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Titre :
Le samedi
Éditeur :
  • Montréal :Société de publication du "Samedi",1889-1963
Contenu spécifique :
samedi 15 janvier 1910
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque semaine
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Le samedi, 1910-01, Collections de BAnQ.

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[" ILVilO NUMÉRIQUE Première(s) page(s) manquante(s) ou non-numérisée(s) Veuillez vous informer auprès du personnel de BAnQ en utilisant le formulaire de référence à distance, qui se trouve en ligne : https://www.banq.qc.ca/formulaires/formulaire reference/index.html ou par téléphone 1-800-363-9028 Bibliothèque et Archives nationales Québec ES ES ES ES Vol.XXÏ, No 32.15 Janvier 1010.LE SAMEDI 11 par Henri Demesse IV Les angoisses de petite Pifi Suite ( Et puis, ces falbalas lui seyaient moins que sa robe noire, laquelle alliait si bien à sa physionomie mélancolique.Mais, madame Bourelly avait été satisfaite, car l\u2019enfant, ainsi accoutrée, lui avait semblé moins âgée ! De mâmn elle avait exigé que l\u2019enfant ne se coiffât plus comme au couvent.Pourtant, Miette était jolie, avec ses bandeaux, qui encadraient, délicieusement, son front très lumieux.Mademoiselle Garraud avait fait subir à Miette un examen, pour se rendre compte, exactement, de l\u2019état d\u2019avancement de ses études; puis, elle s\u2019était mise à l\u2019oeuvre pour les achever.Elles étudiaient jusqu\u2019à midi; elles déjeunaient, après quoi, elles allaient se promener, à pied ou en voiture, jusqu\u2019à cinq heures.Elles rentraient à l\u2019hôtel; elles travaillaient au piano jusqu\u2019à sept heures; elles dînaient et se mettaient au lit à neuf heures, après avoir bavardé, amicalement, pendant une heure.Oh ! comme Miette avait souffert pendant la soirée où le Tout Marseille avait défilé à l\u2019hôtel; comme elle avait souffert, seule, dans sa petite chambre arrangée par les soins de son père \u2014 tandis que ï\u2019prchestre jouait dans les salons, tandis que les voitures roulaient, dans la cour, amenant ou emmenant les invités de sa mère ! Pour la sensible enfant, cette fête, donnée dans la maison où l\u2019on avait rapporté le cadavre de son père, avait constitué une profanation, un sacrilège, et, le lendemain, mademoiselle Garraud avait eu toutes les peines du monde à la consoler ! \u2014 J\u2019en ai vu bien d\u2019autres, allez, ma chère enfant! avait dit la brave institutrice.Ah! comme je tenais à ces pauvres meubles qui avaient entouré mon enfance, Commencé dans le No du 25 décembre 1909.Publié en vertu d\u2019un traité avec la Société des gens de lettres.Troisième Partie i i .\t- dans le pauvre logis de mes parents.Eh ! bien, il a fallu que je m\u2019en sépare; il a fallu que je les vende! Oui, oui, moi, ma petite amie, j\u2019ai vendu, même, le lit où ma mère était morte ! Comme j\u2019ai pleuré, quand les marchands ont enlevé ces objets familiers qu\u2019ils portaient sans merci de les détériorer, ces chers meubles dont j\u2019avais pris tant de soin, non à cause de leur valeur, mais à cause des souvenirs qu\u2019ils me rappelaient! Miette, apitoyée, avait été ainsi distraite ! Cette excellente fille, mademoiselle Garraud, avait trouvé, tout de suite, grâce aux suggestions de son coeur, l\u2019e moyen de calmer la douleur de l\u2019enfant! \u2014 Comme \u201cmon papa\u201d, avait dit petite Fifi, rêveuse et tout attendrie- Lui aussi, il a dû vendre les meubles de ses parents.Il n\u2019a gardé, comme souvenir du logis paternel, que la statuette çfue je vous ai montrée: ma Vierge, qui m\u2019est si précieuse ! Une heure anrès cette conversation, Miette avait pris sa statuette et elle l\u2019avait portée dans la chambre de son père où nul autre qu\u2019elle ne pénétrait: on était si occupé, ailleurs! Là, elle avait mis la Vierge sur le socle où le père Bourelly l\u2019avait placée, jadis, \u201cà la place d\u2019honneur\u201d, tant par piété religieuse que par piété finale! L\u2019enfant était sortie de la chambre, apaisée, rassérénée, et, aussi .résignée, car, dans le grand silence de cette pièce close où n\u2019arrivaient point les bruits extérieurs, il lui avait semblé encore entendre la voix qui articulait ces paroles : \u201c Dieu le veut! Rien n\u2019arrive, dans ee monde, sans son ordre et sans sa permission.\u201d Dans la soirée, madame Bourelly avait fait appeler mademoiselle Garraud, qu\u2019elle avait reçue dans sa chambre pendant qu\u2019elle essayait ses robes, et lui avait donné l\u2019ordre de préparer Miette à assister, le surlendemain, à la cérémonie.\u2014 Vous comprenez, mademoiselle, que ic désire voir ma fille, à mes côtés, en ee jour solennel.Prévenez donc \u201cFifi\u201d.Au surplus, je l'a verrai demain: je suis trop occupée ce soir! En attendant, c\u2019est dit; parlez-lui de ces choses.Je compte sur No 4 vous, n\u2019est-ce pas, mademoiselle?Naturellement, mademoiselle Garraud s\u2019éta:f inclinée, et, doucement, avec toutes les précautions désirables, elle avait fait connaître, à sou élève le désir de sa mère.Miette s\u2019était indignée.\u2014 Non! Non! Certes! avait-elle déclaré, je n\u2019assisterai pas à cette cérémonie! La scène avait été cruelle et terrible ! Pendant plus d\u2019une heure l\u2019institutrice avait exhorté la fillette, et, enfin, elle lui avait dit : \u2014 Ma chère enfant, demain, priez votre Vierge dans la chambre de votre cher papa, et elle vous donnera la résignation ! Alors, Miette s\u2019était levée,, comme en délire, et, d\u2019une voix vibrante \u2014 au grand émoi, à la grande stupéfaction de la bonne Mlle Garraud \u2014 elle s\u2019était écriée, en proie à une excessive exaltation : \u2014 J\u2019irai! J\u2019irai! Dites à \u201cma mère\u201d qùe j\u2019irai! Dieu le veut! Rien n\u2019arrive, dans ce monde, sans son ordre ou sans sa permission.Puis, elle s\u2019était calmée, et, bientôt, elle était rentrée dans sa chambre- \u2014 Etrange enfant! s\u2019était dit l\u2019institutrice.Positivement, elle est hallucinée par moments ! Elle souffre ! Pourvu que son esprit ne se trouble pas! Quel dommage ce serait: une enfant si bien douée, et qui, sans la mort, si tragique, de son pauvre père, aurait été heureuse parmi les p\u2019us heureuses ! Le lendemain, Miette s\u2019était levée de bonne heure; puis, elle avait rejoint mademoiselle Garraud.Vers neuf heures comme elles se trouvaient dans la pièce où elles prenaient 'eurs repas, petite Fifi, par hasard, s\u2019était approchée de la fenêtre.et, soudain, elle avait tressailli.\u2014 Qu\u2019avez vous donc, mon enfant?dit l\u2019institutrice, alarmée.Je viens de \u201cle voir\u201d entrer dans l\u2019hôtel ! répondit Miette.\u2014 Qui donc?\u2014 LUI! Mademoiselle Garraud avait compris: LUI, e\u2019était M.Tanala ! Vite, la douce créature, voyant que Fifi était toute tremblante et craignant qu'elle n\u2019eût une attaque de nerfs, s\u2019efforça de la réconforter.42 12 1 (\u2022lie pensa qu\u2019elle n\u2019avait rien tie mieux ù faire que d\u2019user, derechef, du moyeu qui, hi veille, lui avait si bien réussi.\u2014 Ma chère petite, lui dit-elle \u2014 elle-même frémissante, \u2014 avez vous suivi mon conseil, ce conseil que je vous ai donné, hier?.Avez-vous prié votre Vierge?\u2014¦' Pas encore! répliqua Miette, soudain plus calme.Vous avez raison, mademoiselle! Elle me protégera! C\u2019est la protectrice de notre maison, la consolatrice des affligés! Je vais ail'er la voir; je m\u2019agenouillerai devant elle, et je la prierai avec ferveur, longtemps très longtemps Vous me le permettez, mademoiselle! ~ Je vous le permets, certes, mon enfant.Mais ne restez pas trop longtemps dans la chambre, Qu\u2019arrivait-il si madame votre mère venait ici à f\u2019impyovistc?Elle me gronderait, peut-être! \u2014 Non ma \u201cmère\u201d est occupée, vous le savez mademoiselle! \u2014 Mais, vous vous le rappelez, mon enfant, elle doit vous voir, aujourd\u2019hui! \u2014 Oh! pas ce matin, bien sûr! Mu mère se lève tard! D\u2019ailleurs, écoutez, mademoiselle: La chambre de mon papa, où j\u2019ai porté ma Vierge, est à côté de la mienne.Vous pourriez descendre avec moi, et vous auriez la'bonté de m\u2019attendre dans ma chambre.Vous seriez si gentille, mademoiselle, si vous vouliez faire ce que je demande!.Ça me causerait tant de plaisir et je vous en serais si reconnaissante!.¦.Dans le cas où ma \u201cmère\u201d voudrait me voir, Berthe viendrait me cereher.Qu\u2019en dites-vous ?Ça, c\u2019est possible, et.ça arrange tout.Miette s\u2019était faite si câline ;\u2022 elle' avait liasse, si gentiment ses bras autour du cou de mademoiselle Garraud et elle l\u2019embrassait si tendrement que l\u2019institutrice peu habituée à tant d\u2019affectuosité, céda, quelque crainte qu\u2019elle éprouvât.\u2014 Eh bien, oui, dit-elle brusquement de peur d\u2019avoir le temps de réfléchir, et, peut-être de changer d\u2019avis, ce qui l\u2019eût navrée.Oui, faisons cela.Kifi et mademoiselle Garraud étaient donc descendues à l\u2019étage inférieur.\u2014 Ne vous impatientez pas, mademoiselle, dit Miette en ouvrant, devant l\u2019institutrice, la porte de sa chambre.Dès que jé serai plus tranquille, je reviendrai.\u2014 Allez, mon enfant, et que la Vierge vous protège !¦.L\u2019institutrice était entrée dans la chambre de la l'i 1 lotte*, et celle-ci avait pénétré dans la chambre du défunt.Or, petite Fifi, en s\u2019introduisant dans ce \u201c sanctuaire \u201d, avait fait du bruit, bien peu, il est vrai, assez, pourtant, pour que maître Feyroll'es, qui causait, à ce moment là même, dans l,a pièce voisine avec M.Ta-naa, se fût alarmé \u2014 ainsi qu\u2019on l\u2019a vu plus haut \u2014 et eût sigmdé\u2019Jt* fait à son interlocuteur, qui, effrayé, et pour cause, n\u2019avait point osé passer dans \u2019 la chambre du père Bourelly pour s\u2019assurer que personne ne s\u2019y trouvait alors! Joyeuse, l\u2019enfant était entrée là, et, tout de suite, souriante, elle s\u2019était dirigée vers la Vierge eQii lui tendait les bras.Soudain, elle s\u2019arrête.Elle a entendu parler, dans la pièce voisine, dans le cabinet de son père! Qui 'donc est là?se.demande-t-elle.LE SAMEDI Qui donc a osé pénétrer là?Miette est indignée! Qu\u2019on ait transformé l\u2019hôtel, ailleurs, certes, cela lui a fait mal; mais qu\u2019on se permettre, encore, de violer eet appartement, c\u2019est trop! Ils ont done toutes les .audaces, ces sacrilèges, ces profanateurs! Peut êtrè vont-ils envahir, aussi, le sanctuaire\u201d, la chambre, qui, .jusque-là, a été respectée! Et, à cette idée, Fifi sent son coeur se serrer! Elle se révolte! I n moment, elle a peur de ne pas être assez forte pour résister au besoin qu\u2019elle éprouve de jeter des cris, fies cris de colère, de désespoir et d\u2019indignation! Oh! si elle pouvait crier sa rage, il lui semble que cela lui, ferait du bien ! Elle voudrait pouvoir appeler son père! Elle voudrait q il surgisse, tout à coup, pour chasser ees misérables! Heureusement, ses yeux se portent, par hasard, sur la Vierge.On dirait qu\u2019elle sourit, qu\u2019elle l\u2019appelle, et, comme hypnotisée, Miette marche, à pas lents, vers la statuette devant laquelle elle s\u2019agenouille.Elle reste là, dans cette posture, et elle irissonne, car, tout près d\u2019elle, quelque clu se a passé, qui a frôlé son vis,age, quelque chose de léger; qui, l\u2019a effleurée, et et elle a entendu quelqu\u2019un qui lui disait, tout lias, d\u2019une voix très douce, à peine distincte,.-, un murmure: Dieu le veut! Rien n\u2019arrivé, dans ce monde, sans son ordre et sans sa permission!\u201d Cependant, le bruit de voix qui retentit dans la pièce voisine arrive jusqu\u2019à elle, dans cette chambre close et silencieuse.Elle pâlit! Elle a reconnu \u201csa\u201d voix! Pourtant, elle ne l\u2019a entendue qu\u2019un moment: le jour de son retour à l\u2019hôtel, quand elle 1 a vu, \u201cLui\u201d pour la première fois, au pied de l\u2019escalier, au moment où Fou reconduisait soeur Félicité, irais le son de cette voix est resté en ses oreilles, et, tout de suite, elle dit : - \u2014 C\u2019est Lui! Que fait-il là?Est-ee qu\u2019il va s\u2019y installer?Est-ce qu il y viendra tous les jours, désormais?Fifi n\u2019a pas pour; elle ne pense pas qu\u2019elle peut être surprise à cette place! A présent, elle écoute.Elle est émue à ce point, que, tout d\u2019abord, elle n\u2019entend rien; elle ne distingue pas les mois que l\u2019on articule là.On parle à demi voix, d\u2019ailleurs.Immobile, toujours agenouillée ,Fifi prête l\u2019oreille.EUe est livide! Il lui semble qu\u2019elle touche à un moment suprême L Que va-t-il arriver?Pourvu qn\u2019elle ait assez de force pour accomplir lu mission qui lui a été donnée, cette mission sacrée dont elle se sait investie! Oui, oui, elle aura assez de force!-.La \\ ierge, la protectrice des siens, lui donnera le courage et la résistance.Oh ! comme elle a bien) fait de l\u2019apporter la, de la remettre a cette place d\u2019honneur que 1,' défunt lui avait réservée.On dirait que Fifi a reçu d\u2019en haut, sans qu\u2019elle -s\u2019en soit rendu compte,-l\u2019or- dre de faire ce qu\u2019elle a fait.Oui, oui, tout cela a été voulu par la Providence, qui a tout conduit: C\u2019est visible; c\u2019est flagrant.A présent, Miette entend.Ou parle urgent, reçu quittance.Il faut attèndre, sans doute.Ces choses-lui sont indifférentes.'Ce n\u2019est pas pour cela que 1a Vierge l\u2019a amenée là.Bientôt, elle comprend que l\u2019homme qui était là, avec \"Lui\u201d, est sorti.Que va-t-il arriver, à present?.Miette, patiente, écoute.Nouveau bruit de pas.Enfin, une voix mâle retentit! Cette voix, Miette la connaît- Où donc l\u2019a-t-elle entendue?Elle cherche! Vainement! Elle ne se souvient pas! Pourtant, elle en est bien sûre; elle connaît cette voix ! Tout à coup, une inspiration lui vient-: e\u2019est la Vierge, bien sûr, qui est venue à son aide.\u2014 C\u2019est la voix de Sauveur Mouraille, dit-elle, tout angoissée.Et, se relevant, stupéfaite, comme poussée par une force qui la mène, elle se rapproche de la porte qui fait communiquer les deux pièces entre elles.Elle applique son oreille contre cette porte, et, frémissante, elle écoute.V Le marché Lorsque Sauveur s\u2019était trouvé devant l\u2019hôtel Bourelly, au moment de sonner à la porte, il avait hésité encore ! Pendant plus d\u2019une heure il avait erré, s\u2019éloignant, revenant pris de frayeur, plus que jamais, à cette minute décisive.Enfin, il se décida, brusquement.Il entra.Il traversa la .cour, tout encombrée, et il pénétra dans le vestibule.Il se trouva en présence du valet de service, qui le toisa dédaigneusement- Lorsqu\u2019il lui eut dit ce qu\u2019il désirait, \u2014 et tandis que le v,alet était allé prévenir M.Tanalai de la visite, \u2014 Cadet) Mouraille, de plus en plus épouvanté, fut tenté de s\u2019enfuir.Mais, bientôt, et soudain, cet hésitant, ce timide, devint audacieux et farouche.Suis-je bête, se dit-il, quoi, j\u2019ai peur du Tanala, à présent?En voilà, une sévère! Oui, oui, je veux le voir! Je le verrai! Et s\u2019il fait le farraud.Le valet, cependant, reparut.\u2014- Monsieur ne vous recevra que s\u2019il connaît votre nom !.-.expliqua-t-il, selon les ordres qu\u2019il avait reçus.\u2014 Ah ! répliqua Sauveur, qui se fit brutal et grossier pour s\u2019enhardir.En voilà des manières! Voilà des histoires! Tout eu brinqueballant, ear, à présent, il était tout à fait gris, il reprit, toujours sur l!e nîême motif; \u2014 Curieux!.Vous voudriez bien savoir mon nom, vous aussi, pas vrai?.Vous rie le saurez pas! Donnez-moi du papier et une enveloppe.-.Allons, pressons-nous : votre maître attend et moi aussi ! Le a al et, sans mot dire, grave, correct, dédaigneux, lui apporta ce qu\u2019il avait demandé.43 * j £ r ¦ i Sauveur écrivit son nom sur un carré de papier qu\u2019il mit sous enveloppe; puis, il la tendit au laquais q^ii s\u2019éloigna- Cadet Mouraille, alors, regarda les objets qui meublaient le vestibule, et se promena, en titubant, de long en large \u2014 hardi, se répétant qu\u2019il ne se présentait pas devant le Tanala en solliciteur, au contraire \u2014 et, par suite, qu\u2019il devait se montrer crâne ! Le domestique revint.\u2014 Veuillez me suivre, dit-il.- Marchez! répliqua fièrement Sauveur.I\tn instant après il pénétra dans le cabinet où se trouvait M.Tanala- A son aspect, toute son audace l\u2019abandonna.Son coeur battit très vite et très fort.Il1 pâlit et se sentit chanceler: Cet homme, ce Tanala.c\u2019était un assassin! De plus, Patrice Mouraille expiait, injustement.le crime commis par ce misérable ! Oh! comme Sauveur se sentait plus misérable encore! N\u2019était-il pas venu, là.pour un acte infâme?A présent, et au moment d\u2019entamer l\u2019entretien, il avait honte.Le valet sortit.M.Tanala était assis devant le bureau ! couvert de paperasses.Pour se donner une contenance il examinait le compte acquitté que M Feyrolles avait laissé II\tleva la tête, regarda le visiteur, constata, aussitôt, qu\u2019il était tout interloqué et, dès, lors, il se rassura.\u2014 Vous êtes le fils cadet de Patrice Mouraille?dit-il.\u2014 Votre visite, ici.est tout au moins singulière ! Sauveur, plus troublé encore, répliqua cependant : \u2014 Peut-être que oui.peut-être que non ! \u2014 Enfin, vous voulez me parler?\u2014 Oui ! \u2014 C\u2019est que je suis pressé, aujourd\u2019hui.J\u2019aimerais mieux que vous reveniez un autre jour.Pourtant, puisque vous êtes là, voyons, de quoi s\u2019agit-il?Dites le-moi vite.Sauveur ne répondit pas tout de suite.\u2014 Eh! bien, commença-t-il, enfin, il faut que vous le sachiez, d\u2019abord, c\u2019est une canaillerie que je fais en ce moment, la pire de toutes, et je m\u2019en rends compte, allez! Mais, quoi, j\u2019ai hésité longtemps; j\u2019ai lutté; j\u2019ai été vaincu! C\u2019est Pamour (pii en est cause ! Il se tut, un instant, et s\u2019écria, avec des sanglots dans sa voix: \u2014 Ah! si j\u2019avais écouté la \u201cverte\u201d! Mais, soudain, d\u2019une voix forte, il s\u2019écria : Allons, assez; c\u2019est jugé! J\u2019irai jusqu\u2019au bout! Figurez-vous que je suis a-moureux; j\u2019aime une jolie fille: Mercé-dès la fleuriste du cours Saint-Louis \u2014 vous la connaissez bien?Elle est sage; il s\u2019agit, pour nous, du mariage.Nous nous convenons! Seulement, ma fiancée exige que je lui apporte une dot: deux mille francs, c\u2019est-à-dire rien pour un richard comme ous mais une fortune pour moi ! LE SAMEDI Sauveur s\u2019interrompit encore- il n\u2019osait pas achever.M.Tanala, qui l\u2019avait écouté avec surprise, crut devoir l\u2019encourager, se disant que tout cela cachait évidemment quelque chose d'étrange qu\u2019il fallait absolument et promptement tirer au clair.Il se fit bon garçon, sourit, et, familièrement, sur un ton protecteur et bienveillant, il dit: \u2014- Je ne vous ai vu qu\u2019une seule l\u2019ois, mais je vous connais, car j\u2019ai souvent entendu parler de vous par i'e père Bourelly : Vous êtes un bon vivant, un peu coureur, un peu noceur; mais, somme toute, assez travailleur, et.par suite, intéressant.Après tout, les fils ne sont pas responsables des fautes de leur père! Aussi, je ferai mon' possible pour vous être utile.Vous êtes venu me demander quelque chose, je le devine, et vous n\u2019osez pas vous expliquez.Allons, mettez de côté ),a timidité.l)ites-moi de quoi il s\u2019agit, mais faites vite.encore une fois, parce que je suis pressé?Cadet Mouraille s\u2019enhardit un peu.Il sourit.\u2014 Vous vous dites, pas vrai, répliqua-t-il avec une franchise naïve, vous vous dites qu\u2019il y n anguille sous roche.Pour lors, vous retournez l,a cloche à seule fin de capter la bête.C\u2019est bien.Je m\u2019expliquerai.Nous nous entendons, je crois.M.Tanala réfléchit l\u2019espace d\u2019une seconde.Devait-il se fâcher ou finasser?Il n\u2019y avait pas à hésiter, fallait finasser.Pour q)ue son interlocuteur eût osé lui parler comme il l\u2019avait fait, il fallait qu il fût à peu près sûr de son fait.Quelle arme avait-il donc?Oui, oui, il était prudent de \u201clouvoyer\u201d.Toutefois, il importait de n\u2019avoir pas l\u2019air de trembler devant la vague menace contenue dans l'es paroles de son interlocuteur ainsi que dans son attitude.\u2014 Oh! oh! fit M.Tanala en riant et toujours bonhomme, il me semble (pie vous Ces un peu.¦ , Comment dirais-je?.dans les brindezingues, monsieur Sauveur Mouraille ?C\u2019est possible! répondit le pêcheur hardiment, si je n\u2019avais pas bu.pout-être que je ne serais pas venu ici et il fallait que j\u2019y vienne! Je vous disais donc que je cherchais deux mille francs.Sans argent, pas de Mereédès ! Mais voyez-vous, je l\u2019aime, et quand on aime.L\u2019affaire en était là quand, par hasard l'a nuit dernière j\u2019ai fait une trouvaille.Sauveur sc dégrisait peu à peu, à mesure qu\u2019il parlait.Je ne vous raconterai pas tout ce (pii s\u2019est passé, alors! reprit-il, ça vous paraîtrait trop long; ça ne serait pas utile, et puis, vous n\u2019y comprendriez rien: C\u2019est-qu\u2019à ma place, .j'en réponds, vous n\u2019auriez pas tant hésité ! M.Tanala, de plus en plus inquiet, bien qu il n\u2019en eût pas l\u2019air, écoutait toujours, très attentivement, ce récit décousu.¦ Bref, poursuivit Cadet Mouraille, ma trouvaille en main \u2014 et c\u2019est ici que commence la canaillerie \u2014 je me suis dit : Sauveur, tu tiens tes deux mille francs.Va les demander à M.Tanala.il te les 13 donnera! il te donnerait vingt lois plus, si tu voulais!.\u201d Mais je ne veux pas davantage: il ne me faut que deux mille francs- il.Tanala sourit, bien (pie son trouble se fût encore accru.Et pourquoi donc m\u2019avez vous choisi, moi, plutôt que tout autre, pour constituer votre dot au gré de la Jolie Mercé-dès?demanda t-il, ironiquement, mais toujours bonhomme.\u2014 Vous allez le savoir! \u2014 Voyons?Sauveur sc rapprocha de il.Tanala et commença ainsi, presque à voix basse, -\tLe soir.du meurtre.à Maaâr-gues-.\u2014 M.Tanala frisonna et pâlit.Cadet Mouraille ricana.\u2014 Vous connaissez l\u2019endroit, hein?fit-il'.Vous avez dû le revoir, souvent, dans \u2022vos rêves?.IL en que de vous en parler, ça vous a l'ait pâlir et frissonner! Qu\u2019eat-ee que ça sera done, tout à l\u2019heure,'quanti ,j aurai tout dit ?.,Je comprends : Donc, le soir du meurtre, mon père, Patrice Mou-raiilc, qui est au bagne! \u2014 avait placé, sur la table, du papier, une plume et de l\u2019encre, à seule fin de faire le reçu de la somme qu\u2019il voulait demander, pour moi, à son vieil' ami.Quand le père Bourelly arriva, mon père causait avec nous; moi, .je fumais : mon frère, Olivier, lisait.A I espcct de M.Bourelly, on se leva.Mon frère déposa son livre sur la table, et, ainsi que ça.avait été convenu avec le père, à I avance, on le laissai seul avec l\u2019armateur.M.Tanala se leva, freignant d\u2019être impatienté.\u2014 Au fait! dit-il brutalement.\u2014 J\u2019y arrive! répliqua Sauveur.Figurez-vous do c (pie, hier, par hasard.'j\u2019ai mis la main sur le livre que mon frère Olivier lisait, le soir du crime: ce livre qju\u2019il avait déposé sur la table, à l\u2019entrée de .M.Bourelly.-\tEu quoi tout cela m\u2019intéresse-t-il ?-\tVous le saurez bientôt.Toujours par hasard, j\u2019ai ouvert le livre.Alors \u2014 ça peut paraître invraisemblable, et c\u2019est, vrai, pourtant \u2014 alors, le mort a parlé! -\u2014- La mort a parlé ?répéta M.Tanàla malgré lui.\u2014 Oui ! .\u2014 Expli'quezrvous ! Cadet Mouraille sortit, de dessous sa redingote, le livre qu\u2019il avait apporté.11 le posa sur le bureau.Il Couvrit, à la page qui portait l\u2019accusation.\u2022\u2014\u2022 Voyez, s\u2019écria-t-il, frémissant, c\u2019est écrit : \"J \u2019ai été frapé à mort par Tanala\u201d \u2014 et c\u2019est signé: \u201cBourelly,,.M.Tanala, épouvanté, dut faire effort pour sc remettre de sa frayeur, et pour parer, désespérément et énergiquement, nu danger terrible (pii le menaçait.Sauveur le vit se redresser.Il se dit qu\u2019il lui fallait'se tenir plus (pic jamais d\u2019aplomb contre la riposte qu\u2019il sentait venir, car, évidemment, M Tanala.pareil à la bête forcée et acculée, furieux, allait tenter de se défendre, ( adet Mouraille ne s\u2019était pas trompé.M.Tanala se mit à rire.Je comprends! dit-il.Finissons! Concluez?44 14 LE SAMEDI Evidemment, il avait trouve, déjà, son moyen de défense.Sauveur, un peu décontenancé, d\u2019abord, et stupéfait de l\u2019audace de son Lnterlocu-teur, répondit: \u2014 La conclusion est simple: Le véritable assassin du père Bourelly c\u2019est vous! Patrice Mouraille est au bagne et c\u2019est vous qui devriez y être! Si je n\u2019étals pas une canaille, à cette heure vous seriez aux mains des gens de justice; mais je suis une canaille et c\u2019est ce qui vous sauve! \u2014 Poursuivez?Vous n\u2019avez pas tout dit j\u2019imagine?\u2014 Voici le reste.\u2014 J\u2019écoute ! \u2014 Je suis venu vous proposer un marché.\u2014 Lequel ?\u2014 11 me faut deux mille francs, je vous /\u2019ai dit.\u2014 Eh bien ?\u2014 Vous me les donnerez.\u2014 Après ?\u2022\u2014 Moi, je vous donnerai deux jours pour filer, vous irez où voua voudrez?Les deux jours passés, quand vous serez en sûreté, j\u2019exhiberai la preuve- Vous comprenez qu\u2019il faut qjie l'innocent soit relâché! Patrice Mouraille sera réhabilité.Vous, vous irez vous faire pendre ailleurs! Moi je serai malheureux, probablement, parce que j\u2019aurai du remords de ma vilenie; mais j\u2019aurai Mereédès, et ça me consolera, qui sait?Avez-vous compris?Qu\u2019en dites-vous?Avouez que vous auriez payé cher pour que la preuve fût anéantie ?M.Tanala sourit, dédaigneusement.\u2014 Moi ?Non ! dit-il, avec erânerie.\u2014 Bah ! fit Cadet Mouraille, abasourdi.Est-ce qu\u2019elle ne vous semble pas.\u2019.\u2014 Elle me semble fabriquée, maladroitement, par vous, pour m\u2019extorquer deux raille francs ! \u2014 Vous dites?Fabriquée, maladroitement, pour extorquer.\u2014 Sans doute! Vous vous êtes dit: \u201cFabriquons toujours la pièce.A la veille de son mariage, M.Tanala aura peur du scandale, et pour l\u2019éviter, pour ne pas retarder une union désirée, il me donnera de l\u2019argent?Demandons peu.et j\u2019obtiendrai satisfaction ! Deux mille francs, ce n\u2019est qu\u2019une misère pour lui ! Il les donnera!\u2019\u2019 Et vous avez inventé, aussi votre histoire d\u2019amourette, qui devait toucher un homme comme moi.que tout le monde sait fortement épris.C\u2019est une tentative de chantage, tout simplement.Le pis est que j\u2019y suis pris.Certes, tôt ou tard, on reconnaîtrait que la pièce est fausse ; mais quand?Dans quinze jours, peut-être! Le mal sera fait! D\u2019ailleurs de cette calomnie-il resterait toujours quelque chose! Oui, oui, je suis prîs! N\u2019insistez pas! Je suis vaincu.Je suis prêt à donner la somme.Et, jouant l\u2019indignation, il ajouta: \u2014 Malheureux! Pourquoi avez-vous employé un pareil procédé?Si vous étiez venu me trouver, honnêtement, si vous in\u2019aviez dit: \u201c\u2014J\u2019ai besoin de deux mille fruncs pour épouser une femme que j\u2019aime.J\u2019eusse été touché! Et, malgré le crime de votre père, par respect pour la mémoire vénérée de ceui qui vous a tant fait de bien, déjà \u2014 à vous et aux vôtres \u2014 je vous eusse donné la somme ! Allez-vous faire pendre -illeurs! Laissez là ce livre, cette accusation inepte, qui pourrait, pourtant, me faire tant de mal! Je vais vous donner deux mille francs! 11 tira, de sa poche, son portefeuille, où il prit deux billets de mille francs \u2014 qu\u2019il mit mit dans le livre que Sauveur avait laissé sur le bureau.\u2014 Prenez ! dit-il.Et sortez ! Allons, faites vite! Ma patience est à bout! En vérité, je ne sais si je pourrais contenir plus longtemps mon indignation! Sauveur, absolument interloqué par tant d\u2019audace, s\u2019était laissé choir dans un fauteuil1, hébété.C\u2019est effrayant! s \"écria-t-il- Et il regardait, fixement, devant lui.\u201c Qu\u2019est-ce que je risque?pensait M.Tanala.Rien ! Cette preuve qui surgit contre moi arrive tard, après plus d\u2019un an ! Je prostesterai de mon innocence avec indignation.On me croira.Je suis riche, puissant \u2014 et, par suite, considéré.Ce Mouraille n\u2019est qu\u2019un gueux, on n'accordera aucune créance à ses dires.Je soutiendrai qu\u2019il a voulu me faire chanter pour avoir deux mille francs.Allons, de l\u2019audace et je m\u2019en tirerai!\u201d Cependant le livre \u2014 il faut le répéter \u2014 était resté ouvert sur le bureau.Sauveur l\u2019y avait déposé, pour \u201cfaire la preuve\u2019\u2019, et il l\u2019y avait laissé- Qu\u2019avait-il à craindre?Rien, En admettant que le Tanala eût voulu s\u2019en emparer, Sauveur était de taille à défendre, contre lui, \u201csa preuve\u201d.Tout à coup une double lùeur passa dans les yeux de M.Tanala \u2014 Oh! se dit-il, si je pouvais! Lors, profitant de l\u2019égarement de Sauveur, lentement, il tourna derrière lui et se rapprocha du bureau.Puis prestement, il arracha la page accusatrice \u2014 qu\u2019il ieta, au hasard, sur le bureau au milieu des papiers épars \u2014 et il referma le livre.Enfin, se redressant, plein d\u2019audace, il reprit, d\u2019une voix forte: \u2014 Allons ! Filez ! Ou.sur ma parole, je vais vous faire jeter dehors! Par un effort surhumain, Cadet Mouraille se releva.Puis, d\u2019une voix tonnante, et comme égaré, il dit: \u2014 Le bon ange est intervenu! Il n\u2019a pas voulu que je réusisse ! La justice saura tout ! Elle démêlera le vrai du faux ! Puis, sans regarder son interlocuteur, il reprit son livre, dans lequel les billets de banque étaient restées, et il marcha vers la porte, en disant: \u2014 Ah ! la canaille ! Plus canaille que toi, Sauveur! Je lui échapperai! Le bon ange m'a secouru! La justice saura tout! Il n\u2019avait plus qu\u2019un désir: fuir! Oui, oui, décidément, il y avait une volonté supérieure qui commandait à l\u2019homme Cette volonté, toute-puissante, n\u2019avait pas voulu que eet odieux marché se conclût.Il fallait que la justice suivit son cours et que le Tanala fût puni.\u2014 Ah ! ah ?ah ! fit-il en ricanant.Je lui offrais son salut! L\u2019imbécile! il refuse Oui, oui, la justice appréciera! Brusquement, il sortit.Il était affolé, extraordinairement surexcité, effrayant ! M- Tanaia, livide, le suivit.Penché sur la rampe de l\u2019escalier, il le regarda s'éloigner.Puis, s'étant rapproché de U feuètre qui éclairait le palier, il le vit traverser la cour \u2014 et, enfin, sortir de L\u2019hôtel.Alors, satisfait, il rentra dans le cabinet de feu M.Bourelly.Il était brisé! Il dut s\u2019asseoir, car il ne pouvait plus se soutenir! VI La mission de p1 suivre pour prévenir et guérir les Maladies do in Peau Les causes générales des maladies de la peau sont la faiblesse de la constitution, les scrofules, la syphilis, la mauvaise digestion, la débilité générale, la mauvaise nourriture, le manque d\u2019air et d\u2019exercice, la dentition chez les enfants et la délicatesse de la peau.La malpropreté en est aussi souvent une autre, et c\u2019est pourquoi il est de la plus haute importance que les personnes veillent attentivement aux soins de leur corps, se lavent souvent, toujours avec de l\u2019eau chaude et un savon antiseptique, comme le savon BEL-PO.Le traitement des maladies de la peau diffère peu, malgré que ces maladies soient variées.Comme traitement local, il n\u2019y en a pas de meilleur que l\u2019application de l\u2019Onguent BEL-PO, une ou deux fois par jour, sur les parties malades, après qu\u2019elles ont été soigneusement lavées avec le savon BEL-PO.Le savon et l\u2019onguent BEL-PO sont vendus chez tous les marchands de remèdes.Prix du savon et de l\u2019onguent BEL-PO, 25c chaque.Envoyés aussi par la malle, sur réception du prix, par la Compagnie Chimique Franco-Américaine, 274 rue St-Denis, Montréal LE SAMEDI 25 Recettes et Conseils Les usages du citron.\u2014Les usages du citron sont nombreux et variés.En cas d\u2019angine, il faut, dès les premières atteintes, se gargariser avec le jus d\u2019un citron; pour les enfants, on badigeonne leur gorge avec un tampon d\u2019ouate hydrophile imbibé d\u2019un jus de citron.Pour avaler un remède gras, tel que l\u2019huile de ricin, on met dans une tasse le jus exprimé d\u2019un citron, au-dessus on verse doucement l\u2019huile, puis ensuite un nouveau jus de citron; on avale le tout sans reprendre haleine et on n\u2019a pas senti le goût de l\u2019huile.Dans le cas d\u2019inflammation des gencives, il suffit de frotter les gencives avec un jus de citron.Une infusion de camomille additionnée de jus de citron soulage les maux d\u2019estomac; une infusion de thé avec jus de citron convient aux maladies de foie.Rien ne nettoie mieux les mains salies par l\u2019encre ou par les travaux du ménage qu\u2019un jus de citron; de même il blanchit les chapeaux de paille blancs salis par la poussière et la pluie ou fanés par le soleil.Il e3t astringent et soulage les engelures, les crevasses, fait disparaître les rougeurs et embellit la peau.Il ravive l\u2019éclat des lèvres Entretien du linoléum.\u2014L'emploi de tapis et de chemins de linoleum pour les chambres, les corridors, les vestibules, les ateliers, etc., se répand de plus en plus, en raison qu\u2019ils offrent des avantages quant ft leur durée, leur commodité et leur propreté.Il faut ajouter à cela qu\u2019on les entretient a peu de frais, en bon état.Pour conserver au linoleum son brillant, il suffit de se servir du procédé suivant qui est à la portée de tout le monde: laver régulièrement toutes les deux ou trois semaines au bout de trois à quatre mois, c\u2019est-à-dire à peu près trois fois par an, il faut les frotter en employant une faible solution de cire jaune dans de l'essence de térébenthine; l\u2019on peut également utiliser pour cela de l\u2019huile de lin.Les tapis et chemins demeurent, par ce procédé, constamment propres et brillants.Contre l\u2019humidité des murs et parquets.\u2014Voici un procédé recommandé par Raspail, pour empêcher l\u2019humidité sur les parquets et sur les murs d'un appartement situé au rez-de-chaussée: lo On refait le pavé avec 15 centimètres de mâchefer et de poussière de charbon On étend ensuite une couche d\u2019asphalte de 2 à 3 centimètres, et on place les carreaux par dessus.2o Les murs étant crépis au plâtre, on les enduit de la composition suivante: Cire jaune, 100 gr.; essence de térébenthine, 4 kilos.On échauffe ensuite le mur pour le sécher.On procède par.fractions du mur, en ayant soin d\u2019enduire avec un pinceau, à mesure que le plâtre sèche.Tenir la composition sur la cendre chaude.On a aussi recommandé, pour le même usage, une colle composée de gélatine et de bichromate de potasse.Eau, 100 gr.; gélatine, 50 gr.; bichromate, 5 gr.Bain do beauté.\u2014Prenez deux livres d\u2019orge mondée, trois livres de lupin pulvérisé, huit livres de son, six poignées de bourrache : faites bouillir le tout' dans huit litres d\u2019eau de.fontaine; il n\u2019y a rien qui embellisse la peau comme ce bain.Bain d* pieds adoucissant.\u2014Faites bouillir dans de l'eau claire une livre de son, quelques racines de guimauve, une ou deux poignées de pariétaire, autant de branche ursine, plante épineuse nommée aussi acanthe.Papier chimique contre les douleurs, les brûlures et les cors.\u2014Huile de lin, 500 gr.; ail, 30 gr.; essence de térébenthine, 500 gr.; sel de Saturne, 60 gr.; cire jaune, 30 gr ; miniurfl, 15 gr.On fait d\u2019abord bouillir l\u2019ail avec l'huile, on passe et l\u2019on ajoute les autres substances; on applique le mélange sur des feuilles de papier de blaireau, forme queue de morue, l\u2019on fait sécher à l\u2019étuve.Salade de homards.\u2014Après avoir ôté l\u2019écaille du homard, lavez-le et coupez la chair par petits morceaux que vous ferez cuire dans l\u2019eau bouillante.Prenez quatre ou six oeufs durcis, coupez-les par tranches et mêlez au homard, ajoutez l\u2019huile, le vinaigre et autres épices au goût.Galette au beurre.\u2014 Prenez deux oeufs, une tasse de sucre, une de beurre, quatre cuillerées à thé de poudre allemande mêlée avec la farine, du saindoux ia grosseur d\u2019un jaune d\u2019oeuf.Faites cuire une heure â tin feü assez ardent.Pudding au chocolat.\u2014Prenez trois onces de chocolat râpé que vous délayez dans une pinte de bon lait bouilli.Quand il sera refroidi, ajoutez les jaunes de cinq oeufs et une tasse de sucre.Faites cuire environ vingt-cinq minutes; battez les blancs pour mettre dessus; faites dorer au fourneau et mangez froid.Pudding au riz.\u2014 Prenez quatre onces de riz que vous laissez tremper une demi-heure dans l\u2019eau chaude, jetez l\u2019eau et mettez bouillir le riz dans un demiard de lait, avec un peu de cannelle, jusqu\u2019à ce qu'il soit bien tendre; lorsqu\u2019il sera froid, ajoutez quatre oeufs bien battus, une tasse de crème, trois onces de sucre blanc, gnuscade, écorce de citron au goût.Beurrez un plat, versez-y cette préparation.Ajoutez dessus quelques petits morceaux de beurre, et Lûtes jaunir dans le fourneau.Tomates farcies\u2014 On prend de grosses tomates bien fermes, et on les coupe en deux.On enlève les pépins.Ayez tout prêt, un hachis de veau, ou de poulet avec des miettes de pain, du persil, dupoivre, du sel, deux jaunès d\u2019oeufs, le tout mêlé ensemble.Remplissez les tomates avec ce mélange et servez-vous des blancs des deux oeufs, pour coller les 2 morceaux de chaque tomate.Placez les tomates dans de la graisse bouillante, retournez-les de temps en temps.Il ne faut pas plus de douze â quinze minutes de cuisson.Cette recette de tomates farcies est tirée d\u2019un vieux livre de cuisine française.Beignes à la Portugaise.\u2014G oeufs battus séparément, une tasse de beurre défait, une demi-tasse d\u2019eau, deux tasses de sucre blanc, une cuillerée à thé de soda, une tasse et demie de crème de tartre, mêlée â la farine.Tarte aux oranges.\u2014Faites bouillir deux pommes, mettez-les dans une croûte; pelez et tranchez ensuite une orange de bonne grosseur de laquelle vous enlèverez les graines; ajoutez la aux pommes et saupoudrez du sucre et la moitié d\u2019un biscuit >116; oeuvrez.CASSE-TETE CHINOIS 1>1 \u201c SAMEDI \u201d Xo U(i;S Lu danse Liste des concurrents: MONTREAL Mmes F Allard, L Beausi \u2019 ¦;!, C Dérigé, J Dubois, J Groleau, Lafontaine, L Lallbérté, E Lap' >, M Martineau, R P Paren.eau, j .7 Robin, A Sieotte, N W Tanguay, Mlles S Bergeron, A Bernard, B Cla-vet, A L Désaulniers, M Duran 1, L Fortin, P Jérôme, M Laferrière, R A Larivière, I Mallette, B Page :_\u2019f.D Provost, M Pelletier, 1 Théhcrge, A Vlllemur, MM G Albert, J A Olui-pleau, F Decelles, H Desparoi ' A Gamache, W Godin, JT R LeclaLe, J Marauda, Montréal.CANADA Pu homme qui détient «ans doute le record pour le nombre des grands voyages qu\u2019il a accomplis, c\u2019est le rnpRalne Nedward Gréenstreet qui ; commande le paquebot \"Rinutaka\u201d, appartenant â une compagnie de navigation de lu Nouvelle-Zélande.Comme il fait régulièrement l'énorme traversée de Londres â la grande | île de l'Océanie, il en est â son soi-ante-douzième tour du monde.Etant encore assez jeune, il compte 1 : -il m faire au moins cent si l\u2019on .songe que chaque voyage ne représente pas très loin de 40,000 kilomètres, on peut croire que, dans quelques années il aura piesque atteint an million de lieues en chiffres ronds! .* , Elle.\u2014J\u2019aurais déjà fait enlever ! cette 'dent si elle était à moi! Lui- -Moi aussi, si elle ôtait à vous.Mlle N Marquis, Beauceville Est; Mlle M A Dickner, Beauharnois ; Mlle A Côté, Bic; Mile A Dupuis, Coaticook; Mlle R Dalaire, V Roux, Danville; Mme L Descoteaux, Fas-sett Mlle H D\u2019Autcuil, Fraserviüe; Mme N Diotte, Hull ; Mlle A B Rouleau, Isle Verte; Mme A Boisseau, Louiseville; Mlles A Monette, G Mollette, Maisonneuve; A Beauchemin, Marievllle; Mlles II Bernier, Mata-ne; Mlle J Gauthier, Metahetchouan: Mlle B Hébert, Montmagny; Mme 1: A Proulx, Mlle D Rivet, Ottawa : Mme A Belleau, Mlle E Picard, M J O Garneau, Québec; Mlle A Melan-çon, St-Guillaume d\u2019Dpton; A Lali-berté, St-Tsidore; Mlle A Simard.St-.Tean; Mme A Pageau, St-Jovite; Mlle M André, Ste-Lucie de Doncaster; Mme O Langelier, J Perron, St-Prime; Mme JL Lizotte, Mlle A A Lizotte, 'MM F Desrosiers, J G Le-may 2f, Sorel; Mlle Y Bilodeau, .1 E Jolin, Thetford Mines; Mme H V, Lord.Trois-Rivières; Mlle T St-Denis, Valleyfiold Mlle E Robert, Vau-dreuil.ETATS-UNIS Mme N Lemoine, Bellingham.Mass; Mlle L Côté, Fall River, Mass; L Lavoie, Franklin, NII; Mme I' Rlvest, Greenwich, Conn ; Mlles M Lajoie, A Martel], R Morin, G Ouimet, Holyoke, Mass; Mlles A Bergeron, B Ouellet, Lawrence, Mass; Mlle L Bossé, O Cloutier, Lewiston, Me: Mme C O Provençal; F A Beauohes-ne, A Crevler, Lowell, Mass; J Duval, J Gravel, A Paquin, Manchester, N H; P Cotnoir, ManvIUe, RI; Mme M Fidel, Mlle I Lamare, MM E Michaux, F A Puyau, Nouvelle Orléans, La; Mlle R Lefebvre, Providence, R I; Mme M Lachance, Salem, Mass; Mme F X Jean, Mlle A Turgeon, Somersworth, N H; P L Valognes, South Jet, Mass.Gagnants Mme J Groleau, Mlle Alphée Bernard, Montréal; Mlle R Dalaire, Danville; Mlle E Robert, Vaudrcuil; Olivier Cloutier, Lewiston, Me; Mme C O Provençal, Lowell, Mass.Les six personnes dont les noms précèdent ont droit â 50 contins en argent.Les personnes appartenant â Montréal qui ont gagné des prix sont priées de passer â nos bureaux et les autres de nous écrire pour nous indiquer où leur envoyer le montant.\u201c En somme, mon ami, ce chien sauveteur n\u2019a jamais sauvé personne?.\u2014Mon Dieu.c\u2019est-à-dire qu\u2019il s\u2019est \u201csauvé\u201d lui-même plus 'de .20 fois: chaque fois qu\u2019on l\u2019appelait pour sauver quelqu\u2019un.\u201d Gaston est assis sur une chaise et Germaine sur les genoux de Gaston, son fiancé.Au bout de deux heures: \u2014Ah! mon Dieu! vous devez être fatigué, mon ami.\u2014Non, non, je l\u2019étais tout à l'heure, mais maintenant.\u2014Maintenant?Je suis paralysé! .Nous vivrons peut-être assez long-j temps pour voir à la porto de certains magasins ou de certains édlii-I ces des plaques en marbre ne portant plus le traditionnel: \u201c Durand I et fils, ingénieurs-constructeurs \u201d, Durand et ses filles \u201d, Tout est aujourd\u2019hui à la cinquième vitesse.Pour se faire bien venir des hommes, il n\u2019y a qu'une parole qui vaille mieux que le silence: une parole de flatterie.\u2014La Bruyère.I Que la prospérité des méchants ne [ vous scandalise lias.Dieu est patient I parce qu\u2019il est éternel.\u2014Tertullien.Est-il nécessaire de rappeler qu\u2019il est peu poli et.moins que convenable, en parlant d\u2019un magistrat, d\u2019un religieux, d\u2019un fonctionnaire, d\u2019une autorité, etc., retiré ou démissionnaire, de dire: \u201c ex \u201d au lien de \u201c ancien\u201d?La belle langue française a des nuances élégantes et de lien goût qui s\u2019imposent et qu'il faut, savoir respecter en toute circonstance.\"Ex\u201d, préfixe latin, veut dire plutôt: \u201cen dehors, chassé, témoin, excommunier \u201d, Dixit! Petites définitions Empiéter.-\u2014Façon de voisiner.Escapade.\u2014 Petit nom d\u2019amitié que l\u2019on donne à toutes les turpitudes, à toutes les infamies de son enfant.Exorde.\u2014L\u2019éclair qui nous menace.d\u2019un discours.Fard.\u2014 C\u2019est comme la paille, qu\u2019on ne voit que dans l\u2019oeil de son prochain.Franchise.\u2014 Un prétexte, comme un autre, pour dire aux gens leurs vérités.Geôlier.-\u2014Le captif.d'un prisonnier.* La confiance est la partie la plus touchants de l\u2019amour.\u2014C.Rarratln. 26 LE SAMEb'ï «TITUS ANNONCES Dü \"SAMEDI\" I.\tAnnoncM privées: (n\u2019ayant aucun ca-raatère commercial): 10 cents et un coupon pour 10 mots ou moins, par Insertion; 20 sonts et un coupon pour 31 à 60 mots.eto.II.\tAnnonces commerciales: 20 cents et un coupon pour 30 mots ou moine, par Insertion: 40 cents et un coupon par 31 ù.60 mots, etc.Nota: Si vous n\u2019envoyez pas de coupon le tarif est de 2 cents par mot pour Annonces Privées et de 4 cents par mot pour Annoncée Commerciales.Nous nous réservons le droit de refuser l'Insertion de toute annonce, et dans pareil cas nous retournons l\u2019argent, en faisant connaître la raison du refus.Nous ne pouvons promettre l\u2019insertion qu\u2019à tour de rôle.AVIS AUX ANNONCEURS Nous attirons l'attention des annonceurs sur le fait que nous ne publierons pas les annonces dans lesquelles l\u2019adresse ne contiendra que des initialos ou un prénom,ou un nom supposé avec seulement la désignation de l'endroit, tel que Montréal, Ste-Adé-le, I.évls, etc., parce que les lettres ou cartes ainsi adressées ne sont pas remises au destinataire, par les autorités postales, mais envoyées au bureau des rebuts.COUPON DES PETITES ANNONCES Accompagné de la somme de 10c ou plus, suivant le cas, ce Coupon donne droit & l\u2019insertion d\u2019une petite annonce dans le SAMEDI.(Voir conditions.) Ce coupon est valable jusqu\u2019au 22 Janvier 1910.BRUNETTE, aux yeux noirs, 18 ans, désire correspondre par c.p.avec jeunes messieurs et demoiselles du monde entier.Correspondance française ou anglaise.But: fairecon-naisance.Ad: R.A.Bertrand, 10 Walnut St, Biddeford, Maine.GARÇON sympathique désire correspondantes Instruites, affectueuses, sérieuses, 23 ans au moins, Montréalaises strictement.But: trouver une véritable amie.Eviter correspondance inutile.Spécifier l\u2019fure immédiatement A.Lermina, 1 \\,Jô Notre-Dame Est, Montréal.GENTILLES brunettes et blondinettes, aimeriez-vous correspondre avec un châtain âgé de 19 printemps, yeux bleus, coeur amoureux! Vues seulement.But: la plus aimable le saura.Gustave, 12 Crown St, Québec.JEUNE PILLE brune, désire correspondre par cartes postales avec messieurs du monde entier.Réponse assurée.Rose Débois, 411 Aylwin, Hocheiaga, Montréal.JEUNE FILLE châtaine, aux beaux yeux bruns, désire correspondre avec jeunes messieurs du monde entier, par cartes ou lettres.But ?le plus aimable le saura.Ad: Mlle Pleur Ange, 571 rue Maisonneuve, Montréal, P.Q.JEUNE INSTITUTRICE, 20 ans, désire correspondre avec messieurs instruits, ayant bonne position.A.E Renaud, 1G1 Ste-Catlierine Est, Montréal.JEUNE HOMME aux yeux bleus, un peu amoureux, désire correspondre avec brunes ou blondes.Bienvenue aussi aux anciennes correspondantes.\u201c Amical Sourire \u201d Botte P.234, Coaticook, Qué.JEUNE HOMME brun, âgé de 21 ans, désire correspondre avec demoiselles du monde entier.Correspondance française, anglaise ou sténographie.Répondra par genre reçu.Wilfrid Lalongé, St-Prançols de Sales, Co Laval, P.Q.JEUNE HOMME de 21 ans désire correspondre par c.p.avec monde entier demoiselles préférées; réponse assurée à toute carte Arthur Dorpliln, 309 Main Street, Biddeford, Maine.JEUNE HOMME, rentier, belle position, désire échanger cartes illustrées avec veuves ou demoiselles.But sérieux.Aimé Lami, Station C., rue Amherst, Montréal.JEUNE HOMME de 20 ans, blond, désire correspondre par cartes postales avec jeunes filles du inonde entier.But: écrivez vous le saurez.Rép.assuré.Nap.Delisle, 71 Union Ave, Laconia, N.H CONCOURS DE DEVINETTES JANVIER\tNo 3 Un lion est là! Le voyez-vous?x/Mrs f\u2018t mmx ':z
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