facile parce que mon rôle était de me moquer de leurs bévues.Je me suis assuré avec la production que les candidats seraient encadrés en sortant.C\u2019est le cas.Il reste que ce sont des adultes consentants qui signent un contrat.Ils savent dans quoi ils s\u2019embarquent : c\u2019est la 11e saison ! Il n\u2019y a pas de surprise.Ce qui est difficile, c\u2019est que c\u2019est un contexte particulier.J\u2019avais parfois des malaises, mais je ne suis pas un des candidats.Personne ne les a forcés à être là.Ce n\u2019est pas une cage de verre, loin de là.La porte est ouverte s\u2019ils veulent partir.Il y en a deux qui sont partis de leur plein gré.Tu disais au début que tu n\u2019avais rien à perdre, mais il aurait pu y avoir un ressac.D\u2019être associé à ce genre de téléréalité aurait pu te nuire, même si la plupart des dérapages sont contrôlés.L\u2019expérience a été à la hauteur de tes attentes?Je suis en train de me faire une tête là-dessus.OD ou pas, j\u2019aurais lancé mon one man show l\u2019été prochain, parce que c\u2019est ce que je fais à la base.J\u2019ai atterri à Montréal jeudi soir à 19 h 30 et le vendredi à 20 h, j\u2019étais sur scène au Bordel.De mon point de vue de producteur de mon show, OD a amené une part de publicité que je n\u2019aurai pas nécessairement à payer.C\u2019est sûr qu\u2019il y a des gens qui vont dire : « Lui, je l\u2019aimais bien, mais je ne l\u2019aime plus depuis qu\u2019il a fait OD.» Peut-être que je n\u2019ai pas besoin d\u2019eux dans mes salles.Peut-être que dans cinq ans, ils vont changer d\u2019idée.Je ne leur en tiendrai pas rigueur.J\u2019aurais peut-être eu le même réflexe.Animer OD ne m\u2019empêche pas d\u2019écrire un livre [un roman collectif avec notamment Patrick Senécal] ni de faire de l\u2019humour où je peux critiquer la société et le comportement humain.Au contraire, j\u2019ai les deux pieds dedans ! Mon expérience, ça va sans doute m\u2019inspirer des observations sur ma génération : notre rapport à l\u2019engagement, au couple, au respect des institutions.Tu me fais penser un peu à Louis-Jean Cormier, que j\u2019ai interviewé après La voix.Certains l\u2019avaient critiqué, mais il s\u2019est servi de cette plateforme pour mieux se faire connaître du grand public.C\u2019est la même chose ! Je suis un grand fan de Karkwa et je n\u2019ai pas moins aimé Louis-Jean parce qu\u2019il a fait La voix.Ceux qui l\u2019ont moins aimé à cause de ça sont un peu de mauvaise foi, à mon avis.Je m\u2019intéresse à toutes sortes de choses depuis toujours.J\u2019anime Urbart à MAtv, je coanime Code G.à VRAK et j\u2019anime OD à V.Au secondaire, j\u2019étais dans l\u2019équipe de football et j\u2019animais des ateliers de croissance personnelle ! Je saurai dans les prochains mois quels sont les impacts d\u2019OD et quelle sera la suite, mais je ne le regrette pas du tout.JAY DU TEMPLE Profession double Q R PHOTOMARTIN CHAMBERLAND, LA PRESSE «Mon but n\u2019a jamais été d\u2019être connu, d\u2019être une vedette.Je veux juste faire des projets qui m\u2019allument», explique Jay Du Temple.l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l 6 A R T S L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 2 D É C E M B R E 2 0 1 7 ARTS TÉLÉVISION VINCENT LAROUCHE Avec plus de 1 million de téléspectateurs au rendez-vous à chaque épisode, District 31 est la série policière de l\u2019heure au Québec.Pour bon nombre de vrais enquêteurs de police, le sujet est devenu incontournable lors des conversations avec la famille, les amis ou les collègues.La Presse a demandé à certains d\u2019entre eux ce qu\u2019ils pensent de l\u2019émission.Ils en avaient long à dire.Un outil pour expliquer Premier constat : la popularité de la série fournit des références aux enquêteurs qui peinent parfois à expliquer aux gens de l\u2019extérieur ce qu\u2019ils font vraiment au travail.« J e c o a c h e d e s j e u - nes au hockey, et ils font l \u2019a ssoc iat ion », rema rque Dominique Côté, commanda nt des enquê teu r s au Centre opérationnel Sud du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM).« Ils vont demander : \u201cToi, dans District 31, tu es lequel?\u201d C\u2019est en train de marquer l\u2019imaginaire de tout le monde et ça permet d\u2019expliquer notre travail», dit-il.«Je l\u2019écoute avec mon chum et il pose plein de questions : \u201cEst-ce que c\u2019est de même pour vrai?Faites-vous ça comme ça?\u201d Des fois, j\u2019ai l\u2019impression de travailler en l\u2019écoutant, tellement il m\u2019en pose», renchérit Karine Roy, enquêteuse spécialiste des cas d\u2019agression d\u2019enfants, thème qui a justement été abordé dans District 31.Son collègueMartin Roberts, spécialiste des gangs de rue, raconte qu\u2019il reçoit parfois des appels de sa mère et de ses sœurs après les épisodes.«Elles me demandent si c\u2019est comme ça que ça se passe», dit-il.«Faut dire qu\u2019en regardant l\u2019actualité, c\u2019est difficile de dire qui copie qui !», lance-t- il, en référence aux nombreuses intrigues qui se confondent avec les évènements réels des dernières années : commission d\u2019enquête sur l\u2019écoute électronique, luttes de pouvoir chez certains officiers supérieurs, disparition d\u2019un enfant dans des circonstances qui rappellent l\u2019affaire Cédrika Provencher.Un réalisme apprécié Plusieurs policiers disent a imer la sér ie pa rce que contrairement à d\u2019autres émissions du genre, elle n\u2019est pas trop tirée par les cheveux.«On reste accrochés parce que c \u2019est t rès près de la réalité.On n\u2019est pas dans un autre monde », affirme Martin Roberts.«Ça représente bien ce qu\u2019on vit, même si c\u2019est romancé», confirme Karine Roy.«C\u2019est sûr que c\u2019est un peu exagéré au niveau de certains dossiers, mais à la base, ça ressemble au travail d\u2019enquêteur : ils sont assis à leur bureau, ils font leurs rapports, ils ne sont pas tout le temps sur la go », renchérit la capitaine Nancy Colagiacomo, ancienne enquêteuse aux enquêtes spécialisées devenue responsable des communications de la police de Longueuil.Pour elle, le réalisme vient notamment du jeu très efficace des comédiens.« Leur attitude, leur façon de parler est bonne.Quand ils se jouent des tours, comme avec le sèche-mains ou les fleurs livrées au nom d\u2019une fille.ça, c\u2019est quelque chose qu\u2019on risque de voir au bureau », dit-elle en rigolant.Identification aux personnages Martin Roberts avoue préférer les personnages dont les dossiers ressemblent aux siens, parce qu\u2019il peut s\u2019identifier à eux.«Comme je suis enquêteur aux crimes de violence, je me rattache plus à un Jeff [Morin, joué par Luc Picard] ou à un Stéphane [l \u2019entrevue a été réa lisée avant que ce dernier ne se découvre un fils inconnu fruit d\u2019une romance passée].Je regarde leurs techniques », dit-il.Karine Roy, elle, hésite à choisir un favori.«Stéphane [ P o u l i o t , i n c a r n é p a r Sébastien Delorme], je trouve que c\u2019est peut-être lui qui reflète le plus un enquêteur.Il a une notion éthique, il est droit dans ses démarches, il est travaillant.On va voir aussi quelle tangente la nouvelle, Geneviève [Allaire, c a m p é e p a r C h r i s t i n e Beaulieu], va prendre.Bruno [Gagné, interprété par Michel Charette] aussi, c\u2019est un bon enquêteur, il a un côté sensible.Patrick [Bissonnette, joué par Vincent-Guillaume Otis] était bon au début, mais là, sa vie personnelle joue sur son travail.Nous, on aurait été tassés avant d\u2019être rendus là», lance-t-elle.Impressions de déjà-vu Certains regardent l\u2019émission avec un vague sentiment de déjà-vu, tant les personnages leur rappellent des gens qu\u2019ils ont côtoyés au travail.« Stéphane Pou l io t es t beau, fin, avec un petit côté secret, un petit sourire en coin.Il couchait avec la pro- cureure, il cruisait l\u2019autre fille.Il me fait penser à un ou deux enquêteurs charmeurs que j \u2019a i connus à Longueuil.mais je ne nommerai pas de noms ! », confie Nancy Colagiacomo.Un au t r e p e r s o n n a ge que plusieurs ont l\u2019impression d\u2019avoir déjà croisé : le commandant du District 31, Daniel Chiasson (Gildor Roy).« C\u2019est sûr qu\u2019on en croise dans notre carrière qui sont protecteurs comme ça», ajoute Karine Roy.Quelques invraisemblances Comme c\u2019est la norme lorsque toute catégorie de professionnels voit son travail représenté au cinéma ou à la télévision, les enquêteurs questionnés par La Presse relèvent malgré tout des invraisemblances dans le quotidien de «la gang du 31».De petites choses qui les font sourire.ou soupirer.« La procureure est toujours à leur bureau.Nous, on n\u2019a pas autant de ressources », constate Karine Roy, qui trouve aussi étrange la succession constante de réunions entre les enquêteurs.«On dirait que tout est prétexte à réunion pour eux », souligne-t-elle.« Le dimanche, quand ils se ramassent tous au bureau, et qu\u2019il y en a un qui explique : \u201cJe n\u2019a rrivais pas à dormir, donc je suis venu travailler.\u201d Ça, non!», affirme Nancy Colagiacomo.Sources d\u2019inspiration Les personnages de la série peuvent même devenir des sources d\u2019inspiration pour certains policiers.« Le personnage du command a n t , p ou r mo i c omme jeune cadre, c\u2019est une belle image.Tout le monde veut un Daniel Chiasson comme boss», confie le commandant Dominique Côté.Il admire la façon dont le personnage se tient en équilibre sur une fine ligne.«Il a autant le côté humain que le côté de loyauté envers l\u2019organisation.Et il est tiraillé entre les deux.Il peut prendre un café avec son monde et parler de leurs problèmes personnels, mais quand c\u2019est le temps de dire \u201cC\u2019est assez !\u201d, il est capable.» Des absents Presque tous nos interviewés s\u2019entendent pour dire que les grands absents de la série sont les patrouilleurs en uniforme, qu\u2019on ne voit pas beaucoup à l\u2019écran.« C \u2019est dommage pa rce que les dossiers emmenés aux enquêtes, ce sont souvent des patrouilleurs qui les ont réd igés .I ls sont t rè s impl iqués .Dans la réalité, tout le monde travaille ensemble », explique Nancy Colagiacomo.« I ls pourraient essayer d\u2019aller chercher plus ce côté- là », propose-t-elle pour la prochaine saison.District 31 est diffusé à ICI Radio-Canada Télé du lundi au jeudi, à 19h «Stéphane Pouliot me fait penser à un ou deux enquêteurs charmeurs que j\u2019ai connus.mais je ne nommerai pas de noms!», raconte Nancy Colagiacomo, responsable des communications de la police de Longueuil.Martin Roberts, spécialiste des gangs de rue au SPVM, raconte qu\u2019il reçoit parfois des appels de sa mère et de ses sœurs après les épisodes.«Elles me demandent si c\u2019est comme ça que ça se passe.» PHOTOS OLIVIER PONTBRIAND, LA PRESSE «[District 31] représente bien ce qu\u2019on vit, même si c\u2019est romancé», confirme Karine Roy, enquêteuse au Centre opérationnel Sud du SPVM.PHOTO ALAIN ROBERGE, ARCHIVES LA PRESSE DISTRICT 31 CEQUE LES VRAIS ENQUÊTEURS PENSENT DE LA SÉRIE «Le personnage du commandant, pour moi comme jeune cadre, c\u2019est une belle image.Tout le monde veut un Daniel Chiasson comme boss», confie Dominique Côté, commandant au Centre opérationnel Sud du SPVM.Plusieurs policiers disent aimer la série parce que contrairement à d\u2019autres émissions du genre, elle n\u2019est pas trop tirée par les cheveux.l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l A R T S 7 L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 2 D É C E M B R E 2 0 1 7 ARTS CINÉMA TADOUSSAC !!! Drame deMartin Laroche.Avec Isabelle Blais, Camille Mongeau et Juliette Gosselin.1h30.JOSÉE LAPOINTE Qu\u2019est- ce qui fa it cou r i r Chloé, qui a quitté son appartement montréa la is dans l\u2019urgence pour se rendre en autostop jusqu\u2019à Tadoussac ?Elle cherche, comme bien des gens, à comprendre d\u2019où elle vient.C\u2019est cette quête viscérale de ses origines qu\u2019on suit à la trace dans Tadoussac, deuxième long métrage de Martin Laroche.Quatre ans après Les manèges humains, dur premier film qui traitait de l\u2019excision, le réalisateur met encore une fois en scène une jeune héroïne.Et il traite également de sujets très féminins : le désir (ou non) d\u2019avoir des enfants et l\u2019instinct maternel sont en effet des thèmes au cœur de ce film réalisé avec sensibilité et beaucoup de doigté.Tourné avec peu de moyens, Tadoussac est un film au parti pris naturaliste.Sans musique \u2013 même dans le générique! \u2013 et avec très peu d\u2019éclairage artificiel, il suit de très près la jeune femme, ses silences, ses sourires et ses hésitations.Sa douleur physique aussi, puisqu\u2019elle couve un mal qui, à certains moments, la fait se tordre de douleur.Dans ce contexte de caméra-vérité, ces images sont parfois même difficiles à supporter.Tadoussac se déroule en plein hiver, mais il n\u2019était pas question d\u2019exploiter les paysages grandioses qu\u2019offre la ville située au confluent du Saguenay et du fleuve Saint-Laurent.Dans ce film en blanc et gris, ce qui compte, ce sont les visages des protagonistes et leurs interactions.La nature autour exacerbe peut-être les sentiments, mais elle ne leur vole pas la vedette.Il y a donc Chloé (excellente Camille Mongeau, Bayard de la meilleure actrice lors du Festival international du film francophone de Namur), fragile et déterminée.Et il y a Myriam (Isabelle Blais, solide), guide de kayak à Tadoussac, femme libre et portée sur la bière qui cache un grand secret, et que la présence de Chloé viendra ébranler jusque dans ses fondations.Chaque comédienne joue sa partition d\u2019une manière délicate et nuancée, sans esbroufe, à l\u2019image de ce film qui réussit à aller très loin dans l\u2019émotion sans jamais tomber dans le pathos.Tadoussac est plutôt sur le fil du rasoir de la vérité, ne donnant pas toutes les réponses d\u2019un coup et gardant de ce fait même un certain suspense.Le film se déroule ainsi lentement, par petites touches, jusqu\u2019à une très longue scène finale où les deux femmes se « rencontrent » enfin au téléphone.Une scène parfaitement construite, écrite et jouée, un morceau d\u2019anthologie qui démontre que l\u2019absence de moyens et la rigueur n\u2019empêchent jamais les émotions vraies de se faufiler.Ce moment fort vient racheter le côté aride et la langueur d\u2019un film sans compromis, dont la fin ouverte ouvre heureusement sur une certaine lumière.Quête viscérale JEUNEFEMME !!!½ DramedeLéonor Serraille.Avec LaetitiaDosch, Sou- leymaneSeyeNdiaye,GrégoireMonsaingeon.1h37.SYNOPSIS De retour à Paris après avoir vécu 10 ans au Mexique avec son amoureux, qui la laisse dès leur retour dans la Ville Lumière, une jeune femme tente de se reconstruire et compte prendre, au fil des rencontres et malgré les obstacles, un nouveau départ avec panache.CRITIQUE Même si elle galère et que tous ses repères semblent disparaître un à un, Paula n\u2019a rien d\u2019une défaitiste, bien au contraire.Ce personnage, à la fois solaire et impétueux, est au cœur du formidable film de Léonor Serraille, la plus récente lauréate de la Caméra d\u2019or au Festival de Cannes, attribuée au meilleur premier long métrage, toutes sections confondues.Plutôt que de proposer le portrait misérabiliste d\u2019une jeune femme larguée qui doit apprendre à survivre dans un environnement hostile, la réalisatrice préfère miser sur la force de vie de sa protagoniste.Le film en devient d\u2019autant plus vibrant, surtout grâce à l\u2019actrice, aussi singulière que remarquable, qui le porte sur ses épaules.Laetitia Dosch, vue dans La bataille de Solférino (Justine Triet), donne fougue à son personnage en évoquant \u2013 parfois dans un même élan \u2013 tous ses aspects, peu importe s\u2019ils séduisent ou exaspèrent.Le sens de l\u2019écriture et de la mise en scène qu\u2019affiche Léonor Serraille inscrit d\u2019office cette dernière dans la lignée de ces réalisatrices \u2013 Rebecca Zlotowski, Houda Benyamina, Céline Sciamma, LéaMysius et bien d\u2019autres \u2013 qui sont en train de donner au cinéma français un nouveau souffle.\u2014Marc-André Lussier Un portrait vibrant et actuel ROCK\u2019NROLL !!! Comédie deGuillaumeCanet.Avec Guillaume Canet, Marion Cotillard, Camille Rowe.2h03.SYNOPSIS Piqué au vif par une remarque d\u2019une très jeune partenaire de jeu, Guillaume Canet, 43 ans, prend tous les moyens à sa disposition pour changer la petite vie parfaite qu\u2019il semble mener, et détourner l\u2019image ringarde qu\u2019il dégage, désormais dénuée de tout sex appeal.CRITIQUE Quatre ans après Blood Ties, Guillaume Canet s\u2019est lancé dans un exercice d\u2019autofiction en se plaçant lui-même au centre d\u2019une comédie grinçante, campée dans le milieu du cinéma.Rappelant un peu l\u2019esprit de la sérieAppelez mon agent (dont le titre original estDix pour cent), Rock\u2019n Rollmise sur une bonne dose d\u2019autodérision, à commencer par celle qu\u2019affichent le réalisateur et sa conjointe, Marion Cotillard.Cette dernière passe d\u2019ailleurs la moitié du film à parfaire son accent québécois en vue d\u2019un prochain tournage àMontréal avec Xavier Dolan.L\u2019enjeu est dans ce refus obstiné d\u2019un homme d\u2019assumer sa quarantaine, lui qui, aux yeux des plus jeunes générations, ne serait apparemment plus désirable, ni cool du tout.La première partie du récit est à la fois drôle et grave.Hélas, tout dérape par la suite quand l\u2019histoire tombe dans la surenchère.\u2014Marc-André Lussier Quand tout dérape.Laetitia Dosch dans Jeune femme PHOTO FOURNIE PAR AXIA FILMS Isabelle Blais dans Tadoussac PHOTO FOURNIE PAR LES FILMS DE L\u2019AUTRE Plus de critiques à lapresse.ca et sur La Presse+ l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l 8 A R T S L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 2 D É C E M B R E 2 0 1 7 COMPOSTELLE sur le chemin de Saint-Jacques Réalisé et raconté par Éric Fontaneilles LONGUEUIL Théâtre de la Ville 8 au 12 novembre LAVAL Salle André-Mathieu 8 au 10 décembre Théâtre Marcellin-Champagnat 6 et 7 décembre MONTRÉAL Salle Pierre-Mercure 13 au 15 et 17 décembre LES GRANDS EXPLORATEURS .COM CINÉ-CONFÉRENCES aussi présentées à L\u2019Assomption, Pierrefonds, St-Jean, LaSalle, St-Jérôme, La Prairie, Montréal-Nord, St-Hyacinthe.réservez maintenant 514 521.1002 - 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Je n\u2019ai jamais fait d\u2019autre enregistrement professionnel de cette chanson même si je l\u2019ai chantée 3 464 000 fois depuis.» John Doelp : «On voulait pour l\u2019album Let\u2019s Talk About Love une chanson pop qui marche à la radio.Nous avons fourni au réalisateur Walter Afanasieff la bande avec la voix de Céline et il a construit à partir de ça.C\u2019est une version très distincte qu\u2019on entend sur l\u2019album de la bande originale du film Titanic, mais c\u2019est la même piste vocale.On n\u2019a pas entendu ce qu\u2019ils faisaient pour la bande originale et ils n\u2019ont pas entendu notre version pour l\u2019album.» LE DOUTE En août 1997, Céline Dion, René Angélil, leur équipe, les producteurs du film, les patrons de Sony et une survivante du naufrage du Titanic ont droit à un visionnement privé du film, avec la chanson My Heart Will Go On entendue pendant que défile le générique, dans les bureaux de la Paramount à New York.Paul Farberman : «J\u2019étais assis derrière René et Céline qui pleura ient .James Cameron avait été très clair : pas question qu\u2019on entende une seule note de la chanson avant le générique.Le lendemain, on avait un meeting chez Sony dont les gens estimaient qu\u2019il valait mieux ne pas s\u2019associer à ce film.D\u2019abord, Titanic était très long et la version qu\u2019on avait vue la veille faisait au moins 20 minutes de plus que la version finale.Et puis tout ce qu\u2019on avait entendu ou lu à propos du film dans le Variety ou le Hollywood Reporter était négatif.Un cauchemar qui n\u2019augurait rien de bon pour Céline.C\u2019est alors que René s\u2019est levé et a pris la parole : \u201cJe suis un joueur et je vais parier qu\u2019on a un gagnant.\u201d » John Doelp : « Je ne veux pas parler pour les autres, mais, personnellement, j \u2019ai adoré le film.Je trouvais la chanson fantastique et qu\u2019on avait une occasion incroyable.Du point de vue de notre équipe, l\u2019équipe de Céline, on allait de l\u2019avant.» L\u2019ENVOL L\u2019album Let\u2019s Talk About Love et celui de la bande originale du film Titanic ont été lancés le 18 novembre, un mois avant la sortie du film.John Doelp : «Quand le film est sorti, la chanson s\u2019est hissée au sommet des palmarès.Pour qu\u2019une chanson marche aussi fort, il faut que le film ait beaucoup de succès.Mais l\u2019une des clés du succès du film, c\u2019est son thème musical qui est présent d\u2019un bout à l\u2019autre, on ne peut y échapper.Donc quand Céline le chante à la fin, c\u2019est énorme.» Comme le film Titanic, My Heart Will Go On a raflé tous les grands honneurs en 1998.Mais c\u2019est lors de la cérémonie des Oscars que Céline Dion a mesuré pour la première fois l\u2019ampleur du phénomène.Céline Dion : «Il y avait un orchestre tout de blanc vêtu et je m\u2019étais fait faire une robe à collet haut, manches longues, très ajustée, j\u2019avais les cheveux attachés, c\u2019était très classy.Je portais le collier Le cœur de l\u2019océan d\u2019Asprey et Garrard qui valait 20 millions ou 200 millions, je ne m\u2019en rappelle même plus.J\u2019avais un paquet de gardes du corps et je pensais qu\u2019ils étaient là pour moi, mais c\u2019était pour le collier.C\u2019était assez impressionnant de chanter cette chanson aux Oscars.J\u2019ai commencé à sentir à ce moment-là que My Heart Will Go On ferait partie du reste de ma vie.» LA PÉRENNITÉ John Doelp : «Aux États-Unis, on vendait 1 million de disques par semaine, 500 000 de chaque album, Let\u2019s Talk About Love et la bande originale de Titanic.Je sais que dans le monde, il s\u2019est vendu plus de 30 millions d\u2019exemplaires de chacun des albums.Soixante millions de personnes ont donc acheté cette chanson, c \u2019est assez phénoménal.» Depuis 20 ans, Céline Dion est obligée de chanter My Heart Will Go On en rappel dans tous ses spectacles, à Las Vegas ou en tournée.Céline Dion : « On l\u2019a placée au début du spectacle, au milieu, mais quand la chanson se termine, les gens s\u2019en vont, ils pensent que le show est fini.René avait raison, encore une fois, et on l\u2019a remise à la fin.Quand dans ton répertoire t\u2019as un classique, t\u2019es pas mal chanceux.Les DJ les plus populaires au monde jouent My Heart Will Go On dans les discothèques, c \u2019est quand même pas moi qui veux ça.James Cameron, quand on se voit, on n\u2019a pas grand-chose à se dire : il ne me voulait pas et moi, je ne le voulais pas non plus.Donc on se félicite d\u2019avoir écouté James Horner et René.Ces deux gars-là doivent regarder en bas et se dire : \u201cAie, la petite, elle a bien fait de nous faire confiance\u201d.» Paul Farberman : « Tu peux prendre toutes les plus grandes voix, mais personne ne peut la chanter comme elle.De toute façon, on a tellement entendu cette chanson que c \u2019est sa voix qu\u2019on a toujours en tête.Parfois, on me demande ce que je fais dans la vie et quand je parle de Céline Dion, il arrive qu\u2019ailleurs dans le monde, on ne connaisse pas son nom.Mais quand j\u2019ajoute Titanic et My Heart Will Go On, tout le monde connaît ça.» Il y a quelques années, Kate Winslet, la vedette du film Titanic, a dit que My Heart Will Go On lui donnait envie de vomir tellement cette chanson la suivait partout bien malgré elle.Céline Dion : «Elle n\u2019est tellement plus capable que ça lui donne mal au cœur.Une chance qu\u2019elle n\u2019a pas eu à la chanter.Parfois, honnêtement, je me dis qu\u2019elle ne s\u2019appelle plus Titanic, mais Titannée .On est-ti tannés là ?Mais quand le monde est debout, t\u2019es pas vraiment Titannée.Tous les soirs quand la toune part, je ne pense même plus que ça fait 3 millions de fois que je la chante.La réaction du monde est instantanée, les visages changent, les larmes coulent, les gens se rapprochent, se font des câlins, se tiennent la main.Le bonheur.» LES 20 ANS DEMY HEART WILL GO ON Le triomphe d\u2019une chanson mal-aimée PHOTO FOURNIE PAR GETTY IMAGES Comme le film Titanic,My Heart Will Go On a raflé tous les grands honneurs en 1998.C\u2019est lors de la cérémonie des Oscars que Céline Dion a mesuré pour la première fois l\u2019ampleur du phénomène.l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l A R T S 9 L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 2 D É C E M B R E 2 0 1 7 R A D I U S D I E G O K L AT T E N H O F F C H A R LOT T E S U L L I V A N L A V É R I T É P R E N D F O R M E .« THRILLER DANS LE STYLE DE MEMENTO » - PATRICK HIPES «CAPTIVANT ET IMPRÉVISIBLE» - KEVIN LAFOREST UN FILM DE CAROLINE LABRÈCHE ET STEEVE LÉONARD PRÉSENTEMENT À L\u2019AFFICHE VERSION FRANÇAISE VERSION ORIGINALE ANGLAISE DES PRODUCTEURS DE ARTS CINÉMA ON AIME OU ON DÉTESTE TITANIC Cinq raisons de détester Titanic Je n\u2019avais pas revu Titanic \u2013 dans son entièreté \u2013 depuis mes 24 ans.Un deuxième visionnement a confirmé ce que j\u2019en pensais il y a 20 ans.Je crois même avoir détesté ça encore plus que la première fois.Voici pourquoi.MARC CASSIVI Le romantisme à l\u2019eau de rose Un scénario à l\u2019eau de rose, une histoire d\u2019amour improbable et exaspérante, mille fois remâchée, entre une belle aristocrate rebelle, engoncée dans un carcan familial strict, et un jeune vagabond désargenté, mais ô combien libre ! Une bluette sentimentale rose bonbon, une romance adolescente valsant entre le roman Harlequin et le film familial à la Disney (dauphins en prime !).Une amourette cucul sur fond de catastrophe, un mélodrame mielleux et racoleur.Comment dire ?Je n\u2019ai pas cru une seconde à l\u2019idylle de Jack et Rose.Ni à ce récit superflu de diamant surdimensionné qui fait rêver des chasseurs de trésors et que tente de récupérer un fiancé jaloux en tirant sur sa promise.Que cherche à nous dire James Cameron avec ce bijou jeté à la mer ?Que l\u2019amour est plus précieux que du carbone cristallisé ?On l\u2019espère ! Je dois avoir un cœur de pierre.Les clichés Le scénario de Titanic est pétri de clichés.Les riches sont pour la plupart d\u2019horribles, vils et méprisables personnages : une marâtre prête à brader sa fille pour éponger les dettes de son mari, un homme d\u2019affaires véreux qui offre un diamant à sa fiancée de 17 ans en espérant qu\u2019elle consente à des relations sexuelles et qui se sert d\u2019un enfant pour obtenir une place sur un bateau de sauvetage.Le pleutre.Les pauvres, en revanche, sont bons, gentils, courageux et font la fête (quelle scène interminable) dans la cale du navire sans jamais rechigner ni en venir aux coups malgré les litres de bière noire.Rose est sauvée de la noyade par Jack dès la première demi- heure du film.Elle glisse inopinément de la balustrade au moment précis où il lui tend la main pour qu\u2019elle revienne sur le pont.comme dans 93% des films d\u2019action hollywoodiens.Soupir.Non! Pas le coup de la trace de main sur la vitre arrière de l\u2019auto embuée pendant une scène d\u2019amour?Misère.Les invraisemblances Rose admire ses tableaux.Celui-là est de qui?lui demande sa servante.« Quelque chose » Picasso, répond- elle.Le tableau?Les Demoiselles d\u2019Avignon.Seulement l\u2019un des plus célèbres tableaux de l\u2019un des plus célèbres artistes du XXe siècle (Pablo pour les intimes, déjà bien connu des collectionneurs d\u2019art à l\u2019époque).Une œuvre qui ne s\u2019est jamais trouvée sur le Titanic, évidemment, et qui est aujourd\u2019hui exposée à New York (au MoMA).Rose compte aussi dans sa collection L\u2019étoile de Degas (Edgar de son petit nom, exposé au musée d\u2019Orsay), ainsi qu\u2019une toile de la série des nymphéas de Monet (dit Claude).Un autre exemple?Le sauvetage in extremis de Jack par Rose, jamais décoiffée ni démaquillée et pataugeant à son aise dans les eaux glacées de l\u2019Atlantique Nord ayant envahi la cabine, comme si elle trempait dans un bain à remous à Bali.Chill.La mémoire des victimes Il y a pour moi quelque chose d\u2019indécent à transformer une tragédie \u2013 qui a fait quelque 1500 morts \u2013 en film- catastrophe émaillé de blagues de vaudeville déplacées, de scènes de poursuite burlesques et de cascades de thriller d\u2019action typiquement hollywoodien.Titanic est une farce romantique.Dans le traitement de l\u2019histoire par James Cameron, un tâcheron avec énormément de moyens, il y a une réelle banalisation et une déshumanisation d\u2019un drame.Son blockbuster boursoufflé montre des victimes qui meurent comme dans un jeu vidéo.Leurs corps rebondissent sur le métal qui résonne d\u2019un navire en train de sombrer.Mais tout ça sonne creux, factice et terriblement opportuniste.Titanic est un film conventionnel, lisse et moralisateur, faussement anticonformiste, exploitant une prémisse grave.Ce n\u2019est pas un hommage aux disparus, ni une ode aux survivants.C\u2019est une appropriation d\u2019un drame à des fins de divertissement.La chanson de Céline Interviewée il y a cinq ans, à l\u2019occasion du 100e anniversaire du naufrage du Titanic, Kate Winslet a déclaré avoir «envie de vomir» lorsqu\u2019elle entend My Heart Will Go On de Céline Dion, qui accompagne le générique du film.L\u2019actrice a confié à MTV qu\u2019écouter la célèbre ballade de la diva québécoise était pour elle une source de torture qu\u2019on lui fait subir, notamment lorsqu\u2019elle est invitée sur les plateaux de télé, tout en croyant lui rappeler de bons souvenirs.« J\u2019aimerais pouvoir dire : « Écoutez, tout le monde, c\u2019est la chanson de Céline Dion ! » Mais je ne le peux pas.Je dois juste rester là, vous savez, l\u2019air impassible, en roulant des yeux intérieurement.[.] Cette chanson me donne envie de vomir.Je ne devrais pas dire ça, mais vraiment, elle me donne envie de vomir ! » Q UIZ 1.Titanic a obtenu l\u2019Oscar du meilleur film, même s\u2019il n\u2019était pas en lice dans la catégorie du meilleur scénario.Quel film a réussi le même exploit au cours des 60 dernières années?a) Gladiator (2000) b) The Sound of Music (1965) c) Chariots of Fire (1981) d) The Hurt Locker (2009) 2.Il y a 20 ans, Titanic était considéré comme le film le plus cher de l\u2019histoire du cinéma.Le budget initial de 125 millions de dollars a même été dépassé.Quel a été le budget final du film?a) 145 millions b) 163 millions c) 180 millions d) 200 millions 3.James Cameron a tenu à ce que la durée totale de toutes les scènes campées en 1912 corresponde exactement au temps qu\u2019a pris le Titanic pour couler.Quelle est cette durée?a) 2h02 b) 2h40 c) 2h55 d) 3h14 4.Quand Titanic a fait l\u2019objet d\u2019une conversion en 3D en 2012, James Cameron n\u2019a rien retouché du tout, à part un élément.Quel est-il ?a) Le degré d\u2019inclinaison de l\u2019une des quatre cheminées du paquebot a été corrigé b) La constellation d\u2019étoiles dans le ciel a été modifiée c) Le concours de crachats a été un peu écourté d) La scène du party en troisième classe a été prolongée Connaissez-vous votre Titanic ?Le film en 10 questions.MARC-ANDRÉ LUSSIER Quand Titanic a pris l\u2019affiche en 1997, Marc Cassivi et Marc-André Lussier ont exprimé des visions diamétralement opposées à propos du film phénomène de James Cameron.Vingt ans plus tard, rien n\u2019a vraiment changé.PHOTO FOURNIE PAR PARAMOUNT PICTURES l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l 10 A R T S L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 2 D É C E M B R E 2 0 1 7 ARTS CINÉMA KATE ET LEO Un naufrage toujours aussi somptueux En 1997, Kate Winslet et Leonardo DiCaprio, qui étaient au début de leur carrière, sont devenus le couple fictif de l\u2019heure.Mais qui étaient ces comédiens avant de percuter l\u2019iceberg de la célébrité et que sont-ils devenus ?CHANTAL GUY KATE WINSLET Personnage : Rose Dewitt Bukater Avait 22 ans à la sortie du film LEONARDO DiCAPRIO Personnage : Jack Dawson Avait 23 ans à la sortie du film Son CV avant Titanic Cette jeune actrice britannique avait attiré l\u2019attention avec deux films en particulier : Créatures célestes de Peter Jackson (qui allait connaître la gloire avec sa trilogie du Seigneur des anneaux) et Raison et sentiments d\u2019Ang Lee (qui allait par la suite faire Tigre et Dragon et Brokeback Mountain), une adaptation du célèbre roman de Jane Austen dans laquelle elle jouait la très impulsive Marianne Dashwood.Les actrices qui auraient pu avoir le rôle de Rose Jennifer Aniston, Rosanna Arquette, Drew Barrymore, Rose Byrne, Jennifer Connelly, Claire Danes, Cameron Diaz, Angelina Jolie, Nicole Kidman, Sharon Stone, Uma Thurman, Reese Witherspoon.Sur la célébrité Kate Winslet est revenue plusieurs fois sur l\u2019après-coup de Titanic dans sa vie.En 2015, elle a confié que l\u2019engouement énorme avait été pénible pour elle.«Ma vie a vraiment changé en une soirée.Je me souviens qu\u2019un jour, je pouvais aller acheter le journal et une pinte de lait, et que le lendemain, je ne pouvais plus sortir de ma maison à cause des paparazzis.Ç\u2019a été un choc.» Mentionnons aussi qu\u2019elle a souvent avoué ne plus être capable d\u2019entendre la chanson My Heart Will Go On de Céline Dion.Les prix Le rôle de Rose a valu à Kate Winslet des nominations aux Oscars, aux Golden Globes et des prix Empire et Jupiter.Sa vie depuis Titanic Kate n\u2019a jamais craint après Titanic les projets originaux, plus casse- gueule, le cinéma indépendant et les défis d\u2019actrice.Elle a tourné avec des cinéastes de renom comme Jane Campion, Philip Kaufman, Alan Parker, mais on retient en particulier les films Eternal Sunshine of the Spotless Mind de Michel Gondry, The Reader de Stephen Daldry, qui lui a valu de nombreux prix, dont l\u2019Oscar de la meilleure actrice, la série télévisée Mildred Pierce de Todd Haynes et, plus récemment, son rôle dans le film Steve Jobs de Danny Boyle, ces deux dernières productions lui ayant valu des prix Golden Globes.Elle est aujourd\u2019hui mère de trois enfants, de trois pères différents.Son CV avant Titanic Ce jeune acteur américain était en voie de devenir une star de Hollywood, ayant amorcé une carrière dès l\u2019enfance.Il s\u2019était démarqué devant Robert De Niro dans This Boy\u2019s Life, avait étonné tout le monde dans le rôle d\u2019un simple d\u2019esprit dans le film Gilbert Grape ou d\u2019un junkie dans The Basketball Diaries, avait incarné Rimbaud dans Rimbaud et Verlaine et commençait déjà à être la coqueluche des adolescentes après avoir joué Roméo dans Romeo&Juliet de Baz Lurhmann.Les acteurs qui auraient pu avoir le rôle de Jack Matthew McConaughey, Christian Bale, Johnny Depp, Brad Pitt, River Phoenix.Sur la célébrité Encore plus que sa partenaire, Leonardo DiCaprio a été frappé de plein fouet par la célébrité, quand il est devenu l\u2019idole romantique de millions de jeunes filles.«Nous n\u2019avions pas réalisé à quel point c\u2019était gros, a-t-il confié à Deadline en 2016.Toute ma vie a soudainement été occupée par autre chose que mon métier d\u2019acteur.Je savais qu\u2019il y aurait ensuite des attentes envers moi et j\u2019ai dû revenir à mes intentions et aux films que je voulais faire.Les gens veulent les financer maintenant.Je n\u2019avais pas ça avant Titanic.» Les prix Gros scandale pour les fans à l\u2019époque, Leonardo DiCaprio n\u2019a même pas eu droit à une sélection aux Oscars en 1998 pour son rôle dans Titanic.Il a cependant eu une nomination aux Golden Globes.Sa vie depuis Titanic Leonardo DiCaprio a fui comme la peste les rôles de jeune premier romantique après la folie Titanic et a profité de sa célébrité pour tourner avec les réalisateurs les plus respectés, comme Martin Scorsese, pour qui il est devenu un acteur fétiche en jouant dans cinq de ses films depuis les années 2000, notamment Gangs of New York et The Wolf of Wall Street.Il a joué pour Steven Spielberg, Ridley Scott, Danny Boyle, Christopher Nolan, Clint Eastwood, Quentin Tarantino, Baz Luhrmann, mais c\u2019est avec Alejandro González Iñárritu et The Revenant qu\u2019il a enfin pu mettre la main sur son premier Oscar, que tout le monde lui prédisait à chaque nomination, assez pour croire qu\u2019il y avait une malédiction contre lui.Enfin, s\u2019il a multiplié les relations amoureuses, Leonardo DiCaprio est resté fidèle à ses convictions et est devenu quelqu\u2019un de très engagé pour la sauvegarde de l\u2019environnement en créant sa propre fondation.CE QU\u2019ILS ONT FAIT ENSEMBLE Quand bien même la planète rêvait de les voir en couple dans la vraie vie, Kate et Leo n\u2019ont toujours été que de très bons amis qui, paraît- il, continuent quand ils se voient de se lancer les répliques de Titanic.C\u2019est d\u2019ailleurs l\u2019une des amitiés les plus solides d\u2019Hollywood, et il faut dire que le tournage de Titanic a été tellement difficile que cela semble les avoir soudés pour la vie.En 2009, Leo, qui a toujours dit que Kate était son actrice favorite, a confié à Oprah : «Kate et moi avons grandi dans cette industrie ensemble, nous avons été un soutien l\u2019un pour l\u2019autre pendant longtemps.Nous avons toujours été là l\u2019un pour l\u2019autre.» De son côté, lors des Oscars en 2016, où Léo a enfin remporté son premier Oscar pour The Revenant, elle a tenu à être auprès de Léo, malgré une menace de boycottage des Oscars cette année-là.« C\u2019est mon plus proche ami dans le monde, je ne pouvais m\u2019imaginer ne pas être là pour l\u2019appuyer.» Kate Winslet et Leonardo DiCaprio n\u2019ont tourné qu\u2019un seul autre film ensemble : Revolutionary Road de Sam Mendes en 2008.Kate a d\u2019ailleurs déclaré son amour à son partenaire en remportant le Golden Globe de la meilleure actrice en 2009 pour The Reader.En revoyant Titanic 20 ans plus tard, sans jamais l\u2019avoir revu depuis sa sortie, le verdict reste le même : James Cameron a réalisé un beau et grand film populaire, qui mérite à coup sûr sa place dans l\u2019histoire du cinéma.MARC-ANDRÉ LUSSIER Le pari du romantisme Pour vendre l\u2019idée de son film au studio Fox, James Cameron a dit qu\u2019il voulait faire un « Roméo et Juliette sur le Titanic ».C\u2019est exactement ce qu\u2019il a (bien) fait.Si cette superproduction est d\u2019une telle efficacité, c\u2019est en effet grâce à l\u2019histoire d\u2019amour entre Rose Dewitt Bukater, une jeune fille de 17 ans issue d\u2019une famille bourgeoise, et Jack Dawson, un jeune artiste sans le sou.Les deux premières heures du film sont d\u2019ailleurs consacrées à l\u2019évocation de cet amour, d\u2019autant plus déchirant que le destin \u2013 tragique \u2013 s\u2019en mêlera.Quand Rose s\u2019abandonne en fermant les yeux dans les bras de son amoureux, à la proue du navire, il est bien difficile d\u2019opposer la moindre résistance.On s\u2019émeut de nouveau quand les yeux de la centenaire racontant son histoire retrouvent l\u2019éclat de la jeunesse.À moins d\u2019avoir un cœur de pierre, comment ne pas craquer ?Le faste d\u2019une époque Titanic évoque aussi une époque où le luxe s\u2019exprimait d\u2019une autre façon.Ainsi, le spectateur est plongé dans un décor d\u2019avant- guerre somptueux, minutieusement reconstitué par les artisans du film.Pour les privilégiés qui avaient accès au traitement royal \u2013 c\u2019était le cas de la famille de Rose \u2013 la traversée s\u2019effectuait dans des conditions exceptionnelles, que Cameron a su traduire grâce au gigantisme de sa mise en scène.Cela dit, le cinéaste a aussi su faire écho à la lourdeur des conventions sociales, ainsi qu\u2019à la lutte des classes en évoquant le traitement honteux \u2013 surtout en temps de crise \u2013 auquel étaient soumis ceux qui n\u2019avaient pu faire mieux que d\u2019obtenir un billet de troisième classe.C\u2019est pourtant là qu\u2019étaient organisés les meilleurs partys.Leo et Kate Avant Titanic, Kate Winslet, 21 ans au moment du tournage, s\u2019était déjà fait remarquer des cinéphiles grâce à Heavenly Creatures , un fi lm de Peter Jackson.Leonardo DiCaprio, 22 ans, avait été cité aux Oscars quatre ans plus tôt, grâce à sa remarquable performance dans What\u2019s Eating Gilbert Grape (Lasse Hallström).Les deux jeunes acteurs \u2013 devenus superstars grâce à Titanic \u2013 ont plongé à fond dans l\u2019aspect romantique de l\u2019histoire et nous y ont fait croire.Les échos shakespeariens de cet amour imprévu (Rose était à bord du Titanic avec sa famille et son fiancé \u2013 Billy Zane \u2013 pour aller convoler en justes noces aux États-Unis) nourrissent aussi notre empathie envers ces deux êtres visiblement destinés à se rencontrer.Objectivement, les deux acteurs ont eu des rôles beaucoup plus complexes que ceux-là à défendre dans leur carrière, mais ils forment néanmoins à l\u2019écran l\u2019un des plus beaux couples de cinéma.Comme si on y était La technologie des images de synthèse a évolué à la vitesse grand V depuis 20 ans, mais les effets visuels de Titanic restent encore aujourd\u2019hui de très belle tenue.Le pari de James Cameron était de faire ressentir au spectateur le naufrage comme s\u2019il était lui-même à bord du paquebot et cette sensation est toujours bien présente.Chacun ira de sa scène la plus « éprouvante », mais celle où \u2013 attention au divulgâcheur ! ! ! \u2013 le paquebot se brise en deux alors que l\u2019arrière se dresse à la verticale pour ensuite plonger dans l\u2019océan comme un ascenseur en folie, reste sans doute l\u2019une des plus fortes de l\u2019ensemble.Et puis, le fait que James Cameron intègre au récit des images de la véritable épave du navire, qu\u2019il a lui-même filmées, ajoute au caractère poignant de cette histoire.La chanson de Céline Bien entendu, les 3 milliards de passages de My Heart Will Go On à la radio, dans les centres commerciaux, les ascenseurs, les cabinets de dentistes et les karaokés d\u2019inspiration japonaise seront vite venus à bout de notre patience.Le fait est, pourtant, que la chanson phare du répertoire de Céline Dion est magnifique.Et traduit parfaitement l\u2019état d\u2019esprit d\u2019un film au cours duquel le motif musical, signé James Horner, est entendu à quelques reprises.Rappelons-nous aussi à quel point le Québec entier a retenu son souffle à la cérémonie des Oscars quand notre diva nationale s\u2019est exécutée dans une robe bleue océan, en arborant le collier Le cœur de l\u2019océan, fabriqué à grands frais, sur lequel elle a frappé allègrement, dans un geste qui n\u2019appartient qu\u2019à elle.On n\u2019oubliera jamais.5.Pour les besoins du film, le Titanic a été reconstruit en studio.À quel pourcentage de sa taille réelle le célèbre vaisseau a-t-il été recréé?a) 40% b) 75% c) 90% d) 100% RÉPONSES 1 b The Sound of Music (1965) 2 d 200 millions de dollars 3 b 2h40 4 b Sous l\u2019insistance de l\u2019astrophysi- cien Neil deGrasse Tyson, directeur du Planétarium Hayden à New York, James Cameron a fait changer la constellation d\u2019étoiles afin qu\u2019elle soit identique à celle qui apparaissait dans le ciel de l\u2019Atlantique Nord le 15 avril 1912.5 c 90% l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l A R T S 11 L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 2 D É C E M B R E 2 0 1 7 ARTS POUROUCONTRE CHAQUE SEMAINE, UN INVITÉ DE LA PRESSE PREND POSITION SUR DES SUJETS QUI MARQUENT SON ACTUALITÉ.POUR CONTRE Le comédien Marc St-Martin est le doyen de Revue et corrigée : il en est à sa 12e participation au spectacle humoristique de fin d\u2019année du Rideau Vert.En cette période riche en actualités, qui a même inventé le terme de « fake news», la nouvelle équipe de création a l\u2019embarras du choix.Avec René Simard à la mise en scène et Nicolas Lemay à la script-édition, la cuvée s\u2019annonce corsée et sulfureuse.Eh oui.Marc St-Martin va parodier Éric Salvail.2017 revue et corrigée est présentée au Théâtre du Rideau Vert jusqu\u2019au 6 janvier 2018.\u2014 Luc Boulanger Marc St-Martin L\u2019appropriation culturelle ou la récupération de symboles traditionnels en humour ?«Oh! C\u2019est un sujet très, très délicat.La rectitude politique nous dit qu\u2019il faut être contre, mais j\u2019ai de la difficulté à ne pas être pour, car je pense que tout peut être traité avec doigté, délicatesse et pertinence.Tant au niveau des personnalités que des groupes ou communautés culturelles.On est très sensibles à ça et on redouble d\u2019efforts pour être respectueux.Dans le cas de la revue, nous sommes engagés pour défendre des textes écrits par d\u2019autres.On a notre mot à dire sur le contenu, mais ce n\u2019est pas notre matériel ; c\u2019est celui des auteurs, du metteur en scène et du script-éditeur.» Aborder le mouvement #moiaussi dans une revue de l\u2019année?«On n\u2019abordera pas tous les cas dénoncés: il y en a trop! Mais il fallait trouver une façon d\u2019en parler, un angle humoristique, sans banaliser les actes et les victimes.On le voit bien ces temps-ci : la réception d\u2019un sketch est très relative, subjective.C\u2019est de plus en plus casse-cou.Or, au-delà de ses moments comiques, une revue, c\u2019est aussi l\u2019occasion de faire un bilan, de réfléchir.De plus en plus, on a la mémoire courte.On oublie des évènements marquants qui se sont passés il y a six mois.» «Casser» un acteur dans les écoles de théâtre?«Je suis contre la méthode de \u201ccasser\u201d un acteur, dans la mesure où c\u2019est synonyme de briser, d\u2019humilier, d\u2019enlever son authenticité, son individualité.Par contre, une formation doit nous pousser hors de notre zone de confort.Un enseignant voudra donc \u201ccasser\u201d des tics, des réflexes, des béquilles, pour permette à son élève de devenir un meilleur interprète.Personnellement, à l\u2019École nationale, personne n\u2019a tenté de me briser.Je n\u2019ai pas senti que les profs étaient trop durs avec moi ; même si, parfois, j\u2019ai reçu des commentaires ou des critiques sévères envers mon jeu.Je savais que c\u2019était pour m\u2019améliorer.» L\u2019adaptation de formats américains à la télé québécoise ?«Je ne suis pas contre importer des formats.mais dans la mesure où les diffuseurs privilégient des concepts originaux, à saveur québécoise.Et je trouve que nos créateurs en ont fait de très bons, en humour, avec des comédies comme Like-moi ! , Les Bobos, Un gars, une fille et bien d\u2019autres.Le talent des auteurs et concepteurs d\u2019ici est indéniable.» L\u2019omniprésence des stars sur nos écrans ?«Je n\u2019ai aucun problème avec le star-system québécois.Toutefois, j\u2019en ai contre cette tendance à toujours choisir les mêmes têtes d\u2019affiche.Pour tous les rôles ! Vous allez dire que j\u2019ai un parti pris, n\u2019étant pas une tête d\u2019affiche.Or, je crois que le public aime bien découvrir de nouveaux interprètes de talent.Comme Vincent Leclerc dans Les pays d\u2019en haut ou Ève Landry au début d\u2019Unité 9.Je comprends qu\u2019il faut des vedettes dans une production : ce sont des locomotives sur un projet.Néanmoins, à mon avis, une vedette n\u2019est pas nécessairement une valeur sûre [pour la réussite d\u2019une série, d\u2019un film].» PHOTOMARTIN CHAMBERLAND, LA PRESSE l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l 12 A R T S L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 2 D É C E M B R E 2 0 1 7 "]
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