Le samedi, 1 mai 1948, samedi 1 mai 1948
[" 59e année, No 50 Montréal, 1er mai 1948 .¦ y LE MAGAZINE NATIONAL DES CANADIENS DIX C E IM T S \" ¦/ .*?\u2022 8mm t* \u2018jp wmm ¦ DANS CE NUMERO LA REEDUCATION DES CRIMINELS DINER CANADIEN À HOLLYWOOD LES BÉNÉDICTINS EN ECOSSE LE TUEUR DE FEMMES Roman policier par LEO GESTELYS 0 Le Saviecli, Montréal, 1er mai 194S nwm\t\u201dM°\" LES JOIES SILENCIEUSES VOTRE MOTEUR CHANCELLE?VOICI DE L\u2019ÉNERGIE NOUVELLE ! Ajoutez du à votre HUILE, maintenant et versez une chopine de MOTOR RYTHM dans votre carburateur Changer 1 huile n'enlève jamais la calamine, la boue, la gomme et le vernis qui s\u2019accumulent à l\u2019intérieur d\u2019un moteur.Mais quand vous ajoutez du MOTOR RYTHM à votre huile, c\u2019est différent ! 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Voilà qui témoigne d'une longue et belle civilisation.Car on bouquine pour le plaisir de la chose.Oui, rien que pour le plaisir de palper des livres, de les consumer, de les ouvrir à l'aventure, sans ordre et sans méthode.Un art cousin de celui de la conversation avec des personnes d'esprit.Est-ce que les bouquinistes des quais n\u2019ont pas fait plus que bien des architectes de renom pour créer le climat intellectuel de Paris.Celui qui bouquine oublie l'heure, le temps, et.la poussière ! Il restera ainsi debout à causer familièrement avec des amis de tous formats et de toutes dimensions : le roman, le théâtre, l\u2019art culinaire, la philosophie, la blague, la science, l\u2019architecture, la danse.Tout y passe, comme les couleurs et les teintes de l\u2019arc-en-ciel.Il découvrira aussi bien les Iles-sous-le-Vent que la rue où il habite depuis son enfance \u2014 l\u2019univers dans un instantané ! Grâce aux livres, c\u2019est-à-dire, à la pensée des hommes, la vie prend un sens nouveau.Us sont graves, joyeux, sincères, menteurs, honnêtes ou farceurs.Même les livres plats ne sont pas dénués de toute vertu : un air de pudeur, quelque chose de guindé, un relent de trop neuf empêche qu\u2019on y touche.On les achète parfois ; on les lit jamais Les pages n\u2019en ont pas été coupées : comme leurs auteurs, ils sommeillent Bref, le plaisir de bouquiner n\u2019a d\u2019égal que celui, connexe d\u2019ailleurs, de palper un livre tout frais qui \u201cvient de paraître\u201d.Il sent encore l\u2019imprimerie.Il suinte l\u2019encre noire II craque dans la main : il est vivant puisqu\u2019il s\u2019exprime.Il y a en effet dans un livre plus que la magie des idées et la musique des mots ! Sa forme elle-même témoigne que chacun, depuis le travailleur manuel jusqu'à l\u2019artisan et l\u2019artiste, a participa avec l\u2019auteur à la réalisation de cette oeuvre de l\u2019esprit.Chacun depuis le bûcheron dans les bois, le papetier qui, à l\u2019usine transforme la matière première, le prote qui dirige le travail d\u2019imprimerie, le linotypiste qui compose les caractères, le typographe qui les assemble, le pres-sier qui les imprime sur ces machines merveilleuses qu\u2019on ne se lasse pas d admirer car \u2014 tout comme la littérature d\u2019ailleurs \u2014 la presse a fait du chemin depuis Gutenberg.Aujourd\u2019hui, par exemple, si l\u2019on enlumine plus chaque livre à la main, on illustre avec des bois gravés, des photos, des pointes sèches : voyez plutôt ce magnifique LaPalme qui orne la couverture de ce livre ! Et puis ce sont les travaux de collage, de brochage, grâce auxquels on reconnaîtra immédiatement un livre bien fait.N'allez surtout pas croire qu\u2019un bouquineur va s'y tromper .Et la reliure ?Oh, que dire de cet art ! Vraiment, celui qui aime les livres ne saurait être fanatique ou sectaire.C'est pourquoi fanatiques et sectaires \u2014 par instinct de conservation sans doute ! \u2014 détestent les livres Ils savent bien que l'homme qui lit ne laisse pas caporaliser son intelligence.Depuis vingt ans, des bûchers sont apparus sur les traces d'Attila.On traitait les livres tout comme des hommes libres : torturant les uns, brûlant les autres ! Il était donc normal que chez nous on édite en temps de guerre plus de livres que jamais.Surtout après la chute de la France, il fallait que l\u2019édition du livre français se continuât en terre canadienne.Romans, essais, poésie, histoire, philosophie, oeuvres en vers et oeuvres en prose, livres populaires ou éditions de luxe.Et tandis que l\u2019on réédite chez nous les grands écrivains de France, à la liste de leurs oeuvres s\u2019ajoutent celles de Ga-brielle Roy, de Roger Lemelin, de Guy Frégault, de Pierre Baillargeon, de Robert Charbonneau, d\u2019Alain Grandbois, dont les Iles de la Nuit sont illustrées par le peintre Pellan, de Germaine Guèvremont, de tant et tant d\u2019autres encore qui sont en voie de créer une littérature d'expression française en Amérique.Sous le titre de Vient de paraître, l\u2019Office National du Film a réalisé un documentaire cinématographique de la série Vigie, sur l\u2019édition du livre au Canada français, où après nous avoir montré comment se fait un livre, on nous fait voir quelques auteurs canadiens dans le milieu même qui leur a inspiré leur MERCIER.UN MYSTIQUE ET UN SYMBOLISTE Ce poète appartient à la lignée des grands mystiques de l\u2019Ecole symboliste.Jean Calvet, présentant une étude critique de l\u2019oeuvre de Louis Mercier, exalte en lui \u201cle poète paysan qui a su discerner le sens chrétien de la terre transformée par le travail de l\u2019homme et rachetée par la grâce de Jésus-Christ,\u201d oeuvre transcendante dont \u201cles vers, qui méritent d\u2019être immortels, ont enfermé, pour la préserver d« toute souillure dégradante, le visage d\u2019une France qui fut douce comme une aïeule bien aimée.\u201d Louis Mercier a bien voulu sélectionner lui-même les plus belles pièces de ses oeuvres ; c\u2019est-à-dire que nous possédons là l\u2019essence même de son inspiration poétique, tantôt fraîche et jolie comme les fleurs des champs, tantôt pieuse et parfumée d\u2019encens comme la vieille église de village, tantôt grave aussi et parfois lugubre comme \u201cle grand vent d\u2019hiver déchaînant toutes ses meutes dans le soir.\u201d Même si quelques titres : la Maison, la Table, semblent déconcertants de simplicité et de prosaïsme, il n'est qu\u2019à lire leurs stances pour comprendre combien ce poète a saisi \u201cl\u2019attitude des choses et les a interprétées dans un tressaillement de l\u2019âme comme un geste humain.\u201d , Les étudiants, collégiennes, et tous ceux qu\u2019intéressent les collections d\u2019oeu-res choisies voudront posséder cette brochurette au si précieux récit.Louis Mercier \u2014 poésies \u2014 est une brochure de 96 pages, en vente partout, et à Fides, 25 est, rue Saint-Jacques, Montréal.NOTRE COUVERTURE Les habitués de l'émission radiophonique \"Métropole\u201d savent que tout dernièrement, MINA LATOV R a exercé une bien douce vengeance auprès d\u2019ALBERT et de VENERENCE ROBIDOVX en leur imposant sans pitié la dure corvée qu'est le grand ménage du printemps.Hélas, cette corvée riépargne personne, encore moins ceux qui ont des domestiques, et c'est pourquoi nous avons voulu, cette semaine, rendre un hommage bien mérité à la ménagère.Et puis, aussi, n'est-ce pas l'époque de ce grand nettoyage des villes qu'on doit bientôt entreprendre ?\tPhoto H.-M.Lambert.¦ \u2014 LES PUBLICATIONS POIRIER, BESSETTE & CIE, LIMITEE Membres de l'A.B.C., et de l'Association des Editeurs de Magazines du Canada Le Samedi La Revue Populaire Le Film 59e année, No 50 \u2014 Montréal, 1er mai 1948 EDITO R I A L D\u2019UN SAMEDI A L\u2019AUTRE 3 975-985, RUE DE BULLION MONTREAL \u2014 CANADA \u2022 T é t : PLateau 9638 * FRED POIRIER GEO.POIRIER Présidents conjoints JEAN CHAUVIN Directeur Rédacteur en chef : GERALD DANIS Chef de publicité : CHARLES SAURIOL Directeur artistique : HECTOR BRAULT Chroniqueur sportif : OSCAR MAJOR Chef du tirage : ODILON RIENDEAU NOS REPRESENTANTS : WILFRID DAOUST 20, Onzième Avenue, Lachine (Ottawa, Hull, Sherbrooke, Drummondville, Saint-Hyacinthe, Sorel, Granby, Farnham, Saint-Jérôme, Joliette et les environs.) \u2022 ADELARD PARE 6, rue du Pont, Québec ( Québec et Lévis ) \u2022 PAUL LARIVIERE 1710, rue St-Philippe, Trois-Rivières ( Trois-Rivières et Cap-de-la-Madeleine ) Autorisé comme envol postal de la deuxième classe.Ministère des Postes, Ottawa.\u2022 Entered at the Post Office of St.Albans, Vt., as second class matter under Act of March 1879 ABONNEMENT CANADA CE FAMEUX CHENAL L\u2019ouverture récente de la saison de navigation nous rappelle que depuis quelque temps on a attiré fréquemment l\u2019attention du public sur la baisse continuelle du niveau du Saint-Laurent, ce qui fait subir des pertes considérables à la navigation fluviale, en particulier pour le maintien du port de Montréal.Sait-on que le port de Montréal a coûté jusqu\u2019à présent au pays au delà de $240,000,000 ?En 1934, un comité de marine fut organisé par la Chambre de Commerce de Lévis pour étudier cette question.Ce comité fit rapport l\u2019année suivante et ce rapport fut subséquemment étudié par les Chambre de Commerce de Québec et des comtés environnants ; un rapport général fut présenté sur les conclusions de cette étude Et voici ce qu\u2019on pourra y constater : Le chenal du Saint-Laurent, entre Québec et Montréal, est une route étroite et artificielle d\u2019une longueur de cent-soixante milles reliant le port de Montréal au niveau d\u2019eau naturel à Québec.Ce chenal fut commencé en 1844.Quant au port de Montréal, c\u2019est une construction artificielle faite sans ancrage et complètement dépendante de l\u2019étroit chenal d\u2019eau courante et situé au pied des rapides de Sainte-Marie, sur la rive nord du fleuve.La source naturelle d\u2019eau profonde et de navigation est le port de Québec.Au début, le chenal fut creusé à une profondeur de quatorze pieds et demi.Huit ans plus tard, on changea le plan pour donner au chenal une profondeur de vingt-sept pieds et demi.Le chenal devait être construit sans aucune charge au gouvernement et aux contribuables canadiens mais uniquement avec le produit d\u2019une taxe sur le tonnage de tous les navires qui s\u2019en serviraient, ce qui devait suffire à payer huit pour cent de l\u2019argent avancé par le gouvernement et deux pour cent additionnel pour le fonds d\u2019amortissement.Après une période de trente-huit années, le gouvernement fut obligé d\u2019abolir ce taux de tonnage et d\u2019assumer tous les frais et responsabilités.Onze ans plus tard, le gouvernement décida de creuser le chenal à trente pieds.Finalement, en 1910, à la suite d\u2019une pétition, on creusa le chenal à 35 pieds Or, la construction de celui-ci a augmenté le débit du fleuve, mais le creusage produisit un abaissement du niveau de l\u2019eau qui est affecté, en outre, par plusieurs autres causes.Jusqu\u2019à présent, le chenal du Saint-Laurent entre Québec et Montréal a coûté au Canada directement et indirectement plus de $150,000,000 et le port de Montréal, dépendant du chenal, a coûté soixante-dix millions.On compte en plus les dépenses des chantiers de Sorel nécessitées par les développements du chenal ainsi que les dépenses encourues pour entretenir une flotte de brise-glaces dans le but de permettre une navigation plus hâtive entre Québec et Montréal, dépenses qui se rapportent directement au coût du chenal.Et ce rapport conclut donc que, pour fournir à Montréal un port de trente pieds de profondeur, il en coûte au Canada $240,000,000 et il faut ajouter quelques autres millions fournis, de temps à autre, par différents départements fédéraux, pour des travaux qui se rapportent directement ou indirectement, toujours au développement du chenal.On demandait donc, en conclusion, qu\u2019il soit formé une commission nationale de la navigation du Saint-Laurent, commission indépendante et strictement impartiale et libre de toute influence politique qui examinerait la situation actuelle et rédigerait un rapport sur la valeur économique du canal maritime du fleuve Saint-Laurent et de la route aux grands lacs telle qu\u2019elle existe actuellement Un\tan\t\t\t¦ $3.50 Six\tmois .\t- 2.00 \tETATS-UNIS\t Un\tan\t\t.$5.00 Six\tmol* .\t.\t2.50 AU NUMERO: 10 cents \u2022 HEURES DE BUREAU: 9 h.a.m.à 5 h.p.m.du lundi au vendredi.\u2022 AVIS AUX ABONNES \u2014 Les abonnés changeant de localité sont priés de nous donner un avis de huit jours, l'empaquetage de nos sacs de malle commençant cinq jours avant leur expédition.LA PROTECTION Avec le prochain réveil de la nature recommencera le travail de nos jeunes agronomes québécois.Contrairement à la coutume qui voulait qu\u2019à chaque session provinciale l\u2019attention de la Chambre soit constamment attirée sur cette intéressante classe de nos jeunes fonctionnaires, il n\u2019en a pas encore été la moindre question au cours de la période parlementaire qui s\u2019est terminée dernièrement.Ce n\u2019est pas qu\u2019fis soient devenus indifférents à nos législateurs s\u2019ils n\u2019ont pas été mis en vedette encore une fois ; mais c\u2019est qu\u2019on les apprécie enfin, à leur juste valeur, des deux côtés de la Chambre.Naguère, fi ne se passait pas une session qu\u2019ils n\u2019aient été l\u2019objet d\u2019attaques souvent violentes.On les a vus déjà servir de sujets à d\u2019acerbes débats où on s\u2019attachait à couvrir de ridicule ces jeunes gens sincèrement dévoués à la cause de l\u2019agriculture méthodique et pratique dans les divisions rurales où ils sont placés.C\u2019est qu\u2019aujourd\u2019hui, même chez leurs anciens adversaires, personne ne peut nier le bien immense accompli par les agronomes dans les paroisses.Ceux qui les ont vus à l\u2019oeuvre ont compris.Nos agronomes ont assurément une compétence qu\u2019on ne peut leur nier.Ils sont instruits et font honneur à leur province et à leurs compatriotes.Nous ajouterions même que nos agronomes sont comme des liens entre les populations rurales et notre gouvernement même dans l\u2019administration des différents départements.Aussi, les voit-on partout à l\u2019oeuvre ; ils sont chargés de la statistique agricole, de la propagande pour différents produits de chez nous.On s\u2019en sert pour différentes campagnes d\u2019éducation, comme dans celle de refranchisation, et pour quelles autres oeuvres ne recourt-on pas à eux ?Et ils n\u2019ont pas fini leur travail.Avant donc de les trop critiquer ne conviendrait-il pas de leur laisser le temps de finir leur oeuvre.Et cette oeuvre, ils l\u2019ont si bien commencée en ce qui regarde la culture du sol.Une profonde évolution s\u2019est accomplie, grâce à eux, dans nos méthodes culturales.On a maintenant dans nos campagnes, en très grande partie, rejeté la déprimante routine ancestrale pour adopter des méthodes plus coûteuses, peut-être, de la culture scientifique, mais combien plus payantes.Or, on connaît l\u2019opiniâtreté de l\u2019attachement routinier chez les cultivateurs en général à tout ce qu\u2019on s\u2019est transmis de père en fils, depuis des générations.Une révolution qui met tout cela au rancart ne s\u2019accomplit pas en un jour.EH ce fut pourtant le gros de l\u2019oeuvre de nos agronomes, jusqu\u2019à présent.Ce n\u2019est pas peu dire en leur faveur.Nous connaissons quelques-uns de ces jeunes gens qui sont de véritables apôtres de la terre.C\u2019était an apôtre, par exemple, cet ancien agronome de Portneuf qui joignait à ses multiples fonctions, une intensive campagne d\u2019éducation, à travers tout son comté, en faveur de l\u2019embellissement des maisons d\u2019école des paroisses, au village et dans nos rangs.C\u2019était un apôtre également, celui dont nous lisions, naguère, le texte d\u2019une admirable causerie dans laquelle il rappelait ce que notre agriculture a accompli dans notre pays, ce qui restait à faire et où il montrait le rôle primordial que le cultivateur est appelé à jouer dans le développement économique de notre pays.Voilà pour l\u2019enseignement théorique, pour l\u2019exemple, pour les leçons d\u2019amour de la terre, de fa vie rurale, de l\u2019intérêt quelle doit provoquer.Il y a ensuite l\u2019exemple pratique du travail manuel et méthodique que les agronomes s\u2019efforcent, durant toutes les saisons de l\u2019année, d\u2019enseigner à nos cultivateurs qui ont compris, du reste, enfin, de façon générale, le mérite de ces jeunes gens qu\u2019ils estiment par-dessus tout, qu\u2019ils aiment, qu\u2019ils consultent volontiers et en toute occasion non seulement sur leur art de cultiver mais sur tous les problèmes de la vie économique et sociale.NOS AGRONOMES Au cours de la dernière session, il fut, à maintes reprises, question de la protection à accorder à notre gibier et à la gente poissonnière, quelle qu\u2019elle soit.On a jeté souvent le cri d'alarme contre les menaces qui pèsent sur certaines espèces de notre gibier et de notre poisson.Plus que jamais d\u2019anciennes prophéties, qu\u2019on prit à la légère dans le temps, sont en train de se réaliser, comme celles de Frank Forrester et d\u2019Henry de Puyjalon.Si, voilà une cinquantaine d\u2019années, on avait écouté les recommandations de ces hommes qui connaissaient si bien nos forêts et nos eaux, on n\u2019en serait pas aujourd\u2019hui à entretenir des craintes aussi sérieuses que celles qui poussent les autorités de la province à prendre des moyens énergiques et même coercifs \u2014 car on en viendrait là \u2014 pour sauver des espèces précieuses qui naguère encore constituaient pour la province une richesse inestimable.On ne prendra jamais trop de moyens pour protéger notre faune et notre poisson en même temps que développer la pêche et la chasse industrielles et sportives à la fois, pour réparer les désastres de ce braconnage improductif qui ruine, année par année, nos forêts, nos lacs et nos rivières et tarit un revenu qui devrait constamment augmenter chaque année.On a dit et on a répété que la richesse des produits de nos eaux et de nos pelleteries sont incomparables, ou plutôt l\u2019étaient, et que nous devrions chercher à les conserver coûte que coûte par tous les moyens possibles.La traite des fourrures a fait, jadis, la fortune de la Nouvelle-France et, encore de nos jours, les peaux de nos animaux sauvages, ceux des bois et des fermes d\u2019élevage, sont un appoint très important de nos revenus.Or, faut-il le dire, toutes ces richesses naturelles n\u2019ont pas encore inspiré à nos populations l\u2019idée de la conservation.Damase Potvin, de la Société des Ecrivains canadiens. ?*r* A.,' S 4 / UMUi ##//// t* il Ci-dessus, un angle de la petite chapelle des Bénédictins dont le monastère est sis au bord du Loch Ness, en Ecosse.Ici, nous voyons le Frère Raphael contemplant les fresques du Père Luc, lequel s'est largement inspiré des décorations des catacombes de saint Calixte, sur la voie Appienne.La figure peinte, à droite, est le portrait du Père Cyrille, le doyen du monastère.L'abbaye, un ancien fort, et les terres avoisinantes furent un don de Lord Lovât.L'ouverture officielle ne date que de 1880, date relativement bien récente.Ci-dessus, l'atelier de composition, attenant à celui de l'imprimerie.Parmi les travaux qu'y exécutent les moines, il faut mentionner les missels en latin et en vieil anglais, de même que des affiches et autres réclames pour la clientèle profane de l'extérieur.\u2014 Cl-contre, à droite, vue d'une des entrées conduisant au monastère de Fort Augustus.Par beau temps, les moines viennent y faire la promenade pour prendre te frais tout en priant et en méditant.L'Immeuble est un fort militaire qui date de la rébellion des Highlands, en 174S.A a vie monastique n\u2019a jamais été très florissante en Ecosse, Même avant la Réforme, les moines s\u2019étaient installés de préférence en Angleterre où il y eut, à cette époque, plus de 300 couvents de Bénédictins et de Cisterciens.Ce n\u2019est qu\u2019au XIXe siècle, soit vers 1875, que les fils de saint Benoît fondèrent une abbaye dans les Highlands d\u2019Ecosse, à Fort-Augustus.Là, se groupèrent quelques moines des diverses nationalités : trois réfugiés du Hanovre, un survivant de l\u2019ancien monastère de Ratisbon en Ecosse et plusieurs religieux venus de l\u2019abbaye de Downside en Angleterre.L\u2019ancien fort et les terres avoisinantes leur furent donnés par Lord Lovât, tandis que le Marquis de Bute contribuait généreusement aux frais d\u2019installation.Les moines habitèrent Fort Augustus dès 1878, mais ce *e fut qu\u2019en 1880 qu\u2019on en fit l\u2019ouverture officielle.Ces deux années furent bien employées.Le monastère actuel a un aspect austère qui cependant n\u2019a rien de militaire.La grosse tour de pierre qui abrite la cloche du couvent s\u2019élève sur une hauteur de 90 pieds, dominant ainsi le jardin qui a remplacé la cour de l\u2019antique caserne.A côté, il y a une maison pour les hôtes et une école, selon la tradition bénédictine.Peu de temps après leur installation, les moines installèrent chez eux un système hydro-électrique alimenté par un ruisseau qui descendait de la montagne et firent profiter les villageois de cette innovation ultra-moderne.On était alors en 1891, et à cette époque, la reine Victoria, dans son château écossais de Balmoral, s'éclairait aux bougies et aux lampes à pétrole.Les Bénédictins de Fort-Augustus ne se lèvent pas la nuit pour réciter l\u2019office, cependant, leur journée commence tôt, se partageant entre la prière et le travail.Debout dès 4 heures et demie, ils récitent l\u2019office, assistent à une messe basse, à primes.Le déjeuner, qui n\u2019est servi qu\u2019à 7 heures et quarante, est suivi de la messe conventuelle.Le dîner est servi à midi et demi, suivi d\u2019une heure de récréation.A 4 heures moins le quart, thé et collation.A 6 heures vêpres, puis souper et enfin complies à 8 heures et quart.Les heures qui ne sont consacrées ni à la prière, ni au repas,\t[ Lire la suite page 42 ] Le Samedi, Montréal, 1er mai 1948 LA VIE CATHOLIQUE / / LES BENEDICTINS en Ecosse Ÿi mm»*™ / , 'fy: gggjMBt fe' 4e*s Les nombreux lecteurs du \u201cSamedi\u201d ont maintes fois été captivés par le récit d\u2019exploits des vedettes du cinéma français ou américain.Ils ont lu avec un intérêt toujours croissant les biographies de ces étoiles de l\u2019écran, et bien des fois ils ont rêvé de visiter un jour cette contrée merveilleuse, ce coin de pays qui abrite les artistes dont on parle tous les jours.Pourtant, il n\u2019y a pas très longtemps de cela, le contraire s\u2019est produit.Il est arrivé en effet que de fameux artistes de l\u2019écran ont éprouvé un bien vif plaisir à entendre parler du Canada français, de la Province de Québec et plus particulièrement de notre Métropole.L\u2019occasion ?Une fête intime offerte à des vedettes telles que Victor Francen, Micheline Cheirel, Denise Darcel, Suzanne Cloutier, Marcel Journet et autres, par le pionnier des postes franchis d\u2019Amérique, le poste CKAC.Cette fête, un \u201cdîner canadien\u201d, groupait autour de la table joliment décorée de feuilles d\u2019érable, une vingtaine d\u2019invités de marque, y compris les étoiles de cinéma mentionnées plus haut.C\u2019est au restaurant \u201cLe Tricolore\u201d qu\u2019avait lieu ce dîner intime en présence de M.Alexandre de Manziarly, consul général de France à Los Angeles, et de M.Duclos, commissaire du gouvernement canadien.Notre compatriote, Henri Letondal, avait réuni tous ces invités pour l\u2019occasion.Le sympathique directeur artistique d\u2019autrefois, au poste CKAC, vit son bon travail couronné de succès, puisque tous furent enchantés de cette marque d\u2019estime.Disons aussi que le poste de la \u201cPresse\u201d offrait ce dîner canadien aux artistes français en témoignage d\u2019appréciation pour la participation de ceux-ci à ces fêtes du jubilé d\u2019argent célébrées il y a quelques mois.On se rappelle en effet que Victor Francen et les autres vedettes françaises avaient offert un programme spécial de félicitations à l\u2019adresse de CKAC lors des manifestations de son 25e anniversaire.Ici encore, c\u2019est Henri Letondal qui avait dirigé cette émission de la capitale du cinéma.A l\u2019issue du repas, les maîtres du restaurant \u201cLe Tricolore\u201d servirent aux invités notre délicieux fromage d\u2019Oka et du sirop d\u2019érable expédié tout spécialement par avion pour la circonstance.Le commissaire canadien fit les honneurs en découpant ce généreuses portions de notre célèbre fromage pour ses invités.Ajoutons que le sirop d\u2019érable fut également accueilli de façon enthousiaste par les convives et les commentaires les plus élogieux allèrent bon train une fois le repas terminé.Le tout se termina par une série de courtes allocutions au cours desquelles [ Lire la suite page 42 1 Le Samedi, Montréal, 1er mai 1948 LE CANADA FRANÇAIS EN CALIFORNIE UN DINER CANADIEN A HOLLYWOOD Par PAUL GÉLINAS Mini* p.r- __.\tiiWiltWWWI.jaBWU.M, ¦ Photo du haut, à droite, VICTOR FRANCEN recevant de la main de M.DUCLOS, Commis-faire du Canada à Los Angeles, la médaille offerte par le Poste CKAC pour sa participation à l'émission de son 25e anniversaire.\u2014 Ci-dessus, M.DUCLOS servant notre fameux fromage d\u2019Oka aux convives de ce beau diner.DENISE DARCEL, jeune chanteuse parisienne actuellement sous contrat avec Warner Bros., et qui participa, elle aussi, à rémission du 25e anniversaire du Poste CKAC, reçoit son trophée des mains du Commissaire du Canada.Le sourire de la jeune artiste témoigne de sa joie et de sa reconnaissance à l'endroit du Canada français.Photos Stan Dvorak.- HENRI LETONDAL qui, de Hollywood, a présidé aux fêtes du 25e anniversaire, reçoit à son tour la médaille de récompense présentée par M.D CLOS.On sait que notre compatriote poursuit avec brio sa carrière d'artiste dans la capitale du septième art, ce qui justifie le sourire de contentement de notre Commissaire à Hollywood. Au fronton d'une vieille porte de la citadelle sont les armes de Vauban.C'est ici la Cita- \"PBepp t mm t**\" V vdiisjaÉ -Airt-r\u201cC*- n »d \u20141 f .* delle de l'île de Ré où sont relégués les délin* quants qui ont été condamnés à plusieurs re* prises pour hold-up, trafic de stupéfiants ou vagabondage spécial.On y mène Ici une vie qui est loin de ressembler à celle des bagnards d'antan, car on ne déporte plus aujourd'hui les criminels comme on le faisait avant 1939.« ; La porte du bagne est difficile à franchir pour les honnêtes gens comme pour les criminels.Bien que la vie ne soit pas rose dans cette enceinte, l'administration pénitentiaire n'a pas voulu que le bagne de Ré fut frappé du même sceau effrayant que celui de Cayenne.Les méthodes de pure et simple coercition sont finies, pense-t-elle, et il s'agit de se montrer compréhensif et humain, même avec les criminels.On compte plutôt sur une rééducation rationnelle contrairement à l'ancienne méthode.Inutilisées, les chaînes se rouillent.La vue de ces fers peut nous donner un frisson dans le dos et nous rappeler l'impitoyable Moyen âge, mais il ne faut pas oublier que les pensionnaires, ici, sont loin d'être des anges.La contrainte demeure toujours la réponse indiquée à l'insubordination totale et II ne convient pas aux philosophes ou aux émotifs de l'appliquer.Retenons que ces procédés sont utilisés \"in extremis\".LA REEDUCATION DES CRIMINELS La Citadelle de l\u2019ile de Ré Par CHARLES-ANDRE DUPUY I Exclusif au \"SAMEDI \"I Le bagne, cette terrible survivance du passé, est mort en France depuis 1938.On ne déporte plus aujourd\u2019hui, comme on le faisait naguère, les criminels en Nouvelle-Calédonie ou à Cayenne.L\u2019institution du bagne a été abolie, à la fois par souci d\u2019humanité et parce que de nouvelles conceptions président maintenant aux rapports entre la société et les condamnés.On a constaté, en effet, après une expérience longue de 65 années, que la déportation à Cayenne ne donnait aucun bon résultat.On ne pouvait pas considérer que le châtiment du bagne devait être une simple punition, sans aucune sorte d\u2019espoir de régénération.On voulait croire que les travaux forcés, épreuve dure et longue, auraient une heureuse influence sur les criminels.Cela pourtant ne s\u2019est pas produit.Dans le domaine moral, on a été forcé de reconnaître qu\u2019aucune amélioration n\u2019était notée chez les individus punis de la déportation.La plupart d\u2019entre eux, arrivés au bagne, ne songeaient qu\u2019à \u201cfaire la belle\u201d, c\u2019est-à-dire à s\u2019évader.Quelques-uns y réussissaient.Ils s\u2019enfuyaient au Brésil ou à Cuba et grossissaient les rangs de la pègre sud-américaine.D\u2019autres restaient, leur vie durant, à Cayenne et s\u2019enfonçaient dans une irrémédiable déchéance, physique aussi bien que morale.La mortalité était considérable et fauchait impitoyablement les individus malades qui ne pouvaient résister aux brûlures du soleil et des insectes venimeux.Les derniers, enfin, qui bénéficiaient de mesures de grâce ou avaient terminé leur peine, retournaient en France, où, étant donné leur funeste passé, les portes se fermaient devant eux.Ceux qui avaient l\u2019intention de refaire leur vie s\u2019en ;JgC voyaient souvent empêchés, à cause de la méfiance qui pesait sur eux, à cause aussi de l\u2019étroite surveillance de la police qui ne leur pardonnait pas la moindre faiblesse.Beaucoup d\u2019entre eux, désespérés, renouaient fatalement des relations avec les milieux d\u2019escrocs et de dévoyés et ne tardaient pas, un mauvais coup accompli, à retrouver l\u2019atmosphère étouffante des prisons.Ainsi, l\u2019institution du bagne ne produisait que des fruits amers.L\u2019administration pénitentiaire, après des enquêtes sur leurs conditions d'existence des condamnés à Cayenne, proposa au gouvernement l\u2019abolition du bagne qui fut décrétée en 1938.Les condamnés aux travaux forcés accomplirent dorénavant leur peine dans des \u201cmaisons de force\u201d, autrement dit dans des prisons centrales où ils vivaient pratiquement au secret et passaient la majeure partie de leur temps dans d\u2019étroites cellules.C\u2019est le régime qui fonctionne encore aujourd\u2019hui.Mais si l\u2019on n'assiste plus au départ, de La Rochelle, des assassins et des escrocs célèbres, les chaînes aux .poignets et aux chevilles, sur le terrible bateau-prison \u201cLa Martinière\u201d, pour les horizons sinistres de Cayenne, on a conservé néanmoins une sorte de bagne, réservés aux individus frappés de rélégation.Les relégués sont les délinquants qui ont été condamnés à plusieurs reprises, pour hold-up, trafic de stupéfiants ou vagabondage spécial.Ces misérables sont considérés comme \u201cinsociables\u201d, c\u2019est-à-dire comme quasi-définitivement incapables de se plier aux normes juridiques ou morales qui gouvernent les sociétés.On les exile dès que leur dernière condam- MJy if ikfrliJI nation à une peine de prison est terminée, à Saint Martin de Ré, petite île de l\u2019Atlantique située à quelques milles de La Rochelle.Ils y mènent là une vie qui est cependant loin de ressembler à celle des bagnards d\u2019antan.Certes, leur existence n'est pas rose, et il est bien entendu que s\u2019ils sont envoyés dans l\u2019île de Ré, ce n\u2019est pas pour y mener une vie de rentiers.Mais l\u2019administration pénitentiaire n\u2019a pas voulu que le bagne de Ré soit frappé du même sceau effrayant que celui de Cayenne.Les méthodes de pure et simple coercition sont finies, pense-t-elle, et il s'agit de se montrer compréhensif et humain, même avec des criminels.C\u2019est ce que pense M.Girardot, ancien directeur de la prison de Fresnes, qui est devenu directeur de la citadelle de Ré.C\u2019est un homme juste et bon.Lorsqu\u2019un détenu a une demande à formuler, il peut en faire part à son directeur, d\u2019homme à homme.\u201cIl faut obtenir des résultats par la confiance, nous dit M., Girardot qui, pour la première fois a accepté de recevoir des journalistes.Un détenu avait dix-sept ans lorsqu\u2019il est entré ici.Il en a quarante-sept aujourd\u2019hui.Mais lui et moi ne désespérons pas qu\u2019il soit sauvé.Si, sur les deux cents hommes qui sont ici, je puis en sauver dix, et si l\u2019on me permet de rendre ces dix-là à la société, je m\u2019estimerai satisfait de ma tâche.\u201d Les relégués jouissent d\u2019une discipline assez liberale.Théoriquement les jeux d\u2019argent leur sont interdits, car l\u2019argent pourrait faciliter leur évasion, mais ils ont le droit \u2014 ce que les forçats n'ont pas \u2014 de fumer et de parler.Ci-contre, à gauche, un paysage serein qui semble inviter aux joies silencieuses de la méditation.Et pourtant, à deux pas de là, dans la Citadelle, s agitent des drames de conscience bouleversants.C'est pourquoi les gens du pays vous diront que I on voit souvent passer l'abbé Picaud, aumônier catholique et le capitaine Pérus de l'Armée du Salut qui sont les seuls soutiens de ces hommes ayant perdu tout espoir.Au loin, quelques prisonniers au travail dans le champ s'arrêtent un instant par curiosité pour voir le photographe \u2022s 4bü Non, ce n'est pas ici une scène de film, mais c'est bien les authentiques gardiens de la Citadelle de l'île de Ré, appelés \"gates\" par les détenus, que l'on voit ici par cette fenêtre.Ils ont installé leur mess dans une vieille salle de garde construite par Vauban.Remarquez les motifs décoratifs sur le mur du fond, lesquels indiquent un changement reposant d'atmosphère.En mangeant, on échange des impressions de gardiens.Comme on verra dans l'article ci-dessous, on cherche à rééduquer les détenus dans la Citadelle de l'ile de Ré.La scène que l'on voit ici révèle un aspect du procédé.La chorale du bagne, dont un condamné à perpétuité est le chef, répète les chants de Noël dans la chapelle sous un éclairage qui n'a rien de luxueux, comme on peut juger.La lumière, ici, doit être intérieure et la prière chantée doit opérer.Mourir au bagne est une triste fin, mais cela arrive et ceux qui dorment de leur dernier sommeil dans le cimetière de l'établissement ne l'ont pas volé, comme on dit.La vue de ce coin du bagne est impressionnante dans sa désolation et peut servir de thème à un François Villon XXe siècle.Sait-on jamais ?jusqu'à des lettrés y vivent.En attendant, constatons l'infinie tristesse de ce tertre qui a bien l'air d'un terrain abandonné.Ils ne sont pas astreints aux travaux forcés.Mais nombreux sont ceux qui désirent travailler.C\u2019est pour eux un dérivatif à l\u2019ennui.Ils sont alors payés selon des tarifs horaires normaux, et ils ont droit aux 7/10 de leur salaire.Les 3/10 restant sont versés à leur pécule dont ils pourront disposer.le jour, assez improbable où ils seront libérés.Leur salaire leur est versé sous forme de bons qu\u2019ils peuvent dépenser à la cantine de la prison.Les compétences sont utilisées dans le travail.C\u2019est un ancien élève de l\u2019Ecole centrale des Arts et Manufactures, spécialiste du chèque sans provision, qui est chargé de l\u2019entretien de tout le matériel électrique du dépôt.Un ancien commandant, condamné treize fois pour trafic de cocaïne, est devenu un ex- cellent garçon de bureau qui dépouille et classe les dossiers.Tous ces hommes se raccrochent à la religion comme au travail et à la vie.Cela est une constata- Ci-dessou$, les relégués, levés à 7 heures du matin terminent leur journée à 7 heures du soir.Ce n'est ni l'hôtel Meurisse, ni l'hôtel des Ambassadeurs, mais un dortoir réduit à sa plus simple expression.En plus d'y trouver le repos on a l'occasion de converser, de sourire et même de lire.Le charme de l'intimité n'est plus qu'à l'état de souvenir : c'est un luxe qu'il faut oublier en attendant la rééducation et la libération.\tPhotos Claude Froment/.tion réconfortante.Un aumônier catholique, l\u2019abbé Picaud, et le capitaine Pérus, de l\u2019Armée du Salut, qui a vécu trois ans parmi les bagnards à Cayenne, sont leurs meilleurs amis.Le dimanche, à la messe, la chapelle est pleine à craquer.Tous ces hommes, dont la, plupart sont frustes, semblent prier avec ferveur.On se doute de la nature de leurs voeux.Peut-être leur conduite exemplaire leur permettra-t-elle de se racheter un jour ?Peut-être les semaines qui viennent leur apporteront-elles cette liberté \u201cconditionnelle\u201d qu\u2019on leur a cent fois promise, à laquelle ils croient encore, car ils la voient briller au loin, comme une étoile .Copyright by C a nado-Mondial ; H y.\u2022 / frf à .I | i 'v>V^\u2018 - _ nv^ü ,K t\t\u2019^ÉÊEK&- \u2022 Y*»*** ;// COMM.Avec ion livre intitulé \"Un voyage dans la lune\", Jules Verne a fasciné notre enfonce.Si.aujourd'hui, le grand rêve n'est pas encore réalisé, on peut dire que l'imaginatif auteur serait bien fasciné de voir, lui aussi, qu'on cherche à scruter les secrets de l'astre de la nuit au moyen du radar et même aussi de la télévision.Dans un observatoire américain, nous voyons ici que l'appareil enregistreur de télévision a été attaché à un puissant télescope pour que rimage de la lune soit envoyée sur les ondes et, par le fait, servir d'attraction au public.Le cliché de droite nous donne le résultat de l'expérience.Et voici la Madame la Lune sans fard, ni beauté, telle qu'elle devait apparaître au regard des hardis explorateurs de Jules Verne.L'expérience a au moins démontré que la télévision n'est pas un mythe, de même que le radar qui l'avait devancée dans ses taquineries avec notre satellite.Avec l'avion fusée qui fait des progrès vraiment étonnants, il nous faudra bien croire un jour qu'on pourra se rendre dans la lune, après tout.Qui vivra verra, comme dirait l'autre, et c'est dommage que Jules Verne n'y soit plus ! Ci-contre, à droite, la chambre voisine de la salle de réunion du cabinet de guerre, chambre où Winston Churchill goûtait quelques heures d'un repos bien gagné.On imagine quelles visions tragiques ont dû hanter ses rêves ! Ci-dessous, un groupe de révolutionnaires grecs, récemment capturés en Epire, passent à l'inspection d'un officier du service secret du gouvernement grec.On assure que les partisans du général Markos mettent chaque jour bas les armes, et cela en nombre sans cesse croissant.Comme on le voit, ceux-ci sont vêtus de guénilles et bien mal chaussés.Le tribunal militaire en a condamné un grand nombre à mort, y compris des femmes.Tet est le résultat de la \"cold war\" ou \"guerre perlée\" des communistes, ce qui est bien dommage pour la Grèce, berceau de notre civilisation, surtout si l'on n'oublie pas que ce malheureux pays a été l'un des premiers à souffrir atrocement du dernier conflit.On peut redemander ce qu'en pensent cet pauvres malheureux guérilleros dont la photo apparaît ci-dessout.Ci-dessus, la plus récente photo de Mme IRENE JOLIOT-CURIE.prise au cours d'une conférence de presse qui suivit son séjour à Ellis Island où elle avait été détenue par les autorités américaines.On peut supposer que cette lauréate du prix Nobel de physique a dû établir une comparaison entre l'accueil que lui fit cette fois le peuple américain et la réception accordée jadis à Mme Curie et à ses deux fillettes universellement connues.m 10 Le Samedi, Montréal, 1er mai 1948 DANS LE MONDE SPORTIF PAR OSCAR MAJOR y y+%: prenait place à côté des yachts de plaisance qui se pressaient dans la rade de Cannes.L\u2019irruption de la police se fit foudroyante.Seul, Palmers, doué d\u2019une force herculéenne, parvint à se libé- rer de la rude étreinte de ceux qui lui avaient mis la main au collet.\u2014 Vous ne m\u2019aurez pas vivant ! s\u2019écria-t-il.Vous ne me lyncherez pas comme vous avez lynché mon père, sales blancs ! Et, secouant les deux policiers comme le sanglier se débarrasse des chiens accrochés à ses oreilles, il s\u2019élança pardessus bord.Un coup de revolver claqua ; sur l\u2019eau, une tache de sang apparut ; cependant toutes les recherches pour retrouver le corps furent vaines.Sachant le mulâtre excellent nageur, des barques de la police, des équipes de douaniers battirent tous les recoins de la côte et jusqu\u2019aux îles de Lerins.La Méditerranée garda son secret, linceul liquide où le principal complice du tueur de femmes trouva le définitif oubli de ses haines et de ses forfaits.L\u2019instruction de l\u2019affaire du rapide, qui était devenue aussi celle du meurtre de la Turbie, fut longue, car l\u2019arrestation du beau Manoel entraîna la découverte d\u2019un actif trafic de drogues où l\u2019opium et la cocaïne tenaient le premier plan.Beau joueur, quand il se vit perdu, l\u2019ancien protégé de la se-nora Inès d\u2019Ayunanda y Castillo mit une sorte d\u2019atroce point d\u2019honneur à revendiquer tous ses crimes et une certaine générosité à innocenter le malheureux comparse qui allait partager, aux Assises, sa dangereuse notoriété.Paul Lambert n\u2019était qu\u2019un acteur besogneux, rencontré un jour de détresse sur le pavé de Marseille où l\u2019avait abandonné un imprésario , sans scrupules.Sa taille, sa corpulence et, surtout, sa connaissance dans l\u2019art de se grimer, lui valurent ses délicates fonctions, mais, affirmait Manoel, jamais il n\u2019avait été mis au courant du motif qui lui faisait jouer tantôt le rôle de l\u2019élégant Mexicain, tantôt celui de son demi-frère, le mulâtre millionnaire.Quand Manoel fut devenu à Rome le protégé de la belle comtesse Bianca Centilliani et que, pour s\u2019emparer de ses bijoux, le tueur de femmes eut décidé de la supprimer, Paul Lambert, descendu dans un palace d'une autre cité italienne, ignorait pourquoi il devait porter le nom de son patron.De même, au moment du crime de Ville-d\u2019Avray, le secrétaire-sosie faisait une randonnée en auto en compagnie de George Palmers et, le soir du crime, tous deux avaient été vus autour des tables de jeux du cercle de Vichy.L\u2019issue du procès ne pouvait être douteuse.Me Bressac plaidait pour la partie civile, en l\u2019espèce des parents éloignés de la dernière victime : Linda de Weill.Une seule des morts violentes avait été écartée : celle de la pauvre Marie-Claire dont le décès avait été accidentel, du moins Manoel l\u2019affirmait \u2014 la jeune femme se serait tuée en luttant contre le mulâtre qui avait seulement pour mission de l'emprisonner jusqu\u2019au moment où on pourrait, sans danger, la conduire à bord.Là, ses révélations ne seraient plus à redouter.Pendant cinq longues audiences la foule se pressa dans la salle trop petite du Palais de Justice.Si Irène ne put, sans émotion, charger un homme dont la tête était en jeu, par contre la comtesse de Lérissy ne voulut point cacher l\u2019exécration qu\u2019elle éprouvait pour l\u2019assassin de son infortunée parente.Quand l\u2019impitoyable verdict retentit dans le silence angoissé de la salle, un seul cri s\u2019éleva : celui de Guillaume se réjouissant du châtiment qui attendait l\u2019homme abhorré, celui qui lui avait ravi le seul rayon de soleil de son existence d'infirme.Marie-Claire, la soeur chérie, dont le tendre sourire n'avait pas désarmé l\u2019injuste destin.LA VIE COURANTE .par George Clark \u2014 SI mon fiancé entend faire un mari comme papa, il apprendra de quel bois je me chauffe ! \u2014 Ta, ta, ta, je disais la même chose à ton âge .k., ¦ V f.IV Léo Gestelys Le Samedi, Montréal, 1er mai 1948 CHOSES ET AUTRES 23 UN ENCOURAGEMENT DU SAINT PÈRE n talt seneus^merlt du sort des enfants juifs et qu\u2019il ne voulait épargner aucun effort pour leur bien-etre.En même temps, il a félicité l\u2019organisation PakstS\tS°U ger S SOuffrances du Peuple juif en Europe et en , ./\u201cY0US \"\u2019êtes pas.le premier groupe de votre peuple éprouvé qu\u2019il nous ait fait plaisir de recevoir ici dans le foyer de la famille chrétienne,\u201d a dit le Souverain Pontife.Nous prenons occasion de votre visite pour vous répéter une fois de plus combien profondément notre coeur paternel a été ému des manifestations de gratitude pour ce que nous avons été capables et heureux de faire afm de soulager les miseres de votre peuple, parmi tant d\u2019autres, au cours des jours sombres de la guerre.La mission que Dieu nous a donnée ouvre nos coeurs aux souffrances de toils ses enfants et aujourdhui, plus spécialement, nous voulons sauver les petits qm ont un tel besoin de la protection, des soins et de l\u2019assistance d'un père Ils ont toujours été si chers au coeur du Christ.\u201d Nous invoquons avec joie la bénédiction du Dieu souverain sur toutes les entreprises charitables que vous ferez en son nom.Que sa grâce et son amour aident tous les hommes à purifier ce plus divin de tous les sentiments et devoirs humains de fous ceux qui ne sauraient être dignes de son auteur, et qu\u2019ainsi il ramène bientôt la paix à sa grande famille humaine et la nôtre.\u201d La délégation, comprenant des membres importants de groupements juifs des Etats-Unis, fait une tournée de plusieurs pays européens afin d\u2019étudier le problème des réfugiés juifs pour le United Jewish appeal qui, cette année, sollicite la somme de $250,000,000 pour l\u2019aide des Juifs en détresse.La délégation a déjà visité la France, l\u2019Allemagne et l'Italie et doit bientôt partir pour la Palestine.Sa Sainteté a reçu un représentant du Congrès juif canadien, M.Allan Bronfman, de Montréal, il y a quelques mois et il lui a dit l\u2019importance qu\u2019il attache au sort des victimes sans foyer de la guerre.L\u2019HUILE DE TUNG EN CHINE \u201cLa Chine a ^reconquis sont marché d\u2019exportation international d\u2019huile de tung d\u2019avant-guerre, et les perspectives, pour 1948 semblent plus brillantes encore.\u201d Dans un article du China Trade Monthly, M.Wong Lung-sung, gérant de la succursale de Shanghai de la China Vegetable Oil Corporation, a déclaré que les perspectives pour l\u2019exportation de l\u2019huile de tung en 1948 semblaient excellentes.L\u2019encouragement donné par le Gouvernement à la culture des arbres qui produisent l\u2019huile de tung, l\u2019augmentation de la consommation, de ce produit par les pays étrangers, et la popularité croissante de l\u2019huile de tung dans l'industrie de la peinture et des vernis en sont les principales causes.M.Wong prédit que la récolte de 1948 donnera quelque 80,000 tonnes fortes d\u2019huile.La Chine elle-même n\u2019en consomme que 10 pourcent.Il reste donc pour l\u2019exportation une quantité égale à celle de l\u2019année dernière, soit 74,000 tonnés qui ont rapporté près de $30,000,000.Cela constitue presque 15 pourcent du total de l\u2019exportation, un surplus sur 1946.Ce chiffre se compare bien à la moyenne des années 1935-39 d\u2019avant-guerre.Ce sont les Etats-Unis qui ont été les principaux acheteurs avec 66.17 pourcent de l\u2019exportation totale d\u2019huile de tung.L\u2019Europe vint en deuxième avec 15.48 pourcent ; la Grande-Bretagne, 10.66 pourcent ; U R S S., 4.24 pourcent ; et les autres pays, 3.45 pourcent.UN \"TRANSMETTEUR DE COUP AU BUT\" Quand ils s\u2019exercent sur une cible remorquée, les mitrailleurs d\u2019un avion n\u2019ont eu jusqu\u2019ici aucune possibilité de vérifier la précision de leur tir avant que la cible, ramenée au sol, ait pu être examinée.Ceci impliquait naturellement une grande perte de temps et l\u2019échange fréquent de cibles.Ces inconvénients sont, paraît-il, éliminés au moyen d\u2019un \u201ctransmetteur de coup au but\u201d élaboré par la Société de Constructions-aéronautiques SAAB, de Linkoping.Le dispositif indicateur se compose de trois éléments principaux : un microphone de poids léger placé dans la cible, un bloc amplificateur enregistreur placé dans l\u2019avion remorqueur et un câble de remorque renfermant le fil électrique qui relie le microphone à l\u2019enregistreur.Le microphone réagit à la pression de l\u2019onde créée par le passage de l\u2019obus, l\u2019influence de la pression dynamique régulière créée par lé remorquage de la cible ayant été éliminée d\u2019avance.Le bloc amplificateur peut être utilise pour enregistrer les résultats du feu de deux manières : par des rapports de l\u2019equipage de 1 avion remorqueur au mitrailleur ou bien au moyen de signaux de radio transmis par la radio de l\u2019avion remorqueur et reçus par le mitrailleur qui peut ainsi écouter continuellement la position de son feu.Par une série de réglages du bloc enregistreur, la zone sensible qui environne la cible peut être modifiée selon le calibre des munitions employées, la distance qui sépare la cible et le mitrailleur, l\u2019angle entre l\u2019avion qui attaque et l\u2019avion remorqué, etc.Par Mme ROSE LACROIX Directrice de l\u2019Institut Ménager, du SAMEDI et de LA REVUE POPULAIRE ROGNONS SAUTES 4 rognons de porc\t3 c.à table de graisse sel et poivre Faire dégorger dans l\u2019eau froide, c\u2019est-à-dire faire tremper des rognons de porc ou de jeune boeuf au moins Va heure.Enlever la peau, les fendre en deux et retirer les parties nerveuses.Couper en petits morceaux, passer dans la farine et faire sauter dans de la graisse chaude 10 à 15 minutes.Retirer et conserver à la chaleur.Saupoudrer dans le fond dè cuisson 2 c.à tb.de farine, brasser le corps gras jusqu\u2019à ce que le mélange soit crémeux et mouiller avec 1% tasse d\u2019eau chaude.Remettre dans cette sauce les rognons pour les réchauffer et servir aussitôt.6 services.PATE DE FOIE 2 Livres de foie de porc ou de jeune boeuf IVe livre de lard frais Passer le tout au hache-viande et ce qui est plus pratique, aller chez le boucher et faire hacher le tout pour être certaine d\u2019avoir du foie bien frais.Mettre dans un bol, assaisonner avec 2 c.à thé de sel, % de c.à thé de poivre de céleri ou à défaut de poivre ordinaire, % de c.à thé de clou, % c.à thé de cannelle et Ve gousse d\u2019ail écrasée.Battre le tout avec une cuillère pour bien mêler les assaisonnements.Vérifier pour constater que le mélange est à point et ajouter si nécessaire un peu de sel et de poivre.Verser le tout dans un plat bien beurré, couvrir d\u2019un papier fixé avec un élastique ou une ficelle et faire cuire au bain-marie dans un four doux de 300° F.La cuisson au four au bain-marie se fait en mettant le plat à cuire dans une lèchefrite remplie d\u2019eau chaude.On- utilise ce mode de cuisson quand on veut avoir une chaleur humide.Laisser cuire le pâté 3 Heures.Retirer du four, laisser refroidir couvert et mettre à la glacière ou au frais le plus tôt possible.Le pâté de foie bien réussi doit avoir la consistance d\u2019une pâte liée qui se beurre bien.S'il s'émiette, c\u2019est probablement parce qu\u2019il a cuit à une chaleur plus élevée que 300° F.Quand vous constatez que l\u2019eau bout dans la lèchefrite, mettez un peu d\u2019eau froide pour arrêter l\u2019ébullition.CREME DE COCO 1% tasse de lait 2 oeufs\tVi de tasse de sucre Vz tasse de noix de coco râpée Battre les oeufs avec le sucre et y verser le lait préalablement chauffé.Cuire au bain-marie jusqu\u2019à ce que le mélange colle à la cuillère.Ajouter la noix de coco puis 1 c.à thé de vanille.Laisser refroidir et servir dans des coupes.Garnir de crème fouettée et de noix de coco.BISCUITS A LA MELASSE Ve tasse de végétaline\tVi de tasse de sucre % de tasse de mélasse 1 oeuf\t1 c.à thé de bicarbonate de soude 3 tasses de farine environ 1 c.à thé de sel\t1 c.à thé de gingembre Crémer la végétaline avec le sucre, ajouter la mélasse puis l\u2019oeuf et bien battre.Tamiser la farine, la mesurer et la tamiser de nouveau avec le bicarbonate de soude et le sel.Ajouter la farine pour faire une pâte ferme et qui se roule bien.Il sera peut-être nécessaire d\u2019ajouter de la farine.Si cette pâte repose au frigidaire quelque temps, elle se roulera plus mince et c\u2019est essentiel.Mettre sur une tôle beurrée et faire cuire au four de 350° F 10 à 12 minutes.CREME AUX OEUFS AUX POMMES DE TERRE NOUVELLE LENTILLE INDUSTRIELLE Dès ce mois, on pourra voir à la Foire des Industries britanniques une lentille inusitée employée dans l\u2019industrie pour la vérification de pieces detachees minuscules entrant dans la fabrication des postes de T.S.F.midget de meme que de la texture des tissus de grande finesse.Cette lentille grossissante est fabriquée avec du méthacrylate de méthyle, plastique dont le poi s est e p.100 moindre que celui des loupes en verre.Elle est en outre supérieure a ce.les-ci, du fait qu\u2019elle assure simultanément aux deux yeux une image claire :*v.Le Samedi, Montréal, 1er mai 1948 naissaient parfaitement les aîtres du palais et ont tablé sur votre absence.A quel moment avez-vous découvert le vol ?\u2014 Mais il y a une heure, comme je rentrais de voyage.Sitôt en pénétrant dans cette salle, je vois là.Guido Recci s\u2019arrêta net, en proie à un saisissement brutal.Saint Sébastien était sur son chevalet Les deux policiers se regardèrent, puis considérèrent sans mot dire Guido Recci.Celui-ci devina leur pensée.Mais comment leur ferait-il admettre qu\u2019il n\u2019avait pas été victime d\u2019une hallucination ?Lui-même se prenait à en douter.Pourtant, ses yeux ne l\u2019avaient pas trompé.Mais nul ne saurait jamais que Saint Sébastien avait, pendant quelques heures, déserté l\u2019antique palais pour apporter à une jeune artiste mourante la lumière de son regard et lui permettre d\u2019achever son oeuvre.Et ni les Titien, ni les Raphaël, témoins du fantastique enlèvement, ne trahiront le jeune Français qui, achetant à prix d\u2019or la complicité d\u2019un gardien, risqua la-déportation dans une île lointaine pour qu\u2019une petite Florentine au visage de madone mourût heureuse .Anne-Makœ Delohd Testa L'ÉDUCATION On ne devrait recourir que très rarement et même en désespoir de cause, aux punitions corporelles pour corriger un enfant désobéissant.Voilà le conseil donné aux parents dans une plaquette publiée par la Division de l\u2019hygiène mentale du ministère de la Santé nationale et du Bien-être social.Si ces punitions sont infligées trop souvent, elles feront naître chez l\u2019enfant un sentiment de rancoeur, parce qu\u2019il est trop petit pour se défendre.Cette rancune pourra aussi produire ahez l\u2019enfant le goût de la cruauté envers les autres quand il aura grandi et lui rendre plus pénible d\u2019accepter l\u2019autorité dans la vie adulte.La plaquette \u201cObéissance\" présent* aux parents des suggestions sur la manière d\u2019enseigner aux enfants comment ils doivent obéir.Lorsque vous demandez à votre enfant de faire quelque chose, ne lui laissez jamais l\u2019impression que vous attendez autre chose de sa part.Exigez le moins possible, mais assurez-vous que l\u2019enfant respecte vos ordres.Rien n\u2019est plus difficile à un enfant de contracter de bonnes habitudes si ses parents sont indulgents un jour et sévères le lendemain.L\u2019enfant ne saura que faire et deviendra donc plus difficile à manier.Il est bon de demander à l\u2019enfant de faire quelque chose, plutôt que de lui en donner l\u2019ordre.Il apprend ainsi à collaborer.Il est mal d\u2019acheter son obéissance car l\u2019enfant devrait apprendre que de faire des courses est sa propre contribution importante au bien-être de la famille.Les cajoleries \u201cFais cela pour maman\u201d sont un aveu dé faiblesse et un appel injuste à la sympathie de l\u2019enfant qui s\u2019en fatiguera bientôt.Il faudrait demander à l'enfant, dès l\u2019âge le plus tendre, de rendre certains petits services, ranger ses jouets, par exemple.Il acquiert ainsi le sens de la responsabilité.On conseille aux parents de s\u2019enquérir de la cause, lorsque leurs enfants sont particulièrement dissipés ou désobéissants.C\u2019est peut-être la fatigue, un rhume en puissance, un mal d\u2019estomac.L\u2019enfant se sent peut-être moins aimé de ses,parents à cause d\u2019un petit frère ou d'une petite soeur qui retient leur attention. \u2014 ^ y a ~vviv,> grande pour laisser passer l'embarcation, qui sy glissa.Il était plus que temps cependant, car dès que les jeunes gens furent dans 1 obscurité, ils virent les quatre bateaux à vapeur passer en vitesse à quelque distance du rocher, sous lequel ils étaient cachés.5\t\u2014 L\u2019aéroplane de Michel et de Ted était endommagé, alors ils ne pouvaient s\u2019en servir, mais La jeune fille avait une légère embarcation et les jeunes gens y portèrent le coffre au trésor.Puis, ils y montèrent et s\u2019éloignèrent à la rame.Soudain, Norma jeta l\u2019alarme en apercevant de nouveau les bateaux à moteur.8 \u2014 \u201cVous êtes une amie, Norma ! \u201d lui dirent les deux jeunes hommes.\u201cVous avez sauvé le trésor pour nous.\u201d \u201cN\u2019en soyez pas trop certains ! \u201d dit la jeune fille en souriant.\u201cVous n\u2019êtes pas encore sauvés, vous savez ! Ne vous aventurez pas hors d\u2019ici avant la tombée de la nuit, car vous pourriez avoir des surprises ! \u201d 6\t\u2014 \u201cRamez dans la direction de ce rocher ! \u201d s\u2019écria-t-elle \u201cIl y a une caverne où nous pourrons être cachés ! \u201d Vivement, les deux amis firent tourner l\u2019embarcation et furent bientôt à l\u2019abri sous le rocher qui les cachait de tout ce qui pouvait venir de l\u2019autre côté.Là, se trouvait la caverne, comme Norma le leur avait dit.9 \u2014 Alors, ce n\u2019est qu\u2019après que la nuit fût venue que Michel et Ted sortirent de la caverne avec leur chaloupe.Mais, avant d\u2019avoir atteint une bien grande distance, le rayon d\u2019un phare puissant tomba directement sur eux.Leurs ennemis Les avaient-ils trouvés ?Comment sortiront-ils de cette situation ?\t[ Suite an prochain numéro ]; 3 \u2014 C\u2019était elle qui avait aidé Michel et Ted à s'évader de ITle-aux-Pirates, en refusant cependant de leur dire pourquoi elle vivait sur l\u2019île.Après les avoir salués, elle pointa du doigt vers la mer.\u201cRegardez ! \u201d leur dit-elle.\u201cVous voyez ces bateaux à moteur ?\u201d Miohel et Ted s\u2019approchèrent plus près, sur la grève.\u2022ft/*i.^ 1 \u2014 Enfin, Michel et Ted se retrouvaient en plein air avec leur fardeau.\u201cJe suis à bout de forces ! \u201d dit Michel.\u201cVa donc chercher les outils, Ted.Je ne pourrais faire un pas de plus!\u201d Ted alla donc chercher Les outils et ils commencèrent La tâche d\u2019ouvrir le vieux coffre qu\u2019ils venaient de trouver.¦S.NVA- 2 \u2014 Ted venait à peine de commencer à frapper son ciseau à froid de son marteau, lorsque soudain une voix venant du bord de l\u2019eau se fit entendre : \u201cAllô ! là haut ! \u201d Les deux jeunes gens se retournèrent et furent surpris, autant que ravis, en apercevant la jeqne fille qui avait nom Norma.Elle s\u2019avança. 26 Le Samedi, Montréal, 1er mai 194S WWSACuiiï EPISODE NUMERO VINGT-CINQ nm/Æpz- GàX '.«Sb»?> « 1\t\u2014 On se rappelle que, pendant que nos trois amis étaient prisonniers, au sommet de la tour maintenant détruite, Santos avec un compagnon avait fait sortir M.Wilton d\u2019une pièce du rez-de-chaussée.\u201cJe voudrais bien de nouveau rencontrer Santos et Blackie.Son désir devait bientôt se réaliser.2\t\u2014 Entendant le bruit d\u2019une dispute, les trois jeunes gens s\u2019empressèrent et, en arrivant sur les bords de la rivière, ils aperçurent Santos et son complice qui étaient attaqués par une bande d\u2019indiens furieux.Les deux chenapans se battaient désespérément, pendant que M Wilton, faible et malade, regardait la bataille.< 3\t\u2014 Mais les tables tournèrent pour les Indiens, car Blackie entra en scène.Rugissant comme un boeuf, les yeux brillants et pleins de colère il s'élança sur les indigènes, frappant à droite et à gauche.Il saisit leur chef comme un ballot de paille, le fit tourner au-dessus de sa tête et le lança au milieu des sauvages '*// mm* 4 \u2014 Santos avait été jeté tête première dans la rivière par un des Indiens.Le courant très fort l\u2019entraîna immédiatement.Ses appels ne furent pas entendus à cause des cris furieux, poussés par les sauvages qui fuyaient maintenant à toutes jambes.Les trois jeunes gens ne virent donc pas le Mexicain.5\t\u2014 Ce qui arriva au sinistre ravisseur demeura inconnu des jeunes gens.Peut-être lui fut-il impossible de s\u2019en tirer.Barry, Bill et Blackie se tournèrent vers M.Wilton qui avait été laissé de côté, cet homme pour qui les trois jeunes gens avaient bravé tant de dangers.Le pauvre homme paraissait heureux du résultat.6\t\u2014 Durant les jours qui suivirent, pendant qu\u2019ils se reposaient au camp, les trois compagnons racontèrent à M.Wilton comment ils avaient rencontré sa fille en Australie et leurs aventures, en tentant de le retrouver.M.Wilton reprenait des forces et, un jour, il amena les jeunes gens à une vieille mine.HT SE WA U III v'x&m.7\t\u2014 Cette mine se trouvait au pied de la montagne de El Karu.\u201cVous voy.ez, mes amis,\u201d leur clit-il \u201clorsque Santos constata que j\u2019avais découvert une mine d\u2019argent, il pensa que je désirais ce métal, mais je sais qu\u2019il n\u2019en reste pas.Cependant, dans cette mine, il y a un trésor laissé par des Indiens.\u201d 8\t\u2014 Suivant les directions d\u2019un plan qu\u2019il avait gravé dans sa mémoire, V plan lui-même ayant été détruit afin que Santos ne le trouve pas, M.Wilton trouva le trésor dans une cavité secrète de la mine.Ce trésor valait une fortune.Dès lors, commença la tâche difficile d'apporter cette charge avec eux.* 9\t\u2014 Le voyage fut long, mais tous avaient la joie au coeur.M.Wilton d\u2019avoir échappé à ses ravisseurs et les trois jeunes gens d'avoir atteint leur but.Trois semaines plus tard, ils atteignaient Puerta, le port mexicain d\u2019où ils s'étaient embarqués.Ils eurent là une surprise.La fille de M Wilton était là pour les accueillir.\tFIN Le Samedi, Montréal, 1er mai 1948 27 RIEN DE SÉRIEUX LA VIE COURANTE .par George Clark \u2014 L'avenir?Mais j'en ai de l'avenir_____je compte devenir un avocat ou un crooner, et peut-être même les deux à la fois .Cette scène s\u2019est passée au tribunal.L\u2019avocat plaidait avec de grands gestes de ses larges manches et il n\u2019en finissait plus.Il avait l\u2019air parti pour si longtemps que tous les témoins, qui pensaient à leurs petites affaires personnelles, en avaient mal aux dents d\u2019impatience.Tout à coup au beau milieu d\u2019une phrase, on entend un magistral coup dé sifflet.Fureur du président.On cherche le coupable, on ne le trouve pas.\u2014 Bien, dit le président.Pour vous apprendre, Messieurs, à respecter La Justice, je vous avertis que le premier qui s\u2019avisera de commettre encore semblable plaisanterie, sera aussitôt renvoyé chez lui avec interdiction de reparaître ici ! Il n avait pas achevé sa menace qu\u2019on entendait un second coup de sifflet,1 interminable cette fois.C\u2019était l\u2019accusé ! \u2022 Un voyageur arrive dans un hôtel, dîne et puis monte dans sa chambre.\u2014 Faudra-t-il réveiller Monsieur?demande le garçon.\u2014 Inutile, j\u2019ai besoin de repos.Pourtant, le lendemain, à sept heures, on frappe à sa porte.\u2014 Qui est là ?\u2014 H est sept heures.\u2014 Je m\u2019en fi.Laissez-moi tranquille.Le soir, au moment de partir, il demande sa note, l\u2019examine et lit ces mots : \u201cAvoir réveillé Monsieur par erreur, 25 cents.\u2022 Le monsieur qui veut maigrir.\u2014 Je prends de l\u2019exercice, Docteur.Ce matin encore, j\u2019ai fait une promenade à cheval, je vais beaucoup mieux.\u2014Le docteur.\u2014 Et le cheval, comment va-t-il ?On était habitué à voir ce monsieur sans cheveux.Jusqu à présent, il avait manifesté le dédain le plus grand pour les perruques, mais, l\u2019autre soir, au théâtre, une admirable perruque ornait son crâne.Au premier entr\u2019acte, une dame bien informée lui décoche avec intention cette phrase admirative : \u2014 Mais .vous êtes superb?, ce soir, vos cheveux vous sont donc revenus ?\u2014 Oui, madame, répond sans se troubler notre homme.à cinq dollars.\u2022 On prenait le thé l\u2019autre soir chez une comédienne les plus en vogue.L\u2019aiguille de la pendule marquait minuit.La maîtresse de maison se lève et dit en souriant : \u2014 Mes chers amis, il y a trente-huit ans aujourd\u2019hui que je suis au monde.Alors une excellente amie de faire à mi-voix : \u2014 C\u2019est vrai, ma chère, mais il y a aujourd\u2019hui aussi dix ans que tu as oublié de remonter la pendul'e.\u2022 Le docteur.\u2014 Eh bien ! cher monsieur, rassurez-vous.Votre femme est une grande nerveuse qui n\u2019a rien, rien qu\u2019un malaise imaginaire.Je vais lui ordonner fin remède imaginaire également.Le mari, qui ne perd pas le sens des réalités.¦\u2014 Et vous me présenterez une note imaginaire, docteur ?\u2022 Le baryton.\u2014 Mon cher, ma voix est si étendue que l\u2019on m\u2019entend encore un quant d\u2019heure après que j\u2019ai chanté.Le ténor.\u2014 Moi, mon cher, bien plus fort, on m\u2019entend un quart d\u2019heure avant que j\u2019aie ouvert la bouche.Un jeune homme muni de 5,000 dollars que son père vient de lui donner s\u2019en va en voyage d\u2019étudés à l\u2019étranger et au bout de deux mois, il envoie à son père la lettre suivante : \u201cMon cher papa, je fais d\u2019excellentes études.Malheureusement, je n\u2019ai plus d\u2019argent, et je te prie de m\u2019envoyer 1,000 dollars pour que je puisse régler mes affaires.Ton fils dévoué.\u201cPS.\u2014 J\u2019ai vraiment honte de t\u2019avoir redemandé de l\u2019argent.Je fais le voeu que tu ne reçoives jamais ma lettre.Le jeune homme fut quand même étonné en lisant la réponse de son père : \u201cMon cher fils, ton voeu est exaucé.Je n\u2019ai point reçu ta lettre.Ton père affectionné.\u201d \u2022 Le professeur d\u2019histoire naturelle venait d\u2019expliquer aux élèves que la mouche domestique était un insecte dangereux pour la santé.Cette pensée pénétra profondément dans l\u2019esprit du petit Roland qui n\u2019oublia pas si vite la chose.Le jour que le professeur donna une narration à faire sur la mouche, Roland se souvint de la leçon.Voici ce qu\u2019il écrivit : \u201cLa mouche est un insecte muni de quatre pattes et d\u2019une petite trompe.C\u2019est un animal plus dangereux que le lion .Cependant je préférerais de beaucoup être piqué par elle que d\u2019être mordu par le lion ! \u201d \u2022 Ponson du Terrail, qui avait beaucoup d\u2019imagination, discutait un jour de littérature avec des confrères.\u2014 On peut dire tout ce qu\u2019on voudra, déclara-t-il avec autorité, mais je sais tout de même mon français.\u2014 C\u2019est celui des autres que tu ne connais pas, lui répondit Alexandre Dumas.\u2022 \u2014 J\u2019ai trouvé un truc.A la rentrée, je mets mes deux jumeaux au collège.L\u2019un ira le matin et l\u2019autre l\u2019après-midi.Comme cela, j\u2019aurai moitié à payer.On a découvert à X .une voix de ténor magnifique.C\u2019est lui qui le dit ! Il n'a pas encore essayé ses talents, mais il fait des \u201ccachets\u201d chez des particuliers où, paraît-il, chaque fois qu\u2019il chante.\u201cil fait un malheur\u201d, suivant sa propre expression.Un de ses amis, ébloui, à première vue, par les récits mirifiques qu\u2019il lui fait de ses soirées mondaines dans lesquelles il gagne, à ce qu'il raconte, une fortune, le questionne sur ce qu\u2019il touche environ.Je gagne .dit X .avec un geste ample .je gagne.L\u2019ami sceptique, avant de savoir, lui dit : Tant que cela ?Alors X simplement : \u2014 La moitié.\u2022 Dans un salon, une dame atrocement maigre annonce son départ.\u2014\tMon médecin m\u2019a recommandé des \u201ceaux\u201d, minaude-t-elle.Quelqu\u2019un murmure à mi-voix : \u2014 Il aurait mieux fait de lui ordonner de la graisse.\u201d \u2022 Madame a amené sa bonne au musée.Madame.\u2014 Vous voyez, voilà le fameux tableau : 1\u2019 \u201cAngélus\u201d, de Millet La bonne.\u2014 Eh bien, il en a un toupet, le peintre.Il a tout bonnement copié le calendrier qui est dans la cuisine.* \u2022 \u2014 Oui, mon cher, disait un farceur à un de ses amis, j\u2019ai connu un temps où j\u2019aurais pu acheter au Texas une lieue carrée de bonne terre pour une paire de bottes.Et pourquoi ne l\u2019avez-vous pas acheté ?\u2014\tJe n\u2019avais pas de bottes.\u2014\tL\u2019eau est-elle bonne ?\u2014\tBien, cela dépend des goûts.Moi, je la trouve un peu trop salée, ici.\u2022 \u2014\tC\u2019est vous, le centenaire?\u2014\tNon, je suis son père.LA VIE COURANTE .par George Clark \u2014 A»-tu déjà vu accoutrement si propice à la bouderie?\\, j 28 Le Samedi, Montréal, 1er mai 1948 NOTRE FEUILLETON LA DOUCE INSPIRATION Par EMILE RICHEBOURC »\tv Est-elle morte de faim dans un endroit désert de la forêt ?Ou bien a-t-elle péri au fond de quelque fondrière ?Ou bien encore a-t-elle été dévorée par quelque bête sauvage ?Toujours est-il qu\u2019on n\u2019a pu savoir, malgré toutes les recherches, ce qu\u2019elle était devenue.» Le comte passa à plusieurs reprises ses mains sur son front en laissant échapper une plainte sourde.Pierre Valenski tenait sa tête humblement et tristement baissée devant son maître.Il y eut un long et sombre silence après lequel le comte reprit la parole.\u2014 Pierre, vous êtes-vous quelquefois renseigné au sujet de la comtesse Raymonde ?demanda-t-il.\u2014 Oui, monsieur le comte ; mais il ne m\u2019a pas été possible de savoir ni ce qu\u2019elle fait, ni où elle vit.Elle a certainement changé de nom, ainsi que l\u2019a exigé Mme la comtesse, votre mère.\u2014 Touche-t-elle sa pension ?\u2014 Oui, monsieur le comte, mais pas à des époques régulières, ce qui indiquerait qu\u2019elle n\u2019habite pas à Paris, mais plutôt hors de France.Cette réponse du vieux serviteur termina la conversation.Quelques jours après, le comte de Soleure était au moment de s\u2019éloigner de nouveau de son château de Noisy -les-Monts.Il s\u2019en allait seul, cette fois, malgré le vieux volet de chambre qui l\u2019avait supplié de lui permettre de l\u2019accompagner.\u2014 Monsieur le comte ne veut-il pas dite à ses vieux serviteurs où il va ?demanda Valenski.\u2014 P\u2019abord en Russie, répondit-il.\u2014 Et ensuite, monsieur le comte ?\u2014 Je ne sais pas, où Dieu me conduira.Pierre regarda son maître avec une compassion profonde, et de grosses larmes lui vinrent aux yeux.Il reprit : \u2014 Monsieur le comte sera-t-il longtemps absent ?\u2014 Je l\u2019ignore.\u2014 Monsieur le comte écrira-t-il ?demanda encore 1« vieux Valenski, prêt à pleurer.t-Oui répondit M.de Soleure, très ému, de temps à autre, à vous, Pierre, et à Jean, mes deux fidèles, je donnerai de mes nouvelles.Le comte de Soleure partit.Quand reviendrait-il ?Il ne le savait pas.Poursuivi par l\u2019inexorable fatalité, qui s\u2019attachait à ses pas, il s\u2019en allait fuyant comme un maudit.Il partait, le malheureux, traînant avec lui, comme un boulet de galérien, cette horrible pensée, la même toujours, dans laquelle maintenant étaient concentrées toutes ses douleurs : « Si c\u2019était ma fille ! » >TRE FEUILLETON \u2014 No 5 Publié un vurtu d'un traité avec la Société , G.ni de Lettre».\u2014 Le» nom» de personne» et de lieu» de no» roman», feuilleton», nte» et nouvelle» «ont fictif» et ehol«ls au wrd.DEUXIEME PARTIE LES DESESPERES I \u2014 AU SIXIÈME ÉTAGE Depuis que Raymonde Duchemin, comtesse de Soleure, a quitté la maison de la Princesse, seize ans se sont écoulés.De nouveaux personnages vont être présentés au lecteur; en les suivant dans leufs aventures, nous retrouverons successivement la belle Raymonde, le comte Gaston de Soleure, la petite victime du tisserand Morel, Her-minie, et les autres personnages de notre histoire déjà connus.Au sixième étage d\u2019une grande maison de la rue des Ecluses-Saint-Îvlar-tin, dans une mansarde qui ne ressemblait en rien, hélas ! au grenier chanté par Béranger, un jeune homme était assis sur une mauvaise chaise de paille au dossier rompu.Ce siège faisait vis-à-vis à deux autres à peu près semblables ; ces chaises avaient dû être achetées soixante-quinze centimes ou un franc chacune chez un marchand de bric-à-brac.Le jeune homme, les coudes appuyés sur ses genoux, tenait sa tête serrée dans ses mains et paraissait se livrer à de sombres pensées' Rien autour de lui n\u2019était de nature à l\u2019égayer.L\u2019aspect du logis, suffisamment éclairé, pourtant, par une lucarne ou plutôt une sorte de chatière pratiquée dans la toiture, était affreusement triste et révélait une misère profonde.Ce coin de grenier, où respirait un être humain, n\u2019était pas une chambre, pas même un cabinet, mais un véritable galetas, une espèce de trou dans lequel on ne pouvait marcher qu\u2019en se courbant.Pas de cheminée.L\u2019endroit était une glacière en hiver, une étuve l\u2019été.On y étouffait le jour où nous y Introduisons le\u2019lecteur, bien que le locataire ait eu la précaution de lever le châssis vitré de la chatière, afin de recevoir un peu d\u2019air du dehors.Faisant face à la porte, on voyait une couchette de fer en mauvais état, avec sa paillasse écrasée et son matelas mince, plat et dur comme une planche.Pas de couverture de lit : elle avait été vendue, probablement, quelque temps auparavant.Seulement un drap, réclamant la blanchisseuse et laissant voir de larges déchirures, dans lequel son propriétaire s\u2019enveloppait la nuit pour dormir.Une vieille commode vermoulue, avec son marbre noir tacheté de blanc ; une table de bois blanc, qui pleurait son quatrième pied, et quelques ustensiles de cuisine couverts de rouille, \u2014 on pouvait s\u2019étonner de les trouver là, \u2014 complétaient le piteux ameublement.Cependant, nous ne devons pas oublier de mentionner encore vingt ou vingt-cinq vieux livres empilés sur le marbre de la commode.Ces vénérables bouquins avaient été achetés, un jour l\u2019un, un jour l\u2019autre, au rabais, sur les parapets des quais.Parlons aussi de quatre gravures jaunies, tachées, déchirées, accrochées au mur, et d\u2019un tableau de petite dimension, peint à l\u2019huile, qui se carrait fièrement dans son cadre doré.Ce dernier objet mobilier, peinture et cadre, contrastait singulièrement avec le reste de l\u2019ameublement.Ce tableau représentait un joli paysage saisi au bord de la Seine, à la Jonchère, dans un splendide coucher de soleil.C\u2019était d\u2019une grande délicatesse de touche, empreint d\u2019une poésie douce, mélancolique, et chaudement peint, avec des oppositions de clarté d\u2019un admirable effet.Cette peinture avait-elle une certaine valeur ?Oui et non.Certes, ce n\u2019était pas encore l\u2019oeuvre d\u2019un Corot, d\u2019un Daubigny, d\u2019un Jules Dupré, d\u2019un Rousseau, mais on sentait que l\u2019auteur de ce paysage avait de l\u2019inspiration, du sentiment, du goût, qu\u2019il aimait la nature, qu\u2019il savait voir, sentir, observer, réfléchir, comprendre, qu\u2019il était artiste, enfin, et qu\u2019il y avait en lui l\u2019étoffe d\u2019un grand peintre, les qualités d\u2019un maître.Sous ce rapport, le tableau ne manquait pas de valeur.Mais il était signé Georges Ramel, un nom absolument inconnu.Or, comme c\u2019est principalement le nom dont elle est signée qui donne du prix à une oeuvre artistique, nous pouvons dire également que la valeur du tableau en question était médiocre.C\u2019était le cadeau d'un ami, un souvenir ! Et voilà pourquoi cette peinture était là, objet disparate, discordant comme une note gaie dans un chant lugubre, ou produisant l\u2019effet d\u2019un éclat de rire au milieu d\u2019une scène de désolation.Les bruits de la rue montaient jusqu\u2019au toit et arrivaient, affaiblis, dans la mansarde.C\u2019était la voix nazillarde d\u2019un Auvergnat, criant à plein gosier : « Vieux habits, vieux galons ; marchand de peaux de lapins ; avez-vous des vieux habits à vendre ?» C\u2019étaient le son aigu de la trompette du fontainier, poseur de robinets ; les piailleries de quatre ou cinq gamins jouant sur le trottoir; la voix enrouée de la marchande des quatre saisons ; le commandement de manoeuvre des mariniers, faisant entrer leurs bateaux dans une des écluses du canal ;- le joyeux concert de deux grands canaris hollandais, hôtes charmants d\u2019une cage placée à une fenêtre de la maison voisine, dans un encadrement de gobéas et de volubilis ; puis, semblable au grondement lointain du tonnerre, le bruit des voitures et des lourds camions chargés montant et descendant la longue rue du Faubourg-Saint-Martin.Le jeune homme semblait être indifférent à tous ces bruits du dehors, à tous ces bruits agaçants, à ce\u2018mouvement de Paris, sjgne de l\u2019activité constante et de la grande vitalité d\u2019une population laborieuse.Il était tellement absorbé en lui-même que, n\u2019écoutant pas, il n\u2019entendait rien.Tout à coup, il eut une sorte de tremblement convulsif et se dressa debout.Par un mouvement brusque, fiévreux, il rejeta en arrière ses longs et épais cheveux noirs, découvrant son front bombé, haut, large, intelligent, un front de penseur.Ses yeux tombèrent sur la pile de vieux livres.Aussitôt, comme s\u2019il eût éprouvé subitement une douleur aiguë, un pli se creusa sur son front, ses traits se contractèrent, un sourire plein d\u2019amertume, navrant, crispa ses lèvres et un soupir s\u2019échappa de sa poitrine oppressée.Il essuya son visage mouillé de sueur, puis il marcha vivement vers la lucarne dans laquelle il passa sa tête qui émergea sur le toit.On était au commencement de juillet et la chaleur était accablante.Le locataire de la mansarde avait besoin d\u2019air, d\u2019un souffle de brise pour rafraîchir son front brûlant.Il respira bruyamment, à pleins poumons, ce qui parut lui faire éprouver un certain bien-être.Le temps était superbe : pas un nuage, un soleil magnifique.Sur l\u2019horizon nageait comme une buée de vapeur.La ville était inondée de lumière qui coulait à flots dans les rues.Au-dessus des maisons, nivelant les hauteurs, de longues lignes lumineuses semées d\u2019étincellements.Partout, sur les cheminées, les ardoises, la tuile, le zinc, de curieux effets de lumière, des scintillements, des miroitements, des profondeurs illuminées, des rayonnements sans nombre.Sur le toit, une jeune couvée de moineaux, récemment partis du nid, se bousculaient, ouvrant le bec et battant des ailes : « Piu, piu, piu ! » Ils avaient faim, les oisillons, et ils s\u2019impatientaient de ne pas voir arriver le père et la mère apportant la becquée.Pendant un instant, le jeune homme de la mansarde regarda tristement les oiseaux désolés, comme s\u2019il se fût intéressé à leur petite querelle.Mais les parents arrivèrent bientôt, le bec plein.Alors les cris des petits redoublèrent « piu, piu, piu ! » et ils se mirent à la file vers leurs chers nourriciers.\u2014 Les voilà consolés, murmura le jeune homme d\u2019une voix creuse, et dans un instant ils seront rassasiés.Et il ajouta en hochant la tête : \u2014 Elle n\u2019est jamais bien terrible la misère des oiseaux.\u2022Un moment encore il resta à la lucarne, plongeant sa vue au loin sur les toits illuminés.Puis, se retirant tout à coup : \u2014 Trop de lumière et de soleil pour moi, qui marche vers une nuit sans fin ! s\u2019écria-t-il.Il me semble que la ville ensoleillée, bruyante, joyeuse, épaissit les ténèbres qui m\u2019environnent.La joie des autres me fait mal.« Suis-je donc devenu méchant, haineux ?Non, non.Mais je veux me détacher de tout avant de rentrer dans le néant d\u2019où je n\u2019aurais pas dû sortir.« Ah ! qu\u2019il soit maudit le jour où je suis né ! « Pourquoi ai-je vécu ?Pour souffrir.Et je voudrais vivre encore pour Le Samedi, Montréal, 1er mai 1948 %, \u2022souffrir toujours ?Allons donc !.Si la vie est belle pour quelques-uns, pour les misérables tels que moi elle est une chaîne de fer, trop lourde à traîner, qui attache à la terre ! « Vie de fausses espérances, d\u2019angoisses, de douleurs et de larmes, je sais ce que tu as été pour moi, et je suis prêt à te quitter sans regret ! « Que suis-je ?Rien.Et je ne peux rien être ! « Vivre ?« Pourquoi vivre ?Pour continuer la lutte terrible.Mais je suis vaincu, brisé, terrassé.Je suis impuissant, sans force ; l\u2019implacable fatalité m\u2019a condamné.Voyageur épuisé, je ne peux plus faire un pas, c\u2019est le repos qu\u2019il me faut ; le bruit déchire mes oreilles, j\u2019aspire à l\u2019étemel silence.« Oui, il faut mourir.La mort est la délivrance ; elle me tend les bras et je lui souris.Ce soir ou demain, on relèvera mon cadavre à la place où je serai tombé ! » Il resta un moment silencieux et reprit : \u2014 Pauvre Gilbert, grand vaincu, comme toi, que la misère noire a flétri, a écrasé, comme toi je peux dire : Au banquet de la vie, infortuné [convive, J\u2019apparus un jour et je meurs ; Je meurs et sur ma tombe où [lentement j\u2019arrive Nul ne viendra verser des pleurs ! « Oui, on ne pleurera pas sur ma tombe.Je suis seul au monde ; nul ne m\u2019aime et je n\u2019ai persoou ! Le Samedi, Montréal, 1er mai 1948 31 de l\u2019aimer, il faut pouvoir, surtout, lui donner toutes les choses nécessaires à la vie.» \u2014 Je n\u2019ai plus rien à te dire, Georges, je sais maintenant pourquoi tu ne veux plus de la vie.\u2014 Et toi, mon ami, est-ce que tu n\u2019as plus aucun espoir ?\u2014 Le seul qui me restât a été détruit par une dernière et cruelle déception.\u2014 Et pourtant tu as du talent, beaucoup de talent.\u2014 Erreur, Georges, tu te trompes comme je me suis trompé moi-même si longtemps.Oui, je croyais avoir quelque chose là, continua-t-il en se frappant le front.Sottise ! Il n\u2019y a rien.» C\u2019est un mauvais cheval que j\u2019ai enfourché, un cheval fourbu, sans haleine, qui n\u2019a pas pu me porter.« Pendant des années, j\u2019ai pensé et écrit.Où est le résultat de tant de peine ?J\u2019avais la foi, je ne l\u2019ai plus et je crève de misère ! J\u2019étais tout simplement stupide, idiot ! Oh ! les belles années perdues ! Et que je les ai payés cher les rares instants de satisfaction que j\u2019ai pu saisir ! « Qui a voulu de mes vers ?Personne.J\u2019ai là de quoi faire trois volumes : les Aiguillons, mes ïambes ; les Heures champêtres, mes Sonnets roses.« Le rouge au front, comme si j\u2019eusse mal fait, humble et tremblant, baissant la tête et courbant l\u2019échine, j\u2019ai porté mes manuscrits chez tous les éditeurs, et ces messieurs m\u2019ont ri au nez ou m'ont répondu !\t« Quand vous serez connu, revenez, nous verrons.» Une manière comme une autre de flanquer à la porte un importun.« De tous les côtés on me disait : « Ne vous obstinez donc pas à faire des vers ; à chercher des rimes, à ciseler des hémistiches, on meurt de faim ; on ne lit plus les vers aujourd\u2019hui, la poésie est morte.» Je me suis tourné vers le théâtre.J\u2019ai écrit la Jeunesse de nos jours, les Petites Vertus, Nos Maris, trois comédies qui ne valent Oh ! ne dis pas cela, Georges ! Le regard du poète eut un fauve éclair.\u2014 Qui ne valent rien, répéta-t-il d\u2019un ton aigre, puisque partout elles ont été refusées.« On me disait encore : « Pourquoi ne faites-vous pas du roman ?Vous réussiriez certainement.» Un roman, c\u2019était une nouvelle tentative à faire.Lé se trouvait peut-être la seule branche de salut que je pusse saisir.« Je me mis à l\u2019oeuvre.Après six mois d\u2019un travail acharné, pénible, je terminai les Grands Coeurs, roman en quatre parties.Eh bien ! il en fut du roman comme des comédies ; il allait d\u2019un journal à un autre, et, avec les mêmes paroles à peu près partout, il m\u2019était rendu : « Mon cher monsieur, nous avons nos auteurs.» Ou bien : « Votre ouvrage ne manque pas de certaines qualités, mais il ne convient pas à notre feuille.» Ou bien encore : « Nous ne pouvons pas accepter votre roman ; nous avons dans nos cartons des feuilletons reçus pour trois ou quatre ans.» « Comme il est facile de se débarrasser des gens ! « Pourtant, me disais-je, mon roman est intéressant, vigoureusement écrit et l\u2019action dramatique est bien conduite ; j\u2019ai l\u2019habitude de me juger sévèrement, et je trouve que mon roman n\u2019est pas inférieur à tant d\u2019autres qu\u2019on publie tous les jours.« Mais étais-je bon juge ?Ne me trompais-je point ?« Je voulus en avoir le coeur net.J\u2019allai trouver X ., le grand romancier, qui, un jour où je lui fus pré- senté, avait bien voulu me serrer la main.«\u2014Voici un roman de moi, lui dis-je, je serais heureux que vous voulussiez bien le lire, vous demandant comme un service de me dire franchement ce que vous en pensez.« \u2014 Je suis très occupé, tous mes instants sont pris, me répondit-il ; mais je désire vous être agréable, je lirai votre manuscrit.Revenez me voir dans huit jours, et je vous dirai quelles ont été mes impressions.» «Je laisse passer quinze jours sans oser retourner chez X ., tellement je redoutais d\u2019affronter la critique du célèbre romancier.« Enfin, je m\u2019armai de courage et j\u2019entrai un matin dans son cabinet.Ah ! je n\u2019en menais pas large, je t\u2019assure ; j\u2019avais l\u2019air d\u2019un condamné qu\u2019on vient de ramener sur la sellette pour entendre son jugement.« \u2014 Ah ! vous voilà ! s\u2019écria-t-il en me voyant.Eh bien! j\u2019ai lu.Votre roman, mon cher, est une oeuvre de mérite ; il y a dans vos Grands Coeurs des choses superbes.Publiez-moi cela bien vite ; je vous prédis un immense succès.« \u2014 Ainsi, vous ne trouvez pas mon roman mauvais ?balbutiai-je.« Je le trouve excellent, au contraire, et j\u2019ai la prétention de m\u2019y connaître.« \u2014 Je vous crois ; mais où le faire paraître?Tous les directeurs de journaux à qui je l\u2019ai présenté l\u2019ont refusé.« \u2014 Toujours la même chose, » mur-mura-t-il en hochant la tête.« Il resta un moment silencieux et reprit : « \u2014 Allez le porter de ma part au directeur du Nouvelliste.« \u2014 Je suivrai votre conseil ; malheureusement je suis inconnu au Nouvelliste comme ailleurs.« \u2014 Je comprends, vous désirez un mot de moi.» « Il écrivit rapidement quelques lignes, glissa la feuille dans une enveloppe, puis me tendit la lettre en me disant : « \u2014 Le voilà.» « Je quittai X .le front rayonnant, et d\u2019un pas léger, la confiance en moi m\u2019étant revenue, je courus au Nouvelliste.Le directeur me reçut immédiatement et se montra on ne peut plus gracieux.La lettre du grand romancier avait produit son effet.« \u2014 Cher monsieur, me dit-il, je vais tout de suite faire lire votre roman.Revenez me voir dans quinze jours et vous saurez ce que le comité de rédaction aura décidé.Votre roman est chaudement recommandé, vous pouvez, je crois, compter sur une acceptation.» « Ah ! ce jour-là, en revenant chez moi, je ne baissais plus la tête ; je la portais haute et fière, escomptant mon triomphe.J\u2019étais sauvé! Enfin, j\u2019allais donc être vainqueur de la fatalité ! La joie emplissait mon coeur dilaté et un essaim d\u2019idées bourdonnait dans mon cerveau.« J\u2019allais avoir un succès retentissant, X.me l\u2019avait prédit.Pour les Grands Coeurs, trente mille lignes à quinze centimes, \u2014 c\u2019est le prix de la ligne pour un débutant, \u2014 je toucherais quatre mille cinq cents francs : une fortune !.« Et je me disais : « \u2014 Je me ferai cadeau d\u2019un vêtement neuf complet, y compris le chapeau et les souliers, \u2014 je n\u2019allais pas encore jusqu\u2019à des bottines, \u2014 je m\u2019achèterai le linge qui m\u2019est indispensable, et je m\u2019empresserai de quitter mon taudis, où j\u2019étouffe, pour un logement plus convenable ; puis je me mettrai au travail.Il faut que mon second roman suive de près le premier.Dame ! il faut profiter de la veine.« Ah ! les idées ne me faisaient pas défaut : j\u2019avais vingt sujets de romans MIXMASTER AUTOMATIQUE a tous ees avantages Exlusivitê : DECLENCHE AUTOMATIQUE DES BATTEURS Il vous faut réellement faire usage de l\u2019excellent Sunbeam Mixmaster pour savoir jusqu\u2019à quel point vous pouvez simplifier et accélérer vos tâches de cuisinière ! 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Georges, j\u2019ai rapporté mon manuscrit.Le directeur n\u2019a pas même daigné me recevoir ; il m\u2019a fait remettre mon ours par son garçon de bureau.\u2014 Refusé, sans te dire pourquoi ?Les yeux du poète s\u2019enflammèrent.\u2014 Si, répondit-il.Il y a dans les cartons du Nouvelliste des romans pour trois ans.Et un rire farouche, un rire navrant, éclata entre ses dents serrés.Au bout d\u2019un instant, il reprit : \u2014 Comprends-tu, maintenant, Georges, comprends-tu ?Et je vivrais ! Pourquoi faire ?Non, non, assez d\u2019angoisses, de sombres terreurs, de tortures morales et physiques ! Depuis trop longtemps je sens dans ma chair les crocs de la misère ! « Est-ce que nous pouvons mendier, nous, dis ?« Georges, mieux vaut en finir tout de suite que d\u2019attendre l\u2019agonie de la faim ! Mieux vaut mourir que de devenir escroc et voleur ! «Parbleu, si je voulais être un vil gredin, je pourrais vivre, dans l\u2019aisance même, c\u2019est-à-dire presque riche.« Spéculant sur ma pauvreté, le directeur-propriétaire d\u2019une espèce de journal financier, une feuille de chantage, est venu m\u2019offrir cinq cents francs par mois pour être son homme, la machine intelligente de ses honteux tripotages.J\u2019ai refusé net, avec indignation, avec mépris.Vendre ma plume et ma conscience, jamais ! » III \u2014 C\u2019est le jour du terme La conversation des deux amis fut brusquement interrompue par la sonorité d\u2019un pas pesant qui, faisant craquer les planches de sapin mal jointes, annonçait ainsi, bruyamment, une visite à la mansarde.\u2014 Est-ce qu\u2019on vient?demanda le peintre \u2014 Oui, répondit le poète, mais ne te dérange pas ; j e sais ce que c\u2019est.Tu vas voir apparaître le personnage que je me disposais à recevoir tout à l\u2019heure quand tu as frappé à ma porte.Tout en parlant, Alexis Mollin s\u2019était levé.Le visiteur ne se donna point la peine de frapper.La porte s\u2019ouvrit toute grande et un homme gros et gras, au large abdomen, à la figure enluminée, jouissant enfin d\u2019une magnifique santé, pénétra dans la mansarde, raide, hautain, et toisa le locataire d\u2019un air impertinent.Il tenait dans sa main deux carrés de papier illustrés du fameux timbre mobile bleu de dix centimes.\u2014 Monsieur Alexis Mollin, dit-il avec suffisance, c\u2019est aujourd\u2019hui le huit juillet, jour du terme ; vous savez, je suppose, les jours que vous vivez.« D\u2019ailleurs, je vous ai prévenu, et je pense que vous vous êtes mis en mesure de payer.Voici vos deux quittances, celle du terme d\u2019avril et celle du présent terme.» \u2014 Monsieur le concierge .\u2014 Je ne suis pas concierge, monsieur, je vous l\u2019ai déjà dit, interrompit le gros homme en se redressant pour faire croire à son importance, je suis le régisseur de cet immeuble et je représente le propriétaire.\u2014 Je vous prie de d\u2019excuser, monsieur le régisseur.\u2014 Payez d\u2019abord, je vous excuserai ensuite.\u2014 Ma situation n\u2019est pas meilleure aujourd\u2019hui qu\u2019elle ne l\u2019était au mois d\u2019avril.\u2014 Ainsi, vous ne voulez pas payer ?\u2014 Je ne peux pas.Faut-il donc vous le dire ?Je n\u2019ai pas un sou ; hier, j\u2019ai vécu d\u2019un morceau de pain, et je ne mangerai pas aujourd\u2019hui.\u2014 Tout cela ne me regarde pas ; si vous en êtes réduit là, c\u2019est votre faute.\u2014\tMa faute ! \u2014\tOui.\u2014\tPourtant, vous me connaissez assez pour savoir que ma pauvreté nest pas la conséquence de ma mauvaise conduite.-\u2014Je n\u2019en sais rien.Je ne suis pas toujours sur les talons des locataires de ma maison pour voir ce qu\u2019ils font D\u2019ailleurs, qu\u2019est-ce que vous faites ?« Rien.Quand on a du coeur, monsieur, bon pied, bon oeil et des bras, on travaille.Ne me dites pas que vous ne trouvez pas d\u2019ouvrage, l\u2019ouvrage ne manque que pour ceux qui n\u2019en veulent point.Je ne crains pas de vous le dire, vous êtes un paresseux.\u2014\tOh! \u2014\tIl n'y a pas de oh ! Je dis ce que je dis ; et vous n\u2019avez pas besoin de rouler ainsi vos yeux, vous ne me faites pas peur.Je vous le repète, vous ne faites rien, et c\u2019est honteux à votre âge ! Vous écrivaillez ! Est-ce que c\u2019est du travail, ça ?Est-ce avec vos pattes de mouches que vous me payerez ce que vous me devez ?S\u2019il y avait à Paris beaucoup de locataires, comme vous, les propriétaires seraient bientôt à la mendicité.Quand on ne peut pas payer son terme, monsieur Alexis Mollin, on ne prend pas un logement ; on va se nicher hors barrière, dans un trou quelconque, ou l\u2019on couche à la belle étoile.\u2014\tVous êtes dur, monsieur.\u2014\tCroyez-vous, par exemple, que je vais avoir pitié de vous ?J\u2019aime les gens qui travaillent, moi, je n\u2019aime pas les fainéants, moi ! Le jeune homme était pâle comme la mort ; il y avait du feu dans son regard et son corps frémissait.Il était facile de voir qu\u2019une colère sourde grondait en lui.Mais il parvenait à se contenir et il restait calme en apparence.D\u2019ailleurs, qu\u2019était-ce que cette nouvelle humiliation, ces outrages, ces grossières et lâches insultes après tout ce qu\u2019il avait enduré jusqu\u2019à ce jour?\u2014 Enfin, continua le féroce portier, arrangez-vous comme vous voudrez ; si ce soir, avant huit heures, vous na m\u2019avez pas apporté quatre-vingt francs, prix des deux termes, demain vous serez expulsé.Le pauvre poète se c on ten, a de hausser les épaules.\u2014 Du reste, ajouta le portiei c\u2019est pour vous dire cela que je suis venu, car je me doutais bien que vous ne me donneriez pas d\u2019argent.Ainsi, c\u2019est bien entendu, n\u2019est-ce pas ?Les.deux termes payés ce soir ou demain sur le pavé.« Voyons donc un peu ce qu .1 y a ici.» Et l\u2019homme promena rapidement son regard de vautour d\u2019un bout à l\u2019autre du galetas.\u2014 Hum, hum ! fit-il, exprimant son dédain par une grimace, tout cela ne vaut pas grand\u2019chose ; si ça paye les frais d\u2019expulsion, ce sera bien heureux.« Je suis refait ; ça m\u2019apprendra une autre fois à mieux placer ma confiance, à ne pas me laisser entortiller par de belles paroles.QUI EST-IL, QUI EST-ELLE?\u201cBen, ben, voyons, voyons ! \u201d Oui, c\u2019est bien le boulanger Zacharie Lapaille d'Un Homme et son Péché.On ne dirait pas que ce petit bébé dont les cheveux sont séparés au milieu est devenu un artiste de la radio.Aujourd\u2019hui, il porte les cheveux .au centre, du moins en avant ! Il est né le 9 juillet, en plein dans les grandes chaleurs, 1907, et c\u2019est pourquoi, il peut résister devant le four de la boulangerie des Pays d\u2019En-Haut.Il est né à Montréal, rue Poupart, c\u2019est un \u201cMontréaliste\u201d comme disent les anciens.Habitué par ses parents au théâtre qu\u2019il fréquentait à l\u2019âge de six ou sept ans, il en a prit goût et les beaux spectacles du temps le portèrent à faire du théâtre lui aussi.D\u2019abord aux écoles Meilleur, Roussin et St-Victor.Il a voyagé beaucoup.En 1926 et en 1927 on le retrouve en Ontario, à Windsor précisément, où il fait encore du théâtre au cercle amateur de la paroisse Notre-Dame-du-Lac.C\u2019est un ancien lutteur, mais il est fervent de la lutte libre qu\u2019il a pratiqué surtout durant la crise, alors le théâtre étant aussi dans la purée.Il doit à ce sport l\u2019amélioration de sa santé.Il a travaillé avec Albert Beaucaire, René Angrignon, John Marchand qui l'avait initié, et même le fameux comte Zarinoff.Il doit ses débuts à la radio à M.Robert Choquette qui lui confia un rôle dans \u201cLes Légendes du St-Laurent\u201d en 1931.\u201cCe fut le rappel à l\u2019art dramatique,\u201d dit-il et dans la même année, il devint comédien professionnel pour Mme Béatrice Latour, propriétaire d\u2019une troupe de tournée en province.Mais oui, vous le connaissez, c\u2019est Bourgeron de \u201cLa Famille Gauthier\u201d, Pitro Labelle dans \u201cLe médecin de campagne\u201d, c\u2019est le Chej Demers de \u201cLa Rue Principale\u201d, c\u2019est Frisé Côté de la \u201cPension Velder\u201d, c\u2019est enfin Zacharie Lapaille d\u2019 \u201cUn Homme et son Péché'1.On l\u2019a vu sur la scène, à Montréal, mais c\u2019est surtout en tournées qu\u2019il a joué.A Montréal, on a pu admirer ses dispositions pour la scène, au Mont-Royal Théâtre Français dans des pièces dirigées par M.Mario Duliani et par M.Paul Guèvremont.Il a joué dans \u201cCyrano de Bergerac\u201d avec Victor Francen, tant à Montréal qu\u2019à Québec et, dernièrement, à 1 Arcade pour M.Henry Deyglun.Il est en tournée régulière avec la Troupe du Clocher de M.J.-R, Tremblay depuis les sept dernières saisons.En dire plus, ce serait donner son nom.Ici, il ne le faut pas, mais à la page 40, vous le trouverez, de même que sa plus récente photo. Le Samedi, Montréal, 1er mai 1948 33 « Il n\u2019y a pas à s\u2019occuper du lit, puisqu\u2019on doit vous le laisser emporter, c\u2019est la loi.« Trois chaises de paille brisées dont je ne donnerais pas dix sous.« Cette méchante table boiteuse, qu\u2019est-oe qu\u2019elle vaut ?Un franc, tout au {dus.« La commode ne vaut pas la peine d\u2019être réparée ; elle est bonne à jeter au feu.Heureusement il y a le marbre qui n\u2019est pas cassé ; on en trouvera huit ou dix francs, bien vendu.« Quant à ces vieux bouquins crasseux, on en fera un ballot pour le bureau de tabac : quarante livres de papier à cinq centimes la livre, deux francs.« Qu\u2019est-ce qu\u2019il y a dans ces tiroirs ?Probablement quelques vieilles guenilles et aussi, sans doute, vos griffonnages.Peuh ! On sera généreux, monsieur Alexis Mollin, on vous les laissera emporter, vos pattes de mouches.Deux ou trois kilos de papier de plus à vendre, ce n\u2019est pas une affaire.« Et c\u2019est tout.Pas même de quoi faire quinze francs, et vous devez deux termes, monsieur .« Ah ! j\u2019oubliais ce cadre doré .Tiens, tiens, tiens, mais c\u2019est tout ce qu\u2019il y a de propre ici ! Dorure vraie, je m\u2019y connais.On trouvera un amateur qui l\u2019achètera quinze francs ; c\u2019est toujours ça.« Dame ! quand on n\u2019a pas ce qu\u2019on veut, il faut bien se contenter de ce qu\u2019on a.« Je ne parle pas du tableau, continua-t-il en mettant ses mains sur ses hanches et enserrant ses flancs rebondis.On dirait que cela ressemble à un paysage : une affreuse croûte.Et c\u2019est signé, ma foi ! oui, c\u2019est signé Georges Ramel.Quel toupet ! Une méchante toile de deux sous, pas même bonne à servir à un emballage.« Hé ! vous savez, monsieur Alexis Mollin, si vous tenez à cette machine-là, je vous permets de l\u2019emporter aussi.» Il s\u2019était retourné du côté des deux amis, et il riait d\u2019un gros rire bestial.Mais son rire lui rentra vite dans la gorge à la vue de Georges Ramel qui avait bondi sur ses jambes, et, les yeux étincelants de fureur et les poings crispés, était prêt à lui sauter à la gorge.Alexis n\u2019eut que le temps de se placer entre son ami et le portier.\u2014 Georges, dit-il, contiens-toi ; ne fais pas attention aux paroles de cet homme, qui ne peuvent te blesser.\u2014 Non, non, Alexis, s\u2019écria le peintre d\u2019une voix frémissante, je t\u2019en prie, laisse-moi châtier comme il le mérite ce hideux bonhomme.\u2014 Bonhomme, bonhomme, vous osez m\u2019appeler hideux bonhomme ! hurla le portier, menaçant à son tour ; va-nu-pieds que vous êtes ! \u2014 Georges, reprit Alexis, pas de bruit ici, pas de scandale ; reste calme comme moi : tu as vu, j\u2019ai laissé dire et laissé faire.Puis, se dressant en face de l\u2019insul-teur, le regard sillonné d\u2019éclairs : \u2014 Vous êtes un misérable, lui dit-il d\u2019une voix éclatante, un misérable et un lâche ! Oui, un lâche, car, avoir le triste courage de railler la misère d\u2019autrui est la plus honteuse des lâchetés ! Vous m\u2019avez suffisamment outragé et insulté, je pense ; vous devez être content .Eh bien ! je trouve que c\u2019est assez, que c\u2019est trop, car ma patience est à bout.Voilà la porte, sortez, sortez ! \u2014 Hein ! qu\u2019est-ce à dire ?Je sortirai si je veux, entendez-vous ?\u2014 Allez ! ne me tentez pas ! Sortez, misérable, sortez vite, ou je ne réponds plus de moi.Le jeune homme avait l\u2019air si terrible dans son indignation et sa colère flue, cette fois, le portier eut peur.Il battit en retraite prudemment, mais à reculons, comme s\u2019il eût craint de recevoir un coup par derrière.Paresseux, fainéant, va-nu-pieds, crève-la-faim ! cria-t-il quand il se sentit en sûreté dans le couloir ; demain, expulsé ! Ces dernières insultes, lancées dans la mansarde, l\u2019odieux personnage s\u2019empressa de gagner l\u2019escalier.\u2014 En vérité, dit Georges, qui était encore rouge de colère, voilà un affreux coquin.\u2014 Que veux-tu ?C\u2019est un de ces hommes comme il y en a malheureusement trop, sans éducation, grossier, brutal.\u2014 Tu peux dire féroce.Et tu appelles cela un homme ! Mais il n\u2019a de l\u2019homme que son visage, ce misérable ! « Si tu ne m\u2019avais pas retenu, Alexis, je l\u2019aurais étranglé comme un chien enragé ! » \u2014 Et après ?Nous aurions été bien avancés ! \u2014 Je me demande comment le propriétaire de cette maison peut conserver ce grotesque perstnnage ?\u2014 Mon cher, tel maître tel valet.Le propriétaire de la maison est un nommé Farfouillet, qui a été autrefois marchand de meubles neufs et d\u2019ocoasion, brocanteur et recéleur ; il a eu souvent maille à partir avec la justice qui, finalement, l\u2019a mis sous les verrous où il est resté quatre ans.« Mais le sieur Farfouillet, très malin, avait alors son magot fait et placé en bon endroit.Rendu à la liberté, il jugea qu\u2019il avait suffisamment volé et ne songea point à rouvrir boutique.« Il acheta cette maison et on l\u2019appelle aujourd\u2019hui « monsieur le propriétaire » en faisant ronfler les r.« Le sieur Farfouillet ne pouvait confier la garde de son immeuble qu\u2019à un individu dont l\u2019honnêteté fût égale à la sienne ; il choisit le portier que tu viens de voir.Ce vilain homme à tête de dogue se nomme Isidore ou plus brièvement Zidore, comme dit sa femme, une sorte de guenon, qui ne vaut certes pas mieux que celui auquel elle est accouplée.« Zidore est, en effet, l\u2019homme du sieur Farfouillet, et cela depuis longtemps : il a aidé son maître dans son honorable commerce, et s\u2019il n\u2019a point partagé le bénéfice des recels, il a échappé à la prison, et comme la vertu est toujours récompensée, le sieur Farfouillet loge gratuitement son ancien complice au rez-de-chaussée de sa maison.« Maintenant, mon cher Georges, te voilà édifié.Je t\u2019ai dit tout cela pour te faire voir qu\u2019il y a des gens auxquels on ne saurait toucher sans se salir les mains.» \u2014 Je comprends aussi que le nommé Zidore ait fait si facilement et si vite l\u2019inventaire de ton pauvre mobilier.\u2014 Oui, il n\u2019a pas oublié son ancien métier.Mais nous nous sommes déjà trop occupés de ces gens-là ; nous avons mieux à dire et mieux à faire.« Georges, nous sommes deux désespérés : ce soir nous allons mourir.» \u2014 C\u2019est dit.\u2014 Quel genre de mort as-tu choisi ?\u2014 La nuit venue, je me trouverai du côté du Bas-Meudon ou de Saint-Cloud et je me jetterai dans la Seine.\u2014 Sais-tu nager ?\u2014 Non.__En ce cas, tu peux mourir dans l\u2019eau, à moins cependant qu\u2019il se trouve là des bateliers ou des pêcheurs pour empêcher ta noyade.\u2014 Sois tranquille, je saurai trouver une berge déserte.Et toi, Alexis, quel est ton moyen ?____Je ne veux pas de l\u2019eau, pour plusieurs raisons : d\u2019abord je nage comme un poisson, et si je me précipitais dans la Seine, je craindrais au moment suprême, que l\u2019instinct de la conserva- imm 1*39 ommencez à épargner l\u2019habitude viendra ensuite! iwSl Presque tout le monde a un compte d\u2019épargne.Mais un compte d\u2019épargne ne signifie pas grand\u2019chose si l\u2019on n\u2019a pas la ferme décision de l\u2019augmenter systématiquement.Un bon moyen, à cette fin, est d\u2019avoir un objectif déterminé: une automobile, l\u2019achat d\u2019une maison, l\u2019éducation des enfants, le surcroît de sécurité que donne un fonds de réserve \u2014 sans parler de la satisfaction de pouvoir, le cas échéant, saisir une fructueuse occasion.L\u2019important, c\u2019est de mettre quelques dollars de côté toutes les semaines.Ne faites pas comme certains qui se fient à la chance.il vaut mieux savoir épargner.LA BANQUE ROYALE DU CANADA 34 Le Samedi, Montréal, 1er mai 194S DÉPRIMÉE?NERVEUSE?L YM PH A TIQUE ?DÉLAISSÉE?LISEZ ALORS CECI.Ne perdez pas courage car la vie peut très bien vous sourire encore ! La maigreur, les vertiges, les migraines, un teint dépourvu d\u2019éclat sont très souvent les caractéristiques d\u2019un sang alourdi, obstrué de toxines, cause très répandue de longs et ennuyeux désordres organiques.Le moyen tout indiqué pour y remédier est une cure naturelle de désintoxication.Or, les éléments concentrés qui sont à la base du merveilleux TRAITEMENT SANO \u201cA\u201d ont précisément pour fonction d\u2019éliminer ces poisons.Dès que la cure est commencée, on constate un développement, une fermeté nouvelle des chairs.Le teint se ranime et le charme séduisant de la jeunesse réapparaît.Un envoi de cinq sous suffit pour recevoir un échantillon de notre merveilleux produit SANO « A » Correspondance strictement confidentielle.LES PRODUITS SANO ENRG.Mme CLAIRE LUCE Ci-inclus 5 sous pour échantillon du produit SANO « A ».Ecrivez lisiblement ci-dessous.Nom .Adresse .Ville .Prov.B.P.2134 PLACE D'ARMES MONTREAL, PQ tion, plus fort que ma volonté, ne me fît regagner la rive à la nage ; et puis, à tort ou à raison, je me figure que dans l\u2019eau, avant l\u2019asphyxie complète, l\u2019agonie est horrible ; un jour, j\u2019ai vu un noyé sur une dalle de la Morgue ; eh bien ! je me sens frissonner en pensant que je pourrais rester quinze jours ou un mois au fond de la rivière, et qu\u2019à la même place où j\u2019ai vu le noyé, on verrait mon cadavre nu comme le sien et dans le même état de décomposition.« Ce que je dis là peut te paraître singulier, Georges ; mais que veux-tu ?Je suis ainsi ; c\u2019est un genre de coquetterie.Mourir sans souffrir, sans agonie, subitement, foudroyé, comme d\u2019un coup de tonnerre, voilà ce que je veux.» Il prit le pistolet sous ie traversin où il l\u2019avait replacé, et le montrant à son ami : \u2014 Voilà la foudre, dit-il: une détonation, du plomb dans la tête, on tombe, c\u2019est fini.Le corps plein de vie tout à l\u2019heure n\u2019est plus qu\u2019un cadavre.« L\u2019âme a pris son vol ! \u2014 Moi, je n\u2019ai pas de pistolet, murmura le peintre.\u2014 Est-ce que fu ne vois pas?Regarde donc ! \u2014 Quoi ?\u2014 Il est à deux coups et tous deux bien chargés.\u2014 Eh bien ?\u2014 Eh bien! Georges, chacun le nôtre ; une dernière fois, ami, partageons en frères ! \u2014 Est-ce bien vrai, Alexis, tu le veux ?\t\u2022 \u2014 Oui, si tu acceptes.\u2014 Mais j\u2019accepte avec reconnaissance, avec joie .Ah ! cher, merci, merci ! \u2014 Comme cela, Georges, nous mourrons à la même place, mon cadavre à côté du tien, et nous resterons unis ensemble jusque dans la mort, car j\u2019espère bien que nous aurons la même tombe au cimetière.Mais il y a une difficulté, une seule.\u2014 Laquelle ?\u2014 Nous ne pouvons pas faire feu des deux coups au même instant.\u2014 C\u2019est vrai.\u2014 Il faut donc que je me tue avant toi ou toi avant moi.\u2014 Alexis, s\u2019écria Georges, je mourrai 1 e premier ! \u2014 Pourquoi toi plutôt que moi ?Aurais-tu peur de me voir étendu sanglant sur le sol ?\u2014 Ami, j\u2019ai eu tort de réclamer un droit qui ne m\u2019appartient pas ; tu es mon aîné, c\u2019est à toi de passer le premier.\u2014-J\u2019abandonne mon droit d\u2019aînesse, Georges ; mais il y a un moyen de trancher la difficulté.Que le sort décide !.« Jouons à pile ou face ! \u2014 Avec une pièce de vingt francs, répliqua le peintre, ébauchant un sourire.\u2014 Non, pas avec ce que nous n\u2019avons point, dit gravement le poète ; mais avec ceci, ajouta-t-il, en prenant une pièce de cuivre jaune dans une soucoupe ébréchée placée sur le marbre de la commode.\u2014 Qu\u2019est-ce que cela ?demanda Georges, une médaille ?\u2014 Oui, c\u2019est une médaille ou un jeton, comme tu voudras.« Regarde.« Cette figure énergique, un peu osseuse, avec sa longue barbe au menton ; ces yeux vifs pleins de clarté ; ce front carré, bombé, coiffé d\u2019un casque romain à panache ne te rappellent-ils rien ?Souviens-toi de Mangin, l\u2019homme aux crayons, de dernier charlatan que Paris a vu sur ses places publiques.« Le voilà, c\u2019est lui, Mangin, une célébrité de la rue.« Que de fois, tout gamin, je me suis glissé à travers la foule qui entourait sa voiture, afin de pouvoir, au premier rang, admirer à mon aise son casque étincelant et les broderies d\u2019or de sa longue robe d\u2019enchanteur.« Il avait dans un grand coffre des milliers de médailles pareilles à celle-ci, et à pleines mains il les jetait à la foule, qui se bousculait pour les ramasser.« A côté du coffre aux médailles, devant lui, on voyait deux grandes sébiles pleines de pièces d\u2019or.Il les remuait, les pièces d\u2019or, et les prenait dans ses mains pour les faire retomber dans les sébiles comme une pluie.« Ah ! il ne les jetait pas aux badauds ces médailles-là ! « Mangin n\u2019était qu\u2019un charlatan ; mais il a su faire son métier ; il amusait le public et le public l\u2019enrichissait.« Vous regardez mon casque et mon panache, et vous riez.Imbéciles, ba-« dauds que vous êtes, si je n\u2019avais pas « mon casque et mon panache vous n'achèteriez pas mes crayons.» Voilà ce que Mangin disait à ceux qui l\u2019écoutaient.Comme il avait raison ! « Vous avez beau faire, vous tous qui luttez pour parvenir, vous n\u2019arriverez à rien si vous n'avez pas le casque et le panache.>, « Mangin est mort riche, très riche, m\u2019a-t-on dit.« Attention, Georges, attention ! « Pile ou face ?» \u2014\tFace.La médaille frappa le plafond, tourna sur elle-même en descendant, tomba sur le carreau, rebondit, roula et s\u2019arrêta enfin au milieu du galetas.\u2014\tC\u2019est face, dit Alexis.Le premier coup t\u2019appartient, mon cher Georges.\u2014\tC\u2019est bien, répondit simplement le peintre.\u2014 Dès que tu seras à terre, reprit le poète, je prendrai le pistolet dans ta main, et, à genoux près de toi, m\u2019arrangeant pour coucher mon cadavre sur le tien, je ferai feu à mon tour.Les deux amis se jetèrent dans les bras l\u2019un de l\u2019autre, s\u2019embrassèrent, puis sortirent de la mansarde.IV \u2014 En allant au bois Alexis Mollin avait vingt-huit ans, deux ans de plus que Georges Ra-mel.C\u2019étaient deux enfants de Paris : Alexis était né rae Mouffetard et Georges aux Batignolles.Ils n\u2019étaient ni amis d\u2019enfance ni amis de l\u2019école.Ils se connaissaient depuis cinq années seulement.C\u2019est au palais du Luxembourg, dans une des salles du musée, qu\u2019ils s\u2019étaient rencontrés la première fois.Le jeune peintre était devant son chevalet, tenant sa palette et ses pinceaux.Il copiait le superbe tableau de Pils : Rouget de l\u2019Isle chantant la Marseillaise dans le salon du maire de Strasbourg.Alexis passait ; il s\u2019arrêta et regarda le peintre et son oeuvre ébauchée.Dans le croisement des regards le courant sympathique s\u2019établit aussitôt.Us se devinèrent l\u2019un l'autre, ils sentirent que leurs âmes étaient soeurs et comprirent que, souffrant tous deux pour les mêmes causes, il y avait entre eux des affinités de pensée.Rapidement, ils échangèrent quelques paroles ; puis, simultanément, les mains s\u2019avancèrent et celles du peintre tombèrent dans celles du poète.Le matin, ils ne se connaissaient pas, le soir ils étaient amis inséparables.Ces deux jeunes gens, qui s\u2019étaient unis ainsi pour se soutenir dans la grande lutte contre les difficultés qui barrent le chemin et se défendre contre la misère, étaient également bien doués : ils avaient du coeur, le même enthousiame pour les choses grandes et belles et étaient bons et généreux.Ce que leur éducation première ne leur avait pas donné, ils l\u2019avaient acquis par instinct ; tant il est vrai que lorsqu\u2019il a l\u2019amour du beau, du bien et de ce qui est vrai, l\u2019homme s\u2019élève et s\u2019anoblit.Au moral, la ressemblance entre eux était grande ; c\u2019est ce qui les avait rapprochés.Physiquement, ils ne se ressemblaient guère.Georges était grand et fort ; Alexis était de petite taille, de complexion délicate et toute sa force résidait dans ses nerfs.La beauté du peintre était correcte ; son fin profil grec rappelait certains beaux camées antiques ; celle du poète était heurtée, mais avait du caractère, de l\u2019originalité, ce qui lui donnait un cachet tout particulier.Bref, sans qu\u2019on pût dire qu\u2019elle était jolie, sa figure ouverte était agréable.Il avait la bouche un peu grande, mais ornée de belles dents.Ses joues pâles, maigres, creusées, et la tristesse mal dissimulée peinte sur son visage disaient ses souffrances.Oui, comme Georges Ramel, et plus encore peut-être que son ami, il avait souffert, moralement surtout, sans jamais faire entendre une plainte, avec la résignation d\u2019un martyr.Il portait toute sa barbe, noire comme ses cheveux, claire, mais bien plantée, légèrement frisée sous le menton, comme sa moustache aux extrémités.Il avait la voix sonore, la parole vive ; chez lui, le système nerveux constamment surexcité communiquait à son corps fluet et grêle une sorte d\u2019animation fiévreuse ; il avait des mouvements impétueux, des brusqueries singulières et, souvent, une allure presque farouche.Malgré tout, dès l\u2019abord, sa grande pâleur, son regard franc et l\u2019expression indéfinissable de sa physionomie inspiraient la sympathie et l\u2019intérêt.Ses grands yeux d\u2019un gris noir, enfoncés sous l\u2019os frontal, étaient pleins de cette clarté lumineuse qui est la flamme donnée au regard par la pensée ardente et profonde.Un de ses camarades, rimeur comme lui, qui avait depuis brisé sa plume de poète pour prendre un emploi qui lui était offert dans une administration, avait écrit à son adresse la stance suivante: Au fond de cet oeil clair où flambe L\u2019avenir, J\u2019entends le marteau de Fiambe Retentir.Poète, on te raille, qu\u2019importe ?Dis tes oers : Brise sur ton enclume forte Les pervers.Ta muse, ami, sera courue, Tôt ou tard, Bien que se cachant dans la rue Mouffetard.Alexis Mollin Est un vrai poète Et je le répète Alexis Mollin Fera son chemin.L\u2019auteur des Aiguillons avait été salué ainsi à son aurore ; mais le temps avait passé, emportant successivement toutes ses espérances.De la rue Mouffetard il avait conduit sa muse à Montmartre et en dernier lieu rue des Ecluses-Saint-Martin ; mais la pauvre muse n\u2019en était pas moins restée ignorée.Alexis Mollin avait fait son chemin, et quel chemin !.Celui du Calvaire.Les deux amis, marchant côte à côte, descendaient silencieusement la rue Lafayette.Chacun, absorbé en lui-même, s\u2019entretenait avec ses pensées.Cependant, quand ils eurent traversé la rue du Faubourg-Montmartre, Geor- Le Samedi, Montréal, 1er mai 1948 35 ges saisit le bras d\u2019Alexis et s\u2019arrêta, obligeant ainsi son ami à s\u2019arrêter aussi.\u2014\tAh ! çà, ipourrais-tu me dire où nous ailons ?demanda le peintre.\u2014\tOui.Droit devant nous.\u2014 Parbleu, mon cher Alexis, je le vois parfaitement.\u2014 En ce cas, marchons.\u2014 Toujours droit devant nous ?\u2014 Oui, jusqu\u2019à ce que nous nous arrêtions.\u2014 Je comprends : nous allons au bois de Boulogne.\u2014 Le jjiemin que nous suivons y mène.Viens.Arrivés au bout de ia rue Lafayette, Us prirent le boulevard Haussmann, puis l\u2019avenue Friedland, et se trouvèrent bientôt sur la place de l\u2019Etoile.Là, des centaines de voitures de toutes les formes, depuis l\u2019humble cabriolet de place jusqu\u2019à l\u2019élégante calèche armoriée, se croisaient dans tous les sens.C\u2019était, dans la belle et large avenue des Champs-Elysées, montant vers l\u2019Etoile ou descendant sur Paris, un flux et reflux continuels de brillants équipages, de fiacres, de coupés, de landaus, de phaétons, de victorias et de promeneurs à pied.L\u2019Arc-de-Triom-phe voyait s\u2019entrechoquer ces flots humains où s\u2019agitaient, mêlées, toutes les classes de la société.Alexis et Georges jetèrent un long regard dans la grande avenue, puis détournèrent la tête.\u2014 Riches et pauvres, dit doucement le poète, ceux-là sont des heureux : nous ne sommes pas des leurs.Marchons ! Ils traversèrent la place, en passant derrière le colossal monument et se trouvèrent à l\u2019entrée de l\u2019avenue du Bois-de-Boulogne.Une calèche de maître, attelée de deux superbes normands, allant au pas, passa devant les deux amis.Deux jeunes femmes, mises avec une extrême élégance, étaient dans la voiture.Le regard de Tune rencontra celui d\u2019Alexis qui, machinalement, reconnaissant la dame, la salua en ôtant son chapeau.Mais la belle élégante se sentit probablement blessée de ce salut d\u2019un pauvre diable mal vêtu, car elle se redressa, hautaine, et tourna le dos brusquement avec une expression très accusée de dédain ou de mépris.\u2014 Ah ! imbécile que je suis I prononça le poète d\u2019une voix sourde, en enfonçant d\u2019un coup de poing son feutre sur sa tête.\u2014 Alexis, tu connais donc ces dames qui viennent de passer ?demanda Georges.\u2014 Je n\u2019en connais qu\u2019une, celle que j\u2019ai eu la maladresse de saluer.\u2014 J\u2019ai surpris le singulier regard qu\u2019elle t\u2019a lancé.Pourtant, il me semble qu\u2019une marque de politesse ne saurait offenser une femme, si haute que soit sa position.\u2014 Tu viens d\u2019être témoin du contraire.Mais pourquoi l\u2019ai-je saluée, cette femme ?Je n\u2019en sais rien.Un mouvement irréfléchi.Je me suis oublié, mon cher ; aussi, s\u2019est-on empresse de me faire sentir que certaines hardiesses ne sont point permises à un gueux de mon espèce.Comprends donc, Georges, cette femme est riche et heureuse et moi je suis pauvre et malheureux ! \u2014 Enfin, Alexis, qui est-elle ?\u2014 C\u2019est Mme Joramie.\u2014 Joramie! Je connais ce nom-là.\u2014 Assurément.M.Joramie est un des personnages politiques et financiers les plus en vue de Paris.Pour ne pas connaître ce nom d\u2019un archimil-lionnaire il faudrait avoir toujours vécu au Congo ou être un habitant d une île inconnue de l\u2019archipel Polynésien.\u2014 J\u2019y suis, maintenant, j\u2019y suis.Ainsi, c est la belle Mme Joramie que je viens de voir, la charmante Mme Joramie, dont tous les journaux vantent à plaisir la distinction, l\u2019élégance, la grâce incomparable, le brillant esprit ?\u2014 Elle-même.\u2014 Elle m\u2019a paru toute jeune.On dit qu\u2019elle a à peine trente ans ; mais je suis convaincu que, de complicité avec ses adulateurs, elle-même se rajeunit de cinq ou six années ; ce dont on est bien forcé de convenir, c\u2019est que Mme Joramie est une très jolie femme.Mais qu\u2019elle ait trente ans ou trente-cinq, ou trente-six, elle est beaucoup plus jeune que son mari, qui a passé la soixantaine.Pendant une vingtaine d\u2019années, M.de Joramie a été mêlé à toutes les grandes entreprises financières et a eu sa part de tous les gâteaux.Administrateur de chemins de fer étrangers et directeur de mines plus étrangères encore, on a beaucoup parlé des gros millions gagnés par M.Joramie, mais point des dividendes répartis aux actionnaires.H en est souvent ainsi, paraît-il ; quelques-uns, les gros bonnets, s\u2019enrichissent aux dépens du plus grand nombre.Les billets de mille francs sortent de cent mille poches, s\u2019entassent dans la caisse d\u2019un seul individu et le voilà millionnaire.« Je te répète ce que j\u2019ai entendu dire, Georges ; car, moi, je n\u2019entends rien aux tripotages d\u2019argent.« M.Joramie n'est pas un méchant homme, je lui reconnais même certaines belles qualités ; il a l\u2019intelligence des affaires et est surtout et avant tout un financier.On dit tout bas que ce n\u2019est pas lui, mais sa femme, qui est le député dont la gauche applaudit les discours.Sa femme le pousse, c\u2019est un futur ministre.« Vieux et laid, et chauve par-dessus le marché, M.Joramie n\u2019a rien de séduisant pour une jeune femme, n\u2019eût-elle qu\u2019une immense ambition et la passion des honneurs.On peut donc penser que Mme Joramie n\u2019a épousé son mari que pour ses millions.On prétend qu\u2019elle a des amoureux ; je n\u2019en sais rien.Ça, c\u2019est son affaire ; son mari a seul le droit d\u2019y voir de près.\u2014 Comment as-tu connu Mme Joramie ?\u2014 Je vais te le dire.Mme Joramie est du nombre de ces femmes qui aiment à se mettre en évidence, à briller au premier rang, qui veulent qu\u2019on s\u2019occupe d\u2019elles, qu\u2019on parle d\u2019elles, qui tiennent, enfin, à jouer un rôle, Mme Joramie est une reine à qui il faut une cour.« La réputation de la belle Mme Ré-camier l\u2019empêchait probablement de dormir ; car elle aussi voulut avoir son salon, cm salon littéraire et politique.« C\u2019était nécessaire pour qu\u2019on chantât sur tous les tons ses louanges dans les journaux.« Elle ouvrit donc son salon où se rencontrèrent bientôt toutes les célébrités parisiennes : romanciers et poètes, auteurs dramatiques et journalistes, musiciens et chanteurs, sculpteurs et peintres, sénateurs et députes, ministres et hommes d\u2019Etat, financiers et magistrats, généraux, consuls et ambassadeurs de toutes les nations.«L\u2019étoile, \u2014 car Mme Joramie est une étoile parisienne, \u2014 devint ainsi une force, une puissance.On pourrait presque dire qu\u2019elle fait la pluie et le beau temps.Dans sa petite main blanche, elle tient nos ministres, et les plus hauts personnages sont à ses pieds, quémandant la faveur d\u2019un sourire ou d\u2019un coup d\u2019éventail gracieusement donné.Elle obtient tout ce qu\u2019elle veut, on ne peut rien lui refuser; elle est la distributrice des faveurs et des grâces d\u2019en haut, dont elle comble ses amis.Pour ceux-ci, c\u2019est une femme précieuse ; elle les pousse vigoureuse- ^obilotf : Vacuum oilco.ofca^ # L\u2019été approche.C\u2019est maintenant le moment de faire vidanger et rincer votre carter pour en chasser les dépôts et la saleté, puis de le faire remplir avec la Nouvelle Mobiloil fraîche, l\u2019huile à double but qui nettoie tout en lubrifiant.La Nouvelle Mobiloil diminue l\u2019usure, prolonge la durée de votre moteur.Avec la Nouvelle Mobiloil dans votre moteur, vous roulez sûrement, allègrement et sans ennui.Passez aujourd\u2019hui à la nouvelle et économique Mobiloil.avec h MOBILOf Faite par les fabricants des Lubrifiants Industriels et Marins Gargoy le \u2014 garde votre moteur \"Mobiloil Propre \" Un Produit de Socony-Vacuum EN VENTE PARTOUT PAR IMPERIAL OIL (™) ET AUTRES VENDEURS IMPORTANTS 5923 Le Samedi, Montréal, 1er mai 1949 Soutien à boucles et à semelle» crêpe ou coowfcHoue \u2014 dame» et eitfann ^ J Oxford deux dôme» «» enfant».HFW oes ONTARIO BRAMPTON Sandale» pour enfant», à semelles cuir ou caoutchouc.TSOIN DES DÉTAILLANTS DÉSIREUX DE VOUS SERVIR DANS TOUT LE CANADA ON profite mieux de ses vacances et des fins de semaine en plein' air \u2014 avec des Hewetson aux pieds.Et les enfants ainsi chaussés peuvent s'ébattre tout à leur aise dans les parcs et les terrains de jeux.Ns V vi Oxford à lemeues n-tpeiees pour le sport et la marche ment, et, certes, je ne lui en veux pas pour cela, elle a raison.« Comment ne pas lui accorder ce qu\u2019elle demande, à cette enchanteresse ?« Nul ne saurait résister à son sourire, à ce long regard fascinateur dont seule elle a le secret.« Mon cher Georges, pour peu que cela continue, elle s\u2019emparera du pouvoir exécutif et nommera les ministres.» Le peintre se mit à rire.\u2014 C\u2019est comme cela, mon cher, continua le poète, aujourd\u2019hui la femme se mêle de tout ; elle ne sait pas conduire son ménage, mais elle gouverne les Etats.\u2014 C\u2019est une espèce de bas bleu, cette Mme Joramie ; elle écrit, sans doute ?\u2014 Non, pas que je sache.Jusqu\u2019à présent, elle se contente de s\u2019ériger en juge des choses artistiques, littéraires et politiques ; elle donne des conseils ; de temps à autre, elle fait sortir de l\u2019ombre un inconnu, qui a eu le talent de lui plaire, et le met en lumière.Si le privilégié est un homme de quelque valeur, il n\u2019a plus qu\u2019à marcher ; on le tient par la main, l\u2019avenir lui est ouvert.« Mme Joramie est une autre Egé-rie, un nouveau Mécène.« Un jour, \u2014 H y a de cela deux ans, \u2014 je lui fus présenté par un de ses amis, un sénateur qui n\u2019a pas été réélu aux dernières élections ; très gracieusement, elle m\u2019invita à sa prochaine soirée du dimanche.« Alors, j\u2019avais encore un habit noir et des bottines pouvant se montrer.« Le dimanche, un peu avant neuf heures, je m\u2019acheminais vers l\u2019avenue de Wagram, et à dix heures précises, je faisais mon entrée dans le salon de Mme Joramie.duire ?« Les vastes salons de l\u2019hôtel Joramie, bondés, rejetaient leur trop plein dans les antichambres.Il n\u2019y avait que quelques femmes merveilleusement habillées, la gorge et les bras nus, étincelantes de pierreries.« Elles étaient là, entourant la reine du salon, comme les étoiles de la constellation de Vénus ; mais tout ce qu\u2019il y a dans Paris de personnages connus et haut placés, se pressait dans les splendides salons dorés du député millionnaire.« Pour la première fois de ma vie, Georges, je voyais réunis les hommes les plus illustres de la France.« Et je me trouvais parmi eux ! « J\u2019étais donc de ce monde ! « Une bouffée d\u2019orgueil me monta au cerveau, et, quoique de petite taille, perdu dans la masse des habits noirs, je m\u2019imaginai qu\u2019ayant au front la rayonnante auréole du poète, tout le monde me voyait.« Mme Joramie m\u2019accueillit avec cette grâce parfaite qui n\u2019appartient qu\u2019à la femme du monde.« \u2014 J\u2019espère, monsieur, me dit-elle, que vous nous direz quelque chose tout à l\u2019heure, une de vos belles poésies.« \u2014 Oui, madame, avec plaisir.» « Elle me gratifia d\u2019un sourire et je me perdis de nouveau- dans la foule.« Mais, le moment venu, elle sut me rejoindre et je me trouvai devant ce public grave et gourmé comme un acteur débutant sur la scène du Théâtre-Français un jour de première.« Au lieu de choisir une poésie de mes Heures champêtres, avec ma maladresse habituelle, j\u2019eus la fâcheuse idée de dire un ïambe des Aiguillons : les Pervers.C'est à vous qu\u2019en ces vers mon [aiguillon s\u2019adresse.Maris vantards et libertins, Pour qui l\u2019amour a trop d\u2019ineffable [tendresse Et pas assez de vils instincts .rès de lui et se souleva lentement.Doucement, évitant de faire le moindre bruit, il écarta quelques rameaux feuillus et avança la tête pour regarder.Il vit, debout, au milieu de la clairière, le jeune homme tenant sa corde.\u2014 Je comprends, pensa-t-il ; encore un malheureux dégoûté de la vie et qui veut en finir ; il cherche par ici un endroit pour se pendre.Quel âge peut-il avoir, ce pauvre diable T Vingt-cinq ans, tout au plus.Hum ! mourir si jeune, c\u2019est dommage ! Oui, mais si c\u2019est pour toujours souffrir, pourquoi vivrait-il ?Va, men garçon, accomplis ton oeuvre ; je te souhaite bon voyage pour l\u2019éternité ! Ceci dit mentalement, l\u2019homme se recoucha tranquillement, serrant contre hii une corde à peu près semblable à celle du jeune ouvrier, et ayant aussi un noeud coulant à l\u2019un de ses bouts.Le moment était venu, pour le jeune homme, de mettre son projet à exécution.Une dernière fois il tendit lo-reille et regarda de tous les côtés, plongeant sa vue dans les massifs comme pour en sonder les profondeurs.Enfin, bien certain que nul ne viendrait le déranger, il enroula la corde autour de son bras, s\u2019approcha du tronc rugueux du vieux chêne, l\u2019embrassa et grimpa.Sans trop de difficulté, il atteignit la branche le long de laquelle il se glissa en rampant.Quand il jugea qu\u2019il s\u2019était suffisamment éloigné du tronc, il écarta ses jambes, redressa son corps et se trouva à cheval sur la branche.Tout céda ne s\u2019était pas fait sans un bruit de frottement, de jeunes pousses Le Samedi, Montréal, 1er mai 1948 37 brisées, de morceaux d\u2019écorce arrachés.\u2014 Ah ! ça, il est donc toujours là ; est-ce qu\u2019il ne va pas bientôt s\u2019éloigner ?grommela l\u2019homme en levant la tête.Il ne vit plus le jeune homme dans la clairière, mais, sa vue montant, 11 l\u2019aperçut dans la position d\u2019un gymnaste au repos sur le cheval de bois.\u2014 Mais c\u2019est ma branche, fit-il, il me prend ma branche ! H eut l\u2019intention d\u2019apostropher le jeune homme et de lui disputer l\u2019emploi de cette branche que lui aussi avait choisie pour se pendre.Toutefois, en réfléchissant, il se dit que la branche appartenait aussi bien à l\u2019autre qu\u2019à lui, et même plus au jeune homme, puisque, déjà, il en avait pris possession.Reconnaissant que le droit n\u2019était pas de son côté, il renonça à chercher à son rival une querelle d\u2019Allemand.\u2014 Après tout, se dit-il, la branche est longue, il y a place pour deux.Le jeune homme ne restait pas inactif, il avait hâte de s\u2019exécuter.Ayant solidement attaché la corde à la branche, il se passa le noeud coulant autour du cou.Ceci fait, il remonta une de ses jambes pendantes et se trouva assis.Il resta un instant immobile, les yeux levés vers le ciel, puis il poussa un long soupir et, sans effort, se laissa glisser dans le vide.La corde se tendit, raide, par le poids du corps, et le noeud serra le cou dont, aussitôt, toutes les veines se gonflèrent.Le visage prit une teinte rouge violacée ; la bouche s\u2019ouvrit, grande, laissant passer la langue, et les jambes du pendu se mirent à gigoter.\u2014 C\u2019est fini, dit l\u2019homme du buisson, qui avait paru s\u2019intéresser à cette scène dramatique ; adieu, mon garçon, adieu !.Mais pas pour longtemps ; ,, dans un moment, j\u2019irai te rejoindre.Et jugeant, sans doute, qu\u2019il en avait vu assez, il ferma les yeux, et sa tête retomba dans l\u2019herbe.Au même instant, une voix d\u2019homme s\u2019écria : \u2014 Tiens, un pendu ! L\u2019homme étendu derrière le buisson sursauta comme brusquement réveillé et se dressa sur ses genoux.Deux jeunes gens, l\u2019un grand, l\u2019autre de petite taille, venaient de pénétrer dans la clairière.C\u2019étaient Alexis et Georges à la recherche d\u2019un endroit pour se suicider.C\u2019est le poète qui avait jeté cette exclamation : \u2014 Tiens, un pendu ! A son tour, Georges s\u2019écria : \u2014 Mais il vit encore ! \u2014C\u2019est vrai : son corps se tord dans les convulsions de l\u2019agonie et, écoute, Georges, il râle.\u2014 Alexis, nous ne pouvons pas le laisser mourir.\u2014 Nous n\u2019aurions pas de coeur ! \u2014 Il en est temps encore, sauvons-le ! \u2014 Oui, sauvons-le ! \u2014 Vite, vite .« As-tu un couteau dans ta poche ?» \u2014 Non, mais j\u2019ai mon canif ; la lame est petite, mais regarde, elle est tranchante et de bon acier.Es étaient sous le pendu, dont les pieds battaient leurs poitrines.\u2014 Allons, Alexis, grimpe sur mes épaules ; sois tranquille, je suis fort ; bien campé sur mes jambes, je ne broncherai pas.Avec l\u2019agilité d\u2019un chat, ayant le canif entre les dents, le poète grimpa et se dressa de toute sa hauteur, les pieds sur les robustes épaules du peintre.Celui-ci, avec la force et l\u2019adresse d un bateleur, saisit les jambes du Pœtc au-dessus des chevilles, les serra contre sa tête, et lui cria : \u2014 Coupe, coupe ! Tu ne tomberas P^, je maintiens ton équilibre.Bien, très bien, dit l\u2019homme du buisson, toujours caché derrière le rideau de verdure.Et, avec une emotion dont il ne pouvait se défendre, il ajouta : \u2014 Oh ! les braves enfants ! En l\u2019espace d\u2019une seconde à peine, Alexis trancha la corde à dix centimètres au-dessus de la tête du pendu.Le corps tomba droit sur ses jambes, puis, celles-ci fléchissant, il s\u2019abattit sur le sol, comme une masse.Le poète sauta lestement à terre, et les deux amis, agenouillés de chaque côté de celui qu\u2019ils venaient de dépendre, se hâtèrent de desserrer le noeud coulant qui avait eu le temps déjà de marquer en creux une ligne bleuâtre autour du cou.C\u2019était l\u2019opération absolument nécessaire pour arrêter les progrès de l\u2019asphyxie.Au bout de quelques minutes, l\u2019air ayant rempli les poumons, le pendu commença à respirer, en même temps que la circulation du sang se rétablissait.Bientôt le corps s\u2019agita nerveusement ; une sueur abondante mouilla le front et les tempes du pendu ; ses paupières eurent des battements rapides ; la langue pendant se retira et la bouche encore frangée d\u2019écume se ferma.Peu à peu la vie revenait.\u2014 Si je ne me trompe, dit Georges, le malheureux est sauvé maintenant.\u2014 La respiration devient plus forte, dit le poète, et je sens sous ma main les battements précipités de son coeur.\u2014 Dis donc, Alexis, il l\u2019a échappé belle.\u2014 Oui.Deux minutes de plus et c\u2019était fini.Ah ! c\u2019est bien le hasard qui a voulu que nous arrivions à temps.\u2014 Ou Dieu ! répliqua Georges d\u2019un ton grave.\u2014 Oui, mon ami, ou Dieu.\u2014 Tu y crois donc, ô libre penseur ! \u2014 Georges, la libre pensée n\u2019exdua pas l\u2019idée de la divinité : je suis libre penseur, mais pas athée ! Ah ! voilà de nouveaux spasmes qui le secouent : dans un instant, il reprendra l\u2019usage de ses sens et il aura la force de se remettre sur ses jambes.Pendant que ceci se passait dans la clairière, notre quatrième personnage s\u2019était dressé debout, et marchant à petits pas, sans bruit, il était venu s\u2019appuyer contre le tronc de chêne, afin de mieux voir sans doute ce qui se passait ; et sans doute aussi pour ne pas perdre un mot des paroles des deux amis.Quelques minutes s\u2019écoulèrent encore, et le pendu sortit de son évanouissement.\u2014 Ouf ! fit-il, respirant bruyamment.Il se souleva en s\u2019aidant de ses bras, et, étonné, frémissant, il regarda autour de lui, ne distinguant pas bien encore les objets qui s\u2019offraient à sa vue.A ce moment, le soleil se couchait dans son lit de pourpre à franges d\u2019or.\u2014 Où suis-je, où suis-je donc\u2019?s\u2019écria le pendu.Il se mit sur son séant et porta en même temps ses deux mains à son cou.\u2014 Ah ! ah ! as ! reprit-il d\u2019une voix étranglée, la corde, la corde !.Est-ce que c\u2019est un horrible cauchemar ?Voyons, suis-je mort ou vivant ?Il se mit à presser son front dans ses mains.\u2014 Où suis-je, où suis-je donc ?s\u2019écria-t-il encore en se dressant sur ses jambes.\u2014 Entre deux amis, répondit la voix sonore d\u2019Alexis Mollin.Silencieux, le pendu examina longuement le poète et le peintre, puis ses yeux se fixèrent un instant sur la branche au-dessous de laquelle pendait la corde coupée.__Je comprends, dit-il d\u2019une voix douce et pleine de tristesse : j\u2019étais là, Les laxatifs violents me répugnaient Je savais que les laxatifs que je prenais ne me faisaient pas de bien, car les laxatifs violents irritent l'appareil digestif et nuisent à la nutrition.Je ne savais que faire.C\u2019est alors que je commençai à udiJ,rendre-^4°!!*±l\u2019eau rerre d'«u, dèsIe\u201dév«altsurtejUS ^\"\" Ci'r°n dans un »«¦»«* dejour en jour* UnePr°'\u201dP'e élimination J: ~, '' tenant une chose du passé.\u2018fs V,dents main-\t< 5 \u2014c\u2019est bon pour Ig santé Du citron dans de\tverre matinal mon système 1 «erépier de ^ est si rafraîchissant .¦\test juste assez réveille.Ni trop aigre ni trop sur piquant! 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De quel droit ?Assurément, ils n\u2019avaient pas pensé, en voyant le pendu, que ce malheureux accomplissait l\u2019oeuvre de destruction qu\u2019eux-mêmes avaient résolue.Et si tout à l\u2019heure la même chose leur arrivait ?Si, sortant tout à coup de derrière un massif, un homme robuste se précipitait sur Georges et lui arrachait le pistolet des mains, que diraient-ils ?Us seraient furieux et ils lui parleraient, à ce malavisé, comme l\u2019ouvrier leur parlait Avec violence, avec colère, ils lui diraient : « De quoi vous mêlez-vous ?Laissez donc mourir ceux qui ne veulent plus vivre ! » Telles furent les réflexions des deux amis pendant un instant de silence.\u2014 Peut-être ne me comprenez-vous pas, messieurs, poursuivit le jeune ouvrier, reprenant la parole ; il faut être comme moi, un désespéré, p>our savoir qu\u2019il arrive un moment où l\u2019on ne tient plus à aucune des choses de la terre ; il faut voir son existence brisée, le bonheur devenu impossible, l\u2019avenir à jamais fermé devant soi pour considérer la mort comme le plus grand des bienfaits, et être ingrat à ce point envers le créateur qu\u2019on ne veuille plus de l\u2019âme, du coeur, de l\u2019intelligence et de la pensée qu\u2019il a mis en vous ! « Je ne p>eux pas vous remercier ; mais je vous l\u2019ai dit tout à l\u2019heure, et je vous le répète, je ne vous en veux pas.Si j\u2019eusse été à votre place, j\u2019aurais probablement fait aussi ce que vous avez fait.Un homme tombe à l\u2019eau, on s\u2019y jette pour le retirer; un homme vient de se pendre, on se hâte de coup>er la corde pour le sauver.En portant secours à son semblable, en l\u2019emp>êchant de mourir, l\u2019homme obéit à un sentiment naturel.« Messieurs, vous m\u2019avez fait l\u2019honneur de me dire que vous étiez mes amis ; à ce titre, me permettez-vous de vous serrer la main ?» Aussitôt les mains s\u2019unirent.Ce fut une étreinte fraternelle.\u2014 Superlie, c\u2019est superbe ! pensait le personnage qui continuait à dissimuler sa présence derrière le tronc du chêne ; en vérité, je suis curieux de savoir comment se terminera l\u2019aventure.\u2014 Monsieur, dit Alexis Mollin au jeune homme, vous plaît-il de nous dire votre nom ?\u2014 Je m\u2019appelle Etienne Renaudin.Le poète s\u2019inclina.\u2014 Moi, monsieur Etienne Renaudin, dit-il, je me nomme Alexis Mollin et le nom de mon ami est Georges Ramel.En entendant ce nom ,1e quatrième personnage eut un haut-le-corps et, avançant la tête, il répéta d une voix étonnée et émue : \u2014 Georges, Georges Ramel ! \u2014 Monsieur Etienne, reprit Alexis, mon ami et moi nous reconnaissons notre tort envers vous et nous trouvons que vous auriez le droit de nous reprocher d\u2019une façon severe notre malencontreuse intervention.Pas une parole de colère ! Et vous poussez la générosité jusqu\u2019à nous pardonner.Ah ! vous êtes un noble coeur ! « Vous croyez, monsieur Etienne, que nous ne comprenons pas qu\u2019on ait le mépris des choses de la terre, le dégoût de la vie et qu\u2019on veuille en sortir brusquement par un moyen violent.Eh bien ! détrompez-vous : nous sommes comme vous deux désespérés, et, comme vous, las de souffrir.Voyant l\u2019avenir fermé devant nous, vaincus dans la lutte contre l\u2019adversité, nous aspirons à l\u2019étemel repos.Sachez donc que nous sommes ici, au bois, parce que tous deux, dans un instant, nous allons nous tuer.» La tête de l\u2019homme caché émergea derrière le tronc de l\u2019arbre.\u2014 Hein! murmura-t-il, que dit-il donc celui-là ?Quoi, eux aussi veulent se suicider ! Ah ! çà, mais cela devient de plus en plus intéressant \u2014 Maintenant, monsieur Etienne, continua le poète, expliquez-vous, si vous le pouvez, pourquoi, voulant nous-mêmes nous tuer, nous avons coupé la corde qui vous étranglait.Moi, je ne saurais le faire.Etrange contradiction des sentiments humains ! Nous voulons mourir et nous ne permettons pas qu\u2019un autre meure, comme si nous étions, mon ami et moi, jaloux de la froide embrassade de la mort « Vous avez l\u2019intention de recommencer demain.Soit.Ce n\u2019est pas à nous qu\u2019il appartient de vous exhorter à renoncer à votre projet.Soyez tranquille, nous ne serons plus là pour couper la corde.» Alexis MoLlin se tut et Georges Ramel prit la parole.\u2014\tAmi Etienne, dit-il presque gaiement, mon ami Alexis et moi nous partons ce soir, avant une heure ; nous arriverons avant vous au pays inconnu où nous allons.Vous nous y retrouverez : et s\u2019il y a dans ce pays une bonne hôtellerie, votre chambre y sera retenue d\u2019avance à côté des nôtres.« Amis d'un instant, puisque nous ne devons plus nous revoir en ce monde, nous resserrerons nos liens d\u2019amitié dans l'autre.Là-bas nous serons de bons amis ; nous ne nous quitterons jamais ; nous nous aimerons comme trois frères.Et si parfois nous nous ennuyons, nous nous distrairons en causant entre nous des vilaines choses de la terre.» \u2014\tOh ! les braves jeunes gens, se disait le personnage dans la coulisse ; allons, les hommes ne sont pas aussi méchants que je le croyais ; il y encore de noble coeurs, des âmes grandes ! \u2014 Ami Etienne, reprit Alexis, nous allons nous quitter ; mais, avant, ceux qui meurent aujourd\u2019hui vont donner l\u2019accolade à celui qui mourra demain.Pour le coup, notre quatrième personnage ne put plus se contenir.Il s\u2019élança de derrière l\u2019arbre et entra en scène en criant d\u2019une voix vibrante et fort : \u2014 Bravo ! bravo ! Instinctivement, les trois jeunes gens se serrèrent l\u2019un contre l\u2019autre.L\u2019homme marcha vers eux, traînant sa corde sur ses talons.Alexis Mollin, fronçant les sourcils, fit un pas en avant.\u2014 Qui êtes-vous?demanda-t-il à l\u2019inconnu.\u2014 Un malheureux comme vous, répondit l\u2019homme.\u2014 On ne le dirait guère, répliqua le poète, souriant ironiquement, en voyant le vêtement de drap fin et à la dernière mode que vous portez.\u2014 Le vêtement n\u2019empêche point le malheur ; le coeur et l\u2019âme d\u2019un souverain peuvent souffrir sous son manteau royal.\u2014 C\u2019est vrai.Enfin, qu\u2019est-ce que vous nous voulez ?\u2014 Je veux vous dire que j\u2019ai entendu vos paroles ; je veux vous dire que vous êtes tous trois de bons et braves jeunes gens ! \u2014 Ainsi, vous étiez là, caché, nous écoutant ?\u2014 Oui.Mais je suis arrivé ici le premier.Vous, Etienne Renaudin, je vous ai vu vous pendre, et je ne vous ai pas arrêté parce que rien en moi ne m\u2019a crié que je devais empêcher votre suicide.Et cependant, Alexis Mollin, quand vous avez coupé la corde, j\u2019ai applaudi du fond de l\u2019âme.Et quand j\u2019ai vu que, grâce à vous deux, le pendu était sauvé, j\u2019ai senti pénétrer en moi un immense bien-être que je ne connaissais plus depuis longtemps « Tenez, regardez cette corde.Eh bien ! comprenez-vous ?Comme vous, jeunes gens, je suis venu ici pour mourir.Comme vous, dégoûté de la vie, ayant le monde en horreur, désespéré, j\u2019ai pris cette corde pour me pendre.Alexis Mollin, croyez-vous maintenant que je-sois aussi un malheureux?Peut-être suis-je un peu plus riche que vous, mais qu\u2019est-ce donc que d'avoir chaque jour sa croûte de pain à manger quand on n\u2019a plus rien à espérer, quand un monstre infernal s\u2019est emparé de votre pensée et lentement, sans répit, vous ronge jusqu\u2019au coeur ?On se lasse, à la fin, de traîner partout, à travers la nuit noire peuplée de fantômes, une existence misérable ! « Mais parlons de vous, jeunes gens ¦ Vous avez la jeunesse, la santé .Vous avez la jeunesse, la santé .Vous êtes pleins de vie et vous voulez mourir?Mourir, quand vous êtes si dignes de vivre ! Allons, allons, enfants, réconfortez vos coeurs et rassurez vos âmes.Le malheur vous a frappés, qu\u2019importe ! Tenez-lui tête ! Vous êtes terrassés, relevez-vous ! Tant qu\u2019on peut se tenir debout, la lutte n\u2019est pas finie.Les jours se suivent et ne se ressemblent pas ; après l\u2019orage, le ciel s\u2019éclaircit et le soleil reparaît radieux ; le calme succède à la tourmente.« Vous croyez que l\u2019avenir vous est fermé ; erreur : c\u2019est pour la vieillesse seule que l\u2019avenir se ferme.Aujourd\u2019hui vous êtes désespérés ; mais dès demain peut-être, dissipant les ombres qui vous environnent, vous aurez la clarté rayonnante d\u2019un sourire de l'espérance.« Ah ! ah ! vous secouez la tête, vous n\u2019êtes pas convaincus.Eh bien ! écoutez-moi ! Vous voyez cette corde, je la jette ; je ne veux plus mourir ! Et pourtant je touche à la vieillesse, et seul ici je peux dire : l\u2019avenir m\u2019est fermé.Je ne veux plus mourir parce que, grâce à Georges Ramel et à Alexis Mollin, Etienne Renaudin n'est pas mort.« Jeunes gens, vous avez réchauffé mon coeur et m\u2019avez rendu un peu de la foi que j\u2019ai perdue ; voilà pourquoi je veux vivre encore.« Je cesse de maudire mon existence, parce que vous m\u2019avez appris quon peut encore trouver des hommes bons et généreux capables de s'aimer.« Vous m\u2019avez prouvé que les fourbes n\u2019ont pas réussi à noyer la vérité au fond de son puits ; vous m\u2019avez voir qu\u2019il existe toujours des sentiments honnêtes et que la vertu n'a pas encore été chassée de partout.[ Lire la suite au prochain numéro 1 he Samedi, Montréal, 1er mai 1948 JAMES YOUNG SIMPSON LE VAINQUEUR DE LA Et c\u2019est à votre tour de vous rendre chez le dentiste.Vous ne voulez pas y aller ?Pourquoi pas ?Parce que vous redoutez qu\u2019il vous fasse mal.Eh ! bien, le dentiste sait à quoi s\u2019en tenir et dans une ou deux minutes, il peut empêcher la douleur et il plombera vos dents sans que vous souffriez.Mais si vous reculez aujourd\u2019hui en face de la chaise du dentiste, combien davantage vous eussiez craint la simple pensée d\u2019une opération pour vous amputer un bras, si vous aviez vécu autrefois ! Il y a un siècle, les souffrances qui accompagnaient une opération étaient si terribles que vous ne pouvez même pas les imaginer.Lisez cette description : \u201cTrois ou quatre paires de bras solides maintenaient le patient pendant que le chirurgien accomplissait audacieusement et rapidement son travail, malgré les cris, ne s\u2019interrompant peut-être que pour injurier durement le patient qui avait fait un mouvement d'angoisse, nuisible à la bonne marche de l\u2019opération.La pauvre victime voyait les instruments tranmis un à un par l\u2019assistant et entendait les recommandations paisibles du chirurgien et ses commentaires sur le cas.L\u2019usage barbare d\u2019arrêter l\u2019hémorrhagie par l\u2019application de fers rougis au feu à la surface de la blessure avaient évidemment cessé trois siècles auparavant, quand un réformateur humanitaire, Paré, le remplaça par la méthode de nouer le vaisseau sanguin, mais le sang du patient giclait devant lui avant que le jet ne fût entravé dans la sciure de bois répandu à cet effet, et la vue et l\u2019odeur chaude provoquaient souvent chez lui, heureusement, un évanouissement.C\u2019était véritablement un monstre maléfique que cette sorcière Douleur, étreignant le misérable être humain dans ses griffes sans pitié, que Simpson dès sa jeunesse s\u2019avisa lui-même d\u2019attaquer.\u201d C\u2019est à sir James Young Simpson que nous devons cette libération de la \u201csorcière Douleur\u201d.Ce remarquable médecin, que l\u2019on pourrait appeler le conquérant de la douleur, naquit le 7 juin 1811, dans le village de Bathgate, Linlithgowshire, en Ecosse.Un bébé rose au sourire facile et avec des joues à fossettes, tranquille et affectueux, il grandit en acquérant une grande délicatesse de manières, en même temps que la confiance en soi, de la ténacité et de l\u2019initiative.Il commença à fréquenter l\u2019école à quatre ans.Dès le début, il fut un écolier appliqué et il s\u2019intéressa pleinement à l\u2019étude et aux sports.La région avoisinant sa demeure se trouvait très favorable à l\u2019étude de la nature et à la connaissance des traditions historiques.Les villageois comprenaient surtout des tisserands manuels studieux et intelligents, \u201ccapables d\u2019écrire en un latin correct une description exacte d\u2019un animal ou d\u2019une plante qu\u2019on leur présentait\u201d.Avec l\u2019appui de ses voisins et de sa famille, Simpson entra à l\u2019Université d\u2019Edimbourg à l\u2019âge de quatorze ans.Il y acquit de solides connaissances classiques et de durables habitudes de travail intense.Il poursuivit ensuite ses études de médecine.Il obtint son diplôme au Collège des Chirurgiens à 18 ans et deux ans plus tard, il décrocha son doctorat en médecine à l\u2019Université d\u2019Edimbourg.Après huit années de pratique privée, il fut élu en 1840 professeur d\u2019obstétrique à cette même Université, un honneur exceptionnel pour un jeune médecin.Au cours de sa pratique, les douleurs dont Simpson avait dû être le témoin l\u2019avaient profondément attristé.Il se détermina à découvrir une méthode quelconque pour vaincre ces souffrances.Il fit l\u2019expérience de tout ce qu\u2019il put lire ou de ce qu\u2019il entendit parler, et après six années ou davantage il commença à utiliser l\u2019éther comme anesthésique, d\u2019abord en chirurgie, par la suite pour les accouchements, avec un succès notable.Quelques mois auparavant, le docteur William T.G.Morton, un dentiste de Boston, Mass., avait découvert l\u2019usage de l\u2019éther, qui fut un grand progrès.En novembre 1847, le docteur Simpson et ses deux assistants, les docteurs Keith et Duncan, entreprirent leurs premières expériences avec le chloroforme, Poussés par une émouvante ferveur, ils se chloroformèrent eux-mêmes et furent unanimes à croire qu\u2019ils avaient trouvé le merveilleux ennemi de la douleur.Il s\u2019ensuivit une grande bataille.Simpson dut faire face à de dures attaques pour son usage du chloroforme et pour ses efforts persévérants en vue de convaincre la profession médicale à l\u2019adopter.Ses adversaires s\u2019en prenaient à lui sur le plan scientifique et sur le plan moral et ils n\u2019épargnèrent rien pour le discréditer et empêcher l\u2019utilisation du chloroforme.Simpson rendit les coups avec vigueur et enthousiasme, car il était convaincu d\u2019avoir découvert un précieux auxiliaire du bonheur humain.Pour nous, il est impossible de comprendre l\u2019acharnement de cette opposition, mais l\u2019histoire rend compte d\u2019une foule d\u2019exemples de semblables luttes de l\u2019ancien contre le nouveau.Simpson remporta la victoire quand sir John Clark, médecin attaché à Sa Majesté, lui déclara que la reine avait été soumise au chloroforme à la naissance de son fils, le prince Léopold, et qu\u2019elle en était enchantée.Depuis cent ans, les savants ont mis au point de nombreux anesthésiques, parmi lesquels il y en a tellement qui sont jugés supérieurs au chloroforme qu\u2019ils l\u2019ont en grande partie remplacé dans la pratique courante.Par son éminente participation à l\u2019élimination de la douleur et par le rôle qu\u2019il a joué en élargissant le champ de la chirurgie, sir James Young Simpson se classera parmi les plus grands Héros de la Santé au monde.CHEZ LES AMIS DE L\u2019ART Lors d\u2019un récent concours organisé par les Amis de l\u2019Art, les membres de cette association ont choisi le film français qu\u2019i\u2019s ont jugé le meilleur de l\u2019année, ainsi que les vedettes qui ont donné le meilleur rendement artistique.\u201cLe film français chez les Amis de l\u2019Art\u201d est un concours qui suscite beaucoup d\u2019intérêt, puisqu\u2019il révèle les préférences de la jeunesse étudiante canadienne-française, dans le domaine cinématographique.Par un vote intéressant qui ne laisse aucun doute sur la popularité du film \u201cLa Symphonie Fantastique\u201d s\u2019est classée première, et devient Le Film de l\u2019Année.\u201cLa Symphonie Pastorale\u201d a pris la deuxième place.Les vedettes choisies par les Amis de l\u2019Art sont respectivement Michèle Morgan et Jean Marais qui ont été élus, avec une forte majorité.Se sont classés seconds, Renée St.Cyr et Louis Jouvet Les films suivants ont également été choisis et sont par ordre de votes \u201cLes Chouans\u201d, \u201cLa Belle et la Bête\u201d, \u201cLa DOULEUR loi du Nord\u201d, \u201cLes Misérables\u201d, \u201cLe Premier Rendez - vous\u201d, \u201cSortilège\u201d, \u201cPierre et Jean\u201d.Les bulletins de votes proposaient également dans l\u2019ordre de préférence les noms de Danielle Darrieux, François Rosay, Simone Renan, Madeleine Lebeau, Madeleine Sologne, Gaby Mor-lay, Odette Joyeux, chez les femmes ; Femandel, Pierre Blanchar, Louis Jourdan, Jean Dessailly, Jean-Louis Barault, chez les hommes.Comme artiste de composition, Charles Vanel a éliminé tous ses concurrents.Les résultats de ce concours démontrent que les jeunes des Amis de l\u2019Art savent apprécier le beau, qu\u2019il s\u2019agisse de musique, de littérature, de théâtre ou de cinéma ; cette association a fait des merveilles pour le développement culturel de nos enfants, et nous saurons le reconnaître lors de sa prochaine campagne de souscription, du 1er au 10 mai, alors que nous nous ferons tous un devoir de contribuer à son existence en souscrivant généreusement.LE GRAND MENAGE Le printemps est enfin arrivé, et la bonne ménagère songe à rafraîchir ou à refaire la toilette de sa maison.Bien entendu, il ne saurait être question de tout reprendre à tous les ans ; mais à part le lavage des fenêtres et des murs, le cirage des meubles et le nettoyage ordinaire de l\u2019intérieur, qui constituent l\u2019essentiel du \u201cgrand ménage\u201d, il faut envisager des travaux plus considérables et d\u2019une égale nécessité.Nul doute, en effet, que l\u2019hiver tout s\u2019abîme et se défraîchit plus vite dans la maison, parce qu\u2019on y reste beaucoup plus et qu\u2019on y vit de façon plus intense.Et c\u2019est pourquoi, le printemps, l\u2019on a toujours à effectuer mille et une réparations.Beaucoup d\u2019entre elles visent à la conservation des meubles et de la propriété, mais un grand nombre contribuent à créer dans le foyer cette atmosphère de renouveau qui doit accompagner le réveil de la nature.A la maison comme ailleurs, les travaux que l\u2019on fait le mieux sont ceux que l\u2019on prépare de longue main.Il est donc sage de commencer aujourd\u2019hui même à dresser la liste des objets et des pièces qui ont besoin d\u2019être retouchés.Si on est méthodique, on voudra sans doute commencer ce petit relevé par la cave.Il y a bien peu de sous-sols où il n\u2019est pas nécessaire, au printemps, de mettre de l\u2019ordre.Il se peut aussi que les poutres d\u2019acier et les tuyaux aient rouillé, que le béton du plancher ou des fondations ait besoin de réparations ou que l\u2019on veuille peinturer l\u2019escalier d\u2019une couleur claire, afin de le rendre moins sombre.Dans la cuisine, l\u2019hygiène et le souci de l\u2019apparence exigent que l\u2019on repeinture, par exemple, les tiroirs et les portes autour des poignées.Peut-être aussi le plancher a-t-il besoin d\u2019une couche de vernis.D\u2019un autre côté, le vivoir, la salle à manger, le passage et la salle d\u2019entrée sont les pièces où l\u2019on reçoit les visiteurs, celles qui font la réputation d\u2019une bonne ménagère.Vous vous devez à vous-même de voir à ce que les murs et les planchers y donnent toujours une impression de fraîcheur et de nouveauté.Vous pouvez égayer ces pièces en les décorant de couleurs claires avec une peinture à l\u2019huile ordinaire ou une des nouvelles peintures opaques à l\u2019eau.Le pâle réfléchit mieux la lumière que le foncé.Absorbine Jr.PROMPT SOULAGEMENT en aidant à fournir un sang frais à vos muscles épuisés! © Ce que les muscles peuvent faire mal après un exercice inaccoutumé! Mais vous vous débarrasserez vite de cette raideur et de cette sensibilité .en vous frictionnant avec Absorbine Jr Les muscles sensibles sont souvent des muscles épuisés.L\u2019effort supplémentaire a consumé l\u2019énergie qu\u2019ils renfermaient.Mais frottez ces muscles avec Absorbine Jr.et vous activerez la circulation d'un sang frais qui les alimentera de nouveau et les assouplira.Vous éprouverez une sensation merveilleuse de soulagement.Demandez aujourd\u2019hui chez votre pharmacien Absorbine Jr.ce produit réputé fait d\u2019herbes médicinales recherchées et d\u2019autres ingrédients choisis scientifiquement .$ 1.2 5 la bouteille.W.F.Young, Inc., Lyman House, Montréal. 40 Le Samedi, Montréal, 1er mai 194g LE FILM ET L'INDUSTRIE POUR LIRE EN TRAM Le film animé fait plus qu\u2019annoncer les produits de l\u2019industrie et former ses vendeurs ; il étudie la production, améliore les méthodes de travail, les relations entre le personnel, et le bien-être de l\u2019ouvrier.Excellent outil de formation industrielle, le film excelle à impartir avec efficacité les renseignements essentiels.Par la présentation réaliste des situations réelles, il réduit le temps nécessaire à l\u2019instruction, rend l\u2019étude plus facile et plus pratique.A l\u2019heure actuelle on dispose de films sur plusieurs aspects de la formation industrielle, et leur usage se répand de plus en plus dans l\u2019industrie canadienne.L\u2019éducation sanitaire dans l\u2019industrie en est l\u2019un des sujets les plus importants.Un certain nombre de ces films font maintenant partie de la Cinémathèque nationale d\u2019hygiène montée au cours des trois dernières années par l\u2019Office national du film, en collaboration avec le ministère de la Santé nationale et du Bien-être social.La Cinémathèque contient environ deux cents films obtenu,s de diverses sources au Canada, au Royaume-Uni et aux Etats-Unis ; le Comité du film au ministère les a tous examinés et approuvés.Plusieurs ont une grande valeur et un grand intérêt pour les spectateurs industriels : ils étudient et les problèmes généraux de la santé et les dangers sanitaires particuliers à l\u2019industrie.Parmi ces sujets on remarque : la femme dans l\u2019industrie, la poussière et la silicose, le coup de chaleur, l\u2019hygiène alimentaire, la sécurité sanitaire, et le travail des organismes gouvernementaux chargés de l\u2019hygiène industrielle.Il y a un autre genre de films destinés à l\u2019usine : la série « Accidents Don\u2019t Happen », produite l\u2019année dernière pour le ministère fédéral du Travail.Le premier de ces quatre films porte sur l\u2019organisation de comités de sécurité.Il illustre le but et les fonctions d\u2019une manière simple, pratique, et l\u2019employé peut aussitôt appliquer ses nouvelles connaissances à son travail.Ce film fait mieux connaître au spectateur ouvrier les moyens de prévention contre les accidents, en montrant le comité de sécurité au travail.Les autres films étudient divers genres d\u2019accidents, ceux des « machines », de la « manutention » et des chutes.Ces quatre films traitent de sécurité en des sujets séparés et complets ; on peut donc facilement les faire entrer dans un programme de formation à l\u2019usine.HELICES A PAS REVERSIBLE Les plus grandes hélices à pas réversible construites jusqu\u2019à présent dans le monde vont être installées sur le nouveau navire à moteur suédois « Los Angeles », de 9,000 tonnes, lancé récemment au chantier Kockum, de Malmo, pour la Johnson Line.Le navire fait partie d\u2019une série de cinq cargos-paquebots express, faisant 19(4 noeuds à pleine charge, commandés par cette compagnie et dont l\u2019un, le « Seattle », a été livré en novembre 1946, tandis que deux autres ont été lancés.Les hélices, qui sont actionnées par deux moteurs Diesel de 7,000 C.V., sont du modèle KaMeVa, conçu et fabriqué par la maison suédoise Karlstads Meka-niska Verkstad.Elles sont en acier inoxydable et mesurent 20 pieds de diamètre.N\u2019importe quelle direction rpeut être donnée au pas des hélices directement de la passerelle, grâce à quoi le navire peut avancer, s\u2019arrêter ou reculer à n\u2019importe quelle vitesse sans influer sur la marche des moteurs.On estime que l\u2019amélioration des qualités manoeuvrières obtenue au moyen de ce système d\u2019hélices se montrera d\u2019une importance toute particulière pour des navires qui, comme le « Los Angeles », sont affectés au trafic à travers le canal de Panama et autres routes de navigation où les navires ne peuvent marcher qu\u2019à une vitesse réduite sur de longues distances.L\u2019expérience acquise précédemment a montré, en outre, que le remorquage nécessaire dans les ports, chenaux, etc., est réduit considérablement par l\u2019emploi d\u2019hélices à pas réversible.Jusqu\u2019à présent, les hélices KaMeVa ont été employées pmlclpalement pour des navires assez petits ou moyens.Cependant en 1944 des hélices de ce type ont été installées dans le « Succia », cargo-paquebot de 8,000 tonnes de la Johnson Line.L\u2019expérience acquise au cours des années passées à l\u2019égard de cette construction s\u2019est montrée satisfaisante et a encouragé la Johnson Li- ne à pourvoir un de ses paquebots express d\u2019hélices de la même construction.Ces hélices sont basées sur le principe des turbines hydrauliques Kaplan dont Karlstads Mekaniska Verkstad sont les plus importants fabricants du monde.Le nombre des hélices KaMeVa commandées atteint actuellement 120, dont 80 ont été livrées.Vingt-deux sont en construction pour des compagnies de navigation norvégiennes qui les ont trouvées très avantageuses pour la navigation côtière.LA \" REINE DES TEXTILES CANADIENS \" La province de Québec est aujourd\u2019hui la « reine des textiles canadiens » ; elle renferme près des trois quarts de toute l\u2019industrie canadienne du coton, et ses manufactures de vêtements féminins accusent une production évaluée à plus de cent millions de dollars par année.Les chiffres préliminaires indiquent que l\u2019industrie textile de cette « vieille » province a produit pour au moins cinq cents millions de dollars de marchandises l\u2019an dernier et QUI EST-IL, QUI EST-ELLE?J.-LEO GAGNON, l\u2019interprète det rôle» de Zacharie Lapaille d'Un Homme et son Péché, et de Frisé Côté de \"Métropole\u201d.Cet artiste doué joue plusieurs autres rôle» à la radio et sur la scène, notamment en province qu\u2019il parcourt depuis sept années consécutives avec la troupe du Vieux Clocher de J.-R.Tremblay.J.-Léo Gagnon a fait ses débuts à la radio en 1931 en participant à l\u2019émission intitulée \"Les Légendes du Saint-Laurent\" de Robert Choquette.Photo Rapid Grip & Batten.qu\u2019elle emploie plus de 85,000 personnes.Ce qui a le plus frappé dans l\u2019industrie textile en 1947, c\u2019est que l\u2019accalmie prévue par plusieurs ne s\u2019est pas produite ; au contraire, à tous les degrés de l\u2019échelle, on a produit à plein rendement.Les manufactures de coton, la branche la plus considérable des textiles québécois, ont été soustraites, en septembre, au contrôle des prix, de sorte que, pour la première fois depuis décembre 1941, elles se trouvent aujourd\u2019hui affranchies de ces limitations.On a eu plaisir à constater que toutes les compagnies ont complété les commandes inscrites dans leurs livres au moment de la suppression du contrôle, puis les ont livrées aux prix-plafonds du temps de guerre.En général, cette attitude raisonnable a prédominé par la suite.Dans Québec, la production des lainages atteint 25 pour cent du total pour le Canada et celle des tricots est de 40 pour cent ; l\u2019an dernier une grande partie des quatre-vingts millions de verges de rayonne produites au Canada l\u2019ont été dans cette province.De plus, les restrictions actuelles sur les achats de rayonne aux Etats-Unis devraient obliger les fabriques canadiennes à augmenter leurs moyens de production.Si ces manufactures parviennent, comme certains le prévoient, à compenser pour la baisse des importations américaines, elles auront beaucoup aidé le pays dans ses efforts pour garder le plus possible de dollars américains.LA POTASSE CHEZ LA PLANTE Il est démontré que la potasse est indispensable à la formation et au fonctionnement de la chlorophylle, c\u2019est-à-dire de la matière verte qui donne aux feuilles leur couleur.On sait que sans lumière suffisante, la chlorophylle ne se forme pas ; les plantes gardées à l\u2019obscurité restent jaunes, s\u2019étiolent.Quelque chose de semblable se passe lorsque les plantes manquent de potasse.Comme il y a toujours un peu de potasse présente dans le sol, la matière verte se forme lorsque la plante est encore jeune, mais au fur et à mesure qu\u2019elle grandit, la potasse disponible s\u2019épuise, il n\u2019y en a plus assez pour former la matière verte qui doit se trouver dans les nouvelles feuilles.Alors la plante prend la potasse qui se trouve dans les vieilles feuilles pour la transporter vers les feuilles nouvellement formées.La matière verte des vieilles feuilles se trouve ainsi détruite, et c\u2019est pourquoi sur toutes les plantes, le manque de potasse se reconnaît à un brunissure des feuilles ; cette brunissure commençant par les plus vieilles feuilles ; surtout par le bord qui se recourbe en-dessous.La feuille tout entière d\u2019ailleurs prend une apparence maladive, boursoufflée, recroquevillée.Le rôle de la matière verte des feuilles est de former ce que les chimistes appellent des «hydrates de carbone», c\u2019est-à-dire des produits dont les plus connus sont peut-être l\u2019rmidon des céréales, la fécule des pommes de terre, la cellulose qui constitue le bois des arbres, etc.Sans potasse donc, non seulement les feuilles seront brunes, mais les grains seront mal gonflés, les tubercules des pommes de terre seront petits, peu nombreux et mal formés (tubercules en forme de poire).L*s Le Samedi, Montréal, 1er mai 1948 41 « tissus de soutien », c\u2019est-à-dire les fibres qui soutiennent les tiges des plantes, appartiennent encore à la même famille chimique.C\u2019est pourquoi les plantes manquant de potasse sont lâches, sans vigueur, sujettes à la verse.Il est un autre groupe de qualités, plus difficiles à définir, mais cependant très importantes au point de vue pratique surtout pour les producteurs de légumes.La qualité du produit est très fortement influencée par la présence d\u2019une quantité suffisante ou insuffisante de potasse dans le sol qui produit ces légumes.Par exemple, du céleri qui n\u2019a pas reçu assez de potasse est fibreux, dur sous la dent, peu appétissant.Le même céleri recevant une abondance de potasse se gonfle, devient tendre et savoureux.Les qualités de conservation sont directement influencés par la présence, ¦ou l\u2019absence de potasse ; les pommes provenant de vergers manquant de potasse ne se conservent pas, les légumes sans potasse arrivent sur le marché flétris.Il en est de même des petits fruits.La potasse a également une grande influence sur la coloration des fleurs ¦et des fruits, coloration qui se trouve généralement améliorée par la potasse.Il est donc évident qu\u2019il y a de ¦grands avantages à maintenir nos sols suffisamment riches en potasse.A cet effet, conservons bien et utilisons à bon ¦escient le fumier de ferme, surtout sa partie liquide.Chaulons régulièrement nos sols trop acides.Utilisons toujours des engrais à haute teneur en potasse surtout sur nos sols un peu légers.L\u2019ECOLE DES CHAMPIONS Le Canada est un des rares pays où peuvent se pratiquer tous les sports.Sa formation géographique et son climat lui ont valu à juste titre d\u2019être appelé le paradis des sportifs.Contrée de montagnes et de rivières, de forêts ¦et de grandes espaces, c\u2019est l\u2019endroit par excellence pour s\u2019adonner aux exercices physiques, au sport sous ses formes les plus diverses.Aussi, il n\u2019est pas étonnant que notre pays \u2014 depuis quelques années surtout \u2014 soit devenu une véritable pépinière de champions.Le sport occupe aujourd\u2019hui dans la vie canadienne la même place qu\u2019on lui accordait jadis chez les Grecs et les Romains.Il sert à former les muscles auxquels doit commander l\u2019esprit.Dans les écoles, les collèges et les universités, professeurs et pédagogues ont compris toute la sagesse de la devise ancienne : « Mens sana in corpore sano ! » Mais les champions \u2014 les vrais \u2014 nen sont pas arrivés là par un simple hasard.Le sport est avant tout une affaire d\u2019endurance et de ténacité.Quel que soit le sport en question, on ne parvient à en maîtriser l\u2019exercice qu après bien des années d\u2019entraînement, de pratiques et de répétitions.Un véritable sportif doit s\u2019astreindre à une discipline sévère, sans laquelle il ne pourrait se tenir en forme.C\u2019est d\u2019ailleurs ce qui fait le mérite du sport, ce pourquoi on l\u2019a inscrit au programme scolaire : il est un facteur de formation, pour le caractère et pour la volonté.Aussi, pour rendre hommage aux athlètes qui font honneur au Canada dans leurs domaines respectifs, l\u2019Office National du Film vient de réaliser un documentaire, de la série « En Avant Canada », intitulé « L\u2019Ecole des Champions », qui nous fait voir quelques-unes des figures les plus célèbres de la scène sportive.Tout d\u2019abord, celle dont le nom est actuellement sur toutes les lèvres d\u2019un coin a 1 autre du monde : Barbara-Ann Scott, détentrice des championnats américains et européens pour le patinage artistique, vainqueur des Olympiques, championne mondiale du patin ! Les juges et les experts de toutes nationalités qui ont été témoins de ses prouesses, sont unanimes à dire qu\u2019ils n ont j amais vu pareille virtuose du patin.Bravo petite Canadienne ! Viennent ensuite les champions nageurs dont plusieurs ont fait leur apprentissage sous l\u2019oeil vigilant de l\u2019entraîneur bien connu Gus Ryder.D\u2019ailleurs, avec la constellation de lacs et de rivières qui font partie du décor canadien, la natation nous a depuis longtemps livré ses secrets.Puis c\u2019est Henri Rochon, l\u2019as canadien-français du tennis.Les nombreux championnats qu\u2019il détient attestent hautement de son habileté.Puis l\u2019équipe des élèves de l\u2019Université d\u2019Ottawa, puis successivement passent sous nos yeux d\u2019autres champions, à la rame, à la course, etc.Qui sait ?Peut-être parmi les bambins qui zigzaguent actuellement sur la patinoire du quartier y a-t-il un futur champion des Olympiques de 1952 ! LES VOYAGES EDUCATIFS Le ministère de l\u2019Instruction publique a annoncé des plans tendant à la création en Grande-Bretagne, le plus tôt possible, d\u2019un organisme officiel affecté aux visites et échanges éducatifs.On le nommera Bureau central des visites et échanges éducatifs.Il aura pour fonction primordiale de se tenir au courant de l\u2019activité des nombreux organes d\u2019Angleterre et de l\u2019étranger qui s\u2019occupent de ces questions, de collaborer avec eux au besoin et de prendre l\u2019initiative des dispositions appropriées ou nécessaires.Il existe déjà nombre de groupements en Grande-Bretagne qui s\u2019occupent des voyages d\u2019intérêt éducatif, notamment dans les écoles ou collèges, l\u2019Union anglophone, l\u2019Union nationale des étudiants, le Conseil britannique et le ministère de l\u2019Instruction publique, mais il n\u2019y avait pas d\u2019organe national particulièrement désigné pour constituer le centre de coordination.Avant la guerre, le besoin devint apparent d\u2019un tel organisme, semblable à ceux de certains pays européens.Quand I\u2019UNESCO vit le jour, on constata que les visites et échanges éducatifs deviendraient une caractéristique du monde d\u2019après-guerre.L\u2019Organisation de collaboration éducative pour I\u2019UNESCO fondée dans le Royaume-Uni il y a près d\u2019un an, a entrepris d\u2019établir un centre en Grande-Bretagne et constitué une commission, sous la présidence de M.Ronald Gould, secrétaire général du Syndicat national des instituteurs, afin d\u2019élaborer les dispositions requises.Cette commission deviendra syndic du Bureau.Le ministère de l\u2019Instruction publique, de concert avec divers corps constitués qui auront recours à ses services, fera les fonds du nouvel organisme.Le siège du Bureau sera établi dans Hamilton House, Hastings Street, London, C.W.1, c\u2019est-à-dire dans le bâtiment qui abrite le Syndicat national des instituteurs.L\u2019une de ses principales fonctions consistera à surveiller les dispositions prises à l\u2019égard des visites et échanges avec d\u2019autres pays en matière éducative, bien que les restrictions à la sortie de numéraire doivent continuer de restreindre le nombre de ces visites et échanges.Le Bureau ne prendra l\u2019initiative d\u2019aucune activité tant qu\u2019il n\u2019aura pas examiné le fonctionnement des organes existants et tenu des conférences avec les groupements enseignants.On n\u2019a pas l\u2019intention de toucher à ces organismes s\u2019ils fonctionnent avec efficacité.SALADA\u201d mm POUR ÊTRE À LA PAGE.On ne sait pas toujours comment s\u2019y prendre.Et pourtant, il est un moyen aussi facile qu\u2019agréable : s\u2019abonner à LA REVUE POPULAIRE.La lecture de ce magazine, tout en vous aidant à trahir votre ennui aux heures de désoeuvrement vous instruira sur une infinité de sujets comme, par exemple, la littérature, les beaux-arts, les voyages, les mondanités, la mode, la cuisine, le cinéma, le théâtre, la radio, et quoi encore.Sans compter que chacun des 12 numéros annuels de contient un beau roman d\u2019amour complet et si l\u2019on veut avoir une idée de cette valeur, qu\u2019on s\u2019informe du déboursé approximatif que cet achat nécessiterait dans d\u2019autres circonstances.On peut mentionner la haute tenue typographique qui fait de LA REVUE POPULAIRE un magazine fait chez nous, par des gens de chez nous, pour des gens de chez nous, un magazine, disons-nous, dont la présentation générale peut se comparer très avantageusement à tout ce qui se fait de mieux à l\u2019extérieur.Oui, Madame, Mademoiselle, et vous-même, Monsieur, si vous désirez être à la page, n\u2019hésitez pas plus longtemps : abonnez-vous à LA REVUE POPULAIRE.Pour ce faire, c\u2019est la simplicité même : on n\u2019a qu\u2019à remplir le coupon d\u2019abonnement ci-dessous.Notre roman pour mai : LE ROMAN D'UNE JEUNE FILLE Par CLAUDE JAUNIERE Coupon d\u2019abonnement U** P OPUIAK* Canada 1\tan .$1.50 2\tans .2.50 Etats-Unis 1\tan .$2.00 2\tans .3.50 O IMPORTANT : \u2014 Indiquez d\u2019une croix s\u2019il s\u2019agit d\u2019un renouvellement.Nom.Adresse.Province.POIRIER, BESSETTE & CIE, LIEE 975-985 rue de lulllon MONTREAL 18, P.Q.89554951 42 f MCHRl irrowut  MPUA*©O0, ' U 1.01 Mi MOW-\"* «t«»u s**ûa** «> mm i*m»VKW .\u2022 *>\u201c SS- 0-6* j g j *î*3o#o93î»j; I /% I 40% o Q \u2022 .¦\"< 2 ' Si -\t- ~h ü Ç\t-* * \u2019 * / L\u2019AMOUR CHANTE DANS LES COEURS.C\u2019EST LE PRINTEMPS! m rm sentimentales ; dans LE FILM, un roman d'amour.Tout cela pour un |_________________________________ prix extrêmement modique.LES PUBLICATIONS POIRIER.BESSETTE b CIE.LIMITEE, 975-985, rue de Bullion, Montréal (18) P."]
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