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Titre :
Le samedi
Éditeur :
  • Montréal :Société de publication du "Samedi",1889-1963
Contenu spécifique :
samedi 14 janvier 1950
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque semaine
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Le samedi, 1950-01, Collections de BAnQ.

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[" DIX C E IM T S 61e année, No 35\tMontréal, 14 janvier 1950 LE MAGAZINE NATIONAL DES CANADIENS \t\t ff 5Ë1 & ipû ¦ ¦ .V ïtn «ftfifh \u2022 '.'4-'\u201d 4 \u2014, - ¦¦\t4 wW .DANS CE NUMERO \u2022\tPETITS POISSONS DES CHENAUX \u2022\tCHEZ LES SOURDS ET MUETS \u2022\tQUEBEC AGRICOLE Roman policier \u2022 LA CHASSE A L'ESPIONNE par JEAN VOUSSAC Mm Le Samedi, Montréal, 14 janvier 1950 MADRID-IRU N Un ingénieur espagnol, Don Alejandro Goicoechea vient de mettre au point une invention qui devrait révolutionner le système de transport par chemin de fer.L\u2019invention réalisée par une firme américaine, fut récemment mise à l\u2019épreuve.La vitesse que le nouveau train « Talgo » peut atteindre dépasse toutes les espérances, sa charge morte étant réduite de moitié, de là une économie appréciable de combustible et du matériel roulant.L\u2019aspect extérieur du train rappelle celui d\u2019une énorme chenille percée de grands yeux et à queue de verre, grâce à l\u2019accouplement parfait de ses wagons, donnant l\u2019impression que le train est d\u2019une seule pièce.A l\u2019intérieur, l\u2019illusion se continue et le voyageur est installé dans de confortables fauteuils de chaque côté d'un large corridor.Chaque wagon contient 16 de ces fauteuils, semblables à ceux des avions transocéaniques et munis de dispositifs qui permettent de les incliner à volonté.A tous les quatre wagons se trouve un wagon de service avec sa cuisinette électrique, ses armoires murales et ses cabinets de toilette dont deux domestiques assurent le bon fonctionnement.L\u2019assemblage des wagons se fait au moyen d\u2019un dispositif sûr et simple de crémaillères.A l\u2019arrière, le wagon-observatoire permet au voyageur installé confortablement de jouir du paysage.L\u2019accès au train se fait par les wagons de service.L\u2019éclairage est assuré au moyen de lampes fluorescentes et la ventilation est réglée automatiquement par un système de réfrigération.Pour se protéger des rayons du soleil qui pénètrent par les larges fenêtres, le voyageur peut tirer le rideau ordinaire ou pousser sur un bouton qui diffuse entre les deux vitres de la fenêtre, un gaz orange ou bleuté.Les fauteuils sont recouverts de tissu rose très agréable à l\u2019oeil.On peut aussi installer à volonté de petites tables où les repas sont servis.Une des particularités de ce train ultra-moderne est que tous les wagons sont si bas sur roues qu\u2019ils touchent presque le quai de la gare.A l\u2019arrière de chaque wagon, deux roues supplémentaires assurent une plus grande souplesse du convoi et font disparaître le bruit des virages et diminuent les risques d\u2019accidents.Ce prototype construit selon les principes des grands trains-express américains, est tiré par trois moteurs dont l\u2019un d\u2019une force de 1500 c.v.pour la traction du train et les deux autres de 400 c.v.pour le service.Ce train « Talgo » sera bientôt mis en service sur la ligne Madrid-Irun.\u2014 ujgmmmamrn ,m\t\t ¦ 2: '\ttyi \\ F\t9&\\ \\\\ /\t1\tII M \"\"*&*¦**\tg .\t>?¦%\t VERS L'AVENIR JEUNESSE ET ART Réflexions en marge des Dimanches Poétiques et de la dernière révélation des concerts Sarah Fisher : Jacques Verdon C\u2019est patent- la jeunesse ne vit que dans l\u2019enthousiasme de créer.Surtout en ces jourd\u2019hui.La génération - « génération de vivants .» - qui s\u2019épanouit ces années-ci, prend effet et cause pour l\u2019art qui devient SA chose.Aussi y transpose-t-elle l\u2019enthousiasme qui la caractérisé.Et c est a se demander si ce n\u2019est pas à cette seule condition que l\u2019art va enfin fleurir, chez nous, pur et véritable.L\u2019art s\u2019accommode mal du status de profession.Il trouve souvent mieux son compte dans l\u2019amateur.Du moins il y gagne en fraîcheur et en dynamisme ce qu\u2019il perd à moins de métier.C\u2019est que la technique se maîtrise difficilement ; « l\u2019art lui-même se tue lorsque trop exclusivement réfléchit et trop peu inactif ».(R.Boulanger) Pour cette raison surtout, l\u2019anémie s\u2019était mise chez-nous dans l\u2019art envisagé sous toutes ses faces.Mais la jeunesse, pour une part, a entrepris sa restauration.L\u2019enseigne des Amis de l\u2019art a subitement battu aux quatre vents, brandi par mille mains à la fois.Mais la jeunesse a encore voulu que sa restauration fût active; elle s\u2019est lancée dans des expériences multiples et variées.Plusieurs échecs \u2014 c'est inévitable \u2014 ; de plus nombreux succès encore ! En art dramatique le sang nouveau est d abord venu des Compagnons.Puis ce fut la vaillante Equipe de Pierre Dagenais, la troupe du Masque la Nef des Trois-Rivières, le Caveau d\u2019Ottawa, les tout jeunes Pierrots de 1 est montréalais .Rénovation aussi l\u2019initiative des DIMANCHES POETIQUES du Bon Parler Français dont la valeur humaniste et culturelle s\u2019avère immense.Quelle promesse, au matin, pour la moisson de la onzième heure ! Ici ni cabotinage ni mercantilisme.Un art pur de la pureté de leur jeune vie intense et ardente.Criera au snobisme et à l\u2019utopie qui voudra : Eve contient la race humaine, Un oeuf l\u2019aiglon, un gland le chêne ! Une utopie est un berceau.(Hugo) Rêveurs ?.Tant que l\u2019on voudra ! Mais rêveurs sacrés auxquels « Dieu parle à voix basse à leur âme .» Du côté musical, les jeunes ne manquent pas non plus d\u2019aller de l\u2019avant.Prenons seulement les Concerts Sarah Fisher.A chaque mois, trois jeunes \u2014 pianistes, soprani, violonistes, ténors.\u2014 y passent en première audition.Chaque fois ce sont de nouvelles révélations qui sont faites au public.Ainsi Jacques Verdon que nous présenta le dernier concert au Ritz Carlton.Dix-huit ans seulement et, déjà, il semble que ce jeune ait maîtrisé en grande partie l\u2019art difficile du violon.Sa technique sûre et au point eût fait rougir beaucoup de nos soi-disant professionnels du violon.Par la sensibilité, la pureté, la sincérité d'expression c\u2019était vraiment son âme que le jeune artiste nous livrait.Son âme ardente de jeune et son art naïf mais véritable auquel l\u2019auditoire, de toute évidence, communia avec ferveur.Et avec ça une poésie intense, une esthétique élevée, une haute métaphysique du coeur.Aurons-nous le plaisir de ré-entendre Jacques Verdon ?Nous l\u2019espérons, comme nous espérons que se multiplie de plus en plus ce mouvement des jeunes vers la Beauté.Si la jeunesse persévère dans cette voie qu\u2019elle s\u2019est tracée, ces dernières années, il est permis d\u2019espérer pour demain un niveau moral plus haut de toute notre société, une saveur spirituelle plus intense de notre civilisation qu\u2019entachent la matière, son confort et son luxe.Aussi est-ce un devoir que nous nous devons à nous-mêmes d\u2019épier toutes ses manifestations ; elle déborde de bonne volonté et de talents.A nous de la conseiller, de l\u2019appuyer, de l\u2019encourager .Un bon mot, un coup de pouce et, parfois, quelques vieux sous.Ça ne fait pas de mal, et pourtant.« Le beau, les éléments du beau se font rares en nos temps modernes, écrit Mgr Képler.Et de ce fait la joie nous a fuis.Allons-nous en laisser choir de nos mains la moindre parcelle que la jeunesse nous vient restituer ?.Verdun, 29.11.\u201949.\tGuy Plastre NOTRE (OUVERTURE Elle s est fait tirer l'oreille mais elle nous est finalement arrivée, cette neige tant attendue que désespéraient de voir nos sportifs et nos jeunes ! Elle est tombée en flocons doux et serrés, qui ont caché les grisailles de la ville en cette mi-janvier.On a chaussé ses skis, ou sorti son traîneau et les glissades joyeuses ont rempli les jours de vacances quil fait triste voir se terminer.Mais l'hiver n'est pas fini et il y aura encore bien d'autres chutes de neige !\t(Photo Harold M.Lambert) LES PUBLICATIONS POIRIER, BESSETTE & CIE, LIMITEE ktombrM *¦\"¦ '\t\tæêL WrofSfSf \t\t\t\t ¦HH \\ | \u2019 ; S|fjÊt* jfcÉjA\t\tJH\tW* [m MjÈËL tftmm\t\t \t1\t\t\tmÊÊÊMB i JL\tM\t\tr\ty MÊÈÊÊfMÊF**' %\t\tw \t\t\t\tw\tWiÆÊÆ |R A il\tT K\tJM\tJ JH\t\t B ' t ** A\tWk\tJL*\t\t\t' 1 IM \\\t'mÊL\twpH ¦\tfÆÈIÿpÊÊË M\tli V\tBÊi\t\t\t ;%¦ > Vrwmm w / Cette photo, prise durant la guerre, alors que les Etats-Unis fournissaient des avions à la Russie soviétique, nous montre des pilotes russes à Ladd Field, Fairbanks, attendant l\u2019ordre de partir pour une base militaire de la Sibérie avec un convoi d\u2019avions américains.Si l\u2019on en croit le témoignage du major Jordan, on aurait aussi transporté de l\u2019uranium.Au Caire, les concurrents du grand tournoi international de golf, qui a lieu en Egypte, s\u2019y préparent dans l\u2019ombre vénérable des pyramides et sont un peu gênés par la présence de chameaux qui sont partout chez eux.Le joueur photographié ci-dessus est M.VAN DOMCK, et l\u2019on se demande, non sans curiosité, s\u2019il o réussi son coup ?Car du haut de cette pyramide, quarante siècles le contemplaient.Une photo de JOHN L.LEWIS, président du syndicat des mineurs américains.Il affecte ici une attitude de débonnaire indifférence et cause familièrement avec des journalistes venus pour le rencontrer à l\u2019hôtel Roosevelt.Un règlement temporaire a été consenti, mais l\u2019avenir des charbonnages reste incertain, et l\u2019on sait que Lewis n\u2019est pas partisan des concessions.rf y ?\t\t\t\t\t - «4» .NL\u2018¥' 11 K Ci-dessous, la petite PAULA MURRAY, de Salisbury, dans le Massachusetts, n'a que cinq ans, mais elle n'a connu, jusqu'à présent, que la souffrance Il l! physique.Née avec les deux pieds bots ou équins et une déviation de l'épine dorsale, elle subit une première opération dès l'âge de sept jours.Dix-neuf autres interventions chirurgicales ont suivi.On voit ici la petite malade étendue sur un brancard portatif et dessinant des fruits.Elle a refusé de dormir avant le retour de son père qui est allé à son travail, et personne, dans son entourage, n'a le courage de lui dire qu'il ne reviendra jamais à la maison parce qu'il vient d\u2019être écrasé par un camion.Cl-dessus, le parc Belmont, endormi sous la neige, attend le réveil da printemps.Comme tout est silencieux dans ce lieu désert qui, à la belle saison, retentit des cris joyeux des enfants et de la musique trépidante des carrousels.Pendant ce temps, les écoliers, qui le fréquentent assidûment, aiment à se rappeler, durant les longues soirées d'hiver, les bons moments qu'ils y ont passés, comme les exploits qu'ils y ont accomplis et que chaque non-veau récit embellit.I Le Samedi, Montréal, 14 janvier 1950 >)ûumKmc 'âtëm fl# (mm Fais- avec la 'MAGIC\u2019 il fond dans la bouche \u2022 Voici un magnifique Gâteau \u2018Magic\u2019 aux Cerises qui vous vaudra les éloges de vos invités! Recouvert d'un glaçage blanc comme neige parsemé de belles cerises écarlates .farci de raisins, de fruits et d\u2019épices, c\u2019est un vrai régal.Et il en est ainsi pour tous les gâteaux faits avec la\u2019Magic\u2019.3 générations de Canadiennes ont pu se rendre compte que la présence de la \u2018Magic\u2019 dans la pâte se traduit par des gâteaux plus savoureux, plus légers et à mie plus fine.Achetez la \u2019Magic\u2019 aujourd\u2019hui et servez-vous en pour toutes vos pâtisseries.GÂTEAU AUX CERISES 34 tasse shortening 1\ttasse sucre 2\toeufs 2 tasses farine tamisée 2 c.à thé Poudre à Pâte \u2018Magic\u2019 34 c.à thé Soda à Pâte \u2018Magic\u2019 % c.à thé sel 34 c.à thé clou 1 c.à thé cannelle 1 tasse compote de pommes épaisse % tasse raisins sans pépins % tasse dattes hachées sans noyaux Glaçage blanc Cerises au marasquin Ecorce de citron confite : j | \" , Défaitesen crème shortening et sucre.Ajoutez les oeufs; battez bien.Tamisez ensemble les ingrédients secs.Ajoutez au mélange en alternant avec la compote de pommes.Ajoutez raisins et dattes.Cuisez 1 heure dans un moule tubulaire de 9\" graissé, à 3 50°F.Laissez refroidir; démoulez.Glacez le dessus et les côtés.Décorez avec cerises et écorce confite.GLAÇAGE BLANC: Défaites en crème 2 c.à soupe de beurre.Ajoutez graduellement 234 tasses de sucre en poudre tamisé et continuez de défaire en crème.Ajoutez environ 3 c.à soupe de lait pour donner au mélange une consistance qui permette de l\u2019étendre.Ajoutez quelques grains de sel et % dec.à thé de vanille.Par Mme ROSE LACROIX Directrice de l\u2019Institut Ménager du SAMEDI et de LA REVUE POPULAIRE Croustades de volaille 10 à 12 tranches de pain très minces légèrement beurrees 2 tasses de poulet cuit coupé en dés\t3 c.à tb.de farine 1 tasse de lait i/2 tasse de crème\t1 tasse de pois verts sel et poivre Enlever la croûte des tranches de pain, beurrer légèrement et mettre dans des moules à muffins.Enfoncer pour obtenir des croustades ou des cassolettes.Faire | rôtir au four jusqu\u2019à ce que ce soit sec et bien doré.D\u2019autre part, mettre dans | une casserole 3 c.à tb.de graisse provenant du fond de cuisson du poulet.Ajouter 3 c.à tb.de farine puis mouiller avec 1 tasse de lait et 34 tasse de crème.Faire jeter quelques bouillons.Assaisonner de sel et poivre.Ajouter 2 tasses de poulet cuit coupé en dés puis 1 tasse de pois verts bien égouttés.Servir dans les j croustades également bien chaudes.Garnir d\u2019une touffe de persil frais.Côtelettes de pore rôties au four 6 côtelettes de porc\t1 c.à thé de moutarde 1 c.à tb.de sucre 1\tc.à tb.de farine\t1 c.à thé de sel 34 de c.à thé de poivre 2\toignons tranchés\t1 tasse d\u2019eau chaude Bien mélanger la moutarde, le sucre, la farine, le sel et le poivre.Essuyer les côtelettes et les passer dans ce mélange.Mettre l\u2019une à côté de l\u2019autre en ne laissant pas d\u2019espace si possible.Faire euire à four moyen 350° F.34 heure.Retirer du four et couvrir les côtelettes de rouelles d\u2019oignons tranchées assez minces.Ajouter 1 tasse d\u2019eau chaude et prolonger la cuisson encore de 30 à 45 minutes.Si la cuisson est bien conduite, on aura des belles côtelettes bien dorées et bien tendres.Servir avec purée de pommes de terre et petits pois sautés au beurre.6 services.Volaille en gelée 1\tpoule de 5 à 6 livres\t1 oignon moyen 1 petite feuille de laurier 2\tcarottes\t2 livres de jarret de veau 1 c.à tb.de sel\t1 pinte d\u2019eau froide Mettre le tout dans une marmite et faire bouillir à petit feu jusqu\u2019à ce que la | viande se détache des os.Laisser refroidir la viande dans le bouillon.Enlever.Couler le bouillon, dégraisser.Vérifier l\u2019assaisonnement.Ajouter à chaque tasse de bouillon 1 c.à thé de gélatine préalablement dissoute dans 1 c.à tb.d\u2019eau froide.Faire chauffer pour dissoudre la gélatine parfaitement.Passer un moule | à l\u2019eau froide.Verser 34 de pouce de gelée au fond, laisser prendre.Faire un joli décor que l\u2019on fixe avec quelques cuillerées de gelée.Désosser la volaille, mettre d\u2019abord au fond le blanc puis alterner avec la viande plus foncée.Ajouter 34 boîte de pois verts bien égouttés .Quand le moule est rempli de viande, couler la gelée au-dessus et laisser prendre bien ferme.Démouler et garnir de persil frais.Ragoût de boulettes 2 livres de porc haché maigre\t1 c.à tb.de graisse 1 oignon moyen haché finement 2 c.à thé de sel\t34 de c.à thé de poivre 34 de c.à thé de chacune des épices suivantes : muscade, cannelle, clou, farine grillée et eau chaude 1 Faire revenir l\u2019oignon haché finement dans la graisse chaude 5 à 8 minutes.Ajouter à la viande hachée ainsi que les assaisonnements, sel, poivre et épices.Triturer la viande avec les mains pour bien mélanger.Façonner en boulettes de | 134 pouce environ et passer légèrement dans de la farine blanche.D\u2019autre part, ] faire bouillir 1 pinte d\u2019eau et y jeter les boulettes.Laisser mijoter au moins 1 heure, saupoudrer au-dessus du mélange assez de farine grillée pour donner une bonne consistance à la sauce.Brasser en ajoutant la farine.La farine grillée peut s\u2019ajouter à un liquide bouillant sans qu\u2019il soit néces-] saire de la délayer auparavant.Vérifier l\u2019assaisonnement et laisser mijoter encore 34 heuie après h addition de la farine.Si l\u2019on emploie du bouillon à la place de l\u2019eau, le goût sera plus fin.8 services.Tête fromagée 34 tête de porc\t1 patte de porc 1 petit oignon 1 gousse d\u2019ail\t1 feuille de laurier quelques feuilles de céleri 1 brindille de thym si l\u2019on en a\teau froide | Préparer soigneusement la tête et les pattes en les brossant.Mettre dans une marmite avec tous les assaisonnements et de l\u2019eau froide pour couvrir.Couler | le bouillon, enlever soigneusement les petits os.Couper la viande en petits mor-j ceaux.Remettre dans le bouillon, faire chauffer de nouveau, vérifier l\u2019assaisonnement et mettre dans des bols passés à l\u2019eau froide.Laisser prendre bien ferme et démouler pour servir.La tête fromagée ne va pas à la gelée. Le Samedi, Montréal, 14 janvier 1950 15 LA CHASSE A L'ESPIONNE [ Suite de la page 9 ] \u2014 Soyez tranquille .Je serai prudente !.Mais, je vous en prie il est inutile de faire de ce départ une affaire d\u2019Etat.Je préférerais de beaucoup passer inaperçue !.Que personne ne m\u2019accompagne, je vous en prie.Je sais où est marquée l\u2019auto ! Nul n\u2019insista plus, Lord Brockwell effleura d\u2019un respectueux baiser la main que lui tendait la jeune femme, puis cette dernière s\u2019écarta et se faufila rapidement parmi les groupes.En peu de temps elle atteignit le vaste couloir somptueusement décoré de plantes et de guirlandes.Au vestiaire elle reprit son manteau de vison, puis, refusant l\u2019aide de deux valets qui s\u2019empressaient à sa rencontre, elle descendit le perron brillamment illuminé.Les autos étaient parquées un peu plus loin.Au premier coup d\u2019oeil, lady Brockwell reconnut sa Rolls .Elle s\u2019installa au volant, puis, avec l\u2019aide du gardien, elle exécuta une rapide marche arrière, et atteignit rapidement la grande avenue, qu\u2019elle emprunta.Au moment où la jeune femme franchissait la grille d\u2019entrée, elle n\u2019aperçut pas une silhouette qui se découpait à une des fenêtres du premier.Gerald Hartmann était là qui la regardait partir.Un sourire satisfait plissait les lèvres du businessman .Et ses yeux suivaient le feu rouge de la Rolls qui s\u2019éloignait de plus en plus dans la nuit ; il continuait de l\u2019observer, quand, tout à coup, il tressaillit.Une main venait de se poser sur sa manche .\u2014 By Jove, c\u2019est vous, Bally!.Vous m\u2019avez fait peur !.Gerald Hartmann en se retournant venait de reconnaître un de ses collaborateurs, qui, sous le prétexte d\u2019aller fumer une cigarette, était venu le rejoindre auprès de la fenêtre.Et tout de suite son masqgue se rasséréna et, comme le nouveau venu se penchait vers lui, il lui glissa rapidement à l\u2019oreille : \u2014 C\u2019est fait !.Il \u2014 Une motocyclette sur la route g ady Brockwell continuait de piloter ¦ de main de maître la Rolls sur la chaussée ; toutefois, si son mari se fût trouvé là, il n\u2019eût pas manqué de s\u2019inquiéter de la direction qu empruntait à cet instant la conductrice.A peine parvenue à un mille de la demeure de Jérôme D.Newton.Vera Brockwell, loin de piquer directement sur Washington, emprunta la chaussée qui aboutissait à Warreng-ton.De migraine, il n\u2019était certainement plus question, car la jeune femme paraissait prendre un sensible plaisir à cette équipée nocturne, elle avait ouvert la vitre auprès d elle et la brise venait constamment lui cingler le visage .Lady Brockwell appuyait allègrement sur l\u2019accélérateur quand, tout a coup, une exclamation lui échappa .Dans le rétroviseur se réflétait la clarté aveuglante d\u2019un phare .Pendant plus d\u2019un mille, la jeune femme pesta contre la lumière qui la gênait, elle se vit contrainte de baisser le rideau qui protégeait la vitre arrière.Ce n\u2019était pas une auto qui empruntait ainsi la même route et avançait à une vitesse sensiblement égale à celle de la Rolls, mais une motocyclette .Les rayons du phare empêchèrent lady Brockwell de discerner le conducteur penché sur son guidon.Au bout d\u2019un moment, exaspérée par l\u2019insistance que mettait 1 importun à suivre la Rolls a une allure sensiblement égale, la jeune femme eut un geste d\u2019impatience .\u2014 Qu\u2019il passe !.grommela-t-elle en ralentissant.Puisqu\u2019il est si pressé !.Mais le motocycliste ne passa point.Il resta délibérément en arrière et le pinceau lumineux de ses phares continua de balayer la chaussée à peu de distance de la Rolls .¦ Ce manège commençait à énerver de plus en plus lady Brockwell.Au bout d\u2019un instant, devant l\u2019insistance que mettait le motocycliste à demeurer dans son sillage, la jeune femme se demanda si elle n\u2019eut pas mieux fait d\u2019attacher plus d\u2019importance aux recommandations que lui avaient faites tout récemment son mari.Les voitures qu\u2019elle avait croisées sur la route depuis son depart de la villa se faisaient en effet de plus en plus rares.Une attaque demeurait possible !.Toutefois, Vera Brockwell sentit ses inquiétudes s\u2019apaiser.La motocyclette était seule .Son conducteur ne paraissait pas dangereux.Alors la jeune femme appuya de nouveau sur l\u2019accélérateur .Puisque cet étrange promeneur nocture insistait à la prendre en filature, elle allait le soumettre à une course de vitesse.La Rolls fila avec la rapidité d\u2019une flèche.Un sourire aux lèvres, lady Brockwell s\u2019aperçut tout d\u2019abord qu\u2019elle prenait une avance de plus en plus considerable sur la motocyclette et elle en conclut un vif plaisir .Déjà, après un savant virage, elle ne voyait plus le phare, resté au moins à un demi-mille en arrière.A n\u2019en point douter, elle ellait semer l\u2019importun de magistrale façon !.Pourtant la joie de la jeune femme ne fut que de courte durée.A un autre virage, le phare apparut de nouveau dans les ténèbres.Presque en mête temps, la pluie se mit à tomber, de grosses gouttes s\u2019en furent s\u2019abattre contre le pare-brise .\u2014 Décidément, c\u2019est complet !.maugréa lady Brockwell.D\u2019un geste rapide, la jeune femme mit en mouvement ses essuies-glace.Les rafales de pluie redoublaient de violence.Toutefois, le phare de la moto illumina derechef la chaussée devenue brillante comme un miroir.Le mauvais temps ne semblait pas devoir décourager son conducteur qui persistait à demeurer derrière la Rolls dont il se rapprochait de nouveau .Cette fois, Vera Brockwell ne put dominer son impatience.L\u2019idée lui vint qu\u2019il devait s\u2019agir là d\u2019un individu que son mari avait prié de la suivre et de la protéger, le cas échéant.Et son masque se contracta une fois de plus .__S\u2019il me fait surveiller maintenant, c\u2019est complet !.La Rolls filait silencieusement, lady Brockwell semblait parfaitement connaître la route qu\u2019elle venait d\u2019emprunter peu de temps auparavant.De plus en plus agacée par l\u2019insistance que mettait le motocycliste à la suivre, elle fit fonctionner l\u2019appareil de radio qui avait été installée dans la voiture.Bientôt, dominant le crépitement de la pluie gur les vitres, les accords peu harmonieux d\u2019un jazz se firent entendre .,.Tout en conservant une main à son volant, Lady Brockwell tourna le bouton de l\u2019appareil, et, tout à coup, un léger tressaillement la saisit : \u2014 Attention !.Avis à tous les constables de la région de Washington et à la police des routes !.Cette fois, l\u2019attention de la jeune femme se trouvait si profondément éveillée par cet avertissement lancé par T.S.F.qu\u2019elle parut oublier le motocycliste qui semblait d\u2019ailleurs rester sensiblement en arrière .La voix nasillarde du speaker s\u2019élevait à l\u2019intérieur de la voiture : \u2014 Un vol d\u2019une importance considérable vient d\u2019être commis à la villa de Jérôme D.Newton .Un document d\u2019un intérêt capital concernant le traité tripartite qui vient d être signé a disparu du coffre.Le secrétaire d Etat à la Guerre vient de s\u2019apercevoir de l\u2019absence du document qu il avait déposé dans son coffre .Une enquête est ouverte .Etant donnée 1 importance de la pièce volée, toutes les routes de Maryland, de Virginie et de Pennsylvanie vont être étroitement surveillées .¦ Tout automobiliste suspect sera appréhendé d\u2019office .Le masque de la jeune femme demeurait tendu.Le speaker annonçant d\u2019autres nouvelles, elle arrêta l\u2019appareil, puis, de sa main gauche, essuyant la buée qui recouvrait la glace, elle s\u2019efforça de se reconnaître .La Rolls était parvenue en pleine campagne.Maintenant, aussi loin que les regards pouvaient discerner, on n\u2019apercevait pas la moindre lumière.Des bois de sapins se dressaient de chaque côté de la route .\u2014 Quel admirable endroit pour tendre un guet-apens !.se dit la jeune femme.Le phare de la moto avait disparu.Lady Brockwell en conclut que son suiveur inopportun s\u2019était enfin résigné à s\u2019arrêter .Sous la pluie battante, incapable de persévérer plus longtemps, il avait dû chercher quelque abri où se garer en attendant que les rafales diminuassent de violence .\u2014 Voyons, où suis-je exactement ?.La jeune femme arrêta son auto .La pluie tombait et venait crépiter si fortement contre les glaces qu\u2019il était absolument impossible de se recon-taître .Tout autour, c\u2019était un véritable déluge .Lady Brockwell porta la main à la pochette qui se trouvait pratiquée dans la portière de droite et en retira une carte de la région qu\u2019elle étudia longuement.\u2014 Walsters doit être à trois milles, pas plus, se dit-èlle.Le bois de sapins est figuré en vert.Il faut faire vite.Je dois être de retour à l\u2019hôtel suffisamment tôt pour que personne ne se doute .Lady Brockwell promenait sur la carte son index ganté de cuir.Puis, d\u2019un geste instinctif, sa main se porta sur le sac où, peu de temps auparavant, elle avait enfoui l\u2019enveloppe que lui avait remise l\u2019étrange businessman .Un sourire satisfait fit étinceler des prunelles quand elle ouvrit le sac et se rendit compte que la petite enveloppe se trouvait toujours à l\u2019endroit où elle l\u2019avait déposée .\u2014 Allons, tout va pour le mieux.murmura-t-elle Mais il faut agir rapidement.Les agents de la police des routes pourraient intervenir .Mais Walsters n\u2019est pas si loin !.D 14 est certain que le destinataire s\u2019y trouve .Allons, je crois que nous n\u2019aurons pas perdu notre soirée !.Les rayons des phares de la Rolls s\u2019entouraient d\u2019un halo, le ruissellement des eaux rendaient la visibilité d\u2019autant plus imprécise.\u2014 Il faudra ralentir quelque peu, se dit la jeune femme .Je crois que le chemin de Walsters débouche sur la route à moins de deux milles de là .Enfin, nous verrons bien !.Et la course reprit à travers la nuit.D\u2019un rapide coup d\u2019oeil, la jeune femme s\u2019assura qu\u2019elle n\u2019était toujours pas suivie .Nulle part elle n\u2019aperçut la moindre lumière .\u2014 Décidément, se dit-elle, j\u2019étais bien sotte de m\u2019inquéter de ce motocycliste .Si ennuyeuse quelle soit, la pluie Ta contraint à déguerpir.Maintenant, il n\u2019y a plus un chat sur la route .Et c\u2019est tant mieux !.Pourtant, lady Brockwell se rappela l\u2019annonce de radio qu\u2019elle avait entendue tout à l\u2019heure.A n\u2019en point douter d\u2019autres motocyclettes pouvaient apparaître d\u2019un instant à Tau- L'HOROSCOPE DU \"SAMEDI\" (Nouvelle série) 4\t7\t2\t6\t5\t3\t8\t6\t2\t7\t6\t3\t8\t5\t2\t8 0\tA\tD\tN\tP\tC\tS\tE\tE\tM.\tC\t0\t0\tE\tS\tY 2\t8\t5\t6\t3\t7\t2\t6\t4\t8\t3\t5\t2\t6\t7\t3 N\tE\tT\t0\tM\tI\t0\tM\tN\tZ\tP\tI\tU\tP\tT\tL 6\t3\t7\t2\t5\t4\t6\t3\t8\t2\t7\t5\t3\t6\t2\t4 T\tI\tI\tV\tT\tV\tE\tM\tC\tE\tE\tE\tE\tZ\tL\t0 6\t2\t8\t4\t3\t6\t5\t2\t7\t4\t8\t3\t6\t2\t5\t7 P\tL\t0\tU\tN\tA\tA\tE\tS\tS\tN\tT\tS\tS\tV\tI 8\t3\t6\t5\t2\t7\t4\t3\t6\t5\t2\t8\t4\t3\t6\t2 S\tS\tT\tE\tP\tN\tA\tM\tR\tN\tE\tT\tI\tE\t0\tN 7\t6\t2\t8\t5\t3\t6\t4\t2\t7\t5\t3\t6\t4\t2\t8 C\tP\tI\tA\tT\tR\tS\tD\tB\tE\tU\tI\tU\tE\tL\tN 5\t6\t3\t6\t7\t2\t8\t4\t6\t3\t5\t4\t7\t2\t6\t3 R\tR\tT\tL\tR\tE\tT\tR\tU\tE\tE\tA\tE\tS\tI\tS Comptez les lettres de votre prénom.Si le nombre de lettres est de 6 ou plus, soustrayez 4.Si le nombre est moins de 6, ajoutez 3.Vous aurez alors votre chiffre-clef.En commençant au haut du rectangle pointez chaque chiffre-clef, de gauche à droite.Ceci fait, vous n\u2019aurez qu\u2019à lire votre horoscope donné par les mots que forme le pointage de votre chiffre-clef.Ainsi, si votre prénom est Joseph, vous soustrayez 4 et vous aurez comme clef le chiffre 2.Tous les chiffres 2 du tableau ci-dessus représentent votre horoscope.Droits réservés 1945, par William J.Miller, King Features, Inc. 16 Le Samedi, Montréal, 14 janvier 1950 tre, et celles-là montées non point par de simples particuliers, mais par des agents .Leur intervention pouvait entraîner de fâcheuses complications .\u2014 Au fait, qu'est-ce que je risque, se dit au bout de quelques instants la jeune femme .Inutile de m\u2019affoler, ne suis-je pas lady Brockwell ! En admettant même qu'ils mettent la main sur l\u2019enveloppe, ils ne trouveront certainement rien qui puisse leur faire soupçonner.Tout en pilotant son auto dans la nuit, lady Brockwell s'imaginait la scène qui avait dû se jouer après son départ du secrétaire d\u2019Etat à la Guerre .Une grosse sensation s\u2019était certainement emparée de tous les invités quand on s\u2019était aperçu de la disparition du précieux document.\u2014 Décidément, D 14 est un habile homme, murmura la jeune femme avec un sourire.Il n\u2019a pas son pareil pour orienter l\u2019adversaire sur une fausse piste !.D\u2019ailleurs il est certain du succès .Pourquoi ne pas le demeurer, moi aussi !.La jeune femme interrompit brusquement son solilogue .De nouveau, la lumière d'un phare jaillissait, éblouissante, derrière elle, dans la nuit.\u2014 Allons, serait-ce encore la motocyclette ?Lady Brockwell passait de l\u2019espoir à l\u2019inquiétude.Elle approchait du chemin où elle espérait s\u2019engager pour retrouver le mystérieux destinataire de l\u2019enveloppe remise récemment par Gerald Hartmann.Et déjà, sur sa droite, en dépit de la pluie battante, elle apercevait une lumière à travers la nuit.Le cottage qu elle devait atteindre avant de rejoindre Washington en toute hâte, était situé tout près.Et cette lumière venait vraisemblablement de la fenêtre de celui qui l\u2019attendait avec une impatience bien compréhensive .La jeune femme n\u2019accéléra point l\u2019allure de l\u2019auto.La motocyclette approchait de plus en plus.Elle espérait donc en être débarrassée une fois qu\u2019elle l\u2019aurait dépassée .La moto arrivait.Elle filait à toute allure ; en la voyant ainsi lancée, lady Brockwell put espérer en être bientôt débarrassée .Mais, soudain, une sourde exclamation lui échappa .L\u2019engin fonçait droit sur la Rolls.\u2014 Good gracious !.Quelle maladresse .Il va .La jeune femme n\u2019acheva point sa phrase .Un choc violent se produisit immédiatement suivi d\u2019une explosion .Les phares s\u2019éteignirent aussitôt.Peu s\u2019en fallut que la conductrice ne fût projetée contre son volant .Se raidissant sur son siège, elle put tout de même éviter la catastrophe .Il se fit un bref silence .Pendant quelques instants, lady Brockwell demeura immobile, comme incrustée à son siège .Tout autour, les ténèbres tombaient, épaisses.Le choc avait dû rompre les fils électriques.Quant au phare de la motocyclette, il s\u2019était éteint lui aussi.\u2014 Kello !.Que s\u2019est-il passé ?.A peine remise de la secousse plutôt brutale, Vera se hasarda hors de sa voiture.Une rafale de pluie vint lui cingler le visage, alors elle esquissa quelques pas sur le bord de la route.Ses souliers de bal enfonçaient dans la boue, l\u2019eau pénétrait à l\u2019intérieur .Machinalement, la jeune femme prit dans la pochette de la porte, demeurée grande ouverte, une torche électrique .Il se fit un léger déclic, le pinceau lumineux balaya la route .Tout d\u2019abord, l\u2019automobiliste vit la moto écrasée contre l\u2019arrière de la Rolls.La roue d\u2019avant avait été tordue par le choc.De leur cote les deux pneus arrière de la voiture avaient éclaté.Le feu d\u2019arrière s\u2019était éteint en même temps que les phares .Le pare-choc apparaissait fortement tordu.Cependant, ce qui attira surtout l\u2019attention de la jeune femme, ce fut un corps étendu, légèrement replié sur lui-même .Le motocycliste était venu échouer là, au milieu de la boue .\u2014 Mon Dieu !.Il s\u2019est tué !.balbutia lady Brockwell en s\u2019agenouillant auprès de la forme immobile .Maintenant l\u2019inconnu apparaissait à la clarté de la torche électrique.Il était vêtu d\u2019une combinaison de toile brune, son visage se trouvait en partie dissimulé par des lunettes, un casque de cuir lui protégeait la tête et la nuque.Dans sa chute au milieu de la boue, il s\u2019était souillé le menton, ses vêtements tout trempés lui collaient au corps.Lady Brockwell hésita pendant quelques instants, la pluie lui plaquait ses cheveux contre son front et abîmait la robe de soirée que ne protégeait qu\u2019imparfaitement le superbe manteau de vison.La jeune femme se redressa, hésitante, ses regards se portèrent vers la lumière qu elle apercevait toujours sur sa droite .Elle allait abandonner délibérément le motocycliste qui semblait évanoui quand un scrupule la prit.Elle voulut s\u2019assurer si le malheureux vivait encore .Elle appliquait la main contre la poitrine de l\u2019inconnu quand une exclamation de stupeur lui échappa .\u2014 Dieu tout-puissant !.Ce n\u2019est pas un homme !.Ce n\u2019est pas un homme !.C\u2019est une femme !.Intriguée au plus haut point, lady Brockwell se baissa de nouveau ; sans plus s\u2019inquiéter de l\u2019eau qui ruisselait le long de son visage, anéantissant tout son savant maquillage, elle dénoua la courroie qui assujettissait le masque de cuir.En quelques instants, l\u2019inconnue se trouva débarrassée de sa coiffure.Une opulente chevelure brune s\u2019échappa aussitôt du couvre-chef .\u2014 Ce n\u2019est même pas une femme, insista lady Brockwell profondément interloqué .C\u2019est une jeune fille !.Pourtant l\u2019automobiliste se redressa bien vite .Elle se rappelait la mission qui lui avait été confiée et le danger qu\u2019elle pourrait courir en s\u2019attardant plus longtemps sur la route .Une fois de plus elle regarda la lumière tout proche, qui, telle un phare, semblait la guider dans la nuit .\u2014 Qu\u2019importe .Je ne puis attendre .Il faut à tout prix .La jeune femme n\u2019acheva point sa phrase .Auprès d\u2019elle, l\u2019inconnue venait de remuer faiblement, et, presque imperceptible, sa voix s\u2019éleva : \u2014 Au secours, balbutia-t-elle.Ill \u2014 La villa dans les sapins Lady Brockwell esquissa un geste de dépit, mais déjà une main se tendait vers elle et s\u2019accrochait à sa manche : \u2014 A boire, madame, par pitié !.La jeune femme regarda autour d\u2019elle .Elle avait emporté dans le nécessaire de la Rolls, une petite valise de pharmacie.Elle trouverait là de l\u2019eau de mélisse.Hâtivement elle revint donc à la voiture, puis chercha à tâtons .Elle s\u2019exaspérait à tâtonner ainsi dans le noir : \u2014 Ma foi, tant pis ! grommela-t-elle .Mieux vaut laisser ici cette importune !.Pourtant, à la réflexion, la jeune femme comprit que l\u2019inconnue pouvait appeler, alerter les agents qui devaient intervenir d\u2019un moment à l\u2019autre.Mieux valait ne pas compliquer les choses.D\u2019ailleurs la motocycliste se redressait.Il semblait qu\u2019elle ne se fût rien fracturé au cours de 1 accident .\u2014\tJe vous en prie, madame.Pre-nez-moi avec vous !.J'ai eu de la chance .Je suis tombée de ma machine avant le choc .\u2014\tAttendez.Je vais vous aider et je vous conduirai jusqu à ma voiture .Ensuite, j'ignore si je pourrai la remettre en marche.Il faudrait qu\u2019un mécanicien la répare !.Mais pourquoi avez-vous foncé sur moi comme une folle ?Vous auriez voulu provoquer cet accident stupide que vous n\u2019eussiez certainement pas mieux agi !.Lady Brockwell ne pouvait dominer à présent les vives appréhensions qu elle ressentait.Elle avait cru exécuter cette nocturne équipée à l\u2019insu de son mari et rentrer assez tôt à son hôtel à Washington pour ne point éveiller ses soupçons, et voilà que cette aventure menaçait de tout compliquer .Lord Brockwell ne pouvait désormais moins faire qu\u2019apprendre son équipée, et, certainement, il ne manquerait pas de questionner sa femme au sujet des raisons qui lui avaient fait emprunter la chaussée de War-renton par un temps détestable !.\u2014 Allons, appuyez-vous sur moi!.Bon gré mal gré, la jeune femme se vit obligée de secourir son intempestive compagne de hasard .L'inconnue semblait encore un peu étourdie par sa chute, toutefois elle put approcher de la voiture, puis avec l\u2019aide de lady Brockwell, s\u2019installer à l\u2019intérieur.Quand elle fut assise sur les confortables coussins et que Véra lui eut fait prendre un peu d\u2019eau de mélisse sur un morceau de sucre, elle poussa un soupir satisfait.\u2014 Alors, vous sentez-vous mieux ?hasarda la jeune femme .\u2014 Un peu mieux, je vous remercie, madame.Je crois que je m\u2019en tirerai seulement avec quelques écorchures aux mains et aux genoux !.\u2014 Vous pourrez vous vanter d\u2019avoir de la chance .Tout en prononçant ces mots, lady Brockwell s'était remise au volant, ses vêtements tout trempés lui collaient au corps, l\u2019eau coulait le long de ses bas de soie fine.Cependant, elle ne paraissait pas s'inquiéter actuellement de son état aussi lamentable que celui de sa compagne.Se replaçant au volant, elle s\u2019efforça de remettre la Rolls en marche.Ce fut en vain qu\u2019elle appuya sur le contact.La voiture refusa d\u2019avancer.\u2014 Eh bien, nous voilà propres !.Mon auto est momentanément inutilisable !.\u2014 Je vous assure, madame, je suis confuse !.\u2014 Ne vous excusez pas!.Vous allez rester là tout simplement.Comment, vous partez, sous cette pluie ?.\u2014 Il faut absolument que j\u2019aille chercher du secours !.\u2014 Mais il me semble que la première voiture ou la première moto qui passera .\u2014 Inutile.Vous voyez bien qu'il y a une maison tout près de là !.Etendant la main, lady Brockwell désignait la lumière qui apparaissait toujours dans la nuit, puis se tournant vers l\u2019inconnue : \u2014 Ecoutez-moi bien, vous allez m\u2019attendre là.Pour ma part, j\u2019irai à cette maison demander des secours .Je n\u2019en n\u2019aurai certainement pas pour longtemps.-\u2014 Mais vous allez être trempée jusqu\u2019aux os !.\u2014 Qu\u2019importe !.Ce n\u2019est pas la première fois que pareille chose m\u2019arrive !.La jeune fille eut beau insister, sa compagne demeura fermement décidée à partir ; prenant son sac et s\u2019assurant qu\u2019elle avait son revolver, lady Brockwell alluma sa torche électrique, puis s\u2019engagea délibérément sur la route.La pluie semblait avoir diminué quelque peu de violence, le rond lumineux de la torche se dessinait devant la jeune femme.Pendant quelques instants elle parut manifester quelque hésitation, puis elle s\u2019éloigna, sans se retourner une seule fois pour regarder la voiture où l\u2019inconnue était demeurée assise .La motocycliste ne bougeait pas ; pourtant, si lady Brockwell avait pu voir à ce moment l\u2019expression de son visage, elle eût été certainement intriguée .Un sourire satisfait éclairait le masque de la jeune fille.Ses regards suivaient le rond lumineux qui s\u2019éloignait peu à peu, puis, brusquement, il disparut.Lady Brockwell venait d\u2019emprunter un chemin qui débouchait à peu de distance sur la route .Alors, avec une agilité dont on ne l\u2019eût certainement pas crue capable, surtout après l\u2019accident dont elle venait d\u2019être victime, la jeune fille sortit à son tour de la Rolls.L\u2019engourdissement et la raideur qu\u2019elle manifestait tout à l\u2019heure, quand lady Brockwell l\u2019avait aidée à se hisser dans la voiture avaient complètement disparu.Portant la main à la poche de pantalon de sa combinaison, l\u2019inconnue en retira un revolver, puis s\u2019aventurant au dehors, elle s\u2019élança dans la direction que venait d\u2019emprunter sa compagne .Cinq minutes durant, la jeune fille s\u2019éloigna à travers les ténèbres presque complètes, mais elle ne tarda pas à repérer à son tour le chemin où s\u2019était engagée lady Brockwell.D\u2019ailleurs, à trois cents pas en avant, elle revit le rayon lumineux de la torche électrique, la silhouette de la jeune femme se découpait confusément.Lady Brockwell ne soupçonnait pas un instant qu\u2019elle fût aussi étroitement filée.A plusieurs reprises, elle s\u2019arrêta, pataugeant dans la boue ; elle poussa une joyeuse exclamation quand elle aperçut un portail qui se découpait à peu de distance .Depuis qu\u2019elle s\u2019était engagée dans cette voie la jeune femme avait pu se rendre compte que des traces de pneus apparaissaient sur le chemin.Elle se dit que celui qu\u2019elle devait rencontrer et qui l\u2019attendait vraisemblablement avec une légitime impatience l\u2019avait précédée de très peu dans ces parages.Et elle oublia ses récentes tribulations pour accomplir jusqu\u2019au bout la mission que lui avait confiée l\u2019énigmatique D 14 .Après avoir franchi une trentaine de pas, lady Brockwell parvint au portail même .Elle se disposait à sonner, quand elle s\u2019aperçut que la petite porte d\u2019entrée voisine de la grille était demeurée entr\u2019ouverte.Alors, résolument elle franchit le seuil et s\u2019engagea à travers l\u2019allée centrale .De chaque côté s\u2019alignaient d\u2019énormes sapins.La pluie dégouttait des branches agitées par le vent, aussi la jeune femme dut-elle marcher au centre de l\u2019allée .Le rectangle lumineux de la fenêtre se découpait devant elle et lui permettait de se guider.C\u2019était la même lumière qu\u2019elle avait aperçue de la route avant que se produisit le malencontreux accident.Sans doute la jeune femme ne venait-elle pas là pour la première fois car elle avançait maintenant sans hésitation aucune.Au bout de l\u2019allée un cottage de style anglais s\u2019élevait.Quatre marches permettaient d\u2019atteindre le perron .Lady Brockwell qui continuait de diriger sa torche électrique devant elle, se rendit compte, que là aussi, la lourde porte n\u2019avait pas été fermée.En dépit de la pluie, elle demeurait entre-bâillée.A peu de Le Samedi, Montréal.14 janvier 1950 17 distance, une automobile était arrêtée, tous feux éteints.Pourtant la nouvelle venue n\u2019aperçut pas âme qui vive .Cette atmosphère de mystère n\u2019était évidemment pas sans intriguer quelque peu la jeune t'emme.mais elle était habituée à de semblables découvertes.Une fois parvenue sur le perron, elle promena longuement ses regards autour d\u2019elle .Elle ne vit encore personne, pas même une silhouette furtive qui, après avoir franchi à son tour le portail, se dissimulait rapidement sous les sapins .Seul se faisait entendre le ruissellement continuel de la pluie .Rassurée, la jeune femme entra sans chercher à appuyer sur le bouton électrique de la sonnette.A peine eut-elle esquissé deux pas dans le vestibule, qu\u2019elle étendit la main à tâtons.Un commutateur était là qu\u2019elle tourna.Un flot de lumière inonda aussitôt le refuge .Le vestibule était vaste, quatre armures s\u2019alignaient aux angles, mais la visiteuse nocturne ne leur accorda qu\u2019une assez médiocre attention .Un grand escalier se dressait au fond, recouvert d\u2019un tapis de couleur pourpre .Sans manifester la moindre hésitation, la jeune femme commença à gravir les marches qui conduisaient au premier étage .Tandis que Vera Brockwell poursuivait son ascension, le silence le plus absolu s\u2019appesantissait dans le mystérieux séjour.Il semblait véritablement que ce fût le refuge de la Belle au Bois Dormant, pourtant la nouvelle venue ne s\u2019étonnait aucunement de cette atmosphère de mystère .Parvenue au bout de l\u2019escalier, elle s\u2019arrêta .Une odeur de cigare lui parvenait en effet.Ce détail, loin de l\u2019inquiéter, la fit sourire .\u2014 Il est là! se dit-elle .Il m\u2019attend ! Sous la porte du premier étage devant laquelle elle était parvenue, la jeune femme apercevait en effet un rais de lumière.Alors, d\u2019un pas furtif, elle se rapprocha de la porte .A deux reprises elle frappa discrètement contre le panneau.\u2014 Corne in !.répondit une voix d\u2019homme.Lady Brockwell ne se fit pas répéter l\u2019invitation ; conservant son sac dans sa main gauche, elle déposa sa torche électrique sur une chaise du palier, puis elle fit tourner la poignée de la porte.Quelques instants plus tard, elle pénétrait dans un bureau .aux murs couverts de magnifiques tapisseries .Si imprévu cependant que parût ce décor la nouvelle venue ne s\u2019attarda pas à le contempler .Après avoir hésité un peu sur le seuil, elle se dirigea vers l\u2019extrémité de la pièce.Un homme était assis là à sa table de travail, un homme dont elle ne pouvait encore discerner les traits, car il baissait la tête et semblait fort absorbé à écrire.Quand il se redressa, lady Brockwell ne put réprimer une exclamation effarée.Pour la première fois qu\u2019elle s\u2019était engagée à travers la nuit elle abandonna sa parfaite assurance .\u2014 Comment, c\u2019est vous !.s excla-ma-t-elle d\u2019une voix sourde.La jeune femme reconnaissait tout de suite l\u2019individu qui avait redresse la tête et qui, maintenant la regardait en souriant.Il n\u2019y avait pas de doute possible, c\u2019était bien Gerald Hartmann qui se trouvait là et pourtant, elle avait quitté le businessman tout à l\u2019heure, avant que ne fût connue la nouvelle de la disparition du document à la demeure du secrétaire d\u2019Etat.\u2014-Vous ne rêvez pas, lady Brockwell!.C\u2019est bien moi.Vous aviez quelque chose à me remettre de la part de D 14 ?.Gerald Hartmann souriait inlassablement et se levait de son siège, d\u2019un geste aimable il désigna à la nouvelle venue le fauteuil qui se trouvait placé en face du bureau, mais la visiteuse ne répondit pas à cette invitation.Elle attendait, toujours debout, le visage crispé.\u2014 C\u2019est une mauvaise plaisanterie, j\u2019imagine ! grommela-t-elle enfin d un ton sec .\u2014 Pas du tout.C\u2019est moi, comme vous le voyez, qui remplace notre chef W 343 .Donnez-moi l\u2019enveloppe !.Le sourire ironique qui effleurait à ce moment les lèvres du businessman inspirait à la jeune femme une extrême méfiance.Un secret instinct lui fit comprendre qu\u2019elle se trouvait en danger : __Trêve de plaisanterie, grommela- t-elle .Vous n\u2019allez tout de même pas me faire croire que D 14 m\u2019a remis une lettre pour la remettre à D 14?D\u2019ailleurs, qui me dit que vous êtes bien D 14 ?\u2014 Diable, vous êtes une fine mouche, lady Brockwell .Vous vous dites que votre collègue, dont vous ignoriez l\u2019identité, comme vous ignorez d\u2019ailleurs l\u2019identité de la plupart des agents de votre service d\u2019espionnage, pourrait fort bien être tombé aux mains d\u2019un agent de contre-espionnage américain, et que celui-ci, sous les apparences du financier Gerald Hartmann, a fort bien pu prendre la place de ce dernier.Quant au destinataire de l\u2019enveloppe, il serait fort possible qu\u2019il fût tombé, lui aussi, entre les mains de la police, et que, harcelé de questions, il se fût décidé à faire des aveux complets concernant 1 organisation de son service !.La jeune femme était devenue très pâle pendant que son interlocuteur imprévu lui adressait ces paroles.En dépit de la tranquillité qu\u2019affectait Gerald Hartmann, elle comprenait qu\u2019elle était venue donner tête baissée dans un piège.Mais la voix calme de son interlocuteur insista : __Allons, donnez-moi l\u2019enveloppe que D 14 vous a remise tout à l\u2019heure, fady Brockwell ?.____Je ne puis vous remettre cette enveloppe, riposta la jeune femme frémissante, puisque vous venez de m\u2019avouer cyniquement que vous n êtes pas D 14 !.Et, avant même que son interlocu-teur ait pu prévenir son geste, lady Brockwell porta la main à son sac, avec une foudroyante rapidité, elle en sortit son revolver qu\u2019elle dirigea aussitôt contre le businessman.__Vous être un traître .Vous allez payer .__Je ne vais rien payer du tout, déclara Gerald Hartmann dont le visage s\u2019éclaira d\u2019un sourire de victoire.Je constate seulement que votre geste équivaut au plus éclatant des aveux.Je suis l\u2019inspecteur Byles.Et comme je serais navré qu\u2019il vous survienne le moindre inconvénient fâcheux, je vous préviens charitablement que quelqu\u2019un vous tient actuellement sous la menace d\u2019un revolver!.Je ne cherche pas à vous mentir !.Regardez dans la glace qui vous fait face !.Interloquée, la jeune femme regarda.¦ Et elle aperçut tout de suite une silhouette qui se dressait dans l\u2019encadrement de la porte .La jeune fille à la motocyclette qu\u2019elle avait laissée récemment dans la Rolls, était la qui dirigeait contre elle le canon d\u2019un automatique.Tout absorbée qu\u2019elle était par sa promenade nocturne, lady Brockwell ne s\u2019était pas doutée qu\u2019elle fût étroitement filée.Maintenant, les yeux agrandis par l\u2019étonnement, elle écartait lentement l\u2019arme dont elle menaçait à l\u2019instant son interlocuteur .Ce que les mamans devraient savoir au sujet des Toujours à explorer .toujours curieux! Malgré la surveillance de la maman, on ne peut jamais dire ce que le petit fripon va faire.Il faut parfois avoir recours à un médecin .quelquefois la maman peut donner elle-même les premiers secours.Ci-dessous, vous trouverez quelques-unes des mésaventures qui arrivent le plus communément aux bébés, et les suggestions faites par une autorité compétente au point de vue médical.ÉCHARDES\u2014Nettoyez la peau de bébé à l\u2019alcool.S\u2019il est nécessaire, employez une aiguille stérilisée pour dégager la tète de l\u2019écharde.Puis sortez l\u2019écharde à l\u2019aide d\u2019une pince très fine, stérilisée, et mettez un antiseptique.Si l\u2019écharde est grosse ou profondément enfoncée, emmenez le bébé chez le médecin.BRULURES ET ÉCHAUDURES\u2014Pour les petites brûlures, appliquez une pâte faite de bicarbonate de soude et d\u2019eau, ou mettez un onguent sur de la caze stérile ou un linge fraîchement lavé et bandez légèrement 1 endroit brûle.Si le bébé est très brûlé, appelez tout d\u2019abord le médecin.Puis, vous pouvez soit enduire la brûlure de gelée de pétrole et la recouvrir d un linge propre soit tremper un drap dans une solution de bicarbonate de soude et d eau tiede et enrouler le bébé dedans.Gardez le bébé au chaud, enveloppé de couvertures.COU PU RE S\u2014Après avoir laissé saigner légèrement sous un filet d\u2019eau, badigeonnez les petites coupures a l\u2019alcool ou a la T eiuture d Iode a \u2014 /o, puis a \" ez un pansement stérile.On pent arrêter généralement le saignement des coupures profondes en appliquant une compresse et un bandage serré.Si une artère ou une veine est coupée, faites un tourniquet au-dessus de la coupure, mettez une compresse serrée sur la coupure, et emmenez rapidement l'enfant chez le médecin.QUARTIER GÉNÉRAL oCeà atitn&Titô POUR BÉBÉS EU IMPORTE LES PREMIERS iCOLRS DONT BÉBÉ AIT BESOIN, us il est sain, mieux il les supportera, anservez donc la santé de votre bébé en i donnant des Aliments Heinz pour ébés, sains et nourrissants.Quand vous immencez les aliments solides, choisissez .n menu parmi les 27 délicieuses variétés ; Purées Heinz pour Bébés, faciles a ?aler, faciles à digérer.Et quand le éilecin dit qu\u2019il est prêt à apprendre a [astiquer, changez pour des aliments de insistance plus grossière, les Aliments einz pour Enfants qui existent en 17 ariétés nourrissantes et appétissantes.\u2022EUX NOUVELLES CÉRÉALES IGALEMENT! Recherchez ces deux nou-elles additions à la Famille des Aliments [einz pour Bébés\u2014la Céréale préalable-îent Cuite Heinz (faite de blé, de blé \u2019Inde et d\u2019avoine) et le Mélange de Farine \u2019Avoine préalablement Cuit Heinz.HEIMZt^ Quand vous faites vos emplettes, recherchez gamme complète de Purées Heinz pour Bébés (Etiquette Bleue), d\u2019Aliments Heinz pour Enfants (Etiquette Rouge), et les deux nouvelles Céréales Préalablement Cuites Heinz, à l\u2019enseigne du Bébé Heinz.1 Le Samedi, Montréal, 14 janvier 1950 \u2014 Allons, vous voyez bien, cette fois, que tout est fini pour vous ! déclara Gerald Hartmann, alias Byles .Au nom de la loi, Vera Trékanoff, je vous arrête !.IV \u2014 La fin d'une espionne La jeune femme tressaillit en entendant prononcer son nom, mais la voix de son interlocuteur se fit entendre, plus impérative encore : \u2014 Jetez votre revolver sur la table!.Vaincue, lady Brockwell s\u2019exécuta .Sa main tremblait tandis qu\u2019elle remettait l\u2019arme .Alors, rapidement l\u2019inconnue de la moto s\u2019approcha d\u2019elle .Byles se promenait maintenant de long en large dans la pièce.\u2014 Tout a une fin, Véra Trékanoff, déclara-t-il en revenant vers la jeune femme .Depuis longtemps les agents du service de contre-espionnage cherchaient à vous démasquer .Grâce à votre admirable audace, vous étiez arrivée à les dépister .Rappelez-vous l\u2019affaire des pétroles de Tampico, où vous nous avez roulés comme des gosses, pour le parfait bénéfice d\u2019une pu:s-sance étrangère .Souvenez-vous aussi du plan de la mitrailleuse « Alpha », qui fut dérobé au laboratoire d\u2019expériences de Brownstown, avec une audace qui dénotait, de la part de son auteur, une habileté et un mépris du danger peu communs.En vérité, une telle adresse eût été digne d\u2019une meilleure cause, Véra Trékanoff !.\u2014 En vérité, je me demande pourquoi je vous ai permis de parler plus longtemps, coupa la jeune femme .Je ne sais absolument pas ce que vous voulez dire, et je ne connais pas cette Véra Trékanoff.Je suis lady Brockwell, je suis de nationalité britannique .Je préviendrai mon mari de la honteuse accusation et de la violence que vous me faites .Vous ne tarderez pas à vous repentir de .\u2014 Trêve de menaces, Véra Trékanoff !.Certes, vous êtes lady Brockwell! A la suite de machinations et d\u2019intrigues, vous êtes parvenue à tromper et à subjuguer complètement ce parfait honnête homme qui tient une large place dans la politique de son pays !.By Jove ! Etre lady ! c\u2019était évidemment un rôle qui vous permettait de mieux surprendre les secrets concernant la diplomatie ou la défense nationale.Par malheur, vous aviez compté sans l\u2019arrestation de Karl Denig, votre ancien amant !.\u2014 Karl Denig ?qui est-ce encore que celui-là ?hasarda la jeune femme qui continuait de jouer l\u2019étonnement le plus complet.\u2014 Inutile de poursuivre votre comédie .D\u2019ailleurs voici une lettre que Denig a écrite à son lit de mort, quand il succomba avant-hier à la suite d\u2019une chasse dramatique que lui livrèrent deux de nos agents du contre-espionnage .Ces lignes ne peuvent laisser subsister aucun doute au sujet de votre véritable personnalité et des agissements que vous avez poursuivis, même depuis que vous êtes l\u2019épouse de lord Brockwell .Le faux Gerald Hartmann tendit une lettre à la jeune femme ; devant l\u2019insistance de son interlocuteur, elle se résigna à en prendre connaissance.Toute droite, elle lut, et l\u2019agent secret observait anxieusement le changement qui s\u2019opérait à ce moment sur son visage qui était devenu effroyablement pâle .\u2014 Le misérable !.grommela-t-elle enfin .\u2014 Denig n\u2019était pas un misérable, coupa l\u2019inspecteur .C\u2019était un pauvre bougre qui n\u2019a jamais pu se faire à l\u2019idée que vous apparteniez à un autre !.Alors, au moment où il se vit traqué par les nôtres, il s'est refusé à conserver le secret à votre sujet.Il est entré dans la voie des aveux, car il s\u2019imaginait bien, qu'en agissant de la sorte, il déshonorerait par contre-coup lord Brockwell .\u2014 C\u2019est vrai, fit la jeune femme .Si vous m\u2019arrêtez, vous déshonorerez lord Brockwell !.Je vous remercie infiniment d\u2019avoir replacé cet atout dans mon jeu .Je sais bien que vous n\u2019oserez pas, que vous n\u2019oserez jamais !.Si le scandale éclatait.\u2014 Le scandale n\u2019éclatera pas, Véra Trékanoff !.Et comme l\u2019espionne se dressait en face de lui, incrédule, l\u2019inspecteur Byles insista : \u2014 Le scandale n\u2019éclatera pas, car nous ferons tous pour l\u2019étouffer.Nous ne voulons pas que l\u2019homme qui fut toujours esclave de vos moindres désirs soit éclaboussé par la boue de votre existence et par votre lourd passé !.Il se fit un bref silence.Une ombre passa dans les regards de Véra, et l\u2019agent comprit qu\u2019elle abandonnait peu à peu de sa belle assurance.\u2014 Vous étiez grisée par votre titre de lady, insista Byles.Vous avez commis des imprudences, et vous ne vous êtes pas doutée un seul instant que le cercle se refermait autour de vous et de la bande infâme à laquelle vous apparteniez depuis plus de sept ans .Alors, nous avons décidé de vous confondre au service de contre-espionnage .Un seul moyen nous restait, muer la comédie.Nous l\u2019avons fait !.Les révélations de Denig nous avaient appris que vous cherchiez à vous procurer le texte intégral de l\u2019accord qui vient d\u2019être conclu entre les trois grandes démocraties .Alors, Byles est enté dans la peau de Hartmann qui, placé sous une surveillance des plus étroites, \u2019a pu assister à la réception du secrétaire d\u2019Etat.Je dois d\u2019ailleurs vous ajouter qu\u2019une cer- taine ressemblance avec le businessman me permettrait de la présenter avec plus de succès qu\u2019un autre .Par Denig, nous savions qu\u2019il était D 14.Un mandat d\u2019amener vient d être porté contre lui, à ce sujet.Il aura des comptes sévères à rendre à la justice de son pays.Mais tout cela nous écarte de votre cas .Nous tenions à vous démasquer, mais loin de cette brillante assemblée.On lança, par T.S.F., une information fantaisiste susceptible de vous encourager.Et ce fut Betty Dark la plus habile de nos agentes qui nous permit d\u2019obtenir ce résultat !.Byles désignait la motocycliste qui n'avait pas cessé depuis le début du récit de tenir l\u2019espionne sous la menace de son revolver .\u2014 Je comprends, ricana Véra Trékanoff .L\u2019accident ! tout cela c'était du chiqué ?.\u2014 Vous l\u2019avez dit !.L\u2019accident s\u2019est produit près de votre but, afin de vous mettre dans l\u2019impossibilité de vous enfuir .-\u2014Je vous trouve très fort, et cette petite est une fine mouche, murmura amèrement lady Brockwell.Quand je pense que je ne me suis pas doutée un seul instant de sa duplicité .Vous avez raison, Byles !.Le titre de lady m\u2019avait complètement rendue folle.Il me faisait oublier la plus élémentaire prudence !.Tant pis pour moi.Je suis prise, je dois payer !.\u2014 Alors, vous reconnaissez que mes accusations sont fondées ?\u2014 Je reconnais tout ce que vous voudrez, excellent Byles .Et je vous donnerai même ma signature s'il le faut !.Véra Trékanoff semblait maintenant décidée à accepter son destin ; déjà Betty Dark détournait quelque peu son arme quand, tout à coup, l\u2019espion- ne se redressa avec la rapidité de l\u2019éclair .D\u2019un coup de pied savamment calculé, elle esquissa un croc-en-jambe qui fit étaler la jeune fille sur le tapis .¦ Avant que ses deux voisins aient eu le temps de s\u2019interposer, elle bondit vers la porte et s\u2019éloigna en courant sur le palier.\u2014\tVite !.Arrêtez-la !.hurla Byles .Des appels et des éclats de voix se firent entendre dans l\u2019escalier.Le cottage qui semblait désert tout à l\u2019heure, se peuplait subitement, des silhouettes apparaissaient dans les couloirs.Un agent qui s\u2019efforçait de barrer la route à la fugitive s\u2019effondra, frappé d\u2019un coup de tête en pleine poitrine.\u2014\tAlerte !.Elle sort !.Plusieurs détonations éclatèrent, mais < aucune des balles n\u2019atteignit la fugitive .Avec une extraordinaire rapidité, elle dégringola les marches du perron, puis avisant l\u2019auto arrêtée qu\u2019elle avait remarquée avant de s\u2019introduire dans le cottage, elle y bondit.Sauter au volant, mettre le moteur en marche, puis appuyer sur l\u2019accélérateur, ne lui demanda que quelques instants seulement.Des nouveaux coups de feu retentirent, tirés du perron .Mais l\u2019auto fi\u2019ait déjà à travers l\u2019allée centrale.Elle allait atteindre la grille quand, tout à coup, une sourde explosion se fit entendre.Dans sa précipitation, Véra Trékanoff avait négligé, volontairement, d\u2019allumer les phares qui l\u2019auraient fait prendre pour cible : le grand portail demeurait fermé, elle s\u2019en fut s'écraser à toute allure contre cet obstacle imprévu .Betty Dark, Byles et leurs collègues accouraient à toutes jambes.En quelques instants, le petit groupe rejoignit l\u2019endroit où s\u2019était écrasée la voiture.Et à deux pas de là, Betty aperçut la première un corps qui gisait sans vie sur le sol : \u2014\tElle est tombée ! Venez vite !.Byles et ses auxiliaires s\u2019agenouillèrent à la hâte, mais ils constatèrent tout de suite que les soins demeuraient inutiles .L\u2019espionne avait trouvé la mort au cours de sa chute, elle s'était brisé la colonne vertébrale .\u2014 Alors, qu\u2019allons-nous faire?interrogea Betty Dark .\u2014 Tout d\u2019abord, éviter le scandale.Vous entendez bien, tous ?Vous allez m\u2019aider à transporter le corps dans la Rolls, puis nous ramènerons la voiture sur la route de Washington.Il faut à tout prix que lord Brockwell croit, et tout le monde avec lui, que lady Brockwell a été victime d\u2019un accident sur la route de Washington .\u2014 Mais les constatations ?objecta une voix .\u2014 Nous ferons les démarches nécessaires avec la police .L\u2019indispensable consiste, avant tout, à éviter toute complication diplomatique.Le résultat que nous recherchons depuis si longtemps est acquis : Denig et son ex-ma;tresse demeurent actuellement hors d\u2019état de nuire .C\u2019en est fait de la sinistre organisation d\u2019espionnage qui nous a donné tant de mal !.Tout en prononçant ces mots, Byles tirait de sa poche la fameuse enveloppe.celle-là même que la jeune femme croyait contenir le texte intégral du traité !.Rapidement, l\u2019agent secret déchira l\u2019enveloppe, et ce fut une feuille blanche simple qu'il tira .\u2014 Si elle avait pu savoir cela, murmura-t-il, pendant que ses compagnons soulevaient le corps pour le transporter dans la Rolls demeurée sur la route voisine, elle ne se fût certainement pas aventurée dans le piège que nous lui avions tendu, grâce aux révélations de son chef.Ainsi s\u2019acheva l\u2019aventureuse carrière de l\u2019espionne Véra Trékanoff.Hor- [ Lire In suite page 31 j LA VIE COURANTE .par Georges Clark \u2014 En principe, je cède ma place aux dames âgées.mais comment peut-on savoir, aujourd'hui, si une dame est vraiment âgée ?.(MSplISil -\u2014T- 4 Vlt-R IMvAV- 'tMr& V -X Le Samedi, Montréal, 14 janvier 1950 19 LA FEMME QUI AVAIT PEUR [ Suite de la page 10 ] Rentrant dans la salle à manger, elle y trouva Adèle, sa bonne, occupée à desservir.Adèle semblait préoccupée.Hélène lui en fit la remarque : \u2014 Je vous trouve un air bizarre ce soir, Adèle.Qu\u2019est-ce qui ne va pas ?Vous avez quelque ennui ?\u2014 Mais pas du tout, Madame.Je me plais bien ici.\u2014 Bon, bon, tant mieux.J\u2019ai très mal à la tête, Adèle, je monte dans ma chambre.Quand vous aurez fini, vous pourrez aller vous coucher.Bonsoir.\u2014 Bonne nuit, Madame.Et Hélène gagna le premier étage pour tâcher de reposer un peu.Elle se coucha, attendit le sommeil qui ne vint pas, et resta dans une torpeur angoissée, à épier les bruits nocturnes, les pas des passants, les craquements des meubles dans la nuit.Quelques instants plus tard, un coup discret était frappé à la fenêtre de la salle à manger, donnant sur le jardin.Adèle, qui était aux aguets, l\u2019entr\u2019ou-vrit précipitamment et dit à voix basse : \u2014 C\u2019est toi, Bébert ?N\u2019entre pas.C\u2019est loupé pour aujourd\u2019hui.\u2014 De quoi ! répondit une voix éraillée.Tu as changé d\u2019avis ?Tu me dis que je peux rappliquer ce soir en douce et voilà que tu te dégonfles ?Faudrait pas te payer ma figure.\u2014 Je me suis trompée, fit Adèle, je ne suis pas seule.Ma patronne est dans sa chambre.\u2014 Je m\u2019en fous.J\u2019entre tout de même.Attends cm peu que j\u2019enjambe le rebord de la fenêtre.\u2014 Pas si fort ! elle pourrait nous entendre.Elle attend le patron et son ami qui doivent revenir d\u2019un moment à l\u2019autre.Si tu restes ici, tu vas te faire poisser.\u2014 Non, mais penses-tu?ricana Bébert, j\u2019y su s, j\u2019y reste.Je les ai vus partir, ils ne vont pas rentrer tout de suite ! On a tout le temps de s\u2019occuper.Dis-moi où est le bureau, où c\u2019est qu\u2019il y a les biftons.Ce sera fait en cinq secs.\u2014 Chut! j\u2019entends Madame qui bou-ge.\u2014 Oh! celle-là, tu sais, si elle fait des magnes, moi j'hésite pas ! J\u2019lui enlève le goût du pain .\u2014 Planque toi là, Bébert.La voilà qui arrive.Adèle cacha l\u2019apache derrière un rideau.Il était temps.Hélène, inquiète, venait voir ce qui se passait.Elle avait cru entendre parler.Adèle la rassura de son mieux, lui fit constater qu\u2019elle achevait de mettre tout en ordre et se déclara prête à aller se coucher à son tour.Hélène rentra dans sa chambre.Bébert sortit de sa cachette et réclama derechef, à sa complice, la clef du bureau, mais Adèle avait peur : \u2014 Ils vont revenir, je te d.s.Et alors on sera pincés tous les deux.Si tu ne t\u2019en vas pas, Bébert, j\u2019appelle ! \u2014 Moucharde, allons vite, la clef du bureau.\u2014 Mais .\u2014 Fais attention.Faut pas jouer avec mézigue.Je te préviens, ça coûte cher ! \u2014 Ecoute, Bébert.Je t\u2019avais promis de t indiquer un coup à faire ici, c est donc que j\u2019avais confiance en toi.J ai tenu parole, parce que tu m avais juré de travailler \u201cproprement\u201d, je croyais qu\u2019ils seraient absents tous les trois.Tu aurais eu tout le temps qu\u2019il te fallait.C\u2019est pas ma faute s\u2019ils ont changé d\u2019avis à la dernière minute.Tu reviendras un autre soir.\u2014 Assez de boniment, grogna Bébert, quand je me dérange, il faut que ce soit pour quelque chose.La clef, t\u2019a compris cette fois ?Mais Adèle prêtait l\u2019oreille anxieusement.\u2014 Qu\u2019est-ce que t\u2019as?T\u2019entends des voix ?\u2014 Tais-toi, murmura la fille.C\u2019est dans le jardin.\u2014 T\u2019es pas folle ?\u2014 Tiens regarde, ces deux ombres.Ils ferment la porte.\u2014 Bon sang de bon sang ! Ah ! c\u2019est idiot de se faire poisser comme ça.Je te revaudrai ça, Adèle.\u2014 Tu ne peux plus filer par le jardin.Que faire ?\u2014 Tant pis, je grimpe l\u2019escalier et j\u2019entre là.\u2014 T\u2019es pas fou ?C\u2019est la chambre des patrons.\u2014 J\u2019m\u2019en fous.J\u2019aime mieux m\u2019arranger avec elle qu\u2019avec les deux types.\u2014 Ah non Bébert, pas de ça ! J\u2019vais me gêner.Débinons-nous par là.\u2014 Au fait, dit Adèle, y a la salle de bains à côté de leur chambre.On pourra peut-être s\u2019y cacher.Viens.\u2014 J\u2019te suis.On verra bien .A cet instant, Jacques et Roger pénétraient dans le pavillon et s\u2019arrêtaient au rez-de-chaussée, dans la salle à manger.Leur absence avait duré vingt minutes à peine.L\u2019avocat Vernier n\u2019était pas chez lui.Avait-il oublié le rendez-vous ?S\u2019était-il trompé d heure ?- Toujours est-il que les deux visiteurs avaient rencontré visage de bois.Leur absence s\u2019en était trouvée fort écourtée et Roger en profitait pour bavarder encore un peu avec son ami.Ils en vinrent tout naturellement à parler de l\u2019état nerveux d\u2019Hélène : \u2014 Qu\u2019est-ce que tu en penses, toi, de ces frayeurs consentes de ma femme ?\u2014 C\u2019est évidemment bien ennuyeux, mais pas incurable ! Jacques tira du buffet une bouteille de fine et des verres qu\u2019il emplit, tout en suivant son idée : \u2014 Et je n\u2019arrive pas à triompher de ces terreurs irraisonnées, je ne vois qu\u2019une méthode : il faut que je la laisse seule plus souvent, pour la dresser un peu ! \u2014 Qui\tsait, répondit\tRoger.On\tne peut pas discuter avec des névroses de ce genre.Elle en souffre, c\u2019est cer-tain.__C\u2019est bien pour cela qu\u2019il faut à tout prix la guérir.Ils allumèrent des\tcigarettes.\tIls s\u2019étaient assis et causaient paisiblement.Soudain,\tdu\tpremier étage un appel angoissé\tleur\tparvint : \u2014 C\u2019est toi, Jacques ?Jacques, lançant à son ami un clin d'oeil de connivence, répondit en grossissant sa voix : \u2014 Hou ! hou ! c\u2019est des voleurs.Mais Hélène insistait : \u2014 Ecoute, Jacques, j\u2019ai peur! \u2014 Naturellement! tu mériterais qu\u2019il y ait des voleurs pour de bon.Reste tranquille, c\u2019est idiot à la fin ! Roger impressionné par cette scène faisait signe à son ami de ne pas pousser plus loin la taquinerie : \u2014\tJe t\u2019assure, lui dit-il, tu ne devrais pas.\u2014\tMais si, elle est exaspérante.\u2014\tViens, je t\u2019en prie, reprenait la voix tremblante d\u2019Hélène, il y a quelqu\u2019un .Je l\u2019entends ! \u2014\tTu es absurde, cria Jacques.Tu sais bien que c\u2019est nous qui sommes là.Et se tournant vers Roger, il lui dit plus doucement.\u2014\tJe vais lui donner une bonne leçon.\u2014\tQue vas-tu faire ?\u2014 Oh, rien de bien méchant, sois tranquille, tout ce qu\u2019il y a de plus inoffensif.Je l\u2019enferme à clef dans la chambre et nous ne soufflons plus mot.Aussitôt dit que fait.Il grimpe en hâte les quelques marches de l\u2019escalier et donna un tour de clef aux portes de la chambre à coucher et de la salle de bain, puis il redescendit au rez-de-chaussée.Elle est plus capricieuse qu\u2019une enfant de huit ans.Il faut que je la guérisse de ces terreurs puériles.Maintenant elle peut s\u2019agiter.Je ne me dérange plus.De nouveaux cris d\u2019Hélène, affolés, haletants, retentirent aussitôt : \u2014'Jacques, il y a un homme dans la salle de bains.Je l\u2019entends, viens à mon secours ! Elle s\u2019était lancée, avait bondi jusqu\u2019à la porte qu\u2019elle avait trouvée fermée et la secouait de toutes ses forces : \u2014 Jacques! A l\u2019aide! il est dans ma chambre ! Il veut me faire taire.Il va me tuer ! Au secours, Jacques, au sec.C\u2019est effrayant, dit Roger à Jacques qui souriait encore, quelle angoisse dans sa voix ! Il faut y aller.\u2014 Ah non ! je ne marche plus.\u2014'Mais voyons, Jacques, si c\u2019était vrai ! Un cri plus atroce que les autres éclata ! \u2014 Ah, Jacques, ah ! Cette fois on perçut le bruit d\u2019une lutte rapide, une sorte de râle, la chute d\u2019un corps.Les deux hommes se levèrent, atterrés et gravirent fébrilement l\u2019escalier: Jacques, tremblant ouvrit la porte.Hélène évanouie, gisait sur le parquet de la chambre, étranglée.Son mari, désespéré, essayait vainement de la ranimer.La fenêtre de la salle de bains, donnant sur le jardin avait livré passage au bandit et à Adèle.Ils avaient pu fuir en s\u2019aidant de la gouttière.Bébert filait déjà au grand trot vers la Seine, ayant réduit au silence le seul témoin dangereux de sa tentative ratée.Et la peur, la peur tragique restait inscrite sur le masque contracté et dans les yeux grands ouverts de la malheureuse Hélène.José de Békys GLOBULES SANGUINS VIEUX DE 1000 ANS Des restes organiques bien conservés de globules rouges de sang ont été découverts par le Dr Wilhelm Graf, chef de la section d\u2019histologie de squelettes provenant de Vikings suédois enterrés il y a un millier d\u2019années.Des traces de vaisseaux sanguins et de cartilage autour des articulations ont aussi été trouvées.Le Dr Graf porte maintenant son attention sur des momies égyptiennes vieilles de 2,500 à 3,500 ans.MEILLEUR COMPLETEMENT DISTILLE POUR EN ASSURER LA QUALITÉ ET LA SAVEUR Melchers Distilleries, Limited MONTRÉAL - BER T HtER VI LLE Avez-vous des cadeaux à faire ?Ne cherchez pas plus longtemps.Abonnez vos parents et amis aux 3 grands magazines: Le Samedi, La Revue Populaire et Le Film.Remplissez NOS COUPONS D\u2019ABONNEMENT 20 Le Samedi, Montréal, 14 janvier 1950 NOTRE FEUILLETON LES MAILLES DE FER par PAUL D\u2019AIGREMONT ^ ft I E changeons pas la question, dit- ftl elle avec son calme extraordi-naire.La proposition de M.de Combremont est à coup sûr très honorable pour ma soeur.Je sais qu\u2019il lui est sympathique ; mais, entre cette sympathie et l\u2019idée de le prendre pour mari, il y a loin, surtout pour un caractère comme celui de Thérèse.« Oui, Sybil et moi, nous ferons votre commission ; nous la ferons consciencieusement et loyalement.Quant à influencer Thérèse pour forcer ses goûts, n\u2019y comptez pas.Mme de Rochebelle n\u2019osa pas insister.On eût dit que France lui faisait peur.Dans tous les cas, avec la seconde de ses filles, ce n\u2019était pas comme avec Thérèse.Les conversations duraient peu et les scènes se terminaient vite.Dès que Mme de Rochebelle eut quitté la pièce, France s\u2019approcha de Sybil : \u2014 Tu sais, lui dit-elle, ne parle pas de ces choses à Thérèse, laisse-moi m\u2019en occuper toute seule.\u2014 Pourquoi ?lui demanda l\u2019institutrice étonnée.\u2014 Parce que.répondit la jeune fille.Plus bas, France ajouta : \u2014 J\u2019ai mon idée.Sybil ne demanda pas laquelle.Une heure après et lorsque France, ayant entendu sous la voûte rouler le coupé de Nadine, fut sûre de ne plus être dérangée, elle se rendit chez sa soeur.\u2014 Thérèse, lui dit-elle, je viens te faire part d\u2019une chose grave, et dont tu pourras peut-être faire ton profit, en le sachant tout de suite.\u2014 Ah ! fit l\u2019aînée, qu\u2019est-ce que c\u2019est?\u2014 Un vrai malheur !.\u2014 Mais encore ! \u2014 M.de Combremont t\u2019aime éperdument et t\u2019a demandé en mariage à la comtesse de Rochebelle.Elle vient de nous le communiquer, à Sybil et à moi, en nous demandant d\u2019insister pour que tu l\u2019acceptes.\u2014 Et qu\u2019avez-vous répondu l\u2019une et l\u2019autre ?\u2014 Que nous ferions la commission, mais que nous te laisserions libre.De plus, j\u2019ai prié Sybil de ne pas se mêler de la chose et de me laisser agir seule auprès de toi.Thérèse regarda sa soeur, profondément, longuement.Le calme de France, ce calme sous lequel il y avait tant de perspicacité, tant de clairvoyance, l\u2019étonnait toujours.Elle l\u2019attira dans ses bras, et baisant passionnément ses cheveux blonds : \u2014 Oui, je sais que tu m\u2019aimes, lui dit-elle, que tu m\u2019aimes beaucoup.Je n\u2019oublierai jamais ta démarche, ma Fran-cette chérie.\u2014 Et que dois-je répondre?\u2014 Est-ce aussi pressé que cela ?\u2014 Non, la comtesse n\u2019a pas demandé de réponse immédiate.\u2014 Alors, ne lui dis pas que tu m\u2019as déjà parlé.Du reste, de mon côté, j\u2019ai besoin de réfléchir, et peut-être longuement.Commencé dans l'édition du 24 décembre 1949 Publié en vertu d'un traité avec la Société des Gen.de Lettres.\u2014 Les noms des personnages et de lieux de nos romans.feuH'e'ons, contes et nouvelles sont fictifs et choisis au hasard.\u2014 Thérèse, dit France subitement émue, je ne te demande pas tes secrets.Mais Maurice de Combremont est un homme loyal et bon qui t\u2019aime éperdument.S\u2019il doit avoir le coeur brisé par ton refus, mets-y tous les ménagements possibles.Thérèse l\u2019embrassa de nouveau, et simplement répondit : \u2014 N\u2019aie pas peur, nous avons trop souffert toutes les deux pour n\u2019avoir pas pitié de ceux qui souffrent.Un quart d\u2019heure après, Thérèse, sous prétexte de prendre des nouvelles de son père, se rendait dans le cabinet de M.de Rochebelle.Celui-ci, comme à l\u2019ordinaire, du reste, dormait dans un fauteuil.André écrivait au bureau.Thérèse lui fit un signe imperceptible, et le jeune homme aussitôt la suivit dans un petit salon voisin.Si la scène de la veille avait fait que Thérèse avait lu dans son coeur, elle avait produit sur André une impression autrement profonde et poignante.En effet, à l\u2019émotion heureuse de Thérèse, aux longs regards doux et bons qu'elle lui adressait, il avait compris à quel point la méprise de l\u2019ouvrière l\u2019avait rendue heureuse.Depuis plus de six mois il assistait à l\u2019épanouissement de l\u2019amour de Thérèse.Pas une seule fois elle n\u2019avait songé à le lui cacher.Cette grande tendresse, cette affection exclusive et confiante dont elle l\u2019enveloppait, l\u2019avait fait vivre dans un autre monde, elle avait réchauffé son coeur meurtri et timide, elle avait donné un but à ü vie qu\u2019un sublime devoir avait rendue si triste et si malheureuse.Et, cependant, jamais il n\u2019avait senti un bouleversement aussi profond que la veille, lorsque dans sa conversation avec l\u2019ouvrière, Thérèse avait fait allusion à la famille qu\u2019ils pourraient créer tous les deux.Des enfants d\u2019elle?.d\u2019elle.sa femme et son amie, la compagne de sa vie entière !.Ebloui et charmé, il se laissait aller à son rêve.Mais, dans le coeur du jeune homme, il y avait nue délicatesse et une loyauté à toute épreuve.Tout à coup, les premiers moments d\u2019extase passés, une pensée lancinante et terrible se fit jour en lui.C\u2019était la même qu\u2019il avait déjà eue à Rochebelle lorsque, découvrant qu\u2019il n\u2019allait plus être maître de son coeur, il avait voulu fuir Thérèse.Eh ! oui ; avait-il le droit, lui, pauvre, sans situation et sans fortune, de devenir le mari d\u2019une riche héritière comme l\u2019était Mlle de Rochebelle ?.Etait-il délicat d\u2019avoir l\u2019air de voler la fille de l\u2019homme dont il avait accepté l\u2019hospitalité et l\u2019argent?.\u2014\u2022 Il n\u2019y a pas d\u2019autre solution, se disait-il, je devrais fuir, mais à présent je ne le peux plus, je l\u2019aime trop.« Et puis, de son côté, avec le caractère qu\u2019a Thérèse, ne me suivrait-elle pas ?.Alors, comme elle est mineure, Mme de Rochebelle serait capable de la faire rechercher par la police.Quel esclandre !.Sans compter que personne ne voudrait croire à mon désintéressement.« Ah ! j\u2019aurais dû partir l\u2019an dernier, lorsque la première idée m\u2019en est venue.J\u2019ai été lâche de ne pas le faire.Dangely en était là de ses réflexions lorsque Thérèse le pria de le suivre dans le petit salon.Le coeur battant à rompre les parois de sa poitrine, il attendit toutefois qu\u2019elle parlât la première.Ce ne fut pas long.\u2014 André, lui dit-elle de sa voix si cassante avec Nadine, mais qui pour lui se faisait douce momme un chant du ciel, André, il y a déjà longtemps, dans le parc de Rochebelle, je vous ai demandé si vous vouliez être mon ami, Vous avez bien voulu y consentir et, depuis lors, l\u2019affection que vous m\u2019avez témoignée a porté le calme et la joie dans mon coeur, qu\u2019un désespoir au-dessus de mes forces poussait à la haine et à la révolte.« Mais en vous trouvant ce que vous êtes, c\u2019est-à-dire l'homme le meilleur, le plus généreux, le plus délicat qui soit au monde, mon amitié peu à peu a changé de nature.« Aujourd\u2019hui je ne vous aime plus comme alors, c\u2019est-à-dire comme une enfant enthousiaste, mais ignorante, je vous aime comme une vraie femme, capable d\u2019être l\u2019amie dévouée de tous les jours, fière de son amour, heureuse de vous avoir rencontré et qui vient vous dire :\t« Voulez-vous être le compa- gnon de toute ma vie, me voulez-vous pour femme ?» André, éperdu, essaya de lui fermer la bouche.\u2014 Oh ! Thérèse, s\u2019écria-t-il ; par grâce, taisez-vous, cruelle enfant que vous êtes !.Elle le regarda de ses grands yeux clairs, au travers desquels il semblait qu\u2019on devait lire jusqu\u2019au plus profond de son âme.\u2014 Cruelle.cruelle.répéta-t-elle.Pourquoi donc ?Est-ce que vous ne m\u2019aimez pas, André ?\u2014 Moi, s\u2019écria-t-il, Dieu du ciel ! ne pas vous aimer?.Oh! ne blasphémez pas, Thérèse.Demandez donc au mineur enfermé seize heures par jour au fond de sa mine comment il aime le grand air, le soleil et la lumière des jours de fête !.Demandez donc au prisonnier qui passe sa vie sous les verrous, entre quatre murs, comment il aime la liberté et la vue de ses semblables, et la main qui la première se tend vers lui.\u2014 Alors, puisque vous m\u2019aimez ainsi, fit-elle ravie, quel obstacle peut-il y avoir entre nous ?\u2014 Vous êtes riche et je suis pauvre, lui dit-il.C\u2019est la seule chose qui nous sépare, je l\u2019avoue.Et si vous m\u2019aimez comme je vous aime, vous ne me demanderez jamais de passer cet infranchissable fossé, parce que mon bonheur ne s\u2019en relèverait pas.Or, à cet honneur, Thérèse, j\u2019ai déjà, au début de ma vie, sacrifié ce que je pouvais avoir d\u2019espoir sur terre.\u2014 En vous demandant de devenir votre femme, mon ami, et de porter votre nom, je n\u2019entends pas plus que vous que ce nom soit diminué ; je m\u2019attendais à cette objection de votre part et, si vous voulez, nous allons l\u2019éloigner pour toujours de notre vie.Il la regarda, tout étonné de son calme, elle que le moindre obstacle irritait jusqu\u2019au délire.Elle continua : \u2014\tVeuillez m\u2019écouter : la fortune actuelle de ma famille se compose de la propriété de Santa-Cruz, à la Havane, laquelle, quoique assez étendue, ne rapporte pas grand-chose et qui appartient à ma mère ; elle se compose, en plus, de capitaux considérables dont je ne connais pas le chiffre exact, mais qui est, je pense, de plusieurs millions.Ces capitaux sont à moi personnellement.\u2014\tA vous ! s\u2019exclama André cruellement étonné.\u2014 Oui, à moi ; mais attendez donc la fin de l\u2019explication.« Cette fortune m\u2019a été léguée par un frère de mon grand-père, don José de Santa-Cruz.Ma soeur n\u2019était pas née à l\u2019époque de sa mort, et c\u2019est ce qui vous explique comment j\u2019ai été son unique héritière.« Mais en me laissant six millions, don José en a donné la jouissance à mon père sa vie durant.Or, vous connaissez le comte de Rochebelle ; soit qu\u2019il obéisse à son propre caractère qui est l\u2019égoïsme même, soit qu\u2019il subisse une influence étrangère, mon père ne se dépouillera jamais en ma faveur, pas plus du reste qu\u2019en faveur de France, d\u2019une seule parcelle de son bien-être, de son confortable ou de son luxe.« Nous caser sans un sou de dot est sa résolution.Donc, personne ne pourra dire qu\u2019en vous mariant avec moi vous avez voulu ma fortune.\u2014 Votre fortune présente, c\u2019est possible ; mais on pourra m\u2019accuser d\u2019avoir escompté l\u2019avenir.Or, ceci est encore une tache dont je ne veux pas.\u2014 Eh bien ! soit ! dit Thérèse avec sa fougue ordinaire, j\u2019aime encore mieux cela.Le jour où j\u2019aurai vingt et un ans, et pour des raisons que vous comprendrez facilement, nous ne pourrons pas nous marier avant cette époque-là, je ferai l\u2019abandon entier de ma fortune en faveur de France.\u2014 Si je le veux ?s'écria André, si je le veux ?Ah ! Dieu oui, je le veux !.« Mais vous, lui demanda-t-il au bout de quelques instants de silence, comment vivrez-vous ?\u2014 Moi, répondit-elle sans hésitation, je veux tout recevoir de vous, tout partager avec vous, la richesse, si vous êtes assez heureux pour la conquérir, la misère, si vous ne réussissez pas.«Vous êtes un homme fort à qui les événements doivent obéir ; s\u2019il y a lutte et souffrance en attendant les résultats, nous serons deux à les supporter, et je dois ajouter que, pour moi, ce sera encore du bonheur.C\u2019était trop d\u2019émotion pour André.Malgré sa résolution de rester calme et maître de soi, ces derniers mots eurent raison de son stoïcisme.Il attira Thérèse dans ses bras.\u2014 Eh bien, soit ! lui dit-il, je ne résiste plus.Je ne lutte plus.Je t\u2019aime trop, d\u2019ailleurs, pour ne pas accepter cette idée de te donner par ma seule énergie une existence aussi large et aussi belle que celle que tu pourrais rencontrer ailleurs.Si, dans les commencements, on me calomnie, je saurai Le Samedi, Montréal, 14 janvier 1950 21 attendre.Plus tard, on me rendra justice.Avant de se séparer, ils convinrent de ce qu\u2019ils devaient faire pour l\u2019avenir.André quitterait la maison le jour du départ de la famille pour Rochebelle.On lui offrait une situation avantageuse dans un des plus grands établissements industriels de Paris, il l\u2019accepterait.Les directeurs étaient intelligents.Avec eux il pouvait espérer faire son chemin, et même arriver à la fortune qu\u2019il rêvait.Pendant un an ils se condamnaient tous les deux à ne pas se revoir, et, au moment de sa majorité, Thérèse annoncerait à son père et à sa mère son projet de mariage.Etant donné le caractère de Nadine, Mlle de Rochebelle était à peu près sûre de l\u2019accueil qui serait fait à sa déclaration.Alors, le même jour, elle quitterait la maison paternelle et, les actes de respect faits, le mariage aurait lieu.Lorsque tout fut arrangé entre eux, la jeune fille, très grave se leva.\u2014 Allons, mon cher fiancé, dit-elle à André, embrassez-moi et prenez courage.Cet entretien intime est probablement le dernier que nous aurons ensemble jusqu\u2019au jour où nos bans seront affichés.Car, maintenant, si je ne veux pas que de graves mesures soient prises contre moi, il me faudra agir avec une prudence extraordinaire.Elle s\u2019avança vers lui et passa ses deux bras autour du cou du jeune homme ; celui-ci, longuement, saintement, la pressa sur son coeur, osant à peine appuyer ses lèvres sur les beaux cheveux d\u2019or de Thérèse, tant il eût considéré comme un impardonnable crime de sa part le moindre désir qu\u2019il eût pu, même en pensée, profaner l\u2019adorable créature qui venait de lui confier sa vie.A la fin de la semaine, Mme de Rochebelle ayant demandé à France quelle était la décision de Thérèse, la jeune fille répondit que sa soeur n\u2019avait encore rien décidé et demandait à réfléchir au moins jusqu\u2019au commencement de l\u2019hiver prochain.Maurice de Combremont n\u2019était pas revenu à l\u2019hôtel depuis le jour où Nadine lui avait fait des ouvertures.Celle-ci, contrariée de ne pas le voir, s\u2019empressa de lui écrire dès qu\u2019elle eut causé avec sa seconde fille.«Vous connaissez Thérèse, disait-elle dans cette lettre à M.de Combremont.Fantasque, contrariante comme pas une, elle ne veut pas nous procurer le bonheur de se décider sur-le-champ, Mais ne vous découragez pas, venez souvent nous voir ; et, par-dessus tout, ayez confiance en moi.Avant peu, j\u2019en suis sûre, je vous nommerai mon fils.» Maurice de Combremont, en recevant cette lettre, tressaillit jusqu\u2019au fond des entrailles.\u2014 Mme de Rochebelle est pour moi d\u2019une bonté adorable, en vérité, se dit-il, mais elle et Thérèse font deux Ah ! pourvu que sa prophétie se réalise !.Cependant, malgré la confiance que lui inspirait Nadine, il ne put se résoudre à se rendre à l\u2019hôtel de Rochebelle.Revoir Thérèse avant quelle l\u2019eût fixé sur son sort, non, vraiment, c\u2019était au-dessus de ses forces.Un matin il était dans le luxueux cabinet de travail qu\u2019il occupait dans son hôtel de la rue Babylone, lorsque son valet de chambre entra.\u2014 Une dame, dit-il, demande à parler à Monsieur.Une rougeur violente empourpra le visage du juge.Il pensa que Nadine venait, ayant quelque importante communication à lui faire.\u2014 Pourvu que ce ne soit pas une triste nouvelle, pensa-t-il, tourmenté d\u2019un pressentiment subit.Mais aussitôt, prenant sur lui : \u2014 Faites entrer, ordonna-t-il.Quelques secondes après, Maurice sentait sa vie l\u2019abandonner.Debout, au milieu des plis de la portière en vieille tapisserie, une femme en effet apparaissait.Ce n\u2019était pas Nadine ! Lui seul ne pouvait pas se tromper à ce port de tête hautain, à ces épaules effacées, à cette taille svelte et de si exquise distinction.\u2014 Vous, mademoiselle! balbutia le juge éperdu, vous ici, chez moi !.Dieu du ciel ! qu\u2019y a-t-il donc ?Thérèse releva son voile, elle tendit ses deux mains à Maurice de Combremont, qu\u2019elle regarda pendant quelque temps doucement, longuement.\u2014 Vous allez éprouver par mon fait une grande douleur, mon ami, dit-elle enfin, et j\u2019ai voulu moi-même, en vous l\u2019annonçant, essayer de vous apporter quelques consolations.Voulez-vous les accepter de moi?.Ses grands yeux verts brillaient si purs et si beaux, son visage reflétait l\u2019expression d\u2019un si sincère attendrissement, que Maurice sentit son bouleversement augmenter encore.\u2014 Parlez, mademoiselle, balbutia-t-il éperdu, et croyez que, de vous, la mort même me serait douce ! Elle s\u2019assit tout naturellement, tout simplement en pleine lumière et commença tout aussitôt avec sa franchise habituelle : \u2014 France m\u2019a dit que vous m\u2019aimiez, et elle a ajouté que vous me faisiez ce très grand honneur de m\u2019offrir votre nom, de me demander d\u2019être votre femme.posée à obéir à M.de Rochebelle.» Approuveriez-vous ma conduite, si j\u2019agissais ainsi, mon cher Maurice ?Que dire ?que répondre ?\u2014 Hélas ! pourquoi ne vous ai-je pas rencontrée quand vous étiez libre! murmura-t-il désespéré.Quel malheur de vous avoir connue, d\u2019avoir espéré vous mériter, et de vous perdre ! Thérèse ne répondit pas.Au bout de quelques instants, M.de Combremont reprit : \u2014 Mais celui que vous avez choisi, est-il digne de vous, au moins ?La tendresse que vous lui avez vouée, la partage-t-il ?\u2014 Je suis persuadée qu\u2019il m\u2019aime encore plus que je ne l\u2019aime.\u2014 Est-il riche ?\u2014 Il l\u2019a été ; mais je vous ai dit tout à l\u2019heure qu\u2019aujourd\u2019hui il était pauvre.Et comme M.de Combremont dissimulait mal un certain jeu de physionomie, Thérèse, en s\u2019emportant un peu, s\u2019écria : \u2014 Oh ! n\u2019allez pas le mal juger.Il n\u2019y a pas de garçon plus généreux et plus désintéressé que lui.S\u2019il est aujourd\u2019hui sans ressources, c\u2019est qu\u2019il a tout sacrifié pour que son honneur reste intact.S\u2019il accepte l\u2019idée que je sois sa femme, c\u2019est à la condition que je sortirai pauvre de chez mon père et que je lui devrai tout.\u2014 Est-il indiscret de vous demander son nom ?\u2014 C\u2019est André Dangely, le secrétaire du comte de Rochebelle.Ne me faites pas d\u2019observations, ne me dites pas ur RESUME DES CHAPITRES PRECEDENTS La comtesse de Rochebelle vivait heureuse dans une maison honnête, ouverte, choyée par son époux, entourée de deux jolies jeunes filles.Par une indéfinissable intuition, Nadine pressentait quelque mystère, peut-être quelque infamie, comme dans tant d\u2019autres maisons, où la belle comtesse dut passer, malgré elle.L\u2019une de ses filles, France, devint bizarre, ne voulut plxis la reconnaître comme mère.Souffrir par son enfant, par elle surtout, ce fut trop en vérité ! La comtesse résolut de trouver une solution à cette mystérieuse affaire à l\u2019aide de sa marraine, qui lui apprit qu\u2019elle ressemblait, à s\u2019y méprendre, à une autre jeune femme, ayant le même visage, les mêmes traits, \u2022 la même taille, le même son de voix.Situation renversante, n\u2019est-ce pas ?Les amoureux sont tous des fous; le malheureux juge, suspendu aux lèvres de Thérèse, crut que, touchée de sa passion, elle venait lui apporter une réponse favorable.Doucement, avec cette voix d\u2019une bonté si grande que Maurice ne lui connaissait pas, Thérèse continua : __Votre démarche m\u2019a touchée, oh oui ! profondément touchée ; mais, je ne peux pas accepter votre proposition.Le désespoir, un désespoir d\u2019autant plus grand qu\u2019il avait un moment ouvert son coeur à la joie, étreignit Maurice.____Pourquoi ne pouvez-vous pas accepter ?demanda-t-il.Thérèse ne recula pas devant l\u2019aveu: l\u2019explication ne lui fit pas peur.__Parce qu\u2019avant de connaître vos sentiments, dit-elle, j\u2019ai rencontré un brave garçon dont j\u2019ai accepté l\u2019amour, et qui n\u2019a que moi au monde.Je lui ai donné librement mon coeur, je ne le lui reprendrai jamais.Il est est pauvre, il a beaucoup souffert.Il m\u2019aime comme je l\u2019aime.«Serait-ce loyal de lui dire aujourd\u2019hui, même en dehors de mes sentiments : «J\u2019ai trouvé sur ma route un homme que j\u2019estime autant qu\u2019on peut estimer quelqu\u2019un, sa fortune est superbe, son avenir est des plus brillants, sa femme aura certainement une situation digne d\u2019envie.Il m\u2019offre son nom ; mon père désire que je l\u2019accepte ; oubliez mes promesses, les serments qui nous lient, car je suis dis- mot contre lui : tel qu\u2019il est, je le veux pour mari, et, dans la bonne comme dans la mauvaise fortune, je le suivrai au bout du monde.Maurice s\u2019inclina devant cette résolution si sincèrement avouée.Mais subitement les yeux de Thérèse s\u2019adoucirent encore.\u2014 Je n\u2019ai pas Uni, dit-elle.Il me semble que vous êtes un homme meilleur et plus susceptible de dévouement qu\u2019un autre.Aussi je viens vous demander un très grand service.\u2014 Service ou sacrifice ?\u2014 L\u2019un et l\u2019autre.\u2014 Parlez.Après la douleur de vous perdre, vous n\u2019êtes plus capable de me faire souffrir.\u2014 Je veux que le refus de cette union vienne de vous.Et comme il faisait un mouvement : \u2014 C\u2019est trop dur, n\u2019est-ce pas, et vous allez me maudire ?\u2014 N on, cela ne me sera pas possible.Mais vous me demandez, en effet, une chose bien cruelle.Enfin, pour vous que ne ferais-je pas ?.Ayez confiance en moi et expliquez-vous mieux, afin que je comprenne bien vos intentions.\u2014¦ Eh bien ! si je réponds à ma mère que je ne veux pas accepter le nom d\u2019un homme tel que vous, d\u2019un homme pour lequel je ne me suis jamais cachée d\u2019éprouver une si profonde estime, une si réelle sympathie, la comtesse, furieuse, se demandera quelle raison me fait agir.Il ne lui sera pas difficile alors de découvrir mon amour pour André, et cela il ne le faut pas.\u2014\tVotre intention n\u2019est donc pas d\u2019en faire part à votre famille ?\u2014\tDans un an seulement, c\u2019est-a-dire le jour où, après l\u2019explication plus qu o-rageuse qui suivra ma déclaration, la loi me permettra de quitter la maison de mon père pour me retirer dans un couvent, et de là me rendre à la mairie et à l\u2019église.\u2014\tEt jusque-là ?\u2014\tJusque-là je resterai chez M.de Rochebelle sans revoir M.Dangely, qui va quitter la semaine prochaine la maison de mon père.On ne pouvait pas être plus franche et plus loyale.Cette franchise et cette loyauté enfonçaient même de bien cruels coups de poignards dans le coeur du malheureux juge.Ah ! c\u2019était mille fois plus encore qu\u2019il la regrettait !.Mille fois plus encore qu\u2019il l\u2019aimait !.Tout à coup il se leva.\u2014\tSoit, mademoiselle, lui dit-il, j accepte et je ferai tout ce que vous me demandez.Je ne veux pas vous autoriser à croire que mon amour pour vous n\u2019est pas capable de tout, même des choses les plu= absurdes.Je prendrai sur moi la responsabilité de cette rupture.Simplement alors, et comme à son arrivée, Thérèse tendit ses deux mains à M.de Combremont.\u2014 Merci, lui dit-elle, de sa belle voix grave.Je compte sur vous, et, à défaut de l\u2019exclusive tendresse que je n\u2019ai pu vous donner, mon amitié la plus sincère et la plus reconnaissante vous est pour toujours acquise.Il retint quelques instants dans les siennes ces belles mains souples et longues, et ne résista pas au désir fou de les couvrir de baisers.\u2014 Ah ! balbutia-t-il en même temps, comme je vous aurais aimée si vous l\u2019aviez voulu.Mais ne soyez jamais malheureuse.et surtout que celui qui vous fera souffrir ne se trouve jamais sur mon chemin !.M.de Combremont, malgré toutes les révoltes de son coeur épris, devait tenir la parole qu\u2019il avait donnée à Mlle de Rochebelle.Le lendemain, en effet, la comtesse recevait une lettre dans laquelle Maurice évoquait le meilleur, le plus vraisemblable des prétextes pour décliner les projets flatteurs qu\u2019avait conçus Nadine.: une maladie héréditaire dont il avait senti les premières atteintes dans sa jeunesse reparaissait, disait-il, et avec des symptômes assez graves pour lui faire craindre que les germes n\u2019existassent toujours en lui, malgré l\u2019affirmation des médecins.Dans cette situation, il ne se croyait pas le droit d\u2019associer sa vie menacée à l\u2019existence d\u2019une femme pleine de jeunesse et de santé.Nadine, en recevant cette lettre, fut atterrée.Mais il n\u2019était pas dans son caractère de se contenter de cette réponse.Elle obtint de Christian qu\u2019il l\u2019accompagnât chez M.de Combremont, et elle s\u2019y rendit sur-le-champ.Qu\u2019il eût dit la vérité en se prétendant malade, la comtesse, certainement, malgré son flair de quelque piège habilement tendu par Thérèse, fut incapable de soupçonner le contraire à l\u2019aspect de Maurice.Voûté, les yeux éteints, les traits livides, M.de Combremont avait, en quelques jours, vieilli de vingt ans.Elle eut beau le retourner en tous sens, elle ne put rien savoir.Nadine, très préoccupée, rentra à l\u2019hôtel de la rue Saint-Dominique.Le juge était-il réellement malade ou bien, d\u2019accord avec Thérèse, se sacri-fiait-il à sa volonté ?Mais alors c\u2019est qu\u2019elle aimerait quelqu\u2019un.La comtesse chercha autour d\u2019elle patiemment, longuement, non pas qu\u2019elle eût l\u2019espoir d'empêcher sa fille aînée 22 Le Samedi, Montréal, 14 janvier 1950 d\u2019accomplir un jour ou l'autre ce qu\u2019elle avait résolu ; elle savait bien que dans l\u2019état d\u2019esprit où étaient ses deux filles, elle n\u2019aurait sur leur esprit que des influences désastreuses.Mais Nadine avait un autre but.Elle voulait savoir si l\u2019élu de Thérèse serait accessible à certains sentiments et si, en l\u2019entourant, elle, Nadine, de toute l\u2019adresse dont le ciel l\u2019avait douée, elle pouvait espérer, un jour ou l\u2019autre, prendre une certaine influence sur lui, comme elle était sûre de l\u2019avoir prise sur M.de Combremont.Mais ses recherches furent vaines ; d\u2019autant plus qu\u2019à quelques jours de là, la famille étant partie pour la Normandie, André donna sa démission à M.de Rochebelle et, au grand désespoir de Christian qui s\u2019était habitué à lui, ne consentit à aucun prix à revenir sur sa décision.XI La séparation ette année passa vite.Thérèse ne semblait plus la même.Elle était maintenant aussi silencieuse, aussi recueillie que France, aimant comme elle l\u2019absolue solitude dont rien ne paraissait capable de pouvoir l\u2019arracher.\u2014 Mais qu\u2019as-tu ?lui demandait parfois sa soeur.Il n\u2019est pas naturel d\u2019agir comme tu le fais, étant donnés ton caractère et ta vie d\u2019autrefois.\u2014 J\u2019attends, répondait simplement Thérèse.\u2014 Ah ! quoi donc ?\u2014 N\u2019insiste pas.Tu le sauras assez tôt.Le jour où elle eut vingt et un an, Thérèse se rendit chez son père, à une heure où elle savait bien que la comtesse ne s\u2019y trouverait pas.Depuis le départ d\u2019André, M.de Rochebelle, soit par apathie, soit par suite de son affaiblissement physique et moral, n\u2019avait pas repris de secrétaire.Quand Thérèse pénétra chez lui, il était seul.\u2014 Mon père, lui dit-elle, dès qu\u2019elle fut assise, je viens voir si vous êtes toujours dans l\u2019intention de me marier.Christian sursauta : \u2014 Est-ce ta mère qui t\u2019envoie ?lui demanda-t-il en bredouillant un peu.Et l\u2019as-tu prévenue de ta démarche ?-\u2014 Pourquoi faire ?N\u2019êtes-vous pas le chef de la famille, et entre vous et moi, doit-il y avoir quelqu\u2019un ?Je ne le crois pas et c\u2019est pour cela que je viens m\u2019adresser directement à votre coeur.Sous le clair regard de la jeune fille, M.de Rochebelle n\u2019était jamais à son aise.Il n\u2019osait pas lui résister en face, et s\u2019il n\u2019eût pas eu une autre personne à ses côtés, il était bien certain que Christian n\u2019aurait jamais subi que l\u2019influence de sa fille aînée.\u2014 Est-ce que tu aurais réfléchi, lui demanda-t-il, et regretterais-tu M.de Combremont ?Ta mère pense que, peut-être, si tu l\u2019avais un peu mieux reçu, il n\u2019eût pas parlé de sa maladie de poitrine.Mlle de Rochebelle réprima mal un certain mouvement d\u2019impatience ; le nom de Nadine, que le comte avait sans cesse sur les lèvres, avait le don, de l\u2019énerver outre mesure.\u2014 Je n\u2019ai pas changé d\u2019avis pour M.de Combremont, mon père, dit-elle.J\u2019espère que vous m\u2019aimez trop pour vouloir forcer ma volonté et contraindre mes goûts.\u2014 Alors tu viens m\u2019apprendre quel est celui que tu lui préfères ?Le grand moment était venu.Malgré tout son courage, Thérèse ne put pas prononcer une parole.De la tête, elle se contenta de faire un signe affirmatif.Christian continua : \u2014 Allons, voyons ! parle !.Est-il plus riche.plus jeune.ou de relations plus considérables que celui que tu préfères ?\u2014 C\u2019est André Dangely, votre secrétaire, dit Thérèse tout à coup.Christian frappa violemment le bras du fauteuil sur lequel il était assis.\u2014 Mais il n\u2019a pas le sou ! s\u2019écria-t-il.Tu es folle !.Comment veux-tu que ta mère consente à une telle union?\u2014 Ne parlez donc pas de ma mère, répondit Thérèse avec son emportement naturel, spontanément revenu.Est-ce que cette affaire la regarde ?Est-ce qu\u2019elle a besoin de s\u2019en mêler ?« Songez donc quel mari parfait j\u2019aurais en M.Dangely, et quel fils dévoué il sera pour vous?.Rappelez-vous quel vide son départ vous a laissé.« Qui vous a soigné depuis qu\u2019il est parti ?.Qui s\u2019est occupé de vous ?Personne, n\u2019est-ce pas ?Eh bien ! dites un mot, un seul.Donnez-moi votre consentement, et André reviendra ici, et nous ne vous quitterons plus un seul instant, ni l\u2019un ni l\u2019autre.« Je vous assure que vous aurez une vieillesse plus heureuse et plus choyée que vous n\u2019avez jamais pu la rêver.Allons, mon père, un bon mouvement, et vous ne vous en reprendrez pas.Parler à Christian de son bien-être, de ses satisfactions personnelles, c\u2019étaient autant de choses auxquelles, d\u2019habitude, il ne résistait pas.Depuis le départ d\u2019André, en effet, Nadine ne s\u2019était guère occupée de lui, et le comte avait plus d\u2019une fois amèrement regretté son secrétaire.Voilà qu\u2019une occasion se présentait de le rappeler auprès de lui, de recommencer cette bonne petite existence de soins constants, et d\u2019attentions charmantes.Eh bien ! après tout, tant pis pour Nadine il allait accorder à Thérèse ce qu\u2019elle lui demandait !.Adroitement la jeune fille avait glissé une feuille de papier sous la main du comte.Christian prit une plume.\u2014\tDicte ce que tu voudras, dit-il, je vais l\u2019écrire.Thérèse poussa un cri de joie.\u2014\tAh! s\u2019écria-t-elle en se suspendant au cou de son père, je savais bien, moi, que vous nous aimiez, et qu\u2019un jour ou l\u2019autre votre coeur se réveillerait !.\u2014 Bien ! bien ! fit-il, plus ému qu il ne voulait le paraître ; bien, grande folle ! Dépêche-toi donc de dicter, tu ferais mieux.Si on venait nous déranger.Etreinte d\u2019une grande épouvante a cette pensée, Thérèse commença aussitôt.Mais M.de Rochebelle n\u2019avait pas tracé la moitié des lignes que devait contenir l\u2019acte de consentement, lorsque la porte s\u2019ouvrit, et Nadine plus blanche qu\u2019un suaire, !es yeux étincelants et les lèvres tremblantes, s a-vança vers son mari.Thérèse voulut prendre l\u2019acte commencé, mais la comtesse avait vu son mouvement ; plus leste qu une panthère, elle bondit vers sa fille et, avant que celle-ci ait pu s\u2019y opposer, elle lui avait arraché le papier des mains.Il ne fut pas long à lire.\u2014 Ah ! dit-elle, c\u2019est pour cet aventurier, ce coureur de dots, ce voleur d\u2019argent que tu as refusé M.de Combremont !.Thérèse s\u2019était redressée de toute sa hauteur.Elle ne laissa pas à Mme de Rochebelle le temps de continuer.\u2014 Taisez-vous, madame, s\u2019écria-t-elle en proie à une colère folle, taisez-vous! Je vous défends d\u2019insulter celui que j\u2019aime.\u2014 Me défendre!.A moi, ta mère, oser me parler ainsi, fille sans coeur.Thérèse eut dans les yeux une indescriptible expression.Elle étendit le bras.\u2014 Ce que France vous a dit autrefois, quand vous êtes arrivée dans cette maison, s\u2019écria-t-elle, ce qu\u2019elle a toujours pensé depuis.moi au- jourd\u2019hui, je le pense comme elle ; je vous le déclare comme elle : Vous n\u2019êtes pas ma mère !.La foudre tombant tout à coup sur M.de Rochebelle, et le frappant à mort, ne l\u2019eût pas décomposé à ce point.Il se renversa sur le dossier de son fauteuil, les yeux mi-clos et vitreux, les mains tremblantes.Puis, subitement, il releva la tête, et ouvrit les lèvres comme s\u2019il allait parler.Alors, Nadine, qui avait paru indifférente aux paroles de Thérèse, fut prise tout à coup d\u2019une formidable émotion.Elle s\u2019élança vers son mari, se pendit à son cou, le couvrit de baisers, l\u2019enlaça, lui balbutiant à l\u2019oreille une foule de choses que Thérèse n\u2019entendait pas.Puis se retournant vers la jeune fille : \u2014 Toi, s\u2019écria-t-elle, sois maudite !.Non pas pour tes injures vis-à-vis de moi.Elles ne m\u2019atteignent point et me laissent de glace, mais bien pour l\u2019état dans lequel tu mets ton père.Christian peu à peu avait repris possession de lui-même.Nadine s\u2019en aperçut d\u2019un coup d\u2019oeil.Evidemment plus tranquille, elle continua : \u2014 Quant à ton mariage, ton père et moi nous nous y opposerons de toutes nos forces, et par tous les moyens possibles.Car il ne sera pas dit que, par notre faiblesse, quelque indigne que tu sois de notre affection, nous t\u2019ayons laissée devenir la proie d\u2019un aventurier.Les yeux étincelants, Thérèse marcha vers la comtesse.\u2014 Je vous ai déjà dit de vous taire, fit-elle avec une violence contenue plus terrible que sa colère passée ; mais, puisque vous osez le répéter ce mot d\u2019aventurier, je tiens à vous dire une chose : c\u2019est que mon mariage avec M.Dangely une fois accompli, tout ce que nous aurons de force et de volonté nous l\u2019emploierons à prouver que c\u2019est vous qui êtes l\u2019aventurière, vous qui, par je ne sais quels artifices, nous avez volé notre mère, pour vous substituer a elle.Je ne sais comment nous y arriverons, à ce résultat, mais je suis sûre, sûre \u2014 vous m\u2019entendez ?\u2014 que cela sera ! « J\u2019ai fait un rêve qui, depuis un an, revient chaque nuit : je vois notre mère, la vraie, abandonnée et même enchaînée dans un pays perdu.Elle pleure, elle nous appelle, elle tend les bras vers nous, et c\u2019est André qui nous la ramène, ici, dans cette maison où vous avez pris sa place, maudite que vous êtes !.Thérèse était arrivée au dernier degré de l\u2019exaspération.Elle parlait comme si elle eût vraiment vu les choses qu\u2019elle racontait : ses yeux étaient effroyablement dilates, ses narines palpitaient, ses mains se tendaient vers cette mère adorée qu\u2019elle regrettait maintenant comme jadis l\u2019avait regrettée France, mais avec une autre ardeur et une autre violence.Nadine, hautaine et dédaigneuse, ne répondait pas, surveillant Christian dont la pâleur et le tremblement étaient revenus.\u2014 Oui, reprit Thérèse, André me la rendra et, alors, malheur à vous ! Car je serai impitoyable pour vous, encore plus que vous ne l\u2019avez été pout elle.Souvenez-vous bien de cela !.Et foudroyant Nadine de son plus hautain mépris, la jeune fille se dirigea vers la porte.\u2014 Où vas-tu?demanda la comtesse, essayant de lutter de calme et d\u2019audace avec sa fille révoltée.Je t\u2019ordonne de te rendre dans ta chambre et d\u2019y attendre mes ordres.\u2014 Je n\u2019ai pas d\u2019ordres à recevoir de vous, dit Thérèse en s'arrêtant et en toisant Mme de Rochebelle de la tête aux pieds.D'ailleurs, je suis majeure aujourd\u2019hui, et ce soir j\u2019aurai quitté la maison de mon père.RENAISSANCE TOURNE .LES LUMIERES DE MA VILLE Les Lumières de ma Ville, titre du nouveau film en cours de tournage de la compagnie Les Productions Renaissance Inc., assume sans conteste de hautes prétentions.Il vise à la fois à créer une ambiance de mystère et de poésie, et à s\u2019élever à l\u2019intensité dramatique.Grâce au dialogue de M.Rudel-Tessier, les moyens d\u2019expression sont maniés avec une sûreté qui unit la puissance à la discrétion.Le scénario entrelace en une seule intrigue l\u2019histoire de plusieurs personnages.Il y réussit sans heurter le sentiment de la vraisemblance ni donner celui de complications excessives.Quant à l\u2019idée du film, elle est fort intéressante et assez neuve.Le scénario est né d\u2019une idée de M.Jean-Marie Poirier, journaliste gagnant du concours lancé par Renaissance Films Distribution qui reçoit le grand prix de $1,000.00.Cette idée a été développée et adoptée pour le cinéma par MM.Roger Garand, Jean-Yves Biglas et Rudel-Tessier.Jean-Yves Bigras, directeur des studios de Renaissance Films, est le directeur de la production en même temps qu\u2019il fait la mise en scène avec M Roger Garand.La distribution réunit quelques-uns de nos meilleurs artistes : Huguet-te Oligny, Guy Mauffette, Monique Leyrac, Paul Berval, Maurice Gauvin, Paul Guèvrement, Denise Proulx.Il ne s\u2019agit pas d\u2019un film musical, cependant plusieurs chansons inédites seront créées qui sont destinées à la plus grande popularité.L\u2019auteur de ces chansons, M.Pierre Pétel, a aussi écrit la musique de scène, dont l\u2019arrangement pour orchestre a été confié à Allan Mclver.M.Roland Leduc dirigera l\u2019ensemble musical.Comme on peut s\u2019en douter, ce prochain film de la compagnie Les Productions Renaissance rompt avec la tradition du cinéma canadien, si on peut déjà parler de tradition.En premier lieu nous disposons d'un budget proportionné à l\u2019ampleur de la production qui vient d\u2019être mise en chantier.La longueur du film, qui sera probablement de deux heures et quart, les chansons, les nombreux décors, de nombreuses scènes d\u2019extérieurs à Ste-Adèlde, le souci d\u2019obtenir la plus grande perfection technique possible, tout cela a nécessité une mise de fonds plus considérable que ne le croient possible certains journalistes, pour les productions du jeune cinéma canadien.Ce film \u201cLes Lumières de ma Ville\u201d ramènera la production canadienne aux signes naturels, terrestres, aux délices de la transparence, au monde concret des formes, que l\u2019on retrouve dans les films de luxe. Le Samedi, Montréal, 14 janvier 1950 23 Sans attendre la réponse de la comtesse, Thérèse s\u2019éloigna.France, qui avait entendu les éclats de voix des deux femmes, fut dans la chambre de sa soeur en même temps qu\u2019elle.\u2014 Mon Dieu ! ma Thérèse, s\u2019écria l\u2019impassible France, dans ce moment-ci bouleversée dix fois comme sa soeur aînée, ah ! mon Dieu ! ma Thérèse, que vient-il de se passer ?\u2014 Il y a que je viens d\u2019annoncer mon mariage au comte et à la comtesse de Rochebelle, et comme cette dernière m\u2019a grossièrement insultée, je m\u2019en vais à l\u2019instant même.Dans un mouvement violent, France éleva au-dessus de sa tête ses deux mains unies et tordues dans une crispation.\u2014, Ah ! s\u2019écria-t-elle, voilà bien ce que je redoutais.Voilà l\u2019horrible chose que je n\u2019avais dite à personne, et qui, depuis des mois et des mois, m\u2019empêche de dormir.Sans paraître «ntendre sa soeur, Thérèse tira violemment le cordon de sonnette.Une jeune fille parut presque aussitôt.\u2014 Faites porter ici mes deux grandes malles de cuir, ordonna Mlle de Rochebelle.La femme de chambre s\u2019éclipsa, muette et rapide comme une ombre.France avait fait appel à toute sa volonté pour se ressaisir.Elle y était à peu près parvenue.\u2014 Et avec qui veux-tu te marier, Thérèse ?demanda-t-elle à sa soeur.\u2014 Oh ! tu t\u2019en doutes bien un peu.\u2014 Avec André Dangely, n\u2019est-ce pas ?\u2014 Parfaitement.\u2014 Et, c\u2019est lui qui te conseille de nous quitter ainsi ?\u2014 Oui, mais à une condition : c\u2019est que dans le présent comme dans l\u2019avenir, je ne lui apporterai pas un sou.\u2014 Est-ce bien vrai, cela ?\u2014 Si vrai que le premier acte de ma majorité sera de te faire, demain, un abandon entier de la fortune que m\u2019a léguée don José.France appuya sa petite main sur celle de Thérèse.\u2014 Ça, dit-elle, c\u2019est inutile, je ne l\u2019accepterai pas.Thérèse, contrariée de l\u2019attitude de sa soeur, haussa les épaules.\u2014 Tu réfléchiras, dit-elle.\u2014 C\u2019est tout réfléchi.Et tu sais que, moi, je ne change jamais.\u2014 Nous non plus, nous ne changerons pas ; et si tu refuses, ce sera aux pauvres que nous donnerons ces millions à la mort de mon père.Nous sommes d\u2019accord là-dessus, André et moi.Il veut que je lui doive tout, et moi, je suis disposée à tout recevoir de lui, fortune ou misère De nouveau France tordit ses mains.\u2014 Oh ! Thérèse 1 Thérèse ! as-tu bien pensé au scandale qui allait résulter de tout cela ?s\u2019écria-t-eile.\u2014 Et toi, as-tu pensé quelle vie était la mienne, avec mon caractère, obligée de supporter cette comtesse de Roche-belle, de la subir même, pouvant à peine me soustraire à sa présence ?\u2014 Je la supporte bien, moi, et je peux ajouter que j\u2019en souffre plus que toi, et depuis plus longtemps.Mais il y a notre père, notre père dont la santé baisse tous les jours, \u2014 il faudrait être aveugle pour ne pas s\u2019en apercevoir, \u2014 et vis-à-vis duquel nous avons, quoi qu\u2019il y ait dans son passé, des devoirs à remplir.\u2014 Non, s\u2019écria Thérèse plus impétueuse que jamais, non, s\u2019il a commis l\u2019acte épouvantable que nous soupçonnons toutes les deux, nous ne lui devons plus rien, que haine et mépris.France soudain redressa sa petite taille.Son visage d\u2019une si exquise beauté revêtit une expression d\u2019incomparable dignité.\u2014 Tu oublies une chose, Thérèse, dit-elle, c\u2019est le nom que nous portons.Nous n\u2019avons le droit de le souiller par un éclat ni l\u2019une ni l\u2019autre.Pour te justifier de quitter ainsi la maison paternelle, que diras-tu ?.Qu\u2019on nous a volé notre mère et que celui qui a commis cet acte monstrueux, atroce, est ton père lui-même le comte de Roche-belle ?.« Je t\u2019en conjure, écoute-moi : reste ici.Le comte de Rochebelle est très malade.D\u2019après le docteur Désormeaux, ses jours sont comptés.Peut-être qu\u2019à son heure dernière le remords le prendra et que, lui-même, il nous aidera à percer le mystère qui nous entoure.« Mais, dans tous les cas, lui mort, avec la fortune qui sera la tienne, moi avec l\u2019influence de ma marraine, nous dénouerons sans bruit une situation épouvantable, et nous châtierons la coupable sans appeler l\u2019attention du monde sur le chef de notre race.\u2014 Non, dit Thérèse, je ne veux pas t\u2019écouter.Je suis l\u2019aînée, je n\u2019ai pas de conseil à recevoir de toi.\u2014 C\u2019est le devoir, pourtant .\u2014 Nous ne le considérons pas de la même façon.J\u2019aime et tu n\u2019aimes pas.André, en m\u2019inspirant l\u2019amour fait d\u2019estime et de vénération que j\u2019ai pour lui, m\u2019a créé aussi des devoirs vis-à-vis de lui.« Ce mari que j\u2019ai choisi a toutes les qualités morales, et si notre vraie mère était là, elle approuverait mon choix.Du reste, France, le jour où tu aimeras toi-même, nous verrons si tu ne m\u2019imites pas !.La femme de chambre revenait avec un des valets de pied de l\u2019hôtel, portant les malles que Thérèse avait demandées.France avait trop de dignité pour ajouter un seul mot en présence des gens de la maison.N\u2019approuvant pas Thérèse, elle se retira, pensant du reste que le départ de sa soeur n\u2019aurait pas lieu avant le lendemain.Elle se trompait.Thérèse aida elle-même sa femme de chambre à emballer tout ce qu\u2019elle désirait emporter ; sa bourse de jeune fille, arrondie depuis un an en vue de ce départ, représentait une somme assez considérable, pour pouvoir attendre plusieurs mois, dans le couvent où elle aésirait se retirer.Deux heures après, sans avoir revu sa soeur, sans vouloir même aller dire adieu à Sybil qui l\u2019avait élevée, tant elle avait peur que miss Andrew ne cherchât encore à ébranler sa résolution, Thérèse quittait, pauvre, la maison qu\u2019elle avait enrichie, et où tout, en définitive, lui appartenait Elle alla s\u2019installer dans un couvent fort bien fréquenté, et où les jeunes filles dans son cas, aussi bien que les jeunes femmes en instance de divorce, trouvent un refuge si elles sont honorables.Depuis longtemps déjà, elle s\u2019était procuré à la Havane son extrait de naissance.Le lendemain, elle sortit avec l\u2019autorisation de la supérieure, et alla chez un notaire faire rédiger les sommations respectueuses.En rentrant à son couvent, elle écrivit à André.Il y avait un an qu\u2019elle n\u2019avait pas eu de ses nouvelles, mais elle était tranquille : elle savait qu\u2019elle pouvait compter sur lui.Après lui avoir témoigné cette confiance que rien n\u2019avait altérée, et lui avoir parlé de son affection que l\u2019absence encore avait accrue, Thérèse ajoutait : « J\u2019ai eu vingt et un ans hier.C\u2019est heureuse, avec la conscience absolue que je suis dans le devoir et la vérité, car je viens vers vous, très fière de vous confier ma vie, d\u2019être votre femme, de n\u2019avoir au monde que vous à qui je devrai tout.«Aujourd\u2019hui je suis allée chez un notaire qui se charge de toutes les démarches à faire, soit à l\u2019hôtel de Rochebelle, soit ailleurs.Essayez le pour l\u2019irritation de la gorge Employer une fois Lavoris, c'est l'adopter.POUR SON ANNIVERSAIRE L\u2019offrande d\u2019un abonnement d\u2019un an (ou de deux ans) à La Revue Populaire représente véritablement douze ou vingt-quatre cadeaux en un seul, \u2014 soit un cadeau par mois.Notre roman de janvier L'ENIGME DE GREHAM CASTLE par LEO DARTEY Coupon-Cadeau LA REVUE POPULAIRE Canada 1\tan .$1.50 2\tans .2.50 ?IMPORTANT : Indiquez d\u2019une croix s\u2019il s\u2019agit d\u2019un renouvellement.Nom du destinataire .-.Adresse .\u2014¦ Ville .Province .\u2014.a Etats-Unis 1\tan .$2.00 2\tans .3.50 Nom de l'envoyeur .Adresse .Ville .975-985, rue de Bullion .Prov.ou Etat POIRIER, BESSETTE & CIE, LIMITEE Montréal 18.P.Q.AVANT D'OUBLIER.ABONNEZ-VOUS-Y DES AUJOURD Canada 1 an .$3.50 6 mois .2.00 Etats-Unis 1 an .$5.00 6 mois .2.50 ?IMPORTANT : \u2014 Indiquez d\u2019une croix s\u2019il s'agit d\u2019un renouvellement.Nom.Adresse.Ville.Province.¦ t c \u2022 ¦ ¦ ¦ \tPOIRIEI\t1, BESSETTE & CIE,\tI TTC\t975-985 rue de Bullion L,tt\tMONTREAL 18, P.Q. 24 Le Samedi, Montréal, 14 janvier 1950 « De votre côté, arrangez un appartement où je pourrai entrer le jour même de notre mariage.Je vous le demande aussi simple que possible.« Ne faites pas de folies ; les commencements seront durs, mais je veux partager la lutte avec vous, être une femme vaillante et pratique dans l\u2019acception du mot.La femme d\u2019un travailleur doit être une travailleuse elle-même ; c\u2019est vous dire que j\u2019entends vivre dans un cadre des plus modestes.Plus tard, quand nous aurons réussi, ce sera différent.Du reste vous pourrez, à ce su\u2019et, vous concerter avec moi.La supérieure, qui connaît ma situation, vous permettra de venir, \u2014 oh ! très rarement, \u2014 me voir au parloir.« Votre fiancée, « Thérèse de Rochebelle En recevant cette lettre, André fail-fit devenir fou de joie.Fst-ce que c\u2019était possible, cela ! Mais oui, c\u2019était vrai.Elle l\u2019avait entendu, pieusement, tenant toutes ses promesses, sans se rebuter aux obstacles presque insurmontables qu'elle avait rencontrés autour d\u2019elle.Elle le lui disait dans cette lettre qu\u2019il ne pouvait cesser de lire et de relire.Elle parlait de luttes, la chère adorée, de se servir elle-même.de travailler ! A cette dernière idée, André sourit avec orgueil.Non, vraiment ! elle n\u2019en aurait pas besoin ; même pour commencer.En effet, depuis un an qu\u2019il était entré dans son usine, il avait tellement travaillé, il avait déployé tant de force, d\u2019activité, d'intelligence et d\u2019énergie, que le résultat avait dépassé ses espérances.Et puis, la chance l\u2019avait favorisé ; il avait découvert un procédé de fabrication qui, en simplifiant tout un système, réalisait des bénéfices considérables.Les directeurs de l\u2019établissement lui avaient payé sa découverte dix mille francs et avaient doublé ses appointements.Il gagnait maintenant douze mille francs, avec promesse d\u2019un intérêt dans les affaires pour plus tard.Cet intérêt, c\u2019était la fortune pour lui.Ah ! Thérèse ne se repentirait pas de l\u2019avoir choisi !.Pendant qu\u2019au couvent Mlle de Rochebelle combinait avec André le plan de leur vie future, France désespérée avait couru à son refuge suprême, elle s\u2019était fait conduire chez sa marraine.\u2014 O marraine !.marraine adorée, s\u2019écria France en se jetant à son cou et en sanglotant, si vous saviez ce qui nous arrive !.La baronne pâlit légèrement.France en effet, était aujourd\u2019hui la seule faiblesse de son coeur.L\u2019affection qu\u2019elle ressentait pour cette enfant qu\u2019elle avait presque élevée, statue de marbre dont le coeur brûlait pour trois oersonnes seulement, elle d\u2019abord, puis Thérèse et Sybil, cette affection ne connaissait pas de bornes.Cependant Mme Jacobsen se contint ; même avec France, elle ne laissait pas voir ses impressions.\u2014 Qu\u2019est-ce qoe c\u2019est?dit-elle avec son plus grand calme.Pour que tu sois dans cet état, il faut, en effet qu\u2019il se passe des choses graves.\u2014 Thérèse nous a quittés.\u2014 Ah!.Explique-toi mieux.\u2014 Elle a eu vingt et un ans hier.Elle a demandé alors à notre père son consentement à un mariage qui lui tient au coeur.\u2014 Quel mariage?.Avec qui\u2019 \u2014\tAvec André Dangely, l\u2019ancien secrétaire du comte de Rochebelle.\u2014\tAh ! tu le savais, toi, cela ?\u2014\tJ\u2019avais cru le deviner.\u2014\tPourquoi ne me l\u2019as-tu pas dit?\u2014\tC\u2019était le sect ?t de ma soeur.\u2014\tContinue.\u2014 Mon père, paraît-il.allait donner son consentement, il avait même commencé de l\u2019écrire, lorsque la comtesse est arrivée ; une scène folle, alors, a eu lieu entre ma soeur et elle.« Je suis accourue dans la chambre de Thérèse ; celle-ci, encore toute frémissante, m\u2019a donné de rapides expli- cations.J\u2019ai voulu la supplier d\u2019attendre, de réfléchir.Tout a été inutile.Elle est partie.\u2014\tEt où est-elle allée ?\u2014 Dans un couvent, je crois, mais je n\u2019en suis pas sûre.\u2014\tIl faut l\u2019y laisser.Puis au bout de quelques instants de silence, Pauline tout à coup dit à France : \u2014 Tu connais M Dangely, n\u2019est-ce pas, ma petite ?\u2014 J\u2019ai vécu près de trois ans sous le même toit que lui.\u2014 Quel caractère a-t-il ?\u2014 Il m\u2019a toujours paru très correct.\u2014 Sais-tu quelles sont les intentions de ta soeur pour la fortune qui doit lui revenir à la mort du comte ?\u2014 Oh ! Thérèse ne se cache pas pour dire ses résolutions et celles de son fiancé là-dessus : ni l\u2019un ni l\u2019autre n\u2019en veulent toucher un sou.\u2014 Elle te l\u2019a déclaré ?\u2014 A moi-même, hier.Son intention était de faire en ma faveur un abandon notarié de cette fortune.Je l\u2019ai refusée catégoriquement.\u2014 Alors, qu\u2019a-t-elle décidé ?« \u2014 Eh bien, a-t-elle fait alors, nous donnerons tout aux pauvres, à la mort du comte.La condition unique et expresse d\u2019André à notre mariage a été que je ne lui apporterai pas un sou, que je lui devrai tout, et cette condition, nous ne la violerons ni l\u2019un ni l\u2019autre !.^ Mme Jacobsen, singulièrement frappée de ces mots, réfléchissait \u2014 Ecoute, dit-elle enfin, André Dangely peut être capable d\u2019un semblable désintéressement.Il y a des côtés très beaux dans sa vie.\u2014 Il a abandonné la fortune de sa mère pour sauver le nom de son père, n\u2019est-ce pas ?\u2014 Oui, et c\u2019est rare dans ce siècle-ci.De plus, lui, le marquis, très authentique, de Saint-Jean-d\u2019Angely, élevé dans tout le confortable d\u2019une grande maison luxueuse, 0 est devenu Dangely tout court, travaillant comme un pauvre petit employé, gagnant son pain à la sueur de son front, vivant petitement, mesquinement, de privations et de sacrifices.« Bien d\u2019autres le font.soit ! Mais ces autres n\u2019ont pas connu la grande existence.Et surtout, il n\u2019y ont pas renoncé rien que pour l\u2019honneur.« Donc, André Dangely me paraît un garçon fort estimable\u2014 digne d\u2019intérêt.Le tout est de savoir, actuellement s\u2019il ne s\u2019est pas lassé de son sacrifice, de son existence obscure et malheureuse, si les sentiments qu\u2019il a exprimés à Thérèse sont vrais, ou s\u2019ils cachent un calcul très habile.\u2014 Mais puisque, aujourd\u2019hui même, elle voulait signer l\u2019abandon de sa fortune.\u2014 Dangely savait que tu ne l\u2019accepterais pas.\u2014 A la mort du comte de Rochebelle, ma soeur veut tout donner aux pauvres.\u2014 D\u2019ici là, elle peut réfléchir.\u2014 Vous me désespérez, marraine!.\u2014 Tel n\u2019est pas mon but Seulement, le moment de juger ce garçon est arrivé, il faut le faire.\u2014 Comment ?\u2014 La comtesse va certainement les poursuivre tous les deux de sa haine.Thérèse et lui pourront alors avoir à traverser quelques jours d\u2019épreuves.Voyons comment Dangely s\u2019en tirera.« S\u2019il est ce que tu crois, l\u2019épreuve le grandira et alors je me charge de lui\u2014 Si, au contraire, il n\u2019a épousé ta soeur que pour les millions de don José, il s\u2019irritera, s\u2019amoindrira, et ce que Thérèse fera de mieux sera alors de revenir avec toi.\u2014 Mais, marraine, en attendant elle va souffrir ! \u2014 Elle a besoin d\u2019une leçon, elle ne voit pas la vie sous son vrai jour.\u2014 C\u2019est ma soeur, marraine, et je l'adore.\u2014 Tu es venue pour me demander conseil, n\u2019est-ce pas ?\u2014 Oui, marraine.\u2014 Veux-tu le suivre, alors, mon conseil ?\u2014 Parlez, j\u2019essaierai.VOUS BRODEZ, MADAME?\\ c*- *> v JJV-T ^ * : l ü °- POUR VOTRE COIFFEUSE Ces élégantes petites bonnes femmes sont brodées en nuances claires sur toile d Irlande rose, jaune ou blanche, et aussi sur coton blanc.Le morceau du centre mesure 6 pouces par 17 et ceux des côtés, 11 pouces par 8.Vous pouvez aussi vous procurer des dessus de commode assortis, mesurant 15 pouces par 36, et qui ne sont pas illustrés ci-contre.Mme L.DE BELLEFEUILLE, 61, Bord du Lac, Valois, P.Q.LISTE DE PRIX \u2014 Patron No 906 Veuillez m\u2019envoyer les articles suivants : ?\tNo 906\t\u2014 Parure pour coiffeuse, 3 morceaux étampés sur toile d\u2019Irlande ?rose ?jaune ou ?blanche\t.85 ?\tNo 906A \u2014 Dessus de commode, 15\tpouces\tpar\t36, sur toile\t1.25 ?\tNo 908B \u2014 Parure pour coiffeuse sur coton\tblanc\t.50 ?\tNo 906C \u2014 Dessus de commode, 15 pouces par 36, sur coton blanc .80 ?\tFils de couleur pour la broderie\t.30 ?\tPatron des 4 morceaux, étampés sur\tpapier\t 35 ?\tPapier carbone, bleu ou jaune, pour\ttracer\t.10 Prière de mentionner la nuance de toile désirée.Prière à mes lectrices d\u2019inclure le prix du patron, plus la taxe de 5% ou 3%, selon le cas, sous forme de bon postal, mandat l\u2019express ou argent sous pli recommandé.Nom .Adresse .Localité\tProvince Le Samedi \u2014 14 janvier 1950 Le Samedi, Montréal, 14 janvier 1950 25 \u2014 Thérèse est partie manquant aux égards qu\u2019elle doit à Sybil, irritée contre toi.Laisse-la en paix pendant quelque temps.Après.nous verrons.Le coeur brisé, France toutefois fit plier son ardent désir devant la volonté de Mme Jacobsen.Les délais que la loi impose pour les actes respectueux passèrent, comme passent toutes choses, et le jour du mariage arriva pour André et Thérèse.Ils s\u2019étaient à peine vus pendant ces quelques semaines.Et André n\u2019avait même pas dit à sa fiancée où était situé le premier nid de leurs amours ; il voulait lui en laisser la surprise.Un matin d\u2019août, il vint la chercher en voiture.On arriva à la mairie de Saint-Sul-pice.\u2014 C\u2019est dans ce quartier qu\u2019est notre demeure, ma Thérèse, lui dit André en arrivant sur la place.Vous plaira-t-il?\u2014 Avec vous, répondit-elle tranquille et heureuse, je peux aller en Chine, je ne me plaindrai pas.Quoiqu\u2019il fût tôt l\u2019avant-midi, il avait déjà du monde à la mairie et plusieurs attendaient l\u2019officier municipal, pour des célébrations de mariage.Quatre amis d\u2019André, anciens compagnons de l\u2019Ecole centrale, lui servaient de témoins ainsi qu\u2019à sa fiancée.Le jeune homme aussitôt avait présenté Mlle de Rochebelle.Ils restèrent un moment saisis, avant de s\u2019incliner, tant était radieuse ce matin-là la beauté de la jeune fille.Une toilette de mousseline blanche très simple, mais d\u2019une distinction souveraine, rehaussait singulièrement l\u2019éclat du teint de Thérèse.Un chapeau très petit, plutôt semblable à une très légère aigrette de plumes, était adorablement posé sur ses beaux cheveux d\u2019or.A la main, elle tenait un bouquet de fleurs d\u2019oranger naturelles qu\u2019André venait de lui offrir.Tout ce blanc lui allait divinement ; le rayonnement de ses grands yeux de la couleur des algues-marines illuminait si bien son visage et adoucissait à ce point l\u2019expression d\u2019ordinaire un peu hautaine de ses traits purs, que, lorsqu\u2019elle parut dans la salle des mariages au bras d\u2019André, il y eut un long murmure d\u2019admiration autour d\u2019elle.Un garçon de bureau ouvrit une porte et appela : \u2014 M.le marquis André de Saint-Jean-d\u2019Angely, Mlle Thérèse de Roche-belle.Thérèse leva ses grands-yeux étonnés sur son fiancé.\u2014 C\u2019est à vous, André, ce grand nom si beau ?fit-elle heureusement surprise.Pourquoi ne m\u2019en avez-vous jamais parlé ?\u2014 Qu\u2019ajoute-t-il à mon mérite ?Il ne me fera pas vous aimer davantage, allez !.Dans l\u2019assistance, quand avait entendu appeler ces deux noms si pompeux, on s\u2019était attendu à voir une noce magnifique, et d y avait eu un léger brouhaha.A l\u2019aspect de cette jeune fille, seule à côté de son fiancé, suivie seulement des quatre témoins, on entendit un murmure de déception.Mais Thérèse s\u2019avança en relevant légèrement la tête avec son grand air hautain et doux, cet air que personne qu\u2019elle, n\u2019eût su prendre et qui, lorsqu\u2019elle le voulait, lui conquérait toutes les sympathies pendant qu\u2019il imposait tous les respects.Les femmes sincèrement l\u2019admirèrent, plus sincèrement encore les hommes envièrent André ; tous s\u2019inclinèrent sur son passage.\u2014 Où sont les parents, demanda le maire ?\u2014 Le futur est orphelin, répondit le secrétaire de la mairie.Les parents de la future s\u2019opposent ; mais les actes sont en règle.\u2014 Bien : allez ! Quelques paroles furent marmottées, puis les mots indissolubles furent prononcés : \u2014 Au nom de la loi vous êtes unis !._ André apposa son nom le premier sur le grand registre, puis le maire présenta la plume à Thérèse et lui dit : \u2014 Veuillez signer à cet endroit-là, madame la marquise, s\u2019il vous plaît ?A ce nom qu\u2019on lui donnait pour la première fois, une vive rougeur colora les joues de Thérèse.Les formalités terminées, on traversa la place et on se rendit à l\u2019église Saint-Sulpice.André avait commandé une messe basse ; elle fut dite tout au fond de l\u2019église dans cette admirable chapelle de la Vierge où la belle statue de marbre blanc éclairée par le haut ressemble à une mystérieuse et divine apparition.Quelques instants après, en bas des marches, Thérèse, appuyée au bras de son mari, remerciait les jeunes gens qui avaient bien voulu lui servir de témoins, recevait leurs félicitations, et avait pour chacun une parole gracieuse.André, au contraire, plus froid encore que d\u2019habitude, pouvait à peine parler ; il dut se contenter de serrer la main de ses amis, et ceux-ci, comprenant son émotion, s\u2019empressèrent de le laisser seul avec sa femme.\u2014 Nous allons chez nous, n\u2019est-ce pas ?lui demanda Thérèse en se faisant un peu plus lourde à son bras.R lui fit signe que oui, et se dirigea vers la voiture qui les attendait devant l\u2019église.\u2014 Le temps est si beau, lui fit-elle en souriant, que si notre demeure n\u2019est pas trop éloignée j\u2019aime bien mieux m\u2019en aller à pied avec vous.Ils se mirent en marche.Le jardin du Luxembourg ouvrait une de ses grilles devant eux ; ils entrèrent.Au milieu des allées, dans un endroit abrité des rayons trop ardents du soleil, une foule de bébés jouaient sous les yeux de leurs mères ou de leurs nourrices.D\u2019un commun accord, au milieu de cette fête de l\u2019enfance, de cet assem-blement de frais museaux, de mines souriantes, André et Thérèse s\u2019arrêtèrent.Leurs yeux se rencontrèrent, un nuage rose colora les traits de la jeune femme.Tout au bout de la jolie rue qui borde le jardin du Luxembourg, André avait loué un tout petit hôtel qu\u2019il avait meublé avec un soin jaloux.La vue était attrayante.Devant soi de l\u2019air, de la lumière, des fleurs, des arbres, du soleil L\u2019intérieur était simple et cependant toutes les ressources d\u2019André y avaient passé.Pour une seule pièce, Dangely avait fait des folies ; c\u2019était le petit salon qu\u2019il avait copié exactement sur celui que Thérèse et France occupaient à l\u2019hôtel de Rochebelle et pour lequel, il le savait, Thérèse avait toujours eu une grande prédilection.La bonne était occupée à préparer leur déjeuner, le premier qu\u2019ils allaient prendre chez eux, en tête à tête, ainsi qu\u2019ils le feraient désormais chaque jour.La jeune femme, brisée d\u2019émotion, s\u2019assit sur le canapé.Ses regards appelaient André ; il vint prendre place à ses côtés et l\u2019enlaça de ses bras.__Que tu es bon !.murmura-t-elle, en proie à un bonheur surhumain.Comme tu me comprends !.Et que je serai donc heureuse avec toi !.Elle sentait le coeur de son mari battre à coups précipités contre le sien.\u2014 Thérèse! ma Thérèse!.Comment te rendrai-je jamais ce que tu as laissé pour moi, dit-il enfin en balbutiant.Elle l\u2019interrompit brusquement : \u2014 Tais-toi, lui dit-elle.Tais-toi.Ne blasphème pas.Je n\u2019ai rien laissé, rien brisé, rien abandonné.Je suis simplement\u2019 allée vers toi, auquel de tout temps j\u2019étais destinée, et pour lequel certainement Dieu m\u2019a créée et mise au monde ! Enivré, Dangely écoutait sa femme et la contemplait en extase.L\u2019intensité de l\u2019émotion, en effet, mettait sur le visage habituellement un peu froid de Thérèse un rayonnement ; ses narines frémissaient, le jour qui tombait d'aplomb sur elle rendait plus pures et plus claires ses magnifiques prunelles, dans lesquelles il y avait l\u2019expression absolue et naïve des premières joies.Elle laissa tomber sa main dans celle de son mari : \u2014 Je suis à toi devant Dieu et devant les hommes, murmura-t-elle, à toi pour toujours.Que me fait le reste !.DEUXIEME PARTIE L'ENFANT ABANDONNE Un coeur d'or L est six heures du soir, en hiver.Il a neigé dans la journée, et les omnibus ne descendent qu\u2019à grand-peine la pente raide de la rue de Clignancourt, à Montmartre.Un jeune homme de vingt-trois ou vingt-quatre ans, grand, souple, aux épaules larges, à la démarche alerte et légère, entre sous la porte cochère d\u2019une des immenses maisons qui, situées sur la déclivité de la chaussée, regardent la plaine Saint-Denis.\u2014 Rien pour moi, madame Samuel ?demanda-t-il à la concierge, en passant devant sa loge.\u2014 Rien, dit-elle.Puis subitement, le rappelant : \u2014 Je me trompe, monsieur Robert, votre ami M.Périer est venu deux fois déjà.\u2014 Il n\u2019a pas dit ce qu\u2019il voulait ?\u2014 Non, mais il n\u2019est pas loin, je pense.\u2014 Bien, vous le ferez monter lorsqu\u2019il reviendra.Robert, très leste, eut vite fait d\u2019escalader ses six étages.Au fond d\u2019un couloir, il ouvrit une porte, semblable à beaucoup d\u2019autres portes qu\u2019on voyait à côté, basses, étroites, peintes en jaune ; et, dès l\u2019entrée, ayant frotté une allumette, il alla droit à une petite lampe placée sur une encoignure de bois sculpté.Le logis était modeste : il se composait de deux pièces.La première dans laquelle il pénétra, très spacieuse, très élevée, était une sorte d\u2019atelier de sculpteur.Je dis une sorte, car il n\u2019y avait ni les grandes verrières, ni les tentures, ni les modèles en plâtre, en terre cuite ou en marbre, qui composent d\u2019ordinaire ces pièces-là.A peine quelques rares essais se voyaient-ils de côté et d\u2019autre.Au milieu de la chambre une selle et un objet assez volumineux, sous une toile mouillée, donnaient seuls la sensation qu\u2019on était chez un artiste.\u2014 Brr !.fit Robert en entrant, il ne fait pas chaud ici !.Tant mieux, ajouta-t-il avec un éclat de gaieté, mon buste de cette façon ne séchera pas et se travaillera mieux.« Allons, je vais aller mettre ma po-potte à bouillir de l\u2019autre côté, et mon dîner expédié, si Périer ne me dérange pas trop longtemps, quelle bonne soirée de travail je vais avoir après !.Il passa dans la deuxième pièce, plus exiguë, et alluma un petit fourneau à gaz.Dans une casserole, à côté, un ragoût était préparé, presque cuit.\u2014 Décidément, dit Robert toujours de bonne humeur, Mme Samuel est une perle.Elle n\u2019oublie rien, la brave femme, pas même le couvert.En effet, sur une petite table, une serviette blanche, un litre de vin, de l\u2019eau bien claire et un morceau de fromage se trouvaient alignés.COMMENCE 2 SECONDES ARRÊTEZ MAl'TÊTE AVEC MARQUE DÉPOSÉE AU CANADA LE VÉRITABLE ASPIRIN EST MARQUÉ COMME ceci GROS et DETAIL t AIGUILLES et PARTIES DE RECHANGE pour toutes marques de machines à coudre.Ensemble complet : MOTEUR.CONTROLE, LUMIERE, ETC.$26.50 GROULX EIMRG.4090 St-Jacques\tMontréal Gois (Jmpoltant A nos Lecteurs et Dépositaires POUR des raisons très importantes nous tenons à rappeler à tous nos lecteurs et dépositaires que notre maison, la maison Poirier.Bessette & Cie, Limitée, ne possède et n\u2019édite que TROIS MAGAZINES, qui sont les suivants : LE SAMEDI LA REVUE POPULAIRE LE FILM POIRIER, BESSETTE & CIE.LTEE 975-985, rue de Bullion Montréal 18, P.Q. Les Mots Croisés du \u201cSAMEDI\u201d 1\t2\t3\t4\t5\t6\t7\t8\t9\t10 II 12\t13\t14\t15 /' / Z Problème No 942 HORIZONTALEMENT 1\u2014Gros nez.\u2014 Soulager d\u2019une oppression morale.2\u2014Accumulation.\u2014 Nom vulgaire de petits ouistitis de la Guyane.\u2014 Nom du soleil.3\u2014\tFibre végétale tirée de certains palmiers.\u2014 Il y en a quatre dans le jeu de cartes.\u2014 Espace de terre resserré entre deux coteaux.4\u2014\tAccabler.\u2014 Etat physiologique des animaux.\u2014 Lieu public où l\u2019on prend des liqueurs.5\u2014\tLabourées avec la ritte.\u2014 Gros paquet de marchandises.6\u2014\tCharge d\u2019un âne.\u2014 Poche de toile.\u2014 Répit.7\u2014\tMétal d\u2019un gris bleuâtre: \u2014 Petite tasse.8\u2014\tTerminaison d\u2019infinitif.\u2014 Bière qui se boit à Bruxelles.\u2014 Grand lac.\u2014 Dans soupe.9\u2014\tActes de dévotion auxquels on se livre durant neuf jours.\u2014 Ile du Dodécanèse.10\u2014\tPlante molle qui meurt chaque année.\u2014 Linacée.\u2014 Petites cornes du bois d\u2019un cerf.11\u2014\tCreux de la main.\u2014 Endroit public où l\u2019on danse.12\u2014\tBords d\u2019un fleuve.\u2014 Ce qui échoit à chacun par le sort.\u2014 Respiration forte.13\u2014\tIndivisible.\u2014 Petit trait horizontal.\u2014 Vendre très cher.14\u2014\tProtège le doigt.\u2014 Maîtriser.\u2014 Rivière de France.15\u2014\tQui excède la mesure ordinaire.\u2014 Pour la troisième fois.VERTICALEMENT 1\u2014\tTraits informes.\u2014 Qui marque la pruderie.2\u2014\tInventer.\u2014 Passion qui nous porte à désirer du mal de quelqu\u2019un.3\u2014\tMal arranger.\u2014 Faite depuis peu.4\u2014\tLe plus précieux des biens.\u2014 Solide, stable.-\u2014 Petit cube.5\u2014\tLa plus vile populace.\u2014 Manière de faire cuire certaines viandes à la braisière.\u2014 Affluent de l\u2019Obi.6\u2014\tConjonction.\u2014 Discret.\u2014 Outil d\u2019acier pour dégrossir les métaux.7\u2014\tFils de Jacob.\u2014 Archipel d\u2019Océanie.\u2014 Roi de Bulgarie, en 1918.8\u2014\tSuccesseur d\u2019Abou Bekr.\u2014 Ici.\u2014 Lui.\u2014 Soigné.9\u2014\tVille forte de Belgique.\u2014 Occuper, garder.\u2014 Trois fois.10\u2014\tCargaison.\u2014 Parties immergées des navires.\u2014 Ile de l\u2019Atlantique.11\u2014\tFleur blanche.\u2014 Espèces de poires.\u2014 Revers.12\u2014\tDans.\u2014 Boîte à compartiments.\u2014 Son faux et discordant.13\u2014\tCelle de Strauss est très célèbre.\u2014 Tirade, en général.14\u2014\tFilet de l\u2019oiseleur.\u2014 Ouverture d\u2019un véhicule par laquelle on pénètre.15\u2014\tPlanche à rebord où le typographe met ses lignes.\u2014 Relâcher.Solution du Problème No 941 P P i S I » L Ê A A S £ RIO C, A R g E fl i R # » U ! ( É « L O fl N O P fl « C M fl U fl O U V É fl U (r fl 8 ' le o R R e c t e fl c i d £ * COMTÉ I, (I S E l R É M Ê 0 é O R U S E U nue t e t « « s fl N o fl É l R O .fl £ 3 « e c fl fl 4 C fl N fl fl I COREE p fl -r i e n t lé» 5 I O fl r e o fl l t i e o e s O L é fl fl U L P fl r k e 5 CRePi t er Pendant que le souper de Robert mijotait sur son fourneau, le jeune homme s'assit sous sa lampe et se mit à lire un journal.La lumière l\u2019éclairait en plein et permettait de distinguer le moindre trait de son visage.Il n\u2019était pas régulier, ce visage, dans l\u2019acception absolue du mot ; son front paraissait trop volumineux sous ses cheveux bruns coupés ras, mais qu il était donc sympathique, avec son teint mat, son ovale mince, qu\u2019allongeait encore une fine barbe soyeuse et, pardessus tout, deux grands yeux d\u2019un brun très clair, striés d\u2019or, lumineux, droits, à la fois fermes et doux ! Il venait de terminer son repas, et il était encore assis à sa petite table lorsqu\u2019on frappa à sa porte : c était Georges Périer.Artiste comme Robert, Périer avait pour la peinture la même vocation que son ami pour ses figurines de bois ou de marbre.Ils s\u2019étaient rencontrés plusieurs fois dans les musées et, ayant à peu près les mêmes goûts, ils s\u2019étaient liés.\u2014\tQu\u2019est-ce qui me vaut la bonne fortune de te voir ce soir ?demanda Robert \u2014\tUn service que j\u2019ai à te demander.\u2014\tAccordé, si je puis.\u2014\tJ\u2019ai besoin de toi pour un de mes tableaux.J\u2019ai beau, chercher dans tous les modèles que je rencontre, je ne vois personne de campé comme toi, avec ton torse superbe, tes extrémités de femme et ta tête si originale.Robert l\u2019arrêta.\u2014 Oh! assez, Périer, mon cher.Je t\u2019en prie.Tu me fais rougir.\u2014 Tu sais bien que ce que je t\u2019en dis n\u2019est pas pour te faire des compliments.Entre nous ce serait trop bête.« Je n\u2019ai pas voulu d\u2019abord le demander le service de poser pour moi, je te sais très occupé et je considérais ma demande comme une indiscrétion rare.Eh bien, tu me trouveras ridicule si tu veux, mais je ne dors plus de l\u2019idée de t\u2019avoir dans mon tableau, et il faut que tu aies cette complaisance.\u2014 Oh ! qu\u2019à cela ne tienne ! Seulement, comme tu le disais tout à l\u2019heure, ce ne sera pas facile, car je suis très occupé.\u2014 Ici?A ta sculpture?.Robert rougit, hésita l\u2019espace d\u2019une seconde, puis tout à coup, très décidé : \u2014 Je suis un ouvrier, dit-il, et mon temps ne m\u2019appartient pas.¦\u2014 Toi, un ouvrier ! avec ces pieds et ces mains et cette tournure ?.Mais ce n\u2019est pas possible, et tu ne me le feras jamais croire, car tu as l\u2019air d\u2019un fils de roi.\u2014 Je ne suis cependant qu\u2019un simple ouvrier sculpteur sur bois, et, qui plus est, un enfant abandonné, seul au monde.\u2014 Oh ! Robert ! s\u2019écria Périer, dont l\u2019expressive physionomie revêtit aussitôt le sentiment d\u2019un véritable chagrin, pardonne-moi.je ne savais pas, cher ami.Non, vraiment, je ne me doutais pas de ce que tu me racontes là.Je t\u2019en prie, garde ton douloureux secret.Je t\u2019aime et je t\u2019estime tel que tu es.\u2014 C\u2019est bien pour cela que je préfère te le dire une fois pour toutes.D\u2019ailleurs, si ma situation a été de tout temps un très grand malheur pour moi, elle ne peut m\u2019être reprochée comme un crime de ma part.Je le suppose au moins.\u2014 Oh certes ! Et tu n\u2019en as que plus de mérite, car il est probable que c\u2019est tout seul que tu es arrivé au résultat acquis aujourd\u2019hui.\u2014 Tout seul, en effet.Du plus loin que je me souvienne, je vois les grands murs d\u2019un hôpital, les cornettes blanches des soeurs, et les bancs de l\u2019asile sur lesquels les petits de la ville arrivaient le matin avec des paniers pleins de friandises ; nous, les orphelins de l\u2019hospice, nous regardions toutes ces bonnes choses de loin, sachant bien que Le Samedi, Montréal, 14 janvier 1950 semblable joie ne nous serait jamais réservée.« Mais bien plus tristement encore, moi, le soir, je voyais repartir mes petits camarades : ils allaient chez eux, en effet, où on les attendait, où la mère les choyait, les adorait.Tandis que nous.seuls toujours.« Quelquefois, quand on était très sage, une image ou un bonbon nous récompensait ; mais des baisers jamais.« Dans mon hôpital, il y avait un peu de tout : des enfants, des malades et des infirmes.Un de ces derniers était un vieil artiste un sculpteur, qui avait eu une certaine renommée.« L\u2019été, lorsqu\u2019il chauffait ses vieilles jambes paralysées au soleil, on me laissait aller jouer auprès de son fauteuil.L\u2019amour de son art avait survécu chez lui à la perte de la mémoire et de presque toutes ses autres facultés.« Sans pouvoir à peine prononcer une parole, il m\u2019enseigna à modeler la terre glaise.Il faut croire que j\u2019avais certaines dispositions, car les choses naissaient sous mes doigts.Tout ce que je voyais me servait de modèles : les bêtes de la basse-cour, les fleurs du jardin, même les statues et les vases sacrés de l\u2019église.« Les soeurs trouvèrent ces derniers objets splendides, et décrétant que je serais plus tard un grand artiste, elles me traitèrent avec une extraordinaire indulgence.« Je venais d\u2019avoir douze ans lorsque la supérieure qui m\u2019avait recueilli et qui m\u2019aimait mourut subitement.C\u2019était une femme excellente dont la plus grande qualité était une bonté à toute épreuve.« Celle qui lui succéda était loin de lui ressembler ; sèche, nerveuse et dure, elle était surtout despote.Tout d\u2019abord, elle cria après tous les abus qui, disait-elle, s\u2019étaient introduits dans la maison et voulut les réformer.« Armée du règlement, elle décida, entre autres choses, que les orphelins âgés de douze ans devaient gagner leur vie et quitter la maison.Elle nous plaça alors les uns et les autres dans diverses fermes du pays.« En vain lui fit-on observer que mes instincts d\u2019artiste me poussaient plutôt dans un atelier, et que je ferais, par exemple, un bien meilleur ébéniste qu\u2019un ouvrier de terre.Elle haussa les épaules.« \u2014 Ah!, bien, oui.déclara-t-elle j\u2019avais des dispositions de bohème, de paresseux et de vaurien.Les travaux des champs assainiraient mon esprit pervers et corrigeraient ma nature de hasard.« Profondément découragé et malheureux, je dus cependant me soumettre.Mais la chance me servit mal.Les paysans chez lesquels on me plaça é .aient grossiers, avides et cruels; rester avec eux fut bientôt pour moi un enfer sans nom.« La vie que j\u2019avais menée jusque-là ne m avait point habitué à leurs durs labeurs.N\u2019importe, il fallait les suivre du matin au soir, sarcler, planter, défoncer avec eux.Et, chose plus terrible encore peut-être que la fatigue qui me tuait lentement, il fallait m\u2019entendre appeler par eux : « le bâtard ».Car ils ne m\u2019ont jamais donné d\u2019autre nom.\u2014 Pauvre Robert!.murmura Périer.\u2014 Ah ! tu peux me plaindre, va, continua l\u2019artiste, car j\u2019ai été tellement malheureux, à cette époque-là, que je ne comprends pas comment je ne me suis pas tué.Les enfants naïfs et bons, comme je l\u2019étais alors, n\u2019ont jamais l\u2019idée du suicide, heureusement pour moi.« Je venais d\u2019avoir quatorze ans lorsqu'un des garçons de la ferme revint de son service militaire.Il avait été pendant quelque temps en garnison à Paris, et il en parlait constamment.« Chose bizarre, ce qui l'avait le plus frappé c\u2019était le Louvre, Versailles, les Expositions de tableaux qu\u2019il avait toutes courues les unes après les autres.Ses descriptions réveillèrent tous Le Samedi, Montréal, 14 janvier 1950 27 mes instincts d\u2019artiste.Je ne dormis plus, je ne mangeai plus ; une seule idée était en moi, m\u2019obsédant jusqu\u2019à la folie : je voulais aller à Paris.« Enfin un jour, je n\u2019y tins plus.J\u2019avais économisé douze francs sur le maigre salaire qu\u2019on me donnait à la fin de chaque année.Avec ces quelques sous dans ma poche, mes souliers à la main,-mes pauvres hardes nouées dans un mouchoir et ledit mouchoir pendu au bout d\u2019un bâton de cormier, je partis tout seul, un soir, dès que la nuit fut venue.\u2014 Et y avait-il loin ?demanda Pé-rier de plus en plus attendri, \u2014 L\u2019hospice où l\u2019on m\u2019avait recueilli était à Orléans ; les paysans chez lesquels j\u2019étais placé, aux environs de cette ville ; il y avait par conséquent huit jours de marche pour gagner Paris.Je ne m\u2019arrêtais que le soir à la porte des fermes d\u2019où l'on me chassait quelquefois, mais où le plus souvent l\u2019on me donnait une assiette de soupe, un morceau de pain et la permission de coucher sous quelque meule de paille.\u2014 Et en arrivant ici avec tes douze francs, sans connaissances et sans ami, qu\u2019es-tu devenu, mon pauvre Robert ?\u2014 Oh ! là, mes affaires n\u2019ont guère été plus brillantes, mais au moins, avec les misères et les privations, il y avait la liberté.« Un roulier que j\u2019avais rencontré à quelque distance d\u2019Etampes me laissa monter sur sa voiture.Au bout de quelques heures de conversation, il parut me prendre en très grande amitié et me conseilla d\u2019aller me présenter dans un atelier du faubourg Saint-Antoine où l\u2019on fabriquait des petites caisses.Chaque jour il y chargeait des colis, il savait que dans ce moment on avait besoin d\u2019apprentis.Je suivis son conseil et je réussis.«Mais j\u2019étais à cette époque très chétif.Habitué à l\u2019air pur des champs, au grand silence de la campagne, je ne pus me faire à ce bruit continuel de coups de marteaux.«On me nourrissait chez mes patrons, et cette nourriture était insuffisante.La nuit, exténué de fatigue, je ne dormais pas, parce que j\u2019avais faim.« Je tombai malade.Une méningite se déclara.On me fit porter à l\u2019hôpital.« Comment je ne suis pas mort d\u2019une maladie en généra] mortelle ?.Je ne le sais pas.« La période aiguë étant passée, je fis la connaissance de mon voisin de lit.C\u2019était un garçon de mon âge, apprenti comme moi, mais chez un ébéniste.« Son patron, qui venait le voir tous les jeudis et tous les dimanches, s\u2019intéressa à mon Kstoire que l\u2019autre lui raconta.C\u2019était un excellent homme de la rue de Charonne ; il avait l\u2019âme large et généreuse des ouvriers de Paris, il me prit à ma sortie de l\u2019hospice.\u2014 Dans quelles conditions ?demanda le peintre.\u2014 Il me nourrit et me logea, me donna par semaine une petite somme qui me permettait de m\u2019entretenir.\u2014 Et il t\u2019enseigna son métier pas-dessus le marché?.\u2014 Oui, mais malheureusement il consistait en une besogne de pacotille : c\u2019étaient des meubles très bon marché, d\u2019une fabrication peu soignée, et qui ne pouvaient pas faire de moi un bon ouvrier.\u2014 C\u2019était toujours mieux que l\u2019emballage.\u2014 Certainement ; mais l\u2019appétit vient en mangeant, et ce n\u2019était pas encore mon rêve réalisé.Alors, comme je supposais bien que le dessin devait être la base de l\u2019art qui me passionnait toujours, je me mis le soir à suivre les cours gratuits « Mais, à mesure que je fréquentais ces cours, je me trouvais en rapport avec d'autres jeunes gens de mon âge et je m\u2019aperçus que mon éducation et même mon instruction d\u2019enfant trouvé étaient des plus incomplètes.« Alors, avec le peu d\u2019argent que je pouvais mettre de côté, je pris un professeur le dimanche.« Je tombai sur un vieillard très instruit qui, émerveillé de ma volonté et de mon énergie, éprouva pour moi une très grande sympathie et m\u2019enseigna à peu près tout ce que je sais.« Mon vieux patron étant mort un peu plus tard, et moi me trouvant dégagé de la reconnaissance qui m\u2019eût empêché de jamais le quitter, mon professeur me fit entrer cette fois-ci dans un véritable atelier de sculpture, dans lequel on travaillait encore pour l\u2019industrie, c\u2019est vrai, mais où les ouvrages étaient plus élevés, plus personnels et se rapprochaient davantage du grand art.« Il y a cinq ans de cela, j\u2019y suis toujours.\u2014 Et tes statuettes, tes bustes, toutes ces choses merveilleuses dont j\u2019ai vu quelquefois des spécimens qui m\u2019ont séduit, quand trouves-tu donc moyen de les faire ?\u2014 Je sors de l\u2019atelier à six heures en hiver, à sept heures en été.Il est tout voisin d\u2019ici, rue de Douai.Je rentre en quelques enjambées.Je mange mon petit dîner que m\u2019a préparé dans la journée ma concierge, la mère Samuel, et je travaille, soit une partie de la soirée, soit encore toute la journée du dimanche.\u2014- Et le café ?Et les distractions ?\u2014 Le café, ça coûte cher et je n\u2019y vais pas.Les distractions font perdre du temps et ne vont pas à mon caractère.Du reste, aucun plaisir ne vaut pour moi les moments où, en tête à tête avec moi-même, je donne libre cours à mon inspiration, et je travaille.\u2014 Mais c\u2019est admirable, cela ! Périer.Tu es un vrai Caton, tu sais, doublé d\u2019un grand artiste !.Tu iras loin, très loin, très loin, je te le prédis.Une flamme passa dans le grand oeil clair de Robert ; mais, l\u2019éteignant aussitôt : \u2014 Tu n\u2019es pas sérieux, dit-il.Tu blagues toujours.\u2014 Tu te trompes joliment, et je voudrais bien être dans ta peau.Mais sais-tu qu\u2019il me vient un très grand scrupule, maintenant : je me reprocherais comme une mauvaise action de te pfendre une seule parcelle de ce temps si bien rempli.\u2014 Alors, je ne me pardonnerai pas de m\u2019être laissé aller devant toi à t\u2019ouvrir mon coeur.\u2014 Ah ! non, par exemple, ta preuve d\u2019amitié m\u2019a touché jusqu\u2019au fond de l\u2019âme, sans compter que tu m\u2019as donné une crâne leçon.Pour être un vaillant, Robert, tu es un vaillant.Je n\u2019ai jamais été fier comme aujourd\u2019hui d\u2019être ton ami.\u2014 Alors, c\u2019est entendu.Dimanche j\u2019irai poser chez toi.«Mais ça va peut-être te déranger que ce soit le dimanche ?Tu sors sans doute ce jour-là ?\u2014 Eh bien, merci ! il ferait beau que je me mette à parler de mes promenades du dimanche ou d\u2019autre chose, quand toi tu dois avoir quelque ouvrage en train, n\u2019est-ce pas ?Robert sourit en rougissant un peu.\u2014 Ça, toujours, dit-il.\u2014 Qu\u2019est-ce que tu fais?__Une étude- Un buste de femme.__Tu serais bien gentil de me le montrer.Le sculpteur ayant pris sa lampe, ils se levèrent et passèrent dans la pièce voisine.Là, Robert alluma une deuxième lampe très grosse, tombant du plafond, et, s\u2019étant approché de l\u2019objet que l\u2019on voyait au milieu de l\u2019atelier, il enleva le linge mouillé avec d\u2019extraordinaires précautions.Périer poussa un cri d\u2019admiration.Qu\u2019on se figure, en effet, un splendide buste de terre glaise représentant une jeune femme mince, élancée, souverainement belle, d une distinction de reine ; le profil net et ferme était su- perbe, le front se dégageait large et magnifique d\u2019une coiffure haut sur le front, à la Gabrielle d\u2019Estrées.Le cou un peu long, les épaules très basses donnaient au buste un suprême cachet d\u2019élégance.Tel avait été le talent de Robert que l\u2019on croyait voir frémir les fines lèvres d\u2019argile, et que les minces narines semblaient se dilater sous une adorable expression hautaine et douce, qui était j du reste le cachet principal de cette fi- J gure d\u2019une beauté sans pareille.\u2014\tMais c\u2019est splendide! Je n\u2019ai jamais rien vu de si beau ! s\u2019écria Périer.« Où as-tu trouvé cette femme ?s\u2019écria-t-il au bout d\u2019un moment de nouvelle admiration.Est-ce qu\u2019elle est une trouvaille ?Mais alors je comprends ton amour du travail.Pour devenir digne d\u2019elle, on doit être capable de mettre le feu au monde !.\u2014\tNon, dit tristement Robert.Seul au monde j\u2019ai toujours été, seul au monde je suis encore.\u2014\tMais alors, c\u2019est un modèle ?\u2014 Envoie-moi cette merveille, je la paierai ce qu\u2019elle demandera, si elle veut poser pour moi.\u2014\tCe n\u2019est pas un modèle.La jeune femme, dont ce buste n\u2019est que la très imparfaite reproduction, est venue, il y a cinq ou six mois, habiter ici un logement à côté du mien.Rien ne peut te donner une idée de sa beauté incomparable, de sa réserve, de sa distinction native.\u2014\tElle est seule ?\u2014\tNon.Elle vit avec son mari, aussi jeune, aussi beau, aussi distingué qu\u2019elle.\u2014\tQu\u2019est-ce qu\u2019il fait, ce mari ?\u2014\tOn n\u2019en sait rien, Car ces gens-là n\u2019adressent jamais la parole à personne, et quand des indiscrets essayent de savoir quelque chose auprès d\u2019eux, très poliment mais très fermement, ils éludent la question, et cela avec une froideur telle que personne n\u2019a jamais osé revenir à la charge.«Le mari, cependant, doit être employé quelque part, car il s\u2019en va tous les matins d\u2019assez bonne heure ; il revient en toute hâte manger à midi, et il ne rentre que le soir, tard.\u2014 Et elle, pendant ce temps, que fait-elle ?\u2014 On la voit peu.Elle descend pour chercher ses petites provisions, mais elle ne s\u2019attarde pas dehors, et comme je te le disais tout à l\u2019heure, elle ne parle à âme qui vive.\u2014 Comment s\u2019appellent ces gens-là ?\u2014 M.et Mme André.\u2014 Ce qui n\u2019est évidemment que la moitié de leur nom.L\u2019autre, le vrai, ils le cachent.\u2014 Evidemment.Ces gens-là sont des déclassés.\u2014 Qui sait le drame qu\u2019il y a eu dans leur existence ?\u2014 Qui sait ?.Depuis quelques jours, je n\u2019ai pas vu la jeune femme.Dans tous les cas, ils ne sont pas heureux, car la concierge m\u2019a dit qu\u2019ils n\u2019avaient pas pu payer leur dernier terme.\u2014 Ecoute, Robert, essaye donc de lui dire que si elle veut venir poser chez moi, \u2014 oh ! rien que pour la tête et le buste, comme tu Tas fait-là, \u2014 je la paierai ce qu\u2019elle demandera.« Mais n\u2019importe quelle somme tu m\u2019entends ?Je suis riche et je ne marchanderai pas.Cinquante francs, cent francs la séance, si elle veut.Ce sera un moyen d\u2019acquitter son terme ça.\u2014 D\u2019accord ; mais la commission n\u2019est pas facile.Si tu voyais une seule fois Mme André, tu comprendrais que lui adresser la parole, surtout pour lui faire une semblable proposition, n\u2019est pas du tout dans mes cordes.\u2014 Ce sera comme tu voudras ou plutôt comme tu pourras.Mais, enfin, si jamais l\u2019occasion se présente, tu me rendras un fier service.Il était tard, Georges serra la main de son ami.\u2014 A dimanche, dit le peintre, et merci ! Si vous êtes LAS TOUT LE TEMPS Il vous faut peut-être des Dodd!s PARCE QUE\u2014si les reins sont défectueux, l\u2019excès d\u2019acides et les déchets toxiques restent dans l\u2019organisme.Des maœ de dos, maux de tête et une sensation de fatigue s\u2019ensuivent.Les Pilules Dodd\u2019s pour les Reins aident les reins à reprendre leur fonctionnement normal, vous aillent à vous sentir mieux, à mieux travailler, mieux jouer.Exigez les véritables Pilules Dodd\u2019s pour les Reins, une remède favori depuis plia d\u2019un demi-siècle.\t157P Pilules Dodds reins VOTRE FIANCEE, VOTRE SOEUR, VOTRE MERE .AIMENT assurément LE FILM et vous accomplirez un geste délicat à leur endroit en souscrivant à leurs noms, un abonnement à ce magazine de chez nous qui se spécialise dans le cinéma, le théâtre et la radio.Chacun de ses numéros contient un roman d\u2019amour complet et d\u2019abondantes photos d\u2019artistes dont bon nombre peuvent être conservées ou encadrées.Ne tardez pas, procédez immédiatement.Notre roman de janvier : LES CARTES MONT DIT.par JEAN BONNERY COUPON D\u2019ABONNEMENT LE FILM Canada et Etats-Unis 1\tan .$1.00 2\tans .$1.50 ?IMPORTANT :\u2014Indiquez (Tune croix s'il s'agit d'un renouvellement.Nom Adresse Ville .Province .POIRIER.BESSETTE & CIE.LTEE 975-985 rue de Bullion Montréal 18.P.Q. 28 Le Samedi, Montréal, 14 janvier 1950 \u2014\tA dimanche, répéta Robert Il ouvrit la porte à Périer.Dans le corridor et dans l'escalier, il faisait un noir d\u2019encre.\u2014\tLe gaz est déjà éteint, dit le sculpteur, je vais t\u2019éclairer.\u2014 Pas besoin, j\u2019ai des allumettes.\u2014 Si, si ; jusqu\u2019au troisième, l\u2019escalier est très raide.Après ça va tout seul.Il descendit, sa petite lampe à la main.Comme Robert remontait, il lui sembla entendre des gémissements et des sanglots dans une des chambres voisines de la sienne.Il s\u2019arrêta et écouta plus attentivement.Aux sanglots se mêlaient à présent des cris inarticulés, des plaintes tellement douloureuses qu\u2019elles arrachaient l'âme.\u2014 Mon Dieu! fit le jeune homme tout bouleversé, mais c\u2019est chez les André qu\u2019on se plaint ainsi.Qu'y a-t-il donc?Serait-elle malade?.Bien malade, peut-être ! Il n\u2019écouta que son coeur et, mettant de côté sa timidité, cependant très grande, il frappa à la porte du logement.Les plaintes continuèrent, mais les sanglots cessèrent tout à coup.Comme on ne répondait pas, Robert frappa de nouveau.\u2014 Monsieur André, dit-il en même temps, avez-vous quelqu'un de malade chez vous, et puis-je vous être bon à quelque chose ?Je suis votre voisin, Robert le sculpteur.Aussitôt on entendit un léger remue-ménage, la porte s\u2019ouvrit et André Dan-gely parut.Eh ! oui, celui qu\u2019on appelait M.André n\u2019était autre que Dangely.Les prévisions de Mme Jacobsen s\u2019étaient malheureusement réalisées.Nadine avait poursuivi les deux jeunes gens de sa haine implacable.A quelques semaines à peine de son mariage, la première place d\u2019André, celle où il espérait faire fortune, lui avait été enlevée du jour au lendemain.Trop fier pour protester, il avait accepté un congé qu\u2019aucun prétexte ne justifiait ; il avait cherché ailleurs, il n\u2019avait pas tardé à trouver.Mais, au bout de très peu de temps, il était pareillement remercié.Et pendant plusieurs mois cela se passa ainsi, jusqu\u2019au jour où les mieux intentionnés pour lui se dirent : \u2014 Tiens, nous croyions Dangely un garçon honorable.Pour qu\u2019il soit ainsi congédié de partout, et en aussi peu de temps, il y a évidemment en lui quelque vice rédhibitoire que nous ne connaissons pas.Et les jours s\u2019écoulèrent, et il battit le pavé de Paris.Il lui fut impossble de rien trouver.Alors une anxiété sans nom s\u2019empara de lui.Thérèse, quoique très souffrante d\u2019un commencement de grossesse, essaya de le soutenir et de l\u2019encourager ; mais, malgré toute l\u2019énergie de la jeune femme, il fallut se rendre à la triste réalité; la misère arrivait à grands pas, une misère noire, sans solution et sans espoir.On vendit d\u2019abord les bijoux de Thérèse, puis ses dentelles, ses robes, les quelques cadeaux qu\u2019André lui avait faits.Puis on renvoya la bonne.Enfin un jour le propriétaire les expulsa, du petit pavillon qu\u2019ils occupaient depuis leur mariage et saisit leurs meubles.Le lit seul leur restait.Alors, comme il était très beau, Thérèse le vendit ; avec ce quelle en retira, elle put acheter un tout petit ménage, et aller s\u2019installer à Montmartre dans la maison où Robert venait de les rencontrer.Là, André, qui n\u2019avait pas voulu donner son nom de Dangely, trouva enfin quelque travail chez un architecte.On aurait peut-être pu se tirer d\u2019affaire si les couches de Thérèse n\u2019étaient arrivées, terribles et épouvantables.Elle mit au monde un enfant que ses préoccupations et sa misère avaient tué dans son sein.Le patron d\u2019André lui avait heureusement permis de travailler chez lui en veillant sa femme, et durant les heures d\u2019atroces souffrances qu\u2019elle traversa, lui seul la soigna et l\u2019approcha.\u2014 Je suis un misérable, lui dit-il, quand elle fut en état de l\u2019entendre sans trop éprouver d\u2019émotion, je suis un misérable d\u2019avoir consenti à ton sacrifice.Il vaut mieux que je disparaisse pour toujours ; alors tu rentreras chez ton père où, du moins, tu seras à l\u2019abri de la misère.Thérèse mit sa main sur le bras de son mari.\u2014 Ecoute, lui dit-elle, si tu veux que je ne doute pas de ton coeur, ne me parle jamais ainsi.Je te l\u2019ai dit, il y a déjà longtemps, et je n\u2019ai pas changé la misère m\u2019est plus douce que les millions des autres.« Oh ! mon Dieu ! que ton amour me reste, et tout m\u2019est égal.car l\u2019idée de me séparer de toi m\u2019est plus dure que tout.Ne penses-tu donc pas ainsi, également ?.\u2014 Oh ! oui, murmura-t-il, mais te voir souffrir est au-dessus de mes forces.Et il n\u2019osa pas insister ; il n\u2019osa pas aller plus loin dans l\u2019héroïque sacrifice qu\u2019il se fût imposé pour la voir heureuse, tant elle avait mis tout son coeur vaillant dans les paroles qu\u2019elle lui avait adressées.Vaillante ! Oh ! oui elle l\u2019était comme pas une.Un jour, à peine guérie, elle entendit raconter chez un des fournisseurs où elle allait le matin que, dans certaines imprimeries, on employait des femmes, soit à composer les textes qui doivent former le journal ou le livre, soit à plier ou à brocher ces mêmes journaux et ces mêmes livres.Aussitôt en état de marcher, et dès qu\u2019André fut reparti chez son architec- te, elle se mit en quête des travaux dont on lui avait parlé.Instruite et adroite, elle eut bientôt fait de comprendre le métier de compositrice et elle s\u2019y adonna de tout son coeur.Avec ses jolis doigts fuseles, si souples et si fins, Thérèse devient bientôt d\u2019une adresse remarquable.Un jour elle arriva à la maison en proie à un bonheur sans égal.André rentra quelques instants après elle.La jeune femme se jeta à son cou.\u2014 Ah ! lui dit-elle en sanglotant de joie, désormais je ne serai plus^ une créature inutile, bonne seulement a dépenser le pauvre argent que tu gagnes si péniblement ; moi aussi je t aiderai, et je porterai ma part à la maison.Tiens! \u2014 voilà vingt-quatre francs ; c\u2019est le premier argent que j\u2019ai gagné de ma vie! Elle lui mit, en même temps, un louis d\u2019or et la monnaie dans la main.André, depuis quelques jours, en effet, ne rentrait pas déjeuner; il partait de très bonne heure le matin, il revenait tard chez lui, de telle sorte que Thérèse avait pu sortir une partie de la journée et aller dans un atelier sans qu\u2019il s\u2019aperçût de son absence.\u2014 Comment, fit-il, qu\u2019est-ce que tu veux dire ?D\u2019où vient cet argent ?Où et comment l\u2019as-tu gagné ?Alors, ayant toujours son bras passé autour du cou d\u2019André, elle lui raconta tout ; et elle entremêlait son récit de baisers éperdus, et elle lui disait combien son métier lui plaisait, qu\u2019il ne la fatiguait pas du tout, et quelle distraction au contraire lui apportait l\u2019atelier, avec toutes ses petites ouvrières si gentilles, si aimables et qui déjà l\u2019adoraient.Et lui, ne savait que pleurer, répétant : \u2014 Toi!.toi!.la fille du comte de Rochebelle, travailler comme une ouvrière et cela à cause de moi ! Elle se redressa : \u2014 Tu es bien le marquis de Saint-Jean-d\u2019Angely, et tu travailles, lui dit-elle.Ce que fait le mari, la femme doit le faire.En attendant notre grande fortune, celle que tu dois gagner, laisse-moi être utile à quelque chose, et ne m\u2019enlève pas ce bonheur de me hausser à ta taille et d\u2019être, moi aussi, une travailleuse, capable de gagner ma vie.Mais elle en voulut trop faire.Mal guérie de sa dernière maladie elle ne tarda pas à voir ses forces s\u2019en aller peu à peu.La fièvre typhoïde sévissait dans le quartier, Thérèse l\u2019attrapa une des premières.André voulut la soigner comme U l\u2019avait fait pour ses couches, mais son patron avait perdu de l\u2019argent, il était devenu exigeant et grincheux, il lui signifia qu\u2019il eût à travaillez chez lui ou à le quitter.Dangely faillit devenir fou de chagrin et de désespoir.Il n\u2019y avait pas d\u2019argent à la maison On ne pouvait pas prendre une garde pour remplacer le jeune homme pendant la journée ; et, autour de lui, il ne connaissait personne, n\u2019ayant voulu ni l\u2019un ni l\u2019autre ouvrir leur porte à des intimités qui eussent pu devenir indiscrètes.C\u2019était la veille même que l\u2019architecte avait signifié sa volonté à André.Le matin, Thérèse avait exigé qu\u2019il partît comme à l\u2019ordinaire, lui disant seulement de laisser la clef à la concierge pour que le médecin pût entrer sans qu\u2019elle fût obligée de se lever.Il avait cédé à ses instances, comprenant quel désastre ce serait pour eux, dans ce moment-là, si son patron le renvoyait.Pour la première fois depuis qu\u2019André était dans la maison, il était donc entré chez Mme Samuel, non seulement pour lui remettre la clef, mais pour la supplier de monter de temps en temps voir Thérèse qui était très malade.La concierge avait eu pitié du visage bouleversé d\u2019André et lui avait promis plus qu\u2019il n\u2019avait demandé, c\u2019est-à-dire de soigner Thérèse toute la journée.Dangely était parti un peu plus tranquille.Le soir, alors qu\u2019il grillait de revenir auprès de sa femme, un travail pressé l\u2019avait retenu plus tard qu\u2019à l\u2019ordinaire.En passant devant la loge, il lui avait semblé que la foudre lui tombait sur la tête.\u2014 Monsieur André lui avait dit, en effet, Mme Samuel, avec une figure désolée, montez vite.Votre jeune dame est plus malade.elle bat la campagne que c\u2019est une pitié ! Il prit la clef et comme un fou escalada quatre à quatre les cinq étages Thérèse, le visage rouge et congestionné, les yeux perdus, ne le reconnut pas.Il avait beau lui prodgiuer les appellations les plus tendres.Rien.la jeune femme ne comprenait rien.Elle n\u2019avait même pas le délire, comme l\u2019avait dit la concierge, elle se plaignait sourdement, continuellement, en prononçant des mots indistincts, très rapides, qu\u2019il était impossible de comprendre.André voulut la quitter pour aller chercher du secours, mais la fièvre de Thérèse augmentait, et aussitôt qu\u2019elle ne se sentit plus retenue par lui, elle se leva et se dirigea en droite ligne vers la fenêtre.André étouffa un cri de suprême angoisse et se trouva à la croisée avant Thérèse.Avec une épouvante folle, il pensa alors à ces malades qui, sans connaissance durant des semaines entières, n\u2019ont qu\u2019un seul but pendant leur fièvre, tromper la surveillance de ceux qui les entourent pour se jeter par la fenêtre Mais alors Thérèse, sa pauvre chère Thérèse était perdue, car il fallait choisir : ou rester avec elle et la voir mou- LA VIE COURANTE .par Georges Clark H, __ Pas bêtes, hein ! Le premier qui termine les mots croisés du \"Samedi\" prend ta voiture pour la soirée . Le Samedi, Montréal, 14 janvier 1950 29 rir de misère ; ou aller gagner sa vie, et la voir mourir de sa fièvre.Il la prit, la rapporta dans son lit, et, après l\u2019avoir recouchée avec les soins et la tendresse qu\u2019une mère eût eus pour un petit enfant malade, il appuya la tête à côté de celle de sa femme et éclata en sanglots.\u2014 O Thérèse, ma Thérèse, murmurait-il au milieu de ses larmes, comprends-moi, réponds-moi.Rien !.Haletante, dévorée de fièvre, ne pouvant rester une seule minute à la même place, la malheureuse se plaignait de plus en plus, sourdement, douloureusement.Ce fut à ce moment que Robert, en revenant de conduire Périer, frappa à la porte d\u2019André.Il sembla à Dangely que c\u2019était un secours du ciel qui lui arrivait.Il ne s\u2019agissait plus maintenant de dignité, de discrétion ou de froideur ; Thérèse se mourait, et André eût baisé les pieds de quiconque eût pu l\u2019aider à la sauver, ou seulement à la secourir.\u2014 Oh! qui que vous soyez, s\u2019écria-t-il, entrez et soyez béni !.Robert obéit.Il n\u2019y avait qu\u2019une seule chambre très exiguë.Dans un coin, un pauvre petit malheureux poêle devait servir soit à chauffer la pièce, soit à faire la cuisine.D\u2019un coup d\u2019œil, le sculpteur vit la misère profonde qui était l\u2019hôtesse de cette misérable mansarde.R ne dit rien, mais son cœur se serra douloureusement.A l\u2019aspect de Thérèse, dévorée de fièvre, sur cet étroit lit de bois dont le mince matelas paraissait plus dur qu\u2019une planche, son cœur se serra plus encore.Ses beaux yeux bruns se remplirent de larmes.André vit cette adorable expression de pitié et de bonté, et il eut envie de sauter au cou du jeune homme.\u2014 Voyez, dit-il, ma pauvre femme est très malade ; il lui est venu comme un transport au cerveau ; elle a déjà essayé de se jeter par la fenêtre tout à l\u2019heure, et je n\u2019ose pas la quitter pour chercher du secours.\u2014 Où voulez-vous que j\u2019aille ?\u2014 Chez un médecin, n\u2019importe lequel.Le premier que vous trouverez, pourvu qu\u2019il consente à venir ici.Robert avait déjà ouvert la porte et quatre à quatre, il dévalait par l\u2019escalier.Un quart d\u2019heure après, il remontait chargé de paquets ; c\u2019étaient des sinapismes, de la glace, des petites fioles entourées de papier blanc.\u2014 Le médecin me suit, dit le jeune homme, il a ordonné quelques remèdes que je suis allé chercher ; il va arriver d\u2019un moment à l\u2019autre.En attendant, nous allons exécuter ses prescriptions tous les deux, si vous le voulez bien.« Tenez ! mettez des sinapismes aux jambes de votre femme ; moi, pendant ce temps, je vais aller dans ma chambre piler la glace pour la lui placer sur le front, chercher du linge pour confectionner le bandeau, et allumer le feu pour faire chauffer de l\u2019eau, en cas que le médecin en ait besoin à son arrivée.André, la première joie de voir ces secours arriver, étant passée, avait rougi profondément.\u2014 Mais vous avez dépensé de l\u2019argent pour tout cela, dit-il, qu\u2019est-ce que je vous dois ?\u2014 Rien du tout, répondit catégoriquement Robert, et, une fois pour toutes, réglons cette question ennuyeuse.« Vous ne m\u2019avez pas l\u2019air d\u2019être riche, monsieur Andre.La pauvreté n est pas un crime, et j\u2019ai été plus misérable que vous.Si un brave homme n\u2019était pas venu me chercher sur un lit d hôpital pour m\u2019enseigner un métier et me faire gagner ma vie, je serais probablement, à l\u2019heure actuelle, mort de faim sous quelque pont.Le bien que l\u2019on m a fait, il est juste que je le rende à d autres.« Je suis seul au monde, j\u2019ai la chance d\u2019avoir quelques économies ; je vous en conjure, acceptez-les, et le jour où vous pourrez me les rendre sans vous gêner, vous le ferez.Et comme Dangely, de plus en plus embarrassé, ébauchait encore un geste de refus : \u2014 Je vous en conjure, continua Robert, laissez croire à un pauvre enfant abandonné qu\u2019il peut être utile à quelqu\u2019un.C\u2019est si bon pour un être qui est aussi seul ici-bas qu\u2019un pauvre chien perdu, de penser qu\u2019il peut faire du bien à un de ses semblables.\u2014 J\u2019accepte, dit André, au comble de l\u2019émotion, en tendant sa main.Dépêchons-nous.Vous allez m\u2019aider à la soigner comme si vous étiez mon frère.Le sculpteur ne se le fit pas dire deux fois.Il courut dans sa chambre et se mit en devoir d\u2019exécuter ce qu\u2019il avait dit, tandis qu\u2019André couvrait de sinapismes les jambes de Thérèse.Lorsque le docteur Prunier arriva, la jeune femme avait le front entouré d\u2019un bandeau, et les sinapismes commençait à produire un peu d\u2019effet.Elle portait bien toujours la main à sa tête, essayant de se débarrasser du poids glacé qui, même dans son inconscience, lui faisait éprouver une intolérable gêne, mais André et Robert ne la quittaient pas, la maintenant, la soignant.Le médecin rapidement l\u2019examina.\u2014 Vous avez très bien compris mes instructions, dit-il, et on ne pouvait pas faire mieux, mais l\u2019état est très grave, excessivement grave.Puis, voyant le dénuement extraordinaire de la mansarde : \u2014 Il faudrait peut-être mieux faire porter la malade à l\u2019hôpital demain matin, dit-elle.Elle y serait dans de meilleures conditions qu\u2019ici.Une contraction si douloureuse passa sur le visage d\u2019André, qu\u2019aussitôt Robert dit : \u2014 A l\u2019hôpital, oh ! jamais, docteur ! Mais j\u2019ai, de l\u2019autre côté, une pièce très grande, nous y aurons vite installé un lit si elle vous convient.Voulez-vous la voir ?\u2014 O monsieur Robert ! balbutia André.\u2014 Laissez, répondit le jeune homme.,La santé de votre femme avant tout, n\u2019est-ce pas ?Devant cet argument, Dangely n\u2019eut pas la force de protester.Le sculpteur et le médecin passèrent dans la pièce voisine.\u2014 Mais c\u2019est parfait, dit aussitôt le docteur.Le logement est à vous, sans doute?.Est-ce que cette installation ne va pas vous déranger extrêmement?\u2014 Entre voisins et entre pauvres gens, répondit Robert, il faut bien s\u2019aider.Une lueur d\u2019admiration monta dans les yeux de M.Prunier.Mais il en avait vu bien d\u2019autres dans cet admirable peuple de Paris, chez lequel vibre réellement le coeur de la France, bonne, chevaleresque, généreuse entre toutes.\u2014 Il faudrait mettre le lit là, fit le médecin en désignant une place ; l\u2019air circulera librement autour de la malade, et l\u2019installation sera meilleure.\u2014 Voulez-vous m\u2019aider, docteur, nous allons installer le mien ici.Il me semble meilleur que celui de Mme André ; ensuite il est en fer, il se démonte aisément et ce sera vite fait.M.Pr»nier était un excellent homme, connu de tout Montmartre où il était adoré.Il donna à Robert le coup de main que celui-ci lui demandait.\u2014 Merci, dit le sculpteur, lorsque le lit fut monté et le sommier en place.Maintenant allez de l\u2019autre côté examiner votre malade, moi je vais finir de tout organiser ici.Vous m\u2019appellerez pour que j\u2019aide à la transporter quand le moment sera venu.En effet, le docteur ayant rejoint la mansarde de Thérèse, Robert se mit en devoir de tout arranger.La pièce qui lui servait d\u2019atelier était relativement très grande, avec deux fenêtres à balcon chacune, d\u2019où la vue s\u2019étendait très loin et par lesquelles l\u2019air entrait à flots.D\u2019un ordre méticuleux, le jeune homme la tenait en personne, et fort bien, ne voulant pas que Mme Samuel elle-même pénétrât dans cette chambre, où étaient rassemblés les objets qu\u2019il aimait.Il eut rapidement fait d\u2019enlever le peu de terre glaise qui traînait, de rassembler dans un coin les statuettes et les ébauches.Le beau buste, seul, l\u2019oeuvre la plus considérable qu\u2019il eût encore faite, et où il avait mis toute son âme d\u2019artiste, lui coûta grandement à enlever de son piédestal.Evidemment dans la petite soupente où il était obligé de le mettre, et qui, placée derrière sa chambre, lui servait de débarras, la terre glaise sécherait horriblement, et l\u2019oeuvre probablement serait perdue.Mais Robert ne faisait pas les choses à demi.Cet André si triste, aux grands yeux si doux et si malheureux, lui avait à première vue inspiré une profonde, une immense sympathie.De plus, il lui avait dit : \u2014 Nous la soignerons en frères.En frères ! le premier au monde, André lui avait ouvert la perspective d\u2019une amitié qui équivaudrait à la famille jamais connue.Enfin, avec sa suprême délicatesse, Robert comprenait que ce mari si profondément malheureux ne devait pas trouver chez un étranger l\u2019image de sa femme, éclose là par un instinct d\u2019artiste, et sans l\u2019autorisation de celui qui seul eût pu la donner.Au bout de quelques instants, le docteur Prunier entra : \u2014 Venez nous aider, dit-il, Mme André est très malade, et il faut des précautions infinies pour la porter d\u2019un lit à l\u2019autre.\u2014 Si malade que ça ! s\u2019exclama Robert douloureusement étonné.\u2014 C\u2019est une fièvre typhoïde mêlée de complications au cerveau.Je ne sais pas comment ça tournera, mais je ne vous dissimule pas que je suis terriblement inquiet.Quelques instants après, la jeune femme, installée dans le lit de Robert, paraissait respirer plus à l\u2019aise.Dès que le médecin fut parti, André, le visage inondé de larmes, fit quelques pas vers Robert.\u2014 Il y a deux heures, lui dit-il, je ne vous connaissais pas, et vous venez de me traiter comme l\u2019ami le plus dévoué ne l\u2019eût peut-être fait.Je ne sais que vous dire ; de mon cœur trop plein et trop malheureux, aucun remerciement ne peut sortir, mais c\u2019est entre nous maintenant à la vie, à la mort ; désormais nous serons frères : le voulez-vous, Robert ?Ah ! s\u2019il le voulait ! le pauvre enfant abandonné ?André avait ouvert ses bras ; pour toute réponse Robert s\u2019y jeta en sanglotant.Ce fut le sculpteur qui, le premier, s\u2019arracha à cette étreinte pendant laquelle, avec très peu de paroles, ces deux coeurs d\u2019élite venaient de se jurer une amitié éternelle.\u2014 Est-ce que vous pourrez passer la journée de demain auprès d\u2019elle ?demanda Robert à André.\u2014 Hélas ! non.Depuis quelque temps, l\u2019architecte chez qui je travaille est devenu intraitable.Si je lui désobéissais, il serait dans le cas de me renvoyer, et ce serait le pire de tout.\u2014 Eh bien ! alors, déclara le sculpteur, vous allez vous reposer sur ce fauteuil et dormir un peu.Dès que l\u2019heure du lavage sera venue je vous appellerai pour que vous fassiez cette petite opération vous-même.Les autres soins, qui consistent pour l\u2019instant à entretenir la glace, à administrer la po- Fortifiez votre Santé Toutes les femmes doivent être en santé, belles et vigoureuses.Vous pouvez avoir une belle apparence avec le TRAITEMENT MYRRIAM DUBREUIL C\u2019est un tonique reconstituant et qui aide à développer les chairs.Produit véritablement sérieux, bienfaisant pour la santé géné-i raie.Le Traitement est très bon pour les personnes maigres et nerveuses, déprimées et faibles.Convenant aussi bien à la jeune fille qu\u2019à la femme .AIDE A ENGRAISSER LES PERSONNES MAIGRES Notre Traitement est également efficace aux hommes maigres, déprimés et souffrant d\u2019épuisement nerveux, quel que soit leur âge.GRATIS : Envoyez 5c en timbres et nous vous enverrons gratis notre brochure Illustrée de 24 poges, avec échantillon.CORRESPONDANCE CONFIDENTIELLE Les jours de bureau sont : Jeudi et Samedi, de 2 h.à 5 h.p.m.REMPLISSEZ CE COUPON Mme MYRRIAM DUBREUIL 6880, rue Bordeaux Case postale, 2353, Place d*Anses, Montréal, P.Ç.Ci-indus 5c pour échantittoas dO Traitement Myrriam DubreuH avec brochure.(Pour le Canoda seoftevnevt).Nom .-.\u2014-\u2014 Adresse .\u2014\t.Ville . 30 Le Samedi, Montréal, 14 janvier 1950 tion, à surveiller la malade, je puis les donner moi-même.\u2014 Mais, demain, vous n\u2019en pourrez plus de fatigue et d\u2019anéantissement ?Comment ferez-vous pour travailler ?\u2014 Oh! ne vous inquiétez pas de moi.A mon atelier, mon patron ne me remplacerait pas aisément.Par conséquent, il est obligé de me ménager.De plus, l'ouvrage ne presse pas dans ce moment-ci.Alors, en passant demain matin pour vous rendre chez votre architecte, vous direz rue de Douai que je soigne une malade et qu\u2019on ne compte pas sur moi.« Je demeurerai toute la journée auprès de votre femme.Mme Samuel montera pour les lavages ; de cette façon, Mme Thérèse sera soignée comme une duchesse, et vous, vous ne serez pas inquiet, n\u2019est-ce pas ?\u2014 Oh ! murmura André terrassé par une émotion au-dessus de ses forces, vous êtes adorablement bon et, dans mon malheur, c\u2019est vraiment une bien grande joie pour moi de vous avoir rencontré !.Il y avait quatre ou cinq jours que Dangely n\u2019avait pas dormi, ou très peu, veillant sur Thérèse que la fièvre dévorait déjà pendant la nuit.Vaincu par une fatigue surhumaine, malgré son désespoir et ses préoccupations, André ne tarda pas à être pris par un sommeil de plomb.Robert, assis au chevet de la malade, la soigna, en effet, comme un frère véritable eût pu le faire.La jeune femme divaguait toujours ; du même mouvement inconscient, elle cherchait à arracher la glace qui couvrait sa tête, tandis que de ses lèvres s\u2019échappait sans cesse une sorte de mélopée lente, faite de bredouillements rapides et confus, où, de loin en loin seulement, quelques mots pouvaient se distinguer : \u2014 Rochebelle !.France!.André!.A un moment donné, il sembla pourtant à Robert qu\u2019elle devenait plus calme.Elle s\u2019était tue tout à coup, et il n\u2019entendait même plus sa respiration.Alors, il se pencha sur elle pour voir si elle dormait, et en rendre au matin un compte plus exact au docteur Prunier.Au mouvement que fit le sculpteur, Thérèse ouvrit les yeux, et le regarda longuement.Puis tout aussitôt faisant le geste de l\u2019éloigner : \u2014 Oh ! méchante marraine, balbutia-t-elle avec colère, vous qui avez laissé souffrir André quand vous pouviez le secourir, allez-vous-en !.Laissez-moi! Laissez-moi !.Je ne veux pas vous voir ! C\u2019étaient les premières phrases suivies que Thérèse prononçait depuis que Robert était là.Le jeune homme les attribua au délire qui augmentait, et il donna une nouvelle cuillerée de la potion qu\u2019avait ordonnée le docteur, tandis qu\u2019il arrangeait plus soigneusement le bandeau de glace qui entourait le front de la malade.Au jour seulement André s\u2019éveilla.Il bondit sur ses pieds et se précipita vers le lit de Thérèse.Robert avait déjà un doigt sur ses lèvres : \u2014 Chut ! lui dit-il, il y a plus d\u2019une heure qu\u2019elle dort, et rien, je crois, ne peut lui faire autant de bien que ce sommeil-là !.En effet, dans son lit bien blanc, Thérèse reposait blanche comme ses draps, mais les yeux clos et la poitrine soulevée d\u2019un souffle régulier.L\u2019affreuse teinte violacée, qui la veille couvrait son visage, avait disparu.Elle allait évidemment mieux.André resta un moment à la considérer.De grosses larmes couvraient son visage.Lentement, il les essuya, puis, se tournant vers Robert : \u2014 Je te dois sa vie, lui dit-il.La mienne, désormais, est à toi !.Il Retrouvée ! Robert, ce jour-là et également les jours suivants, resta à côté de Thérèse.Il avait écrit à son patron, lui demandant un congé de huit jours, et comme il était, en effet, non seulement le meilleur ouvrier de l'atelier, mais un garçon hors ligne, adroit, intelligent et exact, on lui accorda ce qu\u2019il sollicitait.Il se consacra donc à la malade, faisant exécuter avec un tact infini, par Mme Samuel, tout ce qu\u2019il y avait d\u2019intime et de délicat dans les soins à donner à Thérèse.Enfin, après des rechutes et des aggravations qui faillirent rendre le mal-heurex André complètement fou, elle alla un peu mieux.Pas beaucoup, mais, le matin du neuvième jour, le docteur Prunier put dire: \u2014 S\u2019il n\u2019y a pas d\u2019imprudences de commises, je réponds d'elle.Robert et André la veillaient chacun une nuit, et l\u2019autre, celui dont c\u2019était le tour de repos, allait dormir dans la mansarde de Thérèse.Dangely était impuissant à exprimer au sculpteur ce qu\u2019il pensait de son dévouement.Seuls, ses grands yeux doux ou la pression furtive de sa main le lui disaient.Mais quelle torture pour lui de partir chaque matin, presque au lever du jour, et de rester douze heures courbé sur un travail de forçat, alors que toute sa volonté, toute son intelligence, son âme tout entière s'envolaient vers ce pauvre logement de la Clignancourt où agonisait peut-être celle qu\u2019il adorait ! Un soir, il trouva Robert qui l\u2019attendait au seuil de la première pièce.\u2014 O André ! s\u2019écria le jeune homme, dès qu\u2019il vit Dangely, Thérèse est sauvée !.Le docteur vient de me le certifier !.Et elle paraît avoir repris toute sa connaissance.Il sanglotait, le brave enfant, car il les aimait vraiment tous les deux comme un frère et une soeur, leur ayant, dans cette mortelle semaine, donné son coeur, sa vie, et naturellement toutes es pauvres économies.\u2014 Je te la dois, lui répondit André, en le serrant sur sa poitrine ; désormais, après elle, tu es ce que j\u2019aime le plus au monde.Ils entrèrent.Mme Samuel était là.Thérèse, éveillée, comme du plus pénible des cauchemars, écoutait encore la concierge, qui paraissait fort animée par le récit qu\u2019elle faisait.A la vue de son mari et de Robert, la malade, toute pâle, toute faible, mais plus divinement belle qu\u2019elle ne l\u2019avait jamais été regarda André, et tendit ses mains vers Robert.\u2014 Je sais quel admirable dévouement a été le vôtre, dit-elle à ce dernier.Comme mon mari et moi allons vous aimer !.Le sculpteur se précipita sur la main de Thérèse.\u2014 Oh ! la bonne parole ! s\u2019écria-t-il, pour moi surtout, que personne n\u2019a jamais aimé sur terre !.Mme Samuel pleurait à chaudes larmes, comme une excellente femme qu\u2019elle était.\u2014 Ah ! ça fait du bien, tout de même, de voir de si braves gens, s\u2019écria-t-elle au moment où elle s\u2019en allait.En descendant ses escaliers, elle bougonnait toute seule.\u2014 Oh ! ce petit Robert, quel coeur d\u2019or, et que je voudrais donc qu\u2019il soûle mon fils !.En haut, dans la mansarde, en des effusions infinies.André et Thérèse remerciaient Robert.- Oui, disait la jeune femme, avec sa grâce si douce, oui, désormais vous ne serez plus seul sur terre, Robert ; vous aurez une soeur et un frère, en attendant que nous vous ayons trouvé une petite femme qui vous aime comme j\u2019aime André.Elle n\u2019avait pas achevé ces mots que, tout à coup, on frappa à la porte d\u2019entrée, et, avant qu\u2019on eût répondu car la clef était en dehors, un bruit de soie se fit entendre, un parfum léger et divin se répandit dans 1 air, un parfum semblable à celui que doivent avoir les fleurs du paradis, et, dans un eclat de douleur, de passion, de désespoir sans nom, une voix d'or cria : \u2014 Thérèse!.ma Thérèse.Ah! mon Dieu ! te voilà donc enfin !.Mais dans quel état !.En même temps, France entrait comme une folle, et, avant que la malade eût pu la reconnaître, à peine la voir, elle se précipitait vers le lit, enlaçait sa soeur, la couvrait de baisers, l\u2019inondait de larmes.\u2014 Toi ! répétait-elle, toi, mon adorée, mon trésor, ma Zinette, toi ici, dans ce taudis !.Ah ! mon Dieu !.mon Dieu!.Thérèse, qui lui avait jusque-là rendu ses caresses et ses baisers, l\u2019éloigna un peu à ces mots.\u2014 Dans ce taudis?.répéta-t-elle ; mais j\u2019y suis heureuse, France, car je m\u2019y trouve entre un mari et un frère qui viennent de me sauver la vie tous les deux !.\u2014 La vie!.Thérèse, que dis-tu?.Tu as failli mourir, toi?.Et tu serais morte sans que je t\u2019aie revue?-.Oh non !.Dieu ne l\u2019eût pas permis !.\u2014 Cependant !.\u2014 Tais-toi.Tu es une méchante.Moi qui t\u2019aime tant !.Sais-tu que je te cherche depuis le lendemain même de ton départ?.Tu savais mon adresse, toi.Tandis que moi?.où te prendre ?.« O André ! comment voulez-vous que je vous pardonne jamais de l\u2019avoir laissée souffrir à ce point, sans venir me chercher ?.\u2014 Elle ne l\u2019a pas voulu.Et vous savez que ses désirs sont des ordres sacrés pour moi.Thérèse interrompit son mari.\u2014 Je t\u2019ai déclaré en partant, France, dit-elle, que la misère avec lui serait le bonheur pour moi ; je n\u2019ai pas changé d\u2019idée.Je lutterai avec André jusqu'à la mort s\u2019il le faut, mais je ne veux rien devoir à personne qu\u2019à lui.non, rien !.Robert, dans le coin où il s\u2019était retiré par discrétion, n\u2019osant pas sortir, avait ses yeux qui brillaient comme des escarboucles.Il ne pouvait détacher ses regards de celle qui venait d\u2019entrer, si jolie avec ses beaux yeux de saphir brûlants et doux, ses joues pâles couvertes de larmes, le charme féminin qui émanait de toute son adorable petite personne.Tout d\u2019elle l\u2019attirait, le troublait, faisait sauter son coeur dans sa poitrine, tout jusqu\u2019à ce nom mille fois sacré et béni de France, ce nom de la patrie, peut-être encore plus encore plus chère à ceux qui n\u2019ont ni parents ni famille.Aux paroles de Thérèse, André pensa au pur dévouement de Robert qui leur avait tout donné.\u2014 Je n\u2019ai pas été le seul de qui tu as accepté quelque chose, ma chérie, lui dit-il, tu oublies Robert, qui t\u2019a entourée de tant de soins et d\u2019affection, et auquel nous devons tant !.Thérèse eut à l\u2019adresse du sculpteur un regard qui le paya de tout ce qu\u2019il avait fait.\u2014 Oh !.Robert, dit-elle, c\u2019est différent, c\u2019est notre frère !.A ces mots, qui eussent dû la blesser en plein coeur, France se retourna.Elle n\u2019avait pas encore regardé l\u2019artiste.La grande lampe d\u2019atelier qui éclairait la pièce tombait sur lui d\u2019aplomb et permettait de bien voir le moindre de ses traits.A sa vue, la jeune fille tressaillit comme frappée d\u2019une commotion électrique.\u2014 Monsieur Robert, sculpteur, notre frère, comme vient de vous l\u2019apprendre Thérèse, ma chère France, dit André en le présentant à sa belle-soeur.La jeune fille le regardait toujours avec une persistance extraordinaire.On eût juré qu\u2019elle l\u2019avait déjà rencontré, et que des profondeurs de sa mémoire, elle cherchait à faire jaillir un nom à mettre sur ce visage si ouvert, si sympathique.\u2014\tRobert qui?demanda-t-elle enfin.\u2014\tRobert tout simplement, dit André fort embarrassé des questions de France, d\u2019ordinaire cependant si discrète et si calme ; mais, se hâta-t-il d\u2019ajouter, rassurez-vous, Robert a l\u2019âme d\u2019un grand artiste ; il a autant de talent que de coeur, et il deviendra certainement aussi célèbre que tous ceux qui, dans la sculpture, ont illustré notre pays ou sont en train de le faire.Se créer un nom vaut mieux que de le trouver dans son berceau.Robert, qui avait d\u2019abord rougi aux paroles si flatteuses de son ami, tout à coup s\u2019avança vers France.\u2014\tMademoiselle, lui dit-il de sa belle voix chaude, votre beau-frère a une trop grande indulgence pour moi.J\u2019ai bien peur que son heureuse prédiction ne se réalise jamais.En attendant, je ne suis qu\u2019un pauvre enfant trouvé, sans feu ni lieu et, \u2014 avant que ma bonne étoile m\u2019ait fait rencontrer votre soeur et son mari, \u2014 seul au monde.France, troublée jusqu\u2019aux entrailles par cette voix grave et sympathique qui faisait vibrer en elle comme de bizarres échos non point inconnus, mais au contraire très familiers, France spontanément lui tendit ses mains : \u2014\tMonsieur, dit-elle, qui que vous soyez, vous avez eu un admirable dévouement pour Thérèse, et à ce titre voulez-vous me permettre d\u2019être votre amie ?Le jeune homme, lui cependant toujours si timide, osa s'incliner sur la petite main souple qui.dégantée et frémissante, s\u2019était posée dans la sienne ; et respectueusement il y posa ses lèvres.France revint vers Thérèse.\u2014 Maintenant, lui dit-elle, que je t\u2019ai retrouvée, que tu le veuilles ou non.à partir de demain je m\u2019installe ici, et je te soigne.\u2014 Oh ! mais, dit Thérèse, j\u2019ai tout ce qu\u2019il faut de ce côté-là.Deux infirmiers à demeure : un pour le jour, l\u2019autre pour la nuit, je suis soignée comme une reine ne l\u2019est pas toujours.\u2014 Eh bien, j\u2019aiderai M.Robert, voilà tout, dit la jeune fille en rougissant un peu de son audace.Et tout de suite, pour cacher son embarras, elle ajouta : \u2014 Tu sais comment je veux les choses quand elles m\u2019entrent dans la tête, n\u2019est-ce pas ?Alors, n\u2019insiste pas, ce serait inutile.Elle passa une heure entre André et sa soeur, dévorant celle-ci de baisers, lui racontant tout ce qui s\u2019était passé à l\u2019hôtel en son absence, serrant les mains de son beau-frère, n\u2019offrant plus rien de la petite France de jadis, si calme, si glaciale, toujours maîtresse d\u2019elle-même, mais montrant au contraire, aux yeux ravis de Thérèse, une créature nouvelle, toute vibrante de passion et de tendresse, n\u2019aimant peut-être pas plus qu\u2019autrefois ceux qu\u2019elle aimait, mais sachant leur mieux témoigner son affection, et la leur mieux faire comprendre.Robert, par discrétion, s\u2019était retiré sous un prétexte quelconque.\u2014 Je reviendrai demain, dit France en s\u2019en allant.Mais je ne reviendrai pas sans m\u2019être occupée de vous, André, et probablement sans avoir réussi.Une heure après France arrivait rue Saint-Dominique ; il était tard, et on avait dû dîner sans elle.Quoique Nadine n\u2019osât jamais lui faire de grandes observations, en la voyant rentrer seule à cette heure, elle éprouva une sorte de dépit, inspiré peut-être par une vague intuition.[Lire !n suite (m prochain numéro] Le Samedi, Montréal, 14 janvier 1950 LES PETITS POISSONS.[ Suite de la page 6 ] Donc, dans ces cabanes bien chauffées, bien éclairées, et dans lesquelles chante un radio, le pêcheur est assis sur le bord d'une trappe ouverte, pratiquée dans le plancher de bois, le long du mur.Sous cette trappe, une tranchée est creuse dans la glace jusqu\u2019à l\u2019eau courante.Comme de juste, on ne parle pas de manche de ligne.Le pêcheur tient sa ligne entortillée autour de son doigt, ou un manche n\u2019ayant qu\u2019une longueur de quelques pouces.Souvent la ligne est fixée à une tablette, voire au plafond.Une allumette nouée dans le fil à une hauteur de quelque trois pieds, indique par ses soubresauts que ça mord.Les hameçons sont appâtés de petits morceaux de frissure.Dans cette pêche il arrive comme dans toute autre: les succès sont variés.Mais il y a au moins ce facteur de succès, que l\u2019on y pêche toujours en eau trouble, puisque c\u2019est toujours sous la glace, voire pendant la nuit noire.Disons que nous avons vu deux pêcheurs revenir de leur pêche nocturne, rapportant sept poches à eux deux.Nous avons vu mieux que cela à Champlain.Les quatre frères, Joachim, Trefflé, Gameau et Moïse Le-Blanc ont pris 3,120 livres de ce Petit Poisson en une seule nuit.Il y a un mode de conservation qui est des plus naturels et des plus simples.Chaque pécheur a près de lui un seau où il dépose ses victimes.Lorsque ce seau est plein, l\u2019\u201copéra.eur\u201d ouvre, une fenêtre et jette le poisson au froid; la gelée fait fonction d\u2019agent de conservation.L\u2019aspect économique de cette pêche des Pet.ts Poissons vaut la peine d\u2019être mis en relief.Par ce que nous avons déjà dit, il n\u2019est pas difficile de voir que la Pêche aux Petits Poissons est une des industries saisonnières des plus lucratives.Sans prendre comme moyenne les 52 poches de poissons que prirent les quatre LeBlanc dans une nuit, ce qui fera.t 13 poches par homme, ne prenons qu\u2019une moyenne de deux poches par pecheur.A raison de $2 00 la poche de 60 livres, c\u2019est donc $12,00 par jour, et de $330.00 par mois.Comme la pêche dure quelque six semaines, cela donnerait donc $440.00.Nous avons dit plus haut que nous avons vu 250 cabanes à La Pérade.En calculant sur cette base, cette localité a donc pu faire une récolte hivernale, comme nous nous le sommes fait dire d ailleurs, de quelque $10,000.00 ce-te année-là (1946).N\u2019est-ce pas intéressant pour un espace de srx semaines au cours de la morte-saison ?LA CHASSE A L\u2019ES MOMIE [ Suite de la page 18 ] mis l\u2019agent Byles et son petit groupe, personne ne soupçonna la triste vérité.La peine de lord Brockwell fut profonde, et les obsèques de la victime de l\u2019accident réunirent autour de lui les plus célèbres notabilités du monde diplomatique de Washington.Mais jamais lord Brockwell ne se douta un seul instant que sa femme, au cours de cette nuit tragique, avait emprunté la route de Warrenton au lieu de s\u2019en retourner tout de suite à son hôtel de Washington.Et les clauses secrètes du traité, si heureusement défendues par Byles, demeurèrent toujours ignorées des agents de l\u2019étranger.LA REGION DE QUEBEC [Suite de la page 5] Nous nous en voudrions de ne pas énumérer ici quelques institutions d\u2019enseignement spécialisé et d\u2019intérêt rural que l\u2019on rencontre près de la capitale provinciale : l\u2019Ecole d\u2019Arpentage et de Génie forestier, à Québec ; l\u2019Ecole des Gardes forestiers, à Duchesnay (protection des forêts, scierie-école : mesurage, classement du bois \u201cmill-wright\u201d) ; le Jardin Zoologique, à Charlesbourg; l\u2019Observatoire astronomique, au Centre de Québec de la Société Royale d\u2019Astronomie du Canada ; enfin, \u201cthe last but not the least\u201d, la Ferme-Ecole de la Gorgendière, à Deschambault ; centre de démonstration de bonnes méthodes de culture et d\u2019élevage, par suite de la présence d\u2019un beau cheptel : 100 bovins, 36 chevaux, 175 porcs et 500 volailles.A remarquer l\u2019importance de ce haras du cheval Canadien et de ce beau troupeau de bovins de race Canadienne \u2014 les deux seules races d\u2019animaux domestiques créées au pays, capital que nous nous devons de mettre en valeur.Cette région est bien partagée du point de vue expositions agricoles \u2014 peut-être même trop bien partagée dans le comté de Portneuf, puisqu\u2019il y en a trois, à Pont-Rouge, St-Casimir et Notre-Dame des Anges ! Le gros succès est celui de Québec \u2014 exposition de comté (réalisée par une société presque centenaire) et surtout exposition provinciale.Songez-y, cette année, plus de 300,000 visiteurs.Plusieurs milliers d\u2019exhibits agricoles, industriels et artisanaux.Rien n\u2019est négligé et la Commission de l\u2019Exposition, tout comme le Ministère provincial de l\u2019Agriculture, qui couronne au cours de cette exposition les lauréats du Mérite Agricole, ont droit à toutes les félicitations.Cela est digne, instructif et même.passionnant \u2014 n\u2019est-ce pas les \u201cturfmen\u201d ?Le grand nombre de communautés religieuses à posséder d\u2019importantes fermes, à Beauport, Ste-Foy, Québec-Ouest, Giffard, Sillery, Cap-Rouge (ancienne Ferme expérimentale), est une * autre des caractéristiques de l\u2019agriculture régionale.Au 31 mars 1948, vingt-et-une coopératives groupaient 1,730 cultivateurs de cette région.Ces sociétés venaient d\u2019avoir un chiffre total d\u2019affaires de $2972,741 pour l\u2019exercice écoulé.Cela était partout dû aux organisations suivantes : l\u2019Ass.Coop, des Producteurs de fourrures ($732,720), et puis sept sociétés à caractère plutôt régional : la Coop, des Jardiniers de Québec, la S.C.A.de Charlesbourg, celles de St-Pierre, de File et de St-Casimir, les couvoirs coopératifs de St-Pierre et de St-Augustin, enfin la coopérative d\u2019Arts domestiques de Québec.Soulignons que 7 des 29 beurreries de ce district sont coopératives, et les plus importantes sont celles de St-Basile, St-Ubald et St-Casimir.Quelques sociétés s\u2019occupent de spécialités : le charbon de bois à St-Raymond, les légumes à Neuville, etc.L\u2019Agriculture régionale étant franchement diversifiée, les tendances et les programmes de développement le sont en conséquence.Les cultivateurs du comté de Québec cherchent à étendre leurs cultures maraîchères, leurs élevages de bovins et de porcs, enfin la qualité de leurs pâturages.Dans ce but la Société d\u2019Agriculture de ce comté a distribué gratuitement 350 lbs de Ladino.Nous croyons reconnaître deux mouvements qui seront bientôt décisifs: les maraîchers se donneraient un centre de classement et d\u2019entreposage de légumes ; les producteurs de lait semblent étudier et vouloir une centrale de réception de lait, quelque chose comme ce que l\u2019on vient d\u2019ouvrir à Chicoutimi.Les cultivateurs de Portneuf profitent de quatre concours d\u2019exploitation rationnelle de fermes ; ils se sont fondés des coopératives régionales de produits avicoles, de moulanges, etc.Les arts domestiques sont chaque jour en plus grande vogue.Dans Montmorency, les initiatives sont variées : les productions horticoles et avicoles sont améliorées d\u2019année en année.Sur la côte de Beaupré, il se dessine une concentration des beurreries.Dans l\u2019île d\u2019Orléans, sur 400 producteurs, plus de 200 sont membres de la S.C.A.de St-Pierre, dont le chiffre d\u2019affaires devait être, l\u2019an dernier, de $600,000 \u2014 une grosse affaire.Au cours de la dernière saison, la vente coopérative des fraises a décidément amélioré ce marché.Cela sera repris et intensifié.Il y est sérieusement question de la congélation des petits fruits.Enfin, soulignons quelque chose d\u2019unique : l\u2019application d\u2019un plan quinquennal d\u2019établissement de fils de cultivateurs, en vue surtout de productions horticole, arboricole et avicole.Le succès a déjà couronné vingt-deux de ces jeunes cultivateurs de l\u2019île, et l\u2019on tente treize nouveaux établissements.Initiative très prometteuse.Au berceau de l\u2019agriculture québécoise, l\u2019on n\u2019a pas peur des formules nouvelles ; les cultivateurs encouragent l\u2019association professionnelle et coopérative, et puis ils ont recours chaque jour davantage aux agronomes \u2014 tout cela est sûrement un gage de réussite.Réussite d\u2019autant plus entière que nous sommes ici au pays de Beaupré, réputée par ses miracles et sa très belle Basilique à la Bonne Sainte Anne, connue même aux confins de l\u2019Amérique.Beau-Pré, deux syllabes de cristal qui sonnent gaiement à l\u2019oreille de tout habitant, et mot évocateur de cette région agronomique de Québec.TRAVAIL ET SILENCE [ suite de la page 7 ] Durant la guerre, l\u2019atelier de machines accomplit d\u2019excellent ouvrage en fabriquant du matériel indispensable aux armements.Actuellement, on lui a commandé des outils pour divers manufactures montréalaises.On y fait aussi des classeurs auxquels divers ateliers contribuent.Les feuilles de métal sont assemblées dans l\u2019un, tandis que l\u2019extérieur du classeur est enduit de peinture dans un autre.On emploie alors un séchoir et une heu- re plus tard, cette peinture est complètement sèche.Il est évident que ces ouvriers compétents pourraient trouver de l\u2019emploi ailleurs et il arrive que quelques-uns.séduits par des salaires plus élevés, vont tenter fortune dans une autre usine.Presque toujours, ils reviennent à l\u2019atelier des sourds-muets où ils sont plus heureux parce que moins isolés.Les salaires y sont d\u2019ailleurs raisonnables, soit $45.00 par semaine pour un homme et $25.00 pour une femme.DÉPRIMÉE?NERVEUSE ?LYMPHATIQUE?DÉLAISSÉE?LISEZ ALORS CECI.Ne perdez pas courage car la vie peut très bien vous sourire encore ! La maigreur, les vertiges, les migraines, un teint dépourvu d\u2019éclat sont très souvent les caractéristiques d\u2019un sang alourdi, obstrué de toxines, cause très répandue de longs et ennuyeux désordres organiques.Le moyen tout indiqué pour y remédier est une cure naturelle de désintoxication.Or, les éléments concentrés qui sont à la base du merveilleux TRAITEMENT SAN O \u201cA\u201d ont précisément pour fonction d\u2019éliminer ces poisons.Dès que la cure est commencée, on constate un développement, une fermeté nouvelle des chairs.Le teint se ranime et le charme séduisant de la jeunesse réapparaît.Un envoi de cinq sous suffit pour recevoir un échantillon de notre merveilleux produit SANO « A » Correspondance strictement confidentielle.LES PRODUITS SANO ENRG.Mme CLAIRE LUCE Ci*ine?us 5 sous pour échantillon du produi> SANO « A ».(POUR LE CANADA SEULEMENT) Nom .\u2014\u2014 Adresse .\u2014-\u2014 Ville .Prov.- B.P.2134 PLACE d\u2019ARMES MONTREAL, P.Q. 32 Le Samedi, Montréal, 14 janvier 1950 RIEN DE SERIEUX Papa \u2014 Bébé est insupportable, il n\u2019arrête pas de crier.Est-ce qu'il n\u2019y aurait pas moyen de le faire taire ?Maman \u2014 Attends ! Je vais chanter pour l\u2019amuser.Papa \u2014 Oh ! après tout, laisse-le crier, va ! \u2022 Passant dans une petite ville du nord de l\u2019Ecosse, un industriel offre au directeur d\u2019un comptoir, avec lequel il vient de traiter d\u2019importantes affaires, une boîte de cigares de prix.\u2014 Merci, dit le directeur en repoussant la boîte avec dignité, mais je ne puis accepter de cadeaux.L\u2019industriel sourit.\u2014 Qu\u2019à cela ne tienne.Prenez la boîte et donnez-m\u2019en deux pences-Je vous la vends.\u2014 Deux pences ?dit l\u2019incorruptible Ecossais en sortant deux shillings, j\u2019en prends dix boites ! Un médecin ordonne un purgatif à un malade rétif qui, au lieu d\u2019absorber le médicament, le jette dans certain vase intime.Le praticien à ce moment : \u2014\tEh ! eh ! s\u2019écrie-t-il, je vous y prends.\u2014\tBast ! docteur ! un peu plus tôt.un peu plus tard !.\u2014 Il paraît que votre cave est inondée ?\u2014\tQui vous l\u2019a dit ?\u2014\tVotre vin.Un monsieur est en train de marchander un gigot.Il remarque qu\u2019un chien juché sur une table flaire d\u2019un peu près la marchandise.\u2014 Est-ce que cet animal ne vous mange pas de viande ?demande-t-il au boucher.\u2014\tOh ! jamais, monsieur ; il la lèche, mais c\u2019est tout.\u2014 Mais non, ce n\u2019est pas cher à notre restaurant.\u2014 En effet, pas cher, à condition de n\u2019y venir dîner qu\u2019une fois par an.\u2022 \u2014 Oncle Ulysse, pourquoi le soleil se couche-t-il le soir à l\u2019ouest et se lève-t-il le matin à l\u2019est ?demandait un garçon de douze ans.\u2014 Peuh ! le premier imbécile venu pourra te le dire, mon enfant.\u2014\tEh ! c\u2019est justement pour cela que je vous le demande, répliqua le gamin.Le fougueux polémiste Léon Daudet détestait les prétentieux.Il reçut un jour, d'un inconnu, une nouvelle insipide accompagnée de ce mot : « Ecrite dans un moment d\u2019exaltation cérébrale, elle manque de virgules.Vous voudrez bien les ajouter ».Et Daudet, au manuscrit qu\u2019il renvoya, épingla cette réponse : \u2014 La prochaine fois écrivez les virgules.Nous nous chargerons d\u2019écrire le texte.LA VIE COURANTE .par Georges Clark 'l',| __ Maman est décidément incomprehensible : elle tient à ce que je sols populaire et elle efface toujours mes numéros de téléphone en lavant 1e mur.LA VIE COURANTE par Georges Clark \u2014 Ton père est bien toujours le même : je l'envoie séparer tes frères qui se chamaillent et il ne trouve rien autre à faire que de les photographier .SRS \u2014\tLa plus furieuse tempête au cours de laquelle je faillis perdre la vie se déchaîna au large des Philippines.Tous les mâts du voilier furent arrachés, et finalement le navire sombra avec tout son équipage.\u2014\tMais vous ?interrogea quelqu\u2019un.\u2014\tMoi ?J\u2019étais resté à la maison.\u2014 Et ton riche mariage, e\u2019est pour quand ?\u2014 Ah ! Je n\u2019en sais rien.Figure-toi que ma fiancée m\u2019a dit qu\u2019elle ne m\u2019épouserait que lorsque j\u2019aurais payé mes dettes.Et moi, je ne pourrai que quand je l\u2019aurai épousée.L\u2019Examinateur \u2014 Vous êtes lancé à toute vitesse.Soudain à un tournant de la route que vous ne connaissez pas, vous vous trouvez en présence d'un mur ou d\u2019une charrette à foin.Que faites-vous ?Le Postulant \u2014 Je choisis la charrette de foin.L\u2019ami \u2014 Qu\u2019est-ce que vous lisez donc de si absorbant ?Le malade \u2014 Mon médecin vient de me donner un remède à prendre dans un verre de vin.L'ami \u2014 Ah ! Ah ! Et vous étudiez l\u2019ordonnance ?Le malade \u2014 Ma foi non.J\u2019étudie la carte des vins.\u2014\tBien, est-ce que vos poules vous rapportent quelques profits ?\u2014\tC\u2019est justement ce que je suis à me demander.Vois-tu : j\u2019ai acheté ces poules pour mon garçon, je paie la nourriture des poules, ma femme achète les oeufs de mon garçon, et c\u2019est lui qui les mange.Devant un tableau cubiste.\u2014\tJe crois que c\u2019est un jeu de dames.\u2014\tMais non, ce sont des mots croisés.il doit y avoir une prime quand on devine.Les amis qui viennent d\u2019acheter une auto sont dangereux ; ils veulent faire étalage des qualités de leur voiture et se livrent, pour ce faire, à mille extravagances.Ainsi, notre ami Bobby disait l\u2019autre jour à un copain, tout en faisant du quatre-vingts à l\u2019heure : \u2014 Tu vois ce journal déployé là-bas sur le bord de la route ?Je vais arrêter l\u2019auto juste dessus, en freinanî sur quinze pieds.Et il réussit parfaitement.Quelques instants après, l\u2019auto arrive devant une barrière ouverte, non gardée, au moment où va passer l\u2019express.D\u2019un nouveau coup de frein, le chauffeur stoppe cinq pieds des wagons.\u2014 Eh bien, dit-il à son ami, veux-tu que nous fassions une troisième expérience ?\u2014 Oui, dit l\u2019autre d\u2019une voix expirante et en se tenant les entrailles Retournons vite chercher le journal.Une parvenue dont le mari a fait fortune pendant la guerre racontait une histoire commençant ainsi : \u2014 Quoiqu\u2019on fût dans la « clavicule », et qu\u2019il eût fait, la veille, une chaleur « torrentielle », il faisait, ce jour-là, un froid de « sybarite ! » \u2014\tComment va votre femme ?\u2014\tElle est d\u2019une humeur atroce ; elle a des rhumatismes qui « me font » bien souffrir. Samedi.Montréal, 14 janvier 1950 33 Taudis que les UmhuBAVAs contj.HUENT LEURS ORNSES,L tTHROORH - PH E LOUIS %!MON DONNE A MINI.QUELQUES RENSEIGNEMENTS ¦SUR LES MŒUf&SET COUTUMES DESJ\u2019EUPL ODE S -J\u2014T -/zas^mOU HRuT-sZ^^MflioNE Wâ \"REMARQUEZ- Ift ÇOULEUR DE LEUR PEAU QUI NA RIEN DE COMMUN AVEC CELLE BRlN-IWôE DE5 PWUX-ROUûES DE L'AMERIQUE I-MNT*.\u2014 pu NORD, 4\t^ MfilSflRf ^oiLlTOr SUR lE chocolat.REMARQUEZ eûalemat leur FAClfe \"les INDIENS OU MAüT-flMAZûNE.ONT HASlVe^^URQATOURLflLE CL\u2019^IAt'pER- ucttaMT TRO»b\tilo yü'v frs\u201cl?r« Sent habiter le villAse.\" 'typiquement ASlATlOUES.S' , ' WMS** 9JEUR OU C \u2018 H CIRt.I , ÉTÉ &3H CANQN EST'POLI , ^\t- LAMM CE jnw»- v ev O UNE lON- -oue ficelle .LA SARBACANE LANCE DES FLÈCHES Œ TRENTE CENTIMÈTRES , EFFILÉES DE BOUT PN BOUT .A ENVIRON 7 C6NT5 DE LEX-TRÊMITE POSTÉRIEURE, E
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