Le samedi, 1 mai 1936, samedi 9 mai 1936
[" 47e année, No 49 Montréal, 9 mal 1936 fe Samedi LE MAGAZINE NATIONAL DES CANADIENS NOTRE ROM Ai COMPLET : L\u2019Enchantement Par Léo Dartf.y NOTRE FEUILLETON : Le Suprême Amour Par Emile RiChebourg Chronique Zoologique : Comment s\u2019en vont les Bêtes Par Louis Roland NOUVELLE : A toute Vitesse Par Laure Basque ?.¦ , 4* IPP* i #i \\ > Dans la brise du large Photo C.N R. ¦V Octobre 3 435 fM AMOUR, per Louis Derthal mre r$man ***** \"^tfT y Une Bibliothèque pour $5.00 par année Plus de 75 romans complets Plus de 200 nouvelles et contes canadiens et français\tX j Plus de 200 articles scientifiques et documentaires Plus de 50 biographies d'écrivains et de vedettes de cinéma Une collection unique de photos et d\u2019illustrations par les meilleurs artistes canadiens ON PEUT S\u2019ABONNER .à ces trois magazines à la fois ou à l\u2019un d\u2019eux en particulier.Prix de l\u2019abonnement d\u2019un an : LE SAMEDI, $3.50 : LA REVUE POPULAIRE, $1.50 : LE FILM.$1.00.En s'abonnant aux TROIS magazines pour un an.on réalise l\u2019économie substantielle d\u2019un dollar, le prix de l\u2019abonnement annuel à ces trois grands magazines canadiens-français n\u2019étant \u2014 pour le moment \u2014 que de CINQ DOLLARS.Un choix considérable de chroniques diverses : cuisine, mode, soins de beauté, conseils pratiques, etc.Le Samedi, La Revue Populaire et Le Film sont sous la même direction.Vous n\u2019avez donc pas à craindre la répétition des mêmes romans ou des mêmes sujets d\u2019articles.LES PUBLICATIONS POIRIER, BESSETTE B CIE, Limitée 975, rue de Bullion Montréal.P.Q.COUPON D\u2019ABONNEMENT AUX TROIS MAGAZINES Ci-inclus veuillez trouver la somme de $5.00 (Canada seulement) pour un an d\u2019abonnement aux TROIS magazines: Le Samedi, La Revue Populaire et Le Film.Ville -«- Province_______ POIRIER.BESSETTE 8 CIE.Limitée.975.rue de Bullion, Montréal, Can. 4 7e année , No 4 9 \u2014 M on tt é al, 9 mai 1936 3 TOUT LE MONDE SPORTIF Une brave paysanne écrivait un jour à son fils : Je t'envoie une chemise neuve que j\u2019ai faite avec une vieille à ton père ; quand elle sera usée, tu me la renverras pour que j\u2019en fasse une neuve à ton petit frère.\" Il n'y a pas à sourire de cette transformation rajeunissante, c\u2019est ce que nous faisons souvent avec les mots vieillis que nous retapons afin d\u2019en faire des neufs.Parfois aussi nous en inventons pour des choses qui s'en étaient fort bien passé jusqu\u2019alors, et il arrive que ces mots s'implantent avec une telle force dans nos habitudes qu\u2019ils y conquièrent mieux que le droit de cité, celui de nécessité.Le mort \u201c sport \" est de ceux-là.Il n a qu\u2019une existence encore assez courte .mais ce qu'il représente est aussi vieux que le monde ; les exercices physiques datent de longtemps avant le déluge, et les gens faisaient .en ces temps-là.du .sport sans s'en douter.Par contre, nous arriverons 't-ètre à faire un jour du sport sans exercices âf'siques ; ce sera plus commode évidemment, mais CJÿs doute pas autant profitable.d|fCe mot \" sport \u201d n'est jamais, après tout, que le P?h>ux mot français \"desport'', signifiant exercice, Q qui s'est fait naturaliser anglais ; c'est un mot aSrégé, quelque chose comme un pantalon trans-é en petite culotte .de sport, et ça l'a mis fcfat de suite à la mode.De même qu\u2019on abuse quelquefois des modes, on abuse souvent aussi des mots, et le sport a été mis à toutes les sauces, même les plus inattendues.C est ainsi que sont nés les concours extraordinaires que l'on voit, de temps à autre, pour le plus grand amusement des foules.Suivant les circonstances, le sport est sérieux, amusant, raisonnable ou dangereux ; selon les individus, il a les mérites ou les inconvénients les plus divers et l'on arrive à ne plus trop savoir en quoi il consiste exactement.Personnellement, il m'arrive d'etre dans le doute à ce sujet.J'ai pratiqué le cheval pendant de longues années, fait de la motocyclette à doses copieuses, de la marche, de la course, du saut et même, de temps à autre, des cabrioles tout à fait involontaires mais néanmoins impressionnantes ; je m'y suis parfois un peu endommagé l'anatomie, mais cela n'a qu'une importance très relative, puisque ça fait partie du programme.Tout jeune, j'ai manié la rame avec ferveur et le goût m'en est revenu par la suite, puisqu'au cours des deux seules saisons d été dernières j'ai inscrit environ deux mille milles à mon actif avec ce mode de locomotion.Autrefois, je fus un fervent de la chasse, et maintenant je pêche avec ardeur, principalement des herbes et des bouts de branches.J\u2019aime les exercices violents, le grand air et les bonnes pipes de tabac.Je ne sais si tout cela c'est du sport, mais je suis absolument certain que c'est du plaisir.C\u2019est surtout de la santé, si j'en juge par la solidité de mon appétit, la qualité de mon sommeil et l\u2019absence de remèdes dans la petite pharmacie de ma chambre de bain.Mais, encore une fois, le doute me prend, me tarabuste et me rend perplexe quand je me demande si c'est vraiment du sport.Entre nous, je ne le crois pas, et j'ai vaguement l idée qu aujourd'hui \u2014 comme d'ailleurs depuis toujours \u2014 les hommes font tous du sport comme monsieur Jourdain faisait de la prose, sans s\u2019en douter, ce qui est peut-être la meilleure manière.L\u2019exercice physique est indispensable à l\u2019homme, et chacun s'en administre des doses variables selon les circonstances, le tempérament et surtout les possibilités.J\u2019ai connu des gros pansus qui suaient comme des fontaines simplement à se remuer un peu et qui s'astreignaient à une marche quotidienne d'un quart d'heure en regardant les vitrines des magasins ; ils étaient honnêtement convaincus de faire du sport et le disaient avec tant de satisfaction qu il eût été vraiment cruel de les désillusionner.Au fait, promener deux ou trois cents livres pendant quinze minutes par jour sur des trottoirs trop souvent rabotés en forme de dos de bossu, cela représente très probablement un nombre de chevaux-vapeur assez impressionnant et comme en fournissent des sportifs dits professionnels.J\u2019ai connu aussi des tout petits maigriots pratiquant assidûment la boxe afin d\u2019avoir la certitude d'arriver à écraser un jour une mouche d'un seul coup de poing ; ceux-là aussi prétendaient être des sportifs, et je ne vois pas pourquoi on leur refuserait ce titre.Entre les tout petits et les très gros il y a toute la gamme des maigres, des entrelardés et des simplement aras qui ont bien le droit de remuer les pattes dans tous les sens avec une énergie variable selon leurs possibilités et d'appeler ça du sport ; ça donne de la satisfaction personnelle sans faire de mal à personne, et ça vaut certainement mieux que d\u2019aller s'abrutir dans les endroits malpropres où ,i !,.V.IRw' MRS * , Les Publications Poirier, Bessette & Cie, Limitée Membres de L'A.B.C.975, Rue de Bullion, Montréal, Can.Tel.: LAncaster 5819 \u2014 6002 Entered at the Post Olltce o) S.Albans, vt., as second class matter under Act of March 1879 - ABONNEMENT - CANADA\tEtats-Unis et Europe Do an__________'¦\t$.3,50 On an ____________\u2014 $5 00 Six mois .2.00\tsix mois\t2-50 Trois mois _________ 1.00\tTrois mois\t.1.25 Heures de bureau : 9 h.a.m.à 5 h.30 p.m.Le samedi, 9 h, a.m.à midi et demi AVIS AUX ABONNES \u2014 Les abonnés changeant de localité sont priés de nous donner un avis de huit Jours, l\u2019empaquetage de nos sacs de malle commençant 5 Jours avant leur expédition.foisonnent les alcools frelatés, les diplocoques ou même la vermine de luxe.Je crois que le sport est une chose extrêmement élastique et qui va du physique à l'intellectuel en passant par le moral et même la morale.De deux choses l'une : ou bien le sport existe partout, ou bien on ne le peut trouver nulle part.Dans le premier cas, il peut encore s\u2019appeler \" entraînement \" et, dans le deuxième il devient simplement une habitude, mais comme cette habitude se traduit forcément par des modifications à la vie habituelle, elle reprend la qualité d'entraînement et redevient, par suite du sport.C\u2019est ce qu'on appelle un cercle vicieux, bien que ce cercle se résume en une simple ligne de conduite, laquelle est quelquefois sans vices.Nous voici donc en présence du sport mpral, et c'est une revanche déjà sur tant d'autres qui n'ont guère droit qu'au titre d'immoral.Sport moral et sport intellectuel, voilà une paire de lunettes qui élargit singulièrement l\u2019horizon du champ d\u2019action pour l\u2019homme ; avec elle on peut regarder à peu près toute la scène de l'activité humaine.L'avocat, qui est un spécialiste de la parole, pratique un sport dans lequel il y a eu des champions notoires depuis Cicéron ; le médecin est un sportif qui s\u2019entraîne continuellement à la lutte contre le microbe, tandis que le savant aspire de toute son âme au championnat du chiffre, de l'analyse ou de la synthèse ; le poète en est un autre qui fait des parties de courses avec la chimère, et les administrations modernes pratiquent, en pas mal de pays, un sport non pas nouveau mais soigneusement revu et considérablement augmenté, qui consiste à écorcher le contribuable tout vif puis à lui enlever la graisse jusqu\u2019à l'os.La finance, elle, et j'entends par là, non la \" camarilla \u201d qui se dispute la fortune publique, mais cette fortune elle-même, ou plutôt l'or qui la représente ; la finance, dis-je, pratique avec un succès encore jamais vu, l\u2019art de s'évanouir tout comme une jolie femme qui a la frousse parce que tout le monde court après elle.Seulement, la jolie femme revient toujours de son évanouissement tandis que l'or n'en revient pas du tout.C\u2019est un sportif à sa manière, qui n'a peut-être pas suivi un entraînement mais subi un détournement.Cela rime sans doute, mais c\u2019est tout.Autrefois on était sportif évidemment, mais à notre époque de \" super \" et \" d'ultra \" nous avons poussé la chose au maximum, à tel point que nous risquons de nous transformer tout doucement en simples automates ; l'exercice individuel de jadis a tendance à se remplacer par l\u2019entraînement collectif.Le champion nageur cède la place à l\u2019équipe canotière de douze avirons qui piochent l\u2019eau frénétiquement comme s\u2019ils étaient mûs par un moteur unique, et la promenade sentimentale de fin de semaine, en bicycle, est remplacée par l\u2019interminable file d\u2019autos qui vont s\u2019embouteiller à l\u2019entrée des grands ponts où on leur fait dégorger un peu de menue monnaie.On connaissait autrefois le sport de l'opinion personnelle, on affirmait mieux son individualité et l\u2019on avait l'esprit d'initiative qui est le meilleur des entraînements pour le voyage de la vie ; aujourd\u2019hui on nous sert des opinions toutes faites que nous avalons passivement comme des gens bien dressés au régime de la soupe populaire ; l'individualité cède la place à la mentalité des moutons de Panurge, et l'esprit d\u2019initiative porte l'uniforme incolore de la soumission bête à la fatalité.Si c\u2019est là du sport, eh bien, ma foi non ! malgré toutes mes randonnées à cheval et mes coups de rames dans l'eau, je ne suis pas du tout un sportif ! Il y a aussi, c'est vrai, les excursions avec les xroups d'audace dans le rêve, la course aux étoiles et le vol plané bien au-dessus des petites et grandes saletés humaines ; cette fois, si c'est aussi du sport, ah oui, je me sens bougrement le goût d\u2019en faire.D\u2019autant plus que ça peut se pratiquer dans la belle et grande nature et que c\u2019est même admirablement facilite par elle. 4 le samedi Un coup violent frappé au volet plein, fît enfin se réveiller tout à fait le dormeur, qui, depuis quelques instants, prolongeait avec délices, l'heureuse inertie qui fait suite au sommeil.Il sauta hors du lit, chercha en vain le bouton électrique, et, quand, impatienté, il eut allumé son briquet, et vu à sa lueur un coin de la chambre, il se souvint tout à coup.Il leva les bras et se laissa retomber, en un geste comique, de résignation accablée.Ah ! il pouvait chercher à tâtons le bouton électrique l'infortuné ! Il n'était pas à Paris, pas chez lui !.Il était, de par la volonté paternelle, exilé à la campagne depuis la veille ; et quelle campagne ! non pas le coin perdu, la complète retraite, que l\u2019on peut à loisir animer en la peuplant de chimères, mais le village ! le village où s\u2019agitent d'autres individus.Un village qui, de par son charme pittoresque, eut pu avoir sa poésie, s\u2019il eût consenti à la conserver, mais qui était odieux tout de suite, parce qu'il voulait être une ville, et qui s\u2019enlaidissait, lui et ses habitants, par cette seule prétention.Emilien Noland, en se souvenant de son impression de la veille, se dit tout cela, tandis qu'il se vêtissait ; puis, ouvrit le volet de l'unique fenêtre ; tant de soleil entra tout à coup, inondant la pièce, tant d'horizon et de ciel bleu, charmèrent sa vue, qu'ils le réconcilièrent un moment avec le pays.Il fit sa toilette avec cette lenteur que mettent les coquettes à prolonger cette célébration de leur beauté et descendit dans la salle basse, où, souriants, l'attendaient ses hôtes.La salle immense, à la fois, cuisine et salle à manger, avait cette netteté des maisons provençales, qui constitue un luxe.Au milieu de la pièce, sur la table ronde, une nappe d'une éclatante blancheur, indiquait à elle seule, qu'il y avait un convive de marque.Pendant que Dame Jean s informait s'il avait passé une bonne nuit, Emilien tapotait amicalement la main déjà rude d'un gars de quinze ans, cette main, qui, une heure plus tôt, avait heurté au _ volet.Janine entra, chargée de tulipes rouges.Les fleurs tassées en boîte, eussent ainsi, jetées à profusion, orné exquisement une corbeille, mais visiblement, ce décor champêtre ne satisfaisait point la jeune fille, qui, après un bonjour aimable et distant, s'évertuait à composer une gerbe savante, qu\u2019Emi-lien trouva abominable de raideur, et qui décora la table en son honneur.\u2014 Que vous allez vous ennuyer ici ! soupire Janine, sans se soucier, qu'il lui doit par galanterie, une protestation.Emilien élude la question, en interrogeant hardiment : \u2014 Et vous-même, vous ennuyez-vous beaucoup ici ?Il soupçonna le \u201c oh ! oui \" qui était sur les lèvres de la jeune fille, et il l\u2019entendit dire après une courte hésitation : ¦\u2014 Oui et non, je remplis si bien mes journées.\u2014 Ah !vous vous promenez sans doute beaucoup dans la campagne ?\u2014 Mais non, on y accroche ses robes, et puis, il y a trop de soleil l\u2019été, et ce n'est pas abrité l\u2019hiver .il y a bien le cours, mais les paysannes le montent et le redescendent dès les vêpres finies, jusqu'au soir, chaque dimanche.\u2014 Alors ?\u2014 Alors, je brode, j\u2019ai un jour d\u2019ouvroir par semaine, à l\u2019église, la charge de deux autels !.puis, je vais à Nîmes très souvent, d'abord, je m'y fais habiller, et j'y vais aussi pour voir mon notaire.Ce dernier mot fit Emilien se souvenir de la situation de Janine ; fille de paysans aisés, elle avait été élevee en demoiselle, par sa marraine, dont elle avait hérité depuis deux ans.Ce qui expliquait un peu son attitude compassée : elle avait, chez les siens, l\u2019air d'être en visite.Ceux-ci, d\u2019ailleurs, s'empressaient auprès de leur fille, comme auprès d\u2019Emi-lien lui-même.Dame Jean, qui, à seize ans, avait commencé de servir chez les parents d\u2019Emilien, était ravie de se dire, que sa fille était aujourd'hui l'égale du jeune homme, et la constatation de cette vanité naïve n'était pas sans faire sourire celui-ci.Pourtant, il ne pensait pas négliger la compagnie de Janine, pour deux raisons : la première, c\u2019est qu elle était la seule personne qui pouvait lui offrir un peu de conversation, la seconde, son habituel besoin d'étude.11 était curieux de connaître quelles pensées subtiles ou profondes pouvaient abriter ce front angélique, puis, lé problème qui le hantait, se posa de nouveau : dafts quelles proportions, l\u2019influence del\u2019édu- ¦me**** \" ET VOUS.MIRANDE, QUE FAITES-VOUS ?\u201d \u201cvous LE VOYEZ, DE LA VITESSE ! cation lutte-t-elle contre l'instinct ?Il rit entre deux pensées sérieuses, ne pouvant s'en empêcher.Non ! Si sa mère eût pu lire en lui ! elle dont la tendresse inquiète s'était alarmée au point de lui valoir l'exil !.Il est vrai, que son \u201c sujet d\u2019étude \u201d à Paris, était quelque peu plus séduisant que Janine.mais bast ! si comme le disait sa mère, la jeune fille avait été trompée par ses attentions, son attitude, tant pis, car pour lui, elle n\u2019était qu\u2019un \" sujet d'étude \u2019\u2019 et non un flirt, comme le prétendaient ses amis.Et puis, d'autant qu'il croyait la connaître, bien qu'ayant été interrompu en plein examen psychologique, Mirande ne devait pas savoir ni vouloir souffrir longtemps.Il broya la renoncule mauve, que venait de lui cueillir Janine pour orner sa boutonnière, et quand la vue de cette fleur, gisant sous ses pas, le força à méditer son geste, il ne sut s\u2019il le devait à cette idée d'oubli, qu'il venait si sagement d\u2019envisager ou au déplaisir d\u2019avoir été interrompu dans son étude.Toutefois, cet incident insignifiant l\u2019empêcha de poursuivre celle à peine ébauchée auprès de Janine, et il pressa le pas pour rentrer, afin d\u2019éviter toute causerie.A TOUTE Nouvelle, par Laure Basque le regard a trois kilomètres du village, s'étend un champ de luzerne, où les bourdonnements d'insec-tes consrituent pour le rêveur qui les écoute, le plus délicieux concert ; le soleil darde ses brûlants rayons de midi .C est ce torride coin que Noland a choisi comme heu de retraite.Qui lui eut dit un mois plus tôt, en arrivant dans Il Idesen JJ} Pen^ qu'il aurait à fuir l\u2019empri-¦ ¦ * ¦ ^ d abondance à cette pensée.Certes, Janine dépassait de beaucoup les Parisiennes, en I art de flirter 1 ah ! elle baissait les yeux a propos !.et, point de cheveux courts, ni de pe- 9 mai 1936 5 , 19»»»* î Jwifî^ A Sfe- S 0;.,, -.'-I ELLE DÉSIGNA LA TORPÉDO CHARGÉE DE FLEURS.iVITESSE e Illustration de F.BAZIN modernisme les effrayait, alors que lui, l\u2019observait en dilettante.Il était arrivé en ce pays perdu où il avait cru trouver une compensation en la société d'une petite fille simple et cultivée ; mais voilà que la petite fille s'était révélée savante coquette, et que le charme de la campagne s'était imposé à lui, plus psychologoque que rêveur ; la fleur des champs, plus compliquée qu'une orchidée, mais sans finesse, le faisait fuir.Au clocher, douze coups s'égrenèrent ; Emilien secoua sa bienheureuse paresse pour rentrer.Mais à peine avait-il fait quelques pas sur la route, qu'il dut faire un saut de chevreau pour regagner le talus qui borde le champ de luzerne.Une torpédo, une seule petite voiture l\u2019obligeait à cette prompte retraite, lui, le Parisien habitué à se frayer quotidiennement un passage parmi tant et tant de véhicules divers.C\u2019est qu\u2019aussi, cette petite machine, qu\u2019il connaissait bien maintenant, allait comme toujours, à une allure infernale, au grand scandale de tout le pays ! Janine la première ne tarissait pas : l\u2019auto jaune devait écraser tant de volailles qu a l\u2019en croire, il n'eut pas dû rester un gallinacé à trente kilomètres à la ronde.Emilien qui aimait le sport, et particulièrement l\u2019auto, ne partageait pas la sévé- rité des indigènes, mais sincèrement, il se demandait quel plaisir pouvait avoir ce maniaque à faire continuellement de la vitesse ! il faisait au moins du 80 à l\u2019heure, ne jouissait ainsi d'aucun paysage !.un coureur qui faisait de l'entraînement 7 .un fou I disaient les gens du pays.Jeune, vieux ?nul n\u2019aurait su le dire ; on ignorait où garait \u201c l'auto jaune et à l\u2019allure où on la voyait toujours, c\u2019est à peine si l'on distinguait une silhouette au volant.Aujourd\u2019hui, à côté de la silhouette, une moisson de genêts encombrait la deuxième place : un cahot inattendu envoya au jeune homme une pluie de fleurs en plein visage et avant qu\u2019il fût revenu de sa surprise, le chauffeur ayant habillement freiné, était devant lui, pour ramasser son bien.Aimablement, Emilien tendit les fleurs d\u2019or, s\u2019inclinant profondément devant le chauffeur, dont seule, une jupe, venait de lui révéler la féminité.La veste droite, le chapeau de cuir fauve, de grosses lunettes créaient ce monstre de la route, sans personnalité ni sexe.Il y avait bien là de quoi effaroucher Janine ! \u2014\tÇa, mon cher ! Que faites-vous en ce pays perdu ?.Eh ! oui, moi ! fit-elle en ôtant ses lunettes, moi qui jette des fleurs sur votre passage .oh ! sans le vouloir ! qu\u2019en dirait votre fiancée 1 .Alors, c\u2019est ici que vous êtes venu chercher femme ?car si je vous demande ce que vous faites ici, c\u2019est façon de parler.Je voulais dire : c\u2019est ici le patelin, car enfin, je vous savais dans le Gard, mais je n\u2019aurais jamais cru ici !.I! interrompit son verbiage : \u2014\tEt vous Mirande, que faites-vous ?\u2014\tVous le voyez : de la vitesse 1 Elle désigna la torpédo chargée de fleurs.Je monte là-dedans, et je pars à toute vitesse, vers n\u2019importe quelle direction .puis, quand je suis ivre d\u2019air, d\u2019espace et de soleil, je rentre, je mange et je dors.C\u2019est un bien pauvre programme, mais je l\u2019exécute scrupuleusement.\u2014\tC\u2019est votre dernier caprice ?demanda-t-il, désignant la voiture.\u2014\tCe sera le dernier, en effet ; je ne l\u2019ai plus que pour quelques jours, c\u2019est pourquoi j\u2019en profite Et comme il restait interdit.\u2014\tQuoi ?on dirait que vous ignorez tout ! Voilà bien 1 indifférence des gens heureux ! Près de votre fiancée, le malheur de vos amis ne vous atteint plus I Alors, cette fois, il s'écria, exaspéré : \u2014\tMais quelle fiancée ?Qui a donc inventé cette histoire ?\u2014\tJe tiens la nouvelle de trop bonne source, pour que ce soit une invention ! Votre mère elle-même, m'a appris la chose.Je sais qu\u2019il s\u2019agit d'une fleur des champs .qui possède la modestie d\u2019une violette, et qui ne saurait déparer un salon.Il fut si stupéfait, qu'il garda un moment le silence, puis il scanda: \u2014\tQuand donc ma mère vous a-t-elle appris cela ?\u2014\tMais .le 8 mars, il y a exactement cinq semaines ; la date est mémorable, c'est le jour où les miens lui annoncèrent notre ruine.\u2014\tAinsi, votre famille est ruinée ?Instinctivement, il avait baissé la voix, il eut la surprise d'entendre la jeune fille répondre gaiement : \u2014\tAbsolument ! mes parents ont déjà vendu auto et hôtel, et la petite voiture que voilà le sera un de ces jours.Puis, comme Emilien demeurait rêveur : \u2014\tMa conduite doit vous paraître étrange, n'est-ce pas ?.Je dis : \" ruinés \" ! comme cela, au grand jour ! à une époque où l'on avoue n\u2019importe quoi !.sauf.n'avoir pas d\u2019argent.Oui, là est la pire honte pour le monde.Tandis que les miens, écrasés de soucis, vendent, vendent.je fais de la vitesse.Que voulez-vous, ajouta-t-elle badine : je n\u2019ai pas un caractère contemplatif, moi I Les unes prient, en attendant le secours d\u2019en haut.moi, je me suis accordé cette trêve, avant de regarder l'avenir en face.\u2014\u2022 Mais enfin, qu'allez-vous faire ?\u2014 N'importe quoi : de la comptabilité, \u2014 j\u2019ai aide papa pendant la guerre, \u2014 des leçons de musique.de la broderie .n\u2019importe quoi ! mais du moins, je n\u2019épouserai pas le vieux Ramon.Ce personnage burlesque ainsi évoqué, fit éclater de rire Emilien : \u2014 Quelle idée ! fit-il.\u2014 Oh ! elle n'est pas de moi ! je vous l'assure.\u2014 De lui, alors ?\u2014 De lui et de votre mère.Emilien ne riait plus, il examinait attentivement le menu visage aux traits fins, dont seul le menton énergique rompait\t(Lire la suite page 27) fîtes robes ! sa chevelure était sagement lissée, massée en un lourd chignon, et sa vêture, l'empaquetait le plus chastement du monde Mais elle avait une façon de faire sa réclame ! En médisant des Parisiennes, elle se croyait probablement habile, et c'était en ces moments, où elle forçait à la comparaison, qu\u2019il la trouvait le plus ridicule.Il se répéta la phrase familière à la jeune fille : \".Et ce sont les filles sans dot qui font le plus de luxe.\u201d Elle sous-entendait qu'il y avait une dot sous sa simplicité.Ce qu il savait d ailleurs.En résumant la situation, il la trouva cocasse : son père et sa mère s\u2019étaient ligues, pour l\u2019éloigner de Mirande, dont le 6 LE SAMEDI . * ,*K é.LE MONUMENT DE L'INDÉPENDANCE ET.AU FOND, LE DÔME DU CAPITOLE.L AVENIDA RIO BRANCO.LAVENUE FASHIONABLE DE RIO.Photos Associated Screen News.Montréal 16 LE SAMEDI tout, 1 aventure n'était pas banale et assez amusante ! Elle finirait bien par s en tirer avec les honneurs de la guerre.Mais les jours qui suivirent abattirent bien vite ce beau courage.L'emploi du temps prévu par Maxime Lo-beau enfermait la jeune fille dans un réseau de cours, de leçons et de conférences qui ne lui lasisaient guère le temps de dresser ses batteries.Plus une minute ne lui appartenait.Interrogé sur le temps qu\u2019il réservait au footing, son tuteur lui avait répondu légèrement : \u2014 Bah ! la ville est grande .le parcours entre tous vos cours est suffisant à vous donner l'exercice nécessaire ! D'ailleurs, vous avez pu voir que je réservais l\u2019après-midi du jeudi et du dimanche à de longues promenades instructives, soit dans la ville, soit dans la campagne et que nous accomplirons ensemble .Elle ricana : \u2014 Quelle veine ! Je vais avoir mon jeudi comme les écoliers ! Mais ces promenades en compagnie du terrible tuteur sarcastique et érudit lui faisaient, en réalité, plus peur que plaisir.Cet homme extraordinaire déjouait ses plans les mieux ourdis et arrivait toujours à lui imposer sa voolnté.A ses premières tentatives de sabotages, il avait répondu de telle façon, qu\u2019elle hésitait presque à continuer, elle, l'entêtée.Dès le premier jour, obstinément sourde aux conseils de la vieille Su-zon, elle avait laissé brûler un entremets où le sel glissé en cachette donnait un goût à la fois étrange et écœurant.On avait quand même servi l\u2019entremets et, sans sourciller.Maxime avait absorbé sa part tout en constatant : \u2014 Pas fameux, comme début.Enfin, heureusement que vous n\u2019êtes pas gourmande ! Et ne voulant pas se montrer plus difficile que lui, la cuisinière d occasion avait dû stoïquement avaler, elle aussi, une énorme part du gâteau infecte.Inerte des heures entières en face du professeur chargé de lui apprendre la coupe et la couture, Régine ne devait pas tarder à se heurter de ce côté aussi à l\u2019inflexible tuteur.Mlle Grênetier tardant à revenir avec des effets de rechange, Régine qui était partie sans emporter le moindre argent dut avoir recours à lui pour en obtenir.\u2014 Vous m\u2019avez fait livrer cette robe quasi monastique, mon cher tuteur, et je vous en remercie, elle fait, d\u2019ailleurs, honneur à votre bon goût ! Impassible, il enveloppa la silhouette élégante de la jeune fille dans la toilette très simple bien que d\u2019excellente coupe et que de grands revers feu, tranchant sur le ton loutre du fond, égayaient.\u2014 C\u2019est plutôt à celle qui la porte avec tant de distinction qu\u2019elle fait honneur, ma chère enfant ! Ainsi toujours il savait doser son ironie d'un compliment qui paraissait sincère.Cette courtoisie achevait de démonter et d'exaspérer Régine habituée aux manières plus brusques de ses anciens compagnons de sports et de danse.Elle dit, pointue : \u2014 Mais sans doute ignorez-vous que j\u2019ai l'habitude de changer de bas tous les jours ?Car vous ne m\u2019en avez fait apporter que trois paires ! Très bon enfant, il déclara : \u2014 Bah ! cela se savonne dans une cuvette, des quarante-quatre fins ! \u2014 Heu ! fit-elle interloquée, car l\u2019idée ne lui en serait jamais venue.Publié en vertu d'un traité avec La Société des Gens de Lettres.Oui, peut-être .mais cela se déchire aussi facilement ! \u2014 Eh bien, ma chère .raccom-modez-les ! On vend pour remmailler, mêmes les soies les plus fines, de charmants petits crochets .Vous verrez, c\u2019est amusant comme» tout ! Demandez donc l'adresse pour en acheter un à votre professeur de couture .Interdite, Régine n\u2019avait pas insisté.Ce diable d'homme, toujours confit dans l'histoire des siècles révolus et qui, cependant, vous parlait couramment quarante-quatre fins et rem-mailleur de bas de soie, la démontait complètement.Etait-il possible qu'il s\u2019intéressât à de telles futilités ?Pour la première fois, peut-être, elle comprenait enfin que pour la véritable intelligence il n\u2019y a pas de barrières et que le monde entier devient un champ d intérêt infini.Elle qui s'était crue supérieure jusqu'ici, ne s'intéressant qu\u2019aux sports et aux mondanités .était-elle donc incomplète ?Inférieure en réalité ?L'idée ne faisait que l\u2019effleurer ; mais, fulgurante, elle revenait par instant traverser son cerveau.Cependant l\u2019existence qu'on lui faisait mener commençait à peser atrocement sur ses nerfs.Séparée de tous ceux qu elle connaissait et aimait.car Régine comprenait fort bien que si Mlle Grênetier ne revenait pas plus vite, c'était par ordre de Maxime Lobeau, isolée, contrainte à toutes sortes de corvées qui lui déplaisaient, elle n\u2019avait pas l'impression de vivre, mais d\u2019étouffer littéralement.Aussi résolut-elle au bout de trois jours de mettre un terme à son martyr en demandant à son conseil de famille de l\u2019émanciper.Mais la réponse de Maxime Lobeau acheva de la dérouter : \u2014 Je ne demande pas mieux que de réclamer une réunion du conseil de famille, cela déchargera ma responsabilité.Mais quant à l\u2019émancipation, n'y comptez pas ! Vous avez donné des preuves trop évidentes de votre incapacité de gérer vous-même une fortune aussi importante pour que le conseil vous émancipe ! Non, la seule chose que vous pourriez peut-être obtenir, c\u2019est qu'il vous place .si la vie ici vous est vraiment trop pénible .dans une pension .Elle éclata : \u2014 Nous ne sommes tout de même plus au temps où on mettait les filles au couvent pour une peccadille ! \u2014 Non, mon enfant ; mais non .mais, heureusement, la loi est tou-jours là pour préserver les imprudentes contre elles-mêmes .Ce rappel de la loi tomba comme une douche sur les espérances de Gy-ne.\" Ma maison ou la pension , voilà ce que signifiait sous son apparente bonhomie le discours de Maxime Lobeau.Il n\u2019y avait pas à s y tromper.Avec une violence extraordinaire, elle éclata : \u2014 Ah ! le couvent ! Cent fois le couvent plutôt que cette maison où j\u2019étouffe ! \u2014 Eh bien ! nous y aviserons, fit-il toujours aussi tranquille.Mais en attendant vous voudrez bien continuer à vous conformer à notre programme .VI Le fameux programme comportait pour le lendemain mercredi, l\u2019après-midi entier consacré au dispensaire populaire.Régine voyait arriver cette déchéance avec horreur.Elle avait des malades, des blessés et de tout l\u2019appareil qui les entoure une sorte de phobie, de répulsion irrésistible.La vue du sang eût fait évanouir cette intrépide qui risquait mille blessures, elle-même, chaque jour.Rien que 1 idée d une salle d\u2019hôpital, avec des lits de douleur, les appareils opératoires, la troublait au point de lui soulever le cœur.\u2014 Je n\u2019irai pas ! répétait-elle obstinément, je n\u2019irai certes pas ! Cependant, il y avait la volonté de son tuteur avec laquelle il fallait compter maintenant.cette volonté qui, peu à peu, se substituait à la sienne.Qu'inventerait-il bien pour l\u2019obliger, même si elle trouvait un moyen pour esquiver cette corvée la première fois ?\u2014 Il serait capable, ragea-t-elle, de se blesser lui-même pour m\u2019obliger à le soigner ! Non, le mieux était encore de faire comme pour toutes les autres obligations qu\u2019il lui imposait, et faire semblant d\u2019obéir sans rien regarder, rien entendre, rien apprendre .Elle se rendit donc au dispensaire avec la ferme volonté d'y rester inerte et inactive, comme à tous ses autres cours.Mais en arrivant, elle se trompa, et au lieu d\u2019entrer par la porte réservée au personnel, elle vint se ranger dans la foule qui faisait queue à I entrée principale.Hostile, raidie, vaguement ccœuree à l\u2019idée des déchéances physiques qu'elle coudoyait, Régine attendait son tour d entrer, raide, les yeux vagues et lointains.Cependant, comme elle s absorbait dans ses réflexions qui n étaient pas bien souriantes, elle se sentit soudain tirée en arrière par une des cornes de feutre qui ornaient son petit chapeau Furieuse, elle se retournait ; mais soudain elle demeura interdite,un vague sourire aux lèvres L'importun qui se permettait de la tirer ainsi n'était qu\u2019un tout petit enfant de six mois peut-être ; mais, qui remarquablement éveillé, cherchait à prendre tout ce que ses petites menottes pouvaient attraper.La jeune femme qui le tenait sur ses bras s\u2019excusa vivement devant l'air courroucé de Régine ; mais la frimousse du bébé était si drôle et elle avait pris pour rire à la jeune fille un petit air si engageant, qu\u2019instinc-tivement, elle répondit aussi par un sourire.Alors, ce fut un déchaînement d\u2019amabilités de la part de la poupée vivante qui paraissait douée du plus aimable caractère.Elle riait aux éclats avec ce rire spécial des tout-petits qui semble rouler des perles dans la gorge minuscule et qui possède une remarquable propriété de contagion, Elle frappait l\u2019une contre l'autre ses menottes et son petit nez se fronçait de si comique façon qu'il eût fallu être en bronze pour résister à ses provocations bien longtemps Régine n'était pas en bronze Mais, jusqu'ici, elle ne s'était jamais donné la peine de regarder un bébé, les jugeant encombrants et sales.Le rire, la voix et les mines de la petite lui semblaient du plus haut comique.Sans vouloir rire encore, elle dit : \u2014 Elle est drôle, cette gosse ! La mère dit avec une nuance de considération : \u2014 Ah ! c\u2019est que vous lui plaisez.\u2014 Très flattée, dit Régine pincée.Quel âge a-t-elle ?\u2014 Six mois, dit fièrement la mère.D un œil stupéfait, elle inventoria la petite boule ronde, les mains fragiles, les petits pieds nus qui râpaient de leurs ongles invraisemblables la robe de la maman, et elle traduisit maladroitement l'impression d\u2019effroi et d\u2019attendrissement que lui causait tant de fragilité : \u2014 Il n\u2019y en a pas lourd ! Mais la jeune femme se redressa, indignée : \u2014 Pas lourd ! Ah bien 1 Par exemple .le docteur me disait encore que c'est le plus beau bébé de sa .comment dit-il déjà ?De sa promotion ?Quelque chosse comme ça, enfin .Ah ! on voit bien que vous ne vous y connaissez pas ! \u2014 Mais, dit Gyne surprise, puis-qu il est si beau, pourquoi T amenez-vous ?\u2014 Ah 1 voilà, fit-elle, c'est pour qu on me le pesé, d abord .et puis que le docteur dise si elle continue à bien progresser Dame, si ça n'allait plus tout d un coup, c'est pas moi qui m en apercevrais ! Tandis que ces dames-là qui s'y connaissent si bien, tout de suite elles voient d'un coup d œil ce qui cloche .Et puis, je vais vous dire .ça m\u2019apprend ! Eh bien 1 oui.vous avez l\u2019air drôle.Ça m apprend à la soigner comme il {Lire la suite page 18) ijjj NOTRE ROMAN COMPLET de la semaine prochaine : Le Mariage de Mademoiselle.par MAGALI Un abonnement d\u2019une année au magazine \" Le Samedi* \u2019 représente, en plus des grands feuilletons, nouvelles, articles de toute sorte, l\u2019acquisition de 52 romans intéressants. 9 mal 1936 17 -.v.v-y-v,; :«*'**« Bonne Fête, Petite Shirley! Nous savons faire plaisir à toutes nos lectrices, mamans ou jeunes filles, en souhaitant de leur part à Shirley Temple une bonne et heureuse fête.Cette ravissante enfant, qui joue ses rôles avec un naturel si parfait que cela tient du prodige, a eu sept ans le 23 avril dernier, étant née en 1929.à Santa Monica, en Californie, de George et de Gertrude Temple.Les revues de cinéma françaises nous disent que la vie des petites étoiles américaines est un paradis de délices comparée à celle de leurs jeunes confrères français Car Shirley Temple n'est pas seule à mener une vie agréable à Hollywood.Baby Le Roy, Cora Sue Collins, David Holt, Freddie Bartholomew, Jackie Cooper et bien d\u2019autres mènent une existence analogue.Mais si nous parlons surtout de la petite Shirley Temple, c\u2019est qu\u2019en plus d\u2019être la plus riche, elle est aussi la plus justement célèbre.Mais c\u2019est aussi une vie de travail, ne l\u2019oublions pas, et une vie d\u2019étude.Elle comprend et parle un peu le français et travaille sa diction une heure par jour avec les maîtres les plus réputés.Une autre heure est consacrée à la danse, etc Une façon bien agréable de s'instruire, pour Shirley, est de visiter les décors des studios de la Fox Film.Elle apprend ainsi la géographie, et sait reconnaître un rickshaw hindou d'un pousse-pousse chinois.Elle connaît à fond toutes les parties d'un transatlantique \u2014 il y en a un, modèle réduit, aux studios \u2014 et peut, sans hésiter, distinguer un costume Louis XVI d'un costume Renaissance.Toutes ces connaissances sont évidemment un peu hétéroclites, mais elles donnent à Shirley des idées générales que n'ont pas les autres petites filles.La petite vedette jouit d\u2019une santé excellente.Mais, pour veiller sur un bien aussi précieux, deux ou trois spécialistes sont nécessaires.Sa nourriture, 1 exercice qu\u2019elle prend, ses conditions de vie sont étudiés soigneusement par ces experts.Ses menus pourraient être le modèle de tous les menus d'enfants.Elle mange beaucoup de fruits et de légumes, et presque jamais de sucre et de bonbons.On l\u2019a habituée à manger lentement et à bien mâcher ses aliments.Ses sports aussi sont remarquablement dosés.Elle nage déjà très bien pour son jeune âge, et montre quelque intérêt au tennis.Elle apprend à monter à cheval.Mais tous ces sports de grandes personnes ne l\u2019empêchent nullement de se mêler aux jeux des enfants de son âge.Tous les trois mois, elle subit un examen physiologique complet.Son temps de sommeil et le nombre des bains qu\u2019elle doit prendre ont fait l'objet de calculs savants, et tout a été si bien pesé, en ses moindres details, que si vraiment Shirley tombait malade, nous devrions désespérer de la science médicale.Moralement aussi, on a pris toutes les précautions nécessaires pour qu'elle conserve longtemps encore son naturel et sa spontanéité.Elle n'est jamais en contact avec des grandes personnes en dehors des studios, et ses petits camarades de jeux sont toujours soigneusement choisis Les meilleurs sont les enfants de Harold Lloyd, qui ne sont pas des acteurs, et qui la traitent comme une petite fille ordinaire.Un Film\tDICK POWELL dUheMinute^ RUBY KEELER VEDETTES DE \u201cCOLLEEN\" SUCCES MUSICAL DE WARNER BROTHERS-FlRST NATIONAL L?¦ ».\t.4lf/NGlW ON AI Rt «22^&iÇl/u&±taA
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