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Titre :
Le samedi
Éditeur :
  • Montréal :Société de publication du "Samedi",1889-1963
Contenu spécifique :
samedi 29 septembre 1956
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque semaine
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Le samedi, 1956-09, Collections de BAnQ.

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[" 68e année, No 21 Montréal, 29 septembre 1956 ŒïïjljlKcHO '° LE MAGAZINE NATIONAL DES CANADIENS 10 cents DANS CE NUMERO : ® CARMEN COTE, par LUCETTE ROBERT \u2022 LES CONFIDENCES DE GEORGES GUETARY, pur GUY DE BELLET ® LA FEMME EN DANGER, par martin rebiere © NOMBREUSES PHOTOS : TELEVISION CINEMA - ACTUALITES - SPORTS V.W 4\t\u2018\t.'.«-\"\u2019J REUX ® SAVOU ECONOM i Q U E NOURRISSANT Demandez toujours des saucisses fumées selon la méthode \u201cSkinless\u201d.elles sont sûres d\u2019être tendres! ONTARIO L I N D S A Y LIMITED V I S K I N G */. livre de petits oignons blancs 1 paquet de petites carottes 1\tpaquet de pois verts congelés 2\tlivres de boeuf haché 1 oeuf 1 tasse de mie de pain coupée très finement % de c.à thé de marjolaine 2V> c.à thé de sel % de c.à thé de sauce Worcestershire % de tasse de lait Mi de tasse d\u2019huile à salade Ve livre de champignons frais 1 boite de crème de champignons % de c.à thé de muscade 1 c.à thé de bovril ou oxo Dans une grande casserole, cuire durant 20 minutes dans 1 pouce d\u2019eau bouillante salée, les pommes de terre, les carottes et les oignons ; ajouter les j pois verts, couvrir la casserole et étein-i dre le feu.D\u2019autre part, mélanger dans un bol, à l\u2019aide d\u2019une fourchette, la viande, l\u2019oeuf, la mie de pain, la marjolaine, le sel et la sauce anglaise ; façonner délicatement ce mélange en boulettes.Chauffer une grande poêle, ajouter l\u2019huile et y faire dorer les boulettes.Mettre ces boulettes de côté dans un plat ; dans la même poêle, sauter les champignons coupés en deux.Chauffer la crème de champignons avec la muscade et le bovril.Dans un grand plat allant au four, déposer les légumes et les boulettes, arroser le tout avec la sauce ; dresser tout autour de la purée de pommes de terre bien assaisonnée et badigeonner de lait.Cuire à 400° F.durant 35 minutes.Servir avec des pommes glacées.(8 services,) Pommes glacées Laver et peler 8 pommes moyennes.Enlever le coeur.Les déposer dans un plat de pyrex et les arroser d\u2019un mé-j lange de sirop de maïs et de sauce Chili (M| de tasse de sauce Chili et Ml de tasse de sirop de maïs).Cuire au four à 400° F.jusqu\u2019à ce que les pommes soient tendies mais non défaites.LAITUE A L'ANCIENNE MODE 1\ttasse de crème claire 2\tc.à thé de sucre 1 tasse de vinaigre Ve c.à thé de sel 2 pommes de laitue (iceberg) 1 fasse d\u2019échalotes hachées finement Mélanger la crème, le sucre, le vinaigre et le sel ; mettre au réfrigérateur.Laver et égoutter la laitue, la déchiqueter dans un bol et ajouter les échalotes coupées finement.Juste au moment de servir, ajouter la crème, bien mêler à l\u2019aide de deux fourchettes.f8 services) GATEAU GLACE AU CITRON lVz c.à tb.de gélatine Mi de tasse d\u2019eau froide 6 jaunes d\u2019oeufs % de tasse de jus de citron % de tasse de sucre 1\tc.à tb.de zeste de citron 6 blancs d\u2019oeufs % de c.à thé de sel % de tasse de sucre 2\tdouzaines de doigts de dame cassés 1 tasse de crème à fouetter 12 tasse de noix de coco ( coconut) Gonfler la gélatine dans l\u2019eau froide.Dans la partie supérieure du bain-marie, battre les jaunes d\u2019oeufs, le jus de citron et % de tasse de sucre ; cuire au-dessus de l\u2019eau bouillante en brassant jusqu\u2019à ce que le mélange colle à la cuillère.Enlever du feu.Ajouter le zeste et la gélatine ; brasser pour dissoudre cette dernière.Laisser prendre à demi au froid.Incorporer les blancs d\u2019oeufs montés en neige avec % de tasse de sucre.Couvrir le fond d\u2019un moule à gâteau avec 12 doigts de dame cassés, les couvrir avec la moitié de la quantité du mélange au citron, mettre une autre couche de biscuits et terminer le moule avec la balance de crème au citron.Mettre au réfrigérateur.Au moment de servir, démouler et garnir de crème fouettée et décorer de noix de coco.(8 services) CREME A L\u2019ERABLE \u2022\u2019Ml de tasse de lait 1\ttasse de sirop d\u2019érable Ml de tasse de lait froid 2\tc.à tb.d\u2019amidon de mais (cornstarch ) Mi de c.à thé de sel 2 oeufs battus Noix hachées Dans la partie supérieure du bain-marie, chauffer le lait et le sirop.Dans un bol, mélanger le Mt de tasse de lait froid, l\u2019amidon de maïs et le sel, ajouter au mélange chaud, et cuire durant 25 minutes au-dessus de l\u2019eau chaude en brassant continuellement.Battre les oeufs, les réchauffer avec un peu de la préparation chaude et les ajouter au tout.Cuire durant 5 minutes.Verser dans un plat de service, parsemer de noix hachées.Refroidir au réfrigérateur et servir avec de la crème fouettée sucrée et vanillée.devenue cette race de Morangis dont vous êtes encore si fier ! Vilfroy ajouta : \u2014 Moi, monsieur le marquis, je ne vaux guère mieux, mais j\u2019ai pour excuse d\u2019avoir été élevé à la diable.Dans mon enfance, j\u2019ai connu la misère, j\u2019ai eu faim souvent \u2014 et cependant, je serais resté un honnête homme si vos fils n\u2019étaient venus me tenter avec leur argent.Anéanti, Antoine écoute cette confidence que cependant il semble ne point entendre ; \u2014 et volontiers on le croirait mort si ce n\u2019était le battement des paupières abaissées, le frémissement des doigts étreignant par instants l\u2019appui du fauteuil sur lequel il était tombé comme une masse.\u2014 Ecoutez-moi bien, reprit Vilfroy, résolu.« Une nuit, vos fils vinrent me trouver dans ma maison ; là, ils me proposèrent une chose horrible, un crime à commettre !.« M.Jean de Morangis les gênait ; \u2014 ses amours avec Madeleine Brémond, qu\u2019il voulait épouser, rendaient impossible un mariage rêvé par M.Hubert.Alors, vos deux aînés résolurent de se débarrasser de leur frère \u2014 de votre plus jeune fils, monsieur le marquis \u2014 et c\u2019est moi qui fus chargé de loger une balle dans la tête de ce malheureux jeune homme ! \u2014 Payé par eux ! s\u2019écria Antoine ; mensonge !.mensonge ! Non, non, je ne vous crois pas \u2014 mes fils ne sont pas des assassins.je n\u2019ai pu engendrer des monstres ! \u2014 Tout à l\u2019heure je vous donnerai la preuve que je ne mens pas, riposta Vilfroy d\u2019un ton plein de conviction.D\u2019ailleurs, pourquoi mentirais-je ?\u2014 Si je suis venu ici, dans votre riche demeure, c\u2019est uniquement pour vous dire la vérité, toute la vérité.« Or, pendant l\u2019inoubliable partie de chasse à laquelle M.Jean avait été convié par ses frères, je voulus tenir la promesse que j\u2019avais faite.et sans pitié, je tirai sur ce pauvre garçon ! « Comme un assassin de profession, je m\u2019étais embusqué dans un taillis.et quand votre jeune fils parut, je lui envoyai une balle ! « Il tomba.« Il n\u2019était pas mort ! Il n\u2019était que blessé \u2014 très grièvement il est vrai ; \u2014 mais je ne voulus pas lui envoyer un nouveau coup de fusil ! «Et comme il y a une justice au ciel, ce crime demeura inutile : Hubert de Morangis n\u2019épousa point Mlle de Chantemesle.\u2014 Des preuves!.des preuves! fit Antoine dont les yeux, agrandis par l\u2019épouvante, lançaient des éclairs.\u2014 Pour acheter mon silence, votre fils Hubert m\u2019a remis hier cinquante mille francs ; \u2014 cet argent, le voici, je vous le rends.Ce prix du sang me brûle les mains ! \u2014 Mensonge !.mensonge ! Misérable, tu veux perdre mon fils \u2014 tu es un bandit ! \u2014 Et cette reconnaissance ?reprit Vilfroy triomphant ; \u2014 n\u2019est-elle point écrite tout entière de la main de votre fils Hubert, n\u2019est-elle point signée de lui ?.Et sous les yeux du vieillard interdit, Vilfroy place la fatale déclaration.\u2014 Prenez-la \u2014 je vous la donne.Je ne veux rien de vos fils, rien de vous ! Je subis moi aussi le plus terrible des châtiments : ma femme s\u2019est enfuie.parce qu\u2019elle a tout appris ! Alors, j\u2019ai voulu que vous sachiez tout ; c\u2019est pourquoi je suis venu vous crier l\u2019infamie de vos deux fils aînés.« Ah ! cette race des Morangis ; cette race de fratricides, d\u2019hommes qui sans pitié enferment des femmes pour hâter leur mort.comme je la hais ! \u2014 et comme je les méprise, ces bandits ! \u2014 Ces maudits ! murmure Antoine de Morangis. Le Samedi, Montréal, 29 septembre 1956 25 D\u2019un geste, le marquis congédie Vil-froy ; \u2014 et resté seul, il pousse un cri de désespoir farouche.Il veut fuir cette pièce où il vient d\u2019entendre toutes ces ignominies ; \u2014 mais une main de femme qui se pose doucement sur son épaule l\u2019en empêche.C\u2019est Laurence qui est devant lui maintenant \u2014 Laurence d\u2019une pâleur de suaire, Laurence frissonnante.\u2014 J\u2019étais là, dit-elle ; j\u2019étais accourue pour vous secourir \u2014 car cet homme me faisait peur \u2014 et j\u2019ai tout entendu ! \u2014 Alors, vous savez?.\u2014 Je sais tout! répondit-elle à voix basse.Depuis longtemps déjà j\u2019avais des doutes, mais à présent ces doutes n\u2019existent plus.\u2014 Mes fils !.mes fils !.\u2014 Le crime est dans leur sang.et votre race est à jamais maudite ! Un seul de vos enfants \u2014 celui que vous avez chassé de cette maison, celui que vous avez presque renié \u2014 est resté digne de vous !.\u2014 Jean ! murmure le marquis d\u2019une voix éteinte.Où est-il maintenant ?\u2014 il faut le rappeler tout de suite, Laurence.je veux le voir ! \u2014 Il est trop tard.\u2014 Je veux le voir, vous dis-je, s\u2019écria Antoine de Morangis.Je lui demanderai de se marier, de nous donner des enfants ; \u2014 que deviendrons-nous sans enfants, dites, Laurence ?.Très grave, elle répète : \u2014 Il est trop tard.\u2014 Ah ! Laurence !.Laurence !.\u2014 Vous avez chassé Jean de votre présence, le déshéritant même presque complètement.Vous avez vendu vos terres, vos immeubles, réalisant ainsi de nombreux millions destinés uniquement à vos autres enfants.A votre mort, Jean n\u2019aurait eu pour tout héritage que sa part de ce que vous n\u2019auriez pu vendre : ce château de Rolle-boise et ses dépendances, dont il n\u2019aurait touché que le tiers.« Ah ! vos affaires étaient bien faites par-devant notaire ; et Jean n\u2019aurait pu formuler aucune revendication.D\u2019ailleurs, en aurait-il eu le droit, qu\u2019il n\u2019aurait certainement pas soulevé la moindre objection.« Pour oublier la femme qu\u2019il aimait, il s\u2019est exilé de France.et cette femme était mère ! Elle lui avait donné un fils \u2014\tun enfant sain et robuste qui eût perpétué votre race ! « Mais vous n\u2019avez voulu recevoir dans votre maison ni la mère, ni l\u2019enfant.et dès le premier jour, contre ces deux êtres, une ligue se forma.« Puis la mort de Jean fut décidée ; \u2014\tn\u2019était-ce pas là la meilleure et plus sûre manière de briser à tout jamais une liaison qui certainement finirait par un mariage ?« Alors un complot s\u2019ourdit contre mon fils !.« Aussitôt Hélène me prévint ; \u2014 elle avait entendu elle-même Hubert et Renault condamner leur propre frère à une mort prochaine qui serait certainement mise sur le compte d\u2019un accident de chasse.« Je perdis la tête \u2014 et alors, savez-vous ce que je fis ?\u2014 Qu\u2019avez-vous donc fait ?demanda Antoine, la voix blanche.\u2014 Je vais vous le dire, Antoine.« J\u2019allai trouver cette femme chez elle et je lui demandai de renoncer à Jean ; je la suppliai de briser son coeur, son amour, lui affirmant qu\u2019à cette seule condition la vie de Jean serait sauve ! « Oui, j\u2019ai fait cela !.« Et, les mains jointes, cette femme admirable accueillit favorablement ma démarche, exauça ma prière ; \u2014 mais, vous le savez comme moi, son sublime dévouement demeura inutile, car le lendemain même du jour où je m\u2019étais rendue chez elle, le crime prémédité par vos ainés fut accompli.et mon fils tomba sous la balle de Vilfroy ! \u2014 Et l\u2019enfant?.l\u2019enfant?s\u2019écria Antoine en comprimant à deux mains son front brûlant.Il faut arracher cet enfant à sa mère et l\u2019amener ici ! Il est à nous, ce petit.c\u2019est le seul qui nous reste ! \u2014 Je ne sais ce qu\u2019il est devenu.\u2014 Le châtiment ! murmura le marquis.Tout croule autour de moi.je n\u2019ai plus de fils ! \u2014 Hubert et Renault vous restent.\u2014 Je n\u2019ai plus de fils ! répéta Antoine de Morangis d\u2019une voix sourde.\u2014 Il vous reste aussi Jean.\u2014 Jean, je le comprends, je le sens, ne reviendra jamais habiter Rolleboise ! \u2014 Jean, lui aussi, est donc perdu pour moi !.Alors, Laurence s\u2019en fut, écrasée elle aussi par tant de désastres ; \u2014 et Antoine demeura seul dans la vaste pièce silencieuse et morne.11 se sentait étouffer.Il ouvrit une fenêtre ; \u2014 et pour rafraîchir la brûlure de son front, il pencha au-dehors sa tête blanche.Là, il demeura longtemps, perdu dans la contemplation de l\u2019immense parc que n\u2019égayaient plus depuis des mois les rires sonores d\u2019André \u2014 et de grosses larmes glissèrent une à une sur ses joues livides.Puis il se demanda s\u2019il n\u2019était pas lui-même le premier coupable.N\u2019avait-il pas semé la haine entre ses fils ?.ne méritait-il pas le châtiment ?De toute la journée, il ne parut point à la salle à manger.Le soir venu, il convoqua ses fils dans ce vaste cabinet, où, le matin même, Vilfroy lui avait fait la plus terrible des confidences.Sur le seuil, il les attendait.Quand ils parurent, d\u2019un geste froid, il les engagea à entrer.Là, face à face maintenant, le marquis leva la main vers les portraits d\u2019aïeux, et dit d\u2019un ton glacial : \u2014 Nos ancêtres et moi, nous allons vous juger.\u2014 Que signifie toute cette mise-en-scène ?firent en même temps Hubert et Renault.\u2014 Oh ! ce jugement sera vite rendu.Je n\u2019ai point à chercher les preuves de votre crime.je les possède ! Puis il reprit : \u2022\u2014Vilfroy s\u2019est présenté ici ce matin.et il vous a accusés l\u2019un et l\u2019autre ! \u2022\u2014Vilfroy! s\u2019écria Hubert devenu blême.\u2014 Il est venu me raconter qu\u2019autre-fois vous êtes allés le trouver pour lui proposer de tuer votre frère \u2014 ce pauvre Jean qui vous gênait tous deux ! Un accident de chasse est bien vite arrivé, et il ne peut donner lieu à aucune enquête approfondie ! Le marquis ajouta d\u2019une voix tremblante d\u2019indignation : \u2022\u2014 Ah ! vous aviez bien tout combiné ; et l\u2019« accident » se produisit comme vous l\u2019aviez décidé \u2014 mais Jean ne fut pas tué.la Providence veillait sur lui ! \u2014 Vilfroy a menti ! fit Hubert, qui cherchait encore à se défendre.Alors, sans un mot, le vieillard jeta à la face d\u2019Hubert les cinquante billets de mille francs restitués par Vilfroy.-\u2014 Cet argent ne m\u2019appartient pas, fit Hubert, qui jusqu\u2019au bout voulait nier.\u2014 Mais cette déclaration, cette reconnaissance ?murmura le marquis de Morangis.Regarde-la : n\u2019est-elle pas signée de ton nom ?.« Cet argent.c\u2019est le prix du sang.Et, véhément : \u2014 Vous êtes deux misérables ! Quittez sur-le-champ cette demeure, et faites en sorte que je ne vous retrouve jamais sur ma route ! Vous êtes des monstres, des bandits !.Et ils s\u2019en allèrent, les épaules voûtées, la tête basse, poursuivis par cet anathème de leur père : \u2014 Maudits !.soyez maudits !.VIII Il M ni fit Gigolette en bourrant de fl coke son poêle, cette Margot ne s\u2019amène donc pas ! Je lui avais pourtant bien recommandé d'être à l\u2019heure aujourd\u2019hui : c'est la fête de bon papa Sylvain, et depuis plusieurs années déjà je n\u2019ai jamais manqué à cette occasion de mettre la poule au pot.\u2014 En l\u2019accompagnant de saucisses aux choux el de brioches de la lune, fit une voix fraîche ; tenez, je vous apporte tout ça, mère Gigolette.\u2014 Ah ! cette satanée Margot, tu étais donc là, ma fille ?\u2014 Mais oui; je suis arrivée sur le seuil de votre loge au moment où vous lanciez toutes vos imprécations à mon endroit.Margot, la jolie et coquette ouvrière d\u2019autrefois, riait.Les années avaient passé sur ce front en y laissait de profondes empreintes ; et déjà des fils d\u2019argent pointaient dans la chevelure blonde.Depuis son arrivée à Paris, Margot n\u2019avait jamais quitté la rue Ramey, habitant toujours dans cette même maison où jadis elle avait élevé la fille adoptive de Sylvain, où elle avait rencontré Madeleine Brémond et Marcelin.Elle pouvait donc se dire enfant de Montmartre, cette rieuse ouvrière qui, autrefois, avait été si jolie quand elle voulait se pomponner quelque peu.\u2014 Alors, ma fille, tu m\u2019apportes tout ça ?fit la mère Gigolette en examinant attentivement les grosses saucisses et les appétissantes brioches étalées sur la table.Quelle noce on va faire ! Sylvain \u2014\tje le connais \u2014 viendra les bras chargés de deux bouteilles de bon vin ; \u2014\tet quant à sa « Tourterelle i>, elle sera munie d\u2019un filet garni de toutes sortes de bonnes choses : des petits fours, du foie gras.tout le tremblement, quoi.Tout en causant, la mère Gigolette épluchait ses légumes, écumait son pot-au-feu.Margot, elle, s\u2019occupait de la salade.\u2014\tIl est déjà tard, fit Margot en déposant le saladier sur la table ; aussi, si vous le voulez bien, je vais mettre le couvert.\u2014\tC\u2019est une bonne idée, ma fille.Mais je tiens à te dire qu\u2019on ne soupera pas avant huit heures : Régina sort tard de son atelier, et Sylvain ne mangerait pas une bouchée si sa tourterelle n\u2019était pas là.\u2014 Il éprouve pour elle une telle adoration.\u2014 Dame, il n\u2019aime qu\u2019elle au monde.\u2014 Bah ! les amoureux la lui souffleront bien un jour, fit Margot en riant franchement.\u2014 Surtout pas un mot de ça devant Sylvain, dit Gigolette en se retournant effrayée ; \u2014 il ne digérerait pas ma poule, le pauvre homme.C\u2019est sa seule crainte, vois-tu.Quand Régina part à son travail, il la suit longtemps des yeux ; il la guette comme une soupe au lait.El la petite le sait \u2014 mais c\u2019est un ange que cette enfant-là ! Déjà très bonne brodeuse, elle gagne de quatre à cinq francs par jour ; mais elle ne garde rien pour elle \u2014 elle donne tout au vieux.\u2014 Elle ne fait que son devoir.\u2014 Comme tu dis ça ! \u2014 serais-tu donc jalouse d\u2019elle ?\u2014 Oh ! pas du tout.Je prétends simplement que Régina est bien forcée d\u2019apporter son argent à la maison, car enfin Sylvain ne pourrait pas se tirer d\u2019affaire s\u2019il n\u2019avait que son seul gain.On ne joue pas du violon tous les jours ; d'autre part, les noces et les banquets sont parfois très rares, et ça fait que ce pauvre Sylvain reste souvent toute une longue semaine sans toucher un sou.« Puis aussi, il faut considérer qu\u2019ils p Op i/% (LohlMMA UW On sait que les feuilles minces d\u2019aluminium conservent la fraîcheur des aliments; mais qui aurait cru qu\u2019on puisse s'en servir pour garder \"frais\" un porte-avions de 60,000 tonnes! Un navire en chantier repose sur des blocs de bois qui absorbent beaucoup d'humidité.Pour protéger de la rouille la coque d\u2019acier du \"Ranger\" pendant les 18 mois de sa construction, les ingénieurs de la marine américaine ont simplement recouvert ccs blocs de bois avec des feuilles minces d'aluminium ordinaires, telles qu\u2019en utilisent les ménagères.L\u2019idée ne doit pas surprendre de la part d'un ingénieur naval car l'aluminium, brillant et inoxydable, est largement utilisé dans les parties importantes des navires modernes, telles que les superstructures, les canots de sauvetage, etc.ALUMINUM COMPANY OF CANADA, LTD.(ALCAN) REMPLISSEZ CE COUPON D\u2019ABONNEMENT LE SAMEDI LA REVUE POPULAIRE LE FILM (Pour 12 mois) Canada Etats-Unis ?\tLES 3 MAGAZINES $5.50 $8.00 OU A VOTRE CHOIX ?\tLe Samedi ____ $3.50 $5.00 ?\tLa Revue Populaire 1.50\t2.00 ?\tLe Film .1.00\t1.00 Veuillez trouver ci-incluse la somme de $.pour l'abonnement indiqué d'un (X).D Nom.Indiquez d\u2019un r s'il s\u2019agit d\u2019un renouvellement.Adresse.Localité.Prov.POIRIER, BESSETTE & CIE.LIMITEE 975 - 985, rue de Bullion, Montréal 18 26 Le Samedi, Montréal, 29 septembre 1956 ont un gros loyer.Songez donc.quatre cents francs ! Oh ! je le sais, on est bien oblige de représenter quand on se dit artiste ; mais c\u2019est tout de même dur pour des gens qui souvent ne font pas leurs frais.\u2014 Pas ses frais.un artiste comme mon frère Sylvain ! \u2014 C\u2019est vous-même qui me l\u2019avez dit, maman Gigolette.\u2014 C\u2019est possible ; \u2014 mais ça prouve alors une fois de plus qu\u2019il faut tourner sa langue sept fois dans sa bouche avant de parler \u2014 surtout quand on te cause à toi, qui as toujours envie de taper sur les autres.Margot riait maintenant : elle était enfin arrivée, histoire de tuer le temps, à faire mettre Gigolette en colère ; \u2014 son but atteint, elle était satisfaite.\u2014 Voyons, voyons, calmez-vous, mère Gigolette.J\u2019aime tout plein votre Sylvain et sa tourterelle ; \u2014 la preuve c\u2019est que je suis accourue de Montmartre pour leur apporter des saucisses et de bonnes brioches de la Lune.\u2014 C\u2019est bon.c\u2019est bon.Là-dessus, ma fille, tu peux commencer à disposer la table ; \u2014 il y a un couvert en argent.tu le donneras à Régina.Aussitôt Margot se mit à l\u2019oeuvre.Elle ouvrit le buffet et y prit une pile d\u2019assiettes ornées de larges fleurs bleues.A ce moment sept heures sonnèrent à la petite pendule surmontée d\u2019un Napoléon en zinc.\u2014 Dans une heure Sylvain et Régina seront la.fit Gigolette, et ma poule n\u2019est pas cuite.\u2014 Bah ! on la mangera tout de même.Mais voilà que tout à coup Gigolette entend un cri de joie : c\u2019est Régina qui, suivie de Sylvain, vient de pénétrer dans la loge.Et Gigolette, estomaquée par la surprise, sent deux bras l\u2019étreindre gentiment.\u2014 Ah ! mes enfants, comme vous arrivez de bonne heure ! \u2014 Et ma poule qui ne cuit pas ! Ce feu, voyez-vous, ne marche pas aussi bien que je le voudrais.Tout en maugréant ainsi, la vieille concierge se laissait cajoler et embrasser par la plus jolie fille du monde.Et Sylvain, témoin de toutes ces tendresses, murmurait : \u2014 Elle l\u2019aime mieux que moi.je vais être jaloux de ma tourterelle ! \u2014 Toi.jaloux ! fit Régina en se retournant brusquement pour embrasser le vieux musicien.Ah ! petit père chéri, ce n\u2019est pas gentil ce que tu viens de dire.\u2014 Dame, moi, je songe que sous peu tu pourrais bien nous laisser de côté ; \u2014 bientôt tu auras dix-huit ans, et alors.\u2014 L\u2019âge des amours, dit Margot en déposant sur la table un énorme plat destiné à recevoir la succulente poule.\u2014 De quoi te mêles-tu, toi?fit Sylvain en haussant les épaules.Il était furieux, lui, que Margot osât ainsi parler d\u2019amour devant sa tourterelle.Margot répondit : \u2014 Je dis ce que je pense, mon vieux Sylvain ; et j\u2019en ai le droit puisque c\u2019est moi qui ai élevé Régina.Quand vous me l\u2019avez apportée, elle avait à peine six mois, et elle venait de perdre sa mère.Moi, je travaillais dans la lingerie et je n\u2019étais pas riche.Puis je me trouvais encore sous le coup d\u2019un grand chagrin : mon amoureux m\u2019avait brutalement plaquée.« Je vivais donc seule dans cette chambre de la rue Ramey que j\u2019habite encore aujourd\u2019hui, que j\u2019habiferai toujours parce qu\u2019elle me rappelle un tas de choses.Alors la venue de cette enfant fut pour moi un rayon de soleil.Je m\u2019occupai d\u2019elle, je la dorlotai de mon mieux.Et je l\u2019élevai ainsi jusqu\u2019au jour où \u2014 elle avait alors trois ans \u2014 vous eûtes la cruauté de me l\u2019enlever ! \u2014 Ça, voyez-vous, je ne vous l\u2019ai jamais pardonné !.\u2014 Ma bonne Margot ! fit Régina en serrant dans ses bras l\u2019ouvrière tremblante de joie.\u2014 Tu étais bien jeune alors, toi aussi, dit doucement Sylvain ; \u2014 et je ne te cache pas que j\u2019ai eu peur de ce fameux âge des amours dont tu parlais tout à l\u2019heure.à peine avais-tu dix-neuf ans quand je t\u2019ai confié Régina ! \u2014 Oh !.mes amours ! fit Margot devenue rêveuse.\u2014 Voyons, voyons, nous n\u2019allons pas nous attendrir comme ça, intervint Gigolette en posant sur la table les deux bouteilles de vieux vin apportées par le musicien ; \u2014 n\u2019oublions pas que nous sommes réunis pour fêter la Saint-Sylvain.« A table donc, mes enfants.\u2014 Le filet de Régina est plein de bonnes choses que vous n\u2019avez pas regardées, dit Sylvain triomphant ; \u2014 ah ! la petite ne nous a pas oubliés.\u2014 Du pâté de foie gras, un Saint-Nectaire, des pommes reinettes, fit gaiement la jeune fille.Ah ! comme elle était belle, Régina, avec ses cheveux couleur de soleil, ses larges yeux d\u2019un vert d'émeraude aux longs cils d\u2019un noir d\u2019ébène ; et quelle bouche adorable avec son ravissant sourire découvrant une double rangée de petites perles d\u2019un blanc de nacre.Grande, élancée, le buste proéminent, la démarche altière, on eût cru à la voir passer dans les rues une princesse déguisée.Elle touchait à sa dix-huitième année.L\u2019enfant que nous avons connue autrefois, était devenue une jeune fille accomplie, d\u2019une saisissante beauté.Sylvain, lui, avait beaucoup vieilli.Ses épaulés s\u2019étaient voûtées de plus en plus, ses cheveux étaient devenus tout blancs, et sa vue avait encore baissé davantage.Serait-il donc obligé un jour d\u2019abandonner son violon, comme autrefois il avait été forcé de quitter son métier d\u2019horloger ?C\u2019était là pour lui un sujet de constante inquiétude, de profondes tristesses que vainement il cherchait à cacher à Régina.Ils étaient si heureux tous les deux !.Si heureux encore ce soir dans la petite loge de la bonne Gigolette où, autour de la table bien servie, ils se serraient les uns contre les autres \u2014 douce image d\u2019une famille qui de temps en temps se retrouve, se réunit.Ils semblaient tous unis par les liens du sang, et cependant ils étaient étrangers l\u2019un à l\u2019autre.Le temps, l\u2019affection réciproque, une sympathie instinctive, la vraie tendresse qu\u2019éprouve toujours le misérable pour le misérable, les avaient comme enchaînés \u2014 douce chaîne qu\u2019ils ne cherchaient jamais à briser.La soirée fut bien vite écoulée.A onze heures, Sylvain et Régina prirent congé de Gigolette et de Margot et partirent.En hâte, ils descendirent la rue d\u2019Ulm.Comme ils arrivaient à l\u2019angle de la rue L\u2019homond, deux jeunes gens les croisèrent.L\u2019un portait sous son bras un violon ; l\u2019autre, les bras ballants, marchait tête baissée.Ils paraissaient las tous deux.\u2014 Des copains, dit Sylvain en apercevant le violon ; \u2014 des chanteurs ambulants sans doute.\u2014 Il y en a comme ça, plein Paris, fit Régina avec indifférence ; \u2014 ce n\u2019est tout de même pas un métier.\u2014 Petite, tu oublies que ce métier nous fait vivre.\u2014 Ah! c\u2019est vrai.c\u2019est vrai \u2014 pardonne-moi, père chéri.\u2014 Vois-tu, mon enfant, il n\u2019est pas de sot métier.Chacun fait ce qu\u2019il peut dans la vie ; et on ne doit jamais jeter la pierre à qui que ce soit.\u2014 Père, je me rappelle qu\u2019autrefois vous avez fait la même réflexion que moi à propos du petit chanteur d\u2019Evian.\u2014 C\u2019est vrai ; \u2014 mais il était enfant encore et je pensais qu\u2019il serait préférable pour lui d\u2019apprendre un état.« Ceux qui viennent de passer auprès de nous sont, au contraire, des jeunes gens, presque des hommes \u2014 et alors, on peut se demander quels malheurs les ont lancés dans cette voie.« Qui aurait pensé jamais que moi, un des meilleurs horlogers de Genève, j\u2019en arriverais un jour à jouer dans des beuglants, dans des noces, dans des casinos de villes d\u2019eaux ! « Et peut-être même ne pourrai-je pas continuer longtemps cette vie : \u2014 ma vue baisse, et quand il me faut maintenant déchiffrer un morceau j\u2019éprouve les plus grandes difficultés.« Si cela empire encore, que deviendrons-nous, que ferons-nous?.\u2014 Je travaillerai pour deux, père chéri.\u2014 Comme il faudra tout de même bien se tirer d\u2019affaire, j\u2019imiterai les deux jeunes gens que nous venons de rencontrer : je jouerai dans les rues.et le soir, je te rapporterai ce que j\u2019aurai gagné.Un peu de brume passa dans les yeux de la jeune fille.Tout en causant, ils avaient traversé la place du Panthéon et gagné la station d\u2019omnibus.Mais à cette heure tardive, toutes les voitures étaient archibondées ; \u2014 aussi Régina et Sylvain furent-ils obligés de se rendre à pied à la place du Châtelet où ils prirent le tramway « Montrouge-Gare de l\u2019Est » qui, par correspondance, les conduisit enfin boulevard Ornano.A l\u2019époque dont nous parlons, ce boulevard commençait seulement à se bâtir.Quelques hautes maisons à six étages s\u2019élevaient de ci de là, séparées les unes des autres par de grands terrains vagues encombrés de baraquements en planches habités par des forains.A l\u2019entrée du passage du Mont-Cenis, aboutissant au boulevard, Sylvain et Régina s\u2019arrêtèrent.C\u2019était une sorte d\u2019étroit boyau bordé de chaque côté de petites maisons à un ou deux étages et dont les rez-de-chaussée étaient occupés par des débits de vins, ou des boutiques de marchands de vieille ferraille.Cette vieille ruelle était éclairée le soir par trois becs de gaz qui projetaient sur le pavé humide et les façades grises des maisons des taches de clarté douteuse.C\u2019est alors que le passage prenait l\u2019aspect d\u2019un véritable coupe-gorge ; \u2014 d\u2019une galerie souterraine éclairée par des flammes funéraires.Et cependant, depuis de nombreuses années déjà Sylvain et Régina se plaisent là, habitent là.Pour une somme relativement modique, ils occupent un petit logement dans une maison dont quelques fenêtres donnent sur le boulevard ; \u2014 et la modicité même du loyer les retient dans ce quartier interlope du grand Paris.A cette heure, cependant tardive, les boutiques de marchands de vins sont encore éclairées ; \u2014 la vie du passage est toujours plus intense la nuit que le jour, car le jour les buveurs sont rares.Sylvain prend dans sa poche une clef qu\u2019il introduit dans la serrure de la porte de sa maison ; \u2014 puis, suivi de Régina, il monte jusqu\u2019au deuxième étage.Ce fut avec une vraie joie que tous deux pénétrèrent dans leur petit logement.\u2014 Ouf.enfin, chez nous! fit Sylvain, en gagnant la pièce qui servait à la fois de cuisine et de salle à manger.Là, régnait Tordre le plus méticuleux.Sur les étagères d\u2019un buffet en acajou, étaient disposés avec symétrie des assiettes à fleurs et des vases gagnés aux fêtes foraines ; et, bien alignées contre le mur, toute une collection de casseroles étamées, brillantes comme de l\u2019argent.Régina était amoureuse de toutes ces choses achetées à la semaine chez Cré-pineau.Sa chambre, surtout, en pitchpin, aux rideaux clairs, l\u2019enchantait.Quant à Sylvain, lui, en vieux maniaque qu\u2019il était, il avait voulu garder son ancien mobilier ; \u2014 mais sa chambre était aussi bien tenue que celle de Régina.Le grand lit et la vieille armoire en Si j\u2019te trouve bien ainsi, pourquoi te tracasserais-tu pour les toilettes ?\u2022I -îl*.4> Le Samedi, Montréal, 29 septembre 1956 27 noyer ciré brillaient ; \u2014 et sur la cheminée trônaient bien en évidence les portraits successifs de Régina à tous les » âges de sa vie.Ce modeste intérieur d\u2019artiste pauvre était donc, grâce aux soins méticuleux de la jeune fille, presque confortable ; \u2014\taussi, souvent Gigolette et Margot s\u2019étaient-elles extasiées sur ce qu\u2019elles appelaient du luxe, du vrai luxe.Ce fut là que Régina grandit, au milieu de toutes ces choses si chères à sa coquetterie d\u2019enfant et de jeune fille ; \u2014 et ce fut là aussi qu\u2019elle commença à gagner sa vie.L\u2019hiver, elle se rendait chaque jour à l\u2019atelier, chez les mêmes patrons qui lui avaient fait faire son apprentissage ; \u2014\tet l\u2019été venu, elle parcourait avec Sylvain les villes d\u2019eaux où le vieux musicien allait jouer, soit dans un casino, soit dans un grand café.C\u2019était alors une véritable villégiature et un repos pour la jeune fille.Mais néanmoins, comme elle ne voulait point passer son temps à ne rien faire, elle emportait de l\u2019ouvrage : quelques robes à broder, ou une chasuble recommandée par les patrons qui, connaissant les capacités de la jeune fille, lui confiaient volontiers les travaux exigeant du goût et un réel sentiment de l\u2019art.\u2014 Comme on s\u2019est amusé, et surtout comme on s\u2019est régalé, dit Régina en ôtant son chapeau et sa jaquette ; \u2014 cette pauvre maman Gigolette est vraiment bonne.\u2014 Oui, très bonne pour nous, appuya Sylvain.C\u2019est pour moi presque une soeur, et nous nous adorons.Nous avons été si malheureux ensemble ! Je t\u2019ai déjà raconté bien des fois la douloureuse histoire de notre enfance \u2014 histoire que ni elle ni moi n\u2019oublierons jamais.\u2014 Cette pauvre Margot, elle aussi, ¦ri» m\u2019a bien embrassée.\u2014 C\u2019est un coeur d\u2019or ! Sur ce.bonsoir, mignonne.Sylvain embrassa Régina ; \u2014 et la jeune fille passa dans sa chambre qu\u2019une petite lampe à pétrole éclairait.Elle se coucha, et bientôt s\u2019endormit profondément.Un rêve singulier vint ensoleiller son sommeil.Elle se revoyait, presque encore enfant, sur cette superbe promenade d\u2019Evian, longeant le lac de Genève \u2014 ce beau lac aux eaux bleues et moirées où des milliers de mouettes voletaient à la poursuite des grands bateaux conduisant à Ouchy.Et soudain de ces flots bleus elle vit surgir ses deux petits amis d\u2019autrefois : Fidès et Joël.Ils étaient devenus très grands, très beaux \u2014 si beaux qu\u2019elle en fut éblouie, et que de saisissement elle s\u2019éveilla.L\u2019aurore commençait à éclairer le passage de reflets blafards.Elle se souleva sur son coude, regarda autour d\u2019elle \u2014 et il lui sembla encore voir passer devant ses yeux la douce vision du rêve : le lac argenté, les grands bâtiments, les mouettes, Joël et Fidès.Ce rêve étrange la surprenait cependant.Très superstitieuse, elle croyait aux songes, aux cartes, au spiritisme.«Je reverrai Fidès sous peu, pensait-elle.ce rêve est un avertissement.Je connais une cartomancienne qui habite près du Moulin de la Galette, à Montmartre ; \u2014 dès demain j\u2019irai la trouver, et elle saura bien me dire si je retrouverai un jour mon petit ami.» _\tElle se leva, s\u2019habilla à la hâte, des- cendit chercher le lait pour le déjeuner du matin et prépara le café.\u2014 Eh bien, fifille, as-tu bien dormi ?demanda Sylvain qui venait de sortir de sa chambre.\u2014 Père, si je te disais le rêve que j\u2019ai fait, tu serais bien surpris.\u2014 Voyons ce rêve.\u2014 Je vais te le raconter.\u2014 Sers d\u2019abord le café au lait.Tu sais, fifille tu n\u2019es pas en avance aujourd\u2019hui \u2014 on voit bien que nous avons fait la noce hier soir ; \u2014 et puis tout en déjeunant tu me diras ton fameux songe.Le café servi, les tartines de beurre confectionnées, Régina raconta son rêve.\u2014 Alors, dit Sylvain, la bouche pleine, tu penses encore à Evian, au lac de Genève, à ce petit garnement de Fidès \u2014 un propre à rien, ma fille, et qui certainement aura mal tourné.« S\u2019il n\u2019est pas revenu avec son camarade \u2014 un inutile aussi, celui-là \u2014 c\u2019est qu\u2019ils font de mauvais coups ailleurs.\u2014 Oh !.père !.\u2014 Dame, je n\u2019ai pas oublié, moi, ce fameux billet de cinq cents francs qui les tourmentait tant à Genève \u2014 et rien ne m\u2019ôtera de l\u2019idée que Fidès l\u2019avait volé.« Souvent j\u2019ai songé à cette affaire-là, et aujourd\u2019hui j\u2019éprouve comme un remords de m\u2019être presque fait le complice de ces galopins-là.\u2014 Oh ! je t\u2019en prie, père, ne les accuse pas ! Fidès était incapable d\u2019une si mauvaise action.Fidès n\u2019était pas un voleur ! \u2014 Après tout, peu nous importe, puisque nous ne les reverrons certainement jamais.« Qui sait ?» pensait Régina.Elle se leva, mit de l\u2019ordre dans la salle à manger ; \u2014 puis elle passa dans sa chambre et s'habilla à la hâte tandis que Sylvain, lui, prenait son violon et descendait donner une leçon au fils du marchand de vins du rez-de-chaussée.Restée seule, Régina revêtit un costume noir qui faisait admirablement ressortir sa belle carnation et ses superbes cheveux blonds ; \u2014 puis, munie du petit panier contenant son déjeuner de midi, elle partit.Mais, chose étrange, elle n\u2019avait pas ce jour-là sa bonne humeur habituelle.Sombre et triste, elle suivit le boulevard Ornano, puis le boulevard Barbés, et gagna le boulevard Sébastopol.Les rues étaient déjà pleines de bruit.Non loin d\u2019un grand magasin de nouveautés, elle s\u2019assit sur un banc et se prit à jeter autour d\u2019elle des regards chercheurs, comme si elle attendait quelqu\u2019un.Presque aussitôt, en effet, apparut une toute jeune fille qui s\u2019approcha de Régina le sourire aux lèvres.C\u2019était une camarade d\u2019atelier.Ensemble, pendant le déjeuner de midi \u2014 l\u2019été au Jardin des Tuileries, l\u2019hiver dans un petit restaurant de la rue Montorgueil \u2014 elles avaient fait bien des projets, caressé bien des rêves d\u2019avenir.Cette jeune fille s\u2019appelait Marinette Dulac.Pas de parents \u2014 personne autour d\u2019elle ! Son père et sa mère étaient morts alors qu\u2019elle était encore toute jeune ; et pendant quinze ans elle était restée à la charge d\u2019une vieille grand-mère, concierge rue L\u2019homond, qui venait de mourir récemment.Marinette avait donc été obligée de quitter cette loge où elle avait vécu toute son enfance ; \u2014 mais le propriétaire, un homme bon et compatissant, lui avait loué pour la modique somme de cent francs par an une petite chambre au sixième étage.Cette chambrette donnait sur des jardins ; \u2014 et la vue des arbres avait quelque peu atténué le chagrin de la pauvre fille.Néanmoins, son visage gardait l\u2019empreinte profonde des larmes versées depuis la mort de l\u2019aïeule tant respectée.\u2014 Je suis un peu en retard, dit-elle en posant sur le banc son petit panier ; Le plus savoureux poulet! Est-ce qu\u2019un poulet figurera bientôt sur votre table?II vous sera facile de garder de ce repas un souvenir inoubliable.Servez alors une bouteille de vin de table blanc Manor St.Davids.C\u2019est un vin exquis qui accompagne merveilleusement toute volaille.Vous constaterez avec plaisir que sa principale qualité est d'en rehausser la succulente saveur.Ce vin de table canadien est le complément parlait d\u2019un bon repas.Le vin Manor St.Davids se sert en toutes circonstances.Il serti le bienvenu quand vous recevrez des parents ou des amis.Il est léger et peut être consommé par tout le monde.Son prix est très modique et il se sert si facilement : vous n\u2019avez qu\u2019à le faire rafraîchir et à le savourer! *Ut avant le repas ou avec lo potage, dégustez un verre de Sherry Canadien \"74\".C\u2019est merveilleux! /firn'r.rfi/uruA fel 6oné orrtJ oa*tacfcetU * 'Bright \u2022\t^ txruis 18 Pour recevoir gratuitement votre exemplaire de la brochure de 30 pattes, illustrée en couleurs et intitulée \"La Cuisine au Vin\", écrive: à Ilrifjht's Wines, Lachine, P.Q.REMPLISSEZ CE COUPON Vous vous sentirez MIEUX! 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l\u2019avenir peut être si beau pour nous.qui sait ?Tout en causant, Marinette et Régina se dirigèrent vers la rue Montorgueil.( A suivre ait prochain numéro ) Je connaissais enfin le vrai succès.On me demandait partout.L\u2019Alhambra faisait salle comble tous les jours.On m\u2019applaudissait, on venait pour me faire signer des photos, des carnets et des programmes.Et les producteurs commençaient à penser que Georges Guétary pourrait faire une tête d\u2019affiche pour un film.Londres-New-York-Canada En mai 1947, je partais pour Londres afin d\u2019y jouer une opérette: « Bless the Bride ».J\u2019ai beaucoup aimé cette opérette car elle était ravissante.Une de ses chansons connaît encore dans la capitale britannique et dans toute l\u2019Angleterre une grande vogue : « La Belle Marguerite ».Après Londres où j\u2019ai joué « Bless the Bride » pendant dix-sept mois, je revenais à Paris où j\u2019ai tourné deux films : «Jo la Romance» avec Ginette Leclerc et « Amour et Cie » avec Gaby Sylvia.J\u2019ai fait ensuite mon tour de chant au \u2019I héatre de l'Etoile et je suis parti en tournée au Canada.Sur le chemin du retour du Canada à Paris, je passai par New-York où l\u2019occasion m\u2019était offerte d\u2019auditionner pour la maison de production « Theatre Guild » et j\u2019étais immédiatement engagé pour revenir quelques mois après créer l\u2019opérette «Arms and the girls» avec Nanette Fabray.Je suis resté quatorze mois à New-York et c\u2019est là que j\u2019ai eu la joie d\u2019être désigné comme le meilleur interprète d\u2019opérette de Broadway en 1950 par les critiques dramatiques qui se réunissaient pour décerner des prix aux meilleurs acteurs, chanteurs et fantaisistes de Broadway.Juste avant de quitter New-York pour Paris, les derniers jours de mon séjour dans l\u2019opérette « Anns and the Girls », Gene Kelly, le célèbre danseur-acteur, est passé à New-York, m\u2019a vu dans l\u2019opérette, et m\u2019a engagé pour le compte de la Metro-Goldwyn-Mayer pour interpréter le rôle de Pierre dans « Un Américain à Paris » à côté de Leslie Caron et sous la direction du grand metteur en scène Vincente Mi-nelli.1,200 fois \"La Route fleurie\" Enfin le 9 décembre 1952, je créais au théâtre de l\u2019ABC une nouvelle opérette d\u2019un style complètement différent pour Paris, style moderne et léger, plutôt comédie musicale qu\u2019opé-rette, avec un des plus célèbres comiques français, Bourvil.Cette opérette, « La Route fleurie », a été également un triomphe et, aujourd\u2019hui encore, nous continuons à jouer devant des salles archi-combles et nous ve- nons de fêter la 1,200e représentation.Pendant «La Route Fleurie» j\u2019ai tourné au cours de mes six semaines de vacances à Belgrade la version française du « Baron Tzigane » et en juin 1955, une autre coproduction franco-allemande « On n\u2019aime qu\u2019une fois », puis un remake du « Chemin du Paradis » qui va bientôt sortir.fleurir d\u2019un sourire le visage émacié de certains malades.Alors, les rires, les frénétiques applaudissements et les trépignants rappels d\u2019une centaine de convalescents et de convalescentes acclameraient nos étoiles canadiennes-françaises.Tiens ! Nous parions que notre Napoléon Plouffe, qui n\u2019est pas aussi dur-à-cuire qu\u2019il veut le faire paraître, ici et là, se mettra à la tête d\u2019un semblable mouvement, des plus louables, d\u2019ici un mois ou deux ! Les malades s\u2019y rendront.Ce sera une procession de groupes : hommes en bras de chemises écrues et immaculées, aïeuls septuagénaires s\u2019appuyant à l\u2019épaule des plus jeunes en instance de guérison.Des gars simples, des blessés au crâne momentanément immobilisé par des pansements, sous lesquels ils sont pareils à des momies vivantes.Des contagieux guéris, rescapés joyeux de revivre, après un stage, plus ou moins prolongé, à l\u2019hôpital du Lac Edouard \u2014 n\u2019est-ce pas, Emile Genest, espèce de jeunet ?Tous ces gens sont venus au médecin dans la détresse.Ils iront, pour adoucir leur mélancolie, applaudir chaleureusement nos artistes du théâtre et du sport, alors que régnera plus qu\u2019une seule contagion : celle d\u2019une demi-heure de gaieté franche, si vite passée.Choses et autres B Les partisans du Red Sox, de Boston, qui lancent des épithètes mal-sonnantes à l\u2019adresse du grand Ted Williams, ne méritent pas un jet de salive du célèbre cogneur gaucher, mais un séjour au pavillon des agités.On peut être assuré que le plus haut salarié des joueurs de baseball ne soit affecté d\u2019aucune dépression mentale, comme la chose est arrivée, en 1952, à l\u2019un de ses coéquipiers, Jimmy Pier-sall, l\u2019un des meilleurs voltigeurs du baseball majeur .Durant sept mois, Jim perdit le souvenir d\u2019une série d\u2019excentricités, peu goûtées des arbitres et de certains de ses coéquipiers.Quand il courait prendre sa position au champ droit, il ôtait sa casquette et l\u2019agitait, en s\u2019inclinant dans toutes les directions.Il exécutait un numéro compliqué de danses rythmiques, des plus burlesques.Le public, à prime abord, applaudissait à tout rompre.Ces encouragements l\u2019incitaient à de nouvelles pitreries.Quand il réussissait un coup magnifique, il haussait les épaules avec dédain, comme s\u2019il s\u2019agissait d\u2019un jeu d\u2019enfant.Le public riait à pleines gorges.Cette comédie prit fin, dans une clinique privée, près de Boston, puis dans un hôpital d\u2019Etat, à Westborough, une espèce de Charen-ton.La direction du Red Sox paya tous les frais médicaux, versa plein salaire à son épouse, durant les sept mois de sa dépression nerveuse.Le cas de Piersall est unique au sein des ligues majeures.¦ Réponses à M.C.Lacroix, Montréal.1° Vous avez raison.M.Robert Wagner, maire de New-York, partisan des Dodgers de Brooklyn, est catholi- Avant de vous quitter, je voudrais dire que mon seul but a été et sera toujours de m\u2019efforcer de satisfaire tous ceux et celles qui m\u2019ont fait confiance.Je remercie «Le Public» de m\u2019avoir donné tant de joies et je souhaite pouvoir le plus longtemps possible chanter pour lui.Guy de Bellet.que.Brooklyn fait partie de la ville de New-York, tout comme Rosemont, moins un pont, est un quartier populeux de Montréal.2° L\u2019importance numérique des catholiques, aux Etats-Unis, malgré leurs 30.000,000 d\u2019adeptes, est des plus minces, en politique, dans la vie de leur pays.Ne vous vexez pas ! Vous voulez savoir notre opinion ! B Les joueurs du baseball organisé, surtout ceux des ligues majeures et de la classe 3A, subissent, cette saison, de plus fréquents maux de bras.De plus, le « charley-horse » est venu, plus souvent qu\u2019à son tour, troubler la parfaite condition physique des athlètes.Le « charley-horse », expression bien américaine, est un nouage de muscles de la cuisse plus spécialement.Il occasionne une contraction violente et douloureuse parfois.Les blessés prennent, d\u2019ordinaire, un repos d\u2019une ou deux semaines.Certains entraîneurs qui ont des procédés, bien à eux, emploient des traitements très simples, qui remettent sur pieds, en trois ou quatre jours, les joueurs blessés.Ils ne veulent pas dévoiler la nature de leur traitement.Mais souvent, pertinemment, que de solides notions d\u2019anatomie sont nécessaires.En principe, c\u2019est une chose très simple pour les physiothérapistes et les chiropraticiens.Un tour de main, un instinct, une affaire de doigté et d\u2019inspiration, de l\u2019eau très chaude, de grandes serviettes de bain, des rayons infra-rouges et ultra-violets combinés, une application de Uniment « vous ne saurez pas le nom ».Puis, en deux ou trois jours, le « charley-horse » est disparu et renvoyé dans le placard aux vieux violons.Pour votre gouverne, l\u2019expression « charley-horse » est originaire de la ville de Sioux, Iowa, dont le club faisait partie de l\u2019ancienne ligue de baseball Western, vers 1890.Walter McCredie, du Portland d\u2019alors, fut le premier joueur de baseball à se plaindre d\u2019une violente crampe à la cuisse, durant des exercices d\u2019entraînement.A cette époque, pour gratter et niveler le losange de Sioux City, on se servait d\u2019un cheval vieux comme la terre.Ce cheval avait nom Charley ; il pouvait à peine se tenir sur ses pieds ; il avait, en effet, les jambes en si mauvais état que, lorsqu\u2019il arrivait à un joueur de marcher avec peine, en clochant un peu, on disait de ce joueur : « Tiens, voilà Charley ! » C\u2019est donc de cette expression que vient cette autre : « You have a Charley in your leg », et éventuellement: «You have a «charley-horse ».¦ Nos oreilles ne sont plus écorchées par le tintamarre des trams, rue Ste-Catherine.Quand nos trompes d\u2019Eustache ne seront-elles plus grafi-gnées par la cacophonie des instruments métalliques de musique, que l\u2019on entend dans certaines de nos boîtes de nuit ?Une question que se posent un tas de sportsmen et d\u2019athlètes.Nous leur répondons, sans hésitation : si vous tenez à ce que vas oreilles ne soient pas blessées, éloignez-vous de ces endroits, où vous n\u2019avez rien à gagner, tout à perdre ! Oscar Major.LES CONFIDENCES DE.,.r Suite de !« page 9 ] DANS LE MONDE SPORTIF [ smte de u Page m 29 ¦À Le Samedi, Montréal, 29 septembre 1956 Les Mots Croisés du Samedi VINGT-CINQ (25) JEUX DE CARTES PAR SEMAINE I 2\t3\t4\t5\t6\t7\t8\t9\t10 II 12\t13 14 15 16\t17\t18 19 20 21 22 23 Problème No 1292 Les réponses doivent nous parvenir avant le 6 octobre 1956.Nom.Ville iM.Mme ou Mlle) Adresse .Province ADRESSEZ VOS REPONSES : LES MOTS CROISES, LE SAMEDI, 975, RUE DE BULLION, MONTREAL, 18, QUE.HORIZONTALEMENT 1\u2014\tPayer trop cher.\u2014 Espèce de cu-curbitacées du genre concombre.\u2014 Sorte de pâtisserie feuilletée.2\u2014\t'Mesure agraire.\u2014 Morceau do musique religieuse vocale.\u2014 Dernier morceau d\u2019une chose entamée.\u2014 Parties du corps humain.3\u2014\tNégation.\u2014 Dommage.\u2014 Qui concerne les citoyens.\u2014 Démonstratif.\u2014 Carte à jouer.4\u2014\tCheval de taille moyenne.\u2014 Nom donné par les Orientaux à un bouquet de fleurs.\u2014 Bout de cigare.\u2014 Grain du chapelet.5\u2014\tQui concerne les moeurs.\u2014 Contrée d\u2019Afrique.\u2014 Difficile à conduire.\u2014Première pousse d\u2019un grain.6\u2014\tDépôt d\u2019origine marine.\u2014 Corps simple doué d\u2019un éclat particulier.\u2014 Philosophe français, né à Guin-gamp.\u2014 Au bout de peu de temps.7\u2014\tGrand lac.\u2014 Embellir d\u2019ornements.\u2014 Sorte de cabriolet.\u2014 Eloignement nécessaire pour bien voir.\u2014 Négation.8\u2014\tPartie d\u2019une voile.\u2014 L\u2019oraison dominicale.\u2014 Le chef des démons.\u2014 Substance particulière qui se trouve dans divers produits végétaux.9\u2014\tMoi.\u2014 Edifier.\u2014 Produit obtenu , par action d\u2019un alcali sur un corps gras.\u2014 Fleur.\u2014 Symbole chimique de l\u2019aluminium.10\u2014\tCrier, en parlant des bovidés.\u2014 Ile anglaise de la mer d\u2019Irlande.\u2014 Qui est en vie.\u2014 Poil des paupières.11\u2014\tAssigner un revenu à une communauté.\u2014 Sans humidité.\u2014 Assister.\u2014 Interstice entre les molécules des corps.12\u2014\tGenre de mammifères carnassiers de l\u2019Inde.\u2014 Rompre les mesures prises par quelqu\u2019un.\u2014 Houilles menues.13\u2014\tPénible.\u2014 Opérer le mutage.\u2014 Genre de légumineuses.\u2014 Déclivité.14\u2014\tDémonstratif.\u2014 Peigne qui garnit le métier de tisserand.\u2014 Petit poème lyrique.\u2014 Billet d\u2019identité.15\u2014\tSymbole chimique du chrome.\u2014 Qui cède facilement au toucher.\u2014 Physicien anglais, né à Swansea.\u2014 Lisse et luisante.\u2014 Article contracté.16\u2014\tComble d\u2019un édifice.\u2014 Anneau que l\u2019on met au doigt.\u2014 Rondelle de bois au sommet d\u2019un mât.\u2014 Unité monétaire bulgare.17\u2014\tQui est à moi.\u2014 Tige du tronc qui s\u2019élève en colonne.\u2014 Difficile à entamer.\u2014 Manque.\u2014 Jeune noble placé près d\u2019un prince.18\u2014\tSorte de massue.\u2014 Ce qu\u2019il y a de plus distingué.\u2014 Balle de café moka.\u2014 Cordon de soulier.19\u2014\tMot latin qui signifie autrefois.\u2014 Nom de deux personnages bibliques : l\u2019un fils de Caïn, l\u2019autre père de Mathusalem.\u2014 Qui sera dans un temps à venir.\u2014 Lieu pour serrer les foins.20\u2014\tArticle contracté.\u2014 Soutirer.\u2014 Corrompue.\u2014 Situé.21\u2014\tCarte à jouer.\u2014 Se dit d\u2019une difformité du pied.\u2014- Troublées.\u2014 De Lettonie.\u2014 De l\u2019alphabet grec.22\u2014\tSoutirer.\u2014 Chef-lieu de canton (Mayenne).\u2014 Ancienne ville d\u2019Allemagne (Poméranie).\u2014 Colère.23\u2014\tEnfouir.\u2014 Pareille, semblable.\u2014 Personne qui vend des huîtres.VERTICALEMENT 1\u2014\tLiquide rouge.\u2014 Domaine rural.\u2014 Réparation d\u2019un meuble.2\u2014\tBison d\u2019Europe.\u2014 Mère du Christ.\u2014 Doubler un pion au jeu de dames.\u2014 Garde-boue d\u2019auto.3\u2014\tIle de l\u2019Atlantique.\u2014 Paquet.\u2014 Morceau de musique composé sur des paroles liturgiques.\u2014 Fleur blanche.\u2014 Conjonction.4\u2014\tGros poisson du genre gade.\u2014 Se heurter le pied contre un obstacle.\u2014 Maison de campagne.\u2014 Sert à faire le pain.5\u2014\tAvant-midi.\u2014 Proclamation.\u2014 Genre de poissons très répandus dans la Manche.\u2014 Coffret de bois.\u2014 Livide, sale.6\u2014\tDixième lettre de l\u2019alphabet phénicien.\u2014 Souffrir.\u2014 Qui rend service.\u2014 Pour la troisième fois.7\u2014\tDu verbe être.\u2014 Rendre mats des motifs brunis.\u2014 Solide.\u2014 Excroissance dure et pointue des végétaux.\u2014 Dans la gamme.8\u2014\tReproduire ce qui était détruit.\u2014 Bandelette de linge pour entretenir une plaie suppurante.\u2014 Ornement sacerdotal.DECOUPEZ ICI - 9\u2014Construire en forme de talus.\u2014 Mort naturelle.\u2014 Etêté.10\u2014\tAu moyen âge, vêtement de dessus.\u2014¦ Instrument à vent.\u2014 Fils de Jacob.\u2014 Choc.11\u2014\tConjonction.\u2014 Massue de gymnastique.\u2014 Type représentatif des Etats-Unis.\u2014 Instrument de musique à vent.\u2014 Guide.12\u2014\tEtendue d\u2019eau douce.\u2014 Se disait d\u2019un écuyer chargé du soin des écuries d\u2019un prince.\u2014 Condiment.13\u2014\tNom donné aux anciens registres du parlement de Paris.\u2014 Long morceau de bois rond et mince.\u2014 Première femme.\u2014 Tonneau.\u2014 Article espagnol.14\u2014\tRenouveler une obligation.\u2014 Promesse de mariage publiée à l\u2019éghse.\u2014 Mesure agraire.\u2014 Fixé irrévocablement par le sort.15\u2014\tGrand fleuve de l\u2019Afrique occidentale.\u2014 Panneau de verre.\u2014 Garnitures de perles, comprenant collier, pendants, etc.16\u2014\tPartager par lots.\u2014 Plis du front.\u2014 Poussière fine.17\u2014\tAvant-midi.\u2014 Région de l\u2019Asie centrale, à l\u2019ouest de la Chine.\u2014 Métal d\u2019un gris bleuâtre.\u2014 Titre de noblesse.\u2014 Tête de rocher.18\u2014\tEtendue d\u2019eau.\u2014 Qui concerne le foyer des miroirs.\u2014 Branche de palmier.\u2014 Roi d\u2019Israël.19\u2014\tQui est à moi.\u2014 Capitale de la Tunisie.\u2014 Se dit d'un jour de repos considéré comme fêle religieuse ou civile.-\u2014 Article.\u2014 De l\u2019alphabet grec.20\u2014\tPossèdent.\u2014 Fleur.\u2014 Mesure poulies liquides.\u2014 Genre de graminacées.21\u2014\tUsages.\u2014 Adresse.\u2014\u2022 Récit court et plaisant.\u2014 Réseau de fils entrelacés.\u2014\u2022 Lui.22\u2014\tNom de l\u2019appareil inventé par Ader.\u2014 Quantité de gerbes qu\u2019on met en une fois sur l\u2019aire.\u2014 Fonte naturelle de la glace.\u2014 Petite prairie.23\u2014\tNécessaires.\u2014 Plume légère qui garnit le corps des oiseaux.\u2014 Attacher avec un lien.Voyez, au verso, les noms des vingt-cinq gagnants des mots croisés de cette semaine. 30 Le Samedi, Montréal, 29 septembre 1956 RIEN DE SÉRIEUX Une sommité do la Médecine se présente chez un petit médecin de quartier, son ancien camarade d\u2019études.\u2014 Je ne me sens pas très bien, lui dit-il.Veux-tu m'ausculter?Le petit médecin est tout éberlué et tout confus de cet honneur.\u2014 Pourquoi, diable, es-tu venu me consulter ?Tu devrais te soigner toi-même.\u2014 Impossible, répond le grand homme.je charge trop cher.\u2022 Un quidam se présente au bureau de la Société Protectrice des Animaux et dit à l\u2019employé : \u2014\tJe voudrais m\u2019inscrire comme membre pour témoigner ma reconnaissance à un pauvre petit pigeon.-\u2014 Très bien, monsieur, mais dites-moi au moins ce que ce petit pigeon a fait pour vous.\u2014\tEh bien, il m\u2019a sauvé la vie, ni plus ni moins ! \u2014 Vraiment! Et comment?\u2014\tC\u2019est simple.J\u2019étais sur le point de mourir de faim, alors je l\u2019ai mangé.Un docteur est appelé pour un accouchement dans une maison de banlieue.Le mari attend au bas de l\u2019escalier.Au bout d\u2019un moment, le docteur redescend.\u2014 Avez-vous un tire-bouchon ?de-mande-t-il au mari.Puis il remonte.Quelques minutes après, le docteur redescend, réclame un tournevis.Une troisième fois, le docteur redescend et demande une scie et un marteau.Le mari, épouvanté et tremblant, s\u2019écrie : \u2014 Mais, docteur, je vous en supplie, est-ce un garçon ou une fille ?\u2014 Je ne sais pas, répond le docteur je n\u2019arrive pas à ouvrir ma trousse.C\u2019est Marius qui, dans un café, raconte froidement : \u2014 Je n\u2019ai pas peur des fauves.Tel que vous me voyez, j\u2019ai coupé la queue à un lion avec mon canif.\u2014 Pourquoi ne lui avez-vous pas coupé la tête ?demande quelqu\u2019un.\u2014 C\u2019est que \u2014 répond Marius \u2014 on la lui avait coupée la veille.Le plombier.\u2014 J\u2019arrive enfin.J\u2019ai été retardé.Le client.\u2014 Oh ! ce n\u2019est rien.j\u2019en ai profité pour montrer à mes enfants comment faire la planche ! \u2022 Un Français de bonne famille, voyageant en Amérique, vient à parler d\u2019un de ses ancêtres qui fut guillotiné en 1793.\u2014 Laissez-moi vous serrer la main, interrompit un brave Yankee.J\u2019ai eu moi aussi un grand-père pendu en Californie, il y a soixante ans.\u2022 La maman.\u2014 Je t\u2019ai dit de ne pas jouer avec tes soldats le dimanche.Jean.\u2014 Mais, maman, ce sont des soldats de l\u2019Armée du Salut.Marius et Tartarin se sont rencontrés à la brasserie.Vous pensez qu\u2019ils se sont raconté des blagues hautes comme la Tour Eiffel.Eh bien, dans le tournoi, c\u2019est Marius qui a été battu, et à plate couture, s\u2019il vous plaît ! On causait de pêche à la ligne ! Marius.\u2014 Moi, quand je vais à la pêche, pour mettre mon poisson, j\u2019emporte un baquet.Tartarin.\u2014 Et moi, une cuve.Marius.\u2014 Moi, mon cher, je les prends avec la main.Tartarin.\u2014 Et moi, mon cher, je les appelle seulement.\u2014 Si tu dois t'asseoir devant la fenêtre, mets au moins une cravate ! LES VINGT-CINQ (25) GAGNANTS DES MOTS CROISES \"Le Samedi\" du 1er septembre 1956 (Problème No 1288) Mlle Denise Arsenault, 16, rue des Loisirs, Dorlon, Co.Vaudreuil, P.Q.M.Grégoire Boudreault, Clarke City, Côte Nord, P.Q.M.Marcel Bournival, 241, 8e Avenue, Apt.3, Québec, P.Q.Mme Alice Clément, C.P.294, Timmins, Ontario.Mme Edouard Côté, 104, Cyr Ouest, Thetford Mines, P.Q.M.Walter Couture, Armagh\u2019Station, Co.Bellechasse, P.Q.Mlle Lyse Cyunne, Bécancour, Co.Nicolet, P.Q.Mlle Cécile Dallaire, 109, Ste-Cécile, Jonquicre, P.Q.M.Jean-Guy Delisle, Barville, Abitibi, P.Q.Mlle France Doré, 107, Avenue Des Rosiers, Ste-Foy, P.Q.Mlle Lise Dubois, Côte Sud, Ste-Thérèse de Blainville, P.Q.Mme Gustave Gendron, Contrecoeur, Co.Verchères, P.Q.M.^ G.C.Langlois, Pointe-aux-Anglais, Ço.Saguenay, P.Q.M.Lucien LeBlanc, 19, rue Nickel, Port Colborne, Ontario.Mme David Lcbreton, Grand Pabos West, Co.Gaspé, P.Q.Mme M.-Anne Marquis, 1030, rue Worthington, Apt.3, Sherbrooke, P.Q.Mme N.-E.Matte, 30A, St-Dominique, Lauzon, Co.Lévis, P.Q.Mme Rose Prévost, 24, St-Vallier Ouest, Québec, P.Q.Mme Denise Rivest, 2545, St-Germain, Montréal 4, P.Q.Mme Eusèbe Roberge, 19, St-Antoine, Victoriaville, P.Q.Mlle Alexine Rochette, 32, Deligny, Québec, P.Q.Mme Alexandre Roy, Moffet, Co.Témiscamingue, P.Q.M.Pierre Vaillancourt, 145, St-Jérôme, C.P.1365, Matane, P.Q.Mlle Mariel Vien, 5341, Chabot, Montréal, P.Q.Mlle Lyse Villeneuve, 5331, 4e Avenue, Rosemont, Montréal, P.Q.Voyez, au verso, le problème de cette semaine.Solution du problème No 1288 NOS GOELETTES ET LE .\t[ Suite de la page 7 ] où il y a des quais pour les recevoir.Ailleurs, elles jettent l\u2019ancre au large et les villageois, qu\u2019un coup de sirène a avertis, se précipitent dans leurs embarcations et viennent s\u2019approvisionner à bord.Le troc des marchandises ne s\u2019engage pas avant un abondant échange de nouvelles.Parce qu\u2019ils ont l\u2019occasion de rencontrer beaucoup de leurs collègues dans les nombreux petits havres qu\u2019ils visitent, les propriétaires de goélettes sont au courant d\u2019une foule d\u2019événements : tel capitaine a dû immobiliser son navire pour des réparations majeures, tel moulin à scie a vendu toute sa production de l\u2019année à un même client, tel pêcheur vient de faire l\u2019acquisition d\u2019une nouvelle barque, etc.Les membres de l\u2019équipage soulèvent ensuite les toiles qui jusque là masquaient les étalages de denrées : une caisse de pamplemousses juteux étalera son jaune tendre à côté du rouge brillant de paniers de cerises de France ; en sautant, le couvercle d\u2019une boîte révélera une bonne douzaine de jambons fumés et dorés, tandis que dans un coin s\u2019entassent carottes, navets et betteraves, attachés par paquets.Le moteur du cabestan se met tout à coup en marche.C\u2019est qu\u2019il y a un baril de gazoline à déposer sur le quai ou au fond d\u2019une chaloupe.Les minutes passent.Un matelot relie au cabestan la chaîne de l\u2019ancre : c\u2019est le signal du départ.Un vieux pêcheur s\u2019approche du capitaine : « Dites donc, quand vous retournerez sur la côte sud, feriez-vous porter ce saumon à ma cousine, la grosse Berthe, à la Petite-Tourelle ?» Le capitaine accepte avec le sourire qui caractérise l\u2019empressement que l\u2019on a, en ces régions, à se rendre mutuellement service.Dé- jà, le diesel a repris son ronronnement.Le retardataire saute dans son embarcation, en libère l\u2019amarre et, de la main, nous souhaite bon voyage.Nous voilà en route pour un autre poste, où les mêmes scènes se répéteront dans la même camaraderie.Car si, dans les villes, on se déplace pour aller au magasin, c\u2019est le contraire qui se produit sur la côte nord.Pour nous qui voyageons en touristes et que la Providence a favorisés d\u2019une belle température, le rôle du capitaine de goélette semble une sinécure, mais c\u2019est là une fausse impression, car les dangers de la navigation s\u2019avèrent aussi réels pour les caboteurs que pour les autres vaisseaux.Combien de cargaisons n\u2019ont-elles pas été délibérément jetées par-dessus bord afin d\u2019éviter que la goélette ne sombre sous l\u2019assaut répété des vagues déchaînées ?Et combien de goélettes n\u2019ont-elles pas coulé à pic, malgré cette précaution, entraînant souvent leurs équipages avec elles.Nous avons encore présent à la mémoire le sort du « Saint-Roi David » qui, havré à l\u2019Ile-aux-Oeufs, pendant une tempête, se perdit corps et biens, là même où, en 1711, vinrent se briser la plupart des voiliers de l\u2019armada de l\u2019orgueilleux amiral Walker.Comment oublier également la tragique aventure du « Perroquet-Vert », qui coula avec sa cargaison au large de l\u2019île Verte, par gros temps ?Malgré les risques du cabotage, nos braves goélettes continuent de s\u2019acquitter opiniâtrement de leur tâche sans gloire.Si jamais un auteur s\u2019avise de dresser un historique complet du transport au Canada, il devra leur consacrer un long chapitre.Elles l\u2019auront bien mérité ! Robert Prévost. Le Samedi, Montréal, 29 septembre 195$ 31 par JULES VERNE CONTE ILLUSTRE DU \"SAMEDI\" \u2014 QUINZIEME EPISODE MESSIEURS, JC LCyr MON VERRE A' L\u2018 tTC DU SUD QUI .DISPARU- IL , A DISPARU / PPP TONNERRE IkTmerchons .CWERCHONS .PEUT-ÊTRE roui TERRE 4 MON DIAMANT/.COPYRIGHT H A, eue: TTC OPERA MOUD! A SIHVRE O V.A l\u2019issue du banquet qu\u2019il a donné en l\u2019honneur de l\u2019Etoile du Sud, le fermier Watkins se lève pour porter un toast au fabuleux diamant.Tous les regards se tournent vers le socle sur lequel a été posé l\u2019écrin contenant la pierre ; mais un silence de mort succède au brouhaha des conversations.\u2014 Watkins, sa coupe de champagne à la main reste un instant comme pétrifié, la bouche ouverte, incapable d\u2019articuler un mot.Puis un véritable rugissement s\u2019échappe de sa poitrine et, bousculant sa chaise, il se rue vers le socle d\u2019où l\u2019écrin n\u2019a pas bougé.\u2014 Mais si l\u2019écrin est encore là, par contre le lit de coton blanc sur lequel reposait l\u2019Etoile du Sud, est vide.Pendant que les convives festoyaient, il s\u2019est produit celte chose inouïe : le diamant de Cyprien Méré a disparu ! \u2014 N\u2019en voulant croire ses yeux, Watkins à quatre pattes explore le sol dans l\u2019idée que le diamant a peut-être roulé à terre, mais ses recherches sont vaines, l\u2019Etoile du Sud n\u2019est pas perdue, l\u2019Etoile du Sud a été volée.ON A vole L\u2019êroiLl ou sud ! ALLONS, MONSIEUR PANTALACC Ij RETOURNEE VOS POCHES COMME LE I MAUDITS CAF RIS CE SONT EU» QUI ONT FAIT LE coup, j;en MONDE / TOUT quelle audace: y '»*.* * Que personne NE SOWE/ A ÏUiVAC El COPYRIG-HT HACHETTE OPERA MOMDI La disparition de l\u2019Etoile du Sud déclenche parmi les invités de Watkins, d\u2019abord muets de stupéfaction, une véritable petite émeute.Tout le monde se lève, s\u2019interpelle, s\u2019agite, les serviteurs Cafres courant en tous sens ajoutent encore à la confusion générale.\u2014 Dominant le tumulte, d\u2019une voix de stentor, Watkins intime à ses hôtes l\u2019ordre de rester à leurs places.L\u2019Etoile du Sud a été volée mais quel qu\u2019il soit, le voleur doit être parmi les convives.La seule chance de le retrouver est de fouiller tout le monde systématiquement.\u2014 Un officier de police qui se trouve parmi les invités fait ranger tout le monde sur l\u2019un des côtés de la salle et commence par se soumettre lui-même à une fouille approfondie.Puis, chacun des convives est soumis à une investigation minutieuse.\u2014 Malheureusement, l\u2019Etoile du Sud ne se trouve dans aucune poche, dans aucune doublure.Restait les Cafres chargés du service et qui, groupés dans un coin de la salle attendent peureusement leur tour.Avec eux la fouille sera plus difficile car ils ont des cachettes insoupçonnables.f JE CONNAIS UN^ ( MOVEN DE LES .] V FAIRE PARLER.' V P*- ' ALORS NC TE \\ GENE PAS ! ) LES ESPRITS DESIGNERONT EU» - MEMES LE VOLEUR / PAS / COPYRIGHT HACHETTE OPERA MON P! . UN QUART D\u2019HEURE, CELtr DU VOLEUR SERA PLUS LONGUE DE TROIS S.\tDOIGTS ! y V JH 5 A SU [C'H tribue aux Cafres, rangés en ligne après en avoir mis une de côté pour lui-même.Cyprien l\u2019observe avec curiosité car c\u2019est la première fois qu'il voit pratiquer l\u2019épreuve des baguettes.\u2014 Prenant la parole, Matakit annonce aux serviteurs qu\u2019ils ont un quart d\u2019heure pour réfléchir.Passé ce délai, un tam-tam donnera le signal du rassemblement.Si le voleur se trouve parmi eux, sa baguette et seulement la sienne aura allongé de trois doigts.Ainsi parle Matakit.[à suiure au prochain numéro] LISEZ, CHAQUE S EM AINE, LES CONTES ILLUSTRES DU \"SAMEDI\u201d 32 Le Samedi, Montréal, 29 septembre 1956 Les Pirates de l\u2019Ile du Diable iU.:6 yr***r&sassssL 1.En l'absence de son oncle, Jean s\u2019est occupé de la boutique puis, le soir venu, s\u2019est installé près du feu pour faire un brin de lecture.C\u2019est alors que quelqu\u2019un frappe à la porte.C\u2019est un homme de forte taille qui se présente aussitôt : \u201cJe suis le capitaine Baxter, du Bureau des Douanes\u201d.mw JFJi 2.Il déclare qu\u2019il désire voir M.Dent par affaires.Il apprend à Jean qu\u2019un bateau a été coulé par des contrebandiers et que toutes les vies ont été épargnées, sauf celle d\u2019une petite fille qu\u2019on n'a pu retrouver.Il fait enquête.Mais comme l\u2019heure avance, il doit partir en promettant de revenir le lendemain.% tmm 'baissa .
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