Le samedi, 1 avril 1945, samedi 7 avril 1945
[" 56e année, No 46 Montréal, 7 avril 194! PE' O \u2014 e; LE MAGAZINE NATIONAL DES CANADIENS DIX CENTS SMgSSf àaaSSftfc.^\" a Lire notre enquête sur les bûcherons du Québec.si *.: ' ÆêMM' 2 Le Samedi, Montréal, 7 avril 1945 LES ABSENTS Je me suis taillé de la besogne \u2022.mais je suis heureuse ! Chère Louise:\u2014 Oui, je suis maintenant propriétaire unique (comme on dit) d un camp de vacances pour jeunes filles.C\u2019est une vieille maison de ferme que j ai transformée.De plus, toutes les beautés de la nature semblent s y être donné rendez-vous: une plage superbe, de beaux arbres et la splendeur des soirs de lune.Tu dois te demander ce qui m'a pris.Mais je dois te dire que c était ma secrète ambition .le rêve de ma vie.J\u2019ai fait des économies pendant des années pour le réaliser! Jetais bien rémunérée, tu sais, comme secrétaire de M.Dumont.Cela m\u2019a permis, pendant dix-huit ans, d\u2019accumuler une fort jolie somme sous forme d une police de dotation.C'est heureux, car l\u2019entreprise a changé de mains après la mort du patron et j\u2019ai été congédiée.C\u2019est alors que j\u2019ai découvert cette petite ferme abandonnée, près du lac; mon assurance et mes économies ont fait le reste.Je me suis taillé de la besogne, comme tu peux te l\u2019imaginer, mais elle me plaît et je suis vraiment heureuse.Je dois te quitter, car on m\u2019appelle.Je t\u2019en dirai plus long la prochaine fois.Toute mon affection, Yvonne.LAssurance-vie Gardienne des foyers canadiens ¦ * ¦\tj «sans®* Un message des compagnies d\u2019assurance-vie du Canada Y Penser aux absents, ce n\u2019est pas uniquement penser à leur souffrance, c est aussi tenter un effort pour se représenter ce qu\u2019ils sont devenus, ce que la séparation a fait d\u2019eux.Il faut s\u2019habituer à l\u2019idée que l\u2019homme qui reviendra après tant d\u2019années ne sera plus tout à fait celui qui nous a quittés.Il faut s\u2019y attendre, s\u2019y préparer.La meilleure charité envers eux sera d essayer de les comprendre et de ne s\u2019étonner de rien.Je ne crois pas que nous devrions redouter les influences politiques contre lesquelles ils ont su réagir, mais il serait sage, à ce propos, de compter sur quelques malentendus.Des journaux de langue française sont vendus librement à Berlin, atteignant un large public.Selon un correspondant étranger, il existe même en Allemagne une publication française, \u201cLa Toison d\u2019Or\u201d, presque aussi bien présentée que \u201cDas Reich\u201d.On imagine assez quels sont les animateurs de cette presse et quelles espèces de poison elle répand.Au retour, et dès la frontière franchie, sans doute suffira-t-il d\u2019une gorgée d\u2019air natal.Il est pour les absents de plus dangereuses atteintes.Ces revenants d\u2019une planète inconnue auront subi des conditions de vie étranges et inhumaines, experience monstrueuse, faite sur des millions d\u2019Européens, dont les conséquences, pour échapper au regard, n\u2019en seront pas les moins tragiques de cette guerre criminelle, et ce n\u2019est pas son moindre crime que ces déracinements, ces transports d\u2019hommes marqués dans des wagons à bestiaux, cette dissociation des familles, ce mépris des exigences de la chair, cet attentat contre le couple humain.Sans doute ne saurait-on comparer la douleur, sans espérance terrestre, de ceux qui ont perdu dans la guerre un être aimé, à l\u2019épreuve d\u2019une séparation aussi longue soit-elle.Mais la mort inspire des sentiments accordés à la condition humaine ; elle entre dans l\u2019ordre prévu, tandis que la disparition d\u2019un vivant, imposée par la violence, maintenue par une loi féroce, a un caractère factice, suscite des drames, crée des états de conscience dont les suites sont imprévisibles.Toutes ne sont pas désastreuses, voilà le miracle.Beaucoup reviendront meilleurs, plus instruits.Ils auront repris leur éducation par la base, suivi des cours, appris des langues et au long de lugubres loisirs, découvert des livres, des pensées qu\u2019ils eussent toujours ignorés, s\u2019ils étaient demeurés libres.Dans 'es Oflags, un immense effort collectif a été mené, non seulement contre la dégradation de l\u2019être humain, mais pour son perfectionnement.Georges Duhamel en sait plus long que moi sur ce sujet, lui dont on peut dire que les captifs auront été le plus constant, le plus tendre souci.Pour quelques-uns, la souffrance les aura même prodigieusement fructifiés.Je relisais ce soir les notes de captivité publiées sous le titre \u201cA la Trace de Dieu\u201d, que Jacques Rivière rédigea, entre 1914 et 1917, au camp de Koenigsbruck et à Hulsseberg.Partout où des hommes sont enfermés, Dieu se trouve aussi, et l\u2019histoire de Jacques Rivière a recommencé dans d\u2019innombrables cœurs.Quel mystère que cette épreuve inhumaine leur ait révélé un immense bonheur ! C\u2019est derrière les barbelés, entre les baraquements, que Jacques écrit sur un carnet : \u201cMon Dieu, je vous remercie pour tant de joie ! \u201d La captivité leur a assuré une retraite, les a retranchés du monde, leur a préparé l\u2019évasion par en haut ; elle a fait plus, hélas ! que de mettre Dieu à leur portée : dans les camps de représailles, elle les a crucifiés avec Lui.Les camps de représailles.C\u2019est à leurs martyrs que nous pensons surtout.A ceux-là, nous n\u2019aurons rien à donner : nous aurons tout à recevoir de ces Lazares surgis de quel abîme ! Bien des choses leur auront été révélées, ils auront à nous transmettre le dernier désir, la dernière pensée de leurs sœurs, de leurs frères que les sévices, les maladies, le travail forcé ont couchés pour l\u2019éternité sur le lieu même de leur supplice, et dont une terre ennemie gardera les ossements.François Mauriac, (Le Figaro.)\tde l\u2019Académie française.?-?NOTRE COUVERTURE De nos jours, \u201cquand on part pour les chantiers\u201d, ce n\u2019est plus dans les mêmes conditions qu\u2019autrefois.Tout s\u2019est tellement modernisé, et le souci d\u2019un «standard of living » amélioré est tellement répandu que le bûcheron aussi en constate les bienfaisants effets.En page F et G de ce présent numéro, LE SAMEDI publie un article fort intéressant en marge de ce sujet.Il est dû à la plume de Bernard Brouillet, homme qui sait très bien voir et qui sait très bien raconter.Ce solide bûcheron qui sert de sujet à notre page-couverture démontre bien que si les conditions du métier se sont améliorées, le type qui l\u2019exerce en est bien resté le même, et qu\u2019après une dure saison, il peut toujours chanter.\u201cquand on revient on a Vcoeur gai\u201d.\tPhoto Editorial Associates. CARNET EDITORIAL LES PUBLICATIONS POIRIER.BESSETTE & CIE, LIMITEE Membres de l'A.B.C.t et de l'Association des Editeurs de Magazines du Canada Le Samedi La Revue Populaire Le Film 975, RUE DE BULLION MONTREAL \u2014 CANADA \u2022 TéI : PLateau 9638 * Président: FRED POIRIER Vice-prés.: GEO.POIRIER Sec.-trés.: JEAN CHAUVIN Rédacteur en chef : GERALD DANIS Chef de la publicité : CHARLES SAURIOL Directeur artistique : HECTOR BRAULT Chroniqueur sportif : OSCAR MAJOR Chef du tirage : ODILON RIENDEAU NOS REPRESENTANTS : WILFRID DAOUST 20, Onzième Avenue, Lachine (Ottawa, Hull, Sherbrooke, Drummondville, St-Hyacinthe, Sorel, Granby, Farnham, Saint-Jérôme, Joliette, etc., et les environs.) \u2022 A Québec et Lévis : ADELARD PARE 6, rue du Pont, Québec \u2022 Aux Trois-Rivières et au Cap-de-la-Madeleine : PAUL LARIVIERE 1710, rue St-Philippe, Trois-Rivières Entered at the Post Office of St.Albans, Vf., as second class matter under Act of March 1879 ABONNEMENT CANADA SEULEMENT Un an Six mois $3.50 2.00 AU NUMERO: 10 cents \u2022 HEURES DE BUREAU : 9 h.a.m.à 5 h.p.m.du lundi au vendredi.\u2022 AVIS AUX ABONNES \u2014 Les abonnés changeant de localité sont priés de nous donner un avis de huit jours, l'empaquetage de nos sacs de malle commençant cinq jours avant leur expédition.56e année.No 46 -\u2014 Montréal, 7 avril 1945 QUAND LA FEMME VOYAGE IMMEDIATEMENT avant la guerre il y avait une plus grande proportion oe femmes qui voyageaient sur les chemins de fer qu'il y a quinze ans, par exemple.Cet t état de choses peut s'expliquer en partie par le nombre d'hommes qui empruntaient l'auto pour leurs déplacements, mais il faut également tenir compte du fait que l'ère du pneu a été celle de la plus grande émancipation de la femme et que, de plus en plus, celle-ci voyage par affaires, pour fins éducatives ou par simple plaisir.Une longue expérience dans le service des voyageurs du Canadien National m'a aussi permis de constater que, plus que l'homme, la femme apprécie le confort et la sécurité d'un train pour de longs parcours.Dans des cas semblables, notre sexe emprunte souvent la route, ne serait-ce que pour prouver sa résistance au volant et satisfaire l'instinct sportif qui le pousse au record.Si l'on me demande quelles sont les meilleures clientes du chemin de fer je répondrai qu'en temps normal ce sont les institutrices et les infirmières.Les premières aiment mieux voyager on groupe que seules, surtout si dans le groupe il n'y a pas d'autres institutrices.Non pas qu'elles dédaignent leurs compagnes, mais après avoir passé dix mois en contact intime et quotidien avec elles, leur ambition est de voir de nouveaux décors et de recueillir des idées neuves.Quant aux infirmières, elles ont une double raison pour aimer le voyage.Celui-ci les entraîne loin des chambres de malades où elles sont confinées presque toute l'année et leur apporte la distraction que, mieux que quiconque, elles savent nécessaire à la santé.Voyons maintenant la femme en voyage.Comment achète-t-elle son billet de chemin de fer?C'est un fait généralement admis que lorsqu'il s'agit d'acheter quelque chose, la femme se montre supérieure à l'homme.Elle est aussi plus sensible que lui à l'appel de la publicité et fait preuve d'un plus grand esprit de décision.Un homme dit généralement : « Nous avons trois semaines de vacances, où irons-nous les passer ?», mais une femme fait son choix entre la mer et la montagne, puis se met en quête du meilleur endroit.Plus que son partenaire, elle est prête à recevoir des conseils et à modifier son itinéraire.En fait, quelles que soient les courses qu'elle doit faire ensuite, une fois en présence d'un agent des billets, elle prouve par son attitude que celui-ci ne lui accordera jamais trop de temps pour discuter son voyage.Ceci dit sans malice, car les acheteuses de billets ont d'habitude une aussi bonne raison de se bien renseigner que cette dame dont l'ambition était de prouver à son mari que sa jolie secrétaire n'était pas la seule personne compétente au monde.De toute façon, dans quatre-vingts pour cent des cas, les voyages de plaisir sont décidés par les femmes.Il est vrai qu'une fois en route, elles ont la diplomatie de laisser croire à leur compagnon qu'eiles se laissent guider par lui et voyagent sous ses soins et sa protection.Nos employés ont souvent remarqué que, dans le cas d'un voyage de noces, c'est généralement la femme qui va aux rensei-anements mais que c'est l'homme qui achète les billets.Loin de moi la pensée de suggérer que, dans l'enivrement de la victoire, la femme oublie un instant son rôle de timidité, mais qu'à l'approche du mariage, sûre de son succès, elle abandonne qentiment à son mari, une dernière fois, le rôle de gérant du transport.Chose certaine, une fois le jeune couple dans le train, tous les employés de chemin de fer s'empressent à les servir.Tout le monde aime les amoureux et les employés de chemin de fer ne font pas exception à la règle.Ils ont de plus le talent de reconnaître les nouveaux mariés d'un coup d'œil, quelles que soient les précautions prises par ceux-ci pour donner le change.Entre nous, ils n'ont pas à faire de grands efforts d'observation.Tout jeune couple chaussé à neuf est, pour eux, un couple de jeunes mariés.Comment la femme se compare-t-elle à l'homme en voyage?Très favorablement.En fait, elle est meilleure voyageuse.Elle est plus facile à contenter.Et comme elle s'intéresse davantage à ce qui se passe autour d'elle, le profit qu'elle tire d'un voyage est plus grand.Elle sait très bien ce qu'elle veut et, connaissant les difficultés du service domestique, elle apprécie ce qu'on fait pour elle.Un homme se contentera d'un renseignement verbal au sujet d'une correspondance de train ou demandera un indicateur, ne serait-ce que pour se prouver à lui-même qu'il est capable de s'y retrouver, mais une femme ne prendra pas de chance et demandera qu'on lui écrive le renseignement.Une dame aime qu'on s'occupe d'elle en route, mais sans ostentation.Quand elle voyage avec des compagnes elle entend aussi qu'on se montre impartial et impersonnel.A moins qu'il ne s'agisse d'une dame qui n est plus jeune, d'une infirme ou d'un chef de groupe, il ne fait pas bon manifester de préférence dans les services rendus.L'em ployé qui manque à cette loi de justice ne tarde pas à se la faire rappeler.Les repas pris dans le train sont pour la femme une surprise et un soulagement.Surprise devant les miracles du bon service dans un lieu exigu, soulagement à la pensée qu'elle n'a pas eu à préparer les plats.Pour elle, ce qui compte d'abord, c'est la qualité des mets, de l'argenterie et de la vaisselle ; viennent ensuite le service et la qualité.Elle s'intéresse beaucoup aux nouveaux plats et surtout aux façons de présenter les anciens.Quelquefois elle ne peut s'empêcher de comparer les prix sur le menu avec ceux qu'elle paie chez l'épicier et le boucher et ce que coûterait le même repas à la maison.Dans ce dernier cas, elle oublie généreusement d'ajouter au coût total, la valeur de ses services comme cuisinière.Comme elle possède un sens de justice plus grand que celui de l'homme, la femme est d'habitude mieux disposée à pardonner les manquements au service si ceux-ci sont admis.Son expérience de maîtresse de maison la rend d'autant plus indulgente que son propre domestique est plus compliqué.Il est malheureusement vrai que malgré nos efforts nous ne réussissons pas toujours à plaire.Je me souviens encore du cas de deux princesses russes que j'avais l'honneur d'accompagner, il y a quelques années.Sachant que nous devions prendre le dîner dans un certain hôtel j'avais télégraphié à l'avance au chef d'orchestre pour lui demander de jouer de la musique russe.A notre entrée dans la salle, les musiciens se mirent à jouer « Les Bateliers de la Volga ».L'une des deux princesses qui était musicienne se pencha vers moi et me demanda : « Qu'est-ce qu'on joue ?» \u2014 « Mais, de la musique russe.» « Ça, de lo musique russe ! jamais de la vie.C'est du jazz et c'est encore pire que la révolution ! » La femme prouve aussi, par ses bagages, qu'elle est meilleure voyageuse.Il suffit de comparer les énormes machines de cuir que les hommes transportent avec les élégantes et légères mallettes de leurs compagnes.Dans le cas des pourboires, la femme, paraît-il, donne d'habitude moins que l'homme.Plus ménagère et plus pratique que lui elle reconnaîtrait seulement les services qui lui ont été rendus.Elle ne donnerait pas parce que c'est la coutume ou pour sauver la face.Lorsqu'elle n'est pas satisfaite du service elle ne donne rien, ce qu'un homme n'aurait pas le courage d'oser.Ce serait un libelle de répéter cette remarque d'un cynique que la formule classique : « Service avec le sourire » a été traduite par la femme : « Service pour un sourire ».A l'instar des représentants du sexe fort les dames laissent toutes sortes de choses dans les trains.Celle qui est aujourd'hui ma femme oublia un jour son parapluie dans une voiture de la Compagnie.Elle ne le retrouva pas mais elle me trouva ! Depuis elle ne cesse de mettre nos filles en garde contre le danger d'oublier des articles dans les trains .Quand une femme dit qu'elle a oublié quelque chose dans une voiture de chemin de fer on peut l'en croire.Un homme qui fait pareille déclaration peut fort bien revenir le lendemain et s'excuser en disant qu'il a finalement trouvé l'article au fond de son sac.C'est un fait qu'au bureau des objets perdus d'une gare on trouve plus d'articles appartenant à des hommes qu'à des femmes.Et chose étrange, parmi les articles appartenant à ces dernières, il y a rarement des poudriers .Peut-être parce que la climatisation des trains modernes rend inutile leur usage .Pour conclure je dirai que, plus que les messieurs, les dames nous aident à rendre notre service attrayant.Leur sens de la beauté, leur goût du confort et de la propreté ont amené les chemins de fer à apporter sans cesse plus d'attention à la bonne tenue de leur matériel roulant.Et l'après-guerre verra se réaliser d'autres raffinements qui seront appréciés de notre clientèle féminine.Mesdames, je puis vous assurer que pour nous, hommes de chemin de fer, vous êtes les usagers les plus importants et les plus estimés.Albert A.GARDINER, Gérant général du service des voyageurs du C.N.R. W j* ; K***- Cet escalier de la basse-ville de Québec rappelle un siècle depuis longtemps révolu, tandis qu'au haut de la colline, le Château Frontenac domine tout le quartier de ses lignes modernes.Combien de coins de la basse-ville n'ont-ils pas gardé le cachet que les précurseurs de la toi leur ont connu au siècle de Louis XIV ! 4 5»*«, Cette ancienne cuisine du Séminaire de Québec se trouve située dans la cave du vieux Séminaire construit en 1678 sous la surveillance même de François de Montmorency-Laval, premier évêque de Québec.A contempler ce solide travail de maçonnerie, on jurerait que les murs et le plafond ont été coulés là, d'un seul jet ! Le Séminaire ti été l'oeuvre de prédilection du prélat.Il y a sacrifié non seulement ses labeurs apostoliques, mais jusqu'à ses biens personnels, afin de donner à la Nouvelle-France un clergé indigène.Tel que fondée, la vénérable institution n'avait pas pour seul but de former les clercs, mais aussi de fournir des évangélisateurs et des desservants aux tribus indiennes et aux postes de de colonisation du Saint-Laurent.V Cet escalier très ancien, caractéristique de la solidité avec laquelle construisaient nos ancêtres, se trouve dans l'aile Saint-Augustin, au monastère des Ursulines, à Québec.Cette aile date de 1687.¦% F Ï'M WÊ** QUATRE FONDATEURS DE L\u2019EGLISE CANADIENNE Le Comité des Fondateurs de l\u2019Eglise canadienne a lancé un pieux mouvement de propagande afin de mieux faire connaître quatre précurseurs de la foi sur les bords du Saint-Laurent : François de Montmorency-Laval, premier évêque de Québec, Marie de l\u2019Incarnation, \u201cla Thérèse du nouveau monde\", Marguerite Bourgeoys, \u201cla douce providence de Ville-Marie\u201d, et Catherine de Saint-Augustin, \u201cl\u2019amie de la souffrance et des pauvres\u201d.On sait que la vie, les vertus et les mœurs de ces figures historiques ont été soumises à l\u2019examen prescrit par l\u2019Autorité romaine en vue de la béatification.Afin de vulgariser l\u2019existence que ces pionniers ont menée en Nouvelle-France, le Comité des Fondateurs de l\u2019Eglise canadienne présente actuellement sur les postes du réseau français de Radio-Canada une série d\u2019émissions intitulée : \u201cLa Vie des Quatre\u201d.Ces fresques radiophoniques sont sous la direction artistique du réalisateur Guy Mauffette.Déjà les biographies de Mgr de Laval et de Marie de l\u2019Incarnation, préparées respectivement par M.Robert Pré- vost, de la Société historique de Montréal, et par l\u2019abbé Robert-E.Llewellyn, professeur du Collège Stanislas, ont passé sur les ondes.Vendredi prochain.6 avril, commencera la troisième tranche de cette série de fresques.Elle sera consacrée à Marguerite Bourgeoys, fondatrice de la Congrégation de Notre-Dame et pionnière de l\u2019enseignement à Ville-Marie.La rédaction des quatre textes de cette tranche a été confiée à M.Claude-Henri Grignon, l\u2019auteur du radio-roman \u201cUn homme et son péché\u201d.L\u2019excellente plume de M.Grignon et la fraîcheur qu\u2019il apporte à la préparation de ses programmes radiophoniques constituent une garantie de l\u2019intérêt des quatre émissions à venir.\u201cLa Vie des Quatre\u201d est diffusée chaque vendredi soir, de 8 h.30 à 9 h.Tant par le choix des auteurs et des interprètes que par sa haute tenue artistique, \u201cLa Vie des Quatre\u201d se classe au nombre des meilleures séries d\u2019émissions documentaires de la saison.Ci-dessous, voici le Petit Séminaire de Québec, l'œuvre de prédilection du premier évêque de la Nouvelle-France.Le rex-de-chaussée et le premier étage datent du XVIIe siècle et furent construits par les soins de Mgr de Laval en 1678.Il constitue de nos jours un monument de grand intérêt historique.Ci-contre, à gauche, première photo du centre, voici ce que l'on peut considérer comme l'ancêtre du coffre-fort.Les Constitutions des Hospitalières de Saint-Augustin parlent d'\" un coffre dans lequel seront gardés les titres et les papiers de la maison ; et ce coffre aura trois clefs différentes, l'une pour la Mère, l'autre pour la Dépositaire et la troisième pour l'Assistante, afin que l'une ne puisse l'ouvrir qu'en présence de l'autre \".Celui que l'Hôtel-Dieu de Québec possède remonte à l'époque de la fondation.\u2014 Cette cheminée (plus bas) qui orne la salle de communauté du monastère des Ursulines, date de 1687.C'est ici que furent soignés les blessés de l'armée de Wolfe en 1759.4&K1«0 il\tII\t11 \u201e : Q , mill\u2014m\u2014\t\t 5 f » «ai 6., fHi i sr/* :v Ai p f|f tl#'S% Quelques expressions de Séraphin La physiognomonie est par définition l\u2019art de connaître le caractère d\u2019un individu par ses traits extérieurs.Lavater a voulu en faire une science en faisant porter ses observations sur le masque, l\u2019attitude et la tenue de l\u2019individu.Si notre regard suit le jeu, à l\u2019heure d\u2019une répétition à Radio-Canada, par exemple, de Séraphin Poudrier, on constatera le grand art de ce comédien quand il exprime les sentiments d\u2019angoisse, de colère ou de contentement, bref, le tempérament de l\u2019Harpagon contemporain.C\u2019est l\u2019art de la composition.Hector Charland a créé un type chez qui l\u2019on décèle un vice sordide, celui de l\u2019avarice.Au demeurant, Hector Charland appartient à une catégorie d\u2019hommes épris de belles choses et ayant le goût de l\u2019étude.C\u2019est un intellectuel.Il a joué jadis dans des œuvres dramatiques d\u2019un autre genre que celui d\u2019Un Homme et son Péché.On l\u2019a vu tour à tour interpréter le rôle du Christ dans la Passion .et, si je ne m\u2019abuse, le rôle de Perrichon.A défaut de visuel, il a su apporter à l\u2019interprétation du rôle de Poudrier des accents qui ont suffi à évoquer dans l\u2019imagination des auditeurs un type de demi-dégénéré conforme en quelque sorte à celui que nous représente ou la caricature ou la photographie.Au fait, que ce soit aux studios de Radio-Canada à Montréal ou à la scène, il prend le masque de son personnage, le modifie, le moule, le transforme suivant les impressions que suggèrent les situations.Il ne lit pas le texte de l\u2019auteur, il joue.A ce point de vue, Hector Charland est l\u2019un des comédiens les plus consciencieux de l\u2019heure.Il semble que, s il venait a quitter cet emploi, 1.\"Du douze par cent.Ouais.Ben p'tit intérêt, à moins que ça soye à réméré.\" ___ 2.\" L'bon Yeu est ben bon, ma Donalda, j'viens d'passer un bon contrat \".\u2014 3.\" J'ai jamais été aussi pauv\u2019 que cfannée !.\" \u2014 4.\" Dix, vingt, trente .Oh mon Yeu, vite, v'Ià queuqun \".\u2014 5.\" Viande à chiens, j'ai jamais connu un hiver aussi dur que celui qui vient de passer \", \u2014 6.\" Mon Yeu.j'vas mourir.j'suis ruiné!\" il serait extrêmement difficile de le remplacer.Il faudrait substituer à ce rôle un autre personnage, un personnage de la même trempe mais différent, dans un décor nouveau.On comprendra mieux l\u2019étude que Charland a faite du caractère de Poudrier en examinant la physionomie extrêmement mobile que nous montre ici le photographe.L.H.l*ëf|pPiS»p L-w \u2018 3ç 1^ééb£É ;.»¦ Vlan ! La hache a pratiqué une large entaille dans l'arbre qui sera rapidement dépouillé de sa tête et de ses branches puis transporté sur les bords de la rivière.Chaque année, des milliers de bûcherons renouvellent cette opération séculaire de l'abatage.6 *-\u2022\u2022 - jg«lî v '\\æl ¦S*-, w^V'x - - & ¦lésfâïïiî KM Au printemps, l'arbre est roulé de la rive dans le cours d'eau dès que celui-ci est libre de ses glaces.Les draveurs se mettent alors à l'oeuvre.Armés de grandes piques, ils rompent les embâcles que forment les billes en s'accrochant aux obstacles de la rivière.¦\u2019\u2018ÏSÎjÉSSù jfSîfe, .-i IMS ;4^ ¦ i r® A Sur le seuil de la salle-à-manger, le chef cuisinier invite ses hôtes à se hâter : le déjeuner est servi.\u2014 Ci-contre, à droite, des bacheliers, des étudiants n'hésitent pas à aller passer leurs vacances pour y travailler comme commis ef répandre aussi le goût de l'étude.\u2014 A Pour réussir à satisfaire le grand appétit de cette armée de travailleurs .de la forêt, le chef cuisinier exécute chaque jour de véritables tours de force.A noter que la salle-à manger occupe à elle seule tout un immeuble répondant à toutes les exigences requises.Bûcheux\u201d d\u2019Hier, Par BERNARD BROUILLET ¦ \u2019ouvrier de la forêt est toujours un solide gaillard, fortement musclé, gai, jovial, I dur à la tâche.Ce rude gars se rit des intempéries et brave les plus grands I froids, la neige, la pluie.Son pire ennemi demeure le moustique, le marin-gouin et la mouche noire, ou \u201cbrûlot\u201d ; dans les régions du Lac Saint-Jean et de la Cota Nord, il y a aussi le \u201cvire-à-bord\u201d, guêpe ou bourdon imperceptible qui emporte vivement une parcelle d\u2019épiderme pour disparaître aussi rapidement qu\u2019elle est venue.Si on connaît ses pires ennemis, quels seraient ses meilleurs alliés ?De bons outils de travail, un gîte convenable, une nourriture abondante et bien apprêtée, des vêtements chauds et légers.Toute la classe ouvrière a bénéficié de meilleures conditions de travail depuis un demi-siècle ; il en a été de même du bûcheron, bien que les améliorations apportées à son état puissent paraître moins évidentes.On peut tout de même s\u2019en former une idée en se reportant \u201cau temps de Séraphin\u201d.L\u2019auteur de \u201cUn homme et son péché\u201d rapporte que le salaire moyen était alors de $18.par mois ; le draveur recevait $1.50 par semaine.L\u2019entrepreneur, que l\u2019on continue communément d\u2019appeler \u201cjobber\u201d, estimait à huit sous par jour le coût d\u2019alimentation d\u2019un \u201cbûcheux\u201d ; le tableau de ses revenus et dépenses était ainsi vite établi.Le gars de chantier trimait \u201cdes étoiles aux étoiles\u201d, comme on le rappelle chez les vieilles gens ; il couchait sur le dur et il se comptait favorisé de pouvoir dormir sur une maigre paillasse de foin.Quant au menu, de nouveau d\u2019après M.Claude-Henri Grignon, il s\u2019établissait autrefois comme suit : soupe aux pois, lard, fèves au lard, poisson salé, mélasse, pain et beurre.On pourrait lui ajouter les crêpes, la galette de sarrasin, mais ce qu\u2019on sait bien, c\u2019est qu\u2019il ne variait guère.L\u2019approvisionnement de poissons, en prévision des jours maigres, était des plus simplifiés, rapporte-t-on ; certains entrepreneurs sans scrupule en salaient plusieurs barils, à l\u2019automne, en dynamitant un lac poissonneux.Au chantier, ces barils côtoyaient les tonneaux de mélasse, les poches de farine et les ballots de foin pour les chevaux.Pour tout outil, la hache dont le manche avait été fabriqué par quelque habile artisan.^ L\u2019entrepreneur fournissait le godendart, ou scie passe-partotit.Le camp de bûcheron était en bois rond plus ou moins bien calfaté La vie y aurait été des plus mornes s\u2019il ne se fut trouvé quelques gais lurons pour la rendre moins triste par une bonne chanson ou des récits abracadabrants inventés de toute pièce.Qui n\u2019a pas au moins entendu parler de ces récits ?Chacun songe ici au héros de Louis Hémon et à la vaine attente de Maria Chapdelaine.Il serait .vdÉ al » t L L Voici le Madelinot Eusèbe Deraspe (le troisième en comptant de gauche), chef cuisinier célèbre sur toute la Côte Nord du St-Laurent, entouré de ses marmitons.L'ehtreprise qui l'emploie le charge de former les cuisiniers de tous les chantiers.Un homme indispensable, quoi ! Bûcheron d\u2019Au jourd\u2019huî mal venu de surcharger le tableau que l\u2019on fait du bûcheron de la fin du siècle, mais tenter de poétiser sa vie serait beaucoup osé.Il faut dire qu\u2019il y a un demi-siècle et plus, l\u2019exploitation forestière avait d\u2019abord pour premier but de repousser les limites de la forêt.Le bois n\u2019avait pas une grande valeur et les opérations d\u2019abatage ne méritaient pas la considération qu\u2019on leur accorde aujourd\u2019hui.L\u2019ouvrier de la forêt exerce maintenant un métier de première importance dans l\u2019économie générale du pays.Ses conditions de vie et de travail ont subi une heureuse évolution.Aujourd\u2019hui, les camps de bûcherons sont de beaucoup plus spacieux et plus confortables.En certains endroits, on leur donne l\u2019aspect d\u2019un véritable chalet en substituant le bois de planche au bois rond ; c\u2019est ce qu\u2019on vient de faire, par exemple, au lac des Balises, un nouveau camp à quelque 40 milles derrière Baie-Comeau, sur la Côte Nord.Des cloisons séparent la cuisine, la salle-à-manger, le vivoir, de même que les deux dortoirs.La vaste bâtisse repose sur des fondations en béton.Ailleurs, comme à la Cache aux Anglais, les constructions sont toujours de billes soigneusement calfatées et l\u2019intérieur est couvert d\u2019un lambris de planche ; l\u2019une d\u2019elles est réservée à la salle-à-manger et à la cuisine, alors qu\u2019une autre, complètement détachée, abrite les dortoirs.On s\u2019applique partout à maintenir le meilleur état de propreté possible.Les bûcherons peuvent se procurer à bon compte des moustiquaires et en recouvrir leur lit ; la cuisine est pourvue de tous les ustensiles requis.Tous les camps de bûcherons sont d\u2019ailleurs périodiquement soumis à la visite d\u2019un inspecteur du service provincial d\u2019hygiène.Dans les grandes exploitations forestières, on entretient un vaste réseau de routes d\u2019hiver ; le transport des vivres et du matériel de chantier en chantier et jusqu\u2019au grand centre, éloigné parfois d\u2019une cinquantaine de milles, s'effectue par camions.A Baie-Comeau encore, un autobus fait quotidiennement la navette entre les camps et la ville.Les camps sont même pourvus du téléphone.Bon nombre possèdent des appareils récepteurs de radio à piles sèches dont les usagés défraient seulement l\u2019entretien.Le commis du camp offre en vente à son magasin la plupart des articles de consommation courante, de même que tabacs, cigares, cigarettes.La sécurité en forêt est favorisée par tous les moyens possibles.On invite constamment le bûcheron à la prudence.On lui prodigue mille et un conseils sécuritaires.Des concours entre camps, puis entre entreprises forestières servent d\u2019excellents stimulants.\t[ Lire la suite page 31 ] Photos Editorial Associates.Le camion remplace le cheval, même l'hiver, ef en forêt, pour le transport des billes.Dans les grandes exploitations forestières, soit qu'on déblaie les routes, soit que des voitures-citernes arrosent la neige pour bâtir ainsi des chemins de glace.7 III 'iVi'ÿifÿiH ¦ S'il n'est pas luxueux, le nouveau camp de bûcheron est spacieux et confortable.Assis sur des fondations de béton, il présente quelque peu l'aspect d'une auberge en montagne.Il est de beaucoup plus chaud que le \" chantier \" de bois rond.A gauche, la 11 grainerie \" où l'on conserve les provisions de bouche.Dans le but de réduire le risque d'accidents graves aux pieds, on incit le bûcheron à porter cette chaussure armée d'une plaque d'acier._____ C contre, à gauche, les camps qui détiennent les meilleurs records de sécuril ont droit à des séances de cinéma dans leurs camps. 8 \"A-t-on idée de trimballer un instrument pareil avec soi ?Qu'est - ce que c'est que cela, un violon ?\" Nouvelle dramatique par CHARLOTTE CHARPENTIER LE TESTAMENT Dans le Whisky Bah, il y eut une minute de silence.Chacun des consommateurs, évidemment, avait apérçu le nouveau venu.Celui-ci était un homme accusant une quarantaine solide.Pourtant, son visage était ridé comme une pomme d\u2019hiver, et sa bouche avait ce rictus particulier qui marque les amers et les mélancoliques.Sa tenue, cependant, était plus soignée que la plupart des hommes qui étaient là.Il portait un complet de velours très propre et un bonnet de fourrure qui semblait neuf.Dans sa main droite, il tenait une boîte à violon.Il jeta un coup d\u2019oeil dans la salle enfumée, puis s\u2019assit à l\u2019écart dans un coin sombre.Alors, le patron, Jim Renez, hahana vers lui, de son pas claudicant et s\u2019arrêta, la serviette sous le bras, un peu ironique, peut-être, à cause du violon.Jim Renez, malingre, chétif, petit homme raté, rongé par un désir d\u2019aventures jamais assouvi, haïssait d\u2019instinct les rêveurs, les pauvres types, comme il disait avec mépris.Et ce violon, porté par cet homme aux épaules courbées, lui semblait ignominieux comme une tare .L\u2019homme commanda, sans même regarder Jim Renez : \u2014 Un whisky, de la viande, des légumes, du fromage, à manger, quoi ! Du coup, Jim Renez en conçut pour son client une certaine estime.Sa grimace méprisante se mua en un sourire si inattendu qu\u2019il en semblait presque obscène, sur ce visage fade, veule.\u2014 Tout de suite, l\u2019ami ! Un rond de jambe, un rond de bras armé de la serviette, et Jim Renez a disparu dans une pièce voisine.Alors, comme par enchantement, les habitués affluent vers l\u2019étranger.Ils sont tous là, ceux qui n\u2019ont pas osé affronter la grande vie d\u2019aventures, les ratés qui n\u2019ont pas su vaincre ou qui, étant partis, un beau jour, vers les solitudes glacées du Klondyke, sont revenus harassés, mourant de froid et de faim, et sans autres bagages que quelques maigres pépites qu\u2019ils ont bues, en huit jours, à la taverne de Jim.Il leur reste au cœur un grand vide, un grand regret et peut-être de l\u2019amertume aussi.Mais, chaque soir, ils viennent là, pour voir .Pour voir, la gorge serrée ceux qui reviennent après un fructueux stage, pour voir aussi, avec au fond de l\u2019âme une lueur mauvaise de joie secrète, ceux qui, comme eux, échouent là avec désespoir.C\u2019est d\u2019abord Manuel Ricardo, un Portugais au visage ravagé, aux yeux de braise luisant au creux d\u2019orbites bistrées.Il est le beau parleur du groupe, celui qui s\u2019exprime avec volubilité et aisance.\u2014 Salut, camarade, dit-il familièrement à l\u2019étranger.Tu reviens de là-haut ?Tu es content ?\u2014 Non, dit l\u2019homme laconiquement.Et, comme deux ou trois autres compagnons s\u2019avancent vers sa table, avec des airs interrogatifs, il ajoute avec un sourire qui avorte sur son visage énigmatique.\u2014 De bien plus loin que cela ! Une seconde, malgré sa faconde, Manuel Ricardo reste interloqué.\u2014 Oh ! fait-il d\u2019un air de doute.Et, comme l\u2019homme ne semble pas disposé à parler, comme il s\u2019est mis à manger avec voracité ce que Jim Renez a mis devant lui, Manuel interroge : \u2014 A-t-on idée, aussi, de trimballer un instrument pareil avec soi?Qu\u2019est-ce que c\u2019est que cela, un violon?Manuel Ricardo s\u2019est penché pour soulever la boîte, mais, à sa grande surprise, l\u2019homme a eu un rapide mouvement pour la protéger : \u2014 Laisse cela, dit-il durement, ce n\u2019est pas un violon, d\u2019abord, c\u2019est un alto.Et il range la boîte entre ses jambes.Le sang lui est soudain monté à la tête.Ses yeux se sont injectés de petites veines rougeâtres.Manuel Ricarlo fait une grimace derrière son dos ; puis il décoche un clin d\u2019œil à Jim, éclatant d\u2019un grand rire faux : \u2014 T\u2019en fais pas, mon vieux, on n\u2019y touchera pas à ta boîte ! gouaille-t-il d\u2019un air entendu.Puis il change la conversation.D\u2019ailleurs, l\u2019homme se presse, visiblement.Il a hâte de partir.Cependant, dehors, le vent s\u2019est élevé brusquement.Un grand souffle rugit dans la cheminée, et la porte ouverte soudain par Jean Bayard, un Français, laisse entrevoir une seconde la bourrasque terrible qui sévit dehors.\u2014 Beau temps! ironise Manuel.Bonsoir, camarade, bonne nuit ! ! Et il entraîne la bande vers Bayard, un grand maigre, à figure chevaline, éternellement fendue d\u2019un large sourire canaille.Jean Bayard est le chef du groupe.Débrouillard, peu scrupuleux, il a maintes affaires douteuses à son actif.Manuel Ricardo est son âme damnée, son second, insinuant, glissant comme une couleuvre.D\u2019un regard rapide, il a fait signe à Bayard.Et maintenant sa voix murmure pour lui seul : \u2014 Tu vois, le nouveau, là-bas, eh bien ! mon vieux, il vient de là-haut sûrement.Il prétend le contraire, mais je l\u2019ai flairé.Il a une boîte à violon, tu vois ! Pas bête, le truc, hein ! mais un peu voyant, tout de même, surtout qu\u2019il en verdit si l\u2019on y touche.Jean Bayard n\u2019a pas cillé.Il a fait : \u2014 Bien ! simplement.Puis il a ajouté, entre ses dents : \u2014 Va m\u2019attendre au Whisky Bar, à côté.A la table, l\u2019homme, maintenant, courbe la tête.Sa fatigue est intense, visiblement, et il fait ce qu\u2019il peut pour résister au sommeil qui, de force, lui clôt les paupières.En titubant un peu, il se dirige vers la porte, l\u2019ouvre, frissonne, et vient vers Jim : \u2014 Tu as un coin pour moi, cette nuit ?Jim s\u2019empresse : \u2014 Oui, là-haut, une petite chambre avec un lit, pas un palace, sûr ! Mais, enfin .L\u2019homme a incliné la tête : \u2014 C\u2019est bon ! dit-il, je la prends, donne-moi la clef.Je vais monter.Jim Renez est allé décrocher une grosse clef rouillée, puis il donne un bougeoir à l\u2019étranger : \u2014 Bonne nuit ! La salle s\u2019est vidée peu à peu.Bayard et Manuel ont disparu.Seul le patron se chauffe auprès du poêle, en compagnie d\u2019un homme à la longue barbe grise et qui fume la pipe .L\u2019homme a pris sa boîte à violon et il est monté par le petit escalier branlant.Jim Renez suit d\u2019un œil torve le tremblotement de la lumière, puis il regarde la porte.Il sait qu\u2019elle va s\u2019ouvrir .Elle s\u2019ouvre .Manuel et Bayard rentrent doucement.Jim Renez connaît son public ! Il a un sourire diabolique et fait un signe, sans parler.Les quatre hommes, maintenant, sont assis coude à coude, près du poêle.\u2014 Alors ?souffle Jim.Bayard hausse les épaules : \u2014 J\u2019ai mon idée.Restez là, tous, et laissez-moi faire .Manuel Ricardo a un regard méfiant : \u2014 Mais, commence-t-il, en se grattant le menton, comment saurons-nous ?Jean Bayard a un geste péremptoire.Sa main lourdement s\u2019abat sur l\u2019épaule de Manuel, et il gouaille : -As-tu une idée?Non! Alors, si tu veux la risquer, ta peau, vas-y, ne te gêne pas.Moi, je suis bien ià ! Jean Bayard s\u2019est Calé les deux pieds sur le rebord du poêle, et il attend, une lueur mauvaise fulgurant aans ses yeux gris.Manuel, mal convaincu, fronce le sourcil.Visiblement, dans son cerveau obtus, il cherche à deviner\t[ Lire la suite page 20 ] J Le Samedi, Montréal, 7 avril 1945 9 Dans le Monde Sportif N.*' C'EST UNE RUDE ECOLE ! Nous voulons aujourd\u2019hui calmer les inquiétudes que nous ont confiées quelques-uns de nos jeunes correspondants.Les uns désespèrent de ne pas voir couronner, dans un temps relativement long, leurs efforts et leur persévérance.D\u2019autres, d\u2019après des débuts étincelants, se voient tout à coup arrêtés dans leur progression et se trouvent en butte à des difficultés qu\u2019ils n\u2019avaient pas encore connues et qu\u2019ils croyaient être réservées à leurs seuls camarades.Aux uns comme aux autres, nous répondrons : patience.Le baseball, outre qu\u2019il est un sport merveilleux, est un métier.Or, un métier s\u2019apprend.C\u2019est ce que les propriétaires du club Montréal viennent de comprendre, en emmenant au camp d\u2019entraînement quelques-uns de nos jeunes joueurs prometteurs.Un peu tardivement, ajouterons-nous.On n\u2019a peut-être pas choisi les meilleurs, mais le premier pas est fait.Le reste viendra par surcroît.Avec plusieurs années de travail et de patience, on peut devenir un bon joueur.Il est normal que les débuts soient ingrats, la constatation des progrès réalisés petit à petit n\u2019en sera que plus réconfortante.Nous savons bien qu\u2019actuelle-ment, en sports comme dans les autres branches de l\u2019activité humaine, nous vivons une époque où l\u2019on aspire à des réalisations, sinon immédiates, du moins très prochaines.En baseball et en hockey, il n\u2019y faut pas compter.Les choses doivent suivre leur progression rationnelle.Ce serait rendre un mauvais service à un débutant que de lui laisser normalement caresser des espoirs qui ne se réaliseront probablement pas.Maintenant, il se présente parfois un autre cas.Nous avons vu des sujets, particulièrement bien doués au point de vue réflexes, chiper en quelques mois les rudiments essentiels du baseball et du hockey, bref se débrouiller convenablement en un laps de temps relativement court.Puis, un beau jour, arrêt brutal, ça ne gaze plus, notre gaillard qui ne faisait pas d\u2019embardées, ne peut plus frapper, ne peut plus marquer de buts.Il reçoit son bâton dans les narines, comme on dit.Il attaque en sifflets, c\u2019est un véritable désespoir.Nous avons tous connu cela.Il n\u2019y a pas lieu de se décourager.C\u2019est une période de transition inévitable qu\u2019il va falloir traverser.Seulement, pendant cette période, les instructeurs, les gérants et les jeunes athlètes devront redoubler d\u2019attention, sans quoi nos sujets risqueront d\u2019attraper des défauts indéracinables.De la patience, encore une fois, de l\u2019appréciation, du cran, du courage, de la détermination, une bonne vie aussi, et les progrès un instant arrêtés reprendront leur ascension pour ne plus s\u2019arrêter.Mais, nous le répétons, le baseball et le hockey sont une rude école de discipline, où ne peuvent percer que les athlètes ayant la foi, de la suite dans les idées et du courage en abondance.LES ORIGINES DU PATINAGE On a souvent parlé des origines du hockey auquel trois villes revendiquent l\u2019honneur d\u2019avoir donné le jour: Kingston, Halifax et Montréal.Il nous paraît nécessaire, pour satisfaire un bon nombre de nos correspondants, de parler un peu du patinage et du ski.Au cas où nous serions tentés de l\u2019oublier, nous rappelons que ces deux sports populaires ont droit au titre d\u2019ancêtres.Les enfants des temps les plus reculés s\u2019étaient certainement aperçus des Mlle Evelyn Chartrand, employée de l'une de nos usines de guerre, se tient en excellente condition physique à serrer avec application et prudence des oeillets d'obus de 500 livres, destinés à l'ennemi.Dans ses moments de loisir, en été particulièrement, elle joue au tennis et pratique le sport vivifiant de la marche, nous dlt-on.Photo O.N.F.CHOSES ET AUTRES ¦ Paul Calvert, lanceur des Indiens de Cleveland, est déjà en excellente condition physique, au camp d\u2019entraînement de Lafayette, Indiana, grâce aux exercices de.culture physique, pris à la Palestre Nationale de Montréal, pendant deux ou trois mois, cet hiver.Le gérant Lou Boudreau espère en faire l\u2019un de ses lanceurs réguliers, si l\u2019épaule du grand Paul ne vient pas le handicaper, car on se souviendra que ce sympathique athlète a eu \u201ctoutes les misères du monde\u201d à se débarrasser de maux de bras, qui ont retardé une brillante tenue sur le monticule du baseball majeur.¦ Réponses à M.A.Morrissette, Montréal : 1° Le record mondial pour le nombre de comptes pris au parquet par un boxeur, au cours d\u2019un seul combat, appartient au pugiliste américain, Kid Hulse, de Highland Lake, N.-Y.Son adversaire, Big Boone Schultz, l\u2019envoya au plancher 28 fois en 4 rondes, dans l\u2019arène de Liberty, N.-Y., le 4 septembre 1929.2° Il vaut mieux que nous n\u2019ayons plus de courses de Six Jours en bicycles.Un peu partout, plusieurs cyclistes absorbent des drogues, des stupéfiants dommageables à la santé.C\u2019est presque élevé à la hauteur d\u2019une institution.Le dernier soir surtout, le chef soigneur décide du nombre de pilules \u2014 ce ne sont pas des vitamines A ou B \u2014 que tel ou tel \u201cécureuil\u201d doit avaler, selon les efforts que l\u2019on entend demander aux athlètes et les désirs du promoteur, quant à la modification du classement.Par Oscar Major T curieuses et amusantes glissades qui s\u2019effectuaient sur la glace.Il est à présumer qu\u2019ils ne se privaient pas de ces ébats naturels et vivifiants.Il est certain que, depuis les temps les plus reculés, l'homme a patiné \u2014 peut-être involontairement.Mais à quelle époque a-t-il commencé à utiliser les patins ?Des fouilles pratiquées dans les pays nordiques ont permis de ramener à la lumière des patins en os qui furent façonnés grossièrement, dix siècles avant l\u2019ère chrétienne.L\u2019histoire précise du patin ne commence vraiment qu\u2019avec les Islandais, où l\u2019on a retrouvé les premières traces.Ces habitants, n\u2019ayant comme ressources que le produit de la chasse et de la pêche, furent amenés, de bonne heure, à imaginer des moyens de transport appropriés à la neige et à la glace recouvrant leur contrée durant la majeure partie de l\u2019année.Ces moyens de locomotion, engendrés par la nécessité, furent le traîneau, le ski et le patin.Le patin fut taillé primitivement dans des mâchoires ou des tibias d\u2019animaux, rennes, chevaux ou bœufs.Il consistait en un os taillé et poli, troué à ses deux extrémités pour laisser passer les courroies servant à le fixer à la chaussure.La première mention de ce patin nous est faite, en 1174, par un chroniqueur anglais, Fitz Stephen.Deux siècles après en Hollande, le patin en os se transforma en patin de fer, se composant d\u2019une lame étroite recourbée à sa partie antérieure, enchâssée dans une semelle de bois qu\u2019on fixait à la chaussure à l\u2019aide de courroies.Les premiers patins mis en usage de façon régulière le furent par les Hollandais, en 1572, lors d\u2019une guerre contre l\u2019Espagne.La flotte hollandaise prise dans les glaces, les soldats se sauvèrent en vitesse sur patins pour dérouter les Espagnols.Il fallut attendre l\u2019intervention de l\u2019esprit sportif anglais pour sortir le patinage de sa médiocrité.Ce sport fit son apparition, au Canada, au début du dix-septième siècle, sous Champlain, gouverneur du Canada et fondateur de Québec, qui vécut de 1567 à 1635.En 1865, les patins du Canada et des Etats-Unis provoquèrent une véritable révolution dans l\u2019art si gracieux d\u2019évoluer sur la glace.Et, depuis, nous n\u2019avons fait que moderniser et perfectionner les patins. 10 Une jeune femme portant une toilette fort élégante \u2022ortit de l'appartement.Etait-ce Eisa ?L\u2019Appartement Récit policier par Agatha Christie Dans les comptes rendus que j\u2019ai publiés jusqu\u2019à ce jour sur les enquêtes de Poirot, les recherches de mon ami ont toujours eu comme point de départ un fait essentiel \u2014 vol ou meurtre \u2014 pour aboutir ultérieurement, par une succession de déductions logiques ,à une éclatante démonstration du problème posé.En ce qui concerne l\u2019affaire que je me propose de relater aujourd\u2019hui, ce furent, au contraire, des incidents d\u2019une grande banalité apparente qui attirèrent d\u2019abord l\u2019attention de Poirot et l\u2019amenèrent par la suite, grâce à un surprenant enchaînement de circonstances, à la découverte des tragiques événe-mens qui devaient clôturer cette singulière histoire.J\u2019avais passé la soirée avec un vieil ami à moi appelé Gerald Parker.Il y avait là, indépendamment de moi, une demi-douzaine d\u2019autres invités peut-être, et la conversation était tombée, comme cela se produirait inévitablement tôt ou tard quand on se rencontrait avec Parker, sur la difficulté qu\u2019il y avait à trouver un appartement à Londres.Pendant un certain temps, nous écoutâmes Parker avec tout le respect que témoignent les novices aux personnes expérimentées.Puis ce fut notre tour, et alors tout le monde se mit à parler à la fois.Finalement, c\u2019est à Mme Robinson \u2014 une toute blonde jeune mariée charmante qui était là avec son mari \u2014 que fut dévolu l\u2019honneur de citer son cas.Je dois dire que c\u2019était la première fois que je faisais la connaissance de ce couple, car Robinson n\u2019était entré en relations avec Parker que depuis fort peu de temps.\u2014 A propos, monsieur Parker, s\u2019écria-t-elle, savez-vous que nous avons eu une veine inouïe ?Nous venons enfin de trouver un appartement !.Dans Montagu Mansions.\u2014 C\u2019est fort possible, reconnut Parker.Des appartements, il y en a, je l\u2019ai toujours dit.Seulement il faut y mettre le prix ! \u2014 Oui, mais c\u2019est que, justement, nous n\u2019avons pas été obligés d\u2019y mettre le prix.C\u2019est pour rien : quatre-vingts livres par an ! \u2014 Pardon.pardon, mais Montagu Mansions, c\u2019est à côté de Knightsbridge, n\u2019est-ce pas ?Un très bel immeuble de vastes proportions.Vous ne voulez pas parler, j\u2019imagine, d\u2019une quelconque baraque de la périphérie que l\u2019on aurait affublé du même nom ?\u2014 Non, non, il s\u2019agit bien de celui qui est auprès de Knightsbridge.Et c\u2019est justement cela qui est épatant ! \u2014 Epatant est le mot ! On pourrait même dire que cela tient du prodige.Mais il y a sûrement quelque chose que vous ne dites pas.Vous avez payé cm gros pas de porte, sans doute ?\u2014 Non.Aucun pas de porte! \u2014 Aucun pas de .Oh ! alors, soutenez-moi., soutenez-moi, je vous en prie, gémit Parker.\u2014 Seulement, il faut que nous rachetions les meubles, continua Mme Robinson.\u2014 Ah ! s\u2019exclama triomphalement Parker, subitement regaillardi.Je vous le disais bien que vous cachiez quelque chose ! \u2014 Pour cinquante livres.Et de fort beaux meubles, ma foi ! \u2014 Alors, pour le coup, je donne ma langue aux chats, dit Parker.Véritablement, il faut que vous ayez affaire à des détraqués dont l\u2019idée fixe soit la philanthropie.La physionomie de la jeune Mme Robinson devint subitement soucieuse.De petits plis verticaux s\u2019accusèrent dans l\u2019intervalle de ses sourcils.\u2014 Il est de fait que ce n\u2019est pas normal, n'est-ce pas ?Vous .vous ne pensez pas qu\u2019il s\u2019agisse d\u2019une maison hantée ?\u2014 J\u2019ai entendu parler de maisons hantées, mais jamais d\u2019appartements hantés, trancha Parker d\u2019un ton catégorique.\u2014 Ah ! fit Mme Robinson, peu convaincue.En tout cas, je dois avouer qu\u2019il y a plusieurs choses qui m\u2019ont paru plutôt bizarres.\u2014 Quelles choses?insistai-je avec curiosité.\u2014 Ah ! ah ! s\u2019écria Parker.Voilà notre expert en matières criminelles qui commence à dresser l\u2019oreille ! Confessez-lui tout, chère petite Madame.Hastings n\u2019a pas son pareil pour dissiper les mystères.Un peu embarrassé, mais pas trop mécontent malgré tout du rôle qu\u2019il m\u2019assignait, je me mis à rire.\u2014 Oh! capitaine, dit-elle, j\u2019exagère peut-être en employant le terme « bizarre ».Seulement, lorsque nous sommes allés trouver les agents de location, Stosser et Paul, tout ce qu\u2019ils ont eu à nous offrir, ça été des appartements de quatre à cinq cents livres ou alors avec d\u2019énormes pas de porte, et puis, juste au moment où nous nous apprêtions à nous retirer, ils nous ont annoncé qu\u2019ils en avaient un à quatre-vingts, mais en ajoutant que nous perdrions peut-être notre temps en allant le visiter attendu qu\u2019il était inscrit sur leurs livres depuis un certain temps déjà et qu\u2019ils avaient donné l\u2019adresse à tellement de personnes qu\u2019il devait certainement être loué déjà, mais que, comme toujours, ceux qui l\u2019avaient pris avaient négligé de les en avertir.Mme Robinson, qui avait dit cela tout d\u2019une traite, s\u2019arrêta un instant pour reprendre souffle, puis poursuivit : \u2014 Malgré le peu d\u2019espoir que l\u2019on nous donnait, nous avons insisté pour avoir l\u2019adresse, et nous avons pris tout de suite un taxi pour nous y faire conduire.Après tout, n'est-ce pas, on ne sait jamais.L\u2019appartement No 4, celui qu'on nous avait indiqué, se trouvait au second, et pendant que nous attendions l\u2019ascenseur, Elsie Ferguson (c\u2019est une de mes amies, capitaine, et elle aussi est à la recherche d\u2019un appartement), Elsie Ferguson, qui descendait l\u2019escalier, est passée presque en courant et m\u2019a crié : « Pour une fois, ma chérie, je suis arrivée avant toi.Mais je me suis dérangée pour rien.C est déjà loue ».Après cela, naturellement, l\u2019affaire semblait réglée .Seulement.enfin, comme John m\u2019en a fait la réflexion, le prix était très abordable, nous étions même en mesure d\u2019en offrir davantage, et peut-être en proposant de Le Samedi, Montréal, 7 avril 1945 11 payer un pas de porte .Oh ! je sais bien, ce n\u2019était pas très chic de notre part, évidemment, et j\u2019ai un peu honte de vous avouer cela, mais vous savez ce que c\u2019est quand on cherche et qu'on ne trouve pas.\u2014 Bref, reprit Mme Robinson, nous montâmes voir à notre tour, et vous me croirez si vous voulez, mais l\u2019appartement n\u2019était pas loué du tout.Une femme de chambre nous fit visiter, puis nous demandâmes à voir sa maîtresse et l\u2019affaire fut conclue sur le champ.Nous pouvions entrer en possession tout de suite à la condition de verser cinquante livres comptant pour les meubles.Le lendemain même, le contrat était signé, et dès demain nous emménageons ! conclut victorieusement la jeune femme .L\u2019histoire m\u2019ayant paru assez amusante, je m\u2019empressai de la raconter à Poirot le lendemain matin en la lui présentant sous la forme d\u2019une devinette.Il m\u2019écouta avec intérêt, puis quémanda des renseignements détaillés sur le prix des loyers dans les différents quartiers de la capitale.\u2014 C\u2019est assez curieux, en effet, conclut-il d\u2019un air songeur.Mais excusez-moi, Hastings, il faut que j\u2019aille faire un petit tour.Lorsqu\u2019il rentra, au bout d\u2019une heure environ, une animation insolite se lisait dans ses yeux, mais il ne m\u2019adressa la parole qu\u2019après avoir posé sa canne sur la table et brossé son chapeau avec le soin méticuleux qu\u2019il avait l\u2019habitude d\u2019y apporter.\u2014 C\u2019est une véritable chance, mon ami, que nous n\u2019ayons pas d\u2019affaires importantes sur les bras en ce moment.Cela va nous permettre de prêter toute l\u2019attention désirable à la question pendante.\u2014 De quelle question voulez-vous donc parler?\u2014 Celle du prix dérisoire auquel votre amie, Mme Robinson, a trouvé son nouvel appartement.\u2014 Vous plaisantez, Poirot?\u2014 Pas le moins du monde, mon ami.Figurez-vous que le prix réel des appartements dont il s\u2019agit est de trois cent cinquante livres.Je viens de l\u2019apprendre de la bouche même du gérant.Et voilà un appartement que l\u2019on sous-loue maintenant à raison de quatre-vingts livres par an ! Pour quelle raison ?\u2014 Probablement parce qu\u2019il comporte certains inconvénients fâcheux.Qui sait ?Il est peut-être hanté, comme disait Mme Robinson.\u2014 Venez avec moi! Nous allons nous rendre à Montagu Mansions, afin de prendre quelques renseignements.Je l\u2019accompagnai à contre-coeur.Montagu Mansions était un fort bel immeuble dans un état d\u2019entretien parfait.Un majestueux portier en uniforme se chauffait au soleil sur le seuil de la porte.Ce fut à lui que Poirot s\u2019adressa.\u2014 Excusez-moi, dit-il; est-ce qu\u2019il n\u2019y a pas ici des locataires du nom de M.et Mme Robinson ?LE MONTE-CHARGE I e portier, qui devait être peu loquace et d\u2019un natu-I rel soupçonneux ou maussade, se détourna à peine |_ et se contenta de grommeler : \u2014 Numéro quatre.Au deuxième.__Merci.Pourriez-vous me dire depuis combien de temps ils habitent ici ! \u2014 Six mois.Je sursautai, surpris en même temps par le malicieux sourire qui venait d\u2019apparaître sur la figure de Poirot.\u2014 Impossible, m'écriai-je.Vous vous trompez certainement.\u2014 Six mois.Et, nous tournant le dos avec indifférence, il se retira lentement dans le vestibule.Je demandai à Poirot ce qu\u2019il avait l\u2019intention de faire et où il m\u2019emmenait.\u2014 Chez le gérant, mon cher Hastings.J\u2019ai un vif désir de louer un appartement dans Montagu Mansions, car, si je ne m\u2019abuse, il va s\u2019y passer des choses intéressantes avant peu.La chance nous favorisa.L'appartement No 8, au quatrième, était à louer, tout meublé, à raison de dix guinées par semaine.Poirot s\u2019empressa de le retenir pour un mois.Comme je protestais en ressortant avec lui, il m\u2019arrêta d\u2019un geste.\u2014 Une folie?Mais non.Je gagne largement ma vie à présent ! Alors, pourquoi me refuserais-je une fantaisie ?A propos, Hastings, possédez-vous un revolver ?\u2014 Oui, mais il faudra que je le cherche; je ne sais plus trop ce que j\u2019en ai fait, lui répondis-je avec quelque émotion.Ah ça, croyez-vous un revolver ?\u2014 Oui, mais il faudra que je le cherche; je ne sais plus trop ce que j\u2019en ai fait, lui répondis-je avec quelque émotion.Ah ça, croyez-vous donc .\u2014 Que vous en aurez besoin ?C\u2019est fort possible.Ah, je vois que cela ne vous déplaît pas.spectaculaire et romanesque des choses a toujours eu de l\u2019attrait pour vous, n\u2019est-ce pas ?Le lendemain même, nous étions installés tous les deux dans notre logis temporaire, qui était d\u2019ailleurs meublé avec fort bon goût et qui occupait exactement la même situation que celui des Robinson, mais à deux étages au-dessus.Le lendemain de notre arrivée se trouva être un dimanche.Dans l\u2019après-midi, Poirot, qui avait laissé notre porte d\u2019entrée entr\u2019ouverte, m\u2019appela brusquement en entendant claquer celle d\u2019un locataire en dessous.\u2014 Regardez par-dessus la rampe de l\u2019escalier.Est-ce que ce sont vos amis ?.Surtout, qu\u2019ils ne vous voient pas.Je me penchai pour m\u2019en assurer.\u2014 Oui, oui, ce sont eux, répondis-je à voix basse.\u2014 Bon.Alors, attendez un peu.Environ une demi-heure après, une jeune femme portant une toilette fort élégante, mais criarde, sortit de l\u2019appartement, et Poirot, qui m\u2019avait rejoint, rentra sur la pointe des pieds avec une figure épanouie.\u2014 Parfait.Après le maître et la maîtresse, la domestique.A présent, la place est certainement libre.\u2014 Qu\u2019allons-nous faire ?m\u2019informai-je, un peu inquiet.Poirot avait couru à l\u2019arrière-cuisine et s\u2019évertuait à présent à tirer sur la corde du monte-charge.\u2014 Nous allons opérer une descente à la manière des poubelles, m\u2019expliqua-t-il d\u2019un ton enjoué.Personne ne s\u2019en apercevra.Le concert dominical, la promenade dominicale, et finalement le petit somme dominical après le traditionnel dîner avec rosbif de la vieille Angleterre.tout cela détournera fort à propos l\u2019attention des faits et gestes d\u2019Hercule Poirot.Venez, mon ami.Ce disant, il monta dans le grossier compartiment de bois où je le suivis, pas très rassuré.\u2014 Allons-nous nous introduire ainsi chez eux ?hasardai-je, de plus en plus inquiet.La réponse de Poirot ne fut guère consolante.\u2014 Non.c\u2019est-à-dire pas aujourd\u2019hui.Hâlant sur la corde, nous descendîmes lentement jusqu\u2019au deuxième.Poirot ne put retenir un cri de joie en s\u2019apercevant que le guichet de l\u2019arrière-cuisine était ouvert.\u2014 Vous avez remarqué qu\u2019on ne se donne jamais la peine de refermer ces guichets-là pendant la journée ?Et pourtant, n'importe qui pourrait monter ou descendre par ce chemin comme nous venons de Ballade des Etres Aimés II est des accents enflammés Que chantent les levers d'aurore Et les horizons embrasés, Alors que le couchant se dore ; Qui chantent sur un ton sonore Les deux, d\u2019étoiles parsemés.Mais ce qui chante mieux encore, C\u2019est la voix des êtres aimés.Il est des souffles embaumés Dont le doux parfum s\u2019évapore, Qui parlent de bois enchantés, De Vaubépine près d\u2019éclore.Il est des brises qu\u2019on adore Pour leurs chants purs et parfumés : Mais ce qu\u2019on aime mieux encore, C\u2019est la voix des êtres aimés.Dans les noirs moments alarmés, Alors que l\u2019ennui nous dévore ; Quand, les yeux de pleurs abîmés L\u2019on prie, l\u2019on supplie, l\u2019on implore Pour éloigner ce qu\u2019on abhorre : Ce qui ravit les yeux charmés Et qui console mieux encore, C\u2019est la voix des êtres aimés.ENVOI Quand l\u2019oiseau s\u2019envole, on déplore, On regrette ses chants rythmés.Ce qu\u2019on regrette plus encore, CT est la voix des êtres aimés.yu.iu .wuiiieton.|\tT>\"\u2019 le faire.La nuit, c\u2019est différent .oh ! pas toujours non plus, évidemment .Mais enfin, on ne sait jamais, et c\u2019est pourquoi nous allons prendre nos précautions.Tout en parlant, il avait tiré de sa poche quelques outils, et il se mit aussitôt et fort adroitement au travail afin d\u2019agencer le verrou de telle manière que l\u2019on pourrait désormais le repousser avec facilité de l\u2019extérieur.Cette opération ne lui demanda guère plus de trois minutes d\u2019ailleurs, et lorsqu\u2019il eut ramassé ses outils, nous remontâmes incontinents chez nous.* * * Le lundi, Poirot resta absent toute la journée, mais lorsqu\u2019il rentra le soir, il avait un air on ne peut plus satisfait.\u2014 Hastings, me dit-il en se laissant tomber dans son fauteuil, voulez-vous que je vous raconte une petite histoire ?Une histoire qui sera à votre goût et qui vous rappellera votre cinéma préféré ?\u2014 Allez-y, acquiesçai-je en riant.Mais j\u2019espère au moins que c\u2019est une histoire vraie et non de votre invention.\u2014 Oui, oui, elle est vraie, et du reste, l\u2019inspecteur Japp, de Scotland Yard, pourra vous en garantir l\u2019authenticité puisque c\u2019est de lui-même que je la tiens.Ecoutez plutôt, Hastings.Il y a environ six mois, des plans de la plus haute importance et concernant la défense navale des Etats-Unis furent dérobés dans les bureaux d\u2019un ministère américain.Ces plans donnaient des indications très précises sur l\u2019organisation stratégique de l\u2019un des plus grands ports, et n\u2019importe quel gouvernement étranger, Japon ou autre, serait prêt à verser une somme considérable à quiconque pourrait les lui cimmuniquer.Les soupçons se portèrent sur un jeune homme du nom de Luigi Val-darno, sujet italien, qui occupait un petit emploi dans ce ministère et qui disparut en même temps que les documents en question.Luigi Valdarno était-il ou non l\u2019auteur du vol ?On l\u2019ignore.Mais ce qu\u2019il y a de certain, c\u2019est qu\u2019on le retrouva deux jours après, avec une balle dans la tête, dans un bas quartier de New-York.Or, depuis quelque temps déjà, Luigi Valdarno fréquentait une petite chanteuse de café-concert, Eisa Hardt, qui venait de débuter sur la scène et qui demeurait chez son frère dans un appartement de Washington.On ne connaissait absolument rien sur les antécédents de cette Eisa Hardt qui disparut elle-même subitement à peu près vers la date où Valdarno fut assassiné, mais on a de sérieux motifs pour croire que c\u2019était en réalité une fort adroite espionne internationale qui, sous des aspects et des noms différents, avait accompli de nuisibles besognes.Le Service secret des Etats-Unis, tout en n\u2019épargnant aucun effort pour la pincer, tenait également à l\u2019oeil certains gentlemen japonais d\u2019innocente apparence qui séjournaient à Washington, car il avait 1a certitude quasi absolue qu\u2019Elsa Hardt entrerait en rapport avec eux dès qu\u2019elle cesserait de se sentir inquiétée.Or, l\u2019un d\u2019entre eux s\u2019est brusquement embarqué pour l\u2019Angleterre il y a quinze jours, ce qui laisse à penser qu\u2019Elsa Hardt avait pris le même chemin avant lui.Poirot fit une pause, puis ajouta entre haut et bas ; \u2014 Le signalement officiel d\u2019Eisa Hardt est le suivant : taille 1 m.60, yeux bleus, cheveux châtains, teint de blonde, nez droit, aucun signe particulier.\u2014 Mme Robinson! bégayai-je interdit.\u2014 Dame.cela pourrait se faire, hasarda Poirot.D\u2019autre part, j\u2019ai appris qu\u2019un homme au teint basané, qui est certainement étranger, est venu, ce matin même, demander à voir les occupants de l\u2019appartement No 4.Je crains donc fort, mon ami, que vous ne soyez contraint de renoncer à votre lit ce soir pour venir passer la nuit à veiller avec moi dans l\u2019appartement au-dessous .armé, bien entendu, de votre excellent revolver.\u2014 De grand cœur! m\u2019écriai-je avec enthousiasme.A quelle heure irons-nous ?\u2014 Minuit me paraît l\u2019instant le plus solennel et le mieux approprié, et j\u2019ai tout lieu de supposer qu\u2019il ne se passera rien avant.LA SOURICIERE A-\u2019\u2014\u2014\u2014 \u2019\t_ dans le monte-charge et nous nous lai= cendre au second.Manœuvrée p pertes de Poirot, la porte presque aussitôt à l\u2019intérim pénétrer dans Tapparterr .,\t.-i pain uniquement pour la cuisine dans la cuisi/voilà le Savon Woodbury .chaises apres avoi savon de beauté des Débutantes, 1 antichambre.,ait selon une célèbre formule scienti-\u2014 A pré- fique.Essayez-le \u2014 pour votre Idylle ! dit Poirot -\tP/& CERTIFICATS D'EPARGNES ET TIMBRES DE GUERRE FABRICATION CANADIENNE 12 Le Samedi, Montréal, 7 avril 1945 NOS MILITAIRES ào De gauche à droite, le soldat ROLAND BERGERON, le soldat ADRIEN DURAND et le soldat PIERRE COMBOT, tous trois en service actif dans l'armée canadienne.La Musique au service de la Guerre Dans une lettre qu\u2019il adressait dernièrement au Dépôt de Musique, le capitaine d\u2019une de nos corvettes écrivait ce qui suit : \u201cLa vie du marin en mer est faite de longues heures d\u2019attente, d\u2019inaction, où la pensée se porte tout naturellement vers les êtres chers laissés au pays.Occuper les loisirs de ces hommes qui ont fait de si grands sacrifices est l\u2019un des premiers devoirs d\u2019un capitaine.Je suis heureux de vous dire que, grâce aux instruments de musique que j\u2019ai reçus de vous, ma tâche a été grandement facilitée.Pendant leurs heures de repos mes hommes peuvent maintenant se distraire en chantant en chœur, en écoutant des airs qu\u2019ils aiment, interprétés par ceux de leurs camarades qui savent jouer, qui de la mandoline, qui du violon .etc.\u201d Le Dépôt de Musique a été organisé pour recueillir au Canada des instruments de musique qui seront distribués à nos combattants outre-mer.Le Dépôt vous prie de lui offrir les instruments de tout genre dont vous ne vous servez plus : phonographe, accordéon, guitare, radio, flûte, etc.On enverra chercher les instruments que vous voudrez bien offrir, et s\u2019ils ne sont pas en bon état, on les réparera avant de les distribuer.Le fonctionnement du Dépôt de Musique est assuré, à titre bénévole, par les membres de la Ligue de la Jeunesse Féminine, de concert avec le Conseil de Coordination des Services de Guerre de Montréal.Pour offrir les objets dont vous pouvez disposer, veuillez téléphoner à HArbour 7741, Le Dépôt de Musique, 376 ouest, rue Notre-Dame, Montréal.Le Ministère des Affaires des Anciens Combattants ¦ e ministère des Affaires des anciens combattants, récemment créé, administrera les projets de rétablissement du gouvernement fédéral et il aura besoin I à cette fin d\u2019un grand nombre de fonctionnaires.L\u2019honorable Ian MacKenzie, \u201c* a la direction de ce ministère, a récemment annoncé que ces fonctionnaires seront choisis parmi les anciens combattants.Le ministre a de plus laissé entendre que le gouvernement nommera des anciens combattants aux postes de commande, dès que ceux-ci seraient disponibles.Deux ex-combattants de cette guerre seront aussi nommés membres de la commission des Pensions.Au cours d\u2019une allocution qu\u2019il prononçait devant les administrateurs de districts, réunis à Ottawa en séances d\u2019études, le ministre a déclaré que les opinions des hommes et des femmes qui ont porté l\u2019uniforme au cours de cette guerre différaient de celles des anciens combattants de la dernière guerre.Il convenait donc que les hommes qui se sont battus aient le droit d\u2019exprimer leurs vues dans le programme de rétablissement, que i\u201c^i un cas est douteux,\u201d a-t-il précisé, \u201csongez-y et tâchez de le régler à la que c\u2019était ^combattant.Le Canada pourra toujours assumer les frais du réta-sance de ce coUpiPrélevé une somme d\u2019un milliard et demi au cours du 7e emprunt tions avec Parker que \u2018rouver l\u2019argent nécessaire aux projets de temps de paix.\u201d __A propos, monsieur Paiuns qui ont déjà été faites au sein du ministère.vous que nous avons eu une ved» Fusiliers Mont-Royal, qui a perdu un bras à nons enfin de trouver un app'.uerre durant un an, conseille les anciens com-Montagu Mansions.\u2014\tC\u2019est fort possible, reconnut Pai.blessé à Dieppe, est conseiller du minis-partements, il y en a, je l\u2019ai toujours dit .\u2019\u201cmobilisés.ment il faut y mettre le prix!\t\u201c¦\u2019\u2019t du sous-officier breveté \u201cRed\u201d \u2014\tOui, mais c\u2019est que, justement, nous nlV.de l\u2019\u201cuii|: _,\tartier
Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.
Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.