Le samedi, 1 août 1953, samedi 8 août 1953
[" 65e année, No 13 8 août 1953 Montréal DANS CE NUMERO THERESE CADORET ^ par CHERUBINA SCARPALEGGIA UNE SOEUR DU TSAR A TORONTO par REMY LAURENT MONTREAL LA NUIT CHERCHEZ LA FEMME Un roman policier, par LUCIEN BORNERT S-400 INE NATIONAL DES CANADIENS cents mmm , LE GOUVERNEMENT DIT UN SEUL programme radiophonique destiné à «-Amérique du Sud a coûte $24,000.00 DE RÉDUIRE te&\t\" Rien d'étonnant puisque leur administration, depuis 18 ans, s'est révélée un modèle de gaspillage et d'extravagance dans tous les départements.En veut-on quelques exemples: UN PLANCHER ressorts' pour LA DANSE $10,000-oo $5,225,000.Ils ont construit pour l'Office National du Film, un immeuble au coût de $5,225,000.Rien de trop luxueux pour cet organisme qui fait la propagande que l'on connaît.$2,267,000.¦Ru Ils ont construit pour la Société Centrale d'Hypothèques et de Logement, un immeuble de $2,267,000, contenant un Auditorium de $40,000 et un plancher de danse de $7,500 sur des ressorts qui ont coûté $2,500.$5,049,000.Ils ont payé en honoraires d'architectes et d'ingénieurs, $5,049,000 alors qu'ils avaient déjà à leur service 341 architectes et ingénieurs à salaire.$13 millions pour les téléphones et télégrammes en un an Nous réduirons $500,000,000.LES TAXES FÉDÉRALES PUBLIEE PAR LE PARTI PROGRESSISTE CONSERVATEUR PROGRESSISTE CONSERVATEUR Le Samedi, Montréal, 8 août 195, 3 ¦ \"\" >- \" ¦P par Cherubina Scarpaleggia Madame Thérèse Cadoret-Vien est une jeune femme charmante, une comédienne excellente et une accorte maîtresse de maison.Son charme est fait de simplicité et de distinction alliées à une naturelle beauté exquise.Ce qui frappe surtout chez elle est sans doute ce regard profond de petite fille curieuse du monde et sensible à ces moindres détails.Un beau regard et un beau sourire légèrement teinté de mélancolie ou peut-être de timidité.Mais pourquoi Thérèse Cadoret, qui a tout reçu des dieux, devrait-elle être timide?Elle est peut-être seulement subjuguée par son désir de bien faire ?Il faut en effet se rappeler que cette jeune femme fait bien tout ce qu\u2019elle se donne la peine d\u2019entreprendre, qu il s agisse d\u2019un rôle à interpréter, d\u2019une robe à porter ou d\u2019un bouillon à faire pour ses bébés.Le talent de comédienne de Thérèse Cadoret est désormais connu et reconnu de tous, soit au théâtre, soit à la radio, soit, même, à la télévision.Au théâtre, on l\u2019a vu jouer avec grand art dans Léocadia, Antigone, Le Bal des voleurs, Federigo et aussi dans Rose Latulippe, pièce de Jean-Louis Roux.Les rôles que madame Vien interprète sont surtout des rôles demandant une puissante personnalité dramatique et ce sont d\u2019ailleurs ceux qu\u2019elle préfère.Elle dit en effet : «Je crois que mes aptitudes théâtrales*et aussi mon type physique sont plus aptes à incarner une héroïne de tragédie que de comédie, fut-ce même de la grande comédie.D\u2019ailleurs je me donne avec plus de facilité et d\u2019abandon lorsque je dois personnifier une héroïne tourmentée et violente.» A la radio, les rôles confiés à Thérèse Cadoret-Vien sont toujours des rôles de premier plan dans les émissions les plus sérieuses et les plus appréciées du reseau.On peut 1 entendre dans Le Théâtre Classique, Le Ciel par-dessus les toits, Toutes les scènes du monde, Le Radio-Théâtre et toutes les émissions qui passent, régulièrement ou occasionnellement, sur les ondes de Radio-Canada.Elle a accepté un rôle dans un seul roman-fleuve et c\u2019est celui d\u2019Emanuelle dans THERESE CADORET-VIEN pour qui le culte du foyer passe bien avant l'amour de sa carrière, aime lire et se reposer dans un décor d inspiration ultra-moderne.Maman Jeanne de Rudel Tessier.Cette excellente artiste ne peut pas accepter toutes les offres qu\u2019on lui fait car elle tient à s\u2019occuper tout d\u2019abord de sa maison et de son foyer qui constitue le premier et le plus précieux de ses soucis.Elle-meme avoue : « Je fais de ma vie de famille, le premier but de ma vie et si je ne suis pas une femme de maison parfaite je suis tout de même une épouse et une mère de bonne volonté.» \u2014 Votre mari est-il aussi un comédien?r,,-Non\u2019 mon mari est avocat 11 est administrateur pour les programmes de television et aviseur légal.DANS L'INTIMITE DE NOS VEDETTES THERESE CADORET-VIEN mm \u2014 Dans vos rêves de jeune fille désiriez-vous épouser un professionnel ou un artiste ?\u2014 Je rêvais d\u2019un homme au jugement solide et à l\u2019âme délicate.Peu importait son occupation.Et je suis bien heureuse d\u2019avoir épousé un homme moins boheme et plus pratique que moi.Ce n\u2019en est que plus précieux pour la sécurité de la vie.Car il faut vous confesser que, si j\u2019ai un esprit vagabond, je suis par ailleurs une petite bourgeoise qui aime bien la tranquillité et la sérénité de la maison.» \u2014\tVos désirs sont donc tout à fait réalisés: la famille et le théâtre.\u2014\tOui, et je vous assure que je considère ainsi ma vie comme complète et heureuse.des du Thérèse s\u2019est tue un moment puis, devant mon insistance à vouloir découvrir anecdotes originales à rapporter, elle m\u2019a dit en souriant le plus doucement monde : ;\u2014 - u'-uicLiA iiuiil pas u nisioire.Voila en deux mots toute l\u2019histoire d\u2019une petite épouse et d\u2019une grande comédienne qui, si elle réussit dans l\u2019un ou l\u2019autre de ses deux rôles, c\u2019est qu\u2019elle est animee d un coeur noble épris de toutes les vertus qui rendent la vie digne d etre vécue.La formation, tant humaine qu\u2019artistique de Thérèse Cadoret-Vien est basée sur des principes simples et universels comme l\u2019humanité elle-même.\u2019 Puisque nous parlons de formation, nous demandons à Thérèse de nous ran-peler les debuts de sa carrière artistique.\t[ Lire la suite page 30 ] Le profil régulier de THERESE CADORET se dessine sur l'ombre ambiante du studio de télévision durant une scène de Ce soir à Samarcande, où elle partageait ta vedette avec Paul Dupuis.IPhotos Alain, Le Samedi) 4.Le Samedi, Montréal, 8 août 1953 11 y a 35 ans .LE TSAR NICOLAS II ET SA MOURAIENT ASSASSINES Quand les circonstances de ce massacre purent être mises à jour, le monde en frémit d'horreur.\u2014 Cette année, à Montréal, comme un peu partout dans le monde libre, un Te Deum fut chanté à la mémoire de la famille impériale.Mous voulons rappeler ici, aussi simplement que possible (les faits parlent d'eux-mêmes), quels furent le règne de Nicolas II et les circonstances dans lesquelles il disparut.$ k - Ms 1917.Le Tsar est en état d'arrestation depuis son abdication.On distingue à droite les sentinelles qui montent la garde, baïonnette au canon.Le Tsar et le Tsarevitch Alexis durant la Grande Guerre.Ils portent l\u2019un et l'autre les uniformes de \"L'escor.'e personnelle de sa Majesté\" d'origine caucasienne.jlit.j v,: ükiLL NÉ le 18 mai 1862, Nicolas II, Empereur de Russie, fut fusillé le 17 juillet 1918 ainsi que toute sa famille, dans des circonstances qui dépassent en horreur tout ce que les révolutionnaires avaient pu jusque-là imaginer contre leurs souverains.Le 26 novembre 1894, quelques semaines seulement après la mort de son père, l'empereur Alexandre II, Nicolas épousait la princesse Alice de Hessen qui s\u2019est convertie à la religion orthodoxe sous le nom de baptême de Alexandra Theodorovna.Née en 1872, l\u2019impératrice eut 4 filles et un fils qui sont: Olga (1895), Tatiana (1897), Maria (1899), Anastasia (1901), Alexis (1904).Le règne de Nicolas II fut marqué par deux guerres : celle contre le Japon (1904-1905) qui se solda par la défaite russe et le traité de Portsmouth (U.S.) obtenu par l\u2019intermédiaire du président des Etats-Unis ; la Grande Guerre que la Russie n\u2019a même pas finie aux côtés des alliés en raison de la révolution éclatée en 1917.COMMENT LA REINE ELISABETH II ET LE DUC D'EDIMBOURG SONT PARENTS DES TSARS DE RUSSIE - CHRISTIAN IX de Danemark (1818-1906) ALEXANDRA d\u2019Angleterre GEORGES V (1865-1936) I GEORGES VI (1895-1952) ELISABETH II (1926- 7 ) MARIE Impératrice de Russie (1840-19.) J NICOLAS II (1868-1918) GRAND-DUC ALEXIS (1904-1918) NICOLAS 1er \u2014 de Russie (1796-1855) GRAND-DUC CONSTANTIN (1827-1892) I Grande Duchesse OLGA CONS-TANTINOVNA (1851-1926) I ANDRE Prince de Grèce (1882-1944) PHILIPPE, duc d\u2019Edimbourg (1921-19.) I ALEXANDRE II (1818-1881 ) ALEXANDRE llll (1845-1894) NICOLAS II (1868-1918) Grand-Duc ALEXIS (1904-1918) Remarquons en passant que la première révolution russe remonte à 1905.Née de la poussée de marxistes eu-mêmes engendrés par les Nihilistes (qui assassinèrent Alexandre II en 1881), cette insurrection partit à Saint-Peterbourg et eut sa résonnance dans presque tout le pays.Elle ne prit fin qu'avec la proclamation par Nicolas II du manifeste du 30 octobre 1905 par lequel il renonçait à son absolutisme pour donner au pays une monarchie constitutionnelle.Le parlement ainsi créé s\u2019appela la < Douma » et ne véut que le temps de 4 mandats électoraux.Ce sont en effet les membres de la 4ième Douma qui contraignirent l\u2019empereur à abdiquer le 15 mars 1917.Ils ne se doutaient pas, alors, Connue sous le nom de Mme Nicolai Koulikovsky LA GRANDE DUCHESSE OLGA soeur de l'Empereur Nicolas II vit paisiblement à Toronto.Seuls, peut-être son maintien impérial et l'abondance de son courrier la diffèrent des autres Canadiens.Apparentée à la Reine Elisabeth II et à toutes les familles royales au CanaHaU \"ÎZf *\u201c'* q\u201ce S°\"\t!a Grande D^hesse arriva au Canada en 1948 avec toute sa famille : son mari, le colonel Kouli- ZZre\u2019 dan T* fÜS\u2019,G°Ury et Tihon Nikolatvitch, qui firent la leu7s peLts tilsTL TT\u2019 ™ ^ belles-fil1™ danoises et leurs petits-fils Une vieille servante de 85 ans, Emilia Tenso les accompagnait am n avait pas quitté la famille depuis plus de 50 ans.et son éLtr nWeS dh°rreurs et d\u2019angoisses, la Grande Duchesse BolcheZùeLZT\t1916) mirent fitter la Russie Bolchevique en 1920 via Constantinople et la Mer Noire.Ils passèrent \u201c fera T 7T\t- \u201c'if C°!°neî S\u2019°CCUpa d\u2019agriculture, comme il LIT\taU Canada- Au Danemark, la famille Kouli- dant yneCOdonLT°re T ^ ^ ^ l\u2019occuPation nazie qui, cepen-dant, ne donna heu a aucune mesure spécialement dirigée contre el e.Quand, après la défaite allemande, le Rideau de fer s\u2019approcha d TnZTnt dU Trmark- \" iut\u2019 P0U'- les KoulikovskyTZnal la GraZe' n l ' T\t\u201c\u201c Canad\u201c ma l\u2019Angleterre où vit leur lae Tort f LT ^ dc Mme Kulikov sky, et, malgré VUKraùie.parait-Ü^Ta cuTtipIrlTLec^aZ 2£ et sont VarticulièfZ^Z:^7L:ten ^ ^ ^ furent eGxrpaLéesDnZheSSe \u201c* PCmtre renom™ dont les oeuvres Le Samedi, Montréal, 8 août 1953 5 FAMILLE par REMY LAURENT des catastrophes qui allaient entraîner leur décision prise à la légère.La Grande Guerre était dans sa troisième année d\u2019horreurs.La Russie y avait été fort mal préparée et s\u2019en trouva toute désorganisée.Du désordre, des restrictions dues uniquement à un mauvais acheminement des denrées alimentaires, naquit un climat favorable à des manifestations populaires.On commença à Saint-Petersbourg par de simples revendications économiques, mais, en un jour, l\u2019affaire prit un tour politique.Les conscrits de la ville mal équipés et mécontents, prirent le parti des manifestants : la révolution éclata tout bonnement.L\u2019étincelle, cependant, trouva un gouvernement peu énergique et des hommes fermement décidés à en tirer avantage.L\u2019empereur quitta en hâte son Etat-Major de Moguilev et voulut rejoindre Saint-Petersbourg.Mais à Dno son train spécial fut stoppé d\u2019autorité, trois membres de la Douma se présentèrent qui conseillèrent vivement à l\u2019empereur d'abdiquer en faveur de son fils.Mais le jeune Alexis souffrait d\u2019une dangereuse hémophilie transmise par la famille Hessen de sa mère.Nicolas II remit donc les pouvoirs à son frère cadet, le Grand-Duc Michel.Ce dernier renonça au trône avant même que le pays ne se soit prononcé sur la forme de gouvernement à adopter : monarchie ou république.Le pouvoir tomba donc entre les mains du Gouvernement Provisoire dont les impairs allaient précipiter le pays à la catastrophe.Le premier président fut le prince G.E.Lvov, puis, peu à peu, Alexandre Kerensky »ui vit actuellement aux Etats-Unis comme citoyen américain.3- ^ww < uimmU \u2022 \u2022 &«« i.uimr-.(Photos Alain, Le Samedi) La deuxieme ville de langue française du monde MONTRÉAL De 1 avis de ceux qui ont voyagé, Montréal est peut-être la ville la plus gaie de l\u2019Amérique du Nord, la plus agréable, sans doute, à habiter.New-àork, certes, offre des ressources infiniment plus variées, mais, en revanche, écrase 1 homme sous un anonymat démoralisant, 1 humilie sans cesse entre des murs qui ne sont pas à son échelle.D autres villes ont plus de çi ou de ça, mais Montréal propose une heureuse moyenne en tous genres.C\u2019est ainsi qu\u2019à une vigoureuse touche de tradition canadienne-française, notre métropole ajoute un caractère cosmopolite fort enrichissant à tous égards.L'autochtone, comme 1 immigrant, peut vivre ici à sa guise, développer les activités et les loisirs qui lui conviennent.Nous n irons pas dire qu\u2019il ne reste rien à faire à Montréal, que tout est parfait, loin de là.Trop de journalistes et d\u2019orateurs se sont étendus sur les carences de notre ville, qu\u2019il s'agisse de théâtres, salles de concert ou autres.Mais nous reconnaissons que la pâte est bonne, quelle lève de façon satisfaisante dans un grand brassage de races et d idées.On traville sans cesse à ces améliorations, que peut-on demander de mieux ?Que ça n'aille pas assez vite ?Paris s'est bien construite en 2000 ans ! J aime les nuits de Montréal, ça me rappelle la place Pigalle\", dit la chanson du populaire Raffa.De fait, les nuits de Montréal, dans leur flot de néon, sont particulièrement animées dès que les conditions climatiques le permettent .et jusqu à une heure très avancée.Nous disposons maintenant d une gamme de restaurants de qualité qui savent retenir le Client et le touriste par leur variété et une riche couleur locale.Nous disposons d un choix de boîtes de nuit comme peu de villes du monde.out es, c est vrai, n offrent pas régulièrement un programme de premiere qualité, mais nous pouvons nous vanter d'avoir su retenir les talents locaux tout en attirant les plus grandes vedettes internationales.11 Jr e.n ® P°ur tous les goûts à Montréal.Chacun trouve sa libre16 V01 ° blSn °6 qUi Caractérise une grande ville dans un pays Le Samedi, Montréal, 8 août 1953 7 C\u2019est à peine avec une surprise amusée, en notre âge atomique où personne ne s\u2019étonne plus de rien, que l\u2019habitant de Denver, (Colorado), observe aujourd\u2019hui son voisin en train d\u2019ouvrir une boite de conserve contenant un homard vivant, pêché quelque soixante-douze heures auparavant près de Boston.Un peu plus surpris, certainement, était, en 1911 1 inconnu à qui l\u2019on révéla, à Londres, que la soupe aux pois et le plat de boeuf qu\u2019il venait d avaler avec délices provenaient d\u2019un stock de conserves abandonné en 1824 par le capitaine Edwarg Parry dans l\u2019Arctique et récupéré quelques mois auparavant (une autre boîte contenant du veau rôti, de la même provenance, est encore exposée dans un musée de Londres).Mais il faut remonter plus loin dans le temps, vers 1810, pour trouver des hommes qui crièrent véritablement au miracle : des soldats de Napoléon qui, à la place de l\u2019habituel lard salé, truffé de vers blancs, et de l\u2019inévitable viande séchée qui exigeait une mastication de trois jours avant de consentir à glisser dans le gosier, trouvèrent, dans leurs gamelles, en Egypte, des légumes, des fruits (hors-saison) et de la viande d\u2019apparence fraîche que le cuistot extrayait de mystérieuses bouteilles de verre.Un an auparavant Napoléon Bonaparte avait remis à l\u2019auteur de ces miracles, un boulanger chauve aux sourcils touffus : Nicolas Appert, de Châlons-sur-Marne, une récompense de douze mille francs ($2,400.).Cette somme avait été promise quinze ans auparavant par le gouvernement « à celui qui inventerait une méthode pour préserver la nourriture des armées ».\u2014 A cette époque le scor- publié « l\u2019Art de préserver toutes sortes de substances animales et végétales » (ce boulanger était un chercheur, mais non pas un savant) il mourut en 1841 sans savoir réellement comment il y parvenait.C\u2019est le grand Louis Pasteur qui, en I860, (dix-neuf ans plus tard) en révélant au monde que la nourriture s\u2019avariait par une fermentation due à la présence d\u2019un bacille, expliqua ce qu\u2019il advenait lorsque Appert faisait, à Paris, bouillir ses bouteilles gorgées d\u2019aliments et scellés.Les bouteilles furent bientôt remplacées par des boîtes, utilisées pour la première fois en 1813 par l\u2019armée et la marine britannique après que l\u2019Anglais Peter Durand eût introduit et patenté la boîte de fer étamé qu\u2019il appelait « tin canister » que nous connaissons encore aujourd\u2019hui.Aujourd\u2019hui elle est, par la faute d\u2019un ouvre-boîte défectueux, parfois difficile à ouvrir, elle est toutefois moins rebelle que les premières boîtes, véritables coffres-forts en miniature, dont on ne venait à bout qu\u2019à l\u2019aide d\u2019un ciseau à froid et d\u2019un marteau de dimensions respectables.Après avoir servi l\u2019armée, surtout l\u2019armée française, les conserves firent timidement leur apparition sur le marché civil, où le client était encore méfiant.Mais elles furent accueillies avec sat.sîaction par les explorateurs, dont Parry, cité plus haut.Celui-ci fut cependant devancé dans cette expérience par le Russe Otto van Kotzebue en 1815.La première partie de l\u2019histoire de la boîte de conserve s\u2019arrête là, en ce qui concerne l\u2019Europe.La seconde s\u2019est déroulée aux Etats-Unis, où kk*k*k% *e,«r WM, ?feî.V\" '.T-*.\t- f.K , .Il y a plus de 200 ans naissait en France Nicolas Appert, inventeur de la conserve.(1813).Se tenant devant un stock impressionnant et tout luisant de boîtes finies, une jeune et souriante employée de l'American Can Co.tient en main les pièces composantes du récipient hermétique.Des millions de boîtes sont ainsi faites à Montréal pour les consommateurs du Québec et de l'Est canadien.L\u2019histoire de la mise en boite » bii Dans un atelier de la Dominion Foundries and Sleel, de Hamilton, une jeune fille peut se mirer sur les plaques de métal servant à la fabrication des boites de conserves.but, surtout, faisait de gros ravages chez les soldats dont l\u2019alimentation, soumise au hasard des campagnes, était souvent trop ^pauvre en vitamines, alors ignorées, d\u2019ailleurs, mais dont la carence ne se faisait pas moins sentir.Ce qui frappait le plus chez Nicolas Appert (1752-1841), c\u2019était l\u2019étonnante limpidité du regard qui, lorsqu\u2019il ne disséquait pas son vis-à-vis avec la précision du bistouri, prenait l\u2019expression rêveuse du lycéen fatigué, au cours de trigonométrie.Pendant quinze ans Nicolas Appert mit des saisons (autant dire du temps) en bouteille, mais, même après avoir réuss\u2019 à préserver une cinquantaine de produits alimentaires et avoir elle a abouti à la création de 3,500 conserveries produisant annuellement vingt milliards de boîtes, depuis le vulgaire légume, jusqu\u2019au jambon, en passant par les spécialités pour bébés, le poisson, le lait, la bière, la soupe, les jus de fruits, etc., soit [ Lire la suite page 30 ] Cette machine, appartenant à l'American Can., joue un rôle de première importance dans la fabrication moderne des boîtes de conserves.Elle fait la boîte d'un seul coup et fixe le fond.Le conserveur utilise un appareil similaire pour le sertissage des boîtes pleines.par MARTIN MEROY 8 Le Samedi, Montréal, 8 août 1953 Roman policier CHERCHEZ LA /SAAAAAAAAAAAaaa a a a FEMME par LUCIEN BORNERT } \u2022 \u2022 vvVsAVVWVVVVVWVN Juillet 1940, malgré l\u2019heure matinale le soleil est brutal, il dore les coteaux cernant le petit bourg de Ridac placé dans une cuvette.Par un petit chemin creux et ombragé, une vieille à la tête ridée comme une pomme cuite s\u2019en va faner, cahin-caha, son râteau sur l\u2019épaule vaillante encore malgré les ans.En arrivant près du petit pont de pierre qui saute la Lavette, un minuscule et capricieux ruisseau aux trois quarts asséché à cette époque de l\u2019année, la vieille pousse un cri.Elle vient d\u2019apercevoir, couché en chien de fusil, le corps d\u2019un homme gisant dans le lit du cours d\u2019eau.La tête baigne entièrement dans 1 eau, seul le côté droit émerge.Maîtrisant son émotion, la vieille, formée à la dure discipline des champs, examine attentivement.Pas de doute, l\u2019homme est mort.noyé, dans les trente centimètres d eau, au maximum.Comment cela est-il Dieu possible ?C est un soldat, revêtu de l\u2019uniforme kaki, il est nu-tête, mais sur sa manche droite on aperçoit un galon blanc.La bonne femme en a assez vu, le coeur battant, ses vieilles jambes marchant aussi vite que possible, elle se hate vers le village pour donner l\u2019alarme.La nouvelle se répandit comme une traînée de poudre dans Ridac, aimable petit village de trois cent vingt âmes, mais dont la population était à ce moment décuplée à cause de la présence d\u2019environ quinze cents soldats en instance de démobilisation.Tous les militaires éveillés à cette heure (et ceux qui n; 1 étaient pas le furent), se transportèrent sur les lieux de l\u2019accident.De sorte qu\u2019il y eut bientôt, autour du petit pont et sur les rives du ruisseau, une foule compacte et bruyante, grâce à la présence des eruants qui, malgré les objurgations les plus impératives, restaient là et menaient un infernal tapage.Bien entendu, les gendarmes, car il existait une gendarmerie à Ridac et le commandant militaire du canton, le chef d escadron de Blême, furent prévenus les derniers comme cela arrive toujours en pareil cas.En arr.vant sur les lieux, le brigadier de gendarmerie Bécuche dut faire appel à toute son autorité pour se frayer un passage : \u2014\tAllons, voyons, voulez-vous vous écarter.et d'abord, vous n\u2019avez rien à faire ici, allez-vous-en chez vous ! Mais nul n\u2019obéissait, on s'écartait cependant en rechignant.Bécuche et le commandant arrivèrent tant bien que mal sur le petit pont et aperçurent la victime.Incontestablement, il est mort ! dit le brigadier, puis il se tourna vers les nombreux soldats et questionna : Comment qu\u2019il s\u2019appelle, ce gars-là ?Vingt voix au moins répondirent, de sorte que l\u2019on ne comprit rien du tout, alors le commandant de Bleme, d\u2019un geste de son inséparable cravache, désigna un homme : \u2014\tVous, là, répondez, connaissez-vous le nom de la victime ?L'autre, malgré sa tenue plus que débraillée, il avait le torse nu, rectifia inconsciemment la position et répondit sans hésiter : \u2014\tOui, mon commandant, c'est le maréchal des logis, Dolin Louis.\u2014\tVous le connaissez bien ?ÆggÊÊÊÊ %m\\ Un roman palpitant aux événements sans cesse rebondissants L amour s'oppose au devoir.Lequel triomphera ?Dessin de JEAN MILLET Le Samedi, Montréal, 8 août 1953 \u2014\tOh ! oui, il est de ma compagnie, la 412.Bien, vous resterez à la disposition de la gendarmerie.Vous avez des questions à poser, brigadier ?D un geste familier, Bécuche releva son képi et de la même main gratta son crâne chauve : \u2014\tDame.oui, mon commandant., mais faudrait d abord enlever le corps de là.c\u2019est pas un spectacle pour les enfants.Un sous-officier s\u2019approcha du commandant : Nous avons des brancards, mon commandant, dans nos sanitaires, voulez-vous que nous nous chargions de ce transport ?\u2014\tEntendu, mon petit, et faites vite, le gendarme a raison, il importe de soustraire ce cadavre à l\u2019examen de tous ces gens.Puis, se tournant vers le brigadier : \u2014\tVotre opinion?.un accident?¦\u2014 Oh ! bien sûr.tel que vous le voyez, ce gars-là a dû prendre une fameuse cuite hier soir, il s\u2019est trompé de chemin en voulant rentrer.Arrivé ici, il a basculé par-dessus bord en se penchant probablement.ç\u2019a fait une chute de deux mètres, ça l\u2019a étourdi et il s\u2019est noyé dans cette flaque d\u2019eau.Le chef d\u2019escadron eut une grimace : \u2014\tC\u2019est pénible tout de même.mourir de cette façon, un soldat qui avait fait la guerre et qui attendait sa démobilisation, pas de chance.pas de chance vraiment.« Ah ! voici nos brancardiers, où voulez-vous que l\u2019on transporte cet homme, brigadier ?» Sans se rendre compte de l\u2019ironie macabre de sa phrase, Bécuche répondit : \u2014\tBen, à la gendarmerie, dans la prison, c\u2019est encore là qu\u2019il sera le plus tranquille ! Avec un sourire plein d\u2019ironie, le commandant tendit son étui à cigarettes à son interlocuteur qui accepta : \u2014\tPas de refus, mon commandant.Ah ! je vais aider à charger ce bougre-là.Les soldats munis de brancards s\u2019étaient approchés de la berge, refoulant les curieux.L\u2019un d\u2019eux avait quitté ses sabots et était entré pieds nus dans le ruisseau.Avec bien des efforts, il parvint à amener sur l\u2019herbe le corps qui pesait lourd, car les vêtements étaient trempés, puis il fut vite chargé sur le brancard.\u2014\tRegardez, mon commandant, observa Bécuche, en désignant des maculatures sur la veste du cadavre, qu\u2019est-ce que je vous disais.il a vomi.Le chef d\u2019escadron pinça le nez en répondant : \u2014\tOui, c\u2019est parfaitement exact.Allons, vous autres, recouvrez ce cadavre avec un treillis, n'importe quoi.et que tout le monde s\u2019en aille, c\u2019est compris ?Il n\u2019y a rien à voir ici ! Mais la foule avait au contraire» augmenté, tout Ridac était maintenant dans la plaine à contempler ce spectacle macabre.Aussi fut-ce un énorme et bavard cortège qui accompagna les brancardiers jusqu\u2019à la gendarmerie heureusement proche.Le corps placé sur la couchette réservée aux prisonniers, qui étaient aussi rares que le merle blanc à Ridac, le commandant militaire du canton et le brigadier gagnèrent le bureau de ce dernier.Confortablement installé dans un fauteuil, les bottes étincelantes haut croisées, mordillant machinalement Ja poignée de sa cravache, le chef d\u2019escadron examina un instant en silence le brigadier Bécuche.C\u2019était un grand et gros homme à la figure rougeaude, aux cheveux rares.Il présentait une particularité, ses yeux étaient presque asiatiques, et il semblait regarder au travers de deux minces fentes.Il faut avouer que, dans ce visage nettement.paysan, ces yeux bridés ne lui donnaient pas un air très intelligent.Peut-être était-ce une apparence.\u2014\tBrigadier, dit soudain le commandant, il va falloir que vous m\u2019établissiez un rapport circonstancié sur cet accident.Voulez-vous que pour faciliter vos recherches je vous envoie tous les sous-officiers de la 412 qui étaient les camarades du mort ?_____Ah ! oui, mon commandant, répondit le gros homme en soupirant, et le plus rapidement possible, il faut nous débarrasser de cette histoire-là._____Bien, j\u2019ai d\u2019autre part envoyé chercher le lieutenant Hébert commandant la 412 et qui doit, lui aussi, me fournir un rapport.Vous pourrez collaborer utilement, n\u2019est-ce pas ?__A vos ordres, mon commandant, quatre yeux sont mieux que deux ! « Surtout lorsqu\u2019ils sont aussi mal foutus que les tiens ! » pensa le commandant, mais il n\u2019en souffla mot car c\u2019était un homme fort bien élevé.Comme on frappait à la porte, Bécuche cria : \u2014\tEntrez ! Un lieutenant d\u2019une cinquantaine d\u2019années, le poil gris, le visage rubicond, ressemblant à s\u2019y méprendre à un pot de tabac, pénétra dans la pièce.Il salua, figé en un impeccable garde-à-vous.\u2014\tBonjour, Hébert, dit le commandant en lui tendant la main, voici le brigadier.comment déjà ?\u2014\tBécuche, répondit l\u2019intéressé.\u2014\tVoici donc le brigadier Bécuche avec qui vous allez vous mettre en rapport pour faire votre compte rendu sur l\u2019accident survenu au maréchal des logis Dolin.\u2014\tEntendu, mon commandant, répondit l\u2019officier en donnant une poignée de main au brigadier, mais quel stupide accident, ce malheureux.un gentil garçon, d\u2019ailleurs, tout jeune.une trentaine d\u2019années.\u2014\tOui, répondit le chef d\u2019escadron avec une moue, je n\u2019aime guère les ivrognes cependant.\u2014\tOh ! mon commandant, si certains hommes boivent un peu trop, ils ont des excuses, ils s\u2019ennuient comme des rats dans ce trou où il n\u2019y a aucune distraction.\u2014\tMais oui, Hébert, dit sarcastiquement le chef d\u2019escadron, j\u2019oubliais que vous n\u2019êtes pas ennemi, loin de là, de quelques apéritifs, eh bien ! au revoir, messieurs, je compte sur vos rapports pour la fin de cet après-midi.Il sortit après avoir vaguement porté la main au képi.Rouge encore de l\u2019apostrophe de son chef, Hébert se tourna vers Bécuche : -\u2014Un peu dur parfois, le commandant, mais chic! Il Le lieutenant Hébert relève la tête, pousse un gros soupir, s\u2019éponge le front avec un vaste mouchoir et soupire : \u2014 Eh bien ! mon vieux gendarme, je ne sais pas où vous en êtes, mais moi, j'ai terminé, c\u2019est pas trop tôt ! Quelle barbe que ce genre de travail, j\u2019ai horreur de cela ! \u2014 Pas tant que moi, mon lieutenant, pas tant que moi, répond Bécuche avec son brave accent du Lot, heureusement, je n\u2019en ai plus pour longtemps., mais tous ces interrogatoires.enfin, nous sommes bien d\u2019accord, n\u2019est-ce pas ?Voici, en termes succints, ce que je dis dans mon rapport : « Le 12 juillet, à 6 h.30 du matin, la femme Genévrier Clémentine a découvert le corps du maréchal des logis Dolin Louis, de la 412 Compagnie de Transport.Il découle de notre enquête que ledit sous-officier avait bu plus que de raison au café Martin, place des Platanes, et qu\u2019il avait quitté cet établissement le 11 à 21 h.45, seul et ayant peine à conserver son équilibre.Comme ledit Louis Dolin couchait dans la grange du sieur Jolibois Ernest, sise rue Clément-Marot, et que l\u2019on a découvert son cadavre en dehors du pays, mais d\u2019un côté diamétralement opposé, il ressort que la victime s\u2019était égarée.Qu\u2019arrivé au pont de la Livette, Dolin Louis s\u2019est senti pris de malaise, qu\u2019il s\u2019est penché à seule fin de restituer le trop-plein de son estomac et qu\u2019il a basculé.Le choc l\u2019ayant étourdi, il est mort asphyxié dans les trente l\u2019ayant étourdi, il est mort asphyxié dans les trente centimètres d\u2019eau de la Livette.» Dans les brandes Ami de la vache qui broute, Du vieux chaume et du paysan, Des le matin je prends la route De Château brun et de Crozan.Dans l\u2019air, les oiseaux et les brises Modulent de vagues chansons, A mon pas les pouliches grises Hennissent au bord des buissons.Sur les coteaux et les pentes, Aux environs du vieux manoir, Je revois les chèvres grimpantes, Les moutons blancs et le chien noir .Et je m'en reviens à la brune Tout plein de calme et de sommeil.Aux rayons vagues de la lune, Ce mélancolique soleil ! \u2014\tAlors, qu\u2019en pensez-vous, mon lieutenant ?\u2014\tC\u2019est très bien, brigadier, c\u2019est très bien.mieux que le mien même.enfin, ils disent tous les deux strictement la même chose, et c\u2019est ce qui importe.« Eh bien ! si nous allions boire un petit apéritif, pour nous récompenser de ce magnifique labeur, qu\u2019en pensez-vous ?\u2014\tBonne idée, mon lieutenant, c\u2019est pas de refus.Ayant remis leurs képis, les deux hommes sortirent du bureau.Dans le couloir, une grande et belle femme, avec un beau rire, interpella le brigadier : \u2014\tOù vas-tu, Emile, de ce pas ?\u2014\tC\u2019est ma femme, répondit le gendarme à 1 a-dresse du lieutenant.Pu's il poursuivit : \u2014\tNous allons boire l\u2019apéritif, ma chérie.S\u2019appuyant sur son balai, la femme reprit, avec son sourire éclatant : \u2014\tPas plus de trois, alors ! Une fois dehors, les deux hommes se dirigèrent vers la place des Platanes, au café de Paris, aux méridionales arcades, malgré son enseigne.\u2014\tVotre femme est charmante, brigadier, dit le lieutenant en s\u2019asseyant à la terrasse.\u2014\tOui, répondit Bécuche, elle a toujours le sourire, c\u2019est assez précieux., même quand on s\u2019enguirlande, elle rit.C\u2019est un peu énervant, des fois.\u2014\tÇa vaut bigrement mieux qu\u2019une femme comme la mienne qui est toujours en train de rouspéter.Enfin, c\u2019est la vie.et je serai quand bien même content de la revoir le plus rapidement possible.« Alors, qu\u2019est-ce qu\u2019on boit, deux anis bien tassés ?» Le brigadier ayant acquiescé, les deux hommes dégustèrent bientôt la boisson opaline, examinant d\u2019un oeil calme les nombreuses voitures, militaires et civiles, camions, camionnettes, autos de tourisme garées sur la place qui en acquérait une physionomie inaccoutumée.Il régnait, sous un ciel implacablement bleu, une étouffante moiteur et les nombreux militaires qui passaient, les bras ballants, légèrement vêtus pour la plupart, paraissaient respirer un écrasant ennui.Quelques vieux paysans tannés, recuits par le soleil, trimbalaient une brouette et des gosses jouaient à cache-cache derrière les véhicules en poussant des hurlements stridents.Tout était calme, paisible, quiet.C\u2019est alors qu\u2019une main se posa sur l\u2019épaule du lieutenant Hébert et qu'une voix jeune et virile questionna : \u2014\tAlors, mon vieux, qu\u2019est-ce que tu fais là ?L\u2019interpellé se retourna et reconnut avec un sourire le sous-lieutenant médecin Dantrague, cantonné dans un petit village, à sept kilomètres de Ridac, et qui arrivait en bicyclette, tenant encore sa machine à la main.\u2014\tTu vois, mon vieux, je prends l\u2019apéritif avec le brigadier, si le coeur t\u2019en dit, assieds-toi.Le médecin posa sa bicyclette le long du trottoir, salua le brigadier et prit place : \u2014\tQuoi de nouveau ?questionna-t-il.Bécuche, important, entreprit de conter au nouveau venu le grand événement du village, l\u2019accident du maréchal des logis Dolin.La physionomie de Dantrague devint sérieuse : \u2014\tVous croyez donc que votre bonhomme, ayant trop bu, a basculé par-dessus le pont ?Cela me paraît bizarre ! \u2014\tBizarre ! pourquoi donc ?-\u2014Vous savez, il faut vraiment être ivre, et encore, pour basculer ainsi.enfin ! tout est possible, après tout.Et alors, il est tombé de quelle hauteur ?\u2014\tA peu près deux mètres.\u2014\tEt il porte une très forte bosse au front?Bécuche se gratta la tête : \u2014\tDame ! encore assez, oui.enfin, une bonne bosse.\u2014\tOui, une bonne bosse, mais pas suffisante pour qu\u2019il soit complètement assommé.En admettant qu\u2019il ait été étourdi, il est curieux que l\u2019eau froide d\u2019abord, la sensation d\u2019étouffement ensuite ne l\u2019aient pas fait se tirer de sa fâcheuse position.Hébert, vaguement inquiet, posa sa large main sur la cuisse du médecin et questionna : \u2014\tAlors, qu\u2019est-ce que tu veux dire par là ?-\u2014 Eh bien ! que j\u2019aimerais examiner le corps, est-ce possible ?\u2014\tMais bien entendu, docteur, assura Bécuche, le temps de finir notre apéritif et nous allons y aller, c\u2019est à la gendarmerie.Le brigadier fit une grimace, plissa plus encore ses yeux et dit d\u2019une voix légèrement embarrassée : \u2014\tAlors, si des fois il était pas tombé tout seul, ça voudrait dire qu\u2019on l\u2019aurait poussé, et si on l\u2019a poussé.\u2014\tNous serions en présence d\u2019un crime, hélas! trancha Hébert, ça risque d\u2019être gai, c\u2019est pour le coup que le commandant va faire du boucan.[ Lire la suite page 13 ] 10 Le Samedi, Montréal, 8 août 1953 Profitant de ce quelle se trouvait seule un moment dans le grand salon d\u2019essayage, la baronne de Stances se rapprocha de Mlle Simone \u2014 Simone Verard, première au rayon de couture, chez « Bo-cher Soeurs », la maison à la mode \u2014 et, d\u2019un petit ton entendu : \u2014 A propos, dit-elle, toutes mes félicitations .Mlle Simone s\u2019arrêta, les bras levés, tenant la robe quelle s\u2019apprêtait à aller poser sur un fauteuil \u2014 Me féliciter?Et à quel sujet?.\u2014 Ce mariage.\u2014 Un mariage ?de qui donc ?\u2014 Comment, qui ?Mais, vous ! Moi ! Quelle est cette plaisanterie ?.Et Mlle Simone éclata de rire.Mme de Stances, un moment démontée, reprit : \u2014 C est trop de discrétion.avec moi, ce n\u2019est pas gentil.D\u2019autant que d\u2019autres sont plus bavards votre futur.Mon futur?Vous le connaissez?Et c\u2019est de lui que vous tenez la chose ?\u2014 Je ne le connais pas personnellement, non, mais nous avons de communes relations.Et il ne cache pas, lui.\u2014 Par exemple.Je puis bien vous assurer, en tout cas, pour ce qui est de moi.Elle alla jeter la robe sur un meuble voisin et, revenant : \u2014 Vous avez dû vous abuser par quelque similitude de nom.Je ne suis pas seule de mon espèce.ni du nom.Il doit y avoir quelque autre Simone Vérard qui court les rues, ou les salons, voilà tout.\u2014 Il n\u2019y a qu\u2019un malheur à cela, par les précisions qui m\u2019ont été données.Il n\u2019y a pas quarante-huit Simone Vérard, que je sache, natives d\u2019Angoulême, où vos parents tenaient une grosse fabrique.Je connais votre famille du reste, et ce n\u2019est pas d\u2019aujour-d hui, puisque je suis de la région.Allons, ne niez plus.Vous ferez une gentille Madame de Rodena.\u2014 De Rodena ?\u2014 Oui, le banquier du boulevard Haussmann.C\u2019est Tout est bien qui finit bien La vérité en se faisant joi peut entraîner un grand bonheur.D;ssin de JEAN MILLET quelque chose.et c\u2019est quelqu\u2019un.mais avec vous, c\u2019est encore lui qui fera la bonne affaire.Mlle Simone devint subitement sérieuse.\u2014 C\u2019est inimaginable.Je proteste que je ne connais pas de M.de Rodena.et, à moins de prétendre qu\u2019il se soit mis en tête de m\u2019épouser sans m\u2019avoir jamais vue non plus.Du moins, ajouta-t-elle en souriant, aurait-il pu me consulter, avant d\u2019aller le crier sur les toits.\u2014 Vous me paraissez sincère, fit Mme de Stances, songeuse.Alors, qu\u2019est-ce à dire ?Quelqu\u2019un se serait-il servi de votre nom ?.Je me demande dans quel but.A votre place, j\u2019éclaircirais la chose.\u2014 Bah ! du moment que ce n\u2019est pas moi.\u2014 Vous avez tort.La baronne partie, Simone Vérard courut conter l\u2019imprévue nouvelle à une de ses collègues.\u2014 Si tu ne le savais pas, je t\u2019apprends que je me marie.\u2014 Je te félicite, répondit l\u2019autre.Vois-tu, tu ne m\u2019apprends rien.Comme tu n\u2019en soufflais mot.j\u2019évitais de t\u2019en parler la première- Simone n\u2019en revenait pas.\u2014 Ainsi tu le savais ! .toute la maison savait, je parie !.Tout le monde était au courant.sauf moi ! \u2014 Comment ?\u2014 Ça ne va pas se passer comme ça.Et, plantant là, quelque peu ahurie, son interlocu-tr ce, la blonde première, qui était une petite femme de décision, partit s\u2019habiller.Il n\u2019était pas six heures, mais elle ne s\u2019attarda pas à attendre l\u2019heure rituelle de sortie.A la banque, boulevard Haussmann, elle trouva, naturellement, portes closes.Mais, par une petite porte, dans le vestibule de l\u2019immeuble, elle réussit à s\u2019introduire dans la place.Un emp! yé qui passait vint à elle.\u2014 La banque est fermée, Madame.- Je sais.ou plutôt, vous voyez, elle est mal fermée.M.de Rodena je vous prie.L employé eut un sourire de condescendante pitié devant une demande aussi insolite.\u2014 Vous avez rendez-vous?\u2014 Non.\" (elle regretta presque aussitôt ce «Non» je é à 1 étourderie) mais je tiens à le voir tout de suite.Voulez-vous m'annoncer.\u2014 Je doute qu\u2019il vous reçoive à cette heure-ci.D ailleurs il est peut-être déjà parti.Vous m obligeriez de vous en assurer.\u2014 Je veux bien essayer.C\u2019est de la part de qui ?\u2014\u2022 Mlle Simone Vérard.L\u2019employé revint bientôt.Dans le vaste bureau, meublé avec une sévère magnificence, un homme, jeune encore, grisonnant à peme, s était levé, venant, le sourire aux lèvres, au-devant de la jeune femme.Mais ce sourire se figea.Elle ne lui laissa pas le temps de se reprendre.C est bien à M.de Rodena que j\u2019ai.Parfaitement.Mais, vous-même ?.Vous ne me connaissez pas \u2014 Ma foi.\u2014 Eh bien!.Moi non plus.Et cependant.f il t R,odena Pensa a cette minute.« C\u2019est une toile ».Et il se rapprochait de la sonnette, lais la décidée petite femme continuait.\u2014 Et cependant.Comme c\u2019est drôle.Nous allons nous marier ou du moins, m'a-t-on assuré.C'est vous qui le dites.c vuis.vous vous appelez sans doute réelle-ment aussi.Simone Vérard.[ Lire la suite page 35 ] Une Nouvelle SIMONE ET L\u2019AUTRE de MARCEL BENOIT Le Samedi, Montréal, 8 août 1953\t11 DANS LE MONDE SPORTIF par OSCAR MAJOR Quand finira la course aux étoiles.filantes, au sein de notre baseball semi-professionnel ?La petite mésaventure (oh ! mésaventure n\u2019est peut-être pas le terme qui convient : mettons que l\u2019expression est provisoire) qui arrive à plusieurs clubs de la Ligue de Baseball Senior des Laurentides illustre, de façon fort convenable, une vérité, dont les équipes semi-professionnelles, d\u2019où qu\u2019elles soient, font généralement trop bon marché, quoique, dans l\u2019ensemble, elles accuseront un déficit de plus de $75,000, cette saison seulement.Nous ne sommes p-s en peine au sujet des propriétaires de tous ces clubs, tous gentilhommes qui n\u2019ont pas en tête l\u2019idée de connaître des profits substantiels.Ça ne leur fait ni froid ni chaud dans le dos de dépenser leur argent, en groupant des joueurs grassement payés, afin de gagner le championnat, alors qu\u2019un seul club \u2014 une autre vérité de La Palisse \u2014 peut remporter la palme, tant désirée ! Va sans dire, ces messieurs, tous Canadiens-français, souffrent de cette maladie antique : la championnite ! Et pour satisfaire cette passion, ils tiennent mordicus aux services d'un tas de joueurs américains, auxquels ils paient des salaires assez élevés, soit de $100 à $150 par semaine, au détriment d\u2019un bon nombre de joueurs montréalais, qui ne reçoivent pas un semblable cachet hebdomadaire, tout en étant de meilleure qualité, sous tous rapports.La majorité de ces équipes, par le fait même qu\u2019elles ont eu le droit d\u2019engager le plus grand nombre possible de joueurs américains, ont profité largement de cette autorisation au commerce si peu payant et ont eu une tendance à en abuser.On a changé de joueurs bien souvent, pour le plaisir d\u2019en changer, parce qu\u2019on a cru que la nouveauté était une promesse de réussite.Quelle déception ! De plus, plusieurs de ces proprios ont écouté les mauvais conseils de certains joueurs américains, qui ont porté aux nues certains de leurs amis, qui sont venus gagner de $100 à $150 par semaine, alors qu\u2019ils ne méritaient qu\u2019une couple de bâtons forts !.ayant toutes les misères du monde à saisir les signaux conventionnels de leurs gérants ! En toute justice, nous devons avouer que plusieurs joueurs américains de ce circuit ont*mérité leurs salaires.Quoique les exigences de la vie du baseball commandent l\u2019embauchage de plusieurs joueurs américains, nous soutenons, depuis toujours, que les dirigeants de ce circuit laurentien ne feront pas vieux os, s\u2019ils ne limitent pas l\u2019engagement de sept ou neuf joueurs américains, par équipe.Aussi, ils ne seraient plus obligés de bouleverser, de fond en comble, leurs formations.Puis, ils épargneraient des milliers de dollars, qu\u2019ils doivent débourser pour frais de transport, venant de Corpus Christi, Texas, de Bâton Rouge, Louisiane, ou de Cuba, alors qu\u2019un certain nombre de nos petits Canayens sont relégués au second plan, hélas ! Comme l\u2019écrivait, récemment, notre jeune confrère du Canada, l\u2019affable Bert Soulière : « Un grand nombre de joueurs de baseball canadiens évoluent dans ce circuit, avec un brio remarquable, mais sont de pauvres salariés ou presque, par pure bonté, en comparaison des salaires, accordés à plusieurs importés, ne tarderaient pas à voir leur compte de banque augmenté rapidement s\u2019ils recevaient le salaire d\u2019un dénommé Trechael, qui n\u2019a jamais fait fureur ave(S-Tes Patriotes de St-Eustache, à ses débuts dans le circüit Cherrier et qui, aujourd hui, ne figure pas beaucoup plus avantageusement dans l\u2019uniforme du Ste-Thérèse.Evidemment, c\u2019est le privilège des clubs de mettre sous contrat les joueurs qu\u2019ils désirent, mais certains gérants semblent attacher un peu trop d\u2019importance à quelques-uns de ces joueurs étrangers, qui ne valent pas cher sur un losange.Ils ont trop confiance en ces importés et ignorent un peu trop nos joueurs canadiens.Il serait intéressant de connaître le nombre de joueurs, qui ont évolué dans la Ligue Laurentides Senior, depuis le début de la saison.Si cet état de choses continue, dans un an ou deux, les directeurs de ce circuit devront suspendre leurs activités, force majeure ! La médecine des chevaux de course Les soins donnés aux chevaux de courses sont très nombreux.La majorité des parieurs ne s\u2019occupe pas de cet item, assez important, ayant l\u2019idée dominante de gagner un billet de vingt dollars, sur une mise minime.A la fin de la saison, seuls les proprios connaissent des gains appréciables, depuis nombre d\u2019années.On conçoit qu\u2019avec l\u2019organisme fragile des pur sang et les efforts qui leur sont imposés, les visites au médecin sont assez fréquentes.Le matin, propriétaires et entraîneurs des coursiers se rendent à la consultation, pour avoir des conseils, au sujet de l\u2019état physique de leurs pensionnaires.Pour les opérations, on emploie la table de Daviau.Cet appareil est composé d\u2019un plateau rembourré, pivotant autour d\u2019un axe.Le coursier y est attaché, couché et s\u2019y maintient immobile.Engourdi par le bromure ou autre calmant, il est encapuchonné, puis revêtu d\u2019une large couverture, destinée à empêcher les sangles de glisser.On l\u2019approche du plateau, de façon qu\u2019on puisse accrocher les sangles, qui servent à le soulever et à l\u2019empêcher de bouger.Les médecins vétérinaires des Etats-Unis améliorent, de plus en plus, un procédé qui révolutionnera le monde du turf, d\u2019ici quelque temps.Le coursier est levé par les crics.Le plateau pivote autour de son axe, jusqu\u2019à ce qu\u2019il soit complètement horizontal.Une fois la table horizontale, chaque membre du cheval de course est, tour à tour, tenu par des courroies qui, passant à travers les ouvertures pratiquées, sont fixées sur la surface intérieure par des chevilles.Le vétérinaire peut, donc, agir à sa guise.Il pratique l\u2019opération de la castration, très fréquente.Grâce à l\u2019emploi d\u2019une pince, les chairs sont remises en état, sans même qu\u2019une ligature soit nécessaire.Deux ou trois jours après, le cheval de course ne se ressent plus de rien.Il courra, désormais, plus facilement, car tandis que son devant va s\u2019alléger, son arrière-train se développe.Les pointes de feu aux jambes sont destinées à former une gaine fibreuse, qui sera un bandage élastique et vivant, tout autour des tendons.Elles enrayent le développement des jardons ou tares osseuses.Les chevaux cornards subissent l\u2019opération de la trachéotomie.Ce dernier mot, technique on ne peut mieux, n\u2019empêche les parieurs de perdre leur argent.On fait aussi du massage électrique, par transmission, qui rétablit la vitalité et la circulation dans les muscles émaciés.Enfin, pour purger la bête \u2014 il y a un si grand nombre d\u2019autres bêtes qui se font purger ! \u2014 il faut employer des précautions.Le vétérinaire utilise un instrument, une sorte de pistolet qui, au moyen d\u2019un déclic, envoie une capsule d\u2019aloès, dans l\u2019arrière-bouche du coursier, qui l\u2019avale sans mot dire, de façon naturelle.fm : ~ « .¦***#.A la suite d\u2019une enquête, religieusement menée, nous avons découvert une chose étrange, que nous savions, depuis plus de quarante ans! Vous êtes surpris, n\u2019est-ce pas?Nous ne le sommes pas! Quatre-vingt-dix pour cent des joueurs de baseball américains, de la Ligue des Laurentides, n\u2019aiment pas à recevoir des ordres de gérants canadiens-français.Dans cette province, où sont les gérants de cette nationalité ?Pour répondre honnêtement, il vous faudrait couper les dix doigts de vos deux mains, alors qu\u2019une demi douzaine d\u2019anciens joueurs canadiens pourraient mener leur barque à bon port ! \u2014 Il n\u2019y a rien de nouveau sous le soleil! Vous avez, sous les yeux, une bonne équipe de classe B qui, il y a 30 ans bientôt, aurait dû remporter le cbantpionnat de la Ligue de l\u2019Est, au Parc Atwater, les Canadiens de Joe Cattarinich et de Léo Dandurand.Cette équipe possédait quatre ou cinq joueurs canadiens-français de Montréal, qui avaient appris leur baseball à la bonne école, alors que la plupart des joueurs américains jouaient du baseball à peu près, comme le font, cette saison, plusieurs joueurs de la Ligue des Laurentides! Vous voulez un exemple?La plupart des lanceurs font l\u2019impossible pour viser les bâtons des cogneurs ! Capish ?Pourquoi ?Ils n\u2019ont pas appris, à la bonne école ! A quoi sert d\u2019enseigner aux gens qui prétendent savoir !.Nous sommes toujours d\u2019opinion que les Canadiens de 1924 auraient dû connaître un meilleur sort s\u2019ils avaient été gérés, sans esprit de parti, si le mentor du temps, Pete Ferrand, un excellent joueur franco-américain, n\u2019avait pas favorisé, outre-mesure, les joueurs américains, au point d\u2019avoir passé au Club Québec, qui remporta le championnat, Tinomme Wingo.le meilleur receveur de la ligue du temps.Voilà les noms des joueurs du Club Canadien de 1924: Première rangée, assis, de gauche à droite: R.S.Saunders, lanceur, M.McMillan, lanceur, Larry Carmel, Pete Farrand, Dutch Lafontaine, Pete Knapp, George Gallagher.Seconde rangée debout : F.Jacobs, le fameux lanceur droitier, Paddy Grenier, décédé il y a une dizaine d\u2019années Oscar Major, votre correspondant qui sait ce qu\u2019il dit, H.Minetree, Hawk Peelei-, R.Hartnett, lanceur, frère de l\u2019ancien fameux receveur des ligues majeures, les Cubs de Chicago, Gabby Hartnett, d\u2019il y a 15 ans, Jess Spring, décédé, ancien joueur du club de hockey Toronto, et Jules Dugal, secrétaire de route, aujourd\u2019hui propriétaire de plusieurs motels de la Floride.Nous allions oublier de dire que feu Jos Cattarinich et Léo Dandurand, deux des plus grands sportsmen du Canada, avaient décidé de se joindre au baseball professionnel, après que le Canadien eût remporté la Coupe Stanley, en 1924.Ils en furent quittes pour dépenser plus de $20,000, au cours de cette, saison de baseball. 12 Le Samedi, Montréal, 8 août 1953 IIIIBIlllBllllBlllBI]1IBIIIIBIIIII3IIKBIIIBI[IBIfllBIIIIBI!IIBI!IIBil!IBI!IIBIIIIBIMBllllBilllBllUB;üiB Un autre succès du film italien, avec Sylvana Mangano, Raf Vallone, Vittorio Gassman, Jacques Dumesnil, Gaby Morlay et Patricia Mangano.-.V- Anna (Sylvana Mangano) est une danseuse de cabaret partagée entre son engouement pour Vittorio (Vittorio Gassman) un propriétaire louche de cabaret et un amour propre et honnête avec Andrea (Raf Vallone).Sa vie antérieure l\u2019empêche d\u2019accepter le mariage avec Andrea et nous la trouvons au début du film dans un hôpital de Milan où elle travaille comme garde-malade et novice avant de faire ses voeux de religieuse.Un jour, sa soeur (Patricia Mangano) lui apporte un paquet de lettres de son ancien fiancé, et elle en est troublée au point qu\u2019elle demande à la Mère supérieure (Gaby Morlay) de lui permettre de prononcer ses voeux immédiatement, permission qui lui est refusée, la supérieure jugeant qu\u2019Anna n\u2019est pas suffisamment détachée du monde.Quelques temps après, on transporte à l\u2019hôpital un blessé, qui n\u2019est autre qu\u2019Andrea, son ancien fiancé.Anna obtient que le meilleur chirurgien de l\u2019hôpital, le Dr Ferri (Jacques Dumesnil) opère le blessé.Pendant l\u2019opération, Anna songe à sa vie passée, l\u2019atmosphère sordide des clubs de nuit, ses amours avec Vittorio.Elle se rappelle sa première rencontre avec Andrea, leur amour naissant, et toute son indulgence lorsqu\u2019elle lui avoua son passé.Mais Vittorio n\u2019avait pas abdiqué facilement et un jour qu\u2019il poursuivit Anna jusqu\u2019à la ferme d\u2019Andrea, il y eut querelle et bataille et Andrea tua Vittorio après que celui-ci eût blessé Anna.C\u2019est au cours de son séjour à l\u2019hôpital qu\u2019Anna décida d\u2019entrer chez les reli- ' \u2022 1 ' m » gieuses.Quand Andrea reprend conscience, Anna est près de lui, attentive et dévouée.Il la demande de nouveau en mariage mais Anna n\u2019y consent qu\u2019à demi.Comme le départ d Anna approche, un terrible télescopage survient dans la région et c\u2019est au service des nombreux blessés, qu\u2019Anna comprend enfin que sa vraie place est parmi les malades et les malheureux et décide finalement d entrer au couvent nr4*!**- : \u2022; 1 \" i * '¦ Le Samedi, Montréal, 8 août 1953 13 CHERCHEZ LA FEMME Bébé est tout aussi fier que sa maman, et il y a de quoi! Il a appris à mâcher, il \"monte de classe\u201d .et comme il a toujours été nourri d\u2019aliments Heinz\u2014d\u2019abord les céréales pré-cuites Heinz, puis les purées Heinz pour bébés\u2014il a été promu sans difficulté.Maman a tout simplement mêlé un peu d\u2019aliments Heinz pour enfants avec des purées de même nature pour bébés, jusqu\u2019au jour où l\u2019enfant s\u2019est habitué à des parcelles plus grosses de cet aliment connu qu\u2019il aimait tant.Puis elle a peu à peu augmenté la proportion d\u2019aliments pour enfants, jusqu\u2019à ne plus donner à bébé que des aliments Heinz pour enfants.Bébé se régalera désormais de toutes les 20 variétés d'aliments Heinz pour enfants, ces mets si délicieux, à saveur tellement naturelle! Et cette saine et substantielle alimentation le fera profiter et renforcir.Recherchez toujours, chez votre épicier, les aliments Heinz pour enfants, tout à côté des purées Heinz pour bébés.Vous savez qu\u2019ils sont bons\u2014parce que ce sont des produits Heinz.[ Suite de la page 9 ] « Mais, dis donc, Dantrague, tu nous amènes un tas d\u2019ennuis, et tu nous annonces cela tout à trac.Toi, mon gaillard, tu savais quelque chose ! » Le jeune médecin sourit : \u2014 Oui, j\u2019ai entendu quelques rumeurs, en effectuant des achats pour la popote, tout à l\u2019heure.Mais, avant de vous inquiéter outre mesure, attendons que j\u2019aie vu le corps.\u2014 Eh bien ! assura Bécuche en se levant, vaut mieux crever l\u2019abcès, tout de suite, allons-y.Quelques instants plus tard, le sous-lieutenant examinait attentivement le cadavre de Dolin.Au bout d\u2019un court instant, il releva la tête, les sourcils froncés : \u2014- C\u2019est bien ce que je pensais, la bosse au front est consécutive à la chute, mais ce qui a motivé la chute, c\u2019est ceci.Tenez, regardez.Hébert et Bécuche se penchèrent.Dans le petit local aux murs blanchis à la chaux qui servait de prison, il ne faisait guère clair, car le jour tombait d\u2019une fenêtre abondamment grillagée et qu\u2019une vigne accaparait complètement ou presque.De sorte qu\u2019il régnait dans cette pièce une lueur verte d\u2019aquarium.Cependant, les deux hommes virent distinctement, à la hauteur du cervelet, la plaie contuse que leur désignait le médecin.\u2014 Ceci, poursuivait celui-ci, cernant la plaie du mal avec son index, a été produit avec un instrument contondant assené avec force.Il semble, au premier abord, que la boîte crânienne a été défoncée.Il est vrai qu\u2019à cette place, sa résistance est moindre qu\u2019en d\u2019autres endroits.« Comme d\u2019autre part il est positivement impossible que cet homme se soit fait cette blessure en tombant (puisque nous connaissons celle qui résulte de sa chute) il est certain qu\u2019il a été frappé violemment et que mort s\u2019en est suivie.« Je ne puis encore vous dire si* le coup était mortel, mais il était.sérieux.« Donc, je regrette de vous annoncer cela, mes chers amis, car votre tâche va s\u2019en trouver singulièrement compliquée, mais le maréchal des logis a été assassiné hier, au bord de l\u2019eau.\u2014 Eh bien ! nous voilà dans de beaux draps ! gémit douloureusement Bécuche, c\u2019est la première fois qu\u2019il y a un crime dans la région, de mémoire de gendarme.«Le malheur, c\u2019est que faut prévenir le commandant.c\u2019est pas fini, les embêtements ! \u2014 A mon avis, reprit le médecin, il vaudrait mieux attendre cet après-midi pour prévenir le commandant.En effet, je suis sûr de mon fait, mais je préfère être couvert.Je vais demander au médecin commandant La-feuille, qui se trouve au même cantonnement que moi, de venir examiner le corps.Si l\u2019autopsie est nécessaire, il y procédera lui-même., il a l\u2019habitude, cela vaudra mieux.\u2014 C\u2019est gai! gémit à son tour le lieutenant Hébert, me voilà transformé en détective, car le commandant va vouloir que je m\u2019occupe de l\u2019enquête, c\u2019est aussi sûr que deux et deux font quatre.\u2014 Si on sortait d\u2019ici, proposa le brigadier, et puis.on pourrait peut-être boire un autre apéritif, histoire de se remettre les idées en place.__C\u2019est une bonne idée, et c\u2019est moi qui vous l\u2019offre, proposa Dantrague, je vous dois bien cela.Cependant qu\u2019ils retournaient au café, Hébert questionna son ami : \u2014 Au fait, tu nous as parlé de rumeurs, tout à l\u2019heure, qu\u2019est-ce que tu voulais dire par là ?Le médecin sourit : \u2014 Eh bien voilà : oh ! je ne sais pas s\u2019il faut accorder grand crédit à ce qui n\u2019est peut-être qu\u2019une histoire de.roulante, mais j\u2019ai entendu deux soldats parler entre eux, chez le boucher, et l\u2019un d\u2019eux disait :\t« A mon avis, vois-tu, c\u2019est Durafour qu\u2019a fait le coup, ils ne pouvaient pas se sentir.même qu\u2019ils se sont battus comme des chiffonniers il y a deux jours.» «Sur le moment, je ne prêtai aucune attention à ces paroles, mais elles me revinrent en mémoire devant votre récit.» Sentencieusement, Bécuche prononça : \u2014 C\u2019est peut-être une piste, merci, docteur.A votre santé.Ill Vers 17 heures, le médecin-commandant Lafeuille pénétra dans le bureau du brigadier et s\u2019adressa à Bécuche et à Hébert : \u2014 Messieurs, Dantrague avait raison, l\u2019autopsie est convaincante.L\u2019homme est mort asphyxié, mais c\u2019est le coup porté à la nuque qui l\u2019a assommé et lui a fait perdre l\u2019équilibre.Donc, crime incontestable, je vous ferai parvenir mon rapport dans deux heures.\u2014 Vous retournez à Giroux, mon commandant ?questionna Hébert.\u2014 Oui, bien entendu.\u2014 Alors, vous permettez que j\u2019avertisse le commandant de Blême de votre présence à Ridac, il souhaitera peut-être vous demander quelques éclaircissements et cela vous évitera un nouveau dérangement.de, cfixMo ALIMENTS ; fs* POUR ENFANTS 14 Le Samedi, Montréal, 8 août 1953 \u2014 Soit, répondit le médecin en s\u2019asseyant.La conversation téléphonique du brigadier Bécuche ne dura guère, dès qu\u2019il eut prononcé le mot : crime, il raccrocha en disant : \u2014 Le commandant vient ici.Le bureau du chef d\u2019escadron de Blême, situé à la mairie, n\u2019était pas bien loin, cinq minutes plus tard, il pénétrait dans le bureau, les pommettes en feu : \u2014 Qu\u2019est-ce que c\u2019est que cette histoire ?questionna-t-il d\u2019un air impatient en s\u2019adressant à Bécuche qui n\u2019avait pas l\u2019air fier.Mais, apercevant le médecin, le chef d\u2019escadron lui tendit la main : \u2014 Tiens, vous êtes là, Lafeuille, que désirez-vous ?\u2014 Mon Dieu ! je viens de faire l\u2019autopsie de la victime.L\u2019officier leva les bras au ciel : \u2014 L\u2019autopsie de la victime.écoutez-le.nous voici en plein roman-feuilleton.« Allons, Hébert, expliquez-vous un peu, mon vieux.dites quelque chose.Etes-vous; oui ou non, chargé de ce rapport, alors ?.Un quart d\u2019heure plus tard, malgré sa répugnance, le commandant du canton était parfaitement au courant des faits nouveaux, de ce qui devenait « l\u2019affaire Dolin ».\u2014 Eh bien ! mes enfants, dit-il en manière de conclusion, il ne faut pas que cela traîne.Je vous donne quarante-huit heures, compris ?Puisque ce sous-officier a été assassiné, il existe un criminel et sa place est en prison.« Hébert, brigadier, au travail, ce n\u2019est pas en restant le derrière dans un fauteuil que vous mettrez la main au collet du coupable.J\u2019insiste encore, il faut régler cela le plus rapidement possible.je ne veux pas que nous pataugions et qu\u2019on nous envoie un.détective ! Nous ferons voir à ces Messieurs de la Préfecture que nous sommes de grands garçons et que nous savons nous débrouiller avec les moyens du bord.« D\u2019ailleurs, le problème ne doit pas être si difficile que cela à résoudre.« Au revoir, messieurs.Vous m\u2019accompagnez, Lafeuille ?» Le médecin ayant acquiescé, Hébert et Bécuche s\u2019entreregardèrent avec un sourire jaune : \u2014 Pas difficile ! soupira le lieutenant, mais il ne s\u2019en charge pas lui-même.Il se moque des détectives, mais ce n\u2019est pas notre métier, après tout ! Bécuche se redressa sur son fauteuil et bomba le torse : \u2014 Je vous demande pardon, mon lieutenant, mais c\u2019est mon métier à moi, de trouver le coupable, je représente la loi, et je n\u2019aurai de repos que lorsqu\u2019il sera entre les mains de la justice.« Raisonnons un peu, voulez-vous, c\u2019est par le raisonnement qu\u2019on trouve les solutions difficiles.« Il y a quelque chose qui m\u2019a fortement frappé, mon lieutenant.Dolin avait sur lui son portefeuille et il contenait quarante francs.Or, étant à solde mensuelle, il touchait environ quatorze cents francs par mois.Le crime a eu lieu le 12 et la solde avait été payée, un peu en retard, le 6.Comme il n\u2019a pas dépensé 1,400 francs en six jçurs, il a été volé.-\u2014Eh oui! d\u2019autant plus que certainement Dolin avait fait, comme tous ses camarades, comme moi, hélas, des économies ces derniers mois.Nous nous trouvions effectivement dans des endroits où il était positivement impossible de rien acheter.Les dépenses du mess n\u2019excèdent pas 300 francs par mois, on aurait donc dû trouver plusieurs billets de mille dans le portefeuille au lieu de quarante francs.\u2014 D'accord, voici donc le mobile du crime, le vol.\u2014 Ce n\u2019est pas ,sûr, mon vieux.N\u2019oubliez pas le tuyau de Dantrague.Effectivement, il régnait pas mal d\u2019animosité entre Dolin et Durafour.Notez bien que ce qui me chiffonne un peu, c\u2019est que Durafour qui est sous mes ordres depuis un an est un excellent sous-officier et que je crois parfaitement incapable de commettre un crime, surtout ayant le vol comme mobile.Bécuche haussa ses puissantes épaules : \u2014 On ne sait jamais.un moment de folie, un mouvement de colère.Voyez-vous, mon lieutenant, c'est souvent avec des honnêtes gens que l\u2019on fait des criminels.\u2014 C\u2019est possible, répondit Hébert en allumant une cigarette, mais je crois que nous risquons de nous égarer sur une fausse piste.\u2014 En tout cas, il ne faut pas la négliger, nous n\u2019en avons pas de rechange.« Nous allons l\u2019interroger.» Le lieutenant, se levant, marcha nerveusement dans la pièce, écarta le rideau pour jeter un coup d\u2019oeil dans la rue où il ne se passait rien, enfin il se tourna vers Bécuche : \u2014 Ecoutez, mon vieux, cela m\u2019ennuie de l'interroger sur une chose pareille.C\u2019est un brave garçon, à mon avis.Je l\u2019ai apprécié dans de difficiles circonstances, puis-je vous charger de cela ?\u2014 Mais bien entendu, répondit le brigadier.Je vais l\u2019envoyer chercher.Nous n\u2019avons pas beaucoup de temps devant nous, ou sans quoi, gare au commandement.Hébert fit une comique grimace et ouvrit la porte : \u2014 Hélas ! Eh bien ! je vais faire un tour et voir ce que l\u2019on raconte de tout cela dans le village, il est certain que la nouvelle a déjà dû transpirer.Qui sait, je recueillerai peut-être un renseignement utile.Bécuche sourit : \u2014 Chiche que vous allez faire un tour au bistro ! \u2014 On ne peut rien vous cacher, venez m\u2019y retrouver quand vous aurez fini votre interrogatoire.Une demi-heure plus tard, Albert Durafour pénétrait dans le bureau.C\u2019était un grand et athlétique garçon blond, au regard direct et bleu, aux mâchoires volontaires.Sans attendre la permission, il s\u2019est installé dans le fauteuil, en face de Bécuche, et d\u2019une voix à la gouaille nettement parisienne, questionne : -\u2014 Alors, qu\u2019est-ce que vous voulez savoir, brigadier ?Les yeux de Bécuche étaient minces comme une lame de couteau.\u2014 Vous ne vous entendiez pas bien avec Dolin ?L\u2019autre éclata de rire.\u2014 Ah! ah! ah! je vois ce que c\u2019est, vous avez été écouter tous les bobards que les petits copains vous ont racontés.c\u2019est du boulot de concierge que vous faites là, brigadier.Imperturbable, ne paraissant pas s\u2019apercevoir de l\u2019impertinence du personnage, Bécuche poursuivit : \u2014 N\u2019empêche que vous étiez en mauvais termes avec Dolin, que vous vous êtes même battu avec lui, m\u2019a-t-on dit ?\u2014 C\u2019est exact, le malheureux est mort et cela m\u2019ennuie de dire du mal de lui, mais c\u2019était un sale crâneur.Et quand il avait bu, U était insupportable.Il y a trois jours, je ne sais d\u2019ailleurs plus à propos de quoi, vous voyez quelle importance cela pouvait avoir.nous en sommes venus aux mains.C\u2019est-à-dire en réalité que je lui ai flanqué une bonne trempe.« Mais, qu\u2019est-ce que cela peut vous faire dans le fond ?» Bécuche se leva et arpenta la pièce, les mains dans les poches, suivi par le regard du sous-officier toujours assis dans son fauteuil.\u2014 Ce que ça peut me faire ?dit le gendarme.A moi, rien, mais comme Dolin a été assassiné, j\u2019ai besoin de connaître ses ennemis.Durafour se leva d\u2019un bond, subitement pâle : \u2014 Non, sans blague.c\u2019est vrai, cette histoire de crime ?\u2014 Tout à fait exact, mon jeune ami, vous comprenez donc que le fait que vous étiez à couteau tiré avec la victime présente une certaine importance.L\u2019autre s\u2019était rassis dans son fauteuil, la tête entre ses mains, paraissant effondré : \u2014 C\u2019est formidable ! balbutia-t-il, je croyais que c\u2019était un bobard.Quand j\u2019ai appris sa mort, comme tout le monde, ce matin, ma première pensée a été : « C\u2019est bien fait, un imbécile pareil !.» Et puis, voyez-vous, j\u2019ai réfléchi, je me suis dit que dans le fond, ce n\u2019était pas un si sale type que ça.un peu embêtant, d\u2019accord., mais quand même nous avions fait la guerre ensemble, été bombardés en même temps.mitraillés sur le même camion.Alors, penser que quelqu\u2019un l\u2019a supprimé, vous voyez, ça me fait quelque chose., franchement.Bécuche se pencha sur le sous-officier, lui plaçant ses deux fortes mains sur les épaules : \u2014 Voulez-vous me donner votre emploi du temps de la journée, et surtout de la soirée d\u2019hier ?L\u2019autre releva brutalement la tête, le rictus mauvais : \u2014 Alors, vous me soupçonnez ?Le gendarme hocha la tête : \u2014 Pas plus vous qu\u2019un autre, mon vieux.Dolin a été assassiné, je dois retrouver le coupable.Allons, dépêchez-vous, où étiez-vous à 21 h.45 hier soir ?\u2014 Voyons, attendez que je réfléchisse.hier soir, avant d\u2019aller me coucher.j\u2019ai une paillasse dans la grange au père Dubard, j\u2019ai écouté la T.S.F.comme d\u2019habitude devant la porte, assis sur le banc.Je n\u2019étais pas tout seul, d\u2019ailleurs, il y avait bien une dizaine de camarades.\u2014 Bon, à quelle heure avez-vous été vous coucher ?\u2014 Vers 10 h.%, comme d\u2019habitude.\u2014 Vous avez des camarades qui peuvent en témoigner ?\u2014 Mon Dieu oui.j\u2019ai dit bonsoir à Durand et à Pâtisson.\u2014 Ils couchent avec vous ?\u2014 Non, je suis tout seul dans cette grange.\u2014 De sorte que personne ne peut prouver que vous vous êtes couché et que vous êtes seulement sorti de cette grange ce matin ?\u2014 Non, personne! \u2014 C est assez ennuyeux, cela, mon garçon.L autre fronçait les sourcils, ressemblant à s y méprendre à un bouledogue qui yeut mordre : \u2014 Et après ?Le brigadier eut un petit sourire avant de répondre : \u2014 Comme vous êtes pressé ! Voyons, vous percevez la solde mensuelle ?\u2014 Non.Confiez-moi votre portefeuille.\u2014 Pour quoi faire ?Pour voir combien vous avez d'argent sur vous.J ai deux mille six cent et quelques francs.Mazette ! vos parents ont beaucoup d argent ou vous occupez une belle situation dans le civil ?\u2014 Je suis mécanicien.Vous avez reçu des mandats ces temps derniers ?Pas un depuis le début de la guerre.Bécuche rayonnait : \u2018 mieux en mieux, pouvez-vous m expliquer la presence de cette somme importante dans votre portefeuille ?Durafour ricana : t Ah \u2022 ah ! vous vous croyez malin, n est-ce pas ?Eh bien ! oui, je peux expliquer la présence de cette somme L'HOROSCOPE DU \"SAMEDI\" (Nouvelle série) 482534253426352 LUGLUEREN SAUEGN 8\t2\t4\t6\t3\t5\t2 V\t0\tR\tN\tN\tC\tI 8462753426537 yovrlnsueetua 8\t2\t6\t4\t3\t7\t5 A\tP\tL\tE\tR\tD\tR 2\t4\t6\t3\t5\t2 L\tM\tE\tP\tE\tI 2 8 2\t8\t5 4 0 7435264825362473 bubednrneroejian 746352846 LE0E0E0VU 2 4 6 M S L 4\t7\t2 BEE 536425736247 EEDGTRVLAENIIRLA 372453627452 UGEMSTEIPEENOTST Comptez les lettres de votre prénom.Si le nombre de lettres est de G ou plus, soustrayez 4.Si le nombre est moins de 6, ajoutez 3.Vous aurez alors votre chiffre-clef.En commençant au haut du rectangle pointez chaque chiffre-clef de gauche à droite.Ceci fait, vous n\u2019aurez qu\u2019à lire votre horoscope donne par les mots que forme le pointage de votre chiffre-clef.Ainsi, si votre prénom est Joseph, vous soustrayez 4 et vous aurez comme clef le chiffre 2.Tous les chiffres 2 du tableau ci-dessus représentent votre horoscope.Droits réservés 1945, par William J.Miller, King Features, Inc. Le Samedi, Montréal, 8 août 1953 15 & % mm VMk VC LES FEMMES, AUJOURD\u2019HUI.font la plupart des achats de la famille et une grande partie des opérations de banque du ménage.Elles trouvent que la banque est un endroit sûr et commode pour conserver de Vargent.Elles aiment à payer leurs gros comptes au moyen de chèques.Quand elles font leurs courses, passer à la banque leur paraît souvent aussi naturel que d\u2019aller dans les magasins.LES BANQUES DESSERVANT VOTRE VOISINAGE dans mon portefeuille.Avant de partir à la guerre, j\u2019ai liquidé mon livret de Caisse d\u2019épargne et j\u2019ai emmené de la sorte huit mille francs, les deux mille six, c\u2019est ce qui m\u2019en reste, et je peux le prouver, ça, vous entendez* je peux le prouver.\u2014 Heureusement pour vous, n\u2019empêche que si je vous accuse d\u2019avoir frappé votre camarade Dolin, vous êtes incapable de prouver le contraire.\u2014 Parfait, mais sur quoi vous basez-vous pour m\u2019accuser ?On peut flanquer une trempe à quelqu\u2019un sans avoir envie de le tuer.\u2014 Evidemment, mais, dans un moment de colère, on peut frapper un camarade avec qui l\u2019on s\u2019entend mal.Ce dernier, ivre mort, bascule par-dessus un pont et l\u2019on s\u2019enfuit, effrayé de son geste.\u2014 Ça, c\u2019est du roman, il faudrait le prouver.\u2014 Je vais m\u2019en occuper, monsieur Durafour, ne vous inquiétez pas.Pour l\u2019instant, je vous remercie, mais n\u2019oubliez pas que je puis avoir besoin de vous d\u2019un instant à l\u2019autre.La main sur le bouton de la porte, l\u2019autre ricana : \u2014 Oh ! ne craignez rien, je suis encore mobilisé et l\u2019on ne donne pas de permissions pour le moment.« Une recommandation avant de partir, brigadier, écarquillez bien vos yeux, car j\u2019ai l\u2019impression que vous ne voyez pas très clair dans cette affaire.» La porte claqua.Bécuche prit quelques notes, puis, redevenu le paisible homme qu\u2019il était dans l\u2019ordinaire de l\u2019existence, mit son képi et rejoignit au café le lieutenant Hébert.IV Le brigadier Becuche donna un tel coup de poing sur la table que les verres en tremblèrent et que le lieutenant Hébert sursauta : \u2014 Allons, ne faites pas un boucan pareil, c\u2019est ridicule, vous m\u2019avez fait peur.Depuis que nous avons été bombardés, le moindre bruit m\u2019occasionne une sensation désagréable.\u2014 Je vous demande pardon, mais ma conviction est faite, c\u2019est ce bonhomme-là qui a fait le coup.Il a une tête qui ne me revient pas.Il est mal élevé.vous verrez ce que je vous dis, mon lieutenant- Hébert vida son verre, promena son regard dans la salle enfumée emplie de soldats qui n\u2019avaient qu\u2019un sujet de conversation : le crime, puis il rétorqua : \u2014 Non, Bécuche, non, je vous assure que vous vous trompez.Mieux même, connaissant Durafour comme je le connais, je suis persuadé qu\u2019ayant commis le meurtre dans un mouvement de colère, il serait venu spontanément se constituer prisonnier et avouer sa faute.Le gendarme se leva : \u2014 Toujours est-il que je ne le lâche pas d\u2019une semelle ce gaillard-là.Ah ! je retourne à la gendarmerie, vous venez voir s\u2019il y à du nouveau ?Après un coup d\u2019oeil à son bracelet-montre, l\u2019officier répondit : \u2014 Pourquoi pas, nous ne dînons, à la popote, qu\u2019à W2 h.Bécuche avait sous ses ordres deux gendarmes, l\u2019un de ceux-ci, Doyen, l\u2019attendait sur le pas de la porte : \u2014 Chef, dit-il, il y a une lettre pour vous, je l\u2019ai trouvée par terre dans le couloir.\u2014 Ah ! ah ! nous allons voir.Je parie que voici les lettres anonymes qui commencent.Je m\u2019étonne même de ne pas en avoir reçu plus tôt.Quelques instants plus tard, il déchiffrait à haute voix pour Hébert l\u2019é-pître suivante : « Interrogez voir l\u2019Armandine Masson sur la mort du sous-off, elle doit en savoir long, rapport à ce qu\u2019elle couchait avec lui.» \u2014\tAlors, Bécuche, questionna le lieutenant, qu\u2019est-ce que cette Armandine Masson ?\u2014\tUne servante de ferme, une grosse fille un peu bébête, pas jolie d\u2019ailleurs et plutôt.sale.\u2014\tOui, oh ! vous savez, Dolin n\u2019était pas très raffiné sur ce chapitre, il se peut fort bien qu\u2019il ait fait son amie de cette vachère.« D\u2019autre part, j\u2019incline à croire que cette lettre anonyme ne provient pas d\u2019un soldat, n\u2019est-ce pas ?» Bécuche examina la feuille de papier, manifestement arrachée à un cahier d\u2019écolier, tachée de graisse.L\u2019écriture était malhabile : \u2014\tOh ! pour ça, on n\u2019en sait rien.C\u2019est probablement écrit par un paysan, mais.il y a pas mal de paysans qui sont soldats, n\u2019est-ce pas ?conclut-il avec un petit rire.\u2014 De toute façon, il ne faut pas effrayer cette fille et faire jaser les gens en convoquant à la gendarmerie.Je vais me charger de la questionner, voulez-vous ?\u2014 Bien sûr, voulez-vous y aller tout de suite, c\u2019est la ferme Aldrac, juste à côté du presbytère.\u2014 Je vois, et même il me semble que j\u2019ai déjà aperçu cette fille, une rousse, n\u2019est-ce pas ?\u2014 C\u2019est ça, eh bien, bonne chance, mon lieutenant, tâchez d\u2019en tirer quelque chose, mais j\u2019en doute.Hébert, les mains derrière le dos, fumant une cigarette, gagna la partie haute de Ridac par de pittoresques petites ruelles caillouteuses et montant sec.C\u2019était le coin mort du village.Çà et là, s\u2019apercevaient de vieilles masures écroulées, encombrées d\u2019orties.Au sommet de la colline, une vaste bâtisse d\u2019où émergeait une tour carrée terminée par un pigeonnier, mais croulante.On l\u2019appelait le château ; lui aussi n\u2019était qu\u2019une ruine, comme si l\u2019on désertait systématiquement les sommets.Au détour d\u2019une ruelle, juste à un contrefort herbu du château, l\u2019officier vit celle qu\u2019il cherchait au milieu d\u2019une douzaine de moutons sales et boitillants.Court et rond, Hébert engagea la conversation avec un sourire, d\u2019un air bonhomme : \u2014\tBonjour, mademoiselle ; alors, on garde les moutons ?\u2014\tDame ! ils se sauveraient sans ça, les sales bestiaux.\u2014\tEh ! oui, enfin, ce n\u2019est pas désagréable comme travail.\u2014 Non, et pas très fatigant.Intérieurement, Hébert se traita d\u2019imbécile ; s\u2019il continuait sur ce ton, il n\u2019arriverait jamais à savoir ce qu\u2019il voulait.Il plongea ses yeux dans ceux petits, bleus et ternes de la fille et questionna, à brûle-pourpoint : \u2014 Ça a dû vous faire un coup d\u2019apprendre la mort de votre amoureux ?Une étonnante expression de ruse passa dans le regard de la rousse.L\u2019officier remarqua qu\u2019elle était taillée comme un homme et certainement très forte.Elle possédait d\u2019énormes mains rouges, larges et épaisses comme des battoirs.Moins maladroitement qu\u2019il ne l\u2019eût cru, elle répondit à la question par une autre question : \u2014 Quel amoureux ?Le lieutenant affecta de rire cordialement : \u2014 Allons, ne faites pas de cachotteries.Je veux parler de Louis Dolin, c\u2019était un de mes sous-officiers.Je 13 Le Samedi, Montréal, 8 août 1953 LE WHISKY DÉCOSSE A SON MIEUX' Le whisky qui a fait du Scotch une tradition IDENTIFIÉ DEPUIS PlUS D'UN SIÈCLE PAR L\u2019EMPAQUETAGE CARRE SIEN CONNU PORTANT CETTE SIGNATURE \u2022ÿeo'tÿr 6Jrr//st//////e /, fw/ .////////y/ distillateurs GLASGOW\tÉCOSSE FONDEE EN 1827 La semaine prochaine LE SENTIER DE LA GUERRE Tel est le titre d'un nouveau conte illustré qui commencera dans notre prochain numéro.C'est l'histoire palpitante de tribus indiennes qui cherchent par des moyens barbares à éliminer les blancs pour y créer leur empire.i«0f IIIIHI in a SUIVRE -12£ _ Copy&qht OPERA MUNDI TA\u2019vVlv Le trajet est long entre le Verger des Palmes et Antioche, et le bizarre eortège que forme la tribu du cheik ne peut avancer bien vite.Malluch, pressé, prend déjà les devants, lorsque, brusquement, il revient en arrière pour parler à Ben-Hur.\u2014 Il a pu, sans trop de peine, obtenir de précieux renseignements sur le char de Messala.Ben-Hur est ravi d\u2019apprendre que son propre char est beaucoup plus bas sur roues.C\u2019est, à ses yeux, un avantage considérable.\u2014 Il ne veut pas encore s\u2019expliquer sur la nature de cet avantage, mais il espère en profiter au moment où les chars aborderont le virage situé en face des bornes.Aussi Ben-Hur conseille-t-il à Malluch de se placer à proximité de cet endroit où se passera l\u2019événement important de la course.\u2014 Malluch s\u2019est éloigné, lorsque le cheik Ilderim, qui, depuis un moment, parcourait en détail le programme des Jeux, laisse échapper une exclamation où la surprise se mêle à la colère.Du doigt, il indique à Ben-Hur le passage qui vient de le faire sursauter.C\u2019EST LE DEROULEMENT NORMAL DES JEUX : PROCESSION, COURSE A PIED, SAUT, LUTTE.ETC.AH.' VOICI L\u2019ANNONCE DE LA COURSE/ QUADRIGE DE LV&IPPE, DE CLÉANTHE.DE DICAEUS, D\u2019ADMÈTE ET QUADRIGE D\u2019ILDERIM.MAIS.QUEU^ AUDACE/ væc QüAbRlçE D'Il r\\m CHElK AR/\\0£ \u2022 Q dus- PR£5i£at1R£ coroons no a cmsE- POURQUOI PAS &WR MIS FILS D\u2019ÛRRIUS?LE COUP VIENT DE MESSALA/ Copytwrr OPERA MUNDI Ben-Hur lit maintenant à son tour le programme des Jeux que lui a tendu Ilderim.Les Jeux se dérouleront de la même façon que ceux auxquels il a déjà assisté à Rome.Les noms de tous les concurrents, et leur nationalité y sont indiqués, ainsi que les épreuves déjà remportées par eux, et les récompenses attribuées.\u2014 Viennent ensuite sur le programme les détails concernant chacun des quadriges qui participeront à la course de chars.Il y en a six.Celui d\u2019Ilderim est en dernier.C\u2019est alors que Ben-Hur s\u2019arrête, et laisse éclater sa colère.\u2014 Lors des formalités, le nom d\u2019Ilderim avait bien été indiqué, ainsi que, comme pour les autres concurrents, la robe des chevaux et les couleurs choisies.Il avait egalement ete precise que 1 attelage n avait encore pris part à aucune compétition, mais.\u2014 Ilderim en est absolument certain, c\u2019est le nom d\u2019Arrius, qui avait été mentionné, comme étant celui du conducteur.Que s\u2019est-il passé entre-temps ?Quelle main mystérieuse et hostile a commis volontairement l\u2019erreur d\u2019inscrire le nom de Ben-Hur ?Aucun doute n\u2019est possible : Messala est passé par là.(à suivre) Le Samedi, Montréal, 8 août 1953 33 CONTE ILLUSTRE DU \" SAMEDI \" \u2014 VINGT-SIXIEME EPISODE '* f m 1.\tPierrot et Kitty faisaient un radeau pour descendre plus commodément le fleuve de la jungle.La jeune reine de la jungle et son fidèle singe s\u2019étant éloignés un moment pour quérir des lianes en guise de cordes, le sauvage qui était dans l\u2019arbre juste au-dessus d\u2019eux en profita pour attaquer le jeune explorateur.!.> iu 2.\tPris par surprise par un homme qui lui tombait du ciel, ce pauvre Pierrot ne put qu\u2019opposer une résistance désespérée.La lutte était par trop inégale.Il voulut crier mais le sauvage tout tatoué lui mit une main de fer sur la bouche, étouffant ainsi le son de sa voix W1, - ¦ > isstlé -T v-1 Kl 3.\tQuand, après quelques minutes de recherches Kitty revint au bord de la rivière toute chargée des précieuses lianes, heureuse de pouvoir fuir son ennemi avec Pierrot et de se rapprocher ainsi du trésor et de son père, elle trouva la place déserte.Elle appela, pas de réponse.4.\tNavrée, ne comprenant pas ce qui avait pu arriver à son jeune ami, mais se doutant bien qu\u2019il avait été victime de quelque attaque, elle partit à sa recherche.Elle essaya de repérer des traces quelconques sur le sol mais il n\u2019y en avait pas la moindre.SSr^P 5.\tTandis que la pauvre Kitty s\u2019éloignait toute triste, Pierrot était emmené comme un fétu de paille dans les bras du sauvage peint qui l\u2019empêchait toujours de crier.Il essayait de repérer le chemin parcouru pour se retrouver si l\u2019occasion s\u2019offrait d\u2019une évasion.mm \u2022lÆPIi VA PMI Misas».6.\tMais rien à faire, dans les bras de son ravisseur il arriva ainsi dans le village des sauvages.Tous se précipitèrent sur lui pour rire et l\u2019injurier dans une langue qu\u2019heureusement il ne connaissait pas.Les sauvages vomissaient sur lui d\u2019affreux cris de mort.¦IMJTL 7.On le traîna devant le chef facile à reconnaître à cause du luxe de ses peintures et de ses vêtements.Celui-ci décida que le jeune homme serait sacrifié au dieu de la lune.En un instant, sans qu\u2019il pût se défendre des hommes se précipitèrent et le ficelèrent comme un saucisson à un poteau de torture.8.Alors ce fut pour Pierrot une attente affreuse durant laquelle les sauvages préparèrent dams des cris de joie la torture qu\u2019ils voulaient lui infliger.Les raffinements ne manquaient pas.On commença par l\u2019entourer de bois bien sec et de paille.On dansa autour de lui des danses de mort et quand la lune peu à peu se leva dans la nuit, les chants redoublèrent.Tout à coup, le chef s\u2019approcha muni d\u2019une torche et mit lui-même le feu au brasier tandis que les hommes hurlaient de joie.Rapidement la flamme gagna dans le bois sec.Pierrot se voyait mourir quand.(à suivre) \u2019 LISEZ CHAQUE SEMAINE LES CONTES ILLUSTRES DU \"SAMEDI\" 34 Le Samedi, Montréal, 8 août 1953 LES EXPLOITS DE L\u2019INSPECTEUR CONTE ILLUSTRE DU \" SAMEDI \" \u2014 TRENTE-DEUXIEME EPISODE 1.Les yeux perçants du Faucon brillèrent de triomphe comme il surveillait les nuages de fumée dense ondoyer dans l\u2019ouverture de la caverne.\u2018\u2018On te tient, inspecteur\u201d, grogna-t-il.\u2018\u2018Sors les mains levées immédiatement, sinon on va commencer à tirer !\u201d - y __ 4.\tTrois d\u2019entre eux obéirent sans discussion, mais pas leur chef Chassant toute prudence, il se mit à courir avec frénésie vers son cheval.Charles tira plus d\u2019une fois vers le fuyard, mais par miracle le Faucon réussit à atteindre son cheval indemne.v 7.Mais l\u2019affaire n\u2019était pas fini, il fallait, bien entendu, partir maintenant à la recherche du chef de ces maudits Faucons qui infestaient le pays depuis si longtemps.On allait s\u2019y décider quand survint un cavalier qui déclara être le shérif de Chalas Du reste il portait l\u2019insigne.2 Mais dans son impatience à capturer Charles et ses compagnons le Faucon oublia une chose essentielle ; il ne pensa pas du tout que la caverne pouvait avoir une autre entrée, et s\u2019il avait Jeté un coup d\u2019oeil derrière lui un instant plus tard il aurait vu Charles et les autres sortir à la dérobée.V;.i/1 w/Wi'mM WkW 5.\tEn un clin d\u2019oeil l'habile bandit avait enfourché sa monture.Mais, rapide comme l\u2019éclair, l\u2019Inspecteur Moquin fit feu.L'homme put cependant s\u2019enfuir mais on se rendait compte qu\u2019il était gravement blessé.\u201cInutile de le poursuivre\u201d déclara l'officier, \u201cpour le moment nous avons mieux à faire\u201d.8.Le nouveau venu alors raconta comment il avait arrêté près de chez lui, sur son domaine, une bande de voleurs qui appartenaient certainement à la troupe des Faucons Il raconta aussi comment, en venant, il avait trouvé le cadavre d\u2019un homme blessé et tombé de cheval tout près d\u2019ici pLWl 3 Le Faucon devint impatient.\u201cJe vous donne dix secondes pour vous montrer et ensuite nous tirons\u201d, gron-da-t-il.\u201cAprès cela Le reste de sa phrase ne fut Jamais prononcé, car à ce moment-là Charles donna ordre à la bande de lever les mains.6.\tIl fit désarmer par son lieutenant les bandits qu\u2019il venait d'attraper pour la plus grande joie du shéiif encore blessé et non soigné qui déclara qu\u2019il partirait maintenant seul se faire panser et se reposer à Nerada.Devant les bandits pris comme des rats au piège, il fit ses adieux à Moquin.ïh* 'Ifî WW* 9 Tous n\u2019eurent pas de peine à reconnaître d\u2019après la description le chef blessé par Moquin il y avait quelques minutes.C'en était fait des Faucons.La région serait maintenant débarrassée de leurs affreux agissements et nos trois héros, laissant leurs prisonniers aux soins au shérif partirent pour de nouvelles aventures.\t(FIN) La semaine prochaine : LE SENTIER DE LA GUERRE Un nouveau conte ainsi intitulé commencera dans le prochain numéro du SAMEDI.L\u2019action de ce conte illustré se passe dans l'Ouest canadien où les Indiens cherchent à éliminer les Blancs pour créer leur empire et ainsi terroriser leurs ennemis.09 SIMONE ET L'AUTRE ta*.de la page 10] NOTES ENCYCLOPÉDIQUES \u2014\tDe la famille des Vérard d\u2019Angou-lème, où je suis la seule à porter ce nom de Simone, en effet.\u2014\tD\u2019Angoulême, dites-vous.Et vous seriez la seule ?.\u2014\tVoyez mes papiers, d\u2019ailleurs.vous pouvez contrôler.\u2014 Bizarre !.M.de Rodena jeta un rapide coup d\u2019oeil sur les papiers qu\u2019on lui soumettait.\u2014 Vos parents n\u2019avaient-ils pas une industrie à Angoulême ?\u2014 Parfaitement.La fabrique de tissus métalliques.\u2014 Alors, je ne comprends plus.\u2014 Eh ! bien, moi non plus.\u2014 Ou alors.Il resta rêveur une minute puis, ayant ouvert un tiroir, il en sortit une photo.\u2014 Voyez donc si.à tout hasard.cette physionomie ne vous dirait rien.Mlle Simone examina l\u2019épreuve attentivement.\u2014 Non, ma foi.non.quoique.il y a là, dans le regard.pour moi.quelque chose de déjà vue.Mais je n\u2019en puis rien affirmer.\u2014 C\u2019est votre homonyme.Attendez, j\u2019ai une autre photo d\u2019elle, là, plus ancienne.A peine Simone l\u2019eut-elle vue.\u2014 Ah! Pas de doute.C\u2019est Justine.Justine Cormier, dont la mère travaillait en journée chez mes parents.Ah ! la petite rosse ! Le banquier s\u2019était levé.\u2014 Ecoutez, Mademoiselle, voulez-vous me laisser vingt-quatre heures de répit.Le temps de tirer cette affaire-là au clair.Une heure après, appelée par un coup de téléphone impératif, une autre Mademoiselle Simone Vérard se présentait dans le même bureau.M.de Rodena n\u2019était pas homme à s\u2019en laisser conter, du moins pas longtemps.Il eut tôt fait de démasquer l\u2019aventurière.D\u2019ailleurs, devant les précisions qui lui étaient données, celle- ci, en cette impasse, n\u2019avait plus d\u2019autre issue que l\u2019aveu.Justine Cormier, c\u2019était bien elle.Pour se pousser dans le monde \u2014 belle fille au demeurant \u2014 elle n\u2019avait trouvé rien de mieux que de s\u2019octroyer le nom de ses anciens patrons.Mais c\u2019était mener la chose un peu loin que de la hasarder jusqu\u2019au mariage.Une jolie fille toutefois, obtient assez facilement certaines complicités.Elle s\u2019était donc procuré toutes les pièces d\u2019état civil copieusement truquées, au reste, utiles à son dessein.M.de Rodena était abasourdi.\u2014 Mais enfin, vous deviez bien penser qu\u2019un jour ou l\u2019autre, j\u2019aurais appris.La fausse Simone pensa : \u2014 Parbleu ! Une fois l\u2019affaire faite.J\u2019aurais bien su te tenir.Mais elle dit, sainte nitouche.\u2014 Qu\u2019importe.Est-ce moi \u2014 ou est-ce le nom que vous aimiez ?.Elle se reprit : .que vous aimez ?Et lui : \u2014 Vous pouvez laisser ça au passé.plus que défini.bien fini.Et maintenant, mon petit, si j\u2019ai un conseil à vous donner.C\u2019est de disparaître de la circulation.Falsification de pièces d\u2019état civil.cela peut vous mener loin.M.de Rodena revit Mlle Simone Vérard, la vraie.Il la revit même souvent.Cette petite femme décidée lui plaisait.décidément.Il lui dit un jour \u2014 parce qu\u2019elle ne paraissait pas, elle non plus, le voir avec déplaisir : \u2014 Le faux peut quelquefois être vrai.\u2014 Je pensais la même chose que vous, répondit-elle simplement.Le matin de la journée nuptiale.\u2014 Ne crois-tu pas, dit-elle, que nous devrions envoyer un petit souvenir à cette Justine.Nous lui devons bien ça.\u2014 C\u2019est fait, chérie, répondit-il.Je lui ai expédié un chèque.avec notre absolution.Le rat noir est venu de Mongolie en Amérique, à fond de cale et a apporté comme tout bagage la Peste Noire qui avait anéanti les trois quarts de la population des pays européens, vers 1550.\u2022 Il y a 200 ans paraissait, avec privilège du roi, sans nom d\u2019auteur, le premier livre de recettes uniquement consacrées aux huîtres.Le quotidien travailliste anglais Daily Herald a demandé à ses lecteurs de désigner la « personnalité de 1952 ».Sur le total des réponses, 18% ont désigné la reine Elizabeth, 8% sont allés à John Bamford, le courageux garçonnet qui a sauvé ses frères au cours d\u2019un incendie.Viennent ensuite le capitaine Carlsen, le duc d\u2019Edimbourg, la duchesse de Kent, sir William Penney, l\u2019atomiste anglais, et Aneurin Bevan, leader travailliste dissident.Le petit village de Bariest, à six milles de Lourdes, vient de fêter une centenaire : Mme Marguerite Lurdos, la dernière survivante des compagnes de Bernadette Soubirous.Elle avait 6 ans quand Bernadette en avait 14, et que la Vierge lui apparut pour la première fois, le 11 février 1858.Chinois, Grecs, Hébreux revendiquent l\u2019invention du jeu de dominos.Ce nom provient des représentations d\u2019objets sacrés gravés au moyen âge sur bois, os ou ivoire ; on veut, d\u2019autre part, que le jeu de dominos ait été un jeu de grand seigneur : dominus.Dans les congrégations, selon une autre interprétation, lorsqu\u2019un joueur heureux terminait la partie, il s\u2019écriait : Bene-dicamus Domino.De là le nom du jeu.Premier canal à double versant creusé en Europe, le canal de Briare fut commencé en 1604, sur l\u2019ordre de Sully.Une légende ayant cours en Bourbonnais veut que cette voie ait été construite pour faciliter la venue à Paris des vins de Saint-Pourçain, qu\u2019appréciait particulièrement le bon roi Henri IV.D\u2019une longueur de 42 milles, le canal de Briare relie la Seine à la Loire par le canal du Loing.Le douzième et le treizième siècle ont inventé non seulement le vitrail, la voûte d\u2019arête et la croisée d\u2019ogives, mais encore le moulin à vent, la brouette, la forge à martinet, le soufflet à plaques et à soupapes, le gouvernail d\u2019é-tambot, la scie mécanique à mouvement vertical et mue par un moulin à eau, enfin la boussole, venue d\u2019Asie, mais que les Italiens perfectionnèrent en montant l\u2019aiguille sur un pivot fixe et en l\u2019enfermant dans une boîte de verre.\u2022 Depuis l\u2019époque de Gutenberg, plus de 2,000,000 d\u2019exemplaires de la Bible ont été imprimés et c\u2019est depuis 150 ans que le nombre en a plus augmenté.Durant la deuxième guerre mondiale, les éditeurs ne pouvaient pas arriver à satisfaire toutes les demandes et il fallait rationner la clientèle.Jehangir Tata est l\u2019industriel le plus important de l\u2019Asie.Il rassemble tous les leviers de commande d\u2019un empire sans égal qui groupe la plus importante aciérie d\u2019Asie, un ensemble d usines hydroélectriques qui en soixante ans ont donné à l\u2019Asie le tiers de tout son courant électrique, d\u2019huileries, de savonneries, de filatures, de fabriques de ciment, d\u2019usines de produits chimiques, de locomotives, d\u2019une fabrique de postes de radios, d\u2019une imprimerie, d\u2019une société hôtelière (propriétaire du célèbre Taj Mahal de Bombay), de montagnes entières de fer et de charbon et la plus importante compagnie d\u2019assurances du Sud-Est asiatique.Carlos de Beistegui est né au Mexique où il a fait fortune.Ami de la France, il habitait depuis de longues années, Biarritz, ce pays basque qui était le berceau de sa famille.Sa collection de peintures fut composée avec autant d\u2019intelligence que de passion.Il acheta le fameux Bonaparte au pont d\u2019Arcolle, popularisé dans toutes les Histoires de France, afin qu\u2019il ne passât point à l\u2019étranger.De même il acheta le portrait attribué au Maître de Moulins et la Vierge attribuée à Jean Malouel.Carlos de Beistegui vient de mourir dans sa quatre-vingt-dixième année léguant à la France vingt et un tableaux qui vont figurer parmi les plus beaux chefs-d\u2019oeuvre dont le Louvre s\u2019enorgueillit.Le 7 janvier 1785, les aéronautes Blanchard et Jeffries partirent de Douvres en ballon ; celui-ci s\u2019abaissant dangereusement au-dessus de la mer, ils en vinrent à jeter à l\u2019eau tout ce qu\u2019ils avaient, même leurs habits et les ancres.Leur seule ressource fut pour s\u2019arrêter de conduire leur nacelle vers la forêt de Guines où les arbres se chargèrent de les freiner.La nacelle de Blanchard qui fit ainsi la première traversée aérienne de la Manche, est conservée au musée de Calais.Pour développer le riche territoire de 20,000 carrés, au Labrador et 3,900 milles carrés dans le Québec qu\u2019il a acheté, Jules Timmins a dû faire appel aux financiers américains.Car pour atteindre la source de minerai de fer découverte dans cette région, il faut, tout d\u2019abord, construire 358 milles de chemin de fer, depuis les Sept-Iles jusqu\u2019à l\u2019Un-gava, puis il faudra ériger des habitations pour les ouvriers et, enfin, construire un barrage pour alimenter un pouvoir d\u2019eau nécessaire à la mine et au village.SUPPRIME INSTANTANÉMENT TOUT DUVET SUPERFLU Tous ces duvets ou poils disgracieux disparaissent instantanément de votre visage, de vos jambes ou de vos bras grâce à notre merveilleux HAIR REMOVER.Parfaitement, madame- Vous pouvez maintenant supprimer les poils au-dessus et EN DESSOUS de la peau.Notre méthode est sans danger et laisse un épiderme tout doux, délicieux au toucher.GARANTIE de remboursement si les poils repoussent après trois applications.Prix $2.00 seulement.$5.00 pour un format triple.Envoyez vos nom et adresse.Joignez-y de l\u2019argent ou un chèque à moins que vous ne demandiez un envoi contre remboursement, plus frais de poste.STRATTON CO.\tDépt.H-437 94 Adelaide St.W., Toronto, Ontario, Canada NOIRE COUVERTURE JEAN MARAIS vient de tourner» Julietta d\u2019après un roman de Louise de Vilmorin et sur une mise en scène de Marc Allégret.Dans ce film, il joue le rôle d\u2019un jeune avocat d\u2019une ville de province française : Poitiers.Sa partenaire est Danny Robin, comme dans la fille Les Amants de Minuit.On sait que Jean Marais déchaîna, les critiques les plus animées, en pour et en contre, quand il donna Van dernier Britannicus à la Comédie Française.Pris par le théâtre, ne faisant plus du cinéma que pour subvenir aux frais que cette passion entraîne, il est devenu co-propriétaire et cogérant des Bouffes-Parisiens, théâtre situé non loin de l'Opéra.Là il pourra enfin jouer à sa façon en donnant sa pleine mesure.LES PUBLICATIONS POIRIER, BESSETTE & CIE, LTEE Membres de l'A.B.C., et de l'Association des Magazines du Canada LE SAMEDI \u2014 LA REVUE POPULAIRE \u2014 LE FILM 975-985, rue de Bullion, Montréal 18, P.Ç., Can.\u2014 Tél.: PL.9637-fc GEORGES POIRIER Président JEAN CHAUVIN Directeur GEORGES POIRIER, fils Vice-président CHARLES SAURIOL Chef de la publicité GERARD VIOT .Secrétaire de la rédaction ODILON RIENDEAU .Chef du tirage ABONNEMENTS: LE SAMEDI Canada 1 an .$3.50 6 mois .2.00 AU NUMERO: 10 CENTS Etats-Unis 1 an .$5.00 6 mois .2.50 Entered March 23rd 1908, at the Post Office of St-Albans.Vt , U.S.A.as second class matter under the Act of March 3rd 1879.Autorisé comme envoi postal de la deuxième classe.Ministère des Postes.Ottawa. 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