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Titre :
Le samedi
Éditeur :
  • Montréal :Société de publication du "Samedi",1889-1963
Contenu spécifique :
samedi 26 novembre 1938
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque semaine
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  • Nouveau samedi
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Le samedi, 1938-11, Collections de BAnQ.

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[" Montréal, 26 CON f 50e année, No 26 PER novembre 1938 LE MAGAZINE NATIONAL DES CANADIENS mmi\\ .Üi À 1mm, t - \u2019 * If.f .\ti $r' )remiere econ - \u2014\u2014 ¦ I sîMzÊl ¦â> X r y Montres GRUEN - -i-X\u2019, : ¦:\t' r \" V* ST\\ Pourquoi une montre incurvée devrait avoir un mouvement incurvé.L'ancienne méthode méthode \u2019\u2019CURVEX\" ; mouvement incurvé épou-a forme du boîtier et ayant fait une précision compa-à une montre de poche.Minuscule mouvement plat dans un boîtier incurvé.1.\tBARBARA\u2014Charmante montre pour dames, 15 rubis, boîtier plaqué or jaune 10 cts \u2014.$24.75 2.\tCAROLE\u2014Le dernier style, 15 rubis, boîtier plaqué or blanc ou jaune, 10 cts.$29.75 3.\tGOLDEN JANICE \u2014 Adorable modèle de haute précision, 17 rubis, boîtier plaqué or jaune.10 cts.- $39.75 4.\tANITA SUPERB\u2014Elégant modè- le d\u2019un style nouveau, 17 rubis, boîtier plaqué or blanc ou jaune, 10 cts.Serti de 8 superbes diamants.- $59.50 5.\tBANFF\u2014Splendide modèle ae haute précision, 17 rubis, boîtier or blanc, 14 cts.Serti de 20 diamants_________-.$89.50 6.\tCHIEF \u2014 Modèle distingué ap- précié par les messieurs, 15 rubis, boîtier plaqué or jaune, 10 cts.Dos métal chromé .\t$24.75 7.\tHAWK\u2014Une montre masculine pour hommes de goût, 15 rubis, boîtier plaqué or 10 cts.Dos métal chromé\t$29.75 8.\tJASON \u2014 La toute dernière création de Gruen, 17 rubis, mouvement de haute précision, boi-tier plaqué or 10 cts.Dos métal chromé \u2014.$33.75 9.\tCARLYLE FLEX\u2014Nouveau modè- le original, 15 rubis.Boîtier plaqué or 10 cts.Dos métal chromé.-.$3 \u2014 Oui, plus tard, admit l'autre.Je mets peut-être la charrue avant les boeufs, mais je vais vous parler à présent de l\u2019argent.\u2014 J'ai pu remarquer que vous mettiez grand soin à ne pas en parler à l'audience, dit le sous-commissaire.\t(Lire la suite page 33) 6 LE SAMEDI * t m.; lop\\ \u2022 is» ÉB&# L'avenir de la paix tient-il dans l'expérience ci-dessous de laboratoire ?C'est la désintégration de l'atome qui changera sans doute un jour le monde entier .ou le fera sauter définitivement.Vue à vol d'avion, du palais splendide que la Société des Nations a tait ériger dans le Parc Ariana, violant ainsi les clauses d'un testament qu'elle aurait dû être la première à respecter puisqu'elle prétendait représenter le droit et le respecter.Ecran recouvert de sulfur h de .xi ne\tm Fragment de.radium SWv\\ Le.iblle I!, \u2019 , ! Il,lit/ > \u2022 ^ >.V sy\\vN f/y.' \u2022,V\\ W\\ \\ LE ECMBEAIJ DE LA PAIX Chronique cTActualité par LOUIS POLAND Æ 26 novembre 1938 7 Chaque fois que les hommes ont voulu mettre en cage la colombe de la Paix, il s\u2019est produit un curieux phénomène : la colombe s'est métamorphosée en oiseau de proie et n\u2019a pas voulu faire son nid dans la cage.Un palais magnifique fut construit à la Haye pour l\u2019abriter ; on l\u2019appela pompeusement Tribunal de la Paix, mais ce ne fut même pas une simple Justice de Paix.De graves messieurs s\u2019y donnèrent de temps à autre des rendez-vous pour y fumer de gros cigares et parler de la pluie et du beau temps qu\u2019il faisait dans les divers pays.L\u2019institution n'eut vraiment pas de chance, les projets pacifiques s\u2019envolèrent avec la fumée des cigares, et la guerre de 1914 vint démontrer péremptoirement la parfaite inutilité de la machine administrative à rendre les hommes sages.Après la grande tourmente, le rêve de fraternité universelle hanta de nouveau quelques cervelles, et c\u2019est alors que naquit une jolie fille à la santé malheureusement fort délicate qui s\u2019appela la Société des nations.Cette jeune Eve vit le jour dans la ville du même nom, et les fées modernes, accourues à son berceau, lui souhaitèrent beaucoup de belles choses avec une longue vie.Mais eux-mêmes n\u2019étaient pas des gens à longue vue, et ils ne remarquèrent pas, dans le nombre, une vieille fée Carabosse, appelée encore l'Ambition, vieille autant que le monde et douée d une dose d\u2019astuce hypocrite suffisante pour donner bonne mesure à toute une potée de grands diplomates.Cette fois encore, la colombe de la Paix devait se changer en épervier ou bien en vautour, ou peut-être même en simple charognard.Pendant sa toute première enfance, la Colombe genevoise de la Paix parut née viable, mais elle avait tout juste dix ans quand elle commença à se sentir mal en point, car la fée Carabosse faisait des siennes.Le Japon arrache des plumes à la colombe en Mandchourie, après quoi il lâche la société ; l\u2019Allemagne en fait autant, et Mussolini tombe sur le poil au Négus.L'Espagne se met à flamber, le Japon se met à occire des Chinois non plus en détail mais en gros, l\u2019Allemagne gobe l'Autriche puis un bon morceau de la Tchécoslovaquie, en attendant le reste, car l\u2019appétit lui vient en mangeant.Partout c'est la course aux armements, la préparation fébrile à une écrabouillade comme le monde n'en aura encore jamais vue.En même temps on voit toutes sortes de choses pas drôles et bien de nature à dégoûter un honnête homme : des traités mis à la poubelle, des pactes de non intervention qui consistent à ravitailler le plus possible en faci- lités de guerre ceux qui se cassent la gueule, d autres pactes d amitié qui sont de la vraie farce, bref un tas de chinoiseries lamentables qui n ont pas seulement lieu au pays des Fils du ciel.C'est à croire que la terre entière est maintenant peuplée de Fils de l'enfer.Enfin, partout c\u2019est malpropre, angoissant et bien de nature à faire perdre aux hommes de tout le globe le peu de cervelle qu\u2019ils peuvent avoir encore.Tout ça, peut-être bien, parce qu on a bâti une belle cage pour l'oiseau de la paix, à Genève.Cette belle cage, ou ce beau palais qui a coûté des millions, qui est une orgie de super-luxe, et dans lequel on a donné des fêtes à faire crever de jalousie le vieux Sardanapale de 1 histoire ancienne, ce palais de vermeil et de merveilles sera bientôt à vendre au plus offrant, sf toutefois même il se présente un acquéreur.Il s\u2019effritera plutôt sous les bombes dans un avenir sans doute pas très éloigné.C'est du moins la légende qui le prétend et le fantôme qui le prédit.Car il y a, sur son compte, une histoire pas bien propre et un fantôme évidemment imaginaire.Mais sait-on jamais .Voici ce qu il en est.En 1890, un genevois nommé Revilliod et qui avait des millions à les remuer à la pelle, vint à mourir.Il avait auparavant fait un testament par lequel il donnait à la ville de Genève une propriété magnifique dont même un roi aurait été très fier.En échange, la ville de Genève devait s\u2019engager formellement à respecter les clauses du testament qui étaient celles-ci : la belle propriété deviendrait un parc public jusqu à la fin des temps, on y construirait un grand musée et l'ensemble s'appellerait Parc Ariana ; ceci en souvenir de la regrettée Ariane qui avait été la femme très aimée du donateur.Troisième condition : le tombeau du donateur serait érigé au milieu de ce parc.Ce testament était tout à l\u2019avantage de la ville de Genève qui en fut enchantée, et jura solennellement de respecter les volontés dernières du riche défunt.Le parc fut aménagé, le tombeau construit et le Parc Ariana connut non seulement la faveur mais l\u2019enthousiasme du peuple genevois reconnaissant.C'était, en vérité, le plus beau site qu'on put trouver à cinq cents lieues à la ronde ; c était même si beau que ça tapa dans 1 œil des gros Le tombeau du millionnaire Revilliod dont le fantôme, à ce qu\u2019on prétend, se promène aujourd'hui dans les salles désertes du fameux palais.fonctionnaires de la Société des nations qui dèrent d\u2019y installer leur manufecture de decisions inutiles.Ils voulaient un palais pyramidalement pharamineux, et le Parc Ariana représentait a leurs yeux l\u2019emplacement rêvé.Ah ! les choses n\u2019allèrent pas comme sur des roulettes pour commencer ! La ville rouspéta terme, car elle voulait honnêtement respecter les conditions du testament, mais la Société des nations, qui tenait à installer son pigeonnier dans cet endroit-là, mit en avant les grands arguments, d abord la bonne galette, sous forme du prix fort, et ensuite elle menaça d\u2019aller s'installer aux cinq cents diables, peut-être même chez les sauvages, si on ne lui accordait pas 1 emplacement convoité.Il y eut encore pas mal de tiraillements, mais enfin la ville parvint à décider le dernier héritier de l\u2019archimillionnaire défunt à accepter la transformation.Et la Société de la Paix construisit un beau palais pour son oiseau.Oh ! un palais épatant, un palais de rêve dont je ne vous donnerai pas la description, car il me faudrait, pour cela, accaparer dix pages du Samedi pendant six mois, et ça deviendrait tannant à la fin.Sachez seulement qu\u2019on n'avait jamais rien fait de pareil.Avec autant de désinvolture surtout.Mais le mort se vengea.Du moins, on pourrait le croire, car le palais n'était pas même au tiers construit que déjà les affaires mondiales allaient tout de travers.Plus la construction avançait et plus les difficultés surgissaient de partout, Naturellement, la société de la colombe s'avérait chaque fois plus impuissante que précédemment à remettre les choses en bon ordre.Depuis le commencement de la construction du fameux palais on pourrait compter les petites et même grandes guéguerres à la douzaine.Et les déchirements de traités ! et les coups de force ! et les passe-droits éhontés ! et toutes les canailleries de tout le tremblement de diable à quatre qu'il serait fastidieux à la fin d'énumérer ! Vraiment la société a gobé des couleuvres à satiété ! On dit que le fantôme du vieux Revilliod se promène la nuit dans les allées sombres de son parc désaffecté, et qu\u2019on le voit même errer dans les grandes salles maintenant désertes du palais de la colombe déplumée ; c'est sans doute de l\u2019imagination, mais les légendes sont tenaces, et celle-ci fera sûrement son chemin.Jusqu\u2019à ce qu\u2019elle devienne de l\u2019histoire vraie.En tout cas, la coïncidence est curieuse.Autant que dramatique.' -'%* .Ipltpë V,T mm»*., Rué ÜÜ \u2019 s\u2018.- y J 8 LE SAMEDI 1/Actualité en Canada et Ailleurs L'EPINE DANS LA PATTE DU LION Quel est aujourd'hui le problème le plus épineux pour la Grande-Bretagne ?\u2014 Le mouvement sioniste et ses conséquences possibles.Depuis vingt ans, la Grande-Bretagne a peut-être rencontré les difficultés les plus graves de son histoire.Des pays faibles ou vaincus sont devenus des puissances capables de parler haut à la riche Albion ; une ancienne colonie anglaise, les Etats-Unis, remplace peu à peu l'Angleterre comme banquier du monde.Mais dès la fin de la guerre de 1914, le lion britannique s\u2019est volontairement fiché dans la patte une épine qui pourrait bien, un jour prochain, empoisonner tout son organisme.Le 2 novembre dernier était l'anniversaire de la célèbre déclaration Balfour par laquelle la Grande-Bretagne s'engageait à créer un Etat juif en Palestine, Cet anniversaire a été marqué par des troubles en Syrie (sous mandat français), au Liban et à Jérusalem ; les Arabes de la Palestine se révoltent contre le juif qui, disent-ils, veut les déposséder d\u2019un pays qu'il ont conquis il y a plus de treize siècles.J'ai déjà parlé ici, il y a plusieurs semaines, de l'origine du mouvement sioniste et des premières tentatives de réalisation.La Grande Guerre devait faire renaître les espoirs des Juifs désireux de constituer un toyer en Palestine.Le 2 novembre 1918.lord Balfour promettait aux Sionistes l'appui de l\u2019Angleterre ; le Conseil Suprême des Alliés (France, Etats-Unis, etc.) approuve ce geste en 1922.Des millions furent dépensés pour créer les colonies juives de Tel Aviv, d'Hadera, d'Ein Harod.en Palestine.Dès les débuts, les Arabes- s\u2019émurent de cette invasion.Et bientôt la Grande-Bretagne fut forcée de défendre les colons par les armes, sinon de prendre parti, risquant ainsi de soulever contre elle tout l'Islam : non seulement les Arabes de la Pa- CANADA par le Globe-Trotter ( Spécial au \u201c Samedi \u2019\u2019) lestine mais ceux de tout le Proche-Orient.Manœuvre dangereuse qui mettra bientôt en péril, du côté de la Mer Rouge, la route des Indes.Il ne faut pas oublier que l\u2019Angleterre possède elle-même de grands intérêts en Palestine et que les Juifs qui y sont établis veulent être maîtres « chez eux ».Fils des persécutés de Pologne, d\u2019Ukraine, de Lithuanie, de Roumanie, ces Israélites revenus en Terre Promise sont soulevés par un nationalisme intransigeant, par une mystique de la race.La plupart de leurs colonies réalisent un idéal de communisme, de collectivisme, enseigné depuis longtemps par des théoriciens d\u2019Israël.Comment ces quelques milliers de colons pourront vaincre les millions d'Arabes fanatiques, voilà une question à laquelle les événements répondront bientôt.Malgré son habileté coutumière, il est certain que la Grande-Bretagne a fait une grave erreur en appuyant aussi ouvertement la création d\u2019un foyer national juif en Palestine ; pour quelques avantages immédiats, elle s\u2019est préparé des ennuis dont on peut dès maintenant prévoir les terribles conséquences : tout l lslam acharné contre les Européens et sabotant la vie économique et politique de la Méditerranée, de l\u2019Afrique du Nord et du Proche-Orient ! \u2022 UNE ILE FORTIFIEE L'île de Malte, dans la Méditerranée, occupe une situation stratégique sur la route des Indes.\u2014 Elle appartient à l'Angleterre depuis 1814.Malte, célèbre depuis des siècles, fait partie d'un archipel de cinq îles, dont trois seulement sont habitées.Située au sud de la Sicile, loin des côtes, cette terre aride est depuis de nombreux siècles convoitée par toutes les puissances qui cherchent à obtenir la maîtrise de la Méditerranée.L'archipel de Malte est tout ce qui reste d\u2019une langue de terre qui, dans les temps préhistoriques, reliait la Sicile à l'Afrique ; des archéologues ont découvert de nombreux monuments monolithiques qui prouvent que Malte fut habitée bien longtemps avant l\u2019ère chrétienne.Tour à tour, les Phéni- Chevaliers de Saint-Jean de Jérusalem, connus par la suite sous le nom de Chevaliers de Malte.C est eux qui, en 1566, construisirent la capitale.La Valette ; ils érigèrent d\u2019immenses murailles et des forts puissants qui existent encore.De nos jours, l'armée anglaise se sert des entrepôts à grains creusés par les Chevaliers de Malte.Avant l'arrivée des Chevaliers de Saint-Jean de Jérusalem, Malte avait pour capitale Notabile, ville fortifiée où subsistaient les ruines d\u2019une église construite au premier siècle de 1ère chrétienne.L\u2019île de Malte a 17 milles de longueur, huit milles de largeur et 86 milles de circonférence.Par le Traité de Paris, en 1814, Napoléon dut céder l'île à l'Angleterre.Devenue colonie de la Couronne, elle est aujourd'hui administrée par un Gouverneur et un Comité Exécutif.Il y a quelques années, les Maltais (environ 250,000) protestèrent contre l'ostracisme dont souffrait leur langue ; grâce aux revendications de quelques patriotes, le maltais est désormais à pied d'égalité avec l\u2019anglais dans les cours de justice, l'administration, etc.L'avion a enlevé à Malte sa réputation d\u2019invulnérabilité ; il n\u2019est plus question d'en faire une base navale ; n'empêche que sa valeur stratégique justifie les sommes énormes que la Grande-Bretagne engloutit pour la fortifier.LE QUARTIER AHUNTSIC Un nouvel hebdomadaire qui a son utilité et qui saura rendre de grands services au quartier Ahuntsic.M.Arthur Prévost, qui a remporté un véritable succès avec sa pièce Maldonne, vient de lancer un nouvel hebdomadaire dans l'intérêt de ses concitoyens du quartier Ahuntsic.La population du quartier Ahuntsic est en très grande majorité canadienne-française.Elle a des intérêts à sauvegarder et des droits à faire valoir ; l\u2019une des questions les plus importantes est celle du transport, par tramways ou autobus.Aussi, dès son premier numéro, Le Quartier Ahuntsic réclame-t-il le tramway à 5 cents ; il se propose de publier une série d'articles documentés sur le même sujet.La rédaction et l'administration du Quartier Ahuntsic sont à 11861, rue Pasteur.LE VRAI VISAGE D'HAITI Par M.Philippe Cantave.Première brochure de la série des Documents Haïtiens.Par de nombreuses conférences, M.Philippe Cantave a fait connaître son beau pays d'Haïti.C est pour continuer la portée de ses paroles qu'il vient de publier une élégante plaquette illustrée : Le vrai visage d'Haiti.En une trentaine de pages, il expose brièvement 1 histoire d Haïti, ses coutumes, son aspect moral et physique, ses activités intellectuelles, sociales et politiques.La plupart des photos ont été prises par le Fr.Marie-Victorin, au cours d une croisière sous les ciens, les Carthaginois, lesv;.auspices de Canada-Voyage, dont M:''Louis-Phi-Romains, les Arabes et*vffippe Langlois est le directeur, les Normands l\u2019ont occu- \" ?Le vrai visage d'Haïti, par M.Philippe Cantave.pee.En 1530, Charles V est en vente chez lediteur Gérard Maurice 840 la concéda a 1 Ordre des rue Charrier, Montréal.Le pavillon du Canada à l\u2019Exposition universelle de New-York.C\u2019est au printemps de 1939 que s'ouvrira cette exposition à laquelle participeront tous les grands pays du monde.Soixante-quinze pour cent des travaux sont terminés.T C'ETAIT UN PETIT.TOUT PETIT BATEAU.(chanson de Jean Lumière) Cette photo Times Wide World fut prise le matin du lancement du plus gros paquebot du monde, le Queen Elizabeth, dont le tonnage est de 85,000.Il l'emporte de quelques pieds de longueur sur le Normandie et sur le Queen Mary.Ces trois super-paquebots ont plus de mille pieds de longueur.Le Santa Maria de Christophe Colomb en avait 163.-V 3?*&&&£&*%?* \\(î\\- -neptxfc ' /A\t\tUlA /l .kl t\t\u201e \tI *\t*\u2022 ,\t'/ I\t.», «L.A .m-, .«J.1W15 -¦VT\t: Sf'-E;! .11\t \t\t *i .\t* ' '\t' .mf\t\t 26 novembre 1938 9 Dans le Mende Sportif UN CONSEIL AMICAL A LA DIRECTION DU CLUB DE BASEBALL SOREL Une nouvelle émanant de Sorel nous apprend que la direction des champions de la Ligue Provinciale de Baseball avait congédié, à la fin de la saison, sept de ses joueurs américains de la saison dernière.Ils ont été rayés des cadres de l'équipe pour insurbordination sur le losange et pour mauvaise conduite hors du terrain de jeu.Nous applaudissons des deux mains à cette heureuse décision.Que vont faire maintenant les directeurs du Sorel ?Il faut remplacer ces sept joueurs récalcitrants.Vont-ils engager sept autres joueurs américains ou canadiens-français ?Voilà, nous n'en savons rien actuellement.Cela nous paraît être une occasion de leur proposer quelque chose de très bien en même temps que de très pratique : un conseil amical.Depuis deux ans, les clubs de la Ligue Provinciale jouent devant de piètres assistances sur le magnifique terrain du Sorel.Les amateurs de baseball de Sorel n'encouragent pas leur équipe d As pour plusieurs raisons.Il ne nous appartient pas de les déceler toutes.Nous parlerons de lune d\u2019elles, cependant.Aucun joueur de baseball cana-dien-français ne fait partie des champions, depuis deux ans.C'est incompréhensible pour une ville sportive, entièrement composée de Canadiens-français.Même si cela écrase quelques orteils, nous continuerons à protester contre tout ce qui choque le bon sens.Si vous voulez, messieurs les directeurs du Sorel, que le public sorellois, que nous connaissons très sportif, assiste en grand nombre à vos joutes de baseball, si vous tenez à ne pas perdre $15,000 tous les ans, changez de tactique.Engagez cinq ou six excellents joueurs canadiens-français de Montréal, dont les qualités athlétiques ne sont pas à dédaigner.Vous n\u2019avez pas, espérons-le, oublié la victoire du club Opéra sur le vôtre, le 13 septembre dernier ?Et, nous vous 1 assurons, ces cinq ou six bons petits Canadiens ne passeront pas leur temps à comparaître devant les tribunaux pour mauvaise conduite.Peut-être l\u2019importance de cet enjeu appelle-t-elle un examen sérieux de la question ?Croyez-nous, M.Lucien Lachapelle, président du Sorel, suivez le conseil de quelqu\u2019un qui aime sincèrement le baseball et qui vous veut beaucoup de bien.UN PEU DE TOUT Tous les sportsmen devraient être au courant de ces quelques lois de la chasse : Il est strictement défendu de chasser le caribou pendant une période de 5 ans, excepté dans les comtés de Bonaventure et Gaspé, Nord et Sud.Dans ces deux comtés, la chasse au caribou est permise du 20 septembre au 20 novembre.Un seul caribou par chasseur et par saison.Défendu de chasser le castor jusqu au 31 décembre 1942.Défendu de tuer plus d\u2019un orignal et de deux chevreuils pendant la même saison.Défendu de tuer la femelle de l'orignal.Défendu de tuer les petits de l'orignal et du chevreuil.Défendu de faire la chasse à l\u2019orignal et au chevreuil à l\u2019aide de chiens, de lumières à projection, de collets, cordes ou trappes ou filets.Défendu de chasser ou tuer l'orignal ou le chevreuil dans les ravages d hiver ou en profitant de la croûte de la neige.Défendu de chasser le chevreuil et tout gibier migrateur, une heure avant le lever du soleil et une heure après son coucher.Du 1er septembre au 15 novembre il n\u2019est pas permis de tuer plus de 150 canards en une seule saison, plus de 50 outardes et oies en une saison, plus de 125 râles, 125 bécassines et 125 bécasses en une saison.Défendu de capturer la qrenouille du 1er septembre au 15 juillet.Détruire la qrenouille, c\u2019est commettre doublement une mauvaise action, puisque c\u2019est priver l\u2019agriculture d un de ses auxiliaires les plus humbles et très précieux.C\u2019est ordinairement à la tombée de la nuit que le timide animal quitte son abri pour aller a la recherche de sa nourriture, uniquement composée d insectes nuisibles .Plus de $14,000,000 sont dépenses, tous les ans, pour la chasse et la peche dans notre province.Si tous les athlètes de 18 à 21 ans, joueurs de hockey, de baseball, de rugby, boxeurs ou autres faisaient un tant soit peu de natation, ils auraient par Oscar Major un cœur plus solide, ils obtiendraient alors le contrôle de la respiration, ils comprendraient les bienfaits du relâchement souple des muscles.Ces qualités sont absolument nécessaires s'ils veulent devenir des vedettes dans leur sport favori.Voyons un autre bel exemple en faveur de la natation : Tous les ans, les administrateurs de la police de New-York font passer un examen aux candidats à la force constabulaire, pour s'assurer de leurs aptitudes physiques.Il y a 10 épreuves de force, de vitesse ,et d'agilité, avec un maximum de 10 points chacune.Au dernier examen, 5,000 concurrents se présentèrent au grand gymnase de la police newyorkaise.Sur ce nombre, trois candidats seu- Et \\ La célèbre aviatrice américaine, Mlle Jacqueline Cochran, détentrice de plusieurs records féminins de l\u2019aviation, félicite le Major ALEXANDER P.DE SEVERSKY, fabricant d\u2019aéroplanes, qui a volé de New-York à Los Angeles en 10 heures 3 minutes.L\u2019aviateur Seversky s\u2019entraine pour briser le record mondial d\u2019altitude.Il veut s'élever à 50,000 pieds.Il lui faudra donc une résistance physique peu courante.Les pilotes qui font des vols d'altitude ont d'abord des impressions de manque d'air, des palpitations, puis une sensation d'anneau enserrant le front, des nausées, parfois même des vomissements.La fatigue des muscles s'accentue, les mains et les pieds semblent chaussés de plomb.D'autres fois, les aviateurs sont subitement frappés d'une perte de connaissance sans aucun signe prémonitoire.Les principales causes de tous ces troubles sont le manque d'oxygène \u2014 ce serait l'asphyxie, s'il n'y avait pas de masque \u2014 et le froid.Seversky n'ignore pas ces risques.C'est pourquoi il entend se mettre en excellente condition physique, tout comme l'athlète, avant d'entreprendre son audacieuse envolée aux hautes altitudes.lement obtinrent le maximum, soit 100 points : un professeur de natation, un sauveteur professionnel ou un surveillant de bains et de plages, si vous voulez, et un excellent nageur.\u2022 Le crochet à la mâchoire est une invention de Mike Donavan.ancien champion du monde des poids moyens (il boxa pendant 37 ans) père d'Arthur Donavan, le meilleur arbitre de la boxe de nos jours.\u2022 Ces jours dernier, à Cologne, Allemagne, les boxeurs poids lourds, l'Allemand Hower et le Belge Verbeeren, pesant tous deux 210 livres, se rencontraient dans un combat de 10 rondes.Verbeeren encaissa, à la cinquième ronde, un direct à la mâchoire.Il s\u2019écroula sur le plancher de 1 arène.Une seconde ou deux plus tard, son adversaire Hower fut tout surpris de ne plus voir le vaincu sur 1 arène, mais dessous, le plancher s'étant effondré.Un cas semblable ne se rencontre pas fréquemment dans l'histoire de la boxe.Le record du monde du saut en hauteur, pour le sexe féminin, est détenu par la sportive allemande Dora Ratjen, de Brême.Elle réussit à faire un saut de 5 pieds 6 pouces, sans toucher à la barre horizontale.Cependant, la Fédération allemande a l\u2019intention d'annuler le record de la sportive israé-lite, qui ne serait pas du .sexe féminin.\u2022 A la fin du mois de novembre., le promoteur de boxe Jules Racicot présentera aux amateurs des poings gantés un match revanche entre Florian Le-brasseur et André Lenglet.Ces deux pugilistes poids lourds ont chacun une victoire à leur crédit.Après ce match, le géant boxeur français André Lenglet sera l\u2019adversaire de Bob Pastor et Bob Olin, à New-York.\u2022 UNE SUGGESTION Il est souvent difficile pour les spectateurs des séances de lutte, qui sont éloignés de l\u2019arène, de distinguer la position exacte des deux lutteurs entrelacés au tapis.Pourquoi ne fait-on pas porter aux deux athlètes des chaussures de couleur différente ?Nous adressons cette petite suggestion aux promoteurs de lutte du Forum et de nos stades locaux.A Monsieur H.Labrie, Montréal.Le mot amateur veut dire, par son étymologie, celui qui aime.Au point de vue sportif : celui qui ne tire aucun profit du sport.Donc, dès qu'un joueur de hockey touche un dollar pour ses services, il n'est plus amateur pur, puisqu\u2019un autre élément que 1 amour intervient.Son intérêt et son profit passent alors en premier lieu.Maintenant, le joueur qui n est pas amateur est professionnel.Celui qui reçoit pour jouer au hockey, $5, $10.$20 ou $30 par semaine est professionnel.Qu'il touche $500 ou $5,000 en une saison, c'est la même chose.Ce n'est pas, en effet, une affaire de quantité, c\u2019en est une qualité.C\u2019est pourquoi nous vous répondrons que tous les joueurs de hockey de la Ligue Senior du Québec, à l'exception de ceux du club McGill, qui sont des amateurs purs, et tous les équipiers de la Ligue Provinciale de Hockey sont des professionnels, n'en déplaise à qui que ce soit.\u2022 A un jeune lutteur de Québec Mais oui, la lutte développe les bras et surtout le dos, les reins et le cou.Si, à 17 ans, vous êtes déjà très solide et voulez vous étoffer, la pratique de la lutte, avec le minimum d\u2019efforts, sous l\u2019œil d'un bon instructeur, vous donnera d'excellents résultats.Complétez par un peu de course à pied et vous disposerez d\u2019une excellente méthode d'entraînement.Si, enfin, vos bras sont un peu faibles, pratiquez les poids et haltères sans excès et les exercices de culture physique.Vous acquerrez alors une très grande vigueur, surtout de la main.\u2022 UN ATHLETE PEUT-IL FUMER ?Il ne se passe pas de jour que nous ne rencontrions de jeunes athlètes, futurs champions, qui nous demandent si le tabac est proscrit d'un façon absolue de l\u2019entraînement.A ces jeunes sportsmen et sportifs, nous répondons qu\u2019il en est pour le tabac comme pour autre chose, c\u2019est-à-dire que l'abus serait nocif.Il est évident qu'un jeune homme faisant du sport uniquement pour sa santé, ne voulant pas faire profession de ses muscles, peut fumer d'une façon raisonnable s\u2019entend, mais à une condition expresse: après la cigarette, sans avaler de fumée si possible, il doit sucer un morceau de sucre ou un bonbon très sucré.Ce dernier vous fera saliver.Et cette salive sucrée que vous avalerez empêchera toute irritation à l\u2019estomac. 10 LE SAMEDI i Aimer c'est Scuffrii par f ly Hontclerc Dessin de F.BAZIN Les deux hommes s'arrêtèrent.La nuit était d'une délicieuse clarté.Sambleuse regarda Kess-ner et vit des larmes dans ses yeux.Cette réponse bien plus éloquente qu'une belle phrase alla au cœur du marquis, il serra chaleureusement les mains de son camarade.\u2014 Merci, merci, fit-il très ému.Alors tu es mon ami, mon ami comme auparavant ?\u2014 Si vous m'en jugez toujours digne, murmura humblement Kessner.__Ah Pierre, voici la première fois depuis bien des jours, que je respire librement.Nous allons être deux, deux pour me défendre, pour chercher ceux qui m ont fait tant de mal.____ Vous voulez vous venger, n est- ce pas ?interrompit l\u2019Alsacien.\u2014 Non, Pierre, le mal qu\u2019on m'a fait à moi, à moi seul, je pourrai le pardonner.Mais il y a ma femme et ma fille, injustement flétries par l\u2019op-probe qui pèse sur mon nom.Je veux trouver les vrais coupables et obtenir ma réhabilitation .c'est tout ce que je souhaite.\u2014 Vous soupçonnez quelqu un 7 \u2014 Ce Kessner d\u2019abord .Certainement il a trempé dans cette affaire, mais il n'est pas seul, j\u2019en réponds.On s'est servi de lui, il n a fait qu\u2019obéir.Les deux hommes arrivaient au campement.\u2014 Il est tard, ajouta le marquis, allons nous reposer.Pierre.Demain si tu veux, je te dirai qui je soupçonne encore, je te dirai des projets.Veux-tu ?\u2014 Oui, à demain .Il se glissèrent dans le baraquement et s'étendirent sur leur couchette en silence afin de ne pas réveiller leurs camarades endormis déjà.Le lendemain, au moment de se rendre à la besogne quotidienne, un officier commanda à Pierre de se rendre au fort avec une dizaine de ses camarades.NOTRE FEUILLETON \u2014Numéro 10 v / * l it '-2 ~ * > La jeune fille, attentive, émue, écoutait les explications de la religieuse.Il y avait un travail de remblayage à faire, qui ne serait achevé que tard dans la journée.Sambleuse ne faisait pas partie de cette équipe.Il serait donc séparé de son compagnon tout le jour.Cela arrivait quelquefois, mais peu souvent.\u2014 A ce soir, au même endroit qu\u2019hier n'est-ce pas ?demanda-t-il à Kessner au moment où celui-ci s\u2019éloignait.\u2014 C'est cela, à ce soir, répondit l'autre.Et il s\u2019éloigna la pioche sur l'épaule, le pas lourd, le dos voûté.Il tenait la tête obstinément baissée.Ses sourcils broussailleux se rejoignaient tant il avait le front plissé dans une tension d'esprit formidable.XXII l'heure de la soupe les hommes revinrent, sauf Kessner.Sambleuse s\u2019en étonnait déjà, lorsqu\u2019il vit venir à lui un camarade qui portait deux pioches au lieu d une, et tenait une lettre à la main.\u2014 Voilà, expliqua-t-il, Hamann est resté au fort.L\u2019officier, il paraît y a commandé quelque chose de supplémentaire à fricoter, alors il m a donné cette lettre pour vous, camarade.Il sera à six heures au rendez-vous, pas avant.Le marquis s'apprêtait à ouvrir la lettre grossièrement cachetée avec un tampon de mie de pain, mais l'homme l'arrêta en disant : -\u20141 Hamann m a bien recommandé de vous dire qu'il fallait pas lire ça avant de dîner; après, oui ! Sambleuse mit la lettre dans sa poche et voulut manger.Chose bizarre, il avait la gorge serrée, brûlante, les bouchées ne passaient pas, c\u2019était plus fort que lui.Non décidément, il ne dînerait pas ce soir.Grâce à 1 industrie de Kessner, il possédait un peu de vin passable.Il en prit un verre pour se réconforter, et en offrit quelques gouttes aux compagnons qui 1 acceptèrent, cela va san6 dire, avec joie.Puis, s enveloppant de sa capote, le marquis lentement se dirigea vers le fort.Il était en avance sur Pierre.Que ferait-il en attendant?Il irait en se promenant jusqu\u2019au rendez-vous, et lirait tout en marchant la fameuse lettre.Au fait, que pouvait-il donc avoir à lui écrire l\u2019ami Pierre?Ah ! mon Dieu; s\u2019il avait réfléchi, si maintenant il doutait?Oui, c était cela, et n'osant pas dire ouvertement sa façon de penser, il écrivait.Fébrilement, Sambleuse ouvrit la missive.Il y avait quatre pages, quatre pages d une écriture gauche et na've, que Sambleuse d'un coup __________\tJ 26 novembre 1938 11 d'oeil parcourut.Arrivé à la signature, il sursauta.Cette lettre était signée : P.Kess-ner.Le marquis passa la main sur ses yeux.\u2014 Voyons, se dit-il, j'ai eu un éblouissement, j'ai mal lu.Il regarda de nouveau.\u2014 Pierre Kessner ! lut-il encore.Cette fois l'émotion fut trop violente, Sambleuse chancela.\u2014 Mon Dieu ! mon Dieu ! balbutia-t-il est-ce que je deviens fou ?Une grosse pierre était là tout près par bonheur; il s'y laissa choir, et pendant quelques secondes demeura affalé, les bras ballants, le corps abandonné .Tout à coup il se redressa et respira fortement.C'était une confession en règle .Elle se terminait ainsi : « Je suis un pauvre homme bien malheureux .« Peut-être aurez-vous pour moi un peu de pitié .« Si vous me pardonnez .qu'est-ce que je peux bien vous promettre en dehors de ma vie et de mon dévouement ?« Mais si vous ne voulez pas comprendre et me trouver d'excuse \u2014 après tout, vous aurez raison \u2014 jamais vous ne me reverrez.Ça vous ferait trop souffrir de me voir en vie, et je me tuerai pour vous épargner la gêne d'avoir à me regarder.Vous qui êtes savant, réfléchissez, cherchez si je mérite le pardon ou s'il faut me repousser.Je ferai ce qui vous plaira.Ma lettre est bien longue et j'en aurais encore si long à dire.\t_ « Heureusement que j'ai eu l'idée d écrire le papier en question; dessus tout ce qu'il vous faut est marqué er s\u2019il faut que je meure, au moins vous pourrez quand même avoir votre réhabilitation.Maintenant, je finis, j'irai à six heures à l'endroit d hier au fort, j\u2019attendrai jusqu'à sept.Si à sept heures vous n\u2019êtes pas venu, c\u2019est que mon sort sera décidé.Alors, adieu, et pardon encore une fois .Pardon du fond du coeur de votre dévoué.Pierre Kessner « Une chose encore qu il faut que je vous dise : Cette petite Germaine qui vous a soigné, c\u2019est la fille de Marguerite, la vôtre.Moi je 1 ai laissée chez la mère Louison parce que ça me faisait mal de la voir.Ça me rappelait les choses .Comme c est drôle la vie.Aujourd\u2019hui je la regrette, je n'ai plus de haine et je l'aimerai de tout mon coeur.C'est une bonne enfant, elle le mérite bien.« Pierre Kessner » La lecture de cette lettre jeta une éblouissante clarté dans 1 âme du marquis de Sambleuse.Il savait à qui il devait ses malheurs ! Il pouvait obtenir justice.La vie de nouveau s'ouvrait pour lui, il reprenait sa place parmi les hommes, il pouvait relever le front, son front qui bientôt serait lavé de sa souillure injuste.Quel bonheur ! quelle ivresse ces pensées lui procuraient.Oui, mais Pierre Kessner qu'allait-il devenir, lui ?A cette question, Louis ne put pas immédiatement répondre.Il devait réfléchir, s'examiner, sonder son coeur.Cela dura longtemps.Assis sur la pierre, la tête enfoncée dans ses mains.Sambleuse repassait un à un dans son esprit les événements tragiques qui l'avaient conduit aux limites du désespoir et des bouffées de colère lui montaient au cerveau, de colère légitime contre les misérables à qui il devait tant de douleurs.Pardonnerait-il, resterait-il ininflexible ?Un peu après que la demie de six heures eut sonné, le mar- quis se leva.Quand il fut debout, il jeta un regard vers le campement, un autre vers le fort.C'est vers le fort que lentement il se dirigea.Arrivé au rendez-vous, d'abord il ne vit personne.L'ombre s'épaississait peu à peu, il distinguait à quelques pas seulement.Pendant qu'il cherchait ainsi des yeux autour de lui, le marquis sentit quelque chose s'appuyer sur ses pieds.Il se courba pour regarder, et vit Kessner, affalé sur le rebord du fossé, qui roulait sa tête dans la poussière de la route en sanglotant .\u2014 Mon Dieu ! balbutiait le malheureux d'une voix entrecoupée, il pouvait m'écraser de son talon, et je lui aurais dit : Merci.Il ne le fait pas, il est venu, il me pardonne.Oh ! qu\u2019est-ce que je pourrai donc faire pour lui montrer que je suis digne de sa pitié.Sambleuse se baissa, le bras tendu .Son visage, à ce moment, resplendit d\u2019une mansuétude divine.Aux derniers mots de Kessner, ses ressentiments venaient de s'éteindre, ses suprêmes rancunes étaient mortes.Il n\u2019y avait plus de place en lui que pour la bonté.\u2014 Relève-toi, Pierre dit-il, relève-toi, j\u2019ai tout oublié ! \u2014 Je ne sais quoi vous dire, murmura l'Alsacien, je ne sais pas de belles paroles, moi, et il m en faudrait tant pour expliquer ce que je pense ! A partir de cette heure, vous êtes le maître de Kessner, il n y a pas une minute de ma vie qui ne vous appartienne, pas une goutte de mon sang qui ne soit prête à couler pour vous !.Une fois ça donné, je vous redevrai encore.\u2014 Tu es mon ami et je suis le tien, Pierre, il n\u2019y a ici ni maître, ni serviteur.\u2014 Mais .\u2014 Je sais, plus rien, te dis-je, j ai tout oublié .Oh ! en ce qui le concerne seulement, reprit Sambleuse après un court silence; car 1 autre, mon neveu ce misérable voleur, cet assassin paiera, je t en réponds, sa dette.\u2014 Ah ! si je peux vous aider dans cette besogne, comptez sur moi, car vous avez un neveu qui est, soit dit sans offense, le plus lâche gredin que je connaisse ! \u2014 Il sera puni, va !.A présent nous sommes les plus forts; il se croit bien tranquille, il jouit de son triomphe .->atience ! notre tour viendra.\u2014 Oui, dit Kessner, mais en attendant, s'il fait des misères à madame la marquise et à la petite demoiselle ?Cré nom ! il en est bien capable ! \u2014 C'est vrai cela pourtant.\u2014 Et nous sommes là, nous, à ne pouvoir rien faire .Ah ! si on était libres ! \u2014 Ecoute, Pierre, interrompit le marquis, voici ce qu il faut faire : Travaillons, privons-nous de tout, enfin ramassons le plus d argent possible, aussi vite que nous pourrons.Puis, sans avoir l'air de rien, cherchons par quel moyens nous enfuir.Une fois notre plan bien arrêté et toutes nos dispositions prises, eh bien ! nous fuirons; mais je suppose que d\u2019ici peu nous serons reconduits à la frontière .Cela vaudrait mieux qu'une évasion.\u2014 Bon, mais si on nous gardait encore longtemps ?\u2014 Prenons une date en ce cas; convenons que si, dans six semaines, on n'a pas fixé notre retour en France, nous nous sauverons.\u2014 C'est ça .D'ailleurs, il faut bien ce temps pour tout préparer .Les six semaines passèrent et pas de rapatriement pour les prison- niers.La fuite fut donc décidée .Elle devait avoir lieu un soir après le couvre-feu.Leur léger ballot dans un petit sac, leur argent caché dans la ceinture de Kessner avec les précieux papiers, les deux hommes rampant le long des baraques, se dirigèrent vers l\u2019endroit du campement le plus mal gardé et qu\u2019ils avaient naturellement choisi comme porte de sortie.Les voilà dehors, la route à traverser; ils s enfoncent dans la nuit et ils sont libres .Mais une détonation retentit, une balle siffle dans l'air, et Kessner frappé à la jambe s\u2019affaisse en disant ; \u2014 Sauvez-vous, monsieur le marquis, sauvez-vous ! vous avez le temps tandis qu'on s'occupera de moi.\u2014 Es-tu fou ?Pierre, je reste avec toi.Kessner eut beau insister, Sambleuse demeura inflexible.Le débat fut court, d'ailleurs, car bientôt les fugi-siens.furent capturés.Résultat : condamnation pour tous deux à huit ans de forteresse.C'est-à-dire huit ans d'inaction, de silence forcé, huit ans pendant lesquels Beaupré-Larive triompherait, tandis que Jeanne et Suzette pleure- raient toutes leurs larmes ¦ Paf bonheur, le marquis avait Kessner, le fidèle Kessner.Ce fut lui qui, a son tour, ranima le courage et 1 espérance de Louis, près de s'éteindre a tor-ce de calamités, lui qui le bras tendu vers l'avenir disait : Espérez .Tout passe.Le temps, minute a minute, fait son oeuvre.Les huit années lentement s'écoulèrent, et un matin, libres enfin, libres !.les deux amis, lestés d'une petite fortune accumulée patiemment, grâce à leur solde de 25 centimes par jour et à leurs travaux, les deux amis quittaient la forteresse de Glogau en Silésie et reprenaient le chemin de la France.Sambleuse était fort inquiet au sujet de sa femme et de sa fille.Plusieurs fois, grâce à des compatriotes libérés avant eux et qui se chargeaient de la commission, il avait écrit à la marquise de Sambleuse.Mais toutes ses lettres étaient demeurées sans réponse, et pour cause, puisque la marquise n\u2019habitait plus Sambleuse et qu elle avait quitté son nom si lourd à porter pour prendre celui de Réville.Il s'agissait, après avoir vu Robert, pour Kessner, de se charger d'une nouvelle ambassade, plus délicate sinon plus difficile : Aller chez les dames de Sambleuse et leur apprendre avec tous les ménagements possibles l'heureuse nouvelle.Les émotions joyeuses, souvent causent un mal analogue à celui des émotions tristes.Après tant d'années, durant lesquelles les deux pauvres femmes avaient cru M.de Sambleuse mort, leur révéler brusquement la vérité serait leur porter un coup violent, lequel entraînerait peut-être, que le marquis tenait absolument, à éviter.Minutieusement, le soir du jour où Kessner avait obtenu de Beaupré-Larive l'adresse de sa femme et de sa fille, minutieusement et mot à mot, Sambleuse fit apprendre à 1 Alsacien les choses qu'il aurait à dire le lendemain.Ce fut d une voix un peu chevrotante que Kessner demanda à la concierge Mme Réville.Il se cognait à toutes les marches de l'escalier, et son coeur battait à grands coups sourds dans sa poitrine .Ah ! ça battait la chamade là-dedans .A la porte il s'arrêta un brin pour souffler .Enfin il se décida à tirer le cordon de la sonnette.\u2014 Qu'est-ce que vous voulez ?demanda la vieille domestique en entrebâillant la porte tout juste ce qu'il fallait.¦\u2014 Je voudrais .voir Mme Réville.\u2014 Madame ne reçoit pas .Mademoiselle est à la mort quasi .Sous le choc, l'Alsacien chancela.\u2014 Suzanne mourante ! Tonnerre.Il était temps ! pensa-t-il.\u2014 Cependant, expliqua-t-il à la bonne, je tiendrais beaucoup à être reçu par Madame .C\u2019est très important ce que j'ai à lui dire .Si vous lui faisiez passer un petit mot.J\u2019attendrais la réponse ! \u2014 Donnez alors.Kessner tendit à Marie une enveloppe fermée, et s'introduisit dans l\u2019anti-chambre tandis que la domestique entrait chez sa maîtresse .Mme Réville et Germaine s empressaient autour du lit de la malade.Le docteur venait de partir; la faiblesse augmentait de plus en plus, il désespérait vraiment .Suzanne se laissait mourir !.Mme Réville décacheta l'enveloppe et lut, très surprise, ces mots : « Pierre Hamann désirerait être reçu par Mme Réville.Il vient de « Sambleuse ».Ce fut d'abord une stupeur, puis brusquement elle se souvint.Paul Joyeuse .oui.qui était là-bas, c\u2019est RESUME DES CHAPITRES PRECEDENTS Kessner a des raisons personnelles de se venger du marquis de Sambleuse.Ce dernier, en effet, a aimé et trompé l'amie du premier.Les choses se sont passées autrement que ne pense Kessner.Marguerite et Sambleuse, il est vrai, se sont aimés.Si le marquis a paru manquer à l'honneur, s il n'est pas revenu selon sa promesse, seules des circonstances incontrôlables l'en ont empêché.Mais Kessner, aveuglé d\u2019amour, [ou de haine, refuse toute explication.II ne souhaite voir le marquis que mort.Un soir que Kessner pénètre dans le domaine du marquis de Sambleuse dans le but de tuer ce dernier, il [ait la connaissance de Robert Beaupré-Larive, une crapule adonnée au chantage, au vol, à l assassinat, bref à tous les crimes.Kessner et lui machinent ensemble en vue de perdre M.de Sambleuse.Le marquis est arrêté.On l'accuse de haute trahison.Il passe au conseil de guerre.Toutes les preuves étant contre lui, il est reconnu coupable et condamné à être fusillé.Mme de Sambleuse et sa fille n'apprennent la nouvelle que trop tard.Elles tentent l'impossible pour la revision du procès et la réhabilitation du marquis. 12 LE SAMEDI de sa part sans doute que venait cet homme .A cause du coffre, de Tarent .Ah ! qu'importait l'argent, uzanne allait mourir .D'un geste las elle tendit le papier à Germaine.\u2014 Tiens, ma fille, dit-elle.M.Joyeuse nous envoie un mandataire.Va voir ce qu\u2019il veut, moi, je n'ai pas la force de bouger d'ici.Germaine, sans répondre, ouvrit la porte du salon et la referma sur elle.Marie introduisit le visiteur.Il tenait son chapeau à la main et s'inclinait devant la jeune fille.\u2014 Madame !.murmura-t-il.\u2014 Mme Réville ne peut vous .Ah ! mon Dieu ! Et Germaine, avec un cri d\u2019épouvante, fit un pas en arrière.Elle venait de reconnaître Kessner, et Kess-ner également la reconnaissait.Il s\u2019avança doucement.\u2014 N\u2019aie pas peur, Germaine, voulut-il expliquer.Mais elle, d\u2019une voix sourde : \u2014 Ne m'approchez pas .Je sais tous vos crimes, allez !.Kessner comprit et des larmes lui vinrent aux yeux.C'était juste, après tout; on avait raison de le craindre, il avait été si méchant.L'expression de son visage fut alors si triste et si douce tout ensemble, que Germaine en fut touchée.Elle fit un pas en avant.\u2014 Voyons, père Kessner, fit-elle, dites-moi vite ce que vous voulez.Est-ce moi que vous venez chercher?\u2014 Mon enfant, je t\u2019en supplie, écoute-moi, ma tête se perd, et si tu ne m aides pas un peu jamais je ne pourrai arriver au bout de ma tâche.\u2014 Est-ce pour moi que vous venez?répéta Germaine.\u2014 Je me doutais un peu de ta présence ici, mais je n\u2019étais pas sûr .C'est Mme de .Sambleuse que je venais voir.\u2014 Pourquoi cela ?gronda Germaine redevenue farouche .Ne lui avez-vous pas fait assez de mal ?Suzanne est mourante.Kessner eut un geste accablé.\u2014 Mon Dieu ! cela aussi je le sais; la bonne me Ta dit tout à l'heure, mais c\u2019est justement pour ça qu il faut se hâter.\u2014 Se hâter ! de quoi faire ?\u2014 Ma petite Germaine, mon enfant laisse-moi te dire, et peut-être qu'après tu cesseras de m\u2019être hostile .Je ne suis plus le même homme qu\u2019autrefois, va .\u2014 Cela n\u2019empêche pas les choses d\u2019être irréparables, murmura sourdement Germaine.\u2014 Justement, reprit très vite TA1-sacien, voilà où tu te trompes .Tout est réparable, au contraire, et j apporte le bonheur dans cette maison.\u2014 Vous, s\u2019écria la jeune fille avec un instinctif mouvement de méfiance.Vous ?\u2014 Hélas ! mon enfant, prononça-t-il avec une réelle tristesse, tu doutes de moi .Tu as raison après tous.Je te jure que je suis sincère, que le Kessner d'autrefois a fait place à un brave et honnête garçon .Bien sûr ça ne s est pas fait comme ça tout seul, j'étais trop brute .il a fallu.\u2014 Un prodige, interrompit Germaine .Un miracle seul a pu vous changer ainsi que vous le dites, père Kessner.\u2014 Eh bien ! ma fille, le prodige s\u2019est accompli .Je te l\u2019ai bien dit, je suis transformé .Et celui qui a fait cela, celui a qui j'ai voué ma vie, et que j'aime, que je vénère par-dessus tout au monde, celui-là, c\u2019est l'homme que vous pleurez toutes depuis neuf ans .Germaine devint blanche comme une morte.\u2014 Mon père .souffla-t-elle, brisée par le saisissement, mon père !.Oh ! Seigneur puissant, il vivrait !.\u2014 Allons, Germaine, sois vaillante, ma fille .supporte courageusement la joie !.Oui.ton père est vivant; je peux l'appeler ainsi, n'est-ce pas?.Ta présence dans cette maison m\u2019indique comment les choses se sont passées .Ton père est vivant, Germaine, et je suis son ami .Son ami .tu entends ?C'est-à-dire qu\u2019il a oublié mes crimes, qu'il me les a par-donnés, et ce n'est pas de l'exagération, je t'assure, je l'aime autant aujourd'hui qu\u2019autrefois je l'ai détesté.\u2014 Est-ce possible !.Comment cela s est-il fait ?\u2014 Plus tard, plus tard, je te donnerai des détails.Sache seulement que nous avons ensemble été prisonniers en Poméramie, et que nous avons vécu côte à côte depuis neuf ans.Ensemble aussi nous avons été libérés, ensemble nous sommes revenus chercher madame la marquise.\u2014 Où est mon père ?.Où est-il?\u2014 Chut ! ma fille, ne crie pas si fort !.Ces dames pourraient t'en- tendre.et ça leur donnerait un coup, tu penses .moi qui étais venu pour les préparer doucement .Ecoute, sais-tu mon idée ?C\u2019est toi qui va les prévenir .Tu es femme, tu sauras leur tourner ça.\u2014 Oui, père Kessner, oui, tout ce que vous voudrez, faisait Germaine délirante, oui, bien sûr je saurai .Mais avant, je vous en conjure, dites-moi où est mon père, et quand je pourrai l\u2019embrasser .Kessner prit la main de la jeune fille et la conduisit près de la fenêtre.Là, il souleva le rideau de mousseline et, lui montrant en bas le fiacre aux stores baissés : \u2014 Il est là !.Es-tu contente ?Il m\u2019attend pour monter, et dans quelle impatience, tu t en doutes .Aussi dépêche-toi !.A ce moment, trouvant les minutes longues, sans doute .le marquis releva un peu le store, et collant son visage à la vitre, regarda la maison.Germaine le vit, elle jeta un cri de joie folle, et d'un élan, se précipita au cou de Kessner.\u2014 Ah ! père Kessner, c\u2019est vrai, c\u2019est lui, je l'ai reconnu .L\u2019Alsacien, le coeur gonflé, étreignit sur sa poitrine la fille de Marguerite.\u2014 Ma fille, puisque tu me crois, demanda-t-il la voix tremplante, veux-tu me pardonner ?\u2014 Taisez-vous ! interrompit la jeune fille en mettant sa petite main sur la bouche de TAlsacien.taisez-vous, père Kessner.et ne parlons plus de tout ça .Vous nous ramenez mon père; le reste est effacé .Je vous aime bien, allez ! \u2014 Merci, mon enfant, tes paroles me font du bien .non, tu ne peux pas comprendre .Pour 1 instant, va vite trouver madame la marquise, moi je descendrai faire prendre patience à monsieur le marquis.Dans combien de temps pourrons-nous remonter ?\u2014 Dix minutes .voyons .oui.cela me suffira.On ne meurt pas de joie .Quelques instants plus tard.Sambleuse et Kessner sonnaient de nouveau.La bonne, ahurie par toutes ces allées et venues, leur ouvrit la porte du salon sans rien dire.Au bruit, la marquise à qui Germaine parlait bas, agenouillée devant elle, se dressa toute pâle, les yeux illuminés par un bonheur sans nom.Sambleuse s'élança et, avec un long cri d'amour, l'enveloppa de ses bras.\u2014 Ma femme, ma chère femme, balbutia-t-il.Ils demeurèrent ainsi un long moment.Ils ne trouvaient pas de mots pour exprimer leur saisissement.Ils pleuraient, mais c\u2019étaient des larmes si douces qu'elles tombaient sans effort de leurs yeux .\u2014 Louis ., Louis .murmurait la marquise, la tête appuyée contre la poitrine de Sambleuse.\u2014 Jeanne .ma chérie .répétait le marquis éperdu.Dans un coin sombre du salon, debout contre la muraille, Pierre Kessner roulait nerveusement son chapeau entre ses doigts.Il mordait ses lèvres pour s'empêcher de crier et de pleurer.Une brûlure cuisante enflammait sa gorge.\u2014 Sacré nom ! sacré nom ! mâ-chonnait-il, est-ce bête de se chavirer comme ça !.Ah ! le pauvre homme ! Tout de même il a bien mérité ce moment-ci.Une petite main saisit timidement la main du marquis, une bouche s y posa et la couvrit de baisers.On entendit des soupirs étouffés, des sanglots.Etonné, Louis de Sambleuse écarta un peu Jeanne, et regarda .A ses pieds Germaine humblement couvrait de caresses la main du père adoré.\u2014 Eh bien ! Germaine ?fit la marquise avec une douce autorité, à quoi penses-tu, ma fille ?A genoux aux pieds de ton père, toi?Ta place est dans ses bras !.Elle releva la jeune fille et la jeta elle-même sur le coeur de M.de Sambleuse.La marquise regardait auteur d\u2019elle, paraissant chercher.Tout à coup elle aperçut Kessner, tachant de se dissimuler dans l'ombre, de se faire oublier.\u2014 Pierre Kessner ! appela-t-elle Il tressaillit, mais ne bougea pas.\u2014 Pierre Kessner ! répéta la marquise.Il avança d'un pas, il se soutenait à peine.Il baissait tant qu'il pouvait sa grosse tête embroussaillée.Il ne pouvait soutenir le regard clair de Mme Réville .une de ses victimes encore .se disait-il amèrement \u2014 Pierre, viens donc, fit doucement le marquis.N'aie pas peur, va; on t\u2019aimera ici comme je t\u2019aime moi-même.Bouleversé.Pierre s\u2019approcha encore; il tenait obstinément voûtées ses larges épaules.Non.jamais il n'oserait lever les yeux sur cette belle dame.\u2014 Donnez-moi la main, mon ami, dit Mme Réville, donnez-moi la main et soyez sans crainte .Allons ! Gauchement.TAlsacien mit sa grosse patte dans la main fine qu\u2019on lui tendait.\u2014 Madame .madame .bégayait-il, excusez-moi.pardonnez-moi .Monsieur le marquis vous dira .moi je ne sais rien expliquer., je suis une brute, vous savez .\u2014 Nous pourrons le savoir, en effet, car tu le répètes assez souvent, interrompit Sambleuse avec un bon sourire ! tu es un brave coeur aussi .Et Suzanne ?Comment la prévenir.la préparer ?La mission n était pas facile dans 1 état où se trouvait la jeune fille.Germaine néanmoins s en chargea tandis que Sambleuse et Kessner contaient à Mme Réville, impatiente de la connaître, l'histoire de leur captivité.Il avait été convenu que Germaine frapperait à la porte du salon quand on pourrait entrer .Justement la jeune fille était éveillée lorsque sa soeur entra.Elle jeta autour d elle un regard languissant, puis ses yeux se portèrent sur Germaine, et il lui échappa un geste d'étonnement.\u2014 Oh ! Germaine, comme tu as 1 air joyeuse, s\u2019écria-t-elle.Moi ?se récria la fille de Marguerite.Oui toi, tu rayonnes .Qu\u2019arrive-t-il ?Cependant, tout à l'heure, quand je me suis endormie, tu pleurais.Je ne pleurais pas., Si.j ai vu.Tu as beau te cacher.Je vois toujours quand tu pleures.\u2014 Eh bien ! maintenant, je ris.La jeune fille riait en effet, et son rire jeune, clair, frais, ce rire n\u2019étant pas coutumier la transfigurait positivement.Tu ris, reprit Suzanne, tu ris ! ~, coûte.petite soeur, interrompit amie de Jean Rémond, je vais te raconter une belle histoire.Il était une fois une belle princesse, belle Un Nouveau Feuilleton dans LE SAMEDI DE LA SEMAINE PROCHAINE (daté du S décembre) Ce passionnant feuilleton d'EMILE RICHEBOURG est intitulé : LA BELLE JEANNINE 26 novembre 1938 13 comme les amours, qui aimait le roi Charmant, et qui en était aimée ., .On allait les marier, mais une méchante fée Carabosse, jalouse de leur bonheur, les sépara.Alors la jeune princesse fut si désolée qu elle tomba malade et .\u2014 .mourut, poursuivit Suzanne avec mélancolie.Elle ne pouvait pas vivre loin de son ami .\t.\u2014 Et qui te parle de mourir, méchante ?Mon histoire, d'ailleurs, ne finit pas ainsi.La vilaine fée Carabosse a pitié des deux gentils amoureux, et elle les marie.Suzanne éperdue, se dressa sur son lit.\u2014 Germaine, j'ai peur de comprendre .Que dis-tu là ?Jean .\u2014 Et elle les marie, lépéta la jeune fille avec un angélique sourire.\u2014 Mais, pour cela, il faut.il faut.Ah ! tu ris encore .tu me dis oui de la tête .Est-ce que je devine, mon Dieu ! \u2014 Ma soeur, es-tu forte ?Peux-tu apprendre une heureuse, bien heureuse nouvelle ?\u2014 Je crois bien, je me sens revi-j|\tvre .Qu'est-ce que c'est, dis vite ! il\tMais où est maman ?\u2014 Au salon avec quelqu'un, quelqu'un qu elle aime bien .va, quelqu'un oui est revenu.il\t\u2014 Père !.père !.cria Su- t.\tzanne.Elle allait s'élancer hors du lit.,i.\tmais la porte s\u2019ouvrit.\u2014 Père !.père ! répéta Suzanne r:\ten tendant les bras.es ii i »¦ loi i- i « os i.li- ât ai! it il It iis K lî a «¦ t Si t »¦ '» g il t i (''e matin-là, le général Rémond se levait avec l\u2019idée bien arrêtée de quitter Paris sans retard, en emmenant son fils.A auoi.en effet, sa présence à Paris pouvait-elle être utile désormais ?Il y était venu pour empêcher le déshonneur d\u2019entrer dans sa famille, pour raisonner son pauvre enfant, pour dissuader le malheureux égaré par son amour de faire une irréparable folie.Sa mission était accomplie.Certes, Jean n\u2019était ni consolé, ni résigné; l\u2019incurable mélancolie, ! apa-thie physique absolue qui l'avaient envahi depuis la funeste découverte, persistaient, persisteraient, sans doute de longs mois encore.\u2014 Mais, se disait le vieux soldat plutôt optimiste quant aux choses du coeur il n'en faut pas trop demander à la fois.La première crise est aujourd'hui passée; je n'ai plus à craindre que mon fils, dans un moment de désespoir, se livre à quelque extrémité.C'est l'essentiel .Et il commença à se faire la barbe.Le général en était à la moitié de cette opération lorsqu'on frappa à sa porte.\u2014 Tiens ! fit-il.Jean serait-il déjà levé ?Puis, tout haut : \u2014 Entre, cria-t-il.\u2014 Pardon, mon général, dit le gamin, pardon de vous déranger .C est un monsieur qui vous demande.\u2014 Une visite maintenant ?.Il est à peine huit heures ! \u2014 J'ai bien répondu à ce monsieur qu'il était encore trop matin, mais il est très pressé de vous voir.\u2014 Comment s'appelle-t-il ?\u2014 Il ne veut pas dire son nom mais il prétend que vous le reconnaîtrez tout de suite .En deux temps et trois mouvements, le général Rémond eut expédié sa toilette .Il se dirigea vers l\u2019atelier de son fils, où Polyte, selon l\u2019habitude, avait introduit le visiteur.\u2014 Vous avez insisté pour me voir, monsieur, que désirez-vous ?interrogea le général en entrant dans la vaste pièce.D'UNE PIECE BIEN CHAUFFÉE À LA RUE GLACÉE i sniiuuz nm ¦ au i * \u2022 \u2014 - -\t_ gorge RHUME -gargarisez'vous à la Listerine L\u2019homme se leva du fauteuil où il s\u2019était assis et, sans mot dire, s'avança à la rencontre du vieux soldat.Pendant quelques secondes, ils restèrent face à face, immobiles, les yeux dans les yeux, le général un peu interloqué, l'autre parfaitement calme et assuré.\u2014 Pour la seconde fois, monsieur, que me voulez-vous ?répéta le vieux soldat.-\u2014 Ce que je veux, répondit l'homme, ou plutôt ce que je sollicite, monsieur, c'est que vous consentiez à faire dans votre mémoire un saut de quelques années en arrière .Regardez-moi bien, ma figure ne vous rappelle-t-elle rien du tout ?La lumière qui arrivait par la large baie vitrée de l'atelier frappait en plein sur le visage du nouveau venu, que le général considérait maintenant avec une vague inquiétude.\u2014 Un petit effort, général Rémond, insista le visiteur, et les circonstances qui nous ont mis en rapport jadis, reviendront certainement à votre pensée .Tenez, je vais vous aider un peu .C\u2019était aux derniers jours de janvier, l\u2019année terrible .Le général Rémond poussa un cri, fit un pas en arrière, et passant la main sur son front comme s'i* eût voulu rejeter bien loin l\u2019idée absurde qui lui était venue.\u2014 Janvier !.l'année terrible !.le Mans !.balbutia-t-il, oui.je me souviens d\u2019un homme qui vous ressemblait, en effet, un misérable .Mais il est mort.Donc .\u2014 Il n'est pas mort, général; je suis en chair et en os le marquis de Sam-bleuse, échappé par miracle à la mort et je réclame justice ! La patience n\u2019est pas, sauf de rares exceptions, la vertu dominante des vieux militaires.Serrant les poings, l'oeil enflammé de colère, le général s\u2019avança vers son interlocuteur.\u2014 Je n\u2019ai jamais aimé les mystificateurs, monsieur, gronda-t-il, et ce matin, en particulier, je ne suis pas le moins du monde d'humeur à batifoler.Faites-moi donc le plaisir de terminer cette plaisanterie immédiatement.Il faisait mine, en même temps, de pousser vers la porte le visiteur.Celui-ci étendit le bras, dans un geste de protestation.\u2014 Laissez-moi parler, dit-il.Après, si vous voulez, vous me repousserez .J'ai les preuves de mon identité, je vous les donnerai, général .Mais comme l\u2019histoire que j\u2019ai à vous conter sera longue, veuillez vous asseoir et me permettre d\u2019en faire autant.Cela avait été dit avec un tel air de douceur et en même temps de dignité et de conviction, que le vieux brave se sentit désarmé, presque conquis.\u2014 Je vous écoute, monsieur, fit-il.Et il s'assit, pensant : cet homme est évidemment un illuminé, mais, en tout cas, sa folie ne paraît pas bien dangereuse.Respectons-là .\u2014 Général Rémond, commença le marquis, je vous jure sur ce que j ai de plus sacré que tout à l'heure je vous ai dit la vérité.Je suis le marquis de Sambleuse, celui même qui a été exécuté après la condamnation prononcée par le conseil de guerre que vous présidez, à Chazelles.C\u2019est invraisemblable, je le sais bien, ce que je vous dis là, c\u2019est impossible, c\u2019est fou et pourtant c'est exact.Dans quelques minutes, j'en suis sûr, vous ne conserverez aucun doute sur ma véracité et si vous refusez de m'aider, je suis sûr que du moins vous me rendrez votre compassion et votre estime .Le marquis parla longtemps.Le général avait écouté ce récit patiemment d'abord, puis avec un intérêt qui était allé croissant jusqu'à se (Lire la suite page 15J TL suffit souvent de recourir à l\u2019Antisep-tique Listerine tout de suite après s\u2019être exposé à un brusque changement de température, à un courant d\u2019air, ou encore après s\u2019être mouillé les pieds pour empêcher un rhume ou un mal de gorge.Ce merveilleux antiseptique semble aider la nature à combattre les microbes.LA GUERRE AUX MICROBES L\u2019Antiseptique Listerine nettoie d\u2019abord la bouche à fond, puis pénètre dans la gorge où il détruit par millions les microbes du rhume et du mal de gorge .Ce sont ces microbes qui, au dire des médecins, précipitent la congestion et l\u2019inflammation.L\u2019expérience a démontré que le nombre des microbes avait diminué de 96.7% quinze minutes après le gargarisme à l\u2019Antiseptique Listerine.On a même noté des diminutions de microbes de 80%, une heure après le gargarisme.De tels résultats vous aident à comprendre pourquoi l\u2019Antiseptique Listerine réussit si bien à contrôler le rhume.LE CONTROLE DES RHUMES Après sept années d\u2019observations, poursuivies scientifiquement, on a constaté que ceux qui se gargarisaient régulièrement avec l\u2019Antiseptique Listerine avaient des rhumes moins fréquents et moins graves dont ils se débarrassaient plus vite.C\u2019est donc une excellente habitude à prendre que d'employer soir et matin l'Antiseptique Listerine.LAMBERTPHARMACALCO.(Canada) Ltd.LISTERINE f\tA L ANTISEPTIQUE SUR [LWERDÿ! FABRICATION CANADIENNE Programme radiophonique .le grand drame \" DRUMS \", mettant en vedette William FARNUM CALGARY\tCFCN\tmardi\t8-8.30\tP.M.\tOTTAWA EDMONTON\tCFRN\tmardi\t8-8.30\tP.M.\tSUDBURY LONDON\tCFPL\tdimanche\t1-1.30\tP.M.\tTORONTO MONTREAL\tCFCF\tdimanche\t6-6.30\tP.M.\tVANCOUVER CBO mercredi 7-7.30 P.M.CKSO mercredi 8.30-9 P.M.CFRB dimanche 6.30-7 P.M.CBR dimanche 4-4.30 P.M.WINNIPEG CKY vendredi 7-7.30 P.M.t .y-Q 7077 Simplicity HARMONIE DE/ EIGNE/ S ill y Simplicity 2912 Simplicity 2910 2913 \u2014 Jolie robe de jeune fille, gr.12 à 20.Pour un 14 : 5}/g v.de 39\" ou 3% v.de 54\".Ceinture de votre choix.Fermeture-éclair de 6\".\t20 cents.2912 \u2014 Robe élégante, gr.12 à 40.Pour un 12 : 3 v.de 39\" ou 2% v.de 54\".Pour le ceinturon : 1J/2 v de 39\".Fermeture- éclair de 25 cents.2910 \u2014 Robe pour dame ou jeune fille, gr.14 à 42.\u2014 Pour un 16 : 3J4 v.de 39\" ou 2Ys v.de 54\".J4 v.de taffetas de 39\" ou d\u2019organdi de 44\".Fermeture-éclair de 9\".\t20 cents.Simplicity 2928 2928 \u2014 Robe facile à tailler, pour fillette, gr.4 à 12.Pour un 6 : 2J4 v.de 35\", 2 v.de 39\" ou v.de 54\".\t15 cents.Simplicity 2909 2909 \u2014 Robe simple, gr.34 à 44.Pour un 38 : 3% v.de 39\" ou 2% v.de 54\".Ceinture de votre choix Fermeture-éclair de 9\"\t25 cents.ne pouvez trouver ces PATRONS SIMPLICITY chez le marchand de votre localité, commandez-les, avec le montant requis à l'adr.< Patrons du \"Samedi\", Dominion Patterns, Ltd., 489 College Street, Toronto, Ont.\teS5e sulvan e\u2018 mm 26 novembre 1938 15 (Suite de la page 13) transformer en une émotion véritable.Pourtant, il n\u2019était encore qu\u2019ébranlé, non persuadé .Il y a des gens si habiles à forger des histoires, et dans le cas présent, le vieux soldat saisissait bien l\u2019intérêt puissant que pouvaient avoir Mme Réville et Suzanne en suscitant un imposteur pour jouer le rôle du marquis persécuté.Bref, il conservait une certaine méfiance .Quand le narrateur eut terminé : .\u2014 Votre histoire est très émouvante, monsieur, dit le vieux soldat, et si vous pouvez me donner des preuves de son absolue sincérité, je serai tout prêt à vous proclamer la victime la plus à plaindre que l'on ait jamais vue, mais .\u2014 J\u2019avais prévu vos objections, général, interrompit M.le Sambleuse; c\u2019est pourquoi j'ai amené avec moi une personne qui affirmera mon témoignage et l\u2019éclairera si bien que tous vos doutes se trouveront dissipés.\u2014 Et cette personne ?interrogea M.Rémond.\u2014 C\u2019est un nommé Kessner.Il a servi de complice à mon neveu dans l\u2019accomplissement de son forfait, et il mettra sous vos yeux une preuve écrite .Kessner est à la porte .Voulez-vous me permettre d'aller le chercher ?Sur un geste d'acquiescement M.de Sambleuse sortit laissant le vieux soldat tout préoccupé.Un monde de réflexions assaillait son esprit.L\u2019innocence de Sambleuse reconnue, c'était la révélation d\u2019un abominabe déni de justice auquel lui, Rémond, avait prêté les mains, et à la pensée des tortures que ce malheureux avait dû endurer, le général se sentait frissonner des pieds à la tête.Mais Sambleuse innocent, c'était aussi la réhabilitation du nom que portait Suzanne, c'était Jean consolé et heureux, la reconciliation scellée par ces deux enfants entre la victime innocente et le bourreau inconscient.Oh ! comme il attendait avec impatience, le vieux général, la venue de 1 homme annoncé ! Kessner parut.Le général Rémond entendit pour la seconde fois le récit douloureux.Enfoui dans un grand fauteuil, il restait impassible, mais ce calme n était qu'apparent.Une pitié immense, profonde, 1 envahissait.Lorsque Kessner eut raconté la scène qui s était passée chez la mère Louison et au cours de laquelle la substitution de la lettre avait été opérée, M.Rémond était déjà fixé.Il y a certaines choses qu on ne saurait inventer .Puis 1 Alsacien entrait dans des détails d une précision telle, il parlait avec une franchise si parfaitement naturelle qu il n y avait plus à s\u2019y méprendre .\u2022 Cet homme était sincère absolument .Lorsque Kessner eut achevé, le marquis prit la parole.\u2014 Maintenant, monsieur, fit-il, je vous ai promis une preuve écrite, Kessner va vous la donner.\u2014 Oui, mon général, ajouta celui-ci en déboutonnant sa redingote, c est un papier contre lequel je n échangerais pas une fortune, car il me permettra, je l\u2019espère, de rendre à monsieur le marquis ce que j ai contribué, fou et misérable que j étais, à lui enlever .Ce disant, l'Alsacien avait ouvert un canif et commençait à découdre la doublure de son vêtement.\u2014 Je n'ai pas voulu m'exposer à perdre cette lettre, continua-t-il, et on m\u2019aurait arraché le dernier souffle, croyez-moi, avant de 1 avoir 1 .\u2022 De la fente qu\u2019il venait de pratiquer.Kessner tira, un papier jauni qu il remit au marquis, M.de Sambleuse, la lettre à la main, s avança vers le général.Les jeunes femmes du monde avivent leur teint avec le Cocktail Facial Woodbury C \u2018S .de la haute société de New York, qui se sert du Woodbury depuis des années.Robe de Nicole, Paris; coiffure des coiffeurs Michael.\u201cLes soirées du grand monde se terminent à des heures avancées.Ainsi en décident les jeunes filles car elles veulent arriver chez elles pour leur Cocktail Facial.Je m\u2019incline devant la sagesse féminine.Ce Cocktail Facial Woodbury est le favori des jeunes.\u201d (Signé) CHOLLY KNICKERBOCKER Célèbre chroniqueur mondain \u2014 Kessner, dit-il, vous a expliqué, comment il avait, dans un but de sauvegarde personnelle, soustrait ce document à la destruction.Quand mon misérable neveu, Robert de Beaupré-Larive, eut mis dans la poche de Germaine la lettre qui devait me faire condamner, il ordonna à Kessner de jeter celle-ci, la véritable, au foyer qui brûlait dans la chambre où ces deux criminels venaient de préparer ma perte.Pensant que ce papier pourrait lui servir un jour contre son complice, Kessner, au lieu de le jeter au feu, le conserva.Veuillez, Monsieur, vous qui avez jadis lu tout haut au conseil de guerre devant un public indigné la fausse lettre écrite sous mon nom pour proposer aux Prussiens une trahison, veuillez jeter aujourd'hui les yeux sur celle-ci.Vous verrez qu'elle ne contient rien d'inavouable.C\u2019est le cri de la détresse d\u2019un père, d\u2019un mari désespéré, parce qu'on lui a pris sa femme et sa fille : ce n'est pas autre chose .Le général restait muet, l\u2019oeil fixe, il semblait être loin, et pourtant toutes les paroles qu\u2019il entendait lui entraient sous le crâne comme autant de pointes rougies.Il se rappelait, il croyait et il souffrait .Machinalement, il prit la lettre que M.de Sambleuse lui tendait, mais ne bougea point encore.\u2014 Oui, insista le marquis, ceci a été écrit, je vous le jure, l'avant-veille de ma condamnation .Je sais bien que vous pourriez m\u2019objecter que je l'ai fabriqué depuis pour les besoins de ma cause.Alors il ne nous resterait plus qu\u2019une ressource : nous mettre tous en présence de mon neveu .Sans doute qu\u2019à ma vue, à la vue d'un homme qu'il croît mort depuis dix ans, il se troublera, avouera peut-être, vous convaincra au moins, par son attitude, de la vérité .de son crime abominable .de mon innocence, enfin !.Mais c\u2019en était trop.Le général se dressa en sursaut, et comme se réveillant d'un cauchemar.\u2014 C\u2019est inutile .inutile, pronon-ça-t-il, la gorge serrée, je ne veux pas lire ça .Et il repoussait la lettre.\u2014 Je vous crois !.je suis con-vainçu !.Oh ! pauvre homme !.Il ne put en dire davantage; les sanglots étouffèrent sa voix et il retomba la tête entre ses mains dans son fauteuil.A ce moment Jean Rémond entrait dans l\u2019atelier.De sa chambre contiguë, il avant perçu dans l\u2019atelier un murmure de voix, et étonné de la longueur de la conversation il venait, bien sûr que dans les affaires qui concernaient le général son interven-ton ne saurait être indiscrète, au contraire.En apercevant son père affaissé, sanglotant, et ses deux hommes qui s'empressaient autour de lui, il eut un premier mouvement de crainte.Toutefois l\u2019attitude des deux étrangers était empreinte de tant de sympathie et de respect qu\u2019il fut aussitôt rassuré.Il s\u2019avança vers le groupe.M.de Sambleuse leva les yeux sur lui.,\u2014\u2022 Monsieur Jean Rémond, sans doute ?interrogea le marquis.\u2014 Lui-même, monsieur, répondit le jeune homme.Sur un signe du marquis, Kessner se dirigea vers la porte.\u2014 Nous vous laissons avec votre père, monsieur, ajouta M.de Sambleuse .Il vous expliquera ce qui vient de se passer.Soyez sans crainte, ce n\u2019est rien que d\u2019heureux, j\u2019espère, pour lui, pour nous, et.pour vous-même, mon cher enfant.En même temps, le marquis prenait la main du jeune peintre et, la serrant avec effusion : Un traitement rafraîchissant au Savon Facial Woodbury rehausse merveilleusement la beauté.Le meilleur traitement pour la peau ?C\u2019est évidemment le Savon Facia' Woodbury ! Depuis des générations, les femmes de goût se servent de cette formule de beauté.Faites l'essai d\u2019un Cocktail Facial Woodbury ! Votre peau deviendra une véritable merveille \u2014 si propre, si fraîche, si charmante.Et n\u2019oubliez pas non plus le lavage au Woodbury chaque soir.C\u2019est le meilleur des toniques de la Beauté ! 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Puis d'adressant au général Rémond : \u2014 Je suis à votre disposition, général, et vous savez où me trouver, n'est-ce pas ?Chez elles, quand il vous plaira .Accompagné de Kessner, M.de Sambleuse sortit, laissant le jeune homme tout songeur.Quel est, se demandait le peintre, quel est ce bel homme à cheveux blancs qui fait pleurer mon père, ce vieux dur-à-cuire, et qui me prodigue à moi qui n'ai plus d\u2019espoir à concevoir sur terre, ces affectueuses paroles ?Comment, en effet, le pauvre garçon eut-il deviné qu\u2019il venait d avoir sous les yeux le père de Suzanne ?.Un instinct secret lui disait que les protestations d'amitié de cet homme étaient sincères.Il se sentait attiré par une véritable sympathie vers cet inconnu, au sourire si bienveillant, et dont \u2014 il en était sans savoir pourquoi persuadé -\u2014- 1 influence sur sa vie devait se manifester par d heureuses conséquences.Aussi, attendait-il avec impatience que son père lui expliquât ce qui venait de se passer .Le vieux soldat lui dit tout.Ce tout se résumait du reste à peu de choses puisque Jean connaissait par Germaine et Suzanne les détails du drame qui s\u2019était déroulé au château de Sambleuse et à Chazelles .On imagine beaucoup mieux qu on ne saurait la dépeindre la joie du jeune homme lorsque, en 1 attirant dans ses bras, son père lui cria : \u2014 Cet homme que tu as vu ici tout à l\u2019heure, cet homme qui est cause de mon émotion, c'est le marquis de Sambleuse que nous croyions mort, et qui avait échappé.Il m a donné de son identité des témoignages irrécusables.Quant à son innocence, elle éclate également à mes yeux, après ce qu\u2019il m\u2019a révélé.\u2014 Et alors .Suzanne ?\u2014 Suzanne .Suzanne .elle sera ta femme, si ce malheureux consent à te la donner .\u2014 En ce cas, courons, courons, mon père .la lui demander !.Il me la donnera, mon Dieu car il est bon, et tout à l'heure, il m\u2019a appelé son fils.Mais le général ne crut pas devoir céder pour le moment aux instances de l'amoureux .Après cette crise de sensibilité, il était redevenu tout à fait maître de lui-même.Le sort misérable du marquis, la brusque révélation des tortures qu'avaient endurées cet innocent, avaient bien pu lui arracher des larmes, mais aucun remords.I1 n'avait pas à baisser la tête .Compatir, oui.se repentir, non !.C\u2019est ce qu\u2019il exprima àson fils pour lui faire comprendre, qu\u2019une démarche trop hâtive serait hors de propos.\u2014 Je suis, il est vrai, un des juges, le plus qualifié même, qui ont frappé cet infortuné.Mais, je le répète aujourd\u2019hui comme je l\u2019ai répété toujours, nous n\u2019avons fait qu\u2019appliquer la loi en présence d\u2019un fait de toute évidence.Je regrette cette lamentable erreur, mais n'en suis pas responsable .Dans ces conditions, vois-tu, mon fils, il ne faut rien précipiter.J\u2019ai montré, tout à l\u2019heure, à M.de Sambleuse à quel point j étais touché .Je suis décidé à faire bien plus c'est-à-dire à prendre l\u2019initiative de faire reviser son procès et d\u2019obtenir la réhabilitation de l\u2019innocent, mais pour la demande dont il s\u2019agit nous attendrons qu\u2019il fasse une nouvelle démarche .Il la fera, sois tranquille, mon fils, ajouta le vieux soldat avec un sourire, en prenant les deux mains du jeune peintre, il la fera ! \u2014 Mais quand le verrons-nous ?\u2014 Bientôt, j\u2019en ai la conviction .Là encore, toutefois, il faut attendre.La journée ne se passera pas sans qu'il se manifeste du nouveau.Et tiens ! ma foi.écoute .Le diable m'emporte si cette sonne-rie-là .En effet, un coup de sonnette venait de retentir et l\u2019on entendait les pas du gamin qui se précipitait pour aller ouvrir la porte.Ce fut Germaine qui entra .La jeune fille était transfigurée Une joie immense, infinie, rayonnait sur son visage, si doux, si mélancolique.Germaine était chargée, en ce moment, par le marquis d\u2019une mission auprès du général.Dès qu'il aperçut son amie, Jean se jeta à sa rencontre et lui prit les deux mains.\u2014 Elle va mieux, beaucoup mieux, répondit à cette interrogation muette la douce enfant.Le général s'était levé également.\u2014 C'est de mademoiselle Suzanne que vous parlez, n\u2019est-ce pas, mon enfant ?.\u2014 Oui, monsieur, ma pauvre soeur est à présent hors de danger.La vue de son père a produit sur elle une réaction heureuse, a ravivé, pour dire comme le médecin tout à l'heure, la flamme prête à s\u2019étendre.La vue de son père et aussi l\u2019espoir que son retour lui apporte, ajouta Germaine avec son angélique sourire, en jetant un regard expressif au jeune peintre .Suffoqué par l'émotion, celui-ci s\u2019était laissé choir sur le divan.Germaine s'approcha du général.\u2014 Mon père, prononça-t-elle, désirerait vous voir le plus tôt possible, monsieur.Par crainte d\u2019être indiscret il s\u2019est retiré ce matin, un peu hâtivement, mais si vous avez quelque chose à lui dire .si, poursuivit-elle avec une nuance d\u2019amertume, vous croyez pouvoir rendre votre estime au condamné, le marquis de Sambleuse vous attendra toute la journée rue Brochant, No 4, chez Mme Réville, ou il habite désormais.\u2014 J\u2019irai, se contenta de répondre le vieux soldat .J\u2019irai .avec mon fils .Germaine porta la main à sa poitrine.Une fugitive expression de tristesse ternit son regard.Mas tout aussitôt, dominant son trouble : .\u2014 Merci, monsieur fit-elle, merci pour lui, pour elle et pour moi.Permettez-moi d\u2019aller sans retard porter à mon père votre réponse.Lentement elle se retourna du côté de la porte et jetant un long regard à son ami, elle disparut.Le sacrifice était consommé, définitivement cette fois.La légère défaillance que Germaine venait d'éprouver, suprême ré- volte de son amour, serait la dernière.Suzanne et Jean, l\u2019un par 1 autre, seraient heureux.Quant à Germaine, son coeur était mort .mort aux voluptés de ce monde.XXIV A/l .et Mme de Sambleuse s'apprê-* taient à sortir de table.Etendue entre eux deux, sur sa chaise longue, Suzanne, la tête perdue dans un fouillis de dentelles blanches, moins blanches que son visage, Suzanne achevait de grignoter un biscuit arrosé d'un verre de Bordeaux que Germaine, à genoux auprès d'elle, lui tendait .On sonna.La vieille bonne parut, un plateau à la main.\u2014 Ce sont deux messieurs qui demandent madame.\u2014 Faites voir.La marquise prit les deux cartes qui se trouvaient sur le plateau, y jeta les yeux, eut un long tressaillement et les passant à son mari : \u2014 Veux-tu répondre toi-même, dit-elle.-\u2014 Dites que nous y allons ! ordonna M.de Sambleuse en se levant de table.Le marquis et la marquise sortis, Suzanne s\u2019adressa à sa soeur : \u2014 Germaine, dit-elle, aie donc l'obligeance de me montrer ça.Elle désignait les deux cartes que M.de Sambleuse, exprès assurément, avait laissées sur la table.\u2014 Petite indiscrète, va ! repartit la jeune fille, je ne sais si je dois .Fébrilement, Suzanne s\u2019empara des carrés de bristol, lut, et, dans un cri de joie : \u2014 Ce sont eux ! .C\u2019est lui, Germaine !.c'est Jean et son père !.Aide-moi.je veux le voir.La pauvre enfant se souleva et fit mine de descendre de sa chaise longue, mais elle y retomba, épuisée par cet effort insignifiant.Germaine d'ailleurs s'était déjà précipitée pour la retenir.¦\u2014Tu es folle, vraiment, ma soeur chérie.Reste tranquille, je t\u2019en supplie, tu n'es pas encore assez forte pour te tenir debout.Ne crains rien, il ne partira pas sans que tu l'aies vu .Ce disant, câline, la fille de Marguerite s'agenouillait de nouveau auprès de sa soeur et lui passait tendrement son bras autour de la taille.Lorsque, à la suite de sa femme, le marquis était entré au salon, il avait trouvé, debout, le chapeau à la main, le père et le fils .En redingote haut fermée, la rosette de commandeur à la boutonnière, ganté de noir, très correct, très cérémonieux, le vieux général s\u2019inclina devant Mme de Sambleuse.\u2014 Madame la marquise, fit-il, croyez-moi le plus respectueux de vos serviteurs.Puis se tournant vers le marquis : .\u2014 Monsieur, ajouta-t-il avec un ton de suprême gravité, à tout autre qu\u2019à Le sedan de tourisme de luxe quatre-portes PLYMOUTH 1939.WjàHé vous je dirais, au début de cet entre-tien : « Pardonnez-moi.je vous ai rendu malheureux, je me repens ».Mais vous parler ainsi serait faire injure tout à la fois à votre caractère et au mien .Votre honneur de Français a été méconnu, mon honneur de soldat a été trompé .Tous deux restent intacts.C'est le front haut que je me présente à vous, c'est aussi avec un sentiment d\u2019estime profonde pour votre personne que je vous dis : « Marquis de Sambleuse, permettez au général Rémond de s\u2019employer à réparer loyalement le mal que vous a fait dans la loyauté de sa conscience le colonel Rémond.Le vieux soldat reviendra vous trouver alors, et si vous le jugez digne de votre amitié, il sera heureux de mettre sa main dans la vôtre.» Avec élan, le marquis s\u2019approcha de M.Rémond, et : -\u2014 Tout de suite, tout de suite, mon cher général ! s'écria-t-il en lui serrant la main avec force.Dans mes plus cruels moments de désespoir, je ne vous ai jamais personnellement accusé .Cependant la marquise avait avancé des sièges aux deux visiteurs, et avec cette aisance que conservent les vraies grandes dames, même au milieu des situations les plus tendues, elle les pria d\u2019y prendre place.Le général et son fils obéirent.\u2014 Madame la marquise, monsieur, ajouta le général, vous êtes bien tels que je l'avais pensé .Après ce que je connaissais de vous, j'étais tellement persuadé de la noblesse de vos sentiments que je n\u2019ai pas hésité à me faire accompagner de mon fils.Car, je dois vous le dire, ma visite a un double but.Je vous ai occupé de moi jusqu'ici.C\u2019est de mon fils, de mon cher Jean, qu\u2019il va s'agir, maintenant.-\u2014 Parlez, parlez, monsieur, dit la marquise en jetant à la dérobée sur le jeune homme un regard plein de promesses.\u2014 Nous vous écoutons, opina M.de Sambleuse, et tenez pour certain, général, que votre fils possède ici les sympathies de tous.\u2014 Eh bien ! alors, reprit le vieux soldat avec un sourire bonhomme, puisque nous savons mutuellement qui nous sommes et ce que nous voulons, je n'irai pas par quatre chemins.Mon fils Jean aime votre fille Suzanne qui elle-même, à ce que j\u2019ai ouï dire, ae le voit pas d\u2019un oeil indifférent.Voulez-vous que nous nous mettions d'accord pour marier ces deux enfants ?\u2014 Général, répondit le marquis, j a vu tout à l\u2019heure votre fils pour la première fois et cependant je n'hésite pas à vous répondre : J'accepte, en ce qui me concerne, et de tout coeur, votre proposition, car depuis les quelques heures que j\u2019ai eu le bonheur de retrouver ma petite famille, je suis édifié sur son compte .Il est impossible qu un jeune homme dont on dit tant de bien ne le mérite pas un peu.N\u2019est-ce pas vrai, mon amie ?.Pour toutes réponse, la marquise, dont le visage était baigné de larmes d attendrissement, alla vers le jeune homme et, le prenant par la main : \u2014- Venez, mon gendre demander à ma hile son assentiment.^ entraîna le jeune peintre, tout pâle d'émoi vers la salle à manger, tandis que son mari continuait avec le général Rémond la conversa-ton commencée.~ ï a* bien réfléchi depuis ce matin à votre cas, disait le vieux brave.1 est nécessaire, vous le pensez comme moi, qu\u2019un grand acte public rende aujourd hui l'honneur à votre nom, et vienne affirmer en même temps votre existence, car les pièces de votre procès, constatant votre condamnation et même votre exécution, vous ont rayé du nombre des vivants.Seul un procès en réhabilitation peut nous amener à ce résultat.Nous le ferons, et j'y perdrai la vie, ou il aboutira ! \u2014 Merci ! interrompit Sambleuse avec émotion.\u2014 Malheureusement, poursuivit le vieux militaire, on se heurte en pareil cas, vous le savez peut-être, à des difficultés presque insurmontables quand on ne peut pas produire, non seulement par des témoins, mais par des pièces indiscutables, des preuves capables de faire tomber la dernière objection.Ces preuves vous ne les avez pas.\u2014 Cependant, objecta le marquis, Kessner, ma lettre, ma présence, votre affirmation .\u2014 Oui, oui, tout cela est bel et bon, mais ce ne sont que des preuves morales peu suffisantes et, à mon idée, nous ne devons pas nous exposer à un échec.N\u2019est-ce pas votre avis ?\u2014 Alors, mon cher marquis, suivez-moi par la pensée devant le tribunal jugeant sur les pièces authentiques qui vous ont condamné .devant un tribunal dont le premier devoir est de faire abstraction de toute sentimentalité .Qu'y a-t-il de changé depuis le jour de votre condamnation ?Rien! Les aveux de ce Kessner ?On peut les croire achetés par vous et si l'on met en doute leur sincérité il ne reste plus que la fameuse lettre que vous avez écrite et que Kessner a conservée par miracle.On peut objecter qu\u2019elle a été écrite depuis pour les besoins de la cause.\u2014 Alors vous croyez qu\u2019il n\u2019y a rien à faire ?murmura le marquis.\u2022\u2014 Je ne dis pas cela, s'écria le général .et j\u2019espère bien obtenir ce qu\u2019il nous faut.\u2014 Quoi donc ?\u2014 Les aveux de celui qui a dressé le piège infernal dans lequel vous êtes tombé.\u2014 Mon neveu.Beaupré-Larive !.mais il refusera de parler, il niera et, là encore, absence de preuves.\u2014 Qui sait ?insista le général.,\u2014 Que voulez-vous dire ?\u2014 Je crois que votre neveu poursuivait un but.Il voulait sans doute s'emparer de votre fortune .\u2014 Peut-être, mais en tous cas il n'a pu réussir car, en prévision des événements, j'avais converti tous mes biens en titre de rente sur la Banque d\u2019Angleterre, titre inscrit au nom de ma femme.\u2014 Et ce titre ?\u2014 Je l\u2019ai enfermé avec quelques centaines de mille francs et les bijoux de la marquise dans les caves du château et si bien caché que personne, pas même mon neveu, n a pu mettre la main dessus.\u2014 En êtes-vous bien sûr.\u2014 Dame ! \u2014 Vous n\u2019aviez contresigné par écrit nulle part ce secret ?\u2014 Si dans mon testament, que j\u2019avais l\u2019intention, le jour même où ma femme et ma fille ont disparu, d aller remettre à Me Longuet, mon notaire.\u2014 Et ce testament ne serait-il pas tombé entre les mains de votre neveu?\u2014 Je ne le pense pas, car il était enfermé dans un tiroir dont je portais sur moi les clefs et aura disparu dans l'incendie de mon château.\u2014 Si cela était ainsi on doit en fouillant les ruines retrouver le coffre.\u2014 C'est ma conviction.\u2014 Eh bien ! détrompez-vous ?,\u2014 Je dis que tout ce que contenait le coffret a disparu.\u2014 Grand Dieu !.Est-ce possible ?\u2014 C\u2019est malheureusement vrai.Tout à l'heure, après votre visite chez mon fils, un jeune sculpteur, nommé Joyeuse arrivait chez Jean.Vous devez le connaître ?\u2014 Non, avoua le marquis.\u2022\u2014 Cependant, Mme de Sambleuse vous en a sans doute parlé, car c'est sur les instances de Germaine et muni d\u2019une lettre de la marquise pour Me Longuet qu\u2019il est parti il a quelques jours pour faire des récherches, dans les ruines du château .Mais n\u2019en savez-vous rien ?\u2014 Non affirma le marquis.M.Joyeuse, reprit le général, aidé de nombreux ouvriers, a remué de fond en comble tous les sous-sols du château de Sambleuse.Il a retrouvé le coffre, ouvert, mais complètement vide.Le marquis resta un instant atterré.Impossible de mettre en doute ce que venait de lui affirmer son interlocuteur.Le coffre était vide ! Ce coffre qui contenait toute sa fortune !.Bientôt toutefois il releva la tête.\u2014 C'est un grand malheur, dit-il, non point un malheur irréparable car plaie d'argent n'est pas mortelle.D\u2019ailleurs, il se peut, continua le marquis après un moment de silence, il se peut que le titre n\u2019ait pas été détruit et qu\u2019on le retrouve, si on trouve le voleur .Au fait, M.Joyeuse n'a-t-il relevé aucun indice qui puisse aider à le découvrir ?.\u2014 Voilà où je voulais vous amener, marquis, prononça le général .D\u2019indice, non, Joyeuse n\u2019en a pas relevé, mais quant au voleur, vous n'aurez pas, je pense, besoin de grands efforts d'imagination pour le désigner à peu près infailliblement.\u2014 Vous voulez parler encore de Robert ?\u2014 Parbleu !.et de qui serait-ce donc ?\u2014\u2022 Vous avez raison, général, mais le gueux, alors, a certainement pris ses précautions.\u2014 Je le pense comme vous et c'est pourquoi il faut nous efforcer d'obtenir par surprise ses aveux sur ce point, avec quelques détails sur la manière dont il a opéré et sur l'endroit où il a caché sa proie.Quand nous aurons cela, nous le tiendrons.Une bonne petite perquisition et tout sera dit; car il ne pourra matériellement pas expliquer comment il possède les objets détournés dans les ruines, et sa culpabilité en ressortira suffisamment.\u2014 Croyez-vous, général ?\u2014 Sincèrement, oui.Si vous venez dire à des juges : « Ce n\u2019est pas moi qui ai commis le crime, c\u2019est mon neveu, et il l'a commis dans tel but, pour en retirer tel avantage; j'apporte un commencement de preuves ! » on vous croira.Vous deviendrez alors un accusateur sérieux et non pas un homme qui pour se disculper vient en charger un autre .c'est votre neveu qui deviendra l'accusé.Votre rôle sera terminé .Celui des juges commencera et ils ne pourront pas s\u2019y soustraire.Dès lors une nouvelle affaire commence.Kessner, vous, moi, d\u2019autres encore sont appelés comme témoins.Il est prouvé que Robert de Beaupré-Larive a volé, que pour avoir la possibilité de voler il a dû commettre précédemment un autre cirme, précisément celui dont on vous accuse.Il est déclaré coupable, vous ne pouvez l\u2019être .Tirez la conclusion vous-même ! \u2014 La conclusion, n'est-ce pas, général, c\u2019est que mon innocence est proclamée par ce fait même, et que mon procès en réhabilitation n\u2019est plus qu\u2019une formalité.\u2014 Tout à fait cela, marquis .Approuvez-vous mon projet ?2 MOYENS d'enrayer les malaises causés par le Pénètrent dan l'organisme par l'estomac et les intestins POUR SOULAGER LA DOULEUR L'Aspirine produit rapidement ces 2 résultats ! SOULAGENT L'IRRITATION ET LES DOULEURS DE LA GORGE WS&&J M.Les comprimés d\u2019Aspirine soulagent les malaises causés par le rhume et le mal de gorge qui l\u2019accompagne avec une stupéfiante rapidité.et cette médication est simple et sans danger.Vous n\u2019avez qu\u2019à broyer et faire dissoudre 2 comprimés d\u2019Aspirine dans le tiers d\u2019un verre d\u2019eau.Puis, gargarisez-vous 2 fois avec cette solution, la tête bien rejetée en arrière.Ce gargarisme médicamenteux agit presque à l\u2019instar d\u2019un anesthésique local sur la muqueuse irritée et douloureuse de la gorge.La douleur est bientôt calmée et l\u2019irritation soulagée.Et \u2014 cette façon d\u2019employer l\u2019Aspirine s'appuie sur des données médicales.Au lieu d\u2019un médicament dont vous ne connaissez ni la formule ni l\u2019origine, vous vous servez d\u2019un remède connu de tous les médecins du monde et utilisé tous les jours par des millions de familles.Ayez recours à cette méthode pour calmer la douleur du mal de gorge qui accompagne un rhume.Nous croyons que votre médecin est de notre avis et vous constaterez que cette méthode est vraiment remarquable.L\u2019Aspirine, oui ne coûte que quelques sous, est moins chère que les gargarismes coûteux et les médicaments énergiques.\u2022 Les comprimés d\u2019Aspirine sont préparés au Canada.Le mot \"Aspirin\u201d \u2019 est la marque déposée de la Cie Bayer, de Windsor, Ontario.Exigez, en forme de croix sur chaque comprimé, les lettres du nom \u201cBayer\u201d.POURQUOI L'ASPIRINE AGIT-ELLE SI VITE?Jetez un comprimé d\u2019Aspirlne dans un verre d\u2019eau.Il se désagrégera avant d en toucher le fond.Cette rapide désagrégation permet aux comprimés d\u2019Aspirine de commencer d avoir raison du mal de tête et de douleurs analogues quelques minutes après leur Ingestion.Fabrication canadienne EXIGEZ LA MARQUE \u201cASPIRIN \u201d! 18 LE SAMEDI Cuik&aufvuA COMME CHEZ NOUS Le Sirop BEEHIVE est ideal pour sucrer vos céréales parce qu\u2019il est s?, plus facile Q a digérer.SIROP l 01 Bit 0 ESSAYEZ-LE DEMAIN CATELLI 17\t.m FEVES LARD imm JOUEZ LA GUITARE HAWAÏENNE apprenez a jouer la guitare hawaïenne, par correspondance.Cours complet, Méthode facile, Examens, diplôme, etc.Superbe guitare hawaïenne fournie GRATIS avec la première leçon.Termes de paiements faciles.Des milliers de jeunes gens et jeunes filles, diplômés recommandent notre cours.Informez-vous.Ecrivez AUJOURD\u2019HUI pour plus de détails.LE CONSERVATOIRE DE MUSIQUE HAWAÏENNE 251 S.ST JOSEPH, QUEBEC P.Q.GAGNEZ DE L\u2019ARGENT DANS VOt SOIREES SIROP MATHIEU1 RHUMES BRONCHITES, .LA GRIPPE.CASSE LA TOUX \u2014 Certes, oui ! \u2014 Alors il ne nous reste qu'à discuter sur les moyens de le mettre à exécution .Ce sera dur, je le connais, car votre neveu m\u2019a l'air d'un coquin qui se laisse difficilement prendre sans vers.\u2014 Oui .heureusement que Kess-ner est là pour nous aider.Kessner aujourd'hui dévoué comme un caniche.Kessner qui connaît pour la plus grande partie les secrets de son ancien complice .Et tenez, général, si vous pensez comme l'Ecriture, qu'il y a plus de place au ciel pour un pécheur qui se convertit que pour cent justes qui persévèrent, laissez-moi faire venir ici cet homme .Il a cruellement, je vous assure, expié sa faute par le repentir.Depuis neuf ans il ne m'a guère quitté et je peux compter sur lui en toute assurance.Voulez-vous que je l\u2019appelle ?M.Rémond fit un geste d\u2019acquiescement.\u2014> Marie, demanda le marquis, M.Pierre Hamann est-il là ?\u2014 Oui, monsieur, depuis plus d'une heure il attend pour vous parler.\u2014 Bon, veuillez l'introduire ici.Quelques secondes après Kessner entrait .Il vint s'arrêter respectueusement au milieu du salon.\u2014 Assieds-toi, ami, fit le marquis.Kessner hésitait.\u2014 Assieds-toi donc, répéta Sam-bleuse .Et avec un redoublement de bienveillance il ajouta : « Le général connaît à présent ton coeur aussi bien que moi-même.Il sait qu\u2019à Paris comme à Stettin, comme ailleurs, toujours et partout je te considérai comme le meilleur et le plus dévoué.de mes ami.» Kessner ne se fit pas prier davantage et prit une chaise.On lui expliqua qu'il s'agissait de compromettre Beau-pré-Larive, d\u2019obtenir de lui par une adroite surprise et devant des témoins cachés, des paroles qui le livreraient pieds et poings liés, sans qu\u2019il pût se douter de rien, au châtiment qu'il méritait .L\u2019Alsacien se prêta naturellement avec joie à tout ce qu\u2019on voulut .XXIV f\" E matin-là \u2014 c\u2019était trois jours ^ après les scènes qui précèdent \u2014 Beaupré-Larive trouva dans son courrier une lettre ainsi conçue : « Monsieur Robert, « J'ai vu les dames de S .Je leur ai remis « l'objet ».Mais c\u2019est pas de ça que je veux vous parler aujourd\u2019hui.J'ai compté sur vous, monsieur Robert, pour m'aider à quitter ce sacré pays où je n'ai rien de bon à faire, surtout si je continue à vous fréquenter.Vous voyez que je parle franchement, monsieur Robert.J'ai peur de la prison, voyez-vous ! « Croyez-moi, un jour ou l\u2019autre on est puni quand on fait mal.Je veux partir pour l'Amérique.J\u2019ai un métier, je suis fort encore; je travaillerai assez pour vivre partout.Mas il faut pour ça un peu d'argent et je ne crois pas que vous me ie refuserez.Cinq mille francs me suffiront.Don-nez-moi cinq mille francs et vous n\u2019entendrez plus, fou d'honnête homme, parler de moi.J'habite à l'hôtel du Luxembourg, rue de Metz, une rue qui longe la gare de l'Est.« C\u2019est là que je vous attendrai après-demain entre dix et onze heures du matin.Vous demanderez, naturellement, Pierre Hamann.J'aurais bien été chez vous, mais j\u2019ai peur que vous réussissiez encore à m'entortiller.Et puis il y a une autre chose que je vais vous dire et qui peut être va vous étonner, mais tant pis ! Vous vous rappelez .là-bas dans la cabane de la mère L .lorsque vous m'avez dit de brûler la lettre écrite par M.de S .après que vous avez remplacé cette lettre par une autre ?Eh bien ! je ne l'ai pas brûlée, je l'ai conservée, je l'ai cousue dans la doublure de mon vêtement et depuis elle ne m'a pas quittée.J'avais idée qu'elle pourrait me servir un jour, et ma foi, j\u2019avais raison, puisqu'aujour-d'hui elle va me rapporter sûrement les cinq mille francs qu\u2019il me faut.« En effet, suivez bien mon avis, monsieur Robert; si vous ne me donnez pas après demain l\u2019argent, j irai porter le papier à Mme de S .qui, je le pense, me donnera bien cette somme pour posséder un pareil souvenir.Ce sera tant pis pour vous peut-être, vous l\u2019aurez voulu; ce que je veux, moi, voyez-vous, monsieur Robert, c\u2019est me tirer des pieds le plus tôt possible.Je suis, monsieur Robert, votre serviteur respectueux.« Pierre Kessner ».« P.-S.\u2014 La chambre que j\u2019occupe à l'hôtel du Luxembourg est dans une encoignure; la chambre voisine est vide, je viens de la retenir.Par conséquent, en prenant un peu de précautions, personne ne pourra nous surprendre.» On imagine la colère de Beaupré-Larive en prenant connaissance de cette épitre.Au fur et à mesure qu'il avançait dans sa lecture, il blêmissait de rage.\u2014 Le coquin ! le misérable ! le sacripant ! gronda-t-il quand il fut arrivé au bout.Ah ! bien, il ne manquait plus que cette complication .Cinq mille francs ! Ce ne serait rien encore de lui donner cinq mille francs si j\u2019étais sûr, après d'en être débarrassé .Mais qui me le prouve ?Il me rendra la lettre !.L\u2019hypocrite .il l'avait conservée ! Autre complication ! Enfin il me la rendra, mettons!.Et puis ?.Et puis si là-bas, en Amérique, il a besoin d\u2019argent de nouveau, il m\u2019écrira en me menaçant encore de quelque nouvelle tuile .Ah !! mais non, monsieur Kessner en voilà assez !.Vous commencez par lasser ma patience ! J'irai.oui, à l'hôtel du Luxembourg .dans la petite chambre isolée, où personne, comme vous dites, ne viendra nous déranger !.Et nous causerons, vous verrez, monsieur le drôle !.Beaupré-Larive venait de prendre une résolution .A l'heure où Robert ruminait ainsi sa colère, en costume du matin, dans l\u2019élégant petit salon de sa demeure, Kessner, de son côté, se préparait à recevoir convenablement son ancien complice.Enfin ! il allait donc le tenir, cet auteur de tous ses maux ! La lettre écrite par lui pour attirer Beaupré-Larive dans le guet-apens avait été rédigée en commun par le général, M.de Sam-bleuse, Jean de Kessner lui-même.On en avait savamment combiné tous les termes de façon que le misérable ne se doutât de rien et fut conduit comme par la main dans le piège tendu.Pour sa part, Kessner, qui connaissait mieux que les autres Beaupré-Larive sous son aspect véritable, l'ayant pratiqué davantage, Kessner ne doutait pas du succès .Pauvre Kessner !.Bref, ce matin Kessner, sorti de très bonne heure, selon son habitude, rentrait à l\u2019hôtel du Luxembourg quasi joyeux.Il a son papier maintenant, se disait-il, il l\u2019a lu .et, le diable m\u2019emporte, il doit furieusement enrager.Tant mieux ! tant mieux ! ajoutait-il en se frottant les mains .Plus il enragera, plus il viendra sûrement.L\u2019Alsacien monologuait ainsi sur le trottoir de la rue de Metz, tout en marchant, lorsqu'il s'aperçut qu'il était arrivé devant sa demeure.Il passa le seuil de l'hôtel, en hâte, expédia son déjeuner et aussitôt levé de table, vint frapper à la porte du bureau, porte vitrée, derrière laquelle Mme Bachelier, patronne de l\u2019hôtel du Luxembourg, surveillait les allées et venues de ses voyageurs.\u2014 Madame ! fit Kessner en ouvrant la porte, j'aurais un instant d'entretien à vous demander.\u2014 Entrez, entrez, monsieur Hamann, répondit gracieusement la patronne.Je suis toute à votre service.dans la mesure des choses permises, s\u2019entend, ajouta en baissant les yeux pudiquement la vieille dame.\u2014 Madame Bachelier, commença l'Alsacien, je demeure au second étage, au numéro 27 .Quel est, je vous prie, le numéro de la chambre située au troisième, immédiatement au-dessus de la mienne ?\u2014 Le 43, répondit-elle.\u2014 Ce 43 est-il occupé ?.Mme Bachelier consulta son livre.\u2014 Il est occupé, monsieur Hamann.\u2014 Pouvez-vous, madame, donner au voyageur qui y habite un autre appartement ?\u2014 Dame ! ce n'est pas les chambres qui manquent, mais il faudrait qu\u2019il consentit au déplacement.\u2014 Obtenez cela de lui, madame, sous un prétexte quelconque.Je vous loue pour huit jours, au prix de dix francs par jour, la chambre 43, dont le prix ordinaire comme la mienne est de trois francs, je pense .Mme Bachelier leva sur son voyageur un régard quelque peu étonné.Elle ne comprenait pas très bien où cet original voulait en venir.\u2014 Oh ! rassurez-vous, continua Kessner, mes intentions en vous demandant cette complaisance n\u2019ont rien d'inquiétant pour vous.Est-ce dit pour la chambre 43 ?\u2014 C\u2019est dit !.là, puisque vous semblez tant y tenir, repartit aimablement la vieille dame.\u2014 Et je peux entrer en possession de suite ?\u2014 Ah ! ça non, le voyageur du 43 n'est pas là.\u2014 Eh bien ! faites comme s'il y était.Transportez ses bagages ailleurs.\u2014 Diable, comme vous y allez ! - Quand il entrera, vous lui direz qu une nécessité .que sais-je .un accident survenu au plafond de sa chambre, par exemple vous a forcée à faire ainsi.Ne protestez pas .Pour ce dérangement, j\u2019ajoute vingt francs d indemnité et je paie d a-vance.\u2014 Cet homme est donc un Rothschild ?pensa Mme Bachelier.Et elle sortit un instant pour donner au garçon des ordres de service.\u2014 Fort bien, approuva Kessner .Mantenant j'ai une autre chose à vous demander.\u2014 Dites, monsieur Hamann, fit avec bonté la patronne .A ce prix-là, tout ce que vous voudrez.\u2014 C est que .continua l\u2019Alsacien, la chose est un peu plus compliquée .Toutefois je paierai ce qu\u2019il faudra.Mme Bachelier esquissa un geste de bienveillance.Oui.je paierai.Mais auparavant, madame, vous allez me promettre le secret, un secret absolu pour ce que je vais vous confier.Je promets, monsieur Hamann, je promets.Cela ne m engage à rien pour la chose, si la chose ne me va pas .Bien entendu, n est-ce pas ?- Entendez ! acquiesça Kessner.Maintenant, voici.Laissez-moi causer sans m interrompre.Vous me répondrez, quand j aurai tout dit; oui ou non, J ai besoin de percer une communication avec la chambre 27, (Lire la suite page 20) 26 novembre 1938 19 nmc IIÜUI 'lllllg Par Mme ROSE LACROIX Directrice de l'Ecole Ménagère Provinciale et de l'Institut Ménager de LA REVUE POPULAIRE et du SAMEDI POTAGE AUX LEGUMES 2 pintes de bouillon ou d\u2019eau 1 Yz tasse de carottes coupées en filets Yz tasse navets coupés en cubes 1 petit oignon 1 tasse ebou taillé en filets Yz tasse de céleri Yz tasse de pois verts Faire chauffer le bouillon et quand l'cbullition commence, ajouter tous les légumes ci-haut mentionnés à l'exception des pois, Cuire environ 1 heure à petit feu.Le potage est cuit lorsque tous les légumes sont bien mélangés avec le bouillon.\u2022 TOMATES FARCIES AU MACARONI Yz tasse de coudes Catelli au lait 6 tomates de grosseur moyenne Yz tasse de sauce blanche Yz tasse de fromage râpé Sel.poivre, panure Choisir six belles tomates, les laver, leur enlever une tranche mince sur le dessus, les presser avec les doigts pour en extraire les semences, saler l'intérieur, les laisser égoutter à l'envers sur un tamis.Cuire le macaroni dans un bouillon jusqu'à ce qu'il soit tendre ; l\u2019égoutter et utiliser ce bouillon pour la soupe.\u2014 Mélanger à la sauce le macaroni, le fromage et les assaisonnements, remplir les tomates de ce mélange, saupoudrer le dessus de panure et de quelques noisettes de beurre.Faire cuire à four moyen jusqu'à ce que les tomates soient cuites, en veillant à ce qu\u2019elles ne se déforment pas.Servir dans un plat entouré de macaroni cuit selon la méthode ordinaire.a SALADE DE CHICOREE A LA CREME (Portion individuelle 25 calories) Bien laver un pied de chicorée, '.\u2019égoutter et le servir sur un saladier avec 1 tasse de crème fouettée à laquelle on aura ajouté le jus de 1 citron, >4 cuillerée à thé de moutarde et Yi cuillerée à thé de sel.GATEAU AU RIZ I Portion individuelle 150 calories) Yz tasse de riz 2 tasses de lait Yz tasse de sucre 2 œufs Yz cuillerée à thé de vanille Bien laver le riz et le cuire dans le lait bouillant au bain-marie de 45 à 60 minutes ou jusqu'à ce qu\u2019il soit bien cuit mais non écrasé.Battre les jaunes d'œufs avec le sucre, l\u2019ajouter au riz, puis incorporer les blancs battus en neige ferme.Aromatiser avec la vanille et déposer dans un moule, laisser prendre au frais.Démouler et garnir de gelée aux pommes et de crème fouettée.a PETITS GATEAUX BLANCS Yz de tasse de beurre 1 tasse de sucre Yz tasse de lait 1 Yn tasse de farine 2Yz cuillerées à thé de poudre 4 blancs d\u2019œufs Yz cuillerée à thé d\u2019essence d'amande Défaire le beurre en crème avec la moitié du sucre, y ajouter la farine tamisée avec la poudre alternant avec le lait.Incorporer en dernier lieu les blancs bien battus avec l'autre moitié du sucre.Aromatiser et déposer dans des petits moules bien beurrés.Cuire au four à 400° 20 à 25 minutes.Démouler, refroidir et garnir de glace au chocolat.GLACE AU CHOCOLAT 1 tasse de sucre en poudre 2 carrés de chocolat sucré 3 cuillerées à table de lait 1 jaune d\u2019œuf Yz cuillerée à thé de vanille Faire fondre le chocolat, ajouter le lait et le sucre en poudre.Quand le tout est bien fondu, retirer du feu, incorporer le jaune d œuf et battre jusqu\u2019à ce que ce soit refroidi et bien lisse, étendre sur les petits gâteaux.Décorer avec des amandes, des cerises, de la belle Angélique.LES RECETTES CHOISIES DU \"SAMEDI\" GATEAU DE LEGUMES 1 tasse de fèves en gousses, cuites\tYz tasse d\u2019arachides (peanuts,) 1 tasse de tomates 1 oignon\t1\tdc riz' cuit 1 tasse de carottes crues, râpées [ œuf\t2 cuillerées à table de beurre Sel et poivre Faire revenir l'oignon haché finement dans le beurre.Hacher tous les ingrédients mentionnés.Les bien mêler.Battre l'œuf et l'ajouter au premier mélange.Bien assaisonner de sel et poivre.Déposer dans un moule beurré et tapissé de panure.Cuire au four à 400° environ une heure.Démouler et servir entouré de persil.i bienfaisant de cent ansl goût de Hollande a toujours distingué ce vieux gin rais Canadiens l\u2019ont toujours préféré depuis plusi Cceut aient ! Jat-r-r | fl mm M:xm -geneva $^j****Æ 0Nces Distillé et embouteillé au Canada sous la surveillance directe de JOHN de KUYPER & SON, Distillateurs, Rotterdam, Hollande.MAISON FONDÉE EN 1695 BOGUES Diomomrs EN R EG ISTR E RENOMMÉES POUR LEUR BEAUTÉ^VALEUR Chaque diamant\t#\t/ est garanti être par-fart.' \"Blue River\" veut dire que vous êtes protégés de toutes les façons .chaque diamant est choisi \u2014 ET GARANTI \u2014 pour son brillant, sa couleur et sa perfection achevée.Leurs montures sont les plus artistique et les plus belles que l'artisanat moderne puisse produire.Dès lors, quand vous voudrez la meilleure valeur en fait de Bagues à Diamants achetez une \u2018\u2018Blue River\" VENDU PARTOUT PAR LES MEILLEURS BIJOUTIERS ASSURANCE GRATUITE, POUR UN AN, CONTRE LE VOL OU LA PERTE! aviez-vous LE FILM est le magazine de cinéma le plus complet, le plus richement llluatré et le plus intéressant ?Coupon d\u2019Abonnement LE FILM, 975, rue de Bullion, Montréal Ci-joint veuillez trouver : $1.00 pour un abonnement d\u2019un an.$1.50 pour un abonnement de deux ans Adresse Province T\u2014V 20 LE SAMEDI (Suite de la page 18J qui est la mienne, et la chambre 43, qui est au-dessus.Pourquoi ?Parce que.après-demain doit venir ici un individu, un mauvais drôle que recherche la police, et qu'il faut .qu'il faut, entendez bien, que des témoins cachés assistent à l\u2019entretien que j\u2019aurai avec cet homme .Il est méfiant, il regardera dans la pièce voisine de la mienne que je lui ai dit inoccupée.Donc de ce côté rien à faire.Reste le plafond .Laissez-moi percer le plafond.Mme Bachelier leva les bras au ciel.Elle paraissait désespérée.\u2014 De pareilles histoires à l'hôtel du Luxembourg ! s'écria-t-elle.La police ! une arrestation, peut-être .Ah ! mon Dieu !.Mais je ne peux pas, monsieur, monsieur Hamann ! Je m'y oppose, entendez-vous ! Et mes clients, qu\u2019est-ce qu'ils vont penser ?.Kessner avait certainement prévu cette explosion, et il s'y était préparé.\u2014 Madame Bachelier, reprit-il tranquillement, je vous ai dit que la police était mêlée à l\u2019aventure .Il s\u2019agit donc de quelque chose d'honorable.c\u2019est déjà une première garantie pour vous .J'ajoute que tout se passera, je l'espère, sans bruit et que vos voyageurs ne seront pas incommodés de l\u2019incident.Enfin, vous craignez surtout, dites-vous, le scandale ?.Mais, de toutes façons, vous ne pouvez pas, cependant, empêcher la police d'entrer dans votre hôtel pour y arrêter un malfaiteur .Kessner sortit un portefeuille.\u2014 Voici cinq cents francs, dit- il, en mettant un billet de banque dans la main de Mme Bachelier .Voici encore cent francs pour la location pendant huit jours à dix francs par jours, de la chambre 43.La patronne remercia .Kessner tourna les talons .Mais au moment de fermer la pote il se ravisa, et s\u2019approchant de la vieille dame, lui glissa mystérieusement dans l\u2019oreille : \u2014 Surtout mot::s.Madame Bachelier, n'est-ce pas ?.Si \u2014 et j\u2019ai tout lieu de l\u2019espérer\u2014 notre .affaire réussit, vous recevrez aussitôt, comme marque de satisfaction un présent semblable à celui de tout à l'heure ! \u2014 Décidément, se dit Mme Bachelier, lorsque Kessner, sûr désormais de pouvoir agir en toute liberté, se fût éloigné, décidément je m'y perds.Ce Pierre Hamann n'a pas l'air riche et il me « colle » comme ça cinq cents francs pour le plaisir de faire un trou dans un plafond .Serait-il de la police ?Non, pour sûr, la police à l'habitude d'exiger toutes sortes de choses sans donner jamais rien.Ah ! et puis qu\u2019est-ce que ça peut me faire ?.Cependant Kessner ne perdait pas une seconde .En quittant l'hôtel après sa conversation avec Mme Bachelier, il alla dans différentes boutiques du quartier faire des emplettes.Chez un quincaillier, il se procura quelques outils : une scie à main, un levier de fer, une truelle, un marteau et des clous; chez le marchand de couleurs, il acheta des brosses de peintre en bâtiment, un petit seau dans lequel il fit mettre, prête à servir, de la peinture à l'huile; chez une mercière, enfin il fit 1 acquisition d un large carré de fort calicot.Muni de tout cet attirail, il rentra à l'hôtel et grimpa incontinent à la chambre No 43, où il s\u2019enferma au verrou .Pour être sûr que la besogne irait à son idée, il avait résolu de la faire lui-même et tout aussitôt se mit à l\u2019oeuvre.Il commença par enlever, sur une largeur de un mètre environ les carreaux de la chambre, puis s'escrimant tour à tour de son levier pour détacher les plâtras, de sa truelle pour les enlever, de sa scie pour découper les solives et les lattes du plancher, il eut, au bout de quelques heures, pratiqué entre la chambre 43 et la sienne, le 27, \u2014 situées l\u2019une au-dessus de l'autre, nous l'avons dit \u2014 une communication assez vaste pour que deux hommes puissent s'y engager à la fois.Cela fait, il descendit à l\u2019étage inférieur, en ayant soin de fermer à double tour la porte du 43.\u2014 Très bien !.parfait, s\u2019écria-t-il avec satisfaction lorsque, une fois enfermé dans la chambre 27, il vit béante sur sa têté l'ouverture qu'il venait de ménager au plafond.Il s'agit maintenant d'arranqer cela de telle sorte que M.Robert n'y voie que du feu.Il avait eu soin de se munir d\u2019une échelle double qu'il installa au-dessous du trou et, dépliant son calicot, il se mit en devoir de boucher l\u2019ouverture avec le tissu en le maintenant au plafond par de petits clous.Puis il revêtit, non seulement le calicot, mais tout le plafond d'une double couche de peinture.Robert ne pourrait pas se douter que tout ce qui se dirait dans la chambre de Kessner serait entendu dans celle au-dessus.Il fit disparaître toute trace du travail qu'il venait de faire, ouvrit toute grande la fenêtre pour que l\u2019air enlevât l\u2019odeur de la peinture.Puis, comme l'heure du dîner était venue, il descendit à la table d'hôte et passa la soirée à flâner à la porte de l'hôtel.De leur côté, ni M.de Sambleuse ni M.Rémond ne s'endormaient.Ce dernier, muni d une lettre de recommandation du général C .son ami et camarade de promotion à l\u2019école de Saint-Cyr, alla trouver le ministre de la justice, beau-frère de général, il n'avait pas eu de peine, grâce à cette recommandation, d'obtenir que l'Excellence entrât pleinement dans ses vues.Ensuite accompagné du marquis et porteur d'une lettre du ministre à l'adresse du procureur général de la Seine il s'était rendu au Palais de Justice.Le procureur général avait commis un juge d\u2019instruction pour s\u2019occuper de l'affaire, et celui-ci avait ordonné à M.G ., commissiaire aux délégations judicaires, de se tenir prêt avec deux agents à l'accompagner le surlendemain matin dans une descente de justice de haute importance .Le magistrat se préparait à se rendre lui-même à l\u2019hôtel du Luxembourg, à l'heure indiquée, dans la chambre 43 avec son greffier, lequel consignerait au fur et à mesure les propos compromettants que Kessner se faisait fort d'obtenir de son ancien complice.Dans la chambre en question, Kessner prépara, de chaque côté de l'ouverture pratiquée, un certain nombre de chaises sur lesquels devaient prendre place toutes les personnes à qui était réservé le rôle d'auditeurs.Tout était si bien combiné que le neveu de Sambleuse ne pouvait manquer d'être pris sur le fait.XXVI | A jouRNÉe décisive était arrivée.I\u2014 Levé de bonne heure, contre son habitude, Beaupré-Larive faisait ses préparatifs, Baptiste, son valet de chambre, et Sophie, sa cuisinière, étaient absents, d'après ses ordres.La veille, il avait acheté chez un brocanteur de quoi se déguiser, et, au moment où nous sommes arrivés, il était en train de revêtir son accoutrement devant la grande glace de son cabinet de toilette.La pendule sonna.\u2014 Neuf heures déjà, dit Robert.Il est temps de partir.Il jeta sur le miroir un dernier coup d'oeil, et avec un sourire de satisfaction.\u2014 Très bien ! dit-il encore, le déguisement me semble assez réussi.De fait, le complice de Kessner était transformé du tout au tout.Et dans l'espèce de portefaix qui se dandinait pour l\u2019instant dans la petite pièce tendue d'étoffe orientale, personne assurément n\u2019eût voulu reconnaître le beau vicomte de Beaupré-LéTrive.Grâce à une teinture d ailleurs facile à enlever par un lavage, la longue et soyeuse moustache brune que depuis quelques années le vicomte portait seule, s'était transformée en une sorte d\u2019embroussaillement de couleur jaunâtre, où la brosse, le peigne et le fer à friser avaient été un désordre tout à fait nature.Les cheveux, coupés en brosse à l'ordinaire, disparaissaient sous une perruque de même nuance et d\u2019apparence non moins négligée.Enfin, à l'aide de poussière puisée dans la caisse à charbon de Sophie, Robert avait maculé de taches noires sa figure, son cou, ses mains et sa chemise d'épaisse cotonnade bleuâtre, sur laquelle s\u2019ouvrait un veston de cette sorte de velours grossier, vulgairement appelé « peau de diable » dont s'habillent presque toujours les gens habitués à porter des fardeaux.Un pantalon de même nature et un couvre-chef à petits bords, de feutre mou, complétaient la métamorphose.Enfin le beau vicomte avait jeté sur son épaule un sac vide noirci comme tout le reste de son individu.Robert descendit .En bas, dans le vestibule d\u2019entrée, il s\u2019arrêta un instant pour écouter si personne à ce moment ne passait sur le trottoir.Ce qu\u2019il craignait seulement, c\u2019était le retour inopiné de Baptiste ou de Sophie.Il s'achemina vers la gare de Pas-sy, demanda un billet pour la gare Saint-Lazare, et grimpa sur l'impériale d\u2019un wagon.Robert fit à pied le trajet de la gare Saint-Lazare à la gare de l\u2019Est.11 avait tout le temps .11 était neuf heures trois quarts lorsqu'il arriva rue de Metz.Or, le ren- dez-vous fixé par Kessner portait : entre dix et onze heures.A i\u2019hôtel du Luxembourg, dans la chambre No 43 depuis plus d'une heure déjà huit hommes étaient réunis.Nous les connaissans.C'étaient autour du marquis de Sambleuse, du général et de Jean Rémond, d\u2019abord le juge d'instruction et son greffier, puis M.G., commissaire aux délégations, enfin, deux agents de la sûreté.Le juge d'instruction était venu là dépouillé de son caractère officiel, en simple spectateur, pour ainsi dire, car le témoignage des autres personnes présentes et qui toutes s étaient promis de ne pas perdre un mot de la conversation échangée au dessous d'eux par Kessner et Beaupré-Larive.ce témoignaoe devait amplement suffire à édifier les jurés devant qui le procès serait porté.Cependant, sur le bord de 1 ouverture pratiquée par Kessner.on avait apporté une petite table devant laquelle le greffier s\u2019état installé, prêt à écrire au fur et à mesure les paroles qui se prononceraient en bas Autour, des chaises étaient placées, à l'usage de ces singuliers auditeurs Une épreuve préparatoire donna un résultat satisfaisant.A mi-voix, Kessner, réfugié dans le coin le plus éloigné de la chambre, dit quelques mots dont la moindre syllabe fut admirablement perçue .Le stratagème réussissait donc à merveille .Un coup de sifflet retentit soudain.C'était le signal convenu pour annoncer l'approche de 1 ennemi tant attendu .Presque aussitôt une voix, celle de Kessner, criait ; \u2014 Entrez ! Et il se leva pour recevoir la personne qui venait de heurter à la porte .Un garçon passa sa tête dans l'entrebâillement.\u2014 Monsieur Hamann, annonça-t-il, c'est un charbonnier qui voudrait vous voir.\u2014 Un charbonnier ?répéta Kessner, je n'attends pas de charbonnier \u2014 Il dit précisément, insista le garçon, que vous l'attendez entre dix et onze heures.Une pâleur livide s'étendit soudain sur le visage de l\u2019Alsacien .Tout son sang lui refluait au coeur à cette pensée que la présence de ce charbonnier pouvait avoir quelque chose de commun avec l'affaire qui le préoccupait si fort en cet instant.Justement dix heures allaient sonner .Robert pouvait arriver d\u2019un moment à l\u2019autre ., .S'il entendait demander Pierre Hamann par un autre, s\u2019il apprenait seulement qu'une autre personne avait été reçue par lui, Kessner, dans la matinée, le neveu de Sambleuse était bien capable de prendre peur .Il ne monterait pas et tout sera raté.\u2014 Moi qui ai pris tant de précautions pour qu'aucun des habitants de l\u2019hôtel, ni domestique, ni voyageur ne s'aperçoivent que les hommes montés là-haut tout à l'heure sont d'accord avec moi !.En effet, M.de Sambleuse, le juge d'instruction, les agents et tous les autres s\u2019étaient présentés isolément à l'hôtel du Luxembourg et au milieu du va-et-vient matinal, ils étaient sûrement passés inaperçus.Kessner se désespérait ainsi mentalement.Et le garçon attendait toujours.\u2014 Je vais dire à ce charbonnier que vous êtes sorti, interrogea-t-il.\u2014> Tonnerre ! hurla Kessner, faites mieux que ça ! F .le à la porte .Et puis non, ajouta-t-il je vais descendre le recevoir, et il verra, ce charbonnier de malheur, de quel bois je me chauffe ! Le Coupé de luxe DODGE 1939.MMÜ \t 26 novembre 1938 21 Ce disant, furieux, il se levait, prêt à s\u2019élancer dans l\u2019escalier.Soudain il resta cloué sur place .Du haut de l\u2019escalier des éclats de voix montaient.\u2014 Je vous dis que je monterai, criait-on.\u2014 Et moi, répondait la voix de Mme Bachelier, je vous prie d\u2019attendre le retour du garçon que j'ai envoyé voir si M.Hamann y est ! \u2014 Comment ! s\u2019il y est ?Mais je vous dis qu\u2019il m\u2019attend dans sa chambre ! En dépit du fort accent auvergnat qui caractérisait les paroles du charbonnier mécontent, Kessner avait aussitôt reconnu le timbre de la voix.Cette voix c'était celle de Robert, ni plus ni moins.\u2014 Ah ! bien, j\u2019allais faire' du propre, murmura Kessner soudain calmé .Réflexion faite, garçon, ajouta-t-il tout en se rasseyant.Il est probable que je connais ce charbonnier .Il n\u2019a pas dit comment il s\u2019appelait ?\u2014 Non, monsieur ! \u2014 N\u2019importe, faites-le monter .cela vaudra mieux .Quelques secondes après Kessner et le fameux charbonnier se trouvaient face à face .Robert était entré dans la chambre de l\u2019air le plus naturel, et c\u2019est très naturellement aussi qu\u2019en présence du garçon qui avait introduit il serra la main de Kessner en disant avec le même accent de terroir : \u2014 Chalut, mon cher camarade.Vous allez bien ?.Figurez-vous qu\u2019on ne voulait pas me laicher entrer !.Mais dès que la porte se fut refermée : \u2014 Eh bien ! Kessner, que signifie cela ?gronda-t-il sourdement.Vous me donnez rendez-vous et on se permet de me faire poser ! \u2014 Dame ! fit Kessner .ce déguisement, pouvais-je deviner .Beaupré-Larive regardait de côté et d\u2019autre d\u2019un air soupçonneux.,\u2014 Vous craignez les oreilles indiscrètes, poursuivit l\u2019Asacien, remarquant le manège .Je comprends ça et j\u2019ai pris mes précautions .Robert, sans répondre, alla au mur de gauche et de son doigt le percuta à plusieurs reprises.Déjà, cependant, l\u2019Alsacien avait tiré la porte de communication entre la chambre de Kessner, le 23.et la chambre voisine, le 24.Les deux hommes entrèrent dans cette dernière, et Robert s\u2019assura que la porte qui ouvrait de cette chambre dans le couloir extérieur de 1 étage était bien sûrement fermée par un solide verrou.\u2014 Vous voyez que c est bien tel que je vous l\u2019ai écrit, expliqua l\u2019Al-sacien.Personne ne nous entendra._____Ce n\u2019est pas encore suffisant, répondit l\u2019autre .Il y a, dans chacune de ces chambres, un lit sous le quel, \u2014 oh ! sans que vous vous en doutez parbleu, ami Kessner.quelqu\u2019un pourrait être caché .Prudence est mère de sûreté, voyez-vous !.Tenez, continua-t-il, faites-moi le plaisir de prendre une canne et constatons, que nous sommes bien seuls .Le coquin avait son idée.\u2014 Pour « fourgonner » là-dessous, pensa-t-il, cet imbécile va être obligé de se mettre quasi à plat ventre .¦ Il ne faut pas qu\u2019il se relève !.Et sa main se crispait dans la poche de son veston sur le manche d un long stylet corse, arme triangulaire à lame droite, forte et épaisse.Kessner alla prendre dans un coin de la chambre une canne.Il se baissait déjà pour satisfaire aux exigences de Beaupré-Larive.Eut-il à cet instant un soudain pressentiment de ce que l\u2019autre méditait, ou bien plu- tôt obéit-il au désir de rassurer plus encore son ex-complice en le laissant constater par lui-même que rien de suspect ne pouvait être là .Le fait est que, tendant à Robert le bâton, il lui dit : \u2014 J\u2019aime mieux que vous regardiez vous-même, monsieur Robert.Tenez .c\u2019est facile !.Le neveu de Sambleuse insista.¦\u2014 Non, non, fit Kessner, je vois que vous méfiez de moi.\u2014 Non, par exemple ! \u2014 N\u2019importe, vous serez encore plus sûr ainsi !.Robert n\u2019osa insister davantage, prit le bâton et fit mine d\u2019explorer sous les deux lits .Cette première combinaison était manquée .Mais c\u2019était bien le diable si, à un instant quelconque, il ne parvenait pas à saisir l\u2019occasion de frapper son ennemi de telle sorte qu\u2019il tombât « sans crier ouf » comme il disait.\u2014 Là !.maintenant, monsieur Robert, commença Kessner en s'asseyant sur une chaise et en montrant à son interlocuteur un fauteuil placé tout près, maintenant que vous êtes tout à fait assuré qu\u2019âme qui vive ne saurait nous épier, ça vous irait-il de causer un peu de d\u2019objet qui me vaut l\u2019honneur de votre visite ?Beaupré-Larive esquissa une grimace d\u2019adhésion qui dissimulait assez mal son désappointement.Cependant il prit place sur le siège désigné.\u2014¦ J\u2019ai reçu votre lettre, Kessner, vous le voyez suffisamment puisque je suis ici, fit-il à voix presque basse, et, je vous l'avouerai tout de suite, j\u2019ai été un peu surpris de la recevoir.\u2014 Vraiment ?\u2014 Hé ! sans doute, ce n'est pas de cela que nous nous étions convenus.\u2014 Et de quoi donc étions-nous convenus ?monsieur Robert, demanda l'Alsacien, qui avait reçu ordre de procéder surtout par interrogations, afin que son ex-complice fût amené naturellement à préciser de sa propre bouche la nature des relations qu\u2019ils avaient eues jadis.\u2014 Allons allons ! reprit avec brutalité Beaupré-Larive .allons, Kessner, ne faites pas la bête, que voulez-vous ?Vous vous étiez l'autre jour presque engagé à me servir contre mes ennemis, et voilà qu'aujourd'hui vous faites désertion.\u2014 Je ne sais pas de quels ennemis vous parlez .Serait-ce par hasard de ces pauvres femmes de la rue Brochant ?N'ont-elles pas été déjà suffisamment frappées ?\u2014 Ah ! parbleu, fit Robert, je vous conseille maintenant de les plaindre, comme si vous n\u2019aviez pas autant que moi peut-être contribué à leur malheur.\u2014 Ça c\u2019est vrai, je les ai autrefois maltraitées, mais c'était pour me venger de l\u2019autre, et je ne regrette rien.Cependant, sans vous, je crois que je n\u2019aurais jamais eu le courage de satisfaire ma vengeance de cette façon là, car certes, je me le suis dit bien souvent c\u2019est une fichue lâcheté que nous avons commise à leur égard !.Robert ne put retenir un éclat de rire strident.\u2014 Décidément vous êtes très gai aujourd'hui, ami Kessner .Mais je ne suis point là pour entendre des discours inutiles .Vous faites dans votre lettre allusion à certain papier que vous auriez conservé et qui serait une arme contre moi .Ce pa pier où est-il ?\u2014 Ici, monsieur Robert, ici même.\u2014 Alors vous allez me le donner ! \u2014 Vous le donner, non .vous le vendre, oui, puisqu\u2019il faut appeler les choses par leur nom.\u2014 On ne vend que les marchandises qui ont une valeur, prononça Beaupré-Larive.\u2014 Eh bien ?\u2014 Eh bien ! cette lettre n en a aucune.\u2014 Alors, voulez-vous m\u2019expliquer, monsieur Robert, pourquoi vous êtes venu de si loin, pourquoi vous vous êtes si fort « mâchuré » la figure pour venir me la demander, cette lettre sans valeur ?Beaupré-Larive ne répondit pas .Il lui était indifférent de laisser son ancien complice prendre avantage sur lui dans cette conversation qui devait pour Kessner être la dernière.,\u2014 Ah ! monsieur Robert, vous voilà « collé », je pense, ajouta l\u2019Alsacien .Croyez-moi, ne jouez pas au plus fin avec moi; car, foi d\u2019honnête homme, si vous refusez d\u2019entrer en arrangement j\u2019irai dès que vous m aurez quitté, porter, comme je vous l\u2019ai dit, cette lettre à Mme Réville .\u2014 Bah ! dit insoucieusement le faux charbonnier, qu\u2019en ferait-elle ?\u2014 Ce quelle en ferait ?.Elle courrait chez le procureur de la République, parbleu !.Elle lui raconterait l\u2019histoire qui s'attache à cette lettre .C\u2019est une vaillante femme, pour sûr, et j\u2019ai bien vu qu'elle n'avait pas perdu l\u2019espoir de faire .réhabiliter, comme elle dit, son mari.\u2014 Fort bien, Kessner .et savez-vous alors ce qui se passerait.\u2014 Je m'en doute, monsieur Robert.Le procureur me ferait arrêter, il m\u2019interrogerait.-Et?.\u2014 Et je serais obligé de lui débiner tout le truc ; à savoir, de dire la façon dont vous avez volé cette lettre dans la poche de la petite Germaine pour la remplacer par une autre où vous aviez imité l\u2019écriture du marquis de Sambleuse et mis sur le compte de ce pauvre homme toutes sortes de vilaines propositions combinées entre nous deux.\u2014 De mieux en mieux ! Kessner.Vous seriez le premer pincé, alors.\u2014 Je ne dis pas le contraire ! Mais ce serait tant pis pour vous, qui auriez refusé de me porter secours .\u2014 Bah ! je nierais.\u2014 On ne nie pas certaines choses!.Comment une grosse bête comme moi irait-elle trouver toutes ces histoires.Robert commençait à trouver que le colloque avait assez duré.Il résolut de brusquer les choses.\u2014 Vous parlez comme un livre, ami Kessner, répondit-il.Il n\u2019y a qu\u2019une petite difficulté pour que ce beau plan se réalise.\u2014 Laquelle donc ?\u2014 Tout simplement celle-ci : vous n\u2019avez pas la moindre lettre ! ,\u2014 Vraiment ?ricana l'Alsacien.\u2014 J\u2019en suis sûr, car si vous l'aviez eue vous me l'auriez montrée déjà.\u2014 Je vous la montrerai dès que vous m\u2019aurez donné'votre parole de « casquer » pour les cinq mille francs.Vai ! ajouta Kessner avec une sincérité parfaitement jouée .vrai, je ne vous demanderai plus rien autre, j\u2019irai vivre loin, bien loin de ce pays où je ne me sens pas tranquille ! \u2014 Eh bien ! c\u2019est dit Kessner, vous aurez votre argent.\u2014 Quand ?\u2014 Tout de suite .Mais la lettre, voyons.\u2014 Elle est là .derrière moi, dans VOICI CE QU'IL 'l/crui'faut DANS UN CRAYON AUNE et sois INSEPARABLEMENT LIES\txva POINTES 34% PLUS FORTES La mine imprégnée de cire dans les crayons \u201c Chemi-Sealed \u201d (scellé chimiquement) MIKADO est recouverte d\u2019une pellicule imperméable, ce qui permet au liant résineux de former une soudure inséparable entre la mine et le bois.Ce procédé de \u201c Super-Liaison \u201d (brevet canadien No 330,526) rend le MIKADO 34% plus résistant que tout autre aux brisures.DOUCEUR SCELLÉE Chaque parcelle menue dî fin graphite a une pellicule de lubrifiant sur laquelle glisser.C\u2019est pour cela qu\u2019une pellicule luisante apparaît quand on chauffe les crayons MIKADO \u2014 et c\u2019est aussi pour cela que les crayons MIKADO sont telle-mént plus doux.35 MILLES POUR CINQ SOUS Un instrument de mesurage précis a démontré que les crayons MIKADO vous donnent p.us de 35 milles d'une ligne noire douce.Ces caractéristiques supplémentaires ne vous coûtent rien dans les crayons MTKADO.5c chacun 60c la douzaine \u2022Marque de Fabrique Déposée (COMPOSANTS TRÈS FORTEMENT UNIS! 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non.j'ai confiance en vous, moi; car je vous tiens avec ou sans lettre .Tenez, prenez vous-même ce papier ! Et l\u2019Alsacien jeta plutôt qu\u2019il ne donna au misérable une clef, celle qui ouvrait l\u2019armoire.\u2014 Allons, prenez, répéta-t-il, le troisième rayon, en commençant par le haut ?Sous cette pile de mouchoirs .à droite .oui, vous y êtes ! Ces trois mots : « Vous y êtes » étaient le signal convenu entre Kessner et les personnages qui écoutaient.Lorsque ces mots seraient prononcés, tout le monde devait descendre .On saisirait alors Beaupré-Larive, tenant la fameuse lettre entre ses doigts.Effectivement, un léger piétinement annonça à l'Alsacien que le général Rémond et les autres s\u2019apprêtaient à quitter la place.D'une main frémissante, Robert avait retiré le papier de sa cachette.Il y jeta les yeux, reconnut l\u2019écriture de son oncle et dit : \u2014 C\u2019est bien cela , Kessner .Maintenant je vais vous payer !.Il s'approcha et, par un geste plus prompt que la pensée, leva le bras .Kessner, d'un mouvement instinctif avait paré, et le poignard, au lieu d'entrer dans la poitrine, l'atteignit au poignet gauche, qui fut entièrement traversé.Mais Robert, furieux, empoigna l\u2019Alsacien à la gorge.Il allait redoubler .Surpris, le bras gauche paralysé par sa blessure, Pierre Kessner se défendait mal.\u2014 A moi !.râla le malheureux, d'une voix à peine distincte.\u2014 Oh ! tu as beau te débattre ! gronda Robert entre ses dents .Cette fois, il faut que tu y passes !.A ce moment, un long craquement, quelque chose comme le bruit d'une étoffe déchirée violemment, se fit entendre .Et du plafond, deux agents vinrent tomber au milieu de la chambre .Surpris à son tour, empoigné par quatre bras solides, Robert de Beaupré-Larive essaya pourtant de résister.Tandis qu'il se débattait, le grincement d'une clef qu'on introduisait dans la serrure fraopa son oreille .La porte s\u2019ouvrit et cinq nouveaux personnages firent irruption dans la pièce .Dans le nombre, Robert reconnut du premier coup d\u2019oeil son adversaire de Belle-Isle, le peintre Jean Rémond.Beaupré-Larive poussa un rugissement de bête fauve, et, d\u2019un effort irrésstible, s\u2019arrachant aux agents, il bondit à l'autre extrémité de la pièce, où Pierre Kessner était resté.\u2014 Canaille !.tu m\u2019as vendu !.Attends !.s\u2019écria-t-il en dirigeant sur l'Alsacien le canon d'un revolver.Tout cela avait duré l'espace d\u2019un éclair.Beaupré-Larive tira.\u2014 Touché ! ricana le misérable, en voyant Kessner porter la main à sa poitrine .Et, faisant volte-face, il braqua son arme sur le groupe des arrivants.Il voulait vendre chèrement sa vie .Soudain le revolver lui échappa des mains et, reculant, reculant toujours, crispant ses reins pour ainsi dire au mur qui lui faisait obstacle, il étendit les bras en proie à une terreur indicible.\u2014¦ Un revenant 1 un revenant ! .fit-il d'un son de voix qui n\u2019avait plus rien d'humain .Et raide, il tomba sur le plancher.Le bandit venait de reconnaître son oncle, sa victime, entré à la suite des hommes.XXVII I a balle de Beaupré-Larive avait I\u2014 traversé de part en part la poitrine de Kessner.Il fut placé sur une civière, et avec mille précautions, ramené rue Brochant.Le marquis de Sambleuse n'eût à aucun prix voulu se séparer de son ami.C\u2019est chez lui qu\u2019on le soignerait, chez lui qu\u2019on essaierait de le sauver.L\u2019Alsacien demeura plusieurs heures sans connaissance.On lui avait en grande hâte, installé un lit dans le salon, et la marquise, aidée par Germaine, se multipliait autour de ce lit de souffrance, tandis que Sambleuse, très assombri, réfléchissait dans un coin.Elle lui avait coûté cher, sa victoire.C\u2019est avec le sang de Pierre qu\u2019il laverait la tache faite à son nom !.\u2014 O Dieu, pensait le marquis, Dieu implacable et juste, tu veilles sur les hommes et tu frappes à ton heure, quand il te plaît !.Cependant il avait expié bien durement, déjà, ce pauvre homme .Et puisque j'avais pardonné, toi aussi, tu devais te montrer clément ! Si tu voulais, il vivrait, il serait sauvé .Les prières de Sambleuse devaient être inutiles .Pierre Kessner était irrémédiablement condamné.\u2014 Il vivra quelques heures encore, peut-être, dit le médecin, mais il n'y a rien à tenter, rien à faire.Ce malheureux est perdu .Tous baissèrent la tête tristement en entendant cet arrêt .Jean, avec son père, tenait compagnie à Suzanne déjà convalescente.Elle pouvait se lever quelques heures dans la journée.Bientôt elle aurait la permission de sortir, bientôt elle serait guérie tout à fait.Elle babillait comme un oiseau, la gentille Suzanne; elle était heureuse .si heureuse !.Tout à la fois lui était rendu son père chéri, son ami adoré !.Le général Rémond contemplait souriant et hochant sa tête blanche, les gentils amoureux.Suzanne savait bien que le pauvre Kessner était blessé, mais comme elle était très faible encore, on lui avait persuadé qu\u2019il s\u2019agissait d\u2019une blessure insignifiante .De temps en temps, le général Rémond ou Jean lui-même, allaient sur la prière de Suzanne s'informer du « bon Pierre ».On lui répondait que tout marchait à merveille, naturellement, mais, à la dérobée, le père et le fils échangeaient des regards navrés .Et cela mettait une ombre de tristesse sur la joie des deux hommes, cette mort qui planait, qui allait prendre Pierre Kessner et l\u2019emporter vers les « pays sans rêves aux sommeils profonds » comme l'a dit le poète.La jeune fille ne s'apercevait pas de cette mélancolie .Toute ravie, elle s'épanouissait en des rires sans fin; elle redevenait rose, la mignonne enfant.Vers trois heures de l'après-midi, Pierre Kessner reprit connaissance.Son regard terni parcourut étonné toutes choses autour de lui.Il ne se souvenait pas .Mais il vit Sambleuse assis près de son lit, la marquise et Germaine affectueuses et attentives.Une ombre de sourire passa sur ses lèvres décolorées.\u2014 Ah ! fit-il d'une voix pareille à un souffle, vous êtes là .monsieur le marquis !.Et puis vous, madame !.Et toi, ma bonne Germaine ! Je suis content .Il n'y a que la petite demoiselle .mademoiselle Suzanne, je veux dire .Je ne la vois pas !.Le marquis ouvrait la bouche pour répondre, mais Kessner sans lui en donner le temps reprit : \u2014 Oui, bien sûr .je comprends.Elle est faible encore .Faut pas lui faire de la peine .à cause de moi !.A ce moment le bruit d'un frais éclat de rire parvint à l'oreille de l\u2019Alsacien.Il fit un geste de satis-faction.\u2014 Elle rit.tant mieux !.Elle a raison .Elle a son papa .et puis .et puis .son mari.Je pourrai m'en aller tranquille !.\u2014 Kessner ! s\u2019écria le marquis d'un ton de reproche, veux-tu bien ne pas dire de ces choses-là ?On te sauvera, va, mon pauvre ami ! \u2014 Mais oui, ajoutèrent la marquise et Germaine .mais oui !.vous verrez .\u2014 Oh ! je sais, murmura-t-il, je sais que vous ferez tout le possible pour ça .Mais je sens, moi .que c\u2019est fini.Kessner doit mourir.Il parut se recueillir quelques instants, puis ; \u2014 C\u2019est juste, d'abord .faut pas se plaindre .J'avais fauté .et au lieu de me punir on me pardonne .on me soigne .on me choie .Je deviens votre ami, monsieur le marquis .vous me tendez la main, madame .C\u2019est ça qui n'était pas juste.Le bon Dieu l'a pensé .et .D'abord, c'est très doux, la mort .On ne souffre presque pas .je suis bien, je suis heureux .je vous regarde .Puis je sais que vous me regretterez un peu, n'est-ce pas ?.Suffoqués par les larmes, ils ne purent répondre qu'en sanglotant.\u2014 Oui, continua Pierre attendri .oui .vous penserez à moi quelquefois .Vous direz : C'était une brute que ce Kessner.il nous a fait beaucoup de mal .mais il n'avait pas mauvais coeur .Cette idée me console de Vous quitter .monsieur le marquis .Elle vous servira, ma mort .et je peux partir tranquille.Oh ! le gredin de Robert.il .a dû .être joliment attrapé .J'ai été le plus fort .cette fois .\u2014 Tais-toi ! Pierre tu te fatigues, supplia Sambleuse .Tais-toi.ne dis rien, repose-toi !.Nous sommes là, nous te veillons !.sois paisible ! \u2022\u2014 Ça ne fait rien que je me fatigue, allez !.D'abord je n\u2019ai pas de temps à perdre .il faut que je vous dise .adieu !.Dis donc.Germaine .ma fille .si tu peux retourner .en Alsace, ça me fera plaisir .Il y a ma maison .notre pauvre petite maison .qui est à toi .Dame ! elle ne vaut pas cher.mais enfin .c'est toujours ça .Et puis la tombe .de ta mère .la grille, la croix doivent être bien abimées .Tu les feras remplacer.et tu mettras des fleurs .beaucoup de fleurs.Elle les aimait .tant ! j aurais voulu revoir le pays encore une fois 1 Alsace .Vivonne !.Et la grande route avec les marronniers .et les acacias .Comme ça sentait bon, au printemps !.Ça faisait une ombre toute verte.Marguerite était si jolie, là-dessous, avec sa coiffe en papillon .ses veux bleus !.Elle avait des cheveux en or .tu te rapplles .Germaine .et elle riait tout le temps .Mais non ! tu ne peux pas savoir.Quand tu es venue, elle n\u2019a plus jamais souri .jamais 1 Moi.je vais la retrouver .je suis content ! Il se tut.ferma les yeux.Sa tête roula sur l\u2019oreiller.Le général Rémond, à ce moment, entrabâilla la porte.Eh bien demanda-t-il à voix basse.D un geste navré, on lui montra Kessner.(Lire la suite à la page 27 ) 2 6 novembre 1938 19 At Pitt Pt CCtRANT Vastes entrepôts de la Régie à Montréal.\u2014 Tant pour l'achat que pour la vente, la qualité des boissons est soigneusement vérifiée.\u2014La Commission emploie plus de 1,200 personnes dans toute la Province.u\u2019on le veuille ou non Vaqua pura ne suffira jamais à désaltérer l\u2019humanité ! Dans la province de Québec, le commerce des spiritueux appartient exclusivement, depuis une quinza\u2019ne d\u2019années, à l\u2019Etat.Système qui a de grands avantages puisqu\u2019il a été copié, orerque intégralement, par d\u2019autres gouvernements.La régie d\u2019Etat permet, mieux que le commerce privé, un contrôle serré et une encaisse plus profitable à la collectivité.Pour les lecteurs du « Samedi », nous racontons une visite récente au « Pied-du-courant », à Montréal ; c\u2019est là que se trouvent les bureaux principaux et les entrepôts de la Rég:e des Alcools, dite Commission des Liqueurs.Etrange destinée des cho~es ! A l\u2019endroit même où jadis des prisonniers souffraient et mouraient, l\u2019on a aujourd\u2019hui enfermé le rire et la chanson ! Au Pied-du-Courant ! Ce nom évoquait chez nos ancêtres un lieu d\u2019horreur où des compatriotes qui s\u2019étaient battus pour la liberté et la justice avaient subi l'infamant supplice.Pour nous, le Pied-du-Courant est devenu une sorte d\u2019oasis ! Cette oasis est une immense construction de pierre et de brique, située en bordure du fleuve Saint-Laurent, près du grand port de Montréal et du pont Jacques-Cartier.Nous y trouvons un aimable cicerone qui nous pilotera dans le dédale des entrepôts et des ateliers.Derrière un immense grillage sont empilées de grandes quantités de liqueurs de toutes sortes ; c\u2019est la réserve où puise le Commission après avoir acquitté les droits de douane, car ce sont là des boissons importées.Nous traversons ensuite les vastes entrepôts où l\u2019on conserve, prêtes pour l'expédition, les caisses de vins et de spiritueux ; sur ces murailles de boîtes sont inscrits des noms savoureux : cherry-brandy, cognac, etc.C'est ensuite l\u2019entrepôt des vins en barriques, où la température est uniforme en été comme en hiver, c\u2019est-à-dire à 55 degrés.Quatre étages de spiritueux et de vins venus des cinq continents pour la satisfaction de nos papilles gustatives ! Les départements de l'embouteillage, de 1 étiquetage et de l\u2019emballage sont contigus, corne le veut la logique la plus élémentaire.Ici, tout est d une p opreté impeccable.Lavées et désinfectées, leï bouteilles sont remplies à la machine, bouchées et étiquetées en quelques minutes.Avant la mise en boîte, on mire les bouteilles, malgré les nombreux filtres par où a passé le liquide.Tout cela, entrepôts, ateliers, bureaux, salles de dégustation, infirmerie, ne manque pas d\u2019être fort intéressant.Mais nous croyons qu\u2019il faut insister sur le contrôle minutieux, quant à la qualité imposée aux vins et spiritieux achetés et vendus par la Commission.Voici sommairement expliquée la façon de procéder dans les achats.Les fabricants envoient à la Commission des échantillons de leurs produits.A-t-on besoin de renouveler le stock d\u2019un alcool ?L'administration convoque ses dégustateurs experts qui se servent, pour leur examen, de bouteilles ne portant qu un numéro correspondant à une marque quelconque ; mais les dégustateurs ne savent jamais sur quelles marques portent leurs préférences.Le vote est secret, a~surant ainsi justice égale à tous les fabricants.Va sans dire que certaines marques de vins, par exemple, n\u2019ont pas besoin du jugement des dégustateurs.C'est alors au chimiste qu il appartient de contrôler la qualité.Le laboratoire de la Commission est un véritable hôpital des vins et alcools.C'est là que sont analysées, étudiées, les boissons avant les achats.Là sont traités avec le plus grand soin les vins qui font du diabète ou ceux qui portent des germes malfaisants, les spiritueux qui souffrent d'anémie ou d'une trop grande vigueur.On y fait aussi l'analyse de tous les objets employés par la Commission des Liqueurs.Le dernier rapport indique qu\u2019au cours de l\u2019année 1936-37, le laboratoire a examiné 8,372 échan-t'ilons ; le laboratoire a aussi fait 152 analyses de spiritueux pour la police de la Commission.Une visite à la salle de dégustation termine heureusement cette promenade au pays de Cocagne.Dans de grandes armoires vitrées sont en rang de bataille de joyeux flacons qui, rien qu'à les voir, chatouillent agréablement la gorge : Bisquit Dubou-ché, Hennessey, rhums de Jamaïque et Bacardi 1873, whiskies canadiens et scotch, champagnes, bourgognes, bo'deaux, vins canadiens, apéritifs, vins d\u2019Italie ou de Madère, etc., etc.D'un précédent rapport de la Comission, nous extrayons ces quelques observations instructives : « A la veille de l\u2019établissement de la Commission des Liqueurs, les condamnations annuelles pour ivresse s\u2019élevaient à 525 par 100,000 de population ; depuis 1922, depuis l'établissement de la Commission, elles n\u2019ont guère dépassé 300 par 100,000 et sont tombées en certaines années en-dessous de deux cent cinquante ., .« Une autre évolution que les partisans de la tempérance constatent avec satisfaction, c'est l\u2019orientation de notre population vers les breuvages légers comme les vins et la bière .S'il étai* possible de faire la séparation entre les ventes aux touristes et les ventes à la population locale, on trouverait presque certainement que notre population consomme aujourd'hui moins de boissons fortes qu\u2019elle n\u2019en consommait il y a quelques années.«Partisans de la tempérance et partisans de la liberté ayant ainsi reçu satisfaction pour l'essentiel de leur réclamation, la question de l\u2019alcoolisme est disparue du champ de nos discussions politiques et l'atmosphère politique en a été purifiée.» Les quartiers-généraux de la Commission des Liqueurs, Place des Patriotes, à Montréal.Mir!.f- -r i -¦> Je vais aller la trouver.Toi, reste ici, je ne serai pas long.Il reparaissait dix minutes plus tard, avec lady Béatrice.Elle était grande et brune, avec des yeux bleus sombres.La beauté de la saison.Elle vint à Price en souriant et l\u2019accueillit avec grâce.\u2014 Du thé ?suggéra son cousin.\u2014¦ Non, dit-elle, je vous réserve quelque chose de meilleur.Venez tous les deux.Elle les conduisit dans une pièce plus petite où un maître d\u2019hôtel et deux domestiques servaient des rafraîchissements.\u2014 Trois cocktails à l\u2019orange, Parker, commanda-t-elle.Elle les fit asseoir dans un _ coin isolé et peu à peu les invités s\u2019éloignèrent.Le cousin se leva : .\u2014 Béatrice, expliqua-t-il, mon camarade a quelque chose à vous dire ; voulez-vous lui donner une minute ?Vous pouvez avoir confiance en lui.\u2014 Avec plaisir, dit-elle vivement.Que puis-je faire pour vous, monsieur Price ?Ecrivez-vous dans les journaux ?Son ami s\u2019étant discrètement éloigné, Price parla le plus bas qu'il put.\u2014 Non, je ne suis pas journaliste, Lady Béatrice, quoique ma profession soit quelquefois plus désagréable encore ; j'appartiens à Scotland Yard.A ces mots, la jeune femme se raidit subitement, il y eut dans son regard une lueur d\u2019affolement, mais presque aussitôt elle s'apaisa.\u2014 Voulez-vous me laisser vous parler pendant trois minutes.Je ne suis ici que pour vous aider si je le puis.\u2014 Vous pensez donc que j\u2019ai besoin d\u2019être aidée ?demanda-t-elle.\u2014 Je crois que oui, affirma-t-il gravement.Lady Béatrice, dites-moi si je me trompe ; quelqu\u2019un vous menace de chantage au sujet d\u2019une lettre, qui est tombée en la possession d\u2019un homme demeurant à Kenton Street ?\u2014 Ceci est presque exact, confir-ma-t-elle.\u2014 Vous avez envoyé votre femme de chambre récemment, chargée de cent livres sterling, pour en finir et reprendre la lettre.La femme est partie avec la somme, mais elle a été jouée, l'homme a refusé de tenir parole.\u2014 Cela est vrai, dit la jeune fille, quelque peu surprise.Je ne blâme pas Henriette : il a été si malhonnête ; quand elle est arrivée dans sa chambre, il lui a dit qu\u2019il lui fallait encore trente livres sterling ; je me suis arrangée pour les trouver comme j\u2019ai pu, mais, quand elle est retournée à Kenton Street, elle a cru entendre quelqu\u2019un dans la chambre et elle a eu peur.\u2014 Je comprends, dit Price avec sympathie.\u2014 La lettre pesait terriblement sur ma conscience depuis que je 1 avais écrite, continua lady Béatrice.J\u2019étais si désemparée, si désespérée dans la vie il y a un mois ! A ce moment un homme était amoureux de moi, seulement il était marié.Il allait s embarquer pour l\u2019Afrique et il me suppliait de partir avec lui ; alors, une nuit, juste la veille de son départ, j\u2019ai pensé tout à coup que ce serait une délivrance pour moi que de rompre avec ma vie ici.Vous ne savez pas grand'chose de ma famille, je suppose, monsieur Price, mais nous sommes très pauvres ; nous n avons pas de maison en réalité, nous dépendons en partie de nos parents et de nos amis.J'étais lassé de tout ; cet homme s\u2019est présenté, je ne 1 aimais pas, mais nous avions des goûts communs, et il me semblait que n importe quel changement serait préférable à cette situation.Alors, j\u2019écrivis que je le suivrais.Henriette porta la lettre à un chenapan qui avait été autrefois groom chez nous en Irlande, la lui a volée au moment où elle sonnait à la porte de 1 hôtel.Ce même soir, Hugh de V/inter, celui que je vais épouser, qui était^ mon ami d\u2019enfance, mais qui ne m'avait jamais laissé supposer qu'il m aimait, a demandé ma main.« Je ne pouvais lui répondre sur le champ ; je lui ai demandé d\u2019attendre une semaine ; j'aurais donné n'importe quoi pour rattraper cette lettre, mais je ne pus en retrouver aucune trace, malgré mes recherches.L\u2019homme à qui elle était destiné s'est embarqué sans un mot et j\u2019aimais Hugh chaque jour davantage.Vous pouvez ne pas me croire, monsieur Price, mais c\u2019est pourtant la vérité, je l\u2019aime plus que n\u2019importe qui^ au monde, et c\u2019est au moment où j'entrevoyais le bonheur que ce misérable, qui s\u2019appelle Fenton, a commencé à me demander de l\u2019argent ; chaque centime de la somme destinée à mon trousseau, je le lui ai donné, mais ce bandit réclamait toujours davantage.J'ignore pourquoi je vous ai dit tout ceci, monsieur Price, conclut-elle, avec une petite moue, je suppose que c\u2019est à cause de vos yeux bleus et de vos manières sympathiques.\u2014 Chère Lady Béatrice, dit-il avec sincérité, si seulement vous aviez compris le danger de céder au chantage ! C\u2019est de l'imprudence, de la folie, nous ne cessons de le répéter à Scotland Yard .sans aucun succès d\u2019ailleurs ! \u2014 Naturellement, j\u2019ai été stupide, admit-elle, et cependant tout a bien fini.J\u2019ai fait ce que j'aurais dû faire dès le début : j'ai tout avoué à mon fiancé.\u2014 Quand ?demanda Price vivement.\u2014 Quand Henriette est revenue après avoir laissé cent livres sans rapporter la lettre, je l'ai envoyée demander trente livres à une amie, et tout à coup, la laideur de tout ceci m\u2019est apparue clairement ; je ne pouvais plus la supporter, A peine avait-elle quitté la maison que Hugh est arrivé et je lui ai tout raconté.Il a été exquis de délicatesse ; devinez ce qu\u2019il a fait ?¦\u2014 Je ne sais pas.\u2014 Il n\u2019a rien dit, mais il m\u2019a quittée un peu plus tôt que d\u2019habitude et puis, savez-vous l'idée qu\u2019il a eue ?Il est allé droit chez .\u2014 Arrêtez-vous, cria l\u2019inspecteur.Elle le regarda, stupéfaite, la bouche ouverte.\u2014 Que voulez-vous dire ?demanda-t-elle.Toute sympathie avait soudain disparu de son visage ; il saisit le poignet de la jeune fille.Ne continuez pas ce que vous vouliez me dire, insista-t-il.Elle se recula un peu.Mais, mon cher, reprit-elle en riant, vous ne pouvez pas deviner ce que je vais vous dire, et je le dirai malgré vous : il est allé directement à la maison de cet individu et il a pris ma lettre.Pourquoi me regarder ainsi ?Qu'y a-t-il ?L'inspecteur resta un moment silencieux, ses yeux désespérés se détournaient d'elle.Son cœur était serré ; à ce moment il détestait sa profession de toutes ses forces.La jeune fille, consciente d\u2019un danger, lui prit la main.\u2014 Monsieur Price, supplia-t-elle, dites-moi ce qu\u2019il y a ?\u2014 Vous ne lisez pas les journaux ?demanda-t-il, vous ne savez rien de ce qui est arrivé la semaine dernière ?\u2014 Lire les journaux ?Jamais I surtout ces derniers temps ! Que voulez-vous dire ?J'ai ma lettre, Hugh l\u2019a vue.nous l\u2019avons lue ensemble.Il l'a jetée lui-même au feu.Il se leva d\u2019un bond.\u2014 Oubliez que vous l\u2019avez retrouvée pour l\u2019amour de lui ?\u2022\u2014 J\u2019oublierai, promit-elle ; je ne désire que cela.Mais pourquoi dites-vous pour l'amour de lui ?\u2014 Un jour, il vous dira peut-être, ne lui demandez rien à présent, dit l'inspecteur en prenant congé un peu précipitamment.Le sous-commissaire attendait Price quand celui-ci revint le même soir.Il le regarda avec un sourire amusé : \u2014 Vous êtes un des meilleurs et des plus utiles collaborateurs que nous ayons, dit-il en lui indiquant une chaise.Personne n\u2019aurait mené l'affaire comme vous l\u2019avez fait.L'inspecteur s\u2019assit, contrarié.\u2014 Je crois qu'à l\u2019avenir vous ne devrez plus compter sur moi, annon-ça-t-il.Son chef le regarda, stupéfait.\u2022\u2014 Je suis venu vous apporter ma démission, chef, je n\u2019ai pas de chance, je.je trouve que le service ne me convient pas.\u2014 Un peu de courage, voyons ! Qu\u2019y a-t-il ?\u2014 Quelle est votre opinion, chef, demanda-t-il, sur un maître chanteur, une canaille qui vole une lettre à une femme de chambre, la cache dans une mansarde, extorque l'argent d\u2019une jeune fille innocente et pauvre, promettant chaque fois la lettre qu\u2019il a volée, et chaque fois refusant pour demander davantage, torturant cette pauvre enfant, tandis qu\u2019il lui arrache son argent.\u2022\u2014 Je pense qu'il n\u2019existe sur terre rien de plus abject que ce misérable, déclara le chef.Vous connaissiez mon opinion sur les maîtres chanteurs ?\u2022\u2014 Alors que pensez-vous d'un homme qui lui tordrait le cou ?\u2014 Je lui serrerais la main, répondit Sutter brièvement.\u2014 Mais vous savez aussi à quoi la loi le condamnerait ?demanda Price d\u2019une voix blanche.Pendu, ou les travaux forcés à perpétuité.Voilà notre justice.Si vous tuez, vous serez tué.Le sous-commissaire se pencha vers lui.Tous deux se regardèrent dans les yeux.\u2014 Je commence à comprendre, dit-il lentement.La loi est brutale parfois.Vous avez trouvé qui est.?(Lire la suite page 38) 34 LE SAMEDI DIX PRIX A GAGNER CHAQUE SEMAINE LES DIX GAGNANTS \u2014 DIX JEUX DE CARTES Problème No 360 Mlle Thérèse Servais.627.rue Notre-Dame, Thetford Mines.P.Q.; Mme James Desy, Jo-liette.comté de Joliette.P.Q.; Mlle Jeanne Ruel.39.rue Samson, Lévis, P.Q.: M.Alphonse Laval, Ste-Anne de Beaupré, comté de Montmorency, P.Q.; Mlle Yvonne Madore, 44, rue Dollard.Hull.P.Q.; Mlle Regina Laplante.75, rue Racine, Chicoutimi, P.Q.; Mlle Diane Lachance, Marieville, F.Q.; Mlle Nathalie Rin-fret, 51, rue St-Gabriel, Québec.P.Q.; Mme A.Julien.283, avenue Querbes, Montréal, P.Q.: M.André Reneault, 7189, rue Christophe-Colomb, Montréal, P.Q.LES MOTS CROISES DU \" SAMEDI \" \u2014 Problème No 362 Solution du problème No 361 Adresse - VHle _______________________________________________________ Province _____________ Adressez : LES MOTS CROISES, Le Samedi, 975.rue de Bullion, Montréal.P.Q.HORIZONTALEMENT 1.\tUnité de mesure.\u2014 Nom de l'œuf des algues.\u2014 Fourrure allongée (fig.).2.\tCouvert de rapures de pain.\u2014 Ville d'Afrique.\u2014 Mois.3.\tAspirant ecclésiastique qui a reçu la tonsure.\u2014 Instrument pour broyer la tige du lin.4.\tSemence.\u2014 Action de courber les branches d\u2019un arbre fruitier.5.\tMoyen de direction (fig-)- \u2014 Qu\u2018 manque de vigueur.\u2014 Engendrer.6.\tDouze mois.\u2014 Grande voile qui sert de toiture.\u2014 Ville de Chaldée.7.\tTerme du jeu de piquet.\u2014 Genre d\u2019oiseaux palmipèdes.\u2014 Recueil.^ 8.\tInterjection.\u2014 Qui vivent aux dépens d\u2019autrui.\u2014 Préfixe.9.\tA travers.\u2014 Voir (en anglais/.Interjection.\t.\t.10.Mal reconnaître les bienfaits.\u2014 Pris de passion.1 1 Objet de moquerie.\u2014 Teinte plate.12! En les.\u2014 Relatif à la critique d\u2019un ouvrage.\u2014 Possessif.\t_\t^ 13.\tEndroit peu profond d\u2019une riviere.\t Qui possèdent une inscription honorifique.\u2014 Pronom.14.\tQualité de ce qui est piquant.\u2014 Gar- niture de métal qu\u2019on met au bout d\u2019une canne.\t.\u201e .\t, 15.\tTablette servant de bulletin de vote.\u2019___ Espèce de polygonées d\u2019un gout acide.VERTICALEMENT 1.\tSe dit de la copie de l'écrit original.\u2014 Dommage.2.\tCoups de baguette.-\u2014- Abjure.\u2014 Attire dans sa bouche en y faisant le vide.3.\tVente à l'enchère.\u2014 Sans mélange.¦\u2014- Genre de légumineuses.4.\tSoutirer.\u2014 Genre de graminées.\u2014 En les.5.\tVille d'Autriche.\u2014 Genre de lilia-cées.6.\tTerre argileuse jaune.\u2014 Animal contractile.\u2014 Désavouer.7.\tAride.\u2014 Mélanges des choses diverses.\u2014 Point cardinal.8.\tDu verbe pouvoir.\u2014 Magnifique amphithéâtre de Rome.\u2014 Fleuve de France.9.\tPris prépositivement.\u2014 Vierge et martyre en 304.\u2014 Unité de mesure pour les surfaces agraires.10.\tMot injurieux.\u2014 Echec au roi.\u2014 Observées secrètement.11.\tPortion de circonférence.\u2014 Tumeur pathologique.12.\tConsolide, affermit (fig.).\u2014 Qui appartient au mollet.-\u2014 Préfixe de duplication.13.\tPelle dont on se sert pour enlever les boues.\u2014 Créa.\u2014 Terre.14.\tAdverbe.\u2014 Rapproché.¦\u2014- Pleinement repu.15.\tAccablant.-\u2014- Comble d\u2019un édifice.(Suite de la page 32) \u2014 Davidson ou Dambert, comme vous voudrez.\u2014 Que voulez-vous qu\u2019il fasse ?\u2014 Mais .\u2014 Rien ! Il l'a si bien compris qu'il s'est embarqué sans tambour ni trompette pour son pays d\u2019adoption .\u2014 Un procès .cependant ?.\u2014 A qui ?.\u2014 A vous, par exemple ! \u2022\u2014 A moi ?\u2014 Sans doute.\u2014 A quel sujet ?\u2014 Pour ces enfants disparus.\u2014 En quoi le regardent-ils ?\u2014 S'il en est le père ?\u2014 Qui le prouve ?Le major haussa ses rondes épaules.\u2014 Vous redoutez des moulins à vent, dit-il.Pensez donc.A quel titre m'attaquerait-on ?Comme médecin, je suis tenu au secret.C'est très commode ! Je ne dirais pas un mot.D'ailleurs, je rejetterais tout sur la duchesse.C'est elle qui a tout fait, tout ordonné .tout dirigé.Ah ! vous croyez qu\u2019il est facile de se faire rendre justice et de sortir de telles impasses quand on y est engagé ! Vous seriez naïf.Aussi regardez-moi.Ai-je l'air d\u2019un homme bourrelé de remords, traqué par des imaginations lugubres, tourmenté même par des inquiétudes, si légères qu'elles soient?\u2014 Il faut reconnaître que non.\u2014 C'est que j\u2019ai de la tête, j\u2019ose m'en flatter.Quand je pense à ce que j\u2019étais et à ce que je suis, je me sens tout ragaillardi, ventre de biche ! Je m'enfle d'un certain orgueil, et si j\u2019ai un conseil à vous donner, c\u2019est de ne pas vous faire tant de mauvais sang pour une catastrophe dans laquelle vous n\u2019êtes pour rien ou du moins pour peu de chose.La fatalité \u2014 vous savez bien, cette fatalité antique, sur le dos de laquelle les anciens mettaient leurs sottises \u2022\u2014 a tout conduit.Certes, la Roselli était une fille faite au moule, ravissante de tout point; mais vous connaissez le dicton; une de perdue, dix de retrouvées.L\u2019espèce n'est pas faillie, malheur ! Le comte Philippe de Vaunoise écoutait à peine les théories de son compagnon de voyage.Il se tourna du côté de la portière et lança son cigare presque entier par le vasistas.Après quoi, il se rencogna d'un air maussade, réprima un frisson et ferma les yeux comme si non seulement il n\u2019avait pas voulu écouter le major, mais encore le voir.\u2014 Hum ! fit le Limousin du ton d'un médecin qui juge son malade pire qu'il ne le pensait.Mais il ne se déconcerta point.Il était de sa nature tenace comme un terrier et ne lâchait pas sa proie.Il poursuivit : \u2014 Je vous ai connu dans de plus mauvais draps, vertubleu, et vous n\u2019en meniez pas large au temps de notre fameux marché du Breuil : vous en souvenez-vous ?Vaunoise fit un geste de fatigue, la grimace d'un patient sur lequel on pratique une opération désagréable.Campayrol n\u2019était pas homme à s\u2019arrêter pour si peu.\u2014 Comparez, reprit-il, votre situation à celle que vous aviez alors.Harcelé par vos créanciers, tremblant pour le lendemain, doutant si vous ne seriez pas obligé de vous loger une balle dans la cervelle, vous vous teniez ferme pourtant, vous aviez du front; je n\u2019étais pas loin de vous admirer, parole sacrée ! Aujourd'hui, quelle différence ! Vous vous moquez des huissiers qui sont de fâcheuses bêtes quand on les a à ses trousses; vous êtes à la tête d\u2019une superbe fortune; vos équipages tiennent le haut du pavé et votre cuisinier tourne les sauces comme feu Carême.A la vé- rité, la comtesse et vous, vous vous entendez comme chien et loup, mais la douce créature souffre en silence, et, si elle se plaint, c\u2019est trop bas pour être entendue.Or, je ne vous sais pas le coeur assez tendre pour s apitoyer sur les maux du prochain.Vous êtes doué d'une forte dose d'égoïsme et je ne saurais vous en blâmer.J en ai autant à vous offrir et m'en fais gloire.Donc, point de faiblesse.Pensons d abord à nous.Que les autres s arrangent comme ils peuvent.Et relevez-vous le moral, sapreminette .C'est un voyage d\u2019agrément que nous commençons.Si je dois voir tout le long de la route une tête comme celle que vous me faites, je tourne les talons et rebrousse chemin, hé ! Le train s\u2019arrêta de nouveau.\u2014 Les Aubrais, vingt-cinq minutes d\u2019arrêt.La portière s'ouvrit.Cette fois deux domestiques au lieu d\u2019un se montrèrent, attendant leurs maîtres.Le comte sauta prestement à terre; Campayrol s'appuya au bras de son valet de chambre avec des précautions de goutteux et, sur le trottoir, jeta au Gascon son pardessus léger doublé de soie, du geste d\u2019un cardinal qui donne sa douillette à porter à un camérier.Les deux amis entrèrent au buffet.Tous ceux qui ont voyagé connaissent ces festins à prix fixe enlevés comme une redoute à la baïonnette.On ne cause pas; on met les morceaux doubles.Campayrol laissait dormir sa verve en face de la table abondamment servie et dont les plats s\u2019enlevaient avec une rapidité fantastique.Cependant, entre le fromage et le café, il trouva moyen, la bouche pleine, de glisser cette petite phrase au comte de Vaunoise qui ne mangeait que du bout des dents ; \u2014 Elle a dû s'asseoir à cette table il y a deux ou trois jours.Elle ! Vaunoise n\u2019eut pas l\u2019air d'entendre.L\u2019autre ajouta : \u2014 Nous n\u2019aurions pas pour deux sous de veine si on ne la retrouvait au moment où on y pensera le moins.Le comte fit la sourde oreille et ne demanda pas de qui on voulait parler.Mais le major qui l\u2019examinait à la dérobée, en lançant ses allusions comme un ballon d\u2019essai, vit une sorte de lueur passer dans ses yeux et une crispation agiter ses doigts qui tenaient la tasse pleine.L\u2019heure s\u2019avançait.Le crieur du buffet annonçait les minutes pour rassurer les gens craintifs qui croient dès le potage que le train va les laisser en panne, mais enfin la cloche sonna et l\u2019employé de service parut à la porte et cria : \u2014 Messieurs les voyageurs, en voiture ! Vaunoise se dirigea seul vers son coupé, tandis que Campayrol le suivait en s\u2019appuyant sur le tranquille Savin, son bâton de vieillesse.Savin, en bon Gascon, cachait sa finesse sous des apparences de marmotte endormie.Il courbait le dos sous les épithètes dont le major l\u2019accablait à la façon des bourgeois de comédie : bélitre, butor, pendard et le reste.Il l\u2019écoutait défiler ses chapelets de jurons et se pliait à tous ses caprices, mais en épiant l\u2019heure où le vieux garçon, usé par la table et d\u2019autres excès deviendrait à son tour un instrument dont il jouerait pour ses intérêts qu\u2019en paysan futé il n\u2019oubliait pas.Certes, Campayrol, doucement étayé par ce fidèle serviteur, avait l\u2019air très vénérable.Les apparences sont trompeuses.Pas un de ses compagnons de route ne dut s'empêcher de penser : 26 novembre 1938 35 \u2014 Voilà un respectable et digne vieillard ! Et vous y auriez été pris comme eux.Ce Campayrol avait tout pour lui, en vérité, la tournure, l\u2019onction et le miel de la persuasion.Réinstallé sur ses moelleux coussins.il se renversa en fermant les yeux dans une attitude qu'on aurait pu prendre pour celle d'une pieuse méditation et qui n'était que le recueillement d une digestion laborieuse, et il examina de nouveau le comte sans que celui-ci pût s\u2019en douter.Le regard passait entre des paupières closes comme celles d'un chat qui fait le mort pour mieux surprendre sa proie.Vaunoise allumait un nouveau cigare avec l'air ennuyé, mécontent qui ne le quittait pas depuis le départ du train.Tout à coup il se tourna vers Campayrol.-r- Voilà une des soeurs morte, demanda-t-il brusquement.Avez-vous des nouvelles de l'autre ?\u2022 Le major tressauta comme un homme éveillé en sursaut.\u2014 Tiens .Vous fumez, dit-il en éludant la réponse.Vous seriez bien aimable de m'offrir une cigarette.\u2014r Avec plaisir.\u2014 Je ne sais pas si c'est le train qui m\u2019endort ou la chaleur, mais j'étais plongé dans une agréable rêverie.Vous me demandez ?Ah ! j'y suis .Si on a des nouvelles de la soeur ?.\u2014 Précisément ! \u2014 Je ne sais pas du tout ce qu elle est devenue.\u2014 C\u2019est bizarre.\u2014 Pourquoi voulez-vous que je œ'ej inquiète ?Pour moi, c'est une alfaire close et absolument dénuée d\u2019intérêt.\u2014 Mais .\u2014 Tout ce que je peux vous dire, c est qu elle a quitté le pays avec les gens qui s étaient chargés d elle .La trace est perdue .\u2014 Alors on ignore ?.\u2014 Sans doute.\u2014 Le père ne l'a pas cherchée ?\u2014 Vous comprenez qu\u2019il ne me confie pas ses affaires .Ce qui me fait penser qu il ne sait rien ou n a pas réussi dans ses démarches, c est son départ.\u2014 Est-il parti, en effet ?\u2014 Je l\u2019ai vu figurer au nombre des passagers du dernier paquebot .Je n en sais pas davantage .D ailleurs, là-dessus, je me suis imposé une loi.\u2014 C'est ?.\u2014 De n'en pas parler et d y penser le moins possible.Je vous engage à en faire autant.\u2014 Je le voudrais, mais \u2014 Cela vous intéresse donc bien, vous, cette histoire ancienne, comme vous l\u2019appeliez, il y a quelques semaines, le soir de la petite fête ?.\u2022 \u2014 En effet, dit Vaunoise d'un air morose, elle m intéresse plus que je ne le voudrais.\u2014 Et bien ! moi, ça ne m amuse pas le moins du monde et je m en soucie comme d une coquille d huître.Que ce M.Davidson ou Dambert fasse ce qu'il voudra, je m en moque.Le temps est beau, la saison superbe, ce coupé parfaitement suspendu; j ai des billets de banque plein mes poches; on a bâti exprès pour nous d excellents hôtels aux Pyrénées; je vois devant moi quelques bonnes journées et je ne me connais pas d infirmités.En faut-il plus pour être de belle humeur ?Aussi je vous prie, une fois pour toutes, de ne pas gâter mon plai-sir avec vos réflexions.Je Jsarle dans votre intérêt autant que dans le mien.Pouvons-nous faire que ce qui est ne soit pas ?Non.Il faut donc en pren- dre son parti bravement, saperbleure ! et n'y plus penser.Nous tenons le bon côté, gardons-le, mille canons ! Le major s\u2019était exprimé avec vivacité.Vaunoise fut ébranlé.\u2014 Que fait-on en médecine en certains cas ?On cherche un dérivatif, affirma Campayrol.Cherchez-le, si vous en éprouvez le besoin.\u2014 Au fait, vous avez peut-être raison, docteur.\u2014 Vous le reconnaissez ?C'est fort heureux, vivadiou ! comme disent les Béarnais.\u2014 Ainsi nous allons .?.\u2014- Devant nous, au hasard de nos caprices.\u2014 Vous la croyez aux Pyrénées ?\u2014 Qui ça ?Vaunoise prononça presque timidement un nom : \u2014 Césarine.\u2014 Je le crois.J'ai rencontré Ribas.Ribas connaît tout à Paris, hommes et femmes.C'est une gazette ambulante, ce garçon-là.Il m\u2019en a dit deux mots .il paraît qu'il lui fait la cour, à cause de son argent.Vous rougissez ?.Qu'est-ce que ça peut vous faire que ce Ribas, un bohème, 1 é-pouse ou un autre, puisqu'elle ne veut pas de vous ?Vaunoise fronça le sourcil.La jalousie le piquait au vif.\u2014 Ribas n'a pas le sou, continua Campayrol.On ne sait de quoi ça vit, ces gens-là, parole sacrée ! Il ne serait pas fâché de mettre la main sur les vingt mille francs de rentes de Césarine, car elle les a; c\u2019est elle qui me l'a avoué .Vous savez, à moi, on me dit tout.Une fille très forte ! Vous n'en avez pas des douzaines de son calibre sur la place de Paris ! Hier je suis allé chez Laure m'informer .Césarine a pris un congé d'un mois et elle est partie .\u2014 Seule ?\u2014 Avec une petite qu elle protège et dont je ne sais pas même le nom.\u2014 Elles vont ?.\u2014 Comme nous, devant elles .\u2014 Sans but ?objecta Vaunoise soupçonneux.\u2014 Pourquoi va-t-on aux Pyrénées?.Pous les voir .pour respirer .pour passer le temps .Et enfin, je vous le répète, qu\u2019est-ce que ça vous fait ?Vous savez que mes conseils sont bons et désintéressés .Vous avez tort de vous occuper de cette fille .Elle arrive à la quarantaine.\u2014 Elle n'a que trente-six ans .\u2014 Trente-six ou quarante, c'est tout comme .Elle a gagné de 1 argent et beaucoup .Elle est indépendante .Elle ne vous a jamas pardonné de l'avoir lâchée dans le temps Excusez le mot.Mantenant elle se moque de vous, et c est humiliant pour un homme de votre sorte de se cramponner inutilement aux jupes d'une fille qui ne veut pas de lui.\u2014 Vous n\u2019entendez rien à ces choses-là, major.,\u2014 Tatatata ! \u2014 D\u2019abord, je ne cours pas après Césarine ! \u2014 A d'autres ! On n'en conte pas à un veux renard comme moi.\u2014 A la vérité, je ne serais pas fâché de la rencontrer en voyage, du côté de Cauterets ou de Luchon ., .\u2014 A quoi bon ?.\u2014 Si elle s'est moquée de moi, comme vous dites, qui sait si je n'aurai pas ma revanche ?\u2014 Au fait, gronda Campayrol, on a grand tort d'empêcher les fous de faire des folies.\u2014 Vous parlez de dérivatif.\u2014 Eh bien ?\u2014 Il est tout trouvé .Le voilà.\u2014 Césarine ?\u2014 Pourquoi pas ?\u2014 Illusion ! .\u2014 Vous verrez.\u2014 Ah fit le major avec une parfaite indifférence, prenez-la.si vous pouvez.C\u2019est votre affaire .Moi je m en lave les mains comme Pilate.Oh ! la paix, la tranquillité, le calme, c'est tout ce que je veux ! Et ce qu'on en perd, dès qu on met des femmes dans son jeu ! Vaunoise ne répliqua rien.Du reste, ce bon major ne l'aurait pas entendu.Il venait de s\u2019assoupir, mais sérieusement, la tête appuyée à son coin, la bouche ouverte, et dormait du sommeil des justes.II -5 Pressentiments I es uns les nient, les autres les af-I\u2014 firment.Il en sera de même tant que le monde subsistera.Bien malin celui qui mettrait d accord deux cervelles de savants ou même de simples mortels.Nous y croyons.La bête elle-même s arrête et tremble aux approches du danger.Malgré les assurances du docteur Campayrol, le comte de Vaunoise n\u2019était pas tranquille.Il avait vécu près de vingt ans dans l'étourdissement d\u2019une existence de plaisirs et de désordres.Ses maîtresses ne se comptaient pas; les nuits d'orgie, les folies du jeu, les tracas d'argent que ses prodigalités enfantaient à plaisir finissent par énerver les natures les plus résistantes.D'un autre côté, la figure triste et hautaine de Blanche de Charnay.qui lui apparaissait à chaque insant, était pour lui un vivant et incessant reproche.La situation du comte, brillante aux yeux des foules qui ne voient que la surface, avait donc comme beaucoup de fruits, en apparence superbes, son ver rongeur qui la dévorait sans bruit.En somme, Vaunoise était méprisé même de ses intimes et le savait.C\u2019était une cruelle blessure à son amour-propre.Il n\u2019était donc heureux qu'en superficie.Il n'y avait pas jusqu'à la conduite de Césarine avec lui dont il ne fût très affecté.Avec son franc parler et la licence de l'argot qu'elle avait apprs dès son enfance, elle lui exprimait à chaque rencontre et très librement ce que les autres se contentaient de penser.Et, résultat singulier ! ces dédains insultants n'avaient qu'un effet : celui de raviver la passion qu\u2019il entretenait pour elle depuis leur rupture et que l\u2019inaltérable beauté de son ancienne amie rendait de plus en plus violente.Enfin les derniers événements auxquels il avait été si tragiquement mêlé l'achevaient, et il flottait comme un bateau désemparé qui ne sait plus de quel côté se tourner.Sans preuves, sans indices même, il se sentait entouré de pièges et de traquenards.Georges Dambert avait disparu trop subitement.Cette retraite n\u2019était pas naturelle.Rien n'est plus inquiétant que le mystère et la nuit.L'homme le plus vaillant marche avec précaution dès qu'il est environné de ténèbres.Vaunoise voyait des effets dont il ignorait les causes; celles du suicide de la Roselli lui étaient inconnues.Il ne pouvait que se perdre dans les conjectures les plus vagues et s\u2019y perdait en effet.Le désespoir du père en face de cette catastrophe avait-il été assez IXCElIHI fjouh IdéjiiÀJi/mdlMuih^ Depuis des générations, les mères canadiennes ont eu recours à ce fin et doux savon pour préserver la peau si tendre ec si veloutée de leurs bébés\u2014et elles ont réalisé que son action rafraîchissante et purifiante\u2014douce même à 1 épiderme le plus sensible\u2014fait du Baby s Own délicatement parfumé, le savon tout désigné pour un teint séduisant.SAVON uns own ALBERT SOAPS LIMITED The J.B.WilliamaCo.(Canada) Ltd., Successeur» MACHINE A VUE GRATIS Vous pouvez maintenant avoir des vues animées chez-vous, à l\u2019école, ou en tout autre endroit.Voyez POP EYE si fort, le chat FELIX si drôle, BETTY BOOP et bien d\u2019autres personnages populaires.Les lentilles à projection sont très fortes et reproduisent des portraits bien clairs, de 14\" x 18\".Ampoule électriaiie spéciale fonctionnant par 2 batteries à 1 intérieur.S\u2019ouvre et se ferme à volonté avec une connection.Tournez la manivelle vite ou lentement à votre gré, et aussi longtemps que vous le désirez.Choisissez plusieurs films différents et faites une séance pour toute la famille: Grands et Petits.Donnée GRATIS avec deux films en vendant des Cartes de Noël et de la Nouvelle Année pour $3.50.Ecrivez aujourd\u2019hui.N\u2019envoyez pas d'argent.CADEAU EXTRA pour la promptitude.Les GENS de la MEDAILLE d\u2019OR, Dept El 1 1440 rue Ste Catherine Ouest, Montréal Douleurs Sciatiques Le rhumatisme sciatique, la névrite et le lumbago sont vitement et agréablement soulagés\u2014pas de résultats désagréables\u2014pas d\u2019indigestion si vous employez le P A R A D O L du DR CHASE Lisez LE FILM Le grand magazine de cinéma Chez les dépositaires : 10 cents 36 le samedi violent pour l\u2019amener à fuir la France de nouveau et à renoncer aux idées de vengeance dont il devait être assailli ?C'était possible.Dans l'impuissance où Dambert se sentait de dénouer une situation inextricable, se résignait-il à un nouvel exil ?Se croyait-il hors d'état d\u2019en-trainer Blanche de Charnay à le suivre ?Reconnaissait-il que les idées religieuses de la comtesse ne lui permettaient même pas de recourir au divorce qui s\u2019offrait à elle comme une suprême ressource et que le scandale des liaisons du comte rendait possible ?Ou encore avait-il cessé d\u2019aimer Blanche après tant d\u2019années d\u2019éloignement ?Autant de points obscurs pour le mari; autant de raisons de crainte et d'incertitude que la verve du major Campayrol essayait vainement de dissiper.Le train s\u2019arrêta pour la troisième fois \u2014 Tours, cinq minutes d'arrêt ! Le docteur, éveillé en sursaut, se frotta les yeux.\u2014 Où sommes-nous ?demanda-t-il en se penchant à la portière.Et tout à coup en apercevant un voyageur qui se dirigeait vers le train : \u2014 Tiens ! ce bon Ribas ! Si on le prenait avec nous ?Il l\u2019appela d'un signe sans attendre la réponse de son compagnon.Le nouvel arrivant était un grand garçon sec comme un copeau, élégant comme les gens minces, bien campé sur des jambes sèches, brun-roux.la peau tannée particulière à certaines natures de gentilshommes campagnards, avec des pommettes saillantes, des yeux caves, gris d'acier, les joues creuses, un nez en bec d\u2019aigle et le cheveu rare.Une longue moustache retroussée à la batailleur coupait son visage en deux.La figure était ravagée par une foule de veilles et d'excès, les mains nerveuses, la pose d'un bretteur, l'air froidement décidé et la mise correcte d'un Parisien du monde en voyage.Complet gris, chapeau de la même couleur, cravate lâche et molle de soie claire, artistement nouée.Trente-huit à quarante ans au plus.Il s'était approché du coupé, une légère valise à la main.Il s'appelait Guy de Ribas, s'imposait à peu près partout, mettait effrontément un tortil de baron sur ses cartes et ressemblait à ces aventuriers du Midi qui venaient jadis tenter fortune à la cour, n'ayant ni sou ni maille, mais une longue rapière au côté.\u2014 Comment êtes-vous là.mon bon?demanda Campayrol, à qui Ribas tendait un doigt.\u2014 J\u2019y suis tout naturellement .\u2014 Mais .\u2014 Je vais aux Pyrénées pour une quinzaine et me suis arrêté à Tours vingt-quatre heures chez Réville.Il est là.parfaitement installé.Tours, c'est sa campagne.Il n\u2019y vient guère.Il a tort.C\u2019est à vous ce coupé ?\u2014 Parfaitement.\u2014 Peste.Vous vous mettez bien.\u2014 Quand on le peut.Voulez-vous une place ?\u2014 Je ne vous gêne pas ?\u2014 Comment donc ! dit Vaunoise qui n'était pas fâché de ce hasard.C était là une distraction de voyage qui survenait à propos.Ce Ribas était bien accueilli de tous.Personne n aurait pu dire de quoi il vivait, mais il vivait bien.C'était un de ces hommes sur lesquels on a des doutes, mais nébuleux, et qui vous camperaient un coup d\u2019épée sérieux pour une allusion déplaisante.Paris sans eux ne serait pas Paris.On les voit aux premières, à toutes les fêtes, aux courses.Ils sont de toutes les parties, et fort peu de délicats évitent de leur tendre la main, moins aimés que redoutés, mais choyés, amusants, d'une politesse d'hidalgos qui ont le droit de se couvrir devant le roi.Ribas s'installa sans façon entre les deux voyageurs, alluma une cigarette d'Orient qu'il tira d'un étui timbré d'une couronne à laquelle ses droits n'étaient consacrés que par une audacieuse prise de possession, et le train reprit sa course folle.\u2014 Vous allez ?.demanda le nouveau venu.\u2014 Du côté du soleil, déclara Campayrol.Vaunoise a besoin de se distraire.\u2014 Je comprends ça.\u2014 Singulière aventure.n'est-ce pas ?\u2014 Réville m'en parlait tout à l\u2019heure.Une fille charmante, cette Ro-selli ! Vingt ans, du talent, car elle en avait et beaucoup, une forme exquise, c'est le mot ! Un avenir tissé d'or et de soie ! Et se jeter dans la Seine ! La grande névrose, mes-seigneurs ! En avant les violons ! La danse macabre compte une étoile de plus.Au fond, sait-on la cause de sa résolution ?\u2014 Ma foi.non, déclara Campayrol.Pour ma part, je ne m'en doute pas.Un cerveau malade ! \u2014 Et cette Renza, hein ! C'est tout à fait extraordinaire, ce qui lui est arrivé.Il parait que son Espagnol, ce Gomès avec qui elle faisait ses exercices, était d'une jalousie féroce.\u2014 Ce sont des racontars.Cette petite Lorenza était sage comme une image et ne connaissait personne.Elle n'aimait que sa soeur.Voulez-vous mon idée ?\u2014 Dites-la, docteur.\u2014 Elle s'est tuée exprès .comme l'autre.- Bah ! \u2014 Elle n\u2019a pas voulu rester toute seule.On a trouvé sur elle la lettre de sa soeur qui lui annonçait qu'elle se jetait à l'eau.Elle n'avait pas d\u2019eau pour se jeter dedans.Elle a pris un autre chemin .Voilà tout.\u2014 Si on parlait d autre chose, insinua Vaunoise.C'est lugubre, vos histoires ! \u2014 Vous avez raison, dit Ribas.Pour ma part, je suis navré.A ces quelques paroles, on aurait pu lui supposer une âme sensible.Il l\u2019avait eue peut-être; mais la vie d\u2019expédients qu'il menait émousse terriblement la sensibilité.Vaunoise reprit ; \u2014 Quand êtes-vous parti de Paris?\u2014 Hier matin, par le rapide.L'heure est très commode.On arrive à Tours pour déjeuner.Réville m\u2019attendait.Un paradis, sa propriété ! \u2014 Mais ça manque de femmes.\u2014 Allons donc ! Et le télégraphe, et les express, et les soirs propices, et les voilettes sombres ! D\u2019ailleurs, l\u2019hôtel de Réville possède sur une ruelle une petite porte de derrière qui lui rend bien des services.Voilà un gaillard qui entend la vie ! Respectabilité parfaite, hypocris'e mondaine, ménagements adroits .mais tous les plaisirs proscrits, tous les fruits défendus ! Très fort, Réville.Fera le mariage qu'il voudra.Ribas se frappa le front en homme qui retrouve une idée perdue.\u2014 J'oubliais .dit-il en s'adressant à Vaunoise.Devinez avec qui j\u2019ai voyagé hier ?\u2014 Je ne vois pas .\u2014 Avec une femme ravissante.\u2014 De quel monde ?\u2014 D\u2019aucun, mais superbe, déliran- te ! Sapristi ! quelle étonnante créature ! \u2014 Si vous ne la nommez pas !.\u2014 Cherchez dans vos souvenirs.\u2014 Il en a tant ! observa Campayrol très narquois.\u2014 Voyons ! Je veux vous mettre sur la voie.Grande, un peu forte, taillée dans le marbre.Une gorge sans rivale, une tète d impératrice .des cheveux d\u2019un brun chaud dans lequel y a du vénitien, des yeux qui vous fascinent, une peau d une blancheur inaltérée, des sourcils en arc, une bouche, une taille surtout.\u2014 Césarine, parbleu ! interrompit le major ! Il n'y a pas deux comme elle.Elle était seule ?\u2014 Non, avec une petite blondine insignifiante qui a l'air de sa femme de chambre.\u2014 Vous avez causé ?.\u2014 Je vous crois .Elle n a pas la langue dans sa poche.\u2014 Et de quoi avez-vous causé ?demanda Vaunoise.\u2014 Un peu de vous, mon cher.\u2014 Peut-on savoir ce qu elle en a dit ?\u2022\u2014 J'aimerais autant ne pas le répéter.\u2014 Allez donc ! \u2014 Vous le voulez 7 \u2014 Je vous en prie.\u2014 Elle dit que vous portez la guigne et qu'il faut toucher du fer ou vous faire des cornes quand on vous rencontre.\u2014 Eh ! fit Campayrol, ce n\u2019est pas bien méchant.Savez-vous où on a chance de la rencontrer ?\u2014 Je ne suis pas fixé .\u2014 Elle va à Cauterets 1 .\u2014 Ou à Luchon.\u2014 Il n\u2019y a que les montagnes qui ne se rencontrent pas.déclara le major.Au fond cette fille a du nerf et vaut son pesant d\u2019or.Elle a trimé pour faire son chemin, et.quand les débuts ont été difficiles, on en garde une certaine âcreté d\u2019humeur jusqu\u2019à la fin.Sa rudesse vient de là.Il se fit un silence.Vaunoise se renforça dans ses réflexions en mâchonnant un bout de cigare, son éternel passe-temps.Ribas déplia un journal du matin qu'il venait de prendre à la gare et le parcourut rapidement.\u2014 Tiens, dit-il au comte, voilà un entrefilet qui vous concerne, à ce que je crois, du moins.\u2014 Donnez.\u2014 Je vais vous le lire.\u2014 Faites.Le mytère qui plane sur la fin de la malheureuse danseuse de l'Eden.la Roselli.n\u2019est pas éclairci, mais nous pouvons néanmoins donner à nos lecteurs Ja primeur d'un curieux détail.« Cette belle fille, que tout le monde admirait il y a quelques jours encore, a été transportée dans un château, au fond d\u2019une province du Centre.Nous ne pouvons le désigner, par discrétion.Maintenant elle y repose dans une chapelle isolée au milieu d'un parc immense, auprès de sa soeur Lorenza dont la fin terrible a fait frissonner tant dp spectateurs, le jour même du suicide de la Roselli.« Quel drame inconnu, quelles secrètes intrigues ont amené ces scènes inexplicables pour quiconque n\u2019en possède pas la clef ?« Peut-être ne le saura-t-on jamais.« Tout ce que nous pouvons dire, c\u2019est que ce château appartient à une jeune et malheureuse femme dont les ancêtres ont porté quelques-uns des plus grands noms de France.» Les dents de Vaunoise s'incrustèrent les unes dans les autres.\u2014 C'est donc là qu'elle était ! mur-mura-t-il.\u2014 Vous devinez quel est ce château ?dit Campayrol à son ami.\u2014 La Jonchère.\u2014 Je le crois.Mais comment ces reporters sont-ils au courant de tout ! C'est ennuyeux.Et on appelle ça le progrès, saperlipopette ! .\u2014 Que dites-vous de cette nouvelle ?demanda Ribas au major.\u2014 Je dis que l\u2019affaire est enterrée comme la danseuse et que dans huit jours il n\u2019en sera pas plus question que des habitants de la lune.\u2014 Poitiers, cinq minutes d arrêt, cria un employé.\u2014 Ainsi vous allez aux Pyrénées, Ribas ?reprit Vaunoise.\u2014 A moins que le train ne déraille.\u2014 Vous y êtes né, je crois ?\u2014 Oui.\u2014 Est-il vrai que vous y possédiez un domaine ?\u2014 Absolument.\u2014 Où ça ?\u2014 Entre Cauterets et la brèche de Roland.\u2014 Il s'appelle ?.\u2014 Comme moi, Ribas.\u2014 Vous ne l\u2019avez pas vendu ?\u2014 Je n\u2019aurais pas trouvé d\u2019acquéreur.\u2014 C\u2019est habitable ?\u2014 Pour les hiboux.\u2014 Bon ! dit Campayrol, rien que d\u2019y penser, on frémit.\u2014 Et les terres ?continua Vaunoise.\u2014 Deux à trois cents arpents de rochers, de torrents et de fondrières.\u2014 Qu'est-ce que ça vous rapporte?\u2014 Rien.\u2014 Vous y avez du monde ?\u2014 Un ménage, le mari et la femme.Ils vivent là comme ils peuvent, très mal.Je ne leur donne rien et ne leur demande rien.\u2014 Voilà un compte qui est réglé tout de suite, observa le major.\u2014 Mais je peux dire que je possède un domaine et un château, reprit gaiement le Béarnais.C'est d'un bon effet.D\u2019ailleurs, je m'y plais et.si je pouvais, mon rêve serait de le restaurer et d'y vivre, comme un oiseau de proie sur un rocher.\u2014 Vous péririez d ennui, maheu-reux ! \u2014 Croyez-vous que je m'amuse tout le temps à Paris ?Dans nos montagnes du moins on se retrempe, on respire largement loin de l\u2019air infecté de bacilles et de microbes, pour parler comme les farceurs qui croient les avoir inventés.Je suis plus philosophe que vous ne pouvez le croire.\u2014 Je serais curieux de voir cette masure, dit Campayrol.Peut-on y déjeuner ?\u2014 On déjeune partout.\u2014 Mais chez vous ?\u2014 Si on n'est pas trop difficile; en se contentant d\u2019un gigot d'isard, d'une omelette et de quelques bouteilles de vin d\u2019Espagne.\u2014 Vous nous invitez.Ribas ?\u2014 Avec plaisir.Les montagnards sont hospitaliers.Il se tut.Vaunoise regardait mélancoliquement les champs, les près, les bois et les maisons défiler aux portières.Il sc retourna pour dire : \u2014 Ainsi on déjeunera dans votre ruine ?\u2014 Si vous voulez.\u2014 Certainement, j'accepte.Campayrol cligna de l\u2019oeil et échangea avec Ribas un signe d intelligence.Ce signe voulait dire : \u2014 Tout va bien ! III Rencontre À ngoulême, cinq minutes d\u2019arrêt.7 ' \u2014Descendez-vous, Vaunoise?dit Campayrol.\u2014 Une minute, et vous ?\u2014 Je ne bouge pas jusqu'à Bordeaux.Depuis que ce bon Ribas nous 26 novembre 1938 37 tient compagnie, le temps passe comme un éclair.Le gentilhomme au nez d'aigle resta seul avec le major.\u2014 Ah ça ! que prétendez-vous faire de votre ami ?demanda-t-il.' - Comment vous le dirais-je si je ne le sais pas moi-même ?J'exécute ma consigne, mais je n\u2019en connais pas le but.Un étranger nous pousse comme des pions sur un échiquier.C\u2019est son affaire et non la nôtre.Vous savez ce qui est convenu ?\u2014 Parfaitement.\u2014 Vous restez chez vous une huitaine.\u2014 Entendu.\u2014 Pour vous distraire dans ce nid à chauves-souris, vous aurez le droit de venir flirter à Cauterets de temps à autre, le matin surtout.\u2014 Soit.\u2014 Là, on vous donnera vos instructions.Tout doit se faire en douceur.Rien de répréhensible ou de criminel.Vous pensez bien qu'autre-ment je ne m'en mêlerais pas, mille canons ! Ce bon Campayrol ! Il reprit : \u2014 Quand le moment sera venu, vous nous offrirez ce déjeuner dans votre donjon.\u2014 Bien.\u2014 Vous aurez soin de prolonger le festin de sorte que la nuit nous surprenne au retour.\u2014 C'est facile.\u2014 Le guide nous égarera si bien que nous arriverons non à Cauterets, mais à la frontière d\u2019Espagne .Là, votre mission sera terminée .C\u2019est tout ce qu\u2019il y a de plus simple et de plus innocent.\u2014 En effet.\u2014 Vous gagnerez donc aisément votre argent.\u2014 Ne parlons pas de ces questions qui nous rabaissent, docteur.\u2014 Ma foi, cependant, pour vivre, à moins d\u2019être né miliardaire comme les Rothschild, il faut bien faire argent de quelque chose, de son temps, de sa jeunesse, son talent ou sa force.Autrefois, vous auriez vendu votre dague ou votre rapière.Aujourd'hui, personne n\u2019en veut, si ce n'est l\u2019Etat, et, franchement, il n\u2019y met pas le prix.\u2014 Vous avez raison.Je ne vous demande pas votre secret, docteur.\u2014 Ce serait du temps perdu.La vérité, c'est que je ne sais pas ce qu\u2019on veut .Nous sommes dans la main d\u2019un autre .Il paie .C\u2019est le principal.Ribas posa un doigt sur ses lèvres.Vaunoise revenait.Le comte, en reprenant sa place, se dérida pour la première fois.Campayrol avait fini par le convaincre.En réalité, la situation n\u2019était pas plus mauvaise qu'auparavant.La séparation du comte avec Blanche de Charnay pouvait-elle être plus profonde ?Etait-il moins le maître de disposer de la fortune de sa femme qu\u2019avant cette effrayante catastrophe?Qu avait-il à redouter de Georges Dambert ?N\u2019était-on pas en France, sous la protection des lois, avec des gendarmes pour veiller à la sécurité des honnêtes gens ?D\u2019ailleurs, un homme en vaut un autre, et si.par impossible, Dambert reparaissait subitement devant., lui, comme au café de la Paix, il le trouverait sur ses gardes et prêt à lui répondre.Au fond, le comte était brave et n'avait peur de personne.Il rentrait donc dans son coupé tout autre qu'il n'en était sorti.\u2014 Que faites-vous ce soir, Ribas ?demanda-t-il.Le Béarnais étendit les bras avec l'indifférence d'un homme qui a du temps à tuer.\u2014 Vivadiou ! dit-il en bâillant, je n'en sais rien.\u2014 Vous restez à Bordeaux ! \u2014 Je ne suis pas fixé.Et vous ?\u2014 Pas davantage.Campayrol fit une moue et ses grosses lèvres charnues se serrèrent.\u2014 Ça ne vous va pas, Bordeaux, major ?dit le comte.Non, Bordeaux ne lui allait pas, mais Campayrol ne répondit point.Dans ses souvenirs, Bordeaux restait le point noir.C\u2019est là qu\u2019il connut la belle Bayon-naise, là qu\u2019il s'était laissé capturer par ses charmes, là qu'il s\u2019était livré à son petit commerce de faux billets qui avait failli le mener en cour d assises, là enfin que son colonel et ses camarades l'avaient accablé de leur réprobation.Il n\u2019aurait donc pas été fâché de brûler Bordeaux qui lui rappelait ces fâcheux souvenirs, mais il est des circonstances où il faut louvoyer pour arriver au but et courir des bordées pour prendre le vent.Au surplus quelle apparence qu\u2019on l\u2019y reconnût après tant d\u2019années ! Sa métamorphose était, Dieu merci ! assez complète.\u2014 Bordeaux est une ville où on peut toujours passer une nuit et faire un bon dîner, dit-il.Vous payez la fête, Vaunoise ?\u2014 De grand coeur.\u2014 Ribas vous rendra ça dans sa bicoque.\u2014 Alors nous restons ?\u2014 Comme il vous plaira.Il y aura encore des trains pour nous demain.\u2014 Quel hôtel prend-on ?Ribas opina le premier.\u2014 Je vous propose l'hôtel des Princes.dit-il.Bonne maison ! Campayrol fut de son avis.\u2014 Ne sommes-nous pas les princes du jour ?Tous ceux qui ont des écus dans leur profonde sont princes.\u2014 Au fait, plus on va, plus on voit qu'il n\u2019y a que ça de vrai, soupira Ribas d'un ton mélancolique.Toute la morale du jour se résume en ce peu de mots.Le train tenait à justifier son nom.C\u2019était bien le rapide en effet.Les stations défilaient aux portières comme les fantoches des lanternes magiques.C'est à peine s'il stoppait de temps en temps quelques secondes, comme un oiseau se pose à terre, pour reprendre son vol aussitôt.Coutras ! Lijxmrne ! A six heures, il s'arrêta enfin pour ne plus repartir.Il avait dévoré ses six cents kilomètres d\u2019une traite.Si quelque Balsamo eût prédit ce mode de locomotion au grand roi, il eût été jeté à la Bastille pour son irrévérencieuse plaisanterie ou pour le moins mis sous les verrous comme un joyeux fou.Vaunoise et Campayrol prirent un fiacre; Ribas monta dans un autre; les domestiques se chargèrent de veiller aux bagages et les deux véhicules se dirigèrent de conserve vers l'hôtel des Princes.Au moment où ils y entraient, une victoria en sortait.Deux femmes l\u2019occupaient.Vaunoise se précipita à terre en faisant signe au cocher d\u2019arrêter.L'homme obéit.\u2014 Ah ! parbleure ! s'écria Campayrol, voilà une rencontre singulière.Déjà le comte, appuyé à la victoria, était en conversation avec les voyageuses.\u2014 Toi ici ! dit-il à la plus grande, admirablement tournée dans son costume de laine beige qui la dessinait à miracle.\u2014 Qu'y a-t-il d étonnant à ce que je sois à Bordeaux ?Vous y êtes bien, vous ! \u2014 Tu pars ?\u2014 Vous le voyez.\u2014 Où vas-tu ?\u2014 Me promener.\u2022\u2014 Mais encore ?.\u2014 Je vais où je veux.\u2014 Ce n'est pas une réponse.\u2014 Les routes sont à tout le monde.Suivez-moi; vous verrez.\u2014 Toujours farouche ?\u2014 Non.Indifférente tout au plus ! \u2014 Fais-moi une grâce.\u2014 Faites-m'en une, vous.\u2014 Laquelle ?\u2014 Rangez-vous que je passe.Vous allez me faire manquer le train.\u2014 C\u2019est ce que je voudrais.\u2014 Pourquoi ?\u2014 Reste avec nous ce soir.Restez toutes les deux.Vous nous tiendrez compagnie .\u2014 Voyons, mademoiselle Césarine, dit Campayrol qui s'était approché, vous ne pouvez pas nous refuser ça ! \u2014 Oh ! vous savez, fit-elle brutalement, je ne suis pas en train.Ma note est payée .les bagages sont au chemin de fer.Rien à nous mettre ! \u2014 Vous êtes magnifiques ! Il n'y a pas une élégante à Bordeaux pour vous damer le pion.Césarine sourit.Elle en savait quelque chose.Le privilège de la beauté, de la vraie, de l\u2019irrésistible, est d\u2019exciter un murmure d'admiration partout où elle passe.Les femmes elles- mêmes n'y résistent pas, de quelque jalousie qu elles soient travaillées.\u2014 Qu'est-ce que tu dis, toi ?demanda-t-elle à sa compagne de route, une blonde pâle et douce, très effacée, employée chez Laure et qu\u2019elle avait prise sous sa protection, comme Jeanne Baudru.\u2014 Ce que vous voudrez.\u2014 Où nous payez-vous à dîner, mon cher ?fit Césarine en s'adressant au comte.\u2014 Où tu voudras.\u2014 D\u2019abord, je vous défends de me tutoyer, ou je file.Je ne suis pas bégueule, mais je vous trouve d assez mauvais goût, vous savez.Les lilas sont coupés, et il y a beaux jours ! \u2014 Ils repousseront.\u2014 N'y comptez pas ! \u2014 Je l'espère, cependant.\u2014 Vous perdez votre temps.Pourquoi Césarine accompagna-t-elle ces paroles d'un imperceptible sourire qui les démentait ?Vaunoise tressaillit de plaisir.Il avait presque le droit de prendre ce sourire pour une promesse.\u2014 Où dine-t-on ?répéta-t-elle du ton impérieux des femmes qui sentent les hommes couchés à leurs pieds comme des chiens ou des esclaves.\u2014 A l'hôtel, si tu veux.\u2014 Ah ! merci, j'en sors.\u2014 Aux allées de Tourny, proposa Ribas.\u2014 Connais pas.\u2014 Raison de plus.Ça vous changera.\u2014 Soit.Les deux femmes renvoyèrent la voiture et rentrèrent à l'hôtel.Ces rencontres qui semblent fortuites sont rarement l\u2019oeuvre du hasard.Campayrol suivait un plan, mais ce plan avait été tracé par un aütre.Tous les voyageurs de marque qui ont passé quelques jours à Bordeaux connaissent le Panier fleuri, le célèbre cabaret des allées de Tourny, et sa cave qui contient une précieuse col-lecton des grands crus de la Gironde.La soirée s\u2019y passa non pas joyeusement, car il est des jours où il pèse sur la tête des hommes, même quand ils sont aûtour d\u2019une table admirable- MODISTE QUI DUT .QUITTER L'OUVRAGE Mains enflées par le rhumatisme Imaginez les tracas de cette modiste que le rhumatisme empêchait de coudre, alors que son travail, pour les neuf dixièmes, consistait en couture : Ce rhumatisme l\u2019affectait dans les mains, et les remèdes nombreux quelle avait essayés n\u2019avaient produit aucun effet durable.\" Il y a 3p2 ans \"\u2022 écrit-elle, \" je fus victime d une violente attaque de rhumatisme.J avais les mains et les pieds enflés et la douleur était terrible.J en étais devenue impotente.J\u2019essayai maints remèdes, mais sans succès.Un jour, je décidai de prendre des Sels Kruschen.Je pus me lever au bout d\u2019un mois, puis je marchai à l\u2019aide d\u2019une canne.J'étais bien portante au bout de 3 mois.Comme je suis modiste, vous pouvez vous imaginer ce que signifiait pour moi l\u2019impossibilité de me servir de ma machine à coudre.Heureusement qu'au-jourd\u2019hui ce cauchemar est disparu ! (Mme) E.S.Les douleurs lancinantes du rhumatisme sont souvent causées par les cristaux acérés d\u2019acide urique qui se logent dans les articulations.Kruschen soulage parce qu\u2019il aide à dissoudre ces cristaux et en favorise l\u2019expulsion de 1 organisme.BEAUTÉ de la FORME Une poitrine bien développée, gracieuse et élégante est l\u2019un des principaux attraits de la silhouette féminine \u2014 pour l\u2019obteriir, faites usage de la GELÉE ROSE une crème délicieusement parfumée, sans graisse et qui disparait immédiatement après application.(Absolument inoffensive».PRIX SPECIAL .\t.PRODUITS FRANÇAIS enrg.60c Dépt.S-601, 3613 Avenue du Parc, Montréal.Céitunbon IONIQUE/ Les personnes Faibles - Nerveuses - Déprimées sont toujours les premières victimes d\u2019épidémies et de maladies graves.Pour se prémunir contre la maladie elles devront donc employer sans tarder l\u2019Elixir Tonique du Dr Montier, un renforcissant éprouvé, un tonique délicieux qui renferme tous les éléments énergiques de la santé et de la vie.Ne constipe pas Elixir Tonique \u201cMontier LE SAMEDI de Noël sera en vente le 17 DECEMBRE chez les dépositaires le samedi 38 ment servie, même quand ils ont auprès d'eux des femmes joyeuses et légères, un nuage de plomb pareil à ceux qui nous accablent aux heures d'orage et recèlent la foudre.Mais elle s y passa, et c\u2019était déjà un soulagement pour Vaunoise, l\u2019amphitryon de ces convives à l'amitié desquels il devait croire, si toutefois il croyait encore à quelque chose.C\u2019était une première étape vers F oubli des événements dont au fond il était bouleversé, harcelé des reproches d une conscience qu'il essayait en vain d\u2019étouffer.Césarine causait avec une absolue liberté d\u2019esprit.Elle soutenait la conversation avec l aide de Ribas et de Campayrol.Ribas, à moitié Français, à moitié Espagnol.Béarnais par son père, Na-varrais par sa mère, représentait à merveüle l\u2019aventurier de tous les temps et de tous les pays, joyeux compagnon, spadassin à l'occasion, galant envers les femmes auxquelles ü plaît par ses allures cassantes et le mépris de l\u2019argent qu\u2019il gagne on ne sait où ni comment.Son seul tort était de retarder de trois siècles et de n'être pas venu au monde en compagnie des types immortalisés dans les mousquetaires par la verve du grand Dumas.Il y avait bien une certaine affinité entre Césarine, née de rien, la bohémienne de Clichy descendue au coeur de Paris à la recherche d'une situation, et Ribas, parti de sa montagne, comme un milan de son aire, pour chercher sa subsistance en dehors des sentiers battus.Ils se connaissaient sans être liés.Les gens qui arpentent du matin au soir les boulevards, de la Madeleine à la rue Drouot, se connaissent tous pour s'être rencontrés cent fois.Et quand ils se retrouvent à deux cents lieues de leur trottoir, ils se saluent et causent en vieux amis.D\u2019ailleurs, Ribas, au courant de toutes les histoires, n'ignorait pas celle de Vaunoise et de la couturière.Elle faisait partie de la chronique des cercles dont ils étaient tous deux.La soirée fut donc facile à franchir.Les vins les plus renommés déliaient les langues.Césarine se montrait pour le comte aussi dure qu\u2019à l\u2019ordinaire.Elle le criblait de sarcasmes et ne se gênait pas pour l\u2019accuser en termes d'une triviale crudité des malheurs qui s\u2019abattaient autour de lui.\u2014 C est comme dans Faust, lui dit-elle; tout ce que vous touchez se flétrit.\u2014 Vous êtes trop sévère, sapre-minette ! objecta Campayrol défendant son ami.\u2014 Voulez-vous des exemples ?Ribas lui ferma la bouche.\u2014 Ne réveillons pas les morts, dit-il.Elle riposta durement : \u2014 Les macchabées de monsieur, c'est le mot ! Il était dur.11 jeta un froid de Sibérie dans l'assistance.La blonde pâle, une petite provinciale honnête et aborieuse, cacha sa rougeur dans son assiette.Mais si les phrases de Césarine ne manquaient pas d\u2019amertume et d'âpreté, le regard de la belle fille semblait par moments se velouter et caresser presque avec compassion et pitié le sombre visage du comte.A la fin de la soirée, quand vers dx heures les deux femmes et les trois compagnons quittèrent le cabaret, Vaunoise passa le bras de Césarine sous le sien et lui glissa à 1 oreille ces mots tant de fois entendus : \u2014 Tout ce qui arrive arrive par ta faute; c'est toi qui me fais dérailler ! Toi seule causes mes folies ! \u2014 Parce que ?.\u2014- Tu m'exaspères.Si tu voulais!.\u2014 Encore ta rengaine ! \u2014 Consens donc ! \u2014 Je suis trop vieille ! \u2014 Tu es plus belle que jamais.\u2014 Combien ça durera-t-il ?\u2014 Toujours.\u2014 C'est un mot qui n\u2019est pas fait pour nous.\u2014 Voyons, veux-tu ?\u2014 Quoi ?\u2014 Etre mon amie .me diriger .me conduire comme tu voudras .remplacer tout le reste.\u2014 Pour huit jours ?,\u2014 Pour la vie.\u2014 Ne dites donc pas de bêtises.\u2014 Essaye.\u2014 Ça ne m'a pas réussi.\u2014 Les temps sont changés.\u2014 Les temps peut-être, mais pas vous.Il répéta avec l'énergie d'un noyé qui se cramponne à une branche : \u2014 Essaye ! Elle agita ses doigts d\u2019un air d'ennui, souffla avec force, secoua la tête et retira son bras.\u2014 Tu ne veux pas ?demanda-t-il avec angoisse.\u2014 Je ne sais pas, dit-elle très vite.J'ai une vieille haine contre vous.Je ne le cache pas.Laissez-moi réfléchir.\u2014 Longtemps ?\u2014 Quelques jours.\u2014 Soit.mais accepte.Elle ne répondit pas.Ils causèrent de choses et d autres.Le comte se reprit à espérer qu'elle céderait en effet.Elle semblait ébranlée.Cette perspective le releva de la prostration dans laquelle il s affaissait depuis la mort de la Roselli et sa scène avec la comtesse.Mais le lendemain, quand vers sept heures et demie son valet de chambre vint l'éveiller pour le train de Toulouse et qu'il demanda des nouvelles de ses voisines, le domestique le regarda avec étonnement : \u2014 Monsieur le comte n\u2019était donc pas prévenu ?.dit-il.\u2014 De quoi ?\u2014 Que ces dames partaient ce matin.\u2014 Avec nous ?.\u2014 Non pas ! Ces dames ont dû prendre l'express de Bayonne.\u2014 Pour aller où ?\u2014 Je ne pourrais pas le dire à monsieur le comte.\u2014 Elle n'ont rien laissé ?\u2014 Je ne sais ¦ ¦ ¦ \u2014 Pas un mot ?\u2014 Je vais voir.Le valet de chambre descendit et remonta aussitôt.\u2014 Ces dames ont dit que ces messieurs les rejoindraient à Cauterets.Le comte rongea sa moustache de dépit, mais au bout de dix secondes : \u2014 Soit donc, dit-il, à Cauterets.IV Dans les montagnes Le jour même où Césarine et sa protégée faussaient compagnie au comte de Vaunoise et prenaient, en effet, le train de Bayonne, un grand nègre, appuyé au balcon d'une fenêtre \u2014 Je n'ai rien trouvé, cria Price en perdant tout son sang-froid ; je n\u2019ai aucune idée de celui qui a tué cette fripouille, je ne le sais pas et je ne le saurai jamais.je donne ma démission .\u2014 Je ne le permettrai pas, répliqua son chef en lui tendant la main à travers la table ; nous serons humains de l'hôtel du Parc, à Saint-Sauveur, vers une heure, regardait deux cavaliers qui sortaient de 1 hôtel et quittaient la grande route pour prendre un sentier à l\u2019extrémité du bourg.Il les suivit des yeux jusqu à ce qu'ils eussent disparu derrière les dernières maisons.Saint-Sauveur est une station de bains comme on en trouve .à chaque pas dans les Pyrénées.Elle se compose d une unique rue en pente, au flanc d'une côte, et de quelques hôtels pour les baigneurs, extrêmement nombreux dans la sai-son.D ordinaire, on ne va pas à Saint-Sauveur pour son plaisir et on s occupe peu de ses voisins.Les baigneurs sont absorbés par les douleurs, rhumatismes ou névralgies, qu'ils espèrent soulager en se confiant au dieu des eaux.Il n\u2019y a que la foi qui sauve.Les baigneurs fantaisistes qui vont soigner aux Pyrénées des maladies qu'ils n'ont pas préfèrent naturellement Cauterets ou Luchon.Là tout se trouve, casinos, jeux, bals, musiques, flirtations, toilettes.Paris y débarque avec ses pompes et ses oeuvres qui ne sont pas toutes bonnes.Et quels aspects superbes ! que de splendides panoramas ! quel immense chaos de pics bravant pour ainsi dire le ciel et le menaçant de leurs aiguilles aux mille formes et de leurs cimes chargées de neiges éternelles ! Quelles convulsions de la nature ont déchiré ces ravins qui sont autant de cicatrices de terribles blessures ! D'où sortent ces torrents qui se ruent dans les vallées étroites, bondissent en cascades et lavent le pied des sombres forêts accrochées par leurs tenaces racines au flanc des montagnes ou aux crevasses des précipices ?De toutes parts une flore d'une incroyable richesse jette sur ces montagnes et ces vallons le plus opulent manteau de verdure et de fleurs qu on puisse rêver.Ceux-là sont favorisés du sort qui peuvent contempler ces horizons sans rivaux avec l'insonciance du riche qui jette sans compter l'or aux hôteliers rapaces, aux guides dont les mains sont largement ouvertes, aux loueurs de chevaux, d ânes et de mulets, sans compter les mille autres dévorants qui s'abattent sur le touriste comme des légions de buses et de faucons.Le cavalier, car des deux hommes que le nègre suivait des yeux l'un était évidemment un guide, le cavalier qui sortait de l'hôtel du Parc, à Saint-Sauveur, n'appartenait pas à la catégorie des goutteux, cacochymes ou rhumatisants qui forment la clientèle principale du pays.Il semblait en possession d\u2019une parfaite santé.Impossible de voir un touriste plus vigoureux et mieux campé.Il était vêtu avec un sans-gêne dont on s\u2019accommode dans les excursions de montagnes, et sa tête le désignait tout de suite pour un habitant du pays de Weshington.tous les deux.Rappelez vos hommes, nous abandonnons l'affaire.C'est ainsi que l\u2019affaire du meurtre de Kenton Street ne fut jamais portée devant la justice et que l\u2019homme au cachez-nez gris demeura toujours inconnu.Donald Stone (Traduit de l\u2019anglais par Hélène Audier) L'homme au cache-nez gris (Suite de la page 33) Il portait un large chapeau de paille brune, un veston de drap soupe, noir bleu, et des bottes de cheval sur une culotte de velours gris.Le tout était flottant, aisé, fait pour ne pas gêner les mouvements et laisser toute liberté, en cas de besoin.Les bouts de la cravate lâche, nouée sous le col rabattu, retombaient sur le veston boutonné.Il était beau de la beauté des hommes mâles, alertes et solides.On lisait sur son visage une sombre et violente détermination.En l'examinant, on éprouvait 1 impression qu'on ressent à 1 aspect d un duelliste qui va risquer sa vie ou d un général qui médite le plan d une bataille dont le premier coup de canon va éclater.Son compagnon était petit, trapu, nerveux, brun comme un Arabe, noir de barbe et de cheveux.Il était de Saint-Sauveur et servait de guide dans la belle saison.En hiver, il devait être quelque peu contrebandier.C'est une industrie très répandue dans la contrée.Ils n'étaient pas à un quart d heure du bourg lorsque le maître - on a reconnu Georges Dambert '\u2014' lui dit : \u2014 Ainsi vous m'affirmez que je peux avoir confiance en cet homme ! \u2014 C'est la probité même \u2014 Quel est son métier ?\u2014 Berger.\u2014 Il peut en vivre ?\u2014 Peuh ! il a quelques autres petites ressources.\u2014 Lesquelles ?Le guide sourit dans sa barbe.\u2014 Il connaît mieux que personne les passages des montagnes, surtout ceux qui vont de ce côté.Il allongea le bras vers le sud.C'est là qu'est la frontière d\u2019Espa-gne.\u2014 Je comorends, dit l'étranger.Il se fit un silence forcé.Les deux chevaux, deux bêtes minces, sèches, à la croupe aiguë comme des mulets, ne pouvaient marcher de front.Ils s\u2019engagèrent dans un chemin étroit, raide, en lacet, qui gravit en la contournant une montagne à pic sur un gave dont les eaux blanches se brisent contre les quartiers de roches entassés dans son lit.Lorsqu'ils arrivèrent au sommet, ils s\u2019arrêtèrent sur un plateau tapissé, d une herbe courte et drue pareille à un tapis de velours sur lequel on aurait semé de petites fleurs, à poignées, comme les enfants et les ménagères jettent dans les rues des pâquerettes et des coquelicots, le jour de la Fête-Dieu, sur le passage des processions.Le guide montra à son voyageur une cabane plantée à deux kilomètres environ sur une pointe d\u2019où on devait dominer une immense étendue de pays et dit : \u2014 C'est là.Il semblait qu'on dût y aborder en quelques instants; mais dans les Pyrénées, par les temps clairs, la lumière est si pure qu elle rapproche énormément les distances et, d'un autre côté, quand on voit une cime à deux kilomètres et qu'on croit presque la toucher en étendant la main, comme on la touche des yeux, on est tout étonné d\u2019avoir plusieurs lieues à faire par des détours extraordinaires et des sentiers à chèvres pour y arriver.Georges Dambert paya généreusement son guide et le renvoya.Il pouvait s'en retourner seul et connaissait la route.Ce qu'il ne disait pas, c'est qu'il voulait demeurer en tête à tête avec le berger.En quelques instants, il parvint à la cabane. 26 novembre 1938 39 C\u2019est un simple carré de planches, ou plutôt de madriers grossièrement équgrris, rapprochés les uns des autres et dont les fentes sont bouchées avec de la mousse.Quatre ouvertures d'un pied taillées dans la boiserie en font un observatoire d'où on découvre les montagnes et les ravins de Cauterets à la frontière d'Espagne et plus loin.Dambert aperçut le solitaire sous un sapin dont les vents furieux ont coupé la tête et auquel il ne reste que quelques branches basses formant abri.Le berger, tête nue, son béret à côté de lui, une ceinture bleue autour des reins, déjeunait sobrement d'un morceau de pain dur comme du marbre et noir comme la face de Pepe, et d un petit fromage de chèvre aussi dur que son pain.Mais il avait de belles dents blanches, un appétit solide, une trentaine d années, et un millionnaire goutteux aurait échangé sans peine quelques millions contre sa santé.Le montagnard n\u2019était pas embarrassé pour sa boisson.Il la prenait à une source dont on entendait le clapotement à deux pas de la cabane, presque au sortir d'une niche bâtie comme la maison du maître, mais plus petite et destinée à deux molosses enchaînés qui firent un vacarme infernal à l\u2019arrivée du cavalier.C\u2019étaient deux grands chiens au poil tigré de deux nuances de gris au crâne large et à la mâchoire armée de redoutables râteliers.Le berger n\u2019eut qu'à leur dire : Paix ! ils se couchèrent sur la porte de la loge et ne bougèrent plus.\u2014 C'est vous qui vous appelez Es-tagnou ?commença Dambert.\u2014 Oui, monsieur.\u2014 On m'a parlé de vous, et je viens vous demander un service.Les services qu\u2019on pouvait demander au berger étaient de plusieurs sortes.Il ne s'étonna pas et examina curieusement son visiteur.\u2014 Pouvons-nous causer ?reprit Dambert.\u2014 En toute sûreté.Cent cinquante à deux cents petits moutons roux et blancs tondaient goulûment l herbe aromatique du plateau sous la houlette d un jeune pâtre assis sur une pointe de roche et jouant du flageolet.Dambert le montra au berger .\u2014 Soyez sans crainte, dit Esta-gnou; c'est mon frère.Il a quinze ans et j'en ai trente.Nous ne nous quitterons jamais.C est moi qui 1 ai élevé.\u2014 Et vos parents ?,\u2014 Ma mère est morte dans son lit; mon père a été tué par les douaniers.Nous sommes seuls.Il montra une vieille chèvre qui ruminait à l'ombre d une broussaille et ajouta : \u2014 Voilà sa nourrice.Dambert demeura en tête à tête avec Estagnou pendant deux heures.Le berger connaissait en effet admirablement le pays.Quand l\u2019étranger lui parla du baron de Ribas, le Béarnais se mit à rire.\u2014 Un bon garçon élevé à peu près par charité au séminaire, dit-il.C est un baron des bords de la Garonne, mortadiou ! et voilà sa maison Il était cinq heures de 1 après-midi.Le soleil de juillet resplendissait, irradiant cette suite admirable de forêts, de rochers gigantesques et de pentes couvertes de verdure où, ça et là, des cascades de gaves formaient des jets lumineux comme des rubans d\u2019argent en fusion.Estagnou désignait du doigt une sorte de masure en ruine, dorée par le soleil et dont on distinguait les arêtes brisées par la vieillesse et le faîte dont les courbes annonçaient un effondrement prochain.Elle se composait de quatre murailles percées de fenêtres semblables à des trous béants et dont quelques-unes seulement étaient pourvues de vitres où le soleil flamboyait.Des bouquets de ces sapins grandioses qu\u2019on trouve partout dans les Pyrénées se dressaient aux alentours parm un chaos de roches et d éboulis sur lesquels régnent l'éternelle verdure de ces splendides montagnes.A la fin de l\u2019entretien : \u2014 Tout ce que vous voulez est possible, dit le berger, et facile à exécuter.Nous avons fait des choses plus difficiles, ventrediou ! José est l\u2019homme qu\u2019il vous faut.Une fois la parole donnée, on lui arracherait î\u2019âme du corps plutôt que de l\u2019y faire manquer.Je m'en charge.L'Espagne est à trois lieues à peine.En sortant de Ribas, le diable, à travers le dédale des côtes, ne reconnaîtrait pas son chemin.Si la bicoque de votre baron ne s\u2019est pas écroulée sur vos épaules, je me charge de mener vos gens à la venta de José sans qu'ils s\u2019en doutent.A deux heures de marche à la ronde, il n'y a pas d'autre abri.Alors, il faudra bien .\u2014 C\u2019est convenu.Georges Dambert, tout en causant, examinait des points noirs et blancs qui remuaient, très visibles, malgré la distance, autour de la maison de Ribas.\u2014 Qu\u2019est-ce ?demanda-t-il.\u2014 Vous ne distinguez pas ?\u2014 Non.\u2014 Ce sont des moutons pareils aux miens.\u2014 Ils appartiennent à ce Ribas ?\u2014 Non, au gardien de sa maison.Pédroux, dont je vous ai parlé.Estagnou ajouta : \u2014 J en réponds comme de moi-même.Il est aussi de la bande.On vous servira comme il faut, vivadiou! Vous êtes un brave et votre cause est juste ! Les deux hommes se levèrent.Georges Dambert prit son cheval par la bride.Estagnou détacha les deux grands chiens en leur montrant son frère qui jouait toujours du flageolet sur sa pierre sans s\u2019inquiéter de la visite que recevait son aîné.Les molosses, admirablement dressés, allèrent se coucher à mi-chemin de la roche du petit frère et de la cabane, comme pour être prêts à défendre l\u2019une et l\u2019autre.Ensuite Estagnou reconduisit son hôte par où il était venu .Quand les deux hommes se quittèrent, ils étaient les meilleurs amis du monde.Le berger avait une franche et loyale figure.On peut être contrebandier et en guerre avec les douaniers sans manquer de coeur.Dambert était généreux et, comme disait le Béarnais, sa cause était juste.\u2014 Bonne chance, fit Estagnou en échangeant avec lui une solide poignée de mains.Le berger emportait un sac de bonnes espèces sonnantes.C\u2019étaient les arrhes du marché pour lui et ses compagnons.Georges Dambert, une fois seul, respira bruyamment.Bientôt son sort serait décidé.La dernière bataille était proche.En rentrant, la nuit fermée, à son hôtel du Parc, son nègre lui donna une dépêche sans signature.Elle disait.: « Nous sommes en chemin.» Elle était de Campayrol.L\u2019excellent major s'acquittait de son mandat en conscience.Il y a des gens qui vendraient leur mère pour une petite fortune.Lui, il ne livrait que son compagnon de plaisirs, son ami et son complice.Digne et brave Limousin ! V Soir de bal I e VINGT JUILLET, à onze heures du L du soir, le casino de Cauterets resplendissait dans toute sa gloire.Ce soir-là, les médecins avaient sans doute donné carte blanche à leur clientèle.Les malades pour rire galopaient la bride sur le cou et secouaient leurs rhumatismes avec entrain.Un orchestre excellent, ma foi ! recruté à Paris, jouait des valses à mettre un paralytique sur pied, et si les jeunes femmes enlacées aux touristes dans le rythme amoureux qui les berçait semblaient la proie d\u2019une fièvre, ce n\u2019était assurément que de la fièvre du plaisir.Il y avait là des marquises authentiques ou autres, des actrices qui n\u2019usent pas les planches, des femmes de banquiers, des coquettes de tous les mondes, des élégantes de toutes les catégories, et dans cette tourbe éclatante et variée de blondes, de jaunes, de rousses et de brunes, une seule attirait les regards, comme Vénus ou Mars parmi les nébuleuses d\u2019un ciel d\u2019été.C\u2019était Césarine.Elle portait une robe crème, très habilement décolletée, assez pour mettre en relief l\u2019incomparable solidité de sa chair ambrée, pas assez pour en donner la satiété.La nuque au-dessus de laquelle se relevaient les masses brunes de ses cheveux, ses bras fermes et ronds, donnaient des envies folles d\u2019y glisser un baiser par surprise, et sa poitrine, dans laquelle on sentait la vie circuler librement et la vigueur d\u2019une santé de fer, pouvait passer pour le chef-d\u2019oeuvre de la nature.Elle était accompagnée de l\u2019amie simple et timide, à laquelle elle témoignait une grande bienveillance, mais qui semblait être pour elle une demoiselle de compagnie ou une lectrice.\t, Baigneurs, touristes malades ou pleins de vigueur étaient électrisés.On se demandait à l\u2019oreille d\u2019où sortait cette capiteuse beauté.Et les propos circulaient dans la foule : \u2014 Vous la connaissez ?\u2014 Pas du tout.\u2014 On dit que c\u2019est une princesse russe.\u2014 Je n\u2019y vois pas d\u2019inconvénient.\u2014 Où est-elle descendue ?\u2014 A l\u2019hôtel de France.\u2014 Alors on peut savoir .\u2014 Voilà le baron de Ribas qui lui parle.\u2014 Ce n\u2019est pas étonnant, il connait tout le monde.\u2014 Un mot, mon cher.\u2014 Allez.\u2014Le nom de cette admirable personne ?\u2014 Peux pas le dire.\u2014 Des cachotteries alors.Ribas était là en effet.Très en vue, très entouré, très choyé.Toutes les actrices, toutes les femmes légères, beaucoup de mondaines même et des plus haut placées, l\u2019accueillaient avec plaisir, les unes en vertu de l\u2019amitié moins banale qu\u2019on ne le suppose qui unit les bohèmes du boulevard comme les membres d\u2019une même tribu, les autres par curiosité, pour se faire raconter dans l\u2019intimité les histoires d\u2019un monde où elles ne pénètrent pas, à leur grand regret, en ayant les aspirations et les vices.Ribas et la belle fille étaient au mieux sans doute, car le baron ottnt son bras qui fut accepte aussitôt.Et on les vit un instant se promener à l\u2019écart, en cherchant les coins les moins envahis.\t.\u2014 Vous savez, dit le baron, est là.\u2014 Vaunoise ?\u2014 Avec son ami Campayrol.\u2014 Vous en êtes sûr ?__Je ne les devançais que d un jour.Le comte s\u2019est arrêté à Pau ou il espérait vous trouver.Je savais qu\u2019il n'y resterait pas sans vous, tin effet, il est accouru à toute vapeur.\u2014 Et notre partie de demain : \u2014 Le déjeuner à Ribas ?\u2014 Oui.\t_\t.\u2014 Elle aura lieu quand même, ils en seront, voilà tout.Je m étonne que vous ne bayez pas vu encore.Il brûle pour vous d'un joli feu ! \u2014 Il a tort.Avec moi.quand c est fini, c'est fini.\u2014 Bien sûr ?\u2014 Bien sûr.Ribas tortilla avec embarras sa longue moustache.Peut-être avait il une requête à présenter et ne savait comment aborder la question.\u2014 Ah ça ! dit Césarine, pourriez-vous m'expliquer ce qu\u2019on veut faire du comte ?\u2014 Si je le savais, oui.\u2014 Mais vous ne le savez pas ?\u2014 Non.\u2014 Est-ce possible ?\u2014 C\u2019est vrai.\u2014 Etes-vous sincère ?.\u2014 Avec vous, pourquoi ne le serais-je pas ?Le comte a des ennemis, c\u2019est évident.Campayrol, qui le flatte et l'amuse, doit être du nombre.Je ne les connais pas.On a choisi ce terrain pour lui livrer bataille.Je le devine.Sur ce terrain, ma bicoque paternelle a paru bonne pour une des étapes de la marche.On voulait attirer d\u2019abord le comte à Cauterets.Vous y êtes.Il y vient.C\u2019était là votre rôle.De Cauterets nous allons chez moi.De Ribas, je ne vois pas où on veut le mener, mais je pense que c'est au but final.Pour moi, je ne connais que Campayrol.Campayrol m'a juré ses grands dieux \u2014 dont je me défie un peu \u2014 que tout se passerait le plus honorablement du monde.Tant mieux.Pour votre part vous n\u2019avez rien à vous reprocher.Vous venez à Cauterets vous promener: ce n\u2019est pas un crime.J'ai la conscience aussi nette que la vôtre.J\u2019invite le comte et ses amis à déjeuner dans ma masure.Elle ne tient pas debout, mais j\u2019espère qu\u2019elle ne nous écrasera pas, et les vins que je servirai ne seront pas empoisonnés.Ma mission sera remplie.Je peux vous confier ce détail.On me donne une jolie somme pour mes frais de voyage et, franchement, c'est une manne dont j\u2019avais grand besoin.Et à vous ?Césarine le fixa avec un certain orgueil : \u2014 A moi, rien, dit-elle.\u2014 Vous venez ?.\u2014 Pour le plaisir.-Bah! \u2014 C\u2019est comme je vous le dis.\u2014 Je voudrais pouvoir agir comme vous, mais la vie nous est dure, à nous autres .Vous êtes donc vraiment riche, Césarine ?\u2014 Assez.\u2014 Donnez-moi votre secret.\u2014 Vous ne pourriez pas en user \u2014 Dites-le tout de même.Comment avez-vous fait ?\u2014 Jadis, comme aujourd\u2019hui Te travaille.\t1 \u2014 Vous avez eu de la veine ?\u2014 C\u2019est vrai.\u2014 Entre nous, qu\u2019est-ce que vous avez amassé ?' En vingt ans .pensez-y. 40 LE SAMEDI \u2014 Vingt ans ! c est long.On vous en donnerait vingt-cinq.\u2014 Flatteur ! \u2014 Combien ?\u2014 Vingt mille francs de rentes.\u2014 En vérité ?\u2014 J'ai douze mille de fixe et un intérêt qui m en rapporte autant.Je ne dépense rien.Avec les intérêts .Comptez.\u2014 C'est superbe.\u2014 Aussi je ne suis pas mécontente.\u2014 Vous êtes une maîtresse femme.\u2014 Je m\u2019en flatte.\u2014 Si j\u2019osais !.\u2014 Osez ! Ça n'engage à rien.\u2014 Voilà ! S\u2019il ne vous faut que mon consentement, vous serez baronne quand il vous plaira.\u2014 De quoi ?\u2014 De Ribas.\u2014 J\u2019aimerais mieux autre chose .\u2014 La plus belle fille du monde .Vous savez !.\u2014 Ainsi vous m'épouseriez ! \u2014 Avec délices, foi de Béarnais.\u2014 Je ferais une bien mauvaise affaire.\u2014 Peut-être.\u2014 On dit que vous avez tous les vices.\u2014 C\u2019est qu'on m\u2019en prête quelques-uns.\u2014 On ne prête qu\u2019aux riches.\u2014 Voulez-vous que je sois franc ?\u2014 Soyez-le.\u2014 Je les ai eus.\u2014 Et vous en êtes guéri ?\u2014 A fond.J\u2019aspire au repos, n\u2019importe où, quand ce serait dans ma tour caduque de Ribas.\u2014 Eh bien ! quand je l'aurai vue, nous en recauserons.\u2014 On a dû vous faire bien des propositions ?\u2014 Enormément, c'est vrai, mais vous avez de l\u2019avance sur les autres.\u2014 Comment ?\u2014 C'est la première fois qu on me parle de m'épouser et .j\u2019en suis touchée .\u2014 Vous m'étonnez ! \u2014 Ma parole .\u2014 C'est donc qu'il y a bien peu de gens d'esprit sur le pavé de Paris.L'entretien fut interrompu.Le comte Philippe de Vaunoise et le major Campayrol opéraient leur entrée.De Bordeaux, le comte avait couru après Césarine par le premier train, dans l'espoir de la rejoindre à Pau où la curiosité aurait dû la retenir au moins quelques heures.Il s'était trompé.Elle n'y avait pas séjourne une minute.Ah ! le major Campayrol, son compagnon, connaissait à fond le moyen d'exciter la passion d'un homme et de l'amener à son paroxysme ! Pendant le voyage, il n avait cessé de vanter la violente beauté de l'ancienne amie du comte, mais en 1 engageant à renoncer à la poursuivre.Vaunoise l\u2019écoutait à peine.Il avait dans les yeux le regard énigmatique de Césarine, ce regard contenant la demi-promesse quelle lui avait décochée au dernier moment.certaine qu'elle 1 enchaînerait à sa suite, dût-elle le conduire au bout du monde.Ils arrivaient donc tous deux, les complices du passé, les adversaires du présent.1 un fidèle à sa consigne, traître à son ancien allié, désireux de gagner la somme qui devait mettre le comble à sa fortune, et surtout de se débarrasser d\u2019un dangereux ennemi; l'autre voulant s'étourdir, cherchant l'oubli, et rallumant dans un accès de désir mêlé d'orgueilleuse rancune, pareil à la volonté du dompteur qui veut mater l\u2019animal rebelle, la passion inassouvie toujours entretenue pour la maîtresse qui lui avait échappé.\u2014 Enfin, dit-il à Césarine, je vous retrouve.\u2014 Etait-ce si difficile ?\u2014 Vous avez fui comme une ombre.\u2014 Sommes-nous liés ensemble et ne vous ai-je pas dit : à Cauterets ?Vous y êtes ! \u2014 Pourquoi me parlez-vous si durement ?Elle s\u2019adoucit : \u2014 C\u2019est ma nature qui m\u2019emporte, dit-elle.Je ne croyais pas être si rude.Le comte soupira.La chatte faisait patte de velours.Le major intervint.\u2014 On n\u2019a pas l'air de s\u2019ennuyer ici, dit-il.On nage dans des flots d'harmonie, parole sacrée ! \u2014 Oh ! fit Césarine, les distractions ne manquent pas.Du monde, des toilettes, des vues superbes.Justement nous avons arrangé une partie pour demain.\u2014 Quelle partie ?demanda Campayrol.\u2014 On comptait sur vous ce soir, dit le baron.Nous allons déjeuner .\u2014 Où ça !.\u2014 Chez moi.à Ribas.\u2014 C'est terriblement loin ! \u2014 Affaire de trois heures.\u2014 Saqueurdienne ! \u2014 Par des chemins adorables .le temps de gagner de l\u2019appétit.Le docteur souffla comme un phoque en rognonnant : .\u2014¦ J'en aurais bien ici.air vif .des promenades aux environs.Trois heures de cheval, ça m\u2019épouvante, parole sacrée ! \u2014 J'y vais, moi.déclara Césarine.\u2014 Qu'est-ce que vous pensez de ça, Vaunoise ?interrogea le major.\u2014 Je veux ce que ces dames voudront.\u2014 Je vous reconnais bien là.Les femmes vous perdront, mon cher; c'est moi, Eusèbe Campayrol, qui vous le dis.,\u2014 Voyons, major, fit Césarine en devenant câline, ce qui ne lui arrivait pas souvent, ne nous refusez pas ! Il soupira.\u2014 Il faut donc se résigner ! murmura-t-il, mais c'est raide ! \u2014 Vous êtes solide comme un pont, docteur ! .\u2014 L apparence .Un vieillard, un pauvre vieux ! Pensez donc ! Avez-vous des chevaux, au moins ?\u2014 Des chevaux, des mulets, des ânes, tout ce que vous voudrez.\u2014 Sont-ils bons ?\u2014 Garantis, déclara Ribas.C\u2019est moi qui les ai choisis et j'ai la prétention de m'y connaître.\u2014 Et un guide ?\u2014 Le guide, ce sera moi.On n'en pourrait trouver de meilleur.\u2014 Ce Ribas est pourri de prétentions, dit Campayrol gaiement.Vous verrez qu'il nous jettera dans quelque fondrière.\u2014 Je réponds de votre vie.major.\u2014 Sur quoi ?\u2014¦ Sur la mienne.L'orchestre commençait une valse.\u2014 Faites-vous un tour, mademoiselle ?demanda galamment Ribas à l'amie.Elle s\u2019excusa.\u2014 Je danse si mal ! .\u2014 Je vous conduirai.Abandonnez-vous à ma direction.Césarine le remercia d un coup d\u2019oeil.Et pendant qu'il s'éloignait avec la blonde pâle, elle resta seule entre Campayrol et Vaunoise.\u2014 Vous avez l'air au mieux avec ce Ribas ! dit amèrement le comte.,\u2014 Pourquoi serais-je mal avec lui ?Il ne m'a jamais fait que des politesses.- Ah! .\u2014 Aujourd'hui encore .\u2014 Aujourd'hui ?\u2014 Il m\u2019a fait l'honneur le plus grand qu\u2019un homme comme lui puisse faire à une femme comme moi.\u2014 Lequel ?.\u2014 Il m\u2019offre de l\u2019épouser.\u2014 Sérieusement ?dit Campayrol.\u2014 Très sérieusement.\u2014 Eh bien ! à parler franc, réplique le major, voilà un homme qui a du flair, et je l'approuve.Si vous consentiez, il aurait les deux choses que j'ambitionnais quand j\u2019étais jeune ; une belle fille et de l'argent.\u2014 Les femmes ne lui manquent peut-être pas, insinua Vaunoise, mais l\u2019argent lui manque furieusement.C\u2019est le vôtre qui l\u2019attire.\u2014 Quand cela serait, riposta aigrement Césarine, il suivrait votre exemple, mon cher, et de loin.\u2014 Comment ?\u2014 En se refaisant par un mariage.Seulement, il serait peut-être meilleur pour sa femme que vous ne 1 avez été pour la vôtre.Vaunoise devint blême.Il attira Césarine dans une embrasure et lui dit vivement : .\u2014 Tu plaisantais tout à l\u2019heure.\u2014 Ma foi, non.\u2014 Tu n\u2019épouseras pas ce Ribas.\u2014 Peut-être.\u2014 Je ne le veux pas.\u2014 Et si je le veux, moi ! \u2014 Tu ne le voudras pas.\u2014 A cause ?.\u2014 Ribas est pauvre comme Job et joueur comme les cartes.Il te mettrait sur la paille.Moi, je te couvrirai d\u2019or.Tout ce que tu me demanderas, je te le donnerai, tout.\u2014 Allons, fit-elle en posant sa main sur celle du comte qui tremblait de colère, ne vous emportez pas.Je plaisantais, en effet.\u2014 Je suis à bout de patience.Il me faut une réponse nette .Oui ou non.\u2014 C\u2019est si pressé ?\u2014 Pourquoi te faire un plaisir de me torturer ?.Elle parut hésiter une demi-minute, et se décidant ; \u2014 Soit, dit-elle, cette réponse .je vous la donnerai.\u2014 Quand ?\u2014 Demain, en revenant du château de ce Ribas.Vaunoise fit un geste de profond dédain.\u2014 Alors, dt-il, je ne suis pas inquiet du résultat.Ribas, après voir fait deux tours de valse avec T amie de Césarine, la ramena auprès d\u2019elle et sortit un instant sur la terrasse pour respirer.Un homme, vêtu en montagnard, s approcha, lui tendit la main et l\u2019interrogea d\u2019un regard.Ribas lui dit ce seul mot : \u2014 Demain.L\u2019homme toucha son béret du doigt et tourna les talons.C\u2019était Estagnou, le berger de Sant-Sauveur.VI Les deux souvenirs Depuis son retour de la Jonchère, la comtesse de Vaunoise vivait dans un état de prostration et d\u2019amatte-ment facile à comprendre.Si Georges Dambert, par une inspiration du coeur, n'eût pas jeté dans les bras de la malheureuse mère Jeanne, son autre fille, en lui disant : « Vivez pour elle ! » elle aurait pris une de ces résolutions que le désespoir nous souffle et que la folie de la douleur exécute.Sa'vie lui semblait sans issue.Elle se voyait liée pour jamais à un être dont la seule pensée lui donnait des frissons de haine.Et sa chaîne était impossible à briser ! Eût-elle été rompue par la loi, que sa religion lui interdisait d être à celui qu elle aimait uniquement, follement ! Aussi était-elle devenue farouche, irritable, presque violente.Elle ne se contraignait même plus devant ses domestiques : ils étaient témoins de ses colères et d\u2019une angoisse dont ils ne comprenaient que vaguement les causes.Elle s\u2019enfermait dans ses appartements ou sortait seule sans qu on pût savoir où elle allait, ni ce qu elle faisait.Son cocher lui-même, qui la conduisait le plus souvent assistait à des scènes qui l\u2019étonnaient sans l\u2019instruire.Plusieurs fois il l'avait vue en conversation dans les allées les plus désertes du Bois avec une jeune fille admirablement jolie et vêtue d habits de deuil comme elle.Quelle était donc cette famille que personne ne connaissait à Blanche de Charnay ?Depuis sa scène avec son ami, elle avait refusé de le voir.Il était parti en lui annonçant en quelques mots laconiques qu'il l\u2019abandonnait à ses regrets et voyagerait quelques jours dans le Midi pour laisser à ses injustes ressentiments le temps de s'apaiser.Injustes, le mot y était ! Blanche avait déchiré avec une rage impuissante ce monument d'hypocrisie.Elle aurait voulu déchirer de ses ongles cet homme qui avait causé la mort de Giovanna.cette pauvre fille pour laquelle elle n'avait que des trésors d\u2019indulgence, qu elle aimait avec d\u2019autant plus d\u2019emportement qu\u2019elle avait été plus malheureuse.A la fin.cet ange de douceur et de résignation se révoltait contre les fourberies et les basses cupidités dont elle avait été environnée.Dans son exaltation furieuse, elle en haïssait les auteurs avec une vio-lance dont on ne l\u2019aurait pas soupçonnée.Elle, la bonté même, elle se sentait empoisonnée par tous les venins de la haine.Et sans cesse elle comptait les heures, les minutes.Dambert l avait quittée brusquement.en la laissant dans l\u2019ignorance de ses projets.Elle ne savait ni où il était, ni ce qu\u2019il voulait.Incertain sans doute lui-même des moyens dont il disposerait, concentrant toutes ses pensées sur l\u2019effort qui devait assurer sa vengeance et reconquérir celle qui était le but de sa vie, il était parti en ménageant à la mère une consolation toute-puissante et douce comme un baume souverain.Il lui laissait Jeanne, désormais arrachée à sa vie ancienne et placée aux Tilleuls sous la garde d\u2019une gouvernante que son ami, Me Hardouin, lui avait procurée.Chaque jour la comtesse recevait une lettre de sa fille.Chaque jour aussi, elles se rencontraient au Bois, et les rares promeneurs des allées peu fréquentées du côté de Bagatelle et de Longchamps voyaient avec surprise deux femmes en deuil descendre chacune de sa voiture, se jeter dans les bras l\u2019une de l\u2019autre et s\u2019égarer ensemble dans les sentiers déserts pendant que les équipages stationnaient au bord des grandes avenues.La comtesse renfermait ses craintes en elle-même.Elle écoutait sa fille qui lui racontait simplement, comme elle avait fait à son voisin de la rue Saint-Augustin, les traverses de sa jeunesse, ses efforts pour vivre et les dures nccessi- 26 novembre 1938 41 tés des malheureuses obligées comme elle de se suffire et de se défendre.Blanche l'écoutait avec ravissement; elle la contemplait avec amour.Elle retrouvait dans cette jolie tête vivante les traits de sa chère morte.Comme elles se ressemblaient ! Comme elles se seraient aimées ! Elle cachait avec soin les angoisses dont elle était assaillie.Que se passait-il ?Où était Dam-bert ?Que faisait-il pour la reprendre, pour 1 arracher à cette existence dans laquelle elle était enlacée comme un noyé dans les lianes visqueuses et les joncs qui le paralysent et le retiennent au fond des eaux ?Le lendemain du bal de Cauterets, vers trois heures de l\u2019après-midi, la comtesse était enfermée dans son salon particulier, dans ce boudoir où elle avait reçu tant de fois le major Campayrol, quand sa femme de chambre lui apporta deux lettres sur un petit plateau de vermeil.La première ne contenait qu'une ligne : \u2014 « Je pense à vous ! Silence ! » Elle reconnut l'écriture et un frémissement de joie, de crainte aussi, lui courut dans les veines.Dambert était parti depuis dix jours, et c\u2019était le premier mot qu\u2019elle recevait de lui.L'enveloppe portait le timbre de Luz, dans les Hautes-Pyrénées.Il était donc en France et voyageait dans le Midi.Le comte de Vaunoise suivait son exemple.S\u2019ils se rencontraient, l\u2019explosion serait invévitable.Comme üs devaient se haïr, s'exécrer ! Elle eut l\u2019idée de prendre sa fille, de partir, elle aussi, de courir près de son ami pour, 1 encourager et le défendre ! Vains projets ! Que pouvait-elle ?Pourrait-elle seulement le retrouver ?Peut-être il n'avait fait que passer à cet endroit, et il usait de ruse pour la tromper sur le lieu véritable où il se rendait.Et puis il lui recommandait le silence.Ah ! que l'attente était longue ! Quand donc ces anxiétés auraient-elles une fin ! L'autre lettre ramena un triste sourire aux lèvres de la comtesse.Elle était de sa fille.Depuis quelle avait quitté sa chambre de la rue Saint-Augustin où tout restait dans le même état, Jeanne n\u2019avait pas de nouvelles de son ami.François de Guern gardait une réserve que sa fierté de pauvre expli- qUnt savait que Georges Dambert était le père de 1 enfant qu il avait aimée pauvre et sans nom.Cette lumière jetée sur la naissance de celle à laquelle il avait donné tout son coeur le plongeait dans une inquiétude mortelle.Que deviendrait-elle ?Où l'emmènerait-on ?Resterait-elle maîtresse de disposer d\u2019elle-même et ne peserait-on pas sur ses déterminations \u2022 Certes il ne doutait pas d elle.Il avait trop apprécie la délicatesse de son coeur et de son caractère pour penser qu urje fortune, s haute, si inespérée qu elle fut, du rien changer à ses sentiments; mais elle n'était plus l'unique maîtresse de son avenir.On pouvait 1 eloigner, en-:raver ses projets.La distance et le :emps sont des dissolvants auxquels es plus énergiques natures ne restent pas.\t,\t, .Jeanne n'avait que dix-huit ans, :11e était faible et douce; et enhn jour un jeune homme eleve dans les sentiments du baron de Guern, au torité paternelle apparaît gomme une puissance devant laquelle il faut se courber.Il tremblait donc.Et en vérité il avait bien tort.Il ne connaissait ni l\u2019élévation du caractère du père ni l'exquise bonté du coeur de la fille.Dans cette lettre à sa mère, Jeanne avouait tout, leurs engagements, leurs promesses, leur amour.Elle n\u2019omettait rien.On sentait qu elle était heureuse de parler de celui qu\u2019elle ne voyait plus et d\u2019épancher son âme dans celle de sa mère.Elle lui disait : « Vous comprenez, mère chérie, maintenant qu'il me croit riche, moi qui étais si pauvre, il n'osera plus me parler par délicatesse; c\u2019est donc à moi d'aller à lui pour le payer de son désintéressement et de son amitié.» Elle racontait l'histoire de la famille de Guern, du moins ce qu\u2019elle en connaissait par les lettres de la mère et des soeurs.Elle ajoutait : « Si vous saviez comme ils s\u2019aiment et comme is seraient heureux avec peu de chose ! » Elle suppliait sa mère de lui permettre d écrire et d\u2019aller revoir sa petite chambre.Et en terminant, elle disait : « Je vous écris, ma mère, parce que de vive voix je n'oserais pas vous confesser tout.Cependant, je n'ai rien à me reprocher.Les deux mois passés auprès de mon ami sont les seuls heureux de ma jeunesse.Si vous ne me permettez pas de le revoir, je n\u2019enfreindrai pas vos volontés, mais je sens que je serai triste toujours.Vous qui êtes si belle et si bonne, quand vous le connaîtrez, vous jugerez tout ce que que son âme contient de délicatesse et de fierté et vous l'aimerez autant que moi ! Et lui, comme il vous entourera de reconnaissance, de respect et d\u2019amour ! » A quatre heures et demie, elles se rencontrèrent à leur rendez-vous accoutumé.Jeanne, rougissante et confuse, attendait l'arrêt de la comtesse, le coeur gros.Blanche de Charnay ouvrit les bras, et la jeune fille s\u2019y précipita en cachant sa rougeur sur l\u2019épaule de sa mère.Alors la comtesse lui dit à l\u2019oreille: \u2014 Tu veux revoir ta petite chambre.Moi aussi, je veux la voir.Nous irons ensemble.Une heure plus tard, le majestueux concierge de la rue Saint-Augustin flânait sur sa porte quand deux équipages d\u2019un luxe de premier ordre s\u2019arrêtèrent en rasant le trottoir.Le fonctionnaire du cordon vit avec étonnement sa locataire du sixième descendre de l\u2019un tandis qu\u2019une femme jeune encore descen- dait de l'autre et se dirigeait vers sa loge.\u2014 Vous allez bien, monsieur Gau-dinot ?demanda la jeune fille.\u2014 Mais oui, mademoiselle.Et vous ?\u2014 Très bien.Et mon voisin ?,\u2014 M.de Guern ?\u2014 Sans doute, M.de Guern.\u2014 Il n'est pas gai depuis que vous nous avez quittés.Vous voulez votre clef ?\u2014 Oui, monsieur Gaudinot.\u2014 Vous n\u2019allez pas revenir habiter votre local ?\u2014 Est-ce qu'on peut savoir ?Le concierge avait une furieuse envie d\u2019interroger sa locataire, mais la présence de la comtesse 1 intimidait.On savait seulement dans la maison que Jeanne Baudru avait retrouvé ses parents.Le clerc n en disait pas davantage.Et M.Gaudinot songeait, pour employer son style, au'ils étaient vraiment calés, si c\u2019était à eux les deux équipages qui stationnaient à sa porte.En même temps, il trouvait à la jeune fille une certaine ressemblance et ce qu\u2019on est convenu d\u2019appeler un air de famille avec la belle dame qui l'accompagnait.Quand elles disparurent dans l'escalier, il alla sur le trottoir avec une vague intention de questionner les larbins; mais la carrure de Sam et le cocher de la comtesse, raides sur leurs sièges, refoulèrent ses curiosités.Blanche, en entrant dans la cham-brette de sa fille, éprouvait une émotion poignante.C'est là que Jeanne avait passé les derniers jours de leur séparation.Tout l\u2019intéressait dans cette mansarde d'ouvrière.La jeune fille ouvrit sa fenêtre et montra celle du voisin.De l\u2019autre côté de la cour, les croisées de l\u2019appartement de Giovanna étaient ouvertes et, dans le désordre d'un déménagement ou d'une vente, on voyait des gens aller et venir sur le balcon.La jeune fille sentit des larmes lui piquer les yeux; elle essaya de les cacher à la comtesse, mais la mère surprit le mouvement.\u2014 Jeanne, dit-elle en l'attirant sur sa poitrine, je veux la vérité.Ta soeur habitait près de toi.\u2014 Mais .La comtesse étendit la main.\u2014 C\u2019était là ! .\u2014 Ma mère ! \u2014 Ah ! murmura Blanche, le misérable ! que Dieu lui pardonne, s'il veut; moi, je ne lui pardonnerai jamais ! Et, brusquement, elle tomba à genoux, cacha son visage dans ses mains et sanglota en étouffant des cris de douleur.Quand elle se releva, elle essuya ses yeux.UNE BONNE NOUVELLE POUR LES MENAGERES La compagnie Old Dutch renouvelle son offre de magnifiques cadeaux.A des conditions très faciles, les ménagères économes peuvent se procurer un assortiment complet d'argenterie Wm.A.Rogers, de réputation internationale.Cette fois, cette offre exceptionnelle est prolongée jusqu\u2019au 31 décembre 1940 \u2014 plus de deux années ! Il n'y a donc aucune raison pour que toutes les familles ne puissent pas collectionner un assortiment d'argenterie de première qualité.Le modèle \u201c Croydon \u201d, que vous offre Old Dutch, est l\u2019un des plus élégants de Rogers.Pour trois étiquettes du moulin à vent, sur les boîtes de Old Dutch, et la somme minime de 60 cents, vous pouvez maintenant obtenir ce qui suit : 6 cuillerées à thé; 1 couteau et 1 fourchette à dépecer; 3 cuillers à soupe ovales; 3 fourchettes à salade; 3 couteaux à beurre; 3 fourchettes à huîtres ou à cocktail; 3 cuillers pour servir; 1 fourchette à viande froide; 1 cuiller à sauce; 1 couteau à servir à beurre; 1 cuiller à sucre.Vous pouvez aussi avoir d\u2019autres assortiments à prix très minimes.Voilà une aubaine que vous ne devez pas manquer ! \u2014 C'est fini, dit-elle.Pensons à toi! .\u2014 Non, ma mère, allons-nous-en ! .\u2014 Je veux rester, au contraire.Et revenant à la fenêtre, elle montra à sa fille celle du Breton.\u2014 C'est là que vous causiez chaque soir, dit-elle.\u2014 Oui, répondit Jeanne.En même temps son regard sollicitait une permission.\u2014 Il faut lui parler encore, dit la comtesse.\u2014 Que lui dirai-je ?La jeune fille s'était assise à sa petite table où il y avait un buvard, de l'encre et le papier achetés par Dambert quand il prenait tant de plaisir à meubler la chambre de sa protégée.La comtesse ferma les yeux et porta la main à sa poitrine.\u2014 Une ligne seulement, répondit-elle.\u2014 Quoi donc ?\u2014 « Je pense à vous ! » \u2014 Oh ! que vous êtes bonne ! \u2014 Non, dit la comtesse qui sentait tout les ferments de la haine bouillonner en elle, mais je t\u2019aime et je veux ton bonheur.La ligne fut bientôt tracée, mais comment la faire parvenir ?La porte du docteur en droit était auprès de celle de Jeanne.Elle l'indiqua d'un signe.La mère seéoua la tête.\u2014 Non, ma fille, dit-elle.Il faut que de ta vie entière tu n\u2019aies rien à cacher.D\u2019un amour pur comme le vôtre, tu ne dois pas rougir.Tu remettras cette lettre au concierge.Et voilà comment en rentrant chez lui.soucieux, attristé, le clerc de Me Hardouin trouva un mot d'une petite écriture tremblée, au bas duquel il ne lut point de signature; mais son visage s'éclaira d'une joie immense et soudaine.Sur la lettre de la fille, il y avait la même assurance que sur celle de la mère : « Je pense à vous ! » Seulement la fille l'avait écrite de la main tranquille de l\u2019enfant ignorante du drame qui torturait la comtesse et le coeur plein d'une innocente passion.La mère 1 avait lue en passant par toutes les transes, toutes les inquiétudes et tous les déchirements d'un coeur de femme dont l'ami court pour elle un danger de mort.Personne ne l'en avait avertie, et elle en était aussi sûre que si elle avait vu les deux ennemis l'épée à la main.Mais elle se taisait.La journée était claire, chaude et belle.On déserte Paris l'été.Et cependant Paris pour les riches est beau toujours.Jeanne entraîna sa mère à Clichy, mais non à cette route de la Révolte qui rappelait à la pauvre fille tant de cruels souvenirs.Elle avait employé ses premières ressources à enrichir les Baudru.Ils habitaient un appartement au boulevard de Clichy, assez vaste et en façade sur le Midi.Baudru n'y était pas.Il travaillait pour se distraire maintenant qu'il n\u2019en avait plus besoin.Le départ de Jeanne lui avait produit ce qu\u2019on appelle une révolution.Thérèse, très souffrante de la terrible phtisie qu elle avait contractée presque volontairement, ne sortait plus et refusait de se soigner.La comtesse et Jeanne firent auprès d'elle de dernières instances.La malheureuse fille résista avec énergie.\u2014 On te donnera tout ce que tu voudras, disait Jeanne.Tu es riche, puisque je le suis.(Lire la suite au prochain numéro) A2 LE SAMEDI % POUR UNE NATION FORTE Leçons do Culture c Physique IMPORTANCE DE LA CULTURE PHYSIQUE La culture physique accomplit des merveilles et est infaillible; ses bienfaits sont nombreux et rapides.J\u2019ai vu des personnes se transformer remarquablement au point de vue taille et santé.C est le plus sur moyen de conserver votre jeunesse, une belle taille, de la souplesse et une personnalité rayonnante de vitalité et de magnétisme.Cette culture physique est indispensable à votre santé et au bon fonctionnement de votre organisme, que vous soyez jeune ou vieux.Elle active la circulation du sang qui élimine les toxiques ; elle stimule et renforcit tous vos organes.La culture physique combat avec succès la constipation, plaie dont souffre la grande majorité des gens.Si vous souffrez de nervosité, cause de mauvaise digestion ou d insomnie, la culture physique calmera vos nerfs et vous obtiendra ce sommeil réparateur.J\u2019ajoute qu\u2019à suivre les principes de la culture physique vous développerez une volonté et vous renforcirez vos facultés intellectuelles \u2014 vous avez certainement lu ou vu : Mens sana in cor pore sano.Ces mouvements d\u2019exercice illustrés ne sont pas violents et sont recommandables pour dames et messieurs, qu\u2019il s'agisse de maigrir ou d\u2019engraisser ¦\u2014 ou vous garder en bonne condition physique.Il vous semblera étrange, mais les mêmes exercices serviront pour les personnes maigres ou grasses \u2014 car en faisant de l\u2019exercice \u2014 moyen naturel de tonifier tous vos muscles, et d'avoir une diète bien balancée ¦ ¦ votre corps se tiendra à son poids normal.Avant de commencer à faire les exercices que je vous enseignerai, il faut étudier votre cas, car chaque personne a une constitution différente.Alors, il faut être prudent dans le cas de personnes souffrant de pression artérielle, des cardiaques, des personnes ayant subi quelque opération récente, celles d\u2019un âge avancé.Dans ces cas, je vous conseille de consulter votre médecin.Ne soyez pas alarmé si les premiers jours vous êtes moulus et courbaturés ; c\u2019est normal tout comme lorsque vous faites pour la première fois de l\u2019équitation, du ski ou du patin.Vos muscles enflent sous la réaction des premiers exercices et perdent leur élasticité, il faut soigner le mal par le mal.Faites encore d autres exercices qui réchaufferont vos muscles endoloris et leur rendront leur souplesse.Faites vos exercices le matin avant votre petit déjeuner de préférence.Si la chose est difficile, faites-les l'après-midi ou le soir avant de vous coucher.Prenez ensuite une douche ou un bon bain à l\u2019eau chaude pour commencer, puis à l\u2019eau froide.Pour vous essuyer, servez-vous d'une serviette rude et frictionnez vigoureusement et partout afin de vous bien assécher la peau et d\u2019activer la circulation.par JACQUES LANGEVIIS TROISIEME LEÇON PREMIER EXERCICE (Pour dames et messieurs) : ¦ - ¦¦.\u2014 .mm.Assis sur les talons, les doigts touchant le plancher ; vous vous relevez bien droit en même temps que vous ouvrez les bras tel que sur la deuxième photo.Il faut tendre fortement tous les muscles et bien bomber le torse.Pour commencer, faites ces exercices dix fois de suite.Excellent pour développer les muscles des hanches et des cuisses et faire fondre la graisse ; développe la poitrine.DEUXIEME EXERCICE (Pour dames et messieurs) Vous vous couchez bien à plat, jambes et bras fortement tendus.Lentement, vous incurvez le corps, sans plier les genoux.A faire cinq fois de suite pour commencer.Je recommande cet exercice aux personnes souffrant de faiblesse de la colonne vertébrale et des reins ; ce mouvement renforcit rapidement les muscles de l'abdomen.Photos La Photographie La Rose, Montréal.Ne faites jamais d exercice après vos repas.Attendez trois heures.C\u2019est important.Pour ceux qui désirent maigrir, les exercices indiqués sont efficaces, mais il faut les faire sérieusement tous les jours si vous voulez obtenir des résultats.Habillez-vous chaudement pour les faire afin d\u2019activer la transpiration.Les muscles se contractent, prennent de l\u2019extension et cassent les cellules de graisse qui s\u2019éliminent par la transpiration ou sont absorbées par le sang et les organes éliminatoires.Commencez par faire ces mouvements en comptant jusqu'à dix et augmentez avec l'habitude.Faites attention, ne vous épuisez pas.Quand vous connaîtrez tous les exercices, choissez-en une quinzaine de mouvements et faites une séance de routine qui durera une vingtaine de minutes.Ces exercices doivent être faits avec « pep » et souplesse.Il faut que l\u2019action de vos muscles soit énergique afin de créer une demande d'énergie fournie par les tissus gras qui devront diminuer.N\u2019oubliez pas cette tension musculaire ! Maintenant pour les personnes maigres et celles qui veulent se garder en bonne condition physique : Faites ces mêmes exercices dans une pièce bien ventilée et habillez-vous légèrement.Procédez lentement pour commencer mais tout de même avec énergie sans aller trop vite.Comptez aussi jusqu'à dix au début et augmentez avec l'habitude.Je vous conseille de prendre note de votre poids.Cela importe surtout aux personnes qui souffrent d'embonpoint.Surveillez vos mesures à l'abdomen, aux hanches et aux cuisses.?LA CONSTIPATION La constipation est la cause principale de bien des maladies, car elle produit une intoxication lente du sang.Elle est très fréquente aujourd\u2019hui, dans les villes surtout.Bien peu de gens peuvent se vanter d'en être exempts.On entend par constipation la rareté des évacuations intestinales.Pour la combattre, il faut d\u2019abord en déterminer la cause.Il y a d\u2019abord la vie trop sédentaire, la grossesse, le manque d\u2019exercice, particulièrement des muscles ob-dominaux, l\u2019alimentation trop rapide et sans mastication suffisante.Très souvent, il faut l\u2019attribuer à l\u2019absorption d\u2019aliments peu conformes à notre activité.Il faut surtout prendre garde aux farineux, qui sont pauvres en cellulose.Conséquemment, il faut corriger ces déficiences en mangeant des aliments plus riches en vitamines et en cellulose, tels que fruits crus avec leur pelure, les légumes verts, la laitue.Voici quelques fruits que vous devez manger tous les jours : oranges, pamplemousses, pommes, ananas, raisins secs ou en grappes, pruneaux, dattes et surtout les figues.Quant aux légumes : carotte, céleri, oignon, laitue, chou ; le plus souvent avec de l'huile d\u2019olive.On peut ajouter les fèves vertes et surtout les épinards.Entre les repas, buvez beaucoup d\u2019eau.N\u2019abusez pas des épices. 26 novembre 1938 43 PRÔ oisfës ¦\u2022\u2018ft ^ ^ VINGTIEME EPISODE &P 1 \u2014 Etoile Filante se croit enfin en liberté.Il se repose.2 \u2014 Un prisonnier s est évadé.Il 3 \u2014 Il l'agrippe par la crinière et fi veut s\u2019emparer du bronco\t\"if \u201dar maîtriser nit par le maîtriser.4 \u2014 Puis, l\u2019enfourchant, il se sauve tandis qu'un garde tire sur lui.Êù i 5 \u2014 L\u2019alarme est partout donnée.Une auto rapide le poursuit.~r um\"ni.gt ACHETEZ AVEC CONFIANCE Quand vous commandez du boeuf, des oeufs, de la volaille, des conserves de fruits et de légumes ainsi que du beurre de crémerie, précisez toujours la catégorie pour avoir la qualité que vous désirez .puis vérifiez la marque de catégorie sur le produit qu\u2019on vous présente.Quand vous précisez la catégorie, vous achetez avec confiance.Classification par le Gouvernement des produits suivants: "]
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