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Titre :
La nouvelle barre du jour
Éditeur :
  • Outremont :La Nouvelle barre du jour,1977-[1990]
Contenu spécifique :
Juin
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Barre du jour
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Références

La nouvelle barre du jour, 1978, Collections de BAnQ.

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A {iH gt iE À HE te i I i 3» i i i i fl A 1 \u2018 I = i Les auteurs sont priés de n'envoyer qu\u2019une copie de leur oeuvre, les documents n'étant pas retournés.Les auteurs des textes que nous publions sont seuls responsables des opinions qu\u2019ils émettent.La reproduction des textes et des illustrations paraissant dans la Nouvelle Barre du Jour est strictement interdite.Ely pe iE ee Se A re AC A RC A SC CS Dépôt légal \u2014 Deuxième trimestre 1978.Bibliothèque nationale du Québec.ISSN 0704-1888 POHL LG Sommaire Fictions Tambour vacant Lucie Ménard Bleu carte postale Louise Aylwin Décalages Ginette Ferrié Flagrants poémes André Roy Essai Préalable (a-) théorique .Denis Aubin Intervention Du passé méconnu .Marc Chabot Commentaire La féminité en question Hugues Corriveau Lucien Francoeur supertexte Claude Beausoleil 17 24 33 45 62 71 74 ça 2 4 ca on a ail ex = ee - a ro a = = re a (lyme cacy een RETA) To ok rpc ae paver, os a a esta Ta aces ee, SE gos fe a a Jn See Sa cas pass REFER m2] Er To pe er a ES pee As 5 = ce es Re RE does, po ex eee ut \"si 5 FEE SERA Toi het Ch RS pa 5 dé RB Re ie re ZA ae aire es x= us = H ps 3 LJ LN LPH 3 t El al tes i Pirée cbr = = u Tee a coin Ea a or Sa Sd i TE Ea a Ra i 5 = = So 13 = es Tl es ASRS = = = 5 i Ty eo it se ae oF ea mia, = v 57 za £3 =, Cn Ra = his AE = : : = 6 SE = # ; = + ie 3 5 =$ hd d 7 = 7 = \u20ac ; ar i 3 \u2019 7 \u20acn A : = ; si = - = Sd RA A ie = i 24 a 2 5 ; S « Zi À ne g = 5 3 5 ne 3 = = 5 73 ; = 3 H à = Zi, 5 5 7 Ff iS 5 PS $ si # ee i AR i a \u201c= \"2 35 PS A A CN Les yeux perfides des tourneuses de corvée guettent l'erreur tandis que le soleil agace leur nuque.Les petites filles jouent à corde.« Tiquetel-le Chôvissel-le, Watémanbor, Botéman-ti, Datsolaye Omentchi-tchi.Fren- chqui.» En ce temps-là Mame Bourlet la bien nommée ferme la guillotine au dessus du double- évier.La ménagère récure de récurant maximum l\u2019une ou l\u2019autre cuve.Une fine couche de poudre humide tenace à leur surface.Ecoeurée, Mame Bourlet s\u2019enligne sur le tabouret cuirette et chrome et y dépose graduellement son postérieur.Mais.Elle ne peut contempler ses varices plus d\u2019une demie-heure sans que fermentent en son coeur des trésors d'agressivité.Le front plissé elle cherche un exutoire petit pain.Peu coûteux, pas compromettant rien.La musique épaisse vient s\u2019échouer sur le comptoir plastique.Alors la voix velours de l\u2019animateur.La radio.Boujour mes choutes.C\u2019est ça.Le téléphone.Salut la toune.L\u2019ami fidèle te prête l'oreille oui oui.Oui les doigts boudinés pitonnent fébrilement.Vas-y.(cé-moa-la-pre-miè- re-cé-moa-la) S\u2019il fallait .« Bon après-midi ma Dame.» La ligne chaude entre tes mains.« Vous 6 êtes madame ?» Une petite toux chèche : Che chuis matame (ahan ahan) Manche t\u2019la maarte ! hystère-t-elle d\u2019un seul hoquet et sa peau flasque s\u2019agite de fins soubresauts.Clac.Les étoiles du comptoir dansent.Sous le corsage détrempé le coeur de Mame Bourlet bat la chamade.« Après cette brève pause pub » clic.La voix velours s\u2019est rugositée.La satisfaite Médème Bourrelet va rouvrir toute grande la fenêtre et s\u2019en respire une bonne tassée.Il fait beau soleil et des fillettes s'amusent gentiment sur la rue.« Wanéti-po-pouss-é-gal-é-gal-Win-Pouss ! » Le rayon des dits « menus articles » du grand magasin où l\u2019on vendait de tout.Des oreilles de star, des ongles de petits enfants, roses et translucides, des haleines de commis- comptable, de chou tiède et bien cuit.Le Individu s\u2019approcha, l\u2019air fourbe et syndical.Et l\u2019apprentie Potrine sentit ses habits devenir petits.Elle s\u2019éloigna mal à l\u2019aise, les épaules rentrées Dieu sait où.Le court ruban noué dans quelques-uns de ses cheveux gras sembla se resserrer encore.Elle trotta plus vite.Un mythe tenace veut que les pires \u2014 enfin, les bandits \u2014 n\u2019en aient point la tête ni l\u2019allure.Pourquoi alors l\u2019étrange enfouit-il dans son vaste sac à main \u2014 de dame ! \u2014 trois paires de gants à veilleuse ?Pourquoi la boîte de capotes usagées ?(négligeant les grenailles de toutes saveurs, il hésita devant les haleines.Mais il repar- 7 tit bientôt salvant au passage le stock de dentiers nobles).Pourtant il avait une sale gueule que n\u2019arrangeaient pas ses verrues variées non plus que ses quelques dents d\u2019or mal ciselées.Deux bonnes joues rasées l\u2019eussent dénoncé à coup sûr et Potrine l\u2019eût abordé sans hésitation.Mais l\u2019homme avait des verrues, le teint bilieux, et l\u2019apprentie se sentait mal à l\u2019aise.Rien que mal à l\u2019aise.Elle se rendit aux toilettes avaler de rince- bouche des gorgées.Fit sauter deux ou trois coutures de sa jupe et décida d\u2019endurer son ruban jusqu'au surlendemain congé, ce qui prit du temps.Personne ne fut inquiété du larcin.Jusque la, rien d\u2019énorme.A sept heures sept heures et demie ?A sept heures sept heures et demie.Ceci n\u2019annonçait rien de \u2014 banal quoi \u2014 pour Joe.Fellow y était habituée quant à elle.Le samedi soir les grosses bouteilles de bière blonde étaient sur la glace dans une bassinoire de dimensions respectables (trônant sur la table à café rococotte : adj.invar.\u2014 une prothèse rococotte \u2014 Des caresses rococotte.Démodée et un peu charmante ; ridicule).Lorsque Joe pénétra le salon, Fellow se berçait avec application dans la fumée de son épais cigare.Les revolvers étaient chargés.Les bouteilles, débouchées.Du silencieux pour les colts, mesdâmes.Il n\u2019en faut pas d'avantage pour passer un moment pas relaxant mais bien agréable.On tire à tour de rôle sur des chapeaux melons posés sur les têtes respectives d\u2019une étudiante en dessin de mode \u2014 Joe : dix-neuf ans \u2014 et d\u2019une secrétaire un peu replète avec de beaux traits : Fellow : vingt-cinq.On compte les points \u2014 les trous \u2014 on boit beaucoup froid, on s'imagine avoir tué le père la belle soeur le supérieur hiérarchique.Peu importe.On reste assis bien sûr.Il se trouve des amis de Fellow pour prétendre qu\u2019à son âge, d'autres façons de tuer le samedi soir.« C\u2019est pas des vrais amis.» Alors Fellow n\u2019en a cure.Elle vise le milieu de deux trous du chapeau de Joe.Elle rêve de l\u2019un ou l\u2019autre de ces tristes sires l\u2019endroit où les sourcils se joignent.Elle tire froidement.« C\u2019est raté mon vieux.ŸY a-t-il un médecin dans la salle ?» La bière se répand sur la jupe de Joe qui ne se berce plus.Ce soir-là la moyenne d'âge dans l\u2019assistance était de vingt-deux ans.Vers onze heures quarante elle remonte à vingt-cinq.Quand même, un bel âge.Pauline, Paulette, Pierre-Paul, Paul- J.Paul-André douzaine bocks tassés brosserie.Feusons bon voyage.- À Bientôt.D'un maux de langue.Maintenant.Ça sourit les yeux ça converge ferme.La doulce Pauline à Paul-André ; Paulette dite Poulette à Paul-J.et ainsi de suite.Notre rouge associé Pierre-Paul suinte son bien- 9 [IO PE être, il est de miel.Ses oreilles s\u2019allongent partout.Attention.On blablabla Chose et l\u2019Autre.Pierre- Paul ouvre la bouche pour dire quelque chose.Rah Rah Ray (fond sonore).Il découvre ses dents jaunes.Pierre-Paul il parle.Encore plus fort.Ses gencives sont toutes nues maintenant.Tarari ! TARARII ! hurle-t-il sauvagement.(soudain ce cri surgi, guerrier du fond des âges.Ciel, qu\u2019avons-nous fait ?) On plus-que-sursaute, il y a des bris de vaisselle bruitée.Les goupillons Jekyll.Les sprinklers giclent.Pouline pleure doucement sur l\u2019épaule de Paul-J.qui n\u2019en mène pas si large.Les mains moites de Paulenne, deux excroissances glaciales.Ici tout le monde borborygme en même temps.On tente de .On s\u2019explique.Donc, Pierre-Paul n\u2019a pas crié « tarari » mais « T\u2019aurais ri », s\u2019adressant à Paul-André qui s'adressant à doulce Pauline n\u2019avait pu .Il raconte le mot d\u2019enfant.On s\u2019es- claffe mais avec dignité.Sacré Pierre-Paul.Un jour Gary était infirme avec un accent blok dans un quartier cana-fra \u2014 à part quelques grecs et autres spécimens.Il décida de quelque chose très spécial.Ils \u2014 Les autres \u2014 pouvaient être une quinzaine çà et là qui gambadaient comme du monde (encore qu\u2019ils frappassent régulièrement leurs tibias blèmes).Alors il \u2014 lui \u2014 traîna de l\u2019une à chacun que cet après- midi-là aurait une distribution de cadeaux.Dans sa cave.Comment cela se fit-il ?deux heures après 10 Le le troupeau bruyait derrière Gary \u2014 Gary qui ?\u2014 dans l\u2019enceinte cimente qui regorgeait.La collection de toutes pluches, d\u2019autos bébelles s\u2019épuisa par les mains du petit bonhomme.Moose posséda l\u2019accordéon, Guizou le char-à-pédales.Un superbe engin gris et blanc sale.Les joues rondes à Guédouille perlaient dans un coin.« Les béquilles, Gary, moi j\u2019- voudrais tes béquilles.» Jeur-Jeur, l\u2019ignoble gamin aux yeux bums, accepta finalement une menue mixette qui fut bientôt pognée dans ses cheveux crépus.Quant à son frère, il eût préféré décrocher son pied sournois dans le fond du héros de ce jour mais il fut content de la poupée à seins, du projecteur et d\u2019une longue-vue d\u2019excellente qualite.Gary fut Père Noël un jour de juillet.Lorsque le convoi s\u2019ébranla en scandant « Le Père Noël Gary qui a perdu son cigare » Guédouille menait par deux longueurs de béquilles.Guizou pédalait allégrement son véhicule surchargé, les autres trottaient derrière à bonne allure les bras comblés.Gary restait perché sur la fournaise sans savoir trop comment il y était parvenu.Mais était-il vraiment nécessaire qu\u2019il descende de là ?Juste comme ça, Mademoiselle Eulalie aurait bien aimé qu\u2019il se passe quelque chose dans sa vie.Qu'elle pusse déplacer des cendriers rien qu'en les regardant.Que la pluie surgisse par le seul pouvoir de sa pensée.De concentration en camps de frustration les années avaient passé dé- ceptement, car de tout cela rien n\u2019avait réussi.11 Jusqu\u2019au jour où la moiselle se remémora.Des récits de son enfance il lui souvenait avec délectation des grenouilles changées en Prince Pâmant, des souris en chevaux blancs, une citrouille, des torchons .Des choses comme elle en eût voulu vivre toujours, à même le goulôt.La grenouille ?Encore qu\u2019elle n\u2019en eût jamais rencontré devant son comptoir.Qu'elle ne fût princesse ni bergère \u2014 elle était caissière.Qu'elle ressentit un dédain poli.Qu\u2019on n'embrassât pas les inconnus Quelquilfuss (elle tenait ce dernier mot de son mort-père et se le répétait souvent avec respect).Mais alors n\u2019importe quel objet du quotidien pourrait convenir et mademoiselle Eulalie choisit \u2014 un homme.Monsieur Badaud, veuf commun qui stagnait de temps en temps sur le palier regarder l\u2019antre de ses jupes lorsqu'elle sautillait l\u2019escalier.La circonspecte s\u2019attarda quelquefois avec lui sous le porche.Puis un soir prenant une brusque décision \u2014 Smak ! Smak ! \u2014 fermant les yeux, plissant les lèvres, elle attaqua gauche et droite le long cou de Monsieur Badaud.Lorsqu'elle s\u2019ouvrit c\u2019est un Winnebago flambant neuf qui la dévorait de ses phares lubriques.Mademoiselle Eulalie n\u2019hésita pas longtemps entre le désarroi et le désappointement.Elle prit la route le surlendemain et ne caissa plus jamais.Les voisins la virent partir non sans une pointe d\u2019envie au bord du gosier \u2014 « C\u2019est Mademoiselle Eulalie, celle dont le prétendant s\u2019est changé en Winnebago.» Il faut croire aux contes de fée.La vie commence à quarante ans.12 \u2014 « Mémère, quelle heure qu'il est ?» Sophie Labadie s\u2019impatiente sur la poignée de porte.« Quelle heure, mémère, y est quelle heure ?» Une voix flutée sussure trop bas.Sophie lâche la porte.Mémère est ronde sur le sofa baquet.Malicieusement : \u2014 « Patate-dans-dix.» Sophie désarme la becquette du bout des doigts.\u2014 « Bon je m\u2019en vais, là, quelle heure est-il ?\u2014 Patate-dans-dix.» Les yeux ronds scintillent, le vieux bedon marre doucement.La fillette avait quatre lorsqu\u2019arriva chez mère-grand.Lors dix ans de merveilles vieillottes dans le grand buffet les napperons jaunis dentelle.Les purées bien pilées sariette la poudre qui sent bon.La petite marque rouge à lèvres sur les joues douces.Jamais.Jamais la mère-grand n\u2019avait dit à Sophie quelle heure il était.L\u2019heure- miam, l\u2019heure-savon, ou dodo, \u2014 pipi, \u2014 taper, \u2014 caca mais à « Quelle heure est-il » jamais autre chose que ce « Patate dans dix » qui finissait par donner des coups massus sous le crâne et sur le foie.Rien n\u2019y avait jamais pu changer quoi que ce soit et le scénario pouvait se répéter \u2014 de sept à soixante-dix-sept fois par jour, selon un cliché fort prisé.Inimaginable.Environ huit ans de bile remontent les boyaux de Sophie qui en a fait calcul hier soir.En heures.Elle vient asseoir sur le pour une joue posée sur les rotules replètes.Elle fixe très longuement.L'endroit où le coeur, ralentit peu à peu son rythme.Lorsque mémère a cessé de respirer, Sophie Labadie prête enfin l\u2019oreille au tic-tac de 13 l\u2019heureuse pendule d\u2019acajou.Que les changements de propriétaire n\u2019affecteront jamais.Jodphur est plus petit que le jardin de mon oncle.Mais il est plus grand que le casque de mon cousin, c'est donc relatif.Quand il mange son potage aux petits vélos ce l\u2019est aussi.Je dis petits.Deux enfants y tiendraient confortablement toutefois c\u2019est un faux problème puisque Jodphur l\u2019affirme : « I like \u2018em in my soup.» Bon.Jodphur est très riche et c\u2019est heureux car les vélos sont relativement chers.Quand il ne mange pas il marche le chien.Pourquoi est Jodphur marchant le chien ?Sa mère est une girl, son père est boy dans le même establichement.Son voisin travaille fort toute la journée.Plus fort que Jodphur, mais moins que son père.Qui est ?le père ?Jodphur est un homme.Son soeur est une ferme.And Mr.Reese, is, a car / pen / ter.Son père est by the way et ÇA c'est relatif.Quant au chien disons tout de suite qu'il déteste suffisamment les vélos pour les enculer dans les champs et dans les rues.Soit le potage, Mr.Reese et l\u2019amimal.So What ?Cet homme a peur de son chien ça crève les vieux ! Voilà.La vérité s'impose.Tout enfant le jeune Jodphur a désiré fou son voisin.Cette frustration profonde met en lumière le pourquoi son étrange potage, sa seule nourriture.Que d'horizons la psychanalyse révèle qui sont plus vastes que le jardin de mon oncle ET le casque de 14 mon cousin.Non un colis ce n\u2019est pas un paquet, je veux dire un gros paquet, non plus qu\u2019une grande enveloppe de papier fort avec quelque chose dedans.Un colis c\u2019est une petite boîte pas trop petite en carton moyen.C\u2019est emballé dans du papier bleu, un beau bleu, blanc au revers et bien lisse ligoté a- vec-de-la-fi-cel-le.Je n\u2019en ai vu qu\u2019une fois et encore \u2014 dans une bande dessinée connue.Il y avait dedans un papillon rare sur un lit de ouate.C\u2019était beau.Un colis c\u2019est léger.Je ne suis pas folle.J'ai pris du temps à trouver tous les éléments pour fabriquer ce colis-là.Le papier, le papillon.Des précautions magna- ques pour que le noeud soit comme ça ; comme ça.Mais je l\u2019ai.Mon adresse est sur l\u2019étiquette (juste Rectangulaire, encadrée de noir sobrement).Je ne fus pas folle d'aller au bureau de poste, de me le destiner à moi toute seule.Le trac j attends quelque chose c\u2019est important.Ce matin il est dans la boîte à lettres et ma foi je m'en saisis fébrilement.On se saisit de ça fébrile, of course.De course.On dénoue \u2014 doucement \u2014 le noeud bien propre.Ça va ?Ça allait.La ouate est gorgée de rouge visqueux.Un doigt un pouce rongé s\u2019y étale alors que sur le nappe laineux, lentement, la même tache sombre s'agrandit.Le colis, le colis tombe de ma main mais C\u2019est normal.Normal.Car comment pourrais-je bien le tenir avec un index \u2014 un majeur \u2014 un annulaire et \u2014 un auriculaire.Faudra que j\u2019apprenne cela, comme j'apprends 15 He: in qu'il faut être vraiment fou de se prendre pour Dupond et Dupont en même temps.Moi si j'étais un savant j'aurais surtout un sarreau rongé par les expériences, le cheveu en bataille et le regard perdu.Et inversement.J'aurais trouvé des tas de choses que j'aurais comprises mais je serais incapable de les démontrer de façon rationnelle.Je serais un savant fou par vocation.Et je ne serais pas plus pâle que maintenant ; ni plus concernée. 2 » oo ZE 20 ik Ze ra 2 A WE 32% 2 errs ve Zr 7; \u201cer pe rpm sme BERRY ae: sa \u201cange EL 2 Se Zi # 7 oe \u20ac A 2 7 A iy x 3 Gran 5 = 2 7 R 5 8.L = ® Si Li * 2 E = = ouise i: i B.3 E Ayl = i * 5 INTIS 4 Ë La R oD N y ÿ i 3 win 3 Re i = à À 8 i ee 3 as o Lo b> Crinte Thon e Thy = > ais 32 x ss cs Sy A TCR eth te Soy rR 0 = 15 53 CE = Te RTT AC \u2014 se ee DER 5 \u2014 hie = az oe ax > = BCR ERR = = = = ac 2 = 5 Se on se 233555 Sa AS 3 > wr Pete IE Dee S355 yy HE = ra AT tee ait bleu carte postale maintenant le vent rouille dans les girouettes l'appel qui nous éparpille à tous les échos la vie quotidienne jusqu\u2019au coeur échafaude les relevailles il reste encore bien des tisanes pour apaiser la nuit frémie de l\u2019aube sous les doigts qui vacille donc à portée du bras qui parlait de retrouvailles quand le hasard n'existe pas entre autres grèves que tu t\u2019éloignes douce aux portes craignant de claquer la nuit sur tes tempes avec ce bruit de gâchette qu'ont les pénes du matin laissé mauve meurtri dans la chambre du fond poings de désir cognant aux ombres l\u2019urgence d\u2019éclater éclisses de silence jonchant l\u2019escalier l\u2019été des indiens je tiens lieu de rêve recroquevillé entre briques et verres la main ne remue qu\u2019à peine de l\u2019air forcé aux terres bétonnées loeil se creuse entretient l\u2019absence fouillant à l'épaule l\u2019espace d\u2019un affleurement l\u2019automne étiré délave ses flambées je tiens du rêve séché entre deux pages de sang morsure de gel (profil) encore quelques instants ici à griller la nuit d\u2019un trou de cigarette quelques secondes encore le froid gruge à la pulpe des lèvres entrebatllées ici personne n\u2019entend hurler à la lune que tu que rien l'hiver fraie avec les mots l\u2019impassible couperet du tant de temps périmé ne te découvre pas de ce fil-là pes oper Cro AE les neiges se couchent au champ d\u2019honneur il importe au temps d\u2019épingler ses coquelicots de carton dans la chair fraîche des trouées quelqu\u2019un défend pourtant la saison d\u2019être insensée cette douceur de veine douloureuse à force 3 de couler sans vider ouf, trèfle chaud été odorant un peu plus tard les grenouilles dans les mares d\u2019obscurité les draps séchés avec les herbes infusées de la peau t\u2019ai-je seulement dit l'heure est propice aux étoiles filées dans les mailles de l\u2019été te dirais-je maintenant le temps s\u2019en est allé reconnaître tes visages en plein coeur cachetés hy AL, fs tia i h : LE 4 ! : Ri Wh toi LC) ani à ! ve À ; ; ue w on Décalages ; à Ÿ a hh nh ua (Hi \"i Ginette Ferrié ie Rl Wh i Lh \"8 a 44} i | K 1h my 4 3 ih Ay 1 nl Le His a | | ph iy à Hy i HH ho hid i I | i x.; a 3h ey oi nt vo hl] J A ; i - eile \u201c A ~ = i Tt ; | ; ; - > CS TRE : ! 8 ; ih ' 3 i Ÿ SA \u201c+ i : RID La marquise sortit à cinq heures.Pour le plaisir seulement.Pas de lancer frappé.La porte se ferma et il n\u2019y eut plus rien que le parfum du rhum.Elle me suivit pourtant jusqu\u2019aux tennis, posa ses lunettes sur un banc et fixa sa maison au-delà du parc.On voyait le piano ouvert mais on ne pouvait pas lire le titre de la partition.On ne voyait pas la partition.Une inspiration la ramena a Ollioule, une autre plus tard dans l\u2019année, avec cette fraîcheur sous les platanes, non loin du pont.Oublier Pitsi Poï.\u2014 Pourquoi cette distance, je vous avais prévenu, il n\u2019y a rien. Janvier à Montréal.Je vous avais prévenu.« C\u2019est un Wurlitzer, » dit-elle, puis sa langue s\u2019immobilisa entre ses dents.Elle parla encore pendant de longs moments, sa main gauche appuyée sur le balustre.Yet everything was known already.Le vent aussi nous menagait et non l\u2019inverse.Ah l\u2019ivresse des fondues a Pondichéry ! Mettrait-il son passe-montagne pour traverser la rue ?Nous le saurons bientôt.Il et je occupons un petit deux pièces dans l\u2019un des angles que forment les rues Sherbrooke et Côte-des-Neiges.L\u2019ennui c\u2019est qu'aucune pièce ne ressemble à aucune autre, il y a, comme on dit parfois, un malaise (il y a par exemple le malaise de la poussière devant l\u2019aspirateur).On y accède par un petit escalier extérieur.Non, non, c\u2019est le concierge qui s\u2019en occupe.\u2014 On peut le penser, dit le capitaine, ne serait-ce qu'à titre de jeu de l\u2019esprit.« Une éternité de beau temps présidait à nos joies.» La vie était pleine de petites choses de toutes sortes, de vieilles maisons au sommet de collines qui montent comme les murailles d\u2019une place forte, de tempêtes qui s\u2019annoncent dans le silence par le bruit d\u2019une voix dont le timbre est étrange (mais le vaisseau d\u2019or résistera), d\u2019arguments irréfutés depuis plus de trois mille ans qu'il y a des hommes qui penchent et qui cassent.Tandis qu\u2019elle se réveillait avec peine, le prince complimenta les deux braves bêtes et leur assura qu'il n\u2019était pas fâché de ce qu\u2019elles avaient fait contre toutes les règles de l\u2019étiquette.« Se souvenir de l\u2019étiquette », inscrit-il rapidement sur son genou, puis il enfonça le stylo jusqu\u2019à ce que le 26 EL = eS 2 fase crs = by Ie sang jaillisse.Il y a bien d\u2019autres circonstances de sa vie qui pourraient prendre place ici, parmi lesquelles .Sur la table un dossier qui le regarde et qu'il éloigne.Nous ne sommes pas ici pour faire de la conversation, dit Christopher sans y croire vraiment, il ne faut pas .Et tandis qu'il finissait sa phrase, il s'aperçut que le pantalon de Louisa était trop large.Il y a ici quelque chose que j'aimerais dire.Je crois que c\u2019est à propos des sweet potatoes.Quelque chose pourtant que je sais que je ne pourrai pas dire.Il s'approche et lui glisse la main sous l\u2019aisselle, comme pour la soutenir.Quelques minutes plus tard, la canne noire à pommeau d'argent casse, elle s\u2019écroule, il aurait suffi d\u2019une chiquenaude.J\u2019aime-à croire que je me serais alors penché vers elle.Cette chute, on peut le dire dès maintenant, fut un des événements marquants de ma/sa vie.Elle mourut à Nice en 1851, il n\u2019y eut que quelques intimes à son enterrement.Quand à Sylvestre il ne mourut ni a Nice ni à Calgary, mais à Baden-Baden, on devine pourquoi, et vice versa.On dit qu\u2019il ne s\u2019intéressait guère aux femmes.On dit encore bien d\u2019autres choses, par exemple qu\u2019il était le fils naturel du duc de Salves lui-même.\u2014 Comment se fait-il que personne ne vous connaisse à Nice ?\u2014 Dans un sens, oui.Dans Calcutta désert, c\u2019était l\u2019heure où les chalands s\u2019abritent derrière les persiennes, les doigts refermés sur une chose complexe composée de 27 parties.L\u2019aiguille s\u2019était (on peut dire hélas) tordue dans la plaie.Après quatre heures à Calcutta il ne reste que le personnel de garde.Si elle avait pu choisir, elle aurait cent fois préféré se casser le talon sur la glace dans l\u2019un des angles que forment les rues Sherbrooke et Côte-des-Neiges.L\u2019infirmière avait publié « Indian gospel songs » aux éditions Femmes.On ne saura rien de plus sur elle.\u2014 Quelle sloche, quelle sloche, pourquoi donc suis-je venue à Montréal (elle avait déjà oublié l\u2019épisode du talon).Ich will mich tatsäc- hlich nicht mehr darum, kümmern.On ne savait pas encore s\u2019il avait mis le passe-montagne gris qu'il avait acheté aux Diablerets.Pour bien comprendre le cocasse de cette situation, il faut savoir qu'à Calcutta le courant est souvent interrompu pendant le temps des pluies.Parfois aussi il diminue aux heures de grande consommation, et le tourne-disque ralentit.\u2014 À vingt ans, dit Madame Desbordes-Valmore, des peines profondes me forcèrent à renoncer au chant, parce que ma voix me faisait pleurer.\u2014 Quand on pleure, on pleure longtemps jamais, beaucoup toujours, lui répondis-je d\u2019une voix un peu éraillée vers la fin.JC.n\u2019était pas au rendez-vous, il n\u2019y avait qu\u2019une tache noire sur le trottoir, une tache d\u2019encre sans doute.À cet endroit du texte, il me vint l\u2019association suivante : Moi aussi j'ai peur de prendre de la place, et pourtant, faut-il qu\u2019il m\u2019en souvienne, j'étais admirée pour cela par mes camarades d'école.C\u2019était une époque où il n\u2019y avait ni tulipes ni renoncules, ni aucun procédé de style de la sorte, il n\u2019y avait que l\u2019idée de ces choses, mais entièrement contenues dans l\u2019émotion.\u2014 Elle croit dur comme fer que tout va toujours basculer de son côté.\u2014 C\u2019est une hallucination.\u2014 Non, un délire.\u2014 C\u2019est la même chose, non \u2014 Oui, oui, absolument.Sur les feuilles mortes il y avait une bicyclette rouillée.Mais ce que j'aimerais comprendre, c\u2019est Calcutta.Pourquoi Calcutta.Maintenant elle se dirige vers un coin désert de la plage.La progression de sa marche est régulière, mais voilà qu\u2019elle oblique vers la mer, voilà qu\u2019elle court au bord de l\u2019eau là où les vagues se retirent, et que des ailerons lui poussent aux pieds.Les bras écartés, elle crie Franz ! Franz ! en insistant sur le a, voilà voilà.C\u2019est une histoire sans queue ni tête, il y a bien Calcutta, mais on ne sait pas très bien au juste.\u2014 Je ne suis pas d\u2019illustre maison, mais je sédui- ral par les charmes de ma personne.Puis tout de suite il avait enfourché son étalon (sans attendre les complications sentimentales).Ce départ était pour lui une manière de vivre un peu.« Ça commencera, dit-il, par une série de grands froids, puis, sans que personne ne s\u2019y attende, arrivera une grosse bordée de neige qui ensevelira le pays pour une période de cinq a six mois.» Ah, comme j'aurais voulu moi-même dire cela.La phrase suivante avait gelé, il ne restait dans sa main qu\u2019une poignée d\u2019eau. Il y a des hommes de rien qui entrent et qui entrent et qui ne font rien.bis.Chers parents, depuis la mi-novembre jusqu\u2019au 15ème jour d'avril nous avons été continuellement enfermés dedans les glaces, lesquelles avaient plus de deux brasses d'épaisseur ; et dessus la terre il y avait la hauteur de 4 pieds de neige et plus, tellement qu'elle était plus haute que le bord de mon chapeau.Paul préfère le quartier anglais.Nous nous retrouvons l'après-midi dans un pub.Je mets la robe blanche qu\u2019il aime et lui porte le très simple habit bleu que je portais quand je dansais avec Lotte pour la première fois.Le problème n\u2019était que de placer Macao dans le récit.Il y aurait aussi un adolescent blond qui s\u2019était habillé en marin pour séduire un marin.Una cosa pro- priamente, ma che cosa, pazzarella ?Je m\u2019irritai que l\u2019homme gaspillât ainsi sa substance propre à des constructions presque toujours néfastes, parlât de chasteté avant d\u2019avoir démonté la machine du sexe, disputât de libre arbitre au lieu de peser les mille obscures raisons qui font ciller si j'approche brusquement un bâton de vos yeux, ou d\u2019enfer avant d\u2019avoir questionné de plus près la mort.Carmina, de quoi tu causes ?Étais- tu au moins à Bâle au moment de la peste ?Les petits caractères noirs se succèdent, étonnamment réguliers.On sait qu\u2019il y en a beaucoup à venir et que les limites ne sont pas indiquées.Et toujours lui à Montréal, elle à Calcutta, _incapables de se séparer.Puis il dit à sa mère : « Ô ma douce mère, 30 Ll] TES! (on (ag A boy i Da Cor oy Sr | qu I ma belle nourrice, ma protectrice bien-aimée, me regretteras-tu amèrement lorsque tu apprendras que je suis mort ?» Et tandis qu\u2019ils parlaient, ils avançaient côte à côte, leurs raquettes sous le bras.C\u2019était l\u2019époque où toutes les villas étaient côte à côte sur la côte.Je crois qu\u2019elle était appuyée sur sa raquette lorsqu'elle se brisa.J\u2019aurais voulu la retenir mais c\u2019était en avril 1851.\u2014 Il y aurait bien d\u2019autres manières de raconter cette histoire, dit-elle en mettant le joli gilet jaune de Yolanda.C\u2019est alors que je sentis que s\u2019approchait de moi comme un immense édredon la minute de la sensation vraie.J'étais fait comme un rat.The novel was trapped in a multitude of tides and currents, islets and archipelagoes.De tout cela il ne reste pas grand\u2019chose si ce n\u2019est qu'on aimerait constamment savoir qui a mis ou n\u2019a pas mis la cagoule grise achetée en Suisse.\u2014 Paul, je ne vous comprends pas, cette histoire.\u2014 Je sais, je sais.Après l'avoir longtemps admiré, elle lui baisa le bout de son sexe tout mignon.Alors il se réveilla et tous deux furent émus de pudeur.Il parla, parla, et tout, et tout.Il était très attaché à la phrase très pleine et visible et nourrie.C\u2019est un conteur, il dit par exemple : « Le duc de Clignan- court et son aide de camp Lancelot de Berlaimont sortirent à cinq heures.» Quant à moi, j'aime bien la légèreté, l\u2019invisibilité, il y a en moi une lutte 31 entre le travail formel et le désir d\u2019en effacer les traces.Je suis celle qui a écrit : « The rules of the game inhibit him from functioning, he should throw away his useless racket, vault over the net, and force the cruel little gold cat to submit to his marble strenght.» Donc il y a ici quelque chose.Quelques passages de ce texte ont été empruntés à Balzac, Renaud, Camus, Perreault, Proust, Rioux, Yourcenar, qui les ont probablement empruntés à d\u2019autres. qe x i Lo = es pe us pa eut, ca) os hey Lara .7 po Si o oon PR pr APT un Lo Ra daa oo x a oo ee Coo Es = Bhd au ry CIC NIE Flea Le oo = i 0 cox a rH RES xa Et cs i oF: i Ee 77 Es po Ee i ise ny ès 5 c Fe ces pecan Kis as 777 Rs oe ll £5 $ i Vs = > Se Si 5 Nid & = Si $ i Ni = = i.5 = i & = = s oi $ &, iy 5 = sh = = \u20ac i i = © S i Ly SE Sd i ss i 5 oi = .ns 5 Kin ¢ x oS SES RS We = 5 = 3 x 5 ps A ne i ss Se fd Ka i Sa a SE ss = « = { i TN si NS = = js Ni = = 5 5 5 ss 5 te che i, f fon NES i » 5 i \u20ac 2e i So sg 5 = Xe SE sa 5 3 $ ay = © A \u20ac SX.= i A x 5 © KN pi $ SE = E 5 2, cet i EN) i Fo S < s ; 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je suis inépuisable » c\u2019est mémoire qui chauffe à plein ; LES MONDES ET LES TEMPS m'\u2019efforçant comme un doux à comprendre les quelques mondes desquels continuer à jaser, bien bousculés sur toi, je répèterais à mots lents ta petite chair ses ouvertures ou bien les brumes les chats, ces délicats frissons au pénis et les temps ne seraient pas calculés pour nous ni le régime du bon plaisir de mon chéri nous trébuchions en autant que le paysage dont je déchiffrais les restes et la nudité serait ta jeunesse encore bruyante comme si c\u2019était toujours le dernier geste LOVE EXPRESS, EXPRESSWAY TO LOVE si et ça il avait été plus qu'une affaire de peau ces jeux abandonnés à l'intelligence, aux habitudes je craque, quand tu avais passé dans l\u2019histoire de mon lit : la vélocité de celui que la vélocité de ce rêve; mettons que machinalement tu m'avais pourvu de quelque douceur, dans les intérêts de l'énergie je me reprends comme un désespéré coureur ; love express, expressway to love, un air mais je souhaite que tu ne vieillisses pas d\u2019un poil mais je viens de perdre un nombre effroyable de calories comme si c'était un événement c\u2019est convenu je m'occupe du jour des petits trous du samedi où tu t'exerces à la notion d\u2019amour (motion moves) avec la sollicitude de la musique capricieux à bander capiteux à venir même dans l\u2019oisiveté tu travailles d\u2019une façon si méticuleuse tu échangeras.tes sueurs contre les miennes ; temps propre du samedi, situation disponible car à deux fonctionne en diable (bonne journée pour un shampoing) la nicotine s\u2019agglutine et la conversation s\u2019écaille autour et dans des remarques générales EAP Ë DES FAÇONS, DES SUJETS abrillé désabrillé souvent avec cette précaution dans l'audace même « Et puis t\u2019es d\u2019un charme crasse » je veux dire ce qui se dégage, ce léger des fagons d\u2019aimer, I\u2019organisation de I\u2019espoir autour et saisir tout son nécessaire pour la tendresse mais le manège de tes jambes que suggère-t-il d\u2019autre ?ou je prends conseil alors à ces choses trop connues avec des artifices, ou je revois tout ?nous nous supportons avec parfois nos blessures des fois avec nos secrets glorieux ou encombrants je te regarde et j'accumule tes matières, des sujets pour mes prochains soucis, les prochaines nuits a ie of) se se sf ce hpliiah hi ih) tir sit) hi: ni nb ee i ol + eo, -, - re = J SE ÿ ; A Ly), vi oh : ; tN PA 1 i Wh hy ra nr > ! 3 ÿ a hy ; hi 3 a i Va ! pt pet est) Ut! ne 1 ih fas u > HER 0 nH thy ih 48 wi HY BG oil [21 A pi PR sl us oo oh! De Bd hh oN Hy st SR tie \"8 pu vi ¥ he À hE 45 i; Bi J oH Qu he NT Ni di Vy I ¢ ih i 3 rs Hi id » A 4 > D ih oh rk 2H Ÿe \"04 ÿ, a i A ih 28 i : ?1 Ors : H i 3 | ; ; of 28 a A Ez ; v ; ; ; : be # 4 of pa EY + me 3 LA vi Lt 9 Sr Le a 12 roti PY fh Préalable (a- théorique ï à da production d\u2019 \u2018un texte de fiction A # Denis Aubin 1 ih « Lon: s\u2019en moque de critiquer, puisque \u20ac est se maintenir dans le champ de la chose critiquée et dans la relation dogma- 4 tique, voir paranoïaque du savoir.» (Lyotard, J.F., Economie lbidinale,, éd.Minuit, 1974, Paris, p.117).PPT La critique suppose un examen de la valeur de l\u2019objet.Or, nous assistons aujourd\u2019hui à une révolution de l\u2019économie classique de la valeur dont les dimensions structurale et fonctionnelle sont désarticulées.«.la valeur référentielle est anéantie au profit du seul jeu structural de la valeur.» (Baudrillard, Jean, L\u2019échange symbolique et la mort, Gallimard, N.R.F., Paris, 1976, p.18).L'émancipation du signe provoque une simulation de l'échange dans la mesure où la relation du terme à ce qu'il désigne est interrompue.Seul le rapport des termes entre eux persiste.Nous vivons à l\u2019ère de la simulation, ouverte par la commuta- bilité de tous les signes et de leur indétermination quant à leur contenu.Tout devient indécidable, caractéristique de la neutralisation et de l'indifférence provoquées par la domination exclusive de la loi structurale de la valeur.Le seul axiome du Kapital demeure la valeur d\u2019échange.Les objets ne sont plus marqués d\u2019un signe.«.il n\u2019y a plus, à proprement parler, de signes puisqu'il n\u2019y a plus de code, plus de renvoi à l\u2019origine, à une « pratique », à une référence, à une supposée nature ou surréalité ou réalité, extra-dispositif ou grand Autre \u2014 il n\u2019y a plus qu\u2019une petite étiquette de prix, index de l\u2019échangeabilité .» (Lyotard, J.F., Des dispositifs pulsionnels, 10/18, Paris, 1973, p.32).46 C\u2019est la fin simultanée de la dialectique signifiant/signifié qui permettait l'accumulation du savoir et du sens et de la dialectique valeur d\u2019échange/valeur d\u2019usage qui rendait possible l\u2019accumulation et la production sociale.La production est morte.Vive la reproduction.La fin de la production coïncide avec le règne de l\u2019économie politique.La loi naturelle de la valeur qui supposait la déduction par voie de grâce divine ou la gratification par une nature environnante inépuisable est remplacée, généalogiquement, par la loi marchande de la valeur, correspondant à l\u2019ère de la production industrielle.Au- jourd\u2019hui, la période post-industrielle coïncide avec le passage de la loi marchande a la loi structurale de la valeur.La forme sociale « production » se volatilise.Le Kapital, comme mode de domination, n\u2019est plus lié à une forme déterminée de la valeur mais à sa loi.Il est et se reproduit lui- même comme forme de rapport social.Le travail devient signe parmi tant d\u2019autres, commutable, selon une équivalence totale des signes.Il n\u2019est plus praxis historique singulière mais ensemble d'opérations signalétiques, reproductif de l\u2019assignation au travail comme habitus général.Sa reproduction devient réflexe, principe de réalité structural.Signe vide, il apparaît comme modèle de simulation sociale, structure d\u2019accueil totale.Par une métamorphose extensive à toute la société, l\u2019environnement général devient Usine.« I1 y aura toujours des usines pour cacher que le travail est mort, que la production est morte, 47 ou bien qu\u2019elle est partout et nulle part.» (Baudrillard, Jean, L\u2019échange symbolique et la mort, NRF, 1976, p.36).Notre société est générée par des modèles.Finie la contrefaçon d\u2019original propre à la Renaissance.Finie la production sérielle pure de l\u2019ère industrielle.Les objets sont maintenant conçus en fonction de leur reproductibilité même.Plus que des modèles d\u2019où procèdent toutes choses.Vive la simulation.Tout devient simulacre opérationnel.Les codes génétique, cybernétique, l\u2019ordre aléatoire des mutations, le principe d'incertitude succèdent à la science objective, à la vision dialectique de l\u2019histoire.Les vieilles armes du matérialisme historique ne peuvent rien contre la dispersion programmée, l\u2019indétermination qui les récupèrent, les manipulent et les recyclent.L\u2019indétermination de l\u2019économique, comme le reste, élimine maintenant la possibilité de le concevoir comme instance de détermination historique.Produire n\u2019a plus de sens, plus de finalité.L\u2019économie politique devient simulacre référentiel.La croyance en un corps social et en sa préexistence, donc en une référence assignable, s\u2019at- firme comme naiveté sociologique.Nous refusons d\u2019admettre l\u2019existence d\u2019une réalité historique à partir de laquelle on puisse mesurer la déformation que lui fait subir le récit.«.la société n\u2019est pas une totalité unifiée, mais des déplacements et des métamorphoses 48 {0 IE | le 0) a d\u2019énergie .» (Lyotard, J.F., Des dispositifs pulsionnels, 10/18, 1973, pp.29-30).Il n\u2019y a pas, dans le supposé grand ordre social de disjonction entre la répétition aveugle et son rabattement sur la surface du socius, de structure dialectique ou même sémiotique.Il n\u2019y a que des dispositifs de canalisation et de transformation d\u2019énergie.«Il n\u2019y a nulle par un ordre économique premier suivi d'effets idéologiques, culturels, juridiques, religieux, familiaux, etc.Il y a partout dispositif de capture et d'écoulement de l\u2019énergie libidinale.» (ibid, p.31).Nous refusons donc de considérer le langage sous l\u2019angle de la représentation pour le percevoir comme intensité.Ni la théorie classique de la représentation, ni le modèle marxiste ne peuvent rendre compte du texte.« En somme, en se contentant du modèle marxiste ou marxisant de la production pour paradigme de la narration, on se voue d'emblée a méconnaître les forces pulsionnelles qui sont en jeu partout, aussi bien dans l\u2019industrie des choses que dans celle des mots, on ferme les yeux sur la fonction jouissive remplie par les dispositions d\u2019instrumentation tant matérielle que langagière.À la place du corps libidinal, on installe comme objet du discours critique un corps organique déjà refermé sur lui-même comme un volume théâtral, on maintient donc la polarisation de l\u2019activité à saisir, ici celle de la narration, sur l\u2019axe de l\u2019extérieur/intérieur.» (Lyotard, J.F., Des dispositifs pulsionnels, 10/18, 1973, pp.182-183). RATT TIA Ce qui nous intéresse n\u2019a cependant rien à voir non plus avec la psychanalyse.Nous ne cherchons pas davantage à retracer la configuration archéty- pale d'un imaginaire qu\u2019à rétablir les rapports de conjonction/disjonction du texte et du social.Nous ne nous préoccupons pas d\u2019associations libres susceptibles de nous dévoiler quelque souvenir refoulé.Nous ne voulons certes pas interpréter, déterminer que le ceci de la ligne n° de tel paragraphe veut dire ou ne pas dire cela.Nous cherchons encore moins une structure avec de belles oppositions formelles et du signifiant dodu.L'analyse du signifiant n\u2019est pas plus pertinente que celle du signifié.Nous nous inscrivons autant contre l'interprétation que contre la signifiance.Philosophie de l\u2019aliénation et psychanalyse du signifiant sont toutes deux rejetons de la théologie { nihiliste.Le texte doit étre délivré de la relation | transférielle.Il ne doit pas être examiné comme message, comme valant pour.Le lieu du psychanalytique est celui du non-lieu relatif du discours logique au sens où celui-ci a pour fonction de taire et que le taire revient constamment subvertir le discours.Or, nous affirmons que le texte n\u2019a pas valeur de substitution.«.il n\u2019y a pas de sens caché, latent, rien de refoulé, rien derrière, rien pour la psycha- nalyse.C\u2019est à ce prix que tous les sens sont possibles.» (Baudrillard, Jean, L\u2019échange symbolique et la mort, NRF, 1976, p.328).La philosophie nihiliste de la psychanalyse suppose le différer et, dans ce différer, introduit la notion du manque glissé.Freud et Lacan s\u2019en- 50 tendent sur l\u2019image d\u2019un grand Signifiant absent à jamais image d\u2019un grand zéro castrateur qui tient disjoints les termes, substituts les uns des autres.La psychanalyse se laisse accaparer par le problème de la substitution oedipienne parce qu\u2019elle vit elle-même de la valeur marchande de la névrose dont elle tire sa plus-value.Or, «.il n\u2019y a pas de Dieu, de Signifiant comme principe d\u2019unification, de composition.» (Lyo- tard, J.F., Des dispositifs pulsionnels, 10/18, p.301).C\u2019est d\u2019ailleurs sur ce manque généralisé que se construit le grand Signifiant absent, mais supposé principe de toute existence et de toute signification, là même où se rejoignent linguistique, psychanalyse et socio-histoire, toutes victimes de leurs séparations propres: sa/se ; conscient/inconscient ; procès dialectique.Ni leur synthèse, ni leur contamination ne peuvent les rendre généralisables comme schèmes d\u2019analyse.« La psychanalyse est causaliste, elle est réductrice, elle ne prend pas l'imagination comme puissance première, comme primitivité, mais seulement comme substitut à une effectuation réelle, elle use d\u2019un symbolisme étroit, sommaire, à moitié conceptuel, elle est pessimiste (le sur-moi freudien est un bourreau), elle ne prend en considération que les rapports sociaux pour la formation des images, elle ignore le travail contre la matière, elle est bourgeoise, elle méconnaît la spécificité de l\u2019oeuvre littéraire.L\u2019interprétation de Freud n\u2019est nulle part à la mesure de la liberté exubérante et de l\u2019énergie onirique.» (ibid, pp.172-173). À l\u2019instar de la psychanalyse, la chose, pour le sémioticien, devient substitut : elle remplace l\u2019information pour le destinataire.Ce dont parle la sémiologie peut être toujours traité en signe.Ce signe, à son tour, est pensé dans le réseau des concepts de la théorie de la communication.Il est, suivant Pierce, « ce qui remplace quelque chose pour quelqu'un ».La chose est posée comme message, support nanti d\u2019une séquence d\u2019éléments codés, devant être décodée par le destinataire pour retrouver l'information que le destinateur lui transmet.Elle se substitue selon la métonymie interminable de l'échange saussurien.Ainsi, le signe ne remplace pas la signification puisqu\u2019elle-méme n\u2019est faite que de signes.Les renvois n\u2019en finissent plus.La signification reste différée, le sens, jamais présent.« Ce n\u2019est pas seulement le matériau qui est commué en terme-signe, mais la « chose » que le signe remplace pour quelqu\u2019un est elle- même un autre signe, et il n\u2019y a plus de signes .le rapport est donc un report à l\u2019infini, et ainsi s\u2019instaure la récurrence comme trait fondamental du système, la réitération du report signifiant garantissant qu\u2019on n\u2019aura jamais la présence même .» (Lyotard, J.F., Économie libidinale, Minuit, 1974, p.59).De ce report incessant se nourrit la recherche sémiotique, recherche aliénante du substitut sans cesse substitué, dans le labyrinthe piégé d\u2019une signification absente à jamais.Recherche de la recherche dont on soulignera jamais assez la vacuité, l'impuissance à rejoindre la frontière dont l\u2019existence, du reste, n\u2019est pas prouvée puisque toujours 52 manquante, « jeu de la dé-présence qu'est le jeu même du nihilisme sémiotique ».(Lyotard, J.F., Économie libidinale, Minuit, 1974, p.61).« Ainsi le philosophe qui enseigne la perte du sens et son caractère différé, est le pasteur de la théologie néo-nihiliste, le prêtre de la religion de la marchandise.» (Lyotard, J.F., Des dispositifs pulsionnels, 10/18, 1973, p.310).La théologie sémiotique, encore possible à l\u2019ère de l\u2019économie précapitaliste de production raccordée à une position originelle, à une valeur d\u2019usage, devient inopérante de par l\u2019échangeabilité généralisée à tous les niveaux.L'activité économique de croissance n\u2019a plus aucun ancrage dans une origine.Il n\u2019y a plus ni parole première, ni accumulation primitive.La simulation substitue le redoublement aux notions de cause/effet, d\u2019origine/fin.Tout est échangeable et réversiblement, sous la seule loi structurale de l\u2019équivalence générale, d\u2019où l\u2019impertinence d\u2019une approche des signes.« Car maintenant il n\u2019y a plus cette parole première, absolument initiale par quoi se trouvait fondé et limité le mouvement infini du discours ; désormais le langage va croître sans départ, sans terme et sans promesse.C\u2019est le parcours de cet espace vain et fondamental qui trace de jour en jour le texte de la littérature.» (Foucault, Michel, Les mots et les choses, Gal- limard, Paris, 1966, p.59).La linguistique continue d\u2019assigner au texte l\u2019arbitraire du signe, la loi de l\u2019équivalence, la distinction sa/se, la fonction de représentation.Son arbi- 53 traire fondamental constitue l\u2019imposition du signe comme valeur, dans la présupposition de deux instances et de leur équivalence devant la loi, le signe/valeur comme émanant d\u2019une réalité qui n\u2019est autre que son imaginaire.Elle vit de sa coupure constante, de sa rationalité dialectique, effort vain de totalisation qui ne peut désormais que la pousser vers l\u2019éclatement.Le savoir raisonné/raisonnable ignore l\u2019immédiateté du langage, le réduit à sa dimension de signe.Il a pour objet la régulation des déplacements, la Loi.« Dans ce langage, celui de l\u2019échange mercantile, et ajoutons : celui du concept, qui est aussi l'échange de la marchandise information, toute passion paraît délire, incongruité, l\u2019immédiateté de la demande (prière, supplice) semble être une obscénité.» (Lyotard, J.F., Économie libidinale, Minuit, 1974, p.156).Ainsi, l\u2019affect fait défaut au langage de valeur des choses.La sémiologie évacue la fondamentale question du désir et de sa modalité propre dans la constitution des signes.Elle ignore, comme toute autre recherche scientifique, le désir qui s\u2019accomplit en elle.Oreille sourde, elle entend les données comme des messages et s\u2019embourbe dans des figures géométriques de construction du code, tentant de déchiffrer la création dans ses détails.«©.continuer à rester dans la pensée sémiotique, c\u2019est demeurer dans la mélancolie religieuse et subordonner toute émotion intense à un manque et toute force à une finitude.» (Lyotard, J.F., Économie libidinale, Minuit, 1974, p.64).54 fo \u2014 se as > ky IC li Île De là, toute pratique non-scientifique courante, telle le repérage des passages d\u2019affects, des intensités libidinales du texte, est révolutionnaire dans la mesure où elle ne tente pas de disséquer et disjoindre un infra- d'un supra-, une théorie d\u2019une pratique, un signifiant de son signifié, une âme de son corps, etc.« Au fond, n\u2019importe qui en sait toujours plus long que Descartes, que Saussure, que Marx, que Freud.» (Baudrillard, Jean, L\u2019échange symbolique et la mort, NRF, 1976, p.321).Après tout, psychanalyse, socio-histoire et sémiologie « ne sont que des champs critiques.» (ibid, p.343).Il faut détruire les bastions de la rationalité économique, comme ceux de la sémiologie, en prenant bien garde de ne pas remplacer la théorie vaincue par une autre théorie, nouvelle et améliorée.Il faut vaincre la Théorie une fois pour toute et se méfier de « nouvelles » visions du monde, telle le mythe de l'échange symbolique de Baudrillard, de nouvelles conceptions du texte qui nous canalisent sagement vers un autre système, hypothèse trop chère à la prétention scientifique pour être encouragée.« Donc, renoncer à critiquer et à consoler.» (Lyotard, J.F., Économie libidinale, Minuit, 1974, p.146).Envers et contre toute théorie régnante ou à venir, nous nous réclamons des anarchistes de la critique littéraire et affirmons le texte comme dépense d\u2019énergie improductive qui ne vaille que par les états d\u2019excitation qu\u2019il procure dans l\u2019immédiateté de la 55 lecture.Nous voulons entendre l\u2019amour, la folie, la haine, l\u2019angoisse, la féminité, l'orgasme, la peur, le sourire, la joie, le plaisir .Le libidinal n\u2019a rien à foutre de la constitution, jamais atteinte, du sens, de la « polysémie exquise », de la « déconstruction sucrée » des psycho-sémioticiens.Nous ne nions pas l'insertion du signe dans un réseau de renvois métonymiques sans trêve à la recherche désespérée de la signification, nous jugeons son examen anachronique et futil.Nous essayons plutôt de sentir, en- et par- delà le mouvement d\u2019inscription, « les singularités irrépétables des passages d\u2019affects ».(ibid., p.29).Indépendamment de toute valeur de conversion des signes, tout objet est indiscernablement, et surtout pas dialectiquement, une charge d\u2019intensité libidinale qui s\u2019inscrit, comme instantané éphémère de force, sur la surface du corps libidinal.« Ce corps n\u2019a pas de limites, il ne s'arrête pas à une surface ou frontière (la peau) qui dissocierait un extérieur et un intérieur.(.) La chose libidinale est une sorte de bande à une seule face infinie (de Moebius) et en même temps une sorte de labyrinthe, surface couverte de coins et de recoins, d\u2019embranchements indécidables pour des milliards de parcours, sur laquelle courent des potentiels d\u2019intensité.» (Lyotard, J.F., Des dispositifs pulsionnels, 10/18, 1973, pp.187-188).La libido n\u2019investit pas sous la condition du manque et de \"appropriation.Elle opère sans condition.L\u2019énergie libidinale se métamorphose 56 en de l\u2019énergie langagière sous forme de dispositifs, d\u2019agencements qui permettent le branchement de la libido sur la surface d'inscription, «.qui, à leur tour, vont se transformer en affects, en émotions, en inscriptions corporelles ; les gens vont se mettre à rêver en entendant votre récit ; ou bien, en guerres, en révoltes, en gloses sémiotiques ou « économiques », c\u2019est-à-dire que cette énergie, qui repose là, va déclencher des effets, elle va être métamorphosée en « effets ».» (ibid, p.250).Peu importe que l\u2019événement « comme tension instantanée et illocalisable dans un espace-temps libidinal n° dimentionnel » (Lyotard, J.F., Des dispositifs pulsionnels, 10/18, 1973, p.186) obéisse à des règles, qu\u2019on sache ou non ce qui le cause, puisque les intensités libidinales sont sans communication, sans message, que le désir ne renvoie qu\u2019à lui-même.«.écrire non pour exprimer ou représenter (sinon c\u2019est la chaîne de la superstition, des « causes », la « littérature » au sens névrotique, c\u2019est-à-dire qui prétend toujours se référer à un monde réel ou imaginaire extérieur à elle, à une vérité qui la doublerait, à un sens qui la précéderait) » (Sollers, Philippe, Logiques, Paris, Seuil, 1968, p.96).Que sont les lois par rapport au plaisir instantané et éphémère qui se dégage de la lecture.Le pouvoir de l\u2019écriture ne tient d'aucune façon à sa fonction de renvoi, pas plus qu\u2019à son statut de sa/se, mais à sa force de libido commutable.Là réside l\u2019intérêt majeur du texte comme surface 57 RTE : TR d'inscription, comme production (au sens de métamorphose d\u2019énergie) d\u2019affects.« La jouissance, c\u2019est l\u2019hémorragie de la valeur, la désagrégation du code, du logos répressif.» (Baudrillard, Jean, L\u2019échange symbolique et la mort, NRF, 1976, p.330).Dans cette perspective, les intensités jouissives persp 5] dont nous parlons ne sont les substituts de rien.Elles sont éphémères et sans mémoire.Donc, .P 9 .inutile de chercher à les analyser, d\u2019en faire la critique, de se maintenir dans le théorique.Il est plus que temps d'encourager la divagation des flux libidinaux sur la surface du langage.Il s\u2019agit en gag 8 quelque sorte d\u2019oublier le style, la signification pour se concentrer sur l\u2019énergétique.En ce cas, l'important ne sera pas que le texte soit bien composé, même s\u2019il doit l\u2019être, mais que circule la tension.« Que la structure soit seulement ce qui couvre l\u2019affect, au sens où elle lui sert de couverture : qu'elle soit son secret et presque sa dissimulation.» (Lyotard, J.F., Économie libidinale, Minuit, 1974, p.67).Ne croyons pas cependant qu'on puisse avoir quelqu\u2019intérét pour une politique des passions spontanées, ni pour un vulgaire romantisme.« Nous (économistes libidinaux) travaillons à un raffinement de la dissimulation, la structure est stupide et le pathos stérile.» (ibid, p- 100).Ainsi, notre travail consistera à créer un texte de fiction assorti d\u2019un commentaire sans prétention aucune dont la fonction sera de montrer du doigt 58 des exemples de charges d\u2019affects qui circulent dans le discours.Il ne s'agira pas nécessairement de faire une création-limite mais de considérer le texte sous I\u2019angle de la production d\u2019affects, de tenir un discours producteur d\u2019intensités, de laisser parler l\u2019Éros.Notre commentaire ne relèvera d'aucune théorie régnante et ne proposera le suivi d'aucune méthodologie, d'aucune grille analytique.Comme discours d'accompagnement, il proposera des points d\u2019où l\u2019on pourrait mieux entendre ce que seule dégagera vraiment la lecture.Il pourra également, à l\u2019occasion, se combiner au texte de fiction comme réitération de l\u2019événement tenseur, du passage intense.Nos énoncés seront déployés sans trop d\u2019explications, faisant fi des exposés arides, des tergiversations interminables et stériles de quelque théorie élaborée.Abandon de la phallocratie scientifique.Abolition de la loi de la valeur.Déni de l\u2019ordre.Suppression de la Loi.Bibliographie sommaire Baudrillard, Jean, L\u2019échange symbolique et la mort, N.R.F., Gallimard, Paris, 1976.Lyotard, J.F., Des dispositifs pulsionnels, 10/18, Paris, 1973. Lyotard, J.F., Économie libidinale, éd.Minuit, Paris, 1974.Lyotard, J.F., Sur la force des faibles, extrait photocopié d\u2019un ouvrage en préparation, Paris, 1977.Foucault, Michel, Les mots et les choses, Gallimard, Paris, 1966.Foucault, Michel, Surveiller et punir, N.R.F., Paris.Sollers, Philippe, Logiques, Paris, Seuil, 1968.Sollers, Philippe, L\u2019expérience des limites, Paris.Barthes, Roland, Le plaisir du texte, Seuil, Paris, 1974.Bataille, Georges, L\u2019érotisme, éd.Minuit, Paris, 1957.Deleuze, Gilles, Présentation de Sacher-Masoch, 10/18, Paris, 1971.Deleuze, G., Guattari, F., Kafka, éd.Minuit, Paris.Freud, Sigmund, Le mot d\u2019esprit et ses rapports avec l\u2019inconscient, 10/18, Paris.Marcuse, Herbert, Éros et civilisation, éd.Minuit, Paris.Klossowski, Pierre, Le philosophe scélérat, Paris, Seuil, 1967.Klossowski, Pierre, Sade mon prochain, Paris, Seuil, 1967.Blanchot, Maurice, L\u2019entretien infini, Paris, Gallimard, 1969.Artaud, Antonin, Le théâtre et son double, 10/18, Paris.Sade, D.A.F., Français encore un effort in La philosophie dans le boudoir, 10/18, Paris. pe Se name ica os spy pe dés is nn \"23 me =, cz \u20ac sas rm TEE i Eat Ris es oN ST aie PNR ATT 52 me ut en Logie Len 2 os 3 i on _- sat Bids ata 77 FA oe > = re es a cos Sa cu Re See Ben reset GES 2s ri a lz =.Be a = iG JR a As Er 5 ERA Srey fens Xs ois or 0 i SEMA 3 Gi LH | Ion = «cxdhibina.s, t = A terve .- D _ pe ee = = wf = = 2 Pa 48 er al Hi ptits hE £5 10 NS Us, ph ie Bi 1s rd car rca A i 2 1 À $ = H % z hui is i 2 i LY, 3 4 1h 1,9 A; Du passé méconnus hy Sh a 5 à une thèse tro P connue va ue Sai 2 jai.il + g |e i i i Marc Chab ot 7% à HH Si .Gi HEN % Ip 5 it HH # hil Hi h3 7 A gi 4 7 ñ 2 i # Ah ; \"a i 2 5e i > \u201cA 7 3 ci 2 = 3 i i i Ss Fe 5 ; Bh je o£ à | So # i i ii A mc va i # 4 j i i i 2 Ë i a | i 2e 5 Be: % 7 oh th à je fs 3 x his 2 A i = 7 a ; 3 4 § 5 4 7 Ji 5 À è.Fi i ÿ 5% > 2 ; 5 4 | 1H # hi 4: 25 Z 2 ord É : # SEN i AY 7 À ; 2 ui i 72 Ë 4 ; LG 7 i Le 2 % 2 a Hi EE # 2 a HA A in fe td 4 et Zs : A ds 72 À Li Ë % 154 : i 2 7 ; de 4 oo # 7 7 + A Ce texte ne constitue pas une réponse à l\u2019article de Marcelle Brisson.Il s\u2019agit tout au plus d\u2019un prolongement ou d\u2019une ouverture.La thèse qui veut que nos philosophes québécois produisent peu n\u2019est pas nouvelle.On la retrouve tout au long de notre histoire philosophique.Ceux qui ont pratiqué la philosophie avant 1960 au Québec, contrairement à ce qu\u2019on peut penser, se plaignaient aussi de cette non-productivité.« Depuis cent ans de défrichement philosophique, nous n\u2019avons, hélas, rien édifié?».« Nous avons fait beaucoup de philosophie (.) nous voudrions désormais faire des philosophes® ».« Nous manquons de cette activité qui est le corrolaire de la vie : la production* ».Mon intention n\u2019est pas de me porter à la défense des philosophes thomistes.Ce système de pensée a été tellement dogmatique que nous ne pouvons que nous réjouir de sa disparition.La question est d\u2019un autre ordre.Je pense qu\u2019il n\u2019est pas possible, comme le laissait sous-entendre Marcelle Brisson, d\u2019expliquer notre non- productivité uniquement par l\u2019histoire. EIRE gid CTA L'histoire n\u2019explique pas tout.* Si nos philosophes se sont répétés si souvent, c\u2019est peut-être qu'ils n\u2019ont pas considéré les articles de leurs confrères comme des interventions significatives.Pire, qu'ils en ont tout simplement ignoré l\u2019existence.C\u2019est avec une régularité effarante que le constat d'improductivité nous parvient.Chaque génération s\u2019empresse d\u2019affirmer qu\u2019avant il n\u2019y avait rien, que tout reste à faire et qu'il faut sans délai philosopher.Leitmotiv inutile parce que sans conséquence.Un air méconnu dont on cherche sans cesse les premières notes dans nos têtes.En 1965, ce sera le tour de Jacques Brault, qui affirmera : « Il s\u2019agit pour nous qui faisons profession de philosopher, de consentir effectivement à la philosophie®.» Puis, suivra en 1972, Jean-Paul Brodeur : « Pour s\u2019insérer, il faut d\u2019abord exister.Or la philosophie québécoise n\u2019est pas, il lui faut donc advenir.C\u2019est là une première tâche qui commande toutes les autres.» Le texte de Marcelle Brisson s\u2019inscrit dans cette tradition.Le message est le même et il reprend presque les mêmes termes et les mêmes argumentations : nous sommes peut-être trop Jeunes ou encore nous attendons notre Hegel ou notre Marx.La philosophie n\u2019est pas encore et il faut s'expliquer pourquoi.Nos philosophes sont Ce qui ne veut pas dire qu'elle n\u2019explique rien.Mais nous ne pouvons pas faire reposer une démonstration uniquement sur l'interprétation des événements.64 Eee silencieux et ce silence est inquiétant, lourd de conséquences pour un peuple qui cherche encore sa vole.Ce qui m'inquiète, ce n'est pas tant cette non-productivité de nos philosophes mais cette insistance du message.J'en viens à me poser les questions suivantes : est-ce que nous nous lisons ?est-ce que nous avons le souci d\u2019établir une continuité autre que ce pauvre message de non- productivité ?Il faut qu\u2019une culture soit dans un état lamentable pour qu'un tel phénomène se produise.L'histoire nous apprend finalement que nous avons su bien dire ce que nous n'avons pas dit ; que nous produisons beaucoup mais pour affirmer notre non-productivité.Les mots d\u2019ordre n\u2019y changent rien.Ils ne suffisent pas.Les philosophes se plaignent toujours de l\u2019inactivité de la philosophie et nos philosophes cherchent depuis longtemps dans leur histoire les signes de ce vide.Pendant combien de temps encore allons- nous afficher notre impuissance à être ?Pendant combien de temps encore allons-nous accuser le passé ?On le voit bien, tout dépend du point de vue où l\u2019on se place pour regarder l\u2019histoire.Bref, cette improductivité de nos philosophes s'explique non pas par l\u2019histoire mais procède d\u2019une méconnaissance de cette histoire.Ces discours sur la non-productivité des philosophes québécois ont un point en commun : le ton moralisateur.Terrain privilégié du penseur, lieu de reconnaissance par excellence.Prescrire, dicter, commander, haranguer l\u2019impuissance.Devant l'impossibilité de réfléchir sur notre condi- 65 tion, les penseurs québécois ont construit un méta-discours de l'impossible, une méta-éthique de l'impuissance.Quand on n\u2019est pas en position de faire la morale aux autres, on se la fait à soi- même.Peu importent alors les résultats, il est des urgences qui ne pressent pas.Nous ne produisons pas une pensée, mais nous cherchons à savoir pourquoi et nous signalons pourquoi cette production n\u2019est pas.Toutes les raisons sont valables : l\u2019histoire, le temps, l\u2019urgence politique, les priorités culturelles .Je pense que nous devons mettre la hache dans ce type de discours moralisateur parce qu\u2019il est devenu inutile.Briser ce discours pour qu\u2019il n\u2019ait plus de sens ni de place ; c\u2019est-à-dire l\u2019analyser au lieu de le répéter.Ne plus penser aux raisons de cette improductivité mais écrire sur ce discours qui à chaque dix ans avoue son impuissance.Il y a des délectations morbides.Nous nous sommes tellement convaincus de cette non- productivité du philosophe québécois qu\u2019il nous est maintenant impossible d\u2019attacher de I'importance aux oeuvres qui continuent quand même de s\u2019écrire.Chose certaine la morale n\u2019y changera rien.Ce n\u2019est certes pas en réclamant tous les dix ans un génie que nous lui verrons le bout du nez.Le temps et l\u2019énergie que nous dépensons à écrire notre impuissance, c\u2019est du temps et de l\u2019énergie perdus.Je sais que nous publions maintenant assez de philosophie au Québec pour que l\u2019écriture dépasse le temps de lecture à y consacrer.Je pense que nous sommes à reproduire l'erreur fondamentale commise par la littérature.66 Pendant des décennies nous avons cherché des écrivains québécois en attendant que surgisse du peuple un Victor Hugo, un Verlaine ou un Rimbaud.Les critiques attendaient le grand moment, l\u2019instant précieux de la naissance d\u2019un écrivain à nous, que nous vénérerions enfin.Le silence de nos écrivains n\u2019existait pas, des livres, des romans, des essais sortaient bon an mal an.C\u2019est le silence des critiques qui provoquait une méconnaissance de notre littérature.Elle était là mais nous ne savions pas la lire.Maintenant elles sont rares les personnes qui soutiennent que nous n\u2019avons pas de littérature.Cette reconnaissance n\u2019est pas nécessairement le fruit d'un mûrissement de nos écrivains, mais la fin d\u2019une illusion sur ce que doit ou devrait être la littérature.Une philosophie n\u2019existe pas lorsqu'on n\u2019en parle pas.Ce n\u2019est pas le silence de nos philosophes qui m'inquiète, c\u2019est l'ignorance de cette production annuelle.Qu\u2019est-ce qui fait que la majorité des oeuvres philosophiques québécoises passent inapergues ?N\u2019est-ce pas que nos philosophes n\u2019en connaissent pas I\u2019existence ni méme importance ?La littérature québécoise a cessé d\u2019être inexistante à partir du moment où nous avons su donner à cette littérature la dimension qu\u2019elle avait.Je pense qu\u2019il en sera de même pour la philosophie.Ce n\u2019est pas parce que nous n'avons pas d'histoire philosophique que nous n\u2019avons pas de livres sur cette question.C\u2019est que nous avons méprisé cette histoire en véhiculant le préjugé affreux qu\u2019avant 1960 il n\u2019y a rien de significatif en 67 philosophie au Québec.L'ignorance de notre histoire philosophique fait en sorte que nous répétons sans cesse que nous n'avons pas de penseurs.Or, une recherche quelque peu sofnmaire nous apprend que les philosophes (sans pour autant écrire des thèses éternelles) ont continuellement participé aux débats politiques, culturels et économiques de notre société.On peut évidemment montrer que cette participation était naïve, dogmatique ou idéologique.Mais cette attitude est très différente de celle qui vient nous dire qu'il n\u2019y avait rien.Il est certain que ce que nous avons été est contestable et même à dénoncer.Le rôle joué par le philosophe dans nos universités entre 1900 et 1950 nous permet toutefois de voir et de comprendre une situation qui a même des répercussions au- jourd\u2019hui.Les philosophes ont trop souvent la tentation de faire le vide autour d\u2019eux et d\u2019affirmer tout de go qu'avant eux c\u2019est le vide total.Que la « vraie » philosophie commence avec eux.Cette façon de fonctionner, de faire le vide autour de soi, produit des résultats dans certains cas.Mais si elle procède de l\u2019ignorance il y a des risques.Ce que je voulais surtout souligner dans cette courte intervention, c\u2019est que l\u2019article de Marcelle Brisson ne nous éclaire en rien sur le sujet ; qu'il ne suffit pas d\u2019affirmer que nos philosophes ou penseurs n\u2019ont rien fait et que notre interrogation devrait davantage porter sur ce discours de l'impuissance.Prétendre que notre avenir collectif dépend de l\u2019intervention philosophique c\u2019est rêver du temps où le philosophe d\u2019ici 68 Parme occupait justement toute la place.Cette place, il n\u2019a pas su la conserver.Philosopher ce n\u2019est pas simplement se penser soi-même en tant que philosophe, c\u2019est aussi inscrire une pensée dans le milieu.Le philosophe n\u2019a pas su le faire jusqu\u2019à maintenant.La révolution tranquille a été importante, mais elle nous empêche maintenant (elle aura bientôt vingt ans il ne faut pas l'oublier) de lire et d\u2019interpréter ce qui l\u2019a préparée.Un peu comme si elle voulait nous cacher quelque chose sur son origine.Les artisans de cette époque n\u2019ont tout de même pas tout reconstruit.Ce n\u2019est pas ainsi que naît une société.Une génération peut par contre refuser ce qui la précède.Je comprends que les plus de trente ans ont énormément souffert du dogmatisme qui écrasait tout sur son passage.Mais le passé ne s\u2019efface pas aussi facilement et il arrive qu'une re-lecture s'impose.C\u2019est uniquement en ce sens que l\u2019histoire vaut d\u2019être.© L\u2019écriture réflexive au Québec », in La nouvelle barre du jour, no 60, novembre 1977, pp.53-63.Rolin, Etienne, « Le rôle des universités », in Action Nationale, février 1934, page 110.Lemay, Edmour, « La philosophie à l\u2019université », in Culture, vol 3, no 3, septembre 1942, page 4.Bastien, Hermas, L\u2019enseignement de la philosophie, éd.Albert Lévesque, Montréal, 1936, page 69.Brault, Jacques, « Pour une philosophie québécoise », Parti-pris, 2,7, mars 1965, pp.9 a 16.Brodeur, Jean-Paul, « Quelques notes critiques sur la philosophie québécoise », in La philosophie et les savoirs, éd.Bellarmin, coll.L'Univers de la philosophie, no 4, Montréal, page 240.69 +}, ne = Ne le LL ox ua : .LEE - cé TI ieee le $i) a rt ! } ! nta ÿ omme res 4 : ; | 8 5 pk J Of 5} A fu Wy Pi a D i it + i ny nt ne iH ih ml id oy i ne ili >} eh Wi i oh * I + Bit on Be nw pes hf nh IX + 5 1 (0 i a nh 5 ) is Mi bi i) He ht BG À il si Jit 4 h ok Oh Lh En 5 ; ; Ti 2 De i oy £ à 2 A : = SA 4 À [ ig i Hd #9 \u201c3 iy DE ; Ji ; % il 2 pe ih 7 A \u201ca i col ROC LA FEMINITE EN QUESTION ! Hugues Corriveau Gilbert Lascault, auteur d\u2019une étude sur le Monstre dans l\u2019art occidental, vient de faire paraître, dans la collection 10 / 18, un inédit concernant la représentation de la femme dans l\u2019art.C\u2019est un événement d\u2019abord par la qualité de l\u2019écrivain, mais aussi par le risque énorme d'offrir aujourd\u2019hui un discours d\u2019homme au sujet de la femme.C\u2019est à ce point risqué que Mikel Du- frenne, en signant la préface, trouve important de préciser « que ce livre est écrit par un homme et que, par honnêteté, il se refuse à proposer une stratégie aux femmes en lutte ; il combat pour elles, il ne peut dire leur combat : à elles de le dire, dans leurs propres termes » (p.5).Il ne nous paraît pas inutile d\u2019insister ici sur la justesse de cette précision, car Las- cault gagne ce pari de dire ce qui lui semble sans pour autant prétendre parler pour la femme, en son nom ou avec sa procuration.Et que lui en semble, justement, de cette représentation de la femme dans l\u2019art ?Pour lui, elle inscrit, ici comme ailleurs, une féminité utilisée ou déformée.L\u2019art (sauf de trés rares exceptions comme chez Ingres ou Max Ernst) perpétue en son domaine les faussetés, les légendes ou les horreurs que philosophes, écrivains ou sociologues étroits d\u2019esprit ont véhiculées et véhiculent encore au sujet de la femme.C\u2019est un réquisitoire que ce « vocabulaire ».C\u2019est une mise a nu(e), non pas de la femme, mais des artistes eux-mémes, de la société ou ils produisent et des oeuvres ou s\u2019est incarné « l\u2019étrange fantasme de phallocrate débile » (p 192) qui s\u2019y donne libre expression.Nous nous trouvons, en ouvrant ce livre, en présence d\u2019un objet marginal, de la « parodie d\u2019un dictionnaire », qu\u2019il 71 est possible de construire ou de déconstruire à loisir, justement par plaisir, afin de susciter l\u2019inévitable résurgence d\u2019une image, d\u2019un tableau ou d\u2019un livre autre, autrement dit, autrefois lu ou vu et qui remonte en nous.Bousculé, l\u2019ordre même du volume nous convie au débordement, retour en marge où se déploient figures et défigures des femmes contemplées ou admirées ici, méprises et surprises là dans un geste, une posture, une fixité néfaste où elle s\u2019incruste dans l\u2019ordre d\u2019un tableau, ou d\u2019un roman ou d\u2019un travail.Découvertes et étonnements se renouvellent, page après page, puisque les instantannés que nous proposent Las- cault sont des points de départ aussi bien que de convergence qui débalent le paquet, désemboîtent, font surgir la constante répression d\u2019une figure victime.Tableau lui- même, le livre se touche et s \u2018ajuste.Il n\u2019est pas possible d\u2019en cerner les limites puisque l'arbitraire y est total, seule maîtrise du 72 corpus qui se déploie en des impressions qui auraient pu être infinies.Lascault nous en prévient : « Mais, lorsque le livre que vous lisez actuellement multiplie les visions de la femme, s\u2019égare en fragments, il constitue lui-même une mise en pièces de la féminité.Il éparpille la féminité.Il la disperse.Des vengeances se préparent peut-être contre celui qui tente de l\u2019écrire » (p.125).Peut-être, mais qu\u2019importe ?À quoi bon justifier ?Le dérangement est ici déjà une libération du cadre.À nous d'ajouter les fragments, de percevoir en nous-mêmes cette totalité féminine qu\u2019il semble un désastre de morceler.Si le détail nous faisait imaginer, figurer celle qui est en sa féminité le sujet premier, s\u2019il nous incitait à la trouver vivante plutôt que dans la fixité intangible d\u2019une représentation, si l\u2019imaginaire était ailleurs, cela aurait-il d\u2019autres instances que de nous produire ici, en notre discours, au coeur même de la recherche implicite de Tr TRE IA PET ARES?Win a idl ASF Er Lascault.Et Lascault, malgré ses craintes (ou son ironie) relie ici des faces et des façons de la femme.Il nous incite et se révolte.Pourrait-on lui reprocher d\u2019accumuler les griefs et de mettre en abîme tant de lectures, tant de points de vue ?La collection n\u2019est pas réjouissante.Mais pouvait-on s\u2019attendre à autre chose ?Ainsi, où qu\u2019elle soit, en quelque figure qu\u2019elle surgisse, la femme ici est déconstruite, toujours objet, mécanique souvent creuse qui ne résonne pas, étalée-odalisque, sculptée et présentée, présentoire même, abîmée en des rôles où ce qu\u2019elle est s\u2019exclut.Non seulement apparition, mais apparence de ce qu\u2019elle est.Le « vocabulaire » s\u2019inscrit dans le discours sur la féminité ; on fait le tour, on se tient au-delà d\u2019une vérité distante d\u2019où nous semble exclue celle même qu'il est censé cerner.Ce vocabulaire ne parle pas de la femme, il la délire, s\u2019étale lui aussi dans ce non-lieu où l\u2019homme a vainement cherché à placer la femme.Le livre de Lascault devient ainsi la mise en conserve de l\u2019aberration et son travail produit, traduit, propose son étalement, mais aussi la révolte contre cette bêtise, une lutte contre cet abêtissement.En ce sens, ce que Lascault inscrit, c\u2019est sa propre lecture de tout ce travestissement, c\u2019est une constante consternation devant ce qu'il a trouvé, perçu et repéré au travers de ses lectures, de ses visites de musées, de ses visionnements.Il essaie d\u2019en revenir tout en y revenant.Le phallocrate court ici le risque de reconnaître quelques-uns de ses objets, quelques- unes de ses pensées trop longtemps crues secretes.La femme trouvera sans doute ici une autre confirmation de son exploitation, si tant est qu'elle ait besoin d\u2019ajouter a ses lectures féminines ou a son propre travail de révolte actuel.Chose certaine, il faut tenir a ce petit livre, s\u2019y reconnaître si on ne peut naître ail- 73 leurs, au-delà, renouvelé à partir de lui.Gilbert Lascault, Figurées, défigurées \u2014 Petit vocabulaire de la féminité représentée, Paris, U.G.E., coll.10/18, (inédit), 1977, 222 p.LUCIEN FRANCOEUR SUPERTEXTE Claude Beausoleil « Ce que nous désignons par signifiance est précisément cet engendrement illimité et jamais clos, ce fonctionnement sans arrêt des pulsions vers, dans et à travers le langage, vers, dans et à travers l\u2019échange et ses protagonistes : le sujet et ses institutions.Ce procès hétérogène, ni fond morcelé anarchique, ni blocage schizophrène, est une pratique de structuration, passage à la limite subjective et sociale, et \u2014 à cette condition seulement \u2014 il est jouissance et révolution.» Julia Kristeva (La révolution du langage poétique, Seuil, p.15) L\u2019abc des textes de Lucien Francoeur pourrait étre un labyrinthe de flashs et de langages frottés a la réalité de la ville et du rêve.La surface de ces textes coule éclatée comme les néons vivants d\u2019une amérique nocturne et lumineuse.Des chars parkés dans les coulisses de la tension verbale attendent d\u2019être lus et reliés à la ville et aux corps qui l\u2019habitent.A.Drive-in : 1976 (poèmes, Paris, Éditions Seghers/Montréal, Éditions de l\u2019Hexagone) Conduire dans serait l\u2019enjeu.Être « driver » serait la possibilité communicable.Des phrases courtes, elliptiques, américaines et stylistiques.Violence.Sexe.Brisures sémantiques et rock\u2019n\u2019- roll.Ce serait donc un petit livre moderne et actuel : « Aventures dans les villes ainsi des poèmes de ruelles arrogants rictus d\u2019Elvis liberté mais (provisoire et surveillée car) Amérique : $ et menottes dans Pair.» p.27 comme les Aspect du « provisoire ».On lit en vitesse en mangeant un sandwich.De la poésie comme on vit.Dans ce rapport au vécu, ce qui surgit dans les textes de Lucien Fran- coeur, c'est l'aspect mythique.Lus ici en Amérique, ils nous parlent d\u2019une Amérique à la fois concrète et mythique.Scansions de rues, de ruelles syntaxiques, de frissons.Leur lexique fait basculer la fameuse question du «c\u2019est-tu d\u2019la poésie ?c\u2019est-tu pas d\u2019la poésie ?».Hors catégorie, Francoeur nous présente son cinérama fragmenté, ses phrases dures, ironiques, folles, incrustées dans le contexte d\u2019un américanité mentale.Musicaux, Sur la route, les texte de ce Drive- in sont des histoires de cerveaux qui éclatent, des pages de « nuits chez Charles Manson.» Violents et comiques, ils s\u2019inscrivent « POUR LA FORME » en soutitrages rimbaldiens et rockers au creux d\u2019une imagerie qui tient du décor, du corps et du rythme.cet à la course dans les vagues/de cet étrange même chair », ils nous parlent.(Notons que Francoeur est un des seuls poètes de sa génération, (avec André Roy, qui a publié Formes, en 1977, à l\u2019Atelier de l\u2019agneau en Belgique) à avoir publié en Europe et chez Seghers, un livre affirmatif qui poursuit trans- gressivement les traces d\u2019une Anne Hébert légendaire .) B.Le calepin d\u2019un menteur : 1977 (journal Montréal, Q) En plein danger, Lucien Francoeur dédie ce livre « à tous ceux qui ont une sainte horreur du folklore imaginaire, Éditions Cul 75 ORAN iii ce, DRE hn Gal ma RE ME HAE tripoté par les démagogues ignares de la chanson, tous ceux pour qui le Québec existe en dehors des gigues, ceintures flêchées et combines à panneau dans lequel il est tombé et dans lesquelles il \u2019embourbe .» Le stylo feutre court après l\u2019aventure d\u2019une vie d\u2019aventures.Il en trace le journal de bord en dérive.Le calepin se donne comme une suite de ré- flexions-remarques, poèmes, lettres qui tracent la cartographie mentale et physique d\u2019un Francoeur superstar, super- texte.Textes en lutte pour une autonomie de l\u2019imaginaire, contre la folklo- risatin (citation).Les pages du Calepin de Francoeur débordent de photos et de notes qui peuvent être un guide pour lire les autres livres de Francoeur (si peu commentés d\u2019ailleurs), pour écouter ses disques.Toutes les variantes du rock, de l'Amérique, de l\u2019amour, de la tendresse et de la vacherie s\u2019y prélassent calligraphiées et directes comme un Journal intimiste, intime.76 Voyages et sexes(s).Cris et chuchotements.Vrombissements phraséologiques.On décape l\u2019entendu, on s\u2019insurge, on rage.Le lecteur eut s'adonner ici à ce jeu comme quand on jouait au cowboy, comme on joue à feuilleter un album-souvenir, comme on s\u2019amuse tout court.Imaginaire et réel, ce «livre de chevet des punks » pourrait servir de fiche signalétique, comme géno-texte d\u2019un univers littéraire, musical et vital.Les illustrations accentuent l\u2019allure album personnel.Donc Le calepin d\u2019un menteur triche et révèle en se donnant comme une espèce de biographie « fictive en définitive.» C.Les néons las : 1978 (poèmes, Montréal, Éditions de l'Hexagone) « soupirs de papiers et réves décapés » p.64 La lumière acide fait place à une certaine vision d\u2019intériorité.Intériorité appelée, mythique elle- même et pouvant se comprendre sur le plan litté- raire comme un remplacement paradigmatique de l\u2019américanité antérieure et encore présente dans les textes de Francoeur : « toutes les saisons sont souillées Amérique ma beauté à la chaîne il y a trop de rêves déflagrés sur tes trottoires anthropophages » p.32 Mais la démarche se profile autrement « elle dépasse l\u2019espace où a lieu le mot » p.14.Le romantisme s'affiche davantage comme code, 1] se dandyse avec modernité.Les modèles musicaux sont permutés en modèles littéraires du XIXième siècle.Aflred de Musset marque le tempo : « Mon livre, cette fois, se ferme moins gaiement ; en vérité, ce siècle est un mauvais tourment » p.10 Les néons sont fatigués de flasher à travers une overdose.Ils laissent filtrer une nouvelle musique plus lente, plus feutrée, tout aussi urbaine que la précédente mais maquillée autrement.«l'écrivain repose en rose/et reverdit dans sa tête fermée » p.54 Lire ce recueil, c\u2019est saisir des facettes d'un spleen moderne, accordé au polaroid, parlant d\u2019amour, de style, de désespoir teint d\u2019« azur industriel ».Les néons las est comme un « cardiogramme » des possibilités de mutation du travail littéraire tel qu\u2019envisagé par Francoeur.«A dessein je dis, tant pour la forme que pour ma satisfaction personnelle, que l\u2019hyperréalisme subliminal est un état d'homme qui m'est exclusif et me tient lieu d\u2019idiosyncrasie et d\u2019identité idiomatique ; un état de rêve qui implicite alchimie du verbe et alchimie du corps, qui implique le don inné de faire avaler des couleuvres au «lecteur utopique » pris comme critère de base à l\u2019excitation linéaire et à la mise en branle textuelle du sexe en tant qu\u2019organe littéraire et, plus précisément, qui implique- implicite un vers comme le cristal libéré de toutes superfluités et de tout « écart de langage » : une révolution amorcée par le Rimbaud des « Illuminations » (et de quelques autres poèmes) puis baclée magistralement 77 par l\u2019insane mouvement surréaliste.» Lucien Francoeur (rockatex, in : bo / Québec no.35, Ces néons sillonnent volontairement une nouvelle nuit.Leurs pistes demeurent des rages douces.« j'ai la rage digitale / et les néons las » p.24 Qu'est-ce qui traversera les textes du futur, ceux déjà annoncés comme repti- liens ?Le prochain numéro de la | nouvelle barre du jour paraitra 5 septembre 1978 \u2014 pue pean] pt pt ww epee Bulletin d\u2019abonnement | el rre du | a Suc tr à 14 4 oh ouvell e d hi ous offre gratuitemen cu utvarl A ulsion ic Mécanique jong le état de d bauch Coll \u20ac petit ecnism lip] Ë Tableaux de amoureuse, Paul-Ma Lapo Hi Tr Lieu de na 1ssance nger an 6 numero anada en dresse Vooiller m\u2019 \u2018abormer à | r du numéro Seul d'abonnement annue do res-cade iy Livres choisis _ pe |, Ge odradek | A ; Yves Poésie du Québec ous GAR Jean HEU LAP jacques brault Clem michel beaulieu | ks jean yves collette Jear michel gay o roland giguere pierre morency jean-guy pilon | C \u201c Cabraded cot exlrnordinacrement mobile ot no se lurote fius ullrapicr FH 1 H Q 4 eq Les numéros 25/26 de cette revue belge sont dis- du ponibles par commande postale \u2014 $5.50 port et du emballage inclus.Adressez-vous à : 19 La Nouvelle Barre du Jour 8 C.P.131 Succ.Outremont | À Outremont, Qué.H2V 4M8 A Ny Estuairé) a publié Geneviève AMYOT, Hugh BARRETT, Michel BEAU- LIEU, Rachid BOUDJEDRA, Jacques BRAULT, Jean- Yves COLLETTE, Alfred DESROCHERS, Gilbert DU- PUIS, Jean-Paul FILION, Claude FLEURY, Jacques GARNEAU, Michel GARNEAU, Roland GIGUÈRE, Jean-Pierre GUAY, Claude HAEFFELY, Pierre Jakez HELIAS, Christain HUBIN, Pierre LABERGE, Gatien LAPOINTE, Félix LECLERC, Alexis LEFRANÇOIS, Clément MARCHAND, Gaston MIRON, Pierre MO- RENCY, Suzanne PARADIS, Pierre PERRAULT, Alain ROBERGE, Jean ROUSSELOT, François ROYER, Jean ROYER, Francine SAILLANT, Frédéric-Jacques TEMPLE, Jean-Gérard THÉODORE, Gérard TREMBLAY, Gilles VIGNEAULT.ESTUAIRE Casier postal 828 Haute-Ville Québec 4, QUEBEC G1R 4S7 Je désire souscrire a partir du numéro: O un abonnement de soutien ($25.00/4 numéros) | D Un abonnement régulier ($12.00, étranger: $20.00/4 numé- N.B.Des exemplaires des numéros déjà parus sont encore disponibles au prix de $3.75, frais postaux compris. ol \u2014\u2014 = ais on crisis vis JS A nd ln Ta ae = = = ir a SEE ses = a Ti ens 5 He Te sn ete er oe = Le IE EE ne AT = ES ce ces = a cs i FEE 2 i ES EE == se 5 Fy Lr 27 Æ 22 Fi se Ha RS 2 Te = Fo Ste x 5 SEE FETE ii Er ey °F = 2 É 2 2 2 3 Ph É Be, rh = > _ see es = te _ a cas er es Ce _ pa ox oo N .i x > ce Lo x 5 + Si = fo fir 25 arcs MERE SEER ao en = IRL bres x es ae a sens ES a oe qe pcs > 27 x i Lex xt rei sl tt ba gr) ru A MUR bbc rs oy 23 Ei et 7 pac TT.pas ce A Bg Fl Fes ie ES pa TS Sit red Adie vos pi ee di ER me Kodi GS Te Faia 8 ox hoi pt A RHEE An 6 = oC - 3 x 5 re ga - & I.à 5 A a gb ti a3 iv > >} hh + | 5 à i i.3 ih jb 4e hi + wt 0} nt * ol J: 20 5 Ki HE | Ÿ A \u2018ot 1 nt } Pg nl fe , | i 42 » i \"HS Hf a He 1h hs LE Ei} j i : Achevé d'imprimer en mai mil neuf cent soixante-dix-huit sur les presses de I'Imprimerie Gagné Ltée Saint-Justin - Montréal.Imprimé au Québec a SES TS Re IN i Ll ee EN A ESS =o aa A = 20) ol rn i Er Q po Pr oy of OE APS = Be sa 43 ie At Bet is fos es Ce ABS Pres 2 SE ry Arey Te a phy ee Le go re) xn ee: To Erin y ety ca ce we Roe a on Re es Ter = + x 2 Si PEER = + Hin Hr à do bi ix as 4% tin a à 1c 4 5 ny 2 va : 3 Ti peu is hy Ih + PR 4 4) ! i in Hi ih i i wi >» H > I 3 Lil th on ve RY A WH Se 34 Wye H © oil +H) pes : : > ; 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