Le samedi, 1 juillet 1955, samedi 9 juillet 1955
[" 67e année, No 9 Montréal, 9 juillet 1955 DANS CE NUMERO \u2022\tLA SAISON THEATRALE DE MONTREAL, par LUCETTE ROBI \u2022\tLES DERNIERS JOURS D\u2019HITLER \u2022\tDANS LE MONDE SPORTIF, \u2022\tL'ILE AUX PIEUVRES, Un roman d\u2019aventures de MAURICE LIMAT par OSCAR MAJOR LE MAGAZINE NATIONAL DES CANADIENS 10 cents m M \\ w % JCeslfc \u20acam #- % » * Champ \u2018visuel plus large pour plus de sûreté Les camions Chevrolet sont les premiers à vous offrir cette remarquable contribution de General Motors à l\u2019amélioration de la visibilité - d\u2019abord présentée dans les voitures de tourisme \u2014le pare-brise panoramique.Preuve de plus du fait que les nouveaux camions Chevrolet \"durs à la tâche\u201d sont les plus modernes sur lit route.¦ tout camion qui ne n\u2019est pas moderne Un camion ne peut pas être moderne sans le nouveau pare-brise panoramique \u2014 le nouveau système de ventilation High-Level \u2014 les nouveaux marchepieds de sécurité dissimulés\u2014les nouveaux sièges et les nouvelles commandes \u2014 enfin TOUTES ces caractéristiques Chevrolet qui rendent la conduite d'un camion plus sûre et plus facile que jamais.Il n\u2019y a pas que les confortables cabines qui soient nouvelles! Les carrosseries entières sont nouvelles et de conception ultra-moderne.Les châssis sont nouveaux et plus robustes.Les moteurs sont nouveaux\u2014et les systèmes de suspension aussi! Vous n\u2019avez jamais vu de camions aussi nouveaux, aussi modernes, d\u2019autant de façons.Venez les voir, venez vous convaincre comment un nouveau camion \u201cdur à la tâche\u201d vous sera profitable à l\u2019ouvrage et profitable encore quand viendra le temps de l\u2019échanger! MX'wSV'i \t\t A\t\tj j \t\t1 ^ Les nouveaux camions Chevrolet durs à la tâche UNE VALEUR GENERAL MOTORS à CHEVROLET A LE CAMION NO I DU CANADA Voyez votre dépositaire Chevrolet Le Samedi, Montréal, 9 juillet 1955 3 La Saison Théâtrale de Montréal en 1955 par LUCETTE ROBERT Montréal, qui n\u2019a pas de théâtre, a eu cependant une saison théâtrale qui ferait l\u2019envie d\u2019autres villes de population identique.Des troupes américaines en tournée, le Ballet, l\u2019Opéra Metropolitan, le Théâtre National Populaire et le Théâtre de Paris (ce dernier pour deux mois et demi), le mime Marcel Marceau, ont joué de septembre à la fin-mai devant des salles fort convenables.Parmi les comédiens étrangers, Jacques Dufilho et Jacques Mauclair seraient prêts à s\u2019exiler au Canada pour perpétuer l\u2019Amphitryon, théâtre d\u2019avant-garde créé par un Français, Patrick Antoine, et un Canadien, Guy Messier.La petite salle qu\u2019ils avaient tendue de jute et meublée de fauteuils de toile jaune, rouge et noir, leur est enlevée par le propriétaire mais ils en créeront une autre : ils sont de la classe des Copeau, des Dullin, des Pi-toeff.Nous avons confiance en leur ténacité, et leur succès prouverait que nous sommes mûrs pour le théâtre d\u2019idée.Mais le sommes-nous ?A part des groupes de l\u2019Université, de la Société d\u2019Etude et de Conférences, des habitués de théâtre (toujours les mêmes), le public n\u2019a pas même eu la curiosité d\u2019aller entendre des pièces signées de Pirandello, de Salacrou, d\u2019Anouilh et l\u2019admirable adaptation de «L\u2019éternel mari» de Dostoïevski qui valut à Jacques Mauclair le Prix Le-normand.Dans le premier s ;ctacle qui comprenait trois pièces, Jacques Dufilho tint avec un égal talent les rôles d\u2019une vieille duchesse, d\u2019un révolutionnaire et d\u2019un paysan.Disciple de Dullin, avec qui il avait joué les « Frères Karamazov » en 1947, il abandonnait son rôle d\u2019Hemmelrich dans « La condition humaine » de Malraux pour venir à Montréal.« L\u2019éternel mari », joué avec une intelligence aiguë par Jacques Mauclair et Philippe Grenier, reste un événement inoubliable de Tannée.Les trois farces de Molière au T.N.M., et « Sébastien » de Troyat, au Théâtre-Club, ayant été données en reprises, je n\u2019ai manqué que « Les Hussards » de Bréal au T.N.M., « Virage dangereux » de Priestley au Théâtre-Club et l\u2019ouverture de l\u2019Anjou, avec du Courteline et du Feydeau, pendant mes quelques semaines à l\u2019hôpital.Des deux pièces canadiennes créées pendant le Festival d\u2019Art Dramatique, je n\u2019ai vu qu\u2019une scène de « Ceux qui se taisent » de Roger Sinclair et la version télé-théâtre de « Chambre à louer » de Marcel Dubé : pièce fort inégale et inférieure à « Zone » qui l\u2019avait fait connaître.Paul Hébert a transformé l\u2019étage supérieur du restaurant Anjou en un théâtre de poche qui compte à peine cent sièges.Il commença la saison par un spectacle 1900 et assura son succès avec « Le printemps de la Saint-Martin » de Noël Coward, joué d\u2019une façon endiablée par Denise Pelletier, Hu-guette Oligny, Lucille Cousineau, Gilles Pelletier, Georges Groulx et Fernando Cruz.Nous ne connaissions pas cette pièce de Coward où deux femmes se disputent avec une rouerie consommée un ancien amant, et qui comporte un personnage de bonne dont Lucille Cousineau a souligné la cocasserie.Ce théâtre léger a connu un énorme succès et la petite salle était, chaque fin-de-semaine, pleine à craquer.Les directeurs du Théâtre-Club, Monique Lepage et Jacques Letourneau, ont le flair du répertoire ; aussi n\u2019ont-ils connu que des réussites sans tomber dans la facilité.Leur distribution est mieux balancée que celle de l\u2019Amphitryon (où des acteurs de premier ordre sont encadrés par des débutants) et plus variée que celle du T.N.M.En fin de saison, ils ont présenté « Le chandelier » de Musset d\u2019une façon délicieuse, et cela grâce à la mise en scène de Jan Doat comme au jeu délicat et nuancé de Monique Lepage et Jean-Paul Dugas.Je signale aussi le décor ingénieux et ravissant de Michel Ambrogi.Nous ne pouvons terminer cet article sans souhaiter au Théâtre du Nouveau-Monde le succès qu\u2019il mérite au Concours International de Paris.Le choix des farces de Molière a suscité des commentaires malveillants de la part de quelques nationalistes qui voulaient à tout prix qu\u2019on jouât une pièce canadienne.Un universitaire de Québec a même suggéré, au cours d\u2019une discussion, le nom de « Maria Chapdelaine » écrite par un Français et vouée d\u2019avance au ridicule après avoir été l\u2019objet de deux films \u2014 l\u2019un faux et l\u2019autre médiocre.Le but du concours étant de juger le travail des comédiens, ceux-ci ont choisi la pièce dans laquelle ils excellent et leur participation au Festival est flatteuse [ Lire la suite page 30 ] i m m Les directeurs de l'Amphitryon, M.et Mme PATRICK ANTOINE, JACQUES DUFILHO et GUY MESSIER dans un répertoire d'Anouilh, Pirandello et Salacrou.IPhoto Alain, Le Samedi1 A gauche, une scène d'Azouk, au Théâtre du Nouveau-Monde, avec JEAN GASCON (à gauche), GEORGES GROULX (l'évadé du bagne).GUY HOFFMANN, YOLANDE ROY, JEAN DALMAIN et Mlle ANDREE LACHAPELLE.ILausanne Studiol.; 4jt \"Le Chandelier\" de Musset, par la troupe du Théâtre-Club, de Montréal.De gauche à droite: GILLES PELLETIER, HENRI NORBERT.MONIQUE LEPAGE et JEAN-PAUL DUGAS.\t(Photo Orssagh).ÏÜuBiraHis! Y- tfi DENISE PELLETIER et HUGUETTE OLIGNY dans \"Le printemps de la Saint-Martin\" de Noël Coward, au Studio Anjou.\t(Lausanne Studiol, t 4 Le Samedi, Montréal.9 juillet 1955 Orateur forcené, d'une extrême violence, HITLER exerça de bonne heure sur les masses une influence qui tenait de l'hypnose.On le voit ici en 1928, cinq ans avant qu'il devint le chef absolu d'une Allemagne qu'il devait entraîner à sa perte.DIX ANS APRES Les derniers jours D\u2019HITLER d\u2019une armée de secours commandée par le général Wenck.Mais celte armée n\u2019existait guère que sur le papier.Trois divisions seulement avaient pu être rassemblées.Et mal équipées, démunies d\u2019artillerie, formées d\u2019ailleurs uniquement de jeunes gens de dix-sept ou dix-huit ans, sans instruction militaire, elles étaient bien incapables de remplir la tâche qu\u2019on leur avait assignée, à savoir rompre l\u2019investissement de Berlin.Ayant pris cependant l\u2019offensive, le 20 avril, afin de célébrer le 5Ge anniversaire du Führer par un coup d\u2019éclat, elles vinrent se briser contre les « orgues » de Tchnikow, pièces de canons à plusieurs tubes accouplés.Echec sans appel.Deux jours plus tard, Hitler le reconnut lui-même au cours de la dernière réunion des dignitaires du parti tenue sous sa présidence :\t« La guerre est perdue », déclara-t-il.« Je vais me tuer ».Il assura également qu\u2019il ne songeait pas à s\u2019enfuir en avion, d\u2019abord vers Berchtesgaden et de là en Espagne, comme on le lui avait suggéré .Dès lors la vie s\u2019organisa dans les vastes abris de la nouvelle Chancellerie où le dictateur s\u2019était installé en compagnie de ses trois hommes de confiance : Goebbels, Krebs et Bormann.Une garnison de 2,000 hommes, pour la plupart des S.S.triés sur le volet, commandés par le général Mohnke assurait la défense de ce dernier réduit de l\u2019hitlérisme.Peu ou pas d\u2019officiers de la Wehrmacht dont le Führer se méfiait depuis l\u2019attentat du 24 juillet.Mais des fidèles se recommandant par leurs exploits passés, tous décorés de la main du maître, résignés à leur sort et qui essayaient de tuer le temps, en fumant, en buvant, en dormant, en jouant aux cartes.Pourtant dans les longs couloirs et dans les chambres étroites, fermées de portes d'acier, l\u2019atmosphère devint vite irrespirable en dépit des ventilateurs.Et il fallut bientôt se hasarder dans les jardins pour aspirer une bouffée d\u2019air frais, au risque d\u2019être pris sous les obus, qui tombaient maintenant sur la Vosstrasse, à l\u2019entrée de l\u2019élévateur.Le mirage s'effondre.Telle devait être la dernière demeure du peintre autrichien qui, trente ans plus tôt, avait couché sous les ponts de Vienne.Six lignes successives de sentinelles armées de mitraillettes et de grenades allaient monter la garde durant dix jours devant son appartement privé, toujours rigoureusement clos.Dans l\u2019antichambre, étaient postés cinq officiers de S.S., avec le garde du corps Günsche bâti sur le modèle d\u2019un boxeur poids-lourd et enfin la chienne Fina, véritable bête féroce.Autour du maître, à portée de son appel, une vingtaine de secrétaires particulières, dont le dévoue- La guerre est perdue, je vais me tuer \u201d déclare le Führer dès le 20 avril 1945 Le IG avrii.1945, Berlin sut que son destin était scellé.Aux premières heures de l\u2019aube, la bataille de l\u2019Oder s\u2019était engagée.L\u2019artillerie soviétique avait déclenché un feu roulant d\u2019une violence inimaginable dont la capitale du Reich avait pu percevoir le sourd grondement.Les Berlinois étaient sortis de leurs caves et, dans les rues déjà ravagées par les bombes d\u2019avions, ils avaient assisté nu défilé des dernières levées du Volkssturm, enfants et vieillards, qui se rendaient en hâte sur le front, c\u2019est-à-dire dans la banlieue immédiate de la ville.Puis, vers le soir, les barrages anti-chars furent fermés.\"Jusqu'au dernier homme.\" La population comprit aussitôt ce que cela signifiait.Berlin serait défendu jusqu'au bout, c\u2019est-à-dire vouée à une destruction, aussi complète qu\u2019inutile.Des cortèges de femmes s\u2019étaient alors formés, qui insultaient les officiers.Mais les généraux de la Wehrmacht s\u2019étaient contentés de hausser les épaules en signe d\u2019impuissance.Une grande question se posait : qui l\u2019emporterait dans la course de vitesse engagée entre les alliés de l\u2019Ouest et ceux de l\u2019Est ?Qui pénétrerait le premier, en vainqueur, dans la cité ?Les Américains ayant franchi l\u2019Oder entre Magde-bourg et Dessau se trouvaient plus rapprochés que les Russes, et l\u2019on crut un instant qu\u2019ils pourraient battre leurs rivaux d\u2019une longueur.Mais dans la matinée du 19 cet espoir s\u2019envola.L\u2019avalanche soviétique se révélait irrésistible.Du côté d'Oranienbourg, les faubourgs extérieurs étaient occupés.Pour tout réconfort, les Berlinois purent entendre à la radio deux proclamations qui alourdirent encore leurs inquiétudes : « Le Führer est parmi nous, annonçait le Dr.Goebbels.L\u2019ennemi a réussi à pénétrer dans quelques quartiers de la banlieue.Il sera combattu avec la dernière énergie et par tous les moyens, et cela sous la direction du Führer lui-même.Berlin reste allemand.Vienne redeviendra allemand .» Quant à Hitler lui-même, il déclarait : « Celui qui propage ou écoute des propos susceptibles d\u2019affaiblir notre résistance est un traître.Qu\u2019il soit immédiatement fusillé, ou pendu.Cet ordre doit s\u2019appliquer même dans les cas où des actes de défaitisme seraient soi-disant prescrits par le Gauleiter, Ministre du Reich ou par le Führer lui-même ».Impossible de signifier plus clairement à cette population exténuée que la lutte serait poursuivie jusqu\u2019au dernier homme, « jusqu\u2019à la dernière femme » ajoutaient les mauvais esprits de la Wehrmacht.L'ultime réduit du nazisme.Pour soutenir le combat à mort qu\u2019il promettait ainsi à sa capitale, le chef du nazisme ne disposait que de bien faibles ressources.Les unités du Volkssturm ayant prouvé leur insuffisance, on s\u2019était mis à compter sur l\u2019arrivée prochaine yiii ET H** La dernière personne à voir Hitler vivant (à l'exception d'Eva Braun, son épouse in extremist fut la célèbre aviatrice allemande HANNA REITSCH qui aurait pu le sortir de Berlin dans le dernier avion à quitter la capitale du Reich envahie par les Russes. he Samedi, Montréal, 9 juillet 1955 5 *» * * .* JÉ#t ¦ / *»»ï -uv» ¦tfïiifôf fed '?^4
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