Voir les informations

Détails du document

Informations détaillées

Conditions générales d'utilisation :
Protégé par droit d'auteur

Consulter cette déclaration

Titre :
La presse
La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. L'influence des journalistes de La Presse s'étend aujourd'hui au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias. [...]

La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. Très rapidement, le journal se présente comme un quotidien d'information indépendant et abordable pour la population ouvrière. Il veut se démarquer des journaux d'opinion, organes de partis politiques, qui sont fort courants à l'époque.

Sa fondation résulte d'une rivalité entre deux factions du Parti conservateur fédéral. William Edmond Blumhart, secrétaire et gendre de l'important homme d'affaires Louis-Adélard Senécal, affilié au clan du conservateur Joseph-Adolphe Chapleau, lance La Presse pour concurrencer le journal Le Monde qui appuie le premier ministre John Alexander MacDonald.

Un quotidien nommé Le Nouveau Monde voit d'abord le jour à la mi-octobre 1884. Après la publication de quatre numéros, il change de nom pour La Presse. Le premier numéro du journal est publié le 20 octobre 1884.

Le succès de La Presse est rapide, mais le journal est un gouffre financier. Après quelques changements de mains, il est racheté en 1889 par Trefflé Berthiaume, typographe à La Minerve. La modernisation du journal, entre autres avec l'intégration d'illustrations aux faits divers et l'impression par linotypes, permet de rendre l'entreprise rentable.

Trefflé Berthiaume sera à la tête de La Presse de 1889 à 1904 et de 1906 à 1915, année de sa mort. Arthur Berthiaume, son fils, prend alors en charge le journal. Trefflé Berthiaume lui a légué la propriété du journal qui, selon une clause testamentaire, devra appartenir à ses descendants pendant plusieurs générations. Nombre de disputes familiales éclateront dans les décennies suivantes, jusqu'à l'achat de La Presse par Paul Desmarais en 1967.

En 1913, le tirage de La Presse atteint déjà 121 000 exemplaires. Il augmente jusqu'au début des années 1960, alors qu'il atteint près de 300 000 exemplaires.

Une grève des employés et des cadres du journal éclate en 1958. Jean-Louis Gagnon, alors journaliste fort réputé, est appelé pour réinstaurer un climat de confiance. Il introduit la signature des journalistes au bas des éditoriaux et au début des reportages, ce qui permet la reconnaissance et le vedettariat des journalistes.

À partir de cette époque charnière, les postes de responsabilité éditoriale sont attribués à des journalistes renommés dont Gérard Pelletier, Roger Champoux, Jean-Paul Desbiens, Roger Lemelin, Jean-Guy Dubuc, Vincent Prince, Alain Dubuc et André Pratte.

En 1964, une autre grève, qui dégénère en lock-out, bénéficie à Pierre Péladeau, qui profite des événements pour lancer le Journal de Montréal. En 1971 et 1972, La Presse connaît un long lock-out qui lui fait perdre des lecteurs au profit du Journal de Montréal et du Montréal-Matin. Le tirage de La Presse passe de 285 000 en 1962 à 203 000 en 1966, puis à 165 000 en 1975.

Le tirage du journal atteint toutefois de nouveau des chiffres impressionnants dans les années 1980 (plus de 300 000 pour l'édition du samedi), chiffres qui sont près de se maintenir au début du XXIe siècle.

La Presse s'est rapidement imposée par la qualité de ses illustrations. Quelques grands illustrateurs et caricaturistes y ont d'ailleurs fait carrière : Albert-Samuel Brodeur, Georges Latour, Albéric Bourgeois, Pierre Dorion, Roland Berthiaume (Berthio), Jean-Pierre Girerd et Serge Chapleau. Les photographies de Conrad Poirier et d'Antoine Desilets ont aussi illustré les pages de La Presse.

L'influence des journalistes de La Presse s'étend au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias.

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La Presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1977, vol. III, p. 112-118.

FELTEAU, Cyrille, Histoire de La Presse, Montréal, La Presse, 1983-1984, 2 vol.

Éditeur :
  • Montréal :[La presse],1884-2017
Contenu spécifique :
Arts - Cinéma
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Nouveau monde (1884)
Lien :

Calendrier

Sélectionnez une date pour naviguer d'un numéro à l'autre.

Fichiers (7)

Références

La presse, 2017-03-25, Collections de BAnQ.

RIS ou Zotero

Enregistrer
[" ARTS CINÉMA COUPDEGUEULE MARILOUPWOLFE, LE COÛTDE LA CÉLÉBRITÉ PAGE 2 JESSICACHASTAIN PAROLE DE FEMME PAGE 12 LA MUSIQUE QUI FAIT MAL LA SANTÉ AUDITIVE DES MUSICIENS PHOTOS THINKSTOCK Sidse Babett Knudsen Acouphènes, hypersensibilité au bruit et perte d\u2019audition : si la musique adoucit les mœurs, elle peut aussi blesser ceux qui en ont fait leur métier.En raison de l\u2019art qu\u2019ils pratiquent, les musiciens sont fréquemment exposés à de hauts niveaux sonores, notamment au sein des orchestres.Sans protection, les blessures sont parfois permanentes.UNDOSSIER D\u2019HUGO PILON-LAROSE EN PAGES 6 À 8 LAFILLEDEBREST UNE ERIN BROCKOVICH FRANÇAISE.OU PRESQUE.PAGE 14 MONTRÉAL SAMEDI 25 MARS 2017 Offert en librairie ou sur editionslapresse.ca Aussi en format PDF et E-pub LA BIOGRAPHIE DE LA SAISON FRANCE CASTEL SE RACONTE COMME JAMAIS AUPARAVANT PHOTOS INÉDITES 133 ARTS Q R MARC CASSSIVI COUPDE GUEULE Mariloup Wolfe est la tête d\u2019affiche de Sur-Vie à partir du 6 avril à Séries+.Une minisé- rie inspirée d\u2019une idée qu\u2019elle a eue avec son ex-conjoint, Guillaume Lemay-Thivierge, avant leur séparation en 2015.Discussion sur la vie privée, la carrière publique, les dérives médiatiques et le coût de la célébrité.Il y a plusieurs mises en abyme dans Sur-Vie, qui peuvent rappeler ta propre vie.L\u2019idée de base était la tienne.Dans quelle mesure est-ce resté ton projet ?Le cheminement a été tumultueux.À la base, quand j\u2019étais en couple avec Guillaume, on avait un désir de créer un projet pour jouer ensemble.Mais l\u2019idée de départ ne ressemble pas du tout à la série.Même si la prémisse est semblable : un couple d\u2019acteurs tente sa chance à Hollywood, perd tout, est endetté, et accepte de faire une téléréalité.Le projet a été confié à Fabienne [Larouche] et il est devenu autre chose.Je me suis séparée entre-temps et j\u2019ai décidé de me retirer de la création et d\u2019accepter d\u2019embarquer dans le projet à titre d\u2019actrice.De lâcher prise en ce qui concerne ce que j\u2019avais envie de dire initialement, même si je chérissais ce projet-là depuis des années.J\u2019étais dans une année de lâcher-prise de toute façon ! Il est resté de mon idée initiale des questionnements sur la téléréalité, sur la gloire, sur la popularité, la célébrité.Jusqu\u2019où les gens sont-ils prêts à aller pour être connus ?Est-ce si le fun que ça ?[Rires] Ça fait aussi partie de ma vie.Tu es consciente que le public, forcément, risque de faire des parallèles entre la série et ta rupture médiatisée.Est-ce que c\u2019est plus difficile à jouer quand la réalité semble rejoindre la fiction?Non.Je m\u2019en fous un peu.Je ne trouve tellement pas que c\u2019est ma vie ! Pour les gens, ça peut avoir cet effet-là, ça peut être mélangeant, mais ça ne ressemble en rien à moi.Oui, je suis une actrice, et mon personnage est sur le bord de la séparation.Il y a des parallèles que les gens vont pouvoir faire : il y a des blagues sur l\u2019adultère, des dialogues qui ont des échos dans ma vie.Mais ça ne me dérange pas.Ce qui est dit dans le scénario est ce qui est dit de toute façon dans les médias.C\u2019est ce que les gens radotent dans leurs chaumières ; les rumeurs et tout ça, je l\u2019assume.Les réseaux sociaux, les potins, la vie publique, ça fait mal à un certain moment, mais on n\u2019a pas le choix de se construire une carapace pour passer au travers si on veut continuer dans ce milieu.Ma carapace est très épaisse maintenant, parce que je suis passée à travers plusieurs épreuves : que ce soit Gab Roy, les rumeurs sur mon couple, ma séparation ou même mon tournage mouvementé avec une grève [la première saison de Ruptures, qu\u2019elle a réalisée].J\u2019en ai vécu beaucoup dans les trois dernières années.Je me suis construit une force intérieure.J\u2019ai une carapace que je souhaiterais presque ne pas avoir, mais c\u2019est la seule façon que j\u2019ai de me protéger.Savoir quoi lire et quoi ne pas lire.Ce qui te fait mal et ce qui te fait du bien.Pour répondre à ta question : si ça peut amener des cotes d\u2019écoute à la série parce que ça intrigue les gens, ça ne me dérange pas.Je sais où j\u2019en suis dans ma vie.J\u2019ai lâché prise.Il est question dans la série de la gestion des réseaux sociaux.C\u2019est la mère de ton personnage, jouée par Carole Laure, qui s\u2019occupe de son compte Facebook.Comment gères-tu ça?J\u2019ai vécu un phénomène particulier avec les réseaux sociaux.Quand il y a eu toute l\u2019histoire de Gab Roy et les rumeurs de séparation avec Guillaume il y a trois ans, j\u2019avais 500 fans sur Facebook.En 24 h, je suis passée à 50 000 fans.Ayoye ! Quelle curiosité malsaine.Les gens voulaient savoir.Et je ne savais pas comment gérer ça.Tout le monde commentait l\u2019histoire de Gab Roy : c\u2019était le prétexte à des débats sur la liberté d\u2019expression, sur les droits de la femme, etc.J\u2019étais toujours associée à ça par les réseaux sociaux, que je le veuille ou non.Alors j\u2019ai engagé quelqu\u2019un pour gérer les réseaux sociaux.Pendant huit mois, cette personne-là a fait le ménage.Elle a bloqué des mots, pour s\u2019assurer que certaines choses n\u2019apparaissent plus.Je ne lisais plus rien parce que c\u2019était trop blessant.Quand la crise est passée, j\u2019ai repris possession de mon compte.Aujourd\u2019hui, il y a plus de 230 000 personnes qui suivent ma page Facebook.Je suis sur Instagram depuis un an, et c\u2019est ce qui m\u2019amuse le plus.J\u2019ai plus de 100 000 abonnés.Je « poste » très peu de photos de mes enfants, et quand il y en a, c\u2019est de dos ou de profil.Je mets peu de choses personnelles, mais quand j\u2019en mets, c\u2019est fou combien il y a plus d\u2019intérêt.Si tu mets des photos de ta cuisine, ça fait jaser ! Il y a deux ans, j\u2019ai failli quitter les réseaux sociaux, parce que je ne trouvais pas ça toujours sain.Mais c\u2019est rendu quasiment une obligation dans notre travail.C\u2019est même parfois monnayable pour certains contrats d\u2019avoir autant d\u2019abonnés.C\u2019est dur de faire de la promo de nos jours, alors si tu peux rejoindre 230 000 personnes en un clic, c\u2019est avantageux.Tu parles de Gab Roy.Le Journal deMontréal a décidé de rencontrer un troll misogyne qui me fait penser à lui.Celui qui a menacé des féministes en disant qu\u2019elles mériteraient aujourd\u2019hui d\u2019être sur la liste deMarc Lépine.J\u2019étais sur cette liste-là ! À cause du livre de Léa [Clermont-Dion].Ce «roi des trolls» autoproclamé a seulement 175 abonnés sur Twitter.Je trouve que le mieux, c\u2019est de l\u2019ignorer.Trouves-tu qu\u2019il faut confronter ces gens-là dans les médias?Je suis d\u2019accord avec toi.Pourquoi leur donner de l\u2019importance ?Si on ne les nourrit pas, ils vont disparaître.Je l\u2019ai vécu récemment avec un gars qui commentait méchamment tout ce qui me concernait sur les réseaux sociaux.Ça a duré des mois.J\u2019ai fini par me tanner et je lui ai écrit en privé.Il ne croyait pas que c\u2019était vraiment moi au début.Je lui ai demandé ce que je pouvais faire pour calmer la haine qu\u2019il entretenait à mon égard.Il s\u2019est excusé en me disant qu\u2019il ne pensait pas que j\u2019en serais blessée.Et il m\u2019a avoué qu\u2019il voulait juste mettre de l\u2019huile sur le feu et « faire jaser les matantes ».Comment vis-tu avec l\u2019attention constante qu\u2019on te porte dans les magazines à potins et les sites de nouvelles de vedettes?Il y en a de plus en plus.Dans la dernière année, j\u2019étais pas mal tannée.Je fais souvent le front des magazines sans le vouloir.J\u2019arrive au dépanneur et je vois une couverture de magazine avec ma photo et une citation qui sort de je ne sais où.Ou je mets une photo sur Instagram du petit chat que je viens d\u2019adopter et HollywoodPQ, enVedette.ca, Le sac de chips, whatever en fait une nouvelle avec un titre accrocheur : « Elle a un nouvel amour dans sa vie ! » Les gens cliquent et c\u2019est mon chat.Ceux qui ne cliquent pas commentent quand même : « Ah ben y était temps ! » J\u2019ai publié l\u2019an dernier une photo sur les réseaux sociaux avec mon ami Benoit McGinnis sur le tournage de 30 vies et des sites ont repris ça avec un titre accrocheur qui laissait entendre que c\u2019était mon nouveau chum.Et les gens commentent.Quand, au début de Sur-Vie, on demande en voix hors champ: «Sais-tu ce que ça coûte d\u2019être célèbre?», la réponse, c\u2019est que ça coûte plus cher aujourd\u2019hui qu\u2019il y a 10 ou 15 ans?Mets-en ! Vraiment.Tout ce que tu fais est sur les réseaux sociaux où tout le monde a une opinion sur tout.Tout le monde se cache derrière son écran de cellulaire ou d\u2019ordinateur.Les opinions sont gratuites et personne ne les assume vraiment.Les choses sont déformées, et répandues à une vitesse folle.C\u2019est épeurant.Mais il faut faire avec.Parce qu\u2019il faut nourrir ses réseaux.Est-ce qu\u2019il y a des avantages qui viennent avec ce coût plus élevé de la célébrité?C\u2019est une excellente question que je me pose cette année.Sur le plan professionnel, il y a des avantages.Mais sur le plan humain, je pense qu\u2019il y a surtout des inconvénients.MARILOUP WOLFE Le coût de la célébrité PHOTOOLIVIER PONTBRIAND, LA PRESSE «Les réseaux sociaux, les potins, la vie publique, ça fait mal à un certain moment, mais on n\u2019a pas le choix de se construire une carapace pour passer au travers si on veut continuer dans ce milieu», dit Mariloup Wolfe.l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 2 5 M A R S 2 0 1 7 2 A R T S L\u2019Orchestre du CNA souligne le 150e anniversaire de la Confédération avec une tournée pancanadienne \u2013 sa première avec le populaire directeur musical Alexander Shelley.Suivez la tournée : tourneeocna.ca | @NACOrchCNA Peng Lin et Yu Gu PARTENAIRES PARTICIPANTS LE VOYAGE COMMENCE AU CANADA ATLANTIQUE : St.John\u2019s, T.-N.-L.\u2013 27 avril Charlottetown, Î.-P.-É.\u2013 1er mai Eskasoni, N.-É.\u2013 3 mai Saint John, N.-B.\u2013 4 mai Halifax, N.-É.\u2013 6 mai Alice et Grant Burton SOUSCRIPTEURS PRÉSENTATEURS Gail et David O\u2019Brien MARRAINE ET PARRAIN DE LA TOURNÉE Dasha Shenkman, OBE, Hon RCM PARTENAIRE EN ÉDUCATION Le Canada en scène.Dix provinces, trois territoires, une expérience inoubliable.ALEXANDER SHELLEY DIRECTEUR MUSICAL ARTS NATHALIE PETROWSKI CHRONIQUE D ans la vraie vie, mes proches et mon bien- aimé vous le diront, je suis l\u2019incarnation même de la fidélité.Plus fidèle que moi, tu rentres au couvent.En fiction, par contre, surtout en fiction télé, je me venge, je m\u2019éclate, je me libère.Je suis une infidèle, une échangiste, l\u2019équivalent télé d\u2019une pansexuelle, la pan- sexualité étant l\u2019attirance pour les personnes de tout sexe et de tout genre.En fiction télé, je suis attirée par tous les genres, mais jamais pour très longtemps.Je peux subitement m\u2019enflammer pour une série et me gaver de ses 12 épisodes en quelques jours.Je peux aussi me lasser en cours de route et passer à un autre appel, une autre chaîne, une autre série, sans raison autre que parce que ça me chante ou \u2013 comme le répliquait Bill Clinton au type qui lui demandait pourquoi il s\u2019était envoyé en l\u2019air avec Monica Lewinsky \u2013 because I can, parce que je le peux.N\u2019étant pas, comme mon camarade Hugo Dumas, la chroniqueuse télé attitrée, j\u2019ai tous les droits et toutes les libertés.Or, jusqu\u2019à maintenant, la télé québécoise m\u2019a donné de nombreuses raisons de la tromper avec sa contrepartie américaine.Pas parce que notre télé est mauvaise, mais parce que souvent elle ne fait pas le poids, n\u2019ayant pas le dixième des moyens que déploient les Américains, ceux de Netflix comme ceux de HBO ou d\u2019Amazon.Quel producteur chez nous peut se permettre d\u2019investir 1 million par épisode dans une série qui ne dure pas six heures, comme celle sur Jean Béliveau, mais dix heures multipliées par quatre ou cinq saisons, comme ce sera le cas pour The Crown, la série sur la reine Élisabeth?Quel producteur québécois a ces moyens- là?Aucun, évidemment.Jusqu\u2019à tout récemment, je ne jurais que par Netflix, où je peux assouvir l\u2019appétit de mon esprit baladeur et pan- télévisuel.Mais je constate depuis quelque temps que Netflix ne se renouvelle pas assez vite à mon goût.Et si, du côté du documentaire, il y a toujours des découvertes intéressantes à faire, du côté du cinéma de fiction, déformation professionnelle oblige, j\u2019ai malheureusement vu les trois quarts sinon plus des films proposés.C\u2019est en partie cette insatisfaction qui m\u2019a ramenée au Québec.Je refuse toujours de payer 6,99 $ pour Tou.tv Extra, pla- teforme web mise au point par le réseau public.Je considère que je paie déjà avec mes impôts, d\u2019abord pour la télé publique, puis de nouveau pour toutes les séries qui y sont diffusées et qui sont financées à 100% par l\u2019État.Et il faudrait en plus que je paie pour la primeur de séries pour lesquelles j\u2019ai déjà donné ?Non, merci.Je préfère de loin Tou.tv, la plateforme de rattrapage du réseau public, qui, elle, est gratuite, mais qui a le défaut d\u2019exiger une quincaillerie électronique de la quatrième génération pour être en mesure de regarder les émissions en rattrapage directement sur l\u2019écran de télé et non d\u2019ordinateur.La quatrième génération, c\u2019est un peu trop avancé pour moi.D\u2019a i l leurs , même si j\u2019avais une Apple TV de cette génération-là, je ne saurais quoi en faire ni où la brancher.Mais passons.L\u2019 impor t a nt , c \u2019e s t que Tou.tv (version iPad) m\u2019a permis de découvrir L\u2019âge adulte, websérie délicieusement déjantée qui, à mon avis, augure non seulement un bel avenir, mais qui, par sa qualité, insuffle un esprit nouveau et une crédibilité aux productions web.Écrit par le jeune et très polyvalent Guillaume Lambert, réalisé par François Jaros, L\u2019âge adulte ne fait que huit épisodes de huit minutes chacun, mais c\u2019est tellement drôle, bien écrit et bien réalisé qu\u2019on ne reste jamais sur sa faim.Au cœur du récit, la confusion sexuelle de trois jeunes adultes d\u2019une même famille menée par un père veuf et ouvert (Richard Fréchette).Bien que les t rois a ient quitté la maison paternelle, au f i l des ruptu res , des changements d\u2019allégeance sexuelle et des grossesses bancales, ils finissent tous par y revenir.Guillaume Lambert dans le rôle de Tom, le jumeau gai fluctuant,yesthilarant, toutcomme Geneviève Boivin-Roussy dans le rôle de Virginie, sa meilleure amie.Marc Beaupré, l\u2019ex-Marc Arcand, y incarne un étonnant gai à lunettes porté sur le sexe.C\u2019est frais, cru, drôle, ça ne se prend pas la tête.Et puis, en regardant L\u2019âge adulte, impossible de ne pas se réjouir de voir poindre le ton et l\u2019esprit d\u2019une nouvelle génération.Dans un tout autre registre, je suis allée voir ce que le Club Illico de Vidéotron avait à m\u2019offrir.Je n\u2019ai pas été déçue.La série policière Victor Lessard y est offerte gratuitement aux abonnés dans une adaptation du roman de Martin Michaud.Je n\u2019aime pas particulièrement l\u2019univers gore et sanguinolent de Michaud qui a tendance à torturer un peu trop de gens à mon goût.Mais je me suis laissé prendre par cette série de 10 épisodes, notamment à cause de Julie Le Breton, qui incarne Jacinthe Taillon, la coéquipière de l\u2019enquêteur Lessard (Patrice Robitaille).J\u2019ai rarement vu une actrice québécoise, à plus forte raison une beauté comme Le Breton, se métamorphoser à ce point-là.Jacinthe Taillon, cette lesbienne bourrue, qui marche comme un camionneur, sacre comme un charretier et qui bouffe tout ce qui lui tombe sous la main, est un personnage plus grand que nature et extraordinairement attachant.C\u2019est une matricule 728 réussie qui, sous ses airs de dure à cuire, a le cœur gros comme une cathédrale.Elle est ma nouvelle héroïne.Du moins jusqu\u2019à la conclusion de cette série de 10 épisodes.Après cela, la pantélévisuelle que je suis ne jure de rien.Pansexuelle?Non, pantélévisuelle PHOTO EDOUARD PLANTE-FRÉCHETTE, LA PRESSE Je me suis laissé prendre par la série policière Victor Lessard, notamment à cause de Julie Le Breton.J\u2019ai rarement vu une actrice québécoise, à plus forte raison une beauté comme Le Breton, se métamorphoser à ce point-là, écrit notre chroniqueuse.Jusqu\u2019à maintenant, la télé québécoise m\u2019a donné de nombreuses raisons de la tromper avec sa contrepartie américaine.Pas parce que notre télé est mauvaise, mais parce que, souvent, elle ne fait pas le poids.l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 2 5 M A R S 2 0 1 7 4 A R T S 4e supplémentaire : jeu 13 avril 20h En collaboration avec Une présentation avec benoît mCginnis macha limonchik éric bruneau benoît drouin-germain étienne pilon chantal baril louise cardinal normand carrière jean-pierre chartrand sébastien dodge milène leclerc jean-philippe lehoux denis roy rebecca vachon tnm.qc.ca du grand théâtre ! \u2014Valérie-Micaela Bain, RDI benoît mcginnis.plus grand que nature ! à ne pas manquer, sans réserve aucune\u2026 \u2014Francine Grimaldi, Samedi et rien d\u2019autre, ICI Radio-Canada Première (\u2026) une lecture percutante de la pièce de camus.(\u2026) une production où l\u2019intelligence est au service du théâtre.\u2014Luc Boulanger, La Presse rené richard cyr se renouvelle encore\u2026 \u2026 un travail colossal\u2026 précipitez-vous ! \u2014Rafaële Germain, Culture club, ICI Radio-Canada Première ARTS THÉÂTRE LUC BOULANGER Dès ce soir, la scène du Rideau Vert se transforme en hôpital psychiatrique pour accueillir la galerie de bénéficiaires et d\u2019employés de Vol au-dessus d\u2019un nid de coucou.Une pièce qui s\u2019annonce comme l\u2019un des événements du printemps au théâtre, avec Mathieu Quesnel dans le rôle de Randle McMurphy et Julie Le Breton dans celui de garde Ratched, le couple le plus antagonique du répertoire.On a tous vu \u2013 ou du moins on en a entendu parler \u2013 le film de Milos Forman, avec Jack Nicholson et Louise Fletcher, qui a raflé les cinq principaux Oscars en 1976.Or, le roman éponyme de Ken Kesey est paru bien avant, en 1962.L\u2019année suivante, l\u2019acteur Kirk Douglas a acheté les droits du livre pour jouer McMurphy sur une scène de Broadway.À la création, la critique new-yorkaise a descendu la production.Toutefois, la pièce a été reprise en 1971, et a donné plus de 2000 représentations, un succès qui ouvert la voie vers Hollywood.C\u2019est Michel Monty qui a proposé Vol au-dessus d\u2019un nid de coucou au Rideau Vert.Il a fait une nouvelle traduction et une adaptation de la pièce de Dale Wasserman.Le titre fait bien sûr référence au terme anglais «cuckoo», qui est à la fois un oiseau et une personne avec des problèmes mentaux.Lutte contre le pouvoir Dans son mot au pro - gramme, le metteur en scène compare l\u2019œuvre à Antigone de Sophocle.«McMurphy a le même ADN qu\u2019Antigone, tandis que garde Ratched partage celui de Créon, écrit Monty.Comme Antigone, McMurphy est prêt à aller jusqu\u2019au bout pour défendre la liberté et combattre l\u2019injustice.Il est impétueux, intègre et direct.De son côté, garde Ratched veille sur la salle de séjour de l\u2019aile psychiatrique comme Créon sur les portes de son palais.Elle est la gardienne de l\u2019ordre social.Son costume immaculé d\u2019infirmière fait office d\u2019armure et la rend inattaquable.» Mathieu Quesnel, qui a travaillé souvent avec Michel Monty, pa r tage son avis .« Mon personnage est un \u201cbum\u201d qui joue la folie pour éviter la prison.Une fois interné, il amène la liberté, mais aussi le chaos dans l\u2019hôpital.C\u2019est une lutte sans merci entre deux individus aux antipodes : l\u2019un incarne le système très rigide et l\u2019autre, la révolte et la marginalité.«Le récit de Ken Kesey se passe au début des années 60.Il reflète aussi le climat de l\u2019époque, la contre-culture, la contestation sociale, la vague psychédélique et les valeurs des baby-boomers.» À chacun sa vérité : de son côté, l\u2019infirmière en chef croit aider les patients avec les thérapies et les règlements de l\u2019hôpital.«Je ne joue pas seulement la cruauté de Ratched, explique Julie Le Breton.Ce serait trop plate.Il faut comprendre pourquoi elle est devenue si autoritaire.» Selon la comédienne, l\u2019infirmière s\u2019est créé un système hyper rigide et refuse de se poser des questions pour ne pas s\u2019écrouler.«Au fond, je crois que cette femme est très anxieuse, dit la comédienne.Elle a besoin de cette grosse c a rapace pou r su r v iv re .L\u2019arrivée de McMurphy va creuser un gouffre en elle, au- delà la lutte de pouvoir entre les deux, ce patient vient la chercher dans sa faille.» Différent du film Les deux comédiens ont, bien sûr, vu le film.Plusieurs fois.«Mais dès le moment où la troupe a commencé les répétitions, explique Quesnel, nous entrons dans un processus de création dans lequel on oublie le film.Et la pièce, ce n\u2019est pas le film.C\u2019est un huis clos.On ne va pas à la pêche en bateau.» Michel Monty a aussi fait appel à des interprètes de la diversité.Jacques Newashish, un artiste de performance qui vit en Haute-Mauricie, interprète le chef autochtone.Il y a aussi deux acteurs vivant avec un handicap issus du collectif théâtral Les Muses.Et des acteurs connus comme Stéphane Demers , Sylvio A rchambau l t e t Renaud Lacelle-Bourdon qui joue Billy, le personnage homosexuel, encore une maladie psychiatrique en 1965.Depuis, la psychiatrie a changé, les traitements aussi, mais le sous-thème de la pièce demeure : le système formaté, la peur des marginaux, la lutte de pouvoir.«Le droit à la liberté, pour McMurphy, c\u2019est une question de justice, dit Mathieu Quesnel.Quand il voit le chef attaché à son siège, il demande pourquoi on l\u2019attache.Or, on ne peut pas lui répondre, car personne n\u2019a pensé à poser la question.» Pour Mathieu Quesnel, il n\u2019y a aucun doute que la pièce est toujours actuelle.«Dans l\u2019humanité, il y a des cycles, des révolutions, puis des retours en arrière.On change les règles pour mieux en imposer de nouvelles.» Pas fou, le comédien.Au Rideau Vert jusqu\u2019au 23 avril MATHIEU QUESNEL ET JULIE LE BRETON / Vol au-dessus d\u2019un nid de coucou Éloge de la folie Lisez notre critique de la pièce dans La Presse+ PHOTO ANDRÉ PICHETTE, LA PRESSE Mathieu Quesnel et Julie Le Breton incarnent Randle McMurphy et garde Ratched dans la pièce Vol au-dessus d\u2019un nid de coucou, au Rideau Vert.«Dans l\u2019humanité, il y a des cycles, des révolutions, puis des retours en arrière.On change les règles pour mieux en imposer de nouvelles.» \u2014Mathieu Quesnel l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 2 5 M A R S 2 0 1 7 A R T S 5 Une exposition organisée par le Musée des beaux-arts de Montréal en collaboration avec le Los Angeles County Museum of Art, et initiée par la Cité de la musique \u2013 Philharmonie de Paris, et La Piscine \u2013 Musée d\u2019art et d\u2019industrie André Diligent, Roubaix, avec le soutien de la Succession Chagall.| Marc Chagall, Maquette définitive de la peinture murale du Metropolitan Opera, Lincoln Center for the Performing Arts, New York : Le Triomphe de la musique (détail), 1966.Collection particulière.© SODRAC & ADAGP 2017, Chagall®.© Archives Marc et Ida Chagall, Paris.| Le MBAM remercie le ministère de la Culture et des Communications du Québec ainsi que le Conseil des arts de Montréal pour leur soutien constant.CHAGALL COULEUR ET MUSIQUE Une présentation de Grand mécène Grand bienfaiteur Performance musicale du groupe Ichka Klezmer dans l\u2019exposition chaque dimanche de midi à 14 h Présentée grâce au soutien de la FondationAzrieli.LES AMBASSADEURS DE CHAGALL À MONTRÉAL DÉJÀ PLUS DE 100 000 VISITEURS ! ARTS HUGO PILON-LAROSE T out comme certains travailleurs d\u2019usine, les musiciens sont fréquemment exposés à de hauts niveaux sonores, ce qui peut causer des problèmes auditifs.Or, même lorsqu\u2019ils sont réunis entre eux dans les orchestres, rares sont ceux qui osent en parler.Lise Beauchamp est hautbois solo à l\u2019Orchestre métropolitain.Musicienne professionnelle depuis 1982, elle remarque qu\u2019elle a perdu de l\u2019acuité auditive, mais n\u2019a pas toujours pas consulté un audiologiste pour en avoir le cœur net.« Je ne me suis pas fait tester, j\u2019ai peur des résultats ! Quand je fais un solo dans l\u2019aigu en même temps que les violons, je commence à les trouver un peu loin.Pourtant, ils n\u2019ont pas changé de place [sur la scène] et moi non plus», dit-elle en rigolant.Si elle prend la situation avec un brin d\u2019humour, Mme Beauchamp sait que le tabou entourant la santé auditive des musiciens est loin d\u2019être réglé.« Quelqu\u2019un qui avoue qu\u2019il a un problème auditif, il se met un peu en danger.[.] Si tu dis « j\u2019ai des acouphènes», dans notre monde compétitif où les jeunes poussent et ont du talent, tu te mets en position de vulnérabilité», remarque celle qui enseigne également au Conservatoire de musique du Québec à Montréal afin de vivre de son art.Pourtant, les musiciens seraient nombreux à faire face à des problèmes de santé auditive.Dans une étude réalisée en 2009 auprès de musiciens d\u2019orchestre publiée dans l\u2019International Journal of Psychophysiology, 40% de leur échantillon souffrait de problèmes auditifs, alors que 19% d\u2019entre eux rapportaient avoir des acouphènes.Malgré tout, et même si les musiciens sont conscients des dangers reliés à la surexposition au bruit, porter des bouchons spécialisés reste un choix difficile à prendre pour certains.«Mon attitude à moi, c\u2019est de me dire «bon, il est déjà un peu tard et il ne me reste pas tant d\u2019années de carrière devant moi».[.] Mais si je suis réticente à mettre ces bouchons, je suis la première à dire à mes élèves «ne faites pas comme grand-maman !» À l\u2019époque, nos profs ne nous le disaient pas», raconte Mme Beauchamp.Se protéger avant qu\u2019il ne soit trop tard Carolyn Christie, une flûtiste retraitée de l\u2019Orchestre symphonique de Montréal, souffre d\u2019un acouphène et d\u2019une importante perte d\u2019audition dans une oreille.Se disant très nerveuse à l\u2019idée de nous raconter son histoire, elle incarne parfaitement le tabou qui entoure toujours les problèmes auditifs chez les musiciens.Après plusieurs jours de réflexion, elle a finalement choisi de témoigner de sa situation en nous envoyant une courte lettre.Elle espère que ce reportage permettra aux musiciens de saisir l\u2019importance de protéger leurs oreilles.«Quand j\u2019ai commencé ma carrière professionnelle il y a 40 ans, personne ne nous parlait qu\u2019il était possible que nous développions des blessures auditives.[.] [Aujourd\u2019hui], je conseille à mes élèves de porter des bouchons de musicien quand le niveau du son devient inacceptable sur scène, même pendant leurs performances, et je leur conseille de travailler avec leurs collègues pour organiser le positionnement des instruments sur la scène de façon à ce que ça convienne au plus grand nombre de musiciens possible», nous a écrit la musicienne de carrière.«Finalement, je leur suggère aussi de passer des tests auditifs chaque année afin de prendre des choix éclairés si des problèmes sont détectés», a conclu Mme Christie, également professeur de flûte à l\u2019École de musique Schulich de l\u2019Université McGill.Nouvelle génération, nouvelles pratiques ?Or, si les musiciens avec plus d\u2019expérience sont issus d\u2019une époque où la santé auditive était peu discutée, la situation semble avoir changé sur les bancs d\u2019école et même auprès des jeunes musiciens d\u2019orchestre.Pierre Savoie, qui joue du cor à l\u2019Orchestre Métropolitain depuis 1985, remarque que ses plus jeunes collègues prêtent une attention particulière à leurs oreilles, ce qui n\u2019était pas le cas pour les musiciens de sa génération.«De plus en plus de jeunes portent des bouchons.Ils sont plus conscients des dangers pour leur santé auditive [que nous l\u2019étions].Hier soir, quand nous avons joué [en concert à l\u2019opéra], certains moments étaient très forts.Les bois, assis devant nous, sortaient alors leurs bouchons et les enlevaient quand c\u2019était fini», raconte le musicien qui enseigne aussi à l\u2019École de musique Vincent-d\u2019Indy et à l\u2019Université de Sherbrooke.S\u2019il avoue avoir plus de difficulté qu\u2019autrefois à bien entendre le chef d\u2019orchestre quand d\u2019autres s\u2019échauffent autour de lui, Pierre Savoie reste tout de même réticent à mettre à son tour des bouchons de musicien.«J\u2019ai l\u2019impression que je vais devoir m\u2019en faire faire, mais j\u2019ai peur que ça coupe beaucoup d\u2019harmoniques.C\u2019est pour ça que j\u2019hésite», explique-t-il.Or, si ses doutes sont certainement partagés par certains de ses collègues, les plus jeunes ont beaucoup moins de réticence à adopter les fameux bouchons, remarque également Lise Beauchamp, hautbois solo dans le même orchestre.«À mon époque, on ne parlait pas de la santé des musiciens.Ni de la santé auditive, ni de la santé mentale, ni du stress ou de l\u2019anxiété de la performance.Les plus jeunes sont beaucoup plus sensibilisés.Eux, ils s\u2019en mettent des bouchons ! [.] Ils sont moins prompts à être Jésus sur la croix», dit- elle avec optimisme.LA SANTÉ AUDITIVE DES MUSICIENS DES PROBLÈMES QUE L\u2019ON TAIT DESTESTSAUDITIFS DÈSLESBANCS D\u2019ÉCOLE Depuis 2008, la faculté de musique de l\u2019Université de Montréal a mis en place un partenariat avec l\u2019École d\u2019orthophonie et d\u2019audiologie afin que ses étudiants aient accès à une évaluation confidentielle et non obligatoire de leur santé auditive au début de leur formation musicale universitaire.Selon Caroline Traube, vice-doyenne aux études en composition et création sonore, ainsi que professeure agrégée en acoustique et en psychoacoustique, les résultats seraient concluants.«Tout le monde en profite.Les étudiants en audiologie se retrouvent dans une situation quasi professionnelle avec des patients, si on peut dire, alors que les étudiants en musique sont sensibilisés à la question de la protection auditive.Les oreilles sont essentielles à leur travail», explique-t-elle.Après l\u2019évaluation, si l\u2019audiologiste en formation juge que son «patient» présente des problèmes auditifs, il l\u2019oriente vers un professionnel.l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 2 5 M A R S 2 0 1 7 6 A R T S ARTS HUGO PILON-LAROSE Quand Ariane Moffatt a terminé la tournée de son album 22h22, le son de ses spectacles, lui, n\u2019a pas arrêté.Aux prises avec un acouphène, elle est allée chercher de l\u2019aide auprès d\u2019un « C\u2019est un mal contre lequel tu ne peux rien faire.[.] Ça m\u2019a fait \" freaker \".C\u2019est quelque chose à quoi il faut s\u2019adapter », explique l\u2019auteure-compositrice-interprète.Aujourd\u2019hui, soupire-t-elle avec soulagement, la situation s\u2019est grandement améliorée, au point où elle n\u2019entend presque plus l\u2019acouphène, s\u2019il ne s\u2019est pas carrément estompé.Selon elle, cet épisode était probablement relié au stress et à la fatigue accumulée.«L\u2019acouphène, c\u2019est quelque chose qui apparaît dans le silence.La nuit, ça peut te réveiller.C\u2019est là que c\u2019est envahissant.Il faut faire un travail d\u2019adaptation pour accepter que ce bruit étranger fasse maintenant partie de ta définition du silence.Que le silence ne sera plus jamais le même», raconte Ariane Moffatt.De l\u2019acouphène à l\u2019anxiété Les acouphènes et les problèmes auditifs sont fréquents chez ceux qui travaillent dans les studios d\u2019enregistrement et de mixage.Or, comme chez les musiciens, ces travailleurs craignent d\u2019en parler, de peur que ça affecte leur carrière.Benoît (nom fictif) est concepteur sonore dans un studio de bruitage et de son à Montréal.Jusqu\u2019à tout récemment, il passait près de 30 heures par semaine avec des écouteurs ou devant des moniteurs afin de créer des effets sonores pour des jeux vidéo.L\u2019hiver dernier, il a développé un acouphène qui l\u2019a mis quelques mois sur le carreau.Puisqu\u2019il craint que son histoire nuise à sa carrière, advenant qu\u2019il change d\u2019employeur, nous avons accepté de taire son « Quand ça a commencé, l\u2019hiver dernier, l\u2019acouphène était super fort.[.] C\u2019est un son aigu et perçant.Des fois, on l\u2019entend dans les films après une explosion.C\u2019est un tintement », explique-t-il.« Je ne savais plus quoi faire, c\u2019était paniquant.Je n\u2019avais plus de moment de repos ou de paix.J\u2019ai dû prendre des médicaments pour m\u2019aider à dormir, j\u2019étais rendu vert.Je n\u2019avais plus de pause.J\u2019étais assis, j\u2019écoutais la télé, j\u2019entendais \"bip \".J\u2019allais me coucher, j\u2019entendais \"bip \".Je déjeunais, j\u2019entendais \"bip \".Ça me rendait fou », témoigne celui qui a été trois mois en congé de maladie.Avec le soutien de l\u2019équipe médicale de l\u2019Institut Raymond-Dewar, à Montréal, Benoît a finalement réintégré son travail progressivement, en expliquant à ses patrons ce qu\u2019il vivait.Il travaille aujourd\u2019hui de nouveau à temps plein, mais il a baissé le son de ses moniteurs et ne porte plus d\u2019écouteurs.Changer de carrière Yannick Lapointe, doctorant en musicologie à l\u2019Université Laval, à Québec, a lui aussi un acouphène depuis quelques années.Ancien ingénieur de son pour des salles de spectacle, il considère maintenant changer complètement de domaine et commencer de nouvelles études, cette fois-ci en biologie.«Maintenant, quand je me concentre sur du son, mes acouphènes deviennent assourdissants.[.] Au début, ma première réaction a été la panique.Quand tu es musicien [et lorsque tu travailles avec la musique], tes oreilles sont tes premiers outils de travail », explique-t-il.Maintenant, lorsqu\u2019il travaille, Yannick Lapointe doit s\u2019arrêter après trois heures.«Sinon, j\u2019en ai pour plusieurs jours à avoir mal», dit-il.Chargé de cours à l\u2019université, il exhorte désormais ses étudiants à protéger leurs oreilles avant de commencer dans le milieu.«Ce sont de futurs ingénieurs de son.Ils auront un rôle de premier plan, pas juste pour eux, mais aussi pour le public, afin de protéger leur santé auditive.Quand on est sonorisateur d\u2019un show, c\u2019est nous qui avons le pouvoir de baisser un peu le son», affirme le futur biologiste.ARIANEMOFFATT ET LATOURNÉEQUI NE FINIT PAS QUEFAIREPOURMAINTENIR UNEBONNESANTÉAUDITIVE Nous avons demandé à Julie Baril, audiologiste à l\u2019Institut universitaire en santé mentale de Montréal, spécialisée dans l\u2019accès aux soins pour les musiciens, de faire une liste de comportements à adopter pour maintenir une bonne santé auditive quand on travaille dans l\u2019industrie de la musique.!Nepas fumer Raison : Le monoxyde de carbone contenu dans la cigarette prend la place de l\u2019hémoglobine dans le sang.Les cellules ciliées dans l\u2019oreille interne ont besoin de l\u2019hémoglobine pour se réparer et revenir à la normale après une fatigue auditive.En fumant, on nuit au processus de régénération.@ Consulter un audiologiste en début de carrière Raison: L\u2019audiologiste établit un lien de confiance avec son patient et lui explique les suivis à faire.Pour une personne qui s\u2019expose à des risques, une rencontre tous les quatre ans est souhaitable.Avec une référence d\u2019un médecin de famille, les tests en audiologie sont gratuits, mais il y a environ deux ans d\u2019attente.Au privé, il faut débourser en moyenne entre 55$ et 100$.# Être attentif aux symptômes de fatigue auditive Raison: Quand on arrive à la maison le soir et qu\u2019on a mal à la tête, ou si on se sent davantage irritable qu\u2019à l\u2019habitude, il se peut que cela soit causé par une surexposition à la musique et au bruit.$ Gérer son temps d\u2019exposition au bruit Raison : Les musiciens peuvent regarder le positionnement qu\u2019ils ont en orchestre, afin que celui-ci soit optimal, et s\u2019assurer de prendre des pauses ou de réduire l\u2019exposition au bruit en portant des bouchons spécialisés.% Bien choisir son lieu de répétition Raison: Les musiciens qui ont étudié à l\u2019université ont connu les placards à pratique.Idéalement, il faut choisir un lieu plus grand et adapté à la musique, notamment sur le plan de l\u2019acoustique.?Acheter de bons écouteurs Raison: Les musiciens doivent avoir de bons écouteurs pour éviter de monter le volume.Le conseil est aussi pertinent pour ceux qui travaillent en sonorisation.audiologiste.identité.Yannick Lapointe PHOTO CAROLINE GREGOIRE, LE SOLEIL Julie Baril, audiologiste et étudiante au doctorat en santé publique PHOTO ALAIN ROBERGE, ARCHIVES LA PRESSE lllll l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 2 5 M A R S 2 0 1 7 A R T S 7 ARTS HUGO PILON-LAROSE Quand il parle de problèmes auditifs, Mathieu Baribeau s\u2019y connaît.Audioprothésiste dans une clinique deMontréal, il souffre lui-même d\u2019acouphènes depuis qu\u2019il a 25 ans.Or , ce spéc ia l i s te des appareils auditifs comprend aussi parfaitement la réalité des musiciens.Il a lui- même étudié en composition classique et en composition jazz au prestigieux Berklee College of Music, à Boston.«Aujourd\u2019hui, j\u2019ai même un piano dans mon bureau», dit avec fierté celui qui entend en tout temps un si bémol aigu, la note de son acouphène.«Le problème, c\u2019est l\u2019exposition à long terme à [des hauts niveaux sonores].C\u2019est la même chose pour quelqu\u2019un qui travaille dans une usine.[.] Généralement, quand on a une perte d\u2019audition reliée à une surexposition à des bruits forts, on va perdre les hautes fréquences en premier.Les gens vont alors nous rapporter qu\u2019ils ont l\u2019impression que les autres marmonnent », explique M.Baribeau.Pour éviter des blessures causées par la musique, certains se procurent des bouchons spécialisés.Contrairement aux bouchons en cire que l\u2019on achète pour un faible coût à la pharmacie, ils diminuent les fréquences de façon égale, plutôt que de bloquer tous les sons.«Mais les musiciens n\u2019ont pas toujours l\u2019argent [pour se payer] ces bouchons qui coûtent environ 250$ la paire.Souvent, ils vont préférer s\u2019acheter une pédale ou un autre accessoire pour continuer à créer plutôt que d\u2019investir dans cet [outil de protection]», explique l\u2019audioprothésiste.Que font les orchestres ?Qu\u2019i ls jouent pour des orchestres de chambre ou pour des orchestres à grand rayonnement, comme l\u2019Orchestre Métropolitain (OM) et l\u2019Orchestre symphonique de Montréal (OSM), les conditions de travail des musiciens québécois diffèrent grandement.Depuis quelques années, l\u2019OSM achète une paire de bouchons spécialisés à tous ses musiciens, nous a confirmé Marie-Josée Desrochers, chef de l\u2019exploitation à la direction générale.Il revient ensuite aux musiciens de décider si et quand ils les portent.À l\u2019OM, ceux qui désirent se procurer ces bouchons doivent les acheter eux-mêmes, nous ont expliqué des musiciens en entrevue.«On gagne environ 20 000$ par année, car on [ne travaille] pas à temps plein.Là-dessus, on a aussi beaucoup de dépenses de travail, [à commencer par] nos instruments, nos robes de concert, et les soins de santé comme les psychologues, les audioprothésistes et les mas- sothérapeutes.Sur 20 000$, au moins 5000 $ partent en frais», illustre la hautbois solo Lise Beauchamp, ajoutant toutefois que le plaisir d\u2019aller en concert, «ça rachète tout».Pour les musiciens qui choisissent d\u2019investir pour protéger leurs oreilles, la dépense peut être salutaire.S\u2019ils ne le font pas et subissent des pertes d\u2019audition, l\u2019achat d\u2019un bon appareil peut coûter entre 5000 et 8000$, affirme Mathieu Baribeau.De plus, il faut normalement le changer tous les sept ans environ.Selon les informations que nous a fournies la Commission des normes, de la santé, de l\u2019équité, de la santé et de a sécurité du travail (CNESST, autrefois connu sous le sigle CSST), 20 musiciens professionnels ont été indemnisés au cours des cinq dernières années pour des blessures reliées au travail, dont 2 ont subi des blessures auditives.LA SANTÉ AUDITIVE DES MUSICIENS Le prix à payer pour jouer «Le problème, c\u2019est l\u2019exposition à long terme à [des hauts niveaux sonores].C\u2019est la même chose pour quelqu\u2019un qui travaille dans une usine.» \u2014Mathieu Baribeau, audioprothésiste PHOTOOLIVIER PONTBRIAND, ARCHIVES LA PRESSE Depuis quelques années, l\u2019OSM achète une paire de bouchons spécialisés à tous ses musiciens, nous a confirmé Marie-Josée Desrochers, chef de l\u2019exploitation à la direction générale.Il revient ensuite aux musiciens de décider si et quand ils les portent.l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 2 5 M A R S 2 0 1 7 8 A R T S CHANCE D\u2019ÊTRE FRAPPÉ PAR LA FOUDRE AU COURS DE VOTRE VIE, SOIT LAMÊME PROBABILITÉ QUE VOTRE PARAPLUIE NE REVIRE PAS PENDANT UNORAGE.1/1 000 000 Spécial météo ce vendredi, dans le magazine interactif URBANIA.DANS LA PRESSE+ ARTS MUSIQUE ALAIN BRUNET Surdoué de la nouvelle génération hip-hop pour la qualité de son propos et la force de frappe de ses sons pour le moins succincts, Vince Staples revient à Montréal avec de nouvelles propositions.Elles sont réunies pour la plupart dans le maxi Prima Donna, paru en août dernier et qui comprend des apparitions d\u2019A$AP Rocky et de Kilo Kish (qui sera avec lui ce soir, au Corona), ainsi que des contributions de James Blake et du mentor de Kanye West, No I.D.Peut-être aurons-nous droit à des titres inédits de son prochain album, Big Fish Theory.Voilà autant d\u2019informations neuves pour reconfirmer son talent d\u2019exception, repéré depuis ses enregistrements précédents Hell Can Wait et Summertime \u201806, dont on a pu goûter plusieurs extraits l\u2019été dernier au festival Osheaga.É g a l e m e n t i n t i t u l é Prima Donna, un court métrage met en scène le rappeur ving- tenaire.On le voit en proie à des visions illustrant différents niveaux de sa personne : psychique, artistique, social, mystique, symbolique.Plus précisément, on assiste au tournage d\u2019un clip hyper- sexué, à l\u2019adulation des fans, à une pa ranoïa noc tu rne de L .A ., aux apparit ions d\u2019esprits « vaudouisants » de Mère Afrique, à l\u2019étrange séjour du rappeur dans un hôtel tout aussi étrange, à ses états d\u2019égarement et d\u2019abandon.Voilà autant de sédiments métaphoriques, observables et hautement appréciables.« C\u2019est vrai que le film Prima Donna est un concentré de plusieurs éléments de mon imaginaire et de chansons que j\u2019ai écrites», convient-il sans s\u2019étendre sur le sujet, lorsque joint au téléphone.«Pour moi, la musique et le rap sont l\u2019occasion d\u2019exprimer les sentiments intérieurs.Ce que j\u2019exprime vient de l\u2019intérieur, qu\u2019il s\u2019agisse de ma réalité directe ou de la confusion émanant de cette réalité directe.Les idées émergent de l\u2019inconscient, elles apparaissent dans des situations apparemment banales, chaque jour peut faire émerger une idée, après quoi on fait de son mieux.» Vincent Jamal Staples dit en outre ne pas essayer de comprendre le comment et le pourquoi de ces images surgies de sa caboche.«J\u2019essaie de les agencer d\u2019une manière créative.J\u2019essaie de créer un monde, sorte d\u2019espace imaginaire où chacun peut choisir de se trouver et puis ressentir ce monde étrange dans lequel nous nous débattons tous.L\u2019interprétation reste ouverte.» O n c om p r e n d r a q u e Vince Staples ne cherche pas à simplement refléter sa réalité immédiate ni à produire du sens direct, encore moins à prescrire quoi que ce soit.Ce ne fut pas toujours le cas, remarquez.À peine sorti de l\u2019adolescence, il avait enregistré le mixtape Stolen Youth, réalisé par le collègue Mac Miller (sous le pseudo Larry Fisherman), un recueil de textes plus vindicatifs, soc ia lement pessimistes , hyper lucides pour un kid.Observer avant d\u2019expliquer Après quoi les jeux de langage se sont superposés, déconst ru its , déf ragmen- tés, reconstitués autrement.Vince Staples a déjà intégré un sens certain de l\u2019abstraction.Son hyperréalisme est devenu.magique, sans négliger sa propension à dépeindre des scènes de la vie réelle, celles d\u2019un monde observable à sa portée.Prima Donna en témoigne éloquemment.« J\u2019ai souvent dit en interview que je n\u2019étais pas du type \u201cfight the power\u201d, rappelle- t-il en citant Chuck D.La musique est tellement vaste, il y a de l\u2019espace pour tant d\u2019expressions, voici la mienne.Certains sont plus touchés par les considérations sociales, politiques de la vie, je ne suis pas vraiment là.Chacun son truc.» À 23 ans, Vince Staples est à construire les premiers étages de son édifice.Il n\u2019en est vraiment pas à l\u2019auto-analyse, l\u2019heure des bilans est loin, très loin devant lui.« Plus j \u2019apprends, expli- que-t-i l , meil leur je suis pour comprendre qui je suis, pour savoir comment je dois interagir avec le monde qui m\u2019entoure.Su r une base quotidienne, cependant, cela devient difficile d\u2019identifier ce qui est vraiment évocateur.On a toujours tendance à essayer de construire un monde avec ses perceptions.C\u2019est un processus incessant, une progression naturelle.» Un cercle restreint Musicalement, Vince Staples n\u2019est pas du genre à embaucher une douzaine de beatmakers pour chaque chanson, comme c\u2019est presque devenu la norme dans le hip-hop à grand rayonnement.Il préfère travailler avec un groupe assez restreint de réalisateurs, on pense entre autres à No I.D., DJ Dahi, John Hill, Christian Rich, Brian Kidd, Clams Casino.« Je préfère une conversation avec un petit groupe de créateurs qui peuvent ensemble mettre au point des projets qui viennent du cœur.» Les grooves de ses enregistrements les plus remarqués se fondent à la fois sur des rythmes de tradition hip- hop, mais les influx électroniques qui portent son flow procèdent d\u2019une esthétique minimaliste efficace et très c réa t ive , g r a c ieu se té de beatmakers visiblement très futés.«Nous partageons ensemble cette valeur du dépassement de soi.Nous voulons tous aller plus loin, faire les choses différemment, sans vouloir nommer ce qui a été accompli.Je suis très heureux que nous puissions déjà atteindre ces résultats.» Sur scène, aucune ostentation, avions-nous noté lors du court spectacle donné à Osheaga, en 2016.« Nous tentons d\u2019évoquer sur scène ce que nous avons imaginé en studio, c\u2019est-à-dire rester près du son des enregistrements, et ainsi communiquer le plus intensément possible avec le public.Sur scène, j\u2019ai un DJ et possiblement un invité avec moi.» Amateurs d\u2019effets spéciaux et de vastes déploiements orchestraux, s\u2019abstenir.Rien à voir avec Kanye West, Jay Z, Drake ou Kendrick Lamar.Nous sommes ici sur le territoire du verbe consonant, de la recherche sonore et de l\u2019indépendance d\u2019esprit.Pour sûr, Vince Staples est un surdoué d\u2019un autre type.Au Théâtre Corona, ce soir, 20h, précédé de Kilo Kish VINCE STAPLES Surdoué d\u2019un autre type PHOTO ARCHIVES LA PRESSE «Pour moi, la musique et le rap sont l\u2019occasion d\u2019exprimer les sentiments intérieurs.Ce que j\u2019exprime vient de l\u2019intérieur, qu\u2019il s\u2019agisse dema réalité directe ou de la confusion émanant de cette réalité directe», explique Vince Staples.l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 2 5 M A R S 2 0 1 7 A R T S 9 1965-67 1969 1971 1968 1970 1972 CAMBRIDGE ST/ATION - 2xCD/1xDVD/1xBlu-Ray DRAMATIS/ATION - 2xCD/1xDVD/1xBlu-Ray REVERBER/ATION - 1xCD/1xDVD/1xBlu-Ray GERMIN/ATION - 1xCD/1xDVD/1xBlu-Ray DEVI/ATION - 2xCD/2xDVD/1xBlu-Ray OBFUSC/ATION - 2xCD/1xDVD/1xBlu-Ray P I N K F L O Y D T H E E A R LY Y E A R S THE INDIVIDUAL VOLUMES pinkfloyd.com \u2022 facebook.com/pinkfloyd \u2022 youtube.com/pinkfloyd \u2022 twitter.com/pinkfloyd .DISPONIBLE MAINTENANT 6 volumes individuels disponibles en coffret multi-disques Incluant des pistes rares, démos, entrevues, et enregistrements vidéo Chaque coffret CD, DVD & Blu-Ray de l\u2019« année » inclut un album photo & des souvenirs Pistes audio aussi disponibles en version numérique Mise en marché et distribution par Sony Musique Entertainment ARTS HUMOUR À l\u2019aube de la cinquantaine, un vent de changement souffle sur la carrière de Jean-Michel Anctil.Pour Je4n-Michel, son quatrième spectacle en carrière, présenté à partir de jeudi au Théâtre St-Denis, l\u2019humoriste a décidé de faire les choses autrement en accrochant les perruques et costumes de scène qui ont longtemps été sa marque de commerce.STÉPHANIE VALLET Avec ses 20 ans de carrière au compteur et ses trois trophées d\u2019humoriste de l\u2019année, Jean-Michel Anctil aurait pu être tenté de se reposer sur ses lauriers.Pourtant, avec Je4n-Michel, il compte prouver au public, mais aussi à ses pairs, qu\u2019il a encore sa place dans l\u2019impitoyable monde de l\u2019humour.«Un soir, dans un bar, juste avant de monter sur scène, je me suis fait dire par un jeune humoriste que \u201cla game avait changé\u201d, que mon \u201caffaire de personnages, ce n\u2019est plus ça\u201d», se souvient Jean-Michel Anctil, qui a décidé de repousser son spectacle d\u2019un an alors qu\u2019il était envahi par le doute.«J\u2019effaçais tout ce que j\u2019écrivais.Je ne me donnais pas la chance de me tromper.En voyant ces jeunes faire leurs numéros et courir d\u2019une soirée d\u2019humour à une autre pour tester leur matériel, j\u2019ai compris que c\u2019était ça, la game, maintenant : les humoristes sont rendus des businessmen ! » lance Jean-Michel Anctil.Soucieux de se renouveler, il a ainsi choisi de mettre en retrait ce qui avait jusqu\u2019ici fait son succès : ses personnages.«J\u2019ai vu plusieurs humoristes qui ne renouvelaient pas leur recette et s\u2019épuisaient.Si j\u2019avais refait un show avec des costumes et le même pattern, on m\u2019aurait dit que je refaisais encore la même chose!», observe celui qui a choisi d\u2019exploiter les thématiques du regard de l\u2019autre et des changements dans son quatrième spectacle mis en scène par Dominic Anctil.«Mon frère m\u2019a dit que tout ce que je voulais changer était en fonction du regard des autres.Alors on s\u2019est lancé là-dessus», dit-il.Sauf Râteau et Préscilla Seuls deux personnages ont survécu au changement de cap de Jean-Michel Anctil : l\u2019indémodable Râteau et Préscilla, tous deux dépouillés de leurs artifices sur scène.«J\u2019ai gardé Râteau, car j\u2019ai un plaisir fou à le faire et je savais que je pouvais l\u2019amener ailleurs.Je me suis blessé aux Recettes pompettes, j\u2019ai été deux mois à avoir de la difficulté à marcher.Ça m\u2019a permis de ralentir Râteau, de lui donner une sensibilité et une sincérité, y compris dans son propos.Il parle notamment de différence et son discours a beaucoup d\u2019écho dans l \u2019ac tua l ité », explique Jean-Michel Anctil.Quant à Préscilla, elle fera un bref retour sur scène sans artifices pour ne pas décevoir ses fans.«J\u2019ai eu le flash de dire aux gens que je ne porte plus de perruques ni de robe parce que Bruce Jenner m\u2019a influencé et ça fonctionne ! » lance-t-il en riant.Il y a maintenant 20 ans, Jean-Michel Anctil faisait ses premiers pas en tant qu\u2019humoriste en incarnant sur scène le jeune Maxime, personnage qui lui a permis de gérer sa timidité, mais qui, aujourd\u2019hui, ne fait plus partie de sa vie.«Je ne me voyais plus faire un enfant, personne n\u2019y aurait cru.J\u2019avais fait le tour, et ç\u2019a été dur de le tasser, car il a toujours fait partie de tout ce que je faisais.C\u2019est mon clown intérieur ! Mais j\u2019ai commencé à me faire plus confiance, à parler davantage de moi, sans artifice, et ça semble marcher», observe l\u2019humoriste.Avec Je4n-Michel , il souhaite ainsi faire partager à son public sa peur de vieillir, son obsess ion pou r son poids et même ses défauts.L\u2019humoriste s\u2019est également inspiré de ses péripéties à San Francisco et à Nice pour tisser un spectacle qui se veut une longue histoire de 1h45 min plutôt qu\u2019une succession de sketchs.«Je voulais être fier de ce spectacle-là, et je le suis.Au début, quand tu écris, tu veux que le public suive, mais veux, veux pas, tu penses aussi aux médias.J\u2019ai rarement eu de bons papiers sur mes shows.Le spectacle que j\u2019ai le plus vendu , Rumeurs [532 000 billets], je m\u2019étais fait ramasser ! J\u2019espère faire l\u2019unanimité pour celui-ci », conclut Jean- Michel Anctil.Ce soir au Théâtre St-Denis et en tournée au Québec Lisez notre critique dans La Presse+ JEAN-MICHEL ANCTIL Derrière le personnage PHOTODAVID BOILY, LA PRESSE Dans son nouveau spectacle, Jean-Michel Anctil souhaite partager avec son public sa peur de vieillir, son obsession pour son poids et même ses défauts.«Je voulais être fier de ce spectacle-là, et je le suis.Au début, quand tu écris, tu veux que le public suive, mais veux, veux pas, tu penses aussi aux médias.J\u2019ai rarement eu de bons papiers sur mes shows.» \u2014 Jean-Michel Anctil l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 2 5 M A R S 2 0 1 7 10 A R T S Uniquement dans La Presse+ ÉVADEZ-VOUS AU SOLEIL ÀGAGNER: Un voyage de 7 jours pour 2 au RIU Playa Blanca au Panama, une valeur de 3 770$ ____ ou ____ un crédit voyage de 1000$ offert par Vacances Sunwing Les tirages auront lieu les lundis 20 et 27 mars 2017.DÈSMAINTENANT PARTICIPEZ DANS LAPRESSE+ Augmentez vos chances de gagner en participant tous les jours ! CONCOURS RÊVEZ AU SOLEIL DUPANAMA! ARTS LECTURE Dominique Demers adore transformer les pires catastrophes en comédies douces-amères.Celle qui avait réussi le tour de force de nous faire sourire en nous racontant son cancer n\u2019a rien perdu de son humour.Elle nous entraîne cette fois dans le feuilleton de l\u2019achat d\u2019un chalet déglingué et la recherche de l\u2019âme sœur.Rencontre avec une femme qui voit toujours le verre à moitié plein.NATHALIE COLLARD On dirait qu\u2019il n\u2019y a rien à l\u2019épreuve de l\u2019optimisme de Dominique Demers.Même quand elle vous raconte des choses horribles qui vous donnent envie de vous rouler en boule dans un coin, elle le fait avec un sourire lumineux et un regard pétillant.Avec cette conteuse, la pire des histoires se terminera sans doute dans un grand éclat de rire.« Quoi qu\u2019il nous arrive, c\u2019est le regard qu\u2019on porte sur l\u2019événement qui compte, lance- t-elle.C\u2019est nous l\u2019artiste, l\u2019écrivain de notre vie.Moi, quand je me concentre sur l\u2019aspect ironique d\u2019un événement, c\u2019est ma voix intérieure, ma façon de voir le monde.Et c\u2019est très thérapeutique.C\u2019est pour ça que j\u2019ai décidé de le partager et de faire rire les lecteurs avec ça.» Fais-moi mal.Dans Mon fol amour, roman qu\u2019elle qualifie d\u2019« autofic- tion », Dominique Demers nous raconte donc son coup de foudre pour un chalet, une relation sadomaso sur les bords qui lui drainera plus d\u2019énergie que le plus exigeant des amants.Et, comme parfois en amour, l\u2019écrivaine refusera de voir les nombreux défauts de l\u2019élu de son cœur.En effet, que le chalet tombe en ruine, que le lac soit infesté d\u2019algues et que les voisins ne soient pas particulièrement accueillants n\u2019altère en rien l\u2019enthousiasme de la narratrice qui, malgré les nombreux avertissements de son entourage, se lance dans une série de travaux visant à améliorer l\u2019apparence de son grand amour.Sauf qu\u2019aussitôt un problème réglé, un autre, plus grave, apparaît.Ce chalet est l\u2019incarnation du vice caché.Et sa nouvelle propriétaire ne voit plus clair.On pourrait presque dire qu\u2019elle fait preuve d\u2019acharnement thérapeutique sur ce chalet qui semble pourtant condamné.La comparaison n\u2019est pas innocente.Car peu de temps après avoir signé l\u2019acte d\u2019achat chez le notaire, Dominique Demers a appris qu\u2019elle était atteinte d\u2019un cancer du sein.«Je pense que j\u2019ai acheté ce chalet parce qu\u2019au fond de moi, je savais que j\u2019avais le cancer, confie- t-elle.Même si je l\u2019ai appris seulement après.Au fond, je suis tombée en amour avec un cancer.Et une fois que t\u2019as le cancer, et que ta maison a le cancer, t\u2019es quand même pas pour la mettre à la poubelle ! Sinon, tu vas te flusher toi-même.» Il n\u2019est toutefois pas fait mention de cancer dans Mon fol amour.La maladie a fait l\u2019objet d\u2019un autre récit, Chronique d\u2019un cancer ordinaire \u2013 Ma vie avec Igor, paru il y a un peu plus de deux ans.Pas un mot non plus sur le terrible accident de vélo qui a forcé Dominique Demers à subir une opération et des traitements de physio.«Si je mettais tout ce qui m\u2019est arrivé dans le même livre, même si c\u2019est arrivé en même temps pour vrai, les gens trouveraient que j\u2019exagère», affirme- t-elle, sans cesser de sourire.Le cœur a ses raisons Entre les travaux de dynamitage et la solidification des fondations de son nouveau refuge, Dominique cherche aussi celui avec qui elle pourrait «fonder» un nouveau couple.Or voilà, son cœur est aussi chambran- lant que la charpente de son nouveau chalet.Sa dernière relation amoureuse l\u2019a laissée fragile; elle n\u2019est pas certaine d\u2019être capable de refaire confiance à quelqu\u2019un.Et puis, elle est entourée d\u2019un groupe d\u2019amis extraordinaires, de trois enfants qu\u2019elle adore et d\u2019un petit chien qui lui demande beaucoup d\u2019attention.Trouver quelqu\u2019un à la hauteur n\u2019est pas évident.La narratrice raconte les péripéties des sites de rencontre, les messages échangés, les conversations téléphoniques parfois absurdes et les rencontres en chair et en os, souvent décevantes.Elle ne se donne pas toujours le beau rôle et ne craint pas de se montrer vulnérable.Mais on sent la déception, malgré le désir sincère de rencontrer quelqu\u2019un.« Je suis contente d\u2019avoir vécu l\u2019expérience, mais je ne le revivrai pas, je reste célibataire, dit-elle.Je suis très romantique et je suis certaine qu\u2019il y a quelqu\u2019un qui existe pour moi.Mais j\u2019ai une personnalité forte qui peut faire peur aux gens.Et puis, je suis une hybride : une sportive dans un monde d\u2019artistes et une artiste dans un monde de sportifs.Je recherche donc les deux, l\u2019artiste et le sportif.Ce n\u2019est pas facile.» Dominique Demers assure qu\u2019elle préfère être seule que mal accompagnée.« Oui, je veux rencontrer quelqu\u2019un, mais j\u2019apprends à être heureuse seule.Tout le monde peut être en couple, mais la question que je pose dans le livre est: est-ce qu\u2019on se multiplie?Comme lorsque les mots et les images se marient pour créer un album, est-ce que cette personne fera de moi une meilleure personne?Si la réponse est non, je préfère être seule et avoir de bons amis.» Inventer sa vie Av e c Mo n f o l a m o u r , Dominique Demers fait la preuve une fois de plus qu\u2019elle peut aussi bien écrire pour les tout-petits que pour les ados et leur mère.Elle vient d\u2019ailleurs de publier une réédition de L\u2019étonnante concierge et travaille au manuscrit d\u2019un inédit de Mademoiselle Charlotte.Tout en poursuivant son travail d\u2019ambassadrice de la lecture (elle s\u2019apprête à donner une conférence devant plus de 400 enseignants).Bref, son registre est large et son énergie semble inépuisable.«Pourquoi j\u2019écris?demande cette dynamo.Parce que tout est possible et parce que ça me fait chier de savoir que je vais mourir.Je triche en ayant plein de vies pendant que je suis vivante.Je suis une gourmande, je mange beaucoup, j\u2019aime \u201cfaire\u201d des choses.On travaille fort dans nos carrières et nos métiers, on donne beaucoup, mais on ne met pas la moitié ni même le quart de cette énergie à inventer nos vies.Moi, c\u2019est ce que j\u2019aime plus que tout.» Mon fol amour Dominique Demers Éditions Québec Amérique En librairie le 29 mars DOMINIQUE DEMERS Sa vie est un roman UN PRINTEMPS BIEN CHARGÉ Le printemps s\u2019annonce occupé pour Dominique Demers.De retour de la Foire du livre de Bruxelles, elle sera au Salon du livre de Québec (du 5 au 9 avril) et au Salon du livre de la Côte- Nord (du 27 au 30 avril).Elle sera également co-porte-parole, avec sa fille Marie Demers, du Salon du livre de l\u2019Abitibi-Témiscamingue, qui se tiendra cette année à Rouyn-Noranda (25 au 28 mai).Une réédition de L\u2019étonnante concierge vient de paraître aux éditions Québec Amérique.Enfin, l\u2019Orchestre symphonique de Montréal dévoilera au cours des prochains jours un projet de lecture de contes pour enfants auquel elle participera avec un immense bonheur, nous dit-elle.\u2014 Nathalie Collard PHOTO ALAIN ROBERGE, LA PRESSE AvecMon fol amour, Dominique Demers fait la preuve une fois de plus qu\u2019elle peut aussi bien écrire pour les tout-petits que pour les ados et leur mère.l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 2 5 M A R S 2 0 1 7 A R T S 11 réservez maintenant ! 514 521.1002 1 800 558.1002 Présenté par bella italia avec Mario Introia LONGUEUIL Théâtre de la Ville 14 au 19 mars LAVAL Salle André-Mathieu 21 au 27 mars Théâtre Marcellin-Champagnat 29 et 30 mars MONTRÉAL Salle Pierre-Mercure 9 au 14 mai CINÉ-CONFÉRENCES aussi présentées à L\u2019Assomption St-Jean, LaSalle, St-Jérôme, La Prairie, Montréal-Nord, etc.LAVAL Salle André-Mathieu 25 au 27 mars Théâtre Marcellin-Champagnat 29 et 30 mars MONTRÉAL/ RIVIÈRE-DES-PRAIRIES Salle Désilets 12 et 13 avril MONTRÉAL Salle Pierre-Mercure 9 au 14 mai ARTS CINÉMA Avant de tourner avec Xavier Dolan, Jessica Chastain s\u2019est investie à fond dans un film qui rappelle l\u2019histoire d\u2019une héroïne polonaise anonyme, dont les actions ont pu sauver quelques centaines de vies pendant les plus sombres jours de la Seconde Guerre mondiale.MARC-ANDRÉ LUSSIER ENVOYÉ SPÉCIAL NEWYORK L\u2019idée de porter à l\u2019écran The Zookeeper\u2019s Wife, le livre à succès de Diane Ackerman, ne date pas d\u2019hier.Jessica Chastain, qui a été liée au projet dès le départ, croyait même que le tournage allait commencer peu après avoir lu le scénario qu\u2019a tiré Angela Workman de ce récit biographique.Il aura pourtant fallu patienter quelques années avant que le film, dont la réalisation est signée Niki Caro (Whale Rider), voie enfin le jour.« Je crois que nos difficultés sont en partie dues au fait qu\u2019une héroïne est au cœur de l\u2019histoire, et que la réalisation a été confiée à une femme», a commenté l\u2019actrice au cou r s d \u2019un ent re t ien accordé à La Presse la semaine dernière à New York.« L\u2019aspect positif de cette a f fa i re , c \u2019es t qu \u2019on sent maintenant une urgence, ou à tout le moins un appétit pour que s\u2019expriment les points de vue féminins au cinéma.Mais à l\u2019époque où j\u2019ai signé, nous étions encore en territoire peu exploré.Voilà pourquoi j\u2019agis aussi à titre de productrice déléguée.De cette façon, j\u2019ai pu contribuer de toutes sortes de façons : tant sur le plan de la révision du scénario que du choix des acteurs.J\u2019ai d\u2019ailleurs insisté pour que Johan Heldenbergh joue le rôle du mari.C\u2019est un acteur formidable.Il était tellement bon dans The Broken Circle Breakdown ! » Un point de vue féminin sur l\u2019Holocauste Dans ce drame biographique, l\u2019actrice prête ses traits à Antonina Zabinska, une Polonaise qui, avec son mari Jan, a transformé le zoo de Varsovie en véritable refuge clandestin pour quelques centaines de juifs prisonniers du ghetto, à la suite de l\u2019invasion de la ville par les nazis en 1939.C\u2019est dire que The Zookeeper\u2019s Wife fait partie de ces films ayant pour cadre l\u2019Holocauste, ce qui, de l\u2019aveu même de la réalisatrice Niki Caro, constitue pratiquement un genre cinématographique en soi.« La guerre n\u2019a pas été qu\u2019une affaire d\u2019hommes, dit cette dernière.Antonina nous a montré que la féminité n\u2019est pas une faiblesse, qu\u2019elle peut symboliser aussi la force dans la douceur.J\u2019ai voulu que tout dans ce film comporte une touche de féminité.De la lumière jusqu\u2019aux mouvements de caméra.Instinctivement, j\u2019ai su que la façon de raconter cette histoire serait différente, qu\u2019elle s\u2019orienterait davantage vers la guérison et l\u2019espoir.» Il y a deux semaines, l\u2019équipe s\u2019est d\u2019ailleurs retrouvée à Varsovie afin de présenter le film au cours d\u2019une soirée de première tenue au Palais de la culture et de la science, non loin de l\u2019endroit où les véritables événements dépeints dans le film se sont déroulés.«J\u2019y étais déjà allée pour le travail de préparation, explique Jessica Chastain.J\u2019ai rencontré la fille d\u2019Antonina, j\u2019ai vu le zoo, je me suis imprégnée de l\u2019endroit avant d\u2019aller tourner le film à Prague.Mais ce soir de première a été beaucoup plus émotif.Il faut dire que j\u2019ai vécu avec cette histoire pendant des années à l\u2019intérieur de moi.Certaines personnes à qui j\u2019ai parlé avant le tournage m\u2019ont dit à quel point elles avaient parfois du mal à comprendre pourquoi les Polonais sont souvent dépeints de façon plus négative quand on évoque cette époque.Plusieurs d\u2019entre eux se sont pourtant battus.Ont résisté.Grâce à ce film, l\u2019occasion nous est offerte de raconter l\u2019histoire d\u2019un couple ordinaire de Varsovie qui ouvre sa porte à de purs étrangers en détresse, souvent au péril de sa propre vie.C\u2019est un honneur de célébrer des valeurs humaines de cette nature avec le peuple polonais.» Un changement de vie Ayant trouvé sa vocation très jeune, Jessica Chastain a fait ses classes sur les planches avant de devenir l\u2019une des actrices les plus sollicitées du monde du cinéma.«Ce que je vis maintenant dépasse de loin tout ce que j\u2019aurais pu imaginer! confie-t-elle.The Tree of Life a carrément changé ma vie.» Il est donc loin le temps où, en compagnie de sa grand-mère, une fillette nommée Jessica a tout de suite eu l\u2019impression d\u2019avoir trouvé sa place dans le monde en voyant une pièce de théâtre.Presque aussi éloignée est l\u2019époque où, collégienne, cette même Jessica a remporté un concours provincial d\u2019art dramatique tenu à Sacramento grâce à un monologue pendant lequel elle décrivait le destin d\u2019une jeune fille de 17 ans victime d\u2019un accident de voiture.Et qui implore le ciel de la laisser vivre.«Le texte était tellement douteux, se rappelle-t-elle en riant.Mais c\u2019est quand même ce jour- là que j\u2019ai senti dans le regard des autres que, oui, j\u2019avais peut- être du talent.» Au j o u r d \u2019 hu i , J e s s i c a Chastain possède sa propre boîte de production, dont la mission première est d\u2019offrir du travail à des femmes de talent, tant devant que derrière la caméra.«Il est important de faire connaître toutes ces histoires qu\u2019on ne raconte jamais, leur donner une place, faire écho à la diversité aussi.Autrement dit, j\u2019aimerais donner à voir ce qu\u2019on ne montre pas très souvent dans notre société.» Très active sur les réseaux sociaux, l\u2019actrice n\u2019hésite pas à faire valoir son point de vue.Ce qui, on le devine, peut aussi générer son lot de critiques.«Je ne vois pas cela comme un prix à payer, dit-elle.La vie est trop courte.Nous vivons une époque incroyable où les femmes peuvent définir elles-mêmes leur destinée.Elles peuvent maintenant se permettre d\u2019afficher des traits qui ont depuis toujours été associés à la masculinité \u2013 être fort, être un leader, être dynamique.Des femmes comme Antonina nous poussent à prendre la parole pour plus de justice sociale et pour défendre les plus vulnérables.Il faut combattre toutes les discriminations et les stéréotypes dont les femmes sont victimes.Et pas seulement les femmes, d\u2019ailleurs, les hommes aussi ! Car ils doivent eux aussi se battre contre l\u2019image qu\u2019on se fait de la masculinité.Je crois que toutes les intolérances \u2013 le sexisme, l\u2019homophobie, etc.\u2013 viennent de la crainte de la féminité.Plus nous serons visibles et entendues, plus la société sera saine.» Hâte au prochain Dolan Rappelons que Jessica Chastain fait partie de l\u2019imposante distribution de The Death and Life of John F.Donovan, le prochain film de Xavier Dolan, dont la deuxième partie est en tournage à Londres.L\u2019actrice a entièrement tourné sa partition l\u2019été dernier à Montréal.«J\u2019ai tellement hâte de voir ce film!», lance celle qui est maintenant une amie proche du cinéaste québécois.The Zookeeper\u2019s Wife (La femme du gardien de zoo en version française) prendra l\u2019affiche le 31 mars.Les frais de voyage ont été payés par Entract Films.JESSICA CHASTAIN / The Zookeeper\u2019s Wife Parole de femme Salomé Al Pacino (2013) Cette captation d\u2019une pièce jouée à Los Angeles a eu lieu en 2006, alors que Jessica Chastain n\u2019avait encore rien tourné pour le cinéma.Dans un message vidéo destiné aux spectateurs du Festival du nouveau cinéma en 2015, Al Pacino a déclaré ceci : «On dit que j\u2019ai révélé Jessica, mais cela n\u2019est pas tout à fait juste.Jessica s\u2019est présentée à l\u2019audition et ce fut l\u2019évidence.C\u2019est du prodige.» The Tree of Life Terrence Malik (2011) Ce drame à la fois intime et ambitieux, lauréat de la Palme d\u2019or du Festival de Cannes, a véritablement révélé le talent de Jessica Chastain aux cinéphiles du monde entier.The Help Tate Taylor (2011) Grâce à ce film relatant l\u2019histoire d\u2019une famille de Jackson, au Mississippi, dans les années 60, Jessica Chastain est citée aux Oscars dans la catégorie de la meilleure actrice de soutien.Zero Dark Thirty Kathryn Bigelow (2012) Deuxième citation aux Oscars pour Jessica Chastain, cette fois dans la catégorie de la meilleure actrice.«J\u2019ai voulu faire quelque chose de différent ensuite.C\u2019est à ce moment que le scénario de The Zookeeper\u2019s Wife est arrivé.Le film Gorillas in the Mist ayant eu une importance monumentale pour moi dans mon enfance \u2013 il m\u2019a fait aimer les animaux \u2013, je n\u2019ai pas hésité !» Miss Sloane John Madden (2016) Dans le rôle d\u2019une lobbyiste à Washington, l\u2019actrice fait de nouveau merveille.Et décroche une sélection aux Golden Globes dans la catégorie de la meilleure actrice dramatique.CINQ RÔLES MARQUANTS POUR JESSICA CHASTAIN PHOTO FOURNIE PAR FILMS SÉVILLE PHOTO FOURNIE PAR WALT DISNEY PICTURES PHOTO FOURNIE PAR FILMS SÉVILLE PHOTO FOURNIE PAR VVS FILMS PHOTO FOUNRIE PAR STONELOCK PICTURES «J\u2019ai voulu que tout dans ce film comporte une touche de féminité.De la lumière jusqu\u2019aux mouvements de caméra.Instinctivement, j\u2019ai su que la façon de raconter cette histoire serait différente, qu\u2019elle s\u2019orienterait davantage vers la guérison et l\u2019espoir.» \u2014 Jessica Chastain PHOTO FOURNIE PAR FOCUS FEATURES Dans The Zookeeper\u2019s Wife, Jessica Chastain prête ses traits à Antonina Zabinska, une Polonaise qui, avec son mari Jan, a transformé le zoo de Varsovie en véritable refuge clandestin pour quelques centaines de juifs prisonniers du ghetto, à la suite de l\u2019invasion de la ville par les nazis en 1939.l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 2 5 M A R S 2 0 1 7 12 A R T S ARTS CINÉMA T2TRAINSPOTTING (V.F.:FERROVIPATHES2) !!!½ Comédie de mœurs de Danny Boyle.Avec EwanMcGregor, Ewen Bremner, Jonny LeeMiller, Robert Carlyle.1h57.MARC-ANDRÉ LUSSIER Dans le modèle hollywoodien, plusieurs suites ne sont produites que dans le but de faire résonner les tiroirs-caisses de prévisible façon.D\u2019autres, plus rares, viennent vraiment ajouter quelqye chose et parfois même enrichir une œuvre déjà existante.The Godfather II est probablement l\u2019exemple le plus éloquent.Plus près de nous, Les invasions barbares, assurément.L\u2019h istoi re nous di ra si T2 Trainspotting s\u2019inscrira de la même façon que le film original dans l\u2019imaginaire collectif mondial, mais le fait est que ce nouvel opus, planté 20 ans plus tard, a de quoi réjouir les admirateurs.D\u2019abord, tous les créateurs d\u2019origine ont repris du service, de l\u2019auteur Irvine Welsh jusqu\u2019au cinéaste Danny Boyle en passant par le scénariste John Hodge.De surcroît, T2 Trainspotting peut s\u2019offrir le luxe \u2013 parce que c\u2019en est un \u2013 de retrouver exactement les mêmes acteurs, 20 ans plus tard.Le récit gagne ainsi immédiatement en crédibilité.Et, d\u2019une certaine façon, en émotion.Pas de maquillages vieillissants ni de bourrures artificielles ou d\u2019effets trompeurs.Aussi, Boyle ne fait aucun compromis pour «internationaliser» son film, ni sur le plan de l\u2019esprit, résolument écossais, ni au chapitre de la langue.À cet égard, il convient de prévenir les spectateurs peu exercés à l\u2019accent du pays de Sean Connery de peut-être attendre la version sous-titrée en français, laquelle nous arrivera la semaine prochaine.Au moment de reprend r e l \u2019 h i s t o i r e , M a r k (Ewan McGregor) court sur un tapis d\u2019exercice plutôt que dans les rues d\u2019Édim- bourg.Il est de retour dans sa ville natale après un exil de plusieurs années, provoqué notamment par sa fuite imprévue avec le butin d\u2019une transaction de drogue qu\u2019il aurait en principe dû partager avec ses acolytes.Dire que ces derniers sont heureux de revoir celui qui les a trahis il y a deux décennies serait mentir.Ils sont maintenant quadragénaires, « touristes de leur propre jeunesse », mais aucun des «ferrovipathes» ne s\u2019est d\u2019ailleurs «rangé».Spud (Ewen Bremner), toujours junkie, en veut maintenant à Mark d\u2019avoir inopinément interrompu son plan suicidaire.Sick Boy, qui se fait maintenant appeler par son prénom Simon (Jonny Lee Miller), est devenu dealer, et Begbie (Robert Carlyle), qui a croupi en prison pendant plusieurs années, est toujours aussi enragé.Même énergie, nouvelle gravité Les admirateurs du film original retrouveront ici la même approche, très énergique, de Danny Boyle.Sans trop abuser du procédé, le réalisateur de Steve Jobs lance de multiples clins d\u2019œil, tant sur le plan narratif que musical.Vingt ans plus tard, le monologue Choose Life empruntera ainsi une autre dimension.Le cinéaste va même jusqu\u2019à intégrer une scène tirée du premier film, provoquant du même coup un effet de miroir qui, dans les circonstances, est assez saisissant.L\u2019humour noir est encore très présent, mais il se dégage néanmoins de l\u2019ensemble une gravité nouvelle, l\u2019insouciance de la jeunesse s\u2019étant envolée depuis longtemps.Le récit s\u2019essouffle quelque peu dans le dernier tiers, mais il reste que dans l\u2019ensemble, cette suite est fort bien réussie.Pour l\u2019instant, T2 Trainspotting est présenté en version originale et en version doublée française.Une version sous-titrée en français prendra l\u2019affiche le 31 mars au Cinéma du Parc à Montréal, ainsi qu\u2019au cinéma Le Clap à Québec.Une suite réussie TUKTUQ !!!½ Docufiction de Robin Aubert.Avec Robin Aubert, Robert Morin et Brigitte Poupart.1h35.SYNOPSIS Un caméraman est envoyé dans un village du Nunavik afin de tourner des images d\u2019archives pour le gouvernement qui veut déplacer ses habitants, au profit d\u2019un projet minier.CRITIQUE Ce curieux film, pratiquement fait à la mitaine et dans la solitude par Robin Aubert, est une expérience à vivre.À la fois documentaire et fiction, Tuktuq propose des images magnifiques des grands espaces du Nunavik et du mode de vie des Inuits, mais ce qui n\u2019aurait pu être qu\u2019un film contemplatif se transforme, par la narration, en pamphlet engagé.Martin (Robin Aubert), celui qui tourne ces images, a été envoyé dans le Nord pour documenter la vie des habitants d\u2019un petit village qui seront déplacés pour les besoins d\u2019un projet minier du gouvernement.Il parle régulièrement au téléphone avec un sous-ministre (voix du cinéaste Robert Morin, de toute évidence une influence d\u2019Aubert pour Tuktuq), un homme cynique qui n\u2019a que faire des états d\u2019âme du caméraman, de plus en plus touché intérieurement par la beauté de ce qu\u2019il filme.Or, le sous-ministre ne veut pas de cette beauté, mais des images un peu plus dures \u2013 de dépeçages d\u2019animaux, entre autres \u2013 qui viendront conforter les préjugés.Le spectateur est ainsi placé dans une situation paradoxale, puisque les images qu\u2019il voit pourraient bien être utilisées contre les gens qui sont filmés, et c\u2019est son regard qu\u2019il doit alors remettre en question.Martin, ému par son séjour, finira par dire à son amoureuse qu\u2019il ne veut plus être neutre, qu\u2019il veut avoir un point de vue sur le monde.Finalement, Tuktuq se révèle être un film non pas tant sur les Inuits que sur la naissance d\u2019une conscience, qui nous ouvre à nous aussi les yeux.Ça ne fera pas courir les foules au cinéma, on s\u2019en doute, et c\u2019est dommage, car Tuktuq est une réussite bouleversante.\u2014 Chantal Guy Naissance d\u2019une conscience PERSONALSHOPPER !!!½ Drame psychologique d\u2019Olivier Assayas.Avec Kristen Stewart, Lars Eidinger et Sigrid Bouaziz.1h45.SYNOPSIS Maureen (Kristen Stewart) court les boutiques de luxe parisiennes et londoniennes pour une personnalité en vue.Ce boulot lui permet de rester à Paris, près d\u2019une maison où son jumeau est mort.Car ils ont passé un pacte: le premier qui meurt tente d\u2019entrer en contact avec l\u2019autre.Maureen «sent» la présence de Lewis.Puis commence à recevoir de mystérieux textos.Communication avec l\u2019au-delà?Harcèlement?Démence?CRITIQUE Personal Shopper, deuxième collaboration, aprèsClouds of Sils Maria, d\u2019Olivier Assayas (brillant) avec Kristen Stewart (hallucinante), n\u2019est pas un film pour qui aime que le rideau tombe une fois un point placé sur chaque «i».Ici, les points d\u2019interrogation et de suspension l\u2019emportent sur le final.Au croisement de plusieurs genres (drame psychologique, film de fantômes, thriller, intrigue policière), ce qui risque de ne pas satisfaire les puristes de l\u2019un ou des autres, bien qu\u2019ils soient tous abordés avec superbe, ce long hors catégorie, anxiogène au possible, visuellement élégant, est porté par une actrice qui grandit de rôle en rôle.Oubliez la Kristen Stewart des Twilight, c\u2019était un malentendu.Pensez Into the Wild,On the Road, American Ultra,Café Society, Still Alice et, encore, Sils Maria \u2013 qui lui a valu le César de la meilleure actrice dans un second rôle.Ici, dans une scène, il émane d\u2019elle la vulnérabilité et le désarroi de Maureen, peut-être son déséquilibre (et si elle imaginait les manifestations surnaturelles dont elle est témoin?).Dans la suivante, son débit rapide, son langage «carré», ses demandes brusques font apparaître son efficacité au travail et sa distance, son indifférence par rapport à ce et ceux qui l\u2019entourent.Elle est mieux avec la seule présence de ses fantasmes, de son deuil ou encore de bouquins sur l\u2019art.L\u2019art comme une fenêtre donnant sur l\u2019inexpliqué, l\u2019inexplicable.Et si c\u2019était cela, Personal Shopper?\u2014 Sonia Sarfati Brillamment bizarre Plus de critiques de films dans lapresse.ca et sur La Presse+ PHOTO FOURNIE PAR TRISTAR PICTURES L\u2019humour noir est encore très présent dans T2 Trainspotting, mais il se dégage néanmoins de l\u2019ensemble une gravité nouvelle, l\u2019insouciance de la jeunesse s\u2019étant envolée depuis longtemps.PHOTO FOUNIE PAR K-FILMS AMÉRIQUE Tuktuq, un curieux film, pratiquement fait à la mitaine et dans la solitude par Robin Aubert (notre photo), est une expérience à vivre.l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 2 5 M A R S 2 0 1 7 A R T S 13 JULIE GAYET ZABOU BREITMAN ANNE CHARRIER LUDOVIK VINCENT ELBAZ UN FILM DE PASCAL ELBÉ AVEC NICOLE CALFAN LIONEL ABELANSKI CATHERINE MOUCHET DAN HEZBERG PATRICE ABBOU GRÉGOIRE BONNET LÉO ELBÉ SÉBASTIEN LIBESSART REZOFILMS.COM AU CINÉMA LE 24 MARS ARTS CINÉMA EN DVD TÉLÉ SUR DEMANDE SUR VOS ÉCRANS FILM FANTASTIQUE Fantastic Beasts and Where to Find Them (V.F.: Les animaux fantastiques) === 1/2 De David Yates.Avec Eddie Redmayne, Katherine Waterston, Ezra Miller.Il y a quelque chose de familier dans Fantastic Beasts and Where to Find Them.On est chez J.K.Rowling, dans cet univers qu\u2019elle a créé jusqu\u2019aux plus infimes détails, et chez David Yates, vétéran de ce monde puisqu\u2019il a réalisé les quatre dernières adaptations des Harry Potter.Le connu et le confortable côtoient ainsi la découverte et l\u2019original.Car ce retour chez les sorciers ne se fait pas à Poudlard ni même en Angleterre, mais à New York, en 1926, en compagnie de personnages dont on ne sait à peu près rien, mis dans des situations dont on ignore à peu près tout.\u2014 Sonia Sarfati DRAME BIOGRAPHIQUE Patriots Day (V.F.: Le jour des patriotes) === 1/2 De Peter Berg.Avec Mark Wahlberg, John Goodman, J.K.Simmons.Le jour des patriotes dont il est question ici est celui d\u2019avril 2013 quand le double attentat commis au marathon de Boston par les frères Tsarnaev a fait 3 morts et 264 blessés.S\u2019il provoque un léger malaise parce que les événements qu\u2019il relate sont proches en temps et en distance, et si la note patriotique y est jouée un peu fort en fin de parcours, Patriots Day s\u2019avère un long métrage respectueux de ceux dont le nom est inscrit sur cette page d\u2019histoire et un bel hommage à Boston.Et ce, sans passer à côté de la tension, du suspense et, naturellement, de l\u2019émotion.\u2014 Sonia Sarfati DRAME FANTASTIQUE A Monster Calls (V.F.: Quelques minutes après minuit) === 1/2 De Juan Antonio Bayona.Avec Lewis MacDougall, Liam Neeson, Felicity Jones.Conor est un garçon anglais de 12 ans.À la maison, sa mère se meurt du cancer.À l\u2019école, il est victime d\u2019intimidation.Son père ?Parti.Ses nuits ?Pleines d\u2019un cauchemar où règne un monstre qui ressemble à un arbre.Le géant va lui raconter trois histoires.Puis Conor, dont l\u2019imaginaire fertile se décline dans des dessins, devra lui en «offrir » une.Le réalisateur de The Orphanage et The Impossible creuse ainsi une troisième fois le sillon riche de la relation entre une mère et son fils.D\u2019une beauté qui transporte, ce long métrage, qui est aussi un hommage à l\u2019imagination, est émouvant et très réussi.\u2014 Sonia Sarfati DRAME HISTORIQUE Silence (V.F.: Silence) === De Martin Scorsese.Avec Andrew Garfield, Adam Driver, Liam Neeson.Au XVIIe siècle, deux prêtres jésuites se rendent au Japon à la recherche du père Ferreira, leur mentor, soupçonné d\u2019avoir commis l\u2019apostasie sous la torture.En parallèle, leur volonté de convertir des autochtones à la religion catholique, interdite sous la dynastie du shogunat Tokugawa, se heurte à un barrage de violence et de persécution.Martin Scorsese réussit ici son pari de coscénariste, à savoir que son film n\u2019est pas qu\u2019un drame historique, mais une quête de l\u2019âme et de l\u2019esprit.Là où il réussit moins à séduire, c\u2019est dans sa réalisation.En dépit de scènes d\u2019une beauté sulfureuse et méticuleuse, notamment dans son premier tiers, le film avance lentement.\u2014 André Duchesne SÉRIE DRAMATIQUE 13 Reasons Why De Brian Yorkey.Avec Dylan Minnette, Katherine Langford, Brandon Flynn, Christian Navarro Adaptée du best-seller Thirteen Reasons de Jay Asher, cette série très attendue abordera l\u2019adolescence par les thèmes durs du suicide et de l\u2019intimidation.Deux semaines après la mort d\u2019Hannah (Katherine Langford), Clay (Dylan Minnette), qui avait le béguin pour elle, reçoit 13 cassettes audio sur lesquelles elle parle des 13 raisons \u2013 et des personnes \u2013 qui l\u2019ont poussée à se tuer.Selena Gomez, à qui on avait pensé au départ pour le rôle principal, fait partie des producteurs, et les deux premiers épisodes ont été réalisés par Tom McCarthy, le cinéaste qui nous a donné le film Spotlight.La série sera sur Netflix le 31 mars.\u2013 Chantal Guy Sur Netflix FILM BIOGRAPHIQUE The Most Hated Woman in America De Tommy O\u2019Haver.Avec Melissa Leo, Peter Fonda, Sally Kirkland.Ce film, inspiré d\u2019une histoire vraie, raconte la vie d\u2019une femme peu banale, Madalyne Murray O\u2019Hair, une militante athée qui est allée jusqu\u2019en Cour suprême afin de faire interdire la lecture obligatoire de la Bible à l\u2019école.La dame a fondé le mouvement American Atheists et même un magazine sur ce sujet.Le film raconte son combat, mais aussi sa triste fin, puisque dans les années 90, elle a été kidnappée et assassinée avec deux autres membres de sa famille.\u2013 Chantal Guy Sur Netflix Révélée au monde grâce à la série Borgen, Sidse Babett Knudsen s\u2019est retrouvée à incarner, sous la direction d\u2019Emmanuelle Bercot, une pneumologue bretonne qui, seule, s\u2019est battue contre tout l\u2019establishment pour faire interdire le Mediator, un médicament nocif, commercialisé pendant 30 ans.Ici, toute ressemblance avec Irène Frachon n\u2019est pas fortuite.MARC-ANDRÉ LUSSIER PARIS Aus s i é t r a nge que c e l a puisse paraître, Sidse Babett Knudsen doit sa présence dans La f i l l e de Bre s t à .Catherine Deneuve ! Un peu après La tête haute, le film pré- cédent d\u2019Emmanuelle Bercot dans lequel jouait la vedette de Belle de jour, la réalisatrice a fait part de son désarroi à la célèbre actrice.Après quelques années de travail consacrées à porter l\u2019histoire d\u2019Irène Frachon à l\u2019écran, Emmanuelle Bercot ne parvenait toujours pas à trouver la comédienne qui pouvait être en phase avec le personnage.« Quand Cather ine m\u2019a parlé de Sidse, j\u2019étais presque sur le point de tout laisser tomber, confie la cinéaste.Je ne la connaissais même pas, j\u2019avoue.J\u2019ai regardé Borgen, je suis allée la rencontrer à Copenhague et tout s\u2019est fait très vite.Sidse, comme Irène, possède une énergie vitale, colossale.Après, je me fiche complètement du fait qu\u2019elle ne soit pas française, du moment qu\u2019elle maîtrise la langue!» Une carrière internationale Toujours établie dans sa ville natale, l\u2019actrice danoise mène de f ron t une c a r - rière internationale qui se déroule autant aux États-Unis (Westworld , Inferno) qu\u2019en France.L\u2019an dernier, elle a d\u2019ailleurs été la lauréate du César attribué à la meilleure actrice de soutien grâce à L\u2019hermine, film de Christian Vincent dans lequel el le donnait la réplique à Fabrice Luchini.« À l\u2019adolescence, je suis partie du Danemark en voiture avec des amis et nous nous sommes dirigés vers la France, a expliqué Sidse Babett Knudsen lors d\u2019une rencontre tenue il y a deux mois à Paris .J \u2019éta is très attirée par le cinéma français de cette époque, des films comme Diva , 37°2 le matin , Mauvais sang.De la passion pure.C\u2019était aussi une façon d\u2019entrer dans l\u2019âge adulte.Je me suis présentée à une audition sans trop y croire, et on m\u2019a pr ise ! J \u2019a i pu étudier l\u2019art dramatique en France.» Ne vivant pas dans l\u2019Hexagone, l\u2019actrice indique que la maîtrise de la langue de Molière a été pour elle une grande préoccupation lors du tournage de La fille de Brest.D\u2019autant que le débit qu\u2019emprunte la véritable Irène Frachon quand elle parle est très rapide.«Il est déjà difficile de jouer une personne vivante, car la responsabilité de l\u2019acteur est encore plus grande, fait remarquer l\u2019actrice.Même si cette histoire est très connue en France, je n\u2019en avais pas entendu parler.Quand j\u2019ai rencontré I rène, je lui a i demandé de me la raconter, tout simplement, à sa façon.J\u2019ai été complètement subjuguée.Irène peut parler de choses graves avec légèreté.Elle est drôle et tout à fait charmante.À mes yeux, elle est une véritable héroïne.J\u2019ai voulu être dans sa peau!» Inspiré du livre qu\u2019Irène Frachon a publié il y a quelques années, intitulé Mediator 150 mg, combien de morts ?, le scénario s\u2019attarde à l\u2019affaire judiciaire, bien sûr, mais se concentre surtout sur une femme qui doit mener seule un combat inégal contre des corporations afin de faire éclater la vérité.La forte personnalité d\u2019Irène a permis aux artisans de transformer cette histoire en vrai film de cinéma.«Avec Emmanuelle, il fallait aussi se poser la question, rappelle Sidse Babett Knudsen.Qu\u2019est-ce que nous pouvons apporter de plus?Cette femme exceptionnelle s\u2019exprime déjà magnifiquement à la télé, elle accorde des interviews, bref, elle est déjà très connue des Français.Il fallait trouver un moyen de rendre son histoire universelle, parce que ça indique à quel point les citoyens peuvent avoir du pouvoir quand ils se mobilisent.On a besoin de ce genre d\u2019histoires présentement.» Un personnage de cinéma De son côté, Emmanuelle Bercot, fille de chirurgien cardiaque, précise qu\u2019au départ, la proposition que lui ont faite les productrices du film ne l\u2019enthousiasmait guère.La rencontre avec Irène Frachon a tout fait basculer.« J\u2019ai vu en Irène un vrai personnage de cinéma, explique la cinéaste.Si Irène était une scientifique tirée à quatre épingles, je n\u2019aurais jamais fait ce film.C\u2019est grâce au personnage et à ce tempérament haut en couleur qu\u2019on a envie de voir de quoi il en retourne.Quand on dit d\u2019Irène qu\u2019elle est la Erin Brockovich française, je vois le rapprochement.Les deux femmes se sont battues toutes seules et n\u2019ont que faire des conventions.Irène s\u2019est transformée en machine de guerre.Rien ne prédisposait pourtant cette petite pneumologue de province, mère de quatre enfants, à devenir une lanceuse d\u2019alerte emblématique en France.» Au-delà du cinéma, La fille de Brest aurait assurément pu susciter une discussion plus large sur le plan social, notamment à propos des lob- bys de toutes natures et de la puissance des corporations.«Cette discussion aurait été souhaitable, mais elle n\u2019a pas vraiment eu lieu, reconnaît la réalisatrice.Pour cela, il aurait fallu que le film devienne un phénomène de cinéma.Cela dit, Irène est très heureuse de l\u2019existence de La fille de Brest.Parce qu\u2019un long métrage aura toujours plus d\u2019impact qu\u2019un livre, ne serait-ce que grâce au nombre de gens qui le voient.Le récit qu\u2019elle a publié était d\u2019ailleurs plus technique que divertissant.Je voulais que le film soit accessible au grand public , qu\u2019il emprunte la forme d\u2019un thriller.» La fille de Brest prendra l\u2019affiche le 31 mars.Les frais de voyage ont été payés par Unifrance.SIDSE BABETT KNUDSEN / La fille de Brest Une Erin Brockovich française.Ou presque.PHOTO FOURNIE PAR AZ FILMS Sidse Babett Knudsen incarne une pneumologue bretonne qui s\u2019est battue contre tout l\u2019establishment pour faire interdire un médicament dans La fille de Brest, d\u2019Emmanuelle Bercot.« Si Irène [Frachon] était une scientifique tirée à quatre épingles, je n\u2019aurais jamais fait ce film.C\u2019est grâce au personnage et à ce tempérament haut en couleur qu\u2019on a envie de voir de quoi il en retourne.» \u2014 Emmanuelle Bercot l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 2 5 M A R S 2 0 1 7 14 A R T S ARTS CINÉMA Dans L\u2019économie du couple, Bérénice Bejo et Cédric Kahn incarnent Marie et Boris.Ils forment un couple qui, après 15 ans de vie commune, se sépare.Les circonstances font toutefois en sorte que les anciens époux cohabitent dans la même maison avec leurs enfants.Pour le réalisateur d\u2019Élève libre et d\u2019À perdre la raison, ce drame intime le ramène à sa propre histoire.Et à son désir de faire du cinéma.MARC-ANDRÉ LUSSIER PARIS Pourquoi ce désir de parler du couple aujourd\u2019hui ?En élaborant ce film, je me suis rendu compte qu\u2019il me rejoignait beaucoup plus que je ne l\u2019imaginais.Parce qu\u2019il me ramène personnellement à ma décision de devenir cinéaste.Ce fut très précis le jour où \u2013 j\u2019avais 20 ans \u2013 nous discutions, ma mère, mon frère et moi, de notre vie familiale à l\u2019époque où nous étions enfants.Mes parents se sont séparés quand j\u2019avais 8 ans, mais nous en avons très peu parlé à la maison.Or, Kramer vs.Kramer est passé à la télé au mêmemoment et c\u2019est là que je me suis rendu compte à quel point ce film nous avait permis d\u2019évoquer enfin la situation, sans faire directement écho à la nôtre.Et voilà que 20 ans après ce souvenir, je me retrouve à faire un film au centre duquel un couple se disloque.Était-ce aussi dû au fait qu\u2019après Les chevaliers blancs, production ambitieuse qui n\u2019a jamais trouvé le chemin des salles au Québec, vous aviez envie de revenir au drame intimiste, qui a fait la force de votre cinéma jusqu\u2019à maintenant?Étant un très grand admirateur de Who\u2019s Afraid of Virginia Woolf?, j\u2019avais depuis longtemps envie de travailler avec des acteurs de la même façon que, j\u2019imagine, Mike Nichols l\u2019a fait avec Elizabeth Taylor et Richard Burton.Je ne compare pas les deux films, bien entendu, mais pour entreprendre ce genre de démarche, il faut un scénario qui s\u2019y prête, un lieu unique comme décor et peu de personnages autour.Il y a aussi que, étant moi-même le jumeau de mon frère, la notion du couple m\u2019intéresse, de façon plus large.Cela dit, on parle dans le film d\u2019une relation conjugale \u2013 la gémellité n\u2019est pas le sujet \u2013, mais vous remarquerez que Marie et Boris sont quand même les parents de jumelles! Y a-t-il des éléments particuliers qui ont inspiré votre écriture?J\u2019ai tout simplement observé ce qui se passe dans la vie des gens autour qui, comme moi, sont maintenant dans la quarantaine.Dans la réalité contemporaine, il y a eu un progrès \u2013 très heureux \u2013 qui fait que des femmes gagnent plus d\u2019argent que leur conjoint.Or, je me suis aperçu que certains hommes ont encore du mal à intégrer cette notion dans leur vie.Pour les femmes qui vivent avec eux, ça complique encore plus les choses.Il y a aussi le fait que certains couples se séparent, mais vivent quand même sous le même toit pour des raisons économiques.Et ça, c\u2019est aussi une nouvelle réalité.L\u2019amour étant un sentiment complètement irrationnel, on tombe parfois dans une logique de défense quand il s\u2019éteint.On veut alors quantifier les choses, récupérer ce qu\u2019on a investi dans le couple, ou se réapproprier ce qu\u2019on pense avoir perdu.Alors on revendique.C\u2019est difficile, ça fait mal.Mais c\u2019est très émouvant.Qu\u2019est-ce qui explique la vitalité du cinéma belge, d\u2019après vous?L\u2019hypothèse principale, rationnelle, est de nature politique.La Belgique soutient son cinéma.Mais vraiment.Depuis les succès des frères Dardenne et de Jaco Van Dormael, les autorités politiques ont compris à quel point le cinéma \u2013 et les arts en général \u2013 est un moyen formidable de faire valoir et rayonner notre culture.Comme il n\u2019y a pour nous aucune obligation de performance, notre proposition est forcément plus libre, plus créative.Attendre des artistes qu\u2019ils plaisent, c\u2019est leur demander d\u2019être autre chose que des artistes.Mais ça, c\u2019est difficile à faire comprendre.Et il n\u2019y aura jamais rien d\u2019acquis sur ce plan.L\u2019économie du couple prendra l\u2019affiche le 31 mars.Les frais de voyage ont été payés par Unifrance.JOACHIM LAFOSSE / L\u2019économie du couple Entre les Kramer et Virginia Woolf PHOTO FOURNIE PAR AXIA FILMS Bérénice Bejo et Cédric Kahn sont les têtes d\u2019affiche de L\u2019économie du couple, un film de Joachim Lafosse.PLAN LARGE MARC-ANDRÉ LUSSIER CE QU\u2019ON SAIT DE CANNES Le délégué général du Festival de Cannes dévoilera le programme officiel du 70e Festival de Cannes seulement le 13 avril, mais les rumeurs vont déjà bon train.Cela dit, à moins d\u2019un grand coup de théâtre, la représentation québécoise s\u2019annonce plutôt discrète cette année.En revanche, des noms d\u2019habitués circulent (Michael Haneke, Abdel Kechiche, Todd Haynes, Arnaud Desplechins, André Téchiné, Leos Carax, et bien d\u2019autres).Pour l\u2019instant, on sait que Pedro Almodóvar présidera le jury des longs métrages en compétition, que le cinéaste roumain Cristian Mungiu (Palme d\u2019or 2007 grâce à 4 mois, 3 semaines, 2 jours) en fera de même du côté des courts et de la Cinéfondation, et que le réalisateur brésilien Kleber Mendonça Filho (Aquarius) sera à la tête du jury de la 56e Semaine de la critique.Par ailleurs, Werner Herzog recevra le Carrosse d\u2019or, prix hommage attribué à la Quinzaine des réalisateurs.Et puis, Monica Bellucci aura l\u2019honneur de mener les cérémonies d\u2019ouverture et de remise des prix.Le 70e Festival de Cannes se tiendra du 17 au 28 mai.LES SORTIES DU 31 MARS The Boss Baby de Hendel Butoy et Tom McGrath L\u2019économie du couple de Joachim Lafosse La fille de Brest d\u2019Emmanuelle Bercot Ghost in the Shell de Rupert Sanders Noces de Stephan Streker The Zookeeper\u2019s Wife (La femme du gardien de zoo) de Niki Caro LES MAUVAISES HERBES ET PARFAITES S\u2019EN VONT EN FRANCE Après 1 :54, deux autres films québécois auront bientôt l\u2019occasion de se faire valoir auprès du public français.Gilles Renaud et Louis Bélanger assurent d\u2019ailleurs actuellement la promotion du film Les mauvaises herbes outre-Atlantique.Distribuée par Happiness Distribution, la même société qui s\u2019est chargée de la sortie là-bas de Guibord s\u2019en va-t-en guerre (Philippe Falardeau) et de Rebelle (Kim Nguyen), la comédie dramatique de Louis Bélanger prendra l\u2019affiche en France le 5 avril.Par ailleurs, le documentaire Parfaites, de Jérémie Battaglia, effectue une tournée d\u2019une quarantaine de villes dans l\u2019Hexagone et a aussi droit à une sortie en salles le 5 avril.En plus du circuit habituel, le distributeur m2 Distributions mise aussi sur des projections organisées en partenariat avec des associations sportives de club de nage synchronisée.QUI A DIT?«Je sais que mes jours sont comptés.» PHOTOCASEY CURRY/ INVISION/AP PHOTOGABRIEL BOUYS, AFP \u2013 Michael Caine, âgé de 84 ans, a déclaré à The Sun vouloir tout faire pour voir grandir ses petits-enfants.Going in Style, son 163e film, prendra l\u2019affiche le 7 avril.Monica Bellucci Q R BÉRÉNICE BEJO, LA BRUTALITÉ DES SENTIMENTS Dans Le passé, le film qu\u2019Asghar Farhadi a tourné en France (et qui a valu à Bérénice Bejo un prix d\u2019interprétation au Festival de Cannes), l\u2019actrice prêtait ses traits à Marie, femme qui voulait officialiser le divorce avec un mari iranien, retourné vivre à Téhéran.Dans L\u2019économie du couple, l\u2019actrice incarne une autre Marie, beaucoup plus impétueuse, prise à devoir vivre, même séparée, sous le même toit qu\u2019un mari plus fragile qu\u2019elle financièrement.«Je ne vous cacherai pas avoir hésité un moment avant d\u2019accepter la proposition de Joachim, a expliqué l\u2019actrice récemment lors d\u2019une rencontre tenue à Paris.Il est vrai que le sujet s\u2019apparente à celui du Passé, mais l\u2019histoire est racontée \u2013 et filmée \u2013 de façon complètement différente.En fait, les deux personnages sont à l\u2019opposé l\u2019un de l\u2019autre.La Marie du Passé restait silencieuse et vivait tout son drame intérieurement.L\u2019autre Marie, celle de L\u2019économie du couple, exprime tout, au contraire.Elle ne cache rien de ses frustrations et de sa colère.Joachim privilégie aussi un style plus réaliste.Il y a quelque chose de plus brut, de plus cru dans son approche.Je n\u2019avais encore jamais eu l\u2019occasion de jouer un personnage comme celui-là.» \u2014Marc-André Lussier l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 2 5 M A R S 2 0 1 7 A R T S 15 ARTS POUROUCONTRE CHAQUE SEMAINE, UN INVITÉ DE LA PRESSE SE POSITIONNE SUR DES SUJETS QUI MARQUENT SON ACTUALITÉ.POUR CONTRE PHOTO IVANOH DEMERS, LA PRESSE Louis T Le centre en politique « Je suis moi-même de centre, mais pas pour un centre immobile.Le centre a mauvaise presse depuis que la gauche et la droite tirent chacune de leur côté.Le centre peut trouver des terrains d\u2019entente.Je suis profondément nuancé comme personne.J\u2019ai tendance à tout ramener vers le milieu.Quand chacun détruit ce que l\u2019autre a fait avant, on n\u2019avance pas.» Le retour de la charte des valeurs « Tout à fait contre.Le côté identitaire me fait peur.Je comprends les peurs des gens, mais je le déplore.Il y a une impression de marasme économique, alors les gens veulent qu\u2019on leur parle d\u2019immigration.Mon côté rationnel ne s\u2019explique pas ça.Je suis contre cette démagogie identitaire.» L\u2019humour trash « Mais ça ne devrait pas être mis dans les mains et les oreilles de n\u2019importe qui.J\u2019ai un plaisir coupable à comprendre le deuxième ou troisième degré.L\u2019idée, c\u2019est que si tu penses que la personne avec qui tu parles ne comprendra pas, tu ne devrais peut-être pas lui dire.» Éric Duhaime « Je suis contre ses méthodes.Je ne trouve pas que c\u2019est une façon de faire avancer les choses, ces polémistes qui font de la cote d\u2019écoute sur le dos de sujets graves.Je l\u2019ai déjà rencontré et ne suis pas contre l\u2019individu.Je l\u2019ai même invité à mon spectacle.» L\u2019objectivité journalistique « Je suis vraiment 100 % en faveur.Ça fait défaut ces temps-ci.Il faut clarifier le flou entre journaliste, chroniqueur et éditorialiste, flou cultivé par les médias eux-mêmes qui finissent pas en payer le prix.» Les humoristes touche-à-tout « Les humoristes sont d\u2019excellents communicateurs.C\u2019est leur talent, mais il faut les embaucher pour les bonnes choses.Pas pour n\u2019importe quoi.Ils doivent faire du bon travail de communicateur comme tout le monde.Je peux comprendre qu\u2019on les engage.» L\u2019homme du juste milieu On l\u2019a entendu à la radio et vu dans des galas, à la télé ou sur le web, Louis T est prêt pour son premier spectacle solo.À Québec, le 22 mars, et à Montréal, le 29, il fera rire au centre.Politique, sans être partisan.Un créneau humoristique unique, au juste milieu.\u2013 Mario Cloutier Louis T présente son spectacle Objectivement parlant du 28 mars au 8 avril à la 5e Salle de la Place des Arts.l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l l 16 A R T S L A P R E S S E M O N T R É A L S A M E D I 2 5 M A R S 2 0 1 7 "]
de

Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.

Lien de téléchargement:

Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.