La presse, 17 décembre 2016, Sports
[" A M E D I 17 DÉCEMBRE 2016 -rf, * \u2019'¦.PV, SKI ALPIN ERIK GUAY CONFIRME SON RETOUR EN FORCE PAGE 4 www.lapresse.ca/sports LA PRESSE MONTRÉ LA PRESSE PHILIPPE CANTIN LE MONOPOLE DU CANADIEN PAGE 2 LE CANADIEN CHARLIE LINDGREN, GARDIEN PORTEUR D\u2019ESPOIR PAGE 3 SPORT Erik Guay PHOTO ALBERTO PIZZOLI, AGENCE FRANCE-PRESSE K\tW, pensais invinci Dino Masanotti J 4L f 11\t^ Le coach qui est £ mort deux fois En un instant, la vie de Dino Masanotti a basculé lors d\u2019un match de hockey amical.Aujourd\u2019hui, ce coach de carrière, qui a passé sa vie sur la glace, revit grâce à ce qui a bien failli le tuer: le hockey.RICHARD LABBÉ Au hockey, et aussi dans tous les sports, pour être bien honnête, le mot «guerrier» est souvent balancé à gauche et à droite, de manière un peu trop facile, presque désinvolte, dans toutes les situations possibles.Un gardien qui revient d'une blessure à un genou, par exemple, est tout de suite un guerrier.Un attaquant qui joue malgré une épaule en compote est un guerrier.Le mot est devenu un terme fourre-tout, presque sans signification, qui est passé dans la catégorie des clichés sportifs.Et pourtant, il y a des histoires qui nous ramènent à l'essence même de ce mot.Des histoires comme celle-ci, qui concerne un homme, un coach, qui ne devrait même plus parler à l'heure qu'il est, même plus marcher non plus.À bien y penser, cet homme-là ne devrait probablement plus être en vie.Mais il est encore là, bien solide et bien en verve, capable de tout raconter, ou presque, à propos de cette journée dramatique où il est mort deux fois.11 se souvient de la date, du lieu précis, il se souvient de qui était là.11 n'a pas oublié cette chambre d'hôpital, un peu plus tard, où on lui a fait comprendre sans délicatesse que les probabilités ne jouaient pas en sa faveur.«Ils m'ont dit que j'allais être légume», explique-t-il dans son langage coloré.11 y a eu le malaise.La chute dans le vestiaire de l'aréna.Le transport en catastrophe en direction d'un premier hôpital, et un deuxième.11 y a eu une mort clinique, puis une autre.Et il y a eu ce coma, ce long coma de 10 jours, au cours duquel on a fait comprendre aux membres de sa famille que ça ne servait plus à rien de le garder en vie.N'ayons pas peur des mots : Dino Masanotti est un guerrier.« Le hockey, ç'a été toute ma vie, com-mence-t-il par expliquer.C'est fou, mais j'ai passé ma vie là-dedans, dans ce monde-là.C'est tout ce que je connais.» Dino Masanotti est bien installé dans les gradins de l'aréna Jacques-Lemaire, à LaSalle.Ce n'est pas un hasard s'il nous reçoit ici pour raconter son histoire, car c'est là que son histoire a bien failli se conclure il y a moins d'un an.« J'ai été entraîneur pas mal toute ma vie, commence-t-il par expliquer.Au niveau collégial et au cégep de Saint-Laurent, au début des années 90.J'ai passé quatre ans ensuite comme entraîneur-adjoint en Suisse, avec le club de Sierre, le même que Jacques Lemaire.J'ai été entraîneur dans le junior AAA, j'ai été l'entraîneur du Titan d'Acadie-Bathurst [LH JMQ] à sa première saison d'existence [1998-1999].J'ai été congédié alors que l'équipe avait une fiche de 10 matchs au-dessus de ,500.C'est correct, les gars ont gagné la Coupe du Président ensuite.» Au fil de toutes ces étapes, cet homme de hockey a fini par tisser des liens solides.Jean Perron, le coach de la Coupe Stanley de 1986 avec le Canadien, est un ami.Martin Raymond, sous qui il a jadis été assistant chez les Redmen de McGill, est un ami aussi, tout comme Guy Boucher, l'entraîneur des Sénateurs d'Ottawa, qu'il a autrefois dirigé à Saint-Laurent.En plus des heures qu'il n'a jamais comptées à l'aréna, Dino Masanotti a toujours été du genre à jongler avec une foule de projets en même temps.Justement, avant le terrible accident, il donnait des conférences, où il aimait expliquer, entre autres, combien le hockey lui avait sauvé la vie après quelques épreuves personnelles.« Je pensais que j'étais invincible.J'en faisais beaucoup : j'avais ma compagnie, je coachais, je jouais dans ma ligue de garage avec mes amis.À un moment donné, faut que tu fasses attention.J'en faisais trop.Ce qui m'est arrivé, je ne veux pas dire que c'est juste à cause de ça, mais tout ce que j'ai vécu dans ma vie, c'est des situations de stress.Mon père est décédé d'une crise cardiaque à 54 ans, et moi aussi, j'ai 54 ans.» Autre détail de l'histoire à ne point négliger: dans son jeune temps, Dino Masanotti a été joueur lui aussi.C'était une autre époque, quand les coups à la tête n'étaient pas pris avec le sérieux d'aujourd'hui.11 ne sait d'ailleurs pas le nombre de commotions cérébrales qu'il a pu subir dans sa jeunesse.Dix, quinze, peut-être vingt?«Toutes les commotions cérébrales que j'ai subies dans le temps où je jouais, ça n'a pas aidé.Je ne sais plus le nombre, mais je peux dire que j'en ai eu au moins trois majeures.J'y ai goûté pas mal.» Le 9 février, à l'heure du dîner, tout ça a basculé.Les conférences, les projets, la ligue de garage, tout.La veille, Dino Masanotti avait eu un important mal de tête, mais rien de bien spécial.En tout cas, pas assez pour aller aux urgences, comme le lui avait suggéré sa conjointe.Voir COACH en page 5 Dino Masanotti PHOTO MARTIN LEBLANC, LA PRESSE Voici ie cadeau idéal à offri'' a quelqu\u2019un oui atout, ,u presque.19.01.2017 AU PALAIS DES CONGRÈS DE MONTRÉAL iNT-PREMIÈRE NÉFICE mm DE MONTREAL Présentée par : CORPORATION dss concession nslrBS\tPalais des congrès d'automobiles do Montréal de Montréal Au profit de six (6) fondations hospitalières du Grand Montréal ACHETEZ VOS BILLETS salonautomontreal.com SPORTS LA PRESSE MONTRÉAL SAMEDI 17 DÉCEMBRE 2016 llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll SPORTS HOCKEY Le monopole du Canadien PHILIPPE CANTIN CHRONIQUE PHOTO MATHIEU WADDELL, LA PRESSE Mars 2016 : Carey Price s\u2019adresse aux médias pour la première fois depuis plusieurs semaines après sa blessure.Le chiffre est renversant.Selon le rapport annuel d'influence Communication, 72 % des enjeux sportifs traités dans les médias québécois en 2016 ont concerné le Canadien.11 est vrai que les rebondissements n'ont pas manqué au Centre Bell: déroute hivernale, échange de P.K.Subban, débats à propos de Max Pacioretty.Les controverses, c'est bien connu, alimentent l'actualité.Mais quand même: 72 % ! Cette domination ne laisse guère de place au reste.En 2016, 72 % des enjeux sportifs traités dans les médias québécois ont concerné le Canadien.Ainsi, l'Impact, malgré un superbe parcours éliminatoire et le feuilleton Didier Drogba, atteint un «poids média» d'à peine 8%.Les Alouettes?Moins de 1%.Bonne chance au nouveau président, Patrick Boivin, chargé de remettre l'organisation sur les rails.Sa tâche est énorme.Au-delà de la passion historique des Québécois pour le Canadien, un autre phénomène explique ce raz-de-marée: le monopole dont profite l'organisation dans le sport professionnel majeur.Oui, les Alouettes et l'Impact sont là, mais la Ligue canadienne de football (LCF) et la Major League Soccer (MLS) n'ont pas le retentissement de la LNH ou du baseball majeur.Leur réalité économique, un instrument clé pour mesurer leur popularité, est à des années-lumière de celle de ces deux grands circuits.Cela dit, l'emprise du Canadien sur notre environnement médiatique n'a pas toujours été aussi forte.De 1980 à 1995, le portrait était différent.D'abord, les Nordiques rayonnaient aux quatre coins du Québec.Des exploits des frères Stastny à l'affaire Lindros, des changements d'entraîneur au débat concernant l'avenir de l'équipe, la vie mouvementée des Bleus suscitait un vif intérêt partout dans la province.Dans la capitale nationale, les médias consacraient l'essentiel de leurs énergies «sportives» à couvrir les Nordiques.Aujourd'hui, comme à Montréal, ils parlent à fond du CH.C'est un changement majeur par rapport à la réalité d'il y a 25 ans.Ensuite, les Expos occupaient aussi une place essentielle sur notre scène sportive.Tim Raines, Gary Carter, et Pedro Martinez étaient d'authentiques héros.Le gérant Felipe Alou profitait d'une cote de popularité exceptionnelle.Mais l'agonie des Z'Amours, triste affaire s'étant étirée sur plusieurs années, a brisé leurs liens avec le public.Après leur départ en 2004, une partie des nombreux reportages consacrés aux Expos a été reportée sur le CH, remplissant ainsi la marmite jusqu'au point de débordement.Résultat, la composition du quatrième trio ou le choix du cinquième défenseur génère aujourd'hui un intérêt absurde.D'où ce fameux 72%.Oui, les Québécois adorent le Canadien.Mais le monopole dont jouit l'équipe est un facteur clé de l'équation.Le retour des Nordiques diminuerait le poids média du Canadien.Une partie des ressources serait transférée vers la couverture des Bleus.Les émissions de télé et de radio traitant de hockey accorderaient une large place à l'équipe.Dans l'est du Québec, le changement serait majeur.Peut-on encore croire à ce scénario après le coup de poing de juin dernier, lorsque la LNH a choisi Las Vegas comme seule équipe de l'expansion?Selon Brian Mulroney, oui.Dans une entrevue accordée à Paul Arcand du 98,5 FM la semaine dernière, le président du conseil d'administration de Québécor a estimé que les Bleus reviendraient, même s'il était incapable de préciser le moment de ce retour.Il a ajouté cette information intéressante : « On est toujours à l'œuvre avec la Ligue nationale, on essaie de faire du progrès régulièrement avec des meetings et des communications.» La phrase est significative.Elle illustre que les discussions entre Québécor et la LNH se poursuivent dans ce dossier.Rappelons-nous : Winnipeg a retrouvé ses Jets sept ans après la construction de son nouvel amphithéâtre.Le Centre Vidéotron constitue d'ailleurs un atout essentiel dans la recherche d'un club de la LNH.Les plus cyniques soutiennent que 365 millions, c'est cher payé pour un amphithéâtre dont l'utilisateur principal est une équipe junior.Ce raisonnement me semble à courte vue.Notre capitale avait besoin d'un amphithéâtre moderne, capable d'accueillir des spectacles de tous genres.Quiconque a assisté à un événement dans l'ancien Colisée lors de ses dernières années de vie utile le réalise bien.Et sans le Centre Vidéotron, les chances de retour des Nordiques seraient milles.Bien sûr, la valeur du huard demeure un problème de taille.Mais lorsque Paul Arcand lui a posé la question, Brian Mulroney a simplement répondu que la renaissance des Bleus «plairait énormément au conseil de Québécor et à la compagnie ».Je le répète: si on a le désir d'exploiter un club professionnel majeur au Canada, il faut composer avec les variations du taux de change.Cela ne risque pas de changer.L'arrivée des Expos 2.0 diversifierait aussi la couverture sportive.Si le commissaire du baseball Rob Manfred ne cache pas son intérêt envers Montréal, de nombreuses questions demeurent en suspens : qui seraient les actionnaires?Comment serait financé le stade?De quel ordre seraient les revenus locaux de télévision?Les investisseurs québécois seraient-ils majoritaires ou agiraient-ils en appui à un groupe américain?Malgré l'optimisme affiché par Stephen Bronfman dans une récente entrevue au journal Les Affaires, les zones d'ombre demeurent nombreuses.Beaucoup d'amateurs regrettent que le sport professionnel majeur prenne tant de place dans les médias.Ils souhaiteraient, avec raison, qu'on parle davantage de nos athlètes olympiques, de tennis, de ski.Malgré la domination du CH, j'estime que la couverture du sport s'est beaucoup diversifiée au fil des années.Mais les équipes professionnelles occuperont toujours le haut du pavé.Pour des raisons de proximité (elles disputent la moitié de leurs matchs à domicile plutôt que de se produire aux quatre coins du monde) et de trame dramatique (leur parcours ressemble à une télé-série où des rebondissements surviennent chaque jour).Le 72 % est là pour rester.Reste à savoir si le CH le partagera de nouveau avec les Nordiques et les Expos.
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