Le samedi, 1 septembre 1953, samedi 26 septembre 1953
[" DANS CE NUMERO QUI SERA LE PROCHAIN ^ PRESIDENT DE FRANCE VOYAGE A KAPUSKASING GERARD VIOT NINO FRANCO CHERUBINA SCARPALEGGIA LE CENTAURE DE SIERRA BLANCA MAURICE DE MOULINS Un roman d'aventures par ras- as \\ ¦ e Samedi MM ¦ - mSm François Cavigne ggflp mmm Gordon Howe des Red Wings de Détroit, joueur-étoile de trouve que la Batterie hi-level Prest-o-lite a une réserve de liquide 3 fois plus grande que les batteries ordinaires\u2014exige de l'eau 3 fois moins souvent.COURRIER DE GENEVIEVE Les recommandations suivantes sont destinées à ma correspondante Sylvie qui me consultait récemment au sujet du diagnostic et du traitement de maladies sans gravité.Cette lettre fait suite à la précédente dans laquelle je lui signalais les symptômes les plus communs et les précautions à prendre.Il s\u2019agit cette fois des imprudences à éviter.Geneviève.Ce qu\u2019on ne doit pas faire : Ne pas se servir de médicaments trop anciens, ou qui ne sont pas spécifiquement recommandés dans le cas actuel, à moins d\u2019avoir demandé 1 avis du médecin.Ne pas prendre un laxatif si des douleurs au côté peuvent faire supposer qu\u2019il s\u2019agit J\u2019une attaque d\u2019appendicite.Se mettre à une diète légère : thé et pain grillé tranché mince, pendant au moins vingt-quatre heures.F aire de même si l\u2019on a un dérangement d\u2019intestin et prendre du riz au lait.Ne jamais prendre un sédatif qui n\u2019a pas été prescrit par son propre médecin, d\u2019un autre.Surtout, ne prendre aucun médicament qui n a pas été prescrit pour soi et par son propre médecin, sous prétexte que l\u2019une de nos connaissances déclare ce remède merveilleux.Une toux chronique ne doit pas être soignée avec un simple sirop pour le rhume.En outre, se méfier des sirops qui sont restés trop longtemps dans la bouteille.Ne jamais prendre un sédatif qui n\u2019ait pas été prescrit par son propre médecin.Ne pas en augmenter la dose sans demander son avis.Cette dernière recommandation peut d\u2019ailleurs s\u2019appliquer à tous les remèdes.Il y a des gens qui s\u2019imaginent qu\u2019ils guériront plus vite s\u2019ils doublent la dose prescrite ou s\u2019ils la prennent plus fréquemment : c\u2019est au contraire très dangereux.Ai-je besoin d\u2019ajouter, chère Sylvie, que je ne suis ni médecin, ni infirmière.Je vous ai simplement donné quelques conseils de bonne femme, et I j\u2019espère qu\u2019ils vous seront utiles.Geneviève.NOTRE COUVERTURE Cette semaine, François Lavigne, vedette de « Métropole » et de nombreuses autres émissions radiophoniques.Photo d\u2019Annette & Basil Zarov, Montréal, auteurs également des photos antérieurement parues de Ginette Letondal, Roger Garceau et Denyse St-Pierre.DURE PLUS LONGTEMPS AUSSI!\u201d VOYEZ VOTRE MARCHAND PREST-O-LITE AUJOURD\u2019HUI MEME FAITES AU CANADA lhe battery with a 1MCK DANS UNE AUTO Ë EMPLOYÉE NORMALEMENT PREST-O-LITE BATTERY COMPANY LIMITED 13 52 Dufferin Sf.\tT LES PUBLICATIONS POIRIER, BESSETTE & CIE, LTEE Membres de l'A.B.C., et de l'Association des Magazines du Canada LE SAMEDI \u2014 LA REVUE POPULAIRE \u2014 LE FILM 975-985, rue de Bullion, Montréal 18, P.Q.Can.\u2014 Tél.: PL.9637-fc GEORGES POIRIER Président JEAN CHAUVIN Directeur GEORGES POIRIER, fils Vice-président CHARLES SAURIOL Chef de la publicité GERARD VIOT .Secrétaire de la rédaction ODILON RIENDEAU .Chef du tirage ABONNEMENTS\tLE SAMEDI\t Canada\tEtats-Unis\t 1 an \t $3.50\t1 an \t\t55.00 6 mois \t 2.00\t6 mois \t\t2.50 AU NUMERO:\t10 CENTS\t Entered March 23rd 1908, at the Post Office of St-Albans, Vt., U.S.A.as second class matter under the Act of March 3rd 1879.Autorisé comme envoi postal de la deuxième classe.Ministère des Posies, Ottawa. ÉJ&âàm EDOUARD HERRIOT.PAUL REYNAUD.ANTOINE PINAY.GEORGES BIDAULT.' C ï i M.VINCENT AURIOL félicite ROBERTO BENZI qui fut en son temps le plus jeune chef d\u2019orchestre.Le rôle de Président de la République exige une grande et fatigante activité sociale.QUI SERA LE PROCHAIN PRÉSIDENT DE LA REPUBLIQUE FRANÇAISE?En 93 ans, les quatre Républiques eurent seize Présidents RENE PLEVEN., Le Samedi, Montréal, 26 septembre 1953 L'arrivée à Kapuskasing est comme l'accomplissement d'une grande espérance.On est tout heureux de reprendre contact avec une campagne travaillée et enjolivée par l'homme et l'on est bien étonné d'apprendre quid rien n'existait il y a 35 ans, \u2014 ou si peu ! Aujourd'hui 5,000 habitants vivent là avec tous les avantages de la civilisation et c'est Kapuskasing gui lut choisi comme lieu de repos pour la princesse Elisabeth et son mari lors de leur dernier voyage.* * -*~ ÎSrJfcÊ s.-*1 .,*3 Vue aérienne de Kapuskasing.La papeterie se trouve tout à fait à droite de ce cliché, dans le coin en bas.On volt nettement au centre le fameux Cercle sur lequel est axée toute I\u2019ordonnonce de lu ville.Au fil de l'histoire.C\u2019est vers 1910 que le CNR entreprit la construction de la voie ferrée reliant Québec à Winnipeg par le nord.Ce travail gigantesque permettrait, pensait-on, de vivifier des territoires reconnus de bonne terre mais à peine explorés.Si les résultats se firent attendre durant les premières années, ils n\u2019en sont pas moins probants aujourd\u2019hui.Le chemin traversait le site de McPherson vers 1911, mais ce n\u2019est qu\u2019en 1913 que passa le premier train chargé de blé.En 1917, McPherson reprenait son ancien nom indien de Kapuskasing qui signifie « penché sur la rivière ».La ferme expérimentale.La véritable histoire commença en 1914 quand on choisit le site de McPherson pour l\u2019établissement d\u2019un camp de ressortissants ennemis et de prisonniers de guerre allemands.Les premiers arrivèrent le jour de Noël et commencèrent à défricher un coin sur lequel \"bâtir un camp.A un moment on compta jusqu\u2019à 1,600 détenus dont le passage n\u2019est plus marqué que par un petit monument et quelques tombes.Ils cultivèrent approximativement 200 acres.En 1918, le Ministère de la Défense transféra ses territoires au Ministère de l\u2019Agriculture qui fonda une ferme expérimentale et distribua des terres aux démobilisés comme aux nouveaux immigrants.De ces premiers colons il ne reste pour ainsi dire plus de trace.Ils n\u2019eurent pas de descendance et peu à peu quittèrent leurs fermes que l\u2019on voit encore à l\u2019abandon.La ferme modèle, elle, est prospère.Aujourd\u2019hui dirigée par le sympathique M.F.X.Gosselin, B.S.A., elle compte 750 acres de cultures et 200 acres de bois.En 1932 elle avait dû se dessaisir de 200 acres pour la création du terrain d\u2019aviation.15 logis confortables sont répartis sur la ferme qui emploie une moyenne de 35 ouvriers.Travaillant sous des conditions climatiques comparables à celles de la ferme de Normandin sur le lac St-Jean, M.Gosselin peut se vanter d\u2019avoir obtenu d\u2019excellents résultats.Sa tâche est double : sélectionner les espèces qui donnent les meilleurs rendements dans la région et assister les cultivateurs locaux en les conseillant.Sur ce dernier point la besogne est délicate car chacun a son amour-propre.mais nul ne résiste à l\u2019exemple d\u2019une belle récolte.La ferme compte plus de 170 bêtes à cornes, des ruches, des vergers et des jardins pour l\u2019étude et l\u2019acclimatation des plantes d\u2019agrément.La propreté de cette exploitation fait oublier l\u2019isolement du pays en donnant à la campagne un air riant des environs de grandes villes.M.Gosselin qui me reçoit des plus aimablement me dit, non sans satisfaction que le climat se réchauffe sensiblement à Kapuskasing depuis une quinzaine d\u2019années.On a maintenant une moyenne de 100 jours par an sans gelées contre 82 avant 1934.En 1918, il gela le 20 juillet ! M.Gosselin attribue ce résultat au déboisement et à l\u2019int roductioiw^ies cultures de céréales.Nous pensons pouvoir y ajouter le phénomène général de réchauffement de la planète constaté par les savants.N\u2019empêche qu\u2019il fait très froid à Kapuskasing où l\u2019hiver doit sembler interminable ! Durant des mois il faut se résigner à vivre là, sans autre espoir d\u2019évasion que l\u2019avion et la radio.Mais, comme nous allons le voir, on est organisé là-bas pour subir ce siège du froid et de la neige.Le papier.« A Kapuskasing on parle papier comme dans l\u2019Ouest on parle récolte, c\u2019est le sujet de toutes les conversations », me dit le Père Oblat S.A.Cary, curé de Kapuskasing et qui connaît le pays depuis plus de 20 ans.De fait, sans le papier la coquette cité n\u2019aurait plus sa raison d\u2019être.2,000 des 5,000 habitants de la ville travaillent à l\u2019usine.Les autres ont tous une activité qui a quelques traits à la papeterie ou à l\u2019organisation sociale de la papeterie, ils forment la superstructure indispensable à toute société.C\u2019est en 1922 que la première papeterie fut construite par la Spruce Falls Corporation.Elle faisait partie de la pâte-sulfite.Mais, en 1924 elle fut ravagée par un incendie.Des premières maisons édifiées à cette époque, il ne reste plus trace.En 1928, le New-York Times et la Kimberley-Clark Corporation s\u2019unirent pour fonder l\u2019entreprise actuelle qui demeure une des plus importantes et des mieux aménagées du continent.Pour plus de clarté dans notre exposé, nous allons abandonner Kapuskasing, un moment, pour prendre le bois.La compagnie achète volontiers des coupes à des entrepreneurs privés, mais le plus clair de sa matière première est tiré d\u2019une forêt de 6,300 milles carrés louée à la Couronne.De 2 à 3,000 ouvriers travaillent sur les chantiers.Une partie du bois est acheminée par flottage,\t[ Lire la suite page 26 ] !Kg3||Slg V\t'\t¦.\t: 'Æx \u2022£, fâik : I**\"- MiÏÏSBâfïïi L\u2019église catholique de Kapuskasing telle qu\u2019elle est aujourd\u2019hui, rehaussée de son nouveau clocher et, ci-dessous, M.le curé S.A.Cary, Père Oblat, qui connaît Kapuskasing depuis sa fondation.ou presque.Au bord de la pièce d\u2019eau se trouve l\u2019hôtel appartenant à la compagnie : un des plus élégants du Nord.C\u2019est là que furent reçus en grande pompe la princesse Elizabeth et son époux.Les employés de la papeterie y trouvent une excellente pension à bon compte.A l\u2019arrière-plan on aperçoit, à gauche, l\u2019hôpital Sensenbrenner de 40 lits et, à droite, l\u2019église.; ; iBüm* .s* # \u201d *2» La centrale électrique de Smoky Falls à 50 milles de Kapuskasing qu\u2019elle alimente en courant.Une voie ferrée privée rejoint ce barrage à Kapuskasing. SiMSsmmÊèm' Les batteuses à petits pois sont installées en plein air, le plus près possible des cultures.L'usine Green Giant de Ste-Martine telle qu'elle est maintenant, après la modernisation lintenant, après la modernisation.t« S*-*- De la semence à votre table LA GRANDE VALSE DES PETITS POIS par REMY LAURENT Depuis longtemps je me demandais pourquoi certains légumes en conserves sont si bons, meilleurs même que les frais.Je suis donc allé visiter la magnifique usine de Fine Foods ( Green Giant ) à Ste-Martine, comté de Châteauguay.Là j'ai compris comment seule une étroite collaboration des cultivateurs et du conserveur peut opérer ce miracle.\u2022\tPrès de 6,000 acres de culture.\u2022\t500 employés travaillant jour et nuit avec un puissant matériel dans de vastes bâtiments \u2014 mais durant trois mois seulement.\u2022\t450 gallons d'eau à la minute.\u2022\t10 tonnes de charbon par jour.Voilà de quoi produire 13,000,000 de boîtes de conserves, une, presque, pour chaque Canadien.Quand je suis allé à Ste-Martine, voilà quelques semaines, l'usine grondait encore d'une activité fiévreuse.Aujourd'hui la saison s'achève.Déjà, on fait le ménage et on pense à la prochaine récolte qu'il faut minutieusement préparer.La culture.Je me propose donc de vous rapporter ici l'histoire des petits pois, des haricots verts ( fèves ) et du blé d'Inde, telle qu'on me l'a décrite et que j'ai pu la voir.Nous suivrons ces légumes depuis leur mise en terre jusque chez l'épicier.M.Rondot me guide dans ma visite et ne ménage pas ses explications.Agronome, il s'occupe plus particulièrement de la surveillance des plantations.Mais il connaît aussi parfaitement l'usine pour l'avoir vue se développer pendant 11 ans.m Pour son usine de Ste-Martine, Green Giant fait cultiver en moyenne 2,200 acres de petits pois (2,000 livres à l\u2019acre) ; 1,200 acres de fèves (3,500 livres à l\u2019acre, en moyenne, bien entendu) ; 3.100 acres de blé d\u2019Inde (3 à 4 tonnes à l\u2019acre).Les fèves sont particulièrement intéressantes pour le cultivateur québécois.Elles rapportent bien mais exigent beaucoup de main-d\u2019oeuvre au moment de la cueillette qui se fait à la main.Nos familles nombreuses canadiennes-françaises se trouvent ainsi privilégiées car tous peuvent s\u2019y mettre.Tandis que pois et blé d\u2019Inde se cultivent dans le voisinage de la conserverie, on doit aller chercher les fèves dans un rayon de 75 milles.Green Giant, pour s\u2019assurer une qualité optima, n\u2019achète les récoltes que sur contrats passés un an à l\u2019avance.Sitôt la saison close, on propose un nouveau marché aux fermiers.Ceux-ci y trouvent l\u2019avantage d\u2019un prix fixe et d\u2019un écoulement total de leur production mais doivent se soumettre à de fréquents contrôles dans l\u2019intérêt général.Les cultures doivent être alternées.Après la jachère ou la prairie, on recommande de planter du blé d\u2019Inde pour nettoyer la terre avant d\u2019y cultiver des petits pois.La maladie des racines (pourriture) est à craindre et peut rester dans la terre d\u2019une année à l\u2019autre.Seule la rotation permet d\u2019y pallier.Une fois le contrat signé, les chimistes de l\u2019usine prélèvent des échantillons de terre aux fins d\u2019analyse.Ainsi peuvent-ils recommander au fermier l\u2019engrais le mieux approprié à son cas.Parfois même des avances sont consenties sur les récoltes.Ensuite, pour déterminer la date des semailles, très importante sous nos climats difficiles, les spécialistes calculent le nombre de calories déversées chaque jour par le soleil.Us savent ce que la germination requiert et proposent le jour le plus propice.Durant la pousse, des échantillons sont régulièrement analysés.Quand ils comportent 80% de fleurs, on peut prévoir la date de la maturité et la conserverie se tient prête.Les heures de fièvre approchent.Durant tout l\u2019hiver, réduite à son personnel de bureau et à une quarantaine de mécaniciens, la conserverie a fait toilette.Les machines ont été démontées et remises à neuf.On en a profité pour pratiquer des modernisations \u2014 une tranche chaque année.Elle est parée et comme par enchantement se peuple tout à coup de 500 employés qui travailleront jour et nuit en deux équipes.(Les heures de répit sont consacrées au nettoyage).Ouvriers et ouvrières viennent de 20 milles à la ronde et sont \u201cramassés\u201d par des autobus privés.Les machines à ébarber le blé d'Inde sont disposées en des lignes Impressionnantes.Chaque épi est ensuite vérifié.\u2014 Ci-dessous, les haricots verts (ou fèves) sont ici équeutés, vérifiés et coupés avant d\u2019être calibrés.WSmÊ il I [ Lire la suite page 20 ] æfsmmms Après avoir été blanchis les haricots verts sont vérifiés une dernière fois avant la mise en boîtes.I Photos Alain, Le Samedi II I 11 r * - t ïi Un des bancs de mise en boîte automatique.Les petits pois sont ici assaisonnés, cerclés et prêts à étuver. Le Samedi, Montréal, 26 septembre 1953 7 DANS L'INTIMITE DE NOS VEDETTES NINO FRANCO par CHERUBINA SCARPALEGGIA Ht ¦ ' .% LA TELEVISION a fait de Nino Franco, chanteur et musicien déjà populaire, une vedette de premier plan.Ce fut tout d'abord Pierre Pétel qui le présenta à l'écran dans une émission très réussie : Images d'Italie.Dans un décor enchanteur, des musiciens, des danseuses et des chanteurs accompagnaient de leur art le déroulement de sites pittoresques.La voix de Nino Franco non moins que sa physionomie parurent parfaitement adaptées à l'ambiance vivante, chaude et allègre qui caractérisait ce programme.Depuis ce soir-là Nino Franco participe souvent à des émissions télévisées, comme chanteur de folklore italien.Il s'accompagne lui-même à la guitare, instrument qu'il joue dans l'orchestre de Nick Battista pour la joie des auditeurs de la radio et des danseurs de cabarets de nuit.Désormais Nino Franco est reconnu comme un spécialiste de la chanson folklorique qui demande, outre une voix chaude et puissante, une certaine malléabilité sonore et une grande facilité d'interprétation.Pour ses admirateurs de la colonie italienne et aussi pour lui-même, Nino Franco est cependant et surtout un chanteur d'opéra.Lors du récent Festival Italien de Montréal, il remporta un magnifique succès par son interprétation d'extraits d'opéra.Comme la plupart des Italiens, Nino Franco aime la musique par nature et ses goûts sont portés vers le Bel Canto.Il naquit à Gênes et toute son enfance s'écoula entre le port de la ville et les coulisses de l'opéra où, le soir venu, il se faufilait comme un véritable petit rat pour voir et entendre chanter les plus grands artistes de ce temps.Il se souvient encore de ces escapades nocturnes disant : « Pour moi, mourir au Teatro dell'Ope-ra était la plus belle des aventures.En ce temps-là, il était facile de se glisser dans les coulisses et c'était de toute mon âme que j'écoutais les artistes qui pour moi étaient des dieux.Ce furent là mes premiers v Uj iVS-.-v fl Chaque jour, NINO FRANCO fait des voca-lises et répète quelque extrait d\u2019opéra afin de conserver la bonne tenue de sa voix.(Photos Alain, Le Samedi) professeurs et les oracles inconscients qui décidèrent de mon destin.J'avais à peine douze ans lorsque je décidai de devenir chanteur d'opéra.Mes parents ne contrecarrèrent pas mon rêve et me firent même prendre des leçons de piano et de chant.Dès l'âge de dix-huit ans, je remplis quelques engagements dans des revues musicales mais mon idée était de venir chanter en Amérique.» Eh oui, hier comme aujourd'hui, l'Amérique pour les Italiens était la terre promise et comment un jeune homme grandi sur les bords de la Méditerranée, dans cette ville qui vit naître Christophe Colomb dont le monument préside toute la vie de la Piazza, n'aurait-il pas appris à rêver de voyages et d'aventures.Un beau jour, prenant pour tout bagage des cahiers de musique et son habit neuf, Nino Franco s'embarqua sur un cargo à destination des Etats-Unis.Pendant deux ans, il devait voyager sans jamais réussir à débarquer car il avait signé un contrat de travail avec la compagnie de navigation et ne croyait pas qu'il fût si difficile de s'en défaire.Pendant ces deux ans il fit, à bord, un peu tous les métiers : mousse, entreteneur des feux, cuisinier et garçon de table des officiers.Dans toutes ses tâches, il apportait sa bonne humeur et ses chansons.Lorsqu'il parvint à débarquer en Amérique, il se dirigea vers Montréal où il avait un parent et commença tout de suite à chercher du travail.On l'invita à se faire connaître dans des concerts de bienfaisance et bientôt on l'engagea pour faire partie comme guitariste et chanteur des orchestres de théâtre.Bientôt il devait chanter dans divers programmes commandités.Et il devint le chanteur attitré de l'orchestre et des émissions de Giulio Romano.Ce fut au cours d'un récital qu'il rencontra une jeune chanteuse italienne Teresa Nucciaroli que peu de temps après il devait épouser, s'établissant définitivement à Montréal et disant adieu à la vie de bohème et d'aventure.Il est aujourd'hui un père de famille plein de bonhomie et d'affabilité qui reçoit ses amis en leur offrant de fines liqueurs de sa confection.Il aime aussi « cuisiner » et il fait des spécialités génevoises qui font rêver les plus fins gourmets.Il n'oublie cependant pas ses premières amours : l'opéra et, accompagné au piano par sa fille ou sa femme, il passe de longues heures à chanter son répertoire.Les exigences de la vie font qu'il travaille avec un orchestre de musique populaire et la belle manière qu'il a de chanter avec expression et brio l'ont fait classer spécialiste du folklore.Nino Franco parle un italien raffiné mais, pour donner une couleur réaliste à ses chansons il sait prendre l'accent gouailleur et traînant d'un pêcheur napolitain ou la cadence bondissante d'un vagabond sicilien.Mais qu'il interprète un extrait de Pagliacci ou une ritournelle romaine, Nino Franco reste toujours ce qu'il est né : un artiste épris du grand art.NINO FRANCO, accompagné au piano par sa fille NINETTE s'amuse à chanter en famille les plus belles chansons du folklore Italien. 8 Le Samedi, Montréal, 26 septembre 1953 Roman d\u2019aventures\t Le centaure de\t» Sierra-Blanca par MAURICE DE MOULINS L\u2019équipe du ranch Losange B se réveilla fort tard, ce matin-là.Tous les cow-boys qui la composaient s\u2019étaient particulièrement distingués, la veille, au rodéo de Sierra-Blanca.L\u2019un d\u2019entre eux, Dick Sund, avait même remporté la grande course finale, battant de plusieurs longueurs Cyclone, le cheval favori, et s\u2019adjugeant le surnom flatteur de Centaure de Sierra-Blanca.Pour fêter cet heureux événement, les hardis cavaliers et lanceurs de lasso avaient joyeusement sablé le champagne, et, comme ils n\u2019avaient pas rejoint le ranch avant trois heures du matin, ils se sentaient encore la tête un peu vide, une sournoise migraine accompagnée de bourdonnements d\u2019oreille devenait le lot de tous ceux qui s\u2019étaient livrés à de trop copieuses libations lors de la remise de la coupe d\u2019argent à l\u2019heureux champion.Pourtant, Dick Sund se réveilla assez dispos.Un gai soleil pénétrait à travers les fenêtres du vaste refuge qui servait de dortoir aux cow-boys de l\u2019équipe du Losange B.Le champion bâilla, grogna, détendit ses membres encore un tantinet engourdis, puis il sauta agilement à bas de son lit, et, s\u2019étendant sur la descente de lit, il exécuta quelques exercices de gymnastique suédoise.\u2014 Hello, boy!.cria d'une voix pâteuse Teddy Conway, le voisin de Dick, tu ne pourrais pas rester un peu tranquille !.Tu me tournes le coeur en gigotant de la sorte !.\u2014 Navré de t\u2019être désagréable, repartit le jeune homme sans interrompre un seul instant ses mouvements.Mais je n\u2019oublie pas que je dois, ce matin même, conduire une remuda (groupe de chevaux) de cent chevaux à El Paso.Dans ces conditions, il convient de demeurer en forme et de conserver autant que possible toutes ses facultés !.Teddy Conway eut un grognement désapprobateur : \u2014 Décidément, le boss (patron) n\u2019a pas de sens commun !.Comment ! il t\u2019envoie à El Paso après tout ce que tu as fait hier pour la gloire et le bon renom du ranch !.Ce n\u2019est plus de jeu !.Si j\u2019étais à sa place, je t\u2019octroierais au moins huit jours de vacances !.\u2014 Au diable les vacances ! répondit le cow-boy en élevant alternativement la jambe droite puis la jambe gauche sur sa descente de lit.Je m\u2019ennuierais trop à me croiser les bras et à me tourner les pouces !.D\u2019ailleurs, c\u2019est moi qui ai demandé au boss de me confier la conduite de la remuda !.\u2014 Décidément, tu as bien mérité ton surnom de Centaure de Sierra-Blanca ! grommela Teddy Conway.Tu n\u2019es satisfait qu\u2019au moment où tu te trouves en selle !.Good Bye, old fellow !.Bien du plaisir !.En ce qui me concerne, je dormirai jusqu\u2019à midi, et il y a gros à parier que les camarades imiteront mon exemple !.Des ronflements sonores qui s\u2019élevaient un peu partout dans le dortoir accompagnèrent ces déclarations de Teddy Conway qui se retourna en grognant de l\u2019autre côté, et qui, sans plus se préoccuper de son voisin de lit, s\u2019abandonna de nouveau entre les bras le Morphée.Dick Sund haussa en souriant les épaules ; quand il eut achevé sa gymnastique, il se leva, s\u2019en fut procéder à ses ablutions au lavabo voisin et s\u2019habilla.Il revêtit, ce jour-là, la tenue de route, les chaparejos de cuir qui protégeaient le pantalon contre les atteintes des épines de cactus ; il n\u2019oublia pas non plus, après avoir passé ses bottes ornées d\u2019éperons d\u2019impressionnante dimension, d\u2019assujettir autour de sa taille une ceinture d\u2019armes, véritable arsenal, dont les étuis de cuir fauve laissaient dépasser, sur les hanches, les crosses de deux Colt de calibre 45.Une fois équipé, Dick s\u2019en fut au portemanteau où se trouvaient enroulés et accrochés les lassos ; il choisit une corde solide et souple, puis, délibérément, il sortit et descendit l\u2019escalier qui conduisait au rez-de-chaussée où se trouvait le réfectoire.?* * Deux hommes étaient en train de déjeuner dans la grande salle quand Dick Sund y fit son entree , le jeune homme reconnut tout de suite Diego Sam et Carlos Jim, les deux cow-punchers (gardiens de bestiaux) qui devaient l\u2019accompagner au cours de sa randonnée.Les deux hommes semblaient en train de discuter avec animation quand Dick Sund apparut sur le seuil.Ils s\u2019arrêtèrent aussitôt et l\u2019accueillirent avec d\u2019engageants sourires.\u2014 Déjà prêt, Dick ?hasarda Diego Sam, pas fatigué ?Décidément tu es de fer ! Dick Sund n\u2019éprouvait à l\u2019égard de Diego qu une sympathie assez mitigée ; le teint olivâtre, les regards fuyants, les cheveux noirs comme le plumage d\u2019un corbeau, le cow-puncher avait le type de ces greasers qu\u2019on rencontre si souvent sur les frontières méridionales du Texas, quant à Carlos Jim, il ne semblait guère plus intéressant, on savait au ranch qu\u2019il fréquentait souvent les maisons de jeu et qu\u2019il ne dédaignait pas le whisky ou l\u2019aguardiente.L\u2019arrivée de Toby Canter empêcha Dick Sund de répondre.Le visage encadré d\u2019une courte barbe grise, Canter, le propriétaire du ranch, s'avança à la rencontre du champion, la main tendue ; ils échangèrent un vigoureux shake-hand.\u2014\tAlors, Dick, pas trop fatigué ?interrogea le ranchman.____Pas trop, boss !.repartit tranquillement le cavalier.S\u2019il y avait rodéo ce matin, je serais prêt à recommencer et à faire triompher vos couleurs ?_By Jove ! tu es un véritable phénomène, Dick, et je me félicite de plus en plus de t\u2019avoir engagé parmi mon équipe !.Mais assieds-toi, tu vas déjeuner tout de suite.Tu n\u2019oublies pas que la remuda part dans une demi-heure ?.\u2014\tJe sais, boss.En attendant, je vais faire honneur à ces haricots au lard qui me paraissent fort sympathiques.Dick Sund s\u2019attabla, et se servit, pendant ce temps, le ranchman s\u2019établit à califourchon auprès de lui sur une chaise ; une fois encore, il lui exposa la mission qu\u2019il aurait à accomplir.Il avait vendu l\u2019avant-veille cent chevaux à Sanchez, le grand éleveur mexicain d\u2019El Paso, U fallait donc conduire la remuda à destination.Si facile que pût paraître cette chevauchée, elle présentait tout de même certains inconvénients, la région était fréquemment parcourue par des bandes d\u2019outlaws toujours en quête d\u2019un mauvais coup.\u2014\tIl faudra ouvrir l\u2019oeil, Dick ! conclut le ranchman, Diego Sam et Carlos Jim sont restés hier au ranch, ils sont donc frais et dispos, je les ai choisis pour cette raison, je suis bien convaincu qu\u2019ils te seconderont à merveille !.Les deux hommes acquiescèrent et protestèrent de leur dévouement au boss.Dick se contenta de savourer ses haricots.Il eût préféré certes emmener d\u2019autres compagnons que ces auxiliaires tout nouvellement engagés au Losange et dont les allures ne lui disaient rien qui vaille, toutefois il se tut et se garda bien de hasarder la moindre objection ; il savait que ses vieux camarades du ranch se trouvaient actuellement absolument hors d\u2019état de parcourir quelques milles sur selle.Les vapeurs du champagne et du whisky ne s\u2019étaient point encore suffisamment dissipées.\u2014 Vous pouvez compter sur nous, boss, répondit-il, la bouche pleine.Après-demain, la remuda sera remise à son nouveau propriétaire.Si, d\u2019aventure, les outlaws s\u2019avisaient de nous chercher noise, je leur montrerais de quel bois je me chauffe !.Tout en prononçant ces mots, le cowboy caressa de sa main gauche la crosse d\u2019un de ses Colt et adressa à son boss un clignement significatif.Toby Canter se sentit pleinement rassuré.Il savait que Dick Sund était un gaillard solide que ne rebuteraient jamais les lires dangers.\u2014 Ail right !!! Je suis bien persuadé que tout ira pour le mieux !.A l\u2019heure fixée pour le départ, les trois cow-boys gagnèrent la grande cour ; la remuda s\u2019y trouvait déjà rassemblée, elle était composée d\u2019une centaine de broncos tout récemment domptés, certains de ces magnifiques animaux manifestaient encore quelques velléités d\u2019indépendance, en particulier un grand étalon blanc qui caracolaient un peu en avant de ses congénères.\u2014 C\u2019est White le meneur ! fit Toby Canter en s\u2019approchant de l\u2019animal.\u2014 White et moi sommes de vieilles connaissances, répondit Dick Sund en passant une main caressante le long de la crinière du fougueux animal qui frémit à son contact.N\u2019est-ce point noi qui l\u2019ai dompté ?.Le cow-boy puisa un morceau de sucre dans ses chaps et le tendit à White qui s\u2019empressa de l\u2019absorber LE POEME DE L\u2019ILE-DE-FRANCE le ne pourrai jamais dire de quel bien-être, De quel parfum plus fort que le pollen des lis, De quelle juvénile extase me pénètre Un matin qui bleuit les coteaux de SenJis .Mieux que la voix d'Iseult et de Shéhérazade, Mieux que les pourpres chants du brûlant Saadi, Tu me plais, clair rosier près de la balustrade, Où viennent s'assembler les guêpes de midi.Grande allée ondoyant comme une blonde Loire, Comme vous m'emplissez de sagesse et de feu, A l\u2019heure où les vapeurs montent comme une gloire Des rives de la Seine et de l'Oise au coeur bleu.Ah ! si j'ai quelquefois désiré voir la Perse, Si Venise me fut le Dieu que je rêvais, De quel autre bonheur plus tendre me transperce La douceur d'un beau soir qui descend sur Beauvais.Bien plus que pour Bagdad dont le nom seul étonne.Que pour Constantinople, ineffable houri, Je m'émeus quand je vois dans un matin d'automne, Le clocher du Corbeil ou de Château-Thierry.De quel vivant éclat dans ma mémoire brille Tel doux hôtel de ville et tel archevêché, Tel énorme cadran avec sa vieille aiguille, Tel ancien collège avec son toit penché .Comtesse de Noailles. Le Samedi, Montréal, 26 septembre 1953 9 aussitôt ; ensuite, pour remercier son dompteur, l\u2019étalon blanc posa la tête sur son épaule, ses naseaux tout humides effleurèrent le visage bronzé du cow-boy.\u2014 Hello, vieux camarade !.Il faudra être sage au cours de notre voyage !.Dick Sund ne s\u2019attarda pas plus longtemps auprès de la magnifique bête.Le boss frappa dans ses mains ; c\u2019était le signal du départ ; Diego Sam et Carlos Jim avaient déjà sauté en selle, ils se placèrent l\u2019un à droite, l\u2019autre à gauche du troupeau que devait précéder le champion du Losange.En quelques instants Dick rejoignit Kiss, son alezan, qui attendait à une dizaine de pas de White, rapidement il l\u2019enfourcha, puis il agita le bras droit à trois reprises.Aussitôt le troupeau s\u2019ébranla.Dick Sund adressa un dernier geste d\u2019adieu à son boss, puis, au milieu d\u2019un nuage de poussière, saluée par les Good-Bye des quelques cow-punchers qui se trouvaient à ce moment dans la grande cour, la re-muda s\u2019éloigna.A plusieurs reprises les trois cavaliers qui l\u2019escortaient durent faire claquer leurs zéatas (fouets à manche court) pour apporter un peu plus de cohésion parmi le groupe, puis, rapidement, les chevaux dépassèrent les fils de fer barbelés qui marquaient les limites du ranch et s\u2019engagèrent à travers la vaste plaine qui séparait le Losange des Monts Guadalupe dont la chaîne bleutée se découpait à l\u2019arrière-plan.Le soleil dardait implacablement ses rayons sur la terre surchauffée, il faisait une chaleur accablante, mais Dick Sund n\u2019en paraissait pas autrement embarrassé, il était habitué à chevaucher dans de telles conditions ; son stetson aux larges bords le protégeait.Parfois il mettait la main à la hauteur de sa tempe pour se protéger contre la réverbération du soleil sur les sables roses, puis ses genoux pressaient légèrement les flancs de l\u2019alezan.Kiss activait son allure.Et, provoquant un martèlement sourd, la remuda poursuivait sa route ; en peu de temps les accidents de terrain dissimulèrent aux regards de ses trois cavaliers la zone verdoyante et parsemée de points d\u2019eau au centre de laquelle s\u2019élevait le ranch de Toby Canter.Il \u2014 Le point d'eau de Red Butte Cinq heukes durant la randonnée se poursuivit.Ce fut à peine, au cours de ce laps de temps, si les trois cavaliers échangèrent quelques mots ; parfois, lorsqu\u2019un des chevaux s\u2019écartait trop loin de la remuda, ils manoeuvraient pour le faire revenir à sa place primitive, les réatas claquaient, habilement manoeuvrés les lassos exécutaient leurs zigzags dans les airs avant de s\u2019enrouler autour de l\u2019encolure des bêtes récalcitrantes.Dick Sund ne manifestait toujours pas la moindre lassitude, ses regards clairs ne semblaient pas voir le décor farouche qui l\u2019entourait.Il évoquait en effet les péripéties du rodéo de la veille, il lui semblait encore entendre les applaudissements et les ovations enthousiastes des milliers de spectateurs qui crépitaient, accueillant le triomphe du Centaure de Sierra-Blanca.Il éprouvait une profonde fierté de son succès, pourtant il s\u2019arracha souvent à ses réflexions pour veiller à la marche de la remuda.Enfin Carlos Jim abandonna le flanc gauche du troupeau et se rapprocha de Dick : \u2014 Hello, cria-t-il, c\u2019est bien à Red Butte que nous devons camper ?.\u2014 C\u2019est à Red Butte en effet, repartit l\u2019interpellé.Il y a là un point d\u2019eau important.Les chevaux pourront s\u2019abreuver tout à loisir et se remettre un peu avant de reprendre leur route vers l\u2019Ouest.\u2014\tJ\u2019imagine que tu ne seras pas fâché de pauser, toi aussi, insinua Carlos Jim, en essuyant la sueur qui coulait abondamment le long de son visage basane.J\u2019ai tout à fait l\u2019impression de m\u2019aventurer à travers une fournaise.D\u2019ailleurs, le temps devient trop lourd !.Nous aurons certainement de l\u2019orage avant peu.Pourvu que nous puissions rejoindre El Paso avant qu\u2019il se déchaîne !.Le masque de Dick Sund se crispa légèrement, ses regards se portèrent vers le ciel.De petits nuages floconneux apparaissaient à l\u2019horizon et plaquaient des taches ouatées sur l\u2019azur.\u2014\tIl faudra ouvrir l\u2019oeil, voilà tout!.déclara-t-il.Si la remuda était prise de panique en cas d\u2019orage, nous aurions fort à faire pour rétablir le calme et pour rallier les animaux !.\u2014\tIl y aurait évidemment du grabuge.En tout cas, ce ne seront pas les outlaws qui nous auront ennuyés au cours de cette première étape !.Nous n en avons pas remarqué l\u2019ombre d\u2019un seul !.Des scorpions, des serpents à sonnettes et des tarentules, voila tout ce que nous avons trouvé !.Il faut convenir d\u2019ailleurs que cette région ne présente rien de bien effrayant ! Carlos Jim étendit la main et désigna quelques ossements blanchis qui se détachaient sur le sable crevassé et fendillé par la trop grande chaleur.Et Dick Sund se rappela un tragique épisode : quelques années auparavant, des voyageurs égarés étaient morts de faim et de soif à cet endroit, ignorant qu\u2019ils se trouvaient à peu de distance des points d\u2019eau et des limites de ranches importants.\u2014\tJe ne crois pas que l\u2019orage soit pour tout de suite ! déclara-t-il.Il faut nous hâter toutefois et gagner Red Butte au plus vite !.[ Lire la suite page 13 ] ;\"7 WZ-T.IBi# Un roman qui ne traîne pas.L'aventure sous son jour le plus attrayant et le plus terrifiant tout à la fois.La vie pure et simple .à lire d\u2019un trait.Destin de JEAN MILLET 10 Le Samedi, Montréal, 26 septembre 1953 Nouvelle LE SIFFLET par DOMINIQUE RENOUARD Comme à l\u2019ordinaire ce soir-là quand Bopp remonta après le d'ner qu\u2019il avait pris seul dans la vaste salle à manger de l\u2019hôtel, U trouva sa mère qui s\u2019habillait.C\u2019est amusant une maman qui s\u2019habille, surtout aux bains de mer.Toute la journée Maman \u2014 Elsie pour les intimes \u2014 a le dos nu, les jambes nues, les pieds nus.Ses cheveux blonds flottent au soleil.Un simple maillot la vêt.Mais à l\u2019heure du dîner \u2014 le d\u2019ner des grandes personnes \u2014 Maman se transforme.Ses cheveux se contournent en boucles, sa robe traîne jusqu\u2019à terre.Aujourd\u2019hui elle a mis la robe que Bopp préfère et qu\u2019il appelle « la robe des fées ».Aussi, après avoir regardé de loin, il se rapproche, hasarde un mot louangeur, chiffonne l\u2019étoffe dans ses petits doigts bruns, s\u2019en caresse le visage, devient si semblable à l\u2019insecte bourdonnant qu\u2019Elsie le renvoie sur le balcon.Elsie et Bopp sont Anglais.Elle a vingt-huit ans.Il en a sept.Elle est veuve.Elle est riche.Ils s\u2019adorent tous les deux.Elle vient chaque été en France et veut que Bopp devienne un parfait gentleman.En cet instant, elle achève de se poudrer avec ce demi sourire des femmes qui se font belles non pour elles-mêmes ni pour des indifférents, mais pour un seul.Soudain Bopp se met à pousser des hurlements de Sioux ; il trépigne de joie et, saisissant un sifflet d\u2019argent dans la poche de sa petite veste, il entonne triomphalement les premières mesures de Tipperary.Elsie court au balcon, saisit Bopp par l\u2019épaule, lui enjoint de se taire, regarde en bas, aperçoit dans le jardin un officier de marine en grande tenue qui répond aux cris de Bopp par un geste amical et se retire en rougissant.\u2014 Le lieutenant Groix ! crie Bopp en courant vers la porte.Je vais lui montrer comme je sais siffler avec le sifflet qu\u2019il m\u2019a donné.Elsie, de nouveau, saisit Bopp par l\u2019épaule.Elle paraît tout à fait fâchée.\u2014 Vous avez déjà embêté le lieutenant Groix l\u2019après-midi entière avec ce sifflet, dit-elle.Vous ameuterez l\u2019hôtel.Restez ici, je le veux.Je vous défends de descendre.Voyez : le lieutenant Groix dîne avec moi ce soir ; il arrive et, par votre faute, je ne suis pas prête.C\u2019est au tour de Bopp d'être tout à fait fâché.Il se retire dignement près de la fenêtre maintenant fermée.s\u2019installe sur un fauteuil et regarde à l\u2019horizon la nappe bleue de la mer.Il ne peut s\u2019empêcher toutefois de remarquer entre ses dents que le lieutenant Groix n\u2019est pas seulement l'ami de Maman, qu\u2019il est aussi le sien et qu\u2019il pourrait bien monter ici pour causer avec lui puisque, lui, ne peut sortir.\u2014 Nonsense ! coupe Elsie d\u2019un ton sec et Bopp doit se taire.Il se sent profondément ulcéré.Quand Elsie, dix minutes après, se penche pour l\u2019embrasser, il bais se le front, feint de sommeiller.\u2014 Vous serez sage, darling.Je rentre tard ce soir.Je vais au théâtre.Mais, Marie, la femme de chambre, sera auprès de vous dès que vous sonnerez.Voilà votre livre d\u2019images.Lisez, ou bien si vous êtes trop fatigué, allez dormir.Dormir ! Bopp n\u2019y songe guère.Il entend les pas pressés de sa mère dans le couloir, sa voix qui dit à Marie : « Marie, vous serez aimable, n\u2019est-ce pas ?vous irez à neuf heures regarder comment le petit dort.» Il perçoit le claquement de la porte de l\u2019ascenseur.Sa mère est partie.Il est seul.Un gros soupir gonfle sa poitrine.Des idées de révolte tourbillonnent dans sa tête : « De quel droit empêcher Aux innocents les mains pleines.Une charmante anecdote.Dessin de JEAN MILLET les enfants de montrer leurs sifflets au lieutenant Groix ?Maman est méchante et le lieutenant Groix est gentil.Non ! O est méchant aussi, car s\u2019il n\u2019attendait pas Maman pour le dîner, jamais Maman ne se serait fâchée contre Bopp, n\u2019aurait osé répondre à Bopp : « Nonsense ! », n\u2019aurait même pensé à ordonner : « Restez ! je le veux ! ».Ah ! ce « restez ! je le veux ! » il brûle les joues de Bopp comme un soufflet.Le révolté descend de son fauteuil, va à la glace, se regarde : huit ans, teint de cuir, cheveux brûlés de soleil, yeux très clairs.Bopp se regarde, il songe au lieutenant Groix qui a accompli le tour de la terre.Puis (affaire de s\u2019amuser) il verse sur ses cheveux un peu de parfum d\u2019Elsie ; ses lèvres ont une moue d\u2019inexprimable dédain, il murmure « Puff ! Nonsense ! » et il retourne à la fenêtre.Le soleil s\u2019est couché.La vaste plage creuse son demi-cercle.La marée est basse.Des promeneurs, des enfants jouent sur le sable.Dehors il fait encore clair.Dans la chambre il fait presque nuit.Ainsi Bopp est prisonnier.Non ! au fait ; si Maman a dit : « Restez » il n\u2019a rien promis et la porte (il s\u2019en assure) n'est pas fermée.Qui l\u2019empêche d\u2019aller se promener ?Il sort seul ce soir.Personne n\u2019en saura rien, et il ne sera pas testé bêtement dans cette chambre où il fait déjà nuit.Le vestibule est désert, l\u2019escalier aussi.Dans le hall, quelques messieurs dorment derrière leurs journaux déployés.Là-bas, du côté de la salle à manger, Bopp croit apercevoir la « robe de fée » de sa mère en face de l\u2019uniforme du lieutenant Groix ?Que lui importe ?Une baie large ouverte sur la terrasse l\u2019appelle à la liberté.Il dit en passant deux mots au groom qui range les pliants, deux mots qu\u2019il entend souvent dire aux grandes personnes : \u2014 Belle soirée, n\u2019est-ce pas ?\u2014 Très belle soirée, Monsieur Bopp ! Vraiment quelle heureuse idée il a eue ! Grâce à sa décision il sent\t[ Lire la suite page 35 ] ai v- .-, A.\t .- '.\u2018-\u2022TTv' ¦fc.BÜfcSi ¦Mi®' wSfijg Le Samedi, Montréal, 26 septembre 1953 II DANS LE MONDE SPORTIF par OSCAR MAJOR ¦\tv-'~ ~ SAM ETCHEVERRY, 23 ani, 180 livres, fameux quart-arrière des Alouettes de Montréal, se moque de toutes les critiques que plusieurs de nos confrères lui ont lancées, à bras raccourcis.Cet athlète américain, d'origine basque, nous souffla, récemment, à l'oreille ce pronostic : \"Les Alouettes participeront aux joutes de détail en novembre.Sinon, je deviendrai mireur d'oeufs ou rédacteur sportif ! Le football est une perfection, en ce qui a trait à l'esprit d'équipe.Seul, le directeur du jeu a le droit d'avoir de l'imagination.Si l'un des joueurs manque le signal, il gâte la sauce et le maître du gridiron doit, alors, se servir d'une autre tactique pour racheter l'oubli de son coéquipier.Les yeux de plusieurs gérants d'occasion, ici et là, assis à 200 pieds du jeu ne voient ou ne veulent pas voir cela !\" Choses et autres.¦ Albert Molini, le dynamique président de la Ligue Provinciale, ia meilleure classe C de l\u2019univers, s\u2019est appliqué à tuer le canard, voulant qu\u2019il abandonne les rênes de cet important circuit.Comme nous le connaissons, de la tête aux pieds, depuis près d\u2019un quart de siècle, il ne se gêne pas pour fustiger ceux qui lancent aux vents des nouvelles mensongères.Au courant de la régie interne de sa ligue, des ententes de ses clubs avec ceux des grandes ligues, quoique plusieurs de ces derniers n\u2019ont pas donné l\u2019appui nécessaire, Albert Molini abat une besogne formidable, durant la saison d\u2019hiver.Et n\u2019allez pas croire qu\u2019il ne mérite pas un salaire d\u2019au moins $5,000 par année, avec dépenses, alors qu\u2019il ne touche que $3,500, pour tous les tracas, les soucis, les vicissitudes, les fatigues et les contrariétés qu\u2019il surmonte, d\u2019une manière diplomatique, comme tout bon homme d\u2019affaires doit le faire, de nos jours.Ça ne veut pas dire qu\u2019il est parfait, comme un certain nombre de nullités exigeantes voudrait qu\u2019il soit ! Il ne peut contenter tout le monde et son père ! D\u2019ailleurs, n\u2019allez jamais nous présenter un homme parfait ! Il doit être aussi détestable que la perfection même !.B Après plusieurs discussions, un groupe d\u2019amis, tous amateurs de hockey, de baseball et de boxe ont parié la somme de cent dollars.Les deux camps ne s\u2019entendent pas au sujet des meilleures pages sportives de cinq quotidiens français et anglais de notre métropole.Nous fûmes nommé pour régler ce différend amical.Voici notre opinion, émise sans aucune prétention : Les plus intéressantes pages sportive^ sont rédigées, quotidiennement, par nos estimés confrères du \u201cHerald\u201d, de « La Presse », de « Montréal - Matin », du \u201cStar\u201d et de la « Gazette », par ordre de mérite.Les deux meilleurs chroniqueurs sportifs anglais : Elmer Ferguson du \u201cHerald\u201d, sans conteste, et Dink Carroll, de la « Gazette ».Les 2 meilleurs chroniqueurs sportifs français, Marcel Desjardins, de « La Presse » et Jean Barrette, de « La Patrie » dominicale.Non, les noms des rédacteurs que vous nous mentionnez n\u2019appartiennent pas à la catégorie des chroniqueurs sportifs précités, l\u2019expérience manquant.Cependant, en toute justice, nous devons mentionner le fait suivant : Certains d\u2019entre eux, connaissant mieux la langue française, les surpasseront probablement, dans une dizaine d\u2019années seulement, pas avant, car les phénomènes ont tendance à disparaître de plus en plus, de nos jours.Les deux meilleurs commentateurs sportifs français de la radio et de la télévision : Michel Normandin et René Lecavalier, désireux d\u2019apprendre le plus possible.Les deux meilleurs commentateurs sportifs anglais : Vous avez notre choix, glané au sein d\u2019une myriade de confrères, dont quelques-uns croient leur nombril le centre de l\u2019univers !.En dernier lieu, pour votre gouverne, le meilleur joueur de baseball de la Ligue Internationale de 1953, à tout considérer, est Harry \u201cThe Hat\u201d Walker, gérant du Rochester, le meilleur mentor du circuit de Frank Shaughnessy.Malgré ses 35 ans bientôt, il surpasse toüs les autres joueurs, sur le losange, au point de vue intelligence, détermination de vaincre, et habileté naturelle.A notre tour, nous parions que vous êtes surpris de ce que nous venons d\u2019avancer ! ¦ L\u2019un de nos correspondants vient de nous poser cette question, brûlante d\u2019actualités : « Est-ce que les parieurs assidus et enragés des courses de chevaux du Parc Richelieu et de Blue Bonnets font de l\u2019argent, l\u2019année durant ?».Réponse assez facile ! Connaissez-vous des poissons, qui bouclent leur budget à la fin de Tannée ?Nous, à 60 ans bientôt, n\u2019en connaissons aucun, si vous exceptez les proprios de ces pistes bien connues ! Et, croyez-nous, ces derniers continuent leur petit bout de chemin, sans nageoires ! Ca-pish ?.Si vous ne voulez pas nous croire, ce n\u2019est pas à votre gloire, car la victoire ne sourit pas souvent aux gens, petits salariés pour la plupart, qui risquent leur argent, péniblement gagné, dans différentes foires ! Comme Ton dit, dans le bon vieux faubourg de Québec, où nous nous enorgueillissons d\u2019être né, rue Plessis, ce sont de bonnes poires ! B Dans la Ligue des Laurentides, où les propriétaires se saignent à blanc, pour payer de forts salaires à plusieurs joueurs américains ne méritant pas de semblables soldes, nous avons vu un grand nombre de choses étranges ! Trop de lanceurs ont frondé leurs grenades en visant le bâton de leurs adversaires ! C\u2019est une des raisons pour lesquelles il y eut tant de coups de circuit, au cours de la dernière saison.Nous voulons être de bonne humeur, à tout instant ! Mais la bonne humeur exige trop de sacrifices, lorsque les lanceurs nourrissent les frappeurs de balles à la hauteur des aisselles ou de la ceinture, au lieu de les envoyer à la hauteur des genoux, sur le coin extérieur ! C\u2019est pourquoi nous rouspétons, en faisant quelque peine à plusieurs proprios de ce circuit laurentien, qui ne fera pas vieux os, si Ton continue à gonfler les goussets de certains joueurs américains, au détriment des athlètes canadiens.Il n\u2019y a rien de nouveau sous le soleil ! Le même refrain se chantait, faussement, il y a trente ans et plus ! A une exception près : Ray Cutter, Eddie Singher, Timonne Wingo, Larry Carmel, Arthur Duchesnil, Ubald Rose, Tiley Duplessis, Charlie Culver et votre correspondant touchaient un salaire aussi élevé, sinon plus, que la majorité des joueurs de l\u2019Oncle Sam, évoluant sur nos losanges, il y a vingt-cinq ou trente ans.Les blâmez-vous ?H Les petits oiseaux n\u2019ont pas tout ce qu\u2019il leur faut ! Ils chantent, tout de même, les petits moineaux ! Toutefois, ils ne s\u2019appliquent pas à compliquer la vie, qui n\u2019est pas, du tout, compliquée !.Mais l\u2019homme la complique expressément, la femme surtout ! Et les sportifs aussi, dans ce monde de matérialisme outré, que nous devons subir, bon gré mal gré, où Ton peut s\u2019attendre à tout, en dépit de tous les atouts que la Providence nous met entre les mains !.Nous croyons que le gérant Arthur Therrien, du club de baseball Verdun, de la Ligue de Baseball Royale Junior, eut cent pour cent raison de protester la récente décision du président Gérard Thibeault qui, dans sa sagesse, a refusé la reprise d\u2019une joute Verdun \u2014 Plateau Mont-Royal, décommandée, au Parc Lafontaine, par force majeure.Si cette partie avait été jouée et gagnée par le Verdun, le Plateau Mont-Royal, propriété du président lui-même, quoiqu\u2019il mette, à la tête du club de baseball de la rue Mont-Royal, son beau-frère, n\u2019aurait pas eu le droit de participer aux joutes éliminatoires de fin de saison ! Capish ?On se croirait derrière le fameux rideau de fer ! B Réponse à M.Adrien Duchesne, 3173 Evelyn, Verdun.Lorsque, avec trois coureurs sur les buts, aucun joueur hors-jeu, le frappeur cogne un petit coup en l\u2019air dans une tentative de réussir un coup retenu (bunt), il y a lieu d\u2019appliquer la fameuse règle de l\u2019\u201cinfield-fly\u201d, cette incomprise ! Dans un tel cas, le frappeur est retiré, automatiquement, et les autres coureurs avancent à leurs risques.Si le coureur du troisième but a touché le marbre, sur ce jeu, avant que le receveur ne le touche avec la balle, le point est valide.Nous ne pouvons croire qu\u2019à l\u2019école des arbitres de Montréal on enseigne le contraire .Donc, vous gagnez votre pari.H Réponse à M.C.Lavallée, Montréal.Edmond Beauchamp, ancien joueur du Canadien des saisons 1921-1922 et 1922-1923, décédé le 18 juillet, aux Trois-Rivières, était très rapide.Agé de 61 ans, cet athlète accompli, à sa pension depuis trois mois après avoir été à l\u2019emploi de la compagnie Cela-nese de Drummondville, a donné le meilleur de lui-même sur la surface polie, pour les clubs Maple Leafs des Trois-Rivières, Royal Roughs de Québec, Voltigeurs de Québec, Canadiens de Montréal, Hamilton, Américains de New-York, Duluth, Buffalo, Spring-field et Victoria.Edmond, l\u2019un de nos bons amis de toujours, aimait à enseigner aux jeunes joueurs de hockey les finesses de notre jeu national d\u2019hiver.Nos sincères condoléances à la famille, cruellement éprouvée ! 12 Le Samedi, Montréal, 26 septembre 1953 \u2022\tÇa et là sur nos écrans \u2022\tLe scénario de la semaine CARRIE Adaptation du roman de Théodore Dreiser 4 V Carrie Meeber (Jennifer Jones), une jeune paysanne de l\u2019Ouest américain, part pour Chicago dans Vintention d\u2019y tenter fortune.En cours de route, elle rencontre Charles Drouet (Eddie Albert), un commis-voyageur qui est aussi un beau parleur et qui s\u2019empresse de lier connaissance avec sa compagne de voyage.\u2014 Carrie trouve de l\u2019emploi dans une manufacture de chaussures et se blesse à la main sur une machine.Incapable de travailler, elle s\u2019aperçoit qu\u2019elle est de trop dans le ménage de sa soeur.Elle relance Charles Drouet et rencontre chez lui George jamais le revoir.Sur les entrefaites, Julia Hurtswood (Miriam Hopkins) qui a eu vent de l\u2019affaire, vient au restaurant et fait une scène violente à son mari.\u2014 Tard le même soir, George cherche à résoudre le problème qui le confronte, tout en faisant l\u2019addition des recettes de la journée.Il aperçoit dans le tiroir de Fitzgerald, une liasse de billets de banque.Il les met dans sa poche avec l\u2019intention de lui demander un emprunt.Le lendemain, il décide Carrie à l\u2019accompagner à New-York où il est rejoint par le policier Allen (Ray Teal), au bout d'une ' .Hurtswood (Laurence Olivier), le propriétaire d'un restaurant à la inode.\u2014 Cet homme d'âge mûr s'éprend aussitôt de Carrie et l'invite, à plusieurs reprises, à l'accompagner au théâtre.Il va même jusqu'à lui proposer de quitter Chicago avec lui, en lui assurant qu\u2019il ne tardera pas à l'épouser.L'imprudente Carrie consent à tout, car elle s'est attachée à ce monsieur élégant et plein d\u2019detentions à son égard.\u2014 Charles Drouet est revenu de voyage et apprend a Carrie que George est marié et père de famille.Carrie bouleversée jure qu\u2019elle ne veut plus \u2019«h semaine.\u2014 George ne peut rembourser parce que toutes ses économies sont placées au nom de sa femme et il cherche en vain du travail.Il n'est plus bientôt qu un misérable vagabond.Carrie l a quitté pour devenir danseuse dans un spectacle de music-hall.Un soir, elle rencontre George errant aux abords du théâtre et lui donne tout l argent que sa bourse contient.Il est trop tard et il ne saurait reprendre goût à la vie . be Samedi, Montréal, 26 septembre 1953 13 LE CENTAURE DE SIERRA-BLANCA Carlos Jim n\u2019insista pas et s\u2019empressa de rejoindre sa place, la remuda continua d\u2019avancer à une allure régulière, les chevaux harcelés sans cesse par les mouches et par les talons.White les précédait ; mais Dick qui observait souvent à la dérobée l\u2019étalon blanc, put se rendre compte que le magnifique animal se trouvait en proie à une très vive nervosité.Sans doute à la lourdeur de l\u2019atmosphère pressentait-il l\u2019orage prochain.Pendant une demi-heure encore la randonnée se poursuivit à travers la plaine déserte.Partout se succédaient les sables rouges parsemés, çà et là, d\u2019agaves, d\u2019aloès et de cactus-cierges.Des collines ondulaient, entourées de groupes de rochers d\u2019une couleur rouge brique, curieusement travaillés par les vents et par l\u2019érosion, certains empruntant des formes humaines ; jadis, les tribus Apaches qui s\u2019aventuraient dans cette contrée, les prenaient pour des génies qui montaient la garde et interdisaient aux étrangers l\u2019accès de cette région perdue.Enfin, Dick Sund se redressa brusquement sur sa selle ; pour la centième fois peut-être depuis le départ du Losange, il porta la main à la hauteur de sa tempe.Un éclair illumina ses regards quand il repéra, à moins d\u2019un mille de distance, une tache sombre qui se dessinait au pied d\u2019une colline de faible hauteur.Un furtif sourire passa sur les lèvres minces du cavalier.Il reconnaissait là Red Butte.A la maigre végétation qui s\u2019étalait sur une surface de deux milles de circonférence environ, le cavalier repérait la présence d\u2019un point d\u2019eau.D\u2019ailleurs, ce n\u2019était pas la première fois qu\u2019il s'aventurait dans ces parages ; naguère en chassant les broncos, il avait campé trois fois au pied de ce mamelon aux flancs dénudés et recouverts çà et là de quelques maigres touffes de cactus.\u2014 Go ahead !.Dick Sund éleva le bras droit, ses deux compagnons répondirent à ce si* gnal par des cris aigus ; eux aussi reconnaissaient Red Butte, ils s\u2019estimaient enchantés d\u2019arriver à la première étape après avoir parcouru des milles dans des conditions particulièrement fatigantes.Une couche de poussière épaisse recouvrait les cha-parejos des trois cavaliers, ils avaient la gorge sèche et leurs chemises de flanelle leur collaient contre la peau toute humide de sueur.Les chevaux, eux aussi, relevaient la tête.Ils sentaient la présence de l\u2019eau, certains qui renâclaient tout à l\u2019heure et manifestaient une visible répugnance à s\u2019éloigner, suivirent docilement l\u2019étalon blanc.Et bientôt la remuda avança à travers un décor plus verdoyant.Le point d\u2019eau était là, tout proche, à ses abords le sol était piétiné à plusieurs endroits, et les empreintes encore fraîches qui s\u2019y trouvaient imprimées indiquaient que d\u2019autres cow-punchers avaient fait s\u2019abreuver en ces lieux leurs bestiaux.Parvenu à une distance d\u2019une vingtaine de pas du point d\u2019eau, Dick Sund sauta lestement à bas de son cheval ; hâtivement, il promena un coup d\u2019oeil tout autour de lui puis il fit signe à ses deux auxiliaires de mettre pied à terre.White et les autres chevaux n\u2019attendirent pas que les trois hommes les conduisissent s\u2019abreuver, ils s\u2019aventurèrent dans le petit étang, s\u2019ébrouant avec délices et poussant des hennissements de joie- Carlos Jim et Diego Sam s\u2019empressèrent de recueillir de l\u2019eau dans leurs outres.Avisant ensuite une zone légèrement ombragée auprès d\u2019un bou- quet de cotonniers, ils commencèrent de construire un feu en amoncelant le bois mort et les herbes sèches.Pendant que ses compagnons s\u2019affairaient ainsi, Dick Sund examinait attentivement le ciel.Les nuages avaient grossi considérablement depuis tout à l\u2019heure ; ils encombraient le ciel, la température ne s\u2019était pas adoucie, bien au contraire.L\u2019atmosphère demeurait aussi irrespirable qu\u2019une étuve.\u2014 L\u2019orage sera pour la nuit ou pour demain matin ! hasarda Diego Sam qui s\u2019était aperçu de l\u2019insistance que mettait Dick Sund à observer le ciel.\u2014 Puissions-nous le devancer.\u2014 En attendant, coupa Carlos Jim, nous allons nous réconforter un peu.Et, bien entendu, ce soir, je prendrai le premier la garde !.\u2014 J\u2019irai te relever à minuit, repartit Diego Sam.Dick Sund voulant protester, ses deux compagnons lui objectèrent non sans raison qu\u2019il était essentiel qu\u2019il prît un peu de repos, ses exploits de la veille au Rodéo de Sierra-Blanca l\u2019avaient quelque peu fatigué, d\u2019ailleurs Toby Canter avait recommandé qu\u2019il se ménageât, c\u2019est pourquoi, devant l\u2019insistance que mettaient les deux cow-punchers, le Centaure de Sierra-Blanca se résigna à obéir.Il se sentait quelque peu courbattu.Bientôt le lard grésilla dans la poêle que Carlos Jim maintenait au-dessus du feu.Pendant ce temps Diego Sam apportait les oeufs qui allaient permettre de confectionner une succulente omelette.Un appétissant fumet se répandit auprès du point d\u2019eau.Dick Sund s\u2019accroupit à quelques pas du foyer et s\u2019adossa à un cotonnier ; ses regards s\u2019arrêtèrent avec satisfaction sur les chevaux, le pelage tout trempé de sueur ; les animaux venaient de se désaltérer et commençaient de tondre l\u2019herbe qui croissait tout autour, l\u2019alezan Kiss et les deux coursiers de Diego Sam et de Carlos Jim semblaient avoir grand\u2019faim, eux aussi, ils firent honneur à la maigre provende qui s\u2019offrait à leur portée.Le cow-boy prit une cigarette dans la poche de ses chaparejos, la mit à sa bouche et l\u2019alluma, puis, lentement, il envoya des volutes de fumée bleue vers le ciel.Ses regards d\u2019aigle continuaient de suivre la marche lente des nuages.Parfois le soleil apparaissait et laissait filtrer un furtif rayon.Un vent léger adoucit quelque peu l\u2019atmosphère et vint apaiser les appréhensions du jeune homme.L\u2019orage leur laisserait sans doute un peu de répit.Toutefois il semblait de plus en plus certain qu\u2019on ne pourrait l\u2019éviter avant de parvenir à El Paso.L\u2019attention de Dick Sund se porta ensuite sur la remuda ; un éclair de fierté fit étinceler les regards du cowboy.Il était fier des superbes bêtes qu\u2019il allait livrer à l\u2019acheteur mexicain, pourtant un léger tresc-aillement le secoua, ses yeux venaient de se fixer sur ses deux compagnons qui s\u2019étaient agenouillés auprès du feu.Il s\u2019aperçut alors que Diego Sam et Carlos Jim étaient en train de discuter à voix basse.Sans doute appréhendaient-ils qu\u2019il surprît leurs propos, car ils s\u2019arrêtèrent subitement dès qu\u2019ils s\u2019aperçurent que leur compagi: i les observait.Les sourcils du cow-boy se froncèrent\u2019 légèrement, mais ses deux voisins le gratifiant en même temps d\u2019un sourire aimable, il leur répondit de bonne grâce.Pourtant sa méfiance demeurait éveillée, tandis qu\u2019ils achevaient les préparatifs du repas.Dick Sund se promit d\u2019ouvrir l\u2019oeil.\u2014 Je me demande ce que manigan- CHAMFES CHAMPION BOUGIES DIGNES DE CONFIANCE ^cui emploi £ait que toute auto FONCTIONNE MIEUX .quelle qu en doit marque NOUVEAU FEUILLETON Ne manquez pas de lire, en page 18, le premier épisode de notre nouveau roman-feuilleton intitulé : L'ERREUR DU MARQUIS par MAXIME VILLEMER Adresse Ville Province Mm* MYRRIAM DUBREUIL 4110, ru* Bordeaux\t'P°UR LE CANADA ^LEMENTI Cm# P#sta1#a 1391.Place d*Arm#s, Montréal, P.Q Ci-inclus 5c pour échantillon des Piltr.es Myrriam Dubreuil avec brochure.Nom .Fortifiez votre Santé Toutes les femmes doivent être en santé, belles et vigoureuses.D'emploi facile, économique et à la portée de toutes : Les Pilules MYRRIAM DUBREUIL Les Pilules Myrriam Dubreuil sont un reconstituant et un excellent tonique qui améliore le sang, stimule l\u2019appétit, soulage l\u2019épuisement nerveux quand celui-ci s\u2019insinue dans l\u2019organisme et, conséquemment, aide à reprendre le poids perdu.Les Pilules Myrriam Dubreuil constituent un produit médicinal qui produit d\u2019heureux résultats.Sa formule pharmaceutique a été établie, il y a de nombreuses années, après des recherches sérieuses, par des chimistes qualifiés.GRATIS : Envoyez 5c en timbres et nous vous adresserons gratis notre brochure illustrée, avec échantillon.REMPLISSEZ CE COUPON CORRESPONDANCE CONFIDENTIELLE : Les jours de bureau sont : Jeudi et Samedi, de 2 h.à 5 h.p.m. Le Samedi, Montréal, 26 septembre 1953 cent ces deux gentlemen ?se dit-il, qui sait, peut-être espèrent-ils me jouer un bon tour ! A bon chat, bon rat !.Feignons de leur accorder toujours la plus absolue confiance.Nous ne tarderons sans doute pas à apprendre à leur sujet des choses particulièrement instructives.Quand, cinq minutes plus tard, Dick Sund vint s\u2019accroupir auprès d\u2019eux pour attaquer l\u2019omelette au lard, les deux cow-punchers ne soupçonnèrent pas les sentiments de prudence qu\u2019ils avaient éveillés chez leur compagnon.Ils firent preuve d\u2019une excellente humeur, pourtant la cordialité qu\u2019ils manifestaient à l\u2019égard du cowboy semblait quelque peu anormale, jamais il ne les avait vus jusqu\u2019ici en aussi parfaite bonne humeur depuis qu\u2019ils a-vaient été engagés dans l\u2019équipe du Losange ; excellent psychologue, le Centaure de Sierra-Blanca pressentit un piège et se promit de demeurer sur ses gardes.Ill \u2014 Une conversation édifiante Y Jove J.C\u2019est effrayant ce que j\u2019ai envie de dormir !.Dick Sund détendit ses muscles engourdis et bâilla à trois reprises.Auprès de lui, ses deux compagnons échangèrent un regard satisfait : \u2014 Tu vois bien que le boss avait raison, my boy, hasarda Carlos Jim.Tu as trop abusé de tes forces !.Mais rassure-toi, nous allons faire bonne garde l\u2019un et l\u2019autre.Tu peux dormir sur tes deux oreilles !.Pendant que tu prendras un indispensable repos nous veillerons, fidèles à la consigne.Et demain, à la première heure, nous pourrons reprendre notre randonnée en direction d\u2019El Paso !.Un grognement sourd fut la seule réponse de Dick Sund.Décidément le cow-boy semblait tomber de sommeil.Ses paupières se fermèrent, c\u2019était à peine parfois s\u2019il laissait filtrer un regard et accordait la moindre attention au farouche décor qui se dressait autour de lui.Le soleil descendait rapidement à l\u2019horizon ; il apparaissait au-dessous de la barrière des nuages, sous la caresse de ses derniers rayons ; les collines voisines se teintaient de pourpre, puis de mauve.Un vent tiède caressa les visages basanés des trois hommes.Tout près de là, les chevaux de la remuda, suffisamment abreuvés, reposaient paisiblement.\u2014 Je vais prendre le premier la garde, déclara Carlos Jim en mettant la main sur l\u2019épaule de Dick Sund.\u2014 Quoi donc ?demanda le cow-boy d\u2019une voix pâteuse.\u2014 Je vais prendre la garde le premier !.répéta Carlos.\u2014 All right.Arrangez-vous comme vous voudrez ! J\u2019ai sommeil !.C\u2019est effrayant ce que j\u2019ai sommeil !.\u2014 Voilà tes couvertures, tu n\u2019as plus qu\u2019à appuyer ta tête sur ta selle et je suis sûr que tu dormiras comme un bienheureux !.Diego Sam s\u2019empressait ; nonchalamment, le cow-boy le laissa faire, il s\u2019enroula dans la couverture qu\u2019il lui tendait, puis il mit sa tête contre la selle qui allait lui servir d\u2019oreiller, il rabattit son stetson sur son visage.En peu de temps des ronflements sonores prouvèrent aux deux compères qu\u2019il oubliait ses récentes fatigues au milieu d\u2019un profond sommeil.Alors Carlos Jim se tourna vers Diego Sam.Un sourire satisfait éclaira son visage rude.Il allait parler, quand Diego porta un doigt à ses lèvres pour l\u2019inviter à se montrer plus circonspect ; pendant quelques instants encore, ils s\u2019attardèrent à contempler le dormeur avec une profonde satisfaction, puis ils se levèrent sur la pointe des pieds et s\u2019en furent à quelques pas de là : \u2014\tIl en a pour toute la nuit, hasarda alors Carlos.\u2014\tSûr et certain !.Nous allons pouvoir nous absenter sans qu\u2019il s\u2019en aperçoive !.Colorado Ned sera certainement exact au rendez-vous !.\u2014 A nous trois, nous pourrons accomplir de l\u2019excellente besogne ! \u2014 Ne parle pas si fort !.Dick pourrait nous entendre !.\u2014 Nous entendre!.Tu veux plaisanter !.Il dort comme une bûche ! Dès que les ténèbres seront complètement tombées, nous irons pousser une pointe de l\u2019autre côté de Red Butte.Il faut faire vite, Colorado n\u2019est pas patient !.Quelques minutes s\u2019écoulèrent au cours desquelles les deux hommes observèrent un scrupuleux silence.Ils semblaient toujours aussi certains du succès, toutefois leur satisfaction se fût certainement beaucoup atténuée s\u2019ils avaient pu surprendre l\u2019attitude de Dick Sund.Loin de s\u2019abandonner, comme ils le supposaient, entre les bras de Morphée, le cow-boy ouvrait les yeux ; il se redressa légèrement et hasarda dans leur direction un rapide coup d\u2019oeil.Ses lèvres remuèrent imperceptiblement : \u2014 Je crois que mes soupçons étaient fondés !.Ces gaillards préparent quelque louche machination dont la remuda doit faire les frais ! Attention, my boys.Dick Sund n\u2019a pas dit encore son dernier mot !.Le faux dormeur s\u2019immobilisa bien vite et reprit la position qu\u2019il observait tout à l\u2019heure, ses ronflements sonores reprirent et rassurèrent complètement ses voisins.\u2014 Nous allons pouvoir nous esquiver sans qu\u2019il s\u2019en aperçoive ! fit Carlos.Déjà le cow-puncher se dirigeait vers l\u2019endroit où paissait son cheval quand Diego Sam l\u2019arrêta : \u2014 Inutile de prendre nos chevaux.La distance que nous avons à parcourir est insignifiante.Il continue de dormir comme un bienheureux, c est le moment !.Go ahead !.Les deux compères s\u2019assurèrent une dernière fois que leur compagnon ne bronchait toujours pas.Dick Sund continuait de ronfler, le stetson rabattu sur son visage, sa poitrine se soulevait à intervalles réguliers.\u2014 Pas de danger qu\u2019il s\u2019aperçoive de notre absence, souffla Diego Sam, d\u2019ailleurs, nous n\u2019en n\u2019avons pas pour une demi-heure.Et quand nous reviendrons, Colorado sera avec nous !.U lui réglera son compte !.\u2014 A moins qu\u2019il ne préfère agir quand nous chevaucherons de nouveau à travers la Prairie !.Les deux hommes interrompirent leur inquiétant entretien, ils jetèrent une brassée d\u2019herbes sèches et de bois mort sur le feu, puis, rapidement, ils s\u2019éloignèrent en direction de Red Butte ; en peu de temps ils longèrent le monticule, puis, à peine l\u2019eurent-ils contourné sur une distance de deux cents pas environ, qu'ils s\u2019immobilisèrent.A cinquante mètres de là ils apercevaient vaguement une silhouette qui bougeait.\u2014 Ce doit être Colorado, hasarda Carlos Jim.\u2014 Il sera facile de nous en assurer, repartit Diego.Le cow-puncher imita à s\u2019y méprendre le hurlement du coyote, aussitôt un signal identique lui répondit.Dès lors les derniers doutes que nourrissaient les deux compères se dissipèrent comme par enchantement.\u2014 C\u2019est bien lui !.C\u2019est Colorado !.\u2014 Il est exact au rendez-vous!.Les deux hommes s\u2019en furent donc à la rencontre de l\u2019individu qui attendait tout près de là.Adossé contre un rocher, le bandit avait laissé son cheval à peu de distance.Il était de haute taille et se trouvait vêtu à la mexicaine, une fine moustache ombrait sa lèvre ; sous le manteau qui le recouvrait on apercevait une ceinture d\u2019armes copieusement bourrée.\u2014 Enfin ! vous voilà, s\u2019exclama-t-il en voyant Carlos et Diego s\u2019approcher de lui, je commençais à trouver le temps long !.\u2014 Il fallait bien que nous donnions le change à Dick Sund, objecta Diego.\u2014 By Jove !.C\u2019est Dick Sund qui vous accompagne, maugréa l\u2019homme avec un froncement de sourcils.Mauvais, cela ! c\u2019est un rascal qui n\u2019a pas froid aux yeux !.Hier, je l\u2019ai vu au Rodéo de Sierra-Blanca, à franchement parler, il a cent fois mérité le surnom de Centaure dont l\u2019ont gratifié les spectateurs enthousiastes !.\u2014\tSans doute, mais notre compagnon qui a insisté avec force pour conduire la remuda du Losange à El Paso, subit maintenant les conséquences de ses exploits d\u2019hier.Il est littéralement fourbu.Nous aurons donc raison de lui le plus facilement du monde.Il dormait à poings fermés quand nous avons quitté le point d\u2019eau !.Cette mise au point parut satisfaire profondément Colorado dont le masque se détendit.\u2014\tPuisqu\u2019il en est ainsi, tout va pour le mieux.La remuda sera facile à enlever !.\u2014\tD\u2019autant plus facile qu\u2019il ne soupçonne pas un seul instant nos projets !.S\u2019il savait que nous sommes les dignes compagnons de Colorado Ned, le célèbre outlaw dont la capture est mise à prix depuis des années par les autorités du Texas, de l\u2019Arizona et du Nouveau-Mexique réunis, il ne s\u2019attarderait évidemment pas aussi complaisamment dans le royaume des Songes !.\u2014\tEt Canter n\u2019a pas eu le moindre doute au ranch ?coupa Colorado.\u2014\tPas le moindre ! répondit Diego.D'ailleurs, tout le monde, hier, voulait assister à ce fameux Rodéo.Nous avons accepté de rester soi-disant pour obliger nos camarades, en réalité, cette manoeuvre nous a valu d\u2019escorter l'un et l\u2019autre la remuda !.A trois contre un, nous avons maintenant tous les atouts dans notre jeu !.Mais c\u2019est assez parlé du passé, occupons-nous de l\u2019avenir.Comment espères-tu razzier les chevaux ?.\u2014\tPeut-être réussirons-nous, en agissant tout de suite à mettre Dick Sund dans l\u2019impossibilité de nous nuire.Une balle bien dirigée.\u2014\tPas si vite ! interrompit Colorado.Admettons que nous attaquions et abattions Dick Sund, nous ne pourrions éviter de laisser des pistes aux environs du point d\u2019eau.Dès lors, reconnaître nos empreintes et reconstituer le drame ne serait plus qu\u2019un jeu d\u2019enfant pour le shérif de Sierra-Blanca et pour les cavaliers de son posse !.Mieux vaut attendre que les éléments nous prêtent leur concours, et je crois que cela ne saurait tarder !.Tout en prononçant ces mots, l\u2019out-law désignait le ciel encombré de nuages, et comme ses deux acolytes attendaient auprès de lui sans mot dire, et semblaient profondément perplexes, il ajouta : Faites en sorte que la remuda soit en marche au moment même où se déclenchera l\u2019orage.Vous savez que les chevaux sont excessivement nerveux, les grondements du tonnerre provoquent chez eux une irrésistible épouvante, il suffira donc pour vous d\u2019aggraver le stampede (panique) qui ne manquera pas de se produire, et de lui donner une telle envergure que Dick Sund, se verra complètement débordé, il ne nous restera plus alors quà agir.Nous pourrons abattre cet imbécile d\u2019autant plus que la pluie tombera à torrents et effacera toutes les pistes.Bien fin sera celui qui pourra deviner quelle direction nous avons empruntée avec notre butin.Et pendant que nos poursuivants se trouveront réduits aux seules conjectures auprès du cadavre de Dick Sund, nous nous mettrons à l\u2019abri, au-delà du L'HOROSCOPE DU \"SAMEDI\" (Nouvelle férié) 4\t7\t2\t6\t5\t3\t8\t2\t7\t4\t5\t6\t2\t7\t3\t5 C\tF\tV\tS\tE\tU\tU\t0\tI\tA\tP\tU\tU\tN\tN\tA 8\t5\t4\t7\t6\t2\t8\t5\t3\t7\t2\t6\t8\t4\t5\t7 N\tR\tD\tD\tI\tS\tE\tG\tE\tE\tE\tV\tC\tE\tN\tS 4\t7\t2\t8\t5\t6\t4\t7\t3\t8\t5\t4\t7\t2\t6\t4 A\tE\tT\tH\tE\tE\tU\tM\tR\tA\tZ\tA\tA\tE\tZ\tP 8\t7\t4\t8\t5\t2\t6\t7\t3\t8\t5\t2\t6\t7\t4\t8 N\tI\tP\tC\tD\tS\tU\tN\tE\tE\tA\tT\tN\tE\tR\tU 4\t7\t2\t5\t6\t3\t8\t5\t2\t7\t4\t3\t6\t5\t2\t7 E\tA\tR\tV\tR\tU\tN\tA\t0\tG\tC\tS\tE\tN\tP\tR 8\t5\t4\t7\t2\t6\t5\t3\t7\t4\t6\t2\t8\t4\t7\t2 I\tT\tI\tE\tT\tG\tA\tS\tA\tA\tI\tI\tQ\tB\tB\tM 4\t7\t2\t5\t3\t6\t2\t8\t4\t6\t3\t8\t2\t5\t7\t3 L\tL\tI\tG\tI\tM\tD\tU\tE\tE\tT\tE\tE\tE\tE\tE Comptez les lettres de votre prénom.Si le nombre de lettres est de 6 ou plus, soustrayez 4.Si le nombre est moins de 6, ajoutez 3.Vous aurez alors votre chiffre-clef.En commençant au haut du rectangle, pointez chaque chiffre-clef de gauche à droite.Ceci fait, vous n\u2019aurez qu\u2019à lire votre horoscope donné par les mots que forme le pointage de votre chiffre-clef.Ainsi, si votre prénom est Joseph, vous soustrayez 4 et vous aurez comme clef le chiffre 2.Tous les chiffres 2 du tableau ci-dessus représentent votre horoscope.Droits réservés 1945, par William J.Miller, King Features, Inc. Le Samedi, Montréal, 26 septembre 1953 15 Rio Grande, de l\u2019autre côté de la frontière mexicaine !.Carlos et Diego approuvèrent ce plan de leur interlocuteur : \u2014 Décidément, tu es un as, Colorado ! s\u2019exclama le premier.Tu penses à tout !.\u2014 Il s\u2019agit d\u2019avoir seulement un peu de jugeote, déclara Voutlaw avec un sourire avantageux.Mais trêve de paroles inutiles.Je vous suivrai à une certaine distance quand vous vous ébranlerez au début de la matinée, ensuite, quand l\u2019orage se déchaînera et que la panique commencera de s\u2019emparer de la remuda, je vous rejoindrai, pas avant !.\u2014 Nous réussirons, c\u2019est aussi certain que deux et deux font quatre ! Diego Sam qui venait de prononcer ces mots avec tant d\u2019assurance, ne se doutait pas, a cet instant, de la présence d\u2019une silhouette qui se dissimulait tout près de là, derrière un rocher.C était Dick Sund qui s\u2019aventurait ainsi ; à peine Carlos Jim et son acolyte se furent-ils éloignés du camp que le jeune homme écarta brusquement sa couverture ; en quelques instants il fut sur pied ; alors, étreignant son Colt dans sa main, il suivit de loin les deux compères dont il discernait vaguement les ombres.Etroitement abrité, à moins de huit pas du trio, il réussit à surprendre ses étranges et inquiétants propos.Loin d\u2019impressionner le jeune homme, le plan machiavélique imaginé par ses deux compagnons parut provoquer chez lui la satisfaction la plus grande : \u2014 AU right! se dit-il, ces gentlemen désirent « faire du sport », je leur fournirai l'occasion de se distinguer tout à leur aise !.Dick Sund ne s\u2019attarda plus dans le voisinage de Colorado et de ses complices, il se sentait suffisamment édifié et s\u2019imaginait sans peine que Carlos et Diego n\u2019allaient point tarder à s\u2019en retourner vers le feu de bivouac.Il ne fallait pas, à tout prix, qu\u2019ils s\u2019aperçussent de son absence.Alors, évitant de provoquer le moindre bruit, laissant les bandits discuter entre eux, le Centaure de Sierra-Blanca battit précipitamment en retraite ; effectuant un léger crochet pour que sa piste ne fût pas repérée par ceux-là mêmes qu\u2019il désirait surprendre, il s\u2019en fut vers le point d\u2019eau ; cinq minutes plus tard, il s\u2019enroulait dans sa couverture et reprenait la même position qu\u2019il occupait quand ses deux compagnons s\u2019étaient esquivés.Un court moment après, Carlos et Diego s\u2019en revinrent.Un sourire satisfait épanouit leurs physionomies quand ils constatèrent que Dick Sund dormait toujours à poings fermés.Bien convaincus qu\u2019ils pourraient mener à bien leur entreprise avec le concours intéressé de Colorado Ned, ils s\u2019installèrent à leur tour auprès du feu qu\u2019ils ravivèrent.Et, pendant plusieurs heures, le silence le plus complet ne cessa de régner auprès de Red Butte, troublé seulement par les hurlements des coyotes qui se faisaient entendre à de rares intervalles dans le lointain.IV \u2014 A travers l'orage ette fois, je crois que nous n\u2019y échapperons pas !.Tout en préparant le café du matin, Carlos Jim désigna le ciel à Dick Sund.Le cow-boy, le torse nu, achevait, au bord de l\u2019eau, de procéder à sa toilette.Il haussa négligemment les épaules.\u2014 God Almighty !.J\u2019imagine que vous n\u2019avez pas peur du tonnerre.\u2014 Pourtant, si la remuda s\u2019affolait?.\u2014 A nous trois, nous nous efforcerons de ramener les récalcitrants à l\u2019obéissance !.Il n\u2019y a pas d\u2019hésitation possible, il faut arriver à El Paso à la date et à l\u2019heure fixée.Sanchez est un gros acheteur qui aime l\u2019exactitude !.\u2014 Sanchez sera servi à souhait ! repartit Diego Sam.J\u2019imagine qu\u2019il n\u2019aura pas acheté depuis longtemps des chevaux d\u2019aussi bonne race !.Les trois hommes prirent rapidement le repas du matin, tout autour les animaux manifestaient une certaine nervosité.\u2014 Allons ! en selle ! commanda Dick Sund quand le café eut été absorbé.Reprenons la route d\u2019El Paso.Peut-être pourrons-nous atteindre, avant l\u2019orage, la cabane Streak, qui constitue notre seconde et dernière étape.\u2014 Hum!.Cela paraît plutôt problématique !.\u2014 A la grâce de Dieu!.J\u2019imagine que vous n\u2019avez pas la frousse l\u2019un et l\u2019autre ?.Les deux cow-punchers protestèrent, piqués au vif, ils allaient discuter quand leur compagnon les arrêta d\u2019un geste, puis, portant son sifflet à ses lèvres, modula un sifflement strident.L\u2019alezan et les deux chevaux attendaient à deux pas de là, tout sellés et brides, en quelques instants leurs cavaliers les enfourchèrent puis le claquement bref des réatas se fit entendre.Dick Sund et ses deux auxiliaires rallièrent la remuda.A regret les chevaux se reformèrent en ordre de marche, ils paraissaient toujours redouter un danger.\u2014 Go ahead !.Le troupeau s\u2019ébranla, toujours précédé par White, en moins d\u2019un quart d\u2019heure il abandonna la région légèrement tourmentée de Red Butte pour s\u2019aventurer à travers une vaste plaine qui s\u2019étalait presque à perte de vue.Une maigre végétation de cactus croissait çà et là, le sol se craquelait sous les sabots des chevaux.Pourtant l\u2019attention de Dick Sund et de ses deux compagnons ne s\u2019attarda pps sur le décor environnant, ce fut surtout le ciel qu\u2019ils examinèrent avec insistance.Les nuages qui s\u2019accumulaient, noirs comme de l'encre et qui masquaient complètement le soleil les inquiétaient visiblement.Ils savaient que les orages n\u2019étaient pas fréquents dans cette région méridionale du Texas voisine de la frontière, mais, quand ils se produisaient, ils se déchaînaient toujours avec une extrême violence.\u2014 Tiens!.Un cavalier!.s\u2019exclama bientôt Dick Sund qui galopait sur le flanc droit de la remuda.Les deux cow-punchers tournèrent la tête en même temps, ils aperçurent tout de suite l\u2019individu à qui faisait allusion leur voisin, leurs prunelles étincelèrent.Il s\u2019agissait là de Colorado.Cette fois, le moment de passer à l\u2019action s\u2019annonçait proche.Dick Sund savait, de son côté, qu il lui faudrait jouer serré.Avec l\u2019outlaw dont il connaissait la réputation, il aurait un adversaire de taille, pourtant le jeune homme n\u2019avait rien abandonné de sa sérénité, il conservait une inébranlable confiance dans l\u2019issue d\u2019une lutte qui s\u2019annonçait très dure ; le seul fait qu\u2019il fût au courant des louches projets des bandits lui assurait un avantage dont il se promettait de profiter le cas échéant.\u2014 Si nous faisions signe à ce voyageur de nous rejoindre ?hasarda Carlos Jim qui venait d\u2019échanger avec son compère un regard d\u2019intelligence.\u2014 Occupons-nous plutôt des chevaux, coupa Dick Sund.Peu nous importent les cavaliers qui passent dans notre voisinage.Ecoutez !.Le concert commence !.Un roulement sourd se fit entendre, dominant le martèlement des sabots des chevaux.Aussitôt White s\u2019arrêta, les oreilles dressées, tous les autres chevaux imitèrent l\u2019exemple de l\u2019étalon blanc.\u2014Les réatas !.Il faut les faire avancer quand même !.commanda Dick Sund d\u2019une voix vibrante.Un éclair sillonna les nues.Une déflagration assourdissante crépita.Alors, rompant avec l\u2019hésitation qu\u2019ils observaient, les chevaux se mirent à galoper à toute allure.Le stampede commençait, il s\u2019agissait pour les trois cavaliers de l\u2019escorte de rester dans le voisinage immédiat des bêtes dont on leur avait confié la garde et de ne point se laisser envelopper par les bêtes terrorisées.Le cavalier se rapprochait de plus en plus de la remuda.Dick Sund, qui, tout en suivant le flot tumultueux des chevaux, hasardait un coup d\u2019oeil dans sa direction, comprit que le moment était venu : l\u2019attaque allait se produire.Alors, sans hésiter, il se décida à prendre le premier l\u2019offensive.Avant que Carlos et Diego aient pu deviner ses intentions, il laboura de ses éperons les flancs de Kiss.L\u2019alezan exécuta un brusque écart et laissa échapper un hennissement de douleur, il n\u2019était pas habitué à ce que son maître le traitât aussi brutalement, mais Dick Sund le maintenait implacablement sous sa poigne solide, filant avec la rapidité d\u2019une flèche il s\u2019écarta du troupeau pour piquer droit sur le cavalier solitaire.Colorado Ned, car l\u2019outlaw et le cavalier ne faisaient qu\u2019un même personnage, s\u2019imagina tout d\u2019abord qu\u2019il s\u2019agissait là d\u2019un de ses acolytes, pourtant il tira brusquement sur la bride, quand il identifia la silhouette du Centaure de Sierra-Blanca.Alors il comprit le danger.Sans hésitation aucune, il s\u2019empara de son Colt et, le braquant en direction du jeune homme qui se rapprochait de lui à une allure foudroyante, il tira à plusieurs reprises.La rapidité du cavalier ne permit point à son adversaire de le viser, les balles sifflèrent aux oreilles de l\u2019intrépide Sund sans l\u2019atteindre.Alors Colorado esquissa un rapide écart.L\u2019assurance de son adversaire le déconcertait.Sans chercher à riposter à sa décharge, le jeune homme porta la main à son lasso, puis, rapidement, il brandit la corde et la fit tournoyer au-dessus de sa tête.\u2014 A nous deux, Colorado Ned!.L\u2019espoir changea de camp.Le bandit s\u2019attendait si peu à 'ce que Dick Sund abandonnât la remuda pour l\u2019attaquer, mais le Centaure de Sierra-Blanca avait longuement mûri son plan au cours de la nuit.Tout d\u2019abord, il désirait écarter le plus terrible danger qui menaçait le troupeau, il s\u2019occuperait ensuite de parer aux périlleuses conséquences de l\u2019orage.L'outlaw fit rapidement volte-face.Il espérait mettre entre lui et le jeune homme une distance suffisante pour lui échapper, mais le cow-boy fonçait avec une vertigineuse rapidité, ne paraissant faire qu\u2019un seul être avec l\u2019alezan.C\u2019était à peine si ses sabots semblaient effleurer le sol.Pendant quelques instants cette impressionnante chasse à l\u2019homme se poursuivit sous les yeux de Diego et de Carlos Jim qui n\u2019y comprenaient absolument rien et se demandaient si Dick Sund n\u2019était pas subitement frappé de folie.Mais le cavalier savait parfaitement où il désirait en venir, quand il se vit parvenu à une distance suffisante du fugitif il étendit le bras.Le noeud coulant du lasso, merveilleusement lancé vint s\u2019enrouler autour du corps de Colorado Nid.Le bandit n\u2019eut pas le temps de résister, il sentit ses deux bras se coller contre son corps avec une extrême violence, puis une secousse se produisit.Incapable de demeurer plus longtemps en selle, il vida les arçons.Dans sa chute sa tête s\u2019en fut porter Vésirez-vous un teint clair?Employez un \"cold cream\u201d remarquable qui cicatrise en nettoyant ! \u2022 Favorisez votre épiderme d\u2019un éclat de beauté, de 4 façons, chaque fois que vous nettoyez votre visage avec la crème de beauté Noxzema.Cet auxiliaire de beauté au parfum exclusif fournit un nouvel antiseptique remarquable, plus une médication délicate pour rendre la peau plus jolie.Constatez ces avantages extra pour vous ! 1.\tUn nettoyant pour la peau jusque dans les pores.2.\tTonique salutaire et agréable pour la peau.3.\tAdoucissant délicat et crémeux pour la peau.4.\tCrème salutaire pour la nuit\u2014qui aide à cicatriser les marques cutanées défavorables Obtenez dès aujourd\u2019hui le \u201cCold Cream\u201d Noxzema médicamenté, à tous les comptoirs de cosmétiques et de produits pharmaceutiques\u201426^, 45çf, 79^.NOXZEMA JEUNES FILLES QUI TRAVAILLEZ Si votre ouvrage vous épuise recouvrez et maintenez 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solidement puis, le soulevant entre ses bras robustes, il le porta vers l\u2019alezan qui s\u2019était arrêté à une dizaine de pas de là et le plaça en travers de sa selle, ensuite, sans plus s\u2019occuper de la monture du bandit qui s\u2019était arrêtée à peu de distance, il piqua de nouveau vers la remuda qui s\u2019enfuyait, épouvantée par les roulements du tonnerre.Diego Sam et Carlos Jim avaient assisté de loin à cette scène inattendue.Tout d\u2019abord, revenus de leur surprise, ils voulurent se porter à la rescousse, écarter le danver qui menaçait de façon aussi imprévue leur complice, mais ils étaient emportés au milieu du tourbillon des chevaux.La remuda s\u2019éloignait au milieu d\u2019un nuage de poussière, les roulements du tonnerre s^ faisaient plus violents encore, augmentant la panique qui s\u2019était emparée des animaux.Déjà de grosses gouttes de pluie commençaient de tomber et de cingler le visage des cavaliers.\u2014 Damn!.Nous sommes joués!.hurla Carlos Jim.Il savait tout !.Diego Sam ne répondit pas, et pour cause ; le fracas du tonnerre, le martèlement des sabots des chevaux l\u2019empêchèrent de saisir le sens des paroles que lui adressait son compère dont il était séparé par toute la largeur du troupeau.De nouveaux éclairs sillonnaient les nues, aveuglant hommes et bêtes, il semblait que tout le ciel fût en feu.Impassible, Dick Sund continuait de piquer en direction des chevaux affolés.Kiss galopait à toute allure en dépit de la double charge qui lui était imposée.Le jeune homme pensa, à un certain moment, se débarrasser du prisonnier qu\u2019il emmenait avec lui et qui entravait ses mouvements, pourtant il préféra le conserver.Il savait qu\u2019il s\u2019agissait là d\u2019un gibier de choix.Plusieurs détonations claquèrent.Carlos Jim ouvrait le feu contre le cow-boy.Exaspéré par la capture inattendue de Colorado Ned, le misérable abattait son jeu.Une de ses balles traversa de part en part le stetson de Dick Sund qui s\u2019en fut rouler sur le sol.La riposte ne se fit pas attendre.Avec une déconcertante rapidité, le Centaure de Sierra-Blanca saisit un de ses revolvers, puis, en plein galop, il fonça centre son auxiliaire félon, mettant en joue sa silhouette qui apparaissait, assez vague parmi les rafales de pluie qui s\u2019abattaient avec une extrême violence, il tira.Atteint en pleine tête, Carlos Jim chancela sur sa selle, puis, lourdement, s\u2019abattit.Sans plus s\u2019inquiéter du forban qu\u2019il venait de supprimer, Dick Sund se mit à galoper sur le flanc du troupeau.Brandissant le foulard qu\u2019il portait autour du cou et poussant de terribles hurlements, le jeune homme s\u2019efforça d\u2019empêcher toute dispersion des chevaux.Tête nue, à demi aveuglé par la pluie qui ruisselait, il continuait son infernale chevauchée, maintenant sous sa poigne de fer son prisonnier qui essayait maintenant de lui échapper.La douche froide que l\u2019outlaw recevait sans cesse en plein visage était parvenue en effet à le ranimer.Alors, désespérément, il tenta d\u2019échapper à son énergique adversaire.Peine perdue ! Dick Sund ne relâchait pas un seul instant sa vigilance, et comme Colorado tentait encore de lui échapper, il le gratifia d\u2019un terrible coup de poing en pleine nuque.Incapable de résister plus longtemps, le bandit s\u2019écroula une seconde fois, assommé.\u2014 By Jove, j\u2019espère que tu vas être sage, maintenant ! grommela Dick Sund.Et, tout en continuant d\u2019agiter son mouchoir, le Centaure de Sierra-Blanca reprit sa folle chevauchée.V \u2014 Vers le but Diego Sam avait assisté à l\u2019exécution sommaire de son complice ; éperdu, comprenant que toute chance de succès lui demeurait désormais interdite, le misérable voulut s\u2019enfuir, mais les chevaux l\u2019entouraient ; attentif à suivre ce qui se passait dans le voisinage, il s\u2019ètait laissé déborder.Maintenant il était prisonnier des animaux qu\u2019il espérait razzier.A coups de réata, Diego Sam voulut essayer de se dégager, mais les éclairs et les grondements de tonnerre affolaient les animaux à un tel point que les efforts du coquin demeurèrent sans effet.Bon gré, mal gré, il dut se résigner à suivre la remuda qui l\u2019entraînait dans son tourbillon éperdu.Une heure durant, ce fut à travers la plaine une galopade infernale.Dick Sund était seul à conduire le troupeau, toutefois il s\u2019acquittait de sa besogne avec une admirable maestria.Quelques-uns des chevaux s\u2019écartaient-ils dangereusement, aussitôt il les ralliait ; la pluie s\u2019abattait sur lui sans trêve et le trempait jusqu'aux os, impassible, il poursuivait sa chevauchée, et Kiss se surpassait, lui aussi, faisant preuve d\u2019une étonnante endurance.Enfin, l\u2019horizon parut s\u2019éclaircir : trempé jusqu'aux os, ses vêtements lui collant au corps, le jeune homme s'aperçut avec plaisir que l\u2019orage diminuait de violence.La pluie se faisait moins forte, entre deux nuages un timide rayon de soleil apparut.Et, bientôt, le Centaure de Sierra-Blanca constata que les chevaux, fourbus par la galopade ininterrompue qu\u2019ils venaient de fournir, en piquant vers l\u2019Ouest, manifestaient une visible fatigue.La période critique était passée.Alors Dick Sund songea à Diego Sam.Le misérable, profitant de ce que les animaux qui l\u2019avaient entraîné dans leur chevauchée s\u2019écartaient quelque peu autour de lui voulut esquiver, éviter le châtiment.Le bandit laboura les flancs de sa monture de ses éperons, non sans peine, il parvint enfin à se dégager.Alors, galopant ventre à terre il obliqua en direction du Sud.Il espérait ainsi atteindre en peu de temps la frontière.Dick Sund serait trop occupé par la sauvegarde de la remuda pour lui chercher noise.De plus, le jeune homme se trouvait de l\u2019autre côté du troupeau.Avant qu\u2019il fût parvenu à se lancer à scs trousses, le fugitif pourrait prendre une avance appréciable.Pourtant Diego dut abandonner bien vite ses espérances.Faisant rapidement demi-tour, Dick Sund s\u2019aperçut de la manoeuvre exécutée par son compagnon.Délaissant momentanément la remuda qui galopait derrière White à un train d\u2019enfer, il se lança à la poursuite de Diego Sam.Une chasse à l'homme effrénée s\u2019engagea alors dans la plaine parsemée de larges flaques d\u2019eau.Penché contre l\u2019encolure de son coursier, Dick Sund filait avec rapidité.Il s\u2019aperçut pourtant que la présence de Colorado en travers de sa selle ralentissait dangereusement l\u2019alezan.Alors, sans plus hésiter, il laissa glisser son prisonnier toujours évanoui.Le coquin s\u2019en fut tomber lourdement sur le sol détrempé.Allégé, Kiss accéléra son allure.Diego Sam se vit perdu.Il n\u2019était plus séparé de son intrépide adver- saire que par une distance d\u2019environ cinquante mètres.Le masque contracté par la terreur, le misérable ensanglanta vainement les flancs de sa monture, puis, prenant son revolver, il se retourna en plein galop et tira à plusieurs reprises en direction de Dick Sund.Les projectiles sifflèrent aux oreilles du Centaure de Sierra-Blanca sans l\u2019atteindre.Impassible, le cow-boy continua de galoper.Ses regards avertis constataient l\u2019état de fatigue extrême dans lequel se trouvait le cheval du fugitif.La pauvre bête ne pouvait aller bien loin désormais.Elle avait atteint l\u2019extrême limite de ses forces.\u2014 Damn !.Plus vite encore !.Les mâchoires serrées, le coquin épe-ronnait encore sa bête, quand elle s\u2019écroula épuisée.Proférant un horrible blasphème, Diego Sam voulut conserver son équilibre.Peine perdue.Emporté par une force irrésistible, il passa au-dessus de l\u2019encolure de son coursier qui venait de s\u2019affaisser, incapable d\u2019aller plus loin, puis il s\u2019en fut s\u2019étaler en plein milieu d\u2019une flaque.\u2014 Hello, my boy ! je crois que tu ferais mieux de te rendre !.Dick Sund arrivait, et sans attendre même que Kiss se fût arrêté, il sautait à terre.Diego Sam se releva, encore tout étourdi par la chute.Il était hideux à voir à ce moment.La boue souillait ses vêtements, ses mains et son visage.Malgré tout, il voulut s\u2019emparer de son second revolver qu\u2019il conservait encore dans son étui.Son poursuivant déjoua la manoeuvre, et sa voix énergique s\u2019éleva : \u2014 Pas de bêtise, old fellow !.Tu tiens donc absolument à imiter l\u2019exemple de ton compère Carlos Jim ?.Le jeune homme avait pris, lui aussi, son Colt, et le dirigeait contre le fugitif.Alors, comprenant qu\u2019il avait trouvé son maître et que toute résistance s\u2019affirmait désormais inutile, Diego Sam leva les mains : \u2014 All right !.Nous devenons sage.C\u2019est parfait !.Maintenant, tu vas déboucler ta ceinture d\u2019armes et la jeter à trois pas !.\tV Diego Sam parut hésiter encore, mais le Colt de Dick Sund demeurait toujours obstinément braqué sur lui.\u2014 Obéis, canaille, insista Dick Sund.Sinon, je n\u2019hésiterai pas à te fracasser la tête, c\u2019est bien compris ?.Dompté, le bandit déboucla la ceinture et la jeta.Alors, son adversaire lui désigna le cheval tombé tout près de lui : \u2014 Tu as un lasso accroché à ta selle.Tu vas me le donner tout de suite.Cette fois, Diego Sam s\u2019exécuta sans protester, il tendit d\u2019une main tremblante la corde soigneusement enroulée.\u2014 Tourne-toi maintenant et mets les bras contre ton corps !.En moins de cinq minutes, Dick Sund eut garrotté son voisin aussi étroitement qu\u2019il l\u2019avait fait de Colorado Ned, il prit toutefois la précaution de laisser à son prisonnier l\u2019usage de ses jambes, puis, une fois que Diego Sam fut devenu complètement inoffensif, il se pencha vers sa monture qui cherchait vainement à se rélever.Une rapide inspection permit au cow-boy de constater que le malheureux animal s\u2019était brisé la jambe au cours de sa chute.\u2014- Pauvre vieux camarade !.Cette fois, il n\u2019y a pas de remède possible !.Le jeune homme passa une main caressante sur le pelage tout trempé de sueur de la bête.Il lui en coûtait énormément de l\u2019abattre, pourtant, il dut se résigner.Quelques instants plus tard, une détonation éclata, la bête s écroula, foudroyée, d\u2019une balle en COUPABLE OU NON-COUPABLE ?CHRONIQUE U D I C I A I R E par ROBERT MILLET, B.A.Le fait (l'enlever, pour la durée d'une nuit, la banderole d'un candidat, par laquelle il invitait les électeurs à voter pour lui, constitue-t-il un vol au sens de la Loi ?Un candidat à une élection provinciale, comme tous les candidats en général, a fait fabriquer une banderole pour inviter ses concitoyens à voter pour lui.Cette banderole a été installée en face de sa demeure.L\u2019âme en fête, après avoir consommé dans un hôtel de la ville voisine, trois jeunes partisans de l\u2019adversaire du candidat à la banderole, aperçoivent celle-ci en rentrant chez eux.L\u2019idée d\u2019une plaisanterie naît aussitôt dans leur esprit.Ils décrochent la banderole et vont l\u2019installer en face de la demeure de leur oncle.La farce est d\u2019autant plus drôle que l\u2019oncle partage leurs propres idées politiques.Il est donc, lui aussi, opposé au candidat à la banderole.Il va sans dire que le candidat dépouillé n\u2019est pas de bonne humeur, le matin, en constatant que la banderole a disparu.Il appelle donc la police.La banderole est réinstallée à sa place primitive.Les trois jeunes farceurs sont arrêtés et accusés de vol.La banderole avait bien coûté $50.00 au candidat momentanément dépouillé.Ces jeunes gens se sont-ils rendus COUPABLES de vol ou NON ?NON-COUPABLES ! a décrété la Cour du Banc de la Reine, dans un jugement rendu à Montréal, au cours du mois de juin 1953.Même en admettant que le plaignant ait été dépouillé de sa banderole pendant l\u2019espace d\u2019une nuit, il est évident qu\u2019il n\u2019en a pas souffert de préjudice et que les trois accusés n\u2019avaient aucunement l\u2019intention de voler.Il n\u2019y a pas de vol sans intention. Le Samedi, Montréal, 26 septembre 1953 17 Les Mots Croisés du Samedi Problème No 1135 pleine tête.Dick Sund avait mis fin à ses souffrances.\u2014 Maintenant, en avant!.Nous allons retrouver notre vieille connaissance, ce Colorado Ned, murmura le jeune homme, car j\u2019imagine que tu t\u2019ennuierais un peu trop tout seul !.\u2014 Parole d\u2019honneur, c\u2019est lui qui a tout organisé ! protesta le prisonnier d\u2019une voix tremblante.\u2014 Ce n\u2019est pas très joli, ce que tu fais là ! coupa Dick Sund.Certes, je n\u2019ignore pas que Colorado est une franche crapule, toutefois, s\u2019il a espéré pouvoir s\u2019emparer de la remuda dans des conditions assez faciles, ce sont bien tes indications et celles de ton digne compère qui l\u2019ont invité à tenter l\u2019aventure ! Et comme Diego Sam semblait passablement interloqué par la riposte de son compagnon, le Centaure de Sierra-Blanca déclara : \u2014 Inutile de chercher à me donner le change.Je suis actuellement suffisamment édifié sur ton compte.Et je regrette plus d\u2019avoir abattu ta brave bête que de m\u2019être débarrassé de Carlos Jim au moment même où il me prenait pour cible !.L\u2019affaire était ingénieusement montée, j\u2019en conviens, et vous conserviez quelques chances de réussite, pourtant, vous n\u2019?viez oublié qu\u2019une chose, c\u2019était que Dick Sund pouvait ne dormir que d\u2019un oeil !.Et, comme le prisonnier s\u2019immobilisait, auprès de lui, le cow-boy acheva : \u2014 Je vous ai suivis, cette nuit, tous les deux, et j\u2019ai pu surprendre la partie la plus importante de votre entretien avec l\u2019outlaw !.Dès lors, contrecarrer vos projets et passer le premier à l\u2019attaque ne constituait plus qu\u2019un simple jeu d\u2019enfant !.Diego Sam n\u2019insista plus, lourdement il se mit à marcher pendant que le jeune homme continuait de le menacer de son revolver.Ce fut ainsi qu\u2019ils rejoignirent tous les deux l'endroit où Dick Sund, au début de sa poursuite avait laissé tomber Colorado Ned.L\u2019outlaw gisait à la même place où l\u2019avait abandonné son vainqueur, il était entièrement couvert de boue, mais il n\u2019avait toujours pas repris connaissance.Le cow-boy le souleva sous les aisselles et le remit en travers de sa selle, puis, étendant la main en direction de son second prisonnier : \u2014 Il va falloir marcher jusqu\u2019à la remuda, my boy !.Certes les chevaux sont éloignés d\u2019au moins un mille, mais l\u2019orage cesse et je crois bien qu\u2019ils ont ralenti sensiblement leur allure !.Le jeune homme ne se trompait pas.Exténués par la galopade éperdue qu\u2019ils avaient exécutée au cours du stampede, les bêtes s\u2019arrêtaient, elles ne cherchèrent pas à s\u2019écarter quand Dick Sund les rejoignit.Alors, tout heureux du résultat qu\u2019il venait d'obtenir, le cow-boy s\u2019immobilisa pendant quelques instants, et, puisant dans la poche imperméable dissimulée sous sa ceinture, il prit une cigarette et l\u2019alluma.Le lendemain, à l\u2019heure fixée par Toby Canter, la remuda fit son entrée à El Paso.Avant de remettre à l\u2019acheteur Sanchez tout son lot de chevaux, Dick Sund s\u2019arrêta devant la demeure du shérif.Des curieux s\u2019amassaient autour de lui, dévisageant avec insistance ses deux prisonniers qui faisaient piteuse mine.Et, bientôt la nouvelle sensationnelle se propagea de bouche en bouche avec la rapidité de la foudre : \u2014 Colorado Ned a été arrêté !.Il fallut que les deputies du shérif intervinssent pour protéger le bandit contre les fureurs de la foule qui voulait à tout prix le lyncher.\u2014 Cette fois, je vous en fais livraison.déclara Dick Sund au shérif qui voulait le retenir.Pour le moment j\u2019ai à m\u2019occuper d\u2019affaires autrement importantes !.\u2014 Mais vous repasserez par ici ?.\u2014 Quand la remuda sera remise à Sanchez !.Le Mexicain attendait le représentant du Losange B.Dick Sund put donc toucher le chèque constituant le montant de la vente ; après avoir signé un reçu, il se disposait à rejoindre un hôtel tout proche pour prendre un repos bien gagné, quand il s\u2019entendit interpeller.C\u2019était le shérif qui venait de le reconnaître et qui brandissait un papier dans sa main : \u2014 By Jove! s\u2019exclamait le représentant de l\u2019autorité, vous oubliez le principal !.Et, comme Dick Sund attardait sur lui un regard interrogateur, le shérif déclara : \u2014 Vous avez gagné la prime de mille dollars promise pour la capture de Colorado Ned !.Je vous apporte le chèque !.Comme bien on pense, Dick Sund accepta de bonne grâce l\u2019offre de son interlocuteur.Déjà une nuée de journalistes s\u2019abattait autour de lui.Il dut se résigner ?leur accorder une interview et à leur faire le récit de son exploit.Le lendemain, monté sur son fidèle Kiss, Dick Sund reprit le chemin du Losange.Un accueil triomphal lui fut réservé là-bas.Mais le cow-boy avait hâte de reprendre ses chères habitudes.Et l\u2019existence laborieuse du ranch lui fit bientôt oublier les dramatiques péripéties au cours desquelles le Centaure de Sierra-B^anca était parvenu à déjouer les plans de trois malfaiteurs.Maurice de Moulins.HORIZONTALEMENT 1\u2014\tEncoignure.\u2014 Tousser souvent et faiblement.2\u2014\tMouvement vif et agréable que l\u2019âme ressent dans la possession d\u2019un bien.\u2014 Partie dure du pied de certains animaux.\u2014 Marque pour se rappeler quelque chose.3\u2014\tGros oiseau palmipède.\u2014 Creux de la main.\u2014 Ecorce du chêne réduite en poudre.4\u2014\tVille de Chaldée.\u2014 Entrée.\u2014 Visage, bouche.\u2014 A toi.5\u2014\tOuvrage de maçonnerie cintré.\u2014 Nom donné aux prêtres par les chrétiens du Levant.6\u2014\tViandes épicées qu\u2019on met dans l\u2019intérieur d\u2019une volaille.\u2014 Chlorure mercureux, purgatif.7\u2014\tCrevasse sur la peau.\u2014 Mouvement des oiseaux.\u2014 Verte réprimande.8\u2014\tUn des Etats unis d\u2019Amérique (montagnes Rocheuses).\u2014 Arachnides qui vivent dans les fourrures.\u2014 Ccurroie fixée au mors du cheval.9\u2014\tMathématicien écossais à qui l\u2019on doit l\u2019invention des logarithmes.\u2014 Depuis.\u2014 Grand, étendu.10\u2014\tPrises de passion.\u2014 Plis du front, du visage.11\u2014\tVille d\u2019Espagne (prov.de Guipuz-coa).\u2014 Sommets des rochers, des montagnes.12\u2014\tPatrie d\u2019Abraham.\u2014 Aventurier, né à Tonnerre.\u2014 Servent à faire avancer les chaloupes.\u2014 Pronom.13\u2014\tNom vulgaire de la larve du hanneton.\u2014 Qui ont un ou plusieurs enfants.\u2014 Homme politique français, né à Lumigny.14\u2014\tUne des cinq parties du monde.\u2014 Produit par le croisement de races différentes.\u2014 Epoux.15\u2014\tQui a une chance heureuse.\u2014 Terminer.VERTICALEMENT 1\u2014Ce qui est à jour dans une sculpture.\u2014 Fusil (en anglais).\u2014 Genre d\u2019anacardiacées employées en teinture.2\u2014\tSombre.\u2014 Célébrée.\u2014 Eruption érythémateuse qui s\u2019observe au c urs de diverses maladies.3\u2014\tUn des meilleurs généraux de L.uis XI.\u2014 Cheminée de rochers.\u2014 Refusa de croire.4\u2014\tChemin de halage.\u2014 Etable à porcs.\u2014 Dans.5\u2014\tGros orteil.\u2014 Philosophe français, ni à Guingarrp.6\u2014\tBillet d\u2019identité.\u2014 Saint (en espagnol).\u2014 Moi.7\u2014\tZxp.ime l\u2019universalité.\u2014 Boire le c ntenu de.\u2014 Petite quantité.8\u2014\tGenre de grands arbres qui servent à b rder les routes.\u2014 Os des parties latérales de la poitrine.-Filet pour prendre les oiseaux.9\u2014\tUnité.\u2014 Déc lores.\u2014 Maladie inflammatoire des dents.10\u2014\tPronom.\u2014 Assemblée où l\u2019on danse.\u2014 Sans elles il n\u2019y aurait pas de vers.11\u2014\tCessation de travail, de mouvement.\u2014 Outils pour dégrossir.12\u2014\tPronom indéfini.\u2014 Compagnons de travail.\u2014\u2022 Milieu.13\u2014\tAu bout de peu de temps.\u2014 Rigoureux, sans indulgence.\u2014 Ile anglaise de la mer d\u2019Irlande.14\u2014\tCondition sociale.\u2014 Qui ont des dimensions considérables.\u2014 Devenu sur, aigre.15\u2014\tQui a rapport aux reins.\u2014 Créée.\u2014 Avoir à la main.Solution du problème No 1134 C\u2019est absurde de prétendre que les gens sont bons ou mauvais ; ils sont plutôt charmants ou ennuyeux.Oscar Wilde.On peut aimer les femmes, on ne saurait les comprendre.Oscar Wilde.A chaque fois qu\u2019un homme aime, c\u2019est la seule fois qu il a jàmais aimé.Oscar Wilde.Le rire n\u2019est pas un mauvais moyen de faire naître une amitié, mais il est de loin le meilleur pour la tuer.Oscar Wilde.Les travaux pénibles ne sont que le refuge des gens qui n\u2019ont rien de mieux à faire.Oscar Wilde. Le Samedi, Montréal, 26 septembre 1953 /9 g S 18 NOTRE NOUVEAU FEUILLETON ERREUR MAXIME VILLEMER PREMIERE PARTIE I Ils sont là, face à face \u2014 le docteur Stanislas et le docteur Martial Vernier \u2014 dans le vaste cabinet de consultation du luxueux appartement habité, rue Marbeuf, par le célèbre praticien Stanislas.Le docteur Martial Vernier e6t jeune encore \u2014 à peine compte-t-il trente-cinq ans \u2014 et déjà, cependant, son visage est fatigué, son front est coupé de rides profondes ; toute sa physionomie dénote l\u2019angoisse de chagrins intimes, révèle une tristesse morne que rien ne semble pouvoir dissiper.Le docteur Stanislas, lui, \u2014 spécialiste renommé dans les cas de maladies de poitrine \u2014 est déjà presque un vieillard dont la figure, empreinte de douceur et de bienveillance provoque la sympathie et attire le respect.Ces deux hommes, ces deux médecins, sont depuis longtemps unis l\u2019un à l\u2019autre par une sympathie profonde : alors qu\u2019il était chef de clinique à l\u2019Hôtel-Dieu, le docteur Stanislas a eu sous ses ordres pendant deux ans, en qualité d\u2019interne, Martial Vernier qui fut et est resté l\u2019élève préféré du maître.Et pourtant entre eux, aujourd\u2019hui, une certaine gêne semble régner, comme s\u2019ils hésitaient à se communiquer de pénibles et douloureuses impressions.Martial Vernier dit enfin : \u2014 Combien je vous suis reconnaissant, maître, d\u2019être allé chez moi hier, d\u2019avoir fait une visite à ma pauvre Claire.\u2014 Comme je passais rue Saint-Jacques, je me suis rappelé la promesse que je vous avais faite ; je suis monté chez vous et, longuement, j\u2019ai examiné votre jeune femme.« Hélas ! je ne vous cacherai pas que j\u2019ai trouvé cette pauvre petite mère bien changée.Martial frissonna.\u2014 Oui, poursuivit le docteur Stanislas, ce n\u2019est plus la gentille Claire d\u2019autrefois, la fillette blonde qui, chaque soir, venait vous attendre à la sortie de l\u2019hôpital ! Quelle idylle, alors !.Idylle qui finit bentôt par un mariage où vous n\u2019apportiez l\u2019un et l'autre, pour toute dot, que votre courage et votre amour ! « Et combien je fus heureux quand vous vîntes me prier d\u2019être un de vos témoins ! Avec quel empressement j\u2019acceptai de vous donner cette marque d\u2019estime et de sincère affection !.« Mais tout passe ! reprit le docteur Stanislas en se levant.Bientôt la maladie vient, qui défigure les plus jolis visages et tue tout ! Commencé dons l'édition du 26 septembre 1953.Publié en vertu d\u2019un traité avec la Société des Gens de Lettres.\u2014 Les noms de personnages et de lieux de nos romans, feuilletons, contes et nouvelles sont fictifs et choisis au hasard.« Ah ! que la vie est donc triste, quand on y songe.et combien d\u2019entre nous ne voudraient pas la recommencer \u2014 moi tout le premier ! « Et moi donc ! » pensait Martial en passant la main sur son front.D\u2019un ton qu\u2019il s\u2019efforçait de rendre calme, Martial Vernier demanda : \u2014 Comment, maître, avez-vous trouvé ma pauvre Claire ?\u2014 Bien malade, mon enfant.la tuberculose la ronge ; mais il ne faut pas désespérer : Claire est jeune.et la jeunesse est encore le meilleur auxiliaire des médecins.« Oui, il est permis d\u2019espérer encore ; et même, je suis convaincu qu\u2019on sauverait votre femme en la conduisant au pays du soleil, en lui faisant passer l\u2019hiver à Cannes ou à Hyères, en l\u2019arrachant aux brumes de Paris pour lui faire respirer à pleins poumons l\u2019air pur et vivifiant de la Côte d\u2019Azur.Comme atterré, Martial Vernier ne prononçait pas une parole.\u2014 C\u2019est parce que je voulais vous dire tout cela, reprit le docteur Stanislas, que j\u2019ai chargé votre mère de vous prévenir que je vous attendais dans mon cabinet.« Ici, face à face, je peux bien vous avouer que tou?les remèdes que je prescrirais n\u2019apporteraient à votre chère malade qu\u2019un soulagement passager.\u2014 Je suivrai vos prescriptions, maître, dit Martial Vernier, la voix quelque peu tremblante ; j\u2019enverrai ma Claire bien-aimée dans un sanatorium du Midi.\u2014 Vous ferez comme vous pourrez, mon enfant ; mais il faut se presser : voici l\u2019hiver et il est nécessaire que votre femme ait quitté Paris lorsque viendront les premiers froids.« Et, ce qui serait encore mieux, envoyez aussi dans le Midi toute votre petite famille.notre malade s\u2019ennuiera moins.\u2014 Tous dans le Midi ! pensait Martial en passant la main sur son front, comme si c\u2019était possible !.Et, à ce maître vénéré, à cet homme bienveillant et compatissant, il n\u2019ose parler de sa situation malheureuse, il n\u2019ose avouer sa détresse : la crainte de s\u2019amoindrir retient sur ses lèvres une confidence qui les sauverait tous \u2014 la confidence de sa gêne de tous les jours de la misère qui, depuis dix ans, règne en son logis.Et, dérision amère, le maître, qui ne soupçonne pas cette détresse, reprend après quelques instants de silence : \u2014 Travailleur et savant, sans doute votre clientèle est belle ; et, sans doute aussi, vous gagnez beaucoup d\u2019argent.Rien ne s\u2019oppose donc à ce que vous envoyiez votre femme au pays du soleil.Dans quelques mois, elle reviendra de là-bas complètement guérie.et vous serez enfin tous heureux.« Ah ! mon pauvre Vernier, vous êtes encore un des privilégiés, vous.Combien de mes anciens élèves \u2014 comme vous, interne à l\u2019Hôtel-Dieu, \u2014 végètent misérablement, sans clientèle, parfois sans pain.Et, avec amertume, le docteur Stanislas ajouta : \u2014 Il y a trop de médecins, voyez-vous.Comprenant que le vieux praticien allait commencer sa dissertation favorite sur l\u2019encombrement des carrières libérales, Martial Vernier prit son chapeau et partit.Il avait besoin d\u2019air et d\u2019espace, besoin de se recueillir, de bien peser les prescriptions du maître.La tête un peu perdue, Martial Vernier descend lentement l\u2019avenue des Champs-Elysées, se demandant ce qu\u2019il va faire, ce qu\u2019il va décider.Jamais il ne s\u2019est senti aussi triste, aussi douloureusement ému.Dans les yeux de cet homme, de ce savant qui n\u2019a pas cherché à cacher ses craintes, il a lu l\u2019arrêt qui condamne Claire.et son coeur tremble encore.Sous le coup de cette pénible impression, Martial oublie les heures ; il erre au hasard, récapitulant dans sa pauvre tête enfiévrée tout ce qu\u2019il a entendu tout à l\u2019heure.La nuit vient sans qu\u2019il s\u2019en aperçoive.Les réverbères s\u2019allument et s\u2019allongent à l\u2019infini, épandant leur pâle clarté dans les larges avenues.Un peu de bruine tombe, et déjà les feuilles mortes jonchent les allées qui, peu à peu, se font désertes.Et lui, tout à l\u2019effroyable cauchemar qui l\u2019oppresse encore, continue sa course dans la nuit.C\u2019est une fin d\u2019octobre 1875.Oh ! il se souviendra toujours de cette date ! \u2014 date fatale, à jamais gravée dans sa mémoire.Et, d\u2019une voix sourde, sans se soucier des passants qui peuvent l\u2019entendre : \u2014 Conduire Claire dans le Midi ! à Cannes ou à Hyères !.Mais avec quoi ?.avec quoi ?Et un rire de folie erre sur ses lèvres.\u2014 Ah ! pauvre chère aimée ! murmure-t-il, tu resteras avec nous dans ce Paris dont le souffle est pour toi un mortel poison ! Et je ne pourrai pas te sauver ! Toute ma science est impuissante à t\u2019arracher à la mort qui te guette ! Et bientôt, hélas ! tu me quitteras à jamais, emportant avec toutes mes illusions, toutes mes tendresses.Tout en songeant, il gagne les quais, puis il traverse un pont et, maintenant, le voilà boulevard Saint-Michel, parmi la foule rieuse des étudiants qui se coudoient et s\u2019interpellent.Et c\u2019est toute sa jeunesse qui se représente à sa mémoire ; c\u2019est la mignonne Claire qu\u2019il croit apercevoir \u2014 dans une douce vision \u2014 venant à sa rencontre.Ah ! la jolie fillo aux lourds cheveux blonds, aux yeux si clairs qu\u2019il pouvait y mirer les siens !.Et dix ans ont passé, anéantissant cette joie si pure et si grande, ne laissant désormais dans leur coeur à tous deux qu\u2019un éternel deuil.Hâtivement, maintenant, Martial Vernier gagne la rue Saint-Jacques.Devant une maison de modeste apparence, il s\u2019arrête, défaillant, la sueur au front ; puis, résolument, il s\u2019 engage dans un corridor obscur, gravit deux étages et s\u2019arrête devant une porte munie d\u2019une plaque de cuivre sur laquelle on lit : Docteur MARTIAL VERNIER Consultations de 2 à 4 heures.Pendant quelques instants, il demeure immobile et angoissé, puis enfin, il tire une clef de sa poche et ouvre la porte qui, doucement, roule sur ses gonds.Sans bruit, à pas étouffés, il traverse une antichambre obscure et pénètre dans une petite pièce servant à la fois de salon et de salle à manger.Autour d\u2019une table, toute une famille se trouve réunie : une vieille femme aveugle et trois jeunes enfants.\u2014 Bonjour, mes enfants, bonjour mes petits, dit Martial.Sans doute, vous m\u2019avez attendu pour dîner, n\u2019est-ce pas ?Une autre fois, ne m\u2019attendez pas : j\u2019ai toujours tant à faire et Paris est si grand, les courses sont si longues ! Très las, il était tombé sur un siège, et les enfants l\u2019entouraient, sautaient sur ses genoux, lui faisaient un collier de leurs bras, lui posaient maintes questions.Mais, subitement, toute cette joie débordante s\u2019éteint, et aussitôt règne un absolu silence.C\u2019est que, dans la pièce voisine, une malade que l\u2019on ne veut point éveiller sommeille, une malade bien chère : la jolie Mme Vernier, qui se meurt de la poitrine.Et Martial laisse tomber ces paroles : \u2014 Comment se trouve votre pauvre maman ?\u2014 Elle dort, dit l\u2019aïeule qui s\u2019était avancée près de Martial ; elle dort.et il ne faut pas l\u2019éveiller.\u2014 Alors, laissons-la dormir, mes enfants.Et l\u2019aveugle, elle aussi, se tut.Assise dans l\u2019ombre, elle regardait \u2014 sans la voir, hélas ! \u2014 cette famille qui était la meilleure partie de son âme ; son fils, ses petits-enfants, tous ces êtres chers que, dans la lumière de son coeur, elle apercevait là, réunis autour d\u2019elle.Bien des fois dans la journée, elle promenait ses mains fiévreuses sur les petites têtes inclinées vers elle.et cela suffisait à sa vie.En cette minute, elle se représentait le bonheur qu\u2019éprouvaient les enfants du retour de Martial, la joie qui brillait dans les jolis yeux bleus de ses chères petites-filles, deux mignonnes dune huitaine d\u2019années, l\u2019une brune, l\u2019autre blonde ; deux jumelles aussi grandes, aussi jolies l\u2019uno que l\u2019autre et si parfaitement ressemblantes, n\u2019eût Lisez, en page 27, la fin de LA FEE DES ROSES 1532 Le Samedi, Montréal, 26 septembre 1953 19 été la couleur des cheveux, il eût été impossible de les distinguer l\u2019une de l\u2019autre.La brune s'appelait Sabine.La blonde s\u2019appelait Germaine.Sabine et Germaine avaient les mêmes yeux bleus, le même regard limpide et doux, la même grâce, le même sourire.Toutes deux étaient déjà grandes pour leur âge.A côté de ces deux fillettes si parfaitement douées, si divinement belles déjà, un gamin à qui il eût été difficile d\u2019assigner un âge, cm être maladif et souffreteux, se tenait immobile, les yeux humides, le coeur déchiré par l\u2019angoisse de voir le père si triste.Très timide, il n\u2019osait interroger Martial, mais il comprenait bien, lui, avec sa prescience des choses de la vie, qu\u2019il apprendrait tout à l\u2019heure quelque pénible nouvelle.Un léger frisson agitait parfois ses membres grêles.Bien qu\u2019il eût à peine douze ans, sa physionomie ingénue respirait déjà la tristesse, était celle d\u2019un homme meurtri par toutes les détresses de la vie.La désillusion ridait déjà les tempes, la commissure des lèvres, assombrissait les yeux très doux ; et la tête, énorme, aux cheveux embroussaillés, se balançait sur un cou grêle, sur des épaules étroites, semblant plier sous un fardeau trop lourd.Il ne faisait point partie de la famille, cet enfant ; c\u2019était un orphelin, un abandonné, que Martial avait trouvé, un soir d\u2019hiver, sur le parvis de l\u2019Hôtel-Dieu, où il était alors interne, et qu\u2019il avait recueilli.Martial était bien pauvre, alors ; mais néanmoins, sans aucune hésitation, il prit l\u2019orphelin \u2014 qui n\u2019avait guère que deux ans \u2014 et l\u2019emporta chez lui.Le lendemain, il entreprit les démarches nécessaires, et bientôt il obtint que la charge du petit lui fût confiée.Dès lors, la mère de Martial Vernier \u2014r femme bonne et compatissante qui s\u2019était associée de tout coeur à la charitable action de son fils \u2014 dut s\u2019imposer de sérieuses privations.Il est vrai que, de temps à autre, les internes de l\u2019Hôtel-Dieu se cotisaient entre eux et, joyeux, remettaient à Martial le produit de leur collecte.\u2014 C\u2019est pour vêtir ton gosse, disaient-ils en riant.Le gosse, l\u2019enfant trouvé, fut appelé Jean.Martial lui servit de père ; Martial l\u2019aima comme son propre fils.Ce soir-là, après avoir embrassé Sabine et Germaine, Martial prit doucement Jean dans ses bras.\u2014 Et toi, tu ne me dis donc rien, msn enfant ?\u2014 As-tu vu ce docteur si savant, père ?\u2014 Oui, mon petit, je l\u2019ai vu ; et, depuis ce moment, je sens que ma tête s\u2019égare.A cet enfant, Martial ouvrait son coeur comme il l\u2019eût fait à un grand et sincère ami, à un fils qui eût été d\u2019âge à le comprendre.Jean, rêveur, les yeux embrumés de larmes, ne répondit point.L\u2019aveugle, à son tour demanda : -\u2014 Alors, tu as vu le docteur Stanislas, mon fils ?\u2014 Oui, fit Martial, je l\u2019ai vu.Mais j\u2019étais fou en sortant de sa maison ; et je n\u2019ai pas eu le courage de rentrer tout de suite ; j\u201dai erré longtemps, à l\u2019aventure, bouleversé.Et Martial, malgré la grand\u2019mère qui le rappelait, se dégagea de l\u2019étreinte de ses enfants et p?ssa dans la chambre voisine.Oh ! une toute petite chambre, tendue de cretonne claire, où depuis deux mois se mourait la femme aimée de Martial, la mère de Sabine et de Germaine.\u2014 Ma Claire chérie ! Et sur le lit Martial se penche, an- xieux, le regard inquiet, la lèvre blanche.La malade ne prononce pas un mot ; mais Martial sent deux bras l\u2019étreindre éperdument, sent la brûlure des petites mains cramponnées à son cou, sent aussi la brûlure des lèvres collées à ses lèvres balbutiantes \u2014 à ses lèvres où monte tout un flot de tendresses.\u2014 Mon bon Martial!.Elle ne dit que ces mots.et ses bras retombent très las, sur la couche.Alors, il s\u2019assied près d\u2019elle, bien décidé à passer la nuit, là, dans l\u2019ombre des rideaux demi-clos ; et, d\u2019un regard d\u2019infinie tendresse, il enveloppe cette femme à peine âgée de trente ans, cette malheureuse que la mort guette depuis de longs mois.Ni le dévouement et les tendresses de tous, ni la science du mari \u2014 qui est docteur en médecine \u2014 ne peuvent sauver la malade.Le docteur Stanislas n\u2019a-t-il pas dit aujourd\u2019hui à Martial qu\u2019il faudrait à la gentille Mme Vernier le climat du Midi, les saines émanations des sapins, les brises de la mer bleue !.Hélas ! ce sont là des rêves irréalisables.et désormais Martial devra assister, chaque jour plus angoissé, aux progrès de la terrible maladie contre laquelle il est impuissant.Voyant Claire endormie, Martial se leva et passa dans la salle à manger où, maintenant, l\u2019aveugle était seule.\u2014 Les enfants sont allés se coucher, dit la grand\u2019mère ; et comme avant de se retirer ils demandaient à embrasser Claire, je m\u2019y suis opposée ; je voulais te laisser seul près de ta femme, je voulais que tu puisses pleurer librement.car je sais que tu pleures souvent.«Je sais aussi que tu me caches ton désespoir ; je sens que tu n\u2019as pas confiance en ta mère \u2014 en ta mère à qui tu devrais tout dire.«Pourquoi ne m\u2019ouvres-tu pas ton coeur, mon enfant ?Peut-être trouverais-je un remède à ta douleur- Martial leva sur sa mère un regard noyé, un regard de désolation infinie, et dit : \u2014\tTu ne peux rien faire pour nous sortir de peine, ma pauvre maman ! \u2014\tOh ! tu ne sais pas, toi, ce que peut une mère pour défendre ses enfants ! fit l\u2019aveugle en élevant vers le ciel ses mains jointes.\u2014\tMa pauvre maman ! ma pauvre maman ! Et doucement, Martial Vernier entraîne sa mère dans son cabinet.Bien seuls, loin du bruit de la rue, ils pourront à leur aise causer, là, dans ce cabinet de consultation garni de fauteuils et de divans verts, dans lequel a été rassemblé tout ce qu\u2019il y a de beau et d\u2019un peu luxueux dans la maison ; dans ce cabinet où, depuis dix ans qu\u2019il est sorti interne de l\u2019Hôtel-Dieu, Martial a subi toutes les humiliantes attentes d'une clientèle longue à venir.\u2014 Ecoute, dit l\u2019aveugle en s\u2019approchant de Martial, je pressens que le docteur Stanislas \u2014 que tu as été voir aujourd\u2019hui \u2014 t\u2019a dit que l\u2019état de ta femme était des plus graves ; t\u2019a dit aussi que, pour sauver peut-être la malade, il faudrait quitter Paris et nous en aller tous dans le Midi.« Je dis « nous en aller tous », parce que Claire ne voudra pas partir sans ses enfants, et aussi sans moi.«Eh bien, si tu le veux.nous pourrons partir dès demain.\u2014 Ah ! ma pauvre maman.\u2014 Je sais ce que tu vas m\u2019objecter, fit l\u2019aveugle très grave.Oui, je n\u2019ignore pas que la misère est grande ici, dans cette maison.« Oh ! cette misère, j\u2019ai tout fait pour l\u2019éloigner le plus possible.mais j\u2019ai été vaincue ! \u2014\tEh bien, alors, que viens-tu me parler de départ ?fit Martial en haussant les épaules.La meilleure, la seule solution qui s\u2019offre à nous.c\u2019est de mourir tous ensemble ! \u2014\tOh ! fit l\u2019aveugle en se redressant toute pâle ; tu n\u2019as pas le droit d\u2019attenter à la vie de tes enfants, tu n\u2019as pas le droit de mourir.ce serait une lâcheté ! « Oh ! tu as songé au suicide ! tu as songé à abandonner la lutte ! Ah ! mon fils ! mon fils ! \u2014 La vie est si pleine de détresses, ma pauvre maman.\u2014\tMais tes filles ne veulent pas mourir, elles ; et tu dois tout tenter pour les sortir de la misère.« Quant à Jean, c\u2019est autre chose-son sort m\u2019importe peu.Il n\u2019est pas de ton sang, après tout, et sa présence à notre foyer augmente notre misère à tous : c\u2019est le pain de Sabine et de Germaine qu\u2019il mange\u2014 \u2014\tMère, mère, ne parlez pas ainsi de ce pauvre petit, car, alors, je ne sais pas si je n\u2019éprouverais pas pour vous de la colère\u2014 \u2014\tTu as raison, mon fils, et tu es meilleur que moi, dit doucement l\u2019aveugle.Puis, moi aussi, j\u2019aime Jean.C\u2019est moi qui l\u2019ai élevé, soigné ; et tu dois te rappeler que je ne me suis pas plainte quand tu l\u2019apportas dans notre pauvre petit logement de la rue des Ecoles, où cependant nous étions déjà trop de deux.«Et je l\u2019ai aimé exclusivement\u2014 jusqu\u2019au jour où tu t\u2019es marié, jusqu\u2019au jour où tes deux jumelles sont venues au monde ; oh ! alors, sur ces deux berceaux, j\u2019ai reporté toute ma tendresse ! \u2014\tJean est un orphelin, reprit Martial avec beaucoup de douceur ; comme moi, il n\u2019a jamais connu son père.Bien des fois déjà, ces brûlantes paroles étaient sorties de la bouche de Martial.et toujours la mère avait gardé le silence.Ce soir-là encore, elle se tut ; une ombre profonde descendit sur son front et, dans ses yeux sans vie, des larmes apparurent, brillantes.Près d\u2019elle, sur une chaise basse, Martial tomba, accablé, vaincu par cette obsédante pensée ; et maintenant, la tête penchée sur les genoux de sa mère, il pleurait amèrement.L\u2019aveugle murmura : \u2014 Aujourd\u2019hui, je veux te dire le nom de ton père, car ton père seul peut nous sauver ! \u2014 Tu es le fils du marquis de Frileuse ! Martial ne fit pas un mouvement, mais sa tête retomba dans ses mains\u2014 et l\u2019aveugle l\u2019entendit sangloter.\u2014 Ecoute, reprit la pauvre femme, il faut que, demain, tu ailles trouver cet homme, il faut que tu lui rappelles mon nom et que tu lui dises que tu es son fils.Bien des années, hélas ! se sont écoulées depuis le jour néfaste où je l\u2019ai rencontré, mais il faut qu\u2019il se souvienne de Jeanne Vernier, de la [ Lire la suite page 21 ] LA MAISON D\u2019AUJOURD\u2019HUI ,« mmm Les familles nombreuses seront intéressées par ce modèle de maison d\u2019un étage et demi de quatre chambres à coucher en plus d\u2019une salle de couture, une cuisine-salle à diner et un salon.L\u2019architecte A.Martineau, et le dessinateur, H.C.Jarvis, tous deux d\u2019Ottawa, ont su donner un effet artistique à ce modèle de maison sans l\u2019encombrer de détails superflus.Le revêtement extérieur principal est en stuc, mais du bois et de la brique furent utilisés de façon ornementale avec beaucoup de goût.Il faut remarquer les dimensions exceptionnelles des chambres à coucher et le fait que la salle de couture peut facilement être utilisée comme salle de bain additionnelle.La circulation dans cette maison est bien organisée, grâce â l\u2019escalier situé au centre.Il s\u2019agit là en un mot d\u2019une maison pouvant s\u2019adapter facilement aux exigences d\u2019une famille nombreuse.La superficie totale de plancher de cette maison est de 1,511 pieds carrés et elle contient 23,500 pieds cubes.Les dimensions extérieures sont de 32 pieds par 31 pieds.Il est possible d\u2019obtenir les épures de cette maison, modèle numéro 401, à un prix minimum, de tout bureau de la Société Centrale d\u2019Hypothèques et de Logement.S A MAN6ER\tCUISINE !0'-6\"X 10'-6\" IO-b\"x8 o SALON CHAM0RL 14-0\"* 10-0 S DE BAIN b-é 6R CHAMBRE CHAMBRE I4'-/0\u201cX l2\u2018-0 »4-l0'X»0-O 20 Le Samedi, Montréal, 26 septembre 1953 Suite de la page 6]- La grande valse des petits pois La salle des étuves : il y en a 14 entièrement automatiques.Leur chargement et déchargement demande un gros effort physique au travailleur.On voit un des tableaux sur lesquels sont tracés les graphiques de chaque cuisson.\u2014 i i -.G 'm ^ En sortant de l\u2019étuve, les boîtes sont refroidies par un lent passage dans ce bassin, elles en sont ensuite extraites par marmites entières puis dirigées sur une machine qui les remettra en ordre avant de les envoyer à la chaîne de l\u2019étiqueteuse.Finalement, photo ci-dessous, les boîtes étiquetées sont mises sous cartons et entreposées.C\u2019est la grande fièvre \u2014 une fièvre savamment ordonnée car tout se déroule comme dans un ballet.La mise en boite.Une perte de temps nuit à la qualité des conserves.3 heures d\u2019attente suffisent à déclasser des petits pois.Green Giant le sait et organise toute sa production en conséquence.Sitôt arrachés mécaniquement, les pieds de petits pois sont acheminés vers la batteuse puis à l\u2019usine par petits contingents.Ainsi garderont-ils toute leur saveur.Fine Foods possède 10 centres de battage et 28 machines.Ici les petits pois sont payés au cultivateur d\u2019après leur tendresse et non suivant leur calibre.Dès qu\u2019ils arrivent à l\u2019usine, des échantillons de chaque caisse sont passés au tenderomètre qui détermine leur qualité, donc leur prix.Les petits pois sont débarrassés des plus grosses impuretés qui les accompagnent par un passage au crible.Us exécutent une ronde infernale jusqu\u2019à leur mise en boîte finale.Personne ne les touchera jamais.Us sont soigneusement lavés à l\u2019eau courante.Us montent automatiquement au quatrième étage pour être blanchis à la vapeur.Au troisième ils sont triés par flottage.Les meilleurs surnagent et méritent ainsi le titre de \u201cfancy\u201d.Par catégories, cette fois, ils descendent au second pour s\u2019étaler sur des tables de contrôle.Là les filles s\u2019assurent de leur bonne qualité et éliminent toute impureté qui aurait pu subsister aux premiers contrôles.Pour plus de sécurité encore, ils passent sous un puissant aimant chargé d\u2019attirer d\u2019improbables limailles de fer.Alors ils descendent pour être mis en bo'te, salés et arrosés d\u2019un jus amoureusement cuisiné.Une fois sertie, la boîte passe à l\u2019étuve, y séjourne une vingtaine de minutes, est refroidie avant d\u2019être étiquetée et mise dans des cartons qui seront expédiés partout au Canada.Le traitement du haricot vert diffère quelque peu.U est d\u2019abord équeuté dans de grands tambours.Une armée de filles veille à ce que cette opération soit correctement exécutée et supplée aux manques.Suite de quoi le haricot est automatiquement calibré, lavé, coupé et blanchi à la vapeur.Son sort est ensuite le même que celui du petit pois.Le cultivateur est payé selon le calibre de sa marchandise.Pour ce faire des échantillons de chaque sac sont triés mécaniquement en cinq catégories.La proportion de chacune de ces catégories par rapport aux autres détermine le prix.On paye le blé d\u2019Inde selon la proportion d\u2019humidité dont il est porteur.U est débarrassé de sa cosse au moyen de machines spécialisées, lavé, calibré et mis en boîte sans passer par le blanchiment.\u2022 Tout ceci pourrait ressembler à une recette de famille.De fait les conserveurs font exactement comme nos grands-mères .mais à un rythme différent, avec plus de régularité et de précision ! A Ste-Martine on manipule en un tournemain d'impressionnantes quantités de légumes et pourtant la qualité reste maintenue \u2014 meilleure que chez soi où Ton ne s\u2019offre pas toujours le luxe de trier les pois selon leur volume \u2014 grâce aux nombreux contrôles qu\u2019effectuent hommes et machines.II faut voir ces enfilades d\u2019engins affamés de légumes ou de boîtes, ces tapis roulants qui courent le long des murs en une ronde folle et pourtant si bien orchestrée.Tout s\u2019emboîte (c\u2019est le cas de le dire) comme par enchantement.Il faut voir ces 14 étuves dans leur rotonde que des hommes chargent et déchargent sans interruption à l\u2019aide de treuils puissants.Enlevés comme fétus de paille, d\u2019énormes baquets dégoulinant d\u2019eau se promènent au-dessus de nos têtes.Ces étuves sont entièrement automatiques.Chaque cuisson est enregistrée sur un graphique de contrôle.Des échantillons sont constamment envoyés aux laboratoires pour analyse.U faut avoir vu ces bo tes filer par milliers dans leur gouttière, se faire étiqueter et encartonner.Là tout un code évite les erreurs.Entre chaque catégorie passe une boîte rouge tandis qu\u2019un tableau indique l\u2019étiquette dont elle doit être revêtue.Un oeil électronique élimine toute étiquette défectueuse sans que personne n\u2019ait à intervenir.Pour le cas où leur qualité pourrait évoluer en cours d\u2019année, certaines boîtes ne sont étiquetées qu\u2019au moment de la livraison.Ajoutons que l\u2019eau tirée d\u2019un puits de 200 pieds est épurée avant d\u2019aller grossir la rivière voisine.Les détritus sont distribués gratuitement dans la région comme engrais.Ce sont des règlements gouvernementaux qui fixent les qualités donnant droit à chaque appellation.Des inspecteurs viennent régulièrement dans les conserveries pour en vérifier la bonne application.Mais Green Giant se trouve le plus souvent au-dessus des normes requises.« C\u2019est notre meilleure publicité » me dit M.Rondot.\u2022 Souvent les conserves sont vendues avant même la récolte.Mais elles ne sont livrées que sur demande tout au long de Tannée.On conçoit alors les immobilisations considérables de capitaux que doit consentir une entreprise comme celle de Ste-Martine.Sans connaître ce que donnera la moisson, il faut investir dans l\u2019inspection des plantations, faire des avances aux cultivateurs tout en finançant les stocks durant l\u2019hiver.Si les conserves sont moins chères et meilleures que les légumes frais, cela n\u2019est possible que grâce à un mode de fabrication parfaitement étudié pour la grande série et aux prix que peuvent consentir les cultivateurs quand ils sont assurés de l\u2019écoulement de toute leur production.Vous en savez maintenant autant que moi sur la mise en boîte dans une des conserveries les plus modernes du Canada et vous comprenez qu\u2019il ne s'agit pas d\u2019une mince entreprise.Faire 13,000,000 de boîtes suppose des hommes décidés, aussi compétents qu\u2019honnêtes pour que les conserves gardent la faveur du Public.\tRémy Laurewt. Le Samedi, Montréal, 26 septembre 1953 21 -\u2022 [ Suite de la page 19 ] pauvre fille qu\u2019il perdit.et abandonna sans pitié.«Il faut que tu lui dises que c\u2019est un véritable crime qu\u2019il a commis alors-mais que, ce crime, il peut le racheter en nous sauvant tous ! \u2014 Comment cet homme peut-il nous sauver ?demanda froidement Martial.\u2014 En te donnant de l\u2019argent ! Le marquis de Frileuse, qui possède des millions, ne peut refuser de te venir en aide.\u2014 Jamais je n\u2019irai chez cet homme, maman.jamais ! \u2014 Il le faut cependant.autrement, ta femme mourra.\u2014 Mais que lui dirai-je ?Si je lui affirmais que je suis son fils, il me rirait au nez ! Et quand je lui exposerais ma gêne et le but de ma visite, il croirait que je cherche à faire du chantage.et donnerait aussitôt à ses valets l\u2019ordre de me jeter dehors.« Et alors, aveuglé par la colère, peut-être deviendrais-je criminel, peut-être auriez-vous pour fils un assassin et un bandit ! « Non, non, mère, ne m\u2019envoyez pas chez le marquis de Frileuse, ne m'envoyez pas chez cet homme ! \u2014 Alors c\u2019est moi qui irai l\u2019implorer pour toi ; c\u2019est moi qui irai le supplier de me pardonner si j\u2019ai eu des torts envers lui.\u2014 Des torts envers lui, toi, ma chère ?Non, non, tu mens.Ta vie tout entière n\u2019est que dévouement et abnégation.Tu t\u2019es sacrifiée pour moi, travaillant nuit et jour pour m\u2019élever, pour me créer une situation.Penchée sous la lampe pendant d\u2019interminables nuits, tes yeux se sont usés peu à peu, se sont fermés à tout jamais à la lumière.« Tu as voulu faire de moi un « monsieur » ; tu m\u2019as choisi une carrière qui, espérais-tu, nous permettrait de vivre largement tous deux; et moi, j\u2019ai suivi tes conseils.j\u2019ai étudié la médecine.« Hélas ! nous nous sommes trompés l\u2019un et l\u2019autre.« Et depuis dix ans, nous luttons contre la misère ! « Oh ! cette misère en habit noir ! Cette profonde détresse dans ce confort que quelques-uns nous envien?! Oh ! les longues attentes dans ce cabinet, où j\u2019ai déjà tant souffert en me demandant ce que nous allions devenir, tous !.Un médecin ne peut pas tendre la main, ne peut pas dire qu\u2019il n\u2019a pas de pain et que ses petits crèvent de faim ! Et d\u2019un ton de doux reproche, Martial, ajouta : \u2014 Pourquoi, mère, n\u2019as-tu pas fait de moi un ouvrier ?\u2014 J\u2019ai cru bien faire.pardonne-moi.\u2014 Et pendant que j\u2019allais à mer cours, toi, tu bûchais sans répit, usant tes yeux pour gagner notre pain du lendemain ; car tu n\u2019avais d\u2019autres ressources que ton travail ; depuis longtemps, le marquis de Frileuse, \u2014 ce millionnaire, ce jouisseur, \u2014 t\u2019avait prestement quittée, t\u2019abandonnant sans pitié à toute ta détresse.Souvent, Martial faisait entendre ces mêmes plaintes ; et toujours la mère se taisait, restait farouche.Avait-elle donc été si coupable de rêver pour son enfant une situation brillante, une carrière honorable ?Hélas ! trop tard, Martial et elle se rendaient enfin compte de l\u2019encombrement des carrières libérales ; et pourtant, maintes fois déjà depuis sa sortie de l\u2019Hôtel-Dieu, Martial n\u2019avait-il pas dit à sa mère : \u2014\u2022 Il y a pléthore d\u2019avocats, de médecins, de .professeurs.La science et le talent courent les rues ; et rien n\u2019est plus navrant que le spectacle de la misère en habit noir.Ils sont grandement à plaindre ceux qui, les poches bourrées de diplômes, sont constamment à la poursuite d\u2019une pièce de cent sous ! Et toujours l\u2019aveugle avait courbé le front.Ce jour-là, écroulée sur un siège bas, la tête dans les mains, la mère Martial se souvenait des scènes tragiques qui, déjà, lui avaient fait couler tant de larmes ; et, éperdue, elle murmura : \u2014 Tais-toi! Je t\u2019en supplie, tais-toi ! Ne revenons pas sur le passé, sur les erreurs de mon orgueil de mère.« Oui, je reconnais que j\u2019aurais dû t\u2019envoyer à l\u2019école communale et faire de toi un ouvrier ; nous n\u2019en serions pas là aujourd\u2019hui.\u2014 Et j\u2019aurais pu élever mes enfants! dit Martial dans une explosion de colère : un ouvrier trouve toujours du travail quand il est vaillant ! \u2014 Quand il est jeune! fit l\u2019aveugle avec une tristesse poignante.Et, froidement, elle ajouta : \u2014 Si tu me refuses d\u2019aller implorer la pitié du marquis de Frileuse.c\u2019est moi, l\u2019abandonnée, la fille délaissée, qui tenterai la démarche.\u2014-Non, je ne veux pas que tu te présentes chez le marquis ! \u2014 Si ton père ne nous vient pas en aide, tes enfants mourront de faim, et ta pauvre Claire s\u2019éteindra dans tes bras ! \u2014 Pitié!.Pitié !.\u2014 Un peu d\u2019argent !.et notre Claire guérit enfin ! Et, tirant de sa poitrine une lettre, elle ajouta : \u2014 Remets ce billet au marquis, et nous sommes sauvés.C\u2019est Claire qui te supplie ; c\u2019est Claire qui veut vivre et que tu peux arracher à la mort ; ce sont tes filles, c\u2019est Sabine et c\u2019est Germaine qui aussi t\u2019implorent ! \u2014 Ah! fit Martial vaincu.J\u2019irai demain.Il A l\u2019angle de la rue Marbeuf et de l\u2019avenue des Champs-Elysées s\u2019élevait un magnifique hôtel construit depuis quelques années seulement par un des plus riches gentilshommes de France \u2014 le marquis de Frileuse.Cinq heures venaient de sonner à l\u2019horloge de l\u2019hôtel, lorsque la grille s\u2019ouvrit toute grande pour livrer passage à un fringant équipage revenant du Bois.Le temps était superbe, l\u2019air d\u2019une fraîcheur pénétrante.Une jeune femme de trente à trente-cinq ans descendit du landeau, suivie d\u2019un vieillard militairement boutonné dans une redingote noire.Tous deux pénétrèrent ensemble dans l\u2019hôtel ; mais tandis que le vieillard \u2014 qui n\u2019était autre que le marquis de Frileuse \u2014 montait au second étage, la jeune femme traversait un grand salon du rez-de-chaussée et pénétrait dans un élégant boudoir dont elle refermait brusquement la porte derrière elle.\u2014 Enfin seule! dit-elle en enlevant rapidement son chapeau et sa mante de satin clair qu\u2019elle jeta sur un canapé.C\u2019était l\u2019homme qu\u2019elle venait de quitter \u2014 le marquis de Frileuse, son mari \u2014 qui provoquait cette colère.Depuis dix ans qu\u2019ils étaient mariés, une profonde inimitié régnait entre les deux époux.Jeune et belle, appartenant à une des plus nobles familles du faubourg Saint-Germain, Mlle Marcelle de Rochenoire n\u2019avait épousé le marquis de Frileuse que pour sa grande fortune.Elle l\u2019avait bien un peu épousé aussi parce que sa vie à elle renfermait un mystère.A l\u2019époque où commence notre récit, la marquise de Frileuse, malgré ses trente-trois ans, était citée comme une des plus jolies femmes de Paris.Très blonde \u2014 de ce blond ardent des femmes du Titien \u2014 le visage allongé et éclairé par de larges yeux noirs, grande, élancée, portant la toilette avec une suprême élégance, elle avait affolé bien des hommes, grisé d\u2019amour bien des têtes.Mais, depuis cinq ans, la marquise s\u2019était presque complètement retirée du monde, consacrant tous ses loisirs à un seul et unique amour \u2014 amour caché, celui-là, avec un soin jaloux.Marcelle aimait passionnément le fils d\u2019un magistrat en renom, un jeune avocat encore sans causes, un beau garçon, un très beau garçon de vingt-six ans.Très lasse, ennuyée au milieu de tout ce luxe qui l\u2019environnait, Marcelle était tombée sur un divan, la tête dans les mains.Sa pensée s\u2019en allait toute vers cet homme qu\u2019elle adorait, vers cet André qu\u2019elle verrait tout à l\u2019heure \u2014 car il viendrait dîner : c\u2019était son jour.A peine achevait-elle cette pensée qu\u2019un bruit de pas bien connu se fit entendre.et bientôt la lourde portière du boudoir se souleva, livrant passage à un valet de chambre, qui annonça : \u2014 M.André de Valjean.\u2014 Enfin vous ! fit la marquise, dès que le valet se fut retiré ; je vous attendais plus tôt et j\u2019espérais même vous trouver ici à mon retour du Bois.Le marquis de Frileuse a été fort ennuyé de ne pas vous rencontrer au Bois pour faire avec vous une promenade autour du lac.Et elle ajouta en ricanant : \u2014 Décidément, mon pauvre mari raffole de vous ! Debout devant André de Valjean, la marquise examinait avec une attention soutenue ce beau jeune homme qui la contemplait.et elle l\u2019enveloppait d\u2019un regard plein de passion.C\u2019était un élégant cavalier que cet André de Valjean.Très brun, grand, bien pris dans sa taille, André avait fort grand air.Elevé dans les principes les plus austères par une mère très riche, jusqu\u2019à vingt ans André de Valjean s\u2019était cloîtré dans le vaste hôtel qu\u2019habitaient ses parents, au quai Henri IV, pas très loin du Palais de Justice, où le père d\u2019André \u2014 Pierre de Valjean \u2014 était souvent appelé par ses fonctions de juge d\u2019instruction.Puis, le jeune homme commença ses études de droit ; il les termina rapidement et fut enfin reçu docteur, à la grande joie de son père.Alors, André se fit inscrire au barreau de Paris.\u2014 Il est à peine cinq heures et demie, dit Marcelle ; jusqu\u2019à sept heures, nous serons seuls : le marquis ne descendra pas dans son cabinet.à moins, toutefois, qu\u2019un visiteur importun ne vienne troubler notre doux tête-à-tête.Et, avec ironie, elle ajouta : \u2014 Ah ! mon pauvre André, si vous saviez comme le marquis de Frileuse se soigne ! Cet homme vivra cent ans.et jamais nous ne pourrons réaliser le beau rêve que nous caressons depuis si longtemps, le rêve de pouvoir nous aimer librement à la face du monde.de nous marier enfin ! \u2014 Qui sait ?fit André.La destinée nous réserve peut-être des jours meilleurs, et nous ne devons pas désespérer.« D\u2019ailleurs, ne sommes-nous pas libres de nous aimer ?.Voyons, ma bien-aimée, ne sommes-nous pas heureux, ce soir ?Elle répéta : \u2014 Oh ! être libres !.Etre libres, nous en aller où bon nous semblerait, ne plus être obligés de nous cacher pour nous aimer, être l\u2019un à l\u2019autre à jamais ! « Tu n\u2019as jamais songé à cela, toi, mon André ; tu te laisses vivre, insouciant de l\u2019avenir.Tu ne sais rien, tu ne comprends pas pourquoi je hais tant le marquis ; tu ignores qu\u2019entre cet homme et moi existe un secret.un douloureux secret qui mourra avec moi ! DÉPRIMÉE?NERVEUSE?LYMPHATIQUE?DÉLAISSÉE?LISEZ ALORS CEül.Si vous manquez de vigueur ; si vous êtes fatiguée et irritable ; si vos nerfs et vos muscles ainsi que les tissus de votre corps n\u2019ont pas le soutien qui devrait leur être fourni par le bon fonctionnement du système, vous avez besoin d\u2019un tonique tel que mon SANO « A » qui contient les ingrédients reconnus par leurs valeurs toniques dans de telles conditions.LES TABLETTES SANO \"A\" Avec l\u2019usage du bienfaisant tonique SANO « A », votre digestion devient plus facile, votre repos est plus réparateur et une meilleure détente s\u2019opère dans vos nerfs et vos muscles.Votre appétit devient meilleur et l\u2019assimilation des aliments se faisant mieux, votre santé et votre vigueur devraient s\u2019améliorer.Un envoi de cinq sous suffit pour recevoir un échantillon de nos tablettes SANO «A».Correspondance strictement confidentielle.LES PRODUITS SANO ENRG.Mme CLAIRE LUCE, Case postale, 1281 (Place d'Armes), Montréal, P.Ç.Ci-joint 5c pour échantillon des Tablettes SANO \"A''.Ecrivez lisiblement.(pour le Canada seulement) Nom.Adresse.Ville.Prov. 22 Ci c< Il la regardait avec tristesse, presque avec épouvante.\u2014 Pourquoi ne me confies-tu pas ce secret ?dit-il.Ne m\u2019aimerais-tu pas aussi passionnément que je t\u2019aimç ?Comme si des secrets pouvaient exister entre nous ! « Tu connais toute ma vie, Marcelle ! pourquoi donc alors ne connaîtrais-je pas la tienne ?Elle ne répondit pas et baissa la tête.\u2022\u2014 Et, reprit André, si je te demandais à genoux de me le dire, ce secret, me répondrais-tu, ma bien-aimée, mon amour, ma vie ?.Oh ! Marcelle, parle, je t\u2019en conjure ! \u2014 Je ne puis rien te dire, mais sache bien une chose : c\u2019est que je hais profondément le marquis de Frileuse.et que de cet homme je voudrais me venger ! Depuis dix ans, je vis de cette haine ; depuis dix ans, je l\u2019accumule, cette haine qui me dessèche le coeur ! Tout ce qu\u2019il y avait de bon en moi a été peu à peu détruit par cette continuelle pensée de vengeance ! \u2014 Marcelle !.\u2014 Oh ! comme tu te révolterais, toi qui as du coeur, si tu savais tout ce que cet homme m\u2019a fait souffrir ! « Sans merci, vois-tu, il m\u2019a déchiré l\u2019âme ! Et tu voudrais que j\u2019aie pitié de lui ?.Comme s\u2019il était possible d\u2019avoir pitié d\u2019un tel misérable ! André s\u2019était redressé, le regard assombri.Très grave, il dit : \u2014 Une haine aussi violente peut conduire au crime.\u2014 Si le marquis mourait, nous serions enfin heureux tous deux, dit Marcelle, la sueur au front, et je pourrais alors te confier ce secret qui me tue un peu tous les jours.« Mais rassure-toi \u2014 car je vois à l\u2019expression de tes regards que tu n\u2019approuves pas ma colère \u2014 le marquis de Frileuse vivra peut-être plus longtemps que toi et moi.A peine achevait-elle ces paroles qu un bruit de porte qui s\u2019ouvre et se referme se fit entendre dans la pièce voisine.Sans doute une visite pour mon mari, dit Marcelle en soulevant la portière qui séparait le boudoir du cabinet de travail du marquis ; nous avons encore devant nous de longs instants de tête à tête.Et pendant qu\u2019heureux, bien seuls, ils se rapprochent l\u2019un de l\u2019autre, un drame se prépare dans la pièce voisine.Le marquis de Frileuse et Martial Vernier \u2014 le père et le fils \u2014 sont face à face.Comme il l\u2019avait promis à sa mère, Martial venait implorer la pitié du vieillard millionnaire.Mais maintenant, devant ce père qui le regardait avec quelque surprise, Martial restait sans paroles.\u2014 Que me voulez-vous, monsieur ?demanda le marquis de Frileuse.Il faut que vous ayez une communication bien grave à me faire pour que vous vous soyez introduit chez moi presque malgré mes domestiques qui avaient la consigne de ne laisser entrer personne à cette heure.« L\u2019heure de mon dîner va bientôt sonner \u2014 je n\u2019ai donc que très peu de temps à vous accorder.\u2014 Je serai bref, monsieur, fit Martial, la voix légèrement tremblante.Et, posant son chapeau sur la table, il ouvrit son pardessus, y prit la lettre de sa mère et la tendit au vieillard.\u2014 Une requête ?fit le marquis \u2014 un secours sans doute ?Mais que ne vous êtes-vous pas adressé à mon valet de chambre, il m\u2019eût transmis votre demande et vous eût évité l\u2019ennui de venir jusqu\u2019à moi.Et comme, dédaigneusement, sans l\u2019ouvrir, il rejetait loin de lui la lettre que Martial venait de lui remettre : \u2014\tJe vous en prie, monsieur le marquis, veuillez lire cette lettre, dit doucement le jeune homme.\u2014\tD\u2019où vient-elle?D\u2019ailleurs, mon-sieurs, vous ne m\u2019avez point encore fait connaître votre nom, et je trouve étrange que vous insistiez aussi longtemps près de moi.\u2014 D\u2019où vient cette lettre ?demandez-vous ; lisez-la, monsieur le marquis, et vous le saurez.« Quant à mon nom, puisque vous tenez à le connaître, je vais vous le dire.Et Martial, pâle et triste, laissa tomber ces mots : \u2014 Je suis fils de Jeanne Vernier, je me nomme Martial Vernier, et je suis aussi le fils du marquis de Frileuse ! Le marquis se leva, et, à la lumière des lampes qu\u2019un valet venait d\u2019apporter, il déchira l\u2019enveloppe et lut.« Monsieur le marquis, « J\u2019ose espérer que vous vous souvenez de notre affection d\u2019autrefois ; c\u2019est pourquoi, connaissant la bonté de votre coeur, je n\u2019hésite pas à implorer votre pitié, non pour moi, mais pour la femme de mon fils qui se meurt de la phtisie et pour ses deux enfants \u2014 deux adorables fillettes qui vous implorent et n\u2019ont d'espoir qu\u2019en vous.« Mon fils \u2014 le docteur Vernier \u2014 vous expliquera lui-même, en vous remettant cette lettre, la gêne affreuse dans laquelle nous nous trouvons tous depuis de longs mois déjà.« Jeanne Vernier.» Sous le coup d\u2019une vive émotion, le vieillard jeta la lettre sur son bureau ; puis, il se leva et longtemps se promena paroles sont autant de sanglantes injures ! Vous m\u2019accusez de faire du chantage.mais, maintenant, si vous m\u2019offriez de l\u2019argent \u2014 cet argent qui pourrait peut-être sauver la mère de mes enfants \u2014 je le repousserais avec indignation.« Et, comble d\u2019infamie, vous osez insulter ma mère !.« Mais vous mentez ! vous mentez ! Malgré sa faute, ma mère est une digne et noble femme ; tandis que vous, vous le millionnaire, vous n\u2019êtes qu\u2019un bandit !.« Sans pitié, sans conscience, vous avez déshonoré une honnête fille, une ouvrière, une enfant du peuple.« Et, après l\u2019avoir rendue mère, sans remords, vous avez abandonné la mère et l\u2019enfant pour courir à d\u2019autres amours ! «Et c\u2019est l\u2019enfant, devenu aujourd\u2019hui un homme, qui vient vous demander compte de cet abandon.Le bâtard, le conspué, vient vous dire toutes les amertumes, toutes les privations de l\u2019ouvrière délaissée, toutes les nuits sans sommeil passées sous la lampe de travail pour que, le lendemain, l\u2019enfant ait du pain ! \u2014 Je ne vous connais pas, fit froidement le marquis de Frileuse ; vous n\u2019êtes pas mon fils, et vous n\u2019avez pas le droit de venir chez moi faire du scandale.« Puis, que venez-vous parler de misère ?Vous êtes docteur en médecine \u2014 du moins, votre mère le dit dans sa lettre \u2014 eh bien ! alors, vous devez gagner assez d\u2019argent pour subvenir aux détresses de toute votre famille.On parle bien plus volontiers de ce qu\u2019on ignore car c\u2019est à quoi l\u2019on pense.Le travail de l\u2019esprit se porte là, et ne peut se porter que là.Paul Valéry.Je trouve indigne de vouloir que les autres soient de notre avis.Paul Valéry.de long e
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