Le samedi, 1 janvier 1947, samedi 18 janvier 1947
[" VVv-' S' voc Montréal, 18 janvier 1947 58e année - iM jv\u2019y \u2022 -: ¦' fe Samedi ' r .- : ;¦ i- \u2022 ' \u2018 SH ,\u2022 ¦ ¦ : ï- > \\\t-V' T\t' \u2018 mmwXv-v ./ \u2022¦ ¦ V < \u2022 '\t.\u2022 I' ; *>?.\t, \u2022\u2022 .Iplftli p 11;' Cfl&v:.' .i ! 2 Le Samedi, Montréal, 18 janvier 1947 Sffe HS ^NS»\u20185 *&#* ¦ ¦£.' ¦.¦{¦¦*\t' .**S'3 ¦\u2022 ' » ' ' Autochromie réelle de la Studebaker Champion Regai De Luxe\u2014sedan 4 portes Sensationnellement nouvelle! Véritablement la première auto d\u2019après-guerre, la Studebaker est acclamée dans tout le pays! Des soins extra-minutieux permettent d\u2019assurer, à chaque pouce carré de votre Studebaker, une durabilité hors pair\u2014Le personnel ouvrier de la Studebaker se compose de voisins de longue date, de pères et de fils travaillant ensemble dans une parfaite harmonie.Voyez ci-dessus une équipe de quatre hommes, à la carrosserie\u2014George Schei-belhut et ses fils, George ainé, Richard et Robert.Ies automobilistes canadiens ont, par mil-^ liers, été séduits dès qu\u2019ils ont posé les yeux sur cette nouvelle Studebaker, d\u2019une conception si audacieusement différente., Cette auto d\u2019après-guerre, complètement nouvelle, possède plusieurs perfectionnements techniques exclusifs, qui ont été incorporés dans le but de vous assurer un roulement agréable et confortable.Et la Studebaker, étant d\u2019une conception si nouvelle et si révolutionnaire, justifie d\u2019une façon indubitable son titre de\u2014modèle \u201c1947\u201d.Dans tous les coins du pays, les automobilistes enchantés déclarent que c\u2019est vraiment 1 auto qui \u201cvous en donne pour votre argent\u201d, qu\u2019elle est vraiment à l\u2019avant-garde dans le domaine de l\u2019automobile, parce que c\u2019est une voiture dont la conception entière dénote une technique d\u2019après-guerre.' Bien en tête de toutes les autres quant à son apparence et à sa performance, extraor- dinairement spacieuse, de construction robuste et solide, là où la Studebaker 1947 excelle tout particulièrement c\u2019est au point de vue du roulement qui est aussi doux et silencieux que le mouvement d\u2019un berceau,une realisation d après-guerre quasi-miraculeuse.Vous vous rendrez vraiment un réel service, si vous décidez, avant d\u2019acheter une auto neuve, d attendre que vous ayez l\u2019occasion de vous asseoir au volant de votre propre Studebaker 1947, Champion ou Commander.Studebaker De loin, la première auto d'après-guerre The Studebaker Corpotation ol Canada, ltd., Hamilton, Ontario iujfiWÏÏîïpï Le Samedi, Montréal, 18 janvier 1947 SPORTIVE CANADIENNE - MÈRE \u201cMODÈLE\u201d :?i , \u2022*#.' '\"r t X Avant le coucher (et au réveil) Margaret voit à ce que Barrie brosse ses dents soigneusement.Pour 6a part, elle sait qu\u2019elle doit son beau sourire à la blancheur de ses dents et à la santé de ses gencives.Tout comme sa maman, Barrie aussi masse ses gencives régulièrement avec un peu d\u2019Ipana.Ceci accélère la circulation\u2014raffermit les gencives.Ainsi qu\u2019elle indique la piste à suivre \u2014 ainsi la mère ' modèle\u201d Margaret il ill indique la marche à suivre pour avoir des dents et des gencives saines.Elle emploie Ipana .et le massage.Comme bien d\u2019autres, elle sait que des dents blanches et un sourire radieux dépendent de gencives fermes et saines .et qu'il faut masser les gencives régulièrement pour les maintenir en santé.Un produit Bristol-Myers Fabriqué au Canada Des gencives plus fermes-des dents plus blanches avec Ipana et le Massage La jolie et photogénique Margaret Hill est mère d\u2019un solide garçon, Barrie, âgé de 5 ans.1ES traits ravissants de Margaret Hill, que ¦J l\u2019on voit souvent dans les magazines populaires et films à court métrage, sont connus des Canadiens d\u2019un bout à l\u2019autre du pays.La pratique des sports en plein air lui a donné un teint frais \u2014 I observation des règles de l\u2019hygiène dentaire lui vaut le sourire captivant si apprécié des photographes.Qu\u2019elle fasse du ski ou de la voile, Margaret est toujours accompagné de son mari et de son fils, Barrie, âgé de 5 ans.Reconnaissant l\u2019importance d\u2019un beau sourire, Barrie et sa mère \"modèle\u201d brossent leurs dents et massent leurs gencives régulièrement.r ¦ 1.3 voile en été, le ski en hiver et Tpana pendant toute I année\u2014voilà qui est de rigueur chez les Hill.Les gencives privées d\u2019exercice par les aliments mous et crémeux deviennent parfois tendres et sensibles.Si votre brosse est parfois tachetée de \"rose\u201d, allez voir votre dentiste.Dans bien des cas, la stimulation bienfaisante d Ipana et du massage prévient cet était de chose.Dsns une ClaSS6 moderne la maîtresse démontre aux écoliers l\u2019importance de l\u2019hygiène dentaire\u2014qui comprend non seulement le brossage des dents au moins deux fois par jour, mais aussi le massage des gencives.Une enquête récente révèle que 7 dentistes canadiens sur 10 recommandent le massage des gencives pour aider à conserver la santé des dents.\" LES PUBLICATIONS POIRIER, BESSETTE & CIE, LIMITEE Membres de PA.B.C., et de PAssociation des Editeurs de Magazines du Canada Le Samedi La Revue Populaire Le Film 975-985, RUE DE BULLION MONTREAL \u2014 CANADA \u2022 T é I : PLateau 9638 * FRED POIRIER GEO.POIRIER Directeurs JEAN CHAUVIN Secrétoire-trésorier Directeur Rédacteur en chef : GERALD DANIS Chef de publicité : CHARLES SAURIOL Directeur artistique : HECTOR BRAULT Chroniqueur sportif : OSCAR MAJOR Chef du tirage : ODILON RIENDEAU NOS REPRESENTANTS : WILFRID DAOUST 20, Onzième Avenue, Laehine (Ottawa, Hull, Sherbrooke, Drummondville, Saint-Hyacinthe, Sorel, Granby, Farnham, Saint-Jérôme, Joliette et les environs.) \u2022 ADELARD PARE 6, rue du Pont, Québec ( Québec et Lévis ) \u2022 PAUL LARIVIERE 1710, rue St-Philippe, Trois-Rivières ( Trois-Rivières et Cap-de-la-Madeleine ) Autorisé comme envol postal de la deuxième classe.Ministère des Postes, Ottawa.\u2022 Entered at the Post Office of St.Albans, Vt., as second class matter under Act of March 1879 ABONNEMENT CANADA Un an.- ¦ $3.50 Six mois.2.00 ETATS-UNIS Un an.$5.00 Six mois.2.50 \u2022 AU NUMERO : 10 cents \u2022 HEURES DE BUREAU : 9 h.a.m.à 5 h.p.m.du lundi au vendredi.\u2022 AVIS AUX ABONNES \u2014 Les abonnés changeant de localité sont priés de nous donner un avis de huit jours, l'empaquetage de nos sacs de malle commençant cinq jours avant leur expédition.IL N'Y A PAS QUE LES GRANDES VILLES.N'AVEZ-VOUS pas déjà été frappés du fait que dans la province de Québec, par exemple, il y ait une ville immense comme Montréal, une ville importante comme Québec, mais qu'il y ait très peu de municipalités modestes ?Nous passons de la grande agglomération urbaine au simple village.Je sais bien qu'il y a lieu de tenir compte de plusieurs autres villes d'importance secondaire, mais leur nombre est en somme fort restreint.Tandis qu'en Europe vous comptez entre les villages de nombreuses villes rapprochées les unes des autres où s'épanouit une vie locale extrêmement intéressante.Notre civilisation contemporaine, très américanisée le plus souvent à notre insu, affectionne le gigantesque.L'idéal de beaucoup de gens, c'est d'habiter un jour dans la grand'ville.Ils s'imaginent que ce n'est que dans ces centres encombrés qu'ils pourront s'épanouir à leur guise, que c'est là seulement qu'ils trouveront satisfaction à leurs désirs les plus variés, d'ordre matériel ou intellectuel.Et le malheur veut que ce soit souvent la vérité.N'est-il pas dommage qu'il en soit ainsi ?Verhaeren a parlé des villes tentaculaires.Sans reprendre l'expression suggestive du poète belge, comment ne pas admettre, en examinant les faits, que la ville est une mangeuse d'hommes ?Si elle maintient ses effectifs démographiques, c'est qu'elle draine constamment son capital humain des petites municipalités et des villages et des campagnes.Beaucoup d'individus, arrachés à leur milieu naturel, attirés comme des papillons par les reflets multicolores de l'éclairage au néon, se perdent dans l'anonymat de la vaste fourmillière humaine.Leur famille est réduite au minimum, ils se sentent isolés dans le grand tout et ils ne font rien pour l'amélioration des conditions d'existence dans une communauté sur laquelle ils ne peuvent avoir aucune prise directe.Il n'en va pas de même dans une collectivité numériquement limitée.Chacun éprouve le besoin de l'entr'aide, chacun connaît son voisin, chacun se passionne pour les œuvres sociales de son petit groupement.En d'autres termes, chaque individu sent qu'il compte pour un, qu'il n'est pas un simple numéro matricule parfaitement interchangeable au gré des circonstances.Il en acquiert une assurance bienfaisante ; se sentant encadré, il n'hésitera à se dépenser pour le bien de ses concitoyens immédiats.Il travaille en pleine matière humaine.On aboutit ainsi à une saine décentralisation.11 n'est pas naturel que toute l'activité de la nation soit limitée à deux ou trois centres-mastodontes.Et qu'on s'entende bien à ce sujet : il ne s'agit pas de préconiser le retour à la terre, la ruralisation intensive d'un pays.On ne marche pas au rebours de l'histoire ; mieux vaut accepter les conditions dans lesquelles nous vivons, tout en songeant à les améliorer au maximum.Trop de gens s'imaginent que s'ils doivent quitter les grandes villes, c'est pour se rendre dans les territoires de colonisation où ils mèneront une existence pour laquelle ils ne se sentent aucun attrait.La vérité, c'est qu'il est possible, dans une modeste collectivité, d'organiser une vie industrielle, commerciale, financière, sociale, intellectuelle, artistique aussi féconde et aussi attrayante que dans les grandes villes.Le coût de l'existence y est plus modéré, les exigences sont moindres.Grâce aux progrès modernes, les artistes de concert peuvent facilement se déplacer.La radio couvre le pays tout entier.Un homme de profession, un manufacturier, un marchand, un banquier, peuvent gagner très convenablement leur vie.Combien d'avocats, par exemple, exerceraient une activité infiniment plus lucrative dans une petite ville qu'isolés et perdus dans Montréal, où ne sont achalandées que les grandes études de plus en plus industrialisées ?Il est souvent question de démocratie ; le mot est à la mode, même si chacun l'interprète à sa façon.Ne serait-il pas préférable d'en parler un peu moins et de hâter un peu plus son avènement dans notre existence quotidienne?Pour que la démocratie rallie le maximum des suffrages, pour qu elle ne soit pas battue en brèche par les théories subversives, il est indispensable qu'elle puisse montrer des réalisations.Or, il saute aux yeux qu'une communauté où la population n'est pas trop élevée est en mesure, mieux qu'une autre, de pratiquer les vertus démocratiques.Chaque individu se trouve plus près du pouvoir, il participe directement à ses décisions.Le conseil-de-ville de Montréal nous impose ses règlements, sans que nous puissions en fait approuver ou condamner ; nos élus sont éloignés de leurs commettants.Il n en va pas ainsi dans une municipalité de trois ou de cinq mille habitants où il y a beaucoup de chances pour que vous connaissiez personnellement vos mandants, pour que vous soyez éventuellement vous-même l'un de ces mandataires désignés au suffrage pour servir les meilleurs intérêts du groupe.Qu'y aurait-il donc lieu de faire à cet égard ?Je sais pertinemment qu'il n'est jamais facile d'enrayer un courant puissant.On ne risque rien toutefois à essayer de faire prévaloir quelques idées de simple bon sens.Nous devons, à mon avis, chercher à nous renseigner le mieux possible sur les possibilités immenses des petits centres, où il devient plus aisé de mettre en valeur toutes les ressources locales et d'en tirer des richesses pour la population.Il y a lieu aussi de se rendre compte des méfaits de l'excessive urbanisation à laquelle nous nous sommes soumis sans réagir depuis moins d'un siècle.Si nous n'y prenons garde, en continuant dans cette voie, nous aurons bientôt, si ce n'est déjà fait, rompu l'équilibre sans lequel la vie d'une société est gravement menacée.Cette prise de conscience de valeurs que nous avons jusqu'à maintenant négligées exige une étude attentive et approfondie du milieu dans lequel nous vivons.Il faut surtout se mettre bien dans la tête qu'il ne s'agit pas ici d'un retour au passé ; le passé n'est vraiment un maître que s'il est un guide pour l'avenir, autrement il n'est qu\u2019une défroque encombrante dont nous devons nous empresser de nous débarrasser.Or, je suis d'avis que la conception du groupe moyen correspond à un besoin contemporain qui se fera sentir de plus en plus.Ce n'est pas bouder, bien au contraire, les avantages de la vie et de la pensée modernes que de préconiser la décentralisa tion, c est tout simplement poser les conditions pour en jouir davantage et pleinement, en ne continuant pas de vivre dans le climat d'incertitude et d'énervement qui est propre aux grandes villes.D aucuns songeront peut-être que ce sont là des vérités premières.J estime pour ma part qu'elles seraient de nature à guérir beaucoup de nos maux, à régler beaucoup de nos problèmes.Ce sera une œuvre de longue haleine que d'en venir là : Paris ne s est pas construit en un jour ! Nos gouvernants auraient toutefois grand intérêt à chercher de ce côté des éléments de solution aux problèmes multiples, de plus en plus complexes, auxquels ils ont à faire face.Une fois que la production sera parvenue à combler les désirs depuis longtemps réprimés de la population, nous pouvons nous attendre à une terrible crise économique et sociale, plus dangereuse peut-être que celle de 1 avant-guerre.En préconisant une décentralisation méthodique, en favorisant la multiplication des petits centres autonomes sur le sol de notre vaste province, ils réussiraient à amortir beaucoup de chocs et ils favoriseraient l'éclosion d'une vie communautaire plus intime, plus féconde, plus riche en va eur humaine.De cette façon, les exigences matérielles et intellectuelles de la majorPé de nos compatriotes seraient amplement satisfaites.N'y a-t-il pas lieu d y songer sérieusement ?Roger DUHAMEL Le Samedi, Montréal, 18 janvier 1947 S AERO-ACTUALITE LE PREMIER HÉLICOPTÈRE CANADIEN Par ANDRÉ SAINT-PIERRE Jusqu'ici nous n\u2019avions pas eu l\u2019occasion de traiter des hélicoptères, ces appareils aériens dont le principe de sustentation réside dans un certain nombre d\u2019ailes tournantes formant \u201crotor\u201d autour d\u2019un axe vertical.L\u2019hélicoptère tel que nous le connaissons maintenant a pris naissance au cours de la dernière guerre, après des expériences incessantes poursuivies dans la plupart des pays du monde depuis plus de trente ans ; il a connu une brillante \u201ccarrière militaire\u201d avant d\u2019être enfin acclamé comme un aéronef à la destinée commerciale incontestablement pleine de promesses.Il est donc fort à propos de porter aujourd\u2019hui notre attention sur les dernières réalisations de ce monde nouveau.D\u2019autant plus que l\u2019appareil qui mérite peut-être le plus de soulever notre intérêt est un hélicoptère canadien, le Sznycer-Gottlieb VI construit à Montréal aux usines de la société Engineering Products, rue Ontario est, pour le compte des Intercity Airlines, autre compagnie montréalaise reconnue comme une proche parente de la Compagnie de transport provinciale.Sans s\u2019écarter entièrement des sentiers battus par les pionniers de l\u2019aéronef à ailes to ornantes, Sikorsky et Bell, l\u2019appareil Sznycer-Gottlieb, qui accomplissait ses premiers vols vers la mi-novembre, apparaît déjà comme un précurseur.Fondamentalement, il est parfaitement adapté à la fabrication en série et ainsi donc à la vente à un prix abordable.Muni d\u2019un moteur de 180 c.v.seulement, il peut transporter 2 passagers et 50 lbs de charge commerciale, en plus bien entendu d\u2019un pilote.La consommation d\u2019essence et d\u2019huile apparaît à la suite des premiers vols comme étant de l\u2019ordre de $4 à $5 à l\u2019heure, ce qui est extrêmement raisonnable pour un hélicoptère.L\u2019encombrement de l\u2019appareil est également fort raisonnable, le rotor à quatre pales ne mesurant que 28 pieds de diamètre.Sans entrer pour le moment dans les détails du SG-VI, disons cependant qu\u2019il se distingue par l\u2019élément de sécurité offert par sa robuste charpente à l\u2019acier chrome-molybdène, une extraordinaire absence de vibrations, un système de transmission positif excluant l\u2019usage des cables pour toutes les commandes principales, une facilité de conduite fort appréciable, une extrême simplification des instruments du bord, etc.L\u2019excellence de la main-d\u2019œuvre du Québec, s\u2019ajoutant au talent indéniable de l\u2019ingénieur Bernard Sznycer et de la mathématicienne Selma Gottlieb, complète ce tableau aux heureuses perspectives.Les photographies qui accompagnant ces quelques notes illustrent les caractéristiques du nouvel appareil : la cabine pour trois voyageurs, le train d\u2019atterrissage tricycle, le rotor principal, le rotor auxiliaire employé pour combattre l\u2019effet de torsion infligé à l\u2019équilibre longitudinal du fuselage par la rotation des quatre grandes pales, et autres détails.Notons enfin que l\u2019honneur de piloter le SG-VI au cours des premières envolées a été décerné à un pilote Canadien français, M.Gérard Sainte-Marie, un ancien pilote d\u2019essai des bombardiers-plongeurs Curtiss \u201cHelldiver\u201d SBC, chez Fairchild Aircraft.LE SIKORSKY S-51 On ne peut causer d\u2019hélicoptères sans songer, à l\u2019Américain Igor Sikorsky, le \u201cpère\u201d des premiers hélicoptères militaires R-4, R-5 et R-6 de l\u2019armée et de la marine des Etats-Unis.Sikorsky fut le premier à mettre en pratique la formule désormais \u201cstandard\u201d du rotor de sustentation et du rotor anti-torsion.Son appareil R-4 devint le premier hélicoptère à dépasser le stade expérimental ; les services qu\u2019il rendit dès le début sont innombrables.Les modèles suivants eurent un succès tout aussi grand, et en mai 1946, Sikorsky présentait au public le premier hélicoptère commercial de l\u2019histoire, le S-51 à quatre places qui accomplissait récemment une tournée de démonstration au Canada.En somme, le S-51 se présente comme un aéronef au dessin élégant et raffiné.Il s\u2019agit bien d\u2019un modèle de série à la performance prouvée, au coefficient de sécurité déjà plus élevé que celui de pratiquement tous les appareils volants de toute description L\u2019utilité d\u2019un \u201cavion\u201d qui peut atterri-r et décoller verticalement, se tenir immobile dans l\u2019air, avancer, reculer, avoir un champ vague pour tout aéroport s\u2019impose par elle-même.Elle offre souvent une ample compensation pour le prix\u2019 d\u2019achat fort élevé ($43,500 aux Etats-Unis) et le coût d\u2019opération également élevé du S-51 (28 gallons d\u2019essence à l\u2019heure à vitesse de croisière).Au premier abord, les caractéristiques du Sznycer-Gottlieb semblent comparativement supérieures à celles du Sikorsky.L\u2019avenir dira si ceci est exact.De toute façon, Igor Sikorsky demeurera le génial inventeur d\u2019un merveilleux principe Ses travaux incessants et ceux de nombreux autres techniciens, au Canada comme aux Etats-Unis, rapprocheront de plus en plus de nous le jour où l\u2019hélicoptère remplacera, et combien avantageusement, la \u201cvoiture de famille\u201d dont il.nous faut bien encore nous contenter pour quelques années.Le confort des passagers et une plus longue \"vie\" de la structure du SG-VI seront assurés par une réduction au minimum des vibrations causées par le fonctionnement mécanique des divers organes de l'appareil.Rotor auxiliaire en mouvement, le fuselage subit ici l'épreuve \"du verre d'eau\".\tPhoto Intercity Airlines.L'hélicoptère Sxnycer-Gottlieb VI n'est pas encore revêtu du carénage qui lel donnera plus tard des lignes fuyantes et élégantes et une cabine parfaitement étanche.Nous devons à l'ingénieur Bernard Sxnycer cette esquisse exclusive aa \"Samedi\", une reproduction fidèle des futures lignes extérieures du nouvel aéronef.Le premier hélicoptère commercial de l'histoire de l'aviation, le Sikorsky S-51, est déjà un modèle de série aux lignes élégantes et bien racées.Il transporte 4 passagers à une vitesse de croisière de 80 milles à l'heure.Photo Helicopter Air Transport, Camden, N.-J.¦ \u2019SSA Ml 6 Le Samedi, Montréal, 18 janvier 1947 Connaissons-nous vraiment nos meilleurs amis et nos pires ennemis ?Dans la société, la brusque franchise des uns, 1 intérêt, l\u2019amabilité mensongère des autres nous masquent souvent les sentiments prpfonds d\u2019autrui.Cependant, nous sommes tellement infatués que les flatteries nous plaisent et que de légers manques d\u2019égards, des reproches adressés face à face nous laissent perplexes ou furieux.Le cultivateur n\u2019échappe pas toujours à cette loi ! Parce qu\u2019il voit un merle croquer dans une cerise, il le chasse sans pitié, ne soupçonnant pas la lutte muette, désintéressée que l\u2019oiseau à la gorge rousse, conduit tout le long de l\u2019été, contre les chenilles, les mouches, les pucerons qui, sans lui, détruiraient le verger entier.Et parce qu\u2019il constate la disparition d\u2019un pigeon dans le pigeonnier, d\u2019un poulet dans la basse-cour, il épaule incessamment son fusil et abat, d\u2019un geste rageur, l\u2019innocent faucon à l\u2019affût du vrai coupable, l\u2019hypocrite rat qui fuit devant l\u2019homme et que le noctambulisme absout de bien des crimes.L\u2019ignorance enrobe ainsi tous les rapaces dans la même et injuste réprobation.Et pourtant, des observations scientifiques conduites dans tous les pays du monde permettent de conclure que l\u2019agriculture n\u2019a pas de plus puissants auxiliaires que l\u2019oiseau de proie.Avant de prouver la justesse de cette affirmation, voyons rapidement les traits caractéristiques de la physionomie de nos amis méconnus : Taille forte et raccourcie, robustesse du bec crochu, vigueur des pieds armés d\u2019ongles durs, acérés et rétractiles qu\u2019on appelle des serres, puissance du vol assurée par des ailes plus ou moins longues et larges selon les espèces.Divisés en deux grands groupes selon les heures de leur chasse, ils comprennent des oiseaux nocturnes tels les hiboux, surnommés chats-huants, les chouettes LES FAUX ENNEMIS encore appelées chevêches, les nyctales, les plus petits des rapaces noctambules, dont le vol silencieux, les cris lugubres les ont fait considérer à tort comme de mauvais augures, et des oiseaux diurnes représentés par les aigles, les faucons, les busards, les buses et les éperviers.Les oiseaux nocturnes ont des yeux dirigés en avant et entourés d\u2019un disque de plumes effilées et raides.A cause de la dilatation de leur pupille, de l\u2019impressionnabilité de leur rétine, la lumière les fatigue et les aveugle, aussi restent-ils cachés durant le jour, se réservant le crépuscule et les nuit claires pour la chasse sourde et sans merci livrée aux petits rongeurs : rats, souris, mulots, taupes, belettes.Les oiseaux diurnes sont, au contraire, doués d\u2019une vue perçante et forte.Leurs longues et puissantes ailes leur permettent de voler très haut dans le ciel, de fondre inopinément sur la proie aperçue au creux d\u2019un sillon, tapie sous une touffe d\u2019herbe, de l\u2019enlever sans même toucher terre et de repartir avec elle vers les hautes cimes des rochers ou le faîte des grands arbres où ils bâtissent leurs nids.Eux aussi s\u2019attaquent surtout, du moins wXm1 Très souvent, il arrive que les paysans, bien à tort, cherchent noise à des oiseaux qui, en dépit des préjugés, leur rendent d'immenses services.C'est ainsi qu'une quantité d'oiseaux nocturnes, réputés comme étant \"terribles\", font pourtant un travail d'assainissement qui protègent les moissons.Voilà qui devrait les faire apprécier.OISEAUX de proie et : Par MARCELLE LEPAGE-THIBAUDEAU Il y a aussi toute Iq catégorie des oiseaux diurnes qui, bien que de mauvaise réputation, poursuivent leur tâche de collaboration avec l'agriculteur.Très souvent il arrive que ces derniers sont fort mal récompensés de leur oeuvre utile, comme nous verrons dans le fort intéressant article de notre collaboratrice.Dessins d\u2019Hector Brault.pour la plupart, aux rongeurs destructeurs des moissons et leur font une guerre qui, pour se faire en plein jour, n\u2019en est pas moins sûre et totale.La quantité et la qualité des repas des oiseaux de proie nocturnes aussi bien que diurnes ont été étudiées expérimentalement par l\u2019analyse de leurs déjections.L'oiseau de proie, mangeur de petits mammifères qu\u2019il avale généralement tout ronds, possède dans son estomac des glandes spéciales sécrétant un mucus dans lequel s\u2019enrobent les os et les poils qui sont ensuite vomis sous forme de pelotes noires et allongées.C\u2019est précisément l\u2019étude du contenu de ces pelotes, souvent prises pour des excréments de petits animaux, qui a permis à des naturalistes de trouver avec certitude la nature des proies convoitées par les rapaces et d\u2019établir par des chiffres l\u2019utilité et la nocuité des différentes espèces.Voici des citations assez éloquentes pour se passer de commentaires : \u201cLenz, un naturaliste français, estime que toute chouette extermine pour sa part, chaque année, environ quinze cents rats ou souris, sans compter les hannetons et les grosses chenilles.\u201d Un autre admet que \u201cle hibou croque, à l\u2019occasion, quelques oisillons, mais il affirme que ce mal est sans importance en regard des hécatombes de rats, de souris, de mulots, de belettes dont il est responsable.D\u2019innombrables autopsies, d\u2019examens de déjections établissent l\u2019utilité des hiboux dans la proportion de quatre vingt-quinze pour cent.\u201d \u201cUne nyctale, malgré sa petite taille, détruit vingt fois plus de mulots et de souris qu\u2019un chat.\u201d \u201cOn accuse le chat-huant de dévaster le pigeonnier jusqu\u2019au jour où l\u2019on trouve un rat dépecé dans le nid du chat-huant et des débris de pigeon dans l\u2019estomac du rat.\u201d Voici encore un savant français qui s\u2019écrie, à la suite d une destruction massive de rapaces nocturnes dans sa région : \u201cPauvres chouettes, pauvres hiboux, dont le cri mleancolique était la poésie des soirs, les invasions de rats des champs vous ont-elles assez vengés ! En vous exterminant, la démence humaine atteint son paroxysme.\u201d Certains fermiers américains élèvent des chouettes plutôt que des chats, \u201cces feignants rentés\u201d, comme les qualifiaient justement un naturaliste canadien au courant des exactions qu\u2019il commet hypocritement.En Italie, ces mêmes précieux oiseaux vont librement dans les fermes.On les laisse, les ailes coupées, courir dans les maisons, les cours où ils prennent les petits rongeurs.Dans les jardins, ils détruisent les limaces et la vermine sans causer le moindre dégât, dit-on.( En voilà assez, nous semble-t-il, pour prouver 1 utilité des oiseaux de proie nocturnes et affirmer que tuer un seul d entre eux constitue un véritable crime contre l\u2019agriculteur.Quant aux rapaces diurnes, les anciens naturalistes se montrent plus réticents à leur égard.Cependant, les savants d\u2019aujourd\u2019hui réservent leurs foudres pour trois espèces dont la nocuité est franchement évidente : l\u2019autour, l\u2019épervier brun et l\u2019épervier de Cooper, trois garnements effrontés à prendre résolument en chasse.On a vu l\u2019autour enlever un poulet, et cela plus d\u2019une fois, sous les yeux mêmes d\u2019un fermier distribuant le grain à sa volaille.Pour ce qui est des autres espèces, elles sont plus utiles que nuisibles.Tje Busard des marais qu\u2019on appelle cossade, ce bel oiseau d\u2019un bleu grisâtre qui plane sur nos lacs, rase nos champs, se nourrit pour une part de petits lézards, de grenouilles, de couleuvres, de gros insectes et, exceptionnellement, d\u2019oisillons et pour plus de la moitié de mulots et de souris.Toutes les buses doivent être considérées comme des amies de 1 homme et même des petits oiseaux qui construisent souvent leur nid sur le même arbre qu elles, sans que jamais elles ne s\u2019en inquiètent.Des calculs ont prouvé que soixante-quinze pour cent de leur nourriture est composée de petits animaux ennemis de l\u2019homme.\t[ Lire la suite page 29 ] 414403 mm yf; ,fV'- \u201c UN AMI VIENDRA CE SDIR \u201d Avec Madeleine Sologne et Paul Bernard Août 1944.La France se prépare à secouer le joug de l\u2019oppresseur.Quelque part dans la montagne, non loin de la frontière suisse, une oasis de paix dans la tourmente : le sanatorium de la Colline, où le vieux Docteur Lestrade soigne des malades nerveux et des maniaques.Beaucoup parmi eux sont des victimes de la guerre, de cette guerre qui ne pénètre plus jusqu\u2019à chez eux.Il y a là Philippe Prunier qui se promène toujours le torse nu, car il a l\u2019idée fixe que les Allemands veulent le faire mourir de chaleur \u2014 Michel Lemaret, le vieux philosophe qui a son royaume à lui où ne règne que la bonté et qui parle aux fleurs et aux bêtes, seuls citoyens de son pays de rêve en dehors de lui, car les hommes sont encore trop méchants pour y être admis \u2014 Charles Levailler qui voit à travers les choses et qui croit que tout le monde est mort \u2014 Madame Belin qui, à la longueur de journée, berce un enfant inexistant \u2014 Le Commissaire Louis Martin, un ancien commissaire de police, devenu fou à la suite d\u2019une erreur judiciaire dont il avait été l\u2019auteur et qui avait coûté la vie à un innocent.C\u2019est l\u2019homme le plus détesté du sana car, à la recherche du vrai coupable, il soupçonne tout son er.-tourage, persécute tous les autres malades, se rend insupportable.Il y en a encore beaucoup d\u2019autres.Mais parmi ces malades se cachent des hommes qui, avec la complicité du Docteur Lestrade, simulent la folie : des résistants.Ce sont : Robert, un jeune parachutiste anglais ; Jacques, un musicien et le jeune Pierre qui joue au peintre fou et a des crises de rire que personne ne peut arrêter.Sa sœur, l\u2019infirmière en chef Béatrice, est également des leurs, ainsi que le jeune assistant du Docteur Lestrade, le docteur Pigaut.Et puis, il y a Hélène, une très jeune fille qui n\u2019a plus personne au monde, car tous les siens ont péri pendant un bombardement, et que Jacques aime d\u2019un amour sincère et profond et qu\u2019il n\u2019ose pas encore avouer.Un jeune chirurgien suisse, le docteur Maurice Tiller qui passe ses vacances dans une villa voisine du sanatorium, tombe amoureux d\u2019Hélène.Elle l\u2019aime aussi \u2014 car pour elle, il représente la paix, le bonheur, un pays où l\u2019on ne connaît ni la guerre avec ses horreurs, ni les persécutions.Les résistants reçoivent les ordres préparant le soulèvement suprême, de leur chef, le Commandant Gérard, organisateur et idole de tous les maquis des environs, mais que personne ne connaît : il est presque devenu un mythe qui domine toute la région.Mais le jour où le maquis doit déclencher son offensive générale, nous apprenons que le docteur suisse est en réalité un espion allemand qui s\u2019était introduit dans le sana pour y dépister les résistants, et surtout pour trouver l\u2019introuvable Commandant Gérard.Maintenant les événements se précipitent : Pierre est tué et Pigaut périt pendant une mission.Et le Commandant Gérard se dévoile : il n\u2019est autre que le commissaire Martin qui avait su créer autour de lui un rideau de haine qui,\u2022mieux que n\u2019importe quoi, le cachait aux yeux aussi bien de ses ennemis que de ses amis.C\u2019est le même soir qu\u2019on apprend qu\u2019Hélène est une Juive dont toute la famille a été massacrée ou déportée, et qu\u2019elle se cachait chez le docteur Lestrade en attendant une occasion de franchir la frontière suisse.Tiller qui avait sincèrement aimé la jeune fille, est un fanatique de la doctrine nazie.\t[ Lire la suite page 29 ] Photo du haut, à gauche, MICHEL SIMON dans le râle de Michel Lemaret, le vieux philosophe qui a son royaume à lui où ne règne que la bonté et qui parle aux fleurs et aux bêtes.\u2014 A droite, PAUL BERNARD (le Docteur Tiller), espion nazi sincèrement épris d\u2019une maquisarde: HELENE (Madeleine Sologne).\u2014 Au centre, les mêmes dans une scène dramatique.\u2014 Ci-dessous, à gauche, une scène pathétique : celle des malades mentaux connaissant la terreur d\u2019une inquisition nazie.\u2014 A droite, MICHEL SIMON (Michel Lemaret) LOUIS SALOU (le commissaire Martin et le Commandant Gérard) et MADELEINE SOLOGNE.A L\u2019ECRAN FRANÇAIS NÜfî ; m O i ' ¦ ' > ¦ ., C< mmum * Mi»' lfntp ¦!;1 i>> « I \u2022ml, feaSiMiigtr * »ss»v lfntp ¦!;1 ÜÜ «Ëïiff't?-.¦ :\u2022*\u2022-' \u2022 Volel une terreur panique suscitée au îein de la foule par quelques coups de feu.La scène se patte dans une ville du Brésil où la populace s'était massée en quite de protestation contre la vie chère et les taux d'inflation.A» manifestations suivirent le pillage et la casse, ce qui explique l'Intervention de la police.Heureusement que ces choses nous sont épargnées au Canada.Photo International News.y.iv7* h.- .i V\\ : ^ y K ¦ t .\u2022iss*®*1 O - - J If h Le \"train de neige\" vient de s\u2019ébranler.Dans chaque voiture, il est presque impossible d'entretenir une conversation suivie tant la rumeur est bourdonnante.Les éclats de rire fusent, nombreux comme cette forêt de skis.C est le départ, toujours joyeux, toujours si plein de promesses.Chacun se vante des prouesses qu'il accomplira ; bref, c'est une gaieté collective, désinvolte ! Hkms \u2019MysMEPn Voici une descente avec la caractéristique d'élégance dans le mouvement que les novices contemplent avec envie.Une telle maîtrise coûte souvent cher en chutes et quelquefois même en entorses.\u2014 Ci-dessous, intérieur du Red Bird Ski Club de St-Sauveur, rustique à souhait.\u2014 Ci-contre, un paysage laurentien comme on en voit beaucoup dans la même région.\tPhotos C.N.R. \u2022 /fV'-' éiâfe .#****\u2019 Les Québécois aussi sont fiers de certaines régions environnantes qui se prêtent particulièrement à la pratique du ski.La scène ci-dessus a été prise à Baie St-Paul, actuellement très populaire.\u2014 Ci-contre, autre vue de la même région.On remarquera qu'une piste de raquette suit parallèlement deux autres de ski, comme preuve de quoi les deux sports s'y pratiquent à la fois.I 1 i .- .WW: £kV > Ci-dessus, un groupe de skieurs ayant pris place dans une carriole, se rend vers quelques pentes réputées du Pine Lodge, à Pointe-au-Pic.\u2014 Ci-dessous, arrivée à Pointe-au-Pic d\u2019un \"train de neige\".C'est, en tout point, le même spectacle que l'on voit à St-Sauveur, Piémond et autres régions de notre \"Nord\".POINTE AJ \" me QUEBECOIS >\u2022 -\u2022tu* «$»?>* / Le Samedi, Montréal, 18 janvier 1947 / P\u2019-êsir-i.-VLC \u2019Z / PARLANT DE VINS VIEUX.On dit qu'ils sont meilleurs et cela est bien démontré que personne n'oserait contester cette assertion.Or, il en va de même pour bien d'autres choses dont, par exemple, le magazine.Eh oui, le magazine ! Ça non plus, ça ne s'improvise pas.La qualité de ce produit, comme pour le vin, repose sur une longue maturité, c'est-à-dire une longue période d'observation, une connaissance approfondie de la psychologie des foules.Cette expérience ne s'acquiert pas du jour au lendemain et, dans ce domaine.LA REVUE qui entrera bientôt dans la quarantième année de son existence peut justement se réclamer de cette \"maturité\" qui en fait la publication la plus chic, la plus à la page, la plus en demande.Notre roman de janvier : LE MAITRE INCONNU Par GUY DE NOVEL Coupon d'abonnement LA REVUE POPULAIRE Canada\tEtats-Unis 1\tan .$1.50\t1 an\t$1.75 2\tans\t2.00\t2 ans\t2.50 ?Important \u2014 Indiquez d\u2019une croix s\u2019il s\u2019agit d\u2019un renouvellement.Nom .Adresse Ville\tProv.POIRIER, BESSETTE & CIE, LIMITEE 975-985, rue de Bullion,\tMontréal 18, P.Q.NOUVELLE CARRIERE POUR LA FRANÇAISE LES HÔTESSES D\u2019AIR-FRANCE Par Suzanne ' Une nouvelle profession féminine est née pour les Françaises, et cest Air-France qui l\u2019a instaurée, qui l\u2019a baptisée, et qui en opère le recrutement.On connaissait les stewardess.On aura désormais les hôtesses de 1 air , terme charmant, très 1946, image d\u2019un temps qui redevient celui de la rapidité, sans pour cela renoncer au bon ton.C est ainsi que sur les routes aériennes, qui de nouveau se croisent dans le ciel, les avions d\u2019Air-France n\u2019offriront plus le visage anonyme d\u2019un quelconque moyen de transport.Comme au seuil d\u2019une demeure amie, on y accueillera le voyageur distrait.On s\u2019occupera de lui, on veillera à son bien-etre, a son agrément.Sur les avions de 21 places, l\u2019hôtesse de l\u2019air sera même seule à régner.Sur ceux qui en comptent 33, elle sera assistée d\u2019une stewardess.Mais leur tâche n\u2019est pas la même.Maîtresse de maison, vous dis-je, telle est la fonction de la première.Comme telle, cependant, elle doit satisfaire à toutes sortes d\u2019exigences.On ne s\u2019improvise pas \u201chôtesse de l\u2019air\u2019\u2019, et ne le sera pas qui veut.Un demi pouce de plus ou de moins, une année de trop, un examen insuffisant, un état-civil.inopportun, et vous voilà rejetée, refusée, condamnée, en quelque sorte, à la terre ferme.Que d\u2019étonnements en perspective, que d\u2019amertumes aussi.Je suis trop grande, dira l\u2019une, je suis trop jeune, gémira l\u2019autre .Les conditions d\u2019engagement, en effet, sont rigoureuses.Sans être un poids plume, il ne faut pas, cependant, appartenir aux poids lourds.Alors ?Alors, la moyenne autorisée se situe entre 110 et 115 livres avec pas plus de 26 pouces de tour de taille.Et la mesure totale ?Celle-ci doit se tenir entre 5' 4\" et 5' 5\".Il paraît qu\u2019au-dessus, les passagers seraient obligés de lever la tête.Et que celle de \u201cl\u2019hôtesse\u201d risquerait de se cogner au plafond de la carlingue.Au-dessous de 25 ans, et au-dessus de 35, rien à faire .Et encore s\u2019agit-il d\u2019être fille, ou veuve, ou divorcée, et sans enfant.Lorsque l\u2019on veut se consacrer à elles, les routes du ciel exigent qu\u2019on soit libre d\u2019attaches.Un ami qui lit par-dessus mon épaule me demande, naturellement, si les \u201chôtesses de l\u2019air\u201d auront le devoir d\u2019être jolies?Jolies, je n\u2019en sais rien, et d\u2019ailleurs, où commence la beauté, où finit-elle ?En tout cas, la grâce est obligatoire, et plus encore la bonne grâce : on conçoit qu\u2019une telle hôtesse ne saurait présenter une figure maussade .ni maussade ni négligée, cela va de soi.C\u2019est ainsi que, poussant le soin et le raffinement aussi loin qu\u2019il est possible, Air\u2014France recommande à son personnel féminin d\u2019être bien coiffé, et maquillé avec goût.Pour cela, les hôtesses de l\u2019air doivent prendre l\u2019avis d\u2019un \u201cvisagiste\u201d, comme on dit aujourd\u2019hui.Celui-ci leur indiquera comment se farder.Car l\u2019éclairage en plein ciel ne requiert pas, pour le teint, le même arrangement que la rue, ou le métro.De quoi faire pâlir d\u2019envie les innocentes passagères qui, elles, pour accomplir Paris-Alger, ou Paris-Stockholm, par la voie des airs, n\u2019auront rien fait de plus que s\u2019il s\u2019agissait de se rendre au prochain salon de thé.Puisque nous sommes sur le chapitre de la coquetterie, que dire de la tenue ?Celle-ci, on l\u2019imagine sans peine, fut l\u2019occasion de longs débats.Et comme il était difficile de se mettre d\u2019accord, on mit en concours la garde-robe de \u201cl\u2019hôtesse de l\u2019air\u201d.Des dessinateurs, des modélistes appartenant aux meilleurs journaux, aux maisons de couture les plus réputées, aiguisèrent leurs crayons, et adressèrent au jury, sans mentionner leur nom (car, pour plus de probité, le concours était anonyme) des croquis fignolés et très au point.Or, dans l\u2019une de ces maisons, on faisait en hâte, et au dernier moment, appel à une jeune dessinatrice fort douée, qui crayonna rapidement, sur ses genoux, une figurine.C\u2019est celle-là qui fut choisie.La jeune dessinatrice avait imaginé simplement une jupe à gros plis plats, une vareuse sans col, à grandes poches, portée sur un chemisier clair, très strict, le tout surmonté d\u2019une sorte de béret, coiffure la plus seyante au monde, comme chacun sait.L\u2019ensemble fut réalisé dans un tissu de laine, d\u2019un beau bleu, un bleu assourdi : le bleu Air-France.Avec une sacoche de cuir pour y déposer les papiers d\u2019identité des passagers, l\u2019hôtesse de l\u2019air dispose ainsi d\u2019un uniforme plein de grâce.Vous dirai-je qu\u2019il est question de lui accorder une robe moins sérieuse : une robe d\u2019escale, en quelque sorte.C\u2019est tout?Non, ce serait trop facile.Pour être une bonne \u201chôtesse de l\u2019air\u201d, il ne suffit pas d\u2019être avenante, bien habillée et célibataire .Il faut parler au moins deux langues, la sienne et une autre, et posséder, ou la première partie du baccalauréat, ou le brevet supérieur.Il faut avoir de la présence d\u2019esprit, du sang-froid, le pied .aérien, si l\u2019on peut ainsi dire.Une visite médicale décèle tout cela et écarte les défaillantes.Bien entendu, une parfaite tenue, une grande moralité sont exigées.Les routes du ciel ne sont pas celles de l\u2019aventure.Mais, après tout, rien n\u2019empêche qu\u2019on y croise, un jour, son destin .0 6942 Le Samedi, Montréal, 18 janvier 1947 39 \u2014 Le Roi de l\u2019Or ! murmura Gladys frissonnante ; serait-il donc aussi riche qu\u2019on l\u2019affirme ?Décidément elle avait fait fausse route : elle aurait dû épouser Mesmer.Et peut-être eût-elle été plus heureuse qu\u2019avec ce loup de mer qui rêvait à présent de l\u2019emmener très loin.Mais qui pouvait se douter que Just deviendrait si riche un jour ! Et ses yeux, brillant de convoitise s allumaient ; un sourire infernal errait sur ses lèvres.\u2014 C\u2019est bien, dit Roscoff en tirant de sa poche un louis qu\u2019il tendit à Bois-Dodo ; voici encore pour vous, mais tenez-moi au courant de tout ce qui se passe à l\u2019hôtel Mesmer.\u2014 Je n\u2019y manquerai pas, monsieur; soyez bien assure que vous serez parfaitement renseigné.Bois-Dodo s'esquiva au plus vite et Roscoff, soucieux, rejoignit Gladys.La jeune femme inquiète le regarda.Elle ne l\u2019interrogea point ; mais ses sourcils rapprochés et les rides profondes de son front accusaient une vive inquiétude.Tout à l\u2019heure, en entendant prononcer le nom de Just Mesmer, elle ne s\u2019était pas demandé comment Lionel avait pu le connaître ; mais maintenant qu\u2019elle avait repris un peu de calme, une curiosité aiguë et une inquiétude qu\u2019elle ne pouvait surmonter s\u2019étaient emparées d\u2019elle.\u2014 Alors, dit-elle en fixant hardiment Roscoff, alors vous connaissez Just Mesmer.\u2014 Et vous ?\u2014 Je ne le connais pas, moi.\u2014 Bien vrai ?fit froidement Roscoff.Gladys se troubla.Connaîtrait-il donc ce passé maudit qu\u2019elle eût tant voulu effacer de sa mémoire ?\u2014 Admettons que nous le connaissons tous deux, fit-elle, railleuse, un sourire ironique aux lèvres.\u2014 Peut-être dites-vous là une vérité.\u2014 Croyez-vous ?\u2014 Je le crois.Il ajouta : \u2014 Et si je vous disais que cet homme, ce Just Mesmer, m\u2019a volé une fortune, que diriez-vous ?\u2014 Je vous croirais.\u2014 Vous ne serez donc pas étonnée si, à l\u2019avenir, je ne le perds pas de vue.Depuis le jour où je l\u2019ai rencontré en compagnie d\u2019un noir que je hais, toutes mes pensées ont été vers lui, le suivant dans son magnifique palais de l\u2019avenue de l\u2019Impératrice.\u2014 Mais alors, pourquoi l\u2019avez-vous sauvé ?Pourquoi l\u2019avez-vous ramené en même temps que mon mari à l\u2019hôtel d\u2019Aubagne ?\u2014 Je ne le connaissais pas, alors.\u2014 Il y a là un mystère que je ne comprends pas, que je n\u2019essaierai pas le comprendre.\u2014 Et vous aurez raison, Gladys.Plus tard, je vous dirai tout ; mais par ces temps de trouble, je n\u2019ai guère la tête à moi.Dès que la paix sera signée, je m\u2019occuperai activement de mes affaires.Nerveux, il se promenait de long en large dans le petit salon, jetant parfois sur Gladys un regard soupçonneux.\u2014 Evidemment cette femme me cache quelque chose, pensait-il.Mais je suis convaincu qu\u2019elle a connu Mesmer .et peut-être a-t-elle été une de ses conquêtes ?Et, en aparté : \u2014 Si cela était, nous pourrions nous entendre .elle servirait mes projets.Très perspicace, la duchesse comprenait ce qui se passait dans l\u2019esprit de Roscoff.Elle pensa : \u2014 Tout à l\u2019heure il va me faire avouer ce que je ne veux pas lui dire .Et pour éviter cette confidence forcée, elle se leva, rajusta sa voilette et se dirigea vers la porte.LE GAMIN DES ROUTES [ Suite de la page 35 ] \u2014 Vous partez ?dit-il.\u2014 Oui.Cinq heures vont bientôt sonner ; il faut que je rentre.\u2014 Voulez-vous que je vous accompagne ?\u2014 Non.De nouveau, ils s\u2019étreignirent ; puis elle partit.\u2014 Elle a connu Mesmer, pensait Roscoff, elle ne veut pas l\u2019avouer, mais dans quelques jours je samai la vérité tout entière.Gladys avait vivement gagné le Luxembourg.Comme elle s\u2019éloignait, une jeune femme vêtue de noir passa près d\u2019elle.C\u2019était Madeleine Brémond.Madeleine revit, par la pensée, les heures douloureuses et tristes qui viennent de s\u2019écouler.Pendant quinze nuits elle a veillé Just, ne se couchant pas, l\u2019oreille attentive à la moindre plainte du malade.Et maintenant, heureuse comme jamais elle ne l\u2019a été, elle vient achever l\u2019œuvre qu\u2019elle a commencée.Elle parvient enfin avenue de l\u2019Impératrice à l\u2019hôtel de Just Mesmer.La jeune fille s\u2019élance dans l\u2019hôtel.Just est levé.Près d\u2019une fenêtre aux lourdes tentures relevées, il repose sur un divan bas.Il a appris que Madeleine Ta soigné, l\u2019a sauvé.et son cœur déborde de joie.Elle entre.Le visage de Just s\u2019illumine.\u2014 Vous! dit-il.toujours vous!.\u2014 Est-ce un reproche ?demanda Madeleine.\u2014 Un reproche! murmura Just en saisissant les petites mains de la jeune fille .Oh ! pouvez-vous penser cela, alors que je suis si heureux de vous sentir près de moi ! Et ses regards se fondaient dans ceux de Madeleine, suppliants, reconnaissants.Zampa lui avait appris qu\u2019il avait été très malade.Zampa lui avait dit aussi : \u2014 Pendant votre maladie, une femme, un ange, ne vous a pas quitté.Ses soins et ses prières vous ont rendu à la vie.Et en écoutant cette confidence, Just avait senti son cœur éclater.Celle dont il avait autrefois repoussé l\u2019amour était venue le soigner !.Malgré tout elle s\u2019était souvenue, avait eu pitié du malheureux.Toujours elle l\u2019avait aimé ; elle lui avait donné son cœur et ne l\u2019avait jamais repris.\u2014 Vous êtes venue ! dit-il très bas, merci, Madeleine.laissez-moi vous donner ce nom : je voudrais tant être votre frère, votre ami.Je voudrais tant vous avoir comme conseillère dans les œuvres de charité que je me propose de fonder.je serais si heureux si vous vouliez bien me guider, Madeleine.Il pensait : Elle ne m\u2019aime plus comme autrefois : l\u2019amour repoussé et méconnu ne s\u2019éternise pas dans un cœur de femme ; mais l\u2019amour qui disparaît fait place à d\u2019autres sentiments et l\u2019amitié lui succède souvent, profonde et sincère.Dans le cœur de certaines femmes l\u2019amour dédaigné soulève les rancunes et les colères .Mais dans le cœur de Madeleine toutes ces révoltes n\u2019ont pu pénétrer ; la pure tendresse d\u2019autrefois y reste cachée.Il la regarde avec admiration ; jamais il ne Ta trouvée aussi belle ! Elle est pourtant bien pâle et bien changée.Toutes ces luttes l\u2019ont brisée ; toutes les angoisses éprouvées pendant la maladie de Just ont semé dans sa belle chevelure blonde quelques fils d\u2019argent.Et doucement il lui dit : \u2014 Voulez-vous être mon amie, Madeleine ?\u2014 Oui.votre amie .votre sœur, Just !.Nous nous unirons pour faire le bien, pour soulager les misères des déshérités et des malchanceux.\u2014 Et vous reviendrez ici souvent ?\u2014 C\u2019est vous qui viendrez quai Voltaire, dans notre grande maison toujours si triste, fit-elle très bas.Mon père sera bien heureux de vous revoir et de retrouver enfin ce grand enfant qu\u2019il aimait tant.Elle avait doucement soulevé les rideaux de la fenêtre, et contre la vitre elle appuya son front brûlant.Ils restaient songeurs tous deux.Jamais Just n\u2019avait ressenti joie aussi grande ; il lui semblait qu\u2019il revenait tout à fait à la vie heureuse des premières années .Ces dix ans écoulés lui paraissaient un songe.Et il pensait : \u2014 Hélas ! pourquoi suis-je resté si longtemps éloigné de Madeleine ! Je ne l\u2019aurais pas épousée puisque tout amour était brisé en moi, mais je l\u2019aurais revue ; et sa douce présence m\u2019eût consolé.Dix ans se sont écoulés .dix ans de bonheur que nous ne retrouvons jamais.Pauvre Madeleine ! Et toujours la même pensée dominante montait à l\u2019esprit de Just.\u2014 Elle ne m\u2019aime plus d\u2019amour ! Et à cette pensée son cœur se serrait, se remplissait de tristesse et d\u2019amertume.Cependant, au cours de sa maladie, il se souvenait bien l\u2019avoir vue souvent penchée à son chevet.et sur son front il avait senti maintes fois couler des larmes.Elle le croyait endormi.mais il la contemplait sous ses paupières demi-closes.Oh ! combien elles lui furent douces, ces larmes ! Quel baume divin tombait sur son cœur meurtri ! Près de lui elle resta de longues heures ; à la nuit tombante, seulement, elle partit.Et des jours se succédèrent, de longs jours de tristesse.Madeleine devenait de plus en plus émue et plus sombre.Just, maintenant, se levait.Les horreurs du siège augmentaient sans cesse.Depuis le matin, Madeleine courait d\u2019une maison à l\u2019autre porter des secours, prodiguer, sans compter, tout son argent et .celui que Just versait généreusement dans les petites mains de la noble fille.Tous deux donnaient avec profusion, cherchant toujours de nouvelles infortunes à secourir.Rien ne rebutait Madeleine.Le matin elle portait du pain et de la viande aux malheureux ; le soir, assise au chevet des blessés et des mourants, elle priait pour les uns et soignait les autres.Just savait tout cela.Il savait aussi que le bombardement avait commencé, que les obus pouvaient dans le quartier du Luxembourg où le Val-de-Grâce, plus particulièrement visé, recevait des projectiles se succédant avec une rapidité effrayante.Et il tremblait pour Madeleine qui se rendait tous les jours dans ce quartier.Des obus étaient tombés au jardin du Luxembourg, au quartier latin, sur l\u2019église du Panthéon.Au début, ils firent peu de mal ; mais quelques jours après le bombardement fut général.r antidérapants p||^9UAUTE Kavant tout St vous avez aux alentours de Montréal.PROPRIETE, TERRE OU TERRAIN à vendre Adressez-vous à ROMEO AUGER CR 9363\t7662, rue St-Denis, Montréal important A nos Lecteurs et Dépositaires POUR des raisons très importantes nous tenons à rappeler à tous nos lecteurs et dépositaires que notre maison, la maison Poirier, Bessette & Cie, Limitée, ne possède et n'édite que TROIS MAGAZINES, qui sont LE SAMEDI LA REVUE POPULAIRE LE FILM Nous n'avons donc aucun lien d'aucune sorte avec tout autre magazine, revue ou publication quelconque de la Pro* vince de Québec.POIRIER, BESSETTE & CIE, LIMITEE 975*985, rue de Bullion, Montréal 18.fcSofflS* coupon d\u2019abonnement * Canada 1 an.$3.50 6 mois.\t2.00 Etats-Unis 1 an.$5.00 6 mois.2.50 O Important\u2014Indiquez d'une croix s'il s'agit d'un renouvellement.Nom .Adresse .¦ : Ville Prov.________ POIRIER, BESSETTE & CIE, Ltëe 975, rue de Bullion, Montréal, P.Q. Le Samedi, Montréal, 18 janvier 1947 Les obus sifflaient, éclataient avec un bruit retentissant dans tous les quartiers de Paris, tuant les femmes et les enfants, semant le deuil dans une population atterrée.Les hommes, eux, étaient aux remparts et aux tranchées, dont les obus semblaient s\u2019écarter avec soin.Chaque matin, les journaux donnaient le triste compte des morts : femmes frappées en serrant leurs enfants dans les bras, faisant queue à la porte des boulangers, vieillards inof-fensifs, enfants en bas âge.Just, bien que sa convalescence fût à peine commencée, voulait rejoindre l\u2019armée manœuvrant sous les murs de Paris .voulait se battre ! Et pourtant ses blessures le faisaient encore beaucoup souffrir.Zampa essaya de le convaincre de l\u2019impossibilité où il était encore de prendre part à la lutte.Et comme il ne put y parvenir, le nègre écrivit à Madeleine : « Venez vite.Le maître veut regagner son poste.S\u2019il part, il ne reviendra plus : ses blessures, mal cicatrisées, se rouvriront.et il mourra.» Madeleine accourut.Après avoir longuement prié à Sainte-Geneviève, elle s\u2019était dirigée, malgré son père qui la suppliait de ne pas sortir, vers l\u2019avenue de l\u2019Impératrice.Depuis le matin, les Champs-Elysées étaient saccagés ; de nombreuses branches d\u2019arbres avaient été brisées par les obus.En ce quartier aristocratique, tous les hôtels étaient fermés.Pas âme qui vive dans les longues allées silencieuses.Madeleine traversa la superbe promenade sans la moindre crainte et aussi tranquille que si aucun danger ne l\u2019eût menacée.Quand elle arriva à l\u2019hôtel Mesmer, elle trouva Zamfta en larmes.\u2014 Just !.où est Just ?demanda Madeleine.\u2014 Il veut partir, répondit le nègre ; maintenant je ne puis le retenir.La jeune fille se rendit à l\u2019ambulance ; n\u2019y trouvant pas le malade, elle monta au premier étage et pénétra dans l\u2019appartement de Mesmer.\u2014 Vous ! fit-il.Je suis heureux de vous voir et de vous faire mes adieux : je vais partir.Elle le regarda, émue et tremblante.Il était d\u2019une pâleur de suaire ; les sombres événements qui se succédaient depuis quelques jours avaient influé sur sa convalescence ; sa blessure du côté le faisait beaucoup souffrir.Et s\u2019il s\u2019obstinait à courir aux remparts, une grave rechute était à redouter.\u2014 Vous ne partirez pas, dit Madeleine .Je suis venue pour vous en empêcher.Vous avez fait votre devoir envers la patrie .Maintenant, elle ne vous demande plus rien.\u2014 Ma conscience m\u2019ordonne de partir et de partager les périls de nos frères.\u2014 Mais vous êtes encore si malade ! s\u2019écria Madeleine en jetant sur un grand crucifix placé en face d\u2019elle des regards suppliants.Vous ne pouvez pas partir ; je ne veux pas que vous partiez ! Vous trouveriez la mort avant même d\u2019avoir rejoint vos camarades ! Restez, Just, je vous en prie.Un coup de canon se fit entendre.Alors tout le sang de Mesmer monta à son visage.Et, portant la main à son cœur, il dit : \u2014 Laissez-moi partir .laissez-moi m\u2019en aller ; si je meurs en chemin j\u2019aurai du moins fait mon devoir ! Puis qu\u2019importe un cadavre de plus donné à ces Vandales ! la France me vengera !.Il fait quelques pas vers la porte .Il va l\u2019ouvrir.Désespérée, Madeleine se précipite.\u2014 Non, dit-elle, non .je ne veux pas.je ne veux pas.Vous êtes ma- lade encore, votre convalescence commence à peine .la moindre émotion peut vous tuer.Oh ! si vous étiez robuste et fort je vous dirais : Partez .allez.battez-vous, et que le Dieu des batailles vous protège ! Mais vous avez moins de forces qu\u2019un enfant ; vous ne tenez pas debout ; voyez, vous tremblez ; votre visage est redevenu livide, une secousse un peu forte vous ferait tomber ! Je ne veux pas, moi, que vous partiez .\u2014 Madeleine ! \u2014 Ne partez pas, Just, je vous en prie, je vous en conjure ! Elle l\u2019avait obligé à s\u2019asseoir ; puis plongeant dans les yeux du blessé ses magnifiques yeux bleus, ses yeux si chastes, elle murmura : \u2014 C\u2019est une amie qui vous implore, Just, une sœur, votre aînée, \u2014 car j\u2019ai plus de raison que vous, Just.Son cœur battait à rompre sa poitrine, un battement douloureux montait à sa gorge, une angoisse profonde emplissait son cœur.Il ferma les yeux.et, vaincu, il s\u2019évanouit.\u2014 Enfin, dit-elle, enfin !.Quand il rouvrit les yeux, Madeleine était assise près de lui, lui serrait doucement les mains.\u2014 Vous voyez combien j\u2019avais raison, dit-elle.Vous vous seriez trouvé mal dès les premiers pas, si je vous avais laissé sortir, et personne ne se serait trouvé là pour vous secourir.Croyez bien, Just, que Dieu ne demande pas aux hommes l'impossible, ni des efforts au-dessus de leurs forces.Et avec douceur : \u2014 Vous voilà enfin redevenu raisonnable ; je suis heureuse, bien heureuse ! Je puis maintenant aller visiter nos malades.Il gardait un silence farouche.Se soulevant sur son fauteuil, U regardait au dehors les dernières feuilles, parsemant encore les allées du jardin, tourbillonner au souffle du vent.Il paraissait oublier la présence de Madeleine.L\u2019oreille tendue, il écoutait la lointaine canonnade.\u2014 Je suis pire qu\u2019un tout petit en- fant, murmura-t-il ; dans cette lutte avec vous et avec le devoir mes forces se sont épuisées.Il me semble maintenant, Madeleine, que je ne pourrais plus me battre.\u2014 Vous allez rester bien tranquille ici ; me le promettez-vous ?\u2014 Je vous le promets.La nuit tombait quand Madeleine quitta l\u2019avenue de l\u2019Impératrice.Aux bruits sinistres et terribles de la journée succédait maintenant un silence morne, terrifiant.La jeune fille, pour rentrer à la maison du quai Voltaire, suivit les quais qui s\u2019allongeaient à l\u2019infini, déserts et sombres.De loin en loin une lampe à pétrole placée dans les réverbères jetait sur la chaussée une lueur blafarde.Madeleine marchait vite, le front baissé, la pensée perdue, le cœur encore oppressé au souvenir de cette journée inoubliable passée près de Just.Comme elle l\u2019aimait encore ! C\u2019était toujours le même amour qu\u2019autrefois qui emplissait son cœur, la même douleur qui étreignait son âme, la même tristesse qui lui arrachait des larmes.Mais aussi quelle ivresse ne ressentait-elle pas en songeant que, maintenant, Just était un ami pour elle et qu\u2019elle pouvait le voir désormais dans la même intimité qu\u2019autrefois ?Lui,.peut-être, ne l\u2019aimait pas.ne l\u2019aimerait jamais .Elle pressentait dans la vie de Just une grande et profonde douleur qui avait, à tout jamais sans doute, fermé son cœur à l\u2019amour.Just, elle le comprenait maintenant, ne se marierait pas.Chapitre XVII uand elle arriva quai Voltaire, le docteur l\u2019attendait.\u2014 Eh bien ! dit-il d\u2019un ton sévère auquel elle n\u2019était pas habituée, d\u2019où viens-tu donc à pareille heure ?Je ne veux pas, Madeleine, que tu t\u2019exposes ainsi.\u2014 J\u2019ai été voir Just Mesmer, père.\u2014 Je m\u2019en doutais ; mais réfléchis, mon enfant, qu\u2019il n\u2019est pas prudent de sortir ainsi ; aussi je résire qu\u2019à l\u2019ave- nir tu restes ici à soigner tes malades.__Père, j\u2019avais reçu de Zampa une lettre m\u2019informant d\u2019un désir insensé de Just.\u2014 Quel était ce désir?\u2014 Il voulait rejoindre son corps.Le vieillard haussa les épaules.Madeleine poursuivit: \u2014 Quand je suis arrivée à l\u2019hôtel de l\u2019avenue de l\u2019Impératrice, Just s\u2019apprêtait à partir.\u2014 Et tu l\u2019as retenu ?\u2014 Oui, père.Le vieillard resta quelques instants songeur ; ses yeux fatigués par les trop longues veilles se fermèrent lentement.Puis bientôt il les rouvrit peu à peu et les fixa, attentifs et scrutateurs, sur le visage pâle de sa fille.__Tu l\u2019aimes donc encore ?deman- da-t-il très bas.A quoi bon me cacher cet amour ?Je sais, Madeleine, que tu aimes toujours Just Mesmer.La jeune fille ne répondit pas.Le vieillard poursuivit : __Tu l\u2019as veillé pendant quinze nuits .Pendant quinze nuits tu es restée penchée à son chevet comme une sœur de charité, le soignant, épiant son réveil, priant Dieu pour lui.Et dans cette contemplation muette où tu avais mis toute ton âme tu m\u2019avais complètement oublié, moi ton père, comme tu avais oublié aussi ton ambulance et les malades qui te réclamaient chaque jour.Cela n\u2019est-il pas vrai, Madeleine ?\u2014 Père, allez-vous donc me faire un crime d\u2019une tendresse qui seule me soutient dans toutes les détresses de ma vie ?Vous savez, père, que je n'ai pas de bien grandes joies sur terre, et si ce n\u2019étaient les misérables que Dieu m\u2019envoie à secourir, mon existence serait triste et morne.Je conserve pieusement, au plus profond de mon être, l\u2019amour qui fait en secret battre mon cœur, qui, sur mon visage, amène le sourire .Certes, je n\u2019espère rien de Just ; il a aimé une femme, peut-être l\u2019aime-t-il encore .et je sais que si Just a donné son cœur il ne le reprendra plus.\u2014 T'aurait-il fait des confidences ?\u2014\tNon, père ; mais j\u2019ai compris la détresse de cette âme.Combien de fois, la nuit, alors que j\u2019étais penchée à son chevet, épiant son réveil, n\u2019ai-je pas entendu Just prononcer un nom qui n\u2019était pas le mien.mais le nom d\u2019une autre.\u2014\tEt ce nom ?\u2014\tA quoi bon vous le dire, père ?Pour rien au monde, je ne vous le ferais connaître ; ce sont là des secrets surpris pendant le délire du malade et je dois les garder ensevelis au plus profond de mon cœur.Et elle ajouta avec tristesse : \u2014\tSachez seulement que celle qui porte ce nom est une femme mariée.\u2014\tOh ! toi, tu es une noble fille, dit le père avec orgueil.Bien souvent elle avait entendu Just murmurer le nom de Gladys.Sans le savoir, Mesmer avait fait connaître à Madeleine le secret de sa vie, ces sombres événements qui les avaient séparés, qui avaient creusé entre eux un infranchissable abîme.Et Madeleine savait qui était cette Gladys.L\u2019autre jour, en rencontrant la belle duchesse d\u2019Aubagne devant le jardin du Luxembourg, mademoiselle Bré-mond avait légèrement pâli.Puis elle s\u2019était demandé quels événements les avaient séparés.Etait-il possible qu\u2019elle n\u2019eût pas aimé Just, cet homme si bien fait pour être adoré ?Pendant un instant, qui n\u2019eut que la durée d\u2019un éclair, elle avait été jalouse, jalouse de cette rivale si parfaitement belle, si jeune encore, si élégante.Mais bientôt ce sentiment passager s\u2019était effacé devant d\u2019autres pensées Cy^vs J~WL\tm \u2014 Oh.peu importe la pointure.c'est pour mon trombone. Le Samedi, Montréal, 18 janvier 1947 41 Just lui avait demandé d\u2019être son amie, sa sœur, elle avait accepté avec empressement, avec joie, heureuse de pouvoir, chaque jour, approcher et soigner Mesmer.Il lui avait dit :\t« Ensemble nous ferons du bien, beaucoup de bien ; vous me conseillerez, vous me conduirez là où il y aura de grandes misères à soulager.» Et tout de suite elle lui avait tendu ses deux mains, ses deux petites mains toujours ouvertes pour l\u2019aumône et le bien.Pouvait-elle demander à Dieu d\u2019autres ivresses plus grandes, plus profondes que celles qu\u2019elle avait ressenties ?Dieu lui avait rendu Just.Elle était heureuse et ne demandait pas autre chose.Elle s\u2019était assise à côté de son père et, comme lorsqu\u2019elle était toute petite, elle penchait sa tête sur l\u2019épaule du vieillard et le regardait avec tendresse, appelant de ses lèvres rouges un baiser paternel.\u2014 Tu aimes toujours Just, dit le docteur.Hélas ! mon enfant, ne crains-tu pas que d\u2019autres chagrins ne t\u2019attendent dans l\u2019avenir ?As-tu bien réfléchi aux dangers d\u2019un tel rapprochement ?\u2014 Père, je vais te faire un serment.\u2014 Lequel ?\u2014 Je te jure de ne jamais dire à Just combien je l\u2019aime, combien je l\u2019adore ! Jamais il ne saura quelle ivresse sa seule présence verse dans mon âme .jamais .jamais ! Mais je vivrai de cette tendresse, et le soir, quand après une journée bien remplie, je serai seule, là-haut, dans ma chambre close, je songerai, père, à l\u2019ineffable joie que me donne cet amour.\u2014 Bon .bon .je t\u2019approuve d\u2019agir et de penser ainsi, ma fille.Et il pensait : \u2014 Just l\u2019aimera un jour; il est impossible qu\u2019il n\u2019aime pas cet ange.\u2014 Ecoute-moi bien, Madeleine, reprit le vieux docteur ; tu n\u2019es plus une enfant et je peux te laisser un peu agir à ta guise.Mais si, un jour, tu étais trop malheureuse, promets-moi, ma, fille, de me confier tes peines.Tu ne dois avoir rien de caché pour ton vieux père .rien .rien .Nous sommes seuls au monde ; nous devons nous soutenir et nous aimer.Si je venais à mourir, tu n\u2019aurais plus personne sur la terre à chérir, personne ne viendrait te consoler de tes chagrins.Il ne te resterait que des parents éloignés que tu connais à peine.Eh bien ! tant que je serai là, Madeleine, tu ne dois avoir aucun secret pour moi ; et, ainsi que je te l\u2019ai dit tout à l\u2019heure, si tu étais malheureuse en voyant souvent, trop souvent, l\u2019homme que tu aimes et qui répond si peu à cette tendresse, nous quitterions Paris, nous voyagerions pour apaiser ta douleur.Ne crois-tu pas, Madeleine, que j\u2019aie assez travaillé et qu\u2019un peu de repos me soit nécessaire ?\u2014 Je ferai, père, ainsi que tu le desires et je t\u2019ouvrirai mon cœur tout entier, s\u2019écria-t-elle en enlaçant de ses bras le cou du vieillard.Toutes mes pensées, toutes mes joies, toutes mes douleurs, je te les dirai ; je ne te cacherai rien et ne te mentirai jamais, je te le jure.Ils dînèrent en tête à tête.Jamais Madeleine ne s\u2019était sentie aussi heureuse.Ils étaient seuls dans la grande salle à manger, autrefois si remplie et si égayée par toute cette jeunesse des écoles dont le maître aimait a s entou-rer.Pendant bien longtemps, la place jadis occupée par Just était restee vide : Madeleine avait trouvé le moyen, en présidant à la mise du couvert d y placer des fleurs ; et en face de la corbeille remplie de roses, de pensees, de jacinthes, il lui semblait voir émerger des fleurs la belle figure de Just.Jamais personne n\u2019avait occupé cette place, restée vide, toujours.Et le père, qui avait compris cette délicatesse de sentiment, la religion de ce dernier souvenir, n\u2019avait jamais interrogé Madeleine sur ce caprice qui avait duré dix ans, qui durait encore, qui durerait toujours.Le vieillard savait que bien souvent, après ces dîners presque intimes, Madeleine se retirait dans sa chambre pour y pleurer, seule, celui qui l\u2019avait si impitoyablement dédaignée.Quand elle redescendait au salon, ses yeux étaient rougis par les larmes qu\u2019elle avait versées dans cette chambre, seul témoin de toutes les luttes de son cœur, de toutes les détresses de son âme bouleversée par les souvenirs.Toutes ces crises du cœur avaient été fatales à Madeleine ; pendant quelques années sa santé s\u2019en était ressentie.Mais son humeur toujours égale, sa bonté toujours la même pour tous, sa piété plus profonde encore, avaient jeté peu à peu un voile sur ce douloureux passé.Les joues si pâles de la jeune fille se recolorèrent, les forces revinrent.Puis les agitations de l\u2019âme se calmèrent, l\u2019esprit reprit presque sa sérénité d\u2019autrefois, et Madeleine ne parla plus de Just, enfermant à tout jamais en son âme ses plus intimes sentiments.Et la guerre vint ; Paris fut assiégé.Et ce siège, qui couchait sur la terre glacée des milliers de soldats, lui avait rendu Just.Just malade et meurtri, il est vrai, mais renaissant à la vie grâce à ses soins et à son affection toute fraternelle.Le dîner achevé, elle se leva et se rendit à l\u2019ambulance où son pere la suivit.Tous les lits étaient occupés.Depuis le matin de nombreuses voitures marquées de la croix de Genève s\u2019étaient arrêtées devant la maison du quai Voltaire, apportant de nouveaux blessés.Les ambulances regorgeaient de malades, de mourants ; les chirurgiens, à cette époque terrible et sinistre, eurent de funèbres besognes.Le docteur Brémond avait installé dans son appartement, transformé en hôpital, deux internes de Saint-Louis qui restaient là en permanence ; de plus un chirurgien, jeune encore mais presque célèbre déjà, venait tous les jours pratiquer les opérations reconnues nécessaires.Chaque matin, à l\u2019heure de la visite, Madeleine se rendait à l\u2019ambulance, prodiguait ses soins aux malades et aidait les internes à faire les pansements.Pour tous, elle avait de douces et consolantes paroles.Combien de fois, alors que les blessés hurlaient de douleur sous le bistouri du chirurgien, ne l\u2019avait-on pas vue, immobile au chevet du patient, l\u2019œil sombre mais résolu, encourager les mauheureux opérés et adresser à Dieu ses plus ferventes prières ! Ce soir-là, les malades étaient plus nombreux que d\u2019habitude.Il y avait là des soldats de toutes armes ; et le matin même une femme, jeune encore, avait été apportée blessée terriblement par un éclat d\u2019obus.Madeleine s\u2019arrêta pendant quelques instants devant le lit où l\u2019inconnu, l\u2019œil déjà voilé par l\u2019approche de la mort, agonisait doucement.Longtemps elle resta près d\u2019elle, agenouillée dans l\u2019ombre et à moitié cachée par les plis légers des rideaux.On ne voyait que son buste gracieux et les plis lourds de sa robe noire se détachant de la blancheur environnante.Quand Madeleine se releva, un interne était près d\u2019elle.\u2014 Eh bien, demanda la jeune fille, que pense-t-on de l\u2019état de cette femme ?\u2014 La malheureuse est bien mal ; mais elle peut vivre encore trois ou quatre jours.\u2014 Savez-vous son nom ?\u2014 Elle n\u2019a pu nous le dire ; nous avons fouillé ses vêtements, espérant y trouver une indication quelconque, mais nous n\u2019avons rien découvert.\u2014 Quel genre de blessure a-t-elle ?\u2014 Un éclat d\u2019obus lui a presque totalement enlevé le sein ; des morceaux sont restés dans la poitrine, et peut-être ne pourra-t-on les extraire.Du reste, la malheureuse est perdue ; à quoi bon la charcuter et la faire souffrir ?Madeleine continua sa visite et passa au lit suivant ; mais son cœur était serré, un poids énorme pesait sur sa poitrine, une angoisse mortelle l\u2019étreignait.Tous les pauvres malades l\u2019attendaient avant de s\u2019endormir ; et sous la clarté blafarde des veilleuses, des visages livides se détachaient, anxieux, de la pénombre ; des yeux hagards, brillants de fièvre, la contemplaient, cette noble fille qui depuis le commencement du siège se multipliait, prodi-guant ses consolations et ses soins aux malheureux blessés dans la bataille.A l\u2019un, elle disait une bonne parole ; à l\u2019autre, elle parlait de sa mère, de sa fiancée, l\u2019exhortait à supporter vaillamment des souffrances qui prendraient bientôt fin.Et ces paroles d\u2019espérance consolaient les malheureux qui, doucement bercés par cette voix si tendre, s\u2019endormaient profondément.Un petit soldat, apporté presque en même temps que l\u2019inconnue, l\u2019attendait, lui aussi, à demi soulevé sur son oreiller.Ses camarades d\u2019ambulance lui avaient dit le matin même : \u2014 Aujourd\u2019hui, tu verras notre bonne sœur de charité ; rassure-toi, si tu souffres trop elle apaisera tes souffrances.Elle a un talisman : son cœur, qu\u2019elle nous apporte à chacun.et dans ce noble cœur de femme tu pui-sesas l\u2019espoir d\u2019une guérison prochaine Et le petit soldat avait attendu avec anxiété l\u2019arrivée de Madeleine.Quel âge pouvait-il bien avoir, cet enfant ?Car c\u2019était encore un enfant, un engagé volontaire sans doute, un mobile.Il n\u2019avait certainement pas plus de seize à dix-sept ans.Mais quelle douceur et en même temps quelle énergie dans ces grands yeux frangés de longs cils d\u2019ébène.Une moustache à peine naissante ombrageait la bouche sérieuse, aux lèvres pâlies.\u2014 Madame !.dit le petit soldat.madame !.Il avait tendu la main, \u2014 une main brûlante de fièvre, mais d\u2019une blancheur de cire, \u2014 pour retenir Madeleine près de lui.\u2014 Madame !.madame !.Immobile au pied du lit, Madeleine examinait le malade avec une sombre pitié.\u2014 Vous êtes arrivé ce matin, n\u2019est-ce pas ?\u2014 Oui, madame.\u2014 Où avez-vous été blessé, mon petit ami ?\u2014 Au plateau d\u2019Avron, madame.Les Prussiens nous ont délogés, et pourtani nous étions si bien là.Puis, anxieux, il ajouta : \u2014 Serai-je longtemps malade, madame ?Je voudrais tant repartir bientôt pour me rebattre encore.\u2014 Maintenant que vous êtes ici, je vous garde et je vous garderai tant que vous ne serez pas entièrement guéri, fit Madeleine avec une exquise douceur dans la voix.Et comme le petit soldat voulait protester, Madeleine, pour le rassurer, ajouta : \u2014 Mais calmez-vous ; demain déjà, vous irez mieux, je l\u2019espère bien.\u2014 Et je pourrai m\u2019en aller ?\u2014 Non, mon enfant, pas encore.\u2014 Alors, je suis ici prisonnier ! fit le petit soldat en laissant retomber sa tête sur l\u2019oreiller.On ne me laissera pas m\u2019en aller !.\u2014 Oui, vous serez prisonnier.et c\u2019est moi qui serai votre geôlière.Suis-je donc si méchante que vous vouliez me quitter si vite, dites, mon petit ami ?__Non, non !.C'eif le ressort que je fai dit de monter ! 42 Le Samedi, Montréal, 18 janvier 1947 Essayez cette Marmelade raisonnablement sucrée faite d\u2019Oranges de Séville depuis 1706, d\u2019après notre recette originale.À L\u2019ORANGE CROSSE & BLACKWELL AVEC LA CÉLÈBRE ETIQUETTE TOUTE ROUGE Puis vous êtes si jeune !.Vous êtes encore un enfant !.Elle se penche vers lui, borde son petit lit.Et tandis qu\u2019il ferme à demi les yeux elle disparaît doucement derrière les rideaux et continue sa ronde.Le lendemain matin, quand elle revint à l\u2019ambulance, elle trouva le petit soldat beaucoup plus calme.La fievre était tombée, et le sang avait cessé de couler de la large blessure qui entaillait la poitrine du malheureux.\u2014 Il va mieux, dit l\u2019interne.\u2014 Et l\u2019inconnue apportée hier ?\u2014 Elle est très mal.\u2014 Pauvre infortunée ! murmura Madeleine.\u2014 Toute la nuit elle a eu le délire, reprit l\u2019interne.Madeleine passa près du lit de l\u2019inconnue ; mais la voyant endormie elle ne s\u2019arrêta pas près d\u2019elle.Tout au fond de la vaste salle le lit du petit soldat se détachait de l'ombre, isolé des autres lits.Madeleine s\u2019y dirigea.Le petit soldat l\u2019attendait aujourd\u2019hui comme il l\u2019avait attendue la veille.\u2014 Allons, je vois que vous al.ez tout à fait bien, ce matin, fit Madeleine en prenant les mains de l\u2019enfant et les serrant dans les siennes ; vous n\u2019avez presque plus de fièvre et si vous me promettez de rester bien tranquille pendant quelques jours encore, nous pourrons alors vous rendre votre liberté.\u2014 Et je retournerai là-bas me battre encore, murmura l\u2019enfant.\u2014 Oui, vous retournerez aux remparts.\u2014 Bien vrai ?\u2014 Bien vrai.Sur Madeleine le jeune homme fixait ses beaux yeux très doux, des yeux remplis d anxiété et voilés par de grosses larmes.\u2014 Pourquoi donc pleurez-vous, mon ami ?demanda Madeleine, inquiète.\u2014 Madame, dit le petit soldat, je sais que vous êtes bonne : tout le monde le dit ici ; vous êtes, paraît-il, un ange descendu du ciel ! Eh bien ! je voudrais vous demander une grâce.\u2014 Parlez, mon enfant.\u2022\tvoudrais que vous puissiez voir ma mère ! Je suis son seul enfant ! A nous deux nous sommes toute notre famille ! Nous vivions ensemble quand la guerre est arrivée.Depuis longtemps déjà je gagnais ma vie en travaillant de mon métier de typographe.Mais quand j\u2019ai appris tous nos désastres, je n\u2019ai pu y tenir, et malgré maman qui me suppliait de rester près d\u2019elle, je me suis engagé dans la mobile.\u2014 C\u2019est bien, cela .c\u2019est bien ! fit Madeleine, émue.\u2014 Je ne sais pas si j\u2019ai bien fait, madame ; il y a de ces choses qu\u2019on comprend trop tard.Je me suis emballé ; j\u2019ai voulu me battre moi aussi, défendre Paris qui est presque ma patrie !.Et alors, j\u2019ai quitté maman, ma pauvre maman qui avait tant besoin de moi pour vivre ! Non, mon enfant, vous n\u2019avez pas bien fait d\u2019abandonner votre mère en un pareil moment.La patrie ne vous demandait rien encore, à vous qui êtes si jeune! Votre devoir était tout tracé : vous ne deviez pas quitter votre mère ! Je me suis fait bien souvent ce reproche, madame, fit le petit soldat, des larmes plein les yeux.Et puis, maintenant, qu\u2019est-elle devenue ?Je l\u2019ai laissée sans argent et bien malheureuse ! J avais écouté, à l\u2019atelier, tous les récits faits par des rédacteurs de journaux, affolés et pessimistes.et tous, en choeur, nous avons entonné la Marseillaise.Ça m\u2019a grisé, ahuri.Le lendemain, mêmes clameurs, même émotion.Alors, le soir, en rentrant chez nous, je donnai ma paye à maman et je lui dis : Tu sais, mère, je m\u2019engage dans la mobile ; ne m\u2019attends pas demain.Et le lendemain, ainsi que je l\u2019avais annoncé à ma mère, je ne revins pas au logis.Et depuis un mois je ne suis pas rentré à la maison.Et avec une émotion poignante : \u2014 Pauvre mère ! qu\u2019est-elle devenue?\u2014 Vous seriez heureux de le savoir, n\u2019est-il pas vrai ?\u2014 Si je serais heureux ! Oh ! oui, madame, bien heureux.\u2014 Eh bien ! dites-moi d\u2019abord où vous demeurez.\u2014 Boulevard Rochechouart, 17.\u2014 Votre nom ?\u2014 Gauthier Dickson.Fort bien ; aujourd\u2019hui même j\u2019irai chez vous, je vous le promets.Malgré les obus qui pleuvent sur Paris ?\u2014 Malgré tout.Oh ! madame, vous êtes une vraie sainte du bon Dieu, vous.Et saisissant les petites mains de Madeleine, il les porta à ses lèvres.Chapitre XVIII Madeleine remonta vivement dans sa chambre, jeta sur ses épaules une pelisse sombre, sur sa tête un ^ petit chapeau noir et, bien vite, s apprêta à quitter la maison du quai Voltaire.La vieille bonne s\u2019alarma.Oh ! mademoiselle sort encore ! Pourtant aujourd\u2019hui le bombardement est terrible, les obus pleuvent sur Paris de toutes parts ! Ces coquins de Prussiens n\u2019épargnent rien : l\u2019église Sainte-Geneviève et le Palais de Justice ont reçu ce matin leur compte ; ça sifflait comme une locomotive, ça roulait comme des coups de tonnerre ! Et quand je songe que mademoiselle ose s\u2019aventurer ainsi dans les rues de Paris, je frémis pour elle.\u2014 Il le faut, ma bonne nounou.\u2014 Que va dire le docteur, quand il rentrera ?\u2014 Je serai de retour avant lui; je vais à Montmartre : la course n\u2019est pas longue.\u2014 Juste ciel! si loin.si loin! \u2014 Vous vous ferez tuer, bien sûr.Madeleine tira de son corsage une petite croix, et la montrant à la servante : \u2014 Voici mon talisman, dit-elle; avec cela je ne cours aucun danger, crois-le bien.Je ne te demande que de prier un tout petit peu pour moi, ma bonne nounou.Elle partit légère comme un oiseau, sourde à cette tempête grondant de toutes parts.Elle hâta le pas.Les grands boulevards étaient presque déserts ; tous les magasins étaient fermés et la plupart des maisons avaient leurs volets clos.Partout la solitude ; partout un silence morne.Seul un omnibus, un des rares qui marchaient encore, remontait péniblement la rue Montmartre.Madeleine attendit qu\u2019il l\u2019eût rejointe, et elle y monta.Pour tout voyageur, un homme, un vieillard, vêtu de noir, venant d\u2019enterrer son fils unique au cimetière Montparnasse.Ses yeux gonflés attestaient une profonde détresse ; les larmes versées sur la tombe maintenant fermée de son enfant avaient creusé des sillons sur ses joues pâlies.Avec attention, il regarda Madeleine.Elle demanda : \u2014 Cette voiture est bien celle qui passe au boulevard Rochechouart, n\u2019est-ce pas ?\u2014 Oui, madame.Et ce fut tout.Le vieillard, croulé sur la banquette de l\u2019omnibus, ferma les yeux et demeura silencieux.En haut de la rue Rochechouart, Madeleine descendit et se dirigea vers le boulevard à l\u2019adresse indiquée par Gauthier Dickson.Devant la maison portant le numéro 17, elle s\u2019arrêta, troublée et émue.C\u2019était une de ces vieilles bâtisses vouées depuis longtemps à la démolition ; la façade était étroite, les quatre étages étaient percés de quatre fenêtres chacun.Au rez-de-chaussée, une boutique de marchand dont la devanture était à moitié fermée.Sur le pas de la porte, une femme, les deux poings sur les hanches, regardait venir Madeleine.La jeune fille s\u2019approcha.Madame Dickson ?demanda-t-elle ; la connaissez-vous, madame ?\u2014 Elle loge au quatrième, porte à gauche.Inutile de frapper à la porte ; entrez directement.La pauvre femme doit être couchée : elle est si malade, depuis un mois déjà ! Elle ajouta : \u2014 Et si misérable ! Madeleine s\u2019élança dans un corridor obscur, humide et glacial.L\u2019eau suintait sur les murs et sur la rampe de l\u2019escalier, se répandait sur les marches rendues glissantes.La jeune fille ne remarquait rien de tout cela ; elle montait vite, légère, ayant hâte d\u2019arriver, de consoler la malheureuse qui pleurait son enfant.Au quatrième étage, à gauche, elle aperçoit une porte entr\u2019ouverte.Bientôt une voisine, tenant un bol vide à la main, sort du modeste logement.A la vue de Madeleine, elle recule d\u2019un pas et demande : Vous désirez voir quelqu\u2019un, madame ?\u2014 Madame Dickson.C\u2019est ici.Vous pouvez entrer, madame.Madeleine pénètre dans une petite chambre prenant jour, par une fenêtre en tabatière, sur une cour étroite et sombre.Tout d\u2019abord elle ne distingue rien dans la chambre obscure, puis, peu à peu, ses yeux s habituent à l\u2019ombre et elle aperçoit, tout au fond de la pièce, un lit bas garni de rideaux de cretonne rouge et blanche.C.- Et dans ce lit une femme décharnée \u2014 un cadavre plutôt \u2014 dont toute la vie semblait concentrée dans les yeux brillant d\u2019un éclat maladif.Madeleine resta quelques instants immobile, les regards perdus.A la vue de tant de misère, elle se sentait frissonner.Puis elle s\u2019approcha du lit.La malade n\u2019avait pas fait un mouvement ; ses grands yeux assombris, entourés d\u2019un cercle noir, avaient pris tout à coup une fixité étrange.Elle murmura : \u2014 Qui êtes-vous, madame, et que me voulez-vous ?\u2014 Je viens vous apporter des secours et vous soigner, si vous le voulez bien.\u2014 Je vous remercie, madame, mais je n\u2019ai besoin de rien, fit la malade d\u2019une voix sourde; je ne veux rien.rien.Qu\u2019on me laisse mourir en paix, c\u2019est tout ce que je demande.\u2014 Vous vous nommez bien Dickson?\u2014\tOui, madame.\u2014 Vous avez un fils?La malade tressaillit.Se relevant à demi sur son oreiller, elle regarda Madeleine avec une fixité inquiète.Elle répondit : \u2014 Oui, j\u2019ai un fils.et ils me l\u2019ont pris.ils me l\u2019ont emporté, ces Français maudits !.\u2014 Vous n êtes donc pas Française, madame, pour parler ainsi de mon malheureux pays ?\u2014 Non ! la France n\u2019est pas ma patrie ! Et je n\u2019ai pas compris pourquoi mon fils a voulu se battre pour un peuple qui lui est étranger.ni pourquoi il a quitté sa mère, sa mère qui 1 aimait plus que tout au mande ! \u2014\tMais lui aussi vous aime, madame, lui aussi vous pleure.\u2014\tAlors vous connaissez Gauthier, mon Gauthier ?s\u2019écria la malade transfigurée.\u2014\tJe le connais.\u2014\tIl vit ?Il vit.Blessé, il a été transporté chez moi, à l\u2019ambulance du docteur Brémond.\u2014 Oh ! madame .madame .\u2014 Laissez-moi achever, je vous en prie.Votre enfant vous sera rendu bientôt.Sa blessure est très légère, ce n\u2019est qu\u2019une égratignure .Consolez-vous donc, madame.Elle répondit, éperdue : \u2014 Blessé !.il est blessé !.Vous pouvez être fière de votre enfant, poursuivit Madeleine, fière de son courage, de sa vaillance, de sa bravoure.Oh ! madame, si j\u2019avais été mère, j\u2019aurais voulu avoir un tel fils.C\u2019est cela que vous êtes venue me dire ! C\u2019est lui qui, sans doute, vous envoie ici ! reprit madame Dickson.11 vit !.Bientôt il me sera rendu !.Il y a un Dieu qui console les mères ! Je reverrai mon pauvre enfant ! Mon petit Gauthier reviendra ici, en cette chambre ! Je ne serai plus seule avec les torturants souvenirs de ma vie bri- sée !.La malheureuse eut une crise de larmes ; sa tête retomba lourdement sur l\u2019oreiller.Madeleine, émue, la regardait.Près du lit, elle s\u2019était assise, et d\u2019un petit sac qu\u2019elle tenait à la main, elle avait sorti une bouteille de vieux vin, des confitures, et une livre de chocolat qu\u2019elle déposa discrètement sur la table de nuit., ^ un beau et séduisant sourire aux lèvres, elle dit : C est Gauthier qui vous envoie toutes ces choses; c\u2019est aussi lui qui m a suppliée de vous remettre vingt francs, toutes ses économies .[ Lire la suite au prochain numéro ] '?A/ré ( Le Samedi, Montréal, 18 janvier 1947 43 |t |V|ySTÈRE Eli f^AMClS CONTE ILLUSTRE DU \u201cSAMEDI\u201d \u2014 QUATORZIEME EPISODE \"lI ts.PRIS Ci mm wsm MSa ma 1\t\u2014 \u201cJe crois que le bandit est l\u2019un des employés de M.Valois,\u201d pensa Marc.\u201cC\u2019est pour cette raison qu\u2019il craignait d\u2019être reconnu sans sa barbe ! \u201d Marc se demandait ce qu\u2019il devait faire, quand soudain il s\u2019entendit appeler.Il se retourna et reconnut Dolly.2\t\u2014 En arrière de la jeune fille, venait le contremaître de M.Valois.Pendant que Marc regardait la figure barbue de l\u2019homme, un soupçon s\u2019éleva dans son esprit.Il attendit que l\u2019homme fût sur la grève, puis, s'avançant, il regarda attentivement la trace des sabots du cheval.3\t\u2014 \u201cQue regardes-tu donc, Marc ?\u201d demanda Françoise en riant.\u201cAs-tu perdu quelque chose ?\u201d \u201cNon ! \u201d répondit Marc, en pointant un doigt accusateur vers le contremaître.\u201cJ\u2019ai trouvé le bandit qui a volé mon père et attaché Grassouillet au poteau, aujourd\u2019hui!\u201d æjSPegal mm m 4\t\u2014 Pendant quelques minutes, les yeux de Gus Cordeau lancèrent des éclairs.Puis, soudain, il releva la tête et se mit à rire.\u201cQuelle idée ! \u201d s\u2019écria-t-il.\u201cLe garçon me prend pour un bandit !\u201d A ce moment, parurent le shérif et M.Durand.5\t\u2014 \u201cQu\u2019est-ce que j\u2019entends ?\u201d s\u2019écria M.Durand, en regardant Marc et Gus Cordeau.\u201cJe crois que cet homme est le bandit qui vous a volé, papa ! \u201d s\u2019écria Marc.\u201cCette fausse barbe que j\u2019ai trouvée est exactement pareille à celle de sa figure ! \u201d 6\t\u2014 Le contremaître jeta un regard de colère à M.Durand.\u201cVous feriez mieux de parler à votre fils, M.Durand ! \u201d dit-il.\u201cIl m\u2019accuse d\u2019être un bandit ! Ceci peut lui causer du trouble, s\u2019il ne fait pas attention ! \u201d \u201cC\u2019est vrai ! \u201d s\u2019écria le jeune homme.7\t\u2014 Le shérif se pencha sur sa selle et tapa Marc sur l\u2019épaule : \u201cNe t\u2019énerve pas, Marc, dit-il.Tout finira pour le mieux, tu verras ! \u201d Pendant que le shérif parlait ainsi, Grassouillet arriva, monté sur son âne.8\t\u2014 \u201cBonjour, tout le monde ! \u201d dit Grassouillet, en descendant de son âne.\u201cJe suis venu pour vous aider à prendre le bandit ! \u201d \u201cJe tirerai sur sa fausse barbe ! \u201d murmura Marc, en s\u2019élançant vers Gus Cordeau pour le prendre par surprise.mm 9\t\u2014 Mais Gus Cordeau était sur ses gardes ! Au moment où Marc faisait un effort désespéré pour se saisir de la fausse barbe, le bandit lui saisit le poignet et le repoussa violemment.\u201cFais bien attention à ce que tu vais faire, Marc Durand ! \u201d dit-il.[ Suite au prochain numéro ] EPI80DE NUMERO UN Lo Transova- nie ayant déclaré\t-jC\"^ la guerre, un groupe d'avions de chasse tra- versèrent la frontière et se\t\u2022\u2014^ dirigèrent vers une usine de munitions, aux confins de Kale Valley.A un moment donné, un gros bombardier, menant le peloton descendit de quelques cents pieds .Au-dessus de l'usine d'armements Soyez prêts ! Faites Une bombe bien dirigée atteint l'usine, trépidante d'activités.\"SW L'avion ennemi va à lo rencontre des avions ayant pris avantage d'excellentes positions.Deux avions se lancent à l'attaque, sans tarder \u2014 Leurs occupants ouvrent le feu sur les bombardiers \u2014 (A SUIVRE) Le Samedi, Montréal, 18 janvier 1947 45 RIEN DE SÉRIEUX LA VIE COURANTE .par George Clark \u2014 C'est encore la jeune Mme Durand qui vous demande ce qu'elle devrait faire au sujet du rhume de cerveau de son fils ?.__Eh bien, dites-lui qu'elle recommande à son fils de se moucher ! «FHff nouas \u2022 t »,i| \u2014\tEh bien ! prenez-vous du poisson, voisin ?\u2014\tÇa dépend : quand on empêche on n\u2019en pêche pas, et quand on n\u2019empêche pas, on en pêche ! Au restaurant.On sert à un client des œufs à la coque.Il en prend un, brise le haut de la coquille et demande au garçon : \u2014 Sont-ils déjà salés ?\u2014 Papa, un embarras de voiture, qu\u2019est-ce que c\u2019est ?\u2014 C\u2019est quand il y en a de trop.\u2014 Et un embarras d\u2019argent ?\u2014 C\u2019est quand il n\u2019y en a pas assez.\u2022 On se marie par amour, on se marie par intérêt, on se marie aussi pour ne plus manger au restaurant.Chez soi, c\u2019est la bonne petite cuisine bourgeoise, simple, hygiénique, variée .En principe, car demandez à mon ami Coquelicot, il vous dira que « ça fait la troisième fois cette semaine que sa femme fait du veau jardinière » ! \u2014 Zut ! beugle-t-il, je vais déjeuner au restaurant ! Et il s\u2019élance au dehors, fonce dans le premier bouillon venu, s\u2019installe à une table, déplie sa serviette et demande le menu .\u2014 Monsieur, lui dit le garçon, il ne reste plus que du veau jardinière .\u2022 Sur les boulevards, une maman à son petit garçon qui avait été très désobéissant dans la matinée : \u2014 André ! prends donc garde à cet autobus ! Maître André, après s\u2019être prudemment garé : \u2014 Tu vois, petite mère, je fais toutes tes volontés ! \u2014 Voyons, Joséphine, regardez ce que vous faites, vous m\u2019avez donné deux bottines du même pied.La bonne sort un instant, puis rentre effarée : \u2014 Ah ! bien, monsieur, c\u2019est drôle !.l\u2019autre paire est comme ça aussi.\u2022 Un rentier, quoique aveugle, passe tout son temps à éplucher minutieusement les notes de ses fournisseurs.L\u2019un d\u2019eux, particulièrement critiqué par l\u2019avare, disait, après une observation plus vive que les autres : \u2014 Peut-on être à la fois si court de vue et si regardant ! La première vertu d\u2019un hussard est l\u2019obéissance passive.Une nuit, en Afrique, un brigadier pose un hussard en sentinelle avancée, assez loin du camp.Le poste était dangereux, vu le voisinage des Arabes.\u2014 Mon garçon, dit le brigadier, tu vas te mettre derrière ton cheval qui te servira ainsi d\u2019abri ; prends ton fusil.bien .comme cela ; ajuste .très bien ; maintenant, s\u2019il vient, flan-que-lui ton coup de fusil.Et le brigadier s\u2019éloigne.Deux heures plus tard, il vient relever le hussard de sa faction, et le retrouve exactement dans la position indiquée.\u2014Rien, brigadier, que je l\u2019ajuste ; s\u2019il était venu, je lui flanquais mon coup de fusil.\u2014 A qui ?\u2014 Dame ! brigadier, je ne sais pas, moi, vous ne me l\u2019avez pas dit ; vous m\u2019avez dit : S\u2019il vient.Il n\u2019est pas venu.C\u2019était à l\u2019époque où le Pont\u2014Neuf; à Paris, était rempli de bateleurs, saltimbanques, charlatans de toutes sortes.Un jongleur, ayant à côté de lui un chien tenant une sébile dans la gueule, faisait son boniment.« Mesdames et messieurs, disait-il, je vais vous montrer ce que personne n\u2019a jamais vu ; mais, pour cela, il faut que chacun donne son obole.» Le chien fit alors le tour de la so-citété.Quand le jongleur jugea la recette suffisante, et qu\u2019il l\u2019eut empochée, il s\u2019écria :\t« Maintenant, mesdames, messieurs, suivez-moi.» Il s\u2019approcha du parapet, accompagné d\u2019une foule curieuse et, tirant de son escarcelle un tout petit morceau de viande, il le jeta dans l\u2019eau.« Là, s\u2019écria-t-il, je suis bien sûr qu\u2019un de vous n\u2019a jamais vu aussi peu de viande pour autant de bouillon ! » Et il détala à toutes jambes, tandis que les badauds restaient ahuris.\u2022 Deux filous sont invités à dîner en ville.Pendant le repas, l\u2019un d\u2019eux s\u2019empare adroitement d\u2019une cuiller et la cache dans sa botte.L\u2019autre, vexé de ce que son camarade a eu l\u2019idée d\u2019un larcin dont il n\u2019aura pas sa part, n\u2019a l\u2019air de s\u2019apercevoir de rien.Mais, au dessert, il se lève et prenant ostensiblement une cuiller : \u2014 Je vais vous faire un tour, dit-il.Vous voyez cette cuiller ?Je la mets dans ma botte.Une .deux .trois .Partez ! Elle est dans la botte de mon ami.Cherchez.\u2022 Dans une ménagerie en représentation aux environs de Paris, il y avait un dompteur d\u2019une maigreur hyperbolique : un squelette avec deux yeux et une moustache.Tels doivent être les affamés de la terre de la Désolation.Au moment où le dompteur entrait dans la cage, un spectateur épouvanté s\u2019écria : \u2014 Ah ! mon Dieu ! il va dévorer un lion ! Un brocanteur expose à sa devanture, parmi tout un fouillis d\u2019objets hétéroclites : un soulier, un brave et honnête soulier dans lequel est fichée une étiquete sur laquelle on peut lire : « Chaussure à vendre pour les personnes qui ont « déjà » un pied.» \u2014\tGinette, à quelle famille appartient la baleine ?\u2014\tA la famille des parapluies ou bien des corsets, papa ! \u2014\tEh bien ! madame Thermogène, avez-vous des œufs frais pour moi ?\u2014\tCertainement, madame Eustasie, je les garde pour vous depuis deux mois! ¦ Sur la plage, on s\u2019extasie sur le calme de la mer.\u2014 C\u2019est un vrai miroir, dit le papa de Lucien .une mer d\u2019huile.Lucien, qui a quatre ans, de s\u2019écrier ; \u2014 Ce sont les sardines qui doivent être contentes !.\u2014\tJe m\u2019ennuie .\u2014\tTu as un livre .\u2014\tJe l\u2019ai lu .\u2014\tRelis-le.en recommençant par la fin ! \u2022 Paul, partant pour la mer, a soin d\u2019emporter ses livres et ses cahiers.\u2014\tCela ne t\u2019ennuie pas de faire des devoirs de vacances ?lui demande-t-on \u2014\tMoi, répondit-il.Des devoirs de vacances je voudrais en faire toute l\u2019année.\u2022 Un acteur célèbre, qui a quelques ennemis, finissait un monologue.Un coup de sifflet se fait entendre.Tumulte dans le salon.L\u2019artiste, avec un sourire fin : \u2014\t.Quel est celui de ces messieurs qui s\u2019est assis sur une clef ?St-i/M ¦ Oui.je l'ai acheté pour pouvoir jaser en l'absence de mon mari qui est allé siéger A la Chambre des députés. 46 Le Samedi, Montréal, 18 janvier 1947 DIX PRIX A GAGNER CHAQUE SEMAINE LES 10 GAGNANTS DU PROBLEME No 785 10 JEUX DE CARTES Mme Albina Archambault, 4743, rue St-Hubert, Montréal, P.Q.; Mlle Germaine Migneault, 7759, rue St-Hubert, Montréal 10, P.Q.; M.Paul-Omer Saindon, St-Rémi d\u2019Amherst, Co.Papineau, P.Q.; Mme Jeannot Bélair, Ormstown, Co.Château-guay, P.Q.; Mme Albert Mireault, 2605, rue St-Joseph, Lachine, P.Q.; M.J.-A.Dupont, 69V2, rue St-Olivier, Québec, P.Q.; Mlle Rita Guay, 99 avenue Bour-lamaque, Québec, P.Q.; Mme Antoine Carrière, 540, rue Richard, Joliette, P.Q.; M.Raymond Bernaquez, 831, rue Lavéren-drye, Trois-Rivières, P.Q.; Mme A.Bou-dreault, St-Emilie, Co.Lotbinière, P.Q.Solution du Problème No 786 LES MOTS CROISES DU \"SAMEDI\" \u2014 Problème No 787 12\t13\t14\t15 IU II \t O Nom Adresse Ville ou Village\tProvince Adreisez : LES MOTS CROISES, Le Samedi, 975-985, rue de Bullion.Montréal, P.Q.HORIZONTALEMENT 1.\tTorrent des Alpes.\u2014 Tromper.\u2014 Enclos boisé.2.\tRécit vrai ou faux.\u2014 Fatigué.\u2014 Monstre fabuleux.3.\tVille de Syrie.\u2014 Avenir.\u2014 Filet pour prendre les oiseaux.4.\tGirouette en plumes.\u2014 Situé.\u2014 Clairsemés.5.\tConjonction copulative.\u2014 Courant de mer.\u2014 Garçon d\u2019écurie.\u2014 Pronom.6.\tQui fonctionnent mal.7.\tPlanche à rebords du compositeur.\u2014 Fille de Saturne.8.\tSans surcharge.\u2014 Sorte de massue.\u2014 Sert à comprendre un problème.9.\tInscription de la croix.\u2014 Sorte de laine.\u2014 Carnivore digitigrade.10.\tEpoque.\u2014 Commission.\u2014 Première femme.11.\tDémonstratif.\u2014 Préfixe indiquant la multiplication.\u2014 Enleva.\u2014 Possédé.12.\tVilles importantes.\u2014 Mammifères artiodactyles.13.\tProduit par le croisement.\u2014 Assembler par une entaille.14.\tEspèce de toque.\u2014 Nouveau.\u2014 Petit de la grue.15.\tDieu de la mythologie grecque.\u2014 Instrument d\u2019agriculture.\u2014 Choisis.VERTICALEMENT 1.\tDisposer d\u2019une certaine façon.\u2014 Fille du frère.\u2014 Symbole chimique.2.\tPetit rôle.\u2014 Manière.\u2014 Etendue d\u2019eau salée.3.\tAinsi soit-il.\u2014 Celui qui fait paître des troupeaux.\u2014 Rivière de France.4.\tTabac à fumer.\u2014 Arachnides.5.\tExplorateur des régions arctiques.\u2014 Très jeune.6.\tPoisson de l\u2019Australie.\u2014 Nom donné à sept philosophes de la Grèce.7.\tRoi légendaire de Troie.\u2014 Parole vide de sens.\u2014 Négation.8.\tTables à pâtisser.\u2014 Métal d\u2019un gris bleuâtre.9.\tDieu de la Guerre.\u2014 Linacée.\u2014 En évidence chez les maigres.10.\tEvangéliste.\u2014 Ornement sacerdotal.11.\tAbattre à ras de terre.\u2014 Etendue d\u2019eau sans écoulement.12.\tManœuvrer.\u2014 Retraite des bêtes féroces.13.\tIrritant.\u2014 Bas-fond.\u2014 A l\u2019exclusion de tout autre.14.\tCérémonies religieuses.\u2014 Qui appartient aux Slaves.\u2014 Orientaliste allemand.15.\tDiscontinuer.\u2014 Balle pour jouer à la paume.\u2014 Usages.NOTES ENCYCLOPEDIQUES La guerre de Sécession a laissé de profonds souvenirs aux Etats-Unis.L\u2019énorme succès d\u2019Autant en emporte le Vent en témoigne.Cette guerre dura quatre ans, coûta un demi-million de vies humaines et laissa le Sud dans une situation comparable à celle de l\u2019Allemagne après le traité de Versailles.Mais elle aboutit à la suppression de l\u2019esclavage et au triomphe d\u2019Harriett Beecher-Stowe.Rencontrant un jour l\u2019auteur de la Case de l\u2019Oncle Tom, le président Lincoln lui demanda : \u2014 Alors, c\u2019est vous la petite femme qui avez causé cette grande guerre ! Honnête Mrs.Beecher-Stowe ! qu\u2019eût-elle pensé, lisant dans Autant en emporte le Vent, les passages ironiques où Margaret Mitchell dépeint l\u2019effarement des Noirs, tous désemparés de n\u2019être plus esclaves et retournant chez leurs anciens maîtres parce qu\u2019ils ne savent que faire de leur liberté ?A son arrivée à Alexandrie, Victor-Emmanuel III et l\u2019ex-reine d\u2019Italie ont été reçus avec les honneurs dus aux souverain, par le roi Farouk, en reconnaissance de l\u2019hospitalité qu\u2019au palais de Naples le Maison de Savoie offrit à son grand-père, Ismail, et à son père, alors prince Fouad, en 1879, au moment où le khédive fut obligé d\u2019abdiquer et de chercher refuge hors d'Egypte.Une nouvelle et puissante drogue rivalise avec la pénicilline et travaille de concert avec elle pour sauver des vies humaines.Cette drogue, trouvée dans la terre rouge du New Jersey, se nomme la streptomycine.Ce nouvel ennemi des microbes ne remplace pas la pénicilline, mais la complète dans certains cas.Elles luttent toutes les deux pour combattre la plupart des maladies infectieuses dont souffre l\u2019humanité.Le docteur Alexander Fleming fit la découverte de la pénicilline dans un moment d\u2019inspiration géniale, mais la découverte de la streptomycine est le résultat de longues et patientes recherches.C\u2019est un savant de naissance russe, Selman A.Waksman qui réussit à extraire la streptomycine d\u2019un tas de fumier à l\u2019Institut d\u2019Agriculture de l\u2019Université Rutgers en 1940.Il suivait les traces de Pasteur, qui le premier avait constaté que certains organismes microscopiques se détruisent les uns les autres.Le tunnel Connaught, le plus long à double voie du continent américain, traverse le mont MacDonald dans les montagnes Selkirk à une faible distance par train de Craigellachie, scène de la cérémonie historique de la pose du dernier crampon, le 7 novembre 1885.Entièrement construit de béton, ce tunnel mesure cinq milles de long d\u2019une extrémité à l\u2019autre et présente une coupe verticale de 23 pieds par 29 pieds.L\u2019altitude la plus élevée de la voie à l\u2019intérieur du tunnel est 3,390 pieds au- E JAPPEMENT DU CHIEN PEUT ETRE ENTENDU A UNE HAUTEUR DE QUATRE MILLES.dessus du niveau de la mer à environ un mille sous la cime du mont Mac-Donald, qui a 9,860 pieds de haut.De puissants ventilateurs installés à l\u2019entrée ouest du tunnel facilitent le renouvellement de l\u2019air.Les trains s\u2019engagent dans le tunnel sur la voie de gauche pour permettre aux mécaniciens le maximum de visibilité.\u2022 La valeur de la gent ailée pour l\u2019agriculture a été démontrée dans l\u2019île Lord Howe, située à 440 milles au nord-est de Sydney dans la Nouvelle-Galles-du-Sud.En 1917, les oiseaux abondaient sur l\u2019île, d\u2019après l\u2019Australian News.En 1927, il n\u2019en restait plus un seul.Les rats qui avaient échappé à des naufrages les avaient détruits ; ces i on-geurs avaient été jusqu\u2019à grimper dans les arbres pour atteindre leurs proies.Le résultat fut qu\u2019une industrie florissante de graines de palmiers a été anéantie par les charançons, que les oiseaux avaient combattus jusque-là.\u2022 Histoire et diplomatie : tel est le titre d\u2019une exposition organisée à Paris au cours de l\u2019été.L\u2019on ne saurait contester l\u2019opportunité de cette présentation des traités français les plus illustres, au moment où se tenait à Paris la conférence de la paix.Pour la première fois, le public a pu prendre connaissance de ces pièces fameuses, enfouies dans les cartons des Archives nationales ou du ministère des Affaires étrangères, du Serment de Strasbourg aux traités de Vienne, en passant par ceux de Westpha-lie, de Versailles, et tant d\u2019autres de moindre importance.Le monde scientifique en général et l\u2019Angleterre en particulier ont célébré cet été le troisième centenaire de la naissance de Newton.A cause de la guerre cette commémoration avait dû être retardée de quatre années puisque Newton est né en 1642.Cet illustre savant, qui fut à la fois mathématicien, astronome et physicien, découvrit les lois de la gravitation universelle, fut l\u2019un des inventeurs du calcul infinitésimal et le précurseur de la mécanique ondulatoire.A quelle époque auriez-vous voulu vivre ?demandait à Bernard Shaw un journaliste venu pour l\u2019interviewer.\u2014 Sous le Premier Empire, répondit-il sans hésiter.A cette époque, un seul homme se croyait Napoléon.Cette conversation avait lieu au début de la guerre de 1939-1945.Le mot assassin provient du mot arabe hashashi, pluriel de haschisch, mangeurs d\u2019herbes sèches.Les hashashi formaient une secte religieuse de l\u2019Islam qui prit naissance en Perse en 1090.Ses membres étaient réputés pour tuer toute personne qui refusait de les considérer comme les seuls vrais fidèles de Mahomet. WMSL N SI g POURQUOI TELLEMENT HENS! LETQNDAL A HOLLYWOOD.'¦ LA LOI DU NORD \" «\u2022« MICHÙE MORGAN ,1 HtSM RICHARD-WIUM ROMAN COMPLET, SCENARIOS ILUISTRii.NOMaRLUSCS fHOTOS, iTC ft jiitlO .\"L uauira an* auAho\tà Ra4wXen«4o Xo MAN o tuipuwi\" À LRAC SONT-ILS POPULAIRES ?¦ A LE SAMEDI, LA REVUE POPULAIRE et LE FILM sont les trois magazines préférés des Canadiens français.Pourquoi ?La raison est bien simple et cette raison, nous allons vous la donner tout uniment.C'est que, disposant de tous les moyens techniques d'information et de réalisation, un personnel parfaitement entraîné à ce genre de publication est à même d'offrir au public canadien-français le summum en fait de magazines, et par là, nous entendons un standard de qualité qui ne le cède en rien à tout ce qui peut nous venir de l'étranger.En outre, et ceci importe d'être retenu, LE SAMEDI LA REVUE POPULAIRE LE FILM sont essentiellement des publications canadiennes-françaises, c'est-à-dire, trois magazines préparés et réalisés par les nôtres pour les nôtres.Qu'on regarde autour de soi, dans les trams, aux gares, dans les hôtels, dans le cabinet d'attente du médecin ou du dentiste, on se rendra compte que LE SAMEDI, LA REVUE POPULAIRE et LE FILM y sont à l'honneur.Et, enfin, s'il faut préciser, ajoutons qu'une circulation régulière de 450,000 par mois constitue le témoignage le plus éloquent.S'y abonner est simple comme bon jour : on n'a qu'à remplir tout simplement le coupon d'abonnement ci-dessous.Le coût est si minime qu'il nous paraît oiseux d'en parler.Voilà pourquoi LE SAMEDI, LA REVUE POPULAIRE et LE FILM sont tellement populaires.j Coupon d'abonnement TROIS MAGAZINES $5.00 POUR 1 AN Ci-joint $5.00 (Canada seulement) pour un abonnement d\u2019un an aux TROIS grands magazines.Important : Indiquez d\u2019une croix ?s\u2019il s\u2019agit I d\u2019un renouvellement.I | Nom .I I Adresse\t.1 Ville .Prov.POIRIER, BESSETTE & CIE, LIMITEE j 975-985, rue de Bullion\tMontréal 18, Qué.I I B.C.TREE FRUITS LTD HIM OFFICE KELOWNA IRITISN C01UMIU REGISTERED VERT DORE NEWTOWN Fermes, juteuses et savoureuses, les pommes Newtown de Colombie-Britannique ont un goût particulier de la première bouchée à la dernière.La pelure de ces pommes, d'un vert cire et doré, recouvre une chair blanche, ferme et juteuse.Les Newtown sont un véritable régal entre les repas.Celui qui mange à son travail en raffolera.Ce sont, à la fin de l'hiver et au printemps, les meilleures pommes du monde.GARDEZ LES POMMES DANS UN ENDROIT FRAIS Excellentes pour TARTES, COMPOTES, POUDINGS.SALADES Savoureuses : CUITES AU FOUR OU FRAICHES EN VENTE PRÉSENTEMENT DANS LES BONS MAGASINS DE L'ATLANTIQUE AU PACIFIQUE "]
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