Le samedi, 1 mai 1957, samedi 25 mai 1957
[" :V fPflffllP 69e année, No 3 Montréal, 25 mai 1957 Le Magazine National des Canadiens 3A,N. 3H8»«*| «affeS; v\\» V .\u2022' ______* ' ' y&.* j La photo d\u2019Edwige Rivière, parue dans Le Samedi du 4 mai, était signée I « Garcia », photographe de Montréal. 10 Le Samedi, Montréal, 25 mai 1957 'V1£*T ¦?'7~\u20acaty ZiïÜàül .v>:r i > *\u2014*\u2014 M,.\t,\t» wséjwa*qt6w.< ar^asfd Une jeune vedette de la chanson ressemblant le plus à la fameuse Joconde de Leonardo de Vinci, par sa grâce, sa beauté et sa distinction, a été élue \"Joconde 1956\" par un jury composé de peintres célèbres, au cours d'un cocktail offert récemment dans un restaurant parisien.C'est Mlle Maria Lea, jeune chanteuse de 23 ans qui a été élue.Sur notre photo, dans un cadre.d'époque, le modèle féminin apparaît comme une fidèle reproduction de l'original .\u2022\tPour prévoir toutes les éventualités, l\u2019armée américaine met ses locomotives « en conserve » clans un entrepôt géant de l\u2019Utah.Rapatriées de Corée, d\u2019Europe ou des diverses régions des Etats-Unis où elles avaient été mises en service, ces locomotives militaires subissent d\u2019abord une revision complète.Lorsqu\u2019elles sont entièrement remises à neuf, les machines sont recouvertes d\u2019une housse en grosse toile de jute.Ainsi vêtue, la locomotive est arrosée de matière plastique fondue.A la matière plastique viennent encore s\u2019ajouter une couche de goudron et une couche de peinture à l\u2019aluminium.Une fermeture-éclair géante, aménagée dans un coin de cet emballage, permet aux techniciens d\u2019effectuer tous les deux mois une tournée d\u2019inspection à l\u2019intérieur de cette « boîte de conserve».Une centaine de locomotives de tailles et de puissances diverses ont déjà subi ce traitement.\u2022\tUne couronne d\u2019or ornée d\u2019environ 1,600 perles a été portée par la reine du Festival national annuel «Cherry Blossom» de 1957 tenu à Washington, D.C., au début d\u2019avril.Cette couronne façonnée sous la forme de fleurs de cerisier était un don de la Mikimoto Pearl Company, firme de renommée universelle, et était évaluée à environ $100,000.Cette couronne, portée par la reine du Festival de 1957, est d\u2019environ huit pouces de haut ; elle a un diamètre de 6% pouces à la base et de 12 pouces au faîte.Il a fallu 50 jours à 15 artisans spécialisés pour façonner cette couronne plaquée d\u2019or de 14 carats et pesant 2.6 livres ; elle porte 1,589 perles de dimensions diverses.Ce don suit la tradition de feu Kokichi Mikimoto, le roi de la perle et pionnier de l\u2019industrie de la perle cultivée.Dans le passé, ses dons du genre furent une réplique en perles de la pagode de cinq étages du temple Horyuji qui fut présentée à la foire universelle de Philadelphie ; une réplique en perles de Mount Vernon, lieu de naissance de George Washington, à la foire de Chicago ; et une réplique en perles de la « Liberty Bell » à la foire universelle de 1939 à New-York.PÊLE-MÊLE \u2022\tPrès du village d'Erba, en Italie du Nord, on avait construit au-dessus du torrent Bova un pont de bois que les habitants de la région appréciaient fort, car il était le seul, dans un rayon de plusieurs milles, qui permît de passer d\u2019une rive à l\u2019autre du cours d\u2019eau.Or, un récent matin, les paysans du village se frottèrent les yeux, se croyant victimes d\u2019une défaillance du sens de la vue.Le pont avait disparu ! De l\u2019enquête immédiatement entreprise par la gendarmerie, il résulte que des inconnus ont réussi, en une seule nuit, à démonter pièce par pièce cet ouvrage d\u2019art et à l\u2019emporter, grâce à deux camions automobiles.On pense que les vandales ont transformé charpente et tablier du \u2022\tM.Grassi, qui vit à Turin, eut son heure de célébrité, il y a une trentaine d\u2019années, alors que, boxeur amateur, il remportait dans ce sport des succès flatteurs.M.Grassi, depuis, a pris du poids : de 150 livres, il est passé, au fil des ans, à plus de 250.Mais M.Grassi a également pris femme ; Mme Grassi est prénommée Maria et ne pèse que 100 livres \u2014 un vrai poids-mouche.Or, les époux eurent, pour un motif futile, une violente discussion, si violente qu'on en vint aux mains, ou plus exactement, que le « poids-mouche » se précipita sur son « poids-lourd de mari », nullement impressionnée par le passé sportif de ce dernier.Et l\u2019invraisemblable se produisit : ce fut le colosse qui, cueilli par un coup de pied au menton, fut envoyé au tapis pour le compte.\u2022\tSan Antonio Abad est le patron du village de Sal de Duere, situé dans la province montagneuse de Soria, en Espagne.La fête de San Antonio Abad se célèbre en plein hiver par une grand\u2019messe en musique.Un orchestre avait été amené à grands frais de la ville pour interpréter, en l\u2019église, la musique sacrée de circonstance.Mais au signal du chef d\u2019orchestre, le trombone poussa un barrissement, le bugle un beuglement et la clarinette un « couac » déchirant.On eut vite l\u2019explication de cette cacophonie : la vapeur d\u2019eau qui sort de la poitrine des musiciens s\u2019était condensée à l\u2019intérieur des instruments et sous l\u2019effet du froid, avait gelé ! Les violons, eux-mêmes, dont les cordes s\u2019étaient contractées sous l\u2019effet de la température, miaulaient comme des chats.La messe a dû être chantée sans accompagnement.\u2022\tEn Terre Adélie, partie française de l\u2019Antarctique, c\u2019est le plein été \u2014 un été qui n\u2019a rien de comparable au nôtre : la température y est encore de moins 20 degrés et le vent balaie la neige à 60 milles à l\u2019heure.Mais, par comparaison aux moins 60 degrés et aux ouragans de 120 milles à l\u2019heure de l\u2019hiver, c\u2019est bien la « bonne saison ».Les missions françaises qui sont sur place profitent des conditions climatiques moins dures pour accélérer leurs travaux.Au prix de durs efforts, les éléments préfabriqués d\u2019une station météorologique ont été transportés et montés à 200 milles de la côte, sous les ordres de M.Guillard.Le personnel de la station, baptisée « Station Charcot », en l\u2019honneur du grand explorateur disparu, se composera de deux, peut-être trois hommes qui seront relevés et qui seront chargés d\u2019une série d\u2019observations scientifiques.Pour la première fois, les missions françaises en Antarctique disposent d\u2019un hélicoptère qui a déjà effectué plus de 80 heures de vol sans le moindre incident et qui se révèle précieux, tant pour les missions photographiques que pour les liaisons entre les différents groupes.\u2022\tPitié pour les balayeurs de rues.! La municipalité de North Walsham, dans le Norfolk, en Grande-Bretagne, vient de lancer cet appel à la population : «Veuillez cesser vos bavardages interminables avec nos balayeurs de rues, cela les retarde dans leur travail ».Charles Ploumbly, le conseiller chargé des travaux publics de la petite ville, a déclaré : « Je ne fais aucun reproche à nos balayeurs, \u2014 si le public leur adresse la parole, ils doivent répondre, c\u2019est le règlement » \u2014 Mais le conseil entend mettre fin à ces milliers de conversations sans fin .\u2022\t11 y a six ans, une certaine Madame Tosji Okamoto, de Tokyo, présentait sa petite-fille à la directrice de l\u2019école.Elle lui avouait aussi qu\u2019elle-même ne savait pas lire et qu\u2019il lui serait agréable d\u2019apprendre.Mme Tosji Okamoto, par faveur spéciale, fut autorisée à s\u2019asseoir sur les bancs de la classe aux côtés de sa petite-fille.L\u2019une et l\u2019autre se sont montrées excellentes élèves.L\u2019une et l\u2019autre vont passer en juin leur Certificat d\u2019études primaires.\u2022\tPeut-être avez-vous vu projeter le film : « Le salaire de la peur » ?Pour éteindre un puits de pétrole en feu, on doit transporter sur une mauvaise route de la nitro-glycérine, un liquide qui saute au moindre choc ; les chauffeurs des camions chargés du dangereux explosif ont peur ; la population des villages traversés a peur.Une situation quelque peu semblable existe depuis quelque temps dans le Palatinat (Allemagne) : la route qui conduit de Landstuhl à Kaiserslautern a été surnommée par les riverains : « La route de la peur ».A Miesau, près de Landstuhl, se trouve un dépôt de guerre américain ; dans ce dépôt se trouvent 1,200 mines anti-chars qui ont été réformées parce que de fabrication trop ancienne.On détruit, en les faisant sauter, ces engins réformés ; l\u2019opération se déroule sur un terrain de manoeuvres proche de Kaiserslautern.Le transport a lieu par la « route de la peur ».Les mines sont chargées à raison de quatre par véhicule dans deux camions blindés roulant au milieu d\u2019un convoi automobile.Dans chaque camion, les mines désamorcées sont entourées et recouvertes de sacs de sable.Malgré les précautions prises, les populations des villages traversés ont été prises d\u2019une peur panique.Dès que le convoi est annoncé, les habitants abandonnent leurs maisons et s\u2019enfuient dans la campagne.L\u2019opération doit durer cinq semaines.\u2022\tCorsaires, pirates, sabres et haches d\u2019abordage.tout cela est maintenant du domaine du passé, croit-on généralement.Eh bien, tout récemment, on signalait en Extrême-Orient, dans les eaux de la Birmanie, un acte de piraterie, et particulièrement barbare.Des bandits montés sur une barque ont pris d\u2019assaut un chaland transportant du riz et qui traversait le golfe de Martaban.Ils ont jeté à la mer les sept marins qui formaient l\u2019équipage du chaland après leur avoir attaché les mains dans le dos.Un seul des malheureux, nageant avec les jambes, à réussi à éviter les requins et à gagner la côte où il a été recueilli.Police et marine de guerre se sont lancés à la poursuite des pirates et le bruit court que ceux-ci ont été arrêtés.\u2022\tLe nombre des citoyens anglais souffrant d\u2019insomnie augmente constamment, \u2014\tont constaté récemment des experts médicaux.Les fabricants de lits, de matelas, de couvertures et de draps de lit ont, de leur côté, organisé une enquête dont l\u2019une des révélations est celle-ci : l\u2019âge moyen des matelas anglais est de 17 ans .Est-ce trop .?\u2022\tLe « self-service » et le « do-it-yourself » (faites-le vous-même) s\u2019introduisent de plus en plus en Europe ; un salon de coiffure pour dames vient de s\u2019ouvrir à Londres, où pour moins de 5 shillings les clientes reçoivent d\u2019abord un champooing, \u2014 elles trouvent ensuite devant elle une table et un miroir, des peignes, épingles, brosses, rouleaux, filet, laque, brillantine, \u2014 ainsi que les conseils d\u2019une coiffeuse qui va d\u2019une cliente à l\u2019autre.Elles peuvent enfin utiliser l\u2019un des séchoirs électriques, leur mise en pli achevée.Si elle est ratée, la cliente peut la faire refaire immédiatement, \u2014 contre paiement de 5 nouveaux shillings.Les employées et ouvrières de Londres peuvent ainsi se faire coiffer très rapidement et à très peu de frais .\u2022\tA l\u2019Exposition des Inventeurs allemands qui s\u2019est tenue à Recklinghausen (Rhénanie) on a présenté des chaussures pour femmes à talons réglables ; sur les mêmes souliers, la hauteur des talons peut être variée à volonté : plats, moyens ou très hauts .\u2022\tUn appareil pour le conditionnement de l\u2019air à l\u2019intérieur des appartements a été présenté à Londres ; branché sur le courant électrique, il diffusera de l\u2019air froid en été et de l\u2019air chaud en hiver, \u2014 ou de l\u2019air parfumé à volonté, à condition d\u2019y placer un tampon d\u2019ouate imbibé d\u2019eau de cologne ou de parfum .\u2022\tExcentrique.ou précurseur.?Un peintre et décorateur de Londres, Herman Schrijver, se fait remarquer par un talent réel mais aussi par ses innovations curieuses ; dans son nouvel appartement que les journalistes ont visité, \u2014\til a supprimé les portes, sauf celles des deux entrées, \u2014 trouvant qu\u2019elles sont des obstacles à nos mouvements, \u2014 il a recouvert les châssis des fenêtres de miroirs à l\u2019intérieur, ce qui augmente, paraît-il, l\u2019éclairage des pièces, \u2014 en plein milieu du salon, il a placé un « porte-manteau » réservé uniquement à y accrocher les journaux, revues et même des livres ainsi que plusieurs objets Le Samedi, Montréal.25 mai I!)57 11 MAG AZI N « qui ne doivent pas traîner partout » .Dans chaque pièce, il a installé 1 ou plusieurs lampes.par terre, la lumière est diffusée par en haut, \u2014 les tableaux sont, en partie, cloués sur le plafond, \u2014 on les remplace de temps en temps.\u2014 et le plafond de la salle de bain est entièrement recouvert de tableaux et dessins qui sont à renouveler.à chaque bain.\u2022\tLa fin de chaque année, un certain nombre d\u2019oies et canards des étangs publics de Berlin sont tués ; 1 administration en a remis 10 sous forme de rôtis à un pensionnat de jeunes filles à Mariendorf, parce que, durant toute l\u2019année, elles « avaient si bien pris soin des canards et autres oiseaux du parc ».\u2022\tLes saucissons « atomisés » restent frais très longtemps .dans un laboratoire de l\u2019Université anglaise de Cambridge, des saucissons de porc avaient été .bombardés au moyen de rayons atomiques.7 semaines après l\u2019expérience, ils sont encore absolument frais, car les radiations ont tué tous les ferments et tous les germes qui causent l\u2019avarie rapide des viandes .Les saucissons ont conservé leur goût original, mais de la viande de mouton ainsi traitée a changé de goût.Cet inconvénient pourra être écarté en employant certains produits chimiques .\u2022\t283,000 écoliers belges ont reçu chaque jour un verre de lait gratuit à l\u2019école, \u2014 et tous ont dû récemment faire une rédaction sur les vertus de ce merveilleux breuvage naturel .\u2022\tA Dortmund (Allemagne), un jeune marié demande le divorce ; la femme au juge : « Au cours de notre lune de miel, Johann avait décidé ceci : pendant le weekend, on ne s\u2019embrassera pas, je veux me reposer .» \u2014 Mais le mari : « Et le lendemain, je trouvai dans la cuisine une affiche ainsi conçue : pendant le weekend, pas de cuisine ».Et le juge s\u2019est bien gardé de les séparer.\u2022\tExpert pour les autres, peu expert pour lui .: Beryl Wingate, 35 ans, qui abandonna une belle carrière théâtrale en 1948 pour épouser May Cingate, psychothérapiste et directeur d\u2019une grande agence matrimoniale de Londres, la Marriage Society .L\u2019ancienne actrice a obtenu le divorce pour « cruauté mentale ».\u2022\tLes autobus partant de Londres dans toutes les directions de la province seront équipés d\u2019un salon de coiffure pour dames, \u2014 les hommes n\u2019y seront servis qu\u2019après que toutes les voyageuses auront été servies .Mais le service n\u2019est pas gratuit .! \u2022\tMario Mascardi, mari de 42 ans, était jaloux de son frère de 26 ans parce que sa femme lui témoignait plus d\u2019attention qu\u2019à lui-même, a sectionné le nez de son épouse d\u2019un magistral coup de dents .A l\u2019audience, l\u2019avocat du coupable a obtenu une condamnation de principe avec sursis, affirmant que « tout les trois étaient à nouveau unis comme avant ».\u2022\tUne préparatrice en pharmacie d\u2019une petite ville du Lancashire a été renvoyée pour avoir répondu à un client très distingué, aux cheveux grisonnants qui lui avait demandé : « Qu\u2019avez-vous pour les cheveux gris, ma belle ?» \u2014 « Rien que du respect, Monsieur.» Mais la jeune pharmacienne a aussitôt reçu 28 offres de places bien meilleures .\u2022\tDans plusieurs grandes maternités britanniques, les futures mamans arrivées pour l\u2019heureux événement entendent désormais, sans discontinuer, de la musique très douce.Les accoucheurs déclarent qu\u2019elle les relâche et les prépare très bien .\u2022\tUn célèbre chroniqueur féminin de Londres, dont le journal tire chaque jour 4,500,000 numéros, a questionné 6 directeurs et chefs de services de la capitale, leur posant cette question :\t« Comment s\u2019habillent vos secrétaires ?» Tous ont répondu la même chose : « Pas la moindre idée.» Pauvres Anglaises .! \u2022\tLa Reine d\u2019Angleterre envoie des cartes de Noël avec ses voeux au personnel du Palais, \u2014 mais pas par la poste, \u2014 elle les remet personnellement à tous ses serviteurs avec .son cadeau de fin d\u2019année .\u2022\tUne école où les parents viennent apprendre de nombreux jeux d\u2019enfants vient d\u2019être ouverte à Wan-ne \u2014 Eickel, en Allemagne occidentale, \u2014 ces jeux comprennent, notamment, la prestidigitation et la .bataille dans la boue et dans l\u2019eau .\u2022\tA Mulheim, importante ville de Rhénanie, un maroquinier a exposé dans une de ses 4 vitrines un gros pavé, avec l\u2019écriteau : « Avec ce pavé, des cambrioleurs ont brisé notre vitre il y a 3 jours, \u2014 ils savaient quels beaux cadeaux il y avait à l\u2019intérieur.Faites donc comme eux et rendez-nous visite.mais de jour s.-v.-p.» \u2022\tEn France, à Melun, chef-lieu du département de Seine-et-Marne, M.Roger Quil a été condamné à 6 semaines de prison avec sursis pour avoir enchaîné sa femme à un fauteuil, pieds et mains solidement noués.Ce n\u2019est qu\u2019ainsi que je peux empêcher ma femme de courir bals et locaux mal fréquentés pour s\u2019amuser et compromettre notre honneur ! » Mais le juge a rappelé à cet époux sévère que nous ne vivons plus au moyen âge .\u2022\tAu Nouveau-Mexique, (Etats-Unis), les juges peuvent, en vertu d\u2019une loi ancienne, condamner les parents pour les délits commis par leurs enfants mineurs et c\u2019est ainsi que le père et la mère d\u2019un jeune vaurien de 16 ans viennent d\u2019aller 10 jours en prison pour un vol commis par lui .à Albuquerque .lmk \u2022\tA Dusseldorf, un arbre de Noël inédit, dont les branches étaient constituées par des.jambes de femmes recouvertes de bas nylon, de petites ampoules multicolores piquées à la pointe de chaque doigt, a soulevé des protestations et a dû être enlevé d\u2019une vitrine du centre de la ville.\u2022\tUn « Festival féminin », exposition organisée exclusivement par les femmes britanniques et réservée aux femmes de tous les pays, se tiendra au cours de l\u2019été à Wembley, près de Londres ; il n\u2019est pas dit que l\u2019entrée en sera interdite ou permise aux hommes .\u2022\tL\u2019un des plus célèbres citoyens du Royaume-Uni, Frank Smith, qui, sans en être l\u2019inventeur, réussit à inonder son pays et l\u2019empire britannique, et plusieurs continents, de cette curieuse spécialité alimentaire, les pommes-chips salées, vient de mourir à 81.Ses usines en fabriquent 11,000,000 de paquets par semaine, \u2014 son premier patron, un important épicier, le mit à la porte parce qu\u2019il insistait trop auprès de lui pour qu\u2019il vende des « chips ».\u2022\tL\u2019explorateur sous-marin français, le Commandant Jacques-Yves Cousteau, a une confiance aveugle dans sa jolie femme, Simone, qui doit l\u2019accompagner dans toutes ses expéditions lointaines (mais pas dans ses plongées .) Interviewée récemment à Londres, elle répondit à la question : « Etes-vous inquiète au cours de ses plongées sur le fond de la mer ?» \u2014 « Je ne cesse de consulter ma montre et.je m\u2019en fais jusqu\u2019à ce qu\u2019il remonte ».et « Je l\u2019accompagne à tous ses voyages, je suis le commissaire de bord du bateau, l\u2019infirmière, la femme de ménage de ces messieurs et même surveillante des appareils de plongée .Mais je suis aussi la.sommelière, \u2014 sur notre bateau nous emportons toujours deux énormes réservoirs remplis de bon .vin rouge ordinaire ».\u2022\tLa célèbre Parfumerie Houbigant, de Paris, vient de financer la création d\u2019un ballet intitulé : « Quelques Fleurs » consacré à la publicité pour les parfums créés par la société ; Ruthanna Bersi, des Ballets de Monte-Carlo, est la vedette de ce ballet publicitaire, le premier du genre .\u2022\tA l\u2019occasion du récent * Salon technique de l\u2019équipement hôtelier » tenu à Paris, a été fêté le deuxième centenaire de la création de la « sauce mayonnaise » par le chef-cuisinier du Maréchal de Richelieu ; un concours de confection de «mayonnaise» a eu lieu et le produit du vainqueur a été consommé au cours d\u2019un dîner de haute gastronomie .catalane .\u2022\tAu cours d'un déjeuner de gastronomie « inconnue » qui a eu lieu récemment à Paris sous la présidence de l\u2019écrivain Louise de Vilmorin, les invités purent déguster \u2014 et apprécièrent \u2014 des.choux de palmiers, \u2014 du filet d\u2019antilope, \u2014 du pâté de foie de morue .et de la glace à la noix de coco .\u2022\tUne paroi insonore qui s\u2019élève, tel un ascenseur, au milieu du lit conjugal, a été présentée à New-York par un inventeur.Dès que l\u2019un des époux ronfle, l\u2019autre n\u2019aura qu\u2019à presser un bouton pour retrouver le sommeil .Voire .?\u2022\tQuelle précision.! Les enfants des Etats-Unis auront, au cours de cet hiver, 250 millions de refroidissements .si nous pouvons en croire les prévisions .annuelles d\u2019une très importante société de produits pharmaceutiques.Plus il y aura de rhumes et de bronchites, meilleures seront ses affaires .\u2022\tLa plage de luxe de la Floride, Miami, est pleine de sollicitude pour des visiteuses ; les trous des plaques couvrant les bouches d\u2019égouts, de canalisations et des grilles autour des arbres auront des trous si fins qu\u2019il ne pourront plus .retenir les hauts talons des promeneuses .\u2022\tUn peu fort, tout de même.ce commentaire du quotidien de New-York, le « Daily News », sur l\u2019intention du Président Eisenhover d\u2019inviter prochainement le maréchal Tito : « Si le dictateur vient séjourner à la ferme présidentielle de Gettysburg, ne le laissons pas repartir avant que Marie Eisenhover (l\u2019épouse du Président) n\u2019ait eu le temps de compter ses couverts .» \u2022\tJeanne Crain, l'étoile de cinéma rousse, est à nouveau courtisée.par son mari, dont elle avait divorcé il y a 3 mois.Elle vient de déclarer au sujet de son mari (dont elle a 4 enfants) : «J\u2019ai reçu de lui plus de roses ce mois-ci qu\u2019au cours de nos 5 ans de mariage, \u2014 et s\u2019il veut continuer à me faire la cour, je n\u2019y vois aucun inconvénient.» \u2022\tA Chicago, la police vient de surveiller une friture roulante dont le principal article était les saucissons chauds .Chaque client qui demandait à recevoir « le truc » recevait un sandwich spécial contenant une forte dose de stupéfiant.Les agents purent ainsi arrêter 40 clients, dont 15 femmes et 16 adolescents, \u2014 parmi ces derniers 7 filles .\u2022\tLa toute jeune et jolie Mrs.Thérèse W.Gregg, de Détroit, capitale de l\u2019automobile, sollicite le divorce : après 4 jours de mariage, son jeune époux lui a avoué ne l\u2019avoir épousée que pour avoir .son argent, pas celui de la jeune femme, mais.le sien .« Papa m\u2019a dit plusieurs fois que je recevrais 3,000 dollars d\u2019acompte et une nouvelle voiture dans le mois qui suivra mon mariage .! Les aura-t-il.?Ou Thérèse aura-t-elle le divorce avant .? 12 Le Samedi, Montréal, 25 mai 1957 Bï*; 1» DANS LE MONDE SPORTIF par OSCAR MAJOR Mauvais souvenirs ¦ Deux anciens champions du monde, Jack Dempsey à la boxe, « Strangler » Lewis à la lutte libre, n\u2019ont pas encore oublié que la bonne ville de Boston ne leur fut pas favorable.11 y a 20 ans, Lewis reçut une correction d'une manière inattendue.Le gros lutteur irlandais Dan O\u2019Mahoney venait de river au matelas les deux larges épaules de l\u2019Etrangleur.O'Maho-ney s\u2019apprêtait à descendre de l\u2019arène, quand Lewis, pris d\u2019une rage subite, s\u2019élança sur lui.Une bagarre s\u2019ensuivit au cours de laquelle, on ne sait trop comment, Mahoney, partant d\u2019un direct de droite à la mâchoire, atteignit Lewis de telle façon que celui-ci, n\u2019ayant qu\u2019un oeil, fut proprement mis hors de combat.11 y eut un moment de stupeur, quand on le vit étendu au carreau.Certains croyaient à une mise en scène.Mais il fallut se rendre à l\u2019évidence, lorsque, ne pouvant le ramener à lui, les agents île police l\u2019emmenèrent au vestiaire.On connaît, sans doute, l\u2019histoire quelque peu semblable survenue à Jack Dempsey dans la même ville.Diverses versions furent données, en 1935.Aussi, est-il intéressant de revenir sur l\u2019affaire, pour préciser ce qui s\u2019est exactement passé.Nous sommes particulièrement bien placé pour le faire, ayant assisté à l\u2019événement, qui a suscité, aux Etats-Unis, plus de bruit que l'on ne se l\u2019imagine.On avait déjà vu Jack Dempsey expédié à travers les câbles et hors de l\u2019arène.C'était en 1923, Luis Firpo étant l\u2019auteur de l\u2019exploit.Douze ans plus tard, la même mésaventure arriva à Jack, mais dans d'autres circonstances.Ce n\u2019était pas en tant que boxeur qu\u2019il joua à l\u2019homme disparu, mais dans ses fonctions d\u2019arbitre de lutte, fonctions qui lui rapportèrent, ainsi qu\u2019à son gérant Max Waxman, des milliers de dollars.Il venait de disqualifier un lutteur de seconde zone Ted Germaine, comme ses pouvoirs le lui permettaient, quand le perdant l\u2019interrogea : « Que dites-vous ?» \u2014\t« Je dis que tu es disqualifié pour coups de pied », répondit Dempsey.\u2014\t« Espèce de gros ci et ça .» Le dialogue ne fut pas poussé plus avant.Germaine s\u2019élança sur l\u2019ex-champion du monde.Jack le gifla.Mais Germaine ne se laissa pas intimider.Il ceintura Dempsey, le projeta en l\u2019air puis à terre et, du pied, le poussa hors de l\u2019arène.Dempsey tomba sur la table des journalistes.Ted sauta sur lui et les deux hommes roulèrent, renversant chaises et occupants.Tirés, poussés, heurtés, ils se retrouvèrent dans l\u2019arène, où Germaine terrassa de nouveau l\u2019ex-champion mondial, avant que les gendarmes puissent mettre de l\u2019ordre.Fou de rage, sans même retirer son complet d\u2019arbitre, Jack Dempsey sortit de la salle, déclarant qu'il n\u2019arbitrerait plus à Boston.Cette empoignade a prouvé une chose : c'est que, malgré les conditions déloyales de la rencontre, il apparut qu\u2019un bon lutteur rapide battra en principe un boxeur, si celui-ci ne descend pas son homme d\u2019un premier coup de poing.Certes, Jack Dempsey n\u2019attendait pas l\u2019attaque, mais une fois embarqué dans cette galère, il ne put rien contre l\u2019athlète de la lutte libre.Certains pronostiqueurs méritent que l'on tire, parfois, sur eux ¦ Une chose nous réjouit, en outre, c\u2019est la faillite bigrement comique d\u2019un certain nombre de pronostiqueurs, attardés à célébrer l\u2019invincibilité de tel ou tel athlète, de tel ou tel club.Nous nous demandons comment les-dits prophètes peuvent encore croire à leur compétence et persister dans un exercice dont ils ont si souvent éprouvé le péril ! De jeunes pronostiqueurs nous ont toujours fait doucement rigoler.Chaque fois, nous nous marrons comme une baleine que son chechalot \u2014 le mâle se fait vivre par la femelle \u2014 chatouille sous les fanons.Ils passent toutes les bornes en décernant le championnat de la Ligue Internationale aux Royaux de Montréal, six mois à l\u2019avance, après avoir vu nos joueurs disputer quelques parties à leurs ennemis.Quelle précocité ! A ce qu\u2019ils pensent.S\u2019ils ne se présentent pas à leurs chefs respectifs avec leur chapeau, couvert de cendres, c\u2019est que les meilleures traditions f.tent le camp, à l\u2019instar du jeu scientifique au hockey professionnel majeur.Nous voulons bien encore nous contenter d\u2019un sourire discret, un tantinet moqueur à l\u2019endroit des chroniqueurs soudoyés, qui ont supputé les chances des adversaires et subodoré le résultat entre deux pipes dans une salle de rédaction ou entre un jus d\u2019ananas (avec une pointe de gin) et un citron pressé (avec un soupçon de Pernod) au bar d'un club de nuit, de plus ou moins bonne réputation.Pour les envoyés spéciaux, qui nous ont câblé leurs certitudes avec un tas de considérations époustouflantes, alors, pour ceux-là, si vous le voulez bien, chers amis, nous nous taperons franchement sur les cuisses, en nous tire-bouchonnant, avec allégresse.La prochaine fois, leurs pontifes enverront des pythonisses assermentées ou des sourciers jurés ! Us bourrent le crâne de leurs victimes, en moins ! Nous voulons, cependant, rendre hommage à René Lemyre, à Emile « Butch » Bouchard, voulant faire un succès de l\u2019entreprise, en dépit de la forte opposition des courses de chevaux sous harnais ; ils espèrent que tout s\u2019arrangera, comme tout s\u2019est arrangé, il y a exactement 50 ans, au sujet de l\u2019incomparable Ty Cobb, qui a conservé une moyenne au bâton de .367, pendant 24 ans, sous la grande-tente.Incroyable, mais vrai ! Un ancien receveur du Red Sox de Boston, Lou Criger, très habile, avait vu Ty Cobb deux ou trois fois, en 1907.11 déclara que le jeune Cobb n\u2019était pas assez habile pour se gagner une place régulière dans un club des grandes ligues.Il ajouta: «Oui, il fait sensation depuis les débuts de la saison.Mais il ne durera pas longtemps.Je suis assuré qu\u2019il ne réussira pas à voler un seul but contre moi, dans une joute régulière.» Ty Cobb eut vent de cette déclaration.Il releva le défi.A la première du Boston, à Détroit, le jeune Cobb, 20 ans seulement, n\u2019ayant pas encore droit de voter, s\u2019approcha du vétéran receveur Criger, lui tint ce propos : «J\u2019ai entendu dire que je ne valais pas grand-chose à vos yeux.Je vous avertis que je volerai le second but chaque fois que je pourrai me nichei au sac initial.De plus, je volerai lu troisième but, que cela vous plaise ou non.» Lou Criger pouffa de rire devant l\u2019audace du rapide jeune joueur, cette pêche de Géorgie.A sa première apparition au bâton, Cobb obtint un but sur balles.Il cria à Criger qu\u2019il volerait le second but.Le receveur, portant une attention spéciale, s\u2019aperçut que Cobb s\u2019éloignait un peu trop du premier but.Il lança la balle rapidement à son co-équipier.Je t\u2019en prie, l\u2019oiseau s\u2019était envolé dans la direction du deuxième but, où il glissa sain et sauf.Quelques secondes plus tard, d\u2019un ton sarcastique, Cobb cria à Criger : « Essaie de me mettre hors jeu, au troisième but » Le receveur du Boston vit partir Cobb.Il fronda la balle au troisième but.Cobb s\u2019y était placé avant l\u2019arrivée de la balle.Alors, il décida de mettre le receveur en colère, en l\u2019apostrophant ainsi : « Je vais voler ton gros gant ! » Aussitôt dit, aussitôt fait.Dès que le lanceur ne put maîtriser la balle, il partit en vi- mm Les anciens boxeurs millionnaires sont aussi rares que les billets de banque de mille dollars dans les goussets de Pit et Pat.Pourtant, outre Gene Tunney, vous avez trois de ces Crésus sous les yeux : LUIS ANGEL FIRPO, à gauche, GEORGES CARPENTIER, au centre, et le toujours populaire JACK DEMPSEY, qui envoya au pays des songes Carpentier en 1921, Firpo en 1923.Lisez dans une autre colonne la raison pour laquelle Jack Dempsey ne prise pas d\u2019un bon oeil la bonne ville de Boston.Avec le rusé promoteur Eddie Quinn, on peut s'attendre à tout.Comme les Américains ne prisent plus les combats entre boxeurs poids-coqs, il se pourrait fort bien que, dans le courant de l'été prochain, les amateurs du noble art de Montréal aient la chance d'assister à un match de championnat du monde, au Stadium.Alors, le champion du monde des 118 livres, ALPHONSE HALIMI (à droite), de France, qui détrôna le boxeur italien sourd et muet MARIO D'AGATA, à gauche, dans un combat de 1 5 rondes, défendrait son titre contre notre vaillant coq Pat Supple.La chance poursuivant le pince-sans-rire Eddie Quinn, près de 20,000 personnes passeraient aux tourniquets du Stadium, à cette occasion. Le Samedi, Montréal.25 mai 1957 13 tesse vers le marbre, qu'il atteignit sain et sauf en glissant, le bout du pied gauche sur un coin du plateau, la jambe droite dans une autre direction, une glissade en forme de crochet.Voyez-vous d\u2019ici la mine du vétéran Criger, un excellent receveur de l\u2019époque ! Ty Cobb avait réussi trois larcins, après avoir averti le receveur Criger.qui fut quitte à admirer les prouesses du meilleur joueur de tout temps.Il serait peut-être intéressant d\u2019ajouter que ce Ty Cobb n\u2019était pas un ' agneau sur le losange.En plus de courir les buts comme un lévrier de race, coupaillant les adversaires de ses cram-1 pons toujours très aiguisés, il aimait inviter ses rivaux à livrer des combats de peu de durée, sous les estrades.Têtu comme deux, Cobb se faisait rosser la plupart du temps.Ça ne lui faisait pas perdre le goût de ces duels pugilistiques.Ah ! n'allez pas dire que vous n'en aurez jamais le temps ! ¦ A 45 ans, pour qui veut dans la vie moderne tenir le coup, c\u2019est aussi une loi de ne pas se laisser envahir par la graisse.C\u2019est elle qui étouffe les éléments nobles de nos organes, altère les reins, le foie et le coeur.Qui souvent se pèse bien se porte.Cette formule est juste.Le moyen ?Renoncer au pain frais, à la mie surtout, aux potages, aux sauces, aux graisses, aux farineux, au beurre et aux fromages, aux pâtes alimentaires, aux sucreries et aux pâtisseries.Boire très peu et, après avoir restreint la ration alimentaire, augmenter les dépenses par l\u2019exercice physique.Voici une consultation qu'un doc-m teur donnait à un homme de 45 ans surmené par ses affaires : Chose.\u2014\u2022 Docteur, il faut me donner quelque drogue pour me remonter.Je me sens très fatigué.Il faut absolument que je retrouve la force de continuer mon travail.Je compte sur vous et les médicaments que vous allez me prescrire.Doc.\u2014 Merci de votre confiance, mais vous me prenez pour un magicien qui sort à volonté de son chapeau, des lapins et des pigeons.Quoi ! vos affaires vous retiennent toute la journée dans votre bureau à lire, dicter, compter, donner des ordres.Votre esprit est sans cesse occupé.Votre corps ne l\u2019est jamais.Vous ne circulez qu\u2019en auto.Si vous prenez quelques distractions, ce n\u2019est qu\u2019au cinéma, au théâtre, devant l\u2019appareil de télévision, assis, immobile dans une boîte de nuit encombrée et rigoureusement close.Toutefois, vous mangez copieusement, vous buvez bien et vous fumez sans compter vos cigarettes.Ce n\u2019est certes pas un médicament qui vous permettra de continuer cette vie-là ! Chose.\u2014 Comment, mais je suis solide et encore jeune, 45 ans tout juste.Seulement, l\u2019excès de travail et de l|f «¦¦Êoucis me fatigue.Je n\u2019ai besoin que d\u2019un fortifiant, d\u2019un tonique.Vous devez bien connaître une spécialité de cette sorte.Doc.\u2014 Vous n\u2019avez aucun besoin de vous fortifier.Vous n\u2019êtes pas surmené, mais engourdi et intoxiqué.Il faut décrasser votre organisme de tous les poisons qui l\u2019encombrent, puis entraîner tous vos muscles à l\u2019exercice quotidien.Vous ne pouvez vous bien porter, avoir de la vigueur que si vous imposez à votre corps une activité suffisante.Chose.\u2014 Oui, je connais toutes ces histoires-là, culture physique, végétarisme.J\u2019ai autre chose à faire que de cabrioler sur un terrain de golf, en plein soleil.Doc.\u2014 Je ne vous demande pas de le faire.Il s\u2019agit seulement de ne manger qu\u2019en proportion de ce que vous dépensez par l\u2019exercice physique, et de faire assez d\u2019exercices pour récupérer et entretenir la puissance fonctionnelle de tous vos organes.Chose.\u2014 Je vois, docteur, la séance de culture physique, tous les matins.J\u2019ai essayé et ça ne m\u2019a valu qu\u2019une courbature et une augmentation de ma fatigue.Doc.\u2014 Vous avez fort mal essayé.D\u2019ailleurs, si une pauvre petite séance d\u2019exercice vous a claqué à ce point, il ne faut voir là qu\u2019une preuve de l\u2019engourdissement corporel dans lequel vous êtes tombé.Vous devez vous persuader qu\u2019à 45 ans, il ne faut pas rester dans cet état qui vous mène tout droit, et rapidement, à la vieillesse prématurée et à toutes scs infirmités.Il est temps encore d\u2019en sortir.Mais, sous prétexte de culture physique, il ne faut pas faire n\u2019importe comment n\u2019importe quels mouvements.Une réadaptation progressive à l\u2019exercice est nécessaire, puisque vous l\u2019avez abandonné si longtemps.Si vous vous entraînez avec bon sens, prudence et régularité, vous deviendrez bientôt capable d\u2019exécuter dix fois plus de mouvements que vous n\u2019avez pu en faire lors de cette première tentative qui vous a tellement courbaturé.Vous n\u2019êtes pas sans savoir que les joueurs des Dodgers de Brooklyn, les trois premiers jours de l\u2019entraînement, débutent par des exercices de culture physique.Us ne commencent pas par sauter des clôtures, hautes comme ça !.Chose.\u2014 Il faudra donc que je m\u2019embête tous les matins et tous les soirs à compter une, deux, trois, quatre.Doc.\u2014 Vous étiez décidé tout à l\u2019heure à avaler n\u2019importe quelle drogue.Est-ce plus réjouissant que de faire manoeuvrer votre corps, pendant un quart d\u2019heure, tous les jours ?Au reste, ce n\u2019est pas si ennuyeux que vous le croyez.Reprenez goût à l\u2019exercice en en faisant.Vous verrez alors qu\u2019on enlève avec entrain une bonne séance de culture physique, et qu\u2019elle se termine toujours dans un sentiment d\u2019allégresse.Faites-en l\u2019essai pendant deux ou trois mois à la Palestre Nationale ou ailleurs, sous l\u2019oeil de professeurs compétents.J\u2019appuie des deux épaules sur le qualificatif compétent.Chose.\u2014 Combien vous dois-je docteur ?Doc.\u2014 Cinq dollars seulement.J\u2019aurais pu vous exploiter, vous soutirer une centaine de dollars, après vous avoir passé des médicaments qui ne valent pas le prix d\u2019une hole.Notes encyclopédiques se rapportant au sport H Quel est le record du monde de lenteur ?Ce n\u2019est pas, comme on pourrait le croire, le record de vitesse d\u2019une tortue, d\u2019un escargot ou d\u2019un unau.Un escargot parcourt environ 95 pieds à l\u2019heure.Il lui faudrait donc un peu plus de 9,973 jours pour aller de Montréal à Québec.Comme record, ce n\u2019est pas mal, mais il y a mieux.Un physicien s\u2019est posé le problème suivant : on place une bougie allumée dans un endroit bien en vue.Et à 12'/a milles de là, on dépose un dé rempli d\u2019eau.Au bout de combien de temps la chaleur dégagée par la flamme de la bougie aura-t-elle fait monter d\u2019un degré la température de l\u2019eau ?Notre physicien, patient comme une phalange d\u2019anges, l\u2019a calculé.Il a trouvé qu\u2019il faudrait attendre environ dix millions d\u2019années.Il est, d\u2019ailleurs, probable que la bougie perdrait patience avant.[ Lire la suite page 34 ] CONNAIS-TOI TOI MÊME par RANY \u2014\tCharacters par / Cécriture \u2014 réponse à A.A.I St-Lambert 1 A ce que je constate, vous aurez fait le tour de notre planète bientôt.Vous aurez goûté à tous les plats arrosés de toutes lés sauces.Que ne devez-vous être bon causeur.C'est votre plus grand charme, mais il ne dissimule pas moins une nostalgie incurable.Les grands espaces, les vastes horizons aussi bien que les brumes épaisses constituent votre paysage préféré.Votre oeil de fin obser-valeur.a été servi à souhait dans vos longues pérégrinations.Votre connaissance de l'âme humaine dépasse vraiment la moyenne.Je vous dirais même prêt à fixer sur le papier toutes vos théories sociales que vous n'oubliez jamais d'ébaucher de vive voix devant vos intimes.Je dis bien intimes, car malgré votre parole facile, il vous arrive rarement d'exprimer très ouvertement le fond de votre pensée.Vous multipliez presque à souhait les conjectures à votre sujet.La solitude est certainement votre grande amie.Etes-vous heureux ?réponse à DOMINO Domino est le type parfait du » business man K.Dès son enfance, il a appris à spéculer.Il a le poût du risque, il ne se contentera jamais d\u2019un petit commerce.Depuis qu\u2019il est dans le monde, il a profité du contact d'autrui qu\u2019il n\u2019a cessé de rechercher pour mieux connaître ses clients de demain.Il a dû mentir bien souvent à ses parents pour essayer ses forces.Domino aujourd\u2019hui est grand et fort, il jouit d\u2019une santé exceptionnelle.Aussi scs qualités de vrai sportif lui vaudront une popularité enviable et le serviront royalement dans toutes ses entreprises.Pourvu qu\u2019il ne devienne trop dur capitaliste, le succès très honnête l\u2019attend dans la finance.réponse à FLEURETTE Vous aimez à vous faire conter fleurette, et chaque fois, vous vous y laissez prendre.L'expérience ne vous guérira jamais, vous ne connaissez pas les mauvais loups, vous risquez votre peau sans trop le savoir.Vraiment vous êtes d'une inconséquence apparemment incorrigible.Aussi, certaines de vos belles, qualités, à savoir votre bonté et votre amabilité se tournent contre vous.Il est cer- vivent avec vous.Résultat : incompréhension et indélicatesse de part et d'autre.Vous devriez, la première, remédier à cet état de chose, le reste viendra par surcroit.Vous avez assez de cran pour surmonter l'affaire, mais il ne s'est pas trouvé personne sur votre chemin pour vous mettre en face de la situation et pour provoquer une réaction très vive mais salutaire.Si jamais je me trouvais sur votre route, je vous ferais la guerre.At-ten-tlon ! réponse à THERESE IHuntingdonI Vous aussi vous jouez au double personnage ; ou bien vous faites le gamin maussade ou bien vous Jouez à la poupée bien câline : ou bien vous manifestez une énergie sans égale à une tâche recherchée ou bien vous vous raidissez devant un geste d\u2019obéissance à poser ; ou bien vous devenez loquace pour raconter toutes sortes d'histoires excepté les vraies, ou bien vous fondez en larmes pour raconter toute la vérité même exagérée.Le ciel de vos humeurs est plus varié que l\u2019arc-en-ciel lui-même.Vous savez, tout n\u2019est pas aussi extérieur que mon analyse pourrait le laisser croire, bien souvent le changement de vos états d\u2019âme sont plus rapides que votre capacité de les enregistrer.Inutile de vous dire que le public de vos observateurs est vaste et varié.Aurez-vous toujours le premier rôle ?réponse à RICORE AIMANTE IQuébecI Le mouvement de votre écriture n'indiquo pas l'enthousiasme de jeunes amoureux, vous montrez au contraire une langueur surprenante à votre âge, et c\u2019est probablement cette langueur que reflètent vos yeux et que l'on qualifierait de tristesse.Vous créez vite l'impression d'une personne qui commencerait à peine à s'éveiller d'un long sommeil rempli de cauchemars et qui en serait encore un peu étourdie.Alors, elle craindrait de parler, d\u2019exprimer son désarroi de peur d'être nul reçue ou mal comprise.Pourtant vous êtes pleine de courage et vous n\u2019êtes pas sans ressources.Quel événement pourrait vous servir de douche froide pour activer la circulation de votre sang ?Malheureusement, votre lettre n'est pas assez longue pour me permettre plus de détails, votre cas m'intéresse, pourtant .I Ecrivez à Rany, à l\u2019encre, sur papier non ligné, format 8'/z\"xll\", un texte de votre composition, en signant de votre nom réel ou fictif.Rany analysera gratuitement votre écriture et en fera paraître les résultats dans cette chronique.Les personnes qui désireraient recevoir une réponse personnelle plus complète n'ont qu\u2019à le mentionner en ajoutant une enveloppe affranchie et Rany leur fera connaître ses conditions.On écrit à RANY, Magazine \"LE SAMEDI\u2019\u2019, 975, rue De Bullion, Montréal 18, Qué.tain que votre jeune âge entre en ligne de compte, mais il ne faudrait pas vous faire écorcher trop durement avant que vous ne commenciez à penser.Je ne vous prêche pas la réticence, mais soyez aux aguets ! réponse à FROU FROU Que votre\tpseudonyme\tvous\tconvient, vous aimez faire de l\u2019étalage, non par snobisme, mais tout simplement pour provoquer de l'intérêt autour de vous.Vous êtes tellement habituée â être considérée comme le centre de votre univers qu\u2019une fois sortie de ce milieu, vous multipliez les stratagèmes pour jouir de la même popularité.Pourtant cette popularité n\u2019est\tque\tsuperficielle et vous êtes la première à souffrir du vide que cela produit après coup.Vous savez fort bien que vous n\u2019avez pas l'amitié sincère qu\u2019il vous faudrait pour vous aider à vous réaliser.Je ne puis causer plus longuement, vous ne me le permettez pas.réponse à GITANE Vous êtes si\tenjouée\tque\tceux\tqui vous entourent ne soupçonnent pas votre vie sentimentale bien torturante.Vous êtes une grande amoureuse dont le coeur saigne depuis bien longtemps.Vous en êtes rendue au fatalisme, vous ne\tvoulez\tplus\tvoir\tvenir les événements et vous vous contentez de camoufler votre peine par une activité débordante.Vous avez compris que l'oisiveté est mauvaise conseillère.Cependant, vous devriez apprendre ce que c'est que le loisir.Vous travaillez toujours plus que la tâche imposée.Et souvent aussi au-delà de vos forces.Ne soyez pas imprudente.N'abrégez pas vos jours sans vous accorder quelques petites douceurs.réponse à RYSBO MEKAY C'est curieux de vous voir agir : tantôt vous êtes d'une insistance intolérable à propos de tout, tantôt vous ne vous souciez meme CONNAIS-TOI TOI-MEME \u2014 L.S.25 MAI pas de répondre avec intelligence à vos interlocuteurs ; tantôt vous êtes bavarde pour dix, tantôt vous ne voulez même pas dire oui ou non.Pourquoi cette course aux extrêmes ?C\u2019est épuisant pour vous et pour ceux qui réponse à \"MAMAN DE JEANNOT\u2019\u2019 IMontréall Il se pourrait fort bien que vous soyez moins sévère pour votre fils, il vous rappelle un peu votre mari que vous avez perdu si jeune, vous déversez sur lui le trop-plein de votre tendresse.L'on se rend vite compte que vous êtes bien ébranlée, mais rien ne verse du côté du pessimisme, il y a encore une grande réserve d\u2019énergie.Un danger vous guette cependant, vous devenez casanière, vous trouvez que tout est toujours trop pour vous-méme.et que rien n\u2019est Jamais assez complet pour vos enfants.Le dévouement maternel est bien présent, mais il faut comprendre le besoin de refaire vos forces pour les aider plus longtemps.Parfois une peine trop vive déplace le sens des valeurs.Je ne sais trop si vos yeux faiblissent.mais je m\u2019explique mal cette écriture toujours rapetissante.Une autre caractéristique.vous êtes d\u2019une grande fierté, aussi vous refusez-vous à solliciter de l\u2019aide, vous attendez toujours à la limite, vous voulez vous débrouiller toute seule.Vous avez été servie â souhait depuis quelque temps.Mais tâchez d\u2019être raisonnable.Il y a encore de beaux Jours pour vous.Bon courage.réponse à LISON T.IQuébecI Vous éfes très habile à communiquer vos émotions, Lison.Votre lettre, en effet, en est un bel exemple.Puis je m'empresse de vous signaler que là n'est l'unique objet de votre amour, votre coeur est aussi brûlant, aussi embrasant que celui de Marie-Madeleine, sans connaître toutefois les mêmes sentiers épineux.Vous vibrez tellement à tout que vous me paraissez quelque peu fatiguée.Pourtant l'espoir est plus vivant que jamais.Vous n\u2019avez de secret pour personne, vous évitez les complications, les conflits, mais vous pensez constamment, et vous travaillez sans cesse.Vous aimez la fantaisie, mais vous avez horreur des excentricités.Vous paraissez ne jamais pécher par excès.Seriez-vous donc si près de la vertu 7 Je crois que oui, même si l'on vous reproche quelques négligences d\u2019ordre matériel et aussi des voyages dans la lune.C'est agréable là-haut, dites ?I Lire la suite paqc 341 14 Le Samedi, Montréal, 25 mai 1957 Jamais homme ne s\u2019était senti le coeur aussi léger que Claude Sainville lorsqu\u2019il prit contact, dès la sortie de la gare, avec le premier aspect de la ville des doges.Son rêve! Visiter Venise! 11 n\u2019espérait guère le réaliser quand l\u2019obtention d\u2019un prix littéraire lui en avait donné la possibilité.Ce prix, qui consistait en une somme d'argent assez rondelette, était tombé bien à propos.Faisant fi des placements de père de famille \u2014 père, il ne l\u2019était pas et sa famille était encore à fonder \u2014, il résolut de transformer en réalité son désir de toujours.Sans s\u2019arrêter dans les autres cités, pourtant bien séduisantes, Claude, à Milan, avait sauté dans le train qui allait le conduire directement dans le pays de ses rêves.Il est vrai qu\u2019il ne faisait pas seul ce voyage.Dans une serviette de cuir dont il n\u2019avait pas voulu se séparer, était le manuscrit d\u2019un livre écrit à moitié, mais pour lequel la documentation vivante, celle qu'on ne peut trouver dans les plus riches bibliothèques du monde, lui faisait encore défaut.Que d\u2019heures de découragement avait-il connues quand son impétuosité de romancier au début de sa carrière lui faisait augurer que jamais, du moins avant de nombreuses années, il ne pourrait venir prendre sur le vif les notations qui lui étaient indispensables pour terminer son roman dont l\u2019action mettait en scène une dame galante du temps de Casanova.Et, maintenant, les eaux vertes de la lagune fuyaient sous l\u2019étrave de la gondole qu\u2019il avait louée au bout du môle et qui filait, nonchalamment, dans un petit canal enfermé entre deux berges herbeuses.Le matin même, le second de ses rêves avait été réalisé.Le romancier avait quitté le palace dans lequel il s\u2019était provisoirement installé pour louer, non loin du Canal Grande, près de San-Giovanni-Decollato, un appartement meublé composé de deux pièces assez confortables.Elles étaient situées dans une ancienne demeure noble dont les armoiries surmontaient encore le porche.Là, songeait-il, il jouirait d\u2019une parfaite tranquillité et d\u2019une absolue liberté.Avant de se mettre à l\u2019ouvrage \u2014 il fallait obtenir l\u2019accès des bibliothèques où il comptait trouver sa documentation \u2014, Claude résolut de s\u2019offrir quelques jours de vacances, consacrées à visiter les sites les plus exaltants.Afin de remplir son programme, Claude avait commencé par les îles Murano.Avant de regagner la ville, le gondolier offrit à son passager, en qui il avait reconnu, tout de suite, un étranger, malgré une certaine connaissance de la langue italienne, de l\u2019arrêter devant l\u2019îlot des Moines de Saint-François d\u2019Assise qui vivent sous la lègle fondée par leur saint patron.L\u2019herbe nouvelle était parsemée de fleurs, de ces fleurs sauvages dont on connaît à peine le nom.Des cyprès se dressaient sur le solitaire rivage.A l\u2019odeur des algues, se mêlait celle de la verdure, l\u2019arôme même du précoce printemps.Au loin, les bancs commençaient à se découvrir.Le batelier, d\u2019un geste large, désigna le Lido, les superbes campagnes des vignobles et, tout au fond de l\u2019horizon, enveloppée d\u2019une brume bleuâtre, l\u2019île de Sant\u2019 Erasmo.Lentement, le voyageur gravit la montée au bout de laquelle était le porche du monastère.Un porche de petites dimensions autour duquel les hirondelles voletaient, cherchant les nids de l\u2019année précédente.Venu à la rencontre du promeneur, un capucin qui baragouinait quelques mots de français lui fit l\u2019offre de visiter le monastère.Après une course assez hâtive de salle en salle, le franciscain conduisit son hôte au jardin et lui *- VjlYYY'WY*'\t¦¦¦¦ IBBB ¦ ¦¦¦ IBBB 1 Une Splendide Innovation BBBB IBBB IBBB | IBBB BBBB :::: IBBB dans les Moustiquaires MlBBBB ¦BBBBBBBBBBBBBBBBBBBBBBBBBBBBBBBBBBBBBBBBBBBBBBBBBBBBBBBBBBBBBBBBBBBBBBBBBBBBBBBBBBBBBBBBBBBBBBBBBBBBBBBBB rbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbbb ¦BBBBBBBBBBBBBBBBBBBBBBBBBBBBBBBBBBBBBBBBBBBBBBBBBBBBBBBBBBSBBBBBBBBBBBBBBBBBBBBBBBBBBBBBBBBBBBIBBBRBBBBBI lIBBBBBIBBBBBBBBBB-IBBBBBBBBBHRBBBIBBflBIBBBBBIBBIBBBBBBBBBBBBBBBBBBBBBBIflBBIBBBBBI ¦BBBBBBBBBBBBBBBB .\t.\t.\t.IBBBBBBBBCaMOB*** ||y|Q|sogugüu||MB q l\u2019épreuve delà ro u i I le ! 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\u2014 Il a toutes les merveilleuses propriétés du verre plus une solidité et une durabilité surprenantes.Oui, voici un nouveau produit merveilleux, fabriqué au Canada, que vous pouvez vous procurer grâce à C.P.l.C\u2019est un grillage totalement nouveau et dilférent, fait de (ils de Fiberglas exceptionnellement solides; il a tant de caractéristiques remarquables qu'il rend surannés tous les autres grillages pour moustiquaires.De plus, la moustiquaire Fiberglas se pose avec une facilité incroyable.Souple et maniable, sans arêtes vives sur lesquelles on s\u2019égratigne.Se coupe facilement avec des ciseaux \u2014 les fils entrelacés sont réunis par fusion pour prévenir l\u2019ellilochage.La nouvelle moustiquaire en Fiberglas ne coûte pas plus que bien d'autres types de moustiquaires ordinaires.Que vous fassiez vos moustiquaires vous-mênie ou que vous les achetiez toutes faites, assurez-vous qu\u2019elles soient en grillage Fiberglas.\u2022 MÉTAL\tPITTCO CANADIAN fiHII PITTSBURGH ?M.Dcp, INDUSTRIES LIMITED S-I7F Au-delà des berges, les champs ondulaient de la prochaine moisson.A mesure que l\u2019on avançait, il semblait que le visage de Juliette devenait plus soucieux.A peine accordait-elle un regard au ravissant tableau que formaient des vergers en fleurs avec leur parure de bouquets blancs ou roses auxquels l\u2019herbe nouvelle servait de fond.Parfois, parmi les fermes et les maisons de cultivateurs, une ancienne résidence se dressait, et, au milieu d\u2019humbles cultures, quelque statue de marbre rappelait que, jadis, dans ces jardins lumineux, des dames et des cavaliers discutaient de choses galantes.Un portique à demi écroulé disparaissait sous l\u2019assaut des jeunes pampres.A Dolo, la voiture passa sous une voûte de châtaigniers centenaires où pointaient les premières grappes fleuries.\u2014 Continuons-nous ?questionna le romancier, surpris et déçu par l\u2019attitude de sa compagne.Elle fit « oui » de la tête et donna un ordre au cocher, en dialecte vénitien.Enfin, la calèche s\u2019immobilisa devant la villa Pisani.On était arrivé à Stra qui devait être le terme de la randonnée.\u2014 Descendons ! ordonna la jeune femme.Vous pouvez renvoyer la voiture.\u2014 Et comment reviendrons-nous ?questionna cette fois encore son compagnon.Sans doute ne remarqua-t-il pas le long regard dont elle l\u2019enveloppa, un regard poignant et résolu à la fois.\u2014 Etes-vous si pressé de revoir Venise ?Il y a le train.Il nous ramènera.\u2014 Et puis il y a, sans doute, des auberges, dans le cas où nous déciderions de rester jusqu\u2019à demain ! Elle ne répondit pas, mais, déjà, elle s\u2019engageait dans un petit sentier où Claude s\u2019empressa de la rejoindre.\u2014 Nous ne visiterons donc pas le Musée ?Je me suis laissé dire qu\u2019il y avait des choses intéressantes.N\u2019est-ce point là qu\u2019ont vécu les personnes dont vous parliez ?\u2014 La reine d\u2019Espagne, l\u2019épouse de Charles IV, l\u2019amante du Prince de la Paix ?Nous aurons tout le temps si ces personnages vous intéressent.Maintenant, elle semblait avoir hâte de s\u2019éloigner de la grande route.\u2014 Je connais une « albergo » où nous pourrons goûter tranquillement.Naïf comme tous les amoureux, le jeune homme ne voulait voir dans cet étrange comportement que la hâte qu\u2019avait Juliette de se trouver seule avec lui.Elle marchait rapidement, dans l\u2019étroit sentier encaissé entre deux haies d\u2019aubépines.Faute de place, Claude ne pouvait cheminer à son côté.Son tailleur gris pâle avait la teinte délicate que prenaient certains nuages sur le beau ciel printanier, et l\u2019homme qui la suivait savourait avec ravissement cette vision de grâce et d\u2019élégance féminines, appréciant en connaisseur les courbes du beau corps dans l\u2019étoffe moelleuse et comme veloutée.Sans hésiter, Juliette, après un sentier, s\u2019engageait dans un autre, ménagés tous deux entre des vergers et des terres ensemencées.Subitement, ils aboutirent à la route, celle qui suit le cours de la Brenta qu\u2019ils venaient de parcourir dans la vieille calèche, en venant de Dolo.Le fleuve s\u2019était assombri.Il charriait des eaux violettes.Des péniches, amarrées les unes aux autres, remontaient le courant.Une fraîcheur humide alourdissait l\u2019air.Claude, maintenant, marchait à côté de la jeune femme dont il avait repris le bras.\u2014\tOù me conduisez-vous, ma chère ?Le chemin me semble bien long ! \u2014\tAuprès de moi ?fit-elle, le regardant presque durement.\u2014 C\u2019est que j\u2019aimerais mieux me trouver près de vous dans un endroit plus favorable au tête-à-tête.J\u2019ai tant de choses à vous dire ! Elle ne répondit pas mais lui désigna une maison grise, en face de la rive.Une auberge, sans doute fréquentée par les mariniers, et qui avait piètre apparence.\u2014 Nous sommes arrivés! annonça-t-elle.Grisé par le simple contact de son bras dont il sentait la chaleur le pénétrer à travers l\u2019étoffe, Claude aurait suivi cette femme au bout du monde sur le simple espoir de baiser ses lèvres dont la pâleur du visage rendait la pourpre saine plus tentante.Au lieu d\u2019entrer par la porte vitrée qui donnait sur la route, la jeune femme contourna l\u2019auberge, qu\u2019un petit potager suivait.Elle frappa à une porte de côté.Celle-ci s\u2019ouvrit aussitôt.La pièce qui se présenta était à peu près obscure.Claude hésita sur le seuil, pensant que les tenanciers allaient faire de la lumière.Une voix rude, parlant un idiome que le romancier ne reconnut pas pour être de l\u2019italien ou même du vénitien, se fit entendre.Juliette répondit quelques mots, puis elle s\u2019enfonça dans la pénombre.-\u2014Entrez, Signor, je vous prie.Il est arrivé un accident à l\u2019électricité, mais on est en train de réparer.Une main se tendait, sans doute pour aider le jeune homme à franchir le seuil, la pièce se trouvant en contrebas.Instinctivement le romancier fit un mouvement de recul.Aussitôt, il se sentit saisir, puis ceinturer, et il roula à bas des deux marches sans ^ 18 Le Samedi, Montréal, 25 mai 1957 avoir eu le temps de réagir, d\u2019esquisser un seul geste de défense.En même temps, on appliquait un bâillon sur sa bouche, et, comme si ce n\u2019était pas assez pour s\u2019assurer de sa docilité, un coup violent, assené sur le crâne, lui fit perdre connaissance.Quand il revint à lui.au bout d\u2019un temps qu\u2019il n\u2019aurait su évaluer, Claude se retrouva étendu sur une banquette fixée à la muraille.Le bâillon ne gênait plus sa respiration, mais un réseau compliqué de cordes et de noeuds immobilisait ses membres et son buste.Ainsi, c\u2019était à cela qu\u2019avait abouti le merveilleuse rencontre.Un vulgaire entôlage que cette fille ne pratiquait pas elle-même, mais elle servait d\u2019appât et amenait le gibier entre les mains de ses associés.Tout se tenait : la fouillle des bagages, puis, cette opération n\u2019ayant rien donné, la femme lui avait été expédiée par quelque compère chargé de surveiller l\u2019étranger.Convaincu par l\u2019absence d\u2019argent dans la chambre meublée que le voyageur portait sur lui son avoir, on lui avait fait le coup classique, et il ne sortirait de ce guêpier qu\u2019après avoir signé un chèque, car évidemment les quelque mille lires qu\u2019il portait sur lui ne satisferaient pas la bande.Tandis qu\u2019il tirait ces déductions, Claude constatait que son crâne lui faisait encore mal et qu\u2019une bosse attestait la violence du coup.Malgré la colère qui montait en lui, Sainville était bien forcé d\u2019attendre que ses geôliers prennent eux-mêmes l\u2019initiative de ce qui allait suivre.Il attendait donc le retour de ses agresseurs, et cette attente dans le noir de cette salle muette devenait affreusement angoissante.Enfin, une clé tourna dans une serrure ; ce bruit fut suivi d'un autre : glissement d\u2019une barre ou d\u2019un verrou.En vérité, le jeune homme était bien gardé.Un rais de lumière venait de pénétrer dans sa prison, et, à sa suite, un homme dont Claude ne pouvait voir le visage car il portait sa lanterne devant lui, utile précaution pour ne pas montrer ses traits.\u2014 Enfin, s\u2019écria le jeune Français, en faisant de vains efforts pour se redresser, cette plaisanterie va-t-elle se terminer ?Je vous avertis que je suis étranger.C\u2019est à mon Consulat que je porterai plainte, et les choses ne se passeront pas comme vous l\u2019espérez ! L\u2019homme répondit en un mauvais français, cependant à peu près compréhensible.\u2014 Moi rien savoir.Obéir au chef.Le chef dira, quand il sera ici.\u2014 Et quand sera-t-il ici?L\u2019individu, qui avait posé sa lanterne à même le sol, eut un geste vague.\u2014 Que puis-je savoir?Le chef est le chef, et le serviteur ne peut rien dire.Moi, j\u2019apporte de quoi manger au Signor.Du geste, il désigna un plateau garni de quelques provisions.\u2014 Merci, je n\u2019ai pas faim ! \u2014 Le signor ne désire rien?\u2014 Non ! Ou plutôt si 1 Que la femme qui m\u2019a conduit dans ce traquenard vienne.Que peut-elle craindre ?Je ne puis seulement bouger une main ! \u2014 La signorita est repartie.Fini pour elle, ici ! Bonsoir ! Jolie ragazza, et bien habile.Signor, je laisse la nourriture.\u2014 Et qu\u2019en ferais-je ?Comment la porter à ma bouche, puisque mes poignets sont liés ?Le bandit sembla réfléchir un instant, puis il desserra les liens de la main droite, approcha le plateau sur lequel se trouvait une assiette garnie d\u2019un morceau de pain et de tranches de viande, une fiole contenant du vin.Son intention était évidemment d\u2019aider le prisonnier à se servir, mais la répugnance de Claude fut telle en voyant s\u2019avancer vers lui les doigts velus de son geôlier qu\u2019il se rejeta violemment en arrière.\u2014 Je ne veux rien.Allez-vous-en et foutez-moi la paix ! L\u2019homme n\u2019insista pas, mais il eut le soin de resserrer les cordelettes, puis il s\u2019éloigna mais en laissant pendue à un clou la lampe tempête qu\u2019il avait apportée avec lui.IV Cette nuit-là, malgré la fatigue et la dépression morale que l\u2019écrivain ressentait, ajoutées à la souffrance que sa tête lui causait, le jeune homme ne put fermer l\u2019oeil, les paupières pesantes, les nerfs à bout, mais l\u2019esprit en éveil.Il guettait le moindre bruit qui aurait pu annoncer un danger ou, tout au moins, un changement dans sa misérable situation.Plus le temps passait, plus douloureuse devenait la courbature de son corps.Les mouvements qu\u2019il avait faits avaient eu pour résultat de resserrer les noeuds et de faire entrer plus profondément les cordes dans sa chair.Sa grande préoccupation était de ne point perdre sa lucidité.Cependant, quand son esprit revenait vers cette femme qui l\u2019avait si traîtreusement attirée dans ce traquenard, la colère lui montait à la tête, et, de nouveau, il recommençait les inutiles tentatives de libération.Peut-être, si Juliette avait paru en ces minutes et qu\u2019il ait été libre de ses mouvements, Taurait-il étranglée comme une bête dangereuse.Claude avait complètement perdu la notion des heures.Le misérable lumignon s\u2019était éteint.Pourtant, à la clarté, pâle d\u2019abord, plus vive ensuite, qui filtra entre les fentes des volets de bois, il eut conscience que le jour s\u2019était levé.L\u2019attente fut encore longue.Enfin, le geôlier reparut.De nouveau, il apportait des aliments qu\u2019il posa sur un escabeau, à portée du prisonnier, et il lui délia la main droite.Par raisonnement, Claude se décida à manger, car il voulait conserver ses forces.Son corps ankylosé n\u2019était plus que souffrances après ces longues heures passées sur la banquette maigrement rembourrée.les membres ficelés ne lui permettant aucun mouvement.Ces souffrances, le malheureux garçon tenta de les exposer à son gardien, mais sans doute ses connaissances du français, et même de l\u2019italien, étaient-elles bornées.A la vue des chevilles tuméfiées, il eut un geste d\u2019impuissance ; puis, levant les yeux au ciel, il dit : \u2014 Patience ! patience 1 Le chef vient d\u2019arriver.Je vous conseille de lui répondre franchement.La partie est perdue pour vous, Signor, tout à fait perdue.Il faut souffrir le moins possible ! Dit dans un parler presque inintelligible.Sainville ne comprit pas, alors, le sens du conseil qui lui était donné.Ce sens, bientôt, lui deviendrait terriblement précis.Il venait de terminer le pauvre repas qui lui avait été offert, quand la porte s\u2019ouvrit sous une poussée brutale.En même temps, à la pénombre, succéda une lumière crue qui venait d\u2019une ampoule suspendue au plafond.Un homme s\u2019avançait, suivi de deux autres qui semblaient lui servir de gar-des-du-corps.Durant un instant, il regarda attentivement le prisonnier, puis il se mit à rire bruyamment.Quand cet accès d\u2019hilarité auquel le romancier ne comprenait rien fut calmé, l\u2019homme vint plus près encore.Il se pencha sur celui qui ne pouvait bouger et, à deux reprises, le souffleta.\u2014 Alors, fit-il d\u2019une voix rauque et avinée, te voilà pris ?Pris au piège comme un rat.Et Ton te disait l\u2019homme le plus redoutable.Laisse-moi rire ! Un écolier, un pauvre bénêt ne s\u2019y serait pas laissé prendre, surtout après la faute qu\u2019ont commise ces idiots ! S\u2019introduire dans ta chambre, fouiller tes bagages, et cela quand la Giulietta avait Tordre de te rejoindre et de combiner le coup qui a si bien réussi.Tes chefs ne seraient pas fiers de toi s\u2019ils te voyaient en ce moment.Il a suffi d\u2019une poupée, et un peu défraîchie, encore ! Idiot, triple imbécile 1 Claude, impuissant, mais fou de rage, crut qu\u2019il allait encore le frapper.Il se tordit d\u2019impuissante colère.\u2014 Vous êtes un lâche.Vous me frappez parce que je ne puis pas me défendre.A la fin, que me voulez-vous ?Mes chefs ?Sachez que je n\u2019ai pas de chefs.Si je suis venu en Italie, c\u2019est en simple touriste.\u2014 En touriste?Tiens, tu me fais rigoler.C\u2019est marrant comme tu as peu d\u2019imagination.Un pauvre type, voilà ce que tu es ! Tout ce dialogue avait eu lieu en français, dialogue auquel le malheureux Sainville avait pris une bien petite part, car son interlocuteur, qui s\u2019exprimait, comme le geôlier, avec un fort accent autre que l\u2019italien, ne lui laissait guère le temps de répondre.Par contre, il pouvait dévisager son ennemi, et en lui il reconnaissait de façon certaine le touriste aux cheveux rouges qu\u2019il avait aperçu dans la salle du café Florian et dont la vue avait troublé si profondément Giulietta.Il profita d\u2019un instant où le bandit reprenait haleine.\u2014 Finissons-en ! Que voulez-vous de moi ?De l\u2019argent ?Je puis vous signer un chèque, mais que cette odieuse comédie finisse ! \u2014 Et que nous te relâchions pour que tu ailles mobiliser la police locale ?Non, mon petit agneau ! Quand un homme comme toi tombe entre les mains de gens comme nous, il sait ce qui l\u2019attend.Tu ne sortiras pas vivant d'ici.La question est de savoir com- ment nous t\u2019expédierons dans l\u2019autre monde.Si tu parles, ça sera fait gentiment, en douceur, presque sans que tu t\u2019en aperçoives ; mais, si tu regimbes, dame, on s\u2019amusera un peu.Donc, sois compréhensif, dear boy.Au point où tu en es, tu n\u2019as plus rien à craindre des tiens.Ils n\u2019auront pas la possibilité de te demander des comptes.\u2014 Quelle somme voulez-vous ?fit Claude, croyant encore à un bluff.\u2014 Ton argent?J\u2019en hériterai toujours quand tu seras défunt ; tu penses bien que les gars fouilleront tes poches.Donc question sans intérêt.Allons, dis tout ce que tu sais ! \u2014 Ce que je sais ?Sur quoi ?\u2014 Et tes papiers, mon mignon ?Où sont tes papiers ?\u2014 Je les ai sur moi, naturellement, mais à quoi cela peut-il vous servir ?\u2014 Brutes! s\u2019écria l\u2019homme roux, s\u2019adressant à ses subordonnés.Il a les papiers sur lui, et vous ne l\u2019avez pas fouillé ?Il s\u2019était jeté sur le jeune homme et se mettait en devoir de retourner toutes ses poches.Les papiers d\u2019état civil, le carnet de chèques, l\u2019argent, tout passa rapidement entre ses lourdes mains.Un instant, il s\u2019éloigna de sa victime, afin de prendre connaissance des diverses pièces.Bientôt, il se retourna, déçu.\u2014 Gros malin, va ! fit-il sur ce ton jovial qui avait quelque chose de sinistre, ça, c\u2019est les faux ! Oui, les faux papiers sans lesquels les agents de ta sorte ne s\u2019embarquent jamais pour une mission.Ce qu\u2019il me faut, c\u2019est les vrais, et les notes que tu as prises concernant ce que tu sais.Il me les faut, tu entends ?Un violent coup de poing sur l\u2019épaule avait sans doute pour but de rendre le prisonnier plus docile.\u2014 Vous vous trompez, fit le romancier, maîtrisant sa colère.Je n\u2019ai aucune raison de voyager avec de faux papiers.Allez vous renseigner auprès de mon consul.\u2014 Le consul d\u2019Angleterre, baby ?\u2014 Le consul de France.Je suis Français, ne le comprenez-vous pas à mon accent ?\u2014 Tu peux être Français, je m\u2019en fous ! Les deux nations sont alliées.En tout cas, c\u2019est pour l\u2019Intelligence Service que tu travailles.\u2014 Pour l\u2019Intelligence Service?Claude était atterré, se rendant compte qu\u2019il était victime d\u2019une déplorable erreur, mais se demandant aussi comment il arriverait à détromper cette brute.Très posément, domptant la colère qui bouillonnait en lui, le jeune homme essaya d\u2019expliquer qui il était et comment il avait décidé de s\u2019offrir ce séjour à Venise.L\u2019homme secouait la tête, dubitatif.\u2014 Cause toujours, mon petit.Tu m\u2019intéresses.Un romancier ?Moi, j\u2019adore les romans, les policiers exceptés.Mais si tu écrivais, tu l\u2019aurais raconté à la souris que je t\u2019ai expédiée \u2014 car on t\u2019a à l\u2019oeil depuis ton arrivée à Milan.Nous aussi, on a des agents secrets.Et l\u2019organisation ne fonctionne pas trop mal, tu dois le reconnaître.Un atout, cette Giulietta.Jolie fille, \u2019pas, mon agneau ?Elle faisait bien, dans l\u2019île des bons moines ?De nouveau, le rire ignoble résonna.\u2014 Je ne puis vous dire qu\u2019une chose.Vous vous êtes grossièrement trompés.Pendant que vous me retenez ainsi, votre agent de l\u2019Intelligence Service, s\u2019il existe, se moque de vous ! \u2014 Tu refuses de parler ?\u2014 Sapristi, que voulez-vous que je vous dise puisque je ne suis pas celui que vous croyez ?Informez-vous, vérifiez les renseignements que je viens La calomnie s\u2019étend comme une tache d\u2019huile ; on s\u2019efforce de Voter mais la tache reste.\u2022 \u2022 \u2022 La flatterie est une fausse monnaie qui n\u2019a de cours que par notre vanité.» \u2022 « Il ne faut pas prolonger les adieux : cela ne prolonge pas la présence, mais la séparation.\t\u2014 Elisabeth Bibesco \u2022 * \u2022 Le changement de modes est l\u2019impôt que l\u2019industrie du pauvre met sur la vanité du riche. Le Samedi, Montréal, 25 mai 11)57 19 de vous donner.Vous avez mon passeport, ma carte d\u2019identité, ma carte de membre de la Société des Auteurs, l\u2019adresse de mon appartement à Paris.Le pire des imbéciles se rendrait compte de son erreur ! \u2014 Je ne suis pas le pire des imbéciles, mais je sais un moyen bien meilleur pour délier la langue de bourriques comme toi.Une fois, deux fois, tu parles ?\u2014 Je ne sais rien, rien! Vous me couperiez en petits morceaux que je ne pourrais rien vous apprendre ! L\u2019individu haussa les épaules.Il fit un signe à ses deux acolytes.\u2014 A ce soir, mon mignon.Je n\u2019aime pas travailler à la lumière du jour.Des importuns peuvent passer à proximité de l\u2019auberge, des amoureux s\u2019y arrêter, quand elle sera fermée.tu verras ! Tu ne perds rien pour attendre ! La porte se referma sur les trois hommes, et Claude se retrouva dans la demi-pénombre de cette pièce dont toutes les ouvertures étaient soigneusement bouchées.Quand le jeune homme constata qu\u2019il était seul, toujours ligoté sur son misérable grabat, une véritable crise de désespoir se déchaîna en lui.Il se sentait perdu, irrémédiablement perdu.La mort, seule, était devant lui, la mort précédée de la torture.Et peut-être mourir pour une cause dont il n\u2019avait aucune idée.Nul moyen de rédemption ne se présenterait, car en ces hommes il devinait des fanatiques sur lesquels une promesse d\u2019argent n\u2019aurait aucun effet.Et puis, quelles offres leur faire ?Que seraient, pour cette puissante organisation, les quelques centaines de mille francs dont il pouvait disposer ?Le temps s\u2019écoulait.En sa tête, le prisonnier remuait des projets qui, tout de suite, lui paraissaient irréalisables.Le geôlier avant de quitter la pièce, avait eu le soin de rattacher les mains du malheureux.Tout effort n\u2019avait d\u2019autre résultat que d\u2019enfoncer plus profondément les cordes dans la chair vive, déjà tuméfiée.En admettant même que Claude parvînt à se détacher, comment sortir de cette prison qui paraissait parfaitement bien appropriée à l\u2019usage que l\u2019on comptait en faire ?Des contrevents pleins défendaient les fenêtres, et il ne fallait pas douter qu\u2019ils ne fussent solidement assujettis du dehors.Le panneau de chêne qui servait de porte s\u2019ouvrait en dedans.Il résisterait à n\u2019importe quel assaut.D\u2019ailleurs, les tortionnaires ne devaient pas être loin.Au moindre bruit, ils surgiraient, trois contre un, et ne manqueraient pas de maîtriser leur prisonnier.Pourtant, le malheureux aurait donné tout au monde pour vendre chèrement sa vie plutôt que de subir le sort que le bandit lui avait promis.Des heures d\u2019atroce angoisse suivirent.Parfois, un éclair d\u2019espérance se glissait dans son coeur.Si le chef de bande avait la prudence de se renseigner, s\u2019ils reconnaissaient leur erreur ?Mais, même dans ce cas, le sort de Sainville serait-il meilleur ?N\u2019en savait-il pas trop sur le compte de ces gens ?N\u2019importe, ce serait la mort, mais non précédée de la torture.Après cette période d\u2019exaltation où les idées bouillonnaient dans sa pauvre tête douloureuse, les nerfs à bout se détendirent, et le jeune homme en arriva à un état voisin de l\u2019inconscience.Il sommeillait d\u2019un mauvais sommeil quand la porte grinçant sur ses gonds annonça le retour des gangsters.\u2014 Lève-toi, dit brutalement l\u2019un des acolytes de l\u2019homme roux.Ce n\u2019est pas ici que tu seras interrogé.Le chef t\u2019attend.Viens ! Un des individus dénoua les liens, mais il eut soin de laisser les chevilles et les poignets ligotés.Malgré sa répugnance, Claude dut s\u2019appuyer au bras d\u2019un des scélérats, car ses jambes le soutenaient à peine.On lui fit suivre un couloir, descendre un escalier, et le sinistre groupe se trouva enfin dans une pièce voûtée, éclairée, non à la lumière électrique comme sa précédente prison, mais par une antique lampe à pétrole.Sur des sièges, des hommes étaient assis.Mise-en-scène destinée à impressionner le patient, ou coutume de cette association de malfaiteurs ou de traîtres, Sainville ne savait encore dans quelle catégorie les ranger.Tous ces hommes portaient, sur le visage, une cagoule noire, ne laissant de vivant que le regard.Ses geôliers poussèrent Claude jusqu\u2019au milieu de la pièce et disparurent.Il ne put s\u2019empêcher de constater qu\u2019il faisait déjà figure de condamné, ce qui n\u2019était guère réjouissant.Une voix dure se fit entendre.Cette fois, c\u2019était en bon italien qu\u2019elle s\u2019exprimait.\u2014 Eh bien ! agent 87, êtes-vous décidé à parler ?\u2014 Je ne suis pas l\u2019agent 87.Vos hommes ont commis une abominable méprise.Avec les papiers qu\u2019ils m\u2019ont enlevés et les précisions que je leur ai données, il leur était facile de savoir la vérité.\u2014 Vous me croyez naïf.Tous les agents de l\u2019Intelligence Service ont une double personnalité, parfaitement en règle, et ce n\u2019est pas la parole de votre consul, pas même de l\u2019ambassadeur de France, qui aura de la valeur à mes yeux.Non, agent 87, ne vous leurrez pas.Vous êtes en notre pouvoir.Vous avez été, pour nous, un dangereux adversaire, mais vous n\u2019entraverez plus notre oeuvre désormais.Combien des nôtres, déjà, ont été arrêtés et supprimés sans procès ! Sur les bords du Canal de Suez, la lutte a été impitoyable.Le trafic des esclaves a été supprimé, traqué, jusque dans les plus petits îlots de la mer Rouge.Maintenant, c\u2019est à une autre de nos sources de profit que s\u2019attaque l'Angleterre.Mais rien ne prévaudra contre des hommes résolus, surtout pas l\u2019Intelligence Service et ses misérables agents.Ainsi, le doute se dissipait.Claude n\u2019avait pas, en face de lui un simple gang, mais une association internationale puissamment organisée et dont les activités avaient été assez nuisibles pour qu\u2019un grand pays lançât contre elle les meilleurs de ses agents secrets.La seule chance de salut était donc de les persuader qu\u2019ils n\u2019avaint rien à craindre du paisible écrivain qu\u2019il était.Avec véhémence, Sainville se mit à plaider sa cause.Mais, bientôt, d\u2019un geste d\u2019impatience, l\u2019un des hommes à la cagoule noire l\u2019interrompit.\u2014 Epargnez-nous ce verbiage, agent 87.Vous devez savoir que l\u2019on ne sort pas vivant de nos mains.Sachez que vous avez été suivi depuis votre départ d\u2019Angleterre.Je pourrais vous redire votre itinéraire.De Londres à Bruxelles où l\u2019un des nôtres, simple correspondant, a été arrêté.Ensuite, en Egypte, après un profitable \u2014 pour vous s\u2019entend \u2014¦ séjour en Turquie.Là, un moment, on a pu croire votre trace perdue, quand vous avez été reconnu en gare de Milan, Si cela était nécessaire, j\u2019aurais pu vous confronter avec la dame qui a fait, dans un compartiment voisin, le trajet de Milan à Venise.A ce moment, passa dans la mémoire du romancier la vision assez vague de cette femme revue au café Florian et dont les restes de beauté avaient '*t .' *«i.} \u2018 ri POUR AMASSER DE L\u2019ARGENT c &YMYWY\\Xje/j^ PAR ÉPARGNER Votre bien-être et celui des vôtres, vos espoirs et vos projets: voilà autant de raisons pour lesquelles vous êtes tenu de pratiquer l'économie.Plusieurs ont constaté qu'un bon moyen d'économiser, c\u2019est d'inscrire l'épargne au premier article de son budget, et non pas au dernier.Us ont constaté en outre qu'il est aussi très important de faire des dépôts réguliers à son compte en banque, parce que c\u2019est la manière la plus simple, la plus sûre et la plus commode de protéger et d'augmenter ses économies.Si vous déposez une somme déterminée à votre compte en banque tous les jours de paye, l'épargne devient bientôt une habitude.Votre réserve liquide s'accroît sans cesse et vous permet de réaliser quelque projet qui en vaille la peine.Le solde que présente votre livret de banque vous rassure et vous encourage constamment.La banque à charte vous sera utile en mettant à votre disposition un personnel sympathique et expérimenté, qui répondra avec empressement à tous vos besoins en matière financière.Faites fructifier vos économies à la banque.LES BANQUES À CHARTE DESSERVANT VOTRE VOISINAGE 20 Le Samedi, Montréal, 25 mai J957 éveillé en lui une vague impression de déjà-aperçu.La voix continuait, impitoyable.\u2014 Il nous reste donc à convenir du mode de disparition.A vous de décider.Si vous persistez dans votre absurde défense, il faudra vous faire parler par la contrainte.Tant pis pour vous.J\u2019aime mieux vous avertir que vos collègues qui ont eu la mauvaise chance de tomber en mon pouvoir ont toujours parlé, tôt ou tard.C\u2019est une question d\u2019endurance.Allons, voici la première question.De quelle mission étiez-vous chargé et quels étaient les indices qui vous ont permis de connaître la ville où devait avoir lieu la prochaine réunion de notre Grand Conseil ?Claude haussa les épaules.-\u2014 N\u2019étant pas celui que vous dites, comment pourrais-je vous répondre ?Il y eut un silence atroce, puis le chef fit un signe.Un des assistants se leva.Sa main allait saisir le Français par le bras.En se reculant.Claude aperçut un chevalet en bois et des cordes déjà en place.Son effort pour se soustraire à l\u2019horrible étreinte en fut décuplé, mais il ne parvint qu\u2019à faire un ou deux pas maladroits, en vacillant sur ses jambes.A ce moment, la porte, par laquelle on avait fait passer le romancier, s\u2019ouvrit et Giulielta parut.Elle était enveloppée dans un ample manteau de voyage, et une mantille noire lui cachait les cheveux.Fou de rage, Claude la souffleta d\u2019une grossière injure.Elle ne daigna ni y répondre ni soulever ses paupières, qu\u2019elle tenait baissées.Ce fut au chef qu\u2019elle s\u2019adressa.\u2014 Attendez ! A quoi bon la violence ?Il se laissera tuer, mais il ne parlera pas, j\u2019en suis certaine.Laissez-moi seule avec lui.Je crois que je réussirai.N\u2019ai-je pas réussi avec le Polonais ?\u2014 Giulictta a raison, approuva une voix parmi le groupe de gauche.Ces scènes de boucherie me répugnent.Et ces corps torturés que la lagune peut rendre suffiraient à attirer l\u2019attention.Et puis, je crains la malédiction que nous jettent ces malheureux ! Laissez faire notre dogaresse.\u2014 Soit, Giulictta! Je t\u2019accorde une heure.Ensuite, le docteur Hermann aura le champ libre.\u2014 Bien, fit-elle en croisant ses deux bras sur sa poitrine.Laissez-nous seuls, je le veux ! -\u2014Une dernière chance, agent 87, mais n\u2019espérez qu\u2019en votre sincérité.On ne s\u2019échappe pas de la Villa de la Mort ! V | uliette se tenait debout devant lui, I et cette femme pour qui il avait J éprouvé un sentiment bien voisin de l\u2019amour ne lui inspirait plus que du dégoût.Sans doute s\u2019en rendait-elle compte, car ce fut d\u2019une voix très humble qu\u2019elle pria : \u2014 Laissez-moi couper vos liens, vite, je vous en supplie.Déjà, à l\u2019aide de ciseaux pointus, elle tranchait les entraves.\u2014 Et maintenant, venez ! \u2014 Vous tenez, sans doute, à me torturer vous-même ?C\u2019est un plaisir rare pour une créature de votre sorte.\u2014 Venez, et vous serez sauvé! \u2014 Au fait, qu\u2019ai-je à risquer?Vous ou eux : le piège est bien construit ! Elle ouvrit rapidement une petite porte que Sainville n\u2019avait pas remarquée, puis elle tendit la main au jeune homme pour l\u2019aider à gravir les marches d\u2019un étroit et sombre escalier.Bientôt, il sentit le vent humide de la nuit baigner son visage en feu.Giulictta s\u2019approcha d\u2019une des fenêtres qui devaient donner dans la salle d\u2019auberge ; elle écouta puis, se tournant vers son compagnon : \u2014 Ils boivent avec l\u2019hôtelier.Nous avons une demi-heure devant nous.Venez ! De nouveau, il sentit sa main serrer la sienne et se laissa entraîner aussi rapidement que ses jambes endolories le lui permettaient.La nuit était sans lune.Le malheureux trébuchait à chaque pas sur le sol glissant et inégal.Enfin, il lui parut que les ténèbres étaient moins profondes.La route s\u2019était élargie, et Claude apercevait les scintillements de l\u2019eau qui suivait la même direction.Ils avaient donc regagné la voie qui suit le cours de la Brenta.Giulictta ne ralentissait pas son allure.Enfin, apparut, rangée sur le bas côté herbeux, une masse noire.\u2014 Mon auto, dit à voix basse la jeune femme.S\u2019ils ne s\u2019aperçoivent pas tout de suite de notre fuite, nous pouvons encore leur échapper.Sainville eut cependant un mouvement de recul quand il s\u2019aperçut qu'un homme était assis à la place du conducteur.Allait-il tomber dans un nouveau piège ?Quelle confiance pouvait-il avoir en celle qui l\u2019avait livré ?Elle comprit les doutes qui le retenaient.\u2014 Montez, je vous en conjure.Songez que, dans quelques minutes, ils découvriront notre départ.Ils vont se lancer à notre poursuite.C\u2019est une effroyable mort, pour vous comme pour moi.Faites-moi confiance.Que pouvez-vous redouter de pire que ce qui vous attendait ?En somme, elle avait raison.Claude obéit en silence tandis qu\u2019elle donnait, dans une langue inconnue, ses instructions au chauffeur.Puis elle prit place auprès du romancier, sur la banquette arrière.L\u2019auto filait à toute vitesse sur la route plate et déserte à cette heure-là.Sans cesse, Juliette se retournait afin de voir si une autre voiture ne se montrait pas.Soudain, elle poussa une exclamation de colère : \u2014 Les voilà.Leur auto est plus puissante que la mienne.Nous ne pouvons leur échapper ! Brusquement, elle parut prendre une résolution, puis elle donna un ordre, en français cette fois, sans doute pour s\u2019éviter d\u2019expliquer à son compagnon ce qu\u2019il avait à faire.\u2014 Ralentis, Michel, dès que nous aurons dépassé ce coude de la rivière.Nous allons descendre.Tu continueras comme si tu ne te savais pas suivi.Quand ils t\u2019auront rattrapé, tu leur diras que tu accomplis mes ordres, c\u2019est-à-dire, après m\u2019avoir attendue une heure, rejoindre Fusina où tu penses me retrouver.Je crois que tu n\u2019as rien à craindre d\u2019eux si tu joues bien ton rôle.\u2014\tJe n\u2019ai pas peur d\u2019eux, Signorina.L\u2019auto venait de ralentir.\u2014\tSautons, dit Juliette en ouvrant la portière.Et elle donna l\u2019exemple.Claude roula assez maladroitement sur l\u2019herbe, mais sans se faire un mal réel.\u2014 Ne vous relevez pas, surtout ! ordonna la jeune femme.Tous deux rampèrent jusqu\u2019à une sorte de chemin de halage.Le fleuve roulait, tout proche, mais la berge étant en contrebas de la route, en s\u2019aplatissant contre le talus, ils avaient de grandes chances de n\u2019être pas découverts.\u2014 Savez-vous nager ?questionna la jeune femme.En cas de péril, nous n\u2019aurions d\u2019autre ressource que de nous jeter à l\u2019eau et de gagner l\u2019autre rive.\u2014 Je nage assez bien.D\u2019une main posée sur sa bouche, elle le fit taire.Le bruit du moteur se rapprochait.Soudain, une nappe de clarté les effleura.L\u2019instant était angoissant : si les poursuivants avaient l\u2019idée de scruter méthodiquement les bas-côtés de la route, ils apercevraient la masse que faisaient les deux corps blottis au ras du talus.Enfin, la nuit se fit : la voiture était passée.\u2014 Ils ne nous ont pas vus, fit Juliette en se redressant, mais le péril n\u2019est pas conjuré.Quand ils auront rejoint Michel, ils reviendront, pensant que je suis partie dans une direction opposée, et ils le forceront à les suivre afin de s\u2019assurer de lui.\u2014 Que faire ?Elle réfléchit un instant, Sur la Brenta, une longue péniche noire se silhouettait à peu de distance d\u2019eux.\u2014 Venez vite.Il faut tenter cela ! Ils firent, en courant car le temps pressait, le court trajet.La jeune femme parut soulagée quand elle aperçut une planche qui reliait le pont de la péniche à la rive.La première, elle s\u2019y engagea.Claude suivait, fermant les yeux pour ne pas subir l\u2019attirance de l\u2019eau noire dont aucun garde-fou ne le séparait.Les mariniers devaient dormir dans leur cabine, le pont était désert.Mais, de nouveau, ce fut l\u2019alerte.La grosse voiture des bandits revenait, et, comme la jeune femme l\u2019avait supposé, celle que conduisait son ami la suivait.Ce ne fut l\u2019affaire que d\u2019une minute.Les deux autos passèrent en trombe et disparurent.\u2014 Que faire, maintenant ?questionna le jeune écrivain.\u2014 Nous ne sommes pas loin d\u2019une station de chemin de fer, répondit Giu-lietta, mais rien n\u2019est sûr.Ils ont pu déléguer l\u2019un des leurs pour surveiller ce côté ; des émissaires doivent sillonner tout le pays.Le mieux est de demeurer ici toute la nuit.\u2014 Vous avez raison.Dès qu\u2019il fera jour, nous trouverons bien le moyen de nous faire conduire jusqu\u2019à un poste de police.\u2014 Dénoncer ces hommes ?Je vous en supplie, ne le faites pas.Jurez-moi, sur l\u2019honneur, de ne pas les dénoncer ! \u2014 Mais ce sont d\u2019abominables gangsters, de redoutables criminels.\u2014 C\u2019est vrai, fit-elle, baissant la tête, mais je suis des leurs.Je partagerais leur sort, quel qu\u2019il soit.Et puis.tenez, il vaut mieux que j\u2019aille jusqu\u2019au bout de la honte.L\u2019un de ces hommes-là \u2014 et peut-être le plus implacable \u2014 est mon père.Elle se tut, comme accablée par la confession qu\u2019elle venait de faire bribe par bribe.Claude finit par lui arracher quelques précisions sur cette redoutable bande.Parmi ces hommes, presque tous avaient été chassés de leur respective patrie pour des fautes qu\u2019ils avaient commises.Certains avaient été condamnés à mort pour des crimes de guerre ; tout mépris des lois, tout trafic leur était bon.Faux monnayeurs à l\u2019occasion, espions travaillant pour le compte de celui qui payait le mieux, agitateurs au service de n\u2019importe quelle cause, mais surtout trafiquants de devises, de stupéfiants et parfois de chair humaine.\u2014 Dernièrement, poursuivait la jeune femme à voix basse, ils furent avertis que l\u2019Intelligence Service, d\u2019accord avec la police italienne, avait découvert certain fil conducteur qui pouvait aboutir jusqu\u2019aux chefs.L\u2019arrivée d\u2019un agent était signalée.Vous avez été pris pour cet homme.\u2014\tEt vous, Juliette, qu\u2019allez-vous faire, à présent ?\u2014 Moi ?Où que je me cache, ils me retrouveront.Mais ne songez pas à moi.Vous êtes toujours en péril.Quittez Venise, l\u2019Italie.En France, la bande n\u2019a aucun affilié.\u2014\tC\u2019est dit.Je vais partir, mais je vous emmène, Juliette.\u2014 Que feriez-vous de moi, de la femme tarée et méprisable que vous devez haïr ?\u2014 Je vous le dirai plus tard, mais je vous jure bien que ceux que vous redoutez ne vous rechercheront jamais sous la simple apparence de la femme d\u2019un romancier français que la célébrité et la fortune n\u2019ont pas encore visité.Une exclamation de surprise interrompit l\u2019émouvante conversation.Un jeune marinier venait d\u2019apparaître sur le pont de la péniche que doraient les premiers rayons du soleil.Ce fut Giulietta qui connaissait parfaitement le dialecte vénitien à laquelle incomba la tâche d\u2019expliquer leur présence à bord.Bientôt, le garçon se mit à rire de toutes ses dents blanches, ravi de l\u2019aventure qu\u2019il crut être une fugue d\u2019amoureux.Les deux fugitifs avaient le choix, pour regagner la ville des Doges, entre le chemin de fer dont une station était proche et la péniche qui allait, doucement, descendre le cours de la Brenta.Pour échapper aux recherches des bandits, nul moyen n\u2019était plus favorable.Claude s\u2019abandonnait entièrement entre les petites mains qui l\u2019avaient sauvé.Le premier train en partance pour le Nord de l\u2019Italie les emporta tous deux loin de la cité prestigieuse où le romancier avait connu hélas de si brèves, mais si pathétiques vacances.Quelques semaines plus tard, un écho discret que reproduisirent quelques journaux, annonçait le mariage du jeune et talentueux écrivain \u2014 c\u2019était la formule consacrée.On ne nommait même pas la fiancée, qui n\u2019appartenait pas au monde de la littérature, du théâtre et des arts.Ainsi Claude et Giulietta se trouvèrent unis pour le meilleur comme pour le pire.Le pire ?Cela avait été, sans doute, la terrible nuit passée dans la « Villa de la Mort ».Le meilleur ?Les amoureux l\u2019avaient devant eux, avec toute leur vie, ainsi que l\u2019on dit quand on aime ! Léo Gestki.ys L\u2019amour est l'architecte de l\u2019univers.Le découragement vient, comme l\u2019ambition, de l\u2019impatience du succès.» \u2022 * Une injustice n\u2019est rien, si on parvient à l\u2019oublier.\t\u2014 Confucius * * * Le mariage, comme la captivité, enrage ou domestique.\u2022 * * La femme n\u2019est sûre d\u2019avoir un coeur que le jour où il ne lui appartient plus. Le Samedi, Montréal, 25 mai 1957 21 Notre roman feuilleton 1estin paves MAURICE VALADE RESUME DES CHAPITRES PRECEDENTS Renault Poitevin, sur les instances de Madeleine Carvajean, son amie très intime, est devenu un des patrons de la Maison Carvajean & Cie.Un jour, Pierre Carvajean, mari de Madeleine, reçoit une lettre anonifme dénonçant les agissements de sa femme et de son associé.Pris d\u2019une fureur jalouse, il est résolu aux pires extrémités, lorsque sa fille adoptive, Basquine, se sacrifie pour sauver ceux qui l\u2019ont recueillie, elle et son frère Armand.Elle doit ensuite épouser Renault qui l'avait soi-disant compromise.Mais Just, le fils de la maison, aimait éperdument Basquine, aussi en est-il tout désespéré.H | A lettre qu\u2019elle m\u2019a écrite était I certainement mensongère, et ma j! soeur ne cherchait vraiment qu\u2019à nous faire une farce, à toi et à moi \u2014 les jeunes filles ont parfois, tu le sais, des idées si bizarres.\u2014 Basquine n\u2019a pas menti.elle se marie ! fit Just d\u2019une voix sourde, d\u2019une voix si basse qu\u2019elle paraissait lointaine.Elle aime l\u2019associé de mon père, et bientôt elle sera Mme Renault Poitevin ! Si jamais tu rentres à l\u2019usine tu auras un beau-frère très puissant, très calé, qui te poussera rapidement ! Ah ! la fille de ce bon Saurel aura su faire son chemin !.\u2014 Tu me dis là des choses qui me font horriblement de mal, dit doucement Armand.Ah ! crois-le bien, moi non plus je ne pardonnerai jamais à Basquine sa trahison, je ne lui pardonnerai jamais ce qu\u2019elle te fait souffrir.\u2014 Tranquillise-toi, j\u2019ai souffert mais je ne souffre plus, fit Just en passant la main sur son front.Non, je ne souffre plus ; mais je n\u2019oublie pas, et je suis parfaitement résolu à ne rentrer dans notre vieille demeure que le jour où Renault en sera parti.« Ce n\u2019est pas la jalousie, je te l\u2019assure, qui me fait parler ainsi.On n\u2019est point jaloux d'une femme qu\u2019on méprise ; \u2014 or, moi maintenant, je méprise Basquine, et demain briserait-elle elle-même son mariage que je ne la voudrais plus.Entre elle et moi un abîme s\u2019est creusé, abîme si profond que rien ne pourra jamais le combler.Pour mieux et plus vite l\u2019oublier je me lancerai dans une vie de plaisirs, j\u2019aurai des maîtresses.Que diable, les femmes ne manquent pas \u2014 une de perdue, dix de retrouvées.Mais ces dernières paroles expirèrent dans un rire forcé qui ressemblait plutôt à un sanglot.Armand ne s\u2019y trompa pas ; \u2014 il comprit que tous ces mots plus ou moins agressifs de Just n\u2019étaient que l\u2019expression de douloureuses révoltes.\u2014 Tu as raison, dit-il enfin ; \u2014 tu arriveras aisément à te consoler, et les captivantes maîtresses ne te manqueront pas.Mais moi, Just, je ne me consolerai pas ; je ne retrouverai pas la soeur que j\u2019ai perdue ! Pour moi com me pour toi, Basquine n\u2019existe plus, et je ne la reverrai de ma vie ! Un sourire plein d\u2019amertume erra sur les lèvres de Just qui, pour toute protestation se contenta de hausser légèrement les épaules.Pour lui, l\u2019amour semblait à jamais fini.L\u2019amitié elle-même sombrait.Ill t Basquine ?.Le départ de Just l\u2019avait plongée dans l\u2019épouvante ; et tel fut son désespoir qu\u2019elle en oublia toute retenue.A peine Just venait-il de quitter l\u2019usine que, pâle et tremblante, Rabat-Joie la vit apparaître dans sa loge.Commencé dans l'édition du 11 mai 1957.Publié en vertu d'un traité avec la Société des Gens de Lettres.\u2014 Les noms des personnages et de lieux de nos romans, feuilletons, contes et nouvelles sont fictifs et choisis au hasard.\u2014 Just?.Just?\u2014 il est parti, n\u2019est-ce pas ?Je vous en supplie, rappelez-le.j\u2019ai encore une confidence à lui faire.Rabat-Joie courut à la porte cochère, l\u2019ouvrit, et du regard explora la petite rue pleine d\u2019ombre.\u2014 Monsieur Just est déjà loin, fit-il en venant rejoindre Basquine écrculée sur une chaise dans la loge obscure.Il était si pressé de regagner le camp que j\u2019ai comme idée qu\u2019il est venu à Paris sans permission.Un coup de tête, quoi, qui lui vaudra peut-être la prison \u2014 et ce sera vous, mademoiselle Basquine, qui en serez cause.Laissez-le donc partir tranquillement, et surtout ne le faites plus venir ici.Que diable, les grandes manoeuvres finiront bientôt, et alors monsieur Just se rendra près de vous.quand ce ne serait que pour assister à votre mariage.Basquine ne releva pas ces paroles.Vivement elle se leva et s\u2019en fut, le front bas, la démarche chancelante.C\u2019était comme une ombre qui traversait l\u2019immense cour déserte, rasant les hauts bâtiments de l\u2019usine.Personne ne la vit rentrer dans la vieille maison, pénétrer dans cette chambre tout à l\u2019heure témoin de la douloureuse scène qui s\u2019était déroulée entre Just et elle.Un splendide clair de lune illuminait les choses, épandait ses rayons sur le lit blanc, sur l\u2019armoire de laque, sur ces riens tant aimés des femmes élégantes.Une image de la Vierge, toute blanche dans son cadre d\u2019or, semblait sourire ; \u2014 mais Basquine ne leva pas les yeux vers la douce consolatrice des affligés.L\u2019idée de prier ne lui vint pas \u2014 elle était si lasse, si lasse, de souffrir pour les autres !.En cette minute d\u2019inexprimable douleur elle se demandait si elle aurait le courage d\u2019accomplir jusqu\u2019au bout le sacrifice qu\u2019elle s\u2019était imposé.L\u2019odieux mensonge qu\u2019elle avait fait en affirmant aimer Poitevin la révoltait, et maintenant elle en éprouvait de la honte.Des heures s\u2019écoulèrent, lentes et tristes.Puis enfin des pas se firent entendre dans la maison ; \u2014- c\u2019étaient Carvajean et Madeleine qui rentraient du théâtre, ignorant sans doute tous deux la démarche de leur fils.Depuis quelque temps le patron conduisait Madeleine presque tous les soirs au théâtre, pensant que les distractions ramèneraient enfin le calme dans l\u2019esprit toujours agité de sa femme.Le lundi cependant ils restaient à la maison pour recevoir à dîner Poitevin qui, toujours empressé à faire sa cour, envoyait régulièrement à Basquine des fleurs superbes ; et ces jours-là \u2014 les lundis \u2014 amenaient une recrudescence de souffrances pour Basquine et pour Madeleine.La patronne cherchait à s\u2019étourdir, à s\u2019enivrer de plaisirs ; \u2014 aussi conduisait-elle Carvajean dans tous les endroits où elle pensait retrouver Renault.Un soir ils s\u2019étaient rencontrés au théâtre et avaient pris place dans la même loge.A un entracte, profitant d'une courte absence de Carvajean, Madeleine s\u2019était penchée vers Renault, qui lui aussi se disposait à sortir de la loge, et lui avait dit tout bas : \u2014 Demain.chez toi \u2014 attends-moi de deux à trois.A peine ce rendez-vous était-il fixé que Poitevin, non encore revenu de sa surprise, prenait congé de Carvajean qui venait de rentrer dans la loge, rapportant des bonbons et un superbe bouquet qu\u2019il offrit à sa femme.\u2014 Nous aussi, dit-i! en riant, nous devons faire comme si nous étions à nouveau fiancés ; \u2014 il ne sera pas dit que seuls Renault et Basquine auront cette joie.Et, tout près de Madeleine, il ajouta : \u2014 Tu es si jolie, si jolie, que tout le monde te regarde.Ton costume te va à ravir, et tu as vraiment l\u2019air d\u2019une toute jeune femme.Jamais, je te l\u2019assure, on ne croirait que tu as atteint la quarantaine et que tu es la rnère d\u2019un beau et grand garçon de vingt ans.Mais très occupée à regarder le parterre où elle espérait revoir Renault, Madeleine restait complètement indifférente aux paroles flatteuses de son mari.Ce soir, comme toujours d\u2019ailleurs, elle subissait sa présence parce qu\u2019il le fallait et qu\u2019elle ne pouvait s\u2019y soustraire ;\t\u2014 mais une nervosité qu\u2019elle ne cherchait même point à dissimuler crispait ses traits, donnait à ses yeux une expression mauvaise.Ce fut dans cette disposition d\u2019esprit qu\u2019ils rentrèrent à l\u2019usine, dans la vieille maison silencieuse.Sur le seuil de sa chambre Madeleine s\u2019arrêta, et dit à Carvajean : \u2014 A demain.Je tombe de sommeil \u2014 bonsoir.Habitué depuis longtemps à de telles boutades, Carvajean ne se fâcha pas.Il pensa : « Elle est malade.et si nerveuse ! \u2014 demain elle sera plus calme.» La détermination subite qu\u2019avait prise Madeleine de revoir Renault le len- demain la tint éveillée toute la nuit.Au matin seulement elle se coucha, et ne se leva que vers neuf heures.Les yeux battus, les traits tirés par cette longue insomnie, elle se rendit, vêtue d\u2019un peignoir de laine blanche, à la salle à manger où le déjeuner du matin était servi.Elle y retrouva Carvajean qui achevait de boire son café.\u2014 Basquine n\u2019est pas encore descendue, dit le patron.« Cette petite est tellement heureuse de se marier bientôt qu\u2019elle en perd l\u2019appétit.Perdue dans ses rêveries ensoleillées, elle oublie que l'heure du déjeuner a depuis longtemps sonné ; \u2014 aussi devrais-tu la faire parvenir que tu l\u2019attends à la salle à manger.\u2014 Tout à l\u2019heure.\u2014 Comme tu voudras ; \u2014 sur ce je te quitte.\u2014 Où vas-tu donc ?-\u2014J\u2019ai différentes courses à faire dans Pal is.Ah ! vois-tu, Madeleine, la concurrence se fait tellement âpre, tellement menaçante, qu'il faut maintenant ne ménager ni ses pas ni ses démarches si on veut traiter dans de bonnes conditions des affaires importantes ; \u2014 et c\u2019est pourquoi j\u2019ai décidé d\u2019aller aujourd\u2019hui relancer moi-même plusieurs clients sérieux.Carvajean parlait, mais Madeleine ne l'écoutait pas.Debout près de la fenêtre ouverte, elle prenait son thé ; \u2014 et telle était sa préoccupation qu\u2019elle ne s\u2019aperçut même pas de la disparition de Carvajean.Elle ne le vit que lorsqu\u2019il traversa le jardin, marchant vite.Subitement il s\u2019arrêta et lui cria de loin.\u2014 Il se peut que je ne rentre pas pour déjeuner : j\u2019ai à traiter de nombreuses affaires qui me retiendront peut-être jusqu\u2019au soir.\u2014 Alors bon voyage, fit-elle en riant.Mais ce rire s\u2019effaça bien vite de ses lèvres.En hâte elle remonta à sa chambre où elle s\u2019enferma soigneusement.Quand elle en ressortit, vers une heure et demie, elle était méconnaissable ; \u2014 ce n\u2019était plus madame Carvajean, mais bien une demi-mondaine raffinée et coquette.Pour essayer de reconquérir celui qu\u2019elle aimait, elle avait mis tout en oeuvre, avait fait appel à tous les moyens de séduction : maquillage, teinture, toilette excentrique, chapeau de la grande faiseuse \u2014 rien n\u2019y manquait.Penchée à sa fenêtre, Basquine la vit passer \u2014 et tout de suite elle eut l\u2019intuition qu\u2019elle allait voir Renault.« Pauvre femme ! songea-t-elle alors.Elle ne sait plus ce qu\u2019elle fait, et l\u2019amour l'aveugle ! Elle va délibérément se jeter dans les bras d\u2019un homme beaucoup plus jeune qu\u2019elle ! Elle a perdu tout sens moral, et rien ne la retient à ce foyer qu\u2019elle eût dû respecter toujours ! Certaines femmes ne savent pas apprécier leur bonheur, et elles cherchent ailleurs les émotions qui tuent!.» Quand Madeleine eut disparu à ses yeux, Basquine alla s\u2019installer sous les tilleuls où elle serait si bien, toute seule, pour travailler et rêver. 22 Le Samedi, Montréal, 25 mai 1957 Ce fut là que le plus jeune fils de Michel \u2014 le petit Marcelin \u2014 vint, la retrouver.Le gamin avait les yeux rouges \u2014 il avait certainement pleuré.Néanmoins, il aborda Basquine, le sourire aux lèvres.\u2014 Pardon, si je vous dérange, mademoiselle ; mais c\u2019est Morin qui m\u2019envoie vous demander si vous pouvez le recevoir quelques instants ici, sous les tilleuls, dans votre salon d\u2019été.\u2014 Mais oui, mon petit, mais oui.Va dire à Morin que je suis seule et qu\u2019il peut venir.\u2014 On le sait bien à l\u2019usine que vous êtes seule, mademoiselle Basquine.Le patron, lui, est parti ce matin de bonne heure et Mme Carvajean vient de filer à l\u2019anglaise.Puis ricanant, il ajouta : \u2014 Moi, je trouve que la patronne a parfaitement raison de se donner de l\u2019air, de se distraire à sa façon.Où il y a de la gêne il n\u2019y a pas de plaisir, dit un proverbe bien connu \u2014 et moi je le gobe, ce proverbe-là.\u2014 Mais, mon petit Marcelin, fit la jeune fille en riant, on dirait vraiment que tu te révoltes.\u2014 Oui, à la fin je me révolte contre mon père ; \u2014 j\u2019en ai assez de ses taloches.\u2014 Si lu les mérites.\u2014 Il m\u2019empêche de fréquenter certains camarades qui me plaisent cependant beaucoup.\u2014 Michal a parfaitement raison.\u2014 Ah! mademoiselle Basquine, vous aussi vous êtes de l\u2019autre siècle, vous aussi vous avez des idées arriérées ; mais moi je suis de mon temps.J\u2019ai treize ans ; \u2014 je suis donc un grand garçon, et j\u2019ai le droit d\u2019agir désormais à ma guise ! Le jour où le paternel m\u2019embêtera trop, je lui tirerai ma révérence, je le plaquerai sans la moindre hésitation.Et l\u2019enfant s\u2019en alla.Longtemps, pensive, un sourire d\u2019amertume aux lèvres, Basquine le regarda s\u2019éloigner.« Encore un qui sombrera dans les bas-fonds, pensa-t-elle, à moins que Michal ne réussisse à le retenir à temps ; \u2014 il est donc dit que je ne verrai autour de moi que des détraqués !.» Et, soucieuse, elle se remit à son travail, attendant la visite de Morin.Elle n\u2019attendit pas longtemps.Bientôt, en effet, un pas lourd se fit entendre sur le gravier des allées \u2014 et le vieux caissier parut.Sans un mot, tous deux se tendirent la main \u2014 ils comprenaient si bien l\u2019un et l\u2019autre ce qu\u2019ils avaient à se dire !.\u2022\u2014 Bonjour, petite, bonjour, fit enfin Morin.Je suis venu parce que je te savais toute seule.Carvajean a plusieurs courses importantes à faire et il ne rentrera que tard.Quant à la patronne, elle a filé de bonne heure.Où elle est allée \u2014 tu dois bien un peu t\u2019en douter, pas vrai ?Vraiment elle a le diable au corps, cette gueuse-là.-\u2014 Epargnez-la, monsieur Morin, c\u2019est la mère de Just ! dit Basquine avec une infinie douceur.\u2014 Possible ; n\u2019empêche qu\u2019on la déteste, qu\u2019on la méprise à l\u2019usine.Le patron a beau crier sur les toits que sa Madeleine est une sainte alors que toi tu es une coureuse, personne \u2014 tu entends, petite, personne, pas même ce gosse de Marcelin \u2014 ne croit un traître mot des affirmations de Carvajean.Que veux-tu, on lui pardonne ses accusations monstrueuses contre toi \u2014 ça le soulage tant, et la jalousie est une si mauvaise conseillère !.« Et puis, et puis, on sait que tu vas te marier avec Renault, et qu\u2019ainsi ton honneur sera sauf !.Basquine ne protesta pas.Ses mains quelque peu tremblantes laissèrent choir sur ses genoux le travail qu\u2019elle achevait ; ses paupières se fermèrent à demi, et sous les cils blonds de grosses larmes apparurent.\u2014 Tu pleures, petite, tu pleures ! fit Morin ému.Je pensais cependant que tu serais heureuse d\u2019épouser le beau Poitevin, d\u2019être riche toi aussi, de devenir une des patronnes de l\u2019usine.Comme une vieille bête que je suis je ne songeais pas à ton coeur.« Ah ! nom de nom, peut-être ne me pardonnes-tu pas de t\u2019avoir moi-même jetée dans ce guêpier.Je craignais un crime, un suicide \u2014 et c\u2019est pour cela que je t\u2019ai sacrifiée, toi, la fille de mon vieux camarade Saurel, de mon ancien compagnon de jeunesse ! « Depuis, vois-tu, j\u2019ai eu des remords, et bien souvent ma conscience m\u2019a fait d\u2019amers reproches.Je n\u2019avais pas le droit, je le comprends maintenant, de te conseiller un sacrifice aussi complet, aussi douloureux.\u2014 Tout est accompli, tout est fini! murmura Basquine en portant la main à son front.Just est venu hier \u2014 et à cette heure il sait tout !.-\u2014 Il sait que tu te maries ?\u2014 Je lui ai tout dit \u2014 j\u2019ai voulu boire la coupe d\u2019amertume jusqu\u2019à la lie ! A ses yeux l\u2019honneur de sa mère est sauf, c\u2019est l\u2019essentiel.Il ignorera toujours le sacrifice que volontairement je me suis imposé ; ignorera toujours aussi le drame nocturne qui s\u2019est déroulé dans le pavillon mauresque ! J\u2019ai été brutale, me complaisant dans mon odieux mensonge \u2014 et maintenant Just est persuadé que j\u2019aime Renault, que je suis fière et heureuse d\u2019épouser Renault !.\u2014 Ah ! petite, petite, me pardonneras-tu jamais ce que j\u2019ai fait, ce que j\u2019ai dit ! \u2014 Il fallait non seulement sauver ma mère adoptive, mais encore il fallait sauver la vie de Carvajean ! murmura doucement Basquine ; \u2014 et je vous suis très reconnaissante, mon vieil ami, de m\u2019avoir montré la route du devoir.\u2014 Je suis fier de t\u2019entendre parler ainsi.Va, ma petite, tu es bien une vraie fille du peuple \u2014 de ce peuple parfois frondeur mais dont toujours les sentiments sont grands et généreux.Comme moi, ton père et ta mère en étaient, tu peux bénir tes parents qui ont infusé dans ton sang des idées d\u2019honnêteté et de dévouement ! \u2014 Ces idées vous les professez aussi tous deux, vous et le vieux Michal, le digne contremaître ; \u2014 et c\u2019est pourquoi le patron vous aime, éprouve pour vous la plus grande estime.Une larme glissa sur les joues du vieux caissier.Il redressa sa haute taille, et dans l\u2019ombre des tilleuls il apparut comme agrandi.Une joie intense et profonde allumait ses yeux en songeant à Carvajean, au patron qui savait si bien apprécier leurs services, à Michal et à lui.Subitement il saisit la main de Basquine et la serra doucement en disant : \u2014 Alors, tu me pardonnes ?Pour toute réponse, la jeune fille se contenta de sourire.Peu convaincu de la sincérité de ce pardon, et toujours hanté par le remords de s\u2019être mêlé de ce qui ne le regardait pas, Morin se décida à partir sans insister davantage.Marcelin qui, assis à côté de sa cloche, le guettait, lui cria : \u2014 Hé, papa Morin, dites à mon paternel que je vais jouer de la fille de l\u2019air.\u2014 Te tairas-tu, galopin.\u2014 Plus souvent.Moi aussi j\u2019aime la galette et les jolies filles, et j\u2019en ai assez de sonner la cloche pour appeler à l\u2019usine tout ce tas d\u2019imbéciles qui travaillent pour les autres.A la mer, les patrons \u2014 et aussi tous les ronds-de-cuir comme toi.\u2014 Marcelin !.mon petit Marcelin ! fit doucement Morin en s\u2019avançant vers le gamin qui le bravait du regard.\u2014 Eh bien, quoi?Voyez-vous, père Morin, cette cour d\u2019usine m\u2019embête ! J\u2019ai des camarades qui mènent joyeuse vie \u2014 et dorénavant je suis parfaitement décidé à faire comme eux.\u2014 Et le poste ?.et la prison ?\u2014 On s\u2019y chauffe, et on y roupille tout à son aise.« Ah ! pauvre gosse !.pauvre Michal ! pensait Morin en regagnant son bureau.Que de peines l\u2019avenir réserve à mon vieux compagnon de travail.si je ne le préviens pas à temps ! » Or, tandis que se déroulaient à l\u2019usine Carvajean les diverses scènes que nous venons de raconter, Madeleine avait prestement gagné les grands boulevards.Jamais elle ne s\u2019était sentie aussi heureuse, aussi légère.Elle était triomphante à la pensée que Renault, de nouveau subjugué, lui reviendrait certainement \u2014 elle était toujours si jolie, si séduisante.En passant près d'elle les hommes le lui disaient ; et elle croyait aux hommages de ces inconnus, de ces indifférents, dont seule la riche et élégante toilette de la pauvre femme excitait l\u2019admiration.Elle avait besoin de marche, besoin d\u2019air, pour mieux réfléchir à ce qu\u2019elle allait dire à Renault.Dans sa fatuité de jolie femme elle se figurait pouvoir reprendre tout de suite le coeur de Poitevin, pouvoir empêcher le mariage du jeune homme avec Basquine.Alors, quand ce résultat serait obtenu rien ne lui serait plus facile que de continuer ses relations avec celui qu\u2019elle aimait.Tout en songeant ainsi elle gagna la Madeleine.Là elle héla un fiacre et donna au cocher Tordre de la conduire au 30 bis du boulevard Malesherbes.Mais à peine était-elle installée dans la voiture qu\u2019une frayeur instinctive s\u2019empara d\u2019elle.Qu\u2019allait-elle dire à Renault ?comment la recevrait-il ?serait-il chez lui ?\u2014 autant de questions auxquelles elle ne pouvait répondre.Aussi toute sa belle assurance de tout à l\u2019heure était-elle tombée quand la voiture s\u2019arrêta devant la maison de Renault.La concierge, debout sur le seuil de la porte, la regarda descendre, et la reconnaissant aussitôt s\u2019effaça pour la laisser passer.-\u2014 M.Poitevin est-il chez lui ?demanda Madeleine.\u2014 Oui, madame.Sans adresser d\u2019autre question à la concierge, Madeleine s\u2019engagea résolument dans le large escalier couvert d\u2019épais tapis.Lentement elle gravit cinq étages ; puis elle s\u2019arrêta devant une porte et sonna.Pendant la minute que dura son attente toute sa vie fut comme suspendue.Son coeur qui tout à l\u2019heure, au moment où elle descendait de voiture battait à se rompre, semblait maintenant complètement arrêté, comme mort.La porte s\u2019ouvrit enfin, et, défaillan- COUPABLE OU NON COUPABLE CHRONIQUE JUDICIAIRE par ROBERT MILLET, B.A.Le.compagnon d\u2019un homme trouvé en possession d\u2019outils de cambrioleurs est-il nécessairement coupable de la même offense?Il est cinq heures, le matin.Deux constables, préposés à la patrouille des rues, à Montréal, voient passer une automobile transportant deux hommes : le conducteur et un compagnon.Question de routine plutôt que de soupçon, les constables interceptent l\u2019automobile.Ils ont cru bon de vérifier l\u2019identification des deux occupants.Le propriétaire du véhicule est le passager.Il a requis un ami de conduire à sa place, car il est blessé à un pied et se trouve momentanément incapable de tenir le volant.Le conducteur actuel possède un permis de conduire et l\u2019exhibe aux policiers.Poussant plus loin leurs investigations, les constables prient le conducteur d\u2019ouvrir la malle, en arrière du véhicule.Dans cette malle, il y a un sac.Quand on lui demande ce qu\u2019il contient, le conducteur répond qu\u2019il s\u2019agit d\u2019outils destinés aux réparations et à l\u2019entretien de l\u2019automobile.Pendant que le conducteur s\u2019expliquait ainsi avec les constables, le passager, c\u2019est-à-dire le propriétaire de l\u2019automobile, glisse un sac en dessous du véhicule dans l\u2019intention évidente de le dissimuler à la vue des agents.Un constable ouvre le sac.Il contient de la dynamite.Les outils du sac pourraient fort bien servir à cambrioler.Les deux hommes sont immédiatement mis sous arrêt.On les accuse d\u2019avoir été trouvés illégalement en possession de dynamite et d\u2019outils de cambrioleurs.Le propriétaire de l\u2019automobile est subséquemment trouvé coupable de possession illégale de dynamite.Son compagnon, le chauffeur, plaide ignorance.A son procès, il jure qu\u2019il ignorait qu\u2019il y eût de la dynamite dans l\u2019automobile.Il n\u2019avait pas la moindre idée que les outils du coffre pussent être destinés au cambriolage.S\u2019il avait pris le volant de l\u2019automobile, c\u2019était uniquement pour obliger le propriétaire, incapable de conduire à cause d\u2019une blessure au pied.Dans les circonstances, le chauffeur de l\u2019automobile est-il COUPABLE ou NON ?NON-COUPABLE ! « décrété la Cour du Banc de la Reine, dans un jugement rendu à Montréal, au cours du mois de janvier 1957. Le Samedi, Montréal, 25 mai 1957 23 te, Madeleine pénétra dans le petit appartement très élégant de Renault.\u2014 Vous!.encore vous! fit le jeune homme en haussant les épaules.Je vous croyais cependant redevenue raisonnable ; \u2014 vous comprenez pourtant très bien qu\u2019entre nous tout doit être à jamais fini.\u2014 Oui, c'est moi, encore moi, toujours moi, fit-elle en enlevant brusquement la voilette qui l\u2019étouffait.Puis, debout devant lui, frémissante, terrible, menaçante, elle cria : \u2014 Et si je ne veux pas, moi que ce soit fini ; si je ne veux pas que tu épouses cette fille ?.\u2014 Le roi dit nous voulons madame.Moi j\u2019impose ma volonté, moi je dis je veux ! Et pourquoi donc es-tu résolu à épouser Basquine ?Serait-ce parce que tu penses l\u2019avoir déshonorée aux yeux de Carvajean, aux yeux de tous ! \u2014 mais de tels sentiments de délicatesse et de loyauté jurent avec l\u2019égoisme de ton caractère.« Oh ! je sais, reprit-elle, tu prétends 1 aimer \u2014 mais tu mens ! Comment pourrais-tu oublier tes serments d\u2019amour ; comment pourrais-tu jamais aimer une autre femme que moi ! Ne suis-je pas ta chose, ton esclave ; pour toi ne me suis-je pas compromise ?A l\u2019usine, crois-le bien, chacun connaît nos relations, et chacun comprend que la mise-en-scène de ton rendez-vous nocturne avec Basquine dans le pavillon mauresque \u2014 ce rendez-vous au cours duquel vous avez été surpris par Carvajean \u2014 n\u2019a été qu\u2019une odieuse comédie ! Va, va, on sait que depuis de longs mois je viens ici souvent passer des heures près de toi !.Peu importe \u2014 j\u2019épouserai Basquine ! \u2014 Je te le défends !.\u2014 Je l\u2019épouserai malgré vous, malgré tous.\u2014 Ah ! fit-elle en tombant comme brisée sur un siège, entendre une telle menace.et ne pas mourir aussitôt .\u2019 Puis, véhémente.\u2014 Et si je préfère tout dire à Carvajean, si je préfère lui avouer mon violent amour pour toi ?Tu ne réfléchis donc point aux conséquences que pourrait avoir pour toi ma douloureuse confession ?Ne me pousse pas à bout ; \u2014 je subis en ce moment une crise terrible et je me sens capable des pires folies ! Que me font à moi la colère et le mépris de mon mari si tu m\u2019échappes, si tu te jettes dans les bras d\u2019une autre ! Non, non, je ne veux pas que tu épouses Basquine ; \u2014 tu es à moi.je te garde ! Renault eut un rire sonore, un rire qui la terrifia.\u2014 Et ton fils, dit-il.Que pensera-t-il, ton fils, de la conduite scandaleuse de sa mère ?Oh ! je le comprends, si tu étais seule tu pourrais lutter, tu pourrais me disputer à Basquine ; mais il y a ton fils envers qui tu as des devoirs à remplir.\u2014 Just!.Just!.murmura-t-elle en prenant sa tête à deux mains.Dans le coeur de la malheureuse la corde maternelle vibrait : \u2014 Renault le comprit aussitôt, et scandant ses paroles il reprit : \u2014 Oui, ton fils qui viendrait peut-être me provoquer en duel et que je tuerais certainement.Alors que penserait le monde d\u2019une femme qui déjà à l\u2019automne de la vie, se donnait, sans souci de sa dignité et de son honneur, à un jeune homme de trente ans ! Tu ne te regardes donc jamais dans une glace, le matin avant le maquillage journalier ?Tu ne te rends donc pas compte que malgré la teinture savante qui cache tes cheveux déjà grisonnants, tu n\u2019en es pas moins une femme mûre.\u2014 Ah! misérable.insolent!.lâche! \u2014 C\u2019est ta haine que je veux, parce que du jour où tu me haïras je ne te retrouverai plus jamais sur ma route.Alors, je m\u2019y attends, tu agiras dans 1 ombre et tu chargeras quelqu\u2019un de te venger ; \u2014 mais, crois-le bien, je saurai me défendre.\u2014 Lâche !.lâche ! \u2014 Je ne t\u2019ai point cherchée, et c\u2019est toi qui avant notre liaison te trouvais sans cesse sur mon chemin.Vraisemblablement ton but était de m\u2019extorquer les cinq cent mille francs que j\u2019ai mis dans l\u2019usine de ton mari.Il vous fallait des capitaux, un associé \u2014 et c\u2019est moi que Carvajean et toi avez choisi comme proie.Et acerbe.\u2014 Je possède deux millions liquides déposés à la Banque de France \u2014 les veux-tu encore ?.\u2014\tLâche !.lâche ! Elle ne peut dire que ces mots.A demi étendue sur un divan bas, elle sanglote éperdument \u2014 les injures qu\u2019elle vient d'entendre l\u2019ont brisée.\u2014\tAllons, dit-elle enfin en se redressant, tu peux te marier.je ne m\u2019y oppose plus.Mais sache-le bien, ce mariage sera ta punition : Basquine ne t\u2019aime pas, Basquine ne t\u2019aimera jamais, parce qu\u2019elle en aime un autre ! \u2014\tTu mens !.\u2014\tElle en aime un autre, te dis-je ; et cet autre tu le connais.c\u2019est mon fils ! Crois-tu donc qu\u2019une femme qui se sacrifie \u2014 car Basquine se sacrifie pour me sauver \u2014 puisse jamais aimer l\u2019homme assez misérable pour accepter un tel sacrifice ?.\u2014\tJe l\u2019aime, moi, et cela me suffit.Je la ferai riche, heureuse, je m'efforcerai de satisfaire le moindre de ses caprices ; \u2014 et alors touchée de tant d amour, elle me donnera son coeur.Epuisée maintenant, comme anéantie, Madeleine ne put trouver une parole de protestation.Sur son visage ravagé elle abaissa sa voilette ; et sans un mot elle partit.Sur les boulevards seulement elle parut se ressaisir.Des gouttes de pluie tombaient.Le ciel, qui tout à l\u2019heure était d\u2019un bleu superbe, s était brusquement obscurci ; mais ni le vent qui s\u2019élevait, ni l'orage qui menaçait de plus en plus, ne parvenaient à troubler lame en détresse de la pauvre femme.A pied elle descendit jusqu\u2019à l\u2019église de la Madeleine où elle décida de se réfugier pour se protéger de la pluie qui maintenant se faisait diluvienne.Longtemps elle resta dans l\u2019église silencieuse.L\u2019orage déchaîné plongeait dans les ténèbres les chapelles obscures, et peu à peu 1 ombre se faisait plus profonde dans l\u2019église.Quelques cierges allumes jetaient autour d\u2019eux de faibles rayons, éclairaient a peine les saints de pierre et les hauts piliers s\u2019élançant jusqu\u2019aux voûtes.D un coup d\u2019oeil rapide Madeleine se rendit compte de la solitude qui l\u2019environnait de toutes parts, et à pas lents elle gagna la chapelle de la Vierge.Prosterné devant l\u2019autel un prêtre priait.Tout jeune encore, à peine avait-il vingt-cinq ans.Des cheveux blonds bouclés couvraient à demi le col de la soutane ; de grands yeux bleus d\u2019une douceur exquise éclairaient une physionomie serieuse, un front large et bombé.La sérénité du visage de ce jeune prêtre en prière fit frissonner Madeleine.Elle voulut fuir, quitter l'église, mais elle n\u2019en eut pas la force.Sur un prie-Dieu elle tomba accablée, les mains jointes ; et telle était sa détresse Jd ez/ftphabet Jes eves CACHOT * La prison vue de l\u2019extérieur : tourments.Se voir au cachot : amélioration de la situation.** Rêver que Von se trouve dans un cachot étroit est un symptôme de malaise intestinal.CAGE *\tMenace de maladie.Voir une cage avec des oiseaux : rencontre imprévue.Se voir en cage : graves ennuis.(Même symptôme que le cachot.) CAILLE *\tVoir une caille, oiseau de mauvais augure : rupture d\u2019amitié ou de liaison.Si les cailles sont mortes : embûches.Si elles sont nombreuses : trahison de femme.CAILLOUX Vl Ramasser des cailloux : bonnes affaires.Sur un rivage : gratification ou bénéfice inespérés.Jeter des cailloux dans l\u2019eau : menace de perte matérielle.Dans un puits : menace de vol.Recevoir des cailloux : prochain voyage.** Etre poursuivi en rêve par des ennemis qui jettent des cailloux est un signe de névrose d\u2019angoisse (à surveiller si le rêve se reproduit).CALCUL *\tSe voir calculer rapidement : succès en affaires.Ne pas trouver la solution : grosses difficultés.(Voir le mot : nombres, chaque nombre ayant sa signification particulière.) CALENDRIER *\tTenir soi-même un calendrier : succès après un long effort.Voir quelqu\u2019un tenir un calendrier : amitié durable.(Si l\u2019on peut lire une date sur le calendrier, il faut la noter au réveil.) ** Comme le coq, le calendrier est un symbole du temps (Voir coq.) Les Editions de Paris Quelle n bien ni/ec nus meubles h fournaise Coleman! FOURNAISE MONTEREY\u2019 A L\u2019HUILE Coleman Les fournaises à l'huile Coleman, d\u2019une belle apparence, sont attrayantes dans chaque milieu.Vous trouverez des modèles correspondant à tous les besoins \u2014 pour chauffer soit une seule pièce ou tonte lu maison.Visitez votre marchand Coleman aujourd\u2019hui.COLEMAN CHAUFFE PLUS DE FOYERS QUE TOUTE AUTRE MARQUE 'LOW BOY' FOURNAISE CENTRALE A L'HUILE FOURNAISE MURALE A GA/ \"TRIM BOY-FOURNAISE CENTRALE A GAZ FOURNAISE DE PLANCHER OISSIMULEE Ecrivez-nous pour obtenir notre brochure GRATUITE I The Coleman Lamp and Stove Co.Ltd., Oept.LS-0 180 Bates Road, Montréal, P.Q. 24 Le Samedi, Montréal, 25 mai 1957 Mes Recettes de Cuisine par Madame ARMELLE BRAULT-MASSICOTTE Chroniqueuse du SAMEDI et de LA REVUE POPULAIRE LES DESSERTS RICHES EN VITAMINES C.TARTE AU CITRON Abaisse ou fond 3 c.à tb.de beurre mou 1 M> tusse de noix de coco 1 c.à tb.de sucre Ve c.à thé de zeste de citron A l\u2019aide d\u2019un pinceau, étendre le beurre mou mais non fondu sur le fond et les parois d\u2019une assiette à tarte, presser ensuite la noix de coco sur le beurre.Mêler le sucre et le zeste et saupoudrer ce mélange sur la noix de coco.Cuire au four à 300° F.durant 15 à 20 minutes.Refroidir.Garniture au citron 1\tc.à tb.de gélatine 2\tc.à tb.d\u2019eau froide 1 tasse de sucre Vt de c.à thé de sel 1 c.à thé de zeste de citron 'é tasse de jus de citron 3\tjaunes d'oeujs battus 3 blancs d\u2019oeufs Vz tasse de crème à fouetter Gonfler la gélatine dans l\u2019eau froide.Dans la partie supérieure du bain-marie, mélanger le sucre, le sel, le zeste et les jaunes d\u2019oeufs ; mouiller avec le jus de citron.Cuire au-dessus de l\u2019eau bouillante jusqu\u2019à épaississement en brassant continuellement.Ajouter immédiatement la gélatine et bien brasser pour la dissoudre.Refroidir et laisser prendre à demi.Incorporer les blancs d\u2019oeufs montés en neige et la crème fouettée.Verser dans l\u2019abaisse et laisser prendre bien ferme au froid.Décorer de noix de coco grillée.POUDING AUX PRUNEAUX ET AU CITRON 3 c.à tb.de farine 1\ttasse de sucre 3 c.à tb.de beurre mou 2\toeufs séparés 2 c.à tb.de jus de citron 1 c.à thé de zeste de citron 1 fasse de lait Vs de c.à thé de sel 8 à 10 pruneaux cuits Dans un bol, mélanger la farine, le sel et Vz tasse de sucre ; ajouter le beurre mou et bien battre.Ajouter les jaunes d\u2019oeufs, le zeste et le jus de citron et mouiller le tout avec le lait.Bien battre.Incorporer les blancs d\u2019oeufs montés en neige ferme avec le reste du sucre.Graisser un moule, foncer avec les pruneaux et verser la pâ- te.Cuire au four à 350° F.durant 50 minutes environ.Servir ce pouding froid.GATEAU A L\u2019ORANGE ET AUX RAISINS 1 o range 1 tasse de raisins épépinés 2J/i tasses de farine tout usage 1 c.à thé de soda à pâte Vï de c.à thé de sel M> tasse de beurre ou graisse 1\ttasse de sucre 2\toeufs séparés % de tasse de lait tasse de sucre à glacer 1M> c.à thé d\u2019eau 1M> tasse d\u2019amandes en filets Couper l\u2019orange en 8 sections, enlever les semences ou pépins.Passer au hache-viande les sections d\u2019orange et les raisins.Tamiser la farine, mesurer et tamiser de nouveau avec le sel et le soda.Crémer le beurre ou la graisse, ajouter graduellement le sucre, puis les jaunes d\u2019oeufs ; bien battre.Ajouter la farine en alternant avec le lait, puis les fruits.Incorporer les blancs d\u2019oeufs montés en neige ferme.Verser la pâte dans un moule graissé de 9\" x 9\" x 2\".Cuire au four à 325° F.durant 1 heure et 20 minutes.Laisser refroidir le gâteau dans son moule durant 10 minutes ; démouler et laisser refroidir complètement.Couler sur gâteau le sucre à glacer délayé avec l\u2019eau et garnir avec les filets d\u2019amandes.LES CREPES A L'ORANGE 3\toeufs séparés 1 c.à tb.de sucre Mi de c.à thé de sel Vz tasse de farine 1 tasse de lait 1\tc.à tb.de beurre fondu Dans un bol, battre les jaunes d\u2019oeufs avec le sucre et le sel, ajouter la farine en alternant avec le lait et ajouter le beurre fondu.Incorporer les blancs d\u2019oeufs montés en neige ferme.Cuire les crêpes dans très peu de graisse.Plier chaque crêpe en quatre et déposer dans un plat.Conserver à la chaleur.Servir avec une sauce à l\u2019orange.Sauce à l'orange Ml de tasse de sucre 2\tc.à thé d\u2019amidon de maïs 1 tasse de jus d\u2019orange 1 orange pelée et coupée en sections Mêler le sucre et l\u2019amidon, mouiller avec le jus d\u2019orange, cuire jusqu\u2019à épaississement sur un feu doux en brassant continuellement.Ajouter les sections d\u2019orange et servir cette sauce chaude avec les crêpes.qu\u2019elle ne put retenir ses larmes.De profonds sanglots soulevèrent son sein ; et dans son anéantissement elle ne remarqua point tout d\u2019abord que le jeune prêtre s\u2019était approché d\u2019elle.Penché vers elle, il la regardait avec commisération ; \u2014 en ce moment il avait la figure d\u2019un ange et une expression séraphique était répandue sur son front.D\u2019une voix d\u2019exquise douceur il dit : \u2014 Vous êtes très malheureuse, madame, je le comprends, je le vois ; \u2014 et c\u2019est peut-être la Providence qui m\u2019envoie la douce mission de vous consoler.\u2014 Vous êtes encore presque un enfant, et moi je suis déjà une vieille femme, fit Madeleine, les dents serrées.Que pourriez-vous me dire qui puisse apaiser le tumulte de mon coeur ! Oh ! cet ouragan, comme il me fait du bien, comme il me soulage ! Je voudrais que sur moi la foudre tombât \u2014 je serais alors affranchie à jamais d\u2019une vie devenue trop lourde à porter ! \u2014 Vous êtes encore plus à plaindre que je ne le pensais, dit le prêtre.Je ne veux point essayer de vous consoler malgré vous, et je vous quitte ; \u2014\tmais qui sait si nous ne nous retrouverons pas un jour dans la vie ! Lentement il se retira et se dirigea vers la haute porte de sortie.Au moment où il trempait ses doigts dans le bénitier il se retourna vers Madeleine \u2014\tet Madeleine vit sur ce jeune visage une immense tristesse.Qui était ce prêtre ?Un bedeau passait \u2014 Madeleine le lui demanda.\u2014 C\u2019est, répondit l\u2019homme, l\u2019abbé Gabriel.Prêtre des plus dignes, plein de talent et de vertus, dans quelques années il fera courir tout Paris \u2014 ce sera un second Lacordaire.IV Un mois après les événements que nous venons de raconter, une auto de maître, conduite par un chauffeur à l\u2019élégante livrée, parcourait à vive allure la route qui relie Paris à la coquette petite ville de Boissy-Saint-Léger.Parvenue à destination elle s\u2019arrêta devant une villa de fort belle apparence.Un homme jeune, mis avec une recherche voulue, en descendit en disant à une voyageuse qui paraissait endormie dans un des coins de la limousine : \u2014 Nous voici chez nous, ma chère Basquine.Une exclamation douce, mais indifférente et où il n\u2019y avait ni joie ni surprise, lui répondit \u2014 et aussitôt un adorable visage apparut à la portière tenue ouverte.Basquine sauta lestement sur le trottoir et d\u2019un geste glacial refusa de prendre le bras que Renault Poitevin lui offrait.\u2014 Voyons, voyons, fit-il avec une légère pointe d\u2019ironie, je vois que vous me tenez encore la dragée haute.Il est vrai que jusqu\u2019ici nous n\u2019avons guère eu le temps de nous connaître ; \u2014 mais dans cette villa où nous allons vivre seuls vous aurez vite fait de m\u2019apprécier, vite fait de m\u2019aimer.Nous sommes mariés de ce matin seulement ; et franchement je ne peux attendre de vous que vous répondiez déjà à ma tendresse.Tout en causant il l\u2019avait prise par la main.Puis doucement, comme il l\u2019eût fait pour un enfant, il lui fit traverser une vaste pelouse s\u2019étendant jusqu\u2019à la villa en ce moment tout illuminée.\u2014 Vous le voyez, dit-il, dans un geste large, les ordres que j\u2019ai donnés par téléphone ont été ponctuellement exé- cutés ; \u2014 les domestiques nous attendent, et tout est prêt pour nous recevoir.Dans votre chambre vous trouverez des fleurs, des bibelots qui vous plairont.Pour vous je me suis rendu acquéreur, il y a quinze jours, de cette propriété que j\u2019ai aussitôt fait aménager de mon mieux.Nous y serons très bien, et nous y resterons longtemps, vivant sans cesse l\u2019un près de l\u2019autre.Quant à moi je n\u2019irai à l\u2019usine que trois fois par semaine \u2014 et même je n\u2019y reparaîtrai plus du tout si Carvajean peut dès maintenant me rendre mes capitaux.Il parlait, parlait \u2014 mais Basquine ne l\u2019écoutait pas : son esprit était bien loin.Lui la dévorait des yeux ; \u2014 elle était si séduisante dans ce costume tailleur d\u2019un gris foncé presque bleu \u2014 qu\u2019elle avait revêtu sitôt après avoir quitté sa toilette de mariée \u2014 qui faisait ressortir plus encore la mate blancheur de son visage et l\u2019éclat de son opulente chevelure blonde.Jeté négligemment sur sa tête, un fichu de dentelle encadrait les traits fins, le front soucieux déjà barré d\u2019une ride profonde \u2014 en un mot toute cette adorable figure.Ils traversèrent plusieurs pièces, des salons plus luxueux les uns que les autres et ornés de fleurs qui emplissaient l\u2019air de délicieux parfums.Basquine, telle une hallucinée, se laissait conduire sans un mot de révolte.Ses yeux largement ouverts, comme pour mieux graver dans sa mémoire tout ce qu\u2019elle voyait, cherchaient déjà une issue qui lui permît de fuir cet homme dont les paroles et les sourires lui faisaient mal.Puis ce fut enfin le nid d\u2019amour qu\u2019elle aperçut, la chambre aux larges fenêtres d\u2019où on découvrait un superbe panorama, les lourdes tentures de soie recouvrant les murs et les meubles, le lit de marqueterie dressé comme un autel au milieu de la vaste pièce.Jamais Basquine n\u2019avait vu, ni rêvé un tel luxe ; elle se crut le jouet d\u2019un rêve des Mille et une Nuits.\u2014 Vous êtes ici chez vous, fit galamment Renault ; \u2014 mais je me permettrai de vous y rejoindre ce soir, si toutefois vous m\u2019y autorisez.Croyez-le bien, Basquine, je serai toujours l\u2019esclave de vos volontés et je m\u2019efforcerai sans cesse de satisfaire le moindre de vos désirs.Basquine regarda Renault ; ces paroles, dites avec un calme qui la surprenait, la rendaient singulièrement perplexe.\u2014 Je voudrais être seule, dit-elle enfin.\u2014 Désirez-vous que je vous envoie votre femme de chambre ?\u2014 Je n\u2019ai besoin de personne.\u2014 En attendant que sonne l\u2019heure du dîner, ne vous serait-il pas agréable, pendant qu\u2019il fait encore grand jour, de parcourir un peu votre domaine ?\u2014 Comme vous voudrez.Il crut l\u2019avoir conquise, et aussitôt sa fatuité s\u2019en accrût.Ensemble ils redescendirent les larges escaliers couverts d\u2019épais tapis, traversèrent le hall et parvinrent sur une terrasse dominant une pelouse superbe descendant en pente douce jusqu\u2019à la route silencieuse et déserte à cette heure.Ils quittèrent la terrasse et gagnèrent, à droite, un parc ombreux où des milliers d\u2019oiseaux chantaient, se répondant de branche en branche.Tout au fond du parc un pavillon, adossé au mur de clôture, se détachait de l\u2019ombre.A moitié démolie par le temps, cette maison avait autrefois servi de logis au garde-chasse chargé de la surveillance des bois avoisinants ; \u2014 elle comprenait un rez-de-chaussée et un premier étage tellement envahis tous deux par le lierre et la vigne vierge qu\u2019à peine pouvait-on aperce- Le Samedi, Montréal, 25 mai 1957 25 voir les fenêtres étroites et grillagées.Longtemps Basquine s\u2019arrêta pour regarder ce pavillon branlant \u2014 et subitement elle eut l\u2019intuition que c\u2019était là une prison qui lui était réservée.Toute sa belle assurance de tout à l'heure sombra à l\u2019instant, et un léger frisson la secoua tout entière.\u2014 Le garde qui habitait ce taudis a dû s\u2019y ennuyer à mourir, dit Renault.Regardez \u2014 la vue y est complètement bornée.A droite, à gauche, partout ce sont des arbres qui depuis que cette maison forestière est abandonnée \u2014 et il y a de cela plus de dix ans \u2014 ont poussé hauts et serrés.Les oiseaux y sont à l\u2019aise pour chanter, et surtout pour fuir les balles des chasseurs.\u2014 Ce pavillon a l\u2019aspect d\u2019une prison, dit lentement Basquine.Songeuse, elle voulut rebrousser chemin.Quand ils regagnèrent la villa, le dîner était servi dans la vaste salle à manger.Basquine toucha à peine aux mets qui lui furent présentés ; et devant elle la coupe de champagne versé par Poitevin resta pleine.Lui, tout au contraire, buvait sec et dévorait avec gloutonnerie les plats succulents servis par le maître d\u2019hôtel.Quand vint le dessert \u2014 le moment si impatiemment attendu par Renault \u2014\tils restèrent seuls, face à face ; lui enhardi par le champagne, elle très calme.Les coudes sur la table, il dit d\u2019un ton froid : \u2014 Je suis riche, très riche \u2014 d\u2019ailleurs Mme Carvajean a dû vous en informer \u2014 et je puis vous rendre très heureuse.Si vous le voulez bien, nous passerons ici deux mois, puis après nous voyagerons aussi longtemps que cela vous fera plaisir ; \u2014 ensuite nous rentrerons à Paris où je vous ferai une vie digne de votre jeunesse et de votre beauté.« Je vous ai prise sans le sou, nue comme un ver, et c\u2019est moi seul qui ai payé vos toilettes et vos bijoux.De Carvajean je n\u2019ai rien voulu accepter \u2014\tj\u2019ai tenu à être chic jusqu\u2019au bout.En entendant ces paroles Basquine eut un haut-le-coeur.Elle tressaillit, trembla ; une sueur froide mouilla son visage \u2014 elle se vit perdue !.Mais lui, tout en étirant doucement sa longue moustache blonde, riait de l\u2019émoi de la pauvre femme.Il dit, goguenard, en s\u2019emparant des mains de Basquine.\u2014 Ah ! ma belle petite colombe, tout à l\u2019heure, tu seras à moi, car je suis ton mari, ton maître.J\u2019aurais pu te laisser à ton déshonneur \u2014 je ne l\u2019ai pas voulu : tu me plaisais ! Dès le premier jour où je te vis, ton air candide m\u2019a captivé ; et puis aussi, à dire vrai, j\u2019en avais assez de l\u2019autre.Tu comprends : si je ne t\u2019avais pas épousée, Mme Carvajean, devenant de plus en plus imprudente, de plus en plus crampon, m\u2019eût relancé chez moi à toute heure.« Et qui sait, reprit-il, si un jour elle n\u2019aurait pas songé au divorce ?Depuis longtemps elle est fatiguée de son Carvajean, comme depuis longtemps aussi je suis fatigué d\u2019elle ! «Tu sais, je ne l\u2019ai jamais aimée \u2014 ça, je t\u2019en fais le serment, ma petite Basquine ; \u2014 aussi quand tu imaginas la petite comédie du pavillon mauresque, ai-je été non seulement agréablement surpris mais encore particulièrement content \u2014 on est toujours flatté d\u2019être gobé par une jolie femme comme toi !.\u2014 Mais je ne vous ai jamais aimé, fit Basquine très grave ; et à ce sujet, il existe entre nous une méprise qu\u2019il est indispensable d\u2019éclaircir tout de suite.« Je connaissais les angoisses du patron, de ce digne homme à qui de nombreuses lettres anonymes avaient été envoyées ; je savais que la nuit où je suis allée vous surprendre il était informé que vous aviez un rendez-vous dans le pavillon mauresque \u2014\talors.alors.j\u2019ai voulu sauver Madeleine du déshonneur, j\u2019ai voulu sauver Carvajean du suicide ! \u2014 Et tu t\u2019es sacrifiée ?\u2014 Oui.\u2014 Tu ne m\u2019as donc jamais aimé?\u2014 Jamais.\u2014 Et maintenant ?\u2014 Maintenant vous m\u2019êtes indifférent.Accoudé sur la table, il la regardait fixement, et dans ses yeux passaient des lueurs de désir.Il but coup sur coup, deux verres de champagne.Puis, la figure allumée.\u2014 Bah ! si tu ne m\u2019aimes pas aujourd\u2019hui tu m\u2019aimeras demain ; \u2014 tu feras comme tant d'autres qui ont essayé de me résister et qui bientôt ont dû s\u2019avouer vaincues.« Du reste je ne crois pas un mot de ce que tu viens de me raconter.Ton soi-disant sacrifice était tout simplement un calcul.Ton but était de supplanter Madeleine d\u2019abord, de te faire épouser ensuite ; \u2014 tu as parfaitement réussi et c\u2019est là un beau coup dont tu peux être fière.Maintenant c\u2019est fait \u2014 tu es à moi.Il se leva trébuchant.Et comme il se disposait à s\u2019approcher d\u2019elle, elle profita d\u2019un moment où il lui tournait le dos pour s\u2019emparer d\u2019un couteau à dessert et le glisser, inconsciemment et sans trop savoir ce qu\u2019elle pourrait en faire, dans le petit sac de velours qu\u2019elle portait sur elle.Maintenant cet homme ivre, non seulement la dégoûtait, mais encore il lui faisait peur ; \u2014 en ce moment elle se rendait compte de la grandeur du sacrifice qu\u2019elle avait accompli.Des heures sonnèrent, lentes et douces, répétées à l\u2019infini par les églises des villages environnants et par les horloges des villas voisines.A un moment des aboiements furieux se firent entendre : c\u2019étaient les chiens de garde qu\u2019on venait de lâcher dans les jardins de la villa \u2014 et instinctivement en songeant à ces dogues Basquine frissonna.Il fallait cependant en finir avec cette terreur.Alors Basquine, résolue, quitta la salle à manger et se dirigea vers son appartement où, tout à l\u2019heure, Renault viendrait certainement la rejoindre.Ne valait-il pas mieux prendre tout de suite une détermination ferme, régler une fois pour toutes avec Renault la vie qui désonnais devait être la leur ?.Une scène tragique allait éclater \u2014 mais peu importe ; ce serait la première.et aussi la dernière.Il fallait dire à cet homme la vérité.toute la vérité, mais rien que la vérité ! Debout près de la fenêtre ouverte de sa chambre, elle attendit Renault.Elle n\u2019attendit pas longtemps ; \u2014 bientôt Renault parut.Il semblait dégrisé ; mais cependant, dans ses yeux brillaient encore les mêmes lueurs que tout à l\u2019heure.\u2014 Je craignais de trouver les portes fermées, dit-il avec un peu d\u2019ironie ; \u2014\taussi suis-je heureux de constater que vous êtes devenue plus raisonnable que je n\u2019ose l\u2019espérer.\u2014 Je vous attendais, fit-elle d\u2019un ton glacial, car il nous faut dès à présent régler les conditions de notre vie en commun.Vous connaissez mes sentiments à votre égard et vous savez pour quels motifs j\u2019ai consenti, moi qui ne vous aime pas, à devenir votre femme.Je ne tiens pas à l\u2019argent, croyez-le bien, et c\u2019est pourquoi je vais vous faire la double proposition que voici : ou bien dès demain je quitterai cette maison pour ne jamais y revenir ; ou bien, si vous le voulez, j\u2019y resterai, mais à la condition que tous deux nous y vivions à notre guise, comme deux amis.\u2014 Vous êtes ma femme \u2014 vous serez à moi ! \u2014 Je serai votre femme de nom seulement \u2014 à ce sujet, ma résolution est inébranlable ! Mais comme il est, aujourd\u2019hui, facile de s\u2019affranchir d\u2019une chaîne trop lourde à porter, nous pourrons, dans quelques mois, demander le divorce \u2014 les motifs sérieux ne nous manqueront pas.Alors, monsieur, tous deux nous reviendrons libres d\u2019arranger notre vie comme bon nous plaira, et bientôt nous ne songerons plus l\u2019un à l\u2019autre.D\u2019une voix très calme, elle ajouta : \u2014 Vous qui êtes jeune, élégant et, de plus, fort riche, vous parviendrez bien vite à refaire votre vie, et les femmes ne vous manqueront pas.Quant à moi, je disparaîtrai à tout jamais de votre présence et vous n\u2019entendrez plus parler de moi.Ma mère était une petite ouvrière \u2014 je ferai comme elle.je travaillerai.\u2014 Tu seras d\u2019abord à moi! fit-il en s\u2019avançant vers elle.\u2014 Jamais! \u2014 vous entendez bien.jamais ! J\u2019aurais pu éviter cette scène pénible en me verrouillant chez moi ; mais j\u2019ai préféré vous faire connaître ce soir-même toute ma pensée.Dès demain, et sans que vous le sachiez, j\u2019aurais pu fuir cette maison ; mais j\u2019ai craint le scandale que cette fuite, le lendemain de mes noces, eût certainement provoqué.« C\u2019est pourquoi j\u2019ai résolu de m\u2019expliquer nettement, complètement avec vous \u2014 et j\u2019espère que vous me tiendrez compte de ma franchise.ajouta Basquine \u2014 Ah ! misérable fille, tu seras à moi ! Tu entends.tu seras à moi ! Et quand je serai las de cet amour, quand pour moi la satiété sera venue, je te rejetterai sans pitié et sans remords à la boue d\u2019où tu sors ! Et comme Renault s\u2019avançait pour la prendre, Basquine poussa un cri farouche.Le regard menaçant, elle recula, recula, brandissant dans sa main un couteau tout ouvert.\u2014 Si vous faites un pas, dit-elle, je me plonge cette lame dans la poitrine \u2014 et demain chacun dira que vous m\u2019avez assassinée ! N\u2019avancez pas, vous dis-je, sans quoi je me tue sous vos yeux! Je ne tiens pas à la vie, croyez-le bien, et la mort serait pour moi une délivrance ! J\u2019étais heureuse en songeant que bientôt je serais la femme de celui que j\u2019aimais \u2014 et l\u2019adultère de celle qui fut ma bienfaitrice m\u2019a jetée dans vos bras !.« Vous saviez bien, monsieur, que je ne pouvais vous aimer puisque j\u2019en aimais un autre ! Mais, cherchant avant tout à paraître généreux et chevaleresque aux yeux de tous les ouvriers de l\u2019usine, vous avez voulu réparer une faute qui n\u2019avait pas été commise.et vous m\u2019avez demandée en mariage ! \u2014\tEt tu n\u2019as repoussé ni ce mariage, ni cette réparation, tonna Poitevin exaspéré.\u2014\tPouvais-je me dérober, pouvais-je refuser ?fit Basquine en haussant les épaules.Vous savez bien pourquoi j\u2019ai accepté votre nom ; vous savez bien que du jour où nous fûmes fiancés, la joie et le bonheur revinrent au coeur de Carvajean dont les derniers doutes s\u2019évanouirent à jamais ! « A quoi bon alors revenir sur toutes j ces choses, sur toutes ces tristesses ?! elles et talons en caou,rk SI vous avez aux alentours de Montréal .PROPRIETE, TERRE OU TERRAIN à vendre Adressez-vous à ROMEO AUGER CR.9363\t1250, rue Villeray, Montréal DEPRIMEE.NERVEUSE; LYMPHATIQUE.DELAISSEE ! sa/e/v/efr fie et fêeœüZe\t! ¦\t7 ^ «TV ilflf LISEZ ALORS CECI.Si vous manquez de vigueur ; si vous êtes fntiguée et irritable ; si vos nerfs et vos muscles ainsi que les tissus de votre corps n'ont pas le soutien qui devrait leur être fourni par le bon fonctionnement du système, vous avez besoin d'un tonique tel que mon SANO \u201cA\u201d qui contient les ingrédients reconnus par leurs valeurs toniques dans de telles conditions.LES TABLETTES SANO \u201cA\u201d Avec l\u2019usage du bienfaisant tonique SANO \u201cA\u201d, votre digestion devient plus facile, votre repos est plus réparateur et une meilleure détente s'opère dans vos nerfs et vos muscles.Votre appétit devient meilleur et l'assimilation des aliments se faisant mieux, votre santé et votre vigueur devraient s\u2019améliorer.Un envol de cinq sous suffit pour recevoir un échantillon de nos tablettes SANO \u201cA\u201d.Correspondance stricte.ment cotU idcntlclle.LES PRODUITS SANO ENRG.Mme CLAIRE LUCE, Case postale, 1281 (Place d\u2019Armes), Montréal, P.Ç>.Ci-joint 5c pour échantillon des Tablettes SANO \"A\".Ecrivez lisiblement.(pour le Canada seulement) Nom.Adresse.Ville.Prov, 26 Le Samedi, Montréal, 25 mai 1957 Moi j\u2019ai fait mon devoir \u2014 à vous de faire le vôtre.\u2014 C\u2019est bien, Basquine, c\u2019est bien, fit Renault en quittant la chambre de la jeune femme.Basquine crut la partie gagnée ; \u2014 néanmoins, quand elle se retrouva seule, elle ferma soigneusement à clef la porte de sa chambre ; puis elle revint s\u2019asseoir près de la large baie ouverte.Une grande tristesse était en elle.Elle ne se dissimulait pas que la vie dans cette maison serait pour elle intolérable, et dès à présent elle cherchait de quelle manière elle pourrait s\u2019en affranchir.Fuir ?Mais où irait-elle se réfugier ?.La pensée lui vint bien de se rendre à Paris chez les Michal qui, certainement, lui viendraient en aide si elle en avait besoin ; mais elle rejeta bien vite cette pensée.Là, dans ce milieu d'honnêtes travailleurs, on l\u2019interrogerait, on lui demanderait de dire toute la vérité \u2014 et pour rien au monde elle ne consentirait à accuser Madeleine.Elle se voyait donc désormais séparée de tous ceux qu\u2019elle aimait.Morin cependant savait ce qui s\u2019était passé ; près de lui elle pourrait donc pleurer sa détresse, sa vie perdue ! Puis aussi elle lui demanderait des conseils, et par lui elle aurait des nouvelles de Just et d\u2019Armand à qui elle n'osait plus écrire.Elle ne se coucha pas de la nuit.Une à une elle vit les étoiles disparaître, vit le ciel se teinter lentement de feu, vit enfin le soleil se lever, grandiose dans l\u2019éclat de ses premiers rayons.Mais ce ciel embrasé, cette campagne encore frissonnante sous la rosée, ces lointaines pelouses d\u2019un vert tendre, ces fleurs dont les capiteux parfums montaient jusqu'à elle \u2014 toute cette féerie de la nature la laissait en ce moment profondément indifférente : son coeur et son âme pleuraient, sanglotaient !.Au matin, de très bonne heure, elle entendit l\u2019auto venir se ranger devant le perron où elle stationna quelques minutes ; \u2014 puis l\u2019élégante voiture se remit en marche et à grande allure gagna la grande route.Alors la femme de chambre attachée au service de Basquine accourut annoncer à sa maîtresse que Renault venait de partir, mais que très vraisemblablement il serait de retour le soir-même.Cependant il n\u2019en fut rien \u2014 Renault ne revint pas.Quelques jours encore s\u2019écoulèrent pour Basquine dans une solitude absolue qui l\u2019enchantait, dont elle était heureuse.Elle pensait : « Il en a pris son parti, et désormais il me laissera ici toute seule vivre à ma guise.» En effet, les domestiques, fort bien stylés, avaient ordre de la servir de leur mieux, de la traiter comme une petite reine.La femme de chambre \u2014 une Italienne très sympathique nommée Rita \u2014\u2022 lui tenait souvent compagnie, s\u2019inquiétait de sa santé.Un jour elle dit à Basquine : \u2014 Monsieur est en voyage, et il ne rentrera, paraît-il, que dans deux mois \u2014 du moins c\u2019est le maître d\u2019hôtel qui le prétend ; mais ce doit être vrai car monsieur vient d\u2019envoyer un chèque de cinq mille francs pour les dépenses de la maison.Dans ces conditions madame a donc tout le temps d\u2019aller se distraire à Paris si bon lui semble.Aussitôt Basquine songea à se rendre chez son sincère ami, le vieux caissier Morin.Néanmoins elle attendit encore toute la semaine ; \u2014 puis, le dimanche venu, elle gagna la gare et prit le train de neuf heures du matin.Quand elle arriva à la Bastille, quelques gouttes de pluie tombaient ; \u2014 alors elle héla un fiacre et se fit conduire chez Morin, rue Vieille-du-Tem-ple.Le dimanche elle était bien sûre de trouver le caissier dans son modeste logement, très occupé à faire son ménage.Oh ! quelle douce surprise éprouva le vieillard en apercevant Basquine.\u2014 Toi.ici.chez moi! murmura-t-il en serrant la jeune femme dans ses bras.Ton mari t\u2019a donc permis de venir me voir ?\u2014 Nous n\u2019étions cependant pas bien camarades tous deux.\u2014 Renault voyage, dit-elle en s\u2019asseyant, essouflée, dans la petite salle à manger.\u2014 Ton mari voyage sans toi ?\u2014 mais alors, mais pour lors.Et furieusement, le brave homme se prit à gratter son nez qui devint rouge comme une tomate.\u2014 Cela vous étonne, papa Morin ?\u2014 Pour sûr, ma gosse.Alors, ce Poitevin de malheur t\u2019a déjà plantée là comme un paquet ?\u2014 Il est parti, et je ne sais quand il reviendra.\u2014 Parti.après quelques jours seulement de mariage ! \u2014 Voyez-vous, papa Morin, il y a des choses qu\u2019on ne sait trop comment dire, et.\u2014 Allons, ma gosse, parle franchement.\u2014 Eh bien, voilà \u2014 je suis mariée sans l\u2019être.\u2014 Ah ! nom de nom ! \u2014 mais alors, mais pour lors.Cette exclamation lui était familière et il la lançait à tout propos.LES CHANCES QU'ELLE VOUS RESERVE : Cette semaine peut vous apporter une série de petits événements agréables et imprévus, aussi bien dans la vie privée, familiale que dans les questions d\u2019intérêts.Vous pouvez envisager d\u2019apporter de petits changements, de procéder à des réorganisations.à des améliorations dans l'aménagement du foyer.Moment à choisir également pour chercher à élargir le cercle des relations amicales et sociales, pour renouer d\u2019anciennes amitiés, surtout vers le 20 et le 25.LES DATES QUE VOUS CHOISIREZ : \u2014 Dans ces conditions, reprit Basquine, vous devez comprendre, mon bon papa Morin, qu\u2019il m\u2019est impossible de rester plus longtemps à Boissy, dans cette superbe villa où je ne suis pas chez moi et où je m\u2019ennuie à mourir.\u2014\tMais, ma petite, tu peux venir ici tout droit.Tu seras la bienvenue, et tu embelliras de ta présence ce petit logement toujours si sombre malgré les rayons de soleil qui de temps à autre flambent sur le mur d\u2019en face.Et conduisant Basquine à la fenêtre.\u2014\tTu vois cette très vieille maison \u2014 eh bien, tu es née là ; là ton père et ta mère sont morts ! Dans cette antique rue du Temple, vois-tu, derrière ces murailles crevassées, subsistent bien des souvenirs douloureux et tristes ! C\u2019est là, dans cette maison, que Saurel est né lui aussi, et c\u2019est là qu\u2019il est mort ! C\u2019est là, encore que Carvajean vint vous prendre, Armand et toi, pour vous conduire chez lui.Le cercueil de ta mère était à peine descendu que déjà ton frère et toi vous aviez un nouvel asile ! \u2014 Je m\u2019en suis souvenue, papa Morin.\u2014 Et c\u2019est pourquoi tu as voulu te sacrifier ! Mais il faut en rester là, ma gosse, et moi je ne t\u2019en demande pas davantage.Si ce Poitevin te dégoûte \u2014 eh bien, il y a le divorce qui te rendra la liberté.\u2014 J\u2019y ai déjà songé.\u2014 Tu sais, petite, en attendant que le divorce soit prononcé tu peux venir chez moi \u2014 quand il y en a pour un il y en a pour deux.Le 23 est une Journée moins agréable, durant laquelle il sera préférable de ne pas sceller de nouvelles amitiés, et de ne pas engager votre avenir sentimental de façon décisive.Vos plans et vos projets personnels peuvent se heurter à des retards et des obstacles imprévus, mais heureusement sans durée.Efforcez-vous d'éloigner de vous tout sentiment de méfiance et de Jalousie à l\u2019égard des personnes que vous aimez.CELLES QUE VOUS REDOUTEREZ : \u2014\tEt M.Carvajean ?\u2014\tRassure-toi à ce sujet ; \u2014 je saurai bien expliquer au patron de quoi il retourne.\u2014\tOh ! non, papa Morin ; \u2014 je vous en supplie, pas un mot de tout cela à M.Carvajean !.Le vieux caissier parut tout d\u2019abord étonné et froissé que Basquine lui demandât ainsi de faire des cachotteries à l\u2019homme qu\u2019il aimait le plus au monde ; \u2014 mais après mûre réflexion il se rendit à la prière de la jeune femme.\u2014\tSoit, on se taira \u2014 tu as peut-être raison, ma gosse.Près de ce vieillard qu\u2019elle vénérait, Basquine se sentait revivre ; \u2014 tout le passé, ce passé si près d\u2019elle cependant, lui semblait un rêve douloureux, un horrible cauchemar.\u2014 Et Just.l\u2019avez-vous revu?demanda-t-elle, craintive, défaillante.\u2014 Il est venu, m\u2019a-t-on dit, mais en cachette.Armand lui aussi était du voyage ; mais il est allé coucher à l\u2019hôtel, ne voulant plus reparaître dans cette maison qui lui fut pendant tant d\u2019années si hospitalière.Et, ma pauvre gosse, tu as été maudite par Armand, par Just, par tous ! Ton mariage n\u2019a pas rendu à Carvajean la tranquillité qu\u2019il cherchait, et maintenant le patron est redevenu préoccupé, soucieux.« Vois-tu, ma petite Basquine, en t\u2019en allant tu as emporté le dernier rayon de soleil de l\u2019usine, et l\u2019avenir s\u2019annonce plein de menaces.Poitevin a redemandé ses capitaux ; il veut à tout prix rompre le contrat qui le lie pour dix ans encore avec le patron.Or, les cinq cent mille francs qu\u2019il exige sont difficiles à trouver \u2014 on ne sort pas comme ça du jour au lendemain une pareille somme d\u2019une maison aussi importante que la nôtre.Et saisissant avec tendresse les petites mains de Basquine, Morin reprit d\u2019un ton adouci : \u2014 Si tu voulais tu pourrais peut-être, toi, arranger l\u2019affaire.\u2014 Oh ! maintenant ne comptez plus sur moi ! s\u2019écria Basquine dans un élan de colère.J\u2019ai déjà fait plus que je ne pouvais et ce que vous me demandez là serait au-dessus de mes forces ! En admettant que je me décide, il me faudrait payer trop cher le service que vous rendrait Poitevin ! Je me suis sacrifiée une première fois \u2014 désonnais n\u2019exigez plus rien de moi !.\u2014 Je ne suis qu\u2019un vieil égoïste \u2014 pardonne-moi, ma gosse.pardonne-moi.\u2014 Vous êtes tout pardonné, papa Morin.A ce moment, un pas lourd se fit entendre dans l\u2019escalier.Morin dressa l\u2019oreille \u2014 et subitement pâlit.\u2014 C\u2019est Carvajean, dit-il.Comme je ne voudrais pas, ma gosse, qu\u2019il le trouve ici, tu vas entrer dans ma chambre \u2014 il n\u2019ira pas t\u2019y chercher.A peine achevait-il ces paroles qu\u2019un coup de sonnette retentit.En apercevant Carvajean, il poussa une exclamation de surprise.\u2014 Vous, patron.vous ! \u2014 Ah ! tu trembles, mon vieil ami ; \u2014 et si tu trembles, c\u2019est que tu sais que je ne viens jamais te trouver que pour te faire part de choses pénibles, très pénibles.Le visage de Carvajean exprimait une angoisse profonde, -et dans ses yeux un peu de brume passait.Très calme, du moins, en apparence, il reprit : \u2014 Just est venu \u2014 le savais-tu ?\u2014 Je le savais, patron.\u2014 Il n\u2019a voulu voir personne, et pendant huit jours il est resté enfermé chez nous, sombre et profondément abattu.Nommé sous-lieutenant de cavalerie, il veut quitter la France et a) pour vos affaires, vos démarches, vos entrevues professionnelles, vos sollicitations, vos appointements : 20\ttout le Jour\t21\tmatin 24\ttout le Jour\t22\tmatin 25\ttout le jour bi pour vos rencontres amicales et sentimentales : 19\tsoir 21\tsoir\t23 tout le Jour 24\ttout le jour\t22 soir 25\ttout le jour c) pour vos achats importants et vos transactions commerciales : 20\ttout le Jour\t21\tmatin 24\ttout le Jour\t23\taprès-midi 25\ttout le Jour dl pour vos intérêts immobiliers, fonciers et familiaux : 20 matin\t19\ttout le\tjour 24\taprès-midi\t22\tmatin 25\tmatin\t23\ttout le\tJour AUTOMOBILISTES : dans la nuit de samedi à dimanche, soyez prudent, de même que durant la matinée du 20.moments où l\u2019on observe plus de risques d\u2019accidents dus à des défauts de transmission, à des courts circuits ou à d'autres défectuosités de l\u2019allumage et de l'éclairage.Contrôlez vos phares et vos feux arrières.Les 22 et 23, recrudescence de dangers dus à la mauvaise visibilité ou à un retour du froid, brouillards et humidité (?).LES PRECAUTIONS QU'IL VOUS FAUDRA PRENDRE POUR VOTRE SANTE : Le 19, attention aux chutes et aux entorses dans les déplacements : chevilles plus faibles.Si vous avez le coeur défaillant, évitez le surmenage, les brusques changements d'altitude.Si vous avez la gorge sensible et que vous êtes exposé ù souffrir des refroidissements, prenez les précautions d'usage en pareil cas vers les 22 et 23 mai.LA BOURSE, CETTE SEMAINE : au début de la semaine, on peut éprouver quelques soucis relativement à une baisse de l'or, ou relativement à des valeurs d'Etats (surtout européens ou d\u2019Amérique Centrale et du Sud).De mauvaises conditions atmosphériques, certains risques affectant des récoltes peuvent retentir défavorablement sur certains produits agricoles et de l\u2019industrie de l'alimentation.Tendances passagères.Risques qui ne seront vraisemblablement pas confirmés dans un proche avenir.\u2018I4f,c S onne (^stoile par WERNER HIRSIG SEMAINE DU 19 AU 25 MAI 1957 LES RISQUES QUE VOUS ENCOURREZ : Le Samedi, Montréal, 25 mai 1957 27 demande à être classé dans un régiment de Tunisie.Morin, apitoyé lui aussi, eut un haut-le-corps.\u2014 Il veut se faire tuer, je le comprends! reprit Carvajean, en passant la main sur son large front.Le chagrin qu\u2019il a éprouvé de la trahison de Basquine est aussi profond qu\u2019au premier jour.Comme sa mère, Just est un sensitif, et les peines de coeur le rendent fou.L\u2019affection qu\u2019il avait autrefois pour Armand s\u2019est, elle aussi effondrée et maintenant entre eux tout est brisé.Tous deux ont obtenu sur leur demande à etre envoyés en Afrique ; mais l\u2019un s\u2019arrête à Alger, l\u2019autre se rend à Tunis.Et nerveux Carvajean ajouta : \u2014 La présence d\u2019Armand est maintenant très pénible à Just.\u2014 Mais alors, mais pour lors.Just ne veut plus reparaître à l\u2019usine où il rencontrerait certainement Poitevin dont la seule vue lui serait odieuse.Et avec un accent d\u2019amertume profonde.J ai donc perdu à la fois mes trois enfants ; j\u2019ai vu sombrer à tout jamais la gaîté de ma maison ! \u2014-Vos trois enfants?.Basquine et Armand n\u2019étaient-ils pas un peu mes enfants ?Ne les ai-je pas élevés comme s\u2019ils eussent été réellement à moi ?Hélas ! au déclin de ma vie, tous m\u2019échappent ; \u2014 et à présent, je me demande où je pourrai jamais trouver la récompense de bienfaits prodigués avec le désintéressement que tu connais.\u2014 Vous la trouverez dans votre conscience, patron.\u2014 Oh ! pour moi, la conscience est muette depuis longtemps, et je vis dans une perpétuelle angoisse ! Non seulement, mon vieil ami, j\u2019éprouve de grandes peines de coeur, mais encore je suis tenaillé par le souci incessant des affaires.Comme tu le sais, Poitevin insiste pour que je lui rende ses capitaux et il a demandé à rompre dès maintenant le contrat qui nous lie tous deux.« Et où veux-tu que je prenne une telle somme ?En admettant même que je la trouve chez des banquiers, les intérêts à servir annuellement nous tueront bien vite.Pour les payer, ces intérêts, nous devrons contracter de nouveaux emprunts \u2014 et alors ce sera la fin de cette vieille maison des Carvajean qui, pendant tant d\u2019années, fut si prospère ! Il s\u2019était redressé ; \u2014 et maintenant, fiévreux, les mains derrière le dos, il arpentait la petite salle à manger.Une ombre de tristesse assombrissait son large front dont les rides se faisaient plus profondes.-Sais-tu, reprit-il en s\u2019arrêtant brusquement devant.Morin, qu\u2019une telle défaillance navrait, sais-tu quelle est la seule cause de toutes ces angoisses ?\u2014 eh bien, c\u2019est Basquine, uniquement Basquine ! Son maudit amour nous a conduits à la honte d\u2019abord, à la ruine ensuite, et c\u2019est à elle que nous devons toute cette débâcle ! « Nous étions heureux, tranquilles \u2014 et il a fallu qu\u2019un étranger vînt anéantir tout ce bonheur ! « Crois-tu, Morin, que je puisse jamais oublier ça ?Crois-tu que Madeleine elle aussi puisse pardonner à Basquine d\u2019avoir tant fait pleurer Just \u2014 car dans les bras de sa mère Just a sangloté comme un enfant !.Ah ! il a fallu que sa douleur et sa souffrance fussent bien grandes pour que lui vienne la pensée de se séparer de sa mère et de moi pendant de longues années peut-être !.\u2014 Oh ! patron, ne condamnez pas ainsi Basquine ! murmura Morin suffoqué par l\u2019émotion.\u2014 Tu l\u2019absous donc, toi ?Tu approuves la conduite de cette fille dans ma maison, tu pardonnes le scandale qu\u2019elle apporta dans mon intérieur ?Oui, mon ami, le scandale \u2014 car, vois-tu, tout se sait, et depuis longtemps les ouvriers étaient au courant de sa conduite !.Morin tressaillit.Instinctivement il jeta les yeux sur la porte de sa chambre \u2014 cette porte derrière laquelle Basquine devait être aux écoutes \u2014 et son coeur se serra.\u2014 Oh! oui, j\u2019absous Basquine, j\u2019absous la fille de Saurel, dit-il d\u2019un ton glacial ; \u2014 et non seulement je l\u2019absous, mais encore je la défends !.\u2014 Tu la défends ?\u2014 Oui, patron, je la défends.Elle était si jeune, patron \u2014 et bien souvent la jeunesse est mauvaise conseillère ! \u2014 Peut-être as-tu raison, mon vieil ami.Just est resté trop longtemps éloigné de Basquine, et alors elle s\u2019est peu à peu détachée de lui.Puis, un peu anxieux, il demanda : \u2014 Mais crois-tu qu\u2019elle ait fait une bonne affaire en épousant Renault ?\u2014 Basquine est si jolie \u2014 il doit l\u2019adorer.\u2014 Eh bien, moi, je ne le crois pas, et je suis persuadé qu\u2019il n\u2019éprouva jamais pour elle qu\u2019un simple caprice ; \u2014 du reste c\u2019est aussi l\u2019avis de Madeleine.\u2014 Oui, un caprice.comme il en eut pour une autre, fit imprudemment Morin.Mais à peine avait-il prononcé ces paroles que déjà le vieux caissier les regrettait ! Carvajean venait de se lever brusquement, les yeux inquiets et scrutateurs.\u2014\tAlors, demanda le patron d\u2019un ton d\u2019apparence très calme, tu as connu à Poitevin d\u2019autres amours ?\u2014\tTout dernièrement encore il poursuivait de ses déclarations les plus belles ouvrières de l\u2019usine, fit Morin pour dire quelque chose qui rassurât un peu le patron.Carvajean parut soulagé d\u2019un grand poids.« Ah ! pensait le vieux caissier, tant que ce satané Poitevin fera partie de l\u2019usine, la vie ne sera pas tenable ; \u2014 il faut donc l\u2019éloigner à tout prix du patron.Qui sait ce qui pourrait arriver un jour ! » Alors, d\u2019un ton délibéré.\u2014 Ce Poitevin de malheur nous embête ; aussi devons-nous au plus tôt l\u2019évincer de l\u2019usine.\u2014 Tu es fou, mon ami ; \u2014 où veux-tu que je trouve l\u2019argent nécessaire ?\u2014 Laissez-moi faire, patron \u2014 j\u2019ai mon idée.\u2014 Connais-tu par hasard un financier disposé à nous fournir des capitaux suffisants ?\u2014 Parfaitement.\u2014 A quel taux prêterait-il son argent ?\u2014 Ce serait à cinq pour cent.C\u2019est cher, je le sais ; mais que voulez-vous, patron, l\u2019essentiel est qu\u2019on soit débarrassé de cet intrus.Puis réfléchissez bien que désormais vos frais de maison seront moins élevés puisque les enfants ne vous coûtent plus rien ; Basquine est mariée et les autres se tirent d\u2019affaire tout seuls.\u2014 Les enfants.mon pauvre Just ! murmura Carvajean d\u2019une voix attendrie, des larmes plein les yeux.Sur ces paroles Carvajean partit, laissant Morin sombre et préoccupé à la pensée qu\u2019il lui fallait maintenant trouver les cinq cent mille francs à rendre à Renault.A la légère le vieux caissier s\u2019était tout à l\u2019heure engagé à faire cette restitution ; mais à présent il se demandait avec angoisse où et comment il pourrait se procurer une somme aussi considérable.Et telle était sa préoccupation qu\u2019il ne songeait même plus à Basquine qui, sortie de la chambre, le regardait en ce moment avec une infinie douceur.\u2014 Ah ! c\u2019est vrai, tu étais là, fit Morin.Ma foi, je t\u2019avais oubliée \u2014 j\u2019ai tant de peine, si tu savais.A tout prix il me faut de l\u2019argent, beaucoup d\u2019argent \u2014 et cet argent je ne sais pas où le prendre.« J\u2019ai cependant promis au patron que d\u2019ici quelques jours je me serais procuré la forte somme qui nous est nécessaire ; mais c\u2019était là une parole en l\u2019air, une parole que je voudrais bien reprendre.\u2014 J\u2019ai bien, moi, une cinquantaine de mille francs qui ne doivent rien à personne et que je mets à l\u2019entière disposition du patron ; mais c\u2019est tout ce que je possède, et cette somme est bien loin de suffire à nos besoins.« Tous se dévoueront pour le patron.moi seule ne pourrai me sacrifier \u2014 je suis maudite ! Froissé dans son orgueil, dans son amour-propre de beau garçon, Renault ne me pardonnera jamais mes dédains ! .» Ce fut sous cette douloureuse impression qu\u2019elle prit congé du vieux caissier.En hâte elle gagna la gare de la Bastille, monta dans un train prêt à partir et rentra à Boissy-Saint-Léger, dans la grande maison où seuls les domestiques l\u2019attendaient.Alors recommença pour elle cette vie d\u2019isolement qu\u2019elle préférait cependant à la vie avec son mari.Craignant toujours de voir apparaître Renault, Basquine s\u2019enfermait dans sa chambre où elle passait des nuits pleines d\u2019insomnie ; \u2014 et ce n\u2019était qu\u2019au matin seulement qu\u2019elle parvenait enfin à s\u2019endormir.Un mois s\u2019était écoulé depuis son mariage, et depuis un mois elle vivait seule dans la maison de Boissy-Saint-Léger.Un matin elle reçut une lettre datée de Rome et ainsi conçue : Vos dédains m\u2019ont brisé ! Aujourd\u2019hui encore j\u2019en suis à me demander quels griefs vous pouvez bien avoir contre moi \u2014 contre moi qui ai cependant voulu vous réhabiliter aux peux de tous.Bien qu\u2019innocente d'une jante que vois n\u2019aviez pas commise, vous eussiez quand même été déshonorée si je ne vous avais épousée !.En vous donnant mon nom, Basquine, je vous ai sauvée ; \u2014 mais, vous, que m\u2019avez-vous accordé en échange.rien! Vous m\u2019avez presque chassé de votre présence, m\u2019obligeant à chercher ailleurs d\u2019autres amours.Dans quelques jours, nous aurons à ce sujet une explication décisive ; \u2014 mais en attendant, sachez bien que je ne suis pas disposé à jouer plus longtemps près de vous le rôle d\u2019un imbécile.ou d\u2019un mari complaisant.Quand elle l\u2019eut parcourue, Basquine laissa tomber cette lettre de ses mains, et pendant quelques instants elle resta comme anéantie.Un moment la pensée de fuir lui vint \u2014 il lui était si facile d'accepter l\u2019hospitalité que Morin lui avait si généreusement offerte.Mais que penserait Carvajean ?.Non, cette solution était impossible, et, de plus en plus, elle comprenait qu\u2019elle ne pourrait sortir de l\u2019impasse dans laquelle elle s\u2019était volontairement engagée.Pendant quelques semaines, elle n'entendit plus parler de Renault, et le temps s\u2019écoula pour elle dans un calme absolu.Habituée peu à peu à cet abandon, Basquine reprenait courage, attendant sans angoisse que vienne le jour où Poitevin lui dirait de reprendre sa liberté et de quitter à tout jamais la villa de Boissy-Saint-Léger.Pendant ce temps, Renault, lui, voyageait.Il s\u2019étourdissait, jouait, s\u2019énervait, faisait la fête en compagnie des plus jolies filles de Rome.Mais, la satiété une fois venue, c\u2019est à Basquine qu\u2019il songea, à cette femme \u2014 la sienne \u2014 qui s\u2019était si obsti- L\u2019HOROSCOPE DU \"SAMEDI\" (Nouvelle série) 4\t5\t2\t8\t3\t6\t2\t5\t4\t7\t2\t6\t3\t8\t2\t5 D\tD\tU\tV\tU\tS\tN\tE\tE\tE\tP\tU\tN\t0\tA\tS 8\t5\t3\t6\t2\t7\t4\t8\t2\t6\t5\t3\t7\t2\t8\t5 U\tN\tL\tR\tS\tS\tB\tS\tS\tP\t0\tE\tP\tE\tE\tC 8\t2\t7\t5\t3\t6\t2\t8\t4\t7\t2\t6\t5\t3\t7\t5 T\tT\tE\tE\tG\tR\tE\tE\tE\tR\tM\tI\tS\tE\tE\tP 8\t5\t3\t7\t2\t6\t4\t8\t2\t7\t5\t3\t6\t2\t8\t4 S\tR\tR\tZ\tP\tS\tA\tA\tS\tE\t0\tD\tE\tP\tM\tU 8\t5\t2\t7\t3\t6\t2\t8\t4\t7\t2\t6\t5\t3\t8\t5 B\tC\tR\tN\tE\tA\t0\tI\tX\tC\tF\tG\tH\tB\tT\tA 6\t3\t8\t5\t2\t6\t4\t.7\t2\t8\t5\t3\t6\t2\t7\t4 R\t0\tI\tI\tI\tE\tR\t0\tT\tE\tN\tI\tA\tA\tR\tE 4\t6\t2\t7\t5\t3\t6\t2\t4\t8\t3\t6\t5\t2\t8\t4 V\tB\tB\tE\tE\tR\tL\tL\tE\tU\tE\tE\tS\tE\tX\tS Comptez les lettres de votre prénom.Si le nombre de lettres est de G ou plus, soustrayez 4.Si le nombre est moins de 6, ajoutez 3.Vous aurez alors votre chiffre-clef.En commençant au haut du rectangle pointez chaque chiffre-clef de gauche à droite.Ceci fait, vous n\u2019aurez qu\u2019à lire votre horoscope donné par les mots que forme le pointage de votre chiffre-clef.Ainsi, si votre prénom est Joseph, vous soustrayez 4 et vous aurez comme clef le chiffre 2.Tous les chiffres 2 du tableau ci-dessus représentent votre horoscope.Droits réservés 1945, par William J.Miller, King Features, Inc. 28 Le Samedi, Montréal, 25 mai 1957 y \t;1 15\u2014\tPlate-forme flottante.\u2014 Couvrir ; le pain émietté.\u2014 Arme pour lancer des flèches.\u2014 Ile delà s Sonde, à l\u2019est de Florès.\u2014 Titre ! ! anglais.16\u2014\tNégation.\u2014 Capitale de la France.' \u2014 Ville d\u2019Espagne (Vieille-Cas- ! j tille).\u2014 Etoffe de soie fine, moel-leuse et lustrée.\u2014 Ile de l\u2019Atlan- ' tique.17\u2014\tCharrue sans oreilles.\u2014 Etat de ce qui est élimé.\u2014 Bords d\u2019un fleuve.18\u2014\tRéunion de personnes qui professent la même doctrine.\u2014' Large, bien ouvert, r- Qui a rapport au pays où l\u2019on est né.19\u2014\tEspèce de poche.\u2014 A travers.\u2014 Possédée.\u2014 Petite prairie.\u2014 Semblable.20\u2014\tPatrie du chimiste J.-B.Dumas.\u2014 Etat de l\u2019Afrique du Nord.\u2014 Qui a de la piété.\u2014 Troisième personne de la Trinité hindoue; 21\u2014\tBatiste très fine.\u2014 Arôme des viandes.\u2014 Petit bâtiment à un mât.\u2014 Division territoriale en Croatie.22\u2014\tComplet.\u2014 Genre de plantes dont diverses espèces croissent dans le voisinage des saules.\u2014 Triste, plaintif.23\u2014\tCommune du Puy-de-Dôme, arr.de Clermont-Ferrand.\u2014 Plateforme que l\u2019on suspend à un ballon.\u2014 Vexe, tourmente.VERTICALEMENT 1\u2014\tVoix d\u2019homme la plus élevée.\u2014 Discours frivole.\u2014 Ville des Etats-Unis (Mass.).2\u2014\tSa Sainteté (abr.).\u2014 Femme de lettres française, née à Saint-Pétersbourg.- \u2014 Substance minérale, telle qu\u2019on l\u2019extrait de la mine.\u2014 Mine de sel gemme.3\u2014\tEspèce de cabriolet.\u2014 Os de la cuisse.\u2014 Lieux souterrains où l\u2019on extrait des métaux.\u2014 Nouveaux.4\u2014\tChef-lieu d\u2019arr.(Gard).\u2014 Roue à gorge d\u2019une poulie.\u2014 Détériorés.\u2014 Genre d\u2019oiseaux grimpeurs.\u2014 Du verbe être.5\u2014\tMorceau de toile blanche que portent au cou les gens de robe.\u2014 Narration d\u2019un fait.\u2014 Main ou pied de l\u2019homme, (fam.).\u2014 Créée.6\u2014\tLe premier des apôtres.\u2014 Piscine de Jérusalem.\u2014 Billet d\u2019identité.\u2014 D\u2019un verbe gai.7\u2014\tAttentions délicates.\u2014 Toute libéralité à titre gratuit.\u2014 Caractère propre et distinctif d\u2019une langue.\u2014 Onomatopée du bruit d\u2019un coup.8\u2014\tMauvais traitements exercés sur une personne.\u2014 Qui sont du sexe masculin.\u2014 Publiés.9\u2014\tAuteur -de Robinson Crusoé.\u2014 Tournes autour en épiant.\u2014 Sans mélange.\u2014 Oeuvre d\u2019imagination.10\u2014\tCommune de Suisse (Zurich).\u2014 Portion qui revient à chaque personne dans un partage.\u2014 Etendue d\u2019eau douce.\u2014 Sorte de bière.\u2014 Cette chose-là.11\u2014\tTemps destiné par l\u2019Eglise pour sc préparer à la fête de Noël.\u2014 Punir avec rigueur.\u2014 Rend plus ardent.\u2014 Contraction convulsive de certains muscles.12\u2014\tChef-lieu de canton (Maine-et-Loire) .\u2014 Dommage occasionné par une cause violente.\u2014 Qui a l\u2019humeur chagrine.\u2014 Symbole chimique du cérium.13\u2014\tPays que dirige le premier ministre Nehru.\u2014 Oraison dominicale.\u2014 Brisure de l\u2019écorce terrestre.\u2014 Durillon.14\u2014\tUnité monétaire italienne.\u2014 Cou.\u2014 Article.\u2014 Durée ordinaire de la vie.\u2014 Production filiforme.15\u2014\tEpoque.\u2014 Savetier, cordonnier.Canal dans lequel coule une rivière (fig.).\u2014 T'aillasse.16\u2014\tVaincre, subjuguer.\u2014 Capitale de la Tunisie.\u2014 Né du même père et de la même mère.17\u2014\tJupe de paysanne.\u2014 Rivière de la Sibérie.\u2014 Bonbon laxatif.\u2014 Possédée.18\u2014\tOutil dont on se sert pour sarcler.\u2014 Lancer.\u2014 Branche de rotang.\u2014 Dans la gamme.19\u2014\tVapeur qui se dépose le matin sur le sol.\u2014\u2022 Mettre les rênes à.\u2014\u2022 Qui aspire aux mêmes avantages qu\u2019un autre.\u2014 Grosse pilule.20\u2014\tVille de Hongrie.\u2014 En deçà.______ Faire cuire à sec.\u2014 Sans surcharge.\u2014 Partie la plus basse dans l\u2019intérieur d\u2019un vaisseau.21\u2014\tVenus au monde.\u2014 De l\u2019espèce du boeuf.\u2014 Divisions d\u2019un volume.\u2014 Qui ont l\u2019apparence du satin.22\u2014\tPremière conjugaison.\u2014 Partager par lots.\u2014 Rendre plus étroit.\u2014 Point où le soleil paraît se lever.23\u2014\tFonte naturelle de la glace.______ Soumettre à l\u2019action du pressoir.\u2014 Sabre droit de la cavalerie. 30 Le Samedi, Montréal, 25 mai 1957 RIEN DE SÉRIEUX LES VINGT-CINQ (25) GAGNANTS DES MOTS CROISES \"Le Samedi\" du 27 avril 1957 (Problème No 1322) Mme Fernand Angers, C.P.2096, Malartic, Comté Abitibi, P.Q.M.J.-Chs.Arsenault, 183, rue Oianam, Québec 3, Québec-Est, P.Q.Mme Jean Barbeau, 3949 Henri-Julien, Montréal, P.Q.Mlle Marguerite Boudreau, 2200 Dorion, Montréal, P.Q.Paul-Armand Boulianne, 45, rue Gagné, y St-Joseph d'Alma,J Lac St-Jean, P.Q.M.Denis Cayer, 277 Blvd McManamy, Sherbrooke, P.Q.Mlle Y.E.Charest, Ascot Corner, Sherbrooke, P.Q, Mlle Florence De Lisle, 771, rue Bélanger, Montréal, P.Q, Mme Rachel Falardeau, 74, Ave.Maisonneuve, Québec 4, Fl Q.Mme Béatrice Gagnon, 538, Bardy,,Apt, 3, Québec, P.Q.M.Jean-Charles Giguère, 204Y2 Ave Royale, Ste-Anne de Beaupré, Montmorency, P.Q.M.Edmond Jomphc, 406 Duchesne, Ile Maligne, Lac St-Jean, P.Ç.Mme Cécile Juair, 2563 ave Desjardins, Montréal, P.Q.Mlle Fernande Landry, Allard, Bonaventurc, P.Q.M.Maurice Langlois, ptre, Ste-Anne-de-la-Pocatiére, Kamouraska, P.Q.Mme Aurore Larose, RR.No 1, Senneterre, Abitibi, P.Q.Mlle Sylvette Lassonde, C.P.86, Sutton, Brome, P.Q.Mme Marguerite Munoz, 1412 Russell Rd, Calgary, Alta.M.Jean-Pierre Parent, 27 - 17e avenue, Lachine, J.-Cartier, P.Q.Mme Joseph Robichaud, St-Jean d'Orléans, Montmorency, P.Q.Mme L.Sicard, 724 St-Ferdinand, Montréal, P.Q.M.Lucien Tanguay, Château-Richer.M.G.-E.Tremblay, 59 Gouin, C.P.731, Richmond, Richmond, P.Q.Mme Dolorès Vadnais, 7275 Lajeunesse, Montréal, P.Q.Sr St-Joseph de la Providence 1820, Galt ouest, Sherbrooke, P.Q.Solution du Problème No 1321 \u2014 Voyons Jojo, dit la dame en visite, tu ne dois pas mettre ainsi tes doigts dans le nez.Le regard mauvais, Jojo réplique : - Qu\u2019est-ce qu^; ça peut te f.?C\u2019est pas le tien, hein ! Dans le métro : Une dame qui veut descendre à l\u2019ar-rçt suivant demande à un monsieur qui bloque le passage : \u2014 Vous descendez, Monsieur ?Le monsieur poliment : \u2014\tJe 11e descends jamais entre deux stations, Madame.\u2014\tImbécile ! \u2014\tOh non, Madame, pas imbécile.piudent seulement.Deux vieux officiers se promènent ensemble.Chaque fois que passe un soldat, au moment de répondre à son salut, l\u2019un d\u2019eux murmure : -\u2014 J\u2019t\u2019en souhaite autant ! L\u2019autre n\u2019y tient plus.\u2014 Mais pourquoi, diable, marmonnez-vous toujours ça ?\u2014 Pardi 1 J\u2019ai été soldat avant eux.et je sais ce qu'ils pensent ! Brave campagnarde, elle est depuis quelque temps en service à la grande ville.Elle sert chez un médecin qui soigne, entre autres, les pensionnaires d\u2019un orphelinat.On l\u2019a envoyée chez le pharmacien auquel elle présente une ordonnance sur laquelle se trouve un remède renfermant deux centigrammes de strychnine.Le pharmacien pèse, avec le plus grand soin, le dangereux produit.\u2014 Soyez pas si regardant ! s\u2019écrie la bonne ; c\u2019est pour une orpheline ! \u2014\tMon garçon dit Maman, je crois que ton père restera muet quand il verra tes mauvaises notes.\u2014\tJe l\u2019espère aussi, Maman! \u2014\tVotre pauvre oncle est mort ?m\u2019a-t-on dit.\u2014\tOui.\u2014\tA-t-il gardé toutes ses facultés mentales jusqu\u2019au bout ?\u2014\tJe ne sais pas.On n\u2019ouvre le testament que demain.Oncle Gaston inspecte le verger en compagnie de Toto.\u2014 Sais-tu à quel moment on doit cueillir les prunes ?\u2014 Pas maintenant : il vaudra mieux attendre que Papa soit sorti ! Madame était partie, pour la première fois seule, au volant de la nouvelle voiture.Monsieur, un peu nerveux, marchait de long en large.Tout à coup, le téléphone sonna.\u2014 Ici le garage de la Tour, dit une voix courroucée.Votre femme vient d\u2019amener la voiture.Est-ce que vous paierez les réparations ?\u2014 Bien sûr, dit Monsieur.Bien sûr que je paierai les réparations de la voiture.\t; \u2014 De la voiture, rugit la voix.On parle des réparations du garage ! Adrien doit se foire opérer, mais il .a une peur terrible.\u2014 Il n\u2019y a pas 4e Q110' avoir peur, dit sa femme.Le dpeteur demande 15 dollars.Eh bien, pour ce prix, il n\u2019y a pas d\u2019opération dangereuse ! Un journaliste américain avait passé quelques semaines à Paris.A son retour, on lui demandait son avis sur la différence des moeurs à New-York et à Paris.\u2014 Voyez-vous, dit le journaliste, à New-York, vous risquez une contravention si vous accostez une jolie femme dans la rue.A Paris, par contre, si un agent de police vous voit accoster une femme dans la rue, il est capable de vous souhaiter de passer une bonne soirée.Dans un petit restaurant viennois jouait un orchestre tzigane.Un des musiciens passait de table en table, pour faire la quête.\u2014 Comment faites-vous, demanda un client au chef de l\u2019orchestre, pour éviter que le collègue qui fait la quête garde quelque chose pour lui ?\u2014 Très simple, répondit le chef.Je lui donne assiette en main gauche et mouche qui vit en main droite.Quand mouche encore là quand quête terminée, musicien honnête ! Un petit garçon triste de quatre ans environ se trouve au bord du trottoir du Boulevard St-Joseph près d\u2019un grand magasin.Finalement un agent de la circulation le remarque et va le trouver.\u2014 Tu cherches quelqu\u2019un, petit bonhomme ?demande-t-il.\u2014 Oui, dit le petit garçon en suffoquant, j\u2019ai perdu ma maman ! «Vous n\u2019auriez pas vu, par hasard, une dame sans un petit garçon comme moi ?OFFRE SPECIALE LE SAMEDI - LA REVUE POPULAIRE - LE FILM (pour 12 mois) Canada\tEtats-Unis ?\tCES TROIS MAGAZINES .$5.50\t$8.00 \u2014 ¦ \u2014 - \u2014 - \u2014 - \u2014 OU A VOTRE CHOIX \u2014- ?\tLE SAMEDI (hebdomadaire).\t3.50\t5.00 ?\tLA REVUE POPULAIRE (mensuel)\t1.50\t2.00 ?\tLE FILM (mensuel) .1.00\t1.00 O Nom.IMPORTANT : \u2014 Marquez d\u2019une croix s'il s'agit d'un renouvellement.Adresse.Localité.Prov.POIRIER, BESSETTE & CIE, LIMITEE \u2014 975-985, rue de Bullion, Montréal 18 \u2014 Je veux bien t'accompagner, mais de quel côté vas-tu ? Le Samedi, Montréal, 25 mai 1957 31 ARSÈNE LUPIN cjentlevnan-cavnhrioli cidr d'après l'oeuvre de MAURICE LEBLANC CONTE ILLUSTRE DU ''SAMEDI\u201d \u2014 DIX-HUITIEME EPISODE Cm : D'*- millions C ESt si peu.BONHEUR,IL n'En VOYONS CE TÉLÉ -GRAmme .* A CCOBD cornu, pix muons livees.TOUT va Bien.\" Dis DONC LUPIN.Dix millions! TU N'V VAS PAS DE MAIN MORTE ! Bah ¦ il faut b.En se Distraire,occuperses LO'SiCS -D'Autant que LE COUP NE POUVAIT CÉU&SlR au£ SI J'ÉTAIS EN PRISON-.MON PROCÈS, MA DÉFENSE L' INSTRUCTION , TOUT ce LA EST BIEN MONOTONE.» D'AILLEURS J'AI RÉSOLU DE NE PAS ASSISTER A' MON PROCÈS! MAIS ENFIN, LES TEMPS SONT / EXISTE PAS CES DOU\" PURS.ET J'Al DES FRAIS GÉNÉRAUX SI LOURDS ! SI TU CONNAISSAIS MON BUD&ET-UN BUDGET DE GRANDE VILLE 2AINES COMME TOI SANS QUOI IL N\u2019Y AURAIT plus qu a fermer BOUTIQUE ! I HocW»»-OAIOC ITflmsc QUOI 7 TU NE vev* PM ASSISTER A TON PROCÈS , Di«-TU 7_TU VEUX T' ÉVADER PE TA PRISON ! IL fUT PEUT-ÊTRE etS plus prudent Dt COMMENCER na ne pas V ENTRER!.AM ! MONSIEUR RAILLE 7 MONSIEUR.UNE FEMME ME REGARDAIT,GANIMARP, ET JE LAIMAIS-UNE CERTAINE MIS3 CEPENDANT, MON CHER (JANIMARD NOUS SOMMES AUJOURD\u2019 HUI VENDREDI - MERCREDI PROCHAIN.J\u2019IRAI FUMER MON CIGARe ZMEZ TOI, RUE P£GGOLÊSe, À quatre heures oe V APRES-MIDI ARSENE LUPIN, JB T ' ATTENDS ! SE SOUVIENTjSU'lL A EU L'HONNEUR DE PROCÉDER A MON ARRESTATION ?.SACHE, MON RESPECTABLE AMI, QUE personne, pas plus toi qu'un autre n\u2019eut NELLV .LE RESTE M'IMPORTAIT PEU, JE TE Le JURE - ET C! EST POUCQUOI JE SUIS ICI\u2014JE VOULAIS OUBLIER D'ABORD-ET PUIS, IL FAUT SAVOIR À CERTAINS MOMENTS FAIRE CE QU'ON APPELLE UNE CURE D' 'SOLÊMENT PU METTRE LA main sur MOI SI._\t* I op«ro mund.Ho ch fi tf* Ülffli GANIMARD* UNE MINUTE '.TU OUBLIES TA MONTRE - ELLE S'EST ÉGARÉE DANS MA POCHE !.PARDONNE-MOI-UNE MAUVAISE HABITUDE MAIS CE N\u2019EST PAS UNE RAISON PARCE Qu'ils m'ont pris la mienne pour QUE JE TE PRIVE DE LA TIENNE¦ D'AUTANT QUE J'AI LS UN Chronomètre pont je n'ai PAS k ME PLAINDRE ET QUI SATISFAIT PLEINEMENT ET CELUI-CI, DE QUELLE POCHE VIENT IL \u2019 MA MONTRE 7 Bien etce ; ah >.oui ,JE ME SOUVIENS, JULES BOUViER, MON JUGE D'INSTRUCTION UN Homme charmant J#*S MES BESOINS.J K (k / m W \\ II/ opfo «lundi HocKain .clause UNQifc.a survui PENDANT LA VISITE DE &AN/MAQD A ARSENE LUPIN LE CHEF DE LA SÛRETÉ a CONVOQUE LES INSPECTEURS DIEU2Y ETFOLENFANT.» JE PROPOSE DE FOUILLER D'ABORD PIERRE PAR Pierre la ceu-ulE Du Détenu LE MOMENT ÊST PROPICE C'EST l'HEUCE DE sa promenade DANS LA CELLULE J> ARSENE LUPIN-.JE CROIS CSU'IL FAUDRAIT D'ABORD SOULEVER TOUTES LES DALLES PENDANT C« TEMPS, JE VAIS Démonter LE UT MESSIEURS, IL FAUT EN Finir! iln'v a plus aucun DOUTE \u2022 ARSÈNE LUPIN CONSERVE pes INTELLIGENCES AVEC LE DEHORS ET COMMUNIQUE AVEC SES AFFILIÉS I EVIDEMMENT, IL FAUDRAIT PINCER TOUS SES COMPLICES 11 opera mundi HocheHc -fifYflfç tfftjtmVw. 32 Le Samedi.Montréal, 25 mai 1957 LA POURSUITE DE FU CHONG CONTE ILLUSTRE DU \"SAMEDI\" \u2014 DIXIEME EPISODE gBÜIm mm :5s-»S 1.Pierre, accompagné du garde du train, avait fait ouvrir la porte du wagon de Kenton Steel, son maître, et avait trouvé celui-ci gisant sur le plancher, inanimé., et l\u2019or envolé.-\u2022 0,1 flt arrêter le train immédiatement.Steel examina la porte d'arrière et constata qu\u2019elle avait été forcée.Il comprit alors que l'or avait dû être Jeté du train en marche.3.Pierre et Steel espéraient peut-être que l\u2019on n\u2019avait pu encore ramasser les caisses d'or lancées sur la voie ferrée car ils se mirent à courir le long des rails.mais d\u2019or, point.n 1 Jusqu\u2019au moment où, sur la route qui se déroulait parallèlement a la voie ferrée, ils aperçurent une camionnette qu'on finissait de charger des caisses d'or.» C'est la camionnette de Chong » s\u2019écria Picric.Steel courut au plus proche téléphone et informa la gendarmerie de l\u2019affaire.En attendant, il n\u2019y avait rien à faire.On ne pouvait lout de même les rattraper à pied.6.Enfin, une voiture de la police arriva.Steel expliqua au chef de patrouille qu\u2019on venait de cambrioler le train de Liverpool et que Fu Chong fuyait avec l\u2019or.« V 7.« Fu Chong ! » s\u2019écria le chef de patrouille, u Ah ! ce que J'aimerais mettre la main au collet de cet homme.» Steel \u2022*t Pierre sautèrent à bord de l'automobile qui démarra a vive allure.wmtm Mê'Iïâ mxà U 10.Comme un éclair, l\u2019automobile prit le côté gauche de la route et serra de très près la camionnette des Chinois.Fu Chong était tremblant de rage et donnait des ordres inutiles.8.Heureusement, il ne se trouvait aucun chemin de traverse, ce qui rendait impossible à Fu Chong l\u2019emprunt d'une route secondaire.Bientôt on aperçut la camionnette au loin.11.Le côté de la camionnette vint s\u2019accoter solidement contre la rampe du pont qui finalement céda sous le poids.Une loue se balançait dans le vide.Les Chinois sautèrent.ux&xm .tn'tffit ïMiih ÉSHk ïa** mm m m 522 9.L\u2019aifaire de quelques minutes encore et la camionnette se trouva dans le rayon lumineux des phares de l\u2019automobile.Les Chinois tentèrent d\u2019empêcher l\u2019auto de passer, mais en vain.WïïJj ¦i* liiiias» mm 12.Une lutte s\u2019engagea entre les Chinois et la police.Fu Chong, toujours audacieux, voyant que la situation se retournait contre lui et que ses hommes avaient le dessous, préféra fuir.Il sauta à l\u2019eau.\t[« suivreI LISEZ, CHAQUE SEMAINE, LES CONTES ILLUSTRES DU \"SAMEDI\" 33 Le Samedi, Montréal, 25 mai J£).'\u2022 LES ENFANTS DU CAPITAINE GRANT par JULES VERNE CONTE ILLUSTRE DU \"SAMEDI\" \u2014 QUATRE-VINGT-HUITIEME EPISODE PWb UN COQUILLAGE / ) EN QUE DU SABLE\t_ VET DE L'EAU SALÉE ÜT^i VITE /EMBARQUEZ./ LS N'IRONT PAS NOUS CHERCHERA\" LA NAGE / / / V ^ BIZARRE us rebroussent CHEMIN QUE VONT-ILS FAIRE P .malheur/ myiord V/' LE5 SAUVAGES/.COUCHEZ-VOUS VITE/ \u2022 - u j «j=-., Can.\u2014 Tel.: PL.9637-fc GEORGES POIRIER\tGEORGES POIRIER, fils Président ODILON RIENDEAU Chef du tirage Pour tarifs d'abonnements, voir notre coupon dans ce numéro.GEORGES POIRIER, Vice-président CHARLES SAURIOL Chef de la publicité Entered March 23rd 1908, at the Post Office of St-Albans, Vt., U.S.A.as second class matter under the Act of March 3rd 1879.Autorisé comme envoi postal de la deuxième classe, Ministère des Postes, Ottawa.I_i\u2019iiospitalité est notre devise! \u2022 « Je ne suis pas très connaisseur en vins.Je n en avais guère goûté qu'une dizaine de fois avant tic connaître le vin blanc tie table Manor St.Davids.Mais depuis, j'ai appris beaucoup de choses.J\u2019ai appris à aimer les agréables vins canadiens particulièrement le vin blanc tie tabic Manor St.Davids.Des amis peuvent arriver à (\u2019improviste, nous sommes toujours prêts à les recevoir.Nous leur offrons du vin blanc de table Manor St.Davids pour accompagner le fromage servi sur du bon pain français.Nous passons ainsi une agréable soiree, car ce vin crée une ambiance que nos amis apprécient.étozé\tcartac&e*zd DEPUIS 1874 rfttnrr A Si vous lisez l'ouvrage \"La Cuisine ou Vin\", vous ne pourrez plus vous en passer.Ecrivez à Bright s Wines, Lachine, qui vous l'enverra gratuitement.*W'> Vous vous sentirez MIEUX! 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