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Titre :
Le samedi
Éditeur :
  • Montréal :Société de publication du "Samedi",1889-1963
Contenu spécifique :
samedi 14 novembre 1925
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque semaine
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  • Nouveau samedi
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Le samedi, 1925-11, Collections de BAnQ.

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[" P æ**\\ **#/**^^ '***»****?*\"' me» Vol.XXXVII, No 23 Lisez notre feuilleton: L\u2019ENFANT DU FOU 14 NOVEMBRE 1925 Ife Samedi/ MAGAZINE ILLUSTRE - LITTERAIRE - HUMORISTIQUE - MUSICAL Voyez notre morceau de musique : SCHUBERT 2 SbSamedl 14 novembre 1925 Dodge Brothers SEDAN SPECIAL La plus aristocratique de toutes les voitures fermées Dodge Brothers.Mais son élégance n\u2019empêche en rien le Sedan Spécial d\u2019être d\u2019une solidité à toute épreuve et de rendre les mêmes services que les autos découverts les plus forts.Une montre sur le volant de direction Il existe de nombreuses voitures qui ne comportent pas de montre ou cadran au tablier des appareils de contrôle.Dans ce cas, on peut fixer, sur l\u2019un des rayons du volant, une montre ordinaire au moyen d\u2019un dispositif en fils métalliques.Ainsi, le chauffeur ne court pas le risque d\u2019un accident en portant la main à sa poche pour consulter sa montre.La résistance, la durée, l\u2019aptitude aux gros travaux sont partout reconnues comme les caractéristiques indiscutables de cet auto Dodge Brothers.Et ce qui le démontre clairement, c\u2019est que plus de 90% des voitures fabriquées par Dodge Brothers, au cours des onze dernières années, servent encore, \u2014 record unique dans l\u2019histoire de l\u2019automobilisme.Roues de camion à disque flexible On trouve maintenant sur le marché des roues à disque pour camions-automobiles qui permettent d\u2019utiliser des pneus ultra-solides sans que le confort de la voiture en souffre.Une jante extérieure repose sur une série de huit ressorts ?e e- Brdth ers (Canada) Li mit&d Toronto, Ontario WEB E x «¦s'il RiV V, mi Concours du billet de banque de\t00 DANS 1e,H üN1 \"\" $1 RAPPORTE PAR MOIS $25, $10, $5 COUPON D'ABONNEM ENT ielFTTTBi Ci-iccku veuillez trouver la tomo» 4e 91-00 | pour an an d'abonnement m Film.I N 0m .I Airêtu.-.Achetez IelH lTM pour connaître les conditions de ce concours dont tout le monde parle.1 Oc le No.J vau .I Pointe Basmiu à Ci», 131 CiÜMX, MwttU enroulés, rivés à la dite jante et au disque intérieur, rendant ainsi la roue flexible et absorbant les chocs avant qu\u2019ils se fassent sentir sur l\u2019essieu.Des expériences ont démontré que, grâce à cette roue un camion a roulé durant 50,000 milles sur une paire de pneus solides.Comment faire une bonne réparation des pneumatiques La réparation des pneumatiques demande un très grand soin, et si l\u2019on ne procède pas avec méthode, on risquera de se créer divers ennuis.Les pièces à assembler seront nettoyées à la benzine ou avec du papier de verre.La dissolution sera étalée en couche très fine et on aura soin de la laisser sécher jusqu\u2019à ce qu\u2019elle adhère parfaitement sous le doigt, on appliquera alors les deux parties à assembler et quand le rapprochement est effectué, les pièces seront serrées avec une petite presse.Si le montage doit se faire avant le complet séchage de la dissolution on saupoudrera la partie réparée de talc ou de craie pulvérisée, de manière à éviter le collage de l\u2019enveloppe avec la chambre à air.Pour la réparation des enveloppes on emploie des bandes adhérentes qui s\u2019adaptent sur tout le tour du bandage. 14 novembre 1925 & Samedi 3 Encyclopedia ¦iis*.I I M«S Un bon maiché qui en vaut la peine Un sac de 4 liv.de beaux RAISINS SANS PEPINS Mlsl*s \u2014f mm.Assurez-vous qu\u2019on vous donne le \"Market Day Special\" illustré de la jeune fille SUN-MAID Gâteau de société *\u2014prêt à cuire en dix minutes Pain de raisins: \u2014 y tasse de beurre doux; 1 y3 tasses de sucre; 2 oeufs; % tasse de lait; IM tasses de farine; 2 cuillers à thé rases de pondre à pâte; cuiller à thé de muscade et autant de cannelle; 1 tasse de raisins.Mettre tous ces ingrédients dans un bol et battre 2 ou 3 minutes.Faire cuire dans un plat en fer-blanc.Glacer au goût.Fait un pain grandeur moyenne.t La consommation de crème à la glace par habitant, aux Etats-Unis, a été l\u2019an dernier de deux gallons et demi.ÿ * * Durant les cinquante ans qui ont précédé 1924, les Etats-Unis ont reçu 27,941,866 émigrants.* * * Il existe des machines pouvant fabriquer 40,000 allumettes à la minute.* * * Le British Museum, à Londres, a reçu l\u2019an dernier 1,000,000 de visiteurs.Le Louvre, 8,000,000.* * * On trouve 800,000 propriétaires de ruches d\u2019abeilles aux Etats-Unis.* * * Une fleur sur dix possède un parfum quelconque.* * * Les Etats-Unis sont le pays où il se consomme le plus de gomme à mâcher.* * * L\u2019an dernier le Canada a exporté aux Etats-Unis plus de marchandises manufacturées qu\u2019il en a importé.* * # En Angleterre on compte au-delà de 1,000 ministres protestants âgés de moins de trente-cinq ans.* * * Une abeille reine peut se payer jusqu\u2019à $500.00.* * * On a péché dernièrement à Barkley Sound un millier de tonnes de harengs par jour.* * * Il y a plus de 4,000 ans qu\u2019on fait la culture du ver à soie en Chine.# * * En 1863 il fallait 1,831 heures pour faire 100 paires de chaussures.Aujourd\u2019hui une manufacture peut faire 50,000 paires en 24 heures.* * # On prétend que les indivdus qui ont les jambes arquées ont un esprit supérieur.* # * L\u2019eau qui est bue à Athènes provient encore de l\u2019aqueduc construit par les romains en l\u2019an 140.* * * Les fermiers américains ont investi près de $30,000,000 dans l\u2019industrie du radio.* # * Dans la république du Salvador on paie les oranges trois pour deux sous.* # * 45% des américains sont propriétaires.Au Danemark le lait qui sert aux bestiaux est pasteurisé tout comme le lait pour les humains.w * * Dans les premiers temps de la ville de Rome le jaune était la couleur favorite.ÿ ÿ * On se sert du radio pour prévenir les feux de forêts en France.*\tss * Les vagues de la baie de Fundy sont les plus hautes du monde.ÿ * # On trouve dans les prisons de 'New-York 600 chinois.ÿ * * Le crime aux Etats-Unis coûte à la République la somme de dix millions de dollars par année.*\t* * Une automobile Ford fait tout le Canada, du Pacifique à l\u2019Atlantique, en prenant des vues animées des routes du pays.* * * Le journal Paris-Canada, qui a ses bureaux au No 4 rue Edouard VII, à Paris, tire à 5,000 exemplaires.# * * Le commerce du Canada s\u2019est accru de plus de trois cent millions de dollars durant les douze mois terminés le 1er novembre dernier.* * * Nous vendons pour douze millions de dollars à la Belgique par année, et nous achetons de ce pays pour quatre millions.* » « Le Canada a remporté quinze des vingt-cinq prix pour le concours de blé du printemps à l\u2019exposition internationale des céréales qui vient d\u2019avoir lieu à Chicago.ÿ * * La production totale des houillières françaises s\u2019est élevée en octobre 1924 à 3,690,000 tonnes.ÿ ¥ ÿ 'Les recettes brutes du chemin de fer du Canadien Pacifique durant les onze premiers mois de 1924 ont été de 154,456,095 dollars.* * * C\u2019est au mois d\u2019août 1615 que Champlain arriva à l\u2019endroit où se trouve aujourd\u2019hui Orillia.* * ¥ Depuis 1892 le tonnage des navires qui fréquentent le port de Montréal a augmenté de 1 35 pour cent.Ecoutez Mary Dean : Un bon marché est selon moi un marché impliquant une économie quelconque.Ainsi acheter un sac de raisins \u201cMarket Day Special\u201d de 4 liv.constitue une économie! En en mettant dans un sac une grande quantité, nous vous donnons les meilleurs raisins que vous ayez jamais achetés pour le prix, \u2014 des raisins très beaux, propres, sans pépins, d une riche saveur, car ils viennent du pays où croissent les plus beaux raisins du monde.Demandez-les à votre épicier \u2014 Exigez le \u201cMarket Day Special\u201d, paquet illustré de la jeune fille Sun-Maid.Vous paierez ainsi vos raisins moins cher.Mais ce n\u2019est pas tout.Je puis vous apprendre à vous en servir pour simplifier votre cuisine \u2014 préparer de vrais régals pour votre famille, sans surcroît de travail.Essayez par exemple le gâteau ci-dessus.Un \u201cgâteau de société\u201d, prêt à mettre au four en dix minutes ! Adressez-moi le coupon ci-dessous et je vous enverrai Gratis une foule de recettes: \u201cShort Cuts to Food Men Really Like\u201d.Aaw Sunland Sales Association of Canada, Limite Agents des ventes pour Sun-Maid Raisin Growers of California $2,400 DE PRIX EN ARGENT Possédez-vous une recette de raisins favoriteT Si oui, envoyez le coupon pour détails sur le Concours de Cuisine Sun-Ma:d.Votre recette a de grandes chances de remporter l\u2019un des gros prix en argent.r ADRESSEZ A : Mary Dean, Simland Sales Ass>ciation of Canada, Ltd.! Dépt.C-811,\t137, rue McGill, Montréal, Qué.Veuillez m\u2019envoyer gratis le dépliant, \"Short Cuts to Food ! Men Really Likela brochure, \"Famous Cooks\u2019 Recipes I for Raisin Cookeryaussi détails sur Concours de Cuisine.Nom et prénoms .J Adresse au long .j I M ms.usas Bffi «£ SSHfe ËÜ1 Afe manquez pas de voir les nouveaux modèles de Carpettes Sur le parquet, le modèle No 562.Il représente un magnifique motif oriental en Congoléum \u2014 GOLD SEAL SATISFACTION GUARANTEED .OR YOUR MONEY BACK., Recherchez ce Sceau d\u2019Or.C\u2019est à ce signe qu\u2019on reconnaît les véritables Carpettes Artistiques en Congoléum Sceau d\u2019Or garanties.Encore une fois \u2014 Congoléum Canada Limited enrichit, par une contribution nouvelle, l\u2019art de la décoration d\u2019intérieur.Dans les plus récents modèles des Carpettes Artistiques en Congoléum Sceau d\u2019Or, motifs originaux et harmonieux coloris rendent des effets d\u2019une beauté qu\u2019on ne rencontrait jusqu\u2019ici que dans les carpettes et tapis d\u2019étoffe les plus dispendieux.Le modèle No 562, illustré ci-haut, rappelle en tous points les tapis d\u2019Orient.C\u2019est un dessin à fleurs bleu pâle, magenta et vieux rose.Un motif couleur café en points croisés fait ressortir le fond chamois.La bordure est vieux bleu et donne plus de charme encore à ce modèle d\u2019une beauté exceptionnelle.Ses couleurs s\u2019harmonisent aussi bien avec draperies claires ou de tons riches.modèles de Carpettes en Congoléum pour garnir toutes les pièces de votre maison.Les Carpettes en Congoléum sont douées, en plus de la beauté, de plusieurs autres qualités qui plaisent aux maîtresses de maison modernes.Elles sont hygiéniques, ainsi qu\u2019à l\u2019épreuve du soleil et de l\u2019eau.Elles se posent à plat sans attaches.Dimensions populaires à prix modiques Les Carpettes Artistiques en Congoléum Sceau d'Or existent en dix-sept grandeurs; des moquettes si commodes de 18x36 pouces aux carpettes pour toute une pièce de 9 x 1 5 pieds.Leur durée étonnante et leurs prix vraiment modiques en font les couvre-planchers les plus économiques qu\u2019on puisse trouver.Vous trouverez ces nouveaux modèles chez votre fournisseur Il va de soi qu\u2019une illustration de magazine en noir et en blanc ne peut donner qu\u2019une idée incomplète de la valeur artistique des nouveaux modèles de Carpettes en Congoléum.Pour bien les apprécier, il vous faut les voir tels qu\u2019ils sont réellement.Votre marchand vous les montrera avec plaisir; ainsi que tous les autres Congoléum à la verge Demandez à votre marchand de vous faire voir les quatre nouveaux dessins de ce genre de couvre-planchers populaire.Même matériel durable que pour les Carpettes en Congoléum Sceau d\u2019Or et servant à couvrir entièrement tout un parquet.CONGOLEUM CANADA LIMITED 1270, rue Saint-Patrice,\tMontréal, Québec.CarpeitesArtistiqdes (oNGOLEUM Marque Sceau d'Or Fabriquées au Canada \u2014 par des Canadiens \u2014 pour les Canadiens A droite, le Modèle No 560, l\u2019un de nos nouveaux dessins.Au-dessous, le Modèle No 552, un motif Chinois.&SË U.(SM?4: RECHERCHEZ TOUJOURS LE SCEAU D'OR AVANT D\u2019ACHETER > 14 .\u2019iüvembre 1925 &&amedL 5 ËsmmmÊü «iiiiaî S&S; \t\t\t LE DILEMNE Les questions les plus simples en apparence sont presque toujours terriblement compliquées.sous le rapport de la réponse.En raison même de leur simplicité elles se rattachent à un domaine tellement vaste qu'il ya place pour tous les arguments, pour ou contre.C'est ainsi qu'on m'en a posé une, qui n'a l'air de rien, mais qui me plonge dans un abîme de perplexités: \u201cVaut-il mieux aimer ou ne pas aimer?\" C'est un peu comme si l'on me demandait: \u201cDois-je subir l'opération qui me sauvera la vie ou me l'enlèvera?\" Et encore, il y a cette différence en faveur du scalpel, que la chloroforme fait ignorer sa morsure et que l'issue fatale de l'opération vous plonge dans l'oubli des misères de ce monde, tandis qu'un amour malheureux transforme le patient en une sorte de mort vivant dont il décuple les facultés de souffrir.Amour.Vocable prestigieux dans lequel il y a plus que tout un monde, car il s'y condense de l'éternité, mot troublant qui fait surgir des visions de lumière venues des profondeurs immenses dans lesquelles l'esprit de l'homme se plonge avec une secrète épouvante, antithèse formidable qui met aux prises les aspirations les plus élevées avec les sentiments les plus féroces, toi dont l'implacable poussée est à la base, même inconsciemment de toutes les actions humaines, de tout ce qui vit, s'agite et pense sur notre misérable planète comme sur la multitude torrentielle des globes entraînés vers l'Infini par l'invisible, quel être humain pourrait donc avoir la présomption de te juger et de peser à la mesquine balance de sa raison, lui, poussière d\u2019un moment agitée dans le vide, tout le bonheur que tu as donné, toutes les douleurs que tu as infligées à ceux qui ont passé dans les effarants lointains alors que notre immense univers n'était encore qu'une vapeur blanchâtre où la vie allait sourdre et qu'ils contemplaient peut-être, dans la profondeur des nuits comme nous observons les lointaines nébuleuses.J'aime à rêver à tout cela, à me griser du fantastique envol de la pensée dans le gouffre de l'Espace, sans cesse creusé par elle, et dont les limites inexistantes ne pourraient se comprendre qu'avec l'impossible disparition de l'éternité des temps.Et ce sont alors des visions merveilleuses de l'âme de tout ce qut fut, qui plane encore quelque part dans l'Infini et dont se détache l'incessant et lumineux poudroiement du passé qui vient se renouveler en nous, en fécondant nos coeurs.C'est de là, de très loin, de toujours, qu'est venu l'Amour, apportant avec lui la splendeur des astres qu\u2019il a côtoyés et la morne désespérance des déserts de vide qu'il a traversés.Viendra-t-il glacer ou réchauffer le coeur qu'il rencontre sur sa route?Qui pourrait le dire?.Apporte-t-il avec lui la récompense, la consolation ou l\u2019épreuve?.Devons-nous l\u2019accueillir ou nous détourner de ses incertitudes?Question épineuse et d'autant plus rude à résoudre qu'on n\u2019est pas toujours, pas souvent plutôt, maître de ses sentiments et surtout de sa sensibilité.C'est une redoutable aventure que celle d'accueillir le fascinateur pour ensuite, peut-être engager avec lui une lutte dont on gardera longtemps les meurtrissures.Dont on pourra mourir.Tous les lamentables blessés de la vie - ils sont nombreux, hélas! - semblent conseiller la neutralité à l'observateur en matière de conseils, et pourtant, pourtant.Les hautes et pures joies de l'Amour sont-elles si grandes, si magnifiques, si consolatrices, que c'est sagesse de ne pas fuir ses caresses pourtant si souvent décevantes comme un beau mirage?Peut-être.Que nous reste-t-il du rayon de soleil qui nous a réchauffé un instant et que notre main n'a pu saisir?Rien que le souvenir qui nous fait trouver plus âpre la morsure de la bise.Ce souvenir est fait de regret, mais aussi d\u2019un peu de bonheur passé auquel nous tenons.Et puis, il est des douleurs même, que nous gardons jalousement comme une richesse morale, si toutefois elles n'ont pas uniquement les sens comme cause première.Celles-ci s'effacent avec le temps; rapidement, très rapidement même.Mais l'Amour, le vrai, l'idéal, le sincère, celui qui écarte tous les calculs de la bassesse humaine, celui-là, qu'on l'accepte sans hésiter, dût-on en mourir un jour! Le bonheur qu'il apporte avec lui dépasse tout ce que la vie pourra jamais reprendre, ne durât-il qu'une heure fugitive.Cet heure restera en nous; tout à la fois dans notre passé comme souvenir, et dans notre avenir comme guide vers le but mystérieux où nous allons.Fernand de Verneuil 6 & Samedi 14 novembre 1925 \u2022 4 ¦ .3pS|g t \" n* î* ' ¦ ¦\u2022 : />»'\u2022 Wfmm Wfë&ïr 'fe;A S».' \u2014 C\u2019était Jeanne ?:\u2014 Précisément, s\u2014 Et où cela se passait-il ?i\u2014 A une lieue d\u2019Annecy.t\u2014 il l\u2019avait volée I i\u2014 Bois donc ?.Carrouge avala un grand verre d\u2019absinthe sans savoir ce qu\u2019il buvait, et souffla bruyamment en reposant sur la table son verre, que Picadel remplit aussitôt.\u2014 Poursuis!.poursuis!.dit-il d\u2019une voix haletante, il l\u2019avait volée, n\u2019est-ce pas ?.;\u2014 Je le orois.*\u2014 Tu en es sûr ?\u2014 Peut-être bien.¦\u2014 Tu en as la preuve ?\u2018\u2014'Non.mais en rapprochant les circonstances.\u2014 Parle !.\u2014 Il y avait à côté de l\u2019endroit où nous étions campés un château magnifique, habité par une femme qui était folle, disait-on: elle avait auprès d\u2019elle un homme dont on ne disait rien de bon dans le pays.\u2014 Et cet homme ?.\u2014 Je ne le connais pas.\u2014 Mais la femme, la femme !.\u2014 Ah ! tu m\u2019en demandes plus que je n\u2019en sais.Nous sommes partis le lendemain, et depuis je ne rn\u2019en suis plus occupé.Seulement.\u2014 Seulement ?.\u2014 Tu ne bois pas.ton verre est toujours plein.Carrouge avait le visage allumée, et sa poitrine sifflait.Il avala son verre sans mot dire, et regarda Picadel d\u2019un œil déjà troublé.Continue ! continue !.,.] fit-il d\u2019un ton ardent.¦\u2014 Eh bien, veux-tu que je te dise l\u2019idée qui m\u2019est venue en te voyant si attaché à l\u2019enfant ?!\u2014 Parle ?-\u2014Je me disais: Carrouge est un serin.Il aime cette petite comme si elle était à lui, il l\u2019entoure de soins et d\u2019affections, et à sa place je me tiendrais sur mes gardes, car ce n\u2019est pas prudent.\u2014 Pourquoi ?\u2014 Eh! parce, qu'après tout, Jeanne n\u2019est pas ta fille, n\u2019est-ce pas ?et qu\u2019un beau jour on pourrait venir te l\u2019enlever.-\u2014 Qui cela ?.\u2014 Est-ce que je sais ?-\u2014- Ce n\u2019est pas toi, au moins, \u2014 Moi.es-tu fou.qu\u2019est-ce que j\u2019en ferais ?-\u2014 Mais qui, alors ?\u2014 Enfin, elle ne t\u2019appartient pas plus qu\u2019aux autres, et s\u2019il leur prenait fantaisie.Carrouge se leva d\u2019un bond, et ferma les poings avec colère.Il était ivre.La sueur perlait sur son front4 ses yeux s\u2019emplissaient de menace, il avait ses regards chargés de haine.Il secoua la tête avec un mouvement de bête fauve prise au piège.Picadel eut peur.\u2014 Voyons, remets-toi, dit le pitre, qui ne tenait pas à éprouver la brutalité de son partenaire, je croyais que tu étais instruit, voilà tout; et, d\u2019après ce que m\u2019avait dit Groizilles.\u2014 Croizilles ?.\u201411 a dû te parler de ça ?.\u2014 Lui !.Les deux poings de l\u2019ex-forgeron tombèrent sur la table avec le bruit qu\u2019auraient produit deux marteaux frappant sur l\u2019enclume.\u2014 Ah!.je commence à comprendre ! s\u2019écria-t-il en cherchant à vainere l\u2019ivresse qui l\u2019étourdissait, et je te soupçonne de jouer ici un misérable jeu.\u2014Moi ! \u2014 Et si je n\u2019écoutais que ma colère.\u2014Mais je te jure.\u2014 Oh! n\u2019aie pas peur, dit Carrouge, tu es un avorton, je ne te toucherai pas; mais je vois clair dans ton jeu maintenant, et pour que tu me paies à boire, il fallait que quelqu\u2019un t\u2019eûtdonné de l\u2019argent.\u2014 Carrouge!.voulut dire Picadel.\u2014 Il n\u2019y a pas de Carrouge, tonna la voix du bateleur, mais un misérable qui s\u2019est laissé tenter par toi et que tu as joué; mais j\u2019arriverai à temps, Dieu le permettra, et alors, malheur à vous deux ! Et sur ces mots, Carrouge s\u2019éloigna rapidement, sans même regarder en arrière.Pendant que cette scène se passait, Eva était assise au chevet du docteur, qui n\u2019était pas transportable, et qu\u2019elle ne voulait plus quitter.Quelques heures s\u2019étaient écoulées depuis son arrivée,, pendant lesquelles le blessé avait peu parlé; il était assoupi et oppressé, et ce n\u2019est qu\u2019avec peine qu\u2019il ouvrait les yeux pour les fixer sur Eva.De temps à autre, cependant, la vie semblait affluer de nouveau dans ses veines, et il essayait de se soulever sur son grabat.\u2014 Oh ! vivre une semaine encore! disait-il avec force, pour lui.pour le malheureux qui m\u2019attend là-bas et qui souffre, et qui demande la raison.Quelques gouttes d\u2019une fiole apportée par Toby l\u2019avaient ranimé.Cette fiole avait été désignée par lui-même, et il avait dit en l\u2019envoyant chercher : -\u2014 Si cette liqueur est impuissante, c\u2019en est fait de moi ! Depuis il allait beaucoup mieux.Sa blessure, assez profonde, le faisait souffrir, mais la fièvre se ralentissait, le délire cessait, la tête commençait à se dégager.\u2014 Dans huit jours je serai ' debout, dit-il à Eva, qui le regardait avec des larmes dans les yeux.Eva était profondément attachée au docteur, nous l\u2019avons dit, et elle s\u2019abandonnait à mille appréhensions.Cependant, quand elle entendit Franck parler sur un ton convaincu de sa guérison prochaine, un pâle sourire effleura ses lèvres, et elle serra la main de son cher blessé.\u2014 Uui, dit-elle avec une douce mélancolie, il faut que vous vous hâtiez de guérir, car je sais plus d'un cœur que votre souffrance va rendre bien malheureux.\u2014 Le vôtre, Eva ?\u2014 Le mien, et encore celui d\u2019une autre personne.\u2014 Je cherche à vous comprendre.\u2014 Ingrat ! -\u2014 Que voulez-vous dire ?\u2014 On vous aime.\u2014 Jeanne?fit le docteur avec un cri.f\u2014 Enfin ! \u2014 Vous l\u2019avez vue ?.\u2014 Oui, mon ami.Elle est venue, ce matin.La pauvre enfant était inquiète et tremblante; elle est accourue pour savoir .où vous étiez.¦\u2014 Elle est charmante, cette enfant, simple et donnant son cœur dans chacune de ses paroles.Tenez, il y a dans la vie des surprises singulières.Expliquez - moi donc pourquoi, tout de suite, à la première vue, je me suis senti irrésistiblement entraînée vers elle ?¦\u2014¦ C\u2019est que vous vous êtes rappelé que je l\u2019aimais.\u2014 Sans doute, mais il y avait encore autre chose.\u2014 Quoi donc ?\u2014 C\u2019est qu\u2019en la regardant, Franck, la pensée m\u2019est venue aussi que ma fille aurait son âge, et que je serais bien heureuse si elle m\u2019était rendue, belle et bonne comme votre Jeanne.Le docteur pressa avec une nouvelle émotion la main de la jeune femme.\u2014 Pauvre Eva! dit-il, attendri.Ah! le ciel ne sera pas toujours cruel pour vous, et qui sait s\u2019il ne vous réserve pas bien des joies prochaines ?\u2014 Je voudrais l\u2019espérer.car Dieu sait que je n\u2019ai plus que ce bonheur-là à attendre de lui ! Une larme monta aux yeux d\u2019Eva.-\u2014 Mais ne nous occupons pas de moi, reprit-elle presque aussitôt.Jeanne était inquiète, je vous l\u2019ai dit, et je veux la rassurer sans plus tarder.\u2014 11 faut envoyer Toby.\u2014 Avec votre voiture, en peu de temps il sera à Bicê-tre.\u2014 Vous avez raison.\u2014 Qu\u2019il parte donc à l\u2019instant, il se fait tard déjà, et.Eva allait poursuivre, mais en ce moment on heurta à la porte.\u2014 Qui est là?fit la Gigoux, qui tremblait toutes les fois qu elle entendait des pas dans la rue.On heurta de nouveau.\u2014 Ce n\u2019est pas Gigoux, cependant, dit la vieille femme en allant ouvrir.Un homme se glissa alors dans la chambre, tournant sa casquette entre ses doigts et chancelant sur ses jambes.\u2014 Carrouge, s\u2019écria le docteur, se dressant sur son séant. 14 novembre 1025 S&ç&oumedl 29 Carrouge salua d\u2019un air un peu hébété.\u2014 Oui, docteur, balbutia-t-il,et j\u2019arrive un peu tard, mais c\u2019est Picadel qui m\u2019a retenu.\u2014 Picadel.\u2014 Oh! un ami, un ami de l\u2019autre troupe, un misérable qui était aposté là pour me détourner de mon chemin et pour pie faire boire.\u2014 Et tu as bu ?>\u2014 Ça se voit, n\u2019est-ce pas ?\u2014 Tu m\u2019avais cependant promis.Carrouge fit un geste énergique.\u2014-Oh! ne me grondez pas, docteur, répondit-il, car si j\u2019ai manqué à mon serment, cette fois, du moins, il pourra bien en résulter quelque chose de bon pour ma petite Jeanne.\u2014 Jeanne! répétèrent en même temps le docteur et Eva.-\u2014- Oui, la pauvre enfant ! Vous savez, n\u2019est-ce pas, puisque vous l\u2019avez deviné du premier coup, que Jeanne n\u2019est pas ma fille.\u2014 Eh bien ?.\u2014 Eh bien, tout à l\u2019heure, j\u2019ai appris bien des choses sur ses parents.¦\u2014 Est-ce possible ?\u2014 Dame! ce n'est pas sûr encore.\u2014 Mais enfin ?.-\u2014-Et puis, si cela est, si Picadel ne m\u2019a pas menti, ça sera dur.Car il faudra bien que nous nous séparions, la petite et moi.Et si ça en vient là, voyez-vous, docteur, je ne.réponds plus de rien.Carrouge avait la gorge serrée, il était visiblement ému, et ses yeux s\u2019emplissaient de larmes.Le docteur lui serra la main avec effusion.\u2022\u2014Voyons, voyons!.dit-il vivement; tu n'ignores pas a iquel point Jeanne nous intéresse.Parle donc, sans plus tarder, dis-nous ce que tu as appris, apprends-nous ce que tu sais.Et le regard de Franck s\u2019animait, et, poussé par un secret instinct, Eva elle-même prêtait une profonde, attention.-\u2014Oh! ce n\u2019est pas bien long, poursuivit Carrouge.11 faut que vous sachiez d\u2019abord que Jeanne appartient probablement à une famille très riche, à qui elle a dû être enlevée.:\u2014 Mais cette famille.^\u2014 Quand je m\u2019exprime ainsi, je me trompe sans doute, car il paraît qu\u2019elle n\u2019avait plus que sa mère.r\u2014 Que dites-vous?.fit Eva.1\u2014 Et encore, poursuivit Carrouge, la pauvre femme était folle.\u2014 Folle !.Le docteur et Eva échangèrent un regard singulier.\u2014 Folle ! dit le premier, mais où cela se passait?dans quel pays s\u2019est accompli ce rapt odieux ?\u2014 En Suisse !.-\u2014 Mon Dieu balbutia la jeune femme, éperdue.\u2014 Et à quelque distance d\u2019une ville qu\u2019on appelle.Attendez donc.\u2014 Annecy, peut-être ! fit le docteur.\u2014Précisément répondit Carrouge.Eva ne poussa pas un cri, mais elle se laissa tomber à genoux, et, prenant les mains de Carrouge, elle les baisa avec un transport presque fou.\u2014 Que faites-vous?.dit ce dernier.\u2014 Oh! vous ne pouvez comprendre, en effet, dit la malheureuse mère.Mais vous ne savez donc pas que cette enfant, cette Jeanne bien-aimée, que vous avez élevée et que vous entourez de soins.\u2014 Eh bien ?.\u2014 C\u2019est ma fille.\u2014 Vous!., vous!., sa mère!.Carrouge fit un soubresaut; Clémence de Croizilles s\u2019était levée, elle avait rapidement jeté un châle sur ces épaules, et, faisant un geste significatif au docteur : \u2014 Pardonnez-moi, lui dit-elle d\u2019une voix qui tremblait, et avec des larmes sur les joues, pardonnez-moi, mon ami.Mais c\u2019est ma fille, et il y a plus de dix ans que je la pleure.Et, se tournant vers Carrouge : \u2014 Partons, mon ami, ajou-ta-t-elle, partons!.Venez.j\u2019ai peur qu\u2019on me l\u2019enlève encore une fois.Et sans attendre davantage, entraînant d\u2019autorité fex-forgeron, qui était resté interdit et stupéfait, elle sortit de la chambre et gagna la voiture du docteur, qui stationnait à la porte.IX LES PROFONDEURS DU COEUR HUMAIN Pendant qu\u2019Eva et Carrouge couraient vers Ricêtre, où ils espéraient retrouver Jeanne, la malheureuse enfant avait à soutenir une lutte héroïqüe contre le misérable qui avait juré sa honte.Nous avons laissé Jeanne au moment où Octave venait de fermer la porte; il s\u2019était avancé d\u2019un pas résolu vers la jeune fille, et celle-ci, en proie à un naturel effroi pressentant un danger, sans qu\u2019elle eut pu dire de quelle nature, s\u2019était reculée contre un angle de la muraille.\u2014 Que voulez-vous, monsieur?dit-elle d\u2019une voix tremblante, mais sous laquelle on devinait une profonde énergie.\u2014 J\u2019ai à vous parler, répondit Octave.\u2014 Que pouvez-vous avoir à me dire ?\u2014 Ecoutez-moi, Jeanne, et répondez-moi.Croizilles avait pris une chaise et s\u2019était assis.Mais la jeune fille, émue, troublée, incertaine, ne quittait pas la porte des yeux, espérant toujours que quelqu\u2019un allait venir qui 1 arracherait à cette situation.Octave surprit ses regards et se prit à sourire.\u2014 Vous attendez quelqu\u2019un qui ne viendra pas, dit-il avec ironie.\u2014 C\u2019est f heure à laquelle il rentre, cependant.\u2014 C\u2019est possible, mais aujourd\u2019hui, j\u2019ai pris mes précautions, et nous aurons tout le temps de causer avant qu\u2019il arrive.\u2014 Vous l\u2019avez donc vu ?\u2014\u2022 Nullement, mais je sais cependant qu\u2019à l\u2019heure qu\u2019il est, Carrouge est retenu place Saint-Jacques, où il vide une bouteille d\u2019absinthe en compagnie d\u2019un homme que j\u2019ai aposté pour cela sur son passage.\u2014 Et vous osez avouer cette nouvelle infamie ?\u2014Il le fallait bien.\u2014 Mais qu'espérez-vou,s donc ?\u2014 Vous dire que je vous aime.\u2014 Vous !.\u2014 Et que j\u2019ai juré que vous seriez ma femme.Jeanne eut un regard écrasant de mépris.Elle avait pris un peu d\u2019assurance.Le danger lui rendit toute sa présence d\u2019esprit.\u2014 Vous me faites horreur ! dit-elle avec force.Octave essaya de lui prendre les mains.\u2022 \u2014Vous êtes une enfant, répondit-il; avec moi, vous serez riche.Vous êtes belle, vous aurez tout ce que vous désirerez.\u2014 Jamais ! jamais ! ^\u2014-Songez que vous me re- WHITEST.LIGHTS* £?ntains noauJJJ ttAClS' BaiunC PCWDl* POWDER Peu importe ovi vous l\u2019achetez ou quand vous l\u2019achetez, la Poudre à Pâte Magique est toujours absolument fiable parce qu\u2019elle ne contient pas d\u2019alun ni falsifiants d\u2019aucune sorte.Faite en Canada La Cie E.W.Gillet! Ltee.TORONTO Winnipeg:\t- Montréal poussez en vain.Nous sommes seuls.Je suis résolu à tout.et, si vous vous obstinez.\u2014 Vous emploirez la violence ?\u2014Peut-être ! Un frisson courut sur les membres de Jeanne.Elle se tut et pâlit.\u2014 Jeanne, poursuivit Croizilles, tenez, je suis à la veille d\u2019épouser une jeune fille, c\u2019est-à-dire une grande fortune.Eh bien, je me retire, cependant, j\u2019abandonne mes droits à cette perspective brillante, et tout cela pour vous.\u2014- Qui vous demande un tel sacrifice ?\u2014 Mon amour.Jeanne haussa les épaules.\u2014Vous n\u2019y croyez pas ?dit Octave.\u2014 Et que m\u2019importe d\u2019y croire, répondit impétueusement la jeune fille; vos paroles ont quelque chose d\u2019odieux qui révoltent tout ce qu\u2019il y a en moi de droiture et d'honnêteté,-et tant qu'il y aura dans mon cœur un reste de force et d\u2019énergie, je n\u2019accueillerai qu\u2019avec mépris vos propositions.\u2014Est-ce votre dernier mot?\u2014 Oh! l\u2019on viendra à mon secours. 30 Sk'i&a/nicdb 14 novembre 1925 \u2014-Me l\u2019espérez pas.\u2014 Je crierai; j appellerai ! -\u2014Et avant que l\u2019on soit accouru, je vous aurai emportée dans mes bras, si loin d\u2019ici, que nul au monde ne pourra vous y venir chercher.Jeanne ne répondit pas.Elle était pâle, tremblante et errait par la chambre comme si elle eût demandé aux muraill s inertes quelque protecteur invisible.Tout à coup elle tressaillit et prêta l'oreille.Un bruit souterrain, pareil à celui qu\u2019elle avait déjà entendu, venait encore une fois de se faire entendre.Seulement, le bruit était cette fois plus rapproché, et l\u2019on eût dit que l'on attaquait le mur même qui soutenait un des côtés de la maison.Groi-zilles écoutait, lui, et, comme Jeanne, il se demandait avec une sorte d'épouvante quel pouvait être ce mystérieux travailleur.Octave était une nature poltronne et lâche.A ce bruit inattendu, ii craignit quelque incident imprévu et jugea prudent de ne pas perdre de temps.\u2014 Entendez-vous?fit Jeanne,qui pensait, avec raison, que tout incident ne pouvait que lui être favorable.\u2014 Oui, j\u2019entends en effet, répondit Octave, qui s\u2019était baissé, et ce bruit m\u2019invite à ne pas tarder davantage.\u2014 Que voulez-vous donc faire ?s\u2019écria Jeanne.\u2014 Je vous veux, vous dis-je, et s'il faut employer la violence, eh bien, je ne reculerai pas devant ce moyen extrême ! \u2014 Ali! vous êtes un misérable ! \u2014 Un misérable, soit! mais je vous aime, Jeanne, et vous serez à moi.L\u2019homme s\u2019avançait, le regard plein de désirs, vers la malheureuse enfant, et celle-ci n\u2019eut que le temps de s\u2019éloigner et de courir, pour lui échapper, jusqu\u2019au bout de la chambre.Groizilles la suivit.\u2014 N'avancez pas! cria Jeanne, n\u2019avancez pas, ou malheur à vous ! Groizilles, moins rassuré qu\u2019il ne le paraissait, affecta de sourire.\u2014 A quoi bon lutter?dit-il négligemment.Mais la jeune fille s\u2019était précipité sous une table placé au fond de la chambre et venait d\u2019armer sa main d\u2019un énorme couteau catelan qui servait habituellement à Garrouge.-\u2014Venez donc si vous l\u2019osez! dit-elle avec un geiste de menace.Groizilles hésita.Il n\u2019était pas brave, nous l\u2019avons dit, et d\u2019ailleurs, une lutte entamée dans ces conditions n\u2019était pas du tout ce qu'il voulait; et puis, le bruit souterrain se rapprochait toujours.A chaque coup de pioche ou de marteau, le sol résonnait avec un bruit formidable et la muraille s\u2019ébranlait, comme si la maison avait dû s'écrouler.Octave lança un coup de sifflet, auquel presque aussitôt un autre coup de sifflet répondu du dehors.\u2014 Mon Dieu! balbutia Jeanne, qui écoutait le mystérieux travail qui s\u2019effectuait près d\u2019elle, mon Dieu! c\u2019est un sauveur que vous m\u2019envoyez sans doute !.Elle achevait à peine ces mots que la porte de la chambre s\u2019ouvrit, et qu\u2019un homme parut sur le seuil.Gigoux! Gigoux, avec sa figure horrible des mauvais moments; Gigoux, dont le visage stupide rayonnait, de la joie bestiale du mal.On eût dit une bête féroce aux prises avec sa victime, dont elle sent bien qu\u2019elle se rendra maître'.\u2014- Bien, approche, lui dit Groizilles en l\u2019apercevant.Et sur un signe, Gigoux se jeta sur Jeanne comme sur une proie, et, en un tour de main, lui arracha le couteau dont elle était armée et le repoussa du pied loin de lui.\u2014 Ge n\u2019est pas plus malin que ça, dit-il avec un rire stupide, et maintenant, que faut-il faire ?-\u2014Le reste me regarde, dit Octave.La voiture est-elle là ?\u2014 Elle attend.\u2014 G\u2019est bon, veille au dehors.En mênîe temps qu'il donnait ces ordres, Octave s était élancé vers Jeanne, l\u2019avait bâillonnée, et, l\u2019ayant prise à bras-le-corps malgré la résistance énergique qu\u2019elle tentait d\u2019opposer, il gagnait déjà la porte extérieure.Gigoux regardait cette scène avec complaisance, et le misérable prenait un certain plaisir à.la lutte soutenue par Jeanne.-\u2014 A moi!.à moi!.essayait de crier la pauvre enfant.En ce moment, et comme Octave atteignait la porte avec son fardeau, un pan de mur s\u2019effondra tout à coup, et un homme sortit des décombres amoncelés.11 y eut un temps d\u2019arrêt.Octave avait eu peur, Gigoux s\u2019était rejeté en arrière et Jeanne avait éprouvé un moment d\u2019espoir.L\u2019homme qur venait d\u2019entrer ne vit rien d\u2019abord, rien que les débris pleins de poussière qui avaient roulé autour de lui; il avait pris son front dans ses deux mains, par un'geste de satisfaction inouïe, et avait, poussé un immense cri de joie : \u2014Oh! libre! libre! fit-il avec une explosion qui ressemblait à un sanglot.Il avait l\u2019œil hagard, les cheveux en désordre, les vêtements déchirés.Il sortait de Bieêtre.Il avait creusé une voie souterraine pour fuir.Il avait atteint son but! il était libre !.C\u2019était Jacques Gor-dier! Un moment, son regard inquiet et encore mal assuré se promena autour de lui: puis, quand il le reporta sur Octave, que la lumière éclairait en plein corps, il s\u2019arrêta immédiatement, jeta un rugissement de bête fauve, et passa ses doigts crispés sous ses cheveux.\u2014 Lui! s\u2019écria-t-il, comme pris d\u2019un mouvement d\u2019horreur; toujours lui!.toujours! toujours ! Et, obéissant à une sorte d\u2019instinct machinal, il prit son élan et bondit vers Groizilles.Mais ce mouvement avait rendu chacun à la réalité de la.situation: Octave avait repris Jeanne, et, pendant qu\u2019il l\u2019emportait au dehors et loin des atteintes du fou, Gigoux s\u2019accrochait aux vêtements de ce dernier pour le retenir.Une lutte s\u2019engagea! Lutte horrible, acharnée, implacable, au milieu de laquelle s\u2019élevaient des cris qui bavaient plus rien d\u2019humain! Jacques voulait atteindre Octave, qu\u2019il avait reconnu, et Gigoux n\u2019était qu\u2019un obstacle.Gigoux ne voulait que donner le temps à Groizilles de partir, et il essayait de retarder sa défaite, malgré l\u2019infériorité évidente de ses forces.Gela dura dix minutes.Puis on emondit au dehors an cri étouffé, et presque aussitôt le bruit d\u2019une voiture qui s'éloignait au galop des chevaux qui l\u2019emportaient.C\u2019était tout ce que voulait Gigoux; et, dès lors, il n\u2019eut plus que l\u2019idée de se soustraire à son redoutable abversaire et de prendre la fuite!.Mais, soit que celui-ci eût compris son désir, soit qu\u2019il voulût se réserver sa proie, il courut vivement à la porte, qu\u2019il ferma, et sur le seuil de laquelle il se posa, comme un homme déterminé à en défendre l\u2019accès.La situation de Gigoux allait devenir perplexe.Il n\u2019ignorait pas que, d'un moment à l\u2019autre, Garrouge pouvait rentrer; s\u2019il était surpris dans cette maison, après le rapt qui venait d\u2019être commis, les premiers instants pouvaient être terribles.et il était prudent d\u2019opérer une retraite savante.Mais comment s\u2019y prendre?Il y avait bien aux pieds de Jacques Cordier l'énorme couteau dont Jeanne avait essayé de se servir un moment, mais il fallait aller jusque-là, et ce b était pas facile.G\u2019était cependant le seul moyen, et Gigoux ne paraissait pas homme à l\u2019éviter longtemps.Il se ramassa donc sur lui-même, et darda ses deux yeux sur le couteau qui luisait à terre.Il lui suffisait d\u2019un bond, mais il ne fallait pas tomber à côté.Gigoux hésita dix secondes, peut-être; puis enfin, retenant son souffle, se dressant des pieds, il s\u2019élança en avant!.Le malheureux n\u2019avait pas de chance, ce jour-là.Il avait cependant bien pris ses précautions, et, selon toute vraisemblance, il serait tombé sur l\u2019objet qu\u2019il convoitait; mais comme il touchait terre, et se baissait déjà pour ramasser l\u2019arme, la porte s\u2019ouvrit avec fracas et l\u2019envoya rouler à quelques pas.C\u2019était Garrouge, suivie d\u2019Eva.\u2014 Jeanne!.Jeanne!.fit l\u2019ex-forgeron en entrant.\u2014 Ma fille !.ma fille !.ajouta la pauvre mère, palpitante.Mais ils s\u2019arrêtèrent, frappés dhtonnement et de stupeur, à la vue du tableau qui s\u2019offrit à leurs yeux.\u2014 Cordier ! s\u2019écria aussitôt Garrouge, qui le premier aperçut Jacques.Ge dernier salua en souriant.\u2014 Vous demandez votre fille?dit-il avec une exquise courtoisie et une voix douce comme un chuchotement.\u2014 Où- est-elle?dit Garrouge.\u2014 Où est-elle?répéta Eva.Cordier mit un doigt sur ses lèvres.\u2014 Chut! fit-il, elle est partie, \u2014 Seule ?\u2014 Non, avec lui.\u20141 Qui donc est venue ici ?\u2014 Son ami.\u2014 Que dit-il ?-\u2014 Elle l\u2019aimait depuis longtemps.Je ne le savais pas.je les ai surpris. 14 novembre 1925 &'gkmedb 3i \u2014 Vous ! \u2014 Ah ! l\u2019on ne m\u2019attendait pas.on me croyait bien loin.J\u2019arrivais heureux.et pendant que je rêvais au bonheur de les revoir.elle.elle !.Jacques eut un sanglot et Carrouge remua la tête.\u2014 Pauvre homme! murmura-t-il tout bas.Mais il n\u2019acheva pas ! Un bruit venait de se faire entendre derrière le fou, et ce bruit avait attiré son attention.C\u2019était Gigoux! Il suffit à Carrouge de le reconnaître pour tout' comprendre; il allait droit à lui et, le saisissant par le poignet, qu\u2019il serra à le briser, il le traîna à deux genoux jusqu\u2019au milieu de la pièce.\u2014 Ah! j\u2019aurais dû m\u2019en douter, s\u2019écria-t-il, les dents serrées et l\u2019œil menaçant.\u2014 Ce n\u2019est pas moi! dit Gigoux, qui essaya de se relever.Un coup de poing terrible lui coupa la parole.C\u2019était un rude jouteur que Carrouge; il soulevait cent kilos à bras tendu et aurait fait danser un cabaret sur ses épaules, Gigoux le savait, il ne jugea pas prudent de l\u2019irriter.\u2014 Qu\u2019es-tu venu faire ici, misérable ?dit l\u2019ex-forgeron.Et, comme s\u2019il eût supposé qu\u2019un premier coup de poing était insuffisant, sa main puissante s\u2019abattit une seconde fois sur le crâne de Gigoux et l\u2019envoya rouler à terre.\u2014Tu veux donc me tuer ?balbutia Gigoux.\u2014Peut-être ! répondit Car-rouge, dont les yeux commençaient à s\u2019injecter de sang; certainement, si tu ne réponds pas.\u2014 Que veux-tu savoir ?\u2014 Qui est venu ici ?.\u2014 Croizilles ! \u2014 C\u2019est lui qui a enlevée Jeanne ?.\u2014 C\u2019est lui.\u2014 Et où l\u2019a-t-il emmenée ?\u2014 Je l\u2019ignore.\u2014 Tu le sais ! \u2014- Je te jure.\u2014 Parle ! \u2014 Mais je ne sais rien.\u2014 Parle! parle! rends-moi Jeanne, entends-tu, entends-tu! ou je te tue comme un chien.C\u2019était horrible! Gigoux avait peur: jamais encore, à aucun moment de sa vie, il n\u2019avait tremblé de la sorte; ses lèvres étaient blêmes; sa voix s\u2019étranglait dans son gosier; le sang meurtri faisait des taches sur son crâne, que la sueur inondait.P ssayez cette Recette/ Puis éerivêz pour obtenir gratuitement la ,dernière édition de notre Livret de Recettes, i jtVous y ve,rrez clue lc CROWN BRAND en plus d être un délicieux sirop de table, peut être employé avec succès dans la cuisine pour la préparation de mets appétissants CROQUETTES AU MAIS 1 Chopin* farta» de Malt ! cuillerée» 1 thé d» Pou- 1 Oeuf» JH t.ne» de Farine\tdre » p»t*\t| cuiller*» I thé Sel H tasse Fécule de mat.1 cuillerée > thé Soude i 1 chopine Lait de beurre Benson (oormtarchl\tpâte\tlé taase Ma tola 1 Vi cuillerées à dr»wt($irop Crown Bn [Tamises let ingrédients secs.Ajoutez le Sirop Crown Brand et\" / les oeufs battus au lait de beurre et mêlez rapidement aux ingré-I j en*f\tAjoutez la Mazola en dernier lieu Faites cuire dans 1 oe» plats à croquettes préalablement huilés de Mazola BDWARDSBURG CROWN BRAND .SIROPdeMAÏS.Jüm Ami de la Famille The CANADA STARCH CO.LIMITED-MONTREAL C&A «¦\u2014Grâce! grâce! cria-t-il enfin; Garrouge, ne me tue pas, et je te jure que je m\u2019unis à toi pour la retrouver.Garrouge proféra un blasphème, et leva son poing comme un marteau.\u2014 Epargnez - le ! intervint Eva, suppliante.Get homme peut nous apprendre quelque chose; l\u2019appât d\u2019une récompense, la peur d\u2019un châtiment seront plus puissants peut-être que toutes les menaces.Voyez, mon ami, je suis sa mère, moi, et je vous conseille la modéra-: tion.Garrouge ne répondit pas tout de suite; mais il lâcha Gigoux, qui se redressa immédiatement et fit un pas vers la porte.\u2014 Ecoute, dit alors l\u2019ex-forgeron d\u2019une voix plus calme, mais avec le même regard ardent, je te ferai grâce aujourd\u2019hui, mais n\u2019espère pas en être quitte à si bon marché.Demain j\u2019irai te retrouver, et si tu ne parles pas, si tu ne m\u2019aides pas à retrouver Jeanne, comme tu me l\u2019as promis, je te le dis de sang-froid, et tu sais que je tiens ma parole, je te tuerai comme un misérable que tu es! Gigoux avait écouté d\u2019un air penaud ia remontrance qui lui était adressé.Dès que Carrouge eut fini, il s\u2019achemina vers la porte, traînant la jambe, et prit la route de la rue de la Tixeranderie.De ce côté, du reste, les choses prenaient un caractère bien singulier, et il allait y trouver bien du changement.Dien que ce tableau ne se rattache pas peut-être étroitement à notre récit, il n\u2019est pas hors de propos de le mettre ici sous les yeux du lecteur.La mère Gigoux n\u2019était pas une femme ordinaire, on le sait déjà.Il y en a plus d\u2019une comme cela dans le peuple, et, à ce titre, elle doit avoir sa place clans ce roman.Peu après le départ d\u2019Eva, le docteur s\u2019était fait transporter à son hôtel; avant de partir, toutefois, il avait voulu récompenser la mère Gigoux de l\u2019hospitalité qu\u2019elle lui avait accoidée, mais celle-ci avait refusé.Et comme Franck s\u2019étonnait de ce refus : \u2014Ne soyez pas surpris, avait dit la vieille femme, je sais ce que je fais, et cet or que vous voulez me donner, me brûlerait les mains, si je l\u2019acceptais.Restée seule, la mère Gigoux avait fait ses préparatifs.Elle avait donné congé le soir même à sa propriétaire, et s\u2019était mise à faire ses paquets.Ils n\u2019étaient pas gros, les paquets de la mère Gigoux.Les pauvres de Paris ont peu de linge, et le Mont-de-piété est leur grande armoire de réserve: draps, couvertures, matelas, tout cela s\u2019y entasse.On paie un an, deux ans, on oublie un jour: on vend les couvertures, on vend, les matelas, on laisse tout vendre.La mère Gigoux avait ainsi vu partir tout son mobilier à la succursale de la rue de la Verrerie, et depuis, il y était resté !.A la vérité, elle n\u2019y pensait guère.Une chose bien autrement importante l\u2019inquiétait, elle attendait son homme.Elle voulait partir! Là-bas, bien loin, dans le Vivarais, elle avait un oncle cultivateur qui lui avait toujours dit: « Quand tu auras assez de la vie de misère, viens ici avec ton mari.Ce n\u2019est pas la fortune que je t\u2019offre : ces choses-là ne s\u2019offrent jamais, mais du travail et du pain.» L\u2019offre de l\u2019oncle Durand avait toujours souri à la Gigoux.Mais la vie de Paris a tant d\u2019attraits, même pour ceux-là qui sont destinés à rester toute leur vie misérables ! On aime malgré tout cette ville, qui nourrit si mal ses enfants.On crie qu'on la déteste, on parle sans cesse de la quitter, et on y reste, ou bien, quand on en es t parti, on y revient ! Paris est un aimant qui agit sur toutes les classes.Gigoux surtout tenait à Paris.Où s\u2019enivrer en province?Gomment boire sans être vu ?Où rencontrer des endroits où l\u2019on s\u2019isole avec de vieux camarades?Gigoux était de ceux qui tiennent à la bouteille du lendemain.Mais sa femme, depuis deux jours, était résolue.\u2014 il partira, se disait-elle; Toulon, le bagne, ou Viviers!.il choisira.Et elfe faisait ses paquets tout en attendant Gigoux, qui n\u2019arrivait pas.Enfin, sur le soir, encore tout meurtri des coups de Carrouge et peu remis de son émotion, Gigoux arriva.\u2014Ah! ah! c\u2019est toi! dit la femme, sans le regarder.Gigoux s\u2019était jeté sur une chaise, harassé de fatigue, et encore glacé d\u2019épouvante à l\u2019idée du danger qu\u2019il venait de courir.\u2014\u2022 Tu ne rentrerais bientôt plus, continua la mère Gigoux, si Je n\u2019y mettais bon ordre.mais cela ne peut durer de la sorte, et il faut que ça finisse.L\u2019homme releva la tête.\u2014 Que ça finisse?répéta-t-il machinalement.\u2014 Oui, je le veux et je te l\u2019ai dit, appuya sa femme avec fermeté.Gigoux eut un moment d\u2019étonnement.Il se rappelait bien les paroles de la veille; mais la veille était si loin, et puis il y avait tant de difficultés à vaincre qu il était loin de se douter qu\u2019en son absence la Gigoux avait eu le temps de se rendre (Suite à la page 32) 32 14 novembre 1925 doit être appliquée sur la peau encore mouillée, après les ablutions Exempte de tout corps gras, elle se dilue au contact de l'eau etun léger massage suffit b la faire penéLrer dans les pores de la peau.Sécher alors etvelouteravec la \"PoudreVimon; Par l'emploi rationnel de la Crème^imon vous éviterez tout aspect brillant à voire visage et conserverez àvotre teint la fraîcheur de la jeunesse.GRATIS - POUR VOUS, MESDAMES TOUTES LES FEMMES DOIVENT ETRE BELLES ET TOUTES PEUVENT L'ETRE, AVOIR UNE BELLE POFTRINE, ETRE GRASSES, RETABLIR LEURS NERFS, CELA EN 2$ JOURS, AVEC LE Réformateur Myrriam Dubreuil Approuvé par les meilleurs médecins du monde, les hôpitaux, etc.Les chairs se raffermissent et se tonifient, la poitrine prend une forme parfaite sous l\u2019action bienfaisante du REFORMATEUR.Il mérite la plus entière confiance car il est le résultat de iongues études consciencieuses; approuvé par les sommités médicales.Le REFORMATEUR MYRRIAM DUBREUIL est un produit naturel, possédant la propriété de raffermir et de développer la poitrine, en même temps que, sous son action, se comblent les creux des épaulés.Seul produit véritablement sérieux, garanti absolument inoffensif, bienfaisant pour la santé générale comme Tonique.Le Réformateur est très bon pour les personnes maigres et nerveuses.Convenant aussi bien à la jeune fille qu'à la femme dont la Poitrine a perdu sa forme harmonieuse par suite de Maladies ou qui n\u2019était pas développée.Le REFORMATEUR MYRRIAM DUBREUIL jouit dans le monde médical d'une renommée universelle comme reconstituant et aliment de la beauté, tout en restaurant ou en augmentant la vitalité, chassant, en même temps, la nervosité, migraine* neurasthénie.ENGRAISSERA LES PERSONNES MAIGRES EN 25 JOURS Envoyez 5c en timbres et nous vous enverrons GRATIS une brochure illustrée de 32 pages, avec Echantillon du Réformateur Myrriam Dubreuil.Notre Réformateur est également efficace aux hommes maigres, déprimés et souffrant d\u2019épuisement nerveux, etc., quel que soit leur.âge.Toute correspondance strictement confidentielle.Les jours de consultation sont; JEUDI et SAMEDI de chaque semaine de 2 à 5 heures p.m.Mme MYRRIAM DUBREUIL 230, PARC LAFONTAINE,\tMONTREAL Dept.2 \u2014 Boite Postale 2353 \"\u2022 «b BEAUTE DE LA P0ITR1E DISPARITION DES CREUX des EPAULES ET DE LA GORGE PAR L\u2019EMPLOI DU TRAITEMENT DENISE ROY EN 30 JOURS Le Traitement Denise Roy développe et raffermit rapidement la poitrine.D\u2019une efficacité remarquable et durable sur le buste.Très bon pour les personnes maigres et nerveuses.Bienfaisant pour la santé comme tonique pour renforcir, facile à prendre; il convient aussi bien à la jeune fille qu\u2019à la femme faite.Prix du Traitement Denise Roy de 30 jours au complet $1.00 Mme DENISE ROY, 313, RUE AMHERST, MONTREAL Boîte Postale 2740, Dépt.1 Renseignements gratis donnés sut\tToute correspondance réception de J sous en timbres.\tstrictement confidentielle./-Yrnv L\u2019ENFANT DU FOU ;(Suite de la page 31 ) maîtresse de la situation.Tout en parlant, cette dernière entassait son linge dans une grande malle e-t prenait avec beaucoup d\u2019adresse ses dispositions pour que la caisse pût tout contenir.\u2014Qu\u2019est-ce que tu fais donc là?demanda Gigoux, que ces allures inaccoutumées commençaient à intriguer.\u2014 Je fais mes paquets, répondit la femme.\u2014 Pourquoi donc ?\u2014 Nous partons.¦\u2014 Pour où aller ?!\u2014 A Viviers.-\u2014 A Viviers!.quand ça ?\u2014Tout de suite ! \u2014 Allons donc, mais tu veux rire ! La Gigoux jeta à son homme un regard énergique.\u2014 Il y a là sur la chaise, dit-elle, une cotte et une blouse propres.Si on nous rencontre, il ne faut pas inspirer la pitié.Tu vas les mettre.\u2014\u2014 Mais je ne veux pas partir.\u201411 le faut cependant.-\u2014 Qui a dit ça ?-\u2014 Moi ! \u2014 Et si je refuse ?\u2014 Je ne crois pas que l\u2019envie t\u2019en prenne; mais, si cela arrivait, aussi vrai que je te parle, je te dénonce et je t\u2019envoie au bagne.Gigoux eut un mouvement d\u2019impatience.-\u2014 Ah ça, dit-il avec un semblant de révolte, je suis donc un enfant, que l\u2019on veut me mener par le bout du nez, maintenant ?La femme haussa les épaules.\u2014Non, répliqua-t-elle, mais tu es un malheureux qu\u2019il faut arracher à l\u2019air empoisonné de Paris.Je suis ta femme, après tout, et je ne veux pas devenir ta complice.Gigoux ne répondit pas.Depuis la scène qu\u2019il avait eue avec Garrouge, une sorte de transformation s\u2019était opérée en lui.Il avait été autrefois un bon ouvrier.C\u2019est insensiblement qu\u2019il avait glissé sur la pente du crime.Mais, si bas que l\u2019on soit tombé, on peut toujours se relever; et cela devient facile, quand on trouve à sa portée le bras d\u2019une femme honnête et courageuse! Sans savoir bien précisément ce qu\u2019il faisait, il se mit à bourrer sa pipe et l\u2019alluma.La Gigoux, qui ne l\u2019entendait plus bouger, se retourna, inquiète, et pour la première fois elle l\u2019aperçut à la lumière.Le reflet terne de la chandelle éclairait sa blouse, lacérée et maculée de sang et de boue.Le malheureux avait le visage labouré, le front meurtri, les lèvres déchirées, le bas du visage tout ensanglanté.\u2014 Il aura encore fait quelque mauvais coup, balbutia la vieille, interdite.Mais ses yeux se relevèrent de nouveau sur son mari, et elle comprit, avec ce bon sens si commun à la femme du peuple, que, cette fois, du moins, c\u2019était lui qui avait dû être la victime.-\u2014Mon Dieu ! mais d\u2019où viens-tu donc ?dit-elle d\u2019un ton où perçait une nuance d\u2019intérêt.\u2014 Ah! dame, on m\u2019a mal arrangé, répondit Gigoux en lâchant une bouffée de tabac.\u2014 Oui, tu es une pauvre tête; mais si le cœur était resté bon encore, il y aurait de la ressource.\u2014 Bah! a quoi ça sert-il ?-\u2014 A être honnête.¦\u2014Et les autres qui sont là, qui vous poussent, qui vous traitent d\u2019imbécile et de poltron.\u2014 Tu vois bien qu\u2019il faut partir, alors; tu vois bien qu\u2019il faut aller loin d\u2019ici, près de ceux qui nous aiment, et qui, ceux-là du moins, nous aideront à vivre comme des honnêtes gens ?\u2014 Ça te fera plaisir ?\u2014 Oh! il le demande.Viens, viens ! La sympathie pour son homme revenait au cœur de la courageuse vieille.C\u2019était son mari, après tout; elle avait bien le droit de le plaindre, même dans sa chute.Et puis, elle se rappelait tout ce qu\u2019il avait souffert, ce misérable.Elle se rappelait une autre époque, alors que Gigoux était jeune et travailleur, et elle lui avait connu de bons sentiments.Gigoux se retourna et prit la main de sa femme.Celle-ci avait de grosses larmes dans les yeux.Alors, et par un de ces mouvements spontanés auxquels on chercherait vainement une raison humaine, Gigoux tira de sa poche un papier graisseux et le jeta dans un coin de la chambre.¦ Le papier s'ouvrit, et cinq pièces d\u2019or s\u2019échappèrent et roulèrent sur le carreau.La femme jeta un cri de joie. 14 novembre 1925 &$cmidb 33 L\u2019on a raison d'estimer les Fèves au Lard CLARK Sark\u2019s limited PARFAITEMENT CUITES, chaque fève tendre sans être en bouillie, facile à digérer, les Fèves au Lard Clark sont simplement délicieuses.La tranche de beau lard gras ajoute sa saveur au piquant de l'assaisonnement, combinaison heureuse qui a contribué à la popularité des Fèves au Lard Clark.Jeunes et vieux y trouvent un mets très nutritif dont le prix très bas en fait un des plus économiques qu\u2019on puisse servir.La ménagère n\u2019a qu\u2019à les réchauffer et les servir! La boîte No 3 contient 36 onces net de ce mets excellent \u2014 comparez le poids, aussi bien que le prix et la qualité.Voyez aussi la légende \"Canada Approved\u201d sur chaque boîte, garantissant officiellement la qualité du beau lard employé.Fait en Canada pat une Compagnie Canadienne.En vente partout Les ménagères bien avisées évitent une grande partie de l\u2019ouvrage de l\u2019ordinaire, en ayant dans la dépense un assortiment des mets préparés Clark \u2014 Soupes, Viandes en Pain, Langues, etc., etc., qui permettent de servir, à peu de frais d\u2019ouvrage et d\u2019argent, des mets que seuls les meilleurs cuisiniers peuvent égaler.W.CLARK, Limited, MONTREAL, P, Q.Etablissements à Montréal, P.Q., St-Rémi, P.Q.et Harrow, Ont.CUISINES \"LES CLARK VOUS AIDERONT \u201d \u2014 Ali! tu n\u2019en veux plus, n\u2019est-ce pas ?dit-elle.-\u2014- Non.jamais !.!\u2014 Et nous partons ?>\u2014 Quand tu voudras.La Gigoux se baissa, réunit les pièces d\u2019or, et, se suspendant au cou de Gigoux en sanglotant : \u2014 Partons! dit-elle; et pour que Dieu bénisse notre voyage et te maintienne désormais dans ces bons sentiments, nous donnerons cet or aux pauvres que nous rencontrerons.\u2014 Oui, c\u2019est cela, dit Gigoux, qui dissimula mal une larme, qu\u2019il essuya du revers de sa manche, tu as- raison, partons ! Une heure après, tous deux s\u2019éloignaient, portant leurs hardes sur leur dos, Gigoux, l\u2019esprit plus calme, la Gigoux le visage souriant à travers ses larmes.Elle était presque belle, cette pauvre vieille femme qui pleurait, et qui, pour arracher son mari au crime et au châtiment, s\u2019en allait au loin chercher la misère.Arrivée aux fortifications, elle n\u2019avait plus une seule pièce d\u2019or dans sa poche; mais, en revanche, il lui restait quelques pièces blanches, toutes ses -économies, toute sa fortune, et celle-là ne -devait rien à personne! Il faisait nuit noire, le vent soufflait, elle était harassée.Elle s\u2019arrêta et s\u2019assit sur le talus.\u2014 Et maintenant, dit-elle à son homme, maintenant, embrasse-moi, Gigoux ! Et les deux malheureux, tombant dans les bras l\u2019un de l\u2019autre, restèrent quelques instants étroitement enlacés.X UN DRAME A BIGETRE Quelques semaines après les événements que nous venons de raconter, une chaise de poste s\u2019arrêtait devant l\u2019établissement de Bicêtre, et un homme, jeune encore, en descendait accompagné d\u2019une femme vêtue de longs habits de deuil.C\u2019était le docteur Franck et Eva, le docteur remis de sa blessure, et Eva souffrant au cœur d\u2019une blessure plus profonde et que le temps n\u2019avait pu encore cicatriser.Jeanne n\u2019avait pas encore été retrouvée.Pour la seconde fois elle avait été enlevée.Toutes les démarches faites étaient restées infructueuses.Le doo teur Franck avait prodigué l\u2019or, Garrouge sa personne.Eva elle-même s\u2019était transportée en vingt endroits.Rossignol, grâce à son cousin, avait mis sur pied tous les fins limiers de la police.On n\u2019avait pu rien découvrir.On affirmait que Jeanne n\u2019était pas à Paris, qu\u2019elle ne pouvait y être.voilà tout.Mais où était-elle ?Croizilles aussi avait été introuvable.Un moment on avait songé à Nourtier.D\u2019adroits espions avaient été répandus dans Ghoisy-le-Roy, mais toutes les recherches n\u2019avaient abouti qu\u2019à un insuccès complet.Toutefois, le docteur Franck ne désespérait pas encore, mais une autre préoccupation, non moins puissante, s\u2019était emparée de son esprit.Il s\u2019agissait de son père.Son père hors de Bicêtre, mais à la poursuite duquel on s\u2019était -mis déjà; son père fou encore et qu\u2019il fallait ramener à la raison en même temps qu\u2019ar-raoher à la vie misérable à laquelle il était condamné.(A suivre) 54 34 &3omedI/ 14 novembre 1925 ROMAN LITTERAIRE DU \u201c SAMEDI \u201d DERRIERE LE VOILE t Par MATHILDE ALANIC RESUME DES PRECEDENTS CHAPITRES Monsieur de Terroy est mort dès émotions que lui ont causé un vol dont il a été victime.On accuse Raymond Airvault d\u2019être l\u2019auteur du vol parce qu\u2019on a trouvé à sa demeure une pendeloque dont personne ne peut expliquer la provenance et qui appartenait à de Terroy.Raymond Airvault est libéré de l accusation de meurtre qui pèse sur lui, mais il n\u2019a plus le respect de ses employés.Il trouve une position au Chili et part en laissant sa femme et sa fille en France.Quelques mois plus tard, madame Airvault apprend la mort de son mari survenu dans une exploration.No 7\t(Suite) TROISIEME PARTIE I « Et c\u2019est grâce à miss Mar-well que, depuis cinq années, je puis passer trois semaines de vacances, près de maman, dans une intimité charmante.* Miss~ Marwell est une fée, et mon tuteur, un saint! Gomment ne pas s\u2019estimer bénie quand on est gratifiée de tels patronages et qu'on possède un petite ange de vitrail pour amie ?« Mille baisers, Lynette, dont tu donneras une part au gentil Loys! Il ne manque que toi à ma félicité de ce matin ! Du moins ai-je voulu t\u2019évoquer ! « Ton démon familier, « Raymonde.» L\u2019épistolière ferma vivement l\u2019enveloppe, bondfit sur ses pieds, et saisit le feutre léger déposé sur le guéridon.Le soleil, le lac, les palmiers du jardin, les hirondelles, tout l\u2019appelait au dehors.Quatre à quatre, elle descendit un étage et tambourina doucement à une porte.\u2014 Rosalinde ! \u2014 « Gome in, darling ! » répondit une voix claire et rieuse.Le panneau poussé, Raymonde aperçut, contre la fenêtre, sa mère, penchée vers une table où s\u2019éparpillaient des cartes illustrées et des feuillets.\u2014 Je dérange! Pardon! Je m\u2019en vais ! Mais, d\u2019un vaste fauteuil, couvert de cretonne à ramages, la voix rieuse s\u2019éleva, entre des volutes de fumée bleuâtre, fleurant une fine odeur de tabac oriental.\u2014 Plaignez votre maman, Rosalinde! J\u2019avais le cerveau Publié en vertu d\u2019un traité avec la Société des Cens de Lettres.Commencé dans U No du 3 Octobre 1925.débrouillé, au réveil ! Alors nous en sommes à la douzième lettre ! Tante Daisy devait beaucoup de réponses.Mme Airvault va prendre en grippe les Marwell de toutes les générations.Si .mes yeux étaient moins mauvais, je n\u2019abuserais pas ainsi de sa complaisance ! \u2014 Et que ferais-je alors ?dit Madeleine affectueusement.Vous vous ingéniez à m\u2019éviter toute peine.\u2014 Eh bien! darling, à mon exemple, vous apprécieriez le far niente! Far niente! Il faut avoir vécu en Italie pour comprendre ce délice.Far niente ! Roire le soleil, s\u2019engourdir, ne plus penser! Presque le niva-na ! Et miss Marwell éclata de son joli rire, si juvénile qu\u2019on s'étonnait de voir des cheveux de neige à la créature fantastique, frêle et mignonne, qui jetait ces trilles perlés.Là-dessus, la jeune fille esquissa um bouffonne révérence, qui redoubla l\u2019hilarité de miss Daisy, et elle sortit, suivie par le regard tendre et heureux de sa mère.Raymonde eut vite fait de traverser le jardin et de gagner le quai; là elle ralentit son allure.Pouvait-on se rassasier du tableau où s\u2019épandaient encore les douceurs de l\u2019été ?Raymonde s\u2019accouda au parapet, ravie dans sa contemplation.Des gens passèrent, d\u2019autres s\u2019approchèrent, sans qu\u2019elle daignât y prendre garde.Tout à coup, elle tressaillit violemment.Une voix lui soufflait à l\u2019oreille : \u2014 Ne mange pas tout le paysage avec tes énormes yeux, gourmande! Laisses-en pour les autres ! \u2014Evelyne! cria-t-elle, dans l\u2019émerveillement d\u2019un prodige.C\u2019était bien le délicieux visage, nimbé d\u2019or tin, qui frôlait sa joue! Et le petit Loys déjà lui tiraillait énergiquement le bras.Raymonde, interdite, en se détournant, ne découvrit pas ceux qui eussent pu accompagner le frère et la sœur, c\u2019est-à-dire M.et Mme Davier, mais deux grandes fillettes, grimaçantes et rougissantes, Mariette et Suzie Desroches, et un jeune homme, brun de cheveux, bronzé de peau, portant à la boutonnière le ruban vert et rouge de la croix de guerre, qui se tenait droit et sérieux durant l\u2019accostage.\u2014 Je viens de t'écrire, Evelyne ! Cinquante centimes de perdus! Gomment te trouves-tu ici sans crier gare ?\u2014 Par le bon plaisir de nos papas docteurs, qui ont voulu visiter certain ami de la Faculté de Lausanne! Je crois, entre nous, qu\u2019ils étaient enchantés de mettre le pied hors des frontières ! \u2014 Et nous donc! firent les petites Desroches.\u2014 Alors, par faveur grande, malgré les passeports exigés, les marmots des deux familles ont été admis à visiter les bords du Léman, pendant quatre jours.Oh! ajoutait Evelyne, suis-je étourdie! Le plaisir de la surprise me fait négliger l\u2019étiquette! Au fait, M.Valentin Glozel a peut-être déjà rencontré Mlle Raymonde Airvault chez notre amie commune, Mme Forestier ?\u2014 J\u2019ai eu cet honneur! dit le jeune homme, s\u2019inclinant.\u2014 Je m\u2019en souviens, en effet! murmura Raymonde, répondant au salut.Un carillon annonçait midi.La jeune fille laissa dans le vague des réminiscences : \u2014 Ah! mon Dieu! l\u2019heure du \u2022 lunch! Je devrais être rentrée! De quel côté vous dirigez-vous ?\u2014 Nous sommes descendus à l\u2019hôtel proche du débarcadère.On le voit d'ici.\u2014 L\u2019hôtel de la Grande-Bretagne?Mais c\u2019est le nôtre.Au lieu de se réjouir, les deux jeunes filles parurent également embarrassées.Le nuage qui ternit les grands yeux noirs obscurcit les tendres prunelles bleues.La coïncidence \u2014 sur laquelle s\u2019extasiait le petit Loys \u2014 menaçait de devenir gênante.Mme Davier se trouverait certainement au déjeuner.L\u2019expectative d\u2019une confrontation avec la femme, hostile et dédaigneuse, qui pouvait humilier sa mère, glaçait la jeune fille jusqu\u2019au creux des os.Elle-même, dans le cours des dernières années, avait dû supporter, à diverses reprises, cette épreuve réfrigérante.Un alliée inopiné l\u2019avait soutenue, et fascilitant la continuité de relations avec Evelyne, après que celle-ci fut sortie de la pension Duluc.Loys, introduit par son père chez Mme Forestier, s\u2019était pris d\u2019amour tendre pour la vieille dame et le petit monde dont elle s\u2019entourait.Raymonde Airvault, bras droit maintenant de Mlle Duluc, n\u2019abandonnait pas la bonne voisine, et, les après-midi de jeudi, continuait d\u2019animer les innocents divertissements.Le petit Loys se toqua de l\u2019amie de sa sœur. 14 novembre 1925 3b$cm£dv 35 Les critiques et les ironies maternelles ne le dissuadèrent pas de cet engagement intempestif.Force fut de laisser le garçonnet a sa pension.Câlin et doux, mais de santé fragile et inconstante, le malheureux gamin devenait forcément impulsif et irritable.Loys était de ces oiselets débiles à qui toute bouffée d\u2019air apporte une bactérie quelconque.Il semblait qu\u2019un dieu malicieux eût voulu faire, du pauvre petit, un démenti vivant à la science médicale et à l\u2019infaillibilité de l\u2019hygiène.Pâli par une récente fièvre de croissance, Loys gambadait près de Raymonde, au centre du groupe qui, sans empressement, s\u2019acheminait vers la grille de l\u2019hôtel.Raymonde, en arrivant à sa place, au restaurant de l\u2019hôtel, y trouva une gerbe de glaïeuls et de roses.La délicate et gracieuse miss Daisy n'avait garde d\u2019oublier l\u2019anniversaire de sa petite amie.La joie, l\u2019émotion, allumèrent mille étincelles dans les grands yeux qu\u2019E-velyne, admiratrice, appelait « des soleils noirs », définissait un jour, un vieil académicien madrigalisant, ami de Mme Forestier.De sa place, Mlle Davier vit l'illumination éblouissante : elle aimait les changeantes expressions de ces immences prunelles, à la fois sombres et brillantes, où se reflétaient toutes les flammes du sentiment.Mais aujourd'hui, la modeste et douce jeune fille sentit un trouble indéfinissable se mêler à son plaisir esthétique.Tout à coup Raymonde lui apparaissait comme si elle l\u2019apercevait pour la première fois.Evelyne perdit notion de l\u2019aspect accoutumé; elle examina curieusement, ainsi qu\u2019on le ferait dans une salle de théâtre, au bout d\u2019une lorgnette, la jeune personne assise vis-à-vis d\u2019elle.Taille moyenne, mais dégagée et souple sous la simple robe de laine beige brodée de brun au col et à la ceinture, qui laissait nus les bras ronds, Traits irréguliers \u2014 mais une intensité de vie étonnante sur la mobile physionomie, où alternaient nuages et rayons, comme dans un ciel orageux! Vision captivante et séduisante, assurément! Quel effet devait-elle produire sur le spectateur moins habitué ?Par un rélïex involontaire, Mlle Davier tourna la tête vers le compagnon assis à sa gauche.Le profil était abaissé vers l\u2019assiette; mais, furtif, le regard gris, strié de brun, s\u2019échappait, attiré vers le brillant point de mire: l\u2019ardent petit visage aux yeux ensoleillés.Evelyne eut l\u2019étrange sensation qu\u2019un grand creux se produisait soudain dans sa poitrine et que son cœur, contracté, devenait dur et inerte.Quelques minutes, elle demeura muette, le cou ployé.Puis elle chercha dans la glace de la paroi sa propre image: une figure longuette, un peu pâle, des yeux bleu de lin, des ondes dorées sous le chapeau de paille marron, des épaules tombantes, un ensemble élégant, plaisant peut-être.-\u2014Peut-être !.Elle se sourit, avec mélancolie.\u2014 Si j\u2019étais homme?.Entre les deux ?Il Miss Marwell, remontée dans ses appartements, en compagnie de Mme Airvault, Raymonde, victime des convenances, reste seule exposée à l\u2019ennui des adieux \u2014 d\u2019ailleurs fort abrégés.Quand elle entra dans la chambre de miss Daisy, elle vit cette dernière, guignant derrière son rideau le départ des excursionnistes, tout en allumant une cigarette.\u2014 Bon voyage ! Je n\u2019aime pas du tout la madame Junon brune, qui est la femme de votre tuteur.Elle doit le réduire à l\u2019état de prince consort ! \u2014 Oh! pas tout à fait !.c\u2019est-à-dire pas du tout !.Mme Davier paraît altière, intimidante.mais elle a participé à beaucoup d\u2019œuvres très bonnes pendant la guerre ! Miss Daisy, d\u2019un geste, chassa le souvenir de Junon : \u2014 Quant à délie, elle est jolie et douce, comme un iris.Sans doute est-elle engagée au jeune homme sympathique ?Raymonde ouvrit sa boîte à ouvrage.\u2014 Je le crois.et l\u2019espère ! répondit-elle d\u2019une voix posée.Les deux familles sont liées depuis longtemps.M.Clozel appartient à une lignée de célèbres éditeurs, établie depuis plus d\u2019un siècle, et qui publia surtout des ouvrages scientifiques et médicaux.Il y eut un docteur Glozel qui fut, à l\u2019Aca- démie de Médecine, le collègue du docteur Forestier.Je sais tout cela par Mme Forestier elle-même.\u2014- G\u2019est chez elle que tu avais fait la connaissance de ce jeune homme?demanda Madeleine.\u2014 Mais oui! Tous ceux qui furent, enfants, des habitués de la bonne maison, retourneront volontiers, plus grands, à la source des agréables souvenirs.La dernière semaine s\u2019entamait.En arrachant le feuillet de l\u2019éphéméride, la mère ne put retenir sa plainte.\u2014 Ah ! mon Dieu ! plus que six jours! Et il faudra endurer encore la cruelle cassure ! Raymonde l\u2019enlaça de ses deux bras; de grosses larmes constellèrent, ainsi que des gouttes de rosée, les larges prunelles brillantes.\u2014 Oh ! maman chérie, j\u2019espère, cette fois! Le docteur Davier travailla à notre rapprochement, tu le sais bien! S\u2019il réussit à fonder cette œuvre d\u2019assistance à laquelle s\u2019associe déjà Mme Forestier, la direction de la maison de Marly te sera dévolue.Alors je te retrouverais chaque soir.Par le train, ou à bicyclette par les beaux jours, ce sera facile! Quel bonheur d\u2019être ensemble enfin ! \u2014 Tu sais bien que je n\u2019ose jamais admettre d\u2019espérancesI Trop de fois, j\u2019ai été désabusée! fit tristement Madeleine.Supportons! Subissons! Voilà oe que je me répète seulement, en demandant à Dieu les forces nécessaires ! Encore une feuille d\u2019enlevée au calendrier, Et, vers l\u2019heure du lunch, miss Marwell, pénétrant dans le salon, vit quelqu'un s\u2019incliner devant elle.\u2014-Ah! vous nous revenez 1 s\u2019écria-t-elle avec entrain.G\u2019est gentil ! Valentin Glozel commença une explication un peu diffuse.\u2014 Oui, j\u2019étais chargé d\u2019affaires pour la maison.Je devais me faire connaître à des collaborateurs, des correspondants.La rencontre des familles amies, à Lausanne, m\u2019a fait négliger ces questions, quelques jours.Alors il me faut revenir sur mes pas ! \u2014 Parfaitement ! opina miss Marwell avec gravité.« Business ! Business î » Glozel, cependant, saluait Raymonde Airvault qui, demeurée debout près de la table, feuilletait, d\u2019un doigt fébrile, ,(Suite à la page 36) WRKLEYS 4* gomm*\\ * ntécJntjrb WrigleyW f V\tfriand!**' J\tdélicieuse Æ\t\u2014rafraîchit fl Br'\tcomma us î».\trui*»ea« Î0r \\ 4\td\u2019eau pure, j §tra C\u2019aat tout biné, y J flce pour les dent*, JP i 4 ' l'hsleine, l\u2019appltiS jtfmJ pt et la digestion.Après \u2022t» Repas oem.nd\u201eHorlick\u2019s \\ le Lait Malté ORIGINAL Lait Sain Pour Bébé*, Invalides l et Vieillard* Lait riche.Extraits de grains.Préparez-ie à 4a maison, pour toute la famille: délayez vivement la poudre dans de l'eau chaude ou froide, san* cuisson.A toute heure il soulage 4a faiblesse ou la faim.Une tasse de \u201cHorlickY* chaud au coucher provoque un sommeil reposant.Avez-vous le Rhume mal à la Gorge 1 Les vapeurs adoucissantes et germicides qui s\u2019échappent des Peps provoquent un rapide soulagement.Les Peps calment la gorge irritée et les voies respiratoire*; elles tuent les microbes du rhà-me, font disparaître le mal et l\u2019inflammation et mettent fin ra?« pidement aux toux et rhume* qui peuvent dégénérer en maladies dangereuses.Ces tablette* renforçassent la poitrine de façon merveilleuse.PEPS JBL Atow2ôc.Afax POUR VOS f vua / ENVOIS D'ARGENT, en vente\t\"- GARES CPR et AGENCES DOMINION EXPRESS Dr HENRI LEMIRE Electricité Médicale, Rayons X Accouchements, Maladies des Femmes et des Enfants.450 RUE ST-HUBERT Tel.Est 2177\t-\t- Montréal.I.___________________________- S&$wmedl 14 novembre 1925 ?6 ON BIENFAIT POUR LES FEMES SOUFFRANTES Mon traitement simple à domicile Jiour les différents malaises dont souffrent tant de femmes a procuré des bienfaits sans nom à des centaines de Canadiennes.Si vous souffrez de maux de tête, de maux.de reins, de douleurs dans Le côté* de faiblesse de la vessie, de constipation, d\u2019affections catarrhales internes ; si vous éprouvez une sensation de gonflement avec «ccès de chaleur, de la nervosité, l'envie de pleurer, des palpitations, de l\u2019apathie, de-mandez-moi par lettre mon traitement d\u2019essai gratuit de dix jours, pour votre cas particulier.Rappelez-vous qu\u2019il ne vous en coûtera rien.! Ne souffrez pas plus longtemps.Ecrivez aujourd\u2019hui même.MME.Mo SUMMERS 28F BOITF 14\tWINDSOR, ONT.Il n\u2019y a rien de répugnant dans Miller\u2019s Worm Powders et elles sont aussi agréables à prendre que du sucre de sorte que peu d\u2019enfants les refuseront.En quelques cas elles causent des vomissements par leur effet sur un estomac malade mais c'est seulement une manifestation de leur pouvoir de nettoyage et non une indication qu\u2019elles sont nuisibles.On peut compter complètement sur elles pour débarrasser le système des vers.CRISES ?Tétées de façon permanente par le remède reach, contre Epilepsie et Crises.Simple traitement à domicile.Plus de 35 années de succès Des milliers de témoignages de toutes les parties du inonde.Faites venir la brochure gratuite doo-nant détails complets.Ecrivez tout de suite à: TRENCH'S REMEDIES LIMITED 2087 St.James' Chambers 79 rue Adelaide Est, (Découpez ceci.)\tToronto, Canada GRATES POUR LES ASTHMATIQUES Essai gratuit d\u2019une méthode que toutes les personnes affectées d\u2019asthme peuvent suivre sans désagrément ni perte de temps.Nous possédons une méthode pour vaincre l'asthme et nous tenons à vous la faire essayer à nos frais.Qu\u2019importe que votre cas soit avancé ou tout récent, qu\u2019il s\u2019agît d\u2019un asthme périodique ou chronique, nous vous conseillons de demander un essai gratuit de notre méthode.Quel que soit le climat sous lequel vous viviez, quels que soit votre âge ou votre occupation, si vous souffrez d\u2019asthme, notre méthode peut vous soulager rapidement.Nous tenons à la faire essayer particulièrement aux cas désespérés en apparence, là où tous les inhalateurs, douches, préparations à l\u2019opium, vapeurs, \u201cfumées brevetées\u201d, etc., ont échoué.Nous voulons montrer à tout le monde, à nos frais, que notre méthode est à même de mettre fin à toute respiration difficle ou sifflante.Cette offre gratuite est vraiment trop importante pour que vous négligiez un seul jour de la faire venir.Ecrivez dès maintenant et commencez tout de suite à suivre cette méthode.N'envoyez pas d'argent.Expédiez simplement le coupon ci-dessous.Faites-le aujourd\u2019hui \u2014 vous ne payez même pas les timbres.Une correction des troubles pulmonaires.\u2014Bien des témoignages peuvent être donnés pour démontrer la grande efficacité de l\u2019Huile Eclectrique du Dr Thomas pour corriger les désordres des voies pulmonaires, mais le meilleur témoignages est l'expérience et l\u2019Huile se recommande à tous ceux qui souffrent de ces maux avec la certitude qu'ils seront soulagés.Elle fera disparaître l\u2019inflammation des bronches.DERRIERE LE VOILE (Suite de la page 35) un album de publicité.Madeleine entrait dans le drawingroom, à cet instant.Elle saisit la fugace rougeur des deux jeune visages qui, tout aussitôt, se creusaient et pâlissaient.Pendant quarante-huit heures, Valentin Glozel resta commensal de l\u2019Hôtel de la Grande-Bretagne, disparaissant entre les repas, mais consacrant fidèlement ses soirées à converser avec miss Marwell ! \u2014 Mon flirt! disait triomphalement Titania, faisant sonner son aimable rire en grelot d\u2019argent.Mais, ainsi parlant, elle envoyait une malicieuse chiquenaude dans la direction de Ro-salinde.La pluie tomba, tout le matin du troisième jour, escamotant le paysage.Plus d\u2019autre horizon que les masses humides.Une éclaircie se produisant enfin, vers le milieu de l\u2019après-midi, Raymonde fut déléguée à plusieurs courses en ville: «chemist, perfumer», etc.Les diverses missions accomplies, la jeune fille se trouvait à proximité de la terrasse Saint-Martin.Elle céda à la tentation d\u2019y monter.Elle aimait ce belvédère dominant un vaste cercle, et d\u2019où le rêve s\u2019élançait, comme d\u2019un tremplin idéal.Une forme humaine se dressa soudain, projetant de la vie dans cette perspective morte.Mlle.Airvault jeta un léger cri.\u2014 Ne vous effrayez pas! dit Valentin Glozel, et ne vous indignez pas non plus, si je vous avoue que je vous guette, depuis mon arrivée ici, avec une patience d'apache.Mais vous êtes toujours accompagnée.Et j\u2019imagine que vous vous méfiez de moi, que vous me fuyez.Elle murmura d\u2019une voix indistincte : \u2014Pourquoi désirez-vous tant causer avec moi ?\u2014 Parce que j\u2019ai beaucoup de choses à vous dire! répliqua-t-il résolument .J\u2019attends le moment propice depuis des mois.Cette occasion désirée, j\u2019ai cru la saisir, un jour, chez Mme Forestier.Mais je fus dérangé.Et puis la guerre n\u2019était pas finie.Je me fis scrupule de vous troubler.Et je déchirai la lettre où je vous déclarais que vous voir, vous entendre, c\u2019était une jouissance jamais éprouvée et dont jè ne me lasserais jamais ! Voilà ! Elle se détourna davantage.Mais elle ne parvenait pas à réprimer le tremblement qui l\u2019agitait.Ses lèvres pâlies articulèrent : \u2014 Ce n\u2019est pas bien de parler ainsi.à la meilleure amie de la chère Evelyne.\u2014 Evelyne! répéta Valentin avec l\u2019accent du plus profond étonnement.Pourquoi me nom-ner Evelyne Davier?Elle n\u2019a rien à faire avec la question dont je vous entretiens.\u2014 Si, si!.Tout le monde suppose.Et ses parents, les vôtres croient peut-être.G\u2019est si naturel !.Je ne veux pas être une cause de chagrin pour elle, ni pour son père.Le jeune homme s\u2019irrita.\u2014-Mais Evelyne n\u2019est pour moi qu'une gentille camarade.Je me moque de ce que le monde suppose.et même de ce que mon bonheur personnel est en jeu.Ge que je sais pertinemment, c\u2019est que vous m\u2019avez conquis sans le chercher.Tout ce que je sais de vous me charme! Croyez-vous pouvoir m\u2019aimer un peu, comme moi, je vous aime tant ?Frissonnante, Raymonde essaya de couvrir de ses mains le flamboiement qui la brûlait du front au cou.Valentin saisit victorieusement les poignets blancs et dégagea le visage dont les paupières palpitantes dérobèrent le regard.\u2014 Ma chère aimée !.Je crains de m\u2019illusionner.Cependant, j\u2019espère.Répondez ! M\u2019aimez-vous ?\u2014 Je vous en supplie, fit-elle très bas.Ne me tourmentez pas ainsi! Ge que vous voulez est.généreux, mais irréalisable.Je suis une modeste institutrice.Vos parents doivent désirer pour vous une alliance.plus appropriée à leur situation.\u2014 Gela n\u2019entre pas en compte, je le répète ! Mes parents sont de braves gens.Ils se sont mariés eux-même par inclination.-.Puis, hélas! Je demeure leur enfant unique.Mon frère aîné a été tué au début de la guerre; ma jeune sœur est morte de la grippe l\u2019hiver dernier.Quand j\u2019amènerai une fille aimante et bonne dans leur maison en deuil, ils lui ouvriront les bras ! La suggestion de l\u2019heureuse vision entraînait le jeune homme à un élan que Raymonde, éperdue, esquiva : coupon d\u2019essai gratuit FRONTIER ASTHMA CO., Room 575-D Niagara and Hudson Sts., Buffalo, N.Y.Veuillez envoyer un essai gratuit de votre méthode à : ' *\u2014Je vous en conjure, réfléchissez ! \u2014 Je réfléchis depuis des mois.L\u2019heure est venue d\u2019agir! On n\u2019a jamais trop de temps devant soi pour être heureux ! \u2014Ayez pitié de moi! dit-elle alors, les mains jointes.Elle n\u2019eut pas besoin de répondre.Son regard exprimait tout ce que la voix n\u2019eût su traduire.Une heure plus tard, Valentin Glozel annonçait son brusque départ à miss Marwell et à Mme Airvault.A Paris, au cours d'un thé, Mme Davier apprenait à Mme Clozel, mère de Valentin que le père de Mlle Airvault avait été mis en prison pour une affaire « qui n\u2019avait jamais été tirée au clair.» III Le train emportait Raymonde Airvault, ce jeudi, de Saint-Germain à Versailles, Philo, très malade, réclamait une visite de la jeune fille.Et celle-ci, avec la permission de Mlle Duluc, accourait au chevet de la pauvre vieille qui la désirait comme une dernière joie.D\u2019autres nouvelles, reçues au même courrier le matin, ajoutaient à l\u2019émoi que lui causait cette démarche suprême près de l\u2019humble amie mêlée au passé.La jeune fille, dans l\u2019isolement du wagon, lisait et relisait ses lettres avec un trouble croissant.La première, datée de Menton, provenait de sa mère.Plusieurs feuillets de papier pelure: un véritable journal.Dimanche 16 novembre, « Le soleil brille sur les montagnes et sur la mer.Mais la vraie lumière, pour ta pauvre maman, c\u2019est le sourire de ta photo, posée près de mon encrier.Quel bonheur si je pouvais jouir réellement de ta présence, comme le cher et excellent docteur me le fait espérer! « Cette solution arriverait à point pour me permettre de quitter miss xMarwell sans la froisser ni l\u2019affliger.Une de ses parentes se trouve appauvrie par de grandes pertes.Daisy ne peut guère lui venir en aide qu\u2019en l\u2019appelant à me remplacer.Mais jamais elle ne s\u2019y décidera dans la crainte de me peiner.Elle est si délicate et si bonne! Ainsi! mon départ, motivé par cette nomination, satisferait tout le monde, sans blesser personne. 14 novembre 1925 J&So/medZ' 37 « Dieu nous prendrait-il en pitié ?Le printemps dernier, j\u2019avais fait connaissance, ici même, d\u2019une famille italienne d\u2019honorables commerçants.Un des frères du patron est établi directeur de banque dans la partie sud du Chili.Ce banquier vint lui-même en France pour deux mois, afin de revoir sa mère.Mis au courant de mon histoire, il me promit de faire des recherches, qui seraient d\u2019autant plus efficaces qu\u2019il possède, des relations dans toutes les classes.Ce brave homme, de retour au Chili, n'a pas oublié sa promesse.Dans sa dernière lettre à son frère, il dit avoir retrouvé trois rescapés de l\u2019horrible incendie du Chilian.Ceux-ci, la veille de la catastrophe, dînèrent avec un architecte français, qui leur parla des plans de l\u2019hôtel futur et qui fatigué, les quitta pour aller se mettre au lit.Dispersés après le sinistre, ils n\u2019eurent pas connaissance de l\u2019annonce publiée par les soins de M.Vielh, ou négligèrent de se déranger.Quoi qu\u2019il en soit, tous trois, pris séparément, ont répété .les mêmes détails et les mêmes affirmations.Leurs dépositions, dûment légalisées, vont être adressées à la Compagnie d\u2019assurances, qui ne saurait plus alors différer l\u2019exécution de son contrat sans mauvaise volonté notoire.Ainsi, ô ma chérie, ton pauvre bien-aimé père, mort d\u2019une façon si cruelle, ne sera plus insulté par des suppositions calomnieuses ! Mardi.« Chérie, M.Valentin Clozel nous a visitées hier et m\u2019a demandé une entrevue ce matin.Ensemble nous sommes sortis pour une promenade au Cap-Martin, et longuement il me parla de toi.« Qh! ma petite, je l\u2019aime de te distinguer, de t\u2019apprécier, d\u2019exprimer avec une si belle ardeur son désir de.te donner sa vie.Il serait bien le compagnon loyal, aimant, intelligent et énergique que je souhaite pour ma chère fille.« Je lui ai raconté notre grande épreuve, l\u2019accusation qui atteignit ton père et nous désespéra.Je dois t\u2019avouer qu\u2019il me parut fortement secoué par cette révélation inattendue.« Sois forte et calme.Quoi qu\u2019il arrive songe au refuge que t\u2019offre le cœur maternel.Je t\u2019embrasse de toute mon âme.« Madeleine Airvault » Une larme avait maculé ces dernières lignes, que Raymonde frôla pieusement des lèvres.Il lui suffit d\u2019ouvrir la troisième enveloppe pour qu\u2019un fluide brûlant parcourût ses veines.C\u2019était seulement un petit carton, griffonné de quelques lignes.« Vous me défendez de vous écrire, très méchamment.Aujourd\u2019hui, j\u2019enfreins l\u2019ordre.Je suis à Menton.J\u2019ai causé avec votre délicieuse mère.J\u2019approuve votre passé, et je veux la direction de votre avenir.« Je vous aime.Je ne saurais trop le redire.Et \u2014 je me le jure à moi-même \u2014 j\u2019acquerrai le droit de vous donner le baiser dont j\u2019ose à peine écrire le souhait ici ! «Vôtre à jamais.« Valentin.» L\u2019arrêt en gare obligea Raymonde à redescendre du rêve dans le monde actif.En suivant la foule, elle réfléchit qu\u2019à cette heure il lui restait quelque chance de rencontrer encore le docteur Davier et qu\u2019ensuite elle se trouverait libre de donner l\u2019après-midi à la malade.IV Elle se retrouva bientôt devant la grille franchie par son père, sept ans auparavant, un soir de juin.Comme en ce temps-là, le portail restait béant, laissant libre l\u2019accès de l\u2019allée pavée qui menait au perron du petit hôtel.Sans oser jeter un regard de ce côté, Raymonde frappa à la porte de la première maisonnette basse, à la haute toiture percée de lucarnes en saillie.Des savates traînèrent sur le carrelage.Et dans l\u2019entre-bâil-lement parut une figure, usée plus que vieille; paupières sans cils, teint cireux, cheveux jaunâtre roulés en un minuscule chignon.¦\u2014-Ah! Mademoiselle Airvault, que vous êtes gentille d\u2019être venue! Elle ne cesse de vous demander.C\u2019est son idée fixe.\u2014¦ Si j\u2019avais su, je serais venue plus tôt.\u2014 Cela a été subit.Et tout de suite le cœur à flanché .Elle est très bas, très bas.Tout en susurrant, la vieille femme traversait la cuisine pour ouvrir la porte d\u2019une seconde pièce où deux lits, bout à bout, se rangeaient au long de la muraille.Sur la couche la plus éloignée, Raymonde aperçut Pliilomène, soutenue par une pile d\u2019oreillers, les mains errantes sur les draps.Des mèches grises, échappées au bonnet, retombaient sur le visage cachestique, où luisaient des yeux de fièvre.C\u2019était la première fois que la jeune fille entrevoyait les transes des ultimes combats.Maîtrisant son effroi et sa pitié, elle s\u2019approcha de la moribonde et posa un baiser sur la tempe flétrie.\u2014Rara! ma jolie petite Rara si bonne ! Enfin ! \u2014 Je ne vous savais pas malade, chère Philo! Vous m\u2019auriez vue déjà.Où souffrez-vous ?\u2014-Partout?Mais bientôt je ne souffrirai plus.Te parler va me soulager.Après je m'en irai sans craindre vers le bon Dieu.Adèle, laisse-nous.La voix saccadée avait pris une force soudaine, Adèle sortit, obléissante.\u2014-Je me tiendrai à côté, Mademoiselle.Si vous aviez besoin de moi.Philo surveille la porte, qui se referma strictement.Alors les prunelles de braise plongèrent un âpre regard dans les beaux yeux, jeunes et brillants.\u2014 Tu es jolie, Rara, de plus en plus!.Et voici l\u2019âge du mariage! Je m\u2019en tourmente ! \u2014- Pauvre bonne amie ! \u2014 Non.pas si bonne! J\u2019aurais dû parler déjà depuis deux ans.J\u2019ai retenu cela, par affection pour Evelyne, pour son père.C\u2019est Ernest, mon neveu, le fils d\u2019Adèle, mort durant la guerre dans un hôpital de Paris, qui s\u2019en inquiétait aussi, dans sa conscience.Adèle ne sait rien.La tête pas assez solide et puis trop de chagrin!.Mais en repassant ses fautes, Ernest retrouvait celle-là.Il m\u2019a révélé à moi seule, et à son confesseur, comme il se reprochait de n\u2019avoir pas dit à propos.ce qu\u2019il savait.Il faut toujours dire la vérité.A l\u2019âge d\u2019homme, il voyait combien il avait été coupable.Mais alors c\u2019était un gamin, et il avait une peur affreuse des magistrats.Ah! j\u2019étouffe! Pourvu que j\u2019ail-(Suite à la page 38) i.Oui, vous pouvez embellir vos YEUX Des femmes, dans le monde entier, ont embelli leurs YEUX au moyen de Murine.Cette lotion absolument inoffensive rafraîchi et avive les YEUX ternes et pâles, et les maintient clairs, brillants et sains.Ecrivez à Murine Company.Dépt.53, Chicago, pour brochure sur la Beauté des Yeux.1H IRIISE> POUR LES YEUX LA MEILLEURE MAGNESIE POUR VOTRE INDIGESTION Prémunit contre les maux d\u2019estomac occasionnés par des digestifs artificiels.La plupart des gens qui souffrent, occasionnellement ou de manière chronique, des gaz, de l\u2019ad-dité ou de l\u2019indigestion, ont maintenant discontinué leurs régimes rigoureux et renoncé à l\u2019emploi d\u2019aliments brevetés et de remèdes nuisibles, toniques pour l\u2019estomac, digestifs artificiels, etc., et au lieu de cela, suivant le conseil si souvent donné dans ce magazine, prennent, après chaque repas, une cuillerée à thé ou deux tablettes de Magnésie B\u2019iuratée dans un peu d\u2019eau, avec ce résultat qu\u2019ils ne souffrent plus jamais de l\u2019estomac, qu\u2019iLs peuvent manger n\u2019importe quoi et jouissent d\u2019une santé excellente.Ceux qui font usage de la Magnésie Bisuratée ne redoutent jamais i'approche des repas parce qu\u2019ils savent que cet anti-acide merveilleux qu'on peut se procurer dans n\u2019ianporte quelle bonne pharmacie, neutralise immédiatement l'acidité de l\u2019estomac, adoucit l\u2019estomac, prévient la fermentation des aliments et cela sans la moindre douleur, sans le moindre inconvénient.Essayez ce moyen, mais ayez soin d\u2019acheter la pure Magnésie Bisuratée, spécialement préparée pour les besoins de l\u2019estomac.ARRETEZ CETTE DEMANGEAISON Soupirez-vous après cette sensation douce et rafraîchissante que vous ressentez lorsque la démangeaison est disparue Alors faites l\u2019essai de la prescription D.D.D.C\u2019est un liquide qui lave et adoucit et qui donne un soulagement instantané, à la première application.Dès l\u2019instant que ce liquide adoucissant rafraîchissant touche la peau, la démangeaison disparaît.Elie disparaît absolument: la torture da cette cuisante démangeaison cesse.Prescription D.D.D.et savon D.D.D.en vente chez tous les pharmaciens.Dell,]© Ecîstciîüo ® d\u2019essai D.D.D.Co., 431
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