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Titre :
Le samedi
Éditeur :
  • Montréal :Société de publication du "Samedi",1889-1963
Contenu spécifique :
samedi 2 février 1952
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque semaine
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Le samedi, 1952-02, Collections de BAnQ.

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[" DANS CE NUMERO DENISE PELLETIER, par LUCETTE ROBERT LE CENTENAIRE DU DIOCESE DE ST-HYACINTHE LE DEVOIR ET L'AMOUR, Roman d\u2019amour par Annie Pierre Hof NAL DES S-ioô .¦ PU Jean-Pierre Koy le Tout k% ^¦pKiÜMÀuX monde -)pcjjp0i> Porto.Hermit [es canadien vins fori à ht Comment les moyens d'information sont répartis dans le monde Chaque jour, 224 millions de journaux, 182 millions de postes récepteurs de radio et 15 millions d\u2019écrans de télévision apportent aux hommes des informations tandis que 100,000 cinémas leur offrent des films pour occuper leurs loisirs.Mais ces diverses possibilités ne sont pas également réparties entre 'es pays.Ainsi, les Etats-Unis disposent de 1,780 quotidiens ; la France, de 164 ; le Royaume-Uni, de 121 ; la Suisse, de 117 et la Belgique, de 46.Et tandis que les Etats-Unis consomment 67% de la totalité du papier utilisé dans le msnde, l\u2019Inde, avec une population deux fois plus nombreuse, n\u2019en consomme que 1%.La télévision se développe rapidement dans 17 pays.Mais on compte 13,400,000 postes récepteurs de télévision aux Etats-Unis contre 1 million de postes dans le Royaume-Uni, 50,000 en U.R.S.S.et 30,000 en France.En Suède, on compte 301 postes de radio pour 1,000 habitants ; en France, 179.Ces inégalités sont mises en lumière dans le rapport que l\u2019Unesco vient de publier sous le titre : « L\u2019Information à Travers le Monde ».Cet ouvrage de 223 pages contient les données les plus récentes sur la situation de la presse, de la radio, du cinéma et de la télévision dans tous les pays.Des tableaux statistiques, des pages de graphiques en couleurs, renseignent abondamment le lecteur sur l\u2019ensemble des moyens d\u2019information utilisés dans le monde entier.On apprend, par exemple, que les Européens achètent 53% des journaux quotidiens publiés dans le monde et les Américains du Nord 25%, tandis que les habitants de l\u2019Amérique du Sud, de l\u2019Asie et de l\u2019Afrique n\u2019en achètent à eux tous que 15%.Les quotidiens n\u2019ont pas de lecteurs plus assidus que les Britanniques, avec 596 exemplaires pour 1,000 habitants.En U.R.S.S., pour une population de 193,000,000 d\u2019habitants, il existe 7,700 quotidiens et hebdomadaires, dont le tirage global est de 33,500,000 exemplaires.Afin de pallier la pénurie de papier de presse, on utilise en Inde la fibre de bambou comme matière première et, en Chine, le papier de riz.En Chine également, comme en Union Soviétique, l\u2019usage du journal mural est très répandu.En ce qui concerne la radio, l\u2019Amérique du Nord possède 53% des postes récepteurs existants dans le monde, l\u2019Europe 35%, l\u2019Amérique du Sud, l\u2019Asie et l\u2019Afrique, à elles trois, 11% seulement.Les Etats-Unis, où l\u2019on trouve près de la moitié des postes émetteurs, viennent également en tête dans la proportion des postes récepteurs, avec 620 pour 1,000 habitants.Les plus grands producteurs de film sont, dans l\u2019ordre, les Etats-Unis, l\u2019Inde, le Japon, l\u2019Italie et la France.L\u2019Union Soviétique donne la préférence aux documentaires sur les films de pure distraction.Les spectateurs de cinéma les plus assidus sont les Israéliens ; chaque personne assiste en moyenne à 38 séances par an.Les Costa-Ricains vont au cinéma 30 fois par an, les Britanniques 29 fois, les Australiens 25 fois.Les pays les mieux pourvus en salles de cinéma sont l\u2019Australie (183 salles pour 1,000 habitants), la Nouvelle-Zélande (144), Chypre (120) et la Suède (103).Dans la préface de l\u2019ouvrage qui a été édité en français par Jean Ma-rabini, journaliste, l\u2019Unesco rappelle ses efforts pour aider les hommes à utiliser les moyens d\u2019information en vue de mieux se connaître et se comprendre.«Des millions d\u2019hommes,» y lit-on, «habitants de vastes régions du globe, ne disposent que de moyens d\u2019information insuffisants.Il faut les aider à s\u2019en procurer à la mesure de leurs besoins.En même temps tous les collaborateurs de la presse, du cinéma, de la radio et de la télévision doivent travailler avec assez de liberté, mais aussi avec un sens assez vif de leur responsabilité pour que ces techniques, par les liens qu\u2019elles contribuent à creer entre les hommes, servent d\u2019abord la cause de la paix et de la compréhension ».\t* LES PUBLICATIONS POIRIER, BESSETTE & CIE LTEE Membres de l'A.B.C.et de l'Association des Magasines du Canadl LE SAMEDI \u2014 LA REVUE POPULAIRE______________LE FILM 975-985, rue de Bullion, Montréal 18, P.Q., Can._ Tél.: PL 9637-)c FRED & GEORGES POIRIER Propriétaires JEAN CHAUVIN Directeur CHARLES SAURIOL Chef de la publicité Chef du tirage .ODILON RIENDEAU Chronique sportive .OSCAR MAJOR 1 an 6 mois abonnements Canada\tEtats-Unis .S3.50\t1 an .$5.00 .2.00\t6 mois .2.50 AU NUMERO : 10 CENTS Entered March 23rd 1908, at the Post OHIce of St-Albans.Vt., U.S.A.as second class matter under the Act of March 3rd 1879.Autorisé comme envoi postal de la deuxième classe.Ministère des Postes.Ottawa.DEPUIS 1874 - Denise Pelletier conserve de ses séjours dans le Nord, un amour de la forêt et de la nature.Voilà qui explique peut-être la présence d'une magnifique collection de petits animaux de verre.Aucune artiste canadienne n\u2019est aussi éclectique dans ses rôles que Denise Pelletier.Elle joue toutes les femmes : l'amoureuse et la coquette, la grande dame et la fille des rues, la mère et la marâtre avec autant d\u2019autorité que d\u2019aisance.Vous me direz qu on lui confie rarement les amoureuses ?Mais, qu\u2019est la scène du rêve dans La folle de Chaillot, sinon un duo d\u2019amour ?Et cet acte entre la Reine et Polichinelle, dans la pièce du même nom ?Comédienne jusqu au fond de l\u2019âme, elle puise dans celle-ci, comme dans une intelligence qu\u2019elle a fort vive, la façon intuitive et exacte de comprendre son personnage.Denise Pelletier est presque autodidacte dans ce métier de comédienne où elle est arrivée du jour au lendemain, sans longue préparation et sans voyage d\u2019études en France ou ailleurs.Elle fit ses études au Pensionnat Saint-Louis de Gonzague, termina son cours universitaire à l\u2019Académie Saint-Urbain, et suivit, pendant un an, les cours de couture de l\u2019Ecole Ménagère.Elle grandit dans un milieu qui la prédisposa à la lecture et-à l\u2019analyse, puisque son père, Albert Pelletier, dirigeait une revue littéraire, «Les Idées», et une maison d\u2019édition, « Le Totem », qui publia « Un homme et son péché », de Grignon, « Les demi-civilisés », de Jean-Charles Harvey et « Chaque heure a son visage », de la poétesse québécoise, Medje Vézina.Tous les samedis soirs, M.et Mme Pelletier recevaient leurs familiers, écrivains, poètes, peintres et musiciens : Robert Choquette, Alfred Desrochers, le pianiste \u2014 Al -fred Laliberté, Jean Palardy, Roger Brien, Jovette Bernier, Valdombre, dans leur maison de la rue Saint-Hubert.Denise étudiait, à ce moment-là, le piano et le chant, qu\u2019elle trouve indispensable à la formation qu\u2019une comédienne doit donner à sa voix.La famille passait de longues vacances, de mai à novembre, aussi loin que possible dans le Nord.Près de l\u2019Ascension, Mme Pelletier et Denise partagèrent les randonnées de ! écrivain Marie Le Franc, et passèrent plusieurs étés au Lac Ouimet, maintenant Lac Supérieur, où la jeune fille se perfectionnait dans la natation et apprenait à se débrouiller toute seule dans la vie rude des vrais campeurs.De sa mère, elle tient l\u2019amour de la solitude et de la forêt canadienne.!1 v,1\u2019\u2014,«r.SSÜrâ* jssigite ffiÜa -, PORTRAITS DE VEDETTES\t.DENISE PELLETIER por LUCETTE ROBERT H«gn - ' Ù i Wp£0*\u201d\u2018 Une annonce de cours d\u2019art dramatique l\u2019amena à Sita Riddez, d\u2019abord, et à Marcel Chabrier qui la fit entrer, plus tard, à l\u2019Arcade où elle joua quatre pièces par année, pendant trois ans, avec Mmes Giroux, MM.Henri Letondal, Marcel Journet, etc.Mais rien n\u2019effacera, pour elle, ce premier spectacle d\u2019élèves où elle devait avoir un rôle muet dans « Le chant du berceau », et réussit à dire une fable, à la dernière minute.Elle avait la parole !.et ne l\u2019a pas perdue depuis.Ses débuts radiophoniques se firent, il y a neuf ans, avec le rôle de « Annie Greenwood », dans « Un homme et son péché », qu\u2019elle remporta dans une audition de cinq concurrentes dirigée par Guy Mauffette.« J\u2019ai vraiment appris mon métier toute seule », me dit-elle.« J\u2019étudiais mes rôles avec application et le masque du maquillage, le camouflage du costume m\u2019aidaient à les extérioriser de moi-même ».Que de rôles et de créations depuis ! Peut-on croire que cette toute jeune fille au rire spontané, aux joues marquées de fossettes, et qui a « les jolis yeux doux » typiques de la Canadienne, a été une Agrippine dominatrice et ambitieuse, la Reine incestueuse de Polichinelle, la figure mystérieuse et grandiloquente de La folle de Chaillot, et la cousine bon-enfant dans Tit-Coq.Rentrant chez elle le soir, Denise Pelletier adore déguster un café chaud tout en étudiant son rôle pour un prochain spectacle ou son texte pour l'émission du lendemain.IPh.L.Alain, Le Samedi! Pendant que j\u2019écris cet article, elle joue dans un programme du Père Noël qu elle doit terminer par des noms de petites filles qui attendent un message de saint Nicholas.Elle dit chacun d\u2019eux avec tant d\u2019art, qu\u2019on imagine cette litanie comme les perles d\u2019un collier, les fleurs d\u2019une guirlande.Je voudrais être une enfant aux écoutes, et entendre après : Marie, Céline, Rose, Anne, mon propre nom comme une offrande.Ces pauvres patronymes si souvent mal prononcés, massacrés dans les cours d écoles, ont l\u2019air, ici, de ce qu\u2019ils devraient etre : 1 état civil le plus gracieux et le plus intime d\u2019une femme.-*¦\t-1 u\t4UC L/C- mse Pelletier joua avec Les jeunes Comédiens, dans \u201cWeek-End\u201d ; avec l\u2019Equipe, dans « Le grand Poucet », « Le héros et le soldat », « Les fiancés du Havre » « Les parents terribles » ; elle créa « Polichinelle », de Lomer Mercier-Gouin ; Se joignit aux Compagnons pour « Leocadia », « Britannicus », « Le malade imaginaire », « Le caprice », « La ménagerie de verre » ; avec le Théâtre du Nouveau-Monde, dans «L\u2019Avare», « Célimare le Bien-Aimé », et fut de la création américaine de Tit-Coq.Elle profita de son séjour à New-York pour aller au théâtre voir \u201cThe Lady\u2019s not for Burning\u201d avec les acteurs anglais John Guilgued et Pamela Brown, et \u201cBell, Book and Candie\u201d avec deux autres comédiens de Grande-Bretagne, Lili Palmer (Autrichienne de naissance) et Rex Harrison ; elle voit les troupes américaines lors de leur tournée au Canada Elle aime les pièces noires de Jean Anouilh et rêve de créer Médée.C\u2019est le voeu que je nous souhaite Denise Pelletier, pour 1952.\t\u2019 W' ¦ Siy ; HtüfiMWi, W>\t\u2022 ici i aqur \u2022 >ers «ot5 -n i-mikmm.; son vrai «*«}»«\u2022 \" f tarif* s «k B AT 7> foë au sièseilt.NiiPSlrirHt en A gauche, le château de Castelmore où naquit le fameux d'Artagnan, héros des \"Trois Mousquetaires\".\u2014 A droite, au cours d\u2019un bal costumé, M.de Mon-tesquiou, duc de Fezenzac, descendant des d'Artagnan, cause avec un invité déguisé en mousquetaire.Photos S.F.T.\u201cLES TROIS MOUSQUETAIRES\u201d ont réellement vécu par CHARLES REBER En 1844, quand il publiait son roman « Les Trois Mousquetaires », Alexandre Dumas écrivait dans un journal de Paris : « Monte-Cristo, pas plus qu\u2019Athos, Porthos et Aramis, n\u2019ont jamais existé.Ils étaient simplement des bâtards de mon imagination, reconnut par le public ».Il le croyait sincèrement \u2014 et puisqu\u2019il le disait, tout le monde le crut.Or, voici qu\u2019au moment où « Les Trois Mousquetaires » connaissent un regain de popularité \u2014 ¦de nouvelles éditions, deux films, un américain et un français ! \u2014 il apparaît que les inséparables amis du temps jadis ont réellement vécu ! Nous savons comment naquit le roman.C\u2019était en 1843.Alexandre Dumas était à Marseille, où il achevait d\u2019écrire les douze volumes de son « Comte de Monte-Cristo », paraissant successivement à Paris.Un jour qu\u2019il était à la bibliothèque de la cité phocéenne, feuilletant le catalogue, son attention fut attirée par deux titres qui berçaient déjà son imagination prodigieuse.L\u2019un « Les Mémoires de M.d\u2019Artagnan », par Ga-tien Courtilz de Sandras, 1704 ».L\u2019autre : « Tableau de la vie de Richelieu, h Alexandre Dumas père de Colbert et de Mazarin ».Il demanda les deux volumes, les emporta à son hôtel et oublia toujours de les rendre !.« Le Tableau de la vie de Richelieu, de Colbert et de Mazarin » offre peu d\u2019intérêt et il devait simplement servir au romancier à situer le fond de la toile qu\u2019il se proposait de brosser.Mais qui était Courtilz de Sandras, l\u2019auteur des « Mémoires de M.d\u2019Artagnan » ?Ce soi-disant historien, assez peu scrupuleux, était né à Montargis en 1644.Il avait tout d\u2019abord été capitaine dans l\u2019armée du roi et participé à ce titre à la guerre de Hollande.Sans doute est-ce là qu\u2019il connut d\u2019Artagnan ! Sans doute les soldats que commandait d\u2019Artagnan se racontaient-ils entre eux les exploits vrais ou supposés de leur vaillant chef ! Peut-être même Sandras assista-t-il à la mort héroïque de d\u2019Artagnan sous les murs de Maestricht, en 1673 ! Bref, quelques années plus tard, ayant quitté l\u2019armée, pour écrire, Sandras publia ses « Mémoires de M.d\u2019Artagnan », absolument apocryphes.Ils ne sont que l\u2019écho déformé d\u2019histoires colportées de bouche à oreilles.Ajoutons, pour bien situer notre historien, qu\u2019il publia aussi quelques livres scandaleux qui le conduisirent à deux reprises à la Bastille.Il est notamment l\u2019auteur des « Intrigues amoureuses » (1684) d\u2019une « Histoire de la guerre de Hollande » (1689) et des « Annales de la Cour pour les années 1697 et 1698 ».LES ORIGINES DE D'ARTAGNAN Il n\u2019est besoin que de feuilleter les deux volumes de ces « Mémoires » pour se rendre compte que les histoires qu\u2019ils contiennent sont invraisemblables, quoique pittoresques, coloriées et d\u2019une plume facile.Alexandre Dumas n\u2019en crut pas un mot, mais il fut charmé par le héros et ses trois amis Athos, Porthos et Aramis.Admettant la vie de d\u2019Artagnan, il tira de ces « Mémoires » son célèbre roman qui connut tout de suite le grand succès.Mais laissons de côté ces histoires de Sandras que nous retrouverons dans les « Trois Mousquetaires » et voyons qui fut d\u2019Artagnan.Les d\u2019Artagnan, ou plus exactement les d\u2019Artaignan, étaient une branche de la maison gasconne des Montesquiou-Fezenzac, descendant des Joseph-François de Montesquiou, sénéchal de Béarn, guidon des gendarmes du roi, capitaine des gardes du Duc d'Anjou et qui, en 1569, après la bataille de Jarnac, assassina le prince de Condé.Ce n\u2019était pourtant pas le véritable coup de Jarnac, qui ne devait naître que trois ans plus tard, a propos d\u2019un autre assassinat.Peu importe ! D\u2019Artagnan avait déjà de qui tenir ! En 1608, Françoise de Montesquiou-fille de Jean de Montesquiou, seigneur d\u2019Artaignan, épousait Bertrand de Baatz, seigneur de Castelmore \u2014 une petite localité de la Gironde, où se trouvent encore les ruines du château.Trois fils naquirent de cette union : Paul, Jean et Charles \u2014 et les deux premiers ne nous sont pas indifférents pour reconstituer la véritable histoire du héros des « Trois Mousquetaires ».Paul de Baatz, seigneur de Castelmore, l\u2019aîné, naquit sans doute en 1609.Il commença par se faire mousquetaire et, pour cela, il prit le nom de sa mère, c\u2019est-à-dire d\u2019Artagnan.On ne sait rien de lui jusqu\u2019en 1654.Il avait alors 43 ans, quand Mazarin l\u2019envoya à Londres pour y négocier avec Cromwell un traité d\u2019alliance.Mais au bout de six mois, le soupçonnant de duplicité, l\u2019Anglais l\u2019expulsa de l\u2019île.Mazarin lui confia pour le récompenser le commandement de sa compagnie de mousquetaires.Il devait mourir en 1712.Jean, le second, semble avoir été un aventurier.Il débuta dans la vie en se brouillant avec Mazarin et en se jetant dans la Fronde de Guyenne.Mais il ne tarda pas, sans doute sous l\u2019influence de son aîné, à se réconcilier avec le Cardinal qui le fit lieutenant-général et gouverneur des Iles d\u2019Amérique.Voici enfin le cadet, Charles de Baatz, \u2014 le héros de Dumas.Il est né en 1611 à Lupiac, dans le Gers.Comme son aîné, il veut devenir mousquetaire.Lui aussi prend le nom de sa mère, d\u2019Artagnan.Le manoir de Castelmore, où il vit le jour, existe encore.Il est fait de ces vieilles pierres jaunies, si communes en Gascogne, et ne comprend qu\u2019un étage, flanqué de deux tours rondes.Au bout du parc, se trouve une grille Touillée conduisant dans un petit chemin bordé de chênes et de châtaigniers séculaires.C\u2019est cette porte que le jeune Charles franchit un jour pour aller à Paris.Sur un bidet jaune ?Où Dumas a-t-il pris cette idée ?La vérité veut que Charles quitta la maison paternelle de Castelmore sur un cheval valant 22 francs.Il n\u2019avait que 10 écus en poche, mais en tête l\u2019ambition de faire fortune ! M.DE TREVILLE ! A Paris, d\u2019Artagnan se rend sans hésitation en l\u2019hôtel particulier, dans la rue de Tournon, de M.Armand-Jean de Peyre, Comte de Tréville, qui, dans la réalité, occupait bien le poste de capitaine-lieutenant des mousquetaires de la garde du roi qu\u2019il a dans le roman.L\u2019événement se situe au plus tard en 1635 \u2014 une année avant la repré-[ Lire la suite page 31 ] Alexandre Dumas père, auteur des \"Trois Mousquetaires \u201d, publié en 1844.\u2014 Ci-dessous, une bande du conte du même nom dont \"Le Samedi\" vient de terminer la publication à l'usage de ses jeunes lecteurs.Ce conte est remplacé, cette semaine même, par \"20,000 lieues sous les mers\" de Jules Verne.Il JT VOUS 1 V TuFr-jii r CELA ME PAOSfT UNE AFFIRMATION .POUR LE MOINS HARDIE' ET LA FLEUR .DE LYS r JE VOUS JURE QUE vous Etes capable DE TOUT MONSIEUR.' VOUS VOUS DITES, \u2019 QUINZE JOURS C'EST IONS '.EH Bien MADAME PERDEZ VOS ESPOIRS.' F JE N Al MALHEU.REUSEMENT PAS Autant d imagina.JION QUE VOUS ! JUERA).' MOI VIVANT elle NE SOR .tira pas dici .' MISÉRABLE/, Tps SuivEE iSi m SÎ-5» Le Samedi, Montréal, 2 février 1952 5 4 .vixaal ' , JUËlM ^v: ' Hipfi B&ÉI ¦-\u2022 .,;^3 i-a LE DIOCESE DE SAINT-HYACINTHE fêtera cette année le centenaire de sa fondation C\u2019est en juin 1852 que Saint-Hyacinthe fut détaché du siege métropolitain de Montréal et eut, comme premier évêque.Monseigneur Jean-Charles Prince.Le diocèse compte maintenant 95 paroisses et trois missions.par JEANNE DAIGLE Tout en respectant l\u2019autorité de la géographie québécoise, il est possible aujourd\u2019hui d\u2019affirmer que Montréal n\u2019est pas le seul endroit de la Province à mériter l\u2019appellation de : Ville des Clochers.Une autre cité, sympathique par excellence sous tous rapports, peut revendiquer, à non moins juste titre, ce surnom glorieux et je présente avec fierté ma ville natale : Saint-Hyacinthe.Il y aura cent ans en juin prochain que ce centre est devenu un diocèse et, à part son évêché, son Grand Séminaire et ses nombreuses écoles paroissiales, Saint-Hyacinthe abrite dix communautés religieuses diverses dont trois, fait remarquable, ont eu pour fondatrice de ses propres enfants.En tête de ces figures marquantes se place Aurélie Caouette en religion : Mère Catherine Aurélie du Précieux Sang, fondatrice et première Supérieure de l\u2019Institut des Soeurs Adoratrices du Précieux Sang établi chez-nous le 14 septembre 1861.Du vivant de la fondatrice, onze monastères furent érigés ; ils se chiffrent maintenant à 31 ainsi répartis : 23 au Canada, 4 aux Etats-Unis, 1 aux Antilles, 1 à Rome, 1 en Chine et 1 autre au Japon.La seconde de ces figures marquantes qui dotèrent notre ville si précieusement est mademoiselle Elisabeth Bergeron.Mère Saint-Joseph, fondatrice des Religieuses de Saint-Joseph de Saint-Hyacinthe.Cette communauté fut particulièrement appuyée par Monseigneur Moreau, de sainte mémoire.Vouée à l\u2019enseignement, elle vit le jour le 12 septembre 1877, dans une des plus vieilles maisons de Saint-Hyacinthe, (maintenant démolie) que les Maskoutains appelaient: «L\u2019arche de Noé ».A l\u2019heure actuelle, la Communauté des Soeurs de Saint-Joseph compte presque autant de missions que d\u2019années puisqu\u2019elle en possède une soixantaine par où se répand l\u2019instruction primaire et supérieure dans différents diocèses, notamment à Saint-Hyacinthe et Saint-Jean, dans les archidiocèses de Saint-Boniface, de Winnipeg, de Regina, dans le Vicariat apostolique du Keewatin et jusqu\u2019au Basutoland, dans le sud de l\u2019Afrique.Après s\u2019être dévouée 25 ans au service des pauvres de l\u2019Hôtel-Dieu, une autre femme de chez-nous, mademoiselle Eléonore Charron, se trouvait plus que désignée pour fonder la communauté des Soeurs de Sainte-Marthe, consacrée au soin des maisons ecclésiastiques.Depuis le 15 août 1883, ces religieuses se dévouent aux humbles travaux d\u2019intérieur dans les séminaires et les maisons similaires.Si des instituts fondés à Saint-Hyacinthe ont pu essaimer aux Etats-Unis, aux Antilles, en Europe, en Chine, au Japon et jusqu\u2019au sud de l\u2019Afrique, il est tout aussi remarquable qu\u2019une congrégation européenne, fondée en pleine révolution française, ait pu découvrir au Canada un petit coin de terre très agréable, sans doute, mais alors si peu connu.Ce fut pourtant la providentielle aventure des Soeurs de la Présentation de Marie qui venaient s\u2019installer à Sainte-Angèle de Monnoir, aujourd\u2019hui Marieville, le 19 octobre 1853.Cinq années plus tard, Saint-Hyacinthe accueillait cette communauté établie au Canada avec six religieuses et qui compte maintenant, après quelque 90 ans d\u2019existence ici, 97 maisons dont 55 au Canada, 42 aux Etats-Unis.L\u2019Hôtel-Dieu de Saint-Hyacinthe fut la première fondation extérieure de l\u2019Hôpital Général de Montréal.Au début en 1840, il ne comptait que quinze personnes.C\u2019est la doyenne de nos maisons religieuses.Après avoir essaimé à son tour, elle compte maintenant près de 25 filiales dont 7 dans notre diocèse, 4 dans l\u2019archidiocèse de Sherbrooke, 3 au Vicariat Apostolique du Keewatin, 9 aux Etats-Unis et une couple en Haïti.Les vieillards, les pauvres, les malades et les orphelins composent la majorité du personnel.\t[ Lire la suite page 28 ] A gauche, de haut en bas : Les Pères Dominicains et l\u2019église Notre-Dame-du-Rosaire.\u2014 La chapelle du monastère des Soeurs du Précieux-Sang.\u2014 Le monastère des Frères Maristes.\u2014 Le couvent des religieuses de Saint-Joseph.\u2014 L\u2019Evêché et la Cathédrale.A droite : Le Séminaire de Saint-Hyacinthe.\u2014 Le couvent des Soeurs de la Présentation de Saint-Hyacinthe.\u2014 L\u2019Hôtel-Dieu.\u2014 L\u2019académie Girouard.Photos Studio B.J.Hébert, Saint-Hyacinthe. Le Samedi, Montréal, 2 février 1952 WALTER SIEDLAK, 33 ans.5881, 4e ave Rosemont.Montréal, le Roi des Cowboys Canadiens, cavalier émérite, salue la foule.Son fameux cheval Thunder, auquel il enseigna force tours d'adresse, l'imite, se tenant sur son tabouret d'un pied carré.(Photo Dwight E.Dolanl ¦¦¦\ty ¦ - ¦ H ¦- mÊÊÊÈÊ * \u2019 ^ - / ' \u2019 ' t/, y/ 4 n ; w DANS LE MO Notre couverture : JEAN-PIERRE ROY Les esprits resserrés dans leur petite sphère, quel que soit leur âge, les vues courtes ne peuvent comprendre cette universalité de talent, que l\u2019on remarque, parfois, chez un même sujet.Où ils voient les grâces du corps, l\u2019agilité, la souplesse, la dextérité, ils ne veulent plus y admettre les dons de l\u2019âme, le talent et la réflexion.Nous n\u2019avons pas mentionné la sagesse, réservée, paraît-il, aux plus de quarante ou cinquante ans .Jean-Pierre Roy, ancien lanceur des Royaux de Montréal, qui frondera ses grenades sur le monticule du club Granby, de la Ligue Provinciale de 1952, d\u2019après notre petit doigt, possède toutes les qualités précitées.Il aime sa maman, interprète très bien des chansons populaires du music-hall et s\u2019applique à gagner sa vie honnêtement.Que voulez-vous de mieux ?Une ombre au tableau ?Jean-Pierre n\u2019est pas un Séraphin Poudrier ! Et puis ! La perfection ?Elle n\u2019est pas de ce monde, pour le sexe fort ! L\u2019est-elle pour le sexe faible ?.Oui, messieurs, votre observateur est d\u2019opinion que Jean-Pierre, des clubs Trois-Rivières et Drummondville de la saison dernière, peut encore se tirer très bien d\u2019affaires sur le monticule d'un bon club de la Ligue Internationale, pour une couple d'années.De plus, Roy est, à notre avis, le lanceur qui remplit le mieux sa position, à couvrir les roulants, lents ou rapides, les coups retenus, frappés à sa droite ou à sa gauche, et les premier ou troisième buts, au bon moment.Selon l\u2019expression américaine, il est l\u2019un des meilleurs \u201cfielding-pitchers\u201d que nous connaissions, dans le baseball organisé.NON, IL NE FAUT PAS ÇA! Un grand nombre de gens sont en faveur des périodes additionnelles.I! nous semble que les 70 joutes de la cédule soient assez exténuantes pour plusieurs athlètes que les magnats ne doivent pas attendre que tels ou tels joueurs soient déformés par la spécialisation .En effet, on conviendra que ces joutes à plusieurs rouleaux ne sont pas taillées à la mesure de la vigueur humaine.Au cours de certaines parties, plusieurs joueurs auraient à laisser quelques brins de santé sur la surface polie, pour obtenir un résultat satisfaisant.Certains duels ne manquent pas de grandeur, mais il ne faut pas que le sport national devienne meurtrier.Le coeur des athlètes du hockey professionnel n\u2019est pas fait de fer.S\u2019il met ce muscle vital à trop forte contribution, il paiera, à l\u2019âge de 45 ou 50 ans, très cher, ces excès, dont il est loin de se rendre compte, de 20 à 32 ans.Il y a bien assez des périodes additionnelles marathoniennes des joutes éliminatoires de fin de saison que Ton trouve inhumaines ! Si ces considérations nous entraînent à de pessimistes pensées, elles doivent aussi susciter, chez nous, d\u2019énergiques résolutions.La\t4 déchéance du sport a toujours été, chez les peuples, un symptôme de décadence.Lorsque les jeux sanglants du cirque furent devenus la principale passion de la Rome antique, la vitalité de\t\u2022 cette nation formidable fut atteinte de gangrène mortelle.« Du pain et des jeux de cirque », où la brutalité et la Ion -gue durée sont souveraines, est une formule de mort, nous disent les savants, avec raison.A plusieurs siècles de distance, nous nous engageons dans les mêmes voies, qui conduisent à l\u2019abîme.H n\u2019y a pas une grande différence entre les sports spectaculaires du football américain et de la boxe, où des milliers de gens .admirent des athlètes robustes s\u2019évertuant à se massacrer, ou deux équipes de hockey luttant jusqu\u2019à l\u2019épuisement, et les combats que se livraient, jusqu\u2019à la mort parfois, les gladiateurs antiques.Les émotions intenses que procurent ces spectacles sont de même nature.Les résultats, auxquels aboutissent les adversaires ne diffèrent que par la forme.Non, ce n\u2019est pas humain.Toutefois, il y aurait un remède assez efficace à apporter, si Ton tient à ce point, aux joutes à périodes additionnelles.Que les magnats agencent une cédule de 50 joutes seulement, qui pourraient, alors, connaître du jeu supplémentaire ! N\u2019allez pas croire qu\u2019ils en décideront ainsi, car vingt parties de moins, en une saison, représentent une jolie somme ! Sans commentaires, pour le moment ! Bientôt, nous vous mettrons au courant! « Etant un de vos lecteurs, depuis nombre d\u2019années, et voyant que, chaque semaine, vous répondez à quelques lettres de certains sportifs, j\u2019aimerais savoir si vous pourriez me donner votre opinion sur une question.J\u2019aimerais savoir si, réellement, vous pensez que le choix de l\u2019équipe d\u2019étoiles de nos jeunes juniors de 1950 a été juste.Je suis un amateur de baseball depuis nombre d\u2019années et j\u2019aime, surtout, voir évoluer nos jeunes.Je suis la ligue Junior depuis sa fondation et\t\u201e je ne suis fervent d\u2019aucun club, en particulier.En 1949, je pense que le choix qui a ete fait par vous, Buzz Bavasi et quelques joueurs des Royaux a été par-\t, fait.Nos jeunes nous ont réellement fait honneur à Brooklyn.En 1950, lorsque le choix s\u2019est fait, d une autre manière, je crois qu\u2019il a été injuste envers quelques jeunes, qui ont été privés de l\u2019honneur d\u2019être sur cette équipe de rêves et, surtout, d\u2019un beau voyage à Brooklyn, toutes dépenses payées.Par exemple le jeune Deneka, du Rosemont.L\u2019an dernier, son équipe était en dernière position et si elle s\u2019est assurée une place dans les éliminatoires et parvenue à gagner le championnat, elle lui doit un gros oicvimiv.-\t«.uuuaien-Trançais de mentalité, a épou.é I une de, nôtre,.,1 y a une douzaine d\u2019année,.La charmante Madame Sledlak, née Thérè.e Drouin, et ,es deux enfant,, Robert, 10 an,.Hélène 5 an, ne ne plaignent aucunement du dompteur de chevaux, à la manière tendre, comme on le voit, «ur cette photo.Walter, courtier en Immeuble,, fait faire à son fameux cheval Thunder tout ce qu'il veut.(Photo Dwight E.Dolan). Le Samedi, Montréal, 2 février 1952 7 NDE SPORTIF par OSCAR MAJOR merci.Il a gagné 15 des 28 victoires de son club et a figuré aussi bien qu\u2019un autre, dans cette partie d\u2019étoiles contre l'autre ligue.Il a été récompensé, cette année, car il est le seul joueur de la Ligue Junior qui fut signé par les Royaux, ce qui prouve, certainement, qu\u2019il est le meilleur lanceur chez nos amateurs.Je ne connais pas Deneka, je ne lui ai jamais parlé, mais je demeure un de ses admirateurs et lui souhaite bonne chance ; c\u2019est un jeune qui travaille toujours fort et joue pour gagner, il mérite certainement de réussir.Je sais que Deneka est d'origine polonaise et je suis un Canadien français, mais je sais que, dans le sport, il n\u2019y a pas question de race et de couleur.Celui qui travaille le plus fort mérite de gagner.Un autre qui, à mon avis, aurait du être choisi est le petit Raymond du Ville-Marie ; il a frappé une couple de coups sûrs, pendant cette fameuse joute d\u2019étoiles entre les deux ligues ; il aurait pu, au moins, être choisi comme substitut.Il y en a une couple d\u2019autres, qui nous auraient fait honneur à Brooklyn, mais n\u2019ont pas eu de chance, d'après moi.Qu\u2019en pensez-vous ?Je vous remercie, à l\u2019avance ; espérant de voir ma réponse daus une prochaine édition du Samedi.Je suis, votre tout dévoué, M.Ernest Lemieux.Montréal.CHOSES ET AUTRES ¦\tNous savons, depuis 1910, que laf coquette ville de Hull encourage le baseball, le plus possible.Très rarement, nous avons eu l'occasion de connaître un jeune joueur natif de Hull, qui possédait les qualités nécessaires pour percer au firmament du baseball organisé.Cette armée, c\u2019est tout différent ! Un jeune Hullois, Jules Benoît, 16 ans, 155 livres, frappeur gaucher, au physique imposant pour son âge, 5 pieds 9 pouces rapide, d\u2019une intelligence normale, bon bras, a des chances de se faire valoir, sur les losanges professionnels.Soyez assurés que la direction du Brooklyn lui procurera l\u2019occasion de développer ses talents athlétiques.Nous suivrons, la saison prochaine, pas à pas, le jeune Benoît, qu\u2019il joue à Val d\u2019Or ou ailleurs ! D'après son protégé, M.Galarneau, de Hull, Jules est un autre Roland Gladu, un frappeur naturel.Nous y verrons, le temps venu, lorsque la «eige aura fini de garantir les plantes contre le froid ! ¦\tRéponse à MM.L Jodoin et C.Valin, Montréal.Comme vous le savez, peut-être, de nos jours les records du monde tombent drus comme mouches, dans plusieurs sports.Il n\u2019en est pas ainsi dans la lutte libre.D\u2019après le record mondial homologué, le match de lutte le plus long fut le suivant : William Mul-doon, qui fut le doyen des commissaires de boxe de l\u2019Etat de New-York, il y a un quart de siècle, livra un combat de lutte avec un gladiateur écossais, nommé Clarence Whistler, pendant neuf heures, trente-cinq minutes, à New-York, en 1880 .En voulant se soustraire d\u2019une prise de cou, Whistler s\u2019arracha partiellement l\u2019oreille gauche, tandis qu\u2019il avait la figure aussi enflée qu'un gant de boxe.Il avait aussi un doigt cassé.Whistler s\u2019était servi de sa tête pour bûcher dans l\u2019estomac de Muldoon, décédé à l\u2019âge de 90 ans.Ce dernier, va sans dire, avait alors la poitrine remplie de sang .L\u2019un des seconds de Whistler eut recours à un procédé peu parlementaire.Il déposa de l\u2019ammoniaque sur la tête de Whistler.Lorsque la poitrine de Muldoon toucha la tête de Whistler, Muldoon dut endurer toutes les tortures du monde.En dépit de leurs blessures, ils continuèrent à lutter jusque vers une dixième heure.Finalement, ils furent trop épuisés pour continuer.Alors, l\u2019arbitre mit fin au match, en rendant un verdict de match nul .Nous nous rappelons que les deux anciens lutteurs Eugène Tremblay et George Bothner appliquèrent prises sur prises, sans ré-uss r à se coller les deux épaules au tapis du Parc Sohmer, en 1904, après six heures, trente minutes de lutte acharnée.Enfin, si l\u2019on veut bien croire un vieux piqué de la s'atistique de Boston, ces records mondiaux ne leur appartiennent pas.Ce M.Bresna-han insiste sur l\u2019authenticité de la durée-record d\u2019un match de lutte, ayant eu lieu à Boston, en 1890.Jack McMahon et H.M.Suffer luttèrent pendant douze heures, sans obtenir de résultat.Au cours de ce match, les deux gladiateurs américains s\u2019arrachèrent tout ce qu\u2019ils purent, à l\u2019exception de la rate et du pisiforme.S\u2019ils avaient su où se logeaient cet organe et cet os du poignet, l\u2019un des deux lutteurs les auraient, certes, extraient de leur cavité.Comme vous pouvez le constater, les anciens lutteurs du dix-neuvième siècle n\u2019y allaient pas avec le dos de la cuillère! B Réponse à MM.F.Lacroix et C.La-rouche, Montréal : Non, messieurs, Fred Lussier, ancien joueur de baseball de nos ligues semi-professionnelles, gérant de la maison d\u2019articles de sport Jos Choquette, depuis 20 ans, n\u2019est plus, depuis un mois, à l\u2019emploi de cet établissement avantageusement connu.Présentement, il prend un repos bien mérité à son foyer de Repentigny.Vous nous demandez son âge ?Il célébrera bientôt son soixante-septième anniversaire de naissance.Le bon Fred fut l\u2019un des meilleurs arrêts-courts de la province.De plus son fils, Robert, obtiendra son doctorat en médecine, dans une couple d\u2019années.Voici un athlète, excellent père de famille, qui doit être cité en exemple.Nous savons, pertinemment CHARLIE \"TROIS ETOILES\" MAYER, rédacteur sportif bien connu, fait un choix judicieux des trots étoiles de toutes les joutes du Canadien disputées, le samedi soir, eu Forum et commanditées par Imperial Oil.Ses nombreux amis se demandent, s\u2019il suivra de nouveau, sur place, les différentes phases des Jeux Olympiques de 1952.que, vu sa modestie proverbiale, il nous en voudra d\u2019avoir écrit ce boniment Qu\u2019importe ! Nous le faisons, en toute justice.Et, comme diraient Armand Laplante et Babe Tapin : Rendons-lui « crédit » ! B Le record mondial de vitesse en chemin de fer appartient aux Américains.Est-ce qu\u2019il y existe un record mondial que les citoyens de l\u2019Oncle Sam ne possèdent pas ?En 1934, un train de l\u2019Union Pacific franchit une distance de douze milles à une moyenne de 120 milles à l\u2019heure, dans l\u2019Etat de Nebraska.Les Anglais font des efforts surhumains pour briser ce record.Sainte Lydivine est la patronne des patineurs de fantaisie et, par extension, des joueurs de hockey.Elle était une patineuse de fantaisie, qui vivait au temps de la guerre de Cent ans, entre la France et l\u2019Angleterre, de 1337 à 1453 Elle fit une chute malencontreuse sur la glace.Devenue infirme, elle se consacra à la prière et aux bonnes oeuvres.Est-ce la seule sainte qu\u2019a faite le patinage de fantaisie, exercice des plus sains ?¦ Nous venons de recevoir une lettre assez amère d\u2019un groupe de jeunes sportsmen, âgés de 20 à 30 ans.Ils accusent votre humble serviteur de se trouver beau .En voilà une belle, n\u2019est-ce pas ?Il arrive, parfois, de dire à la blague à nos bons amis : « Que voulez-vous ?La chance favorise les beaux hommes, catégorie dont nous faisons partie ! » Des étrangers nous entendent, et nous prennent au sérieux et transmettent à d\u2019autres cette plaisanterie .Nous disons à ces jeunes esprits, resserrés dans leur petite sphère, que nous nous sommes déjà regardés dans le miroir ! En conclusion, nous ajoutons ceci : Bon nombre d\u2019hommes mentent, un plus petit nombre de femmes mentent, le miroir, lui, n\u2019a jamais menti ! Oscar Major DANS LA N.H.L.Le 4 janvier, le Canadien de Montréal affichait la meilleure moyenne de tout club de la Ligue Nationale au cours des 12 dernières parties.Les Habitants avaient gagné neuf fois, annulé une fois et perdu deux fois dans ces 12 dernières joutes.Il s\u2019agissait d\u2019un pourcentage de 75%.Les Red Wings de Détroit, meneurs de la N.H.L., le 4 janvier, avec un avantage de 10 points sur les Canadiens en deuxième place, avaient remporté huit victoires, annulé une fois et perdu dans trois de leurs dernières 12 parties.Le pourcentage de gain pour le club de la ville des autos était de 67%.SEPT GAUCHERS PARMI LES 12 PREMIERS Si l\u2019on tient compte du fait qu environ 65% des joueurs de la Ligue Nationale de Hockey lancent de la gauche, il est assez extraordinaire que cinq des 12 premiers pointeurs au début de l\u2019année dirigent le puck vers les filets du côté droit.Le 2 janvier, les quatre premiers compteurs étaient Elmer Lach, Maurice Richard, Sid Smith et Don Raleigh et tous ces quatre lancent de la gauche.Les cinq autres meilleurs pointeurs suivants lancent de la droite.Ted Kennedy, Gordie Howe, Bill Mosienko, Johnny Peirson et Tod Sloan.Ted Lindsay, Sid Abel et Jimmy McFadden étaient les autres des 12 et c\u2019étaient des joueurs lançant de la gauche.Gordie Howe est reconnu comme un joueur qui lance de la droite et il joue à l'aile droite, mais il est aussi capable de lancer aussi bien de la gauche.Il est un des rares joueurs dans le hockey avec cette double qualité.Des 12 premiers pointeurs le 2 janvier, cinq sont des centres, cinq des ailiers droits et deux des ailiers gauches.LE TROISIEME TOUR DU CHAPEAU DE LA SAISON Lorsque Gordie Howe a compté trois buts contre les Canadiens le 31 décembre, il s ag ssait du troisième tour du chapeau cette saison dans la Ligue Nationale de Hockey.Les autres à avoir accompli l\u2019exploit sont Floyd \u201cBusher\u201d Cu ry et Dune Fisher du Boston.Ce dernier ainsi que Howe a enregistré tous les buts de leur club dans leurs exploits.\t(Le Canada) Bp'ft 8 Le Samedi, Montréal, 2 février 1952 Roman d'amour TË~DEVOIR ET L'AMOUR par ANNIE PIERRE HOT I arion, vous êtes libre ce soir ?La jeune fille, ainsi interpellée, leva la tête et, de l\u2019autre côté de son bureau, rencontra deux yeux posés sur elle.Les yeux riaient.Elle sourit.\u2014\tQue vous êtes donc curieux, mon pauvre Jacques?.Si je répondais, non?\u2014\tIl faudrait bien me faire une raison.Je dînerais en solitaire, voilà tout.Pourtant, ce soir, j\u2019avais une proposition à vous faire, une proposition épatante.Marion Arthuis parut sceptique.\u2014\tDites toujours ! Cela n\u2019engage à rien.Jacques Ernouf s\u2019était assis sans façon sur le coin de la petite table de travail, encombrée de livres de médecine, de papiers de toutes sortes et de revues scientifiques.Il précisa : \u2014\tJe vous aurais emmenée à « La Perle du Lac».Marion fit entendre un sifflement admiratif.L\u2019air faussement sérieux, elle demanda : \u2014\tVous avez gagné à la Loterie Nationale ?Vexé, Jacques eut un haussement d\u2019épaules.\u2014\tAi-je besoin de ça pour vous être agréable, à vous à qui je dois d\u2019être si bien acclimaté ici ?La jeune doctoresse l\u2019arrêta d\u2019un geste.\u2014\tA tout prendre, dit-elle, je ne sais lequel, de nous deux a rendu ce service à l\u2019autre.Je crois, au contraire que votre fâcheuse prédisposition au spleen m\u2019a contrainte à chasser moi-meme les papillons noirs.J\u2019ai dû me secouer, si bien qu\u2019à force de vous faire voir le bon côté des choses, j\u2019ai fini par ne plus regarder que celui-là.Elle baissa un peu la voix pour ajouter : \u2014\tEt pourtant Dieu sait si j\u2019avais le cafard en arrivant ici ! \u2014\tVraiment ! Vous aussi ?Alors, mes compliments ! Il vous en fallut du cran pour vous montrer si gaie, si insouciante, si enthousiaste ! Vous êtes une excellente camarade, ma petite Marion, et si vos diplômes ne m\u2019en imposaient un peu, je serais tenté de vous faire la cour.Brusquement, la jeune doctoresse releva la tête.\u2014\tCe serait, répliqua-t-elle, le plus sûr moyen de détruire notre bonne entente.Aussi je ne vous le conseille pas, mon cher Jacques.Médecin ou non, j\u2019ai déjà eu l\u2019occasion de constater que l\u2019amitié est le seul sentiment qui ne déçoive pas.L\u2019amour, lui, est plein d\u2019embûches.C\u2019est un immense égoïsme qui, trop souvent, en fait de désintéressement, n\u2019engendre que lâcheté.La voix s\u2019était fait âpre.Jacques en fut surpris.Depuis deux mois qu\u2019il connaissait Marion, il s\u2019était maintes fois demandé comment elle était venue échouer à Genève, alors que sa famille habitait Paris, où son père exerçait, rue Gay-Lussac, la profession de chirurgien-dentiste.Là, les hôpitaux ne manquaient point.Aussi bien, Jacques pfessentait-il, à l\u2019origine de cet exil volontaire, une raison grave.Mais sa discrétion lui interdisait de chercher à en savoir plus long qu\u2019on ne voulait lui dire.Jacques Ernouf avait vingt-deux ans et venait d\u2019achever son service militaire.Son père, gros commerçant de Besançon, l\u2019avait envoyé à Genève pour y faire un stage dans une fabrique d\u2019horlogerie de la la rue du Rhône.Fils unique et, partant très gâté, il s\u2019était trouvé désemparé au début de son arrivée en Suisse, à l\u2019encontre de beaucoup de jeunes gens de son âge qui se fussent réjouis de se sentir une bonne fois la bride sur le cou.Il habitait une pension de famille de la rue du Prieuré, et c\u2019est là qu\u2019il fit la connaissance de Marion Arthuis, dont la chambre se trouvait sur le même palier, à deux pas de la sienne.A la salle à manger, le hasard les avait placés côte à côte ; mais Marion ne prenait que le repas du soir.Néanmoins, le thème de leurs conversations, engagées d\u2019abord à l\u2019aventure sur des sujets d\u2019ordre général, s\u2019était peu à peu précisé et, au bout de quelques jours, ils avaient fait une solide paire d\u2019amis.Les pensionnaires du home familial étant plus âgés que les deux jeunes gens, ils n\u2019eurent aucune peine à se maintenir dans une aimable intimité.Marion était de trois ans l\u2019aînée de Jacques.Ce handicap, joint au titre sévère de doctoresse en médecine, ne laissait pas d\u2019impressionner le jeune stagiaire, ce qui ne l\u2019empêchait point, d\u2019ailleurs, de se montrer très fier quand ils sortaient ensemble.Aussi s\u2019efforçait-il de multiplier les occasions de s\u2019afficher en ville avec cette belle fille brune au visage réfléchi, toujours vêtue avec une élégante et discrète simplicité.C\u2019était pour lui comme une première victoire de sa virilité novice.Il venait de recevoir de ses parents le viatique mensuel, et son premier mouvement avait été de l\u2019écorner en emmenant Marion dîner dans un restaurant chic.C\u2019était un samedi et, ce jour-là, il n\u2019allait point à la fabrique.La jeune doctoresse étant, à part ses jours de garde, libre de bonne heure l\u2019après-midi, ils pourraient, avant de se mettre à table, faire une assez longue promenade.Tentée par cette invitation à dîner dans ce site admirable avec, pour décor, le lac au premier plan et les montagnes pour toile de fond.Marion n\u2019eut pas un instant l\u2019idée de la décliner.Nonobstant elle objecta : \u2014\tJ\u2019avais l\u2019intention de manger en vitesse pour travailler ensuite.\u2014\tBah ! je me demande pourquoi vous vous obstinez à préparer l\u2019internat, puisque vous ne voulez pas exercer à Paris ?\u2014\tJe n\u2019ai jamais dit cela.LE VAGABOND II est venu.Ses bottines crissaient dans la neige.Sa chanson gambadait an soleil, son bâton sentait le sapin.De ses yeux jaillissait l'étincelle.Liberté ! que parfois un nuage accrochait, souvenir ?de ses lèvres dures et fermes coulaient des mots étranges, ses cheveux flottaient dans le vent.Il venait d'où le jour se lève, plus loin que l'horizon, plus loin ciue le matin.// allait au-devant du destin, plus loin que la montagne, plus loin que l'océan, plus loin.La campagne déserte.Les maisons dans l'après-midi crachent leurs ombres bleues, le chemin s\u2019est fermé, la ch art s on s'est tue.Il est parti.André L.cTAllemagne, Montréal.\u2014\tPourtant il y a des hôpitaux là-bas ; et vous êtes ici.\u2014\tMon petit Jacques, si j\u2019ai choisi Genève, c\u2019est que j\u2019ai pour cela de bonnes raisons.Rassurez-vous, je n\u2019ai pris du service que pour une armée.Passé ce délai, je réintégrerai la capitale.peut-être.Mais laissons ce sujet, voulez-vous ?Vous avez, je pense, assez confiance en moi pour être sûr que cet exil volontaire n\u2019a pas de motif inavouable ?\u2014\tOh ! docteur ! Jacques aimait lui donner ce titre, mais seulement quand elle l\u2019avait froissé, et cela parce qu\u2019elle ne voulait être pour lui que Marion tout court.Celle-ci comprit qu\u2019elle avait heurté en lui la fibre sensible, l\u2019affection vraiment aveugle qu\u2019il lui témoignait.Il portait plus jeune que son âge, ce qui, d\u2019ailleurs, le vexait beaucoup ; aussi, Marion qui, par contre, donnait l\u2019impression d\u2019une maturité précoce, le traitait-elle comme elle eût fait d\u2019un frère, de sorte que cette amitié quasi fraternelle les avait rendus inséparables.\u2014\tSoyez gentil, dit-elle, pour éviter certaines questions gênantes, laissez-moi travailler, jusqu\u2019à quatre heures.Nous sortirons ensuite et, si le coeur vous en dit, je vous emmènerai goûter au « Mirador ».Après quoi, nous reviendrons en flânant tout le long des quais jusqu\u2019au restaurant.C\u2019est convenu ?\u2014\tJe m\u2019en remets à vous.Votre précision dans l\u2019art d\u2019aménager nos loisirs éclipse mes humbles facultés d\u2019organisation.Marion se mit à rire.\u2014\tElève Jacques Ernouf, ne soyez pas si modeste ! La modestie n\u2019est souvent qu\u2019une forme insipide de l\u2019amour-propre, et elle ne mène jamais à rien.Pour réussir, la première condition est la confiance en soi.Hormis cela, point de salut ! Sur ce, filez.Laissez-moi travailler ; sinon ce bel emploi du temps sera lettre morte.Jacques obéit à contre-coeur.Il eût préféré passer l\u2019après-midi tout entier dans cette petite chambre ensoleillée, où tout dénotait le goût sans frivolité de sa camarade.Chambre modeste de pension de famille, mais où elle avait su mettre sa note personnelle.Des fleurs partout, quelques jolis bibelots.Aux murs, des photos et des estampes.Pour la première fois peut-être, Jacques, évaluait l\u2019importance du rôle de la femme au foyer.A l\u2019heure dite, tous deux sortirent.Marion, pour la circonstance, avait revêtu un tailleur noir, qu\u2019éclairait la tache blanche d\u2019une blouse de satin.L\u2019ensemble était net, presque rigide, mais donnait à celle qui le portait une distinction d\u2019allure impo:ant le respect Sans atteindre à la perfection classique dans les traits du visage, elle avait ce que l\u2019on est convenu d\u2019appeler la beauté du diable, fraîcheur du teint, éclat de la jeunesse, auquel contribuait le saphir des yeux lumineux, où se lisaient l\u2019intelligence et l\u2019esprit de décision.C\u2019est assez dire combien Jacques Ernouf se sentait rempli d orgueil lorsqu\u2019il se trouvait en compagnie de cette belle fille, envers qui ses confrères, jeunes ou vieux, témoignaient une admiration courtoise pour sa correction, en même temps que pour ses mérites professionnels.\u2014 Si nous allions jusqu\u2019à la jetée des Pâquis ?suggéra-t-elle, tout en enfilant de longs gants de suède blanc.A moins que cela vous contrarie, j\u2019aimerais aller jusqu\u2019à la gare.J\u2019ai là un renseignement à demander pour mon patron.Je devais y aller dès ce matin, et.Vous avez fait la grasse matinée.Je vois ça.Eh ! bien, va pour la gare ! Nous avons le temps.Nous pourrons même pousser jusqu\u2019à la promenade des Cropettes, il est à peine quatre heures et demie. Le Samedi, Montréal, 2 février 1952 9 -, Amour ou devoir ?Entre les deux son coeur balance, mais le destin les fait se rejoindre.Dessin de JEAN MILLET Ils flânèrent ainsi une demi-heure avant d\u2019échouer au « Mirador », où une foule nombreuse se pressait en ce samedi d\u2019avril.D'un coup d\u2019oeil circulaire, ils embrassèrent la grande salle, cherchant une place où ils seraient tranquilles.Ce ne fut pas sans peine qu\u2019ils la découvrirent à demi dissimulée derrière une colonne et, pour cette raison, désertée.Ils s\u2019y installèrent, heureux de cet isolement.C\u2019était l\u2019ambiance habituelle des « Tea Rooms » de bonne tenue.La clientèle cosmopolite en était de choix.Dans un coin, sur une estrade, un orchestre féminin, portant le gracieux costume des jeunes filles du Klettgan, dispensait valses et tangos.Ce ne fut qu\u2019au bout de quelques minutes et après avoir commandé thé et gâteaux, que les deux jeunes gens s\u2019aperçurent qu\u2019ils n\u2019étaient pas complètement seuls.Dissimulée par une plante verte et un peu en arrière, une femme était assise à une petite table ; la tête dans les mains, elle paraissait souffrante.L'attention de Marion fut aussitôt éveillée, le devoir professionnel entrant pour une bonne part dans son inquiétude soudaine.Se sentant sans doute observée, l\u2019inconnue reprit une position normale et but une gorgée de thé.\u2022 Rassurée, Marion entreprit de servir Jacques qui, lui, n\u2019avait rien remarqué.Il parlait avec cette fougue qui lui était particulière, demandant à chaque instant l\u2019avis de sa compagne.Ce qui se passait alentour de lui le laissait indifférent.Seule, Marion l\u2019intéressait.\u2014\tSi l\u2019un de vos collègues ou l\u2019un de vos amis nous voyait ensemble, qu\u2019en penserait-il ?demanda-t-il en riant.Ne saisissant pas clairement le but de sa question, Marion, indécise, regarda Jacques avant de répondre : \u2014\tQue vous importe ?N'ai-je pas, à vingt-cinq ans le droit de sortir avec qui me plaît ?Je suis libre, mon cher, absolument libre.Cette affirmation très appuyée parut satisfaire le jeune stagiaire en horlogerie.\u2014\tVous me rassurez, dit-il.Je supposais tout autre chose.Marion, qui ne cessait de le dévisager, comprit qu'il s\u2019était forgé tout seul un roman sur sa présence à Genève.Il lui fut pénible de penser que peut-être il l\u2019avait mal jugée.\u2014¦ Que croyez-vous donc ?\u2014\tJe ne sais.Il se dérobait.Elle le sentait nettement.Sans s\u2019expliquer pourquoi elle agissait ainsi, elle répliqua : \u2014\tVous savez fort bien, au contraire ; ou du moins vous vous imaginez savoir.Si je vous confiais mon secret, seriez-vous homme à le garder ?A l\u2019idée quelle pût avoir en lui une telle confiance, Jacques fut bouleversé de joie.Il prit la petite main posée sur la table et, pour toute réponse, la porta dévotement à ses lèvres.Elle la retira brusquement.\u2014\tCe soir, dit-elle, après le dîner, je vous expliquerai pourquoi je suis venue en Suisse.D ici-là, je vous saurai gré de ne pas m\u2019interroger.Je dois vous exposer la vérité tout entière, ou me taire tout à fait.Autrement, en ne sachant qu\u2019imparfaitement, votre imagination lâchée pourrait vous trahir à mes dépens.\u2014\tQuoi que vous me disiez, Marion, je sais à l\u2019avance que vous êtes incapable d\u2019avoir mal agi.Au fond de lui-même, et sans oser se l\u2019avouer, Jacques était profondément épris de la jeune doctoresse et jaloux de ce passé qu'il ignorait.Enfin, il allait savoir.Ayant achevé son thé, il proposa : \u2014\tUn verre de porto ?\u2014\tVous êtes fou ?\u2014\tPresque ; mais je ne souhaite pas guérir.A ce moment, entendant une plainte, Marion s'était détournée.Leur voisine se tenait maintenant courbée sur la table.Intriguée à juste titre, elle se leva et, s\u2019étant approchée, constata qu\u2019elle se trouvait dans un état de grossesse avancé.\u2014\tVous souffrez, madame ?demanda-t-elle.Pas de réponse.Avec précaution, Marion la releva.La malade la fixa d\u2019un oeil morne.Puis sa tête roula sur son épaule.Elle était évanouie.Jacques ayant suivi Marion, en même temps que deux dames qui goûtaient non loin de là, celle-ci ordonna : \u2014\tVite, un taxi ! Le gérant survint à son tour, cependant qu\u2019elle s\u2019efforçait de ranimer la jeune femme.\u2014\tJe suis docteur à l\u2019hôpital Rothschild, dit-elle.Cette dame doit être sur le point d\u2019accoucher.Savez-vous qui elle est ?\u2014\tNon, madame, c\u2019est la première fois qu\u2019elle vient ici.Peut-être a-t-elle dans son sac quelques papiers d\u2019identité ?\u2014\tVoyez donc.Mais l'examen se montra négatif.Il n\u2019y avait que deux billets pour le théâtre de la Comédie, de l\u2019argent, des accessoires de toilette, rien qui pût permettre de l\u2019identifier.\u2014\tQuelle imprudence ! songea Marion.L orchestre jouait, et peu de personnes s\u2019étaient aperçues de 1 incident.Jacques, aidé du gérant, emporta la malade par une sortie de service.Un taxi attendait.Ils y installèrent l\u2019inconnue.Marion prit place auprès d elle et Jacques monta près du chauffeur.Au fond, il espérait que le rôle de Marion se bornerait à remettre la parturiente au médecin de service ; mais il fut déçu, car dès qu\u2019ils furent arrivés, Marion s excusa, declarant qu\u2019elle-même assisterait la malade.Il lui fallut donc s en aller seul, et il ne se priva point de maudire ce contretemps, survenu juste à propos pour gâcher une soirée qu\u2019il escomptait joyeuse et fertile en confidences.[Lire la suite page 14] 10 Le Samedi, Montréal, 2 février m2 l -*/ \u2022 m 'w*fï NOUVELLE DRAMATIQUE L'ACCIDENT par CLOTILDE DELHEZ Ses pressentiments de femme ne lui laissèrent pas prévoir le drame qui trahirait son infidélité.Destin de JEAN MILLET Orpheline et presque ruinée, la toute belle Caria Dedmonte appréhendait les mille et une difficultés d\u2019une existence médiocre, lorsque la providence intervint sous les traits de l\u2019industriel Dominique Ver er.Celui-ci n\u2019était plus de première jeunesse car, bûcheur obstine, les années avaient passé sans qu\u2019il s\u2019en rendît bien compte.Il approchait de la quarantaine quand, au cours d\u2019une réunion sportive, un ami lui présenta Caria Delmonte.D\u2019emblée, il fut conquis par le charme étrange et capiteux de Caria.Dès lors, il décida que sa vie de célibataire devait prendre fin.Certes, il était de quinze ans l\u2019aîné de Caria, mais il lui apportait un coeur neuf et une large aisance.La fine et astucieuse fille d\u2019Eve jugea qu\u2019il serait inutile, voire imprudent, de déployer, pour Verdier, toutes ses chatteries de séductrice.Elle attendit simplement le moment de répondre « oui » à la demande que l\u2019industriel ne pouvait tarder de lui faire.Indépendamment de la sécurité morale et matérielle que représentait pour Caria ce mariage inespéré, la jeune fille \u2014 dont le coeur n\u2019avait encore jamais battu \u2014 fut heureuse d\u2019unir sa vie à celle d\u2019un homme tel que Dominique Verdier.Ce soir, comme chaque jeudi depuis leur mariage, qui remonte exactement à trois ans, les Verdier réunissaient, pour une soirée intime, les membres les plus proches de la famille.Marinette, la servante, aidée de la science culinaire de Régine, soeur aînée de Dominique, s\u2019occupe de la préparation du repas.Dans la véranda, maman Verdier tricote inlassablement, tandis que Lucette, soeur cadette de Dominique, se promène au jardin en compagnie de Caria, à qui elle conte, avec force détails, ses joyeux succès de jeune fille moderne.De temps à autre, Madame Verdier lève, par-dessus ses lunettes, un regard attendri pour suivre, à travers la vitre, les gestes gracieux des jeunes femmes qui parfois se penchent pour respirer le parfum de l\u2019une ou l\u2019autre rose du jardin.La température est délicieuse, non de cette fadeur caniculaire des jours torrides d\u2019août, mais de la chaleur pénétrante, vivifiante d\u2019un splendide mois de juin.Aujourd\u2019hui, la famille compte sur un léger retard de l\u2019industriel.La voiture de celui-ci devant subir une révision complète, Dominique a prévenu qu il ferait à pied l\u2019heure de trajet qui sépare son bureau du domicile conjugal.Déjà, Caria s\u2019impatiente et consulte son bracelet-montre.Ma petite Lucette, je crains qu\u2019il faille nous mettre à table sans Dominique.H se fait tard, en effet.Je me demande quel important imprévu aura pu retenir mon frère.Lui, si ponctuel ! Caria soupire : Sait-on jamais! Vois-tu, au fond, la vie n\u2019est faite que d\u2019imprévus.Tu t\u2019en apercevras plus tard, Lucette.Caria Vernier, suivie de sa jeune belle-soeur, se dirige à pas lents vers la maison.Mais quelle inexplicable angoisse s\u2019empare tout à coup de la jeune épouse ?Dans la véranda, le tricot abandonné repose sur la table.Deserte aussi la petite cuisine.* Que signifie ce chuchotement qui vient du vestibule et quel est le visiteur autour duquel ces dames font cercle ?L anxiété de Caria augmente à mesure qu\u2019elle s\u2019approche du groupe.Eblouie par la lumière extérieure, qui contraste avec la pénombre de la maison, Caria marche avec précaution, en tâtonnant.Des points rouges passent devant ses yeux.Le malheur est là.Caria, âme fataliste, reconnaît le garde champêtre Derousseaux qui, la main tendue, s\u2019avance vers elle.La gorge contractée, la jeune femme avale péniblement sa salive.\u2014 Un accident, n\u2019est-ce pas ?balbutia-t-elle.\u2014 Oui.mais je puis vous rassurer tout de suite, Madame Verdier Ce n est pas très grave.\u2014 Non, chérie.Rien de désespéré, ajouta la maman, en passant un bras protecteur autour des épaules de sa bru.La jambe gauche brisés et quelques contusions.Naturellement, une ambulance a transporté immédiatement Uomy a la clinique.\u2014 Vite, Régine, appelle un taxi par téléphone.\u2014 Que s\u2019est-il donc passé exactement ?interroge Caria.\u2014 Tout ce que je sais, déclare Derousseaux, c\u2019est que le conducteur a freine brusquement pour éviter de renverser un vieillard qui, imprudemment, traversait la chaussée.Malheureusement, la direction a cédé et la voiture est allée droit sur un pylône, près des « Trois Ormes ».«Sous la violence du choc, votre mari a eu une jambe cassée, mais pour le propriétaire de la voiture.ce fut la mort instantanée : thorax défonce.\u2014 C\u2019est atroce ! Helas ! Si monsieur Verdier avait pu prévoir telle catastrophe, sûr qu\u2019il aurait refusé l\u2019offre que lui faisait son ami de la ramener en auto.\u2014 Fatalité! mon pauvre Derousseaux.Et.qui donc conduisait la voiture ?L\u2019avocat Delmont ! répondirent simultanément la maman Verdier et le garde champêtre.\u2014 Max! hurla la jeune femme dans un cri presque inhumain.Derousseaux fit un pas et reçut dans les bras le corps inerte de Caria, tandis que la maman Verdier, qui soudainement s\u2019était écartée de sa bru! s\u2019agrippait nerveusement au portemanteau pour ne pas défaillir, elle aussi sous la douleur de ce nouveau choc.Pendant quelques secondes\u2019, qui semblèrent des siècles, nul n\u2019osa rompre le süence accablant qui pesait sur chacun.Vivante statue de la honte et du désespoir, la maman Verdier fixait d\u2019un regard méprisant sa belle-fille qui, telle une splendide poupée de cire, ne semblait nullement pressée de reprendre contact avec la vie. Le Samedi, Montreal.2 lévrier 1952 Le comédien si sympathique Ovila Légaré, dons lo rtl» d Antonio, te méfie des ruses du jeune Sérord Barbeau, que l'on voit kl dans le rôle de Guy Boyer.Des artistes canadiens de renom, une collaboration étroite entre le réalisateur et les interprètes, un scénario original dans sa grande simplicité, voilà autant d\u2019atouts qui ne manqueront pas de faire de Le rossignol et les cloches, une intéressante production entièrement canadienne dans le domaine du cinéma.Or*?l| ! ! : Wf LE ROSSIGNOL ET LES CLOCHES ON se demande souvent en quoi consiste le travail de la \u201cscript-girl\u201d.Nous allons essayer de vous en donner les grandes lignes.Dès les premières heures du tournage du film « Le Rossignol et les Cloches », mettant en vedette outre Gérard Barbeau, Nicole Germain, Jean Coutu, Juliette Béliveau, Clément Latour, Ovila Légaré et Juliette Huot, le nom le plus souvent prononcé n\u2019était pas celui de ces artistes mais bien d\u2019Andréanne Lafond, la < script-girl » La «script-girl » doit tout voir et tout noter.Rien ne se passe sur le plateau sans qu\u2019elle en soit au courant.Jean Coutu lui demandera s\u2019il doit mettre sa cravate vert pois ou celle d\u2019un rouge uni.Pourquoi cette question ?Simplement parce qu\u2019il y a trois jours on a tourné la scène qui se passait avant cette dernière.Andréanne consulte ses notes et rend son verdict qui est final.Si par hasard dans une conversation entre Nicole Germain et Jean Coutu la cravate de ce dernier change de couleur les spectateurs s\u2019esclaffent et la faute en sera à la « script-girl ».Il n\u2019y a pas de danger que pareille chose se produise car Andréanne surveille la moindre pécadille.En voici un autre exemple.Pour les besoins du scénario le jeune Gérard Barbeau doit à un moment donné avoir un oeil noir à la suite d\u2019une bagarre.Cet oeil causa mille embêtements à la « script-girl ».En effet, comme on ne tourna pas à la suite les scènes dans lesquelles Gérard devait avoir cette blessure, personne ne savait s\u2019il devait être à un moment donné plus noir ou sur le point de guérir.Alors, Andréanne et la maquilleuse, Laure Cabana, consultèrent leurs notes et le scénario afin qu'il ne se produise pas d\u2019erreur.Voici un autre exemple qui prouve la difficulté du travail de la « script-girl ».Le metteur en scène, René DeLacroix, demandait un mercredi matin ce qui suit : Samedi, nous avons tourné le plan 203 dans le restaurant d\u2019Antonio (Ovila Légaré) mais à ce moment nous allon3 tourner le 204.Vous rappelez-vous si Antonio était appuyé au comptoir ou s\u2019il dégageait de deux ou trois pieds ; si la figurante était assise sur la chaise de droite ou celle de gauche ; à la première ou la seconde table ?Andréanne consulta ses notes et rendit son verdict qu\u2019on ne discuta pas.Souvent dans de pareils cas elle doit aussi avoir recours aux photos de travail qui sont prises à la fin de chaque scène filmée afin de corroborer ses notes.De plus c\u2019est elle qui prendra en note sur ordres du metteur en scène le nombre de tirage de chaque scène avec leur numéro et le nombr* de prises rejetées.C\u2019est encore elle qui lors des rushes prendra en note les prises qui seront choisies pour le montage final.A la fin de la journée, elle doit taper en plusieurs exemplaires un rapport complet sur la journée de travail et les copies de ce rapport sont remises au metteur en scène, au directeur de la production et au producer.Très souvent, le soir, les techniciens et même les artistes lui téléphonent afin d\u2019obtenir des renseignements sur le travail qui a été fait ou celui qui reste à faire.Ceci est malheureusement qu\u2019un court aperçu de l\u2019énorme tâche de la « script-girl » qui en fait l\u2019oeil magique de la production.Jean Coutu, (René) discute avec Ovila Légaré (Antonio) des événements importants de l'heir*.\u2014 Clément Latour (Monsieur le curé) ne sait trop que penser des nouvelles que lui apport* Juliette Béliveau.\u2014 Deux de nos meilleures manécanteries : Les Petits Chanteurs du Bon Die*, de Montréal, et les Petits Chanteurs de Granby contribuent à la partie musicale du film \"L* Rossignol et les Cloches\". ¦SHIP A / | 5 ¦ -'\u2022'It* Stanley Musial de» Cardinals de St-Louis, photographié avec un bâton de propor-\tTroi» marin» canadien» : Harry Clark d'Edmonton et le* deux frère» Bédard tions gigantesques qu'on lui a remis comme champion frappeur de la Ligue Na-\tse familiarisent avec une girafe du parc Taronga, à Sydn y.tionale.Sa moyenne est de .355.ms Le gardien de buts Jim Henry (1), des Boston Bruins, vient d'être déjoué par Don Raleigh et Eddie Slowinski (20) des New York Rangers.Le docteur Thomas H.Johnson, qui vient d'être nommé directeur de la Division des Recherches dans ta Commission de l'Energie atomique des Etats-Unis.Il était auparavant à la tête du Département de Physique au laboratoire d'Upton.A Hollywood, le capitaine E.P.Tisdall du croiseur Ontario s'entretient avec l'actrice, Patricia Medina, à bord du Charlotte, fidèle reproduction d'un trois-mâts de 1790, que l'on verra dans le film Botany Bay.Mickey Mantle fait de beaux rêves tout en contemplant l'une de ses chaussures.Pourra-t-il un jour chausser les fabuleux souliers du grand Joe DiMaggio, gloire des Yankees de New-York ?P'1 - - T.¦ 1 % « sfiSh» I Tondit que son père s intéresse au matériel, la petite dévisage notre photographe, non sans quelque Inquiétude.Cette fillette prend sa tâche au sérieux.A Mexico, les enfants ne connaissent guère la douceur de vivre ; dès leur plus jeune âge il leur faut travailler pour aider la famille.W$m.LES DERNIERS CHASSEURS D\u2019IMAGES Aü Mexique, comme dans tous les pays latins réchauffés par la constante présence du soleil, le peuple vit à l\u2019extérieur.Ce mode de vie semble convenir à la fois au climat tempéré de ces contrées et plus encore au caractère sociable et liant de ceux qui les habitent.Mais il n\u2019est pas toujours compris des autres nations, par exemple, des peuples anglo-saxons qui se plaisent dans 1 intimité de leur home et qui évitent de prononcer des paroles inutiles.C\u2019est sans doute à cause de cela que le maire de New-York a, voilà une quinzaine d\u2019années, défendu aux joueurs d\u2019orgues de Barbarie de circuler dans les rues qui, il faut bien l\u2019avouer à la défense de ce magistrat, sont déjà suffisamment encombrées.Rien de tel à Mexico, bien entendu.Tout le petit commerce se fait sur la place publique et même sur les trottoirs.Au marché qui se tient sur la place de la cathédrale Notre-Dame de la Guadeloupe, on voit d\u2019énormes bottes de fleurs multicolores, des pyramides de fruits et de légumes aux brillantes couleurs.\t\u2022 Parmi cette foule qui envahit la place le dimanche et les jours de fête, on remarque des photographes ambulants.Ces artistes, qui interpellent familièrement les passants dans l\u2019espoir de les décider à poser pour eux, sont en parfaite harmonie avec le décor environnant.Un photographe mexicain ne se contente pas de transporter avec lui son appareil.Pour ajouter à la couleur locale et prêter une allure mexicaine aux étrangers de passage, il s\u2019encombre de tout un attirail traditionnel : cheval de bois, chapeau à large bord, couverture aux vives couleurs et, comme fond de tableau, une statue ou une image de la Vierge de la Guadeloupe, patronne du Mexique.Celle-ci d\u2019ailleurs continue de sourire avec douceur et accepte avec sérénité ses étranges compagnons de déplacement.Elle semble satisfaite de prêter son concours au dévot photographe ambulant.Si les enfants de tous les pays ont une prédilection pour la crème glacée, les petits Mexicains éprouvent plus que bien d\u2019autres le besoin de se rafraîchir.Ce décor, ils ont toute la facilité de le satisfaire à bon compte.Ils rencontrent à chaque coin de rue de petites voitures roulantes, en forme de bateau, qui sont de véritables comptoirs sur lesquels on leur sert moyennant un cent un sorbet et moyennant de deux à quatre cents une crème glacée.Bien entourée, une Mexicoine pose devant l'objectif tandis qu'une cliente attend son four\u2014Le long d'une des grandes routes qui sortent de Mexico, le gérant a su profiter d'une mince languette de terre pour planter du blé devant sa station-service.il yipQNT f-* %* %* .1 j K V *» «-?r v-vb CSX «W.g'.'r'tMaWBR zoom Wm mm î|É!llS%à 14 LE DEVOIR ET L'AMOUR ii \u2019est une fille ! Cette courte phrase, prononcée à deux heures du matin par la doctoresse Marion Arthuis, mit un terme à de longues et terribles souffrances.L\u2019enfant était bien constituée, mais la mère fort mal en point, après un accouchement particulièrement pénible.Qui était-elle ?Mettant à profit un moment d\u2019accalmie, on avait essayé de savoir, car il importait d\u2019alerter celui ou ceux qui devaient s\u2019inquiéter ; mais la patiente ayant répondu évasivement :\t« Plus tard ! » on jugea préférable de remettre l\u2019enquête après la délivrance.Alors on aviserait.Le docteur Lecerf qui avait, en qualité d\u2019interne de service, assisté Marion, la regarda.Dans sa blouse blanche et sous le voile, elle semblait une autre femme.Une indiscutable autorité se dégageait de toute sa personne et pourtant dans le court instant où elle avait tenu le bébé dans ses bras, quelques larmes furtives étaient apparues au coin des paupières.Sous l\u2019apparente insensibilité professionnelle, un coeur de femme battait, un coeur où le sentiment maternel subsistait en puissance Et le jeune praticien qui l\u2019admirait secrètement, comme tous ceux qui journellement l\u2019approchaient, fut heureux de découvrir en elle cette fibre jusqu\u2019alors ignorée.Le contact perpétuel de la maladie, de la souffrance et de la mort, n\u2019avait point émoussé la sensibilité inhérente à l\u2019âme féminine.Les premiers vagissements d\u2019un nouveau-né avaient suffi pour réveiller en elle ce qui sans doute sommeillait encore.La jeune accouchée reposait maintenant, si calme, si pâle, qu\u2019on eût pu la croire sans vie.Marion s\u2019approcha, lui prit le poignet : le pouls battait faiblement et par saccades.A ce moment, l\u2019inconnue ouvrit les yeux.Sa main se ferma sur celle de la doctoresse et la pressa Elle ne pouvait parler, mais son regard fiévreux disait clairement sa reconnaissance \u2014 Vous avez une jolie petite fille, dit Marion en se penchant vers elle.Mais le voile des paupières s\u2019abaissa de nouveau, comme si la jeune femme voulait cacher ses impressions.Nonobstant, Marion et le docteur Lecerf pensèrent que le moment était venu de l\u2019interroger.\u2014 Nous voudrions savoir, madame, à qui nous devons faire porter cette heureuse nouvelle ?Encore une fois l\u2019inconnue rouvrit les yeux, et ses lèvres murmurèrent : \u2014 Villa des «Lauriers», rue du Grand-Pré.\u2014 Du côté de l\u2019église Saint-Antoine ?La jeune femme inclina la tête et parut de nouveau s\u2019assoupir.La confiant à une infirmière, Marion et le docteur Lecerf se rendirent dans la salle de garde et celui-ci rédigea lui-même un mot pour prévenir la famille, mot que l\u2019on ferait porter aussitôt à l\u2019adresse indiquée.Quand il eut terminé, le docteur retint Marion \u2014 Vous êtes épuisée, ma chère amie.Je vais demander qu\u2019on nous monte ici un en-cas froid.Nous n\u2019avons dîné ni l\u2019un ni l\u2019autre.\u2014 J\u2019accepte, fit Marion.J\u2019ai vraiment hâte de prendre quelque chose.Dire que je devais dîner hier soir à la « Perle du Lac » ! \u2014 Mazette ! s\u2019exclama le docteur, ad-miratif.Vous ne vous privez de rien ! [ Suite de la page 9 ] J\u2019aime autant vous dire tout de suite que notre souper improvisé ne remplacera pas les ortolans de la « Perle du Lac ».Mais si vous me le permettez, je pourrai vous inviter un jour prochain en cette opulente crémerie ?Marion sourit, mais ne répondit point.Comme Jacques Emouf, le docteur Guy Lecerf était curieux de savoir pourquoi son jeune confrère avait quitté Paris pour Genève ; mais il se gardait néanmoins de poser des questions indiscrètes.Il plantait seulement quelques jalons.Il insista : \u2014 C\u2019est dit ?Devinant ses pensées, Marion se déroba.\u2014 Nous en reparlerons.En attendant, je vais jeter un coup d\u2019oeil à notre jeune maman et je reviens.Elle passa dans la chambre de l\u2019accouchée et, dès le seuil, deux yeux brillants l\u2019accrochèrent.\u2014 L\u2019enfant?implora l\u2019inconnue.Marion s\u2019approcha du lit.\u2014 Une très belle petite fille.Puisque vous semblez un peu reposée, je vais aller vous la chercher \u2014 Je vous en prie.La doctoresse sortit ; puis, quelques minutes plus tard, revint, portant le bébé enveloppé dans ses langes et une chaude couverture Elle le présenta à la maman qui le contempla longuement.Celle-ci ne dit pas un mot et des larmes tremblèrent à la pointe des cils.\u2014 Vous êtes heureuse, n\u2019est-ce pas ?demanda Marion.\u2014 Elle est belle ! dit seulement la jeune femme, étudiant une réponse plus précise Puis aussitôt elle s\u2019agita.\u2014 On a prévenu chez moi ?s\u2019informa-t-elle.\u2014 Oui, depuis un moment déjà.Comment, dans votre situation osiez-vous sortir seule sans aucun papier d\u2019iden- tité ?C\u2019était de la dernière imprudence.L\u2019inconnue posa sur elle ses yeux humides.\u2014 Ou de la prudence, répondit-elle, évasive.A cette minute et, pour la première fois, Marion eut l\u2019intuition que cette naissance n\u2019était pas désirée et s\u2019expliqua mieux le peu de hâte de la jeune femme à donner son adresse.Sans doute voulait-elle accoucher secrètement.Un doute vint à Marion.\u2014 Vous comptez élever cette enfant vous-même, n\u2019est-ce pas ?A cette question directe la maman se troubla et se tut.La doctoresse serra contre sa poitrine la petite fille ignorante du sort qui l\u2019attendait.Traduisant ce silence, elle s\u2019indigna.Cette femme paraissait dans une très belle situation de fortune : sa toilette en faisait foi.Aussi bien son devoir était-il, quelles que soient les circonstances, de prendre soin elle-même de sa petite fille Marion se disposait à le lui faire entendre , mais elle se souvint de la longue syncope qui avait failli l\u2019emporter au cours de l\u2019accouchement.Le coeur était en fort piteux état et la moindre émotion pourrait être fatale.Il fallait d\u2019abord la sauver ; plus tard on aviserait.Elle n\u2019insista pas, mais se retira, emportant l\u2019enfant et laissant la malade à l\u2019infirmière de garde.Cependant un souci la tenaillait, dont elle portait visiblement la trace, quand elle rejoignit le docteur Lecerf.\u2014 Cela ne va pas ?demanda ce dernier.\u2014 Elle repose, mais le coeur est surmené.J\u2019ai hâte que sa famille soit là.\u2014 Vous la trouvez si mal que cela ?\u2014 Peut-être n\u2019est-ce là que la résultante de sa nuit de souffrances.Toutefois l\u2019irrégularité du pouls m\u2019inquiète Durant plusieurs jours, nous ne devrons pas la perdre de vue Le Samedi, Montréal, 2 février 1952 Le souper était servi.Certes, il ne sortait pas de chez Lucius; mais il fut néanmoins fort bien accueilli par les solides appétits de deux jeunes affamés.Tout en dégustant une tranche de rosbif, Marion songeait à Jacques.Combien n\u2019avait-il pas dû maudire cet incident qui le privait d\u2019un plaisir longuement prémédité ! Elle-même regrettait sincèrement ce dîner en tête-à-tête avec un charmant camarade ; mais le devoir professionnel ne faisait aucune concession, et il ne lui serait jamais venu à l\u2019idee d\u2019abandonner cette malheureuse en un moment aussi critique.Un hasard providentiel l\u2019avait placée sur son chemin, permettant qu\u2019elle fût secourue le mieux et le plus rapidement possible.De son côté, le docteur Lecerf suivait le fil de ses réflexions.Se souvenant de l\u2019émotion de Marion quand elle avait tenu le nouveau-né dans ses bras, il s\u2019informa : \u2014 C\u2019est votre premier accouchement ici, n\u2019est-ce pas ?\u2014 En effet.\u2014 Alors, c\u2019est du bonheur.\u2014 Pour qui?pour la mère, pour l\u2019enfant ou pour moi?\u2014 Pour vous, parbleu ! \u2014 Tiens, tiens ! vous êtes donc superstitieux ?En tout cas, mon cher, vos tuyaux ont commencé par crever En fait de bonheur, cette petite histoire me coûte une excellente soirée Vous m\u2019avouerez que pour un début !.Le docteur Lecerf qui n\u2019avait peut-être parlé que pour provoquer certaines confidences en fut pour ses frais, et Marion ne put s\u2019empêcher de penser que, pour la seconde fois dans l\u2019espace de quelques heures, le mystère de son séjour à Genève intriguait son entourage.Et pourtant ce n\u2019était en soi qu\u2019un fait banal, une simple déception d\u2019amour Mais au docteur Lecerf, moins qu\u2019à tout autre, elle n\u2019aurait voulu dévoiler son secret, pour la raison logique que le héros de son triste roman était aussi médecin, attaché à titre d\u2019interne dans un hôpital parisien où, depuis un an.elle exerçait.Et puis, à quoi bon raviver ce passé qu elle cherchait à oublier ?Brusquement, elle venait de décider que, même à Jacques, elle n\u2019en dirait rien, malgré sa promesse.C\u2019est que, par ce rapide retour en arrière, elle venait de se convaincre que le feu couvait encore sous la cendre.Une question de son confrère l\u2019arracha à ses pensées.\u2014 Vous allez achever votre nuit ici ?Il est trois heures du matin.C\u2019est trop tard ou trop tôt pour rentrer chez vous.Reposez-vous ; je veillerai.\u2014 Quelle mère vous êtes pour moi ! ironisa Marion J\u2019avoue que cela ne me dit pas grand\u2019chose de regagner mon pigeonnier Je suis morte de fatigue et demain, ou plutôt ce soir, c\u2019est mon tour de garde.Elle serra la main de son collègue Celui-ci allait sortir, quand une infirmière parut à la porte.Le mari de la jeune dame vient d\u2019arriver II demande le docteur de service.Marion et le docteur Lecerf se regardèrent.\u2014 Je crois, dit ce dernier, qu\u2019il n\u2019appartient qu\u2019à vous de le renseigner, ma chère amie.Toutefois, si vous le désirez, je puis vous remplacer.Mais Marion, qui avait encore dans les oreilles les paroles de la jeune maman, voulut être fixée sur le sort de l\u2019enfant J y vais, dit-elle.Ce monsieur est dans la chambre de l\u2019accouchée ?Oui, docteur.Il veut avoir avec vous un entretien particulier.Il désire connaître votre avis sur l\u2019état de santé de sa femme et paraît très inquiet L'HOROSCOPE DU \"SAMEDI\" (Nouvelle série) 3\t5\t2\t7\t4\t3\t5\t6\t2\t8\t5\t3\t6\t2\t5\t4 R\tI\tV\t0\tM\tE\tL\tD\t0\tP\tF\tN\tE\tS\tA\tE 2\t7\t4\t3\t5\t8\t2\t6\t5\t3\t7\t2\t8\t5\t3\t7 R\tN\tN\tC\tU\tR\tE\tL\tT\t0\tV\tV\t0\tS\tN\t0 3\t8\t5\t2\t7\t4\t3\t6\t5\t2\t7\t3\t8\t2\t5\t4 T\tJ\tA\tE\tU\tA\tR\tA\tV\tN\tS\tE\tE\tU\t0\tG 8\t2\t7\t5\t3\t6\t4\t2\t5\t3\t8\t2\t7\t5\t3\t8 T\tS\tL\tI\tS\tR\tE\tA\tR\tE\tS\tU\t0\tS\tN\tD 8\t3\t5\t2\t7\t4\t3\t6\t5\t2\t8\t3\t5\t4\t2\t6 A\tT\tU\tG\tU\tZ\tI\tG\tB\tM\tV\tM\tI\tV\tE\tE 2\t5\t3\t7\t4\t8\t2\t5\t3\t6\t5\t2\t7\t8\t3\t5 N\tR\tE\tA\t0\tE\tT\tU\tN\tN\tN\tE\tN\tN\tT\tE 5\t3\t7\t4\t5\t2\t8\t5\t3\t6\t4\t7\t2\t5\t8\t3 C\tA\tG\tU\tH\tN\tI\tE\tL\tT\tS\tE\tT\tC\tR\tE Comptez les lettres de votre prénom.Si le nombre de lettres et de 6 ou plus, soustrayez 4.Si le nombre est moins de 6, ajoutez 3.Vous aurez alors votre chiffre-clef.En commençant au haut du rectangle pointez chaque chiffre-clef, de gauche à droite.Ceci fait, vous n\u2019aurez qu\u2019à lire votre horoscope donné par les mots que forme le pointage de votre chiffre-clef.Ainsi, si votre prénom est Joseph, vous soustrayez 4 et vous aurez comme clef le chiffre 2.Tous les chiffres 2 du tableau ci-dessus représentent votre horoscope.Droits réservés 1945, par William J Miller, King Features, lue. Le Samedi, Montréal.2 février 1952 15 A nouveau Marion échangea un coup d'oeil avec son confrère ; puis elle suivit l\u2019infirmière.En entrant dans la petite chambre toute blanche, elle vit en effet de dos un homme qui paraissait jeune et qui, penché sur la malade, semblait écouter les battements de son coeur.Au bruit de la porte refermée, il se retourna.Frappée de stupeur, Marion dut, pour ne pas tomber, s\u2019agripper à un fauteuil qui lui barrait la route.Le père de l\u2019enfant n\u2019était autre que celui pour lequel elle avait fui Paris, celui qui, après lui avoir déclaré son amour, était parti subitement, sur cette simple déclaration non motivée que tout était rompu.Or cet homme, le docteur Hubert Chambreuil, était à deux pas d\u2019elle, la dévisageant avec des yeux de fou.CHAPITRE III IL y avait un an que Marion Arthuis exerçait à l\u2019hôpital Boucicaut, lorsqu\u2019elle fit un soir la connaissance du docteur Chambreuil, un nouveau venu.C\u2019était un grand garçon blond, robuste, au visage doux et sérieux.Tout de suite ils furent en sympathie.Le hasard ayant voulu qu\u2019ils fussent affectés au même service, ils devinrent très vite d\u2019excellents camarades.Puis, peu à peu, leurs relations évoluèrent.Quand ils se rencontraient au chevet de leurs malades, leurs yeux se cherchaient.Us ne disaient rien d'autre ; mais ils sentaient qu'un lien mystérieux les unissait.La sympathie, a dit quelqu\u2019un, est le premier essai du coeur.Marion que ses études avaient toujours tenu hors des sentiers de l\u2019amour et qui ne s\u2019était jamais vue attirée par le flirt banal, sentit germer en elle une sensation nouvelle et délicieuse, prélude à un sentiment nettement défini.Cette situation hybride ne pouvait s'éterniser.Un soir, Hubert Chambreuil l\u2019ayant accompagnée à une conférence en Sorbonne par le professeur Grand, de la Faculté de Médecine, sur la « Variabilité dans les Microbes », l\u2019orateur ne fut guère écouté.Le thème développé par Hubert parut à Mat rion beaucoup plus palpitant, et les mots grisants que, tout en haut de l\u2019amphithéâtre, il lui fit entendre, sonnèrent beaucoup plus harmonieusement que ceux de « morphologie », de « physiologie » ou de « bactériologie », dont le conférencier émaillait son discours.Hubert n\u2019était pas un de ces jeunes gandins dont le principal objectif d\u2019une existence falote est de séduire par de belles paroles encore plus creuses ; celles qu\u2019il prononça ne figuraient sans doute pas au « Manuel du Parfait Soupirant », mais elles avaient le mérite et la force de la clarté et de la sincérité, dépouillées de toutes fleurs de rhétorique.Marion fut irrévocablement conquise.Le mois qui suivit cette déclaration fut pour les deux jeunes gens une période d\u2019enchantement.Chaque jour ils sortaient ensemble ; ou bien Hubert, de quatre ans plus âgé que Marion et interne depuis trois années, l\u2019aidait à préparer ses examens pour l\u2019obtention de ce même diplôme.Ainsi la jeune doctoresse se croyait définitivement installée dans le bonheur que le mariage consacrerait aussitôt qu\u2019elle aurait passé son internat.Deux mois s\u2019écoulèrent dans cette douce quiétude.Le réveil fut brutal.Un matin, à son arrivée à l\u2019hôpital, elle n\u2019aperçut pas Hubert.Le fait était nouveau et elle s\u2019en étonna, sans d ailleurs y attacher grande importance.S\u2019étant informée, elle sut que personne ne l\u2019avait vu depuis la veille, alors qu\u2019il était de garde.Enfin, vers une heure, au moment où, de plus en plus intriguée, elle allait quitter l\u2019hôpital, la préposée aux renseignements l\u2019interpella.\u2014 Docteur Arthuis, voici une lettre pour vous.Avant même d\u2019avoir reconnu sur l\u2019enveloppe l\u2019écriture fine et réfléchie d\u2019Hubert Chambreuil, elle savait que le mot ne pouvait être que de lui.Aussitôt dans la rue de la Convention en direction de la station de métro, elle en commença la lecture.Mais, dès les premières lignes, elle dut s\u2019arrêter, ses jambes refusant de la porter.Voici ce que disait la lettre : « Ma chère Marion, « Quand vous lirez ce mot.j\u2019aurai quitté Paris pour me rendre où m\u2019appelle un devoir impérieux.J\u2019ai le coeur déchiré ; mais je dois vous dire adieu, un adieu, hélas ! définitif.« La raison ?Il m\u2019est impossible de vous la donner aujourd\u2019hui, sans mêler à mes explications une personne dont je dois taire le 'nom.Je sais que vous allez me mépriser.Néanmoins, je vous jure que j\u2019étais sincère et que je vous aime plus que ma vie ; mais le devoir est plus fort que l\u2019amour.Ce n\u2019est pas vous, j\u2019en suis sûr, qui me blâmerez de lui avoir obéi.« Gardez-moi, je vous en supplie, un souvenir sans haine.Dans quelques mois peut-être les circonstances nous redeviendront favorables et je pourrai tout vous dire.Cependant, pour couper court à tout commentaire, admettez, s\u2019il vous plaît, que j\u2019aie contracté par avance envers une autre personne des engagements que la fatalité me condamne à tenir envers et contre tout.« Adieu.Marion chérie ' J\u2019emporte avec moi cette photo que vous m\u2019avez donnée il y a quelques semaines.Elle m\u2019aidera à gravir le terrible calvaire qui m\u2019attend oit je vais.« Votre ami pour toujours quoi qu\u2019il arrive.« Hubert Chambreuil.» Ayant lu et relu jusqu\u2019au bout l\u2019effarante missive, qui, d'un coup, balayait tout son beau rêve, Marion dut s\u2019asseoir sur le premier banc qu\u2019elle rencontra.Puis, par un effort de volonté, elle se ressaisit, pour la troisième fois relut attentivement la lettre et finit par conclure qu\u2019Hubert devait être déjà marié.Alors le mépris fut bien près de tuer l\u2019amour ; mais il ne fit qu\u2019anesthésier le mal.Durant deux mois encore, elle resta à l\u2019hôpital, fidèle à son poste.Elle attendait.Quoi ?Elle n\u2019eût pu le dire ; mais une force intérieure la soutenait.L\u2019espoir, le plus actif et le plus pernicieux des réconfortants, lui gardait sa force morale.Cependant l\u2019occasion s\u2019offrit à elle de changer d\u2019atmosphère.Un ami de son père, le docteur Edmond Hardy, qui exerçait à Genève les fonctions de radiologue à l\u2019hôpital Rothschild, étant de passage à Paris, lui proposa de faire un stage d\u2019un an dans cet établissement.Marion accepta d\u2019enthousiasme.Le changement d\u2019air et de vie la remettrait sans doute.De plus, elle écarterait ainsi toute possibilité de se retrouver en tête-à-tête avec Hubert Chambreuil.Ses parents, auxquels elle n\u2019avait jamais confié ni ses espérances ni sa déception, la laissèrent partir, mettant son état de dépression visible sur le compte du surmenage et comptant que sa santé s\u2019en trouverait améliorée.Or, caprice de la destinée, Marion avait été désignée par elle pour mettre au monde la fille de celui qui l\u2019avait si indignement trahie.Ainsi donc, ils étaient là face à face n\u2019osant prononcer un mot.Qu\u2019auraient- Au dessus de l\u2019Atlantique-Et à travers le Monde par BOAC Voyage de luxe Montréal-Londres, toujours par Stra-tocruisers à Deux Ponts survolant aisément les intempéries.Reposez-vous dans un fauteuil moelleux promenez-vous .faites des connaissances au salon et au bar.et, moyennant léger supplément, dormez profondément dans une grande couchette.Repas copieux, généreusement arrosés et tout le service traditionnel B.O.A.C.sans pourboire ni supplément.Montréal-Londres \u2014 3 vols par semaine.1 sans escale en II h.1/2 \u2014 2 via Glasgow.Le service le plus rapide, le plus luxueux.Et à travers le Monde.Partout où vous mènent les affaires ou les vacances \u2014 Europe, Moyen-Orient, Extrême-Orient, Afrique \u2014 B.O.A.C.vous offre le luxe et la rapidité \u2014 et le choix de ses services mondiaux.B.O.A.C.prend bien soin de vous VOLEZ BOAC BRITISH OVERSEAS AIRWAYS CORPORATION Places réservées à votre agent de voyages, aux bureaux de chemins de fer ou à B.O.A.C.Montréal\u2014Hôtel Laurentien, Tél.: UNiversity 6-5861 Toronto\u201432 rue King, O., Tél.: EMpire 3-4323 ~fcrttijjiez üotle Ayante Toutes les femmes doivent être en santé, belles et vigoureuses.Vous pouvez avoir une belle apparence avec le TRAITEMENT MYRRIAM DUBREUIL C\u2019est un tonique reconstituant et qui aide à développer les chairs.Produit véritablement sérieux, bienfaisant pour la santé générale.Le Traitement est très bon pour les personnes maigres et nerveuses, déprimées et faibles.Convenant aussi bien à la jeune fille qu\u2019à la femme.AIDE A ENGRAISSER LES PERSONNES MAIGRES Notre Traitement est également efficace aux hommes maigres, déprimés et souffrant d'épuisement nerveux, quel que soit leur âge.GRATIS : Envoyez 51 en timbres et nous vous enverrons gratis notre brochure illustrée de 24 pages avec échantillon.\t' CORRESPONDANCE CONFIDENTIELLE : Les jours de bureau sont : Jeudi et Samedi, de 2 h.à 5 h.p.m.Mme MYRRIAM DUBREUIL\t(POUR LE CANADA SEULEMENT) 6880, rue Bordeaux Case Postale, 2353, Place d\u2019Armes, Montréal, P.Q.Ci-inclus 5ç pour échantillon du Traitement Myrriam Dubreuil avec brochure.Nom .;.Adresse .V/Me .Province . 16 ils pu dire ?Les circonstances n\u2019étaient-elles pas plus explicites que toutes les paroles ?Le docteur Chambreuil eut un bref regard vers l\u2019accouchée qui, les yeux ouverts maintenant, les dévisageaient l\u2019un et l\u2019autre.Vit-elle leur émoi ?peut-être ; en tout cas, ce fut d\u2019une voix calme et à peine perceptible qu\u2019elle murmura : \u2014 Hubert, voici la jeune doctoresse à qui tu dois de me retrouver vivante.Est-ce vraiment un service qu\u2019elle t\u2019a rendu ?Je n\u2019ose l\u2019affirmer.Ces paroles, pleines de sous-entendus, stimulèrent Marion qui ne fut plus que le docteur Arthuis.Sans regarder Hubert, elle s\u2019approcha du lit, et, en souriant, elle dit : \u2014 L\u2019heure est mal choisie, petite madame, pour avoir de telles idées lorsqu\u2019on a une aussi belle petite poupée à présenter à son mari.Elle constata que, par-dessus sa tête, le regard de la jeune femme allait à Hubert.Etaient-ils vraiment mariés ?Faisant un rapide retour en arrière, elle songea que six mois déjà s\u2019étaient écoulés depuis que Hubert l\u2019avait quittée.Subitement une lueur éclaira les ténèbres.Mais l\u2019heure n\u2019était pas à l\u2019analyse.Elle n\u2019était ici que le médecin, et pas autre chose.Hubert demeurait sans mouvement, d\u2019une immobilité de statue ; et pourtant, chez lui aussi, la seule voix de la conscience professionnelle se faisait entendre, dominant celle du coeur.Il n\u2019ignorait rien de l\u2019état de santé de la jeune maman et savait que la moindre émotion pouvait la tuer sur-le-champ, à plus forte raison si elle découvrait la vérité.A son tour, il s\u2019approcha de son lit de souffrance et se trouva ainsi tout contre Marion, prêt à la frôler.Il était si pâle que l\u2019accouchée, se méprenant, murmura : \u2014 Ne crains rien! Je vais beaucoup mieux.Maintenant tout ira bien.Un silence glacial accueillit ces mots.Fort à propos, l\u2019infirmière à qui Marion, avant d\u2019entrer, avait donné l\u2019ordre d\u2019apporter le bébé, parut le tenant dans ses bras.Hubert la suivit du regard sans prononcer une parole.Marion, redoutant que son attitude ne le trahisse malgré lui, prit la petite fille des mains de la garde, et ce fut elle qui la lui présenta Il tournait maintenant le dos au lit et leurs regards enfin s\u2019affrontèrent.Ce fut une minute pathétique entre toutes ; une larme glissa sur le visage de l\u2019enfant.Marion tremblait ; mais, comme elle se trouvait dans le rayon visuel de la malade, elle devait dompter son trouble.\u2014 Embrassez-la, dit-elle d\u2019une voix sans timbre.Elle a failli coûter la vie à sa maman.Aussi bien doit-elle vous être doublement chère.Hubert s\u2019était baissé, effleura de ses lèvres le visage de sa fille et la caresse s\u2019égara sur les doigts de Marion.Quand il se redressa, il semblait plus calme.A deux pas, l\u2019infirmière attendait.Avant de lui rendre le bébé, Marion vint à la mère et le lui tendit.Elle avait hâte de fuir cette chambre, de s\u2019isoler, car elle se sentait à bout de résistance, à bout de nerfs, à bout de sacrifice.Au moment où elle allait enfin pouvoir quitter la pièce, après un simple salut à l\u2019adresse d\u2019Hubert, celui-ci, pour la première fois, lui adressa la parole : \u2014 Docteur, dit-il, j\u2019aimerais vous voir quelques instants avant de partir.J\u2019ai plusieurs points importants à régler avec vous.C\u2019était là précisément ce que Marion voulait éviter.\u2014 Ce n\u2019est pas mon service.Je vais envoyer le médecin de garde.Les yeux d\u2019Hubert Chambreuil se firent implorants.\u2014 C\u2019est à vous-même que je voudrais parler, insista-t-il ; puisque c\u2019est vous qui avez assisté.ma femme.Il avait hésité un instant, imperceptiblement, avant de dire : ma femme, et il put constater que Marion avait tressailli.\u2014 Soit ! je vous attends, monsieur.Elle avait été sur le point de l\u2019appeler : docteur ; mais elle s\u2019était souvenue heureusement à temps qu\u2019il ne s\u2019était pas présenté et que, par conséquent, devant la malade, elle devait l\u2019ignorer.Elle sortit et il lui emboîta le pas.\u2014 Vous !.C\u2019est vous ! Ah ! Marion, le destin vraiment est impitoyable ! Dans le petit cabinet de consultation, désert à cette heure avancée de la nuit, ils étaient seuls, seuls avec leur misère.Marion, affreusement lasse, s\u2019était assise derrière le petit bureau, et, de là, dévisageait Hubert.Elle le trouva changé, amaigri, le regard terne de ceux qui sont à bout de souffrir.Tout d\u2019abord ils s\u2019observèrent, incertains d\u2019avoir épuisé leur douleur.Puis, résolument, Marion répondit : \u2014 Si vous le voulez bien, nous n\u2019aborderons que le sujet qui vous a conduit à l\u2019hôpital.Votre femme.\u2014 Elle n\u2019est pas ma femme.Nouveau silence, lourd de tout ce qu\u2019il gardait en suspens.Marion reprit très vite : \u2014 Qu\u2019elle soit votre femme ou non, elle est la mère de votre fille ; car vous n\u2019avez pas, je pense, l\u2019intention de renier votre paternité ?\u2014 Si j\u2019avais été assez lâche pour abandonner la mère de l'enfant, nous ne serions sans doute pas ici, ni vous, ni moi ! Peut-être, à vos yeux, ai-je mal agi envers vous, mais ma conscience, sinon mon coeur, est en repos.Marion, il importe que vous sachiez ma triste histoire.Depuis que je vous ai quittée, je n\u2019ai cessé de penser à vous.Hélas ! je n\u2019aurais jamais ima- giné que je vous rencontrerais ici, et que ce serait vous que le destin choisirait pour me présenter ma fille, cette innocente qui nous a séparés.Quelle ironie du sort ! Après la nuit qu\u2019elle venait de passer, Marion, déjà brisée de fatigue, se serait bien passée de cet épilogue ; mais, une fois de plus, elle comprenait que nous ne sommes que des pantins entre les mains d\u2019une puissance absolue et que, si elle était venue à Genève, c\u2019était que, sous l\u2019empire de cette volonté suprême, cet entretien était inévitable.Cependant elle se taisait.Hubert insista : \u2014 Vous n\u2019avez pas cru, n\u2019est-ce pas, que je m\u2019étais joué de vous lorsque je vous ai avoué mon amour ?\u2014 J\u2019ai pensé tant de choses que, ma foi, il est fort possible que je me sois arrêtée à cette hypothèse.Le docteur Chambreuil la fixa ardemment.\u2014 Sur la tête de cette enfant qui vient de naître, je fais le serment que je vous aimais et que mes sentiments n\u2019ont point varié.Quand je vous aurai tout dit, vous jugerez si j\u2019ai bien ou mal agi.Avant d\u2019être affecté à l\u2019hôpital Boucicaut, j\u2019étais, vous ne l\u2019ignorez pas je crois, à Besançon.Or, au mois de juin dernier, me trouvant fatigué, je décidai d\u2019aller passer l\u2019été dans ma famille à Bourg-en-Bresse.« Dès le lendemain de mon arrivée, ma soeur Geneviève m\u2019amena une jeune fille que j\u2019avais connue enfant lorsqu\u2019elle venait chez ses grands-parents.Madeleine Voisin venait d\u2019atteindre quinze ans quand, huit ans plus tôt, je l\u2019y rencontrai pour la dernière fois.Dès le premier contact, je pus constater sans fatuité que mon souvenir était resté gravé en elle.Je n\u2019y pris pas autrement garde, \u2014 je déteste le flirt, vous le savez, \u2014 et limitai nos relations à quelques visites de voisinage.Cependant, visiblement, elle me cherchait, et ma mère, qui voyait en Madeleine un parti possible pour moi, car elle est très fortunée, s\u2019efforçait de multiplier les rencontres, sans se douter qu\u2019elle m\u2019ennuyait.Le Samedi, Montréal, 2 février 1952 « Or, un soir, exactement le 20 juillet, quelle ne fut pas ma stupéfaction lorsque je vis arriver Madeleine à la maison.Il était dix heures.Ma mère et ma soeur étaient au cinéma.Moi, j\u2019étais resté pour mettre mon courrier à jour.Je lui dis que j étais seul, m\u2019attendant à la voir partir.Il n\u2019en fut rien.« \u2014 C\u2019est vous seul que je veux voir, me répondit-elle.« Et avant que je n\u2019aie manifesté ma surprise d\u2019aucune façon, elle ajouta nerveusement : « \u2014 Je suis malade, très malade même.Mes parents l\u2019ignorent et je veux que vous me donniez votre avis.« Croyant à un stratagème : « \u2014 Ce n\u2019est pas une heure pour une consultation, observai-je avec froideur.D\u2019abord, d\u2019où souffrez-vous ?« \u2014 Du coeur.J\u2019ai déjà consulté à Bordeaux, il y a deux mois ; mais votre diagnostic confirmera l\u2019autre.« \u2014 Venez demain dans la matinée, lui dis-je.Je vous ausculterai.« Elle me dévisagea de telle sorte que je compris aussitôt que ce n\u2019était pas seulement le praticien qu\u2019elle venait voir, mais l\u2019homme.Elle est fort jolie, vous avez été à même de le constater, et, mon Dieu, la chair est faible.Je voulus me dérober ; elle insista.Je cédai.« \u2014 Soit ! déshabillez-vous.« Mon diagnostic fut tel que je me refusai à lui en faire connaître toute la gravité.Je lui trouvai en effet le coeur très atteint.Un long et sévère traitement m\u2019apparut d\u2019extrême urgence, qui ne ferait que retarder une échéance à mon sens inévitable.Naturellement je lui fis comprendre qu\u2019elle s\u2019exagérait son mal.Comme elle ne semblait pas convaincue, j\u2019essayai de la rassurer ; mais je n\u2019étais plus déjà tout à fait moi-même.Cette belle fille chez moi, à cette heure ! « \u2014 Que m\u2019importe la mort! fit-elle, si je connais l\u2019amour ! « Vous devinez la suite.Elle fit tant et si bien que lorsqu\u2019elle me quitta une heure plus tard, elle était mon amie.Elle s\u2019en fut heureuse, faisant mille projets.Quant à moi, j\u2019avais beau me forger l\u2019excuse d\u2019avoir cédé à l\u2019amour exacerbé d\u2019une malade que je savais virtuellement perdue, je me méprisai.Aussi bien, dès le lendemain et sans l\u2019avoir revue, je prétextai une lettre me rappelant toutes affaires cessantes, et repartis pour Besançon.Ici, un de mes confrères parisiens, venant de s\u2019y fiancer, me proposa de permuter.Il était attaché à l\u2019hôpital Boucicaut.Je pris sa place.«Vous savez le reste, du moins jusqu\u2019à ma fuite.« La veille du jour où je vous écrivis la lettre de rupture, une autre m\u2019était parvenue.Elle portait la signature de la vieille gouvernante de Madeleine Voisin et m\u2019annonçait, dans des termes affolés, que sa jeune maîtresse était enceinte et qu\u2019à plusieurs reprises elle avait voulu se tuer.Elle me suppliait de venir, toutes affaires cessantes, moi seul, affirmait-elle, pouvant éviter le scandale.« Que pouvais-je faire, Marion, sinon partir ?Si je n\u2019étais décidé à prendre dans cette malheureuse affaire toutes mes responsabilités, je pourrais plaider que je n\u2019aimais point Madeleine, et qu\u2019elle était venue me relancer chez moi.Oui, mais avant d\u2019être seulement un homme, mon devoir m imposait de n\u2019être qu\u2019un médecin, et cette simple considération aurait dù m\u2019empêcher de commettre un acte effroyable que, dans un regrettable instant d\u2019aveuglement, je considérai comme un geste charitable.«Quand je la revis, je la trouvai tellement changée que j en fus effrayé.Très droite, elle se jugea tout de suite plus coupable que moi et, tout d\u2019abord, COUPABLE OU NON COUPABLE ?CHRONIQUE JUDICIAIRE par ROBERT MILLET.B.A.Peut-on pratiquer le nudisme chez soi ?Un adepte des bains de soleil, ainsi que du nudisme intégral, décide de former un club pour pratiquer le culte du soleil en compagnie.Il devient acquéreur d\u2019une petite ferme en province et, chez lui, passe la majeure partie du temps sans vêtements.Les opinions sont partagées sur le nudisme intégral.Il n\u2019a pas l\u2019adhésion générale.C\u2019est dire que l\u2019adepte en question fait parler de lui.En certains endroits, on le critique avec véhémence.Puis on en vient aux coups.Un beau jour, la police, appareils photographiques en mains, fait irruption sur la petite ferme.Elle y trouve quatre personnes nues : deux hommes et deüx femmes.Il y a également un autre couple, mais il est habillé celui-là.Malgré les protestations du propriétaire de la ferme, on prit force photographies et même un film.Puis l\u2019homme est traduit devant la Cour sous l\u2019accusation « de s\u2019être exposé, dévêtu, à la vue du public.» Le prévenu proteste de son innocence.Il soutient ne pas s\u2019être exposé à la vue du public, car il était alors chez lui, dans un endroit privé où le public n\u2019avait donc pas accès.Mais l\u2019accusation prétendit le contraire.Cette propriété n\u2019était pas privée, car n\u2019importe qui y pouvait pénétrer.Pas de barrières, pas d\u2019affiches prohibitives ; rien pour empêcher les curieux de s\u2019y trouver subitement, en face de nudités vivantes.Cet accusé est-il COUPABLE ou NON de s\u2019être exposé, dévêtu, à la vue du public ?COUPABLE ! a jugé le Président du Tribunal, à la Cour des Sessions de la Paix, à Montréal, dans un jugement dit 29 novembre 1951.Si une personne a le droit de se dévêtir, chez elle, il ne faut pas qu\u2019en ce faisant, elle s\u2019expose à être vue du public. Le Samedi, Montréal, 2 février 1952 17 refusai mon assistance.Cependant, je réussi à la convaincre, lui affirmant que dès la naissance de l\u2019enfant je l\u2019épouserais.«Je réussis, non sans peine, à la décider à venir à Genève, où elle s\u2019est installée avec sa gouvernante, sa porte devant rester condamnée, sous le prétexte d\u2019un repos le plus absolu.Il avait été convenu que je l\u2019accoucherais moi-même, assisté d\u2019un confrère de mes amis, et c\u2019est la raison pour laquelle je suis ici depuis quatre jours, attendant l\u2019événement.Hier, nous avions projeté d\u2019aller dîner ensemble chez ce collègue qui habite boulevard de la Cluse, à deux pas de la Maternité.Or, au moment où nous allions monter en voiture, près de la gare, elle changea d\u2019avis et préféra rentrer.Je n'étais nullement inquiet.D\u2019ailleurs, elle a le téléphone.Je la reconduisis jusqu'à sa porte ; puis, seul, je me rendis chez mon ami.A minuit lorsque je revins à mon hôtel, je fus sur le point de l\u2019appeler pour avoir de ses nouvelles ; mais, vu l\u2019heure tardive, j\u2019y renonçai, et c\u2019est, il y a une heure, que j\u2019ai appris ce qui s\u2019était paisé par un coup de téléphone de la gouvernante.«Voilà tout le drame, ma chère Marion.Volontairement, je me suis enchaîné à ce que je considère comme un devoir sacré.Ai-je eu tort ?Ce fut d\u2019une voix nette que Marion répondit : \u2014 Je savais bien que je n\u2019avais pu aimer un lâche ! A ces mots, Hubert fut tout de suite près d\u2019elle, prit sa main et la baisa longuement.Il était tellement ému que, laissant tomber sa tête au creux de son bras posé sur le bureau, il fondit en larmes.Mais ses pleurs annonçaient la fin de la tourmente.Le fait d\u2019être réhabilité aux yeux de celle qu\u2019il adorait lui rendait toute sa raison de vivre.\u2014 Oh ! Marion, gémit-il.Fasse Dieu, que vous soyez récompensée de m\u2019avoir gardé votre confiance.Je suis si malheureux ! La jeune doctoresse le laissa pleurer un instant ; mais un souci vint l\u2019assaillir.\t» \u2014 L\u2019enfant ?demanda-t-elle.Qu\u2019allez-vous en faire ?\u2014 Tout est prévu.Elle sera conduite à un orphelinat de la ville.\u2014 Oh ! Hubert ! Pour la première fois, à l\u2019hôpital, elle lui donnait son petit nom.Cependant cette exclamation, où perçait un reproche, le secoua.\u2014 Soyez tranquille, ajouta-t-il.Je ferai mon devoir jusqu\u2019au bout.Le sujet devinait épineux et, malgré sa force de caractère, Marion ne voulut pas entendre les projets d\u2019avenir.Elle se leva.Hubert fit de même : mais son visage soudain se contracta.L\u2019heure de la séparation était venue, et peut-être serait-elle définitive.\u2014 Marion, dit-il, puisque maintenant vous m\u2019avez jugé, ne pourrions-nous rester en contact ?La jeune doctoresse secoua la tête négativement.\u2014 Non, répondit-elle d\u2019une voix que, malgré son énergie, l\u2019émotion assourdissait.Il faut nous quitter.Il serait dangereux de trop présumer de nos forces.Notre peine, croyez-moi, Hubert, sera désormais plus légère.Une lueur brillera dans notre nuit, une lueur très douce qui nous consolera : celle de notre conscience.Adieu ! \u2014 Non, Marion, pas adieu! Je vous retrouverai où que vous soyez ! Je ne veux pas vous perdre ! Il avait jeté cette exclamation dans un réflexe de désespoir ; mais il se reprit aussitôt : \u2014 Pardon! Je m\u2019oublie.Je vous en supplie, Marion, faites que nous nous retrouvions au moins au chevet de notre malade ?\u2014 C\u2019est vous, Hubert, qui me demandez cela, vous un médecin ?Le moindre soupçon la tuerait ! Elle vous aime, ne l\u2019oubliez pas ! Le docteur Chambreuil eut un geste las.Il prit son chapeau qu\u2019il avait déposé sur une chaise en entrant et, les épaules tombantes, la tête basse, il se dirigea vers la porte.Mais, au moment de la franchir, il se détourna ; puis, voyant le regard désolé de Marion qui le fixait, il ne fit qu\u2019un bond vers elle et, malgré sa résistance, l\u2019embrassa éperdument.\u2014 Je vous adore! murmura-t-il.Après quoi ü sortit comme un fou, cependant que Marion, les nerfs brisés, s\u2019effondrait sur la table en sanglotant.CHAPITRE IV i|yu es là, Marion?\u2014 Oui, maman.La porte de la chambre fut poussée et Mme Arthuis entra, portant une brassée de roses magnifiques et un paquet de lettres.\u2014 Encore une gerbe ! dit-elle.Tu ne pourras pas dire que tes amis t\u2019oublient.Jamais succès ne fut mieux fêté.J\u2019en suis ravie, car il est mérité.Tout en parlant, l\u2019excellente femme avait posé les lettres sur un coin de t ble, cherchant une place libre où mettre les fleurs.Déjà la petite chambre en était remplie.Tout semblait à la joie, tout sauf peut-être la lauréate.Pourtant ce que l\u2019on fêtait en ce jour de juillet était son admission à l\u2019internat.Quinze mois s\u2019étaient écoulés depuis que le docteur Hubert Chambreuil l\u2019avait quittée dans la petite salle de consultation de l\u2019hôpital Rothschild, à Genève.Depuis cette nuit mémorable, elle était restée sans nouvelles de lui, ainsi que de la jeune femme.Celle-ci vivait-elle encore ?Etaient-ils mariés ?Autant de questions non résolues.Son engagement d\u2019un an arrivé à expiration, Marion avait regagné Paris, malgré les supplications de Jacques Ernouf, celui-ci n\u2019ayant pu taire longtemps le sentiment qu\u2019il éprouvait pour elle, elle s\u2019était décidée à tout lui raconter, de sorte que le jeune stagiaire, sûr désormais de pouvoir la conquérir, avait, la mort dans l\u2019âme, consenti à n\u2019être pour elle qu'un ami dévoué.Plusieurs fois il était venu à Paris et, dans le tas de lettres apportées par Mme Arthuis et déjà décachetées s\u2019en trouvait une de lui.Mais ce n\u2019était pas celle-là que Marion eût aimé lire.Lorsque sa mère se fut retirée, elle repoussa de la main les papiers épars qui encombraient sa table de travail, et, la tête entre les mains, laissa sa pensée vagabonder.Celle-ci, libre de toute contrainte, s\u2019envola aussitôt vers celui qu\u2019elle ne parvenait pas à oublier.Ce parchemin qu\u2019elle venait de conquérir devait marquer, pour Hubert et pour elle, une date, celle de leur mariage, et c\u2019est pourquoi ces nouveaux lauriers, au lieu du bonheur escompté, ne lui apportait qu\u2019un surcroît de regrets, bien près du désespoir.Maintes fois, elle avait été sur le point de lui écrire à Bourg-en-Besse, dans sa famille.Elle ignorait l\u2019adresse précise ; mais, dans ce petit pays de vingt mille âmes, il devait être très connu.Puis, après réflexion, elle renonçait à ce projet.A quoi bon raviver inutilement leur peine, puisqu\u2019ils ne pouvaient être rien l'un pour l\u2019autre ?Entre eux il subsistait un double obstacle infranchissable : une malade et une enfant.Et, malgré sa force de caractère, ce perpétuel tête-à-tête avec son beau rêve mort, était [Lire la suite page 30] Etes-vous déprimée! Nerveuse! Sans énergie! Délaissée?La vie n\u2019a-t-elle pous vous que des désagréments?Souffrez-vous de maigreur?des vertiges?de migraines?et votre teint a-t-il perdu sa fraîcheur?C\u2019est alors que vous avez le sang trop lourd, chargé de toxines, et le travail de ce sang non purifié cause de pénibles désordres dans votre organisme.Faites alors votre cure de désintoxication naturelle.Les éléments concentrés qui constituent le merveilleux TRAITEMENT SANO \u201cA.\u201d élimineront tous ces poisons.De jour en jour vos chairs se développeront et redeviendront fermes, votre teint s\u2019éclaircira, vous serez plus attrayante avec tout le charme de la jeunesse.Envoyez cinq sous pour échantillon de notre merveilleux produit SANO \u201cA\u201d.Correspondance strictement confidentielle.LES PRODUITS SANO Enrg.,\t(POUR LE CANADA SEULEMENT) Mme CLAIRE LUCE, Case Postale 2134 (Place d\u2019Armes), Montréal, P.Q.Ecrivez lisiblement ci-dessous : Vorte nom Votre adresse ¦'*«**m« .: :: V P B OUR tout foyer : un charme qui agrémente la vie, qui meuble idéalement les soirées du printemps, le vade mecum de toute femme ou jeune fille qui en end être et demeurer « à la page », un joyau de lecture que l\u2019homme aussi peut partager, telles sont les caractéristiques de La Revue Populaire, magazine insurpassé dans le genre, magazine conçu et réalisé par des Canadiens pour des Canadiens.S\u2019y abonner, c\u2019est en devenir une ou un adepte, définitivement.On n\u2019a qu\u2019à remplir le coupon d\u2019abonnement.Notre roman de février EN DERNIER RECOURS! par CONCORDIA MERREL Coupon d\u2019abonnement \u2019OpUlMRE Canada 1\tan .$1.50\t1 an .2\tans .2.50\t2 ans Etats-Unis $2.00 3.50 D IMPORTANT : \u2014 Indiquez d'une croix s'il s'agit d'un renouvellement.Nom.Adresse.Ville .Province.POIRIER, BESSETTE & CIE, LTEE 975-985 rue de Bullion MONTREAL 18, P.Q. 18 Le Samedi, Montréal, 2 février 1952 \u2014NOTRE FEUILLETON\u2014\t¦_____ \u2014t MIGNON DE LA BUTTE -\t-\t__ _________par ARISTIDE BRUANÏ= No 7 RESUME DES CHAPITRES PRECEDENTS Jean-de-la-Rue et Rose-Blanche, qui s\u2019aiment profondément, sont, un jour, séparés.Le marquis de Montferrât, qui recherchait sa fille depuis son enlèvement, la trouve par hasard, et l\u2019amène chez lui.Mais la mère d\u2019Yvonne (c\u2019est le véritable nom de Rose-Blanche), étant morte, le marquis a épousé une nommée Gilberte, femme cupide et méchante.Celle-ci et son ami, Abdul, être fourbe et sans scrupule, qui convoitent la fortune du marquis, méditent les plus funestes desseins.J ean-de-la-Rue trouve un jour son père adoptif, Poirier, assassiné ; avant de mourir, celui-ci a eu le temps de tracer, en lettres de sang, le mot Basiloff.Puis, c\u2019est au tour de Jean d\u2019être poignardé par les deux mêmes misérables : Chariot l\u2019Arrangeur, et Patte-Folle, le boiteux, qui l\u2019ont attiré dans un piège.A marquise n\u2019insista pas.Elle avait compris.\u2014 Au revoir, ma chérie, à ce soir vers cinq heures, fit M.de Montfer-rat en s\u2019en allant et en jetant un coup d\u2019oeil d\u2019intelligence à sa femme tandis qu\u2019Yvonne l\u2019embrassait tendrement.Gilberte et Rose-Blanche demeurèrent seules.Tout en prenant son café dans une tasse en vermeil, Gilberte se mit à griller une cigarette orientale.Puis elle dit à sa belle-fille qui, le regard perdu dans le vide, semblait emportée loin de là par une vague et menteuse espérance : \u2014 Yvonne, voulez-vous venir un moment avec moi dans ma chambre.« J\u2019ai à vous parler.\u2014 Très volontiers, madame.\u2014 Quand donc m\u2019appellerez-vous maman ?fit Mme de Montferrat sur un ton de fausse tendresse.\u2014 Je vous demande pardon, se reprit l'amie du petit chanteur.mais je ne suis pas encore habituée.\u2014 Oui, oui, je vous pardonne Venez, ma chérie, venez.Et passant affectueusement son bras sous celui de la jeune fille, la mauvaise femme l\u2019emmena jusque dans sa chambre et, la faisant asseoir près d\u2019elle sur un canapé garni de coussins moelleux, elle attaqua sournoisement : \u2014 J\u2019ai peur, Yvonne, que vous ne m\u2019aimiez pas.\u2014 Pourquoi, madame ?\u2014 Vous êtes étrangement froide à mon égard.Vous me parlez avec contrainte.» vous n\u2019avez jamais d\u2019élan vers moi.et, par instants, il m\u2019arrive de surprendre dans votre regard comme de l\u2019hostilité.« Vous aurais-je, sans le vouloir, causé quelque peine ?«Voyons, répondez-moi avec franchise.« Je sens très bien qu\u2019il y a un malentendu entre nous ; et comme je vous aime sincèrement, et que je ne demande même qu\u2019à vous aimer davantage, il est indispensable de dissiper ce malaise qui provient, non pas de moi, mais de vous-même.Alors.comme emportée par une volonté plus forte que la sienne, animée d\u2019une résolution toute virile et sentant bien qu\u2019elle ne pourrait plus longtemps garder pour elle le poids d\u2019un aussi formidable secret, Yvonne, prête à la lutte, décidée à tout, releva fièrement la tête.et avec une voix toute frémissante d\u2019une volonté longtemps contenue, elle fit : \u2014 Vous voulez une explication, madame.Eh bien, soit, je vais vous la donner.\u2014 Je ne m\u2019étais donc pas trompée.s\u2019écria Gilberte.lorsque je vous disais que vous me considériez comme une ennemie.\u2014 Non, madame, rectifia Rose-Blanche avec un admirable sang-froid.je ne suis pas pour vous ce que vous dites.Commencé dons l'édition du 22 décembre 1951.Publié en vertu d'un traité avec la Société des Gens de Lettres.\u2014 Les noms de personnages et de lieux de nos romans, feuilletons, contes et nouvelles sont fictifs et choisis au hasard.\u2014 Alors ?\u2014 Mais je ne vous aime pas, et je ne peux pas vous aimer.\u2014 Pourquoi ?\u2014 Je vais vous l\u2019expliquer I Et, superbe de dignité, la fille du marquis de Montferrat lança tout d\u2019un trait : \u2014 Non, je ne peux pas aimer celle qui trahit si odieusement mon père ! Gilberte eut un bond de tigresse blessée.\u2014 Vous dites?fit-elle, pâle de fureur Et, comme Yvonne, tout en continuant à la fixer dans les yeux, gardait un silence plus significatif, plus éloquent que les accusations les plus précises.les affirmations les plus véhémentes, la mauvaise femme, devinant aussitôt le péril, marcha vers la « Mignon de la Butte », l\u2019apostrophant d\u2019une voix sifflante : \u2014 Mais parlez, parlez donc, expliquez-vous.je ne comprends pas.\u2014 Vous ne comprenez pas, madame?répéta la jeune fille, avec un accent de doute ironique et de mépris souverain qui acheva d\u2019exaspérer celle-ci.\u2014 Non, je ne comprends pas.\u2014 J\u2019ai vu! fit simplement Rose-Blanche.\u2014 Quoi ?\u2014 Un étranger vous serrer contre sa poitrine.approcher ses lèvres des vôtres.Et, dans un geste de pudeur exquise, l\u2019amie du petit chanteur ramena ses mains devant son visage comme pour échapper à la vision d\u2019adultère qui s\u2019évoquait à elle.Brutalement, la marquise la saisit par le bras.\u2014 Ah çà.vous êtes folle ! Vous osez dire que vous m\u2019avez vue, vous ! \u2014 Oui, je vous ai vue !.à Paris, dans le petit salon.Je revenais de me promener avec mon père et Henri.J\u2019allais pour vous présenter mes respects, lorsque je soulevai une portière.vous ne m\u2019avez pas entendue.vous étiez là, avec cet homme.oui, oui, j\u2019en suis sûre, je vous ai vue.je vous ai vue.et je vivrais cent ans que je vous verrais encore.Gilberte, pâle de fureur, reprenait : \u2014 Mensonge abominable qui prouve à quel point, sous vos apparences d\u2019honnêteté candide, le milieu dans lequel vous avez vécu vous a pervertie, contaminée, gangrenée ! « Parce que, me trouvant tout à coup souffrante, un médecin de nos amis me prodiguait ses soins empressés, se penchait vers moi pour s\u2019efforcer de me faire revenir à la vie.vous en avez tout de suite conclu qu\u2019il m\u2019embrassait et qu\u2019il était mon amant ! « En somme, cela n\u2019a rien d\u2019étonnant.« Après tout, ce que vous avez dû voir, entendre et faire.\u2014 Madame.\u2014 Vous êtes tout naturellement disposée à trouver le vice partout.« D\u2019ailleurs, je ne sais pas pourquoi je m\u2019abaisse à m\u2019expliquer avec vous.«On ne se défend pas contre de pareilles turpitudes.« Enfin, vous avez dû voir comment votre père avait accueilli vos calomnies et vos mensonges ! \u2014 Je n\u2019ai rien dit à mon père \u2014 Vraiment ! \u2014 Et je ne lui dirai rien.\u2014 Pas possible ! \u2014 Non, madame.il vous aime trop Et nullement touchée par cette brève réplique qui révélait la grandeur d\u2019âme de celle que dédaigneusement elle appelait :\t« Fleur de Pavé », Mme de Montferrat reprit sur un ton d\u2019indignation merveilleusement simulé : \u2014 Et moi qui m\u2019attendrissais sur votre sort, moi qui vous défendais avec tant d\u2019âpreté contre ceux qui vous attaquaient, moi qui étais prête à ne pas faire dans mon coeur de différences trompeuses, vous m\u2019accusiez d\u2019un véritable crime.mais c\u2019est insensé.« Allons, il faut en finir.«Vous allez me faire tout de suite vos excuses, vous allez me dire que vous regrettez vivement de m\u2019avoir flétrie du soupçon le plus injuste.\u2014 Non, madame, répliqua Yvonne avec un accent de force insupportable.Non, je ne vous ferai pas d\u2019excuses.\u2014 Pourquoi ?\u2014 Parce que je suis sûre que ce n\u2019est pas moi qui me suis trompée.mais que c\u2019est vous qui mentez ! \u2014 Petite misérable ! s\u2019écria la marquise en se précipitant la main levée vers Rose-Blanche, qui fit avec beaucoup de calme : \u2014 Frappez-moi madame.Ce ne sera pas la première fois que j\u2019aurai été battue par une mauvaise femme.Gilberte s\u2019arrêta.Son bras qui menaçait, retomba le long de son corps.Une flamme de méchanceté atroce passa dans son regard.Et toute secouée d\u2019un frisson de haine indicible, elle murmura : \u2014 Cela ne porte pas bonheur d\u2019être méchante.Rose-Blanche frémit malgré elle.Elle eut l\u2019immédiate impression qu\u2019un malheur était dans l\u2019air.et, à son tour, elle et, douloureusement angoissée : \u2014 Que voulez-vous dire, madame ?Alors, démasquant entièrement son âme cruelle, implacable, Mme de Montferrat s'écria : \u2014\tAprès tout, je ne sais pas pourquoi, après la façon dont vous venez de vous conduire envers moi, j\u2019userais envers vous de ménagements que vous ne méritez pas.Et avec la volupté sauvage d\u2019un bourreau qui se délecterait à la pensée de faire souffrir sa victime, la marquise ajouta : \u2014\tVotre ami, ou plutôt, que dis-je, votre amant.\u2014\tMon amant, jamais! protesta avec énergie la fille du marquis de Montferrat.\u2014 Peu importe, reprenait la mauvaise femme puisque désormais je suis bien sûre que vous ne vous rencontrerez plus ici-bas.\u2014 Madame ! Et avec une véritable férocité, la marquise ajouta : \u2014 Jean-de-la-Rue est mort! \u2014\tNon, non, ce n\u2019est pas vrai ! s\u2019écria la jeune fille.\u2014\tJean-de-la-Rue est mort assassiné, sans doute par un de ses pareils, insistait la misérable créature.\u2014\tNon, non, je ne vous crois pas, s\u2019obstinait la malheureuse enfant.\u2014 Ah ! vous ne me croyez pas ! « Lisez, mais lisez donc, et vous verrez si je ne dis pas la vérité ! Affalée dans un fauteuil, Rose-Blanche, dans la peur de savoir, repoussait du geste la feuille que lui tendait la marâtre, lorsque celle-ci se mit à lire à haute voix, les lignes affirmatives par lesquelles le marquis avait appris l\u2019horrible nouvelle : NOUVEAU DRAME A MONTMARTRE Au moment où nous mettons sous presse, nous apprenons que le Montmartrois Jean-de-la-Rue, le fils de ce vieux chiffonnier de la Butte.A mesure que la marâtre lisait, Rose-Blanche sentait l\u2019existence l\u2019abandonner.Elle ne trouvait pas de larmes, mais il lui semblait que son coeur ne battait plus que par légers intervalles, et qu il allait bientôt s\u2019arrêter tout à fait.Des papillons noirs passaient devant ses yeux.des sons de cloches funèbres tintaient à ses oreilles.Un dernier souffle expira sur ses lèvres.( Jean, Jean, mon Jean bien-aimé.C est fini, je ne te reverrai plus.Puis plus rien.pas un mot, pas un pleur, pas un geste.Le silence.l\u2019anéantissement.La petite tête retomba sur l\u2019épaule, comme celle d\u2019un oiseau mortellement atteint et qui n\u2019a même pas un soubresaut, un spasme pour mourir. Le Samedi, Montréal.2 février li)52 Gilberte la contempla un instant d\u2019un air de défi et de triomphe.\u2014 C\u2019est qu\u2019elle devient dangereuse, fit-elle.D est temps d\u2019aviser.Je vais agir ! DEUXIEME PARTIE CHAPITRE PREMIER La blessée L\u2019évanouissement de Rose-Blanche se prolongeant, la marquise de Montferrat eut cette pensée criminelle : \u2014 Si elle était morte ! Alors, elle s\u2019approcha, regardant attentivement la jeune fille.\u2014 Non, fit-elle au bout d\u2019un moment; je n\u2019ai pas cette chance.Elle respire encore, bientôt elle sera revenue à elle.«Je ne crois pas qu\u2019elle dise rien à mon mari.Et puis, ma défense est toute prête.et M.de Montferrat ne demandera qu\u2019à me croire.« Quoi qu\u2019il en soit.elle en sait trop long.Et puis toujours cette menace de mariage suspendue sur ma tête, Jean-de-la-Rue vivant.la chose aurait demandé plus de temps sans doute.mais à présent qu\u2019il est mort.c\u2019est l\u2019affaire de quelques mois, de quelques semaines peut-être !.« Et c\u2019est là le vrai danger !.« Dire que si j\u2019osais.je pourrais si facilement.en finir.tout de suite.« Qui me soupçonnerait ?Personne.« H me suffirait d\u2019aller demander à Abdul le poison qu\u2019il m\u2019a offert.ce poison qui ne laisse aucune trace et qui ne pardonne pas-.Et tout serait dit.« Mais non, c\u2019est impossible.« Je le sens bien, au dernier moment, ma main hésiterait, car j\u2019aurais sans cesse devant les yeux l\u2019image de l\u2019autre.toujours l\u2019autre.«C\u2019est assez d\u2019un cadavre, oui.c\u2019est assez !.Et par une sorte d\u2019hallucination, il sembla tout à coup à Mme de Montferrat que ce n\u2019était plus Yvonne qui gisait sur le fauteuil.mais l\u2019autre, comme elle disait.la femme de chambre indiscrète.lâchement assassin?e par elle.En proie à une terreur indescriptible, la bouche tremblante, les yeux fixés malgré elle sur ce corps inerte, Gilberte se mit à marcher à reculons, en poussant des cris inarticulés.\u2014 Oh ! ce fantôme !.J\u2019ai peur ! Soudain la porte s\u2019ouvrit.Une voix s\u2019éleva, toute frémissante.\u2014 Gilberte ! C\u2019était le marquis de Montferrat qui, sa lettre terminée, avait tenu, avant de descendre à Nice, à s\u2019informer de la façon dont sa fille bien-aimée avait appris la nouvelle de la mort du petit chanteur.A la vue de son mari.Mme de Montferrat, revenant à la réalité fit tout de suite : \u2014 Mon ami.c\u2019est effrayant.cette pauvre petite.Malgré toutes les précautions que j\u2019ai prises, toutes les périphrases que j\u2019ai employées, elle a compris.elle a voulu tout savoir.J\u2019ai dû lui montrer ce journal.Alors.elle a perdu connaissance.J\u2019en suis toute bouleversée.Et quand vous êtes survenu, j\u2019allais appeler.\u2014 Voulez-vous que j\u2019envoie chercher le docteur ?\u2014 Nous allons voir.Appelez Fanny; et faites également prévenir Pristini.Tandis que le marquis s\u2019exécutait, la mauvaise femme se rapprochait de sa victime et, redevenue en pleine possession de ses esprits, elle commença à délacer la jeune fille.puis elle s en fut dans son cabinet de toilette chercher un flacon de sels, qu\u2019elle fit aussitôt respirer à la pauvre enfant.19 Fanny accourait, suivie de l\u2019intendant et du marquis de Montferrat, qui tout de suite s\u2019écria : \u2014 Comment va-t-elle ?\u2014 Elle commence à revenir.\u2014 Peut-être pourrait-on la transporter dans sa chambre ?\u2014 Non, aidez-moi à l\u2019étendre sur mon lit.M, de Montferrat saisit sa fille dans ses bras et, à lui tout seul, s\u2019en fut la déposer sur la couche de la marquise.Vivement, celle-ci, se glissant à côté de Pristini lui avait murmuré à l\u2019oreille quelques paroles mystérieuses et sans doute de la plus haute importance, car l\u2019étrange serviteur eut un sourire imperceptible qui en disait long ; puis sans prononcer un mot, mais après avoir adressé à son interlocutrice un coup d\u2019oeil qui semblait vouloir dire : « Comptez sur moi ! » il tourna les talons et gagna silencieusement le couloir.A haute voix, Mme de Montferrat dit à Fanny : \u2014 Allez tout préparer dans la chambre de Mademoiselle, afin que nous puissions l\u2019y ramener dès qu\u2019elle ira mieux.\u2014 Pristini appela le marquis en se retournant.\u2014 Pristini n\u2019est plus là, répliqua aussitôt Gilberte.\u2014 Où est-il allé ?Je voulais lui demander de téléphoner tout de suite au docteur Duflaux.\u2014 C\u2019est fait, mon ami.\u2014 Je vous en remercie.Et, contemplant sa fille dont les yeux s\u2019entrouvraient péniblement, comme à regret, le gentilhomme se pencha vers elle, disant : \u2014 C\u2019est moi, ton papa.Tu m\u2019entends?Tu me reconnais ?Rose-Blanche fit un signe affirmatif.\u2014 Ma pauvre petite.reprenait le père.si tu savais combien je prends part à ta peine.Ta maman m\u2019a dit combien tu avais été frappée.Mais sois tranquille, ma chérie, nous sommes là pour te consoler, pour t\u2019aimer.Yvonne se taisait.Pas un mot ne s\u2019échappait de ses lèvres.Pas une larme ne perlait au bord de ses cils.En un mouvement tout de lassitude et de détresse, elle s\u2019était emparée de la main de son père et elle la serrait doucement.comme pour le remercier de ses paroles consolantes.comme pour lui dire toute sa reconnaissance de le voir là, à son chevet, entre elle et la mauvaise femme.Quant à la marquise, elle n\u2019était pas sans éprouver une certaine inquiétude.Gilberte se reprochait d\u2019avoir été trop brutale, d\u2019avoir trop vite cédé, non seulement à la haine que lui inspirait Yvonne, mais encore à un besoin de prendre sa revanche sur elle, en la torturant immédiatement, en la frappant tout de suite en plein coeur, au lieu de distiller goutte à goutte le venin et de la faire souffrir davantage, tout en la comblant de cajoleries perfides, et en la couvrant d\u2019hypocrites caresses, lorsqu\u2019une voix d\u2019enfant retentit : \u2014 Petite soeur ?Où est-tu, dis ?C\u2019était Henri qui arrivait les jambes embarrassées dans sa chemise de nuit trop longue.et aussitôt il ajoutait : \u2014 J\u2019ai entendu Fanny qui disait que tu étais malade ; alors j\u2019ai voulu venir.Je me suis même piqué au pied, il y avait une épingle sur le tapis.« Mais ça ne fait rien.Avant que son père et sa mère aient eu le temps de le retenir, il sauta sur le lit où reposait Yvonne et prenant dans ses bras la tête de sa soeur, il l\u2019embrassa en disant : \u2014 Tu sais, ce soir, si tu es encore malade, c\u2019est moi qui viendrai te faire manger ta soupe.\u2014 Voyons.Henri, fit Mme de Montferrat d\u2019un ton agacé.Lentement, mélancoliquement, Rose-Blanche dirigea vers sa belle-mère un regard où il n\u2019y avait plus de colère, mais où se reflétait la plus profonde détresse qui eût peut-être jamais déchiré le coeur d\u2019une innocente.Une phrase, une plainte, une prière plutôt s\u2019exhalait de ses lèvres décolorées : \u2014 Laissez-le moi, je vous en prie.Attirant contre elle la tête du cher petit, elle fit en l\u2019embrassant tendrement : \u2014 Mon frérot adoré, moi aussi je t\u2019aime ! \u2014 Mes chers enfants, fit M.de Montferrat qui avait peine à retenir ses larmes.« Oh ! oui, aimez-vous, aimez-vous, tous deux.Et s\u2019adressant à sa femme, U ajouta : \u2014 Regardez comme ils sont charmants, et comme cette fraternelle tendresse doit nous rendre heureux.« Car, vous comme moi, nous avons été incapables de consoler notre fille.« Et, voyez, il a suffi que notre Henri apparût et s\u2019en vînt gentiment se blottir dans les bras de sa soeur, pour que la pauvre chérie ne se laissât plus aller au désespoir ! \u2014 Oui, c\u2019est bien, c\u2019est très bien, balbutia la marquise qui, malgré toute son énergie sur elle-même, n\u2019avait pas réussi à se composer, comme d'habitude, un visage de circonstance.Frappé de la froideur avec laquelle sa femme venait de s\u2019exprimer, M.de Montferrat jeta sur elle un regard étonné et tressaillit, comme s\u2019il découvrait tout à coup sur la figure de sa femme use expression de contrainte que, jusqu\u2019à ce moment, elle avait su dissimuler.Pour la première fois un soupçon le troubla.Il eut là comme une vision d\u2019un voyageur qui après avoir traversé une campagne fertile, une plaine riante, ombragée de beaux grands arbres, à travers lesquels on apercevait le bleu des nuées dans un incessant miroitement de soleil, se trouverait tout à coup, sans transition, dans une région sauvage, sans verdure, et placé en face d\u2019un gouffre au fond duquel gronderait, bouillonnerait un mystérieux et menaçant torrent.Certes, il n\u2019eut pas l\u2019intuition du drame affreux qui se déroulait à ses côtés.Il n\u2019eut pas une seconde la pensée qu\u2019il était l\u2019époux d\u2019une femme astucieuse, d\u2019une marâtre sans pitié, pas plus qu\u2019il n\u2019entrevit un instant que sa fille pouvait avoir en sa femme la plus implacable ennemie.Néanmoins il sentit planer en son esprit un doute vague, une incertitude troublante.Il lui parut que peut-être Gilberte n\u2019aimait pas Yvonne autant qu\u2019elle le prétendait.Cette crainte, ce doute, c\u2019était la première peine qui se détachait de l\u2019édifice du bonheur qu\u2019il croyait avoir si solidement construit.C\u2019était l\u2019effritement qui commençait.Comme tous ceux qui aiment passionnément et qui s\u2019en veulent d\u2019oser toucher à leur idole, ü chercha à se rassurer en se disant : \u2014 Je me trompe.Gilberte est trop bonne, trop loyale et m\u2019aime trop sincèrement pour ne pas aimer sincèrement ma fille.Mais le doute était né, et en dépit de tous ses beaux raisonnements, il grandissait comme la tache d\u2019huile.M.de Montferrat au bout de quelques instants de réflexion en était arrivé à formuler ainsi sa crainte ; \u2014 J\u2019ai peur d\u2019aller trop loin.j\u2019ai peur de comprendre.De comprendre quoi ?Que Gilberte était jalouse, jalouse de la place qu\u2019Yvonne avait prise dans la maison et dans le coeur du marquis.QUESTIONS 1.\tA quoi servent les pores de la peau 9 2.\tNommez les cavités du coeur ?3.\tPar quoi circule le sang dans le corps 9 4.\tQuel est le rôle du foie ?5.\tA quoi compare-t-on les reins 9 6.\tD\u2019où vient le nom de maroquin ?7.\tQue porte la chèvre au menton ?8.\tComment s\u2019appellent les poils et le museau du porc ?9.\tQuelle est la longueur moyenne de la vie des chats et des chiens \u2018 10.Quels sont les symboles du chat et du chien ?REPONSES d}ijdpij.id disuoodfxn oi suv çx \u2018sudiifD saj ! suv gl (s%vi{D sa'q g \u2019uioxô %a Sdios g \u2022ludiuaanoui ua sxnoÇnoi dqoiqxvq ou/j anbixqvj.pxoqv^p jn/ xino ao no dojlv]/$ uq 9 sajqisinu saxai%vux sap 6uvs a\\ xuassvxxvqap mb sax^pf sap y ç qaif.a] no apq v\\ a%axoas // sauiaci sa\\ %a saxa%xv saj xvj -g sainaix}uaa saj : saxnaixdfm xnap : sa%%a\\\\iaxo saj : saxnaixadns xnaçj -g \u2018xnans vj v aôvssvd xauuop y \\ 20 Le Samedi, Montréal, 2 février 1952\" Mais la mauvaise femme, comme si «lie découvrait ce qui se passait dans l\u2019esprit du marquis, et comprenant qu\u2019il était indispensable qu\u2019elle regagnât le terrain perdu, s\u2019adressa à lui sur un ton affectueux : \u2014 Mon ami, qu\u2019avez-vous ?Je lis la tristesse sur votre front.Alors, l\u2019attirant dans l\u2019embrasure de la fenêtre.elle poursuivit, de plus en plus câline, enveloppante : \u2014 Je comprends que vous soyez très affecté.Si, comme moi, vous aviez assisté à l\u2019effondrement de cette pauvre petite !.Mais l\u2019interrompant, tout en plaçant ses deux mains sur ses épaules, et en approchant sa tête tout près de la sienne, le gentilhomme demanda à sa femme : \u2014 Vous l\u2019aimez bien, n\u2019est-ce pas ?\u2014 Pourquoi me demandez-vous cela ?\u2014 Parce qu\u2019il me semble.\u2014 Robert.Sachez que votre fille m\u2019est aussi sacrée que si elle était mienne.\u2014 Merci Gilberte ! Sentant qu\u2019elle reprenait l\u2019avantage, l\u2019astucieuse créature continua : \u2014 Comment avez-vous pu avoir de pareilles idées, surtout après ce qu*Y-vonne a fait pour notre Henri.\u2014 C\u2019est vrai, pardonnez-moi ces questions ridicules.\u2014 Pas si haut ! recommanda la marquise.Il ne faudrait pas que les enfants nous entendissent.\u2014 Encore merci, fit le gentilhomme tout réconforté.Et attirant de nouveau sa femme, il la pressa longuement contre sa poitrine en murmurant : \u2014 Vous ne pouvez vous imaginer combien je vous aime !.Puis il retourna près de sa fille qui n\u2019avait pas entendu distinctement ce que ses parents se disaient, mais qui, néanmoins, avait douloureusement tressailli en voyant son père embrasser ainsi la mauvaise femme avec autant d\u2019effusion sincère.M.de Montferrat interrogeait : \u2014 Te trouves-tu un peu mieux?\u2014 Oui, père.\u2014 Veux-tu que je t\u2019aide à regagner ta chambre ?\u2014 Oui, oui, je veux bien.Et comme elle se soulevait, Henri, s\u2019accrochant à elle, fit : \u2014 Je ne veux pas te quitter, je veux aller avec toi ! \u2014 Ecoute, mon petit, s\u2019interposa la marquise, le médecin ne va pas tarder à arriver.En attendant, ta soeur a besoin de repos ; tu vas donc me faire le plaisir de la laisser tranquille.D\u2019ailleurs, tu vas tout à fait bien.Ta bonne va t\u2019habiller ; et, comme il fait un temps superbe, tu iras jouer dans le jardin.\u2014 Je veux rester avec Yvonne, s\u2019entêtait le gamin.\u2014 Obéis, mon cher petit, ordonna le père.\u2014 En voilà assez, déclara Mme de Montferrat en prenant son fils dans ses bras et en allant le remettre elle-même à Fanny, qui attendait dans le couloir.L\u2019enfant s\u2019était mis à hurler comme si on l\u2019étranglait.Alors, au comble de l\u2019énervement, Gilberte le pinça durement au bras, ce qui eut pour résultat de faire redoubler les cris : \u2014 Maman ! Méchante maman ! Tu m\u2019as fait mal !.\u2014 Moi, je t\u2019ai fait mal ! protesta la marquise.Voilà qu\u2019il ment à présent.C\u2019est extraordinaire combien cet enfant se transforme à son désavantage.« Fanny, emportez-le vite dans sa chambre, et s\u2019il continue à crier, il restera couché jusqu\u2019à demain.\u2014 Maman! maman méchante! continuait à hurler le petit en se frottant le bras.Yvonne, ma petite soeur, défends-moi ! défends-moi ! Et comme la voix de l\u2019enfant s\u2019éloignait derrière la porte, la marquise se prit à dire : \u2014 Décidément, ce n\u2019est plus une existence.Oui, il faut en finir.Le marquis ne l\u2019entendit pas.Il était tout occupé à écouter les paroles de Rose-Blanche qui, pâle et défaillante s\u2019appuyait à son bras\u2014 En arrivant dans sa chambre, la jeune fille d\u2019une voix altérée, demanda simplement : \u2014 Alors, c\u2019est bien vrai qu\u2019il est mort ?\u2014 Oui, ma pauvre petite.\u2014 Et on ne sait pas qui l\u2019a tué 7 \u2014 Non, on ne sait pas.\u2014 C\u2019est épouvantable !.Comme Yvonne chancelait, le marquis la prit dans ses bras, et lui dit d\u2019une voix pleine de compassion : \u2014 Je t\u2019en prie.calme-toi.je comprends ton chagrin.Je te plains de tout mon coeur.Mme de Montferrat apparaissait, annonçant : \u2014 Voici le docteur Duflaux ! Un homme d\u2019un certain âge, à la barbe grisonnante, taillée en pointe, au regard singulièrement pénétrant et dont la bienveillance naturelle ne parvenait pas à atténuer l\u2019acuité troublante, suivait la marquise., qui expliquait : \u2014 Un malaise subit.sans doute le changement de climat.d\u2019habitudes, nous vous avons fait tout de suite téléphoner.\u2014 Nous allons voir cela ! disait le médecin en serrant la main que le marquis lui tendait.Alors, se dirigeant vers l\u2019amie du petit chanteur que son père avait fait asseoir sur un fauteuil près de la fenêtre entrouverte, M.Duflaux, après un bref examen déclara : \u2014 Comme vous le dites, marquise, c\u2019est bien de la surexcitation nerveuse, mais qui ne tient nullement, ainsi que vous le pensez, au changement d air.L\u2019état général n\u2019est pas extraordinaire.Il y a un peu d\u2019anémie, de neurasthénie.Et tapotant doucement la joue de sa jeune cliente, il fit : \u2014 On broie du noir, n\u2019est-ce pas ?C\u2019est malheureux.au milieu de tout ce bleu.« Enfin, cela ne sera pas bien grave.De bons soins, de l\u2019exercice et une simple potion à la fois calmante et réconfortante auront vite fait de ramener sur ces jolies joues les couleurs roses que l\u2019on doit y voir sans cesse.« Monsieur le marquis, je vous demanderai simplement de quoi rédiger une ordonnance.\u2014 Très volontiers, mon cher docteur.Alors, se penchant à l\u2019oreille du gentilhomme, le praticien fit sur un ton de gravité qui n\u2019échappa point à son interlocuteur : \u2014 J\u2019ai à vous parler.\u2014 Je vous suis.fit le père d\u2019Yvonne, envahi par une vive inquietude.CHAPITRE II La consultation du docteur Dufloux Mde Montferrat avait emmené le médecin dans son cabinet de travail, et l\u2019invitant à s\u2019asseoir devant son bureau, immédiatement il demanda : \u2014 C\u2019est donc grave ?Sans répondre directement à sa question, le docteur interrogea : \u2014 Votre fille vient d\u2019avoir un très vif chagrin.n\u2019est-ce pas ?\u2014 Vous avez deviné.\u2014 Oui, c\u2019est bien cela.déclarait le praticien, en griffonnant sur une feuille de papier blanc quelques lignes qui ressemblaient plutôt à des signes cabalistiques qu\u2019à des mots.\u2014 Cette pauvre petite, murmurait le père, a eu jusqu\u2019à présent une existen- LA VIE COURANTE .Par Georges Clark \u2014 Attends-moi là deux minutes, je vais diner et je reviens ce tellement extraordinaire, je devrais même dire tellement douloureuse ! A un médecin on peut \u2014 que dis-je ?on doit tout confier.Sans doute avez-vous entendu parler.D\u2019un geste plein de tact et de dignité, le docteur Duflaux arrêta le père d\u2019Yvonne.\u2014 Monsieur, fit-il.0 est inutile d\u2019insister.Le mal physique dont souffre votre fille n\u2019est que superficiel.Lais-sez-moi simplement vous donner un conseil : Mariez cette enfant-là, le plus tôt possible et le mieux que vous pourrez.C\u2019est une nature délicate, impressionnable.une sensitive en un mot.Faites que le chagrin qu\u2019elle vient d\u2019éprouver soit vite compensé par une joie très vive.Cela vaudra mieux que tous les régimes, les médicaments, les traitements que je pourrais préconiser.\u2014 Mon cher docteur.je suis tellement de votre avis que je puis vous déclarer que des pourparlers très sérieux sont engagés, mais faut-il encore que ma fille soit dans une disposition d\u2019esprit qui lui permette de consentir à ce mariage\u2014 \u2014 Mlle de Montferrat a une inclination ?\u2014 C\u2019est cela, docteur ! \u2014 Diable ! \u2014 Mais je dois vous dire que le jeune homme qui lui avait inspiré un sentiment d\u2019amitié profonde, réelle, vient de mourir dans des circonstances dramatiques.Nous avons dû apprendre à notre enfant la catastrophe.Vous avez vu à quel point elle avait été bouleversée.\u2014 Je me doutais bien qu\u2019il y avait là-dessous une petite complication romanesque, mais puisque ce jeune homme n\u2019est plus, l\u2019obstacle de vos desseins est beaucoup moins considérable.\u2014 Docteur, reprenait gravement M de Montferrat, vous venez de me donner un conseil excellent.« Mais pour que je puisse le mettre en pratique il faudrait qu\u2019Yvonne oubliât le passé.et je crains que les choses ne marchent pas aussi vite que nous le voudrions.\u2014 Laissez-moi réfléchir.fit le docteur.Je reviendrai demain.j\u2019examinerai attentivement votre fille.je l\u2019étudierai non seulement au point de vue physique.mais surtout au point de vue mental.Et peut-être arriverai-je plus tôt que vous le pensez, à la faire entrer dans vos vues.\u2014 Puis-je vous demander comment ?\u2014 Vous savez que je suis élève de Charcot, et je puis vous affirmer qu\u2019en reprenant à mon compte certaines de ses méthodes, que le grand maître nous enseignait à ses cours vraiment merveilleux de la Salpêtrière, j\u2019ai obtenu des résultats extraordinaires.\u2014 Sans doute avez-vous recours à l\u2019hypnotisme, à l\u2019auto-suggestion ?\u2014 Parfaitement ! « Si vous le voulez, je me fais fort de chasser de l\u2019esprit de Mlle votre fille une pensée qui pourrait non seulement '.\u2019attrister longuement, mais la dominer au point de compromettre son bonheur futur.\u2014 Je vous remercie infiniment, mon cher monsieur Duflaux, de l\u2019intérêt que vous portez à mon enfant, mais surtout n\u2019allez pas voir dans ce que je vais vous dire un manque de confiance à votre égard.je vous tiens, au contraire, non seulement pour un excellent médecin, mais encore pour un grand honnête homme.\u2014 Je vous sais un gré infini de votre estime.\u2014 Cependant, je dois vous avouer que votre proposition, si intéressante qu\u2019elle soit, éveille en moi un scrupule.\u2014 Lequel, marquis ?\u2014 Je me demande si j\u2019ai le droit de brusquer ainsi ma fille, de substituer une volonté étrangère à la sienne, de lui prendre son libre arbitre qui est en Le Samedi, Montréal, 2 février 1952 21 quelque sorte le droit de nature le plus sacré qu\u2019il y ait en nous.\u2014\tJe vais répondre tout de suite à cette objection : «Si le jeune homme était vivant, et si j\u2019apprenais qu\u2019il est digne de votre fille, et que seules des considérations personnelles vous font lui refuser de l\u2019admettre dans votre famille, j\u2019estime alors qu uniquement pour vous être agréable, je n\u2019aurais pas le droit de me placer entre votre fille et lui et de violer ainsi la volonté de Mlle Yvonne.« Mais il n\u2019est plus, m\u2019avez-vous dit, je n ai donc pas besoin de savoir ce qu\u2019il a été, et je ne saurais, en tout cas, lui causer aucun tort en effaçant son souvenir dans l\u2019âme de votre fille !.Elle, au contraire, je la sauve ! \u2014 Oui, vous avez sans doute raison, répliquait M.de Montferrat, mais cependant, j\u2019ai besoin de réfléchir encore et avant d user de ce moyen qui, je ne vous le cache pas, m\u2019inquiète, me gêne, me trouble, je préférerais employer la persuasion.\u2014 Certes, admettait le docteur; et je m'en voudrais de chercher un seul instant à passer trop lourdement sur votre décision ; cependant, un mot encore.\u2014 Parlez, je vous en prie.\u2014 Je connais peu, pour ainsi dire pas du tout, Mlle de Montferrat, je l\u2019ai à peine examinée cinq minutes.Eh bien ! malgré cela, par ce que j\u2019ai découvert en elle et après les renseignements complémentaires que vous venez de me fournir, j\u2019ai la conviction intime, absolue, qu\u2019il faudra de longs mois, des années peut-être pour la reconquérir.« En effet.sous son apparence délicate.elle cache un de ces tempéraments de fer, une de ces volontés arrêtées que rien n\u2019ébranle ; c\u2019est une très grande, très fine, très belle nature.Vous ajoutez qu\u2019elle a été malheureuse ?\u2014 Très malheureuse ! \u2014 Eh bien.l\u2019amour, ou même la simple amourette qui s\u2019installe dans de pareilles âmes n\u2019est point une de ces jolies petites fleurs bleues qui se laissent cueillir facilement et qui se fanent aussitôt qu\u2019elles ont été arrachées au sol, mais au contraire, une de celles qui grandissent comme le lierre puissant qui grimpe autour de l\u2019arbre, l\u2019étreint, l\u2019étouffe sans vouloir le quitter, et qu\u2019il faut tuer lui-même pour avoir le cadavre de sa victime.M.de Montferrat écoutait le docteur avec une grande attention.Les arguments que l\u2019homme de l\u2019art produisait à l\u2019appui de ses dires semblaient l\u2019impressionner considérablement.\u2014 Sans doute avez vous raison, reprit-il : mais avant de violenter cette âme, je vous le répète, je veux employer tous les moyens qui sont en mon pouvoir.- «Si je vois que je n\u2019arrive pas à convaincre et à décider ma fille, j aurai recours à vous, mais en dernier ressort.« Vous me comprenez, n\u2019est-ce pas ?\u2014 Non seulement je vous comprends, mais je vous approuve.« Laissez-moi simplement vous dire une dernière fois que je demeure à votre entière disposition.\u2014 Et moi, docteur, permettez-moi de vous exprimer toute ma profonde reconnaissance.Les deux hommes se séparèrent.le médecin pour continuer ses visites auprès de ses clients, le gentilhomme pour retourner auprès de sa femme.Celle-ci était dans sa chambre.Elle s\u2019apprêtait à sortir.\u2014 Eh bien, interrogea-t-elle tout de suite, avec les apparences du plus vif intérêt.que vous a dit le docteur Duflaux ?\u2014\tLe docteur, répliqua M.de Montferrat, sait la vérité \u2014\tVraiment \u2014\tIl a tout de suite deviné que l\u2019indisposition d\u2019Yvonne avait une cause morale.des plus sérieuses.Je lui ai fourni tous les renseignements nécessaires et il a conclu, comme moi, comme vous, qu\u2019il fallait la marier le plus vite possible.\u2014 Evidemment ; mais j\u2019ai grand-peur, mon pauvre ami, que d\u2019ici longtemps, elle repousse systématiquement tout projet d\u2019union.\u2014 J\u2019ai eu moi-même cette crainte, mais je dois vous dire qu\u2019elle est complètement dissipée, grâce à l\u2019intervention aussi discrète qu\u2019utüe de cet excellent docteur Duflaux.Alors, avec une ironie inquiète qu\u2019elle avait peine à dissimuler, la marquise interrogea : \u2014\tComment !.le médecin aurait trouvé le moyen de faire oublier à Yvonne son chagrin ?\u2014 Peut-être, ma chère amie.\u2014 Ce n\u2019est pas le docteur Duflaux, c\u2019est le docteur Miracle !.\u2014 En effet, ce qu\u2019il vient de me dire est prodigieux.Figurez-vous qu\u2019il est arrivé déjà à transformer, à annihiler certaines volontés irréductibles, au moyen de l\u2019hypnotisme.\u2014 Ah ! c\u2019est tout cela.ricana la mère du petit Henri.le procédé est ar-chi-connu.Je l\u2019ai même vu employer par un charlatan, dans des baraques, à la foire de Neuilly.et je ne suppose pas que vous ayez l\u2019intention de soumettre votre fille à une pareille épreuve.\u2014 Certes, je n\u2019accepterai cette idée qu\u2019à la dernière extrémité ; mais il s\u2019agit de l\u2019avenir, du bonheur d\u2019Yvonne.\u2014 Tout cela c\u2019est de l\u2019enfantillage.\u2014 Si je ne connaissais pas Duflaux depuis de longues années, il est évident que je ne lui confierais pas mon enfant.Vous savez jusqu\u2019à quel point il pousse la conscience professionnelle.D\u2019ailleurs, il m\u2019a donné des preuves, oui, il m\u2019a cité entre autres un fait tellement concluant que j\u2019en arrive à me demander si j\u2019ai le droit de ne pas le suivre tout de suite dans la voie qu\u2019il me propose.\u2014\u2019Vous êtes libre.Quant à moi je considère qu\u2019il est de mon devoir de vous faire toutes les objections que m\u2019apporte l\u2019affection que j\u2019ai non seulement pour vous mais aussi pour cette pauvre petite.\u2014 Croyez que je vous en ai une vive gratitude, affirmait le gentilhomme.D\u2019ailleurs, nous n\u2019en sommes pas encore là.je réfléchirai.mais je ne vous cacherai pas que je suis très troublé.\u2014 Moi aussi, fit simplement la mauvaise femme.\u2014 Vous sortez ?questionna le père de Rose-Blanche.\u2014 Oui.Yvonne repose sous la garde de Fanny.Et comme j\u2019ai quelques courses très urgentes à faire.\u2014 Alors, je vous laisse l\u2019auto.Je vous demanderai seulement de me déposer place Masséna.\u2014 Très volontiers.Où et quand devrai-je vous reprendre ?\u2014 Ne vous inquiétez pas, je rentrerai seul.Car j\u2019ignore le temps que je devrai rester en ville.\u2014 D\u2019ailleurs, reprit Mme de Montferrat, je reviendrai bien vite.Car, si sûre que je sois de Fanny, je m\u2019en voudrais de laisser Yvonne longtemps toute seule.Tous deux quittèrent la chambre.descendirent au jardin où la limousine les attendait.Ils y prirent place.et ne se séparèrent qu\u2019à l\u2019endroit indiqué par le marquis.Celui-ci, après avoir embrassé la main de sa femme, prit congé, en disant : \u2014 Alors, à ce soir, ma chère Gilberte.\u2014 A ce soir, Robert.\u2014 Où voulez-vous que je dise au wattman de vous conduire ! \u2014\tAvenue de la Gare, chez Mme Vaillant.\u2014 La modiste ?\u2014 C\u2019est cela.Le marquis lança l\u2019adresse et tandis qu\u2019il disparaissait, au milieu de la foule qui encombrait les arcades entourant le casino, le chauffeur partit dans la direction indiquée.La voiture s\u2019arrêta bientôt devant un magasin des plus élégants.La marquise y pénétra, et resta quelques minutes à examiner les chapeaux.Puis, revenant à la voiture, elle dit au conducteur sans plus d\u2019explications: \u2014 Attendez-moi un instant.Alors, regagnant d\u2019un pas alerte la place Masséna, elle se rendit jusque chez le docteur Marrach.Dans l\u2019antichambre, le domestique, qui semblait prévenu de la visite, fit un simple signe à la marquise et l\u2019introduisit dans une petite pièce où il n\u2019y avait personne.et d\u2019où elle pouvait entendre les conversations animées des belles madames élégantes qui attendaient dans le grand salon leur tour de consultation.Au bout d\u2019un instant, le valet de chambre revenait, annonçant : \u2014 M.le docteur attend madame la marquise.Et ouvrant une porte dissimulée sous une épaisse tenture, il fit entrer la visiteuse dans le cabinet du rasta qui, le sourcil froncé, l\u2019air de mauvaise humeur, s\u2019en fut à elle, lui disait : \u2014 Pristini vient de me téléphoner.Qu\u2019est-ce qu\u2019il y a encore ?Alors, regardant son amant dans les yeux, la marquise de Montferrat lança d\u2019une voix brève, sifflante : \u2014 Il y a que nous sommes perdus ! CHAPITRE III Les fleurs de Nice Autant, en pénétrant chez son amant, la mauvaise femme qui avait abandonné toute contrainte semblait anxieuse, bouleversée, autant en le quittant elle paraissait rassurée et même triomphante.Que s\u2019était-il passé entre ces deux êtres aussi terribles l\u2019un que l\u2019autre et si bien faits pour s\u2019entendre ?Que s\u2019étaient-ils dit ?Qu\u2019avaient-ils décidé ?Gilberte était-elle résolue enfin à suivre les conseils de son complice, c\u2019est-à-dire à faire disparaître Rose-Blanche, et, au besoin, le marquis de Montferrat ?Nul n\u2019aurait pu le deviner ; car l\u2019entretien, commencé sur un ton assez haut, s\u2019était continué, prolongé et achevé à voix tellement basse que même une oreille collée contre la porte, ne serait arrivée à en percevoir un seul mot.Le visage rayonnant, l\u2019oeil animé d\u2019un éclat étrange, la bouche entrouverte en un sourire de défi, la marquise avait regagné son auto qui stationnait toujours devant la boutique de la modiste et, tout en sautant légèrement dans la voiture, elle avait lancé au valet de pied qui lui ouvrait respectueusement la portière : \u2014 Nous rentrons !.Dix minutes après la somptueuse limousine faisait grincer le sable des allées de la villa des Tamaris-Tout de suite, avant même de se débarrasser de son chapeau et du léger manteau qu\u2019elle avait jeté sur ses épaules, Mme de Montferrat monta d\u2019un pas léger le grand escalier conduisant au premier étage et, sans même s\u2019enquérir des nouvelles de son fils, elle courut à la chambre d\u2019Yvonne, ouvrant doucement la porte comme si elle craignait de réveiller la jeune fille.La chambre était vide.La marquise tressaillit.\u2014 Pourvu, se dit-elle, qu\u2019elle n\u2019ait pas fait quelque coup de tête ! Mal de Rien n\u2019estpluspénible que les maux de fête.Pourquoi souffrit?.La poudre Lamblysoulage Instantanément le mal d'oreilles, le mal de dents, la nêvral- §ie, les douleurs du dos, e l\u2019estomac, des intestins.POUDRES____________ I AMBLY\u2019S ECU DETECTIVES \u2022 Agents secrets.Hommes ambitieux de 18 ans et plus demandés partout au Canada, pour devenir détectives.Ecrivez immédiatement à CANADIAN INVESTIGATORS INSTITUTE.Casier 25, Station T.\tMontréal.P.Q.DEPRESSION Prenez ce tonique riche en vitamines et glycérophosphates d\u2019une mer veilleuse efficacité dans les cas les plus avancés.Chez votre pharmacien Elixir Toniqu Montie O.WATSON A CO .Monlr, Elixir Tonique Montier Si vous avez aux alentours de Montréal PROPRIETE.TERRE OU TERRAIN à vendre Adressez-vous à ROMEO AUGER CR.9363\t7662, rue St-Denis.Montréal Avez-vous des cadeaux à faire ?Ne cherchez pas plus longtemps.Abonnez vos parents et amis aux 3 grands magazines : Le Samedi, La Revue Populaire et Le Film Remplissez NOS COUPONS D\u2019ABONNEMENT.a en 22 « Cela serait ridicule, maintenant surtout que je suis sûre que ce mariage ne se fera pas.Allant à la sonnette électrique, elle appuya vivement par trois fois sur le bouton.Bientôt, Fanny apparut.\u2014 Mlle Yvonne ?interrogea aussitôt la mauvaise femme.\u2014Mademoiselle n\u2019a pas voulu rester dans sa chambre.Elle a dit qu\u2019elle allait beaucoup mieux, et elle est allée se promener dans le jardin.\u2014 Toute seule ?\u2014 Non, avec M.Henri.\u2014 Bien, je vous remercie.Mme de Montferrat s\u2019approcha de la fenêtre, fit manoeuvrer le store, et plongea un regard dans le parc.A droite.devant un massif de fleurs, Rose-Blanche se tenait debout, pensive, l\u2019air triste, une main appuyée sur l\u2019épaule de son jeune frère qui semblait lui parler à la fois avec tendresse et volubilité.A quelque distance de là.dissimulé derrière un palmier, Pristini, fidèle à sa consigne, observait, ne perdant pas de vue les deux enfants.\u2014- Bien, fit Mme de Montferrat entre ses dents.Je me charge d\u2019ici peu de remettre tout en place dans la maison ! M.de Montferrat rentra quelques instants après.Apercevant ses enfants, il s\u2019en fut tout de suite à eux.Aussitôt qu\u2019Yvonne reconnut son père, son visage s\u2019éclaira un peu.et devancée par Henri, qui courait se précipiter dans les bras du marquis, elle s\u2019en fut, elle aussi, vers le gentilhomme, qui, après avoir répondu aux caresses du bambin, serra tendrement sa fille contre sa poitrine.Mais le petit garçon s\u2019accrochait à son bras, lui demandant : \u2014 Papa, qu\u2019est-ce que tu m\u2019as rapporté de Nice ?\u2014 Laisse, mon mignon.J\u2019ai besoin de causer avec ta soeur.La silhouette de Fanny se profilait au détour de l\u2019allée.\u2014 Voici justement ta bonne qui vient te chercher, reprit le marquis.Tu as été souffrant ce matin.le temps rafraîchit.Rentre.Allons, sois raisonnable.\u2014 Qu\u2019est-ce que tu m\u2019as rapporté de Nice ?insistait l\u2019enfant.\u2014 Un beau joujou que je te donnerai, si tu m\u2019obéis et si tu es sage.\u2014 Alors, je vais rentrer avec Fanny.\u2014 C\u2019est cela, va.va, avec Fanny.Avec la mobilité des êtres de son âge, Henri courait déjà vers la bonne, lorsque tout à coup, il revint sur ses pas, se dirigeant vers Rose-Blanche.\u2014 Je veux t\u2019embrasser encore, fit-il, en s\u2019élançant dans les bras de sa soeur.Comme celle-ci déposait sur le front de l\u2019enfant, encore un peu brûlant, un baiser tout fraternel, il fit en s\u2019adressant à son père : \u2014 Je ne sais pas ce qu\u2019elle a, grande soeur Yvonne, mais elle est toute drôle aujourd\u2019hui.Elle ne dit rien.mais rien du tout.Est-ce que tu lui as rapporté quelque chose de Nice, à elle aussi ?.\u2014 Oui, mon petit, oui.Avec une gravité tout à fait comique, Henri déclara : \u2014 Alors, je suis content.Et, se mettant à courir, il rejoignit Fanny et l\u2019entraîna vers la maison en disant : \u2014 Je vais être très sage pour avoir mon joujou.Le père et la fille étaient demeurés seuls.\u2014 Eh bien, ma chère enfant, interrogeait le marquis, es-tu un peu remise de ton émotion ?Yvonne, le front baissé, hésitait à répondre.\u2014 Voyons, parle.ma chérie.Je voudrais tant que ton coeur n\u2019eût pas de secrets pour moi.\u2014\tIl n\u2019en a pas ! répondit la jeune fille d\u2019une voix brisée.\u2014\tJe le sais, mais je voudrais encore que tu me dises tout ton chagrin.Cela vaudrait mieux que de le garder pour toi seule.Les peines que Ton partage deviennent moins cruelles.Allons, parle, raconte-moi tout le désarroi dont tu souffres.et sois bien persuadée que je ferai l\u2019impossible pour ramener dans ton âme le calme et la paix qui lui sont si nécessaires.M.de Montferrat avait parlé sur un ton tellement persuasif et tendre qu\u2019Yvonne tourna vers lui ses grands yeux pleins de reconnaissance.\u2014 Père, fit-elle, toute haletante, il y a peu de temps, très peu de temps que je vous connais et pourtant je vous aime de toutes mes forces.Ah oui, croyez-moi, de toutes.toutes mes forces ! «D\u2019ailleurs, j\u2019ai toujours aimé mon papa.Que de fois, quand j\u2019étais toute seule et que j\u2019avais été battue par la mère Gibelotte.\u2014 Ne me rappelle pas ces vilains souvenirs.,.\u2014 Si.si, il le faut.Oui, quand je me retrouvais toute seule le soir dans le cabinet noir où on me reléguait.c\u2019était mon papa que j\u2019appelais!., mon papa et ma maman.ma vraie maman.celle que je n\u2019ai jamais vue et que je ne verrai jamais « Alors je cherchais à me figurer comment ils étaient tous deux.Et peu à peu j\u2019en arrivais à me convaincre qu\u2019ils étaient là, près de moi.qu\u2019ils me parlaient, qu\u2019ils m\u2019embrassaient, qu\u2019ils me consolaient.Et cela me donnait du courage.\u2014 J\u2019aime à t\u2019entendre parler ainsi, ma chérie.Car tu me donnes raison quand je te dis de tout me raconter.\u2014 Franchement non, je ne pourrais pas, refusait l\u2019amie du petit chanteur.Et avec un accent plein du découragement le plus amer, de la tristesse la plus infinie, elle poursuivit : \u2014 Ce n\u2019est point parce que j\u2019ai honte de vous dire des choses.Je n\u2019ai pas à en rougir, au contraire.mais.cela me ferait trop de mal.et je vous demande en grâce de ne plus jamais prononcer son nom devant moi.\u2014 Comme tu voudras, ma pauvre petite ! Alors.tandis que des larmes bienfaisantes, des larmes libératrices commençaient à rouler lentement sur ses joues, Rose-Blanche confia : \u2014 Je veux enfermer en moi toute ma douleur.Car je sens bien que je n\u2019oublierai jamais.\u2014 Pleure, ma chère enfant.conseillait le marquis.pleure.la tête appuyée sur mon épaule.comme sur celle de ton meilleur ami.Le père et la fille restèrent ainsi pendant un long moment.lui, comprenant que c\u2019était bien un deuil éternel qui allait assombrir à jamais l\u2019existence de la pauvre petite, à l\u2019aube de sa vie.elle, comme effondrée sous le poids d\u2019une épreuve trop lourde.™ et se demandant si elle aurait la force de supporter son chagrin.\u2014 Voici la nuit qui vient.constatait le marquis.Rentrons.\u2014 Oui, rentrons, répéta Yvonne, d\u2019une voix blanche.Dans le crépuscule qui tombait, à travers les senteurs puissantes de la flore méditerranéenne, M.et Mlle de Montferrat reprirent bientôt le chemin de la maison ; Rose-Blanche s\u2019appuyait au bras de son père, qui regrettait presque de ne pas avoir laissé sa fille dans l\u2019ignorance de la mort du petit chanteur.\u2014 Nous avons quelques amis à dîner, hasarda timidement le gentilhomme.Le Samedi, Montréal, 2 février 1952 Rose-Blanche tressaillit comme si elle revenait tout à coup à la réalité., \u2014 Père, déclara-t-elle, toujours péniblement oppressée, père, je vous demanderai la permission de me retirer dans ma chambre.« Vous devez comprendre- \u2014 Oui, je comprends.\u2014 Merci, papa.\u2014 Du courage, ma chérie.\u2014 Je vais tâcher d\u2019en avoir.Et comme elle s\u2019éloignait, M.de Montferrat se prit à songer : \u2014\tElle n\u2019oubliera jamais ! Et si pénible, si troublant que cela soit à penser, c\u2019est le docteur Duflaux qui doit avoir raison !.Mlle de Montferrat était remontée directement dans sa chambre.Les larmes qu\u2019elle avait versees avaient un peu détendu ses nerfs.Et puis, elle éprouvait un réel soulagement d\u2019être seule.Elle allait donc pouvoir donner un libre cours à sa douleur\u2014 \u2014\tMon pauvre petit Jean!.murmurait-elle en un sanglot.Quand je songe qu\u2019il est mort assassiné ! C\u2019est épouvantable ! « Ah ! je le sens bien, je ne pourrai pas vivre sans lui.« Mon père a beau être très bon pour moi, mon frérot aussi, mais ce n\u2019est pas la même chose.et puis, il y a la mauvaise femme.et ce monde que je hais déjà, parce que je n\u2019y sens qu\u2019hos-tilité, jalousie, hypocrisie, mensonge.« Oui, maintenant, je le comprends-je n\u2019aurais pas dû rester ici.J\u2019aurais dû partir là-bas, le rejoindre.« Pourquoi n\u2019ai-je pas suivi cette idée qui, plusieurs fois, était venue me hanter la nuit, quand je ne dormais pas ?.« Pourquoi ai-je résisté à cette force., qui me poussait à partir ?«Notre petite rue Saint-Vincent !.La vie était dure là-haut, sur la Butte, mais qu\u2019importe ! Ils étaient si doux les instants que Jean et moi nous passions ensemble.et puis il était là.toujours prêt à accourir, à me prouver son affection.Comme il a dû être malheureux, s\u2019il s\u2019est vu partir sans me dire adieu ! Alors, tout à coup, se dressant, les yeux hagards, toute pâle, tout angoissée, elle eut un cri de douleur atroce.\u2014 S\u2019il n\u2019avait pas été assassiné, s\u2019il s\u2019était tué de chagrin.de désespoir?.« Oui, oui, c\u2019est cela.on s\u2019est trompé.il n\u2019a pas pu survivre à notre séparation.« Mon Jean, mon Jean aimé, je le sens bien à présent, je ne pourrai pas exister sans toi ! c\u2019est fini.fini.Si j\u2019ai trop attendu pour te rejoindre, je n\u2019ai plus le droit de différer mon départ !.Comme rassurée et consolée par la décision effroyable qu\u2019elle venait de prendre, Rose-Blanche se releva, s\u2019en fut à la fenêtre, l\u2019ouvrit et regarda au-dehors.Tout à coup, une question douloureuse dans sa tranquillité tragique s\u2019échappa de ses lèvres : \u2014 Comment faire pour mourir ?La nuit était tombée, enveloppant d\u2019ombre tous les massifs du parc.A l\u2019étage inférieur, dans un salon, près de la salle à manger où les convives du marquis avaient pris place, un orchestre préludait.C\u2019était une valse lente.enveloppante, au rythme langoureux, charmeur.Et Rose-Blanche répétait toujours : \u2014 Comment faire pour mourir ?Comment faire pour mourir ?Maintenant, par la baie du rez-de-chaussée, des rires parvenaient jusqu\u2019aux oreilles de la pauvre petite, et elle distinguait, au milieu des autres, le rire de son ennemie, le rire de la mauvaise femme.L\u2019orchestre reprenait son chant, faisant entendre cette fois la plainte douloureuse qui précède l\u2019air fameux de la Tosca, où Mario Cavaradossi exhale QUE Q.\t\u2014 Qu\u2019est-ce qu\u2019un gavroche 7 R.\t\u2014 C\u2019est un gamin de Paris, spirituel et moqueur, plein de générosité, tel qu\u2019on le trouve dans « les Misérables », de Victor Hugo.\u2022 Q.\t\u2014 Qu\u2019entend-on par un gribouille?R.\t\u2014 Un esprit brouillon, sans ordre, sans bon sens, se jetant à l'eau pour ne pas se mouiller.\u2022 Q.\t\u2014 Que désigne un harpagon ?R.\t\u2014 Un avare, fesse-mathieu, ladre consommé, qui ne donne pas, mais « prête » le bonjour.Personnage principal de « L\u2019Avare » de Molière.\u2022 Q.\t\u2014 Qui est Javert ?R.\t\u2014 Un policier, esclave de son devoir dans «Les Misérables », de Victor Hugo.Q.\t\u2014 Qu\u2019est-ce qu\u2019une caverne d\u2019Ali-Baba ?R.\t\u2014 Un endroit fréquenté par des voleurs.Ali-Baba fit ouvrir les portes de la caverne par ces mots magiques : « Sésame, ouvre-toi ».\u2022 Q.\t\u2014 Qu\u2019est-ce qu\u2019un maître Aliboron ?R.\t\u2014 Un âne, dans La Fontaine ; un homme ignorant qui se croit propre à tout.Q.\t\u2014 D\u2019où vient l\u2019expression : fier comme Arlaban ?R.\t\u2014 D\u2019un roi de Perse connu par son orgueil et dont le nom est ainsi passé à l\u2019histoire.Q.\t\u2014 Qu\u2019est-ce qu\u2019un Alceste ?R.\t\u2014 Se dit d\u2019un homme à l\u2019esprit élevé, mais au caractère sombre et har- gneux.Principal personnage du « Misanthrope », de Molière. Le Somedi, Montréal, 2 février 1952 23 avant d\u2019expirer tout son amour pour la belle Floria.Puis une voix de ténor toute vibrante attaquait : Le fiel luisait d\u2019étoiles.Yvonne regardait toujours, et ce chant rapproché lui en rappelait un autre, si doux, entendu là-bas : Elle avait sous sa toque d\u2019martre.Sur la Butt\u2019 Montmartre, Un p\u2019tit air innocent.On l\u2019app\u2019lait Rose, elle était belle.Eli' sentait bon la fleur nouvelle, Rue Saint-Vincent ! \u2014 Oui, oui.murmurait pour la troisième fois la pauvre petite, comme dans une prière.comment faire pour mourir ?Et le chant apportait jusqu\u2019à elle les accents éplorés : 11 est fini ce rêve heureux d\u2019amour ! L\u2019heure est enfuie.Je meurs désespéré.En même temps que la voix du chanteur, de véritables bouffées de parfum montaient jusqu\u2019à Rose-Blanche.Inconsciemment, elle respirait ces senteurs, comme si elle avait eu besoin, en se grisant d\u2019odeurs provocantes, de tout anéantir en elle.Mais tout à coup, un long frisson la secoua des pieds à la tête.\u2014 Les fleurs ! murmura-t-elle, les fleurs ! Elle se souvint de l\u2019accident arrivé la veille à son frère, ainsi que des paroles prononcées traîtreusement, distillées perfidement par la mauvaise femme.Alors, elle murmura, une flamme d\u2019hallucination dans le regard : \u2014 Les fleurs ! Les fleurs ! Elle referma sa fenêtre, se dirigea vers son lit.s\u2019y laissa tomber et longuement rêva.loin des bruits de fête et du rythme joyeux de l\u2019orchestre.Puis, peu à peu, le calme se fit autour d\u2019elle.Elle entendit le roulement des autos qui emportaient les invités.Les lumières s\u2019éteignirent.Puis ce furent des pas dans l'escalier, étouffés par les somptueux tapis qui ei» garnissaient les marches.quelques bribes de conversations chuchotées, puis le silence.Bientôt, la pendulette Louis XV, placée sur la cheminée, sonna une heure du matin, en un coup argentin, frêle, timide, chevrotant-.L\u2019amie du petit chanteur se redressa.C\u2019était la nuit tout autour d\u2019elle.A travers le rideau de la fenêtre, elle apercevait le ciel où brillaient des étoiles.Elle se leva.et, tout de suite, elle se dirigea vers la porte, qu\u2019elle entrouvrit lentement.Elle écouta.elle n\u2019entendit rien.Elle se glissa dans le couloir.Elle s\u2019arrêta encore.l\u2019oreille aux aguets.Toujours le silence.Alors, elle s\u2019engagea dans l'escalier et arriva au vestibule du rez-de-chaussée, éclairé par les rayons de la lune.Une angoisse l\u2019étreignit ; car elle se disait : \u2014 Si je ne pouvais pas sortir !.Elle se dirigea vers la porte principale, toute verrouillée et garnie de chaînes de sûreté dont elle ne connaissait pas la manoeuvre.Elle chercha cependant.mais en vain.Elle eut un geste de découragement.puis revenant sur ses pas.elle gagna l\u2019office.se souvenant qu\u2019il y avait là une porte qui donnait sur le jardin.Elle tâtonna, prenant toutes ses précautions pour ne pas heurter un meuble.pour éviter tout choc capable de réveiller quelqu\u2019un et de donner 1 a-larme dans la maison.Sa main toute moite rencontra une serrure, avec sa clef, elle tourna, le mouvement se produisit.elle tira, mais la porte résista.La jeune fille tâtonna encore.A la hauteur de sa tête, elle rencontra une targette.la fit manoeuvrer.tira de nouveau\u2014 Cette fois, un courant d\u2019air frais vint frapper son visage enfiévré.Un coin de parc lui apparut, tout nimbé de lumière blanche, attirante.Alors, vite, très vite, elle court vers les parterres de fleurs, moissonnant, au hasard, en des gestes fébriles, les lys, les lauriers-roses et les jasmins.Toute à sa tâche, elle n\u2019a pas vu une ombre de femme la suivre, s\u2019arrêter à quelque distance d\u2019elle, derrière un if savamment taillé, et qui la guette, l\u2019observe, immobile, comme figée en une pose de statue.L\u2019ombre n\u2019est autre que la marquise de Montferrat\u2014 Tout à l\u2019heure au moment où elle allait s\u2019endormir, la sonnerie qu\u2019elle a fait placer en secret par Pristini dans sa chambre, et qui doit l\u2019avertir des allées et venues d\u2019Yvonne, a subitement retenti.Immédiatement, Gilberte a sauté en bas de son lit.Elle a vite chaussé une paire de pantoufles, revêtu cm peignoir sombre ; et, doucement elle s\u2019est glissée au-dehors.Constatant que la porte voisine était ouverte et que la chambre de la jeune fille était vide, elle a descendu l\u2019escalier à son tour et elle est arrivée au rez-de-chaussée au moment où Rose-Blanche faisait jouer la targette.L\u2019air frais de la nuit qui vient la frapper en plein visage lui fait comprendre tout de suite que sa belle-fille a gagné le dehors.Par le même chemin, la marquise est sortie.Apercevant Yvonne qui se dirige vers le parterre, elle se dissimule derrière un carré d\u2019orangers et d\u2019arbustes, elle gagne son poste d\u2019observation ne comprenant pas d\u2019abord, puis saisissant enfin, elle se dit : \u2014 Oh ! oh ! voilà qui va joliment simplifier les choses.Je crois que les lys et les lauriers-roses de ce jardin vont faire une besogne aussi sûre et moins dangereuse pour moi que l\u2019elixir du docteur Marrach.Mais Yvonne a terminé sa cueillette.Sans regarder autour d\u2019elle, déjà enfiévrée par l\u2019agonie parfumée qu\u2019elle se prépare, elle ne pense plus qu\u2019à la mort.Elle reprend le même chemin, elle va droit devant elle, les bras encombrés de son fardeau embaumé et dont les émanations lui montent déjà au cerveau.D\u2019un pas assuré elle monte l\u2019escalier regagne sa chambre et jette sur son lit la gerbe immense qui va bientôt la délivrer.Raisonnant tous ses actes, elle ferme les grands rideaux de la fenêtre, baisse soigneusement la trappe en fer de la cheminée, s\u2019enferme à clef ; puis elle vient s\u2019étendre au milieu des fleurs dont les senteurs chargent déjà lourdement l'atmosphère.Fermant les yeux, elle se laisse aller à son rêve.Elle voit Jean-de-la-Rue qui lui sourit, qui lui tend les bras, qui l\u2019appelle.Peu à peu, elle se sent comme emportée par un tourbillon vertigineux.Ses tempes battent, sa poitrine se soulève, ses mains ont des tressaillements, tout son corps frémit, une somnolence invincible s\u2019empare d\u2019elle.elle a l\u2019impression qu\u2019elle s\u2019en va, que c\u2019est fini, qu\u2019elle va mourir.qu\u2019elle meurt.et dans un murmure très doux, très tendre, qui l\u2019enveloppe, qui la berce, elle entend la chanson que Jean-de-la-Rue a faite pour elle : On l\u2019app\u2019lait Rose, elle était belle, Eli\u2019 sentait bon la fleur nouvelle, Rue Saint-Vincent ! T'fflS mj : ^ .*\u2022 Ær: Au Mexique, les Aztèques, de même que les Mayas, ont su conserver leur race très pure.Cette jeune femme est typique qui pose pour notre opérateur sur un des marchés très animés de la région de Quetzalan.Si les vêtements des hommes ont été largement influencés par les Européens, les femmes, elles, ont gardé leur costume ancestral, blanc rehaussé de couleurs vives.CES AMIS DE L\u2019HOMME JUSTIFIENT BIEN LEUR TITRE Tubby et Baby, hôtes du zoo de Londres, sont bien connus et comptent nombre d\u2019amis.Dernièrement Baby mit au monde un petit pingouin que l\u2019on aperçoit entre ses pattes et Rubby.l\u2019heureux père, manifeste sa fierté .à croire qu\u2019il a hanté les couloirs de nos maternités.mm g Le Samedi, Montréal, 2 jévrier 1952 CHAPITRE IV La mort de Turco UH 01S~TU mon PauvTe Filoche, U U aurait peut-être mieux valu pour ¦ moi que j\u2019y reste.\u2014 Qu\u2019est-ce que tu nous chantes là ?protestait l\u2019ex-camelot, assis au pied du lit de Jean-de-la-Rue, presque entièrement guéri du coup de couteau de Chariot l\u2019Arrangeur.Et, prenant un ton enjoué, le nouveau wattman de Nicolas de la Taupinière continuait : \u2014 Eh bien, si c\u2019est des romances comme ça que tu peux nous dire !.« Comment, maintenant que te v\u2019ià presque sur pattes, et que bientôt, nous allons rouler dans l\u2019auto de mon patron qui est assez gentil pour t\u2019emmener avec nous respirer de la « bonne » air sur les routes, c\u2019est le moment que tu choisis pour nous faire de la musique triste !.« Vrai, c\u2019est pas chouette.J\u2019aurais pas cru ça de toi !.-\u2014Mon bon Filoche, il ne faut pas te faire des idées.\u2014 C\u2019est pas moi qui m\u2019en fais, c\u2019est toi.\u2014 Je peux dire que tu te trompais, protestait Jean, si tu croyais que je n\u2019ai pas pour toi l\u2019affection la plus profonde et pour M.Nicolas qui est si bon envers moi, la plus sincère reconnaissance.« Mais, malgré tout, je ne suis pas heureux et je sens que je ne le serai jamais.\u2014 Pourquoi ?\u2014 Tu sais ce que je t\u2019ai déjà dit au sujet de Rose-Blanche ?\u2014 C\u2019est tout de même malheureux de s\u2019entêter comme ça.\u2014 Je ne m\u2019entête pas.Quand M.de Montferrat est venu me voir, j\u2019ai compris que ce serait de la folie de ma part de m\u2019attarder à un rêve impossible.« A partir de ce moment, j\u2019ai renoncé à la lutte.Ainsi que je te l\u2019ai déjà dit, j\u2019ai pris le deuil de mon amour.Et voilà pourquoi j\u2019estime qu\u2019il eût mieux valu pour moi, que vous me laissiez mourir là-bas dans le maquis, près de la cabane où j\u2019ai été élevé, plutôt que de m\u2019apporter ici et en me guérissant, de recommencer mon supplice.\u2014 C\u2019est cela.cherchait à blaguer Filoche, plus ému qu\u2019il ne l\u2019eût voulu paraître.obligez donc les gens.voilà comment.ils vous remercient.S\u2019animant, le brave garçon poursuivit : \u2014 Eh bien là, vrai, je te croyais tout de même plus chouette que cela ! Parce qu\u2019un papa plusieurs fois millionnaire est venu jouer auprè de toi la comédie.__Je t\u2019assure, interrompit Jean, que M.de Montferrat était sincère.\u2014 Laisse-moi causer.chacun son tour à tenir le crachoir ! « Je te disais donc que c\u2019était tout de même pas une raison pour jeter le manche après la cognée.« Car, après tout, qu\u2019est-ce qui te dit que, toi aussi, tu n\u2019es pas aussi noble et aussi galetteux que le père de ta petite connaissance ?Et comme Jean-de-la-Rue secouait mélancoliquement la tête, Filoche continuait : \u2014 J\u2019ai rudement réfléchi depuis quelque temps.Déjà, quand je t\u2019ai vu pour la première fois dans ma maison de campagne du parc Monceau, je me suis dit : Ça, c\u2019est pas un enfant du pavé comme mézique (moi).Il y a d abord l\u2019assassinat du père Poirier.Pourquoi qu\u2019on l\u2019aurait zigouillé ?Pour le voler?Oui, d\u2019accord.Mais lui voler quoi ?Pas son pognon, puisqu\u2019il n\u2019en avait pas, mais des papiers qu\u2019il cachait soigneusement, à ce que tu m\u2019as dit, dans un coffret qu\u2019on n\u2019a jamais retrouvé et qui devait contenir un secret important, puisque le vieux n\u2019a jamais voulu te le montrer.« Ça, c\u2019est déjà pas ordinaire et ça prouve qu\u2019il y a sûrement quelque anguille sous roche.« Tu ne peux pas dire le contraire.« Et cette lettre qu\u2019on t\u2019a glissée sous la porte.qu\u2019est-ce qui l\u2019a écrite ?.On n\u2019en sait rien.mais, en tout cas, c\u2019est quelqu'un qui te connaissait bien, puisqu\u2019il était au courant de ton histoire avec la gosse.« T\u2019es encore bouclé, mon vieux !.« Enfin, ce guet-apens.cette voix qui t'a appelé dans la nuit.et que tu n\u2019as pas reconnue.Tu trouves ça naturel ?Moi pas.et rien ne me retirera de l\u2019idée que pour qu\u2019on ait assassiné ton père d\u2019adoption, et que, quelques semaines après on ait cherché à se débarrasser de toi de la même manière, il faut que tu gênes du monde, et quand on gêne le monde, c\u2019est qu\u2019on a à prendre une place que des gens ne veulent pas lâcher.« Aussi, moi, j\u2019attendrais au prochain numéro et puisque tu es sûr de Rose-Blanche.\u2014 Oui, j\u2019en suis sûr.\u2014 Eh bien espère, tiens-toi tranquille, et qui vivra verra.\u2014 Quand bien même tout ce que tu prétends serait vrai, reprenait Jean., en admettant que je sois le fils d\u2019un riche aristocrate, qui est-ce qui me dit que je pourrai jamais en faire la preuve ?\u2014 La preuve ?C\u2019est peut-être pas si difficile que ça à dégotter.\u2014 Mon pauvre Filoche ! \u2014 Il n\u2019y a qu\u2019à retrouver les assassins du père Poirier ainsi que les tiens, et ce jour-là ?.\u2014 Ce jour-là, nous en sommes loin.\u2014 Qui sait ?\u2014 La police n\u2019a pas encore pu découvrir le moindre indice capable de la mettre sur la trace des coupables.\u2014 Il n\u2019y a pas que la police ! \u2014 Moi tout le premier je n\u2019ai rien vu ! J\u2019ai reçu un coup de couteau sans même me rendre compte d\u2019où il venait et qui me frappait.\u2014 Va toujours! \u2014 Sur quelle piste nous diriger ?\u2014 Et Basiloff?.lança l\u2019ex-camelot.Plus j\u2019y pense, plus je me dis que c\u2019est là qu\u2019est la clef du mystère, et que ce n\u2019est pas le nom de l\u2019assassin, mais de celui qui sait.\u2014 Alors, pourquoi ne s\u2019est-il pas fait connaître ?\u2014 D n\u2019est peut-être pas en France.Basiloff n\u2019est pas le nom d\u2019un type qui demeure à Asnières ou même à Courbevoie.\u2014 I! est peut-être mort ! \u2014 Mais non, il n\u2019est pas mort ! \u2014 Qu\u2019en sais-tu ?\u2014 R y a quelque chose qui me le dit, affirmait Filoche, et ce quelque chose ne m\u2019a jamais trompé.Devenant grave l\u2019ex-camelot de l\u2019In-tran affirma en posant les deux mains sur les épaules du convalescent : \u2014 Rappelle-toi ce que je te dis aujourd\u2019hui ici.à Ermont-Eaubonne à deux heures de l\u2019après-midi.Aussi vrai que notre ami La Pivoine a le nez rouge, et que sa femme, Mme Durenaud, est toujours à cran, je parie avec toi un beau louis de vingt francs, qu\u2019avant longtemps d\u2019ici, il y aura du neuf à Elboeuf et du nouveau dans Landerneau.\u2014 Qu\u2019est-ce que tu entends par là ?\u2014 J\u2019entends que la vérité sera connue, c\u2019est-à-dire qu\u2019on saura non seulement quel est le nom des «zigouil-leurs » mais qu\u2019on connaîtra aussi le tien.Surpris et impressionné par le ton d'assurance avec lequel s\u2019exprimait son ami, Jean-de-la-Rue reprenait : \u2014 Pour parler ainsi, il faut que tu aies une idée.\u2014 Oui, j\u2019ai une idée.\u2014\tLaquelle ?\u2014\tJe ne peux pas te la dire encore, mais ça viendra bientôt.\u2014\tC\u2019est sérieux ce que tu me racontes là ?\u2014\tTout ce qu\u2019il y a de plus sérieux.\u2014 Tu ne dis pas cela pour me remon - ter le moral, pour m\u2019empêcher de me décourager tout à fait ?\u2014\tJe te dis cela parce que je le pense.\u2014\tAlors, tu as des soupçons ?\u2014 Oui, j\u2019ai des soupçons ! \u2014\tSur qui ?\u2014\tAh! voilà!.\u2014\tSur l\u2019assassin ?\u2014\tPeut-être.\u2014\tOh ! alors, parle.\u2014\tNon, mon vieux, je ne parlerai que quand j\u2019aurai mieux que des soupçons, c\u2019est-à-dire des preuves, et, ce jour-là, je ne te dis que ça, mon petit gars, on rigolera.\u2014\tAh ! mon bon Filoche, si tu pouvais ne pas te tromper.\u2014\tIl y a des chances que je sois sur la bonne voie.\u2014\tAlors, mets-toi en campagne.cherche ! \u2014\tPas besoin, quand un chat veut bouffer une souris, il ne lui court pas après.il la guette\u2014 et il la chope ! Puis, avec un éclair de joie dans les yeux, le brave garçon ajouta : \u2014\tC\u2019est moi le chat, et je la choperai la sale bête ! \u2014\tAh ! mon ami, mon frère, s\u2019écria Jean-de-la-Rue, si tu savais combien tu me réconfortes, et tu me réconcilies avec la vie !.\u2014 Et c\u2019est pas du chiqué, ponctuait le « mécano » de Nicolas, car je t\u2019aime trop maintenant pour te monter le coup, même pour te consoler.A peine avait-il prononcé ces mots, que deux voix montées sur un diapason de dispute, se faisaient entendre dans l\u2019escalier.\u2014 Ah ! très bien ! le ménage modèle, annonça Filoche.\u2014 Je vous le dis, Mme Paimboeuf, il ne changera jamais, clamait la voix furibonde de Mme Durenaud.\u2014 C\u2019est toi qui ne changes pas ! répliquait l\u2019organe sonore de La Pivoine.\u2014 Sale poivrot ! Sale alcoolique ! \u2014 La ferme ! La barbe ! Filoche, ouvrant la porte, lançait : \u2014 Eh bien, quoi donc, les deux tourtereaux.on est encore en train de se becqueter le museau ?\u2014 Laisse-moi donc passer.gros mal élevé, criait Joséphine.
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