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Titre :
Le samedi
Éditeur :
  • Montréal :Société de publication du "Samedi",1889-1963
Contenu spécifique :
samedi 29 juillet 1944
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque semaine
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Le samedi, 1944-07, Collections de BAnQ.

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[" « taw Montréal, 29 juillet 1944 56e année, No 10 S-400 DIX CENTS feuilleton nouveau LA MEPRISE Par MARC MARIO Dessin LEROY LE SAMEDI dysidrose .il ne nous emmène plus marcher\" \"Il doit avoir la Ce qu\u2019est la dysidrose La dysidrose ou \u201cpied d\u2019athlète\u201d est une infection de la peau causée par des micro-organismes qui s\u2019alimentent de peau morte et de la sueur qui se produit entre les orteils.Il en résulte de l\u2019irritation, souvent suivie de crevasses douloureuses.Comment vous la contractez Les micro-organismes qui causent la dysidrose se transportent dans l\u2019air et la plupart des gens en ont sur les pieds à un moment ou l\u2019autre.Ils sont aussi présents sur les carpettes de salles de bain, dans les piscines de natation, sur les planchers et les couvre-planchers.Comme vous le voyez, il est à peu près impossible d\u2019éviter le danger de l\u2019infection.Comment savoir si vous l\u2019avez Avant de vous mettre au lit, examinez les espaces entre vos orteils.Ecartez ceux-ci avec soin.La peau est-elle humide, fendillée, sensible, enflammée?Eprouvez-vous de la démangeaison?De tels symptômes indiquent ordinairement que vous avez la dysidrose.Comment y remédier Inondez la peau fendillée entre les orteils avec de l\u2019Absorbine Jr.non diluée\u2014matin et soir.Protégez-vous contre le retour de l\u2019infection.Faites bouillir vos bas 15 minutes et désinfectez vos chaussures.Dans les cas avancés, en plus d\u2019employer l\u2019Absorbine Jr., consultez votre médecin.Ce que fait l\u2019Absorbine Jr.1.\tL\u2019Absorbine Jr.détruit, par contact, les micro-organismes qui causent la dysidrose.2.\tElle dissout les produits de la transpiration dont s\u2019alimentent les organismes de la dysidrose.3.\tElle assèche la peau entre les orteils.4.\tElle aide les tissus brisés à se cicatriser.5.\tElle apaise la démangeaison et la sensibilité.Aux pharmacies, $1.25 la bouteille.W.F.Young, Inc., Lyman House, Montréal Soulage aussi promptement les muscles sensibles, les pieds brûlants et fatigués et les brûlures du soleil.^hsorbiflSi CHOSES ET AUTRES LA VITAMINE \u201d C \" DANS LES FRUITS Les prochaines semaines apporteront sur nos marchés de la vitamine C sous sa forme la plus délicieuse.des fraises fraîches.Une portion moyenne donnera les trois-quarts de la qualité requise de vitamine C pour une journée.D autres fruits d\u2019été tels que framboises, cassis et cantaloups sont aussi d excellentes sources de cette vitamine qui, dit la Division d\u2019Hygiène alimentaire du ministère des Pensions et de la Santé Nationale, à Ottawa, est la vitamine la plus difficile a se procurer.De tous les approvisionnements de sels minéraux et de vitamines essentiels à la santé, ce sont ceux en vitamine C que les Canadiens doivent surveiller davantage.Ce fait fut mis à jour par un comité d\u2019experts en matière d\u2019alimentation du Canada, de l\u2019Angleterre et des Etats-Unis, après une étude des approvisionnements des aliments disponibles pour les civils dans ces trois pays.L\u2019Angleterre, malgré la grande rareté de fruits agrumes et de tomates, était mieux servie en vitamine C que le Canada et les Etats-Unis.Les pommes de terre, les légumes verts à feuilles et les légumes jaunes constituaient les deux groupes d'aliments fournissant aux Anglais 80 9c de la quantité de vitamine C qu\u2019ils reçoivent.Le rapport publié par le comité indique que l\u2019année dernière, les Anglais eurent une fois et demie autant de vitamine C provenant des pommes de terre, que les Canadiens, et neuf fois autant de la meme vitamine dans les légumes verts à feuilles et dans les légumes jaunes.T ET LA PATATE .L\u2019humble patate qu\u2019on avait, jusque-là traitée avec dédain, commença à jouir d\u2019une considération nouvelle, lorsqu\u2019il y a quelques années, on se rendit compte de sa richesse en vitamines et en minéraux.Cette considération ne fit que s\u2019accroître quand les femmes apprirent que ce légume méprisé n était nullement susceptible de développer chez elles de vilains bourrelets de graisse.La pomme de terre connut un renouveau de succès ce printemps, lorsqu\u2019une pénurie temporaire la rendit rare, et, par conséquent, précieuse.Selon les experts des services d\u2019hygiène alimentaire d\u2019Ottawa, c\u2019est surtout la façon de cuire les pommes de terre qui détermine leur apport en fer et en vitamine C.Ces spécialistes nous conseillent d\u2019observer quatre règles : Premièrement, garder les pommes de terre dans un endroit frais et sombre ; Deuxièmement, ne pas les peler ou gratter ; Troisièmement, employer aussi peu d\u2019eau que possible dans la cuisson ; Quatrièmement, les servir promptement dès qu\u2019elles sont cuites.En suivant ces simples conseils, vous économiserez du temps et des combustibles et vous préparerez des repas plus savoureux et plus nourrissants.T ENCORE LA ViTAMINE \" C \" Les roses sont parmi les plus beaux ornements de nos parterres.Qui n\u2019a jamais passé quelques instants à les contempler, à respirer leur odeur.Bien peu de personnes au Canada savent cependant que, la rose effeuillée, il se développe à la place une espèce de fruit que les Anglais appellent \u201crose hip\u201d et qu\u2019ils utilisent pour fabriquer un sirop délicieux, très riche en vitamine C.En 1943, cinq cents tonnes de ce fruit furent ramassées en Grande-Bretagne et converties en un sirop qu\u2019on donna aux bébés, au cours de l\u2019hiver, pour remplacer les oranges qui étaient presque introuvables.Nous sommes au temps où les roses sauvages fleurissent à profusion le long des routes et des bois, d\u2019un bout à l\u2019autre du pays.\u201cRemarquez bien où elles se trouvent\u201d, suggère le Dr L.B.Pett, directeur des Services d\u2019Hygiène alimentaire, à Ottawa, et, \u201cl\u2019automne venu, allez en cueillir le fruit que vous convertirez en confiture ou en sirop.Au cours de l\u2019hiver, alors que la vitamine C se fait rare, vous serez heureux de retrouver cette provision à portée de la main.T TRANSPORT EN G.-B.En Grande-Bretagne, sept mille trains par semaine transportent les ouvriers entre leur foyer et l\u2019usine de guerre.Les ouvriers d\u2019une seule usine font par semaine près d\u2019un quart de million de voyages dans plus de 400 trains.\u201cA mes yeux,\u201d dit un cheminot vétéran, \u201cl\u2019un des faits les plus intéressants de cette guerre est la façon dont les chemins de fer britanniques ont organisé le transport des civils et du flot toujours croissant des approvisionnements et du personnel de guerre.\u201d En l\u2019espace de trois semaines, 185,000 hommes, 20,000 véhicules et 220,000 tonnes de provisions ont été transportés par rail aux ports britanniques à destination de l\u2019Afrique du Nord.Il a fallu mobiliser, sur les voies ordinaires, 440 trains de fret spéciaux et 15,000 wagons.Le travail des chemins de fer au cours du blitz est à peine connu.Dans une petite ville anglaise, une cabine d\u2019aiguillage de 68 leviers fut démolie par un coup direct.Elle fut remplacée le lendemain par une cabine munie d\u2019un mécanisme à action solidarisée.Deux semaines après, tous les signaux privés et ceux de la voie principale fonctionnaient normalement à ce terminus où la circulation est intense.Les artisans de cet exploit dormaient dans des fourgons et mangeaient tout en travaillant.Lors des mêmes raids aériens de 1940-41, 160,000 personnes se réfugièrent dans les abris du \u201ctube\u201d et du métro de Londres.Des trains spéciaux apportaient tous les soirs onze tonnes de vivres dans ces profonds abris. 56e année, No 10 \u2014 29 juillet 1944 3 CARNET EDITORIAL LES PUBLICATIONS POIRIER, BESSETTE & CIE, LIMITEE Membres de PA.B.C., et de l'Association des Editeurs de Magazines du Canada Le Samedi La Revue Populaire Le Film 975, RUE DE BULLION MONTREAL \u2014 CANADA \u2022 Tel : PLateau 9638 * Président : FRED POIRIER Vice-prés.: GEO.POIRIER Surintendant: ALBERT PLEAU Rédacteur en chef : FERNAND DE VERNEUIL Chef de la publicité : CHARLES SAURIOL Directeur artistique : HECTOR BRAULT Chroniqueur sportif : OSCAR MAJOR Chef du tirage : ODILON RIENDEAU NOS REPRESENTANTS : WILFRID DAOUST 20, Onzième Avenue, Lachine (Ottawa, Hull, Sherbrooke, Drummondville, St-Hyacinthe, Sorel, Granby, Farnham, Saint-Jérôme, Joliette, etc., et les environs.) A Québec et Lévis : ADELARD PARE 6, rue du Pont, Québec e Aux Trois-Rivières et au Cap-de-la-Madeleine : PAUL LARIVIERE 1710, rue St-Philippe.Trois-Rivières Entered at the Post Office of St.Albans, Vt., as second class matter under Act of March 1879 e ABONNEMENT CANADA SEULEMENT Un an\t$3.50 Six mois\t2-00 \u2022 AU NUMERO : 10 cents \u2022 HEURES DE BUREAU : 9 h.a.m.à 5 h.p.m.du lundi au vendredi.\u2022 AVIS AUX ABONNES \u2014 Les abonnés changeant de localité sont priés de nous donner un avis de huit jours, l'empaquetage de nos sacs de malle commençant cinq jours avant leur expédition.LA PETITE EGLISE J\u2018Al souvenance d\u2018une petite église comme il ne s en voit guère aujourd'hui.C\u2018était une toute petite église de village ; un vrai village comme on n'en bâtit plus ; quelques douzaines de maisons coiffées de chapeaux pointus dont quelques-uns étaient un peu de travers mais tenaient bon tout de même contre le vent.C'était peuplé de braves gens sans ambition ni malice, surtout les très vieux.Plusieurs d'entre eux ne s'en étaient jamais assez éloignés pour le perdre de vue et ils croyaient peut-être que la terre finissait à leur horizon.Ils ne sen portaient pas plus mal pour cela, bien au contraire.On ignorait là l'électricité, donc tout le cortège de besoins nouveaux qu'elle a créés et les bons vieux se chauffaient au soleil en fumant leur pipe sous les mêmes arbres où ils avaient joué, trois-quarts de siècle auparavant en se roulant dans la poussière.Le petit village n'avançait pas dans le progrès, bien sûr ; il restait^ stationnaire dans le calme et chacun trouvait que c était mieux ainsi.On ne pensait guère à une cathédrale en voyant la petite église, ou bien c'était comme on peut penser à l'aigle en regardant son œuf ; la majesté du grand est en puissance dans le petit quand tous deux sont de la même lignée.Elle datait de loin, la petite église ; on y avait baptisé les plus vieux du village et les grands-pères de leurs grands-pères ; d'autres encore avant eux ; elle avait vu passer bien des hommes et des événements.La voix de sa cloche unique avait été familière à tous ces gens-là, c'était une sorte de lien sensible avec le passé.A force de s'être mêlée à toute la vie du village depuis très longtemps, la cloche de la petite église avait fini par avoir quelque chose qui ressemblait à une âme.Il y avait, dans ce temple campagnard, des bancs de chêne admirablement durcis et brunis par les années ; tant de générations y avaient passé qu'ils étaient polis au point que le moindre rayon de soleil s'y étalait en nappes resplendissantes.Un antiquaire les eût couvés d'un regard d'envie.Il se fit un jour une sorte de bilan de la fortune immobilière de tout le pays et la petite église fut expertisée pour estimation comme tous les autres édifices ; expertise pour la forme, comme beaucoup de choses administratives mais qui fut tout de même la cause d'une courte discussion entre les experts ; les uns lui attribuèrent une valeur assez élevée à cause de son ancienneté, les autres ne virent en elle qu'une construction vieillotte, démodée, sans intérêt, donc insuffisante pour être l'expression d'un capital de quelque importance.Ces gens-là étaient tous des ânes ; les petites églises qui sont debout depuis des siècles ont tant de valeur qu'elles n'ont pas de prix.Les gens de la haute finance ne savent pas se pencher suffisamment pour apercevoir ces subtilités-là.Le curé de la petite église était toujours un très jeune ou un très vieux ; on la confiait aux jeunes pour commencer doucement leur expérience de la vie paroissiale et l'on y envoyait les vieux pour y terminer leur carrière dans un repos relatif.Chose remarquable, les vieux duraient là beaucoup plus longtemps que les jeunes, comme si la petite église leur livrait un peu de son secret de permanence.On bâtissait solidement autrefois ; on y mettait le temps mais c'était de l'ouvrage bien fait.Les murs de la petite église, élevés d'aplomb sur de bonnes fondations en étaient la preuve ; la pierre, devenue grise au dehors, était restée saine en dedans, sans la moindre fissure et la charpente du toit était faite de poutres énormes, en chêne qui avait durci avec le temps et semblait ne devoir jamais connaître la décrépitude des matériaux.Il y a de belles charpentes modernes, en métal, qui ne dureront jamais aussi longtemps que les vieilles charpentes des petites églises.Cette charpente, enchevêtrée comme à plaisir, avec des coins d'obscurité pleins de mystère, avait un attrait puissant sur l'imagination des jeunes garçons, surtout celle des collégiens en vacances ; on ne voit pas de ces choses-là dans les grandes villes, ou bien s il en existe, elles ne sont pas à la disposition des jeunes explorateurs en herbe.Je suis sorti plus d'une fois de ce sombre dédale plein de poussière et de toiles d'araignées mais plus heureux qu un roi.Ils n'ont, en effet, jamais connu, ces rois, l'immense plaisir, doublé parfois d'un petit frisson de crainte indéfinissable, qu'on éprouve à parcourir un clocher trois ou quatre fois centenaire et ses annexes qui se prolongent de tous côtés dans un demi jour blafard.Cela crée des impressions qui ne s'effacent plus.De telles explorations n'étaient cependant pas toujours possibles ; il fallait, pour cela, que le sonneur eût oublié de fermer la porte du clocher mais, heureusement, cela lui arrivait quelquefois ; alors on en profitait.Il aurait pu arriver que, se rappelant son oubli, le sonneur fût revenu sur ses pas pour fermer la porte mais, de mémoire de jeune explorateur de clocher et de vieilles charpentes, la chose n'est jamais arrivée.Il y a vraiment une destinée favorable aux audacieux ; à moins, toutefois, que le sonneur ne se souvint d'avoir été jeune autrefois, lui aussi et qu'il n'ait pas voulu jouer de vilain tour aux grimpeurs qu'il avait fort bien vus.C'est ainsi qu il flotte toujours un peu de mystère sur les choses du passé.On s'attache aux constructions comme aux personnes ; l'habitude de les voir leur donne une physionomie que ne connaît pas le simple passant ; la petite église était regardée comme la bonne vieille grand-mère de tout le village.Elle tenait peu de place et ne menait pas grand bruit mais elle faisait, à titre indispensable, partie de la vie de chacun.Et puis, il y avait cette sorte d'auréole d'immortalité qui la parait.Parmi les vivants, personne ne l'avait vu naître, personne ne la verrait mourir, il est des disparitions qui semblent impossibles.Ce sont de telles pensées qui font le bonheur d'un petit village ou d'un grand peuple.Sans doute rien n'est fixé à demeure ici-bas et les gens mouraient dans le petit village comme partout ailleurs mais les traditions et l'esprit restaient les mêmes ; les générations passaient comme passent les moissons sans cesse remplacées par les suivantes et gardant toujours le même aspect au champ.La petite rivière qui coule doucement est toujours la même, la colline n'a pas changé d'aspect et le soleil qu'on dit pourtant bien vieux a toujours le même éclat.Comment voulez-vous, dans ces conditions, que la manière de penser et de vivre d'un petit village puisse changer, surtout quand il oppose une certaine force d'inertie, la plus forte de toute, à la pénétration des idées extérieures et qu'il est favorisé dans cette résistance par une situation géographique bienveillante ?Vous comprenez mieux maintenant pourquoi les villageois avaient la certitude que leur petite église devait durer toujours.Mais il existait, de par le monde, d'autres hommes se souciant fort peu des idées des autres et moins encore des petites églises ; dans un but de conquête et de rapine ils détruisirent tout cela.Ils rasèrent la petite église sous le feu de leurs canons et envoyèrent à la fonderie la cloche qui avait une âme.Il y eut, sans doute heureusement pour eux, beaucoup de bons vieux qui furent tués et ne virent pas cela.Je revois encore la petite église multicentenaire, sa puissante charpente aux coins de mystérieuse obscurité et ses bancs de vieux chêne miroitant sous le soleil ;; j'entends encore le son clair et chantant de sa cloche et je revois aussi la silhouette du vieux sonneur qui oubliait parfois de fermer la porte du clocher.Mais ce n'est plus que dans un lointain et très doux souvenir. LA CHUTE DE LA BÈTE La légendre sacrée nous apprend qu\u2019une formidable lutte bouleversera le royaume céleste en des temps qui précédèrent de loin l\u2019apparition de l\u2019homme sur la terre.Lutte d\u2019une violence extrême entre des intelligences supérieures, celles du Bien et celles du Mal.Combien de temps dura-t-elle ?quelles en furent les péripéties ?autant de questions sans réponses précises parce qu\u2019elles sont trop en dehors du cadre de la vie des hommes pour être traitées selon leurs méthodes.Nous ne pouvons que laisser l\u2019imagination s\u2019élancer dans des profondeurs du Temps et de l\u2019Espace, au sein des mystérieux abîmes où la vie universelle prend sa source et, si elle peut vaincre le vertige de l\u2019âme qui la saisira, elle se penchera sur le gouffre du néant.C\u2019est dans ce gouffre qu\u2019ont été culbutées les légions orgueilleuses des anges rebelles ayant à leur tête le plus brillant d\u2019entre eux, Lucifer.La pensée revient de cette hallucinante évocation avec des visions d\u2019horreur grandiose ; elle se retrouve sur une terre perdue comme un grain de poussière parmi des milliards d\u2019autres astres accomplissant leur destinée depuis des millions de siècles, ce qui n\u2019est même pas une seconde d\u2019éternité ; et sur cette terre elle reconnaît le reflet pâle mais fixé en permanence de la terrible lutte des temps cosmiques.Lutte cette fois, mesurable à la taille des hommes qu\u2019elle concerne.Etrange et douloureuse destinée que celle de tout être vivant sur la terre comme dans son atmosphère ou dans les eaux des fleuves et des océans.La vie ne peut être conservée qu\u2019aux dépens d\u2019autres vies, que ce soit dans le règne végétal ou animal.En vertu probablement de son grade élevé dans l\u2019échelle des êtres, l\u2019homme a puisé sa subsistance jusque dans sa propre espèce mais la civilisation a décrété que la faim n\u2019était pas une excuse suffisante pour tuer et manger son semblable ; elle a placé les questions d\u2019intérêts au-dessus de la vie elle-même et leur a concédé à elles seules le droit de dévorer même des peuples entiers.L\u2019intérêt prend des aspects divers et porte des noms différents selon les personnes qui s\u2019en font une règle de conduite ; tout cela se résume sous un vocable général : l\u2019ambition, c\u2019est-à-dire la recherche de la domination.Ce qui causa la fclle révolte des anges rebelles suscite périodiquement, dans l\u2019espèce humaine, des petits Lucifers aux ailes de chauve-souris.Fatalement, ces derniers sont voués à la chute comme leur illustre modèle mais ils laissent ensuite un souvenir beaucoup moins durable dans l\u2019histoire.S\u2019il leur reste une lueur de bons sens ils le savent [ Lire la suite page 20 ] Chronique de la préhistoire et de l'actualité Par LOUIS ROLAND 5 29 JUILLET 1944 Les noces de bois des Cent Ménages Les Cent Mariages jocistes de 1939 sont un fait unique dans l\u2019histoire de 1 Eglise.Ils n\u2019ont pas été, comme beaucoup l\u2019ont cru, une attraction au Congrès de la J.O.C.Ils ont été une affirmation solennelle, publique, du droit des jeunes à fonder un foyer, en une période critique de chômage, où la jeunesse était oubliée, empêchée de se créer un avenir.Mais en affirmant ce droit, elle montrait qu\u2019elle comprenait son devoir qui est de ne pas fonder un foyer sans s y être pié-parée longuement et sérieusement.ACCEPTATION DES COUPLES Au delà de 250 couples ont sollicité la faveur de faire partie des Cent Mariages ou plutôt de la cérémonie monstre.106 seulement ont été acceptes, car il fallait remplir certaines conditions et on était très exigeant.PREPARATION LEGALE Toutes les formalités ecclésiastiques et civiles nécessaires pour assurer la validité et la légalité du mariage ; vérification des documents ; permissions des curés des paroisses, etc.ont nécessité le travail de six prêtres pendant trois semaines.En effet, deux Pères Oblats, un Père Franciscain, un Père de Ste-Croix, deux pre-ties séculiers ont travaillé à la préparation légale des cent Mariages.Un pretre, aumônier jociste venu de Normandie pour le Congrès Jociste, a été heureux de prêter son concours.Deux prêtres ont pris quinze jours bien comptés, de 9 heures du matin a b heures du soir, pour copier les registres.VINGT REGISTRES En se contentant des registres ordinaires de la paroisse, il aurait fallu au moins 6% heures pour signer les registres.Pour parer à cet inconvénient 20 registres spéciaux ont été autographiés par les Registraires, civil et ecclésiastique.Ainsi organisé les signatures n\u2019ont pris que 45 minutes.A LA PAROISSE NOTRE-DAME Par permission spéciale les registres sont conservés à la paroisse Notre-Dame bien que les mariages aient eu lieu dans la paroisse St-Eusèbe.Deux anneaux pour chaque couple.Contrat de Mariage.Chaque couple a un contrat de Mariage.COMMENTAIRES DES JOURNAUX DU TEMPS Un Journal faisait remarquer que le 23 juillet a été le seul dimanche sans pluie durant l\u2019été 1939.Un autre soulignait la beauté et la grâce de la plupart des Cent Manees.Un reporter du Toronto Star délégué au couronnement du Pape disait : \u201cJ\u2019ai vu à Rome plus d\u2019enthousiasme mais je n\u2019ai jamais vu une piété comme celle qui existait aujourd\u2019hui dans un stade de baseball.NOCES DE BOIS Les Cent Mariés célèbrent cette année leur cinquième Anniversaire de Mariage et seront les hôtes de la Ligue Ouvrière Catholique qui célèbre aussi son cinquième anniversaire.En effet la L.O.C.fut lancée officiellement à l\u2019occasion des Cent Mariages et compte parmi eux plusieurs dirigeants et militants.Tout spécialement Madame Gisèle Chayer, dirigeante générale, Madame Rosée Boulard, dirigeante fédérale des Trois-Rivières et le couple Winner, respectivement président et pré-dente de la section paroissiale de St-Jean Baptiste de La Salle.LE 23 JUILLET 1944: CONGRES NATIONAL L.O.C.Les Cent Mariés participeront donc aux différentes manifestations du Congrès National de la L.O.C.ce jour-là.Ils viendront eux-mêmes affirmer que leur bonheur est dû à la préparation qu\u2019ils ont reçue avant leur mariage par le service jociste dont l\u2019initiative fut prise par le P.Roy, alors aumônier général de la J.O.C.DINER DES 500 CONVIVES Après la Messe Pontificale célébrée en plein air, à l\u2019Oratoire du Mont-Royal, les Cent Mariés seront les invités d\u2019honneur à un dîner au Collège Notre-Dame où plus de Cinq Cents personnes pourront les accompagner.DANS LA BASILIQUE DE L\u2019ORATOIRE Pour clore cette journée, un Grand Jeu Scénique sur la Famille chrétienne aura lieu le soir, dans la Basilique de l\u2019Oratoire.On pourra y accommoder de 8,000 à 10,000 personnes assises, à un prix très populaire.Un film du Congres de 1939 y sera présenté avant le Jeu.Les Cent Mariés auront là encore le plaisir e communiquer à la population des révélations très importantes.QUE SONT DEVENUS LES CENT MARIES ?204 enfants nés de 106 couples mariés il y a cinq ans.2 couples ont été gratifiés de jumeaux.Malheureusement la mort est venue enlever un couple de ces jumeaux.4 ont eu le malheur de perdre leur conjoint: 2 femmes et 2 hommes.98 nous ont répondu qu\u2019ils feraient l\u2019impossible pour être des nôtres le 23 juillet prochain.Il n\u2019y a que trois femmes qui travaillent : une par nécessité et deux par agrément.Ces femmes n\u2019ont pas d\u2019enfants.OU DEMEURENT LES CENT MARIES ?Une cinquantaine demeurent à Montréal.Les autres à : Cornwall, Ont., St-Jérôme, Rouyn, Abitibi, Sherbrooke, Shawinigan Falls, Granby, Trois-Rivieres, Cap de la Madeleine, Rimouski, Drummondville, Joliette, St-Vineent de Paul, Mont-Rolland, Grand\u2019Mère, La Tuque, Beauharnois, Lac Mégantic, St-Hyacinthe, Ste-Sabine de Missisquoi, Ste-Thérèse de Blainville, Ste-Dorothée, Charlemagne et St-Joseph du Lac.\u2022f ?\t?LA LIGUE OUVRIERE CATHOLIQUE La Ligue Ouvrière Catholique groupe les foyers ouvriers pour travailler à l'amélioration de leurs conditions de vie : matérielles, morales et sociales.SES MOYENS La formation personnelle et familiale de ses membres ; la transformation économique, morale des foyers malheureux par ses C.E., son Journal, son Magazine, ses tracts, ses assemblées populaires, ses revendications.SES SERVICES Pour atteindre ce double but de formation des individus et de transformation, la L.O.C.a aussi à sa disposition, l\u2019Entr\u2019aide familiale dont le but est de collaborer le plus étroitement possible avec toutes les œuvres sociales déjà existantes et de créer au besoin les services nécessaires pour l\u2019éducation à faire et l\u2019assistance à donner aux foyers ouvriers.Voici quelques-unes de ses réalisations : 4,000 jardins ouvriers.\u2014 6,000 budgets familiaux, un nombre considérable de C.E.sur les questions sociales qui ont fourni des chefs pour une dizaine de coopératives diverses : habitation, consommation et production.Après cinq ans la L.O.C.est organisée dans 10 diocèses et compte 180 sections paroissiales.LE CONGRES Le 23 juillet, la L.O.C.se manifestera au grand public à l\u2019Oratoire St-Joseph pour lui dire ses réalisations et ses désirs et pour magnifier dans un grand jeu scénique : cette merveille qu\u2019est la famille chrétienne.3E2È&SSS» m m ' V' * Deux scènes prisent en 1939 au Stadium de Montréal lors de la fameuse cérémonie des cent mariages Jocistes.Cinq ans déjà ! comme le temps passe !.204 enfants sont nés de ces unions, voilà bien qui démontre la vigueur et l\u2019envie de vivre de notre nationalité! Photos Conrad Poirier.mmmm M'Ï&Ü W ;V-, XK V : - LE SAMEDI S \">5 Wr^m Par ailleurs, il est très probable que le premier homme qui s\u2019est intéressé à l\u2019optique céda tout d\u2019abord à un instinct naturel de curiosité, puis, ne tarda pas à voir dans ce premier tâtonnement une possibilité de corriger les imperfections de la vue.Les usages subséquents qu\u2019on en fit sont l\u2019aboutissement logique de l\u2019insatiable curiosité de l\u2019homme.De même qu\u2019on inventa en premier lieu la poudre \u2014 qu\u2019on appelait même pas à canon \u2014 pour les jeux de la pyrotechnie, on inventa l\u2019optique pour notre amusement et notre nécessité.Le mal étant dans 1 homme, ce dernier ne tarda pas à se servir du fruit de son intelligence pour le destiner à des fins destructrices.Mais il y a cette consolation que l\u2019homme n\u2019est pas toujours méchant et qu\u2019après ses crises il tâche de s\u2019appliquer à une vie meilleure.Et le plus grand paradoxe c\u2019est qu\u2019il est extrêmement ingénieux dans ses crises !.De ces immenses blocs de cristal seront extraits et parachevés des instruments d'optique qui serviront à des fins de guerre.S'il est vrai que sans l'optique la guerre actuelle ne serait pas possible, il est également vrai que, sans elle, le monde actuel que nous aimons en temps de paix nous paraîtrait beaucoup moins agréable.\tPhotos O.N.F.L\u2019OPTIQUE AU SERVICE DE L\u2019HOMME Si la science de l\u2019optique n\u2019avait jamais été inventée, les conflits internationaux comme celui dont nous sommes aujourd\u2019hui témoins ne seraient pas possibles .Sans doute, comme beaucoup d\u2019autres, êtes-vous sur le point de vous exclamer : \u201cIl vaudrait beaucoup mieux qu\u2019il en soit ainsi ! \u201d Sans doute, mais pourquoi, aussi, faudrait-il tenir la science de l\u2019optique \u2014-comme toutes les autres, d\u2019ailleurs \u2014 responsable de ce mal qui nous afflige en ce moment ?A ce compte, cela reviendrait à dire que pour être parfaitement heureux, il eût été infiniment préférable que nous fussions dans un parfait état d\u2019ignorance ! A ceci, nous pouvons répondre que l\u2019optique n\u2019a pas été nécessairement inventée pour nous fournir l\u2019occasion de nous entre-tuer ; car n\u2019oublions pas que, sans cette découverte, nous n\u2019aurions pas ce téléscopes, pas de microscopes, pas d\u2019instruments de précision, pas de cinéma, pas de télévision, pas de lunettes d\u2019approche, sans parler de toutes les conséquences immédiates qu\u2019en-trainerait leur subite disparition. \u201cSJ®»\u2019 ¦ v*> \u2019 _ g\u2014im ^:'» Qui dira jamais assez le dévouement de ces femmes de tous âges, qui pénètrent dans tous les taudis des grandes villes, cherchent à y apporter des idees Un homme aux traits énergiques, ayant entendu la puérile imploraison du mécréant, rembourse le prix du pantin. mm i p : LE SAMEDI années qui passent.Cela s\u2019appelle : vieillir.«Mon Dieu, quelle infamie j\u2019ai commise, vis-à-vis d\u2019Albert et de notre petit André ! balbutia-t-elle, en pleurant, à lourds sanglots de vieille femme.Mon mari m\u2019aimait.Si j\u2019étais revenue tout de suite, il m aurait pardonné.Mon retour et ma contrition m\u2019auraient rendu mon fils.Pourquoi me suis-je entêtée dans mon vil amour-propre de ne pas avouer ma défaite, mon repentir .Je serais heureuse, près d\u2019eux, si j\u2019étais revenue à temps ! Hélas.» La vanité de la femme fautive, l\u2019espoir de pouvoir, après l\u2019échec, se refaire une autre existence avec un autre amant, la peur de l\u2019humiliation,\t* la crainte du geste qui repousse et qui maudit.Il était trop tard, maintenant.CHAPITRE II Depuis le matin, après la brume, un froid de glace avait enveloppé Paris.Maintenant que, dans la nuit, la ville s\u2019illuminait, le film de la rue gagnait de précipitation, comme sous la main d\u2019un opérateur nerveux, qui eût accéléré la rotation de la ma-nivelL Avenue d\u2019Orléans, près du lion de bronze de la place Denfert-Rochereau, un bateleur, dont l\u2019emphatique discours n\u2019avait aimanté qu\u2019un maigre cercle de badauds, plia bagage, versant sa bimbeloterie dans une spacieuse valise, et partit en bougonnant.La porte à tambour d\u2019un grand café virevolta, livrant passage à deux femmes emmitouflées dans des zibelines de prix, et escortées par deux hommes qui allumèrent en hâte une fine cigarette et gantèrent leurs mains.Le long du trottoir, une automobile au capot élancé, aux lignes basses, attendait le quatuor.La portière claque et, Nos Militaires ?Première rangée : Le soldat Lucien Mercier de Valleyfield, outre-mer.\u2014 Le soldat Roger Désaulniers du Cap de la Madeleine, au pays.\u2014 Le soldat P.-O.Lepage de Ste-Thérèse de Blain-ville, outre-mer.\u2014 Le soldat Emilien Hamel de Ste-Julie, outre-mer.\u2014 Le sergent Hector Chapleau de Prévost, au pays.?Deuxième rangée : Le soldat Fernand Des Meules de Montréal, au pays.\u2014 Le soldat Léo DeGagné de Montréal, au pays.\u2014 Le soldat Joseph A.Pépin de St-Paul, Alta,, outre-mer.\u2014 Le soldat Irénée St-Amand de St-Hyacinthe, au pays.\u2014 Le soldat Jacques Barbeau de Montréal, au pays.?Troisième rangée : Le soldat J.- P.Thouin de Montréal, au pays.\u2014 Le soldat Roland Périard de Hull, outre-mer.\u2014 Le F.O.J.-P.Guérin de Montréal, outre-mer.\u2014 Le soldat Rolland Labelle de Montréal, au pays.\u2014 Le soldat Lucien Giguère de Montréal, au pays.12 tribuer.Dans ces conditions, seules, aes filles de familles fortunées ou des dames aisées pouvaient assumer les fonctions de visiteuses, contrairement aux visiteuses des hospices de la Ville de Paris, qui reçoivent des appointements proportionnés à leur grade.Le capital que lui avait laissé une vieille châtelaine, qu\u2019elle avait soignée avec dévouement jusqu\u2019à ses derniers .moments, assurait à Mme Jancin des rentes suffisantes à sa solitude.Et le sacerdoce qu\u2019elle avait accepté était d\u2019autant plus admirable qu\u2019il était désintéressé.Ce soir, en reprenant le chemin de son logis, situé à quelque distance de l\u2019établissement de prophylaxie, rue Jeanne-d\u2019Arc, Mme Jancin éprouvait, parfois, d\u2019étranges vertiges ; l\u2019excès de lassitude, après ces journées exténuantes de montées, de descentes, aux quatrièmes étages d\u2019immeubles sis aux quatre coins de la capitale.Et malgré ce lourd tribut physique qu\u2019elle payait à l\u2019accomplissement zélé de ce devoir librement consenti, elle éprouvait la jouissance réconfortante d\u2019avoir répandu le bien partout où elle avait passé, en se penchant sur la douleur d\u2019autrui.Et, bien que le remords des fautes de son passé sapât parfois son courage et ses forces, jamais elle n\u2019avait perdu foi en sa mission.Pour exercer sa pitié à l\u2019égard de la souffrance physique ou morale des autres, elle n\u2019avait aucun effort de volonté à accomplir, elle n\u2019avait qu\u2019à écouter son cœur, à obéir à son besoin pieux de racheter \u2014 trop tard \u2014 l\u2019erreur d\u2019autrefois.Elle parvint chez elle, à la nuit complète, il n\u2019était que sept heures, mais décembre diluait ses brumes dans la froide atmosphère de Paris.La lumière électrique exhuma de l\u2019ombre un petit logis de femme seule, propre, confortable, sans luxe.Berthe Jancin alla, devant l\u2019armoire à glace, enlever spn manteau, son chapeau, dégrafer sa robe de ville.Un moment, dans le miroir, elle se regarda, contemplant en elle, avec amertume, le reflet déformé de la jolie femme d\u2019autrefois.Jamais aussi nettement que ce soir, où son âme voguait,.elle ne savait pourquoi, sur une houle au rythme attristant, elle n\u2019avait remarqué l\u2019épaississement de ses hanches, la molle tombée de sa poitrine, le tassement des reins, l\u2019acablement des épaules, et ces longs sillons qui plissaient sa gorge jadis droite et lisse.Elle enregistra, d\u2018un regard amer et résigné, le creux des rides sur son visage au teint passé, la patte d\u2019oie des tempes, les boursoufflures des yeux, la lisière plus pâle des cheveux qui vont grisonner sur le front.Et, à la vue de cet ensemble pathétique d\u2019une maturité qui va décliner, des larmes rayèrent ses joues fanées.Chagrin sans durée, dernière rancœur d\u2019une coquetterie qui s\u2019est, depuis longtemps déjà, résignée.Elle refoula ces pleurs et, sans appétit, uniquement désireuse de repos et de méditation, elle s\u2019assit devant une table, feuilleta, puis repoussa quelques œuvres de littérature, et songea.La poitrine oppressée, une buée devant les yeux, elle revécut, par une rapide succession d\u2019images floues, les péripéties qui l\u2019avaient acculée à cette solitude, après une période de bonheur qu\u2019elle avait, pour une fatale fantaisie, sottement écourtée.A son âge, bien que mariée, elle n\u2019avait pas de foyer, elle n\u2019avait d autre refuge que cette chambre louée au mois, où, malgré qu\u2019elle fût une petite rentière, elle rentrait chaque soir, comme une pauvresse, s\u2019abriter, manger et dormir.Quel foyer pouvait l\u2019accueillir, elle qui s\u2019était mise hors la loi commune, en abandonnant jadis le sien, pour suivre, sur un coup de tête, un homme qui l\u2019avait délaissée, dès son caprice périmé ?Elle détourna, avec écœurement, son visage du miroir qui lui renvoyait le reflet de sa décrépitude commençante.« Six ans ! soupira-t-elle.Voilà ce que six ans ont fait de moi.Ah ! pourquoi ai-je fait cette betise, cette criminelle bêtise ?Et lui, Albert, qu\u2019est-il devenu.tout seul, avec le petit, notre petit ?Suis-je une mère ?Ai-je le droit d\u2019aller porter la bonne parole dans les foyers misérables, alors que j\u2019ai pu, pour suivre un amant, laisser mon petit en bas âge, comme une gueuse ?Pourquoi est-on folle, parfois, pour un homme, un hypocrite, un bellâtre, au point de bâillonner la voix de la raison, la voix maternelle même ?La pire ivrognesse que j\u2019aie rencontrée dans les taudis de Paris avait plus de cœur que moi, pour son enfant.» Oui, jadis, elle avait un foyer, un mari, un bébé.Pervertie par les serments d\u2019un viveur, elle avait renié tout cela, sur un coup de tête \u2014 un coup de cœur.Au début, l\u2019enchantement de cette immonde folie lui avait épargné les regrets.Le bambin qu\u2019elle laissait derrière elle, le mari trop placide, trop raisonnable pour sa soif de plaisirs, elle s\u2019était bien peu préoccupée de ce qu\u2019ils deviendraient.Enlevée par le bel amant, elle croyait courir au-devant d\u2019une vie merveilleuse .Qu\u2019en restait-il maintenant ?Des souvenirs désenchantés, d\u2019âcres désillusions, la honte d\u2019avoir « fait ça », elle, brave femme et bon cœur, au fond, d avoir «fait ça » comme la dernière des dernières .Et puis, les mille petites déchéances de la vie, de la solitude, des 29 JUILLET 1944 13 ET EN VAIN, ELLE ATTENDIT À LA PORTE DE L\u2019ÉGLISE!\u201d Ji LA PORTE de l'église, elle attendit des heures et des heures .parce que le gentil petit bonhomme du voisinage qui jouait à V \u201cépoux\u201d avec son \u201cépouse\u201d avait fait volte-face en lui donnant la raison en termes précis.sur un ronflement doux, la voiture prit un souple départ vers les larges artères illuminées.Un homme restait sur le trottoir, tenant dans sa main la coupure par quoi l\u2019un des élégants avait reconnu son empressement à ouvrir la portière et à la tenir sur le passage de leurs compagnes.Un quart d\u2019heure durant, il avait guetté, pour ce geste bref, la sortie de ces gens.Maintenant, une pâle lumière de joie éclairait sa face.C\u2019était un pauvre bougre dont le visage malheureux eût réfuté toute hypothèse d\u2019âge.Un méchant veston, propre, mais étriqué aux épaules, vêtait son corps frissonnant, et sur son front, les ailes tombantes d\u2019un chapeau de feutre usagé mettaient une ombre.Il regardait maintenant le billet que sa main avide avait un peu froissé ; il l\u2019unit à deux autres coupures sorties de sa poche, avec quelque menue monnaie.Cela fit, au creux de sa main, une minuscule aumône, sur laquelle l\u2019homme fixa un long regard caressant.Puis, aussitôt, ce regard alla de sa main à une officine aux cuivres brillants, que le mot « Bar », à l\u2019extérieur, intitulait par intermittences, au gré d\u2019un éclairage alternatif.A côté, un grand bazar présentait son étalage multicolore, devant lequel un garçon en blouse grise faisait les cent pas, en calfeutrant ses mains dans ses poches et en gonflant ses joues.Un combat sembla se livrer sous le chapeau déteint et la main transie serra un peu plus fort la petite somme, complétée par le pourboire d\u2019un noceur.L\u2019étalage du bazar.Le comptoir rutilant, sur l\u2019étain duquel circulaient de chaudes boissons fumantes.Ici, l\u2019alcool.Là, les jouets .Ce fut vers les jouets qu\u2019alla l\u2019homme.Il avisa une pile de pantins de toile bourrés de son, qui mêlaient leurs bras et leurs chamarrures mal cousues.Il les regarda longuement, comme un gosse hypnotisé par l\u2019arlequin de ses rêves, et il eut un hochement de tête.A côté, de naïfs chevaux taillés dans du bois blanc et peints de couleurs vives, voisinaient avec de minuscules locomotives de fer blanc, aux roues brinquebalantes et gauchement vernies.L\u2019homme hochait la tête, mais il tenait toujours son précieux trésor dans sa main.Il avança encore.Sous l\u2019éclat des grosses lampes à réflecteurs, il parut plus vieillot.Soudain, il eut un geste de la main et un sourire inonda ses traits.Automatiquement, le garçon d\u2019étalage s\u2019approchait.\u2014 Monsieur désire ?L\u2019homme montra une rangée de pantins qu\u2019il venait de découvrir, pendus côte à côte et souriant d\u2019une bouche pareillement grotesque, tracée d\u2019un coup de pinceau.C\u2019étaient des fantoches costumés en officiers et qui, dans leur tenue bleue, le sabre au côté, figuré par une lamelle de cuivre, avec leur képi constelle d\u2019étoiles cousues de guingois, s\u2019essayaient à une allure martiale.Mais ils étaient superbes, pour les petits enfants auxquels ils étaient destinés et leur fier sourire peinturluré disait bien leur conviction d\u2019être adulés, malgré leurs jambes tor-tes.L\u2019homme regarda son argent et sourit encore, comme répondant au sourire uniforme des douze bonshommes d\u2019étoffe qui le remerciaient de les avoir découverts et préférés.\u2014 Vous n\u2019en avez pas de plus grands ?demanda-t-il de la voix timide des humbles, en désignant le jouet.\u2014 Non, monsieur, c\u2019est la seule taille que nous avons pour le moment.Mais voyez, monsieur, c\u2019est déjà grand cela ; c\u2019est un beau jouet.Flairant la guelte, le vendeur décrochait un des jouets, le présentait à la lumière, redressait le képi penché, montrait le parfait fonctionnement des bras et des jambes.Et les petits bras d\u2019étoffe, roides, écartés, se tendaient vers l\u2019acheteur éventuel, en gracieuse invite.L\u2019homme, machinalement, prit le pantin dans ses mains.\u2014 C\u2019est que.mon petit, qui est malade, en exige un gros, un grand.« Le plus gros que tu pourras trouver, papa ! » m\u2019a-t-il dit.Et il veut un officier, comme ça, tout à fait comme ça.\u2014 Mais c\u2019est déjà une bonne taille! assura le commis.D\u2019ailleurs, plus grand vous ferait une grosse différence de prix.Le vendeur balançait l\u2019étiquette entre ses doigts, la retournant à la lumière, pour mieux y déchiffrer quelque chose.L\u2019homme releva la tête.-\u2014 Quel est le prix de celui-ci ?\u2014 Voyons, ceci est à .vingt-quatre francs cinquante ! L\u2019homme eut un regard stupide, qui alla du pantin gisant entre ses mains au sourire engageant du vendeur.Il répéta le chiffre, comme une chose incompréhensible ; et il compta sa fortune : quinze francs et quelques sous.Alors, il recula.Toute la joie qui avait éclairé un instant son visage famélique venait de s\u2019éteindre.Il balbutia faiblement : \u2014 Ah ! c\u2019est cher .Puis il abandonna le pantin aux mains du marchand.Dans ses doigts, les trois petits billets crissèrent tristement.\u2014 Vous m\u2019excuserez, monsieur.Je n\u2019ai pas pris assez d\u2019argent sur moi.Je croyais .Je reviendrai.Au revoir, monsieur ! \u2014 Au revoir! jeta le vendeur d\u2019un ton rogue, après une seconde de surprise.Et il jeta méchamment le jouet vers le monceau de ses congénères.Avec lenteur, à pas écrasés de regrets, l\u2019homme était parti.Un petit bruit sanglotant expira sur sa bouche.Il s\u2019arrêta près d\u2019un arbre, au bord du macadam et se retourna.Le pantin était toujours là, dans la position de sa chute, souriant, le képi sur l\u2019oreille, les bras étendus.C\u2019était bien le plus beau, le plus brillant de toute la série.Il coûtait vingt-quatre francs.Et l\u2019homme famélique n\u2019avait que quinze francs pour faire le bonheur de son enfant malade .Il eut un râle et voulut partir.Mais il n\u2019alla pas loin.Le faciès grossier du jouet l\u2019obsédait, l\u2019attirait.Il se rejeta dans l\u2019ombre, pour mieux contempler le soldat de toile, sans être aperçu du vendeur qui, déçu, reprenait sa marche fougueuse devant l\u2019étalage.Les yeux rivés sur l\u2019objet hallucinant, le pauvre laissa passer bien des gens devant lui.Il aperçut aussi dans une brume floue, un petit lit blanc, dans une mansarde noire, et un enfant de sept ans qui, des larmes arrêtées au bord de ses yeux creusés de fièvre, joignait les mains sur son beau ,rêve, en attendant le papa qui lui avait promis, juré, le merveilleux bonheur de lui rapporter un officier « avec un sabre, et des dorures, et un képi, et une médaille ».Les poings serrés sur son argent inutile, il offrit son corps immobile au froid qui le griffait, à la tristesse hagarde qui lui glaçait le coeur .L\u2019heure de la fermeture des magasins, qui approchait, quand l\u2019acheteur crédule était venu, sonna et passa.L\u2019épaisse silhouette du tenancier du bazar parut à la porte, puis disparut à nouveau.Le garçon d\u2019étalage commença alors à empoigner des liasses de bibelots, qui s\u2019enfouirent dans la boutique.Il revint, repartit encore, les bras chargés.Là, dans le coin le plus éclairé, les fameux pantins restaient toujours.Leur emplacement leur valait d\u2019être relevés en dernier 1 eu.Et puis, de si beaux soldats Heureuse petite Lorraine \u2014 qu: apprend si jeune ce que des gens ne comprennent jamais \u2014 que l\u2019halitose (odeur gênante) est une négligence bien difficile à excuser.Ce fut pour elle une leçon que jamais elle n\u2019oublia.Plus tard, dans la vie, étant devenue attrayante et recherchée, l\u2019Antiseptique Listerine lui fut toujours \u201cde rigueur\u201d chaque fois qu\u2019elle acceptait une invitation dans le monde.Et votre haleine à vous ?Etes-vous bien sûr que votre haleine en ce moment même soit douce et agréable ?Est-on jamais sûr ! Alors, pourquoi risquer .pourquoi s\u2019exposer à indisposer inutilement votre entourage quand l\u2019Antiseptique Listerine, dans tant de cas, constitue une précaution si facile, si agréable ?Vous n\u2019avez qu\u2019à vous rincer la bouche, soir et matin, avec ce produit, et surtout avant tout rendez-vous où vous désirez paraître à votre avantage.Alors que dans certains cas la cause peut être d\u2019origine organique, plusieurs autorités en la matière sont d\u2019avis que, la plupart du temps, une haleine désagréable provient de la fermentation de la nourriture sur les dents et sur les parois de la bouche.Heureusement pour vous, l\u2019Antiseptique Listerine met rapidement fin à cette fermentation, enrayant ainsi les odeurs dont elle est la cause.Presque aussitôt, votre haleine devient plus fraîche, plus douce .moins exposée à gêner.Jamais, au grand jamais, n'oubliez Listerine ; c\u2019est le Césame, ouvre-toi sur le monde où vous voulez briller.Lambert Pharmacal Co.(Canada), Ltd.Toronto, Ontario Avant tout rendez-vous L'ANTISEPTIQUE LISTERINE Fabrication canadienne 14 LE SAMEDI ne devaient-ils pas monter la garde jusqu\u2019au bout ?Le pauvre homme, derrière son arbre, tremblait de froid, certes, et aussi d\u2019une force étrange qui venait de se glisser en lui et de mouvoir ses membres .L\u2019heure d\u2019accalmie faisait la foule moins dense.A un moment, il n\u2019y ev| plus que de rares passants sur cette portion de trottoir.Le vendeur venait de disparaître, avec toute une brochette de petits moutons laineux .Il n\u2019y avait plus, dans les casiers dégarnis, que les douze officiers, dont l\u2019un \u2014 le plus beau \u2014 décroché, captivait les yeux d\u2019un père tremblant.\u2014 Mon petit.il m\u2019attend .Il doit pleurer, depuis si longtemps.Il doit pleurer .il m\u2019attend, avec .Ce fut quand sa main toucha l'étoffe de la poupée que l\u2019homme comprit ccnjtusément qu\u2019une force indomptable, tentatrice, avait guidé tous ses gestes, depuis l\u2019arbre jusque-là .Il sois .le fantoche, le tira.Il allait le mettre sous son veston, fuir bien vite .Mais un crochet du petit sabre s\u2019agrafait par pur hasard à toute la rangée militaire, arrêtant le geste hypnotique, retenant le jouet qui résistait à tout effort.On allait venir, on allait le surprendre.Ah 1 l\u2019agrafe libérée, le pantin venait tout seul, désertant enfin ses conscrits, pour aller retrouver le bambin qui, là-bas, l\u2019attendait en pleurant.Et l\u2019homme fit un bond en arrière.Il fuyait, serrant contre sa poitrine le.\u2014 Au voleur ! Une poigne s\u2019abattit sur l\u2019épaule du larron.Il était pris ! Pris comme un voleur ! Un voleur ?.Mon Dieu, c\u2019était vrai ! Il venait de voler ce jouet, que sa bourse lui refusait, et maintenant seulement qu\u2019on le tenait au col, en gesticulant, il comprenait quel malfaiteur avait fait de lui cette vision d\u2019un enfant qui, tout seul dans une mansarde glacée, se débattait entres les griffes du mal.\u2014 Un agent ! Vite, un agent ! Ah 1 coquin, vous if\u2019avez plus besoin de vous gêner ! Me voler, à mon nez et à ma barbe, en pleine rue ?Ah ! mais ça ne se passera pas comme ça ! Le pauvre diable tremblait, la bouche pleine d\u2019excuses, de prières, de supplications, qu\u2019une strangulation arrêtait ; et il serrait encore contre lui, d\u2019un geste d\u2019instinct, le fruit tant désiré de son larcin, qu\u2019on voulait lui arracher .Au bruit, le patron surgissait, boule de graisse tonitruante.La scène était assez significative pour qu\u2019il comprit spontanément de quoi il s\u2019agissait.Ses deux mains épaisses churent sur les épaules du coupable.\u2014 Cours chercher un agent, Gustave ! Je le tiens, t\u2019en fais pas ! Le commis voltigea comme un poulain de haras.Une foule, déjà, s\u2019attroupait.\u2014 Laissez-moi, je vous en supplie! C\u2019est mon gosse qui est malade, qui voulait un de ces jouets.et je n\u2019ai pas de quoi le payer .Oh ! je ne suis pas un voleur, moi ! Je vous en supplie .mon petit qui m\u2019attend .\u2014 Taratata ! Des blagues, tout ça ! On va te faire voir, canaille, si c\u2019est des manières ! Le pauvre bougre avait lâché le jouet volé, et tout son espoir s\u2019en allait avec le pauvre guignol restitué ! Mais un homme, au premier rang des curieux, venait de s\u2019arrêter ; un homme jeune, élégant, aux traits énergiques, non dépourvus d\u2019une certaine distinction.Il avait entendu, par bribes, la puérile imploraison du mécréant, et vu le jouet repris et rejeté par le patron, congestionné de fureur et cramponné à son captif.Cet inconnu, brusquement, s\u2019avança, porta la main à son pardessus, tendit un billet au boutiquier.\u2014\tConduisez-moi auprès de votre enfant ! L\u2019homme ne sourcilla pas.Mais une joie humble, honteuse, passa sur ses traits.Il posa encore sa main sur le bras du personnage inconnu, et, cette celui-ci ne la repoussa point.Je ne mérite pas tout cela, pourtant, après ce que j\u2019ai fait ! balbutia le voleur repentant.Et il regarda son pantin, dont les chamarrures brillaient faiblement sur sa manche noire.Une larme, en meme temps, apparut à ses paupières.Ils s\u2019acheminèrent côte à côte, muets, méditatifs, avec une rapidité acceptée, sans s\u2019être concertés.Par le boulevard Blanqui, ils tournèrent à droite, près de l\u2019asile Sainte-Anne, et parvinrent à une impasse obscure, bordée de maisons lépreuses, qui a nom impasse Brillant.Brusquement, l\u2019inconnu releva la tête.Son compagnon, qui le guidait, venait de s\u2019arrêter.\u2014\tC\u2019est là ! dit-il.Il poussa du poing une porte gémissante, garnie d\u2019arabesques en fer forgé, qui protégeaient une vitre à demi brisée.L\u2019enfilade noire d\u2019un couloir dallé s\u2019allongeait devant eux.Des bruits de voix, des chants cacophoniques venaient jusqu\u2019à eux.Quelle population inquiétante habitait là ?\u2014\tC\u2019est au deuxième, expliqua laconiquement le père de l\u2019enfant malade.C\u2019est une triste maison, voyez-vous .Il avait dit cela confusément, comme une excuse.Mais, quand il vit que son compagnon s\u2019apprêtait à le suivre sans broncher, il battit le briquet et éclaira la marche résolue du jeune homme.Ils gravirent un escalier à la rampe humide, aux degrés usés et sordides.Au premier palier, une porte entr\u2019ou-verte laissa voir des mulâtres en casquettes, qui, autour d\u2019une table, jouaient de l\u2019accordéon et du banjo.\u2014 C\u2019est au milieu de cette tourbe, dans cette maison infecte, que pleure et souffre un enfant ! murmura l\u2019inconnu entre ses dents, en tâtonnant l\u2019appui de l\u2019escalier qui tournait et grimpait roide.Instinctivement, il regarda si l\u2019homme tenait toujours le beau pantin de laine entre ses doigts.Lui aussi, maintenant, il se sentait hypnotisé par ce puéril fantoche qui, dans sa simplicité grotesque, synthétisait tout le bonheur, toute l\u2019espérance d\u2019un petit innocent malade .Une porte s\u2019ouvrit sous la main du guide et, sous la lueur terne d\u2019une lampe en veilleuse, le pauvre logis apparut.Au travers des carreaux fêlés, obturés de papier jauni, le vent de décembre hurlait, jetant dans l\u2019étroite pièce de vastes souffles froids, colporteurs de la mort.Deux bûches agonisaient dans un petit poêle.Dans un lit de fer, chargé de toutes les hardes qu\u2019on avait pu trouver, un enfant reposait.Il était si paisible, au sein de l\u2019oreiller, sa mignonne figure était si pâle sous l\u2019auréole de ses cheveux blonds de chérubin, qu\u2019on eût cru un petit ange endormi pour toujours .\u2014 Il repose ! murmura le père, en étouffant ses pas.Quand il s\u2019éveillera.Ce disant, il posait sur les couvertures, sur le corps même du petit, le beau soldat de peluche qui continuerait, réaliserait, au réveil, le rêve merveilleux d\u2019un sommeil d\u2019enfant.Le père haussa la mèche de la lampe dont la lumière grandie dénonça davantage la pauvreté du lieu.L\u2019inconnu remarqua alors que les mains de l\u2019enfant étaient remontées et crispées sous sa gorge.\u2014 Vous êtes seul, ici?demanda-t-il soudain.\u2014 Tout seul, maintenant, depuis que ma femme.\u2014\tVoilà cinquante francs! dit-il.Lâchez cet homme ! La face pourpre le regarda stupidement.\u2014\tLâchez cet homme, vous dis-je ! Ceci vous dédommagera ! Pour prendre enfin le billet offert, le commerçant lâcha son homme et alors le jeune inconnu, prestement, saisit le pantin, le mit de force sur les bras du pauvre homme et entraîna celui-ci, en jouant des coudes dans les rangs des badauds .Une rue noire et vide les accueillit.Le père écarquillait les yeux, regardant son sauveur, puis le pantin qu\u2019il serrait instinctivement.\u2014 Pourquoi avez-vous volé ?interrogea sèchement l\u2019inconnu.\u2014 Volé ?J\u2019ai volé ?C\u2019est vrai, cela .Mais, je ne sais plus .plus rien .Ça c\u2019est fait sans que je me rende compte .\u2014 Songez que déposséder autrui de son bien, quel qu\u2019il soit, est une malhonnêteté déshonorable, et que l\u2019homme qui se dégrade ainsi ne doit plus rien attendre de la commisération de ses semblables ! Sur ces mots, l\u2019inconnu fit volte-face et, laissant l\u2019autre pantois, s\u2019en alla.\u2014 Monsieur ! Monsieur ! Un brusque sursaut avait soulevé le v®leur.D\u2019un élan, il rejoignait l\u2019étrange bienfaiteur.\u2014 Que me voulez-vous ?\u2014 Vous dire, monsieur, que j\u2019ai honte, maintenant, de ma mauvaise action .Et que cet objet me brûle les mains.Et que je suis une sorte de criminel.Et que je n\u2019ai pas le droit de garder ça.\u2014\tPuisque je l\u2019ai remboursé au marchand ! \u2014\tAh ! vous avez .Mais alors .mais alors, il est à moi, ce jouet, maintenant ?Vous l\u2019avez acheté pour moi, pour mon petit Dédé, mon pauvre gosse malade, que j\u2019avais cru satisfaire avec les quinze francs qui me restent ?Alors, il va être heureux ?.par vous ?Oh ! monsieur .\u2014 Quoi?dit-il.C\u2019était donc vrai, cela ?C\u2019est véritablement pour votre enfant malade que vous avez dérobé ce jouet ?\u2014 Pour mon petit André, oui, monsieur.Depuis deux jours, il tousse étrangement.Et ce matin, il s\u2019est éveillé avec une fièvre qui me fait peur.La voisine qui le gardait la journée pendant que je travaille, n\u2019en veut plus rien faire, car elle a aussi des enfants et elle craint la contagion .Alors, je n\u2019ai pu aller à mon atelier aujourd\u2019hui.Le pauvre chérubin a un délire que rien ne peut arrêter.\u2014 Votre femme ?\u2014 Elle a fui, il y a six ans, abandonnant notre enfant qu\u2019elle n\u2019avait sans doute jamais aimé davantage qu\u2019elle ne m\u2019aimait.CHAPITRE III E jeune inconnu baissa la tête.Remué profondément, il sentait qu\u2019un ébranlement dessoudait sa conviction primitive.Et, brusquement décidé à sonder l\u2019âme de son étrange obligé, il articula : r lllllll - ' \\ JSPlR Obus Vivant La femme-obui qui est projetée d\u2019un canon à 90 pieds de hauteur sur une distance de près de 200 pieds en l\u2019espace de 4 secondes, tel est l\u2019exploit que faisait au parc Belmont Miss Victory (Egle Zacchini) dont toute la famille est célèbre dans le monde des cirques.Photo Conrad Poirier. 29 JUILLET 1944 15 \u2014 Alors, ce murmure ?On dirait un bruit de voix dans l\u2019escalier.Le jeune homme venait d\u2019ouvrir toute grande la porte.Le corps penché, il écouta .Seule, la chanson monotone des guitares disait sa nostalgie, en bas, parmi des rires.Quand il eut refermé la porte et regardé le père, il était très pâle.\u2014 C\u2019est étrange, cette plainte assourdie .Le père venait de se pencher sur le petit lit, sur le bambin immobile.Puis, subitement, son compagnon jeta un cri : \u2014 Mais, c\u2019est votre .votre enfant qui râle .\u2014 Mon enfant qui râle ?Effrayés, ils tendirent leurs visages anxieux.Le petit, doucement, râlait et, sur ses joues pâles, une roseur, à mesure, s\u2019enfiévrait.Au choc que le père, soudain affolé, donna aux montants de fer, l\u2019enfant écarta brusquement des yeux vitreux, étranges, pleins d\u2019eau, qui saillait des orbites, et un accès de toux rauque, déchirante, le souleva, le convulsa, le laissa pantelant sur son lit chaviré .\u2014 Mon Dieu, mon petit ! Qu\u2019y a-t-il ?Le père découvrit, sur le visage du garçonnet, une deformation fatale, inattendue, qui le stupéfiait.Saisissant l\u2019enfant dans ses bras, baisant ce front brûlant aux fines mèches collées, il le berçait naïvement, avec des mots balbutiés, chantants, souvent répétés, pour remplacer un peu une mère .__Mon Dédé, mon petit Dédé ! Tu as mal, dis ?Dis-moi ou tu as mal .Dans ta petite gorge, c\u2019est là.Ça va passer, chéri.Regarde ce que papa a apporté à son fils! Regarde ce bel officier, comme tu le voulais ! Regarde, tu ne vois pas, mon petit ?Tu ne me reconnais pas ?Dédé ?\t, ., Cri d\u2019un père qui, devant la rapidité du mal, n\u2019ose plus se donner le change, et qui voit nettement devant lui la chute d\u2019un malheur atroce : la mort de son enfant ! Dans ses quintes affreuses, le blême visage de l\u2019enfant, pas plus gros que deux poings, se tuméfiait sous l\u2019immonde étreinte du mal qui lui suçait la vie.Au milieu de ses râles, qui sifflaient, grandissants, il nouait à son cou ses deux menottes, griffant l\u2019étoffe ; il luttait de toutes ses forces minuscules contre le mal monstrueux abattu sur lui.Puis, pantelant, chair défaillante, il se recroquevillait sous les draps, avec des yeux désorbités, qui ne voyaient plus rien, ni personne.\u2014 Mais qu\u2019a-t-il, grands dieux?Quand je l\u2019ai quitté, on n\u2019aurait pas cru .Par pitié, que faire, monsieur ?Jetant son chapeau sur une table, le jeune inconnu s\u2019était courbé à son tour vers l\u2019enfant ; il observait le petit visage trempé de sueur, le regard atone des prunelles agrandies, le geste des mains sous le menton, les convulsions de la bouche qui manquait d air .Avisant une cuiller d\u2019aluminium qui traînait par là, il l\u2019essuya et desserra les dents grelottantes du petit fiévreux.Au fond de la gorge, U aperçut des peaux blanchâtres collées aux muqueuses .Alors, il se releva, reposa la cuiller et murmura simplement : \u2014 C\u2019est le croup ! Le père, le buste jeté en avant, vers celui qui auscultait son enfant, paraissait guetter le verdict qui le condamnerait.Avec égarement, il répéta : __Le croup ?Mon enfant a le croup?C\u2019est ça, alors que la voisine n\u2019a plus voulu le garder auprès de ses gosses! Mon Dédé risque de périr, comme ceux du quartier qui sont morts déjà de cela ?\u2014 Le mot croup, à lui seul, définit la gravité du mal ! déclara 1 inconnu, songeur.Sur les muqueuses de la gorge, de fausses membranes se sont formées, menaçant les voies respiratoires d\u2019asphyxie .Le père, dont les jambes flageol-laient, s\u2019abattit sur une chaise.\u2014 Oui, c\u2019est bien cela, l\u2019asphyxie ! C\u2019est bien comme cela que sont morts les autres, la semaine dernière.Alors, lui aussi, mon Dédé, est-ce que.Un sursaut de désespoir le souleva.Il se porta à nouveau vers le petit lit.Mais son compagnon s\u2019interposa.\u2014 Du sang-froid, que diable ! Il est temps encore de le sauver.Une piqûre de sérum antidiphtérique parera au plus pressé.Vous allez, sans perdre une minute, quérir un docteur, lui expliquer brièvement ce cas de diphtérie, et l\u2019amener ici, muni du nécessaire .\u2014 Un docteur ! balbutia le père.A cette heure ?Dans ce quartier ?Atterré par l\u2019agonie de son enfant, il ne voyait autour de lui que des obstacles insurmontables.Et il semblait préférer rester près du lit de souffrance, prendre le petit dans ses bras et lutter contre le mal par des mots consolateurs, des soins bénins, qui ne font qu\u2019endormir la douleur .Il regarda l\u2019inconnu, puis le lit, et il eut un grand geste d\u2019impuissance, roulant sa tête de droite à gauche, dans le geste inconscient de l\u2019homme qui va tomber.\u2014 Nous sommes bien dans le 13e arrondissement ?interrogea rapidement le jeune homme, qui, lui aussi, lançait des coups d\u2019œil soucieux vers l\u2019enfant dont les plaintes rauques s\u2019amplifiaient d\u2019instant en instant.La place d\u2019Italie est à courte distance.A l\u2019angle de l\u2019avenue Sainte-Rosalie, une haute maison neuve se dresse.Il y a là un des médecins attitrés de notre Institut prophylactique, le docteur Mauguet.Sonnez, on vous ouvrira.Le docteur est chez- lui, ce soir, il devait recevoir des intimes .Présentez la carte que je vais vous remettre.En quelque circonstance que ce soit, le docteur vous accompagnera ici.Quel est votre nom, je vous prie ?\u2014 Albert Jancin.\u2014 Albert Jancin?répéta l\u2019inconnu.11 avait dévissé le capuchon d\u2019un stylo et, sur un rectangle de bristol, sous son nom gravé, il traça quelques mots hâtifs, d\u2019une écriture fine et nerveuse, qui faisait crisser la plume.Puis il objecta, entre haut et bas : \u2014 Jancin?Tiens, c\u2019est singulier, je connais une dame qui.C\u2019est une de nos meilleures visiteuses d\u2019hygiène ; elle porte le même nom que vous.Une simple homonymie, sans doute .Quand il eut signé, il tendit la carte de visite à Albert Jancin qui venait encore de se pencher anxieusement sur le lit secoué de spasmes.\u2014 Ceci sera votre laissez-passer.Faites vite, et, au besoin, prenez un taxi.Ah! j\u2019oubliais, voici de l\u2019argent pour ce cas.Et, si quelqu\u2019un, chez le docteur, s\u2019oppose à votre passage, dites que vous venez de la part de M.Louis Mayer .Pressez-vous, les minifies sont précieuses .Rapidement, Albert Jancin prit connaissance du libellé du bristol.« Louis Mayer, Directeur du Secrétariat de la Fondation de Bonacieux ».\u2014 Monsieur ! monsieur ! bégaya-t-il.Vous allez donc me permettre de sauver mon petit ?Je vous devrai sa vie ?Mais le fonctionnaire de la merveilleuse institution de bienfaisance le poussa résolument vers la porte.\u2014 Allez vite, le temps presse.Au vu de ma signature, le médecin, qui est un de nos éminents collaborateurs, accourra ici, sans perdre un instant.Mais hâtez-vous, vous dis-je ! La porte refermée, l\u2019escalier gémit sous la galopade éperdue du père, que l\u2019angoisse talonnait.Au rez-de-chaussée de ce misérable caravansérail, les chants exotiques s\u2019alentissaient.On [ Lire la suite page 21 ] Saveur Sans Égale THÉ ET CAFÉ SALADA Lorsque la quantité est limitée, la qualité devient encore plus importante.DEUX ARMES QUI A TTEIGNENT LEURS BUTS On ne fait pas la guerre avec des armes désuètes, de même qu on ne chasse pas l'ennui avec des lectures inappropriées.Si le Spitfire demeure le dernier mot en fait d'avion-chasseur, dans sa poursuite aux Boches, LE SAMEDI, LA REVUE POPULAIRE et LE FILM demeurent, eux aussi, l'arme la plus efficace dans sa guerre à l'ennui.Pour le constater, abonnez-vous-y.Nom Adresse Ceux qui s\u2019abonnent à ces trois magazines s'assurent une lecture abondante, régulière et variée.S'abonner au SAMEDI, LA REVUE POPULAIRE et LE FILM, c'est pour la somme modique de $5.00, remplacer, dans une large mesure, les sorties coûteuses, les distractions onéreuses, qu'on doit éviter en temps de guerre.Bref, s'abonner à nos trois magazines, c'est s'informer intelligemment tout en se distrayant.IMPORTANT : Veuillez indiquer d\u2019une croix (\t) s\u2019il s'agit d'un renouvelle- ment.Localité Province POIRIER, BESSETTE & CIE.Limitée 975, rue de Bullion, Montréal, Can.COUPON D'ABONNEMENT AUX TROIS MAGAZINES Ci-inclus veuillez trouver la somme de $5.00 (Canada seulement) pour un an d abonnement aux TROIS magazines : LE SAMEDI, LA REVUE POPULAIRE et LE FILM. 16 LE SAMEDI \u2022 ZNjotte 5Feuilleton Jt\u2018OnjuAie.QUatUne*U cPav ^François de ZMérillon PÂLE, les traits tirés par la rage et la colère, celui-ci regarde ces hommes courageux.\u2014Partez ! dit-il d\u2019une voix rauque.Sortez de ma maison, misérables !.\u2014 Nous ne partirons pas avant que vous nous ayez livré la meurtrière Olga, répond Kurt von der Marwitz, fermement, décidé.Le marquis ne se tient plus de colère.Ses domestiques sont comme paralysés par la peur et l\u2019angoisse.Un regard sur ces garçons tremblants suffit à leur maître pour le convaincre qu\u2019il ne peut pas compter beaucoup sur eux.\u2014 Coquins ! Pourquoi avez - vous l\u2019air si bêtes ?leur crie-t-il.\u2014 Allez vite chercher des armes.-\u2014 Restez ! dit Ritter, en dirigeant son revolver sur ces garçons.\u2014 Nous ne ferons de mal à personne aussi longtemps qu\u2019on ne vous attaquera pas.\u2014 Mais si l\u2019on fait cela, nous n\u2019hésiterons pas de lutter jusqu\u2019à la fin.\u2014 Etes-vous devenus des bandits ?hurle le marquis, dans une rage folle.\u2014 Vous vous êtes introduits dans ma maison comme des bandits, et si vous ne partez pas immédiatement, on vous traitera en bandits.\u2014 Je.Il s\u2019arrête, car au bout du corridor on ouvre la porte et le vieux régisseur apparaît, suivi par un homme vêtu d\u2019un manteau de voyage.Etonnés et curieux, tous regardent cet homme qui s\u2019approche.Il s\u2019arrête sous la lampe, ôte son manteau et enlève son chapeau.Un visage pâle et souffrant apparaît.Tous regardent cet homme avec émotion.C\u2019est comme si, tout à coup, un esprit leur apparaît.\u2014 Grand Dieu ! s\u2019écrie le marquis, pâle, en reculant de quelques pas.\u2014 Le baron von Fohren !.\u2014 Mon Dieu ! s\u2019écrie Ritter, effrayé, est-ce une vision ! Monsieur von Fohren, êtes-vous sorti de votre tombeau ?\u2014 Presque! répond von Fohren d\u2019un ton triste et sérieux, en s\u2019approchant.\u2014 Cependant, messieurs, je ne suis pas un fantôme.\u2014 Comme vous voyez, je suis encore en vie, mais Dieu sait pour combien de temps.Un grand silence règne.Kurt se remet le premier.Il va vers von Fohren et dit d\u2019un ton ému : \u2014 Monsieur von Fohren, nous avons été ennemis par la faute d\u2019une femme misérable.\u2014 Voici ma main.\u2014 Je n\u2019ai plus de haine contre vous.\u2014 Vous avez expié et vous avez du repentir.\u2014 Dieu le sait! dit von Fohren ému, les larmes aux yeux, pendant qu\u2019il serre la main que Kurt lui présente.\u2014 Monsieur von der Marwitz, je vous remercie de tout cœur.\u2014 Vous me rendez la paix de l\u2019âme ¦et de la conscience.NOTRE FEUILLETON \u2014 No 33 Publié en vertu d'un traité avec la Société des Gens de Lettres.\u2014 Les noms de personnages et de lieux de nos romans, feuilletons, contes et nouvelles sont fictifs et choisis au éiasard.\u2014\tMais, pour l\u2019amour de Dieu, d\u2019où venez-vous, monsieur von Fohren?interrompit Ritter.\u2014 Vous étiez à l\u2019agonie, quand je vous quittai au couvent et, hier, les journaux annonçaient votre décès.Je ne comprends pas.Le baron von Fohren sourit douloureusement.Il serre la main du détective et lui raconte ce qui suit : \u2014 J\u2019ai fait moi-même cette fausse nécrologie.\u2014\tJ\u2019ai fait cela pour tromper la femme qui se nomme mon épouse.\u2014 En effet, j\u2019étais déjà en route pour venir ici.\u2014\tJ\u2019avais appris votre arrivée, monsieur von der Marwitz, et je vous cherchais.\u2014\tIl n\u2019était pas difficile de vous trouver.\u2014 Et si vous demandez ce que je veux, je vous répondrai franchement : \u2014 Je veux, avec l\u2019aide de vous deux, rendre inoffensive la femme satanique qui nous a causé tant de malheurs.Comme paralysé par une émotion indescriptible, le marquis a tout écouté.L\u2019apparition de von Fohren lui a fait l\u2019effet d\u2019un coup de tonnerre.Là, devant lui, se trouve l\u2019homme dont il a ravi la femme, l\u2019homme qu\u2019il croyait mort et qui revient maintenant pour se venger.Il se sent gêné et embarrassé.Voilà que von Fohren s\u2019approche de lui et dit : \u2014 Monsieur le marquis, je ne veux pas reprocher votre manière d\u2019agir.\u2014 Vous n\u2019êtes pas aussi coupable que cette femme.\u2014 Comme vous, je me trouvais un jour follement aveuglé, en face de ces deux messieurs.\u2014\tMoi aussi j\u2019étais aveugle, et ne voulais pas voir ce qui sautait aux yeux.Le marquis ne sait pas ce qu\u2019il doit répondre.\u2014\tJe ne sais pas ce que tout cela signifie, dit-il brutalement.Il paraît que vous avez tous comploté pour prendre une innocente.\u2014\tEst-ce que vous croyez vraiment à l\u2019innocence de cette femme ?s\u2019écrie Kurt, irrité.\u2014\tSi vous ne croyez pas notre témoignage, vous devriez croire le mari de votre soi-disante fiancée.\u2014\tOui, vous devez me croire, interrompt von Fohren.\u2014\tLa comtesse Olga a commis des crimes qui crient vengeance au ciel.\u2014\tJe puis prouver qu\u2019elle était l\u2019épouse du gentilhomme et qu\u2019elle a tâché de se débarrasser de lui.Elle devait être arrêtée, mais elle s'est enfuie et, dans mon aveuglement, je l\u2019aidai à fuir.Les crimes qu\u2019elle a commis seront mieux expliqués par ces messieurs.\u2014 Ah ! Je n\u2018en crois pas un mot, rit le marquis en colère.\u2014 Comment se fait-il alors, monsieur von Fohren, que vous protégiez la comtesse Olga et que même vous l\u2019épousiez, si vous la croyiez capable de tous ces crimes ?\u2014 Voilà ce que je ne croyais pas; j\u2019étais tout aussi aveuglé comme vous l\u2019êtes maintenant.\u2014 Tiens ?Vous appelez cela de l\u2019aveuglement ?dit ironiquement le marquis.\u2014\tBien! je vous déclare, monsieur, que je ne crois rien de tout ce que vous prétendez et j\u2019en douterai jusqu\u2019à ce que vous puissiez me montrer des preuves de la culpabilité de la comtesse Olga.\u2014\tVous désirez encore des preuves maintenant ?interrompt Kurt.\u2014\tEst-ce que la parole d\u2019un honnête homme ne vous suffit pas ?\u2014\tJe vous ai déclaré que je repoussais avec dégoût cette femme parce que c\u2019était une fille légère.\u2014\tEt voilà ce que le baron von Steinthal peut vous témoigner.Il vous affirmera que la femme que vous adorez si passionnément a assassiné son propre enfant.-\u2014Voulez-vous plus?\u2014\tDésirez-vous entendre d\u2019autres témoins ?\u2014\tMais si vous ne vous croyez pas, les autres tâcheront en vain de vous convaincre.Ces paroles énergiques ont produit leur effet sur le marquis.Il est devenu blême et t r em b 1 e d\u2019émotion, mais sa confiance en Olga r.\u2019est pas encore ébranlée.Avec une angoisse désespérée, il repousse l\u2019idée qu\u2019il est un homme trompé, comme l\u2019a été von Fohren.\u2014\tTout ce que vous dites n\u2019est pas en état de me convaincre, répond-il brutalement.\u2014 Ce n\u2019est pas moi qui suis dans l\u2019erreur et qui suis aveuglé, mais bien vous.\u2014\tJamais je ne croirai qu\u2019une femme, avec une figure d\u2019ange, puisse posséder une âme de diable.Kurt, riant de colère, lui dit : \u2014 Remerciez Dieu que nous vous ouvrons les yeux, marquis ! \u2014 Sans cela, vous auriez senti à votre propre peau les griffes de cette diablesse en forme humaine.\u2014 Assez ! dit sombrement le marquis, nos relations sont rompues.\u2014 J\u2019exigerai satisfaction de vous plus tard.\u2014 Je me tiens également à votre disposition.\u2014 Monsieur von Fohren, je sais que vous avez le droit de me provoquer.\u2014 Oh ! merci ! répond von Fohren avec un geste de mépris.Je devrais être plus que fou pour me battre en duel, à cause de cette femme.\u2014 Non, monsieur le marquis, je ne désire pas de satisfaction._ \u2014 Vous ne m\u2019avez pas pris mon épouse.car je ne considère plus cette diablesse comme telle .mais vous m\u2019avez délivré d\u2019une vile créature, d\u2019une fille galante, d\u2019une meurtrière qui devrait être livrée au bourreau.Mais nous désirons l\u2019extradition de cette femme, dit Kurt, en élevant la voix.\u2014 Et vous ne pouvez pas le refuser, monsieur le marquis.)\u2014Le baron von Fohren a le droit d\u2019exiger que vous lui livriez sa femme légitime.\u2014 Oh ! monsieur le baron a abandonné ses droits, dit le marquis.Et même s\u2019il n\u2019en était pas ainsi, je ne puis retirer la main de cette femme, qui s\u2019est mise sous ma protection.RESUME DES CHAPITRES PRECEDENTS Liane, la malheureuse victime d\u2019une belle pécheresse, après avoir fui le toit paternel pour suivre un dépravé, ose se montrer à son vieux père, un châtelain.La belle Liane, fouettée par les paroles dures et blessantes du vieillard qui lui refusa l\u2019entrée de sa maison, implore vainement un pardon \u2014 Olga, la seconde femme du comte de Rothenburg, ayant poussé Liane dans son amour frivole, ravit l\u2019époux de Liane, le comédien Alfred.Les deux compères diaboliques accusent Liane de l\u2019empoisonnement de son père.Les autorités policières l\u2019enferment dans un cachot, d\u2019où elle s\u2019évade mystérieusement.Non contents de leurs méfaits, Olga et Alfred poursuivent Liane jusqu\u2019au bord d\u2019un précipice.Les deux compères lui assènent un coup violent qui la fait tomber dans ce gouffre béant.Maintenant assurée que Liane n\u2019existait plus, la comtesse et son complice tentèrent de mettre à exécution leurs diaboliques projets.Toutefois, ils furent pris de peur à la pensée que le comte Henri, qu\u2019ils avaient enfermées dans le caveau du châtelain, pût revenir parmi eux.Pour mettre fin aux suppositions, il s\u2019attaquèrent aux gens qui pouvaient leur disputer l\u2019héritage du riche comte.Les deux rusés compères ne reculèrent devant rien pour atteindre leur but.Le comte Henri, en particulier, et Liane virent la guigne s\u2019acharner à eux, d\u2019une manière étonnante.Toutefois, ils eurent trop de fierté pour ne pas préférer la mort au déshonneur.Quelle que fût la puissance d\u2019Olga, aidée d\u2019un groupe de contrebandiers, ils ne renoncèrent pas à leur projet de déjouer tous les plans sataniques de la comtesse .Tel est le cadre singulièrement pittoresque où l\u2019on a vu se présenter les péripéties d\u2019un drame long et haletant.Toutefois, quel que puisse être le pathétique des événements eux-mêmes, il est encore dépassé en intensité par celui de la poignante lutte morale qui déchire les consciences. 17 29 JUILLET 1944 \u2014\tVous refusez décidément de nous livrer cette femme assassine, demande Kurt, menaçant.\u2014\tNaturellement! la comtesse Olga reste sous ma protection, déclare le marquis, décidé.\u2014 Naturellement, je ne puis l\u2019épouser sous les circonstances actuelles.\u2014 Je la quitterai, mais pas avant que je ne la sache protégée contre les dangers et la persécution.\u2014 Et moi je vous déclare, dit Kurt, irrité, que nous ne quitterons pas cette place.\u2014 Si vous ne voulez pas écouter votre sens, alors vous en subirez vous-même les conséquences.\u2014 En cas de besoin, nous userons de force.\u2014 De force ?.Le marquis se relève, hautain.\u2014 Ne l\u2019essayez pas.Vous n\u2019avancerez pas d\u2019un pas, avant de m\u2019avoir écarté.Il se place au milieu du corridor et dirige son revolver sur ses ennemis.Sur sa figure, se lit une décision si ferme que ces derniers ne peuvent douter qu\u2019elle ne soit réelle.C\u2019est un moment critique.Kurt et Ritter ne savent pas ce qu\u2019ils doivent faire maintenant.Entre-temps les domestiques se sont armés et se préparent à prêter main-forte à leur maître.Le marquis aperçoit également le régisseur, qui jusqu\u2019ici s\u2019était retiré, et cette vue transporte le marquis dans la plus grande colère.\u2014 Ah ! misérable traitre !.grince-t-il.\u2014 Vous avez comploté avec mes ennemis, vous les avez introduits dans ma maison .\u2014 Je vous le ferai expier.Il dirige son revolver sur le vieillard, mais puisque Kurt et von Fohren le protègent de leur propre corps, il n\u2019ose tirer.\u2014 Sortez tous ! crie-t-il, écumant de rage.\u2014 Quittez tous immédiatement ma maison ou .par Dieu !.je fais feu ! \u2014 Je tue chacun qui ne m\u2019obéit pas à l\u2019instant.Malgré cette menace, les trois hommes ne s\u2019apprêtent pas à partir.Ils se tiennent tous tranquilles.\u2014 Monsieur le marquis, dit froidement et sombrement von Fohren, je désire que vous me livriez ma femme.Rendez-moi la misérable, ou bien j\u2019invoquerai contre vous le secours de la police, ce qui serait une honte publique pour vous.\u2014 Faites cela.Appelez la police ! dit le marquis d\u2019un ton outrageant.\u2014 Vous vous tromperez.On ne prendra pas note de votre demande.\u2014 Alors, vous vous déclarez le complice de cette femme diabolique ?.crie Kurt en colère.\u2014 Nous vous traiterons comme tel, si vous ne vous montrez pas plus intelligent.\u2014 N\u2019insistez pas plus longtemps, monsieur le baron, dit Ritter, en retenant Kurt.____Nous nous écarterons sans, cependant, nous en aller.\u2014 La coupable ne nous échappera pas.\u2014 Nous l\u2019avons entourée.\u2014 Venez avec moi, mes amis.\u2014 On ne peut lutter avec un fou.\u2014 Oui, allez seulement ! __Allez vite et ne vous montrez plus dans la proximité de ma maison, crie le marquis en colère, leur montrant la sortie.A contre-cceur, Kurt suit Ritter ^et le baron von Fohren, qui ont déjà quitté le corridor.\u2014 Que faire maintenant ?crit Kurt, désespéré.\u2014 Nous aurions dû risquer la lutte avec cet exalté.Maintenant, il s enfuira avec cette femme miserable.\u2014 Patience ! dit Ritter, nous aurions probablement eu la victoire, mais cette femme ne vaut pas qu\u2019une goutte de sang soit versée pour elle.\u2014 Non, monsieur le baron, elle ne peut plus s\u2019enfuir maintenant.\u2014 Nous pouvons être tranquilles.\u2014 Vous deux, vous resterez ici, moi, je vais au parc.Le régisseur peut venir avec moi.Il sort avec le vieillard, pendant que Kurt et le baron von Fohren restent dans le vestibule.Quand Olga, effrayée par le vacarme, se rendit dans les appartements du marquis, elle y arriva au moment où apparut le baron von Fohren.Elle se glissa inaperçue jusque près de la porte, de sorte qu\u2019elle pût voir et entendre tout ce qui se passa dans le corridor.Cachée derrière la porte, laissée ouverte par le marquis, elle regarde dans le corridor et son émotion et sa peur sont infinies.Elle ne se fie pas à ses propres yeux, quand elle voit, dans le corridor, son mari qu\u2019elle croyait mort.En entendant les terribles accusations que tous ces hommes lancent contre elle, une peur folle la saisit.Comme frappée par la foudre, elle reste clouée sur le sol, jusqu\u2019à ce que ses ennemis se soient éloignés.Le plus grand danger est passé.Elle respire plus à l\u2019aise.Mais à quoi bon ?Elle est tout de même perdue.sans espoir.Sans réfléchir un instant, elle retourne et revient de nouveau dans les appartements du marquis.Elle entend crier celui-ci.Il a trouvé sa chambre vide, il soupçonne quelle ait pris la fuite et la cherche partout.Olga se cache dans un des appartements éclairés.Ici, le marquis a commencé à emballer ce dont il a besoin pour le voyage.\t> Sur la table, se trouve une petite valise en cuir rouge ; elle est ouverte et le contenu en est visible.Des billets de banque et des pièces d\u2019or y sont fourrés en hâte et un paquet de billets de banque se trouve à côté sur la table.Si grand que soit le danger pour Olga, elle ne réfléchit pas un instant, mais jette le paquet auprès des autres, dans la valise, et emporte celle-ci.La valise volée sous son manteau, elle s\u2019enfuit et atteint une autre sortie.Par une petite porte elle arrive dans le jardin, plongé entièrement dans l\u2019obscurité.Elle n\u2019aperçoit pas ses ennemis.Comme poursuivie par le diable en personne, Olga s\u2019enfuit par les chemins sinueux.Le jardin est très étendu, il touche à la mer et le bruit des vagues parvient jusqu\u2019aux oreilles d\u2019Olga.Elle s\u2019enfuit vers la mer.Si elle réussit à atteindre le yacht du marquis et à s\u2019embarquer, alors ses ennemis peuvent la chercher autant qu\u2019ils veulent.NE MANQUEZ PAS DE LIRE NOTRE NOUVEAU FEUILLETON page 22 Et le marquis ne peut plus rien faire pour elle.Elle entend venir son fidèle ami aveugle, mais elle ne peut pas aller à sa rencontre.Fuir .fuir en toute hâte, voilà sa seule pensée.Elle reprend le chemin par où elle est venue.Arrivée dans sa chambre, elle rassemble, avec une hâte fiévreuse, tout ce qu\u2019elle a de plus précieux et jette un long manteau noir sur ses épaules.Tout est perdu.Au dernier moment, tout a encore échoué.Déjà elle avait presque atteint son but et voilà que la fatalité lui crie un « halte ! » menaçant.Maintenant, il faut partir.Mais comment doit-elle échapper ?Ses ennemis monteront certainement la garde.Elle appelle Fanny.Celle-ci ne vient pas.Où est-elle ?Qu\u2019est devenue sa fidèle alliée ?Est-ce qu\u2019elle se serait déjà enfuie ?Elle entend des pas s\u2019approcher ; c\u2019est le marquis.Olga s\u2019éloigne vivement par l\u2019autre porte de la chambre ; elle ne veut pas lui faire ses adieux ; c\u2019est superflu.Elle grince de rage sur l\u2019échec de ses plans.En toute hâte, elle parcourt les corridors et arrive à la porte du vestibule qu\u2019elle trouve fermée.Déjà, elle s\u2019approche de la mer.Tout à coup un « halte » ! discret se fait entendre et une silhouette se dessine contre les broussailles.Avec un cri de peur, Olga recule.Elle se retourne et s\u2019enfuit à toutes jambes vers la villa du marquis.Elle ne fait pas attention à la voix bien connue, qui lui crie quelque chose.Elle ne se retourne pas pour regarder, et ne voit pas que la silhouette la poursuit.CCXXXIX \u2014 Une punition terrible rès de la porte d\u2019entrée, Olga s\u2019arrête un instant.Il lui faut du temps pour ouvrir la porte, et si peu que cela dure, la personne s\u2019approche entre-temps.Fermement décidée, Olga saisit son revolver.Une main saisit son bras.\u2014 Madame .pour l\u2019amour de Dieu! c\u2019est moi.Fanny ! lui dit celle-ci.\u2014 Ne m\u2019avez-vous pas reconnue?\u2014 Non! répond faiblement Olga.Que faisiez-vous là, dans le jardinn ?\u2014 Savez-vous ce qui est arrivé et que nous sommes perdues ?\u2014 Oui, je sais tout.Et je voulais apprêter le yacht pour nous deux, mais près de la mer se trouve quelqu\u2019un.Je crois que c\u2019est le détective.Olga siffle de rage, comme un serpent.__Nous ne pouvons donc pas nous enfuir ! Qué devons-nous faire, Fanny ?\t, Des pas retentissent, \u2014 quelqu un s\u2019approche de la porte.Olga entre rapidement et Fanny la suit.\t, Elles ferment la porte, parcourent le corridor et s\u2019arrêtent dans une cham-bre.Elles se trouvent de nouveau dans les appartements du marquis, mais celui-ci ne se trouve dans aucune de ces chambres luxueuses.__Le marquis doit nous aider ! dit Fanny.__Il ne peut pas nous abandonner.\u2014 J\u2019ai suivi toute la lutte et je trouve que le marquis et ses domestiques sont des lâches.-Est-ce qu\u2019ils n\u2019étaient pas assez nombreux pour tuer tous les autres ?Olga approuve, désespérée ; elle se laisse tomber dans un fauteuil.\u2014 Fuir .fuir ! se plaint-elle.\u2014 Mais comment ?\u2014 Je ne vois plus d\u2019issue !.____Oh ! je crois que si nous attendons encore un peu, nous pourrons partir avec le yacht.____Le détective ne restera pas longtemps à la côte et encore .il est seul, et nous sommes deux.\u2014 Vous avez raison, répond Olga, qui se lève en reprenant courage.____Si le détective est seul, nous arrangerons bien son affaire.Un coup de feu et c\u2019en est fait._Ah ! si seulement nous nous étions mises courageusement à la besogne.\u2014 Oui, mais vous vous êtes enfuie quand je vous ai appelée, répond Fanny en hausasnt les épaules.\u2014 Mais peut-être que tout peut s arranger.\u2014 Ne pouvons-nous pas emporter une oartie des trésors du marquis ?\u2014 Oh! j\u2019ai cette valise pleine d\u2019argent, sourit Olga, en montrant son butin.\u2014 Là, il y a encore plus, croit Fanny.\u2014 Et sous pouvons très bien 1 employer.\u2014 Cherchons donc le reste, madame.\u2014 En effet, c\u2019est une bonne idée.\u2014 Ce fou voulait tout de même me laisser toute sa fortune.Il n\u2019est donc que raisonnable que j\u2019en prenne ce que je puis.Ce disant, Olga se dirige vers le coffre-fort sur lequel se trouvent les clefs.Elle ouvre les portes en fer et Fanny pousse un cri d\u2019étonnement, quand elle voit le contenu.\u2014 Ah ! quel tas d\u2019argent ! \u2014 C\u2019est plus que nous ne pourrons emporter.Avec avidité, toutes deux remplissent leurs poches de billets.Elles ne soupçonnent pas qu\u2019on les épie.Derrière la portière de la porte de la chambre latérale, se trouve le marquis et, comme frappé par la foudre, il regarde les deux femmes, qui sont en train de dévaliser son coffre-fort.Il comprend tout ce qu\u2019elles disent, et la conversation que tient Olga avec sa confidente, dévoile d\u2019un coup toute la bassesse d\u2019âme, tout l\u2019avilissement de cette femme qu\u2019il aimait, \u2014 et le bandeau tombe de devant ses yeux.\u2014 Sans ses contrariétés, dit Olga, j\u2019aurais atteint mon but ! \u2014 Seulement un jour plus tard .et j\u2019aurais été sa femme, j\u2019aurais eu son testament en mains et, comme c\u2019était convenu, nous l\u2019aurions envoyé lui-même à l\u2019autre monde.\u2014 Maintenant je dois, cependant, me contenter de ces quelques miettes et nous pouvons nous réjouir, si nous parvenons à fuir à temps.Le marquis doit nous aider en cela ! dit Fanny, pendant qu\u2019elle continue d\u2019empocher les beaux billets. 18 LE SAMEDI \u2014 Ah ! s\u2019il savait comme il est fou et comme il s\u2019est laissé tromper ! rit-elle outrageusement.Olga rit avec elle et ajoute quelques remarques méprisantes.Elle retient la dernière syllabe, en entendant du bruit derrière elle.Elle se retourne et voit le marquis qui, pâle comme un mort, les traits tirés par la haine et le dégoût, s\u2019élance dans la ehambre.\u2014 Maintenant, je vous connais.¦\u2014 Misérable vipère ! grince-t-il.\u2014 J\u2019ai tout entendu.\u2014 Femme diabolique ! \u2014 Maintenant, je ne doute plus de ce que dit le gentilhomme.Tout ce dont on vous accuse est donc vrai ! \u2014 Vous vouliez me tuer aussi ?\u2014 Meurtrière !.Voleuse ! crie-t-il.\u2014 Je vous livrerai à vos ennemis ! \u2014 Je vous hais, je vous exècre! Si grande que soit sa peur, Olga s\u2019est ressaisie bien vite.Il s\u2019élance vers elle pour la saisir.Elle recule .le revolver brille dans sa main, et au moment où le marquis tend la main vers elle, un coup de feu retentit.Un cri étouffé.le marquis chancelle, le sang lui coule sur la figure, il cherche un appui et retombe dans un fauteuil.\u2014 Imbécile! Voilà ce que vous avez mérité ! dit Olga avec un rire outrageant, en regardant avec triomphe sa victime.\u2014 Et maintenant en avant.vite I crie Fanny.Sans hésiter, Olga la suit.Déjà arrivent les domestiques.Pleins d\u2019émotion, ils voient leur maître tout en sang dans le fauteuil.Il se fait une confusion indescriptible, et pendant que les ennemis d\u2019Olga entrent sans résistance, celle-ci s\u2019enfuit avec Fanny vers la mer.Personne ne songe à la poursuivre, car au début tous croient que le marquis s\u2019est suicidé.Mais Kurt, qui s\u2019occupe de lui, aperçoit vite que le jeune homme n\u2019est pas mort.Les domestiques apportent de l\u2019eau, on lave la blessure et peu à peu le blessé revient à lui.Le coup, qui devait le tuer, n\u2019a fait que l\u2019étourdir.La balle n\u2019a causé qu'une forte égra-tignure à la tête, qui est bien vite pansée.A peine cela est-il fini que le marquis se retrouve sur pied.Les yeux hagards, il regarde autour de soi.\u2014 Où est-elle, la vile meurtrière ?crie-t-il.Etonnés, Kurt et von Fohren le regardent.Ritter, qui entre précisément à ce moment, ne comprend pas immédiatement ce qui s\u2019est passé ici.Mais en entendant les malédictions et les déclarations incohérentes du marquis, ils comprennent ce qui s\u2019est passé.Tout à coup, le marquis tend la main aux trois amis et dit : \u2014 Vous aviez raison \u2014 cette femme est une diablesse .un vrai serpent.\u2014 Je dus en faire l\u2019expérience à mes dépens.\u2014 Mais elle ne peut être loin.\u2014 Je sais quel chemin elle prendra.\u2014 Malheur à elle si elle tombe entre mes mains, cette vipère .\u2014 Je me vengerai.je me vengerai terriblement.Ritter comprend immédiatement qu\u2019Olga s\u2019est enfuie du côté de la mer.Il s\u2019élance en avant.Le marquis donne quelques ordres à ses domestiques.Puis, en compagnie de Kurt et von Fohren, il suit le détective.Les domestiques également les suivent de très près avec des torches.Tous courent vers la place où le yacht est attaché.Quand ils y arrivent ils trouvent la baie vide.Blême de colère, le marquis montre une voile blanche balançant sur l\u2019eau.\u2014 Trop tard !.\u2014 Ce sont elles qui naviguent là, grince-t-il.Déçus, tous regardent l\u2019embarcation s\u2019éloigner.La nuit n\u2019est pas si obscure qu\u2019on ne puisse distinguer les mouvements de cette voile blanche.La légère embarcation est fortement secouée et le vent la pousse de plus en plus vers la côte.Le marquis, se plaignant toujours de douleur, regarde son yacht.Le vieux régisseur se trouve à côté de lui et dit d\u2019une voix émue : ¦\u2014Le yacht ne quittera pas la baie, monsieur le marquis.Elles s\u2019approchent de la côte, car elles ne savent pas louvoyer.\u2014 Vraiment, vous avez raison, vieux, crie le marquis, lui serrant la main.\u2014 Bravo! mon brave.Vous restez naturellement à mon service maintenant ! \u2014 Mais, messieurs, cette femme ne peut nous échapper, s\u2019adresse-t-il à Kurt et à von Fohren.\u2014 Elle va atterrir.-\u2014 En avant !.-\u2014Je sais déjà en quel endroit.\u2014 A cheval, messieurs !.\u2014 Nous la rattraperons bien, cette diablesse ! .Tout à son désir de vengeance, le marquis s\u2019éloigne à toutes jambes.Animés de mêmes sentiments, Ritter, Kurt et von Fohren le suivent.Ils retournent à la villa où le marquis donne l\u2019ordre de seller des chevaux.Les domestiques se hâtent à exécuter cet ordre.Le marquis met en poche deux revolvers chargés à balles et saute en selle.Les autres, ainsi que Muller, ne peuvent le suivre qu\u2019à peine.En un galop désordonné, il suit le chemin le long de la côte escarpée.Au lointain, on voit encore le yacht qui est poussé vers une étroite langue de terre.Les ennemis d\u2019Olga se dirigent également vers le même endroit.Kurt donne de l\u2019éperon à son cheval et rattrape l\u2019avance qu\u2019avait le marquis.Il ne veut pas se laisser devancer par le marquis, car il devine le plan terrible de cet italien vindicatif.On voit maintenant distinctement la mer écumante sur les flots de laquelle la frêle embarcation voltige comme une mouette.\t\u2022 Elle se trouve sur le flanc, couchée par le vent, et la voile, agitée par le vent, voltige à gauche et à droite et ne tient presque plus.On voit que les femmes font tout leur possible pour sortir de la baie.En vain, elles tâchent d\u2019atteindre la mer.Dans cette lutte terrible, le vent et les flots restent vainqueurs.Comme une coquille de noix, le yacht est poussé de plus en plus vite vers l\u2019étroite langue de terre.\u2014 Voyez.cela touche à terre! s\u2019écrie le marquis et il étend les bras, comme s\u2019il voulait saisir le yacht qui, a une demie-lieue de là, est arrivée à terre.Il disparaît derrière les collines et ne réapparaît plus.\u2014 En avant ! en avant ! crie le marquis, en donnant de l\u2019éperon à son étalon.Olga et Fanny ont une traversée terrible derrière elles.A chaque instant, la légère embarcation menace de se renverser, car ni l\u2019une ni l\u2019autre ne sait naviguer.Elles sont toutes trempées, quand elles sautent à terre.Elles n\u2019ont pas aperçu leurs ennemis et ne soupçonnent même pas qu\u2019on les poursuit.Avec peine, elles montent vers la côte sablonneuse.Derrière elles et à droite rugit la mer.A gauche, s\u2019étend la côte et c\u2019est de là qu\u2019arrivent les ennemis, mais elles ne voient pas les cavaliers qui s\u2019approchent derrière la colline.Devant elles, le chemin descend jusqu\u2019à une rivière étroite.De l\u2019autre côté de cette rivière se trouve un petit bois et quelques maisonnettes ; c\u2019est un hameau du village voisin.La hutte du passeur d\u2019eau se trouve de ce côté-ci.\u2014 Voilà où nous devons passer, dit Olga, qui tremble de froid, ainsi que sa compagne.\u2014 Nous devons nous dépêcher, Fanny, pour atteindre le village de l\u2019autre rive.Elles descendent la pente en courant et frappent à la porte de la maison du batelier.Celui-ci ouvre et regarde, tout étonné, les deux femmes totalement trempées.\u2014 Faites-nous passer .vite, dit Olga impérativement.Le batelier ne répond rien.Par un signe de la main il les invite à entrer dans sa chambrette et d\u2019attendre jusqu\u2019à ce qu\u2019il ait apprêté sa barque.Elles entrent en frelottant, pendant qu\u2019il s\u2019en va à son aise.Pleine d\u2019impatience, Olga regarde par la fenêtre.Au loin, elle voit arriver un cavalier, et quoiqu\u2019elle ne le reconnaisse pas elle soupçonne qui il est.\u2014 Le marquis s\u2019en vient ! crie-t-elle, en fuyant.Elle court vers la barque, prête à partir.En toute hâte, elle saute dedans et, sans attendre Fanny qui n\u2019a pu la suivre, elle crie au batelier : \u2014 Passez, en avant ! Avec des cris de peur Fanny arrive, mais trop tard.La barquette est déjà assez loin de la rive.Olga se trouve au milieu de la barquette et avec peur elle voit s\u2019approcher le cavalier, suivi de Kurt et de Ritter et plus loin de von Fohren et de Muller.En pleurant et en se tordant les bras, Fanny court à gauche et à droite sur la rive.Elle hurle, se lamente et vocifère les plus terribles malédictions contre Olga, puis elle tâche de fuir, mais Kurt et Ritter sont déjà près d\u2019elle.Ils poursuivent la fugitive et le cheval de Ritter la jette par terre.Avec l\u2019aide de Muller, qui arrive précisément, Ritter saisit Fanny qui se débat et qui mord comme un fauve.On lui met les menottes et Muller la lie sur son cheval.Entre-temps, se déroule sur l\u2019eau un scène terrible.Le marquis ne s\u2019est pas occupé de Fanny.Il ne voit qu\u2019Olga et craint qu\u2019elle lui échappe de nouveau.Déjà la barquette est au milieu de la rivière ; le batelier n\u2019obéit pas au « halte ! » qu\u2019on lui crie d\u2019un ton menaçant de la rive.Au moment où Kurt et Ritter arrivent, le marquis lance sa monture fringante dans l\u2019eau et suit la barquette.Olga crie de peur, quand elle voit s\u2019approcher son terrible ennemi.Elle décharge sur lui son revolver sans le toucher.Le marquis, qui se trouve toujours sur son cheval, prend son revolver et le dirige vers le batelier.\u2014 Arrêtez, ou je vous tue! crie-t-il.Effrayé, le batelier dépose les rames.La barquette s\u2019arrête et est déjà près de l\u2019autre rive.Avec un triomphe sauvage le marquis s\u2019approche ; mais voilà qu Olga, dominée par la peur, se jette à l\u2019eau pour atteindre la terre en nageant.\u2014 Tenez-la, crie le marquis et le batelier se penche et saisit la chevelure flottante d\u2019Olga qui est sur le point de disparaître.Il l\u2019attire vers lui par ses cheveux et en un instant le marquis est près d\u2019elle.Il prend les cheveux d\u2019Olga, les tourne autour de la main et la tire ainsi sur la rive.Quand il se trouve sur terre, le marquis descend de son cheval, il tient les cheveux d\u2019Olga et la jette brutalement sur le sol.Elle pousse des cris de douleur et de peur et se tord comme une folle dans les mains de son impitoyable ennemi.\u2014 Diablesse! grince le marquis.Votre dernière heure a sonné.\u2014 Vous devez mourir.\u2014 Vous mourrez par ma propre main.De toute sa force il lui tire tellement les cheveux qu\u2019elle pousse de hauts cris de douleur.Il la jette sur les genoux et presse le canon de son revolver contre son front.\u2014 Oh ! ayez pitié .pitié .crie Olga d\u2019une voix pleine d\u2019angoisse.Pleins de dégoût et d\u2019émotion les hommes qui se trouvent de l\u2019autre côté regardent cette scène révoltante.\u2014 Halte ! halte ! crie Kurt.\u2014 Marquis ! Cett» femme est notre prisonnière, elle doit mourir par la main du bourreau.\u2014 Cessez ! crie Ritter également très ému.\u2014 Vous commettez un meurtre.\u2014 Cette femme m\u2019appartient.Mais le marquis ne s\u2019inquiète pas de tout cela.Il maintient Olga dans cette position et dit froidement : \u2014 Priez ! priez si vous le savez encore, je vous accorde une demi-minute.Dans son angoisse Olga se tord et crie au secours de toutes ses forces.De l\u2019autre côté les amis crient et menacent et même le batelier, pris de pitié pour la malheureuse, saute de sa barque et dit d\u2019un ton ferme et menaçant au marquis : \u2014 Lâchez immédiatement cette femme, monsieur ! \u2014 Si vous faites encore un pas je vous tue comme un chien ! répond le marquis avec un calme apparent.Devant le revolver, dirigé sur lui, le batelier recule de quelques pas.Le marquis presse de nouveau son revolver sur le front d\u2019Olga.Encore un cri désespéré, puis un coup de feu.et, le crâne fracassé, la condamnée tombe à terre.Des cris de peur retentissent.Kurt et Ritter se trouvaient déjà dans la barque et von Fohren y prend justement place quand le coup part.Effrayés, ils laissent tomber leurs armes.Ils ne peuvent plus rien empêcher.Le marquis s\u2019est vengé ! Olga est morte.Assassin ! lui crie Ritter indigné.\u2014 Qu\u2019avez-vous fait ?Le marquis se détourne de sa victime, il ne daigne pas répondre au détective.Il fait signe au batelier et, montrant le cadavre ensanglanté, il dit : Tout ce qu\u2019elle porte sur elle, est pour vous.C\u2019est votre récompense.\u2014 Jetez son cadavre dans la mer.Elle n a pas mérité de tombeau.Il saute en selle et avec un rire affreux il crie aux amis : J ai épargné la besogne au bour-reau-\t[ Lire la suite page 20 1 29 JUILLET 1944 19 à Mes Recettes f Por Mme ROSE LACROIX Directrice de l'Ecole Ménagère Provinciale et de l'Institut Ménager de LA REVUE POPULAIRE, du SAMEDI et du FILM.COTELETTES DE PORC A LA CREME 6 côtelettes de porc\t1 gousse d\u2019ail 1 c.à thé de sel Vs de c.à thé de poivre\t3 c.à tb.de farine 2 tasses de lait Couper une gousse d\u2019ail en deux et en frotter les côtelettes.Faire frire à la poêle 5 à 8 minutes d\u2019un côté, retourner et faire rôtir l\u2019autre côté.Saler et poivrer.Quand les côtelettes sont bien rôties, ajouter au fond de cuisson 3 c.à tb.de farine, bien mélanger et mouiller avec les 2 tasses de lait.Faire cuire jusqu\u2019à épaississement.Servir cette sauce avec les côtelettes accompagnées de pommes de terre nouvelles et petits pois frais sautés.JAMBON AUX NOUILLES 1 tasse de nouilles coupées en bouts d\u2019un pouce 1 tasse de fromage\t2 œufs sel et poivre 1 tasse de sauce blanche\t1 tasse de jambon cuit coupé en cubes Faire cuire les nouilles dans l\u2019eau bouillante salée jusqu\u2019à ce qu\u2019elles soient tendres.Egoutter et quand elles sont encore chaudes, ajouter le fromage et bien brasser jusqu\u2019à ce que le fromage soit entièrement fondu.Faire réchauffer au besoin.Ajouter les 2 œufs légèrement battus.Bien assaisonner.Mettre dans un moule beurré en forme d\u2019anneau et faire cuire au four de 350° F.dans une lèchefrite contenant de l\u2019eau chaude y2 heure ou jusqu\u2019à ce que le tout soit ferme.Démouler sur un plat rond et mettre au centre le jambon coupé en cubes dans 1 tasse de sauce blanche.FEUILLES DE CHOU FARCIES 1 chou\t2 c.à tb.de graisse 1 oignon haché finement 1\ttasse de viande de porc haché\tV2 tasse de mie de pain 1 oeuf sel, poivre et fines herbes\t4 tranches de bacon Faire cuire le chou 5 à 8 minutes dans l\u2019eau bouillante salée, retirer et séparer toutes les feuilles.D\u2019autre part, faire revenir l\u2019oignon dans la graisse, ajouter le porc, la mie de pain et lier avec l\u2019œuf.Assaisonner de sel, poivre et fines herbes au goût.Mettre 1 c.à tb.de cette farce dans une feuille de chou, former des rouleaux, mettre dans un plat beurré et couvrir de bacon coupé en morceaux.Faire cuire au four de 350° F.1 heure.SALADE AUX ŒUFS 2\ttasses de fèves cuites\t1 tasse de carottes cuites 4 c.à tb.d\u2019huile 2 c.à tb.de vinaigre\t1 c.à thé de sel 14 de c.à thé de poivre 6 œufs cuits durs\tVt de tasse de mayonnaise 3 tomates fraîches Faire cuire des fèves en gousses et des carottes juste assez pour les attendrir mais éviter soigneusement de les faire trop cuire afin qu elles restent bien fermes.Les faire mariner dans la sauce française composée d\u2019huile, de vinaigre, de sel et de poivre.Faire cuire également les œufs et en couper en rouelles 4, en réservant 2 pour décorer la salade.Mélanger les œufs avec les légumes et la mayonnaise.Dresser le tout sur des feuilles de laitue croquantes et garnir de rouelles d\u2019œufs et de tomates.TARTE AUX BLEUETS 4 tasses de bleuets\tVi de tasse de sucre 2 c.à tb.de farine Couvrir de belle pâte brisée une assiette à tarte profonde.Trier les bleuets, les mettre dans un bol et les bien mélanger avec le sucre et la farine, en remplir l\u2019assiette à tarte.Couvrir de pâte, faire quelques incisions sur le dessus pour l\u2019échappement de la vapeur, badigeonner la pâte de lait et faire cuire au four de 450° F.10 minutes.Abaisser la chaleur à 350° F.et prolonger la cuisson de 45 minutes.PAIN EN SURPRISE 1 pain 2 tasses de chou finement haché\t1 tasse de carottes râpées 1/2 tasse de radis taillés en tranches minces 2 c.à tb.d\u2019échalotes\t2 tasses de veau cuit 1 tasse de mayonnaise 1/4 de livre de fromage à la crème\tsel et poivre Tailler un pain brun ou blanc en 5 tranches, enlever la croûte, tartiner chaque tranche de beurre.Mettre sur la première tranche la moitié du veau bien assaisonné avec la mayonnaise, beurrer une 2e tranche et en couvrir la première.Sur cette deuxième tranche, placer la moitié du mélange de légumes egalement assaisonnés avec de la mayonnaise, couvrir d\u2019une 3e tranche de pain, puis mettre une 4e tranche beurrée puis la garniture de légumes et terminer par la 5e tranche.Presser le tout et recouvrir avec le fromage défait en crème avec V2 tasse de lait et bien assaisonné de sel et de poivre.Garnir le plat de feuilles de laitue bien croquantes, de tomates et de concombres tranchés.Ce pain surprise se sert en tranches d\u2019un pouce environ et constitue un repas complet.Pem RÉUSSIR VOS CONSERVES Voici les pièces qui composent les deux genres de bocaux les plus communément employés.Elles doivent toutes s\u2019ajuster convenablement pour sceller à la perfection.Type à couvercle vissé Bague en zinc Couvercle en verre Rondelle en caoutchouc Dessus de bocal Type à crampon métallique Couvercle en verre Rondelle en caoutchouc Dessus de bocal Crampon à ressort S\u2019il vous faut 2 rondelles en caoutchouc pour sceller un bocal, c'est que le couvercle en verre n\u2019est pas uniforme ou pas assez profond, que la bague métallique a besoin d\u2019être remplacée, ou que le crampon métallique a besoin d\u2019être ajusté.Une rondelle en caoutchouc très mince suffit pour bien sceller des pièces qui s\u2019ajustent bien.Servez-vous tous les ans de Rondelles en Caoutchouc neuves de grandeur exacte*\u2014 le genre est illustré sur la boîte.\u2022 Le secret d\u2019une fermeture parfaite réside dans le choix approprié du Bocal, du couvercle, de la bague métallique (ou crampoo métallique) et de la rondelle en caoutchouc.(Voir les vignettes à gauche).Le couvercle en verre doit être assez profond pour reposer unijormément sur le rebord du bocal avant d\u2019y mettre la rondelle en caoutchouc.Les bords de la fermeture ne doivent pas être ébréchés.La rondelle en caoutchouc assure une fermeture étanche entre le couvercle bien ajusté et le bocal.La bague métallique (ou le crampon métallique) garde le couvercle fermement scellé jusqu\u2019au moment où vous voulez employer le contenu du bocal.Il faut donc que la bague métallique soit bien égale sur le dessus pour presser uniformément sur le couvercle, ou que le crampon métallique soit bien serré.Quoique l\u2019on blâme souvent les rondelles en caoutchouc quand les aliments _ sont gâtés, les recherches approfondies n\u2019ont jamais confirmé que cela devait leur être attribué.Les rondelles en caoutchouc n\u2019ont aucun effet sur la conservation des aliments; elles n\u2019ont pour but que de rendre la fermeture étanche.Les recherches qui ont été faites indiquent qu\u2019il faut des pièces bien assorties pour la fermeture et que les aliments doivent être parfaitement stérilisés lorsqu\u2019ils sont scellés dans les bocaux.Les fruits trop mûrs ou meurtris, ou les aliments préparés depuis trop longtemps ne se stérilisent pas facilement.Si vous prenez le soin voulu, stérilisez les aliments selon des recettes essayées et approuvées, et les scellez dans des bocaux stérilisés, avec des pièces bien assorties pour la fermeture, vous aurez tout droit de vous attendre à ce que vos conserves soient réussies.Ceci est publié, dans l\u2019intérêt de la conservation des aliments, par Viceroy Manfacturing Company Limited Montréal \u2014 Toronto \u2014 Winnipeg Fabricants des ViceroY EN CAOUTCHOUC Etes-vous déprimée ?Nerveuse ?Sans énergie ?Délaissée ?La vie n\u2019a-t-elle pour vous que des désagréments ?Souffrez-vous de maigreur ?de vertiges ?De migraines ?et votre teint a-t-il perdu sa fraîcheur ?C\u2019est alors que vous avez le sang trop lourd, chargé de toxines, et le travail de ce sang non purifié cause de pénibles désordres dans votre organisme.Faites alors votre cure de désintoxication naturelle.Les éléments concentrés qui constituent le merveilleux.TRAITEMENT SANO \"A\" élimineront tous ces poisons.De jour en jour vos chairs se développeront et redeviendront fermes, votre teint s\u2019éclaircira, vous serez plus attrayante avec tout le charme de la jeunesse.Envoyez cinq sous pour échantillon de notre merveilleux produit SANO « A » Correspondance strictement Confidentielle.a LES PRODUITS SANO Enrg., Mme CLAIRE LUCE, Case Postale 2134 (Place d\u2019Armes), Montréal, P.Q.Ecrivez lisiblement ci-dessous : Votre nom Votre adresse 20 LE SAMEDI L'INJUSTE CHATIMENT [ Suite de la page 18 ] Il agite son chapeau et s\u2019éloigne.Après quelques instants, le cavalier et sa monture ont disparu derrière le bois.Sur l\u2019appel de Kurt, le batelier exécute enfin les ordres qu\u2019on lui donne.Il dépose le cadavre d\u2019Olga dans la barque et rame de l\u2019autre côté.Tous regardent la morte en frissonnant.Personne ne la touche ; von Fohren se détourne et, pris de dégoût, il cache la figure dans ses mains.\u2014 Quelle folie que de soustraire cette femme au bourreau ! gronde Ritter.\u2014 Maintenant, toute notre peine est vaine.\u2014 Un misérable insensé a empêché la justice de faire son œuvre.La plus émue à la vue de sa maîtresse morte, c\u2019est Fanny.Un sort bien plus terrible l\u2019attend, \u2014 elle sera livrée, au bourreau.On abandonne le cadavre au batelier.Il le couvre d\u2019un morceau de voile et, quand les amis sont partis avec leur prisonnière, il rame avec elle vers la mer.Il lie une grosse pierre à la robe d\u2019Olga et laisse tomber le cadavre dans l\u2019eau.Il a pris les trésors qu\u2019elle portait sur elle.Ainsi prit fin la vie de cette femme satanique, qui causa tant de malheurs et tant de misères à Liane et à Margot.CONCLUSION es amis, tristement impressionnés, retournent à la villa, où ils veulent attendre le retour du marquis.Mais il ne revient pas.Après une attente vaine, tous, à l\u2019exception de von Fohren, retournent à leur patrie.Avant de partir, ils ont rendu compte des événements à la police locale.Quant à Fanny, ils l\u2019ont emmenée avec eux.Von Fohren reste pour achever sa convalescence.Le climat du midi doit compléter sa guérison.Quelques jours après, les amis sont reçus dans la capitale par le comte Henri, Liane et Margot.La réception est cordiale.Tout le monde se sent heureux d\u2019être délivré de cette femme diabolique, qui a répandu partout le malheur et la souffrance.Le comte Henri raconte, à son tour, le dernier attentat de Barbe-Rouge et sa fin tragique.Ritter regrette que ce bandit et Olga n\u2019aient pas reçu leur récompense sur l\u2019échafaud, mais le comte Henri réplique, en lui pressant la main : \u2014 Non, non ! c\u2019est mieux ainsi : n\u2019oublions pas que cette femme a été l\u2019épouse de mon père et qu\u2019elle porte son nom et que sa condamnation ne pouvait qu\u2019entourer ce nom de scandale.\u2014 Que Barbe-Rouge soit disparu sans esclandre, c\u2019est aussi préférable ! \u2014 Je dis cela au point de vue de ma fiancée.\u2014 Le bandit aura procuré, par les divulgations du passé, un tas de commentaires que les journaux n\u2019auraient pas manqué de communiquer à leurs lecteurs et par là les racontars auraient couru ! A ce point de vue, Ritter approuve les idées du comte.Il est vrai que Fanny et Alfred pourront aussi divulguer des choses qui seraient mieux oubliées, mais cela n\u2019est pas à éviter.\u2014 Et maintenant que nos misères sont passées, pensons à notre bonheur, conclut le comte.Se tournant vers sa fiancée, il dit avec un regard plein d\u2019amour.\u2014\tMaintenant ma bien-aimée, nous pouvons songer à notre mariage.\u2014\tEt personne de nos amis ne pourra manquer à la fête des noces.Il tient parole.Quelques semaines après, la brillante fête a lieu» dans les vastes domaines de Rothenburg.C\u2019est une des plus belles fêtes dont le château ait jamais été témoin.La brave famille du meunier, ainsi que le maire et sa bonne femme, y sont.Les parents de Kurt, le prince Sara-tow avec son épouse, tout à fait rétablie, sont revenus pour assister à cette fête.Le baron von Fohren n\u2019est pas venu, \u2014 le remords de conscience l\u2019empêche de jouir d\u2019un bonheur qu\u2019il ne mérite pas.Parmi les convives, on remarque aussi Ritter et le courageux Muller, ainsi que le forestier Meinhard et le vieux jardinier Horn.Tous devaient être présents à une fête, qui est la clôture de longues années de souffrance.Cette fête est le soleil levant du bonheur de Kurt et de Liane.Une vie nouvelle se montre à l\u2019horizon.L\u2019avenir sourit d\u2019un éclat séduisant.Quelle différence avec la situation des malfaiteurs, qui sont enfermés dans la prison et qui attendent leur sentence de mort.Alfred et Fanny tremblent, en pensant à leur condamnation, qui ne laisse pas de doute ; ce sera la peine capitale.Ritter n\u2019a pas chômé.Et, en vérité, ils n\u2019auront que ce qu\u2019ils méritent, pour avoir semé tant d\u2019horreur parmi les braves gens.Que de souffrance ont-ils fait subir à de pauvres malheureux qui ne pouvaient satisfaire à leurs exigences inhumaines !.Mais maintenant ils vont expier leurs forfaits.A présent, ils auront à comparaître devant le Juge suprême, qui leur demandera compte de tous leurs méfaits, de tous leurs crimes inconnus, de tout le mal qu\u2019ils ont fait à d\u2019innocentes créatures.Leur dernière heure a sonné .Il a accumulé preuve sur preuve contre les criminels.Pour la matricide, il ne peut exister de miséricorde.ni pour son allié : l\u2019assassin du vieil avocat.Tous deux méritent l\u2019échafaud pour les nombreux crimes qu\u2019ils ont commis.Ils sont donc condamnés à mort, ainsi que le bandit qui a participé aux tentatives de meurtre.Toutes les recherches pour retrouver Toit de Ciseau sont vaines.Est-il mort ?On n\u2019en découvre aucune trace.Un certain jour \u2014 la veille du mariage du comte Henri et de Margot \u2014 une lettre fut remise, une lettre qui était envoyée de l\u2019Amérique méridionale.LA CHUTE DE LA BETE [ Suite de la page 4 ] d\u2019ailleurs fort bien et ils n\u2019ignorent pas non plus que leur disparition sera saluée partout d\u2019un immense soupir de soulagement.L\u2019oraison funèbre d\u2019un Lucifer humain qui tombe est généralement celle-ci : Encore une crapule de moins ! Ne pouvant échapper à ce destin et en ayant pleine conscience, l\u2019ambitieux qui arrive momentanément au pouvoir fait payer cher, d\u2019avance, aux autres hommes le mépris dont ils accableront sa mémoire après la chute.Ainsi va la vie depuis que l\u2019humanité comporte des ambitieux et des jaloux, c\u2019est-à-dire depuis ses origines ; il était toutefois donné à la science, qui traîne le progrès en remorque, de perfectionner singulièrement ce lamentable état de choses.Une ancienne et très juste maxime dit ceci : Plus on s\u2019élève haut et plus la chute est dure.Cette maxime a été justifiée tant de fois par les événements qu\u2019on se demande comment il se fait qu\u2019il existe encore des ambitieux incorrigibles.Il semble que chacun d\u2019eux ait pris pour devise celle de l\u2019illustre financier Fouquet, ministre de Louis XIV : \u201cQuo non ascendam ! \u201d Où ne monterai-je pas ?.Fouquet s\u2019éleva si bien qu\u2019il faillit monter jusqu\u2019à l\u2019échafaud et n\u2019y échappa que pour recevoir une sentence d\u2019emprisonnement à vie.Il mourut en prison et l\u2019on manque de détails précis sur sa fin, ce qui prouve une fois de plus que la gloire s\u2019efface vite en ce monde ; ce n\u2019est pas un vernis bon teint ni solide.L\u2019exemple des Lucifers terrestres qui se sont cassé le nez n\u2019a jamais guéri un arriviste du désir de suivre leurs traces ; nous en avons une des plus flagrantes preuves de toute l\u2019histoire dans les temps actuels.Parti de très bas, le renégat autrichien devenu dictateur allemand se sera élevé très haut, plus haut encore que le kaiser, son prédécesseur, mais le succès a définitivement désaxé son cerveau de mégalomane.S\u2019il est un homme qui aura été vraiment le reflet, quoique très affaibli, de Lucifer, c\u2019est bien lui qui avait fini par se croire le dieu futur de l\u2019Allemagne.Peu de bandits ont la conscience autant chargée de crimes que lui.C\u2019est par milliers qu\u2019il a fait tuer des gens, en dehors de ceux qui tombent sur les champs de bataille et il a plusieurs fois manié personnellement le revolver de l\u2019assassin.Il faudrait des pages entières pour établir la liste de tous ses crimes et ses rêves d\u2019ambition exacerbée rempliraient des gros livres.Il a rêvé d\u2019écraser toute puissance au monde sous sa botte de soudard, il a joué avec les diplomates de tous les pays comme un chat avec les souris, il a jeté des traités à la poubelle et, qu\u2019ils veuillent ou non l\u2019avouer, les chefs des plus puissantes nations ont filé doux devant lui pendant quelque temps ; trop longtemps.L\u2019hypertrophie de ses mauvais instincts a été bien à tort qualifiée de génie par des timides ou des enthousiastes habitués aux jugements superficiels ; ce fut surtout une canaille hardie qu\u2019un clan de gros industriels crut pouvoir utiliser comme un pantin dont ils tireraient les ficelles mais le pantin se montra rétif et voulut agir pour son propre compte.Il a nécessairement ainsi accumulé des rancunes sur sa tête et, quand arrivera le jour maintenant proche de sa chute, celle-ci sera terrible et sans espoir de raccrochage à quelque branche de salut.Elle vient de Toit de Ciseau.Voici ce qu\u2019elle contenait : « Monsieur le comte, Un jour, je vous ai rendu un grand service que vous n\u2019aurez probablement pas oublié.Si je ne vous avais pas aidé le jour qu\u2019une balle du baron von Fohren vous avait blessé mortellement, vous ne compteriez plus parmi les vivants.Je ne désire rien pour cela.Dieu m\u2019en garde.Mais, cependant, je viens vous demander un service que vous pourriez me rendre.Mon ami Barbe-Rouge est mort dans la forêt.Je l\u2019ai enterré à la même place.Ma prière est qu\u2019on respecte son tombeau.A vous, monsieur le comte, je supplie d\u2019acquiescer à ce désir, ce pourquoi je vous serai éternellement reconnaissant.Toit de Ciseau.P.S.Veuillez transmettre mes salutations à monsieur Ritter.Dites-lui qu\u2019il recherchera inutilement Zwarfi car Barbe-Rouge, quoique mourant, l\u2019a envoyé, par un mouvement inattendu, en enfer, où le misérable est à sa place.Je n\u2019ai pas enterré le cadavre ; on le trouvera à l\u2019entrée de la caverne.Le bandit n\u2019est pas digne d\u2019un tombeau.T.de C.Le comte secoue la tête, remet la missive singulière dans l\u2019enveloppe et monte en voiture avec sa charmante femme.Ils se font conduire à la capitale, au palais du prince Saratow.Là, ils trouvent Kurt et Liane, ainsi que Ritter.Ils viennent faire leurs adieux, avant d\u2019entreprendre leur voyage de noces dans le Midi.Le comte Henri passe la lettre de Toit de Ciseau à Ritter et dit : \u2014 Je me rendrai à la demande en ce qui concerne le tombeau de Barbe-Rouge.\u2014 Croyez-vous faire poursuivre le compagnon, en Amérique ?\u2014 Dieu m\u2019en garde ! répond Ritter, en riant.\u2014 Tant mieux, cela me fait plaisir, réplique le comte, car, en vérité, j\u2019ai une dette de reconnaissance envers ce drôle.\u2014 Mais à vous surtout, mon cher Ritter, je dois beaucoup en fait de reconnaissance et jamais je n\u2019oublierai cela.\u2014 Faites-moi le plaisir d\u2019accepter, comme témoignage de gratitude, ce présent que vous avez bien mérité.Ce disant, il tend à Ritter une enveloppe lourde, et part, après avoir pressé chaleureusement la main du détective, qui reste surpris.Kurt, de son côté, a également récompensé généreusement le détective et le courageux policier Muller.A la gare, les jeunes mariés, avant de prendre le train, font leurs adieux à Liane et Kurt.Les deux amies s\u2019embrassent tendrement.Les hommes se serrent la main.La séparation n\u2019est pas douloureuse, car tout le monde est heureux et content.L\u2019avenir leur sourit.Après tant d\u2019années de souffrance, ils vont jouir des bonheurs que le sort leur a réservés ici-bas.Le passé n\u2019est plus qu\u2019un affreux cauchemar, dissipé par l\u2019espoir d\u2019une vie de bonheur et de tranquillité.Le train part \u2014 et des voix joyeuses s\u2019entre-mêlent.\u2014 Au revoir !.bon voyage !.au revoir !.FIN. 29 JUILLET 1944 21 UN SOIR DE MISERE [ Suite de la page 15 ] perçut la chute molle d\u2019un ivrogne et de gros rires roulèrent, entre des chocs de verres.Maison infernale, où la vie la plus vulgaire chantait la volupté bestiale près d\u2019une agonie d\u2019enfant.Resté seul devant celui-ci, M.Louis Mayer évaluait, sur sa montre, la longueur des minutes d\u2019attente.Ce qu\u2019il craignait par-dessus tout, c\u2019est que la rapide progression du mal ne devança la hâte des secours.A la fin, comme le petit suffoquait de plus belle, sans qu\u2019on pût encore lien pour retarder l\u2019épaississement des membranes au fond de sa gorge râlante, l\u2019homme attisa le feu et fit bouillir, dans une casserole d\u2019eau, une poignée de feuilles d\u2019eucalyptus découverte dans un placard.Puis il approcha le liquide vaporeux du visage de l\u2019enfant, car il savait que ces buées facilitent la respiration, en pareil cas.A la longue, le pauvre petit céda à un sommeil étrangement agité de convulsions, qui précédait l\u2019affreuse phase finale.Puis, tout se passa avec une rapidité de rêve : l\u2019entrée du docteur Mauguet, suivi du père qui trébuchait contre les marches, ainsi qu\u2019un homme pris de boisson, l\u2019examen bref du savant praticien, accoutumé aux maux de l\u2019enfance, la piqûre de sérum, le soulagement immédiat, le mal qui cesse de croître et qui bientôt rétrograde .\u2014 Demain, déclara le docteur, aimablement bourru, il faudra m\u2019emmener ce garçonnet à notre polyclinique, où nous achèverons de le guérir.Je vous enverrai, dans la matinée, une de nos dames visiteuses, qui jugera s\u2019il est en état de supporter le transfert.Dans l\u2019affirmative, notre ambulance le viendra prendre dans l\u2019après-midi.D\u2019ici là, pas de crainte à avoir, mon brave homme ; votre fiston est virtuellement sauvé.Cette inoculation de sérum an-tidiphthérique amènera une amélioration progressive, au cours de la nuit.Le plus fort est réussi.Mais.il était temps ! Le pauvre père, rendu aphone par la transition brusque de l\u2019angoisse à la joie, lui serra les mains à les broyer et, la gorge secouée d\u2019un flux de sanglots, il vint pleurer au pied du petit lit, où le bambin au front livide, aux traits creusés par la griffe de la bête immonde qui plane sur les berceaux, reposait immobile, lentement revenu à la vie .?« Une de nos dames visiteuses vous sera envoyée demain ! » avaient promis d\u2019un commun accord le médecin et le secrétaire général des Hospices de Bonacieux.Elle vint, le coeur haletant, les jambes coupées par l\u2019émotion, l\u2019espoir de n\u2019être point abusée par une banale similitude de noms, la crainte de re- partir, tout à l\u2019heure, plus vieillie, plus lasse, sous le poids d\u2019une désillusion pire que toutes les autres.Elle était toute blême quand, devant la porte où le nom « Albert Jancin » était inscrit, elle consulta encore la page de sa liste, sur laquelle le hasard des destinées \u2014 à moins que ce fût le choix intentionnel de M.Mayer \u2014 avait voulu qu\u2019on inscrivît un nom qui était le sien .Elle frappa, mais si doucement, qu'on eût pu ne pas entendre ce frôlement timide .On ouvrit.Et quand ces deux êtres de quarante ans se trouvèrent face à face, sans se reconnaître encore, mais avertis instantanément par une sorte d\u2019annonciation mystique, il y eut entre eux un de ces chocs qui suspendent le battement des coeurs.\u2014 Monsieur, je suis.envoyée par l\u2019institut de Bonacieux pour.Vous êtes bien M.Jancin.Albert Jancin?Excusez-moi, mais la similitude absolue qui existe entre ce nom et celui que je porte m\u2019a laissé, un moment, croire à une transcription mal orthographiée.Puis-je vous dire, car je vois que vous vous étonnez, que je porte encore le nom d\u2019un mari qui se prénommait Albert également, tout comme vous .il pourrait être de votre âge, s\u2019il existe encore .\u2014 Et moi, j\u2019avais une femme qui doit vous ressembler étrangement, depuis six ans qu\u2019elle a fui le domicile conjugal .¦\u2014 J\u2019en sais une autre qui fut infiniment plus coupable, pour avoir abandonné, en outre, son enfant en bas âge.-\u2014 Une autre femme ?Mais c\u2019est peut-être la même.bégaya le mari en s\u2019avançant, tout tremblant.\u2014 Notre petit s\u2019appelait André .\u2014 Il a failli mourir cette nuit.Des dévouements étrangers l\u2019ont sauvé .Il n\u2019aurait peut-être pas souffert comme cela, pas été effleuré par la mort, s\u2019il avait eu une mère auprès de lui.\u2014 Ah ! mon Dieu .Que faire, sinon comprendre tout à coup, que le miracle s\u2019était accompli ?Et s\u2019abattre à genoux devant le lit de l\u2019enfant, sentir sa proche chair se déchirer à la vue de ce petit masque tourmenté et blême, son cœur s\u2019ouvrir et lâcher tout son fiel, s\u2019écrouler sous tant de honte, implorer le pardon, l\u2019oubli de la faute, avec une telle ferveur que le mari soulevé d\u2019un regain de pitié, de piété, de tendresse, devant le miracle inespéré du retour de la femme toujours aimée, ne sait plus qu\u2019absoudre, gémir et étreindre, caresser cette creature qui, tant d années, manqua à son foyer, à son enfant \u2014 les enlacer tous deux, pour bien les garder, tout près de son cœur, que l\u2019âge n\u2019a pu vieillir .René Paul-Noël LES PROBLEMES DU DETACHAGE Graisse (cuisine) \u2014 Grattez toute la graisse possible ; ensuite, essayez une des méthodes suivantes : 1.\tSavonnez les tissus lavables, en frottant spécialement les parties souillées.2.\tEpongez sur un papier buvard, à l\u2019aide d\u2019un liquide a detacher^ (nettoyeurs dits \u201cà sec\u201d) ; frottez la tache de l\u2019intérieur vers le centre, pour empecher qu elle s\u2019étende.Les dissolvants inflammables doivent être éloignes du feu; choisissez un endroit aéré \u2014 au dehors, si possible.\t, 3.\tSaupoudrez de fécule de maïs (cornstarch), de talc ou de blanc de Meudon, st brossez dès que le mélange devient gommeux ; appliquez encore e cette pou dre absorbante, puis laissez sécher jusqu\u2019au lendemain.rACHE D\u2019Encre \u2014 Lavez immédiatement.L\u2019eau froide pure suffit le plus souvent.Serbe \u2014 Généralement, un frottage à l\u2019eau froide suffit.Pour les taches rebelles, Tottez avec de l\u2019alcool dénaturé coupé d\u2019égale quantité d eau.\t_ Courtoisie C-l-L A la villa, on vous attend !.'V7L & L\u2019invitation tient toujours .Alors, ne désappointez pas vos gens et ne vous désappointez pas vous-même en prenant la bonne précaution de vous procurer LA REVUE POPULAIRE avant votre départ.A la campagne, c\u2019est bien joli, mais malgré toutes les distractions qu\u2019on y trouve, il est toujours un bon moment propice à la lecture.A quoi sert d\u2019apporter avec soi des gros bouquins qu\u2019on ne lit jamais ! alors que LA REVUE POPULAIRE est tout indiquée pour la circonstance ?C\u2019est que LA REVUE POPULAIRE est en quelque sorte un charmant hors-d\u2019œuvre de lecture qui charme et vos yeux et votre esprit.Donc, n\u2019oubliez pas, avant de partir pour le week-end, de vous procurer le dernier numéro de LA REVUE POPULAIRE Vous-même et vos hôtes serez heureux d\u2019une aussi sage précaution.Coupon d'abonnement : LA REVUE POPULAIRE Ci-inclus $1.50 pour 1 an ou $2.00 pour 2 ans.(Canada seulement).IMPORTANT.\u2014 Veuillez indiquer d\u2019une croix (\t) s\u2019il s\u2019agit d\u2019un renou- vellement.Nom .Adresse.Ville\tProv.POIRIER, BESSETTE & Cie, Limitée, 975, rue de Bullion, Montréal, P.Q. 22 LE SAMEDI I \u2014 L'oncle Bornasse Alors, cet enfant est sans asile ?dit le président au gardien de la paix qui venait de déposer devant le tribunal.Vous êtes allé prendre des renseignements ?\u2014 Oui monsieur le président, répondit le témoin.Ce que le petit Paul Galoux a dit est vrai.Son père est mort à l\u2019hôpital il y a trois mois, et sa mère cinq ans auparavant.Le père, au début de sa maladie, l\u2019avait confié à un voisin Sébastien Leplat, qui est rétameur de son état, et qui, sans doute pour que l\u2019enfant ne lui fût pas à charge, l\u2019employait à aller chercher dans les maisons les ustensiles de ménage à souder ou à rétamer ; mais, à la mort de Galoux, Leplat ne voulut point assumer la responsabilité de cet enfant, et il se disposait à le confier à l\u2019Assistance publique lorsqu\u2019un compatriote du petit, le nommé Fléchard, déclara qu\u2019il le gardait et lui apprendrait un métier.\u2014 Fléchard !.fit le président.Il me semble que ce nom n\u2019est pas inconnu ici. ' « Il va à Montmartre !.s\u2019était-elle dit.S\u2019il pouvait savoir !.Et elle l\u2019appela : \u2014 Dites donc, Bernard !.fit-elle, hésitante.Je voudrais vous demander si vous pouvez me rendre un service ?\u2014 Comment donc, Mademoiselle Jeanne, répondit le fondé de pouvoir, c\u2019est de tout mon cœur ! La fille du négociant referma la porte qui était demeurée entr\u2019ouverte.\u2014 C\u2019est qu\u2019il faudrait, reprit-elle en combattant sa timidité, que personne ne le sût.C\u2019est au sujet de M.de Favreuse et père n\u2019aime guère en entendre parler, depuis ce qui s\u2019est passé.\u2014 Oui, je sais.\u2014 Puisque vous allez à Montmartre, j\u2019ai pensé que cela ne vous dérangerait pas beaucoup, car M.de Favreuse demeure rue des Abbesses.\u2014 Ça ne fait rien, mademoiselle Jeanne.Quand même cela me dérangerait, du moment qu\u2019il s\u2019agit de vous être agréable .\u2014 Merci, Bernard, fit la jeune fille, mais voici, pouvez-vous faire ce que je vais vous demander sans être obligé de le dire à mon père?Je voudrais savoir comment vont M.de Favreuse.et son fils.s\u2019ils ne sont pas trop malheureux .parce qu\u2019il parait qu ils ne sont pas riches.Mais je ne voudrais pas qu\u2019ils sussent que ça vient de moi.\u2014 Je comprends, dit Bernard.Ah ! ça ne sera pas difficile, et pour quant à M.votre père, soyez tranquille, je ne lui en parlerai pas.\u2014 Alors, je puis compter sur vous?dit Jeanne, toute joyeuse.\u2014 Ce soir, sans plus tarder, je vous dirai ce que j\u2019ai appris.\u2014 Oh ! merci, Bernard !.merci ! Et le soir, en effet, le vieil employé revint, au moment où il savait que son patron était encore à la Halle aux vins et il dit : \u2014 Eh bien ! mademoiselle Jeanne, il paraît que ça ne va pas du tout, chez M.de Favreuse.J\u2019ai vu la concierge, et puis des voisins.D\u2019abord, M.de Favreuse est malade, il est bien changé.Il a une maladie de cœur, et c\u2019est une misère dans cette maison .Non, ils ne sont pas heureux !.La jeune fille avait dissimulé son émotion, car cette misère frappant celui qu\u2019elle aimait la touchait douloureusement.Edmond souffrait !.Son amitié, déjà transformée en amour véritable, s\u2019augmentait d\u2019une compatissante affection.Elle était riche.Son père avait des millions ; il gagnait chaque année, dans son commerce, des sommes conside- rables.Cette différence de position l\u2019attristait péniblement.Encore, si elle pouvait se servir de sa fortune pour venir en aide à celui qu\u2019elle aimait et à son père ! Mais comment faire ?Jeanne y réfléchit deux jours, puis elle se décida à parler à son père, mais sans lui faire connaître où irait sa charité, car elle craignait qu\u2019il ne s\u2019y opposât.Elle le prit câlinement, le soir, au moment où elle allait se retirer dans sa chambre.\t.\u2014 Que dirais-tu si je te demandais une grosse somme .sur ce qui est à moi, sur ce qui me revient de maman ?.Tu m\u2019as dit que lorsque je serai majeure je serai libre de disposer de ce qui m\u2019appartient.\u2014 Une grosse somme !.fit M.Laroche surpris.Combien ?\u2014 Ah! voilà.je ne voudrais pas que tu le saches exactement, ni non plus ce que je veux en faire.Tu peux bien avoir confiance en moi !.\u2014 Encore une folie de charité !.dit le négociant avec un bon sourire.\u2014 Va, ce n\u2019est jamais une folie que de faire le bien.\u2014 Enfin, alors tu voudrais .\u2014 Que tu me laisses prendre une somme que je te ferai connaître plus tard et que tu ne me demandes pas ce que j\u2019en ferai.\u2014 Après tout, ça t\u2019appartient, dit le père de Jeanne.Tu as huit cent mille francs qui te viennent de ta mère .\u2014 Eh bien ! tu veux bien ?\u2014 Tu es un ange ! s\u2019écria M.Laroche, en embrassant sa fille.\u2014 Un ange qui t\u2019adore !.répondit Jeanne, en une ardente caresse.Et le lendemain matin, ayant pris les clefs du coffre de son père, elle en tira, après l\u2019avoir fait tourner de l\u2019autre côté, deux billets de mille francs qu\u2019elle fit prestement disparaître dans son corsage.Puis, seule dans sa chambre, elle les mit sous enveloppe, sans un mot, et elle traça cette adresse : « Monsieur Edmond de Favreuse, 12, rue des Abbesses.» Alors elle alla elle-même au bureau de poste et expédia le chargement en donnant un nom de fantaisie, afin que le destinataire ignorât la provenance de ce secours que sa fierté aurait pu refuser.Et elle était heureuse plus que jamais, elle goûtait une joie qu\u2019aucune de ses charités accoutumées ne lui avait encore procurée.M.Laroche était ravi du bonheur de sa fille et il le partageait bien sincèrement, en se disant : « Petite cachottière, va !.Tu crois que je ne sais pas où sont allés les deux billets de mille que tu m\u2019as chipés !.» Et il pensait aux premiers communiants que Jeanne avait habillés à ses frais, au petit ramoneur et à Rosette Landry .Ill \u2014 Désespéré La grande fête de la communion n\u2019avait pas eu de lendemain pour le pauvre petit ramoneur.Le petit Paul avait dû retourner à l\u2019ouvrage, reprendre son sac, son paquet de cordes et sa raclette, et partir avec son compagnon, car il y avait des ramonages promis par Piétro Lucci à des clients.La veille, on avait fait un bon dîner dans l\u2019arrière-boutique de la rue Galande, grâce à la générosité de Mlle Laroche qui, non contente d\u2019habiller ses petits protégés, avait mis cent francs dans leur porte-monnaie.Puis, le lendemain, on avait éveillé Popol de bonne heure pour le renvoyer à son travail.Mme Landry devait conduire sa fille le dimanche suivant au Sacré-Cœur, et elle avait demandé à la charbon- nière de permettre à son neveu d\u2019accompagner sa petite camarade ; la tante Sophie y avait consenti, car elle était heureuse de donner quelque agrément à l\u2019enfant.Le petit Paul, revêtu de son joli costume, beau comme le jeudi précédent à l\u2019église, était heureux de cette sortie en compagnie de Rosette, sa petite amie, et de grand matin il se rendit chez Landry.A Montmartre, les deux enfants, conduits par la mère de Rosette, gravirent les rues en pente de la Butte pour gagner la basilique disparaissant encore sous ses formidables échafaudages.Ensuite, on déjeuna avec de la charcuterie et du vin blanc au Moulin de la Galette d\u2019où l\u2019on jouissait du merveilleux panorama de Paris éclairé par les premiers rayons d\u2019un soleil printanier.Les enfants se plaisaient à découvrir au loin les monuments pointant au-dessus des lignes d\u2019arbres et des sombres massifs de toitures.\u2014 Tiens, vois-tu le Panthéon, la-bas ?.dit Paul, le bras étendu dans la direction.C\u2019est ce grand dôme ! .Rosette, puisque c\u2019est tout près ?\u2014 Alors, on doit avoir la maison.\u2014 La maison .Une détonation, qui épouvanta les deux enfants et arracha à la fillette un cri de frayeur, interrompit le petit ramoneur.Rosette, se serrant contre son ami qu\u2019elle saisit avec force chercha à l\u2019entraîner vers sa mère, qui, assise un peu en arrière, s\u2019était levée d\u2019un bond et accourait.C\u2019est tout près d\u2019eux qu\u2019un coup de revolver venait d\u2019être tiré, là, sur le « point de vue » de l\u2019établissement, de l\u2019autre côté de l\u2019échelle de meunier conduisant à la plate-forme du Moulin.En même temps, un homme venait de tomber, la face contre terre, perdant, par une affreuse blessure, une énorme quantité de sang.Le premier moment de stupeur passé, le petit Paul se porta au secours de cet infortuné qui venait d\u2019attenter à sa vie.Se dégageant doucement de l\u2019étreinte de Rosette, il fit le tour du Moulin.Il tira vivement son mouchoir et l\u2019appliqua comme un tampon sur la blessure béante du cou, d\u2019où s\u2019échappait un flot de sang noir.Il était pâle, mais énergique et en possession de la plus admirable présence d\u2019esprit.On accourait : les garçons de l\u2019établissement, le patron, d\u2019autres personnes, et on releva le malheureux qui respirait encore.\u2014 Il n\u2019est qu\u2019évanoui, dit-on.Et Ton félicita le petit ramoneur de son intelligente intervention.On transporta le blessé dans une salle ; le commissaire de police et des agents ne tardèrent pas à arriver et, après qu\u2019un médecin du voisinage eut appliqué un pansement provisoire en hochant la tête d\u2019un air qui signifiait : « Il ne s\u2019en tirera pas ! » on chercha à établir l\u2019identité de ce désespéré que personne ne connaissait et qui était fort bien vêtu.Dans une des poches de la redingote, on trouva des cartes, des enveloppes de lettres et des actes d\u2019huissier à ce nom et à cette adresse : Monsieur de Favreuse 12, rue des Abbesses.Le commissaire de police recueillit les renseignements que fournit un garçon du Moulin de la Galette.\u2014 Ce monsieur est venu tout droit au « point de vue », dit-il, et je lui ai servi un verre de rhum qu\u2019il a commandé.Il Ta payé lorsque je l\u2019ai apporté et je l\u2019ai laissé.Je croyais que c\u2019était un simple curieux, comme il en vient continuellement, voulant voir le coup d\u2019œil de Paris. 29 JUILLET 1944 27 \u2014 Vous n\u2019avez pas compris, à son allure, à sa préoccupation, qu\u2019il méditait quelque chose ?demanda le commissaire.\u2014 A vrai dire, j\u2019ai bien vu que ce monsieur avait l\u2019air sombre, mais je ne pouvais pas me douter qu\u2019il venait là pour se brûler la cervelle.Pendant ce temps, le médecin continuait à prodiguer ses soins au blessé dont le long évanouissement se dissipait enfin.M.de Favreuse avait ouvert les yeux, mais l\u2019abondante perte de sang qu\u2019il avait subie le plongeait dans un profond état de faiblesse, accompagné d\u2019une véritable torpeur intellectuelle qui l\u2019empêchait de se rendre compte de ce qui se passait autour de lui.Il n\u2019entendit point le médecin dire au commissaire de police : \u2014 L\u2019extraction de la balle, si toutefois elle peut être tentée, présentera les plus grandes difficultés.Le sondage seul, en rouvrant la blessure, sera mortel, à mon avis .mais j e crois bien qu\u2019il ne vivra pas jusque-là.\u2014 Il est donc perdu ?\u2014 Je le crains.Des vaisseaux essentiels ont été tranchés par ce projectile et l\u2019hémorragie n\u2019a été arrêtée momentanément que par la coagulation du sang due au tamponnement que cet enfant a si heureusement pratiqué ; mais il est probable qu\u2019au moindre effort cette fragile entrave sera rompue .et alors .Le docteur eut un nouveau mouvement de tête accompagné d\u2019une moue peu rassurante.\u2014 Evidemment, demanda le commissaire, je ne puis pas l\u2019interroger ?\u2014 Gardez-vous-en bien ! recommanda le médecin.Du reste, il ne pourrait vous répondre.\u2014 Je vais le faire transporter chez lui et j\u2019irai à l\u2019avance prévenir sa famille.Je vous vrie, ' docteur, de demeurer auprès de cet homme et de l\u2019accompagner .c\u2019est tout près d\u2019ici : rue des Abbesses.Les ordres donnés aux agents qui durent se procurer un brancard, le commissaire de police se rendit à l\u2019adresse trouvée sur le désespéré.Il apprit, de la concierge, que M.de Favreuse était un brave homme, très digne, mais très malheureux aussi.Séparé de sa femme, il vivait là avec ses deux fils, Edmond et Lucien, deux grands jeunes gens de vingt ans.La concierge aurait bien posé des questions au commissaire, mais au moment où il s\u2019apprêtait à sortir de la loge, le facteur se présenta, apportant le courrier et sortant son carnet des chargements avec un pli aux cinq cachets de cire rouge.\u2014 C\u2019est pour M.Edmond de Favreuse, dit-il à la concierge.\u2014 Au troisième, à gauche, indiqua la concierge, qui ajouta ensuite en s\u2019adressant au commissaire : c\u2019est pour le fils.Le magistrat laissa monter le facteur devant lui et ils arrivèrent ensemble à la porte de l\u2019appartement.Ce fut Edmond de Favreuse qui vint ouvrir.Il parut si étonné de la réception de cette lettre chargée en tête de laquelle il lisait: « Valeur déclarée, deux mille francs », qu\u2019il n\u2019eut point la pensée de regarder sur le carnet du facteur le nom de l\u2019expéditeur.Il le connaîtrait bien, pensait-il, en lisant la lettre.Cela avait duré moins d\u2019une minute et le commissaire, qui avait attendu un peu à l\u2019écart, se présenta alors.\u2014 Monsieur de Favreuse ?.dit-il.\u2014\tOui, monsieur, répondit le jeune homme en mettant la lettre dans sa poche.\u2014\tJe suis le commissaire de police du quartier et je viens vous apporter une mauvaise nouvelle.« Ma mère !.» pensa immédiatement le jeune homme, avec une poignante appréhension.Et s\u2019effaçant dans l\u2019étroit vestibule du logement : \u2014 Veuillez entrer, dit-il, d\u2019une voix qui trahissait son angoisse.Lucien se présenta à son tour, ayant entendu les paroles du représentant de la justice.\u2014 C\u2019est mon frère, dit Edmond pour indiquer que l\u2019on pouvait parler devant l\u2019un aussi bien que devant l\u2019autre.Le commissaire fut saisi de la frappante ressemblance du visage des deux frères.Edmond et Lucien, ainsi que M.Laroche l\u2019avait dit à sa fille, étaient jumeaux et la similitude entre eux deux était complète.Cette ressemblance était prodigieuse et tout était pareil en eux, jusqu\u2019à la voix dans ses moindres modulations, dans le rire, jusqu\u2019à la taille, jusqu\u2019à la couleur des cheveux et de la moustache naissante, qui ombrageait leur lèvre d\u2019adolescent.La seule dissemblance \u2014 mais combien peu perceptible ! \u2014 consistait dans les manifestations extérieures de l\u2019être révélant la différence d\u2019essense des âmes : dans les gestes, dans l\u2019attitude, dans l\u2019écriture.Edmond était au moral la fidèle image de son père, tandis que Lucien était tout le portrait de sa mère.Le commissaire de police entra dans la modeste salle à manger, dont Lucien venait d\u2019ouvrir la porte, et, ayant pris un temps pour chercher ses mots, il dit, gravement : \u2014- M.votre père vient d\u2019être victime d\u2019un accident.\u2014 Mon père !.s\u2019écria Edmond, en une soudaine explosion de douleur.\u2014 Un grave accident, ajouta le commissaire.\u2014 Mort !.\u2014 Non, M.de Favreuse n\u2019est pas mort.-\u2014 Que lui est-il donc arrivé ?demanda Lucien.\u2014 M.de Favreuse avait de grands ennuis, n\u2019est-ce pas ?Edmond rougit.\u2014 Oui, monsieur, avoua-t-il tout bas.Notre père a eu de grands malheurs et de grandes douleurs dans sa vie.Mais alors .¦\u2014 Il est atteint d\u2019une grave maladie?interrompit le commissaire.\u2014 Une maladie de cœur qui s\u2019est aggravée depuis quelques mois et qui l\u2019empêchait de se livrer à ses occupations habituelles, car la moindre fatigue lui est sévèrement interdite.\u2014 M.votre père ne vous a-t-il point paru quelquefois désirer la mort comme une délivrance ?Ces mots furent une révélation pour Edmond de Favreuse.\u2014 Mon père s\u2019est tué?.demanda-t-il d\u2019une voix secouée par les plus cruelles angoisses.Il est mort !.\u2014 Non, affirma le commissaire.Il n\u2019est pas mort.II a tenté de se tuer.\u2014 On l\u2019en a empêché ?\u2014 On n\u2019a pu malheureusement détourner l\u2019arme avec laquelle il s\u2019est frappé, mais les soins les plus empressés lui ont été donnés .Malheureusement, la blessure est grave .\u2014 Ah mon pauvre père !.gémit Edmond dans son sanglot déchirant en attirant à lui son frère et cachant son visage ruisselant de larmes sur sa poitrine.Mon pauvre père !.\u2014 C\u2019est une douloureuse mission qui m\u2019incombe, poursuivit le commissaire de police ému au spectacle de cette navrante douleur.Il faut avoir du courage, mes enfants !.Lucien pleurait aussi en soutenant son frère, mais sa douleur était certainement moins profonde que la sienne.Elevé loin de son père, il l\u2019avait moins connu et peut-être moins aimé, accaparé dans son affection par sa mère qui l\u2019avait voulu tout à elle.Il n\u2019était auprès de son père et de son frère que depuis quelques mois.Le commissaire de police perçut du bruit à l\u2019extérieur.Il entendit le mouvement de la foule dans la rue et des pas nombreux dans l\u2019escalier de la maison.\u2014 Oui, il faut être forts, reprit-il avec une compatissante bienveillance, car voici le moment où vous allez avoir besoin de toute votre affection pour soigner votre malheureux père .Il ouvrit la porte de l\u2019appartement.La concierge précédait les porteurs pour leur indiquer le chemin.\u2014 Mon père !.mon père !.cria Edmond en se précipitant à la rencontre du triste convoi.Lucien le suivit.On avait dû, pour gravir l\u2019escalier, enlever M.de Favreuse du brancard, et deux hommes vigoureux le portaient dans leurs bras, tandis que le docteur soutenait sa tête ballante, au visage livide, au cou enveloppé d\u2019un bandage ensanglanté.Perdu au milieu des personnes qui se trouvaient là et des deux gardiens de la paix, suivait le petit Paul qui avait voulu accompagner le malheureux secouru par lui, et les agents l\u2019avaient laissé faire, car on pourrait avoir besoin de lui pour le rapport qui devait être dressé.Mme Landry et Rosette l\u2019accompagnaient.La concierge, connaissant les aîtres de l\u2019appartement, ouvrit la porte de la chambre de M.de Favreuse.\u2014 Par ici !.indiqua-t-elle aux deux hommes qui portaient le blessé.Mon Dieu !.ces pauvres enfants !.Pauvre M.Edmond !.Les deux frères suivirent, se tenant par la main, essuyant leurs larmes qui ne cessaient de couler.On plaça le blessé sur son lit et à peine y fut-il étendu que, sous l\u2019influence du sang au cerveau, son évanouissement se dissipa de lui-même.Le médecin s\u2019était aussitôt placé à la tête du lit, observant les mouvements du visage de M.de Favreuse.Edmond et Lucien, auprès de lui, muets, n\u2019osant plus prononcer un mot, partagés entre un faible espoir et les craintes les plus épouvantables, contenaient leur douleur, et leurs regards baignés de larmes allaient alternativement de leur père au docteur.Le commissaire de police et les agents invitèrent tout le monde à se retirer.La concierge, Mme Landry, Rosette et le petit Paul demeurèrent seuls dans l\u2019appartement.M.de Favreuse était revenu à la vie.Ses yeux cherchèrent un instant autour de lui, comme s\u2019il essayait de se reconnaître, et ses regards rencontrèrent ses fils.Il souleva faiblement la main qu\u2019Ed-mond saisit avec empressement, n\u2019ayant pas la force de prononcer un mot.et fit un effort pour parler sans pou-Le blessé entr\u2019ouvit ses lèvres pâles voir y parvenir.Une souffrance terrible se peignit sur son visage.Le docteur prit une fiole contenant le cordial qu\u2019il avait déjà administré et en versa quelques gouttes entre les lèvres de M.de Favreuse.Puis il écrivit rapidement quelques lignes au dos d\u2019une de ses cartes et pria un des agents d\u2019aller chercher chez le pharmacien les médicaments indiqués.Le commissaire de police avait besoin de connaître les causes de cet acte de désespoir, non seulement pour les consigner dans son rapport, mais pour faire ce que lui commanderait l\u2019humanité dans l\u2019intérêt de cette famille si cruellement éprouvée.Il ne voulait pas raviver la douleur des deux jeunes gens en les question- y*lSfe lit Toutes les femmes doivent être en santé, belles et vigoureuses.Employez LE TRAITEMENT MYRRIAM DUBREUIL VOUS POUVEZ AVOIR UNE BELLE APPARENCE AVEC Le Traitement Myrriam Dubreuil C\u2019est un tonique reconstituant et qui aide à développer les chairs.Produit véritablement sérieux, bienfaisant pour la santé générale.Le 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Gaspé-Sud, P.Q.; Mlle Andrée Primeau, 203, rue Mon-tigny, Saint-Jérôme, P.Q.; Mlle Cécile Julien, 6726, rue St-Denis, Montréal, P.Q.- AVIS - Le rationnement des jeux de cartes nous oblige à n\u2019offrir que cinq jeux par semaine.LES MOTS CROISES DU \"SAMEDI \" \u2014 Problème No 658 12\t13\t14\t15 10 11 (Les réponses doivent nous parvenir le jeudi soir, au p.u* Nom G.I R A S P fl V | Q T PRIX \\ N O ERE MO L R I P PEPIN' ERE L, o I R 1 S SI U E X U H S CES P fl R M fl L C fl S MO\\ fl PAT'0 Tl E M T R 1 MODES T | E ENS £ M N T E c fl R ETE P fl F m] fl O O T PI O E P* RETIF RAPES «S l T E M O M OTES R VJ T M A T 1 E K E I R E Ml fl TERME L |S Adresse Ville ou Village Province Adressez : LES MOTS CROISES.Le Samedi, 975, rue de Bullion, Montréal, P.Ç.HORIZONTALEMENT 1.\tAu bout de peu de temps.\u2014 Fruit du piment.\u2014 Qui marque la preuve.2.\tQui appartient à la bouche.\u2014 Peintre français (1824-1877).\u2014 Petit enfant.3.\tAdjectif indéfini.\u2014 Existe.\u2014 Unité monétaire bulgare.4.\tIle de l\u2019océan Atlantique.\u2014 Préfixe.\u2014 Nom des temples japonais.\u2014 Terminaison.5.\tRendre luisant.\u2014 Rêve.6.\tEn les.\u2014 Dette.\u2014 Toi.7.\tSans tache.\u2014 Qui a la science de quelque chose.\u2014 Volonté.8.\tAllure de certains quadrupèdes.\u2014 Enchâssement de pierres fines.\u2014 A une faible distance.9.\tMonceau.\u2014 Dépôt des liqueurs fermentées.\u2014 Dieu de la mythologie grecque.10.\tPoème allégorique d\u2019Alfred de Vigny.\u2014 Trous dans les murs pour recevoir les poutres.11.\tInterjection.\u2014 Sommet d\u2019une montagne.\u2014 Qui n\u2019a pas l\u2019usage de la parole.\u2014 A lui.12.\tPréfixe.\u2014 Qui a des -entes.\u2014 Ad-jectif.13.\tSérie de fatigues.\u2014 Prive du sens de l\u2019ouïe.\u2014 Méprisable.14.\tAppareil pour la désinfection, j Abréviation de sainte.\u2014 Petit objet de forme cylindrique.15.\tMauvaise odeur.\u2014 Excellente, parfaite.VERTICALEMENT 1.\tTorture.\u2014 Donner de la force.2.\tDécore.\u2014 Appartiendra.\u2014 D\u2019une dimension verticale considérable.3.\tPetite enclume portative.\u2014 Division d\u2019un volume.\u2014 Qui est sans compagnie.4.\tInstrument à vent.\u2014 Minéral à structure lamelleuse.\u2014 Première femme.5.\tAciers laminés.\u2014 Partie du jour.\u2014 Pronom.6.\tFleuve de Sibérie.-\u2014 Roi de Phry-gie.\u2014 Principes de la vie.7.\tColère.\u2014 Ville forte de la côte or.\u2014 Ville de Turquie.8.\tDirige son coup vers.\u2014 Recueil bibliographique d\u2019œuvres variées.\u2014 Jupe de gaze, courte et flottante.9.\tGaz stomacaux.\u2014 Etat des organes.\u2014 Convoite.10.\tPronom.\u2014 S\u2019accroît en hauteur.\u2014 Mot arabe signifiant cours d\u2019eau.11.\tSorte de tenailles.\u2014 Un des meilleurs orateurs latins.\u2014 Préfixe.12.\tDurée ordinaire de la vie.\u2014 Disposé.\u2014 Phénicien.13.\tPartie de vêtement qui entoure le cou.\u2014 Pierre formée de petits grains de quartz.\u2014 Gamin de Paris.14.\tSaveur désagréable.\u2014 Adverbe qui marque le superlatif.\u2014 Conformément à.15.\tActions des bêtes qui sortent du bois pour pâturer.\u2014 Sulfure naturel de plomb.nant ; il n\u2019aurait pas eu le coura'ge, d\u2019ailleurs, de les éloigner du chevet de leur père.Mais il pensa qu\u2019il pouvait s\u2019adresser à la concierge, qui paraissait fort au courant de leur existence, et auparavant, voyant le jeune garçon qui avait secouru M.de Favreuse avec tant d\u2019intelligence et de sang-froid, il voulut le féliciter avant de le congédier.Lui tapant paternellement sur la joue : \u2014 Tu t\u2019es conduit comme un petit homme, lui dit-il, et c\u2019est à toi, sans aucun doute, ainsi que l\u2019a dit le docteur, que ces messieurs doivent d\u2019avoir revu leur père.Le petit ramoneur rougissait timidement sous ces éloges.Les fils de M.de Favreuse avaient entendu ; ils se retournèrent.\u2014 Cet enfant !.dit Lucien.\u2014 Il était à côté de votre père au moment où il s\u2019est tiré le coup de revolver, raconta le commissaire, et avec autant de dévouement que de présence d\u2019esprit, il s\u2019est porté à son secours et a arrêté, en appliquant son mouchoir sur la blessure, l\u2019hémorragie qui aurait certainement amené une catastrophe immédiate.Edmond, profondément ému, prit la main de l\u2019enfant et la serra avec force en l\u2019attirant à lui.\u2014 Merci !.lui dit-il, d\u2019une voix brisée.Merci !.Et, incapable d\u2019articuler un mot de plus, car la voix semblait ne pouvoir plus passer dans sa gorge douloureusement serrée, il se pencha et embrassa le petit Paul avec une reconnaissance attendrie.Lucien aussi serra la main du petit ramoneur et balbutia quelques mots de gratitude.\u2014 Si ce que j\u2019ai fait peut sauver votre père, dit l\u2019enfant confus, j\u2019en serai bien heureux, messieurs !.\u2014 Viens, mon petit ami, dit le commissaire.\u2014 Que nous sachions au moins son nom ?demanda Edmond de Favreuse.\u2014 Comment t\u2019appelles-tu ?\u2014 Paul.répondit le neveu de Bourasse.\u2014 Paul Galoux, compléta Mme Landry.C\u2019est le neveu d\u2019un de nos voisins, rue Galande.\u2014 Nous n\u2019oublierons pas votre nom, mon frère et moi, dit Edmond, et si un jour Dieu nous le permet, nous vous prouverons notre reconnaissance.Le commissaire de police conduisit alors le petit Paul ainsi que Mme Landry et Rosette dans la salle à manger, où la concierge les accompagna.Sur son invitation, la mère de Rosette expliqua en détail ce qui s\u2019était passé, disant par quelle circonstance elle se trouvait à Montmartre avec les deux enfants, et le magistrat inscrivit les noms qu\u2019elle indiqua, le sien, celui du petit Paul et celui de son oncle.Bourasse, charbonnier, rue Galande, Puis, ayant encore félicité l\u2019enfant, il les invita à se retirer et demeura seul avec la concierge.\u2014 Vous paraissez au courant, lui dit-il, de l\u2019existence de vos locataires.Il y a sans doute longtemps qu\u2019ils habitent ici ?\u2014 Oh ! oui, monsieur le commissaire, ça ne doit pas faire loin de sept ans-mais je suis au courant parce que, depuis ce temps-là, c\u2019est moi qui fais le ménage de M.de Favreuse, et alors, n\u2019est-ce pas ?quand il y a si longtemps que ça, on a le temps de savoir, surtout que ces messieurs, principalement M.Edmond, étaient très amicaux pour moi.Oh ! pas fiers du tout ! \u2014 Comment vous appelez-vous ?\u2014 Madame Claude, répondit la concierge, Pauline Lamasson, mais on m\u2019appelle toujours Madame Claude, qui était le prénom de défunt Lamas-son, mon mari.\u2014\tA quelle cause pensez-vous qu\u2019on puisse attribuer l\u2019acte de désespoir de M.de Favreuse ?.demanda le commissaire.« Est-ce à la malàdie dont il souffrait ?ou à des pertes d\u2019argent ?.ou à quelque autre cause ?.\u2014\tC\u2019est bien sûr un peu à tout cela, dit la veuve Lamasson ; mais ce doit être surtout à cause de la misère, car ça n\u2019allait pas du tout, comme je vous le disais tout à l\u2019heure.Il y a bien aussi la maladie, surtout depuis que M.de Favreuse a revu sa dame dont il est séparé et qu\u2019il a repris M.Lucien avec lui.\u2014 Il y a peut-être eu de graves dissentiments entre M.et Mme de Favreuse ?des scènes pénibles, des douleurs ?.\u2014 Oh bien sûr, monsieur le commissaire, répondit la concierge, en fermant la porte de la salle à manger, afin de pouvoir parler mieux à son aise.Quand ce ne serait que le jour qu\u2019elle est venue.Il y a eu une scène qui a fait bien du mal à M.de Favreuse ! \u2014 Que s\u2019est-il passé ?\u2014 M.et Mme de Favreuse vivaient séparés depuis des années, séparés par 1?loi ; il y avait eu un jugement.Le père avait gardé avec lui M.Edmond et la mère avait l\u2019autre fils.Mais elle, c\u2019est une femme qui en a mangé dans sa vie, et d\u2019après ce que j\u2019ai compris, elle est la cause de leur ruine, car ils étaient très riches dans le temps ! .Songez à la peine de ce pauvre homme qui a vu partir tout ce qu\u2019il possédait par les folies de cette femme !.Il a été saisi et vendu là où il habitait avant de venir ici, que c\u2019était une misère de voir arriver cet homme si comme il faut, ainsi dépouillé !.Ça m\u2019en faisait mal au cœur ! \u2014 Avant cette scène dont vous parlez, questionna le commissaire, M.de Favreuse n\u2019avait pas revu sa femme ?\u2014 Oh jamais !.au grand jamais ! déclara énergiquement Mme Claude.Il avait bien trop souffert à cause d\u2019elle !.Et cependant, malgré tout, jamais un mot dur ni méprisant pour elle devant son fils ! Mais combien de fois ne l\u2019ai-je pas surpris à pleurer.Oh ! cette femme, monsieur le commissaire, quel mal elle a fait !.C\u2019est elle la cause de tout ! .« Depuis leur séparation, elle avait donc gardé M.Lucien avec elle.Les deux garçons, du reste, étaient au collège, et c\u2019était M.de Favreuse, seul, qui payait pour les deux.Il s\u2019exténuait, le pauvre homme, à travailler comme il faisait, et naturellement, il n\u2019arrivait pas.Ça se comprend, avec tant de charges, sans compter les créanciers qui le harcelaient.Ah ! il a fait tout ce qu\u2019il a pu ; ça, je peux le dire, car je l\u2019ai vu ! « Et pendant ce temps, Mme de Favreuse continuait à mener la belle vie à dépenser tout l\u2019argent qu\u2019elle pouvait se procurer.Elle a même fait un petit héritage ; allez, ça n\u2019a pas fait long feu !.Puis elle a emprunté, et enfin, quand elle a été au bout du rouleau et du crédit, lorsqu\u2019elle a vu qu\u2019elle n\u2019avait plus que la petite somme que son mari lui envoyait chaque mois, en se privant, elle est venue avec son fils, M.Lucien.Alors, ça été un coup pour M.de Favreuse !.Heureusement que M.Edmond n\u2019était pas à la maison ce jour-là !.Cette femme prétendait reprendre la vie commune avec son mari, et elle venait chez lui pour y rester.« Alors, M.de Favreuse s\u2019est mis en colère, il s\u2019est indigné de tant d\u2019impudence, et il y avait de quoi, car c\u2019était elle-même qui avait demandé la séparation.M.de Favreuse s\u2019est contenu parce que M.Lucien était là et il n\u2019a pas dit tout ce qu\u2019il pensait devant son fils ; mais il a signifié à sa femme qu\u2019il n\u2019y avait plus rien de commun entre eux et il l\u2019a renvoyée.Je suis 29 JUILLET 1944 29 LE SPORT [ Suite de la page 7 ] sûre que s\u2019il eût été seul, il l\u2019aurait chassée, il l\u2019aurait jetée à la porte !.« Il a gardé son fils, par exemple ! Il lui a dit comme ça : « Lucien restera avec moi, car je « veux avoir la charge de mes deux enfants, et il n\u2019a été que trop longtemps le témoin de vos déplorables exemples !.Je le garde et je ferai mon devoir!» « \u2014 Mais après cette scène, le malheureux, dans les efforts qu\u2019il faisait pour contenir sa colère, s\u2019est laissé tomber sur un siège et il a pleuré comme un enfant.C est de ce jour que la santé de M.de Favreuse a baissé.Allez, monsieur le commissaire, ce n\u2019est pas étonnant qu\u2019il ait voulu en finir, car le courage lui a manqué pour continuer une lutte impossible.Il ne pouvait plus rien faire et les créanciers ne se lassaient pas de le poursuivre.\u2014 Je crois, en effet, dit le commissaire de police, que telle doit avoir été la cause de sa funeste détermination.\u2014 Oh ! pas autre chose, bien sûr ! affirma la concierge.On entendit des sanglots et la voix des deux jeunes gens qui appelaient leur père en sanglotant.M.de Favreuse se trouvait, en effet, à toute extrémité.Le docteur avait tenté l\u2019impossible pour le sauver.Le projectile, demeuré dans les chairs, causait au malheureux d\u2019épouvantables souffrances.Il sentait en même temps que ses forces s\u2019épuisaient et il essayait de réagir afin de retrouver l\u2019énergie dont il avait besoin pour s\u2019entretenir quelques instants avec ses fils.Le médecin avait tenté de s\u2019y opposer, mais tout fut inutile.\u2014 Vous ne me sauverez pas!.dit M.de Favreuse d\u2019une voix éteinte.Je sens que je n\u2019en ai plus pour longtemps ! Laissez-moi faire mes suprêmes adieux à mes enfants !.\u2014 Ne dis pas cela, père!.implora Edmond.Tu ne mourras pas !.Nous te sauverons !.\u2014 Non.Je sens que ce sera impossible.Du reste, à quoi bon ?.Ah ! mes chers enfants, comme je vous prie de me pardonner cet acte de désespoir !.La concierge arrivait à ce moment avec le commissaire de police.\u2014 Il faut, dit-elle, appeler un prêtre.M.l\u2019abbé Josset habite la maison ; c\u2019est un des vicaires de notre paroisse.Je vais le chercher.Elle courut à l\u2019étage au-dessous et revint bientôt avec le vicaire qu\u2019elle mit au courant en quelques mots.Alors, quand le prêtre fut là : \u2014 Mes chers enfants, dit le moribond qui réunit dans l\u2019une des siennes les mains de Lucien et d\u2019Edmond.Vous savez quels efforts j\u2019ai tentés pour réparer les désastres que ma faiblesse et mon amour ont laissés se précipiter sur nous ?.Ma vie n\u2019avait d\u2019autre but que de réparer la ruine que j\u2019ai laissé creuser sous mes pas, que de refaire l\u2019avenir que j\u2019ai compromis .J\u2019y ai travaî.'é avec ardeur et je n\u2019aurais pas désespéré si les forces ne m\u2019avaient point abandonné !.Edmond, douloureusement ému, voulait supplier son père de ne pas continuer ; mais M.de Favreuse lui imposa silence d\u2019un regard, et il poursuivit : \u2014 La maladie s\u2019est abattue sur moi, m\u2019enlevant mes forces et rendant inutile mon courage .Au lieu d\u2019approcher du but de réhabilitation et de relèvement que je m\u2019étais assigné, je le voyais s\u2019éloigner chaque jour et déjà, incapable de lutter, je devenais pour vous une charge !.« Oh ! ne proteste pas, mon cher enfant, ajouta vivement le mourant qui arrêta ainsi une affectueuse explosion de dévouement sur les lèvres d\u2019Edmond.J\u2019étais condamné.Je l\u2019avais bien compris.J\u2019en étais sûr!.Je vous cachais mes souffrances à tous deux, afin de ne pes vous alarmer ; mais je redoutais le jour où le mal m\u2019aurait définitivement cloué sur un lit où j\u2019aurais traîné longtemps, témoin impuissant de votre tendresse et de votre activité !.Quand je ne serai plus là, vous pourrez continuer ce que je n\u2019ai pu faire moi-même, et c\u2019est cela qu\u2019avant de mourir je veux vous faire promettre à tous deux !.\u2014 Père, dit Edmond, tu me connais, comme je connais toutes tes douleurs.\u2014 Oui, je sais.j\u2019ai confiance en toi ! \u2014 Et, se tournant vers Lucien : \u2014 Mais toi, mon cher enfant, toi dont j\u2019ai été si longtemps séparé, toi que je n\u2019ai pu former de ma tendresse, tu me promets de seconder ton frère, de travailler avec ardeur, comme lui, pour rendre à notre nom, à ce nom honorable que je vous laisse, les droits à l\u2019estime et à la considération qui ont été compromis ?.\u2014 Oui, père, je te le promets!.répondit le jeune homme.\u2014 L\u2019honneur n\u2019est pas intact quand on doit, quand on a fait perdre de l\u2019argent aux autres, et quand on ne peut pas les rembourser !.C\u2019est cela, vous le savez, qui était la préoccupation de ma vie .Vous trouverez dans mes papiers des notes précises, indiquant toutes les sommes que je dois !.Vous travaillerez pour achever cette œuvre qui est sacrée .qui est doublement sacrée, car c\u2019est une œuvre d\u2019honneur et c\u2019est le vœu suprême de votre père mourant !.\u2014 Nous te le promettons !.nous te le jurons !.répondirent à la fois Lucien et Edmond.\u2014 Cette tâche vous sera désormais plus facile, poursuivit M.de Favreuse dont la voix s\u2019éteignit graduellement.Vous êtes des hommes, aujourd\u2019hui, vous avez vingt ans l\u2019un et l\u2019autre, vous êtes à l\u2019âge du travail et de la force !.« Ah ! mes pauvres enfants, c\u2019est une existence bien douloureuse que je vous impose.Mais je vous le demande de tout mon cœur .Edmond .Lucien .mes fils !.Les deux jeunes gens sentirent la main froide de leur père serrer la leur avec une énergie suprême.\u2014 Père !.s\u2019écria Edmond éclatant en sanglots qu\u2019il ne pouvait plus contenir.\u2014 Adieu .mes enfants !.balbutia la voix éteinte du moribond.Et il étendit sa main décharnée au-dessus des têtes de ses fils agenouillés, comme pour les bénir.Le prêtre, qui priait, étendit à son tour la main droite sur cette couche funèbre.\u2014 Dieu, qui voit votre repentir et vos mérites, prononça-t-il, vous pardonne, et moi, en son nom, je vous absous ! \u2014 Adieu, Edmond.Lucien!.l\u2019honneur de notre nom .put encore dire M.de Favreuse.Adieu !.Des sanglots succédèrent aux dernières paroles du désespéré dont les yeux venaient de se fermer à jamais, et les deux jeunes gens, se relevant, s\u2019abattirent en pleurant sur le corps inanimé de leur père qu\u2019ils couvraient de baisers et de larmes.Les témoins de cette scène respectèrent leur douleur, et lorsqu\u2019ils se relevèrent, le prêtre suspendit ses prières pour prendre Edmond par la main, tandis que le commissaire de police entraînait Lucien de son côté, afin de les consoler et de les encourager.Le docteur constata les signes apparents de la mort, et la concierge décrocha du chevet un crucifix qu\u2019elle plaça sur la poitrine de M.de Favreuse, dont elle joignit pieusement les mains.La douloureuse impression causée par le dramatique événement dont ils avaient été témoins devait être longue à se dissiper chez Mme Landry et les deux enfants qu\u2019elle accompagnait.de salut, et notre corps enseignant semble animé de préoccupations d\u2019un tout âutre ordre.C\u2019est l\u2019affaire de nos gouvernants, nous leur signalons l\u2019écueil.Nous n\u2019avons, malheureusement, pas en mains les leviers de commande.Si nous les avions, nos jeunes canadiens-français de 15 à 19 ans lanceraient moins de jurons et boiraient des boissons enivrantes en plus petite quantité ! C\u2019est à se demander si ceux qui ont voix au chapitre ne font pas exprès pour que les choses soient ainsi ! S\u2019il n\u2019y avait plus de voleurs, nous n\u2019aurions plus besoin de gendarmes .LA SANTE A LA PORTEE DE TOUS Pour avoir le courage \u2014 qui deviendra vite une habitude \u2014 de faire votre cure de santé, vous devrez vous rappeler ces simples principes qui sont en somme le catéchisme du fervent de la culture physique : Il est indispensable de se laver les muscles, comme on se lave le corps.Dès le plus jeune âge, les mouvements de culture physique doivent être pratiqués.Ne remettez jamais au lendemain l\u2019exercice qui vous ennuie le jour même.N\u2019hésitez pas à vous mettre en retard pour consacrer cinq minutes à votre travail musculaire.Le temps ainsi dépensé est gagné pour l\u2019avenir.Ne précipitez pas les mouvements.Agissez lentement, méthodiquement, sans effort, respirez profondément.Un mouvement, pour être efficace, ne doit jamais atteindre la fatigue.Exécutez les exercices sans être habillé, afin que vos muscles ne soient pas comprimés par un vêtement quelconque.et ouvrez une fenêtre dans la pièce où vous faites votre gymnastique.Si, pour une raison quelconque, vous avez cessé votre entraînement pendant quelques jours, évitez, lorsque vous le reprenez, d\u2019accomplir les mouvements autant de fois que vous en avez l\u2019habitude, sinon vous aurez des courbatures.Revenez au chiffre ordinaire progressivement, en deux, trois ou quatre jours, selon le temps d\u2019arrêt.On peut varier à l\u2019infini les mouvements de culture physique.Nous nous contenterons d\u2019envisager le cas de la personne qui, tout en désirant s\u2019exercer chaque jour, ne peut consacrer qu\u2019un temps minime, à cette médication.A son usage, nous avons établi ces tableaux ne comportant que quatre mouvements, ceux qui font travailler le plus de muscles à la fois et qui dispensent d\u2019une multitude de gestes opérant sur chaque muscle séparément.I.\t\u2014 POUR TOUT LE CORPS Etendez-vous en avant sur un linoléum de préférence et non pas sur un tapis qui peut contenir des poussières malsaines.Ne vous appuyez que sur la paume des mains et sur la pointe des pieds.Placez vos mains un peu au-dessous des épaules.Que votre corps soit bien tendu, ne formant qu\u2019un bloc obéissant entièrement à vos tractions.Soulevez-vous en vous servant de la pointe des doigts et en redressant les bras complètement, la tête levée franchement.Puis, fléchissez et revenez à la position initiale jusqu\u2019à ce que votre menton touche le sol.Recommencez l\u2019exercice cinq fois au début, et, en augmentant, jusqu\u2019à dix fois au maximum.Surveillez minutieusement la respiration : expirez en vous soulevant, inspirez en redescendant.Cet exercice fait travailler tout le corps.II.\t\u2014 POUR LE VENTRE.LES JAMBES, LES HANCHES Etendu sur le parquet, calez au début vos pieds sous un meuble.Lorsque vous serez entraîné, vous ne devrez pas remuer vos pieds que nul objet ne retiendra.Mettez les mains derrière la tête.Relevez le tronc jusqu\u2019à la position assise, puis rapprochez la tête le plus possible des genoux, en ayant soin de rejeter les coudes en arrière, au lieu de les mettre en avant, afin de s\u2019en aider.Revenez ensuite à la position initiale.Pendant ce mouvement, inspirez ; durant le redressement, exhalez.Gardez sans cesse la tête levée.Recommencez cinq fois au début, ne dépassez jamais dix fois quelle que soit votre vigueur.Passons à un nouvel exercice intéressant tout un groupe de muscles : ceux du ventre, des cuisses et des reins.III.\t\u2014 POUR LE VENTRE.LES CUISSES.LES REINS Etendez-vous sur le dos et levez une jambe à laquelle vous imprimez un mouvement giratoire.Ayez soin que le genou et le cou-de-med soient bien tendus.Lorsque vous levez la jam-je, aspirez.Quand vous l\u2019abaissez, exhalez.Passez ensuite à l\u2019autre jambe.Exécutez le mouvement avec la gauche cinq fois et autant avec la droite.Augmentez à mesure l\u2019amplitude des cercles décrits.Pendant cet exercice, les bras doivent être le long du corps.Recommencez, mais les cercles doivent être alors faits dans le sens opposé à celui adopté pour les premiers exercices.Lorsque vous serez bien entraîné, au lieu de faire agir les jambes, l\u2019une après l\u2019autre, vous pourrez les mouvoir en même temps.Vous ferez dix fois cet exercice lentement, en faisant attention que chaque cercle corresponde à une respiration complète.Bien entendu, après avoir exécuté le mouvement dix fois dans un sens, vous le referez dix fois dans l\u2019autre.Assis à terre, les jambes écartées, faites une rotation du tronc la main gauche touchant le pied droit, puis la main droite touchant le pied gauche.IV.\t\u2014 POUR LE VENTRE, LES EPAULES.LES JAMBES Debout, les pieds écartés, les bras tendus, les poings serrés, vous faites exécuter un demi-cercle au tronc de gauche à droite, puis de droite à gauche.Chaque fois que le tronc achève sa rotation dans un sens, vous effectuerez une flexion de côté de haut en bas, les bras toujours tendus, dont celui qui est baissé touche le sol entre vos pieds.Aspirez quand le tronc fait la rotation, exhalez pendant la flexion de haut en bas.Les jambes doivent rester raides.Recommencez dix fois chaque sens, soit vingt demi-rotations.Tels sont les mouvements fondamentaux permettant aux pratiquants d\u2019éliminer toutes les causes de maux assaillant ceux qui négligent l\u2019état de leurs muscles. LE SAMEDI 30 AH, MEMOIRE !.Si on vous demandait .Lire les questions sur la colonne de gauche en prenant soin de couvrir celle de droite qui contient les réponses.Indiquer, après ce test, les réponses manquées pour ensuite les graver dans la mémoire.(1) QUESTIONS\t\u2022\tREPONSES Quand Jacques-Cartier se rendit-il à Hoche-laga ?Que vise le tireur qui s\u2019exerce ?Qu\u2019est-ce que la fleur de lis ?Qui surnomme-t-on « le Grand Vaincu » ?Qui fut « le père de la Nouvelle-France » ?Que rappelle la croix du Mont-Royal ?Qui fut notre premier historien national ?L\u2019auteur du « Drapeau de Carillon » ?L\u2019auteur du volume des poésies intitulé « Lau-rentiennes » ?Qui lança le cri héroïque :\t« Debout les morts ! » ?Nommez un grand chimiste.Qu\u2019est-ce qui rend la mouche dangereuse ?La mouche est-elle féconde ?Le vrai nom de l\u2019orignal ?D\u2019où vient le mot nicotine ?Les Américains ont-ils honoré le Père Marquette ?La date du martyre du P.Jean de Brébeuf ?Le vrai nom du « suisse », sorte d\u2019écureuil ?Combien de facettes dans l\u2019œil d\u2019une mouche ?Quelles fondations doit-on à saint Vincent de Paul ?Qui périt de froid sur le lac Saint-Pierre, en 1645 ?Quel navire commandait Vauquelin en 1760 ?Combien de globules rouges dans une goutte de sang ?L\u2019auteur de « Heures perdues » ?L\u2019auteur du recueil de poésies : « Les Ailes qui montent » ?Quel père récollet célébra la première messe en terre trifluvienne ?En quelle année l\u2019exploit de Madeleine de Verchères ?Quel chef des Patriotes fut tué à Saint-Eusta-che, en 1837 ?Quelles qualités eut Mademoiselle Louise de Ramezay ?Qui fonda les Sœurs Grises?Comment nomme-t-on un livre publié après la mort de l\u2019auteur ?Qui n\u2019a qu\u2019une jambe ?Qu\u2019est-ce qu\u2019un tic ?Qui fonda l\u2019Islamisme ?Qu\u2019est-ce que le chaton d\u2019une bague ?Où demeure le roi d\u2019Italie ?Qu\u2019est-ce qu\u2019une pépite ?\u2014 A son deuxième voyage, en 1635.\u2014 Une cible.\u2014 C\u2019est l\u2019emblème adopté en France par la royauté et qui figurait sur le drapeau blanc.\u2014 Montcalm.\u2014 M.de Champlain.\u2014 Celle que M.de Maisonneuve y porta pour accomplir un vœu.\u2014 F.-X.Carneau, m.en 1866.\u2014 Le poète Octave Créma-zie.\u2014 Benjamin Suite.\u2014 L\u2019adjudant Péricard, en Argonne.\u2014 Lavoisier, français.(1743 -1794).\u2014 Les microbes qu\u2019elle répand.\u2014 En 40 jours, sa descendance est de 12,000,000.\u2014 L\u2019élan du Canada.\u2014 De Jean Nicot, qui intro-troduisit le tabac en France.\u2014 Sa statue est au Capitole.\u2014 En 1649.\u2014 Tamias.\u2014 Environ deux mille.\u2014 Les Lazaristes, les Sœurs de Charité et l\u2019œuvre des Enfants trouvés.\u2014 Le Père de la Noue.\u2014 L\u2019Atalante.\u2014 Cinq ou six millions.\u2014 Adolphe Poisson.(1849-1922).\u2014 Jules Tremblay, né en 1879.\u2014 Le P.Denis Jamet.(26 juillet 1615.) \u2014 En 1692.\u2014 Le docteur Chénier.\u2014 Des talents pour l\u2019industrie de la colonisation.\u2014 Mère d\u2019Youville, née en 1701.\u2014 Un livre posthume.\u2014 Un unijambiste.\u2014 La contraction convulsive de certains muscles.\u2014 Mahomet, vers l\u2019an 620.\u2014 La partie dans laquelle une pierre précieuse est sertie.\u2014 A Rome, au Quirinal.\u2014 Un morceau de métal trouvé à l\u2019état pur.(1) Ces questions et réponses proviennent des jeux de cartes \"ENCYCLOPEDIE\u201d de l\u2019abbé Etienne Blanchard qui nous en a autorisé la publication.On peut se procurer ces jeux de cartes \"ENCYCLOPEDIE\u201d chez les libraires ou chez l\u2019auteur, au presbytère Notre-Dame, Montréal.En descendant de Montmartre, ils en causaient, parlant presque à voix basse, car Paul et Rosette interrogeaient l\u2019excellente femme.Ils voulaient comprendre quel affreux désespoir, quel malheur irréparable avait conduit cet homme au suicide, et Mme Landry le leur expliquait de son mieux.\u2014 Alors, c\u2019est parce qu\u2019il n\u2019avait plus d\u2019argent qu\u2019il s\u2019est tué, ce pauvre monsieur ?demanda Rosette.\u2014 C\u2019est à la fois à cause de la misère et de la maladie dont il souffrait, d\u2019après ce que j\u2019ai compris.\u2014 Eh bien ! nous, on n\u2019est pas riche non plus, ajouta la filette, et papa a été bien malade, lorsqu\u2019il ne travaillait pas .Il aurait pu se tuer aussi !.\u2014 Ne dis pas ces choses-là !.repartit vivement Mme Landry, que cette seule perspective épouvanta.Ton père n\u2019aurait jamais fait cela !.\u2014 Oh ! non, je le sais bien !.\u2014 Pour sûr, nous sommes bien plus pauvres encore que ces gens-là, car voilà près d\u2019un an que ton père est sans ouvrage, et moi je gagne trop peu pour nous quatre.Que Dieu nous préserve d\u2019un pareil malheur !.On ne doit jamais perdre l\u2019espoir et la confiance !.\u2014 Sans Popol, reprit Rosette, le monsieur serait mort sur le coup ; le médecin l\u2019a dit.Elle dit cela avec un certain orgueil, heureuse des éloges qui avait été décernés à son ami.\u2014 Il a eu un sang-froid et un courage magnifiques répondit Mme Lan-dry.« C\u2019est bien, ce que tu as fait la, mon petit Popol, ajouta-t-elle en se tournant vers le petit ramoneur, sans toi, M.de Favreuse serait mort sur le coup, et ces deux pauvres jeunes gens, que nous avons vus si désolés, n\u2019auraient pas eu la consolation de revoir leur père.Rosette était fière de son petit ami.Son petit cœur, déjà plein d\u2019amitié pour lui, se sentait gonflé d\u2019affection et son âme ingénue éprouvait les tressaillements d\u2019un bonheur inexprimable.Paul répondait confusément aux éloges de la mère de Rosette, ne sachant que dire dans sa modestie ingénue.Mme Landry, avec Rosette, accompagna Paul chez son oncle, et là, elle fit le récit de ce qui s\u2019était passé.Sophie Bourasse ainsi que Joseph et Thérèse félicitèrent Popol à leur tour : mais le charbonnier qui avait grimacé et hoché la tête, pendant que Mme Landry parlait, intervint alors.\u2014 Non, non, je chuis pas de votre avis, dit-il.Pourquoi che faire des j\u2019ennuis à aller ch\u2019occuper des chojes des j\u2019autres?.Voui, voui, voui ! .cha vaut toujours mieux de che tenir tranquille ! -\u2014Pourtant, dit la tante Sophie, ce petit n\u2019a pas fait de mal en portant secours à ce monsieur.\u2014 Je dis pas qu\u2019il ait fait du mal, répliqua Jean Bourasse, mais cha le regardait pas !.Chi che monchieur il veut che tuer, il est bien libre, bou-gri ! .Et tou cha, cha fait des j\u2019his-toires !.le commichaire de poliche, tout le monde .C\u2019est surtout le commissaire de police dont l\u2019intervention ne plaisait guère à l\u2019Auvergnat car depuis ses démêlés avec la justice, il avait une aversion plus profonde encore pour ses représentants.\u2014 Quelles histoires voulez-vous que ça fasse, monsieur Bourasse ?dit Mme Landry.\u2014 Eh ! avec ches gens de poliche, on ne chait jamais, répondit l\u2019oncle du petit ramoneur.Et cela fut dit d\u2019un tel ton que personne n\u2019osa répliquer.Le petit Paul, toujours tremblant devant les brutalités de son oncle, baissait la tête et se cachait derrière sa tante, près de Rosette qui aurait bien voulu être assez grande pour répondre « au vilain homme qui faisait de la peine à son ami ».Aussi, avec quelle tendresse elle l\u2019embrassa, lorsqu\u2019on partit,\tcar, après quelques mots, Mme Landry prit congé de la famille du charbonnier.Et elle aussi elle embrassa bien affectueusement le petit ami de sa fille, pour compenser les reproches injustes que son oncle lui avait adresses.IV \u2014 Double surprise La perspicacité de M.Laroche se trouvait complètement en défaut, lorsqu\u2019il croyait que l\u2019emprunt fait à sa caisse par Jeanne était destine aux familles de ses petits protégés.Cependant, pourquoi toutes ces précautions et ces cachotteries ?« Evidemment, parce qu\u2019il s\u2019agit d\u2019une somme importante, pensa Laroche.Jeannette me l\u2019a dit, du reste.« Et elle m\u2019a fait retourner, la mignonne, afin que je ne voie pas ce qu\u2019elle prendrait, ajouta le père de Jeanne avec un bon sourire qui avait une pointe de malice.Comme si cela m\u2019est difficile de savoir ce qu\u2019elle a pris dans mon coffre ! » Le fait est que le négociant, minutieux jusque dans les moindres choses, possédait le compte, rigoureusement tenu de toutes les sommes qui entraient dans son coffre et qui en sortaient.N\u2019ayant point d\u2019associé, ne devant de compte à personne, M.Laroche n\u2019avait qu\u2019un seul coffre-fort, celui que nous avons vu chez lui, dans son cabinet de travail.Bernard, à la fois caissier et fondé de pouvoir dans les bureaux de la Halle aux vins, versait directement à la banque les recettes opérées par ses soins, ne conservant dans sa caisse qu\u2019un fonds de îoulement nécessaire aux opérations journalières.Le négociant possédait seul le carnet de chèques au moyen desquels il retirait les sommes dont il avait besoin, et tout ce qui ne se trouvait pas déposé à la banque était enfermé dans son coffre-fort, soigneusement noté et enregistré.\u2014 Voyons! fit-il en prenant son livre de caisse dont il additionna rapidement les deux colonnes.Puis il compta et vérifia.-\u2014 Peste ! deux mille francs !.s\u2019é-cria-t-il.Eh ! mais elle va bien, ma Jeannette !.Elle se laisse peut-être trop facilement égarer par son cœur.« C\u2019est sur ce qu\u2019elle possède personnellement que Jeannette entend prélever cette générosité, soit ! mais elle pourrait être dupe de son bon cœur.Et le négociant en spiritueux réfléchit à la situation des deux protégés de sa fille, qu\u2019il connaissait bien.M.Laroche ne sortait pas de là.Il ne voyait aucun autre but à la généreuse charité de sa fille.Il en arrivait à se persuader ainsi que ces deux mille francs devaient avoir été aux Landry, plutôt qu\u2019à l\u2019oncle du petit Paul.Mais il cherchait à comprendre pour quel motif il avait fallu une pareille somme.« Peut-être pour les établir, se dit-il, pour leur acheter un petit fonds avec lequel ils vivoteront !.ou bien pour fournir un cautionnement à Landry qui a trouvé un emploi.C\u2019est vrai, il est intelligent ; il a été employé chez un notaire.Et le père de Jeanne conclut : \u2014 Eh bien! il faut que je voie ça! Ce n\u2019était pas une simple curiosité chez lui maintenant : il pensait déjà, s\u2019il trouvait les protégés de sa fille dignes d\u2019intérêt, à s\u2019associer à sa bonne action.[ A suivre au prochain numéro ] 29 JUILLET 1944 31 DIX-HUITIEME EPISODE muwmm ¦ - .\u2019V/ 1 \u2014 André et Noirot furent inquiets en trouvant le chapeau de couleur que Paul portait lors de son enlèvement.\u201cIl a été transporté en canot,\u201d dit André.\u201cViens, nous monterons le ruisseau avec le Hareng Rouge ! \u201d Ils retournèrent donc au quai, nagèrent jusqu\u2019à leur bateau et partirent.2 \u2014 Il leur fut facile de s\u2019avancer à l\u2019intérieur de l\u2019île.Le vieux bateau montait le ruisseau avec aisance et bientôt la nuit tomba.Ils constatèrent qu\u2019ils étaient arrivés à une partie de la rivière, où chaque bord était longé par une épaisse forêt.Pas un bruit ne venait troubler le calme complet de la nuit.3 \u2014Seul, on entendait le pop-pop-pop du moteur.Soudain l\u2019air fut rempli de cris de clameurs, venant de chacune des rives, pendant que la nuit était percée par des flèches enflammées, qui venaient tomber sur le Hareng Rouge en partant de la forêt.La rivière étroite en était toute éclairée.~'v.4\t\u2014 Le pauvre vieux bateau continuait de filer à vive allure et nos amis n\u2019abandonneraient certes pas la lutte.Paul était donc gardé par les indigènes dans cette région et cette pensée les encourageait à soutenir la bataille, d\u2019où qu\u2019elle vienne.Les flèches tombaient de plus en plus nombreuses.%Wnli 5\t\u2014 Le feu se communiqua à l\u2019avant du petit bateau et les deux jeunes gens luttèrent comme des démons pour empêcher les flammes de se propager.C\u2019était sans doute sur cet incendie que les indigènes comptaient, car les flèches cessèrent d\u2019arriver et nos deux amis travaillaient ferme.mmi I., 6\t\u2014 Ils voulaient à tout prix empêcher les flammes de se propager.Les seaux d\u2019eau qu\u2019ils jetaient sur le brasier se multipliaient.Leur tâche était rendue plus difficile par le fait qu\u2019André devait surveiller le moteur, car il ne voulait pas arrêter.Mais, grâce aux efforts surhumains du gros nègre, le feu fut éteint en peu de temps.üiïZ&j WST: sa mm mm ?.r,À ¦Jé TM&' > VL 7\t\u2014 Les dommages n\u2019étaient pas considérables.\u201cSapristi, c\u2019est un travail réchauffant que celui-là, patron ! \u201d dit Noirot en s\u2019épongeant le front.\u201cDonnez un peu de vitesse au vieux moteur maintenant et nous découvrirons bientôt où on a amené Paul.\u201d Mais le pauvre noir était un peu trop confiant.8\t\u2014 Tout à coup les deux jeunes gens entendirent un bruissement de feuilles et le craquement des branches au-dessus de leur tête.\u201cMais, sapristi, voilà qu\u2019il pleut des nègres maintenant,\u201d dit Noirot, pendant que des arbres touffus, qui formaient arche au-dessus de la rivière, tombaient des indigènes.9 \u2014 Tous étaient armés de lances.\u201cAttention, André ! \u201d dit Noirot, \u201cnous avons de la visite, mais ils ne resteront pas à dîner.Non, Monsieur.\u201d Et, comme un cyclone humain, le géant nègre chargeait les sauvages de tous côtés, ses bras puissants semblaient des pistons.André, attaqué également, lançait lui aussi des coups furieux.[ Suite au prochain numéro ] 32 LE SAMEDI MngHwBBüwni VINGT-TROISIEME EPISODE 1,'ZltXl ' 1 ! ¦ MMft snmsisssssirg \\w grain :i :iE^ Aujourd\u2019hui, grâce au nouveau permis de spiritueux, une surveillance plus étroite est exercée dans tous les magasins de la Commission des Liqueurs de Québec en vue de rendre service au public.L\u2019obligation de soumettre la carte d\u2019inscription nationale et de signer le permis d\u2019achat permet un contrôle plus efficace qui se traduit par une répartition plus équitable des stocks disponibles.Cependant, la Commission des Liqueurs de Québec compte sur la coopération du public \u2014 car, tout système de contrôle s\u2019avère difficile et souvent inadéquat si chacun n\u2019y apporte pas toute sa coopération.Dans ce but, la Commission des Liqueurs de Québec demande aux acheteurs lorsqu\u2019ils utilisent leurs permis de bien vouloir respecter deux conditions principales.1.Le permis est personnel, c\u2019est-à-dire à l\u2019usage exclusif de la personne au nom de laquelle il est émis.2.Il n\u2019est pas transférable, ce qui signifie qu\u2019un détenteur de permis n\u2019a pas le droit de déléguer une autre personne à sa place pour acheter des liqueurs alcooliques.Toute personne qui enfreint ce règlement s\u2019expose à se faire confisquer son carnet.La seule exception à cette règle est la suivante : \u201cLe mari peut acheter pour son épouse en utilisant le permis de cette dernière ou vice versa.\u201d Cependant, les deux permis ne devront jamais être utilisés simultanément.Cette nouvelle procédure est édictée dans le but d\u2019aider les gens à s\u2019approvisionner car il peut arriver que certaines personnes, à cause de leurs occupations, ne puissent se présenter au magasins, aux heures d\u2019affaires.Que chaque citoyen suive ces directives en n\u2019exigeant jamais plus que ce qu\u2019il a droit et ainsi les consommateurs seront à même d\u2019apprécier qu\u2019après tout, ces restrictions, imposées par les circonstances, sont bien légères comparées à ce qui existe dans ce domaine, en dehors de la province.Publiée par la COMMISSION DES LIQUEURS DE QUEBEC 40-S-445F 'WÊÊÈÈSB » > ^ ?ii&itâS8:.|$M|jK îll* * 4k\": SHERBROOKE MONTREAL personnes iiM *maP*bHmaU \u2022'~app\u201eyéMruM ioC2S*PIod\u201cf' SERVICE ELECTRIQUE NATIONAL\" veut dire ¦sKl Northern Electric -ET SES EMPLOYÉS- halifax SAINT JOHN.N.B.QUEBEC TROIS RIVIERES CALGARY REGINA EDMONTON VERNON VANCOUVER VICTORIA SERVICE ÉLECTRIQUE NATIONAL OTTAWA\tTORONTO LONDON\tKIRKLAND LAKE SUDBURY WINNIPEG \u2018TAL DOR\tHAMILTON\tWINDSOR\tTIMMINS\tPORT ARTHUR EH TEMPS DE GUERRE COMME EH TEMPS DE PAIX, LA Northern Electric FOURNIT Fils et câbles Appareils téléphoniques 1 Appareils d\u2019énergie électrique | Equipements de radiodiffusion Appareils électroniques Eclairage Fournitures électriques Appareils domestiques % Fournitures pour canalisations souterraines et aériennes Communications pour la défense organisées en vitesse.Pour pouvoir parer à toute éventualité, les autorités responsables de la défense du Canada mirent sur pied un vaste système côtier de communications qui nécessita naturellement la fabrication d\u2019une grande quantité de pièces et d\u2019appareils.Il fallut se mettre au travail en vitesse\u2014appareils de radio, de téléphone, de télégraphe, télétypes .tout entra dans cette formidable entreprise.Il est évident qu'il nous fut impossible de tout fabriquer nous-mêmes vu le peu de temps à notre disposition.Il fallut s\u2019adresser ailleurs et accorder des sous-contrats à d\u2019autres manufacturiers disséminés à travers le Canada.Les pièces nécessaires furent livrées à temps; nos techniciens, hommes de ligne et installateurs se mirent à l\u2019oeuvre et, bientôt, le Canada eut pour se défendre en cas d\u2019attaque tout un vaste réseau de communications.Nous croyons que seul \u201cun service électrique vraiment national\u201d pouvait produire de pareils résultats.Northern Electric Company Limited 1 "]
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