Le samedi, 1 mai 1924, samedi 17 mai 1924
[" Vol.XXXV, No BO\tLisez notre nouveau feuilleton : « LA MORT DANS LA VIE \u201d\t17 MAI 1924 MAGAZINE ILLUSTRE - LITTERAIRE - HUMORISTIQUE - MUSICAL %MC* r '**\u2022 .» GUARANTEE ;.^Vw REMOVE SEAL WITH DAMP CLOTH SS C&*,: \u2022 \u2018.*sæsa 5s ¦'er 3 \"tre de «W>V le vou- récri' ,ouj°|\"'s .Tr'! »'e me su*s fa;r î rùver5' |eTvmeS\u2019V,e.0ui mnn 3mie- l'aime le o,', fi le 1 a me a men rendre malade le iour d- 1;™\t'e d\"'\"er ce sera te Wqr gros ne ne mais avec la convict:on du devoir ac Cnmnll.Ic donne tout mon lemns et ie pourrais IX\tVenL y>: un estimée\u2018rtlon',WréCmériteCe',e qUal',e VOUS SeTez HtMBI E VIOI PTT P \u2014 Ce pseudo est fur «lui Sau\u201dI' môdesle' dè'\tJnftpï Z donllTN,\tS\".enetSvei! qm donne la nature aux bmb-%, aux non\u2019ets rH\u201e â.\u2019e nid de FoKeau.Il convint si i\u2019nn i ^°tr* 3me\treire que vous l\u2019accenferez '\"TL .Venez verdir dans mon fard n ' brin*d herbe'°US Con\u2018u\"*r\u201c\u2019\u201d brin,1 gTnti, PAQUERFrrF._ votre m,nière dE des é oges est s, spirituel que l'on ne peut ! i.inner.mais eare à Vous, petite flattens! Vous me demandez ce que i'aime?J'aime tout 0\".est \"r.ind noh'e et beau.La rature av île\u2019s»S*',ou.et\tb\"'5,*\"\".e'' « due j'aime na nfnd.Vùl J'1\"™ ,a Pe'n,\u201cre narcc quelle n P .\tS» ü*~£2 V.gB 1\u2014Les enfants s\u2019engagèrent dans le long tunnel fomé par ks lianes grimpantes au-dessus de la rivière.Madeleine avait un peu peur car il faisait très Sombre dans ce tunnel.ii*»'*-' 4\u2014La bête se précipita sur les enfants.Rogt r et Pierrot levèrent leurs avirons afin de défendre chèrement leur vie et celle de la pauvre Madeleine qui pleurait à chaudes larmes.7\u2014La bête enragée nagea dans la direction des enfants puis après elle gagna le bord Les enfants étaient sauvés encore une fois.1 Madeleine pressait dans ses bras son petit singe qui était devenu son ami.2\u2014Tout à coup, comme ils navî-gua.ent Madeleine aperçut un énorme léopard placé sur une grosse branche d'arbre et qui semblait attendre le passage des enfants pour les dévorer.5\u2014Le léopard tomba sur le derrière du canot ce qui eut pour effet de faire basculer le canot.Les enfants faillirent être précipités dans la rivière mais Pierrot rétablit l\u2019équilibre.&\u2014Après une heure le canot arriva à la mer Le ciel s\u2019éclaircit au-dessus de la tête des enfants qui purent voir le soleil resplendissant.Ils étaient enfin debarrassés de ce long tunnel 3\u2014Madeleine voulut qu'on retourna, mais il était déjà trop tard; la grosse bête s'élançait sur les enfants.Madeleine ferma les yeux pendant que les deus garçons se tenaient prêts à se défendre 6\u2014Pendant ce t> mps le brave Roger luttait de toute sa force avec le léopard et après quelques instants .1 fut assez heureux pour le jeter dans la rivièn .Pierrot ramat rapidement pour s\u2019éloigner de la bête.9\u2014Ils aperçurent un vieux navire qui leur parut être une galère espagnole (Que virent les enfants dans cette galère' Nous le saurons en lisant le Samedi de la semaine procha.ne).LE M*RIN Le marin.\u2014- Ce que je ne sais pas.sur l\u2019océan ne vaut pas la peine d\u2019être su.Le voyageur.\u2014 Savez-vous si le lit de l\u2019océan a des ressorts?INVITATION Le jeune homme.\u2014 Aimeriez-vous m\u2019accompagner à la danse samedi soir prochain?La jeune 611e.-\u2014 Avec plaisir, monsieur.Le jeune homme.\u2014 Auriez-vous l\u2019obligeance d\u2019acheter de moi votre billet.TRANQUILLITE Ernest.\u2014 Ma femme a vu, l\u2019autre jour, une robe qui lui plaisait et depuis je n\u2019ai pas un instant de repos.Eugène.\u2014 Pourquoi ne la lui achètes-tu pas?Ernest.\u2014- Je ne puis pas, la robe était sur une autre femme.POUR NE PAS PERDRE DE TEMPS Le patron.\u2014 Comment! vous ne vous servez plus de votre machine à écrire?L'employé.\u2014 Au contraire, monsnur, je m\u2019en suis servi il y a à peine cinq minutes.Le patron.\u2014 Mais il y a une toile d\u2019araignée dedans! L\u2019employé.\u2014 Je le sais.Il y avait une mouche dans ma machine, alors pour ne pas perdre de temps à la chasser, j\u2019ai introduit une araignée dans ma machine.APPRECIATION Jeanne.\u2014 Ton frère est le plus gentil garçon que je connaisse.Eva.\u2014 On vort bien que tu n\u2019es pas sa soeur! QUERELLE Monsieur.\u2014 Voudrais-tu, par hasard, te payer ma tête ?.Madame.\u2014 Tu sais bien, mon cher mari, que le veau m\u2019est défendu 1 17 17 m§i 1924 \\ m\tNOUVEAU FEUILLETON DU » SAMEDI » LA MORT DANS LA VIE Par PAUL ROUGET VOIR LA SUITE DU FEUILLETON «LA FILLE IV5AUDITE\u201d PAGE 27 PREMIERE PARTIE 1 LA BRUNE ET LA BLONDE I PREMIERE AMOUR Au revoir, petit père Délicieuse, toute frêle et blonde, le visage allongé pâle et fin, perdu dans l\u2019envol fou des cheveux de soleil, la finette se haussait sur la poinle des pieds et, les bras levés, tendait ses lèvres fraîches vers le baiser de Roger Darmont, qui, mince, grand, d\u2019apparence extrêmement sympathique, souriait et se penchant.\u2014 Au revoir, ma Claudette, fit-il.A ce même inslant, le jeune homme se senti t reteiiu par une petite main qui essayait de le tirer en arrière pendant que la voix hésitante, zézéyante d\u2019une autre enfant prononçait : \u2014 Moi aussi, ze veux te dire au revoir.Déjà Roger s\u2019était retourné.Haut à peine comme la table, mais très droit sur ses petites jambes guêtrées de cuir fauve, ses cheveux sombres, ondulés, encadrant adorablement un minois rose et grave de chérubin brun, un garçonnet souriait.Dans les yeux du père, des yeux admirables de velours, noir, foui pareils, à trente ans de distance, aux yeux de l\u2019enfant qui le regardait en tendant à son tour ses bras vers lui, une flamme d'ardente tendresse passa.\u2014 Mon petit Marco, murmu-ra-t-il.Et gardant la fillette au bras gauche, prenant le garçonnet du bras droit, il les souleva tous di ux, les serra contre sa poitrine.\u2014 Au revoir, mes chéris.au revoir, mes beaux adorés.Publié en vertu d\u2019un traité avec la Société des Cens de Lettre* Mais le regard de Roger Darmont allait à présent vers une jeune femme grande et souple, au corps gainé dans une robe de drap gris et qui, très blonde, avec un visage pâle et pur qu\u2019éclairaient des yeux bleus d\u2019une douceur et d\u2019un charme incomparables, contemplait cette scène sans mot dire.Dans la pénombre qui, par cette brumeuse après-midi de novembre, emplissait la petite salle à manger coquettement meublée, le jeune homme vit une ride profonde se creuser au front blanc et poli de la jeune femme.Il vit aussi ses lèvres trembler.comme pour éteindre une lueur de tristesse qui glissait dans ses beaux yeux.Déjà il avait remis les enfants à terre.Déjà il s\u2019était approché d\u2019elle, lui avait pris les mains.Et, sur un ton de léger reproche : \u2014 Voilà ma Christiane qui, une fois de plus, n\u2019est pas courageuse comme il le faudrait.\u2014 C\u2019est vrai, mon Roger.répondit-elle avec un soupir.Ce soir, en pensant que nous allons rester plus de vingt-quatre heures loin l\u2019un de l\u2019autre.mon cœur, malgré moi, se serre atrocement.Nous sommes si heureux, les chers petils et moi.lorsque tu es là, que j\u2019ai peur dès que lu nous as quittés.\u2014 Peur., et pourquoi?Rien ne vous menace, je suppose ?\u2014 -Sait-on jamais ! La jeune femme avait eu un frisson en prononçant ces derniers mots.Sa voix avait tremblé et brusquement, ainsi que pour chercher là un refuge,elle avait posé sa tête blonde contre l\u2019épaule de son mari.Celui-ci tressaillit à son tour.Et après un silence seulement troublé par le tic tac assourdi d'une pendule de style ancien posée sur la cheminée, entre deux haut cornets de cristal opalin où.se mouraient des roses thé: ?\u2014 Christiane, que signifient ces mots?inltierrogea-t-il.Puis, comme elle ne répondait pas : \u2014Pourquoi gardes-lu le silence ?Pourquoi ce trouble?.Qu\u2019as-tu, ma Christiane?.Me cacherais-tu quelque chose?.\u2014 Roger.\u2014 Il eût voulu lire dans ses yeux.Il essayât de lui faire lever la tête.Elle résista, protestant: \u2014 Non.non.je t\u2019assure.\u2014Si.Depuis quelques jours, d\u2019ailleurs, je l\u2019ai remarqué tu es, à certain instants, préoccupée, soucieuse.Hier, voyant que je t\u2019observais, tu es venue à moi comme pour me faire une confidence.Et puis tes lèvres se sont fermées avant d\u2019avoir formulé ce que l,u avais à me dire.Quel est donc ton secret.ce secret., de ton cœur., devant l\u2019aveu duquel tu recules, comme si tu craignais de me faire de la peine ?Il avait réussi à détacher les bras de la jeune femme qui s\u2019étaient, enroulés à ses épaules.Il distinguait à présent les traits pâlis de son joli visage sur lequel, quand il eût fini de parler, se refléta soudain une brusque résolution.-\u2014 Eh bien, mon Roger, puisque tu le veux.je vais te dire.Elle avait:, tout en prononçant ces mots d une voix encore hésitante, d\u2019une voix inquiète, levé les yeux \u2014 des yeux aux reflets changeants, qui allaient de l\u2019émeraude à l\u2019améthyste \u2014 vers son mari; mais elle le vit si pâle, si bouleversé, tout à coup, qu\u2019une fois de plus.les paroles d'aveu s\u2019arrêtèrent à ses lèvres.Parle, mais parle donc ! ordonna-t-il presque violemment cette fois.De nouveau les paupière- de la jeune femme avaient battu, de nouveau elle penchait la tête et.comme tout à l\u2019heure, la laissait rouler sur hépaule de son mari en répondant après j une hésitation : \u2014 Ce secret de mon cœur ne t\u2019est pas inconnu, mon Roger.Il es1!! tout entier dans cette jalousie maudite dont j\u2019ai tant souffert déjà et que je t\u2019avais promis d\u2019étouffer en moi.Or, en mon âme restent les mêmes craintes, les mêmes suspicions que par le passé.Et ce manque de confiance envers toi.je me le reproche comme un crime.; Ah!.Roger.je suis coupable., bien coupable.Pendant qu\u2019elle parlait, le visage du jeune homme se rassérénait.\u2014N\u2019est-ce vraiment que cela?demanda-t-il.Elle eut un dernier tressaillement, vite réprimé : \u2014 Ne trouves-tu pas que c est suffisant pour motiver une réprimande et pardonneras-tu à ta pauvre grande ?< lui, ma chérie rassure toi.\u2014 Et voudras-tu lui répéter I encore.lui répéter toujours que tu l'aimes.elle seule.è jamais ?.Mais oui.mais oui.- Parce je te veux à moi comme je sui$ à toi : exclusivement sans partage.Idle ajouta, comme pour elle: ~ Je n en supporterais pas.H souriait à présent.A le pendule quatre heures sonnèrent.Roger se dirigea vers le fond t de la salle à manger.Il s\u2019empara d'un sac de cuir et d'un pardessus posés sur un fauteuil.Voici l'heure de partir fit-il en revenant, vers Christiane.Elle dit, essayant de sourire: ! \u2014 Tu ne manqueras pas le train, demain ?\u2014 Sois tranquille.Si ma plai- : doirie est terminée pour onze heures, comme je l\u2019espère, je quitterai Poitiers dès midi.\u2014 Sinon ?.\u2014- Sinon., je l'avertirai tout de suite par une dépêche ef, je ' prendrai le rapide de quatre 16 Adorned* 17 mai WM heures* trente pour arriver à neuf heures.Des paroles tendres.des baisers furent! encore échangés, et quelques secondes plus tard la porte de l\u2019appartement se refermait sur Roger Darmont.û Le soir tombait.La pénombre fût devenue ténèbres saits la clarté du foyer qui plaquait sur les meubles des reflets rouges.La jeune femme, doucement.avait reconduit les enfants à leurs jeux, interrompus par le départ du père.Elle vin'H ensuite s\u2019asseoir auprès du feu, dans un grand fauteuil ancien à l\u2019appuis duquel elle s\u2019accouda.Et là, dans une pose d\u2019inquiétude, répondant aux mêmes préoccupations qui l\u2019avaient assaillie lout à l\u2019heure : ! \u2014 J\u2019aurais dû prévenir Roger, murmura-t-elle.Y avait-il donc un secret çrave dans la vie de eeltite femme qui adorait, son mari \u2014 cela n'étais pas douteux \u2014 et qui était \u2014 cela semblait aussi certain \u2014 adorée de lui ?Un secret grave,non.Une inquiétude seulement.née de la déclaration soudaine d\u2019une passion que sa souveraine beauté avait fait éclore Un homme.un ami de son mari le jeune chirurgien George Servières.d* jà répété, déjà connu, la poursuivait d\u2019un désir passionnel dont, foncièrement honnête,elle avait considéré l\u2019aveu récent comme une sorte d\u2019outrage.Et y\u2019avait été avec une sorte d'indignation profonde qu\u2019elle avait repoussé fes hommages ardents de cet audacieux qui avait alors répondu : \u2014 Ce que j\u2019ai désiré, madame.est toujours arrivé à son heure.L\u2019heure de vous avoir n\u2019esl pas venue, soit: j\u2019attendrai.Le regard calme, résolu, dont il avait accompagné ces paroles.avait frappé Christiane plus que tes paroles et tes-mêmes.Elle s'était, demandé aussitôt : Dois-je avertir mon mari?Mais après réflexion elle avait déridé de lui cacher ce h incident.Elle était sûre d\u2019elle et les menaces de cet homme semblaient être très vaines.Elle savait Roger violent et très sensible à la fois\u2019 !\t> révenir, c\u2019eût été t'irriter et linquiéter; il lui jitnibla qu'il n\u2019y avait nas à cela de raison suffisante.De chirurgien ^\"iru\u2019 \"f Christiane.encore er \u2022 1 me 1 \u2022'\u2022A 1» miel malgré qu ¦ leur mariage datât de cinq ans déjà \u2014 Clau- dette et Marc, les deux enfants ayants respectivement quatre e1 trois ans \u2014 l\u2019avaient connu six mois plus tôt chez ses amis communs.Jeune, la trentaine à peine dépassée, d\u2019une carrure d\u2019afihlète, de® yeiux changeants, inquiétants, tantôt d\u2019un froid de métal accusant une volonté puissante, tantôt d\u2019un gris brouillé cachant mal d\u2019orageuses et violentes passions,le docteur Servièresi, arrivé depuis huit mois de la Martinique, son pays d\u2019origine, s\u2019était fait présenter au jeune avocat qu\u2019était Roger Darmont, et vite, par une amabilité calculée, avait conquis son esti#ne, presque sa sympathie.C\u2019était, cela, dans le but de se rapprocher de la jeune femme pour laquelle, tout de suite, il avait éprouvé un coup de passion réel.Celle-ci devinait qu\u2019en dépit de la froideur qu'il affectait à présent vis-à-vis d\u2019elle, il n\u2019avait pas désarmé.La veille, elle s\u2019était trouvée de nouveau en faee de lui, et son regard étrange, son regard persistant.menaçant, l\u2019avait fait frissonner.Elle avait eu conscience d\u2019un danger plus proche.d\u2019un danger redoutable qui viendrait le cet homme.Gomment ?Elle n\u2019eût pu le dire.mais elle le devinait.elle 1» pressentait.elle avait peur.Et.certes, sans la crainte née en elle que son mari, prévenu, ne provoquât l\u2019Américain, dont la réputation d\u2019infaillible tireur était connue, oui.sans cette crainte.elle n\u2019eût pas hésité plus longtemps à mettre Roger en garde contre les faus-es protestations d\u2019amitié de cet homme.Mais la vision de sang.de meurtre passaient devant ses veux aux minutes où les mots d\u2019aveu montaient à ses lèvres.Et.fri-sonnante.elle refoulait, ces mot- en elle.Elle adorait si complètement.-i infiniment son Roger.qu\u2019elle avait voulu jusque-là.même au prix d'une imprudence.'\u2018carter de lui toute nmue et aussi tout danger.Dan- le train qui.h travers la nuit dp novembre, l\u2019emportait tout seule dans Son compartiment.le jeune avocat songeait.Un moment ce fut à le plaidoirie qu'il allait prononcer le lendemain devant le tribunal de Poitiers.Ensuite aux être- aimes lai- -és à Paris dans le petit appartement de la rue Laugier.G\u2019était l\u2019heure où Christiane avait l\u2019habitude de mettre les enfants au lit II les vit avec leur longue chemise de nuit, si beaux., joignant les mains pour la prière du soir.\u2014 Chers.chers adorés.murmura-l-il.Sa pensée, maintenant, remontait le cours du temps, se fixait sur un tournant déjà lointain de sa vie.Q\u2019éttait.six années plus tôt, aflors qu\u2019il terminait ses études de droit.Il habitait une très modeste chambre au sixième étage d\u2019un hô*feel de la rue de Médicis.De nature un peu sauvage et mélancolique comme ce pays d\u2019Auberive.perdu aux 'Confins de la Champagne et.de la Bourgogne, où il était né et où son pèrgi simple garde forestier et sa mère, petite vieille alerte et trottinante, habitaient, encore, il vivait très retiré tout à ses chères études.Un jour, au retour de la faculté, dans l\u2019escalier de l\u2019hôtel, il s\u2019était effacé pour laisser passer une jeune fille qui descendait accompagnée d\u2019un vieillard.Son regard s\u2019étant croisé avec celui de cette inconnue, i] éprouva une sensation étrange; Elle avait des yeux immenses qui paraissaient refléter tout le soleil des tropiques.Sa peau était mate, ambrée presque,ses cheveux et ses sourcils d\u2019un noir de jais ses lèvres si rouges qu\u2019elle- semblaient teintes.Comme Roger remontait un peu étourdi un peu grisé par cette vision lumineuse : \u2014\u2014 I ne belle créature, hein, monsieur Darmont! avait murmuré près de lui la voix de Francis, un de- garçons do l\u2019hôtel.\u2014 Oui, en effet.__ Elle est descendue ici avec son père.C'est une créole do la Martinique, à ce qu\u2019il paraît.Vous n'avez pas remarqué qu\u2019elle s'est retournée pour vous regarder ?-\u2014 Allons donc !.avait balbutié Roger.dont le trouble s'était accru.Le lendemain, de nouveau, il avait rencontré la jeune fille.Cette fois, visiblement, le regard de celle-ci s'était arrêté sur lui.Et il s'était senti plus délicieusement troublé oncore.Unit, jours plus tard, sous un prétexte banal de politesse, les deux jeunes gens avaient échangé quelques paroles,dans le salon de l\u2019hôtel.où ils se trouvaient seuls vers l\u2019heure cré- pfUBtculaire.L\u2019émotion de lews voix avait trahi celle de leurs âmes.La jeune créole avait dit son nom, Inès-Adeline Marquisat.Roger avait fait connaître le sien.Les mods tremblaient sur leurs lèvres.Des fleurs odorantes se fanaient devant eux, dans une jardinière Louis XV, décorée d\u2019amours joufflus.Le silence complice enveloppait en aggravait leur trouble.Plus tard, dans ce même salon, d\u2019autres aveux étaient venus à leurs lèvres.Et puis presque spontanément, avec toute la fougue de sa nature ardente et passionnée, Inès avait, donné son âme au jeune homme, dont le visage calme, mélancolique et grave, l'avait séduite.Roger crut alors qu\u2019il aimait réellement.Il le dit.Et.un soir., un soir de pourpre et d\u2019or, alors que le printemps chantait à la fenêtre en'tir\u2019ouverte ie la chambrette habitée par le jeune homme et où la jeune fille é'Iiait venue, les deux amoureux commirent la folie éternelle.Quand Inès revint à la réalité des choses, elle fit promettre à Roger qu\u2019il l\u2019épouserait.Il objecta sa pauvreté.Elle lui ferma la bouche par des baisers.Elle était riche pour deux.Il avait, lui.le trésor de sa .jeunesse.de son talent.Elle estimait qu\u2019elle était, elle, la plus pauvre.Elle ne voyait, en réa-Htf qu\u2019un ennui., léger.à sur monter.Le pi re d\u2019Inès avait déjà fait quelques projets ; VOUS les apercevez à l\u2019autre bout du salon.Elle, posée\u2014confiante; teint vermeil et taille élégante; la femme assez sage pour rester jeune pour son mari.Lui, dont l'orgueil de la possession se trafiit à ses moindres gestes; le man fier de sa femme.Combien rares pourtant sont les femmes qui comprennent que la coquetterie et le soin de la beauté ne doivent pas cesser avec le mariage ! Jeunesse! Enchantement! Fraîcheur éclatante de l'écolière ! autant d attraits qu\u2019on est maintenant sans excuses de perdre.Les moyens en sont faciles, comme, des milliers de gens vous le diront\u2014eau et savon, tout simplement; mousse embaumée des huiles de palme et d\u2019olive telles que mélangées dans Palmolive.La bonne méthode Usez, si vous voulez, de poudre et de rouge.Mais ne les gardez pas la nuit.Ils obstruent les pores, quand ils ne les dilatent pas.Des points noirs et de l\u2019enlaid.ssement s\u2019ensuivent souvent.Il faut les enlever à l'eau.La vez-vous la figure sans trop de vigueur avec le délicat Palmolive.Puis faites-le pénétrer dans la peau en le massant doucement.Rincez bien.Et finalement lavez-vous et rincez-vous de nouveau de la même manière.Appliquez un petit peu de cold-cream\u2014et puis c\u2019est tout.Faites cela régulièrement, de préférence le soir.Le traitement de beauté le plus simple du monde C\u2019est de cette façon très simple que des milliers de personnes depuis le temps de Cléopâtre ont trouvé le secret du charme, de la beauté et d'une Jeunesse Prolongée.II n\u2019est besoin d\u2019aucun médicament.Enlevez simplement la saleté, l'huile et la transpiration accumulées durant le jour, nettoyez les pores et la Nature fera le reste.Votre peau deviendra d\u2019une texture délicate et votre te.nt richement coloré.De la sorte, en vieillissant, vous n\u2019aurez pas à redouter les rides.Ne faites pas la bêtise De vous servir de savons ordinaires dans le traitement donné ci-haut.N\u2019allez pas croire que tout savon vert, qu\u2019on donne comme composé d\u2019hufes de palme et d\u2019olive, soit de même que Palmolive\u2014un émollient pour la peau sous forme de savon.Et un pain de ce savon ne coûte que 10c!\u2014si peu que des milliers de gens l\u2019emploient pour le corps aussi bien que pour la figure.Procu-rez-vous-en un aujourd\u2019hui.Puis notez les changements étonnants apportés en une semaine.\t>-i Le volume et l\u2019efficacité produisent une qualité de 25c pour seulement Les huiles de palme et d\u2019olive \u2014 rien autre\u2014 donnent au Savon Palmolive sa couleur verte naturelle.Faites bien attention au nom et à l\u2019enveloppe.Le Savon Palmolive est toujours vendu cacheté.FABRIQUE AU CANADA \u2019 ~.Copyright 1924\u2014The Palmolive Co.of Can., Ltd.22I9C 26 &4omtedt 17 mai 1§24 Quand les en -fants jamais rien f ' ; j J- i f f < Ef i f7?- TTTT m -e- w i ï i ¥ ¥ La cou.leur Aliîqu\u2019cestbon remet.tez j pour ta danse \u2014 FIN 17\t1924\t&8aiMdb\t27 FEUILLETON DU \u201cSAMEDI\u201d LA FILLE MAUDITE GRAND ROMAN SENSATIONNEL, par EMILE RICHEBOURG RESUME DES CHAPITRES PRECEDENTS I-e riche fermier /deques Mellier a surpris les relations de sa fille Lucile avec un jeune homme du nom de Edmond.Une nuit que les deux jeunes gens ont rendezvous, Jacques Mellier s empare d'un fusil laissé par jean Renaud, le tueur de loups, si il se place en embuscade dans l\u2019intention de tuer le séducteur de sa fille.Le rewlezvcus a lieu et Mellier tire sur Edmond qui tombe pris de la route.Le tueur de loups l\u2019aperçoit et va à son secours.Le tueur de loups est arrêté ft condamné aux travaux forcés à perpétuité.Sa femme meurt et sa petite fille est élevée par Mellier.Plus tard Lucille qui a eu un fils revient au village.Elle tombe exténuée sur la route pendant une tempête de neige et est conduite à l\u2019hôpital.Le Paillasse Jérôme Grelucbe garde et élève fenfant.Jean Renaud revient du bagne, dix-huit ans plus tard.Il rencontre sa fille Blanche, mais ne se fait pas connaître à eût.No 14 (Suite) QUATRIEME PARTIE XVI SCENE DE NUIT \u2014 Je veux être riche.\u2014 El moi, je veux ma vengeance.Mellier dort, il ne se réveillera pas, 'tu peux être sans crainte ; Blanche seule pourrait te déranger, je me Charge de l\u2019empêcher de sortir de sa chambra Il fit éclater une allumette et alluma un rat-de-cave.Us se regardèrent Ils étaient d\u2019une pâleur livide; mais le feu de leurs regards, aux lueurs sombre- indiquait la résolution et 1 audace.\u2014 Marchons, dit le père.Us sortirent du couloir et s\u2019arrêtèrent à l'entrée de la grande salle, tendant l\u2019oreille.Le silence profond, qui régnai! autour d\u2019eux les rassura.\u2014On est ici comme chez soi, chuchota le beau Francois, affectant un calme qu'il n\u2019avait certainement pas.Us traversèrent la salle à pas de loups, et montèrent l'escalier lentement, marchant l'un derrière l\u2019autre, le père le premier.posant avec précausion ses pieds sur les marches s'arrêtant a chaque craquement du bois.Us atteignirent le palier et s'arrêtèrent devant la porte de la chambre du fermier, contre laquelle le père Parisel colla son oreille.\u2014 Je n\u2019entends rien, dit-il.\u2014 Gela prouve qu\u2019il ne ronfle pas.Le père Parisel, püus pâlie encore, la sueur au front, restart immobile, hésitant.\u2014- Est-ce que tu as peur ?lui demanda François.\u2014Non, mais je respire à peine.C\u2019est l'émotion, ça va se passer.Publié en vertu d'un traité avec la Société de'- Gens de Lettres.Commencé dans le No du 16 fivritt 1924.\u2014 Quand tu auras ouvert la caisse.Les yeux du père étinoelè-rent François tourna doucement le 1 ou ton de cuivre.L» porte était ouverte.U avança la tête et son regard plongea dans la chambre faiblement éclairée.Jacques Mellier n\u2019avait pas fait un mouvement.U dormait.\u2014 U a pris son opium, dit François, tu peux entrer.Le père Parisel se glissa dans la chambre.François y entra à son tour et plaça le rat-de-cave sur le parquet à côte de la caisse, de telle façon que sa lumière, arrêtée par les rideaux de serge du lit.ne pouvait arriver jusqu\u2019au fermier.Accroupi derrière un fauteuil.sur lequel Jacques Mellier.avait jeté ses habits avant de se coucher, le père Parisel cherchait la clef du coffre-fort.Les fenêtres de la chambre étaient garnies de grands rideaux dp velours vert; François les rapprocha l\u2019un de l\u2019autre afin d\u2019augmenter encore l\u2019obscurité.Gela fait, il sortit de la chambre, laissant la porte entrouverte.Joseph PariseP vemaif de s\u2019emparer du trousseau de clefs du fermier.Marchant, ou plutôt se traînant sur ses genoux et sur ses mains les yeux étincelants, croyant tenir déjà le trésor qu\u2019il convoitait, il se dirigea sam bruit vers la caisse.U la voyait au milieu d\u2019un éblouis- sement, et l\u2019ayant déjà ouverte par le passé, il croyait voir l\u2019or aux reflets brillants, ruisseler sous ses yeux, et s\u2019imaginait entendre entre ses doigts bruire les billets de banque.A ce moment Jacques Mellier s\u2019agita sur son lit et deux fois de suite il murmura : \u2014 Rouvenat, Rouvenat.Il rêvait.Parisel s\u2019arrêta, retenant sa respiration, et, frissonnant, se coucha à plat ventre sur le parquet.11 avait eu peur.Malgré leur audape, les plus grands misérables ne sont.pas exempts de faiblesse.Convaincu bientôt que Jacques Mefllier ne s\u2019était pas réveillé, il retrouva son sang-froid.Il franchit la distance qui le séparait du coffre-fort en rampant comme un reptile.Alors U se dressa sur ses genoux, et jeta un regard farouche sur le lit et chercha parmi les cinq ou six clefs du trousseau celle qui.selon lui.devait ouvrir la caisse.II ne put l'introduire dans la serrure.U en es-seya une autre sans plus de succès.La troisième entra.Sa main tremblai!, son cœur bondissait dans sa poitrine, son sang ballail violemment ses tempes.U regarda encore du côté du lit, puis certain que Mellier dormait toujours, il fit faire à la clef deux tours dans la serrure.Celle-ci rendit un bruit métallique assez fort; un ressort venait de jouer à l\u2019inté- ft rieur, la porte de la caisse s'ouvrit d'elle-même.Les yeux de velours s\u2019arrondirent en s\u2019ouvrant démesurément, et il se pencha avec avidité pour se donner la satisfaction de contempler les valeurs dont le coffre-fort était rempli.Sur une tablette de métal, il y avait un monceau de titres de rente, des actions et des obligations au porteur à côté de grosses liasses de billets de banque.Sur une autre tablette étbaient entassés une quantité de rouleaux d\u2019or.Au-dessous, dans le fond du coffre, se trouvaient les sacs d\u2019argent.Parisel était ébloui, il avait le vertige.Ses lèvres grimacèrent; il riait sans bruit.A ce moment il ne voyait que le coffre-fort ouvert, une fortune à prendre.Il oubliait complètement le dormeur qui ne dormait plus.Jacques Mellier venait de se réveiller.En ouvrant les yeux, il entendit le craquement du ressort de la caisse, un bruit qui lui était familier.U «p souleva sur son lit et.doucement, écarta le rideau.Dans le pénombre, devant son coffre-fort, il vit un homme.Le voleur lui tournant le dos, il ne put le reconnaître.Malgré le saisissement qui s\u2019emparra de lui, le vieux fermier ne s\u2019effraya point.U sorti* ses jambes du lit l\u2019une après l'autre et se trouva debout.- Je ne pourrai emporter tout cela, se disait Parisel; commençons toujours par mettre 1 or et les billets de banque dans mes poches.Et ses deux mains, aux doigts crochus, plongeant ensemble dans le coffre-fort, s\u2019abattirent sur les rouleaux d\u2019or comme des serres d'oiseau de proie.Au même instant!.Jacques Mellier.en chemise.les jambes et les pieds nus, le saisit par Ifs deny épaules et le tira criant d n n< voix sourde ; \u2014 Voleur! Voleur! 28 ^Samedi 17 mai 1914 Surexcité par ses appétits sensuels et plus -encore par la jalousie et la liaine, qui s'étalent emparées de lui, le beau François, comptant sur le sommeil de l\u2019opium ,avait quitté son père, persuadé qu'il pouvait.agir seul sans danger, et que Jacques Mellier ne se réveillerait pas.Si le misérable voulait à tout prix donner satisfaction à ses désirs infâmes, assouvir son horrible passion, il ne tenait pas moins à se venger des dédains de l\u2019innocente jeune fille, jet du mépris et du dégoût; qu\u2019elle lui avait'témoignés.D\u2019un autre côté, Jacques Mellier et Rouvenat.l\u2019avaient humilié et chassé de la ferme comme un chien; or, Blanche, devenant sa victime, il se vengerait en même temps des deux autres, de Rouvenat.surtout, qu'il n\u2019avait pas réussi à assassiner.Il ne s\u2019était pas arrêté devant un premier crime, il ne devait pas hésiter à en commettre un second.Le beau François était devenu facilement et en peu de temps un monstre à face humaine.Il entra dans la chambre de Blanche l\u2019œil en feu, ayant sur les lèvres un sourire atroce, et décidé à tout, même à lui enfoncer son couteau dans la gorge s\u2019il ne pouvait pas se venger autrement.Sans trembler, la tête haute, les mains tendues, prêles à saisir la jeune fille pour lui serrer le cou ou la bâillonner afin de l\u2019empêcher de cr ier, il marcha hardiment vers le lit.Il entendit la respiration lente et régulière de la jeune fille.En ce moment elle faisait sans doute un joli voyage au pays bleu des rêves.Le beau François éprouva une -sensation étrange, quelque chose comme un enivrement subit.Un frémissement passa sur son corps et il sembla qu\u2019au lieu de sang, du métal en fusion coulait dans ses veines.Son sourire satatique s\u2019accentua encore et sa bouche eut une affreuse contraction.Gomme le tigre qui h-clie scs babines à la vue de la proie qu'il guette dans l\u2019ombre il semblait jouir d\u2019avance des souffrances de sa victime.Gomme le tigre encore, et non moins féroce que c-> lauve sanguinaire, il allait d'un bond -''-cipiter sur la pauvre enfant Tout à coup la porte d\u2019un cabinet de toilette s\u2019ouvrit brusquement, et la-chambre de Blanche se trouva subitement éclairée.\t* Le misérable fit deux pas en arrière.Une femme s\u2019élança hors du cabinet et -0 dressa devant lui, le regard fulminant.C\u2019était Lucile.Celte apparition étrange, inattendue, produisit sur le beau François l\u2019effet de la tête de Méduse.Il resta cloué au parquet, immobile, sans voix, le buste en arrière, les bras ballants, inertes, bouche béante, les yeux hagards.La lumière, qui -sortait du cabinet de toilette, éclairait en plein le visage de Lucile.dont elle faisait ressortir vigoureusement l\u2019extrême blancheur.Certes, en présence de cette femme qui, en ce moment, ressemblait plus à un spectre sorti de son tombeau qu\u2019àuine créature vivante, de plus hardis que le beau François aurait été épouvantés.\u2014Lâche, dit-elle d une voix sépulcrale, en tendant son bras vePs lui, que viens-tu faire ici?Est-ce Pierre Rouvenat que tu cherches pour l\u2019assassiner ?François Pari-sel, tu t'es trompé de porte.Cette chambre est celle de Blanche Mellier: comme tu le vois, elle n'est pas seule, je suis là pour la protéger.Ta mère était une brave et honnête fernme.Ali! elle ne se doutait guère en le mettant- au monde fin triste cadeau qu\u2019elle faisait à l'humanité! François Parisel, lu n\u2019as de l'homme que l'enveloppe, (u es monstre, lu n\u2019es qu\u2019une bête féroce ! \u201c Si je ne consultais que mon indignation et ma colère, je réveillerais tout le monde de la maison et tu ne sortirais d\u2019ici que tantôt entre deux gendarme-s; mai- tu es jeune, tu peux encore le repentir et, revenir au bien, s\u2019il le reste quelque chose fie bon dans l\u2019âme.\u201c Ecoute le conseil que je vais le donner; si tu tiens à la libe-fé.si lu ne veux pas être livré à la justice et traîné sur le banc des criminels il fan! que dans deux heures lu sois déjà loin du Seuillon.Fuis,fuis, va le cacher le plus loin que tu pourrais, el surtout ne viens plus rôder la nuit autour de la ferme comme un voleur ou un loups affamé,car il y a dans le vieux puits une voix qui crie sans cesse: \u201c François Parisel est un assassin ! \u201d \u201c Maintenant va-t\u2019en.Après avoir violé cet asile de l\u2019innocence et de la pureté qui devait t\u2019être -sacré, tu ne dois pas le souiller plus longtemps par ton odieuse présence.François restait dans son immobilité, comme pétrifié.Cependant tout son corps tremblait convulsivement: la peur avait un instant paralysé ses membres.Le regard étincelant et les lèvres frémissantes,Lucile marcha vers lui et répéta d une voix menaçante : \u2014 Va-t'en ! Va-t\u2019en ! En même temps, d\u2019un geste impérieux, elle lui montra la porte.Elle étkit tout près de lui.Il rpcula en frissonnent.¦ Sa ligure avail- pris une teinte verdâtre; son regard fixe était celui d\u2019un fou.\u2014 Oh! le fantôme! le fantôme! prononça-t-il d\u2019une voix étranglée en reculant encore.Puis un cri rauque sortit de sa gorge serrée.Aiguillonné par l\u2019épouvante, croyant sentir les premières atteintes dé la folie, il se courba sous le regard terrible qui pe-sait sur lui, bondit hors de la chambre et s\u2019élança dans l\u2019escalier, dont it descendit les marches quatre à quatre.H avait complètement oublié son père: il n'avait [dus de pehsée.Lucile s\u2019était arrêté un instant Sur le seuil de la chambre.Le bruit que fit le beau François en déirringolanl l'escalier l'empêcha d entendre celui d\u2019une lutte dans la chambre de son père.Quand elle se retourna, elle vil Blanche, pâle, tremblante, échevelée, la frayeur dau-s le regard, debout au milieu de la chambre.XVII LUCILE ET BLANCHE Blanche - tait sous le coup d\u2019une agitation extraordinaire.Les soulèvements de sa poitrine oppressée, haletante, trahissaient la violence de son émotion.Elle regardait avec une sorte de stupeur cette femme inconnue, qui se trouvait près d\u2019elle sans qu\u2019elle sût comment.et qui venait de la sauver d'un effroyable danger.A p rès un moment d indécision, pendant lequ I -d! - se lo.manda si elle devait rester ou se retirer, Lucile s\u2019avança vers la jeune fille.Elles se trouvèrent en face l\u2019une et l\u2019autre.\u2014 Qu\u2019elle est belle! l\u2019adorable enfant! pensait Lucile.Comme elle a l\u2019air bon ! se disait Blanche, Elles restèrent un moment silencieuses, croisant leurs regards.Puis, tendant la main à Lucile : \u2014 Un homme est entré dans cette chambre, dit Blanche.- - Oui, un misérable, un infâme ! - Je l\u2019ai vu, je l\u2019ai reconnu.Il me hait, je le sais; est-ce qu\u2019il copiait me iiier?MaLs vous étiez là pour me défendre contre-s - fureur.Vous l\u2019avez empêché de s'approcher de mon lit.je l\u2019ai vu trembler, écrasé sous voire regard: vous l\u2019avez chassé.Ce que vous lui avez dit, je l\u2019ai entendu.\u2014 Ah ! votre sommeil n\u2019a pas été assez profond, répondit Lucile, i'eusse voulu vous laisser ignorer ce qui s\u2019est passé.\u2014 J\u2019aime mieux le savoir, reprit vivement la jeune fille; au moins je peux vous remercier du service que vous m\u2019avez rendu Mais qui Al-es-vous, madame, qui êtes-vous?Votre amie et aussi celle du bon Mardoche.RI niche 1 examina plus attentivement.Vous connaissez Mardoche ?fit-elle.\u2014 Beaucoup.\u2014 Depuis longtemps ?\u2014 Oui, depuis longlemns, répondit Lucile avec un doux sourire.\u2014 C\u2019e-sif lui qui vous a fait entrer- dans la maison ?\u2014Oui, mais je ne lui ai point dit que vous étiez menacée d'un épouvantable danger.\u2014 Ah! vous avez bien fait.Mais vous, comment avez-vous su ?\u2014 La nuit dernière, le fils causait avec son père j'ai entendu ses paroles.\u2014 Je comprends, par amitié pour Mardoche, vous êtes venue pour me protéger.Par amitié pour Mardoche, par affection pour vous.\u2014 Vous m\u2019aimiez donc sans me connaître ?.i Est-ce que tout le monde ne vous aime pas ,?Ainsi, vous êtes entrée dans ma chambre, vous vous ies cachée dans ce cabinet; vous saviez qu\u2019il existait; vous connaissez dorm maison ?Lucile tressaillit. 17 mai 1924 % Samedi/ 29 \u2014 Oui, répondit-elle d\u2019une voix émue, oui, je connais la maison.\u2014 Dites-moi votre nom.\u2014- Je ne peux pas.\u2014 Vous ne pouvez pas?.Pourquoi ?.\u2014 Vous le saurez quand Pierre Rouvenat sera revenu au Seuillon avec votre fiancé.\u2014 Quoi ! s\u2019écria Blanche, Mardoche vous a dit cela !.Puis, baissant la voix : \u2014 Vous m\u2019avez dit tout à l\u2019heure que vous le eonnaissie:i depuis longtemps, vous devez savoir que le pauvre mendiant a un autre nom.Lucile répondit à voix basse: \u2014 Je sais qu'il se nomme Jean Renaud et qu'il est votre père ! C\u2019est étrange! c\u2019est étrange! murmura la jeune fille.Puis, tout à coup : \u2014 Cei le robe., dit-elle, celte robe que vous portez, je la reconnais; c\u2019est moi qui l\u2019ai donnée ce matin à mon père \u2014 C\u2019est vrai.\u2014 Cette robe appartenait à Lucile Mellier, ajouta Blanche.Ce nom de Lucile Mellier, qu\u2019elle venait de prononcer, éclaira sa pensée d\u2019une clarté soudaine.Saisissant le bras de Lucile, elle l\u2019entraîna doucement dans le rayon lumineux projeté par la lumière de la lampe allumée dans le cabinet de toilette.Comme quand elle s\u2019élait dressée en face du beau François, la figure dç Lucile se trouva en pleine lumière.Blanche l\u2019enveloppa de son regard ardent.Aussitôt.96s trails s\u2019animè-mèrent, et sa physionomie prit une expression indéfinissable.La joie pétillait dans ses yeux, rayonnait sur son front.Ses bras nus s\u2019arrondirent comme un collier d'albâtre autour du cou de Lucile.\u2014 Eh bien! eh bien! a quoi pensez-vous?Que faites-vous?murmura Lucile vivement impressionnée.Blanche répondit d'une voix-vibrante : \u2014 Dans la chambre de mon parrain, il y a un portrait de Lucile Mellier, que j\u2019ai souvent regardé.Vous avez bien vieilli, mais-je vous reconnais; Vous êtes Lut ile Mellier ! \u2014-Taise®-vous! Taisez-vous ! dit Lucile frémissante.\u2014 Ah! s\u2019écria Blanche avec exaltation, Dieu nous réservait à tous ce bonheur suprême ! Lucile la serra doucefnent dans ses bras pendant que ses lèvres se posaient sur son front.A ce moment elle entendit un cri, qui ressemblait à un râle, eit aussitôt le bruit de pas lourds dans l\u2019escalier.C\u2019est lui, c\u2019est François, il revient! s\u2019écria Blanche.Et elle se serra effrayée contre Lucile.Celle-ci s\u2019était redressée, une flamme dans le regard, prêle à lutter avec énergie contre n\u2019importe quel ennemi.Mais, au lieu de se rapprocher, le bruit des pas s\u2019éloigna et cessa tout à coup.Lucile s\u2019élança vers la fenêtre qu\u2019elle ouvrit précipitamment.Elle regarda en bas.Elle vit un homme sortir de la maison et fuir à toutes jambes à travers le jardin.Elle eut, soudain, une horrible pensée.Elle poussa un cri perçant, courut prendre la lampe dans le cabinet et bondit hors de la chambre.La porte de l\u2019appartement de son père était grande ouverte; elle s\u2019y précipita folle d\u2019épouvante, la respiration coupée par les angoisses.Le vieillard était étendu sans mouvement sur le parquet, en travers du coffre-fort ouvert, que son corps inerte semblait défendre encore.A la vue de son père, qu\u2019elle crut d\u2019abord assassiné, Lucile chancela et elle sentit son sang se figer dans ses veines.Un cri rauque, affreux, sortit de sa gorge, et, de toutes ses forces, elle cria : \u2014 Au secours! au secours! Puis, tombant à genoux, elle entoura son père de ses bras, le souleva, et parvint à lui appuyer la tête contre sa poitrine.Blanche accourut.Elle avait à peine pris le temps de mettre ses pieds dans des pantoufles et de s\u2019envelopper d\u2019un peignoir.Elle vit Lucile qui couvrait de baisers le front et les joues du vieillard.A son four, elle devina en partie ce qui s\u2019était passé.\u2014 Mon Dieu! Mon Dieu! gémit-elle.Et.s\u2019agenouillant à côté de Lucile, elle éclata en sanglots.Lucile n\u2019avait ou qu\u2019un moment de faiblesse.Elle avait déjà trouvé sa présence d\u2019esprit et toute son énergie.\u2014 Il n\u2019est pas mort, dit-elle.J\u2019ai appelé, personne ne vient, ma voix n\u2019a pas été entendue; lâchons, a nous deux, de le porter sur le lit, Réunissant leurs forces et leurs efforts, elles parvinrent à enlever le vieillard et à le mettre sur son lit.Blanche pleurait) toujours.\u2014- Mon enfant, dit Lucile, il faut renfoncer vos larmes; ce n\u2019est pas le moment de pleurer.Avant de nous désoler, faisons d\u2019abord ce qu\u2019il dépend de nous pour le sauver.Je ne vois sur lui aucune blessure; il n\u2019a donc, pas été frappé.Mais il faut appeler un médeen en toute hâte.Vous allez prendre une lumière et vous irez réveiller tout) le monde.\u201c Autrefois, il y avait un nm decin à Frémicourt, y en a-t-il un encore ?\u2014 Oui.\u2014 Tant mieux! Un des garçons, sur votre ordre, mettra un cheval à la voiture et ira chercher le médecin sans perdre une seconde.Les autres serviteurs de Jacques Mellier se tiendront prêts à recevoir les ordres que vous pourrez avoir à leur donner.\u2014 Les vôtres, Lucile.\u2014 Silence, Blanche; ne prononcez pas mon nom; jusqu\u2019à ce qu\u2019il me plaise de me faire connaître moi-même, personne ne doit savoir qui je suis.Blanche, en l\u2019absence de votre parrain, quand la mort va peut-être frapper mon père, vous êtes la seule maîtresse au Seuil-Ion, vous êtes Blanche Mellier.Vous garderez aussi le silence sur les terribles événements de cette nuit.Il ne faut- pas que les gens de justice entrent à la ferme sans y être appelés par Jacques Mellier.S\u2019il vit, c\u2019est lui qui décidera du sort des coupables; s\u2019il meurt, ajou»-fia-t-ellë en frissonnant, nous laisserons à Pierre Rouvenat le soin de le venger.\u201cMaintenant, mon enfant, le médecin, n'est-ce pas, le médecin ! La jeune fille alluma une bougie et descendit.Un instant après, Lucile entendit le bruit des portes qui s\u2019ouvraient et se fermaient.Les domestiques,réveillés en sursaut, étaient tous debout.Blanche ordonnait à Jean d\u2019atteler un cheval au cabriolet et de courir chercher le médecin de Frémicourt.Lucile s\u2019éloigna un instant du lit pour fermer le coffre-fort.Elle enleva le trousseau de clefs suspendu à la serrure et lo glissa sous le traversin.du lit.Tout en entrant' dans la chambre et voyant son pôru étendu devânt le coffre-fort, elle avait deviné la tenlafiv® de vol.Qui était le voleur ?Elle n\u2019avait pas reconnu l\u2019homme qu\u2019elle avait vu sortir de la maison et s\u2019enfuir: mais, sans hésiter, elle nomma tout bas Joseph Parisel.Il n\u2019y avait pas à en douter, comme pour précipiter Rouvenat dans le puits, les deux misérables, comptant sut la faiblesse d\u2019un enfant et d\u2019un vieillard,s\u2019étaien't associés de nouveau pour commettre un double crime à la faveur des ténèbres.Quand Blanche rentra dans la chambre,elle trouva Lucile tout en larmes, debout près du lit, tenant une des mains du vieillard serrée dans les siennes.\u2014 Eh bien?interrogea Blanche.\u2014 Toujours la même chose, répondit Lucîle d\u2019un ton douloureux; il respire, ses mains sont brûlantes.Je voulais ne pas pleurer, oontinua-t-elle, mais, malgré moi, les larmes ont jailli de mes yeux.Il y a dix-neuf ans que je ne l\u2019ai vu, et je le retrouve ainsij sans regard, sans voix, sans pensée.Oh! c\u2019est horrible! horrible! \u2014 Pauvre Lucile, pauvre Lucile! murmura Blanche avec compassion.\u2014 Non, non, reprit la malheureuse avec véhémence, je ne suis plus mauditfe.puisque-Dieu m\u2019a prise en pitié; il ne m\u2019a pas ramenée au Seuillon, il ne m\u2019a pas fait rentrer sous le toit de mon père pour le faire mourir ainsi sous mes yeux, sans m\u2019avoir revue.Non, non, Dieu ne fera pas cela,Dieu ne peut pas faire cela ! Elle s-e mit à genoux, et, le front appuyé sur ses mains jointes, elle fit monter vers le ciel sa prière ardente.Blanche pleurait silencieusement.la figure cachée dans ses mains, Lucile était toujours agenouillée.A chaque instant, un Sanglot s'échappait de sa poitrine gonflée.* i Tout à coup, Jacques Mellier pdiissa un long soupir, s'agita convulsivement, étendit ses bras, et presque aussitôt, rouvrit les yeux. &>$ameS 17 mi 1924 TO Blanche eut un cri de joie.-\u2014 Mon père! mon père! s\u2019é- cria-1-elle.D\u2019un seul mouvement, Luei-le se dressa sur ses jambes.Blanche aidait le vieillard à se soulever sur «on lit.Lucile reste, immobile, les' yeux fixés sur son père.Son visage s\u2019était subitement illuminé d\u2019une joie immense.XVIII COFFRE-FORT Jacques Mellier jeta d'abord autour de lui des regards effarés.Comme un malade qui sort d\u2019un long délire il cherchait à se souvenir, à ressaisir sa pensée.\u2014 Mon père, murmura doucement la voix de Blanche, esé-ce que vous ne me voyez pas?Est-ce que vous ne me reconnaissez pas?C\u2019est moi, Blanche, qui suis près de vous qui vous embrasse.\u2014 Oui, oui, c\u2019est toi, mon enfant, c\u2019est bien loi: j\u2019entends te voix, je te vois maintenant.Pierre, ton parrain, où est-il ?\u2014 Il n'est pas encore revenu, vous savez qu\u2019il est allé à Paris.\u2014 Ah! oui, à Paris, chercher le fils de Lucile, ton mari.Puis, revenant au souvenir de la lutte qu'il avait soutenue pour rnpècher le vol : \u2014 Mais je n\u2019ai pas rêvé.non, ce n\u2019était pas un rêve, continua-t-il d\u2019un voix saccadée: un homme, un voleur est entré dans ma chambre, il a ouvert ma caisse.volé volé.on m\u2019a volé la fortune de mes enfante ! Blanche restait silencieuse, elle ne savait quoi dire.Lucile, retirée à l\u2019écart, tremblante, n\u2019osait faire entendre sa voix * \u2014 Blanche, reprit le vieillard, donne-moi mon pantalon, je veux me lever, je veux voir, .La jeune fille obéit.\u2014Dans mon gilet, ne - clefs prends-Ies, Blanche.Lucile se pencha vers la jeune fille et lui dit tout bas : \u2014 Elles sont sous le traversin.Jacques Mellier eut assez de force pour mettre seul son pantalon; mai® quand il fut debout, ses jambes fléchirent sous le poids de son corps et il serait tombé si Blanche ne l\u2019eût pas soutenu.Appuyé sur la jeune fille, il put se traîner jusqu\u2019au coffre-fort, Blanche lui mit le troupeau de clefs dans la main.En se baissant p.our ouvrir la caisse il s\u2019affaissa comme une masse.Lucile, effrayée, s\u2019élança pour le secourir.Mais elle s'arrêta brusquement.Faisant un suprême effort,le vieillard venait de se mettre sur ses genoux avec le secours de Blanche.Il ouvrit la caisse.\u2014 Blanche, dit-il, de la lumière.La jeune fille prit la lampe pour l\u2019éclairer.Il lui suffit d\u2019un coup d\u2019œil pour reconnaître que les valeurs contenues dans le coffre-fort étaient intactes.Le voleur n\u2019avait, pu mettre la main ni sur une liasse de billets de banque, ni sur un rouleau d\u2019or.Jacques Mellier porta sa main à son front et resta un moment silencieux, sans mouvement.Un travail se faisait dans sa pensée.\u2014 Non, murmura-t-il, comme se parlant à lui-même, non, je n\u2019ai pas rêvé: j'ai vu le voleur; j\u2019ai vit ses mains fouiller dans le coffre-fort.J\u2019ai posé mes mains sur ses épaules et je U ai renversé.je voulais voir son visage, je voulais le reconnaître.je n\u2019ai pas pu.il a éteint rapidement sa lumière.Le rat-de-cave, surdequel le père Pari sel avait dû appuyer sa main pour l\u2019éteindre, était encore à l\u2019endroit où le beau François l\u2019avait placé.Mellier le vit.le ramassa, et ie montrant à Blanche : \u2014 Vois cela.vois, reprit-il.c\u2019esf la bougie du voleur.Ah! je savais bien que ce n\u2019était pas un rêve!.Je n\u2019ai pas vu sa figure, je no le connais pas.C\u2019est un homme fort, plus for! que moi.maintenant' que je suis vieux.Pour ne pas lie réveiller en sursaut.Blanche, pour ne pas t\u2019effrayer, je n\u2019ai pas voulu appeler au secours; je pélisais pouvoir, seul- me rendre maître du voleur.Il était étendu tout de son long, et je le tenais sous mes genoux.Mais il parvint à se dégager e>it à se relever.Son intention était de prendre la fuite.Seulement, je le tenais solidement et ne voulais point le lâcher.Il tremblait très fort.Naturellement il avait eu peur en me voyant tout à coup derrière lui, alors qu\u2019il me croyait profondément endormi, \u201c Il y euti entre nous une lutte acharnée, terrible.Combien de temps cela dura-t-il?Je ne saurais le dire.Je cher- chait à le pousser dans le cabinet qui sépare ma chambre de celle de Rouvenal, afin de l\u2019y renfermer.Tout à coup, il eut en même temps ses deux bras libres et je sentis autour de mon cou comme une tenaille de fer.Là, Blanche, regarde, regarde.La jeune fille se baissa.\u2014Oui, dit-elle, je vois des taches bleuâtres, noires.\u2014 Ses doigts crispés s\u2019enfonçaient dans ma gorge, poursuivit le vieillard.J\u2019essayai de lui faire lâcher prise en le frappant, au visage.Impossible.Il serrait toujours plus fort, il m\u2019étranglait.La respiration me manqua subitement, je sentis que tout mon sang roc montait à la tête, se porlait au cœur.Je crois me rappeler que j\u2019ai jeté un cri et aussitôt je suis tombé.J\u2019ignore ce qui s'est passé ensuite.Le misérable a sans doute été épouvanté, il a craint d\u2019être surpris et il s'est sauvé sans avoir le courage de commettre le vol.Ah! j'ai eu peur, oui, j\u2019ai eu peur de trouver ma cai-se vide; car.vois-tu, Blanche, c\u2019est te dot tout cela, c\u2019est ta dot ! Il avait refermé le coffre-fort.Blanche le soutenait par un bras, et s\u2019appuyant de l\u2019autre à un meuble, il se souleva.Sa peau était brûlante, et cependant il tremblait comme sous l\u2019action du froid.\u2014 Mon père, vous avez le frisson, dit Blanche:il faut vite vous coucher.\u2014 Non, fit-il.aide-moi à m\u2019approcher de la fenêtre: je serai mieux là.dans mon fauteuil.Du côté de la Lorraine, l\u2019horizon blanchit: voici l\u2019aurore.Il continua, tout en se dirigeant vers la fenêtre : \u2014 J'ai dans la tête des battements étranges: il me semble que j\u2019ai du feu sur le corps et à l\u2019intérieur quelque chose qui me glace.11 se laissa tomber sur le fauteuil.\u2014 Blanche, reprit-il, ouvre la fenêtre ;le grand air qui vient de noire belle vallée me fera du bien.La jeune fille s'empressa d\u2019obéir.Il respira bruyamment, à pleins poumons.\u2014-J\u2019ai une grande oppression, dit-il, mais cela va se passer.Blanche, je veux voir le soleil se lever.Ses yeux vitreux avaient un éclat singulier.\u2014Blanche, reprit-il après un moment de silence,je voudrais bien que Pierre revînt, aujourd\u2019hui.J\u2019ai hâte de serrer mon petit-fils dans mes bras.Hier, j\u2019ai écrit à mon notaire pour le prévenir.J\u2019ai peur de mourir, Blanche, je veux vous marier tout de suite.Et puis, il faut que je reconnaisse pour mon héritier, pour mon fils, 1\u2019enfant de ma pauvre Lucile.En entendant ce& paroles, Lucile, malgré elle, laissa échapper un sanglot.Le vieillard fit un soubresaut et tourna vivement la tête.Il vit Lucile qui tenaitsa tête baissée dans ses mains.Saisissant le bras de la jeune fille : \u2014Blanche! Blanche! s\u2019écria-t-il avec agitation, qui est là ?Quelle est cette femme ?\u2014 Mon père.mon père.balbutia Blanche.Lucile releva la fête.Son visage était inondé de larmes.Elle parut hésiter un instant; puis, prenant une résolution subite.son front, se courba de nouveau et elle vint s»\u2019agenouiller devant Je vieillard.\u2014 Mon père, dit-elle d\u2019une voix altérée et pleine le larmes, Lucile Mellier, votre fille repente.est à vos genoux.Jacques Mellier resta un instant sans voix, le regard fixe, éperdu frémissant.Mais soudain, ses yeux étincelèrent, son front parut rayonner.Il prii la tête de sa fille dans ses mains tremblantes et l\u2019obligea ainsi à lui monter son visage.Pendant quelques secondes,sous le coup d\u2019une émotion et d\u2019une joie indicibles.il contempla celte figure pâle, amaigrie par les souffrances' et la misère, mais toujours belle.Puis.tout à coup, dans une sorte de délire, il s\u2019écria : \u2014 Ma fille! ma fille! Lucile ne cherchait plus à retenir ses larmes,elle pleurait abondamment \u2014Ah! laisse-moi te regarder encore, reprit le vieillard.U y a si longtemps que je l\u2019attends! Quelle ivresse je sens en moi! Oui, c est bien toi.poursuivait-il avec un accent qui indiquait le ravissement de son âme, oui, ie reconnais les traits chéris, ton doux regard Ma fille, ma Lucile m est) rendue!.Blanche, Blanche, tu le savais, et tu ne me disais pas !.La jeune fille se pencha vers lui et l\u2019embrassa au front.(Suite à la page 32) - PILULES ROUGES Remède souverain contre l\u2019anémiè et les affections internes Mme STANISLAS MA LO, 69, Hines Alley, Lewiston.Me.Je suis des plus satisfaites d'avoir employé 'les Pilules Rouges.Elles ont ramene mes forces qu\u2019un travail assidu, des veilles souvent répétées, des insommes avaient épuisées; elles ont fortifié mes nerfs, ont fart disparaître mes maux de reins et tout ce qui me faisait souffrir.Ma santé fut bonne ensuite.Nlme Stanislas Malo, 69, Hines Alley, Lewiston, Me.J\u2019étais faible, toujours souffrante et, malgré mes précautions et bien des soins, je n'avais pu empêcher plusieurs maladies prématurées de m'arriver.Un jour, j\u2019ai ponte que les Pilules Rouges me feraient du bien et j\u2019ai écrit aux médecins de la Compagnie Chimique Franco-Amér; aine pour leur fane connaître mon cas.J\u2019en ai reçu d excellents conseils que j\u2019ai fidèlement mis en pratique.Après quelque temps de traitement mes forces avaient grandement augmenté, je n\u2019avais plus aucune douleur et par la suite les accidents que je déplorais ne se sont plus répriés.Mme Vve Auguste Pelletier, 4, River, Lewiston, Maine.Je me sentais bien faible, nerveuse, abattue et mes occupations domestiques me fatiguaient énormément.Quand l'heure des repas arrivait je n avais pas faim et je ne mangeais pas.De cette façon mes forces ne pouvaient revenir et il était urgent de me bien tTaiter, car Mftie WILFRID BELHUMEUR, 8, Spring, Manville, R.l.je sentais que quelque chose de grave allait se déclarer.Les Pilules Rouges que j\u2019ai prises alors, en me tonifiant, m\u2019ont rapidement et tout à fait remise.Mme Wilfrid Belhumeur 8, Spring, Manville, R.l.Les Pilules Rouges me furent recommandées par une parente qui en avait pris et leur devait de se bien porter.Moi-même, depuis que je les ai employées, je n\u2019ai de confiance qu\u2019en ce remède.Je souffrais de douleurs internes qui m\u2019obligeaient souvent à garder le lit.Je me relevais affaiblie, abattue et peu capable de vaquer à mes occupations dont certaines cependant ne pouvaient être remises.Ma vie n était donc pas gaie; c\u2019est pourquoi j\u2019apprécie comme il~Convient le bien-être que je dois à l\u2019emploi des Pilules Rouges.Mme Jos.Richer, 124, rue Papineau, Montréal.Depuis longtemps ma digestion allait mal; j\u2019avais des palpitations de coeur, je ressentais une faiblesse au creux de l\u2019estomac et mes forces étaient disparues.J\u2019avais pris pourtant bien des remèdes et mon état restait le même.Une amie me conseilla un jour d\u2019essayer les Pilules Rouges et j\u2019ai eu tant de satisfaction de ce médicament que je le recommande à tout le monde.Mme Napoléon Michaud, 1145, Willington, Verdun, Montréal.J\u2019étais faible, nerveuse, ie dépérissais continuellement et je ne pouvais presque plus travailler.Les troubles du retour de l\u2019âge sont alors survenus et j\u2019ai été obligée de me mettre au lit tant j\u2019avais dépéri.A cause de fortes palpitations, je me croyais le coeur atteint.J\u2019ai pris des Pilules Rouges et elles ont si grandement amélioré ma santé que je crois de mon devoir de les recommander.Mme Ulric Lachance, 378, rue Rivard, Montréal.J\u2019en étais au retour de l\u2019âge; mes forces avaient été épuisées par toutes Mme Herménégilde Raboin, rue Roosevelt, Artie, R.i.les obligations de la vie; le matin ie me levais accablée; j\u2019avais de tels engourdissements que je me croyais menacée de paralysie.Les médecins, avec leurs traitements, n\u2019avaient pu rien changer à mon état.C\u2019est avec les Pilules Rouges qu\u2019une amie me conseilla, que je me suis tonifiée et ai fait disparaître toutes mes misères.Mme Herménégilde Raboin, rue Roosevelt, Artic, R.l.Je souffrais de douleurs internes qui m\u2019obligeaient souvent à me mettre au lit; j\u2019étais devenue faible, nerveuse, chagrine, malgré mes efforts pour me contraindre.J avais pris differents remède: qui ne m\u2019avaient ni fortifiée, ni soulagée.Les Pilules Rouges que j\u2019ai prises ensuite ont fait mieux puisque, grâce à 'leurs bons effets, je me porte bien.^ms Alphonse Larché, 745, rue Charlevoix Montréal.Depuis bien des années, dans les différentes phases de la vie de la femme, nous recommandons avec grand succès les Pilules Rouges pour les Femmes Pâles et Faibles qui sont une médication sûre qu a fait ses preuves d\u2019une façon indiscutable.Les Pilules Rouges sont infaillibles chez la jeune fille qui se plaint de lassitude générale, de pesanteur, de coliques, de vertiges, de palpitations, de maux de tête, de nausées, de frissons, de névralgies, d\u2019éruptions, boutons, irrégularités, etc.A la mère de famille elles donnent la vigueur et la santé dont elle a besoin pour subvenir à ses obligations.Elles sont pour elle le meilleur remède contre la faiblesse, les maux de tête, digestions lentes et pénibles, insomnies, douleurs internes, troubles nerveux et tous les maux dont elle souffre.Enfin, à l\u2019époque du retour de l\u2019âge, ces pilules régularisent la circulation eî éloignent les étourdissements, engourdissements, rhumatismes, eczéma, migraines, indigestions, etc.Les femmes pâles et débiles ne devraient pas hésiter, aussitôt qu\u2019elles sentent quelques malaises, à consulter le Dr Emile Simard, soit à nos bureaux ou par lettre, parce que c\u2019est un spécialiste de haute valeur, qui ne traite cpie les maladies des femmes qu\u2019il a étudiées en Europe, sous 'les Drs DeVos et Capelle, éminents spécialistes.Toujours, les consultations du'Dr Simard sont tout à fait gratuites et se donnent tous les jours, dimanche excepté, de 9 heures du matin à 8 heures du soir.Les Pilules Rouges sont en vente chez tous les marchands de remèdes.Prix, 50 sous la boîte.Si quelqu'un ne pouvait les trouver dans sa localité nous les lui enverrons sut réception du prix.COMPAGNIE CHIMIQUE FRANCO-AMERICAINE, limitée, 274, rue Saint Denit Montréal. 32 $k&amedi 17 mai 1924 JE ME PORTE TRES BIEN MAINTENANT Ecrit une femme après avoir pris du Composé Végétal de Lydia E.Pinkham J.imesîown, N.-Y.\u2014 \"J\u2019étais nerveuse, facilc-incnt irritable, découragée et sans aucune ambition, Je pouvais à peine me tenir droit, tellement j\u2019étais faible et j'avais de maux de reins.Je pris le Composé Végétal de Lydia £ù Pinkham, en liquide et en comprimés, et usai de la Lotion Sanitaire de Lydia lï.Pinkham pour l'inflammation.Je me porte très bien maintenant; je dirige une pension et fais tout mon travail.Je recommande votre préparation à toute femme souffrante .et vous autorise à vous servir de ma lettre.Je suis au retour de l'âge et j\u2019ai toujours sous la main du Composé Végétal pour l'employer au besoin.\" \u2014 Mme ALICE D.DAVIS, 203 W.Second St., Jamestown, N.-Y.Il arrive souvent qu\u2019une légère affection bouleverse tout le système, avec pour symptômes, la nervosité, les maux de reins, le découragement et la débilité générale.Pour tous ces maux, le Composé Végétal de Lydia E.Pinkham fera des merveilles.Il guérit souvent même le mal à sa racine.\t5 NOUVELLE REDUCTION DU PRIX D'ABONNEMENT vmëàJu à $3.50 par année $2.0.0 pour six mois et $1.00 pour trois mois (Pour le Canada seulement) \u201cLe Samedi\u201d s\u2019intitule avec raison le magazine par excellence des familles canadiennes-françaises.Mois il convient que le magazine des bonim-i familles canadiennes se mette ù la portée de toutes les bourses.La Direction ne recule devant aucune difficulté et profile d\" toutes les augmentations dans le chiffre de sa circulation pour diminuer ce-, lui de son abonnement.C\u2019est la deuxieme réduction en un an.\u201cLr Samedi\u201d est devenu, in-contes-abiemcr,', fo magazine françate 1® msib\u2019e :r marché et le plus répandu du Canada tout ontier.LA FILLE MAUDITE Suite de la page 30 Il tenait toujours dans s eg mains la tête de sa fille»; il reprit : \u2014 Blanche, Lucile est ta sœur aînée, et bientôt elle sera ta mère ! Puis, s\u2019inclinant vers sa fille: \u2014 Nous t\u2019avons longtemps cherchée, où donc te cachais-'tiu?lui demanda-t-il.Tu as beaucoup souffert, je le sens; pourquoi n\u2019es-tu pas revenue?\u2014Vous m\u2019aviez maudite,mon père.\u2014 Tais-loi, lais-toi ! \u2014 Aujourd\u2019hui, je vous demande pardon, mon père.Je vous prie, si vous me croyez assez punie, de retirer voire malédiction.Le vieillard se prit à sanglote r.\u2014 Viens dans mes bras, mon enfant, dit-il, viens, viens, que je te sente sur mon cœur ! Il l\u2019embrassa fiévreusement.Après un court silence, il reprit d'une voix entrecoupée : -\u2014 Ta faute était légère et tu l\u2019as cruellement expiée.Il n\u2019y a ici qu\u2019un coupable; c\u2019est moi, Jacques Mellier ! \u201c Lucile, conlinua-t-il d\u2019un ton solennel, ton père a été impitoyable, pour toi, ne le sois pas pour lui.Lucile, le vieux Jacques Mellier, prêta descendre dans la tombe, ton père, te demande pardon.\u2014Oh! mon père, mon père! s\u2019écria-t-elle.Et l\u2019entourant de ses bras, elle l\u2019embrassa avec transport.Le vieillard pleurait à chaudes larmes.\u2014 Lucile, mon enfant! s\u2019écria-t-il d\u2019une voix vibrante, autrefois, jo t\u2019ai maudite; aujourd\u2019hui sois bénie, sois bénie! Elle leva vers le ciel ses yeux reconnaissants.\u2014 Mon Dieu, murmura Jacques Mellier, avant de m\u2019enlever de ce monde, accordez-moi encore la joie de voir mon petit-fils ! t Il ne s\u2019était soutenu jusque-là que par un suprême effort de volonté.Ses forces l'abandonnèrent subitement.Sa lête se renversa sur le dossier du faù-leuil.De grosses gouttes de sueur perlaient à son fronl, l\u2019éclat de son regard s\u2019cleignit, on Visage prenait une teinte jaunâtre.\u2014 Mon père, csl-ce que vous vous trouvez plus mal ?lui demanda Lucile effrayée.!\u2014 Non, répontfil-il; j\u2019éprouve une grande lassitude, 1 é-molion.le bonheur.mais je ne souffre point.\u2014¦ Mon père, Blanche et moi nous allons vous aider à vous recoucher.Laissez-moi dans mon fauteuil, je me trouve si bien entre vous deux.Il tendit une de ses mains a Lucile, l\u2019autre à Blanche.Un sourire effleura sets lèvres \u2014 Regardez, mes enfants, dit-il, là-bas, au-dessus des roches, c\u2019est le soleil qui se lève; scs premiers rayons caressent mon front.Lucile, Blanche, ce jour, qui vient de paraître, est pour vous tous un bien beau jour.Mon Dièu, comme elle est grande et belle, l\u2019œuvre de votre création ! Il poussa un profond soupir.\u2014 Lucile, je voudrais bien que Rouvenat et ton fils arrivent en ce moment.Le roulement d\u2019une voiture se fit entendre.Jacques Mellier tressaillit et se redressa.Blanche, penchée à la fenêtre, regardait dans la cour.\u2014 C\u2019est le docteur, dit-elle.Un instant après, le médecin du village entrait.Lucile s\u2019était précipitamment retirée à l\u2019autre bout de la chambre.XIX LA CONFESSION de JACQUES MELLIER Le médei in examina longuement le vieillard; il lui trouva une grande faiblesse et une fièvre violente.Bien qu\u2019il voulut paraître calme, on lisait dans ®e$ yeux une vague inquiétude.Il soupçonnait quelque grave désordre dans les organes vitaux, mais 1\u2019auscultation ne lui faisait rien découvrir.Lucile, dans l\u2019ombre, immobile sur un siège, attendait avec anxiété.Blanche interrogeait le médecin dn regard.\u2014 Je ne peux rien dire encore, répondit-il ; attendons.-C'est donc grave, monsieur ?Le médecin garda le silence sur celle interrogation directe.\u2014 Vous avez dû éprouver une forte commotion, dit-il au vieillard.Celui-ci répondit affirmativement par un mouvement de tête.\u2014 U y a évidemment congestion des poumons et épanchement du eang, reprit le docteur en continuant à examiner le malade.Il vit alors les traces de strangulation que Jacques Mellier portait au cou, et qu'il n\u2019avait pas encore aperçues.\u2014 Qu\u2019est-cc que c\u2019est que cela?demandait-il vivement.Jacques Mellier dut lui dire qu\u2019un individu, qu'il n\u2019était pas parvenu à connaître, s'était introduit dans sa chambre, au milieu de la nuit, pour le voler, et il lui raconta la lutte qu\u2019il avait soutenue contre le voleur.\u2014Cela m\u2019explique' tout, dit le médecin; ce misérable a tout simplement tenté de vous assassiner.Vous pouviez être étouffé à l\u2019instant même où vous êtes tombé.\u201c Tou h cela est bien grave, monsieur Mellier, il faut prévenir la gendarmerie, il faut qu\u2019il y ait une enquête sur cette double tentative criminelle.Il est impossible que la justice ne met te pas la main sur cet audacieux coquin.Il a su trouver la clef de votre caisse dans la poche où vous la mettez toujours, il savait que vous avez des valeurs importantes, il a fair de connaître parfaitement vos ha-biludes.Le misérable ne sera probablement pas difficile à découvrir.Mais comment a-t-il pu pénétrer dans la ferme ?A moins qu'il n'appartienne à votre maison.\u201cMonsieur Mellier, êtes-vous sûr de vos serviteurs ?\u2014Ils sont tous choisis par Rouvena'f répondit le vieux fermier, leur fidélité est éprouvée, et je ne voudrais même pas qu\u2019on les soupçonnât.Après avoir donné an malade les soins urgente que réclamait son état, le médecin se retira, disant qu'il reviendrait avanl midi.Jacques Mellier avait voulr rester dans son fauleuil.près d< la fenêtre ouverte.Le médecir n'y avait pas vu d\u2019inconvénient Le docteur parti.Lucile revint s\u2019agenouiller près de soi père.Le vieillard s affaiblissait graduellement, et à chaque instan\u2019 sa respiration devenait plus dif ficile.\u2014 Je n\u2019ai pa^ Moulu contra rier ce bon docteur, dit Mellier en souriaitI IrisUunent ; m fis j.sens bien que je vais m\u2019en aller Sur ces mots Lucile et Blan che sanglotèrent. 17 mai 1924 &®cmsdb 33 Le vieillard les entovrra de ses bras gj, approcha les deux têtes de sa poitrine.\u2014Mes enfants, dit-il, ne pleurez pas, il faut bien qu\u2019on meure.Vous êtes mes deux filles, oui, mes deux filles.Je sens la mort venir; mais, en vous voyant près de moi, j e n\u2019éprouve aucun effroi.Il me semble, au contraire,que mon coeur se remplit d'allégresse.Ah! si seulement, Rouvcnat revenait vite avec mon polit-fils.Les yeux à demi fermés, il paru! réfléchir pendant linéiques minutes.Puis, se parlant à lui-même, il murmura : \u2014 Non.je ne veux pais mourir avant d\u2019avoir rempli mon dernier devoir; pour cela, je ne veux pas attendre le retour de Rouvenat.Oh! si je mourais avant d\u2019avoir parlé!.Celte pensée m\u2019épouvanle.\u2014 Mon père, lui demanda Blanche, est-ce un prêtre que vous désirez ?Pendant un instant il regarde avec attendrissement ta tête charmante de l\u2019enfant.Puis les veux et une main levés vers le ciel : \u2014 Oui.Rlanche.dit-il.je suis chrétien el tu peux faire appeler M.le curé do Frémi-coiir*!., que j'estime et que j\u2019aime: je le verrai avec plaisir, si je ne suis pas morl avant qu\u2019il arrive.\u201c Blanche, reprit-il brusquement, il me semble, que j'entends des voix d\u2019homme parler en bas: va voir qui cause ainsi, mon enfant, et lu reviendras me le dire.La jeune fille s\u2019élança hors de la chambre.Elle reparut au bout d\u2019un instant.\u2014 Eli bien?l\u2019interrogea le vieillard.Mon père, répondit-elle, il y a en bas, Jean.Séraphine, la servante, quatre de nos faucheurs et le vieux Mardoche.\u2014 Que font-ils dans la grande salle ?\u2014 Tls parlent de vous, mon père: ils savent que vous êtes malade et ils sont consternés.\u2014Dis-moi les noms des faucheurs.\u2014 Les vieux Mathias.An-dral.Brunet et Simonin.Le visage du vieillard parut s\u2019illuminer.\u2014 Les quatre faucheurs que tu viens de nommer sont des amis de Rouvenat et de Jacques Mellier, Blanche: va dire à Matthias, à Simonin, à Brunet et.à Andral que je les attends ici, dans ma chambre ; tu diras cela aussi à mon garçon Jean et au vieux mendiant Mardoche.La jeune fille le regarda avec étonnement.-\u2014 Va, ma fille, va, ajouta le vieux fermier vivement ému, tu entendras ce que je vais leur dire.\u2014 Je vous obéis, mon père, répondit Blanche.Et elle sortit de la chambre.\u2014Mon père, dit Lucile en se relevant, je devine votre pensée.¦ \u2014 Puisque lu as deviné ma pensée.Lucile, dis à ton père si tu l\u2019approuves.Oui.mon père, je vous approuve : c\u2019est bien ce que vous a!h-z faire.11 n\u2019appartient qu\u2019à von- de proclamer l'innocence de Jean Renaud.Mais permeltez-moi de ne pas être témoin de votre confession.\u2014 Oui, ma fille, ma Lucile.tu as raison, tu ne dois pas entendre cela.Passé par le cabinet el retire-toi dans la chambre do Rouvenat.Approche ton front que je te donne encore un baiser.Pendant ce temps, Blanche avait interrompu une seconde fois la conversation des faucheurs que Jean Renaud écoutai 1 -sns rien dire, assis, les coudes appuyés sur la table et la fête fions ses mains.\u2014 Mes amis, dit Blanche, s-adressant aux faucheurs, mon père vous prie de monter dans Sa chambre, il a quelque chose à vous dire.\u2014A nous quatre?demanda Mathias.\u2014 Oui, il désire vous voir tous les quatre et vous aussi, Jean.Les cinq hommes échangèrent des regards de surprise.Blanche s\u2019approcha de Jean Renaud et lui dit tout bas : \u2014Jacques Mellier m\u2019a dit de te faire monter avec eux.\u2014 Moi ! fit Jean Renaud tressaillant.\u2014Qui.Tu as l\u2019air contrarié, mécontent.Qu\u2019as-tu ?\u2014 Blanche, je ne veux pas te le cacher, je suis inquiet, tourmenté, je voudrais savoir quelque chose.\u2014 Je devine peut-être ce qui te préoccupe.Jean Renaud plongea son regard scrutateur dans les yeux de sa fdle.\u2014 A la ferme cette nuit, il s\u2019est passé des événements graves.reprit la jeune fille.»\u2014 Eh Men?eh bien?Pin-temrogea-t-il avec anxiété.\u2014 Ün homme a pénétré dans la chambre de Jacques Mellier et a tenté de le voler et de l\u2019assassin er.\u2014 Parisel ! ¦\u2014 Le père, je le crois.-\u2014 Alors ?\u2014 Jacques ne l\u2019a pas reconnu.\u2014- Qui donc l\u2019a défendu contre l\u2019assassin?Blanche, est-ce que In n\u2019as pas vu une femme ?\u2014 Si.Ecoute: au moment où son père, probablement, cherchait à voler la caisse de Jacques Mellier, François Parisel est entré dans ma chambre pendant que je dormais.Jean Renaud blêmit el deux sombres éclairs jaillirent, de ses \u2022 eux.\u2014 L\u2019infâme! murmura-t-il -nurdement.- Mon père, ajouta la jeune fille, la Blanche doit peut-être plus que la vie à Lucile Mellier.\u2014 Tu sais donc ?\u2014 Oui: mais ce n\u2019est pas le moment de te raconter tout ce qui s\u2019est passé.Viens, viens.Ils suivirent les faucheurs et le domestique qui grimpaient l\u2019escalier.Jean Renaud et Blanche n\u2019étaient pas encore arrivés sur le palier, lorsque la porte de la ferme s'ouvrit el livra passage à un homme d\u2019un certain âge, richement vêtu.Il avait les cheveux gris et ne portait pas de barbe.Son regard était vif et perçant.Sa physionomie froide et austère exprimait, néanmoins la bienveillance el la bonté.Tout en lui révélait l\u2019homme du monde intelligent, instruit, distingué.Séraphine venait d\u2019ailler au jardin pour couper et arracher des légumes.L\u2019inconnu ne trouva personne dans la grande salle.\u2014 Us sont probablement dans les écuries, se dit,-il.11 se disposait à sortir de la maison, lorsqu\u2019il entendit, au-dessus de sa.tête, un bruit, de pas et de voix.L\u2019escalier était devant lui.Après un moment d\u2019hésitation.il se décida à monter au premier étage.La porte de la chambre de Jacques Mellier était entrebâillée.Il la poussa.Mais il s\u2019arrêta sur le seuil en présence du spectacle touchant et imposant tout à la fois qui s\u2019offrit à sa vue.(Suite à la page 34) Aspirine Dites \u201cBayer\u201d \u2014 Véritable! PAYER Les véritables \"Comprimés d\u2019Aspirine Bayer\u201d ont été jugés excellents par des milliers de personnes et prescrits j>ar les médecins, depuis plus de vingt-trois ans, pour les Rhumes et la Grippe.Boîtes commodes de douze comprimés pour quelques sous seulement chez tous les pharmaciens.Chaque paquet contient un mode d\u2019emploi éprouvé pour les Rhumes et tous renseignements sur la préparation d\u2019un gargarisme à l\u2019Aspirine pour maux de gorge et amygdalite.Aspirine est la marque de fabrique (enregistrée au Canada) de la manufacture Bayer de Monoaceticacidester de Salicylicacid, Bien qu\u2019il soit reconnu qu\u2019Aspirine signifie manufacture Bayet, pour protéger le public contre les- contrefaçons, les Comprimés de la Compagnie Bayer seront empreints de la marque de fabrique générale, la \"Croix Bayer\u201d.^\t;;~r% ON SENT QUk GUERIT emnOi RHUMES.GERÇURES, BRULURE S.chez roustxs**aRMÀe»Ens.La Hernie Guérie par les PLAPAO-PADS ADHESIFS DE STUART signifie que vous pouvez jeter au loin les bandages douloureux parce qu'ils sont faits pour guérir et non seulement pour retenir la hernie.Mais s'adaptant justement il?vont aussi un facteur important pour retenir des hr es qui ne se peuvent retenir par les bandages RAS DE BOUCLES.COURROIES 01\u2019 DF Kf.SSORTS .Doux comme le v«.lours, facile à appliquer.pas dispendieux.Action continue jour et nuit.Obtint grand prix à Paris et médaille d'or à Rome.Nous prouvons nos avancés en vous envoyant PL A PAO D'ESSAI et le livre de M.Stuart sur la hernie ABSOLUMENT GRATIS.N\u2019envoyez pas d\u2019argent.Ecrivez aujourd\u2019hui à; PLAPAO COMPANY.2673 Stuart BniWire, St Lmm Mo.F.-IJ Les parasites internes, du genre des vers dans l\u2019estomac et les intestins des enfants, sapent leur vitalité et retardent leur développement physique.Ils maii>-tiennent les enfants dans un état constant de malaise et si on les néglige, mettent la vie en danger.On peut épargner aux enfants beaucoup de souffrance- et ix mères beaucoup d\u2019anxiété par 1 u-aee ?un remède convenable pour les veis, tel que Miller\u2019s Worm Powder qui est la mort certaine pour les vers. ?4 3fa&cmBdJb 17 mai 1924 LA FILLE MAUDITE (Suite de la page 33) A côté de Jacques Mellier se tenait Blanche, légèrement appuyée sur le dossier du fauteuil.Derrière la jeune fille se trouvait Jean Renaud: avec sa longue barbe et ses longs cheveux gris, dans son costume pittoresque de mendiant, moins cependant la besace et le bâton.En face du vieux fermier,le garçon de ferme et les quatre faucheurs formaient un demi-cercle.Mellier n\u2019avait pas encore parlé.L\u2019inconnu fit un pas dans la chambre, ferma doucement la porte et resla immobile.Personne ne s'aperçut de sa présence.Après avoir salué par un mouvement de tête et deux signes de la main, le vieux fermier prit la parole.D une voix faible, lente oppressée, â laquelle il donna un accent grave, presque solennel, il dit : \u2014 Mes amis, jesuis bien aise de vous voir, car je sais que vous avez tous de l\u2019amitié pour moi.Je me sens bien faible, je crois que je vais mourir.\u2014Mais non, Monsieur Mellier.mais non, ça ne sera rien, dirent ensemble plusieurs voix.\u2014 Ecoutez-moi.écoutez-moi, reprit-il; les instants son! précieux, laissez-moi parler.Je voudrais que tout le monde de Frémicourt et de Civry fût ici en ce moment pour écouter mes paroles; vous n\u2019êtes que six.n\u2019importe, écoutez-moi.C\u2019est la confession du vieux Jacques Mellier que vous allez entendre.Jean Renaud tressaillit.Les autres se regardèrent avec ébahissement.Blanche fit un mouvement commesi elle eût eu l'intention de mettre sa main sur la bouche du vieillard.Ses lèvres remuèrent: mais elle resta silencieuse.Mellier continua : \u2014 Vous vous souvenez de ma fille.\u2014 Oui, oui, Mlle Lucile, la belle demoiselle du Seuillon.\u2014 Eh bien, j\u2019ai été sans pitié pour elle.Pour une faute que j\u2019aurais dû lui pardonner, je l\u2019ai chassée de ma maison.oui, dans un moment de folle exaspération, sans doute, j\u2019ai chassée ma fille, mon unique enfant.en lui jetant ma malédiction.Les auditeurs baissèrent la tête.\u2014 Vous savez maintenant pourquoi Lucile Mellier a disparu tout à coup.Mais ce n\u2019est pas tout, écoutez toujours: il y a dix-neuf ans,le 24 de ce mois, jour de la Saint-Jean, un tout jeune homme, inconnu dans le pays, a été tué d\u2019un coup de fusil sur la route de Frémicourt à Civry, presque en face du Seml-lon.\u2014 Je me souviens de cela comme si la chose était d\u2019hier, dit le vieux Mathias.\u2014 L\u2019événement a fait assez de bruit pour qu\u2019on s\u2019en souvienne, ajouta Simonin.\u2014 Ce jeune homme, poursuivit le vieillard d\u2019une voix chevrotante, cet inconnu, cet étranger, donnait la nuit des rendez-vous à Lucile Mellier, il était l\u2019amant de ma fille !.L\u2019étonnement se peignit sur tous les visages.-\u2014 La justice chercha l\u2019assassin : on arrêta un brave homme de Givry.Vous l\u2019avez tous connu.Jean Renaud,le tueur de loups.Jean Renaud a été jugé et condamné aux travaux forcés à perpétuité.Où est-il, maintenant ?A Cayenne, mort peut-être.Eh bien, Jean Renaud, le tueur de loups, était innocent!.Ces paroles furent suivies d\u2019un murmure.Tout semblait l\u2019accuser, continua Mellier en faisant un nouvel effort pour raffermir sa voix; il pouvait se défendre et prouver facilement qu\u2019il n\u2019était pas coupable, il ne l\u2019a pas fait.Jean Renaud s\u2019est laissé condamner.Vous ne savez pas pourquoi, je vais vous le dire: Jean Renaud connaissait le véritable coupable; il s\u2019est laissé condamner pour le sauver !.\u201c Blanche.Blanche, tu as entendu, ton père est innocent!.S\u2019il existe encore.la liberté lui sera rendue et tu le reverras!.La jeune fille se laissa tomber sur ses genoux.Elle pleurait à chaudes larmes.\u2014 Le véritabl e coupable continua le vieillard d\u2019une voix presque éclatante, eplui qui a tué le jeune homme inconnu sur la route de Civry.c\u2019est moi, Jacques Mellier ! Les hommes présents, moins Jean Renaud et peut-être aussi l\u2019étranger que le hasard avait amené dans la chambre, étaient frappés de stupeur.\u2014Vous m\u2019avez bien entendu tons?reprit le vieux fermier, souvenez-vous dp mes paroles p fin dp nouvoir Ips rénéter eitand onor le bonheur dp ceffp enfant, que vous aimez tous, Pierre Rouvenat vous fera paraître devant les magistrats pour dire la vérité.Pauvre Jean Renaud, cœur trop dévoué, pourvu que tu vives encore! Il cessa dé parler et sa tête lourde tomba dans ses mains.Les spectateurs de cette scène émouvante restaient immobiles, comme s\u2019ils eussent été cloués au parquet.XX M.NESTOR DUMOULIN Il y eut un silence de quelques minutes, pendant lequel, après s\u2019être consultés du regard, le garçon de ferme et les faucheurs sortirent lentement l\u2019un après l\u2019autre.Blanche restait à genoux près du vieillard.Jean Renaud s\u2019était rapproché du fauteuil.L\u2019inconnu, immobile à la même place, regardait le vieux mendiant avec plus d\u2019intérêt encore que de curiosité.Tout à coup, Jacques Mellier s\u2019agita convulsivement,: ses yeux parurent se dilater, les traits de son visage livide se décomposèrent.Il se roidit étendit les bras et les jambes, et, brusquement, comme s'il eût reçu le choc d\u2019une pile électrique, il se dressa dpbout.Tout son corps tremblait.\u2014 Mes yeux se voilent, dit-il d'une voix presque éteinte, je ne vois plus, je ne vois plus.Tl porta, la main à sa poitrine, sur laquelle ses doigts se crispèrent.\u2014 Là, là, reprit-il, je seng comme un morceau de glace.Je vais mourir, je vais mourir !.Rouvenat.Rouvenat! Ah! il ne revient pas, il arrivera trop tard.Edmond.je ne verrai pas l\u2019enfant de ma fille.Ma tête tourne, mes membres s\u2019engourdissent.mes pensées se brouillent, elles fuient.Blanche es-tu près de moi ?La jeune fille s\u2019était levée.\u2014 Oui, mon père, répondit-elle, je suis près de vous.Il lui saisit le bras.\u2014 Je ne te vois plus, mais je t\u2019entends, je te Bens.ne me quitte pas.Et Lucile!.Blanche, appelle Lucile, appelle ma fille ! \u2014Lucile, Lucile! cria Blanche.A la vue de son père qui avait déjà les empreintes de la mort sur la figure, elle poussa un cri déchirant et l'étreignit fiévreusement dans ses bras.Le vieillard retomba lourdement dans son fauteuiL -\u2014 Lucile, Blanche, dit-il, vous me pardonnerez, n\u2019esl-ce pas, vous me pardonnerez ?.Des sanglots lui répondirent Il continua : \u2014 Vous vous aimerez, vous ne vous quitterez jamais.vous serez heureuses.oui, heureuses!.Blanche, ton père a souffert et souffre pour moi; c\u2019est aussi pour moi que Geneviève, ta mère, est morte!.J\u2019ai causé de grands malheurs.Si Dieu est juste, il est bon aussi.U connaît mon repentir.il ne sera pas inexorable.il ne fermera pas à mon âme la porte du ciel!.Lucile, je vais rejoindre ta mère., je lui dirai que tu m\u2019as pardonné.Il resta un moment silencieux, les bras tendus, prêtant 1 oreille, comme s\u2019il entendait un bruit lointain.\u2014 Rouvenat revient, je l\u2019entends, il accourt, reprit-il moins distinctement, car sa langue commençait à se paralyser.Si je pouvais vivre encore deux heures, une heure seulement!.Si Rouvenat était là, près de moi si j\u2019avais embrassé mon petit-fils, si quelqu\u2019un venait me dire : \u201c Jean Renaud vit encore je mourrais satisfait.Hélas! je n\u2019aurai pas cette dernière consolation !.\u2014Jacques Mellier.prononça Jean Renaud d\u2019une voix vibrante d émotion; je peux vous donner un peu de cette consolation que vous attendez: Jean Renaud exista encore.Le vieux fermier eut un tressaillement.\u2014 Qui donc vjenf de parler?balbutia-1-il.\u2014 Celui qu\u2019on appelle Mar-doche, un ancien ami de Jacques Mellier, qui se cache sous l\u2019habit d\u2019un mendiant.Le moribond essaya de se lever.\u2014 Ah! ah' bégaya-t-il, la voix de Jean Renaud, la voix de Jean Renaud !.\u2014 Jacques Mellier.Jean Renaud n\u2019est plus à Cayenne, Jean Renaud est libre; il est près de vous, il vous parle.Jacques, je vous remercie de ai Demandez le livre gratuit donnant des re n s e ig n e.ments complets au sujet de la préparation Trench, universellement réputée contre l'épilepsie et les convulsions.Simple traitement domestique.Plus de trente ans de succès.Témoignages de toutes les parties du monde, plus de 1,000 en un ao.Ecrivez immédiatement à: TRENCH'S REMEDIES LIMITED 2807 St.James Chambers, 79 Adelaide St., E.Toronto.Ontario\t(Découpez ceci) Indigestion, Gaz, Bouleversement d\u2019Estomac i Instantanément!t la \u201cDiapepsine » é de Pape\" met un estomac jj: en état de bien digérer.| ; 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double bord: l'un en moire noire, relevé, I autre en paille; guirlande de fleurettes \u201cvieux rase\" et \u201c cyclamen CHAPEAUX floche en laize marron très courte derrière et ornée ci un large n-iud de ruban du ton.Toque de satin noir avec torsade de satin entourant une broderie multicolore.Chapeau de satin noir, fond à côtes, garni de pompons de plume rouge et noir.i *1 }3 mai 1924 MERE nur à un bon Petit Diable et le nrîer de réchauffer de son amitié une soeurette affFgée.Je vous donne la mrn et vous d;s- à bientôt.\u2014* Air hautain BON CONSEIILF.R.\u2014 Allons, venez au Fover donner de bons conseils et avec votre délicatesse panrer les coeurs b'essés.Je vous estime beaucoup et vous Iis avec grand plaisir.\u2014 Air hautain Suite à la page 46 Le secret du succès d\u2019un grand dîner\u2014 I A MAITRESSE de maison qui a Fha-\u2018-i bitude des grands dîners sait d\u2019expérience que le dessert, plus encore que les autres services, doit avoir un goût exquis et une saveur particulière \u2014 pour que les invités aiment à en prolonger le plaisir.Rien qû'ayec ce que vous avez toujours sous la ma.n à la maison\u2014lait, oeufs, chocolat, fruits et légumes frais ou en conserves\u2014préparés avec tie la Gélatine Knox\u2014vous pouvez vous faire tous les desserts et toutes les salades imaginables.Voici entre autres une recette qui, par sa saveur et son goût exquis, s'est fait toute une Imputation : Poud ng à la neige .(pour six personnes) /.\u2019 enveloppe de Knox Sparkling Gelatine ?4 de tasse d\u2019eau froide H de tasse de sucre 1\ttasse d\u2019eau bouillante *4 de tasse jus de citrons 2\tblancs d\u2019oeufs\tQuelques pincées de sel Faire tremper la gélatine dans l\u2019eau froide pendant cinq minutes, dissoudre dans l\u2019eau bouillante, % additionner de sucre, de jus de citrons, ainsi que du zeste râpé d\u2019un citron: couler, mettre de côté, agiter de temps en temps: quand le mélange eSt b en lié, battre ayec une batteuse d\u2019oeufs ou une cuiller en fil de fer.jusqu\u2019à ce que ça mousse; ajouter les blancs d\u2019oeufs^ battus ferme, et continuer de battre jusqu'à ce que le tout soit assez ferme pour garder sa forme.Déposer alors dans un moule ou un plat, d\u2019abord refroidi dans I eau.Laisser geler et servir relevé d\u2019une crème cuite (custard) ou d\u2019une sauce de fruits, REMARQUE.\u2014Ce qui reste de gélatine dans le paquet suffit à trois autres desserts ou salades, pour six personnes chaque fois.Pour les dîners de réception à la maison Plus d\u2019une femme doit aux recettes originales qui se trouvent dans les livres de Mme Knox le charme de ses desserts et salades.Envoyés gratis, au reçu du nom de votre épicier et de 4c pour frais de port.CHARLES B.KNOX GELATINE Co, Dept.L.ISO St.Paul St, W.Montréal KNOX SPARKLING GELATINE La qualité suprême pour la santé\u201d les médecins recommandent la Gélatine Knox dans tout régime -dans l'alimentation de l\u2019enfant en bas âge (comme complément du lait frais ou condensé, dans des propor-turns prescrites par le médecin lui-rneme), pour permettre à l enient de digérer et d assimiler plus facilement son lait \u2014dans le régime quotidien des en-ants qui grandissent pour faciliter leur croissance et leur développement en force \u2014pour les invalides et convalescents pour mettre dans leur diète de la \\ anete, du goût en même temps quun excel,ont élément de nutrition \u2014et spécialement pour aider à la digestion de tous ceux qui souffrent d une forme quelconque de dyspepsie\u2014médecins et diététistes proscrivent des aliments complets préparés avec la Knox Sparkling Gélatine.i.crivc,\tpour demander le livret
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