Voir les informations

Détails du document

Informations détaillées

Conditions générales d'utilisation :
Protégé par droit d'auteur

Consulter cette déclaration

Titre :
Le samedi
Éditeur :
  • Montréal :Société de publication du "Samedi",1889-1963
Contenu spécifique :
samedi 21 août 1948
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque semaine
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Successeur :
  • Nouveau samedi
Lien :

Calendrier

Sélectionnez une date pour naviguer d'un numéro à l'autre.

Fichiers (4)

Références

Le samedi, 1948-08, Collections de BAnQ.

RIS ou Zotero

Enregistrer
[" année, No 14 Montréal, 21 août 1948 fe Samedi LE MAGAZINE NATIONAL DES CANADIENS DIX CEIMTS s* y \t^ * A fH Il Ér^S\tDANS CE NUMERO : ;\t\t® SUR LES LACS RIDEAU \tj|jp4P\"lN i\t\u2022 REGARDS SUR L'ALSACE w\t\t\u2022 BONS LOISIRS.BON MORAL \t\t\u2022 LES BERMUDES VOUS INVITENT Le Samedi, Montréal, 2.\"elle à une carrosserie 'lifeguard ' VOICI LE NOUVEAU ROULEMENT 'MIDSHIP'! ET DES FREINS 'KING-SIZE À 'EFFET MAGIQUE', PL US DOCILES DE 35p.100 ! \" \"Les mots 'roulement Mid-Ship' signifient que vous êtes porté entre les roues .précisément où la marche est la plus ouatée! Six personnes s'assoient à l'aise à cet endroit littéralement 'bercé'.Tout le dégagement nécessaire pour les hanches et les épaules!\" COFFRE À BAGAGE PLUS SPACIEUX DE 57p IOO 'LE CHAMP VISUEL EST PRESQUE INTÉGRAL.\tÀ LA LUNETTE ARRIERE EST AUSSI GRANDE QU\u2019UN PARE-BRISE !\" ttfW» ET LES SIEGES AUSSI\u2019 LARGE S QU'UN DIVAN ! A Nouvelle monture (\"Top-Side\")du distributeur.B Nouvelle direction, facile et sans risques.C Nouveau système de graissage.D Nouveaux ressorts avant \"Hydra-Coil\".E Nouveau moteur VS Ford de 100 CV.F Nouvelle armature en bâti fermé C Nouveaux ressorts arrière \"Para-F/ex\"fparallèles).rve une NOUVELLE DU SOL AU FAITE ! 1 - V LES PUBLICATIONS POIRIER, BESSETTE & CIE, LIMITEE Mumbrat da l'A.B.C.et de l'Association des Editeurs de Magazines du Canada Le Samedi La Revue Populaire Le Film 975-985, RUE DE BULLION MONTREAL \u2014 CANADA \u2022 Tél: PLalcau 9638 GEO.POIRIER Président du conseil P RED POIRIER Président JEAN CHAUVIN Directeur 60e année.No 14 \u2014 Montréal, 21 août 1948 EDITORIAL Rédacteur en chef : GERALD DANIS Chef de publicité : CHARLES SAURIOL Directeur artistique : HECTOR BRAULT Chroniqueur sportif : OSCAR MAJOR Chef du tirage : ODILON RIENDEAU NOS REPRESENTANTS : WILFRID DAOUST 20, Oailèm* * Avenue, Laehine (Ottawa, Hull, Sherbrooke, Dramaiondvllle, Salnt-Hyaelnthe, Sorel, Granby, Farnham, Salnt-JérAme, .follette et les envlrens.) ADELARD PARE A, rue du Pont, Québec ( Québec et Lévis ) PAUL LARIVIERE 1710, rue St-Philippe, Trois-Rivières ( Trois-Rivières et Cap-de-la-Madeleine ) Autorisé comme envol postal de la deuxième classe.Ministère des Postes.Ottawa.Entered at the Post Office of St.Albans.Vt., as second class matter under Act of March 1879 ABONNEMENT CANADA Un\tan\t\t.$3.50 Six\tmoli .\t.2.00 \tETATS-UNIS\t Un\tan\t-\t.$5.00 Six\tmois .\t- 2.50 AU NUMERO: 10 cents \u2022 HEURES DE BUREAU : 9 h.a.m.à 5 h.p.m.du lundi au vendredi.AVIS AUX ABONNES \u2014 Les abonnés changeant de localité sont priés de nous donner un avis de huit jours, l'empaquetage de nos sacs de malle commençant cinq jours ayant leur expédition.D\u2019UN SAMEDI A L\u2019AUTRE M.E.-Z.MASSICOTTE Parmi les trop rares articles consacrés à la mémoire d'un homme qui a joué un rôle de premier plan sur des champs si divers, celui de son disciple et de son digne successeur, M.Jean-Jacques Lefebvre, dans la Revue du Barreau, a certainement été le plus complet.M.Massicotte était essentiellement un modeste qui travaillait par amour du travail et de la recherehe.Non seulement, il ne souhaitait ni les honneurs, ni la notoriété, mais il les redoutait et les fuyait.Il ne conviendrait pas cependant de satisfaire cette modestie si rare et de laisser dans l\u2019ombre celui qui a fait revivre tant de Canadiens appartenant à la petite histoire de chez nous.Surtout en ce qui concerne notre ville, M.Massicotte était un guide érudit d\u2019une inépuisable obligeance.Il pouvait nous renseigner, et il le faisait volontiers, sur les demeures des anciens quartiers de Montréal et sur ceux qui les avaient habités.Il ne faut pas oublier, et pour notre part nous n\u2019avons garde de le faire, qu\u2019il fut pendant quelque temps associé à nos publications, d\u2019abord comme directeur du Samedi alors qu\u2019il succédait à M.Pierre Voyer, puis en qualité de premier rédacteur en chef de la Revue Populaire, Mais ce qui devrait contribuer davantage à conserver chez la jeune génération le souvenir de cet éminent historien, c\u2019est sans doute la transformation qu\u2019il a opérée, il y a une vingtaine d\u2019années, dans l\u2019organisation de notre fête nationale.Jadis, la procession de la Saint-Jean Baptiste était un simple défilé de fanfares et d\u2019associations paroissiales.Grâce à M.Massicotte et à ses associés: MM.J.-B.Lagacé et Elzéar Roy, elle est devenue pour tous, grands et petits, Canadiens et étrangers, une vivante leçon d\u2019histoire.T.F.AVANT LA FIN DES VACANCES Il ne s\u2019agit pas ici de préparatifs purement pratiques auxquels tout le monde pense, mais de ceux d\u2019ordre moral ou se rapportant à la santé du futur écolier.Plusieurs mois avant de mettre un enfant à l\u2019école pour la première, fois, il faut lui en parler d\u2019une façon toute naturelle.L\u2019école est un endroit que tous les enfants intelligents doivent fréquenter.Ils y rencontreront de gentils camarades, et d\u2019amusantes récréations en commun compenseront pour les heures plus sérieuses, mais intéressantes elles aussi, qu\u2019il faudra consacrer aux devoirs et aux leçons.Si le petit écolier a un voisin plus âgé qui fréquente la même école, il sera avantageux, au moins dès les débuts, qu\u2019ils s\u2019y rendent ensemble.Autrement, allez le reconduire vous-même, pendant quelque temps.Dès qu\u2019il connaîtra la route et témoignera le désir de faire le trajet seul, ne vous y opposez pas.Quant au retour, si vous devez aller le chercher à l\u2019école, ou seulement vous rendre à sa rencontre, soyez très explicite en ce qui concerne l\u2019heure et aussi l\u2019endroit précis où vous devez vous retrouver.Il est recommandé de faire examiner un enfant par un médecin avant de l\u2019envoyer à l\u2019école, surtout si on doit le mettre pensionnaire.Il sera également prudent de se rendre chez le dentiste.Le directeur de l\u2019école, auquel d\u2019ailleurs il est bon de conduire l\u2019enfant à l\u2019avance afin qu\u2019il se familiarise un peu avec le milieu dans lequel il sera appelé à vivre, vous dira si les écoliers doivent être vaccinés avant ou après la rentrée des classes.Un mois environ après le début de l\u2019année scolaire ou, si vous le préférez, dès l\u2019arrivée du premier bulletin, il serait bon d\u2019aller faire la connaissance du professeur de votre enfant, non pour lui prodiguer des conseils, mais pour lui prouver que vous entendez suivre son élève de près et collaborer avec ceux auxquels vous avez confié le soin de son instruction.Ne vous attendez pas à ce que ce professeur soit un génie, ni à ce qu\u2019il accomplisse des miracles.Ce que vous n\u2019avez pu obtenir à la maison, il ne lui sera pas facile de l\u2019obtenir à l\u2019école, alors qu\u2019il a sous ses soins vingt, peut-être trente gamins indisciplinés.Ceci m\u2019amène à dire que les parents ne devraient pas tarder à se rendre compte du choix d\u2019amis qu\u2019a fait leur enfant, car les camarades ont, dans la formation du caractère, une influence qui n\u2019est guère moindre que celle du maître.Même si cela cause un peu d\u2019embarras et un surcroît d\u2019ouvrage, dites au petit écolier d\u2019inviter quelques amis à venir passer une après-midi de congé avec lui.Vous aurez ainsi l\u2019occasion de les observer de près et vous ferez à votre enfant un immense plaisir: la plupart des petits sont très fiers de leur maison, de leurs joujoux et plus encore, bien qu\u2019ils ne l\u2019admettent pas toujours ouvertement, de leurs parents.Dès l\u2019âge le plus tendre, ils s\u2019ingénient à les imiter, le désir de leur ressembler persistera-t-il avec les années?En d\u2019autres termes, cm fils est-il porté à suivre la même carrière que son père?Il faut bien admettre que la chose est plus rare qu'autrefois.Cela s\u2019explique par le fait que de nouvelles carrières s\u2019offrent maintenant au choix des jeunes, et surtout parce qu\u2019il souffle sur toute cette génération un esprit d\u2019indépendance qui pousse les moins de vingt ans à affirmer leur personnalité en se montrant aussi différents que possible de ceux qui les ont précédés dans la vie.Il est evident que c\u2019est une déception pour un père qui a établi, à force de travail, une solide maison de commerce ou un excellent bureau d\u2019avocats, de voir son fils s\u2019écarter,du chemin facile et sûr qu\u2019il a tracé pour lui.Pour s\u2019efforcer d\u2019éviter cette regrettable éventualité, le meilleur moyen semble être d intéresser tout jeune un enfant aux travaux de son père, et meme de paraître le consulter sur les problèmes que ce dernier est appelé a résoudre.Si cette façon de procéder ne réussit pas, n insistez pas, et laissez-le suivre sa vocation.Dites-vous bien qu\u2019il a des chances d\u2019y réussir, et que cela vaut mieux que d\u2019être un commerçant qui n\u2019entend rien aux affaires, ou un avocat qui baille sur son code .S.D.JEUNES MENAGES Il y a eu durant la guerre une épidémie de mariages hâtifs, irraisonnables et irraisonnés.Ce n\u2019est pas de ceux-là que je compte plaider la cause, ici.Tout ce qu\u2019on peut conseiller aux parents a leur sujet, c\u2019est de se souvenir qu\u2019eux aussi ont été jeunes et inconséquents, que la guerre a bouleversé bien des vies, et qu\u2019il est inutile de se révolter contre le fait accompli, surtout si des enfants sont nés de ces unions mal assorties.Je veux parler des mariages contractés d\u2019une façon normale, entre jeunes gens qui se conviennent et qui s\u2019aiment depuis longtemps déjà.Il arrive que des fiançailles se prolongent indéfiniment parce que la situation du jeune homme n\u2019est pas assez rénumératrice pour faire vivre un ménage et des enfants.Un problème de conscience se pose alors aux parents des fiances: doivent-ils les faire patienter?les laisser se marier et avoir de la misère?leur promettre une rente qui leur permettra de se tirer d\u2019affaire?Il est évident que je prends pour acquit que cette union leur sourit à tous les autres points de vue et que le manque d\u2019argent est la seule objection sérieuse.autre part, il ne faut pas oublier que bien des parents sont incapables de fournir l\u2019aide nécessaire sans s\u2019imposer de lourds sacrifices qui ne conviennent pas à leur âge.Il en est même à qui le mariage d\u2019un fils ou d\u2019une fille gagnant sa vie et payant une pension à ses parents causera une certaine gêne financière.Ce n\u2019est ni aux uns ni aux autres que ces réflexions s adressent.Je pense plutôt aux parents qui ont élevé leur fille dans un confort qui est presque du luxe et qui.se résignent facilement a la voir se priver sur tout et faire les plus durs travaux domestiques.Si ces parents-là donnaient chaque mois à leur fille le même montant qu\u2019ils employaient à lui acheter des toilettes, croyez-moi, cela suffirait peut-être à équilibrer un budget auquel il ne manque pas grand\u2019chose et à empêcher le jeune ménage de s\u2019habituer aux dettes.De même, quand survient une maladie, les parents doivent aidei à la guérison du malade en lui assurant, avec les soins la tranquillité d\u2019esprit.Encore une fois, ce n\u2019est pas du luxe qu\u2019on leur demande mais de procurer à leurs enfants un minimum de confort.Peut-on vraiment traiter de luxe une vacance de deux semaines dans un modeste hôtel de campagne?Je ne le crois pas.Je pense meme que pour tous ceux qui travaillent, c\u2019est une nécessité Je ne parle pas seulement du travail du mari, mais aussi des soins du ménage.N\u2019est-ce pas que c\u2019est bon de ne pas avoir à faire le marché?de ne pas préparer soi-même les aliments?et surtout d\u2019ignorer jusqu\u2019à la dernière minute quels plats com-posent le menu?Maintenant que nous espérons les parents convaincus qu\u2019ils n emporteront pas leur argent dans leur tombe, demandon-nous de quelle manière ils doivent venir en aide au jeune couple.Il peut s\u2019agir d\u2019une rente mensuelle fixe, ou du paiement du loyer fait directement par les parents, ou de cadeaux en argent donnés à l\u2019occasion des fêtes ou dans des circonstances où il est difficile de joindre les deux bouts et qui ne sont pas comprises dans le budget habituel du jeune ménage-maladies, vacances, etc.Il est évident que les parents sont libres a agir a leur guise, pourvu qu\u2019ils ne blessent pas la fierté legitime des jeunes gens et ne nuisent pas à l\u2019ambition du mari.Il ne faut pas non plus qu\u2019ils laissent voir que ce don est pour eux un sacrifice et, s\u2019il s\u2019agit d'une rente mensuelle ils doivent la payer à date fixe.Autant que possible, quand 1 argent est destiné à un usage déterminé: loyer, frais de médecin, ou hôpital, il vaut mieux, à moins d\u2019objections sérieuses déposer la somme au compte du mari et lui permettre dé signer lui-même le chèque.Les devoirs des parents ne finissent pas avec le mariage de leurs enfants, pas plus que leur affection pour eux, et c est justement leur coeur qui doit, en dernier ressort les guider dans la manière la plus effective d\u2019assurer le bonheur de ceux auxquels ils ont donné la vie.H.B. {000t0^.: -.Z?**- tti Ip Ci-dessus, des objets évoquont le souvenir du Mahatma Gandhi.Ces objets, et bon nombre d'autres, seront conservés à Birla House, à New Delhi, que la piété de ses disciples compte transformer en un véritable musée.Gandhi habitait Birla House et c'est dans le jardin de cette demeure qu'il fut lâchement assassiné par un jeune fanatique, le 30 janvier dernier.On voit ici la montre de Gandhi, son livre de prières, ses lunettes, ses sandales et divers autres objets dont il faisait un usage quotidien.A droite, la pièce où travaillait le Mahatma Gandhi, toujours très actif malgré son grand âge.¦ * W* 9 LE LIBÉRATEUR DE L'INDE Le 30 janvier dernier, à New Delhi, dix jours après la fin de son 104e jeûne, Gandhi a été assassiné par un jeune fanatique hindou, alors qu\u2019il allait à ses prières, à Birla House, demeure d\u2019un milliardaire hindou où il séjournait Atteint à la poitrine, le mahatma n\u2019est pas mort sur le coup, mais, malgré les soins que lui ont prodigués les médecins appelés en toute hâte auprès de lui, il a succombé peu après.Il était âgé de 79 ans.Dans un long récit intitulé : Voyage parmi les guerriers, Mme Eve Curie a longuement raconté une entrevue qu\u2019elle eut avec l\u2019apôtre de la non-violence, et voici comment elle nous le décrit : « Je suis conduite dans une pièce très claire donnant sur le jardin.Il n\u2019y a qu\u2019un seul meuble, un matelas large, épais, et entièrement recouvert d\u2019un drap blanc.Sur ce matelas est accroupi, ses jambes minces et nues croisées devant lui, un des hommes les plus frêles et des plus puissants du monde.M.Gandhi est encore plus petit, encore plus mince que je ne pensais.Sa tête triangulaire est petite, presque chauve, avec de grandes oreilles, un grand nez, et une courte moustache grise au-dessus d\u2019une lèvre supérieure très mince qui contraste avec la glande épaisseur de la lèvre inférieure.Sa bouche expressive égrène avec distinction les mots anglais énoncés clairement et lentement, de cette fameuse voix dont Nehru écrit « qu\u2019elle est douce et aimable avec de l\u2019acier cache quelque part.» Par quelque mystérieux moyen, Gandhi impressionne énormément.Il me rend immédiatement très timide et j\u2019ai l\u2019impression qu\u2019il peut lire à travers moi.Pourtant, il n\u2019est nullement solennel.Derrière ses lunettes démodées, bordées de métal, ses yeux intelligents sont malicieux et amicaux.Il y a de la gentillesse aussi dans son sourire et un merveilleux sens de l\u2019humour.Je n\u2019ai jamais rencontre personne qui ait autant de charme que le Mahatma.» Gandhi était né dans une famille aisée où il avait reçu l\u2019éducation la plus stricte et la plus traditionnelle.Après avoir étudié à l\u2019Université d\u2019Ahmedabad, il suivit les cours de celle de Londres.Il devint avocat et pratiqua à Bombay pendant deux années.Mais il quitta le prétoire très vite pour se mêler de près à ses contemporains et apprendre à les connaître.Il voulut vivre la vie des émigrants qui quittaient l\u2019Inde pour l\u2019Afrique australe.Il resta pendant près de vingt ans dans ce pays lointain, défendant ses compatriotes, se dévouant à leur cause, partageant leurs malheurs et leur détresse.C\u2019est durant cette période qu\u2019il prépara son action en faveur de la libération de l\u2019Inde où il revint au début de la première guerre mondiale.Il allait désormais y vivre d\u2019une vie simple, consacrée à la prière, à la predication.Par l\u2019austérité de ses moeurs, par son extraordinaire présence, Gandhi ne devait pas tarder à devenir un personnage représentatif, à la fois un chef religieux et politique.1 ü Ci-contre, les vêtements tachés de sang que portait Gandhi le jour où il assassiné.Ces vêtements sont pieusement conservés par M, Devdass Gandhi *1 le docteur Nayer.Atteint à la poitrine, le Mahatma n\u2019est pas mort sur I» coup, mais malgré les bons soins que lui ont prodigués les médecins appelés en toute hâte auprès de lui, il n'a pas tardé à succomber à sa grave blessure. Groupe d'ensemble eles jeunes élèves de l'Ecole de Danse de M.Gérald Crevier.NYMPHES OU De gauche à droite, Françoise Sullivan, Jacques Delisle, Aline Legris et Paul Doré.SYLPHIDES par CECILE LEMIEUX Aline Legris Kathryn Conlin Elles sont six, toutes jeunes, jolies, charmantes Elles ont des gestes gentils et des manières d\u2019heureuses jouvencelles.Elle ne marchent point ou si peu mais dansent beaucoup et leur maintien est tout empreint de grâce.Il arrive parfois qu\u2019elles s\u2019amusent avec les nuages ou le rêve ; elles se revêtent alors de tulle aussi blanc que la neige, puis évoluent sur des pelouses et des fleurs imaginées par elles, puis appellent dans une « attitude élevée » la lune, leur soeur.Nymphes ou Sylphides ?Les deux.Mais ce qui est encore plus extraordinaire c\u2019est qu\u2019elles sont des nymphes vivantes, de vraies jeunes filles ayant dix-huit ans, habitant Montréal, et étudiant comme toutes les autres.Je veux aujourd\u2019hui signaler un événement très important de ces jeunes disciples de Therpsicore : leur entrée officielle à la Royal Academy of Dancing de Londres, dont elles sont dorénavant membres après avoir subi les épreuves d\u2019admission.La Royal Academy of Dancing de Londres a en effet envoyé ici à Montréal, un professeur de haute renommée en même temps qu\u2019une danseuse de grande classe : Madame Freda Grant, à qui ces jeunes filles doivent leurs succès.C\u2019est la première fois dans l\u2019histoire de la Danse au Canada que se produit un événement d\u2019une telle importance; la Royal Academy recrute jusque dans la lointaine patrie canadienne les sujets qu\u2019elle sait aptes à devenir peut-être de grandes vedettes et dignes d\u2019entrer dans une des plus hautes institutions du monde de la Danse.C\u2019est là une chose dont on peut s\u2019enorgueillir et il faut souhaiter qu\u2019en acceptant des sujets de chez-nous, la Royal Academy trouve des élèves de talent.Les élèves ont déjà donné leurs preuves.Depuis plusieurs années elles travaillent sous la direction de Gérald Crevier, et n\u2019ont pas cessé un seul instant de poursuivre leur idéal.\t[ Suite à la page 50 1 Lise Gagnler Pierrette Imbleau ' / Charlotte Wellock Suzanne Blier 6 F Le Samedi, Montréal, 21 août 1948 Ci-contre, à gauche, une scène d'atterrissage assez surprenante, alors que ie célèbre pilote et savant renommé, André Labarthe, s'apprête à poser son hélicoptère sur le toit du magasin à rayons bien connu: les galeries Lafayette.Labarthe n'avait pas plus tôt accompli cet original exploit, qu'il était accueilli sévèrement par un gendarme qui lui dressait un procès-verbal parce qu'il avait enfreint la loi du pays.Ci-contre, à gauche, Mme Freida B.Hen-nock, de New-York, est avocat et fait partie de la Commission Fédérale des Transports.Elle montre sa nomination à M.Wayne Coy, président de la Commission.¦ snwpr ¦ mm ».-a*\t- \u2022JtoNÉ Vo>-r Ci-dessus, des spécimens c!u nouvel avion à propulsion par jet, le Lockheed Shooting Star.Ces avions, les plus modernes et les plus perfectionnés du genre, sont fabriqués dans les usines Lockheed, à Van Wys, en Californie.Ils seront employés à la protection et au besoin à la défense des Etats-Unis, soit sur le territoire américain, soit outremer.Ils peuvent atteindre une très grande vitesse qui dépasse même 600 milles à l'heure.%* «4W «r Ci-contre, à gauche, John Snyder, de Washington, exhibe non sans fierté le chèque le plus considérable qui ait jamais été tiré, soit 7 billions 500 millions de dollars.Cette somme imposante sera placée dans des certificats appartenant à The Unemployment Trust Fund.\u2014 Ci-dessus, Sa Sainteté le Pape Pie XII bénit les officiers des navires américains en service dans les eaux italiennes.Ces marins avaient sollicité une audience privée au Vatican.On les voit recevoir la bénédiction papale f Le Samedi, Montréal, 21 août 1948 / ¦Br à ÉBimM m ÆKmB Ci-dessous, il n y a aucune ressemblance apparente entre l\u2019agent Martin Curnan et le petit Bo-Peep de la légende.Pourtant, Curnan a déployé beaucoup d'activité et de dévouement à rassembler 18 agneaux trop fringants.g§§ ¦> y- : ¦ Ci-dessus, une scène de rue à Berlin.Elle illustre la situation économique actuelle: tandis que les Allemandes travaillent pour se conformer aux prescriptions des autorités russes, des spéculateurs éhontés font du marché noir et spéculent avec la nouvelle monnaie.Les femmes, que l\u2019on voit au premier plan, s'efforcent de pousser un camion rempli de débris provenant des quartier détruits durant la guerre.\u2014 Ci-contre, à l'époque où les Etats du sud traversent une vague de chaleur intense et prolongée, des monceaux de neige sont accumulés sur les sommets élevés de la Californie.A un tel point qu'il a fallu remettre à plus tard le tournoi annuel de ski organisé par le Mount Lasser Ski Club.En attendant, la machine à déneiger fait du bon travail.Durcmahn verbolen Ci-dessus, tout en haut, le gouverneur de New-York et Mme Dewey sont résignés à vivre sous les yeux du public, au moins d\u2019ici à l'élection présidentielle.Les Dewey sont ici photographiés, à l'issue du service religieux, avec leurs deux fils: John et Thomas, et le pasteur de l'église de Quaker Hill.\u2014 Plus bas, une scène dans les bureaux administratifs de la zone russe de Berlin, alors que les Allemands doivent obtenir un laissez-passer avant d'y pénétrer.4».m Le Samedi, Montréal, 21 août 1948 T ROMAN POLICIER L\u2019HOMME DU MARDI par HENRY-MUSNIK Dessin de JEAN MILLET Une véritable fatalité s'acharne sur l un des coupables, pc suivi sans cesse par un fin limier.Un événement impr modifie le plan de l'inspecteur de police, qui découvre ruissellement de bagues et de colliers éblouissants dans endroit très simple.L 'homme était allongé sur l\u2019herbe et paraissait dormir.Il était correctement vêtu, voire même assez élégamment.C\u2019était sur le côté de la route qui va de Vaucresson à Rocquencourt et qui traverse un riant petit bois.Un ou deux promeneurs l'avaient remarqué dans le fossé et s\u2019étaient même arrêtés, vaguement inquiets.Mais la respiration régulière de l\u2019inconnu était rassurante et ils avaient passé outre.Il remua légèrement.Puis il ouvrit les yeux, et finalement il s\u2019assit péniblement.Il se passa la main sur la tête.Une forte migraine lui tenaillait les tempes.Il se demanda ce qu\u2019il faisait là.Puis un brusque souvenir lui revint.\u2014 Ma serviette !.La voix étranglée, il répéta cette exclamation.H tenta de se mettre debout, mais ses jambes étaient faibles et il trébucha.Il dut se rasseoir.Une sueur froide lui coulait le long de l\u2019échine.\u2014 Ma ., ma serviette !.Il se mit à bégayer des mots confus.Son visage exprimait un désespoir intense.Il resta accablé durant de longues minutes, puis, les forces lui revenant progressivement, il parvint à s\u2019équilibrer et se mit à marcher.Il était parti en direction de Rocquencourt.Un quart d\u2019heure plus tard, il abordait quelqu\u2019un du pays: \u2014 Pouvez-vous me dire où .où est la gendarmerie?L\u2019autre le dévisagea.Il avait l\u2019air hagard: \u2014 Qu\u2019est-ce qui vous est arrivé?\u2014 On m\u2019a attaqué .On m'a dévalisé .\u2014 Bon Dieu! .Où ça?Dans le bois?L\u2019homme fit un geste de confirmation: Il éprou- piers. Le Samedi, Montréal, 21 août 1948 9 \u2014 Ah, vous voilà, Marinel!.Alors?.Est-ce que?.Mais .mais ., vous en avez une tête! \u2014 Je., oui, Monsieur Guemier .Je.Il faut que je vous parle! .M.Guemier se leva d\u2019un mouvement brusque.Il craignait de comprendre.Son regard se fit interrogatif, son visage durcit.\u2014 On vous a volé?\u2014 Oui.On m\u2019a tout pris! Le bijoutier poussa une exclamation étranglée.\u2014 Jacques!.Jacques!.Viens un peu ici! Jacques était son frère et associé.Il apparut.Robert Guemier lui désigna l\u2019employé principal qui venait de rentrer.\u2014 Regarde l\u2019aspect de Marinel.Sais-tu ce qu\u2019il vient de m\u2019apprendre?Les bijoux! .Dépouillé .Six cent mille francs qui disparaissent! Le personnel s\u2019assemblait autour d\u2019eux.M.Robert Guemier eut un mouvement d\u2019impatience.C\u2019était l\u2019heure de la fermeture.\u2014 Vous pouvez vous en aller.Naturellement, Marinel restera pour nous donner des détails.\u2014 Jacques s\u2019exclama: \u2014 Il faudrait téléphoner là-bas, à l'Ermitage.Rémond doit s\u2019y trouver toujours .\u2014 Oui.Oui.Occupe-toi de ça.Paul Marinel les regardait tour à tour d\u2019un air hébété.Les deux associés s\u2019affairaient.Puis, quand ils furent seuls avec leur employé, ils s\u2019installèrent en face de lui: -\u2014Voyons.Comment est-ce arrivé?demanda brièvement l\u2019aîné, Jacques.Paul commença à parler d\u2019une voix morne et lasse.* * * Le chef de service de la Sûreté nationale qui reçut Jacques Guernier le pria d\u2019attendre un instant: \u2014 Je vais convoquer l\u2019un de mes hommes, dit-il.L\u2019inspecteur Ruffin.Ceci m\u2019évitera de lui répéter les faits, d\u2019autant plus qu\u2019il vaut infiniment mieux qu\u2019il les tienne de votre propre bouche .Il sonna et ordonna qu\u2019on lui envoyât Ruffin.C\u2019était un petit homme tout rond, l\u2019air jovial, le visage rose surmonté d\u2019une chevelure drue et grise.Il ressemblait beaucoup plus à un petit rentier paisible qu\u2019à un limier chargé de traquer des bandits.Les présentations faites, le chef articula: \u2014 Nous vous écoutons, Monsieur Guernier.On entendrait ensuite Paul Marinel, l\u2019employé, qui avait été convoqué pour une heure plus tard.\u2022\u2014Voici, commença M.Guernier.Il y a quelque temps \u2014 deux mois environ \u2014 nous avions reçu au magasin la visite d\u2019un monsieur très élégant qui demanda à parler à la direction.Mon frère et moi le reçûmes ensemble et il nous informa qu il était chargé, par un grand personnage de la haute société sud-américaine, d\u2019acheter des bijoux de valeur.Bien entendu, souligna M.Guernier, nous ne sommes ni des novices, ni des naïfs et, dès les premiers mots, nous nous étions promis de nous tenir sur nos gardes .Ruffin eut un petit mouvement de tête approbatif.\u2014 N\u2019est-ce pas?souligna le bijoutier.C\u2019est un procédé classique d\u2019entrée en matière de certains escrocs.\u2014 Exactement.\u2014 Mon frère et moi échangeâmes, à la dérobée, un coup d\u2019oeil qui nous prouvait mutuellement que nous avions eu la même pensée.Or, comme si l\u2019homme avait deviné nos sentiments, il nous expliqua que nous n\u2019avions rien à craindre.Oui, il tira paisiblement de sa poche un carnet de chèques, en même temps qu\u2019une lettre de credit sur une grande banque.\u2014 Tiens! Tiens! \u2014 Il nous dit également que le personnage en question se trouvait actuellement en Italie.Notre visiteur \u2014 qui affirmait être son secrétaire particulier \u2014 l\u2019avait précédé en France où il était chargé, dit-il de louer quelque somptueuse villa à Saint-Cloud, Garches ou Vaucresson, enfin, de ce côté-là.Pour le moment, il était descendu dans une hostellerie, L\u2019Ermitage de Vaucresson, et il s\u2019occupait de rechercher la résidence de son maître.\u2014 Bon, murmura Ruffin en prenant des notes.__Ce M.Lenoir, Jean Lenoir, reprit M.Guemier, nous demanda s\u2019il nous, serait possible, le moment venu, de lui envoyer, a VErmitage, un employe avec les bijoux a presenter .\u2014 Comment s\u2019appelait son patron?__Il ne nous l\u2019a pas dit.J\u2019ai posé la question, il m\u2019a répondu en souriant que ce grand personnage tenait à son incognito, mais comme nous n\u2019aurions, somme toute, affaire qu\u2019à lui, Jean Lenoir, cela n\u2019avait aucune importance.Plus que jamais, mon frère et moi nous promettions d\u2019ouvrir l\u2019oeil.\u2014 Hum .Comment était-il ce secrétaire?\u2014 De taille moyenne.Un léger embonpoint.Très, très chic.R portait même à son petit doigt une bague avec un beau solitaire.Je l\u2019avais remarqué.Il paraissait environ quarante-cinq à cinquante ans.\u2014 Entièrement rasé?Je parie que non .\u2014 En effet, confirma M.Guernier, il portait une petite barbiche en collier.Et des lunettes .\u2014-Un grimage classique, marmonna Ruffin.\u2014 Sans doute.Mais je vous répète que mon frère et moi étions sur nos gardes, prêts à refuser de donner suite à l\u2019affaire au moindre indice équivoque, à la moindre suspicion.\u2014-Oui.Et qu'advint-il,ensuite?\u2014 Il revint nous voir plusieurs fois.Quatre fois exactement.Il arrivait, chaque fois, dans une auto qu\u2019il conduisait lui-même.Il l\u2019avait louée dans le voisinage., \u2014Vous vous étiez renseigné?\u2014 Je pense bien! J\u2019avais également vérifié son adresse.Tout était clair, net, précis, je dirai même rassurant.Il avait payé son mois d\u2019avance, en arrivant, et continué d\u2019agir de même manière pour tout.Il était très bien considéré à l\u2019hostellerie.Aujourd\u2019hui, il arriva tout de suite après déjeuner.Il nous montra un télégramme daté de Rome annonçant que son maître avait pris l\u2019avion de nuit et qu\u2019il arriverait probablement à une heure de là.\u2014 Je vais donc emmener votre employé, ajoute-t-il.Il emportera les bijoux à soumettre .\u2014 Où cela?\u2014 Mais, à l\u2019Ermitage .Le paiement se ferait immédiatement.Une fois le choix terminé, mon employé reviendrait à Paris avec ce M.Lenoir qui donnerait ordre à la banque de faire virer à notre compte la somme correspondant à l\u2019achat.Et ce serait seulement à ce moment que Marinel remettrait les bijoux.\u201cCeci, ajouta M.Guernier, me parut rassurant et, d\u2019accord avec mon frère, je remis à mon employé une serviette de cuir contenant une douzaine d\u2019écrins que m\u2019avait désignés M.Lenoir.\u2014 Et qu\u2019est-il arrivé à M.Marinel?\u2014 Il vous le confirmera lui-mlmc tout à l\u2019heure.Il nous a déclaré que tout s\u2019était passé sans encombre jusqu\u2019à Saint-Cloud.Son compagnon se montrait fort amical.M.Lenoir lui offrit une cigarette, en alluma une autre.Puis il continuèrent de rouler.Et quand il se réveilla, il n\u2019y avait plus personne! Il était sur le bord de la route .Ruffin regarda le bijoutier.\u2014 Le coup classique, dit-il.Une cigarette droguée .\u2014 Oui.Et pourtant Marinel se méfiait! \u2014 Pas suffisamment! \u2022\u2014 Hélas!.On ne pense pas à tout.Il m\u2019a dit \u2014 et il vous le répétera \u2014 qu]il avait attendu que Le- noir allumât sa propre cigarette et en tirât quelques bouffées avant de se décider à l\u2019imiter.\u2014 Le bandit avait bien combiné son coup.Je suppose que toutes ces cigarettes, sauf celle qu\u2019il a soigneusement choisie lui-meme, étaient trafiquées.En tout cas, le vol a été diablement réussi.M.Guernier poussa un long soupir.\u2014 Pourtant, reprit-il, j\u2019avais pris tant de précautions! Ainsi, j\u2019avais chargé un autre de mes employés, M.Rémond, de filer le plus rapidement possible à l\u2019Ermitage pour y attendre les deux hommes et y rencontrer fortuitement Marinel pour lui prêter main forte en cas de complication inatten-due .__Ah! Ah! Très bien.Cet employé n\u2019était pas connu du secrétaire?__Non, certes.Mais il l\u2019avait fort bien remarqué, en revanche.Je le lui avais montre déjà précédemment.Ruffin eut un nouveau geste d\u2019approbation.\u2014 Excellente initiative, en vérité.Mes compliments, Monsieur Guernier.\u2014 Dès que je vis reparaître Marinel, le soir, continua le bijoutier, je demandai a mon frere de téléphoner à l\u2019Ermitage pour demander Rémond.On répondit que le personnage correspondant à ce signalement était parti.Je demandai également M.Lenoir, quoique je ne me fisse aucune illusion a son sujet.Il était parti aussi.\u2014 Les deux ensemble?s\u2019exclama Ruffin.M.Guernier sursauta, comme frappé par une idée.\u2014 Mon Dieu!.Je n\u2019y avais pas pensé! Maintenant, cela me revient.Est-ce que?Non, ce n est pas possible! .A cet instant le téléphone résonna dans la pièce.Le chef de service prit l\u2019appaieil.\u2014 Allô?oui.Qui?M.Guernier?Je lui passe le récepteur .Il tendit l\u2019objet en murmurant: \u2014 C\u2019est votre frère qui vous demande .\u2014 Allô?cria Jacques Guemier.C\u2019est toi, Robert?.Tu dis?Un silence suivit pendant que le bijoutier écoutait .Quand il raccrocha, il annonça avec un soupir de soulagement: \u2014 Rémond est rentré à la bijouterie vers sept heures.Ne trouvant personne, il a couru chez mon frère qui habite tout près.Il a quelque chose d\u2019important à communiquer.Il va venir tout de suite .On annonça Paul Marinel.Il ne put que répéter exactement le récit que son patron venait de faire à l\u2019inspecteur.Puis ce fut l\u2019arrivée de Rémond.Un garçon au visage franc et ouvert.Plus jeune que Marinel.\u2014 J\u2019étais arrivé à l\u2019Ermitage, dit-il, dix minutes à peine avant que M.Lenoir n\u2019apparût.\u2014 Vous n\u2019avez pas été surpris de le voir seul?\u2014 Oh si! .Je ne savais que penser .\u2014 Il devait avoir pourtant la serviette aux bijoux! s'exclama impérieusement Jacques Guemier.\u2014 Non, patron.Et cela m\u2019a rassuré.J\u2019ai pensé que l\u2019affaire avait été rompue à la dernière minute.\u2014 Qu\u2019est-ce que vous avez fait alors?demanda Ruffin.\u2014 Mon intention était de rentrer tout de suite.Mais l\u2019attitude de Lenoir me sembla bizarre.Il paraissait très pressé.Il était monté au galop dans sa chambre.Puis il en est redescendu.Néanmoins, je me rendis à la gare de Vaucresson.Là, je le remarquai sur le quai, juste au moment où le train de Paris allait partir.Il sauta dans un compartiment.Rémond parlait avec clarté, sans hésitation.On sentait que ses souvenirs étaient très nets.\u2014 Je ne sais pourquoi, dit-il, une intuition me poussa à le surveiller et à le suivre, une fois arrivé à la gare Saint-Lazarre.Ruffin lui lança un regard de sympathie.\u2014 Bien joué, mon ami.Vous avez rendu, sans vous en douter, un fameux service à vos patrons.Où est-il allé?\u2014 Il a pris le métro, il est sorti à la station Montparnasse, il est entré dans une maison de la rue Littré.\u2014 Vous êtes certain qu\u2019il ne vous avait pas repéré?\u2014 Sûr et certain, affirma Rémond.Il ne s\u2019est jamais douté qu\u2019il était suivi depuis Vaucresson.Il n\u2019a pas eu l\u2019occasion de me remarquer.A aucun mo-[Lire la suite page 14] SEPTEMBRE Soirs qui viennent plus tôt du ciel plus bas: septembre: Première effeuillaison des choses vers le ciel; Premiers départs ailés dans l\u2019innombrable vol Parti des arbres, en essaims de pourpre et d\u2019ambre.Premier retour au livre oublié dans la chambre; Seuls vrais repos plus frais sur l\u2019oreiller plus mol; Apaisement profond des sens, que l\u2019Eté fol Exaspéra; bonheur vague de chaque membre.Automne cher! saison propice au souvenir Comme un vieil air joué dans l\u2019âme allant finir! Je ne t\u2019ai pas toujours goûté, je m\u2019en étonne, Puisque aujourd\u2019hui, pareil en mes regrets nombreux, Pour me sentir le coeur déçu moins malheureux, Il me suffit d\u2019un peu de musique et d\u2019automne! (L\u2019Ame solitaire)\tALBERT LOZEAU 10 Le Samedi, Montréal, 21 août 1948 Dessin de JEAN MILLET \"Oui, je vous aime justement beaucoup trop, Brigitte! Je ne fais pas exprès de vous torturer, comme je n'ai pas fait exprès de vous aimer !\" LE PERROQUET SOUS LE PORTRAIT Nouvelle par Thérèse Lenolre JE ne veux pas entrer en paria dans votre famille, Brigitte, et je n'ai pas du tout l\u2019intention de vous enlever.Je vous épouserai aux yeux de tout le monde, ou je ne vous reverrai plus.Voilà.Didier rejeta sa tête en arrière.Sa phrase résumait une longue discussion.La lèvre boudeuse, les yeux brillants de l\u2019éclat de ses vingt ans, il regarda, de sa haute taille, le petit visage pâle de Brigitte.\u2014 Vous n\u2019allez pas vous évanouir dans la rue, au moins, dit-il.Elle le considéra horrifiée.Les voitures qui roulaient sur la chaussée, les gens qui la croisaient lui semblaient de vagues fantômes.Elle était dans un autre monde; le monde de ses pensées.Elle gémit: -\u2014 Vous n\u2019êtes pas un homme, Didier.Didier haussa les épaules.Il se sentait assez sûr de lui pour faire front à toutes les injures.\u2014 C\u2019est justement parce que je suis un homme que je vous parle ainsi, dit-il.\u2014 Alors, vous ne m\u2019aimez pas.Il la prit par le bras et lui fit traverser le bou'e-vard comme à un enfant.Les boutiques commençaient à s\u2019éclairer.\u2014 Je vous aime justement beaucoup trop, dit-il.Et je n\u2019aimerai pas d\u2019autre femme que vous.Aussi il se peut très bien que je ne me marie jamais.Brigitte poussa un petit cri.\u2014 Vous faites exprès de me torturer, Didier.\u2014 Je pourrais vous répondre la même chose, Brigitte.Ne vous jetez pas dans cet échafaudage.Je ne fais pas exprès de vous torturer, comme, croyez-le bien, je n\u2019ai pas fait exprès de vous aimer.\u2014 Oui, dit Brigitte, avec une subite douceur dans la voix, c\u2019est venu tout seul: pour moi aussi.Vous vous souvenez de notre première partie de tennis?\u2014 Je me souviens de tout, répliqua Didier.Son visage restait tendu tandis que celui de Brigitte reflétait un vague sourire.\u2014 Après, nous nous sommes retrouvés au skating, vous vous rappelez, Didier?\u2014 Oui, et après, votre grand-mère a refusé de me recevoir.Pourquoi?Le pourquoi sonna si dur qu\u2019il résonna comme un coup sur le coeur de Brigitte.Elle leva un regard de reproche vers le grand garçon qui marchait à côté d'elle.\tf Lire la suite page 47 ] POUUIEl H0U1UB Pour les dimanches et lunches d\u2019été Ce bon conseil VOUS est donné ! CM/S/SSPZ M SÙl/PP rom I/ÔTPP PMTPPMD légumes 5 bouillon ' un repas t elles la boeuf n°ur,\u2018 soupe en vérité légumes tissant, disent 1 comme et son potagers .resque magères- MJX LtGVlMtS .BLANC ez -la soupe Des tomates assaisonneme e Ajoutez a une riche c ete: sw efferent.irais, un sans éga ur avoir du soir midi ou plupart à point, cat ¦ Va PVace tomates- beurre ecette d'eau m 1«U® fabriè.¦*«£&$¦ \u2019 ** -< w* V' j ppp [ Suite à la page 50 ] Le Samedi, Montréal, 21 août 1948 Les athlètes des Jeux Olympiques de tous les pays sont bien nourris et bien abrités, au sein d'un joli petit village construit pour cette circonstance, au Parc Richmond, Surrey, près de Londres.Près de 1700 personnes habitent ce village improvisé.tel qu\u2019on pourra le faire fixer par le commissaire suprême du baseball organisé, Happy Chandler, de nos jours.Contrairement à ce que l\u2019on serait porté à croire, l\u2019on verra que la permission de la ligue mineure, pour laquelle une telle franchise de la ligue majeure peut être changée, n\u2019est pas nécessaire, si l\u2019on s\u2019en tient à la lettre même des règlements.La ligue mineure a droit à la somme de $5,000.C\u2019est ce à quoi se résume son droit.Cependant, la ligue mineure en jeu a droit à une compensation substantielle.Dans le cas de mésentente entre les deux clubs sur la portée de ce montant, c\u2019est alors au commissaire à la fixer.Ainsi, il appert que le seul obstacle à un semblable mouvement, en autant que le territoire de la ligue mineure est en jeu, c\u2019est le montant de l\u2019argent en question.Vous comprendrez que, pour Montréal, où les propriétaires font beaucoup d\u2019argent, raisons immobilières et concessions comprises, les chances d\u2019avoir, d\u2019ici quelques années, un club des ligues majeures sont aussi minces que celles que possèdent les huit libéraux élus récemment de faire partie de l\u2019un des ministères de l\u2019honorable premier ministre Maurice Duplessis.Peu importe l\u2019endroit où va la franchise, un consentement unanime est requis de la ligue dont le club est membre, lequel consentement devrait être assez facile à obtenir, si la preuve du changement est démontrée en faveur de la ligue et du club.Le transfert doit être approuvé par un vote de la majorité des clubs de l\u2019autre circuit majeur.Ces derniers se rendent facilement à cette condition, surtout lorsqu\u2019il s\u2019agit de l\u2019abandon retenu conjointement avec une équipe de cette ligue.Comme on le voit, ce plan n\u2019a pas d\u2019obstacles insurmontables à franchir pour se réaliser.Par conséquent, la question importante n\u2019est pas de savoir si le changement est possible, mais bien de savoir s\u2019il est faisable, au point de mériter l\u2019appui des propriétaires des autres clubs.POUR VOUS.MESSIEURS LES PECHEURS LES PLUS ENDURCIS ! Saviez-vous, messieurs les pêcheurs les plus endurcis, que la truite grise pouvait pondre 20,000 oeufs par saison?Oui, c\u2019est ce que nous communique la Fédération des Associations de chasse et de pêche du Québec dans un article des plus intéressants: \u201cQue vous lui donniez le nom de truite de lac, touladi, truite de montagne, togue, truite saumonnée La coquetterie ne perd pas ses droits, même en sport.Les athlètes britanniques du sexe féminin participant aux Jeux Olympiques de Londres portent une robe blanche, complétée d'un joli \"blazer\" bleu marine.ou mackinaw, la truite grise est d\u2019importance, au tableau des sportsmen du Québec.\u201cEn réalité une omble, c\u2019est-à-dire de la même famille que la truite mouchetée (omble de fontaine), plutôt qu\u2019une truite véritable, la truite grise est très répandue dans le Québec des deux côtés du Saint-Laurent, et abonde dans le nord aussi haut que le cercle polaire.La truite grise forme en elle-même une espèce, et peut être facilement reconnue par ses flancs qui passent du gris au noir, avec marbrures argentées, sa queue fourchue et l\u2019absence de mouches rouges ou autre couleur sur sa peau.\u201cLa truite grise trouve son habitat préféré dans les lacs de plus de 50 pieds de profondeur, et recherche durant l\u2019été les trous rocailleux les plus profonds, pour ne longer les rives que tôt au printemps ou tard l\u2019automne, quand l\u2019eau est froide.C\u2019est à ces deux époques que la grise offre un véritable sport, car capturer un spécimen de bonne taille au moyen d\u2019engins légers ordinaires donne de belles émotions qu\u2019on n\u2019oublie pas de sitôt.En été, la grise peut être capturée à la traînée (trôle) de fond.On emploie généralement deux à trois cents pieds de fil de laiton terminé par une cuiller et écaille.La méthode réussit, mais est loin d\u2019offrir l\u2019élément sportif de la pêche de printemps ou d\u2019automne.\u201cLa grise, comme d\u2019ailleurs la mouchetée, fraie en automne.Les oeufs sont déposés dans les cailloux du bord, à des profondeurs qui varient de 20 à 90 pieds.Ils passent l\u2019hiver au même endroit et, le printemps, alors que l\u2019eau atteint 47 degrés Fahrenheit, les oeufs éclosent.Bien que les oeufs atteignent le quart de pouce de diamètre, il est établi qu\u2019une femelle de bonne taille peut en pondre jusqu\u2019à 20,000 par saison.LE ROUAGE DU TRANSFERT D'UNE FRANCHISE D'UN CLUB MAJEUR A UNE AUTRE VILLE La question du passage de la franchise du club de baseball St-Louis, de la Ligue Américaine, rebondit^ de temps à autre.On veut même transporter les intérêts de ce club à Montréal.Bien qu il semble impossible que semblable événement se produise, tant que Montréal sera une ferme des Dodgers de Brooklyn, où Branch Rickey et ses associés font des affaires d\u2019or, nous sommes porté à croire que, dans une dizaine d\u2019années, ce mouvement, bien que difficile, deviendra une réalité à la satisfaction des Montréalais, friands de baseball de bonne qualité.Il est bon de savoir qu\u2019aucun changement de ce genre n\u2019est encore survenu, dans les ligues majeures, depuis 1903, quand New-York prit la place du Baltimore, dans la Ligue Américaine.Disons d\u2019abord qu\u2019il y a deux catégories de règlements qui pourraient présider à un tel changement, c\u2019est-à-dire le passage de la franchise d\u2019un club majeur à une autre ville; l\u2019un provient du code des ligues majeures, l\u2019autre provient du code combiné des majeures et mineures.Dans le chapitre ayant trait à l\u2019acceptation des membre dans les deux grandes ligues, un premier article s\u2019énonce de la manière suivante: \u201cDans le but de stimuler la concurrence et aussi pour la conserver dans la course au championnat de la ligue et le championnat mondial, disputé entre le premier club de la Ligue Américaine et le premier club de la Ligue Nationale, les circuits déjà établis ne doivent pas être altérés, ni par la retraite d\u2019une ville, par l\u2019intervention d\u2019une autre ville, ni par la fusion de clubs dans une cité, à moins que, dans chaque cas, le changement reçoive l\u2019approbation de la majorité des clubs de chacune des deux grandes ligues.De plus, le circuit de n\u2019importe laquelle des deux ligues majeures ne devra pas subir de changement, sans avoir obtenu, au préalable, le consentement des clubs constituant la dite ligue.L\u2019autre règlement compris dans le code des ma-jeures-mineures se lit ainsi: Aucune ville dans laquelle un club de la National Association se trouve ne doit être comprise dans le circuit d\u2019une ligue majeure, à moins qu\u2019une telle ligue ne verse à la National Association la somme de $5,000 et à moins que le club de la ligue majeure en question paie au club de la ligue mineure, dans cette ville, une compensation raisonnable pour dommages à son actif, tel qu\u2019on pourra le décréter par un arrangement ou Dans le Monde Sportif PAR OSCAR MAJOR H1 14 L'HOMME DU MARDI [ Suite de la page 9 ] ment.Pourquoi me demandez-vous cela?Parce que cette maison de la rue Littré pourrait fort bien posséder deux issues .dit calmement Ruffin.Et il pourrait, afin de vous semer, avoir feint de pénétrer pour ressortir aussitôt d\u2019un autre côté.\u2014 Non, dit résolument Rémond, car j\u2019ai attendu dix secondes, je suis entré à mon tour, j\u2019ai pris le même escalier et je l\u2019ai fort bien entendu qui montait au-dessus de moi, avec un étage d\u2019avance.\u2014 Ma parole, vous feriez un bon policier! s\u2019exclama Ruffin.Rémond rougit du compliment et avoua qu\u2019il aimait beaucoup les énigmes.Cette situation lui en paraissait une, il avait voulu aller jusqu\u2019au bout, du moins, dans ses possibilités.\u2014 Il a dû monter au troisième .ajouta-t-il.Je l\u2019ai entendu s\u2019arrêter devant une porte.Mais comme à ce moment quelqu\u2019un descendait, je me suis éclipsé pour ne pas avoir l\u2019air suspect à guetter.\u2014 Evidemment., murmura l\u2019inspecteur en poursuivant une pensée.Mais, il s\u2019adressa à M.Guemier, comment êtes-vous certain que cet homme ne connaissait pas votre employé de vue?\u2014 Parce que, lança Rémond immédiatement, je disparaissais du magasin à chacune de ses visites.M.Guemier m\u2019avait déjà informé du rôle que je pourrais avoir à jouer, le cas échéant, le jour de la transaction.\u2014 Bon.Ceci est donc réglé.Quand le chef de service et Ruffin se retrouvèrent seuls, l\u2019inspecteur, après avoir allumé une cigarette offerte par son supérieur, murmura en haussant les épaules: \u2014 Bien entendu, ce type-là ne s\u2019appelle pas plus Lenoir que je ne suis Napoléon Bonaparte.Il s\u2019agit de le retrouver et de savoir ce que sont devenus les bijoux.Il a dû vider la serviette de cuir et les enfouir dans ses poches.En tous cas, il les avait sur lui en quittant VErmitage .\u2014 Et cette serviette?Qu\u2019est-elle devenue?Ruffin eut un geste vague.\u2014 Il a dû s\u2019en débarrasser.Ce n\u2019était pas le plus difficile de l\u2019opération, ajouta-t-il avec un petit rire.Il \u2014 Le locataire du troisième Dès le lendemain matin, Ruffin commença son enquête.Il apprit très rapidement des choses dont il se doutait déjà.Lenoir avait quitté VErmitage de Vaucresson en annonçant une absence de quelques jours, mais, en réalité, c\u2019était sans esprit de retour.La malle abandonnée dans sa chambre ne contenait que des vêtements sans grande valeur.Une valise s\u2019avérait aux trois quarts vide.L\u2019hostellerie n\u2019était pas lésée, puisque réglée d\u2019avance; de même le loueur d\u2019autos n\u2019avait pas à se plaindre.En somme, l\u2019escroc n\u2019avait visé que les bijoux en prenant soin de ne pas laisser, derrière lui, matière à d\u2019autres poursuites judiciaires.Ce qui prouvait un esprit sagace.Du reste, toute l\u2019affaire avait été menée avec une grande habileté.Etait-ce un professionnel ?Ruffin chercha parmi ses souvenirs, mais il ne trouva pas d\u2019épisode analogue.Et il en vint à conclure qu\u2019en fin de compte, tout était banal, mais effectif.La réussite avait consisté dans le souci du moindre détail et la prudence du voleur à couvrir ses traces derrière lui.Couvrir ses traces?Hum .Il y avait eu ce Rémond qui .Mais Ruffin était justement perplexe à ce sujet.Comment se faisait-il qu un coquin, possédant de tes atjuts.avait pu se laisser filer par Tempi iyé de bijouterie, sans s\u2019en apercevoir?\u201cPour moi, songeait l\u2019inspecteur, le pseudo-Lenoir s\u2019est amusé à le mener en bateau, Il a dû se rendre compte de ce qui se passait et il sera redescendu après le départ de Rémond, tout bonnement.\u201d L\u2019inspecteur qui se faisait ces réflexions tout en conversant à bâtons rompus avec le directeur de l\u2019hostel-lerie, fut interrompu par la voix de son interlocuteur: \u2014 Il paraît, disait ce dernier, que ce n\u2019est pas la première fois qu\u2019il s'absente ainsi.D\u2019après le garçon d\u2019étage, il partait toutes les semaines et ne rentrait que pour peu de temps .Ruffin ouvrit des yeux étonnés.\u2014 Je ne comprends pas.\u2014 Attendez.Je vais le faire venir .Le garçon d\u2019étage confirma la chose.\u2014 M\u2019sieu Lenoir, dit-il, a passé ici quinze jours à la file, après son arrivée.Puis il est parti et on ne l\u2019a plus revu que la semaine suivante.\u2014 Et il est resté de nouveau quinze jours?\u2014 Non.Pas du tout.Il est arrivé un soir, il a couché dans sa chambre, il est reparti dans l\u2019après-midi, il est rentré, il a dîné, je crois, et il est reparti encore une fois .Cette fois par le train.\u2014 Et il est revenu combien de temps après?\u2014 Ben .La s\u2019maine suivante .\u2014 Il est donc resté huit jours absent ?\u2014 Sept jours, rectifia l\u2019employé.Et il a recommencé .Cette fois Ruffin était ébahi.Que signifiait ce manège?Pourquoi Lenoir ne revenait-il qu\u2019un jour sur sept à VErmitage?D\u2019après ce qu\u2019il comprenait, l\u2019homme se donnait la peine de rentrer dîner, uniquement pour ramener l\u2019auto.Pourquoi ne voulait-il pas repartir avec ce véhicule là où il se rendait pour le restant de la semaine?Une auto, c\u2019est pourtant bien commode pour circuler.La réponse lui vint tout naturelle-ment à l\u2019esprit: parce qu\u2019elle l\u2019aurait embarrassé plutôt qu\u2019autre chose.Evidemment, il aurait pu la garer quelque part, là où il avait affaire.Mais ceci démontrait encore l\u2019esprit de prudence de 1 individu.Il préférait la remiser à Vaucresson même pour ne pas laisser de traces ailleurs, qui auraient peut-être risqué de le compromettre.\u2014 Vous vous souvenez du jour de la semaine ?\u2014 Oh ! très bien.Un mardi.Il arrivait le lundi soir.A tout hasard, l\u2019inspecteur nota le fait sur son fidèle calepin.Mais il n a-vait pas grand espoir que ce détail fût de nature à éclaircir l\u2019énigme.Il commençait à se demander où et comment il pourrait découvrir le bout conducteur du fil d\u2019Ariane qu\u2019il recherchait.Il revint à Paris, fort perplexe.Avant de regagner son bureau, H consulta sa montre.Onze heures.Il avait encore le temps de faire une course.Le métro.Gare Montparnasse.La rue Littré.La concierge était là.Une femme entre deux âges, assez complaisante.Elle toisa l\u2019homme qui l\u2019abordait le chapeau à la main.\u2014 Qu\u2019est-ce que c\u2019est, M\u2019sieu ?\u2014 Bonjour, Madame.Permettez-moi d\u2019entrer.Il déposa sur la table, une serviette bourrée de documents.L\u2019idée lui était venue de cacher sa profession.Voilà.Il serait agent d\u2019assurances.Excellent moyen pour questionner sans susciter de curiosité.Son aspect, au surplus, pouvait confirmer ses dires.Il expliqua qu\u2019il représentait une compagnie très solide.Elle l\u2019interrompit aux premiers mots : \u2014\tMoi, ça ne me r\u2019garde pas.Faut voir le gérant.\u2014 Oui, je sais, Madame.Mais je.j\u2019ai pensé que vous devez être l\u2019amabilité même.Vous le portez sur votre visage.Et je me permets de vous demander quel est le moment le plus favorable pour voir vos locataires, qui.que.Il avait touché juste avec son innocente flatterie.La brave femme était totalement amadouée.Elle minauda et précisa : \u2014\tTout le monde travaille dans la maison.Faudrait plutôt venir après l\u2019heure du dîner.Il demanda encore :\t* \u2014\tPeut-être pouvez-vous me donner quelques noms ?Vous comprenez.Ça fait toujours plaisir aux gens quand on arrive chez eux comme si on les connaissait et.Elle partit d\u2019un gros rire.\u2014 Ah ! on est des malins de vot\u2019 profession.Ben, y a les Duchard au premier, pis les Roumesse.Au deuxième, c\u2019est Mme Fratte.Au troisième, M\u2019sieu Ymon.Il dissimula son frétillement de satisfaction.Le locataire du troisième ! Celui qui l\u2019intéressait.Il continua d\u2019inscrire.Ymon Georges.\u2014 Ah ! pour çui-là, ce sera plus difficile, dit-elle.\u2014\tPourquoi ?demanda-t-il candidement.\u2014 Parce qu\u2019y n\u2019rentre jamais avant dix heures.Il est célibataire.Alors y déjeune et y dîne au restaurant.Malgré l\u2019absence totale d\u2019intérêt que suscitaient les noms suivants qui indiquaient les locataires des autres corps de bâtiment, Ruffin les inscrivit avec componction.Il relut sa liste et remercia.Puis : \u2014 Oh !.A propos de M.Ymon.Où et comment pourrais-je le toucher ?\u2014 Sais pas, moi !.A son restaurant, peut-être ?\u2014 Je ne crois pas que ce serait sage de le déranger à table.Il se frappa le front : \u2014 Où travaille-t-il ?Peut-être pourrais-je lui téléphoner ?\u2014 C\u2019est une idée, ça.Il est employé chez Rambollet.Une grosse maison de commerce de Sentier.Vous trouverez ça dans l\u2019annuaire je crois.Ruffin renouvela ses remerciements, esquissa une fausse sortie, puis revint.\u2014 Encore une petite question, Madame.Il demanda si elle ne connaissait pas un personnage répondant à la description de Lenoir.Elle écouta avec attention et secoua la tête : \u2014 Non.Jamais vu.Pourquoi?\u2014 Il nous a été indiqué comme habitant cette rue.Mais aucune importance, Madame.Je vous remercie encore une fois.Pendant le déjeuner, il rumina.Ainsi, son hypothèse était exacte.Lenoir n\u2019avait jamais mis les pieds dans cette maison, autrement que pour duper son suiveur.Il ne pouvait se rendre chez Ymon puisque ce dernier n\u2019était pas chez lui.C était bien ce que je pensais.Un petit coup de chiqué.Si Rémond l\u2019avait guetté, il l\u2019aurait vu ressortir.Et l\u2019autre, alors, se serait arrangé pour le semer.Tout à coup, il s\u2019arrêta de manger, la fourchette en l\u2019air.Une nouvelle pensée venait de l'envahir.Une pensée audacieuse, téméraire, mais qui, cependant, méritait d\u2019être analysée.\u2014 Et.et si ce Rémond m\u2019avait moi-même dupé ?Que voulait-il dire ?L'HOROSCOPE DU \"SAMEDI\" (Nouvelle série) 4\t7\t2\t6\t5\t3\t7\t5\t2\t8\t5\t3\t7\t2\t5\t4 P\tG\tL\tG\tL\tB\tA\tA\tA\tV\tP\t0\tI\tB\tR\tR 6\t3\t4\t8\t2\t7\t4\t5\t6\t2\t7\t5\t3\t6\t2\t4 R\tN\t0\t0\tE\tN\tB\t0\t0\tL\tS\tV\tN\tS\tL\tL 3\t6\t2\t4\t5\t2\t8\t5\t2\t7\t3\t4\t5\t2\t6\t4 E\tS\tE\tE\tI\tS\tY\tD\tA\tA\tS\tM\tE\tI\tE\tE 4\t6\t2\t5\t3\t6\t4\t2\t5\t7\t3\t5\t2\t3\t4\t3 S\tS\tS\tN\tN\tD\tD\t0\tC\tU\t0\tE\tN\tU\tI\tV 6\t3\t5\t2\t4\t8\t2\t5\t7\t2\t6\t3\t4\t5\t2\t6 E\tE\tV\tV\tF\tA\t0\t0\tJ\tU\tP\tL\tF\tU\tS\tE 6\t4\t5\t2\t6\t3\t5\t7\t2\t8\t4\t2\t5\t6\t2\t5 N\tI\tS\tE\tS\tL\tA\tE\tM\tG\tC\tB\tI\tE\tE\tD 4\t8\t2\t5\t3\t7\t4\t2\t5\t3\t6\t2\t5\t4\t2\t4 I\tE\tL\tE\tE\tU\tL\tL\tR\tS\tS\tI\tA\tE\tT\tS Comptez les lettres de votre prénom.Si le nombre de lettres est de 6 ou plus, soustrayez 4.Si le nombre est moins de 6, ajoutez 3.Vous aurez alors votre chiffre-clef.En commençant au haut du rectangle pointez chaque chiffre-clef, de gauche à droite.Ceci fait, vous n\u2019aurez qu\u2019à lire votre horosc pe donné par les mots que forme le pointage de votre chiffre-clef.Ainsi, si votre prénom est Joseph, vous soustrayez 4 et vous aurez comme clef le chiffre 2.Tous les chiffres 2 du tableau ci-dessus représentent votre horoscope.Droits réservés 1945, par William J.Miller.King Features, Inc. Le Samedi, Montréal, 21 août 1948 15 A Et es - vous au courant ?Quelle est votre politique, quand vous êtes deux couples?\tFranc jeu ?\tEn amour la ruse est de bonne guerre ?\tDonner une chance à Lucie Il continua à suivre son idée.Oui, si Rémond lui avait conté toute une histoire inventée depuis le début jusqu\u2019à la fin ?Si Rémond était secrètement d\u2019accord avec Lenoir ?\u2014 Voyons.voyons.se gourmanda Ruffin, soyons logique.Si Rémond m\u2019a fait courir rue Littré pour m\u2019embarquer sur une piste imaginaire, il a commis une imprudence.Car tôt ou tard, il doit comprendre que je découvrirai que ce locataire du troisième n\u2019a rien à voir dans l\u2019affaire.c Le mieux pour lui, en l'occurrence, eût été de garder bouche close.Il se remit à manger en se promettant d\u2019exercer, malgré tout, une surveillance discrète sur l\u2019employé de Guemier et Cie.En se levant de table, il chercha son porte-mines pour inscrire quelque chose, et s\u2019aperçut qu\u2019il ne l\u2019avait plus.\u2014 Flûte.J\u2019ai dû l\u2019oublier chez cette brave concierge.Il y tenait à son beau porte-mines ! Aussi n\u2019hésita-t-il pas et se mit-il immédiatement en route pour la rue Littré.La bonne femme le vit reparaître sans étonnement.Elle s\u2019était aperçue de 1 omission, peu de temps après son départ.Il lui sourit, cependant qu\u2019elle agitait l\u2019objet de loin.Juste au moment où ils allaient échanger quelques mots, quelqu\u2019un passa sous la voûte.Elle s\u2019exclama : \u2014 Ben, ça alors !.Le v\u2019ià justement! \u2014 Qui ça ?\u2014 Mais.M\u2019sieu Ymon.Ohé! Hep! M\u2019sieu Ymon ! appela-t-elle.L\u2019homme pivota sur ses talons.Ruffin vit un visage glabre, assez fermé, des yeux vifs au regard pénétrant.\u2014 Quoi donc, madame Bolland ?\u2014 Y a c'monsieur qui voulait vous parler ! Ymon plongea son regard dans les yeux de l\u2019inspecteur.\u2014 Vous désirez?\u2019 \u2014 Oh ! à proprement dire, rien de spécial.Je suis agent d\u2019assurances, et.Il développa un petit boniment.L\u2019autre eut un sourire bref et fit, de la tête, un mouvement négatif.\u2014 Merci.Si vous voulez me laisser votre carte, j\u2019y réfléchirai.Ruffin, instinctivement, songea que c\u2019était une manière fort adroite pour savoir à qui il avait affaire.Il se tâta les poches et eut un sourire faussement désolé : \u2014 Je.je n\u2019en ai plus.Mais je vais vous donner ça sur un bout de papier.Ou plutôt, se reprit-il comme s'il trouvait l\u2019idée meilleure, je repasserai.Ne vous donnez donc pas la peine de m\u2019écrire.Il sentit, toutefois, que l\u2019autre n\u2019était pas dupe de la riposte.Il continua à sourire innocemment.Mme Bolland s\u2019étonna avec abondance : \u2014 Vous n\u2019êtes donc pas à votre travail aujourd\u2019hui, m\u2019sieu Ymon ?\u2014 Non.Je suis encore souffrant.On m\u2019a permis de rentrer me reposer.Ruffin s\u2019apprêta à s\u2019éloigner, mais c\u2019était avec regret.Il aurait bien voulu trouver un prétexte pour rester, pour étudier cet Ymon qui l\u2019intéressait brusquement, sans qu\u2019il sût exactement pourquoi.Ce fut à cet instant que Mme Bolland, sans le savoir, commit une gaffe monumentale qui la fit maudire, sur le moment, par l\u2019inspecteur, mais qui devait, plus tard, s\u2019avérer d\u2019une singulière importance.\u2014 Alors, s\u2019exclama-t-elle jovialement, vous l\u2019avez retrouvé votre bonhomme à la barbiche ?Avec ses guitres crème ?Ruffin eut que les yeux allaient lui sortir de la tjte.Il étouffa un juron entre ses dents.Mais l\u2019attitude d\u2019Ymon était encore plus singulière.Il avait eu un sursaut, il avait regardé la concierge, puis l\u2019agent d\u2019assurances d\u2019un ai; agressif au possible.Cela n\u2019avait duré qu\u2019un très bref instant.Il sourit et murmura : \u2014 Ah ! je croyais que c\u2019était à moi que vous demandiez cela ! Je n\u2019y avais rien compris !.Il tourna les talons et disparut.Enfin il partit à son tour.Il emportait la sensation nette que le sieur Ymon devait connaître le personnage dont Mme Bolland n\u2019avait fait cependant qu\u2019une description succincte.Il en éprouva un véritable plaisir.D\u2019abord parce qu\u2019une piste se dessinait peut-être, et ensuite, parce que Rémond, l\u2019employé de la bijouterie, s\u2019en trouvait immédiatement réhabilité.Cet après-midi même, il irait faire un petit tour chez Rambollet pour se renseigner sur l\u2019homme.Il ébaucha, en se rendant à son bureau, une manière de questionnaire à utiliser.\u2014 Oui, conclut-il, je crois que c\u2019est intéressant à étudier, ça.Ill \u2014 La nuit de Ruffin Un événement imprévu modifia subitement le plan de l\u2019inspecteur.L\u2019un de ses sous-ordres l\u2019attendait au bureau.A peine eût-il vu Ruffin qu\u2019il lui annonça avec satisfaction : \u2014 J\u2019ai retrouvé la trace de celui qui se faisait appeler Lenoir ! Dès le matin, en effet, Ruffin avait chargé plusieurs hommes d\u2019enquêter à travers Paris dans les différents hôtels et meublés, cependant que, par ailleurs, on consultait les fiches anthropométriques.C\u2019était le procédé obligatoire par lequel débutaient toutes les recherches.Ruffin montra un visage intéressé.\u2014 Vous en êtes sûr, Henriot ?\u2014 Dame, jusqu\u2019à preuve du contraire ! \u2014 Donnez-moi des détails.Henriot narra comment il avait visité une douzaine d\u2019hôtels du côté de Denfert-Rochereau et.\u2014 Denfert-Rochereau ?la rive gauche ! \u2014 Oui.Cela vous dit quelque chose ?\u2014 Continuez, mon vieux, continuez \u2014 J\u2019ai posé partout la même question.Finalement, je suis tombé au \u2014 il consulta ses notes \u2014 au Soleil Doré, j\u2019ai ici l\u2019adresse, et on m a dit qu\u2019on avait vu quelquefois, un homme répondant au signalement en question.« C\u2019est une petite bonne qui me l\u2019a confié.Je n\u2019ai pas pu la questionner très longuement parce qu\u2019elle était pressée.\u2014 Bon.Cela me suffit.Comment est-elle cette domestique ?\u2014 Une blonde à la mine éveillée, avec des taches de rousseur.Je crois qu\u2019elle s\u2019appelle Mathilde.Ruffin décida de se rendre au Soleil Doré.C\u2019était un petit hôtel moyen, propre et discret.Le patron était un homme maigre au visage long.Le premier soin de l\u2019inspecteur fut de louer une chambre.Il se présenta comme étant voyageur de commerce, sous le nom de Legrand.Son sous-ordre Henriot lui avait dit que l\u2019homme s\u2019était montré singulièrement réticent lorsqu\u2019il l\u2019avait interrogé et que c\u2019était par un coup de chance, qu\u2019en sortant, dans le couloir, il avait rencontré cette bonne qu\u2019il avait abordée, à son tour, et qui lui avait fait la réponse que I on sait.Pendant que Ruffin était dans le bureau de l\u2019hôtel, la sonnerie du téléphone retentit, M.Brulet \u2014 le patron \u2014- décrocha.L\u2019inspecteur remarqua qu\u2019il parlait très peu.En fait, M.Brulet se contenta de dire « Oui.Oui.» à plusieurs reprises, puis : « En effet.» Avez-vous déjà senti pointer la jalousie quand vous sortez deux couples ensemble?Même si la conquête était facile \u2014 même si l\u2019attraction est forte \u2014 ne soyez pas une voleuse de coeurs.Evitez de blesser les autres.Vous gagnerez plus de respect à jouer franc jeu.Et, franchement, vous serez plus confortable Quelle est votre arme victorieuse?\tBeau parler ?\tDextérité pédestre ?\tY eux brillants Il pourrait être bon de savoir causer et danser, mais si vous voulez faire rêver votre bon ami, rappelez-vous que les yeux sont les fenêtres de lame.Faites-les briller comme des étoiles, au moyen d une crème incolore appliquée aux cils et aux sourcils.Vos cils sembleront plus longs (Elle avantagera aussi vos paupières, si votre mère n\u2019approuve pas le maquillage de couleur.) Et pour remonter votre moral à \"certains\u201d jours, comptez sur Kotex \u2014 sur la protection supérieure de son centre de sûreté exclusif.Dans les 3 dimensions: votre arme secrète contre ces ennuis secrets! aux jours difficiles, grâce à la douceur moelleuse de la nouvelle Kotex qui garde sa forme.parce qu elle est faite pour rester molle durant l\u2019usage.Et votre confort sera complet avec votre nouvelle ceinture périodique Kotex tout élastique \u2014 qui vous donne entière liberté de mouvement! i-V, mm mm WAV ¦»:< or« >:.i i Si vous avez veillé trop tard \u2014 O Couchez chez Marie ?\tTéléphonez à la maison ?\tHâtez-vous de rentrer sans téléphoner Hum-in.il est plus tard que vous ne pensiez! Avez-vous peur de réveiller papa?Il vaudrait mieux téléphoner.(On attend probablement que vous arriviez pour se coucher).\\ ous épargnerez des soucis à la famille en téléphonant pour dire où vous êtes et quand vous rentrerez; et vous serez mieux reçue.Songez aux ennuis que vous pouvez vous épargner vous-même, grâce à Kotex, a certains jours.Qui pourrait deviner.grâce à ces bouts plats, presses, qui ne laissent rien soupçonner?Rappelez-vous que vous trouvez de l'assurance et du confort dans le paquet étiqueté Kotex! KOTEX compte plus d\u2019usagères que toutes les autres serviettes périodiques LA KOTEX EST OFFERTE EN 3 DIMENSIONS : RÉGULIÈRE, JUNIOR, SUPER 16 Le Samedi, Montréal, 21 août 1948 « Justement.» 11 termina par un « Oui, il faudra veiller », assez catégorique.Tout ceci ne semblait pas de grande importance, mais Ruffin devait s\u2019en souvenir plus tard et l\u2019interpréter a sa valeur réelle.Ce fut Mathilde qui l\u2019aida à monter dans sa chambre la valise dont il s\u2019était muni.Elle déposa le bagage sur le sol et fit un mouvement pour se retirer.Aussitôt, Ruffin tirant à son portefeuille un billet de cinquante francs le tendit à la bonne.Eblouie, elle remercia avec abondance.Il sourit.\u2014 Ecoutez, ma petite, vous pouvez en gagner davantage en vous montrant intelligente et surtout discrète.\u2014 Qu\u2019est-ce qu\u2019il faut faire, Monsieur ?\u2014 Vous avez eu, ce matin, une conversation avec.avec.hum, un de mes amis qui m\u2019a indiqué cet hôtel.R vous a parlé d\u2019un certain voyageur qui était venu ici déjà.Adroitement, Ruffin présenta ses désirs comme étant le résultat d\u2019une enquête privée, le poussant à rechercher le personnage pour le compte d\u2019une épouse jalouse.\u2014 Ah ! je comprends, murmura-t-elle.\u2014 Pouvez-vous me spécifier dans quelles circonstances vous avez vu ce monsieur ?insista Ruffin.Elle se recueillit.L\u2019inspecteur hasarda : \u2014 Il n\u2019est jamais venu un mardi soir ?\u2014 Oh ! mais si !.Il est venu plusieurs fois, et c\u2019était le mardi justement.Il arrivait vers neuf heures, il montait directement dans sa chambre.\u2014 Et il repartait quand ?\u2014 Je ne sais pas.\u2014 Comment, vous ne savez pas ?\u2014 Non.Je ne l\u2019ai jamais vu repartir ! Ruffin la dévisagea.Elle parlait sincèrement.Elle ajouta, ce qui mit à son comble la perplexité du policier : \u2014 Je me rappelle l\u2019avoir vu aussi, le lundi, en fin d\u2019après-midi.Il sortait de l\u2019hôtel.A deux reprises.Une sonnerie impérieuse retentit.Mathilde s\u2019affaira.\u2014 On m\u2019appelle en bas.Excusez-moi, Monsieur ! Ruffin resta songeur, dans la pièce.Il rassemblait les bribes de ce qu'il venait d\u2019apprendre.\u2014 Voyons.Tâchons de ne pas nous perdre.On l\u2019a vu le lundi après-midi.Puis le mardi soir.Dommage que je n\u2019aie pas eu le temps de lui demander, à cette petite, à quelle heure il arrivait, ce lundi.Mais une chose est réellement ahurissante, c\u2019est qu\u2019elle ne l\u2019ait jamais remarqué à son départ, le lendemain.« Comment arrivait-il à s\u2019escamoter, jusqu\u2019à la fois suivante ?Il sortit pour d'ner dans les environs.Il cherchait tou ours la clef du problème.Certes, il pressentait que ces apparitions au Soleil Doré devaient avoir une étroite corrélation avec celles qu\u2019il faisait à l\u2019Ermitage de Vaucresson.\u2014 En admettant, se dit-il, de négliger comment il arrivait au premier hôtel, on peut se dire qu\u2019il en repartait pour se rendre à l\u2019Ermitage pour rentrer là où Mathilde travaille.____« Mais pourquoi ces allées et venues ?Et surtout, comment disparaissait-il du Soleil Doré ?En rentrant, le soir, pour se coucher, il aperçut, dans le bureau du patron un homme aux cheveux grisonnants et à lunettes, modestement vêtu.Les lunettes étaient teintées, et l\u2019on ne pouvait distinguer les yeux.Mais il sembla à Ruffin qu\u2019au passage, l\u2019autre lui avait jeté un regard prolongé, et le suivait même avec insistance.-J\u2019aurais peut-être dû me grimer, songea-t-il en regagnant sa chambre.Il haussa les épaules.Pourquoi, au fait ?Il était inconnu de tous, dans cet hôtel.Son but, en y demeurant, était d\u2019approfondir aussi complètement qu il le pourrait, les souvenirs de Mathilde.Puis il convoquerait à son bureau, M.Brulet, en lui faisant toucher du doigt tout le danger qu\u2019il y aurait pour lui à ne pas aider la police au sujet du mystérieux individu.Il ouvrit sa valise et en tira un pyjama et une paire de pantoufles.Avant de commencer à se dévêtir, il inspecta soigneusement sa chambre.Une vieille habitude de policier.Il constata qu\u2019il existait une porte de communication avec la pièce voisine, mais qu\u2019elle paraissait condamnée.Pour plus de sûreté, il la cala avec un fauteuil de cuir.Puis il s\u2019en fut entr\u2019ou-vrir la porte-fenêtre qui donnait sur une courette.Il y avait là un petit balcon étroit, lequel se continuait tout le long de l\u2019étage, avec une separation pour chaque chambre.Ruffin réfléchit un instant, et laissa les battants entre-bâillés.Il faisait chaud.Il ne pouvait dormir dans une pièce calfeutrée.Au moment de s\u2019allonger dans son lit, il s\u2019aperçut qu\u2019il recevait de l\u2019air sur le visage.\u2014 Cela va m\u2019empêcher de dormir.Il ne fit ni une, ni deux.Se levant, il transporta le traversin de l\u2019autre côté, à l\u2019endroit des pieds.Comme l\u2019oreiller était trop volumineux, à son goût, il le laissa à sa place.R éteignit et s\u2019endormit promptement.II fit alors un rêve assez étrange.Il lui semblait entendre un faible bruit continu, comme un grattement de souris.C\u2019était dans la chambre voisine.Pourtant, ne lui avait-on pas affirmé qu\u2019elle était vide ?On eût dit que quelqu\u2019un marchait avec d\u2019infinies précautions.Puis ce fut un bruit étouffé ressemblant à celui d\u2019une fenêtre que l\u2019on ouvre lentement.Puis plus rien.Ce fut à ce moment que Ruffin s é- veilla brusquement.Il ouvrit les yeux et resta parfaitement tranquille.Il pensait à son reve et se demanda si celui-ci ne continuait P3La porte-fenêtre battit légèrement.Il tourna les yeux.Non, il ne rêvait pas, et pourtant l\u2019aventure continuait.II comprit alors que tout ce qui avait précédé avait été enregistré par son subconscient.Ces petits bruits avaient fini par interrompre son sommeil.Un rais de lumière jaillit, un rond lumineux dansa au plafond.Le faisceau se promena un instant, descendit avec lenteur et se fixa sur le lit.L\u2019oreifler enfoui sous les couvertures pouvait faire croire à un homme frileux recouvert jusqu\u2019aux oreilles.Ruffin était, maintenant, en pleine possession de ses moyens.Il comprit que quelque chose se préparait et avec d\u2019infinies précautions, sans qu on vit rien bouger, U ramena ses pieds sous lui.II était temps !.Un déclic presque imperceptible se fit entendre et une fléchette d\u2019acier vint s\u2019enfoncer profondément dans 1 o-reiller qui représentait sa tête ! Ruffin ravala sa salive.D\u2019un bond il fut sur ses pieds, il se jeta vers la fenêtre.Une ombre disparut.L inspecteur regarda au dehors.Trop tard.Plus personne !.II se rejeta en arrière.Car, après tout, une nouvelle fléchette pouva\u2019t être décochée, et cette fois, elle ne manquerait pas son but !.H ferma la fenêtre après avoir assujetti les volets.Dans la pièce, il fit de la lumière et s\u2019épongea le front.La fléchette était toujours piquée dans l\u2019oreiller.R la cueillit avec précaution et l\u2019enveloppa dans une feuille de papier blanc.Des le lendemain, ü la confierait au laboratoire toxicologi- que.Elle devait être sûrement empoisonnée.\u2014 On a dû m\u2019envoyer ça avec un pistolet d\u2019enfant, rumina-t-il.Ainsi, quelqu\u2019un, dans l\u2019hôtel, avait attenté à sa vie !.Mais qui ?L\u2019expression agressive de l\u2019homme a lunettes lui revint en mémoire.Il passa la nuit à veiller et à réfléchir.II ne s\u2019endormit qu\u2019aux premières lueurs de l\u2019aube, alors que les premières voitures de maraîchers faisaient du vacarme sur les pavés de la rue.Cette rumeur lui fut rassurante.On ne reviendrait pas l\u2019attaquer en plein jour.II s\u2019allongea pour jouir d\u2019un repos mérité.II ne dormit que peu d\u2019heures, mais ce fut suffisant pour qu\u2019il se trouvât frais et dispos.II descendit, affectant son air le plus bonasse.R fut heureux de ne pas rencontrer M.Brulet car il voulait éviter toute espèce de conversation avec lui, et sortit du même pas tranquille.Mais à peine dehors, U s\u2019affaira, héla un taxi et se fit conduire de toute urgence à la Sûreté.II pénétra en boulet de canon dans le bureau de son chef de service.\u2014 Je tiens le coupable ! s\u2019exclama-t-U.J\u2019ai besoin d\u2019un mandat d\u2019arrêt tout de suite.Sans autres explications, U demanda encore qu\u2019on voulût bien envoyer Hen-riot à une certaine adresse avec des instructions précises.\u2014 Dès qu\u2019il aura les renseignements, ajouta-t-il, il me téléphonera au bureau de poste des environs de Denfert-Ro-chereau que je vais vous indiquer.Ah ! et puis U me faut Crochin et Lepère, deux hommes solides avec moi.II s\u2019en fut comme il était venu, en tourbillon.Crochin et Lepère le rejoignirent une demi-heure plus tard.Ruffin se mit à attendre les renseignements que devait fournir Henriot.Il était deux heures de l\u2019&près-midi.Les employés de la maison Rambollet regagnaient leur travail.Un homme à l\u2019air placide fumait une cigarette juste en face de la grand\u2019porte.Soudain, il se détacha, traversa la rue, et aborda un homme.\u2014 Pardon, Monsieur.Voulez-vous m\u2019accorder une minute ?Georges Ymon regarda le quidam.\u2014 Ah ! l\u2019assureur !.Non, je vous dis que je.\u2014 II ne s\u2019agit pas d\u2019assurances, mon petit, articula Ruffin.II faut me suivre sans esclandre, ou bien.Ymon eut un rictus et haussa les épaules.\u2014 Vous êtes fou ?\u2014 Police ! révéla l\u2019inspecteur qui saisit le poignet d\u2019Ymon.L\u2019autre eut un mouvement de défense.Ruffin serra plus fort.Alors, d\u2019une poussée brutale, Ymon tenta de se debarrasser du gêneur.Des gens s\u2019assemblèrent.Ymon fendit les rangs et prit son élan pour disparaître.Mais deux gaillards massifs apparurent et se ruèrent sur lui.Ruffin, qui avait failli rouler à terre, retrouva son équilibre.\u2014 Les menottes ! ordonna-t-il.Et emballez-le vivement ! Un taxi attendait à proximité.L\u2019homme fut poussé dedans.Tout cela n\u2019avait pas demandé trois minutes.Les employés, confondus, regardèrent s\u2019éloigner la voiture.Ils n\u2019y comprenaient rien.A l\u2019intérieur, Georges Ymon était blême.\u2014 II y aura deux chefs d\u2019accusation, avait prononcé Ruffin, comme s\u2019il ne s\u2019adressait à personne en particulier.Le premier est l\u2019escroquerie commisi au détriment de la maison Guernier et Cie.Le second, une tentative d\u2019assassinat sur ma personne.LA VIE COURANTE .par George Clark __ Tâche donc de faire réparer le radio.Il n'y a rien comme une bonne histoire de détective pour les calmer! Le Samedi, Montréal, 21 août 1948 IV \u2014 Où l'on comprend ON avait convoqué les frères Guer-nier, ainsi que les employés Ma-rinel et Rémond.En attendant leur arrivée, Ruffin expliquait à son chef comment il était si rapidement parvenu à une certitude.-\u2014 Ce sont les renseignements fournis à Henriot par la maison Rambollet, ce matin, qui ont soudé le dernier chaînon.Lorsque j\u2019ai appris qu\u2019Ymon avait récemment bénéficié de quinze jours de vacances, puis que les semaines suivantes, il s\u2019était absenté un mardi pour suivre soi-disant un traitement, j\u2019ai eu ma conviction définitivement arrêtée.Car, comprenez-vous c\u2019était le mardi qu\u2019il s\u2019était présenté à chaque fois chez Guernier, sous son travestissement.\u2014 Oui.Mais pour arriver à cette étape, Ruffin ?\u2014 Il y avait une chose qui m\u2019avait frappé, dans l\u2019affaire.Je me demandai avec acharnement pourquoi le pseudo-Lenoir disparaissait de l\u2019Ermitage de façon si régulière.Je ne comprenais pas.Où pouvait-il aller ?Je finis par conclure qu\u2019il y avait sûrement quelque chose qui l\u2019obligeait à s\u2019absenter.« Il y eut alors la découverte de ses passages au Soleil Doré.Là, nouveau problème.Il arrivait le mardi soir et.disparaissait.Plus de trace jusqu\u2019au lundi suivant où on le voyait un court instant.Ruffin alluma une cigarette.\u2014 Je n\u2019avais pas eu beaucoup de temps pour interroger la bonne de l\u2019hôtel mais d\u2019après ce que j\u2019avais compris, elle ne le voyait jamais arriver le lundi et ne le voyait jamais, non plus, partir le mardi ! Il regarda son supérieur.\u2014 Cela ne vous dit rien, chef ?Sans attendre la réponse, il reprit : \u2014 C\u2019est cette nuit, que je découvris soudain le noeud du problème.Si on voyait sortir Lenoir le lundi soir \u2014 pour se rendre à Vaucresson \u2014 et si on le voyait rentrer le mardi soir, c\u2019est qu\u2019il devenait Lenoir uniquement lors de son passage au Soleil Doré ! Que voulez-vous dire exactement?\u2014 Il ne séjournait dans cet hôtel que pour s\u2019y déguiser !.Pardi.Il entrait le lundi sous une autre apparence, il s\u2019y travestissait.Donc, sortie de Lenoir.Et quand il y revenait le lendemain, c\u2019était pour l\u2019opération inverse.Donc, rentrée de Lenoir, puis sortie de l\u2019autre, d\u2019Ymon ! \u2014 Tonnerre !.A condition de connaître le fin mot de l\u2019affaire ! Ruffin tira une nouvelle bouffée de sa cigarette.\u2014 Le truc aurait parfaitement réussi, dit-il, sans le concours du hasard qui m\u2019est venu en aide.Jamais je n\u2019aurais soupçonné Ymon si je ne l\u2019avais rencontré fortuitement.Il narra l\u2019épisode du porte-mines oublié.\u2014 Et il a fallu, ajouta-t-il en riant, que la concierge reçût cette inspiration du Ciel, que j\u2019avais assez maudite sur le moment, de me parler de l\u2019inconnu que je recherchais.Si vous aviez vu l\u2019attitude d\u2019Ymon, durant dix secondes ! Ruffin écrasa son bout de cigarette dans un cendrier.¦\u2014 Est-ce qu\u2019on est revenu avec Bru-let, le patron du Soleil Doré ?\u2014 Pas encore, mais on ne tardera pas.L\u2019homme en question faisait lui aussi l\u2019objet d\u2019un mandat d\u2019amener, comme complice d\u2019Ymon.\u2014 Voilà pourquoi il assurait ne pas connaître le personnage que lui décrivait Henriot, reprit l\u2019inspecteur.Sans la petite bonne, là aussi, nous aurions fait chou blanc, nous serions passés à côté de la solution Ah ! vraiment, tout était supérieurement combiné.c Jamais Lenoir n\u2019a fait d\u2019apparition rue Littré.La concierge était sincère et de bonne foi.La seule fois, où Ymon, pressé par les événements, s\u2019y est rendu directement \u2014 suivi par Rémond \u2014 il a su s\u2019arranger pour passer sans être aperçu d\u2019elle.« Et voyez comme les choses sont bizarres, s\u2019exclama Ruffin.Si l\u2019employé de Guernier avait pu attendre une minute de plus, il aurait sans doute entendu Ymon, travesti, ouvrir sa porte avec sa propre clef ! \u2014 Comment cela ?\u2014 Ymon s\u2019était arrêté au troisième.Rémond était dans l\u2019escalier et l\u2019épiait, oreilles aux aguets.Un locataire est descendu.Rémond a été obligé de partir pour ne pas susciter de curiosité.D\u2019autre part, le faux Lenoir attendait sur le palier que l\u2019importun fût passé, avant de pénétrer chez lui.Il y a eu, comme ça, des coups de chance pour le bandit et pour moi.Finalement, la balance a fini par pencher du bon côté.\u2014 Qu\u2019est-ce qui s\u2019est passé cette nuit?Vous m\u2019avez parlé d\u2019un attentat contre vous ! Mais vous étiez si pressé que.\u2014 Ah! oui.Je m\u2019en excuse chef.Voici.Ruffin tira de sa poche un petit paquet et déroula avec précaution le papier dans lequel était enveloppée la fléchette.Le chef de service avança la main pour la prendre.Ruffin l\u2019arrêta fortement d\u2019une pression sur le poignet : \u2014 Attention ! je parie que la pointe est empoisonnée ! \u2014 Sapristi ! Comment l\u2019avez-vous reçue ?L\u2019inspecteur donna le détail des événements.Il ajouta : \u2014 C\u2019était Ymon qui me faisait ce cadeau.\u2014 Ymon ?Vous l\u2019aviez vu à l\u2019hôtel.\u2014 Oui et non.Je vais m\u2019expliquer.Ruffin accepta une autre cigarette et commença de fumer.\u2014 Au moment où je louais ma chambre, le téléphone a sonné dans le bureau de Brulet.Je me rends compte, à présent, que ce n\u2019était autre qu\u2019Ymon qui appelait !.Mais oui.Et qui devait signaler à l\u2019hôtelier la possibilité de mon apparition.\u2014 Dame ! Puisque je venais de le rencontrer chez la concierge de la rue Littré, au début de l\u2019après-midi.\u2014 Vous avez commis une imprudence en ne vous grimant pas.\u2014 Peut-être, chef.Mais, d\u2019un autre côté, cela a mieux valu, puisque les événements en ont été précipités.Donc, je suppose que Brulet a dû écouter mon signalement et me reconnaître sur-le-champ.L\u2019air avec lequel il me regardait en prenant la communication était assez caractéristique.\u2014 Et alors, Ruffin ?\u2014 Alors, Ymon, a dû se déguiser et il aura accouru à l\u2019hôtel.C\u2019est lui que j\u2019ai vu en rentrant le soir.Avec une perruque grise et des lunettes teintées.Il m\u2019aura reconnu aussi, bien entendu.« Et flairant le danger proche, il aura décidé de me supprimer.Tout simplement.Là, il a été imprudent.Il a perdu son sang-froid.Car il n\u2019a pas songé à toutes les complications que cela pouvait entraîner pour Brulet s\u2019il réussissait.Imaginez ce qui se serait passé, lors de la découverte de mon cadavre ! \u2014 Oui.murmura pensivement le chef.\u2014 Il aura sans doute, assura Ruffin, persuadé Brulet qu\u2019il s\u2019introduirait chez moi pour m\u2019endormir avec cette drogue déjà utilisée contre Marinel afin de me fouiller et de se rendre compte exactement de ma personnalité.Après tout, rien ne lui confirmait que j\u2019étais policier.\u2014 Très juste.[Lire la suite page 50] 17 Quand les sanglots de bébé sont dus à la \u201cConstipation des enfants\u201d .donnez du Castoria ! t \u201cC\u2019est le laxatif préparé spécialement pour les enfants et les nourrissons.De nouveau présenté dans la bouteille format des familles.\u2019\u2019 VW Achetez du Castoria\u2014aujourd\u2019hui même à la pharmacie voisine.N\u2019oubliez pas de demander le laxatif préparé spécialement pour les enfants.Et rappelez-vous que la bou teille de famille économique est de retour sur le marché! QUAND votre bébé est pleurnicheur et agité .quand il sanglote à cause de la \u201cConstipation des enfants\u201d .il est sage de savoir quoi faire.Donnez-lui alors du Castoria.Actif et efficace \u2014 et pourtant si doux, il ne dérange pas les systèmes digestifs délicats.Préparé spécialement pour les enfants \u2014 ne renferme aucune drogue drastique, ne cause pas de coliques ou de malaises.Goût si agréable \u2014 les enfants l\u2019aiment et le prennent volontiers, sans se faire prier.CASTORIA A Le laxatif SUR préparé spécialement pour les enfants Un autre excellent produit pour la \u201cprotection des bébés\u201d Employez Z.B.T.\u2014 la poudre pour bébés faite à base d\u2019huile d'olive 18 Le Samedi, Montréal, 21 août 194R NOTRE FEUILLETON LA DOUCE INSPIRATION Par EMILE RICHEBOURG Terminée ?C'est donc pas fini ?\u2014 Mais non ; il y a la petite.\u2014 Quelle petite ?\u2014 La fille du Bonhomme.\u2014 Eh bien, je comprends pas.\u2014 Voilà: la petite gêne une dame, une grande dame.\u2014 Qu\u2019est-ce que c\u2019est que cette grande dame ?\u2014 Celle qui donne de l\u2019argent à Jacques, et qui m\u2019a promis, à moi, les dix mille francs.\u2014 Tu l\u2019as donc vue, cette dame ?\u2014 Oui.\u2014 Comment s\u2019appelle-t-elle ?\u2014 J\u2019peux pas te le dire.Jacques seul sait son nom.\u2014 Donc, la fille du bonhomme gêne cette dame ?\u2014 Oui.\u2014 Alors ?\u2014 Elle veut s\u2019en débarrasser.\u2014 Hum ! c\u2019est pas facile.\u2014 Très facile, au contraire.¦\u2014 Comment ça ?\u2014 Grâce à la Tamirel, qui s\u2019est habillée en religieuse.Lucien se mit à rire aux éclats en battant des mains.\u2014 Que me dis-tu là?fit-il la Tamirel en religieuse !.Nom de nom, que je voudrais donc voir la drôle de tête qu\u2019elle fait sous une béguine de non-ne ! Et les éclats de rire de Lucien redoublèrent.V LA PRISONNIÈRE Morel essaya de partager l\u2019hilarité de son fils, mais, n\u2019y pouvant parvenir malgré ses efforts, il reprit : \u2014 Elle n\u2019est pas trop maladroite, la Tamirel, et la preuve, c\u2019est qu\u2019elle a parfaitement joué son rôle.La fille du bonhomme est tombée dans le panneau, et elle est maintenant dans un endroit où le diable lui-même ne viendrait pas la chercher.Lucien sentit un frisson courir dans tous ses membres.\u2014 Ah! vraiment, fit-il, où donc est-elle?\u2014 Dans une cave à vingt pieds sous terre.\u2014 Morte! exclama Lucien d\u2019une voix étranglée.\u2014 Non, pas encore.Il peut se faire qu\u2019on ne la tue pas.Le frère de lait respira.\u2014 Enfin, dit-il, on a mis la petite dans une cave, qui est pour elle une sorte de prison?\u2014 Oui.\u2014 Qui donc la garde?\u2014 Jacques et la Tamirel.Sur cette réponse de son père, Lucien acquérait la certitude que Mionne était bien, comme il l\u2019avait soupçonné, dans la maison autour de laquelle il avait rôdé dans 1 après-midi, sans oser s\u2019en approcher de trop près.NOTRE FEUILLETON \u2014 No 21 Publié en vertu d'un traité avec la Société lo.Gens de Lettres.\u2014 Les noms de person-a® lieu* do nos romans, feuilletons, Zo, et nouvelles sont fictifs et choisis au asard.\u2014\tSais-tu, papa, que ton histoire est on ne peut plus amusante?\u2014\tTu trouves?\u2014\tOui, et c\u2019est dommage qu\u2019on n'ait pas besoin de moi.\u2014 Pourquoi?\u2014\tEh! mais pour connaître la fin finale de toute cette affaire.\u2014 Je ne sais pas encore, moi, et Jacques non plus, comment ça se terminera.\u2014 Dis donc, papa, on a donc l\u2019intention de la tuer, cette petite, pour s\u2019en débarrasser?\u2014 Je te dis que je ne sais pas bien ce qu\u2019on en fera.Hier, quand la Tamirel l\u2019a amenée dans la maison, la dame y était, l\u2019attendant, et elle ont causé assez longtemps ensemble.Je ne sais pas ce qu\u2019elles se sont dit; mais, pour sûr, la petite n\u2019a pas voulu faire selon la volonté de l'autre.\u201cBref, à la fin, la fille du bonhomme est tombée sans connaissance, et la dame nous a donné l\u2019ordre, à Jacques et à moi, de la prendre et de la descendre dans la cave.\u201d \u2014 Ainsi, tu as vu la petite?\u2014 Puisque je l\u2019ai portée par les épaules.\u2014 Dis donc, est-ce qu\u2019elle est jolie?\u2014 Je crois que oui; j\u2019ai pas eu beaucoup le temps de la regarder.\u2014 Il ne l\u2019a pas reconnue, pensa Lucien.Après un bout de silence, il reprit: -\u2014 Papa, si la petite prisonnière de ton ami Jacques a des amis, \u2014 et elle doit en avoir, \u2014 ils vont la chercher.\u2014 Possible; mais ils ne la trouveront pas, répondit Morel, en secouant la tête.-\u2014 Qui sait?\u2014 Jacques et la Tamirel ont pris leurs précautions.D\u2019ailleurs, si la police ou n\u2019importe qui voulait embêter Jacques, ça serait mauvais pour la petite, c\u2019est moi qui te le dis.\u2014 Ah! Et comment ça?\u2014 Je suppose que, demain, on vienne sommer Jacques de rendre sa prisonnière: hé bien, avant qu\u2019on ait pénétré dans la maison, Jacques et la Tamirel auraient eu le temps de faire disparaître la petite, et on aurait beau chercher partout, on ne la trouverait pas.\u2014 Pourtant.\u2014 On a pris ses précautions, te dis-je.Dans le caveau où la petite est enfermée, il y a un puits de plus de cent pieds de profondeur.Comprends-tu?\u2014 Pas encore.\u2014 Une grosse pierre bouche le trou, et elle est elle-même recouverte d\u2019une épaisse couche de terre fine.Si Ton venait prendre la maison d\u2019assaut, car Jacques se garderait bien d\u2019en ouvrir les portes, en rien de temps le puits serait ouvert, la petite précipitée et le trou rebouché, de telle façon qu on ne pourrait pas découvrir qu\u2019il y a un puits, et au fond de ce puits un cadavre.Lucien était devenu blanc comme un suaire, et il lui sembla que son sang se figeait dans ses veines.\u2014 Je comprends maintenant, dit-il d\u2019une voix oppressée; mais Jacques et la Tamirel ne feraient pas cela.\u2014 Ils le feraient, c\u2019est Tordre.\u2014\tMalgré ce qui les attendrait: les travaux forcés à perpétuité ou peut-être même une condamnation à mort?\u2014\tAllons donc! ils ne se laisseraient pas prendre.Apres avoir fait ce que je viens de te dire, ils auraient encore tout le temps nécessaire pour s échapper par un souterrain que Jacques a exploré la nuit dernière et qui a sa sortie à l\u2019orifice d un puits qui se trouve dans un chantier de bois, à deux ou trois cents mètres de la maison.\u2014\tOh! oh! tout cela est on ne peut plus intéressant.Vrai, papa, ça m\u2019amuse beaucoup.Ainsi donc, pour se débarrasser de la petite, on a résolu de la jeter au fond du puits qui est dans la cave?\u2014 On trouvera, je pense, un autre moyen de s\u2019en débarrasser, et je le désire, car moi, je ne suis pas pour qu\u2019on tue.\u2014 Tu as raison, papa, faut pas tuer les gens.\u2014 Surtout quand on peut faire autrement.\u2014 Alors donc, M.Jacques, \u2014 oh! c\u2019est une forte tête, M.Jacques, \u2014 a trouvé un moyen de se débarrasser de la petite.\u2014 Pas lui, la dame.\u2014 Ah! Et qu\u2019est-ce qu\u2019elle a imaginé?\u2014 De la mettre dans une maison de fous.\u2014 Mais c\u2019est impossible! s\u2019écria Lucien; pour cela faudrait qu\u2019elle fût folle.\u2014 Elle est folle! Lucien se dressa debout, les yeux flamboyants.\u2014 Hein! tu dis?exclama-t-il.Morel, dont l\u2019ivresse allait toujours en augmentant et qui ne voyait déjà plus qu\u2019à travers un nuage, ne remarqua point le trouble de son fils et l\u2019horrible anxiété peinte sur son visage.\u2014 Je dis qu\u2019elle est folle, répondit-il; pourtant, c\u2019est pas encore tout à fait sûr.Le frère de lait laissa échapper un soupir de soulagement.\u2014 Je ne comprends pas bien, dit-il; explique-toi donc un peu mieux que cela.\u2014 Dame! moi, je ne sais pas bien ce qui s\u2019est passé.Mais, v\u2019ià: Est-ce la peur ou tout autre chose, toujours est-il que depuis hier au soir, la petite n\u2019a plus sa tête à elle; ses yeux sont hagards et lui sortent des orbites; le moindre bruit la fait trembler à ce point qu\u2019on entend claquer ses dents; elle déraisonne, elle divague, tout ce qu\u2019elle dit n\u2019a ni tête ni queue.\u2014 Mon Dieu! murmura Lucien, qui retomba accablé sur son siège.\u2014 J\u2019étais là, tantôt, chez Jacques, quand la dame est venue, continua Morel, la Tamirel lui a dit la chose, et ça n\u2019a point paru lui faire déplaisir.\u201c \u2014 Si elle est réellement folle, a-t-elle répondu, c\u2019est ce qui peut lui arriver de mieux; mais ça peut bien n\u2019être qu\u2019un délire momentané, causé par une grande surexcitation nerveuse; donnez-lui des soins, ne la laissez manquer de rien.Nous allons attendre trois ou quatre jours.Au bout de ce temps, si elle est toujours dans le même état, si la raison ne lui est pas revenue, c\u2019est qu\u2019elle aura été réellement frappée d\u2019aliénation mentale: alors nous ferons le nécessaire pour la faire enfermer dans une maison de fous.\u201d \u201cV\u2019ià, petit, ce qui a été décidé, acheva Morel.Pour ma part, je souhaite qu\u2019elle soit folle; comme ça, elle échappera à la mort qui l\u2019attend dans le puits.\u201d Lucien, les coudes sur la table, tenait sa tête dans ses mains crispées.Il pleurait silencieusement et se raidissait contre sa douleur pour retenir les sanglots qui montaient à sa gorge.Au bout d\u2019un instant, il se redressa et regarda son père avec une sorte de dégoût.\u2014 Allons, buvons, buvons encore, prononça-t-il d\u2019une voix sourde.Et il remplit d\u2019eau-de-vie, presque jusqu\u2019au bord, le verre de l\u2019ivrogne.Mais avant de boire: \u2014 Petit, dit Morel, qui n\u2019oubliait rien et dont l\u2019ivresse excitait encore la cupidité, t\u2019as encore de l\u2019or, faut me le donner.\u2014 C\u2019est vrai, je t\u2019ai promis de te donner tout, répondit Lucien.Il vida sa poche et ajouta: \u2014 Tu vois que je suis de parole, moi; c\u2019est pas comme ton ami Jacques.\u2014 C\u2019est une canaille, Jacques; il me fait aller, mais, tôt ou tard il me le payera.Toi, à la bonne heure, t\u2019es un bon fils.Tiens, continua-t-il, s\u2019attendrissant subitement, j\u2019veux t\u2019embrasser.Il se leva et s\u2019approcha de son fils qui, le repoussant doucement, lui dit: \u2014 Ramasse ton or et cache-le, il faut prendre garde aux voleurs.\u2014 Oui, oui, t\u2019as raison, petit.En un instant, et bien que Morel ne fût plus guère solide sur ses jambes, l\u2019or eût disparu au fond du tiroir de la vieille commode.Cela fait, l\u2019ivrogne reprit sa place à table.\u2014 Maintenant, papa, dit Lucien, buvons à ta future.\u2014 Oui, mille tonnerres, buvons, buvons! D\u2019un seul coup, et comme s\u2019il avait avalé du petit lait, Morel vida son verre.\u2014 Le voilà bien, se dit Lucien; il n\u2019aura pas la force de se tenir debout avant demain midi.Puis, voyant que l\u2019ivrogne n\u2019allait pas tarder à tomber comme foudroyé, il l\u2019aida à se lever, et, le soutenant, il le conduisit près du lit sur lequel Morel s\u2019abattit comme une masse, en faisant entendre un grognement rauque.Maintenant qu\u2019il n\u2019avait plus à s'occuper de son père, Lucien se mit a réfléchir.Il savait où était Mionne; mais qu\u2019allait-il faire?Après ce qu\u2019il venait d\u2019apprendre de son père, il ne pouvait prévenir immédiatement ses amis sans mettre gravement en danger les jours de la jeune fille.Ce puits, ce trou profond dans la cave, dont la pauvre Mionne était menacée, l\u2019épouvantait et lui donnait la chair de poule.Il connaissait assez le terrible complice de Mme Joramie Le Samedi, Montréal, 21 août 1948 pour être convaincu qu\u2019il n\u2019y avait rien d\u2019exagéré dans ce que lui avait dit son père.Il fallait donc renoncer a employer la force pour délivrer Mionne.D un autre côté, si indigne et si misérable que fût Morel, il lui répugnait de se faire son dénonciateur, de le livrer à la justice, car il ne pouvait rien faire contre M.Jacques et la Ta-mirel sans atteindre aussi les deux autres complices.Cependant on ne pouvait pas laisser Mionne entre les mains de ces féroces ennemis.\u2014 Comment faire?comment faire?se demandait le jeune garçon, le coeur serré par de mortelles angoisses.Et puis si Mionne avait réellement perdu la raison?.Sans doute, elle échapperait ainsi à la mort horrible qu\u2019on voulait lui donner: mais folle folle!.Lucien pleurait et se tordait les mains de douleur et de rage.Mionne folle! Mais c\u2019était aussi terrible que la mort! Et le malheureux continuait à se demander en gémissant: \u2014 Que faire?que faire?Soudain, il bondit sur ses jambes, une flamme dans le regard, et mit sa main sous son vêtement afin de s\u2019assurer que son couteau-poignard et un revolver étaient bien à leur place.Morel, ivre-mort, ronflait sur son grabat.Lucien souffla la bougie, sortit du taudis dont il ferma la porte, laissant la clef en dedans, et descendit l\u2019escalier rapidement.La cour de la cité n\u2019était pas encore fermée; le jeune garçon put en sortir tranquillement.Il gagna la rue et fut bientôt dans la ruelle où, le tantôt, il s\u2019était lancé sur les pas de son père.En moins d\u2019un quart d'heure, il arriva devant la maison du crime.Que venait-il faire là?Il n\u2019en savait rien.Mais c\u2019était là, dans une cave, que Mionne était enfermée; il se rapprochait de Mionne.La nuit était déjà avancée, Lucien avait entendu sonner une heure à plusieurs horloges.Dans ce quartier perdu de Paris, on se couche généralement de bonne heure; on ne voyait plus de lumière aux fenêtres des maisons; sans doute, les géôliers de Mionne étaient couchés et dormaient.Lucien pensa qu\u2019il pouvait sans danger pénétrer dans l\u2019enclos et s\u2019approcher tout près de l\u2019habitation, ce qu\u2019il n\u2019avait pas osé faire en plein jour.Il retrouva facilement le passage qu\u2019il s\u2019était fait dans la palissade du terrain inculte dans lequel il entra d\u2019abord; ensuite, ayant escaladé les pierres de la brèche du mur, il se trouva dans la propriété du sieur Farfouillet.Son coeur battait si fort, et il était tellement émotionné, qu\u2019il fut forcé de s\u2019arrêter pour respirer: du reste, pendant un long instant, ses jambes restèrent comme paralysées.Enfin, il parvint à se remettre.Alors, résolu à se défendre contre toute attaque, il glissa son poignard dans la poche profonde de son pantalon, et hardiment, avec précaution, l\u2019oreille ouverte, il marcha vers la maison, dont les volets étaient hermétiquement fermés, aussi bien au rez-de-chaussée qu\u2019à l\u2019étage.Le silence était profond; les grillons eux-mêmes, troublés dans leurs retraites se taisaient.La nuit, sans lime, était peu claire; du reste, le visiteur nocturne était encore protégé par l\u2019ombre des arbres derrière lesquels il pouvait se cacher, et par les hautes herbes au milieu desquelles il disparaissait.Sans être inquiété, d\u2019ailleurs, il arriva jusqu\u2019à la maison.Elle était entourée d\u2019une espèce de trottoir fait de pavés entre lesquels poussaient toutes sortes d\u2019herbes, comme dans le jardin.Malgré cela, voulant tourner autour de l\u2019habitation et pour éviter le bruit que ses souliers pouvaient faire sur le pavé, Lucien se mit à marcher sur ses genoux et ses mains.\u2014 Elle est dans la cave, pensait-il.Et, comme une cave a toujours au moins une bouche d\u2019air, Lucien, à mesure qu\u2019il avançait, cherchait un soupirail.Il en rencontra un, tout à fait à la base du mur, à peine large comme la main.A plat ventre comme un lézard, l\u2019oreile sur le trou noir, retenant sa respiration, il écouta.Silence profond.Il se remit en marche, toujours rasant la muraille.Il trouva une seconde ouverture de cave, semblable à la première, devant la maison, au bas des quatre marches de pierre de la porte d\u2019entrée, puis une autre plus loin sur le côté de l'habitation opposé à celui qu\u2019il avait déjà exploré.Mais vainement, comme la première fois, il avait mis son oreille à l\u2019orifice des soupiraux, c\u2019était toujours le même silence de sépulcre.Bien qu\u2019il se sentit fort découragé, il ne renonça point à achever de tourner autour de la maison, il arriva à un angle : c\u2019était le troisième qu\u2019il rencontrait ; il n\u2019avait donc plus qu\u2019un côté à visiter, à tourner le quatrième angle pour se retrouver bientôt à l\u2019endroit d\u2019où il était parti.Tout à coup, à deux mètres devant lui, il vit une touffe d\u2019herbe éclairée par une lueur assez semblable à celle que le ver luisant projette autour de lui.Y avait-il donc, en effet, un ou deux vers luisants dans cette touffe d\u2019herbe ?Lucien s\u2019approcha.O joie ! ô bonheur ! La lueur s\u2019échappait par un soupirail.Il y avait donc là, dans cette cave ou caveau, une lumière.Comme tout à l\u2019heure, quand il avait pénétré dans l\u2019enclos, Lucien sentit la respiration lui manquer et son coeur battre à se briser.Il était près du trou, absolument pareil à ceux qu\u2019il avait vus déjà; cette fois, non seulement il pouvait tendre l\u2019oreille, mais encore plonger son regard dans le caveau.Cependant il ne cherchait pas à écouter, et, tremblant, il tenait ses yeux fermés, comme s\u2019il eût eu peur de regarder.Quelque chose lui disait que sa soeur de lait était là, qu\u2019il allait la voir.Mais hélas ! dans quel état ?Folle, folle ! Et il avait réellement peur.C\u2019est à un sommeil bienfaisant et réparateur que Mionne avait succombé.Quand, à onze heures, elle se réveilla, sa fièvre s\u2019était entièrement calmée et il ne restait plus rien dans son cerveau du trouble et de l\u2019agitation des heures précédentes.Ce fut avec une sorte de joie qu\u2019elle vit sa prison éclairée.Après s\u2019être bien assurée qu\u2019elle était seule, elle se leva, alla s\u2019agenouiller près de sa maigre pitance, et comme elle avait très faim, elle se mit à manger à belles dents et vida presque sa bouteille d\u2019abondance.Ainsi restaurée tant bien que mal, elle se releva, revint s\u2019asseoir sur les copeaux, et se mit à songer.Certes, nous savons à quelles choses tristes et douloureuses elle pouvait penser.Ses larmes ne tardèrent pas à jaillir, larmes de douleur et de désespoir, mais qui, cependant, la soulageaient.Et elle pleurait et gémissait depuis longtemps déjà, toujours dans la même attitude, quand Lucien Morel se décida, enfin, à plonger son regard dans le sous-sol.Placé comme elle l\u2019était, Mionne, suffisamment éclairée par la lampe, se trouvait presque en face du soupirail.A la vue de sa soeur de lait, Lucien éprouva une douleur poignante, comme si une lame d\u2019acier lui eût traversé le coeur.Un gémissement de la jeune fille arriva à son oreille et acheva de le bouleverser dans tout son être.Il mit sa bouche dans l\u2019ouverture et, doucement, mais assez haut pour être entendu : \u2014 Mionne, Mionne ! appela-t-il.La tête de la jeune fille se redressa brusquement.Etonnée, elle jeta autour d\u2019elle des regards rapides.Puis elle passa sa main sur son front et sur ses yeux, et pensant sans doute qu\u2019elle s\u2019était trom pée, elle poussa un long soupir.Lucien l\u2019appela de nouveau : \u2014 Mionne, Mionne ! Cette fois, la jeune fille bondit sur ses jambes et s\u2019avança jusqu\u2019au milieu du caveau.\u2014 Qui donc m\u2019appelle ?s\u2019écria-t-elle.\u2014 N\u2019ayez pas peur Mionne, c\u2019est moi, Lucien ! \u2014 Lucien ! Lucien ! Ah ! mon Dieu ! Elle leva les yeux et vit s\u2019agiter la main de son frère de lait, qui avait enfoncé son bras dans le soupirail.Vers cette main, qui lui apparaissait comme un signe de délivrance, Mionne tendit les siennes.\u2014\tAh ! Lucien, mon frère, s\u2019écria-t-elle, je t\u2019en prie, sauve-moi, sauve-moi ! \u2014\tHélas ! répondit-il, je ne le peux pas maintenant; mais rassurez-vous, Mionne, ma soeur chérie, vos amis ne vous abandonnent point, nous vous tirerons des mains de vos ennemis et ils seront châtiés comme ils le méritent, les misérables.« Mionne, je n\u2019ai pas besoin de vous dire comment j\u2019ai su que vous étiez ici; mais, allez, allez je suis heureux, oh ! oui, bien heureux de vous avoir retrouvée.Mionne, savez-vous ce qu\u2019on m\u2019avait dit ?Que vous étiez devenue folle ?» \u2014 Mon cher Lucien, on ne t\u2019a pas trompé; je crois bien avoir été folle, en effet; mais c\u2019est passé, maintenant; la raison m\u2019est revenue, j\u2019ai repris possession de ma pensée et de moi-même.Le gamin eut une idée subite.\u2014 Mionne, reprit-il.votre cruelle ennemie vous hait à ce point qu\u2019elle n\u2019hésiterait pas à vous ôter la vie.« Elle veut vous faire disparaître, se débarrasser de vous.» \u2014 Je le sais, elle me l\u2019a dit.\u2014Eh bien, Mionne, je viens de trouver un moyen de vous sauver sûrement.\u2014 Voyons, voyons, dis.\u2014 Quand votre ennemie a appris tantôt que vous aviez perdu la raison, elle n\u2019a plus parlé de vous faire assassiner par ses complices; il a été décidé que si vous étiez réellement folle, on vous tirerait de votre cachot pour vous conduire dans un hospice d\u2019aliénés.Comprenez-vous, Mionne ?-\u2014 Pas encore.\u2014 Eh bien, il faut que, pour votre ennemie et ses complices, vous soyez folle, Mionne, c\u2019est à peu près être morte.Croyant n\u2019avoir plus rien à redouter de vous votre ennemie vous fera enfermer dans une maison de fous et vous lui échapperez.\u2014 Je comprends maintenant, Lucien; mais.\u2014 Il faut cela.Mionne, car ici votre vie est menacée.Je ne peux pas vous dire tout, je n\u2019ai pas le temps de vous expliquer mes raisons.Je tremble d\u2019être surpris, car si l\u2019on me trouvait ici près de vous, vous seriez perdue !.Je vous le répète, Mionne, et je vous en supplie, il faut suivre le conseil que je vous donné.Vous avez été comédienne, il vous sera facile de simuler la folie, c\u2019est un rôle à jouer.Ne craignez rien; allez jusqu\u2019au bout; on vous conduira à la Salpêtrière ou ailleurs et vous serez sauvée, vous entendez, sauvée !.Oh ! soyez tranquille, vous ne resterez pas longtemps parmi les folles; vous verrez bientôt arriver, venant vous chercher, M.Georges et M.Florentin Broussel, qui est de retour de son voyage.\u2014 Eh bien, soit.Lucien, répondit la jeune fille, je ferai ce que tu veux.\u2014 Oh ! merci.Me voilà tranquillisé, je ne crains plus pour votre vie.\u2014 Lucien, et mon père ?Sais-tu quelque chose ?\u2014 Je sais qu\u2019il est comme vous, Mionne, victime d\u2019un abominable complot.Mais, de ce côté encore, soyez rassurée : M.Florentin Broussel s\u2019occupe de M.Mourillon., Mionne et Lucien échangèrent encore quelques paroles, puis ce dernier s\u2019éloigna de la maison et sortit de l\u2019enclos avec les mêmes précautions qu\u2019il avait prises en y entrant.Voulant ne pas trop s\u2019éloigner de sa soeur de lait et tenant surtout à surveiller les agissements de Mme Jo-ramie et de ses complices, Lucien, malgré l\u2019heure avancée, \u2014 il était plus de deux heures du matin, \u2014 trouva assez facilement, dans le quartier, une maison meublée où il loua pour une semaine une petite chambre dont il prit immédiatement possession.La journée avait été dure pour lui et il était brisé de fatigue.Il se jeta tout habillé sur le lit et dormit d\u2019un sommeil de plomb jusqu\u2019à sept heures du matin.Il se leva et sortit, mais il ne tarda pas à rentrer, apportant tout ce qu\u2019il fallait pour écrire.Sur deux feuilles de papier à lettres, il écrivit la même chose : «Je sais où est Mionne.Je veille.Je ne peux pas vous en dire davantage.Mais j\u2019ai l\u2019espoir que Mionne nous sera bientôt rendue.« Dès que je pourrai quitter mon poste d observation, vous me reverrez.« Lucien » RESUME DES CHAPITRES PRECEDENTS La comtesse Raymonde de Soleure, surprise avec son amoureux, un garde-chasse nommé Jacques Vernier, doit renoncer à son titre de comtesse et consentir à l\u2019abandon de l\u2019enfant qui doit naître, moyennant une forte pension alimentaire payée par son mari, le comte Gaston de Soleure.\u2014 Raymonde donne naissance à une fille qui lui est enlevée dès les premières heures et remise à des pauvres gens qui en prennent charge et reçoivent en retour une forte somme d\u2019argent; l\u2019enfant reçoit le nom d\u2019Herminie.\u2014 Huit ans plus tard, maltraitée par ce père ivrogne, Herminie s\u2019enfuit ; le comte de Soleure, étreint par le doute, cherche Herminie partout, mais sans succès.Des circonstances dramatiques mettent en présence quatre désespérés : Alexis Mollin, poète, Georges Ramel, peintre, Etienne Renaudin, amoureux éconduit, et enfin le comte de Soleure qui se fait connaître sous le nom de Florentin Broussel ; ce dernier décide de porter secours aux trois autres et charge Ambroise Mourillon, un ancien saltimbanque, d\u2019agir dans l\u2019ombre en son lieu et place.\u2014 Mourillon est le pere adoptif d\u2019Herminie, surnommée Mionne, qu\u2019il a trouvée à l\u2019orée d\u2019une forêt, huit années auparavant. 20 Le Samedi, Montréal, 21 août 1948 Il plia les billets et les glissa dans deux enveloppes qu\u2019il cacheta.Sur la première il écrivit l\u2019adresse de Georges Ramel et sur la seconde celle d\u2019Alexis Mollin.Cela fait, il alla porter ses lettres à la poste, puis, voulant laisser à son père le temps de se remettre de son ivresse de la veille, il se mit à flâner dans le quartier en attendant l\u2019heure de faire une nouvelle visite à l\u2019ivrogne.Mais quand, à midi, il frappa à la porte de Morel, celui-ci n\u2019était plus chez lui.Son ami Jacques était venu le trouver à onze heures et l\u2019avait emmené.VI UN MAUVAIS PAS POUR que M.Jacques soit venu chercher mon père, il faut qu\u2019il y ait quelque chose de nouveau, se disait Lucien, en marchant à l\u2019aventure dans les rues du quartier, les mains dans les poches.Quand il passait devant un débit de vin, il regardait à travers les vitres se disant que son père pouvait s\u2019y trouver attablé en compagnie de gredins de son espèce.Le gamin avait l\u2019esprit très anxieux.Et il s\u2019en allait soucieux, se demandant où et à quelle heure il lui serait possible de rejoindre le misérable à qui il devait la vie.Soudain, au détour d\u2019une petite rue, il crut remarquer qu\u2019il était suivi par une femme dont les allures lui parurent suspectes.A en juger par ses vêtements et la hotte qu\u2019elle portait sur son dos, cette femme était une mendiante ou une chiffonnière déjà vieille, en quête d\u2019une aumône ou de quelques détritus.Un mouchoir à carreaux rouges était noué sur sa tête et lui descendait sur le front, cachant en partie les yeux grâce à une pointe qui retombait sur la joue.Des cheveux gris malpropres s\u2019échappaient de la marmotte et dissimulaient une partie des traits.Elle avait l\u2019air de marcher péniblement, en s\u2019appuyant sur un bâton armé d\u2019un crochet à l\u2019aide duquel elle fouillait les ordures.Comme on était en plein jour, Lucien n\u2019avait pas à redouter quelque guet-apens; mais la rue était déserte, et le quartier de l\u2019Ourcine n\u2019étant pas de ceux où la sécurité des passants est complète, il crut prudent de s\u2019assurer si, réellement, c\u2019était à lui qu\u2019en voulait la vieille chiffonnière.Il fit volte-face et.d\u2019un air indifférent, il marcha vers la femme.Cette tactique avait un double but: voir d\u2019abord la figure de l\u2019industrielle du chiffon et, ensuite, si elle continuerait son chemin sans faire attention à lui.La femme ne bougea pas.Elle s\u2019était arrêtée devant un tas d\u2019immondices qu\u2019elle remuait.La tête baissée, elle semblait apporter une attention des plus sérieuses à son occupation.Lucien passa près d\u2019elle et la frôla, cherchant à examiner son visage.Mais, soit par hasard ou avec intention, la vieille obliqua du côté opposé sans lever le front.Lucien s\u2019éloigna en traînant la jambe et avec cette désinvolture pittoresque du gamin des bas-fonds de Paris, prêtant l\u2019oreille pour se rendre compte des intentions de celle dont les allures l\u2019inquiétaient.Mais la chiffonnière ne bougeait pas.Soudain, comme Lucien allait passer devant un cabaret, un de ces bouges puants, rendez-vous ordinaire des gueux de toutes les catégories, un cri, assez semblable au braiment d\u2019un âne, se fit entendre et, aussitôt, deux ^ hommes, qui marchaient de l\u2019autre côté de la rue bondirent sur le jeune garçon.Avant qu\u2019il ait eu le temps de se reconnaître, les deux individus l\u2019avaient poussé violemment dans le bouge, et.pendant que l\u2019un le saisissant à bras-le-corps pour paralyser ses mouvements, l\u2019autre lui jetait sur la tête un sac de toile à coulisse, un peu pareil à la musette d\u2019un cheval.La coulisse serrée, le gamin se trouva encapuchonné.Il cria.Mais sa voix ne rendit qu\u2019un son rauque, étouffé, qui ne pouvait être, d\u2019ailleurs, entendu de la rue.Les cordons du sac, noués rapide ¦ ment, l\u2019homme sortit de sa poche une corde avec laquelle il lia les jambes du jeune garçon.Restaient les bras, que l\u2019autre bandit maintenaient toujours.Par un mouvement brusque, il les ramena en arrière, et son compagnon, avec un vieux foulard, put facilement lier les poignets comme il avait ligotté les jambes.Tout cela avait été accompli avec une promptitude extraordinaire, et Lucien avait eu à peine le temps de comprendre qu\u2019il était victime d\u2019une agression, qu\u2019on l\u2019avait couché à terre sur le carreau boueux du cabaret.Pas un mot n\u2019avait été prononcé.Quand les deux hommes virent le gamin dans l\u2019impossibilité de leur échapper, l\u2019un d\u2019eux dit d\u2019une voix enrouée : \u2014 Hein, qu\u2019en dis-tu, mon bonhomme ?J\u2019espère que c\u2019est proprement travaillé.\u2014 Une deux, trois, partez muscade ! fit l\u2019autre en riant.\u2014 Du Robert-Houdin, première catégorie, quoi ! \u2014 Si la vieille n\u2019est pas contente, elle sera bien difficile.A ce moment, la vieille chiffonnière parut.Elle n\u2019était plus voûtée et ses allures révélaient une vigueur, une énergie sauvage.\u2014 Voilà le bibelot, lui dit un des hommes en lui montrant Lucien immobile.\u2014 Hein, en voilà de la belle ouvrage, dit l\u2019autre, ça vaut bien deux roues de derrière.\u2014 Chose promise, chose due, Major, répondit la femme.Et chose payee, ajouta-t-elle en tirant de sa poche deux pièces de cinq francs qu\u2019elles reimt aux deux coquins.\u2014 Est-ce que tu ne payes pas une tournée en plus ?\u2014 Tout de même, Patronnet, d autant plus j\u2019aurai peut-être encore besoin de vous.__On est à ton service, du moment que tu payes.\u2014 Et je paye toujours bien.Le Major était ainsi nommé parce qu\u2019il avait été infirmier militaire.Son camarade, ayant été garçon pâtissier, avait été surnommé Patronnet.\u2014 Allons, mastroquet, dit le Major, une tournée d\u2019eau d\u2019af.Le marchand de vin, espèce de taureau à face humaine, prit trois gobelets de fer qu\u2019il remplit d\u2019un liquide jaunâtre.\u2014 Buvez-moi ça, dit-il, c\u2019est de la fine de derrière les fagots.\u2014 A la vôtre, les amis, dit la femme, en choquant Son gobelet contre ceux de ses acolytes.\u2014 A la tienne, la Dabesse ! Et tous trois avalèrent d\u2019une seule lampée l\u2019horrible boisson.\u2014 Ah ! ça, dit le marchand de vin, qui répondait au joli nom de Poireau, vous n\u2019allez pas me laisser ça, je pense.Il montrait Lucien.\u2014 Si la rousse venait, par hasard, continua-t-il, elle pourrait se montrer curieuse.Et puis, ça tient de la place.\u2014 Soir tranquille, père Poireau, on va te débarrasser, dit la femme.\u2014 A la bonne heure.\u2014 Seulement, tu vas nous prêter le boudoir.\u2014 Hé, pas de bêtise, vous n\u2019allez pas le buter ici ! fit le cabaretier avec effroi.__Mais non ; on le tiendra seulement au frais pendant quelques heures._____Hein, hein, quelques heures.Enfin, soit.Faut bien rendre service aux amis.\u2014\tEt puis du moment qu\u2019on te paye.\u2014\tDame, faut bien payer les réparations de l\u2019immeuble.__C\u2019est juste, approuva le Major.__Très juste, amplifia la femme.Donc, tu veux bien me louer le boudoir ?\u2014 Oui.\u2014 Combien l\u2019heure ?\u2014 Deux balles.__Soit.J\u2019enlèverai le colis ce soir à dix heures.__Il est deux heures, ça fera seize francs.Mais tu mettras le jaunet, quatre francs de plus.Tu sais, il y a l\u2019éclairage.\u2014 Comme tu y vas, père Poireau! __Faut pas marchander avec papa.__C\u2019est bon, tu auras ton rond d\u2019or.\u2014 Alors, ma chérie, aboulé ! Et le père Poireau tendit sa grosse main velue.La femme donna une pièce de vingt francs.\u2014Maintenant, dit-elle, s\u2019adressant à ses complices, enlevez le ballot.Lucien était resté étendu tout de son long, muet, immobile.Mais s\u2019il ne bougeait pas et gardait le silence, il entendait fort bien.Il avait reconnu la femme à sa voix.C\u2019était la Tamirel, la mère de Lauren-ce.Malgré tout son courage, Lucien était très inquiet et se sentait mal à l\u2019aise.Qu'allait-on faire de lui ?Le séquestrer dans quelque lieu infect jusqu\u2019à dix heures du soir.Mais après ?On ne le tuerait pas immédiatement, sans doute, mais quel serait son sort ?Et puis une autre angoisse le mordait au coeur.Qu\u2019allait devenir sa soeur de lait ?Il avait écrit à Georges et à Alexis; ceux-ci seraient un peu rassurés, mais en ne le voyant pas revenir, que penseraient-ils ?Que feraient-ils ?Quoi ! tout ce qu\u2019il avait fait pour sauver Mionne serait perdu !.Etait-ce possible ?Mais non, un pareil malheur ne pouvait pas arriver!.Il n\u2019admettait pas que la Providence pût abandonner ainsi les honnêtes gens pour laisser le champ libre à des misérables.\u2014 Espérons ! pensait-il.Mais au fond du coeur il était terrifié.Il se disait : \u2014 Comment la Tamirel a-t-elle découvert ma présence dans ce quartier et comment a-t-elle appris pourquoi j'y suis venu ?Evidemment, elle sait que je suis à la recherche de Mionne, et c\u2019est pour m\u2019empêcher d'agir qu\u2019elle m\u2019a tendu le piège dans lequel je me suis laissé prendre comme une souris étourdie.Il ne pouvait croire que son pere l\u2019eût trahi en parlant de lui à Jacques et à la digne compagne; il pensait plutôt qu\u2019il avait été aperçu la veille, rôdant autour de la maison du crime, malgré les précautions qu\u2019il avait prises pour ne pas être vu et reconnu.Il ne se trompait pas.C\u2019est ainsi, en effet, que la Tamirel avait découvert sa présence dans le quartier Saint-Marceau et deviné le motif qui l'y avait amené.Ni elle ni Jacques Vernier ne savaient que Lucien était l\u2019élève de Georges Ramel et le frère de lait de la fille adoptive de Mourillon ; mais le jeune garçon connaissait Alexis Mollin, l\u2019ami intime de Georges Ramel, et cela suffisait poui expliquer que le gamin se fût mis a la recherche de l\u2019amoureuse du jeune peintre.La Tamirel s\u2019était empressée de dire à l\u2019ancien garde-chasse quelle venait de voir Lucien rôder autour de la maison.[ Lire la suite page 37 ] LA VIE COURANTE .par George Clark ___ Maman est furieuse contre moi, ce matin, papa.Elle m'a dit que j'avais tous les défauts de mon père. TRANCHE DE JAMBON GLACEE AG MIEL Une tranche de Jambon Premium Swift, avec sa saveur moelleuse sans égale résultant du Traitement Swift à la Cassonade, fait un magnifique plat principal sans garniture spéciale.Mais, quand vous voulez quelque chose de merveilleux, faites ceci: Procurez-vous une tranche de Jambon Premium Swift de 1Yï' d\u2019épaisseur, coupée au centre du Jambon.(Pour être sûre que c\u2019est bien du Premium Swift\u2014le jambon que tout le monde au Canada préfère par-dessus tous \u2014recherchez le nom SWIFT sur la tranche.) Faites des entailles dans le gras; saupoudrez avec JT tasse de cassonade.Mélangez encore Y tasse de cassonade avec Yi tasse de jus provenant de poires de conserve égouttées.Versez cela doucement sur le jambon.Faites cuire environ 1 h.à four doux (325°F.) en arrosant toutes les demi-heures.Garnissez de moitiés de poires remplies de cerises, et servez en toute confiance.Car vous pouvez être assurée d\u2019obtenir une qualité invariable quand vous achetez du Jambon Premium Swift\u2014le jambon traditionnel au Canada.CUUCbàAjJ, qZ Minô Ja/miûn/R 2 GENRES! Pour cuisson facile à la maison, recherchez le Jambon Premium Swift, Etiquette Bleue.Le jambon avec Etiquette Rouge est cuit\u2014prêt à manger.Les deux sont Traités à la Cassonade et fumés à la manière spéciale employée par Swift, au-dessus de feux de vrai bois dur.mm UN PRODUIT DE QUALITE 0 SWIFT I Le Samedi, Montréal, 21 août 1948 22 Pepsi est le digne couronnement des activités sportives estivales.Oui, Pepsi-Cola est toujours un régal, à l\u2019intérieur et a l\u2019extérieur, au travail ou au jeu.Il va droit au but! BUVEZ UN PEPSI-COLA GL ACÉ aujourd'hui .et souvent tous les jours! La saveur piquante et exquise de Pepsi-Cola fait mieux que tromper votre soif, elle la satisfait.Dès la première gorgée, vous constatez que Pepsi est supérieur comme régal rafraîchissant .sans compter que vous en obtenez plus pour votre argent.Quand vous avez soif, prenez un Pepsi.Une collation est plus succulente quand vous servez Pepsi-Cola.Le pétillant Pepsi est toujours apprécié des membres de la famille comme des invités, car \u2019existe pas de meilleur breuvage gazeux.jpsi-Cola** et \"Pepsi sont les marques enregistrées au Caruida de Pepsi-Cola Company of Canada, Limited.SCULPTURE ET ART DEUX ARTISTES CATHOLIQUES ANGLAIS Par DOUGLAS NEWTON _ Deux grands Catholiques anglais attirent de nouveau l\u2019attention du public ; l\u2019un était un célèbre sculpteur, l\u2019autre un artiste distingue.Le sculpteur n\u2019est autre que Eric Gill, dont on vient de publier la correspondance ; l'artiste est Aubry Beardsley, mort il y a craquante ans, et dont la mémoire vient d\u2019être rappelee par 1 inauguration d\u2019une plaque qui, apposée sur la maison ou il vécut, fut devoilee par John Rothenstein, Directeur du Tate Gallery.Bien que profondément dissemblable sous de nombreux aspects, la vie de ces deux hommes avait plusieurs traits communs.L un et 1 autre naquirent, à 10 ans d\u2019intervalle, à Brighton, ville balnéaire du sud de l\u2019Angleterre, Beardsley en 1872, Gill en 1882.Leurs parents les destinaient, l\u2019un et l\u2019autre, à la profession d\u2019architecte, mais Beardsley et Gül suivirent la carrière de leur choix, marquant ainsi leur personnalité de caractère, profondément prononcée chez l\u2019un et chez 1 autre.Tous les deux, également, se convertirent a 1 Eglise Catholique, mais alors que Beardsley embrassa la Foi Catholique très tard, trop tard pour son propre bien-être, ici-bas, et pour le bien de son art, les oeuvres et la religion d\u2019Eric Gill furent toujours inspirés par ce même sentiment qu\u2019il manifeste dans sa correspondance, la recherche d\u2019un idéal spirituel pour exprimer son idéal artistique, correspondance qui nous révèle comment il \u201cévolua\u201d et fut attiré par l\u2019Eglise Catholique, à laquelle U se convertit en 1918.GUI abandonna l\u2019architecture, poussé par son goût pour les belles inscriptions.Il débuta dans cet art en gravant sur des tombes ; plus tard, il créa un nouveau caractère d\u2019imprimerie, que l\u2019on appela \u201cGUI Sans Type\u201d, considéré, aujourd\u2019hui, comme l\u2019une des plus belles formes de typographie du monde.De la gravure sur pierre, ü passa à la gravure d\u2019images, montrant une originalité de style qui, tout d abord, étonna.Mais la puissance et la délicatesse d\u2019exécution, et la conception heureuse des dessins, ne tardèrent pas à convaincre qu\u2019il était un sculpteur doué d\u2019un talent de maître.D\u2019une tendance toujours profondément religieuse, ainsi que le témoignent ses inscriptions, ses oeuvres étaient, pour la plupart, des sujets spirituels, tels que le Chemin de la Croix, à la Cathédrale de Westminster, qui se classe parmi ses grands chefs-d\u2019oeuvre ; il sculpta, également, de beaux monuments de guerre et les statues qui ornent l\u2019immeuble, à Londres, de la B.B.C.Les inscriptions de Gill sont aussi remarquables que ses sculptures.Il avait une profonde opinion de la philosophie de son art; il était convaincu que les artisans devraient retourner au socialisme chrétien des premiers corps de métier.Ce socialisme chrétien, il le pratiqua lui-même, selon sa conviction, dans le comté de Sussex.Il ne se contentait pas, contrairement aux autres sculpteurs, de finir un modèle en argile et de laisser à d\u2019autres artisans le soin de faire la sculpture en pierre.Il sculptait la pierre lui-même jusqu\u2019au moindre détail, bien que ce travail l\u2019obligeait souvent à se placer dans des positions difficiles sur les échafaudages, comme ce fut le cas pour les sculptures de la B.B.C.La carrière de Beardsley fut plus courte et plus fiévreuse.Menacé par la tuberculose à l\u2019âge de 20 ans, il fut obligé d\u2019abandonner l\u2019architecture pour travailler dans un bureau ; néanmoins, il se cencentra avec plus d\u2019ardeur à la gravure et, à l\u2019âge de 21 ans, déjà célèbre, il publiait les illustrations de \u201cLa Mort d\u2019Arthur\u201d.Beardsley était, essentiellement, un décorateur.L\u2019influence qu\u2019exercèrent sur lui l\u2019art japonais et l\u2019art des primitifs se manifesta sous la forme de lignes étranges, bizarres, puissantes, mais aussi délicates qu\u2019une dentelle, trait qui atteignit un degré de réalisation rare chez les autres artistes.La veine était puissante, sardonique ; la nouveauté de son dessin inquiéta parfois.Incompris, il ne réussit pas ; il se tourna donc vers le paganisme, aussi bien dans son art que dans sa vie.Il donna avec plus de fièvre libre cours à son énergie exorbitante et insouciante ; cet effort devait l\u2019affaiblir et le rendre plus sensible à la maladie qui lui fut fatale.Ce ne fut que pendant les 18 derniers mois de sa vie que cette influence malsaine fut neutralisée par l\u2019effet modérateur de la tranquillité d\u2019âme qu\u2019il venait de trouver dans la religion et, ensuite, dans sa conversion au catholicisme.Mais c\u2019était trop tard.Sa maladie avait atteint un point qui ne permettait plus d\u2019espoir.La dernière année de sa vie se passa dans la sérénité qui, non seulement fit de lui, ainsi que l\u2019a écrit Sir William Rothenstein, une nouvelle personnalité sympathique, agréable, mais aussi changea sa conception de l\u2019art à tel point qu\u2019il s\u2019élevait déjà à une nouvelle célébrité, à une grande maîtrise de l\u2019art, lorsque, épuisé par la maladie, il mourut à Mentone, complètement résigné à la volonté de Dieu.Il n\u2019avait que 26 ans, mais en cinq ans il avait produit d\u2019innombrables gravures toutes marquées de la même puissance et de la même personnalité, à tel point qu\u2019il influença non seulement l\u2019art graphique, mais aussi l\u2019art théâtral des générations qui suivirent.On retrouve cette influence dans les décors des ballets modernes.Il est regrettable, pour son art comme pour lui-même, que l\u2019influence de la Foi ne se soit pas exercée, chez lui, plus tôt. «jaggr/I fèus pressez le bouton // fait le reste Avec le Film Verichroinc Kodak vous éprouverez de la joie à regarder\u2014et à garder\u2014vos instantanés.Canadian Kodak Co., Limited, Toronto au Canada.Film Kodak le film dans la boite jaune familière area 'KODAK\" EST UNE MARQUE DEPOSEEl mimé.mm WWmm PP MM \u2022« zidiïL*- \u2018\u2022.jfcs'AîcTW?- ISItllli mémÆ msmm «bras Pli® '\u2022> >- - ¦ Irrr\t.\t \t||\t 24 Le Samedi, Montréal, 21 août 1948 iccéléra- d'usure, Plua moins d'effort ,ion plu* ''ive une ai de conduite, d'urgence.en ca* Dans avec colonne dite de jambes, , rendus possible .nement comma, rée à gauche de UN PRODUIT DE LA GENERAL MOTORS une P< LE CAMION DE VALEUR nouvelle endurante dans chaque dota.irres en métal épais .chocs, en haut et sur encadrées et renter- lieux et ressorts son cam*®*!?SOUS TOUS Il y a beaucoup de nouveau et d\u2019amélioration en tout dans les nouveaux eaniions GMC légers et moyens.Leur souplesse de proülage leur confère une lionne apparence remarquable.Leur performance est améliorée grâce à des moteurs du même principe fondamental que dans près de 600,000 GMC militaires.Ils sont d\u2019une construction plus robuste, avec châssis plus solides et cabines plus fortes.II y a une nouvelle facilité de roulement el de conduite réalisée par des cabines plus longues, plus larges .des banquettes très confortables, entièrement réglables .un pare-brise et des fenêtres de plus grandes dimensions .des ressorts avant plus longs .un embrayage, une direction et des freins plus dociles.Kl «pie dire du confort du nouveau système de ventilation révolutionnaire qui fait continuellenjent circuler de l\u2019air frais.Les GMC sont réellement avantageux par leurs caractéristiques et leur valeur supérieures.nouvelle économie u.\u2014r °\"' chromesh a tlua\"°\toraeilant mon» source d'é pa r gn JP\td'entretien, 1 b commodité ,\t, lk.id« 3/ide '°nne* ,odéle.de V* et 0\t^ de \u201cnouvel\u201d^cômmo- e direction - \u2022 \u2022\t, , luvelle séturilé .\tle confort de.cabines Va grande suret ^ ^ ^ ^ ^ de ,onne dos camions GM\tde \u201ea- s Le Samedi, Montréal, 21 août 1948 25 EN VILLEGIATURE SUR LES LACS RIDEAU Le canal Rideau, dont le projet de construction est attribuable au duc de Wellington et remonte au début du dix-neuvieme siècle, devait servir à défendre le Canada contre toute tentative d invasion américaine.De nos jours, des invasions pacifiques et avantageuses pour le commerce canadien se succèdent chaque année.On voit alors des centaines d'Américains, munis des attirails de pêche les plus modernes et de confortables accessoires de campement, affluer dans la région pittoresque et poissonneuse des lacs Rideau afin d\u2019y passer d\u2019agréables vacances et d\u2019explorer, en compagnie de leurs amis canadiens, des lieux remplis de souvenirs historiques.Les yachtmen américains, désireux de visiter le Canada, peuvent le faire en empruntant une voie directe depuis le port de New-York jusqu\u2019aux Grands Lacs, puis par le canal et les lacs Rideau jusqu\u2019à Ottawa.Rendus florissants, grâce à l\u2019industrie du tourisme, les villages riverains, tels que Westport et Portland, offrent aux voyageurs des hôtelleries bien tenues où l\u2019on se préoccupe de les distraire et de les intéresser.De tous les sports de plein air, la pêche est celui qui séduit davantage les touristes, et ce n\u2019est pas sans raison: le grand lac Rideau est justement renommé pour la pêche du saumon, de la truite, du doré et du brochet.C\u2019est sur la rive de ce lac qu\u2019est situé le coquet village de Westport qui connaît, durant l\u2019été, une vie très animée.Le canal Rideau, construit en 1826, a été pour les premiers habitants de la vallée de l\u2019Outaouais le mode de transport le plus pratique.On peut dire, cependant, qu\u2019il n\u2019est pas tout à fait ce qu\u2019on peut appeler un canal.Il ne coule entre des murs de pierre que sur une longueur de huit milles et demi.Le reste de son parcours, soit 117 milles, est formé par une chaîne de lacs et de rivières pittoresques, serpentant à travers les bois de pins et les terres ontariennes qui s\u2019étendent entre Kingston et Ottawa.La Grande-Bretagne dépensa, en 1831, la somme de $4,000,000 pour relier entre eux ces lacs et ces rivières et obtint ainsi une voie navigable, moins vulnérable que le Saint-Laurent, pour transporter rapidement des troupes à la frontière.Les besoins militaires ne se firent jamais sentir et, pendant des années, le canal Rideau servit de route commerciale.C\u2019est l\u2019un des dix-neuf grands canaux qui relient les Grands Lacs au Saint-Laurent, pour constituer un réseau très important de voies navigables.^ V -V lOiwS v,.y * - jr i \u2022».»\u2022¦ vite '5?>V .ttèr Jk f t -Jwrl ' «MdiËH Photo du haut, à droite.Des chemins boisés le long du canal, comme celui-ci à Jones Falls, invitent aux excursions à pied dans la campagne.Les yachtmen américains, désireux de visiter le Canada, peuvent emprunter une voie directe depuis le port de New-York jusqu'aux Grands Lacs en passant par les lacs Rideau.\u2014 Un étroit passage conduit aux écluses Old Sly, situées à mi-chemin environ entre Kingston et Ottawa.Quelle beauté, quelle perspective d'enchanteresses découvertes ne recèle pas ce \"chemin qui chemine\"! \u2014 Ci-contre, à droite, une habitation rurale près de Becketts Bridge.Un tableau de Millet, quoi! Ci-contre, un yachtman, premier plan à gauche, salue, en les croisant, deux officiers de l'armée faisant le voyage d'Ottawa à Kingston en canot.A gauche, le lieutenant-colonel Bert Haley et, à droite, le capitaine Gordon MacMurdo.Quand on a le pied marin, on a tôt fait de lier conversation avec des compagnons do rencontre et de bonne fortune.La salutation et les bons voeux accompagnent généralement la réponse aux renseignements demandés.Photos O.N.F. wmm -.40.-%j ¦&-&¦&.3- I \u201d3 W?I aJfMf*» IW\"»*\".,,.,.\t.^,Aum* Ci-dessus, la célèbre cathédrale de Strasbourg, triomphe de l\u2019art architectural du Moyen Age et de la Renaissance.Sa flèche tant vantée est considérée comme l\u2019une des merveilles du monde.Si le corps du monument déçoit un peu par des dimensions et des proportions inattendues, la façade est réellement quelque chose d\u2019inouï, devant quoi l\u2019admiration et la curiosité no se lassent point.ihlm L\u2019enseigne d\u2019un restaurant alsacien, l\u2019un de ces cafés pleins de musique, meublés de velours rouge, décorés de cadres ovales et de lustres à pendeloques de cristal.Quels mets appétissants ne déguste-t-on pos en Alsace! Qui n\u2019a entendu prôner, à juste titre, le pâté strasbourgeois de foie gras aux truffes?Et pour ce qui est des desserts, quelle merveilleuse variété de confitures, de tartes, de friandises dont les cuisinières alsaciennes ont le secret! Voilà ce que promet pareille enseigne.L\u2019ALSACE UNE PROVINCE DE COCAGNE Par CARLOS FISCHER (Exclusif au \u2018'SAMEDI'') n) *3 %\tÂjBJ\t k \\\t¦M / Vfl i ht Ml\t\u2019 v\tfcy.Ml Ai W ijl\tkm\t k % m m\t\t La légende en exagère encore les mérites ou les séductions.Pour un peu, on en arriverait à croire que les Alsaciens passent leur temps à se costumer \u2014 gilet ou jupe écarlate, tricorne ou grand noeud noir sur la tête \u2014 et entre deux valses, à arroser leurs champs de choucroute avec des cruchons de bière, une cigogne sur l\u2019épaule.Tout cela dans un paysage orné de guirlandes de saucissons et parfumé par ses mines de foies gras.Ce n\u2019est pas tout à fait cela.mais il est bien vrai que l\u2019Alsace compte parmi les régions françaises les plus pittoresques.C\u2019est la Mecque du pittoresque, faite, de tout temps, à l\u2019usage des peintres et des illustrations ; les motifs leur tombant sous la main à chaque détour de routes.Le caractère offre peut-être plus de grâce que d\u2019énergie, mais quels riants décors dans leur variété ! Une plaine grasse ou boisée qui se colore de toutes les nuances de la palette ; des collines ou de hautes montagnes, d\u2019où surgissent à travers de sombres sapinières des ruines roses de châteaux féodaux et romantiques ; des vignobles féconds en crus glorieux (les Wolscheim, les Rieslings, etc.) qui se dorent au soleil et des houblonnières qui embaument ; un puissant fleuve historique qui la borde et quantités de rivières ou de torrents qui la traversent, aussi poissonneux, d\u2019ailleurs, que sont giboyeux ses champs ou ses forêts ; tout s\u2019y rencontre, et tout y abonde.« Quel beau jardin », s\u2019était, parait-il, écrié Louis XIV en personne.Et Sa Majesté avait le coup d\u2019oeil juste.De cette bénédiction céleste tombée sur leur pays, les Alsaciens ont vite tiré ce sentiment et ces exigences de confort qui les distinguent entre tous nos nationaux.Ils y ont puisé aussi ce goût de l\u2019ostentation qui se signale presque à chaque maison de leurs moindres villages.Là aussi, le cossu de la construction, l\u2019ampleur des toits aux multiples greniers, le vif coloris des volets, l\u2019encadrement sculpté des fenêtres \u2014 toujours égayées de \u2019nombreux pots de fleurs \u2014 et le colombage apparent tranchant par ses tons marrons sur le crépi des murs, tout chante la recherche et la richesse.Et l\u2019intérieur correspond exactement à ce qu\u2019on observe du dehors.La « Chambre à demeurer », avec ses bancs bien vernis, avec son haut poêle en faïence à dessins, avec ses chaises de style rustique, avec ses assiettes aux Ci-contre, à gauche, une vieille rue de Mulhouse avec, tout au fond, l\u2019église Saint-Etienne.C\u2019est une ville fort ancienne, déjà mentionnée dans une charte du Ville siècle.L\u2019antique cité, aux rues étroites et tortueuses, est limitée par les deux bras de l\u2019Ill.Les nouveaux quartiers sont au contraire larges et spacieux.C\u2019est un centre industriel: grandes filatures, papeteries, fabriques de produits chimiques, fonderies, forges, commerce de vins et de céréales. l'à.JM*®* % **Ni wÈÉÊ>% jk&Éyh j*U«SS^ W '«¦».>^ Une scène de la campagne alsacienne, dans la région des vignobles féconds en crus glorieux qui se dorent au soleil, et en houblonnières qui embaument.De fout temps, les paysages alsaciens ont inspiré les peintres.Leur caractère offre peut-être plus de grâce que d'énergie, mais quels riants décors dans leur variété ! Un puissant fleuve historique borde cette province que traversent rivières et torrents poissonneux.Scène paisible d'un décor qui a pourtant connu de nombreux conflits.Un groupe de paysans arborant le costume national, car on garde chez les Alsaciens le culte du costume traditionnel et on l'endosse dans les grandes circonstances.Le fait est qu'il flatte le regard par son attrait original et son éclat.Les coiffes des femmes, immenses papillons aux larges ailes noires, sont particulièrement seyantes.Les Alsaciens ont des manières gaies et faciles comme on voit.MkUOIfl 1 ï lu lî?2n 9 4 il jiljr ItJjJl lllllllii I 131 «B K mm A, bouquets naïfs, avec des étains d\u2019autrefois, qui font envie à tous les amateurs, présente, dans sa propreté scrupuleuse, une physionomie si avenante que l\u2019on comprend aisément la tendresse de l\u2019Alsacien pour son « chez soi ».et même pour ses pantoufles.Il a tout fait pour se plaire dans sa maison.hors les nids de cigognes, bien entendu.Et ce sont précisément ces nids de cigognes qui, en général, attirent le plus la curiosité des visiteurs.On dirait qu\u2019avant de se mettre en route \u2014 comme les Mages vers l\u2019Etoile \u2014 ils n\u2019ont entendu vanter que ces nids de cigognes.outre la choucroute régionale.Aussi dès qu\u2019ils arrivent dans n\u2019importe quelle bourgade, cherchent-ils des yeux le nid de cigognes promis par tous les guides.Et s\u2019il n\u2019y a pas de nids de cigognes, ils s\u2019en vont très* mécontents.Or les cigognes ne séjournent en Alsace que durant la belle saison.Dès l\u2019automne elles cinglent vers le Nil, comme pour maintenir méthodiquement d\u2019anciennes relations avec l\u2019Egypte.D'ailleurs, je puis annoncer une bonne nouvelle à leurs amis de toute origine : la dernière enquête a prouvé que le nombre des nids était en augmentation.Il y aura encore des cigognes en Alsace, dont, peu à peu, elles sont devenues le symbole.Les villes en ont leur part et les toits les plus hauts sont les plus favorisés.Ces villes sont fort pittoresques.Qu\u2019elles s\u2019appellent Saveme, Ladisheim, Wissembourg, Ribeauville, Sélestat, Kaysenberg, Hagueran, Molshein, etc, etc .elles rivalisent de cachet, par leurs anciens monuments, par les murailles qui les défendaient jadis et qui s\u2019écroulent aujourd\u2019hui sous la lierre et la vigne vierge, par leurs tours de guet, leur hôtel de ville, leur pont fortifié, et, surtout, par leurs églises.Thann a pour église un bijou rare, exquis de grâce et de proportions.Riquewihr est le bastion du vignoble conservé à travers les âges.Obernai sert de pèlerinage à tous les touristes fervents, car le tourisme a ses reposoirs ! Et partout survit le renom de quelque grand soldat : Turenne à Turckheim, le Maréchal Lefèvre à Rouffach, Kléber à Strasbourg, etc.Ce Strasbourg, quel prestige dans l\u2019histoire de France, depuis 1681 ! et quelle majesté ou quel accent dans sa physionomie séculaire, grâce tout d\u2019abord à son illustre cathédrale et à son Château des Rohan, puis à ses vieilles façades reflétées, tout le long des quais dans les eaux vertes de 1111.Mais il va de soi que nous ne pouvons pas, ici, flâner à travers ses rues : à elle seule, la ville mériterait tout un article.Ainsi que Colmar, justement réputée pour son Musée des Unterlinden, pour ses Grunevald, ses Schoengauer, et qui, Dieu merci, a pu se sauver des destructions de la dernière guerre grâce à la valeur de nos soldats.On garde chez les Alsaciens la vénération du costume traditionnel, du moins dans les cantons du Bas-Rhin où il a toujours triomphé.Le fait est qu\u2019il flatte le regard par son chic et son éclat.Et l\u2019Alsace lui doit la moitié de sa popularité.L\u2019on revient à sa cuisine, aussi plantureuse que sincère : aucune ménagère alsacienne ne ménagera jamais \u2014 en temps normal \u2014 la farine, la crème ou le beurre indispensables.Aussi, quelle table appétissante ! Qui, d\u2019ailleurs, n\u2019a goûté à sa fameuse choucroute, déjà renommée ?Et qui n\u2019a entendu prôner, à juste titre, le pâté strasbourgeois de foies gras aux truffes, cette voluptueuse éprouvette culinaire, cette ambroisie des temps modernes ?On sait, en outre, que charcuterie et pâtisserie sont les deux mamelles de l\u2019Alsace gastronomique.De Ci-contre, à droite, un quartier de Strasbourg connu sous le nom de \"la petite France\".Dans cette ville si moderne, si active, sans cesse animée par le mouvement de son commerce et de ses industries, le passé tient cependant une large place.Une promenade matinale sur les quais de nil est un des plaisirs les plus délieats que puisse donner Strasbourg.On voit se refléter dans les eaux dormantes, un harmonieux ensemble d'édifices anciens et de beaux arbres.fait, rien qu\u2019en ce qui concerne les entremets et les desserts, elle est incroyablement féconde en confitures et en tartes, en friandises de sa façon, dont elle a le secret.Mais je vais délibérément le trahir en votre faveur en vous confiant pour terminer la recette du « Gâteau de pommes de terre », peu connu en dehors de la province et simple dans sa substance.La voici : « Ayez trois quarts de pommes de terre râpées de la veille, une demi livre de sucre en poudre, dix oeufs.Mélangez les jaunes d\u2019oeufs avec le sucre jusqu\u2019à ce que la pâte en coulant forme le ruban.Ajoutez les pommes de terre, puis du zeste de citron, puis le blanc d\u2019oeuf battu en neige ; mais en soulevant et en battant la pâte.Beurrez un plat et mettez au four.».Quand vous le retirerez du four, vous nous en donnerez des nouvelles.(Courtoisie Service Français du Tourisme) 28 Le Samedi, Montréal, 21 août 1948 W,1» \u2022 i-i* jr.rfïij* * QUAND LES PETITS MONTREALAIS S'AMUSENT BONS LOISIRS, BON MORAL Pal TAPIE WHILE.____\u201e\u201e,lr les enfants ! Pour eux, cela signifie | ES VACANCES ! ,de\"Xc^i°\texcursions sur l\u2019eau dans de jolis bateaux, jeux L de° to'ute \"sortes en plein \u2019air, enfin la liberté, la joie et le bonheur.Plus L de devoir à préparer, plus de leçons difficdes a apprendre ; on a ferme depuis longtemps déjà livres et cahiers, on se repose, on se divert* et au mois de septembre, on reviendra frais et dispos pour reprendre les classes.Maïs avez-vous déjà pensé, chers lecteurs, aux enfants de la ville qui nont nas \u201cavantage d\u2019aller à la campagne, pendant la belle saison, et qui doivent se contenter pour prendre leurs ébats, d'une ruelle où se glissent timidement quelques rayons de soleil?C\u2019est un spectacle navrant et bien souvent, helas ! cest là aue l\u2019on trouve l\u2019origine de la délinquance juvenile.\t, Heureusement les autorités de la ville de Montreal ont songe a tous ces déshérités, ces petits êtres privés d\u2019air et d\u2019espace Us ont amenage, a leur intention, des parcs publics, des terrains de jeux où les enfants peuvent se livrer a Je viens de visiter ces parcs et terrains de jeux et la J a.rencontre mes meilleurs amis: les enfants.Quelle joie de voir ces jeunes s amuser et s adonner à toutes sortes de sports !\t,\t,\t,, L\u2019organisation de ces terrains de jeux est merveilleusement ordonnée ; elle travaille en collaboration avec le service des Loisirs du diocese de Montreal et la Montreal Parks and Playgrounds Association.Ces deux groupes forment un comité qui étudie l\u2019important problème des loisirs pour les enfants et font des suggestions appropriées à la ville de Montréal.200 moniteurs et monitrices surveillent les enfants sur ces terrains de jeux et voient à ce que le bon ordre et l\u2019accord régnent partout.Des clubs de balle molle et de balle au camp sont créés ; d\u2019autres enfants suivent des cours de tennis, écoutent des histoires ou participent à des feux de camps.On enseigne même l\u2019artisanat et à la fin de l\u2019année des milliers de personnes assistent à des expositions fort intéressantes.\t[ Lire la suite page 30 ] i r il i I «r v-
de

Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.

Lien de téléchargement:

Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.