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Titre :
Le samedi
Éditeur :
  • Montréal :Société de publication du "Samedi",1889-1963
Contenu spécifique :
samedi 4 février 1939
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque semaine
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  • Nouveau samedi
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Le samedi, 1939-02, Collections de BAnQ.

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[" PER S 'MOO BNQ 50e année, No 36 Montréal, 4 février 1939 e Samedi LE MAGAZINE NATIONAL DES CANADIENS ' / .P* ¦ m ¦ .PARIS V, .Photo Scaioni ; : « v \",#*æsgi \u2019 jf?, \u2022¦' ; ^ ¦JMymL -r-'ï :*&k - É»W i*' «s ™ #r * '¦%V'* '*Î$P » ^ * j» *.r, y *f-, Les Edifices de la Monnaie d'Ottawa.\u2014 Photo C.N.R.Mon Trésor, CHRONIQUE DE TOUJOURS.\tA A\tA ET SURTOUT D'AUJOURD'HUI\t^ I\tA A\t¦¦ I MT v A P,r LOIS RCLiND iHCN AMOUR! Mon trésor, mon amour !.Ces paroles murmurées avec tout l\u2019accent de la passion la plus sincère et la plus tenace vous font penser tout de suite à une scène sentimentale jouée par deux acteurs de sexe différent.Ce n\u2019est pas tout à fait cela.L\u2019amoureux est un vieux bonhomme de l\u2019espèce des grigous, fesse-mathieu et autres rogne-sous à qui les jolies filles sont aussi indifférentes que la paix mondiale à un simple dictateur.L\u2019amoureuse, elle, ou plutôt l\u2019aimée, l\u2019adorée, c'est une pile de pièces d\u2019or que le vieux pingre couve des yeux en bavant d émotion.C\u2019est le tableau classique de l\u2019avare et de son trésor.* « # C'est aussi le symbole, un peu forcé comme note, mais très vrai, très ressemblant tout de même, de l\u2019espèce humaine en totalité ou presque.Les hommes sont tous, plus ou moins, des gobe-monnaie, des adorateurs du veau d\u2019or, et l\u2019or monnayé n\u2019est pas autre chose que de l\u2019égoïsme façonné en petites rondelles jaunes.L\u2019homme aime l\u2019or pour les plaisirs qu\u2019il procure, pour la puissance qu\u2019il lui donne et pour les tours de cochon qu\u2019il lui permet impunément.Il finit ensuite par l'aimer pour lui-même, et c\u2019est alors sa punition.Un vieil avare est l\u2019être perpétuellement inquiet, donc le plus malheureux qui soit.Il a peur des voleurs, d'une catastrophe imprévue, des révolutions, de la dépréciation possible du précieux métal, de ce qu\u2019on dit et de ce qu\u2019on ne dit pas, de ses amis et de son ombre à lui-même.La nuit il a des cauchemars, et le jour il digère mal.Il est généralement possesseur d\u2019une bonne gastrite, qui n\u2019arrange pas les choses, et chaque feuille qu\u2019il arrache du calendrier lui arrache en même temps quelque chose dans les entrailles.C est un jour de moins à vivre, donc un jour de moins à se torturer la caboche en regardant son or, et ça le décourage en l\u2019irritant.Car il aime sa souffrance, le vieux rapace ! Elle lui fait comprendre l\u2019importance de cet or et entretient son orgueil de le posséder.C\u2019est un vil individu, dites-vous.Peut-être.Mais êtes-vous bien sûr qu\u2019il n\u2019est pas tiré à des centaines de millions d\u2019exemplaires et que l\u2019ensemble de l\u2019humanité vaut beaucoup mieux que lui ?Ce vieil avare ne fait, en réalité, de tort qu\u2019à lui seul ; il aime l\u2019or pour le voir, le toucher, l\u2019entasser.C\u2019est un maniaque, une espèce de malade ; un mauvais citoyen, si vous voulez, puisqu'il séquestre dans l\u2019inutilité de l\u2019or qui serait très utile ailleurs.A moins qu\u2019il ne soit très nuisible .D\u2019autre part, c\u2019est peut-être une crapule qui a sur la conscience des faillites de bien des honnêtes gens qu\u2019il a ruinés mais, parmi tous les accapareurs d\u2019or, combien y a-t-il de vrais honnêtes gens ? Par lui-même, l'or n'est rien de plus qu\u2019un symbole ; c'est un métal relativement rare et par conséquent précieux qui représente la richesse ; mais la richesse, qu'est-ce donc réellement ?Pas autre chose que le pouvoir plus ou moins grand de faire plus ou moins de choses.Toutes sortes de choses au choix dans le catalogue du bien, du mal et de la bêtise.Les lois de transformation qui régissent l'énergie universelle sont applicables aux conditions de la vie humaine : la richesse peut se transformer en pouvoir, et le pouvoir en richesse ; ceci explique de soi-même que ce sont les coffres-forts qui mènent le monde et que, d\u2019autre part, l\u2019intrigant famélique assez chanceux et rusé pour attraper un fromage, c\u2019est-à-dire une parcelle de pouvoir, ne crève que rarement plus tard dans la peau d un gueux, mais le plus souvent dans celle d un millionnaire.L\u2019or est un symbole, ai-je dit ; c\u2019est encore moins que cela : une chose de convention, une illusion ; par lui-même il ne peut rien que créer la plus affreuse des déceptions.Supposez un voyageur égaré dans un désert sans une croûte de pain, sans un verre d\u2019eau mais avec des rouleaux d\u2019or plein ses poches.Que deviendra-t-il ?A bref délai, la proie des vautours et autres charognards, car il crèvera bêtement malgré sa fortune monnayée.Voici, par ailleurs, un sauvage authentique, car il en existe encore des vrais à part ceux qui portent des beaux habits dans le « grand monde » ; il se fout éperdûment de lor qu il né connaît pas et ne connaîtra jamais, le mot « richesse » est pour lui vide de sens, mais il vit tout de même dans le plus doux des conforts et la plus belle des insouciances ; il a du gibier, du poisson, des fruits, de la bonne humeur et, par-dessus tout, l\u2019ignorance des embêtements qui poussent en pays de civilisation comme l\u2019herbe dans les champs ou les mensonges dans le domaine diplomatique.Ne vaudrait-il pas mieux être à la place du sauvage qu'à celle de l\u2019homme perdu dans le désert ?Hélas ! on a beau dire et beau faire, la maladie de l'or est celle dont l\u2019homme ne guérira jamais parce qu\u2019il l\u2019entretient avec un soin jaloux, bien qu\u2019il sache qu\u2019il finit toujours par en claquer.Cela s\u2019observe du petit au grand ; toutefois, les grands y vont à bouchées doubles ou triples ; ce sont des accapareurs \u2014 quelquefois des voleurs \u2014 de grand style et qui jouissent d\u2019une singulière impunité.L\u2019homme qui prend une pièce d'or à son voisin est un voleur ; mais celui qui enlève du territoire à un autre pays, comment faut-il l\u2019appeler ?Comme cet homme est déjà puissant, et qu\u2019il pourrait suspendre les critiques en faisant pendre les criti-queurs, on a pour lui de grands ménagements de paroles.On ne l\u2019appelle pas voleur, mais conquérant.Au fond, c\u2019est un voleur tout comme l\u2019autre ; il a cédé aux mêmes instincts mais sur une plus grande échelle ; il prend et ne paie pas, sinon en menaces et en coups de pied quelque part.Et l'humanité, très bête, très lâche et très servile, trouve cela très bien.L'origine de cet état de choses se perd dans la nuit des temps, c\u2019est la monnaie quelconque qui.même avant l\u2019or, concentra dans quelques fragments de matière l\u2019équivalent du travail et les effets de la puissance.Le mal fut de peu d\u2019importance, tant que cette monnaie d'échange fut pesante et d'un maniement difficile, mais le progrès qui a réussi à condenser des vies entières dans un petit livre gros comme ça, et à loger cent cinquante chevaux (vapeur, il est vrai) sous un capot d'automobile, ce progrès a donné un immense pouvoir à l\u2019or, et par conséquent bougrement augmenté son prestige.Rien d étonnant, dès lors, à ce que les hommes se battent un peu et même beaucoup pour posséder cet or.S'il n\u2019y avait que des honnêtes gens, tout irait bien, et si ces honnêtes gens-là étaient sages, tout irait encore mieux.Mais .Mais il y a les spéculateurs et les voleurs ; ceux qui affolent la Bourse et ceux qui la coupent; il y a les bandits qui opèrent sur les grands chemins et ceux qui volent ces chemins eux-mêmes avec le pays qu il y a autour ; il y a les plats valets, plus ou moins ministres ou généraux, qui pensent au rôle d\u2019imitateurs, et les valets de ces valets qui s\u2019emplissent les poches sans le moindre scrupule afin de s'élever, aux aussi, d\u2019une ou plusieurs marches.Il y a les repus et les mécontents, tous également assoiffés d\u2019or, et les ex-braves gens, devenus hypocrites et crafouillards toujours pour le même motif.Il y a, enfin, les joueurs qui rêvent de la fortune comme d\u2019une alouette qui vous tombera quelque jour toute rôtie dans le bec ; joueurs «d\u2019argent, de situations, d\u2019influences et d\u2019honneurs, laquelle dernière chose il ne faudrait pas confondre avec 1 honneur au singulier.Tout ça pour le veau d or, mon trésor, mon amour .Eh bien, voulez-vous que je vous dise .C est quand on pense à tout ça qu on se sent fier de n avoir guère qu une bonne vieille pipe pour toute fortune, mais de pouvoir y ajouter le cœur d un honnête homme.Une salle de jeu à Monte-Carlo ; c'est là que trop de toiles et de fous espèrent conquérir la fortune par un coup de chance.Il en résulte une moyenne de trois suicides par semaine. LE SAMEDI Misa Grey avait les yeux fixés sur l'inspecteur O'Malley attentif à la conversation téléphonique.La disparition d'AlMTHOISy Ht)LI AT IL arrivait parfois à l'inspecteur O\u2019Malley de détester presque son métier ; il se sentait alors envahi par un immense dégoût pour certaines investigations où l\u2019entraînaient les crimes dont il avait la charge.La chambre de « Sport's Hotel », 10, Catchpole Square, où il avait été appelé d\u2019urgence, son désordre, la sordidité du mobilier, rendu plus horrible encore par la présence du corps inanimé gisant au travers du lit, cette vue le remplissait de dégoût.L'officier de police Jennings, appelé pendant sa ronde pour veiller sur la chambre jusqu\u2019à l\u2019arrivée d'un de ses supérieurs, était à ses côtés : \u2014 Etait-il déjà mort lorsqu\u2019on est venu vous chercher ?demanda O\u2019Malley.-\u2014 Oui.Le détective s\u2019arrêta à quelques pas du lit et examina la chambre : une chaise cannée à moitié brisée était renversée ; les draps étaient en désordre ; un verre, d\u2019où s\u2019échappait une odeur d'alcool, gisait à terre, cassé ; une poignée de monnaie ,à côté d\u2019une montre et d\u2019une chaîne, toutes deux de valeur, traînaient sur la cheminée, intactes.O\u2019Malley, luttant contre une répulsion instinctive dont il n\u2019avait jamais pu se libérer entièrement, s\u2019approcha du lit et examina le mort.Celui-ci paraissait d\u2019âge moyen ; il était rasé et vêtu d\u2019une blouse et d\u2019un pantalon d'ouvrier ; néanmoins, il présentait les apparences d\u2019une situation assez élevée.Sur le plancher, à côté du lit, gisait un revolver dont une cartouche avait été déchargée.\u2014 Le docteur ?s\u2019enquit le détective .\u2014 Le garçon est allé chercher le docteur Flynn qui demeure à côté, et la propriétaire vous attend au rez-de-chaussée.par GILBERT HOLLAND \u2014\tFaites-la monter, ordonna O\u2019Malley.L'officier Jennings s\u2019éclipsa et, peu après, on en entendit des pas lourds dans l\u2019escalier : c\u2019était la femme.\u2014\tConnaissez-vous le nom de cet individu ?demanda le détective .\u2014\tIl se faisait appeler Mr.Smith.Monsieur.Je ne sais si c\u2019était là son vrai nom.\u2014\tDepuis combien de temps était-il ici ?\u2014\tCela fait trois nuits ; il n\u2019était guère ici pendant la journée.\u2014\tSavez-vous quelque chose de lui ?\u2014\tRien, sinon qu\u2019il a payé sa chambre une semaine à l\u2019avance.Je lui ai fait monter deux bocks de bière et une bouteille de ginger-beer hier soir quand il est rentré, parce que les boutiques étaient fermées.\u2014\tEtait-il seul ?Avait-il des visites ?\u2014\tPas que je sache, répliqua la femme ; je ne suis pas toujours ici, naturellement, mais personne n'habitait avec lui .\u2014\tA-t-il dit quelles étaient ses occupations ?\u2014\tIl ne parlait jamais de lui ; je crois qu\u2019il était quelque chose comme comptable.O\u2019Malley regarda le corps .\u2014\tAvez-vous entendu le coup partir ?\u2014\tPas du tout.\u2014\tSavez-vous à quelle heure il est rentré ?\u2014\tNon.Je n\u2019épie jamais mes locataires lorsqu'ils se conduisent bien, et puis, je couche sous les combles.Un coup fut frappé à la porte et le docteur Flynn entra.C'était un homme au visage soucieux, les cheveux clairsemés et gris.Il déposa sa trousse sur le bord du lit, salua la propriétaire et regarda interrogativement O\u2019Malley.\u2014\tInspecteur O\u2019Malley, de Scotland Yard, annonça ce dernier.J\u2019ai été appelé par un coup de téléphone, vous voyez pourquoi.Il indiqua le crops sur le lit.Le docteur mit ses lunettes et fit un examen sommaire de la victime, d'une manière singulièrement indifférente.\u2014\tLa balle a traversé la tête, remarqua-t-il .suicide, je suppose.Attendez .Il déboutonna le gilet : une brève exclamation de surprise lui échappa.\u2014\tQu\u2019est-ce que c\u2019est ?demanda l\u2019inspecteur en s\u2019approchant .Le docteur montra le cadavre.\u2014\tDes habits d\u2019ouvrier à l\u2019extérieur, et du linge de soie bleue ; cela semble étrange, mais c\u2019est votre affaire.La mort est due à une blessure par arme à feu, sans aucun doute.\u2014\tDepuis quand est-il mort, d\u2019après vous ?\u2014\tEnviron six heures, décida-t-il.Puis, il ramassa l'arme, ôta les cartouches qu\u2019elle contenait encore, et la posa sur son front.\u2014\tTrès simple, fit-il.Je vais faire le nécessaire, ensuite je pense qu\u2019on pourra l\u2019emmener au cimetière.Il se pencha une dernière fois sur le lit et l\u2019inspecteur continua ses recherches dans la chambre.La montre en or contenait le nom du fabricant ; aucune autre indication susceptible d\u2019éclairer l\u2019enquête immédiatement.\u2014\tJe vous donnerai le certificat quand cela sera nécessaire, dit le docteur en prenant congé.¦¦¦¦ 4 février 1939 7 O\u2019Malley l\u2019imita quelques instants après.Peu après la distribution des journaux du soir, un homme d\u2019un certain âge, suivi d\u2019une jeune femme dans un état d\u2019agitation visible, se présentaient à Scotland Yard, et furent introduits dans le bureau d\u2019O\u2019Malley.La jeune femme s'adressa aussitôt à lui : \u2014 Mon nom est miss Grey, expliqua-t-elle, je suis la secrétaire privée de Mr.Anthony Murray ; il s\u2019est absenté pendant quelques jours, nous pensions qu\u2019il était à l\u2019étranger, mais nous avons vu les journaux .Elle s\u2019arrêta un moment, son compagnon continua : \u2014 Je suis Purvis, le domestique de Mr.Murray.Monsieur, déclara-t-il, ce que dit miss Grey est vrai ; Mr.Murray est parti jeudi, nous pensions qu\u2019il était à Boulogne pour le week-end, mais beaucoup de personnes ont essayé de le joindre depuis et nous n\u2019en avons plus entendu parler.Lorsque j\u2019ai lu dans le journal qu\u2019un homme avait été trouvé mort à Catchpole Square et quand j\u2019ai lu son signalement et vu sa photographie, j\u2019ai montré le journal à miss Grey et elle m\u2019a dit que nous ferions bien de venir ici nous renseigner.« Nous n\u2019aurions pas pu retrouver notre calme autrement, Monsieur, continua l\u2019homme.Quand nous sommes allés là-bas, un policeman nous a dit que le corps avait été transporté au cimetière et que nous ne pouvions le voir sans autorisation.O\u2019Malley ôta son chapeau.\u2014 J\u2019ai peur, dit-il à la jeune fille, que l\u2019endroit ne vous semble pas très agréable à visiter, mais je veux bien vous y mener.Tout d\u2019abord, reconnaissez-vous ceci ?Il produisit la montre et la chaîne en or.L\u2019homme les prit et les retourna avec une exclamation : \u2014 C\u2019est à notre patron, Monsieur ! Est-ce qu'elles ont été trouvées sur le corps de l\u2019homme qui s\u2019est tué ?\u2014 Oui, et autre chose.Quel est le fournisseur chez lequel votre patron achetait son linge ?\u2014 Beale and Inman, à Bond Street, Monsieur.\u2014 A-t-il jamais porté du linge de soie bleu pâle ?\u2014 Presque toujours, Monsieur, s\u2019écria la jeune fille.\u2014 Alors, attendez-vous au pire, je le crains, les avertit l\u2019inspecteur.Plus tôt nous irons là-bas.mieux cela vaudra.Ce fut une formalité pénible, mais assez brève.La jeune fille jeta un coup d\u2019œil sur le visage du.mort et éclata en sanglots ; son compagnon se détourna avec un frisson.\u2014 C\u2019est bien le patron, Monsieur, dit-il,^ c'est bien lui.Je n\u2019en trouverai jamais d\u2019aussi bon.J\u2019avais comme un pressentiment quand il m\u2019a payé six mois d\u2019avance, au cas où il ne reviendrait pas.O\u2019Malley les escorta jusqu\u2019à la voiture de la police et les fit monter : \u2014 Je dois rester ici encore quelques instants, dit-il, pour remplir certaines formalités.Voulez-vous me donner vos noms et adresses, je vous prie ?La jeune fille lui tendit une carte où elle écrivit le nom du domestique.\u2014 Mr.Murray faisait-il des affaires ?lui demanda O\u2019Malley.\u2014 Il était agent financier, expliqua-t-elle ; autrefois, il a négocié avec succès de très grosses affaires ; ces derniers temps, il réussissait moins bien et il paraissait bizarre et irritable.Beaucoup d\u2019amis l'auraient aidé s\u2019il s\u2019était confié à eux davantage.\u2014 Vous saviez qu\u2019il était en mauvaise posture, je suppose ?\u2014 Je ne pouvais pas faire autrement, avoua-t-elle ; tout le monde s\u2019était donné le mot pour lui réclamer de l'argent en même temps.Y aura-t-il une enquête ?\u2014 Naturellement, et vous aurez à déposer comme témoin.Mais comme l\u2019affaire sera très simple, cela ne vous prendra que peu de temps.\u2014 Et les obsèques ?dit-elle, les larmes aux yeux.\u2014 Le lendemain de l\u2019enquête, j\u2019imagine.Au fait, quelle était l\u2019adresse de Mr.Murray?\u2014 No 7a, Culver Street, répliqua l\u2019homme.\u2014 C\u2019est là que vous habitez ?\u2014 Oui, Monsieur.Je n\u2019ai pas eu ordre de quitter ; je pense que quelqu\u2019un viendra veiller aux affaires de Mr.Murray, quand la nouvelle sera répandue.\u2014- 7a, Culver Street répéta O\u2019Malley.Voulez-vous y être dans une heure ?Il y aura une ou deux formalités à remplir et il se peut que j\u2019aie besoin de jeter un coup d\u2019œil sur certains papiers.\u2014 Je serai là aussi, promit la jeune fille ; je pourrai vous donner tous les renseignements dont vous aurez besoin.Elle parlait avec fébrilité.O'Malley souleva son chapeau et ses yeux fixèrent ceux de la jeune fille jusqu\u2019au dernier moment.POURQUOI ?Le sous-commissaire fut profondément stupéfait, lorsque O\u2019Malley se présenta chez lui à une heure fort matinale, lui demandant l\u2019ajournement de l\u2019enquête.\u2014\tQu'avez-vous donc à dire, O\u2019Malley ?demanda-t-il ; quelle raison invoquer pour un délai ?J'ai rarement rencontré un cas aussi clair.\u2014\tJe pensais cela, moi aussi, au premier abord, chef ; à présent, j'aperçois deux points assez obs-curs.,\u2014 Vous soupçonnez l\u2019homme d'avoir été assassiné, je suppose, plutôt que de s\u2019être suicidé ?Le subordonné évita une réponse affirmative.\u2014 Je me trouve actuellement dans la plus grande obscurité, dit-il, mais on doit parfois s\u2019arrêter à de simples intuitions.\u2014 Vos intuitions, O'Malley, ont mérité qu'on s'y arrêtât jusqu\u2019à présent, admit le commissaire.Voyons ça.,\u2014 Eh bien ! je n\u2019ai pas aimé le docteur, avoua O'Malley ; il m\u2019a paru accepter trop facilement les faits.Et puis, il y a autre chose : lorsqu\u2019il a soulevé la chemise, j\u2019ai vu sur le bras de l\u2019homme des traces d\u2019injections hypodermiques.Le docteur les a vues, lui aussi, sans nul doute ; or, il n\u2019y a prêté aucune attention, il n\u2019a pas attiré la mienne, et il ne les a pas examinées ; il a simplement pris le revolver et m'a montré comment le coup avait dû partir.\u2014 Mais les motifs ?dit le sous-commissaire.Il y a de sérieuses causes qui expliqueraient le suicide, alors que je n\u2019en vois aucune indiquant le meurtre.Sa montre et la somme qu\u2019il portait sur lui n\u2019ont pas été touchées ; naturellement, nous ignorons les complications qui peuvent exister dans sa vie.En avez-vous appris, par hasard ?\u2014 Je ne peux l\u2019affirmer, dit O\u2019Malley ; il est certain qu\u2019il était en excellents termes avec sa secrétaire à qui il a laissé ce qui pouvait être sauvé de son avoir.De plus, j\u2019ai cru comprendre qu\u2019il menait une vie assez calme.\u2014 Dans quel état a-t-il laissé ses finances ?\u2014 Mauvais, sans aucun doute ; j\u2019ai demandé à sa secrétaire, hier encore, des renseignements, afin d\u2019en déduire le plus d\u2019informations possibles, et je dois confesser que j\u2019en suis resté stupéfait.\u2014 Pourquoi ?\u2014 Eh bien ! voici : il paraît avoir fait de nombreuses transactions dernièrement ; or, celles-ci ne figurent nulle part sur ses livres de comptes, en dehors des sommes indiquées sur le compte en banque.De plus, cette année tout spécialement, il a retiré de sa banque des sommes considérables, le jour même des grandes courses.\u2014 Soit.Mais pourquoi voulez-vous demander un délai ?\u2014 Parce qu\u2019il y a derrière cette affaire quelque chose que je n\u2019ai pu éclaircir jusqu\u2019à présent ; je voudrais encore un peu de temps pour chercher dans sa vie privée.En somme, nous admettons que cet homme s\u2019est suicidé, parce qu\u2019il était en mauvaise posture financière, et parce que nous ne voyons aucune raison expliquant le meurtre.Mais c est peut-être parce que nous ne savons rien de sa vie privée.Un homme comme lui devait avoir des ennemis.Je ne demande que quelques jours.\u2014\tNous allons nous rendre fichtrement impopulaires, grommela le chef, mais naturellement, si vous y tenez, nous le demanderons.\u2014\tIl faut absolument que j\u2019aie ce délai, insista l\u2019inspecteur.J\u2019ai horreur d\u2019ennuyer les gens, mais je suis sûr que le juge me pardonnera un jour, du moins je l'espère, \u2014 Si jamais il le fait, promit le sous-commissaire, je vous paierai le meilleur dîner que j aie jamais commandé de ma vie.UNE IDEE Vers la fin de l\u2019audience qui prit place au jour convenu, un mécontentement général accueillit la demande d\u2019O\u2019Malley.Le rapport du docteur, suivi de la déposition de miss Grey, semblait si concluant, que le public se désintéressait presque de l\u2019affaire, quand, sans que personne s\u2019y fût attendu.O\u2019Malley se leva et, à la demande de la police, déposa une requête formelle d\u2019ajournement.Le juge le regarda, stupéfait.\u2014 Un ajournement, s'exclama-t-il, mais pouf quelle raison ?\u2014 La police n\u2019a eu que peu de temps pour faire ses recherches, fit observer O\u2019Malley ; nous admettions qu\u2019il y a eu suicide, et cependant, on peut voir qu\u2019une grande partie de l\u2019actif du décédé a disparu ; il serait bon de procéder à quelques enquêtes avant que la procédure ne soit définitivement close.Un homme qui fait de grosses transactions, sans que celles-ci soient en aucune façon mentionnées sur son propre livre de comptes représente, vous en conviendrez, une victime éventuelle pour un crime savamment combiné.Les témoins, Purvis, le docteur et miss Grey étaient assis avec un avocat qui devait les représenter ; ce dernier se leva :\t' \u2014 Il m\u2019est rarement arrivé au cours de ma carrière, Monsieur le juge, de protester contre un appel comme celui qui vient de vous être fait, mais» je ne peux absolument pas voir l\u2019avantage d\u2019un délai dans cette affaire.Jamais un cas aussi clair n\u2019a été porté devant vous.Pourquoi convoquer à nouveau mes témoins et reporter la date des funérailles de cet infortuné, sans raison ?Le juge toussa légèrement, \u2014 Mister Carson, dit-il, soyez assuré que je prends en considération votre déclaration ; d\u2019autre part, je n'ai jamais refusé une demande faite par une personne responsable, agissant au nom de la police.L\u2019enquête sera reportée à la huitaine.La foule se dirigea vers la sortie ; la jeune fille demeurait sur sa chaise, les yeux fixés sur O\u2019Malley.Le docteur se précipita vers lui : (La suite page 25) wsKrf\u2018 Mister Carson, soyez assuré que je prends en considération votre importante déclaration \", dit le juge.m '' \\ -r- 4 V LE SAMEDI Les légendes se lisent de haut en bas et de gauche à droite : M.Henry Ford photographié à Dearborn, Michigan, au mois d'octobre dernier, alors que les représentants des plus grands journaux et magazines du Canada et des Etats-Unis furent invités à visiter les usines et à examiner les modèles de l'année.\u2014 Deux élégantes admirent l'avant de la nouvelle Mercury 8.\u2014 M.Henry Ford, fondateur, et M.Edsel Ford, président de la Ford Motor Company, examinent le châssis de leur nouvelle Mercury 8 dont nous analysons les avantages dans notre article.\u2014 M.Henry Ford cause ici avec M.E.F.Millard, chef de la publicité de la Ford Motor Company of Canada, à Dearborn, Michigan.On vient de lancer, comme savent tous les amateurs, une voiture nouvelle : la Mercury 8.La Ford Motor Company of Canada, Limited, en fait cette année un très grand cas, car la Mercury 8 représente cet établissement dans la catégorie des automobiles de prix moyen, se classant entre la Ford V-8 et la Lincoln-Zéphyr.Mesurant plus de seize pieds d\u2019un pare-chocs à l\u2019autre, et son empattement étant de 116 pouces, c\u2019est ce qu\u2019on peut appeler une grosse voiture.Et aussi une voiture puissante, son moteur de huit cylindres en V pouvant donner 95 chevaux-vapeur.Sa gouverne est facilitée par la présence des freins hydrauliques qui permettent au conducteur de ralentir ou d\u2019arrêter brusquement à la simple pression du pied sur une pédale.Les lignes aérodynamiques de la Mercury 8 l\u2019apparentent à la Lincoln-Zéphyr, l\u2019une des plus élégantes et des plus chic carrosseries du monde entier.Malgré cette ressemblance, elle a une allure toute particulière et un agencement intérieur qui la distinguent de toutes les autres.Quatre carrosseries au choix : sedan urbain, sedan, sedan-coupé et sport convertible.Ces diverses carrosseries sont très spacieuses, se comparant en cela à celles des Lincoln-Zéphyr.Trois personnes peuvent se loger confortablement sur les sièges avant et arrière.L\u2019espace réservé aux bagages est aussi des plus pratiques.Dans une voiture comme celle-ci, les occupants peuvent causer à voix basse, glaces fermées, sans être incommodés par le moindre bruit, même à une vitesse horaire de 70 milles.Il a fallu des mois et des mois de tests, sur route et au laboratoire, pour obtenir cet isolement du son.L'intérieur est tout un poème.C\u2019est la commodité et la beauté mêmes.Le panneau de commande est incliné de façon à ce qu\u2019on puisse lire d'un coup d'œil toutes les indications des instruments.Les coussins en sont exceptionnellement profonds.Le siège avant se règle à volonté.Presque tout l\u2019équipement est en double : deux lames d\u2019essuie-pare-brise ; deux cornes électriques, deux lampes arrière et avant.Si la Ford a accordé à la Mercury 8 un soin tout particulier, les autres automobiles de cet immense établissement n\u2019ont pas été pour cela négligées.Bien au contraire, car la Ford V-8 et la DeLuxe Ford V-8 de 1939 sont deux petites merveilles.Les lignes de la DeLuxe sont ce qu\u2019on peut imaginer de plus moderne.Tout comme la Ford V-8, elle a un air de famille avec la Lincoln-Zéphyr et la nouvelle Mercury-8.Les modèles de cette année qui portent le nom de Ford (V-8 et DeLuxe V-8) sont actionnés par un moteur de 85 chevaux-vapeur, plus robuste encore que les 5,000,000 déjà en usage.Toutes les autos Ford sont aujourd'hui munies de freins hydrauliques qu\u2019on applique avec le pied.Les carrosseries, silencieuses comme nous avons dit, sont tout acier et pourvues de verre de^ sécurité.L\u2019espace aménagé pour les bagages est spacieux au possible et l\u2019on trouve même dans les coupés deux compartiments à bagages et de bonnes tablettes pour les colis.Dans le Monde de L'AUTOMOBILE Les voitures de cette année se distinguent aussi bien par leur chic et leur élégance que la puissance de leur moteur et la commodité de leur aménagement intérieur 4 février 1939 9 LrActualité en Crient et en Occident L'EMPEREUR-DIEU iFils du Ciel et descendant de la déesse du Soleil.l'empereur du Japon est vénéré à l'égal d'un dieu.\u2014 Le Japon et le péril jaune.« L\u2019Empereur est le fondement de la nation.» Ainsi se lit le premier article de la Constitution du Japon, promulguée lors de la création de l\u2019empire japonais en 1868.Mais par la tradition, la famille régnante actuellement (la Maison Divine) prétend remonter à Jimmou qui fut empereur en 660 avant Jésus-Christ.L\u2019empereur Hirohito Tekoku a aujourd hui trente-sept ans.Son épouse, Nagako, qui a trente-cinq ans, lui a donné cinq enfants, trois filles et deux garçons.Malgré son origine « divine », le Mikado vit comme un souverain proprement temporel, si ce n\u2019est avec plus de fastes.En réalité, il est le plus riche souverain de la terre.Levé à six heures chaque matin, il pratique l\u2019équitation ou le golf dans ses immenses jardins, écrit des vers, étudie la politique mondiale.Tous les Japonais sont convaincus de la nature divine de leur empereur.Personne n oserait le critiquer ou même douter de lui.C est ce qui explique le dévouement fanatique que tous, riches et pauvres, lui portent dans tous les actes de leur vie ; c\u2019est ce qui explique la joie des soldats qui vont mourir pour lui en Chine.Au départ des combattants, les adieux se font sans larmes, sans démonstration de tristesse.C\u2019est encore cette vénération pour l\u2019Empereur qui fait la supériorité des armées japonaises sur les armées chinoises.Les Occidentaux s'expliquent difficilement l\u2019état d\u2019âme du Japonais, de l\u2019Oriental en général.Le profond mysticisme du Nippon nous paraît barbare dans son objet et dans ses actes, mais, au regard du Japonais, c'est nous les Orientaux qui sommes des Barbares ! La population nippone s\u2019accroît dans des proportions fantastiques : un million d\u2019âmes de plus chaque année ! Sur un territoire restreint et presque entièrement inculte, il y a plus de 71,000 000 d\u2019habitants, et 95,000,000 si l\u2019on ajoute la Corée, les îles Sakhaline et Formose.Cette formidable masse humaine représente une puissance morale et matérielle unique au monde, puisque tous ont à un haut degré le sens de la grandeur de la patrie.Le tableau est moins réjouissant si l'on considère l\u2019existence de la plus grande partie de ce peuple.Commerce, industrie, finance, journaux, presque tout est la chose de deux grandes familles : les Mitsui et les Mitsubishi.Mais il n\u2019en reste pas môins que l\u2019Empereur a un I prestige si bien assis que les révolutionnaires eux- I mêmes n\u2019attaquent jamais le Fils du Ciel.C est au nom de l\u2019Empereur-dieu que se fait aujourd'hui la conquête de la Chine ; c\u2019est au nom de l\u2019Empereur-dieu que les militaires prévoient la domination prochaine du Nippon sur tout l\u2019Orient et sur les îles du Pacifique.Les Etats-Unis et l\u2019Angleterre se sont préparés à défendre leurs possessions, en fortifiant Singapour, Hong-Kong, Honolulu, les Aléoutien-3 nés et l\u2019Alaska.« Attendons la confusion européenne qui se produira tôt ou tard, et nous deviendrons la princi- par le Globe-Trotter (Spécial au \u201c Samedi \u201d) pale nation de l\u2019Orient.» Cette déclaration du vicomte Tani pourrait bien se réaliser à la lettre si les Occidentaux continuent à se chamailler, si l\u2019entente, désirée par Chamberlain, ne se fait entre démocraties et dictatures.\u2022 LA SITUATION AU CANADA Un correspondant canadien du New York Times vient de publier un excellent exposé de la situation politique et commerciale du Canada ; pour les lecteurs du \" Samedi \", je reproduis les passages les plus intéressants de cetté^ lettre.Toute la politique canadienne actuelle tient d\u2019abord compte de ces puissantes réalités : les relations impériales, le panaméricanisme, la sécurité financière et territoriale, l\u2019absence de solutions radicales dans la politique intérieure et extérieure.Il ne faut pas se créer d\u2019illusions sur les relations du Canada avec l\u2019Empire et avec les pays d\u2019Amérique.Le Canada est nation britannique.Cela est généralement admis et par les Canadiens français et par les Canadiens anglais, les deux « races » fondatrices du pays.Mais le Canada se forge un esprit proprement nord-américain bien que basé sur les idéaux britanniques de liberté et de confiance.Du point de vue économique, le Canada est panaméricain, ses relations avec l\u2019Empire lui permettent toutefois de jouer un rôle dans l\u2019économie mondiale.La situation des affaires canadiennes est maintenant bien encourageante.Mais la concurrence commerciale, à l\u2019intérieur et à l\u2019extérieur, est plus forte que jamais.Et l\u2019on ne prévoit aucune diminution des impôts.Le nouveau traité canado-amé-ricain laisse des aléas bien que, très probablement, le Canada en profitera.Dans l\u2019ensemble, l\u2019avenir économique du Canada est assez rassurant, surtout si le relèvement qui se fait sentir aux Etats-Unis depuis six mois ne subit pas d\u2019interruption.La visite des souverains anglais, en juin prochain, accentuera les relations interimpériales.Il en résultera peut-être aussi de grands avantages écp-nomiques.Depuis les environs de 1910, les capitaux anglais ne sont pas venus massivement au Canada.Il y avait à cela de multiples raisons que je n\u2019ai pas à discuter ici ; d\u2019ailleurs, plusieurs n\u2019existent plus.La situation commerciale au Canada et dans le monde aura sans doute pour conséquence un afflux de capitaux britanniques dans le Dominion.L\u2019auteur de cette lettre, M.E.S.Bates, termine par une note optimiste.Et je conclus moi-même en disant ce que tous les Canadiens pensent : « Il fait bon vivre au Canada, même si tout n'est pas parfait.» Et puis, la vie serait ennuyeuse dans un pays sans imperfection .LE COMMUNISME EN AMERIQUE DU SUD La plupart des pays sud-américains sont gangrenés par le communisme.Le grand danger qui menace actuellement l\u2019Amérique du Sud, ce n\u2019est pas le fascisme, mais le communisme.Tous les observateurs impartiaux .\u2014 Américains.Français ou autres \u2014 sont unanimes à déplorer la liberté accordée aux révolutionnaires russes dams les pays de l\u2019Amérique du Sud.Quelques faits prouveront, mieux qu\u2019une argumentation serrée, les ravages du bolchévisme sur l\u2019autre Amérique.Le Mexique fut le premier pays latin d\u2019Amérique à reconnaître le gouvernement des Soviets ; en 1924, des ambassadeurs furent nommés.En 1926.l\u2019Uruguay fit de même, et Montevideo devint le grand centre de propagande soviétique en Amérique du Sud ; aussi on ne tarda pas à regretter cette bienveillance excessive à l\u2019égard des théories marxistes.Dès 1930, des émeutes éclatèrent à la fois au Pérou et au Chili.Il y eut du sang versé, et les propriétaires des mines et des industries furent tués en plusieurs endroits.Des agents secrets découvrirent que ces émeutes avaient été préparées par deux Argentins qui avaient passé plusieurs mois en Russie pour y recevoir des instructions.Des émeutes éclatèrent également dans les universités chiliennes, argentines, brésiliennes et péruviennes.Les autorités durent fermer la plus vieille université des deux Amériques : celle de San Marcos, à Lima.En 1930 encore, le président Calles du Mexique rompit les relations diplomatiques avec les Soviets ; il avait constaté que les émeutes et les grèves étaient provoquées par des agents russes protégés par l\u2019ambassade soviétique.Au cours de l\u2019été de 1931, la police envahit subitement les bureaux de l\u2019agence commerciale russe \u2014 la Iuyzh Amtorg \u2014\u2022 à Buenos Aires ; on y trouva une imprimerie clandestine, des brochures de propagande révolutionnaire, la listte des agitateurs, parmi lesquels des professeurs, des officiers de milice, des ingénieurs, etc.Aussitôt, l\u2019agent soviétique, Boris Kraevska, fut expulsé de l\u2019Argentine.Depuis 1930, il y eut de nombreuses grèves, de nombreuses émeutes, en Amérique du Sud.Chaque fois, la police secrète découvrait que les têtes dirigeantes de la Révolution se trouvaient à l\u2019ambassade soviétique de Montevideo.Des agents secrets du gouvernement américain entreprirent alors une vaste enquête ; ils apportèrent bientôt au gouvernement de l\u2019Uruguay toutes les preuves des menées révolutionnaires de l\u2019ambassade soviétique à Montevideo.Le 27 décembre 1935, l\u2019ambassadeur russe et ses complices recevaient l\u2019ordre de quitter Montevideo dans les vingt-quatre heures.Toute la documentation anti-soviétique fut fournie aux pays sud-américains.Les agents russes se réfugièrent à Mexico, où ils sont encore.DES NORTHMENS AU CANADA DES LE ONZIEME SIÈCLE On désigne sous le nom de Northmens des peuplades Scandinaves qui, sur des barques légères, parcoururent l'Atlantique avant Christophe Colomb.M.Eugène Achard leur a consacré deux œuvres fort instructives.La carte ci-contre indique le trajet qu'auraient pris des Northmens pour se rendre jusqu'en Ontario, quatre siècles avant la découverte de l'Amérique.On a trouvé à Beardmore, près de Port-Arthur, une hache, une poignée de bouclier et une épée comme celles que portaient les Northmens ; ces objets sont au Royal Museum de Toronto.CHEAT BRITAIN SAUL.T sre MAA/G «v\ti A1 ¦V.DV Bien sûr .enfin .\u2014 Enfin, conclut l\u2019autre, il ne faut pas trop croire au désintéressement en général.Il y eut entre elles un instant de silence, après lequel Catherine, secouant la masse de ses lourds cheveux, se mit à son tour à rire.\u2014 Ecoute, Christiane, dit-elle, je ne voudrais pas que tu me croies stupidement crédule.Quand tu es entrée, je venais de me regarder dans la glace et de constater que je n\u2019étais pas le moins du monde séduisante .Non, ne proteste pas .Constatation qui répondait au contenu de ces deux lettres.La première est de l\u2019un de tes collègues à l\u2019étude de Me Masson, jeune avocat de grand avenir dont tu devineras, si tu veux, le nom sans que je te le dise, m\u2019assurant qu\u2019il se sent attiré vers moi par une irrésistible sympathie, serait infiniment heureux de faire plus ample connaissance, etc .etc.\u2014 Ah ! je parie que c\u2019est.\u2014 Pas de nom, interrompit Catherine.Je n\u2019en ai pas prononcé.Quant à la seconde de ces instructives missives, elle est plus explicite encore, elle émane de Me Thibaut, le notaire de Langres, et m avise qu\u2019un jeune châtelain des environs, le vicomte d'Ormoize, m\u2019ayant vue aux obsèques de ma tante, a été vivement impressionné et se met sur les rangs pour obtenir ma main.Etant client de mon notaire, il l\u2019a tout naturellement chargé d\u2019appuyer sa candidature.\u2014 Eh bien ! ma chère, cela commence bien !.Voilà qui promet ! \u2014\tOui.Des gens qui ne se seraient jamais souciés d\u2019une petite pharmacienne du faubourg Saint-Jacques, assurément.,\u2014 Regretterais-tu déjà d\u2019être devenue riche ?\u2014\tOh ! pas du tout.Je constate, sans plus.\u2014\tQu\u2019as-tu décidé pour la pharmacie ?\u2014\tJe la garde.Bien entendu, je ne veux pourtant pas accaparer ce qui peut être le gagne-pain d un autre.C'est Olivier qui la gérera.Elle restera à mon nom jusqu\u2019à ce qu\u2019il ait passé ses derniers examens ; après, je la lui céderai.C est bien le moins, étant donné les services que me rend ce garçon depuis qu'il est ici comme stagiaire.,\u2014 Tu es d'accord avec lui ?\u2014\tBien sûr.Il reprend le fond au prix que je l\u2019ai payé moi-même, amortissable en cinq annuités.Je lui aurais bien fait des conditions plus avantageuses, mais pas moyen d\u2019y penser sans le froisser.Susceptible et têtu en diable sous son air timide.Enfin, puisqu\u2019il y tient, je resterai donc sa créancière.Prépare-moi un acte de cession bien en règle, je te prie.Seulement, tu y ajouteras une clause ; c\u2019est qu\u2019en cas de décès de ma part, il ne devra plus rien.Si fier qu\u2019il soit, il ne peut tout de même pas refuser un héritage .et je n\u2019ai d\u2019ailleurs pas l\u2019in-tion de mourir.\u2014\tEntendu, je rédigerai cela demain à l\u2019étude.Vente à fonds perdus .Tes parents de Saint-Mandé viennent-ils ce soir ?\u2014¦ Tante Julienne viendra probablement et couchera ici, mais je crois que l'oncle Arthur est trop occupé à terminer son bouquin sur l\u2019Extrême-Orient qui doit été édité le mois prochain.Tu sais qu\u2019ils viendront me rejoindre ensuite à Saint-Clair.Les pauvres !.Je suis bien contente de pouvoir adoucir un peu leur vieillesse, car, avec leurs ,pe- par M.Tcucas - Massillon dessin de J.PERRET tites rentes, ils n\u2019ont pas eu la vie facile ces dernières années.Quand je pense que cette pauvre vieille avare de tante Agathe .Il est vrai que ce sont des parents du côté de ma mère, des Brichot, non des Dumoulin.Tout de même .Enfin, n y pensons plus ; elle est morte, paix à son âme ! \u2014\tPensons plutôt à la galette des Rois.Le boulanger l\u2019a apportée avec une superbe couronne de carton doré.Veux-tu que je t\u2019aide à sortir les coupes de champagne ?\u2014\tPourvu que nous en ayons assez ! \u2014- La reine boit !.La reine boit !.Vive la reine !.\u2014\tMes amis, vous exagérez !.Ce n\u2019est pas moi, somme toute, qui ai trouvé ie poupon, c\u2019est Henri.\u2014 Mais, comme le docteur Forestier vous a choisie pour reine, il n\u2019y a pas à contester votre royauté et vous devez accepter le diadème.\u2014\tAllons, Catherine, ne te fais pas prier.\u2014\t.La couronne, la couronne !.Docteur, mettez-la-lui sur la tête.\u2014\u2019 Violette, veux-tu l\u2019obliger à s\u2019asseoir et à se tenir tranquille pour que je pose convenablement cet insigne sur ses cheveux !.Là, voilà qui est fait.Maintenant, coupes en main, nous portons un toast à la reine.Ils étaient réunis, une dizaine environ, dans le petit salon de l\u2019entresol, entourant Catherine qui n\u2019essayait plus de se débattre.Il y avait là, avec le ménage Forestier, Christiane Després, bien entendu, et Olivier Le Marois, le stagiaire de la pharmacie, un grand jeune homme brun assez gauche, M.et Mme Bourrache, de la pharmacie Bourrache où 11 Catherine avait fait sou stage ; le chimiste Tribout, son camarade d\u2019école ; Madeleine Vidal, une étudiante à laquelle elle avait donné des répétitions, et Jean Dupont, interne à l\u2019Hôtel-Dieu.Une dame âgée dont les cheveux gris étonnaient un peu parmi cette jeunesse, présidait la soirée : Mme Brichot, la tante de Saint-Mandé.\u2014\tAllons, Le Marois, c\u2019est à vous qu\u2019il appartient de prendre la parole en notre nom à tous, pour porter ce toast, continua le docteur Forestier.Le jeune homme, rougissant et balbutiant, n osant pourtant pas se récuser, parut très malheureux d\u2019être ainsi mis en avant.Il éleva sa coupe d\u2019une main qui tremblait un peu : \u2014\tJe bois .bégaya-t-il, nous buvons tous,, au bonheur de notre chère Catherine qui.\u2014\tEt nous sommes tous heureux de sa nouvelle fortune ! interrompit rondement Bourrache que sa femme approuva bruyamment.\u2014, Gardant l\u2019espoir de la voir souvent au milieu de nous .dit à son tour Tribout.Madeleine Vidal, heurtant le verre d'Olivier, lança : \u2014 A la patronne ! Et Olivier répéta après elle : \u2014¦ A la patronne ! Chocs de cristal .pétillement de champagne.Catherine, ayant vidé sa coupe, se leva et regarda tour à tour ceux qui avaient parlé.\u2014 Patronne ou amie, dit-elle, je vous remercie de tout cœur, et je tiens à vous dire que, moi aussi, j\u2019ai le désir de me retrouver souvent avec vous.Je vais partir, il est vrai, mais je garde cette pharmacie dont Le Marois assumera la direction.Et, d\u2019autre part, si je vais m\u2019installer à Saint-Clair, c\u2019est surtout pour m\u2019occuper de la maison que je fais construire à la Pinède et que je voudrais voir terminer le plus vite possible afin de vous y recevoir.« J\u2019ai le grand désir de pouvoir vous réunir là ! c\u2019est pourquoi j\u2019ai tenu à avoir une demeure dans ce domaine où Christiane, Violette et moi avons passé de bonnes vacances en camping.La maison sera prête en septembre, je compte que vous y viendrez tous, et, en attendant, je vais dès ce soir vous en montrer les plans.» Un hourra enthousiaste répondit à ces paroles.Violette Forestier, dont les yeux couleur de pervenche avaient des lueurs joyeuses, passa son bras autour du cou de son amie et l\u2019embrassa : .\u2014 Oh ! ma chérie, murmura-t-elle, comme je serai heureuse de revoir la Pinède.Une minute plus tard de grandes feuilles de papier transparent étaient étalées sur le guéridon devant Catherine qui, du doigt, indiquait les contours et les détails de la future construction à ses auditeurs attentifs, et expliquait : ,\u2014 Elle s\u2019élèvera au centre de l\u2019esplanade qui domine la mer, sur l'emplacement même où nous avions planté notre tente .Une grande véranda en avant .Une terrasse encadrée de pins sans trop changer l'aspect naturel .Par derrière, des jardins, des fleurs, à l\u2019abri du vent.J\u2019espère qu\u2019elle vous plaira.\u2014 Moi, j\u2019en suis sûre ! riposta Violette.\u2014 Mon Dieu, faire construire, quel souci ! gémit Mme Brichot.As-tu pensé à toutes les complications qui peuvent surgir ?A tous les ennuis que cela peut te causer ?,\u2014 Oh ! ma tante, répliqua Catherine, rajustant sur son front ia couronne dorée, ne soyez pas pessimiste, je vous en prie.Si l\u2019on songeait toujours aux difficultés, on ne ferait jamais rien, et ce serait dommage.Il faut bien que cet argent qui m\u2019est tombé du ciel serve à quelque chose.La vieille dame soupira : \u2014 Ah ! ma pauvre petite ! Il est bien vrai qu\u2019une grande fortune est un lourd fardeau dont tu ne soupçonnes pas encore tous les inconvénients.Tiens, c\u2019est comme cette couronne qu\u2019on t\u2019a mise sur la tête et qui te gêne visiblement.La fortune, c\u2019est souvent une couronne d'épines.\u2014 Madame Brichot ! Madame Brichot ! protestèrent en chœur tous les invités.\u2014 Oui, oui, vous me trouverez Mme Rabat-Joie, n'est-ce pas ?Que voulez-vous, je n\u2019ai plus les illusions de votre jeunesse.Je souhaite donc seulement que ma nièce n\u2019éprouve pas de trop grandes déceptions dans la vie nouvelle qui commence pour elle.\u2014 Je propose, dit gaiement Henri Forestier, que nous buvions à la prompte édification de la maison de Catherine, où nous serons heureux de voir Mme Brichot reconnaître qu\u2019elle porta aujour\u2019hui un jugement trop sévère.Proposition accueillie avec un enthousiasme sous lequel fut étouffée une vague protestation de la vieille dame.\t(Lire la suite page 13) 12 LE SAMEDI Dans le Mende Sportif POURQUOI La question qui nous fut posée plusieurs fois, \u2014 elle est toujours d\u2019une actualité brûlante par les temps froids que nous traversons ¦\u2014 c'est de savoir pourquoi, à Montréal et dans notre province, nous manquons de bons joueurs de hockey capables de bien figurer sur l\u2019alignement du club Canadien, de la N.H.L.Nous avons pourtant un grand nombre de joueurs amateurs, particulièrement doués, mais pas de vedettes.Pourquoi ?Les raisons de cet état de choses sont multiples.La situation est devenue catastrophique, depuis l\u2019abandon des Sylviq Mantha, Pete Lépine, Aurèle Joliat, Albert Leduc, etc.Voulez-vous que nous l\u2019examinions ensemble ?Nous sommes en pleine régression et l\u2019on s\u2019en apercevra avant qu\u2019il ne soit longtemps.La faute en est à la faiblesse du recrutement actuel de notre club professionnel, qui se voit forcer de signer des joueurs de l\u2019Ontario et des provinces de l\u2019Ouest.Où sont nos jeunes ?L\u2019on ne s\u2019occupe pas assez d\u2019eux.On les laisse se développer au petit bonheur, sous la direction de gérants ne connaissant rien ou pas grand\u2019chose.Dans ces conditions, comment voulez-vous que toutes nos équipes puissent réunir suffisamment de joueurs de valeur et remplacer insensiblement les trop anciens ?Que faut-il faire pour remédier à cette situation 1 Ce n\u2019est pas facile, avouons-le.En premier lieu, nos dirigeants ne devraient pas concevoir l\u2019idée d\u2019un établissement scolaire dépourvu de patinoire.On devrait ensuite enseigner le hockey en même temps que l\u2019arithmétique, à l\u2019âge de 9 ou 10 ans, sous la direction de professeurs, qui ont tous joué eux-mêmes au hockey.Les jeunes apprendraient ainsi à perfectionner leur technique' dès l\u2019âge de 12 à 13 ans.A 15 ou 16 ans, ils sauraient qu\u2019ils ne jouent pas seuls sur une patinoire, que le hockey est un sport d\u2019équipe et que la cohésion entre les joueurs vaut tous les exploits individuels.(Cette année, le manque de cohésion et de confiance mutuelle furent les principales raisons de maintes défaites du Canadien.) Les joueurs de hockey de l'Ontario et ceux de nos provinces de l\u2019Ouest ont en mains la majorité des atouts que nous avons mentionnés.Aussi le hockey junior, sur lequel ils portent tous leurs soins, est-il très prospère.Ici, il est nul ou presque, eut-on dire que les jeunes athlètes canadiens-français de la province sont plus mal bâtis que les autres ?Nous ne croyons pas.Ils manquent d\u2019éducateurs sportifs de la jeunesse, si l\u2019on peut s\u2019exprimer ainsi.Ils manquent de volonté, de moral, de sérieux, parce que les gérants des petits clubs ne savent pas leur inculquer ces vertus élémentaires du sport.Qu\u2019avons-nous fait au bon Dieu pour que les athlètes de l\u2019Ontario viennent se moquer des nôtres ?Juniors de 1 Ontario ! O vous pour qui les dieux ont des soins si pressants, nous vous envions ! \u2022 par Oscar Major CE QUE FAIT LE CHAMPION HENRY ARMSTRONG.ENTRE DEUX RONDES Le boxeur le plus extraordinaire du siècle est, certes, le noir Henry Armstrong, champion du monde des poids légers (135 livres) et mi-moyens (147 livres), sans mentionner le titre des poids plume (126 livres) qu\u2019il abandonna volontairement, il y a une couple de mois.Il fut donc le seul pugiliste au monde à posséder trois titres à la fois.Tout le monde sait cela.Ce que beaucoup de partisans de l\u2019art pugilistique ignorent est très intéressant : Henry Armstrong, 25 ans, est le triezième enfant de la famille.Il gagna son premier dollar à planter des quilles et à vendre des journaux, à St-Louis.A 16 ans, il se rendit à Los Angeles, grâce à l\u2019amabilité de touristes en automobiles.En Californie, il se distingua comme boxeur amateur sous les yeux des célébrités du cinéma.L\u2019acteur juif Al Jolson mit $10.000 à la disposition de Eddie Mead, gérant actuel du champion.Jolson fut récompensé au centuple.Armstrong est, aujourd\u2019hui, propriétaire d\u2019une magnifique maison, à Los Angeles.Il a su placer son argent dans certaines assurances, qui lui permettent d\u2019être à l\u2019abri des mauvais temps pour le reste de sa vie.Père de deux fillettes, Henry est un mari dévoué.Il est très charitable pour les institutions de la race noire.Il lit la Bible deux fois par jour, va à l\u2019église deux fois par semaine.Il a épousé la fille d\u2019un révéîend pasteur de couleur et espère devenir lui-même pasteur, à l\u2019âge de 30 ans.Après avoir envoyé ses adversaires au pays des songes, pendant 10 ans, il entend sauver les âmes de ses semblables jusqu\u2019à là fin de ses jours.\u2022 LA LUTTE LIBRE A DEVELOPPE DANS LE PUBLIC LE GOUT DE LA VIANDE SANGUINOLENTE Dans les milieux de la lutte, on tente d'expliquer la défaite de l\u2019Adonis Yvon Robert aux mains du redoutable Cy Williams, le nouveau champion du monde de Montréal et de Boston.Son instructeur, M.Emile Maupas, affirme que le manque d\u2019entraînement en plein air fut très dommageable à l\u2019ancien champion.D\u2019autres sont d\u2019avis que l\u2019injection d\u2019antitétanos, que le médecin lui fit à la suite d\u2019une blessure au talon, fut de nature à diminuer de beaucoup les forces de Robert.Tout cela est plein de bon sens pour les sports honnêtes.Dans la lutte libre, où son monde vit à l\u2019envers, il faut plonger les yeux dans les coulisses, où les histoires souterraines poussent comme des champignons.Nous nous permettons d\u2019ajouter que Robert a perdu son titre, parce que le public de la lutte libre ne tient plus à voir comme champion un beau garçon, timide, doucelet et qui fait figure de premier communiant.Les athlètes de cette dernière catégorie ne savent décidément plus faire vibrer le sys- tème nerveux des amateurs *de lutte.Les spectateurs de nos jours prennent un plaisir extrême à voir deux gaillards d\u2019athlètes s\u2019écorcher vivants, dans l\u2019arène.Pour la joie de voir couler le sang sur le visage et le torse de deux lutteurs, pour la curiosité de voir un lutteur défoncer la poitrine de l\u2019autre, lui briser un os de la jambe en quatre morceaux ou lui fumer les ongles à petit feu, la majorité des spectateurs feraient au besoin le tour du monde à pied ! Les promoteurs sont au courant de cet amour, et ils font en sorte de donner aux spectateurs pour leur argent.Yvon Robert n\u2019attirait plus de grande foule dans les villes où il luttait.Voilà pourquoi les pontifes du « catch as catch can » l'ont dégommé pour introduire, si possible, un champion immonde, nous voulons dire un champion qui peut dépecer vivants ses adversaires, à la manière d\u2019un charcutier qui met en pièces les petits cochons de lait de St-Jacques l\u2019Achigan après les avoir assommés ou égorgés.UN PEU DE TOUT Paul Martin, l\u2019habile voltigeur et redoutable frappeur du club Trois-Rivières, de la Ligue Provinciale de Baseball, a signé de nouveau un contrat pour l\u2019équipe trifluvienne de 1939 .Le rugby, supposé amateur des Etats-Unis, fait un chiffre d\u2019affaires de $40,000,000 pour les neuf semaines qu\u2019il est joué au pays de l\u2019Oncle Sam .Tout récemment, on nous posait ces deux questions.Pourquoi la direction des Royaux, de la Ligue de baseball Internationale, n\u2019a-t-elle pas engagé le receveur Gilly Campbell ?.Comment le promoteur Armand Vincent se prend-il pour présenter aux Londoniens ses spectacles d\u2019hiver à l\u2019intérieur ?.1 ° Parce que Gilly Campbell, vendu au Brooklyn, l'an dernier, a déclaré aux journalistes américains que, parmi les directeurs du Montréal, il n y avait personne qui connaissait bien son baseball.Le plus triste de l'affaire, c'est que Campbell avait raison .2° Les skieurs évoluent sur une épaisse couche de neige réelle obtenue ainsi : Une machine à piler transforme de nombreux blocs de glace artificielle en neige .Jimmy Doyle, l'un de nos meilleurs arbitres du baseball semi-professionnel, arbitre en chef de la Ligue Provinciale de l\u2019an dernier, a été récemment démis de ses fonctions pour une raison qui nous paraît étrange, pour le moins.L\u2019arbitre Jimmy Doyle sévère mais juste dans ses décisions, avait jugé à propos, lors d\u2019une joute finale des séries de détail de septembre dernier, de ne pas officier en arrière du marbre, ayant préféré se placer au troisième but, où les décisions sont grosses d\u2019importance.Un groupe de mogols du circuit provincial se sont ligués contre lui, arbitre honnête s\u2019il en est un, pour le remplacer par un président de paille, comme disent les partisans de Sherbrooke.LES PATRONS DEVIENNENT DE PLUS EN PLUS SPORTIFS Un grand industriel nous disait, ces jours-ci : « Nous vivons vraiment à une époque sportive.Il y a quelques années, j\u2019aurais impitoyablement refusé les demandes de vacances d\u2019hiver que je reçois aujourd'hui.Plusieurs de mes bons chefs de service ou employés ont sollicité que leur congé annuel fût coupé en deux, moitié hiver, moitié été.Ils ont écouté l\u2019appel des Laurentides enneigées.Ils ne rêvent que de ski ou de patins ou de lainages appropriés à ce séjour, car les femmes ne sont pas les moins empressées à voir la neige de près.Ma foi, j'ai accepté.D\u2019abord les affaires ne sont pas assez brillantes pour que je me montre sévère vis-à-vis d\u2019un personnel qui n'est malheureusement pas sur les dents.Et puis, il faut être de son temps ! » Tous les grands patrons ne montrent pas peut-être une sollicitude aussi philosophique, mais il est indéniable que le principe des vacances d\u2019hiver a fait de sérieux progrès.Autrefois, on ne pouvait admettre qu\u2019il fut permis de se reposer en dehors des mois de juillet, d\u2019août et de septembre.Aujourd\u2019hui, la chose commence à paraître des plus naturelles.La marine américaine donne un contingent considérable de boxeurs amateurs au pays voisin.Il en est de même de l'armée des Etats-Unis, où le sport de la boxe fait partie de l'entraînement.Rappelez-vous que les anciens champions du monde des boxeurs poids lourds, Gene Tunney et Jack Sharkey, apprirent à boxer durant leur séjour dans la marine.Ils ne savaient pas même comment on se mettait en garde auparavant.C'est tout à l'honneur de leurs instructeurs.Chaque année, les championnats de boxe de la marine américaine réunissent les meilleurs sélectionnés de chaque navire de guerre.Voici les champions de la marine de cette année, les cinq meilleurs boxeurs du S.S.\" California \", sous la direction de leur entraîneur Robert Allen! Tous les matins après l'exercice, ils se réunissent dans un coin du pont et c'est alors la valse des crochets et des moulinets pendant une bonne heure.Après quoi, douche, massage et repos.£ .; 4 février 1939 13 Couronne cTÉpines (Suite de la page 11J II I\tA soirée se prolongea tard dans la nuit.On n\u2019en finissait pas de faire des projets.Une animation folle était dans l\u2019air.\u2014 Assurément, disait Catherine, répondant à une question que venait de lui poser Tribout, je ne m\u2019habituerai jamais tout à fait à ne rien faire.II\tfaudra bien que je m\u2019intéresse à quelque chose.Mais je ne sais pas encore.\u2014 Science, naturellement.Pourquoi pas un laboratoire de recherches ?\u2014 Je ne dis pas.En attendant, avez-vous pensé à ma voiture ?Le père de Tribout était propriétaire du garage Denfert-Rochereau.\u2014 Certainement, mon père en a plusieurs à vous proposer.Vous n'aurez qu\u2019à en faire l\u2019essai quand vous voudrez.Avez-vous un chauffeur ?\u2014Pas encore.Mais, de Saint-Clair on me parle d\u2019un ménage dont le mari serait à la fois chauffeur et jardinier.J\u2019aurai seulement besoin de quelqu'un pour le voyage.\u2014 Si je trouve moyen de me rendre libre, je pourrai peut-être .\u2014 Oh ! c'est bien aimable à vous.\u2014 Tu habiteras sans doute à l\u2019hôtel de Saint-Clair pendant les travaux ?demanda Violette.\u2014 Certainement.J\u2019ai déjà écrit à Mme Farlède d\u2019y retenir des chambres.\u2014 Cette bonne Mme Farlède ! Faites-lui nos amitiés, s\u2019écria Forestier.\u2014¦ Je n'y manquerai pas.\u2014 Mais, continua Tribout, l'hôtel de Saint-Clair, s'il m\u2019en souvient bien, est assez rudimentaire.Pourquoi ne descendriez-vous pas à Saint-Raphaël, ou tout autre point de la côte où vous trouveriez une installation plus confortable ?Avec une bonne voiture, ce serait la moindre des choses que de vous déplacer pour surveiller vos travaux.Catherine eut un rire moqueur : \u2014 Oh ! mon cher, je n\u2019ai pas, jusqu\u2019ici, été une habituée des grands palaces, vous savez.Lors de mon dernier séjour à Saint-Clair, je campais à la Pinède, faisant la cuisine en plein vent et couchant sous la tente.L\u2019hôtel, si modeste soit-il, sera sûrement plus confortable, et j\u2019espère que mon oncle et ma tante voudront bien s'en contenter aussi.\u2014 Mademoiselle, dit Madeleine Vidal, il paraît que vous laissez votre pharmacie à Le Marois.Alors, comme votre départ va lui donner beaucoup à faire, j\u2019ai pensé qu\u2019il pourrait peut-être me prendre comme élève.Je commencerais mon stage et il me donnerait des répétitions.Si vous vouliez être assez bonne pour lui en parler .' \u2014 Très volontiers, ma petite.Cela s\u2019arrangerait parfaitement, il me semble.Jean Dupont, excellent pianiste, ayant plaqué quelques accords on fit silence.Il y eut un moment d\u2019accalmie pour l\u2019écouter jouer la Chevauchée des Walkyries.Puis, il accompagna Bourrache qui chantait toutes les dernières scies de la saison, et cela se termina en musique de danse, à la satisfaction générale.Catherine, quittant le bras de Bourrache après une rumba un tant soit peu laborieuse, se trouva nez à nez avec Olivier.\u2014 Eh bien, lui dit-elle, n'avez-vous pas apporté votre violon ?\u2014 Oh ! pas ce soir.Je suis trop ému pour en jouer, répliqua le jeune homme en s\u2019esquivant rapidement.\u2014 Emu ?répéta Catherine.Pourquoi donc ?\u2014 Dame, répondit derrière elle la tante Julienne, ce garçon devient en fait ce soir propriétaire de la pharmacie.Une chance inespérée pour lui ! Ça le bouleverse.¦\u2014 Ah ! oui, vous croyez ?Après une farandole finale que suivit l\u2019apparition d'un punch flambant, Catherine remit sur sa tête la couronne dorée pour recevoir les adieux de ses invités.On cria encore : « Vive la reine !.» et l\u2019on se quitta en se donnant rendez-vous à Saint-Clair au mois de septembre.Christiane achevait de fumer une cigarette ; Mme Brichot, avant de regagner sa chambre, tournait les commutateurs, ne laissant qu\u2019une lampe sur une table basse.\u2022\u2014 Repos ! fit Catherine, en s\u2019asseyant sur le divan.Portant la main à son front pour y prendre le diadème de carton découpé, elle poussa un léger cri parce qu\u2019il avait accroché ses cheveux et, comme elle tirait dessus, il érafla légèrement la tempe où perla une gouttelette de sang.\u2014 Ce n\u2019est rien, assura-t-elle aux deux femmes qui s\u2019inquiétaient.L\u2019avocate, en y regardant de près, vit qu\u2019un morceau de fil de fer maintenait les ornements du cercle d'or.\u2022\u2014 Je vais tout de même chercher de la teinture d\u2019iode, déclara-t-elle.Mme Brichot hochait la tête : \u2014 J\u2019ai bien vu, grommela-t-elle, que ce ridicule accessoire ne cessait pas de te gêner, et je me demande pourquoi tu t\u2019es obstinée à ne pas t'en séparer de toute la soirée.Restée seule avec Christiane, après que sa tante fut allée se coucher, Catherine alluma elle aussi une cigarette et regarda pensivement monter vers le plafond les volutes de fumée bleue qui s\u2019en exhalaient.¦\u2014 Qu\u2019as-tu ?lui demanda son amie.Pourquoi cette mélancolie subite ?Ce n\u2019est pourtant pas à cause de cette écorchure ?Un demi-sourire lui répondit.\u2014 Evidemment, non .mais cette écorchure arrive comme un symbole me faisant prendre conscience de plusieurs autres et semble concrétiser un mot assez cruel de ma tante : « Couronne d\u2019épines .» Christiane, si cette fortune allait tout fausser autour de moi ! Les grands yeux noirs de la jeune fille eurent une lueur de reproche.\u2014 Comment, c\u2019est toi, la sage Catherine toujours si pondérée, qui te laisse ainsi impressionner pa\u201d des imaginations ! Je te dirais que tes craintes ne sont guère flatteuses pour tes amies, si je ne comprenais qu\u2019elles ne s\u2019adressent point à eux, mais te sont suggérées par les sollicitations intéressées dont tu m\u2019as fait part au début de la soirée.Mais je te ferai observer que ceci ne fausse rien du tout et n\u2019a rien de nouveau ; il y a toujours eu des coureurs de dot et il s'agit d'inconnus dont tu n'as pas à te soucier.Catherine sourit tout à fait : \u2014 Tu as raison.Et comme, jusqu\u2019ici, je n\u2019ai jamais pensé à me marier, je n\u2019ai qu\u2019à continuer, ainsi .\u2022\u2014 Halte-là, ma chère, coupa Christiane, ce n\u2019est pas ce que j\u2019ai voulu dire.Il n\u2019y a pas sur terre que des hommes voulant se caser ou redorer leur blason.Avec ou sans ar-(Lire la suite page 15) Les mots qui plaisent aux femmes\u2014 \u201cMon coeur repose dans vos chères Le \u201c froid asséchant \u201d rend souvent la peau des mains rudes et gerçées POUR que les mains restent belles, il faut que les petites glandes cutanées leur fournissent l\u2019humidité.Mais ces petites glandes sécrètent moins en hiver, alors que vos mains s\u2019assèchent plus vite au contact du froid extérieur, du vent, de la chaleur artificielle des intérieurs et de l\u2019eau.Durant l\u2019hiver, vos mains deviennent-elles rudes et gercées ?Ne tolérez pas cela ! 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Toi aussi, Christiane, tu es très belle.Le jour où tu seras aimée, tu pourras croire .Croire ! tout est là.Je ne pardonnerais jamais à un homme de m\u2019avoir menti.d\u2019avoir feint des sentiments qu\u2019il n\u2019éprouverait pas.On n\u2019imagine pas, évidemment, qu\u2019une fille laide puisse se permettre d\u2019avoir de telles prétentions.\u2014 Laide ! Allons donc ! Tu es .\u2014 Je sais ce que tu vas dire : « Tu es intelligente.tu as de grandes qualités .etc .etc .»C \u2019est entendu, mais si j\u2019étais jolie, on ne parlerait pas de cela.N\u2019en parlons donc plus ce soir.Après tout, qui vivra verra.Christiane haussa les épaules.\u2014 Cette écorchure ?\u2014 Je ne la sens même plus.\u2022 Le lendemain, Catherine déjeunait à Saint-Mandé entre son oncle et sa tante Brichot.La petite salle à manger de l\u2019appartement donnant sur le Bois de Vincennes, était encombrée de livres et de paperasses, car elle servait en même temps de cabinet de travail à l\u2019oncle Arthur.Il fallait toujours déplacer un manuscrit ou un atlas pour trouver un siège et la femme de ménage, au moment de faire le service, était dans l\u2019obligation de repousser les piles de volumes afin de ménager un espace libre aux plats sur la desserte.Encore M.Brichot ne cessait-il de se plaindre des perturbations qu\u2019amenait dans son travail la nécessité de céder ainsi constamment la place ; et Catherine était montée de plusieurs degrés dans son affection depuis qu\u2019elle lui avait promis de lui donner en propre un cabinet de travail dans la maison qu\u2019elle faisait construire.On en parlait justement.\u2014 Donnant sur le jardin .une seule porte dont vous pourrez enlever la clef si vous voulez .On n\u2019entrera qu\u2019avec votre permission .M.Brichot ayant été pendant de longues années employé dans une importante maison de Commission du Sentier, avait fait à ce titre plusieurs voyages tant en Asie qu\u2019en Amérique lorsqu\u2019il était encore célibataire.Esprit curieux et observateur, il avait rapporté de ces expéditions toutes commerciales nombre de documents, des notes prises au hasard de ses va-et-vient et de ses rencontres, caressant l\u2019espoir de les réunir un jour et de les publier.Aujourd\u2019hui, parvenu à l\u2019âge de la retraite, il était en train de réaliser ce rêve et comptait voir prochainement éditer un livre sur l\u2019Extrême-Orient auquel il travaillait depuis deux ans.\u2014 Et vous apporterez votre dragon .continua Catherine, mon- trant du doigt un monstre de bronze doré aux yeux flamboyants beaucoup trop volumineux pour le poêle de faïence sur lequel il était placé.Nous lui ferons un piédestal en face de votre bureau, afin que vous continuiez à trouver en lui l\u2019inspiration.\u2014 Oh ! ma chère, bientôt ce sera toi que ton oncle mettra sur un piédestal, affirma Mme Brichot en posant sur la table un plat de magnifiques poires.Tu flattes toutes ses manies, tu lui offres tout ce qu\u2019il a toujours désiré.Autant dire qu\u2019il te considérera prochainement comme une divinité bienfaisante.Catherine se mit à rire : \u2014 Est-ce vrai que je vous fais l\u2019effet d\u2019une idole, oncle Arthur ?demanda-t-elle.Oh ! quelles belles poires ! \u2014 Elles viennent du jardin de mon vieil ami, le commandant Lucas.Ah ! c\u2019est agréable d\u2019avoir un jardin à cultiver ! soupira l\u2019oncle.¦\u2014 Encore un plaisir que vous trouverez à la Pinède.Je compte bien y faire planter des arbres fruitiers.Nous n\u2019aurons sans doute pas des poiriers donnant de semblables fruits, mais il y aura sûrement une treille.\u2014 Et un potager ?demanda vivement tante Julienne.\u2014 Certainement.Et des fleurs, beaucoup de fleurs.\u2014 Pour le coup, ma petite, ta tante avait presque raison tout à l\u2019heure.Si tu es trop vivante et trop proche de nous pour que je te considère comme une divinité ou une sainte de vitrail, je crois tout de même voir à ton front une véritable auréole faite de bonté et de générosité.-\u2014 Prenez garde, mon oncle, dit la jeune fille en le menaçant du doigt, si vous parlez d\u2019une auréole, ma tante va vous affirmer que ce ne peut être qu\u2019une couronne d\u2019épines.\u2014 Voilà qui ne m\u2019étonne pas.Ta tante a toujours eu le talent de souffler d\u2019avance sur les illusions, par crainte d\u2019incendie.Mme Brichot, achevant de peler sa poire, répliqua en hochant la tête : \u2014 Cela ne vaut-il pas mieux que d\u2019en être dupe ?Les trois convives gardèrent un moment le silence pour savourer les poires du commandant.Le café servi, Catherine, cédant à l\u2019impression d\u2019euphonie dont elle se sentait envahie, reprit encore : \u2014 Ma chère tante, avouez que tout n\u2019est pas duperie en ce monde, et qu\u2019il existe à tout le moins des sentiments sincères.La fortune est loin d\u2019être une calamité, convenons-en.Celle qui vient de m\u2019échoir me permet de vous faire plaisir, ce qui est une satisfaction d\u2019autant plus grande que vous n\u2019avez pas attendu que je sois riche pour me donner une affection qui m\u2019est précieuse.et que je partage.\u2014 Bien sûr, bien sûr, convint la vieille dame.Cela est vrai quand il s agit de nous, mais tu te heurteras maintenant plus d\u2019une fois à l\u2019intérêt sous une forme ou sous une autre, il faut t\u2019y attendre.C\u2019est contre cela que je voudrais te mettre en garde.\u2014 Je ne dis pas, murmura Catherine dont l\u2019esprit évoqua les deux lettres reçues la veille.Des gens intéressés, il y en a .Ce sont des indifférents dont je ne me soucie pas.Que -m\u2019importe, puisque j\u2019ai de bons amis dont je ne puis douter ! Hier au soir, par exemple, qui donc pensait à ma fortune autrement que pour m\u2019en féliciter ?\u2014 Oui.ou .i.évidemment, fit, comme à regret, Mme Brichot.Il est certain que Christiane n\u2019a rien à tirer de toi.sauf peut-être des relations pour sa carrière.Les Forestier ?.Désintéressés, certaine- ,î;-yV ( !¦ », , U ne idée révolutionnaire en corseterie moderne!!! LELONG AGREE PAR LUCIEN LELONG-DE PARIS Les nouveaux corsets en \u201cFabric Boning\u201d ont Vapprobation enthousiaste de Lucien Ldong, le fameux couturier 'parisien.M.Lelong fut tellement épris de ce nouveau genre de corsets quit insista pour quon leur donnât son nom1 \u2022 Unique dans le domaine de la corseterie, le corset Silhouette Lelong apporte à toutes les femmes les avantages surprenants du \u201cFabric Boning\u201d.Au lieu de baleines ordinaires, de?pièces d\u2019un tissu spécial contrôlent puissamment les formes sans rigidité ou manque de confort, tout en permettant une liberté de mouvement surprenante.Fabriqué de filé de soie, 300% plus résistable qu\u2019un tissu ordinaire à corsets, le \u201cFabric Boning\u201d moule la taille en un \u201ccontour séduisant\u201d et lisse.Il élimine tout à fait les plis.Vous serez enchantée du corset Silhouette Lelong car rien de semblable n\u2019a encore été offert.Demandez un essayage.En vente dans tous les principaux magasins.Toutes les tailles\u2014-prix variés.LMF1A fabrication canadienne exclusive par \u2014\u2014\u2014\u2014 DOMINION CORSET COMPANY LIMITED QUEBEC, CANADA V E T .CANADI EN\t372,227 16 LE SAMEDI ment .mais tu es la marraine du petit.Les Bourrache, je te les abandonne.Olivier Le Marois ?Dame : la pharmacie.Et la petite Vidal n'a pas perdu son temps pour s\u2019y faufiler dans l\u2019espoir de s\u2019y caser .peut-être de toutes façons.Quant au chimiste Tribout, il s\u2019est dépêché de te suggérer l\u2019idée d\u2019un laboratoire de recherches, et te voilà cliente de son père.Jean Dupont ?Je ne sais pas.Il est possible qu\u2019il songe au moment où il s\u2019établira.Enfin, sans que cela change rien à l\u2019affection que l\u2019on a pour toi, chacun soigne tout de même ses petits intérêts personnels.C\u2019est humain.Catherine, sans répondre, porta la main à la minuscule cicatrice qu\u2019avait laissée à son front la couronne des rois.Les mots sont quelquefois comme une tache d\u2019huile qui, toute petite d\u2019abord, s'étale, s\u2019élargit, rayonne et, sans en avoir l\u2019air, s\u2019incruste.Un mot par-ci, un mot par-là, chacun sans grande portée, se rejoignant et faisant corps, prennent une toute autre apparence.Le laboratoire .Et Tri-bout qui s\u2019offrait à piloter son auto.Y eût-il pensé si.?Eût-il davantage songé que l'hôtel de Saint-Clair était insuffisant ?L\u2019argent avait-il donc fait d\u2019elle une personne différente ?Pour laquelle on avait plus d\u2019égard ?Madeleine Vidal se casait .Olivier aussi.Mariage, peut-être.Pourquoi pas ?Christiane ?Violette ?.Non.Ici son esprit se rebellait.Pour ces deux-là, rien de changé.Deux.Ce n'était pas beaucoup, tout de même ! \u2022\u2014 Un peu d\u2019eau-de-vie de marc ?proposa M.Brichot.\u2014 Oui, mon oncle.Et puis, donnez-moi une cigarette et allumez votre pipe.Ensuite, vous me raconterez une belle histoire d\u2019Orient.Ill C oleil d\u2019or flambant dans le ciel J bleu sur la mer bleue.C\u2019est l'heure chaude où tout somnole en ce mois d\u2019août et seules les cigales font entendre leur chant monotone.Saint-Clair est assoupi, personne dans les rues, le café du casino est désert ; les patrons font la sieste, les garçons assis, dos au comptoir et bras croisés, s\u2019efforcent de conserver une attitude de gens éveillés au cas d\u2019une entrée improbable de client.Un gros chat roux roulé en boule ronronne et de loin en loin ouvre un œil inves-tigiteur.La chaleur tombe, lourde comme une chape de plomb sur la terre desséchée qui se fendille.Le groupe des platanes ombrageant la fontaine bruissante de la grand\u2019place semble une oasis de verdure, ou peut-être un miragé, au centre de ce brûlant Sahara que ne brave aucun être vivant.Pas un souffle d\u2019air, pas un bruit.Saint-Clair dort.L\u2019heure de la sieste est sacrée.Dans la librairie Farlède plongée dans la pénombre, Camille, le gamin préposé à la vente des journaux, qui est censé la garder, a disparu derrière les rayons des livres en location.Il en sort sa tête rousse ébouriffée au bruit tintinnabulant du rideau de perles de la porte d\u2019entrée.-\u2014 Quoi c\u2019est-y qu\u2019y a ?.demanda-t-il, la voix ensommeillée en se frottant les yeux.Un éclat de rire lui répond : \u2014\u2022 Ce n\u2019est que moi qui prends la clef de la grille, Millou.Ne te dérange pas.Âu fond de la boutique, Mme Farlède paraît.\u2014 Ah ! c\u2019est vous, mademoiselle Dumoulin !.s'exclame-t-elle.Il n'y a que les gens du nord pour être dehors à cette heure-ci !.¦\u2014 Mon oncle et ma tante, eux, font la sieste et je n\u2019ai pas voulu les déranger.Si vous les voyez, vous leur direz que je suis monté à la Pinède.\u2014 Oh ! ils passeront sûrement par ici à la fraîche et je ferai la commission.Comme ça, vous allez encore travailler là-haut, mademoiselle ?\u2014 Mais oui, madame Farlède.Je voudrais bien pouvoir emménager dès que les domestiques arriveront.Les ouvriers ont terminé, mais il est nécessaire que j\u2019ouvre la maison pour que le soleil sèche les peintures .\u2014 Ah ! là là, bonne Mère !.Il est assez fort pour ça, on peut dire ! \u2014 Justement, je veux en profiter.Vous savez que j'attends des invités dans les premiers jours de septembre.\u2022\u2014\u2022 Mlle Christiane, je pense, et Mlle Violette .ou plutôt Mme Forestier .que je me réjouis tant de voir son bébé, cet amour dont vous m\u2019avez montré la photographie ! .\u2014 Mais oui, et d\u2019autres encore.Alors, il n\u2019y a pas de temps à perdre.Quand le ménage Scayole sera là, y aura à faire, je vous en réponds !.D\u2019abord, tout le jardin pour le mari, et c\u2019est effrayant ce que la végétation a tout envahi !.Quant à la femme, ma tante se chargera de la diriger.A ce propos, je voudrais bien que vous me trouviez une femme de chambre pour qu\u2019elle n\u2019ait pas trop de travail.\u2014 En attendant, c\u2019est vous qui faites leur travail à ce que je vois, et vous ne ménagez pas votre peine, quand il fait si chaud que les gens fondent au soleil.Tu vois ça, toi, Millou, flemmard qui te caches pour dormir ! .La demoiselle s\u2019en va s\u2019appuyer la grimpette et se mettre à l\u2019ouvrage, quand elle pourrait se reposer tranquillement à l\u2019hôtel ! Le gamin renifle bruyamment en bredouillant quelque chose dans lequel il est question des goûts variés que l\u2019on rencontre sans les comprendre ou les partager.\u2014 Vous savez bien que je ne crains pas la chaleur, s\u2019empresse d\u2019affirmer Catherine.Et, pour détourner l\u2019attention de la libraire, elle ajoute : \u2014\u2022 Je vous laisse la clef de la loge et je vous rendrai celle de la grille ce soir pour le cas où les Scayole arriveraient demain.\u2014 A votre service, mademoiselle Dumoulin.Par le chemin rocailleux que Mme Farlède dénommait à juste titre « grimpette », Catherine commença lentement l\u2019ascension de la falaise au-dessus de laquelle s\u2019élevait maintenant sa maison.Ce chemin, plus raide, mais plus court que celui des voitures, coupait à travers le bois de pins qui avait donné son nom à la propriété et aboutissait à la grille de la Pinède, laissant voir, à mesure que l\u2019on s\u2019élevait, de larges pans de mer bleue entre les hautes colonnes des troncs roses ou mauves.Bien qu\u2019elle se targuât de ne point craindre la chaleur, Catherine, en arrivant au bout, se sentait essoufflée ; la taille de sa robe était collée à sa peau et ses pieds nus dans des sandales se brûlaient aux aiguilles crissantes qui tapissaient le sol d\u2019une couche épaisse.\u2014 Ouf !.fit-elle en s'éponqeant le front.\u2014 Il fait joliment chaud !.dit une voix au moment où elle escaladait les dernières roches.lin grand jeune homme était debout devant elle, regardant de droite et de gauche d\u2019un air perplexe.Il était vêtu de toile kaki et sa chemise de cellular largement ouverte laissait voir son cou et sa poitrine.Un visage très jeune, des cheveux blonds frisottants et un joli sourire rachetaient ce que sa tenue avait de trop négligé.\u2014 Pardon, madame, puis-je vous demander par où il faut passer pour descendre à la mer ?demanda-t-il avec un léger salut.Je connaissais autrefois un escalier, mais il a disparu.\u2014 Il n\u2019a pas disparu, monsieur, répliqua la jeune fille.Vous le trouverez derrière ce buisson de lentis-ques où il a toujours été.Ça, par exemple, c\u2019est un peu fort !.Je vous garantis que l'an dernier je le trouvais à ciel ouvert.de l\u2019autre côté de cette grille.Catherine eut un sourire amusé.\u2014 Ah ! c\u2019est différent.Les premières marches aboutissent, en effet, sur la terrasse de la Pinède.Mais est-ce que l\u2019an dernier, comme celui-ci, ce n\u2019était pas.une propriété privée ?\u2014 Pfft.fit le jeune homme.Je vois, madame, que vous êtes nouvelle venue dans le pays.L\u2019an dernier, la Pinède était un domaine pratiquement abandonné que ne fermait pas du tout une grille branlante et dans lequel on circulait comme on voulait.C\u2019était un endroit charmant.Il a fallu que des gens viennent l\u2019abîmer, ce qui est bien dommage et, naturellement, ils ont renforcé les clôtures, mettant ainsi les passants à la porte.\u2014 Dame, cela se comprend un peu de leur part, il me semble.Alors, vous trouvez que cette maison abîme vraiment le paysage ?\u2014 Heu .non, pas précisément.C\u2019est contre la manie de construire que je m\u2019insurge.On ne trouvera bientôt plus un bout de libre nature sur cette côte .ni dans le monde entier.Mon ami, le peintre Daniel Fresnay, chez lequel je fais un séjour à la Palmeraie, a découvert l\u2019été dernier, dans le parc de la Pinède, je ne sais combien de coins délicieux à peindre.Aussi, quand il a vu la propriété envahie par une équipe d\u2019ouvriers, s\u2019est-il joliment lamenté en face de ce massacre dont il m\u2019a parlé hier, dès mon arrivée.Quant à moi, je trouvais simplement commode, lorsqu\u2019il avait installé son chevalet, de descendre l\u2019escalier pour aller en bas prendre mon bain.Mais puisque vous m\u2019affirmez que je retrouverai cet escalier derrière le buisson, me voilà consolé.J\u2019y vais donc de suite après vous avoir remerciée du renseignement.\u2014 Oh ! monsieur, c\u2019est la moindre des choses.Catherine, lorsque le promeneur fut hors de vue, haussa les épaules et, traversant le chemin, ouvrit la malencontreuse grille donnant accès à sa propriété.\u2022\u2014 Massacre !.grommela-t-elle entre ses dents.Il a de l\u2019aplomb, l\u2019artiste !.Je n\u2019ai pourtant laissé couper que le moins d\u2019arbres possible, et à l\u2019heure qu\u2019il est, le parc est encore à l\u2019état de forêt vierge.Seulement, il ne peut plus y entrer comme il veut, et c\u2019est là que le bât le blesse.Bien dommage, Monseigneur ! .Daniel Fresnay .ajouta-t-elle, je me rappelle avoir vu de lui des paysages intéressants dans plusieurs expositions.Ainsi, il les avait faits ici ! Voilà qui est amusant ! Mais, ne lui en déplaise, cette grille ne ferme pas encore assez bien en raison de l\u2019envahissement du lierre.Il va falloir remédier à cela.Les fenêtres de la maison ouvertes largement pour laisser pénétrer les rayons ardents du soleil à l\u2019intérieur, la jeune fille passa sur sa robe un ta- fLOCCNS Un flocon, deux flocons, La neige vole ! Ma chère, entends sur les balcons.Sa chute molle.Un flocon, trois flocons, La neige vole ! D'où viennent tous ces blancs cocons De papillons ?Un flocon, cinq flocons, La neige vole .C'est comme un troupeau de moutons Qui caracole.Un flocon, sept flocons, La neige vole Et pique à tes souliers mignons Des lucioles.Un flocon, dix flocons, La neige vole Tout autour de tes cheveux blonds, En ronde folle .Un flocon, vingt flocons, La neige glisse.Eparpillement de rayons Et de narcisses .Un flocon, cent flocons, La neige tombe.Et c'est un vol, sur notre front.De cent colombes .Suzanne BUCHOT 4 février 1939 17 blier écru de jardinage dans la large poche duquel elle fourra un sécateur et divers outils.Puis elle tira contre l\u2019entrée une grande échelle double, posa sur sa tête un vieux chapeau de paille déchirée et, grimpant sur les échelons, se mit en devoir d'élaguer de son mieux la masse compacte du feuillage.Cela, à la vérité, n\u2019alla point aussi facilement qu elle s y était attendue.Les tiges griffues du lierre s\u2019agrippaient solidement aux barreaux de la grille et leur enchevêtrement dépassait de beaucoup la hauteur des fers de lance.Couper et traiter là-dedans était une rude besogne ; Catherine ne savait pas très bien manier le sécateur et, sous le soleil dont la préservait mal le vieux chapeau abandonné sans doute là par l\u2019un des ouvriers, elle avait très chaud et n'avançait guère.Pourtant, elle s'acharnait, voulant absolument mener sa tâche à bien, et redoublait d'efforts, quand une voix railleuse l\u2019interpella de l\u2019autre côté : \u2014 Eh bien que faites-vous donc là ?.C\u2019était le promeneur de fout à l\u2019heure qui, émergeant de l\u2019escalier de pierre, s\u2019était planté au milieu du chemin et la contemplait de loin.Elle pencha vers lui un visage luisant encadré de mèches en désordre.\u2014 Vous ne voyez pas que je taille du lierre ?.répliqua-t-elle sur un ton plutôt acide.\u2014 Vous ne m\u2019aviez pas dit que vous étiez employée chez les nouveaux propriétaires.,\u2014 Me l'avez-vous demandé ?Le jeune homme vint jusqu\u2019à la grille.\u2014 C'est vrai.Et, somme toute, ça ne me regarde pas.Il ajouta, sans se préoccuper autrement de discrétion : \u2014 Alors, vous êtes jardinière ?Catherine appuyait ses deux bras sur le dernier échelon, pas fâchée, peut-être, de se reposer un peu.\u2014 Non, répondit-elle.Je fais ça en attendant.__ Ah ! bon.Je pensais bien aussi, à voir la façon dont vous vous y preniez, que vous ne deviez pas sortir d\u2019une école d\u2019horticulture.\u2014 Qu\u2019entendez-vous par là?Vous trouvez que je m y prends mal ?\u2014 Plutôt ! \u2014 Dites donc, vous n\u2019êtes pas poli.Y êtes-vous allé, vous, dans une école d\u2019horticulture ?\u2014 Parfaitement.En Angleterre.Comme je ratais tous mes examens, mes parents ont eu cette idée géniale, parce qu\u2019ils avaient 1 illusion qu après eux j\u2019aurais encore des propriétés.Et comme ça m\u2019agace de vous voir vous escrimer sur ce lierre, je préférerais le faire à votre place, si vous voulez seulement m\u2019ouvrir.\u2014 Jamais de la vie, par exemple.\u2014 Quel mauvais caractère vous avez !.J\u2019aurais aimé vous donner un échantillon de mon savoir et vous auriez peut-être pu me recommander aux patrons comme jardinier.^ C\u2019est un métier qui ne me déplairait pas.\u2014 Pas possible !.\u2014 C\u2019est comme ça.J'ai besoin de trouver une situation, et le jardinage, c\u2019est tout ce que je sais faire.Raté les bachots, comme je vous ai dit.J\u2019aimerais mieux ça que d en être réduit à épouser une héritière.\u2014 D\u2019autant qu\u2019il faudrait encore la trouver, l\u2019héritière.\u2014 Oh ! ce n\u2019est pas ça qui est difficile.Figurez-vous que le notaire de ma famille en a même déniché une tout nouvellement enrichie.Une fille qui auparavant était quelque chose comme droguiste ou pharmacienne.-\u2014 Pharmacienne ?.\u2014 Oui, croyez-vous !.Quelque laideron à lunettes, parlant latin et sentant la camomille.Je cours encore et c\u2019est pour échapper à ce danger que je suis venu retrouver Fresnay.\u2014 Ah !.Où perche-t-il, votre notaire ?\u2014 A Langres ; il s'appelle Me Thibault, si cela peut vous intéresser.\u2014 Et sa candidate était d\u2019accord avec lui ?,\u2014 Tiens, parbleu ! Une façon de décrasser ses millions.Il y a des gens qu\u2019un titre flatte encore.Vicomtesse d'Ormoize ce n\u2019est pas si mal .- Oh! Catherine fit un bruque mouvement dans lequel son sécateur lui échappant, vint tomber à travers les barreaux de la grille aux pieds de son interlocuteur.Celui-ci, l\u2019ayant ramassé, le brandit vers elle en riant.\u2014 Cette fois, badina-t-il, vous ne pouvez plus me refuser de m ouvrir.Je tiens l\u2019instrument de travail et ne le lâcherai pas.\u2014 Je croyais que vous deviez aller prendre un bain de mer.\u2014 Mais j\u2019en viens.Un bain délicieux.Dans l\u2019ardeur de votre bataille contre ce lierre vous n avez pas eu conscience de la marche du temps.Et vous n\u2019avez guère avancé l\u2019ouvrage.En un quart d\u2019heure j\u2019en ferai plus que vous, soyez-en sûre.Allons, laissez-vous tenter.Catherine prit dans la poche de son tablier, la clef de la grille et la lui lança.Une minute après, ayant jeté sa veste à la volée, il l\u2019avait remplacée sur l\u2019échelle et justifiait ses prétentions en se servant avec adresse et précision du sécateur.\u2014 Vous voyez, mademoiselle, que je ne me suis pas vanté et que je connais le métier.Catherine, assise sur le tronc coupé d\u2019un arbre mort, observa : \u2014- Comment se fait-il que vous m\u2019appeliez tout d\u2019un coup mademoiselle ?.\u2014 C'est très simple, riposta-t-il avec une grimace, je viens de remarquer que vous ne portiez pas d\u2019al-liaruce.Voilà un côté qui prend tournure ; je passe à l\u2019autre.Ce lierre est d\u2019un résistant !.Jamais vous n\u2019en seriez venue à bout, mademoiselle.Mademoiselle comment, à propos ?Moi, je me suis présenté incidemment, et je complète : Gaston d\u2019Ormoize, pour vous servir.\u2014 Je m\u2019appelle Catherine.\u2014 Catherine .Gentil ! Ça vous va bien.Alors, mademoiselle Catherine, me recommanderez-vous à vos patrons pour la place ?\u2014 Quelle place ?\u2014 Mais, celle de jardinier ; à quoi pensez-vous ?.\u2014 Sérieusement, vous accepteriez cela, vous, un vicomte ?\u2014 Et comment !.Ah ! ma bonne demoiselle, vous êtes encore de ces gens que les titres impressionnent, mais moi, vous savez, j\u2019en suis bien revenu.Je trouverais beaucoup plus honorable de travailler de mes mains que de faire un mariage d\u2019argent, je vous assure.Et puis, cet endroit me plaît .\u2014 Quoi ! malgré l\u2019avis de votre ami le peintre qui trouve que cette maison déshonore le paysage ?Gaston d\u2019Ormoize venait de sauter à bas de l\u2019échelle et rabattait les manches de sa chemise qu\u2019il avait roulées haut sur ses bras.Il fit à nouveau une grimace de gamin : \u2014 La maison ?.Elle n\u2019est pas si mal, un peu « nouveau riche », peut-être, mais enfin .Evidemment, ça ne vaut pas Ormoize, mais c\u2019est plus sympathique.Et un gagne-pain V XT m* - -¦£ Comment Marie eut quand même recours à des méthodes modernes pour son bébé! \u201cPourquoi ma belle-mère prend-elle toujours pour mon mari?\u201d vr/S ¦f *' Incrédulité naturelle à la science incomplète des Occidentaux.Quoi qu\u2019il en soit, si, ce qu\u2019à Dieu ne plaise, il s\u2019agissait réellement aujourd\u2019hui de ce terrible mal, on pourrait s'attendre à ce que toute la suite du prince en meure.\u2014 Charmante perspective !.\u2014 Et charmant voisinage !.\u2014 Tout de même, mes amis, ne nous frappons pas outre mesure, dit Gaston d\u2019Ormoize en se secouant.Triste nouvelle, c\u2019est vrai, et sombre histoire, mais voyez, le soleil brille, la mer étincelle et nous ne sommes pas en territoire hindou.Jouissons de l\u2019heure présente et apprécions ces cocktails qui sont délicieux.\u2014 Eh bien, murmura Daniel Fresnay, le visage contracté, l'Inde a beau être un pays merveilleux, ce n est pas un pays où j\u2019irai jamais !.Quels que fussent les efforts de Gaston pour ramener la gaîté, le dîner et la soirée qui suivit manquèrent d\u2019animation.On resta peu sous la véranda malgré la splendeur du coucher de soleil sur les flots incandescents et, au salon, la conversation languit ; les tables de bridge restèrent inoccupées.Bien qu\u2019on évitât d\u2019aborder le sujet dont chacun était préoccupé, des réflexions faites de loin en loin prouvèrent que l\u2019esprit de tous ne s\u2019en était pas détachée.\u2014 A l\u2019aurore .dit pensivement Christiane.Pourtant, hier au soir, il ne paraissait pas malade.-\u2014 Oh ! répliqua Catherine, il devait déjà avoir la fièvre ; j\u2019ai remarqué que sa main était brûlante lorsque .Elle s\u2019interrompit, comme frappée d\u2019une idée subite.Il y eut un instant de malaise.Concrétisant la pensée générale, Gaston lança d\u2019un ton qui voulait être plaisant : \u2014 Après tout, nous avons tous été plus ou moins en contact avec le maharadjah et ses Hindous, hier au soir !.Les rires qui lui répondirent sonnaient faux.Un moment plus tard, Olivier Le Marois, s\u2019étant rapproché de l\u2019oncle Arthur, lui demandait posément : \u2014 Ainsi, monsieur Brichot, quand une personne est atteinte du « Mal Bleu », on peut la considérer comme perdue ?Le vieux monsieur, toujours satisfait de faire étalage de son savoir, expliqua : ¦\u2014 Assurément.Le seul traitement \u2014 d\u2019un résultat très aléatoire \u2022\u2014 qui ait jamais été envisagé, consisterait à masser très énergiquement, dès l\u2019apparition des symptômes, les extrémités bleuissantes du malade, mais comme dans ce cas celui qui le ferait serait atteint à son tour .\u2014 On ne peut agir de façon préventive ?\u2014 Comment voulez-vous ?.\u2014 Ah ! ça, Olivier, dit railleusement Christiane, qui seule se trouvait à portée d\u2019entendre ce dialogue, est-ce que vous auriez le trac, par hasard ?Il la regarda, l\u2019air grave : \u2014\u2019 Peut-être .répondit-il très bas.Par les fenêtres largement ouvertes, on voyait maintenant flotter au \u2022 ciel des nuées orageuses ; quelques éclairs lointains zébrant la nuit, illuminèrent l\u2019horizon.\u2014 Je crois, dit Henri Forestier, que nous nous énervons et sommes en train de nous monter la tête.La faute en est sans doute au temps ; il y a de l\u2019électricité dans l'air, ce qui est très mauvais pour la cervelle humaine.Tâchons de nous calmer.De-(Lire la suite page 24J RHUMES MAL de GORGE SUIVEZ LE MODE D'EMPLOI FACILE QU'EXPLIQUENT CES 3 PHOTOS Puis, faites fondre 3 comprimés d'Aspirine dans le V3 d'un verre d'eau et gargarisez-vous \u2014 pour calmer l'irritation de la aor-ge, qui est l'effet du rhume.Prenez d'abord 2 comprimés d'Aspirine dans 1 verre d'eau \u2014 pour soulager le malaise douloureux qui, le plus souvent, accompagne le rhume.Si la fièvre persiste \u2014 si votre mal da gorge n'est pas rapidement soulagé \u2014 faites venir le médecin.Des milliers de personnes connaissent ce moyen facile d'obtenir un prompt soulagement Regardez les trois images ci-haut \u2014elles vous épargneront peut-être de longues heures de souffrance la prochaine fois que vous aurez le rhume ou cette douloureuse irritation de la gorge qui, si souvent, accompagne le rhume.Elles expliquent, en effet, le moyen facile de calmer promptement ces pénibles malaises\u2014grâce à l\u2019Aspirine.Innombrables sont ceux qui vous diront que cette méthode est extraordinairement efficace et rapide.Essayez-la.Puis\u2014car le rhume même le plus bénin peut avoir des conséquences très sérieuses (la pneumonie, par exemple, ou T influenza.) \u2014consultez le médecin.Il en établira la gravité et vous indiquera le traitement à suivre.En outre, il est fort probable qu\u2019il vous dira de continuer à prendre de l'Aspirine, parce qu\u2019elle a pour effet de soulager en vitesse les pénibles malaises du rhume, et que c\u2019est aussi un excellent fébrifuge.Cette méthode si simple remplace de plus en plus l\u2019emploi des remèdes énergiques utilisées jusqu\u2019ici contre les symptômes du rhume.C\u2019est peut-être le procédé le plus facile et le plus efficace qui ait encore été découvert.\u2022 Les comprimés d\u2019Aspirine sont préparés au Canada par la Bayer Company, Limited, de Windsor, Ontario.DOULEURS \u2014 Conseillées par leurs médecins, des millions de personnes ont recours aux comprimés d'Aspirine pour soulager en vitesse le mal de tête'et les douleurs rhumatismales, névritiques et névralgiques.Exigez la Marque \"ASPIRIN\u2019' Marque déposée 22 LE SAMEDI « \u2022 if I \u2022 ,AMS ' ¦ ÏÉaBSS\u2019 ¦ Denise, je vous crois innocente ! 4 février 1939 23 Les Amours de Claire par EMILE R1CHÏBCIP6 Dessin de SAINT-LOUP RESUME DES CHAPITRES PRECEDENTS M.Joramie a fait fortune en Amérique, une fortune colossale se chiffrant à des millions.Personne ne le sait avec exactitude.Après la mort du riche bonhomme, ses héritiers, des parents de province; dirigés par un dénommé Rabiot, attendent, ainsi que des oiseaux de proie, que soit lu le testament et que soient levés les scellés.Après la lecture du document; les héritiers, Rabiot en tête, sont pris d\u2019une colère.Il y a de quoi.Joramie laisse sa fortune, soit quelque trente-cinq millions, à une certaine Claire Guérin, que naguère, au moment de partir pour les Amériques, il aima.Or, personne, dans l\u2019entourage des parents de feu Joramie, ne connaît la Guérin en question.A la ferme de Grandval il y a une servante du nom de Beau-Soupir, aussi fidèle que laborieuse et répondant en tous points au signalement de Claire Guérin.Est-ce elle ?Pour le savoir, les maîtres usent de cent expédients et même se servent de la nàiveté de la jeune Denise Morel, compagne de travail et confidente de Beau-Soupir.\u2019était la ruine de ses espérances.On comprend comment il était devenu si facilement le confident et.même le complice de Joseph Rabiot qui, l\u2019ayant jugé d\u2019un coup d\u2019oeil, s\u2019était promis de l\u2019utiliser pour l\u2019accomplissement de ses projets.Quelques jours après l\u2019ouverture du testament de M.Joramie, Rabiot avait écrit à Henri Cordier pour le prier de passer chez lui.« Ne manquez pas de venir, lui disait-il, il s'agit de vos intérêts : j\u2019ai une situation à vous offrir ».A l\u2019heure indiquée, Henri Cordier se présenta chez Rabiot.Il avait joué la veille et perdu le reste de l'argent qu\u2019il possédait.Rabiot le reçut très cordialement, et, après avoir fermé soigneusement la porte de son cabinet, il lui dit : \u2014 Eh bien, où en êtes-vous ?\u2014 Toujours au même point.\u2014 Vous n\u2019avez pas encore été mis en possession de votre legs ?\u2014 Non, pas encore.\u2014 De sorte que vous êtes sans argent ?\u2014 Absolument.\u2014 Vous avez perdu ?\u2014 Plaît-il ?fit Cordier tout surpris.\u2014 Je dis que vous avez joué et perdu.-Moi! \u2014 Oui, vous.Ne niez pas, je vous ai vu entrer dans une maison de la rue Blanche .que je connais.\u2014 Je vous jure que c\u2019est la première fois .\u2014 Ne jurez pas, ne vous défendez pas, je comprends toutes les passions.-Ah ! \u2014 Et je suis très indulgent.\u2014 Vous avez raison, monsieur Rabiot.\u2014 Je comprends qu\u2019on joue.\u2014 N'est-ce pas ?\u2014 Oui, mais je ne comprends pas qu\u2019on perde.\u2014 Pourtant.\u2014 Là est la sottise, mon cher, et vous avez perdu ! Henri baissa la tête.\u2014 Hélas! ouij soupira-t-il, et sur un coup superbe.\u2014 C\u2019est toujours sur un coup superbe que l\u2019on perd beaucoup.\u2014 C\u2019est vrai.\u2014 Eh bien, je vais vous donner un moyen de rattraper votre argent.\u2014 Voyons.\u2014 Vendez vos objets d\u2019art.\u2014 Quels objets d\u2019art ?\u2014 Mais ceux que vous avez volés à la succession.\u2014 Moi, j\u2019ai volé des objets d art à la succession ! Monsieur Rabiot, c'est une infamie ! Rabiot haussa les épaules, et, regardant Cordier bien en face, il lui dit : \u2014 Je vous ai vu.\u2014 Mais, monsieur .\u2014 Vous avez dérobé quatre objets, à ma connaissance : une tabatière en or avec miniature, un émail de Limoges, un vieil ivoire japonais et une médaille ancienne.Vous avez pris les deux premiers objets dans le cabinet de M.Joramie, et les deux autres sur une étagère du petit salon.NOTRE FEUILLETON No 7 Cordier était confondu.Courbant la tête, il murmura : \u2014 Ne me perdez pas, monsieur.Puis, reprenant son assurance : \u2014 Après tout, dit-il, vous vouliez bien, vous, prendre des billets de banque dans le coffre-fort ! \u2014 Ah ! c\u2019est ainsi que vous le pre-nez ?,\u2014 Croyez-vous que j\u2019aie tort ?\u2014 Oui, car je puis prouver que vous avez volé.\u2014 Oh ! prouver ! cela vous serait difficile ! \u2014 Erreur, monsieur Cordier, erreur.Les quatre objets volés par vous ont été vendus par vous à un brocanteur.Je les ai rachetés en retirant un reçu qui indique le jour de l\u2019achat du brocanteur, le nom et l'adresse du vendeur.\u2014 Soit, vous pouvez prouver, mais vous ne direz rien.\u2014 Pourquoi cela ?.\u2014 Parce que vous avez besoin de moi.\u2014 Qui vous le dit ?\u2014 Si vous n\u2019aviez pas besoin de moi, vous m\u2019auriez déjà fait arrêter.Enfin, je suis à votre disposition, à votre merci.\u2014 Vous le reconnaissez.\u2014 Oui.\u2014 A la bonne heure.\u2014 Voyons, avez-vous besoin de moi ?\u2014 Peut-être.Dans tous les cas, je tiens à ce que vous sachiez que je suis armé contre vous.\u2014 Je le sais.\u2014 Ce n\u2019est pas tout.-Ah ! \u2014 Vous n\u2019êtes pas seulement un voleur, monsieur Cordier, vous êtes aussi un faussaire.Cette fois, Henri pâlit.\u2014 Vous avez escompté un billet de cinq mille francs souscrit par M.Joramie; or, ce billet est faux.C\u2019est vous qui avez imité l\u2019écriture.Ce billet devait être présenté à l\u2019échéance au notaire.\u2014 Après ?fit Cordier anxieux.\u2014 Eh bien, le billet est entre mes mains; je l\u2019ai accepté en payement.\u2014 Allons, dit l\u2019ancien secrétaire, vous me tenez, je suis votre esclave ! \u2014 C\u2019est ainsi que je l\u2019entends.\u2014 Qu\u2019exigez-vous de moi ?Rien pour le moment; nous verrons plus tard.Mais prenez note que, lorsque vous travaillerez pour moi, je vous payerai.C\u2019est ainsi que les deux gredins s\u2019étaient entendus, se promettant bien de se duper réciproquement.Rabiot avait la ferme intention de compromettre Cordier autant qu\u2019il le pourrait et de le payer le moins possible, sans se dessaisir des armes qu\u2019il avait entre les mains.Henri Cordier se jurait bien de se venger un jour de celui qui le tenait dans sa dépendance.Les deux complices restèrent un certain temps sans se voir.Ce ne fut que lorsque la mort de Beau-Soupir fut résolue que Rabiot appela Cordier.Celui-ci s\u2019empressa de se rendre chez son maître.\u2014 J\u2019ai besoin de vous, lui dit Rabiot.\u2014 Eh bien, me voici.\u2014 Etes-vous prêt à me servir ?\u2014 Oui.Mais vous m\u2019avez dit que vous me payeriez.\u2014 Ce que je promets, je le tiens.\u2014 De quoi s\u2019agit-il ?\u2014 Nous avons découvert Claire Guérin.-Ah! \u2014 Le notaire et l\u2019exécuteur testamentaire croient qu\u2019elle n\u2019existe plus, et nul autre que Parizot, sa femme et moi ne sait où elle est.\u2014 Alors ?.\u2014 Il faut que personne ne puisse la découvrir.\u2014 Si on la croit morte, on ne la cherchera pas.\u2014 C\u2019est ce qui vous trompe, car on veut acquérir la certitude de sa mort.Or, pour que nous n\u2019ayons plus à craindre les recherches qui sont faites, il faut que la femme disparaisse.\u2014 Vous l\u2019avez dit.\u2014 Mais comment arriver à ce résultat ?\u2014 J\u2019ai trouvé un moyen.\u2014 Quel est ce moyen ?\u2014 Elle est jetée à l\u2019eau, elle se noie, on croit à un accident.\u2014 Diable ! \u2014 Voulez-vous m'écouter ?.\u2014 Je suis ici pour cela.Alors Rabiot exposa son plan en détail, minutieusement, insistant pour démontrer que l\u2019impunité était certaine.\u2014 Mais, fit Cordier en frissonnant, il y va de notre tête ! \u2014 De la vôtre seulement.\u2014 Vous ne viendrez pas avec moi ?\u2014 Non.Il ne faut pas que je sois vu à la ferme.Mais encore une fois, vous n\u2019ayez rien à craindre : toutes les dispositions sont arrêtées, toutes les précautions prises.,\u2014 Soit; mais tuer, tuer ! ,\u2014 Ce n\u2019est qu\u2019avancer de quelques jours peut-être la mort de la vieille servante.\u2014 Pourquoi, alors, n\u2019attendez-vous pas qu elle meure de sa belle mort ,\u2014 Parce que je ne veux pas, répondit Rabiot d\u2019une voix sombre et dure.\u2014 Mais si je refuse ! \u2014 Vous vous en garderez bien.\u2014 Cela dépendra, monsieur Rabiot Si je fais ce que vous me demandez, je deviens votre associé.\u2014 Sans doute.\u2014 Dans ce cas, j\u2019aurai droit à une part sur l\u2019héritage.\u2014 Assurément, et je l\u2019entends ainsi.\u2014 Quelle sera cette part ?.\u2014 Je pense qu\u2019un million .\u2014 Soit, monsieur Rabiot, un million.\u2014 Vous êtes satisfait ?\u2014 Pas encore.-Ah! \u2014 Ce n\u2019est pas avant un an, deux ans peut-être, que vous pourrez être mis en possession de l'héritage; en attendant, il faut que je vive, moi.\u2014 C\u2019est vrai.\u2014 Il faudrait donc que j\u2019aie chaque mois une somme convenable .\u2014 Continuez, mon cher Cordier.\u2014 Eh bien, je voudrais après l\u2019affaire quatre mille francs, et chaque mois, régulièrement.deux mille francs.\u2014 Vous aurez cela.\u2014 Vous voyez, monsieur Rabiot, je ne suis pas exigeant.\u2014 Non, pas trop.\u2014 Alors, c\u2019est convenu ?\u2014 Convenu, monsieur Cordier.\u2014 Je partirai pour Grandval quand vous voudrez.\u2014 Demain.\u2014 C\u2019est bien.\u2014 Surtout, mon cher Cordier, n\u2019oubliez pas qu\u2019il faut qu\u2019on croie à un accident.-\u2014¦ Soyez tranquille, monsieur Rabiot.\u2014 Oui, oui, je compte sur votre prudence et votre intelligence.Rabiot compléta ses explications donna à son complice la situation de» lieux, les détails topographiques nécessaires, puis les deux misérables se séparèrent, en se disant : \u2014 A bientôt.XXXI Les complices K lous avons vu comment, après le ' ^ crime et après avoir changé de vêtement, Henri Cordier s\u2019était rapidement éloigné de Granval, sous la pluie, au milieu de la nuit.(Lire la suite page 27) 24 LE SAMEDI (Suite de la page 21J main, sans doute, les choses s'expliqueront de façon raisonnable.En attendant, l\u2019orage ne va pas tarder à amener une détente atmosphérique.Sur cette remarque, les deux invités, pressés de regagner la Palmeraie avant la pluie, se levèrent pour prendre congé.Catherine, les reconduisant jusqu'à leur voiture, retint un moment la main de Daniel, alors que Gaston était déjà au volant.\u2014 J\u2019ai réfléchi, lui dit-elle tout bas.Venez demain matin, à l\u2019heure du jardinage .\u2014 Si vous tardez encore, cria le jeune homme, après qu\u2019un éclair plus éblouissant eût incendié la cime des arbres, attendez-vous à ce que nous soyons foudroyés en route.Le roulement du tonnerre couvrit la voix de Catherine qui disait : « A demain ! » Orage et pluie torrentielle, comme en France, il n\u2019en est que dans cette région méridionale, ravinant les terres, creusant des rigoles, entraînant pierres et branches, couchant dans la boue les plantes fragiles, et puis, le matin venu, un soleil radieux, ayant l\u2019air, dans son azur remis à neuf, de se moquer de tout ce branle-bas auquel il n\u2019a pas daigné prendre part.Catherine descendit de bonne heure pour constater les dégâts.Déjà, Scayole secouait désespérément la tête devant les fleurs hachées dont les débris jonchaient la terre.\u2014 Ce n\u2019est pas le pire, dit la jeune fille.Les fleurs, je vais m\u2019en occuper.Mais, devant la maison, tout le gravier a été roulé jusqu\u2019à la grille qui se trouve complètement bloquée.Il faut aller la dégager et ratisser convenablement le sol, pendant que je fais le nécessaire par ici.\u2014 Tout de même, les dahlias, grommela le jardinier, ce n\u2019est pas Mademoiselle qui va les redresser et les lier.\u2014\u2022 Non, j\u2019arrangerai les plantes basses et je vous laisserai les dahlias pour cet après-midi.Scayole expédié à l\u2019autre extrémité, Catherine s'arma de ses instruments de jardinage et commença son travail.Parvenue aux massifs qui s'appuyaient contre le mur de la mason, elle les trouva plus bouleversés encore que les autres.\u2014 Tiens, songea-t-elle, en sondant la terre molle, ce serait le moment de faire mon essai.Un moment après, elle revenait de son laboratoire, portant dans une main un sceau d\u2019eau et tenant dans l\u2019autre une petite fiole.Accroupie devant la plate-bande, elle aspergea abondamment les racines, puis tassa soigneusement la terre tout autour, et même, s\u2019étant relevée, elle se débarrassa de ses sandales pour achever de la raffermir en la piétinant de ses pieds nus.Tandis qu\u2019elle se secouait et remettait ses sandales, elle aperçut Daniel Fresnay qui, très élégant dans son complet, contournait l\u2019angle de la maison et venait vers elle.\u2014 Oh ! s'exclama-t-elle,' un peu honteuse de sa tenue.Plongeant ses mains terreuses dans le seau d\u2019eau, elle se mit à rire et lui cria par-dessus son épaule : \u2014 Entrez dans le hall, voulez-vous ?.Je vous rejoins tout de suite.Lorsqu\u2019il eut obéi à l\u2019injonction, elle essuya en hâte ses mains mouillées à son tablier de jardinière qu\u2019elle enleva avant de tapoter ses cheveux pour en atténuer le désordre.Catherine était très émue.Son cœur battait fort en songeant à ce ' qu\u2019allait être pour elle la minute suivante .la minute décisive où elle engagerait sa vie.Daniel ne venait-il pas à son appel pour connaître sa réponse.Elle entra à son tour.Le hall était une grande pièce dallée dans laquelle aboutissait à gauche l\u2019escalier conduisant aux étages.Daniel attendait, debout.Il fit un pas en avant en voyant paraître la jeune fille.Celle-ci avait fermé la porte derrière elle et s'avançait délibérément, les deux mains tendues, incapables de contenir plus longtemps l\u2019élan qui la jetait vers lui.\u2014 Daniel, dit-elle, j\u2019ai réfléchi et j\u2019accepte.Une sorte de flambée lui montait au cerveau.Il allait bondir de joie, la presser contre lui, lui dire qu\u2019il l\u2019aimait.Elle vint plus près .Mais alors, au lieu de la saisir, il recula brusquement et elle distingua soudain son visage contracté, l'instant l'avant dans l\u2019ombre, maintenant en pleine lumière.Quoi, n\u2019avait-i!l donc pas compris ?Catherine voulut s\u2019approcher davantage ; il fit un geste, comme pour la repousser.\u2014 Non, fit-il, l\u2019air égaré, il ne faut pas .laissez-moi partir .Ses paroles étaient hachées, ponctuées par ce geste qui la repoussait.Les yeux de Catherine s\u2019élargirent d\u2019étonnement.\u2014 Qu\u2019avez-vous donc ?.murmura-t-elle, avançant encore.Il fit cette fois un bond en arrière et poussa un guéridon entre elle et lui.\u2014 Laissez-moi passer !.râla-t-il.Allez .allez vous soigner .Mais laissez-moi partir, vous dis-je ! .Il semblait hors de lui.Catherine, en un mouvement de recul, se trouva devant la haute glace d'un portemanteau et, ses yeux tombant sur cette glace, elle vit.Elle vit ses deux mains, les paumes en avant, ses deux mains qu elle avait tendues vers Daniel, au creux desquelles s\u2019élargissait une double tache bleue.Inlassablement il répétait, les lèvres blêmes : \u2014 Partir .partir .Catherine laissa retomber ses mains bleuies.Elle avait compris, maintenant et, complètement dégrisée, elle reculait du côté de l\u2019escalier.Ainsi, c\u2019était cela, ce grand amour !.Cet homme qui, bassement, tremblait de peur devant elle et ne pensait qu\u2019à éviter la contagion, c\u2019était celui qui lui disait naguère : « La vie sans vous me serait désormais impossible ! » Celui qui prétendait ne vivre que par elle !.Il y eut un fracas de meubles renversés.D\u2019un geste fou.Daniel venait de faire rouler le guéridon pour gagner plus vite la porte.Catherine, après l\u2019avoir vu s\u2019enfuir, s\u2019était effondrée sur un divan et contemplait ses mains largement ouvertes sur ses genoux.Elle avait pour ainsi dire perdu la notion du temps et d'elle-même, quand un cri sourd la rappela à la réalité.En même temps, quelqu\u2019un s\u2019emparait de ses poignets, l\u2019immobilisant.Puis, deux mains, s\u2019appuyant contre les siennes, se mirent à les frictionner avec force ; une sorte de gémissement monta jusqu\u2019à elle : \u2014 Oh ! Catherine, Catherine !.Ne bougez pas, laissez-moi faire ! .Elle réalisa qu'Olivier, venu par l\u2019escalier, était agenouillé devant elle et, avec une véritable frénésie, pratiquait sur elle le massage préconisé la veille par M.Brichot, comme la seule façon de lutter contre le « Mal Bleu ».Il était haletant, éperdu, et la maintenait pourtant énergiquement, quels que fussent ses efforts pour essayer de se dégager.,\u2014 Je vous en supplie, Catherine, ma Catherine, laissez-moi vous soigner, laissez-moi vous sauver .Je ne veux pas, je ne veux pas que vous mourriez !.Catherine, ma chérie, mon amour .DANIELLE DARRIEUX Elle cessa de lutter.Il avait arraché les sandales de toile et massait maintenant ses pieds qui, eux aussi, étaient teintés de bleu.Penchée vers lui, Catherine murmura : Pensez-vous à ce que vous risquez, Olivier ?Il leva un visage bouleversé : \u2014- Il n\u2019est pas pour moi de risque, hors celui de vous perdre, répliqua-t-il ardemment.Et s\u2019il me fallait donner ma vie pour sauver la vôtre, je la donnerais avec joie.Oh ! Catherine, depuis hier, j\u2019ai si peur pour vous .Je ne vis plus.Que m\u2019importerait de vivre, si vous deviez mourir ?.Ses yeux s\u2019étaient embués de larmes et ses paroles montaient comme une litanie d\u2019amour, d\u2019un amour soudain libéré de toute réserve et de toute contrainte par la terreur de l\u2019heure présente.Croire !.avait dit un jour Catherine.Celui-ci ne mentait pas.Elle pouvait le croire, lui qui eût eu tout à gagner à sa mort.\u2014 Vous m\u2019aimez donc ?demanda-t-elle presque inconsciemment.Il y eut sur le visage ravagé du jeune homme un véritable éclair de passion.Ah ! c\u2019en était bien fini de la timidité.\u2014 Si je vous aime ?cria-t-il.Je vous adore, je vous ai toujours adorée.Pour moi, vous êtes la seule femme au monde.C\u2019est contre ses lèvres qu\u2019il appuyait à présent les mains de Catherines.Mais, quand il voulut recommencer les massages, elle les lui arracha avec un rire nerveux et courut chercher le tablier de jardinière qu\u2019elle avait laissé sur le seuil.De la large poche où s\u2019entassaient divers outils, elle sortit une fiole vide qu'elle tendit au jeune homme ahuri.\u2014 Regardez, lui dit-elle.Sur l'étiquette était tracée une formule chimique : Ferrocyanure Ferrique Fe (C NJ« 3Fe4 \u2014 Connaissez-vous cela, Olivier ?Il réfléchit un instant : \u2014 Bleu de Prusse .murmura-t-il sans comprendre.\u2014 Vous y êtes .\u2014 Eh bien ?\u2014 Eh bien, chimiste inconséquent, c\u2019est une solution avec laquelle je viens d\u2019imbiber les racines de mes hortensias pour essayer de les obliger à devenir bleus.Seulement, j\u2019ai un peu trop tripoté la terre, ce qui m\u2019a taché les pieds et les mains.\u2014 Mon Dieu, que me dites-vous, Catherine ?\u2014 La simple vérité, mon ami.Je ne sais pas si cette formule aura réussi à changer la couleur de mes hortensias, mais grâce à elle, du moins, mes yeux se seront ouverts, et je lui en suis infiniment reconnaissante.-\u2014 Ainsi, vous n\u2019étiez pas em danger ?.Et moi qui vous ai dit .\u2014 Ah ! ne le regrettez pas, je vous en prie, et ne vous avisez pas de revenir à la timidté.Si vous pouviez savoir combien je suis heureuse ! .Il me semble que vous venez d\u2019arracher à jamais de mon front une couronne d\u2019épines.Trois semaines plus tard, Olivier et Catherine se mariaient simplement dans la petite église de Saint-Clair, le jour même où les journaux annonçaient le départ pour le Japon du peintre bien connu, Daniel Fresnay, dont les tableaux si vivement appréciés du grand public .etc .etc .M, Toucas-Massit.lon 4 février 1939 25 La Disparition drAnthony Murray (Suite de la page 7) \u2014 Je ne peux pas imaginer pourquoi vous désirez ainsi nous faire perdre notre temps, dit-il sèchement.L\u2019affaire est simple : dès le moment où j\u2019ai vu le corps, j\u2019ai compris exactement comment la chose s\u2019était produite.Ajourner l\u2019enquête ! Vraiment, je n\u2019ai rien vu d\u2019aussi incroyable.Votre police n\u2019a donc rien à faire ?\u2014¦ Je suis tout à fait désolé de vous déranger, répliqua l'inspecteur poliment, mais voyez-vous, il y a encore un ou deux points à éclaircir avant que l\u2019affaire ne soit définitivement réglée.Une fois que le jury a rendu son verdict, c\u2019est définitif ; vous devez penser à cela.Le docteur s\u2019en retourna, après avoir jeté à O\u2019Malley un regard plein de mépris.Lorsque celui-ci se trouva dehors, il vit, non sans surprise, venir à lui la jeune fille ; elle paraissait un peu pâle, mais elle était calme.\u2014- Vous reverrai-je avant la fin de l\u2019enquête, Monsieur l\u2019inspecteur ?de-manda-t-elle.Il arrive des lettres tous les matins et vous pouvez les voir, naturellement ; un jeune homme de l'office de réception vient et les emporte, mais je les ouvre toujours la première.\u2014 J\u2019irai si je le puis, promit O'Malley ; je suis désolé de vous ennuyer tout avec ce délai.\u2014¦ Vous devez savoir si cela est nécessaire, répondit-elle.Nous n\u2019avons rien à dire.\u2014 Cela ne durera qu\u2019une semaine, lui rappela O\u2019Malley, je crains d\u2019être bien mal vu de vous tous, surtout du docteur, mais quand on a une idée, vous savez ! Elle le regarda fixement : \u2014 Je me demande quelle est la vôtre ?\u2014 Vous verrez ça.ESPIONNAGE Avant la fin de la semaine, O'Malley eut la visite de miss Grey.Elle était un peu plus fardée que d\u2019habitude, et elle avait fait un abondant usage de son bâton de rouge.\u2014 Je voudrais savoir.Monsieur l\u2019inspecteur, dit-elle aussitôt qu\u2019il lui eut offert un siège, pour quelles raisons je suis espionnée ?.\u2014 Espionnée ?répéta-t-il ; par qui ?\u2014 C\u2019est ce que je me demande.Tout ce que je sais, c\u2019est que deux fois, pendant ces trois derniers jours, j'ai dû renoncer à rendre visite à une amie, en découvrant qu\u2019une personne suivait mes pas.\u2014 Cela semble étrange, observa O\u2019Malley ; mais si cette personne vous ennuie, pourquoi ne pas vous plaindre au premier policeman venu ?.\u2014 Etes-vous sûr que la police ne soit pas précisément responsable de ceci ?demanda-t-elle.O\u2019Malley la regarda avec des yeux pleins de la plus pure innocence et largement ouverts.\u2014 Chère miss Grey, s\u2019exclama-t-il, pourquoi voudriez-vous que la police soit spécialement intéressée par vos faits et gestes ?\u2014 Je l'ignore, admit-elle, mais voilà les faits : où que j\u2019aille, cet individu me suit, et deux fois j ai dû renoncer à voir mes amis.\u2014 Pourquoi changer vos projets, du fait que vous êtes servie ?demanda vivement O Malley.La jeune fille parut ébranlée un ins-tant.,\u2014.Il n\u2019y a aucune raison, je le sais, dit-elle ; mais je n\u2019aime pas qu on se mêle de mes affaires.\u2014 Miss Grey, dit-il un peu plus gravement, je ne suppose pas que quelqu\u2019un veuille se mêler de vos affaires ; mais, d autre part, vous devez vous rappeler que votre patron, bien que son suicide paraisse naturel vu l\u2019état de ses finances, est mort dans des circonstances très particulières.Il avait la réputation d'être riche, et il n\u2019a laissé que des dettes.Vous êtes la seule personne qui aurait pu éclairer la situation et vous vous déclarez incapable de le faire.\u2014 Mais comment le pourrais-je ?protesta-t-elle.Mr.Murray n avait pas de livre de comptes ; comme il le disait lui-même, s\u2019il avait tenu des livres, il aurait dû payer la taxe.\u2014 Evidemment, acquiesça O'Malley ; eh bien ! je crains de ne pouvoir vous aider, miss Grey.Je vous conseillerai d\u2019interroger la personne qui vous suit, si vous en êtes bien sûre, et de trouver pourquoi et pour qui elle agit ainsi ; rappelez-vous que M.Murray a de gros créanciers, il est possible que ceux-ci s\u2019intéressent à vos mouvements.Miss Grey prit congé sans obtenir satisfaction et l'inspecteur, aussitôt qu\u2019elle fut partie, se renseigna sur la façon dont elle avait employé la journée précédente.Le jour de l\u2019audience arriva.Le jury entendit de nouveau miss Grey, Purvis et les domestiques ; le rapport du docteur suivit, presque mot par mot identique au précédent.Le juge cependant, au lieu de s'adresser aussitôt au jury, se référa aux papiers qu'il avait devant lui, et on put remarquer un changement assez net dans son attitude.Il fit un signe au gardien qui, au même instant, ouvrit la porte aux témoins.\u2014 Le médecin de police Stevens ! appela-t-il.Celui-ci s\u2019avança.Le docteur Flynn, qui se trouvait placé au-dessous de lui, tressaillait légèrement et s\u2019avança devant le tribunal.Le juge interrogea le témoin comme de coutume, puis il consulta de nouveau ses notes.\u2014 Vous n\u2019avez pas examiné le premier le corps du mort ?demanda-t-il.\u2014 Non, Monsieur le juge, répondit le témoin ; en présence du certificat du docteur Flynn, qui avait été appelé, et qui était entièrement qualifié pour cela, je n\u2019ai pas vu l\u2019utilité de le faire.\u2014 Pourtant, depuis la dernière audience, vous avez examiné le corps à la requête de la police ?.\u2014 Oui, Monsieur le jeuge.\u2014 Dites-nous quelles sont vos conclusions ?Le médecin hésita.\u2014 J'admettrai la possibilité d\u2019une erreur, Monsieur le juge, dit-il, mais je suis arrivé à la conclusion que la mort de la victime remonte à plusieurs jours avant la date fixée, et que cette mort est due à l\u2019empoisonnement par la morphine Le défunt était morphinomane, ceci est certain.Il y eut une émotion parmi la Cour et les assistants : l\u2019impression qu\u2019une chose nouvelle et mystérieuse allait être subitement révélée se communiqua à tous le spectateurs.\u2014 Et, en ce qui concerne le coup de revolver dans la tempe ?continua le juge.\u2014 Je suppose que ce coup lui a été tiré dans la tête après sa mort.LES COUPABLES Le docteur Flynn était devenu livide.Miss Grey frottait nerveusement son visage avec son mouchoir ; les doigts tremblants de son autre main tenaient un flacon de sels.\u2014 Votre rapport est vraiment surprenant, docteur, dit le juge gravement.vos enfants vous ne sa-scher\u201d.En ;j]V est plus i devoir.Une mère avertie EN VAUT.MILLE ! AU RESTE, toutes ces recommandations sont sans doute superflues \u2014 car quelle bonne maman canadienne se rendrait coupable d\u2019une telle irréflexion ?Quoi qu\u2019il en soit, si vous avez recours au lait de magnésie \u2014 ce médicament si communément administré aux enfants et, surtout, si le médecin vous a dit d\u2019acheter du Lait de Magnésie Phillips, observez ce conseil à la lettre.Ne vous bornez pas à demander au pharmacien \u201cdu lait de magnésie\u2019\u2019 \u2014 précisez la marque Phillips.Préparation classique, et qui a fait ses vient admirablement aux tout petits, et ils la recommandent depuis trois générations.Bon nombre de bambins préfèrent le Phillips sous une forme nouvelle -\u2014 de petits comprimés aromatisés à la menthe, qu\u2019ils mâchent comme du bonbon.Chaque comprimé contient l\u2019équivalent d\u2019une cuillerée à thé du liquide Philipps, et le grand étui, tout comme le petit flacon de Lait de Magnésie Phillips liquide, ne coûte que 25^.Le véritable Lait de Magnésie Phillips est donc à la portée de toutes les bourses.r\u2019ect 1 o rV»r*îv Hps mamans averties.Lait de Magnésie Phillips Fabrication Canadienne 7 S- to\u2019ÿi/e 'ppJtet&H NOUVELLE EDITION PLUS COMPLETE LE CHIEN Son élevage, dressage du chien de garde, d'attaque, de défense et de police.Dressage du chien de traîneau.Traitement de ses maladies.175 Illustrations\tPrix : $1.25 En vente partout ou chez l\u2019auteur jALBERT PLEAU, Saint-Vincent-de-Paul, (comté de Laval), P.Q 26 LE SAMEDI DIX PRIX A GAGNER CHAQUE SEMAINE LES DIX GAGNANTS \u2014 DIX JEUX DE CARTES Problème No 370 Mme Zenon Renaud.2026, rue Beaudry, Montréal, P.Q.; Mlle Simonne Péloquin, 117, rue Royale, Sorel, P.Q.; Mme Charles Roy, 283, rue Mercier, Saint-Jean, P.Q.; M.J.-E, Beau-dry, 129, rue De Lanaudière, Joliette, P.Q.; Mlle Françoise Filteau, Neuville, comté de Port-neuf, P.Q.; Mme E.Brunet, 2678, rue Orléans, Montréal, P.Q.; M.Lucien Serre, 1290, me Beaubien Est, Montréal, P.Q.; Mme Charles Bouffard, 36, 5ième Avenue, Limoilou, Québec, P.Q.; Mme J.B.Lantagne, 88^, 2ième Avenue, Limoilou, Québec, P.Q.; Mlle Irène Fournier.72, Côte Ste-Geneviève, Québec, P.Q.Solution du problème No 371 LES MOTS CROISES DU \"SAMEDI\" \u2014 Problème No 372 10\t11\t12\t13\t14\t15 (Les réponses doivent nous parvenir le jeudi soir, au plus tard.) 'iom Adresse Ville Province Adressez : LES MOTS CROISES, Le Samedi, 975, rue de Bullion, Montréal, P.Q.HORIZONTALEMENT 1.\tEsprit familier, en Allemagne.\u2014 Langage corrompu.2.\tVolcan qui ensevelit Herculanum.\u2014 Gros cordage qui maintient une grue.3.\tInflammation de l\u2019oreille.\u2014 Ferme.\u2014 Obstinée.4.\tFleuve de Suède.\u2014 Une des îles Moluques.\u2014 Jupe de gaze, courte et flottante.5.\tArt de lancer.\u2014 Revenu annuel accordé aux services.\u2014 Terme du jeu de tennis.6.\tVoyelles identiques.\u2014 Aubes de la roue d\u2019un moulin à eau.\u2014 Senior (abr.).7.\tRepose.\u2014 Lettres de limon.8.\tPerdit son activité.\u2014 Ridiculement fat et orgueilleux.9.\tGolfe de la mer de Chine.\u2014 Solennité religieuse.10.\tCité légendaire bretonne.\u2014 Sorte de pic.-\u2014 Article contracté.1 1.Dénué d\u2019esprit.\u2014 Mesurés à l\u2019aide d\u2019un niveau.\u2014- Colère.12.\tPour.\u2014 Faire des rots.\u2014 Tronc d\u2019arbre.13.\tFaire glisser (mar.).\u2014 Lettre grecque.\u2014 Tient pour vrai.14.\tEtendue.\u2014 Laisse transuder un liquide.15.\tFils ou fille, quel que soit l'âge.\u2014 Née après.VERTICALEMENT 1.\tCourber (fig.).\u2014 Rugine servant à enlever le tartre des dents.2.\tGenre de malvacées.\u2014 Argument composé d\u2019une suite de propositions.3.\tRameau jeune et flexible.\u2014 Partie opposée au tranchée.-\u2014¦ Tambour.4.\tSe heurta.\u2014 Avoir un usage avantageux.\u2014 Mammifère ruminant.5.\tEn forme d\u2019œuf.\u2014 Celui qui présente quelqu'un dans un cercle.\u2014 Roue à gorge.6.\tChemin de halage.\u2014 Membre d\u2019un tribunal civil de l\u2019ancienne Rome.\u2014 Qui indique l\u2019espèce.7.\tDéfense.\u2014- Cri des bacchantes.8.\tEcriture courante et rapide.\u2014 Oxyde de plomb.9.\tBandes de fer.\u2014 Chance, hasard.10.\tInterjection.\u2014 Rendre mou.\u2014 Connu.1 1.Homme très avare.\u2014 Jeux que les Grecs célébraient tous les deux ans.\u2014 -\u2014 Militaire russe, né à Vilna.1 2.Action d\u2019épier.\u2014 Espèce.\u2014- Ancien nom de l\u2019Irlande.13.\tEmoussé, arrondi.\u2014 Patriarche.\u2014 Images peintes représentant la Vierge et les saints.14.\tNavigateurs.\u2014 Perpendiculaire à l\u2019horizon.15.\tQui n\u2019est ni acide ni alcalin.\u2014 Appendice charnu.\u2014 C'est le résultat de mon examen très attentif du corps, répondit ce dernier.Le juge fit un signe de la main, et le témoin fut remplacé par un homme d\u2019apparence soignée et assez élégamment vêtu.Le juge se tourna vers lui : \u2014 Votre nom est docteur Austin, je crois, médecin de l\u2019hôpital Saint-Luc, à Enston ?\u2014 Ce sont bien là, en effet, mon nom et ma profession.A ce moment, le docteur Flynn tenta un effort pour se lever, mais un individu placé derrière lui le fit rapidement s\u2019asseoir.\u2014 Avez-vous vu le corps du mort ?\u2014 Oui, monsieur le juge.\u2014 Pouvez-vous l\u2019identifier ?\u2014 Parfaitement, c\u2019est le corps de Raphaël Forbes, qui est mort dans un de mes services il y a eu mardi huit jours, intoxiqué par la morphine.Le murmure des voix s\u2019éleva si fortement dans la salle, que le juge d\u2019instruction se vit obligé de rappeler à l\u2019ordre les assistants, puis, se tournant vers le témoin, il lui dit en scandant à dessein ses mots : \u2014 Pouvez-vous, d\u2019une façon ou d\u2019une autre, admettre que le corps d'un de vos malades qui serait mort dans votre hôpital, et enterré ensuite par vos services, puisse être retrouvé dans un hôtel meublé à Enston, muni de toutes les preuves d\u2019une autre identité-?¦\u2014 Ce fait ne pourrait être admis que grâce à l\u2019existence d\u2019une complicité extrêmement adroite, intelligente et expérimentée.Le corps de Forbes a quitté l\u2019hôpital à deux heures, le jour convenu, et son cercueil était déposé dans la fose avant trois heures.\u2014 Vous savez, dit le juge, que la fosse a été creusée et que le cercueil ne contenait que des briques ?\u2014 Je le sais.Trois fois, le juge dut réclamer le silence.Puis, il se leva et d\u2019une voix forte : \u2014 Messieurs les jurés, dit-il, votre présence ici, comme vous pouvez le comprendre à présent, n\u2019est due qu\u2019à une affaire qu\u2019une autre cour sera bientôt amenée à juger.Vous êtes déchargés du cas actuel et remerciés de vos services pendant deux ans.La suite du jugement en ce qui concerne le ifiort, ajouta-t-il, en jetant un coup d\u2019œil significatif devant lui, prendra place ailleurs.Deux policemen s\u2019avancèrent du fond de la salle.Il fallut une demi-douzaine d\u2019hommes pour frayer un passage au docteur Flynn, à miss Grey et à Charles Purvis qui furent conduits dans le véhicule de la police qui les attendait dehors.UN BEAU PLAN Le sous-commissaire tint parole vis-à-vis d\u2019O\u2019Malley.Il lui offrit ce soir-là le meilleur dîner que son club pouvait lui fournir.Le premier verre de vin, il le but à la santé de son hôte.\u2014 O\u2019Malley, dit-il, le chef m\u2019a chargé de vous faire sse compliments, vous avez rendu à Scotland Yard un remarquable service.Tous les journaux vous ont comblé de louanges ; pour nous, nous veillerons à ce que vous soyez dignement récompensé.Je ne connais pas les détails ; dites-moi en peu de mots comment vous êtes arrivé à ce résultat.\u2014 Eh bien ! voilà : tout d\u2019abord, je trouvais extraordinaire que le docteur Flynn ne mentionnât pas les nombreuses traces d'injections répandues sur le corps du mort, et puis aussi, j\u2019ai remarqué que le corps portait la marque de la piqûre que l\u2019on fait dans les hôpitaux pour s\u2019assurer que la mort est réellement survenue.Alors, toutes sortes de vagues soupçons m\u2019ont envahi.En premier lieu, la façon dont la montre et la chaîne étaient restées bien en vue, de même que le linge, afin de prouver trop clairement son identité.Puis la disparition de tout son argent liquide, et le fait que le mort ne laissait que des dettes.Impossible de dénicher son livre de comptes, ce qui fait que j'ai dû parlementer longuement avec le directeur de la banque.Nous sommes arrivés à une solution établissant la position financière du défunt : il était riche autrefois, mais il a perdu la somme de cinquante mille livres dans une affaire de caoutchouc.A ce moment, il décida de se refaire une nouvelle situation, vous allez voir comment : dès qu\u2019il en eut l\u2019occasion il mit l\u2019argent qu\u2019il recevait de côté et d\u2019autre à son compte dans une banque à l\u2019étranger, puis, comme il trouvait que cela n\u2019allait pas assez vite, il tirait de larges sommes de sa propre banque, en prétextant qu\u2019il les avait perdues en jouant souvent aux courses.« Pendant ce temps-là, bien entendu, il ne payait personne, et il était de toutes les spéculations où il pouvait obtenir quelques mois de crédit.De cette façon, il écoula la totalité de son actif et fit une réserve d\u2019environ soixante-dix mille livres qu'il déposa aux Etats-Unis.Dès que j'en fus arrivé à ce point, j\u2019écartai toute idée de suicide et je construisis une théorie personnelle, qui s\u2019est trouvée être la vraie.« Je fouillai dans le passé du docteur Flynn et je n\u2019 y vis rien de bon Je me suis rendu à l\u2019hôpital où j\u2019ai découvert qu\u2019un malade soigné par le docteur Austin était mort trois jours auparavant par suite d\u2019intoxication due à la morphine, et qu\u2019il avait été enterré au cimetière le plus proche Quelques recherches encore et j\u2019ai découvert que ce docteur Flynn se libérait depuis peu de quelques dettes criardes ; qu\u2019il commandait du whisky par caisses, au lieu de le faire par bouteilles ; que deux hommes des pompes funèbres avec lesquels l\u2019hôpital avait un contrat, avaient été enivrés pendant deux jours ; et que miss Grey partageait son temps entre l\u2019achat d\u2019un trousseau et des visites à Tilbury.J\u2019en savais suffisamment.Anthony Murray s\u2019était assuré le concours d\u2019un docteur malhonnête et sans scrupules : il était tombé d\u2019accord avec la tenancière de l'hôtel sur le chiffre de trois cents livres, et, d'après les plans prévus, tout devait merveilleusement réussir.Le succès était assuré.\u2014 Et Mr.Murray ?demanda le sous-commissaire.\u2014 Eh bien ! nous allons savoir ce qu\u2019il est devenu dans quelques instants, répliqua O\u2019Malley en fouillant dans la salle pleine de monde.Un messager officiel, précédé du directeur du club, s\u2019avançait vers eux O\u2019Malley, s\u2019excusant auprès de son chef, déchira l\u2019enveloppe qui lui était tendue et renvoya le porteur.\u2014 Anthony Murray a été arrêté cet après-midi à Tilbury, annonça-t-il ; lui et miss Grey devaient s\u2019embarquer ce soir sur le Sumatra pour les Iles océaniennes.\u2014 Pas de chance ! dit le commissaire avec indépendance, puis il jeta un coup d'œil sur son verre qui l'attendait.Gilbert Holland (Traduit de l\u2019anglais par Bruno Weiss) 4 février 1939 27 (Suite de la page 23) Il eut la bonne chance de trouver un abri dans une cabane au bord de la route, et depuis longtemps abandonnée.Il y passa le reste de la nuit.Au petit jour, son vêtement étant à peu près sec, il se nettoya le mieux qu\u2019il pût, puis se hâta de gagner la plus proche station du chemin de fer, où il prit son billet pour Paris.Le soir, à huit heures, il rentrait chez lui, disant à sa concierge, pour expliquer son absence, qu il venait de faire une partie de plaisir à Fontainebleau en compagnie de quelques amis.Le lendemain matin, à neuf heures, il était reçu par Joseph Rabiot, à qui il venait rendre compte de la façon dont il avait exécuté ses ordres.\u2014 Je suis arrivé là-bas le matin, dit-il, et grâce à l\u2019itinéraire que vous m\u2019aviez tracé, je n\u2019eus pas à demander mon chemin.Portant sous mon bras les objets devant servir à mon déguisement et des vivres pour deux jours, je gagnai les bois au-dessus de Grandval.Je pus même voir, en* m\u2019avançant un peu vers les vignes, la ferme et la mare avec sa bordure de vieux saules.En parcourant le bois, cherchant surtout les taillis pour ne pas être vu, j'eus la bonne fortune de découvrir au milieu d\u2019un épais fourré une sorte de fondrière près de laquelle j\u2019établis mon campement.La nuit venue, je sortis du bois, descendis le coteau par le chemin creux dont vous m\u2019avez parlé et allai examiner le bord de la mare et choisir l\u2019endroit où je devais me placer pour attendre la servante.Mais je ne savais pas encore si je pourrais agir la nuit suivante.Cordier s'arrêta un instant pour reprendre haleine, car il parlait vite, comme un homme qui a hâte d en finir.Rabiot l\u2019écoutait sans mot dire.Le misérable continua : \u2014 Le lendemain, dans la matinée, il y eut un orage, mais il ne tomba qu un peu de pluie.Toutefois le temps restait lourd, et bien que le ciel ne fût pas couvert, on voyait de gros nuages noirs annonçant un nouvel orage pour le soir.Alors je me dis : la nuit sera sombre, c\u2019est ce qu\u2019il faut.Je revêtis mon costume de mendiant avec perruque et fausse barbe, et j\u2019allai me montrer à la ferme.La fermière était avec deux servantes.Tout se passa ainsi que vous me l'aviez annoncé.La fermière comprit ce que je voulais, nous échangeâmes un regard et je m\u2019éloignai aussitôt.Ayant vu la vieille femme, j\u2019étais sûr de ne pas me tromper dans le cas, peu probable, du reste, où la jeune servante irait au clos à la place de l\u2019autre.Je regagnai mon refuge où j attendis la tombée de la nuit.Je ne m\u2019étais pas trompé, le ciel s'était entièrement couvert, et de plusieurs côtés le tonnerre grondait.Un peu avant huit heures, j\u2019étais près de la mare, caché derrière le tronc d\u2019un saule.La servante arriva et passa tout près de moi, suivant le sentier, comme c\u2019était son habitude.Bien que la nuit fût noire comme de l\u2019encre, je la reconnus parfaitement.Elle alla jusqu\u2019au clos, et j\u2019attendis qu\u2019elle revint, prenant,,mes dispositions pour ne pas manquer mon coup.Quand elle fut à deux pas de moi, je bondis sur elle.Elle n\u2019eut que le temps de pousser un cri; d\u2019un violent coup d\u2019épaule, je la fis tomber dans la mare.Le misérable fut encore forcé de s\u2019interrompre, la respiration lui manquant.De grosses gouttes de sueur froide perlaient à son front, les yeux lui sortaient de la tête, et ses cheveux se hérissaient sur son crâne.\u2014 Après ?demanda Rabiot.\u2014 Après, continua Cordier d\u2019une voix étranglée, elle se débattit un instant, puis je n\u2019entendis plus rien.C\u2019était fini.,\u2014 Enfin, vous avez réussi comme je m'y attendais, et nous voilà débarrassés de cette vieille.C\u2019est bien.Rabiot se leva, ouvrit un tiroir de son bureau et y prit quatre billets de mille francs, qu'il mit dans la main de son exécuteur en disant : .\u2014 Voilà la somme que je vous ai promise.\u2014 Monsieur Rabiot me ferait plaisir en me donnant aussi les ap .non, mes honoraires du présent mois.Rabiot répondit sèchement : \u2014 Je vous remets aujourd\u2019hui quatre mille francs comme c\u2019était convenu; je m\u2019en tiens là.,\u2014 C'est bien, monsieur Rabiot, c\u2019est bien; je viendrai vous faire une petite visite la semaine prochaine.Cordier fourra les billets dans sa poche et se retira.Resté seul, Rabiot se mit à se promener de long en large dans son cabinet.Cela ne me donne pas encore les millions de M.Joramie, se disait-il; mais, du moins, on ne peut plus me les enlever.Maintenant, le comte de Soleure peut chercher tant qu\u2019il voudra sa légataire universelle.Ah ! ah! cet Henri Cordier est un garçon précieux; décidément, j\u2019ai bien manoeuvré en en faisant mon homme.Je vais donc enfin pouvoir dormir tranquille.Tout s'est passé ainsi que je l\u2019avais prévu.On ne saura jamais .La nuit était si noire !.La pauvre vieille a fait un faux pas, est tombée dans la mare et s\u2019y est noyée.C\u2019est tout simple.La chose causera un peu d\u2019émotion dans le pays, puis on enterrera Beau-Soupir et tout sera dit.Nous verrons plus tard s\u2019il n'y aura pas moyen de prouver que Beau-Soupir n\u2019était autre que Claire Guérin.C'est égal, voilà une bonne besogne de faite et demain ou après-demain, comme c\u2019est convenu, je recevrai une lettre de Gervaise.Deux jours, trois jours, quatre jours se passèrent sans que Rabiot reçût la lettre de la fermière.\u2014 Qu\u2019est-ce que cela signifie ?se demandait-il.Il n\u2019était pas précisément inquiet, mais singulièrement étonné.Il attendit encore quatre jours.Toujours pas de lettre de Gervaise.Cela devenait sérieux.\u2014 Pourtant, pourtant.pensait Rabiot.Et comme ce gredin ne manquait pas d\u2019intelligence, il soupçonna la vérité.Si Gervaise ne lui avait pas écrit, c\u2019est que, pour une cause ou pour une autre, elle n\u2019avait pu le faire.On pouvait avoir découvert que la vieille servante avait été jetée dans la mare.Dans ce cas, la fermière s\u2019était bien gardée d\u2019écrire, dans la crainte que sa lettre ne fût saisie à la poste.Diable, diable ! grommelait Rabiot en se pinçant fortement le nez.Et il sentait de petits frissons courir sur son épiderme.\u2014 L\u2019imbécile aura été vu ! s\u2019écria-t-il en parlant de son complice.«Il ES ! \u2022 \"9e ne oiwUi Cyue on^e moü 'pan an.\" Pauvre Claire !.Elle ne goûtait vraiment le plaisir de vivre que onze mois par année.Une trentaine de jours utiles supprimés de son existence, tous les ans, parce qu\u2019elle croyait qu\u2019il fallait éviter tout travail et toute sortie pendant la menstruation, sous peine des plus pénibles souffrances.Et voici, précisément à la date fatale, ce qui sera la plus Joyeuse réunion de skieurs de la saison .Luce, heureusement, est au courant et sait comment aider son amie.\u201c Le Midol \u201d, lui dit-elle, '* est la olef du problème.Je n\u2019ai jamais à garder la chambre \u2014 fais comme moi ! \u201d \u201c C\u2019est au Midol, et à tes bons conseils, que je suis redevable d\u2019un inoubliable après-midi ! \u201d lui dit Claire le lendemain.\u201c Désormais, je serai de toutes les fêtes \u2014et je prolonge mon calendrier d\u2019un grand mois de journées heureuses et normales.\u201d Des milliers de femmes (et vous êtes peut-être de celles-là) croient encore qu\u2019il est aussi mturel et inévitable de souffrir pendant la menstruation que 1 est ce processus lui-meme.D\u2019autre part, nombre de médecins affirment que la plupart de ces douleurs peuvent etre ;oulagéesP Le Midol en est la preuve, car \u2014 sauf si quelque affection organique exige es soins d\u2019un médecin ou d\u2019un chirurgien \u2014 la plupart de celles qui ont essaye le Midol ont constaté qu\u2019il calme rapidement la douleur et, surtout, qu il permet de vi normalement, activement, pendant cette période qui, jadis était synonyme de souffrance et de repos forcé.Tel est l\u2019objectif particulier du Midol.Il agit promptement.Quelques comprimés, règle générale, font traverser sans ennui la journée la plus 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demanda qu\u2019on lui apportât dans sa chambre les journaux de la localité depuis le commencement du mois.Il tenait à savoir ce qui se passait avant de s\u2019aventurer du côté de Grand val.Empressé à être agréable à un homme qui parlait d\u2019acheter un château, le garçon eut bientôt encombré la table de Rabiot d\u2019une brassée de journaux.Le cousin des Parizot n\u2019eut pas à chercher longtemps : le troisième journal qu\u2019il ouvrit, vieux de huit jours, lui apprit à peu près tout ce qu\u2019il voulait savoir.Toutefois, il lut avec soin les autres journaux afin de se renseigner exactement sur la marche de l\u2019affaire appelée le crime de Grandval.\u2014 Parbleu, murmura-t-il, je le crois bien que la jeune servante ne peut rien dire, n'a rien à dire, puisqu\u2019elle ne sait rien.Allons, une fois de plus la justice n\u2019y voit pas plus loin que le bout du nez de l\u2019honorable juge d'instruction qui la représente dans cette bonne ville de Blois, où le dernier des Valois a fait assassiner son cher cousin, le duc de Guise.Maintenant, je comprends pourquoi Gervaise ne m'a pas écrit.Hé, hé, elle est prudente, la cousine Parizot.Il m\u2019est parfaitement égal qu'on veuille voir dans la servante une complice du faux mendiant; mais, n\u2019importe, j\u2019aurais préféré que la mort de la vieille eût été mise sur le compte d\u2019un accident.Il avait bien besoin de la pousser si fort, cet animal de Cordier! Joseph Rabiot se déshabilla, se mit au lit, souffla sa bougie et ne tarda pas à ronfler.Depuis six jours qu\u2019il avait été affreusement tourmenté, la nuit, de sommeil.Aussi dormit-il paisiblement jusqu\u2019au jour, comme s'il eût la conscience tranquille de l\u2019honnête homme.Le soir, vers six heures, il arriva à la ferme de Grandval.Comme il avait eu soin d\u2019annoncer qu\u2019il reviendrait prochainement, sa présence à la ferme- n\u2019étonna point les domestiques.\u2014 Ah ! mon cousin ! s\u2019écria Gervaise.\u2014 Vous n'avez rien à m'apprendre, cousine, je sais tout.\u2014 Quel malheur ! \u2014 Oui, c'est âffreux ! On ne pouvait dire autre chose devant les garçons.Après le souper, dans la chambre de Gervaise, bien close, on causa.\u2014 Cousin, pensez-vous que Denise sera condamnée ?demanda la fermière.\u2014 Heu, heu, on ne sort pas facilement des mains des hommes de justice.\u2014 Pourtant, on ne pourra pas prouver .\u2014 Sans doute, mais il y a l\u2019or et les bijoux trouvés dans la malle.Ça, voyez-vous, cousine, c\u2019est ce qu'il y a de plus mauvais pour la servante.\u2014 Alors, elle sera condamnée ?\u2014 Je le crois.\u2014 Et après' on ne parlera plus de cette affaire ?\u2014 Ce sera fini.Gervaise poussa un soupir de soulagement.Soudain, se sentant reprise par une certaine terreur, elle demanda à voix basse : \u2014 A quoi pourra-t-elle être condamnée ?\u2014 A mort, parbleu, fit Parizot.Gervaise sursauta.\u2014 Oh ! non, murmura-t-elle, ce n\u2019est pas possible ! \u2014 Oui, appuya Rabiot, on lui accordera le bénéfice des circonstances atténuantes.\u2014 Vous croyez, cousin ?\u2014 J\u2019en suis sûr.\u2014 Alors, elle aura.\u2014 Les travaux forcés.\u2014 A perpétuité ?\u2014 Oui, et on l\u2019enverra à la Nouvelle-Calédonie.Gervaise laissa tomber sa tête dans ses mains.\u2014 Maintenant, cousin Rabiot, dit Parizot, parlons d\u2019autre chose.Nous savons aujourd\u2019hui où Claire Guérin a mis son enfant au monde.-Ah! \u2014 C\u2019était une fille; elle est née à l'hôpital de Poitiers.\u2014 Comment avez-vous appris cela?\u2014 Le vieux médecin amené à Nin-ville par les magistrats pour examiner le corps de la noyée a été dans le temps médecin à l\u2019hôpital de Poitiers; c'est précisément lui qui avait soigné Claire Guérin avant et après son accouchement, et il a reconnu son ancienne malade.\u2014 Malheur ! exclama Rabiot, mais alors on sait que Beau-Soupir était Claire Guérin ! -\u2014 Point du tout, cousin : à l\u2019hôpital de Poitiers, comme ici, elle n'a jamais voulu se faire connaître; de sorte que le médecin n'a pu dire son nom.\u2014 Ah ! je respire; sachez-le, si le nom de Claire Guérin était connu, maintenant que les magistrats ont constaté qu elle a été jetée dans la mare, nous aurions tout à craindre.Depuis quelque temps déjà, les journaux de Paris et probablement aussi beaucoup de journaux de province publient des annonces demandant à qui pourra les fournir des renseignements sur la nommée Claire Guérin, née à Bourgvoisin (Charente-Inférieure), disparue depuis 1878.Mais revenons au médecin : Qu\u2019a-t-il dit au sujet de l'enfant ?\u2014 D'abord que c'était une petite fille, ensuite qu\u2019elle était parfaitement constituée, bien portante et ne demandait qu\u2019à vivre.Il a ajouté que la mère, très malade, ne pouvant nourrir son enfant, là petite avait été envoyée en nourrice par les soins de l\u2019Assistance publique.\u2014 Après ?\u2014 C\u2019est tout, cousin Rabiot; le médecin n\u2019a pu dire si la fille de Claire Guérin était vivante ou morte; mais, selon lui, elle doit exister.Rabiot, dont le front s'était subitement rembruni, fit une assez laide grimace.\u2014 Voilà, cousin, reprit Gervaise, et il pourrait bien arriver que nous ayons tôt ou tard la fille de Claire Guérin sur les bras.\u2014 Le médecin peut se tromper.\u2014 C\u2019est vrai.\u2014 Dans tous les cas, fit Parizot, nous ne savons pas.\u2014 Et, ajouta Gervaise, rien ne nous dit que le médecin n\u2019a pas raison en pensant que la fille existe.Rabiot se grattait rageusement l\u2019oreille.\u2014 Cousin, à quoi pensez-vous ?demanda Gervaise.\u2014 A quoi voulez-vous que je pense, si ce n\u2019est à ce nouveau caillou qui nous tombe dans les jambes ! \u2014 Mieux vaut le recevoir dans les jambes que sur la tête, dit Parizot.\u2014 Il me semble, reprit Gervaise, qu\u2019il est bon de savoir le plus tôt possible .\u2014 Certainement, qu'il faut savoir, fit Rabiot d\u2019une voix sourde.\u2014 Je ne vois qu\u2019un moyen.\u2014 Quel est-il ?\u2014 Il faut aller à Poitiers.\u2014 Parbleu, c\u2019est forcé.\u2014 Et c\u2019est vous, cousin Rabiot, qui devez y aller.\u2014 J\u2019y serai demain soir.\u2014 On ne refusera certainement pas de vous donner des renseignements.\u2014 Je le crois.\u2014 Et vous apprendrez de bonne source si la fille de Claire Guérin est morte ou vivante.\u2014 Si elle est rqorte, \u2014 et il faut l\u2019espérer, \u2014 nous serons tranquilles, dit le fermier.\u2014 Si elle n\u2019est pas morte .commença Gervaise.\u2014 Eh bien, cousine ?\u2014 Vous saurez prendre des mesures pour que nous n\u2019ayons rien à craindre d\u2019elle.Gervaise avait prononcé ces paroles, grosses de menace, sans la moindre hésitation.En quelques jours, son coeur était devenu de marbre.L\u2019idée d\u2019un nouveau meurtre ne l'épouvantait pas.\u2014 Sans doute, répondit Rabiot d\u2019une voix brève.\u2014 C\u2019est une nécessité, grommela le fermier.Rabiot reprit : \u2022\u2014 Il faudra d\u2019abord savoir où elle est.\u2014 On vous le dira, fit Gervaise.\u2014 Hé, je n'en sais rien.Vous ignorez peut-être que les administrations des hospices ne veillent sur les enfants perdus ou abandonnés que jusqu\u2019à l\u2019âge de vingt et un ans; ils sont comme en tutelle jusqu\u2019à leur majorité.Alors, pouvant travailler, mis en état de gagner leur vie, ils deviennent absolument libres de faire ce qu\u2019ils veulent, d\u2019aller où il leur plaît; l\u2019Assistance publique a cessé de s'occuper d\u2019eux.Or, depuis la naissance de la fille de Claire Guérin, qu\u2019elle a évidemment abandonnée pour une cause quelconque, bien des choses se sont passées.En admettant que la fille de Claire Guérin ait vécu, l\u2019administration ne s\u2019occupe plus d\u2019elle depuis l\u2019année 1900.Si elle a quitté le pays où elle demeurait alors, et qu\u2019on ne sache point où elle est allée, il sera bien difficile, sinon impossible, de la retrouver.\u2014 A quoi songe donc l\u2019Assistance publique ?dit naïvement Parizot.\u2014 Quelle imprévoyance ! ajouta sa femme.Comme Rabiot, Gervaise et son mari avaient perdu le sens moral.Le cousin continua : \u2014 N\u2019ayant pas de famille, n'étant retenue par rien, la fille de Claire Guérin a pu quitter la France.Qui sait ?peut-être est-elle en Amérique.Comme vous le voyez, nous nous trouvons en face d\u2019une difficulté sérieuse.Mais, comme nous le disions tout à l\u2019heure, il faut savoir.Ce qui me rassure, c\u2019est que la fille de la maîtresse de M.Joramie ne connaît pas le nom de sa mère.(Lire la suite page 30) 4 février 1939 29 saw A son anniversaire, offrez-lui le cadeau par excellence LES TROIS GRANDS MAGAZINES Le Samedi La Revue Populaire Le Film Si vous avez l'intention de lui offrir à sa fête un cadeau de cinq dollars, envoyez-nous cette somme et nous lui adresserons régulièrement ces trois magazines.Remplissez tout simplement le coupon ci-dessous.Cette offre exceptionnelle de $5.00 est pour le Canada seulement COUPON D'ABONNEMENT POUR ANIVERSAIRES Poirier, Bessette 8f Cie, Limitée 975, rue de Bullion.Montréal, P.Q.Ci-joint $5.00, prix d\u2019un abonnement d\u2019une année à vos trois grands magazines : Le Samedi, La Revue Populaire et Le Film.que vous voudrez bien faire parvenir à la personne suivante : Nom ______________________________ Adresse \u2014_________________________ Ville Prov.Envoi de -\u2014.Adresse Ville ___________________________Prov.Par Mme ROSE LACROIX Directrice de l'Ecole Ménagère Provinciale et de l'Institut Ménager de LA REVUE POPULAIRE et du SAMEDI CELERI AUX PETITS POIS ET AUX CAROTTES Faire cuire dans l\u2019eau bouillante salée des branches de céleri de trois pouces de longueur.Déposer sur chaque branche des petits pois verts et des filets de carottes cuites.Arroser de beurre fondu et garnir de persil.\u2022 PETITS FOURS Découper de formes variées du gâteau à l\u2019épaisseur d\u2019un pouce.Garnir tous les côtés de crème au beurre, rouler dans des amandes râpées ou de la noix de coco.Décorer le dessus à l\u2019aide d\u2019une douille.FUDGE ROULE 2 carrés de chocoiat 2 tasses de sucre 34 tasse de crème 1 cuillerée à thé de vanille i/s cuil.à thé de crème de tartre 1 pincée de sel Fondre le chocolat à la vapeur, ajouter le sucre, la crème, amener au point d\u2019ébullition et cuire jusqu\u2019à 234°.Déposer sur un grand plat humecté d'eau froide, travailler comme le fondant.Etendre à l\u2019épaisseur d'un quart de pouce, déposer pardessus une épaisseur égale de pâte de guimauve et rouler.Passer dans des amandes râpées, laisser reposer et découper en rondelles.pastilles au fflinîHei |Beech-Nut CONTRE LA Doux Soulagement de la Toux en 6 Secondes ! PATE MI-FEUILLETEE 2 tasssc de farine à pâtisserie Y tasse de beurre Yl cuil.à thé de sel Yl tasse d\u2019eau glacée Mêler 34 de tasse de beurre avec la farine et le sel.Ajouter l\u2019eau glacée par petite quantité, juste assez pour faire une pâte qui ne colle ni au bol ni aux doigts.Etendre la pâte à l\u2019épaisseur de 34 de pouce.Couvrir la pâte avec 34 de tasse de beurre coupé en petits morceaux.Plier la pâte en 3, lui faire faire 34 tour.Etendre de nouveau.Couvrir avec le reste du beurre.Replier la pâte.Etendre de nouveau et plier en trois.Laisser reposer avant de l\u2019employer.\u2022 TARTE AU SUIF Etendre de la pâte mi-feuilletée et en couvrir une assiette à tarte en laissant dépasser un peu les bords de la tarte.Garnir avec 1 tasse de sucre d\u2019érable et 34 tasse de suif.Si l\u2019on n\u2019a pas de sucre d\u2019érable, on peut employer de la cassonade.Mettre au four à une chaleur de 500°.Quand la pâte est dorée, diminuer la chaleur jusqu\u2019à 400°.Servir chaud.GATEAU AUX POMMES SHORT-CAKE 2 tasses de farine 4 c.à thé de poudre à pâte Yi cuil.à thé de sel 34 tasse de beurre 34 tasse de lait Tamiser dans un bol farine, poudre à pâte et sel.Bien mêler à l\u2019aide d\u2019un petit appareil spécial le beurre à ce premier mélange, comme on fait pour la pâte brisée.Ajouter alors le lait tout à la fois, travaillant rapidement.Déposer sur planche farinée, manipulant la pâte très légèrement pour ne pas la durcir.Prendre deux assiettes à gâteaux bien beurrées et les couvrir avec la pâte étendue avec la main.Cuire à four chaud (450°) pendant 10 à 12 minutes.Démouler, refroidir et garnir de pommes et de crème fouettée.Cuisson des pommes Faire un sirop avec 2 tasses de sucre et 2 tasses d\u2019eau.Au premier bouillon, y faire cuire les pommes taillées en rondelles d\u2019un demi-pouce, les faire refroidir et en garnir la rondelle de pâte.Recouvrir de l\u2019autre rondelle et garnir le dessus de pommes cuites et de crème fouettée, sucrée et vanillée.LES RECETTES CHOISIES DU \"SAMEDI\" MAYONNAISE A L'HUILE 1 jaune d\u2019œuf\t\u2022 2 cuillerées à table de vinaigre ou de jus de citron 34 de tasse d\u2019huile d\u2019olive 34 cuillerée à thé de moutarde J/2 cuillerée à thé de sucre en poudre J/2 cuillerée à thé de sel Placer dans un bol à fond rond les ingrédients secs ; ajouter le jaune d\u2019œuf et bien mélanger.Verser l\u2019huile goutte à goutte au début, en brassant le mélange avec un moussoir ou une fourchette d\u2019argent.Après avoir mis environ un quart de tasse d\u2019huile, ajouter un peu de vinaigre ou de jus de citron.Continuer ainsi, alternant huile et vinaigre, jusqu\u2019à épuisement .de l\u2019huile.Mettre en bocal et conserver dans un endroit frais mais non au frigidaire.Si la mayonnaise se sépare, la reprendre avec un jaune d\u2019œuf, et procéder comme au début.Dès qu\u2019elles commencent à se dissoudre, les NOUVELLES Pastilles au MENTHOL Beech* Nut contre la Toux soulagent l\u2019inflammation de la gorge et calment l\u2019irritation.Essayez ces nouvelles pastilles au MENTHOL contre la toux et contrôlez cette toux, elles aideront à garder votre gorge fraîche, nette et saine.Faites par les fabricants des Fameuses Pastilles NOIRES Beech-Nut contre la Toux.Oui, IVTsieu\u2014 Je sucre ma soupane ou mes céréales avec du BEE HIVE ESSAYEZ-LE DEMAIN Avez-vous des cadeaux à faire .Ne cherchez pas plus longtemps.Abonnez vos parents et amla ans 3 grands magazines r Le Samedi, La Revue Populaire et Le Film.REMPLISSEZ NOS COUPONS D\u2019ABONNEMENT 30 LE SAMEDI (Suite de la page 28J Si je ne parviens pas à la retrouver, 1 exécuteur testamentaire et le notaire seront encore plus embarrassés que moi pour savoir ce qu\u2019elle est devenue.Nous seuls aujourd'hui savons que Claire Guérin n\u2019est plus.Elle est en terre et sa tombe garde le secret du passé.Que nous retrouvions ou non la fille abandonnée, les millions de M.Joramie sont à nous, car jamais, assurément, la fille de Claire Guérin ne saura qu\u2019elle a droit à l\u2019héritage.Si nous devons attendre dix ans, comme le veut le testament, et bien, nous attendrons.-\u2014 Vivre pauvre et se tuer au travail pendant dix ans à côté de tant de millions, c\u2019est dur ! fit la fermière.\u2014 Cousine Gervaise, je vous répondrai par ce proverbe : « Il faut faire contre mauvaise fortune bon coeur.» Sur ces sages paroles, \u2014 Joseph Rabiot était capable de tout, \u2014 les trois associés se séparèrent.L\u2019heure de se livrer au repos était venue.Après avoir déjeuné de bonne heure, le lendemain, Rabiot prit congé des époux Parizot et se rendit à pied à Courmont où il trouva une voiture publique qui le conduisit à Blois.Le soir, vers six heures, il arrivait à Poitiers.Comme il était un peu tard pour songer à faire une première démarche, remettant ses visites au lendemain, Rabiot se dit que ce qu\u2019il avait de mieux à faire pour le moment, était de dîner copieusement, attendu qu\u2019il se sentait grand appétit, et ensuite d\u2019aller se mettre dans un bon lit.La situation était grave, et il importait de ne rien donner au hasard.Il ne fallait pas éveiller les soupçons par des questions trop pressantes et surtout ne pas prononcer le nom de Claire Guérin, car il commençait à se faire un certain bruit autour de ce nom, par suite des annonces que faisait faire le comte de So-teure.Or, pour ne pas commettre d\u2019imprudences, Rabiot avait besoin de tout sang-froid, de toute sa présence d\u2019esprit.Une bonne nuit ne pouvait manquer de lui donner tout cela.XXXII Virginie-Ursule Joseph Rabiot se leva de bonne 'J heure.Après avoir longuement réfléchi, appuyé au balcon de sa fenêtre, il s\u2019habilla et sortit.Il avait pensé que, tout d\u2019abord, il devait se présenter à l\u2019hôpital où Claire Guérin avait mis son enfant au monde.Là, sans doute, on lui ap- Erendrait quel nom on avait donné à i petite fille, celui de sa mère n\u2019étant pas connu.A neuf heures, il se faisait ouvrir la porte de l\u2019hôpital et demandait hardiment à parler à M.le directeur.On le fit attendre un instant dans un parloir, puis on vint le chercher pour le conduire dans le cabinet du directeur.Il se trouva en présence d\u2019un homme grave, décoré de la Légion d'honneur, qui lui demanda : \u2014 A qui ai-je l\u2019honneur de parler, monsieur ?Rabiot, prenant un air honnête, répondit : \u2014 Monsieur le directeur, je me nomme Antoine Broussard et suis propriétaire à Blois, où j\u2019ai l\u2019honneur de connaître, \u2014 je puis même dire qu\u2019il est mon ami, \u2014 le docteur Barré, qui a été autrefois, dans sa jeunesse, médecin à l\u2019hôpital de Poitiers.\u2014 C\u2019est très bien, monsieur; que désirez-vous ?\u2014 Etre renseigné au sujet d\u2019une petite fille, \u2014 aujourd\u2019hui une femme déjà âgée, \u2014 née à l\u2019hôpital et dont la mère, n\u2019ayant pu dire qui elle était, était restée inconnue.\u2014 Puis-je vous demander pourquoi vous voulez avoir des renseignements ?\u2014r C\u2019est dans l\u2019intérêt de la personne, monsieur, ayant l\u2019intention de lui venir en aide dans le cas, toutefois, où elle ne serait pas dans une situation heureuse.\u2014 Voilà une excellente intention; mais je ne crois pas que vous puissiez être renseigné ici.\u2014 L\u2019enfant étant né à l\u2019hôpital, j\u2019ai pensé qu\u2019on pourrait me dire le nom qui lui a été donné.-\u2014 On doit, en effet, le trouver sur nos livres; mais vous seriez plus sûr en consultant les registres de l\u2019état civil de la mairie de Poitiers.\u2014 C'est que je ne connais ni le mois, ni la date de la naissance.Je sais seulement que la petite fille est née dans le courant de l\u2019année 1878.\u2014 Les recherches ne peuvent être difficiles à faire.Est-ce qu\u2019il s\u2019agit d\u2019une enfant abandonnée ?\u2014 Oui, monsieur, et j\u2019en ignore la cause.J\u2019ai connu la mère, qui est morte dernièrement; mais la pauvre femme, sans être folle, ne jouissait pas, cependant, de toutes ses facultés intellectuelles.Elle avait complètement perdu la mémoire, de sorte qu\u2019elle ne se rappela jamais ni son nom ni de quel pays elle était.D\u2019après le docteur Barré, qui l\u2019a soignée ici même, l\u2019affaiblissement de son cerveau aurait été la conséquence d\u2019une maladie de plusieurs mois qui a suivi la naissance de son enfant, et c\u2019est probablement pour cela que l\u2019hospice a cru devoir se charger de la petite fille.Comme j\u2019ai eu l\u2019honneur de vous le dire, monsieur, j\u2019ai beaucoup connu cette pauvre femme, et aujourd\u2019hui qu\u2019elle n\u2019est plus, je m\u2019intéresse vivement au sort de son enfant.\u2014 Eh bien, monsieur, vous aurez à l\u2019hôpital les renseignements qu\u2019on pourra vous donner.Le directeur écrivit quelques lignes sur un carré de papier, qu\u2019il mit dans la main du faux Broussard, puis agita le cordon d\u2019une sonnette.Un domestique parut.\u2014 Conduisez monsieur au bureau de l\u2019économat, dit le directeur.Il n\u2019eut qu\u2019à remettre son papier à un employé.Celui-ci, sans rien dire, prit un registre sur lequel il se mit à chercher.Ce travail ne dura pas moins de vingt minutes.Enfin, avec une satisfaction visible, l\u2019employé dit : \u2014 Voilà, j\u2019ai trouvé.L\u2019enfant, une petite fille, est née le 10 octobre 1878.Père et mère inconnus.On lui a donné les noms de Virginie-Ursule.Moralement abandonnée, l\u2019Assistance publique s'en est chargée.Rabiot avait écrit sur son carnet.Il remercia l\u2019employé de sa complaisance et se retira pour se rendre immédiatement à l'hospice, au bureau de l\u2019Assistance.Nous savons par le récit de Claire Guérin que lorsqu\u2019elle s\u2019était présentée à ce même bureau réclamant son enfant, elle avait eu affaire à un vieillard à cheveux blancs et portant lunettes.Ce vieil homme, après avoir consulté son livre, avait dit à la pauvre mère, d\u2019un ton brusque : « Votre fille est morte ! » Et cependant Virginie-Ursule existait.Pourquoi ce vieillard, chargé de répondre à tout le monde avec bienveillance, avait-il porté ce coup terrible au coeur d'une mère ?S\u2019était-il trompé en prenant un autre enfant pour celui dont on lui parlait, ou bien avait-il, tout simplement, voulu se débarrasser de cette mère qui réclamait son enfant ?Voilà ce que nous ne saurions dire.Mais qu\u2019il y eût eu une faute d\u2019attention ou une intention quelconque, toujours est-il que Claire Guérin avait été condamnée à pleurer sa chère petite fille pendant de longues années, et qu\u2019elle était morte sans savoir qu\u2019on l\u2019avait trompée.Nous n'avons pas à rechercher ici toutes les conséquences fatales d\u2019une erreur; disons cependant que si Claire Guérin avait su que sa fille existait, elle ne serait pas restée pendant plus de quarante ans à la ferme de Grand-val et n\u2019aurait pas été victime de la cupidité des cousins de M.Joramie.Plus heureux que Claire Guérin, Joseph Rabiot trouva un homme affable, plein de courtoisie, qui se mit immédiatement en devoir de le renseigner aussi exactement et aussi complètement que cela lui était possible.La petite Virginie-Ursule avait été confiée à une nourrice demeurant à Vezeray, commune du département de Saône-et-Loire, à quelques kilomètres d\u2019Autun.L\u2019enfant avait trouvé dans sa nourrice une seconde mère; aussi, celle-ci déclara-t-elle, quand la petite fut sevrée, qu\u2019elle la garderait aussi longtemps qu\u2019on voudrait la lui laisser.Dès l\u2019âge de cinq ans, Virginie-Ursule fut envoyée à l\u2019école du village.Très intelligente, elle apprenait bien et se faisait particulièrement remarquer par sa bonne conduite, sa douceur, sa docilité, son assiduité et son amour du travail.Elle avait douze ans et venait de faire sa première communion, lorsque le mari de la nourrice mourut.Celle -ci restait veuve avec trois enfants, sans compter Virginie-Ursule.N\u2019ayant plus les quatre francs par jour que lui apportait son mari, excellent ouvrier terrassier, elle se trouva dans la gêne et fut forcée de mettre en condition sa fille aînée ainsi que Virginie-Ursule, les soeurs de lait.Virginie-Ursule fut placée comme petite servante chez un riche vigneron de la commune.Tous ces renseignements et ceux qui vont suivre résultaient des pièces, rapports, certificats annexés au dossier qui concernait la petite fille de l\u2019hospice.L\u2019employé, prolixe par nature, et visant à l\u2019orateur, prenait plaisir à prouver qu\u2019il savait parler, d\u2019abord ensuite que l'administration remplissait consciencieusement ses devoirs de tutrice.Continuant à examiner les pièces du dossier, il poursuivit : ( \u2014 Ses maîtres furent très contents d elle; la connaissant depuis son enfance, ils la traitaient avec bonté; ils lui confiaient la garde de leur maison et de leurs enfants, la faisaient coudre et ne l\u2019emmenaient à la vigne que lorsque le travail pressait.Du reste, la jeune fille faisait tout ce quelle pouvait pour leur être agréable et travaillait autant que le lui permettaient ses forces.Après être restée six ans dans cette maison, trouvant sans doute que les travaux de la campagne étaient au-dessus de ses forces, elle se plaça elle-même chez un bourgeois d\u2019une commune voisine de Vezeray, où elle ne resta que trois ans.Elle avait alors atteint sa majorité et les renseignements fournis à l\u2019administration cessaient à partir de cette époque.Cependant, en remettant en ordre les différentes pièces du dossier de la jeune fille, l\u2019employé trouva une lettre signée Virginie-Ursule, évidemment écrite par elle et ainsi datée : « Nevers, 6 août 1905.» Dans cette lettre, Virginie-Ursule disait qu\u2019ayant l\u2019intention de se marier prochainement, elle priait qu\u2019on voulût bien lui envoyer son acte de naissance à La Charité, bureau restant.A cet effet, elle joignait à sa lettre deux francs cinquante centimes en timbres-poste.En tête de la lettre, en marge, on avait écrit au crayon bleu : « Extrait de l\u2019acte de naissance expédié à Virginie-Ursule le 10 août 1905.» Depuis cette époque, plus rien.Virginie-Ursule s\u2019était-elle mariée ?Qu\u2019était-elle devenue ?Cela, on ne pouvait le dire à Joseph Rabiot, puisque l\u2019administration elle-même l\u2019ignorait.Du reste, la lettre de la jeune fille se présentait un peu comme une énigme.Bien que datée de Nevers, elle ne disait point que celle qui l\u2019avait écrite habitât cette ville; elle semblait in diquer à La Charité, autre ville du département de la Nièvre, à peu de distance de Nevers.Et encore cela paraissait douteux, la jeune fille ayant demandé qu\u2019on lui adressât l\u2019extrait de son acte de naissance bureau restant.Pourquoi n\u2019avait-elle pas donné son adresse ?Sans doute, elle avait eu ses raisons.Joseph Rabiot dut se contenter des renseignements qu\u2019on venait de lui donner.Il ne fut ni étonné, ni désappointé de ce qu\u2019on ne pouvait lui dire ce qu\u2019était devenue la fille de Claire Cuérin.Il l\u2019avait prévu et s\u2019y attendait.#######################################################################?\u2014 NOS VEDETTES \u201c DE LA RADIO NOUS inaugurerons, dans LE SAMEDI de la semaine prochaine, une nouvelle série d'articles sur nos artistes de la radio, aussi bien ceux de Montréal que de Québec.Ces articles, présentés sous forme d'entrevues, illustrés de photos, sauront intéresser tous nos lecteurs et lectrices.Passez le mot à vos amis ! 4 février 1939 31 Dans tous les cas, bien que les renseignements s'arrêtassent au mois d\u2019août 1905, Rabiot avait tout lieu de croire, maintenant, que l\u2019héritière de M.Joramie était bel et bien vivante.Il eut un instant la pensée de s arrêter court dans ses recherches et de ne plus s\u2019inquiéter désormais de Virginie-Ursule; mais il se ravisa, en se disant que, quand même, il fallait savoir.Il se fit donner le nom de la nourrice de Virginie-Ursule et sortit du bureau.\u2014 C\u2019est à la nourrice, aujourd\u2019hui une vieille femme, que je dois m\u2019adresser pour savoir ce qu\u2019est devenue la fille de Claire Guérin, pensait-il; reconnaissante des bons soins et de l\u2019affection de sa nourrice, il est certain que Virginie-Ursule, l\u2019a revue au moins quelquefois et n'a pas cessé de lui donner de ses nouvelles.Le soir même, reprenant le chemin de fer, Joseph Rabiot se reprenant sur Vierzon, pour se rendre de là à Nevers et ensuite à Vezeray, près Autun.Le lendemain, avant midi, il était à Nevers et bientôt dans le bureau du secrétaire de la mairie.\u2014 Monsieur, dit-il au bureaucrate quasi fonctionnaire, j\u2019ai besoin de savoir si une jeune fille n\u2019ayant pas d\u2019autre nom que les prénoms Virginie-Ursule, élevée par les soins de l\u2019hospice de Poitiers, ne s\u2019est pas mariée à Nevers.Le mariage aurait eu lieu en 1905, postérieurement au mois d\u2019août, ou en 1906.\u2014 Je ne puis vous dire cela immédiatement, monsieur, répondit le secrétaire; il y a des recherches à faire, et elles peuvent être un peu longues, n\u2019ayant pas une date précise.Si vous voulez prendre la peine de revenir demain dans l\u2019après-midi.\u2014 Soit, monsieur, j\u2019aurai l\u2019honneur de vous revoir demain ou après-demain.Rabiot, généreux à ses heures, posa un louis sur le bureau.\u2014 Je laisse ceci, dit-il; c\u2019est une petite gratification pour l\u2019employé que vous chargerez des recherches.Le secrétaire sourit gracieusement, se leva et reconduisit le visiteur comme s'il eût été M.le Préfet, en saluant à la manière orientale, le nez sur les genoux.L\u2019arrivée de Joseph Rabiot à Vezeray produisit une certaine émotion.L\u2019apparition d\u2019un étranger dans ce modeste village est chose si rare que c est presque un événement.Ce que Rabiot apprit à Vezeray lui fit regretter d\u2019y être venu.La mère Lucotte, la femme qui avait été la nourrice de l\u2019enfant de l\u2019hospice, était morte depuis quinze ans.Virginie-Ursule n\u2019avait pas reparu dans le pays depuis qu\u2019elle l\u2019avait quitté; seulement on avait su, dans le temps, par la mère Lucotte, qu\u2019elle s\u2019était mariée.Mais on ne put dire à Rabiot ni où elle s\u2019était mariée, ni le nom du mari.Ses anciens maîtres, qui vivaient encore, ignoraient absolument ce qu\u2019elle était devenue.Quant aux bourgeois, \u2014 le mari et la femme, \u2014 chez lesquels elle avait été trois ans servante, ils étaient morts depuis longtemps.Rabiot n\u2019avait qu\u2019une chose à faire: revenir à Nevers au plus vite.\u2014 Monsieur, lui dit le secrétaire, les recherches ont été faites avec la plus grande attention, je vous en donne l\u2019assurance, et cependant le résultat est négatif.La nommée Virginie-Ursule ayant été, comme vous me l\u2019avez dit, enfant de l\u2019hospice de Poitiers, n\u2019a été mariée à Nevers ni en 1905, ni en 1906, ni même en 1907.\u2014 J\u2019eusse désiré une autre réponse, monsieur, dit Rabiot; mais je ne vous en remercie pas moins de votre obligeance.\u2014 Nous la devons au public, répondit le secrétaire.En sortant de l\u2019hôtel de ville, Joseph Rabiot grommelait entre ses dents : \u2014 Avec tout ça, j\u2019en suis encore pour ma pièce de vingt francs.L\u2019homme d\u2019argent n\u2019avait pas le remords de son crime, mais il regrettait de s\u2019être montré libéral une fois par hasard.Avant de rentrer à Paris, sans pour cela se déranger de son chemin, il s\u2019arrêta à La Charité.Sans avoir beaucoup d\u2019espoir, il avait voulu faire cette nouvelle et dernière tentative.La réponse qui lui fut faite à la mairie de la petite ville nivernaise fut absolument semblable à celle du secrétaire de la mairie de Nevers.De plus, un habitant de la ville, qui se trouvait à la mairie, dit à Rabiot : \u2014 Je connais tout le monde à La Charité, et je puis vous assurer que la demoiselle dont vous parlez n'a jamais demeuré dans notre petite ville.D\u2019après ce que vous dites, la personne en question devait être servante dans une localité voisine, et c\u2019est là, probablement, qu\u2019elle s\u2019est mariée.\u2014 Oui, probablement, fit Rabiot.Mais il ne songea point à continuer ses recherches en se rendant successivement dans tous les villages du canton de La Charité.D\u2019ailleurs, il se sentait fatigué, il en avait assez.Et puis quelque chose lui disait qu\u2019il ferait encore inutilement de nouvelles démarches.Il rentra à Paris.Un instant, il pensa à charger Henri Cordier de continuer les recherches.Rien n\u2019était plus facile, et l\u2019ex-se-crétaire était bien l\u2019homme qu\u2019il fallait pour cela.Il pouvait se donner comme un premier clerc de notaire avant mission de retrouver certaines pièces de l\u2019état civil.Mais Rabiot renonça à son idée.Son instinct lui disant qu\u2019ayant tout à craindre de son complice, Cordier pourrait bien vouloir utiliser pour son propre compte les renseignements qu\u2019il aurait recueillis.XXXIII Enfermé dans son cabinet, dont il ne sortait guère qu\u2019aux heures des repas et pour faire sa promenade, dans l\u2019après-midi et le soir, sur les grands boulevards, Joseph Rabiot avait tout le temps de réfléchir.Il n\u2019avait plus à se préoccuper de Claire Guérin; mais, malgré tous ses raisonnements, Virginie-Ursule lui causait de l\u2019inquiétude.\u2014 C'est singulier, oui, bien singulier, se disait-il.Je suis à peine resté deux heures à Vezeray, mais ce peu de temps m\u2019a suffi pour voir que la fille de Claire Guérin a laissé dans ce village des amis et beaucoup de personnes qui s\u2019intéressent à elle.Comment se fait-il que toutes ces bonnes gens n\u2019aient plus entendu parler de Virginie-Ursule ?Elle s\u2019est mariée, il n\u2019y a pas à en douter; mais après, qu\u2019a-t-elle fait ?Où est-elle allée ?Il est bien étonnant que ni à Poitiers, ni à Vezeray, on ne sache ce qu elle est devenue.On ne disparaît pas ainsi, que diable ! à moins .Au fait, pourquoi pas ?C\u2019est dans les choses possibles.Et puis les femmes, ça meurt si facilement ! Joseph Rabiot désirait si vivement que la fille de Claire Guérin n\u2019existât plus qu\u2019il faisait tout ce qu\u2019il pouvait pour se convaincre qu elle était morte.Et, en effet, il arriva peu à peu à conclure définitivement que Virginie-Ursule avait cessé de vivre.La route conduisant aux millions de M.Joramie se trouvait ainsi déblayée.Il se frottait les mains, l\u2019honnête Rabiot, et déjà il cherchait par quels moyens et quelle suite de combinaisons il parviendrait, dans un temps plus ou moins rapproché, à faire constater que la servante Beau-Soupir, enterrée dans le cimetière de Ninville n\u2019était autre que la demoiselle Claire Guérin, fille du charron de Bourgvoisin.Car, pas plus que sa tendre cousine Gervaise, Rabiot ne pouvait se résigner à attendre dix ans pour toucher aux millions.Il pensait, comme la fermière, que c\u2019était dur d\u2019avoir ces beaux millions seulement en espérance.Et puis, en dix ans, on a le temps de s\u2019en aller dans l\u2019autre monde ! Il est vrai que Rabiot ne songeait pas à la mort.Bien portant, robuste, vivant sobrement, sans se rien refuser, toutefois, et ayant.de sa chère personne le plus grand soin, il ne lui venait même pas à l\u2019idée qu\u2019il pût mourir.Un matin, n\u2019ayant pas autre chose à faire, Rabiot se mit en devoir de mettre un peu d\u2019ordre dans une quantité de papiers éparpillés sur son bureau.Il y avait beaucoup de lettres, quelques-unes déjà vieilles de plusieurs mois, des cartes de visite, des invitations à des mariages, à des enterrements, et jusqu\u2019à des billets de concert que Rabiot n\u2019avait pas payés, bien entendu, et qu'il ne s\u2019était pas donné la peine de renvoyer à l\u2019artiste bénéficiaire, qui avait trop compté sur la générosité du vieux garçon propriétaire.M.Joseph Rabiot, pas plus d'ailleurs que beaucoup d\u2019autres parvenus de son espèce, ne comprenait point les encouragements aux artistes.Selon lui, on n\u2019avait pas besoin de ces gens-là, de ces inutiles, qui feraient mieux de balayer les rues ou de confectionner des souliers, ou encore de raser les bourgeois dans l\u2019officine d'un coiffeur au lieu de les raser autrement.Il y avait au moins deux pianos dans sa maison de la rue Taithout, et c'était son cauchemar, sa désolation.Il aurait bien donné congé à ces locataires trop épris de la musique en chambre; mais il leur louait très cher et ils payaient bien, jamais vingt-quatre heures seulement après le terme.Et puis ne viendrait-il pas d\u2019autres locataires avec des pianos accompagnés de clarinettes, de violons, de pistons, de trombones ?Maintenant, c\u2019était une rage; de tous les côtés, dans les maisons voisines de la sienne, partout, on tapait sur des pianos du matin au soir.Jusqu\u2019à des filles de concierge qui s\u2019en mêlaient.C\u2019était à faire dresser les cheveux sur la tête.Il vouait à tous les diables ces abominables fabricants d\u2019instruments de musique.Joseph Rabiot s\u2019était assis devant son bureau, et avait placé près de lui la corbeille d\u2019osier devant recevoir les papiers destinés au feu.A la façon dont y allait Rabiot, tout ce qui se trouvait sur le bureau paraissait devoir être déchiré et jeté dans la corbeille.Au panier les billets de concert, les cartes de visite, les prospectus, les lettres de faire-part, les invitations de toutes sortes.Quand c\u2019était une lettre qui se trouvait sous la main de Rabiot, il l\u2019ouvrait, la parcourait rapidement des yeux pour se rappeler, et comme il ne tenait nullement à en faire une relique, il la mettait en pièces, et les IL ÉCRIT AVEC SES DEUX MAINS Lettre d'un homme de 90 ans Il nous prie d\u2019excuser son écriture, mais nous ferons plus que cela : nous le féliciterons de pouvoir encore écrire à son âge, surtout après avoir autant souffert de rhumatisme.Voici ce qu\u2019il dit dans sa lettre : \u201cIl y a trois ans, un rhumatisme inflammatoire me retint au lit durant six semaines.Mais depuis lors, j\u2019ai pris des Sels Krushen et n\u2019ai pas eu d\u2019autre attaque.Toutefois, le mal m\u2019a laissé les pieds enflés et marcher me cause de la douleur.Mes mains aussi étaient raides.J\u2019ai pris des Sels Krushen chaque matin avant le déjeuner et je me propose de continuer à le faire, parce que je suis sûr que c\u2019est à eux que je dois de m\u2019être bien porté depuis trois ans.Excusez mon écriture car j\u2019ai 90 ans et je dois me servir de mes deux mains pour écrire \u201d.- J.R.G.Les douleurs et raideurs du rhumatisme sont souvent occasionnées par la présence d\u2019acide urique dans les muscles et les articulations.Krus-chen aide à dissoudre cet acide urique et en favorise l\u2019élimination par les voies naturelles.Il en résulte un regain de vigueur et vitalité.W E rôle de la femme est d\u2019être heureuse, ¦ de répandre du bonheur autour d\u2019elle.Rien n\u2019empoisonne autant l\u2019existence que la souffrance inutile.Combien de femmes, esclaves des malaises particuliers à leur sexe, sont nerveuses, irritables, incapables de remplir sereinement leur mission ?.Savent-elles que FEMOL leur apporterait sans doute l\u2019aide dont elles ont besoin pour franchir en souriant l\u2019épreuve mensuelle et les étapes pénibles de leur vie ?FEMOL n\u2019est pas un simple calmant : ce concentré végétal trouve la source du mal, tonifie les organes, les replace, les rend plus aptes à remplir leurs fonctions naturelles.FEMOL aide la nature sans la contraindre.Chaque boîte de FEMOL suffit pour un traitement d\u2019environ un mois et renferme une brochure médicale que toutes les femmes devraient lire.Depuis un quart de siècle, des milliers et des milliers de femmes y ont recours avec gratitude.Pourquoi pas vous ?* ADOLESCENCE MATERNITE RETOUR D'AGE ÎF-SS®Ü©IL CONCENTRÉ PUREMENT VEGETAL Le rôle de la femme n'est pas de souffrir, mais d'être HEUREUSE. 32 LE SAMEDI AVEC PB SANS BOUT DE LIE6E-10pour10
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