Le samedi, 1 juillet 1929, samedi 6 juillet 1929
[" Vol.XLI.No 6 6 JUILLET 1920 Lisez notre feuilleton: LA VOIX DU SANG Samedi® LE MAGAZINE NATIONAL DES CANADIENS \u2022 .\" $r \u2022 v'_.\u2022 k iPlil «p?¥ \t LEILA HYAMS PRODUIT DE LA CHRYSLER MOTORS La Qualité Plymouth ETABLIT DE NOUVEAUX R ecords de Val \\ eur a Prix Moi ique L'AUTO DE GRANDES DIMENSIONS LE MEILLEUR MARCHE DU CANADA LA QUALITE Plymouth repose d\u2019abord sur ses matières premières de première qualké \u2014 base fondamentale de toute qualité véritable.Cette qualité première est ensuite perfectionnée encore par des ingénieurs experts, des artisans consommés, des ouvriers consciencieux.Le résultat en est un produit magnifiquement mis au point, de grandes dimensions, d\u2019un confort moelleux et d\u2019un roulement impeccable.Plymouth présente une stabilité, une qualité d\u2019exécution, une apparence qu\u2019on ne rencontrait jusqu\u2019ici que dans des voitures dispendieuses.Examinez ses essieux robustes, son châssis renforcé, son puissant moteur à haute compression \u2014 la force et la résistance de ses moindres détails.Songez à ses freins hydrauliques sur ses quatre roues, du type Chrysler, à expansion interne, à l\u2019épreuve des intempéries, de grandes dimensions \u2014 absolue garantie de sécurité.Le Plymouth est le Le Sedan Plymouth de deux portes à grandes dimensions lll/ i ù //, / v® ¦> \" * 4-Zét **«44444*444 seul de tous les autos à bon marché qui soit pourvu de freins de ce genre.Mesurez vous-même la largeur des sièges spacieux, l\u2019espace accordé aux jambes et à la tête.Le Plymouth \u2014 cette production des célèbres êtablissements Chrysler \u2014 tire son nom de son endurance, de sa robustesse, et de toutes les qualités qui caractérisent les hardis pionniers anglais qui franchirent l'Atlantique, il y a trois cents ans, pour s'élancer à la conquête de terres nouvelles.Délassez-vous sur ses moelleux coussins.N\u2019avez-vous pas absolument l\u2019impression d\u2019être dans votre fauteuil de boudoir.Mettez-vous au volant.Appuyez sur la pédale d\u2019accélération, et vous sentirez l\u2019auto animé d\u2019une force motrice puissante.Remarquez avec quelle aisance le Plymouth touche soixante milles et plus \u2014 et cela sans le moindre effort, presque insensiblement.Le génie mécanique et la main-d\u2019oeuvre Chrysler ont fait du Plymouth l\u2019auto le plus distingué et le plus avantageux de toute la catégorie des autos à bas prix \u2014 c\u2019est aujourd'hui un fait reconnu.PLYMOUTH MOTOR CORPORATION OF CANADA, Division de la Chrysler Corporation of Canada, Limited, Windsor, Ontario LIMITED 6 juillet 1929 Samedi 3 Volume XLI\tTel.: LAncaster 5819-6002 No 6 ABONNEMENT Canada Un an -\t-\t-\t-\t$3.50 Six mois\t-\t-\t-\t2.00 Trois mois - - - 1.00 Etats-Unis et Europe Un an -\t-\t-\t-\t$5.00 Six mois\t-\t-\t-\t2.50 Trois mois - - - 1.25 £& Samedi (Fondé en 1889) Le magazine national des canadiens POIRIER, BESSETTE & CIE, propriétaires 975, rue de Bullion MONTREAL\t-\t- CANADA HEURES DE BUREAU 9 h.a.m.à 5 h.p.m.Le samedi, 9 h.à midi Entered at the Post Office of S.Albans, Vt., as second class matter under Act of March 1879 Montreal, 6 juillet 1929 AV/S AUX ABONNES Les abonnés changeant de localité sont priés de nous donner un avis de huit jours, Vempaquetage de nos sacs de malle commençant cinq jours avant de les livrer.Tarif d'annonces fourni sur demande.Carnet Editorial LES ONDES C\u2019est l\u2019image exacte de notre vie et des événements qui la composent, ainsi que de tout ce qui nous entoure, à commencer par la feuille d arbre qui pousse, verdit, jaunit et tombe, jusqu\u2019aux univers eux-mêmes qui vont de 1 état de nébuleuse à celui de cimetière d\u2019astres en attendant sans doute le recommencement de ce cycle éternel.Dépressions morales suivies de joies, maladies suivies de bonne santé, nuit qui alterne avec le jour, saisons qui recommencent continuellement, vie et mort engagées dans une lutte continuelle, tout cela n\u2019est que la résultante d un prodigieux courant aux effets innombrables mais dont la source est unique et qui s appelle la vie universelle.Ce courant nous entraîne implacablement et nous ne pouvons y louvoyer individuellement qu\u2019aux prix des plus grands efforts; selon son influence, les circonstances qui l\u2019accompagnent et peuvent le faire dériver et les effets qu il produit, il donne aux uns du bonheur sans efforts et aux autres du malheur sans mérite.On appelle ça de la chance, faute de mieux.Cette onde de puissance extraordinaire donne de -la bêtise aux uns et de 1 intelligence aux autres, de l\u2019audace à celui-ci et de la couardise à celui-là, elle berce les peuples dans l\u2019indolence des plaisirs puis les jette les uns contre les au- N vieux proverbe, quelque peu pessimiste et pourtant applicable dans bien des circonstances, dit qu\u2019un malheur n\u2019arrive jamais seul.Peut-être, comme les canards de la chanson, vont-ils trois par trois.à condition d\u2019être trois, bien entendu.La prétendue sagesse des nations, quand elle se traduisit en proverbes, n\u2019ouvrit qu\u2019un oeil, et pas le bon, quand elle regarda autour d\u2019elle pour juger les évènements et les choses ainsi que les gens.Elle aurait pu tout aussi bien dire: un bonheur n\u2019arrive jamais seul.Dans l'usine du temps, les évènements se fabriquent en série ou, plus exactement en succession à périodes croissantes et décroissantes, mystérieux cycle qui comprend toute la gamme des intensités.Les \u201catomes crochus\u201d n\u2019ont pas la génération spontanée à leur crédit mais ils se rattrappent en fabriquant nos tristesses et nos joies.Des exemples?Il en fourmille.Il vous est arrivé, comme à tout le monde, de vous lever un matin le nez de travers sans savoir pourquoi ; on se sent alors moins dispos physiquement et moralement que de coutume; on enfile une chaussette pour s\u2019apercevoir aussitôt qu\u2019elle s\u2019agrémente d\u2019un trou large comme le creux de la main, pourtant elle était toute neuve.Allons, ça commence bien! En déjeunant, une tasse glisse des mains et se fiche par terre; ça continue.On se pince les doigts dans la porte en sortant et l\u2019on n\u2019a pas fait dix pas qu\u2019on manque de s\u2019étaler sur le trottoir; il n\u2019y avait qu\u2019une pelure de banane mais on a été marcher en plein dessus, on ne l\u2019a pas ratée.Ces menus incidents sont des avertissements pour le programme de la journée.On a le caractère en dos de porc-épic et il s\u2019ensuivra que tout ira de travers.C\u2019est généralement au cours de belles journées si bien commencées qu\u2019on apprend le lâchage d\u2019une petite amie ou qu\u2019on attrappe la colique.Heureusement les jours se suivent et ne se ressemblent pas; ils semblent obéir à la loi des contraires et quand les choses se mettent à bien aller, c\u2019est avec la même générosité.On est gai sans savoir pourquoi ; l'esprit flotte sur la vie comme un bouchon sur l\u2019eau; la bonne nouvelle qu\u2019on reçoit n'est que la préface d\u2019une autre plus grande qui arrive à son tour, en les cumule, le coeur s\u2019épanouit dans un bonheur inexplicable qui a quelque chose d'insolent.Au physique c\u2019est la même chose; on a l\u2019estomac d\u2019aplomb, le pied léger, les muscles souples; on regarde avec complaisance les belles filles qui passent, elles semblent plus jolies et l\u2019on fait mille projets plus extravagants les uns que les autres.Ainsi alternent dans la vie les périodes de dépression, parfois d\u2019oppression et celles d\u2019allégresse.La durée de chacune est extrêmement variable; ce sont des ondes réglées et modifiées par une loi mystérieuse et qui comportent toutes les longueurs.Il y a les extra-courtes et les super-longues; elles constituent ce que le bons sens populaire appelle les hauts et les bas de la vie.Elles vont de quelques heures à la durée totale de l\u2019existence et, dans ce dernier cas, selan qu\u2019elles sont bonnes ou mauvaises, on naît avec une cuiller d\u2019argent dans la bouche ou bien sous une mauvaise étoile.Il y a tin appareil qui donne une démonstration bien sensible de la chose, le radio; les ondes qu\u2019il reçoit, transforme, et qui constituent en quelque sorte sa vie propre sont elles-mêmes soumises à l\u2019influence d'un flux inconnu, d\u2019une autre onde, immense, au mystérieux régime, venue on ne sait d\u2019où pour aller on ne sait où .qui leur sert de véhicule ou bien les étouffe graduellement à intervalles assez réguliers; c\u2019est le fameux fading qui se manifestera cinquante fois au cours d'une soirée ou bien mettra le silence sur l\u2019appareil pendant des semaines entières.mmp mm CERTAINS JOURS, LES MUSCLES ONT UNE MERVEILLEUSE SOUPLESSE .(Posé par Doris Hill) très dans des guerres périodiques; elles anime des pays qu\u2019elle transforme ensuite en déserts, fait surgir des civilisations puis étend un manteau d\u2019ombre où elles ont régné; soulève des continents et les engloutit plus tard dans les flots comme la mystérieuse Atlantide.Partout, l\u2019onde passe, avec des rapidités d\u2019éclair ou des lenteurs de transformations planétaires; elle affecte l\u2019atôme qui s\u2019agite furieusement à une cadence que des chiffres de folie peuvent seuls rejoindre et transforme l\u2019aspect de formidables étoiles plusieurs millions de fois plus grosses que notre soleil lui-même.Elle happe l\u2019homme au passage, lui apporte un peu d\u2019immensité sous forme d'inspiration, le penche sur des gouffres d\u2019où monte l\u2019épouvante, jette alternativement de la lumière et de l\u2019ombre dans son âme, créant les joies et les douleurs et poursuit son cycle immense où rien ne se perd, où elle entraîne tout et reprend dans sa course I\u2019invsiible poussière des générations disparues, leurs bonheurs évanouis, leurs douleurs mortes et rejette le tout dans le creuset où s\u2019agitent sans cesse de passagères humanités.Tout cela suit son cours en obéissant à des lois précises malgré un désordre apparent, lois d\u2019équilibre général, d'équivalences formelles, c\u2019estA-dire, en fin de compte, de justice suprême.Et ceci doit consoler ceux que le malheur semble poursuivre pendant toute leur misérable existence ici-bas.C\u2019est le meilleur du parcours qui leur reste à faire. 4 Sfr Samedi 6 juillet 1929 \"VOUS M'AVEZ PAIT UN GRAND PLAISIR.\" L Eglise du VdL par H.-A.Dourliac ADEMOISELLE d\u2019Orbec?\u2014 C\u2019est ici, Monsieur.Elle regardait le visiteur avec étonnement.C\u2019était une figure inquiétante, sous la casquette de soie, malgré le sourire rassurant avec lequel il ajouta bien vite: \u2014 C\u2019est pour un sac qui doit être à vous.\u2014 Mon sac! Oh! entrez, Monsieur! Entrez donc! Et la porte s\u2019ouvrit toute grande.11 attendit qu\u2019elle fut refermée, avec un regard rapide autour de lui.Toutes les autres étaient ouvertes sur des pièces vides, et il n\u2019y avait rien au porte-manteau décelant une.visite.Toute joyeuse, la vieille demoiselle, aux bandeaux d\u2019argent et aux yeux clairs, le faisait entrer dans un petit salon désuet, aux meubles fanés, au secrétaire Empire avec quelques portraits de famille démodés et un album de cartes postales, plus moderne, dans lequel, sans doute, elle était en train de ranger les derniers souvenirs de quelques voyages.\u2014 Vous me rapportez mon réticule! Comme je vous remercie.11 le tira lentement de son pardessus.C\u2019était une pauvre chose assez laide, pas du tout dernier cri, mais qui, outre les objets personnels, pouvait tenir bien des petites douceurs pour les malheureux: tabac, chocolat, bonbons, oranges, brassière, chapelet, médailles.Vieux, jeunes, enfants, malades, découragés, chacun y avait sa petite part, et souvent il avait mis un peu de joie dans de tristes regards.En le revoyant, sa propriétaire eut une lueur d\u2019attendrissement et s\u2019en excusa gaiement: \u2014 Il n\u2019est pas bien beau! Mais c\u2019est un vieil ami, cadeau d une amie très chère, et toutes les babioles, précieuses pour moi, qu il renferme, m ont aussi été données par de gentilles élèves qui me gâtent; aussi, j y tiens beaucoup et je vous suis bien obligée de me l\u2019avoir rapporté, Monsieur.\u2014 Voulez-vous vérifier si rien ne manque, Mademoiselle.\u2014 Par exemple ! Elle eut un rire offusqué à cette supposition et posa le sac sur la table : \u2014 Asseyez-vous donc, Monsieur ! Je demeure un peu haut! Avec beaucoup d\u2019aisance et de bonne grâce, elle lui faisait raconter sa trouvaille, lui demandait s\u2019il venait de loin, lui offrait de se rafraîchir.Lui, un peu gêné par ces prunelles limpides, répondait par monosyllabes, la main crispée au fond de sa poche sur un couteau à virole et guettant un moment d'inattention.La veille, lorsqu\u2019il avait rapporté le sac, ramassé près de Saint-François-Xavier, dans sa tanière de la rue Mouffetard, sa femme avait eu d'abord une moue dédaigneuse.C\u2019était pas rupin! Mais le contenu valait mieux que le contenant.A côté d\u2019un modeste chapelet, d\u2019un paroissien usagé, d\u2019autres objets plus coquets: face à main en écaille, bonbonnière en vermeil, bourse en argent, porte-carte élégant, sans compter quelques billets bleus.Il y avait aussi des lettres.L\u2019homme les lisait l\u2019une après l\u2019autre.C\u2019étaient presque toutes des demandes de secours.II.examina l\u2019adresse: avenue de Bre-teuil, un beau quartier! C\u2019était sans doute quelque vieille richarde, confite en dévotion! Y avait peut-être un coup à faire! \u2014 Remets tout ça en place! ordonna-t-il, impérieux, malgré les protestations mécontentes; c'est qu\u2019un os à ronger et mieux vaut la carcasse entière!.\u2014 Et si elle se débat?\u2014 h aura de la casse, voilà tout ! Qui ne risque rien n\u2019a rien! Il ne risquait pas grand\u2019chose, dans ce petit salon discret, avec cette jeune fille confiante qui lui servait du cassis parfumé, comme celui de sa mère, dans son enfance.Souriant à ce rappel, elle l'interrogeait sur ses premières années, dans la paix des champs, quittés trop tôt pour (Suite à la page 35J 6 juillet 1929 &£kmedi 5 K U SEUIL du plus bel immeuble de la place d\u2019Armes, des lettres d'or rutilent sur une piaque de marbre noir: Antoinette Phinet, professeur de piano et de chant; pure déférence aux usages, car l'honorable demoiselle n\u2019a nul besoin de rappeler à ses concitoyens son existence et sa profession.Dans cette sous-préfecture où elle donne des leçons depuis quarante ans, elle jouait d\u2019une notoriété solide.Elle a connu de rudes débuts de fille pauvre subvenant aux besoins d\u2019une mère infirme.A vingt-huit ans, le teint fripé, les cheveux ternes, elle ne gardait aucune trace de jeunesse.Elle habitait alors derrière le marché, dans une rue étroite, un petit logement mal aéré.Là elle se livrait aux soins du ménage dès l aurore en été, et en hiver, à la lueur de la lampe, afin de pouvoir ensuite, jusqu\u2019au soir, courir le cachet à quarante sous de l\u2019heure.La vie était dure.Antoinette portait pendant plusieurs saisons le même manteau démodé et elle avait toujours l\u2019air de marcher sur des oeufs, tant elle dépensait de vigilance à préserver ses chaussures des pavés pointus et des flaques de boue.Malgré tout, à la mort de sa mère, elle avait dû s\u2019endetter pour l\u2019enterrement.Et depuis.depuis.\u2014 il lui fallait si peu de chose pour elle seule! plus de feu dans la cheminée ni de dessert sur la table, plus de spécialités pharmaceutiques ruineuses \u2014 un beau jour elle avait pris un livre de caisse d\u2019épargne, et peu à peu elle avait fait fortune comme on fait fortune quand on est honnête, lentement, péniblement, à force de travail et d\u2019économie.Désormais elle ne courait plus après ses élèves.C\u2019étaient celles-ci, des jeunes filles appartenant aux plus riches familles de la ville, qui se rendaient chez elle, dans la maison neuve où les portes-fenêtres de son salon occupaient tout le grand balcon du premier étage.Dans ce salon pourvu d\u2019un piano à queue, d\u2019un orgue et d\u2019un clavecin, elle donnait chaque hiver des auditions où l\u2019élite de la société venait entendre ses meilleures élèves.A l\u2019occasion de ces solennités, elle arborait une robe de soie tantôt beige, tantôt gris perle, obstinément fidèle à ces deux tons si comme il faut, en dépit des exhortations de sa couturière pour l\u2019entraîner à plus de fantaisie.Elle montrait d\u2019ailleurs un certain goût lance i i par Marguerite Comert , fa SI M * *' 'if,'\"*' 4 ' \"$) j ggggg! et le papillon de tulle qu\u2019elle piquait dans ses cheveux blancs ne manquait point de grâce imprévue et coquette: fanée avant la trentaine, Mlle Phinet était fraîche à soixante-deux ans, fraîche et alerte, les joues pleines, la démarche vive, le sourire gai.Le bien-être, le succès avaient accompli ce miracle, et aussi sans doute la nature de ses occupations et de son entourage.Elle n\u2019avait point d\u2019autre société que celle de ses élèves, jeunes filles ou jeunes femmes à l\u2019aube de la vie et du bonheur.A force de recueillir les confidences de leurs espoirs, elle en arrivait à partager leurs rêves et à se créer une existence chimérique plus importante que la réalité.Les soucis matériels, le train-train journalier ne tenaient aucune place dans son âme.Ce qui l\u2019intéressait uniquement, c\u2019étaient les affaires de coeur, les intrigues compliquées et chastes que lui confiaient ses élèves après avoir répété la romance en vogue ou le duo d\u2019amour du troisième acte.Ses années laborieuses et uniformes s\u2019étaient écoulées si monotones qu elle avait perdu le sens de la perspective dans le passé.Ne fréquentant point les grand'mè-res qui avaient son âge, elle ignorait tout de leur expérience et de leurs découragements, tandis qu\u2019elle suivait pas à pas leurs petites-filles à travers les tendres romans qui se dénouaient dans la blanche apothéose d\u2019une messe de mariage.Cela se passait avant la guerre, qui bouleversa toutes les habitudes confortables et charmantes.Plus de musique, plus de festins, plus de bouquets de fiançailles pendant ces années sinistres où toutes les fleurs étaient réservées aux tombes.La confidente des joies se fit la confidente des chagrins.Elle apprit à sécher les pleurs en pleurant, à communiquer la foi qui sauve en espérant contre tout espoir.Elle apprit même à mentir.Ce fut au moment le plus tragique de son rôle effacé, lorsque Germaine Laurent, son élève favorite, vint gémir et trembler dans ses bras comme une biche blessée à mort.Le fiancé de Germaine, le beau lieutenant de chasseurs alpins, avait été tué en entraînant sa compagnie à l\u2019assaut, et la pauvre petite, rose encore de son enfance, se lamentait comme une veuve.\u2014 Rien ne me consolera, rien, jamais! Non, non, vous ne pouvez pas savoir.Vous n\u2019avez jamais été fiancée, vous! Mlle Phinet, aux abois devant ce désespoir, eut une inspiration étrange: \u2014 Vous vous trompez, je connais votre souffrance.A l\u2019autre guerre j\u2019avais votre âge, et mon fiancé est tombé comme le vôtre.\u2014 Quoi! vous aussi, vous aussi?Pardonnez-moi ce que j\u2019ai dit tout à l\u2019heure.Comme je vous plains! Et vous, vous me comprenez, n\u2019est-ce pas> (Suite à la page 35) 6 &&cmedi 6 juillet 1929 ! .^ ' ;> iiagipnjiiiw»i \u2018ï Mi I \u2018 // ittWiv l, uable Facétieux Par ALPHONSE GROZIERE NOUVELLE HUMORISTIQUE ontnbua ¦-» htrk~k~; s:::::::;»:: i;ïï!iï:ïî!!S! \u2018r-MïïïMS ¦SisSKiîifïsa: JsSttSSKSUSK SBMtîHS ï ¦ m 'Ê&r.m mi ! S SBBlIPi *r «**»§, s lit i-L E matin-là, Théodore annonça à sa femme qu\u2019il allait payer les contributions.\u2014 Les contributions! repartit dédaigneusement Célestine, donne-moi donc la somme, j\u2019irai payer moi-même.\u2014 Non, non, tu dépenserais tout en route.Comme on connaît ses saints, on les honore.Elle marmotta, les yeux au ciel: \u2014 Payer les contributions alors que j\u2019ai tant besoin d\u2019un chapeau! \u2014 Tu vois, Célestine, il vaut mieux que je me dévoue; après cela nous serons tranquilles.Au revoir.Tout en gagnant le bureau de la perception, Théodore poussa force soupirs.\u2014 J\u2019en ai mal au coeur.Mon pauvre argent.Et pour recevoir quoi?Pas même un billet de loterie.Enfin, puisqu\u2019il le faut!.Mieux vaut payer ses contributions que d\u2019être mort.Il faut que je prenne un petit vin blanc ou deux, pour m\u2019encourager.Une heure après, il frappe à la porte du bureau et entre.\u2014 Bonjour tout le monde, c\u2019est bien ici le fils?\u2014 Quel fils?\u2014 Le fixe.C\u2019est pour payer mes contributions.\u2014 Adressez-vous au guichet No 1.\u2014 Ah! merci, No I.Voyons, No 1.J\u2019en suis malade de donner ce pauvre argent.Enfin, puisque je ne peux pas m\u2019en dispenser.Il se présente devant le guichet indiqué et s\u2019adresse à un employé: \u2014 Bonjour, monsieur, vous allez bien?Grognement sourd de l\u2019employé qui trouve Théodore trop familier.Théodore reprend: \u2014 Vous êtes toujours content?.Ça rentre, le numéraire?Alors l\u2019employé d\u2019un ton sec: \u2014 Trêve de discours! Qu\u2019est-ce que vous payez?\u2014 Un petit verre sur le pouce.\u2014 Je n\u2019ai pas le temps de m\u2019amuser.\u2014 Moi non plus, mais il faut bien que je vienne payer le fluide.le flic.le fisc.C\u2019est curieux, je ne peux pas arriver à prononcer ce nom-là.Est-ce que ça s\u2019écrit avec un k ou avec un c?\u2014 Vous m\u2019embêtez à la fin.Regardez sur le dictionnaire.\u2014 Tiens, je n\u2019aurais jamais pensé à ça.C\u2019est vrai, pourtant.Vous n\u2019avez pas un dictionnaire, par hasard?\u2014 Allons, assez de plaisanteries! Qu\u2019est-ce que vous versez?\u2014 Mais je ne plaisante pas.C\u2019est donc mal de chercher à s'instruire?\u2014 Vous vous instruirez chez vous.Pour l'instant, payez, c\u2019est tout ce qu\u2019on vous demande.\u2014 Je ne demande que ça, moi aussi.Où est-il, dites, monsieur?\u2014 Qui demandez-vous?\u2014 Mais le suif.le skif.le flisc?\u2014 Ah! ne commencez pas à m\u2019échauffer les oreilles! Donnez-moi votre argent ou sortez! \u2014 Mais oui, je vais donner mon argent, c\u2019est pour la bonne cause, la cause sacrée.Seulement, avant de payer, je voudrais que vous m\u2019expliquiez le mécanisme de.\u2014 En voilà assez! Est-ce que vous êtes venu ici pour me raser?\u2014 Mais volontiers, si ça peut vous faire plaisir.\u2014 Tenez, sortez tout de suite, vous reviendrez quand vous serez dans votre état normal.\u2014 Sortir! Alors que je paye une part du loyer?\u2014 Vous ne voulez pas sortir?\u2014 Mais je suis un peu chez moi.Si les impôts ne rentraient pas, vous seriez expulsé.L\u2019employé se tourne vers un jeune scribe : \u2014 Julien, allez chercher un agent.Sans se départir de son flegme goguenard, Théodore bougonne: \u2014 Toutes mes félicitations!.Vous pouvez dire que vous l\u2019avez, la bosse de l\u2019ingratitude.Comment! j\u2019apporte de l\u2019argent et vous voulez me faire mettre au clou.Mais quand je mets ma montre au clou, moi, on me donne de 1 argent, on ne m'en demande pas.A ce moment, entre un gardien de la paix impressionnant.\u2014 Monsieur l\u2019agent, s\u2019écrie l\u2019employé, voulez-vous nous débarrasser de cet homme?Alors Théodore mettant la main à la poche.\u2014 Attendez une seconde, monsieur 1 agent, je sais que le monsieur du fisc reçoit les pourboires.L\u2019employé bondit: \u2014 V ous venez de prononcer des paroles imprudentes qui vous coûteront cher.Ah! je reçois des pourboires! Et comme l\u2019agent entraîne Théodore, celui-ci proteste: \u2014 Mais comment voulez-vous que je paye mes impôts si ce n\u2019est pas en pourboires, je suis chauffeur de taxi! 6 juillet 1929 ^Samedi/ 7 IL AVAIT TOUT PERDU AUX COURSES.WP* C^MIi '-5\t'» .Hwafi F '*.«3 B&3 \u2022< il v- \u2019-«WW, -^^g| \u2022f:sm >*£¦ 4 :.Wi NOUVELLE HUMORISTIQUE Le Caissier Par EUGENE FOURRIER N dépouillant son courrier, le banquier Cassajou de la maison Cassajou et Cie, de Bordeaux, trouva une lettre de son plus important correspondant de Londres, M.Mackenson, directeur de la banque Mackenson and Co., maison des plus solides et des plus sérieuses, avec laquelle il était en relations depuis de longues années.Cette lettre était ainsi conçue: \"Monsieur et honoré correspondant, \"Nous venons vous prier de nous rendre un service; notre caissier, en lequel nous avions la plus grande confiance, vient de s\u2019enfuir en emportant pour quatre cent mille francs de valeurs; il s\u2019est embarqué sur le paquebot \"le Japon\u201d à destination de Bordeaux ; prière d\u2019avoir l'obligeance de vous lier avec lui sans éveiller sa méfiance, de façon à l'amener à vous confier les traites qu\u2019il nous a volées et à choisir votre maison pour les négocier.\u201cDès qu\u2019elles seront en votre possession, veuillez nous les retourner; quant au coupable, si nous rentrons dans nos fonds, nous ne voulons pas d esclandre, pas de poursuites; ce malheureux a une femme et cinq enfants, il nous a servi honnêtement pendant vingt-cinq ans, vous lui remettrez cinquante mille francs et vous l\u2019engagerez à aller cacher sa honte dans quelque endroit ignoré.\u201cCroyez à toute notre reconnaissance, etc.\" Le signalement exact du caissier infidèle suivait.Le banquier Cassajou fut très flatté de la mission de confiance dont l\u2019hono-rait son correspondant; il résolut de se rendre digne de la haute opinion qu\u2019on avait de lui.Il attendit avec impatience l\u2019arrivée du \u201cJapon\u201d.Le bateau fit son entrée dans le port de Bordeaux un beau matin, vers onze heures; Cassajou, mêlé aux curieux qui se trouvaient sur le quai, regarda défiler tous les passagers, il reconnut facilement le caissier et s\u2019attacha à ses pas.Le voleur, mis comme un parfait gentleman, descendit dans un grand hôtel du cours de l\u2019Intendance; Cassajou le suivit; le caissier retint une chambre et se rendit à la table d\u2019hôte pour déjeuner; Cassajou l\u2019imita et se plaça à côté de lui.Il ne s\u2019agissait plus que de faire connaissance ; à table d\u2019hôte on se lie facilement.Le banquier se montra rempli d\u2019égards pour son voisin, lui versa à boire, lui passa les plats.Il entama la conversation.\u2014 Vous êtes venu faire un voyage en France?demanda-t-il.\u2014 Yes, je volais visiter le France.\u2014 Que vous êtes heureux de pouvoir voyager, reprit le banquier, voyager ,cela a toujours été mon rêve, mal- heureusement les affaires me retiennent à Bordeaux.\u2014 Vos êtes commerçant?\u2014 Banquier, la maison Cassajou et Cie pour vous servir.\u2014 Aôh! quelle grande bonheur! je cherchais un banquier pour négocier les valeurs de moa.\u2014 Cela tombe à merveille, dit Cassajou, ma maison est une des meilleures de Bordeaux ; je me ferai un plaisir de me mettre à votre disposition.\u201cIl y vient, se dit le banquier, je le tiens.\u2019 \u2014 Je avais des traites à escompter.-\u2014 Cela est bien facile; pour combien?\u2014 Pour quatre cent mille francs; pôvez-vô?\u2014 Après le déjeuner nous passerons à la caisse.\u2014 Je étais enchanté d\u2019avoir connu vô; nous passerons à le caisse, je étais pressé.\u2014 Décidément, pensa le banquier, les voleurs ne sont pas forts.Ils prirent le café; ensuite l\u2019Anglais sans méfiance, suivit Cassajou.Le banquier l\u2019introduisit dans son bureau et lui offrit un siège.Le caissier s\u2019assit.\u2014 Veuillez me remettre vos valeurs, dit le banquier.L\u2019Anglais sortit les traites de son portefeuille et les présenta.Cassajou vérifia; elles étaient en règle : il y en avait bien pour quatre cent mille francs.Il enferma les traites dans son coffre-fort, tira le verrou de la porte du bureau et, sortant un revolver de sa poche, il se plaça en face du caissier.\u2014 Monsieur, lui dit-il, vous êtes un coquin.L\u2019Anglais eut un geste d\u2019étonnement.\u2014 Je sais qui vous êtes, reprit Cassajou; inutile de nier, vous êtes le caissier de mes honorables correspondants de Londres, de la maison Mackenson and Co ; ils m\u2019ont avisé de votre arrivée ; à votre signalement je vous ai reconnu, suivi.vous savez le reste.L\u2019Anglais fit mine de se lever.Le banquier braqua son revolver sur lui.\u2014 Si vous faites un pas, je vous tue.\u2014 Je étais perdu, murmura l'Anglais qui s\u2019affaissa sur son siège.Le banquier jouissait de son triomphe.\u2014 Toute résistance est inutile, reprit-il ; à la moindre tentative de rébellion, j\u2019appelle et je vous fais arrêter.\u2014 Je suis perdu! je suis perdu! balbutia le caissier ; mon pauvre femme, mes chers enfants.\u2014 Comment avez-vous pu, vous, un père de famille, oublier à ce point vos devoirs?interrogea Cassajou.(Suite à la page 40) 8 §cmedl 6 juillet 1929 Le Meill eur ELLE S'ETAIT MARIEE DANS SON MONDE.W \u2014 Je pense seulement que l\u2019amitié est un sentiment remarquable, dont il faut savoir profiter.A la vérité, il est difficile de bien choisir ses amis.Comme je suis très riche, malheureusement, le choix est particulièrement délicat.Je n\u2019ai pas d\u2019ami intime, dans le véritable sens du mot.Ou, plus exactement, je n\u2019én ai qu\u2019un.\u201cC\u2019est même un ami assez peu banal et qu\u2019on ne s\u2019attend guère à trouver dans ma vie.\u201cC\u2019est simplement un ouvrier peintre, un banal ouvrier qui n\u2019a pas d\u2019instruction, qui est demeuré parmi les plus humbles, qui a pour parents des paysans, un pauvre diable dans toute l\u2019acception du mot.Ce qui nous a rapprochés, c\u2019est tout pacifiquement, tout simplement une femme \u2014 et, ce qui est plus curieux, n\u2019est-ce pas une femme que nous avons aimée tous les deux, et en même temps, et très sérieusement aimée.\u201cNe riez pas, c\u2019est presque triste.\u201cCe garçon avait connu, en faisant sans doute quelques réparations locatives dans son appartement, une délicieuse jeune fille qui était professeur de dessin, artiste très douée, extrêmement jolie.\u201cOn a beau n\u2019être qu'un modeste ouvrier, on peut être impressionné par la beauté d\u2019une femme, impressionné jusqu\u2019à en souffrir, parce qu\u2019on est allé jusqu\u2019à l\u2019aimer.\"Mais il avait contre lui d\u2019être au bas de l\u2019échelle sociale, tandis qu elle se trouvait au milieu.Et il n\u2019osa même pas avouer ce qu\u2019il ressentait a cette jeune fille qui en aurait ri.* * ÿ \u201cOr, à ce moment, je m\u2019étais trouvé connaître aussi cette même personne et ressentir invinciblement pour elle les sentiments les plus violents.Il m\u2019était facile de me déclarer.Mais la calamité voulait que rien dans ma vie, rien dans ma personne ne justifiât de sa part une affection réciproque.J\u2019avais des millions, un nom sonore, que la simple petite maîtresse de dessin n\u2019aurait jamais voulu accepter, sans compter que j\u2019étais pas mal plus âgé qu\u2019elle et que je suis laid.En aucune façon, je n\u2019étais, au total, ce qui convenait à cette enfant, je le répète, délicieuse.\u201cAlors, il est arrivé cette chose singulière, c'est que, justement, pour avoir vu travailler chez elle ce jeune homme, je l\u2019ai fait travailler chez moi.Nous avons causé.\u201cJ\u2019ai su son roman manqué, en même temps que je manquais le mien, mais pour une raison exactement contraire à la sienne.\u201cNous représentons, chacun par les deux bouts, toute la sottise et toute la tristesse de la Destinée, quand il s\u2019agit de sentiments spontanés, sincères, qui peuvent pousser dans le coeur d\u2019un homme, à la simple rencontre d\u2019une femme.\u201cAlors, je me suis habitué à parler avec ce garçon.J'ai été bon pour lui.Je ne lui en voulais d\u2019aucune façon.Pourquoi lui en vouloir?.Il était aussi malheureux que moi.\u201cLa jeune fille se maria, du reste, dans son milieu, comme il fallait et avec tous les atouts pour le bonheur qu\u2019elle méritait.\u201cElle ne pouvait être rien pour nous, qu\u2019une déception douloureuse, la même déception attendrie.\u201cNous nous fréquentâmes.Il avait une âme très simple et très droite.Moi, je suis un bon bougre qui donne confiance.Et, par un sentiment peut-être absurde, je m\u2019attachai à lui ; je le suis dans les humbles étapes de sa vie sans joie, car il ne s\u2019est pas marié, pas plus que moi.\"De temps en temps je le vois, le plus souvent qu\u2019il nous est possible, car sa besogne est lourde.Mais, parfois, le dimanche, nous sortons ensemble.Nous fumons, nous bavardons ; parfois, nous ne disons rien.Quelquefois, comme par hasard, nous parlons d'elle, ou, plus exactement, il parle d\u2019elle, car moi je suis un peu ridicule dans ma passion malheureuse.Si elle eut jamais un regret à notre égard, elle n\u2019a regretté que mes millions et pas ma vilaine figure, tandis qu\u2019elle a pu regretter le beau gaillard qu\u2019il était, plein de jeunesse et de franchise, trop bas pour elle .malheureusement, alors que j\u2019étais trop haut.\u201cTout de même, comme nous avons eu le même rêve, que nous avons eu la même peine, nous sommes devenus amis, vraiment amis.Voilà.\u201d w/Æ.f Uff/» ~.vy\t$/.!\u2022_ Wlk Cil ^lifi 6 juillet 1929 &(Skmtdi 9 Nouvelle documentaire J\\[os Amis les Livres Par LOUIS ROLAND jÿçg.;-,J Q feç .i Li-to '$F-;r mwm.L:i .vhsSe®.- llRl ¦ uÇ- ! v-\u2019ys'te LUBVÆS g i /I M^x-TM COMïn\t' u>-/< Iaj J^r0*1 ce etl/jpa^me pcxr- .àSùsâ stet-;ï#y®iw iÇ| ¦'KKiWBSliSa ufflK*;oi»HKÏ AÂ., \u2018 re.Tj*.\t~TT,ff '~\u2018: A f-'\\cH ro V R l fcrTÿ#GR.\\c* M ./\u2022¦¦?,, , ~ '\u2014 ~ ''.f v*^*- v ¦'¦>«j»-.\u2019i.DC L X 1 x.\t™?*s F ir;:-iT^-iF-^-'rl'f'r |r \u2022 \u2019\t¦-\u2019\t!\t\u2022\t¦ \u2022 ! f = .\u2022\u2022vjï.V'] \u2022 .:\u2022 -As\t:\u2022\ti - '.LC '\u2022 .-.H\t: W'i \u2022f'SÇjB :-7|L>; \"c ^H-ii ÿTri&v .I.*! , '\t' î* -\u2022- E&ttëi -.¦¦ - i- -.{= wi- \"|i_ -4- i- ¦feiA*! ' v-r:.V-.Æpv Æiÿ&cjLirjæit 4! I '^Cî\t\u2022\u2022¦ '.t !\u2022\u2022';.-|i=r'ip ¦Nfp'K.p ï.LMHiC kKl\t: ANCIENNE GRAVURE MONTRANT COMMENT ON ILLUSTRAIT LES LIVRES AUTREFOIS.?\u2019IL est possible aujourd\u2019hui de se constituer une bibliothèque d\u2019une certaine importance sans se ruiner pour cela, il fut loin d'en être toujours ainsi.Cela fut vrai surtout avant l\u2019apparition du livre imprimé, aux époques encore peu éloignées où le manuscrit constituait le seul moyen de fixer la pensée pour la conserver aux générations à venir.Si l\u2019imprimerie est née d'hier, le manuscrit, lui, a sur elle un droit d\u2019aînesse qui se chiffre par un nombre de siècles imprécis mais à coup sûr élevé.Les Hébreux, qu\u2019on doit toujours citer les premiers dans l\u2019histoire de la civilisation, avaient, sur les confins de la tribu de Juda, une ville nommée Ca-riathsenna, c\u2019est-à-dire cité des lettres et des livres; d\u2019autre part il existait un dépôt des livres sacrés dans chaque temple.En Ethiopie, au mont Amara, il y eut une belle et fameuse bibliothèque appartenant à la reine de Saba ; elle l\u2019avait formée avec les livres que lui donna Salomon auxquels elle ajouta par la suite ses propres ouvrages et ceux de son fils Memtlech qu\u2019elle avait eu de Salomon.On dit que cette bibliothèque a fini par contenir dix mille volumes, écrits sur beau parchemin et renfermés clans des étuis de soie.C\u2019était énorme pour l\u2019époque, bien que beaucoup moins important que la célèbre bibliothèque d\u2019Alexandrie, en Egypte, laquelle contenait sept cent mille volumes sous la forme de rouleaux de pupyrus ou de parchemin.Malgré tout ce qu\u2019on raconte sur la science merveilleuse des Chaldéens, on n\u2019a, jusqu\u2019ici, trouvé nulle trace des livres qu\u2019ils ont dû composer et recueillir, sauf toutefois la fameuse série d\u2019observations astronomiques envoyées de Babylone à Aristote par Callisthènes qui accompagnait Alexandre dans son expédition.Les Phéniciens avaient de belles collections de livres, mais sous ce rapport comme sous beaucoup d\u2019autres, ils furent surpassés par les Egyptiens.La première bibliothèque fondée en Egypte le fut par Osymandias qui fit mettre à l'entrée cette inscription: \u201cTrésor des remèdes de l\u2019âme\u2019\u2019.A Memphis il y en eut également une très belle à laquelle se rapporte une légende aussi curieuse que peu connue: c\u2019est dans cette bibliothèque, se-lan Naucratès, que le poète Homère auvait volé l\u2019Iliade et l'Odyssée dont la renommée devait traverser les siècles.La chose est évidemment difficle à contrôler aujourd\u2019hui.Entre toutes les collections de l'antiquité, aucune cependant ne fut plus magnifique que celle d'Alexandrie, fondée par Ptolémée Soter avec l\u2019aide de Démétnus Phalère.Elle reçut un accroissement considérable sous Prolé-mée Philadelphe qui y déposa l\u2019Ecriture sainte traduite en grec par les soixante-douze interprètes envoyés par le grand prêtre Eléazar.Là vinrent aussi prendre place les tragédies autographes d\u2019Eschyle, de Sophocle, d'Euripide que les Athéniens cédèrent, dans un temps de disette en échange de blés qu\u2019ils firent venir d\u2019Egypte.Cette belle bibliothèque dont la valeur serait incalculable de nos jours ne devait cependant point parvenir jusqu'à nous.En l\u2019an 650 de l\u2019ère chrétienne, elle fut détruite par ordre du calife Omar.Il en fit partager tous les livres en portions égales entre les bains publics de la ville qui s\u2019en chauffèrent pendant six mois.Asssez longtemps auparavant elle avait déjà été fort mise à mai par Jules César, chose qui surprend plutôt de la &&amedl 10 part de cet illustre personnage.Se trouvant assiégé dans un quartier d'Alexandrie, il ne trouva rien de plus pratique, pour arriver à se faire jour, que de mettre le feu à la fameuse bibliothèque.Cléopâtre possédait une bibliothèque de deux cent mille vxolumes, joli cadeau que lui avait fait Marc-Antoine sans pourtant qu\u2019il lui en coûtât cher: il l'avait en effet \u201ctrouvée\u2019\u2019 dans la ville de Pergame dont il s\u2019était emparé.Les Grecs eurent d\u2019importantes bibliothèques et certains d\u2019entre eux ne reculèrent pas devant la cherté de livres auxquels ils tenaient.Aristote en acheta un très petit nombre, provenant d\u2019un disciple de Platon pour la somme de trois talents, c'est-à-dire à peu près quatre mille dollars de notre époque.A Rome, les plus anciennes bibliothèques furent le fruit des conquêtes.Paul-Emile, après sa victoire de Macédoine, permit à ses enfants qui aimaient l\u2019étude, de prendre tous les livres de la librairie du roi, Plutarque raconte que Lucullus \u201cfaisoit une hon-neste et louable despense à recouvrer et faire accoustrer des livres\u201d.Parmi les plus célèbres bibliothèques romaines, citons celles de Varron, le plus savant d\u2019entre les romains; celle de Cicéron, qu\u2019il préférait aux trésors du roi de Lydie ; celle d\u2019Auguste, sur le mont Palatin, celle de Vespasien, près du temple de la Paix; celle de Simonicus, dont Boèce fait une description pompeuse; la bibliothèque Ulpienne, fondée par Trajan et quantité d\u2019autres.Les premiers chrétiens, toujours aux prises avec les difficultés et les persécutions, ne pouvaient guère songer à former des collections de livres.Dans leurs déserts et leurs catacombes il n\u2019y eut place d'abord que pour l\u2019Ancien et le Nouveau Testament, puis pour les Actes des martyrs.Bientôt, néanmoins, apparurent les Pères de l'Eglise, hommes de labeur et de science, qui apportaient à la doctrine nouvelle tout leur savoir.A la vérité, Dioclétien ordonna d\u2019exterminer les chrétiens et de brûler leurs livres; l\u2019empereur Julien, d\u2019ailleurs grand ami des lettres et des livres, fit aussi de son mieux pour priver les nazaeéns de tout moyen d\u2019instruction et il ordonna de détruire la belle bibliothèque fondée en 336 à Byzance par Constantin.Malgré cela de nouvelles bibliothèques se formèrent.Peu d'années même après le sac de Rome, en 452, on voyait dans l\u2019église Saint-Etienne, deux librairies que le pape saint Hilaire avait créées.Les véritables ennemis des livres furent les iconoclastes du huitième siècle, fanatiques qui allaient de ville en ville détruire tous les produits des arts et toutes les oeuvres de l\u2019intelligence.Leur digne chef, Léon l\u2019Isaurien, pour détruire la grande bibliothèque de Constantinople, ne trouva rien de mieux que de faire un bûcher avec les trente mille volumes et la grande quantité de tableaux qu\u2019elle contenait et de brûler les gardiens sur ce bûcher.Alors furent consumés sans doute les fameux exemplaires de l\u2019Iliade et de l'Odyssée écrits, disait-on, en lettres d\u2019or sur un boyau de dragon d\u2019une longueur de cent dix pieds.En France, les plus anciennes bibliothèques furent les dépôts de livres annexés aux cathédrales et aux monastères.C\u2019est dans \u2018THistoire littéraire de France\u201d, par les bénédictins, qu\u2019il faut rechercher les premiers éléments de ces bibliothèques monastiques qui, plus tard, eurent tant de célébrité et où l\u2019on conservait les produits de l'antiquité, tant profanes que religieux.On pouvait aller dans les églises et dans les cloîtres consulter les livres, mais sans les emporter car ils étaient fixés au mur par une chaînette de fer.Il reste encore aujourd'hui de beaux vestiges de ces anciennes bibliothèques en ne nombreux endroits.Ces \u201ctabernacles de littérature\u2019\u2019 s\u2019enrichissaient toujours car la règle de Saint-Benoît voulait que les moines qui n\u2019étaient pas assez robustes pour se livrer aux travaux de l\u2019agriculture fussent chargés du soin de transcrire les anciens livres et d\u2019en composer de nouveaux.Aux douzième et treizième siècles, véritable époque de renaissance, les livres se multiplièrent.La langue nationale était formée et de toutes parts il apparaissait des chroniques, des poèmes et divers traités.Le génie de saint Bernard et ensuite celui de saint Louis revivifièrent l\u2019Europe.L\u2019art de la calligraphie fut alors à son apogée.Rien de plus net, de plus pur, de plus beau que les manuscrits du treizième siècle; on peut les regarder comme le principal ornement des bibliothèques que l\u2019on vit se former en plus grand nombre que jamais.A celle de Saint-Victor on gardait précieusement la Bible donnée à cette abbaye par la reine Blanche de Castille et les curieuses tablettes de dépenses de Philippe le Bel.Ces livres étaient faits en vélin ou peau de veau ou en parchemin, peau de mouton.Au quatorzième siècle, malgré les malheurs des temps, le goût des livres devint de plus en plus vif et des librairies se formèrent peu à peu dans tous les châteaux.Elles ne contenaient pas toujours une grande quantité de volumes; ainsi le roi Jean ne posséda que huit ou dix ouvrages, mais son fils Charles V parvint à former au Louvre une collection de neuf cent dix volumes.Le quinzième siècle fut marqué par deux grands évènements qui exercèrent une influence incalculable sur la diffusion des connaissance humaines.Le premier, c\u2019est la prise de Constantinople par les Turcs, ce qui fit refluer dans l\u2019Occident les livres et les savants de la Grèce.L\u2019autre évènement, bien plus grave dans ses résultats est l\u2019invention de l\u2019imprimerie.Dès lors, les livres ne furent plus des objets de luxe réservés seulement aux souverains et aux corporations opulentes; l\u2019art de Gutemberg dissémina ses produits en tous lieux et il n\u2019y eut bientôt plus de ville un peu importante qui ne possédât une collection quelconque de livres.A cette époque, les trésors de l\u2019antiquité furent répandus à de nombreux exemplaires, l\u2019enthousiasme était général et les bibliothèques publiques ou privées s'enrichirent avec rapidité.Les siècles qui suivirent devaient voir ce mouvement prendre des proportions bie nautrement considérables encore et nous en sommes venus aujourd\u2019hui à une surabondance, à un encombrement qu'il faut sans doute déplorer.Il y a la quantité, mais la qualité n\u2019a pas suivi la même progression.Les anciens disaient: Multi libri, mulla miseria, ce qui veut dire: beaucoup de livres, beaucoup de misères.On peut dire aujourd\u2019hui: énormément de livres, très peu de bonnes choses et beaucoup d\u2019autres inutiles, insignifiantes ou nuisibles.Le sage demande peu de livres, comme il veut peu d'amis.Il est grand nombre de bons esprits qui prétendent que tout a été écrit avant nous et que nous sommes dans l\u2019époque des redites inutiles; c'est sans doute une opinion exagérée car les moeurs changent avec le temps, la science fait de continuels progrès, ce qui modifie insensiblement mais profondément la manière de vivre.Les livres d une époque expriment cela, le conservent et permettent ainsi d utiles comparaisons.Il est curieux, toutefois, de rappeler brièvement l\u2019opinion de quelques hommes célèbres sur la manière de bien composer une bibliothèque.Théodore Gaza affirmait que, s\u2019il voyait tous les livres dans un bûcher et qu\u2019il n\u2019en pût sauver qu\u2019un seul, ce serait Plutarque qu'il tirerait de la flamme.Malgré la haute qualité des ouvrages qui nous restent de cet écrivain grec, bien des gens trouveraient sans doute que cela constituerait pour eux une bien maigre bibliothèque.Bacon disait: \u201cPrenez tous les livres, vous n\u2019y trouverez jamais qu\u2019Aris-tote, Platon, Euclide et Ptolémée\u201d.Cette affirmation pouvait être à demi vraie en son temps mais elle ne l\u2019est plus du tout à notre époque de sous-marins, de jazz, de radio, de mitrailleuse, de société des nations, d\u2019aéroplanes et de super-taxes.Mélanchton ne voulait composer sa bibliothèque que de quatre \u201cP\u2019\u2019 qui étaient Platon, Pline, Plutarque et Ptolémée.Leibnitz était moins sévère, il admettait dans la sienne cinq ou six auteurs de plus.Huet, le savant évêque d\u2019Avranches déclarait que, à l\u2019exception des livres historiques, tout ce qui a été écrit de- 6 juillet 1929 puis l\u2019origine du monde pourrait tenir dans huit ou dix volumes m-folio si chaque chose n\u2019avait été dite qu une fois.Direrot répétait souvent que s\u2019il était obligé de vendre sa bibliothèque il garderait Moïse, Homère, Euripide, Sophocle et Richardson.Buffon disait: \u201cLes livres capitaux dans chaque genre sont rares et, au total, ils pourraient se réduire à une cin-quantaine d\u2019ouvrages qu\u2019il suffiraient de bien méditer.\u201d Quoiqu\u2019il en soit, l\u2019amour des livres s\u2019est répandu sur tout le globe avec une rapidité dont il y a peu d\u2019exemples autrement.Quelquefois même, cet amour devient de la \u201cbibliomanie\u201d, sorte de maladie spéciale du cerveau qui a pris parfois des proportions d\u2019épidémie.On a vu des gens qui ne savaient pas même lire avoir de riches bibliothèques bien garnies, comme simples objets de luxe.C\u2019est à peu près comme ceux qui ont un piano et ne savent même pas taper dessus avec un seul doigt.On dit que Servieu, qui fut surintendant des finances en Frances, n\u2019avait jamais ouvert un livre de sa vie, et, se voyant vieux, près de mourir, fit bien vite l\u2019acquisition d\u2019une belle bibliothèque afin qu\u2019à sa mort on la trouvât dans sa maison.C\u2019est ce qu\u2019on peut appeler de la vanité posthume de la qualité la plus bête.Autrefois ce n\u2019était pas chose facile que de se constituer une collection de livres vraiment belle et bonne; les intermédiaires manquaient.Il fallait, nous dit un auteur, qu\u2019un homme ayant ce désir eût les connaissances les plus variées en littérature et les relations les plus étendues, les plus fidèles à l\u2019étranger; il lui fallait être d\u2019une patience sublime pour attendre l\u2019occasion favorable d\u2019acheter et il fallait des capitaux toujours prêts pour saisir cette occasion; il devait aussi, ajoute notre auteur, avoir un prudent mépris pour l\u2019or et pour l\u2019argent et savoir s\u2019en priver gaiement toutes les fois qu\u2019il s\u2019agissait d\u2019orner sa bibliothèque.Ces réflexions sont encore vraies pour quelques bibliophiles, ceux qui recherchent les éditions rares, les ouvrages de grand luxe, les curiosités littéraires, bref tous les livres qui ne font pas partie du lot énorme et sans cesse augmenté mis à la disposition du public par les mrachands.Beaucoup de ces livres qui se payent fort cher n\u2019ont pour eux que ce seul mérite de la rareté; ils tentent le bibliophile à l\u2019extrême tant qu\u2019il ne les a pas; il en parle le jour et en rêve la nuit; si le vendeur est un peu malin, quand il voit son homme bien à point, il lui fait sortir de sa poche une liasse de billets de banque avec la même joie que l\u2019autre en sortirait cinq sous.Voilà notre homme en possession du livre convoité; il le presse sur son coeur comme un trésor, le regarde, le contemple, le couve (Suite à la page 40) 6 juillet 1929 &$amedl il Nouveau feuilleton du \u201cSamedi\u201d\t LA VO!X L\t)U SANG Par jddolphe D\u2019fênnery RESUME DES PRECEDENTS CHAPITRES Germaine Jacquin a épousé Raymond Courtenay qui l'a laissé quelques jours après son mariage.Germaine a eu un enfant qui est mort quelques semaines après sa naissance.Elle veut avoir un autre enfant pour reprendre l'amour de son mari.Elle vole l\u2019enfant du duc de Maillepré.No 9\t(Suite) XXIV \u2014 Il faut vivre! répéta le prêtre en élevant la voix.C est Dieu qui vous l'ordonne par ma bouche !.Dieu qui m'a envoyé vers vous pour vous apporter la bonne nouvelle et vous dicter sa volonté.Ecoutez-moi !.Ecoutez-le ! Il se pencha vers l\u2019oreille de la malade, de façon qu\u2019elle seule pût 1 entendre et y glissa rapidement ces mots : \u2014 Vous êtes innocente de tout péché, ma fille.chassez de votre âme un injuste remords!.celle que vous vous accusez de haïr.celle-là, sachez-le.celle-là.n'est pas votre mère.Blanche à ces mots, se redressa comme la jeune morte ressuscitée à la voix du Christ.\u2014 Que dites-vous; mon père?.Que dites-vous?s'écria-t-elle.\u2014 Je dis que votre coeur ne vous a pas trompée, que votre conscience est pure et sans reproche.\u2014 Est-ce bien vrai, mon père?.Est-ce bien possible ?.\u2014 Oui, c\u2019est la vérité je le sais, j en ai la preuve.la preuve.entendez-vous, mon enfant.\u2014Et vous me jurez encore que cela est vrai, bien vrai ?\u2014 J'en atteste le ciel.Ah ! cette vérité, si je l\u2019avais connue plus tôt, je vous aurais épargné bien des épreuves.Mais les mauvais jours sont passés, oubliez-les, renaissez à la vie.\u2014 Elle n'est pas ma mère!.elle n\u2019est pas ma mère!.répétait Blanche, dont le visage s\u2019illumina d\u2019une joie céleste.Elle se demandait si ce n'était par un songe.Non, elle ne rêvait pas: l\u2019abbé Bonfant était là, devant elle, témoignant de la réalité par sa présence et par sa parole.La malade fut prise d un nouveau spasme qui secoua violem- Public en vertu d\u2019un traité avec la Société des Gens de Lettres.Commencé dans le No du 4 mai 1929 ment tout son être: elle porta les mains à sa poitrine, d\u2019où s'exhala un long soupir de soulagement, tandis que de ses yeux restés secs jusqu\u2019alors, s'échappaient comme deux sources jaillissantes des torrents impétueux de larmes, ces larmes qui l\u2019étouffaient, qui la tuaient naguère.Une détente subite se produisait en elle; le remords qui l\u2019écrasait de son poids, se fondait, pour ainsi dire, sous l\u2019influence de cette ondée bienfaisante; et son âme soulagée, rassérénée, se rouvrait à la joie, au bonheur, à*la vie enfin.Le vieux prêtre était si ému,, qu\u2019il ne pouvait s\u2019empêcher de mêler ses larmes à celles de sa pénitente.Quand les sanglots de Blanche se furent apaisés : \u2014 Oh! mon père, dit-elle, quel grand bien vous venez de me faire!.Si je dois mourir, je m\u2019en irai du moins consolée.Merci de tout mon coeur, merci !.\u2014 Vous vivrez pour rendre grâce à Dieu, mon enfant.Je n\u2019ai été que 1 humble exécuteur de ses dessins.\u2014 Mais vous ne m\u2019avez pas tout dit?.Et je me sens assez forte maintenant pour tout entendre.Ma vrai mère, qui est-elle?Où est-elle ?.\u2014 Je l\u2019ignore.Peut-être le saurons-nous un jour.Ne m\u2019en demandez pas davantage aujourd\u2019hui.En attendant le moment fixé par la Providence, que ceci reste entre nous.Soyez discrète, patiente; que rien dans vos actes ou vos paroles ne trahisse notre secret, jusqu\u2019à ce que le moment soit venu où il me sera posïi\u2019 le de faire éclater la vérité.\u2014 Je vous obéirai, mon père; mais aidez-moi, soutenez-moi.et si vous me voulez courageuse et forte, donnez à mon âme une joie nouvelle.\u2014 Parlez, dit l\u2019abbé, que puis-je faire pour vous ?\u2014 Une chose me rendrait bien heureuse, ce serait d\u2019embrasser la bienfaitrice qui m\u2019a aimée et soignée comme son enfant : Mme la duchesse de Maillepré.Depuis ma maladie elle n\u2019est pas venue me voir une seule fois; pourtant je suis sûre qu\u2019elle n\u2019est pas restée indifférente; elle est trop bonne.On a dû l\u2019écarter à dessein.Si vous intercédiez, ainsi qu'à dû le faire déjà Valentine, on consentirait, je n\u2019en doute pas, à lever une cruelle consigne.\u2014 Je m'y emploierai, promit l\u2019abbé Bonfant.Puis il ajouta d\u2019une voix émue: \u2014 J'ai désormais à accomplir une mission bien délicate et bien grave!.Je vais demander au ciel de soutenir mon courage et de guider mon esprit.Il s'agenouilla au pied du lit et, pendant quelques instants, s\u2019absorba dans une profonde méditation tandis que Blanche, brisée, anéantie par la grande émotion qu elle venait de ressentir, par 1 immense joie qui inondait son âme, s\u2019assoupit doucement et redisant tout bas : \u2014 Elle n'est pas mère!.Elle n'est pas.ma mère! Quand le vieillard releva son front, couronné de cheveux blancs, il rayonnait de joie et de confiance.Il sortit de la chambre, après avoir laissé tomber sur sa jeune amie un regard plein d\u2019une paternelle sollicitude.M.Courtenay et Valentine attendaient dans une anxiété mor-elle, la fin d un entretient qu\u2019ils avaient lieu de considérer comme ia confession suprême.\u2014 Eh bien, monsieur le curé?.demandèrent-ils ensemble.\u2014 Elle repose, répondit l\u2019abbé Bonfant, en mettant un doigt sur sa bouche.Notre conversation a provoqué chez elle une crise violente; mais je crois que c\u2019est une crise salutaire.Il ne se trompait pas.A la fin de l\u2019après-midi, quand le docteur Calvet vint lui faire sa seconde visite quotidienne, il fut tout surpris de constater l\u2019heureux changement qui s'était opéré.Au lieu de l\u2019aggravation qu\u2019il redoutait, un mieux sensible s\u2019était subitement déclaré.La fièvre, l\u2019agitation, l'angoisse, tout avait disparu.Après avoir examiné attentivement la malade : \u2014Une réaction inespérée s\u2019est produite, déclara-t-il! elle est sauvée !.XXV L'abbé Bonfant avait compris que, jusqu'à nouvel ordre, sauf un cas de force majeure et sous peine de compromettre le succès définitif de lentreprise qu'il tentait pour le salut de Blanche, il devait s'abstenir de nouvelles visites.Sa rencontre avec Germaine serait, en effet, inévitable et ne pourrait qu\u2019amener des complications fâcheuses Donc, au moment de prendre congé de M, Courtenay, prétextant les nombreuses et absorbantes occupations de son ministère, il lui dit qu\u2019il ne reviendrait pas de quelque temps, à moins qu\u2019on ne le fit appeler et que d ailleurs, tout danger imminent lui paraissait écarté.\u2014 Toutefois, ajouta-t-il, je serai heureux de recevoir de fréquentes nouvelles, des bulletins qui, j\u2019en ai le ferme espoir, seront des bulletins de victoire.Vous voudrez bien, n\u2019est-ce pas, me tenir au courant de la santé physique et morale de notre chère malade.\u2014 Je me charge de ce soin, proposa spontanément Valentine, J&lki/msdi 12 \u2014 C'est entendu, approuva M, Courtenay.Dès le lendemain, dans la matinée, le vieux curé recevait la lettre suivante, apportée par un exprès : «Monsieur le curé, «Votre visite à la maison a été une véritable bénédiction pour nous.«Le docteur est venu hier au soir, et il a été stupéfait du changement extraordinaire qui s\u2019est opéré dans l état de notre Blanche bien-aimée.Il n'en croyait pas ses yeux.«Elle est sauvée ! s\u2019est-il écrié.«Comment vous peindre notre joie, après les terribles angoisses que nous avions éprouvées ?«Sauvée, oui, grâce à vous qui, par vos bonnes paroles, lui avez rendu la paix de lame.Ah! si vous pouviez voir ma soeur chérie; elle est transfigurée! «C\u2019est vraiment un miracle que Dieu, par votre entremise, a daigné accomplir en sa faveur.«Si ce n\u2019est pas abuser de votre extrême bonté, monsieur le curé, je vous prie de nous permettre d\u2019y recourir encore.«Ce matin, Blanche m\u2019apprend qu elle vous a fait part de son grand désir d'embrasser Mme la duchesse de Maillepré.«Elle persiste à demander instamment la visite de celle qu elle n\u2019a pu se déshabituer d appeler sa mère, sa seconde mère, bien entendu.«\u2014Je n\u2019aspire plus qu\u2019à cela, me dit-elle; je sens que ce bonheur achèverait ma guérison.«On ne saurait le lui refuser, et moi, je voudrais le lui donner tout de suite, tant j\u2019ai hâte de la voir complètement rendue à la santé et tant j\u2019ai à coeur d\u2019éloigner d\u2019elle toute cause de chagrin et de rechute.« Mais il paraît que la chose n\u2019est pas aussi simple qu\u2019elle me le paraissait.« Mon père, à qui je viens d'en parler, m\u2019a expliqué que, pendant la maladie de Blanche, ma mère avait cru sage, d\u2019après l\u2019avis même du médecin, d\u2019éviter à la malade des émotions qu\u2019elle était incapable de supporter, et que l\u2019on avait dû proscrire rigoureusement les entrevues avec la duchesse.«Il m\u2019a fait comprendre ensuite combien c\u2019était une démarche délicate de solliciter aujourd\u2019hui la visite d\u2019une personne qu\u2019on avait écartée et dont la susceptibilité s\u2019était sans doute froissée d\u2019une mesure qu\u2019elle avait mal interprétée.«Il a ajouté, enfin, qu\u2019il valait mieux attendre que Mme de Maillepré prit l\u2019initiative.«Mais si elle ne la prend pas?Quelle déception, quel chagrin pour ma pauvre Blanche! Que faire ?«Nous avons bien un ami commun, M.Georges d\u2019Ancenis, qui se serait volontiers entremis avec de grandes chances de succès; mais il est absent de Paris pour cause de service, et s\u2019il faut attendre son retour, ma soeur trouvera le temps bien long, elle en souffrira, et je voudrais à tout prix lui épargner le moindre chagrin.«Si j\u2019osais j\u2019irais moi-même trouver la duchesse, mais je crains que mes parents ne m\u2019y autorisent pas.Et puis, avec mes seize ans, je serais peut-être trop intimidée devant cette grande dame pour lui parler comme il conviendrait.«Permettez-moi donc, monsieur le curé, au nom de ma soeur chérie, et avec l\u2019autorisation de mon père, d\u2019implorer ves conseils et votre appui ; vous pourriez mieux que personne, faire cette délicate démarche.«Ne nous refusez pas, je vous en supplie, j\u2019ai recours à vous comme au bon Dieu.«Veuillez excuser ma hardiesse et me croire votre très reconnaissante et toute dévouée.«Valentine Courtenay.» A la réception de cette lettre, l\u2019abbé Bonfant se sentit profondément touché de tant de candeur, contrastant, chez cette jeune fille, avec le caractère égoïste et cauteleux de Germaine.Sans être un familier de l\u2019hôtel de Maillepré, il connaissait un peu la duchesse, l\u2019ayant rencontrée plusieurs fois dans des comités de bienfaisance et ayant coopéré aux mêmes oeuvres de charité.Il était d\u2019ailleurs de ces natures opiniâtres et vigoureusement trempées, qu\u2019aucun obstacle ne rebute, quand elles croient qu\u2019elles n\u2019ont pas accompli leur tâche jusqu\u2019au bout.Quoique le programme de sa journée fût déjà très chargé, il se rendit en tout hâte rue François 1er.La duchesse le reçut immédiatement.L\u2019abbé, à son aspect, resta frappé d\u2019un douloureux étonnement.Depuis qu\u2019on l\u2019avait séparée de cette enfant que le ciel lui avait rendue, la pauvre mère, deux fois éprouvée, frappée deux fois d\u2019une blessure mortelle au coeur, était vieillie de dix ans.Son vie age \".maigri attestait une amère souffrance.Son regard inquiet errait vaguement autour d\u2019elle comme pour chercher sa chère absente.Sa voix qui tremblait ébauchait des paroles qu\u2019elle achevait à peine.Sa pensée était ailleurs: Là-bas, au chevet de la malade.Là-bas, auprès de celle qui avait été, pendant près de six mois, sa con-solatmn, sa joie, son bonheur, le re commencement de sa vie.\u2014 Madame, lui dit l\u2019abbé, en s\u2019excusant de sa visite un peu matinale, c\u2019est encore moi qui viens vous importuner.\u2014 Pour m\u2019associer à quelque bonne action, vous ne m\u2019importunerez jamais, monsieur l\u2019abbé.l\u2019unique joie qui reste à ceux qui ont beaucoup souffert est de secourir ceux qui souffrent.De quoi s\u2019agit-il?Si mon secours peut vous être utile, il vous est acquis d\u2019avance.\u2014 Votre charité est inépuisable, madame la duchesse; mais ce n\u2019est point à la providence de mes pauvres que je viens faire appel, il s\u2019agit d\u2019un cas assez délicat, qui vous touche personnellement.\u2014 Parlez, monsieur le curé, dit Mme de Maillepré, en essayant de sourire pour encourager le vieux prêtre tout prêt à s\u2019embarrasser dans ses précautions oratoires.Alors, celui-ci alla droit au but : \u2014 Madame la duchesse, dit-il, vous avez recueilli et comblé de vos soins, pendant six mois, une jeune fille, Mlle Courtenay, qui s\u2019était enfuie de chez ses parents.\u2014 Vous la connaissez?interrogea vivement la duchesse dont le visage exprima aussitôt la plus vive émotion.s\u2019écria Mme de Maillepré, en pâlissant.Elle est morte, et vous venez m\u2019annoncer cette horrible \u2014 Oui, madame, et je connais aussi l\u2019origine et les causes de son mal; j\u2019ai été témoin de ses souffrances.C\u2019est pourquoi j\u2019ai accepté la mission de.\u2014 Grand Dieu! elle est morte! nouvelle !.\u2014 Rassurez-vous ; je ne suis pas un funèbre messager, Blanche va beaucoup mieux, et nous la guérirons, je l\u2019espère, avec 1 aide du ciel,\u2014et le vôtre aussi, madame la duchesse.\u2014 Ah ! monsieur l\u2019abbé, quel coup vous m\u2019avez porté au coeur, sans le vouloir! Vous le voyez, je suis encore tout émue, toute 6 juillet 1929 tremblante.Je puis à peine parler.\u2014 Calmez-vous, de grâce, madame la duchesse, dit l\u2019abbe, je vous affirme.\u2014 Qu\u2019elle va mieux?dit Mme de Maillepré.Vous ne me trompez pas?, .C\u2019est que depuis le commencement de sa maladie, j\u2019ai fait prendre des nouvelles tous les jours; elles étaient de plus en plus alarmantes.Celles que j\u2019ai eues hier matin m\u2019ont navrée.Penser qu\u2019elle allait mourir sans qu\u2019il me fût donné de la revoir et de l\u2019embrasser, elle que j\u2019aimais déjà comme ma propre fille !.Car sa mère, jalouse jusqu'à la cruauté, ne m\u2019a pas permis d\u2019approcher d\u2019elle.J\u2019ai passé une nuit épouvantable, et ce matin, au moment nù on vous a annoncé, je me préparais à envoyer sans retard un domestique chez M.Courtenay.Vous êtes sûr qu\u2019un mieux sensible s\u2019est produit ?\u2014 Je vous l\u2019affirme, madame, et, tenez, voici un papier qui vous expliquera, mieux que tous mes discours, l\u2019objet de ma cé-marche Et il présenta à Mme de Ma 1-lepré la lettre de Valentine La duchesse lut rapidement.En la rendant à l\u2019abbé, elle avait des larmes aux yeux.\u2014 C\u2019est un ange qui plaide la cause d'un autre ange, dit-elle.\u2014 Et qui l\u2019a gagnée ?\u2014 Oh! elle est gagnée d\u2019avance.\u2014 J\u2019en étais persuadé.Ma mission est terminée; elle ne m\u2019aura pas coûté beaucoup de frais d\u2019éloquence et d\u2019habileté.Les belles âmes simplifient tout.Vous irez donc voir notre malade ?.\u2014 Aujourd\u2019hui même.\u2014 Vous lui ferez grand bien, et vous en éprouverez vous-même un grand bonheur; car vous paraissez lui porter une affection vraiment maternelle.\u2014 Hélas! ce ne sera probablement pour moi qu\u2019un bonheur sans lendemain, et suivi de combien de jours d\u2019amertume semblables à ceux que je viens de passer ! Ma vie est vouée au deuil, monsieur le curé.\u2014 Et ce deuil, si je ne m\u2019abuse, dure depuis de longues années, madame la duchesse; car, dès le premier jour où je me suis rencontré avec vous, j\u2019ai été frappé de votre air de tristesse que je lisais sur votre visage.\u2014Oui, c\u2019est depuis de longues années, en effet, que je pleure ma fille. 6 juillet 1929 $k$ 23 ENTRENNES UTILES L enfant.\u2014 Maman, j ai donne cette cravate à papa pour sa fête.La maman.\u2014 Elle est très jolie.Ôù l\u2019as-tu prise ?L enfant.\u2014 Dans le tiroir d\u2019en haut de la commode, LA PETITE EPARGNE La paysanne.\u2014 Combien vendez-vous ce manteau en fourrure ?L employé.\u2014 Dix mille dollars, madame.La paysanne.\u2014 Je vais le prendre, comme ça je n\u2019aurai plus froid l\u2019hiver lorsque je viendrai vendre mes oeufs au marché.ADMIRATION \u2014\tC'est extraordinaire comme vos arbres ont poussé rapidement.\u2014\tPensez donc, ils n'ont pas autre chose à faire.PORTRAIT On regarde le portrait d\u2019un député.\u2014\tComme c\u2019est bien lui, dit un ami, on dirait qu\u2019il va se taire.REVANCHE Le petit homme.\u2014 Les gens de grande taille ressemblent aux maisons de six étages dont le plus haut appartement est ordinairement le plus mal meublé.DANS UN SALON La dame.\u2014 Je vous verse du cafe, du cafe au /a»_ Le monsieur.\u2014 Vous avez d\u2019excellent café, madame, mais vous n\u2019avez pas de bonté, (bon thé) DECEPTION \u2014\tTu as l\u2019air triste.\u2014\tOui, j\u2019ai écrit à papa de m\u2019envoyer de l\u2019argent pour payer mon tailleur et au lieu de cela il a payé mon tailleur lui-même.RECEPTION Le maire.\u2014 Monsieur, nous aurions voulu, en votre honneur, faire tirer du canon, mais nous ne l\u2019avons pas fait pour dix-huit raisons dont la première est que nous n\u2019avons pas de canon.Le visiteur de marque.\u2014 Je suts si content de cette raison, que je vous tiens quitte des dix-sept autres.BRAVOURE FRANÇAISE Le général.\u2014 Mon enfant, tu as eu une hère peur durant la bataille ?Le pioupiou.\u2014 Oui, mon général, j\u2019ai craint que vous ne fussiez blessé.EN NATURE ___Je ne puis vous payer ces marchandises que je vous dois.___Vous me payerez par du travail.Dans quel ligne êtes-vous ?\u2014\tJe suis entrepreneur de pompes funèbres.INDULGENCE Le juge.\u2014 Qu\u2019avez-vous a ajouter pour votre défense?L\u2019accusé._J\u2019espère que messieurs les jurés seront indulgents vu la jeunesse de mon avocat.MU3ICOPHONIE Madame.___ Que veux-tu que je te donne pour ton cadeau d\u2019anni- versaire ?Monsieur.\u2014 Promets-moi de ne pas toucher à ton piano durant toute une journée.REGRETS \u2014L'ennui avec moi c est que j ai une femme de trop, et vous savez que Je no suis pas un bigame- - -j ./ mm py-ggj.HISTORIQUE On annonce dans un hôpital anglais que le docteur X vient d\u2019être nommé médecin spécial du roi.Et tous les patients de chanter en choejr : \"Dieu sauve le roi.\u201d PROGRES \u2014Entai, cette année on lui a donné une récompense.\u2014Oui, il a obtenu le premier prix de bonne santé. 94 Sb&amëdL 6 juillet 1929 BUR tiA TER RE Le jeune fermier.\u2014M'aimes-tu, Mariette ?Mariette.\u2014Crois-tu que je serais venu prendre une marche avec toi si je ne t'aimais pas ?mk: îÉSfJh AVIS PATERNEL Le fils.\u2014 Papa, si je place mon argent à deux pour cent qu'est-ce que ce me rapportera ?Le père.\u2014 Ça te rapportera une réputation d\u2019imbécile.APPRECIATION \u2014 Qu\u2019est-ce qui t\u2019a le plus frappé durant la grande guerre ?\u2014-Un éclat d\u2019obus.A LA PHARMACIE Le nouveau commis.\u2014 Qu\u2019est-ce qu\u2019il y a dans ce bocal ?Le pharmacien.\u2014 Ça, c\u2019est ce qu\u2019on donne quand on ne peut pas lire l\u2019ordonnance.ANIMAL DANGEREUX Le professeur.\u2014 Nommez-moi un animal qui a une corne et qui est très dangereux ?L\u2019élève.\u2014 L\u2019automobile.DES LOISIRS \u2014\tTu as une belle situation maintenant ?\u2014\tOui.Je peins les points sur les dominos.\u2014\tTu ne travailles pas aujourd\u2019hui ?\u2014\tNon, on fait les double-blancs aujourd'hui.A LA SALLE DE POLICE \u2014\tMonsieur, j\u2019ai porté plainte hier qu\u2019on m\u2019avait volé mon porte-monnaie.Eh bien, je viens retirer ma plainte car j\u2019ai retrouvé mon porte-monnaie.\u2014\tVous arrivez trop tard, le voleur a été arrêté.CHATEAU EN EL- .r \u2014Oui, mais songe donc aux taxes que nous aurons à payer.LES CITATINS A LA CAMPAGNE \u2014\tEt ces grosses carottes comment appelez-vous ça ?\u2014\tDes betteraves.UNE BONNE FARCE \u2014 J\u2019ai joué une farce à la compagnie du chemin de fer.\u2014\tLaquelle ?\u2014\tJ\u2019ai pris un billet d\u2019aller-retour et je ne reviens pas.>ERSONNAGE CONNU \u2014\tQu\u2019a dit le médecin lorsque tu lui as annoncé que tu venais de ma part ?\u2014\tIl m\u2019a fait payer d\u2019avance.A LA GARE Madame.\u2014 Ça y est, tu as encore oublié la clef de la valise.Monsieur.\u2014 Non, j\u2019ai la clef dans ma poche, mais.j\u2019ai oublié la valise.AU MARCHE \u2014\tToujours le même prix, vos oeufs, mais le journal annonçait une baisse dans les prix.\u2014\tC\u2019est possible, mais je ne lis jamais les journaux.RENDEZ-VOUS \u2014VoiCà une heure que je vous attends.\u2014Je vous avais dit que je serais en retard de cinq minutes.m, ' /f ///> i BELLES RELATIONS \u2014\tMa fille est en relation avec les meilleures familles de la ville.\u2014\tEn vérité.\u2014\tOui, elle est employée au téléphone.CHEZ LE MARCHAND La dame.\u2014 Vous vendez des appareils de ménage ?L\u2019employé.\u2014 Oui, madame.La dame.\u2014 Alors, donnez-moi un révolver.ANNONCE DE THEATRE Ce soir, le théâtre donnera \u201cLe Paradis perdu\u201d de Milton.Les rôles d\u2019Adam et Eve seront joué par les artistes de la création RETOUR DE VOYAGE \u2014 Durant mon séjour en Espagne j\u2019ai pu m\u2019assurer de la peu de valeur des dictons populaires.Ainsi, non seulement les vaches espagnoles ne parlent pas un mauvais français, mais encore.\u2014\tMais encore ?\u2014\tElles ne parlent pas du tout. 6 juillet 1929 &>$am\u20acdl 23 TRANQUILLITE D'ESPRIT \u2014\tAlors, docteur, ma pauvre tante ?\u2014\tElle n'en a plus guère que pour une heure ou deux.\u2014\tBon.J ai le temps d\u2019aller déjeuner.ORDONNANCE Le médecin.\u2014 Voici, madame, pour la neurasthénie, un remède dangereux mais infaillible.Et le médecin prescrivit l\u2019ordonnance suivante : Aqua simplex .60\tgr.Ilia repetita .40\tgr.Eadem stillata .10\tgr.Nil aliud .1\tgr.\t25 Cinq goûtes avant chaque repas.REMORDS \u2014\tUn dollar, ce saumon ?\u2014\tOui, mais voyez quelle belle couleur il a.\u2014\tC'est-à-dire qu\u2019il rougit du prix que vous en demandez.APPRECIATION \u2014\tCet homme doit être un imbécile si j\u2019en juge par sa figure.\u2014\tNe vous y fiez pas, il est beaucoup plus imbécile qu\u2019il n\u2019en a l\u2019air.DEBARRAS % x L\u2019cnnoureux.\u2014Votre fille, monsieur, a consenti à devenir ma femme, donnez votre consentement et vous me ferez l'homme le plus heureux du monde.Le futur beau-père.\u2014Pardon, le Second plus heureux, vous m\u2019oubliez, jeune homme.PAS EXIGEANT Le médecin.\u2014 Que voulez-vous, à votre âge, je ne puis vous rajeunir.Le nonagénaire.\u2014 Je n\u2019en demande pas tant.Il me suffirait de vieillir longtemps.ENTRE MEDECINS \u2014Mon parent que je vous ai envoyé n\u2019est-il pas un malade imaginaire ?\u2014\tLui, il a une santé qui défie tous les remèdes.A LA PRISON Le geôlier.\u2014 Comment avez-vous trouvé la prison ?Le visiteur.\u2014 Pas mal, mais ça sent le renfermé.DANS L\u2019ATTENTE Un médecin vient de voir son malade mais en arrivant devant la porte il voit un crêpe.Il sonne.La bonne vient ouvrir et lui dit : \u2014\tCe n\u2019est pas la peine que vous montiez, docteur, il va descendre.MENTEUR (IX um \u2014(Test un grand artiste.\u2014Oui, mais un bSuffeur, il dessine les gravures chez un marchand de graines de semence.APRES LA GUERISON Le patient.\u2014 Combien vous dois-je, docteur ?Le médecin.\u2014 Deux cents dollars.Le patient.\u2014 Tiens, j\u2019ai été plus malade que je ne le croyais.TRANSACTION Le passant.\u2014 Chauffeur, combien prendrez-vous pour me conduire à Verdun ?Le chauffeur de taxi.\u2014 Deux dollars, monsieur.Le passant.\u2014 Montez dans le taxi je vais vous y conduire pour dix sous.APPRECIATION Madame.\u2014 Imagine-toi, mon mari, que la bonne et la cuisinière se sont battus dans la cuisine ce matin.Monsieur (conciliant).\u2014Ce n\u2019est rien, c\u2019est une batterie de cuisine.RENCONTRE \u2014.Il me semble, monsieur, vous avoir déjà vu quelque part ?\u2014\tC\u2019est bien possible, madame, U m\u2019arrive d'y aller quelque fois.PENSEE Un homme est arrêté par un mendiant qui lui demande l\u2019aumône.Comme l\u2019homme prend du temps a trouver son argent le mendiant lui dit : \u2014\tDépéchez-vous, vous allez me faire râter quelqu\u2019un qui me donnera certainement plus que vous.LA PHOTOGRAPHIE \u2014Mets-toi un peu plus en arrière, maman, et vous serez tous dedans 26 Sksi&CUÏÏlBÂl 6 juillet 1929 OBOE 0 P o i
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