Le samedi, 1 mai 1922, samedi 13 mai 1922
[" LIRE NOS DEUX ROMANS: \u201cLE CALVAIRE DE MIQNON \u201d ET « LES DEUX ORPHELINES ^Samedi/ JOURNAL ILLUSTRE HEBDOMADAIRE VOL, XXXIII, No 49 \u2014 Montréal, 13 mai 1922 10 cents LE NUMERO : > \u2022 W- -, ' ;V .-àr ifS fel fm vm mm jggsggggp«ï\"-y' Q]\t199-ouest Ste-Oatherine\tQ =4\t(Face au carré Philips) A L\u2019ECRAN CETTE SEMAINE LES NAINS CHANTEURS DANS \u201cSKIRTS\u201d A UCUN effort d\u2019exhibition n\u2019a été plus entreprenant, ^ *¦ aucun n\u2019a été plus étonnant que de s\u2019être procuré la troupe de réputation mondiale des nains chanteurs pour la sensation SKIRTS, comédie Fox Sunshine.C\u2019est la plus grande réun.on de nains que l\u2019on aie jamais vue et, pour obtenir leurs services, William Fox dut terminer leur saison avec un cirque.Dans cette merveilleuse production, une autre surprise étonnante est l\u2019extraordinaire pot-pourri, un des meilleurs amusements jamais organisé.Cette production a englouti la rançon d\u2019un roi.Des mois ont été consacrés à sa préparation.Les résultats justifient notre estimation que c\u2019est la plus vive, la plus dansante, la plus amusante et la plus excitante comédie jamais conçue.N'OUBLIEZ PAS D'AMENER LES ENFANTS.ILS S'EN REJOUIRONT.C'EST UN PLAISIR DE GRANDE VALEUR.Comme comédie à sensation, \"Skirls\u201d est assurément un chef-d\u2019œuvre, 11 y a des rencontres de trains, des coups d\u2019audace en aéroplane, des fuites mouvementées en auto et une énorme quantité de jolies filles.Cette production a été dirigée par Hampton Del Ruth qui est considéré comme le premier directeur de comédies.C\u2019est certainement l\u2019attraction la plus sensationnelle du genre, mise à l\u2019écran par William Fox.Une complète révélation ! Norma TALMADGE DANS \u201cSMILINTHROUGH » * Magnifique sur la scène mais, sur l\u2019écran, une complète révélation! Au cours de ses huit merveilleux rouleaux, c est du roman, du drame, parfois de la tragédie et toujours un appel aux sentiments dont est seule capable Norma Talmadge.DANS TOUS LES TRIOMPHES DU PASSE, IL N\u2019Y A PERSONNE POUR EGALER NORMA TALMADGE DANS \u201cSMILIN\u2019 THROUGH\u201d Déroutant \u2014 Tendre \u2014 Puissant \u2014 Ecrasant Commence le dimanche, 7 mai ALLEN LOEW\u2019S Théâtre de Vaudeville STE-CATHERINE O.coin MANSFIELD (entrées sur les deux rues) Spectacle continu «Je 1 p.m El 11 p.in.semaine commençant le dimanche t mai WILLIAM FOX présente \u201cFOOTFALLS\u201d Bafié sur le roman de WILBUR DANIEL STEELE Distribution des rôles : Iliram Sembler.Tgroile Power Tommy (son fils) .7\u2019oui Douglas IVggy Hawthorne.Estelle Taylor Alec Campbell .Gladden Jann s Epoque : Les ternes detuidf* 'Ll u : Le village de pécheurs tic l ! I ciuspr.i t.Harry HOLDEN N Lucy IIARRON dans \u201cThe Bill Poster\" Présentant des nouvelles chansons et des dialogues humoristiques.HARRY BENT,EU, \u201cThe Dancing Xyolophonist\" YORK & MAYBELL Origine litps com hums.K AI iALI Tl l'S II A WA 11 ANS La plus moderne troupe de sérénade Hawaiienne de vaudeville, présentant \u201cAu Eveniug in Hawaiia\u201d VAN A CARRIE AVERY présenta ut Van Avery l'original \u2018\u2018Rastus\u201d dans \u201cMadame- Sirloin, Medium\u201d Vol.33, No 49, Montréal, 13 mai 1922 LE SAMEDI 3 fBzris.France CREATEUR\tÿ De parfums ayant un cachet de personalité De poudres de luxe pour la figure Tout ce qui sert a entretenir et a ajouter au charme de \u201cLaToilette de Mon Amie\u201d se trouve dans les odeurs exquises de Piver.POMPEIA AZUREA FLOR AVIVE SAFRANOR GERBERA MISMEL1S LE TREFLE INCARNAT Se trouvent dans tous les bons magasins A.Giroux, jcul agent pour le Canada, 46 rue it-Alexandre, Montréal.LISEZ LE FUI J «fc J® En vente dam tous les dépôts 15 sous le numéro POIRIER, BESSETTE & CIE édite tors-prop riét aires 131, rue Cadieux,\t.Montréal Courrier de Manon CHASSE-GALERIE.\u2014R.Rêver feu, sig.d'uingciit , 1 si expressif nue la lin,«ère joignit les moins.Pauvre enfant, vous voudriez avoir des nouvelles d'1 mon cher maître?\u201cOui\u201d, firent les yeux.\u2014Votre parent, dit perfidement Kaîra, se trouvait dépaysé parmi les vivants.Il s\u2019est luiémême expédié vers.-\u2014Arrière! cria Mignon en la repoussant avec une force dont on ne l'eût pas jugée capable; arrière, mauvaise femme! N\u2019ajoutez pas la calomnie à la plus odieuse des actions.Nolhon s\u2019était vivement rapprochée de Mignon.Ne saisissant pas bien le sens des paroles prononcées, elle regardait la marocaine avec stupeur.\u2014C\u2019est la fièvre! dit celle-ci.Mignon avait attiré la vieille lingère et s'accrochait à elle comme le naufragé à l\u2019épave.\u2014La fièvre?répéla-telle avec dégoût.Non, oh! non.Je me souviens de tout, de tout!.Mon cher oncle appelait.il allait être égorgé.Oh! ce cri! ce cri!.J'ai voulu courir.mais vous!.\u2014Moi?\u2014Oui, vous! vous avez favorisé le crime en me retenant.Osez donc nier! -Pouvais-je croire?.\u2014Quoi ?ce qui est arrivé ?.Mais, malheureuse, ma présence eût fait fuir le meurtrier!.Votre insistance à me retenir vous condamne !.C\u2019est tout juste si je ne vous crois pas la complice de.\u2014Oh! Mignon, supplia la Marocaine; n\u2019aohevez pas.j\u2019avais peur.peur pour vous.Malgré les deux bras de Nothon qui enlaçaient son corps et cherchaient à la retenir, l\u2019orpheline se dressa sur son lit.-\u2014Peur ?répéta-t-elle.Vous saviez donc ?\u2014Votre imagination.\u2014Ah ! perfide.Mon imagination voyait juste alors et ne s\u2019abuse plus maintenant.Je devine la trame monstrueuse.Votre agitation me fait presque comprendre de qui vient le coup.Malheureuse! malheureuse! je ne puis vous accuser, vous dont j\u2019ai bu le lait.ô honte!.Mais vous voir près de moi me ferait mourir.Partez! Partez! Nothon Le Guével était toute retournée par celle scène qui lui faisait entrevoir de terribles responsabilités.Quant a la Mrocaille, elle n'en pouvait croire ¦ses oreilles.E l ai 1 -c ^ bi en là Mignon, l\u2019enfant timide cl douce dont l\u2019esprit malléable avait élé jusque-là si facile à diriger?.Quoi, un seul chagrin avait nu l.i changer ains: du tout au tout, en faire une femme forte, décidée, impérative?Si bizarre que cela puisse paraître, la Marocaine aimait Mignon.Elle l'aimait à la façon des félms.pour sa propre sa-lisfrtcVon, d'un amour égoïste, si l'on veut, mais elle l'aimait.Partir ?répéta-t-elle, frappée au coeur.\u2014Cnrlos.riposta la jeune fille.Vous que i'irir'ris à Péril de ma mère, vous rri envers moi comme eût hésité à 1 .fnnni\"e cnnmie !.Je n\u2019avais que de h\"ns nri'nc! vous avez tout fait pour ne ilo-ériior le coeur.Soyez heureuse et satisfaite.Vos leçons pro- Vol.33, No 49, Montréal, 13 mai 1922 LE SAMEDI 23 filent enfin.Le lail que je tiens de vous tourne en fiel!.Partez!.**-Non! ah! non ! gémit la Marocaine en se laissant tomber- à genoux près du lit; ne me chassez pas! Je suis seule au monde, je vous ai servi de mère.Vous ôtes la lumière de mes yeux, le soleil de mon âme, le sang de mon coeur! Vivre sans vous serait un intolérable supplice! Sa douleur était vraie, son effroi sincère, et pourtant son orgueil était tel que, pour ne pas laisser entendre à No-thon.cette femme étrangère,- sa prière d'amour, elle s\u2019exprimait dans le poétique langage des Berbères que Mignon comprenait et parlait.La jeune fille était encore bien faible.Celte incantation lui portait sur les nerfs, pourtant elle ne voulut pas se laisser attendrir.\u2014Si vous restez, dit-elle en se levant, c'est moi qui partirai.K a ira bondit.C'était la panthère a laquelle on arrache ses petits.\u2014Je vou- suivrai, cria-t-elle, et son irrévocable détermination se lisait -dans ses yeux; si j'ai fait le mal, je le réparerai ! \u2014Hélas ! gémit l\u2019enfant, peut-on refaire l'irréparable?Le recteur du Lanio et le capitaine de Gue.rchrist, qui venaient de quitter la chambre où Pierre-agonisait, frappèrent à la porte en ce moment : \u2014Mon oncle, dit l\u2019orpheline, la mort de mon cher tuteur vous rend le maître ici.Aceordez-moi une grâce.Priez cette femme de s éloigner! D'un geste fatigué elle désignait haïra.tandis que Nothon parlait à voix basse à M.Le Lobo.Le regard du capitaine croisa celui de la femme berbère.Ils se comprirent.Ils étaient tous deux au service du même maître.En paraissant se desservir l'un l'autre, leur jeu-n'en serait que mieux masqué.\u2014Parbleu ! ma chère Mignon, fit le premier en affectant la bonhomie; rien n'est changé ici.Je fais ce qu'aurait fait Roch, vous serez obéie.\u2014fit moi.déclara la seconde en marchant vers la porte, puisque mon coeur n esl plus ici, adieu ! \u2014Un instant, dit le recteur en se mettant devant la porte.Celte femme sait bien des choses, capitaine.Le brigadier de gendarmerie et ses hommes sont encore ici.Il faudrait la faire questionner.Denis de Guerchrist n était pas à son aise._____Eh bien, va, va chercher ton brigadier.consentit haïra en se croisant les bras.Mais dès que M.Le Lobo fut dehors, elle sortit à son tour.Nothon était seule à vouloir la retenir et la force lui manquait.Le recteur du Lanio, revenant avec les gendarmes, fut quelque peu dépité de ne pas retrouver la Marocaine, hile ne pouvait être loin.Il donna des ordres.Mais le château Joui entier fut fouillé sans résultat.Pourtant, la femme de couleur n\u2019avait pu sortir, toutes les portes étant closes.Quel était ce nouveau mystère?Cette vieille demeure avait-elle de secrètes issues ?Toujours est-il que cette inexplicable fuite de haïra qui pouvait disparaître sans faire usage des iportes, acheva de démoraliser les serviteurs du château.Après la mystérieuse façon dont le crime de la nuit avait été exécuté, ce fait., assez peu important en lui-même devait être pris au sérieux.Aussi, avec l\u2019autorisation du capitaine, M.Le Lobo décida-t-il de conduire Mlle de Locmaria et Nothon Le Guével chez les époux Tremlen qui, en cette triste circonstance ne pouvaient manquer de se mettre de tout coeur à leur disposition.Ce départ ne pouvait déplaire à Denis de Guerchrist qui allait en avoir les'coudée® plus franches, tout en faisant interprète?sa conduite comme désintéressée et paternelle.Mtre Polvern était un épucurien et, comme tel, il avait la coutume d;e dormir neuf heures, car la position horizontale et le sommeil sont propices, tout comme la nourriture à la récupération des coloris dépensés à l'état de veille.Or cet homme rangé, cet homme méthodique eût dû se trouver affaissé et inapte à tout travail, après la nuit, plutôt orageuse pour un notaire, qu\u2019il venait de traverser.Mais on se tromperait fort en se figurant que ce gros voluptueux, cet amateur de ses aises, ce Lucullus breton fût exempt d\u2019énergie.Il possédait du ressort et savait imposer silence à ses doctrines lorsque le devoir commandait.La tragédie de hervoûlre l'avait galvanisé.Aussi prit-il très à coeur les fonctions dont il avait été investi par Denis de Guerohrist, l\u2019héritier légal et le maître absolu, en l\u2019absence de toute postérité et de dispositions écrites.Sans songer à prendre du repos, il se livra à une nouvelle et active recherche du testament.Ceci sans résultat.Il commençait à se décourager, lorsque Jude Méliaivir en Penbras vinrent lui faire part d une nouvelle complication ; l\u2019incompréhensible invisibilité de la Marocaine dout la disparition était une énigme, puisqu\u2019elle n\u2019avait «pu sortir du manoir par une porte.Le notaire s'était installé dans la lingerie.domaine de Nothon Le Guével, et.assis devant une petite table, il prenait des notes, lorsque le régisseur et l'armorie\".envoyés par M.Le Lobo, étaient entrés pour le mettre au courant de ce fait étrange.Mtre Polvern n\u2019eut pas l\u2019air d'éprouver une bien grande surprise à celle annonce.Peut-être venait-elle confirmer certains calculs de (probabilités, certains soupçons dont il ne pouvait se défendre.Asseyez-vous là, mes a;.,is, dit-il en montrant des siégea.Et nommes les deux hommes s\u2019en défendaient.\u2014Pas de cérémonie entre nous, ajouta-t-il rondement.Mon bien cher client et ami le vicomte Roch, vous considérait moins ©n serviteurs qu'en gens dévoués à sa personne.Son estime n é tait donnée qu\u2019à bon escient.\u2014Oh! monsieur.\u2014\u2014Si, si, vous en étiez dignes à tous égards,.Hous!.Voyons.Vous êtes ici, l\u2019un et l\u2019autre, depuis?.,.-Trente-deux ans, dit la régisseur.\u2014Quarante-quatre ans, fit l\u2019armurier.\u2014Hé! hé! vous y avez été élevés au biberon.Vous devez donc connaître tous les détours du manoir?\u2014Certainement.\u2014 Dans ce cas, vous allez pouvoir me renseigner.Je me suis laissé dire qu\u2019au temps de la Révolution, le seigneur de hervoûtre, ami partieuler de M.le marquis de La Rouarie, avait mis celle demeure au service de la frérie bretonne ?\u2014Je n\u2019y étais pas, avoua naïvement Penbrasi \u2014Certes, s\u2019écria l\u2019officier ministériel; à cette époque, vous n'aviez pas encore onze ans.Mais voici pù je veux en venir.La Rouarie avait soigneusement, fait truquer tous ses refuges.Gomme le château de Laguyomarais où le marquis fut ipris par trahison, celui-ci doit contenir des chambres secrètes, des passages dissimulés et peut-être aussi des galerie souterraines.Jude Mélianir ouvrait de grands yeux.\u2014Des galeries souterraines ?répéta-t-il.\u2014C'est supposable.En plusieurs parties de la Bretagne, des galeries de ce genre, oeuvres de la nature ou des druides a.rmoricains, furent utilisés par les contre-révolutionnaires bretons.N'avez-voüs jamais entendu dire que ce vieux manoir reeélait des mystères de ce genre ?J\u2014Moi, non! dit le régisesur.\u2014Moi, si ! fit l\u2019armurier.Mtre Pouvern se frotta les mains et fit glisser son siège vers celui de Penbras.-\u2014Nous allons donc découvrir quelque chose, murmura-t-il en tapotant la manche de l\u2019armurier, Déboutonnez-vous mon brave?Me déboulonner?dit le bonhomme; si je vous comprend® bien, vous désirez apprendre de moi tout ce que js* sais sur ce sujet?\u2014\u2014C\u2019est cela même.\u2014Hélas! je ne sais rien fie plus.\u2014Comment?comment?Ah! je devine.Vous vous demandez à quoi rime ma curiosité?.A ceci, mon brave ami, je n\u2019ai aucune raison de vous le cacher : l\u2019acle renfermant les dernières volontés fie votre maître m\u2019a été volé et- j\u2019ai ripa raisons fie oroire que le double fie cet acte n est pas sorti d\u2019ici, bien qu'on ne puisse le trouver.Penbras branla la tête et répondît: \u2014Vous aviez toute la confiance de mon maître, Mire Polvernj et je ne me serais pas permis de douter de vos inten- 24 LE SAMEDI Vol.33, No 49, Montréal, 13 mai 1922 tions.Par malheur, j\u2019ai dit vrai.Dans ma jeunesse, pour m\u2019amuser, Pierre le Goubet parlait parfois, mais sans rien préciser, de chambres souterraines, comme vous venez de les nommer.Je n\u2019en ai jamais su plus long.Si ces choses ont des issues dans le manoir, seul le vieux piqueur doit les connaHîre.L\u2019officier ministériel recula son siège.C\u2019était une décepiton.\u2014Et vous, Jude, demanda-t-il.Ne savez-vous rien?\u2014Rien, monsieur.C'est même la première fois qu\u2019il est question de cela devant moi.\u2014 Alors, aucune chance de rien apprendre.\u2014Peut-être.Lors de mon entrée en service au château, Pierre le Goubet n\u2019était pas le seul à tourner du matin au soir dans les corridors.Il y avail alors un autre Serviteur.\u2014C\u2019est vrai! La mémoire me revient, interrompit Penbras en se touchant le front.Nel Torn, le Cloarec, se vâhtait de connaître les secrets de Kervoûtre, non moins bien que le vieux piqueur.Il disait même en riant, et pour nous effrayer, je crois, que les épaisses murailles du manoir formaient illusion comme la croûte vide d\u2019un pâté.\u2014Parfait ! s\u2019écria Mtre Polvern, se raccrochant à cet espoir.Ce Nel Torn, allez le\u2019chercher tout de suite.Penbras et Jude Mélianir se regardèrent.-\u2014Impossible! firent-ils ensemble.\u2014Pourquoi?\u2014Ce Nel Torn était devenu un triste sire.Renvoyé du manoir, il y a de nombreuses années, il s\u2019était fait une tanière dans une grotte du voisinage et y vivait en sauvage, de déprédations.\u2014Y vivait ?Tl n\u2019y est donc plus ?\u2014Non.Fatigué de recevoir des plaintes à son sujet, M.le vicomte l\u2019a fait expulser avant-hier.Mtre Polvern frappa la table en grondant : -\t\u2014Décidément, la fatalité s\u2019en mêle ! XX LE DERNIER CONSEIL DU MAURE Le départ en pleine nuit du chtâeau du Cnsquer de l'amiral du Barrai, de M.de P'-ad'nes et du capitaine de Guerchrist, ne s'étail pas effectué sans quelque bruit et Abd-el-Kalid avait pu se demander : \u2014Est-ce fait ?Il s'étail répondu affirmativement et avait dormi d\u2019une conscience légère.Au malin, il s\u2019était levé de belle humeur.De ses blessures physiques, il né-(ait plus question el la mort du vicomte Root), mort qu\u2019il pressenlail sans en avoir la confirmation, mettait un baume sur la plaie dont souffrait son orgueil, en même temps qu\u2019elle faisait tombe\" le dernier rempart effectif qui le séparait de Mignon.Le moral de l\u2019Arabe, même civilisé, n\u2019offreipas de point de comparaison avec la nôtre.L a guerre contre tous, c\u2019est la loi du Prophète, et les sauvages adhérents de l'Islam n'éprouvent aucun remords à se débarrasser d'un ennemi par tous les moyens.Violer un serment les dégrade, mais facrifier une vie est chose sans conséquence si leur bien-être estime ce mal nécessaire.Tout en se promenant dans sa chambre, l\u2019Emir pensait que, désormais Mignon serait à lui.Ses défenseurs étaient loin : l\u2019un à l\u2019étranger, l\u2019autre dans la tombe.La porte s\u2019entre-bàillaia sans bruit.\u2014Entre, -dit l\u2019Emir en reconnaissant la figure chafouine et fausse du braconnier Nel Torn, et donne-moi le papier.\u2014Je ne fai plus.\u2014Tu mens! cria Abd-el-Kalid.Donne, ou sinon.\u2014Je ne mens pas.J'avais les pièces du notaire.Elles m\u2019ont été volées.Qu\u2019importe, après tout, L\u2019autre chose est faite.Payez! Abd-el-Kalid tressaillit.Il lui avait semblé entendre marcher dans son antichambre.\u2014Chut! fit-il.Le bandit tendit sa main ouverte.\u2014Pas de boniment, des jaunets! déclara-t-il d\u2019un ton cynique; chacun le sien, pas vrai?L\u2019Arabe comprit alors, un peu tardivement.qu\u2019il venait de se river un boulet à la jambe en la personne de ce misérable.Il n\u2019était plus obséquieux mais gouailleur.Désormais, le vil instrument aurait des velléités de se faire valoir.Il y avait entre eux une mortel secret.Il importait de ne pas le garder là plus longtemps.Sa présence pouvait être signalée el devenir compromettante.-\u2014Tiens, dit-il en lançant au Cloarec un portefeuille bien garni, que celui-ci happa au passage.Maintenant, disparais, je saurai toujours où te relancer.Surtout ne te fais pas voir.\u2014Oh! pas de danger! Nel Torn venait à peine de prononcer ces mots que la porte s\u2019ouvrit de nouveau livrant passage au Maure.L'énigmatique personnage semblait pâle, sous le hâle 'de sa peau bronzée.Son regard allait droit au but mais dans ses yeux se lisaient une indéfinissable tristesse.\u2014Qui donc vous a permis d\u2019entrer ?s\u2019écria l\u2019Emir en se précipitant à sa rencontre pouT masquer le braconnier.Mais cette précaution était superflue.Ce dernier s\u2019était faufilé au dehors comme une couleuvre.Il était déjà loin.Il n\u2019avait pas été vu.\u2014Je sais que je ne dois plus altendre une bonne parole de vous, répondit, le Maure.Ceux que vous appelez maintenant vos amis, ceux dont les conseils intéressés et funestes dirigent vos pas vers l\u2019insondable gouffre où sombre l'honneur, smon la vie, vous auraient détourné de m\u2019entendre.- Mais enfin, vous n\u2019êtes pas venu me faire un sermon?\u2014Je suis venu vous faire mes adieux! \u2014Etes-vous fou?\u2014Je voudrais l\u2019être, car alors je u aurais pas conscience que le fils de mon ami, l\u2019enfant auquel je m'étais consacré avec désintéressement, a jugé bon de se détacher de moi pour donner sa confiance à un immonde scélérat, l\u2019opprobre de l\u2019humanité.\u2014Taisez-vous.! \u2014A quoi bon ?A mon défaut votre conscience saura me supplier et vous dire que celui qui détient de Dieu l\u2019or tentateur esit cent fois plus coupable que le bras qui exécute.\u2014Expl iqu ez - vo us.\u2014C\u2019est inutile.Vous savez fort bien pour qui et par qui un meurtre a été commis cette nuit.\u2014D\u2019où tenez-vous cela ?demanda l\u2019Emir en baissant les yeux.Car, ce singulier jeune homme, pour lequel l'existence de son semblable ne comptait pas.avait, une maladive horreur d'u mensonge; ce qui, s'il eût été soupçonné, aurait beaucoup abrégé la tâche du juge.Le Maure fit peser sur lui un regard d'aigle et.pour la première fois de sa vie, peul-être.Abd-el-Kalid détourna les veux.\t, .\u2014D\u2019où je tiens cela?reprit son interlocuteur.Il n\u2019est pas besoin d aller bien loin pour en être instruit.L\u2019amiral du Barrai et M.de P radin es reviennent de Kervoûtre.et l\u2019on ne s\u2019entretient déjà que de l\u2019assassinat mystérieux.Mystérieux ?Oh ! pas pour moi, car sans .avoir rien dit, vous venez de m\u2019avouer votre participation à cette effroyable tragédie.¦ L\u2019émir fut content.Tl y avait du danger; il redevint lui-même.\u2014Et vous allez me livrer?demanda-t-il, sarcastique.\u2014Je le devrais, je ne le puis ! Car j\u2019ai juré à votre père de veiller sur vous, et.avant votre dpart pour l\u2019Europe, votre digne mère m\u2019a fait renouveler ce serment.\u2014Alors ?\u2014Alors, vous venez de m\u2019en relever, vous, Sidi.Et je vous quitte, ne pouvant plus demeurer près de celui qui a volontairement brisé les liens qui nous unissaient en changeant l\u2019estime en horreur.Le jeune homme se prit à marcher de long en large, les mains derrière le dos.Il enrageait de n\u2019avoir pas le beau rôle.\u2014Rh bien! dit-il, allez au diable! Sans y paraître, le Maure devait être un fameux pince-sans-rire, car, bien que très affecté, il répondit du tac au toc: \u2014Mon intention est de ne plus vous rencontrer el le chemin que vous voulez bien m\u2019indiquer étant le vôtre, je ne le prendrai pas.Sur cette route où vous vous êtes engagé déjà très avant., le seul véritable ami que vous ayez ne peut vous suivre.\u201c A'h ! si i'avais voulu me mêler aux flatteurs qui vivront de vous en ajpplau-\u2022dissnnl.à vos turpitudes, je serai toujours bien en cour.Mas ces compromissions ne sont! pas mon fait et je préfère vous Toi, 33, Ho 49, Montréal, 13 mai 1922 LE SAMEDI 25 donner un dernier conseil, celui de retourner tout de suite au désert : pour vofre malheur, il sera dédaigné comme les autres.\u201c Vous venez de porter un défi au code criminel, dans un pays civilisé où ces sortes de provocations sont toujours relevées par la justice, gardienne vigilante des règles sociales.Vous êtes fort, riche, altier, vous vous croyez à l\u2019abri.Quelle erreur est la vôtre et combien vous vous trouveriez petit auprès de l'inflexible Thémis, déese aux cent yeux et aux mille bras, tentacules géants sous lesquels, fatalement, l\u2019on tombe.\u201c Oh! la justice est rarement prompte.Elle marche dans l\u2019ombre, à coup sûr, laissant s\u2019écouler des mois, souvent des ans pour endormir la crainte du criminel.Mais l\u2019heure sonne, le malheureux est pris alors qu\u2019il vivait sans trouble, dans sasécurité reconquise.\u201c Et alors.alors.le dernier mot est au couperet de la loi ! \u2014 Et que m\u2019importe vos divagations?gronda le jeune Arabe, qui avait écouté ce réquisitoire avec impatience.Les rounds, du premier au dernier, rampent à plat, ventre devant l\u2019or.Ma caisse aura raison de leurs sentiments élevés et Mignon, n\u2019ayant plus ni fiancé ni protecteur, reprendra le chemin des pays du soleil, au bras de son ami d\u2019enfance devenu son époux.\u2014Mignon vous hait! \u2014Je l\u2019aime! \u2014Entêté! je faisais le voeu de ne plus vous revoir et je crois deviner que nous nous reverrons.Adieu, Kalid.Si vous ne revenez sur votre détermination, ce jour sera un jour de malédiction dans lequel vous maudirez votre mère de vous avoir mis au monde! Sur cet anathème de l\u2019avenir, le Maure sortit de chez l\u2019Emir.Quelques heures après Abd-el-Kalid, ayant réfléchi, envoya le petit Arabe à la recherche de son confident pour le prier de rester.Mais l\u2019homme énigme demeura introuvable.Le déménagement de son appartement s\u2019était opéré sans éveiller l\u2019attention de personne.Avec l\u2019aide de qui avait-il opéré?On ne le sut jamais.Toujours est-il que de sa bibliothèque de toxiques qui avait fait l\u2019admiration de Net Torn, de ses animaux vivants et de son singe mort, rien ne fut retrouvé.Cette fuite précipitée fit éclater la colère d\u2019Abd-el-Kalid, qui ne voulait avoir autour de lui que des esclaves.* A la tombée de la nuit, Denis de Guer-christ revint à Cosquer.L\u2019enquête véritable ne devait être faite que le lendemain, il ne jugeait pas sa présence utile à Kervoûtire où restait Mtre Pouvern.Dès que l'Emir put le voir, il le mit au courant de la scène qui avait eu lieu le matin même entre lui et son confident, mais en glissant habilement sur ce qui touchait à Roch de Guerohrist.\u2014Singulier compagnon que vous aviez là, constata le capitaine; il était beaucoup plus pour outre rival que pot» vous-même, et ce n\u2019est pas sa faute si le.hasard a été pour nous en mettant Mignon sous ma tutelle.\u2014Mais, fit l\u2019Arabe, que pense-t-on au sujet de ce décès?\u2014Hum! là est le point contradictoire.Pour ma part, contrairement aux déclarations du Dr Lemoustre, connaissant la nature chagrine et misanthropique de mon pauvre frère, je n\u2019hésite pas à croire qu\u2019il a lui-même hâté sa fin.Un fait, cependant, semble venir à l\u2019encontre de mon opinion.C\u2019est que, dans la même pièce, et tout près de son maître, Pierre Le Goubet, le piqueur, a été trouvé, le crâne défoncé.\u2014Mort aussi ?*\u2014Non, mais n\u2019en valant guère mieux et ce n\u2019est pas lui qui pourra fournir des éclaircissements à l\u2019instruction, si instruction il y a, comme le voudrait bien M.de Pradines, qui a avisé son parquet par exprès et a été désigné pour suivre l'affaire.-\u2014Mais ce Pierre \u2014S\u2019il ne meurt, il restera privé d\u2019intelligence et de mémoire.Amnésie incurable et parfaite, comme dit le Dr Lemoustre.L\u2019Emir eut peine à réprimer un soupir de soulagement, \u2014Ce n\u2019est pas tout, poursuivit le capitaine.Un étrange concours de circonstances donne à ce suicide' une sérieuse apparence de coup exécuté sur un mot d\u2019ordre.Ainsi, une expédition du testament de mon frère a été dérobée à Mtre Polvern, ici près, dans le chemin creux de Kénad'elès; mais on pouvait espérer la remplacer par la seconde expédition qui était, paraît-il, resté au manoir.Eh bien! ni celle-ci, ni les papiers, ni les bijoux de famille n\u2019ont pu être découverts.Et je vous prie de croire qu\u2019on a bien cherché.\u2014Je m\u2019en rapporte à vous, fit l'Arabe en souriant; surtout si ces bijoux avaient quelque valeur.Mais, j'y pense, c\u2019est un dernier tour du vicomte.\u2014Sans doute ! Avec le concours du vieux Pierre, on aurait pu remettre la main sur ces objets de valeurs.Maintenant il n'y faut plus compter.Le brigand gardera son secret.C\u2019est d\u2019autant plus désagréable qu\u2019une telle absence est faite pour donner de la valeur à de stupides commérages.Le recteur du Lanio, le notaire de Pont-Scorff et le médecin de Gaudan s\u2019entendent tous les trois.\u2014Ils s\u2019entendent?Et pourquoi ?\u2014Pour étiqueter cette mort violente sous un autre nom, répondit.Denis de Guerchrist d\u2019une voix mal assurée.\u2014Les imbéciles!.Je devine.\u2014M.de Pradines n\u2019estpas loin d\u2019attacher une certaine créance aux déclarations du médecin, et M.Bacérès, le juge de paix de Gaudan, qui, en tout état de cause, me sera adjoint comme subrogé-tuteur, partage la oomûction de son ami l\u2019abbé Le Lobo.\u2014Il voue faudra jouer serré.\u2014Ma première décision n\u2019a pas été trop maladroite, jugez-en ; j\u2019ai autorisé Mignon à quitter le manoir, pour lui éviter tout nouveau sujet de peine* et à rester chez les époux Trend en.\u2014'Comment, tonna l\u2019Emir ; chez les parents du rustre?\u2014'C\u2019était indispensable pour me concilier l\u2019esprit du recteur.D\u2019ailleurs, le rustre est loin, et, dès que ma situation sera définitivement établie, j'emmènerai Mignon à Rennes.Abd-el-Kalid passa une nuit triste de rêves d\u2019or.Tout marchait au mieux de sa combinaischi.Il ne doutait pas qu'une fois à Rennes, sous le toit de ce joueur taré, de ce cynique tricheur qu'était le capitaine, Mignon ne fût facilement à lui.Mais les rêves ne sont pas toujours des indicateurs bien précis.Ils montrent Ce que l'on désire plus souvent que ce qui sera.Là fut précisément le cas.Car en rêvant qu\u2019il montait à ce Capitole enchanteur, l\u2019Emir ne vit pas la roche Tarpéïen-ne qui devait être inflexible volonté de la jeune fille, qu\u2019une secousse terrible avait mûrie et armée pour la lutte.Au matin du lendemain, le château de Cocquer et quelques-uns de ses hôtes devant se rendre à Kervoûtre pour assister ou comparaître au supplément d\u2019enquête ordonné par M.,de Pradines, le capitaine de Geurohrist monta dans la voiture où avaient pris place Mme la baronne Puybertin et Mlle Cyprienne, sa jolie fille.Ces dames rentraient à Rennes et allaient rejoindre la diligence.\u2014J\u2019espère, dit la baronne à son compagnon, dès que la voiture fut en marche; que nous aurons bientôt le plaisir de vous voir à Rennes, vous et votre ami Abd-el-Kalid, ce beau ténébreux?\u2014N'en douteiz pas, baronne, dès que j\u2019en aurai terminé avec mes devoirs à Kervoûtre.\u2014C\u2019est vrai, fit celle-ci sur un ton railleur; vous voilà tuteur de la belle Mignon et chargé de l'administration des biens du vicomte?C'était une question directe autant qu\u2019indiscrète, étant donné que la baronne jouissait d\u2019une réputation non surfaite de pêcheuse en eau trouble et de femme aux galanteries insinuantes.Voyant qu\u2019on ne lui répondait pas, la baronne Puybertin dit à sa fille : \u2014Petite, regarde donc un peu par la portière.Et.se rapprochant de Denis de Guerchrist, elle ajouta fout, bas : \u2014Vous seriez peut-être bien aise de conn attire les termes du testament de votre défunt, frère ?.Eh bien, je puis vous tirer d\u2019embarras, ajouta-t-elle avec un sourire vipérin.Le vicomte ne pensait peut-être pas que vous consentiriez à négliger vos importantes occupations pour réserver votre temps à la famille.C\u2019est certainement cette impression et non un doute blessant à votre endroit, qui lui a fait instituer MM.Bacérès et Polvern comme tuteur et subrogé-tuteur 26 Vol, 33, No 49, Montréal, 13 mai 1922 de Mlle Mignon.Pour ce qui est de sa fortune, elle est léguée en fidéi-commis à ces deux messieurs auxquels s'ajoute M.Le Lobo.En écoutant, sans l\u2019interrompre, cette extraordinaire révélation, le visage violacé du capitaine s\u2019était marbré de taches livides.Mais il se remit vite.Etait-ce stupide d'ajouter foi, comme cela, sons contrôle, aux fielleuses inventions de cette bonne .pratique qui cherchait à se venger-sur lui de l\u2019indifférence de l\u2019Emir pour sa fdle.\u2014Ah! vous avez un vrai talent, -prononça-t-il en s\u2019efforçant à sourire.Dieu me pardonne, c\u2019est combiné avec tant de vraisemblance, avec les noms mêmes des amis de mon frère, que j\u2019allais m\u2019y laisser prendre.\u2014Vous doutez donc ?\u2014J\u2019admire votre esprit inventif, mais qui veut trop prouver ne prouve rien.Le testament est loin, s\u2019il court encore.Des claquements de fouet et un bruit de grelots annoncèrent qu\u2019on allait croiser la diligence.La baronne Puybertin donna l'ordre d'arrêter, fit descendre Cyprienne et descendit elle-même.Mais, avant de s\u2019éloigner.elle se retourna, loucha le bras du capitaine et lui glissa ironiquement : \u2014Détrompez-vous, le testament est entre bonnes mains el ne court plus.Maître Polvern, habilement interrogé par vous, pourra vous confirmer l\u2019au-lliencité des clauses dont je viens de vons donner la primeur.Après cela, si vous tenez à rentrer en possession de ce petit souvenir de famille, venez me voir à Renne-, j'habite sur la promenade de la Motte; nous fixerons les conditions du rachat.Et la digne baronne, ayant salué d'un petit air protecteur, rejoignit sa fille Cyprienne qui s'engouffrait déjà dans le coupé de la diligence.Denis de Guerehnist était littéralement écrasé.Quoi ?cette chose impossible à prévoir était vraie ?L\u2019astuce avait eu raison de la force ! (telle femme inlri-gante s\u2019était appropriée par la rase celte pièce capitale volée par le Oloaree.sur l'ordre de l'Emir?Cette complication était grosse d'orage.A quoi aboutirait-elle?M.fie Pradines, assisté de son greffier et de M.Bacérès, s\u2019étalent installés dans la pièce même où s\u2019étai commis Je crime, au bureau de la victime dont le corps avait été transporté dans sa chambré et autopsié par deux sommités médicales de Lorient.M.de Prathnes pensait tirer tout le parti possible de cele mise en scène qui ne pouvait manquer d'impressionner les témoins appelés.Ceux-ci attendaient dans l'antichambre d\u2019être convoqués à tour de rôle par la voix du gendarme faisant fonctions d'huissier.L'appareil judiciaire avait mis en émoi tout le pays, el, sur la demi-lune en façade du manoir, un grand nombre de LE SAMEDI tenanciers se réunissaient par groupes, se demandant les uns aux autres si l'affaire serait retenue ou si l'instruction, admettant le suicide, serait close.Parimi ces gens piétinant dans la neige durcie deux hommes faisaien t les cent pas, glissant de l\u2019un à l\u2019autre groupe, mais sans jamais se rencontrer.Le premier était Nel Torn, difficile à reconnaître, tant il était enfoncé et dissimulé sous sa houppelande.Le second était le capitaine de Guer-ohris't, dont le témoignage n\u2019avait pas à être invoqué et qui s\u2019était juré de laisser T enquête aller sans lui.Un peu avant d'ouvrir cette séance, par déférence pour Mlle de Locmaria et pour lui éviter d\u2019avoir à revenir au manoir, le magistrat s\u2019était transporté avec son greffier à la ferme de Tremlen, où avait été consigné par écrit le récit fait par la pauvre Mignon des moindres incidents de la nuit terrible.Les premiers témoins introduits furent le recteur et le notaire.Tous deux racontèrent l'élaboration du testament, sa signature et firent part des pressentiments du vicomte, presesntiments si vite justifiés par le triste événement.L'attaque dont M tré Polvemse prétendait avoir été la victime dans le fond de Kéradelès servit de base à une longue et minutieuse explication.Puis, ces deux messieurs furent priés de rester, et on passa à Linlerrogalpire des serviteurs et à la découverte du crime.Penbras.Jude Mélianir.Nothon Le-Guével et les autres, furent unanimes à déclarer que le crime mystérieux pouvait, être imputable au méchant¦ sire de Goëllo, le défunt propriétaire de l'armure de fer qui ornait la galerie.On ne put les faire dévier de là.M.d«e Pradines.comprenant qu\u2019il chercherait en vain à les'désabuser, donna l'ordre à s-on greffier de faire, devant les témoins, lecture de la déposition de Mignon.Peut-être espérait-il que relie lecture, venant en aide à la mémoire de quelques-uns, pourraient faire jaillir une lumière.Mignon avait livré, avec précision, les moindres incidents de la soirée : son départ de chez son tuteur, sa lumière éteinte, les pas entendus, son affolement à sa rentrée dans sa chambre, l'ironique incrédulité de sa nourrice, enfin le cri d'agonie entendu et le retard apporté par -Haïra par sa résitance forcenée à la laisser agir* Alors se produisit un coup de théâtre.Le gendarme préposé à la garde de la porte semblait se défendre, depuis un moment, contré un intrus qui cherchait à forcer sa consigne.En ce I instant, bien que ce fut un homme robuste, une main bronzé le repoussa définitivement cl une femme de liante taille fil majestueusement sou entrée dans la nièce.Cette femme était vêtue tout de blanc et les pièces de son costume non ajusté flottaient autour de son corps, à la mode arabe.\u2014Quelle est cette femme?demanda le juge surpris.\u2014-Je suis la nourrice de Mignon, répondit celle-ci en fixant le magistral de ses yeux noirs et audacieux.Je viens d\u2019eniendre ce qu\u2019on disait de moi.On paraît me soupçonner d'avoir eu quelque arrière-pensée en insistant pour retenir auprès de moi l'enfant de mon lait.\u2014Et vous venez vous en expliquer ?demanda M.de Pradines favorablement impressionné par le venue de ce témoin sur lequel il ne comptait pas.Voyons ! quelle raison invoquerez-vous pour nous faire admettre la résistance que vio us avez opposée à Aile de Locmaria, qu\u2019un appel lamentable attirait hors de sa chambre.\u2014Je n'invoquerai que la vérité, riposta orgueilleusement la Marocaine.Mon rôle de mère aimante n\u2019était-il pas d\u2019empêcher Mignon d\u2019aller au-devant d'un danger, même si ce danger était tout imaginaire, comme j\u2019en avais la ferme conviction?M.de Pradines pensa qu'on ne pouvait lui imputer un crime d'avoir agi selon son coeur: Mais Mtre Polvern ayant obtenu du magistrat la permission tie poser une question au témoin, demanda: \u2014Pourriez-vous dire à M.le juge par quel chemin vous vous êtes éloigné du manoir dant les portes étaient gardées ?Un soürire plissa les lèvres de la Marocaine.On avait dû lui faire la leçon à cet égard.Elle expliqua que cette question la sùrprenait.Elle était sortie tout bonnement parla grande porte, mais son départ avait fort bien pu ne pas être remarqué, tant le désarroi était général.C'était plausible.On lui (it signer sa déposition et elle fut laissée libre.Le raipport de l\u2019expertise médicale fut ensuite discuté à mi-voix entre M.de Pradines et M.Bacérès.Ce rapport concluait au meurtre, la victime n\u2019ayant pu se faire une blessure du genre de celle qui avait amené sa mort.C\u2019était l'instruction au criminel décidée.Le soir.Abd-el-Kalid fit prévenir le capitaine de Guerchrist qu'il l'attendait sous bois, en dehors du parc de Kervoû-t-re, aux environs de l'ancienne demeure de Nel Torn.Là les deux complices eurent une dernière et sérieuse conférence el le premier apprit du second entre quelles mains perfides était tombé le testament.A cel égard, il fut convenu qu'on devait passer sous les fourches caudines de la baronne Puybertin, pour obtenir la remise de celle nièce.La seconde chose absolument nécessaire était d'empêcher René Tremlen de revenir, ce qu'il tenterait le faire probablement, dès qu\u2019il serait mis au cou-ranf du drame île Kervoûlre.\u2014Votre présence dans le pays, dit le capitaine à l'Emir, n\u2019a plus aucune rai- Vol.33, No 49, Montréal, 13 mai 1922 LE SAMEM son d\u2019être et gâterait les dispositions que je veu**prendre pour être écoulé de Mignon et vous la rendre favorable.Rentrez à Rennes où vous pourrez surveiller la baronne.Sur la route, aux environs d\u2019Henebont, dans une bâtisse spacieuse qui fut autrefois le monastère de la Joie, vous ferez bien de vous aboucher avec le nommé Triquet.\u2014Qeu ferais-je de lui?\u2014C\u2019est un homme à vendre! Ancien notaire ayant eu des malheurs, ayant beaucoup voyagé, parlant plusieurs langues, il est parfaitement capable, pour une forte somme, de mener à bien la mission qu'il vous tient à coeur de faire remplir.\u2014Où ?\u2014En Espagne ! DEUXIEME PARTIE COEUR DE TIGRE I LE RENDEZ-VOUS DES TRAITES La nature a paré d\u2019un tapis de verdure et de fleurs la campagne bretonne, les branches des arbres s\u2019égaient d\u2019émeraude, dans les haies embaumées d\u2019aubépine, les roitelets gazouille, chantant l\u2019air imprégné de caresses et le printemps si cher aux amoureux.Mai est revenu.Cinq mois se sont écoulés, cinq mois n\u2019ont apporté aucun éclaircissement ' sombre tragédie de Kervoûtre, dont ) '-¦notion se traîne lamentablement.L\tipable, s'il en est un, est toujours c;\t^rté, et M.de Pradin.es, qui avait es; que cette grosse affaire, autour de laquelle la presse parisienne elle-même a mené grand tapage, serait pour lui le point de départ d\u2019un avancement rapide, s\u2019en prend à ses derniers cheveux, innocentes victimes de sa lamentable impuissance.Rien! Il n'a rien découvert.Sa rouerie habituelle s'est heurtée à l'impossible.n\u2019aboutissant qu\u2019au plus négatif résultat.L\u2019instruction n\u2019a pas fail un pas vers la lumière.Le mystère est le même < l'mi début.Durant tout ce temps, Mile de Loc-maria, la pauvre Mignon, enveloppée dans ses vêtements de deuil, est restée chez les époux Tremlen, où son oncle Denis, que.ses affaires appellent souvent à Rennes, a bien voulu la laisser.Le bonhomme et la bonne femme se sont pris d'un'véritable amour pour la oharmante enfant que M.Le Lobo vient voir chaque jour.Et celle-ci.entourée de l\u2019affection de la vieille Nothon, du bon gars Pelo Rouan et de la petite Yvon-netle, sa fiancée, serait heureuse autant qu\u2019elle peut l\u2019être encore, si la poste Voulait bien lui apporter des nouvelles des voyageurs: d'Henri, son loyal cousin, de René, l\u2019estpoir de son coeur.Mais, chose étrange et qui laisse la voie libre aux pensées les plus pessimistes, jamais une seule lettre d\u2019Espagne n\u2019est encore venue.Que croire?Et voici que la tranquille somnolence où s\u2019endort sa peine est troublée.Son oncle Denis vient de se remarier.\" 11 a épousé une certaine baronne Puybertin et il mande à sa nièce de venir le rejoindre à Rennés, où elle habitera désormais, sous le toit de la nouvelle Mme de Guerehrist.M.Le Lobo el M.Baeérès, son subro-gé-luteur, consultés, ne voient pas qu\u2019il ait lieu de s\u2019opposer à ce désir.Du moment où il y a une dame de Guerehrist, la demeure légale de l\u2019orpheline est celle de sa tante.Mignon partira.Accompagnée de ses seuls et fidèles serviteurs, Yvonnette et Pelo Rouan, Mignon quitte ce Morbihan, où sa destinée lui a fait trouver, puis perdre, un second père.Nous passerons rapidement sur la façon mielleuse dont sa parente de fraîche date accueillit Mignon dans sa maison de La Motte.On devine bien qu\u2019un amour réciproque n\u2019avait pas présidé à cette union du capitaine et de la baronne Puybertin.Le testament volé avait été le prétexte des premières entrevues et ces deux déclassés s'étaient réunis pour servir en commun les intérêets d\u2019Abd-el-Kalid, dont la main ouvrete continuait à s\u2019attacher les consciences vénales.Ajoutons que la jolie Cyprienne n\u2019était plus avec sa mère.Fatiguée d\u2019aller, dans son sillon, à la recherche d\u2019un épouseur hypothétique, la jeune personne avait fini par fixer son choix sur un beau garçon dont les principes étaient 1 hymenée libre et renouvelable.Mme de Guerehrist mit tout en oeuvre pour se concilier l\u2019esprit de Mignon, mais cette femme futile qui n avait su élever sa fille que pour des destinées transitoires, n\u2019avait rien de ce qu'il fallait pour s\u2019attacher le coeur défiant de la vierge.Un nom prononcé trop souvent avec des airs d\u2019adoration, celui d\u2019Abd-el-Kalid, avait fait se refermer d'instinct la corolle de cette fleur de plein air qui s\u2019étiolait au souffle des mille respirations de la ville.La santé de Mignon fut atteinte.Elle, pensait à tout instant à René mais n'osait prononcer son nom.\u2014Mignon, lu?dit un jour Mme de Guerehrist, votre oncle s\u2019inquiète de vous voir s i frêle.La campagne vous manque, avoucz-le ?Voici le beau lemps.Vous serait-il agréable d'habiter la Joie.\u2014La joie?répéla Mignon sans comprendre, car depuis longtemps ce terme n'avait .plus de sons pour elle.-\u2014C'est le nom d\u2019une propriété dont un grand ami à vous nous a fait cadeau, chère petite.27 \u2014Un grand ami à moi ?\u2014Pour vous permettre de reprendre vie en courant les champs et les bois, termina la dame, son s\u2019expliquer plus clairement.Mignon remercia sa tante.Ce devait êtro une brave femme, somme toute ; elle l\u2019avait peut-être jugée trop hâtivement sur son extérieur évaporé : elle la supplia donc de hâter ce départ, ne se doutant guère, la pauvre fille, que l\u2019Emir, qui la couvait de loin comme une proie, n\u2019osant rien tenter contre elle en pleine ville, n\u2019avait acheté un domaine aux environs d\u2019IIenenbont que pour s'y faire livrer Mignon par ses deux complices.Mis au courant de ce nouveau changement, Pelo Rouan et Yvonnelte se montrèrent moins enthousiasmés que leur jeune mallresse.L\u2019un et l'autre redoutaient quelque machination.Ils n\u2019étaient pas sans avoir remarqué que, toutes portes fermées, des conciliabules secrets se tenaient souvent, dans un pelit salon situé au bout des appartements, entre les époux et Abd-el-Kalid, l'ennemi juré de René Tremlen.C\u2019était louche.Pelo n\u2019avait rien dit et s\u2019était promis de veiller.Vers la mi-mai, on s'installa à la Joie, château de haute allure, situé un peu au nord dd\u2019Hennebout, sur le cours du Bla-vet, en un endroi t où ce fleuve forme un large bassin.De construction peut-être moins ancienne que Kervoûtre, mais d\u2019un style analogue, la Joie devait forcément rapepler à Mignon la demeure de son, second père.En façade de l'habitation, le jardin, bien dessiné, descendait en pente douce jusqu'au fleuve, et n\u2019en était séparé qu,e par un chemin vicinal.Sur ce chemin, une porte dérobée s\u2019ouvrait dans le mur de clôture et donnait sur un petit estuaire où, à l\u2019ombre des saules centenaires dant les racines aux capricieux méandres prenaient un bain prolangé, une jolie barque de promenade était attachée et se balançait au gré du courant.Tout de suite, ce fut cet endroit solitaire et ombreux que choisit Mignon pour venir rêver à ceux qui étaient au loin.Dès le premier jour, elle était venue s\u2019y installer et avait pris place sur une énorme racine dans laquelle les termites, la vétusté et les inondations avaient creusé une sorte de siège très commode.La tête entre ses mains, les coudes sur ses genoux, elle regardait vaguement le fil de l\u2019eau, lorsqu\u2019elle fut brusquement arraché à sa contemplation par l\u2019arrivée d\u2019un homme qui se laissa tomber à genoux devant elle, avant qu\u2019elle ait eu le temps de se lever.\u2014Kalid! murmura-t-elleavec crainte.\u2014'Oui, Kalid, répéla le jeune Arabe dont la voix n\u2019était plus acerbe, mais suppliante.O Mignon! voici cinq mois que je vous cherche.Je ne puis vivre 28_______________________________________ loin de vous.Mes yeux se dessèchent à ne plus vous voir.1! mentait avec effronterie.Avec la complicité de Guerchrist, il c'avait pas été un jour , sans voir la jeune iille, à l\u2019insu de celle-ci.Mignon ne craignait plus.Elle le regardait avec pitié.C'était le compagnon de son enfance, après tout.La fougue de sa passion l'égarait, lui faisait commettre des actions blâmables, mais quelle est la femme qui ne pardonne pas à la sincérité de l'amour*?Elle demanda curieusement, car elle était fille d'Eve : \u2014Gomment avez-vous fait pour retrouver ma trace?\u2014Elle ne se doute de rien, pensa Abd-cl-Kalid.Naïve enfant! Et tout haut il répondit, éludant la question au moyen de préceptes chers aux Orientaux.\u2014L\u2019oiseau retrouve tout naturellement son chemin dans les airs.La flèche ne peut voler que vers son but.A-t-on besoin de montrer au papillon à baiser la fleur ?.La patience mène à tout !.N'ajoutez pas, interrompit Mignon; n\u2019ajoutez pas: le tournesol suit son soleil ou meurt!.Non, Kalid, je ne puis pas être pour vous ce que vous désirez.Vous, mon frère, vous vous êtes fait mon ennemi, mon bourreau.Et dans l\u2019insomnie de mes nuits, je me demande si vous n\u2019avez pas fait plus.si vous n\u2019êtes pes un de ces grands coupables auxquels Dieu seul peut pardonner.Mais je t\u2019aime, Mignon! Je t\u2019aime! s'écria l'Emir èn lui saisissant la main.\u2014Ne me louchez pas, dit-elle en se dégageant.Et ne cherchez pas à me suivre.Elle s\u2019était levée et avait fait un pas vers la porte du jardin.\u2014Je vous fais «donc horreur?gémit le jeune homme, en s\u2019élançant pour lui couper la retraite.Ecoutez, Mignon, vous ne pouvez me juger sans m\u2019eriten-dre.Vos paroles énigmatiques prennent un sens effrayant.Oseriez-vous m\u2019accuser de la mort de votre tuteur?La jeune fille baissa les yeux et ne répondit pas.\u2014Mais c\u2019est horrible ! votre silence confirme mes craintes!.Vous n\u2019ignorez pas qu\u2019à cette époque, blessé grièvement.je ne pouvais quitter mon lit.Mignon prononça lentement: \u2014Le poignard qui frappe, frappe à son insu.Le bras lui-même n\u2019est pas en cause.C\u2019est au cerveau, maître du geste et directeur de l\u2019instrument, que remonte la responsabilité.\u2014Ah! j\u2019aurais du comprendre.C'est ce paysan qui vous inspire.\u2014Pauvre Kalkl, quand on a déserté le chemin de l\u2019honneur, c\u2019est avec envie qu\u2019on y voit marcher les autres.Autrefois, vous ne saviez pas mentir.Ce reproche mérité était pour l\u2019Arabe la plus sanglante des insultes.\u2014Mignon, dit-il avec rage, je jure fluc vous serez à mot LE SAMEDI \u2014Plutôt mourir !.Allons, faites-moi place, ou j\u2019appelle.\u2014Qui ?ricana Abd-el-Kalid, sans bouger; le«papilaine de Guerchrist?Je me moque de ce fantoche! Il n'oserait se montrer impertinent envers moi.D\u2019ailleurs, j'ai son assentiment.Les fraîches couleurs de Mignon disparurent.\u2014Ah! vous êtes de conivence?murmura-t-elle terrifiée.\u2014Désignez notre entente sous tel nom qu'il vous plaira.Le résumé de tout ceci est que ma recherche a été agréée par ceux qui ont sur vous des droits.O Mignon! Mignon! pourquoi refuseriez-vous le bonheur ?Je vous aime à en devenir fou! Si vous couronnez mes voeux, si vous acceptez de porter mon nom, je saurai s ous faire une vie de délices, un paradis sur terre.Vous n\u2019aurez pas en moi un maître, mais un esclave toujours prosterné à vos genoux, toujours disposé à subir vos caprices.\u2014Jamais! cria la voix de Mignon déjà lointaine.Tout on parlant, Abd-cl-Kalid s'était prosterné pour faire comprendre dans quelle posture d\u2019éternelle adoration il se tiendrait devant sa femme.Mignon en avait profité pour s'éloigner progessivemeut; puis arrivée à la petite porte, elle l\u2019avait franchie d\u2019un bond en jetant un cri.L\u2019Arabe se releva les yeux injectés de sang.Mais il ne poursuivit pas la jeune fille.La réflexion venait de lui rendre son sang-froid.-\u2014Elle ne peut m'échapiper! Voici ce qu\u2019il se dit.Dans le joli boudoir que Mme de Guer-ohrist s\u2019était fait meubler à sa fantaisie au château de la Joie, les deux propriétaires étaient réunis.La dame, commodément enfoncée dans une bergère, jouait avec un admirable face-à-rnain orné de brillants, et prenait des poses pour en bien juger l\u2019effet dans une glace qui lui faisait vis-à-vis.\u2014En a-l-ellc de la chance, dit-elle à un moment, sans cesser d'adresser des minauderies à sa propre image.\u2014De qui parlez-vous, ma chère?demanda son mari.\u2014Et parbleu! de votre pupille, cette poupée sans expression dont le jeune Grésus d\u2019Arabie ou d\u2019ailleurs.peu m\u2019importe.est archi-frm! -\u2014Je vois que l\u2019offre de oe face-à-main vous donne des idées.\u2014Pas pour moi, rassurez-vous; j\u2019ai horreur des tigres, même des tigres amoureux; ces animaux-là ne son convenables qu\u2019en descentes de lit.mais si cette petite sotte de Gyprienne avait on plus de flair.\u2014Vous l\u2019eussiez envoyée à la chasse au tigre ?\u2014Pourquoi non ?\u2014Élle y eût perdu son temtps, croyez-moi.Vos regrets sont sans cause.L\u2019Emir cherche un amour exclusif, un coeur vibrant! S\u2019il s\u2019eu trouve un sous le sein Vol.33, Mo 49, Montréal, 13 mai 1922 de Cyprienne, il est de l\u2019espèce artichaut.\u2014Que vous êtes trivial, dit Mme de Guerchrist.J\u2019ai moi-même dressé Cyprienne.\u2014Mes compliments.\u2014Je lui ai fait étudier la vie.-\u2014Sous votre direction compétente, elle pouvait étudier de près le fort et le faible des hommes.\u2014Sans doute, aussi est-elle devenue une femme.\u2014Mail resse ! Cette conversation aigre-douce fut coupée à temps par l\u2019entrée en coup de vent de Mignon qui, essoufflée et la poitrine haletante d\u2019émotion, vint droite au capitaine.\u2014Ah! chère belle, s'écria l\u2019ex-baron-ne Puybertin, en utilisant pour la première fois so nface-à-main.Que survient-il donc ?\u2014Une chose à laquelle je ne puis croire, madame.\u2014Vous m'effrayez.Dans ma pauvre retraite du aLnio, je suis restée cinq mois sans revoir l\u2019homme dont la fatale passion m\u2019a déjà fait tant souffrir.J\u2019avais l\u2019espoir qu\u2019en étant sous voire protection ma tranquillité continuerait à être assurée.\u2014-Ne l\u2019est-elle plus ?Mignon eut pour sa tante un regard indigné.-Jugez-en, dit-elle.Cet homme vient de me rejoindre ici, ohz vous.Il m\u2019a contrainte d\u2019écouter des paroles qui, venant de lui, me font peur.Et comme je le manaçais d\u2019appeler, il s\u2019est vanté de n\u2019agir qu\u2019avec votre approbation.Est-ce vrai ?.Non, n\u2019est-ce pas ?Vous, mes protecteurs naturels, vous n\u2019avez pu me 'trahir?A cete question qu\u2019il attendait, Denis de Guerchrist, déconcerté, ne trouva rien à répondre.Mais sa femme ne pouvait éprouver uin pareil embarras.La fine mouche, comme la salamandre, état habituée à se retourner dans le feu.\u2014Quelle poudre! Quel salpêtre! dit-elle en humectant un de ses doigts pour lisser ses sourcils.C\u2019est inconcevable de faire tant de bruit pour si peu de chose.Notre jeune ami, Abd-el-Kalidi, vous a-t-il manqué de respect ?S\u2019est-il conduit en goujat?Non.Alors, chère petite folle, calmez votre emportement.S\u2019il y a brouille entre vous, ce ne doit pas être bien sérieux, et je me charge de lui faire vous présenter des excuses.Mignon restait frappée de stupeur.L\u2019entente entre ses parents et l\u2019Emir était donc vraie! Désormais, elle n\u2019en pouvait plus douter.Eà bien, si lâche que fût cette trahison, sen cerveau surexcité lui en faisait entrevoir une autre.une autre plus infâme, et dont «celle-ci n\u2019était qu\u2019une conséquence prévue.Le drame mystérieux dont il lui serait impossible de jamais oublier les horreurs allait-il s\u2019éclairer en partie pour elle ? Vol.33, Wo 49, Montréal, 13 mai 1922 LE SAMEDI 29 L'inslant d\u2019après, Mignon ne devait plus avoir à s\u2019adresser celte question.Ayant déclaré qu\u2019elle préférerait retourner au Lanio, chez lés Tremlen, si l'entrée du château de la Joie ne pouvait être interdite à l\u2019Emir, elle s\u2019attira cette réponse cynique : \u2014Ceci, ma tille, c\u2019est une autre paire de manches! dit Mme de Guerchrist que Ja cohue rendait triviale.Votre oncle s\u2019est marié pour que la demeure de sa femme vous soit un asile décent.Et cette précieuse' petite personne pour laquelle on fait tant de frais, se dresse sur ses ergot' et nous intime ses volontés.Pas de ça, Lisette! La fermeté de son épouse avait permis au capitaine de se remettre.11 vint à la rescousse en jouant à l\u2019indignation.Puisque pour la satisfaction de grotesques rêveries, comptant sur son habituelle indulgence, on voulait lui faire fermer sa porte à un ami sincère, il userait de son autorité pour réduire à néant cette inqualifiable révolte.C\u2019était précis.C'était complet.Mignon, comprenant que sous le couvert de l\u2019affection on voulait faire d\u2019elle une esclave et diriger sa volonté, se retira désespérée.Elle n'avait plus rien à apprendre, hélas! Après avoir flétri son rêve de bonheur, voilà que l\u2019on voulait la réduire au désespoir.Sur le seuil, elle se retourna et dit: \u2014Mon oncle, vous venez de me briser le coeur! Mais ne comptez pas arriver à faire de moi la femme de cet homme.Ça, jamais! \u2014Toupie! prononça tout bas la distinguée Mme de Geurchrist; cette belle résolution passera.Son mari était perplexe.\u2014Je voudrais vous croire, murmura-t-il ; mais je crains que nous ne puissions rien tirer de cette enfant.Sa fermeté me surprend.Elle s'est mis dans la tête de résister, elle ne cédera pas.Dès qu\u2019elle se fut enfermée dans sa chambre, Mignon éclata en sanglots.\u2014Ciel ! ma bonne demoiselle, que vous est-il arrivé?demanda Yvonnette effrayée de ce désespoir.Entre deux hoquets, Mignon put répondre: \u2014Je viens de voir Abd-eî-Kalid.\u2014L\u2019Araibe?Quel malheur, chère demoiselle.Pelo avait bien remarqué qu\u2019il venait dans la maison de votre tante, à Rennes.Mais qui aurait pu se douter qu\u2019il vous relancerait jusqu\u2019ici?Mignon se tordail les mains: \u2014Je suis entourée d\u2019ennemis, dit-elle.Depuis le départ de René, dont je n\u2019ai encore reçu aucune nouvelle, la fatalité s'acharne contre moi.Le bon M.Le Lobo et le vieux Tremlen sont loin.plus personne à qui me fier.\u2014EL Pelo Rouan, mademoiselle, et moi, votre servante?reprocha doucement Yvonnette.\u2014C\u2019est vrai, la douleur me rend injuste.Mais Pelo n\u2019est pas ici?.\u2014Il va et vient, mademoiselle.Il paraît qu\u2019il aide le notaire, là-bas, à Ker-voûtre.Mais il ne passera jamais vingt-quatre heures sans revenir.\u2014Ah ! si je pouvais retourner à la métairie.Yvonnette n\u2019osa pas lui dire que cette espérance semblait bien difficile à réaliser car le capitaine et son épouse, s\u2019ils avaient des vues sur elle ne voudraient pas perdre le fruit de leurs agissements.Mais elle l\u2019assura qu\u2019aucun malheur n\u2019était à craindre tant que Pelo Rouan et elle seraient là.Un peu réconfortée par ces 'bonnes paroles, Mignon conseilla à sa servante d\u2019aller dîner.Elle-même, n\u2019ayant ,pas faim, resterait dans sa chambre en l\u2019attendant.Yvonnette pouvait prévenir M.et Mme de Guerchrist qu\u2019elle ne descendrait pas à table.Pour obéir, plus que par nécessité, Yvonnette laissa sa maîtresse seule.II n\u2019y avait pas cinq minutes que la jeune servante était sortie quand la porte s\u2019ouvrit brusquement, poussée par une main bornzée et la haute taille de Haïra se profila dans l'ouverture.Me voici, dit la Marocaine.Trop longtemps j\u2019ai vécu sans vous voir, lumière de ma vue.Ne m\u2019alieitdiiz-vous pas, Mignon?p\u2014Si fait! riposta la jeune fille en détournant les yeux.C'est aujoun! iuï- la journée des traîtres et je m\u2019étonnais de vous voir manquer au rendez-voilà; II RESULTATS D UNE FANTAISIE DE NEL TORN \u201cLa Joie\u201d, nom donné au château acheté par AbcI-el-KaJid et donné à ses complices pour y amener Migon, était une appellation parfaitement ironique, car cette demeure, ancienne résidence chapitraie des abbés de Gîtaux, avait extérieurement comme intérieurement un aspect des moins riants.Nous avons dit qu\u2019il avait quelque analogie avec Ker-voûtre; aussi, le petit personnel amené par les nouveaux propriétaires n\u2019élail-il pas assez nombreux pour animer la solitude des longs couloirs et des*salles immenses.Le monastère proprement dit était séparé de la demure abbatiale par quelques champs plantés de pommiers.Les bâtiments conventuels qui ont été modernisés et servent aujourd\u2019hui de haras étaient alors dans un triste état de délabrement.Un homme connu sous le nom de père Triquet avait affermi ces murs lézardés pour y loger quelques ohçvras et ses récoltes de pommes à cidre.(A suivre) J™ \u201c\u201c * -\u2022» \u2019**'\t°\t-ht m\tm\tT T m \"¦\t-\t« « « m nr \u2014\t\t 1 i\t\u2014\tGRATIS - POUR VOUS, MESDAMES! - GRATIS Embellissez votre poitrine en 25 jours, grâce au Réformateur Ivlyniam Dubreui! 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30 LE SAMEDI Vol.33, Ho 49, Montréal, 13 mai 1922 If w mt mm GRAND ROMAN POPULAIRE Par A «l\u2019ENNERY RESUME DES PRECEDENTS CHAPITRES Au moment où les prisonnière s allaient suivre les agents qui devaient les conduire au bateau, la Marianne pour prouver sa reconnaissance aux orphelines, avec l\u2019aide du médecin et de la religieuse de la Selpèlrièrc, prit la place d\u2019Henriette qui devait partir pour la Louisiane, De cette façon Henriette demeura à Paris afin de pouvoir retrouver sa soeur Louise.Avec quelques renseignements obtenus Henriette se rendit chez la Frochard où elle retrouva Louise.Elle ne réussit à s'échapper avec elle que grâce au sublime dévouement de Pierre.No 37\t(Suite) UNE FAMILLE QUI TUE X C\u2019est à peine si quelques-unes d'entre elles avaient entendu prononcer le nom de ce squale vorace.Marianne était de ce nombre.Elle s\u2019était, comme toutes les autres, réfugiée du côté de la dunette, et le hasard l avait placée, cette fois encore, assez près de M.d\u2019Ouvelles et du médecin.Ce dernier était furieux de ce que le requin avait été décapité par le quartier-maître qui grommelait entre ses dents : \u201cRequin qui se dôfnd\u2014grand vent ! \u201c Requin qui perd la tête\u2014tempête ! \u201cRequin qui reprend leau\u2014.chaloupe à l\u2019eau !\u2019 \u2014Qu\u2019est-ce qu'il dit là ?demanda Marianne au lieutenant.Ce fui le médecin-major qui répondit : \u2014Us ont comme ça, dans leur Basse-Brelagne, un las de vieux proverbes et de légendes qui n\u2019ont ni queue ni tête.Mais la parole s\u2019arrêta net sur les lèvres du sceptique docteur.Le corps du requin, dans une dernière convulsion, venait de faire un bond pridigieux : il passa par-dessus le 'bastingage et disparut dans Içk flots, au milieu d'un jaillissement d\u2019écume.La stupeur était générale.Le quartier-maître devint subitement pâle.En vrai Bas-Breton qu\u2019il était, il se signa, et les yeux levés au ciel il murmura : \u201cRequin qui Teprend l\u2019eau\u2014chaloupe à l\u2019eau.\u2019\u2019 Cette fois, Marianne éprouva un tressaillement subit.Elle regarda le lieutenant.Celui-ci s\u2019efforça de sourire ef haussa les épaules.L\u2019incident de la tête du monstre continua de préoccuper l\u2019assistance.Publié en vertu d'un traité arec la Société des Gens de Lettres.Commencé dans le numéro du 3 septembre 1921.Cependant le commandant avait donné l\u2019ordre de faire rentrer les captives dans l\u2019entrepont.Puis il avait voulu faire disparaître celte hideuse tête qui s'obstinait à mordre le mât.Mais c'esl en vain qu\u2019on l\u2019attaqua à coups de hache; les chairs volèrent en une bouillie éclaboussant les matelots; les os furent broyés; on eut beau frapper à tour de bras, on ne parvint pas à faire lâcher prise à ce qui reslail de la hideuse mâchoire.Force fut de laisser les dents incrustées dans le bois.Pour les arracher, il eût fallu attaquer le mât lui-même à coups de hache.Les malelols étaient silencieux, car te quartier-maître avait toute leur confiance: et le vieux marin disait tout haut qu'il aurait donné toutes ses épargnes du voyage pour n\u2019avoir pas rencontré ce maudit animal.Et il répétait en secouant la tête : \u2014Triste présage !.triste présage ! Cependant, au bout de quelques jours, l\u2019incident était oublié, bien que lout le monde à bord ne manquât pas d'aller regarder, tous les malins, les.dénis du requin fichées dans le mât.C'était pour le major l\u2019occasion de conférences sur la force musculaire d\u2019es squales, sur les coutumes, leur vora-cité, etc., etc.Le brave homme avait pour auditoire loules les captives qui' Marianne conduisait auprès de lui, pendant la promenade sur le pont.Comme pour donner un démenli aux mauvais pronostics du quartier-maître, le vent qui.pendant quelques jours, était resté extrêmement faible, fraîchit tout d'un coup; et le brick, s\u2019inclinant sur le côté, fila avec rapidité, sur une mer calme, et par un temps superbe.Jamais encore, depuis qu\u2019il avait quitté le bassin du Havre.le \u201cGlorieux ' u'avai! rencontré un vent aussi favorable.Aussi, bien qu\u2019il n\u2019eûl pu se défendre d\u2019un soupçon de superstition lorsque le corps décapité du requin .était retombé à la mer, le lieutenant d\u2019Ouvelles avait retrouvé l'attitude calme qu\u2019il ava;t au déparl.Parfois il se reprenait à vouloir paraître gai.et il inler-pellait le snus-offiefiier bas-brelon.qu'il prenait à partie lui demandant s\u2019il n'avait rien lu de.nouveau dans les astres qui fit prévoir la réalisa lion des terribles pronostics annoncés par le fameux \u201cRequin qui reprend l'eau\".Mais le brave marin répétait en hochant la lêle: Vous avez heau dire, commandant, j\u2019ai ]'oi§l sur les chaloupes, la yole cl les grands canots.\u2014C\u2019esl bien, maître.\u2014D\u2019abord, narre que e\u2019ec1 mon devoir rie m\u2019assurer que fout est en ordre, que les gouvernails fonclionnont; que les rames soûl à leur p\u2019n.ee. LE SAMEDI 31 Vol.33, Ho 49, Montréal, 13 mai 132b \u2014Oui!.oui!.ricanait le lieutenant.Et qu'au premier signal toutes ces embarcations puissent être instantanément mises à mer!.\u2014G est l\u2019exacte vérité, mon commandant.\u2014Eh bien! maître, je te félicite, et je te remercie!.On ne saurait prendre trop de précautions!.Le Bas-Breton n était pas sensible à l'ironie.Maintes fois, il avait subi sans -ourciller les boutades des jeunes Officiers.C\u2019était, un excellent marin qui se vantait d\u2019avoir fait, à lui seul, plus de voyages au long-cours que tous les autres marins embarqués sur le \u201cGlorieux\u201d.11 aimait son bâtiment ; et c\u2019est avec peine qu\u2019il avait appris qu\u2019il ne ferait plus que deux voyages, après quoi il serait désarmé et vendu comme bâtiment réformé par 1 Amirauté.Mille bombes à mèches! s\u2019écriait-il souvent, lorsque, le matin-, il présidait au lavage du pont et à la toilette du na-\\ ire ; dire qu\u2019un jour il faudra laisser ce beau bâtiment aller à la navigation marchande, comme un simple gabare.Et le pauvre homme essuyait de grosses larmes qui venaient se nicher dans un coin de son navire.Il gourmandait le mousse, lorsque les pommes en cuivre des escaliers ne lui paraissaient pas suffisamment astiquées et que la batlerie n\u2019était pas parfaitement balayée.Dans son inspection, il s\u2019arrêtait devant chaque pièce de canon, et il la contemplait amoureusement, la caressait de la main, sous prétexte de s\u2019assurer qu\u2019il n\u2019y avait pas quelques brins de poussière à essuyer.Or, depuis que le quartier-maître avait pronostiqué de sinistres événements, il était tombé dans des idées sombres qui lui faisaient chercher l\u2019occasion de prémunir le commandant du bord contre ce qui pourrait arriver.Nous avons déjà vu qu\u2019il avait mis toutes les embarcations en état.Il voulut même aller plus loin dans ses idées de prudence.Il eut un jour la fantaisie de proposer au lieutenan t d\u2019Ou-v.elles de faire un essai de mise à l\u2019eau des embarcations, avec équipage et passagers .absolument comme s\u2019il se fût agi de parer à une catastrophe exigeant l\u2019abandon.diu navire, Iq plus rapidement possible.M.d\u2019Ouvelles se trouvait avec le médecin-major et lps autres offiefiiers.sur la dunette; tous ces messieurs accueillirent la proposition du quartier-maître avec forse éclats de rire.Et le brave sous-officier s\u2019était retiré en chaloupant selon son habitude, après avoir projeté dans la mer une lancée de jus de nicotine.\u2014-C\u2019est vraiment une singulière idée, fit en riant le médecin-major s\u2019adressant à l\u2019aspirant, et qui ne vous serait certainement pas venue, n\u2019est-ce pas, jeune homme ?\u2014Ma foi, major, il ne faut pas rir^ des superstitions ; mon grand-père qui était, lui aussi, un vrai loup de mer diu temps de Duguay-Trouin, me racontait, lorsque j\u2019étais petit.\u2014Bon, ricana le major, des contes bleus pour endormir les enfants !.L\u2019aspirant rougit jusqu'au blanc des yeux et garda le silence.Mais l\u2019enragé major continua : \u2014Je veux bien admettre que les flots son! changeants, et que rien n\u2019est perfide comme l\u2019onde ; mais en attendant, peut-on souhaiter un temps plus meveilleux ?______Un vrai temps des Açores, mon vieil ami, fit le commandant.Nous n\u2019en sommes pas bien loin, n\u2019est-ce pas, monsieur Depierre ?La question s\u2019adressait à l\u2019enseigne, qui, à ce moment, faisait le pont.__Nous passons à dix mille de ces îles, mon commandant, répondit l\u2019officier.\u2014Il est d\u2019usage, ce me semble, lorsque l\u2019on passe dans les eaux des Açores et lorsque l'on n\u2019est- pas trop pressé, de faire pour l\u2019équipage et pour les passagers l\u2019acquisition de fruits que les habitants de ces îles privilégiées apportent à bord.-\u2014Mais nous sommes trop pressés pour cela, grommela le quartier-maître.\u2014Gè qui veut dire, vieux loup, ricana le médecin-major, que lu t\u2019obstines à nous prédire du gros temps.\u2014Si ce n\u2019était que ça ! soupira le sous-officier.\u2014Hein ?\u2014Lorsque le malheur se met à n-os trousses, il faut s\u2019at-tendre à tout.\u2014Vilain oiseau de mauvais augure ! dit le sceptique en tournant le dos au quartier-maître.\u2014Pendant ce temps, M.d\u2019Ouvelles avait fait quelques pas sur le pont, vers l\u2019endroit où se tenaient les captives.Il fit signe à l\u2019aspirant de donner des ordres pour que toutes les passagères fussent reconduites à l\u2019entrepont.Mais lorsque Marianne passa près de lui, pour suivre ses compagnes, le lieutenant l\u2019arrêta par ees\u2019mots : \u2014Il ne faut pas que .tout ce que vous avez pu entendre de notre conversation vous effraie.La détenue leva les yeux sur son interlocuteur : t\u2014Je ne suis pas effrayée, monsieur, répondit-elle, si quelque chose doit m\u2019arriver pendant ce voyage, je subirai la volonté du ciel.Je suis prête ! Charles d\u2019Ouvelles regarda longuement la jeune fille lorsque celle-ci s'inclina pour prendre congé de lui.Elle avait déjà disparu dans l\u2019entrepont qu'il demeurait encore à la même place, plongé dans une vague mélancolie.Il était tellement absorbé qu\u2019il n\u2019avait pas entendu venir le médecin-major qui le fit sursauter en lui tapant brusquement sur l\u2019épaule.\u2014Holà! commandant! fit en riant le nouveau venu, est-ce que vous rêvez à vos amours, maintenant, que vous vous isolez ainsi ?Ah ! pour le coup, je ne répondrais plus de rien, quand le captaine fait de la poésie avec une nymphe de la Salpêtrière.Pour la première fois, les, plaisanteries de son ami le médecin sonnèrent mal à l\u2019oreille du jeune officier.M.d\u2019Ouvelles eut un froncement de sourcils qui arrêta net le rire sur les lèvres du docteur.Puis il comprit qu'il ne fallait pas laisser s\u2019infiltrer le moindre soupçon dans l\u2019esprit du caustique praticien.Il redoutait maintenant des plansanteries et propos ironiques qui feraient de la détenue le point de mire des quolibets de tout l\u2019équipage.Aussi, à partir de ce moment, évita-t-il de se retrouver en tête-à-tête avec Marianne.Lorsque celle-ci paraissait sur le pont- aux heures de promenades, il se contentait de la saluer de loin, et de lui adresser un sourire amical, quand il ne se sentait pas observé.Au calme plat que l\u2019on subissait depuis les Açores, avait succédé un vent favorable, et le \u201cGlorieux\u201d filait maintenant ses six noeuds à l\u2019heure, le cap sur les Bermudes.La traversée s\u2019accomplissait donc dans d\u2019excellents conditions, étant, donné que le-brick était vieux et qu\u2019on, n\u2019osait .pas trop te forcer de voiles.\u2014Allons! allons! répétait, chaque matin, le médecin au quartier-maître, encore quinze jours de ce vent-là, mon vieux sorcier, et nous longerons les Bermudes pour descendre, tout doucement, jusqu\u2019au golfe du Mexique.Le fait est que le sous-officier lui-même était obligé de reconnaître qu'il n\u2019avait, jamais fait, une traversée plus heureuse.Huit jours se passèrent encore.Depuis longtemps on ne s\u2019occupait plus de l\u2019incident du requin.C\u2019est à peine si.de temps à autre, un matelot essayait, à la pointe de son couteau, de faire sauter une des dents enchâssées porfondément dans le bois du mât. 32 LE SAMEDI Vol.33, No 49, Montreal, 13 mai 1922 L\u2019AVEU I Ain|i que l\u2019avait pronostiqué le major, le voyage se passait dans d\u2019excellentes conditions.Le vent se maintenait favorable, et, en moins de vingt jours après avoir dépassé les Açores, on se trouvait dans la longitude de Terre-Neuve.Là, un spectacle nouveau vint rompre, pour les passagères, la monotonie d\u2019une traversée où l'on ne voyait continuellement que le ciel et l\u2019eau.Depuis le départ du Havre, c\u2019est à peine si l\u2019on avait rencontrée quelques bâtiments dont les voiles apparaissaient tout d\u2019un coup à l\u2019horizon comme des ailes de goélands, pour s\u2019évanouir presque aussitôt.Mais, un matin, on vit se poser sur les vergues du brick toute une volée d\u2019oiseaux.Cett% visite fut accueillie par les applaudissements de l'équipage; une sorte de superstition veut qu'on salue ainsi les oiseaux qui ont parcouru de grandes distances pour venir souahiter la bienvenue aux navigateurs et leur annoncer le voisinage de Terre-Neuve.Ces oiseaux au plumage noir arqué de blanc, de jaune et de rouge, sont l\u2019objet de la sympathie des équipages.On sait qu\u2019ils viennent se reposer de vols fatigants, et malheur au passager qui tenterait d\u2019en tirer un seul.Les matelots interviendraient énergiquement pour empêcher ce qu\u2019ils considéraient comme un crime.Tout à coup, un îlot d\u2019une blancheur éclatante apparut à quelques milles vers le nord ; et le soleil, dardant sur ce monticule ses rayons, lui donna des scintillements de diamant taillé ! \u2014Une banquise! s\u2019écria le matelot de vigie.Et aussitôt l\u2019état-major de se poster en avant pour voir l\u2019immense bloc détaché des glaces éternelles du pôle, et entraîné vers des latitudes tempérées, en fondant peu à peu pendant la traversée.Le capitaine voulut bien donner à ses passagères d'entrepont le speotacle de cette banquise.\tf Toutes accoururent, se pressant sur le bordage et poussant des exclamations de surprise.Le hasard avait rapproché, cette fois encore, le lieutenant d\u2019Ouvelles de Marianne.C otait, pour les deux jeunes gens, l\u2019occasion d\u2019échanger quelques paroles, ce qui ne leur était pas arrivé depuis quelque temps déjà.M.d\u2019Ouvelles voulut expliquer à Marianne le phénomène de la banquise.Elle écouta sans interroger.On eût dit qu\u2019elle subissait une conférence sans intérêt pour elle, et que son esprit était occupé ailleurs.\u2014Monsieur le commanadnt, dit-elle, dans combien de temps espérez-vous arriver à la Nouvelle-Orléans.\u2014Si rien de fâcheux ne survient, et j\u2019entends par là tempêtes ou calmes plats, nous pourrons entrer dans le golfe du Mexique dans une vingtaine de jours.\u2014Tant que cela?soupira la passagère.\u2014Vous vous ennuyez donc bien à mon bord ?dit vivement M.d\u2019Ouvelles.Marianne voulut réparer l\u2019impression produite par oette phrase qui lui était échappée.Elle répondit : \u2014Je n\u2019aî qu'à me féliciter d\u2019êbre passagère à bond du navire que vous commandez, monsieur le capitaine ! Vous n\u2019avez pas cessé de m\u2019acoorder des faveurs dont je ne me sentais pas digne ! Et si j\u2019ai profité de votre bienveillance à mon égard ,c\u2019est qu\u2019il m\u2019était doux d\u2019en faire bénéficier mes compagnes plus malheureuses que moi, car elles n\u2019ont ni la consolation, ni le oourage que donne le repentir.La jeune femme avait baissé la voix en prononçant ce dernier mot.M.d Ouvelles, ne pouvait cacher l\u2019émotion qui l'envahissait plus que jamais, répondit sur le même ton: \u2014Pour vous repentir ainsi, vous avez donc commis une faute.bien grave?\u2014J\u2019ai mérité le sort qui m\u2019est échu! répondit Mariaiine.\u2014Vous me sembtez, cependant, cent fois moins coupable que les autres exilées! \u2014Qui sail, au contraire, si je ne le suis pas cent fois plus que toutes ces pauvres créatures qui vont sabir leur châtiment à la Lousiane?Et, trouvant dans des éclats de rire qui partaient de l\u2019avant, un prétexte à se porter de ce côté, elle salua le lieutenant et se dirigea vers un groupe formé par les passagères, au milieu desquelles le major faisait une véritable conférence sur la pêche de la morue.Le docteur racontait ses aventures à la station de Saint-Jean de Tere-Neuve, alors qu\u2019il était à bord d\u2019une corvette chargée de protéger les pêcheurs français contre les équipages des navires anglais, beaucoup plus nombreux que les nôtres, dans ces régions de pêcheries.\u2014Non, disait le major, vous ne vous doutez pas, mes gaillardes, lorsque vous mangez un plat de morue à la hollandaise, tout le mal que l\u2019on s\u2019est donné pour vous procurer ce mets si apprécié pendant le carême.Savez-vous par les mains de combien de spécialistes (c'est le mot exact) doit passer la morue avant d\u2019arriver sur les marchés de France?Non, n\u2019est-ce pas?Eh bien, jugez-en: Lorsque le poisson est pêché, on le jette à un \u201cégor-geur\u201d qui lui fait une incision sous la tête et tout le long du ventre.En second lieu, il arrive au \u201cvideur\u201d qui lui enlève la tête et les entrailles.Puis c'est au \u201csépareur\u201d à partager le poisson en deux, après avoir enlevé l\u2019arête dorsale.Après quoi le \u201csaleur\u201d s\u2019empare de la chair, la lave, la racle, l\u2019empile en couche, après en avoir salé chaque partie.Cette morue, ainsi préparée, demeure dans le sel pendant plusieurs jours, jusqu\u2019à ce que le moment soit venu de la mettre sécher au soleil.Vous voyez, s\u2019écria le praticien en concluant, qu\u2019un plat de morue nécessite tout un travail infiniment plus compliqué que la pêche au goujon dans les rivières de France.-\u2014Moi ! s\u2019exclama une des passagères, étonnée ce de qu elle venait d\u2019apprendre, je croyais que la morue était un poisson piaf, comme les limandes.\u2014Et qu\u2019on la pêchait toute salée, à la ligne, n\u2019est-ce pas?ricana le médecin.Le lieutenant d\u2019Ouvelles avait suivi Marianne et venait d arriver dans le groupe, lorsque tout à coup le quartier-maître aicooura.it l\u2019air consterné, le visage divide, dit tout bas à son chef : \u2014Mon capitaine, il faut que je vous parle sur le champ.\u2014Parle, alors! \u2014Pas ici, mon capitaine pas devant.Et de l\u2019oeil le vieux marin désignait l'assistance.Puis faisant signe à M.d\u2019Ouvelles de le suivre, il se dirigea rapidement vers une des écoutilles, qui faisait communiquer le pont avec l\u2019étage inférieur.Les deux hommes disparurent par l\u2019ouverture.Au bout de deux minutes, le lieutenant d\u2019Ouvelles revenait,, en appelant l\u2019aspirant: \u2014Faites descendre foutes les passagères dans l\u2019entrepont., commanda-t-il au jeune officier, et qu\u2019aucune d\u2019elle n\u2019en sorte sans mon ordre.Que se passait-il ?Les matelots de quart, ne soupçonnait rien, se tenaient à leur poste sur le pont, 'tandis que la partie de l'équipage qui n\u2019était pas de service s\u2019occupait d\u2019objets relatifs à leur® besoins personnels, les uns raccommodaient les hardes, d\u2019autres préparaient des lignes de pêche ; quelques-uns doc- Vol.33, No 49, Montréal, 13 mai 1922 LE SAMEDI 33 ruaient dans leurs hamacs avant de iprendre le quart à leur tour.Las officiers seuls réunis sur la dunette paraissaient soucieux.L ordre que le lieutenant venait de donner était le sujet de leur conversation.Tout à coup Charles d Ouvelles s\u2019élançait au-devant de son état-major, en s\u2019écriant : Messieurs, nous courons le plus grand danger, et je compte sur votre sang-froid pour maintenir l\u2019équipage dans la plus stricte discipline; je compte également sur votre dévouement pour m\u2019aider à conjurer, s\u2019il se peut, une épouvantable catastrophe.Les officiers s'inclinèrent simplement, n\u2019osant encore interroger.Le lieutenant continuait avec vivacité: \u20141 nus savez que nous avons à bord une cargaison de poudre et de boulets à destination de la Louisiane! et le feu est à bord ! Ces mots étaient à peine prononcés que les officiers se pressaient autour de leur commandant.\u2014Oui, messieurs, poursuivit le lieutenant d\u2019Ouvelles, le \u201cGlorieux\u201d est miné dans sa coque; le bois vieilli de notre navire brûle, et cbarbonne lentement jusqu\u2019ici, mais il suffit du moindre courant d\u2019air pour faire jaillir la llanime et embraser le navire.Il est urgent que la sinistre nouvelle ne se répande pas à bord! Avant tout, il faut éviter un affolement qui entraverait le sauvetage.Prévenez l\u2019équipage et prenons avec sang-froid toutes les disposition que comporte la terrible situation où nous nous trouvons! Les hommes de quart ne doivent pas bouger de leur poste, des équipes doivent se tenir prêtes, chacune à l\u2019embarcation qu\u2019elles doivent armer au besoin.Au seul commandement de l'officier, les embarcations seront mises à la mer, sans précipitation.M.d\u2019Ouvelles parlait d\u2019une voix brève, mais calme, comme s\u2019il eût donné des ordres pour une revue de l'équipage.S\u2019adressant à l\u2019enseigne: - VI.Depierre, dit-il, vous prendrez tous les hommes disponibles; ceux qui ne seront pas de quart ou d\u2019équipe pour les embarcations, et vous les conduirez dans la partie incendiée.Mettez les pompes en batterie.Rappelez-vous, monsieur, qu\u2019il faut que nous parvenions à circonscrire le feu, à tout, prix, car nous sauterons infailliblement.Et, s'adressant aux officiers: \u2014Allez, messieurs, je compte sur votre prudence et sur votre courage.A peine les officiers s étaient-ils retirés pour exécuter les ordres, qu\u2019un grand remue-ménage se produisit sur le navire.Le quartier-maître qui était resté dans la cale pour prendre la direction des travaux à exécuter, afin d\u2019isoler et circonscrire le feu dans la partie atteinte, n'avait pas observé le même sang-froid que le capitaine du brick.Le vieux loup de mer, tout en faisant sonder la coque du navire incendié, répétait les prédilections qu\u2019il avait faites sur l\u2019incident du requin.______Oui, grommelait-il, .je savais bien que nous n\u2019échapperions pas au malheur que ce maudit squale nous annonçait ! Nous y sommes en plein; et si ce n\u2019est pas l\u2019ouragan qui doit nous couler, c\u2019est le feu qui va dévorer le \u201cGlorieux\u201d.sans compter que nous ne pourrons probablement pas empêcher qu\u2019une gerbe d'étincelles ne s\u2019élance vers la mute aux poudres; alors nous sauterons, et le \"Glorieux\u201d éclaera comme une bombe! Et le marin ajoutait: \u2014En.attendant, les amis, faut fqire notre devoir pour lâcher de noyer ce maudit feu qui dévore la carène! .Allons-y, mes amis, travaillons, si nous voulons revoir les ménagères et les enfants qui attendent notre retour au pays.Et le brave sous-officier s\u2019efforçait de faire pénétrer chez le six ou huit matelots qu\u2019il dirigeait, un espoir qu\u2019il ne conservait plus, hélas! Outre qu\u2019en homme d\u2019expérience qu\u2019il était, il avait jugé l'importance du péril où l\u2019on se trouvait, il subissait encore l\u2019influence ed la superstition.Pour lui, du moment que le requin décapité était retourné à la mer, il n\u2019y avait plus qu\u2019à se préparer à une inévitable catastrophe.Comment le feu avait-il pris à bord?Pour le savoir il eût fallu avoir le temps de faire une enquête; et le danger était trop menaçant pour permettre au capitaine de s\u2019occuper d\u2019une semblable enquête.Le capitaine d\u2019Ouvelles, plus que tout autre à bord, avait eu, dès le premier moment, conscience de l'immense danger dont il était menacé.Pour lui c\u2019était la presque certitude que le navire ne pourrait être sauvé.Et, ne se faisant aucune illusion sur le sort du malheureux brick, il voulut sans retard prendre toutes les dispositions nécessaires en vue du sauvetage des matelots et des passagères qui se trouvaient à bord.Certain, désormais, après les ordres qu\u2019il avait donnés, que tout le monde ferait son devoir avec éenrgie et résolution, Charles d'Ouvelles songea au convoi d\u2019exilées qu'il avait fait descendre dans l\u2019entrepont.Cette mesure pouvait conjurer l'affolement qu\u2019il redoutait et qui éclaterait, sans aucun doute, aussitôt, que l\u2019incendie cesserait d\u2019être à l\u2019état latent; mais il était, certain qu\u2019aux premiers cris d\u2019alarme, et lorsqu\u2019il faudrait procéder au sauvetage, toutes ces malheureuses se précipiteraient sur le ;pont, provoquant le plus grand désarroi parmi l\u2019équipage et entravant la manoeuvre.Qui sait ce qui se passerait alors! Charles d\u2019Ouvelles ne put maîtriser la douloureuse impression qui lui serrait le ooeur, à l\u2019idée que, dans ce moment même où il désespérait de pouvoir se rendre maître de l\u2019iscendie, ces pauvres créatures continuaient de chanter joyeusement.En effet, de l\u2019entrepont arrivaient jusqu\u2019à lui, par les écoutilles, des éclats de rire et des refrains répétés en choeur.Alors dans le trouble de son esprit, une pensée se fit jour.Marianne pouvait lui être utile dans la situation épouvantable où l'on se trouvait.Il connaissait l\u2019énergie et le courage de cette jeune femme.Il avait dû apprécier la résignation avec laquelle elle acceptait l'existence de réclusion,naire qui allait commencer pour elle, sur la terre américaine.Et, comme il l\u2019avait fait pour les officiers de son éfat-mâjor, il se décida à prévenir Marianne du danger, et à réclamer d'elle la promesse d\u2019user de toute l\u2019influence qu\u2019elle avait acquise sur ses compagnes, afin de les maintenir dans le calme et de leur inspirer la résignation.Il se dirigea vers l\u2019ouverture qui faisait communiquer le gaillard d\u2019avant, avec l'entrepont; et, parlant par l\u2019écoutille, il donna l\u2019ordre de faire monter sur le pont la détenue Henriette Gérard.Lorsque le matelot ouvrit, la porte de la salle qui servait de dortoir aux exilées, toutes ces femmes s\u2019élancèrent vers lui, croyant qu\u2019on levait la consigne qui avait pour un instant, pensaient-elles, interrompu leur promenade sur le pont.Mais le marin les arrêta d\u2019un geste.\u2014Henriette Gérard! appela-t-il.Aussitôt Henriette se leva. 34 LE SAMEDI Yol.33, Ho 49, Montréal, 13 mai 1922 -\u2014Me voici, dit-elle.\u2014Le capitaine vous attend sur le pont.Le lieutenant d\u2019Ouvelles attendait en effet la prisonnière.Avant qu'il eût pu lui adresser al parole, la jeune femme, levant les yeux, lui dit: \u2014Vous m\u2019avez fait demander, monsieur, que me voulez-vous ?Mais déjà elle avail vu le changement qui s'était opéré sur le visage du comandant.Sa pâleur extrême la troubla vivement.M.d\u2019Ouvelles lui avait saisi la main; il l\u2019entraîna, silencieusement, à l'arrière du navire ,à l\u2019endroit où le timonier se tenait au gouvernail.Et d\u2019une voix brève ,saccadée par une motion qu\u2019il ne pouvait contenir, il prononça ces mots: \u2014-Je vous ai fait appeler afin de vous communiquer une nouvelle grave.Je veux que vous l'appreniez de ma bouche, avant qu'elle ne vous parvienne par la clameur qui ne peut manquer de s\u2019élever dans quelques instants.\u2014De quoi s\u2019agit-il?demanda.Marianne.\u2014Il s\u2019agit du plus épouvantable malheur qui puisse atteindre ceux qui, comme nous, se trouvent en pleine mer, loin des eûtes et à une grande distance de navires qui pourraient leur porter secours.\u2014Mon Dieu!.vous m'épouvantez!.\u2014Il faut, coûte que coûte, que vos malheureuses compagnes ignorent ce que je vais vous dire, du moins aussi longtemps qu\u2019il ne sera pas indispensable de les faire monter ici! Car, ajouta-t-il fiévreusement, moi, mes officiçrs, mon équipage, nous allons avoir besoin de tout notre sang-froid pour éviter d'irréparables malheurs.Je redoute les cris de désespoir, les terreurs folles qui paralyseraient les efforts de mes matelots: je veux empêcher, enfin, les tentatives imprudentes pour fuir le terrible fléau qui nous menace ! Le feu est, à bord !.Marianne eut un long tressaillement; mais pas un mot, pas un cri ne sortit de ses lèvres.Elle demeura immobile et comme frappée de stupeur, les verni fixés sur les yeux de M.d\u2019Ouvelles.Tout cela n\u2019avait duré que quelques secondes.Elle se retrouva bientôt ce qu\u2019elle était devenue, grâce aux sages conseils de soeur Geneviève; elle redevint la femme prête à tous les sacrifices, résignée à toutes les épreuves, forte contre toutes.les souffrances.Charles d\u2019Ouvelles s\u2019aperçut de cette métamorphose subite; et, d\u2019un Ion ferme, comme par un commandement: \u2014Vous ne savez encore qu'une partie de la vérité! L\u2019incendie qui consume le navire nous permet trail, dans toute autre circonstance, de met Ire les embarcations à la mer, et de procéder régulièrement au sauvetage, lorsque nous aurons désespéré de pouvoir nous rendre maître du feu.Mais nous avons à bord un cargaison de poudre, et il suffit d\u2019un jet de flamme, d'une seule étincelle pour que l'explosion ait lieu.Vous comprenez, maintenant, que nous sommes enlre la vie et la mort, et qu\u2019il nous faut agir avec énergiç et résolution.\u2014Je comprends, dit Marianne.\u2014Vous comprenez aussi que je redoute les cris de désespoir et l\u2019affolement de toutes ces malheureuses dont les chants et les rires me brisent le coeur, en ce moment où elles touchant à la mort la plus épouvantable.Il faudrait que quelqu'un qui exerce une certaine autorité sur elle essayât de les maintenir dans l'ignorance de la catastrophe qui nous menace.Il faut surtout gagner du lemps! \u2014Je m\u2019en charge, répondit la jeune femme d\u2019une voix assurée.Et relevant la tête, elle ajouta: \u2014Je ferai tout ce qui dépend era de moi pour maintenir ces malheureuses dans l'e calme.Je leur cacherai l'horrible vérité aussi longtemps que faire se pourra.El.lorsque le moment décisif sera venu, lorsqu\u2019il faudra enfin que tout le monde à bord sache J\u2019imminence du danger, je ferai encore mon devoir jusqu\u2019au bout!.Je m\u2019efforcerai de donner à ces pauvres affolées l\u2019exemple du courage, de l'énergie; et, Dieu aidant, je réussirai, je l'espère.\u2014Allez vite! s\u2019écria le lieutenant d\u2019Ouvelles en pressant énergiquement les mains de Marianne.Et retrouvant sôn masque impassible, il continua: \u2014Fasse le ciel que nous 'réussissions l'un et l\u2019autre dans l'accomplissement de notre tâche! Et fandis que le lieutenant d\u2019Ouvelles courait à l\u2019endroit où l'incendie continuait ses ravages, Marianne était retournée dans l\u2019entrenont, II l \u2022\t* K ,\t.' ' .\t\u2018 ^ ; Les exuoes atténuaient avec curiosité le retour de Marianne, sachant que celle-ci avait été appelée par le commandant du navire.Aussi, à peine, avait-elle reparu à la iporle, que toutes s\u2019avancèrent au-devant d\u2019elle.Et les questions se succédèrent: \u2014Dia-nous donc ce qu\u2019on te voulait!.\u2014Pourquoi a-t-dn interrompu notre promenade?\u2014Que t\u2019a dit le capitaine?\u2014Serons-nous bientôt arrivées?.\u2014Je vais répondre à toutes vos questions, dit Mariam-.,-n affectant le plus grand calme.\u2014-Si le capitaine a cru devoir interrompre notre promenade habituelle sur le pont, c'est que l\u2019équipage sera occupé pendant une grande partie de la journée à exécuter des manoeuvres difficiles, pour lesquelles le pont doit demeurer complètement libre.Il y eut une sorte de rumeur d\u2019incrédulité dans une partie de l'assistance.\u2014G es manoeuvres une fois terminées, je vous affirme que la consigne sera levée et votre liberté vous sera rendue.Vous me dmandez encore si nous arriverons bientôt à la Nouvelle-Orléans.Oui.bientôt.si nul accident fatal ne vient nous frapper.\u2014De quels malheurs sommes-nous donc menacée ?\u2014Aucun malheur ne nous atteindra, je l'espère, mais ne savez-vous pas aussi bien que moi qu\u2019une tempête peut nous assaillir, qu'une voie d'eau peut se déclarer, qui fasse sombrer le bâtiment, que T incendie enfin peut dévorer le navire?-L'incendie! s'écrièrent quelques femmes épouvantées.-\tOui.l'incendie! répéta Marianne, en affectent l'air le plus indifférent, le plus calme; mais l\u2019incendie à bord n.e devient une effroyable catastrophe que dans le cas où les passagers, cédant à l\u2019épouvante, et cherchant à fuir le danger, entravent les manoeuvres et mettent à néant les-courageux efforts de l'équipage.Jadis, a joua-1-elle, on m'a conté l\u2019histoire des deux navires incendiés.Ec premier périt corps et bien! Pas un des passagers qui le montaient ne put être sauvé! Une folle terreur s\u2019était emparée d eux ci, voulant se soustraire au terrible fléau, ils se jetèrent en foule dans les embarcations, sans provisions, sans guides, incapables de diriger la manoeuvre et sourds aux cris de leurs malheureux compagnons abandonnés a bord.Ils succombèrent tous, les uns au milieu des (lois, les autres au milieu des flammes!.\u2014\tOui, dit une déporte, un incendie à bord c\u2019est une catastrophe que rien ne peuI Tombatre ; c'est la mort inévitable pour tout l\u2019équipage! Non, répondit Marianne.Je vous ai parlé de deux navires.Le second fut sauvé par te calme et la résignation des passagers.Ge bâtiment, de même que celui sur lequel nous nous trouvons.portait à la Louisiane un convoi de malheureuses femmes .déportées ainsi que nous. ?cL 83, Ho 49, Montréal, 13 mai 1922 LE SAMEDI 35 Ue feu s\u2019étail déclaré à bord et toutes ont été sauvées ceendant.\u2014-Sauvées! s\u2019écriait-on avec surprise.\u2014Oui, sauvées, parce que parmi ces femmes, il s\u2019en trouvait une dont l\u2019âme s\u2019était purifiée aux sages exhortations de cette digne et vertueuse soeur Geneviève, que vous avez connue, que vous avez aimée et respectée à la Salpêtrère.\u201c\u2014Ayons confiance, disait la repentie à ses compagnes, et tandis que l\u2019équipage prépare notre salut, prions afin que Dieu nous sauve, où pour que notre âme soit sauvée si nous devons mourir.\u201d \u2014Et parce qu'elles avaient été courageuses et résignées, elles ont échapé à la mort.Eh bien! dites, maintenant, sa pareil danger nous menaçai I, que feriez-vous ?\u2014Nous agirons comme ont agi nos devancières, répondit une des déportées.\u2014Vous auriez ce courage, ce sang-froid ?demanda Marianne.\u2014Oui, oui, s\u2019écrièrent-elles toutes ensemble.Marianne exhala un soupir de soulagement.11 faut gagner du temps, lui avait dit le capitaine et, déjà un temps assez long s'étai écoulé pendant le récit qu\u2019elle venait de faire.Marianne entrevoyait 1 espérance de pouvoir maîtriser, quand le moment en serait venu, le redoutable affolement qui devait bientôt s\u2019emparer de ses compagnes.Mais, à ce moment même, un grand bruit se fit entendre sur le pont.G\u2019éait un mélange de cris, de jurons, de pas précipités, de lourds cordages traînés sur le plancher du bord et, cherchant à dominer ce tumulte, la voix des officiers qui donnaient des ordres que les matelots accueillaient par des clameurs désespérées.Après un premier moment d'épouvante qui les avaient rendues muettes, toutes les prisonnières se précipitèrent en même temps vers l\u2019escalier, se heurtant, se bousculant les unes les autres, pour arriver plus vite devant la porte qui demeurait, fermée.Marianne s\u2019était élancée la première et tenait tête à celte avalanche.Debout sur les premières marches, l'oeil en feu et les mains tendues : \u2014Arrêtez ! s\u2019écria-t-elle, arrêtez et souvenez-vous de l\u2019engagement que vous preniez il n\u2019y a qu'un instant : \u201c\u2014Si quelque grand danger nous menaçait, avez-vous dit, nous agirions comme ont agi nos devancières.\u201d Eh bien, oui, un danger plane sur nos têtes, mais nous pouvons le conjurer par le ca\u2019me et la résignation et, à mon tour, je vous crie : - \u201cA genoux, mes soeurs, à genoux, et, tandis que.l'équipage prépare notre salut, prions afin que le ciel nous secoure ou pour que notre âme sait sauvée si nous devons mourir.\u201d Marianne, en prononçant ces mots, était transfigurée.L\u2019ancienne coureuse de rues, l\u2019amie de Jacques Frochard semblait, une sainte inspirée.Toutes ses compagnes s'étaient subitement arrêtées.Elles la regardaient surprises et à demi-dominées, quelques-unes même fléchissaient le genou.Mais à peine ces paroles avaient-elles été prononcées par Marianne que la courageuse femme tressaillit violemment.Sous ses pieds elle avait sonti comme un crépitement de planches attaquées par le feu.Elle vit un mince filet de fumée qui arrivait par l\u2019interstice de deux feuilles du plancher.C\u2019en était fait de son intervention ! Encore que quelques instants et.la fumée, élargissant sôn issue, allait envahir la salle tout entière.L\u2019épouvante se propageant alors entraverait le sauvetage.Que faire ?Le capitaine avait dit : ___II faut gagner du temps et, sans hésiter, rappelant, à force d\u2019énergie, le calme sur son viasge elle appuya réso- lument ses deux pieds sur la fente par laquelle s\u2019échappait la fumée.Elle s'efforça de parler encore ; mais le plancher avait sous ses pieds des ardeurs de seconde'en seconde plus violentes.Elle en était arrivée à sentfr la brûlurë du feu à travers les semelles de ses souliers.\u201c\u2014Il faut gagner du temps, répcta-t-elle tout bas, et elle ne broncha pas.Impassible, elle continuait à rassurer les plus agitées, alors qu\u2019en elle-même, elle.désespérait du salut, et sentait se calciner sa chair.Plus courageuse et plus énergique à mesure que le péril augmentait, elle'se raidit contre la souffrance et s\u2019évertuait à prêcher une confiance qu\u2019elle n\u2019avait plus elle-même.Tout à coup, au silence qui régnait sur le pont, succéda, de nouveau, un bruit assourdissant.Une immense clameur s\u2019élevait pour implorer le secours de la Providence.Les prisonnières répondirent à ce tumulte par des cris exaspérés.Cette fois il n\u2019y avait pas à essayer de les contenir.Marianne luttait toujours contre la souffrance, mais une seconde colonne de fumée s'était fait jour et se répandait dans la salle.Nulle description ne peut rendre ce qui se passa alors parmi ces femmes terrifiées, enfermées dans ce réduit qui menaçait de s\u2019embraser d\u2019un moment à l'autre, alors que la retraite leur était coupée.Toutes s\u2019acharnèrent à essayer d\u2019enfoncer la porte, se meurtrissant les chairs, se broyant les os pour s\u2019ouvrir un passage.Subitement, au moment où l\u2019on s\u2019y attendait le moins, celle porte s'ouvrit.Lorsque le lieutenant d'Ouvelles eût reçu la promesse que la jeune femme lui avait faite de contenir l'affolement de ses compagnes, il s\u2019était immédiatement dirigé dans la cale, à l\u2019endroit où le feu s'était déclaré et accomplissait lentement, mais implacablement, son oeuvre de destruction.Lorsqu\u2019il arriva à l\u2019endroit, où les équipes commandées pour le service des pompes luttaient vigoureusement pour arrêter la marche du feu.l\u2019incendie n\u2019avait pu être circonscrit, ainsi qu\u2019on l'avait espéré d\u2019abord.Le brick était vieux, et le bois à demi vermoulu offrait un aliment facile au feu qui attaquait la coque depuis l\u2019entrepont jusqu\u2019à la flottaison.Dans ces conditions, il n\u2019y avait pas grand espoir d\u2019arrêter les progrès de l\u2019incendie, d\u2019autant moins qu\u2019on ne pouvait faire la part du feu.ainsi que cela se pratique dans les sinistres qui se déclarent sur terre.11 y avait lieu de penser que, dans sa marche cachée, l'incendie avail allumé plusieurs foyers et que la coque du navire était attaquée en plusieurs endroits à la fois.Du premier coup d\u2019oeil, le lieutenant d\u2019Ouvelles avait compris toute l\u2019étendue de ce danger.A tout prix il fallait, pensait-il, préserver la soute aux poudres.Mais comment empêcher le feu qui dévorait la coque de gagner, dans sa marche, la partie du navire où se trouvait la soute dont on redoulait l\u2019explosion ! Il fallait prendre des décisions rapides que commandait la situation.Et scid, le maître après Dieu sur le navire pouvait donner les ordres qu\u2019il jugeait de nature à préserver la vie des passagers.Une terrible responsabilité incombait donc à ce jeune officier dont le courage dépassait assurément de beaucoup l\u2019expérience.(A suivre) 36 LE SAMEDI Toi.33, No 49, Montréal, 13 mai 1922 LE COURRIER DE MftNON POUR LA PREMIERE FOIS IL FAIT UN GROS REPAS Un monsieur de Giffard déclare qu\u2019il est maintenant en parfaite santé après avoir été longtemps torturé par des maux d\u2019estomac.\u2014 Il vante le Tanlac- \u201cJe ne me suis jamais mieux porté que maintenant.Gomme question de fait, je me porte à merveille et grâce au Tanlac \u201d, déclare monsieur François Gagnon, de Giffard, (Qué.) \u201cPendant plus de deux ans il me fut impossible de faire un bon repas.Le peu que je mangeais ne me réussissait pas et je souffrais par la suite effroyablement de l\u2019estomac pendant des heures.Je n\u2019avais plus d'appétit et j\u2019abandonnai de déjeuner.Je dormais mal en train lorsque je me levais qu\u2019il me fallait chaque jour lout mon courage pour me rendre à mon travail.\u201cJe ne suis plus maintenant le même homme.Je dors, je travaille et je mange aujourd'hui.mieux que depuis des an-nés.Gomme question de fait, je suis rajeuni et je me sens plein de force et d'énergie.Je ne saurais dire trop de bien du Tanlac, car les résultats qu\u2019il a donnés dans mon cas sont rien moins que merveilleux.\u201d Le Tanlac se trouve dans toutes les bonnes pharmacies.Les roèros pmvent facilement savoir quand leurs enfants souffrent dos vers et elles ne perdent pas de temps à ppliquer le remède convenable\u2014- Mother Graves\u2019 Worm Exterminator.Pour Bébés cl Malades Un breuvage nutritif pour tous les âges.Ayez toujours du HORLICK\u2019S pour collationner au bureau ou à la maison.Les cors rendent les pieds infirmes et font une torture de la marche 1t pourtant fout le monde a A sa portée .soulagement certain sons forme de Itolloway\u2019s Corn Remover.J\u2019AIME L\u2019AMOUR.\u2014R.Ce rêve sig.qu\u2019une pensée de sympathie est entre vous.Iîâp.qu\u2019à 1 q.Bienvenue.ROSE FANEE.\u2014R.Oe rêve sig.que votre ami a su quelque chose qu\u2019il ne veut pas vous redire et il en souffre.Bienvenue.UNE BRUNETTE.\u2014R.Alice, 10 fév, âme sensible, facilement meurtrie.Caractère résolu.Haute valeur morale.Belle intelligepoe.Mariage d\u2019amour.Rêp.qu\u2019à 1 q.Bienvenue.H.E, M.\u2014R.Henri, 26 déc., âme charmante.Un peu ombrageux en amour.Très ardent.Caractère résolu.Bienvenue.FLEUR DES MERS.\u2014R.Je permets avec plaisir que vous m'appeliez ainsi-Ce jeune homme s\u2019il vous aime réellement ne devrait iras se fâcher de la façon dont vous avez agi.Continuez à le saluer, à être aimable et le jour n\u2019est pas loin oft il vous reviendra.Rëbecra, 12 août, timide et réservée.Aime te foyer.Est très attirante et a beaucoup de mérite.Mariage d\u2019amour.J\u2019ai hâte â votre retour.AMIE DU PRINTEMPS\u2014R.Hélas I ce portrait n\u2019est pas moi excepté que pour la bouche, A part cela cheveux et yeux sont d\u2019une autre couleur', tout l'opposé.Mon coeur cousent et va vous dire.Rose-de-Liuia, 8 fév., jugement bon et coeur excellent.Plus tard deviendra économe.Fidèle A ses oimoirrs.Distinguée et fera unt* épouse modèle.Oui j\u2019ai presque votre âge- Merci de vos affectueuses paroles.Revenez vite belle amie.MERGI, MERCI, MANON.\u2014R.Ida.1er août, énergie et présomption.Idée trop avantageuse de soi.Réussite facile dans ses entreprises.A de la bian-iveillance.Jr ch.jeudi.Bienvenue.AMIE D\u2019AUTREFOIS.\u2014R.Je ta recevrai avec bienveillance.Ce rêve sig.bonnes nouvelles et réussite d\u2019un projet.Bienvenue- LUCIENNE.\u2014 R.Albert, 28 avril, caractère emporté et brutal.Assez peu sociable, surtout vers la fin de sa vie.TVmpfcraimtmt affectueux et sensuel.Intelligent, dogmatique dans sa façon de penser.Manque de vivacité d\u2019esprit.Bienvenue.UNE QUI AIME ADELARD.\u2014 R.Eh ! bien, oeitte grande daine n'est pas hautaine du tout et aime bien qu\u2019on vienne â elle sans crainte.Elle vous recevra bien affectueusement, venez donc.Régi nsi, 30 mai, aimante, douce et sensible.Caractère sympathique.Pas très énergique et se laisse trop dominer.Volonté malléable.Bienvenue.JEUNE PRIMA DONA\u2014 R.Mou amitié ne vous fera pas défaut et si eüile peut réchauffer votre coeur, blottissez-vous alors bien près de moi.Ne vous alanmez pas cette nervosité, cette mélancolie qui vous aigrit est l\u2019effet d'une sourde souffraaice que vous portez en vous et que vous ne pouvez crier comme vous le voudriez.Avec cela, vous avez aussi encore beaucoup de faiblesse, soignez-vous bieh et puis dou-eoraent vos nerfs se guériront.Revenez pour vos q., car je suis très occupée.Amitiés.BRUNETTE PENSIVE.\u2014 R.Vous avez mille fois raison, aimer et être aimée voilà le plus grand bonheur hu main.C\u2019est vrai aussi que Manon sait garder un secret, sans cefla je me serais pas l'amie digne de consoler ceux qui viennent vers moi.Eva, 30 sept., rieuse, affable, un brin de mélancolie an coeur.Coquette juste bien.Caractère susceptible mais ne garde pas rancune.Fera une épouse dévouée.Je vous soulhaite le parfait bonheur.Vous reviendrez?COEUR EN PEINE.\u2014R.Yvonne, 6 jamv., caractère indépendant.Coeur ardent.Un peu sans scrupules.Frivole mais aimante et bonne.Avenir souriant.Bienvenue MI RE ILE\u2014B.Je suis heureuse d'apprendre votre calme bonheur.Soyez toujours ime bonne petite tille Mireille.Oe rêve sig.richesse et grand changement Je vous reste toujours affectueuse A quand gentille Mireille.UN ABONNE AU \u201cSAMEDI\u2019\u2019.\u2014 R.Léonard, 8 juin, nature passionnée.Homme actif.Instinct de l'économie.Tenace.Bienvenue UN PEU INQUIETE.\u2014R Qui aime bien châtie bien, vous êtes alors bien favorisée.Ces jours d'épreuve auront leur terme, soyez forte puisque à la fin l\u2019aimé vous attend à bras ouverts- Ar-thémise, 1!> oet, caractère franc.Ame affeObnous»', Est sérieuse et fiable.Un peu défiante et manque d'énergie.A de la volonté.Mariage heureux.Samedi, dimanche et mardi jrs de ch.Ce rêve sig.bouhenr.Continuez A être vaillante.Bon courage.Revenez.NIGHTBIRD \u2014R.M .11 juin, caractère franc.Intelligence supérieure.N\u2019cst pas banal.Idées élevées.Un peu quere!,tenir.Bienvenu*1.JE L\u2019AIME MALGRE TOUT\u2014 R.Pauvre petite enfant, Manon a entendu votre cri de navrante détresse et envoie vers vous sa plus réconfortante pensée.Il faut l'oublier, ma chérie, il le faut, répétez-vous bien ce mot Votre bonheur est A ce prix.Dites-moi votre nom ot votre date de naissance et je vous dirai votre caractère.Bon courage.LJMOILOUSIEN.\u2014 R.Rosario, 24 juü., fier, oigueEleux et brave.A de la francliLse et de la loyauté.Fortune plus lard Bienvenue.TOUJOURS SINCERE.\u2014R.Odilon.11 juin, intelligence très vive.Nature assez passionnée.A de l\u2019entêtement.Tenace et patient Bon mari.Bienvenue .OOEUR AIMANT,\u2014R.Langage des timbres : tête en bas, je vous aime.Tête vers le haut: je pense A vous.Tête posée de biais vers la gauche, ne m\u2019écrivez ldi»-'.Biais vers la droite: je vous appartiens, etc.Je ne puis vous 1 écrire ici eu entier cela prendrait trop d\u2019espace.Bienvenue AMOrUEU.SE D'ANTOINE - R Du moment que ces instants ont été joyeux I loin* vous, Manon vous absout ! mais.ne recommencez plus, mon enfant !!! Marie Stella, 7 juin, c\u2019est une sensitive, La moindre chose La blesse.Friande et coquette.Obstinée- 1 *abi>ri ans.à peu près de son fige.Henri est bien content de voir venir l\u2019été pour sortir en auto.Sarah, passe donc les cortons Henri ! Henri est à la recherche d'une jeune blonde.Lucienne se recommande pour avoir un cavalier de la haute société.Germaine,'avec son nez en Pair, essaye de gouverner l\u2019univers.Ill V 1ERE DU LOUP G abri elle, qu\u2019as-tu fait à Dominique pour qu\u2019il te laisse?Anita ne reconnaît plus iicrsonne depuis qu'elle a un cavalier.Annette dit qu\u2019elle en a jamais aimé d'autre que son cavalier.Depuis quand, R., vas-tu voir Bella?Lucien et Marguerit-, mariez-vous ou lâchez-vous ! Freddy, a qui le beau garçon?Gérard, quand vas-tu il Trois-l\u2019istoîes?M.-Thérèse, si tu avais trois ans de plus je me planterais.Gaston est un charmant garçon et un bon camarade Si T it-Charles va encore a St-Ludg r Juliette finira par le savoir.Advienne a pour devise: I ivc les anciennes amours.Adrienne dit que l'amour sans garçon c\u2019est comme du vinaigre sans cornichons.ROBEEVAL Charles, Armand et Laurent, tro's gros fumeurs et casseurs de pipes de plâtre.Raoul et son amie forment un charmant couple et ils ont l\u2019air heureux.Louis, quand pars-ti pour la drave?Attends-tu â l\u2019a* tomne?Chartes me fat pens, r a un prince quand il passe en bicyelett'.Jeanne verse des larmes amères depuis que son ami est parti pour la drave.Yvette, inutile de t** planter pour Raoul il m a une autre qu\u2019il a l'air d\u2019aimer beaucoup.Regina se mord les pouces en disant: Que c'est difficile de se trouver un cavalier.Annette, quel nom lui as-tu donné?Albert, arrête de grandir parce que tu vas casser la ligne du téléphone.Lucie, combien de paires de chaussures as-tu usées depuis que tu as commencé â valser?* Antoine dit que nous l\u2019aimons et que les étrangers l\u2019admirent.Rolande, cesse donc de rire des autres.Romeo, parle-nous doue de tes belles veillées?li gina, sur quel patron as-tu pris ta belle mine?Gracia, beau petit pétard du bas du village.\t, .\t, Henri, oh, que je taime, cher! Desneiges, à qui le beau petit pétard à nez retroussé?Israël, tu m'as l\u2019air un peu mystér.eux.ROOD-ISLAND Liliane est très chic avec sa petite robe neuve.Joseph s\u2019est fâché assez fort qu\u2019il s est mordu les pouces.Jeannette donnera une récompense à qui lui trouvera un cavalier.Blanche ne se contente pas de recevoir son cavalier le soir, elle va le rencontrer le jour.Béatrice dit que l\u2019amour c\u2019est un doux frisson qui pa».«e sur les filles et les gar- çons Léon et Béatrice s\u2019aimant en silence et s\u2019adorent en secret.Jeannette, Annette et Yvonne, trois jeunes et gentilles filles.Jeunes gens, plantez-vous.Diogène, dit qu\u2019il s\u2019en va â Roek-Island pour rendre visite â Florence.Jeanne, ne fais pas tant ta précieuse.H nri va bientôt achever d\u2019user les trottoirs pour essayer de rencontrer Florent.Laurent, fais attention aux dindons avec tes joues rouges parce qu\u2019ils vont courir après toi.1\tRO BERTSON V ILLE R.-A., ta beauté charme tous h-s garçons de Robertson ville, même ceux d\u2019en dehors J., depuis que tu m un cavalier on te voit plus, même au bureau de poste.J., aime beaucoup les filles quand elles le flattent, Ro.commence â se pousser, le printemps seulement, mais son chat est mort il n\u2019arrivera jamais.A.se marierait bien mais son char de foin n\u2019est pas encore vendu.MON'miAGXY Ferdinand, ne fais pas tant ta vieille jeunesse.Marguerite se mord les pouces en disant: Que c\u2019est donc difficile d\u2019avoir un cavalier- Liliane, lorsque tu mets ta mante, on dit que tu ressembles â une charmante petite américaine.Léo, comment vont les amours avec Bernadette?Antoinette et Alice cherchent des remèdes pour faire grandir, mais* malheureusement n\u2018en trouvent pas.Lucienne fait son gros possible pour avoir un cavalier, elle dit qu\u2019elle ne serait pas trop difficile.Armand, à qui le beau coeur?Il dit que c\u2019est â M.-C.Wilfrid dit que C.est trop fière pour lui, c\u2019est pour ça qu\u2019il ne se pousse pas.Corine a l\u2019air fier et indépendant MATTAGAM Y Aristide, tu es tellement gêné que les filles te pensent statue de sel.Wilfrid a réussi à se trouver une belle petite brune.Armandine est contente de s'être trouvé un cavalier.Irène, lorsque ton chapeau vert aura des pet\u2019ts tu me garderas le plus vert.Yvonne, ne regarde pas les garçons sur la rue.Henri est bien triste depuis le départ de Lucie.Flore, veux-tu me dire où tu as acheté ta poudre qui a un si bon parfum?Yvonne, on dit que tu as maintenant un cavalier, est-ce vrai?Flore, tu aimes trop la danse.Orner, veux-tu que je te trouve une blonde?Armand, une récompense à celui qui lui trouvera une blonde.Antoine guette tous les soirs â la salle de pool pour voir passer les filles; il se cherche une blonde.Mathias, beau petit noir aux yeux doux.Laura, les amours sont-elles toujours solides avec ton cavalier.Ernest, le plus beau pétard de Matta-gamy.Jos., on croit qu\u2019il va changer de blonde, on le voit plus avec la sienne.\\Tvonne, que deviens-tu, qu\u2019on ne te voit presque plus?Léonard, si tu as la chance de me trouver un cavalier au magasin, tu me le diras.Armand, il se tient le corps dur depuis qu\u2019il porte des pantalons longs.Irène dit qu\u2019elle est une fille bien aimable.André est un charmant garçon.André, marie-toi bientôt où tu vas être obligé de payer la taxe de vieux garçon.Tit-Jack, tu as l\u2019air d\u2019un petit orphelin sur la rue.Valéda, quand ton habit aura des petits tu me les garderas tous.Lorenzo n\u2019a pa3 besoin de brosse à dents il en a une sous le nez.LYSTER Maxime, as-tu le coeur brisé depuis que Marguerite a fait une nouvelle conquête.Diana, tes ressorte sont-ils d\u2019acior?Antoinette, lequel préfères-tu des quatre conquérants?Antoinette dit qu\u2019elle est bien contente que le carême soit terminé pour danser.Aldéa aime à aller â Lyster pour sortir en bicyclette.Chanceuse! Alfred, comment aimes-tu ta nouvelle position de secrétaire?Eva, je t'aiine quand tu es dans ton petit manteau jaune.Dora, qui attends-tu en te promenant sur la galerie, tous les soirs?Robert, pourquoi as-tu laissé Lyster?Reviens-nous vite! Marie-Louise, que dirait Wilfrid si je me plantais?Les jeunes filles du village de Ste-Anas-tasie aiment Lyster et ses attrayants écoliers.Marguerite, quand finis-tu ton coure?Adélard, as-tu des nouvelles de Jeanne?Charles, comment aimes-tu Lyster ?Tu doiv* trouver que l'on y vend de jolies pipes de blé-d'Inde, Antoinette, qu\u2019as-tu fait de Charlie?LES SAULES Jean-Charles, pourquoi ne regardes-tu pas certaines jeunes filles quand tu les rencontres?Marie-Jeanne, beau petit pétard.Qui la veut?Emile demande un secrétaire pour compter les dépenses qu\u2019il a faites pour sa blonde.Elodia dit qu\u2019eîl-e aimerait bien son cavalier s\u2019il était plus généreux.Damien et Wilfrid, sortez donc un peu de la Côte St-Paul.Wilfrid a toujours l\u2019air en peine.Irène croit avoir beaucoup d\u2019influence auprès des garçons, mais pas un n\u2019en a d\u2019indigestion.\t^ Damien aime tellement les filles que ça l\u2019empêche de grandir.LUGE VILLE Mathilda, tu ne te vantes pas d\u2019avoir couru le poisson d\u2019avril.Je te prends, hein ! J osa pliât, que tu dois être heureux ! Rose dit qu\u2019elle est très contente de toi! Laurence trouve que les filles commencer f, à se faire rares.Placide dit qu\u2019il n\u2019y aura pas de pommes cette aimée.Wilfrid, je t\u2019aime beaucoup et je ne cesse de penser â toi.Que je serais heureuse de pouvoir te rencontrer â la gare.Ou dit que M.ne conduit plus les chevaux.RomuaJd fait beaucoup de bicyclette de ce temps-ci.Il veut se refaire les muscles.Joseph C., n\u2019use pas tes chaussures pour Mlle D.c\u2019est inutile, tu ne l\u2019auras pas.LEEDS STATION Afphonsine a hâte d\u2019être grande.Laurette dit que ceux qui rient d\u2019elle rient de pas grand'chose.Germaine disait l\u2019été dernier que si L.aurait été un peu plus généreux elle l\u2019aurait préféré â Albert.Arthur, si tous les garçons voulaient dire comme lui, les filles n\u2019auraient plus de cavaliers.TA SARRE Ernestine prétend être aimé de tous les garçons mais personne n\u2019en a d\u2019indigestion.Nés tine, près de toi mon coeur s\u2019élance comme un bélier dans une porte de grange.Reine aime Auguste â la folie comme une puce à l\u2019agonie.A qui la Reine?â Lueien ou à Auguste?André, est-ce au magasin de 15 cents que tu as pris ton habit?KAMOURASKA Pauline, â qui le petit coeur?Maurice a de be'Jes bottines, je donnerais ma moustache pour les avoir! Marie-Rose s\u2019en vient rester au village pour s trouver un garçon.Pitoune, â qui le beau petit chapeau rouge?11 est tentant.Aziijpe, quand ôteras-tu ton chapeau vert?Marie-Rose, tu devrais faire patenter ton rire.Léon donn ra un cadeau â celui qui lui trouvera une blonde d\u2019ici la Trinité.I/ISLE VERTE Tit-Paul, penses-tu encore à Rose-Alma?'/ ta et Philippe, lâchez-vous ou bien mariez-vous?Gabriel!e, fais attention de marcher sur le bord de ta robe Jeanne, passe pas trop souvent sur la voie ferrée, tu peux te faire écraser.Eva, Ernest est-il plus plaisant qu\u2019au-paravant?Arthur, quand tu marches tu ressembles à un fièvre.Alice, â qui le beau coeur?Est-il pour Albert?Annette, manges-tu bien du sirop?Rose, t'es-tu fait des cavaliers lors de ton voyage â la Riv.du Loup?Jeanne a bien hâte de faire nn tour d\u2019Essex.GIFFARD Marie, il lui a été défendu de sôrtir avec son cavalier.Armand, comment as-tu trouvé ta fête du dimanche de Pâques.Marie-Louise, attends-tu que les mariages soient â 2 cents pour te marier?Marie, û qui les beaux yeux et les belles jambes?BROUGHTON STATION Laure tte, depuis qu\u2019elle a été se promener â East Brougton, croit que tous les garçons qu\u2019il y a lâ pensent â elle.EAST ANGUS Alice et Irène ne peuvent avoir de cavaliers canadiens, elles se dardent sur les anglais.Irène, tu ne dois pas avoir pris plus de deux verges pour faire ton petit costume vert.Wiifrid, â quand ton mariage?Orner, combien nous demandes-tu pour changer ton humeur?Alice, qu\u2019as-tu fait de ta tuque rouge?on ne te la voit plus DUFOÛRNEL On dit qu\u2019Alphonse voudrait bien se marier avec Clémence.Alice dit qu\u2019elle aimerait sortir avec Jules.Albertine et Itégina se chicanent pour k» même cavalier.Alfred refuse les filles de l'Ange-Gar-dien pour celles de la Rivière aux Ohiens.Fais attention, elles sont volages.DONNAGONA Germaine pleure beaucoup depuis que Gustave est parti.Doubla, â quand ton mariage et comment aimes-tu les promenades à pieds sur le chemin de fer.Charles se dit millionnaire depuis qu\u2019il sort avec Blandine.Lazare, c'est toi qui est le deuxième des plus fins de Donn.Rachelle dit que tous les garçons l'aiment Berthe attend que le coût des mariages soit à 25 cents pour épouser Edouard.Quand Armand danse on dirait qu\u2019il a des ressorts de Ford dans Je corps.Henri, quand ton chapeau gris et ta cravate auront des petits envoie-moi le plus distingué.Blandine, ne t\u2019en fa's pas accroire trop â cause que tu as les cheveux frisés.Donnacona est assez tranquille que tous les garçons achèvent d\u2019user leurs fonds de culottes dans la salle de pool.Jos.comment aimes-tu ta correspondance avec Marie-Louise.Charles a bien hâte de sortir en auto pour aller voir Yvonne.CAP ST-IGNACE Dorina, est-ce que c\u2019cst de la gomme Spearmint ou de la Chiclet que tu mâches?Marie-Rose, combien me charges-tu pour m\u2019enseigner ta pose d\u2019ange gardien quand tu valses?Ovila dit qu\u2019il ne veut pas des filles do Cap et les filles disent la môme chose de lui.Qui croire?Emerentienne assure que Donat est le plus charmant garçon du faubourg.Est-ce possible ! Si les garçons du Cap avaient plus de coeur il y aurait moins de vieilles filles.Hector, mon charmant, les jeunes fille» t\u2019adorent Yvonne donnera une récompense à quiconque lui trouvera un cavalier.Regina, quand ta tourmaline aura des petits tu me garderas celui qui a la plus grosse touffe.Rosa trouve le temps bien long de ne pas avoir de cavalier, donnez-lui donc une chance.Ovide dît que toutes les filles l'aiment mais il y en a pas encore qui ont eu une indigestion.Germaine, plante-toi pas tant pour les garçons ; quand on court après ils se sauvent.Gabriel le, tu te feras poser des dents avant de rire des autres, tu auras plus de chance.Philippe, tâche donc (le pas tant te démancher quand tu marches.Fortunat, ôtez-vous dans le chemin qu'il passe.Napoléon achève de repasser le«s fille» du Cap et puis il est encore bien gêné.Emerentienne, â qui la belle fille?à Donat, je suppose.Alfred, ta moustache peut te servir de brosse â chaussure.Eugène, comment vont tes amours?Antoinette, tu vas t\u2019ennuyer à présent que Louis est parti.Blanche a bien hâte de monter à Québec pour aller voir Eugène.CI IARLESBC) U RG Alice est à la recherche d\u2019un cavalier.B rthe, à qui la belle grosse fille?Marcel, comment vont les amours avec la petite B.?Lucien, ne fais pas tant ton frais.Blanche aime II.â la folie comme une puce à l\u2019agonie.Aline dit qu\u2019elle donnerait un beau bcc â celui qui lui trouvera un cavalier.B.et R., mariez-vous ou bien lâchez-vous.Antoinette et Jeanne sont deux beaux pétards Jeunes gens, plantez-vous.CARANO Ida ramasse les coupons de savon pour se fa*re venir un cavalier de Montréal.Une récompense de dix sous dorés ft celui qui trouvera un cavalier â Eveline.Anthime, quand il rencontre les filles il a l'air d\u2019un jeune poulain rétif Eva dit qu\u2019elle aime Charles gTOs comme la commode à moumau.Ida, quand ton collet de peluche aura des petits j\u2019en retiens un ! garde^moi le plus poilu.Bella dit que si elle avait un cavalier elle grandirait.Adélard, tu es joli garçon mais ennuyeux dans tes discours.Wici es est une jolie jeunesse de dix-sept printemps mais qui aime â se montrer.Odclie est â marier, c\u2019est â vous autres jeunes gens de vous planter.Adélard, tu t\u2019émoustilles trop quand ta dans s, les filles ont peur de toi.Marie-Anna commence â se décourager parce qu\u2019elle ne trouve pas â se marier.Jos.attend pour se marier que le mariage soit â 35 cents et Le filles â 25 cents.BO ISO IAT EL Quand te raarics-tu, Gérard?Dès que tu te trouveras.Penses-y bien! Gracia va faire poser son portrait pour le donner â son cavalier.Auguste se recommande pour avoir une autre blonde.Lucien dit qu\u2019il a une chance d\u2019avoir Rosario pour lui trouver une blonde.Donat aime beaucoup le patinoir à roo-lefcte.Julienne, â qui le beau pétard?El rie, â qui le beau petit brun?lÂopold aime beaucoup les chemins mo-ton neux.Marie-Gertrude aime beaucoup la Five Roses.Qphilia revient en mai â son ancienne demeure de Boischatel Emile dit: \u201cIas filles me trouvent trop petit pour que je leur parle, mais je suis assez fin quand je veux!\u201d Gérard dit qu\u2019il aime beaucoup le travail de B.et que c\u2019est surtout pour tâcher de se faire une Monde.Louis dit que la plus belle fille de Boi»-ehatel c\u2019cst sa petite blonde.L\u2019ANGE-GARD I EN Lucia aime beaucoup son petit ami Vol.33, Fo 49, Montréal, 13 niai 1922 LE SAMEDI 39 Sarahftu es trop jeune pour penser aux garçons.Francis dit qu\u2019il se marierait bien mais il ne trouve pas de marieuse.Récompense à qui lui en trouvera une.Caroline, à qui les petits yeux?Est-ce à moi?Jules à plusieurs filles en vue, il ne sait laquelle prendre.Albertiue et Joseph sont deux fameux pétards.Angéline, à qui la belle blonde?Angéline et Louis se ressemblent pour leur teint de pêche.George demande à Géraldine : \u201cA qui le beau petit chou?\u201d\u2014\u201cTout à toi, cher!\u2019* est la réponse.Géraldine, si ton manteau gris a des petits j\u2019en retiens un.Marie-Aune, aimes-tu encore Alfred?Il te trouve trop fine pour lui.Albert veut vendre son gramophone pour s\u2019habiller.Octave dit qu\u2019avec quelques pouces de plus il atteindrait la lune.Marie, à qui la belle fille?Arthur disait à sa blonde l\u2019autre jour: \u201cO mon bel ange adoré, tu ne peux me refuser un baiser, un seul sur tes cheveux dorés.\u201d Alberti ne veut faire suivre un cours de danse à Joseph.Maria, J qui la belle bouche?Jeannette, avec ton petit costume gris tu es très chic.Cécile a cru charmer tous les garçons.Quelle erreur! Lucien pleure toujours son amie.Germaine et Mérilda, il qui les beaux pétardsv AM QUI Arsène, avec ton capot corsé tu ressembles il un chinois constipé.Eva, est-ce toi qui va avoir le premier prix pour les oignons à l'exposition.Edwidge, quand ta petite belette blanche aura des petits, étouffe-les tous.Yvonne, tu n\u2018aura3 pas peur d\u2019aller en canot cette année.Blanche, quand tas cochons auront des petits mets-les au clos.Blanche et Eva trouvent les garçons d\u2019Amqui trop lents.L'ANNONCIATION Georges, combien demandes-tu pour ta machine de vues animées?SAINTE-MARIE \u2014 BEAUCB Freddy, que tu es donc chanceux, les richesses se multiplient devant toi.Louis, celui qui s'élève sera abaissé.Mérilda.la vie est chère, hein! Joseph, vas-tu renouveler de chapeau ce printemps?Alice et Emile, ils se bercent et ne se parlent pas.Juliette et Louis-Georges s'aiment d\u2019un amour extrême comme deux puces qui se débattent dans la crème.Sauveur, la chance te court et tu cours après la malchance.Récompense fi quiconque trouvera une blonde à Del phis.Lorsque Jules rencontre Bertha son coeur ballotte comme une patate dans une botte.Sauveur, quand il part pour aller à une place il va à l\u2019autre.Jules-Aimé, quelle que tu préfères?Juliette se croit la plus belle fille de S te-Marie.Marie-Jeanne, fais donc un clin d\u2019oeil à celui avec lequel tu désires faire connaissance.Aurore, il va pleuvoir parce que le temps est noir.Alice et Marguerite, vous avez un air jeune.Alphé, tu m'as fait un clin d\u2019oeil ; est-ce que je dois te le rendre?Delphis, quand tu marches on dirait que tu as un ressoTt de Ford dans le corps.Yvonne < t Alice, pourquoi vous tenez-vous le corps si droit quand vous dansez?Delphine porte des lorgnons pour mieux voir les garçons qui la regardent.Joseph se tient le corps si dur que quand il marche on dirait que la place lui appartient.De grâce, trouvez un cavalier à Alice pour qu\u2019elle laisse le bord du chassis.Alma, cela doit te coûter cher pour U-tenir les joues toujours roses?Sauveur, où prends-tu ta glace pour toujours garder ta fraîcheur.Charles a un coeur d\u2019or.Est-ce vrai, Lauret te?Alice et Marguerite pensent que tous les garçons les admirent.Juliette, méfie-toi un peu de ton ami.Alfred aime beaucoup le village de Scott.\t.Yvonne voudrait plaire, mai*?ça ne mord pas à Ste-Marie.Albert se trouve joli! ST-JOSE PII \u2014 BEAUCL L.\t-A., jeune veuve, se mord les pouces en disant que c\u2019est donc difficile de trouver à se marier.Clarisse demande la recette pour se faire allonger les jambes.M.\t-Anne fait une belle façon aux garçons maïs c'est pour vendre des fleurs, mais pas après.V.s\u2019en fait beaucoup accroire.Eva s\u2019attend un peu que son ami Philippe doit l\u2019abandonner car elle s\u2019est acheté un chapeau qui ressemble à celui d\u2019une veuve.M.-Anne, est-ce vrai que tu te maries avec ton petit Albert.Valère, quelle sorte de fer as-tu pris pour si bien te friser la bouche?ST-FREDERIC \u2014 BEAUGE Aldérie attend toujours Edmond mais elle a le temps de gruger plusieurs barreaux de chassis avant de le voir arriver.Emile, le plus beau, le plus fin, le plus aimable, le plus désiré de la paroisse et du comté.Marie, oh! le beau cavalier! Où l\u2019as-tu pêché?Chanceuse, va ! STS-ANGES \u2014 B EAUCE Maria, où est le beau pétard ?û Mégantic, n\u2019est-ce pas?Marie, belle fille à croquer.Yvonne est bien occupée pour les cavaliers des autres.Rosa, vas-tu t'habiller en grecque?Ernestine regrette beaucoup d\u2019avoir refusé Wilfrid.Rose-Aimée.quand ton costume bleu aura des petits garde-moi le plus mousseux.Ilégina aime L.comme une puce à l\u2019agonie.ST-EPHREM \u2014 BEAUCE Philippe fait trop son indépendant, mais n\u2019empêche pas qu\u2019il y en a qui sont autant comme lui.Gédéon serait aimé s\u2019il était plus aimable ., ne s'occupe plus des filles de St-Ephrem, il est trop loin.Anna-Marie, est-ce vrai que ton cavalier se bourre les épaules pour paraître plus ca rré ?Antoinette, on dirait qu\u2019elle a avalé le manche à balai Malvina, dit qu\u2019elle aime toujours son petit Ovide.Emilia est revenue de Québec.La semaine prochaine les vieux garçons seront tirés au sort.LA MALBA1E Marie, plusieurs garçons trouvent qu\u2019elle est chic mais ils ont peur de se faire faire des gros yeux.Lucienne, tu as toujours le même cavalier, pourquoi?THING JONCTION Ovide est un homme très spirituel et apparamment le plus sage.WINDSOR MILLS Eveline et Laura sont deux jolies pétards Jeunes gens, plantez-vous.ST-GABRIEL DE BRANDON Alcide et Albina s\u2019aiment en silence et s\u2019adorent en secret.Maria, tu peux te briser quelque chose en te tortillnat.Ex.est bien préoccupée de ce temps-ci, elle ne sait pas quel ami prendre, elle hésite entre deux.Fais attention, quand on court deux lièvres â la fois on les perdis tous les deux.Roséda, lequel des Alphonse aimes-tu mieux?Marie, quand ton manteau neuf aura dès petits tu me garderas le plus jeune.MATANE Louis, il est temps que tu penses aux filles.Laura a beau sortir ses beaux atours elle ne réussit pas à avoir de cavalier.Angeline, quand pars-tu pour Montréal ?Eva, est-ce que tu as les genoux en caoutchouc Alpheda, combien te coûte ta poudre?Armand, fais pas tant ton frais.Iiéandre, vas-tu manquer ton coup cette fois-ci?Arthur, il était beau l\u2019oeuf que tu as envoyé à l\u2019Académie.Bise, d\u2019où viens-tu?Il y a longtemps que nous t\u2019avons pas vu.Hector, ne te morfond pas quand tu vois Juliette.Rose-Aimée, beau pétard de Soreh Cécile, combien pèsent les deux glands que ta as dans le dos?Blandine, tu dois être contente maintenant que ton ami est arrivé.Adrienne, une fervente du sport américain.PRICE Jeanne ne sait pas où se trouver un cavalier pour passer l\u2019été.Rosanna fait des beaux yeux à Hervé.Hervé ne fais pas tant ton frais avec ta petite calotte carreautée quand tu vas dans l'autre bout du village.Rose-Anna, on dit que tu étais belle à croquer le dimanche de Pâques.Est-ce parce que tu étrennais?André et sa blonde sont un couple charmant, c\u2019est beau de les voir passer.Yvonne dit que la vie sans ami est comme une soupe sans sel^ May, pourquoi Arthur n\u2019est-il pas monté 1 Pâques?Georges, aiguise donc tes rasoirs.Marie-Louise, que cherches-tu donc tous les soirs dans les rues?Est-ce un vieux garçon ou une bourse?Tit-Jos., pourquoi ne fais-tu pas des beaux yeux aux filles de Price?Il y en a pourtant qui t'aimerait Yvonne, qu\u2019as-tu donc dans le cou?Est-ce un ressort d\u2019honloge ou de gramophone?THETFORD MINES Alma, dis-moi donc â qui le beau petit coeur?C\u2019est probablement à Roméo.Roméo et Joseph sont deux amis inséparables; on dirait qu\u2019ils sont liés ensemble par une corde de poche.Lucienne, ne t'excite pas tant, on t\u2019aimera mieux.Yvonne et Ma rie-Ange croient que tous les garçons les aiment, mais c\u2019est un peu exagéré.Lucienne, monte pas sur tes grands mots parce que tu te trompes souvent.Eva aime beaucoup son petit Eugène.THETFORD OUEST Béatrice se demande qu\u2019est-ce que cela veut dire qu\u2019elle n\u2019est pas capable de se trouver un cavalier dans tout St-Maurice.Roméo a déclaré un amour enflammé à Clara.Georgians dit qu\u2019elle va épouser un barbier, c\u2019est trop aimable.Béatrice, pourquoi ne sors-tu pas plus afin que l\u2019on connaisse le nom de la poudre que tu emploies?Eva a plusieurs cavaliers; est-elle chanceuse ! Mary devient toute triste quand elle pense que son cavalier part pour une semaine à la fois.Alice prétend avoir une grand influence pour les garçons étrangers mais malheureux nient personne n\u2019en a d\u2019indigestion.Eloi, tu fais un peu trop ton difficile pour les filles, tu sais qui choisit prend pire.Alice disait à Jos/: Je trouve que tu es le plus beau des coeurs, fais-moi donc des beaux yeux quand je te rencontre.Jeanne, c\u2019est bien malheureux que tu ne sois pas née dans l'année de l'abondance P .-ut-être que les cavaliers seraient plus abondants ST-MAURICE DE THETFORD Alice, qu\u2019-astu â sautiller en marchant, est-ce le fox-trot qui fait effet?Marie-Irène se croit la plus charmante de St-Maurice.S T-A LP I ION S E DE THETFORD Edgar se mord les pouces en se disant que c\u2019est donc difficile de se trouver une blonde maintenant que les filles sont plus difficiles qu\u2019autrefois.Joseph, réveille-toi un peu, les filles ne sont pas contentes quand tu ne les regardes pas.CHICOUTIMI Gustave ne sait pas ôter son chapeau quand il salue une jeune fille.Eugénie dit que l\u2019été est déjà arrivé et qu\u2019elle n\u2019est pas encore mariée.Lucien est un bon mécanicien mais il faut le vanter pour qu\u2019il fasse une bonne besogne.Patrick dit qu'il va pas voir les filles, il aime mieux une belle petit0 veuve.Antoinette brûle d'envie d'avoir un cavalier pour se promener en auto cet été.Aline, quel prix d\u2019affectation t»1 faudrait-il pour parler un peu plus fort sur la rue?Alice garde ses faveurs pour Jonquière.Les jeunes filles de Chicoutimi n\u2019ont certainement pas peur de fondre à la pluie ; on les voit tous les soirs encombrer le bureau de poste.Tit-Pauî, belle frimousse, beau minois, pourquoi rien que pour une seule?Ninon, Ninon, sais-tu rire?.toi?.Je me le demande depuis quinze jours.Marguerite, quand je te vois sur la rue mon coeur bat très fort.Germaine croit charmer les garçons par sa beauté.I^aura, dis-moi si ce sont des oignons ou des patates que tu as sur chaque côté de la tête?Wil., réveille-toi un peu, lee filles ne sont pas contentes que tu ne les regardes pas.Armand est tellement frais qu\u2019on ne peut l\u2019approcher sans s\u2019enrhumer.Henry 6e croit aimé de toutes les filles.Mais personne n\u2019en a d\u2019indigestion.Alice, combien as-tu de cavaliers?Pas un! répond-elle.Jos., sois donc pas si volage! Bertha, par acclamation a été élu présidante de la cie Beauchemin et Larue CHICOUTIMI OUEST Philippe voudrait bien se marier mais il ne peut pas trouver.Une jeune fille m\u2019a demandé : Pourquoi Albert n\u2019a-t-il jamais ses congés?Tâche donc de lui répondre.Isidore, si tu voulais qu\u2019on rirait donc î Joseph, oh! les beaux yeux! Edgar, est-ce que tu as de l\u2019aimant pour attirer toutes les filles avec qui tu sors?Cécile se mord les pouces en se disant: C\u2019est donc difficile de ee trouver un cavalier.Jeanne aime ça quand elle peut parler de choses et d\u2019autres.Julia, tu n\u2019as pas besoin de penser aux garçons, il va falloir t\u2019arroser pour que tu pousses un peu.Philippe, fais-toi donc venir une fille de chez Simpson, elles sont moins rares 'que par les.CHICOUTIMI NORD Antoine, est-ce vrai que c\u2019est cassé avec ta petite amie chérie?Ls-Eug., disciple d\u2019Aristote, est constamment plongé dans l\u2019art philosophique! Tit-Toine porte maintenant les grands pantalons.Joseph, dans un élan spontané, nous a fait vibrer ses cordes vocales.Son succès oratoire fut épatant.Minou fait son sport en fumant la cigarette, sur la rue.COATI COOK Irène, â qui la belle fille?Armand se plante pour Orphise.Ida se compare à Mary Pickford.Laura, je crois que tu as tombé dans I® baril de farine.Béatrice, modère tes transports quand tu te promènes avec ton ca ta lier ! Marguerite est à la recherche d\u2019un autre cavalier.Lucienne, m\u2019as-tu invité â tes noces avec ton habitant?Blandine, en parlant des autres on fait parler de soi.Dora, ma cruelle si tu rues je te dételle! Béatrice, fais attention de ne pas t\u2019accrocher le nez dans les fils électriques.Dora, avec tous tes sourires tu n\u2019as pas Yvonne, qu\u2019as-tu fait â ton cher pour qu'il sort?avec d'autres filles?pu garder ton ami.HAILEYBURY, Ont.Oléophas, as-tu avalé le manche de la pioche, tu marches bien raide ! Gérard, quand tu auras des échantillons de poudre tu en enverras à Rita.Béatrice voudrait bien trouver â se marier.Jeunes gens, plantez-vous.Rose donnera un bâton de tire et une palette de gomme à celui qui lui trouvera un cavalier.Lu mina, quand ta jupe verte aura des petits garde-moi le plus foncé.Marie, lorsque je te rencontre mon coeur balotte comme une patate dans une botte.\t'\t* James, tâche de te tenir le corps un peu plus droit quand tu valsera* avec Mu-rilda.Alice, comment sont les amours avec Alphonse?Florin était très joyeuse le soir avec son cavalier.Rose D., on vous cherche un cavalier.Donalda, ne t\u2019en fais pas tant accroira avec ton cavalier.Henri, ne t\u2019en fais pas tant accroire quand tu joues du violon.Maria, tu as bien les joues rouges Sont-elles naturelles?Sam.cesse de grandir car tu vas devenir trop grand pour Lamina.Marie, à qui la belle petite fille?Béatrice est assez jolie fille mais pas tous les garçons veulent sortir avec elle.Rita se plisse les yeux quand elle rencontre les garçons.Lumina, cesse de penser aux garçons .car cela t\u2019empêche de grandir.Orner, si tu parlais plus?fort pour donner tes conseils tout le monde pourrait les entendre rt les suivre NORTH BAY, Ont.Jeanne, â qui le beau bec?Est-ce à Roméo?Jos et Arman.de, les amours commencent tranquillement, mais le proverbe dit: P\u2019tit train va loin ! Jos.tu maigris! Quelle en est la cause, l\u2019amouT ou le bois de corde?Flores time, si ton habit a des petits tu me donneras le plus beau.Herby, as-tu envie de chauffer ta Ford cet été?David, nous voudrions savoir combien tu auras de voitures à ton mariage?Enfin, te voilà ma chérie! disait Henry quand il vit Marie-Rose.Albert, dépêche-toi à avoir ton habit de chauffeur.Roméo choisit sa clientèle.Tit-Jos a changé de chiffre: il dort le jour.STURGEON FALLS, Ont.Edward aime les filles à la folie comme une puce à l\u2019agonie.Aurore, à qui le beau bec?Eva se tortille quand elle marche, on dirait qu\u2019elle a un ressort de Ford dans les jambes.Oélina est très chic avec son pince-ne*.Marie-Aune, à qui la petite fille qua j\u2019aime de tout mon coeur?Arthur, quand tu iras en Ford, embaiv que-moi, me vas donc pas seul, tu dois t\u2019ennuyer.Tft-Noir cherche qui a inventé le travail au moulin.Laura raonass-' les coupons de savon pour se faire venir un cavalier.Une récompense est offerte à quiconque trouvera une blond?à Real.Alberta voudrait bien tse marier mai* elle ne peut pas trouver.Roméo, comment aimes-tu ta nouvelle blonde ou brune?Jean croit de charmer tout s les filles avec sa petite beauté.Mary, aimes-tu encore F.?Léonie se mord les doigts eu disant: Que je prends donc du temps à me trouver un LiülTi, 40 LE SAMEDI Vol, 33, Ho 49, Montréal, 13 mai 1922 Camille, fais pas tant ton frais, il ne fait pas assez chaud, Hélène, as-tu mangé beaucoup a oeufs de Pâques?ROOKIiAND, Ont.Erver et H.rappellent Mutt et Jeff quand ils 6ont ensemble.Wilfrid dit qu'il veut faire patenter sa moustache pour se faire une brosse à chaussures.Laurenzo paaae ses veillées à counr «prés la lune ; il croit que c'est une ga-Icttc*.Mérence, quand tou chapeau aura des petits garde-moi le plus farouche.Charlie, as-tu reçu ton stock de mente-ries pour 1922?Adélard, quand tu ris, tu ressembles â un chinois constipé.Cléophas et Dorme, mariez-vous ou lâfinz-vous.Uarie-Berth.Fidélia et Victoire aim rt à se promener le soir pour leur santé.Raoul, quand tu danses on dirait que tu as un ressort de Ford dans le corps.Thomas, si ton habit vert a des petits au printemps n'en parle à personne, je les retiens tous.Adélard, as-tu une couvée de poulets sous ton chapeau ou bien si tu as peur que ton esprit s'envole?Tu ne l\u2019Otes jamais.Lionel dit que c\u2019est ennuyant de ne pas avoir assez d'argent pour se marier.Rerthe, combien pèses-tu?Ida dit que l'amour sans garçon est comme du vinaigre sans cornichon.Ernest danse comme une tortue qui essaie de marcher sur du savon.Hilaire ramasse des enveloppes de savon pour se faire venir une blonde.Ida.pour toi mon coeur s\u2019élance comme un bélier dans nne porte de grange.Ijéa, ton mariage s\u2019étire comme une mâchée de gomme.Fidélia a un ressort de Ford dans le corp.s on s\u2019en aperçoit rien qu\u2019à la voir marcher.OAMPBELI/TON, N.B.Cannelle désire un cavalier distingué.Marie, qui eat ton professeur de fox- trot?Bdmée, as-tu peur de rester vieille fille?B., on te prie de laisser les filles tranquilles Hectonne, sors donc avec les filles de ton âge.Edna, qui est-ce que tu aimes en silène*- ?Eddice dit qu\u2019il doit faire une visite à K.Grilberte change souvent de cavalier.Fred., plante-toi si tu ne veux pas rester vieux garçon.KMBGWhCK Emile, quand est-ce que tu vas sortir ta brouette.Bertha, à quand ton départ poor Montréal?Marie se recommande pour un cavalier.Emile, fais pas tant ton frais avec ton chapeau blanc.Eva est tombé dans le baril de fleur.Aurore, où prends-tu tes couleurs?Arthur dit que l'avoine de St-Quen-tin est meilleure que Celle d\u2019ici.Philippe, à qui le bel homme.Fred, donne ta place à un autre avec ta cousine.Lucie, tu ne t\u2019aperçois **as que Jos, en courtise une autre; il court deux lièvres & la fois.Eva, veux-tu me prêter ton aiguille que tu prends pour te plisser le bec?Edouard n\u2019aime pas la soupe au chou.Albert dit que ses amours sont finies avec sa blonde.Hector se recommande pour avoir un rasoir de sûreté.Antoinette se croit beaucoup avec bou petit costume brun.Juliette ressemble à un poulain rétif quand elle voit les garçons.Une personne voudrait savoir combien ça coûte poor aller â Matane en 1ère classe ! Antoinette dit qu\u2019elle aime beaucoup Jos.Aurore a avalé le manche à balai.Alice est comme le télégraphe sans fil.CLARKE CITY Les gens aimeraient à entendre sauvent chanter Les Rameaux par Vital.Elise, quand on a pas ce qu'on veut on prend ce qu\u2019on peut Germaine se croit très importante depuis qu'elle travaille au dépt.B.Léa aimerait beaucoup Henri si celui-ci voulait sortir avec elle.Hienri est inconsolable depuis le mariage de sa blonde.On annonce le mariage de Henri et Jeanne pour le 42 juillet 1932.Maurice, si ton chapeau a des petits retiens-moi le plus farouche.Alphonse reproduit av\u2019Cç son sifflet un fox-trot tout aussi bien que le phonographe.Edouard a plusieurs printemps mais son coeur toc comme une patate dans un sabot.Récompense sera offerte à quiconque trouvera une amie ft Albert.Alexina, tu n\u2019as pas besoin de tant te tortiller le corps l\u2019effet que cela produit sur le6 garçons est plus mauvais que bon.Bella, beau pétard, voilà ta chance Ludovic.MORINVLLLE, Alta Annette a donné congé à son cavalier^ chanceuse si elle ne le regrette pas car souvent qui choisit prend pire.Jos.a l\u2019air triste ces jours-ci, pourquoi?MA f LLA RD VILLE, B.C.René, comment as-tu aimé ton voyage l\u2019autre bout du pont?Charles est bien content de son sort, il dit qu\u2019il n\u2019a pas besoin de travailler.Il va prendre encore un repos d'un an.Pitou ne sort plus avec sa Ford parce qu\u2019il économise pour se marier.Lucien est un très beau type d\u2019homme.Pierre et Eva, le plus beau couple de Mailla rdvi lie.Bernadette, dis-moi donc, ta lune de miel dune-t-elle toujours?CENTRAL FALLS, R.I.Tous les garçons font de la façon à Emerentienne à cause de ses belles joues rouges.Germaine promet une récompense à celai qui lui trouvera un cavalier.Ambroise, ne fais pas tant ton frais, tu ressembles à un gros bonhomme en papier mâché.Lauretta se demande si elle doit marier un garçon plus vieux ou plus jeune qu\u2019elle.Fabieu, fais attention à toi car Adrienne court après toi.Blanche boit du vinaigre pouT maigrir plus tôt.Rita, à qui le beau petit coeur?A Samuel ou à Roméo?A.\test charmante avec son petit chapeau rouge.On annonce le mariage d\u2019Albertine et de Henri pour le 46 mai Wilfrid, hâte-toi de grandir ou tu perdras toutes tes chances sut Laurette.C.\t, cher petit chou ! J., où en sont les amours?A quand la noce?LACONIA, N.H.Angelina, bon pétard à marier! Il va y avoir une récompense pour les garçons qui auront les plus grands nez.Alfred faisait sa déclaration à Eva : Ma cmn'lle, si tu rues, je te dételle! Angelina aimerait bien se trouver un cavalier, mais elle n\u2019a pas de chance.Gracia dit qu\u2019elle va devenir une grande actrice.Henry dit qu\u2019il irait bien voir les filles mais il est trop timide.Gracia, une jolie fille très aimable.Il va y avoir bientôt une grande vente de vieillos filles.Avis aux vieux garçons.Oonrnd, si tu emportais ta couchette tu n\u2019aunais pas besoin de tant voyager.Pitre va remplacer Caniso avec sa voix sonore.MARIAPOLtS, Man.Depuis que J.-A.est de retour de Winnipeg e\u2019est bien plua lumineux chez lui.R aime tellement son cavalier qu\u2019eHe pourrait le manger.Rose s\u2019est trouvé un beau chou jaune avec une Ford.G., un beau petit américain.Eva aime tellement les garçons quelle en louche.Rebecca est de retour, on s>n aperçoit.Marie-Ixniise aime toujours bien Aimé mais il lui fait manger de l'avoine.B.\tdépense assez de poudre que le magasin Eaton ne peut pas la fournir Alb.aime les filles.D.\tfâche donc de rallonger tes robes de douze pouces, ça fierait revenir le beau temps.MANCHESTER, N.H.Cécile, as-tu bien hâte de troarver à te marier?Yvonne s\u2019ennuie beaucoup de ne pas avoir un cavalier.Jeannette, quand vas-tu te marier avec ton petit sport?Mina aime bien à aller danser.Béatrice, arrose-toi si tu veux trouver à te marier Alice, aimes-tu encore Arthur?A Manchester les filles æ font couper les cheveux, pensant être plus belles.Rose, aimes-tu toujours beaucoup Albert?Corinne, quand ton petit habit aura des petits tu me garderas le plus t>©|pcgilï§itiff\u2019® Magazine de famille\t\u2014\t15 cents Vexemplaire Magazine mensuel illustré COUPON D\u2019ABONNEMENT Ci-indus veuillez trouver la somme de $1.50 pour I aa ou 75 cats pour 6 -mois (excepté Montréal et banlieue) d'abonnement à U Repue Populaire.Nom.\u2014 (M\u201e Mme au Me.gpéoifies votre quaütij Rue .Localité .Adressez comme suit : POIRIER.BESSETTE & CIE.131 rue Cadieux, MONTREAL 1E.FTT7M Jostmal officiel des grandes compagnies de cinéma 15 cents l\u2019exemplaire COUPON D\u2019ABONNEMENT Ci-indus veuillez trouver la somme de $1.50 pour 1 an ou 75 cents pour 6 mois (excepté Montréal et banlieue) d'abonnement au Film.Nom.(M\u201e Mme ou Müe.Spécifies vo*rt quàKHJ Rue .\u2014.Localité Adressez comme suit : POIRIER, BESSETTE & CIE, 13) rue Cadieux '?-*éal Vol.33, No 49, Montréal, 13 mai 1922 LE SAMEDI 41 Olrisfoaufe desJwsSavons deJoilette k\tDEPUIS I7S9 SAVON flux pharmacies et magasins a rayons LE SEUL MAGAZINE EN LANGUE FRANÇAISE, SUR CE CONTINENT, CONSACRE AU CINEMA \u2018 /iftIëI I LM POIRIER, BESSETTB fc GIE, édit-props-131, rue Gadieux, Montréal Beauté de la Poitrine DISPARITION DES CREUX DES EPAULES ET DE LA GORGE PAR L\u2019EMPLOI DU TRAITEMENT DENISE ROY EN 80 JOURS Le Traitement Denise Roy développe et raffermit très rapidement la poitrine.D\u2019une efficacité remarquable et durable sur le buste.Tris bon pour les personnes maigres et nerveuse*.Bienfaisant pour la santé comme tonique pour renforcir ; 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les prix en valent la peine¦ Ecrivez bien lisiblement, à l\u2019encre et d\u2019un seul côté du papier.Le Concours est permanent, c\u2019est-à-dire qu\u2019il fonctionnera d\u2019un bout de l\u2019année à l\u2019autre.II y aura TRENTE-TROIS PRIX EN ARGENT tous les trois mois.O 1 er prix\t\t.$15.00\t6ième prix \t $2.00 2ième prix .\t.1000\t7ième prix \t 2.00 3ième prix .\t.\t5.00\t8ième prix \t 2.00 4ième prix .\t2.00\tet vingt-cinq (25) autres 5ième prix .\t.2.00\tprix de un dollar ($1).Nous demandons des histoires courtes et amusantes, des bonnes farces, mais des farces honnêtes.Envoyez comme suit: LE SAMEDI, 131 rue Cadieux, Montréal (Concours d'histoires) :- O -* DEUX AMIS Un petit garçon dit à son petit ami: \u2014\tMaman m'a acheté un petit frère la nuit dernière.\u2014Moi c\u2019est pareil, dit l'ami, maman m\u2018a acheté une poche de patate; est-ce le même prix?\tLaura OH, NON! Un jour que maman avait laissé seul mon petit frère à la maison, elle le retrouva le front meurtri.\u2014\tTu t\u2019es cogné?\u2014\tOui, petite mère.\u2014\tPauvre chéri! Tu as pleuré?\u2014\tOh, non, il n\u2019y avait personne.LA BRIQUE Elle (lisant une lettre).\u2014 Maman dit qu\u2019elle est enchantée d\u2019apprendre que tu as abandonné de fumer.Lui.\u2014 Pas vrai ! ?Elle.\u2014 Oui, elle dit qu\u2019elle ne peut pas supporter l\u2019odeur du tabac et que maintenant elle va pouvoir venir de suite et demeurer longtemps avec nous autres.\tTaximan PROBABLEMENT \u2014\tIl ne reste plus qu'un détail, monsieur, rassura le propriétaire à un locataire; ce n\u2019est qu\u2019un rien, mais nous devons vous demander de nous fournir un état de votre compte avec la banque.Pensez-vous que vous pouvez nous donner une telle référence?Le locataire prospectif se mordit les lèvres, puis: \u2014\tJe pourrais, dit-il après un moment de réflexion, mais je crains de vous désappointer.\tTaximan L\u2019INQUIETUDE DE PIERROT Pierrot, jeune homme de quatre ans, est conduit, avec recommandation de ne faire aucun bruit, dans une chambre où dorment deux mignons petits jumeaux que le bon Dieu vient d\u2019envoyer à sa maman.\u2014\tRegarde, Pierrot, dit la grand\u2019mère; sont-ils jolis! De vrais petit chatons I Pierrot se rappellant l\u2019exécution des petits chats de minette.\u2014\tDis, grand\u2019mère, lequel qu\u2019on\tva noyer?\ty%\tg LE SAMEDI Vol.33, No 49, .Montréal, 13 mai 1922 42 'PoQR^L&S c)Bv/f^65 Fi U-ELj, Robe de serge marine sur fond de foulard marine et blanc.Robe en serge marine ouverte sur du crêpe jaune ¦ - \" - * S Tailleur en drap vert, garni j de galon ciré noir et de glands.Jaquette en IcasHa rouge avec revers de drap gris.Robe de drap gria.Nouvelles Créations Parisiennes Vol.33, Ko 49, Montréal, 13 mai 1923 LE SAMEDI 43 ¦ ***¦ CONCOURS D\u2019HISTORIETTES UNE BELLE RECEPTION Pendant le temps des fêtes les visites furent fréquentes mais pas toujours de bon goût.Les réceptions étaient suivant les personnes.Dimanche dernier une dame du monde, Joséphine St-M., est allée rendre visite au maire de sa paroisse.Ayant soif et n\u2019aimant pas la boisson on lui servit de l\u2019eau dans une tasse en ferblanc- Insultée, elle dit: \u2014\tN\u2019avez-vous pas un verre?\u2014\tOui, mais nous le gardons pour la visite.\tJazz IL ETAIT MUET Jean.\u2014 Pourquoi ta soeur ne parle-t-elle plus?Est-ce que le chat lui a mangé la langue?André.\u2014- Oh non, masi son cavalier l\u2019a embrassé et il lui a promis d'être muet, alors elle veut l\u2019imiter.\tElisée ON DEMANDE.un associé pour ouvrir une banque.Pas de capital requis.Excellente occasion pour un homme énergique et disposé à travailler la nuit: Réponse par lettre.\tElisée ATTRAPE Une femme envoya son petit garçon chez leb oucher pour acheter une tête de cochon- Le boucher pour lui faire une farce lui dit: \u2014\tEn fait de tête je n'ai que la mienne.\u2014\tBien, dit l\u2019enfant, ça ne fera pas car maman m\u2019a dit d\u2019acheter une tête avec une cervelle.\tBrise Lololle mi ._'iSî __*i\t\u2018\t.FINESSE D\u2019UN QUETEUX Un quêteux reçoit un oeuf comme aumône.Il s'en va à la buvette et demande au commis de bar s\u2019il achetait des oeufs.Le commis lui répond \u201cOui\u201d.\u2014\tCombien en avez-vous?demande l'employé.\u2014\tJ\u2019en ai un.Le commis se mit à rire.\u2014\tCombien demandez-vous pour votre oeuf?\u2014\tCinq sous.Le commis prend cinq sous et les lui donne.Le quêteux lui demande: \u2014 Lorsque vous faites des marchés comme ça vous ne payez pas la traite?\u2014\tCe n\u2019est pas un gros marché, mais vu que vous êtes un pauvre homme.Qu\u2019est-ce vous prenez?\u2014\tJe vais prendre un verre de cognac avec un oeuf dedans.Zoé UNE BREBIS GALEUSE Une légende rapporte que Napoléon 1er visitant un jour le bagne de Toulon, s'enquit auprès de plusieurs forçats des raisons qui avaient motivés leurs condamnations et que tous, sans exception crièrent leur innocence.Avisant enfin un galérien qui se tenait à l\u2019écart, il l\u2019interrogea comme les autres.\u2014\tAh, sire, répondit le forçat avec un poignant remords dans les yeux, je suis un grand coupable et le sort que je subis n\u2019est que justice.Je ne mérite aucune pitié.Affectant alors une profonde indignation, l'empereur s\u2019écria: \u2014\tComment a-t-on pu placer un telle canaille parmi tant d\u2019honnêtes gens.Vite, qu\u2019on mette dehors cette brebis galeuse dont la présence en ce lieu des innocnts est un véritable scandale\tP.D.Prenez Garde! Ne négligez pas Un Uhumef Ceux qui sont prédisposés aux rhumes, les faibles de poitrine agiront sagement en employant, dès les premiers symptômes, un bon remède pour empêcher le mal d'envahir les bronches et les poumons et de causer des ravages terribles \u2014 peut-être irréparables.SIROP GAUVIN PrhumeE qui contient le choix des médicaments dont dispose la thérapeutique moderne, est 'le remède que vous devrez toujours employer de préférence, car il tonifie eu même temps qu\u2019il soulage et s\u2019attaque au mal dans sa racine.C\u2019est le spécifique reconnu des Rhumes, Toux, Bronchites,\t\u2014 Catarrhe, Etc.EN VENTE PARTOUT GAUVIN tPourle'&hume %Doyez notre CONCOURS DE BÉBÉS dans le FILM de juin Commission des Liqueurs Avertissement Spécial aux Acquéreurs Possibles de Permis de Vente de Bières et de Vins.Nous croyons devoir rappeler au public en général, et en particulier aux acquéreurs possibles de Permis de Vente de Bières et de Vins, que ces permis sont octroyés, à titre personnel seulement, à certaines personnes qui seules ont le droit de les exploiter.Ces permis ne peuvent donc pas être vendus ou transférés, sauf en cas de décès du titulaire du permis, mais, seulement avec la permission formelle de la Commission.Les personnes qui achètent des Hôtels, des Tavernes, des Restaurants ou Epiceries n\u2019ont pas le droit de continuer la vente de Bière ou de Vins en vertu du permis accordé au Vendeur et si ces personnes prennent possession matérielle de ces établissements, à moins qu\u2019elles ne s\u2019abstiennent entièrement de la vente de bières ou de vins, elles le font à leurs risques et périls.La Loi punit sévèrement ceux qui vendent des liqueurs alcooliques sans être munis d\u2019un permis et le fait d\u2019acheter un établissement parce qu\u2019il est en opération, ne mettra pas l\u2019acquéreur à l\u2019abri des sanctions de la Loi.Tout détenteur d\u2019un permis peut vendre son établissement, mais il doit immédiatement retourner son certificat à la Commission et l\u2019acquéreur devra faire sa demande de permis, qui sera dûment prise en considération et jugée à son mérite.Comme on le voit, la Loi est formelle et les intéressés, en s\u2019y conformant strictement, s\u2019éviteront bien des ennuis, sans compter les pertes matérielles possibles et les sanctions prévues par la Loi.Commission des Liqueurs de Québec. 44 LE SAMEDI Vol.33, Ho 49, Montréal, 13 mai 1922 LES FEMMES TRAVAILLENT-ELLES AUSSI FORT QUE LES HOMMES?Oui.Et U leur faut rester fortes et en bonne santé Deux lettres intéressantes Toronto, Ontario.\u2014\u201cLorsque mon mari fut rappelé en Angleterre en 1914, j\u2019ai pris le Composé Végétal de Lydia E.Pinkham afin de me fortifier pour travailler.J\u2019avais une maladie qui m\u2019affaiblissait, mais je fais mon travail maintenant, et suis très satisfaite de votre remède.J\u2019en achète encore à la pharmacie et le recommande à toutes celles qui disent souffrir comme moi.Vous pouvez publier ceci, si vous désirez.\u201d\u2014 Mme E.Homblower, 899 Yonge St., Toronto, Ontario.Je n\u2019avais pas le courage de travailler \u201cTout mon système était épuisé, avec douleurs dans les reins et lasse en général, je n\u2019avais pas le courage de travailler.Ma mère prenait le Composé Végétal de Lydia E.Pinkham et me conseilla d\u2019en faire autant.J\u2019en ai pris, mes reins sont mieux et je fais mon travail.Je recommande le Composé Végétal à mes voisines, et vous pouvez publier cette lettre.\u201d\u2014Mme Josephat A.Grenier, Casier 47, Carbon, Alberta.Il faut prendre le Composé Végétal de Lydia E.Pinkham dès les premiers symptômes de nervosité, douleurs de reins, faiblesse et irrégularité.Il vous débarrassera d
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