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Titre :
Le samedi
Éditeur :
  • Montréal :Société de publication du "Samedi",1889-1963
Contenu spécifique :
samedi 10 mai 1947
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque semaine
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Le samedi, 1947-05, Collections de BAnQ.

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[" tZ-£- 58e année, No 51\tMontréal, 10 mai 1947 LE MAGAZINE NATIONAL DES CANADIENS 'J «far*' .\t;\u2022 v ma POUR EMBELLIR LA VIE DES JEUNES \u2014 MUSEES D'ART DE PARIS L'ÉTATISATION DE LA MÉDECINE HONNEUR AU MÉRITE 2 Le Samedi, Montréal, 10 mai 1947 Démarrages Rapides longue Durée O\" : -¦'.-z * y 3> ~v&sfî L œ*.»/ à-C *\u2022«* 7lç-JZ< safes®?& ¦r ¦-\u2019 i é Stes: £* + * ?> * \u2022* s ff******* BATTERIES WILLARD \u2014pour Autos, Cornions et Autobus, Radios, Motocyclettes, Tracteurs, Avions, Moteurs Marins, Diesel et Stationnaires\u2014vendues et entretenues partout par les Marchands Willard.Sûreté * Rendement * Longue Durée BATTERIES A REMPLISSAGE DE SÛRETÉ WILLARD STORAGE BATTERY CO.OF CANADA, LTD., TORONTO, ONTARIO LA GRANDE-BRETAGNE ET LA PALESTINE Le désir qu\u2019a manifesté nettement la délégation du Royaume-Uni à la Conférence de Londres sur la Palestine de préparer la voie a la creation dun Etat independent s\u2019accordait avec l\u2019esprit et les conditions du Mandat, ainsi qu avec la tendance générale de la politique anglaise à l\u2019égard de mamts territoires d\u2019outre-mer dont le progrès dépend de la Grande-Bretagne Anticipant sur le texte officiel des propositions définitives du Royaume-Uni, de longues depeches publiées dans les journaux ont exposé nettement que \u201cle Gouvernement de Sa Majesté n\u2019est pas disposé à continuer indéfiniment a gouverner lui-meme la Palestine, simplement parce que Juifs et Arabes ne peuvent tomber d accord sur les moyens de se partager entre eux les fonctions du gouvernement Le refus, aussi bien de l\u2019Agence juive que de la Délégation, de négocier en se fondant sur les propositions, a décidé de l\u2019affaire et la décision que la Grande-Bretagne a prise en conséquence de soumettre la question à l\u2019Organisation des Nations Unies devrait mettre fin à toute idée que l\u2019Angleterre a des desseins \u201cimpérialistes sur le territoire qui fait l\u2019objet du différend.Trois façons d\u2019agir s\u2019offraient au choix de la Grande-Bretagne ; a) imposer, à la pointe de la baïonnette, un projet satisfaisant pour l\u2019un des deux groupes seulement ; b) obtenir l\u2019acceptation, au moins à titre de point de départ des conversations, d\u2019un plan progressif conçu par le Royaume-Uni dans les cadres du Mandat, c) abandonner finalement le problème comme restant sans solution possible par les soins d.e la Puissance mandataire et le renvoyer, sans aucune proposition, aux Nations Unies.Le premier moyen était et reste insoutenable.Non seulement, de par son Mandat, la Grande-Bretagne ne possède pas le pouvoir d\u2019imposer une décision arbitraire à l\u2019un ou l\u2019autre groupe, mais le Gouvernement et le peuple anglais sont bien résolus à ne pas utiliser les troupes anglaises, qui ont combattu pendant si longtemps et avec tant de vaillance en faveur de la liberté, pour imposer par force une ligne de conduite à la Palestine.La seconde solution possible, résidant dans un nouvel appel à la raison et à la conciliation, faisait partie des nouvelles propositions anglaises, soumises à la Délégation arabe et communiquées officieusement aux représentants de l\u2019Agence juive, qui ont refusé d\u2019assister à la Conférence bien qu\u2019ils s\u2019y trouvassent officieusement.Ces propositions constituaient un cadre pratique et bien conçu dans lequel les deux collectivités auraient pu démontrer leur habileté à agir, de concert, à l\u2019avantage de la Palestine prise dans son ensemble.L\u2019indépendance se serait produite par le moyen d\u2019une assemblée constituante qui se serait réunie quatre ans après, si le plan du Royaume-Uni, tendant a 1 inauguration d une période de tutelle, avait rallié une adhésion substantielle chez les Juifs et les Arabes de Palestine.Pour difficile qu\u2019il eût été de trouver des stipulations que Juifs et Arabes auraient consenti à discuter, on espérait tout de même que les Palestiniens eux-mêmes reconnaîtraient la sincérité et les possibilités fécondes d\u2019un plan destiné à leur confier la responsabilité agissante de l\u2019avenir de leur pays.Comme M.Bevin l\u2019a souligné dans sa déclaration à la Chambre des communes le 18 février, les propositions comportaient un élément absent jusque-là, c\u2019est-à-dire \u201cla promesse positive d\u2019une évolution vers l\u2019indépendance par le moyen de l\u2019élaboration, au cours d\u2019une période quinquennale de tutelle, des institutions politiques de la population\u201d.C\u2019est par l\u2019autonomie locale accompagnée de l\u2019accroissement de l\u2019immigration juive plutôt que par un projet de partition éventuelle, que le plan de la Grande-Bretagne cherchait à sauvegarder l'expansion de la patrie juive tout en préparant la voie à un état d\u2019indépendance que les Arabes mettaient aussi à la base de leurs exigences.Les deux partis au différend ayant carrément rejeté ces propositions, il ne restait à la Grande-Bretagne que la troisième des solutions énumérées, laquelle consiste à renvoyer l\u2019affaire à l\u2019Organisation des Nations Unies.La répugnance manifestée antérieure ment à l\u2019égard de ce plan venait du désir qu\u2019éprouvait le gouvernement du Royaume-Uni de remplir jusqu\u2019au bout ses obligations de Puissance mandataire.Il était essentiel, a bien marqué M.Bevin quand il a annoncé la décision de soumettre la question aux Nations Unies, que le Royaume-Uni, vu sa situation éminente et son expérience, tentât d\u2019abord d\u2019en arriver à une solution.Comme cette tentative n\u2019a abouti à aucun résultat pratique, le Gouvernement du Royaume-Uni n\u2019a pas l\u2019intention de proposer lui-même une solution quelconque, bien qu\u2019il se propose de joindre, à son exposé auprès des Nations Unies, les diverses propositions présentées par tous les intéressés.Il s\u2019ensuit que, tant que l\u2019Organisation des Nations n\u2019aura pas étudié puis régler l\u2019affaire, la Grande-Bretagne continuera à remplir les obligations que lui impose le Mandat, obligations qui, ainsi que M.Churchill le signalait dans sa réponse à la déclaration de M.Bevin le 18 février, coûtent à la Grande-Bretagne de 30 à 40 millions de livres (de 120 à 160 millions de dollars) par année et immobilisent un capital humain nécessaire ailleurs.NOTRE COUVERTURE Un penseur français a écrit que \u201cles peuples ne demandent qu\u2019à s\u2019entendre, à la condition qu\u2019on ne leur monte pas la tête.\u201d Or, il semble bien que cette photo démontre péremptoirement le bien fondé de cette observation.Deux fillettes, l\u2019une esquimaude du type le plus pur, et Vautre, une petite Canadienne, blonde comme les blés mûrs, éprouvent une joie commune et bien partagée en s\u2019amusant avec un ravissant toutou du pays qui semble se prêter avec la meilleure volonté du monde aux caprices de nos jeunes modèles.Puisse une si belle spontanéité de caractère se réfléter dans l\u2019atmosphère des grandes assises où, en ce moment, se règle le sort du monde ! Photo O.N.F. LES PUBLICATIONS POIRIER, BESSETTE & CIE, LIMITEE Membres de l'A.B.C., et de l'Association des Editeurs de Magazines du Canada Le Samedi La Revue Populaire Le Film 975-985, RUE DE BULLION MONTREAL \u2014 CANADA \u2022 T é I : PLateau 9638 * FRED POIRIER GEO.POIRIER Présidents conjoints JEAN CHAUVIN Directeur Rédacteur en chef : GERALD DANIS Chef de publicité : CHARLES SAURIOL Directeur artistique : HECTOR BRAULT Chroniqueur sportif : OSCAR MAJOR Chef du tirage : ODILON RIENDEAU NOS REPRESENTANTS : WILFRID DAOUST 20, Onzième Avenue, Laehine (Ottawa, Hull, Sherbrooke, Drummondville, Saint-Hyacinthe, Sorel, Granby, Farnham, Saint-Jérôme, Joliette et les environs.) \u2022 ADELARD PARE 6, rue du Pont, Québec (Québec et Lévis) \u2022 PAUL LARIVIERE 1710, rue St-Philippe, Trois-Rivières (Trois-Rivières et Cap-de-la-Madeleine ) Autorisé comme envoi postal de la deuxième classe.Ministère des Postes.Ottawa.Entered at the Post Office of St.Albans.Vt.as second class matter under Act of March 1879 ABONNEMENT CANADA Un\tan-\t\t.$3.50 Six\tmois -\t- 2.00 \tETATS-UNIS\t Un\tan\t\t\t\u2022 $5.00 Six\tmois\t.2.50 AU NUMERO: 10 cents HEURES DE BUREAU : 9 h.a.m.à 5 h.p.m.du lundi au vendredi.\u2022 AVIS AUX ABONNES \u2014 Les abonnés changeant de localité sont priés de nous donner un avis de huit jours, l'empaquetage de nos sacs de malle commençant cinq jours avant leur expédition.58e année, No 51 \u2014 Montréal, 10 mai 1V47 EDITORIAL Le général de Bénouville parmi nous AU MOMENT où paraîtront ces lignes, l'un des plus grands généraux de France, et aussi le plus jeune, sera parmi nous.Il s'agit de Guillain de Bénouville.Quelques notes biographiques sur ce général, que le destin appellera sans doute un jour aux plus hautes fonctions militaires de son pays, feront connaître l'homme et l'écrivain.Nous ajoutons l'écrivain, car Guillain de Bénouville, en plus d'être un grand soldat, s'est révélé excellent littérateur.Voyons d'abord ce que fut l'homme.On peut dire que Guillain de Bénouville, même après l'armistice de juin 1940, n'a jamais déposé les armes.Il est toujours resté sur la brèche.Dès le début de l'occupation allemande, il consacra toutes ses forces à grouper autour de lui ceux de ses compatriotes qui se refusaient à admettre la défaite.Lui et ses compagnons formèrent le premier noyau de cette armée secrète qui devenait quelques mois plus tard la Résistance.Toutefois les difficultés qu'il eut à surmonter et les dangers auxquels l'exposa une telle entreprise sont inimaginables.La France vaincue comptait alors un nombre attristant de soumis, d'indifférents et même de collaborateurs.Plusieurs croyaient acheter leur sécurité au prix d'infâmes dénonciations.Et puis, comment tromper la vigilance de vainqueurs qui entendaient parler et agir en maîtres ?D'autre part, les meilleurs soldats, qui voyaient à quel sort leur patrie était réduite, ne songeaient qu'à gagner la partie inoccupée de la France.Aux sollicitations pressantes de poursuivre la lutte, ils répondaient par des paroles de lassitude et de découragement.Ils pensaient que leurs sacrifices, non seulement seraient inutiles, mais ne manqueraient pas d'attirer de terribles représailles contre eux et les membres de leur famille.Guillain de Bénouville réussit néanmoins à s'attacher quelques fidèles, persuada les indécis, travailla sans trêve à grossir le nombre des résistants, voyagea à cette fin à travers toute la France, se rendit même à Alger, fut écroué plusieurs fois, s'évada ou se fit libérer, se remit chaque fois à la tâche avec le même enthousiasme, établit un poste de radio qui communiqua avec Londres, en profita pour dévoiler des secrets militaires aux alliés, encouragea le sabotage, nargua la Gestapo et finit par organiser une force assez puissante pour assurer la libération du sol.Guillain de Bénouville, dans son livre intitulé Le sacrifice du matin, raconte avec détails les vicissitudes de cette activité clandestine.Mais sa foi en la délivrance fut toujours inébranlable.« O communauté française, écrit-il, douce nation, tendresse humaine, peuple fraternel, tes erreurs et tes fautes sont, bien sûr, l'évidence, mais comme dans le danger on sent toute cette civilisation, et ce sens du droit, et cet amour de la justice, sur lesquels tu t'appuies dès que la nécessité veut que tu te montres tout entier ! comme tu te redresses dans le combat ! » Tel est l'homme.Passons maintenant à l'écrivain qui ne le cède en rien au soldat.Le Sacrfice du matin n'est pas la première oeuvre du général de Bénouville.Il en a trois autres à son crédit.Sans connaître la valeur littéraire de ces dernières, il est certain que la Sacrifice du matin en est une qui consacre la renommée d'un auteur.Ecrit en une langue claire, alerte et précise, cet ouvrage classe le Général de Bénouville parmi les meilleurs historiens contemporains.D'ailleurs les jugements de deux écrivains de marque, Charles Plisnier et François Mauriac, attestent ce que nous avançons.Voici ce que dit le premier de son livre : « Un très grand livre, oui.D'un écrivain de haute classe.Et d'un homme.» Le jugement de François Mauriac n'est pas moins élogieux : « Avec ses mille thèmes entrecroisés, le Sacrifice du matin de Guillain de Bénouville demeurera comme la symphonie de la résistance.» Pour notre part, nous croyons que le Sacrifice du matin a bien d'autres mérites dont le plus grand et le plus certain est de faire aimer la France.Il nous est impossible de lire les récits palpitants où ces Français vaincus, mais non résignés, préparaient, dans les entraves, les souffrances et les privations de toutes sortes, le triomphe de l'intelligence sur la force, de l'esprit sur la matière, il nous est impossible, disons-nous, de lire de tels récits sans être obligé de reconnaître que la France a bien mérité de la civilisation.On découvre aussi dans le Sacrifice du matin des réflexions, tantôt amères, tantôt profondes, qui révèlent en Guillain de Bénouville un psychologue que son jeune âge ne laisserait pas soupçonner.Ces réflexions contraignent le lecteur à s'arrêter aux faits qu'elles éclaircissent toujours fort à propos.C'est ici que le mot de Mauriac, qui résume le Sacrifice du matin en l'appelant le symphonie de la résistance, a toute sa signification.Nous aurons complété ce bref examen en disant qu'il y a dans cette œuvre une grande ardeur juvénile et qu'il y passe un souffle poétique qui n'enlève rien, bien au contraire, à sa valeur historique.Tel est l'écrivain.Une conférence que le général de Bénouville donnera le 6 mai au Plateau sous les auspices du journal « Carrefour », montrera, mieux que l'analyse la plus fouillée, son extraordinaire talent.Le titre sera « Comment j'ai vécu mon livre La Sacrifice du Matin ».Nul doute que l'auteur, qui passe en France pour être un des plus brillants conférenciers, ne fasse plus lui-même apprécier sa verve.Nous apprenons aussi à la toute dernière minute que le général de Bénouville se rendra à la librairie Tranquille et Boucher pour y autographier son ouvrage.Tous ses admirateurs ne voudront pas manquer l'occasion de le connaître en personne et de lui parler.\u2018 4\tLe Samedi, Montréal, 10 mai 1947 Avec ces monuments blessés, ses socles dépouillés de statues, les véhicules militaires et les soldats alliés qui emplissaient ses rues, Paris présentait encore, au printemps de 1945, une figure guerrière.La plupart des musées demeuraient fermés, et si leurs portes s\u2019entrouvaient pour une exposition, c\u2019était toujours pour une manifestation strictement liée à l\u2019actualité: exposition de la Libération, à Carnavalet, exposition des Peintres-Soldats Américains, à Galliéra, exposition des Statues Religieuses, où, sous un éclairage de fortune, dans les cryptes mêmes de Saint-Sulpice où elles avaient été abritées depuis 1939, on pouvait admirer les plus belles statues des églises parisiennes.Aujourd\u2019hui, le Balzac de Rodin, le Ne y de Rude, la Fontaine de Carpeaux, ont été vendus aux carrefours, les chevaux de Marly ont repris leur place aux Champs-Elysées.Bolivar, caché par des mains pieuses a été sauvé de la fonte et il retrouvere bientôt son socle ; Edouard VU aussi a été sauvé.Paris fait sa toilette.Place de la Concorde, les façades de Gabriel, éprouvées par les combats de rues lors de la Libération, sont à peu près rétablies dans leur état ancien.Les tulipes refleurissent aux Tuileries et les Musées s\u2019ouvrent en grand.En ce qui concerne les Musées municipaux, la première exposition de la saison s\u2019ouvrait l\u2019an dernier au Musée Cer-nuschi, sur l\u2019initiative de M.René Grousset de l\u2019Académie Française.Cette exposition était dédiée à l\u2019Art Coréen, qui, étouffé par ses grands voisins Chinois et Japonais, se trouvait ainsi, pour la première fois, à l\u2019honneur.Carnavalet, le Musée historique de Paris, présenta vers le même temps une exposition de trois siècles des dessins parisiens, appartenant tous aux propres fonds du Musée, venait de rapatrier.De Pérelle, qui dessina et grava Les délices de Paris sous Louis XIV, à Constantin Guys, qui fixa pour la postérité les grâces du Second Empire, on pouvait compter que les vues de Paris, les types de ses rues, ses célébrités fussent voués à une large place.Entre les deux s\u2019égrenaient les charmants artistes du XV lllème siècle, les Saint Aubin, Moreau le Jeune, Watteau, Carmontelle, jusqu\u2019à Hubert Robert, et les grands artistes qui illustrèrent la première moitié du XIXème siècle : David, Boilly, Ingres, Carie Vemet, Corot.De tous les musées municipaux, un seul a souffert de la guerre et de l\u2019occupation, c\u2019est le Petit-Palais.L\u2019ennemi s\u2019en est emparé dès l\u2019été de 1940, il l\u2019a bouleversé, incendié en 1942.La situation de ce musée sur les Champs-Elysées lui a valu, en août 1944, de recevoir un obus tiré de la Place de la Concorde.Ayant eu l\u2019infortune d\u2019être occupé par l\u2019ennemi, W-' ! m mm ^ ft .r,\t,\t-, Mms ¦¦¦HKæS* «BMC\u2019.saàssyr'ï ilHBI tioitjtf.MÜtitÿt tntmti MWlifH «SBR1 1 fit\t\u2022 \u2022.\u2018 *\tS:\t.mm, m * f\t;\t\tti î vSSm 1 Mm i :\tT ?*'\u2022 r 24 NOTRE FEUILLETON LE RETOUR SANS ESPOIR Par ARISTIDE BRUANT IL venait d\u2019entendre un coup discret frappé à la porte de l\u2019escalier.La main sur son front, les yeux égarés, il eut le geste de chasser un cauchemar .Puis il rejeta la photographie au fond du tiroir, souffla la bougie et alla ouvrir.Il se trouva en face d\u2019un homme qu\u2019il ne connaissait pas, qui souriait la main tendue, et dit : \u2014 Bonjour, Milot.\u2014 Pardon, monsieur, observa le marquis de Sermaize, sans répondre à la poignée de main offerte .Vous devez certainement vous tromper.Cet accueil ne fit pas perdre son assurance à l\u2019individu qui pénètre sans façon dans le logis des Gonthier.Et, retirant son chapeau qu\u2019il posa sur une chaise, il reprit : \u2014 Voyons, tu ne me reconnais donc pas ?Regarde-moi bien ! \u2014 Mais non .hésita Robert.Je ne sais pas du tout qui vous êtes.Je ne me souviens pas.\u2014 Ah ! par exemple, elle est sévère, celle-là !.Comment, toi, Milot, tu ne me reconnais pas ?Je te reconnais bien, moi ! Et pourtant, s\u2019il y en a un de changé de nous deux, c\u2019est plutôt toi ! A la façon plus que cordiale, et un peu vulgaire dont ce nouveau personnage se présentait devant lui, le marquis songea qu\u2019il devait se trouver en face d\u2019une ancienne connaissance d\u2019Emile Gonthier, et prenant son parti de la situation, attentif à ne pas faire de gaffes et à continuer de jouer jusqu\u2019au bout le rôle qu\u2019il s\u2019était imposé : \u2014 Je vous prie de m\u2019excuser, dit-il.Mais parfois la mémoire me fait un peu défaut.\u2014 Le fait est, remarqua le visiteur, que t\u2019en as reçu un poing ! T\u2019as la cafetière en triste état ! Enfin, voyons, Milot ?Dis un peu ?.Oscar ! Oscar de la Bastoche ! Tu ne te rappelles pas ?\u2014 Non.balbutia l\u2019homme au bandeau noir.Mais .attends .Oui, oui, j\u2019y suis .Oscar, n\u2019est-ce pas ?\u2014 Parfaitement.Oscar de la Bastoche, quoi ! Ton copain, ton poteau .ton vieux camarade ! Et pour la seconde fois il lui tendit la main droite, largement ouverte.Le marquis un peu interloqué par la nouvelle tuile qui lui tombait sur la tête avança lui aussi la main, que « son vieil ami » serra avec énergie.\u2014 Eh bien ! tu sais, reprit le visiteur, je suis rudement content de te revoir ! J\u2019ai souvent pensé à toi depuis que t\u2019as plaqué ta poule.Où donc que t\u2019as été ?Quoi donc que t\u2019as fait, que je n\u2019ai plus jamais entendu parler de toi ?Je te demande : avant la guerre .bien entendu \u2014 Ah ! oui, t\u2019as vu du pays.Ben, mon vieux, ça me rassure.Parce que, un moment, j\u2019ai bien cru que tu t\u2019étais fait ramasser.Et que t\u2019avais écopé trois ou quatre ans de prison, NOTRE FEUILLETON \u2014 No 4 Publié en vertu d'un traité avec la Société des Gens de Lettres.\u2014 Les noms de person* naqes et de lieux de nos romans, feuilletons, contes et nouvelles sont fictifs et choisis ou \u2022a tard.comme ça peut arriver à tout le monde.Le marquis de Sermaize se sentit envahi par un léger froid.Depuis que, bien malgré lui, il était entré dans la famille de Gonthier, il s\u2019était attendu à être l\u2019objet d\u2019aventures plus ou moins grotesques .Mais tout de même, celle-là passait la mesure.Son premier mouvement fut de jeter à la porte cet individu louche qui fleurait la police correctionnelle .peut-être mieux encore.Mais il réfléchit qu\u2019il était important poux lui de connaître à fond la nature des relations qui avaient pu exister entre cet homme et son ancienne ordonnance et, pour cela, de le faire parler et de tirer de lui tous les renseignements qui pouvaient lui être utiles à l\u2019avenir.Il prit donc un air aimable, et, se résignant à ce tutoiement qu\u2019il sentait devenu obligatoire, il s\u2019informa : \u2014 Eh bien ! et toi ?Pendant tout ce temps-là .qu\u2019es-tu devenu ?\u2014 Oh ! moi, tu sais, répondit Cibou-lant qui venait de s\u2019asseoir comme chez lui, j\u2019ai bourlingué comme toi, pendant pas mal de temps.Tu comprends, à cause de notre affaire qui avait fait du bruit.J\u2019ai eu peur de me faire choper.Je me suis carré le plus que j\u2019ai pu.J\u2019ai quitté Pan-truche .J\u2019ai été de ville en ville .i.jusqu\u2019au jour où j\u2019ai enfin pu rentrer dans une boîte sérieuse, où l\u2019on n\u2019a pas exigé de moi des références.« C\u2019est pour ça que je m\u2019informais tout à l\u2019heure si t\u2019avais réussi, toi aussi, à te défiler.Tu comprends, j\u2019ai eu le trac que tu te fasses poisser.Parce que si la rousse t\u2019avait mis le grappin dessus, moi j\u2019étais bon.« C\u2019est pas parce que t\u2019aurais jas-piné.Je sais bien que t\u2019aurais rien dit.Je te connais : t\u2019es un garçon, je suis sûr de toi.Mais comme nous étions toujours fourrés ensemble, la police aurait ouvert l\u2019oeil.et j\u2019étais fait ! Le commandant de Sermaize s\u2019était assis.Outré de oe qu\u2019il entendait, il pensait : \u2014 Quoi ! Gonthier .mon ordonnance, n\u2019était donc qu\u2019un misérable ?Pourtant, c\u2019était un brave.et, malgré tout, je ne dois pas, je ne peux pas oublier qu\u2019il m\u2019a sauvé la vie.\u2014 Vois-tu, continuait Ciboulant, toujours confidentiel, dans cette affaire-là on n\u2019a pas eu de chance.On n\u2019a pas très bien pris ses précautions.On aurait dû être trois.Deux, c\u2019était pas assez.« Toi, tu faisais le guet dans la rue .Mais y avait personne dans la cour .C\u2019est pour ça qu\u2019on a manqué d\u2019être chopés.Je sais bien que la vieille a « chanté » trop fort et que j\u2019ai été obligé de la faire taire.Elle s\u2019est réveillée, c\u2019est pas de ma faute ! Tu l\u2019as entendue ?\u2014 Oui, je me rappelle, concéda le faux Gonthier.\u2014 T\u2019as aussi entendu la concierge ?Elle en a fait un foin ! Elle a mis toute la rue des Toumelles en révolution .Il a fallu nous enfuir sans emporter les bijoux.On nous a vus, on nous a poursuivis.Et nous avons eu de la veine de nous en tirer comme ça tous les deux ! Il se leva, vint frapper amicalement sur l\u2019épaule du marquis.\u2014\tEh bien ! mon vieux, lui confia-t-il d\u2019un air entendu.S\u2019il y avait eu un troisième type bien costaud, bien décidé comme nous deux dans la cour, et qui ait laissé tomber un bon marron sur le tournant de la bouillotte de la concierge, quand elle est sortie de sa loge, tout ça ne serait pas arrivé ! « On serait rentré chez soi bien tranquillement, on aurait partagé le magot .Et on n\u2019aurait pas été obligé de se cavaler chacun de son côté \u2014 sans savoir depuis ce qu\u2019on est devenu.Décidément, aux yeux du marquis, de plus en plus abasourdi par de telles confidences, l\u2019ancien ami d\u2019Emile Gonthier se révélait plus complet encore qu\u2019il n\u2019avait pu le supposer .Et l\u2019homme au bandeau noir se demandait ce qu\u2019il allait encore apprendre, et surtout dans quel but ce misérable avait cherché à revoir son ancien complice.C\u2019est pourquoi il lui demanda d\u2019un air indifférent : \u2014 Mais, dis donc, Oscar, ce n\u2019est pas pour me raconter tout ça que tu es venu ici ?Le frère de Marinette resta un instant sans répondre, pensant : \u2014\tJe m\u2019en doutais.Le v\u2019ià qui mord ! Ça ne m'étonne pas .Il doit en avoir assez de tirer la carriole à l\u2019emballeur ! Et se rasseyant, il dit en rapprochant sa chaise de celle de « son vieux poteau ».\u2014 Qu\u2019est-ce que tu dirais si je te proposais une petite affaire ?\u2014 Ah ! ah ! pensa de son côté M.de Sermaize.Je crois que j\u2019ai eu raison de ne pas m\u2019en débarrasser tout de suite.Je suis curieux de savoir ce que cette canaille va me proposer.Alors, d\u2019un air intéressé, il demanda : \u2014 Une petite affaire ?Dans le genre de celle de .la vieille ?\u2014 Pas tout à fait, répliqua Ciboulant .Cette fois-ci, ça se passe à la campagne.Et au lieu d\u2019une rombière, il s\u2019agit d\u2019un jeune homme .Dix-sept ans à peine.Un jeune pigeon de la haute, élevé dans un poulailler élégant et une aristocratique basse-cour.\u2014 Ah ! alors c\u2019est pour le plumer ?essaya de plaisanter le marquis.\u2014 Non, laissa tomber froidement l\u2019ancien bonneteur.C\u2019est pour le saigner.Et il accompagna ces paroles d\u2019un geste expressif.M.de Sermaize ne put réprimer un tressaillement.\u2014 Quoi ?fit le bandit.Est-ce que t\u2019aurais le trac ?T\u2019es donc plus un garçon, un vrai, comme dans le temps ?Du reste, c\u2019est pas toi qui feras le gros turbin .\u2014 Alors, qu'est-ce que je ferai ?\u2014 Le guet.\u2014 Comme pour la vieille ?\u2014 Oui, comme pour la vieille.Robert passa la main sur son front baigné de sueur.Maintenant, il lui fallait savoir où et comment devait avoir lieu le crime, car il était décidé à l\u2019empêcher à tout prix ! Il demanda : \u2014\tQuand aurais-tu besoin de moi pour .cette affaire ?\u2014\tDame, répondit Ciboulant, ça urge Ça serait pour ce soir.Tu peux ?\u2014\tOui, je serai libre.\u2014\tTa femme ?\u2014\tMa femme ne s\u2019occupe pas de ce que je fais.\u2014\tParfait ! D\u2019abord il faut que nous ne travaillions que tous les deux.Ça se passera à la campagne, dans un pavillon isolé : donc pas la peine d\u2019être trois quand ça n\u2019est pas indispensable Puis deux qui s\u2019entendent bien et qui se connaissent, ça vaut toujours mieux.Deux comme nous, quoi ' Tu sais ça aussi bien que moi, n\u2019est-ce pas ?« D\u2019ailleurs, ce soir, il n\u2019y aura pas de magot à partager.Je ne fais pas l'affaire pour mon compte : je suis payé.comme je te paierai moi-même.Deux cents balles.Ça va-t-il ?\u2014\tÇa va ! accepta résolument le mar-qui de Sermaize.\u2014\tDans ce cas, prends ce soir à neuf heures le train de Saint-Germain.Tu t\u2019arrêteras au Vésinet.Je t\u2019attends à la sortie de la gare.Je te donne tes deux cents balles et nous filons au pavillon où nous trouverons, sur les dix heures, le jeune pigeon en train de roucouler avec sa colombe.T\u2019entends bien ?Dix heures ! Décidé à aller jusqu\u2019au bout de son enquête, le faux Gonthier voulut amener le bandit à lui procurer des détails plus précis.Il le questionna imprudemment : \u2014 Dis donc ?Tu m\u2019as dit tout à l\u2019heure que tu ne travaillais pas pour ton compte ?Alors c\u2019est pour quelqu\u2019un ?\u2014 Y a des chances.\u2014 Et ce quelqu\u2019un a intérêt à la disparition du .pigeon ?\u2014 Probable ! \u2014 Est-ce que tu ne pourrais pas m\u2019apprendre le nom de cet homme ?Ciboulant se redressa, stupéfait.\u2014 Ah ! non, mon vieux Milot ! Ça.ça ne te regarde pas !.Et l\u2019ancien croupier ajouta solennellement en posant la main sur son coeur \u2014 J\u2019ai beau avoir une grande confiance en toi : secret professionnel.Abasourdi par cet élan de probité commerciale qu\u2019il était loin de soupçonner dans ce monde qu\u2019il ne connaissait pas, le marquis rabattit ses recherches du côté de la victime et demanda dans un sourire qu\u2019il s\u2019efforçait de rendre engageant : \u2014 Et.le pigeon ?\u2014 Quoi ! le pigeon ! se rebiffa l\u2019ancien bonneteur, que cet interrogatoire qu\u2019il jugeait hors de propos finissait par impatienter.\u2014 Enfin, le jeune aristocrate ?Tu peux bien me dire comment il s\u2019appelle ? Le Samedi, Montréal, 10 mai 1947 25 \u2014 Mon petit Milot, coupa le bandit, tu commences à me courir, avec tes questions à la graisse ! T\u2019as pas fait tant de façons pour l\u2019histoire de la vieille ! \u2014 C\u2019est que, poursuivit maladroitement le marquis, la vieille ce n\u2019était pas la même chose.Elle n\u2019était pas de ia mille noble .Elle n\u2019avait pas des parents influents .qui peuvent avoir le bras long .des relations avec des magistrats .ou avec la préfecture de police.A ce mot de « préfecture de police >;, le frère de Marinette se dressa comme un ressort : \u2014 Eh bien ! non, déclara-t-il.Il n\u2019y a rien de fait ! La préfecture de police ! Les magistrats ! Qu\u2019est-ce que tout ça vient faire ici.Est-ce que tu n\u2019es pas un peu piqué ?.Il réfléchit une seconde ; puis il prit son chapeau et le posa sur sa tête : \u2014 Ah! oui, j\u2019y suis.Ugène Bidault !.Le sergot !.L\u2019agent commissionné ! La croix de guerre ! Le retour au domicile conjugal ! Le travail!.Je vois décidément que j\u2019ai perdu mon temps et ma salive.Déjà il avait la main sur le bouton de la porte : \u2014 Allons, mon vieux Milot, sans rancune.Décidément, tu n\u2019es plus l\u2019homme que j\u2019ai connu dans le temps.Et si jamais je repasse dans la rue de Chaligny, je ne monterai pas te dire bonjour ! Rapidement, il descendit l\u2019escalier.Une fois dans la rue, il respira bruyamment, heureux de se retrouver au grand air ; et tout en arpentant le faubourg Saint-Antoine, il répétait : \u2014 Les magistrats ! Le sergot ! La préfectance ! J\u2019allais me fourrer dans un joli guêpier.« Heureusement que j\u2019ai pas- sorti tout le paquet ! Je comptais sur Mi-lot pour travailler ce soir .Eh bien ! je me passerai de lui.Je ferai le turbin tout seul.« Maintenant, je n\u2019ai que le temps de manger un morceau au bar de la rue d\u2019Amsterdam.Je serai tout porté pour prendre le train.Et joyeux de penser qu\u2019il n\u2019aurait pas à payer de complice, il sauta dans un taxi en criant au chauffeur : \u2014 A la gare Saint-Lazare ! XXVIII \u2014 L\u2019homme ad bandeau noir Abasourdi par l\u2019entretien qu\u2019il venait d\u2019avoir avec l\u2019ancien « poteau » d\u2019Emile Gonthier, le commandant de Sermaize, tout de suite après son départ, chercha à rassembler ses idées.Une pensée l\u2019obsédait : le crime que ce bandit se proposait de commettre.Dans sa hâte d\u2019obtenir de lui des renseignements qui lui permissent de se mettre en travers des projets du misérable, il se reprochait de lui avoir posé des questions maladroites qui avaient éveillé sa méfiance.La façon brusque dont celui qui s\u2019é-' tait présenté sous le nom d\u2019Oscar de la Bastoche avait rompu la conversation et s\u2019était arrêté de dévoiler son plan, prouvait qu\u2019il s\u2019était trop 'pressé pour obtenir de lui des confidences.H aurait dû tout d\u2019abord avoir l\u2019air d\u2019accepter ses propositions, voir venir, promettre de se trouver au rendez-vous, et une fois sur les lieux de l\u2019attentat, s\u2019opposer au meurtre coûte que coûte.Oui, c\u2019est cela qu\u2019il aurait fallu faire.Il avait tout gâté par sa précipitation.Et maintenant, il était en proie à cette idée fixe qu\u2019un assassinat allait être commis, et que lui, le sachant, ne pouvait l\u2019empêcher.Avertir la police ?Quelle précision donnerait-il ?On lui demanderait comment il avait appris cela .Qu\u2019aurait-il à répondre ?H ne savait même pas le vrai nom de l\u2019homme qui était venu le relancer.Oscar de la Bastoche !.Oscar ! Il y a beaucoup d\u2019Oscar à la Bastille ! Ce n\u2019était pas une désignation suffisante.De plus cette particule révélait une aristocratie peu recommandable ! Et puis la police s\u2019étonnerait sans doute que cet homme soit venu le trouver.Elle fouillerait dans le passé d\u2019Emile Gonthier, qui avait déjà à son actif « l\u2019affaire de la vieille », et ella découvrirait peut-être d\u2019autres choses pas très propres qu\u2019il serait obligé, lui, Sermaize, d\u2019endosser, puisque Gonthier et lui ne faisaient plus qu\u2019un ! Tout cela pour un inconnu !.Un inconnu menacé de mort.Pourtant ! Voyons dans tout ce qui avait été dit entre « Oscar et Milot », n\u2019y avait-il rien qui pût le mettre sur la piste ?Le Vésinet! Il avait parlé du Vési-net.Dans quelle partie de ce pays le guet-apens avait-il été organisé ?A supposer encore que ce fût là que la chose dût avoir lieu ! Oscar n\u2019avait en effet, parlé que de la gare, où il se proposait de l\u2019attendre .Après quoi, avait-il ajouté, il filerait vers un pavillon isolé.Un pavillon, c\u2019est vague ! La seule chose précise qu\u2019il avait retenue, c\u2019est que le coup devait être fait vers les dix heures.Dix heures ! Au Vésinet ! Robert ne peut réprimer un tressaillement.Pierre Gallois, ici même, il n\u2019y a qu\u2019un instant, lui parlait de son fils .qui avait rendez-vous avec une femme .rendez-vous ce soir même ! Et il se rappelle exactement ses paroles : \u2014 Je crois avoir entendu, en partant, M.Alain lui dire : « A demain soir, dix heures ! » Puis, c\u2019est la voix de « son poteau » Oscar, qui lui semble résonner encore à ses oreilles : \u2014 T\u2019entends bien ?Dix heures ! Cette fois, ça se passe à la campagne .Un jeune homme.dix-sept ans à peine.Pix-sept ans ! L\u2019âge d\u2019Alain !.Le mari de Geneviève s\u2019est redressé, li-vfeie.Une angoisse terrible l\u2019étouffe.Ef malgré ses dénégations, ses révoltes, elle continue à l\u2019envahir .Elle l\u2019étreint .La voilà maîtresse de ses pensées !.Si bien que maintenant il ne doute plus.il en a l\u2019impression absolue ! Il est sûr !.Celui qu\u2019on veut assassiner, c\u2019est Alain .c\u2019est son fils ! Il n\u2019y a qu\u2019un instant, il tenait là le misérable.et il l\u2019a laissé échapper !.Depuis qu\u2019il est parti, à peine s\u2019est-il écoulé quelques minutes .Peut-être pourra-t-il le rejoindre ?Robert de Sermaize se précipite dans la rue.Non ! Il ne l\u2019aperçoit pas.Parti.déjà !.Il se met à courir comme un fou.Pourquoi par ce côté plutôt que par cet autre ?Il sent que ses efforts sont inutiles .qu\u2019il ne pourra pas le retrouver.Et à dix heures, ce soir, le crime s\u2019accomplira ! Alain ! Son fils, comprenez-vous !.On va le tuer ! Où ça ?Il n\u2019en sait rien ! Il ne sait pas ! Il ne peut pas savoir !.Le chalet des Glycines se trouvait dans cette partie du Vésinet où, passé la voie ferrée, le long d\u2019immenses et somptueuses propriétés, coule en des sinuosités capricieuses un cours d\u2019eau bordé d\u2019arbres et de verdure.Sur une des rives de ce ruisseau, assez large, bien que non navigable, isolé entre deux parcs dépendant de villas, dont on apercevait à peine la lointaine silhouette dans l\u2019ombre de la nuit, un coquet pavillon dressait son toit de tuiles, à demi caché entre des mélèzes et des acacias.Sa façade était recouverte de rosiers et de plantes grimpantes.A côté du petit perron qui conduisait à la porte d\u2019entrée, la vasque d\u2019une fontaine en pierre occupait le centre d\u2019une plate-bande fleurie.Nulle cachette d\u2019amoureux ne semblait plus à l\u2019abri d\u2019une indiscrétion.Loin de la route, on n\u2019y craignait pas la visite d\u2019un passant attardé.Le silence n\u2019y était troublé que par le bruit du vent dans les feuilles et le murmure du ruisseau.Cette délicieuse retraite que, suivant les indications de son frère Oscar, Marinette lui avait conseillé de louer, avait tenté Alain, dont la passion naissante n\u2019avait pu résister à la griserie d un pareil décor pour le rendez-vous définitif que sa gracieuse conquête lui avait accordé.L\u2019élégance du mobilier l\u2019avait également séduit.Ce n\u2019était pas la banale maison meublée.Dans un ensemble gai de tentures claires une note artistique se mêlait au style champêtre et le choix de sièges engageants trahissait une réelle préoccupation de confort ?Il s\u2019était donc empressé de louer au mois ce nid de poète et, le samedi soir, ayant retrouvé sa gentille amie dans le train comme de coutume, il avait glissé dans sa main la clef du pavillon, en ajoutant : \u2014 A demain soir, dix heures.Le dimanche, donc, Marinette avait tenu à venir de bonne heure au rendez-vous.Elle voulait arriver la première pour jouir de la surprise de son amoureux.C\u2019est qu\u2019en effet, depuis le matin, elle ne songeait qu\u2019à la 'joie du tête-à-tête, au plaisir, dans ce joli palais de rêve, de céder aux transports du prince charmant.RESUME DES CHAPITRES PRECEDENTS Le marquis Robert de Sermaize est rapporté tué à l\u2019ennemi ; sa veuve, mère d\u2019Alain et d\u2019Anne-Marie, s\u2019est remariée au comte de Francheville.\u2014 Le marquis, vivant, revient au château ; il est reconnu par Pierre Gallois malgré son visage couvert de cicatrices et le bandeau noir qui masque l\u2019absence d\u2019un oeil.\u2014 Le marquis dit pourquoi il se cache et comment il vit sous le nom d\u2019Emile Gonthier.\u2014 Le marquis doit prendre la place au foyer conjugal de son ancienne ordonnance.\u2014 Le vicomte René d'Orbac, prétendant d\u2019Anne-Marie de Sermaize, est heureux d\u2019apprendre que sa ruine n\u2019empêchera pas son mariage avec Mlle de Sermaize._ Oscar Ciboulant offre au vicomte de doubler la dot de sa fiancée ; d\u2019Orbac accepte le marché.\u2014 Marinette, sœur d\u2019Oscar Ciboulant, accepte le prince charmant que son frère lui propose et qui n\u2019est autre qu\u2019Alain de Sermaize.\u2014 Alfred, fils d\u2019Emile Gonthier, fait des siennes; son supposé père tente de lui faire comprendre son devoir, mais sans résultat.\u2014 Marinette et Alain se connaissent et une idylle s\u2019ébauche.\u2014 Pierre Gallois rend visite au marquis et lui remet un portrait de so femme.\u2014 Oscar Ciboulant vient proposer un marché à celui qu\u2019il croit être son ancien complice, Emile Gonthier, et qui n\u2019est autre que Robert de Sermaize.Tout semblait en effet se réaliser, comme dans la féerie de l\u2019Olympia où elle avait joué le rôle de la princesse, ^.\u2019idylle avait porté ses fruits.La jeunesse d\u2019Alain avait été l'irrésistible talisman.Marinette avait l'habitude de voir tourner autour d'elle la ronde des marionnettes galantes, dont rieuse et indifférente elle s\u2019amusait à tirer les ficelles, Marinette était amoureuse ! Et elle se promettait bien, ce soir-là, de ne pas opposer au jeune marquis la résistance dont il lui avait tant coûté de se cuirasser, quelques jours auparavant, dans le bosquet du restaurant du Gué des grues.La lune restait voilée derrière les nuages, et la nuit répandait sur la campagne une obscurité transparente, Marinette pénétra dans le jardin, monta le perron, introduisit la clef dans la serrure, et entra un peu impressionnée par l\u2019ombre et le silence.Elle se souvint qu\u2019Alain l\u2019avait prévenue qu\u2019il y avait, près de la porte, un bouton électrique.Elle le trouva et fit jaillir la lumière.Sur le vestibule une porte ouvrait dans un petit salon, ou plutôt un boudoir.Elle y jeta à peine un coup d\u2019œil et monta tout de suite au premier étage où elle savait trouver la chambre à coucher.Elle jugea les tentures distinguées et le décor charmant.Le cabinet de toilette eut aussi son approbation comme étant bien compris et parfaitement aménagé.Puis, désireuse de guetter l\u2019arrivée de son flirt, qui ne pouvait pas tarder, elle éteignit la lumière, ouvrit la fenêtre, et regarda dans le jardin.Une senteur embaumée l\u2019enveloppa, mélangée de roses et de chèvrefeuille.Elle approcha une chaise et s\u2019accouda à la barre de la croisée.Tout à coup, elle sourit et murmura : \u2014 Le voilà I.C\u2019est lui ! Une ombre humaine venait, en effet, de passer sur la rive du ruisseau voisin.La lune, qui s\u2019était dégagée durant une seconde, se cacha de nouveau .Pas assez vite, cependant, pour que la jeune fille ne reconnût l\u2019homme dont la silhouette fuyante venait de se dissimuler derrière un tronc d\u2019arbre.\u2014 Oscar ?fit-elle, stupéfaite.Pourquoi est-il venu ?Pourquoi m\u2019a-t-il suivie jusqu\u2019ici?Une crainte imprécise l\u2019envahit.Puis.I inquiétude la hanta, tenace, grandissante .Elle se rappela son insistance pour lui faire entamer cette aventure, la jeter à la tête de ce jeune homme.Dans l\u2019intérêt de son avenir ?.Il n était pas coutumier de ces sortes de dévouement familial.Et depuis huit jours, il n\u2019avait cessé de la surveiller, de l\u2019interroger.Il avait exigé qu\u2019elle 1 informât du jour et de l\u2019heure de leur rendez-vous.Et maintenant il était là dehors à attendre ! Qui ?Qui ?Marinette avait peur de comprendre.Le passe de son frère la troublait, car elle avait dû subir sa domination dans des circonstances qu\u2019elle ne pouvait se rappeler sans remords et sans honte ! Elle sortit de la chambre et descendit l\u2019escalier à tâtons, décidée à aller lui parler, à lui demander dans quelle intention il était venu rôder autour d\u2019elle.Elle traverse le jardin et s\u2019arrête à la petite grille d\u2019entrée donnant sur le sentier qui borde le ruisseau.Du regard elle fouille l\u2019ombre bleue de la nuit.Elle ne distingue rien que des branches qui bougent sous le vent tiède , A quelques pas plus loin se dresse 1 arbre derrière lequel elle a vu disparaître la silhouette de celui qu\u2019elle sait être son frère.Marinette se résout à aller jusque-là. T Personne ! Il n\u2019y a personne ! Elle demeure immobile, écoute, retient son souffle .Elle n\u2019entend rien que, sur le chemin, derrière le chalet des Glycines, le bruit d\u2019une auto qui passe.Plus loin.Elle va plus loin encore, suit au petit bonheur les méandres capricieux du cours d\u2019eau dont, parfois, elle distingue à peine la rive .Son pied glisse .Elle manque de tomber dans le ruisseau.se raccroche aux branches souples d\u2019un saule.C\u2019est lui ! Elle l\u2019aperçoit là-bas .Pourquoi s\u2019éloigne-t-il ?Elle l\u2019appelle à mi-voix .Il disparaît encore.Pourquoi ?Pourquoi se cache-t-il ?Non .elle s\u2019est trompée .Ce n\u2019est pas lui.La lune reparaît par instants et, sous le feuillage mouvant, de sa clarté laiteuse fait bouger des ombres.Marinette appelle de nouveau, mais le son de sa propre voix l\u2019effraie.Elle s\u2019arrête encore et n\u2019ose plus marcher.Quelqu\u2019un lui a frôlé le cou ! Non ! c\u2019est une feuille qui tombe.Et voilà que, peu à peu, ce silence absolu qui l\u2019entoure l\u2019épouvante.A force d\u2019écouter, elle croit entendre des œuvres qui résonnent ; à force de regarder dans la nuit, elle croit voir des étincelles.Depuis combien de temps est-elle partie ?Elle ne sait plus ! A la seule pensée de retourner là-bas, ses jambes se paralysent.Elle est sûre qu\u2019il y a quelqu\u2019un autour d\u2019elle .quelqu\u2019un qui ne veut pas se montrer ?Pourquoi ?Pourquoi ?La peur monte, monte en elle.Si bien que, prise d\u2019une terreur irraisonnée, elle se met à courir, revenant smses pas.Elle court de toutes ses forces, elle se hâte, affolée, croyant entendre derrière elle le galop de ce quelqu\u2019un lancé à sa poursuite, celui peut-être qu\u2019elle cherchait et, auquel, par une contradiction inexplicable, elle veut à tout prix échapper ! Marinette franchit le seuil du jardin, franchit la grille.Alors elle a l\u2019impression qu\u2019elle est en sûreté.Elle ose regarder derrière elle .Il n\u2019y a personne.Elle a été hantée par un fantôme.Et maintenant, dans son cerveau, il n\u2019y a plus place que pour une pensée très nette : \u2014 Pourquoi mon frère ne m\u2019a-t-il pas répondu quand je l\u2019appelais ?Pourquoi s\u2019est-il caché ?Pourquoi se cache-t-il encore ?Vivement, elle remonte le perron, ouvre la porte .Elle pousse un cri ! Un homme est debout dans le vestibule, la prend dans ses bras, l\u2019emporte à travers l\u2019escalier jusque dans la chambre.\u2014 Alain ! C\u2019est toi ! \u2014 Oui ! Où étais-tu donc, méchante ?La porte était ouverte ; je savais bien que tu étais venue.Mais j\u2019ai eu peur que tu ne fusses repartie.\u2014 H y a longtemps que tu es là ?\u2014 Très longtemps.\u2014 J\u2019étais allée au-devant de toi.et je me suis perdue .Tu n\u2019as donc pas pris par le bord de l\u2019eau ?\u2014 Non.Je suis entré par la petite porte qui donne sur le bois.Je suis venu avec mon auto, que j\u2019ai laissée à deux pas d\u2019ici, au bout du chemin .Mais je suis bien tranquille, car à cette heure-ci, il n\u2019y passe jamais personne.Tu vois, tu n\u2019as pas à t\u2019inquiéter .Je pourrai ainsi te reconduire à Saint-Germain .Et d\u2019ici là, nous sommes seuls, tous les deux .seuls jusqu\u2019à minuit.au moins ! \u2014 Seuls ! se répond-elle à elle-même.Hélas non ! ils ne sont pas seuls ! Son frère est sûrement en bas, qui les guette.Alors, il s\u2019agit avant tout de ne pas rester ici ! Oui.mais comment faire ?Comment trouver auprès de son amoureux un prétexte vraisemblable à son refus ?Il le faut cependant.Elle trouvera bien moyen de persuader Alain qu\u2019il faut s\u2019en aller tout de suite.Us passeront par la petite porte du bois.et ils s\u2019enfuiront très vite.Elle ne peut pas être complice d\u2019un guet-apens .d\u2019un vol ! Car elle est sûre maintenant que l\u2019ancien bon-meteur s\u2019est servi d\u2019elle pour pouvoir les surprendre ensemble, intervenu auprès du jeune millionnaire et lui faire cracher de l\u2019argent.Cependant Alain continue à lui parler avec tendresse.Il la couvre de baisers, lui dit des mots caressants .Ces paroles, Marinette se faisait d\u2019avance une joie de les écouter : maintenant, elle cherche comment en arrêter le cours.Elle tend l\u2019oreille vers la fenêtre ouverte, dans sa crainte d\u2019entendre un bruit de pas dans le jardin.\u2014 Qu\u2019as-tu donc?interroge-t-il anxieux, devant son regard qui lui révèle un trouble inusité.\u2014 Rien .Je n\u2019ai rien ! \u2014 Pourquoi détournes-tu tes yeux des miens ?\u2014 Je voudrais partir.Alain eut un cri de révolte.Il s\u2019indigna : \u2014 Tu veux me quitter ?Tu ne m'aimes donc plus ?\u2014 Si, si, je t\u2019aime!.Mais ce pavillon isolé .cet endroit désert.Si tu savais !.Quand je suis allée au-devant de toi, tout à l\u2019heure .l\u2019obscurité était effrayante .\u2014\tTu es folle !.\u2014\tIl me semblait entendre des voix chuchoter dans l\u2019ombre .\u2014 C\u2019était le vent dans les feuilles.\u2014 Si on venait nous attaquer ici, nous aurions beau appeler au secours .Personne ne viendrait ! \u2014\tVoyons, ma chérie, je t\u2019assure que nous n\u2019avons rien à craindre.Ils étaient assis l\u2019un près de l\u2019autre, dans une demi-obscurité que le jeune marquis n\u2019avait pas voulu dissiper, car il la jugeait favorable au tête-à-tête.Il l\u2019enveloppa de ses bras et voulut l\u2019attirer vers lui.Elle résista.\u2014\tJe veux partir ! répéta-t-elle.Alain, presque gaiement, répliqua \u2014\tJe ne te savais pas si peureuse ! \u2014\tOui, c\u2019est cela .je suis peureuse, très peureuse.Je ne te l\u2019avais pas Le Samedi, Montréal, 10 mai 1947 dit.J\u2019ai peur de tout.C\u2019est enfantin, je le sais, mais je n\u2019ai jamais pu surmonter cette impression ridicule.Elle s\u2019était levée et cherchait à l\u2019entraîner, insistant d\u2019une voix nerveuse : \u2014 Allons-nous-en.je t\u2019en supplie! Allons-nous-en ! \u2014 Je t\u2019en prie, calme-toi, insista gentiment Alain de Sermaize.Tu te conduis, en effet, comme une enfant.Mais il est un moyen bien simple de dissiper ton cauchemar .C\u2019est de faire fuir les ténèbres.Et brusquement il fit jouer un bouton électrique qui alluma, sur une petite table de chevet, placée derrière un paravent japonais, un bougeoir de porcelaine surmonté d\u2019un abat-jour rose.Marinette poussa un cri d\u2019effroi.Elle venait d\u2019apercevoir Ciboulant debout, sur le seuil.Alain aussi l\u2019a vu en même temps qu\u2019elle, et d\u2019un élan instinctif, s\u2019est jeté entre la femme et l\u2019inconnu.\u2014 Qui êtes-vous ?Qui demandez-vous ?clama-t-il avec force.\u2014 Qui je suis ?répond le bandit.Tu es bien curieux, mon petit.Quant à ce que je te demande, tu vas le savoir.Et avant que le fils de Geneviève ait pu se mettre en garde, Ciboulant, un poignard à la main, bondit sur lui, l\u2019empoigne par l\u2019épaule et lui porte un coup violent dans la poitrine.Mais l\u2019assassin avait mis trop d\u2019ardeur à exécuter son mouvement.Le choc avait fait trébucher sa victime, et avant que l\u2019arme ait eu le temps de l\u2019effleurer, le fils de Robert tombait à la renverse sur le parquet, en heurtant de la tête le pied sculpté d\u2019une table qui se trouvait au milieu de la chambre.Oscar, qui lui-même avait chancelé, se redressa vivement.Il se préparait à frapper de nouveau le jeune homme inanimé quand Marinette s\u2019élança à son tour et le repoussa avec une énergie dont on l\u2019aurait crue incapable.\u2014\tArrête ! cria-t-elle.Je te défends d\u2019y toucher.\u2014\tTu me défends ! Toi ! ricana le meurtrier d\u2019un air le p.ofond mépris.\u2014\tMisérable ! \u2014\tAh ! non .Soupé !.Ce soir, je travaille ! Puis d\u2019un revers de main brutal, il l\u2019écarta de son passage et pour la seconde fois leva son poignard sur le corps de sa victime qui gisait sur le sol toujours évanouie.Mais son bras ne retomba pas.Il venait d\u2019être saisi par une poigne d\u2019acier.L\u2019assassin poussa un rugissement et, se retournant, reconnut l\u2019homme au bandeau noir, qui, de sa main gauche, le maintenait avec force.\u2014 Milot ! s\u2019écria-t-il.Lâche-moi ! Veux-tu me lâcher 1 Il se débattait, cherchait à échapper à l\u2019étreinte.\u2014 Non, brigand ! répliqua Robert de Sermaize, complètement maître de son rival.Non, je ne te lâcherai pas !.Je suis venu pour t\u2019empêcher de commettre ton crime.Le commandant, rompu à tous les sports, était doué en outre d\u2019une force peu commune.Profitant de ce que, au cours de cette lutte, ils s\u2019étaient rapprochés de la croisée restée ouverte, Robert saisit le misérable, impuissant à se dégager, l\u2019enleva de terre et le précipita par 1a, fenêtre dans le jardin.On entendit une plainte rauque .Le meurtrier venait de tomber sur la fontaine qui se dressait au milieu de la plate-bande fleurie et s\u2019était aplati sur la margelle de pierre.\u2014 Ah ! çà, il pleut des hommes ce soir ! fit une voix du dehors.\u2014 Par ici, Gallois, appela impérieusement le commandant.L\u2019intendant du château de l\u2019Orangerie grimpa l\u2019escalier quatre à quatre, pénétra dans la chambre et vit M de VOUS BRODEZ, MADAME?O'-, POIGNEES POUR VOTRE CUISINE Quatre nouvelles poignées, attrayantes par leur forme et leur modèle.Chacune est étampée sur coton jaune et a un appliqué de couleur d\u2019un effet charmant.La broderie est très facile à exécuter.Dimension approximative : 6 et 7 pouces de diamètre.Mme L.DE BELLEFEUILLE, 61, Bord du Lac, Valois, P.Q Veuillez m\u2019envoyer les articles suivants : LISTE DES PRIX \u2014 Patron No 309 ?\t309A \u2014 Chez Nous, appliqué rouge inclus, pour le toit 15 oents ?\t309B \u2014 Carottes, appliqué jaune\t15 cents ?\t309C \u2014 Pomme, appliqué rouge\t15\tcents ?\t309D \u2014 Théière, appliqué bleu\t15\tcents ?\tCotons de couleur pour broder\tchaque poignée\t10\tcents ?\tPatron étampé sur papier pour les quatre poignées \u2022\t25\tcents ?\tPapier carbone, bleu ou jaune,\tpour tracer\t10\tcents Prière à mes lectrices d'inclure le prix du patron, plus la taxe de 4% ou 2%, selon le cas, sous forme de bon postal, mandat d\u2019express ou argent sous pli recommandé.Nom Adresse Localité t\tProvince Le Samedi \u2014 10 mai 1947 Le Samedi, Montréal, 10 mai 1947 27 Sermaize agenouillé près de son fils immobile.Un large filet de sang coulait de sa tète sur le parquet.\u2014 M.Alain .blessé ! \u2014 Mort peut-être ! répondit sourdement le mari de Geneviève.Il avait soulevé la victime, arraché son gilet, sa chemise.mis à nu la poitrine, sur laquelle il avait appliqué son oreille.Au bout de quelques secondes, il se redressa avec un cri de joie : \u2014 Il vit ! Son cœur bat ! Il vit ! Il vit ! Le vieux soldat respira bruyamment.\u2014 Dieu a permis, dit-il, que nous ar-ivions à temps! Oui, confirma Robert, car l\u2019assassin levait déjà son poignard pour l\u2019achever.\u2014 M.Alain ne devait pas être seul ?\u2014 Non .une femme était avec lui.\u2014 Je ne la vois pas ! dit en cherchant les yeux le vieil intendant.\u2014 Qu\u2019importe ! Il s\u2019agit de sauver mon fils ! Pierre Gallois avait apporté du cabinet de toilette une cuvette pleine d\u2019eau et du linge.Le père mouillait les cheveux, étanchait le sang, entourait le front d\u2019une serviette solidement nouée.\u2014 Où trouver une voiture à cette neure-ci ?demanda-t-il.\u2014 Heureusement, renseigna le fidèle serviteur, que M.Alain est venu avec son auto.Je l\u2019ai aperçue tout à l\u2019heure en arrivant, derrière la maison, sur le chemin.à la même place où j\u2019ai rencontré M.Alain avant-hier, quand le hasard m\u2019a fait passer par ici.C\u2019est même ce qui m\u2019a permis de vous conduire vers ce pavillon où je me doutais bien que devaient avoir lieu habituellement leurs rendez-vous.\u2014 Partons vite .ordonna Robert.Marche devant.je te suis ! Déjà il emportait dans ses bras Alain qui n\u2019avait pas repris connaissance.Arrivé devant la fontaine, Pierre Gallois s\u2019arrêta : \u2014 Il n\u2019y est plus ! dit-il.\u2014 Qui ?\u2014 L\u2019homme.\u2014 Viens ! Viens !\t.Occupé uniquement de son fils, les yeux obstinément fixés sur son fils, la pensée isolée de tout ce qui n'était pas son fils, le marquis de Sermaize poursuivait sa course impatiente.Pierre Gallois, brusquement, se mit à courir .Une crainte surgissait en lui .Pourvu que le meurtrier, si imprudemment épargné, n\u2019ait pas eu l\u2019idée d\u2019utiliser l\u2019auto pour s\u2019enfuir ! Non ! la voiture était toujours là .O mit en mouvement le moteur .Pendant ce temps, le mari de Geneviève prenait place dans l\u2019auto, avec Alain jalousement serré contre sa poitrine, et à son serviteur qui s\u2019était placé au volant, il ordonnait, comme il l\u2019eût fait jadis quand il était le maître : \u2014 Au château.Pierre Gallois obéit à cet ordre, naturellement, sans en éprouver de surprise.Il lui semblait tout simple que son commandant rentrât chez lui avec son fils blessé.Quant à l\u2019homme au bandeau noir, il était redevenu le marquis Robert de Sermaize.Sa personnalité nouvelle avait disparu.Hypnotisé par le danger qui menaçait son enfant, il avait totalement oublié son déguisement civil, le masque d\u2019Emile Gonthier derrière lequel il s\u2019était jusqu\u2019ici abrité.Il subissait un élan de paternité d\u2019une violence presque maternelle, qui balayait de son cerveau tout ce qui n\u2019était pas réellement lui, et lui faisait ardemment murmurer : \u2014 Rassure-toi, mon petit ! Ton père est près de toi ! Ah ! comme il bénissait la Providence de lui avoir soufflé l\u2019idée d\u2019aller interroger Pierre Gallois, alors que des indices seuls alimentaient ses craintes, sans qu\u2019il pût se raccrocher à aucune précision, et cela quelques heures avant le meurtre inévitable ! Il avait pris le train pour le Pecq, décidé à avertir l\u2019intendant de la comtesse de Francheville du danger terrible dont était menacé son jeune maître.Il fallait à tout prix empêcher Alain de sortir ce soir-là, s\u2019il en était temps encore.Mais il n\u2019était plus temps ! Aux premières paroles prononcées par son commandant, Pierre Gallois avait répondu par une exclamation de désespoir : \u2014 M.Alain vient de partir il y a deux minutes, avec son auto .Cette fois, tout était perdu ! Où avait-il pu rejoindre cette femme ?Soudain le vieux soldat s\u2019écrie : \u2014 Je l\u2019ai rencontré avant-hier au Vé-sinet.Il sortait d\u2019une maison dans le parc, au bord de l\u2019eau .Son nom ?Attendez donc ! Le chalet des .des .Le chalet des Glycines.Le chalet des Glycines ?Robert de Sermaize le connaît bien ! Un pavillon qu\u2019on loue volontiers aux amoureux .Lui-même en a usé autrefois ! Oui, parbleu ! C\u2019est là que son fils doit être ! Déjà, ils sont sur la route, le maître et le serviteur.Ils se hâtent.Le crime doit se commettre à dix heures .Il n\u2019est pas dix heures tout à fait.Oh ! ce trajet interminable !.Et maintenant, Robert contemple son fils qu\u2019il a gardé sur ses genoux, son fils qu\u2019il a réussi à arracher à la mort.Comme le pauvre petit est râle ! .Ni les secousses de l\u2019auto, ni la irai-cheur du vent qui le frappe au visage n\u2019ont réussi à le tirer de sa torpour .Il vit pourtant !.Robert tâte son cœur qui lui semble battre un peu plus fort.Enfin, voici le château ! L\u2019auto s\u2019arrête dans la cour des communs, à la porte du garage.Suivi de Pierre Gallois, le commandant emporte son fils par les allées du parc, monte les marches du perron .Le voici dans le vestibule, au milieu de l\u2019obscurité.Mais n\u2019est-il pas chez lui ! Il sait où trouver le commutateur électrique.Il tourne le bouton, le lustre s\u2019allume.Robert se dirige droit vers l\u2019escalier .La chambre d\u2019Alain est en haut.au premier.Il sait cela, il sait tout cela ! Le blessé laisse échapper une plainte !.Alors, le père s\u2019arrête, dépose sur le canapé l\u2019enfant qui, lentement, lève la tête, essaie d\u2019ouvrir les yeux qu\u2019il referme, ébloui par la clarté des lampes.\u2014 Mon petit ! mon petit ! murmure Sermaize d\u2019une voix à peine perceptible.Mais voici qu\u2019en haut de l\u2019escalier, attirée par le bruit inusité à cette heure, Geneviève apparaît.Elle aperçoit son intendant, qui, la croyant endormie, reste pétrifié à sa venue.\u2014 Qu\u2019y at-il, Gallois ?demanda-t-elle.Robert, qui s\u2019était agenouillé près de son fils, s\u2019est soudain redressé .Sa femme est là, devant lui.Il va pour parler, pour lui dire : \u2014 Je viens de sauver notre fils.Mais Geneviève l\u2019a vu.elle a vu la face ravagée dont le bandeau noir l\u2019épouvante.Elle crie : -Quel est cet homme ?Quel est cet homme ! C\u2019est vrai ! Sa femme ne peut pas le reconnaître.Cette simple phrase le ramène à la réalité.Il n\u2019a pas le droit d\u2019être ici ! Il a cessé de vivre son rêve.A peine s\u2019il entend Gallois de répondre à la comtesse : \u2014 Cet homme et moi venons de rapporter M.Alain blessé.Photo non retouchée NÉES LA MÊME ANNÉE.Photo non retouché* Mais distancées d\u2019une décade par l\u2019apparence! VOTRE peau peut faire mentir sur votre âge Février 1920 \u2014 même date de naissance mais l\u2019une passe pour l\u2019aînée de l\u2019autre à cause de l\u2019apparence de sa peau ! Rides minuscules et accusatrices, teint parcheminé et terne.Votre peau commence-t-elle à accuser ces symptômes si préjudiciables à votre âge ?Dans ce cas, suivez l\u2019exemple de milliers de jeunes femmes attrayantes, commencez dès aujourd'hui à faire régulièrement usage de Cold Cream Noxzema.Les ingrédients spéciaux qu\u2019il contient et qui ne se trouvent dans aucun autre cold cream cold cream expliquent sa triple action sur l\u2019épi-perme.Il nettoie â fond, confère à votre visage cette fraîcheur de pétale.Apaise, adoucit la rugosité et la sécheresse.Revigore et semble ranimer les tissus fatigués, redonne de l\u2019éclat au teint ! Pendant dix jours, à compter de maintenant, massez-vous la figure et la gorge à l\u2019aide du cold cream Noxzema \u2014 tous les soirs, sans omission.Vous verrez que votre peau paraîtra plus fraîche, plus attrayante, plus jeune ! 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Cette pensée tournait à l\u2019idée fixe.Et la splendeur ensoleillée de la nature qu\u2019il avait l\u2019air de contempler par la croisée n\u2019était pour lui qu\u2019une vision indécise et brumeuse, servant de fond à l\u2019éclat d\u2019un fin profil de femme auréolée de blondeur.La porte de sa chambre s\u2019ouvrit de nouveau et livra passage à sa mère et à son beau-père .Alain leur sourit.\u2014 Alors, s\u2019informa-t-il, le docteur n\u2019est pas trop mécontent de moi ?\u2014 Il est ravi, au contraire, rassura Geneviève, en s\u2019asseyant au chevet de son fils.M.de Francheville prit place de l\u2019autre côté du lit.Il ajouta : \u2014 Mais tu l\u2019as échappé belle ! H faut nous promettre, mon cher enfant, à la mère et à moi, d\u2019être plus sage à l\u2019avenir.Tu es encore bien jeune pour affronter de pareilles intrigues.De telles escapades exigent une expérience plus grande, \u2014 et surtout un plus vil souci de ta dignité.Et le regardant avec l\u2019autorité d\u2019un chef habitué à être obéi : \u2014 A quelle sorte de femme t\u2019es-tu donc adressé ?\u2014 Moi ?\u2014 Les tentations guettent les jeunes gens à chaque coin de rue.Tu vois ce qu\u2019il en coûte de se laisser entraîner à une aventure de passage .d\u2019écouter les propos de quelque gourgandine.En entendant ces paroles, Alain était devenu rouge de honte et aussi de colère.\u2014 Je vous défends de parler ainsi! | s\u2019exclama-t-il.\u2014 Tu me défends ?.\u2014 Oui .Vous n\u2019avez pas le droit d\u2019insulter une femme que vous ne connaissez pas ! \u2014 Alors, si je me trompe, poursuivit le colonel, parle.et dis-nous ce qui s\u2019est passé.\u2014 Non, je ne dirai rien .s\u2019entêtait le blessé, attaqué dans son sentiment intime pour Marinette qu\u2019il continuait à entourer de tout son amoureux respect.Je ne dirai rien.rien .Je ne dirai rien .Devant cette résistance imprévue, l\u2019officier laissa échapper un geste d\u2019impatience, et inconscient de sa maladresse, en face d\u2019une nature dont il ne soupçonnait pas la sensibilité, il insista : \u2014 Tes parents ont le droit de surveiller ta conduite et de t\u2019interroger ! \u2014 Ma mère, c\u2019est possible1 riposta Alain.Mais pas vous ! \u2014 Quoi ?\u2014 Mon ami, intervint Geneviève, en s\u2019adressant à son mari, Alain est à peine remis de sa secousse.Il est nerveux .Laissez-moi seule avec lui, voulez-vous ?\u2014 Soit ! condescendit l\u2019officier.Mais je doute que vous veniez à bout, plus que moi, d\u2019un entêtement que rien ne justifie.\u2014 Je vous demande de nous laisser causer un instant tous les deux.\u2014 Après tout, c\u2019est votre fils .Faites ce que vous voudrez ! Le colonel de Francheville, dont l\u2019esprit de discipline militaire n\u2019admettait pas que, même dans le civil, on résistât à sa volonté, sortit furieux.Alors Geneviève se pencha vers Alain dont les yeux s\u2019étaient fermés dans une figure subitement pâle.Doucement, elle l\u2019entoura de ses bras.\u2014 Calme-toi, mon petit, murmura-t-elle.Dis-moi, à moi.à moi toute seule, pourquoi tu as de la peine.Alain, dont la respiration était devenue oppressée sous l\u2019énervement que lui avait causé cette scène, répondit d\u2019une voix qui traînait comme une plainte : \u2014 Parce que M.de Francheville est injuste.Je ne veux pas qu\u2019il me parle de la sorte, comme à un enfant ! Et surtout, je ne supporterai pas qu\u2019il insulte cette jeune fille.\u2014\tC\u2019est donc une jeune fille ?interrogea la mère avec douceur, appliquant son attention à ne pas froisser la susceptibilité du blessé, et à provoquer peu à peu ses confidences.\u2014\tOui, maman, renseigna le naïf amoureux .Une jeune fille charmante .et si honnête, tu sais.si travailleuse ! \u2014\tIl y a longtemps que tu la connais ?\u2014 Il y a huit jours.\u2014 Seulement ?\u2014 Oui, je l\u2019ai rencontrée dans le train en revenant du lycée.Elle retournait comme tous les soirs à Saint-Germain, où elle demeure chez ses parents.\u2014 A quelle adresse ?\u2014 Je ne sais pas.\u2014 Tu ne lui as pas demandé ?\u2014 Je craignais d\u2019être indiscret.\u2014 Es-tu sûr qu\u2019en t\u2019affirmant qu\u2019elle vivait dans sa famille, elle t\u2019ait dit la vérité ?\u2014 Ah ! maman, je t\u2019en supplie !.Ne te mets pas à me parler d\u2019elle comme Ta fait le colonel.De nouveau contrarié, Alain avait haussé le ton ; sa voix était redevenue saccadée.\u2014 Allons, mon chéri, ne t\u2019irrite pas ainsi ! tranquillisa Geneviève, qui bien que résolue à mesurer ses paroles, s\u2019apercevait qu\u2019elle avait parlé trop vite.Tu comprends, moi, je ne la connais pas, cette jeune fille ! Alors, je te demande !.Mais puisque tu m\u2019affirmes avoir confiance en elle !.\u2014 Oh ! oui, maman ! Comment douterais-je de sa parole ?Elle a de si beaux yeux et un sourire si doux ! \u2014 Comment s\u2019appelle-t-elle ?\u2014 Camille.J\u2019aime beaucoup ce nom.Et toi ?\u2014 Oui, c\u2019est gentil.Camille comment ?\u2014 Je ne sais pas non plus.\u2014 Tu n\u2019as pas eu la curiosité de connaître son nom de famille ?\u2014 Oh ! elle me l\u2019aurait dit si je le lui avais demandé !.Mais elle avait si peur de porter atteinte à l\u2019honorabilité de ses parents .Parce que .\u2014 Parce que quoi ?Le jeune homme hésita, rougit un peu : \u2014 Parce que c\u2019est la première fois qu\u2019elle a un amoureux.Geneviève avait attiré tout contre elle son grand garçon dont elle avait mis la tête sur son épaule, et elle le berçait d\u2019un geste machinal comme elle le faisait jadis quand il était enfant.Elle réfléchissait à la sincérité touchante de ce premier amour, mais éprouvait un réel chagrin à se rendre compte de l\u2019inanité d\u2019un pareil rêve.Car elle prévoyait une aventure banale, une rencontre avec une femme trop peu farouche, disposée par son expérience à exploiter un emballement fait de jeunesse encore inhabile et d\u2019ardente naïveté.Non, elle ne croyait pas beaucoup à une vertu courant tranquillement les chemins, libre de se dégager certain soir des liens de sa famille et consentant, en l\u2019espace de huit jours, à faire le sacrifice de sa pudeur et de son honnêteté.Aussi ne put-elle s'empêcher d\u2019objecter presque timidement, tant elle craignait de tarir par un mot maladroit la source des confidences et de justifier les craintes du docteur en ramenant dans les yeux du blessé l\u2019éclat de la fièvre : \u2014 Comment se fait-il qu\u2019en si peu de temps cette jeune fille ait consenti à un tête-à-tête aussi compromettant .avec un jeune homme qu\u2019elle connaissait bien peu, tu m\u2019avoueras ?\u2014 Nous nous connaissions bien plus que tu ne crois !.Nous nous étions vus souvent dans le train.deux fois par jour, pendant toute une semaine, sans compter une journée entière passée à la campagne .\u2014 Quand donc cela ?\u2014 Jeudi.Il s\u2019interrompit, un neu confus, pour ajouter : \u2014 Ce jour-là, j\u2019ai manqué mon lycée \u2014 Jeudi ?.Méchant enfant !.Je me rappelle.Tu es revenu dîner en me disant que tu avais travaillé plus que de coutume et que tu étais très fatigué.\u2014\tC\u2019était le voyage, tu sais ! riposta Alain avec un franc sourire.Nous étions allés très loin, en auto, jusqu\u2019à Dreux .Oui, à cause de la forêt.El nous avons déjeuné dans une guinguette délicieuse .sous la tonnelle dans un petit bois .délicieux .E faisait si doux !.si bon !.Nous avons fait une promenade .\u2014 Délicieuse ?répéta Geneviève en souriant.\u2014 Ne te moque pas de moi ! Elle regardait le paysage, qu\u2019elle trouvait très beau.Moi, je la regardais et je ls trouvais très belle .\u2014\tEt c\u2019est alors que vous avez projeté de vous revoir un soir ?\u2014 Oui, maman.\u2014 Qu\u2019est-ce que cette maison du Vé sinet où vous vous êtes rencontrés ?\u2014 Une villa que j\u2019avais louée.Nous devions nous y retrouver dimanche à dix heures du soir, \u2014 tu vois, maman, que je te raconte tout ! \u2014 Je l\u2019avais choisie, parce qu\u2019elle était isolée au bord de l\u2019eau.Je me disais : là, nous serons bien tranquilles .personne ne fera attention à nous.Mais je ne pensais pas aux malfaiteurs.Pourtant quand je suis arrivé, j\u2019ai trouvé Camille tremblante dans la nuit qui était très sombre.Elle avait peur et voulait absolument s\u2019en aller .Tu comprendras bien : si ça n\u2019avait pas été une jeune fille honnête, elle n\u2019aurait pas demandé à partir ?J\u2019avais beau insister pour qu\u2019elle reste, elle se refusait à rien entendre.Elle s\u2019obstinait à ce que je la laisse retourner che2 ses parents.A ce moment, l\u2019homme est apparu sur le seuil de la porte.\u2014 Alors ?questionna la mère oppressée.\u2014 Alors, il s\u2019est précipité sur moi .Je suis tombé.et j\u2019ai perdu connaissance .Depuis, je ne me rappelle plus rien.Puis Alain leva craintivement les yeux sur sa mère et demanda : \u2014 Tu ne m\u2019en veux pas de t\u2019avoir raconté tout cela ?\u2014 Au contraire, mon chéri, tu a« bien fait de ne rien me cacher.« Tu t\u2019es irrité tout à l\u2019heure contre M.de Francheville qui n\u2019avait que de bonnes intentions à ton égard.S\u2019il t\u2019a parlé avec un peu de brusquerie, n\u2019accuse en lui que son intention de t\u2019être utile en recherchant le misérable qui a tenté lâchement de t\u2019assassiner.Dans quel but ?Je ne sais.Si le vol avait été le mobile du crime, tu aurais été dépouillé de ton argent, de ta montre, de ta bague .\u2014 En effet, murmura Alain, je ne comprends pas.\u2014 Le colonel est décidé à faire U lumière.Grâce à lui, la police organisera les recherches nécessaires et découvrira sûrement la vérité.Bah ! le plus simple, insinua le blessé, serait, je crois, de garder le silence.\u2014 Pourquoi ?Parce que la police, vois-tu, c\u2019est un peu effrayant.On ne sait jamais à quoi elle vous entraîne.Et je ne voudrais pas que par ma faute Camille .Mlle Camille fût impliquée dans une aventure terrible pour elle ! [ Lire la suite au vrochain numéro ] Le Samedi, Montréal, 10 mai 1947 35 L'ETATISATION DE LA MEDECINE [ Suite de la page 7 ] Le bill n\u2019impose aucune limite ou condition à ceux qui désirent se prévaloir des avantages qu\u2019il offre.Aucune restriction ne sera imposée par suite de la fortuné, de l\u2019âge, du sexe, de l\u2019emploi, du lieu de résidence ou de l\u2019existence d\u2019une police d\u2019assurance antérieure.Ainsi, direz-vous, cela ne coûtera plus rien d\u2019être malade ?Ce ne sera pas tout à fait le cas bien que la maladie ne sera plus le luxe qu\u2019elle est souvent aujourd\u2019hui.On devra débourser pour se procurer des verres, un dentier, un appareil orthopédique, si ceux qu\u2019on avait ont été égarés ou brisés par suite de négligence.Durant les convalescences, certains frais comme l\u2019aide domestique, l\u2019achat d\u2019aliments prescrits ou d\u2019objets indispensables, telles de chaudes couvertures, seront en partie payés par le malade, dans la mesure de ses moyens.Il en sera de même des frais additionnels qui résulteraient du désir d\u2019avoir une meilleure chambre à l\u2019hôpital ou une chambre particulière, quand le médecin ne juge pas la chose indispensable.On peut en dire tautant des servies exclusifs d\u2019une infirmière.HONNEUR AU MERITE [ Suite de la page 5 ] C\u2019est la dix-neuvième année que ces récompenses fameuses sont décernées.Pour la première fois, le public américain a été admis à cette distribution solennelle de prix qui ne rappelle en rien celles de nos maisons d\u2019éducation.Presque tous les honneurs sont allés au film The Best Years of Our Lives, interprètes, directeur, metteur en scène, photographe, personne n\u2019a été oublié» Les deux meilleurs acteurs pour l\u2019année 1946 ont été : Frederic March dans The Best Years of Our Lives et Olivia de Havilland dans To Each His Own.Pour les rôles secondaires : Harold Russell dans The Best Years of Our Lives et Ann Baxter dans Razor\u2019s Edge.Meilleur film de l\u2019année : The Best Years of Our Lives ; meilleur film musical : The Jolson Story.Pour la plus belle photographie en blanc et noir : Anna and the King of Siam ; photographie en couleurs: The Yearling.Prix de dessins animés : The Cat Concerto.Scénario le plus original : The Seventh Veil, film britannique.Prix des jeunes artistes : Claude Jarman dans The Yearling.NOUVEAU ROBINET Un nouveau robinet qui ne dégoutte pas et dont la rondelle peut etre remplacée sans avoir à fermer la conduite d\u2019eau, vient de faire son apparition en Grande-Bretagne.Composé que de six pièces seulement, il est basé sur un nouveau principe résultant des améliorations réalisées pendant la guerre dans l\u2019appareillage hydraulique des aéronefs.Deux rondelles, d\u2019une nouvelle matière élastique synthétique, remplacent la rondelle ordinaire.Le scellement est effectué par la pression de l\u2019eau.Après quarante années d usage, le robinet est comme neuf.LE PRINTEMPS DANS LES MUSEES .[ Suite de la page 4 ] les peintres de la réalité se sont perpétués à travers le siècle de Boucher.David précéda Gros, peintre de l\u2019épopée impériale, puis vint Géricault avec le Radeau de la Méduse et le Derby d\u2019Epsom.Face à Ingres, son ennemi Delacroix fêta l\u2019avènement du romantisme.Les femmes d\u2019Alger furent confrontées avec l\u2019Odalisque, deux peintres, deux styles.Vinrent ensuite Corot, puis Théodore Rousseau et les paysagistes de Fontainebleau.L\u2019autre courant de la peinture française, le cycle gracieux, \u201coffrirait parallèlement, dit André Chamson, l\u2019enchantement aimable de fresques du XVème si,cle, d\u2019oeuvres de l\u2019Ecole de Fontainebleau, des nymphes de Le Sueur, de certains Le Brun, pour s\u2019épanouir avec les maîtres du XVIHème siècle, de Watteau à Fragonard.\u201d Des primitifs à l\u2019Embarquement pour Cythère, et de David aux Demoiselles du bord de la Seine, peintres de la réalité et peintres galants, l\u2019exposition du Petit-Palais montra donc toutes les tendances de la peinture française, ses ressources infinies et ses rebondissements surprenants.La Ville de Paris a évacué, en 1939, les trésors de ses églises.Parmi les oeuvres mises à l\u2019abri : vitraux, statues et peintures, les tableaux ont eu un sort particulier car on a profité du fait qu\u2019ils étaient groupés et à portée pour les étudier, un à un, les nettoyer, les restaurer.Avec des Primitifs français du XlVème et du XVème siècles, les noms les plus grands et les plus variés de la peinture se retrouvèrent dans cette exposition, parmi des oeuvres en nombre pourtant très limité : Breughel, le Tin-toret, avec un très beau tableau, le type des tableaux méconnus, l\u2019Adoration des Bergers, le Pérugin, le Guerchin.Un Repas d\u2019Emmaüs, qui, aux XVIIème et XVIIIème siècles, appartint aux collections impériales autrichiennes et qui a été gravé deux fois à Vienne comme oeuvre du Titien ; nombre d\u2019autres toiles italiennes.L\u2019Ecole Française réunissait les noms de Louis Le Nain, avec une Nativité de la Vierge, de Philippe de Champaigne, de Le Brun, de Restout, de Sébastien Bourdon, de Carie Van Loo.Plusieurs de ces tableaux sont liés à des personnages ou à des événements parisiens.Sainte Geneviève, patronne de Paris, était représentée plusieurs fois.Deux toiles des plus curieuses, l\u2019une de Largillière et l\u2019autre de de Troy, montraient des échevins parisiens rendant hommage à la Sainte.Louis XIH présentant le modèle de deux églises parisiennes, Anne d\u2019Autriche, Henriette d\u2019Angleterre, Henriette de France, Saint Vincent de Paul se retrouvèrent sur plusieurs tableaux.Enfin des toiles dues aux pinceaux de Coy.pel, de Vouet, de La Hyre, à qui elles avaient été commandées par les Orfèvres parisiens, figurèrent à l\u2019exposition.Ces peintures rappellent les antiques usages des corporations, qui fêtaient le premier mai en élisant des \u201cPrinces\u201d et qui avaient coutume d\u2019offrir à Notre-Dame un \u201cMai\u201d sous la forme d\u2019un tabernacle ou d\u2019un tableau.Il y a bien loin de la Corée aux Eglises parisiennes.Les efforts accomplis par les Musées Municipaux ont fourni les preuves de leur vitalité et de la permanence des ressources artistiques de la France.Yvon Bizardel, Directeur des Beaux-Arts, Musées et Bibliothèques, de la Ville de Paris.POUR EMBELLIR LA VIE DES JEUNES [ Suite de la page 6 ] de tous les milieux, de toutes les nationalités, se sont inscrits au Secrétariat de l\u2019Association durant la saison 1946-47.Ce qui veut dire qu\u2019au delà de 15,000 enfants, jeunes filles ou jeunes gens, aux heures de détente et de loisirs, ont tout naturellement cherché leur joie ou leur repos, en même temps que leur avancement culturel et leur protection morale, dans la compagnie des grands maîtres et des grands amis que sont les arts.Parce que l\u2019Association leur a distribué, à titre gracieux ou à prix de faveur, 53,465 billets depuis septembre dernier, ces jeunes ont pu assister aux concerts symphoniques, au théâtre, à l\u2019opéra, à l\u2019opérette, aux ballets, etc.Ils ont pu entendre en récital les artistes canadiens ou étrangers les plus réputés, suivre les récitals-causeries organisés spécialement pour eux et s\u2019initier ainsi aux beaux secrets du piano, du violon, du violoncelle, de la harpe, de l\u2019orgue, etc.Iis ont pu s\u2019inscrire aux cours d\u2019initiation à l\u2019art oratoire, au dessin, à l\u2019histoire de l\u2019art, etc., cours préparés à leur intention.Grâce aux laissez-passer et aux visites organisées, ils ont pu assister à la plupart des conférences, aux programmes radiophoniques les plus intéressants, faire le tour des musées, suivre avec intérêt et profit les expositions de livres, de peinture, de sculpture, d\u2019artisanat, pénétrer dans les ateliers d\u2019artistes et voir à l\u2019oeuvre nos céramistes, nos peintres, nos sculpteurs, nos artisans et nos créateurs de beauté.Ils ont obtenu chez les libraires, chez les marchands de musique, de tableaux, d\u2019objets d\u2019art, etc., des escomptes substantiels et en maintes occasions, sur présentation de leur carte de membre, ils ont bénéficié d\u2019intéressantes faveurs.Les parents, les éducateurs, tous ceux qui s\u2019intéressent à l\u2019avenir et à la formation des jeunes, tous ceux qui comprennent l\u2019importance du rôle que joue la diffusion des arts dans l\u2019ascension d\u2019un peuple, tous ceux qui ont suivi la naissance, le développement et l\u2019épanouissement de l\u2019oeuvre des Amis de l\u2019Art, sont unanimes à louer l\u2019harmonieuse répercussion qu\u2019a eue cette Association au sein de notre jeunesse.C\u2019est pour continuer son oeuvre, en prolonger les racines et en multiplier les ramifications, c\u2019est pour lui permettre de servir plus largement et plus profondément la cause de la joie et de la culture artistiques des jeunes canadiens, que l\u2019Association les Amis de l\u2019Art organise sa deuxième campagne de souscription.Elle aura lieu du 1er au 10 mai et la devise choisie pour cette occasion est : Embellissons la vie des jeunes.Nul parmi nous ne refusera, nous l\u2019espérons, d\u2019associer son coeur à cette magnifique entreprise et d\u2019offrir son obole pour en assurer la permanence.Notre jeunesse a besoin de nous pour embellir sa vie, elle a besoin de notre compréhension, de notre amour et de notre aide pour s\u2019élever au-dessus du matérialisme quotidien et participer aux plus belles joies de l\u2019âme et de l\u2019esprit.Que répondrons-nous à son désir et à son espérance ?Non ou Oui.La question est posée.C\u2019est à nous de décider.Cécile Chabot Aidez à fournir un sang frais à vos muscles épuisés! \u2022 Quand les muscles des bras vous font crier de douleur à la suite d\u2019un exercice physique trop violent, faites quelque chose! Ces muscles fatigués ont besoin d\u2019être alimentés par un afflux de sang frais, car l\u2019énergie consumée à cause de cet exercice inaccoutumé les a épuisés.En frictionnant ces muscles endoloris avec la fameuse Absortine Jr., vous activez la circulation locale et leur apportez la nourriture requise.Par ailleurs, le sang frais chasse les acides de fatigue.Procurez-vous dès aujourd\u2019hui de l\u2019Absorbine Jr.\u2014ce produit réputé fait de rares herbes médicinales et autres ingrédients choisis scientifiquement\u2014et aidez vos muscles à retrouver leur souplesse.Vous vous sentirez bientôt soulagé.$1.25 la bouteille, aux pharmacies.W.F.Young Inc., Lyman House, Montréal -ah! mon Absorbine Jr AVIS IMPORTANT POUR des raisons très importantes nous tenons à rappeler à tous nos lecteurs et dépositaires que notre maison, la maison Poirier, Bessette & Cie, Limitée, ne possède et n'édite que TROIS MAGAZINES, qui sont les suivants : LE SAMEDI LA RfVÜE POPULAIRE LE FILM Nous n'avons donc aucun lien d'aucune sorte avec tout autre magazine, revue ou publication quelconque de la Province de Québec.POIRIER.BESSETTE & CIE.LTEE 975*985, rue de Bullion, Montréal 18.coupon d\u2019abonnemenr Canada\tEtats-Unis ¦\t1 an.$3.50\t1 an-$5.00 | 6 mois.2.00\t6 mois- 2.50 J ?Important\u2014Indiquez d'une croix s'il ë'agit d'un renouvellement.¦\tNom -_____________________________ ¦ ¦\tAdresse .\u2014- ¦ ¦ Ville-Prov.________ POIRIER, BESSETTE & CIE, Ltee 975, rue de Bullion.Montréal, P.Q. Le Samedi, Montréal, 10 max 1947 3t> H\u20acH#I LCTONDAL À HCUTWOC», IA tOt BU NO*0 CMu M0S6MI WHIM >UT, K
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