Le samedi, 1 février 1957, samedi 9 février 1957
[" 68e année, No 40\tMontréal, 9 février 1957 10 CENTS Le Magazine National des Canadiens DANS CE NUMERO ; ^ JâlîieS Dean, par Georges Foscolo \u2022\tL'accouchemernf sans douleur, reason \u2022\tLa Rochelle el Brouage, par «cher» â*£r\u2018*Z£' JloraHce Kae ICE FOLLIES 195 sagers ont voyagé dans ect avion affecté aux envolées transcontinentales ou à destination des grandes villes des Etats-Unis.Le Viscount s\u2019est avéré un avion très populaire tant auprès des passagers que de la Compagnie.Ses larges fenêtres, son vol moelleux et sans vibration, sa vitesse et son confort ont beaucoup d\u2019attrait pour les passagers ; de plus, sa facilité de manoeuvre et d\u2019entretien a dépassé les espérances de la Compagnie.Au mois de mai dernier, Air Canada a acheté quatre réactés DC-8 pour les grandes routes transatlantiques et transcontinentales.Construits au coût de $5,000,000 chacun, les DC-8 transporteront 120 passagers et voleront à une vitesse de croisière de 550 milles à l\u2019heure.Ce soir, dîner pour neuf personnes Vous parcourez cinq milles à la minute, à trois\tservice est impeccable.Alois pourquoi un dîner milles d'altitude .mais vous vous croiriez\tpour neuf?A bord des Super Constellation d\u2019Air dans un restaurant de luxe.Sur les lignes trans-\tCanada la première classe est strictement réser- atlantiques «l\u2019Air Canada, le dîner des passagers\tvée à neuf passagers.Aucun risque d'encombre- dc première classe est tous les jours un dîner île\tment .une raison de plus de voyager en (join.Le menu est digne des plus grands chefs,\tpremière classe à votre prochain voyage en la carte des vins comprend les meilleurs crus, le\tEurope, à bord d'un avion d\u2019Air Canada.-Tons les soirs, dé part pour l'Europe et service de grand luxe\tA {Wj TRANS CANADA AIR UNES L'enseigne -vous à votre agence de voyages ou au bureau d\u2019Air Canada AIR CANADA va de lavant Ini Canada sera l'une des premières lignes aériennes du monde dont tous les avions seront à base de turbines quand, en 1961.le service sera assuré par des aérobus réactés DC-8, ainsi que par des turbo-propul-sés Vanguard et Viscount.On retirera graduellement du service les avions actuels au fur et à mesure que les nouveaux avions seront livrés.Air Canada possède déjà 18 Viscount et 20 autres doivent être livrés et mis en service d\u2019ici 1958.Les DC-8 et les Vanguard entreront en service en I960.L\u2019histoire des turbo-propulseurs remonte, pour Air Canada, à plusieurs années alors que la compagnie était à la recherche d\u2019un nouvel avion pour les courtes envolées.Après des études poussées de plusieurs genres d\u2019avions, Air Canada choisit le turbo-propulsé Viscount comme étant celui qui répondait le mieux à ses besoins.Vickers Armstrong Limited, constructeurs britanniques du Viscount et du Vanguard, reçoivent donc une première commande et, le 1er avril 1955, le premier Viscount à parcourir une route aérienne d\u2019Amérique du Nord portait l\u2019étendard d\u2019Air Canada.Depuis ce jour, plus de 1,000,000 de pas- Ces énormes réactés pourront filer de Vancouver à Toronto en 4 h.et 10 minutes, et de Montréal à Londres en 6 h.et 10 minutes, soit à peine plus de la moitié du temps actuellement requis.Actionné par des moteurs Rolls-Royce tout comme le Viscount et le Vanguard, le DC-8 fournira le service aérien le plus rapide et le plus confortable que Ton connaisse.Le 3 janvier dernier, Air Canada a commandé 20 Vanguard qui coûteront $67,100,000 en tout, soit la plus forte commande d\u2019exportation payable en dollars qui ait été passée à la Grande-Bretagne depuis la guerre.Les Vanguard seront utilisés pour les envolées moyennes et seront mis en service sur les routes interurbaines les plus fréquentées du Canada et des Etats-Unis.Le Vanguard, qui a l\u2019air de famille du Viscount, est deux fois plus grand que ce dernier et, à 420 milles à l\u2019heure, a une vitesse supérieure de 100 milles.Chaque avion pourra transporter 82 passagers de première classe ou 102 de classe touriste.La partie inférieure des deux fuselages comprendra deux compartiments, à pression rétablie, pouvant transporter 10 tonnes de marchandises, de messageries et de courrier.L\u2019appareil pourra servir entièrement comme cargo lorsqu\u2019il ne sera pas affecté au transport des passagers.Air Canada a fait beaucoup de chemin en moins de 20 ans, alors que son seul parcours était de 122 milles, allant de Vancouver à Seattle.Aujourd\u2019hui, Air Canada est au rang des plus grandes lignes aériennes du monde et ses routes s\u2019étendent sur plus de 24,000 milles au Canada, aux Etats-Unis, au Royaume-Uni, en Irlande, en France, en Allemagne, aux Bermudes, à Nassau et aux Antilles.En calculant le coût de la correspondance commerciale aux Etats-Unis, on a constaté qu\u2019une seule lettre représente un déboursé d\u2019un dollar à un dollar vingt-cinq, en tenant compte des frais de dictée, sténographie, papeterie, classification et distribution.¦ j _\ta\t\u2014- h» 0\ty?- -\tv \t\t\t\tBÜ3 - \u2022 \t 3 GRATIS.AU CHOIX.3 DE CES MAGNIFIQUES DISQUES \"HAUTE FIDÉLITÉ\" DISQUES COLUMBIA (g) 12\" Si vous devenez membre maintenant du Columbia Record Club\u2014et acceptez de prendre, durant les 12 mois à venir, aussi peu que 4 des sélections offertes TOHAIKOVBKV NUTCRACKER SUITE M THE SLEEPING BEAUTY BALLET piWÊ.' ¦ ;V ' ' > ii * THE PHILADELPHIA ORCHESTRA EUGENE ORMANDY.Conductor es BRAHMS: DOUBLE CONCERTO ISAAC STERN LEONARD ROSE BRUNO WALTER \u2022xzrjzxex* \u201c THE KING OF SWING MY FAIR LADY MME PERCY FAITH DAY DREAMS BENNY DORIS GOODMAN DAY HARRY JAMES GENE KKUPA LIONEL HAMPTON TEDDY WILSON met avives au KOSTLLANETZ CONCERT BY THE SEA1 ERROLL GARNER * ¦!\ti i ditions % ante LEVANT PLAYS GERSHWIN RHAPSODY in BLUEmnn A.OA 1 \u2014 CONCERTO AN AMERICAN IN PARIS .J amais offertes aux nouveaux membres L MAGN!HCINl ADVENTURE IN MCM FOEllTV SOUND Scheherazade ï rimsky-korsakov THE PHILADELPHIA ORCHESTRA.EUOENE ORMANDY, CONDUCTOR du C3olumbia ® \u2018KcceJ C.U ® Columbio\", ®.SONGS FROM - WALT DISNEY\u2019S MAGIC KINGDOM DAVE BRUBECK QUARTET.FRANK SINATRA RED HOT THE AND COOL VOICE OUI! Vous pouvez obtenir, GRATIS, 3 de ces disques Columbia (LP) 12\", AU CHOIX.Les plus populaires en ce moment.L\u2019objet de cette offre extraordinaire est de vous faire connaître le Club de Disques Columbia (LP) .dont le but est de choisir pour vous, chaque mois, les plus grandes oeuvres musicales de tous genres \u2014 exécutées par les plus grands maîtres du monde et brillamment reproduites sur Disques Columbia (LP).COMMENT FONCTIONNE CE CLUB Pour en retirer tous les avantages \u2014 postez le coupon ci-contre en indiquant laquelle des 4 divisions convient le mieux à vos goûts : Musique classique, Jazz, Musique de danse, Broadway, Cinéma, Télévision et Comédie musicale.Vous recevrez gratuitement tous les mois le Magazine du Club qui vous renseigne sur toutes les sélections musicales.Libre à vous d\u2019accepter ou de refuser la sélection musicale de votre division .ou de choisir des disques d\u2019une autre division .afin de vous assurer le choix le plus étendu.Vous pouvez également REFUSER l\u2019envoi de tout disque, quand il vous plaira.Votre seule obligation est d\u2019accepter au moins 4 sélections des 100 qui vous seront offertes pendant les 12 prochains mois.Vos disques vous seront postés et facturés à $4.20 seulement (ceux des Comédies de Broadway un peu plus chers), plus de modiques frais d\u2019expédition.DISQUES-BONI DONNES GRATUITEMENT Les 3 premiers disques qu\u2019on vous envoie représentent une \"avance\u201d sur les bonis du Club.Après avoir rempli vos obligations de nouveau membre en achetant 4 disques, vous recevrez un disque-boni additionnel de votre choix pour chaque sélection de deux disques que vous acceptez.Ces disques-boni sont de superbes disques Columbia (LP) de 12\" \u2014 les meilleurs du célèbre catalogue (LP) \u2014 exactement comme ceux illustrés ci-dessus.Indiquez bien sur le coupon les 3 disques que vous désirez gratuitement et votre Division préférée.Puis postez le coupon immédiatement.Vous pouvez renoncer à votre qualité de membre en retournant les disques gratuits dans les 10 jours.COLUMBIA ( LP ) RECORD CLUB 11-13 Soho St., Toronto 28, Ontario r POSTEZ CE COUPON COMPLET DES MAINTENANT ! COLUMBIA RECORD CLUB, Dcpt.195 11-13 Soho St., Toronto 28, Ontario Veuillez me faire parvenir la prime gratuite des 3 disques indiques ci-dessous : (Faites votre choix en marquant d'un X la liste de droite i et .inscrivez-moi dans la division suivante du Club.(marquez d'un X une seule rubrique) ?Classique\t?Danse\t?Jazz ?Broadway, Cinéma, Télévision et Comédie musicole Chaque mois vous me ferez parvenir le Magazine du Columbia (LPi Record Club qui contient une description des disques offerts dans chacune des quatre divisions.J\u2019ai l\u2019avantage d'accepter la sélection du mois dans la division ci-haut indiquée, ou dans une autre division, ou de les refuser toutes.Le seul engagement de ma part consiste à acheter un minimum de quatre disques dans les 12 prochains mois, au prix de catalogue, plus un supplément pour frais d\u2019expédition.Après l\u2019achat des quatre disques, Je recevrai le boni gratuit d'un disque pour chaque achat supplémentaire de deux disques que je ferai.Si je désire me retirer du Club, Je n\u2019ai qu\u2019à en donner avis dans les dix jours en retournant tous les disques reçus.Nom (en lettres mouléesi Adresse Ville .Province .Si vous préférez que votre inscription se fasse chez un dépositaire Columbia autorisé à recevoir les inscriptions, donnez les renseignements ci-dessous : Nom du dépositaire Columbia .Adresse du dépositaire .\u2014Q POINTEZ LES TROIS D Tchaikowsky : La Suite Casse-Noisettes Ballet de la Belle au bols dormant Orchestre Philadelphie Ormandy, Chef d\u2019oi-chestre.O Day Dreams Doris Day chante 12 chansons populaires \u2014 dont : Sometimes I'm Happy.You Go To My Head, etc.?\tLe Roi du Jazz : Vol.1 Benny Goodman et son premier orchestre, Trio, Quatuor.Ridin\u2019 High, Moonglow et 9 autres.?\tMy Fair Lady Percy Faith et son orchestre dans des extraits de cette comédie musicale.H Brahms : Double Concerto pour violon et violoncelle ; Variations sur un thème de Haydn ; Ouverture tragique Stern, violoniste; Rose, violoncelliste ; N.Y.Phtlhnrmonlc, direction Walter.Chansons du Royaume magique de Walt Disney 12 chansons gales extraites de Blanche-Neige.Dumbo, Pinoc-chlo.DISQUES DESIRES ?\tConcert by the Sea Erroll Garner dans un Récital donné à Carmel, Calif., jouant 11 pièces \u2014 Red Top, Where or When, etc.Levant joue Gershwin 3 oeuvres \u2014 Rhapsody in Blue; Concerto in F, An American in Paris.?\tThe Voice Frank Sinatra dans 12 de ses chansons populaires \u2014 Fools Rush In.I Don't Know Why.etc.?\tRimsky-Korsakov : Scheherazade Orchestre de Philadelphie, direction Orniuii-dy.Interprétation formidable de ce chef-d'oeuvre exotique.Cl Musique de Jerome Kern André Kostelanetz et son orchestre dans 20 compositions Kern You Arc Love, Bill.etc.Cl Jazz : Red, Hot & Cool Le Quatuor B ru beck dans The Duke, Love Walk In 5 autres. 4 Le Samedi.Montréal, 9 février 1957 I aire du SAMEDI Aux Etats-Unis, la frénésie qui s\u2019empare des fidèles de la nouvelle danse Rock and Roll a déjà provoqué bien des commentaires.Toutefois, il ne nous parait pas hors du sujet d\u2019évoquer à notre tour une danse fameuse qui, à l'origine, lui ressemblait par bien clés points : la tarentelle.Au XVIIe siècle, l\u2019une des maladies les plus étranges de l\u2019histoire de la médecine plongeait en effet dans l\u2019angoisse les citoyens d\u2019une cité italienne.La singulière maladie était causée par la piqûre d\u2019une araignée et la seule cure consistait en un bal frénétique auquel prenait part toute la communauté, traitement qui se poursuivit jusqu\u2019au XVIlIe siècle.Le lieu était Tarente, petite ville torride, encerclée de rochers, près du golfe du même nom.En tremblant En juillet et août, un étrange calme envahissait Tarente.Les habi- tants bronzés, qui étaient habituellement de bons travailleurs, devenaient impatients et ombrageux.L\u2019activité se ralentissait jusqu\u2019à s\u2019arrêter complètement.Les rues normalement bruyantes et peuplées devenaient silencieuses et désertes.Par l\u2019une de ces brûlantes journées, une jeune fille sortait tout à coup de sa maison.Elle portait une jupe bariolée et une simple blouse.Poussant des cris incohérents, elle courait jusqu\u2019à la place du village et se mettait à se contorsionner en tremblant des pieds à la tête.Sur l'une de ses chevilles, on remarquait une tache jaunâtre et enflée.Quelques instants plus tard un homme vêtu d\u2019un simple pagne lui resserrant la taille sortait d\u2019une maison voisine et se précipitait à son tour dans la rue, criant et tourbillonnant tout en se dirigeant également vers la grand-place.D'autres hommes et femmes se joignaient peu à peu au premier couple, jusqu\u2019à ce que la place soit pleine de danseurs insensés, les uns richement vêtus, les autres à peu près nus.Pour atténuer les effets du venin Cette orgie annuelle de danse avait pour but de combattre l\u2019une des maladies les plus rares de tous les temps : le tarentisme.La cause : la piqûre de la tarentule.La danse : la tarentelle.Les tarentules abondaient aux environs de Tarente.Ayant peu de connaissances à leur sujet, les ha-pensaient que leur piqûre était mortelle.Les symptômes qui apparaissaient après la piqûre étaient l\u2019es-souflement, le mal de tête, la soif et la perte de l\u2019appétit.Lorsque ces réactions se manifestaient il fallait danser la tarentelle, étrange danse composée au cours des âges.Les médecins affirmaient que la sueur causée par la danse frénétique atténuait les effets du venin.Mais rien ne guérissait complètement les malades.Le venin restait pour toujours dans leur corps et son effet se réveillait chaque année sous l\u2019action de l'étouffante chaleur de l\u2019été.Et le bal recommençait.Vers le début du XVIIe siècle, d\u2019authentiques savants commencé- JfLiA rent à étudier le tarentisme.La maladie ne se manifestait qu\u2019à Tarente.Cependant, il existait des tarentules de même espèce dans d\u2019autres régions où, fait étrange, les individus [ Lire la suite page 22 ] Beaucoup trop de croisières.Le 1er avril 1957, le roi Paul de Grèce doit fêter le dixième anniversaire de son avènement au trône.Evénement rare dans ce pays, où depuis l\u2019assassinat de Georges 1er ( grand ami et citoyen d'honneur d\u2019Aix-les-Bains ) en 1913, aucun souverain n\u2019a régné aussi longtemps .sans perturbations.Le fils de Georges 1er, Constantin, dut abdiquer en 1917 en faveur de son fils Alexandre 1er.Celui-ci, mort dans des circonstances assez troublantes en 1920, Constantin redevint roi jusqu\u2019à sa mort, en 1922.Son successeur Georges II ( dont la femme divorcée, l\u2019ex-reine Elisabeth, est morte récemment à Cannes ) fut détrôné en 1924 par la proclamation de la République.La monarchie fut restaurée en 1935, Georges II rentra.pour cinq ans.En 1940, l\u2019invasion allemande le força à quitter son pays.Il n\u2019y revint qu en 1946, et mourut l\u2019année suivante.Les Républicains relèvent la tête Ce résumé historique de la dynastie grecque montre que les dix ans de règne du roi Paul constituent un véritable exploit.Mais certains milieux influents et bien informés d\u2019Athènes se demandent si le souverain arrivera à passer le cap de 1957.Sa popularité et surtout celle de la reine Frédérique, très grande il y a trois ou quatre ans, ont subi ces derniers temps une chute vertigineuse.On sait que le Parlement grec a reproché ouvertement aux souverains leur train de vie trop coûteux, par suite de quoi le roi a fait fermer son Palais dans la capitale pour se retirer dans une modeste « villa » qui ne comporte .qu\u2019une vingtaine de pièces.Deuxième geste spectaculaire : Paul 1er a refusé l\u2019augmentation de sa liste civile \u2014 ou plus exactement \u2014 il a retiré sa demande visant, par suite de la cherté de la vie, à une telle augmentation.Mais ces gestes n\u2019arrivent-ils pas trop tard ?L\u2019opinion publique est passablement « montée » contre le Palais ( même si celui-ci est vide ) et les Républicains, battus en 1946, Hi relèvent la tête.Si un nouveau plébiscite avait lieu aujourd\u2019hui, les royalistes seraient non seulement battus mais écrasés.Trop de goût de luxe pour la souveraine du pays le plus pauvre d'Europe Comme jadis les Parisiens à « l\u2019Autrichienne » Marie-Antoinette, les Athéniens reprochent à «l\u2019Allemande» Frédérika son existence, ses goûts trop luxueux, ses dépenses inconsidérées \u2014 pour la souveraine d\u2019un petit pays pauvre où un pourcentage important de la population végète avec 8 à 10 dollars par mois ! Car le standard de vie de la Grèce est aujourd\u2019hui, sans aucun doute, le plus bas d\u2019Europe ! Or la reine Frédérika, née Bruns-wick-Lunebourg, est une des femmes les mieux habillées du monde, ses bals et réceptions dépassent, en splendeur, ceux du Buckingham Palace, elle fait, seule ou avec le roi, plusieurs voyages par an et a organisé ces dernières années deux croisières matrimoniales retentissantes [ Lire la suite page 22 ] Coquette, mais avisée.Agnès Sorel, la « Dame de Beauté » eut une influence heureuse sur Charles VII, Le roi Charles VII était le onzième enfant de Charles VI, et, s\u2019il était intelligent, il était lent, mélancolique et semblait toujours endormi.Entre un père fou et une mère indigne il avait eu une triste enfance, une jeunesse plus triste encore.Il était âgé de douze ans quand la noblesse française fut écrasée à Azincourt et que le royaume tomba presque en entier aux mains des Anglais.Cinq ans plus tard, le traité de Troyes lui avait enlevé la couronne dont il avait hérité après la mort de ses frères.Il n\u2019était plus que « le roi de Bourges ».Dans de si grandes calamités, il n'avait guère eu qu\u2019un seul appui solide : l\u2019affection et les conseils, ainsi que l\u2019énergie de sa belle-mère Yolande d\u2019Anjou, la mère de Marie d'Anjou, qu\u2019on lui avait fait épouser.Cette Yolande était une maîtresse femme, intelligente et pleine de vo- lonté, pleine aussi de sagesse politique.Mais elle n\u2019avait pu empêcher que le roi Charles VII n\u2019eût été, dès son enfance, comme frappé de stu- V*.» peur par les coups dont l\u2019avait accablé le sort.\"Sire, pourquoi dormez-vous ?\" Jeanne d\u2019Arc et sa confiance ardente dans les destinées de la Fran- ce l\u2019avaient un moment tiré de ce sommeil.Elle l\u2019avait fait sacrer, en avait fait vraiment un roi.Mais, après le bûcher de Rouen, Charles était retombé dans son sommeil.\u2014 Sire, pourquoi dormez-vous ?lui demandait quelquefois Jouvenel des Ursins.Il n\u2019aurait pu le dire.Il dormait parce que c\u2019était plus facile que de gouverner.Dans sa maison, il mène une vie paisible et dévote.Il entend chaque jour trois messes, s\u2019entoure de gens pieux et doctes, cause avec des clercs lettrés, se fait lire de vieilles chroniques, joue à la paume, tire à l\u2019arbalète, mais, par-dessus tout, aime le jeu d\u2019échecs qui est un passe-temps tranquille.Sa femme, Marie d\u2019Anjou, est simple et douce.Pieuse et effacée, elle s\u2019occupe surtout de ses enfants.Il y a bien, à la Cour, une autre femme, l\u2019épouse du dauphin Louis, la charmante Marguerite d\u2019Ecosse, qui égaye un peu cette vie monacale.Mais, tout en subissant son charme, on réprouve un peu la vie qu\u2019elle mène qui déconcerte ces gens compassés.Fantasque et dépensière, elle aime les riches toilettes, les bijoux, les friandises ; elle est passionnée de poésie, passe quelquefois la nuit à écrire des vers.On blâme le Dauphin qui la traite mal et on l\u2019aime bien, mais elle fait un peu scandale et la pauvre Marie d\u2019Anjou soupire parce que le ménage n\u2019a pas d\u2019enfant et que la jeune femme cherche dans la poésie un refuge à ses tristesses.La bonne reine soupire aussi parce que son fils Louis ne s\u2019accorde pas avec son père.Elle ose à peine s\u2019avouer qu\u2019il est impatient de régner, d\u2019être appelé le roi Louis XI.Régner est cependant chose bien troublante et l\u2019on n'est pas sûr que le roi Charles VII y prenne beaucoup de goût.\u2014 Sire, répétait en regardant son roi Jouvenel des Ursins, pourquoi dormez-vous ?Impatienté, voyant le désordre du royaume auquel son seigneur ne re- [ Lire la suite page 22 ] Le Samedi, Montréal, 9 février 1957 Rumeurs sensationnelles à Rome C'est pour Ursula Andress, la starlette d'origine allemande, que serait mort JAMES DEAN par GEORGES FOSCOLO C\u2019est pour Ursula Andress, une jeune starlette allemande, que James Dean, l\u2019inoubliable et irremplaçable jeune premier américain, se serait donné la mort ! Telle est la nouvelle sensationnelle qui circule dans les milieux du cinéma italien.Ursula elle-même l\u2019aurait révélé dans une lettre de quatre pages adressée à sa meilleure amie italienne, le peintre existentialiste Novella Parigini, dont elle avait partagé à Rome la vie de bohème : «James et moi nous nous amusions comme des fous, écrit-elle à Novella.Mais une fois, il m\u2019a fâchée pour de bon.Je lui dis que tout était fini entre nous.Il me demanda avec insistance de revenir à lui.Je refusai.Il voulait m\u2019épouser et je pensais: «Je suis trop jeune pour le mariage et puis je ne l\u2019aime pas.» Dix jours après notre rupture, il me téléphona à nouveau.Il devait disputer une course le lendemain.II voulait que je l\u2019accompagne.Je lui dis «non».Le lendemain, il mourut.C\u2019est terrible.Les journaux disent maintenant qu\u2019il est mort par ma faute.» Amoureuse de Daniel Gélin Dans les milieux de Cinecitta, on appelle Ursula 1\u2019 « exterminatrice des coeurs».A son tableau de chasse ne figure pas seulement le malheureux James, mais aussi Marlon Brando, Danny Kaye, Daniel Gélin et Pier Calvi di Bergolo, petit-fils du roi Victor-Emmanuel III.En 1953, rien ne laissait encore présager le rôle redoutable qu\u2019Ursula aurait joué sur la scène de la cinématographie internationale.Fille d\u2019un consul d\u2019Allemagne en Suisse (elle est née et a grandi à Berne), elle sortait d\u2019un austère collège helvétique.Elle annonça aussitôt à son père sa grande décision : \u2014 Je veux devenir actrice.Aucune flamme artistique ne brûlait dans ses veines : elle était simplement amoureuse de Daniel Gélin.Elle lui écrivit de longues lettres passionnées auxquelles il se garda bien de répondre.Ursula ne perdit pas courage \u2014 Je voudrais m\u2019acheter quelques robes, dit-elle à son père.Elle se fit donner un peu d\u2019argent et quitta le toit paternel.Son père alerta la police qui la relança des semaines durant aux quatre coins d\u2019Europe.et finit par la trouver à Paris.Ursula avait conquis le coeur de Daniel : elle n\u2019avait que dix-sept ans.En vain son père essaya-t-il de la ramener en Suisse.Elle s\u2019y opposa par tous les moyens.A Rome, on raconte que Gelin lui fit signer en cette circonstance un contrat de travail, en bonne et due forme, ce qui permit à Ursula de se voir renouveler son permis de séjour à Paris.En 1954, lorsque Daniel vint tourner « La Romaine » dans la capitale italienne, Ursula l\u2019accompagnait.Ils louèrent un appartement le long de la pittoresque via Flaminia.La passion d Ursula pour Daniel s\u2019était-elle refroidie maintenant que le coeur de l\u2019acteur était « exterminé » ?Est-ce Gélin qui laissa plutôt tomber Ursula ?Le fait est qu'il rentra à Paris sans elle.Dans le chapitre de sa vie amoureuse, c\u2019était une page irrévocablement tournée.Les amours de Casanova A Rome, Ursula se trouva presque sans moyens.Elle avait entendu parler de Novella Parigini, frappa à sa porte, se présenta comme modèle et fut introduite dans les milieux artistiques et mondains de la capitale.Un à un, les coeurs tombèrent à ses pieds.On vit même le nom d\u2019un duc immensément riche.Les journaux allèrent jusqu'à annoncer ses fiançailles avec le jeune comte Pier Francesco Calvi di Bergolo.\u2014 C\u2019est faux, dit-elle, je ne suis pas fiancée.Je n\u2019ai nullement l\u2019intention de me marier.Le cinéma italien lui ouvrit ses portes.Elle eut un petit rôle dans « Les Amours de Casanova » aux côtés de Gabriel Ferzetti.Elle déménagea de la via Margutta et s\u2019installa dans un élégant hôtel des Parioli.L'hécatombe de coeurs continuait.Hollywood Marlon Brando vint à Rome.Il ne pouvait s\u2019empêcher de connaître Ursula.\u2014 Il me parla trois jours de sa vie et de sa carrière, a-t-elle raconté.Le quatrième, il s\u2019aperçut que j\u2019étais une femme.Peu après le départ de Marion, un talent scout de la Paramount débarqua à Rome pour y prospecter le terrain.Il avait dans son calepin l\u2019adresse d\u2019Ursula.Il l\u2019invita à dîner avec quelques autres starlettes dans une boîte de la capitale.L'impression dut être excellente, car il convoqua Ursula à Londres pour un bout d\u2019essai qui s\u2019avéra satisfaisant.Quelques semaines plus tard, Hollywood lui offrait un contrat de sept ans avec un cachet initial de cinq cents dollars par semaine plus l\u2019usage gracieux d\u2019une maison et d\u2019une auto.A Hollywood, Ursula retrouva Marion et « extermina » aussitôt après le coeur de Danny Kaye qu\u2019on vit très souvent en compagnie de la starlette allemande.Sa carrière s\u2019annonçait sous les meilleurs auspices.Elle eut un rôle important dans un western ; mais les sentiments de sympathie et de bienveillance manifestés à son égard par ses producteurs s\u2019altérèrent vite ; en cours de tournage, elle s\u2019éloigna avec un jeune acteur de la troupe pour une romantique promenade à cheval.Rien de bien grave à cela.Mais en retournant, elle fut désarçonnée et se blessa au dos.Le travail dut être interrompu pendant trois semaines.D\u2019autre part, le succès qu\u2019elle remportait auprès des plus inaccessibles idoles de l\u2019écran lui valut plus d\u2019une inimitié.La Paramount finit par résilier son contrat.Ursula haussa les épaules : une autre grosse maison d\u2019outre-Atlantique lui en offrait déjà un autre.Accident ou suicide 7 C\u2019est à la même époque qu\u2019elle connut James Dean.Cela se passait en août 1955.James, après que Pier Angeli eut brusquement interrompu, sur les instances de sa mère, son flirt avec lui, était surnommé s.le loup solitaire ».Avec Ursula, il sembla avoir retrouvé la joie de vivre.Il lui communiqua à son tour sa passion pour les motos et les voitures.On les vit passer bruyamment sur les boulevards d\u2019Hollywood et les routes de Californie à bord d'une grosse Triumph ou, mieux, dans la puissante Porsche de James, ce qui excita davantage les jalousies d\u2019Hollywood.Que se passa-t-il ensuite ?James éperdument amoureux d'Ursula, gâta les choses en la demandant en mariage.Elle décida de rompre.Il la harcela de coups de fil.Il lui téléphona une dernière fois, le 30 septembre.Elle fut irréductible.\u2014 Non.Tous ceux qui approchèrent ce jour-là James le connurent irritable, extrêmement nerveux, presque hors de lui.Le lendemain, il devait disputer une course le long du circuit de Salinas.Il ne fut même pas au départ.Il s'était fracassé contre un arbre avec sa Porsche rouge. 6 Le Samedi, Montréal, 9 février 1957 c oeur à par JACQUELINE V Je vois que vous recevez beaucoup de plaintes de femmes, mais croyez-vous que le rôle du mari soit souvent plus drôle ?Dès que j\u2019arrive du travail, la mienne se met à me raconter les mauvais coups des enfants et empêchent ceux-ci de venir m\u2019embrasser avant que je les punisse.Non seulement je n\u2019aime pas ce rôle de justicier, mais la soirée n\u2019est pas mieux car ma femme en a toujours sur le coeur et je ne trouve aucun plaisir ni repos chez-moi.Pauvre homme.Eh bien, votre lettre fera peut-être réfléchir quelques épouses du calibre de la vôtre, et ce sera pour le plus grand bien des ménages.Si votre épouse n\u2019a pas toujours été ainsi, c\u2019est qu\u2019elle traverse une crise de fatigue causée par les enfants et sa réclusion à la maison.Faites-la soigner, donnez-lui des petites vacances, et conseillez-lui de repartir à neuf, en lui expliquant ce que vous m\u2019avez écrit avec autant de calme.Gardez votre privilège d\u2019embrasser les enfants et insistez pour amener le coupable dans une chambre isolée pour le sermonner ou le punir.Quant à votre femme, dites-lui que vous avez vos propres ennuis au travail dont vous ne lui cassez pas les oreilles.Mais les récriminations qui concernent le ménage doivent être partagées en toute justice, ne trouvez-vous pas ?y J\u2019ai rencontré un charmant garçon d\u2019une trentaine d\u2019années, mais son attitude à mon égard est déconcertante.Il ne retient jamais mes soirs de veillée, mais me téléphone n\u2019importe quand et toujours à la dernière minute.Je me demande si je ne devrais pas refuser de le voir pour lui donner une leçon, mais je n\u2019ai personne d\u2019autre et je m\u2019ennuie.Vieille fille.J\u2019ai l\u2019impression que votre sentiment est réciproque et que ce jeune homme est seul et s\u2019ennuie.Là s\u2019arrête la ressemblance, car vous songez au mariage sans l\u2019aimer et lui ne recherche que la camaraderie.L\u2019amitié n\u2019est pas l\u2019amour, mais vous avez tort de la rejeter.Peut-être que l\u2019habiUide que vous prenez l\u2019un de l\u2019autre vous conduira au mariage que vous aborderez sans heurts vous connaissant réciproquement.Vous avez passé tous deux l\u2019âge de s Roméo et Juliette » et votre ami ne semble avoir jamais été un grand romantique.Il y a danger à essayer de lui donner une leçon.S\u2019il vous prenait au mot et ne revenait pas, vous seriez bien ennuyée, avouez-le.y Mon mari a raconté que sa secrétaire lui faisait des avances et voulait sortir avec lui.Il n\u2019en a rien fait cependant mais je lui ai fait une scène et exigé son renvoi.Maintenant, il me boude et me re- proche mon intransigeance car cette jeune fille l\u2019aide beaucoup dans son travail.Jalouse.En effet, vous avez été jalouse.et maladroite, mais il ne faut pas vous accabler de reproches mutiles puisque le mal est fait.Essayez de le réparer en oubliant cette histoire ridicule qu\u2019on a eu tort de vous raconter.Si vous aimez votre mari, vous savez bien qu\u2019il peut être aimé par d\u2019autres, comme vous serez souvent désirée par d\u2019autres hommes que lui.L\u2019amour réciproque vous fait ignorer ces avances, mais votre vanité ne résiste pas toujours à s\u2019en vanter.Ces scènes de jalousie ne feront que lui dormer le goût de les subir pour une faute \u2014 et non pour une simple tentation.Flattez-le comme cette femme doit le faire et oubliez vite cette histoire.y Comment faire pour se faire aimer ?Seulette.Etre aimable semble le secret le plus simple.Si vous apprenez à vous faire des amis, le premier pas est fait car vous saurez vous intéresser à eux, accepter leurs confidences, donner de votre temps à la camaraderie ; toutes choses qui vous serviront ensuite à retenir un homme pour la vie.On écrit à : JACQUELINE, Magazine « Le Samedi », 975, rue De Bullion, Montréal, Qué.CVotre Jj onne par WERNER HIRSIG Cétoile La semaine du 3 au 9 février Les dates que vous choisirez : Celles que vous redouterez : a)\tpour vos affaires, vos démarches, vos entrevues professionnelles, vos sollicitations, vos appointements : 5\tle\tmatin\t4\ttout\tle\tjour G\tle\tmatin\t7\taprès-midi 8\tle\tmatin\t9\ttout\tle\tjour b)\tpour vos rencontres amicales et sentimentales: le 3\tle soir\tle\t7\ttout\tle\tjour le G\ttout le jour\tle\t9\ttout\tle\tjour c)\tpour vos achats importants et vos transactions commerciales : 5\tle\t4 8\tle\tmatin\tle\t9\tl\u2019après-midi 9\tle matin d ) pour vos intérêts familiaux, immobiliers et fonciers : 5 8\tG 7 9 AUTOMOBILISTES : Les chances qu\u2019elle vous réserve : La journée la plus agréable de cette semaine un peu maussade serait le G février, date à retenir pour fixer des entretiens privés ou d'affaires auxquels vous attribuez une grande importance : vous êtes capable alors de sceller des amitiés et des affections sincères et durables, de vous assurer des appuis précieux.Date à retenir pour fixer une réception à l\u2019ambiance agréable.Les risques que vous encourez : Du 4 au 9 février, vous devrez vous méfier de vos impulsions, de vos mouvements d\u2019humeur, d\u2019impatience dans le travail et dans les relations d\u2019affaires : vous avez tendance à manquer de compréhension dans vos contacts avec le proche entourage, ce qui peut provoquer des tensions et des conflits.Le 9 encore, méfiez-vous de vos impulsions affectives : ce n\u2019est ni le moment de sceller, ni le moment de rompre des affections, dans l\u2019un des cas comme dans l\u2019autre, vous le regretteriez à brève échéance.Une semaine qui pourra voir une recrudescence considérable d\u2019accidents, surtout au cours des week-end des 3-4, puis des 8-9-10 les routes seront alors particulièrement dangereuses et meurtrières.Recrudescence aussi d\u2019accidents d avions, surtout les 3, 4 et 9 : soyez particulièrement prudent dans vos déplacements, même habituels si vous êtes né entre le 5 et le 10 mars, entre le 20 et le 25 avril, ou entre le 20 et le 31 juillet.Les accidents les plus spectaculaires seraient dus à des ruptures mécaniques et de direction, de même qu\u2019à des incendies causés par des courts-circuits.Faites contrôler fréquemment votre voiture en ce moment de l\u2019année.Les précautions que vous devrez prendre pour votre santé : Recrudescence de troubles accidentels cette semaine : les localisations les plus exposées : la base du crâne, la nuque, le dos, les chevilles, la colonne vertébrale.Plus que d\u2019habitude on observe une tendance aux brûlures légères et à des troubles inflammatoires de toute nature affectant principalement les voies respiratoires, les reins, les organes digestifs.Chez les femmes, tendance à un regain de troubles circulatoires.Les cardiaques doivent se ménager particulièrement cette semaine, surtout vers le 4 et vers le 9.Je répète qu\u2019il ne s\u2019agit là que de dispositions, parfaitement évitables en agissant en connaissance de cause. Le Samedi, Montréal, 9 février 1957 7 Cette scène que nulle caméra n\u2019enregistra aurait pourtant bouleversé les spectateurs dans les salles obscures : Jean Gabin \u2014 le dur de l\u2019écran français \u2014 pleurait- en regardant une mère qui enfantait sans douleur à la Maternité des Bleuets.\u2014 Et dire que ma pauvre femme a tant souffert pour mettre au monde nos trois enfants ! soupirait-il.Que n\u2019avons-nous connu plus tôt cette méthode ! Cela se passait à l\u2019occasion des prises de vues du film « Sans douleur » que réalise Jean-Paul Le Chanois, le met-teur-en-scène voué aux sujets sociaux et gagné à cette cause.Avant de commencer à tourner il demanda à ses deux principaux interprètes Jean Gabin (le médecin) et Nicole Courcel (la future maman ) d\u2019assister à un accouchement, selon la méthode qu\u2019une sage-femme vient précisément de rappeler devant Gabin attentif.\u2014 Dans la mise au monde d\u2019un enfant, les souffrances proviennent de plusieurs causes, dont beaucoup sont morales, comme l'appréhension, génératrice de contractions et de mauvais réflexes.Nous supprimons la douleur par des exercices physiques appropriés.Cela commence vers le quatrième mois, une leçon d\u2019anatomie est donnée à la future maman à qui l\u2019on montre une naissance : ainsi avertie, n\u2019allant point vers l\u2019inconnu, elle se sent dès lors détendue et calme.Les dernières six semaines Mais le véritable travail pour l\u2019accouchement sans douleur débute lorsque la grossesse atteint 7 mois et demi, avec une série de huit cours dispensés à la cadence de un par semaine, suivis d\u2019exercices physiques appropriés que la patiente pratique chez elle, chaque jour, durant quinze minutes.1)\tAspirer et souffler à distance sur une bougie de manière à courber la flamme sans l\u2019éteindre, ceci en vue de fortifier les muscles abdominaux ; 2)\tPratiquer la respiration accélérée et superficielle ; 3)\tExercice de relâchement appelé éducation neuromusculaire ; 4)\tApprendre à «pousser» et «bloquer » en prévision du moment de l\u2019enfantement.En France, trente mille femmes ont été délivrées de la sorte depuis quatre ans.Metteur-en-scène et fils de médecin.Fils de médecin, Jean-Paul Le Chanois me donne la raison d\u2019être de son film : En tournant un film qui illustre le problème de l'accouchement sans douleur.Jean Gabin et Nicole Courcel ont été émus aux larmes par JANY CASANOVA \u2014 Je tourne « Sans douleur » pour apprendre aux femmes, à celles qui ne le savent pas encore, qu\u2019elles peuvent mettre au monde un enfant dans la joie.Ce faisant j\u2019estime accomplir une bonne action.La grande innovation dans ce procédé est que la future mère, passant de l\u2019état passif à l\u2019état actif, participe au « travail » au lieu de le subir.Aussi ai-je fait de mon scénario un plaidoyer qui rendra un immense service à celles que je convaincrai ! \u2014 D\u2019ores et déjà je suis conquise, décrète Nicole Courcel, l\u2019héroïne de « Sans douleur » à qui une ceinture pneumatique gonflée donne l\u2019apparence voulue.Et si un jour comme je l\u2019espère, j\u2019ai des enfants, ils viendront au monde sans que je souffre.Quand on voit dans une maternité, sur les rebords des meubles, les traces qu\u2019y ont imprimées les mains tordues de malheureuses créatures en proie à une douleur atroce, on considère l\u2019accouchement sans douleur comme une bénédiction.« L\u2019intrigue du film est extrêmement simple mais quel « suspense » ! Dans une petite ville de province arrive pour raison de santé, un médecin parisien (Jean Gabin).Il assiste à une naissance si pénible qu\u2019il se met en tête d\u2019essayer la méthode nouvelle.Naturellement, il a tout le monde contre lui, confrères y compris, et la politique s\u2019en mêle ! Son unique adepte, la fille-mère Francine, accepte de mettre au monde son enfant devant les membres du corps médical pour lui donner raison ! « Pour me placer complètement dans la peau du personnage j\u2019ai appris à faire les mouvements comme si j\u2019étais vraiment dans « une situation intéressante ».« L\u2019accouchement complet sera d\u2019ailleurs filmé, sur une autre, bien sûr, mais on verra mon visage.et mes jambes.J\u2019ai toujours refusé de les découvrir pour jouer les « pin-up » mais là j\u2019y vais carrément.» Les confidences d\u2019une accouchée « Pour mieux tenir mon rôle, je prendrai la garde auprès de la future accouchée dès les premiers signes annonciateurs, une nuit entière s\u2019il le faut ! Ainsi je suivrai intégralement les phases enregistrées par la caméra.Bien sûr, à cause de cela, le film sera interdit aux moins de IG ans.Qu\u2019importe ! En compensation il rendra service à tellement de femmes ! Dans « Sans douleur » on entendra aussi le fameux disque de Crémieux sur lequel est enregistré tout un accouchement.C\u2019est troublant au possible ! « D\u2019une voix calme, la maman donne ses impressions au docteur qui lui dis- pense ses conseils.Parfois même ils parlent d\u2019autre chose.Enfin on entend, dans des rires heureux, le premier va-, gissement du nouveau-né ».J\u2019ai voulu de mon côté recueillir les confidences d\u2019une accouchée sans douleur.La jeune Mme Ciora, qui tient rue de Flandre un magasin de robes à l\u2019enseigne de « Rayline », se fait un plaisir de me raconter : \u2014 J\u2019ai suivi tous les cours et exécuté docilement dès le septième mois la gymnastique conseillée.Comme c\u2019était mon premier enfant, je représentai un bon sujet, aucun triste souvenir ne me donnant d\u2019appréhension.En souriant, j\u2019ai pu voir naître mon enfant, la tête, les épaules, le petit corps sortir de moi.C\u2019est vraiment quelque chose d\u2019extraordinaire.Quand les contractions ve- naient, j\u2019amorçais le mouvement adéquat : respirer, me relaxer, ou me laisser masser par l\u2019infirmière.Pas une seconde je n\u2019ai souffert pendant les trois-quarts d\u2019heure que durèrent l\u2019enfantement.Nous étions après la Pentecôte et je racontai mon menu de la veille au docteur : un gigot saignant avec des haricots et une salade niçoise ! En treize poussées, mon petit garçon de 7 livres vint au monde.Aussitôt après, je ressentis une faim de loup et je réclamai de la nourriture.« Cela se passa voici deux ans et demi, mais je vais me remettre bientôt à la gymnastique car j\u2019attends un nouveau bébé pour fin janvier.Il y a sans doute une chose que vous ne croirez sans doute pas : la présence du mari joue un grand et bienfaisant rôle ».CBFT : la première télévision de langue française au monde « CBFT est aujourd\u2019hui, au moins, par les chiffres, la première télévision d\u2019expression française dans le monde », déclare un article du journal Le Monde qui étudie en détail le fonctionnement et le rayonnement des émissions télévisées en français de la Société Radio-Canada.Après avoir souligné que GOO.OOO réceptettrs sont eu service dans des foyers de langue française, avec 60 heures île programme par semaine, le journal du soir estime que « la direction de programmes de CBFT s\u2019efforce, avec un certain succès et malgré les impératifs de la publicité, de résister à l'inévitable « pression du ton américain » dans la composition de ses émissions.Il mentionne la Famille Plouffe, de Roger Lenielin comme étant rémission la plus populaire.« Depuis son lancement», dit Le Monde, «et jusqu'à aujourd\u2019hui, la télévision canadienne de langue française n\u2019a pratiquement pas cessé de vivre sur elle-même.Son seul échange avec sa voisine anglaise se limite à l\u2019envoi de la Famille Plouffe, mais elle ne reçoit rien d\u2019elle.Elle évite également, pour garder son caractère propre, de trop emprunter aux chaînes ou aux producteurs américains.Elle ne le fait que pour certains grands films du commerce dotiblés en français.En revanche, estime Le Monde, elle désirerait vivement instaurer et multiplier avec la France un va-et-vient régulier de programmes.Le Monde exprime le regret que le rythme de ces échanges ait été assez faible jusqu\u2019à présent et donne en exemple « la première opération de grande envergure entreprise dans ce domaine », qui résulte d\u2019accords récents passés entre CBFT et la S.I.P.T.(Société internationale de Programmes polir Télévision).«Pour la première fois», dit Le Monde, «nu producteur privé français présentant toutes garanties s\u2019apprête à signer des contrats à long terme avec la télévision canadienne de langue française.Souhaitons (pic son exemple soit suivi.« Nombreux sont les Canadiens qui affirment que, dans une large mesure, l\u2019avenir du Canada français dépendra beaucoup de la qualité et du rayonnement de CBFT.Lorsqu\u2019on connaît le pouvoir grandissant de la TV sur les masses d\u2019outre-Atlantique, cette opinion ne semble nullement exagérée.Il serait dommage que la France ne saisisse pas la chance qui lui est offerte de soutenir l\u2019effort déjà si remarquable et si fructueux des dirigeants et des animateurs de la télévision canadienne-française ». 8 Le Samedi, Montréal, 9 février 1957 L'extraordinaire aventure d un bagnard gentilhomme : PIERRE COIGNARD Alexandre drieu S\u2019évader du bagne, se faire passer pour un authentique comte, devenir lieutenant-colonel, commandant la légion de la Seine tout en dirigeant une bande de cambrioleurs, puis retourner au bagne pour y finir ses jours, telle fut, au début du siècle dernier, la vie de Pierre Coignard, bandit d\u2019une rare intelligence.Et ceci est une très véridique histoire.Le 18 octobre 1800 comparaissait devant le Tribunal Criminel de la Seine siégeant à Paris, un homme accusé d\u2019avoir pénétré la nuit par ef- sa** N.* / Cécriture \u2014 par RANY Ecrivez à Rony, à l'encre, sur papier non ligné, en signant de votre nom réel ou fictif.Rony analysera gratuitement votre écriture et en fera paraître les résultats dans cette chronique.Les personnes qui désireraient recevoir une réponse personnelle plus complète n'ont qu'à le mentionner et Rany leur fera connaître ses conditions.On écrit à RANY, Magaiine \"Le Samedi\", 975, rue De Bullion, Montréal, pué.Réponse à Fleurette Mauve : Pouhquoi vous martyriser à transformer votre écriture, chère Fleurette ?Que vous êtes maussade et cela plus souvent qu\u2019à votre tour.Oui, or.dirait que vous prenez plaisir à compliquer tout autour de vous.Vous recherchez les climats ténébreux : pourtant vous dites vouloir la lumière.Vous agacez tout le monde par vos chinoiseries, pourtant vous affirmez vous mourir d\u2019attraper la simplicité.Vous admirez les gens qui ont de l\u2019ordre, de la suite dans les idées, vous leur demandez leurs recettes, pourtant vous n\u2019écoutez jamais ce qu\u2019ils ont la patience de vous dire.Vous attirez constamment l\u2019attention tout simplement parce que vous vous croyez toujours frustrée.Qui aurait pu tant vous bousculer dans votre adolescence pour vivre d'une façon aussi ébouriffée.Malgré votre camouflage, je découvre en vous beaucoup d\u2019intelligence, beaucoup de sensibilité, beaucoup de finesse d'esprit.Mais toutes ces ressources n\u2019aboutiront jamais à rien de sérieux si vous ne décidez pas enfin d'ouviir tout grand devant vous votre propre livre.Vous savez que la vie c\u2019est sérieux ; mais vous ne savez pas quels sont les moyens dont vous disposez pour la vivre comme il faut.Essayez donc de croire juste un tout petit peu à l'amour et vous verrez que vous pourrez trouver l'homme qui vous « enlignera » bien et tout ira très bien.Vous acceptez la taquinerie, je suppose ?Réponse fi Claudette L.: Quel souci de délicatesse chez vous! Vous ne pensez qu'à faire plaisir, et tellement, que vous en deve- nez toute nerveuse ; puis vous vous faites de la grosse peine, comme seuls les enfants en ont parfois.Vous comprenez alors vite tous les inconvénients de cet excès.Vous aimez à découvrir les autres, mais si par hasard les autres réussissent le même tour pour vous, vous en êtes toute surprise, toute songeuse et presque peinée.Pourquoi cette complication, vous qui recherchez la simplicité, la paix et la tendresse ?Vous aurait-on appris à dire oui à tout le monde excepté à vous-même ?A mon avis, vous êtes devenue raisonnable trop vite.Vous devez avoir beaucoup de goût pour tout ce qui demande de la patience et en particulier pour les fantaisies manuelles.Vous pourriez probablement transformer des riens en des touts agréables.Pour ce qui est de la lecture, car vous aimez aussi la lecture, vous devez préférer les ouvrages à facture plutôt légère, lesquels, cependant, devront toujours contenir quelque leçon sérieuse.La musique a vos préférences : elle réussit toujours à vous procurer beaucoup de détente.Votre graphisme est celui d\u2019une personne un tout petit peu trop frêle.A votre place, j\u2019aurais beaucoup moins d\u2019activités pour quelque temps.J\u2019aurais pu continuer encore bien longtemps si vous n\u2019aviez pas retranscrit un texte d\u2019un auteur.Cela nuit énormément à la continuité de la ligne du graphisme.Réponse à Marcel P.: Vous me paraissez un Monsieur bien rangé : vous avez des principes que vous suivez scrupuleusement.Vous savez obéir envers et contre tout.Vous caressez encore de secrètes ambitions que vous êtes à peu près certain de ne jamais réaliser, mais c\u2019est votre raison de vivre.Vous êtes un philosophe, mais pas un philosophe pessimiste.Vous avez le sens des responsabilités, mais comme vous acceptez quelquefois un peu trop vite le principe d\u2019autorité, cela nuit un peu à l\u2019expression de vos initiatives.Actuellement, vous devez réaliser quelque chose de bien intéressant, mais vous auriez pu être un homme tout à fait différent, et par conséquent plus brillant aux yeux des vôtres, même si actuellement l\u2019on vous admire pour votre réserve, votre clarté d\u2019esprit et votre sens de la justice.Vous faites rarement le tendre, et pourtant vous avez de fortes tendances de ce côté-là.Tout le monde le sait ; et vous ?vous vous en défendez constamment.Vous vous méfiez et avec raison de votre faiblesse de caractère.Vous êtes vivement impressionnable : toutes les belles choses ne vous laissent jamais indifférent.Tant mieux, autrement votre vie deviendrait monotone.Malgré une certaine maturité, vous êtes encore jeune : parfois même vous faites le grand enfant.Il manque de la virilité, même si vous savez faire des colères noires.J'en suis rendue à la conclusion et j\u2019ai peine à croire que vous êtes vraiment un homme.Le texte un peu trop court ne me permet pas de vous saisir tout à fait.Ai-je tout à fait tort ?Réponse à « V1VI » Chère Vivi pour être vraiment heureuse, il vous aurait fallu être un homme ! Vous caressez secrètement des ambitions masculines, mais elles ne se réaliseront jamais, parce que les circonstances vous ont forcée à rester une vraie femme.[Lire suite page 29] Le Samedi, Montréal, 9 février 1957 11 SUR TOUTES LES SCÈNES par FRANCINE MONTPETIT Cap aux Sorciers Le mardi soir, deux émissions supposément du même genre se succèdent.Alors que « Le Survenant » décrit des personnages rudes, violents dans leurs sentiments et leurs réactions, « Cap aux Sorciers » aborde avec plus de douceur, dans une langue plus imagée et plus poétique encore, des problèmes tout à fait différents.Dans la première, on parle de terres, d\u2019achats, de ventes, de chasse ; les mots rivalité, jalousie, orgueil, reviennent souvent sur le tapis.Dans la seconde, on parle Amour avec un grand A : Amour de la mer, de la famille, Amour pur et simple.« Le Survenant » plonge souvent dans le réalisme cruel ; « Cap aux Sorciers » trempe, non pas dans la fantaisie, mais dans une sorte de poésie douloureuse que vient trop peu souvent égayer le sourire d'une Sylvette ou la bonhomie d\u2019un Daniel.On a tort, je crois, de tenter d\u2019établir une comparaison entre deux oeuvres aussi éloignées l\u2019une de l\u2019autre par le texte, l\u2019atmosphère en général, l'esprit qui s\u2019en dégage, et je ne vois pas pourquoi on a tant insisté pour changer l\u2019heure et le jour de cette émission.Il est certain que depuis le début de la saison « Cap aux Sorciers » a franchi à pas de géant le chemin du succès pour en arriver à son plein épanouissement.Tant par la qualité de l\u2019interprétation, du « script » et de la réalisation, il se classe, avec « Le Survenant », parmi les meilleurs télé-romans hebdomadaires.tous les secrets de l\u2019âme tourmentée de Fabienne sans jamais une fausse note.Je me souviens tout spécialement de la scène du confessionnal, le soir du 25 décembre.Cette scène où Fabienne s\u2019est mise à nu dans un élan de sincérité et de remords.Monique Miller y a été superbe.Quand on a demandé à Gilles Pelletier de prendre un rôle écrit tout spécialement pour Fred Barry, il a longuement hésité avant d\u2019accepter.Très lucide, il s\u2019est rendu compte des difficultés à surmonter pour réussir une composition comme celle du grand-père.Cette conscience professionnelle, tout à son honneur, lui a permis de se donner entièrement à un rôle qui lui tient maintenant à coeur.Il a donc double mérite à camper un personnage comme celui-là avec autant de perfection.Monique Joly s\u2019est révélée dans « Cap aux Sorciers ».Sa nature gaie, primesautière où les complexes ne trouvent pas de place, lui ont permis de créer une « Nichouette » attachante à souhait par ses espiègleries et ses sautes d\u2019humeur.Elle aussi fait maintenant partie intégrante de l\u2019émission, et ses rares absences laissent toujours un vide.Sylvette, c\u2019est la note de fraîcheur, c\u2019est la jeunesse avec tout ce qu'elle comporte de spontanéité et de gaîté.Elle devient femme, Sylvette, et connaît maintenant la douceur des premières amours et les chagrins des petites déceptions du coeur.Françoise Gratton comprend à fond son personnage.Elle l\u2019aime surtout, et tout son jeu s\u2019en ressent.Hélène Loiselle, Pierre Dufresne, Aimé Major.Yolande Roy et surtout Paul Blouin, le réalisateur, servent efficacement un texte bien écrit et bien senti de Guy Dufresne.soit commandité lui donne dix points de plus.Disons, en quelques mots, qu\u2019il est difficile de contenter tout le monde et son père, et que Paul Blouin a réussi ce tour de force.Il excelle dans les effets spéciaux.Rappelons-nous cette fameuse tempête dont on a tant parlé.Avec ses techniciens, il accomplit des merveilles.Son jeu de caméra est souple, les transitions toujours habiles et justifiées.Il dirige bien ses comédiens et travaille en collaboration étroite avec l\u2019auteur.Avec son assistante, Carmen Arsenault, Paul Blouin ira loin.Tous ses interprètes sont prêts à le jurer.Quelques invraisemblances Psychologiquement, les caractères de « Cap aux Sorciers » se tiennent assez bien.Mais tout à coup surgissent de l\u2019ombre des personnages dont on aurait dû entendre parler depuis longtemps.La mère de Marin, par exemple.De descendance étrangère, elle est établie au pays depuis vingt ans.Son allure d'émigrée fraîchement émoulue de son pays étranger n\u2019est donc pas vraisemblable.Comment se fait-il que toute cette famille semble vivre seule, sans contacts sérieux avec l\u2019extérieur ?Le Grand-Père devrait avoir un ami, au moins un.(ce qui donnerait à l\u2019auteur une occasion d\u2019exercer ses talents de poète en engageant des dialogues sur la vie de marin).Un peu plus de sourires pour Fabienne, Un peu moins de larmes pour Mathilde.Et le tout sera parfait.Petites nouvelles et commentaires Quelques interprètes Il serait trop long, évidemment, de disséquer chacun des personnages ; les premiers qui me viennent à l\u2019esprit et que je rends sans effort responsables en partie de la montée rapide de cette émission sont ceux de Monique Miller, Gilles Pelletier, Monique Joly, Hélène Loiselle et Françoise Gratton.Sur deux plans totalement différents, mais pour la même raison, Monique Miller est à «Cap aux Sorciers » ce que Marjolaine Hébert est au « Survenant » : indispensable.Cette comédienne a révélé Paul Blouin Il est à Radio-Canada depuis plusieurs années, et comme tous ses camarades de travail qui exercent le même métier avec compétence, il a commencé au bas de l\u2019échelle comme régisseur, ce qui est synonyme de bonne école.La saison dernière, on lui a confié « Beau Temps Mauvais Temps » dont il a fait une des émissions les plus appréciées de la jeunesse.Tous les interprètes parlent encore de Paul Blouin avec enthousiasme.« Cap aux Sorciers », est considéré par Radio-Canada comme un programme d\u2019importance.Le fait qu\u2019il Raymond Laplante, absent depuis sept semaines, est revenu à Radio-Canada reprendre ses émissions régulières.Toute l\u2019équipe de « Carrefour » se rendra peut-être à Toronto prendre la place des membres de < Tabloid .Ceux-ci viendraient à Montréal faire une série d\u2019entrevues sur les différentes activités de la métropole.Raymond Laplante suggère beaucoup plus : louer le Mexique pour l\u2019hiver et y envoyer tous les reporters de Radio-Canada.Qu\u2019en dites-vous ?A la semaine prochaine .F.M.LOUIS BOURDON (photo Goby) HELENE BAILLARGEON (photo Jac-GuyJ JACQUES BERTRAND (photo Joc-GuyI m 1 \"!SÉf 12 Le Samedi, Montréal, 9 février 1957 SAMEDI-ACTUALITÉS le premier satellite artificiel américain évoluerait dans l'espace en juillet 1957 rience serait atteint, puisqu\u2019on ce laps de temps, il pourrait accomplir 16 fois le tour de la Terre.« On peut estimer \u2014 a dit M.Perkins \u2014 que le satellite gravitera dans l\u2019espace de 10 jours à un mois, la sphère sera d\u2019un poids à peine supérieur à 1,800 grammes, et, nantie de tous les instalments, elle ne pèsera pas 20 livres.On peut dire qu\u2019elle coûtera, un prix stupéfiant ».La fusée de lancement comportera trois paliers et elle sera propulsée par un combustible liquide.Une dizaine de minutes suffiront à la sphère pour franchir 300 milles de son ascension.De son côté le professeur Ivan Bardi, vice-président de l\u2019Académie des Sciences de l\u2019U.R.S.S., a annoncé à la réunion de la commission internationale de l\u2019année géophysique à Barcelone que l\u2019U.R.S.S.lancerait des satellites artificiels au cours de cette année.Il a ajouté ne pas être en mesure de donner de détails actuellement, car le projet est encore à l\u2019étude.Mais il a promis à ses collègues géophysiciens, de faire parvenir, dès que cela lui sera possible, un rapport sur cette question au secrétariat général de l\u2019année géophysique Le premier satellite artificiel de la Terre sera lancé dans l\u2019espace, peu après le 1er juillet 1957.Telle est la déclaration que vient de faire à Londres M.Iloivard Perkins, président de la firme « Brooks and Perkins » qui construit la «Lune artificielle» pour le compte du gouvernement américain.Ce satellite évoluera autour de la Terre à une altitude d\u2019environ 1800 milles.Ce sera une sphère creuse faite d\u2019un alliage de magnésium, d\u2019une épaisseur de moins d\u2019un millimètre.Cet alliage a été choisi en raison de sa densité, trois fois inférieure à celle de l\u2019aluminium.Les instruments dont le satellite sera porteur fonctionneront grâce A une batterie dont la charge durera 15 jours.Si le satellite reste plus longtemps dans l\u2019espace il continuera à fournir des indications intéressantes, car on pourra le suivre par radar.Il sera possible ainsi de connaître un élément extrêmement important : la nature de son orbite.Même si le satellite n\u2019évolue dans l\u2019espace que pendant 24 heures, l\u2019objectif principal de l\u2019expé- \u2022\tUne jeune femme, dans le coma depuis cinq mois, a donné naissance il y a deux mois à une petite fille à l\u2019hôpital de l\u2019université George-Washington.L\u2019enfant, qui ne pesait que deux livres à sa naissance prend régulièrement du poids.La mère, Mrs Julius C.Edelstein, ancienne assistante de l\u2019attaché militaire israélien, avait dû subir une intervention chirurgicale du cerveau en juin dernier.Durant l\u2019opération son coeur avait cessé de battre pendant une demi-heure.Les chirurgiens réussirent à la ranimer, mais non à la sortir du coma.\t\u2022 \u2022\tLe Bureau des gouverneurs de la Société Radio-Canada, siégeant à Vancouver, a autorisé le poste CKAC à porter sa puissance de diffusion de 10,000 à 50,000 watts.Ainsi, le poste de la « Presse », qui fut le premier, en Amérique, à transmettre le verbe français sur les ondes hertziennes, restera à la pointe du progrès.Il sera le plus puissant poste privé de langue française au Canada.\u2022\tFaisant état d\u2019informations en provenance du bassin du Donctz, de l'Oural et de Moscou, le journal de Berlin-Ouest « Telegraf » signale des grèves et des manifestations anti-gouvernementales en Union Soviétique, particulièrement dans les Universités de Tallin (Reval) en Esthonie, de Vilna en Lithuanie, et de Moscou.A l\u2019Université de Moscou, les étudiants auraient conspué M.Dimitri Chepilov qui était venu pour les mettre en garde contre les influences hostiles au communisme.Des scènes semblables se seraient produites à l\u2019égard de hautes personnalités du parti à Tallin et Vilna.Selon « Telegraf », Mme Fourtsteva, membre du bureau politique, qui s\u2019était rendue à l\u2019usine de roulements à billes Kaganovitch pour exhorter à reprendre le travail des ouvriers qui s\u2019étaient mis en grève pour appuyer une demande d\u2019augmentation des salaires, n\u2019aurait échappé à la colère des ouvriers que grâce à l\u2019intervention de la police.\u2022\tLes Pères Rédemptoristes canadiens, gardiens du Sanctuaire de Sainte-Anne-de-Beaupré, vont célébrer en 1958, le troisième centenaire de Sainte-Anne-de-Beaupré.A cette occasion, ils invitent les compositeurs de musique, canadiens ou autres, à un concours de cantiques populaires à la Bonne Sainte Anne.Le but du concours est d\u2019enrichir le répertoire.Ce concours est entièrement subventionné par une maison d\u2019imprimerie de Montréal.\u2022\tAu collège Ste-Marie, avait lieu \u201cl\u2019inauguration\u201d d\u2019une initiative très heureuse : enseigner les éléments du français et de l\u2019anglais aux réfugiés hongrois qui viennent de s\u2019établir à Montréal.M.J.Coombs, qui '\u2022W^ilftlfin M M La nouvelle Packard Clipper sedan pour 1957, à quatre portes, est en montre depuis le milieu du mois dernier.On remarque qu'elle est de deux pouces moins haute que le même modèle de l'année précédente, qu'elle pèse 300 livres de moins.La nouvelle Packard se range dans la catégorie des voitures à prix moyen.assume la direction de cette oeuvre éminemment sociale, est un Canadien qui a vécu plusieurs années en France, pendant et après la guerre et parle parfaitement le hongrois en plus du français et de l\u2019anglais.Ce mouvement entièrement bénévole est sous les auspices de l\u2019Association Paix et Liberté, dont le directeur en France est M.Jean-Pau! David, député de la Seine.Paix et Liberté a pour but général de combattre le communisme par des moyens concrets en venant en aide à ceux qu\u2019il menace ou qui ont été ses victimes.M.Coombs, employé de la société Air Canada, a fondé, à Montréal, une filiale de cet organisme en noyautant quelque 150 compagnons de travail pour venir en aide aux Hongrois sous forme de prêts en argent, de dons de vêtements, etc.S\u2019étant avisé que l\u2019un des besoins les plus urgents de ses protégés était d\u2019apprendre les deux langues officielles du pays, i! a entrepris de trouver des salles de classe pour y donner des cours.Il a téléphoné à 60 écoles : toutes offraient de louer des locaux.11 ne pouvait être question de payer, puisque le mouvement est bénévole.Enfin, le collège Ste-Marie a mis généreusement deux de ses classes à la disposition de M.Coombs.Environ 150 Hongrois se sont tout de suite inscrits pour assister aux cours deux fois la semaine.Sept professeurs, bénévoles eux aussi, donneront alternativement les leçons.Il ne s\u2019agit pas, bien entendu, d\u2019enseigner immédiatement les langues d\u2019une façon littéraire, mais d'inculquer de bonnes notions de conversation.M.Coombs est d\u2019avis qu\u2019avec un vocabulaire de base de 3.000 mots, ses élèves sauront se débrouiller après trois mois d\u2019étude.Montréal au 18e siècle A la fin du 18e siècle, Montréal offrait l\u2019apparence frappante d\u2019une ville européenne.Elle dressait au bord du fleuve ses murs crénelés et ses rangées de maisons de pierre, casquées de toits étincelants de fer-blanc ; et les couvents et les églises alignaient dans le ciel leurs clochers sveltes et pointus.Précédé d\u2019un fossé, un mur de 24 pieds de haut et de 3 pieds d\u2019épais entourait la ville où l\u2019on entrait par 16 portes.Sur une colline au bout des rues Notre-Dame et Bon-Secours se trouvait la citadelle, où se tirait le canon au lever du soleil et à midi.En dedans des murs, la ville allait de la rue McGill à la gare Viper, et de la rue des Commissaires à la ruelle des Fortifications, devant laquelle courait un ruisseau sur le site de la rue Craig.Il y avait trois faubourgs, des Récollets à l\u2019ouest, de St-Louis au nord, et de Qtiébec à l\u2019est.De pierre brute, grossièrement taillée ou recouverte de mortier, les maisons, plus solides que belles, avaient rarement plus de deux étages.Un grand nombre avait des portes et des volets de fer peints en rouge ou en gris.La plus peuplée des villes avec 9,000 âmes, Montréal était le centre de la traite des fourrures.Au printemps, la ville s\u2019animait de la présence de centaines de VOYAGEURS, en costumes éclatants, chemises et tuques rouges ou bleues, pantalons d\u2019étoffe du pays, ceintures fléchées, mitasses et mocassins, charriant des marchandises à Lachine.Là, ils montaient en canot, chantant leurs chansons d\u2019aviron en route pour l\u2019Ouest.Ils revenaient à l\u2019automne avec des cargaisons de fourrures et de l\u2019argent en poche.La ville s\u2019emplissait de tapageuse gaieté aux folles dépenses, mais les plus sages rentraient au foyer et s\u2019achetaient une terre.j:, i#,^1 i§ ^ li-'ir, »\u2014'ilm mm Voici une photographie du Choeur de Verdun, fondé le 3 mai 1949 et dirigé par son fondateur, M.Orner Lalonde.L'enthousiasme qui anime cet ensemble vocal est le gage du succès de ses efforts vers l\u2019accession à l\u2019art parfait, subtil et complexe de la forme chorale.Ci-haut, le choeur interprète un extrait de \"Il Trovotore\".Le soliste invité était le ténor André Turp. Le Samedi, Montréal, 9 février 1957 13 mmw mm mm si Smw % \\ \\ SM « t ffî'VVV wVvx' «.?An» ^4* i«: v«vv .\t«K- '-*vv 1 «W 4MI ¦\tRéponses à M.J.Larivée, Montréal.1° Vous gagnez vos paris.Le véritable prénom de notre aimable commentateur de la radio et de la télévision, connu sous le vocable de Mario Verdon, est Guimond, qui a vu le jour dans le bon vieux faubourg de Québec, dans les parages des rues Rouen (anciennement Amitié, si la mémoire nous est fidèle) et Montgomery.Le nom de famille de Michel Noël, le joyeux meneur de jeu de CKAC, est Michel Croteau.Nous ignorons, du moins nous semblons ignorer, les raisons pour lesquelles ces deux bons copains ont décidé de changer de prénom et de nom, depuis que leurs voix d\u2019or passent, admirablement bien, à ce petit machin de micro, sans un brin de trac.Nous vivons dans un pays libre.Toutefois, le nom de baptême Guimond est très euphonique.Le nom de famille Croteau l\u2019est, peut-être, un peu moins.Pourquoi se faire de la bile avec si peu ?.Notre commissaire, Lucien Croteau, qui n\u2019a pas changé de nom, ni diminué son agressivité, ne s\u2019en fait pas pour si peu ! Après tout, la vie est si courte !.Et n\u2019allez pas nous dire que Mario Verdon ne s\u2019occupe pas de sport ! Il en raffole.¦\tUn courriériste nous pose une question, assez inusitée : « Est-ce vrai que les joueurs de hockey de la N.H.L.boivent du thé durant les périodes de repos de 10 minutes, comme certains commentateurs de la radio veulent nous le faire croire ?Un pari de dix dollars est en cause.A ce sujet, votre décision sera irrévocable.» Nous savons, sans mettre nos majeurs dans le feu, que les joueurs de la N.H.L.ont autre chose à faire que de boire du thé, durant les dix minutes de repos.Les agents de publicité ont l\u2019esprit d\u2019invention fertile ! Dans aucun vestiaire, nous les avons visités depuis plus de 40 ans, il n\u2019y a aucun poêlon du genre.Parfois, le gerant, dans ses remontrances, ses semonces, adressées à certains joueurs, sert de réchaud .Certains d\u2019entre eux se contentent de s\u2019humecter le gosier d\u2019oranges ou de liqueurs douces.Rien n\u2019est si risqué que d\u2019essayer de déchiffrer l\u2019avenir.Cela nous rappelle un fait peu connu.Le fameux lanceur droitier Dizzy Dean dégustait, au cours d\u2019une partie, de 19 à 21 tasses de café, même durant les canicules.Est-ce le grand nombre de tasses de café que Dizzy ingurgita, qui abrégea la carrière de l\u2019excentrique Dean, n\u2019ayant joué que 10 ans dans les ligues majeures, alors qu\u2019il aurait pu lancer ses grenades rapides, cinq ou six ans de plus, sur les losanges de la grande compagnie ?Nous le croyons.¦\tRéponse à MM.A.Valois, C.Ducharme, L.Fa- vreau, P.Beauregard, J.C.Larivée, H.Pelchat, Montréal.Nous regrettons une chose, entre autres : c\u2019est d\u2019être embarrassé de vous bien renseigner.Nous n\u2019avons pas entendu parler de Jean-Pierre Roy, ancien lanceur des Royaux, depuis la fin de la saison dernière.Nous ignorons s\u2019il est en train de se faire griller la couenne, sous les cieux ensoleillés de la Depuis près de 15 ans, nous clamons à tous les vents que les mogols de la N.H.L.devraient nommer deux arbitres pour chaque joute, s\u2019ils tiennent à ce que notre sport majeur ne tourne pas en boucherie, d'ici cinq ou six ans.Dans un embouteillage semblable, deux ou trois joueurs sont étendus sur la glace, passant un six-pouces à l'adversaire à l'insu du chevalier du sifflet.L'arbitre ne peut tout voir.Sur cette photo, on dirait que le jeune ailier torontois DICK DUFF (17) veut malmener notre excellent portier JACQUES PLANTE, toujours aux aguets, rapide comme un chat.Floride, tandis que ses chauds partisans grelottent sous un froid presque sibérien, dans nos parages, du moins au moment où ces quelques lignes sont écrites.N\u2019ayant prêté aucun signe de vie \u2014 il est loin d'être un Séraphin, pourtant \u2014 les directeurs de la Brasserie Molson, commanditaires de l\u2019irradiation des joutes de baseball du Montréal disputées à l\u2019étranger, se voient dans l\u2019obligation de choisir un autre cavalier du micro à la voix d\u2019or, le sobre commentateur sportif et annonceur de Radio-Canada, l\u2019un des plus chics types que nous connaissions, René Lecavalier.Les nombreuses activités de René lui permettront-elles d\u2019accepter cette offre alléchante ?C\u2019est là le hic ! ¦ L\u2019autre nuit, tandis que nous rédigions cette chronique, nous fûmes édifié d\u2019entendre Lucien « Frenchie » Jarraud, commentateur à tout faire du poste radiophonique CJMS, ancien acrobate.Des plus sérieusement, il y alla de ce précieux conseil : « Pourquoi ne pas respecter les jeunes filles et les jeunes femmes, comme nous respectons notre mère, nous tous, pauvres êtres humains ?Un jour, elles seront peut-être mères ! » Félicitations à cet impresario, né sous les cieux azurés de France, fils d\u2019Israël, paraît-il.Un tas de gens, assidus des boîtes de nuit, de salles de danse, de quilles et de billard devraient ancrer dans leur cervelet ces sages paroles, vieilles comme le monde ! Tout irait mieux, même en période troublée ! Encore hier ef aujourd'hui ! Depuis près de 40 ans, nous eûmes souventes fois l\u2019occasion d\u2019observer de près la physionomie de quelques-uns des meilleurs boxeurs retirés de l\u2019arène.Sept d\u2019entre eux retiennent particulièrement notre attention : feu Benny Leonard, Georges Carpentier, Jack Dempsey, Gene Tunney, Tommy Loughran, Ovila Chapdelaine et feu Jack Johnson.Sept grands noms du pugilisme universel.Sur leur face, aucun stigmate pouvant faire dire à quelqu\u2019un ne les connaissant pas : voilà des boxeurs.Seules leurs larges NOTRE COUVERTURE Vous pouvez parier votre dernière paire de boutons de manchettes que plus de 90,000 personnes admireront les spectacles féeriques des «/ce Follies », du 3 au 10 février inclusivement, au Forum.L'une de ces étoiles n\u2019est autre que l\u2019ex-fiancée du célèbre joueur de défense Red Kelly, du Détroit, Mlle ANDRA MeLAUGllLIN.pétillante patineuse de fantaisie.épaules et leur allure souple et athlétique, dénotent des hommes de sport.En regardant ces magnifiques gaillards, nous les comparons avec un grand nombre de jeunes et moins jeunes boxeurs de nos jours.Quelques-uns de ces derniers, quoique n\u2019ayant pas encore accompli une bien longue carrière, accusent déjà des arcades sourcilières bosselées, un nez écrasé, des oreilles en chou-fleur.Bref, des stigmates témoignant de rudes coups encaissés, coups pas plus rudes, cependant, que ceux échangés par les sept boxeurs précités avec des adversaires, dont certains étaient les plus dangereux cogncurs de l\u2019époque.Que faut-il conclure de cette différence entre les anciens et les nouveaux pugilistes ?Il n\u2019y en a pas d\u2019autre, croyons-nous, qu\u2019une connaissance plus complète dans l\u2019art du blocage et de l\u2019esquive, chez les anciens boxeurs.Un trop grand nombre de jeunes gens qui débutent actuellement comme professionnels n\u2019ont souvent que des rudiments de boxe.Et comme ils tombent parfois, pour leurs premiers combats, sur des adversaires beaucoup plus expérimentés qu\u2019eux, ayant plus de'métier, il s\u2019ensuit qu\u2019ils encaissent les coups les plus durs, sans pouvoir les éviter.Certes, il y en a, parmi ces jeunes boxeurs qui, tout en ayant disputé de nombreux et durs combats, ne portent pas, sur leur visage, des marques trop apparentes, souvenirs de j Lire la suite page .\u201810 ] DANS LE MONDE SPORTIF par OSCAR MAJOR 14 Le Samedi, Montréal, 9 février 1957 L'AMOUR ET LA HAINE par DENYSE MAI RESUME DES CHAPITRES PRECEDENTS Le comte Renaud de Courthenay tente de se suicider après une déception d\u2019amour avec Blanche d\u2019Andrieux, à laquelle il était fiancé.Il épouse plus tard Jacqueline de La Londe, et les nouveaux mariés vont s\u2019installer au château de Courthenay, près de la tante Anthelmine.Celle-ci, qui aime son neveu Renaud d un amour exclusif et dénaturé, fait tout en son pouvoir pour séparer celui-ci de sa jeune épouse.Pour cela, elle profite du séjour de Gilbert, le frcre de Renaud, qui partage son inimitié, pour tenter de creuser, entre ces trois êtres qui s\u2019aiment, un abîme infranchissable.No 2 ^ j À, j\u2019avoue n\u2019avoir jamais compris l\u2019ostracisme qu\u2019elle lui a tou-L jours témoigné.Quand tu connaîtras Gilbert, tu pourras l\u2019apprécier par toi-même, car je ne suppose pas que deux ans de colonies l\u2019aient beaucoup changé.C\u2019est l\u2019être le meilleur, le plus attachant que je connaisse.Un coeur d\u2019or, toujours prêt à rendre service, un caractère facile, insouciant, un peu trop peut-être, mais qui cherche sans cesse à faire plaisir et qui réussit à donner un sens heureux aux événements les plus graves.\u2014 Et ta tante ne l\u2019aime pas ?\u2014 Je l\u2019ignore, car je te répète qu\u2019il est vraiment difficile de soupçonner ses sentiments véritables.Mais du jour où, après la mort de ma mère, elle a pris la direction de la maison, ce pauvre Gilbert n\u2019a jamais reçu d\u2019elle que des rebuffades, des punitions, des paroles désagréables ou, ce qui est pire, un mépris total, qui le rejetait en dehors de la famille comme un chien perdu.D\u2019un mouvement impulsif, Jacqueline posa ses doigts sur la main de Renaud.\u2014 Je t\u2019en supplie, murmura-t-elle, n\u2019allons pas à Courthenay.Pas encore.Je suis terrifiée à l\u2019idée d\u2019affronter ta tante, de devoir vivre à ses côtés.Peut-être cherchera-t-elle à te détacher de moi, à me nuire.Allons à Paris, Renaud, chez toi, chez nous.là nous serons seuls tous les deux.Avec un sourire indulgent, il baisa la petite main qui s\u2019agrippait nerveusement à la sienne.Ma linotte ! Ne sois donc pas si enfant.Puisque de toutes manières, il te faudra, un jour ou l\u2019autre, être présentée à ma tante, mieux vaut que ce soit tout de suite, crois-moi.Le seul fait que je t\u2019aie choisie entre toutes pour devenir ma femme te rendra chère a cette pauvre créature qui, au fond, n\u2019est pas heureuse et souffre de l\u2019isolement qu\u2019elle a créé autour d\u2019elle.Je suis sûr que tu sauras t\u2019en faire aimer, pour cela, il faudra beaucoup de tact, de patience.Quelques concessions à ses idées, un peu.retardataires.\u2014 Que veux-tu dire et que dois-ie faire ?\u2014 Oh ! de bien petites choses.Ainsi, dans ma famille, il n\u2019est pas d\u2019usage de se tutoyer.Jamais un Courthenay n a dit « tu » à sa femme, sauf dans l\u2019intimité.et je n\u2019en suis même pas sûr ! Pourquoi chercher dès le début, à choquer ma tante ?\u2014 Tu veux.que je te dise « vous i> ?.comme à un étranger ?articula Jacqueline, sur un ton chargé de reproches.\u2014 Devant elle, seulement.C\u2019est une question de surveillance, de contrôle de soi-même, tu t\u2019y feras très vite.\u2014 J\u2019en doute, murmura-t-elle avec une moue d\u2019enfant boudeuse.Les premiers jours, je me tromperai sûrement et tu me gronderas.Mais non, voyons, quel enfantillage.Autre chose, de très important.Courthenay, normalement, m\u2019appartient, ainsi qu\u2019à Gilbert, depuis la mort de notre père.Mais tante Anthelmine y est née, elle y a toujours vécu, à part Commencé dans l'édition du 2 février 1957.Publié en vertu d'un traité avec la Société des Gens de Lettres.\u2014 Les noms des person* nages et de lieux de nos romans, feuilletons, contes et nouvelles sont fictifs et choisis au hasard.les années consacrées à notre éducation, et a 1 habitude d'y commander en maîtresse.Je crois qu\u2019il serait habile de notre part, de lui laisser son autorité entière pendant notre séjour au château.11 lui serait pénible d\u2019être dépossédée de ses droits au profit.\u2014 D une gamine sans importance, acheva Jacqueline en souriant sans aucune amertume, et qui serait parfaitement incapable de la remplacer.Que ferais-je, grands dieux, à la tête d\u2019une maison pareille ! \u2014 Nous voilà donc d\u2019accord, ma chérie, et je te remercie de tout coeur de ta compréhension et de ta bonne volonté.Maintenant, partons, si tu es réchauffée ; tante Anthelmine fait servir le dîner a 7 h.30, ne soyons pas en retard, dès le premier jour.Elle le suivit sans mot dire, le coeur serré par une crainte qu\u2019elle n\u2019arrivait pas à dominer.Au-dehors, il faisait nuit et il pleuvait toujours.A la gare proche, un train siffla et passa sans s arrêter, toutes vitres éclairées.Quand son fracas se fut éteint, on entendit grelotter mélancoliquement une sonnette au timbre fêlé.Jacqueline, à côté de Renaud, avait envie de pleurer.IV UN demi-jour pâle filtrait à travers les persiennes closes.Renaud, appuyé sur un coude, regardait Jacqueline endormie à ses côtés.Elle dormait comme les enfants, en chien de fusil, toute recroquevillée sur elle-même, les deux mains croisées sur la poitrine.De la tête enfouie dans l\u2019oreiller, on n\u2019apercevait que des courbes roses sous un amas de boucles soyeuses et la fraîcheur d\u2019une bouche ronde, à la lèvre inférieure un peu renflée, comme chez les infantes de Vélasquez.Renaud sourit.Elle était désarmante de jeunesse et d\u2019innocence, mais combien difficile à gouverner.Depuis huit jours qu\u2019ils étaient à Courthenay, il tremblait sans cesse pour la bonne harmonie de la maison et mettait tout en oeuvre pour réparer ses sottises ou les cacher aux yeux impitoyables de tante Anthelmine.Assis dans son lit, les bras passés autour de ses genoux, Renaud revivait la scène de leur arrivée, l\u2019accueil glacial de la vieille demoiselle, les efforts désespérés de Jacqueline pour l\u2019amadouer, la tension mortelle de ce premier repas servi dans l\u2019immense salle à manger qu'un feu de bois ne parvenait pas à réchauffer.Son séjour dans le Midi, au milieu de jeunes gens, gais, détendus, avait déshabitue Renaud de ces manières distantes, solennelles.Il n\u2019arrivait plus a retrouver le ton de leurs conversations d\u2019autrefois et s\u2019énervait de sentir Jacqueline terrorisée, privée de ses armes les plus sûres par la timidité qui la paralysait.Quel regard étonné, presque insultant à force de surprise réprobative, Mlle de Courthenay avait eu pour cette petite fille effarouchée, transie, qui lui arrivait à peine à l\u2019épaule et semblait perdue dans le hall d'entrée aux dimensions imposantes.Renaud jeta un coup d'oeil sur Jacqueline et, soupirant, sortit de son lit.Il est vrai qu\u2019elle n\u2019avait rien de commun avec.Mais non, il avait rayé l\u2019autre de sa pensée, il n\u2019avait plus le droit désormais de penser à elle.Sa femme, son bien, sa chose, sa compagne, c\u2019était désormais, devant Dieu et devant les hommes, cette forme menue, pelotonnée sous les couvertures.Il se leva et faillit trébucher sur deux mules de Cendrillon, abandonnées sur le tapis.En maugréant entre ses dents, il alla les poser sagement alignées, sous le lit, à la place de Jacqueline.Il avait la manie de l\u2019ordre poussée à l\u2019extrême et l\u2019insouciance de sa femme qui oubliait le soir, la place où elle avait rangé ses affaires le matin même, l\u2019agaçait prodigieusement.Elle faisait pourtant de louables efforts pour domestiquer sa vivacité naturelle qui la portait à jeter au hasard tout ce qu\u2019elle avait à la main et avait déjà fait sur ce chapitre, de sensibles progrès.Mais sa gaminerie reprenait le dessus à la vitesse d\u2019un cheval au galop.Renaud, avec un sourire involontaire, entendait encore le cri horrifié de tante Anthelmine quand elle avait trouvé, la veille, le buste de marbre de Marie-Antoinette qui trônait sur la cheminée du grand salon, coiffé du bonnichon rouge de Jacqueline.Cette innocente plaisanterie avait motivé une scène désagréable d\u2019où la jeune femme était sortie en larmes et Anthelmine, plus méprisante que jamais.Sans bruit, Renaud ferma derrière lui la porte de la salle de bains et commença sa toilette.Mais il ne put réprimer un mouvement d\u2019impatience.Dans le verre à dents plein d\u2019eau, trempaient trois violettes et quelques primevères cueillies la veille, par Jacqueline, dans un coin du parc.\u2014 Sapristi, murmura le jeune homme en jetant sur la table les innocentes fleurs, il ne manque pas de vases dans la maison ! Non, il faut qu\u2019elle les mette juste dans le verre dont on se sert tous les jours.Elle est insupportable.Mais, en s\u2019ébrouant sous le jet de la douche, en se rasant, ses yeux revenaient toujours vers ces quelques fleurs, aussi fraîches, aussi printanières que celle qui les avait cueillies.Elles avaient l\u2019air abandonnées sur ce coin de table encombré de flacons et de brosses.Jacqueline aurait peut-être du chagrin de les trouver là, probablement fanées, elle qui les avait saluées avec des cris de joie, comme les messagères des beaux jours.Renaud rentra dans la chambre, prit sur la cheminée un petit vase de cristal et, l\u2019ayant rempli d\u2019eau, il y déposa les fleurs et le mit sur la table de chevet, à côté du lit.Enfin prêt, il fut sur le point d\u2019éveiller Jacqueline, mais un regard jeté sur la pendule interrompit son geste.Il allait être 8 heures, Anthelmine devait se disposer à aller s\u2019asseoir devant la table préparée pour le petit déjeuner.Il n\u2019était pas question de la faire attendre.C\u2019était un mot qui, pour elle, n\u2019avait pas de sens.Elle s\u2019était au début de sa vie solitaire, fixée une heure pour chaque chose et il aurait fallu un cataclysme pour faire varier ses habitudes.Renaud hésita un instant.Jacqueline dormait si profondément qu\u2019il n\u2019eut pas le coeur d\u2019interrompre son sommeil.Il referma sans bruit la porte derrière lui et descendit les larges escaliers de bois ciré qui menaient au rez-de-chaussée.Au moment où il pénétrait dans la salle à manger, Louison, la jeune femme de chambre engagée depuis leur arrivée, fit son entrée par la porte de l\u2019office, chargée d\u2019un plateau d ai'gent où s\u2019alignaient en ordre impeccable la cafetière, le pot à lait et tous les accessoires d\u2019un confortable petit déjeuner.Mlle de Courthenay était déjà assise à sa place, en face de celle du maître de maison.Renaud, par déférence, lui avait demandé, le soir même de son arrivée, de conserver cette place d\u2019honneur et elle avait accepté sans protester.Vetue de noir en hiver, de gris en été, avec des robes taillées depuis vingt ans sur le même patron, elle offrait à Renaud une image immuable comme si le temps s\u2019arrêtant d'avancer pour elle, elle s\u2019était figée dans une attitude sévère, impossible à modifier.Elle ne portait aucun bijou, à part la grande croix d\u2019or ciselé qui oscillait sur sa poitrine plate, au bout d'un cordon noir.Ses cheveux gris, sans éclat, soigneusement lissés en deux bandeaux réguliers, accentuaient la longueur osseuse de sa face anguleuse, où le nez droit et trop long et la ligne mince de la bouche se coupaient à angles droits.Seuls les yeux vivaient dans cette figure glacée, mais de quel feu sombre et dur ! Sous l\u2019arcade épaisse des sourcils restés très noirs, malgré l\u2019âge, ces prunelles brillantes comme des parcelles d anthracite, avaient parfois le regard fixe et cruel des oiseaux de proie et Renaud connaissait bien peu de personnes capables de les défier.Comme chaque matin, il vint baiser la main de sa tante, seule manifestation de tendresse qu\u2019elle eût jamais admise, même au temps où ils n'étaient, Gilbert et lui, que des petits garçons.Avez-vous bien dormi, ma tante ! demanda-t-il en s\u2019asseyant en face d\u2019elle.\u2014 Non, dit-elle brièvement.On ne dort jamais bien à mon âge.A son ton encore plus sec que de coutume, Renaud flaira l\u2019orage.Il se servit sans mot dire, mais Anthelmine poursuivait son idée : \u2014 On ne peut pas en dire autant de ta femme, fit-elle remarquer, car je suppose qu\u2019elle dort encore ? Le Samedi, Montréal, 9 jévrier 1957 \u2014\tJacqueline est jeune, ma tante, elle a besoin de beaucoup de sommeil.Elle posa son couteau bien droit le long de son assiette et dit avec un petit rire ironique : \u2014\tJ\u2019ai été jeune aussi, je me suis toujours levée à G heures en hiver, à 5 heures en été.Le temps que l\u2019on perd ne se rattrape plus.\u2014 Evidemment, concéda Renaud, mais ici, grâce à vous qui avez bien voulu continuer à vous occuper de la marche intérieure du château, Jacqueline n\u2019a pas grand-chose à faire.\u2014 Et elle ne fait rien, si ce n\u2019est courir les bois, seule, tout le jour, comme une bohémienne.Renaud se contraignit au calme.Il sentait derrière ces paroles sarcastiques, la volonté bien arrêtée d\u2019Anthelmine de nuire à la jeune femme.\u2014 Que voulez-vous.Je suis très pris en ce moment par la mise en chantier de mon nouvel ouvrage.Je sais bien que je devrais accompagner Jacqueline dans ses promenades qui sont ici sa seule distraction.Mais cela m\u2019est impossible pour l\u2019instant.\u2014 Bien, bien, fit-elle, n\u2019en parlons plus.Du moment que tu approuves sa conduite, je n\u2019ai plus rien à dire.Désireux de ne pas prolonger une conversation qui avait mal débuté, il étendit le bras pour saisir la coupe de cristal pleine de miel.C\u2019est à ce moment qu'il aperçut, posé sur la table, à côté de lui, un journal auquel il n\u2019avait pas, jusque-là, prêté attention.Cet objet insolite, qui, jamais, ne s\u2019était trouvé à cette place, l\u2019intrigua.Il avait été ouvert et soigneusement plié dans un sens certainement voulu.Or, Anthelmine n\u2019aurait jamais toléré qu\u2019il lise, à table, en sa présence.Tout en étalant le miel sur le pain grillé, il y jeta un regard machinal et soudain, il blêmit, tandis que le couteau, échappant de sa main, tomba sur l\u2019assiette avec un bruit sec.\u2014 Ma tante, dit-il d\u2019une voix sourde, c\u2019est vous qui avez mis ce journal à ma portée ?pour que je voie cette photo et l\u2019article qui l\u2019accompagne ?Elle le fixa une seconde de ses petits yeux noirs brûlants d\u2019une curiosité dévorante.\u2014 Je pensais, en effet, que cela pourrait t\u2019intéresser, répondit-elle, calmement.\u2014 Ne croyez-vous pas, plutôt, que c\u2019est une cruauté inutile ?Jetant sa serviette sur la table, il repoussa violemment sa chaise et se leva.\u2014 Eh ! bien, Renaud, dit-elle froidement, tu te lèves le premier ?Je te fais remarquer que je n\u2019ai pas terminé.Renaud, debout près de la fenêtre, se retourna vers elle.Son beau visage, aux lignes nettes, avait soudain vieilli.Il était pâle et un pli profond se creusait entre ses sourcils rapprochés.\u2014 Excusez-moi, fit-il brièvement.Vous n\u2019auriez pas fait cela, ma tante, si vous aviez eu pour moi la moindre affection.Voilà plus de dix-huit mois que je lutte pour arracher de mon coeur, de mon esprit, de mon souvenir, celle qui m\u2019a abandonné.J\u2019ai failli mourir de cette rupture, vous le savez, vous qui m\u2019avez soigné avec tant de dévouement.Aujourd\u2019hui, où je croyais avoir enfin conquis la paix, l\u2019oubli, peut-être le bonheur, il faut que ce soit vous qui veniez me rappeler son existence ! Anthelmine, toujours droite à sa place, n\u2019avait pas bougé.Elle but posément son café et, reposant la tasse, elle dit avec calme.\u2014 Je ne vois pas la raison de cette colère subite et parfaitement déplacée.Mlle d\u2019Andrieux se marie, comme tu t\u2019es marié toi-même ; tu l\u2019aurais forcément appris un jour ou l\u2019autre, ne serait-ce que par de bonnes âmes bien intentionnées.C\u2019est au contraire te convaincre de la fin irrévocable d\u2019une aventure sentimentale qui a mal tourné.\u2014 C\u2019est me convaincre surtout de l\u2019inguérissable cupidité de cette fille, s\u2019exclama Renaud sur un ton de mépris.Vous avez vu qui elle épouse ?Ce nom de Ferrier ne vous dit peut-être rien ?Sachez donc que Maurice Ferrier est un des hommes les plus riches de Paris.Il a des usines de textiles dans le Nord, des fabriques de conserves au Maroc, des exploitations de bois au Congo.Qu\u2019il ait plus de cinquante ans et un ventre bedonnant n\u2019a aucune importance, ajouta-t-il avec un rire amer.\u2014\tTu le connais donc ?\u2014\tParbleu ! C'est moi qui l\u2019ai présenté à Blanche, pendant le séjour qu\u2019elle avait fait à Paris.Il alla jusqu\u2019à la fenêtre et resta un instant silencieux, contemplant les arbres où s\u2019épanouissaient de timides feuilles vertes.\u2014\tNe croyez pas, reprit-il plus bas, que je n\u2019ai pas deviné dès les premiers jours, la raison de cette rupture.Blanche était sans fortune et pour une fille qui n\u2019a d\u2019autre bien que sa beauté, Renaud de Courthenay était un parti présentable, à condition de le transformer habilement en homme célèbre, moyennant quelques connaissances judicieusement exploitées.Il se retourna vers sa tante qui pliait sa serviette, méthodiquement.\u2014 Vous voyez, dit-il, l\u2019amour ne m\u2019empêche pas d\u2019être lucide.Puis, l\u2019héritage inespéré de cet oncle est venu changer la face des choses.Blanche a réfléchi et s\u2019est dit, qu\u2019après tout, avec une grosse dot et sa miraculeuse beauté, elle pouvait prétendre à mieux que cet écrivain sans grande envergure qui risquait de végéter toute sa vie.Le résultat de ces louables réflexions, le voilà, fit-il en désignant la photo du journal.Il la fixa un long moment sans parler, détaillant la longue silhouette élancée drapée de tulle et de satin, qui semblait le défier de son sourire angélique et froid.Dans un geste brutal, il déchira le journal, jeta les morceaux par terre et sortit de la salle à manger sans ajouter un mot.Anthelmine le suivit des yeux, un sourire énigmatique sur ses lèvres minces.Renaud n\u2019eut pas le courage d\u2019aller s\u2019enfermer dans son bureau.Dans l\u2019état d\u2019exaspération où il se trouvait, il lui aurait été impossible de fixer son esprit sur autre chose que sa colère.En ce moment, il haïssait sa tante pour ce geste voulu, froidement médité.Il n\u2019avait plus pour son ancienne fiancée qu\u2019un mépris total, mais tout son être avait été trop profondément intoxiqué par le philtre de sa beauté toute-puissante, pour qu\u2019il n\u2019en conservât pas, malgré ses efforts, un arrière-goût de désir et de regret violent.Il descendit les quelques marches du perron et s\u2019enfonça au hasard dans une des allées qui serpentaient entre les arbres.Le sol détrempé par l\u2019humidité était cependant soigneusement ratissé, car Anthelmine n'aurait pas toléré une feuille ou un brin d'herbe aux alentours immédiats du château.Malgré ce début d\u2019avril, il faisait encore presque froid sous les branches où les bourgeons commençaient à s\u2019épanouir.Un certain point dépassé, la nature, livrée à elle-même, reprenait ses droits et, sous le couvert, s\u2019étendait un épais tapis de feuilles mortes mouillées par la rosée de la nuit.Quelques touffes de primevères l\u2019étoilaient de leurs fleurs délicatement teintées de jaune et de Vous avez touffe choix voulu Au Canada, des centaines de stations de service vous offrent en vente des gazolines et autres produits pétroliers de tous prix et qualités.Une foule de compagnies s'occupent de pétrole; elles se disputent toutes le dollar du consommateur.D'année en année, c'est à qui produira le plus et fabriquera les meilleurs produits, notamment les gazolines perfectionnées que réclament les puissants moteurs d'aujourd'hui.La concurrence est vive entre les compagnies, chacune sachant que vous préférerez la meilleure au \u2018 '\t\u2018 de vue: prix, qualité et service.sa La concurrence entre les compagnies pétrolières assure un choix abondant de produits et tient les prix bas.IMPERIAL OU UMlTtD 58 16 Le Samedi, Montréal, 9 février 1957 rose et les coucous aux clochettes dorées se préparaient aussi à fleurir.Mais Renaud, errant au hasard, la tête basse et les mains dans les poches, ne voyait rien de ce printemps timide.Plein d'amertume, il était hanté par la vision de ce beau visage pur et froid, de ce corps admirable qu\u2019il avait un jour tenu dans ses bras, de tout ce qui était aujourd\u2019hui la propriété légitime et consentante de ce gros lourdaud cousu d'or.Ah ! pourquoi ce geste voulu de sa tante ?Pourquoi chercher à ramener le trouble dans son coeur à peine apaisé ?Il ne pouvait pas se persuader qu\u2019elle avait fait cela par inconscience.Toutes les actions d'Anthelmine avaient un but, longuement prémédité.A ce moment, son regard fut attiré par une tache de couleur vive qui tranchait sur le fond bistre des feuilles mortes.Il se baissa et ramassa un foulard de soie bleue, le foulard de Jacqueline, qu\u2019elle avait dû perdre la veille, en ramassant ses fleurs.\u2014 Désordre, maugréa Renaud en fourrant dans sa poche l\u2019étoffe soyeuse, étourdie, incorrigible! Je me demande parfois quel vent de folie a soufflé sur moi pour que je lie mon existence à celle de ce papillon sans cervelle.Il retourna sur ses pas, se promettant d\u2019avoir avec sa femme un entretien sérieux où il lui parlerait sans indulgence.Mais sa main, dans sa poche, sentait le contact doux et chaud de cette soie qui semblait vivante et qui gardait encore le parfum de muguet que Jacqueline aimait.Ce simple rappel de sa présence écartait les ombres mauvaises qui rôdaient autour de lui.Jusqu\u2019à ce jour, qu\u2019avait-il à reprocher à sa femme ?Des enfantillages sans gravité qui venaient de sa jeunesse, de sa nature primesautière, mais que la vie conjugale se chargeait d\u2019assagir.Un peu calmé, presque détendu, Renaud revint vers le château et, comme il y arrivait, le bruit de deux persiennes claquant gaiement contre la façade, lui fit lever la tête.Jacqueline, drapée dans un peignoir rouge à pois blancs, ses boucles ébouriffées retombant sur son front et son cou, lui tendit les bras en souriant.\u2014 Je suis une horrible paresseuse, cria-t-elle.Pourquoi ne m\u2019as-tu pas réveillée ?\u2014 Tu dormais trop bien, répondit Renaud, égayé malgré lui par cette vision particulière.Veux-tu ton déjeuner ?\u2014 Oh ! oui, chéri, je meurs de faim ! Renaud souriait en montant les marches du perron.Elle avait toujours faim et mordait dans la vie avec autant d'appétit que dans ses tartines.En passant dans le hall, il poussa la porte de l\u2019office et appela Louison.\u2014\tVous monterez le plateau de Madame dans sa chambre.Quand il entra dans la pièce tiède, où le soleil d\u2019avril plaquait des taches de clarté sur le tapis blanc, Jacqueline sauta à son cou avec une pétulance de gamine.Il la tint un instant serrée contre lui, regardant avec intensité ce visage sans fard, ces yeux pleins d'une émouvante tendresse.\u2014\tMa linotte, murmura-t-il.Dis-moi que toi, au moins, tu ne sais pas mentir, ni calculer tes moindres gestes, ni faire du mal involontairement.Elle le fixait avec surprise, ne comprenant pas la raison de ces questions dites sur un ton sourd et passionné.Elle éleva la main timidement et effleura d\u2019une caresse la joue mate de Renaud.\u2014\tJ\u2019ai beaucoup de défauts, dit-elle avec un sourire contrit.Mais je ne crois pas avoir jamais fait de mal à quiconque.Pourquoi cet air soucieux et ce pli triste entre tes yeux?Que faut-il que je fasse pour dissiper les pensées moroses que je devine derrière ce front têtu ?Qui t\u2019a fait de la peine ?Il enfouit son visage dans la masse soyeuse et parfumée de ses cheveux et brusquement, il la serra dans ses bras avec une violence qui lui fit presque peur.Puis, sans ajouter un mot, il sortit de la chambre laissant Jacqueline pétrifiée sur place, la tête vide et le coeur en déroute.V L\u2019heure des repas approchait toujours trop tôt au gré de Jacqueline.La seule idée de rentrer dans cette immense salle à manger, froide et humide, quelles que fussent l\u2019heure et la saison, et de s\u2019y trouver à côté de tante Anthelmine, lui coupait l\u2019appétit.Aussi, elle avait pris l\u2019habitude d\u2019aller faire tous les jours une petite visite à la cuisine où Rose, la cuisinière, une brave Savoyarde réjouie, l\u2019accueillait avec une gentillesse maternelle qui semblait douce à l\u2019âme encore enfantine de la jeune femme.Devinant, avec son bon sens campagnard, la contrainte que s\u2019imposait cette enfant vive et remuante en présence de la vieille demoiselle, Rose la bourrait de gâteaux et de sandwiches en dehors des repas, sous prétexte de lui faire goûter ses nouvelles recettes.Jacqueline aimait la grande cuisine voûtée, avec son fourneau rougeoyant, ses cuivres bien astiqués, ses vastes placards où s\u2019alignaient vaisselle et provisions et les bonnes odeurs appétissantes qui s\u2019échappaient des casseroles.Tout en picorant, çà et là, elle bavardait gaiement avec Rose et Louison, la petite femme de chambre, qui l\u2019écoutait avec un air extasié.Dieu !.que c\u2019était bon de pouvoir dire tout ce qui lui passait dans la tête, sans avoir à craindre un regard mécontent de Renaud ou le silence méprisant de tante Anthelmine.Elle ne pouvait jamais parler devant la vieille demoiselle de sa province na- tale, cette Côte d\u2019Azur chaude et colorée qu\u2019elle regrettait éperdument, avec la nostalgie de l\u2019exilée, sans s\u2019attirer une remarque blessante sur ce « pays de saltimbanques, où Ton ne sait que s\u2019amuser à des plaisirs honteux ».Elle avait essayé à une ou deux reprises, révoltée par cet injuste parti-pris, de réfuter cette opinion par trop partiale en essayant de démontrer à son interlocutrice que ces villes réputées pour leurs fêtes sont aussi des villes où Ton travaille, où vit toute une population de braves gens, tranquilles, que le Carnaval et ses folies laissent parfaitement indifférents.Mais Anthelmine avait répondu à ses protestations timides par un silence, si méprisant que Jacqueline avait perdu pied.Implorant son mari du regard pour qu\u2019il vienne à son aide, elle n\u2019avait rencontré là aussi qu'un visage mécontent.Renaud avait lancé la conversation sur un autre sujet, lui montrant clairement qu\u2019il désapprouvait cette tentative inutile.D\u2019ailleurs, à part ces malheureux essais des premiers jours, Jacqueline gardait le plus souvent le silence pendant ces interminables repas.Mlle de Cour-thenay, avec l\u2019intention bien arrêtée de laisser la jeune femme en dehors de leur cercle familial, parlait avec Renaud de sujets et de gens qui lui étaient complètement étrangers.Elle avait, quand elle voulait s\u2019en donner la peine, une élocution nette et brillante et savait la mettre au service de son érudition extrêmement étendue.Le jeune homme éprouvait alors un réel plaisir à échanger avec elle des idées et même des controverses parfois hardies sur les sujets les plus élevés.Jacqueline, qui était loin d\u2019être une sotte, malgré son physique d\u2019ingénue de vaudeville, aurait trouvé à les écouter une très grande jouissance, si elle n\u2019avait senti, avec sa sensibilité à fleur de peau, qu\u2019on voulait sciemment lui faire toucher du doigt son ignorance et sa puérilité.Elle se renfermait donc en elle-même, et, peu à peu, les mots ne lui arrivaient plus que sous la forme d\u2019un murmure vague.Son esprit s'évadait, retournait vers ce pays de soleil, vers le petit jardin où toutes les roses devaient être en boutons, où son père devait cueillir les premières jacinthes.Il fallait que Renaud l\u2019interpelle parfois à deux ou trois reprises pour qu\u2019elle s\u2019arrache de son rêve et sursaute, avec l\u2019air effaré d\u2019un oiseau pris au piège.Cette attitude énervait son mari qui aurait aimé la faire briller aux yeux de sa tante et se trouvait blessé dans son amour-propre par cette évasion mentale de Jacqueline dans un domaine qui lui était inconnu.\u2014 Enfin, lui dit-il un jour, assez sèchement, ne pourriez-vous être un peu à la conversation, ne serait-ce que par politesse ?Elle avait beaucoup de peine à s\u2019habituer à ce vouvoiement cérémonieux et tremblait à chaque instant, à l\u2019idée de se tromper, ce qui avait pour résultat de la faire bredouiller d\u2019une façon pitoyable.\u2014 Pardonnez-moi, dit-elle en se mordant les lèvres, mais je ne connais pas.j\u2019ignore les gens dont vous parlez.\u2014 Sapristi, interrompit Renaud, vous n\u2019allez pas me faire croire que vous n\u2019avez jamais entendu citer le nom de Claudel ou de Mauriac ?.\u2014 Non, bien sûr, fit-elle en rougissant.Mais je ne vous suivais pas très bien, j\u2019étais distraite.\u2014 Une fois de plus, remarqua ironiquement Anthelmine.Vous devriez voir un psychiatre, cette distraction perpétuelle est vraiment bien gênante.Renaud regarda sa femme d\u2019un air mécontent.Mais quand il vit ce petit visage, soudain très pâle, baissé vers son assiette, il devina les larmes qui devaient s\u2019amonceler dans les grands yeux sombres.Il eut pitié d\u2019elle, car il l\u2019aimait sincèrement et ne pouvait supporter de la voir triste.Après le repas, l\u2019usage sacro-saint exigeait que le café fût pris au salon, avec le même cérémonial guindé qui se répétait tous les jours de Tannée.Anthelmine s\u2019asseyait dans un fauteuil Louis XIII, dont la forme sévère et rigide s\u2019accordait avec son anguleuse personne.Louison apportait le plateau et Jacqueline, faisant la jeune fille de la maison, oh ! ironie ,1a servait ainsi que Renaud.Là encore, elle sentait tous ses gestes épiés par ces prunelles noires qui la suivaient, avides de souligner la moindre défaillance.Elle, naturellement si souple et si gracieuse dans ses mouvements, se raidissait alors et devenait d autant plus maladroite qu\u2019elle se surveillait davantage.Ce jour-là, décidément, tout allait de travers.La cafetière, trop remplie, déborda sur le napperon de dentelle et en passant sa tasse à Renaud, elle laissa tomber la petite cuillère qui salit au passage le pantalon de gabardine de son mari.\u2014\tFaites donc attention, grommela-t-il en se levant.Voilà mon vêtement taché, j\u2019ai horreur de ça ! Je vais te le.vous le nettoyer tout de S.Uiîe\u2019 sernPressa Jacqueline, très mortifiée, ce n\u2019est pas bien grave.\u2014\tNon, évidemment, mais j\u2019aimerais vous voir un peu plus mesurée dans vos mouvements, ma petite Jacqueline.C était sans doute encore une distraction, remarqua Anthelmine sur un ton doucereux.Mais la patience de la jeune femme avait des bornes.Son sang vif de fille du Midi bouillait dans ses veines depuis trop longtemps pour qu\u2019il ne fit pas soudain explosion.Alors, s écria-t-elle, ça ne vous est jamais arrivé de faire une bêtise, d\u2019avoir un geste maladroit ?Quand vous aviez mon âge, étiez-vous déjà la femme supérieure que vous êtes aujour- L\u2019HOROSCOPE DU \"SAMEDI\" (Nouvelle série) 5\t3\t6\t2\t7\t4\t5\t3\t6\t8\t4\t7\t2\t5\t3\t6 P\tV\tB\tU\tV\tV\tA\t0\t0\tS\t0\t0\tN\tR\tU\tN 8\t2\t5\t3\t6\t4\t7\t2\t8\t3\t6\t4\t5\t7\t2\t3 0\tC\tT\tS\tN\tU\tU\tA\tY\tN\tE\tS\tA\tS\tD\tE 7\t5\t3\t8\t2\t6\t4\t8\t3\t7\t5\t2\t8\t4\t3\t6 R\tG\tG\tE\tE\tS\tE\tZ\tL\tE\tE\tA\tA\tT\tI\tN 8\t5\t3\t7\t4\t8\t6\t2\t7\t3\t8\t5\t4\t6\t2\t3 M\tZ\tG\tU\tE\tB\t0\tU\tS\tE\tI\tV\tS\tU\tI\tZ 7\t3\t2\t5\t4\t8\t3\t6\t5\t2\t7\t4\t3\t6\t2\t4 S\tL\tN\t0\tE\tT\tE\tV\tS\tA\tI\tL\tS\tE\tT\tE 8\t5\t3\t7\t4\t2\t8\t6\t3\t8\t4\t7\t5\t2\t6\t3 I\tJ\t0\tR\tG\tT\tE\tL\tM\tU\tA\tE\t0\tE\tL\tM 8\t3\t5\t2\t7\t4\t6\t3\t5\t2\t6\t4\t3\t5\t2\t4 X\tE\tI\tN\tZ\tN\tE\tI\tE\tD\tS\tT\tL\tS\tU\tE \tComptez 1\t\tes 1\tlettres\tde '\tvotre\tprénom.\t\tSi le nombre\t\t\tde lettres est\t\t\tde G ou plus, soustrayez 4.Si le nombre est moins de 6, ajoutez 3.Vous aurez alors votre chiffre-clef.En commençant au haut du rectangle pointez chaque chiffre-clef de gauche à droite.Ceci fait, vous n\u2019aurez qu\u2019à lire votre horoscope donné par les mots que forme le pointage de votre chiffre-clef.Ainsi, si votre prénom est Joseph, vous soustrayez 4 et vous aurez comme clef le chiffre 2.Tous les chiffres 2 du tableau ci-dessus représentent votre horoscope.Droits réservés 1945, par William J.Miller, King Features, Inc. Le Samedi, Montréal, 9 février 1951 17 d\u2019hui ?Je me demande si vous avez, un jour, été jeune.Et quand bien même j\u2019aurais des distractions, ne serait-ce pas normal, naturel ?Je cherche à m\u2019évader de la prison où l\u2019on m\u2019enferme, où j\u2019étouffe, de ces murs austères, sans chaleur, sans gaieté.Je prends pour cette évasion le seul moyen qui soit à ma portée : le rêve.Je voyage loin de vous par la pensée, et c\u2019est la raison pour laquelle je n\u2019écoute pas ces conversations dont vous m\u2019écartez avec dédain.Mais ce plaisir dont je dispose à ma guise, le seul dont je puisse jouir dans cette triste demeure, celui-là, vous ne pouvez pas me l\u2019enlever.Renaud, sidéré par cette violence qu\u2019il n\u2019avait jamais constatée chez Jacqueline, toujours si douce, était resté debout près de la table, la regardant avec des yeux stupéfaits.Anthelmine, droite dans son fauteuil, les deux mains posées sur les accoudoirs, la fixait froidement, avec une expression de triomphe au fond de ses prunelles luisantes.Quand Jacqueline eut quitté le salon en claquant la porte, elle eut un rire bref.\u2014 Tu m\u2019écrivais un jour « Elle est douce, facile et gaie ».J\u2019ai l\u2019impression que tout écrivain que tu sois, tu n'es pas très psychologue, mon pauvre Renaud.Le jeune homme, les sourcils froncés, resta un instant indécis, tiraillé entre le désir d\u2019apaiser sa tante et celui de morigéner cette petite folle pour cette algarade intempestive.Ce fut ce dernier qui l\u2019emporta.Bredouillant une excuse, il sortit à son tour du salon et monta au premier étage, s\u2019attendant à trouver Jacqueline dans sa chambre.Mais la pièce était vide.Il redescendit et croisa Louison dans le vestibule.\u2014 Avez-vous vu Madame ?demanda-t-il.\u2014 Oui, Monsieur.Madame est sortie, il y a un instant.Elle n\u2019avait pas de manteau et il commence à pleuvoir.En effet, le temps gris depuis le matin, s\u2019était encore assombri et une pluie fine et froide mouillait le perron et crépitait sur les feuilles nouvelles.Renaud, un peu inquiet, enfila un imperméable et saisit au portemanteau la grande pèlerine de laine brune dont se servait sa tante pour ses promenades au jardin.Le parc semblait désert et, sous ce ciel maussade, les fleurs printanières et la jeune verdure semblaient se recroqueviller, transies et lourdes de pluie.Le jeune homme s\u2019enfonça au hasard dans une allée, entre les troncs noirs de marronniers et les fûts blancs et lisses des bouleaux.Délivré de la tyrannique présence d\u2019Anthelmine, de l\u2019espèce d\u2019envoûtement qu\u2019elle faisait peser sur lui, il comprenait mieux la réaction de la jeune femme et l\u2019excusait au fond de son coeur.Il s\u2019accusait de la négliger et se promettait de lui procurer des distractions en rapport avec son âge.Mais ces bonnes résolutions ne lui faisaient pas retrouver Jacqueline et, à mesure que les minutes passaient, une colère mêlée d\u2019inquiétude s\u2019emparait de lui.\u2014 Elle exagère vraiment, grommela-t-il en voyant s\u2019étendre devant lui la solitude d\u2019une nouvelle allée, va-t-elle me faire courir ainsi tout le jour ?Où peut-elle bien se cacher ?Elle était si exaltée tout à l\u2019heure.Pourvu qu\u2019elle n\u2019ait pas fait quelque sottise.Une crainte vague montait dans son esprit, plus précise à chaque minute.Cette fuite éperdue de Jacqueline, faisant suite à ce mouvement de révolte, prouvaient qu\u2019elle avait quitté la maison dans un état d\u2019exaspération qui pouvait la conduire aux pires folies.Dans le fond du parc, très vaste et non clôturé, il y avait un étang assez profond sur lequel on pouvait autrefois canoter au moment des beaux jours.Mais il avait été envahi, peu à peu, par une végétation aquatique, roseaux, nymphéas, lentilles d\u2019eau et, abandonné par les châtelains, il était retourné à l\u2019état sauvage et ne servait plus qu\u2019à abriter des légions de grenouilles qui menaient grand concert, les soirs d\u2019été.Renaud avait montré cet étang à Jacqueline en lui recommandant de se méfier de ses bords, à demi cachés sous les plantes.L\u2019eau sombre, tout de suite profonde et toujours glacée, se dissimulait sous ce rideau ondoyant et trompeur.Un frisson parcourut le jeune homme de la tête aux pieds.Il se mit à courir dans l\u2019allée qui menait à la pièce d\u2019eau sur l\u2019épais tapis d\u2019humus qui étouffait le bruit de ses pas.Il aperçut bientôt, à travers les arbres, le fouillis de roseaux dont les plumets grêles émergeaient des feuilles jaunies.Là encore c\u2019était le silence, à peine troublé par le cliquetis de paille froissée qui montait de ces herbes sèches agitées par le vent.Haletant, malade d\u2019appréhension, il regarda autour de lui, s\u2019apprêtant à crier le nom de Jacqueline.C\u2019est alors qu\u2019il l\u2019aperçut, au seuil d\u2019un pavillon de bois, servant jadis de hangar à bateaux et qui finissait de pourrir au bord de ce marécage.Assise sur une des marches à demi écroulées, les bras sur ses genoux et la tête enfouie dans ses bras, elle semblait ne pas se soucier de la pluie qui mouillait son dos et ses cheveux.Interdit par ce spectacle, Renaud resta une seconde indécis, le coeur étreint par une immense pitié, très voisine du remords.Elle avait l\u2019air misérable, abandonnée, devant cette maison en ruines, le seul abri bien précaire qu\u2019elle ait trouvé pour y exhaler en secret toute l\u2019amertume de son jeune coeur.Il s\u2019approcha d\u2019elle sans bruit et s\u2019asseyant à ses côtés sur les pierres disjointes, il pesa doucement sur ses épaules trempées la grosse pèlerine de laine brune.Elle tressaillit violemment et se redressa, levant sur Renaud un pauvre visage gonflé de larmes, tuméfié, méconnaissable.\u2014\tMa pauvre petite, murmura-t-il, pourquoi t\u2019être sauvée ainsi ?Je te cherche depuis près d\u2019une heure, j\u2019étais malade d\u2019inquiétude.Elle eut un gémissement et jetant ses bras autour de son cou, elle appuya contre sa poitrine sa tête ruisselante dont les boucles détrempées brillaient de gouttelettes.\u2014\tOh ! Renaud, sanglota-t-elle, je suis malheureuse.Je voulais.je voulais.\u2014\tVeux-tu te taire, petite folle.\u2014\tMais.je n\u2019ai pas pu.L\u2019eau est si froide.et puis j\u2019ai.j\u2019ai peur des grenouilles !.Renaud se mit à rire en l\u2019entourant plus étroitement dans la cape chaude qui la couvrait entièrement.\u2014\tC'est bien fait, vilaine fille, tu aurais mérité qu\u2019elles te sautent dessus toutes ensemble pour t\u2019apprendre à être enfin raisonnable ! Viens maintenant, ne reste pas ici, tu es glacée.Il faut que tu te changes au plus vite et que tu boives un grog bouillant.Docile, elle se leva.La pèlerine de tante Anthelmine traînait par terre, autour d\u2019elle.Passant du désespoir à la joyeuse réalité d\u2019une vie, somme toute, encore désirable, Jacqueline rit en se voyant ainsi harnachée.\u2014 Il en irait deux comme moi, là-dessous, s\u2019exclama-t-elle.\u2014\tC\u2019est sans importance, cette cape est chaude, c\u2019est l\u2019essentiel.Serre-toi bien dans ses plis et marchons vite.Le bras passé autour de ses épaules, il l\u2019entraîna dans l\u2019allée, loin de cet étang sinistre qu\u2019il ne pourrait jamais plus regarder sans un frisson d\u2019angoisse.Anthelmine, debout devant la fenêtre de sa chambre, les vit revenir vers le château, serrés l\u2019un contre l\u2019autre, Renaud penché vers la forme menue engoncée dans l\u2019immense pèlerine.Ses yeux se rétrécirent comme ceux des chats quand ils surveillent une proie.Ses sourcils noirs se froncèrent.\u2014 Elle est encore très forte.mur-mura-t-elle.Mais je le suis plus qu\u2019el-le.Renaud ne l\u2019aimera pas toujours.\u2022 Jacqueline ne put pas descendre dîner ce soir-là.Dès son arrivée au château, elle avait dû se coucher, toute frissonnante et s\u2019était endormie presque aussitôt, grâce à la chaleur retrouvée.Renaud resta près d\u2019elle jusqu\u2019à ce qu'il la vît calme et détendue et quitta la chambre sur la pointe des pieds.Son front était creusé par un pli soucieux.Au lieu d\u2019aller rejoindre sa tante au salon, ainsi qu\u2019il avait coutume de le faire en attendant l'heure du dîner, il entra dans son bureau et se laissa tomber dans un fauteuil de cuir avec un soupir de lassitude.En emmenant Jacqueline à Courthe-nay, il espérait sincèrement qu\u2019elle y serait bien accueillie par la vieille demoiselle.Sa jeunesse, son inexpérience, sa gaieté d\u2019oiseau, lui semblaient bien faites pour attendrir le coeur sévère d\u2019Anthelmine.Il connaissait assez sa tante pour savoir quelle ne manifesterait jamais à la jeune femme une affection débordante, mais il escomptait tout au moins une neutralité bienveillante qui aurait permis à Jacqueline de s\u2019épanouir.Il devait s\u2019avouer qu\u2019il s\u2019était trompé lourdement et que la froideur naturelle d\u2019Anthelmine se chargeait d\u2019hostilité méprisante quand elle s\u2019adressait à sa nièce.Il appréhendait le moment où il se retrouverait devant elle, en tête-à-tête, et pourtant il devait avoir le courage de parler hardiment et de défendre la paix et le bonheur de son foyer.Il ne se faisait pas grande illusion d\u2019ailleurs, sur le succès de ses exhortations.Il savait qu\u2019il trouverait devant lui une implacable interlocutrice, décidée à attaquer avec les armes les plus impitoyables ou, ce qui serait pire, un mur de silence réprobateur sur lequel tous ses discours viendraient se briser sans ébranler son calme dédaigneux.Renaud passa la main sur son front.Comme il aurait aimé pouvoir s\u2019enfermer dans la paix de ce bureau confortable et oublier, avec les fantômes du passé, les tracas qui l\u2019assaillaient de tous côtés.Dans un sursaut d\u2019énergie, honteux de cette défaillance, il se leva et descendit d\u2019un pas ferme vers la salle à manger.Anthelmine y entra deux minutes avant lui et vint occuper sa place avec la hautaine froideur qui ne l\u2019abandonnerait jamais.Elle n'eut pas un coup d\u2019oeil vers la place vide de Jacqueline et mangea en silence.Ce calme détachement des événements de la journée, cette volonté bien arrêtée de les ignorer, parurent à Renaud plus insultants qu\u2019un soufflet.C\u2019était marquer, d\u2019une façon péremptoire, que la jeune femme n\u2019avait, aux yeux d\u2019Anthelmine, pas plus d\u2019importance qu\u2019un poulet de la ferme.Qu\u2019elle ait eu un sursaut de révolte, une crise de désespoir et qu\u2019elle en soit malade, elle ne voulait pas s\u2019en soucier et entendait que Renaud se le tînt pour dit.Le repas se passa dans un mutisme presque total de part et d\u2019autre.Mais, quand Mlle de Courthenay se leva de table, son neveu, ouvrant la porte de la salle à manger et, s\u2019effaçant pour la laisser passer, lui dit d\u2019un ton ferme : \u2014 Allons au salon, ma tante, je vous Vous vous sentirez MIEUX! Vous paraîtrez MIEUX ! Toutes les femmes doivent être en santé, belles et vigoureuses.Les Pilules MYRRIAM DUBREUIL améliorent l'état général, vous aidant ainsi à vous sentir MIEUX et à paraître MIEUX.Les Pilules Myrriam Dubrcuil sont un reconstituant et un excellent tonique qui améliore le sang, stimule l\u2019appétit, soulage l\u2019épuisement nerveux quand celui-ci s\u2019insinue dans l\u2019organisme et, [ conséquemment, aide à reprendre le poids perdu.Les Pilules Myrriam Dubreuil constituent un ; produit médicinal qui produit d\u2019heureux résultats.Sa formule pharmaceutique a été établie, il y a de nombreuses années, après des recherches sérieuses, par des chimistes qualifiés.GRATIS : Envoyez 5c on timbres et nous vous adresserons gratis notre brochure illustrée, avec échantillon.CORRESPONDANCE CONFIDENTIELLE : Les jours de bureau sont : Jeudi et Samedi, de 2 h.à 5 h.p.m.REMPLISSEZ ce COUPON (pour le Canada seulementI Mme MYRRIAM DUBREUIL 6380, rue Bordeaux Case Postale, 1391, Place d\u2018Armes* Montréal, P.Ç>.Ci-inclus 5 cents pour échantillon des Pilules Myrriam Dubreuil avec la brochure.Nom Adresse .Ville .Province .10031400631 13 Le Samedi, Montréal, 9 février 1957 prie.Je serais heureux d\u2019avoir un entretien avec vous.Elle le fixa de ses yeux perçants et, sans répondre, elle entra dans la grande pièce solennelle que des tapisseries précieuses assombrissaient, ainsi que les lourds rideaux de soie cramoisie à demi tirés sur les hautes fenêtres.Elle alluma la lampe placée sur la cheminée et s'assit à sa place habituelle, dans le fauteuil Louis XIII qu\u2019elle occupait au moment de l\u2019incident avec Jacqueline.Renaud eut un regard involontaire vers la petite table qui supportait le plateau.Mais le napperon sali avait disparu et tout était rentré dans l\u2019ordre.Anthelmine, les bras posés sur les accoudoirs, le buste raide avec sa grande croix d\u2019or bien droite au bout de son cordon noir, avait a demi fermé les yeux et attendait.Le jeune homme serra les poings derrière son dos.Il avait la désagréable sensation de se retrouver, petit garçon, devant le juge inflexible, prêt à examiner ses notes, avec une rigueur que rien ne pouvait fléchir.Il crut voir Gilbert, debout à côté de lui, avec son teint doré, ses yeux rieurs et cet air détaché, vaguement insolent, qu\u2019il affectait toujours devant la vieille demoiselle.Il était le seul, peut-être, qui ait su lui résister.Il aurait été doux, à Renaud de l\u2019avoir auprès de lui, ce soir.Mais des milliers de kilomètres séparaient maintenant les deux frères et l\u2019aîné se demandait si, Gilbert, cet insouciant, n\u2019avait pas choisi la meilleure part.Il ne pouvait pourtant laisser s\u2019épaissir autour d\u2019eux ce silence pesant que rien ne venait rompre.Ma tante, dit-il résolument, je voudrais vous parler de Jacqueline.Il attendit une seconde, espérant un mot, un signe qui aurait pu le renseigner sur l\u2019état d\u2019esprit d\u2019Anthelmine.Etouffant un soupir, il reprit: \u2014 Si j\u2019avais pu prévoir cet.antagonisme qui a surgi entre vous, je serais allé m'installer à Paris.Mais, ainsi que je vous l\u2019expliquais l\u2019autre jour, j\u2019ai formé le projet d\u2019écrire un vaste ouvrage sur la Bresse et le Bu-gey, une sorte de grande histoire vue à travers les petites histoires locales et qui retracerait la vie de ces deux provinces depuis l\u2019antiquité jusqu\u2019à nos jours.« Or, c\u2019est ici seulement que je puis trouver les éléments nécessaires pour étayer mon oeuvre.Courthenay, vous le savez mieux que personne, possède une magnifique bibliothèque, abondant en vieux documents.De plus, je puis, étant sur place, aller facilement à Bourg.Belley ou tout autres villes et villages susceptibles de renfermer des souvenirs du passé.«J'ai expliqué ces raisons à Jacqueline qui a consenti, non sans quelque appréhension, je le reconnais, à venir vivre à Courthenay, pendant le temps que dureront mes recherches.Il faut bien avouer, ma tante, que le château, isole, humide, austère, n\u2019est pas un séjour très gai pour une jeune mariée de 20 ans.Les villas et propriétés d\u2019alentour sont fermées pour la plupart, en cette époque de l'année.Et.vos relations, ajouta-t-il en essayant de rire, sont encore plus sévères que le château lui-même.Il s\u2019arrêta, quêtant une approbation ou quoi que ce fût qui indiquât une attention à ses discours.Mais Anthelmine avait l\u2019air transformée en statue.C'est à peine si on la voyait respirer.Enervé, Renaud se mordit les lèvres.Malgré la déférence qu\u2019il témoignait à sa tante, le sang vif des Courthenay commençait à battre à ses tempes.\u2014 J\u2019espérais, reprit-il un peu sèchement, trouver chez vous, ma tante, nnc juste compréhension de la situa-*on.Or, depuis notre arrivée, vous ne cessez de témoigner à Jacqueline une hostilité méprisante qui se traduit par des blessures perpétuelles et qui a déterminé la scène regrettable de cette après-midi.J\u2019ai pour vous beaucoup de reconnaissance et d'affection, mais j\u2019aime ma femme.\u2014 Non.Ce mot, le seul qu\u2019elle eût prononcé depuis son arrivée dans le salon, sortit des lèvres sèches d\u2019Anthelmine sans qu\u2019elle élevât la voix plus qu\u2019à l\u2019ordinaire.Il claqua pourtant, avec la netteté brutale d\u2019une balle et résonna violemment aux oreilles de Renaud.Il se retourna d\u2019une seule pièce vers la statue qui avait enfin daigné s\u2019animer.\u2014 Comment, non ?répéta-t-il.Vous prétendez que je n\u2019aime pas Jacqueline ?\u2014 Tu ne l\u2019aimes pas, affirma la voix impitoyable, et je l\u2019ai su dès le premier jour.Si tu l\u2019avais aimée, crois-tu que j\u2019aurais consenti à vivre sous le même toit qu\u2019elle ?Le jeune homme resta un instant sans voix, le souffle coupé.Il avait soudain la sensation de se pencher sur un abîme insoupçonné, où grouillaient des formes immondes.\u2014 Voyons, ma tante, fit-il en essayant de trouver son calme, tâchons de nous expliquer sans passion et sans colère.Je ne vous suis pas très bien.Malgré la répugnance que j\u2019éprouve à aborder ce sujet, il me semble qu\u2019au moment de mes fiançailles avec Blanche, vous ne lui témoigniez pas pareille aversion ?Je crois pourtant, ajouta-t-il avec un rire amer, qu\u2019il était difficile d\u2019être plus bêtement amoureux que moi.\u2014 Ne compare donc pas ce qui n\u2019est pas comparable, répondit lentement Mlle de Courthenay.Blanche était à mes yeux la Beauté, dans sa plénitude et sa perfection.Mais elle était aussi la Raison, la froide, la calculatrice, la souveraine raison.« Et en cela, en cela seulement, ajou-ta-t-elle en ricanant, je la sentais ma soeur.Elle poursuivait un but, qui était le pouvoir, la richesse, la puissance, la domination et, pour elle, le coeur n\u2019était qu\u2019un organe vital et non ce demi-dieu ridicule dont s\u2019embarrassent les sentimentaux.Nous nous comprenions parce que nous partagions les mêmes ambitions.Elle et moi te voulions grand, illustre, immortel, moi pour l\u2019orgueil des Courthenay, elle pour satisfaire sa vanité.«Je ne la craignais pas, car j\u2019avais deviné dès le début de vos relations, qu\u2019elle ne t\u2019aimerait jamais.Ce genre de femmes est incapable d'aimer autre chose qu\u2019elles-mêmes.Tôt ou tard, je t\u2019aurais repris et de toutes façons j\u2019aurais continué à exercer sur toi une influence dont tu n\u2019as jamais eu qu\u2019à te louer.\u2014 Mais enfin, interrompit Renaud, ce n\u2019est pas Jacqueline, la pauvre gosse, qui vous gêne pour cela.Elle eut un rire méprisant.\u2014 Oui, si extraordinaire que cela paraisse.Car cette insignifiante créature qui n\u2019a pour elle ni beauté réelle, ni intelligence, ne vit, au contraire de Blanche, que par le coeur et celle-là t\u2019adore, sans se soucier de ton avenir ou de ta célébrité.\u2014 Il me semble que je dois m\u2019en réjouir, constata Renaud ironiquement, et ces révélations cadrent mal avec ce que vous m\u2019affirmiez tout à l\u2019heure.Comment pourrais-je ne pas aimer Jacqueline, sachant justement la qualité désintéressée de son amour.\u2014 Fadaises ! jeta-t-elle en haussant les épaules.Littérature que tout cela ! Si tu avais eu pour cette femme l\u2019affection que tu proclames, jamais, tu m\u2019entends ?jamais, tu n\u2019aurais dû la mettre en ma présence.Je la hais, dit-elle soudain en se levant, comme je hais ces sortes de poupées, gracieuses, douces, minces, pétries de charmes et de sourires, sans valeur, sans consistance, qu\u2019on peut faire pleurer avec une remarque blessante sans qu\u2019elles songent à rendre les coups.« Comment pourrais-tu aimer pareille créature, toi qui as connu Blanche, qui as tenu dans tes bras ce corps admirable et qui as pu apprécier son intelligence, sa science mondaine, sa maîtrise d\u2019elle-même ?Ah ! fit-elle avec violence, je me demande quel vent de folie a soufflé sur toi le jour où tu as lié ta vie à celle de cette petite fille.Renaud, les poings serrés au fond de ses poches, le coeur débordant de colère impuissante, se retourna vers elle brusquement.\u2014 Et si je vous disais, cria-t-il, que je l\u2019ai choisie justement parce qu\u2019elle était l\u2019antithèse vivante de « l\u2019autre » ?J'avais souffert, et combien cruellement.à cause de cette raison que vous vantez si chaudement et qui a failli, moi, me tuer.J\u2019ai trouvé en Jacqueline un être impulsif, qui ne raisonne pas, mais qui aime, de tout ce coeur neuf, vibrant, sensible, que vous méprisez.Sa puérilité, son rire, sa jeunesse émerveillée, me reposent comme un bain de fraîcheur après une marche harassante.Mais maintenant que je vois clair dans cette situation pénible, je ne vous imposerai pas plus longtemps une présence détestée.Je quitterai Courthenay, dès demain, avec ma femme, et vous rie la verrez plus jamais, jamais, entendez-vous ?.La porte refermée avec violence fit tinter les candélabres de cristal posés sur la cheminée.Dès que se fut apaisé ce frêle murmure, le silence retomba dans la pièce.Anthelmine étendit le bras, éteignit la lampe et se rassit dans l\u2019obscurité.Elle resta là plus d'une heure, ombre noire fondue dans la nuit, ruminant en elle de sombres projets, abreuvant de fiel et d\u2019amertume ce coeur méprisable si plein de passions inavouées.Quand Renaud rentra dans sa chambre, encore exaspéré par la scène violente qui venait de se dérouler, il appréhendait de trouver Jacqueline éveillée.Il n'aurait pu lui cacher la raison de son trouble et il se souciait peu d\u2019affronter le chagrin qu\u2019elle ne manquerait pas de manifester.Mais la jeune femme dormait toujours.La veilleuse placée sur la table de nuit et qu\u2019il avait laissée allumée, éclairait d\u2019une lueur rose le délicieux visage encore paré de ses rondeurs adolescentes, où les longs cils recourbés projetaient une ombre légère.Un long moment, Renaud, les mains dans les poches, les sourcils froncés, la contempla.Il sentait peser sur ses épaules comme un fardeau très lourd, cette jeunesse désarmée de sa femme, cette fragilité si vulnérable qu\u2019il lui fallait défendre à tout prix.Mais il lui était dur d\u2019abandonner son travail, cet ouvrage commencé qui lui tenait à coeur et qu\u2019il ne pourrait mener à bien dans la vie agitée de Paris.Il avait déjà réuni une importante documentation dans les manuscrits vénérables qui dormaient au fond des placards de la bibliothèque.Mais il lui fallait compter encore deux ou trois mois de labeur acharné pour terminer cette compilation indispensable.Pourtant, continuer à vivre dans ces conditions pénibles était impossible Pour la première fois, il avait eu la révélation de la véritable nature de sa tante et il en restait vaguement épouvanté.Il l\u2019avait toujours considérée comme une femme dure aux autres et à elle-même, ne connaissant ni indulgence, ni réelle bonté, beaucoup plus par le fait de sa disgrâce physique et d\u2019une certaine âpreté de caractère, que par manque de coeur.Il l\u2019estimait cependant pour son esprit de justice, son intelligence, sa droiture, et il s\u2019apercevait soudain que sous cette armure d\u2019airain, bouillonnait un flot de violences, de passions, de haine amoncelée, qui risquait telle une lave rougeoyante, de tout dévorer sur son passage.Il arpentait la chambre, le bruit de ses pas étouffé par l\u2019épaisseur du tapis de haute laine.Le silence de la pièce tiède où tintait seulement le timbre argentin et régulier de la pendule, détendait ses nerfs, apaisait la révolte qui l\u2019avait secoué.La vue de Jacqueline endormie l\u2019emplissait peu à peu d\u2019un attendrissement dont il n\u2019était pas maître.IM V.'VA \\ \u2018 c*\\y{\u201e.4\tD\u2019un ordre donné aux lions de montagnes qui l\u2019accompagnaient.il les lâcha sur le Jeune garçon.Steve Intervint alors, sachant bien que l\u2019Indien ne se ferait pas scrupule de faire dévorer son prisonnier.mm 2 \u2014 D\u2019un coup de couteau, il défit ses liens.Mais au même moment, un bruit se fit entendre à l'extérieur, et Steve eut tout Juste le temps de se cacher, quand le chef Face d'Aigle fit son apparition.m 5\t\u2014 Il sortit de sa cachette.\u201cJe me rends\u201d, dit-il.Face d\u2019Aigle fut pris de rage : \u201cTu n\u2019as pas voulu obéir aux ordres de notre Grand Chef\u201d.Puis se tournant vers ses hommes, il leur dit : \u201cEmparez-vous de lui\u201d.rsws&nï Am kiiSBil: 3 \u2014 \"Ton ami Steve est venu dans les parages\u201d, dit-il.\u201cDis-moi où il se cache\u201d.\u2014 \u201cComment le saurais-je\u201d, répliqua Joe, \u201cje suis retenu ici, Je suis votre prisonnier\u201d.La réponse ne plut pas à l'Indien.rm 6\t\u2014 \u201cQuant .à l'enfant\u201d, ajouta-t-il, \u201cil sera livré aux lions pour être dévoré\u201d.Les lions s\u2019avançaient déjà pour exercer leurs dents sur la jeune victime.Steve se débattait de toute» ses forces pour .se libérer.7 Quand Face d'Aigle se rendit compte du désespoir 8 \u2014 Steve comprit la tactique de l\u2019Indien.\u201cSi j\u2019accepte de Steve, à la vue de son jeune ami sur le point d\u2019être de vous aider, aucun mal ne sera fait à mon Jeune ami ?\u201d dévoré, il donna ordre à ses bêtes de s\u2019arrêter.\tL\u2019Indien fit signe que oui de la tète.Sü?X ,7- 'tfy Sa 9 \u2014 \u201cSuivez-moi !\u201d, ordonna le chef Face d\u2019Aigle.Celui-ci sortit de la hutte, précédé de ses deux lions, suivi de Steve et des deux gardes qui fermaient la marche.MM mm Y will ¦PJ 10 \u2014 \"Courage !\u201d fit Steve à son ami Joe Palmer.Steve fut conduit dans une caverne, et là Face d\u2019Aigle lui montra une table couverte de bijoux et de billets de banque.11 \u2014 \u201cLe butin recueilli au cours de hold-ups\u201d, songea Steve.\u2014 \u201cToi aussi\u201d, dit l\u2019Indien, \u201ctu peux être riche au-delà de toutes tes espérances si tu nous aides\u201d.12 \u2014 \u201cQue devrai-je faire ?\u201d \u2014 \u201cApprendre à nos hommes à manier les fusils que j'achèterai avec cet argent\u201d.L\u2019idée des sauvages massacrant les Blancs se présenta à Steve, mais il se tut.\t(La suite au prochain numéro) LISEZ, CHAQUE SEMAINE, LES CONTES ILLUSTRES DU \"SAMEDI\" Le Samedi, Montréal, 9 février 1957 33 LES ENFANTS DU CAPITAINE GRANT par JULES VERNE CONTE ILLUSTRE DU \u201cSAMEDI\" \u2014 QUATRE-VINGT-TROISIEME EPISODE TU AS tu£ v~ KARA-TÉTÉ/ PARIE/tu VIENS DU IL EST MORT/ \u201e LES ANGLAIS >fuLsuTé/> TU AS VU LE \\ -«PRISONNIER l LS NOTRE _ \\(tomonga v 3ARLE / TU VIENS Du ST CAMP DES ETRANGERS?\u2022f « DEMAIN TU MOURRAS AU SOLEIL * LEVANT, j SEUL?coerotûHT uæai&e nf>cnrrrE y opegh muyyvi fm?Malgré leur angoisse, les prisonniers marchent d\u2019un pas ferme vers le tertre sur lequel a pris place Kai-Koumou.Une haine féroce se lit dans les yeux des indigènes qui les entourent et il est évident qu\u2019il n\u2019y a aucune pitié à attendre de ces sauvages aux moeurs barbares.Son regard rivé dans celui de Glenarvan, Kai-Koumou parle.\u2014 C\u2019est pour annoncer la sentence de mort de lord Edward, coupable d'avoir tué Kara-Tété.Une vague d\u2019espoir envahit le coeur du condamné car peut-être Kai-Koumou bornera-t-il sa vengeance à une seule exécution.Dans ce cas il resterait une chance pour les autres captifs d\u2019être échangés contre le grand-prêtre.\u2014 Cependant, à cet instant, une agitation se produit parmi les indigènes et bientôt, la foule s'ouvre pour laisser passer un guerrier ruisselant de sueur et brisé de fatigue.Dès qu\u2019il l\u2019aperçoit, Kai-Koumou l\u2019interroge en anglais dans l\u2019intention d\u2019être compris des captifs.L\u2019homme est un espion qui vient du camp anglais.\u2014 La nouvelle qu'il apporte glace le sang de lord Edward.Le grand-prêtre a essayé de s\u2019enfuir et il a été abattu par une sentinelle anglaise.A ces mots, un sourd gémissement monte de la foule.Kai-Koumou pâlit atrocement et tourne vers les prisonniers un visage ravagé où se lit une implacable résolution.VOUS MOURREZ TOUS > DEMAIN ' AU I LEVER DU JOUR/ * ÜflTâ HELENA, SUPPORTEREZ VOUS CETTE _ \u2014.Epreuve 9 , COURAGE.S AMIS/ J'ESSAIERAI, EDWARD/ « IJ' ^ C *1 COPYQidk r i /BtWGt£ HACHE TTE gç OPCP# MU*CM \\JW\\ \u2022./Æç-, Le grand-prêtre, tué par les Anglais, les Maoris n\u2019ont plus aucune raison d\u2019épargner la vie d\u2019un seul de leurs prisonniers.C\u2019est donc une sentence de mort générale que prononce Kai-Koumou d\u2019une voix que la colère fait trembler.En attendant l\u2019exécution, les captifs assisteront aux funérailles de Kara-Tété.\u2014 Au lieu d\u2019être reconduits à la case sacrée, ils sont groupés au pied d\u2019un arbre, solidement encadrés par une dizaine de guerriers.De là, ils peuvent voir tout ce qui se passe dans le pah où les préparatifs de la cérémonie sont activement poussés.\u2014 Tout d\u2019abord, on apporte le corps du chef enveloppé dans un linceul richement brodé et on le dispose sur une sorte de catafalque dressé sur le tertre où Kai-Koumou se tenait tout à l\u2019heure.Des musiciens entament une sorte de musique funèbre scandée par les cris de la foule.\u2014 Sur un signe de Kai-Koumou, la porte d une hutte s\u2019ouvre et plusieurs femmes échevelées paraissent entraînant une indigène plus jeune dont le visage reflète une terreur intense.C\u2019est à n\u2019en pas douter la femme de Kara-Tété qui, scion la coutume doit suivre son mari dans la tombe.Le groupe s\u2019avance lentement vers Kai-Koumou.f EDWARD/jE N'EN (PAUVRE EEMME SON SORT N\u2019EST PAS _ ENVIABLE/^V- /\"DEMAIN\tY ~~ QUELS SAUVAGES PEUX PLUS U\u2019est trop , frr.TÉL- /î \\\\ f CE SERA NOTRE TOUR *\t¦ « < w\tw /?s u/veè\" COPYRIGHT t/Bk\u2019/lieiE HACHE 7 Tt: l¥ OPOPH MMP/ RiS ?j* i iZ* i Terrifiés, mais ne laissant rien paraître de leur angoisse, les prisonniers assistent aux funérailles de Kara-Tété qui préludent leur propre exécution.Conformément à la tradition, la femme du mort est amenée aux pieds de Kai-Koumou qui remplit les fonctions de chef de la tribu et de grand-prêtre.\u2014 Ce dernier lève sa massue de guerre d\u2019une main qui ne tremble pas et l\u2019abat sur la tête de la malheureuse qui tombe foudroyée.Les cris et les chants redoublent tandis que le corps de la jeune femme est étendu à côté de celui de son époux.Cet horrible spectacle n\u2019a duré qu\u2019une seconde.\u2014 Déjà un autre groupe s\u2019avance vers Kai-Koumou.Il est composé de six hommes au visage gris do terreur, encadrés par des guerriers.Ce sont les esclaves de Kara-Tété qui, eux aussi, doivent être mis à mort.Six fois, la massue de Kai-Koumou s\u2019abat avec un bruit sourd.\u2014 Lord Edward et John Mangles se sont efforcés de cacher cet atroce spectacle à Lady Helena et à Mary Grant mais les malheureuses ne peuvent éviter d\u2019entendre les râles des suppliciés.Quant aux autres voyageurs, ils ont peine à garder leur sang-froid devant le carnage qui se déroule sous leurs yeux.[à stiiure] 34 Le Samedi, Montréal, 9 février 1957 L'extraordinaire aventure .I Suite de la paye 29 ] ne leur cachant pas que le nombre des vols va croissant, qu\u2019on n\u2019arrête pas les coupables et que c\u2019est là un bien grand mal auquel il conviendrait d\u2019apporter remède d\u2019urgence.Le lendemain, il fait état d\u2019indications qu\u2019il dit avoir reçues sur le vol, indications qui, naturellement, lancent les enquêteurs sur une fausse piste et laissent les voleurs bien à l\u2019abri.Les affaires de Coignard sont prospères.II se révèle un excellent chef de gang.Sa femme ignore cette activité spéciale.Il a tant de prétextes pour expliquer ses sorties.Et il est si heureux de pouvoir augmenter le bien-être de Marin, de lui faire des cadeaux.Tout va très bien quand, brusquement, tout casse.Juillet 1818.Au milieu d\u2019un état-major brillant aux uniformes magnifiques constellés de décorations, état-major dont il fait naturellement partie, Coignard assiste Place Vendôme à une revue de troupes.Dans la foule qui contemple ce spectacle, un homme dévisage avidement le chef de la légion de Paris.Frappé par une ressemblance qu\u2019il trouve étrange, il ne veut pas croire ses yeux.L\u2019officier se déplace ; l\u2019homme est fixé : la marche confirme ce qu\u2019il supposait ; on ne traîne pas un boulet au pied pendant cinq ans sans que l\u2019allure générale s\u2019en ressente.C\u2019est bien celui qu\u2019il croyait.Il en est absolument certain.Une gaffe fatale Le curieux si vivement intéressé par le lieutenant-colonel s\u2019appelle Darius.Il vient de sortir du bagne de Toulon où il avait été le camarade do chaînes de Coignard.Il suit son ancien compagnon jusqu'à son domicile rue Basse-Porte-Saint-Denis.Il entre.L\u2019appartement est somptueux.Il insiste si bien qu\u2019il est reçu par le maître de maison.«Tu me reconnais, dit-il à Coignard.Je ne te veux aucun mal et ne te dénoncerai pas.Tu as réussi et ta situation est belle.Je n\u2019en suis pas jaloux, mais moi je n\u2019ai pas eu ta chance : je suis dans une misère noire.Aide-moi un peu et tu pourras compter sur mon silence et mon dévouement ».Au lieu de dire à l\u2019homme qu\u2019il était abusé par une ressemblance et de lui donner néanmoins un secours, Coignard prit de très haut la demande de Darius, nia énergiquement le connaître et le fit jeter brutalement à la porte par ses domestiques.11 venait de signer sa perte.Darius furiux, ulcéré, s\u2019en fut immédiatement au ministère de la police générale et demanda à voir le ministre qui, à cette époque, était le duc Decaze.« J\u2019ai une affaire d\u2019une importance extrême et très urgente », déclara-t-il.Introduit, il expliqua ce qu\u2019il savait, se faisant fort de prouver l\u2019exactitude de ses dires.\"M.le Comte, des bruits très fâcheux courent sur vous\" Le duc fut effaré de la révélation et ébranlé par l\u2019accent de vérité de son interlocuteur.Qudl scandale si les dires de l'homme étaient vrais ! Et s\u2019ils ne l\u2019étaient pas, quelle serait la réaction du comte Pontis ?De toute façon, c\u2019était une affaire bien désagréable dont il ne tenait pas à se charger.Mieux valait s\u2019en débarrasser en la confiant à l\u2019autorité militaire.II s\u2019agissait d\u2019un officier, que diable! Il lit donc conduire Darius chez le général Lespinoy, chef direct du lieutenant-colonel.Venant de la part de Decaze, l\u2019homme fut aussitôt reçu.L\u2019accusation était énorme, invraisemblable.\u2014\tQuelles preuves pouvez-vous me donner de cc-tte épouvantable forfaiture ?\u2014\tMon général, gardez-moi ici et faites venir Coignard.En ma présence, il ne pourra pas nier.Malgré sa répugnance à croire ce que lui avait dit Darius, mais absolument décidé à connaître la vérité, n\u2019eût-ce été que pour confondre et châtier l\u2019accusateur, le général Lespinoy chargea un de ses officiers d'ordonnance d\u2019aller dire au lieutenant-colonel de venir immédiatement.Quelques instants plus tard, celui-ci en grande tenue et porteur de toutes ses décorations, se présentait devant son supérieur.\u2014\tMonsieur le comte Pontis de Sainte-Hélène, lui dit le général, des bruits très fâcheux courent sur vous.Il importe de ne pas les laisser s\u2019accréditer plus longtemps et c\u2019est pour cela que je vous ai demandé de venir me voir.Savez-vous ce que l'on dit ?Je vous le donne en mille : tout simplement que vous êtes en réalité un nommé Coignard, bandit en rupture de ban ! Rien que cela !.» \"La dignité de l'Armée est en jeu\" C'est en souriant que le lieutenant-colonel répondit : \u2014\tMon général, je ne sais qui peut dire cela.La chose est plaisante en vérité.J\u2019ai chez moi les preuves de mon identité.Si vous voulez bien m'autoriser à aller les chercher, dans quelques instants vous serez fixé.\u2014 Bien volontiers, mais auparavant je veux vous mettre en présence de quelqu\u2019un qui dit vous avoir connu autrefois.Il fit entrer Darius.A la vue de son ancien camarade de chaînes, le faux comte de Sainte-Hélène ne put dissimuler son trouble.Le général s\u2019en aperçut.Les déclarations de l\u2019accusateur l\u2019avaient laissé très sceptique, mais quand Coignard riposta par des invectives aux affirmations de Darius, il fut atterré.Le langage du lieutenant-colonel était beaucoup plus celui d\u2019un ancien forçat que celui du descendant d\u2019une, noble famille.Lespinoy ne plaisantait pas quand la dignité de l\u2019armée était en jeu.Il mit sèchement fin à l\u2019altercation et chargea un officier de son état-major, qui devait répondre du lieutenant-colonel, d\u2019accompagner le comte chez lui et de le ramener avec les preuves annoncées.Deux gendarmes formèrent escorte et le petit groupe se rendit rue Basse-Porte-Saint-Denis.Arrivé chez lui, le comte pria l\u2019officier de l\u2019attendre quelques instants en compagnie de la comtesse, fit servir une bouteille de malvoisie avec des gâteaux.« J\u2019espère que vous les trouverez bons », dit-il en souriant, puis il passa dans sa chambre.La fuite Il avait parmi ses domestiques son frère, retrouvé au cours de ses sorties nocturnes.Il lui fit signe, changea l\u2019uniforme qu\u2019il portait contre la livrée fraternelle, garnit sa bourse et un plumeau sous le bras, gagna la rue par un escalier de service, passant sous le nez des deux braves gendarmes qui, placidement, attendaient dans la cour.Rapidement, Coignard se rendit rue Saint-Maur chez son ami Lexcellent, lui conta la catastrophe qui venait de se produire et tous deux quittèrent aussitôt Paris.Cependant le capitaine qui avait la responsabilité du lieutenant-colonel trouvait le temps long.La conversation de la comtesse était pleine de charme, le vin de liqueur et les biscuits qu'ils dégustaient ensemble étaient exquis, mais les minutes s\u2019écoulaient et le comte ne revenait pas.Après une heure d\u2019attente il frappa à la porte de la chambre et, n\u2019obtenant pas de réponse, l\u2019ouvrit.La pièce était vide, comme était vide le reste de l'appartement que l\u2019officier visita consciencieusement.Penaud d\u2019avoir été joué, le capitaine et les gendarmes n\u2019avaient plus d\u2019autre ressource que d\u2019aller conter leur mésaventure au général Lespinoy qui les tança d\u2019importance et leur infligea sur-le-champ une punition sévère.Avec la fuite maladroite du comte Pontis de Sainte-Hélène, l\u2019affaire Coignard commençait.Le scandale éclate Decaze avait raison quand il disait que ce serait un scandale.L\u2019opposition ne manque pas de critiquer le gouvernement qui, à côté des « généraux d\u2019église » mettait maintenant des « colonels de bagne ».Les ultras eux ne se firent pas faute de trouver à redire sur la conduite du roi, vraiment trop libéral, léger, imprudent, eux qui, hier encore, disaient si racé ce comte de Sainte-Hélène, véritable gentil -homme résumant en lui toute une lignée d\u2019aristocrates.Quant à Louis XVIII, il prit la chose avec indulgence.« \u2014 J\u2019ai ma part de responsabilité dans l\u2019avancement de ce garçon, dit-il, de ce bon ton paternel qu\u2019il savait si bien prendre.Au fond, l\u2019aventure est plaisante, ne la dramatisons pas ».Peut-être le souverain songeait-il à quelques personnages au passé trouble, actuellement titulaire de hautes charges.N\u2019en citons aucun : ce sont de vieilles histoires et le présent nous suffit.Revenons à Coignard.Si le lieutenant-colonel commandant la légion de Paris n\u2019eut été coupable que d\u2019usurpation d\u2019identité, l\u2019indulgence royale lui eût été acquise et il eût eu de son côté quelques rieurs.On eût probablement prié l\u2019ancien comte \u2014 après tout, il avait dignement porté son titre \u2014 de disparaître de la circulation et l\u2019affaire se serait étouffée d\u2019elle-même.Mais quand on connut ses exploits de cambrioleur auxquels il ajouta d'autres méfaits, la chose devint sérieuse.Après être restés absents de Paris, Coignard et Lexcellent, qu\u2019étaient venus rejoindre les deux Italiens Saf-fieri et Carretti, tentèrent de dévaliser la trésorerie royale de Poissy.L\u2019affaire tourna mal car aux cris poussés par les victimes, la police intervint.Coignard réussit à s\u2019enfuir, les Italiens tirèrent sur les policiers et purent eux aussi se sauver, mais Lexcellent fut capturé.Vaincu par Vidocq Ramené à Paris, la justice décida de perquisitionner à son domicile.Coignard, qui ne savait où aller, eu la malencontreuse idée de se réfugier chez Lexcellent.A la vue des policiers arrivés sans crier gare, il n\u2019eut d\u2019autre ressource que de sauter par la fenêtre \u2014 c\u2019était au rez-de-chaussée \u2014 assez tôt pour ne pas être pris, mais pas assez vite pour ne pas être reconnu.Naturellement, on se demanda ce que Coignard pouvait bien faire chez Lexcellent.Les deux hommes se connaissaient donc ?C'était grave, car chez Lexcellent on avait trouvé un arsenal complet de cambrioleur et des objets volés dont plusieurs avaient appartenu au fonctionnaire du minis- tère de la guerre dont nous avons conté la mésaventure.On perquisitionna chez le comte de Sainte-Hélène chez qui on découvrit d\u2019autres objets ayant la même origine.Cela devenait d\u2019une importance exceptionnelle.Il fallait, coûte que coûte, retrouver l\u2019ancien bagnard et l\u2019arrêter.On en chargea Vidocq.Vidocq était alors chef de la brigade de sûreté où il commandait rue de Jérusalem un groupe de forçats libérés.Il prit l\u2019affaire en main.Certain soir que Coignard rôdait près de son ancien domicile dans l\u2019espoir de voir Maria Rosa pour tenter de se justifier, un agent se trouva face à face avec le fugitif.Celui-ci tira un coup de pistolet sur le policier qui, bien que blessé à l\u2019épaule, riposta.Si la balle n\u2019atteignit pas Coignard, les détonations attirèrent l\u2019attention d'autres agents ; ils accoururent et se saisirent du fugitif.Saffieri, quelques instants plus tard, était arrêté et peu de jours après, Carretti venait rejoindre ses complices.Travaux forcés à perpétuité Lorsqu\u2019elle apprit la vérité, Maria Rosa fut atterrée.Elle avait toujours tout ignoré du passé de son ami, tout, sauf l\u2019utilisation des parchemins, dont, après tout, il n\u2019avait pas fait un mauvais usage.Ses cambriolages, elle ne les connaissait pas.Elle protesta de son innocence personnelle, défendit Coignard contre l\u2019évidence même, mais ses dénégations n\u2019empêchèrent pas la justice de la faire incarcérer pour usurpation d'état-civil, complicité de vol et recel.La bande paraissant au complet, l\u2019instruction de l\u2019affaire commença et devait revenir, devant les assises de la Seine, au début de juillet 1819.La salle était comble.Hommes et femmes qui avaient connu Coignard lorsqu\u2019il était comte de Sainte-Hélène se pressaient, et caquetaient.Quelle joie de voir enfin condamner un homme \u2014 et probablement sa maîtresse \u2014 que Ton avait côtoyé, à qui Ton avait fait des courbettes pour obtenir son appui, un bagnard qui avait osé se montrer leur égal, voire leur supérieur !.Beau spectacle, une meute haletante attendant l\u2019hallali, la curée.Un président impartial.Un ministère public pouvant appuyer son accusation sur des bases solides.Des défenseurs désignés d\u2019office.Des jurés dans l'ensemble pénétrés de leur importance, fiers d\u2019avoir à se prononcer dans une cause célèbre.Des accusés, seuls Coignard et sa femme surent se montrer dignes.Le 10 juillet, le jury se prononçait, la cour rendait son verdict : les travaux forcés, Pierre Coignard, à perpétuité ; Saffieri, 10 ans, Lexcellent, Carretti et Alexandre Coignard à 5 ans.Maria Rosa acquittée.Fidèle jusqu'à la tombe Fidèle jusqu\u2019au bout à celui dont elle avait partagé la vie aventureuse et qui fut son premier et unique amour, Maria Rosa vint se fixer près du bagne où Coignard purgeait sa condamnation.Elle chercha jusqu\u2019à son dernier jour à l\u2019aider de son soutien moral et à lui procurer des douceurs pour alléger sa peine, regrettant de n\u2019avoir pas su deviner la mauvaise voie dans laquelle il s\u2019était engagé et dont elle était persuadée qu\u2019elle aurait réussi à le détourner.Elle mourut à Toulon, précédant de peu Coignard dans la tombe, Coignard dont la véritable peine fut en réalité d\u2019être séparé d\u2019une compagne qu\u2019il adorait et dont il ne se pardonnait pas d\u2019avoir fait le malheur.Alexandre Drieu. NOTES ENCYCLOPÉDIQUES Au Caire, révolution du vêtement : plus de cinquante pour cent des jeunes Egyptiens portent maintenant le pantalon.« Le pantalon est le rêve de tout enfant égyptien », écrit le plus grand hebdomadaire du Caire.Nasser a décidé que dans dix ans, tous les jel-tahs devront porter des chaussures.Une énorme usine Bata sera construite, dans ce but, au nord du Nil.\u2022 Un des plus jolis édifices des jardins du Vatican est le Casino qui fut construit en 1558 par le Pape Pie IV qui désirait en faire un lieu de retraite.C\u2019est aujourd\u2019hui le siège de l\u2019Académie pontificale des Sciences qui remonte à Galilée et dont les membres sont de toutes religions et de tous les pays.\u2022 Mme de Lafayette durant son séjour dans la prison d\u2019Olmutz écrivit la vie de la duchesse d\u2019Ayen, dans les marges d\u2019un livre de Button.Pour accomplir cette tâche laborieuse, elle se servit d\u2019un cure-dents et de l\u2019encre des Indes.\u2022 La Suisse connaît encore dans certains cantons le système de la « démocratie directe ».Les citoyens s'assemblent en plein air pour voter les lois et élire un conseil de gouvernement.Les votes se font en général à main levée.\u2022 Le premier livre imprimé au Nouveau Monde fut une traduction du latin en espagnol, publié en 1535 par Juan de Zumarra, un moine franciscain, évêque de Mexico.Le premier livre illustré fut La Doctrine chrétienne imprimé à Mexico, en 1544 par Juan Pablos.\u2022 Dans toute l\u2019ile de Bornéo \u2014 de même qu\u2019en certaines parties de la Russie \u2014 un village se compose, uniformément d\u2019une ou de plusieurs constructions, bâties sur pilotis, dans lesquelles toutes les familles vivent côte à côte.\u2022 C\u2019est aux chevaliers d\u2019Orient que la France doit tout un lot de fleurs : giroflées, pois de senteur, pivoines rouges, liserons, pieds-d\u2019alouette, oeillets, roses trémières, jonquilles, soucis et quelques autres, y compris la royale « fleur de lis », qui n\u2019a jamais été le lis blanc (asiatique), mais bien l\u2019iris sud-méditerranéen.\u2022 La province de Québec fournit la moitié de la production de pulpe et de papier au Canada.Ses usines fabriquent 540 millions de produits de cette source qui sont distribuées outre mer, aux Etats-Unis et dans les autres provinces du pays.C\u2019est Alphonse Bertillon qui inventa le système d\u2019empreintes digitales, en mars 1879, et il fut pour cette raison créé Chevalier de la Légion d\u2019honneur.\u2022 L\u2019Uruguay s\u2019enorgueillit d\u2019être le pays du monde où l\u2019on meurt le moins.On n\u2019enregistre guère chaque année que douze décès par mille habitants.Le second pays à bénéficier de ce « privilège » est l\u2019Australie.\u2022 Le Colisée, à Rome, pouvait recevoir 100,000 spectateurs dont 87,000 étaient assis.L\u2019arène mesurait 182 pieds de largeur par 285 de longueur.\u2022 Il y a cinq ans, Qatar était encore un petit sultanat tranquille, auquel le pétrole apportait juste de quoi améliorer sa condition.Aujourd\u2019hui, c\u2019est toujours le désert, et son envoûtante solitude.Mais, sur le sable dur, les moutons à la recherche d\u2019une herbe improbable rencontrent les tuyaux impérieux des pipe-lines.A l\u2019autre bout de la presqu\u2019île, à Duckhan, la Qatar Petroleum Co.a installé ses maisons climatisées et ses clubs.Sous un ciel dévorant, elle contraint le sable stérile à donner quelques lauriers-roses.Tout un univers préfabriqué s\u2019ordonne, autour des citernes et des stabilisateurs.On a discipliné au rouleau mécanique des bandes de désert et sur ces rubans de sable, versé directement du pétrole brut.Des panneaux s\u2019élèvent aux croisements : « Attention ! Oiled road ».Et sur ces routes que les chameaux contemplent, de l\u2019air désabusé qui leur est propre, voitures et camions américains commencent à rouler.\u2022 Wilkes Booth, l\u2019assassin de Lincoln était fils d\u2019un comédien qui avait été l'un des plus grands interprètes de Shakespeare, et qui finit sa vie dans la démence.Le plus jeune de scs dix enfants avait reçu cet héritage de romanesque, de délire et de violence.Il s\u2019était révélé dès l\u2019enfance un être hyper-nerveux.Comédien, comme son père, il était un familier du théâtre Ford où il commit son attentat.\u2022 Les palmeraies de Bassorah, en Irak, sont les plus belles du monde et les plus prodigues.Avec onze millions de palmiers, elles fournissent 75% de la production mondiale des dattes.Un propriétaire possède rarement moins d\u2019un million d\u2019arbres \u2014 souvent davantage.Il n\u2019est pas besoin de beaucoup de grands propriétaires pour former une féodalité : celle de la datte.L\u2019une des plus puissantes du Moyen-Orient.LES PUBLICATIONS POIRIER, BESSETTE & CIE, LTEE Membres de l'A.B.C., et de l'Association des Magazines du Canada LE SAMEDI \u2014 LA REVUE POPULAIRE \u2014 LE FILM 975*985, rue de Bullion, Montréal 18, P.Q., Can.\u2014 Tel.: PL.9637-fc GEORGES POIRIER\tGEORGES POIRIER, fils Président ODILON RIENDEAU Chef du tirage Vice-président CHARLES SAURIOL Chef de la publicité Pour tarifs d'abonnements, voir notre coupon dans ce numéro.Entered March 23rd 1908, at the Post Office of St-Albans, Vt., U.S.A.as second class matter under the Act of March 3rd 1879.Autorisé comme envoi postal de la deuxième classe.Ministère des Postes, Ottawa.l.t television.assure Georges Toupin, artiste bien connu île la scène, de la radio et de M, VERMOUTH | VERMOUTH Vos amis et vos invites dégusteront avec un plaisir évident les cocktails glacés que vous leur préparerez avec les vermouths de Bright, type français ou italien.Ils sont faits de raisins sélectionnés et des mêmes plantes aromatiques qui entrent dans la composition des plus grands vermouths importés.6mtd ovné caneu/tend /\tO DEPUIS 18/4 Pour recevoir un exemplaire gratuit de la brochure \"Histoire du champagne Président\", veuillez écrire à Bright's Wines, Lachine, P.Q.s/e Ç/zsUe' étfêœùsZe fi \u2022 -O.Etes-vous déprimée! Nerveuse! Sans énergie! 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UUJUU ) r k Plymouth TmtBm\u201957 Allez la voir \u2022 \u2022 \u2022 admirez sa nouvelle ligne Flight-Sweep élégante et sensationnelle Faites-en l\u2019essai \u2022 \u2022 \u2022 vous serez émerveillé par son ALLANT et sa révolutionnaire suspension Torsion-Aire : - ¦ ¦ \u2014 > ^=flnnnrE=r VOICI LA NOUVELLE LIGNE ANIMÉE .longue et basse comme la silhouette dégagée d\u2019une voiture sport .toute nouvelle, depuis les phares jumelés et la massive grille-parc-chocs jusqu\u2019aux élégantes .AILETTES ARRIÈRE RELEVÉES .qui donnent son cachet définit il h la merveilleuse nouvelle silhouette Flight-Sweep de la Plymouth.Même lorsqu\u2019elle est immobile, ses lignes élancéesdonnent l\u2019impression du mouvement.NOUVEAU CONFORT DE ROULEMENT.Le tout nouveau système de suspension à barres de torsion aplanit les routes les [dus cahoteuses.Vous prenez les virages en tout équilibre .vous freinez sans \"piquer du nez.\u201d NOUVEL ÉLAN THRILL-POWER.Une légère pression sur l\u2019accélérateur .et vous filez! 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