Le samedi, 1 juin 1928, samedi 16 juin 1928
[" Vol.XL, No 3 Lisez notre feuilleton : L\u2019HERITAGE DE PREMOL 16 JUIN 1928 ShScmêdif MAGAZINE ILLUSTRE - LITTERAIRE - HUMORISTIQUE - MUSICAL MILDRED HARRIS Dépasser le bien, pas facile ! S I le Chrysler \u201c7 2\u201d était simplement un peu plus beau - s\u2019il ne représentait qu\u2019une bonne valeur moyenne \u2014 il ne mériterait aucune attention spéciale de 1 acheteur.Mais il sait attirer son attention et réclamer sa considération par des avantages d'une valeur exceptionnelle qui ne peuvent passer inaperçus.Tous les autos cherchent aujourd\u2019hui à se rapprocher de la performance du Chrysler \u201c72\u201d en s'inspirant des perfectionnements Chrysler.Mais, après trois années d efforts, valent-ils aujourd\u2019hui le \u201c72\u201d?Ils en sont aussi loin quil y a trois ans.Pendant qu\u2019ils cherchaient à s\u2019en approcher, le Chrysler \u201c72\u201d poussait de l\u2019avant et les dépassait de beaucoup avec plus de facilité encore que le sensationnel premier auto Chrysler de 1924.On peut prétexter une raison de prix pour acheter un auto moins coûteux que le \u201c72\u201d.On n\u2019a aucune raison de payer autant ou plus pour n\u2019importe quel auto autre que le \u201c72\u201d.V////////A CHRYSLER^ \u201e Z_/( Prix de l'illustre Nouveau Chrysler \u201c72\u201d \u2014 Coupé deux places (avec siège arrière) $1995; Routière Sport (avec siège arrière) $2060; Sedan Royal, $2060; Coupé quatre places, $2060; Sedan de ville, $2205; Coupé Convertible (avec siège arrière) $2265; Crown Sedan, $2335.Tous prix f.à b.Windsor, Ontario, comprenant l'équipement régulier de la fabrique (transport et taxes en plus).Le Nouveau Moteur Chrysler \u201cRed-Head\u201d \u2014 construit de manière à tirer tous les avantages des gaz à haute compression, fait partie de tous les modèles de l\u2019impérial \u201c80\u201d, 11 2 h.p.ainsi que des routières.On peut aussi l'obtenir moyennant un léger supplément avec les autres modèles de carrosseries du \"62\u201d et du \u201c72\u201d.CHRYSLER CORPORATION OF CANADA, LIMITED - WINDSOR, ONTARIO Walter P.Chrysler, Président du bureau de direction 16 juin 1918 3k$cmedb 3 Volume XL No 3 ABONNEMENT Canada Un\tan\t.\t.\t$3.50 Six\tmois.\t.\t.\t2.00 Trois mois .i .00 Etats-Unis\tet\tEurope Un\tan .\t.\t.\t$.500 Six mois.\t.\t.2.50 Trois mois .1 25 HEURES de BUREAU 8 h 30 à 5 h.30 Samedi, 8 h.30 à midi Tel.: LANCASTER 5819-6002 £fo$WïMdb (Fondé en 1889) Hebdomadaire - Illustré - Littéraire Humoristique - Musical POIRIER, BESSETTE & CIE, propriétaires 975, RUE DE BULLION MONTREAL .CANADA Entered at the Past Office of S.Albans.Vt as second class matter under Act of March LS79 16 juin 1928 Montréal.AVIS AUX A BOX ,V F.S Les abonnés changeant de localité sont priés de nous donner un avis de huit jours, l\u2019empaquetage de nos sacs de malle commençant cinq jours avant de les livrer Tarif d'annonces fourni sur demande.Quarantième Année du Samedi E SAMEDI vient d entrer dans sa quarantième année; c est un âge que bien des personnes n\u2019atteignent pas et bien des journaux non plus.Pour une personne, il semble qu'urc fois le cap de la quarantaine doublé, les chances de vie soient meilleures; pour un journal elles sont certaines.Mr de la Palice dirait qu\u2019on n\u2019a pas cet âge-là deux fois nous pouvons dire avec non moins d\u2019assurance que le chiffre quarante est un de ceux qui ne sauraient passer inaperçus car on le trouve dans bien des évènements historiques à la liste desquels nous pouvons ajouter aujourd'hui \u2014 pour quoi pas?\u2014 le quarantenaire du \u201cSamedi\u201d.Voyons donc quelques exemples célèbres où l\u2019on retrouve ce fameux chiffre quarante.Il est bien permis, en l\u2019occasion, de remonter au déluge, puisque la Genèse nous dit que la pluie tomba pendant quarante jours et quarante nuits.Plus tard, c'est le prophète Jonas qui crie, autour de Ninive: \u201cDans quarante jours, cette ville sera détruite.\u201d Puis, c\u2019est Moïse qui reste quarante ans auprès de son beau-père Jethro avant de recevoir la mission de guide du peuple d\u2019Israël captif.Quand il alla chercher les tables de la Loi sur le Sinaï en passant au travers de la nue, il resta sur la montagne pendant quarante jours et quarante nuits.Quand il envoya des hommes de chaque tribu examiner le pays de Chanaan, ceux-ci en firent le tour et revinrent après quarante jours d\u2019absence.Ce voyage ne fut que le prologue d\u2019un autre bien plus long puisqu\u2019il dura quarante années dans le désert avec la simple manne comme nourriture.Jusque dans le temple de Salomon, nous retrouvons le nombre quarante, puisqu\u2019il est dit, dans les \"Rois\u201d, que la partie réservée au peuple, dans cet édifice, avait quarante coudées de longueur.Passons à l\u2019ère chrétienne ; elle s\u2019ouvre par ce chiffre puisque les Ecritures nous disent que Jésus-Christ vint dans le monde quarante siècles après la chute de l\u2019homme, puis, avant de commencer sa vie active de prédication, il fut conduit par l\u2019esprit dans le désert et y demeura pendant quarante jours et quarante nuits.C\u2019est pour commémorer cet évènement que la durée du carême a été fixée à quarante jours.Dans d\u2019autres évènements d\u2019importance comme les Jubilés, les calamités publiques et toutes occasions sortant de l\u2019ordinaire, l\u2019Eglise fait des prières qu\u2019elle nomme Quarante Heures à cause du temps quelles durent.Il y a aussi la fête des quarante martyrs de Cappadoce persécutés, l\u2019an 319, par Lucinius Agricola qui fit mourir saint Biaise, évêque de Sébaste et quarante soldats de la Légion mélitine qui s\u2019étaient avoués chrétiens; cela faisait bien un total de quarante et un mais le chiffre quarante a été maintenu.On célèbre aussi la mémoire des quarante solitaires massacrés par les Sarrazins sur le Mont Sinai.Carnet Editorial La Quarante ans! dans sa vie, mais Dans l'ancienne république de Venise, il y avait la Quarantie, qui était un tribunal composé de quarante membres et l'Académie française a ses quarante membres parmi lesquels on trouve quelquefois de vrais savants.Jadis, on fabriquait du quarantain, drap solide dont la chaîne était composée de quarante fois cent fils et si ce drap n\u2019existe plus, il y a toujours quelques plantes de ce nom.C\u2019est aussi la fameuse quarantaine, délai de retenue, dans un endroit réservé à cet usage, des navires venant de pays suspects pour une cause ou pour une autre ; cette quarantaine confine également les gens dans les maisons frappées par une épidémie ou quelque maladie contagieuse.Il y a aussi le quarantenier, lequel est un cordage ainsi nommé parce qu\u2019il a trois torons et quelquefois deux, ce qui est bien de la logique humaine.On trouve même, en France, une petit ville qui se nomme Quarante; on ne sait d\u2019ailleurs pas pour quelle raison.On pourrait sans doute trouver encore d\u2019autres exemples à l\u2019appui de la célébrité de ce chiffre quarante et justifiant l'importance qui s\u2019y rattache; c\u2019est donc, en même temps qu'un titre d\u2019ancienneté déjà respectable pour un journal, une sorte de consécration officielle, de mise au rang parmi les choses historiques et d-: promesse d\u2019une longue vie future.Pendant ces quarante années écoulées, le \u201cSamedi\u201d a pénétré dans bien des foyers auxquels il a pro.curé de bonnes heures de saine distraction; il a vu bien des évènements, subi sans broncher de rudes assauts comme celui de la crise du papier il ya quelques années; beaucoup de ses premiers lecteurs sont disparus, d autres lui sont venus en plus grand nombre et ce nombre va sans cesse en s\u2019augmentant.Très répandu au Canada, il possède également une imposante clientèle aux Etats-Unis où il contribue fortement à maintenir dans ses milieux de distribution, le goût de la langue française.Il va aussi en Europe et même sur le continent africain et partout il n\u2019a que de bons et fidèles amis.Il vieillit ainsi tout doucement, sans s\u2019en apercevoir, mais pour l'excellente raison qu\u2019un journal ne vieillit pas ; les années qu\u2019il entasse derrière lui lui constituent une base d\u2019autant plus solide que ces années sont plus nombreuses, chose en laquelle un journal est bien supérieur aux hommes.Pendant les quarante années de son existence, le \u201cSamedi\u201d a vu sortir de ses presses des millions d\u2019exemplaires qui, mis à bout, formeraient une piste ininterrompue de Vancouver jusqu\u2019à Paris, traversant ainsi tout l\u2019immense territoire du Canada, franchissant l\u2019Atlantique et qui traceraient une semblable piste de retour jusqu\u2019à Vancouver.Il resterait ensuite assez de numéros pour en emplir les dix étages d'un édifice moderne.Si l\u2019on mettait maintenant bout à bout toutes les lignes de lecture contenues dans ces millions de numéros, on obtiendrait une autre ligne qui se perdrait dans l'espace à une telle profondeur qu\u2019après avoir touché la lune en passant, elle la laisserait derrière elle à une telle distance que Foil humain ne l\u2019apercevrait plus que cmme un point presque imperceptible.Touts ces lignes, toutes ces pages, tous ces numéros sont allés de tous côtés depuis quarante ans; tout cela a été lu par des yeux dont beaucoup sont maintenant fermés comme je l\u2019ai dit, mais d'autres s'ouvrent sans cesse, d\u2019autres têtes se penchent sur le Magazine qui a charmé les loisirs de leurs prédécesseurs comme il charmera les loisirs des générations qui s\u2019avancent.A quarante ans, le \u201cSamedi\u201d plus jeune que jamais, en pleine force, souhaite également longue vie à tous ses fidèles amis et à tous ceux qui le deviendront par la suite des ans. L LE PREMIER de la course aux ventes, et d'emblée ! Les rapports des distributeurs et vendeurs de tout le pays attestent que l\u2019Essex dépasse tellement tous les autres \u201cSix\u201d dans la course aux ventes qu\u2019on peut dire qu\u2019il n\u2019y a pas de second.Vous n\u2019avez qu\u2019à voir et à expérimenter un Essex pour partager l\u2019enthousias- me de tout le pays comme du monde L\u2019attraction des couleurs et des lignes qui captive les yeux à première vue se porte ensuite sur chaque détail des garnitures et du capitonnage de l\u2019intérieur et sur la qualité de la main-d\u2019oeuvre, qualité qui ne se retrouve que dans les autos les plus dispendieux.Lorsque vous reposez sur ses sièges spacieux, avec leur dossier élevé et leur exacte conformation aux lignes du corps, vous trouvez que tout autour de vous est élégant et confortable.Tous les instruments de contrôle sont disposés à la portée de votre main.Vous notez en plus les portes à panneaux, bordées de garnitures étanches, la carrosserie de construction silencieuse, le parquetage et les pièces de ferronnerie dans de jolis modèles argentés.entier.Le moteur à haute compression de l\u2019Essex-Super-Six est d\u2019invention brevetée et exclusive; c\u2019est certainement le plus puissant du monde dans sa dimension.Les freins sur les quatre roues utilisés sur l\u2019Essex sont du type employé par los voitures de grand luxe.Ils assurent le maximum de sécurité dans le freinage et une douceur de contrôle que seuls peuvent offrir les autos très dispendieux.A tous ces avantages, ajoutez un volant garni de caoutchouc noir, bordé d\u2019incrustations pour les doigts, à colonne de direction en acier ; un mécanisme de direction à disques et des volets de radiateur verticaux, autant de choses visibles et invisibles qui doublent la valeur réelle de l\u2019Essex.$885 et plus Coach.$885 Sedan -\t960 (4 portes) Coupé -\t900 (Siège arrière $35 extra) Routière.1025 T oui prix f.à h , Windsor, Taxes en plus Les acheteurs payent sans entamer de capital, à un taux d\u2019intérêt et d\u2019assurance des plus minimes.LA PLUS GRANDE VALEUR DU MONDE en tout ou en partie DISTRIBUTEURS LEGARE AUTOMOBILE AND SUPPLY CO., Ltd, MONTREAL SIEGE SOCIAL: 385, rue Ontario Est, MONTREAL QUEBEC: 405, rue Saint-Paul \u2014 OTTAWA: 245, rue Queen \u2014 KINGSTON: 210, rue Wellington COMPAGNIES SUBSIDIAIRES: Valley Junction \u2014 Chicoutimi \u2014 Cowansville \u2014 Granby \u2014 St-Evariste Station \u2014 Joliette \u2014 Montmagny_ Mont-Joli Sherbrooke \u2014 Sorel \u2014 St-Hyacinthe \u2014 St-Jérôme \u2014 Rivière du Loup \u2014 Thetford Mines \u2014 Trois-Rivières \u2014 Victoriaville 16 juin 1928 Skfikmedl eml s -Sa GONTRAN, QUE SIGNIFIE ?E VICOMTE Contran de Lestrade était perplexe et amoureux!.En effet, son coeur, qui jusque-là s'était contenté de chuchoter au cour des quelques aventures passagères auxquelles il l\u2019avait associé, s\u2019avisait de crier comme un sourd depuis qu'il avait fait la connaissance de la petite baronne, une veuve exquise au charme ensorceleur! Mais, et c\u2019était là que la perplexité entrait en jeu, Gontran ne savait comment faire pour toucher le coeur du cette charmante femme- qui ne semblait pas le prendre au sérieux et même lui avait déclaré un jour qu\u2019elle n\u2019épouserait qu\u2019un homme qui aurait été beaucoup aimé.une sorte de Don Juan!.Or, Gontran n'était pas un Don Juan.Hélas!.Il s\u2019en fallait de beaucoup: sa face réjouie, son petit ventre en oeuf et son crâne où folâtrait une végétation touffue et d\u2019une blond rosâtre, n\u2019avaient jamais dû, de toute évidence, susciter de folles passions.Il s\u2019en désolait!.Lui fau-drait-il donc, parce que la nature ne l\u2019avait pas construit en séducteur, renoncer au bonheur d\u2019épouser celle qu\u2019il aimait?.Allons donc!.Ce qu\u2019il fallait, n\u2019est-ce pas, c\u2019était la persuader, elle, que malgré son physique il était capable d\u2019éveiller des passions, de déchaîner des amours frénétiques et mêmes fatales! Mon Dieu! En étant malin, ce n\u2019était pas impossible, après tout!.Et notre rusé Gontran se mit à éplucher tous les jours une demi-douzaine de quotidiens à la rubrique Faits dicers, bien résolu à exploiter à son profit la première aventure mystérieuse et flatteuse qu\u2019il y découvrirait.Un matin ,il eut une joie profonde en ouvrant une de ces feuilles.\u2014 Voilà mon affaire, s\u2019écria-t-il, ravi.Ah! le Ciel est avec moi!.Il déjeunait justement chez la baronne.Nouvelle Humoristique UnD on Juan Par LEO DARTEY Aussitôt après le repas, il demanda négligemment, en sortant le fameux journal de sa poche.\u2014 Excusez-moi un instant, chère amie.Je n\u2019ai pas encore eu le temps de donner un coup d\u2019oeil aux changes! Ce disant, il ouvrait le journal.Mais, tout aussitôt, il jeta un cri sourd qui fit lever la tête à la jeune femme.Puis, avec une physionomie où la stupeur et l\u2019angoisse s\u2019alliaient très adroitement, il parcourut quelques lignes.\u2014 C\u2019est horrible! murmura-t-il.\u2014 Quoi donc, qu\u2019avez-vous, cher ami?Il simula l\u2019embarras et l\u2019horreur.\u2014 Rien.Je.Un suicide navrant!.C\u2019est horrible! Surprise d'un tel émoi, elle s\u2019empara du journal et lut: « Une jeune et brillante ar-« tiste de music-hall.Miss « Lélia, s'est suicidée, hier « matin, en se jetant par la « fenêtre.Elle a rendu le « dernier soupir, dans les bras « d\u2019un sergent de ville, en « murmurant ce seul nom : « Contran.Tout porte à « croire qu'il s\u2019agit d\u2019un dé-« sespoir d\u2019amour.» La baronne relut ces lignes, puis regarda le vicomte qui conservait la même attitude égarée et embarrassée.-\u2014 Gontran, que signifie?dit-elle.\u2014 Je ne sais pas!.Je ne sais pas!.Elle le regarda encore, surprise, ahurie.puis violemment : \u2014^ Eh bien moi, je sais!.Votre émotion, votre prénom sur les lèvres de cette mourante.Il feignit l\u2019embarras.\u2014 Je vous en prie ! Elle fit avec éclat: \u2014 Gontran!.Cette femme s\u2019est tuée pour vous!.Il protesta, affolé.\u2014 Ne me le dites pas!.ne me le dites pas!.Mes remords!.\u2014 C\u2019est donc vrai?fit-elle, effarée.Elle considérait avec une surprise admirative ce bedonnant séducteur! Ainsi une femme l\u2019avait aimé au point de se tuer pour lui?.Ce garçon dont elle riait la veille?.Mais c'était vrai, au fond, qu il avait du charme ce gros Gontran, un charme discret, et pourtant terrible, bien sûr ! Elle était bouleversée.Il en profita pour essayer de lui arracher une promesse.\u2014 Oui, c\u2019est vrai! dit-il.Cette femme s\u2019est tuée pour moi.et ce n\u2019est pas la première!.Un charme fatal semble s être attaché à ma personne.On m\u2019adore! Mais moi, il n'y a que vous que j\u2019aime.vous.que je supplie de m\u2019accorder cette petite main.(Suite à la page 41 ) 6 16 juin 1928 | ' 1 I W : -\t\"V' S , M&m fl&Sëv* ¦-'\u2022 \u2022 ** 3ÉS111 üsé §fPpp^3 is®®?i ¦; \"C; .\u2022\u2022.¦.#t0&- s*® -séip '4&^ >gl|^ Sfs§p! _ g*>l // «e r«/a plus que de rares curieux devant la mer où avait disparu la flottille de Christophe Colomb.Christophe Colomb E VOYAGE d\u2019Europe R®} en Amérique \u2014 et vice-versa \u2014 n\u2019est plus aujourd\u2019hui qu\u2019une simple promenade; en cinq ou six jours, un bâteau moderne l\u2019accomplit et demain, ce ne sera plus qu\u2019une affaire de quelques heures dans des navires aériens qui contiendront cent voyageurs et davanta- ge.Trois choses sont à la base de ?ce progrès: la vitesse, le confortable et la sécurité.relative.La vitesse est obtenue par une machinerie puissance; l'ancienne voile a fait place à des turbines dont beaucoup sont actionnées au mazout et dont la puissance dépasse cent mille chevaux-vapeurs pour certains navires de guerre; le confortable vaut celui des meilleurs hôtels et, par temps calme surtout, il faut un effort de volonté pour réaliser que l\u2019on voyage sur un océan; la sécurité estfournie par la solidité des navires et les appareils perfection- Par L.nées qui, continuellement, en donnent la position et en permettent la direction.Quand, au lieu de tout cela, un navigateur n\u2019avait à sa disposition qu\u2019une véritable coquille de noix, munie de quelques carrés de toile, approvisionnée de vivres difficiles à conserver et guidée par l\u2019inspection des étoiles lorsque le temps permettait de les voir, on comprend qu\u2019il fallait une forte dose de décision et même de témérité pour entreprendre un voyage qui avait toutes les chances de se terminer par le plongeon final au royaume des monstres marins.On peut donc dire qu\u2019au nom de Christophe Colomb se rattache le plus grand évènement des cinq derniers siècles.Au moment où, R.dployant ses voiles, l\u2019illustre capitaine sort du port de Cadix s\u2019élance résolument à travers les mille écueils d\u2019une mer inconnue, l\u2019attention de tous les peuples se fixe sur ce seul homme qui allait enrichir la carte du monde de tout un continent nouveau.Les précisions manquent sur la date de naissance comme sur le lieu de naissance egalement du célèbre navigateur.Il est né vers l\u2019an 1440 d\u2019un simple ouvrier tisserand, les uns disent dans les Etats de la République de Gênes et les autres dans l\u2019île de Corse.Ce dernier endroit paraîtrait réellement son pays natal, d\u2019après des documents découverts il y a une soixantaine d\u2019années.Dès sa plus tendre jeunesse, il se familiarise avec un élément sur lequel il était destiné à accomplir de si grandes choses; il sillonne l\u2019Atlantique dans tous les sens, visite l\u2019Islande et se hasarde jusqu\u2019au delà du cercle polaire.Au cours d\u2019un de ces voyages, une tempête le jette sur le rivage de Lisbonne.A cette époque, le Portugal étonnait le monde par ses découvertes maritimes et Christophe Colomb ressentait une vive admiration pour ce pays; il vit peut-être dans son naufrage sur ses côtes une indication du destin, toujours est-il qu\u2019il se fit naturaliser Portugais.Dans sa nouvelle patrie, il se perfectionna davantage encore dans l\u2019art de la navigation.La conquête de l\u2019Inde avait tourné du côté de l\u2019Asie toute l'activité du commerce maritime, Colomb, poussé par son humeur aventureuse, ne manqua pas de s\u2019élancer dans la même voie.Dans ces circonstances, il eut un trait de génie; rebuté par les 16 juin 1928 &$kmedl 7 difficultés presque insurmontables que l\u2019on éprouvait à doubler la pointe de l\u2019Afrirme il imagina le premier de se f\u2014>yer un chemin nouveau vers l\u2019Occident.Au cours de ses nombreuses traversées, il avait observé que certains vents soufflaient dans une direction constante et cette remarque avait suffi pour lui révéler que, derrière cet amas d'eau, devait exister un autre continent.Ce n\u2019est donc pas seulement, comme l\u2019ont dit ses jaloux détracteurs, le hasard seul qui l\u2019a conduit à sa découverte, mais une conviction mûrement réfléchie.«Dans ma jeunesse, écrivait-il plus tard au roi d\u2019Espagne, j\u2019ai toujours navigué; depuis quarante ans je parcours les mers et je les ai explorées avec soin.J\u2019ai étudié la navigation, l\u2019astronomie e\u2018 la géométrie.Je puis rendre compte de toutes les villes, de toutes les rivières, de toutes les montagnes et leur assigner à chacune leur place sur les cartes.J\u2019ai lu tous les ouvrages qui ont é^é publiés sur la cosmographie, l\u2019histoire et la philosophie; je me sens maintenant disposé à entreprendre la découverte des Indes et je viens supplier Votre Altesse de favoriser mon entreprise.P usieurs, je le sais, se moquent de mon projet, mais si Votre Altesse veut me fournir les moyens de l\u2019exécuter, aucun obstacle ne m\u2019arrêtera et j\u2019ai l\u2019espoir de réussi \u2019\u2022.» Le hardi penseur compare la petitesse du monde alors connu avec l\u2019immensité des mers qui l\u2019environnent et il arrive à cette conclusion rigoureuse: pour qu\u2019il y ait harmonie entre le côté de la terre habitable et son autre hémisphère, il faut qu\u2019au delà de la masse liquide qui en submerge une si vaste surface, il existe un autre continent.Il alla même jusqu\u2019à en déterminer la situation à l\u2019ouest de l\u2019Europe.La seule erreur qu\u2019il ait commise, et elle est bien excusable, c\u2019est qu\u2019il se figura que cette nouvelle partie du monde devait faire suite à l\u2019Inde récemment découverte par les Portugais.De là le nom d\u2019Indes occidentales qu\u2019il lui donna par avance et celui d\u2019indiens toujours conservé aux peuplades qu\u2019il y trouva.La certitude qu\u2019il a d\u2019un nouveau continent devient chez lui une idée fixe; malheureusement il n\u2019a que fort peu d\u2019argent et, cela va sans dire, beaucoup moins que ce qu\u2019il lui faudrait pour entreprendre un semblable voyage.Il prend donc la décision de demander de l\u2019aide financière aux diverses puissances de l\u2019Europe.Par déférence pour sa patrie d\u2019origine, il fait ses premières démarches auprès de la seigneurie de Gênes.Repoussé comme visionnaire, il retourne dans sa patrie d\u2019adoption, communique son projet à Jean II qui charge trois cosmo-graphes de l\u2019examiner.Par un odieux abus de confiance, le prince portugais fait partir & son insu une caravelle avec or- dre de suivre exactement la route indiquée.Mais tout le monde n\u2019avait pas l\u2019audace de Christophe Colomb et il en fallait certainement pour s\u2019enfoncer dans les profondeurs d\u2019une mer inconnue.Le pilote et son équipage, effrayés, rebroussèrent chemin.Indigné de ce procédé, Colomb s\u2019enfuit précipitamment et se réfugia en Espagne.Son frère Barthélemy, qui lui était tout dévoué, alla de son côté sonder la cour d\u2019Angleterre.La fortune ne les sert pas mieux l\u2019un que l\u2019autre.Barthélemy, pris par les pirates, ne peut atteindre le but de son voyage et Christophe Colomb se voit bafoué par un comité de trois cosmographes célèbres dé l\u2019époque dont le rapport les ferait traiter d\u2019idiots aujourd'hui.Ils prétendaient, en effet, qu\u2019en allant à l\u2019Occident on descend toujours et que, par conséquent, il serait impossible de revenir en Espagne.Cette objection bête mais victorieuse, retarda longtemps le succès de l\u2019infatigable solliciteur.Cinq longues années se consument en de longues et fastidieuses démarches.En vérité, on ne sait ce qu\u2019on dort admirer le plus, de la forte itnelligence qui conçoit avec telle entreprise ou de l\u2019inébranlable volonté qui parvient à l\u2019exécuteur au milieu de tant d\u2019obstacles.Enfin, à force de suppliques, il s\u2019était fait admettre à la cour; on écoutait maintenant ses plans avec assez de faveur, mais il demanda le titre d\u2019amiral et de vice-roi de toutes les terres qu\u2019il espérait découvrir et on lui refusa cette juste ccmpesation des périls auxquels il s'exposait.Cependant Colomb, qui depuis cinq années n\u2019avait plus aucune nouvelle de son frère Barthélemy, ne pouvait plus résister à son inquiétude.Il se disposait à quitter le sol inhospitalier de l\u2019Espagne pour se rendre en Angleterre quand un courrier de la reine Isabelle vint le trouver au port de Pinos.La guerre ruineuse avec les Maures de Grenade était terminée à l\u2019avantage des royaumes de Castille et de Léon ce qui permettait aux esprits de se consacrer davantage aux autres questions.D\u2019autre part, le confesseur de la reine, savant cosmographe, n\u2019avait jamais cessé d\u2019encourager Colomb dans ses projets et, à force d\u2019exposer à son illustre pénitente la gloire qui rejaillirait sur l\u2019Espagne d\u2019une pareille découverte, il avait fini par la convaincre.On fit un emprunt pour subvenir aux frais du voyage et dans un traité contre-signé par Ferdinand et Isabelle, Christophe Colomb fut enfin récompensé de la longue persévérance dont il avait fait preuve.Il fut nommé grand amiral de l\u2019Océan, vice-roi et gourverneur général de toutes les mers et continents qu\u2019il découvrirait dans l\u2019étendue ed son amirauté.Muni de ses titres plus sonores que réels, il se rendit au port de Pa- los, se hâta d\u2019équiper trois caravelles, bâtiments marchands bien chétifs pour un pareil voyage et mit à la voile le vendredi 3 août 1492.De nombreuses personnes assistèrent à son départ; la flottille s\u2019éloigna puis disparut enfin à l\u2019horison, cherchée en vain du regard par de rares curieux qui avaient la certitude de ne plus jamais revoir les audacieux voyageurs.A peine échappé aux mille dégoûts dont l\u2019avaient abreuvé les cours de l\u2019Europe, Christophe Colomb retomba bientôt dans des épreuves encore plus terribles.Le 14 septembre, à cent lieues de l\u2019île de Fer, l\u2019aiguille aimantée manifesta des variations.Ce phénomène inaccoutumé épouvanta l\u2019équipage et la vue de plantes marines nageant à la surface de l\u2019eau acheva de la démoraliser.Dans leur grossière ignorance, ces hommes se croyaient à jamais perdus.Leurs regards se tournèrent avec désespoir vers la patrie qu\u2019ils avaient laissée si loin en arrière.Une seule pensée les occupaient, ne pas aller plus loin dans l\u2019immensité de l\u2019océan que leur imagination leur représentait comme un abîme sans limites.Déjà, pour être libres d\u2019exécuter ce dessein, ils méditaient de tuer l\u2019amiral et de le jeter à la mer.L\u2019intrépide Colomb devina leurs projets et ramena ses marins dans l\u2019obéissance par la fermeté de son attitude.Le premier octobre, sa flottille était à cent lieues des Canaries et de tous côtés, le cercle de l\u2019horizon ne laissait apercevoir que la seule étendue de l\u2019eau, morne et déserte.L\u2019exaspération des marins fut à son comble; révoltés contre l\u2019auteur des calamités qui les menacent, ils murmurent hautement et l\u2019entourent avec des regards où l\u2019on devine le meurtre et la vengeance.Lui, toujours aussi ferme dans sa conviction, leur répond sans s\u2019émouvoir que, si dans trois jours on ne voit pas la terre, il se mettra à leur disposition.La journée et la nuit se passent et c\u2019est toujours l\u2019immensité sans bornes devant les yeux.Ce ne fut que le onze au soir qu\u2019il aborda à une île des Lucayes et si quelques vestiges poussés par les vents loin des plages du Pérou n\u2019étaient venus rassurer les plus timides, il est fort probable que Christophe Colomb eût été massacré par son équipage furieux.Cette plage qui sauva Colomb d\u2019un si grand péril, reçut le nom de San-Salvador.De là, il se dirige vers le sud.Impatient de confondre l\u2019incrédulité de ses contemporains, il visite en hâte quelque îles qu\u2019il rencontre et auxquelles il donne les noms de Cuba, San Domingo, Hispaniola, etc.Là se borne son premier voyage qui dura sept mois et onze jours.Il se hâta de revenir en Espagne.Outre quelques indigènes qu\u2019il ramenait avec lui, ses navires avaient été chargés des productions de ce nouveau monde où l\u2019or é'ait si abondant qu il servait aux usages de la vie ronpu-ne.La vue de tous ces o' je s excia dans l\u2019esprit de Ferdinand et d\u2019Isabelle des transports d\u2019admi-raticn.On le fit asseoir près des marches du trône comme un Grand d\u2019Espagne et on le reconnut vice-roi de tous les pays découverts.Ce fut la plus belle phase de son aventureuse existence mais il voulut achever son oeuvre et s\u2019embarqua de nouveau, à la tête die quinze bâtiments où cette fois, plusieurs membres de la première noblesse castillane voulurent l\u2019accompagner.A son premier voyage, un de ses misérables bâtiments avait écroué près de Monte-Christi et, avec les débris sauvés du naufrages il avait construit un petit fort où étaient réunis trente hommes de garnison.Il n y retrouva plus que des ruines.Les violences des espagnols avaient soulevé les indigènes et commencé ainsi cette guerre d\u2019extermination qui devait dépeupler l\u2019Amérique et flétrir les espagnols.Colomb, innocent de ces massacres, poursuivit sa route, découvrit la Jamaïque et se hasarda à pénétrer dans les terres.Près de la ville de Banao, les indiens lui livrèrent bataille mais ils sont taillés en pièces; le bruit des armes à feu ainsi que les cheveaux les épouvantent.Ils veulent alors détruire l\u2019ennemi par la famine et les espagnols, réduits à la détresse en rendent leur amiral responsable.Redoutant les effets de la calomnie, Colamb vient lui-même se justifier en Europe et, pour cette première fois il a l\u2019appui du roi et de 1 a reine.L\u2019intrépide navigateurr éprend la mer; il va à la Trinité puis jusqu\u2019à l\u2019embouchure de l\u2019Orëno-que; son frêle navire est sur le point de naufrager au milieu de l\u2019immense nappe d\u2019eau que le fleuve jette avec violence dans l\u2019océan.Colomb en conclut qu\u2019un courant semblable ne peut être fourni que par un vaste continent.Il faut noter cette circonstance car, au moment même où cet homme de génie devinait le nouveau monde pour la seconde fois, un aventurier sans aveu, Améric Vespuce, allait lui dérober l\u2019honneur bien mérité de donner son nom à ce nouveau continent.Pendant l\u2019absence de Colomb, les espagnols d\u2019Hispaniola s\u2019étaient révoltés contre lui et de nouvelles dénonciations arrivent à la cour de Castille.Cette fois, on le fit revenir et on l\u2019embarqua chargé de fers.La reine Isabelle blâma cette mesure excessive et s\u2019efforça de faire oublier cet affront à Colomb mais elle ne l\u2019en retint pas moins, quatre années en Espagne, dans la crainte qu\u2019il ne s\u2019emparât des pays qu\u2019ils avait découverts.Enfin, le 9 mai 1502, on le laissait repartir mais quand il arriva dans les pays dont il avait la vice-royauté, ce fut pour s\u2019apercevoir qu\u2019il n\u2019y avait plus guère (Suite à la page 34) 8 Samedi 16 juin 1928 ¦JH MH SUIS MARIEE A UN HOMME DONT L\u2019EXTERIEUR M'AVAIT SEDUIT\" ssii} ¦ \u2018-y* Ljr m mm WAffàfi Nouvelle Dramatique La Filleule Par GEORGES DE LYS NE petite fortune, lentement amassée par le travail probe et soutenu de trente ans de leur vie, avait paru suffisante à M.et Mme Dorion pour s\u2019assurer la paix de leurs vieux jours.Ils s\u2019étaient retirés, pour jouir d\u2019un repos bien mérité, dans leur petite ville natale, où l\u2019existence était facile, simple, peu onéreuse.Par malheur, à peine commençaient-ils à jouir du modeste confort qui leur suffisait, que la guerre était survenue et, à sa suite, les années qui, chacune, apportait un renchérissement croissant de toutes choses.Ils avaient beau se restreindre, leur ancienne aisance se muait en médiocrité, puis en pénurie.Sur leurs dix mille livres de rente, un quart avait fondu dans la révolution russe.Il leur avait fallu, bien que vieillissant, se priver de l\u2019aide d'une servante et se suffire à eux-mêmes pour les soins ménagers.Heureux encore d\u2019avoir conservé la santé qui leur permettait de s\u2019astreindre à la besogne ; toutefois, il était dur au septuagénaire, qu\u2019était devenu Eusèbe Dorion, de scier son bois, d\u2019aller aux provisions, tandis que sa femme Ursule, plus jeune d\u2019une dizaine d\u2019atmées, restait au logis à nettoyer les chambres et à préparer leurs maigres Tepas, Et quels soins pour prolonger la durée de leurs vêtements! Eusèbe dissimulait la misère de ses vieux vestons reprisés sous un éternel pardessus de mi-saison à la couleur mangée par le soleil et délavée par la pluie ; Ursule ménageait sa dernière robe convenable pour les sorties obligatoires.Le dimanche, elle assistait à la messe la plus matinale pour laquelle une mise recherchée n\u2019était pas nécessaire.Longtemps, le chagrin de ce ménage avait été de n\u2019avoiT pas d\u2019enfant.Maintenant, hélas! il en venait à remercier Dieu de ne leur avoir pas créé cette charge, si désirée jadis, mais qui, aujourd\u2019hui, eût excédé leurs ressources.\u2022 Mme Doriou avait cherché à épancher un peu de ses trésors inemployés d\u2019amour maternel en acceptant d\u2019être marraine de la fille d\u2019une de ses employées, et longtemps avait comblé l\u2019enfant de cadeaux et de caresses.Puis la vie les avait séparées.De sa retraite, elle avait continuée ses petites largesses, avec le chagrin de les devoir restreindre à mesure que se tarissaient ses disponibilités, puis il lui avait fallu, à la fin.les cesser tout à fait.Comme, hélas! il est habituel chez la triste nature humaine, la filleule, n\u2019étant plus comblée par sa marraine, avait négligé celle qui ne lui était plus libérale.A peine une lettre brève, au premier de l\u2019an, avait-elle maintenu un lien qui, avec le temps, semblait setre dénoué tout à fait.Depuis deux ans, Mme Dorion était sans nouvelles.La première fois que la bonne dame n\u2019avait pas vu venir les voeux accoutumés, sans se formaliser, elle avait elle-même écrit la première, mais sa lettre lui était revenue avec la mention : Partie sans laisser $Bois se dessina devant eux.Le vieux Nivolet connaissait depuis trop longtemps les aîtres pour être embarrassé un instant devant les murs à franchir.Il savait où chaque voisin mettait son échelle.Tl eut tôt fait d\u2019en aviser une accrochée au mur d\u2019une ferme peu éloignée, Claude la prit sur son épaule, et par un angle rentrant de la muraille de Clôtures, 14 ^Samedis 16 juin 1928 sous l\u2019ombre d\u2019un énorme cèdre qui rendait l\u2019obscurité complète, les deux hommes pénétrèrent dans le parc.Par précautions, ils tirèrent l\u2019échelle après eux.Il fallait être l\u2019ancien jardinier qui toute sa vie avait parcourue ce dédale en tous sens pour s\u2019y diriger par une nuit si absolue.\t, Vincent avait pris la main de son fils et le conduisait.L\u2019étang, glauque, apparut cependant à leurs yeux, réflétant sur sa surface immobile, la très vague clarté qui descendait du ciel.Bientôt ils furent au pied du perron.\u2014 On dirait bien qu\u2019il n\u2019y a personne ici, dit Claude.Qu\u2019en penses-tu ?\u2014 S\u2019il y a un garde, il doit coucher de l\u2019autre côté, près de la cuisine.Reste à savoir s\u2019il y a un chien.C\u2019est peu probable, car Mme Blaisois n\u2019a jamais voulu en tolérer un dans le jardin.\u2014 Par économie, sans doute, la vieille chipie ! \u2014 Voilà ia fenêtre du billard.Ce sera plus facile de la forcer que d\u2019enfoncer la grosse porte de chêne.\u2014 Tu vas voir.J\u2019ai manié les outils au régiment.J\u2019ai été même chargé des destructions à la dynamite.Seulement ça ferait un peu trop de bruit.Le jeune homme sortit de sa poche un ciseau à froid, l\u2019introduisit dans la fente des gonds de l\u2019un des volets et fit effort pour le soulever.Son père l\u2019aida, faisant levier avec son bâton sur le rebord de la fenêtre, la per-sienne se détacha de ses gonds.\u2014 Attention! souffla Claude.Mais, retenu par leurs mains vigoureuses, le volet vint se poser doucement au pied de la fenêtre.\u2014 On dirait que nous n\u2019avons fait que cela toute notre vie ! dit Claude en riant.Une pression progressive fit sauter la vitre à l\u2019intérieur.Il n\u2019y avait plus qu\u2019à passer le bras pour tourner l\u2019espagnolette.Ce fut l\u2019affaire d'une seconde.La fenêtre était ouverte.Avant de pénétrer dans la salle, Vincent mit la main sur le bras de son fils.\u2014 Ecoute, dit-il.Tous deux prêtèrent l\u2019oreille.Ils n\u2019entendirent aucun bruit suspect dans le château ni du côté de la maison du jardinier.Il était évident que s\u2019il y avait quelque part un gardien, il dormait profondément.\u2014 Maintenant, pieds nus, dit le sergent.\u2014 Tu m\u2019effrayes, fit le vieux Nivolet.\u2014 J\u2019ai toujours aimé les histoires de voleurs, tu sais bien papa.Aujourd\u2019hui j\u2019en vis une ! Le jeune homme éprouvait vraiment une véritable jouissance à son aventure.Il reprochait souvent à son métier d\u2019être trop monotone.Cette fois, il s\u2019amusait «pour de bon» ! Claude suivant son père dans l\u2019obscurité, ils gagnèrent le pied du grand escalier.Là, ils ne risquaient olus d\u2019être aperçus du dehors; Claude alluma la bougie qu\u2019il avait eu la précaution d\u2019emporter.A cette heure tremblotante et sinistre dans l'immense vestibule, ils se trouvèrent mutuellement des figures patibulaires.\u2014 Je ne donnerais pas deux sous de notre peau, si le bonhomme qui garde le château a un revolver, dit Vincent.\u2014 Bah ! Il aura tellement peur qu\u2019il nous manquera! répliqua le sergent avec confiance.Us montèrent l\u2019escalier sans produire d'autre bruit que le craquement des vieilles marches de chêne.Cela semblait, dans le silence, un effrayant tapage.Us s\u2019arrêtaient pour écouter, anxieux, puis reprenaient leur ascension.Enfin, ils arrivèrent devant la porte dont Vincent tourna le loquet.Elle s\u2019ouvrit.Us entrèrent dans la chambre.Le vieillard referma doucement.\u2014 Voilà, dit-il en se découvrant et en montrant le lit, où est mort le marquis de Prémol.\u2014 Cherchons! répondit Claude, après avoir salué aussi.Et méthodiquement, comme s\u2019il avait eu une longue habitude des perquisitions le brave sous-officier commença à explorer la pièce.Son père le suivait en l\u2019éclairant avec la bougie.\u2014 Tiens, dit celui-ci, en montrant une place vide près de la fenêtre, il y avait un secrétaire là; il n\u2019y est plus.\u2014 Nous le chercherons dans toute la maison.U ne faut pas partir d\u2019ici en laissant un coin non visité.Mais pas plus que les recherches de Camille Blaisois, celles de Nivolet et de son fils ne donnèrent de résultat dans la chambre de Jean de Prémol.\u2014 Allons! U n\u2019y a rien ici! souffla Claude, la sueur au -front.Continuons ailleurs.La chambre de M.Blaisois d\u2019abord.Dans cette pièce, Vincent et Claude recueillirent quelques papiers intéressants : c\u2019étaient des lettres de la marquise de Prémol à son fils.Pour les avoir.Claude n\u2019avait pas hésité à faire sauter les tiroirs du bureau de M.Blaisois.Dans l'une d\u2019elles, la revêche anglaise annonçait à Camille qu\u2019elle avait reçu, à Claytoncourt, la visite de l\u2019intrigante qui se prétendait la veuve de Jean.Cette phrase leur en parut suspecte : «U me tarde, mon cher Camille, disait la marquise, de savoir que nous n\u2019avons vraiment rien à redouter de cette femme.Ne t\u2019endors pas dans une fausse quiétude.U suffit parfois d\u2019un chiffon de papier pour allumer un immense incendie.» \u2014 Voilà une lettre, dit Claude, qui prouve que toute la famille est d\u2019accord avec M.Blaisois.Que signifie la dernière phrase, avec son mystère, sinon de ne pas négliger là destruction des papiers qui pourraient servir à Mme Anne dans son procès contre les Blaisois ?Dans une autre dont l\u2019enveloppe témoignait qu\u2019elle avait été recommandée, Mme de Prémol s\u2019exprimait encore d\u2019une manière plus précise, tout en restant énigmatique : «Je regrette de ne pouvoir me rendre auprès de toi.J\u2019aurais tant de choses à te dire qu il vaut mieux ne pas écrire! J'aime mieux, d\u2019ailleurs, laisser ignorer certains tristes événements à ta soeur.C\u2019est pourquoi je ne t\u2019envoie pas Sybil.Mais ne te leurres pas.Quand Jean est venu à Claytoncourt, il était muni.Tu m\u2019étonnes en m\u2019écrivant que toutes tes recherches sont demeurées vaines.Le temps qui passe est certainement un argument en faveur de ta confiance.Mais j\u2019aurais préféré infiniment, pour nous tous avoir une certitude, et je redoute, tôt ou tard, une explosion.» \u2014 C\u2019est clair! s\u2019écria Claude.\u2014 Pour nous, oui, répliqua Vincent.Mais M.Blaisois doit avoir une réponse toute prête à ces mystères si on l\u2019interrogeait.Sans quoi, il n\u2019aurait pas conservé ces lettres.Pour la justice, ce ne serait pas une preuve.\u2014 En tout cas, celle-ci est datée du 30 septembre.Cela nous prouve que le gredin n\u2019avait pas encore pu trouver les papiers qu\u2019il cherchait, deux mois après son crime.\u2014 U est probable qu\u2019il ne les a pas découverts, car, il est rentré en ville, comme chaque année, au commencement d'octobre.Mais où M.Jean les a-t-il donc cachés?\u2014 Peut-être les a-t-il détruits! \u2014 Il n\u2019y avait aucun intérêt! au contraire ! \u2014 Cherchons ! \u2014 Et emportons ces lettres, ajouta Vincent Nivolet.Contre de pareils gueux, nous avons le droit de n\u2019être pas délicats.Aucun autre indice ne fut dés-couvert dans les divers meuble* de cette chambre.Avant d\u2019en sortir, pourtant, Claude voulu jetet; un coup d\u2019oeil dans la cheminée.U en releva la plaque de tôle: une monceau de cendres noires caractéristiques y apparut.\u2014 Ah ! fit le jeune homme, on en a brûlé ici des tas de papiers L Voyons si les canailles auront eu soins de s'assurer que tout était consumé ?S\u2019agenouillant aussitôt devant le foyer, il fouilla avec précaution l\u2019amas léger de feuilles carbonisées.- Il en retira de nombreux morceaux enfumés, mais sur lesquels des lambeaux d\u2019écriture étaient encore lisibles.La plupart étaient incompréhensibles.«.Prémol.Maignan, Paris, Reçu très bon accueil chez Ca.\u201e espoir.» \u2014 Ça c\u2019est l\u2019écriture de M.Blaisois, du Vincent.\u2014 Prémol! U y a Prémol.Paris!.s\u2019écria Claude.\u2014 Chut! fit son père, en lui frappant sur l\u2019épaule.Le bouillant sergent oubliait qu\u2019il était dans le rôle d\u2019un cambrioleur.\u2014 Ne perdons pas de temps à chercher ici le secret de ces énigmes, reprit le vieux Nivolet.» Nous lirons tout cela à loisir à la maison.D\u2019autres débris, de papier bleu, paraissaient provenir de télégrammes.Malheureusement, il n\u2019en restait que des angles, sans aucun inscription.Puis, Claude poussa un cri étouffé, de triomphe.il se releva, tenant un quart de feuille presque intact.\u2014 Encore l\u2019écriture de M.Blaisois ! dit Vincent.Us déchiffrèrent ensemble ce qui demeurait lisible ; «.supplie de lui accorder.Je vous assure que cette femme mérite votre estime.Ne la repoussez donc plus, je vous en prie moi-même.» \u2014 Que diable veut dire ce grimoire?.firent-ils ensemble.\u2014 U semble bien que ce soit de Mme Anne qu\u2019il s\u2019agissait dans cette lettre, dit Vincent-Mais que M.Blaisois ait écrit cela, c\u2019est incompréhensible.Et c était à sa mère qu il écrivait, sans doute. 16 juin 1928 S&Samedi 15 \u2014 Le voilà, dit-il.Les tiroirs intérieurs étaient simples on s\u2019était contenté de les ouvrir.Mais la partie supérieure du meuble, qui contenait les cachettes, avait été littéralement éventrée.\u2014 M.Blaisois aura eu la même idée que nous, dit Vincent, et, pour s\u2019emparer des secrets du marquis, il n\u2019a pas hésité à défoncer ce joli bureau.Il faut donc croire qu\u2019il n\u2019y a rien trouvé, puisque le 30 septembre, sa mère lui écrivait de chercher encore.\u2014 A moins qu\u2019il n\u2019ait fouillé ce meuble depuis.\u2014\u2022 Nous le saurons, probablement, par les domestiques.A trois heures du matin, le jardinier et son fils se retrouvèrent devant la fenêtre du billard.Us se rechaussèrent, mais, au lieu de sortir par le même chemin, ils ouvrirent, de l\u2019intérieur, la grande porte du perron, dont la clef était dans la serrure.Ils replacèrent, alors, sur ses gonds, le volet qu\u2019ils avaient si adroitement enlevé, refermèrent les persiennes et la fenêtre à l'es- se présenta à son travail au parc Borély.Il ne fallait, par aucun indice, attirer l\u2019attention dans le cas où leur audacieuse visite à la Mare-aux-Bois viendrait à être éventée.Il était très certain que les soupçons de Blaisois se porteraient sur son ex-jardinier, puisque c\u2019était chez lui que s\u2019hébergeait la veuve de Jean de Prémol, et que tout indiquait, dans le cambriolage du château, l\u2019intention unique de s\u2019emparer des papiers intéressant cette femme.Quant à Claude, il n\u2019avait aucune raison de ne pas dormir tard, et il ne s\u2019en priva pas.D\u2019ailleurs, aux craintes exprimées par son père, d\u2019une plainte possible de M.Blaisois, il avait répondu avec une superbe confiance : \u2014 Il n\u2019oserait pas.Anne Bochet et Aurélie entendirent donc d\u2019abord de sa bouche le récit de leur expédition.La jeune mère lut avec attendrissement le passage de sa lettre dans laquelle elle affirmait à billet rédigé en style télégraphique : «Prémol \u2014 maignan, Paris, \u2014 Reçu très bon accueil chez Ca.espoir.» « .maignan, c\u2019est évidemment Lemaignan.Cela devait être à mon adresse.«Très bon accueil chez Camille.espoir.» Quelle dérision!.Mais pourquoi ne l\u2019ai-je pas reçu, ce télégramme?Aurélie eut tout à coup l\u2019intuition de la vérité : » Parce qu\u2019il n\u2019est pas parti, parbleu?s'écria-t-elle.Tout ça, $ Thorncroî congédia la jeune femme.\u2014 Voyons encore! dit Claude en se remettant à genoux.Tiens! une enveloppe.L\u2019adres-ee y est encore déchiffrable : «Marquis de Prémol.Montréal, Canada».Les coquins n\u2019ont rien voulu laisser subsister qui rappelât ce nom qui leur fait peur, et il ressort quand même des cendres!.Hélas! tout cela n\u2019est pas grand'chose.Ah ! encore un coin blanc.Le jeune homme tira, de l\u2019amas de poussières noires, le dernier lambeau que le feu avait épargné.C\u2019était une fin de lettre : «Crois, mon chéri, à toute l\u2019affection de mon coeur, qui ne vit que pour toi.«Ta femme: Anne.» Vincent et son fils se regardèrent.Tous deux avaient les yeux humides.\u2014 Pauvre dame ! murmura Claude.\u2014 Bandits! Bandits! Bandits! gronda le vieillard.Il n\u2019y avait plus rien à voir dans cette chambre.Vincent rangea avec soin ces débris de lettres dans une enveloppe prise sur le bureau, la mit dans la poche intérieure de sa veste et ils continuèrent leurs investigations dans les autres parties de la grande maison.Mais ils ne découvrirent plus rien, ni dans le salon, ni dans les chambres de Mme Blaisois et de Thorncrof.\u2014 Je m'étonne, dit le vieux jardinier, de ne voir nulle part le secrétaire qui était j\u2019en suis sûr, près de la fenêtre de la chambre, où est mort M.Jean.C\u2019était un meuble très ancien.Le vieux marquis, M.Gaspard, disait qu\u2019il était au château depuis qu\u2019on l\u2019avait construit, mais qu\u2019il remontait bien plus haut.Il parait qu\u2019il y avait des tiroirs secrets, des doubles fonds, des cachettes extraordinaires.M.Jean aura peut-être eu l\u2019idée d\u2019y enfermer ses papiers.Je me rappelle qu\u2019il regardait fixement de ce côté avant de mourir.Mme Anne l\u2019avait remarqué aussi.Elle me demandait, affolée : «Que voit-il?.Que veut-il donc dire?» car le malheureux ne pouvait pas deviner.Mais où a-t-on mis ce meuble ?Avec une nouvelle ardeur, les deux hommes parcoururent toutes les pièces de la maison.Ils finirent par le grenier.Là, Vincent Nivolet montra tout de suite, parmi les vieilleries poussiéreuses qui s\u2019y trouvaient rassemblées, un élégant bureau d\u2019acajou, orné de poignées de cuivre ciselé, dont tout le haut était brisé.pagnolette, et, sortant enfin définitivement, ils tirèrent sur eux la lourde porte de chêne.De l\u2019extérieur, rien ne pouvait indiquer que la maison avait été cambriolée.Un instant plus tard, ils franchissaient de nouveau le mur du parc, et, ayant raccroché à sa place l\u2019échelle qu\u2019ils avaient empruntée au voisin, ils reprenaient, en se promenant, la direction de Marseille, dont l\u2019immense lueur dormait sous ses ombrages séculaires, gardant toujours l impénê-trable secret du mort.XII Le jour trouva debout le vieux Nivolet, A l\u2019heure accoutumée, il son mari l\u2019affection inaltérable de son coeur.Elle regarda longuement la vieille enveloppe adressée à Montréal.\u2014\u2022 C\u2019était avant notre mariage, dit-elle.Toutes les lettres qu'il m\u2019avait écrites durant ces deux années, je les conservais comme des reliques, à Paris.Hélas! je n\u2019en possède plus une seule ! Devant les lambeaux de l\u2019écriture de Camille, elle resta stupéfaite.\u2014 Comment pouvait-il écrire à sa mère que je méritais son estime quand, en réalité, il refusait de me recevoir ?Que signifie cette contradiction ?C\u2019est incompréhensible ! \u2014 Et ceci l\u2019est pour autant, dit Claude en montrant à la veuve le c'étaient des mensonges.une comédie.On faisait croire à M.Jean qu\u2019on l\u2019aimait bien; on lui faisait lire des lettres qui ne partaient pas.Et lui, le pauvre, confiant, vous faisait télégraphier qu\u2019il recevait bon accueil!.Et ça ne partait pas davantage ! \u2014 Et pendant ce temps, on l\u2019empoisonnait! Tu as raison, petite soeur, s\u2019écria Claude à son tour.Voilà l\u2019explication de ces bonnes phrases de M.Blaisois à sa mère.Oh! la chipie ! Toute l\u2019indignation du brave sergent n\u2019avançait pas ses projets de poursuites contre l\u2019assassin de la Mare-aux-Bois.Il dut repartir pour son régiment sans avoir pu éclaircir la question de savoir si M.Blaisois 16 $b&cmëdb 16 juin 1 ^28 avait défoncé le vieux bureau à secrets avant ou après avoir reçu la lettre de sa mère rengageant à continuer ses recherches.Il n\u2019était pas facile, en effet, à l\u2019ancien jardinier chassé de la Mare-aux-Bois d\u2019interroger les domestiques du banquier sans éveiller aussitôt leurs soupçons.Ce n\u2019était que par sa visite nocturne au château qu\u2019il connaissait l\u2019état de cet ancien meuble; il ne pouvait donc en parler le premier sans se trahir.Mais Vincent espérait reprendre sans trop de difficultés ses relations interrompues avec le valet de chambre Germain.Ce dernier aimait assez la bouteille, et en sachant quel cabaret il fréquentait, il serait sans doute possible de l\u2019y rejoindre de temps en temps et de le faire parler.En errant, le soir, après le souper, aux alentours de la banque Blaisois et Lachmann, il espérait le rencontrer quelque jour.Cet espoir se réalisa après plus d\u2019un mois de patientes allées et venues devant l\u2019hôtel du banquier, à un moment où le brave Nivolet commençait à désespérer de ne jamais atteindre Germain par ce procédé.Le valet de chambre crut que Vincent passait par hasard dans la rue Saint-Ferréol.\u2014 Té ! Nivolet ! s\u2019écria-t-il.Quelle veine! Et qu\u2019est-ce que vous devenez, mon bon \u2014 Je cultive les roses, au parc Borély.Et vous ?\u2014 Moi?Toujours chez le patron.\u2014\u2022 Ça va bien ?\u2014 Eh oui!.Vous n\u2019avez pas regretté d\u2019être parti ?\u2014 Bah!.Maintenant que c\u2019est fait !.Il n\u2019y a qu\u2019une chose que je regrette.Oh! pas le patron, il m\u2019a trop dégoûté ! Mais les bons amis que j\u2019avais là-bas, et puis le jardin auquel j\u2019étais habitué.Ici, je m\u2019ennuie.Personne avec qui causer, le soir.Au château on taillait des bavettes !.Fini pour moi, maintenant : il faut se balader tout seul, à relimer les devantures comme un croquant ! \u2014\u2022 Et mam\u2019zelle Aurélie ?\u2014\u2022 Elle travaille.Elle est bien gentille.Mais pour causer, vous comprenez, on aime être entre hommes.\u2014 On pourrait bien se voir quelquefois si vous ne demeurez pas trop loin.\u2014 Oh ! à deux pas : rue de la Darse.\u2014 Alors, c\u2019est facile.Je serais content de trinquer avec vous.Pas ce soir, la patronne attend.Mais dimanche.Au 4 de la rue du Jeune-Anacharsis, il y a un petit café bien tranquille, où on peut causer à l\u2019aise.Et puis, de bonnes consommations, vous savez, là ! Germain fit claquer sa langue.Cette onomatopée valait tout un éloquent discours.\u2014 Et donc, à dimanche, mon vieux ! dit Vincent.\u2014 Sans faute! répondit le valet de chambre en s\u2019éloignant au pas gymnastique.Le dimanche suivant, vers cinq heures, Vincent Nivolet était attablé dans un angle diu café indiqué par Germain devant une bouteille de vin et deux verres, et s\u2019absorbait, en attendant, dans la lecture d\u2019un journal.Depuis leur expédition à la Mare-aux-Bois, il ne lisait pas le journal sans l\u2019anxiété tfy lire qu\u2019on avait constaté le cambriolage du château et que la police était sur la trace des malfaiteurs.Heureusement, on était déjà au commencement de février et rien n\u2019avait encore paru dans les journaux à ce sujet.\u2014 Depuis six semaines, pensait le vieux Nivole, la pluie a dû effacer toutes les marques de pas que nous avions laissées.Germain entra bientôt.Il avait déposé sa livrée et revêtu un complet à carreaux gris qui faisait de sa personne une sorte de vaste damier.Sa grosse figure rasée et sans moustaches émergeait d\u2019un col de couleur bleu pâle si serré que son cou en débordait en un bourrelet circulaire.Germain était un habitué de la maison.Il serra à droite et à gauche des mains qui se tendaient vers lui, tapa dans le dos de plusieurs, alla faire une risette à la patronne, qui somnolait derrière son comptoir, et arriva enfin à Vincent Nivolet.Celui-ci constata avec plaisir que le coquet valet de chambre était déjà quelque peu émoustil-lé par la boisson.\u2014 Campo!.s\u2019écria Germain en s\u2019asseyant en face de Vincent et en se frottant les mains.Pour toute la soirée! Aussi, je me paie une baignoire à l\u2019Eldorado.Venez-vous Le vieillard sourit.Il se rappelait qu\u2019un des moindres défauts de Germain était l\u2019ostentation.\u2014 Non, dit-il, ce n\u2019est plus de mon âge.Mais en attendant, nous allons boire cette bouteille à notre bonne rencontre.Pour entrer en matière.Vincent demanda des nouvelles des autres domestiques de la Mare- aux-Bois, puis, tout naturellement, il ajouta : \u2014 Qui est-ce qui m'a remplacé, là-bas ?\u2014 Un Russe.Un ancien domestique du prince Bariatinski, de Saint-Raphaël.Vous savez bien, ce prince qui fait tant d\u2019es-brouffe.\u2014 Oui, oui.Alors, ça doit être un jardinier épatant ?\u2014 Pour ça, il me semble qu\u2019il ne s\u2019y entend pas comme vous.\u2014 Est-il marié ?\u2014 Non.\u2014 Alors, il doit être au large dans ma petite maison.Est-ce qu\u2019il y habite l\u2019hiver ?\u2014 Non.Monsieur le fait coucher dans le cabinet, à côté du vestibule, rapport aux malandrins qui pourraient venir voler au château.Vincent Nivolet eut envie de rire.Avec Claude, il avait traversé ce cabinet : il n\u2019y avait personne.Sans dioute, le Russe, s\u2019ennuyant d\u2019être seul dans le grande maison, était allé chercher une distraction au cabaret.\u2014 Pauvre château! fit Vincent.J\u2019y suis souvent par la pensée, vous savez.Quand on a passé toute sa vie à un endroit, on ne l\u2019oublie pas comme ça ! Est-ce qu\u2019il y a du nouveau ?.Une mort, ça bouleverse toujours pas mal de choses.\u2014 Bien sûr! Monsieur a tout fait désinfecter, de peur de la contagion.-Qui est-ce qui a hérité de la galette ?\u2014 La vieille guenon.C\u2019était sous cette appellation flatteuse que les domestiques de Camille Blaisois avaient coutume de parler de sa mère.\u2014 M.de Prémol n\u2019avait pas laissé de testament ?.\u2014 Pour vous répondre, faudrait être le diable, fit Germain en baissant la voix.Ce qu\u2019il y a de certain, c\u2019est qu\u2019on a brûlé rudement de papiers, dans les cheminées, après l\u2019enterrement.et même avant.Tous les domestiques, nous l\u2019avons constaté.Seulement, c\u2019est pas notre affaire.On ne dit pas tout ce qu\u2019on pense.\u2014 Ça m'étonne que M.Jean n\u2019ait pas fait de testament.Si on avait bien cherché, on aurait peut-être trouvé.\u2014 Ah! bé.oui!.Monsieur a tellement cherché qu\u2019il en a cassé en mille morceaux le bureau qui était dans la chambre de M.le marquis.\u2014 Pourquoi, cassé ?fit Vincent en feignant le plus vif étonnement.\u2014 Rapport aux cachettes.C\u2019était un meuble truqué, vous comprenez.\u2014 Et il a fait ça tout de suite après l'enterrement ?\u2014 Oh! pas tout de suite: cinq ou six jours après.peut-être huit.je ne me souviens plus.Mais personne n\u2019était entré dans la chambre.Monsieur en avait toujours la clef dans sa poche.Alors, s\u2019il y avait un testament lui seul le sait, hein ?Le jardinier écoutait à peine Germain.II savait maintenant ce qu\u2019il voulait savoir: c\u2019était bien avant de recevoir la lettre datée du 30 septembre que Blaisois avait démonté le vieux secrétaire.Les termes mêmes de cette lettre démontraient qu\u2019il n\u2019y avait rien trouvé.Or, plus Vincent réfléchissait, plus il rejetait l\u2019hypothèse que le marquis eut pu détruire son contrat de mariage et son testament.Une telle destruction eut favorisé les Blaisois; ç\u2019aurait été une trahison envers sa femme et l\u2019enfant qu\u2019elle attendait.Ces papiers n\u2019avaient donc pas été détruits.Puisqu\u2019on ne les trouvait pas au château, c\u2019est que quelqu\u2019un les avait pris.Mais qui donc ?A ce point de sa déduction, une image s\u2019évoqua dans l\u2019esprit du vieillard : celle du docteur Thorncrof.Comme médecin, il avait eu ses entrées libres auprès du malade.\u2014 Eh! eh! fit Vincent, absorbé dans le fil de ses pensées.Germain venait d\u2019achever la bouteille.Il regarda le jardinier avec étonnement mêlé de moquerie.\u2014 Le vieux baisse, pensa-t-il.Puis, tout haut, il ajouta, en se levant : \u2014\u2022 Content de vous avoir vu, père Nivolet.Bonjour à mam\u2019zelle Aurélie.Faut que j\u2019aille dîner, pour être à l\u2019heure à l\u2019Eldo.Vincent lui secoua vigoureusement la main et le laissa sortir.Il paya les consommations et sortit lui-même bientôt après.Anne Bochet et Aurélie l\u2019attendaient dans le petit appartement de la rue de 1a Darse., \u2014 Oh ! puissiez-vous dire vrai ! s\u2019écria la jeune veuve quand Nivolet lui eut rapporté son entretien avec Germain, qu\u2019il eut énoncé son opinion relative à l\u2019existence des papiers de M.de Prémol et exprimé l\u2019hypothèse que Thorncrof en était le détenteur.Si ces actes ne sont pas détruits, une chance me reste de les avoir on jour, dusse-je pro- 16 juin 1928 Sbç&cmtdh il Un Régal des Chaleurs '\u2022.ÿ'T^ A# magasin ou au téléphone, demandez toujours les Christie's WATER ICE WAFERS avec un rafraîchissant\u2014une tasse de thé, ou toutes seules \u2014 délicieuses.4 JUV\t- ' \u2022 -\tr w rry vrr- v \u2022 » « Biscuits de Christie Sxcellence de SluaUte depuis /S>53 mettre à ce misérable de médecin toute la fortune qu'ils représentent pour moi!.Sans doute, Q me serait infiniment doux de vous récompenser de votre dévouement, de rendre à mon Robert le bel héritage qu\u2019on lui a volé.Mais c\u2019est bien plus que des richesses que ces papiers représentent à mes yeux : c\u2019est mon honneur.Car je rougis à la pen-see de ce que je devrais répondre à mon fils quand il me demandera le nom de son père.quand il aura l\u2019occasion de voir son acte de naissance et que je lirai dans ses yeux, sinon la réprobation, du moins la honte de sa mère!.Oh! merci, mon bon ami de tout ce que vous et tous les vôtres faites pour moi ! \u2014 Ce n\u2019est rien que de très simple, madame, et si nous ne le faisions pas.nous serions des ingrats.Il y a des maîtres envers qui l\u2019on est quitte lorsqu\u2019on leur a donné le travail dû: ce sont ceux qui ne vous donnent que de l\u2019argent.Mais ceux qui vous donnent aussi de leur coeur le travail ne suffit pas à nous acquitter envers eux.Moi, le vieux père Nivolet, j\u2019ai été jeune aussi.Eh bien! je me souviens de M.le marquis, M.Gaspard; il ne passait pas devant la maison sans s\u2019arrêter ; «Bonjour, Vincent !» qu\u2019il disait; «Bonjour, monsieur le marquis!» que je répondais.Et il me serrait la main, et me demandait de mes nouvelles et de celles de mes parents.Plus tard, Mme la marquise, pas l\u2019Anglaise, l\u2019autre, la première, une sainte, ne passait pas de semaine sans apporter quelque gâterie à mes petits.Ah! les braves gens! les nobles gens que c\u2019étaient!.Mon Claude, Aurélie, ont sauté sur leurs genoux comme si ça avait été leurs enfants Ah! ça ne s\u2019oublie pas, cela tonnerre! Et ça ne se paie pas non plus!.Mais patience, madame! Tout ce que je vous ai dit, ce n\u2019est encore que des suppositions.Faudra les verifier avec précaution.Quant à demander quelque chose à M.Thorncrof.je crois que ce serait peine perdue.Il ne doit avoir pris les papiers que pour faire chanter l'assassin, et il ne les lâcherait pas sans être payé argent comptant.\u2014 La perspective d un énorme gain à réaliser le tenterait peut-être ?\u2014 Il y aurait un procès.Avec les influences que peut faire agir M.Blaisois, avec sa banque il n\u2019est pas sûr de perdre.De plus, M.Thorncrof.qui gagne, paraît-il, des mille et des cents francs à Paris, avec ses drogues et sa médecine, n\u2019aimerait pas qu\u2019on dise qu\u2019il a été compromis dans une histoire aussi louche que le vol des papiers d\u2019un de ses malades; ça lui porterait un trop grand préjudice.Ah ! si vous aviez les millions dans la main, je vous dirais: allez-y!.Mais, n\u2019ayant que des promesses à lui faire, ne comptez pas rien obtenir de lui, d\u2019autant plus que ces gredins-là sont habitués à toujours mentir et qu\u2019ils ne croient pas aux promesses des autres.Anne demeurait désolée dans sa nouvelle désillusion.Sion visage résigné exprimait tant de souffrance que Vincent Nivolet ajouta :\t, \u2014 Je dis ce que je vois, madame; mais faut pas vous désespérer.S\u2019il y a quelque chose à faire, on le fera, soyez tranquille.Seulement,, une imprudence peut tout perdre; il faut aller avec précaution.Nous en parlerons avec Claude.C\u2019est lui qui a déjà eu l\u2019idée de l\u2019expédition à la Mare-au-Bois; il trouvera bien quelque nouveau truc pour cette fois-ci.Cependant, par une prudence peut-être excessive Vincent Nivolet ne voulut rien écrire à son fils.Il supposait que, sans le savoir, ils étaient peut-être soumis à une surveillance de la police, comme soupçonnés du cambriolage de M.Blaisois, et que leur correspondance risquait d\u2019être décachetée.Il avait donc recommandé à Claude de ne jamais faire la moindre allusion à cet événement, ni aux recherches qu\u2019il se proposait de faire pour démontrer la culpabilité de Camille Blaisois.Claude devait revenir à Pâques pour quelques jours: on lui parlerait à ce moment des soupçons contre Thorncrof.Mais, par suite de nécessités diverses du services, le sergent ne put pas obtenir la permission sur laquelle il comptait et il dut annoncer à son père qu\u2019il ne pourrait se rendre à Marseille qu après les manoeuvres d\u2019automne.D\u2019ailleurs, le travail «abondait», rue de la Darse, et, pour arriver à satisfaire leur clientèle de plus en plus nombreuse, Anne et Aurélie durent s\u2019adjoindre, d\u2019abord comme aide d\u2019occasion, puis définitivement, une ouvrière qui demeurait dans la maison, à l\u2019étage au-dessous, où elle vivait seule avec sa vieille mère.C\u2019était une jolie fille de Provence, au teint doré, aux yeux noirs, aux cheveux bruns, dont les dix-sept ans rayonnaient de gaîté.C\u2019était pqr son rire et ses chants que ses voisines du quatrième avaient d\u2019abord remarqué sa présence dans la maison.Cette voix joyeuse, qui montait à chaque instant de la journée, c\u2019était comme un rayon de soleil qui venait éclairer l\u2019appartement en deuil de la veuve de Jean de Prémol.Aurélie la croisait souvent dans l\u2019escalier, et la belle franchise oui brillait dans les yeux de la jolie ouvrière lui avait inspiré dès les premiers jours de la sympathie.Elle avait cependant évité, par prudence, de se lier avec elle avant de savoir si cette jeune fille méritait son affection.Mais plusieurs mois d\u2019habitation dans la même maisoi avaient montré à la fille de Nivolet que Marcelle Aubaniès était d'une conduite irréprochable.Non seulement elle restait parfaitement sage, mais nourrissait par son travail sa mère à demi infirme, dont elle égayait les tristes jours par ses chansons; elle était une fille modèle.Ce fut pour la pauvre ouvrière une grande satisfaction que d\u2019avoir ses journées assurées par les travaux que lui confia Anne Bo-chet, et les relations entre les trois jeunes femmes devinrent rapidement intimes.Comment Anne, qui n\u2019avait que vingt ans, eût-elle pu conserver son secret lorsqu\u2019elle voyait Marcelle embrasser son Robert ou le prendre sur ses genoux pour le faire cavalcader, aux rires inextinguibles de l\u2019enfant ?Comment de son côté une jeune fille de dix-sept ans, vive et généreuse, n\u2019aurait-elle pas éprouvé aussitôt la plus tendre affection pour cette gentille maman si atrocement déshonorée et spoliée ?Les jours et les semaines de l\u2019été passèrent donc plus doux, rue de la Darse illuminés par l\u2019exubérante gaîté de Marcelle Aubaniès.Robert avait un an et courait déjà dans la maison, se glissant comme un lutin sous tous les meubles et distrayant tout le monde de ses adorables «tyrannies».De 3a M ire-aux-Bois, aucune fâcheuse nouvelle n\u2019était sortie.La famille Blaisois s'y était pourtant réinstallée comme chaque année, au commencement de l\u2019été, et le banquier, du moins selon les rapports inconscients de Germain au café de la rue Jeune-Anarchasis, n\u2019avait rien remarin, é d\u2019anormal.Vincent se perdait en conjectures.Il y avait dans la chambre même de M Camille une trace qui ne pouvait passer inaperçue, c\u2019était le bris des tiroirs du bureau que Claude avait fait sauter avec son ciseau.Le vieux jardinier finit par conclure, du silence étonnant de (Suite à la page 18J 13 Se&am&ûi/ 16 juin 1928 veille d in grand voyage.DOUR vous assurer un roui:ment * idéal etconirimi.installez dans votre auto un nouveau jeu des exe llenfes Bougies d\u2019allumage Champion.Elles ranimeront la vitesse, la force et la souplesse de l'auto, économiseront l'e.sence et l\u2019huile, et votre auto roulera mieux dans n\u2019importe quelle circonstance.Champion est de beaucoup la meilleure bougie, grâce à ses nombreuses parti ciflarités exclusives de structure et de fonctionnement.Un kolant nouveau en sillimaniite conçu pour résister à la température beaucoup plus \"éîëVee du moteur moderne à haute compression.Un solide joint métallo-plastique récemment breveté qui ixste imperméable aux gaz sous haute compression.Des électrodes perfectionnée; 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Té! s\u2019écria-t-elle.La femme eut une seconde d hésitation et de surprise.Mais aussitôt elle se remit : \u2014 Ah ! vous le connaissez donc!.Pauvre petit ! Je l\u2019ai trouvé tout seul au coin de la rue de Rome; personne n\u2019a pu me donner d\u2019indications.Alors, je l\u2019emportais au commissariat de police.Le bébé tendait ses petits bras potelés vers Marcelle et trépignait de façion expressive.\u2014 Je vois qu\u2019il vous reconnaît aussi, continua l\u2019étrangère.Je suis bien contente de vous avoir rencontrée! Quelle chance tout de même! Vous n'êtes pas sa maman pourtant, ma belle, vous êtes trop jeune.\u2014 Non, mais nous habitons la même maision.\u2014 Alors, rapportez-le lui vite, le pauvre amour ! Marcelle prit l\u2019enfant et s\u2019éloigna rapidement, ne songeant qu\u2019à l\u2019angoisse de Mme Bochet devant la disposition de son fils, sans même penser à remercier l\u2019inconnue, ni à lui demander son nom.Celle-ci avait, d\u2019ailleurs, aussitôt disparu dans la foule.Quand Marcelle Aubaniès arriva rue de la Corse, elle trouva toutes les bonnes femmes de la maison en émoi.Vieilles et jeunes, toutes étaient réunies sur la porte, questionnant Aurélie, qui, son mouchoir à la main, sanglotait en répétant pour la dixième fois, les mêmes explications.Le retour de Robert fit l\u2019effet d\u2019un explosif., Toutes les commères éclatèrent en exclamations : \u2014 Té! Péchère! le voilà.\u2014 Qu\u2019il est mignon, le pit-choun ! \u2014 Bé! on fait déjà pleurer sa maman ! Mais Aurélie s\u2019était jetée sur lui et l\u2019emportait en le couvrant de baisers.\u2014 Vous l\u2019aviez donc emmené?s\u2019écria-t-elle, enfin, en s'adressant à Marcelle.Vous m\u2019avez fait une peur atroce! Heureusement que sa mère n\u2019y était pas!., \u2014 Mais, je ne l\u2019ai pas emmené, répliqua Marcelle C\u2019est vous qu\u2019il faut gronder: vous l\u2019avez mal gardé.Je l\u2019ai vu par hasard, rue de Noailles.Une bonne femme l\u2019emmenait: elle l\u2019avait trouvé, rue de Rome.\u2014 Ce n\u2019est pas croyable, Sainte Vierge ! \u2014 Vous aurez laissé la porte ouverte, et comme il trotte bien, maintenant, ce petit diable, il en a profité pour s\u2019échapper.\u2014 Mon Dieu! s\u2019il s\u2019était fait écraser!.Ah ! petit polisson ! C\u2019est du joli! On vous apprendra à faire de la peine à ceux qui vous aiment tien ! Et, avec la logique des grandes soeurs, les deux jeunes filles le punirent en le comblant de caresses et de friandises.Quand Anne Bochet rentra et qu\u2019on lui conta l\u2019aventure heureusement terminée de son petit Robert, elle ressentit une émotion si douloureuse qu\u2019elle fut sur le point de défaillir, Tout en embrassant passion-» nément son cher bébé, elle éclata en sanglots.\u2014 Mon Dieu .répétait-elle, dire que j\u2019aurais pu ne pas le revoir! Mon fils! Mon trésor! Ma vie! \u2014 Je m\u2019en veux, dit Marcelle, les larmes aux yeux.C\u2019est ma faute!.J\u2019aurais laissé la porte ouverte en m\u2019en allant! Pourtant, il m\u2019avait bien semblé l\u2019avoir tirée derrière moi.Anne tremblait nerveusement.» \u2014 Non! Marcelle, j\u2019ai peur que l\u2019on en veuille à Robert.J\u2019ai toujours eu cette idée que ceux qui ont tué son père voudraient le tuer aussi, ou, au moins, me l\u2019enlever pour le perdre.Comment voulez-vous que ce petit ait descendu quatre étages et qu\u2019il ait marché jusqu\u2019à la rue de Rome sans que personne ne l\u2019arrête?.Ce n'est pas possible.\u2014 Pourtant, cette femme paraissait bonne personne, dit Marcelle, dont la confusion couvrait le visage de rougeur.Anne comprit son émotion.Elle lui sourit, et l\u2019attirant contre elle l\u2019embrassa.\u2014 Vous me l\u2019avez ramené, ma chérie! dit-elle.Je vous répète que je ne peux vous en vouloir, pas plus qu\u2019à Aurélie.C'est à cette étrangère que j\u2019en veux !.Comment était-elle ?\u2014 Ah ! j\u2019ai été sotte.Je ne l\u2019ai même pas regardée.Je n\u2019ai vu que Robert! C\u2019est une figure que je ne connais pas, voilà tout ce que je peux dire.\u2014 Enfin! Dieu protège le cher petit !\t, Vincent Nivolet resta pensif un long moment, quand Aurélie lui apprit, à sa rentrée, l\u2019événement survenu dans la jiournée, et les appréciations de Mme Bochet., \u2014'Je ne crois pas à une tentative d\u2019enlèvement, dit-il.Néanmoins, faites toujours bonne garde.Septembre vint, et Claude annonça, enfin, son arrivée pour quinze jours.Dans le petit appartement, on se serra un peu; Aurélie passa dans la chambre d\u2019Anne pour laisser sa place à son frère, et ce fut, au-dessus de ce nid affectueux, perché au-dessus des agitations et du bruit de la grande ville, une période de tranquille bonheur et d\u2019ardentes espérances.Claude avait adopté sans une seconde d\u2019hésitation l\u2019hypothèse de son père : dès l\u2019instant que les papiers de M.de Prémol n\u2019avaient pas été détruits par lui et que Blaisois ne les avait pas retrouvés, c\u2019est Thorncrof qui les eût enlevés. 16 juin ?923 Sb$cmedb 19 \u2014 Il n\u2019y avait pas loin de Saint-Denis, à Paris, s'écria le sergent.Je tâcherai de faire quelques investigations chez ce docteur.Troun de l\u2019air ! Il a un nom à coucher dehors qui ne me dit rien qui vaille.C\u2019est sans doute lui qui a fourni le poison à M.Blaisois ! Mais au récit d\u2019Aurélie relatif à l\u2019escapade de Robert le jeune sous-officier ne répondit que par un éclat de rire.\u2014 C\u2019est une idée fixe ! fit-il moqueur.Qu\u2019est-ce qu\u2019on pourrait bien faire d\u2019un gosse qui ne sait même pas parier?.Le tuer?Bon dieu! Pourquoi donc?.Si vous aviez les preuves de sa naissance, je ne dis pas.Ce pauvre pit-choun serait un héritier gênant.Mais les canailles savent bien que vous n\u2019avez rien du tout.Et ils ne vont pas se fourrer pour rien dans une histoire d\u2019enlèvement qui pourrait leur coûter gros!.Allons! le petit a voulu faire un peu le faraud, pas plus! Il ne faut pas s\u2019en tourmenter.Je vous dis, moi, qu\u2019ils ont tous peur, les Blaisois, Thorncrof et compagnie, et que loin de rien oser contre nous, ils se tiennent cois, espérant qu\u2019on les oubliera.Vous voyez bien pour la Mare-aux-Bois, ils n\u2019ont pas porté plainte! Ils n\u2019ont même pas caché l\u2019affaire à leurs domestiques, de peur qu\u2019ils n\u2019en partent!.Au fond, ils sont démoralisés.Ça sera bien pis si jamais nous mettons la main sur les papiers de Thomcnof !.C\u2019est alors que nous prendrons l\u2019offensive et carrément! L\u2019offensive, comme dit mon lieutenant, il n\u2019y a que ça! Pif! à droite! Paf! à gauche! Et Pan ! au milieu ! et Pan ! Pan ! Pan! Enfoncé! Ah! ah! ah! ce que nous rirons tous, alors ! Sous l\u2019influence de cette belle humeur, une irrésistible confiance naissait dans tous les coeurs, et, peu à peu, les craintes que l\u2019on avait eues relativement à Robert, allèrent en s\u2019atténuant.La nature primesautière de Claude Nivolet devait naturellement plaire à l\u2019âme ailée de Marcelle Aubaniès.L\u2019entrain joyeux de la jeune fille était fait aussi pour séduire l\u2019esprit enthousiaste du beau sergent.Leur première rencontre fut comme le choc de deux électricités, d\u2019où jaillit l\u2019étincelle.En leurs coeurs, la flamme qui s\u2019alluma ne devait plus s\u2019éteindre.Aurélie, en soeur aimante, découvrit sans retard le sentiment qui troublait pour la première fois le coeur de son frère, et très heureuse de sentir que Marcelle répondait & cette émotion par une émotion pareille, elle s\u2019était efforcée de donner à chacun des jeunes gens les meilleures raisons de s\u2019aimer en leur vantant réciproquement leur droiture, leur sérieux, leur délicatesse et leur générosité.Ce fut pour Marcelle une minute de trouble exquis que celle où Claude lui demanda de le mener à sa mère avec Aurélie., Ce désir témoignait de la volonté de continuer les relations commencées.La jeune fille en rougit jusqu\u2019aux lobes des oreilles.\t, \u2014 Venez, dit-edle en courant la première dans l\u2019escalier.Claude et Aurélie la suivirent.Dans sa petite chambre, assise sur un fauteuil Voltaire, recouvert de reps bleu, un chapelet dans les doigts, Mme Aubaniès priait pour sa petite Marcelle.Un dernier rayon de soleil argentait sa belle chevelure blanche.Ses lèvres minces répétaient pour la dix millième fois l\u2019oraison sacrée.La résignation au sort qui la clouait, à demi-paralysée, sur son fauteuil, avait imprimée sur ses traits une auguste expression de grandeur et de sérénité.Elle sourit à l\u2019entrée en ouragan de sa fille.\u2014 Maman! Je viens te présenter le frère d\u2019Aurélie ! Marcelle dit cela, et puis s\u2019arrêta court, le coeur battant.,\u2014 Qu\u2019il entre ! dit la bonne vieille en branlant sa tête blanche.Si c\u2019est le frère d\u2019Aurélie, le fils de ce brave M.Nivolet, il est le bienvenu chez nous.Sainte Marie! Ce sont de bonnes gens.Claude entra, timide, devant cette faiblesse vénérable.Mme Aubaniès admira en souriant ce beau sous-officier, tout rayonnant de vigueur et de souplesse, halé de grand air et de soleil, au regard franc et loyal.Elle lui tendit la main.Claude Nivolet n\u2019avait jamais fréquenté les salons de la haute aristocratie, ni même aucun salon.Mais, en ce moment, il eut un geste que n\u2019eût pas désavoué le courtisan d\u2019une reine.H s\u2019inclina sur la main tremblante que la vieille mère de Marcelle lui offrait, et saisissant les pauvres doigts ridés, il y apposa doucement les lèvres.Etre d\u2019enthousiasme et de spontanéité, il avait accompli ce geste avant même d\u2019y avoir pensé.Mme Aubaniès en fut très touchée.\u2014 C\u2019est bien, monsieur, dit-elle, de ne pas oublier les vieil- (Suite à la page 20) IL EST IMPORTANT DE LIRE LE MODE D\u2019EMPLOI Veuillez, Mesdames, lire le mode d\u2019emploi qui se trouve à l\u2019intérieur de chaque paquet de teinture Sunset \u2014 et lisez-le attentivement.Il ne faut jamais se fier au hasard.Se fier au hasard quand il s\u2019agit de teindre à la maison peut vous causer un gros désappointement, i, \\\tLe mode d\u2019emploi Sunset est simple et expli-\t/ ,* \\\\\tcite.Vous serez fière du résultat de votre travail, si vous le lisez attentivement avant \\\\t de vous mettre à l\u2019oeuvre.Les Teintures Sunset sont fabriquées d\u2019après un procédé scientifique protégé par des brevets: l'emploi de la teinture Sunset est chose simple et facile pour n\u2019importe qui.N\u2019employez pas de teinture ordinaire s\u2019il s\u2019agit de beaux tissus \u2014 ayez recours à la Sunset et vous ne le regretterez pas.La Sunset teint rapidement, proprement et facilement \u2014 elle teint la soie, la laine, le coton, la toile (ainsi que les tissus mélangés) en une seule opération.Elle teint aussi d\u2019une façon indélébile.Lisez le mode d\u2019emploi \u2014 c\u2019est important Teinture Savon Sunset Fabrication Canadienne La teinture Classique m Toutes Couleurs 16e le Pain MANUFACTURIERS N#rth American Dre Cora.Ltd.Dept 10, Toronto, Ont.NOUVEAU! 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Péchère ?balbutia-t-elle.Comme le temps passe ! Il me semble que c\u2019est hier que je la langeais, et voilà qu\u2019on me la demande.Sainte Marie ! Qu\u2019est-ce que je vais devenir ?.Mais Marcelle était là.\u2014ije reste avec toi, mère chérie! s\u2019écria-t-elle.J\u2019ai bien Y temps de me marier.\u2014 Tu aimes pourtant ce gentil Claude ?\u2014 Il ne s\u2019agit pas de ça_ Quand il aura fini son service, il reviendra ici, et si ça lui plaît toujours, eh bien, nous nous marierons.Nivolet tendit sa main à la brave enfant.\u2014 Je connais Glande, dit-il, 9 ne vous en aimera que davantage.Une cascade de rires sortît de la gorge de Marcelle.\u2014 Tant mieux! s\u2019écria-t-elle.Claude, en effet, déclara qu\u20192 attendrait tout le temps qu\u2019il faudrait, mais qu\u2019il n\u2019aünetast jamais une autre femme, et que si Marcelle changeait quelque jour, lui, resterait vieux garçon, avec le souvenir très doux de ces jours d\u2019espérance.Hélas ! Bien des larmes allaient couler de leurs yeux avant qu\u20192 fût longtemps ! Les braves gens marchaient inconsciemment vers une atroce tragédie qui devait les broyer tous dans sa trame et les rejeter brisés et pantelants hors de la route triomphante de Camille Blaisois.XIII L\u2019empoisonneur se lassait, en effet, des constantes réclamations d\u2019argent de son complice Thora-crof.Depuis un an, par sommes variant de cinq à vingt mille francs, il lui avait été arraché plus de quatre-vingt mille francs par l\u2019infernal docteur.Une sinistre résolution l\u2019avait d\u2019abord poussé à satisfaire avec patience à toutes les demandes de Thomcrof.Celui-ci avait coutume de venir passer chaque été une douzaine de jours à la Mare-aux-Bois.En l\u2019amadouant par de grandes protestations d\u2019amitié, Blaisois comptait qu\u2019il attirerait encore une fois chez lui l\u2019insatiable mangeur d\u2019argent.Alors queflque heureux accident pourrait l\u2019en débarrasser définitivement.Mais le prudent Thomcrof, prétextant la nécessité de ne pas s\u2019éloigner de sa clinique de Pier-refitte, avait répondu ne pouvoir accepter l\u2019aimable invitation qui lui était faite.Camille comprit.Le docteur ne se souciait pas de goûter à un élixir d\u2019héritage quelconque, fût-il mélangé à la plus exquise chartreuse ou au plus fin cognac.Il fallait donc essayer de l\u2019in», tre moyen ; la disparition do l'héritier de Jean de PrémoL (A suivre) 16 jum 1928 Sb&msdh Zi Paroles Françaises par Louis Roland A la Basilique de Ste- Ànne DEDICATED TO THE SHRINE OF ST.ANNE DE BEAUPRE Words & Music by Millard G.Thomas Op I No T\\6evoio *Re\\ voioso Dans\u2014 'Neath- le ciel pro- fond\u2014 a pearl-decked s^y \u2014 i w 8 X*9~9 bn!- lent les é- toiles,- While\u2014 the world of brawn mon-de re- po.se Sleeps bliss-ful- ly, It\u2019s strength- all \u2022 r \\L£ ?7?3
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