La presse, 29 octobre 2016, Arts - Cinéma
[" www.lapresse.ca/arts MONTRÉAL SAMEDI 29 OCTOBRE 2016 LA PRESSE DOCTOR STRANGE TILDA SWINTON, LA MAGICIENNE PAGE 11 SOLANGE ET LES VIVANTS INA TE PARLE DE.PAGE 12 ARTS GRANDE ENTREVUE NATHALIE PETROWSKI RENCONTRE MARIANA MAZZA PAGE 3 A\u2014-* ' Debbie Lynch- White wsm Valérie Daure Laurence Lafond- Beaulne - \u2022 T Fanny Bloom ' Camille Poliquin \t LES 20 ANS DES SPICE GIRLS LE POUVOIR DES FILLES En 1996, cinq filles à l energie débordante faisaient irruption sur la scène musicale planétaire à coups de girl power et de « zig-a-zig-ah ».La British Invasion en souliers plateformes des Spice Girls a conquis des millions de petites filles et d\u2019adolescentes.Vingt ans plus tard, six chanteuses bien de leur temps se souviennent des «filles épicées» et des idées féministes quelles ont propagées.UN DOSSIER DE MARIE BERNIER EN PAGES 6 ET 7 PHOTO MARCO CAMPANOZZI, LA PRESSE Ève-Marie Dalcourt, diplômée 2016 Embauchée par Nederlands Dans Theater 2 Mon métier: DANSER L'ECOLE SUPÉRIEURE DE Cohen Aitchison-Dugas, diplômé 2016 Embauché par Ballet Zurich BALLET DU QUEBEC Auditions 19 février 2017 Inscrivez-vous www.esbq.ca | 514 849-4929 ARTS LE POUVOIR DES FILLES LA PRESSE MONTRÉAL SAMEDI 29 OCTOBRE 2016 KIM LÉVESQUE-LIZOTTE Filles d\u2019aujourd\u2019hui « ^ PHOTO MARTIN CHAMBERLAND, LA PRESSE « On a accepté l\u2019inacceptable en tant que société.Des propos hargneux, violents, tu risques d\u2019en recevoir, que tu dénonces une agression ou que tu fasses une pub de savon », estime Kim Lévesque-Lizotte.Les aspirations de toute une génération de filles à qui on avait brandi le girl power subissent l\u2019épreuve du réel, dans l\u2019actualité comme dans la fiction des Simone.Son auteure, Kim Lévesque-Lizotte, revient sur son projet et sur ce qui échauffe les esprits en ce moment.CHANTAL GUY Nous l'avons rencontrée en septembre, pour la rentrée télé, alors qu'elle allait présenter sa première série, Les Simone.Elle était apparue au café, grande, élancée, avec ses yeux d'un bleu presque métallique.Elle avait le trac - et c'est bien normal quand on est sur le point d'offrir à la critique et aux téléspectateurs un univers qu'on a créé.Pour avoir lu ses chroniques dans Urbania ou l'avoir entendue à l'émission Selon l'opinion comique, on savait que Kim Lévesque-Lizotte ne craignait pas de prendre la parole.Ce qu'elle a fait pendant deux heures, en s'excusant de partir dans tous les sens.« J'aimerais qu'on porte un regard plus tendre sur ma génération», nous avait-elle alors confié.Cette génération qu'on dit gâtée, égocentrique et qui patauge dans les ruines des promesses non tenues de progrès social.11 y a forcément un peu de tendresse à l'œuvre, puisque la critique a été positive et que plus de 930 000 téléspectateurs suivent chaque semaine la crise identitaire et les contradictions de Maxim (Anne-Élisabeth Bossé), Laurence (Rachel Graton) et Nikki (Marie-Eve Perron).Après sept épisodes, l'auteure semble comblée.«Je reçois des centaines de messages par semaine, des témoignages de gens qui aiment la série, de femmes qui se reconnaissent, de pères qui reconnaissent leur fille, de gars qui me demandent quoi faire parce que leur blonde leur a fait un \"Maxim\".Bien sûr que j'ai aussi vu passer des critiques, des tweets de gens qui ne se reconnaissent pas, qui sont choqués, qui émettent des bémols ou qui détestent la série, tout simplement.Ils en ont le droit.Pour l'instant, les critiques positives me donnent la force d'affronter les gens qui expriment leurs réserves ou leur mépris.» Le malaise féminin Certains peuvent se demander ce qu'il y a de plus à dire après Sex and the City ou Girls.Encore une bande de filles qui se cherchent?Kim rappelle que le « malaise masculin » a eu une place de choix à la télé québécoise, avec des séries comme Minuit, le soir ou Les Invincibles - qu'elle a par ailleurs beaucoup aimées.Les Simone, c'est un peu ce qu'on cache derrière l'enthousiasme du girl power, le malaise au féminin d'une génération qui découvre brutalement que les promesses d'égalité homme-femme n'ont pas été tenues, même s'ils sont nombreux à affirmer le contraire.Si la révolution avait bel et bien eu lieu, on n'aurait pas des manifs contre la culture du viol.Et Kim a son mot à dire sur les retombées du cas d'Alice Paquet, cette jeune femme qui a accusé le député Gerry Sklavounos de l'avoir agressée sexuellement.«Alors que je me réjouissais de ne pas trop semer la controverse avec ma série, j'ai osé faire un billet sur \"les joies de la dénonciation\" à Gravel le matin.Ça m'a replongée dans cette bonne vieille haine des réseaux sociaux, raconte-t-elle.Le message est clair: si vous dénoncez ou si vous défendez les gens qui dénoncent, attachez votre tuque avec de la broche.« Le problème, c'est que tout ce cirque me donne envie de me taire.Et si ça me fait taire, moi, je ne veux même pas imaginer à quel point ça donne envie aux vraies victimes de violence sexuelle de se taire», affirme Kim Lévesque-Lizotte.La violence sur les réseaux sociaux est un vrai problème, selon elle.Tout le monde y participe, et les femmes en font plus les frais.« On a accepté l'inacceptable en tant que société.Des propos hargneux, violents, tu risques d'en recevoir, que tu dénonces une agression ou que tu fasses une pub de savon.J'ai essayé de sensibiliser [le public] par quelques chroniques, Pénélope McQuade a \"levé le flag\", Andie Duquette a touché plein de gens avec un segment à Vlog, mais on reste des exceptions, alors qu'on en est tous victimes.Et, quand on dénonce [des propos violents], on a peur que ça amplifie la violence à notre égard ou d'avoir l'air de se victimiser et de chercher à se faire du capital de sympathie.Ça prendra de la volonté politique, une responsabilisation de la population, et d'être capable d'admettre réellement la gravité de la situation.» Paradoxes Les Simone, c'est aussi le paradoxal déchirement entre l'envie de correspondre à de vieux conditionnements -sur la beauté, l'amour - et le désir de s'en libérer.Kim veut aussi défaire les mythes entourant l'amitié et la solidarité, grands piliers des séries dites « de filles ».« Parce que ce n'est pas vrai que tu as toujours ta bande d'amies qui débarque dans ton appartement quand tu vas mal.11 y a beaucoup de solitude chez les filles de mon âge.» Avant la sortie de sa série, Kim nous disait à quel point elle trouvait aliénante cette obsession de la perfection sur fnstagram - « On a critiqué la Power Woman des années 80 et on est deux fois pires » -ainsi que cette tendance à « ploguer » plein de produits de mode.Puis est arrivé un concours de magasinage en marge du lancement des Simone qui a fait râler beaucoup de femmes.On évoque Simone de Beauvoir (qui a inspiré le titre de la série) et on propose encore des fringues et du maquillage ?« Les gens doivent comprendre que je suis auteure, note-t-elle.J'ai la chance d'avoir la liberté d'écrire mes histoires, de les assumer et de les défendre.Mais les décisions et les campagnes de promotion ne font pas partie de ma liste de tâches et, comme j'apprécie la liberté qu'on me donne dans mon travail, j'essaie de ne pas m'ingérer dans le travail des autres.Je suis heureuse que la campagne ait été retirée rapidement.J'étais en pleine semaine de promotion et je trouvais difficile d'être associée à une polémique plutôt que de parler de ma série.» Bref, on n'invoque pas Simone de Beauvoir sans conséquences, même si c'est seulement un clin d'œil.Voilà peut-être pourquoi Kim Lévesque-Lizotte planche en ce moment sur une deuxième saison, car il reste, finalement, beaucoup de choses à dire sur le sujet.Les Simone à ici Radio-Canada télé, les mercredis, 21h30 FESTIVAL DE FILMS FRANCOPHONES FILM FESTIVAL SUBTITLED IN ENGLISH CINEMANIA 3-13 N0V 2016 festivalcinemania.com AIR CANADA S O F I T E L HOTELS & RESORTS MONTRÉAL LE CARRÉ DORÉ S?.RBC Égalité hommes-femmes dans l\u2019industrie du cinéma La formule suédoise NATHALIE COLLARD La grande majorité des films produits au Québec sont réalisés par des hommes.Que faire pour atteindre l'égalité hommes-femmes?La Suède croit avoir trouvé la solution.Invitée par la SODEC et Téléfilm Canada à s'adresser aux membres de l'industrie, la directrice générale de l'Institut suédois du film, Anna Serner, a présenté cinq solutions inspirantes.1-\tSuivre largent à la trace Anna Serner croit qu'il faut exercer un suivi plus serré du financement public des films.Ainsi, en Suède, depuis 2000, la proportion des films réalisés par des femmes qui ont reçu un financement public est passée de 19 % à 44 %.Le financement des films scénarisés par des femmes a également augmenté, passant de 26% à 46 %, alors que la proportion de films produits par des femmes a grimpé de 28% à 56%.Ces investissements ont porté leurs fruits: en 2015, sur les sept films qui représentaient la Suède à la Biennale de Berlin, 71% étaient réalisés par des femmes alors qu'ils représentaient 33 % des six films suédois présents à Cannes.Monique Simard, présidente et chef de la direction de la Société de développement des entreprises culturelles (SODEC), envisage de faire la même chose.2-\tEnseigner le leadership aux femmes En Suède, on a mis sur pied un programme qui met en lien une réalisatrice débutante avec une réalisatrice d'expérience.On lui apprend comment mener son projet de A à Z, comment négocier son salaire, comment naviguer dans le monde de la production, etc.Au Québec, il existe un programme de mentorat mis sur pied par Femmes du cinéma, de la télévision et des médias numériques, une association à but non lucratif fondée en 1991.3-\tRendre les femmes visibles «Un des enjeux de l'égalité hommes-femmes est la visibilité des femmes, affirme Anna Serner.On entend souvent dire: il n'y a pas de femmes cinéastes, je n'en connais pas.Il existe désormais un portail des femmes cinéastes originaires des pays nordiques.» Au Québec, la SODEC finance entre autres le site de Réalisatrices équitables, organisme à but non lucratif fondé en 2007 qui fait la promotion de l'égalité homme s-femmes dans le domaine de la réalisation.4-\tEnseigner autrement «Nous sommes allés voir ce qui se passait à l'école afin de comprendre pourquoi, à la fin de leur formation, les garçons sont plus nombreux que les filles à se diriger vers la réalisation, souligne Anna Serner.Nous avons entre autres remarqué que lorsque les filles expriment le souhait de réaliser des films, elles se font dire que c'est un milieu compétitif qui n'est pas compatible avec la vie de famille.» Pour sa part, la SODEC aimerait mettre sur pied une étude qui consisterait à suivre durant trois ans une cohorte d'étudiants en cinéma de l'Université Concordia afin d'observer l'évolution des étudiants et des étudiantes.5-\tRevoir les structures Anna Serner explique qu'elle a revu toutes les structures de l'institut qu'elle dirige (l'équivalent suédois de Téléfilm Canada).L'objectif: identifier les biais invisibles et revoir la notion de qualité en cinéma, une notion subjective qui a nui aux femmes au cours des années.Monique Simard a pour sa part mis en place un plan d'action à la SODEC afin de s'attaquer aux biais invisibles. LA PRESSE MONTRÉAL SAMEDI 29 OCTOBRE 2016 ARTS 3 llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll ARTS LE POUVOIR DES FILLES Une femme en mission La dynamo Mariana Mazza s\u2019apprête à donner quatre représentations (à guichets fermés) de son spectacle Femme ta gueule au Théâtre St-Denis.Notre chroniqueuse Nathalie Petrowski a vu - et adoré - son one woman show et a tenu à rencontrer la jeune humoriste, un an après leur dernière interview.Conversation à bâtons rompus avec une femme forte en gueule, bien qu\u2019un brin assagie.PHOTO OLIVIER JEAN, LA PRESSE Mariana Mazza - cette boule d énergie, d\u2019aplomb et d\u2019intelligence de 26 ans - n\u2019a peut-être pas réponse à toutes ses guestions, mais elle n\u2019a pas à craindre pour la suite des choses, écrit notre chronigueuse.'T' Wz 1 / Tt NATHALIE PETROWSKI J 9 ai rencontré Mariana Mazza l'an passé à pareille date.Elle était en pleine écriture de son premier one woman show, Femme ta gueule, qu'elle a rodé tout l'été.Je me souviens des tatouages stylisés sur ses bras nus, de sa toque de cheveux en tirebouchon et du fait qu'elle parlait vite et fort, disait tout et son contraire et partait dans toutes les directions sans toujours revenir à son point de départ.« Être une femme et prendre la parole sur un stage, laissez-moi vous dire que c'est un estie de gros statement», m'avait-elle balancé avec passion, consciente du poids du geste qu'elle s'apprêtait à faire et qui allait sans doute changer sa vie.À l'époque, je n'étais pas convaincue qu'elle arriverait à monter un spectacle fort et cohérent qui l'imposerait comme une humoriste marquante, peut-être parce que je la trouvais trop éparpillée, trop agitée, trop tout, en fait.J'ai changé d'avis depuis, ayant vu son spectacle et surtout ayant été littéralement renversée par son aplomb sur scène, par sa présence, son charisme et la qualité indéniable de ses propos, à la fois crus, drôles, tranchants et profonds.J'ai retrouvé Mariana cette semaine.Elle m'attendait dans l'entrée de la rédaction, le regard vissé à son téléphone où défilaient les millions de courriels envoyés par des fans qui l'aiment d'amour et par quelques petits farceurs dont elle règle le sort avec un sens de la répartie dévastateur, en spectacle.\u2014 Salut, Mariana, comment tu vas?Question inutile, puisqu'au cours des 10 derniers mois, Mariana a connu un succès aussi étonnant qu'éclatant.Non seulement toutes les salles où elle rodait son spectacle étaient archipleines, mais il a aussi fallu ajouter des supplémentaires un peu partout.À ce jour, elle a déjà vendu plus de 60 000 billets, et ce, même avant sa grande première montréalaise le 9 novembre au St-Denis.Mariana est tellement hot qu'elle a été sollicitée pour tourner dans les suites de deux importantes comédies québécoises - Bon Cop, Bad Cop et De père en flic - avant d'être repêchée par VRAK, par Les pêcheurs et par PaparaGilles sur ARTV.Après une séance de photo qui a duré à peine quelques minutes, nous nous sommes installées sur les tabourets de la mezzanine de la rédaction.Mariana est accompagnée de son attachée de presse qu'elle a consultée régulièrement pour vérifier si elle ne proférait pas trop d'énormités qui la mettraient dans l'embarras.Premier changement : Mariana sait qu'elle parle trop et tâche maintenant de mieux endiguer le flot impétueux de ses paroles.Deuxième changement : elle ne parle plus aussi fort qu'avant et elle écoute.Parfois.Nous voilà maintenant assises l'une en face de l'autre.Je reformule ma question : Q Dis-moi, Mariana, comment gères-tu tout ce succès qui t\u2019est tombé dessus subitement?R Je le gère en consultant ma psy toutes les semaines.Parce que c'est formidable, tout ce qui m'arrive, mais ça vient avec une pression énorme, que je me crée moi-même, évidemment.En parler avec la psy me fait du bien.Je rentre dans nos séances sur le cul et anxieuse et j'en ressors pleine d'énergie, comme si j'étais allée m'entraîner, ce que je fais aussi quatre fois par semaine.QTu consultes, toi?La fille qui n\u2019a peur de rien?Toi, la grande gueule et la baveuse devant l\u2019Eternel?R T'oublies que j'ai juste 26 ans et que c'est pas facile à mon âge de connaître le succès, d'être populaire, de faire de l'argent.Je veux dire, je ne me plains pas: je viens de m'acheter un condo, un char de l'année.Ma vie en ce moment est tellement cool.En même temps, c'est terrifiant.Parce que je veux être à la hauteur et qu'il n'y a pas un soir où je ne rentre pas sur scène en me demandant: «Et si je me cassais la gueule?» En même temps, dès que je mets le pied sur scène, je suis inébranlable.QTu as beaucoup changé depuis l\u2019an passé, non?R Dans ce métier-là, j'ai compris qu'il y avait trois stades.Au premier stade, tu dois te faire remarquer pour que le monde sache que tu existes.Au deuxième stade, tu te retrouves un peu sur la défensive parce que le regard des autres est sur toi et que t'es pas habituée à ça, ce qui explique un peu mon énervement l'an passé.Au troisième stade, t'as pris ta place et tout ce qu'il te reste à faire, c'est de t'y maintenir.C'est là où je suis rendue.J'ai passé la douane.QSi tu étais chanteuse et non humoriste, tu serais qui ou quoi?R Je serais de la bonne pop.Comme Lady Gaga.Excentrique mais accessible.QSur le plan de l\u2019humour, tu me fais penser à une Amy Schumer made in Québec.R J'adore Amy Schumer, Sarah Silverman: toutes ces filles drôles qui dérangent m'inspirent.D'ailleurs, Amy est au Centre Bell le même soir que moi au St-Denis [NDLR: Mariana Mazza donne quatre représentations au St-Denis].La différence, c'est qu'Amy est plus crue, plus « fuck you » que moi, plus rebelle aussi.Amy parle beaucoup des baises de marde qu'elle a vécues.Moi, en bonne Québécoise, je dois lubrifier mes mots et mes blagues avant de les balancer au public.Mon spectacle est classé pour les 16 ans et plus, mais c'est pour éviter les poursuites.En réalité, il y a des ados et des préados de 12-13 ans dans toutes mes salles.Et c'est tant mieux.Pourquoi, tant mieux?R Parce que mon show, c'est pas juste un show d'humour.Y a un propos, une progression, une démarche.Je pense que, parfois, je change la vie des gens ou, du moins, j'ouvre une discussion, sur la masturbation, par exemple.Tout le monde se masturbe, mais pourquoi on n'en parle jamais, hein?Et puis les filles, pourquoi elles se sentent toutes obligées de faire une fellation quand le gars le demande ?Moi, je leur dis qu'elles ont le droit de ne pas aimer ça et de refuser.C'est quoi, cette affaire-là qu'on est obligées?QDans le fond, tu fais de I empowerment, un terme qui n\u2019a pas d\u2019équivalent en français.R Dans un monde idéal, toutes les filles seraient des superwomans.Ce n'est pas toujours le cas, mais je crois que les mots ont le pouvoir de donner du pouvoir.Quand je parle de mes complexes, de mes poils - je suis poilue comme ça ne se peut plus à cause de mon niveau élevé de testostérone -, je sais que ça fait du bien à un paquet de filles qui capotent sur leurs poils ou leur poids.Je ne sauve pas des vies, c'est sûr, mais je sauve des moments.Je sais que les gens arrivent à mon show, certains avec leurs deuils, leurs déceptions ou simplement leur journée de marde, et je sais que je leur fais du bien à l'âme.Q C\u2019est une vraie mission que tu t es donnée?R J'aime le combat et je veux mener mes petits combats à moi.Je sais aussi que je suis bonne et tant pis si on n'a pas le droit de se valoriser, je le fais pareil.Fuck thatshit! Je sais aussi que je vais toujours avoir une carrière, mais est-ce que je vais continuer à surprendre et, surtout, est-ce que je vais vouloir continuer à m'exposer autant que je le fais maintenant?Ça, bien franchement, je ne le sais pas.Mariana consulte son attachée de presse une dernière fois pour s'assurer qu'elle n'a pas dit une autre énormité qui va lui retomber dessus et lui faire de la mauvaise publicité.L'attachée de presse hoche la tête, confirmant que tout ce que Mariana a dit est publiable.Mariana se lève.Je regarde cette boule d'énergie, d'aplomb et d'intelligence de 26 ans s'éloigner, en sachant qu'elle n'a peut-être pas réponse à toutes ses questions, mais qu'elle n'a pas à craindre pour la suite des choses.Au Théâtre St-Denis du 9 au 12 novembre et en tournée dans tout le Québec.marianamazza.com/fr/ À l\u2019époque, je n\u2019étais pas convaincue quelle arriverait à monter un spectacle fort et cohérent qui l\u2019imposerait comme une humoriste marquante.J\u2019ai changé d\u2019avis depuis.nal cast recording to the musicaj >avid Bowie and Enda Walsh (Î 15 ENREGISTREMENTS DE LA MUSIQUE DE DAVID BOWIE De Michael C.Hall, Cristin Milioti, Sophia Anne Caruso et plus Inclut les plus récents enregistrements studio de David Bowie A A RT S LA PRESSE MONTRÉAL SAMEDI 29 OCTOBRE 2016 llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll ARTS LE POUVOIR DES FILLES ELIZABETH PLANK Trump, éveilleur de consciences ORCHESTRE METROPOLITAIN YANNICK NÉZET-SÉGUIN Billets à partir de VENDREDI 4 NOVEMBRE 19 H 30 MAISON SYMPHONIQUE DE MONTREAL Montréal @ fête A ses 10 ans Montréal Mendelssohn : Les couleurs du romantisme OUVERTURE « LA BELLE MÉLUSINE » CONCERTO POUR VIOLON N° 2 SYMPHONIE N° 3 « ÉCOSSAISE » MARC CASSIVI COUP DE GUEULE Sacrée l'une des 30 personnalités de moins de 30 ans les plus prometteuses de la sphère médiatique américaine par le magazine Forbes, la journaliste québécoise Elizabeth Plank, désormais installée à New York, couvre l'élection présidentielle américaine pour le site Vox.com.Discussion avec une féministe phare de la génération Y.QIR Quel est ton bilan de cette drôle de campagne électorale?Ça fait un an et demi que je couvre cette élection, mais j\u2019ai l\u2019impression que ça fait cinq ans.Tous les jours, il y a quelque chose de nouveau.J\u2019ai trouvé ça très exigeant.Le 9 novembre, plusieurs vont avoir besoin d\u2019une thérapie ! [rires] D\u2019un point de vue journalistique, Donald Trump, c\u2019est une bénédiction quotidienne, non?Oui et non.Moi, je ne travaille pas à CNN.Ça ne m\u2019intéresse pas d\u2019analyser une nouvelle citation de Trump tous les jours.J\u2019ai fait une vidéo sur les mensonges de Trump.Ça n\u2019a pas été difficile à faire, sauf qu\u2019on ne savait pas quand s\u2019arrêter! Il en rajoutait tous les jours.Il dit des choses qui sont objectivement racistes et sexistes.Ça devient difficile de couvrir ça de manière « équilibrée » lorsqu\u2019on sent une pression de contrebalancer ses déclarations avec ce qui tourne moins rond dans la campagne de Hillary Clinton.J\u2019ai moi-même été coupable de chercher à trouver un équilibre dans ce déséquilibre.De peur de paraître pro-Hillary Clinton.Les standards ne sont pas les mêmes pour les deux.Il faut que Hillary Clinton ait l\u2019air « présidentielle », alors qu\u2019on demande seulement à Trump de ne pas trop déraper sur les musulmans, les immigrants, les femmes.Il y a deux poids, deux mesures.Trump suscite beaucoup d\u2019indignation.Est-ce qu\u2019on peut s\u2019épuiser dans l\u2019indignation, comme observatrice?Oui ! A plusieurs reprises, j\u2019ai fait des cauchemars à propos de cette élection et de Donald Trump.Ça fait quelques années que je travaille dans les médias comme journaliste «féministe».Je me spécialise Desjardins PARTENA RE PR NC PAL dans l\u2019inégalité entre les sexes et j\u2019ai l\u2019habitude de faire des reportages là-dessus.Mais on est dans une tout autre sphère.Je me console en constatant que Donald Trump a relancé le mouvement féministe.Ce n\u2019était pas son intention, évidemment, mais il incarne parfaitement les stéréotypes et les inégalités qui existent encore en 2016 entre les hommes et les femmes, aux Etats-Unis et ailleurs.Si un La candidature de Donald Trump présente une occasion en or pour le mouvement féministe de mettre en évidence les problèmes qui existent encore dans notre société.Pourquoi le féminisme est si important, pourquoi il faut continuer d\u2019en parler et pourquoi on doit continuer de lutter pour les droits des femmes.Mais il n\u2019a pas seulement aidé le féminisme; il a aussi aidé Hillary On l\u2019a filmée tout de suite après le débat, à 3 h du matin! Les débats ont mis en lumière le vrai Donald Trump.Il a interrompu Hillary Clinton 47 fois dans le premier débat, trois fois plus qu elle ne l\u2019a fait.Il incarne un sexisme qu\u2019on ne voyait plus au grand jour.Ça a vraiment permis aux femmes de s\u2019identifier à Hillary Clinton.C\u2019est plus difficile de ne pas aimer quelqu\u2019un pour qui on ressent de «Avant que Hillary Clinton ne brigue l\u2019investiture démocrate, elle était extrêmement populaire, notamment auprès des jeunes femmes.J\u2019ai assisté à certaines de ses conférences et sa cote d\u2019amour était énorme.Mais dès que la campagne a commencé, les choses ont changé.Des études démontrent que l\u2019on n\u2019aime pas les femmes qui désirent plus de pouvoir.» \u2014 Elizabeth Plank, journaliste à Vox.com * Taxes et frais de service en sus.placedesarts.com l\u2019empathie.Pendant les débats, la plupart des femmes ont pu se mettre dans les souliers de Hillary Clinton.Pourquoi, à ton avis, Hillary Clinton n\u2019a pas su susciter plus d\u2019enthousiasme auprès de l\u2019électorat, féminin en particulier?Il y a plusieurs raisons.Avant que Hillary Clinton ne brigue l\u2019investiture démocrate, elle était extrêmement populaire, notamment auprès des jeunes femmes.J\u2019ai assisté à certaines de ses conférences et sa cote d\u2019amour était énorme.Mais dès que la campagne a commencé, les choses ont changé.Des études démontrent que l\u2019on n\u2019aime pas les femmes qui désirent plus de pouvoir.Sa cote de popularité a aussi film avait été scénarisé par une féministe sur la première femme à devenir présidente des Etats-Unis, le « méchant» misogyne et raciste serait moins caricatural que Donald Trump.J\u2019allais justement te demander si, ironiquement, Donald Trump n\u2019avait pas fait davantage de bien que de tort au mouvement féministe.Il prêche les convertis, ceux qui partagent son point de vue, mais, pour les indécis, il va peut-être être un éveilleur de consciences.Clinton à se rapprocher des féministes.Ça fait un an qu\u2019on ne sent plus d\u2019enthousiasme face à la possibilité qu\u2019une femme devienne présidente des Etats-Unis.On appelle ça « le déficit d\u2019enthousiasme », qui se mesure surtout chez les jeunes femmes.Mais le fameux « nasty woman » de Trump a été un tournant.C\u2019est du sexisme «vintage», vieille école, même pas voilé.Les jeunes femmes qui ont entendu cette insulte-là ont trouvé ça presque drôle.Elles le portent comme un insigne d\u2019honneur.C\u2019est le cri de ralliement féministe dont Hillary Clinton avait besoin.J\u2019ai beaucoup aimé la vidéo qui accompagnait ton texte sur Yox (une fausse publicité pour le faux parfum Nasty Woman).Kensho Watanabe, chef Yukari Cousineau, violon m du 18 novembre au 4 décembre Présenté par FESTIVÀL BACH MONTREAL .COM 514.989.9668 LA PRESSE MONTRÉAL SAMEDI 29 OCTOBRE 2016 ARTS 5 iiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii ARTS LE POUVOIR DES FILLES féministes Mm IM PHOTO PHILIPPE TREMBLAY-BERBERI.COLLABORATION SPÉCIALE « Donald Trump a relancé le mouvement féministe.Ce n\u2019était pas son intention, évidemment, mais il incarne parfaitement les stéréotypes et les inégalités qui existent encore en 2016 entre les hommes et les femmes, aux Etats-Unis et ailleurs», déclare la journaliste québécoise Elizabeth Plank, désormais installée à New York où elle couvre l\u2019élection présidentielle américaine pour le site Vox.com.sévères.Il a reproché à Hillary Clinton de placer ses ambitions personnelles devant le Parti démocrate.On ne reprocherait pas à un homme d\u2019être ambitieux et de vouloir devenir président.Et il a mis du temps à concéder la victoire, si bien qu elle avait deux adversaires : non seulement Donald Trump, mais aussi Bernie Sanders.Qui a séduit la gauche et les jeunes.Exactement.D\u2019ailleurs, jusqu\u2019à récemment, Trump utilisait encore les attaques de Bernie Sanders contre Hillary Clinton.«Elle n\u2019a pas le jugement nécessaire», etc.Les milléniaux commencent à se ranger, un peu par dépit, derrière Hillary.Elle est perçue comme le moindre de deux maux.Je le répète : je pense qu\u2019une partie de la responsabilité revient aux médias, qui ont jugé Hillary Clinton et Donald Trump sur deux échelles différentes.Hillary Clinton est de loin la candidate la plus qualifiée - peut-être la plus qualifiée de l\u2019histoire.Pourtant, pour bien des gens, ce n\u2019est pas assez.Peut-être que cette élection nous forcera à réfléchir davantage à notre perception du rôle que l\u2019on accorde à la femme dans la société.fléchi quand elle est devenue secrétaire d\u2019Etat.Mais en 2012, elle était devenue la politicienne la plus populaire de Washington.Son impopularité pendant la campagne est presque du niveau de celle de Donald Trump, qui est le candidat le moins populaire de l\u2019histoire.On n\u2019est pas encore à l\u2019aise avec l\u2019idée d\u2019une femme présidente aux Etats-Unis.Son impopularité témoigne autant du patriarcat que de Hillary Clinton elle-même.Vraiment.Il y a aussi que les primaires ont été particulièrement difficiles pour elle en raison de la popularité de Bernie Sanders.J\u2019ai assisté à plusieurs de ses rallyes.Il a mené une campagne extraordinaire.Le mouvement qu\u2019il a créé est phénoménal.Mais certaines de ses attaques étaient particulièrement Sans me comparer d\u2019aucune façon à Hillary Clinton, je me suis identifiée à ce qu elle vit, parce que c\u2019est à l\u2019image de la manière dont on traite les femmes qui réussissent dans notre société.CRÉATION ÉTERNELS PIGISTES 20ans POURQUOI 1 TU PLEURES-7 «CHRI® SAISON16/17 Une collaboration Télé-Québec BÈ# avec CHRISTIAN BEGIN, MARIE CHARLEBOIS, SOPHIE CLEMENT, PIERRE CURZI, PIER PAQUETTE, ISABELLE VINCENT DÉCOR MAX-OTTO FAUTEUX COSTUMES ELEN EWING ÉCLAIRAGES MARTIN LABRECQUE musique originale PHILIPPE BRAULT accessoires CLÉLIA BRISSAUD maquillages et coiffures ANGELO BARSETTI assistance À la mise en scène ALEXANDRA SUTTO production THÉÂTRE DU NOUVEAU MONDE _ ¦ fMm mm MUSEE DES BEAUX-ARTS MONTRÉAL a^aaaBHiBiy Accès gratuit aux expositions-découvertes et aux collections le dernier dimanche de chaque mois ! AIR CANADA ® fl\t\u2019l'f\till \t\t DES LE 15 NOVEMBRE TNM.QC.CA UNE EXPOSITION ORGANISÉE PAR LE MUSÉE DES BEAUX-ARTS DE MONTRÉAL ET THE PH ILL IPS COLLECTION, WASHINGTON (DC).HENRI DE TOULOUSE-LAUTREC, UNGUIS AU MOULIN ROUGE (DÉTAIL), 1892.COLLECTION PARTICULIÈRE.PHOTO PETER SCHÀLCHI 6 ARTS LA PRESSE MONTRÉAL SAMEDI 29 OCTOBRE 2016 DEBBIE LYNCH WHITE Sa Spice Girl préférée Emma (Baby Spice) Une chanson\tV fétiche: Wannabe y CAMILLE POLIQUIN Sa Spice Girl préférée : Victoria (Posh Spice) Une chanson fétiche: Wannabe SAFIA NOLIN Sa Spice Girl préférée : Mel B (Scary Spice) Une chanson fétiche: Viva Forever Sa Spice Girl préférée Mel C (Sporty Spice) Une chanson fétiche : Marna\tJ LAURENCE LAFOND- BEAULNE FANNY BLOOM Sa Spice Girl préférée: Emma (Baby Spice) Une chanson fétiche : Say You\u2019ll Be There ARTS LE POUVOIR DES FILLES FANS DAUJOURDHUI Leur musique n\u2019a rien à voir avec la pop rose bonbon des Spice Girls, mais elles l\u2019avouent sans détour: elles étaient fans hier, et le sont toujours.La Presse a réuni les chanteuses Camille Poliquin et Laurence Lafond-Beaulne de Milk&Bone, Valérie Daure, Safia Nolin, Fanny Bloom et l\u2019actrice Debbie Lynch-White pour discuter de leur amour des Spice Girls.Conversation entre filles.MARIE BERNIER Quel souvenir gardez-vous des Spice Girls?Laurence: C\u2019est mon premier sentiment d\u2019être fan de quelqu\u2019un pour vrai, vraiment fort.Avant les Spice Girls, je n\u2019avais jamais ressenti ça, de l\u2019amour si fort pour un band, pour de la musique, pour des tounes.Debbie : On jouait aux Spice Girls dans ma chambre.On se faisait des clips, on chantait, mais je ne les ai jamais vues en show.Elles ont amené un look, aussi.On a toutes eu des souliers plateformes.mais on ne savait pas marcher avec! [rires] Safia : J avais une poupée de Victoria.mais je l\u2019aime trop pas ! [rires] Et je pense que j\u2019ai dû voir le film Spice World 600 fois.Valérie : C\u2019est surtout le girl power que j\u2019ai retenu, cette espèce de « tightness » entre les filles.Normalement, les filles sont toujours en compétition pour des raisons stupides, mais elles se rassemblaient pour être fortes ensemble.Ça m\u2019a marquée.Encore aujourd\u2019hui, j\u2019ai vraiment ce désir constant de recréer une unité entre les femmes.Safia : Ça n\u2019enlève pas leur talent, elles sont toutes super bonnes, mais je pense que tout est un peu un produit.Et au départ, ce n\u2019était qu\u2019un produit.Ce n\u2019était pas cinq filles qui ont fait: « Hey, on fait de la mus\u2019 ensemble?» [.] C\u2019était vraiment l\u2019usine de girl band. LA PRESSE MONTRÉAL SAMEDI 29 OCTOBRE 2016 ARTS 7 llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll ARTS LE POUVOIR DES FILLES MARIE BERNIER Il y avait Emma, la femme-enfant aux lulus blondes.Mel C la sportive qui poussait les notes les plus aigües.La distinguée Victoria aux tenues griffées.La fougueuse Mel B, qui semblait préférer rugir que sourire aux caméras.Et la pulpeuse Geri, aux lèvres du même rouge que celui de l'Union Jack.Cinq jeunes Britanniques aux personnalités distinctes soulignées à gros traits.Cinq épices rebaptisées par la presse Baby, Sporty, Posh, Scary et Ginger.Une recette gagnante pour marquer l'histoire de la musique pop.La déferlante survient en 1996 avec la sortie du premier extrait des filles épicées, Wannabe, qui jette les bases de la philosophie du girl power martelée par le groupe: la solidarité féminine et l'émancipation des femmes dans leurs relations amoureuses.« Ç'a été la folie, raconte Geneviève Borne, VJ sur les ondes de MusiquePlus à l'époque.Les petites filles apprenaient les chorégraphies, s'habillaient comme elles.Ç'a été un hit total, et c'était la première fois que c'était avec un girl band.» « C'est sûr qu'il y avait déjà eu des groupes uniquement formés de filles, comme les Go-Go's ou les Bangles, mais c'était des musiciennes, poursuit l'animatrice.Les Spice Girls ne jouent pas d'instruments, elles sont là pour chanter et danser.» Pop royale La première moitié des années 90, rappelle Geneviève Borne, est marquée par le grunge et son mal de vivre.Les cassettes de Nirvana, Pearl Jam et Metallica tournent en boucle dans les baladeurs.Du côté de la pop, les New Kids on the Block ont déjà sévi à la fin des années 80, suivis par les Backstreet Boys.Mais les Spice Girls prennent d'assaut les palmarès mondiaux avec une pop survitaminée.Et ce, en affichant une joyeuse irrévérence - Geri marquera les esprits en tapotant le fessier du prince Charles, faisant fi du protocole le plus élémentaire.La rouquine se contentera d'ébouriffer les cheveux du journaliste sportif de La Presse Richard Labbé pendant une entrevue mémorable en 1997.Celui qui était à l'époque reporter aux arts garde le souvenir d'une rencontre « assez chaotique » dans une luxueuse suite d'un hôtel du Vieux-Montréal.«Elles jouaient beaucoup la carte de la spontanéité et du girl power, se rap-pelle-t-il, mais j'avais vraiment l'impression qu'elles suivaient un script.Il y avait en même temps une espèce d'innocence.Elles étaient super jeunes à ce moment-là, et ne savaient pas trop comment composer avec [le succès].» Un an et demi plus tard, elles ne sont plus que quatre pour leur premier spectacle à Montréal.Geri a déjà claqué la porte.Envoyé au Centre Molson pour couvrir le concert, Richard Labbé en fera une critique très favorable.« C'était difficile de ne pas embarquer, tellement c'était contagieux comme enthousiasme», affirme-t-il, précisant au passage qu'il est tout de même plutôt du genre rock.Fulgurant, le succès des Spice Girls est aussi de courte durée.En 2000, lorsqu'elles reçoivent le Lifetime Achievement Award à la cérémonie des Brit Awards, elles n'ont que deux albums à leur actif, et même pas 30 ans.Chacune tentera l'expérience en solo, mais sans jamais atteindre les sommets du groupe.«C'est comme l'expression \"le tout est plus grand que la somme des parties\", illustre Geneviève Borne.C'est vraiment quand elles sont ensemble qu'il y a quelque chose de magique qui se passe.» Et sans Ginger Spice dans le mélange, il manque une saveur.Vrai ou faux Groupe chéri par la génération Y, les Spice Girls resteront pour beaucoup de non-convertis un groupe usiné de toutes pièces.La faute en partie aux personnages stéréotypés incarnés par les chanteuses.«Une excellente création marketing », souligne Geneviève Borne, qui permettait à chaque petite fille de s'identifier à l'une d'elles.mais aussi de commercialiser une ribambelle de produits dérivés.Or, si ce procédé de personnification était amplifié chez les Spice Girls, il n'était pas nouveau, rappelle Hélène Laurin, chercheuse en musique populaire.«Les Beatles ont été parmi les premiers à se faire caractériser de cette façon.Rapidement, les équipes de gestion ont trouvé que c'était une bonne manière de présenter tous les bands, et pas juste en pop », précise-t-elle en énumérant Motley Crüe, Kiss et Iron Maiden.La manière dont le groupe a été fondé a aussi nui à sa crédibilité artistique.«Parce que les Spice Girls ont été formées de jeunes aspirantes qui ont répondu à une annonce, elles ont immédiatement été étiquetées comme une fabrication inauthentique de l'industrie», a écrit en 2001 la musicologue Elizabeth Eva Leach.Une étiquette dont les Spice Girls ont tenté de se défaire, selon la spécialiste, en insistant sur leur rôle dans l'écriture des chansons et leur côté « filles ordinaires ».Groupe préfabriqué ou pas, il reste que les filles sont devenues de véritables amies, insiste Hélène Laurin.Vingt ans après avoir conquis le monde avec Wannabe, les anciennes Spice Girls sont encore régulièrement aperçues bras dessus, bras dessous, même si les rumeurs de réunion tardent à se concrétiser.«Il y a un sort qui a été déjoué à travers leur franche camaraderie», conclut la chercheuse.Après tout, friendship never ends.PHOTO NEAL/COEX, AFP Les Spice Girls : Emma Bunton, Geri Halliwell, Mel C, Victoria Beckham et Mel B Elles étaient cinq PHOTO MARCO CAMPANOZZI, LA PRESSE Qu\u2019est-ce que ça signifiait pour vous, le girl power?Fanny: C\u2019est plus en vieillissant que ça a pris son sens.[.] Je pense que c\u2019est un premier modèle, pour notre génération, de femmes qui agissent de cette façon-là.Laurence: Dans le film Spice World, elles font ce qu elles veulent, elles font des folies, elles se foutent un peu de tout! [.] Je ne pense pas que c\u2019est juste les Spice Girls [qui ont véhiculé ce message], mais je pense que c\u2019est quelque chose qui a beaucoup marqué notre génération, dans l\u2019attitude qu\u2019on a en tant que jeunes femmes : « Il n\u2019y a pas de limite.» Valérie : S\u2019assumer dans les différences, aussi.C\u2019est ça qui était beau: cinq filles complètement différentes qui se tenaient.Quand j\u2019étais jeune, j\u2019étais à peu près la seule Noire à Saint-Jean, je dealais avec beaucoup d\u2019affaires qui m\u2019ont fait prendre conscience peut-être plus rapidement de ces choses-là.Moi, ça m\u2019a inspirée beaucoup.Vingt ans plus tard, est-ce que leur musique a bien vieilli?Debbie : J \u2019en écoute encore ! Fanny: Ç\u2019a été bien fait, c\u2019est encore bon, et aujourd\u2019hui plus que jamais, parce qu\u2019il y a une tendance à un retour à ce type de musique.Camille : Au cégep, j\u2019avais un band vocal, et on avait décidé de reprendre Wannabe.[.] En décortiquant une chanson pour la faire vocalement, tu vois vraiment si elle se tient ou pas, et c\u2019était parfait.C\u2019est vraiment une bonne toune, les verses s\u2019échangent bien.et il y a du rap ! Debbie : J\u2019ai fait un cover de Wannabe moi aussi.En show, c\u2019est super rassembleur.Est-ce que le groupe vous a influencées dans votre décision daller vers une profession artistique?En chœur: Oui ! Safia : C est sûr que si j\u2019écoute ça, c\u2019est loin en crisse [de mon style de musique].Mais c\u2019est ça, faire de la mus\u2019.Tu comprends pas [les influences], mais c\u2019est là pareil [.].Man, les Backstreet Boys pis elles ont fucking changé ma vie! Surtout le film, [rires] Camille: Je pense que ça vaut pour n\u2019importe quelle musique que tu écoutes en bas âge.[.] Le fait d\u2019écouter ça, de trouver ça cool, de faire des chorégraphies avec des amis, ça met en confiance pour faire de la musique après.Laurence: Et c\u2019était [pour nous] le premier modèle de femmes qui font de la musique.Valérie : Je travaille sur un projet de sitcom et, pendant l\u2019écriture, j\u2019avais vraiment les Spice Girls en tête.Pour le pilote, j\u2019ai réuni six filles complètement différentes, mais qui ont un amour inconditionnel l\u2019une pour l\u2019autre.[.] On essaye de véhiculer ces valeurs d\u2019unité, d\u2019arrêter de se comparer.Il faut juste s\u2019accepter et s\u2019unir pour être plus fortes. ARTS LE POUVOIR DES FILLES LA PRESSE MONTRÉAL SAMEDI 29 OCTOBRE 2016 ALESSIA CARA Lanti-pop star te' v PHOTO RICH FURY, ARCHIVES ASSOCIATED PRESS «J\u2019ai dû faire mes preuves auprès de tout le monde.Les gens avaient une idée préconçue de ce que je pouvais être en raison de mon âge, de mon sexe et de la manière dont je m\u2019habille.Si j\u2019avais été un jeune homme, ce ne serait pas arrivé et ce n\u2019est pas juste», déplore Alessia Cara.Après un passage remarqué au Théâtre Corona en janvier dernier, Alessia Cara sera de retour en ville mardi soir sur la scène du Métropolis.Révélation de l\u2019année au dernier gala des prix Juno, la Torontoise de 20 ans est déterminée à se servir de sa musique pour apporter un peu de girl power à une industrie qu elle juge encore trop sexiste.Entrevue avec l\u2019anti-pop star.STÉPHANIE VALLET Vous ne la verrez sûrement jamais poser lascivement sur la couverture d'un magazine.Pas plus qu'elle ne se déhanchera en costume à paillettes dans un de ses vidéoclips.Alessia Cara est plutôt du genre à se présenter pas maquillée, en jean, t-shirt et baskets sur le plateau de Jimmy Fallon.La jeune auteure-com-positrice-interprète a choisi son camp : celui de l'authenticité, mais aussi de la simplicité.Une démarche aussi personnelle qu'artistique qui, avoue-t-elle, ne lui aura pas simplifié la tâche pour percer dans l'industrie, mais surtout auprès du public à l'ère de la dictature de l'image.« J'ai dû faire mes preuves auprès de tout le monde.Les gens avaient une idée préconçue de ce que je pouvais être en raison de mon âge, de mon sexe et de la manière dont je m'habille.Si j'avais été un jeune homme, ce ne serait pas arrivé et ce n'est pas juste, déplore Alessia Cara.« Je veux commencer à briser tout ça, rappeler aux gens que ce qui compte, c'est ce que je suis et surtout ce que j'ai à dire!», ajoute l'interprète de l'album Know-It-Ail, qui a notamment été critiquée sur les réseaux sociaux pour sa tenue décontractée lors de sa performance au concert du Nouvel An à Times Square.« L'industrie de la musique est très sexiste.C'est sûrement beaucoup mieux qu'avant, mais les femmes sont encore défavorisées.On doit faire nos preuves tout le temps.Si on a une opinion différente, on est vite perçue comme une diva.« On a besoin de plus de girl power, poursuit la chanteuse.Mais surtout d'être soudées entre femmes dans ce domaine, au lieu de se voir comme des rivales.On doit pouvoir compter les unes sur les autres.Heureusement, il y a des artistes extraordinaires qui le font déjà, comme Rihanna et Beyoncé.» Un modèle pour les jeunes De nature introvertie, Alessia Cara a décidé à 13 ans de lancer sa propre chaîne YouTube pour satisfaire son désir de chanter tout en évitant de se produire devant un vrai public.Un trait de caractère dont elle parle dans Here, son tout premier succès.«J'ai toujours pensé que je voyais le monde différemment des autres et je me suis souvent sentie isolée.Mon cerveau a toujours fonctionné de cette manière.Beaucoup de jeunes se sentent comme moi et je veux leur dire que c'est correct, que rien ne cloche chez eux.Bien au contraire ! », explique la jeune femme qui a pourtant du mal à se considérer comme un modèle pour sa génération.« Je continue de passer par les mêmes étapes que mon public.C'est un grand poids à porter, mais, en même temps, si j'arrive à aider des gens, c'est bien», ajoute Alessia Cara.La chanteuse torontoise a d'ailleurs récemment accepté de prêter sa voix à une campagne contre l'intimidation dont la bande sonore est sa chanson Scars to Your Beautiful.« Les jeunes sont les plus touchés.C'est important de leur dire qu'ils peuvent être eux-mêmes.C'est difficile de ne pas essayer d'être comme les autres.Je reçois des messages de jeunes femmes et même d'hommes plus âgés qui me disent que ma musique les a aidés.C'est la raison pour laquelle je fais ça et c'est gratifiant », explique la chanteuse.Tournée Mardi prochain, Alessia Cara se produira à Montréal pour la deuxième fois en moins d'un an.«J'aime vraiment venir ici.Notre dernier passage en ville était la toute première date de la tournée et, à notre sortie de scène, tout le monde pleurait dans les coulisses, car la foule avait une telle énergie ! On ne pouvait rêver d'un plus bel accueil ! », se souvient la chanteuse qui a passé tout l'été à assurer la première partie des concerts du groupe Coldplay en Europe.L'interprète de Wild Things promet à son public montréalais un concert bien différent de celui qu'elle a donné au Théâtre Corona.« On va avoir des projections graphiques très cool en arrière-plan, de nouveaux éclairages et des arrangements différents pour les chansons de Know-It-Ail », précise la jeune femme qui interprétera également sa version acoustique de Swim Good de Frank Ocean.Bien qu'elle ait peu de temps pour écrire de nouvelles chansons pendant sa tournée, Alessia Cara a déjà une bonne idée de ce à quoi ressemblera son prochain album.«Mon premier opus lançait surtout des messages aux autres.J'aimerais que le deuxième parle plus de moi, des choses de ma vie», conclut-elle.Au Métropolis mardi prochain CHAMBRE PRESSE DES PHOTOS INEDITES ET SURPRENANTES Ginette Reno Gilles Vigneault Céline Dion Paul Piché et plusieurs autres DES VEDETTES DE LA CHANSON FRANCOPHONE DES ANNÉES 60 ET 70 MONIQUE GIROUX JEAN-CHRISTOPHE LAURENCE TA PHOTO DANS MA trésors retrouves TRdela chanson Offert en librairie ou sur editionslapresse.ca Aussi en format PDF et E-pub THÉÂTRE La guerre des femmes LUC BOULANGER CRITIQUE ?«Combien cette nuit?» À la fin de la guerre, c'est la question que les Allemandes se posaient entre elles, tellement les viols étaient courants à Berlin.On estime que près de 2 millions d'Allemandes furent violées par les soldats vainqueurs, alliés et russes.Pourtant, la paix revenue, on a balayé sous le tapis le drame de ces femmes.Elles se sont murées dans un silence plombé de honte.L'Histoire avait d'autres chats à fouetter avec les atrocités des nazis.Cela explique pourquoi le journal de Marta Hillers, Une femme à Berlin, a été redécouvert sur le tard, après la mort de son auteure, en 2001.Rédigé entre le 20 avril et le 22 juin 1945, le récit de la journaliste berlinoise Marta Hillers recense la prise de la capitale allemande par l'armée russe.Et le sort des femmes du pays vaincu, alors seules avec les vieillards et les enfants dans un Berlin dévasté.Une femme à Berlin est remarquablement écrit.On est face à une parole intime, lucide et bouleversante.Parole que Brigitte Haentjens met en scène avec beauté et sobriété.Du grand art ! Dans l'adaptation de Jean Marc Dalpé, le récit est livré par un quatuor d'actrices formidables: Sophie Desmarais (qui, avec ses cheveux courts, a des airs de Jeanne d'Arc), Louise Laprade, Évelyne Rompré et Evelyne de la Chenelière.Elles forment quatre instruments taillés sur mesure pour faire résonner cette délicate partition.Leurs voix donnent au spectacle une musicalité froide et grave, propice à la résilience du témoignage.Le poids de la culpabilité Écrire pour ne pas devenir folle.C'est sans doute la motivation de l'auteure.Les mots lui permettent de se détacher de son corps, de ses douleurs physiques et morales, mais aussi du poids de la culpabilité de tout un peuple, déversée brutalement sur ses femmes.Avec ses collaborateurs, Brigitte Haentjens signe une œuvre d'art parfaitement maîtrisée.L'efficace scénographie d'Anick La Bissonnière représente un imposant mur gris, balafré au centre, faisant écho à la blessure intime autant que collective des Allemandes.Le décor est tamisé par TV if' PHOTO YANICK MACDONALD, FOURNIE PAR ESPACE GO Evelyne Rompré, Sophie Desmarais, Louise Laprade et Evelyne de la Chenelière dans la pièce Une femme à Berlin.la belle et sombre lumière d'Étienne Boucher.Mme Haentjens dirige ses interprètes avec doigté et sensibilité.Pas l'ombre d'un soldat russe sur la scène.Et pourtant, dans les scènes d'agression, on sent leur haleine, leurs grosses mains qui pétrissent la chair des femmes, leurs déhanchements saccadés avant la jouissance.Encore là, l'intelligence de la mise en scène évite le voyeurisme ou le sordide, au profit de l'évocation et de l'ambiguïté psychologique.« Aucun dégoût, j'ai seulement froid», dira Marta, consciente que dans une ville assiégée, le champ de bataille s'est transposé dans le corps des femmes.Abandonnées par les hommes et la patrie.Le témoignage de Marta Hillers n'a pas perdu de sa pertinence.Au contraire, l'actualité rattrape la pièce coproduite par Espace Go, Sibyllines et le Théâtre français du CNA d'Ottawa, alors qu'on dénonce la culture du viol au Québec.Là s'arrête la comparaison.Une femme à Berlin aborde le viol comme arme de guerre.Les femmes sont des victimes collatérales d'un conflit mené par les hommes.« La défaite allemande est celle de la virilité », a dit Brigitte Haentjens.Encore aujourd'hui, des hommes n'aiment pas voir des femmes briser le silence.Comme si cette prise de parole, pour défendre la propriété de leur corps, les heurtait aux limites de leur propre pouvoir.Le sexe fort n'est pas toujours celui qu'on pense.A Espace Go jusqu\u2019au 19 novembre; au Centre national des Arts, à Ottawa, du 30 novembre au 3 décembre LA PRESSE MONTRÉAL SAMEDI 29 OCTOBRE 2016 ARTS 9 llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll ARTS LE POUVOIR DES FILLES Profession : youtubeuse O z* «f HUGO DUMAS CHRONIQUE PHOTO CHRIS PIZZELLO, ARCHIVES ASSOCIATED PRESS Clic par clic, vue par vue, Issa Rae a gonflé son nombre de fans et capté l\u2019attention des patrons de HBO, qui lui ont commandé une série complète, inspirée de sa propre vie.Je n'ai plus l'âge pour arborer l'œil charbonneux façon Rihanna au Met Gala de New York.À un moment donné, il faut se l'avouer: on vieillit et on a le pore de peau pas mal plus relâché qu'à 20 ans.Vous vous imaginez que l'univers en expansion des youtubeuses, qui vise des adolescentes en apprentissage de la ligne de crayon parfaite, m'est aussi familier qu'un cellulaire entre les mains de Jacqueline O'Hara (Marie Tifo) dans le téléroman 0'.J'ai donc fait mes devoirs, cette semaine, et j'en ai fréquenté une kyrielle qui portent des prénoms comme Emma, Cynthia et Audrey.Comme dans toute profession, il y en a d'excellentes, qui manient l'autodérision aussi bien que le pinceau à lèvres.11 y a aussi quelques Gaby Gravel qui massacrent le français à la tronçonneuse et qui servent essentiellement de support publicitaire à du maquillage de pharmacie.Pour doper le nombre de clics ou de vues - qui fixent leur salaire -, ces youtubeuses vivent dans un monde de sollicitation constante.Abonnez-vous à ma chaîne ! Suivez-moi sur Instagram ! Faites un pouce en l'air si vous avez aimé ma vidéo ! Cliquez en haut à droite ! Ça finit par user les nerfs de personnes âgées comme moi.Dans leurs vidéos, des youtubeuses glissent parfois, entre deux séances de confection d'un chignon tourbillon, des confessions intimes sur des sujets plus sérieux, dont l'image corporelle.Ces témoignages, francs et sans filtre, sont mille fois plus intéressants, à mon avis, que n'importe quel tutoriel pour appliquer son fond de teint sans souci.On peut se désoler de la vacuité du contenu de plusieurs de ces chaînes.Reste que ces youtubeuses, qui ont créé leur propre emploi, souvent dans leur chambre à coucher, réussissent là où les grands médias se cassent les dents : elles atteignent la génération mobile qui gravite complètement à l'extérieur des systèmes traditionnels.Cette connexion directe est précieuse et vaut très cher.11 n'y a rien d'étonnant à voir poindre des youtubeuses - celles qui ont de la substance, bien sûr - sur des chaînes de télé dites traditionnelles, question de rajeunir l'audience.Au Québec, le phénomène n'a pas encore décollé.Aux États-Unis, oui.Deux exemples concrets pour vous: les séries Insecure de HBO et Haters Back Off! de Netflix.La comédie Insecure dérive des capsules Awkward Black Girl que l'humoriste Issa Rae, 31 ans, met en ligne sur YouTube depuis 2011.Clic par clic, vue par vue, Issa Rae a gonflé son nombre de fans et capté l'attention des patrons de HBO, qui lui ont commandé une série complète, inspirée de sa propre vie.Ç'est présenté les dimanches à 22h30.Insecure, c'est une comédie hyperréaliste sur les aléas d'Issa, jeune Afro-Américaine qui s'apprête à fêter ses 30 ans et qui bosse dans un centre communautaire de Los Angeles, où elle est la seule employée noire.Issa rêve d'un meilleur emploi, d'une relation de couple plus satisfaisante, et elle rappe devant son miroir pour se (et nous) divertir.J'aime beaucoup Insecure, qui nous immerge dans le Los Angeles des gens normaux et non dans le bling-bling de Hollywood.C'est dénué de clichés et c'est très touchant.Des thèmes importants (stéréotypes raciaux, féminisme) y sont abordés avec un humour intelligent qui décroche des sourires à tout coup.Le cas de Haters Back Off!, offert en anglais et en français sur Netflix, est plus complexe.Cette comédie flyée met en vedette le personnage de Miranda Sings, qui a été inventé par la youtubeuse Colleen Ballinger, 29 ans, pour se moquer de toutes ces jeunes femmes cherchant désespérément la célébrité sur l'internet.Grosse caricature, Miranda incarne à elle seule tous les clichés associés aux youtubeuses.Elle est narcissique, chiante, superficielle, convaincue d'être la meilleure, d'être la plus belle et n'a aucun recul par rapport à elle-même.Bref, c'est une personne extrêmement désagréable.Et Miranda n'est pas brillante, il faut le dire.Regarder pendant 30 minutes un personnage peu aimable et sans talent comme Miranda s'avère insupportable.Les personnages qui l'entourent (sa mère neurasthénique, son oncle stupide) ne la rendent pas plus sympathique, malheureusement.Une capsule de Miranda, ça va.Une demi-heure, ça tombe sur le cœur.Je ne crois pas qu'une sitcom bricolée autour de la maquilleuse Gaby Gravel (excellente Florence Longpré) de Like-moi ! fonctionnerait non plus.La bêtise, c'est comme une pince à épiler: il ne faut pas en abuser.GALA DE LADISQ À qui les honneurs?La musique québécoise est en fête demain à la Place des Arts.Outre le Félix Hommage posthume à René Angélil, une douzaine de prix seront remis lors du gala de I ADISQ, diffusé à Radio-Canada à 20 h.Notre journaliste dévoile ses choix et prédictions dans six catégories de pointe.ÉMILIE CÔTÉ ALBUM DE LANNÉE - POP Choix :XO, Laurence Nerbonne Prédiction : Nous autres, 2 Frères Choix: La catégorie du meilleur album étant divisée en sous-genres, une variété d\u2019artistes récoltent des nominations -parfois là où on ne les attend pas.Laurence Nerbonne est sans doute plus pop gue Philémon Cimon, Karim Ouellet, Yann Perreau et 2Frères.Avec XO, elle a forgé de la très bonne pop en français avec des rythmes R&B et électro Scandinaves.Prédiction: la musigue pop renvoie aussi au terme «populaire».Et on ne peut pas nier le succès des hymnes folk de 2Frères en 2016.AUTEUR OU COMPOSITEUR DE LANNÉE Choix: Koriass Prédiction: La course est ouverte Choix: il est surprenant de voir à guel point un artiste peut s\u2019élever vite au statut de vedette.C est le cas du rappeur Koriass.Mais avec son talent et son travail assidu, il ne sera pas gu\u2019une «saveur» du moment.Sa victoire comme auteur-compositeur de l\u2019année serait la consécration ultime du rap guébécois.Prédiction: la partie est loin d\u2019être gagnée puisgue Koriass se mesure à Philippe Brach, Fred Fortin, Bernard Adamus et - belle surprise - Sarah Toussaint-Léveillé.INTERPRÈTE MASCULIN DE LANNÉE Choix: La course est ouverte Prédiction: Marc Dupré Choix: Faire un choix parmi Louis-Jean Cormier, Jean Leloup, Pierre Lapointe, Marc Dupré et Fred Pellerin?Un geste aussi arbitraire gue d\u2019élire le plus bel homme du Québec.Pour ces cing auteurs-compositeurs, 2016 a été une grande année en fin de cycle d\u2019album.Prédiction: Pour ses prises de parole récentes sur les ventes de musigue et son contrat d\u2019animation à la télé, le public pourrait voter pour Marc Dupré.INTERPRÈTE FÉMININE DE LANNÉE Choix: Marie-Pierre Arthur Prédiction: Marie-Pierre Arthur Choix: Cette catégorie réunit cette année cing auteures-compositrices-interprètes à part entière: Safia Nolin, Marie Mai, Laurence Jalbert, Ingrid St-Pierre et Marie-Pierre Arthur.Une victoire serait une belle consécration pour une rockeuse au cœur tendre comme Marie-Pierre Arthur.Prédiction: Difficile de dire pour gui le public va voter.Pourguoi pas Marie-Pierre Arthur?RÉVÉLATION DE LANNÉE Choix: Safia Nolin Prédiction : 2Frères Choix: Il est rafraîchissant de trouver dans cette catégorie le pianiste Charles Richard-Hamelin et Erik West Millette, tête d\u2019affiche du dernier Festival de jazz.Safia Nolin est par contre le diamant brut gui a le plus surpris la scène guébécoise en 2016.Une artiste de talent gui magnifie l\u2019expression «seule et unigue».Prédiction: À travail de promotion égal entre deux artistes, c\u2019est le public gui tranche.Et c\u2019est lui gui a fait de 2Frères l\u2019un des plus grands succès de vente de 2016.CHANSON DE LANNÉE Choix: Crystel, Philippe Brach Prédiction : Nous autres, 2 Frères Choix: Par principe, nous écartons les chansons gui se retrouvent en nomination pour la deuxième année de suite.Notre choix va à Crystel de Philippe Brach, car c\u2019est beau de voir une chanson peu formatée beaucoup jouer fortement à la radio.Prédiction: Le Félix de la chanson de l\u2019année ira sans contredit à Nous autres de 2Frères, un succès populaire issu d\u2019un coup de cœur du public.reservez MUSEE DES BEAUX-ARTS MONTRÉAL ARTE MUSICfl Présenté par avec Éric Courtade maintenant! 514 521.1002 1 800 558.1002 DERNIERE SEMAINE LASALLE Théâtre Desjardins 31 octobre 19 h 30 MONTRÉAL Salle Pierre-Mercure 1er au 6 novembre SALLE BOURGIE La Fondation Arte Musica présente ISABELLE FAUST, violon ALEXANDER MELNIKOV, piano SALLEBOURGIE.CA \u2022 514-285-2000 LES GRANDS EXPLORATEURS .COM Présenté par Desjardins Coopérer pour créer l'avenir fascinante Californie jeudi 10 novembre -19 h 30 BEETHOVEM Sonates n\u201c 1,2 et 3, op.12 Sonate n° 9, « À Kreutzer » Ce duo de renommée internationale interprète Beethoven avec passion et délicatesse.Une soirée d\u2019exception! Billets et programmation complète BACH SANS FRONTIÈRES Vendredi 25 novembre -19 h 30 LES VIOLONS DU ROY Mathieu Lussier, chef Mahan Esfahani, clavecin |.S.BACH Concerto pour clavecin n° 1, BWV1052 GÔRECKI Concerto pour clavecin |.S.BACH Suite pour orchestre n° 2, BWV 1067 Mahan Esfahani est un véritable poète du clavecin.Dimanche A décembre -14 h Un concert couvrant sept siècles de musique de lioël! SING THEE NOWELL MEW YORK POLYPHONY VOCAL ENSEMBLE Geoffrey Williams, contreténor Steven Caldicott Wilson, ténor Christopher Dylan Herbert, baryton Craig Phillips, basse 10 ARTS LA PRESSE MONTRÉAL SAMEDI 29 OCTOBRE 2016 llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll ARTS LECTURE SERGE LAMOTHE / Mektoub et Ma terre est un fond d\u2019océan Le passeur PHOTO FRANÇOIS ROY, LA PRESSE « Apparemment, notre civilisation s\u2019en va dans le mur, est-ce qu\u2019on peut changer les choses ?Je n\u2019ai pas vraiment de réponse, mais je crois que la question mérite qu\u2019on s\u2019y arrête », affirme Serge Lamothe.Automne occupé pour le poète, romancier et dramaturge Serge Lamothe qui publie un huitième roman (Mektoub) et un troisième recueil de poésie (Ma terre est un fond d\u2019océan).MARIO CLOUTIER Serge Lamothe mène toujours de front deux projets de livre et un autre (théâtre ou cinéma ou opéra) en même temps.C'est une question de nourriture philosophique, poétique, dramatique.Il est ce passeur entre les mondes et les modes d'expression.Son roman Mektoub («C'était écrit» en arabe) sort en même temps que son recueil de poésie Ma terre est un fond d'océan.Dans les deux cas, l'écrivain invite le lecteur à réfléchir à la condition humaine à une époque où le superficiel l'emporte sur le fond.« On peut tartiner en surface tant qu'on voudra, il y aura toujours des gens pour se questionner et aller sous la surface.Si on ne publiait plus du tout de poésie, il se trouverait encore des gens pour en écrire sur des bouts d'écorce ou dans la pierre.Je garde foi en cette humanité qui sera toujours en quête d'elle-même et d'un sens à donner à l'expérience humaine.» Mektoub Dans son roman Mektoub, l'auteur nous ramène à l'année 1976, celle des Jeux olympiques, de l'élection du Parti québécois.Une année où il était encore permis de rêver.Tout le roman se passe comme dans un rêve, celui d'une rencontre impossible entre un homme et une femme.Entre destin et libre arbitre autour d'un accident fatal.« Comment rendre une histoire très crédible même si, sur le fond, il y a des choses carrément impossibles?Elle meurt dans son monde à lui et il meurt dans son monde à elle.Comment peuvent-ils se rejoindre?On sait que c'est impossible, mais on y croit.C'était le défi que je me suis posé au départ.» L'individuel et le collectif sont impliqués dans le questionnement de l'auteur qui avoue ne pas avoir de réponse.Il suggère des possibilités, mais laisse la décision au lecteur.« Il y a une vraie quête de sens, sur le destin et le sens de la vie dans le livre.Apparemment, notre civilisation s'en va dans le mur, est-ce qu'on peut changer les choses?Je n'ai pas vraiment de réponse, mais je crois que la question mérite qu'on s'y arrête.» Lamour « C'est aussi l'histoire d'un amour impossible, poursuit-il, comme le sont tous les grands amours romantiques.J'ai essayé de traduire dans cette histoire d'amour impossible une réalité contemporaine, celle de l'immense solitude dans laquelle on vit.» Les relations humaines, donc.Mais l'avenir aussi de la planète l'intéresse vers la fin du livre.« Ça fait partie de la trame narrative, mais c'est comme une pause dans le roman.Pour voir ce que le siècle nous réserve quant au réchauffement climatique, la démographie, l'économie.C'est un exercice périlleux.Dans 50 ans on pourrait dire que Lamothe a un peu dérapé, mais je n'invente rien là-dedans.Les défis qui attendent l'humanité sont colossaux.» Poésie La première partie de son recueil de poésie, Ma terre est un fond d'océan, se veut d'ailleurs engagée, voire enragée.« Le roman, c'est prendre quelqu'un par la main et, sans tout lui dire parce qu'il doit faire son travail aussi, l'amener quelque part.La poésie, c'est un espace de liberté différent.Je peux envoyer un crochet du gauche au lecteur et lui donner une petite caresse en passant.On peut être plus direct avec le lecteur de poésie qui s'attend à des images-chocs.» La poésie permettrait de « matérialiser les choses ».« Il y a deux manières dans le recueil : une partie engagée et une autre qui aborde le rapport à l'autre.À la fin survient une sorte d'apaisement d'inspiration bouddhiste.Je renonce à la rage.Je crois que chaque individu peut donner un sens à sa vie sans se le faire imposer.» Vases communicants Serge Lamothe parle de vases communicants.Entre poésie et prose.Entre les mondes du rêve et la réalité.« La vie est un songe.Est-ce qu'on rêve notre vie ou est-ce que la vie est un rêve ?Quand on meurt, est-ce qu'on se réveille ou on s'endort pour de bon?L'instant présent a une qualité d'éternité.Il n'est présent que de manière relative.L'instant a toujours été là et on peut présumer qu'il le sera toujours dans une certaine dimension.» Il cherche à « déjouer l'usure des mots».Dans la multitude de livres qui se publient, il veut «aller au-delà de la mode pour garder sa voix, sa manière ».Mektoub Serge Lamothe Alto, 194 pages DES TENDANCES MODE AUX MODES DE SCRUTIN TOUT Ila S\u2019EXPLIQUE lPRESSE+ TERMINUS NATHALIE LAGACÉ SÉMAPHORE, 111 PAGES ?Vi > Terminus L\u2019auteure de ce premier roman a passé sept ans de sa vie derrière le volant d\u2019un autobus après avoir perdu son emploi dans un bureau de designer télévisuel.C\u2019est ce quotidien qu elle raconte dans une série de courts textes, comme des polaroïds de la décrépitude dans laquelle elle sombre insidieusement.Entre les commentaires sexistes qu elle doit endurer sans broncher, les horaires de travail ingrats qui détruisent sa vie amoureuse et sociale et les agressions verbales lancées par les usagers, la rage s\u2019accumule et elle s «encrasse de jour en jour».Nathalie Lagacé a un talent inné pour peindre la faune urbaine qui sillonne la ville à toute heure du jour et de la nuit, lui reproche ses retards et l\u2019accuse d\u2019être surpayée.C\u2019est à travers une écriture vraie, sans vernis, qu elle dévoile les coulisses d\u2019un métier «dans l\u2019ombre des foules, là où on se sent seul», et dénonce le «chacun-pour-soi » qui gangrène selon elle la société.Plus jamais ne verrons-nous les chauffeurs d\u2019autobus de la même façon après cette lecture tout indiquée pour oublier une journée maussade au travail.À conseiller à tous les habitués des transports en commun.et à lire de préférence dans l\u2019autobus! \u2014 Laila Maalouf CONTINUER LAURENT MAUVIGNIER LES ÉDITIONS DE MINUIT, 240 PAGES ?Vi > ut rent mai vu;nikr CONTINUER « On lui avait bien dit que c\u2019était une connerie de partir avec son fils comme ça à l\u2019aventure.» C\u2019est ainsi que s\u2019amorce le récit: Sibylle se demandant si elle n\u2019aurait pas commis la pire bêtise de sa vie.Envers et contre tous, elle s\u2019est lancée dans une entreprise impossible pour ne pas perdre son fils Samuel dans la délinquance.Deux ans après Autour du monde, le Français Laurent Mauvignier se transporte dans les montagnes du Kirghizistan le temps d\u2019un audacieux périple mère-fils à cheval.Cette découverte des paysages arides d\u2019un pays aux touristes rares, et d\u2019un peuple à l\u2019hospitalité incomparable.est l\u2019occasion de repartir à zéro pour la quadragénaire dépressive et son fils adolescent - «victime collatérale» de la guerre qui a déchiré ses parents.Continuer, c\u2019est une reconstruction de soi, pas à pas, entremêlée des relents d\u2019un passé douloureux dont il faut apprendre à panser les blessures.Un pèlerinage dans lequel s\u2019inscrit, pour trouver la force d\u2019avancer, un lâcher-prise face à la vie.l\u2019abandon de la haine et des regrets.Mais c\u2019est surtout une incitation poignante à recommencer et à s\u2019ouvrir à l\u2019autre, étayée par le rythme soutenu d\u2019un récit inspirant.\u2014 Laila Maalouf COMME DES SAUVAGES > EMMANUELLE TREMBLAY LEMÉAC, 248 PAGES ?Vi Emmanuelle Tremblay Comme des sauvages Les secrets, la honte, les mensonges, le silence, la culpabilité.Puis cette phrase qui revient constamment: «On n\u2019est pas des sauvages.» Les Santerre, c\u2019est une tribu dont les membres n\u2019ont pas la réputation d\u2019être des enfants de choeur.Dans le village, un mal obscur a fait fuir les filles de la famille.La petite dernière, Viviane, est partie étudier à San Francisco, mais la voici de retour au chevet de sa grand-mère mourante.Rose, qui l\u2019a élevée en l\u2019absence de ses parents.À travers sa propre histoire se déploie celle de trois générations de femmes.Maintenant que la matriarche se meurt, Viviane veut tout savoir sur son passé, celui de sa mère et de ses tantes qui ont grandi aux dernières heures de la répression cléricale et aux balbutiements des antidépresseurs, prescrits aux femmes au foyer pour stabiliser leurs humeurs.L\u2019auteure brosse la fresque d\u2019une société en mutation, mêlant passé et présent, des années 60 au nouveau millénaire, au sein d\u2019une famille où continuent à rôder fantômes et non-dits.L\u2019œuvre qui en résulte est un roman d\u2019une force étonnante, qui lève les tabous sur la condition des femmes à l\u2019époque de la libération sexuelle, et inspire la révolte.\u2014 Laila Maalouf LE BAZAR DES MAUVAIS RÊVES STEPHEN KING (TRADUIT PAR OCÉANE BIESET NADINE GASSIE) ALBIN MICHEL, 600 PAGES ?> Ceux qui suivent pas à pas Stephen King auront lu, sur d\u2019autres supports, quelques-unes des 20 nouvelles que rassemble Le bazar des mauvais rêves.Mais une bonne partie des textes compris dans ce recueil hétéroclite et - c\u2019est presque inévitable - inégal reste à découvrir.Le maître de l\u2019horreur y donne.bien sûr, dans l\u2019horreur, mais également dans le fantastique, la science-fiction et dans le drame psychologique.C\u2019est ce qu\u2019il fait ici, entre autres dans A la dure, qu\u2019il dédie à son fils, Joe Hill.Dans le plus classique, notons Ur.écrite au moment du lancement d\u2019un nouveau modèle de Kindle et mettant en scène.un Kindle, justement; ou encore Mile 81.œuvre quasi autoréférentielle ou clin d\u2019œil à Christine: ou même Sale gosse, où l\u2019on pourrait penser que le clown maudit de Ça a été remplacé par un «garçon» abominable.Un des bonheurs de cette lecture est de lire l\u2019intro de chaque nouvelle, dans laquelle le romancier raconte la genèse de l\u2019histoire qui suit.Amusant, aussi, de découvrir, de John Irving à Elmore Leonard, à qui il a pensé durant l\u2019écriture de chaque texte.\u2014 Sonia Sarfati LA PRESSE MONTRÉAL SAMEDI 29 OCTOBRE 2016 ARTS iiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiin ARTS CINÉMA DOCTOR STRANGE Tilda Swinton, la magicienne PHOTO MARVEL Tilda Swinton, à gauche, incarne The Ancient One dans Doctor Strange, tandis que le rôle-titre est tenu par Benedict Cumberbatch.*11** » * *»¦**«.ïTr* La magie se décline de plusieurs manières dans Doctor Strange de Scott Derrickson, 14e volet du Marvel Cinematic Universe.Magie qu\u2019apprend à maîtriser le personnage incarné par Benedict Cumberbatch.Magie des effets spéciaux.Et magie bien réelle de cette merveilleuse actrice caméléon qu est Tilda Swinton.SONIA SARFATI LOS ANGELES «J'adore ce film! » La réponse est si spontanée qu'elle ne peut qu'être sincère.Et l'accueil, si chaleureux qu'il est déconcertant.Sa longue silhouette androgyne, ses traits ciselés, sa carnation opaline, le sable roux de ses cheveux coupés à la garçonne: Tilda Swinton, l'une des grandes actrices de ce temps, possède une beauté renversante, singulière, mais considérée comme froide.La femme ne l'est pas.Du tout.Et quand, dans l'entrevue qu'elle a accordée à La Presse, elle dit : « La vie est très courte, j'ai la chance que la mienne me permette de m'amuser » et que son modus vivendi est «Trouver le plaisir!», le sourire est si généreux et le regard, si ouvert, si brillant, qu'il est impossible de ne pas la croire.L'actrice s'est donc livrée avec générosité au sujet d'une carrière qui lui permet de jouer les caméléons.Sa participation à Doctor Strange de Scott Derrickson, ce film qu'elle « adore », ne fait pas exception.QVous incarnez ici The Ancient One, la «sorcerer supreme», celle qui va former Stephen Strange à la magie.Or, le personnage étant traditionnellement représenté par un vieil homme asiatique, le fait que vous ayez été choisie pour jouer ce rôle a provoqué des réactions négatives dans la communauté asiatique.Comment réagissez-vous à cela?R II n'y a pas eu de controverse quand mon nom est sorti, et il n'y a pas eu de controverse quand la première bande-annonce a été diffusée.La controverse est née.par accumulation, après que la distribution de Ghost in A Shell et de The Great Wall a été connue [ces films mettent en vedette Scarlett Johansson et Matt Damon dans des rôles qui auraient pu/dû aller à des acteurs asiatiques].Comment je me sens face à cela?D'abord, il est clair pour moi qu'il est extrêmement important que nous ayons une représentation plus exacte, plus conforme à la réalité, de la diversité - en particulier dans le cinéma populaire américain.Les Américains d'origine asiatique sont en colère quant à la situation actuelle.et ils ont raison de l'être.Ils doivent se faire entendre haut et fort.Cela dit, Scott et Kevin Feige (président de Marvel Studios) avaient des raisons très logiques de changer le personnage comme ils l'ont fait.Rappelons que Doctor Strange a été créé dans les années 60 et reflète les perceptions de l'époque.Ainsi, les deux personnages asiatiques de ces comic books sont stéréotypés et seraient offensants aujourd'hui.Wong est très servile.The Ancient One est un genre de très vieux et très sage Fu Manchu qui transmet tout son savoir à un Blanc.La production ne se sentait pas à l'aise de perpétuer cela.Transformer The Ancient One en femme d'origine asiatique n'aurait pas été mieux : on serait tombé dans le stéréotype de la « dragon lady », un autre insupportable cliché du cinéma occidental.Prenant tout cela en considération, Scott a écrit le personnage pour moi.Vous, une femme de plus de 50 ans.R Exactement.Et tant qu'à évoquer la représentativité à l'écran, qu'une femme de plus de 50 ans incarne quelqu'un d'aussi puissant et n'ait pas besoin de porter un bikini, ce n'est quand meme pas une mauvaise chose ! [rires] Q Parlant de votre allure, question stupide, vous vous êtes vraiment rasé la tête pour le rôle?R [rires] Je ne répondrai jamais à cela.Mais ça paraît vraiment bien, non?QOui, comme tout le reste du film.R Ce qu'ils ont fait est visuellement fabuleux.Et ils l'ont «présenté» au public de façon tellement intelligente ! La tendance, aujourd'hui, est de mettre le meilleur dans la bande-annonce.Ils n'ont pas fait ça.On voit des images qui laissent penser à Inception.mais ils ont poussé ces effets-là à un tout autre niveau.On ne nous voit même pas exercer notre magie ! Les gens qui ont vu le film jusqu'à présent ont été très surpris.QCe film est très différent des autres volets du MCU.Ç a été un des attraits de ce projet, pour vous?R Absolument.Nous sommes ici en présence d'un autre genre de pouvoir et d'un autre genre de «superhéros».De plus, le projet offrait la possibilité de faire un de ces films à grand déploiement qui ne soit pas centré sur la destruction, mais sur la création.Q Doctor Strange vous donne également la possibilité de vous métamorphoser.Ce qui est un peu votre marque de commerce.C\u2019est quelque chose que vous recherchez sciemment?R Oui.Je tire tellement d'énergie de cela! C'est comme se déguiser et jouer.C'est la seule méthode que je possède.Comme actrice, je n'ai pas d'autres « outils » que celui-là.Et je ne souhaite pas en avoir d'autres.Mais je souhaite me métamorphoser, ça attise ma curiosité et ça m'amuse.QSans vous répéter, The Ancient One n\u2019est toutefois pas le premier immortel que vous incarnez.R En effet, il y a certains thèmes que j'ai explorés quelques fois.The Ancient One est, d'une certaine façon, proche d'Eve, que j'ai jouée dans Only Lovers Left Alive, et QUI EST DOCTOR STRANGE?Stephen Strange (Benedict Cumberbatch) est un neurochirurgien d\u2019exception.Après avoir perdu l\u2019usage de ses mains dans un accident, il va chercher espoir et guérison dans une mystérieuse enclave tibétaine où The Ancient One (Tilda Swinton) le forme aux arts magiques et mystiques.Il découvre ainsi des dimensions parallèles et un univers fantastique.Et il trouve une nouvelle raison d\u2019être: défendre le monde, menacé par des sorciers renégats menés par le sinistre Kaecilius (Mads Mikkelsen).d'Orlando, dans Orlando.QThe White Witch, dans le premier volet de The Chronicles of Narnia, était aussi une immortelle.R En effet, mais elle est glaciale, fermée.Il y a une lumière dans The Ancient One qui me rappelle celle d'Orlando et d'Eve.J'aime cette lumière-là.La vie est courte, je préfère en profiter avec une touche de légèreté.Doctor Strange (Docteur Strange) prendra l\u2019affiche le 4 novembre.Les frais de voyage ont été payés par Walt Disney Studios Pictures.« Ce qu\u2019ils ont fait est visuellement fabuleux.Et ils l\u2019ont \u201cprésenté\u201d au public de façon tellement intelligente ! » \u2014 Tilda Swinton, à propos du film Doctor Strange .ÉLECTION OFFICIELLE FESTIVAL INTERNATIONAL DU FILM DE TORONTO 2016 SÉLECTION OFFICIELLE FESTIVAL INTERNATIONAL DU FILM DE VANCOUVER - 2016 SECTION FOCUS FESTIVAL DU NOUVEAU CINEMA SÉLECTION OFFICIELLE FESTIVAL DU CINÉMA AMÉRICAIN DE DEAUVILLE ^\t2016\tJ DES REALISATEURS CANNES ?« UNE FABLE POETIQUE EMPREINTE DE CRIME AVEC DES PERFORMANCES DE HAUT CALIBRE.» - INDIEWIRE NOW MAGAZINE « PARFAITEMENT REUSSI.» LA PRESSE BILL PAXÏON SOPHIE NELISSE COLM FLORE MAINTENANT AU CINEMA R ¥ ® you® EntractFilms 12 ARTS LA PRESSE MONTRÉAL SAMEDI 29 OCTOBRE 2016 IIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIN ARTS CINÉMA INA MIHALACHE / Solange et les vivants Ina te parle de.Ç* v, PHOTO FOURNIE PAR K- FILMS AMÉRIQUE « Le film est, à 80 %, de l\u2019improvisation.Il y avait un scénario assez sommaire et, comme sur l\u2019internet, j\u2019avais envie de travailler à base de surgissements, c\u2019est-à-dire de mettre les personnages dans des situations et de laisser tourner la caméra pour voir ce qui arriverait», dit Ina Mihalache, à propos de son film Solange et les vivants (dont on voit ici une scène).ANDRÉ DUCHESNE Née au Québec en mai 1985, installée à Paris depuis 2004, artiste dans l'âme, mais solitaire et timide dans la vie quotidienne, Ina Mihalache a trouvé dans YouTube la clé de son intégration - atypique - à la société.Depuis 2011, elle a concocté quelque 150 capsules vidéo sur sa chaîne Solange te parle où elle se glisse dans la peau de son alter ego pour mieux discuter sexualité, amitié, accent québécois, amour, bobo, poils pubiens ou camembert.Plus de 170 000 abonnés et 15 millions de visionnements plus tard, la « poétubeuse » fait un autre pas, et pourquoi pas deux, vers l'autre.Au début de 2016, elle publie un premier livre et, surtout, réalise un long métrage, Solange et les vivants, plus fictif que ses vidéos.À voir le nombre de fans en délire venus assister aux deux projections de son film lors du Festival du nouveau cinéma, une conclusion s'impose : cette Ina/Solange si effacée qu'on pourrait la dessiner en cinq traits de crayon de plomb est magnétique auprès du grand public.La Presse s'est entretenue avec elle.RÉALISER UN LONG MÉTRAGE « D'une manière créative, j'avais envie de m'entourer.C'est un peu l'histoire du film, celle d'une fille qui se confronte à l'extérieur.En tant qu'artiste, j'avais envie de collaborer, de voir ce que ça pouvait donner d'additionner les talents d'un chef opérateur, d'un ingénieur du son, d'un monteur, d'acteurs pour en arriver à un objet plus abouti [que les vidéos].J'avais aussi envie de me mettre à l'épreuve avec ce format-là, de me lancer un défi.» .NE PAS CONTRÔLER « C'était difficile de s'abandonner.Comme Solange, je suis quelqu'un d'assez solitaire et je fais beaucoup de choses à l'instinct.Mais en équipe, il faut, fatalement, pouvoir expliquer en amont.Ça, c'était assez douloureux.Il m'est arrivé de craquer, d'être un peu en détresse et de mettre l'équipe un peu mal à l'aise.Évidemment, tout le monde était très doux et à mon service, mais comme je n'aime pas le conflit, c'était parfois difficile de concrétiser ce que j'avais en tête.» .DE SCÉNARIO (OU PAS) « Le film est, à 80 %, de l'improvisation.Il y avait un scénario assez sommaire et, comme sur l'internet, j'avais envie de travailler à base de surgissements, c'est-à-dire de mettre les personnages dans des situations et de laisser tourner la caméra pour voir ce qui arriverait.L'équipe, qui était composée de professionnels, n'était pas habituée à ce fonctionnement.» .DES VIVANTS DANS LE TITRE « Le titre est un hommage au film Nous les vivants de Roy Andersson, un cinéaste suédois que j'adore.Je me reconnais beaucoup dans son cinéma.Et c'est une façon, oui, peut-être, de dire que Solange est en retrait de la vie.» .DE SON PUBLIC « Mon objectif initial est d'apporter du réconfort aux gens, que ce soit par mes vidéos ou le reste de mon art.C'est là où je trouve un sens à ma vie.Peut-être parce que je suis visitée moi aussi par la perte de sens et par la difficulté de vivre, il m'est important d'aider.Les gens que je rencontre sont très touchés.Je reçois beaucoup de lettres de personnes souvent en situation de crise, de jeunes adultes qui se demandent quoi faire de leur vie, de femmes qui viennent de divor- cer, d'hommes seuls, plus vieux et désocialisés, etc.J'ai l'impression de toucher des catégories d'individus en souffrance ou en recherche.Des gens fragiles! Ça me ressemble un peu.» .DE CE QU\u2019ON AIME DE SOLANGE «Pouvoir afficher publiquement ses failles et ses difficultés.Pouvoir avouer qu'on a du mal, de la misère.Qu'on n'y arrive pas.À une période où il faut être tellement performant et tellement réussir, Solange dit: c'est trop pour moi, je ne me sens pas comme tout le monde.Les gens aiment qu'elle affiche sa différence et ses difficultés.» .D INA SANS SOLANGE « Depuis octobre et pour deux ans, j'ai été reçue au Fresnois, une résidence d'art numérique dans le nord de la France.Je voulais me consacrer à mes premiers amours, l'art contemporain.Je travaille donc sur un projet d'installation qui n'a rien à voir avec Solange et est destiné aux galeries, aux musées.Je veux aussi faire, en deuxième année, un spectacle solo.J'aime le plateau et je crois que d'ici 2018, je réussirai à m'entourer des bonnes personnes pour ce projet de spectacle un peu multimédia, drôle et touchant.» Solange et les vivants prendra l\u2019affiche le 4 novembre.UN COURT AVANT SOLANGE Représentant de l\u2019Institut national de l\u2019image et du son (INIS) aux Rencontres pancanadiennes du cinéma étudiant, le court métrage La cour des mirages sera présenté en première partie de Solange et les vivants.Le film de 13 minutes, réalisé par Zoé Pelchat-Ouellet d\u2019après un scénario de Sarah Junique, aborde, dans un traitement des plus singuliers, la place des gens différents dans notre société.UNE HISTOIRE DE VENGEANCE.DE TRANSFORMATION.ET DE PARDON.i ŒIL POUR ŒIL UN FILM DOCUMENTAIRE DE I LAN ZIV version française EN EXCLUSIVITE CierlatinI hM Filmoption version anglaise pCINEPLEX ENTERTAINMENT-i I FORUM I « Mon objectif initial est d\u2019apporter du réconfort aux gens, que ce soit par mes vidéos ou le reste de mon art.C\u2019est là où je trouve un sens à ma vie.Peut-être parce que je suis visitée moi aussi par la perte de sens et par la difficulté de vivre, il m\u2019est important d\u2019aider.» \u2014 Ina Mihalache Funfilm présente Une production le Studio Whimz Paul Doucet Julianne Côté Anne-Marie Cadieux Christian Bégin « Une fable amusante et grinçante.» - Manon Dumais, Le Devoir la chasse au collet Un film de Steve Kerr PAUL DOUCEt, JULIANNE CÔTÉ.ANNE-MARIE CADIEUX, CHRISTIAN BÉGIN, EVE DURANCEAU, NORMAND DANEAU PRODUCtEURS : StEVE KERR & SOPHIE RÉMILLARD, SCÉNARIO Et DIALOGUES : SÎEVE KERR, DIRECTION ARTISTIQUE : SOPHIE RÉMILLARD DIRECTION PHOTO : LOUIS-PHILIPPE B LAIN, MONTAGE : CARL D'AMOURS & STEVE KERR, CONCEPTION SONORE : JÉRÔME BOITEAU unis* QuébecS Canada TELEFILM c fl n n d n whimz CONSULTEZ LES GUIDES-HORAIRES DES CINÉMAS g présentement à l\u2019affiche ! [CINÉMA BEAUBIEN 1 2396, Beaubien E.514-721-1 n I\u2014 MEGA-PLEX™ GUZZO-1 |-MEGA-PLEX™ GUZZO \u2014 il | PONT-VIAU 16 || JACQUES CARTIER 14 LE CLAP OFFICIAL SELECTION ji\tSélection Officielle A 31.Semaine de la Critique \u2022ïMostra de Venise « Drôle et impertinent.» - OdileTremblay, Le Devoir FUN FILM présente PRANK une production de ART & ESSAI, LE GIRAFON et ROMANCE POLANSKI réalisation VINCENT BIRON scénario ALEXANDRE AUGER VINCENT BIRON ÉRIC K.BOULIANNE MARC-ANTOINE RIOUX montage ALEXANDRE LEBLANC conception sonore METTANT EN VEDETTE ÉTIENNE GALLOV Tuïi art & essai RIVEST musique PETER VENNE illustrations JOSIE-ANNE LAVIGNE CONSTANCE MASSICOTTE et SIMON PIGEON LE PRECEDE DU COURT-METRAGE MUTANTS d\u2019Alexandre Dostie a 1 13 ANS + LANGAGE VULGAIRE\traffiche !\tSTATION VUrqu actier ' lotinI 1 i-CINEPLEX DIVERTISSEMENT-i i\u2014 MÉGA-PLEX™ GUZZO\t1 i\tMÉGA-PLEX™ GUZZO\t i-CINEPLEX DIVERTISSEMENT-i ISTARCITÉ MONTRÉALl I PONT-VIAU 16 || JACQUES CARTIER 14 BOUCHERVILLE\t \t1\u2014MÉGA-PLEX™ GUZZO\u2014il\tCINÉMA\t | TERREBONNE 14\tLE CLAP\tversion originale avec [CINÉMA DU PARC] sous-titres anqlais\t3575 Du Parc 514-281-1900 CONSULTEZ LES GUIDES-HORAIRES DES CINÉMAS\t\t LA PRESSE MONTRÉAL SAMEDI 29 OCTOBRE 2016 ARTS 13 llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll ARTS CINÉMA MARC MESSIER ET RICHARD ANGERS / Le pacte des anges Deux générations en dehors du monde ANDRÉ DUCHESNE En fugue, Cédric (Émile Schneider) et William (Lenni-Kim Lalande), deux frères pas encore adultes, kidnappent Adrien (Marc Messier), retraité apparemment sans histoire, mais marqué par une grave blessure intérieure, pour fuir les lieux d'un crime auquel ils sont associés.S'amorce alors une indescriptible équipée à travers le Québec rural où les représentants de ces deux générations vont peu à peu se rapprocher.Le pacte des anges est un road movie qui donne à Marc Messier un rôle très singulier.Nous en avons discuté avec le comédien et le réalisateur Richard Angers.Le grand écran En dépit de plusieurs rôles, Marc Messier n'a jamais été, de prime abord, associé au cinéma.Cette fois, il porte sur ses épaules un film indépendant.Aurait-il aimé être plus présent au grand écran?« Oui, j'aurais aimé en faire plus, confie le comédien de 69 ans.J'ai beaucoup tourné dans des séries, ce qui prenait beaucoup de temps.J'aime bien tourner au cinéma, mais c'est arrivé comme ça.Par contre, je coé-cris actuellement le scénario d'un film avec Gilles Noël (Jack Paradise) où je jouerais un inspecteur de police obligé de sortir de sa retraite.» Le genre Quelle place a le road movie dans sa carrière ?« Je ne crois pas en avoir fait auparavant, répond Messier.J'ai beaucoup aimé ça parce que ça donne un rythme au film.Ici, Adrien, Cédric et William sont en fuite.Ça se passe dehors, de nuit, dans des endroits désaffectés où ils se cachent.Ils sont comme trois êtres humains en dehors du monde avec leurs problèmes.Ils vont vivre tout un clash ! » Lorsqu'on lui demande de nommer un road movie qu'il a aimé, Messier répond spon- Richard Angers a donné le scénario du film à Messier un 22 décembre.« Le lendemain matin, Marc m\u2019appelait et me disait: \u201cTu ne donnes pas ça à personne \u201d, lance le réalisateur.J\u2019en suis heureux parce que je l\u2019ai fait sortir de sa zone de confort.» tanément Easy Rider.« Un film un peu culte pour d'autres raisons ! » Le personnage Adrien, voisin sans histoire, se fond dans la couleur des murs de sa maison.«Un solitaire.Un gars plutôt triste, dit le comédien.Ce que j'ai le plus aimé de lui, c'est qu'il est très émouvant.Au départ, je ne me voyais pas nécessairement dans ce personnage, car il est très différent de moi.» Richard Angers a donné le scénario du film à Messier un 22 décembre.«Le lendemain matin, Marc m'appelait et me disait: \"Tu ne donnes pas ça à personne\", lance le réalisateur.J'en suis heureux parce que je l'ai fait sortir de sa zone de confort.» La transmission Au-delà du suspense, quelles questions fondamentales a voulu aborder le réalisateur?« Je voulais mettre en scène une histoire entre deux générations qui, d'ordinaire, ne se parlent pas.Je voulais parler des préjugés, autant d'un côté que de l'autre.Je voulais parler de paternité, de fraternité.Et le fait d'avoir deux générations distinctes permettait d'aborder la transmission de valeurs.Le fait de ne pas communiquer se solde par une perte.Mais ici, plus l'histoire avance et plus cette transmission de valeurs se fait.» La Gaspésie La nature ambiante impose et permet (les deux à la fois) cette transmission.Face aux forces inéluctables de la nature, les trois personnages ' ¦ PHOTO HUGO-SÉBASTIEN AUBERT, LA PRESSE Le comédien Marc Messier et le réalisateur du film Le pacte des anges, Richard Angers.Le film indépendant est un road movie qui donne à Marc Messier, de prime abord peu associé au cinéma, un rôle très singulier.n'ont d'autre choix que de se dire les vraies affaires.Comme décor, Richard Angers a choisi le Bas-Saint-Laurent et la Gaspésie.Les scènes tournées au sommet du mont Jacques-Cartier sont particulièrement mémorables.Or, en raison de la protection des lieux, l'équipe a dû s'y rendre à pied, une randonnée de 2h30, avant de commencer son tournage.Des efforts récompensés, la nature s'étant donnée en cadeau.La brume et les caribous vus dans le film sont apparus naturellement.«Tout s'est passé exactement comme je l'avais écrit dans le scénario », s'étonne encore M.Angers.Le pacte des anges prendra l\u2019affiche le 4 novembre.LA COMÉDIE FRANÇAISE DE L'HEURE! DÉJÀ PLUS DE 2.5 MILLIONS D'ENTRÉES EN FRANCE! FRANÇAISE PAR LES PRODUCTEURS DE « LA FAMILLE BÉLIER IEIIU FtKEHIf QUAND ON AIME, ON NE COMPTE PAS, SAUF.?mm Admit tel ,\t\u2014-1-Ul «UNE COMEDIE\tû QUI FAIT MOUCHE, « COMÉDIE TORDANTE »\tA \\Leou, ?f MAGNIFIQUEMENT RÉUSSI.» SÉQUENCES - ÉLIE CASH EL «INDICE DE BONHEUR Zfer OPTIMAL! »\t/ 98,5 FM\tu téÔpL-ie.EMILIE PERREAULT FRED CAVAYÉ DANY BOON (PENNY PINCNER!) RADIN! LAURENCE ARNÉ NOÉMIE SCHMIDT PATRICK RIDREMONT PRÉSENTEMENT À L\u2019AFFICHE! rQUAHTIERULTlHl [SüfclSfeffi&g]\t[~La!chEL MAI °Ë~I fpLftCELAMLtiÊl [dBUMMOHDWLLeI sD™nr5LSs *h< I jqlÏette I |7*fiS?anwiiiMi7| rhBrosw ARo\"7! P\"*Tt-bru\t1 f bouc herw lleI Tcoloc^ uwalI QlIe 'fffSumaa] Ist-eubtache ll^QwirvYAÏriill\tI [TiioiS-mvïljREâl P beauport '1 rc\"lST&¥oYl\u2018hTl I lëv I le clap | [wlîKSbwkêI TsherbrookeI rSmBCrr^HiftTl I catinbaij I ffa^EaBAHBïl I chicoutimi I COUP DE CŒUR DU FESTIVAL DE COMÉDIE DE L\u2019ALPE D\u2019HUEZ (GRAND PRIX \\\t/ FeSTIVDL De LI1LPG D HUeZ201G J V i PRIX DU PUBLIC ^ FeSTIVRL DeL'HLPe D'HUeZ2016 ) Cl .PRIX MICHEL GALABRU ' I PRIX D'INTERPRÉTATION f FESTIVAL De L'RLPB D'H U ËZ 2016*.«Absolument fabuleux et remarquable, un mustl» RENÉ HOMIER-ROY, ICI RADIO-CANADA PREMIÈRE «Charmant, drôle et touchant.» MAXIME DEMERS, JOURNAL DE MONTRÉAL « Un film de pur bonheur.» ÉRIC MOREAULT, LE SOLEIL Là g vache PRESENTEMENT AU CINEMA LaVache-LeFilm.ca B ©YûuQEj) LesFilmsChristal UN film DE MOHAMED HAMIDI «Un film excellent et formidable.» Marc-André Lussier, La Presse «Vraiment délicieux.Catherine Frot est remarquable.» Odile Tremblay, Le Devoir « Une œuvre à la fois forte et touchante.» Télé 2 Semaines « Catherine Frot est exceptionnelle, | drôle et bouleversante.» m j Serge^Kaganski,1'Tes InRocks FESTIVAL DE VENISE COMPETITION CATHERINE FROT Marguerite UN FILM DE XAVIER GIANNOLI Marguerite-LeFilm.ca ÆM QQS2 r 1\tSCZ?L 0 v.Æbs J°UROR 0£ MIM .G PRESENTEMENT AU CINEMA 30 © You® LesFilmsSeville http://www.azfilms.ca/accueil_fr.html 1A ARTS LA PRESSE MONTRÉAL SAMEDI 29 OCTOBRE 2016 llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll ARTS CINÉMA ON A VU Magnifique et tragique Marguerite MARGUERITE ?Drame de Xavier Giannoli.Avec Catherine Frot, André Marcon, Michel Fau.2h09.SONIA SARFATI Avec Marguerite, qu'il a écrit et réalisé, Xavier Giannoli (À l'origine, Quand j'étais chanteur) offre à Catherine Frot, dont la carrière est déjà riche en prestations admirables, l'un de ses plus beaux rôles.Inspiré de la vie de Florence Foster Jenkins (que Meryl Streep a récemment incarnée avec panache, mais dans le film plus convenu de Stephen Frears), Marguerite transpose la pseudo-soprano dans le Paris des années folles.Elle s'appelle Marguerite Dumont, elle possède une fortune.C'est d'ailleurs elle, la fortune plus que la femme, qu'a épousée Georges Dumont (André Marcon), qui a un titre (il est baron), mais est totalement désargenté.Outre ses sous, Marguerite possède une.voix.Fausse.Terriblement fausse.Qu'elle met au service (!) des airs d'opéra qu'elle chérit.Depuis des années, elle chante devant des spectateurs.disons, conquis d'avance, parce que là pour apprécier.Personne ne lui a jamais dit combien, en réalité, son ramage rivalise avec celui des paons qui paradent dans les jardins.Évoquer la crécelle est ici un euphémisme.Dire seulement « elle fausse », un compliment.C'est donc avec une belle innocence qu'un jour, elle décide de présenter un concert devant un véritable public, dans une véritable salle de spectacle.Marguerite pourrait être drôle.Et ça l'est.Jusqu'à ce que ce ne le soit plus.Formidable Frot Ce ne l'est plus grâce à Xavier Giannoli, impeccable dans un scénario profond et sans cynisme, dans sa réalisation sans fautes (on lui pardonne ainsi ce faux pas qu'a été Superstar) et dans le choix de ses acteurs, Catherine Frot en tête.Elle aussi, probablement même surtout, fait de cette Marguerite un être attachant dans son ridicule, irrésistible dans sa candeur, émouvant dans sa passion pour la musique.Déchirant et déchiré.Tragique pour toutes ces raisons.Le personnage aurait pu être l'ersatz d'une Castafiore.11 ne l'est pas.Car la caricature n'est pas de cet air-là.Gravite autour d'elle, dans une reconstitution d'époque impeccable et des images magnifiques (certaines formant une ronde tragicomique), une galerie de personnages formidablement ambigus.Madelbos, le chauffeur-photographe (Denis Mpunga), Lucien Beaumont, le journaliste-écrivain (Sylvain Dieuaide), Atos Pezzini, la star en route pour l'oubli (Michel Fau), Félicité, la femme à barbe-tireuse de cartes (Sophia Leboutte), etc.Complices ou profiteurs?Amis ou ennemis?On sait.On croit savoir.On ne sait plus.Et lorsque tombent les dernières images, le sentiment demeure.Rire ou pleurer devant Marguerite?Rire.Et pleurer.JT mmm Kf-v Inspiré de la vie de Florence Foster Jenkins (que Meryl Streep a récemment incarnée avec panache, mais dans le film plus convenu de Stephen Frears), Marguerite transpose la pseudo-soprano dans le Paris des années folles.INFERNO (VJF.: INFERNO) Thriller de Ron Howard.AvecTom Hanks, Felicity Jones, Ben Foster.2 h 01.L'HISTOIRE Robert Langdon reprend du service dans cette troisième adaptation des romans de Dan Brown.Il se réveille, amnésique, dans un hôpital italien.Traqué par des tueurs, il s\u2019enfuit en compagnie d\u2019une jeune médecin et doit résoudre un puzzle compliqué qui le mène de Florence à Istanbul en passant par Venise, afin d\u2019éviter la pandémie que veut provoquer un milliardaire obsédé par la surpopulation, de même que par Dante et son enfer.LA CRITIQUE Mené à un train d\u2019enfer, Inferno, malgré des ajustements apportés à la trame du roman plutôt raté de Dan Brown (l\u2019intrigue y avançait à grands coups de coïncidences), déraille copieusement.Les bonnes intentions qui pavent - paraît-il - l\u2019enfer doivent être gravées du signe du dollar: aucune autre raison de porter à l\u2019écran ce récit cousu de câbles blancs.Si les images sont magnifiques, parce que les lieux que traverse le récit le sont, Tom Hanks ne semble pas trop croire à ce qu\u2019il fait.Ici, il devient aphasique et ne trouve plus le mot «café».Tout de suite après, il décrypte codes et mystères et ne bute plus jamais sur aucun mot.Seule constante: cette amnésie tellement pratique.Sans elle, il n\u2019y avait pas d\u2019histoire.Autour de lui, Felicity Jones, Omar Sy et Sidse Babett Knudsen font de leur mieux pour donner de la chair à des personnages monolithiques ou dont le scénario révèle petit à petit les véritables desseins - tentant de surprendre le spectateur qui, à la longue, ne s\u2019étonnera plus de rien.Quant au méchant, le milliardaire incarné par Ben Foster, il n\u2019a pas l\u2019impact de ses très tordus prédécesseurs, membres de mystérieuses organisations prenant racine dans la nuit des temps, qui pimentaient le Da Vinci Code (l\u2019Opus Dei), Anges et démons (les Illuminati) et Le symbole perdu (les francs-maçons).A l\u2019arrivée, une poursuite chaotique portée par un discours vaseux sur les dangers que court l\u2019humanité à cause de la surpopulation.Pas de quoi vendre son âme au diable.\u2014 Sonia Sarfati PHOTO FOURNIE PAR SONY PICTURES Tom Hanks et Felicity Jones dans une scène d Inferno PLAN LARGE ANDRÉ DUCHESNE Zachary Richard\tPHOTOPC UN DOCUMENTAIRE SUR ZACHARY RICHARD Le prolifique documentariste acadien Phil Comeau présentera en première mondiale la version intégrale de son documentaire Zachary Richard, toujours batailleur le 14 novembre au Festival international du cinéma francophone en Acadie (FICFA).«Le film sera lancé en présence de Zachary Richard au Théâtre Capitol de 800 sièges, indique M.Comeau.Il vient aussi d\u2019être choisi comme film d\u2019ouverture du 12e Festival de films à Lafayette, en Louisiane, en janvier prochain.» M.Comeau ne sait pas encore si son documentaire sera distribué au Québec, mais il devrait être de la programmation du Festival international du film sur l\u2019art de Montréal en mars 2017.HOMMAGEÀ ANDRÉ MELANÇON Du 1er novembre au 18 décembre, la Cinémathèque québécoise rendra un hommage plus que mérité au réalisateur, scénariste et comédien André Melançon, mort le 23 août dernier.Intitulé André Melançon, le géant bienveillant, ce cycle rassemblera tant les oeuvres de fiction (La guerre des tuques) signées Melançon que ses documentaires (Charles Gagnon) et des films dans lesquels il a joué.Les longs métrages Taureau (3 novembre) et Comme les six doigts de la main (5 novembre) sont présentés grâce à la collaboration de l\u2019organisme Eléphant, spécialisé dans la restauration de grands classiques québécois.André Melançon\tPHOTO ROBERT SKINNER, LA PRESSE IL JL 4 As A* W V * PHOTO FOURNIE PAR AXIA FILMS Marc Messier LE FCIAT FÊTE SES 35 ANS L\u2019intérêt pour le cinéma ne s\u2019atténue pas en Abitibi-Témiscamingue, où le Festival de cinéma international (FCIAT) célèbre son 35e anniversaire du 29 octobre au 3 novembre.Cette année, la programmation accueille 12 premières mondiales, dont Tuktuq de Robin Aubert et Patsy, documentaire sur Patsy Gallant signé Robbie Hart, Sept premières nord-américaines et plusieurs premières canadiennes ou québécoises.Le très beau film Le pacte des anges de Richard Angers ouvre les festivités.LES MEILLEURS COURTS DE CANNES Danny Lennon, increvable programmateur de courts métrages du Centre Phi, organise une autre soirée à ne pas manquer pour les amateurs de ce genre, le 4 novembre à compter de 19 h 30.Le public a rendez-vous à l\u2019auditorium Maxwell-Cummings du Musée des beaux-arts de Montréal pour la projection des meilleurs courts métrages du Festival de Cannes 2016.Il s\u2019agit d\u2019une sélection des coups de cœur du programmateur des films vus à la compétition officielle, à la Semaine de la critique, à la Quinzaine des réalisateurs, etc.À voir sur la page Facebook: Les meilleurs courts métrages de Cannes.Moonlight\tPHOTO FOURNIE PAR A24 S Y LES SORTIES EN SALLE DU 4 NOVEMBRE Mal de pierres de Nicole Garcia Solange et les vivants d\u2019Ina Mihalache Le pacte des anges de Richard Angers Moonlight de Barry Jenkins Hacksaw Ridge de Mel Gibson Gimme Danger de Jim Jarmusch Doctor Strange de Scott Derrickson Trolls de Mike Mitchell et Walt Dohrn LA PRESSE MONTRÉAL SAMEDI 29 OCTOBRE 2016 ARTS 15 llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll ARTS CINÉMA PHOTO FOURNIE PAR COHEN MEDIA GROUP PRANK ?Vi Comédie de Vincent Biron avec Simon Pigeon, Alexandre Lavigne, Etienne Galloy, Constance Massicotte.1 h25.iL\u2019HISTOIREl Une bande de quatre adolescents font les quatre cents coups - pranks en anglais -, vivant l\u2019amitié, la perte de l\u2019innocence, la sexualité, les petites lâchetés et les grandes cruautés de la vie.|LA CRITIQUEl C\u2019est un film genre.tsé un film d\u2019ados, mais pas juste un film ado.Genre.Comédie sur le passage à l\u2019âge adulte, Prank n\u2019évite pas les blagues pipi-caca-lolos, mais sa bonhomie et sa fraîcheur excusent les facilités et les erreurs de débutant.Malgré des moyens microscopiques surtout, la mise en images sait être inventive avec l\u2019utilisation de dessins animés, notamment.Dans ce film artisanal, ce que l\u2019on prend au départ pour de la légèreté proche d\u2019un certain vide, ou d\u2019un vide certain, selon l\u2019indulgence de notre cœur d\u2019enfant, apparaît à la fin comme le sincère portrait d\u2019une jeunesse un brin désœuvrée, certes, mais aussi brillante et lucide.Les jeunes acteurs se débrouillent très bien, quoiqu\u2019ils semblent parfois laissés à eux-mêmes.Mais encore une fois, il se dégage une telle sincérité de l\u2019interprétation et de la proposition d\u2019ensemble de Vincent Biron qu\u2019on en sort ravi en se disant que voilà une petite bouffée d\u2019air frais dans notre cinéma.Reste à voir si les budgets qui augmenteront, de même que les attentes, bien sûr, permettront au jeune cinéaste de créer aussi librement à l\u2019avenir.Nous le lui souhaitons.\u2014 Mario Cloutier AMERICAN PASTORAL ?Drame d\u2019Ewan McGregor avec Ewan McGregor, Jennifer Connelly, Dakota Fanning.2 h 06.iL\u2019HISTOIREl L\u2019existence idyllique d\u2019une famille du New Jersey est bouleversée par l\u2019agitation sociale et politique des années 60.Seymour Swede Levov, ex-joueur de football admiré de l\u2019école secondaire, devenu homme d\u2019affaires accompli, a épousé Dawn, ex-reine de beauté.Mais leur fille, Merry, choisit plutôt la révolution.|LA CRITIQUEl American Pastoral de Philip Roth, qui a valu à son auteur un prix Pulitzer, est un classique de la littérature américaine contemporaine.L\u2019histoire d\u2019un homme, Swede, à qui tout souriait - la popularité, le succès, l\u2019amour - jusqu\u2019à ce que sa fille unique décide de grossir les rangs révolutionnaires pendant les mouvements des droits civiques des années 60.Le pari était risqué, mais le premier film de l\u2019acteur écossais Ewan McGregor - qui incarne le personnage principal - est une adaptation plutôt réussie, quoique convenue, de ce récit réputé inadaptable (mettant aussi en vedette Jennifer Connelly, dans le rôle de la femme de Swede, ancienne reine de beauté en perte de repères, et Dakota Fanning, dans celui de leur fille rebelle accusée d\u2019un crime violent).McGregor s\u2019appuie un peu trop sur la narration de falter ego littéraire de Philip Roth, Nathan Zuckerman, et sa réalisation statique manque d\u2019originalité.Il s\u2019en tire certes mieux que Robert Benton, qui avait adapté sans succès The Human Stain, mais malgré la force du récit, American Pastoral version cinématographique souffre de la comparaison avec le roman de l\u2019un des plus grands écrivains américains vivants qui l\u2019a inspiré.\u2014 Marc Cassivi Une somptueuse déconstruction MADEMOISELLE ?Thriller érotique de Park Chan-wook avec Kim Min-hee, Kim Tae-ri, Ha Jeong-woo, Jo Jin-woong 2 h 24.iL\u2019HISTOIREl Durant les années 30, dans une Corée occupée par le Japon, Sookee (Kim Tae-ri), jeune Coréenne pickpocket, est recrutée par le comte Fujiwara (Ha Jung-woo), beau parleur et fumiste, qui veut de l\u2019aide pour séduire mademoiselle Hideko (Kim Min-hee), une riche et séduisante héritière auprès de qui Sookee devient femme de chambre.C\u2019était sans compter qu\u2019Hideko et Sookee allaient se découvrir une attirance mutuelle.ILA CRITIQUEl Thriller érotique aux accents saphiques, ce nouvel opus de Park Chan-wook se distingue par la déconstruction hallucinante d\u2019un scénario campé dans des décors somptueux.L\u2019enrobage visuel de cette histoire pouvant devenir très complexe pour quiconque cligne des yeux trop longtemps laisse une très bonne impression.Idem pour la direction photo marquée par son dynamisme.Le film est une adaptation du roman anglais Du bout des doigts de Sarah Waters campé au cœur de 1ère victorienne.Park Chan-wook l\u2019a transplanté au cœur de l\u2019occupation de la Corée par le Japon, un pan peu reluisant de l\u2019histoire de l\u2019empire du Soleil levant impitoyable avec les habitants de son «protectorat» coréen.Sur l\u2019écran, cette histoire marquée de multiples rebondissements est divisée en trois parties, ce qui permet au réalisateur de revenir en arrière pour mieux rebondir vers le présent et aide le spectateur à dénouer le sens des intrigues.Certains ont trouvé le film trop long.Pas nous, si ce n\u2019est un sérieux passage à vide au début de la deuxième partie.Heureusement, ça se replace.Quant au travail des acteurs, plutôt froids dans leur interprétation, il est éclipsé par la maîtrise des éléments techniques du film.Ce film est présenté en version originale avec sous-titres français (Mademoiselle) et anglais (The Handmaiden).\u2014 André Duchesne LlJ PHOTO FOURNIE PAR MÉTROPOLE FILMS SUR VOS ÉCRANS EN DVD TÉLÉ SUR DEMANDE 5T R R T, \u2019fHtifST FETU BlVIf OF THE ISCIENCE-FICTIONl STAR TREK BEYOND (VF.: STAR TREK au-delà; ?De Justin Lin.Avec Chris Pine, Zachary Quinto, Karl Urban, Simon Pegg.ANTHROPOID Idrame de guerreI ANTHROPOID (VF: OPÉRATION anthropoid; ?1/2 De Sean Ellis.Avec Cillian Murphy, Jamie Dornan, Charlotte Le Bon.Le film n\u2019est pas parfait.Comme Justin Lin (l\u2019homme derrière de multiples volets de Fast and Furious) a succédé à J.J.Abrams à la barre du reboot de la franchise Star Trek, on ne s\u2019étonnera pas que Star Trek Beyond compte son lot de scènes d\u2019action.parfois difficilement «lisibles» à l\u2019écran.Cela dit, le réalisateur est un fan de très longue date de l\u2019univers imaginé il y a 50 ans par Gene Roddenberry.Cela se sent dès les premières secondes du long métrage.Fidèle à ses origines tout en regardant vers l\u2019avenir.Star Trek Beyond est un hommage dont les fans se délecteront.Et un space opera qui fait un bien fou.\u2014 Sonia Sarfati A la guerre, les idéaux, accomplis ou non, se fracassent sur des murs de haine.Le sang gicle, les vies s\u2019éteignent, les survivants pleurent.Parfois, on gagne.Souvent, on perd.Et on recommence.Parce que les idéaux.Aussi noble, aussi urgente, aussi nécessaire que soit la cause, le prix à payer est-il trop élevé?Le spectateur aura l\u2019occasion d\u2019y réfléchir après le vision-nement dAnthropoid de Sean Ellis.Ce n\u2019est pas qu\u2019un film.C\u2019est une histoire vraie.Nous sommes au cœur de la Seconde Guerre mondiale.«Anthropoid» est le nom de l\u2019opération visant à assassiner Reinhard Heydrich.En dépit d\u2019une mise en scène classique, le travail d\u2019évocation est convaincant.\u2014 André Duchesne BADMOI IcomédieI BAD MOMS (V.F.: MÈRES indignes; ?1/2 De Jon Lucas et de Scott Moore.Avec Mila Kunis, Kristen Bell, Christina Applegate.Quelles soient parfaites ou zinzins, les mères ont la cote.Blogues, romans, séries télé, elles font jaser.C\u2019est dans cette optique que Jon Lucas et Scott Moore ont imaginé Bad Moms, sorte de pendant féminin à The Hangover.Une mère écartelée entre carrière et obligations familiales, une mère au foyer ayant quatre enfants et une mère délurée décident de s\u2019accorder du temps pour elles.Soirées arrosées entre filles, séances de drague dans un bar branché, après-midi au cinéma, tout y passe.Jusqu\u2019à ce que la réalité finisse par les rattraper.Oui, certaines scènes font sourire.Mais ce n\u2019est pas suffisant pour préserver l\u2019intérêt du spectateur.\u2014 Catherine Schlager THE SEA OF TREES iDRAMEl THE SEAOF TREES ?1/2 De Gus Van Sant.Avec Matthew McConaughey, Naomi Watts, Ken Watanabe.Raté, le film de Gus Van Sant l\u2019est.Indéniablement.Jusqu\u2019au moment où tout bascule dans le ridicule au chapitre narratif.The Sea of Trees avait quand même ses moments, notamment sur le plan visuel et de l\u2019interprétation.Matthew McConaughey offre en effet une performance très convenable dans le rôle d\u2019un homme désespéré qui décide de se rendre dans une forêt située au pied du mont Fuji, au Japon, pour s\u2019y suicider.Le scénario emprunte la formule habituelle des retours en arrière pour expliquer comment l\u2019homme en est arrivé à ce point de désespoir.Un récit prévisible et un traitement sirupeux.\u2014 Marc-André Lussier CROWN T.I NETFLIX ISÉRIE HISTORIQUE! THE CROWN De Peter Morgan Avec Claire Foy, Matt Smith, Jared Harris L\u2019une des productions les plus coûteuses de l\u2019histoire de Netflix portera sur l\u2019entièreté du règne d\u2019Elisabeth II.car on a annoncé que The Crown pourrait être une série de six saisons de 60 épisodes! Ecrit par le talentueux Peter Morgan, qui avait signé The Queen de Stephen Frears (avec l\u2019inoubliable Helen Mirren dans le rôle de la reine), The Crown sera une série hautement britannique, portée par Claire Foy dans le rôle principal.La première saison commence au début de son règne, alors que la jeune Elisabeth découvre ce que représente le lourd poids de la couronne.\u2014 Chantal Guy Sur Netfl ix MONDAYS 9/S< Isérie humoristique! PEOPLE OF EARTH De David Jenkins Avec Wyatt Cenac, Ana Gasteyer, Oscar Nunez Le synopsis original de cette nouvelle série mettant en vedette l\u2019humoriste Wyatt Cenac fait déjà rire.II y interprète un journaliste enquêtant sur un groupe de citoyens convaincus d\u2019avoir été enlevés par des extraterrestres, ce qui lui permettra de rencontrer différents énergumènes.Sceptique au départ, il finira par se demander s\u2019il n\u2019a pas été lui-même victime d\u2019un enlèvement dont il aurait tout oublié.Ça commence le soir de l\u2019Halloween à TBS.\u2014 Chantal Guy Sur TBS ARTS LA PRESSE MONTRÉAL SAMEDI 29 OCTOBRE 2016 iste de notre invité TOUS LES SAMEDIS, UN ARTISTE NOUS FAIT PART DE SES COUPS DE CŒUR DU MOMENT.SERIE TELE CINEMA LIVRES Ma mère est un poisson rouge, une production du Théâtre de l\u2019Avant-Pays THEATRE La Maison Théâtre PHOTO MARTIN CHAMBERLAND, LA PRESSE MUSIQUE Fred Pellerin, Silence Daniel Pennac Réalisé voilà (déjà) 25 ans par Terry Gilliam (l\u2019un des quatre membres de Monty Python), The Fisher King est le film culte de Sylvain Marcel : «Je l\u2019ai vu plus de 10 fois et je le reverrais demain! Je le recommande à tout le monde.Sa facture est très bédé, très éclatée.Cest une fable moderne et un récit chevaleresque.Avec deux grands acteurs: Robin Williams et Jeff Bridges.» «J\u2019ai un fils de 5 ans et je vais l\u2019emmener cette année voir des pièces à la Maison Théâtre, une salle spécialisée en théâtre jeune public.La Maison Théâtre contribue à l\u2019essor du théâtre pour l\u2019enfance et la jeunesse au Québec.J\u2019ai commencé ma carrière d\u2019acteur en faisant du théâtre jeunesse.Mes autres fils venaient me voir.Je vais donc initier mon bébé, car le goût du théâtre se transmet tôt dans la vie.» maisontheatre.com LUC BOULANGER Chez Duceppe jusqu\u2019au 3 décembre Six Feet Under «Ça date de plus de 10 ans, mais Six Feet Under d\u2019Alan Ball demeure la meilleure série télé que j\u2019ai vue.Cest l\u2019histoire d\u2019une famille de croque-morts et, pourtant, c\u2019est terriblement vivant, émouvant, humain.La finale du dernier épisode de la série est une pièce d\u2019anthologie.Et Six Feet Under m\u2019a fait découvrir des interprètes comme Michael C.Hall [David] et Lauren Ambrose [Claire], dont je suis un vrai fan!» «Daniel Pennac est un auteur dont je ne me lasse jamais.J\u2019ai lu toute la saga de Monsieur Malaussène et sa famille - six tomes, dont Monsieur Malaussène, La fée carabine, La petite marchande de prose.Des lectures qui me charment à tout coup.J\u2019aime beaucoup son univers et sa manière décrire et de décrire les choses pour créer un genre de polar familial.» Marcel a découvert Fred Pellerin avec l\u2019album Silence.«Cest l\u2019un des plus grands poètes que je connaisse.Il est bouleversant, transperçant; et il a un cœur de géant! Cet artiste s\u2019est créé lui-même, propulsé par le seul désir de donner au public.Sa reprise de Hope I Don\u2019t Fall in Love With You de Tom Waits est magnifique! J\u2019ai offert des billets pour son dernier spectacle comme cadeau de Noël, l\u2019an dernier, à toute ma famille.» PHOTO TIZIANAFABL AFP The Fisher King Cofondateur de la compagnie de théâtre de création Harpagon, le comédien Sylvain Marcel a mis les bouchées doubles au début de sa carrière.Il travaillait comme préposé aux bénéficiaires dans un hôpital le jour et jouait au théâtre le soir.Etant donné ses succès au cinéma et à la télévision dans les années 2000, le comédien s\u2019est (un peu) éloigné des planches.«La télévision n\u2019aime pas le théâtre.Et vice versa», dit-il, en parlant des conflits d\u2019horaire et des autres exigences des deux milieux.Cela explique peut-être pourquoi l\u2019acteur de 51 ans joue cet automne pour la première fois chez Duceppe (après avoir fait son baptême du Théâtre du Nouveau Monde en septembre 2015 dans Moby Dick).Depuis mercredi, on peut le voir dans Nos femmes d\u2019Eric Assous, aux côtés de David Savard et de Guy Jodoin.Ces interprètes forment un trio d\u2019amis depuis 35 ans dans la pièce.Un soir, avant une partie de cartes, Simon (David Savard) vient voir ses amis.Il est anéanti et leur confie qu\u2019après une dispute avec sa femme, il l\u2019a étranglée dans un accès de colère.Et supplie ses vieux chums de lui fournir un alibi pour échapper à la justice.«Au-delà des déchirements immenses entre les protagonistes, Nos femmes aborde plusieurs dimensions de la nature humaine: la complicité, l\u2019indifférence, la jalousie, la loyauté, etc.», dit-il.Créée en 2013 à Paris, la pièce d\u2019Eric Assous a aussi fait l\u2019objet d\u2019une adaptation au cinéma de et avec Richard Berry.Contrairement au film de Berry, chez Duceppe, le metteur en scène Michel Poirier s\u2019éloigne du côté vaudeville et favorise une vision plus dramatique de l\u2019histoire (après tout, on parle d\u2019un homme qui a tué sa femme!).En conservant des moments comiques.«Le crime est plus soluble dans le drame que le vaudeville, explique Marcel.Oui, on rit un peu, mais ce n\u2019est pas trois \u201ccolons\u201d.On voit leur côté sensible, humain, et Michel nous fait aussi pleurer.» Faire rire les gens avec des sujets sérieux, c\u2019est un peu la spécialité du talentueux comédien.PHOTO ART STREIBER, AP/HBO PHOTO DAVID BOILY, LA PRESSE "]
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