Le samedi, 1 novembre 1937, samedi 13 novembre 1937
[" 1.3 novembre 1937 annee LE MAGAZINE NATIONAL DES CANADIENS k 7 ¦< (te ,y V .\t, ' .& -, ' A \u2022 H DANIELLE DARRIEUX Une nouvelle de Charles Foley \u2014 Une heure avec René Lefèvre Âurèle to ¦ ¦ our vous distraire, lisez LE SAMEDI our vous instruire, lisez LA REVUE POPULAIRE our mieux connaître le cinema, lisez LE FILM POIRIER, BESSETTE & CIE, Ltée ÉDITEURS-PROPRIÉTAIRES 975, rue de Bullion, Montréal. 4 9e année, No 2 4-\u2014 13 novembre 19 37 3 CARNET EDITORIAL « LES PUBLICATIONS POIRIER, BESSETTE & CIE, LIMITEE 975, RUE DE BULLION MONTREAL \u2022 CANADA \u2022 TEL.: PLateau 9638 ~ \u2022 Entered at the Post Office of St.Albans, Vt., as second class matter under Act of March 1879 \u2022 ABONNEMENT CANADA Un an\t\t\t $3.50 Six mois\t\t\t 2.00 Trois mois\t\t\t 1.25 ETATS-UNIS\tET EUROPE Un an\t\t\t $5.00 Six mois\t\t\t 2.50 Trois mois\t\t\t 1.25 Heures de bureau : 9 h.a.m.à 5 h.p.m.Le samedi, 9 h.a.m.à midi \u2022 AVIS AUX ABONNES \u2014 Les abonnés changeant de localité sont priés de nous donner un avis de huit jours, l'empaquetage de nos sacs de malle commençant cinq jours avant leur expédition.A PROPOS DE FEMMES J'AURAIS pu, tout aussi bien, donner comme titre à cette causerie : Les deux planètes, puisqu'il s'agit d'une comparaison entre la terre et l'une de ses voisines dans l'espace.Vous saurez, tout d'abord, que j'ai reçu la visite d'un Martien, c'est-à-dire d'un touriste demeurant sur cette autre terre qui fait, à une quarantaine de millions de milles de nous, son petit bonhomme de chemin autour du même soleil que le nôtre.C'était un journaliste de là-bas, donc un curieux venant aux renseignements.\u2014 Est-ce que vous avez des femmes sur votre planète ?telle fut sa première question.\u2014 Environ un milliard en comptant celles qui sont encore en nourrice, lui répondis-je.Et vous P \u2014 Hélas !.fit-il en poussant un soupir.Oh, reprit-il vivement, ne croyez pas mon exclamation malveillante, au contraire ! J'ai voulu dire que notre planète étant beaucoup plus petite que la vôtre, il y a moins de place à sa surface pour cet élément féminin qui fait le plaisir des yeux, la joie du coeur et le soleil ou la pluie à la maison.A défaut de la quantité nous avons toutefois la qualité.Nos compagnes ont, par nature, un petit air martial qui leur sied à merveille; c'est évidemment une supériorité sur les vôtres.\u2014 Pardon ! répondis-je un peu piqué, si le nom de la planète a quelque chose à voir avec la manière d'être des femmes, je vous dirai que les nôtres forment de ce fait un parterre.Un joli parterre de fleurs.\u2014 Sur la planète Mars également, affirma-t-il avec l'air du monsieur qui prétend que, dans son domaine, tout est mieux qu'ailleurs; nos femmes sont de vraies fleurs et nous en avons même de toutes les espèces imaginables.Les unes ont l'air d e lys et d'autres ressemblent à des roses; il n'y manque même pas les épines; les unes sont fluettes et les autres énormes.Ah ! soupira-t-il, si vous pouviez les voir.Mais il vaut mieux, peut-être, pour votre tranquillité de coeur et d'esprit que le voyage vous soit encore impossible.On ne peut pas voir une Martienne sans en tomber follement amoureux; nos poètes l'affirment, donc c'est vrai car les poètes ne disent jamais de blagues, tout au moins pas plus d'une à la fois.\u2014 Les femmes sont-elles brunes ou blondes sur la planète Mars ?\u2014 Elles n'ont plus de cheveux et se font dessiner des petits paysages sur le crâne, ou bien le portrait de leur chéri; c'est plus artistique et plus sentimental.\u2014 Pourquoi, n'ont-elles plus de cheveux P \u2014 Parce qu'elles sont très intelligentes.Est-ce qu'en général les têtes de savants, même sur votre terre, sont abondamment pourvues d'une toison ressemblant à des herbes folles, lesquelles ne poussent que sur les terrains in-jultes ?Point ! les savants, les hommes de grande expérience \u2014 sauf rares exceptions pour confirmer la règle \u2014 ont tous le crâne qui s'apparente aux choses les plus précieuses par son magnifique brillant.Dites-moi, est-ce qu'il pousse du poil sur l'or ou le diamant ?\u2014 Pourtant, hasardai-je, si l'absence de chevelure ajoute à la dignité de l'homme, elle me semble nuire à la coquetterie bien légitime de la femme .\u2014 Voilà, répondit le Martien, une erreur de jugement qui n'a pas cours chez nous.Tout d'abord, qu'entendez-vous par coquetterie féminine ?\u2014 Le désir, tout naturel à la femme, de plaire et de se faire valoir; elle y met parfois un art véritable et cela s'appelle alors du coquettisme, termes au reste assez bizarres puisqu'ils évoquent l'idée de coqs alors que les hommes, au contraire, traitent certaines coquettes de simples poules.\u2014 La définition est acceptable mais, je vous le répète, vous avez une fausse idée de la chose en croyant que les dons de la nature suffisent ou surtout sont indispensables à l'exercice de la coquetterie chez les femmes.Sur notre agréable planète Mars, où l'expérience de millions d'années nous a rendus très compétents, nous avons bien meilleure idée que vous du charme féminin et des mille manières de le mettre en relief.La coquetterie des femmes, dites-vous, procède du désir très naturel de plaire aux hommes.Nous sommes d'accord et, si j'étais un terrien comme vous, je trouverais ça très gentil de leur part; mais il y a ceci : les hommes ne savent jamais au juste ce qui leur plaît.De plus, ce sont de grands gobeurs, pas méchants mais bougrement naïfs et se faisant, du charme féminin, la seule idée que la femme leur impose.Je parle, bien entendu, des Martiens.\u2014\tDites-moi donc de quoi se compose le charme de vos Martiennes à l'air si martial P \u2014\tJe ne puis vous répondre d'une manière formelle parce que ce charme a tant de moyens d'actioci à son service qu'il est impossible de le considérer comme permanent dans son état.Je me bornerai donc à vous citer quelques procédés employés par nos Martiennes à diverses époques pour fasciner les bons godiches masculins de notre planète avec cent pour cent de réussite à chaque fois.Un jour elles décidèrent que le superfin du chic était d'avoir de grosses épaules, de grosses hanches et de gros tout le reste; elles se firent, en conséquence, confectionner des robes dûment capitonnées aux bonnes places et traînant jusqu'au sol; il en résulta qu'on ne Voyait pas ce qui existait mais qu'on voyait ce qui n'existait pas.Selon leur caractère individuel, les Martiens mâles furent amusés surpris ou désappointés, en fin de compte ils trouvèrent ça très oeau .Ils y étaient tout juste habitués quand, brusquement, le charme féminin changea totalement d'aspect; du jour au lendemain, nos suaves compagnes perdirent leurs belles rondeurs et se firent plates comme le discours d'un pédant.Rien .il n'y avait plus rien !.\u2014\tQu'est-ce que c'était devenu?\u2014\tAh ! vous m'en demandez plus que je n'en sais ! ces choses là se voient mais ne s'expliquent pas.Toujours est-il que les Martiens de l'espèce masculine en furent positivement ahuris et se prétendirent volés; les yeux n'y trouvaient plus leur compte mais tout finit par s'arranger et même très bien car la beauté des lignes n'est qu'une question d'habitude, et puis les Martiennes eurent une idée géniale : elles rognèrent les robes aux genoux, parfois même un peu plus haut; ceux qui les regardaient encore d'un air courroucé baissèrent immédiatement les yeux.\u2014\tMalgré l'indépendance d'esprit qu'aurait dû leur donner une civilisation vieille de millions d'années, je vois que vos femmes sont encore esclaves de la mode ! \u2014\tQue dites-vous là ! elles suivent la mode mais n'en sont pas les esclaves; il y a une nuance.Ce sont elles, du moins, qui l'affirment.Elles complètent d'ailleurs leurs moyens de séduction par une multitude étonnante de fantaisies prouvant la richesse de leur imagination quand il s'agit de forcer les hommes à les regarder.Ainsi, nombre d'entre elles eurent l'idée de mâchouiller un produit spongieux, la gumma-élastica-martiana pour donner un chic de plus à leurs babines; elles le firent avec conviction, voire avec ardeur et quelques expertes inventèrent même d'agréables fantaisies pour perfectionner la chose, par exemple de saisir délicatement, entre le pouce et l'index, le produit convenablement trituré et de l'allonger en fil de deux pieds de longueur devant leurs lèvres.Il leur était impossible de passer inaperçus.\u2014\tOh, tant de choses qu'à mon regret je ne puis vous les dire pour le moment car on me rappelle en vitesse sur la planète Mars et puis je m'aperçois que vous voici arrivé au bas de votre page coutumière; ce sera pour une autre fois, bonjour !.Et le Martien me planta brusquement là tandis que me revenait en mémoire cette réflexion d'un astronome de mes amis : la planète Mars ressemble étonnamment à la nôtre. 4 LE SAMEDI AU PAYS DE COCAGNE CHRONIQUE DOCUMENTAIRE par Fred Champagne Bien des gens ont entendu parler du pays de Cocagne mais sans savoir au juste ce qu\u2019il est ; on sait moins encore où il est.Je pourrai vous renseigner sur la première partie de la question ; quant à la seconde, j\u2019en laisse le soin aux grands coureurs de mers, sans but précis et qui ne désespèrent pas de trouver un jour une île mystérieuse que personne n\u2019a jamais vue ou bien un pays extraordinaire qui n\u2019est pas encore sur les cartes.On connaît mieux les mâts de Cocagne ; ils ne viennent assurément pas du mystérieux pays, mais ils en évoquent la richesse par les belles choses qu\u2019ils offrent à la convoitise des bons grimpeurs qui sauront les atteindre.Ces mâts, qui font partie de l\u2019attirail des fêtes publiques en certains pays, portent à leur sommet des objets de valeur ou des victuailles de prix qui deviennent la propriété de l\u2019homme assez robuste pour aller les décrocher.Or, grimper à un arbre ordinaire ou grimper au mât de Cocagne sont deux choses bien différentes ; l\u2019écorce et les branches de l\u2019arbre facilitent l'action de grimper, mais il en va tout autrement pour le mât qui est lisse et, de plus, souvent savonné pour le rendre encore plus glissant.N\u2019atteint donc pas qui veut le sommet du mât, comme ne trouve pas qui l\u2019espère le pays enchanté qui se nomme Cocagne puisqu\u2019il est encore à explorer.Je crois bien qu\u2019on ne peut guère le trouver que dans les récits des bons vieux du temps passé, mais la description en est suffisamment savoureuse pour qu\u2019on la redonne pour le bénéfice de ceux qui n\u2019en ont pas encore connaissance.Il y a des gens qui croient que la Cocagne existe réellement ; d\u2019autres que cette affirmation fait sourire ; les uns et les autres ont peut-être tort ou raison, tout dépend de la manière de comprendre les choses.Et puis, sait-on bien exactement tout ce qu\u2019il y a sur le globe ?Ce serait de la prétention de le croire.Personne ne sait où est la Cocaagne La belle raison !Peut-on préciser l\u2019endroit exact où s\u2019étendait la mystérieuse Atlantide de Platon ?Sait-on où se trouvent le royaume de Lilliput et celui de Brodingnagh ?Moi je vous dis que la Cocagne existe ; seulement elle n\u2019est peut-être pas tout-à-fait sur le modèle de celle que la tradition nous décrit.Petrus Nobilis qui était un finaud, voire même un malin, donna, vers l'année 1560, au monde savant et surtout gastronomique, des renseignements qu\u2019il serait regrettable de laisser tomber dans l\u2019oubli et que je me fais un plaisir de porter à votre connaissance.La preuve que la Cocagne doit exister quelque part, c\u2019est que ledit Petrus Nobilis en a établi la carte, et tout le monde sait qu\u2019une carte est un document sérieux ; cela parle aux yeux, vous fait voir les choses et vous en indique l'emplacement avec une précision qu\u2019on ne saurait mettre en doute si, naturellement, la carte est bien faite.Or, celle de Petrus est un chef-d\u2019œuvre du genre, car elle comporte de bien beaux dessins se rapportant aux merveilles du pays de Cocagne ; on en voit quelques échantillons illustrant cette chronique.La carte existe, donc le pays aussi ; malheureusement, Petrus Nobilis n'a oublié qu\u2019une seule petite chose : la situation géographique du pays représenté par sa carte.Voilà pourquoi il faut bien le chercher pour le trouver sur la terre.Ceux qui ont bon appétit et ont plaisir à se remplir copieusement la bedaine de mets succulents autant que faciles à se procurer seront d\u2019avis que la Cocagne est un véritable paradis terrestre.où n\u2019existe que le danger d\u2019attraper de bonnes indigestions.Vous allez en juger.4mm La prison du pays de Cocagne est l'endroit de punition de ceux qui ont voulu travailler.%J H 4 Une belle fille de Dominica, satisfaite de la vie comme si elle vivait au pays de Cocagne.Voici une montagne qui a l\u2019air d\u2019un volcan, mais n\u2019ayez aucune crainte, car c\u2019est un volcan de la bonne espèce.Il porte, à son sommet, une chaudière sans cesse bouillante et dans laquelle, nous dit Petrus, il y a toujours une profusion de macaroni et de « lazagues » qui s\u2019échappent tout seuls par dessus les bords dès qu\u2019ils sont cuits à point.De là, ils roulent sur les flancs du volcan où ils s\u2019enveloppent de fromage râpé puis vont se jeter dans un lac de beurre en fusion.Chacun peut, à son plaisir, s\u2019approcher de ce lac, y puiser à pleines mains et s'emplir l'estomac gratuitement.Voyons plus loin ; des chemins nous conduisent dans des vergers produisant des fruits de toutes sortes et non seulement des fruits ordinaires mais aussi d\u2019autres qui sont glacés, confits ou bien en compote.Il n\u2019y a même pas que des fruits, de nombreux arbres portent à leurs branches des perdrix et des poulets tout rôtis, des jambons, saucissons, pâtés succulents et mille autres bonnes choses que Rabelais appelait des « harnois de gueule ».Quel merveilleux terrain où il suffit sans doute de semer des épluchures pour récolter des plats tout cuits ! Le Palais du Sommeil du pays de Cocagne.£sës WÈÊÉÊÊÈÈià :iKHS îMÈMSïi 13 novembre 1937 5 Les pays chauds, tels que la Jamaïque, où le climat favorise extrêmement la végétation, sont de véritables pays de Cocagne, pour certains produits tout au moins.% # : « êm i ' P* On va d\u2019une merveille à une autre dans le pays de Cocagne ; ici l\u2019on voit des mines de sucre et plus loin des prairies d\u2019omelettes aux champignons ou aux rognons.Hélas, dans nos prairies pourtant si belles, c\u2019est surtout autre chose que des omelettes que l\u2019on mange parfois .Ici c\u2019est un champ de tartes, de massepains et de beignets, plus loin coule un ruisseau de confiture et peut-être que le seigneur du pays est le fameux et le très noble comte de la Marmelade dont il existe des descendants au pays d\u2019Haïti.Ceci pourrait nous fournir sans doute des indications pour retrouver le pays de Cocagne.Voici maintenant des rivières, approchez-en et vous verrez les carpes vous sauter toutes frites dans la main, ce qui est un genre de pêche assurément bien commode.Encore des champs, de légumes cette fois ; vous y voyez des choux gros comme des maisons et des tomates de la dimension d\u2019un éléphant, des melons gigantesques et des carottes comme le plus malin des trompe-nigaud n\u2019en a jamais tirées à ses contemporains en aucun pays.Cette jolie rivière est du vin blanc, cette autre du vin rouge et celle-là, plus loin, du cognac parfumé.Attention aux ribouldingues trop faciles et forcément suivies d\u2019un bon mal de cheveux et de l\u2019affection connue sous le nom de gueule de bois.Bref, dans cette bienheureuse île de Cocagne \u2014 car il paraît que c\u2019est une île \u2014 vous trouvez de tout et mille autres choses encore ; vous y avez à profusion les entremets, les ragoûts et les desserts ; des pigeons rôtis, des cochons de lait, des fruits, de la pâtisserie, de la confiture et des vins ; vous n\u2019avez simplement qu\u2019à vous baisser pour en prendre ou bien décrocher ça des arbres.Vous vous allongez sur le sol pour faire la sieste, mais si vous baillez vous pouvez être certain qu\u2019il vous tombera une alouette toute rôtie dans le bec, et si vous vous endormez, ce sera pour rêver à des délices qui deviendront une réalité dès votre réveil.Ah ! le beau, le charmant, le plantureux pays de Cocagne ! comme il y doit faire bon vivre et comme on comprend l ardeur que tant de gens mettent à sa recherche.Le repos y est entouré de plus de soins que partout ailleurs et.si on le désire, il existe le Palais du sommeil, ouvert à tout venant, et dont les murs sont faits de choses succulentes pour favoriser les beaux songes.Ne croyez pas, pourtant, que vous pourrez vous conduire comme un polisson et faire des blagues au pays de Cocagne sans en être puni ! Il y a une prison pour les gens de cette espèce, mais les bonnes mœurs et la fraternité régnent à telle enseigne dans cette île des bonnes choses que la prison n\u2019a jamais servi.Alors, on en a construit une autre et dans laquelle on enferme les gens surpris à travailler.On trouve toujours, en effet, dans tous les pays, des gens excentriques ne voulant rien faire comme tout le monde et, au pays de Cocagne, pays de la bonne chère gratuite, il y a parfois des originaux qui s'oublient jusqu\u2019à travailler.On les conduit alors dans une prison aux murs de mauvais fromage fort odorant et qui est entourée par un grand fossé plein de vin.La tâche des prisonniers consiste à mettre ce vin en bouteilles qu\u2019ils expédient ensuite à coups de canon à tous ceux qui en demandent.Ajoutons, pour finir, que le gouverneur du pays est choisi parmi les plus paresseux et qu\u2019il n\u2019est détrôné de ses hautes fonctions que lorsqu\u2019on trouve quelqu\u2019un plus paresseux encore que lui.Tel est le merveilleux pays de Cocagne décrit par Petrus No-bilis et dans lequel la nature elle-même dispense à tout chacun le secours direct sur un plan que ne pourront jamais adopter les autres pays du monde même lés plus pourris d\u2019argent, à plus forte raison ceux qui n\u2019ont que des trous à leurs budgets et des dettes dans leurs coffres-forts.Existe-t-il, ce fameux pays ?Oui et non.Sans doute on n\u2019en verra jamais dans le genre que je viens de vous présenter, mais il en est, sur le globe, quelques-uns où la nature fait assurément le plus gros du travail pour les désirs et les besoins des hommes.Il est des climats favorisés où tout pousse à peu près sans culture et où les gens mènent une vie simple et sans tracas inutiles qui est bien la meilleure de toutes mais ces pays-là sont connus.Malheureusement pour eux, car la civilisation n\u2019a pas manqué d\u2019aller y fourrer son nez.Après quoi, elle les a colonisés, c\u2019est-à-dire tout simplement volés à leurs premiers occupants.C\u2019est pourquoi il n\u2019y a sans doute plus beaucoup de chance de trouver le pays de Cocagne aujourd\u2019hui.Il y a, de toute évidence, longtemps qu\u2019il a dû être empoché par un pays civilisateur.Au pays de Cocagne, d'après Petrus Nobilis.Le volcan à macaroni.Un verger extraordinaire où poussent les jambons et les poulets rôtis.a .v y \\ a WÊÊÊm ¦ SAUVETAGE par CHARLES FOLEY Le café bu à l\u2019auberge des Carrières, sous les tilleuls, je pris mon attirail de pêche et descendis par l\u2019escalier rustique vers la large rivière étamée de soleil.Elle était belle, sereine et souriante, cette rivière, ainsi qu\u2019une femme sur le point de trahir ; à sa surface étale couraient seulement d\u2019insaisissables frisures de vent.Tout à coup, vers l\u2019autre rive, derrière l\u2019île, un appel prolongé, poignant, plaintif comme une hulée de chouette, déchira l'air paisible, y fit planer une détresse immense.Aussitôt Polyte, l\u2019éclusier, me bousculant, me passant presque sur le dos, sauta de l\u2019embarcadère dans son bachot : \u2014 Place donc, bon Dieu de bon Dieu ! Y en a qui se noient, là-bas ! \u2022\u2014 Sûr et certain.Je connais ce coup de gueule-là : il y a de l\u2019eau dedans ! Et il fila d\u2019une telle force d\u2019avirons que les taquets en gémirent.Je sautai dans une barque et me mis à ramer dans son sillage.A distance prudente, car le courant était très fort, je doublai la pointe de l\u2019île derrière Polyte et, une fois dans le petit bras, je redressai ma barque et la lançai au fil de la rivière.On pouvait voir.Pas bien loin, deux têtes émergeaient de l\u2019eau : une, petite, violacée, renversée contre l\u2019autre, la nuque cassée de terreur ; cette autre, blême, les prunelles vides, les narines pincées, avec une bouche d'ombre d\u2019où le souffie ne sortait plus.Autour de LE SAMEDI Je me penchai et je vis un visage grassouillet, des cheveux blonds coupés court, un cou très blanc et, le reste, linge ou chair, se perdait dans la profondeur glauque et trouble de la rivière .ces faces d\u2019agonie, à un faible bouillonnement, on devinait qu\u2019un bras ¦\u2014 un seul bras pour deux êtres, \u2014 battait encore l\u2019eau.Saisi, je regardai.Tout près maintenant de l\u2019épave humaine, l\u2019éclusier, d\u2019un dernier coup d\u2019avirons, fonça sur les noyés ; puis l\u2019élan donné, se jeta à genoux, et les bras tendus par-dessus le bord, les happa, les agrippa au passage de ses deux poignets de fer.Polyte hissa le petit par les aisselles, le posa dans le bateau sous une flanquée d\u2019eau, tandis que.le nageur, retrouvant la vie à cette charge ôtée, s\u2019accrochait des deux mains à la rame.Rassuré, je repris mes avirons et bientôt j\u2019accostai le bachot.\u2014\tY a pas de mal, -\u2014 dit Polyte, ancis écouta d\u2019une oreille distraite, sans attacher d\u2019importance à ces propos.Comme elle ramenait sa mère à la maison, elle se souvint du petit billet que Tiennette lui avait glissé avant le déjeuner et lui demanda négligemment ce que c\u2019était.\u2014 C\u2019est le chèque que Rémi remet chaque mois à Tiennette pour nous, mon petit, répondit Mme de Maryan.Le cher garçon ! Quel coeur admirable ! Et queile délicatesse ! J\u2019ai voulu le remercier.Il m\u2019en a empêchée en me disant que ce qu\u2019il faisait était tout naturel.A ces mots, Jancis était devenue très pâle, puis, très rouge.\u2014 Je ne savais rien de cela ! dit-elle.\u2014 Voyons, mon petit, dit doucement Mme de Marvan, comment aurais-tu voulu que nous fassions autrement ?J ai si peu de chose ! Rémi a payé nos meubles, car nous n\u2019avions plus rien.Je me demande même si notre passif ne dépassait pas notre actif et s'il n\u2019a pas réglé la différence ?Il est admirable ! Jancis ne dit rien à sa mère, mais le soir, au dîner, comme Rémi préoccupé reprenait le thème de sa secrétaire, la jeune fille proposa, tout à coup : \u2014 Pourquoi, Rémi, ne me permettriez-vous pas de la remplacer ?\u2014 Cela ne me paraît pas une mauvaise idée, Jancis.Elle est à discuter sérieusement.\u2014 Quand votre secrétaire s\u2019en va-t-elle ?\u2014 Dans trois mois.\u2014 C\u2019est suffisant pour me permettre d\u2019être en mesure de la remplacer ?\u2014 Oui, mon petit, si vous apporter beaucoup d\u2019application à votre tâche.Nous ferons l\u2019impossible, tous, autour de vous, pour vous faciliter la besogne.\u2014 C\u2019est entendu, alors, Rémi.Je serai ici demain à neuf heures et vous accompagnerai à l\u2019usine.\u2014 Bravo ! bravo ! mon petit, fit Rémi.Mme de Marvan fixait sur sa fille des yeux inquiets, gonflés de larmes.Elle ne savait trop que penser de la décision de Jancis, mais elle souffrait certainement, dans toutes ses idées enracinées d'aristocrate, de voir sa benjamine, son adorable Jancis s\u2019astreindre à une tâche monotone et rebutante.\u2014 Ne te désole pas pour moi, petite mère ! lui dit Jancis, le soir même, en lui donnant le baiser du soir, cet emploi vaudra mieux pour moi que l\u2019oisivité dans laquelle je me mine.Et, puis-je laisser Rémi se sacrifier pour nous ?L\u2019argent qu\u2019il nous donne chaque mois, ne dois-je pas le gagner par mon travail ?Ce serait abuser de sa bonté que de tout accepter de lui sans lui rendre rien en échange.\u2014 Tu as raison, dit Mme de Marvan en caressant le beau visage pâli de sa fille.Mais j\u2019avais rêvé d\u2019une destinée si différente pour toi ! Et ton père, ton pauvre père, quel chagrin et quel remords c\u2019eût été pour lui ! % XII I E LENDEMAIN matin, à neuf heures \u2022\u2014 précises, Jancis, strictement vêtue de noir, correcte dans son tailleur de serge, sonnait à la porte de Tiennette.Babou et Mitou l\u2019accueillirent avec enthousiasme et Rémi lui serra chaleureusement la main : -\u2014 C\u2019est bien ça, ma petite Jancis.Vous avez du coeur, du courage.Votre père eût été fier de vous ! Ces paroles mirent du baume sur l\u2019orgueil de Jancis que sa mère, sans le vouloir, ulcérait à chaque instant.\u2014 Vous verrez, poursuivit Rémi, que si vous ne vous découragez pas au début, vous arriverez à vous intéresser à votre travail et à nos affaires, autant qu\u2019à vos jeux mondains.Les affaires sont un sport comme un autre, et on y apporte plus d\u2019âme, car, de leur réussite, dépend le bonheur des êtres qui vous sont chers.Ces paroles pénétrèrent vivement 1 esprit de la jeune fille.Jamais encore elle n\u2019avait envisagé les efforts des hommes qui peinent sous cet angle.C\u2019était beau vraiment ce que Rémi venait de dire : « Car de leur réussite dépend le bonheur des êtres qui vous sont chers ! » Son coeur se gonfla de reconnaissance et elle monta dans «l\u2019autobus» familial pleine de bonnes résolutions et décidée à remplir sa tâche irréprochablement.ximcüux: iU Bob cLeTWI sera partout accueilli comme le cadeau le plus chic.Chaque modèle constitue un joli accessoire personnel,\u2014 un veritable bijou, pratique et durable.| fut ven, Litlwnme.Beouticase \u2014 Le briquet fonctionne \u2014 les cigarettes sortent! Mastercase Briquet corn Une pression -et ça s allume! Touch-Tip -aux lignes profilées ( Briquet de table) PenciLiter \u2014 \\ Ecrit! Allume! et etui a cigarettes pxmnibub JLeJb |tunrueAjJtJb: u/n RONSON APPUYEZ\u2014\tÀ A\tpour allumer! LACHEZ \u2014^ fjjffÇWji pour éteindre! Il Cil Jli \u2022! Deux des jolis modèles de poche RONSON (ftcitii Catalogue illustré: .Ceque RONSONa de nouveau Jommondet - le par écrit en \u2018snnant le nom du marchand iüîÉÊC OMINION ART METAL WORKS, ltd.Commodore Building, Toronto, Ont.terre; RONSON PRODUCTS Ltd., loi 26 LE SAMEDI BEMA I^oqS- .USZES, ^£ED^ MELASSE BARBADES ¦MH MARQUE IMMM^ BEMA VENDUE A LA MESURE PAR VOTRE EPICIER N e risquez pas de gâcher vos gâteaux ou poudinges pour quelques sous.La mélasse Barbades Extra Fine authentique possède cette douce saveur satisfaisante si essentielle au succès de vos pâtisseries.La mélasse Berna est économique, meilleure pour la table et la cuisine.N\u2019oubliez pas d\u2019exiger la mélasse Barbades Extra Fine authentique de marque Berna.19 OFFRE SPÉCIALE DE La Revic Populaire POUR LE CANADA SEULEMENT $2:22 pour 2 dns TARIF REGULIER : $1.50 POUR UNE ANNEE COUPON D\u2019ABONNEMENT D\u2019OFFRE SPECIALE Poirier, Bessette & Cie.limitée 975, rue de Bullion Montréal, P.Q.Ci-joint veuillez trouver $2.00 pour un abonnement de DEUX ans à la REVUE POPULAIRE.(Pour le Canada seulement).Nom .Adresse.Ville .Province .Pendant une demi-heure, la voiture roula à travers des avenues encore à demi endormies, puis, pénétra dans les faubourg, traversa une banlieue industrielle pleine de maisons sales, délabrées, où des enfants mal vêtus jouaient dans les ruisseaux.Rémi devina l\u2019impression pénible de sa belle-soeur et lui dit, très grave : \u2014 La vie est bien dure pour ceux qui vivent ici, Jancis.Je fais, quant à moi, l'impossible, pour tous ceux qui dépendent de moi et Robert m\u2019y aide de toutes ses forces.Mais il est plus difficile qu'on ne croit de faire le bien et l\u2019homme est souvent son pire ennemi ! Jancis écoutait ces paroles avec une émotion qui jusque-là, n\u2019avait jamais touché son coeur.S\u2019était-elle jamais occupée de ceux qui peinent, qui travaillent sans trêve, autrement que pour les dédaigner ?A cette pensée, ses joues se colorèrent de honte et ses bonnes résolutions se raffermirent en elle.Elle n\u2019eut, du reste pas autant de mérite qu\u2019elle se l\u2019imaginait à les tenir.Rémi l\u2019introduisit dans un bureau propre, clair et gai, qui donnait sur une petite cour intérieure ornée de lierre et de fusains.Devant une larqe table chargée de paperasses et d un gros bouquet, une jeune fille blonde, d\u2019 une mise nette, très avenante, était assise.\u2014 Mlle Vernuire, présenta Rémi, qui ajouta, très gai : \u2014 Je vous amène ma petite belle-soeur qui prendra votre place quand vous nous quitterez.Elle ne connaît rien du métier, moins que rien ! Je vous donne carte blanche.Grondez-la, punissez-la, autant que vous le voudrez ! La jeune fille eut un rire charmant et fit asseoir Jancis devant une machine à écrire.Cette dernière trouva son apprentissage si peu difficile que, lorsque Rémi vint la prendre pour le déjeuner, elle ne s\u2019était pas aperçue que les heures avaient lui ! \u2014 Regardez, Rémi, cria-t-elle, je tape déjà avec trois doigts ! Ils rirent tous.Rémi emmena Jancis tout animée.\u2014 Bravo, Jancis ! approuva-t-il, enchanté de voir se défendre le visage habituellement morose de sa belle-soeur.Mlle Vernuire vous plaît ?\u2014 Elle est charmante ! Si fine, si distinguée ! \u2014 Elle est d'excellente famille, Jancis, -et très instruite ! Ah ! nous allons arracher bien des idées fausses de cette petite cervelle-là ! Mme de Marvan attendait sa fille, presque avec anxiété.Elle fut bien étonnée de lui voir le visage beaucoup plus gai que d\u2019ordinaire, et le lui dit, ce qui fit rire Jancis.\u2014 Je n\u2019aurais jamais cru qu\u2019on pouvait se passionner ainsi pour la machine à écrire ! dit-elle.Je t\u2019apporterai ma première composition, maman, sans une faute ! Le visage de Robert Saint-Yves, quand il entra dans le bureau de Mfie Vernuire, qu\u2019il croyait trouver seule, comme à son habitude, exprima une telle stupéfaction que Rémi, attiré par les éclats de rire des jeunes filles, apparut tout à coup.Il avait, à dessein, négligé de prévenir son associé.Il lui présenta avec la plus grande formalité la nouvelle secrétaire.Le visage de l\u2019ingénieur laissa paraître une joie émue qu\u2019il s\u2019efforçait en vain de cacher.Jancis, touchée par cette affection profonde, que rien ne pouvait abattre, ni le dédain, ni la pauvreté, ni les sacrifices, sentit, pour la première fois, une fierté l\u2019envahir à la pensée qu'elle avait inspiré un tel sentiment à un homme de la valeur de Saint-Yves.Durant les mois qui suivirent, elle eut, de plus en plus, l\u2019occasion de le connaître, de le juger, de l\u2019apprécier.Il venait souvent, plus souvent peut-être qu\u2019il n\u2019était nécessaire, donner des instructions à Mlle Vernuire et des conseils à Jancis, affairée, vive, presque redevenue elle-même.Elle l\u2019accompagnait à travers les ateliers, apprenait à connaître le fonctionnement d\u2019une usine, à parler aux ouvriers, à s\u2019assimiler à un milieu si nouveau pour elle.Rémi, émerveillé, la vit s\u2019adapter sans effort apparent à sa nouvelle vie, s\u2019intéresser à des questions arides de fabrication et de rendement, se préoccuper des acheteurs, des bénéfices, de la publicité.Ses compliments et ceux de Saint-Yves ne contribuaient pas peu à encourager la jeune fille, qui reportait sur sa nouvelle tâche, l\u2019ardeur qu\u2019elle apportait autrefois à la pratique des sports.Le moment vint où Mlle Vernuire dut quitter l\u2019usine.Jancis était complètement prête à prendre sa place avec l\u2019aide de Jeannette, la petite dactylo, qui, très ancienne dans la maison en connaissait tous les détours et les secrets.Mme de Marvan et Tiennette ne pouvaient encore prendre entièrement leur parti de la métamorphose de Jancis.Fallait-il se réjouir ?Fallait-il s\u2019affliger ?Le brillant papillon avait acquis les vertus de l\u2019humble abeille .N\u2019était-ce pas déroutant?Rémi, lui, était toute joie : ¦\u2014 Ne voyez-vous donc pas qu\u2019elle est très heureuse ainsi, leur disait-il.N\u2019est-ce pas l\u2019essentiel pour l\u2019instant ?-Si j amais on m\u2019avait dit ! soupirait Mme de Marvan.J\u2019avais toujours imaginé ma petite Jancis heureusement mariée, entourée de charmants enfants, non sous les traits d\u2019une femme d\u2019affaires ! Elle ne parle plus que fabrication, rendement, récupération, etc .Rémi eut un rire joyeux : \u2022\u20141 En quoi ceci empêcherait-il cela?Laissez, laissez, ma mère, Jancis a pris le bon chemin à présent.le chemin du bonheur ! Cependant, entre Robert et Jancis, les rapports étaient restés ceux de très bons camarades.La jeune fille passait de longues heures avec l\u2019associé de son beau-frère.Elle appréciait de plus en plus la profondeur de son intelligence, la droiture de son esprit, les qualités de son coeur.Rien, pourtant, ne transparaissait dans son attitude qui pût permettre à Robert d\u2019espérer, lui inspirer d\u2019autres sentiments que ceux d\u2019une simple amie.Secrètement, il se désolait.Il aurait voulu parler à coeur ouvert à la jeune fille, lui crier son amour, son chagrin .Ne voyait-elle -as à cjuel point, il l\u2019adorait ?Avait-il besoin de mots pour le lui faire comprendre ?Un jour que Jancis travaillait devant la fenêtre, à la place occupée autrefois par Mlle Vernuire, un grand bruit d\u2019explosion se fit entendre, suivi d\u2019un fracas de carreaux brisés et de clameurs éperdues.Jancis qui s\u2019était levée, tremblante, distingua le nom de Saint-Yves clamé par des voix affolées.Son coeur, un moment, cessa de battre, puis ébranla sa poitrine de grands coups précipités.Elle sortit en courant et se dirigea vers le laboratoire dont il lui avait parlé et dont il espérait tant ! Elle fendit la foule des ouvriers, qui s\u2019écartèrent resoectueusement devant elle, et se jeta sur le corps du jeune homme étendu sur un banc, immobile, pâle comme un mort, inondé de sang, Jes vêtements à demi brûlés : 1 3 no vembre 1937 \u2014 Robert ! Robert ! Une grande angoisse s\u2019était emparée d\u2019elle.Oublieuse de la foule, elle s\u2019était agenouillée près du jeune homme et pressait ses mains ensanglantées : ¦\u2014¦ Un docteur ! Un docteur ! cria-t-elle.Avez-vous téléphoné ?\u2014 Oui, oui ! répliquèrent plusieurs voix.\u2014 Mon Dieu ! Et Rémi qui n\u2019est pas là ! Quelques secondes plus tard un docteur accourait.Robert n\u2019était pas mort, mais son état était grave.Jan-cis s\u2019assit près de lui dans l\u2019ambulance qui l\u2019emporta d\u2019urgence à la clinique, s\u2019approcha de son lit quand le docteur l\u2019eût pansé.Il avait les yeux clos quand elle se saisit d\u2019une de ses mains.Il les rouvrit enfin et, au-dessus de lui, il découvrit le visage, de Jancis, illuminé de tendresse.Alors, la plainte qui allait s\u2019exhaler de sa gorqe serrée fit place à un qrand soupir, en même temps qu\u2019un bonheur immense s\u2019insinuait en lui.La vive douleur de ses contusions et de ses brûlures fut soudainement abolie, et il crut, dans son demi-délire, qu\u2019il était la proie d\u2019une hallucination : \u2014 Jancis ! Jancis ! souffla-t-il d\u2019une voix inquiète.Elle lui sourit et ses yeux, humectés de larmes, avaient une douceur exquise.\u2014 Oui, oui, c\u2019est moi ! murmura-t-elle.Ne bougez pas.Ne parlez pas .Les yeux du malade se firent suppliants : \u2014 Vous n\u2019allez pas me quitter ?Elle secoua la tête et une grosse larme roula sur sa joue tandis qu\u2019elle cimetière est le seul vestige qui reste de la Nouvelle-Algérie .Les petites croix noires, plantées ça et là, au ras de l\u2019eau, sur une étroite bande de sable que surplombe létage-ment sans fin des forêts séculaires voilà tout ce qu\u2019aperçoivent aujourd\u2019hui de cette colonie chimérique les aoélettes qui passent dans le canal Saint-Georges, à moins que cependant, les six chiens étiques que nous y avons laissés ne viennent encore comme à notre départ hurler du rivage au navire qui s\u2019éloigne et lui adresser leur appel déchirant.Cassoulet ne s\u2019était pas trompé et ii était bien renseigné sur les départs d'émigrants desquels, du reste, tous les journaux s\u2019occupaient.Un bateau, la Jeune-France, destiné à emporter l\u2019expédition, armait à Barcelone et Coeurderoy, toujours en Angleterre, où ses allures restaient libres, était accouru pour présider en personne à l\u2019organisation du convoi.Depuis trois mois, Barcelone était emplie du bruit de son nom.On voyait circuler partout ses officiers en uniforme, ses engagés, ses miliciens, auxquels il n\u2019allouait point de solde, mais qu\u2019il logeait et qu\u2019il nourrissait en attendant le départ.L\u2019imprudence de Coeurderoy fut en quelque sorte grandiose : il venait de fonder une aristocratie de la nouvelle colonie en instituant des magistrats et des ordres nobiliaires de trois classes.Le majorai de première classe devait avoir une contenance de trois mille hectares au moins, coût : cent mille francs; pour la seconde classe, mille hectares, coût : cinquante mille francs; troisième classe, mille hectares, mais dans l\u2019intérieur des terres, coût : vingt-cinq mille francs.se penchait vers le pâle visage du blessé : \u2014 Non, non, jamais ! Un long soupir délivré s\u2019échappa de la poitrine de Robert comme si un poids intolérable venait d\u2019en être arraché ; \u2014 Jancis ! C\u2019est trop beau ! Mais comme il faisait un mouvement pour porter à ses lèvres la main de la jeune fille, la douleur lui arracha un cri.Ses traits se crispèrent, ses yeux se fermèrent.Elle tressaillit, comme si la même souffrance l\u2019avait déchirée et, se penchant vers l\u2019aimé, doucement, elle Dosa ses lèvres sur les paupières meurtries.\u2014 Rémi ! Regarde ! fit Tiennette en tendant à son mari le journal qu\u2019elle était en train de lire.\u2014 Quoi donc ?Qu\u2019y a-t-il ?demanda Rémi en voyant se contracter le charmant visage de sa femme.\u2014 Là ! Là !.Aux Echos Mondains ! A mi-voix lentement, Rémi lut : \u2014 On annonce les fiançailles du capitaine Gontran de Lerbois, fils de .etc., etc .et de Mlle Annette Dumontier, fille de l\u2019industriel bien connu, etc., etc .Il y eut un petit silence.-\u2014¦ Evidemment ! finit par conclure Rémi.Cela devait se terminer ainsi ! La baronne est presque ruinée.Elle a choisi pour son fils une des plus riches héritières de France ! Qu\u2019elle soit vulgaire, peu aimable, notoirement mal élevée, voilà qui ne trouble guère notre baronne, pourvu que la dot soit de taille ! Gontran paiera cher son inqualifiable faiblesse ! Et c\u2019est là l\u2019homme que Jancis avait choisi ! soupira Tiennette.\u2014 Dieu soit loué ! fit gaîment Rémi.Tout cela est enterré ! Notre petite folle a réparé son erreur .Robert et elle doivent être arrivés à Venise à l\u2019heure qu\u2019il est ! Oui, ils étaient tous deux à Venise, et tous deux, à cet instant même, se récriaient d\u2019admiration en regardant défiler, de chaque côté de leur longue gondole noire, les palais qui bordent le Grand Canal.C\u2019était l\u2019heure adorable du couchant, la plus belle de toutes à Venise, quand le soleil éclaire de reflets fantasques l'eau glauque des canaux et que, de toutes parts éclatent des chants de joie, que les troupes pressées des gondoles se croisent et s\u2019ébattent avec un gai clapotis.Jancis porta son regard émerveillé et tendre sur le mâle visage de son mari : \u2014 Que tu as changé ! lui dit-elle soudain.\u2014 Changé ?Comment ?demanda-t-il un peu inquiet.\u2014 Oui, tu as changé, dit-elle, tellement à ton avantage ! Tu as perdu cet air sévère, ces manières gauches qui gâtaient tant le vrai Robert! Tu es exactement celui que j\u2019avais toujours appelé dans mes rêves .et je ne t\u2019avais pas reconnu tout d\u2019abord ! \u2014 C\u2019est toi, toi qui m\u2019as métamorphosé, toi, et le grand bonheur que tu me donnes ! Oui, nous nous sommes trouvés l\u2019un l'autre, nous avons trouvé le chemin du bonheur .Devant eux, sur le flot calme, comme en un long sentier fleuri de roses, s\u2019étalait le dernier rayon du soleil couchant.FIN LE CHEMIN DU CRIME (Suite de la page 23) Ces majorais devaient porter le nom du chef de la famille !.En même temps qu\u2019il organisait son aristocratie, Coeurderoy faisait embarquer sur la Jeune-France tout un personnel administratif et militaire : un juge de paix, un greffier du tribunal, un président du tribunal civil, un aumônier, un directeur général des cultures, un commandant de la milice, un capitaine, tout le cadre d\u2019un bataillon .de nombreux émigrants, les derniers qui devaient s\u2019embarquer vers ce pays des chimères et du men-sonqe .Cassoulet était arrivé la veille même du départ avec Philidor et Lu-bin.Après conférence avec leur ancien patron dont l\u2019étonnante fortune les plongeait dans une stupeur ad-mirative, ils s\u2019étaient embarqués sur la Jeune-France.Le jour du départ, il y eut un grand banquet donné par l\u2019escroc .Au dessert, il prit la parole et avec des larmes dans la voix il but au succès de l\u2019entreprise, à l\u2019heureux voyage du navire, à l\u2019immense fortune qu\u2019allaient trouver, là-bas, les colons qui s\u2019exilaient pleins d\u2019espoir .Puis il serra la main des chefs, des administrateurs, des sous-officiers.« Je ne puis pas vous embrasser tous ! » disait-il en pleurant.Enfin, au moment où le capitaine du navire allait commander la première manoeuvre, il descendit l\u2019échelle .Quelques secondes après, son canot l\u2019emportait à toutes rames vers Barcelone, pendant que du pont ceux qui s\u2019en allaient vers la mort criaient: Vive la Nouvelle-Algérie .Et, lentement, le bateau sortit du port.Pendant les dernières heures du jour, tous les passagers restèrent sur ie pont, profitant de la soirée, qui était calme et douce.On était au mois d\u2019avril.Puis la nuit tomba.Le vent fraîchit.Ils rentrèrent.Il ne resta plus sur le pont que les matelots retenus par leur service et quelques passagers enveloppés de manteaux, le capuchon rabattu sur la tête.Peu à peu, les ténèbres devinrent profondes.Dans l\u2019ombre, assis sur des pliants, penchés l\u2019un vers l\u2019autre, trois hommes parlaient à voix basse.C\u2019était Cassoulet, Philidor et Lu-bin qui se concertaient.Leur entretien dura longtemps .Cassoulet mettait ses deux complices au courant des derniers événements et entre eux ils établirent le plan de l\u2019avenir .Au milieu de toutes les aventures vers lesquelles couraient les émigrants, ce devait être un jeu d\u2019enfant que de faire tomber Henriette et Sabine dans un pièoe où Henriette trouverait la mort.En France, il eût fallu ruser, attendre, ne frapper qu'à coup sûr .Mille dangers eussent menacé les aventuriers .Mais, à quatre mille cinq cents lieues de France, dans des îles perdues ! Cassoulet riait, d\u2019un rire assourdi : \u2014 Un enfant s\u2019en acquitterait.C\u2019est une bonne affaire.Il y a vingt-cinq mille francs pour chacun de vous .et je me charge, à votre retour, de vous faire donner une gratification de pareilles sommes .Ils causèrent encore longtemps.De temps en temps, ils riaient.Certes, la mère et la fille n\u2019avaient à attendre de ces hommes aucune pitié .27 Apprenez à protéger vos planchers centre la VARIOLE DES PLANCHERS ^èsàesP/ ||ÉÉ| CIRE JOHNSON pour meubles et parquets Les planchers insuffisamment protégés s\u2019enlaidissent et perdent leur brillant aux endroits fréquentés.C\u2019est ce qu\u2019on appelle la Variole des Planchers.La Cire Johnson est le remède infaillible contre la Variole des Planchers.Il vous est bien facile d\u2019avoir des planchers propres, luisants, et qui ne se terniront jamais.La véritable Cire Johnson les garde en parfait état -\u2014 les recouvre d\u2019un bouclier invisible -\u2014 empêche la poussière et les microbes d\u2019adhérer 40 LE SAMEDI y VINGTIEME EPISODE « 1 \u2014 C\u2019est avec le prestige des héros que les trois cow-boys quittèrent le village à la recherche de nouvelles aventures.r 3\u2014 La renommée de Bob, Fred et Fatty s\u2019était répandue jusque là et les mineurs leur demandèrent de les escorter.5 \u2014 En effet, un chef indien s\u2019avança devant eux et leur commanda de quitter le territoire des Peaux-Rouges.2 \u2014 Ils arrivèrent quelques jours plus tard à un établissement de mineurs qui levaient le camp.4 \u2014 C\u2019est avec plaisir que les trois cow-boys 6 \u2014 Mais on refusa de se rendre à son ultima-acceptèrent car la caravane risquait d\u2019être atta- tum : aussitôt des Indiens surgirent de partout et quée par les Indiens.\tattaquèrent avec furie.j 1 m 7 \u2014 Avec des flèches enflammées, ils mirent le feu aux toiles des wagons.La bataille faisait rage, au milieu des hurlements des Indiens et la pétarade des fusils.8 \u2022\u2014 Le chef des nrneurs avait placé son jeune fils dans un wagon et il restait là pour le défendre.Mais Tonnerre-qui-gronde, le chef des Indiens, 1 abattit à bout portant.u'ir'it t 9 \u2014 Heureusement le mineur n\u2019était que blessé et il vit les Indiens qui enlevaient son jeune fils.10 \u2014 Les trois cow-boys arrivèrent trop tard.Mais ils se lançèrent à la poursuite des ravisseurs.(A suivre dans le prochain numéro) 11 Ils étaient trois contre plusieurs douzaines d\u2019ennemis.Comment pourront-ils délivrer l\u2019enfant du pauvre mineur ?1495 ) 13 novembre 1937 41 : : :':- *'\u2022\u2022**» TRENTE-TROISIEME EPISODE 1 \u2014 Par je ne sais quelle force mystérieuse, le\t2 \u2014 11 l\u2019enfourcha comme\tun vulgaire\tcheval\t3 \u2014 En réalité, c\u2019est le buffle qui risquait de faire jeune Charles avait pu dompter un énorme buf-\tet se prépara à affronter le\tlion que les\tnègres\tle plus de tort au roi des animaux.Ce n\u2019est pas ce fie africain.\tavaient lançé contre lui.\tqu attenda:ent les nègres.v ; 'mSËk ^nml mm 4 \u2014 Sachant que le lion était affamé, ils croyaient qu\u2019il étranglerait vite son adversaire.Mais Charles encourageait son ami le buffle.5 \u2014 Quelques coups de corne bien plaçés expédièrent le lion dans un monde moins brutal.Le jeune homme poussa un cri de joie.\"4M- /h; 6 \u2014 En signe de reconnaissance, il flatta la bonne bête.Cependant ses tribulations n\u2019étaient pas finies, comme vous verrez.c*} Siin&r I;1 7\t\u2014 Il constata que le lion était bien mort.Et il ne soupçonnait pas que des yeux ardents comme des tisons le guettaient.8\t\u2014 Soudain, un groupe de nègres s\u2019avança vers lui en rampant avec les signes de la plus grande terreur.Que voulaient-ils ?9\t\u2014 11 était évident que ces messieurs \u2014 bien que non-civilisés \u2014 n'avaient aucune intention malveillante.Tant mieux ! iilSilSl .4# (A suivre dans le prochain numéro) 42 LE SAMEDI Je t'avertis que si tu mâches toutes tes graines, je fais la grève sur le tas 1 Lui \u2014 Je voudrais bien savoir ce que vous direz si je vous embrassais.Elle \u2014 Si vous vouliez vraiment le savoir, vous m\u2019auriez déjà embrassée.Patron \u2014 Ce matin, vous êtes en retard.Employé \u2014 Excusez-moi, monsieur, mon réveil s\u2019est cassé et je ne me suis pas réveillé à temps Patron \u2014 Comment, vous dormez donc aussi chez vous ?\u2022 Jeune marié \u2014 Comment, ma chérie, nous n'avons que du fromage à dîner ?Sa femme \u2014 Oui, mon chou.Les côtes d\u2019agneau ont pris feu et sont tombées dans le dessert, alors j\u2019ai dû prendre le potage pour éteindre le tout.Deux amis discutent devant deux verres de bières, qui ne sont ni les premiers ni les derniers.L\u2019un d\u2019eux crie avec entêtement : \u2014 T'as beau faire des objections, moi je suis mon idée.\u2014 Ah ! ben, dit l\u2019autre, à ce comp-là, tu n\u2019iras pas loin.\u2022 Marius va au théâtre avec sa gentille amie Fanny.C\u2019est une pièce d\u2019amateurs, mal montée, mal jouée et les sifflets se font retentir dans un salle.Cependant, Marius ne cesse pas d\u2019applaudir.\u2014 Mais, dit Fanny, tu n\u2019es pas* un peu fêlé pour applaudir de pareille âneries ?- Tu ne vois donc pas, dit Marius, que j\u2019applaudis ceux qui sifflent.; ' ;7 ;\u2022 \u201e mm.\u2014 Maman, il y a là un pauvre homme qui crie.Est-ce que je peux lui donner dix sous ?\u2014 Mais oui, chérie.Et que crie-t-il?«Bonbons, chocolats, caramels ! » Rions, c\u2019est l\u2019heure \u2014 Quand vous avez dit au docteur que vous veniez le consulter de ma part, qu\u2019est-ce qu\u2019il vous a répondu ?\u2014 Qu\u2019il fallait payer d\u2019avance ! Devant un groupe d\u2019amis, Baptiste raconte les belles chasses qu\u2019il vient de faire dans une région des Lau-rentides infestée d\u2019ours.\u2014 Vous avez dû avoir peur le premier jour que vous êtes arrivé parmi les ours ?\u2014 Oui, on m\u2019avait dit que ces pauvres bêtes avaient des puces ! Le vieux monsieur \u2014 Pourquoi as-tu m s un cigare au bout de ta ligne à pêcher ?L\u2019enfant \u2014 Je veux attraper du poisson fumé.Le Canayen \u2014 Mon voisin est le plus bel avare de la terre ; dernièrement il a interdit à sa femme de se marier pour ne pas avoir à donner son consentement.L\u2019Irlandais \u2014 Mon père à moi était encore plus avare que ça : il a fait boucher sa fenêtre parce qu\u2019elle donnait sur la rue .1 ,e coeur serait Bien à plaindre s\u2019il M AVAIT PAS\\ POUfP S-'EXPfPÏME-F?» QUE DÎT LE REGARD\" VtfETTE t-APO'/VTE Le blanc est la couleur de la joie.Les femmes se marient en blanc : les hommes jamais ! Mme Noé à son mari -\u2014 Si tu persistes à vouloir amener des souris dans ton arche, je refuse d\u2019y monter ! \u2014 Laissez-moi vous dire, monsieur le bandit, que vous n\u2019êtes pas à la page.On ne cambriole plus: on enlève la victime ! \u2014 P\u2019pa, pourquoi que t\u2019as les cheveux blancs et la barbe noire ?\u2014 Mais .parce que mes cheveux ont vingt ans de plus que ma barbe ! \u2022 La maman, à sa petite fille qui a été à l'école pour la première fois \u2014 Eh bien, chérie, qu\u2019as-tu appris ce matin ?La petite fille \u2014 Rien.Faut que j\u2019y retourne demain.Deux bohèmes se rencontrent : \u2014 Quel ennui ! Je suis obligé de ne plus fumer.\u2014 Pourquoi Ça te rendait malade?\u2014 Non.Mais le docteur a interdit à mon ami Lapoir .de fumer.\u2014 Alors ?\u2014 Ben, alors, je ne peux plus fumer son tabac ! \u2022 Le docteur \u2014 Votre cas est très grave.Il vous faut renoncer à tout travail de tête.Le client \u2014 Mais non, je suis cha-ce serait ma ruine.Le docteur -\u2014 Pourquoi ?Vous êtes journaliste ?écrivain ?compositeur ?Le client \u2014- Mais non, je suis chapelier.\u2022 \u2022\u2014¦ C\u2019est déplorable de voir comme les dents se gâtent de nos jours ; ainsi, mon petit, lorsqu\u2019il avait trois mois, il avait déjà les dents cariées.\u2014 C\u2019est comme ma fille, alors.Quand elle fut née, nous lui ouvrîmes la bouche, à cette pauvre enfant.\u2014 Elle avait aussi une mauvaise dentition ?\u2014 Elle avait déjà un râtelier ! \u2014 Durand m\u2019a demandé de lui prêter vingt dollars.Dois-je les lui donner ?\u2014 Bien sûr ! \u2014 Pourquoi, bien sûr ?\u2014 Parce que si tu ne les lui donnes pas, c\u2019est à moi qu\u2019il s\u2019adressera.\u2022 Jacques (quatre ans) est souffrant.Le docteur vient, lui prend le poignet, tire sa montre et compte les pulsations du jeune malade.Alors, le lendemain matin, en s\u2019éveillant, Jacques tend son bras à sa maman : \u2014 Regarde l\u2019heure qu\u2019il est à mon bras.\u2022 \u2014 Qu\u2019est-ce qu\u2019on jette blanc en l\u2019air et qui retombe jaune sur le sol ?\u2014 Un œuf.Un cambrioleur comparaît devant le tribunal.Le juge lui demande : \u2014 Votre forfait accompli, vous êtes parti par une porte dérobée ! \u2014 Pardon, Monsieur le Juge, je ne dérobe que les bijoux ; les portes ne m\u2019intéressent pas.Deux vantards voyagent en Gas-pésie.L\u2019un d\u2019eux raconte ses exploits comme pêcheur d\u2019huîtres.\u2014 Je suis pas battu pour la pêche au huîtres.Chaque fois que je plonge j\u2019en ramasse au moins une centaine.L\u2019autre ne tarde pas à répondre : \u2014 C\u2019est l\u2019enfance de l\u2019art.Moi je plonge avec mon couteau, j\u2019arrache les huîtres, je les ouvre et je les mange avant de remonter.\u2014 Allô ! docteur, comment trouvez-vous ma langue ce matin ? 13 novembre 1937 43 :»»»»««-*» 1) J >**.ft»**» J SSO | Wj?i #**.// Il y a une quarantaine d années, l\u2019île Volcano, faisant partie de l\u2019ar-I chipel des Lipari et bien nommée puisqu'elle est volcanique, fut à vendre.Elle a une superficie d\u2019une di-imiine de milles carrés et renferme H^eux volcans, un petit dans la partie nord et un grand dans le centre.Elle a fa t son apparition du temps d\u2019Homère et les Grecs croyaient que Vulcain y demeurait avec ses Cyclopes.On trouve du soufre en quantité dans cette île et on y cultive de fort bon raisin.C\u2019était donc une affaire pour qui voula t se rendre propriétaire de volcans.\u2022 Aux Indes occidentales, notamment aux îles Baham, il existe une plante le \u201cjumbai\u201d que les animaux consomment volontiers comme fourrage ma:s qui a la curieuse propriété de leur faire perdre leurs poils ; les chevaux et les ânes y laissent jusqu\u2019à leur crinière et leur queue mais les boeufs, les chèvres et les moutons n\u2019en sont pas affectés.Les animaux qui cessent d\u2019en manger voient leur poil repousser.Au moyen-âge on éta;t très sévère pour les femmes trop bavardes ; on voit encore, à Mulhouse, un masque spécial dont les délinquantes devaient se couvrir le visage pour fa;re ensuite le tour de la ville.Ce masque grimaçant et très laid avait une lan-que de près d\u2019un pied de longueur.La peine du masque n\u2019empêchait souvent pas celle d\u2019une amende complémentaire.\u2022 Mettre sa main au feu est une ex-, pression qui remonte à l\u2019usage adopté autrefois de soumettre les accusés à ce qu\u2019on appelait l\u2019épreuve du feu.L\u2019homme accusé de certains crimes devait sa\u2019sir dans sa main et soulever un soc de charrue chauffé à grand feu.Si sa main ne portait aucune trace de brûlure il était réputé innocent ; dans le cas contraire, il était reconnu coupable.Aussi, pour affirmer la vérac\u2019té d\u2019un fait, a-t-on pris coutume de dire : « J\u2019en mettrais ma main au feu », ce qui signifie qu\u2019on est tellement certain de dire la vérité qu\u2019on ne craint pas de subir l\u2019épreuve dont nous parlons ci-dessus.\u2022 L\u2019usage du lait d\u2019ânesse est en faveur dans plusieurs pays ; ce lait se digère une fois et demie mieux que celui de la vache et il convient tout particulièrement aux personnes convalescentes a:nsi qu\u2019aux enfants.\u2022 Les fumées, parfois dégagées en abondance au-dessus des grandes villes, ont un double inconvénient ; elles agissent d\u2019abord à la façon d\u2019un écran plus ou mo'ns opaque qui arrête une partie notable de la chaleur solaire ; d\u2019autre part, elles souillent l\u2019atmosphère de produits toxiques qui peuvent, à la longue, produire des désordres graves dans l\u2019organ;sme.Notes Encyclopédiques CHOSES ETRANGES \u2014 Par Pascal Boivin, artiste canadien CIWFETE MYSTERIEUSE, PRATIQUEE C-HfZ LES &HILS, EST CELLE QUE LES ANGLO-INDIENS APPELLES\"LA MARCHE DANS LE FEU\" DES TI50NS SONT PLACÉ* DANS LE FOND D'UNE TRANCHE ÉTROITE, LE-SORCIER DÉSIGNE UN f40M-» ME QUI, SANS -HÉSITATION, *E MET A MARCHER LENTEMENT SUR CE FEU ET SORT INDEMNE DE L'ÉPREUVE.SAVIEZ-VOUS QUE GRENACHE, ANCIEN PIONNIER DE LA \u2019PAROISSE 5T£~ -HÉLÈNE, OUI DÉSIGNA SA DEMEURE EN POINTANT SA CHARRUE D'UN SEUL BRAS, BRISAIT DES CAILLOUX AVEC SES POINGS.Qua PUBLIE 2.7,000 LETTRES DE NAPOLÉON IL EN A ÉCRIT AU MOINS LE DOUBLE, SOIT QUINZE,.; LETTRES PAR JOUR Tous droits réservés, LE SAMEDI D'OU VIENNENT LES COQUELICOTS?Chaque année, la Légion canadienne organise la journée du coquelicot pour venir en aide aux anciens combattants dans le besoin.On ignore généralement que le coquelicot, petite fleur d\u2019un rouge vif, poussait en abondance sur la tombe des soldats morts au front.Le coquelicot que vous ne manquerez pas de mettre à votre boutonnière le 10 novembre prochain est fabriqué par des soldats infirmes.A la Pointe St-Charles, il y a un atelier fondé par le Gouvernement fédéral où travaillent près d\u2019une cinquantaine de ces anciens combattants.Dix pour cent environ des vétérans sont pensionnés par l\u2019Etat; parmi les autres, beaucoup doivent être accourus par la charité publique.Dans le Québec, les Canadiens français sont évidemment les plus nombreux qui reçoivent ainsi des secours.Que tous ceux qui le peuvent achètent leur coquelicot le 10 novembre prochain.Un inventeur prétend avoir trouvé le moyen de \u201cdonner de l\u2019âge\u201d aux liqueurs alcooliques au moyen d\u2019ondes sonores.Il a fait de nombreuses expériences au cours desquelles il soumettait des bouteilles de whiskey et autres alcools aux ondes sonores d\u2019un haut-parleur dans certaines conditions et il a obtenu de vieux alcools très savoureux en fort peu de temps.La musique n\u2019adoucit pas que les mœurs .\u2022 Un industr el anglais vient d\u2019imaginer une machine distributrice, basée sur le principe de celles qui délivrent de la gomme à mâcher ou du chocolat et qui paraît appelée à une grande vogue.En échange d'une pièce de monnaie elle donne en effet une bouteille de bière.\u2022 Un nouveau rasoir de sûreté que l\u2019on dit fort pratique va sans doute être mis dans le commerce.La lame, au lieu de couper la barbe suivant le système actuellement en usage, la prendrait de biais en imitant ainsi le coup de rasoir des barbiers.Il en résultera^ une douceur bien plus grande dans l\u2019opération de se raser, chose appréciable pour ceux qui ont la barbe dure.\u2022 On dit que la Russie a l'intention de construire un tunnel sous le détroit de Behring ; l\u2019Europe et l\u2019Asie seraient ainsi reliées par voie ferrée avec le continent américain.Ce tunnel, qui aurait trente-huit milles de longueur serait creusé en plein roc sous-marin, ce qui lui assurerait une grande solidité.\u2022 Il a existé autrefois, sur la terre, un gros oiseau classé aujourd\u2019hui sous le nom de \u201c Dinornis \u201d et qui a teignait une hauteur de dix pieds.\u2022 On commence à fabriquer de nouveaux rubans pour machine à écrire et qui auraient une supériorité marquée sur ceux actuellement en usage; ces nouveaux rubans, faits de soie \u201crayon\u201d au lieu d\u2019être en coton, donneraient une impression très nette et seraient d'une durabilité beaucoup plus grande.Les fausses perles naturelles et artificielles tout à la fois, dites japonaises, sont d\u2019origine française, En 1897, un nommé Boutan trouva le moyen de faire produire à volonté, par des huîtres des côtes de la Manche, des perles que, depuis, on a baptisées japonaises.Tant qu\u2019elles ont été produites en France, personne dans ce pays n\u2019en a parlé.\u2022 Dans la bibliothèque de Londres, il y a un exemplaire de la \u201cDanèe Macabre\u201d qui est relié en peau humaine.\u2022 Les animaux qui vivent V plus longtemps sont l\u2019éléphant et la baleine ; on en c\u2019te des individus qui auraient vécu près de quatre siècles.\u2022 Il y a une chance sur cent pour qu'un enfant ait les yeux bleus bien qu\u2019il soit né de parents ayant tous deux les yeux bruns.r ¦mmWMWMWR -SSr tilllill £\u2019.BIERE OLD STOCK \\ ¦III ^Ô5$rôc\" iî^DOV/^i A Tr^r : : rr~ - : t- -\u2018rr *¦ « D 148 F A PRENDRE une Ig ' "]
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