Le samedi, 1 février 1941, samedi 15 février 1941
[" mmm.mil .\u2014 %m&r Montréal, 15 février 1941 DIX CENTS 52e année, No 38 S -400 CON LE CANADA est FORT LE PAIN FOURNIT AUX CANADIENS LE % DE LEUR ÉNERGIE La santé et t'énerqie He toat Canadien sont d\u2019une importance vitale pour assurer la défense et la victoire du Canada.C\u2019est pourquoi le pain \u2014 qui fournit aux Canadiens le quart de leur énergie \u2014 joue aujourd'hui un rôle si essentiel dans le régime alimentaire de la nation.¦ V- «v f', -,fx .-j w.m :&?*.'y *\u2022*?*«*.- MIL Achetez le pain de votre boulanger Préparer par les fabricants tir la Levure F eiscb rnann comme contribution au 'n anic au Canaila Votre boulanger vend le meilleur pain qu\u2019il soit possible de cuire à l\u2019heure actuelle.Sa grande expérience, son outillage scientifique et les meilleures matières premières procurables lui permettent de vous fournir un pain incomparable au point de vue saveur et nutrition.Le pain est la source d\u2019énergie humaine la plus grande et la moins coûteuse.Il produit cette énergie rapidement et durant des heures.Fait avec du lait, il est aussi riche que la viande en protéines servant à la reconstitution des muscles.Dans l\u2019intérêt de la santé et de 1 énergie nationales, si essentielles à la \"défense totale\" du Canada, servez plus de PAIN à chaque repas.| * 52e année, No 38 \u2014 15 février 1941 3 CARNET EDITORIAL LES PUBLICATIONS POIRIER.BESSETTE & CIE, LIMITEE 975.RUE DE BULLION MONTREAL - CANADA e TéI.: PLateau 9638* Rédacteur en chef : FERNAND DE VERNEUIL Chef de la publicité : CHARLES SAURIOL Directeur artistique : HECTOR BRAULT Pages féminines : GENEVIEVE Chroniqueur sportif : OSCAR MAJOR \u2022ed at the Post Office ¦.Albans.Vf., as second matter under Act ot March 1879 abonnement CANADA Un an.Six mois.Trois mois.$3.50 2.00 1.00 ETATS-UNIS Un an.Six mois.Trois mois.ET EUROPE .$5.00 .2.50 .1.25 Heures de bureau : 9 h.a.m.à 5 h.p.m.Le samedi.9 h.a.m.à midi S AUX ABONNES \u2014 Les nnés changeant de loca-sont priés de nous don-un avis de huit jours ipaquetage de nos sacs malle commençant cinq s avant leur expédition.POUR LA VICTOIRE Brève histoire des onze cloches qui appuyeront les supplications des fidèles, à la messe votive pour la victoire.\u2014 Elles chantent ou sanglotent du haut de leurs tours, depuis près d\u2019un siècle.Les voix de bronze de Notre-Dame sont lancées par 23 tonnes de métal.En marge des cérémonies du 9 février DIMANCHE PROCHAIN, le 9, toute la province de Québec s'agenouillera dans une même prière, pour demander que Dieu nous accorde la victoire.Les cloches de toutes les églises, de la plus petite à la plus grosse, joindront leur voix d'airain à celle des fidèles.La même messe \" pour temps de guerre \" sera dite dans toutes les paroisses du Canada français.A l'église Notre-Dame de Montréal, les personnalités les plus représentatives de notre peuple seront réunies pour entendre la voix de Son Eminence le cardinal Villeneuve.Là aussi, les voix de bronze se mettront à l'unisson des prières humaines.VINGT-TROIS TONNES D'AIRAIN Combien, parmi ceux qui entendront vibrer ces grandes cloches dans leurs tours, connaissent leur poids formidable et l'effort qu'il fallait faire jadis pour les mettre en branle, avant que fût installé le système électrique?Il fallait vingt solides gaillards pour faire chavirer vers le ciel la grande bouche du bourdon \" Saint-Jean-Baptiste \", lequel pèse près de 12 tonnes et demie ! Les cloches sont à leur place, étayées par des charpentes et des poutres énormes venues de la bonne forêt canadienne, depuis tout près d'un siècle.Elles pèsent ensemble quarante-six mille, cinq cent quatre-vingt-dix-huit livres ! C'est en 1843 que les dix cloches furent rangées au bas des tours qui devaient les abriter.On les avait habillées pour la circonstance de velours et de drap d'or.L'une portait le deuil de son donateur.Elles furent baptisées des prénoms de leurs parrains.Voici leur liste, avec leurs poids respectifs: 1.-Mario-Victoria\t6.041\tlivres 2.-Edwardus-Albertus-Ludovicus\t3.633\tn 3.-Joannes-Genovefa\t2.730\tn 4.-Olivarius Amelia\t2.114\tn 5.-Julius-Josepha\t1.631\tn 6.-Hubertus-Justinia\t1.463\tn 7.-Ludovicus\t1.290\tn 8.-Joannes-Maria\t1.095\tn 9.-Tancredes-Genovefa\t924\til 10.-Augustinus\t\t897\tn Total\t21.818 livres Elles sonnèrent pour la première fois le 19 juillet.\" La même année \", nous révèle M.Robert Archonte (que nous soupçonnons d'être en réalité M.Robert Prévost, lequel est à se tailler une réputation enviable d'historien) dans un article récent; \"la même année, survenait la \"Grande Marie\", un bourdon de 16.325 livres, fondu en Angleterre par la maison Mears.Monseigneur Bourget le baptisa le 29 octobre, et il sonna pour la première fois, sous l'effort de seize hommes, le jour de Noël.\" REMPLACE PAR UN AUTRE Malheureusement, une fêlure se révéla bientôt dans son airain, et il fallut le briser.Il fut refondu et remplacé par le gros bourdon actuel, qui se nomme \"Saint-Jean-Baptiste\", et qui ne pèse pas moins de 24.780 livres, c'est-à-dire près de trois mille livres de plus, à lui seul, que l'ensemble de ses dix compagnes ! MEFAITS D'UN BATTANT On aura une idée de son énormité, en sachant qu'il mesure 8 pieds et 7 pouces à l'ouverture; 4 pieds et 8 pouces à sa partie supérieure et 5 pieds et 11 pouces de hauteur.Il y a quelques années, d'après un sacristain, son battant se détacha alors qu'il sonnait à toute volée.La masse de bronze rejoignit le sol après avoir défoncé tous les planchers qu'il rencontra sur son chemin ! Le sacristain était allé sonner l'angélus.Il était en train de remplir consciencieusement son devoir, quand un grand vacarme au-dessus de sa tête le porta instinctivement à se jeter en arrière, juste à temps pour céder le passage à l'énorme masse.Courant alors à sa chambre, il s'aperçut que le battant avait traversé son lit dans sa chute vers le sol ! D'AUGUSTES SONNERIES Depuis, les onze compagnes ont chanté bien des joies et pleuré bien des deuils, du haut de leurs tours jumelées.Elles chantèrent en 1868 la gloire des 135 zouaves du premier détachement canadien des soldats du pape.Elles célébrèrent en 1872 les noces d'or de Mgr.Bourget.Elles sanglotèrent aux funérailles de sir George-Etienne Cartier en 1873, tandis que trois cents voix entonnaient à l'orgue le libera de ce père de la Confédération.L'année suivante, elles acclamèrent le quarantième anniversaire de la Société Saint-Jean-Baptiste.Le jour de la Fête-Dieu de 1897, les cloches rendirent honneur à la vieille reine Victoria, qui fêtait le soixantième année de son règne.Nous en passons.Signalons qu'au Congrès eucharistique de 1910, les fidèles envahirent l'église Notre-Dame cinq fois, et que chaque fois les grandes cloches firent entendre les louanges de l'eucharistie .Telles sont les vénérables cloches qui répondront de tout leur bronze à nos prières pour la victoire du 9 février.Puissent-elles en un jour prochain, basculer de joie à la nouvelle que le ciel a exaucé nos supplications ! LE SAMEDI 4 Le Samedi JhèLm, csstrc l\u2019Ht t ver Chronique d\u2019actualité par LOUIS ROLAND Dans l'antiquité les hommes divinisèrent à peu près tous les phénomènes de la nature ; on ignore toutefois quel dieu ou quelle déesse l'ancienne mythologie fît présider à l\u2019hiver ; on attribue parfois ce rôle à Hercule ou bien à un Jupiter-Pluvius qui n'a d'ailleurs pas grande célébrité.Les peintres et sculpteurs, tant anciens que modernes ont été beaucoup plus généreux pour l\u2019hiver, et ils l\u2019ont représenté sous de multiples aspects ; cela nous a valu quelques chefs-d\u2019œuvres et pas mal de toiles ou de sculptures sur bois qui pourraient faire de l'excellent chauffage, ce qui est tout de même bien un mérite.Messire l\u2019Hiver a donc été représenté sous mille aspects sans qu\u2019on ait jamais désigné lequel lui convenait le mieux.11 me semble qu'on aurait dû le personnifier sous les traits et dans la pose d'un artiste de grand génie, car il fait des choses, non seulement au dessus de la compétence des hommes mais dont le mystère n\u2019a pas encore été dévoilé jusqu\u2019ici.Il en fait tout au moins une et que tout le monde connaît : le flocon de neige qui paraît très simple en apparence et qui, pourtant, rend pas mal perplexes tous les fouille-creuset de laboratoires qui n\u2019y comprennent rien.Le flocon de neige qui tombe semble n'avoir aucune forme précise et souvent il n'en a pas ; cela tient à ce qu'il est formé de nombreuses particules de neige qui se sont agglomérées en tombant et ont ainsi perdu leur aspect individuel ; quand on a, d\u2019autre part, la chance d\u2019examiner les très fines fleurs de neige qui tombent en quantité restreinte et par temps calme, on est émerveillé de voir leurs formes extrêmement artistiques.De patients observateurs ont classé ces délicats cristaux en cinq types principaux : 1° Lamelles minces ; 2° Noyaux sphériques hérissés d'aiguilles ramifiées ; 3° Prismes à six pans ; 4° Pyramides à six faces (très rares) et, enfin, 5° Aiguilles terminées par des lamelles.Le plus souvent, le flocon a l'aspect d'une étoile à six branches _____ jamais plus ni moins \u2022\u2014 mais le dessin en est extrêmement varié et compliqué.11 tombe des centaines de milliards de ces étoiles au cours d\u2019une bordée de neige, et toutes ont cette régularité de dessin, cette complication bien ordonnée de lamelles qu'on peut observer sur le spécimen isolé.Comment cela se fait-il ?Les plus malins n'en savent rien.Quand il s'agit d'un organisme vivant et pourvu d'un système nerveux, on comprend mieux, ou plutôt on admet plus facilement une symétrie de ce genre parce qu\u2019on se dit qu'il y a là des forces internes dont les réactions les uns sur les autres peuvent avoir des effets de ce genre mais, quand il s'agit des étoiles de neige, on se trouve en présence d'un cas nettement différent.\t(Lire la suite page 35 > Un paysage canadien pendant l'hiver.En haut des skieurs pratiquant leur sport favori.(Photos C.P.R ) / I 15 FÉVRIER 1941 5 d Aviation aux L!\" e«r wÿ ; .y P< N?CFIAQUE mois, une quinzaine de jeunes gens, de 20 à 27 ans, provenant de collèges, arrivent à chacune des treize bases de Réserve de l\u2019Aviation navale où ils commencent leur entraînement dans l'aviation.Aux bases préparatoires, l'élève est initié aux principes du vol, au mécanisme des moteurs d'avions, au code Morse dont ils doivent pouvoir transcrire au moins vingt-quatre mots par minute, à la manœuvre des harnais de parachute s'il faut s'en débarrasser dans l'eau, enfin au vol à deux pendant un certain nombre d\u2019heures.Au cours de ces vols ils apprennent tout naturellement la signification de divers signes très pratiques et remplaçant une conversation impossible.Pendant la partie préliminaire de son entraînement, l'élève pilote prend rang, comme marin de deuxième classe, dans la réserve de la marine, et il touche une solde d'environ $114 par mois.S'il subit ce premier entraînement avec succès, il est appointé comme Cadet dans l\u2019aviation et envoyé pour sept mois à Pensacola où il a grade d\u2019élève officier, et il y suit des cours très bien compris comme utilisation du temps.Il accomplit là environ trois cents heures de vol et si, aux examens de fin d\u2019entraînement son instruction professionnelle est reconnue satisfaisante, il reçoit la commission d\u2019Enseigne dans l\u2019aviation navale avec les ailes d\u2019or constituant son insigne ; sa paye mensuelle, en service, est alors de $205.50.Tel était le programme adopté jusqu\u2019ici par les Etats-Unis, mais il vient d\u2019être augmenté de manière à donner, non plus mille, mais au moins cinq mille pilotes par année ; et il faut noter qu\u2019il s\u2019agit de jeunes gens choisis avec un soin rigoureux comme qualités morales et physiques.Quand on pense à ce qui se fait dans le même but au Canada et dans des conditions à peu près équivalentes, on se dit que l'aviation de l'Amérique du Nord n'a rien à envier à celle de l\u2019Europe, et qu\u2019au contraire, bien des pays d'Europe souhaiteraient en posséder une sem- > blable.i 6 Le Samedi Le littoral du Canada, côté Atlantique, fut pendant cent cinquante ans défendu par des canons de parade.Il n'en est plus de même de nos jours où des dangers réels menacent notre pays.Et les pièces d'artillerie du XVIIIe siècle, comme celle que l'on voit ici, ont été remplacées, autant sur le Pacifique que sur l'Atlantique, par des canons formidables.(Photo C.N.R.) *>> -3 : ,«¦ % * 'mm s y* > i * ^w.+4* La guerre sur mer nous a déjà coûté deux contre-torpilleurs et le navire-amiral de notre flotte marchande, le magnifique « Empress of Britain ».Mais notre marine de guerre s'augmente constamment d'unités nouvelles, de sorte que le Canada est cent fois mieux armé sur mer qu'il ne l'était le 10 septembre 1939.\t(Photo C.P.R.) uerre sur er LA MER DU NORD « La mer du Nord est une mer lugubre.Huit mois sur douze, reflétant un ciel d'encre ou de plomb, elle perd sa belle transparence verte, comme si le limon de la Meuse et de 1 Escaut et les sables de l'Ems, de la Jade, de la Weser et de l'Elbe, qui la souillent le long de la Hollande et de l'Allemagne, refoulaient vers les régions polaires les eaux d'émeraude de l\u2019été.Le ciel est terne, les flots sont troubles ; on dirait que la Rhénanie et l'Angleterre soufflent jour et nuit vers le large toute la suie de leurs usines.Comment les hivers de Norvège peuvent-ils garder leur admirable clarté auprès d\u2019un pareil pot-au-gris ?«La mer du Nord est pleine d'embûches, De Douvres à l'Humber, de Gris-Nez au Texel, dans l\u2019entonnoir Sud-Ouest qui mène au Pas de Calais la multitude des navires, des bancs de sable encombrent les routes, collines sous-marines parallèles à la côte et s'étendant jusqu'à plus de vingt milles au large, falaises noyées coupées de ravins étroits qui sont les seuls chenaux navigables et que Ion suit, d'un bateau-feu à l'autre, en priant Dieu pour que le temps reste clair./ç Qi} respire dès que 1 on est hors de 1 entonnoir.Pourtant, plus loin, on n'est guère plus à l'aise.La côte allemande, à peu près invisible, presque de niveau avec la mer, est frangée de hauts-fonds de sable qui sont l'effroi du navigateur.Et devant la côte anglaise, voilée par la fumée des hauts four-naux et des manufactures, les courants de marée portent en plein travers des passes et vous drossent sur les dangers.\t, « Sur la mer du Nord, s'abattent tantôt les coups de vent de Nord-Est qu'envoie la Norvège, tan-tôt le norois qui arrive d Islande et des Feroe ; les tempêtes de l'Atlantique y viennent mourir en soubresauts d'agonie terribles.Enfin comme toutes les mers resserrées comme la Mediterranee, comme la mer Noire - la mer du Nord saute sans rai- son du calme à la tempête, de l'atmosphère de cristal au temps bouché ; ses caprices déconcertent les météorologistes, mêmes allemands.» Le commandant Paul Check L'EMPIRE BRITANNIQUE, CREATION DES PILOTES DU FROID « Pendant quelques siècles, autour de la Méditerranée, notre histoire, celle de l'Empire Romain et de la Gaule, fut emplie par la magnificence des œuvres latines, par les présages de leurs écroulements, par la subversion totale qu'y apportèrent les Barbares, « Dans l\u2019obscurité des régions hyperboréennes, que n\u2019avaient pu atteindre la convoitise ni les regards de Rome, fleurissaient cependant des races inconnues.Elles n'étaient point sauvages.Elles ne concoururent pas à la chute de l\u2019édifice établi par les empereurs.Elles laissèrent passer les premiers flots des hordes asiatiques et slaves, leur rage de destruction, leur impitoyable domination.Les Scandinaves, blonds et marins, attendirent leur heure.Ils préludaient à leurs destins futurs par l'exploration des régions nordiques et des mers glacées qui s\u2019étendent, en dessous et autour de la calotte polaire, entre l\u2019Europe et l\u2019Amérique.« Quand leur moment fut venu, ces Pilotes du Froid descendirent vers les régions tempérées qui les appelaient depuis tant de siècles.Ils n'y accomplirent pas un ouvrage de démolisseurs.« Dressés par la discipline de la Mer, pourvus de lois sociales qui préféraient l\u2019ordre à l\u2019anarchie, le travail au carnage, l'enrichissement à la paresse, les Vikings créèrent sur les décombres des Empires Romain et Carolingien, quelques-unes des entités fondamentales sur lesquelles s'échafauda l'avenir de l\u2019humanité.« Ils colonisèrent l'Islande et le Groënland, l'Ecosse, l\u2019Irlande et l'Angleterre, et notre Nor- mandie.Ils pénétrèrent en Russie.Ils furent les ancêtres d'autres nations.Leur venue dans le monde européen présagea le mélange décisif des croisades : cette rencontre renouvelée de l\u2019Occident et de l\u2019Orient.« A plus grande distance encore, les prophètes Vikings et Normands soupçonnaient peut-être la conquête souveraine de notre Univers, accomplie par leurs petits-fils : elle devait aboutir à cette chose immense, l\u2019Empire Britannique.» Maurice Larrouy L'OCEAN « A la limite du domaine terrestre où les hommes abritent leur illusoire sécurité, s'étend une énorme plaine liquide, plus infranchissable que les hautes montagnes, et que son immensité rend indéfinie comme le ciel avec lequel elle se confond dans les lointains horizons.Dans l'Océan, toutes choses nous sont étrangères, souvent hostiles.Quand il est calme dans la luminosité de son miroir tropical, il condamne au supplice de la soif l\u2019homme confiant que ne peut désaltérer son eau imbuvable ; quand, dans ses colères, il se rue à l'assaut des rivages continentaux, la mort et le désastre chavauchant les crêtes de ses lames furieuses qui semblent désirer ensevelir dans leur mouvant linceul les terres et les civilisations : aux premiers âges, l'Humanité fut fascinée par l'Océan, toujours changeant, toujours immuable, et le peuple de monstres, symboles de ses périls, et de divinités gracieuses et féminines évoquant son pouvoir de créer la vie, puis, avec son audace habituelle, en commença la conquête, tirant des eaux fécondes une nourriture inépuisable et transformant la barrière primitive en la plus grande des routes, la route de toutes les nations.» Le commandant Le Danois 15 FÉVRIER 1941 7 DANS LE MONDE SPORTIF CHOSES ET AUTRES ¦\tLe Canadien est le plus vieux club de hockey professionnel de l'univers.Il fut formé, en 1908, par M.O Brien, de Renfrew, décédé récemment.Jack Laviolette fut le gérant du Canadien, en 1908.George W.Kendall (Kennedy) l'acheta en 1909.Il nomma Adolphe Lecours comme gérant.Kennedy dirigea le Canadien de 1910 à 1919.La première équipe, en 1908, se composait des joueurs suivants : Jos Cattarinich, buts, Jack Laviolette, Didier Pitre, Newsy Lalonde, Art.Bernier, H.Décarie, A.« Skinner » Poulin, tous des athlètes cana-diens-français, comme vous le voyez.¦\tJos Choquette a fabriqué lui-même près de 100,000 bâtons de hockey, aiguisé près de 60,000 paires de patins, en 27 ans.Tous les ans, sans tambour, ni trompette, \u2014 le bien ne fait pas de bruit \u2014 il fait parvenir gratuitement dix douzaines de bâtons de hockey à l'institution de charité de Spanish, Ontario, dirigée par les révérends Pères Jésuites .Au cours de leur prochain entraînement, les Dodgers de Brooklyn effectueront un trajet de 7,672 milles, de la Havane, Cuba, du 28 février au 14 mars, à Macon, Géorgie, le 6 avril ; avant de commencer leur saison régulière, les hommes du gérant Léo Durocher et du président Larry McPhail, toujours en quête de publicité bonne ou mauvaise, disputeront 50 joutes, dans une vingtaine de ville du sud des Etats-Unis.¦\tL\u2019argent est l'objet de la convoitise des joueurs de la N.H.L.Les propriétaires de ces clubs ne font pas la moue devant ce vil métal, vous vous en doutez.Ceux qui participent aux joutes de détail, à la fin de mars, six clubs sur sept, recevront de $300 à $1200 environ.Dans les séries de 3 dans 5, les joueurs divisent à même les recettes des trois premières joutes seulement, dans la proportion de 60% aux vainqueurs et 40% aux perdants.Dans les séries de 2 dans 3, ils n\u2019ont droit à leurs parts des recettes que pour les deux premières joutes.S'il y a lieu de jouer d\u2019autres matches, les recettes entières de ces joutes sont versées dans les coffres des propriétaires des équipes de la N.H.L.¦\tUn fait assez rare dans l'histoire du hockey senior local s'est produit dernièrement dans le club Canadien «amateur».Depuis quelque, temps, nous avons remarqué la piètre tenue de trois étoiles de l'équipe.Ces trois derniers joueurs ont joué si mal qu'ils furent les responsables des dernières défaites du club du gérant Dave Campbell, excellent instructeur.Les étoiles filantes ont voulu dégommer Campbell.On devrait se passer d eux,^ les renvoyer dans leur chaumière sans salaire et, 1 année prochaine, examiner chaque cas en particulier.Ce serait une victoire de l'ordre et de la discipline ; GERARD COTE, de St-Hyacinthe, l\u2019un des meilleurs coureurs à pied sur longue distance que le monde entier ait produits, le héros du grand banquet de samedi le 8 février, donné en son honneur, à l\u2019Hôtel Windsor, est des plus modestes.« Le peu que j\u2019ai fait pour la province de Québec et le Canada ne mérite pas tant de compliments », nous disait-il à son retour de Toronto.Le jeune marathonien mascoutain est aussi d\u2019avis que si l\u2019on donnait aux athlètes canadiens-français les possibilités de s'entraîner, un plus grand nombre d\u2019entre eux pourraient faire concurrence aux meilleurs athlètes des autres pays.La majorité de nos athlètes ne disposent pas du temps nécessaire pour acquérir la forme, s\u2019obtenant par un travail gradué et raisonné.Peut-on envisager pareille méthode pour un travailleur manuel quittant son usine à 5 ou 6 heures de l\u2019après-midi, se dirigeant en hâte vers un lieu d'entraînement parfois assez lointain, ne disposant que d'une heure par jour alors qu\u2019il en faudrait trois ou quatre, dînant tard, se couchant très fatigué par l\u2019addition de ses efforts et se levant tôt ?Impossible ou presque ! Ce problème serait facile à résoudre, si des propriétaires de certaines grosses maisons de commerce le voulaient.D\u2019ailleurs, ils tireraient de leurs initiatives des bénéfices matériels indiscutables.(Photo Conrad Poirier, LE SAMEDI) Par OSCAR MAJOR qu'un club comme le Canadien amateur n\u2019hésite pas à se priver du concours de trois de ses meilleurs joueurs, voilà qui donnerait à réfléchir.Les fortes têtes qui seraient aussi tentées d'imiter ces vilains gestes se tiendraient dorénavant tranquilles.B Mush March, ailier du Chicago, et Ray Getliffe, avant du Canadien, sont les deux meilleurs joueurs de golf de tous les joueurs de hockey professionnels .Durant la saison 1940, les ligues Américaine et Nationale ont connu leur meilleure saison de tout temps, en dépit de l'état de guerre au pays de l\u2019Oncle Sam.Près de 11,000,000 de spectateurs ont assisté aux joutes des ligues majeures, soit une augmentation de plus de 2,000,000 de personnes.Cela est dû, sans doute, aux joutes du soir, à la lumière électrique, car 70 joutes nocturnes ont fait passer aux tourniquets un peu plus d\u2019un million de personnes payantes .John Thomas Mowers, l'habile gardien de buts du Détroit, n\u2019est pas superstitieux, mais il doit, au début de chaque période, lancer lui-même la rondelle dans la cage.Jusqu'ici, prétend-il, cette réaction lui a porté chance devant les artilleurs redoutables de la N.H.L.B On annonce une certaine détente dans les esprits des propriétaires des clubs de la Ligue Provinciale de Baseball, depuis la nomination de M.Emile Dion, de Québec, à la présidence du circuit, classe B.Il compte sur la bonne volonté de tous les directeurs que, sous sa tutelle, devront faire en sorte de mettre fin aux déficits .Pour aider à l\u2019éclosion des jeunes et bons joueurs de notre province, il leur faudra donner à ceux d'entre eux, dont les qualités physiques, techniques et morales sont indiscutables, les possibilités matérielles de se développer.Le problème serait facile à résoudre si on les engageait, cette saison.Ils ne sont qu une quinzaine, qu\u2019on a mis de côté, dans le passé, à l\u2019avantage de certains joueurs américains, moins habiles que nos Dubé, Laplante, Bréard, Larivière, Bryant, Lambton, etc .Malgré tout ce que nous pourrons dire aux propriétaires des clubs, qui sont pourtant des jeunes hommes d'affaires intelligents, nous n'espérons les persuader qu\u2019un brin.Si les équipes du circuit provincial possédaient dans leur alignement, plus de bons joueurs canadiens, elles attireraient aux guichets un plus grand nombre de spectateurs payants.A la fin de la saison, les déficits seraient, certes, de beaucoup moins élevés.Ce sont là vérités que connaissent même les jeunes étudiants, si l\u2019on peut s\u2019exprimer ainsi.Qui posera ses jalons ?\t(Lire la suite page 34 J ' * !\u2022 mEmË 8 Le Samedi Les danseuses de Sadie interprètent le fameux ballet des Incas qui a fait courir tout New-York, depuis deux ans.mm LE BALLET DES INCAS ello !.Descendez, les girls !.La voix sonore du régisseur domina le grésillement de la sonnette électrique qui retentissait à travers les couloirs, et les accords lointains de l'orchestre qui venait de reprendre dans la grande salle du Gaily .Au milieu d'exclamations joyeuses et de froufroutements de soie, les girls commencèrent à dégringoler plutôt qu'à descendre l'escalier; leur avalanche vint déferler vers les coulisses, mais sans doute s\u2019y prirent-elles de façon un peu trop bruyante, car, la voix de Teddy Marrent ordonna plus impérative, cette fois : \u2014 Pas tant de bruit !.On vous entend de la salle !.Attention à l\u2019amende !.Ces derniers mots parurent agir comme un charme magique, les pas se firent plus discrets, les babillages s arrêtèrent comme par enchantement.Furtivement.les artistes s'en furent s\u2019asseoir entre les portants, sur les caisses ou sur les escabeaux qui se trouvaient disposés çà et là .\u2014 Attention ! insista le régisseur .Ne déchirez pas vos costumes surtout ! La recommandation paraissait superflue.De costume, les quarante-huit Gaity's girls qui s'apprêtaient à évoluer sous les feux éblouissants des projecteurs, n\u2019en possédaient pour ainsi dire point; leurs bras, leurs jambes nues passées à l'ocre, leurs gorges apparaissant à travers l'échancrement des simples corselets de plumes multicolores qui entouraient leurs bustes et venaient retomber au-dessus de leurs genoux .Aux poignets et aux chevilles, des bracelets et des anneaux, de plumes également, faisaient chatoyer toute la gamme de leurs couleurs.Chacune des artistes portait en ce moment sous son bras le masque de carton quelle devait ajuster avant d'entrer en scène.Ces fausses têtes étaient toutes de forme identique, elles représentaient un visage de Dieu inca, le chef surmonté d'un panache de plumes immenses qui frissonnait chaque fois que se produisait un courant d'air .Une large gor-gerette de plumes frangeait le masque et permettait de l\u2019assujettir sans que le spectateur s'aperçût de la différence qu'existait entre le carton et la peau nue .Immobiles, les quarante-huit Gaity's-Girls attendirent.Dans les coulisses régnait une effervescence de ruche, directeur, régisseur, metteurs en scènes, machinistes parcouraient la rampe dans tous les sens; on mettait la dernière main à la plantation du décor qui représentait un temple inca.Les accords bruyants de l\u2019orchestre qui se poursuivaient derrière le rideau couvraient tant bien que mal les exclamations ou les ordres qui partaient à chaque instant .La soirée qui se déroulait en effet, devait compter parmi les plus fastueuses de la saison de Broadway.11 s'agissait d'une grande manifestation artistique à laquelle les plus grandes vedettes de la scène, du music-hall ou de l\u2019écran prêtaient aimablement leur concours.A cette accasion, les Gaity\u2019s-Girls et Sadie Markton, leur étoile, devaient interpréter, au début de la troisième partie du programme, le fameux « Ballet des Incas » qui avait fait courir tout New-York depuis deux ans .La troupe s'apprêtait à partir la semaine suivante pour l\u2019Europe où rappelaient d\u2019importants engagements .Sa participation à ce gala de bienfaisance au bénéfice des Inondés de l\u2019Arkansas devait constituer sa dernière apparition en public avant rembarquement.Aussi le public qui s\u2019écrasait dans le vaste hall attendait-il avec une certaine impatience le numéro qui avait constitué le « great Event » des deux récentes sa'sons .Inlassablement le grésillement du timbre électrique poursuivait ses appels .Dans les coulisses, c\u2019était, comme sur le plateau, l\u2019effervescence la plus grande; tandis que les quelques artistes qui devaient participer aux scènes suivantes, et qui étaient déjà grimés, attendaient à l\u2019écart, les girls s'empressaient de parfaire leur maquillage au moyen de petites glaces quelles enfouissaient aussitôt après sous leurs corselets.Certaines commençaient déjà de mettre les masques qui leur dissimulaient non seulement le visage mais qui leur protégeaient la nuque.Et les minois gracieux et charmants des danseuses laissaient place aux physionomies farouches, gri-mançantes et rigides des dieux indiens .\u2014\tAllons !.Dépêchez-vous !.Assurez vos masques !.Teddy Marrent passa une dernière fois en revue le groupe gracieux rétablissant d\u2019une simple chiquenaude le désordre d'un panache, effaçant rapidement les plis des quelques corselets qui godaient un peu.Il venait à peine de terminer son inspection qu'il porta ses regards sur son bracelet-montre : \u2014\tOnze heures moins dix !.Il est temps de prévenir Sadie !.Hâtivement, le régisseur bondit vers l\u2019étroit couloir des loges, avisant la quatrième porte qui donnait sur le passage, sur sa droite, et sur le panneau de laquelle s'étalait une étoile d'or, Teddy Marrent frappa à plusieurs reprises : \u2014\tEn scène, Sadie !.C\u2019est à vous !.Pressez-vous !.Une voix de femme répondit de l\u2019intérieur quelques mots que le régisseur ne put comprendre, mais il s'éloignait déjà vers la sixième porte et frappant encore à plusieurs reprises, prévenait le danseur ft 15 FÉVRIER 1941 9 espagnol, partenaire habituel de Sadie Markton : Tonio Jimenez ; \u2014\tEn scène, Tonio !.C\u2019est à vous .A peine Freddy venait-il d'appeler ainsi, que l'huis s'écarta, livrant passage à l\u2019artiste espagnol.En mettant à part un simple pagne blanc frangé d'or, Tonio Jimenez se trouvait entièrement nu, mais, particularité qui frappait surtout dès le premier abord : il s\u2019était entièrement doré le corps, depuis la plante des pieds jusqu\u2019à l\u2019extrémité de ses longs cheveux.Le régisseur était habitué depuis longtemps à ce déguisement plutôt sommaire de l\u2019Espagnol, pourtant l\u2019effet que produisit le danseur en apparaissant dans l'entrebâillement, fut saisissant.Teddy ne put s'empêcher de s\u2019exclamer : \u2014\tMerveilleux .Tonio !.Vous allez faire une impression formidable ! Mais je vais encore appeler Sadie !.Si elle tarde, elle va rater son entrée .Les girls entrent déjà en scène !.Les applaudissements crépitaient en effet en direction de la salle, avec le rythme endiablé qui les caractérisait, les Gaity\u2019s-Girls s\u2019aventuraient sur le plateau .Le Ballet des Incas commença sous les feux éblouissants et multicolores des projecteurs .Les silhouettes des petites danseuses nanties de leurs marques et de leurs panaches de plumes, dessinaient des ombres impressionnantes sur le fond du décor .Au centre de la scène, un grand feu brûlait au milieu d\u2019une large vasque que seulement un trépied, produisant des lueurs rougeâtres qui venaient encore ajouter à l\u2019effet provoqué par le saisissant décor et par les allées et venues des masques .\u2014 Vite !.Sadie !.C\u2019est à votre tour !.Teddy Marrent venait à peine de proférer ce dernier appel qu\u2019il accompagnait de coups nombreux contre le panneau de la porte de la loge, que l\u2019huis s\u2019écarta enfin .La silhouette de la star se dessina dans l'entrebâillement.En l\u2019apercevant, le régisseur poussa un soupir de satisfaction : \u2014\tOuf ! Ce n'est pas trop tôt ! Vous avez mis votre masque, Sadie !.A la bonne heure ! Vous n'avez plus qu'à entrer en scène.Maintenant, go ahead !.L'artiste répondit d'un simple hochement de tête.Elle paraissait véritablement majestueuse sous la grande robe blanche qui la recouvrait tout entière et qui traînait largement derrière elle.Un masque.aussi effrayant que ceux des girls protégeait son visage universellement connu et admiré; un panache de plumes blanches surmontait son casque et venait retomber en arrière après avoir exécuté une impressionnante courbe: de sa main bronzée et couverte de bagues où les ongles peints mettaient des petites taches pourpres, Sadie Markton agitait doucement un éventail .La jeune femme ne s\u2019attarda pas à bavarder avec le régisseur, déjà Toni la précédait vers les coulisses .Immobiles dans l'ombre, machinistes et électriciens attendaient, s'impatientant au fur et à mesure que se succédaient les figures de la première phase du ballet .De nouveaux applaudissements, très nourris, accueillirent la fin de la première phase que les quarante-huit girls venaient d\u2019exécuter avec un ensemble étonnant .Les petits pieds fortement cambrés frappaient en cadence le plancher, puis les girls se séparaient, se croisaient, se rejoignaient exécutant au même instant le même geste.Il semblait qu elles fussent devenues les rouages d un merveilleux mécanisme, les masques qu elles arboraient absolument semblables les uns aux autres augmentaient encore cette impression féerique de merveilleux synchronisme et de ressemblance.Des bis fusèrent nombreux des rangs des spectateurs enthousiastes, mais, brusquement, 1 orchestre entama un air plus lent .A reculons les girls se rangèrent de chaque côté de la scène, les rayons des projecteurs convergèrent vers la gauche.Et Sadie Markton apparut, toute baignée de lumière, étincelante dans sa blancheur .Cette fois, ce fut le silence absolu .Chacun savait que cette entrée en scène et le numéro qui allait se dérouler procuraient une inoubliable impression d art et de beauté .Sadie avançait lentement, sur les pointes de ses pieds nus aux ongles rouges; sa main, constellée de pierreries, agitait nonchalamment 1 énorme éventail.Avec les plumes qui recouvraient son casque Sadie paraissait un gracieux oiseau prêt à prendre son vol .Toutefois elle avançait peu à peu .Bientôt elle atteignit le trépied où brûlait le feu sacré .Alors, elle s arrêta et tendit son éventail, puis, s agenouillant brusquement, elle se prosterna .Le heurt des cymbales fit vibrer la salle, un éclair stria la scène de haut en bas .Un nuage de fumée que la lumière des projecteurs teinta de pourpre apparut et se dissipa; quand il se fut entièrement effiloché, une statue d\u2019or, immobile se dressait sur le trépied, celle du dieu inca à qui la danseuse venait de rendre hommage .Toni Jimenez était merveilleux à cet instant .On l'eût pris pour une idole échappée de ces temples étranges et redoutables où les Aztèques célébraient jadis leurs sanglantes cérémonies.Pendant quelques instants le danseur espagnol observa' l\u2019immobilité d\u2019une statue, les rayons électriques venaient caresser son corps aux formes athlétiques sur lequel apparaissaient de nombreux reflets .Et, brusquement, se fit un nouveau heurt de cymbales .L idole s\u2019anima, et la danseuse prosternée se releva comme effrayée par cette surnaturelle manifestation .D\u2019un pas chancelant, elle s\u2019éloigna sur la gauche; en exécutant ce mouvement de retraite, toute à sa précipitation, elle ne s'aperçut pas qu\u2019elle perdait sa robe .Et elle apparut à son tour, presque nue, vêtue d'un simple corselet de plumes d\u2019or, conservant toujours son masque , .Alors l\u2019attitude des deux, partenaires se transforma comme par enchantement.Ce fut le dieu d\u2019or qui se montra suppliant.Il approchait à pas rapides, les mains jointes, semblant supplier sa belle adoratrice de se livrer à lui.de ne plus se montrer cruelle .Dans la salle éblouie, on eût entendu voler une mouche; l'orchestre s\u2019était tu pendant quelques instants, les regards convergeaient vers ces deux êtres d'une radieuse beauté qui exprimaient avec grand art toute la gamme d\u2019émotion qui peut s\u2019emparer d'un humain au contact de l\u2019amour .Toni Jimenez se faisait léger, presque immatériel, quand à sa partenaire, il semblait que le voisinage du dieu l\u2019eût rendue plus hésitante, ses mouvements étaient moins précis, plus embarrassés .De la coulisse, Teddy Marrent ne perdait pas un seul geste de la star.\u2014 By Joue ! grommela-t-il bientôt, mais c\u2019est que ce n\u2019est plus cela du tout !.Qu'a donc Sadie au- Romati policier par JEAN VOUSSAC jourd\u2019hui ?On dirait qu'elle oublie complètement sa figure .Ses gestes sont plus empruntés .Ce n\u2019est plus la Sadie des grands jours !.Et, pourtant, elle nous avait promis de se surpasser !.Le directeur, le metteur en scène et quelques artistes qui se groupaient dans l'ombre auprès du régisseur, se firent à cet instant les mêmes réflexions .Ils appréhendaient que la gaucherie de l'étoile fit manquer complètement le numéro qui constituait pourtant le clou le plus merveilleux de la soirée, mais ils s\u2019aperçurent que le public ne se rendait pas compte de la défaillance de l'artiste .Le danseur d'or sut si savamment graduer les effets et accompagner les gestes de sa voisine d'une étonnante mimique, que tous demeurèrent convaincus dans la salle que cette soudaine défaillance constituait une nouvelle figure du ballet; quand le numéro s'acheva, ce fut au milieu d'ovations enthousiastes, des fleurs s\u2019abattirent, lancées sur la scène à l'adresse de Sadie et de son talentueux partenaire, on les réclama à plusieurs reprises et Jimenez dut soutenir devant le lourd rideau la jeune femme qui semblait décidément en proie à une faiblesse de plus en plus grande .Enfin, quand l\u2019orchestre eût enchaîné, i'Espagnol prit Sadie par le bras et l\u2019entraîna vers les coulisses .A peine y furent-ils parvenus que le directeur et ses voisins se précipitèrent aussitôt vers le couple des danseurs .Si tous furent unanimes à féliciter le dieu d'or qui avait si magistralement sauvé la situation, il n'en fut pas de même de l\u2019accueil qu\u2019ils réservèrent à Sadie, de toutes parts des questions partaient à l\u2019adresse de l\u2019étoile ; .\u2014 Que s\u2019est-il donc donc passé ?.\u2014 Etes-vous souffrante ?.\u2014 Voulez-vous que je vous aide à enlever votre masque ?.La jeune femme écarta d\u2019un geste ses voisins, et ce fut d'une voix à peine perceptible qu\u2019elle leur répondit : \u2014 Je vous remercie, Messieurs .laissez-moi, je vous prie, j\u2019ai besoin absolument d'être seule .L'émotion .la fatigue .vous comprenez .Nul n'insista plus et l'étoile regagna en toute hâte sa loge d'un pas chancelant tandis que le flot gazouillant des girls remontait hâtivement l\u2019escalier afin de se préparer pour la prochaine danse .CHAPITRE II LE CADAVRE DANS LA LOGE Cest singulier !.Elle titube, on jurerait absolument qu'elle est ivre !.Il est heureux que Mary, l'habilleuse, attende dans la loge, sinon je me sentirais fortement inquiet !.Teddy Marrent se sentait particulièrement intrigué par la soudaine faiblesse qui s était _ emparée de l\u2019artiste .De son côté, Jimerez qui s\u2019était approché de Nat Carver, le directeur du Gaity, déclarait : \u2014 C\u2019est singulier !.Jamais je n ai vu Badie dans un semblable état ! Elle se raidissait entre mes bras pendant que nous dansions ensemble .A un certain moment je pensai même que j avais pour partenaire une autre femme !.\u2014 Sadie était très nerveuse, ces jours-ci, objecta Nat Carver.D\u2019ailleurs il paraît quelle reçoit depuis plusieurs jours des lettres de menaces, aussi n était-elle pas fâchée de s\u2019embarquer prochainement à destination de l\u2019Europe .\u2014 Je sais ! repartit l\u2019Espagnol.Sans doute \u2022 s\u2019agit-il là de quelque misérable gangster qui cherche à exercer un chantage .L'année dernière c'était surtout la colonie cinématographique d'Hollywood qui demeurait visée par ces abominables coquins ! Maintenant, ils savent que Sadie est devenue la vedette en vogue, aussi la prennent-ils délibérément pour cible !.Quand donc l\u2019Amérique aura-t-elle une police suffisamment organisée pour nous débarrasser à tout jamais de cette racaille ?.\u2014 Les précautions prises pour combattre ces misérables s'affirment de plus en plus sévères .Mais passons ! pourquoi nous inquiéter de la sorte ?Il fait sur la scène et dans la salle une température accablante.Cela seul a pu suffire à indisposer.Sadie .Elle est victime d'une bonne migraine .Vous verrez.Demain matin, il n'y paraîtra plus !.,\u2014 Il est fâcheux que cet incident se soit produit au cours du gala ! \u2014 A quoi bon récriminer puisque personne parmi le public ne s\u2019en est seulement aperçu !.Le tintement de la sonnette vint interrompre les discussions; des équilibristes chinois enveloppés dans d'amples robes de soie couvertes de dragons et de serpents d'or apparurent dans les coulisses.Pendant ce temps les machinistes s'empressaient d'enlever les décors du temple inca .A leurs postes, les électriciens surveillaient leurs appareils et l'on entendait à tout instant les grésillements des projecteurs qui allaient bientôt fonctionner .De nouveau le rideau se leva .Impassibles, les Jaunes commencèrent leur numéro d acrobates et de jongleurs .Dans les coulisses moins encombrées depuis le départ des girls vers leurs loges, artistes et machinistes attendaient dans l'ombre .Le directeur et le metteur en scène semblaient avoir complètement oublié le léger incident de tout à l\u2019heure .L\u2019Espagnol était allé enlever la couche dorée qui le recouvrait tout entier et cette besogne ingrate allait lui demander au moins une heure.Teddy Marrent s'assit pendant quelques instants sur une caisse, il se disposait à consulter le programme, quand, tout à coup, il se redressa .Il avait l'impression très nette qu'un regard venait de se poser sur lui .Alors, brusquement, il se retourna .Un léger frémissement l'agita quand il vit, debout à sa droite, un noir de taille impressionnante qui attendait, vêtu d\u2019un impeccable habit blanc.Lin chapeau haut-de-forme de la même couleur penchait légèrement sur sa tête à la chevelure crépue : \u2014 Hello, Marrent .Je vous ai fait peur ?Suis-je donc bien redoutable ?Le nègre souriait, découvrant une double et éblouissante rangée de dents blanches .Sa main énorme, à l'annulaire orné d'un rubis, se tendit vers le régisseur .\u2014 Ah ! c\u2019est vous.Kazongo ?.repartit en souriant le régisseur .Vous ne m'avez pas fait peur, vous m\u2019avez surpris, voilà tout ' .Mais il me semble que vous êtes bien en avance !.Vous ne passez pas après les Chinois !.Ce sont les footballeurs avec échasses !.\u2014 Je sa\u2019s, repartit le noir, toujours souriant .Mes trois boys se préparent dans leur loge .Tout à l'heure ils jouaient à cache-cache dans les couloirs .Mais j\u2019étais en avance .J'ai préféré venir .Teddy Marrent ne répondit pas, il avait quelque peine à dissimuler l'impression désagréable que provoquait chez lui le voisinage du nègre.De tous les artistes qui figuraient au programme de cette soirée de gala.Kazongo constituait certainement le numéro le plus troublant et le plus exceptionnel.Dans un décor de brousse, pendant que des disques habile-(Lirc la suite page 13 J 10 Le Samedi mÊS .\u2022- \" Restons, tous les deux, côté à côte ! Ce n'est pas seulement la Patrie que nous avons à défendre, c'est notre village ! LE FINLANDAIS Aussitôt débarqué en Finlande, après la traversée hasardeuse qui le ramenait d'Amérique dans son pays natal, Burgen était parti vers le village qui, durant sa longue absence, avait hanté ses nuits.C\u2019était là, sans doute, que continuait de vivre Olga depuis son mariage, Olga 1 comme il l'avait aimée et, il le constatait davantage au retour, comme il l\u2019aimait encore ! Depuis quand l'aimait-il ?Probablement depuis toujours, alors même que c'était inconsciemment.En tous cas, dès qu'il avait été près d\u2019atteindre l'âge d'homme, il avait rêvé d'en faire son épouse.Il n'en avait rien dit, car il était pauvre et la famille d'Olga était la plus aisée de son village.Il avait cherché le moyen d'améliorer rapidement sa condition, et c'était ainsi que, trois années plus tôt, il était parti pour l'Alaska, dans l'espoir de s'enrichir.Hélas ! Olga s'était mariée entre temps.Quand il l'avait appris, sur la piste où il menait la vie rude et aventureuse des trappeurs, son sang n avait fait qu'un tour.Ah ! s\u2019il avait tenu ce Vremi auquel elle s'unissait ! Avec cela, cet homme, que tout le monde, au village, considérait comme un brave gars autant que Burgen, était, en quelque sorte, son ennemi intime.Parbleu ! il était aussi, pour Olga, un ami d'enfance, et si, de tout temps, elle avait marqué une vague préférence pour Burgen, c'était avec Vremi qu'elle s'entendait le mieux après lui.Aussi Burgen était-il animé, depuis son adolescence, d\u2019une jalousie secrète contre ce rival possible, et, sans que personne en eût deviné le motif, de fréquentes disputes les avaient mis aux prises, sous des prétextes futiles.\t.\t.Certes, il ne pouvait en vouloir a Olga d avoir choisi pour époux ce camarade détesté, de n avoir Conte par HENRI CABAUD pas attendu que lui-même revînt.Savait-elle s'il reviendrait un jour, \u2014 et riche comme il l'espérait ?Savait-elle, seulement, qu'il l\u2019aimait à en mourir ?S'il avait été soutenu, dans ses premières années de lutte contre les éléments, et parfois contre les hommes, par la perspective qu\u2019Olga serait le prix de ses peines, le découragement le prit dès qu'il sut qu\u2019elle était mariée.La malchance s\u2019abattit sur lui, et, convaincu qu'il ne gagnerait rien à persister dans l'entreprise de faire fortune, inutilement désormais, selon lui, il avait décidé de revenir.Et il était revenu avec, au cœur, un désir fou de vengeance.Car si c\u2019était peut-être beaucoup à cause de la façon dont il s'y était pris qu\u2019Olga avait épousé son rival, il ne se l'avouait pas ¦\u2014 qui sait même s\u2019il s\u2019en rendait compte \u2014 et il se montait contre Vremi en se rappelant leurs vieilles querelles et en remâchant tous ses griefs anciens contre cet homme.D'ailleurs, la dure existence qu\u2019il avait menée pendant trois ans, le chagrin, le dépit n'étaient point faits pour lui adoucir le caractère, au contraire.Voilà pourquoi rien que de penser au mari d\u2019Olga lui faisait courir dans les veines un flux de violence, tandis qu'il regagnait sa Finlande originelle.Ce n'était qu\u2019au cours de la traversée qu'il avait appris l'odieuse agression de la Russie contre son pays.Tout de suite, il avait été bien résolu à faire son devoir de soldat comme les autres, mais d\u2019abord, il irait embrasser ses parents dans son village.Et il trouverait bien un prétexte pour provoquer Vremi .Quand Burgen arriva, le foyer paternel était désert.Sa famille était partie avec plusieurs autres, et il n'en restait que quelques-unes, car la frontière n'était pas éloignée, \u2014 déjà, l'on se battait dans les i parages, le bruit du canon proche se percevait.Burgen eut un serrement de cœur devant la pauvre maison vide où s'était écoulée son enfance heureuse et qui bientôt, peut-être, serait dévastée par l'envahisseur.Il jeta un coup d\u2019œil attendri sur f l\u2019ensemble du village à demi-désert, tapi sous son lourd manteau de neige .Mais un sursaut de sourde colère chassa ces pensées amollissantes quand ses regards se posèrent sur la maison où Olga demeurait avant son départ.Un filet de fumée s\u2019en échappait, qui indiquait une présence.Il se dirigea de ce côté à pas lents et vit, à travers une étroite vitre, la jeune femme tenant un bébé dans ses bras.Ah ! ce foyer qui aurait pu être le sien ! Cette mère qui aurait pu être son épouse ! Et cet enfant qui était l'enfant d'un autre !.Il allait entrer, mais il se ravisa : il avait peur de lui-même.Peur de sa violence possible à l\u2019égard d'Olga ?Peur de sa faiblesse, plutôt.Et puis, quoi ?ce qu\u2019il désirait âprement, c'était se venger sur Vremi.Il voulait savoir où le joindre, mais il sentait combien il serait odieux de sa part, étant donné son dessein, d'obtenir ce renseignement d'Olga.(Lire la suite page 35 ) \u201cDemandons à maman de nous en servir à midir À » ****fci v Éto.\u2014 'g » IES JEUNES se régalent toujours de bonnes assiettées ¦ de Soupe aux Tomates Campbell.On n\u2019a pas besoin de les forcer pour en manger! C\u2019est même souvent parce que les enfants le demandent que la maman en met sur la table.C\u2019est vraiment leur soupe préférée \u2014cette soupe délicieuse et gaie dont chaque cuillerée est un plaisir.Ou ils le savent ou non.la Soupe aux Tomates Campbell est pour eux très nutritive, sans être indigeste .Ils sont si nombreux les enfants \u2014et aussi les familles\u2014 qui en aiment la saveur, que la Soupe aux Tomates Campbell est devenue la plus populaire de toutes les soupes.Il faut toujours en avoir chez soi! Soupe aux Tomates Grosses et rutilantes sont les tomates employées pour la Soupe aux Tomates Campbell.D\u2019une année à l\u2019autre, ou en améliore la qualité et la saveur.Et avant ¦ le les cueillir on les laisse atteindre leur pleine maturité ilrms le champ meme.PRÉPARÉE DANS LES S£°£//> wanyLtd S*** oa ROUGE ETIQUETTE BLANC Elle parait bonne \u2014 et elle est bonne, comme vous vous en apercevez dès la première cuillerée! Enrichies d\u2019un beurre de choix, des tomates canadiennes parfaitement mûries servent à la préparation de cette soupe appétissante et nutritive.On l\u2019assaisonne juste assez pour faire ressortir la saveur naturelle des tomates.Beaucoup se font servir la Soupe aux Tomates à plusieurs repas, parfois comme crème de tomates en ajoutant du lait au Heu d\u2019eau.En avez-vous mangée récemment?CUTSTNES MODERNES CAMPBELL À NEW TORONTO, ONTARIO dun des 133 prix distribués DEUX FOIS par mois ! au cancauM de ta r vous - \\ FARINE CHEF ROYAL (Royal Household) VOICI certes, un concours où vous avez une vraie chance d\u2019emporter un prix.Dans la plupart des concours, dix à douze prix chaque semaine sont offerts, mais au Concours de la Farine Chef Royal (Royal Household) 133 personnes gagnent des prix toutes les deux semaines.Par exemple, durant la première période de deux semaines Mad.David D.Giesbrecht, de Plum Coulée, Manitoba a gagné $100.00 en espèces; Mr.C.Doyle de Davidson, Saskatchewan a gagné $50.00 en espèces; Mad.Edward B.Foster de Fredericton, Nouveau Brunswick a gagné $2 5.00, et à part ceux-là, dix autres dames ont gagné chacune $10.00 en espèces; vingt autres ont gagné chacune $5.00 et cent autres ont gagné chacune $2.50.Inscrivez-vous aujourd\u2019hui dans ce concours\u2014c\u2019est facile.Lisez les règlements\u2014Tâchez de gagner un de ces 133 prix distribués toutes les deux semaines\u2014ne laissez pas votre chance à une autre personne.SATISFAITE TOUTE SA VIE Aucune louange flatteuse ne pourrait égaler cette candide déclaration établissant cordialement et franchement le fait d\u2019une satisfaction parfaite éprouvée durant toute une vie par l\u2019usage de la Farine Chef Royal (Royal Household)\u2014extrait d\u2019une lettre typique de ce que disent des milliers de ménagères canadiennes: \"J\u2019aimerais beaucoup vous dire que j'apprécie grandement la Farine Chef Royal (Royal Household).J\u2019en faisais usage en Ontario quand j\u2019étais jeune fille et que j\u2019apprenais à cuire; j\u2019en ai fait usage au Manitoba étant jeune mariée; et je l\u2019emploie toujours actuellement, bien que je sois une femme âgée avec des enfants qui tous ont leur propre famille\u2014 et, je dois ajouter, eux l\u2019emploient également.\u2019\u2019 VOUS AUSSI, VOUS LA TROUVEREZ MEILLEURE Cuire n\u2019est jamais une corvée quand vous employez la Farine \"Chef Royal (Royal Household).Entre le moment où vous préparez la pâte jusqu\u2019à ce que les formes soient mises au four, vos mains actives travaillent plus rapidement.Vous ressentez une fierté qui atteint une satisfaction parfaite en constatant les résultats délicieux, appétissants et toujours certains obtenus avec la Farine Chef Royal (Royal Household).C\u2019est une joie d\u2019employer la Farine Chef Royal (Royal Household) pour les pains, gâteaux, petits pains, biscuits, tartes et autres pâtis: series.C\u2019est le moindre de ses mérites\u2014donc achetez-là et faites-en l\u2019essai aujourd\u2019hui.1.Découpez du fond d\u2019un sac de farine les mots \u201cChef Royal\u2019\u2019 (Royal Household) et envoyez-le avec votre nom et votre adresse à: Concours Ogilvie Flour Mills Co.Limited, B.P.6004, Montréal.(A défaut d\u2019une coupure de sac, joignez une fiche de vente récente de votre épicier.) Utilisez le coupon ci-dessous ou écrivez sur une autre feuille de papier si vous le désirez.2.Deux fois par mois un certain nombre d\u2019inscriptions seront appelées à concourir et les personnes choisies recevront une lettre contenant une simple question.Les différents prix (133 prix bi-mensuellement) seront accordés suivant le mérite des réponses à la question posée.En cas d\u2019égalité, deux prix seront attribués.La décision des juges sera sans appel.On ne tiendra compte d\u2019aucune correspondance au sujet de ce concours.3.On clôturera le concours chaque quinzaine, soit à minuit le 15 et le dernier jour du mois.Les inscriptions reçues après ces dates seront reportées pour le concours suivant.Les prix suivants seront attribués deux fois chaque mois, pendant six mois, aux vainqueurs de Premier prix.Deuxième prix Troisième prix.10 prix -chacun de.20 prix\u2014chacun de.100 prix de.; concours:\u2014 $100.00 en espèces 50.00 en espèces 25.00 en espèces 10.00 en espèces 5.00 en espèces 2.50 en espèces 4.\tVous pouvez faire autant d\u2019inscriptions que vous le désirez, soit sur une ou plusieurs différentes quinzaines.5.\tLes juges seront trois personnes impartiales choisies par \u201cThe Ogilvie Flour Mills Company, Limited\u2019\u2019.Aucun employé, ni membre de sa famille, ni aucun employé de l\u2019agence de publicité de \u201cThe Ogilvie Flour Mills Company Limited\u2019\u2019 ne sera admis à participer à ce concours.THE OGILVIE FLOUR MILLS CO., LIMITED Farine \"Chef Royal\" (Royal Household)\u2014Ogilvie Oats\u2014Ogilvie Blendies MONTRÉAL \u2022 FORT WILLIAM \u2022 WINNIPEG \u2022 MEDICINE HAT.EDMONTON Moncton, Québec, Ottawa, Toronto, Régina, Moose Jaw, Saskatoon, Calgary, Vancouver, Victoria -FORMULE D\u2019INSCRIPTION AU CONCOURS- (Vous pouvez employer un autre papier pour votre inscription si vous le préférez).CONCOURS, The Ogilvie Flour Mills Co., Limited, B.P.6094, Montréal, Qué.Ci-inclus veuillez trouver les mots \"Chef Royal\u201d (Royal Household) découpés du fond 1 d\u2019un sac (ou une autre preuve d\u2019achat).Veuillez inscrire mon nom dans votre concours.Je I déclare accepter les règlements du concours.Nom Adresse\t^es gagnants seront avertis pur lettre.SI C\u2019EST \"OGILVIE\u201d \u2014 C\u2019EST BON POUR LA VICTOIRE L'autorité civile et l'autorité religieuse du Canada français sont d accord.La journée de prières pour la Victoire, fixée au dimanche 9 février, consa crera l'unité nationale.\u2014- Cérémonies religieuses, militaires et civiles.Proclamation du lieutenant-gouverneur de la Province de Québec, Sir Eugène Fiset ^considérant qu'une terrible menace plane toujours sur les pays britanniques et sur tout le monde chrétien et civilisé ; Partageant d'autre part la confiance de notre Gracieux Souverain qu' « avec l'aide de Dieu nous allons frayer notre voie vers la justice et vers la paix » ; Je, Sir Eugène Fiset.lieutenant-gouverneur de la Province de Québec dans la puissance du Canada, de l'avis et avec le loyal concours du Conseil Exécutif de cette Province, proclame par les présentes le dimanche, neuf février prochain, jour national de prière et invite tous mes compatriotes à supplier ce jour-là le Dieu des Armées qu\u2019il nous accorde la victoire qui, seule, nous assurera une paix féconde et durable.Son Eminence le Cardinal, archevêque de Québec, et Leurs Excellences Nosseigneurs les Archevêques et Evêques, en parfaite union de pensée et de sentiment avec l'autorité civile, concourent avec empressement à cette manifestation de foi nationale.Dans l'un de nos temples les plus vénérables et les plus spacieux, l\u2019église Notre-Dame de Montréal, une messe votive solennelle pour la victoire sera célébrée pontificale-ment par Son Eminence le Cardinal Villeneuve, Archevêque de Québec, en présence de Leurs Excéllences Nosseigneurs les Archevêques et Evêques, des représentants de l'Etat et d'une députation de tous les corps corps publics, religieux, civils et militaires.En même temps, Leurs Excellences Nosseigneurs les Archevêques et Evêques inviteront Messieurs les Curés à unir les fidèles de leur paroisse dans cette même pensée et cette même prière.Je ne doute pas que toutes les autres dénominations religieuses de cette Province se joindront à la majorité des citoyens du Québec pour implorer l'aide du Ciel en cette heure grave.J\u2019entretiens le ferme espoir que l'ampleur et l'unanimité de nos supplications nous obtiendront la miséricorde et la protection divines nécessaires pour échapper au pire sort qui ait jamais menacé un peuple croyant et libre.Nous prierons aussi Dieu, qui régit les rois et les peuples, de bénir Sa Majesté George VI, notre Souverain, et de lui accorder avec le succès de ses armes de longues et heureuses années de règne Extraits de la lettre pastorale collective de Son Eminence le Cardinal Archevêque de Québec et de L.E.N les Archevêques et Evêques de la province : « La guerre, l\u2019un des plus grands fléaux qui puissent frapper l'humanité, la guerre, avec toutes ses horreurs, continue toujours.En vain, semble-t-il, espère-t-on la voir bientôt finir.De nouvelles passions mauvaises et de nouveaux engins meurtriers en attisent le feu et paraissent vouloir le propager à l'univers entier.Mais il arrive que, dans notre Province, le représentant immédiat de Sa Majesté, Sir Eugène Fiset, lieutenant-gouverneur, a jugé bon, de l\u2019avis et avec le loyal appui du Conseil exécutif, et non sans Nous avoir d\u2019abord pressentis, de proclamer le dimanche neuf février prochain jour de prières publiques, et de prescrire une grande manifestation religieuse qui constituerait comme l\u2019hommage officiel du peuple catholique de toute la province envers le Souverain Maître des rois et des peuples.Ce serait en même temps une grande réparation de tant de crimes privés et de tant d injustices sociales qui ont mérité au monde les coups terribles de la vengeance divine.Ce serait, enfin, une grande supplication, humble mais confiante, de tous les nôtres à l'adresse de Celui de qui dépendent les empires, et qui, tant de fois depuis la fondation de la Nouvelle-France, nous a manifesté Sa miséricorde et Sa prédilection par les interventions providentielles les plus éclatantes.Le dimanche de la Septuagési-«ne, 9 février 1941.dans l\u2019église Notre-Dame de Montréal, une MESSE VOTIVE SOLENNELLE POUR LA VICTOIRE sera célébrée, en présence de l\u2019Episcopat, des représentants de l'Etat et d'une députation de tous les corps publics, religieux, civils et militaires.Cette Messe sera la Messe votive en temps de guerre, prescrite pro re gravi et publica simul causa.Elle sera suivie d'une prière pour la victoire et pour la paix, et de l'antienne Domine, salvum fac Regem avec versets et oraison.De même, dans toutes les églises et chapelles de Nos diocèses, la Messe paroissiale ou la Messe principale sera également la Messe votive solennelle en temps de guerre, prescrite pro re gravi et publica simul causa, et sera suivie de la même prière et de h antienne Domine, salvum [ac Regem avec versets et oraison 15 FÉVRIER 1941 13 ment enregistrés faisaient entendre des hurlements de hyènes et des rugissements de lions, il évoquait des scènes de magie noire .A de fréquentes reprises, ses expériences de magnétisme ou de sorcellerie avaient provoqué de fâcheux effets chez les spectateurs et en particulier chez les spectatatrices .Il semblait que cet homme connût les secrets les plus redoutables de l'Afrique mystérieuse, mais était-ce la couleur de sa peau, était-ce son attitude étrange, la plupart de ses camarades s'écartaient de lui comme s'ils se fussent trouvés en présence .d'un pestiféré .Kazongo n\u2019en paraissait pas autrement offusqué .Il n\u2019abandonnait jamais le sourire exaspérant qui effleurait sans cesse ses lèvres épaisses .Et l'on ne savait jamais si ce noir se moquait de vous ou bien si, au contraire, il cherchait à vous être agréable .,\u2014 Alors, hasarda Teddy, cherchant un sujet pour parler et pour effacer la désagréable impression qu\u2019il venait d\u2019éprouver une fois de plus à la vue de ce voisin inattendu, vous allez encore une fois décapiter vos boys, Kazongo ?.\u2014 AU right !.Ils ne s'en portent pas plus mal, d\u2019ailleurs .L aîné suivra bientôt les traces de son papa .Quant aux autres, ils sont encore trop gâtés par leur maman, dans notre maison de Harlem .\u2014 Ah ! vous habitez Harlem ?.\u2014 N\u2019est-ce point le quartier noir de New-York ?Notre place s\u2019y trouve toute indiquée .Là-bas, au moins, on ne vous considère pas comme des parias .Là-bas, aussi, les belles dames ne se moquent pas de vous !.\t, Le régisseur surprit 1 étincelle qui fit pétiller les regards du noir pendant qu\u2019il prononçait ces mots .Sans doute cette allusion lui rappela-t-elle un incident, car il déclara, en haussant les épaules : \u2014 Allons !.Vous en voulez encore à Sadie Markton ?.Kazongo haussa les épaules et ht la grimace : \u2014 Cette femme ne cesse de m humilier, chaque fois quelle me rencontre, elle ne m\u2019épargne aucune reflexion méchante ou désobligeante .Et pourquoi, je vous prie ?Parce 9ue j\u2019ai la peau noire ?.C est à elle que que je dois le surnom qu\u2019on m a donné dans le monde du music-hall ! ._Mon Dieu.Kazongo, vous n etes pas le seul à posséder un sobriquet !.____Cette femme m\u2019a fait surnommer Fleur-de-Farine ! .\u2022 __ La belle affaire ! .- On m appelle bien Riquiqui !.Et je n en suis pas moins fier pour cela \u2022 Sans doute ces propos ne parvinrent-ils pas à calmer le noir, il serra rageusement les poings et murmura entre ses dents : \u2014 Qu\u2019importe ! .Kazongo aura sa revanche !.Et peut-être beaucoup plus tôt qu\u2019on ne le pense !.Le masque du nègre montrait a ce moment une expression de haine profonde, mais probablement s aperçut-il de la fâcheuse impression qu il avait provoquée chez son compagnon, car il s'empressa de sourire puis, redressant son chapeau haut-de-forme d un Voyez-vous, Marrent.11 y a une loi immuable de 1 humanité à laquelle nous ne pourrons rien changer m 1 un ni l\u2019autre .Tout se paie \\.A\\ existe ici-bas une justice immanente-D\u2019aucuns l'appellent Providence d\u2019autres la nomment Destin .Peu importe'.Mais tôt ou tard les méchants sont toujours punis .Carver lui ayant adresse un signe, le réqisseur s\u2019empressa de se lever, enchanté de trouver enfin une occasion de se débarrasser du noir .\u2014 Vous permettez, ht-il \u2022 \u2022 \u2022 i-e directeur m\u2019appelle .LE BALLET DES I NCAS (Suite de la Kazongo acquiesça d'un signe de tête et adressa à Nat Calver un large sourire.Ce fut à peine si le directeur lui répondit d\u2019un geste de la main; quand Marrent fut parvenu auprès de lui, il lui glissa à l'oreille : \u2014 Que diable vous racontait ce moricaud ?.\u2014 Des choses sans importance, master Carver !.Il ne peut pas supporter Sadie Markton !.Le directeur attira le régisseur derrière un portant : \u2014 A franchement parler, Marrent, l\u2019attitude de ce noir m'inquiète, depuis neuf heures, ce soir, je le vois aller et venir dans le couloir des loges !.Absorbé comme vous l\u2019êtes à veiller sur l'entrée en scène des différents numéros, vous ne vous êtes pas aperçu de ce détail .Pour ma part, je l\u2019ai remarqué et je m\u2019en inquiète .Ce diable d\u2019homme semble vouloir chercher querelle à Sadie .Il a éloigné ses trois enfants qui jouaient tout à l'heure dans le voisinage de la loge de la vedette ! \u2014 Il reproche à Sadie de 1 avoir surnommé « Fleur-de-Farine ».\u2014 -Evidemment, cela nous paraît une bagatelle, mais avec ces noirs peut-on jamais savoir ?.Ils possèdent une mentalité si différente de la nôtre !.Combien Sadie est imprudente de plaisanter de la sorte avec ces gens-là .On ne joue pas impunément avec le feu ! Ils pourraient tuer pour venger ce qu\u2019ils considèrent comme une insulte !.__Tuer !.protesta aussitôt le régisseur .Il me semble que vous allez un peu loin, master Carver !.\u2014 Je vous dis ce que je pense !.J\u2019ai vu à plusieurs reprises le numéro de Kazongo.En ma qualité de directeur du Gaity, vous vous imaginez combien j\u2019ai pu voir défiler devant moi d'illusionnistes ou de magiciens, bons, mauvais ou médiocres .Des meilleurs, j'ai su éventer les trucs, mais seul, Kazongo a conservé pour moi tout son mystère !.Ce n\u2019est pas un numéro qu\u2019il présente, c\u2019est une exhibition de magie noire page 9) qui dépasse tout entendement !.Nous serions encore au moyen âge que Kazongo serait sans doute condamné à mourir sur le bûcher, et moi aussi, vraisemblablement pour lui avoir permis d\u2019exhiber ses exercices si déconcertants .Jamais je n'arriverai à comprendre comment il s\u2019y prend pour décapiter ses trois fils et pour les ressusciter ensuite avec une dextérité qui tient du prodige et qui semble appartenir au domaine de la fantasmagorie !.\u2014 Il s\u2019agit tout simplement là d une illusion collective de la part des spectateurs ! Combien de fakirs et de yoghis des Indes .\u2014 Kazongo possède une puissance plus redoutable encore que celle des sorciers hindous ! coupa le directeur.Je vous le répète, c\u2019est bien le magicien le plus extraordinaire du moment .Vous pourrez d\u2019ailleurs en juger encore une fois tout à 1 heure, mais auparavant je vous serais obli- gé d\u2019aller faire un petit tour du côté de la loge de Sadie.J\u2019ai peur qu\u2019elle soit souffrante.Voulez-vous aller frapper à sa porte et demander des nouvelles ?.Le régisseur n\u2019insista pas, il s\u2019éloigna tandis que Nat Carver regardait les Chinois fort occupés à achever leur numéro .Pendant ce temps, les coulisses étaient envahies par de solides gaillards nantis d\u2019échasses; c\u2019étaient les joueurs du fameux football aux échasses, l\u2019attraction qui faisait courir tout New-York.Les deux célèbres équipes avaient tenu à prêter leur concours au gala du Gaity .Teddy Marrent se faufila parmi les groupes qui encombraient le passage; il ne vit pas Kazongo qui, appuyé contre un portant, semblait le regarder avec attention, il avait tout juste le temps, en effet, de se rendre à la loge de la vedette et de lui adresser quelques mots avant de s\u2019occuper de l\u2019entrée en scène suivante .Hâtivement, il s\u2019en fut frapper contre la porte de la loge de la star, mais à peine se fût-il arrêté, espérant surprendre une réponse, qu'il s\u2019immobi- lisa, intrigué, l\u2019oreille tendue .Il lui semblait surprendre des appels entrecoupés de sanglots à 1 intérieur du refuge.Alors, sans plus attendre, il tourna la poignée et entra.A peine le régisseur eût-il esquissé un pas à l\u2019intérieur de la pièce qu il s\u2019arrêta, sidéré, sur le seuil.Sadie Markton était là, étendue dans un fauteuil, devant sa coiffeuse, la tête légèrement penchée en arrière, les yeux clos, .Agenouillée auprès d\u2019ei\u2019ie, Mary, l'habilleuse, frappait fortement dans les mains de la vedette et s\u2019efforçait de la faire revenir à elle, mais sans doute l\u2019immobilité de l\u2019artiste l\u2019impressionnait-elle car elle semblait en proie à une émotion violente .Interrompant brusquement son manège, elle se tourna vers Marrent : \u2014 Mon Dieu !.C\u2019est affolant, balbutia l'habilleuse .Elle vient de s\u2019évanouir !.Je ne puis réussir à la ranimer ! Le régisseur s\u2019approcha, visiblement inquiet; tandis que Mary s'effaçait légèrement pour le laisser passer, il se pencha vers la vedette immobile, lui saisit le poignet, puis colla son oreille contre sa poitrine.\u2014 Alors ?Que se passe-t-il ?interrogea l\u2019habilleuse d\u2019une voix étranglée par l\u2019émotion.Teddy Marrent attendit pendant quelques instants encore avant de répondre, puis se redressant d'uit bond, il déclara simplement : \u2014 Mary, Sadie Markton est morte !.Le cœur a cessé de battre !.Nous n\u2019avons plus auprès de nous qu\u2019un cadavre !.CHAPITRE III LE DÉCONCERTANT KAZONGO N CADAVRE !.L\u2019habilleuse attarda ses regards effarés sur son voisin, on eût dit qu\u2019un coup de foudre venait de s\u2019abattre auprès d\u2019elle et qu\u2019elle demeurait encore sous l'impression de la commotion .\u2014 Voyons, ce n\u2019est pas possible t insista-t-elle .Miss Sadie ne peut pas .\u2014 Sadie Markton vient de succomber, répondit simplement Teddy Marrent, restez là, je vous prie .Ne bougez pas !.Je vais aller prévenir Mr Carver !.Il ne manquait plus que cela !.Effroyablement pâle, le régisseur quitta la loge; jouant des coudes, il s'efforça de fendre les groupes animés qui se pressaient vers les coulisses; quelques artistes, bousculés, interpellèrent sans aménité Teddy, mais il ne s\u2019en soucia pas un seul instant, et, avisant les machinistes ou les figurants qui se pressaient sur son passage : \u2014 Le directeur ?haleta-t-il .Où se trouve le directeur ?.Un électricien désigna Nat Carver fort occupé à s\u2019entretenir avec les chefs des deux équipes de football à échasses qui se disposaient à entrer en scène .Dans la salle, les applaudissements crépitaient de plus belle à l'adresse des Chinois qui venaient enfin de terminer leur numéro.A trois reprises, les Asiatiques s'en furent saluer .\u2014 Eh bien, Marrent, quoi de nouveau ?questionna alors le directeur en reconnaissant le régisseur .Mais qu'est-ce qu\u2019il y a ?Vous êtes blanc comme un linge .\u2014 Il y a de quoi, master Carver !.Si vous saviez !.Le directeur voulait insister, mais Teddy lui fit signe de l\u2019accompagner un peu à l\u2019écart.Profondément intrigué, Carver obéit.Alors se penchant à son oreille, le régisseur lui annonça : \u2014 Sadie Markton vient d\u2019expirer dans sa loge !.PAYSAGE Je savais un endroit au fond des Laurentides, Où des rochers touffus se miraient dans un lac, Où venaient boire seuls, parfois, les orignacs.Où juin se parfumait de baume et d'oxalide.Dans les midis, souvent, alors que l'air torride Alanguissait les fleurs, pyrole ou cétérac/ Les pins aux bras tendus, ainsi que des hamacs, Et les sapins taillés comme des pyramides, Les oiseaux répondaient au cri des écureuils, La mélipone errait de l'arum au cerfeuil Et les siffleux dressaient leurs têtes, étonnés.Mais aujourd'hui, hélas ! on n'y rencontre rien Que la lourde gaieté des mornes citadins.Et ce n'est plus qu'un pauvre coin abandonné.ALBERT DREUX H Le Samedi \u2014 Ah ! ça, vous êtes fou, Marrent! Ce n'est pas possible !.\u2022\u2014 J'ai pensé tout d'abord comme vous, master Carver repartit le jeune homme, mais, hélas, il n'y a pas à douter un instant .Sadie n\u2019est plus !.\u2014 Et nous qui pensions qu'il s\u2019agissait d\u2019un simple malaise !.Pourtant le directeur ne s\u2019attarda pas à discuter avec son auxiliaire.Il voyait déjà les regards de ses plus proches voisins qui s\u2019attardaient vers lui avec instance.Sans doute s\u2019était-on aperçu du trouble que manifestaient les deux hommes, aussi Nat Carver recommanda-t-il à Teddy : \u2014 Pas un mot à quiconque !.Je vais à la loge de Sadie !.Quand à vous, occupez-vous des numéros qui doivent suivre et d'assurer l'entrée en scène !.Il ne faut pas qu'on soupçonne un seul instant le drame dans la salle !.Le gala serait irrémédiablement compromis !.C'est bien compris, n'est-ce pas ?.C\u2019est un coup dur pour le Gaity .mais il faudra l'encaisser sans sourciller !.\u2014 Compris, master Carver, repartit simplement le régisseur .Les deux hommes se séparèrent; dominant son désarroi, Teddy Marrent s'empressa de rassembler les deux équipes rivales, qui vêtues respectivement de maillots jaunes et de maillots verts, allaient engager sur la scène immense du Gaity un match de football nouveau genre .Déjà les concurrents préparaient leurs échasses .Un peu en arrière, le régisseur qui numérotait les footballers aperçut une silhouette blanche.Kazongo était toujours là.Sans doute le noir avait-il surpris l'émotion profonde à laquelle le régisseur se trouvait en proie, car il ne cessait de braquer sur lui ses regards investigateurs .Un pli profond barrait le front du nègre, il avait abandonné momentanément son habituel sourire .\u2014 Vite !.En scène !.C\u2019est le moment !.Les joueurs firent leur entrée pendant que le rideau se levait et que l'orchestre abordait un air entraînant.Chaque participant portait sous son bras une paire d'échasses.Les deux équipes s'en furent se placer en face l\u2019une de l\u2019autre, puis les deux capitaines échangèrent un vigoureux shakehand au milieu d'applaudissements nourris, enfin un coup de sifflet partit des coulisses .La partie allait commencer !.Pendant que les adversaires s\u2019affrontaient, plus ou moins adroitement sur leurs échasses, insensibles aux éclats de rire qui accueillaient dans la salle la chute d'un joueur maladroit, Teddy Marrent se sentait en proie à une vive impatience; à de fréquentes reprises il se tourna vers les loges.Il espérait apprendre du nouveau, maudissant son rôle de régisseur qui le condamnait à demeurer auprès du plateau jusqu\u2019à la fin de la représentation, mais il ne surent rien d\u2019anormal; seules, trois silhouettes blanches apparurent, c'étaient les fils de Kazongo qui.une fois prêts habillés absolument de la même façon que leur père, s\u2019empressaient de le rejoindre .Le noir attendait, à deux pas seulement du régisseur .Ce dernier trop absorbé par ses réflexions et par l\u2019émotion provoquée par la mort si soudaine de la vedette, ne se rendit pas compte de l'attention dont il étaff l\u2019objet de la part de Kazongo .Sans s'inquiéter de l\u2019attraction qui provoquait parmi les fréquemment Teddy à la dérobée .On eût dit qu\u2019il com-quait parmi les spectateurs un véritable délire, le nègre observait fréquemment Teddy à la dérobée .On eût dit qu\u2019il comprenait les préoccupations profondes qui accaparaient en cet instant l\u2019esprit du jeune homme .Jamais Teddy n'avait trouvé les minutes aussi longues, il ne vivait plus, s\u2019imaginant la scène tragique qui devait se jouer en ce moment dans la loge de la vedette .Nat Carver, à son tour, avait dû constater le décès de Sadie Markton .Et, constamment, la même question s\u2019imposait à lui, obsédante, hallucinante : de quoi était morte la danseuse ?Et, subitement, Teddy se rappela les paroles menaçantes que Kazongo avait prononcées tout à l'heure .Il lui semblait encore entendre la voix grave du noir prophétisant que la vedette serait punie à son heure.Existait-il donc une corrélation entre ces propos menaçants et la mort déconcertante de l\u2019artiste ?.Des rires vinrent interrompre les angoissantes méditations du régisseur.Les trois jeunes noirs commençaient de plaisanter avec leur père, aussi Teddy s\u2019empressa-t-il d'intervenir : \u2014 Silence dans les coulisses, les gosses !.On va vous entendre dans la salle !.Les interpellés se le tinrent pour d:t et ne parlèrent plus, toutefois les grimaces et les pieds de nez qu'ils adressèrent dans le dos du régisseur prouvèrent que cette semonce n\u2019éta:t guère à leur goût .Mais Kazongo ayant froncé les sourcils, les trois enfants s'immobilisèrent .Les seuls regards de leur père parurent les avoir pétrifiés .Le match qui se livrait sur la scène s\u2019acheva par la victoire des verts.Teddy Marrent dut s\u2019écarter pour laisser passer le flot joyeux des footballers .Mais la sonnette grésillait encore .Hâtivement les machinistes plantaient le décor suivant, celui de la brousse où devait appa- Le soldat GERARD BROCHU, des Fusiliers Mont-Royal, C.A.S.F.en service actif en Angleterre.De son nom de théâtre Bart Wilson, le soldat Brochu était bien connu dans nos théâtres et cabarets comme guitariste et interprète des chansons de \u201ccowboys\u201d.raître Kazongo .Le noir s empressait pendant ce temps dans une cabine voisine, examinant minutieusement les disques qui devaient accompagner son numéro dans la coulisse .\u2014 Alors, vous y êtes ?interrogea Teddy pendant que le numéro suivant s'allumait en lettres rouges au fronton de la scène du Gaity .Kazongo secoua affirmativement la tête .Il s'en fut se placer le dernier, derrière ses trois fils, qui devaient faire leur entrée en scène à la file par rang de taille .sur un signe de Teddy, les lumières s'éteignirent sur la rampe .Seuls les projecteurs continuèrent d\u2019éclairer le centre du plateau.L'orchestre se tut, des rumeurs étranges commençaient à monter des hautes herbes et de la brousse que les machinistes venaient à peine d'achever de disposer .\u2014 Go on !.commanda simplement Kazongo .Et le quatuor noir fit son entrée ! Tout d'abord, il s\u2019arrêta face au public, s\u2019inclina avec un impressionnant ensemble, puis les quatre chapeaux haut-de-forme blancs lestement jetés s'envolèrent en direction de la coulisse où ils disparurent.Trois minutes durant, les quatre noirs exécutèrent de surprenants sauts périlleux et des acrobaties savantes, mais tout ceci ne sortait guère de l\u2019ordinaire .Le public qui connaissait de longue date la réputation du magicien noir, attendait de lui des émotions beaucoup plus fortes .Seuls, quelques rares applaudissements s'élevèrent de part et d\u2019autre de la salle.Kazongo était habitué à ce premier accueil plutôt réfrigérant de la part des spectateurs.Après avoir exécuté un dernier saut périlleux, il poussa un léger cri, et.brusquement, la transformation s\u2019opéra .En quelques \u2019 GERARD TRUDEAU, de la 110e Escadrille.R.C.A.F.Enrôlé au premier jour de la guerre, l\u2019aviateur Trudeau est aujourd\u2019hui en Angleterre.( Envoi de son cousin.Victor Robillard.2012, de la Salle.Maisonneuve.) instants le père et ses trois fils se débarrassèrent des habits blancs qui les recouvraient .Ils apparurent presque nus, conservant seulement autour de la taille une ceinture en peau de panthère .Sous les rayons rouges des projecteurs Kazongo fit saillir ses muscles d\u2019athlète, puis, avisant une table de rotin, il la plaça au centre de la scène.Le numéro d'illusion et de magie noire allait commencer .Dans la salle s'appesantit un silence absolu, seuls les disques continuèrent de tourner dans la cabine toute proche reproduisant les bruits impressionnants de la brousse africaine.Cris des singes hurleurs, appels déchirants et lugubres des hyènes, rugissements lointains des lions s\u2019unirent pour créer 1' « atmosphère » de la scène .Impassible, le noir étala plusieurs petits tas de poudre grise devant lui sur la table, puis, étendant la main et exécutant des passes, il les enflamma; aussitôt apparurent plusieurs foyers de différentes couleurs qui éclairèrent le plateau de lueurs étranges semblables à celles des feux de Bengale.A ce moment, la silhouette de Kazongo faisait penser à celle d'un démon .Etendant les mains vers le ciel, il semblait invoquer les divinités malfaisantes de l'Afrique noire .Et le numéro, se poursuivit, aussi étrange, aussi hallucinant, les trois négrillons se prêtaient complaisamment à toutes les expériences de leur père.Tantôt il les faisait passer au milieu des flammes d\u2019un grand feu, tantôt il les faisait s\u2019agenouiller et se courber pour les frapper avec un grand coupe-coupe.Et les spectateurs éprouvèrent tout à fait l\u2019illusion de voir les têtes tranchées au ras du tronc, tomber sur la scène.Le sang jaillit.Des cris de femme fusèrent !.On protesta ou l'on applaudit, puis Kazonqo se redressa souriant, releva les corps étendus inertes auprès de lui, les prit par la main, et les enfants reparurent souriants et joyeux, rentrés en possession de leurs têtes .Dix minutes encore, Kazonqo déploya sa science et sa virtuosité véritablement déconcertantes .Quand le numéro s\u2019acheva, les spectateurs se demandèrent s'ils n\u2019avaient pas été les jouets d'un cauchemar, tant l\u2019illusionniste s\u2019était montré merveilleux de dextérité.Une fois de plus, l'étrange sourire épanouit la physionomie de celui qui venait de jouer le rôle d\u2019un féroce tortionnaire .Trois fois Kazongo et ses trois fils s'en furent saluer le public qui les rappelait avec enthousiasme .Les girls reparurent dans les coulisses; habillées en Mickey, elles devaient exécuter le ballet final auquel participait également Sadie Markton .Et Teddy Marrent, qui sentait son inquiétude et son émotion augmenter à chaque minute, se dit qu'il serait impossible désormais de dissimuler plus longtemps la vérité, quand, brusquement la sonnerie électrique qui appelait les girls sur le plateau s\u2019arrêta Un petit groupe d'individus, étrangers à la scène, apparut immédiatement suivi d'une douzaine de coastables .Cette intrusion des nouveaux venus en qui on devina tout de suite des inspecteurs de police, provoqua comme bien on pense, une sensation énorme .Le concierge du Gaity les accompagnait .En quelques instants, jouant des coudes, ils firent s'écarter les artistes et les fiqurants.Et comme des questions partaient dans les coulisses, l'individu oui précédait le groupe, un grand gaillard au teint basané, aux cheveux d\u2019un noir de jais déclara sur un ton qui n'admettait pas de réplique : (Lire la suite page 20) NOS MILITAIRES 15 FÉVRIER 1941 15 r- Que personne ne bouge !.Un crime vient d\u2019être commis au Gaity.Sadie Markton a été assassinée !.CHAPITRE IV LA FIGURINE EN TERRE GLAISE Carver et Mary l'habilleuse se trouvaient encore dans la loge de la vedette quand Teddy Marrent y survint à son tour.Le régisseur, que ' son directeur avait fait appeler en toute hâte une fois le rideau tombé sur le ballet final, s'aperçut tout de suite que la loge demeurait à peu près dans le même état où il l'avait laissée .Les nombreuses corbeilles et gerbes de fleurs que les admirateurs avaient adressées à la star encombraient encore une partie du refuge .Une odeur pénétrante de lys et d\u2019œillets se mêlait à la senteur désagréable de l'éther qui flottait dans la pièce .Le corps de Sadie Markton occupait exactement la même position, l'artiste gisait dans son fauteuil, les yeux clos, légèrement retombée en arrière, son visage d\u2019une pâleur de cire, se colorait d\u2019un peu de fard aux pommettes, les lignes de ses lèvres étaient soulignées d'un trait rouge très accentué.Un cerne noir entourait ses yeux qui s\u2019étaient fermés à tout jamais .Tout près de là, le masque et le costume qui lui ava:ent servi pour le Ballet des Incas, étaient déposés sur une chaise.\u2014 Enfin, que se passe-t-il donc, master Carver ?interrogea le régisseur d'une voix qu\u2019il s\u2019efforçait de rendre calme .\u2014 Je vous ai fait appeler, Marrent, déclara le directeur, parce que, en votre qualité de régisseur, vous êtes le mieux placé pour nous fournir certains renseignements .Puis, étendant ia main, Nat Car-ver désignait à son auxiliaire un individu d\u2019une quarantaine d\u2019années, chauve, au visage épais, au teint rubicond, vêtu d\u2019un pardessus mastic.Ce personnage attendait, immobile, avec un petit homme à barbe grise, tout habillé de noir, celui-là .\u2014 Inspecteur Martins et Coroner Sembley !.présenta Nat Carver en montrant les deux hommes à son collaborateur .Ces messieurs sont venus engager l\u2019enquête à la suite de la mort de Sadie Markton .Désignant à son tour le régisseur, le directeur donnait ses noms et qualités .\u2014- Enchanté de vous connaître, master Marrent, déclara froidement le policier.Je suis chargé d enquêter au sujet de 1 assassinat de Miss Mark-ton, car, désormais, nous n avons plus aucune illusion à nous faire en effet.L\u2019infortunée danseuse a été assassinée !.\u2014 Assassinée !.répéta Teddy comme dans un écho .Ce n est pas possible .,\u2014 Je vous en prie, master Marrent .Réduisons au minimum les paroles inutiles.Le fait est là, brutal, flagrant1 .Nous ne pouvons, hélas, ressusciter la victime, mais nous la vengerons, j\u2019en suis sûr !.D après l'examen auquel s est livré le coroner, Sadie Markton a succombé aux funestes effets d un poison.La malheureuse a été piquée au poignet, et cette piqûre a dû, selon les déclarations de mon distingué collègue, entraîner une mort foudroyante .Le policier s'était rapproché du corps inerte, du bout du doigt il indiqua au régisseur un minuscule point rouge qui apparaissait au gras du poignet .Tout autour, s étalait une tache bleuâtre .\u2014 Cette piqûre pouvait être accidentelle, objecta Teddy Marrent qui s\u2019insurgeait encore contre 1 hypothèse d'un crime .Miss Sadie a pu s\u2019écorcher à une pointe rouillée .\u2014 Pas du tout.La victime a été piquée directement.Quelqu'un lui a inoculé le poison, et ce quelqu\u2019un doit, selon toute vraisemblance, se trouver encore dans cet établissement .C\u2019est pourquoi j\u2019ai donné l\u2019ordre que personne ne sorte .Mais, passons !.En votre qualité de régisseur, n'avez-vous rien remarqué d\u2019anormal?.N'avez-vous pas aperçu dans les couloirs attenant aux loges un ou plusieurs individus étrangers au Gaity ?.Allons, parlez, rassemblez bien vos souvenirs ?.\u2014 Je n\u2019ai trouvé ici que des artistes appartenant au théâtre, repartit le régisseur .Toutefois je dois vous faire remarquer, inspecteur, que je m\u2019occupe uniquement de la partie artistique .Des étrangers ont fort bien pu se faufiler dans la partie du Gaity réservée aux artistes et en particulier vers les loges !.Le nombre des gerbes et des corbeilles fleuries que les admirateurs enthousiastes ont fait porter aux artistes a été, en effet, plus considérable que de coutume, étant donné le nombre inusité des vedettes qui prêtaient leur concours à cette superbe manifestation de charité et d'entr\u2019aide .Les fleuristes ont dû se succéder en assez grand nombre !.\u2014 J\u2019interrogerai à ce sujet le concierge du Gaity qui n\u2019a certainement pas manqué de noter toutes les entrées .Mais, auparavant, je désire connaître vos impressions, master Marrent !.N\u2019avez-vous rien remarqué d\u2019anormal dans 1 attitude de Sadie Markton ?.Le régisseur s\u2019arrêta pendant quelques instants pour rassembler ses souvenirs, puis il déclara : \u2014 J\u2019étais là quand la victime est entrée dans sa loge !.\u2014 Vous a-t-elle paru dans son aplomb ordinaire ?.,\u2014 A ce moment-là, oui ! elle était pressée comme toujours .\u2014 Votre réponse me donne à penser qu\u2019il y eut un autre moment où vous avez été intrigué par l'attitude de la danseuse .\u2014 C\u2019est parfaitement exact !.Et je ne suis certainement pas le seul à avoir fait cette remarque.Au cours du Ballet des Incas, Sadie Markton n\u2019a pas déployé son adresse et sa virtuosité habituelles .Son partenaire et bien d\u2019autres ont surpris ce détail.Il semblait qu\u2019elle fût souffrante !.D ailleurs Sadie Markton n\u2019a pas manqué de nous déclarer, avant de rejoindre sa loge, qu'elle avait la migraine !.\u2014 Et avez-vous surpris une expression de souffrance sur son visage ?\u2014 Il m\u2019eût été difficile de le faire, inspecteur .Sadie Markton a conservé son masque jusqu'au moment où elle a de nouveau réintégré sa loge !.Mary serait donc plus indiquée pour vous renseigner à ce sujet ! Le régisseur désigna 1 habilleuse, une petit femme boulotte qui semblait profondément émue par.la mort de sa maîtresse et qui avait beaucoup pleuré, Mary s\u2019empressa donc de prendre la parole : \u2014 Miss Markton est venue vers moi et m\u2019a demandé de lui ôter son masque.Je me suis aperçue alors que son visage était défait, ses yeux avaient une expression hagarde .De grosses gouttes de sueur perlaient à ses tempes .Pendant quelques instants, elle est demeurée sans mot dire, pourtant je devinai aux contractions fréquentes de son visage quelle devait souffrir horriblement.\u2014 Et vous n\u2019avez appelé personne ?.Je supposai tout d\u2019abord que le malaise allait passer .Alors je pré- Si vbus voulez des dents br//lantes Deux \"fois chaque jour Colgate tt beaucoup nU t-t employez Vo\u201ec P s Jot que vous ne S aur?2 des dentf°yel , ^vissantes COLGATE AIDE À APPRENDRE AUX ENFANTS À SE BROSSER LES DENTS RÉGULIÈREMENT Rappelez-vous que le Dr Dafoe a choisi Colgate comme le seul dentifrice des jumelles Dionne \u2014 parce que le Colgate nettoie parfaitement, avec douceur ¦\u2014 sans nuire le moindrement à l\u2019émail délicat .sans irriter les gencives tendres.Les enfants aiment beaucoup la délicieuse saveur de menthe de la Crème à Dents Colgate \u2014 les adultes l'aiment aussi.Les enfants apprécient de plus la mousse de Colgate qui donne à la bouche une sensation de propreté et de fraîcheur.Voilà pourquoi il est si facile d'enseigner aux enfants l\u2019hygiène de la bouche quand on emploie la Crème à Dents Colgate.La Crème à Dents Colgate combat la mauvaise haleine, fait briller les dents La mousse pénétrante spéciale de Colgate va dans les interstices cachés entre les dents .aide la brosse à dents à enlever les particules d\u2019aliments en décomposition et met fin aux odeurs de salive stagnante qui sont une cause si fréquente de la mauvaise haleine.Et puis l\u2019agent de polissage sûr et inoffensif de Colgate fait en même temps briller les dents de leur éclat naturel ! Employez toujours la Crème à Dents Colgate \u2014 régulièrement et fréquemment 1 II n y a pas d'autre dentifrice exactement semblable.RIBBON DENT AV.CREAM \u2014- ft MODELE GEANT DOUBLE 4QC GRAND MODELE 25C Modèle moyen 10c Les jumelles ont fait usage de Colgate aujourd\u2019hui\u2014et vous? 16 Le Samedi parai un verre d\u2019eau .Ce fut à peine si ma malheureuse maîtresse y trempa ses lèvres .\u2014 Et votre attention n'a pas été attirée par la rougeur qui apparaissait à son poignet ?interrogea le coroner, intervenant à son tour dans la discussion , .\u2014\u2022 Vous avez remarqué tout à l'heure comme moi, messieurs, repartit Mary, que cette piqûre ressemblait à s\u2019y méprendre à une piqûre de moustique !.Dans ces conditions, je n'avais pas à m\u2019étonner .\u2014 Pourtant, quand vous avez vu que l\u2019état de la danseuse devenait de plus en plus alarmant ?.\u2014 Miss Markton était en train de défaillir, à trois reprises elle poussa un profond soupir, puis plus rien ! Alors, je frappai dans ses mains pour la faire revenir à elle .Comme elle demeurait inerte, je voulus appeler, mais, à ce moment, le régisseur intervint !.\u2014 Q\u2019fest parfaitement exact, approuva à son tour Teddy Marrent, j\u2019avais été envoyé par Mr Carver qui s\u2019inquiétait à juste titre de 1 état de Sadie Markton .Et je me suis aperçu tout de suite que la danseuse ne vivait plus, que la mort avait accompli son œuvre !.Les regards de Martins s'arrêtèrent avec insistance sur le régisseur pendant qu'il s\u2019expliquait de la sorte.Il semblait que le policier voulût en ce moment deviner /ses plus secrètete pensées.Teddy s'efforçait de son mieux de soutenir ce minutieux examen.quand la voix métallique de l\u2019inspecteur reprit : \u2014 Saviez-vous, Mr Marrent, si la victime avait des ennemis ?.La réponse ne se fit pas attendre : \u2014 J\u2019ai entendu dire comme tout le monde que Sadie Markton avait reçu à plusieurs reprises des menaces de gansters !.\u2014 Mr Carver m\u2019a parlé de cela tout à l'heure, reprit le policier.Evidemment cela pourrait nous fournir une piste, mais la méthode employée pour assassiner cette malheureuse diffère sensiblement de celles utilisées d\u2019ordinaire par les gentlemen du milieu !.Ces coquins jouent du revolver, du fusil-mitrailleur et, quand les circonstances l'exigent, de la mitrailleuse, toutefois, je n'ai jamais remarqué qu\u2019ils se soient décidés à recourir au poison !.Teddy Marrent esquissa un geste vague, alors Martins insista : \u2014 Parmi les artites de l'établissement, Sadie Markton ne possédait-elle pas d'ennemis ?.\u2014 A vrai dire, inspecteur, repartit le régisseur, une vedette n'est jamais adorée de ses camarades ! .On la jalouse, on critique ses moindres faits et gestes, on attend avec impatience qu\u2019elle commette une faute ou qu\u2019elle essuie un irréparable échec !.Elles sont tant de jolies femmes toutes disposées à prendre sa place, impatientes de voir leurs noms figurer en grosses lettres en tête des affiches !.\u2014 J\u2019appelle cela de la jalousie, de l\u2019envie, non pas de la haine.J imagine qu'il n\u2019est personne ici, parmi les vedettes en herbe qui aient pu songer à se débarrasser de Sadie Markton par le poison .\u2014 Cela c'est bien sûr ! protesta aussitôt le régisseur .Toutefois, avant de poursuivre cet interrogatoire, permettez-moi d\u2019ouvrir une parenthèse, Mr Martins : Mary l\u2019habilleuse est restée constamment auprès de Sadie Markton depuis que la malheureuse est revenue dans sa loge .Sans doute la vedette a-t-elle reçu entre son retour et le moment où je suis entré dans sa loge quelque visite .\u2014 Aucune !.coupa brusquement l\u2019habilleuse .Elle n'a reçu aucune RADIO-POTINS par GERMAINE PLANTE « Le Théâtre Classique » de Radio-Canada a repris ses émissions.Nous avons eu ou nous aurons le plaisir d\u2019entendre : Le Chandelier, d\u2019Alfred de Musset ; Horace, de Corneille ; Le Misanthrope, de Molière ; Iphigénie, de Racine ; Le Barbier de Séville, de Beaumarchais, et Cinna, de Corneille, ainsi que bien d'autres pièces classiques françaises.Félicitons Radio-Canada d\u2019avoir repris ce programme qui jouit d'une si belle popularité dans nos universités et nos collèges classiques, et qui contribue puissamment à vulgariser les chefs-d'œu-vres de la littérature française chez les radiophiles canadiens.L'adaptation des pièces à l'affiche a été confiée à notre talentueux auteur radiophonique Jean Desprey, et la direction générale, à ce brillant artiste, si bien connu, Jacques Auger.Pour l'écoute, Radio-Canada, le dimanche soir, à S heures.Après une absence de quelques se-maintes de nos ondes, absence due au temps des fêtes, le « Théâtre N.G.Valiquette » a repris ses émissions.L'adaptation des pièces qui y sont données tous les lundis soirs, de 8 h.à 9 h., a été confiée à Robert Choquette.Nous y entendrons les meilleurs artistes de la Métropole, dans des oeuvres qui, si elles ne sont pas de la qualité de Tristan et Yseult ne manquent pas l\u2019intérêt ni de valeur littéraire.Pour l'écoute, Radio-Canada et les postes du secteur français.?Fernand Leclerc est, de ce temps-ci, d\u2019une humeur.Positivement, il rayonne.Intriguée, je lui en ai demandé la raison.Dans le creux de l\u2019oreille, il m\u2019a avoué que c\u2019était parce que .enfin .voyons.vous ne saisissez pas ?Alors, je le dis bien haut .parce qu\u2019il va être papa au mois de mai !.Oui, notre ami Fernand va être papa.Il en est tellement fier qu\u2019il n\u2019a que ce sujet à la bouche.Il vous parle de son futur fils (car ça va être un fils, de ça il en est sûr) comme d\u2019un être extraordinaire : un second Einstein ou un Pasteur, à moins qu'il ne soit un génie universel à la Léonard de Vinci.Pour ma part, j\u2019avoue que bébé Leclerc saura lire à coup sûr, car Fernand a proclamé avec une candeur désarmante qu'il avait déjà acheté deux volumes pour la bibliothèque de son fils : l\u2019alphabet illustré et les contes illustrés.Heureusement pour bébé qu'il n\u2019a pas acheté le gros Larousse ou l\u2019Encyclopédie Quillet .?Jean Lalonde, le « Don Juan de la Chanson », attend, lui aussi, les «sauvages ».Nous n\u2019avons qu'une chose à souhaiter à Jean Junior : qu\u2019il connaisse auprès du sex joli le succès comme l'a connu son père.A Depuis qu\u2019 « Alexis Labranche » a résolu de se lancer vers le beau sexe en 1941, il a essuyé, à ce qu\u2019il paraît, bien des scènes de ménage (rouleau à pâte et manche à balai compris) de la part de la grosse « Arthémise », qui n\u2019admet pas un pareil changement de la part de son fidèle époux.A Marcel Giguère est allé passer son « mois de service pour la défense du pays ».Il a un peu maigri mais ça n'a pas grande importance, car il a pris un «p\u2019tit air militaire » qui lui va très bien.En quoi consiste ce « p\u2019tit air militaire »?\u2014 Regardez-le et vous l\u2019apprendrez.A Mme Sylva Alarie a toujours un sourire optimiste aux lèvres.Je l'ai rencontrée dernièrement, et je puis dire que je me suis sentie toute ravigotée par cette bonne humeur que ni le temps, ni les contrariétés ne peuvent entamer.A Léon Lorrain est très affairé depuis qu\u2019il est en charge de la réalisation commerciale, à la place de Jacques DesBaillets, présentement en Angleterre.Mais il fait du beau travail car il a les capacités voulues.A Hector Charland n\u2019est pas de brillante humeur, ces temps-ci.Il m'a avoué qu\u2019il n\u2019était pas dans son assiette.« J\u2019ai mal à la tête, mon foie ne marche pas, je crois que je suis malade.» Pauvre lui ! Je crains bien que l\u2019annonce de ses maux ne suscite aucune pitié.Pourquoi ?Parce qu\u2019il a rendu avec un tel talent le rôle du sordide avare « Séraphin Poudrier », qu'il n\u2019a éveillé que l'antipathie de la part des radiophiles.A Roméo Gaudry, celui qui peut se vanter d'avoir un programme d'une longue durée, et fort suivi par les auditeurs possède dans son appartement un joli salon chinois probablement unique à Montréal.Rien n\u2019y manque: lampes aux formes curieuses, lambris dorés, meubles sculptés, fines soieries et surtout de charmants bibelots d'ivoire, bijoux de grâce et de forme.A Aussi étonnant que cela puisse paraître, les bruiteurs sont payés plus cher que les comédiens.En effet, demandez aux experts en coups de revolver, ouragans et scènes de ménages ce qu'ils reçoivent comme cachets .A Saviez-vous que la délicieuse artiste Judith Jasmin, « Mme Marcel Latour », de Pension Velder, est aussi auteur dramatique ?En effet, c\u2019est elle qui, lors d\u2019une émission spéciale donnée à l\u2019occasion de l'armistice, avait écrit le texte sur la vie de « Guynemer », l'as des aviateurs de la guerre 1914.A Marcelle Rouet, cette artiste à la voix chaude et expressive, adore la musique espagnole, hongroise et les classiques, tels que : Bizet, Delibes et Gounod.Mais elle n\u2019aime pas le « swing music » qui, pour elle, n\u2019est qu'un « awful noise ».Germaine Plante visite !.D'ailleurs Miss Sadie se sentait mal à l\u2019aise, elle m\u2019avait bien recommandé de ne recevoir personne !.Le régisseur se tourna de nouveau vers le policier : \u2014 Dans tout cela, il est un détail qui me chiffonne, Mr Martins : le malaise dont Sadie Markton a été victime au cour du «Ballet des Incas» pouvait faire supposer qu elle commençait déjà à sentir les premiers effets du poison .Dans ces conditions, elle aurait pu être piquée pendant quelle se trouvait encore sur la scène .\u2014 Cette hypothèse est impossible! coupa le coroner, péremptoire .Le malaise dont souffrit la victime à ce moment-là est tout à fait indépendant de la cause véritable de sa mort !.Je suis certain qu\u2019elle a succombé quelques secondes seulement après avoir senti la piqûre !.\u2022\u2014 Dans ces conditions, je persiste à penser que l\u2019assassin s\u2019est introduit ici même .\u2014 Il me semble que je l\u2019aurais vu! protesta l'habilleuse.Je vous le répète, j\u2019étais seule avec Miss Sadie quand sa défaillance s\u2019est produite! L\u2019inspecteur peut me fouiller, je ne possède pas sur moi une arme empoisonnée ! \u2014 Nul ne songe à vous soupçonner, Mary, fît le régisseur .Mais la fenêtre pouvait permettre .\u2014 La fenêtre est demeurée fermée tout le temps !.\u2014 Avec la température très douce qu\u2019il fait.Miss Sadie ayant la migraine, il me semble .\u2014 Une fois de plus faut-il vous redire que nul n\u2019est entré là !.\u2014 Alors, c\u2019est à supposer que cette affaire appartient au domaine de la magie !.Carver venait à peine de prononcer ces paroles, que Teddy Marrent sursauta .Brusquement il se rappela Kazongo et l\u2019étrange dialogue qu\u2019il avait engagé peu de temps auparavant avec le magicien noir.L\u2019allusion que le nègre avait faite au châtiment certain de la danseuse lui revint à la mémoire .Il allait parler, confier la mauvaise impression qu'avait provoquée chez lui ce déconcertant colloque, tout à coup, Mary poussa une exclamation de surprise : \u2014 Voyez donc !.Là-bas !.Sous cette corbeille d\u2019œillets rouges! L'habilleuse se pencha et étendit la main ; instinctivement les autres occupants de la loge se baissèrent et _ regardèrent dans la direction qu\u2019elle indiquait.Ils aperçurent alors un objet qu'ils ne purent tout d\u2019abord identifier.Ils se disposaient à le prendre, quand l\u2019inspecteur intervint et les fit se reculer, puis, s'étendant à plat ventre il s'empara de l\u2019objet en question .Quand il se remit sur les pieds, il exhibait délicatement, entre le pouce et l\u2019index, une sorte de figurine en terre glaise qu'il examina avec une minutieuse attention en se rapprochant de la fenêtre .Immobiles et silencieux, l\u2019habilleuse et ses trois voisins se groupèrent autour de l\u2019inspecteur.Ils purent constater tout de suite que la figurine en question empruntait une forme humaine, une forme de femme, mais le détail qui les frappa immédiatement, ce fut la présence d\u2019une aiguille assez longue qui se trouvait profondément enfoncée à la place çlu cœur et qui traversait de part en part la minuscule statuette .CHAPITRE V LES SOUPÇONS SE PRÉCISSENT INécidément.voilà qui est bizarre, w mangea Martins .Cette figurine rappelle tout à fait les minuscules 15 FÉVRIER 1941 17 poupées de cire dont les envoûteurs se servaient jadis pour jeter un sort à leurs victimes.Il me semblait que ces maléfices appartenaient seulement au domaine du passé .Pourtant, je ne me trompe pas, voyez vous-mêmes : le visage est ressemblant !.On dirait que l\u2019auteur de cette statuette a voulu reproduire les traits de Sadie Markton ! \u2014 Je remarque une ressemblance assez frappante en effet, déclara Nat Carver dont les regards se portèrent de la figurine au masque figé et impressionnant de la morte, immobile auprès de lui.Teddy Marrent se disposait à donner à son tour son avis, quand l\u2019inspecteur interpella l'habilleuse qui attendait, bouche bée, à sa droite, et lui mettant sous les yeux sa trouvaille : \u2014 Dites-moi, avez-vous déjà vu cette figurine ?.Mary secoua négativement la tête: \u2014 C\u2019est bien la première fois que je remarque cette horreur, assura-t-elle avec force.\u2014 Vous êtes bien sure que Sadie Markton ne conservait pas avec elle cette statuette comme porte-bonheur ou comme fétiche ?.\u2014 Sadïe Markton possédait un seul fétiche, un petit ours en peluche que vous pouvez voir au fond, sur le divan .Mais quant à s'intéresser à cette horreur, la pauvre malheureuse n'y aurait certainement pas songé .\u2014 Alors, vous croyez que cette figurine aura été apportée là par un étranger ?.\u2014 C\u2019est certain !.Mais il faudrait être un sauvage pour conserver sur soi de semblables abominations .\u2014 Une minute, Mr Martins, voulez-vous me permettre de dire un mot ?.\u2014 Faites, Mr Carver !.Le directeur du Gaitii s'était avancé .Tout d\u2019abord, la découverte de l\u2019inspecteur avait paru provoquer chez lui une profonde surprise, puis il avait semblé réfléchir longuement pendant que le policier s\u2019entretenait avec l\u2019habilleuse.Et il s\u2019était décidé à intervenir : \u2014 J\u2019ai déjà vu cette statuette.Mr.Martins, j\u2019en suis sûr !.\u2014 Que dites-vous ?.La déclaration de Nat Carver provoqua une sensation intense parmi les occupants de la loge .Sans attendre qu'on lui posât une autre question, le directeur affirma : \u2014 Cette statuette fait partie du matérielle que Kazongo utilise pour son numéro !.\u2014 Kazongo ?Qui est ce Kazongo.interrogea le policier dont les sourcils se froncèrent .Savez-vous que vos déclarations sont particulièrement intéressantes, Mr.Carver ! .\u2014 Kazongo, répondit le directeur est un magicien noir dont le numéro est particulièrement saisissant.Je n'ai rien vu de semblable jusqu à ce jour !.Ce nègre dispose d un pouvoir véritablement surnaturel et terrifiant !.\u2014 Cet homme est un démon ! coupa l\u2019habilleuse .Je n ai jamais pu le croiser dans le couloir sans me sentir prise aussitôt d un tremblement convulsif .\u2022 J éprouve, chaque fois, l'impression qu il voudrait me fasciner i D'ailleurs ce Kazongo porte malheur !.C\u2019est la dernière personne que j\u2019ai vue dans le couloir avant la mort mystérieuse de la pauvre Sadie Markton !.L\u2019inspecteur modula un léger sifflement .Alors, 1 habilleuse reprit d'une voix que 1 émotion et la frayeur rendaient sourde : \u2014 Sadie Markton ne pouvait supporter la présence de ce noir dans son voisinage .Quand elle sut qu il de- est-elle dangereuse vait figurer au même programme, elle voulut tout d\u2019abord refuser d'accorder son concours pour le gala de bienfaisance.\t« Cet homme me portera malheur !.m\u2019a-t-elle répété à plusieurs reprises .J\u2019en ai 1 intime conviction !.» La ' pauvre ne s\u2019imaginait pas si bien dire !.\u2014 Une minute, Mary, laissez-moi adresser une question à Mr.Carver ! Martins se tourna vers le directeur : \u2014 Etiez-vous au courant de l'hostilité que nourrissait Sadie Markton à l'égard de ce Kazongo ?interrogea-t-il .Le directeur esquissa un geste vague : \u2014 A vrai dire, Sadie Markton ne m\u2019avait jamais fait la moindre allusion à ce Kazongo, mais je savais déjà par les déclarations de quelques-uns de ses camarades, que le noir lui causait une profonde répugnance et qu\u2019elle ne dissimulait pas le mépris qu\u2019elle nourrissait à son égard !.D'ailleurs, à ce propos, Kazongo ne s\u2019est pas privé de nous faire ses plaintes .Teddy Marrent pourra vous dire .\u2014 En effet, Kazongo ne portait pas précisément Sadie Markton dans son coeur, surenchérit le régisseur .Peu de temps avant la fin tragique de la vedette, le noir me confiait ses impressions à son sujet.Elles n é-taient pas précisément favorables !.Si quelqu'un s\u2019estime satisfait de la mort de Sadie Markton, ce doit être certainement lui !.Tandis que le policier, profondément intéressé, se rapprochait de lui, le régisseur s\u2019empressa de retracer la récente conversation qu'il avait eue avec le noir dans les coulisses .\u2014 Très intéressant ce que vous venez de me dire là, déclara Martins dès que Teddy eût achevé son récit .Pourquoi n\u2019avez-vous pas parlé de cela tout à l\u2019heure ?.\u2014 Mon Dieu, je demeurais encore sous le coup de la surprise, repartit le jeune homme .Je ne pouvais pas supposer qu\u2019il pût exister un lien entre l\u2019aversion irrésistible que nourrissaient ces deux artistes vis-à-vis l\u2019un de l\u2019autre et la mort tragique de Sadie Markton !.Ce n\u2019est qu'au moment où j\u2019ai vu la figurine que j\u2019ai supposé .\u2014 Que Kazongo avait fait le coup ?.acheva le policier .\u2014 Permettez, je n'ai pas dit cela ! C\u2019est une supposition toute gratuite ! \u2014 Enfin, bref, il résulte de vos déclarations que Kazongo et Sadie Markton se regardaient comme chien et chatte .Le magicien noir espérait avec impatience que le malheur pût s\u2019abattre sur la vedette.Et cette dernière ne lui épargnait pas les sarcasmes .Dans ces conditions il nous est permis de penser que le nègre a dû faire de son mieux pour provoquer ce drame ! .Qui sait s'il n'a pas enfoncé lui-même l'aiguille dans le corps de cette figurine, renouvelant ainsi les pratiques d\u2019envoûtement fréquemment en usage au Moyen Age ?.Puis, comme ses voisins, interloqués, ne répondaient pas, le policier se tourna vers Nat Carver : \u2014 Je n\u2019ai pas eu l\u2019occasion jusqu\u2019ici d'assister au numéro de ce Kazongo .Pourriez-vous m\u2019expliquer exactement en quoi il consiste ?.Le directeur s\u2019empressa d'accorder satisfaction à l'inspecteur ; il lui exposa quelques tours du noir, et en particulier la triple décapitation de ses enfants, attraction qui suscitait chez tous les spectateurs une impression considérable .\u2014 Vous expliquez-vous le truquage que doit utiliser ce noir ?questionna ensuite Martins vivement intéressé .LA COQUELUCHE est une maladie éminemment contagieuse, qui fait de cruels ravages parmi les enfants au-dessous de deux ans.Près de cinquante pour cent des cas de coqueluche se produisent pendant les deux premières années de l'existence .et les deux tiers des cas mortels qui en sont la conséquence, se comptent pendant la première année.Outre qu\u2019elle entraîne une issue fatale avec une fréquence effrayante, cette maladie laisse parfois derrière elle des troubles chroniques du cœur, et elle est susceptible de diminuer la résistance à la pneumonie et à la tuberculose.La coqueluche se propage par l\u2019intermédiaire des excrétions du nez et des expectorations de la gorge des sujets atteints de la maladie \u2014 même dans ses phases les plus précoces.Par conséquent, il est d\u2019importance capitale que vous fassiez tout en votre pouvoir pour tenir vos enfants \u2014 surtout les enfants en bas âge \u2014 à l\u2019écart des personnes qui toussent ou qui semblent enrhumées.Signes prémonitoires Les signes avant-coureurs de ce fléeau de la tendre enfance sont si banals, qu\u2019on n\u2019est que trop souvent enclin à les ignorer.Ce sont les symptômes que présentent la plupart des rhumes ordinaires : le nez qui coule, une toux sèche, saccadée, et peut-être une légère fièvre.Mais, c\u2019est pour vous un avertissement d\u2019avoir à faire venir le médecin sans tarder, surtout si la toux persiste et si elle s\u2019aggrave, la nuit.Appelé à temps, le médecin sera à même de soulager, dans une grande mesure, les souffrances du petit malade.Il vous indiquera comment isoler l\u2019enfant, et comment le préserver des complications graves.Il saura vous dire quand le petit coquelu-cheux sera en état de reprendre, sans danger, contact avec les autres, de recommencer à jouer, et de retourner à l\u2019école.Protection de l'entourage Votre médecin déterminera également s\u2019il y a lieu de soumettre les autres enfants, dans l\u2019entourage, à la vaccination ou à l\u2019injection de sérum.Le monde médical signale les résultats de plus en plus encourageants que fournit cette méthode d\u2019immunisation des enfants contre la coqueluche.Pour aider les parents â protéger leurs enfants, la Metropolitan offre une nouvelle édition revisée de sa brochure gratuite, intitulée \u201cLa Coqueluche\u201d.Demandez-la au Service des Brochures 2-S-41, à la Direction Générale au Canada, à Ottawa.Metropolitan Life Insurauce Compagny (COMPAGNIE À FORME MUTUELLE) NEW-YORK FREDERICK H.ECKER\tLEROY A.LINCOLN Président du Conseil\tPrésident DIRECTION GENERALE AU CANADA\u2014OTTAWA 18 Le Samedi \u2014 Je regrette, Mr Martins !.Si j\u2019ai pu réussir à m\u2019expliquer la plupart des trucs utilisés par les artistes qui ont paru sur la scène du Gaity.il m\u2019a été, par contre, impossible de me familiariser avec la méthode adoptée par ce Ka2ongo.Sans aucun doute, ce noir possède une puissance de fascination véritablement déconcertante .Les spectateurs qui croient assister à la décapitation des trois enfants, sont évidemment victimes d\u2019une hallucination collective.Avant d\u2019exécuter cette partie capitale de son numéro, Kazongo sait merveilleusement préparer l\u2019atmosphère.Je puis vous l'avouer moi-même, j\u2019ai été saisi souvent par le charme maléfique qui émanait de ce magicien .Et, pourtant, je suis un sceptique !.\u2014 Dans ces conditions, Mr Carver, pourriez-vous admettre comme possible que Kazongo ait jeté un sort à Sadie Markton, qu\u2019il se soit livré à des pratiques criminelles pour attirer contre elle le mauvais sort, en un mot, qu\u2019il l'ait envoûtée ?.\u2014 En vérité, jusqu\u2019ici, j\u2019eusse cru Kazongo incapable d'échafauder un plan aussi ténébreux et aussi criminel, mais l'acharnement qu'il vient de manifester récemment à l\u2019égard de la vedette, la découverte de cette figurine donnent certainement beaucoup à penser !.\u2014 D\u2019autant plus que j\u2019ai aperçu à plusieurs reprises Kazongo qui passait et repassait devant la porte, insista Mary avec force .\u2014 Sans doute, c'est une présomption sérieuse, mais vous m\u2019avez affirmé vous-même que personne n\u2019est entré dans la loge depuis le retour de Miss Markton .Kazongo pas plus qu\u2019un autre ne s'y est donc hasardé ?.\u2014 Non.Kazongo n'est pas entré, dit l\u2019habilleuse, mais qui sait, un sorcier de cet acabit est bien capable de tuer quelqu'un à travers une porte !.\u2014 Attention !.Je crois que nous nous débattons actuellement dans le domaine du fantastique et de l'irréel !.\u2014 Croyez-vous que la mort de ma pauvre maîtresse n'appartienne point au domaine du fantastique et de l'irréel ?.insista Mary.Vous assurez que Sadie Markton est tombée victime d\u2019un poison foudroyant ; au moment même où elle a expiré, je me trouvais auprès d'elle depuis dix minutes au moins, nous étions seules dans la loqe, la fenêtre demeurait close .Mais la présence de cette figurine est édifiante .En la perdant, l'assassin a signé son crime ! .Kazongo doit en savoir très long là-dessus et je suis convaincue qu\u2019il pourrait nous dire la vérité !.\u2014 Nous ne perdrons pas plus de temps en vains bavardages, coupa le policier .Mr Carver, ayez donc l\u2019obligeance de me ramener ici Kazongo.Je serais curieux de l'enten-dre !.\u2014 Teddy, allez chercher le noir ! Le régisseur déféra sur-le-champ au désir du directeur, quelques instants plus tard, il frappait à la porte de la loge du magicien : \u2014 Come in ?.répondit la voix légèrement chantante du nègre .Kazongo achevait de se peigner devant sa glace quand Teddy Marrent s'aventura dans la pièce .Tout d abord le nouveau venu ne put retenir un frémissement .Les accessoires du magicien encombraient une partie de la pièce ; idoles d'ébène, masques hideux, armes exotiques voisinaient ; une odeur étrange flottait dans l'atmosphère .Pourtant Teddy se reprit, il venait d'apercevoir dans la glace située en face de lui.Kazongo qui l'observait avec attention : La prière du 9 février Toutes les paroisses de la province de Québec s'uniront le 9 février prochain dans les mêmes prières, avec les mêmes intentions.Comprenant qu\u2019il faut sauver la civilisation et la chrétienté, un peuple entier se mettra à genoux pour demander à la Providence la victoire de nos armées, de ces soldats qui sont nos frères.SENS DE CETTE JOURNEE Il nous faut la victoire sur la haine, les entreprises odieuses de la force sur le droit.Pour la mériter, il faut agir, mettre en jeu toutes nos ressources matérielles et tout ce qui nous est cher.Mais il faut mettre aussi en jeu nos forces spirituelles.Dans les écoles, dans les hôpitaux, dans les familles on récitera des prières privées; mais l'Eglise sait que Dieu veut les peuples entiers agenouillés dans des supplications publiques.INDULGENCE DE 50 JOURS A cause de l'importance énorme que prendra la Journée nationale de prières, demandée par les autorités civiles.Nosseigneurs les Archevêques et Evêques de la province de Québec ont accordé une indulgence de cinquante jours à la récitation par chacun de la « Prière pour la victoire et pour la paix » que prononcera le très honorable Ernest Lapointe, ministre de la Justice, devant l'autel de l'église Notre-Dame, lors de la messe votive.Voici le texte officiel de cette prière : PRIERE POUR LA VICTOIRE ET POUR LA PAIX DIEU tout-puissant et miséricordieux, daignez jeter un regard de bonté sur votre peuple, prosterné devant vous pour implorer votre clémence et demander votre secours.Nous déplorons, en présence de votre divine Majesté, toutes les fautes commises contre vos saintes lois.Nous vous en conjurons, Seigneur, vous qui manifestez toute-puissance en pardonnant, oubliez les crimes des nations chrétiennes et inspirez aux individus et aux peuples l'observance de vos commandements, la pratique de votre Evangile.Nous vous en supplions humblement, ô Dieu de bonté, ayez pitié de nous et donnez-nous la victoire.Donnez surtout à l'humanité la victoire du droit sur la violence, la victoire de la justice sur l'iniquité, la victoire de la charité sur l'égoïsme, la victoire de vos droits divins sur les usurpations sacrilèges.O Marie, secours des chrétiens et reine de la paix, vous qui tant de fois avez accordé à notre pays votre protection maternelle, portez notre supplication jusqu'au trône de votre divin Fils.Saint Joseph, patron du Canada, glorieux Martyrs canadiens, intercédez pour nous auprès de Dieu.Obtenez de sa miséricorde qu'il daigne soulager la misère du peuple, qu'il ait pour agréables ses sacrifices et ses prières, et qu'il lui donne enfin, avec la paix du Christ dans la justice et dans la charité, le bonheur et la prospérité.\u2014 Ainsi soit-il.DANS TOUTES LES EGLISES La prière sera récitée dans toutes les églises de la province de Québec, le 9 février prochain.Il est dit dans la splendide messe « en temps de guerre » qui sera célébrée ce jour-là : « O Dieu, qui domptez les guerres et par votre puissance protectrice abattez les agresseurs de ceux qui espèrent en vous; secourez vos serviteurs qui implorent votre miséricorde; afin qu\u2019après avoir écrasé la férocité de nos ennemis, nous vous louions dans une action de grâces continuelles.» Tel est le sens de la Journée nationale de prière, désignée par proclamation de Sir Eugène Fiset.lieutenant-gouverneur, et à laquelle l\u2019épiscopat canadien-français apporte son concours unanime.\u2014 Vous êtes donc seul ?interro-gea-t-il.Vos enfants .,\u2014.Mes trois boys ont été autorisés à retourner à Harlem, repartit simplement le noir .Ils n ont rien à voir dans toute cette affaire.Quant à moi, je suis resté à la disposition de la police .Si, par hasard, elle avait besoin de moi.\u2014 A// right! .Je suis justement ici pour vous annoncer qu'elle a besoin de vous, Kazongo !.Le régisseur pensait surprendre sur le masque sombre de son voisin un léger tressaillement, une expression de gêne ou de dépit, pourtant ce fut avec un calme imperturbable qu il lui répondit : \u2014 Laissez-moi passer mon veston, et je vous suis.Marrent .Kazongo se leva .Il avait complètement achevé de se dégrimer, tout en enfilant son veston puis en achevant le nœud de sa cravate, il hasarda : \u2014 J\u2019espère que les propos que je vous ai confiés récemment concernant cette Sadie Markton ne vous ont pas fait supposer des choses .\u2014 Le directeur et l\u2019inspecteur Martins vous parleront à ce sujet, coupa Teddy embarrassé par le calme du noir .Le nègre ne dit plus rien .Il s\u2019adressa un dernier coup d\u2019œil dans la glace pour se rendre compte si sa tenue demeurait toujours impeccable, enleva une pellicule d\u2019une chiquenaude sur le revers de son veston, puis il sortit pendant que le régisseur s\u2019effacait pour le laisser passer et lui emboîtait ensuite le pas à travers le couloir .Artistes et figurants se pressaient sur le passage des deux hommes, tous se sentaient profondément intrigués par la découverte de la figurine, aussi se livrait-on aux suppositions les plus saugrenues .Ce fut en vain pourtant que des questions partirent à l\u2019adresse de Kazongo et de son compagnon, ils firent semblant de n\u2019avoir rien entendu et poursuivirent leur chemin, ils parvinrent rapidement devant la porte de la loge de la victime .Le régisseur frappa un léger coup contre le panneau, sur une réponse affirmative de l'inspecteur, il entra .Pendant quelques instants, un silence absolu régna dans le refuge, tous les regards des assistants se braquaient sur Kazongo, l'inspecteur et ses voisins voulaient s'assurer de ses réactions en présence du cadavre de la vedette .Le noir conserva pourtant un calme imperturbable .Ses regards se portèrent sur Sadie Markton écroulée sur sa chaise : \u2014 Ce que nous sommes peu de chose, tout de même !.se conten-ta-t-il de déclarer.Hier encore, cette femme était adulée et applaudie, elle se croyait la souveraine de l\u2019univers.Dans quelques jours elle ne sera plus que poussière ! La voix cassante de Martins interrompit le nègre : \u2014 Nous ne sommes pas ici, Mr Kazongo.pour nous abandonner à des considérations philosophiques .Je vous ai fait appeler parce que j\u2019avais grand besoin de vous demander des éclaircissements pour les besoins de mon enquête !.Sans laisser au nouveau venu le loisir de hasarder un seul mot, l'inspecteur étendit la main et lui montra la figurine transpercée qu\u2019il avait découverte quelques minutes auparavant : \u2014 Reconnaissez-vous cet objet ?questionna-t-il.Et Kazongo de répondre avec le plus grand calme : \u2014 Parfaitement.Il m\u2019appartient !.\t(Lire la suite page 20 ) 15 FÉVRIER 1941 19 ]ue savez-vous coneemam En réponse à quelques-unes des plus importantes questions qui nous ont été posées concernant la \u201cFluid Drive\u201d.Il faut, toutefois, dire à l\u2019avance que le fonctionnement extraordinairement doux de la Fluid Drive ne se prete pas à une exacte description \u2014 cela est le fruit de l\u2019expérience.Mettez-vous donc au volant d\u2019un DeSoto de 1941 et constatez par vous-même.Q Quels sont les avantages qu\u2019apporte la \u201cFluid Drive\u201d?R.La \"Fluid Drive\u201d tramsmet la puissance du moteur avec cette douceur onctueuse qui est une des propriétés de l\u2019huile \u2014 car l\u2019énergie est transmise au moyen d'huile.Tous les chocs résultant de l\u2019application du pouvoir sont absorbés par le fluide, ce qui prolonge la durée du mécanisme de commande.La conduite devient par beaucoup plus facile et les changements de vitesses ne sont pas si fréquents.Q.\tQu\u2019entendez-vous par \u201cpuissance motrice au moyen d\u2019huile\u201d?R.\tCeci veut dire qu\u2019il n\u2019y a pas de connexion mécanique rigide entre le moteur et les engrenages de transmission.Un boîtier scellé rempli d'huile remplace le volant (flywheel) en métal solide jusqu\u2019ici en usage.Placés en face l\u2019un de l\u2019autre, à l\u2019intérieur du boîtier, ou petit baril, et séparés par le fluide, sont deux éléments semblables à des roues à aubes.Une de ces roues est liée directement avec le moteur, et l\u2019autre avec les engrenages de transmission.Quand le moteur fait tourner une de ces roues à aubes il se produit des courants puissants qui font tourner l\u2019autre roue.Q.\tEst-ce que la \u201cFluid Drive\u201d se rapproche un peu du \u201croulement libre\u201d?R.\tNon.C\u2019est un principe tout à fait différent.Q.\tEst-ce que la \u201cFluide Drive\u201d supprime les à-coups?R.\tDécidément oui! La \"Fluid Drive\u201d supprime les chocs au démarrages et les secousses du roulement.Q.\tEst-ce que la \u201cFluid Drive\u201d diminue les dérapages et empêche les roues de tourner folles?R.\tOui.La \"Fluid Drive\u201d diminue fortement le patinage parceque l\u2019application de l\u2019énergie est adoucie par l\u2019huile.Q.\tEst-ce que la \u201cFluid Drive\u201d assure un meilleur contrôle de la voiture?R.\tAssurément.Parcequ\u2019il y a moins d'organes pour absorber l\u2019attention et parceque les roues arrière ont une plus forte adhérence au sol.Q.\tEst-ce que la \u201cFluid Drive\u201d supprime les changements de vitesses?R.\tVous pouvez la plupart du temps rouler en troisième (High), arrêter ou partir sans désembrayer.Quand la \"Fluid Drive\u201d est utilisée avec la Transmission Simpli-matique De Soto vous pouvez faire toutes vos courses ordinaires sans changer de vitesses.Q.\tLa \u201cFluid Drive\u201d est-elle encore à son état expérimental?R.\tPas du tout.Il y a plus de deux ans que la \"Fluid Drive\u201d est en usage dans les voitures coûteuses.Une usine tout à fait nouvelle a été bâtie en vue de la fabrication exclusive de ce mécanisme de commande déjà consacré par l\u2019usage.Q.\tCombien de temps la \u201cFluid Drive\u201d durera-t-elle sans être affectée par l\u2019usure?R.\tIl n\u2019y a rien qui peut s\u2019user.La \"Fluid Drive\u201d durera aussi longtemps que la voiture eUe-même.Q La \u201cFluid Drive\u201d n\u2019est-elle pas une autre invention fantaisiste?K.La \"Fluid Drive\u201d est une partie intégrante de la voiture et elle ne disparaîtra pas.Des ingénieurs de renom se sont efforcés de trouver quelquechose de semblable depuis l\u2019avènement de l\u2019automobile.En importance la \"Fluid Drive\u201d se compare avec les freins hydrauliques.Ces freins ont aussi été introduits par Chrysler et ils sont maintenant standard dans toutes les marques d\u2019autos.Q Est-ce que la \u201cFluid Drive\u201d est une \u201cconception de Chrysler\u201d?R.Oui.Elle s\u2019appuie sur un principe bien connu qui a été rendu susceptible de fabrication intensive grâce aux recherches et aux expérimentations des ingénieurs Chrysler.Q.\tEst-ce que l\u2019huile utilisée dans la \u201cFluid Drive\u201d peut être affectée par la température?R.\tNon.Ni le froid ni la chaleur ne l\u2019affectent.Q.Que devrai-je apprendre avant l\u2019utiliser la \u201cFluid Drive\u201d?U.Il n\u2019y a rien de neuf à apprendre.Vous constaterez tout simplement que vous omettez de réaliser certaines opérations qui étaient auparavant obligatoires.Q.\tComment recule-t-on avec la \u201cFluid Drive\u201d?R.\tDe la même manière qu\u2019auparavant\u2014vous servant de votre embrayage pour exercer le contrôle.Q.Comment trouverai-je une occasion de conduire un De Soto avec la \u201cFluid Drive\u201d?Q.\tPeut-on appliquer les freins contre le moteur avec la \u201cFluid Drive\u201d?R.\tDécidément.L\u2019action de freinage est tout simplement le renversement de la marche.POUR 1941 Q.\tLa \u201cFluid Drive\u201d est-elle i.^é-églable (Foolproof)?R.\tOui\u2014absolument.AVEC LÆ FLUID DRIVE*ETLA TRAÆSMISSIOJV SIALPLJMAIJQUE R.Vous n\u2019avez qu\u2019à vous rendre chez votre dépositaire De Soto le plus près de vous, et il sera heureux de vous en fournir l\u2019occasion. 20 Le Samedi CHAPITRE VI KAZONGO ARRÊTÉ | E noir attendait maintenant, au centre de la pièce; assis à deux pas de lui, Martins attardait sur son masque tranquille des regards investigateurs .C\u2019était sans succès encore que l'inspecteur avait espéré surprendre une simple contraction des muscles, une expression étonnée sur le visage du magicien .Kazongo semblait trouver la présence de la figurine dans la loge de l\u2019assassinée tout à fait naturelle .\u2014 Eh bien, reprit Martins, la présence de cet objet dans cette loge ne voue semble-t-elle pas anormale ?J\u2019imagine qu\u2019il n\u2019est pas venu là tout seul .\u2014 C\u2019est aussi mon avis, opina Kazongo .Tout à l'heure sur le plateau, je m'étais bien aperçu de sa disparition, mais comme je possède une dizaine d'effigies de ce genre, je n'ai pas insisté, j'ai pensé que la statuette était tombée quelque part dans ma loge quand on a emporté mes accessoires !.D'ailleurs une figurine de cette sorte n\u2019est pas difficile à modeler .\u2014 Vous modelez vous-même ces figurines ?.\u2014 Parfaitement !.Ce n'est pas difficile ! \u2014 Dans ces conditions, pouvez-vous m'expliquer pourquoi celle que nous avons découverte ici reproduit avec une troublante ressemblance les traits de Sadie Markton ?.\u2014 Cela n'est pas bien sorcier, j'ai pensé à Sadie Markton en la modelant, voilà tout ! Une autre représente le Président Roosevelt, une autre encore le colonel Lindbergh, je ne suppose pas que le fait d'avoir tenté de reproduire de mon mieux les silhouettes de ces hommes illustres ait nui à leur santé et à leur prospérité ?¦\u2014 Nous sommes d\u2019accord ! Mais j'imagine que les figurines de Lindbergh et du Président n'ont pas été comme celle-ci transpercées par une aiguille à la place du cœur .Vous savez comment on appelle cette opération ?Point n'est besoin d\u2019être fervent adepte de la magie pour se rendre compte qu\u2019il s\u2019agit là d'une opération d'envoûtement .\u2014 C'est tout à fait mon avis .Seulement, permettez-moi de vous présenter une .sbjection.La figurine m'appartient bien, mais lorsque je l\u2019ai vue pour la dernière fois, elle n'était pas transpercée par cette aiguille .S\u2019il y a eu tentative d\u2019envoûtement, je puis vous affirmer que j'y suis complètement étranger !.C'est une main inconnue qui s\u2019est livrée à cette opération !.Kazongo s\u2019exprimait toujours avec une déconcertante sérénité, mais Martins persévéra implacablement dans son questionnaire .Il comprenait qu\u2019il se trouvait en présence d\u2019un adversaire de taille, pourtant il ne désespérait pas de le prendre en défaut ; \u2014 Il paraît çue vous aviez prononcé, il y a peu de temps encore, des paroles qui n\u2019avaient rien de très amical à l\u2019égard de Sadie Markton.\u2014 Ces paroles, je les répéterais sans sourciller s'il le fallait .Cette femme était plus mauvaise qu'une gale .Jamais personne n'a éprouvé autant de plaisir qu elle à m'humilier devant tous mes camarades ! \u2014 Alors, vous vous sentez profondément satisfait de sa disparition ?.\u2014 Sans manifester d'allégresse, je vous avoue bien sincèrement que j'éprouve un véritable soulagement ! La présence de cette femme dans mon voisinage me pesait !.Elle me mettait les nerfs à rude épreuve ! J'en venait presque à la considérer comme mon mauvais génie !.LE BALLET D (Suite de la \u2014 Permettez-moi de vous rappeler à l\u2019ordre !.Vous vous trouvez en présence d'un cadavre, Mr Kazongo !.Le respect de la mort devrait .\u2014 Sans doute, Monsieur l\u2019inspecteur, mais je crois que vous connaissez un proverbe qui dit que le corps d'un ennemi mort sent toujours bon ! \u20141 Prenez garde !.Vous ne soupçonnez pas la gravité des paroles que vous êtes en train de prononcer !.\u2014 Vous m'avez demandé de vous dire la vérité, j\u2019obéis voilà tout ! Je mentirais en vous déclarant que je suis accablé par un chagrin profond à la suite de la mort de Sadie Mark-ton !.Teddy Marrent considérait avec étonnement Kazongo.Le régisseur mesurait en effet toute la gravité des réponses du magicien.S\u2019agissait-il là de cynisme ou d\u2019inconscience ?Le noir était-il comédien ou criminel ?Bien fin qui eût pu le deviner !.Immobiles, Nat Carver, Mary et le coroner observaient tour à tour l'inspecteur et son interlocuteur.Le calme et l'assurance de Kazongo les interloquaient visiblement .\u2014 L\u2019habilleuse a déclaré vous avoir surpris, à plusieurs reprises, passant et repassant devant la loge de Sadie Markton ?.Pourriez-vous expliquer les raisons de cette insistance ?.\u2014 Je cherchais mes trois boys qui jouaient à cache-cache à l\u2019étage au-dessus, répondit Kazongo .Ces maudits garnements sont toujours en train de se faufiler dans les coulisses et de grimper jusque dans les cintres.Le plus grand d'entre eux, Jonas, a contracté la fâcheuse habitude de se jucher sur la passerelle qui surplombe la scène ; si je ne le contraignais de temps à autre à déguerpir, il ferait fonctionner le projecteur qui se trouve installé à cet endroit.C\u2019est un touche-à-tout dangereux que nous sommes parfois contraints de punir sévèrement, sa mère et moi !.\u2014 La loge de Sadie Markton ne se trouve pas précisément située dans les cintres !.objecta Martins .Cette histoire de cache-cache ne peut décemment nous satisfaire ! \u2014 Je le regrette, je vous ai dit pourtant toute la vérité .Interrompant son interrogatoire, l\u2019inspecteur se tourna vers le coroner : \u2014 Vous ferez bien de confier cette aiguille à examiner sur-le-champ à vos deux collaborateurs, Sembley.Ils pourraient en effet découvrir des empreintes digitales susceptibles de faciliter nos recherches !.\u2014 Je la leur porte tout de suite .Ils attendent dans le bureau du secrétaire de la direction, repartit le coroner .Dans cinq minutes je serai là et vous mettrai au courant du résultat de leur examen !.Sembley sortit, l\u2019inspecteur reprit aussitôt son interroqatoire, Kazongo n'abandonna rien de son assurance et de son flegme, pourtant, dans la plupart de ses réponses perçait toujours la haine qu'il éprouvait à l\u2019égard de la vedette morte .Cette hostilité qu'il manifestait inlassablement pour Sadie Markton même au delà de la mort, provoquait chez Martins et sur ses voisins la plus fâcheuse des impressions .\u2014 Il ferait bien mieux de se taire, se dit en uli-même Teddy Marrent qui assistait toujours à l\u2019interrogatoire .Cet acharnement stupide aggrave son cas .En dépit de ses affirmations répétées qu'il n'a point ES INCAS page 18j pénétré dans la loge et qu\u2019il n'a pas tué, il paraît de plus en plus évident qu\u2019il désirait de tout cœur la disparition de Sadie Markton .Le retour du coroner vint interrompre les réflexions du régisseur, Sembley rapportait la figurine, l\u2019aiguille qui la transperçait toujours de part en part, demeurait encore recouverte de la couche de poudre blanche dont les collaborateurs du coroner l\u2019avaient saupoudrée .\u2014 Eh bien, demanda Martins, avez-vous découvert des empreintes ?.\u2014 Pas la moindre !.La personne qui a manipulé cette aiguille s\u2019était au préalable munie de gants !.\u2014 Le criminel a singulièrement organisé son plan !.fit Martins.Mais passons, nous allons procéder maintenant à l\u2019interrogatoire de tout le personnel !.Tour à tour, artistes, figurants, électriciens, machinistes, collaborateurs de toutes sortes du Gaity, spectateurs qui s\u2019étaient hasardés dans les coulisses, se trouvèrent soumis à un questionnaire des plus serrés .Si la plupart n\u2019apportèrent que peu de précisions, par contre une quinzaine des artistes fournirent des preuves évidentes de l\u2019hostilité latente qui s affirmait sans cesse entre Sadie Markton et Kazongo .Un équili-briste assura qu\u2019il avait entendu le noir déclarer qu\u2019il danserait le jour où la vedette aurait vendu sa vilaine âme au diable .Interrogé à ce sujet, Kazongo ne chercha pas à nier le fait .D\u2019autres menus incidents furent retracés et en particulier les protestations véhémentes du noir chaque fois que ses camarades l\u2019appelaient « Fleur-de-Farine ».\u2014 Je considère cette insulte comme une atteinte à l\u2019honneur de ma race et à ma dignité d\u2019artiste, repartit simplement Kazongo, consulté à ce sujet.Je suis illusionniste, non pas clown !.L\u2019interrogatoire de Tonio Jimenez vint déplacer quelque peu l\u2019intérêt et détourner momentanément l\u2019attention générale qui s\u2019attardait jusqu\u2019ici sur le noir.Le danseur nu déclara s'étonner que sa partenaire eût été victime d'un poison foudroyant : \u2014 Je puis certifier que Sadie ne se trouvait pas dans son assiette au moment même où se déroulait le ballet des Incas !.Elle semblait étourdie et avait presque complètement oublié les figures que nous avions pourtant étudiées et répétées longuement ensemble .A un certain moment, je lui ai conseillé à voix basse de se retirer pendant quelques instants dans la coulisse afin d\u2019enlever son masque et de prendre un cordial .Les girls auraient enchaîné en exécutant un numéro d'ensemble et le public ne se , serait aperçu de rien !.Sadie n'a rien voulu entendre, et ce n'est certainement pas grâce à elle si le ballet s'est achevé par un véritable triomphe .\u2014 Et vous n\u2019avez pas revu votre camarade depuis qu elle est retournée dans sa loge ?.\u2014 Pas un instant .J'étais d\u2019ailleurs occupé à me démaquiller, et cette besogne que j\u2019accomplis avec l\u2019aide de mon maquilleur me demanda plus d\u2019une heure !.Je ne vous conseille pas de vous dorer le corps, inspecteur, vous vous rendriez compte que tout n'est pas toujours très engageant dans notre métier !.Mais revenons à nos moutons ! J'avais à peine commencé de me débarrasser le visage quand on m\u2019a crié derrière la porte que Sadie était morte et que nous devions tous demeurer à la dis- position de la Justice .C\u2019est pourquoi, dès que je me suis trouvé complètement débarrassé de la peinture dorée qui me recouvrait tout entier, j\u2019ai passé me^ vêtements, et je suis accouru à votre appel.\u2014 Je vous remercie de votre empressement, Master Jimenez.Permettez-moi de vous adresser une autre question.Que pensez-vous de l\u2019attitude de Kazongo vis-à-vis de Sadie Markton ?.\u2014 Je savais qu'ils se détestaient cordialement .Le seul fait que je puisse vous citer à ce sujet, c'est que j\u2019ai aperçu Kazongo qui attendait, adossé contre un portant pendant que nous dansions le « ballet des Incas ».Tout en évoluant sur la scène, je fus frappé par l\u2019expression d\u2019implacable haine qui se burina à un certain moment sur le masque du noir pendant que ses regards s\u2019arrêtaient sur ma malheureuse partenaire .Voilà !.C\u2019est tout ce que je puis vous dire .Un dernier conseil cependant ; si vous voulez découvrir la vérité vous ferez bien d'abandonner l\u2019hypothèse que Sadie a été tuée par un poison foudroyant.Sans doute l\u2019examen du cadavre vous permettra-t-il de vous rendre compte que ma partenaire devait être déjà passablement intoxiquée par le poison quand elle exécuta à mon côté le ballet des Incas !.\u2014 Mes conclusions sont formelles, déclara alors le coroner, la mort a été provoquée par une piqûre et non par l\u2019absorption d'un poison ou d\u2019un toxique quelconque !.Le liquide dont s\u2019est servi l'assassin doit être en tout point semblable au terrible curare que les Indiens de l\u2019Amérique du Sud emploient d\u2019ordinaire .Vous savez que ces indigènes abattent leur gibier ou leurs ennemis au moyen de sarbacanes qui lancent à des distances parfois surprenantes des dards empoisonnés .\u2022\u2014 Voilà une hypothèse que nous pourrions peut-être retenir, hasarda Nat Carver .Quelqu\u2019un a bien pu des coulisses profiter de ce que l'attention demeurait concentrée sur les danseurs et sur les girls .\u2014 Impossible ! coupa l'inspecteur, péremptoire .Tout d\u2019abord, d'après les déclarations du coroner, si Sadie avait été atteinte par un dard au poignet en pleine représentation, la mort eût été foudroyante !.\u2014 Mais si la fenêtre était ouverte dans la loge?insinua Teddy Marrent, une personne, postée sur le toit ou tout près d\u2019une fenêtre voisine .\u2014 La fenêtre était fermée, je vous le jure ! interrompit à ce moment l\u2019habilleuse .-\u2014 D\u2019ailleurs, surenchérit Martins, en admettant que l\u2019assassinat se soit passé de la sorte, nous n'eûssions certainement pas manqué de découvrir le dard meurtrier ., Or, nous n\u2019avons trouvé que cette seule figurine .Et elle appartient à Mr Kazongo !.L\u2019inspecteur s\u2019adressa alors au noir qui attendait, plus impassible que jamais.\u2014 Les charges qui pèsent sur vous sont très graves, déclara-t-il.Vous n\u2019avez même pas eu la pudeur de nous dissimuler les sentiments que vous éprouviez à l'égard de votre victime !.\u2014 Sadie Markton n'est pas ma victime ! protesta le nègre avec force .D'ailleurs je vous eusse avoué franchement l\u2019avoir abattue si je l\u2019avais fait en réalité .Sadie Markton est partie pour un monde meilleur, vous m\u2019en voyez ravi.Mais ce n\u2019est pas moi qui lui ai payé son billet ! Je ne la rencontrai plus, ricanante et sarcastique sur mon passage! .Le destin s'est chargé de lui régler son compte . 15 FÉVRIER 1951 21 \u2014 Allons ! Trêve de comédie, Ka-zongo, tout nous encourage à penser que vous avez apporté une aide sérieuse à ce destin !.\u2014 Dans ces conditions, rétorqua le noir, toujours étrangement calme, expliquez-moi comment j'aurais pu agir! \u2014 Vous avez eu recours à quelque mystérieuse pratique semblable à celles que vous utilisez pour votre numéro, voilà tout !.Expliquez-vous comment vous pouvez provoquer chez des milliers de spectateurs l'illusion atroce que vous décapitez réellement vos trois enfants ?.\u2014 Attention ! inspecteur, vous vous aventurez là sur un domaine qui vous demeure strictement interdit .Le secret professionnel et les exigences de mon métier m'empêchent de vous répondre !.Si l'on connaissait ma méthode, je serais grillé inévitablement par des confrères .Tout ce que je puis vous dire, c\u2019est que je suis absolument innocent de ce crime !.\u2014 Je voudrais bien vous croire, Kazongo, malheureusement la plupart des témoignages que je viens de recueillir concordent à vous accabler !.\u2014 Donnez-moi des preuves de ma culpabilité !.\u2014 Fournissez-m'en de votre innocence !.Les deux hommes se dressaient en ce moment face à face, semblables à des adversaires qui engagent une lutte implacable.Kazongo semblait vouloir sortir du calme qu\u2019il observait jusqu\u2019ici.Mais Martins l\u2019arrêta d\u2019un geste bref : .\u2014 Au nom de la loi, Kazongo, je suis obligé de procéder à votre arrestation .Veuillez me suivre ! .\u2014 Mais, protesta le noir, je voudrais auparavant prévenir ma femme et mes enfants actuellement à Harlem .\u2014 Soyez tranquille, intervint Teddy Marrent.Je vais me rendre moi-même à Harlem et les aviser sans retard !.\u2014 Rassurez-les et dites leur bien que je suis innocent.J espère d ailleurs que je n\u2019aurai pas grand\u2019 peine à prouver que je suis pour rien dans la mort de cette créature .Et avant de sortir, Kazongo^ gratifia le cadavre de la danseuse d'un regard où se lisait une joie haineuse .Quelques instants plus tard, il disparut, emmené par les policiers .CHAPITRE VII LA PETITE MAISON DE HARLEM JE vous assure, monsieur Teddy, Kazongo est innocent comme l\u2019enfant qui vient de naître !.Voulez-vous connaître mon avis : eh bien, c'est parce qu\u2019il a la peau noire qu on l\u2019a arrêté .Nous, pauvres malheureux, nous serons toujours des esclaves !.» Le régisseur ne répondit pas, il attendait, assis dans le coquet petit salon de la villa qu\u2019habitaient à Harlem, quartier nègre de New-York, Je magicien et sa petite famille .Il s y était rendu dès le début de la matinée et avait annoncé 1 arrestation de Kazongo, aussitôt, Blanche, la femme de l\u2019artiste noir, n avait pu retenir ses sanglots ; auprès d elle ses trois enfants, Jonas, Phidias et Aristide, âgés respectivement de treize, de onze et de dix ans, pleuraient à chaudes larmes .C était à qui gémirait le plus fort.A la fin, 1 eddy Marrent se décida à intervenir .\u2014 Au nom du ciel, ne vous lamentez pas de la sorte ! Si nous nous trouvons, comme je le souhaite, en présence d'une erreur judiciaire, la vérité ne tardera pas à éclater .\u2022 Kazongo n\u2019est pas encore sur la chaise électrique, que diable !.A la seule évocation de l'instrument de mort, Blanche Kazongo se mit à pousser des cris perçants, pendant quelques instants elle se débattit au milieu de ses enfants éperdus, en proie à une véritable crise de nerfs, alors Teddy prit un mouchoir qui traînait sur un guéridon et se mit à tamponner avec insistance les yeux ruisselants de larmes de la négresse.-\u2014 Consolez-vous !.Soyez calme !.Si vous saviez combien votre mari a montré de flegme et de sérénité sous les accusations dont il était l\u2019objet !.\u2014 C'est un scandale !.Une injure faite à notre race, insista l\u2019infortunée Blanche .Mais les nôtres sauront se venger !.Harlem attaquera Broadway et prendra s\u2019il le faut Manhattan pour obtenir justice !.Le Président sera bien obligé de faire élargir Androclès !.Androclès, c\u2019était tout simplement l'illustre Kazongo ! Exaspérée Blanche se répandit encore pendant un moment en menaces ; tout autour se poursuivait le concert peu harmonieux des hurlements et des lamentations de ses trois rejetons, par bonheur le régisseur parvint à convaincre sa voisine de l\u2019inutilité d'une telle levée de boucliers : \u2014 Rassurez-vous, Mistress Kazongo ! déclara-t-il.La bonne foi de votre mari est trop flagrante .Il saura bien trouver le moyen de s\u2019innocenter !.N'est-il pas parvenu a triompher d\u2019autres difficultés !.\u2014 Androclès est certes un puissant magicien ! soupira la pauvrette, mais la perfidie des Blancs s\u2019affirme plus forte encore que sa science !.Le fantôme de Sadie Markton le poursuit !.Cette mauvaise femme a été certainement envoyée sur terre par le démon pour le persécuter !.Le jeune homme porta la main à sa contrepoche et tira de son portefeuille un chèque que lui avait remis Nat Carver avant son départ du Gait y.¦\u2014 Le directeur m\u2019a remis ce chèque de trois mille dollars à votre intention, Mistress Kazongo, expliqua-t-il .Il les devait à votre mari pour ses derniers cachets .Maintenant, si vous voulez bien m'accompagner là-bas avec vos enfants, vous pourrez répondre sans doute à l\u2019interrogatoire de l'inspecteur Martins qui voudrait vous poser quelques questions ! \u2014 Je hais cet homme qui a fait enchaîner Androclès !.\u2014 Rassurez-vous, Mistress Kazongo .Votre époux ne gît pas encore sur la paille humide des cachots .Il jouit pour le moment d\u2019un régime de faveur !.\u2014 Que pourrais-je dire pour faciliter sa libération ?soupira la négresse .Je ne sais absolument rien de ce qui s\u2019est passé !.Je ne connaissais même pas cette Sadie Markton ! .\u2014\u2022 Qu'importe.Il faudra me suivre avec vos enfants .C\u2019est une indispensable formalité à remplir .Je suis venu à Harlem pour vous donner un peu de courage.\u2014 Eh bien, soit, je m\u2019en vais me préparer !.Tandis que le régisseur contemplait le riant décor du logis de Kazongo, Blanche s\u2019empressa de plaquer son chapea usur sa chevelure, puis gratifiant de claques bien appliquées ses trois enfants qui commençaient déjà à se chamailler, elle posa à chacun un béret sur sa tête crépue, puis elle sortit en compagnie de Teddy Marrent et de sa progéniture .Pendant tout le temps que dura le trajet de Harlem à Broadway, le ré- t \u201cSivoué des MAINS ayez douces et satinées, (Vedette airaee de Hollywood) ; POURQUOI AS-TU l INVITÉ CETTE ,VILAINE JANE BROWN À DÎNER?VOIS-TU, SUE- u JANE A DES MAINS SATINÉES _ SI DOUCES! LE MEME JOUR CE N\u2019EST PAS UNE EXCUSE.EMPLOIE LA LOTION JERGENS.ELLE DONNE CETTE DOUCEUR > DE LA PEAU, CETTE MOITEUR < OUI AIDE À MAINTENIR ,\tLES MAINS DOUCES r\tCOMME LE VELOURS.^ r C\u2019EST VRAI.MES MAINS SONT RÊCHES! e JE DOIS LES LAVER > r DOUZE FOIS ^ PAR JOUR.] OH! SUE, \" J'AIME TES DOUCES MAINS! làt * Brenda Joyce et Robert Convi ay.acteurs préférés de 20th Century-Fox.Pour avoir des mains douces et aimées, des milliers de jeunes filles emploient la Lotion Jergens.Apprenez ce moyen célèbre d\u2019obtenir des MAINS adorables Essayez une fois ! C\u2019est si bon pour une peau rêche ! Cela l\u2019adoucit si rapidement 1 Deux ingrédients fins de la Lotion Jergens sont souvent employés par les médecins pour rendre à une peau cassante sa souplesse exquise.L'emploi constant empêche la vilaine rudesse et les gerçures.Elle ne colle pas.Commencez maintenant à vous servir de la Lotion Jergens, 50}s intlmes où trouver les cons\tïa dont elle a besoin .u nouvelle br°ch GRATüTTE.u\"o.^University Avenue, Toronto, Ont.cni>niivpz sa nouvelle douceur.Eprouvez sa nouvellesûreté.Comparez ses nnilVPîtUX DOUtS plUï* I\u2019\tvia tnûCl DÉPOS! 34 Le Samedi DIX PRIX A GAGNER CHAQUE SEMAINE LES DIX GAGNANTS \u2014 DIX JEUX DE CARTES Solution du Problème No 477 Problème No 476 M.O.Laviolette, Black Lake Esc, comté Mégantic, P.Q.; Mlle Rose Bouchard, 1675, rue Ayl-win, Montréal, P.Q.; Mlle Almanda Brazeau, 23 72, rue St-Antoine, Montréal, P.Q.; Mlle Simonne Lévesque, Boîte Postale 397, Rober-val, comté Roberval, P.Q.; Mlle Monique La-brecque, Couvent de Disraéli, comté de Wolfe, P.Q-; Mlle Camille Pagé, Masson, comté de Hull, P.Q- ;Mlle Colette Koenig, 248, 2e Avenue, Québec, P.Q.; Mme Louis Harvey, 1817, de La Salle, (Maisonneuve), Montréal, P.Q.; M.E.Régimbal, 1.A.St-Cyrille, Québec, P.Q.; Mlle Françoise Turcotte, 234, rue des Oblats, Québec, P.Q.LES MOTS CROISES DU \" SAMEDI \" \u2014 Problème No 478 (Les réponses doivent nous parvenir le jeudi soir, au plus tard.) Nom Adresse Localité - Province __________ Adressez : LES MOTS CROISES, Le Samedi, 975, rue de Bullion, Montréal, P, Q.HORIZONTALEMENT DANS LE MONDE SPORTIF (Suite de la page 1) 1.\tStupide.\u2014 Déesse de l'abondance chez les Romains.\u2014 Panier plat.2.\tChaîne de montagnes de l\u2019Asie Centrale.\u2014 Ville du Sénégal.3.\tNom scientifique de la grande marguerite des prés.4.\tDu verbe aller.\u2014 Ville de Belgique.\u2014 Epoque.\u2014 Fleuve d'Italie.5.\tFleuve d\u2019Allemagne.\u2014 Interjection.\u2014 Parasite.6.\tObscur.\u2014 Temps destiné par l'église pour se préparer à la fête de Noël.\u2014 Lévier de la bride d\u2019un cheval.7.\tOter.\u2014 Légumineuses.-\u2014 Parties plates des avirons.8.\tTronc d\u2019arbre.\u2014 Tonneau qui sert à transporter de l'eau.9.\tNote.\u2014 Consommer par l\u2019usage.-\u2014 Frotté d\u2019huile.-\u2014- Démonstratif.10.\tMettre à l\u2019écart.\u2014 Souder de l\u2019acier à du fer.11.\tLiquide transparent et inodore.\u2014 Aiguiser sur une meule.\u2014 Unité.12.\tPetit ruisseau.\u2014 Large sillon.\u2014 Pronom personnel.13.\tUnité de mesure pour les surfaces agraires.\u2014 Art de lancer.\u2014 Nom donné aux officiers turcs.14.\tEtoffe claire de soie.\u2014 Grosse pluie de peu de durée.15.\tPrincipe particulier qui existe dans beaucoup de fruits.\u2014 Qui contient beaucoup de crème.VERTICALEMENT 1.\tPersonne qui s\u2019abandonne à une vie d\u2019intrigues.2.\tParticule.\u2014 Ville de Chine.\u2014 Fils d\u2019Isaac.\u2014 Démonstratif.3.\tRivière d\u2019Alsace.\u2014 Titre féodal de certains seigneurs.\u2014 Conjonction.\u2014 Portion de circonférence.4.\tRavis.\u2014 Eloignement nécessaire pour bien voir une chose.\u2014 Disposé.5.\tMammifère insectivore.\u2014 Liquide qui se divise en gouttelettes.\u2014 Tête d'une tige de blé.6.\tVille du Pérou.\u2014 Fin.\u2014 Pronom personnel.7.\tOrnement de chapiteau dorique.\u2014 Du verbe avoir.8.\tGrand chat du genre léopard.\u2014 Ciseau d\u2019acier pour couper les métaux.9.\tVille d\u2019Autriche.\u2014 Ferme.10.Arbrisseau de la Chine.\u2014- Mitre à trois couronnes que porte le pape.\u2014 Métal.1 1.Précieuse.\u2014 Sorte de tenailles.\u2014 Unité de mesure pour les surfaces agraires.12.\tA de l\u2019affection pour quelqu\u2019un.\u2014 Vêtement de femme.\u2014 Nom des tunes gaéliques.13.\tBéante.\u2014 Extrémité de l\u2019axe.\u2014 Petit ruisseau.\u2014 Vieux.14.\tCarte à jouer.\u2014 Interstice.\u2014 Adjectif numéral.-\u2014 Du verbe avoir.15.\tCouvert de poussière.¦\tIl y a 17 ans, les dirigeants russes réunirent dans une petite ville, Bolchevo, banlieue de Moscou, tout ce qu\u2019ils comptaient de détrousseurs, de pickpockets, d'escrocs et de perceurs de coffres-forts.Tous ceux qui se sont laissé prendre, bien entendu.Ils choisirent dix-huit détenus, parmi les plus endurcis dans le crime.Ils les installèrent à Bolchevo, choisirent un directeur de cette colonie pénitentiaire.En 1941, Bolchevo groupe 4,000 âmes de gredins convertis qui travaillent, s\u2019administrent eux-mêmes, deviennent, après un stage de six mois, citoyens libres .Us ont fait venir leur famille.Tant et si bien que Bolchevo est devenu un village important de 12,000 personnes, tous et toutes dépendant du pénitencier.Une fois par mois, chacun bénéficie d'une permission de 24 heures, pour aller à Moscou en toute liberté .Mais où est le point de vue du sport dans tout cela ?nous direz-vous.Voilà : c\u2019est dans ce village que les « prisonniers » fabriquent une grande partie du matériel sportif de l'U.R.S.S.Plus de 1000 ouvriers travaillent à l'usine de patins.L\u2019on y sort plus de 2,000,000 de patins par an.125 hommes sont employés à la fabrique de raquettes de tennis.Chaque mois, la production est de 5000 raquettes, ce qui permet l\u2019exportation en d\u2019autres pays.La menuiserie est l\u2019usine la plus importante.1500 ouvriers y fabriquent 3,200,000 paires de skis, des luges, des bobsleighs et tous les agrès de gymnastique.Les cordonniers sont 900.Tous les joueurs de football de la Russie, comme tous les joueurs de hockey et les skieurs, sont chaussés de chaussures « made in Bolchevo ».Cela ne veut pas dire que tous les apaches de la Russie bénéficient d'un tel régime de faveur.Les prisons regorgent de pensionnaires, qui ne sont pas traités aux artichauts et aux asperges.Peu nous importe.Nous avons parlé de Bolchevo \u2014 une institution pour donner le change à l'étranger qui se laisse duper facilement, une institution montée en épingle à l\u2019usage des voyageurs naïfs \u2014 parce que c\u2019est là qu'on fabrique, en Russie, le plus d\u2019articles sportifs.¦\tCarson Cooper, ancien ailier du club de hockey Détroit, de la N.H.L., assiste à toutes les joutes professionnelles et amateurs, disputées au Garden de Toronto.Cooper, l'un des agents recruteurs des Red Wings, et John Ross Roach, ancien cerbère des Rangers, de New-York et Leafs, de Toronto, lui doivent la découverte du fameux cerbère Johnny Mowers, du Détroit, le gagnan-probable du trophée Vézina, décerné au meilleur gardien de buts de la saison .Dans le hockey professionnel, le système des éclaireurs et recruteurs n'est pas établi sur des bases aussi solides que celles du baseball majeur.Ça viendra.Tout vient à qui sait attendre.Dans la Ligue de Hockey Nationale, les clubs ont bien quelques recruteurs ici et là, mais le plus grand nombre de leurs bonnes recrues leur vienne d\u2019anciens joueurs, qui expriment un désir sincère d\u2019aider leurs anciens patrons en jouant le rôle d\u2019éclaireurs bénévoles.Bien plus, bon nombre de joueurs se font un plaisir d\u2019introduire à leurs directeurs certains joueurs de leurs amis ou de leurs connaissances, dont les talents athlétiques sont des plus prometteurs.Dans tous les clubs de la N.H.L., nous pourrions y trouver des exemples du genre.¦\tGene Chouinard, gérant et instructeur des Sénateurs d Ottawa, meneurs de la Ligue de Hockey Senior de Québec, attribue une bonne part des succès de ses joueurs aux biftecks saignants et aux œufs frais, dont les Pratt, les St-Denis, les frères Lemay, etc.se nourrissent.Sans aucun doute, la sauce à laquelle Chouinard accommode ses athlètes est une sauce qui conviendrait à beaucoup de joueurs d\u2019autres clubs du circuit senior.Il y a des gérants (cuisiniers de seconde zone) qui font avaler à leurs joueurs des clous disant que ces clous représentent le fin du fin des calories.¦\tPlusieurs humoristes de nos connaissances soutiennent mordicus que ce qui nuit à la lutte libre, à Montréal, dans l\u2019esprit du public (qui se raffine), c'est sa sincérité.Expliquons-nous à ce sujet.Le lutteur français Maurice Tillet, la laideur même, se fait fi de la mise en scène des promoteurs Paul Bowser et compagnie.Il sait bien qu\u2019elle le tournera en ridicule, le jour où le public saura que plusieurs lutteurs peuvent coller ses deux épaules au tapis, en moins de 5 ou 10 minutes.La manne passe, il en profite.Maurice Tillet n'est pas un dépensier.Il fait, de temps à autre, le compte de sa fortune, dispersée dans plusieurs banques des principales villes des Etats-Unis, où il attire une foule de badauds.Plus de $3000 de son avoir sont dans les mains de nos banquiers montréalais.¦\tSaviez-vous qu'il fallait dix livres de bois brut pour fabriquer un bon bâton de hockey de 20 onces, dont se servent les joueurs du Canadien ?D\u2019après Jos.Choquette, le plus grand expert dans la fabrication des bâtons de hockey, tout près de deux pintes d'eau sont enlevées dans ces dix livres de bois.LES 16 COMMANDEMENTS du FERVENT DES EXERCICES DE CULTURE PHYSIQUE Tous les matins tu te lèveras A la même heure exactement.Puis aussitôt tu feras Tes exercices correctement.Fenêtres ouvertes quand tu pourras, Toujours vêtu légèrement.Puis après, tu déjeuneras De fruits presque exclusivement.Ensuite tu t\u2019habilleras Assez, jamais trop lourdement.A tes affaires tu iras A pied, d'un bon pas tout le temps.Ainsi tu travailleras A l\u2019aise, très facilement.Pour déjeuner tu mangeras Sainement et très sobrement.Puis à nouveau tu marcheras Pour digérer allègrement.D'apéritifs tu t\u2019abstiendras, C\u2019est important, absolument.L heure du dîner arrivera, Ça c est sûr, quotidienement, Et le soir tu te nourriras De légumes et fruits suffisamment.Un peu de bière tu boiras, Mais sans excès évidemment.Puis, pas trop tard te coucheras, Fenêtres ouvertes grandement.Tes jours de repos t\u2019exerceras Au grand air certainement.Et moyennant ça tu vivras Très vieux et toujours bien portant. 15 FÉVRIER 1941 35 LE FINLANDAIS (Suite de la page 10J A quelques pas, une autre maison était habitée.Une vieille femme y demeurait encore, que rien ne pouvait plus étonner depuis qu\u2019il y avait la guerre et qui ne montra aucune surprise du retour de Burgen.Il sut par elle que Vremi se battait contre les Russes dans les environs et revenait de temps à autre dans la maison qu'Olga n\u2019avait pas voulu quitter ; puisqu'il était au danger, elle entendait rester le plus près possible de lui.L'aigreur de Burgen en fut encore accrue et son besoin de vengeance s\u2019exaspéra davantage.Puisque Vremi se battait, il irait vers la bataille pour le joindre.Belle occasion de l'abattre, en vérité ! Et dans ses poches, il serrait, de ses poings crispés, les deux pistolets automatiques dont il ne se séparait jamais en Amérique du Nord.Avant de s\u2019éloigner, il voulut se recueillir un moment dans l\u2019humble demeure paternelle.En passant de nouveau près de la maison d\u2019Olga, il détourna les yeux et baissa la tête.Ah ! comme il était tenté d'y pénétrer ! Mais avec les pensées qui l\u2019animaient à l'égard du mari, il n\u2019aurait pas le courage de voir la jeune femme, de lui parler : il craignait déjà, par anticipation, un remords en sa présence .Il n\u2019était pas depuis un quart d\u2019heure dans le logis désert de ses parents à rêver mélancoliquement au milieu de vieux souvenirs, que le bruit d'une fusillade lui parvint.D\u2019un bond, il fut dehors.Il gagna les bois voisins et s\u2019élança, souple et rapide, malgré les difficultés du terrain et la semi-obscurité de la nuit constante, dans la direction d'où provenaient le crépitement des balles, le tacatac des mitrailleuses et le bruit d'éclatement des grenades, mêlés aux grondements espacés de l\u2019artillerie, dont l\u2019écho faisait vibrer la futaie ténébreuse et tout encapuchonnée de neige glacée.Il n eut pas à aller très loin, car les Finlandais, luttant à un contre vingt, étaient obligés de reculer.Bientôt il put voir l'éclair des coups de feu, puis des ombres se mouvant à h abri des arbres.Il croisa deux blessés, dont le moins atteint portait l'autre vers l'arrière.Il leur demanda pour la forme des renseignements sur le combat et apprit ce qu'il désirait : à savoir que MESSIRE (Suite de Il faut donc chercher ailleurs une cause directrice.Où ?nous attendons toujours que les messieurs des laboratoires nous le disent.Ah ! sans doute, on en a trouvé, des explications ; c'est-à-dire qu on a fait des belles phrases bourrées de termes savants ; on a fait intervenir des forces inconnues et par conséquent mystérieuses ; il en est résulté des théories pas très claires qu un homme intelligent renonce à comprendre mais que des ânes trouvent par contre très lumineuses afin de passer pour des êtres subtils.En fin de compte, les étoiles de neige sont là, régulières, harmonieusement enchevêtrées, d\u2019un dessin parfait sans qu on sache pourquoi.\t_ J'avais bien raison, tout à 1 heure, de dire que les anciens avaient manqué là une belle occasion d inventer une divinité quelconque personnifiant les dessinateurs passés, présents et à venir.Vremi comptait dans les rangs de la troupe qui se repliait.L\u2019impatience de se trouver en face de celui qu'il haïssait lui mettait la rage au cœur.En quelques pas, il fut auprès des combattants finnois qui cédaient du terrain pied à pied.A la lueur des éclatements, entre les arbres, des silhouettes apparaissaient, démesurément grandies, à ses côtés ; des visages se discernaient fugitivement.Peut-être allait-il se trouver en présence de Vremi.Mais là-bas, à petite distance, il voyait aussi, à la faveur des explosions, la horde hurlante des Russes, s\u2019avançant, fauchée par la mitraille qui creusait dans leur masse d\u2019incessantes trouées, toujours comblées par de nouveaux arrivants.A leur vue, l\u2019évocation de son village, si proche et si menacé, se fit, saisissante, dans son esprit.Il revit en imagination la maison de ses parents retrouvée tout à l'heure avec tant d'émotion, la maison d'Olga.Et subitement, la rage qui l\u2019animait un instant plus tôt uniquement contre Vremi se tourna contre les envahisseurs.Alors qu\u2019il oubliait de chercher son rival au milieu de ses frères luttant pour défendre leur sol, il le vit soudain devant lui, dans l'éclatement d'une grenade.Ils s\u2019étaient reconnus en même temps : \u2014 Burgen ! \u2014\u2022 Vremi ! Mais aussitôt, l\u2019obscurité les avait absorbés.Fébrilement, de ses deux mains étendues, Burgen chercha la vision évanouie.Il heurta le bras de Vremi et l\u2019empoigna fortement : _ \u2014 Viens ! Tous les deux, ce n\u2019est pas seulement la Patrie que nous avons à défendre : c'est notre village ! Restons côte à côte, épaule contre épaule, et nous allons en descendre de ces sauvages ! Vremi, qui ne se doutait pas des criminelles pensées que Burgen avait nourries envers lui jusqu\u2019à cette minute suprême, répondit avec une douceur étrange au milieu de ce combat de titans, mais avec quelle résolution : \u2014 Oui, Burgen, pour leur barrer le chemin : coude à coude jusqu à la mort ! Alors, les dents serrées, mettant toute sa rage à massacrer des Russes, Burgen dit en écho : \u2014 Quand ils seraient cent contre un, ils ne passeront pas ! Henri Cabaud L\u2019HIVER la page 4 ) On voit que la neige peut servir de beau sujet de méditation et d'étude aux dessinateurs d\u2019art mais ce n'est pas son seul avantage ; elle protège la vie des végétaux, celle aussi de pas mal d\u2019insectes dont quelques-uns sont utiles et d\u2019autres serviront de pâture aux oiseaux quand la belle saison reviendra ; elle féconde également le sol.Il faut surtout considérer quelle facilite les communications en bien des endroits où l\u2019on ne pourrait que difficilement passer sans elle, et enfin elle donne aux sports hivernaux un développement extraordinaire.Le ski, dont l'emploi militaire remonte au commencement du treizième siècle est maintenant pratiqué avec _ un réel enthousiasme, à tel point qu à défaut d'une colline bien enneigé pour y déployer leur talent, des skieurs se contenteront à l\u2019occasion de simples trottoirs .Qualité léuifjGAjne SALADA EN LISANT.LA REVUE POPULAIRE vous aimerez à vous reposer dans la lecture de beaux romans d'amour et d'articles sur les sujets les plus divers illustrés abondamment de magnifiques photos et de dessins d'artistes canadiens EN FEVRIER LE CLOS DES CERISIERS par FRANÇOISE ROLAND Un des plus beaux romans de la littérature française.\u2022 Lisez également une foule d'articles richement illustrés sur les sujets les plus variés.PROFITEZ de notre abonnement spécial $2.00 pour 2 ans (Pour le Canada seulement) Coupon d'abonnement : LA REVUE POPULAIRE Ci-indus $1.50 pour 1 an ou $2.00 pour 2 ans (Etat* Unis : $1.75 pour 1 an ou $2.50 pour 2 ans) d\u2019abonnement à LA REVUE POPULAIRE.Nom .Adresse .Ville .Prou.POIRIER.BESSETTE
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