La Défense : journal hebdomadaire, 2 juin 1898, jeudi 2 juin 1898
[" (Aire \u201cJOURNAL HEBDOWADAIRE edn Th te, eu VOL.1.LA CZs aw lial Freoleae, \u201cVitam impendere vero : Consacrer sa vie à la vérité.\u2019 CHICOUTIMI, 2 JUIN, 1898 DEFENSE ABONNEMENT | $1.00 par année.NO 20 \u201cLA DEFENSE\u201d ULDERIC TREMELAY, Directeur-proprietaire ABONNEMENT Strictement payable d'avance.ANNONCES, 10 centinsia ligne pour la première i insertion.Insertions aulséquentes, § centins In ligne.Conditions spéciales pour annonces à longs termes.Avis de nalssances, mariages, et deces era tultement pour les abonnes.l'outes impressions de livres, brochures.cir- culaites, cartes, exécutées dans les derniers poûts, A'très bas prix.; « Toute communications doivent étre adres.sévs à LA DEFENSE, CHICOUTIML 1.Q.JEUDI, z JUIN 1898.ty La \u2018Vérité de la semaine dernière publiait la lettre suivante que nous croyons devoir reproduire, vu que la Défense a été mêtée à l'incident dont il y est question.LETTRE DE S.6.MGR L'ARCHEVÉ- QUE DE QUÉBEC ARCUEVÊCHE DE Québec, le 22 mai 1898.QUEBEC.Monsieur J.-P.Tardivel, directeur-propriétaire de la Vérité.Cher monsieur, Je crois devoir vous informer qu\u2019 Un ceclésiastique qui écrit dans votre journal et qui se dit en si bons termes avec son Ordinaire, écrit sans mon autorisation et à l'encontre de mon sentiment.Afin qu'il ne puisse se glorifier davantage d\u2019une approbation qu\u2019il n\u2019a jamais cue, je vous prie de porter ce fait À la connaissance de vos lecteurs.La discipline de l'Église exige qu'un prêtre n\u2019écrive pas dans un journal\u2014surtout sur un pareil su- jet\u2014avant, de s'être muni de la permission de son évêque : c\u2019est là une règle que votre correspondant doit connaître et qu\u2019il a pratiquement ignorée dans le cas présent.Si cet cecléstastique\u2014que je ne connais pas\u2014m\u2019eût consulté avant de prendre part à une campagne que je considère comme malheureuse, je lui aurais certainement interdit la publication d'écrits qui sont de nature à faire Ju mal 2A notre population.Agréez, cher monsieur, l'assurance de mon dévouement bien sincère.qi L.-N.Arch.de Québec.Vers te même temps\u2014 c'est là, peut-être une coïncidence qui n\u2019est pas tout à fait fortuite\u2014le Sole il publiait le texte Jdtin d\u2019une lettre de S.E.le Cardinal Lodokowski, Préfet de la S.C.de la Propagande, datée du 23 \u2018décembre 1897.La feuille libérale dit avoir reçu ce document de Rome le jour mé- me, c'est-à-dire le 26 du courant.** Mais elle nt dit pas À qui il a été adressé, ni de qui clle l\u2019a reçu, ni qui l'a autorisée à le rendre public, Nous croyons.voir, cependant, par le contexte, que la lettre en question était adressée à S.E.| Cardinal Taschereau et accompagnait V'envoi de 'encyclique Affari vos, Les recommandations qu'elle contient ne sont pas nouvelles ct dans les temps troublés que nous traversons alles sont toujours opportunes.C\u2019est la gloire de notre épisco- Pat d'avoir, en tout temps, suivi avec une très grande docilité les instructions'venues de Rome.Que le So/eil enfasseautant,mais qu\u2019il ne s'avise pas de faire plus longtemps du capital politique cn essayant sournoisement,sclon son habitude, de mettrelson ortlinairé en contradiction avec Rome, en laissant croire à son public que les aufori- tésphuainés le: chargent, lui le So- | leil, de faire connaître aux fidèles | des docu-nents destinés aux seuls évêques.Le Soir organe du Vatican, c'est un peu fort ! Çanc prendra pas.Drôle de manie qu'a cette ga- zctte de vouloir absolument diriger les consciences | Nous l'avons délogée du confessionnal, la voilà maintenant qui se hisse sur le trône épiscopal, Descendez, M.l\u2019acaud | Au modeste soldat, il convient de combattre dans la plaine et d'obéir au commandement.LES ELECTIONS EN FRANCE Des élections générales viennent d\u2019avoirlicu en France.Le caLinet Méline, qui avait reçu l'appui de l'élément modéré du parti républicain, se présentait devant le peuple avec un programme où les catholiques entrevoyaient le désir de faire trève à la législation sectaire, de travailler à la pa cification religieuse, Ils acceptèrent cet augure d'un régime d'apaisement et unirent leurs efforts pour en assurer le triomphe.Les catholiques ne pouvaier.compter, pour cetiè fois encure du moins, faire élire vie majorité gouvernementale de députés de leur foi, Mais en présentant des candidats catholiques dans les circonscriptions où ils pouvaient espérer quelque succès, ils croyaient arriver À faire élire un nombre de députés suffisant pour leur permettre de tenir la balance du pouvoir.Dans ce cas, en se joignant aux républicains modérés pour appuyer le cabinet Méline, ils feraient échec aux radicaux ct aux socialistes dont la haine anti-reli- gieuse constitue un danger permanent pour la société française.L'événement semble leur avoir donné complètement raison, Le cabinet Méline est sorti de la lutte considérablement affaibli.Les catholiques, en revanche, ont fait d'importantes conquèt s.L'un de leurs chefs, M.Jacques Piou, que certaines manœuvres avaient écarté des affaires publiques, mais dont l'intégrité renommée et la grande expérience sont appelées à exercer une influence considérable sur la Chambre, est revenu victorieux.Le second tour de scrutin a failli être fatal au cabinet, tandis que les radicaux y ont remporté de grands avantages.Les dépèches disent : Paris, 23\u2014La nouvelle Chambre des députés se compose de 354 républicains, 37 ralliés, 104 radicaux, 74 radicaux-socialistes, 57 socialistes, 44 réactionnaires.Le cabinet Méline a donc 254 voix seulement.Mais il peut compter sur les 37 voix des ralliés ct sur les 44 voix des monarchistes.Ces trois groupes se tron- veront naturellement unis contre les entreprises des radicaux-socialistes ct forment ensemble 335 voix, contre les 235 de l'extrême gauche.Le parti de l\u2019ordre peut e| donc compter sur une centaine de voix de majorité.Dans cette situation, le groupe catholique jouira d\u2019une sorte de prépondérance ct ticadra la balance du pouvoir.Les modérés nc pourront gouverner sans compter avec cux, et oncomprend quel parti les catholiques pourront tirer de cet avantage pour forcer les gouvernants à respecter les droits sacrés de Dieu, de la patrie, de la famille et de la liberté, si longtemps méconnus et violés clans cette vicille société française, formée pourtant à l'école de l'Église dont elle se pro: clama longtemps avecorgueil le fille ainée,mais que la juiverie cosmopolite et la franc-maçonnerie ont réussi pour un temps à pervertir.L'ANGLOMANIE En fin de compte, les anglomanes,\u2014genre NEMO\u2014ne sont que utopistes.Et l'anglomanie est une utopie à la mode, apparemment, puisque lc suave NEMO est loin d'être seul a pidcher son peuple pour le convertir & Vanglo-saxonisme.1 a d'illustres émules dans la _mère-patrie française où Demolins, dont, récemment,il invoquait le témoignage contre nous, a soutenu la mé- me thèsc après un grand nombre d\u2019autres, et avec un retentissement que nous ne tenterons pas de nier.Mais qu'est-ce que cela prouve, après tout ?Est-ce que Demolins, est-ce que NEMO, est-ce que tous ceux qui, dans ces derniers temps, sont allés à l\u2019école des Anglo-Saxons de l'un ct l'autre hémisphère,espèrent arriver à changer le tempérament des races, À détruire l'effet de coutumes séculaires, A unifier les aspirations ct les goûts pour les fondre en un grand tout anglo- saxon, entièrement livré à l\u2019indus- tric ct au commerce ?C'est d\u2019une impossibilité radicale.ll ne se peut rien opérer à l'encontre du plan providenticl, qui a assigné aux nations, comme aux individus, des fonctions différentes suivant leurs aptitudes et leurs ressources, La race Anglo-saxonne a fait de l'industrie et du commerce son gagne-pain.Les circonstances l'ont poussée dans cette voie où des succès merveilleux lui étaient ménagés, Voilà le fait.N ous admettrons, même, si vous le voulez, pour le besoin de la discussion, que la pratique des affaires lui ayant donné des aptitudes spéciales, ou bien que l'aptitude innéc l'ayant poussé irrésistiblement aux affaires, l'Anglais s'est acquis sur ce terrain une supériorité généralement reconnue.Mais cela ne nous fera pas admettre qu'un peuple ne peut arriver au bien étre, ou au bonheur terrestre, s'il n'emboîte le pas derrière les Anglo-Saxons, s'il ne se soumet à l'éducation anglaise, source ct principe de toutes les supériorités anglo-saxonnes.Pour être bons commerçants, les anglais en sont-ils plus heureux ?Ceux qui veulent en jugern\u2019ont qu'à aller faire un tour au pays du spleen.Un peuple ne peut être décrété d\u2019infériorité pour la seule raison qu\u2019il n\u2019a:pasles mêmes ressources,les mêmes aptitudes que le peuple voisin, Ses ressources et ses aptitudes propres peuvent en faire un peuple supérieur, sans qu'il ait rien à envier à ceux que la Providence a doués autrement.A côté des nations commérgantes, la Providence a fait naître et grandir les races pastorales, comme elle a distribué à la surface du globe les richesses minérales et les terrains fertiles que la sueur de l'homme doit féconder.L'industrie agricole fait-elle donc déchoir le peuple qui s'y livre ?La main qui pare est-elle plus bienfaisante que la main qui.nourrit ?Pendant que d'autres races font leurs délices des grandes exploitations industriclles et des vastes entreprises commerciales, la nôtre à toujours paru s'attacher davantage à la terre des ancêtres.Elle aime à manger un pain qu'elle-mé- mea produit, et vraiment, nous ne pensons pas qu'il y ait lieu d'en concevoir ni humiliation, ni chagrin.- Au lieu d'envier le - \u2018sort -et: les aptitudes de\u2019 nos concitoyens d'c- : rigine différente, au lieu de prôner des utopies, de gaspiller nos cf- forts à vouloir changer la nature des choses et faire qu\u2019un peuple devienne anglais tout en restant français, unissons-les pour améliorer nosinstitutions et arriver à un résuliat positif.Ce sera plus patriotique, et, suitout, plus pratique.Une analyse, de l'engycique Nous trouvons dans l'Ami du Clersré, revue ecclésiastique publiée à Langres, France,une analyse fort judicieuse de l'encyclique Afari Vos, précédée d'un exposé de la question des écoles du Manitoba fait avec beaucoup d'exactitude, Nous en reproduisons les passages suivants : \u201cL'Encyclique était ainsi pour les Évèques une approbation formelle de la conduite qu'ils avaient tenue dans la question des écoles du Manitoba, et une condamnation indirecte des attaques qu\u2019elle leur avait attirées de la part des libéraux ; elle déclarait lin suffisance et le danger du çompromis auquel ils refusaient de se rallier, et leur traçait la voie à suivre pour tirer le meilleur parti possible de la situation en vue du présent et de l\u2019avenir.Elle reconnaissait les bonnes intentions du gouvernement qui avait ima £iné le compromis et son désir de rendre justice aux catholiques, elle détendait entre lui et lesévêques des rapports déjà difficiles qui auraient pu le devenir encore davantage.Des deux côtés, on se montre satisfait : du côté des évêques, puisqu'ils avaient gain de cause sur le fond mème de la question et sur leurintervention ; du côté du gouvernement, parce qu'il avait obte- nutout ce qu'il pouvait raisonnablement espérer.\u201d \u201cL'Encyclique se termine par des recommandations aux rédacteurs des journaux catholiques, dont le devoir est de défendre \u2018* religicusement ct avec courage tout ce qui est vérité, droits, intérêts de I\u2019 Église et de la société : de telle sorte pourtant qu'ils restent dignes, respectueux des personnes, mesurés en toutes choses.Qu'ils soient respectueux et qu'ils aient une scrupulense déférence envers l\u2019au- toritéépiscopale et envers tout pouvoir légitime '\u2019, et qu'ils s'étudient \u2018 à inculquer l'unité de pensées et d'action,\u2019 Le Souverain Pontife ajoute que partout où il n'y aurait pas d'autre remède au mal, il faut créer, entretenir, et mettre sur un bon pied les écoles catholiques.\u2018 La seconde chose à faire est de travailler sans cesse à améliorer la situation, en y observant toules les règles de la charité fraternelle, dela subordination aux évêques et du respect envers toui pouvoir légitime, et en se rappelant qu\u2019il n'ya d'espoir d'arriver A un bon résultat que par l'unité dans l'action.C'est ce qui ressort de plu- sicurs passages de I'Encyclique ** Affari vos.\u201d Chacun sans doute, dans sa sphère particulière, doit faire tout le possible pour la sauvegarde des intérêts spirituels dont il a personnellement la charge.Mais pour atteindre le mal à sa sourceen améliorant la légis- tion, il faut l'entente et l'action commune de tous.Il faut viser à la reconnaissance de tous nos droits : * C\u2019est à quoi l\u2019on doit viser, c'est \u201cle but qu\u2019on doit poursuivre avec z2- ** le et avec prudence.Or, à cela rien \u201c de plus contraire que la discorde ; il ** y faut abeolument l\u2019union des esprits ** et l'harmonie de l'action.\u201d \u201c Ces recommandations du Pape aux catholiques du Canada sont précieuses pour ceux des autres pays.On y voit quel est l'esprit de l'Église dans les conjonctures délicates où doivent agir maintenant les défenseurs des droits de la conscience chrétienne et de l'Église.Sans doute elles auront leur application pour chaque milieu d\u2019une manière qui réponde aux circonstances ; mais le fond doit rester partont le même : user, pour le bien, des libertés dont on jouit, des dispositions bienveillantes qu'on peut ren: contrer, des circonstances favorables qui peuvent se présenter ; ct poursuivre avec un zèle constant, ssge, respectueux de l'autorité, ami de la concorde et de l'union, la revendication complète de nos droits.\u201c Nous laissons À nos lecteurs le soin | d'appliquer ces règles aux questions qui s'agitent maintenant autour d'eux.'! À propos d'ON DIT Le /rogrés s\u2019intrigue au sujet de notre article d'ily a quinze sours, intitulé : ON DIT.Calmons le confrère, ou plutôt, prions-le plus directement de calmer les angoisses des braves gens de St-Alphonse et de St-Alexis par des explications claires et nettes au sujet du chemin de fer de la Baie des Ha! Ha! Cette question les intéresse ct ils voudraient savoir où elle en est rendue.Si nous avons bonne mémoire, c'est le Progrés lui-même qui l\u2019a mise devant le public et nous comprenons de ce chef que notre article ait éveillé l'attention du confère.Ce dernier ne pourra méconnat- tre que les résidents de St-Alphon- se ct de St-Alexis ont le droit de savoir ce que l'on a fait des règlements qu\u2019on leur a fait solennellement voter.Nous n'avons absolument voulu blamer personne, car nous savons qu\u2019en ces sortes -de choses tant d'intérêts divers viennent en conflit qu'il est parfois excessivement difficile de réussir, même pour les gens animés des meilleures intentions du monde, Mais une chose certaine : c'est que l'enthousiasme des premiers moments s'est sensiblement refroidi.On sent que ça ne marche pas, et d'aucuns ont peur que l'entreprise ne retombe dans un complet oubli.Nous n'avons aucune raison de mettre en doute la bonne foi des promoteurs du projet ; nous voulons au contraire les croire digne de toute louange.Ils ont fait preuve d\u2019un esprit d'initiative qui les honore, nous le proclamons sincèrement, Mais est-ce que tous ceux qui ont leur mot i dire dans cette question n\u2019ont aucun reproche à s'adresser ?C'est ce que nous voudrions savoir.Par nos ON DIT, nous avons voulu appcler des explications et nous sommes sûr que le Progrés\u2014 c'est pour cela qu\u2019il a pris la mou- che\u2014cst en mesure d\u2019en donner autant qu'homme du monde.Qu'il parle donc.Depuis quinze jours, nous avons bien entendu, de source privée quelques réponses à nos ON DIT ; mais nous n'avons pas encore rc Gu la permission de les livrer à la publicité.D'ailleurs nos ON DIT sont les ON DIT d'un grand nombre.Ils courent la rue.Des citoyens éminents de St-Alphonse nous en ont fait part les premiers et nous les avons entendu répéter maintes fois depuis, Nous nous expliquons peu qu\u2019ils ne soient pas arrivés aux oreilles de notre confrère du Progrès lui-même.Nous les avons publiés dans l'intérêt du public et aussi, disons- le franchement, dans l'intention de démêler les cartes pour faire avancer les choses dans la mesure de nos forces.ll ne s'agit pas ici de soulever des préjugés ; il s\u2019agit de tirer une situation au clair.Si tout le monde, conservateurs comme libéraux, gens de St-Al- phonse, de St-Alexis, comme de Chicoutimi, à travaillé en tout cela dans l'intérêt du chemin de fer de la Baic des Ha! Ha ! que nous considérons d'intérêt public majeur, et pour Chicoutimi, et pour St-Alphonse, et pour St-Alexis, qu'on le dise ; nous en serons heureux et on nous trouvera prêt, aujourd'hui comme toujours, A rendre justice à qui justice est due.Mais s\u2019il s'en trouvait qui par leur influence, eussent paralysé cette noble, belle et utile entreprise, qu\u2019ils soient connus aussi, Nous voulons rendre à César ce qui est à César, comme à Dieu ce qui est à Dieu.Notre pensée est donc claire.Elle a été de provoquer des explications qui puissent satisfaire le public intéressé ct précisément faire taire ces préjugés que lc Progrès redoute avec raison.Ils ne feront que s'accentuer, si l'on ne s'explique pas d'une tmanière satisfaisante.Dieu merci, nous sommes parfaitement désintéressé personnellement en cette affaire.Ce que nous voulons, c'est purement ct simplement, la construe- tion immédiate du chemin de fer électrique entre Chicoutimi ct la Baie des Ha! Ha! pas autre chose.Etce que nous ne voulons pas, c'est qu'on fasse encore de cette entreprise Ja plateforme électorale de toutes les luttes À venir.Car le capital politique est un venin qui tue les entreprises les plus raisonnables.ep\" Menus propos sur le bonheur Après une matinée admirable, où des flots de soleil s\u2019épandaient sur les glaciers, l'orage s'était amassé rapidement dans le fond de la vali£e.Il éclata pendant que je visitais l'antique couvent de Bénédictins, qui, depuis douze sit cles, prospère, travaille ct prie dans la paix de la montagne.Quand le Père qui m'accompa- {nait m\u2019eut montré les tranquilles cellules, la grande église aux voûtes couvertes de fresques naïves, la bibliothèque dont deux incendies cnt malheureusement réduit toujours avec une extraordinaire violence.trer dans une sorte de salon j'avais admiré : oblongue, dont les fenêtres ouvrent sur loux.dans une brume épaisse.tences qu\u2019elle avait abritées, tre, pendant que les mélés à la pluie, vint peu à peu plus intime.coutais sa voix, que toujours quand le hasard nous met en présence d'hommes bien différents de nous : reux ?froissé ; fixant sur moi regard limpide, il me répondit aussitôt, de sa belle voix grave : \u2014Oui certainement, -je suis heureux.Et tous, ici, nous sommes heureux.dis-je, j'ai reçu la même réponse, Je l\u2019ai aussi quelquefois adressée à des personnes méêlées au siècle, |.dônt certaines possédaient largement les biens que poursuivent les hommes, la fortune, Ja famille et même la gloire.Aucune de ces personnes ne s\u2019est jamais déclarée satisfaite de son sort, lors même qu'elle n'aurait su quelle chose souhaiter.ow ; l'intérêt, la pluie tombait, tombait Comme je ne pouvais reprendre ma route, ce moine me fit en- que unc vaste pièce aux belles boiscries les prés semés de sapins qui descendent jusqu'aux gorges où le Rhin naissant bondit sur son lit de cail- Le paysage disparaissait On ne distinguait plus le ruban argenté du petit torrent tapageur que le grand fleuve est vers ses sources.Jusqu\u2019alors, nous avions causé de la vieille abbaye, au long tpas- »| sé si rempli d'histoire, des exis- de ses jours de gloire ctde ses vicissitudes.Assis en face l\u2019un de l'au- grélons, frappaient aux vitres, notre conversation de- J'observais la belle figure du Père, si calme, si reposée, si douce; j'é- dont le timbre grave éveillait aussi je ne sais quelles idées de haute et pure sérénité ; et la tentation me vint de lui adresser cette indiscrète question que nous nous posons pres- -Mon père, êtes-vous heu- Je cédaià la tentation, en tachant d'atténuer, parlechoix des mots, l'indiscrétion de la demande.Mais le Père ne fut nullement un beau \u2014Chaque fois que j'ai adressé cette question à des religieux, lui Le moine réfléchit un peu, sans aucun étonnement dans ses yeux pensifs, et reprit : \u2014T'out dépend de l'idéc qu\u2019on se fait du bonheur.La plupart des hommes le font consister, comme vous le dites, en la prospérité de leurs affaires, en le succès de leurs entreprises, en les résultats de leur activité.Is prennent bceau- coup de peine pour conquérir la richesse où la célébrité ; et, sitôt qu'ils les possèdent, ils s'aperçoivent qu'ils n'en retirent point ce qu'il en avaient espéré : le mirage sc dissipe quand ils le touchent.C'est un phénomène qui n'a rien que de très ordinaire.\u2014Vous pensez donc, mon père, que leur erreur vient de l'insigni- flance de ces biens si recherchés ?Il secoua la tête et sourit : \u2014Blle a, dit-il, une cause plus générale ; quelles que soient les formes dont ces hommes revétent leur idée de bonheur, ils lui conservent son caractère personnel, ct ne la rapportent qu'à eux-mèmes.Or, il n'y a pas de bonheur possible aussi longtemps qu'on ne fait pas abstraction de sa personnalité, qu\u2019on ne se délivre pas de la tyrannic de son moi\u201d \u2014C'est là, répondis-je, la doctrine du sacrifice, Elle est d'une application facile dans la retraite ; mais à quoi voulez-vous qu'elle serve aux hommes mélés à la lutte pour la vie ?Le renoncement leur est impossible : ils sont obligés de donner des coups, pour parer ceux qu'il reçoivent, De plus, ils ne sont généralement pas seuls;ils ont une famille, dont il leur faut assurer la place.Vous ne connaissez rien de ces devoirs ct de ces joies, qui ont cependant leur noblesse.\u2014Je ne le nie pas, s'écria-t-it, \u2014 sans qu'aucune lueur de regret passût dans ses yeux limpides, Mais il me semble que, même en restant dans le siècle, on peut rechercher le bonheur que nous trouvons,-\u2014plus facilement, je le reconnais, -dans nos asiles : il suffit pour cela dc bien comprendre le peu que vaut cc monde, ct de savoir où est la vraie source du bonheur, Rappclez-vous,monsieur, les paroles de saint Augustin : \u201cJe n'ai jamais eu l\u2019Ame tranquille que depuis qu'elle sc repose en Dieu.\u201d \u2014Nouvelle difficulté, lui dis-je : ce n\u2019est plus le renoncement seul auquel il vous faut parvenir par un effet de votre pensée et de votre volonté ; c\u2019est encore la foi qu\u2019il faut posséder.Or, la foi n'est pas à la portée de tous; on peut la désirer sans l'avoir.\u2014Elle est avant tout un don de la grâce.\u2014Voyez alors, mon Père, comme le bonheur est difficile ! Il n'est point fait pour nous, qui restons mélés à la vie.Des deux conditions nécessaires, la première est à peu près impossible àremplir, Quant dla scconde.\u2014la plus cs- sentic|le, \u2014vous reconnaissez que sa réalisation ne dépend pas de nous, .\" Le moine sourit doucement, parut réfléchir et répéta, cn souti- gnant ses parole : \u2014Je n'ai jamais cu l'âme tranquille que depuis qu \"elle se repose en Dieu.L'orage avait passé, et descendait la vallée ; et, déjà, des mor- ccaux d\u2019azur apparaissaient parmi Famonceliement des nuages.Je me levai pour partir.Le bon Père avait compris que je ne partageais pas sa foi tienfaisante,.car, en me reconduisant à travers \u201cles longs corridors, il me dit : \u2014 Si vous êtes pour quelques jours ici, revenez ! Et il conclut par une citation latine de paroles dont je n\u2019osai pas lui avouer que j'ignorais l'auteur, qui sont, je crois, d\u2019un poète profane, et qui signifient : \u201cEire honnêtes gens qui ne pensent pas de même, on peut pourtant cultie ver l'amitié.\u201d oe ED, ROD, i \u201cDébats\u201d sx 28% Lea LA DÉFENSE * -BIBRLOTS BT CHIFKONS L\u2019EVENTAIL La Si, comm, le gb), donc puchohha sda tristesse, Ét Lois L\u2019éventail se rit des saisons.Que l'été nous brûle où que l'hiver nous glace, il se montre toujours coquet ct sémillant entre les mains des femmes.De tous les accessoires de la toilette féminine il est le favori.A tous les ages, A toutes les époques, nous l'avons manié sclon nos caprices, ct il est devenu tour à tour un hochet ou une arme.Hochet, entre les mains de la jeune fille qui sort à peine de l'enfance ; arme, entre les mains de la femme qui, d'un coup de sa lame d'ivoire, tient à distance l'importun.Pour l'une comme pour l'autre, il est aussi le confident discret, à qui l'on soupire les joies et les peines ct que l'on baisse au moment du combat, comme les guerriers de jadis baissaient leurs lances au moment d'entrer en lice.Mais d'où vient donc cet instrument léger, tantôt provocant, tantôt terrible, qui paralt avoir été créé pour ajouter un charme de plus à la grâce féminine ?Uni lutin capricièux l'a-t-il apporté sur les ailes du vent 2.l'ut-il trouvé suspendu à un de ces fils blancs qui par les soirs printaniers échappent à la quenouille de la Vierge Marie ?C'est tout ccla ct plus encore.On dit que l'Orient lc vit naître d'une feuille de lotus et que dès son apparition il devint le symbo le gracieux et charmant de la femme.Comment traversa-t-il les mers pour arriver jusqu'à nous ?Tout porte à croire que ce fut à l'ère des expéditions en terre sainte.Plus d\u2019un chevalier, au retour des Croisades, rapporta parmi les étoffes précieuses, les broderies d'or, les parfums ct les coffrets de santal, l'éventail au panache blanc comme la neige, fourni par les queues des buffles du Thibet.Ces merveilles importées d'Orient développèrent chez les femmes l'instinct de la coquetterie et l'amour du clinquant.Leur vic intime, leurs occupations journalières s\u2019en ressentirent, + +.| t t Cc 0 oO d I v «I d d s Ss Dans son corsage long soigacu- sement plissé, assise dans la haute chaise au dossier sculpté, la noble dame du moyen fige avait passé é ches ma nb, ley A fit petitrêt bien humblé#ou ter Postracipme.> «\u20ac ventail faillit sombrer dans la tourmente où disparurent les soieries et les étoffes d'or.gence.De nouveau il agita ses ailes dans les petits soupers ct dans les gaiet\u201cs des parties cham- des robes d'apparat, il fut-de toutes les fêtes.I presque un bijou précieux.plus illustres, qui fixèrent sur son tu la grâce mièvre, poudrée ct masquée, de ce sièele frondeur ct ment cnfermés dans des vitrines tionceurs privilégiés.Japon ct de 1a Chine, que les ba- taux chargent en guise de lest et tapageur ct a tué toutes les inventions originales que nous aurions pu trouver.fort beaux, jen conviens.nie] ont les honneurs de la cimai- Mais franchement, sans parti pris, croit-on que la branche de fleurs, le bateau qui est amarré à la rive, ou les dans les nuages, avec des poses de danseuses de ballet, laisseront au XXe siècle une idée mœurs et de nos tendances aussi précise que celle que nous ont léguée les idylles de lragonard ou de Wattcau immortalisées par les \u20ac artiste dans l\u2019art de.vendre les vous à copier les anciens styles ?chu réyl- CW PER À prit sa revanche sous la Répêtres à Marly et à Versailles.À moitié déplié sur les sofas ct es lits de repos, glissant indiscrè- ement dans le déshabillé des pe- its levers, s'étalant sur le brocard A cette époque (XVIIIe siècle), éventail devint un objet d'art, Il fut peint par les artistes les ile de parchemin ou de satin tou- harmant.Plusieurs de ces éventails nous nt été conservés, ct, religieuse- u des coffrets, on ne les voit que ans les musées ou chez les coliec- Aujourd'hui ce que l'on appelle art japonais prend la place du éritable art, l\u2019art français.L'importation des éventalis du ui nous sont vendus à des prix érisoires de bon marché, a créé es imitateurs de cet art faux ct Quelques artistes, \u2014des femmes urtout, \u2014peignent des éventails Ceux igués Lemaire ou baronne Nathae aux expositions de peinture.Vénus qui se couchent de nos ventails du XVIHie siècle ?\u201c Pourquoi, demandai-je à un ventails, pourquoi vous attardez- \u2014Mais tout bonnement parce tions, soit par le création d'institutions similaires.me comme suit : de créations analogres.Nous voulons parler de ces corporations ouvrières destinées à protéger, sous la tutelle de 1a religion, les intérêts die Kad, Ted sociaux, * v#ifisats, du- Sodvemin, ov nr 5 Le Pape aie dit, : pat} n AP CTA Ra HTL RRR ew Vi pur in plupart d'e.ie fdus, nesert.qu\u2019à donner\u2018une contonan, ce, Spuvent nfors il produit l\u2019uffet contraire, cn donnant une cope: nance cmbarrassée.AF Quelques femines seulement sa- Pojtife Cl bw di, potiguttae ses plants Ado prédifect oD, quid composent le monde du proléta- vent agiterleur éventail, qui sou- |riat et pour lesquels sa.paferz elle; vent explique très éloquemment sotifeleuds out toujours de epi les attentions : Cee © « «ur venir ep, aide ine brand habiéeé ee GE.les rangs d'assocfations honnêtes pour les empicher d'être enrôtés dans les mauvaises\u201d : Ce fut le signal de généreuses et intelligentes créations, dans le sens du désir manifesté par le Saint Père.Ce fut aussi le signal d'une impulsion nouvelle et vigou- ce qu\u2019elles n'oscraient dire.INDIA.Le-Monde Mutüaliste La forme chrétienne de l'assurance populaire LA GENÈSE DE LA MUTUALITÉ \u2014\u2014\u2014\u2014\u2014 (Suite) reuse donnée au développement Dans son Encyclique : /fuima- |ct au perfectionnement d'institutions de ce genre, déjà existantes depuis quelques années.En effet, depuis un assez longtemps déjà, les économistes catho- .ry #f, liques constatgient, pon sans y une réclle *rquiétude, les ravages dé- num Genus, du 20 avril 1884, où il dénonce la secte infime des francs-moçons, l'illustre Pontifé narle des corporations comme de l\u2019un des remède les plus efficaces contre la propagande maçonnique, contre les misères sociales des [sol nt, - faisait, au sein de ia temps présents, et ce, soit par le | COM: até catholique, la propagande sociale effrénée, comme parle Léon XIE, de \u2018\u2018cette secte de la l\u2018ranc-Maçounerie ou d\u2019autres associations similaires qui se font ses coopératrices ct ses satellites.\u201d rétablissement de ces corpora- Léon XIII, àce sujet, s'expri- \u2018Une institution due 4 la sages- Fi] LT rneme {5 | Léon XIil est venu nombre possible d'adeptes ; de les enserrer dans les d'un code social plus ou moins ou- Christ avec le concours de scs pro- + qu ofirissent les mêmes avantages ot fussént prêtes À ouvrr leurs rangs aux prolétaires en besoin de rotection ct ct de soutien, afin tes empêcher d'être cnrôlés dans les mauvaises\"; c'est à cette nable tache qu'ils sounicnt leurs talents et leurs énergies, quand leur dire : \"C'est bien, continuez, développez Votre œuvee de salut.\u201d Le temps était opportun pour que cette adhésion distinguée se la franc-inaçonnerie, avec ses cap- produisit, afin de donner un nouvel essor à la réaction commencée Le péril devenait imminent, car ticuses méthodes, commençait à se subdiviser en une infinité de sectes ou associations, toujours avec le même masque de philanthropic.Ces scctes multi plient sur tout les points pendant qu\u2019elles dissimulent soigneusement leur affinités maçonniques, les ap pats de l'assistance par la mutualité, afin d\u2019enrbler le plus grand prescriptions vertement anti-chrétien, et de fai re la guerrc à l'Eglise de Jésus.\u201cA BESSTIC\u201d Demandez Catalogues et Prix COTE, BOIVIN,& Cie TEL ETs LE NOM DE CE NOUVEL ENDUIT EN AMIENTE SI POPULAIRE ET AVANTAGEUX A L\u2019EPREUVE du FEU, de L\u2019EAU et du FROID NE CRAQUE rAS NI NE TOMBE Non conducteur de la\u2019 chaleur ni Le du froid Non conducteur du Son -=Plus léger que les enduits ordinaires = - Plus vite applique TOUT EN SACS DE 100 lbs ET PRATIQUEMENT LE MEILLEUR MARCHE AGENTS CHICOUTIMI, P.Q.pres fils induits en erreur, C'est de ces associations, de Un des moyens les plus usucls, en même temps que des plus cffi- caccs,de cette propagande,c'est un système fort judicicusement organisé d'assistance par la mutualité : assistance pour l'initié lui-même, en cas de maladie, d'accident, de chômage etc.etc; protection spéciale à l'initié pour lui assurer de se de nospères et momentanément interrompue par le cours des temps pourrait, à l'époque où nous sommes, redevenir le typeet la forme du travail et les moeurs des tra- tain nombre de sectes qui, bien qu'elles différent les unes des autres par le nom, les rites, la forme, l'origine, se ressemblent ct sont ces sectes à base maçonnique que N.T.S.P.Léon XIII dit, dans la même Encyclique Humanum Genus : Il existe dans le monde un cer- l\u2019emploi, de l'avancement, des préférences, etc, selon le cas.Cette organisation de favoritisme soi\u2018 disant philantropique, imaginée par la franc-maçonnerie pour con trecarrer l'action sociale de l'Evangile, de ses ministres et de ses adeptes, il n\u2019y a pas À le nier, exerce un prestige de séduction sur le peuple des travailleurs, mème celui où domine la foi catholique, Elle a le pernicieux effet d'embrigader de la sorte dans l'armée du du diable bor nombre de protétai- res abusés, qui trouvent ou croient trouver leurs intérêts matériels micux servis IA que dans les pha langes chrétiennes.C'est contrece mal que les économistes catholiques s'ingéniaient à réagir, depuis un certain nombre d'années déjà, s\u2019efforçant de créer, eu face des pièges de la franc-maçonnerie sous toutes ses formes, des associations honnêtes, vailleurs.Si la pierre de touche d'une longue expérience avait fait apprécier à nos ancètres l\u2019utilité (le ces associations, notre âgre en retirerai = peut-êtres de = plus grads fruits, tant elles offrent de précieuses ressources pour combat- treavee succès ct pour écraser la puissance des sectes.Ceux qui n\u2019échappent à la misère qu'au prix du labeur de leurs mains,en même temps que, par leur ambition, ils sont souverainemsnt dignes de la charitable assistance de leurs semblables, sont aussi plus exposés à être trompés par les séductions ct les ruses des apôtres du men- sange.Il faut donc leur venir en aide avec grande habilité et leur ouvrir les rangs d'associations honnêtes pour lesempêcher d\u2019être anrolés dans les mauvaises.En conséquance, et pour le salut du peuple.Nous souhaitons ardemment de voir se rétablir, sous les d'accord entre celles par l'analogie du but et des principes essentiels journaux, toutefois, si l'on va au qu\u2019elles appartiennent à la famille des meneurs, des csprits dirigeants de ces scctes ou associations inter- En fait, elles sont identiques à la franc-maçonnerie qui est pour toutes les autres comme le point central d'où elles procèdent et où cl- les aboutissent.Et, bien qu'à présent elles aient l'apparence de ne pas aimer à demeurer cachées,t ien qu'elles tiennent des réunions en plein jour et sous les yeux de tous, bien qu\u2019elles publient leurs fond des choses, on peut voir des sociétés clandestines et qu\u2019elles en gardent les allures.Il y a, en effet, chez elles, des espèces de mystères que leur constitution interdit avec le plus grand soin de divulguer non-seulement aux personnes du dchors, mais même à bon nombre de leurs adeptes.\u201d Et plus loin, en venant À traiter lopes, le Pape s'exprime comme suit : : ( A suivre ) auspices et le patronage des évè- que nous sommes obligés de suivre la mode.Vous comprendrez qu'avec une robe de style Louis XV ou copiée sur les modes de 1830, l'éventail ne peut être ni empire ni même japonais.Quan d la moitié de son existence à broder les tapisseries de haute lice, dont les cerfs ct les licornes étaient les principaux personnages.Après le retour des chevaliers, éblouies par les broderies superbes qu\u2019ils rapportaient, les femmes jugèrent inutile de passer leur jeunesse à reproduire des scènes relativement ternes ct ennuyeuses, et le métier à tapisserie fut abandonné.N'étant plus retenues au logis par ces travaux absorbants, les grandes dames prirent le goût des promenades, des courses, des réunions brillantes, ct s'intéressèrent À l'éventail.Mais longtemps encore elles ne l'ouvrirent qu'avec crainte, ne l'agitèrent qu\u2019en frémissant, ne sachant au juste comment se servir de cet objet étrange ct paraissant doué d\u2019une vie mystérieuse.Ce fut Catherine de Médicis qui, avec son flair d'Italienne, de- Vina l'utilité de cet intéressant instrument ct lui fit faire son cn- trée à la cour.A son exemple, toutes les grandes dames s'en servirent, et l'éventail eut dès lors ses lettres .de noblesse.a Anne d'Autriche l\u2019imagina À touffes de plumes ct à manche bombé.Cette reine était d\u2019une coquetterie tellement exagérée, que Mazarin disait d'elle: \u201c Avec des parfums, des gants ct un éventail, on la mènerait en cnfer.\u201d Dé combien de femmes modernes ne pourrait-on en dire autant 2.2 Cependant le règne.de l'éventail eut des heures \u2018d\u2019agitation ct de trouble.: Sous l'austère Mme de Maintenon, il dit adieu atix jolies bouches sôuriantes, quitta les blan- on créera des modes nouvelles, nous v gants, les plus beaux, sont, pour XV, Louis XVI ct même le genre empires'est fait d\u2019artistique sous le premier empire, est un mélange de sérieux et de clinquant qui rappel- dait alors à ses créations.\u2018| vous qu'il y ait du\u2019 monde une ferons des éventails nou- caux.\u201d C'était juste, + +.+ Donc, les éventails les plus élé- e moment, les éventails Louis Ce dernier, comme tout ce qui le bien le mauvais goût qui prési- Quant à 1830, il s'est contenté de ce qu\u2019avait fait l'empire.C\u2019& tait.l\u2019Age d'or des grisettes, ct Mimi Pinson s\u2019occupa plus de son bônnet que 4 on virial, Mais à quelque style, A quelque épôque que l'éventail appartienne, qu'il soit de faillette, de'dentelle, de plumes ou lamé d\u2019or, it faut que fa femme qui s'en sert sache le manier avec grâce.Et cela ne nous est pas donné à toutes |.La naissance ni la\u2019 fortu: ne n'ont tien À voir dans èé adn, la géâte.ps Régardez, dans une rie de Madrid, cette Espagnole accroupie sur les marches d\u2019un piazetta et vêtue de haillons d'une côuleur étlatante\u2026.Son évenfäil ne vaut pas un mararedi; mais croyez- femme, boiirgeoise du grande \u2018dame,\u2019 capable \u201cde\u201d déployer, en\u2019 le maniant, plus d'art; \u2018plus de séduc tion que cette fille de gitana ?En Amérique, on n\u2019attache pas ques, ces corporations appropriées aux besoins du temps présent.Ce n\u2019est pas pour nous une joic médi- cre d'avoirg vu déjà se consti tuer,en plusieurs lieux des a-so- ciations de ce genre, ainsi que des Sociétés de patrons, le but des unes et des autre étant de venir en aide à l\u2019honnête classe des prolétaires, d'assurer à leurs familles ct 4 leurs enfants le bienfait d'un patronage tutélaire, de leur four- nirles moyens de garder, avec de bonnes mocurs, la connaissance de la religion ct l'amour de la piété,\u201d 11 LA MUTUALITÉ MAÇONNIQUE \u2014 Le Pape, en parlant de la sorte, dans son immortelle Encyclique contre les francs-maçons, encourageait les tendances économiques contemporaines vers le retour au régime éorporratif.I approuvait ct excitait, du même coup, les efforts déjà tentés par des économistes catholiques, non moins dévoués que clairvoyants,pour doter la société chrétienne, en travail de régénération, d\u2019un système complet et à peu près définitif d'assistance par la mutualité, for- tne moderne de la solidarité corporative.Sous l'influence de ce souffle bienfaisant, on allait voir s'épanouir une floraison superbe de cette application nouvelle de la charité évangélique, si vivement recommandée par le Christ Sauveur.Cette floraison allait bientôt deux mondes civilisés, où l\u2019Église vniverselle joue surtout un rôle mettre cn pratique dans une lo- assez d'importance à l\u2019éventail, *® A-R.HUDON, MARCHAND GENERAL Aussi clôtures pour les tombes, Beaux et nombreux patrons de galeries.Patrons pour les clotures en fonte.Etc, BERGERON & PERRON MANTS POUR CHEMIN DE FER, BARDEAU CFDRE DE CEDRE, MADRIERS ET LOIS DE COMMER: AUSSI : AU PLUS-BAS PRIX DU MARCHE.Station d\u2019Hebertville La fonderie Bergeron & Perron À EN MAINS LES PLUS BEAUX MODÈLES ET FAIT LES MEILLEURS POELES QUI SOIENT FONDUS DANS LA PROVINCB DE QUÉBEC Poeles de cuisine à un, à deux ta trois ponts, ete, Etc, Épitaphes de toutes formes, de toutes grandeurs ct de tous prix Toutes réparations dans les poëles ct les machineries faites avec la plus grande promptitude ct le plus grand soin.BELLES LETTRES POUR FAIRE DES ENSEIGNS Nous ne nous 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BAZIN No .20 DUXIEME PARTIE XX Madelcine était restée en arrit- re, parmi plusieur jeunes filles, ses amies, qui l\u2019enveloppaient de questions et de sourires en étudiant sa robe.Ponthual n\u2019était plus ni insolent ni raillur.II avait l'air bon enfant, il tendit à Pierre sa la ge main bien ouverte, avec la cordialité des gens heureux et des forts qui n\u2019ont point de rancune.\u2014Eh bien, mon cher, dit-il, vous savez ?Pierre toucha à peine le bout des doigts de Ponthual, ct répondit : \u2014 Mais non, je ne sais rien.\u2014Alors, je me hâte de vous apprendre la nouvelle, Nous sommes d'anciens camarades, et je suppose que vous vous réjouirez avec moi : depuis avant-hier, je suis fiancé à ma cousine Madeliene.Cela vous surprend?[1 prenait pour de l\u2019étonnement la pâleur ct le regard À demi égaré de cc pauvre être à qui, sans le vouloir, il brisait le coeur.\u2014Non, dit Pierre, ccia ne _m\u2019étonne pas.Et c'est.décidé?.\u2014Tout ce qu'ily a de plus décidé et officiel.La réunion de ce soir en témoigne.Nous nous ma rions au milieu de mars.J'emmène Madeleine cn voyage ; nous allons\u2026\u2014 Tiens, bonjour, cher | vous nous manquiez ce soir\u2026 Ponthual venait de se détourner, pour scrrer la main d\u2019un nouvel arrivan*.Le supplice avait trop, duré : Pierre se sentait prêt à éclater en sanglots, Il sortit de l\u2019embrasure de la fenêtre, et, à travers les groupes, gagna la porte.Une voix \"Hâte-toi, cache à ce monde enfête le spectacle deta peine, échappe-toi dans ce grand Paris indifférent, où les douleurs sont comme les joies, solitaires, ignorées, noyées, et dont la poussière est faite de larmes : hâte-toi !\" Et cependant, plus forte qu'elle au moment où il allait quitter le salon des Laubriet, une pensée se fit jour en lui : il -voulut voir dernière fois Madeleine.Elle était un peu loin devant lui, causant avec d'autres jeunes filles, au milieu d'elles le charme imcomparable de celles qui se sentent aimées.Et, du premier- coup d'oeil, dans l\u2019éblouissement des lumières, des tentures éclatantes, des toilettes en mouvement, par-dessus la foule, Pierre Noellet la retrouva.Elle aussi l'aperçut Elle crut qu'il entrait.Le sourire de ses 1& vies se fit plus gracieux et, aima blement, mue par une ces idées prévenantes qui abondaient en elle ce soir, là Madeleine fit un mouvement pour aller vers lui, pour le remercier d'être venu, pour se montrer à lui dans joie nouvelle où tout le monde prenait plaisir.C'en était top.Pierre Nællet ne put supporter cette vue, et il se sauva.Bientôt il se trouva seul, dans la nuit fraîche, marchant à pas rapides sur le trottoir de la rue.Et alors, comme une ironie sanglante au milieu de la douleur qui l\u2019étreignait, deux mots jetés à sa jeunesse ambitieuse, sonnèrent dans sa mémoire : \"Quel dommage qu'il ne soit pas poussé !\" disait l\u2019instituteur, et Tautrel répondait, de sa voix chevrotante : \u2018Tu pourrais prétendre à tout, fort comme tu l'es!\u201d XXv une Quand la mère Noellet, le soir même, fut avertic que sa fille était fiancée A Louis Fauvépre, elle eut une grande joie.Et tout de suite 8a natuire imaginative, emportée au delà du présent, lui fit voir dans cet événement qu'elle avait souhaité un moyen d'amencr peut-être le métayerèse départir de la rigueur qu'il montrait pou son fils Pierre, d'envoyer l'heureuse nouvelle là-bas, dans les pays fabuleux où la pensée de lu vicille femme s\u2019égarait nuit et jour et de recevoir en réponse une lettre.Oh! une lettre, c'était toute l\u2019ambition de la mére Noelle, son réve depuis longtemps contenu et refoulé, maintenant libre de fleurir A cause du petit rayon qui dorai.la Genivitre.Quoi de plus naturel et de plus raisonnable?Sc pou- vait-il qu\u2019elle mariât safillesansque Pierre en fût averti ?Et puis un malheur ne vient jamais seul, et la métayère se disait, commentant le proverbe, héles ! trop vrai pour elle : \u201cSans doute que c'est de mème pour pour le bonheur, et que l\u2019un attire l\u2019autre.Aujourd'hui, c\u2019est ma fille qui est promise, et, demain, c'est une lettre que j'aurai de mon fils.\u201d Cependant elle n'osa pas s'en ouvrir directement à son mari.Elle l'avait vu autrefois si rude ct irrité contre Pierre, et le ressentiment chez lui, bien qu\u2019atténué par le temps, était si visible encore! Surtout elle connaissait, pour l'avoir éprouvé maintes fois, le terrible point d'honneur qu'il mettait à ne pas revenir sur sa parole.Julien ne se dédisait jamais, ni d\u2019un marché ni de la moindre promesse qu\u2019un autre cût traitée Icgèrement, Et clle savait bien, la pauvre mère Nællet, g'une larme ou une prière de femme ne suffirait point à lever la condamnation portée contre l'enfant.File avait trop souvent essayé pour garder un doute.Ce fut l\u2019abbé Heurtebise qui se chargea de la commission.\u201cJe lui donnerai I'assant, dit-il, comptez sur moi, la Nocllet.\u201d LA-dessus, des jours et des jours passtrent.La mére Noellet n'entendait parler de rien, car l'abbé en toute chose prenait son temps.Il n'était pas de ceux qui abordent les gens n'importent où ct n'importe quand.Il fallait, pour qu\u2019il entamÂt une affaire, qu\u2019il se sentit dans une certaine disposition d'esprit, et qu'il crit en deviner semblable chez celui qu\u2019il rencontrait.À plusieurs reprises, sans doute il avait trouvé son ami le métayer dans lc bourg du Fief, ou dans les champs, ou sur les routes; mais, À chaque fois, la présence de témoins, l'air affairé de Julien, la couleur du temps, mdins encore peut-être avaient retenu dans le coeur de l'abbé une apostrophe prêtre à partir.Un jour pcurtant qu'il descendait des hauteurs du Vigneau, par les taillis, pour passer la rivière, il apperçut en face de lui la Genivière blanche, ct le message de la mère Nocllet lui revint en mémoire ll ferma son bréviaire sur son pouce, ct, réfléchissant, continua de suivre le sentier qui s\u2019en allait parmi les cépées sans feuilles, Justement le métayer avait entrepris de réparer la passerelle qui traversait l'Evre au bas de son ancienne lande, simple tronc de cha- taignier jeté d'une rive à l'autre, dans les Ages anciens, ct qui, fendu par le soleil, creusé par les pluies, ressemblait à présent à un petit bateau d\u2019écorce à moitié plein de terre noire, Il s'était donc improvisé charpentier, et, à cheval sur le tronc, le recouvrait d'une belle planche neuve de chêne qu'il clouait aux deux bords.Ses longues jambes pendaient, et l'Evre au-dessous coulait grise, lente, moirée par l'épanouissement silencieux des remous.Lui aussi, il songeait à Pierre.11 était rendu à la moitié envi- ronde son travail, lorsque, en avançant la main pour prendre un outil dauz sa boîte,il leva les yeux par hasard, par habitude de regarder le temps, et reconnut, dans le sentier en pente du taillis, l\u2019abbé Heurtebise qui descendait vers la rivière.: Cela dérangeait fortle métayer d\u2019avoir à lui céder la place, Mais il n\u2019en fit rien paraître, remit un à un ses outils dans sa boîte, ct, n\u2019étant plus assez sûr de ses vicilles jambes pour remonter en équilibre sur la passclle,s'aidant de ses deux mains, il se recula, toujours à califourchon, par petits coups jusqu'à la rive.L'abbé franchit le pont de son large pied qui faisait craquer là planche mal assujettie, et s'arréla pres de Julien, lis étaient de taille égale, mais le métayer, quoique plus jeune d'au moins dix ans, n'avait plus l'attitude martiale ni le regard étonnamment énergique ct vivant de son alné, \u2014Eh ! dit l\u2019abbé, tu vas donc À cheval sur les troncs d'arbre, maintenant ?\u2014Que voulez-vous ! répondit Julien, j'ai mon double poids de chagrin, moi, ct ça me rend lourd un peu.\u2014As-tudes nouvelles de ton fils?demanda bruquement l'abbé, Le métay'er parut affecté de la question, et abaissa les yeux sur la boîte qu'il tenait À la main.\u2014Non, repondit-il, je n\u2019en ai pas.\u2014Depuis quand ?Julien se tut, \u2014T'a-t-il écrit depuis le mois de mai ?reprit le curé.-\u2014-Non, \u2014Et de chez toi, lug aton écrit ?\u2014Pas plus.\u2014 Nous sommes à la fin de février, Julien, il y a huit mois de cela ! \u2014 Je les ai bien comptés, dit le métayer.\u2014Oui, tu en souffres, Mais ce n'est pas assez, mon bonhomme.Ton fils a cu des torts, des torts graves.Tu as usé de ton autorité, et tu étais dans ton droit.Peutêtre pourtant l'as-tu excédé un peu, Julien ?\u2014Comment donc?\u2014 En défendant à Pierre de t'é- ecrire, Aujourd'hui, tu ne sais plus rien de lui, ni de son Ame ni de son corps, Sais-tu seulement s'il est vivant ?Le mot porta.Le inétayer tres saillit, et leva rapidement la tête.Dans ses yeux, arrêtés sur ceux de l'abbé, une, anxiété subite s'était éveillée, \u2014 Vivant ?répéta il, vivant ?\u2014Nc prends pas peur, Julien.Cen'est qu'une manière de parler, S'il était mort, tu le saurais: M.Hubert ne nous a-t-il pas raconté qu\u2019il lc voyait quelquefois ?Non, il est bien sûr encore parmi les vivants, Mais est-ce là tout ce que tu dois savoir de lui, de ton seul fils, Julien Nocllet ?Et faut-il que ta fille sc marie sans qu\u2019il en soit avisé ?Le métayer étendit le bras du côté de la Genivière, comme pour la prendre à témoin.\u2014J'ai quelquefois manqué à mon père dans de petites choses, dit-il : jamais je ne l'ai vu revenir le premier.À quatre-vingt lieues de distance, Pierre dausle salon des Lautrict, Julien, sur le bord de I'Evre s'étaient rencontrés pour faire la méme réponsc à la même interrogation.L'abbé Heurtebise regarda autour de lui la terre de l'ancienne lande, défoncéc par un premier labour, et encore agplutinée en grosses mottes d'où sortaient A l'air libre, torducs, briséez, mortes déjà, les racines d'ajonc 5: de genét.Unc petite tristesse voilà son visage.Le passé, dit-il, mon pauvre Julien, où est-il donc?J'en suis comme toi de ce temps-là, et pourtant je te dis : Ilne faut pas rester comme vous êtes, ton fils et toi, ça ne vaut rien, ni pour lui ni pour toi.Jl n\u2019insista pas davantage, connaissant trop bien son homme et son pays pour supposer qu\u2019il emporterait du premier coup cette redoutable place forte d\u2019un ressentiment vendéen.D'un mouvement rapide de la tête, il salua Neellet, et, par la bordure du guéret où des brins de bruyère à demi déchaussés pendaient encore, il remonta le coteau devers Villeneuve.Le paysan se détourna, se remit à cheval sur le pont, et recommença à clouer le châtaignier sur le chêne.Mais, tandis qu\u2019auparavant son marteau n'arsétait pas, criblant les échos de ses notes régulières, à présent il y avait, d'un clou à l'autre, un intervalle.Julien Nællet songeait à ce que venait de lui dirc l'abbé Hééurtebisc.Et, detemps 3 autre, un mou vement brusque de ses jambes, \u2018marquant sans doute une excla- tation muette de sa pensée, cfia- yait quelques poiiso ts de surface, qui plongeaient dans le courant de l'Ëvre toujours lont, froid, imaillé d'écume fine, NXVI I songeait, il était soucieux, mais non encore décidé, Chez lus hommes de la campagne.les résolutions croissent «t mürissent lentement comme des moissons.Julien se tenait à lui-même de longs discours, il revivait lc passé en tra vaillant à ses champs, il se sentait entrainé tantôt par le chagrin à dire oui, tantôt par l\u2019amour-propre à dire non.Quelques semaines s\u2019écoulèrent dans cette lutte douloureuse, Peut-être câûtelle durédavan- tage,sila vie ne luiavaittoutäcoup poséde nouveaula même question et dans des termes qui ne permettaient plus d'hésitation.L'époque fixée pour les noces de Marie approchait, en effet.Or, un des derniers dimanches, après vêpres, la jeune fille, comme ç'avait été la coutume depuis fiançailles, attendait Louis Fauvépre, qui devait lui ser\u201d, La joie ct les larmes, ceux qui meurent et ceux qui se marient, les mêmes murailles voient tout passer.Au milieu de la salle de la Genivière, le métayer, assis sur le banc devant la table, se reposait un peu les pieds blancs encore de la poussière de la route.Il rentrait du bourg La nrétayère pliait son capot étendu sur la couverture d\u2019un lit.hélas! vide à présens.Masie, debout écoutait.Elle entendit un gas hardi sur les pierres de la cour.Êt un petit frisson la transfi- frura, Elle devint toute charmante de plaisir et de trouble mélés.Et, quand il entra, lui, dans ses beaux habits, fier et sûr d'être aimé, clle alla au-devant de lui, mit la tête sur l'épaule de son promis, ct se laissa embrasser, moitié riante, moitié sérieuse, en regardant du côté de vieux.Julien fit asscoir son futur gendre en face de lui.Son visage rude ct triste s'épanouissait toujours un peu quand il voyait ce Icuis Fauvépre, que l'amour avait converti à la terre.Un bon rayon d'espérance lui réchauffait l'ame.I apercevait avenir prochain la métairie, mieux travaillée par des mains jeunes, rapporterait plus encore à ses maitres, où lui-même se déchargerait des plus lourdes besognes, et sc donnerait moins de tracas et de fatigue.Car, sans être Agé, il se sentait usé.Il était à ce point de la vie oii les ambitions se retirent des postes lointains, ct se replient peu à peu vers le foyer, comme vers la halte suprême.ses venir \u201c cau- un Les marraines ne l\u2019avaient-clles pas vu, pour la première fois, semer des volubilis = d'autres menues graines au pied de la vigne, ct prendre goût à fleurir le devant de sa raison ?Lors donc gue le jeune homme fut assis de l'autre côté de la table, Julien Nocllet dit joycusement, \u2014Va me chercher une bouteille de muscadet, Marie : nous boirons aujourd'hui à vos noces qui viennent, Et il ajouta,pour Louis Fauvépre: \u2014Lec temps est lourd : m'est avis que nous aurons de l'orage ce soir.\u2014Peut-être, dit le jeune homme, et ce sera bon pour les vesceaux qui souffrent de la séchresse.\u2014Tu dis bien, Louis Fauvêpre, un peu d\u2019eau leur ferait du bien ct aux froments aussi, \u2014lls sont heaux, vos froments, maître Nocllet ; vous verrez que, pour mon entrée à la Genivière vous aurez vos greniers pleins, \u2014Ça sera toujours comme ça, maintenant, mon ami: tu m'as remené la chance, Marie, en ce moment, posa la bouteille et deux verres surla table.Et, comme celle regardait du côté des étables, par la porte demeurée ouverte : \u2014Que voyez-vous donc demanda Fauvêpre.Deux pies qui chantent, répon- dit-elle : nous allons avoir -de la compagnie.\u201d À suivre +00000060040000006600000 Enfants ou adultes éprouve- ® ront un soulagement immédiat, et une guérison prompte 3 LE Rhumes et Toux s'ils se servent du célèbre DR.HARVEY'S SOUTHERN ED PINE (Pin Rouge du Sud du Or, Harvey.) 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