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Titre :
Le samedi
Éditeur :
  • Montréal :Société de publication du "Samedi",1889-1963
Contenu spécifique :
samedi 2 octobre 1909
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque semaine
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  • Nouveau samedi
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Le samedi, 1909-10, Collections de BAnQ.

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[" ILVilO NUMÉRIQUE Première(s) page(s) manquante(s) ou non-numérisée(s) Veuillez vous informer auprès du personnel de BAnQ en utilisant le formulaire de référence à distance, qui se trouve en ligne : https://www.banq.qc.ca/formulaires/formulaire reference/index.html ou par téléphone 1-800-363-9028 Bibliothèque et Archives nationales Québec ES ES ES ES LE SAMEDI Vol.XXT, Xo 17\t2 Octobre lOft!) - IP-A-IR, - fortuite du boisgobey Feuilleton du \u201c Samedi S mm® Puemiere Partie L© Masque de No I I Il tut très long, le gai carnaval de 1821 ot le mois de mars venait de commencer, quand Paris goûta les joies des jours gras.Et Paris, alors, ne pensait qu\u2019au plaisir.Le soir du dimanche gras de cetH bienheureuse année, tous les théâtres étaient pleins, et on dansait partout.On dansait même au Marais, au premier étage d\u2019une vieille maison de la place Roy, ale, chez M.le chevalier de Saint-Hélier, un gentilhomme que les bourgeois du quartier accusaient de s\u2019être anobli de sa propre autorité Ils lui en voulaient de ne pas les admettre dans son salon où il recevait une société choisie, et leurs femmes jalousaient sa fille, Mlle Oetavie de Saint-IIé-lier, qui les éclipsait toutes par son élégance et sa beauté.Le chevalier ne frayait point avec des négociants abonnés au \u201cConstitutionnel.\u201d Il était royaliste, il se piquait d\u2019aimer les arts et la littérature.Aussi ne -ecevait-il que des gens bien pensants, des hommes du monde, des peintres, des musi- cicns et des acteurs en vogue.Ce soir là, ees diverses catégories d\u2019invités étaient représentées à la porte de son hôtel: la première, par quelques équipages les trois autres, par de modestes fiacres- Soup les arcades, causaient deux retardataires.qui venaient de descendre d\u2019un s.mple cabriolet à gros numéros, et qui n axaient pourtant ni la tenue, ni la mine des artistes de ce temps, où les artistes étaient aussi pauvres que les écrivains.L'un portait un costume de bal à la Publié en vertu d\u2019un traité avec la Société des gens de lettres.dernière mode: chapeau à claque, habit bleu a boutons d\u2019or, jabot plissé, culotte courte, escarpins et bas de soie.L\u2019autre était en grand uniforme de garde de corps, l\u2019épée au côté, l\u2019épaulette de sous-lieutenant à l\u2019épaule droite, botté, ép >-ronné et casqué.Le plus âgé de ces cavaliers n\u2019avait pas vingt-cinq ans, et il était difficile de décider lequel des deux était le plus grand, le mieux tourné et le plus joli garçon, car ils étaient à peu près de la même taille et ils se ressemblaient beaucoup de visage.Seulement, le militaire avait les yeux et les cheveux noirs .le geste vif et «ii physionomie mobile; l\u2019autre au contraire, avait un peu l\u2019air d\u2019un jeune lord anglais, blond, froid et gourmé.\u2014Décidément, tu ne veux pas que je te présente?demanda le gentleman.Non, morbleu! répondit en riant le garde du corps.C\u2019était déjà bien assez de t\u2019avoir accompagné jusqu\u2019à la porte.On dit qu on vole les coeurs, chez ton M.de Saint-Hélier, et je tiens à conserver le mien.\u2014Oh ! pour ce que tu en fais.Mon cher, j\u2019en fais ce que je veux, ou plutôt cc que je peux, et je n\u2019ai pas la moindre envie de l\u2019offrir à la belle Oetavie.\u2014Tu le places quelquefois plus mal.D accord.J\u2019avoue même que depuis huit jours, je l'ai fort aventuré.Mais c\u2019est égal, je te conseille de te défier.On prétend que la fille du sire de Saint-Hélier ne serait pas fâchée de devenir comtesse.Et tu es comte, mon cher cousin ; ta noblesse remonte même aux croisades.n\u2019en déplaise à ton frère, qui s\u2019avise maintenant de faire le libéral et de renier ses ancêtres Or, les Saint-Hélier n\u2019ont jamais, que je .sache, monté dans les carosses du roi, et si ton chevalier était obligé de faire ses preuves.¦ 1 est le dernier représentant d\u2019une des plus Vieilles familles de J\u2019Aunis.\u2014Hah! vraiment?de l\u2019Aunis?Je le croyais plutôt de l\u2019aune- M.de Clisson, oui est brigadier dans la compagnie de Nouilles, jure que les aïeux de Suint-llé-Ler vendaient du drap.Il faudra que je me renseigne auprès de mon père, qui sait son armorial sur le bout du doigt.\u2014^l(in cher Henri, dit vivement René, ,|0 te prie de ne jamais parler de cela à mon oncle, et même de ne pas lui dire que je frequente la maison du chevalier., Allons donc! te voilà où je voulais 1 amener.à faire des aveux.Je suis fixé maintenant.Tu es amoureux fou de Mlle Oetavie.et, avec le caractère que je te connais, tu es très capable de l'épouser.°', tu te doutes bien que mon père s\u2019opposerait a ce mariage absurde, et tu tiens à ne pas le brouiller avec lui.Sois tiym-quille, je ne te dénoncerai pas.à eon-dit on.ajouta gaiement le jeune officier, à condition que tu ne dénonceras plus mes visites chez les Casanova.\u2014Tu te trompes, Henri dit René, plus ému qu\u2019il ne voulait le paraître.Je n\u2019épouserai personne.Je serais un trop innovais parti, n\u2019ayant, pas comme toi.1 avantage d\u2019être le fils du général mar-finis de lironsgc.pair de France.'\u2014Tu es son neveu.C est vrai; mais mon père, tu le sais, ne m\u2019a hrssé aucun patrimoine, et il ne me convient pas de m\u2019allier à une famille riche.Je vais volontiers chez le chevalier.parce qu\u2019on s\u2019y amuse, et aussi, j\u2019en conviens, parce «pie sa fille est charmante.-Mais ne crains rien.Je rapporterai mon coeur.Et maintenant, bonsoir, puisipm tu es décidé à aller finir la nuit dans ce (impôt.\u2014Tripot est dur.vertueux cousin- La maison «le Madame Casanova, tante de l'adorable Stella, n\u2019est pas un couvent, mais on y rencontre fort bonne compagnie, et 1 12 LÈ SAMEDI la preuve, cVst que j'y ni vu plu» il\u2019\u201d'\"' l\u2019ois tou frère Fabien.\u2014Mon frère a grand tort de banter ee monde-là.__Ce momle-là, mon elier, vaut bien cm il ni qui te charme.Au moins on y est franc, et on ne s\u2019y donne pas de grands airs.La tante vit peut-être de 1a bouillotte et du ereps.Fourrais-tu m\u2019indiquer \u2022la source des revenus de M.de Saïut-He-lier et me prouver que Mlle Oetavie ne fait pas la chasse aux épouseursï Mais je n\u2019ai rien à y voir, et je perds mon teriips à le prêcher, pendant que mes rivaux ont des mains superbes au ereps et font les yeux doux a Stella.Honsoiv donc et bonne chance! Si tes amours te laissent quelque loisir, viens me prendre demain, vers midi, à l\u2019hôtel paternel.Je ne suis pas de service.Nous irons déjeuner au café Hardy.Et, sans attendre la réponse de René, le garde du corps courut à son cabriolet ¦de t uiage.Son cousin le vit grimper dans cette -caisse, peinte en jaune serin, haut perchée sur des roues immenses, et il haussa les épaules en murmurant: __Cette créature lui portera malheur.Ah! si j\u2019étais comme lui, héritier d une pairie et de cent mille livres de rentes ce n\u2019est pas chez une aventurière que je pas-« édités ma vie.Le cabriolet jaune était déjà loin.René après l\u2019avoir suivi un instanl des yeux, se décida à franchir la porte enchère.éclairée par deux lampions, et monta lentement le large escalier, dont les marches usées devaient dater du temps ou Marion Delorme habitait la place Royale.1ms amoureux, au moment où ils vont paraître devant l\u2019objet aimé, ont une attitude, une allure et des gestes a eux-L\u2019observateur le moins perspicace eût deviné du premier coup d\u2019oeil que le cousin Henri ne s\u2019était pas trompé, et que René ne venait pas chez M.de Saint-TIe-lier pour le plaisir de danser des contredanses et d\u2019entendre réciter des vers.Il froissait son jabot d une main fievieii-se il parlait tout, bas, il gesticulait'» -en marchant.En un mot il avait l\u2019ri'\"' d un écolier qui va faire ses debuts dans le monde.Ce n\u2019était pourtant.ni un débutant, ni un sot.ni même un timide, que le comte René de Brouage, attaeVié au ministère des affaires étrangères.\t, Son père ayant guerroyé contre l,n Ré-piibFquo.en Vendée et en Bretagne, s\u2019était réfugié à Londres et y était mort sons le Consulat, après avoir épousé une Irlandaise fort noble et fort pauvre qui lui avait survécu de bien peu.René s'était trouvé à six ans orphelin et demie de tout.Il avait un frère, et ces deux déshérités seraient certainement morts de f.n'm.s\u2019ils n\u2019eussent été recueil b s par un parent de leur mère qui f.virt pris soin d\u2019eux et les avait fait élever au collège des Jésni'cs de Dublin.Ils n\u2019apercevaient pas d\u2019autre avenir que 1 expatriation aux Tildes on au Canada, .avec une commission de cadet dans un regiment, lorsque la chute de Napoléon leur permit de rentrer en France.Us se hâtèrent d\u2019y revenir et ils y trouvèrent un protecteur sur lequel ils comptaient plus.Le chef de la maison,, le marquis Adalbert de Brouage, frère aîné de leur père, avait émigré dès le début de 1a Révolution.et il avait eu meilleure fortune que son cadet.11 s\u2019était marié à Coblentz avec l\u2019héritière d\u2019une riche et noble maison allemande et, de plus, aussitôt après le Dix-Huit Bruina rc, il était rentré en France en faisant sa soumission au gouvernement du premier consul.Bonaparte, qui recherchait les grands noms et les braves officiers, s\u2019était empressé de nommer sous-lieutenant de cavalerie le riche et brillant volontaire de l'armée de Coudé.Pendant quatorze ans, il ne se donna pas un coup de sabre en Europe sans que le marquis fût la pour le recevoir et surtout pour le rendre.Il avança vite.11 était colonel au début de la campagne de Russie.11 passa général de brigade à Lutzen ; et, après 1 abdication de l\u2019Empereur, il se rallia au roi, qui l\u2019accueillit à merveille.Le souverain légitime ne pouvait pas savoir mauvais gré à un gentilhomme d\u2019avoir servi la France.Trois ans après la première Restauration.le marquis de Brouage était lieutenant général, et fut compris dans la promotion du 5 mars 1819, qui appela à la pairie de grandes illustrations du nouveau régime et de grands noms de l\u2019ancien.De général ne s\u2019était pas occupé de ses neveux pondant la durée de l\u2019Empire, et, à vrai dire, il ne savait pas au juste s\u2019ils vivaient encore, mais en 1814.il les reçut à bras ouverts et il les combla de bienfaits.11 commença par leur faire restituer une terre qui avait appartenu à leur père et qui ,l\u2019avait pas été vendue, quoique elle eût été confisquée comme bien d\u2019émigré sous la Terreur.Fuis il leur offrit d\u2019obtenir pour eux un grade dans la maison militaire du roi; René préféra rentrer dans la diplomatie, et Fabien aima mieux vivre du maigre revenu que lui assurait sa part de propriété du domaine paternel.Fabien avait certaines idées que son aîné ne partageait pas.An commencement de 1S24.le comte René de Brouage était à la veille d\u2019être nommé secrétaire de légation mais il se sentait peu disposé à aller vivre dans une petite cour d\u2019Allemagne on d\u2019Italie.Et cependant, il ne profitait guère des' plaisirs de Faris, car il y menait une vie fort retirée, voyant peu son cousin, encore moins son frère, et se montrant assez rarement chez son oncle, quoique sa cousine Antoinette, la charmante fille du général lui fit le plus gracieux accueil lorsqu\u2019il s\u2019y présentait.René depu\u2019s six mois, n\u2019était assidu que cliez M.«le Saint-Tïélier.et il n\u2019était pas précisément attiré chez ee personnage par la compagnie qu\u2019on y recevait, compagnie où foisonnaient les célébrités littéraires de l\u2019époque.11 n\u2019en était pas moins poète à sa façon : 2 son coeur s\u2019ouvrait volontiers aux sentiments cthérés.\t.René rêvait passion pure, sympathies mystérieuses et autres chimères qui devinrent fort à la mode un peu plus tard.L\u2019idéal qu\u2019il se forgeait avait cependant fini par prendre un corps, et Oetavie de Saint-Bélier réalisait si bien cet idéal, que le jeune comte ne manquait pas une des réceptions de la place Royn- Le dimanche gras, il y arriva fort tard, ayant, à son grand regret, longuement dîné avec son cousin Henri et d\u2019autres gardes du corps de la compagnie de C\u2019roy; si tard, qu\u2019il croyait avoir à peine le temps d\u2019échAUger quelques mots avec la belle Oetavie.Les réunions ne se prolongeaient guère au de là de minuit chez M.de Saint-Bélier, qui aimait à se coucher de bonne-heure.D\u2019ordinaire, la fête commençait par une lecture et se terminait par un diversement moins sérieux lorsqu\u2019il s y trouvait des peintres assez gais et des muses assez jeunes pour former un quadrille.Mais l\u2019occasion de danser se présentait rarement car on n\u2019y admettait guère que des femmes sur le retour et de graves écrivains.\t, René vit tout de suite qu\u2019on en était encore à la première partie de la soirée, et le domestique préposé a 1 introduction des invités lui dit a voix basse, en lui ouvrant la porte du salon: -\u2014Je n\u2019annoncerai pas monsieur le comte On lit- On lisait, en effet.René se dispensa d\u2019écouter la suite.Ses yeux se détournèrent bien vite de la ridicule lectrice pour chercher la fille du chevalier.Il l\u2019aperçut assise dans l\u2019embrasure d\u2019une fenêtre, pas très loin de lui et isolée, suivant sa coutume, car elle affectait de ne pas se mêler aux ennuyeux de l\u2019un et de l\u2019autre sexe qui se rassemblaient périodiquement dans le salon de son père.Elles les tenA't en médiocre estime, et, eu fuyant les contacts et les causeries vulgaires, elle obéissait a sa nature.Cette fille d\u2019un chevalier douteux était née pour être reine.Elle avait les façons et les instincts d\u2019une souveraine.Aussi inspirait-elle aux amis de la maison plus de crainte que de sympathie.Les femmes sentaient qu\u2019elle se moquait de leurs prétentions a 1\u2019elegance et a 1 esprit.Les hommes devinaient qu\u2019elle les trouvait ridicule et qu'elle préférait à tous les académiciens du monde un jeune et beau cavalier.Ces messieurs se vengeaient de son dédain en rimant contre elle, dans le silence du cabinet, de virulentes épigrammes.Les femmes déclaraient qu\u2019elle s\u2019habillait mal.11 est vrai qu\u2019elle ne suivait pas les modes du temps, qu\u2019elle se coiffait à sa guise, qu\u2019elle lie cultivait ni la poésie ni les péri-phrases, et, que l\u2019encre ne tachait jamais ses doigts effilés.Mais c\u2019était une admirable créature.Grande, svelte, avec de superbes épau- LE SAMEDI 13 les et des bras de statue grecque, elle montrait un visage dont la beauté rayonnait.Sa beau blanche, d\u2019une blancheur nacrée et transparente se colorait parfois d\u2019une teinte rose comme les premières clartés de l\u2019aurore, et son front, qui semblait taillé dans un marbre de Paros, était couronné par d\u2019épaisses nattes de cheveux roux, de ce roux sombre si cher aux peintres vénitiens.Sous ce diadème d\u2019or bruni, brillaient comme deux émeraudes, des grands yeux pleins de lumière et de flamme.Quand elle les fermait, il semblait que deux étoiles venaient de s\u2019éteindre.Quand ils regardaient fixement un homme, cet homme baissait les siens.Ils erraient distraitement à travers le salon, ces yeux incomparables, mais lorsque René entra, ils s\u2019arrêtèrent aussitôt sur lui et René reçut un coup au coeur.Il la salua de loin, mais il n\u2019osa pas se rapprocher d\u2019elle, de peur de troubler les manifestations enthousiastes que provoquait la lecture.Un tonnerre d\u2019applaudissements saluait en ce moment la, période finale d\u2019un chapitre.- M.de Saint-Hélier se tenait discrètement à l\u2019angle le plus reculé du salon.Il goûtait, dans une juste mesure, les oeuvres littéraires, mais il s\u2019intéressait bien davantage à la politique du jour.Le père de Mlle Octavie avait une préférence marquée pour les gens en faveur.Elle ne lui ressemblait ni au physique, ni au moral, cette divine Octavie.Elle n\u2019avait d\u2019opinions que celles que lui dictaient ses passions.Elle n\u2019écoutait pas les tirades du roman à succès, et l\u2019avenir du ministère lui était fort indil\u2019érent.Mais elle ne perdait pas de vue René de Brouage et il s\u2019établit entre eux un échange de regards très expressifs et très significatifs.\t1 \u201cPourquoi restez-vous si loin de moi?disaient les prunelles étincelantes d\u2019Octavie.\u2014Parce que je crains d\u2019attirer l\u2019attention des invités de votre père, répondaient les yeux réservés 'de René.\u2014Peu m\u2019importent les comparses qui remplissent ce salon; venez!\u201d reprirent impérieusement les oeillades de Mlle de Saint-I rélier.Et le jeune comte, cédant à leur influence magnétique, se mit à manoeuvrer P°ur se rapprocher de la fenêtre où Octavio s\u2019était cantonnée comme dans un retranchement inaccessible aux profanes.Il 'eut tôt fait de tourner les obstacles, en louvoyant au milieu des chaises, et il eut d\u2019autant, moins de peine à passer, que la lecture 'finissait.Las, groupes d\u2019auditeurs se désunissaient pour se reformer autour d\u2019un clavecin placé à l\u2019autre bout du salon.Mais de Saint-Hélier régalait ce soir-là ses invités d\u2019une romance, \u2019paroles de Plantade musique de Parafa une romance qui ne fut, chantée pour la première fois devant le public de l\u2019Opéra-Comique-qu\u2019au mois d\u2019août dé l\u2019année suivante, une romance qui eut un succès colos- sal et que toutes nos grand'mères ont fredonnée.I n virtuose, enfoncé dans sa cravate blanche, les cheveux en coup de vent, la bouche en coeur, s\u2019apprêtait à lancer les premières notes de ce chant naïf, et une accompagnatrice maigre tracassait déjà de ses doigts osseux les touches jaunies d uil forte-piano qui fait peut-être encore aujourd hui les délices d'un chef-lieu de canton.A I instant où.après de savantes évolutions.Relie parvenait à s\u2019établir derrière la chaise d\u2019Octavie, l\u2019artiste le premier couplet: Qui traverse à la nage Vos n _ -s torrents ?Qui, sur un roc sauvage, Va défier les vents?'\u2014J'ai à vous parler, dit Mlle de Saint-ïfelier en se cachant derrière son éventail.\u2014Pardonnez-moi si j\u2019ai tardé à vous rejoindre, balbut'a René.Je craignais qu\u2019on ne nous remarquât.Vous êtes bien t inide, moi je voudrais que tout le monde dit: Us s\u2019aiment.Le comte ne répondit pas.mais il pû-pfdit.Je voudrais qu\u2019on le dit parti ut.reprit Octavie.parce que.alors, mon père renoncerai! peut-être à me contraindre.\u2014Vous contraindre! Est-ce que.\u201411 veut me marier.M.de Brouage se tut encore.L\u2019émotion l\u2019étouffait.\u2014Ecoutez-nioi.René, continua Mlle de Saint-Hélier\u2014elle ne l\u2019avn't jamais appelé René\u2014l'heure est décisive.Je liais ce mari qu\u2019on va m\u2019imposer, je le liais, et ,je vous aime.Vous m\u2019aimez! répéta René éperdu.El il .allait se répandre en protestations passionnées; mais sa voix fut couverte par le fausset du ténor, glapissant un refrain qui fit plus tard le tour du monde : O \u2019est le Sol'taire.Il voit tout.11 sait tout.Entend tout.Est.partout.Pendant qu\u2019on bissait cette charmante ritournelle.Octavie demanda li'iin ton bref : \u2014Que dois-je faire?1\u2014Résister, répondit vivement le jeune comte.Résister?pourquoi?Le parti qu\u2019on me propose est sortable.L'homme qui a demandé ma main hier est riche, m mon père fait le plus grand cas de ses quai'tes.Ce sera un excellent mari.Quelle raison ai-je de refuser l\u2019honneur qn il veut me taire?.le ne pourrais lui eu donner qu une seule.je pourrais lui répondre que je suis engagée.et si j avais échangé un serment avec vous, .je vous le jure.Roue-, ni les prières, ni les menaces ne me décideraient à céder a mon porc.Mais je marche au hasard dans celte vie, où deux chemins sont ouverts aux femmes.le chemin du devoir et le chemin du bonheur.Notre bun- hrur.à .is, c'est le sacrifice.C'eut de pouvoir dire à un homme: \u201cVous êtes pauvre et je suis riche; .je veux être pauvre avec vous.\u201d Mais, si cet homme manque de courage, s il ne se haie pas de nous répoudry\u2019:\u2019 \"Je suis prêt, venez\u201d; s\u2019il se tait, s\u2019il hésite.alors.oh! alors, nous nous s ai venons ipi a délaut du bonheur, il y a le plaisir.Si je faisais cela, René, je .népriserais.Ce que je ferais, si j\u2019étais sure de votre amour, ce serait de fuir, île rompre à tout jamais avec le monde, de vivre de votre vie.Cette déclaration brûlante fut, couverte.nu instant, par les bruyants accords plaqiiespar la pianiste étique, au moment ou I artiste attaquait le deuxième couplet : Qui jette un sortilège Sur nos pauvres troupeaux?Qui glace sous la neige Nos moissons, nos coteaux?A I ours dans sa tanière.Qui donne le trépas?\u2014 .Ma;s non.reprit amèrement Mlle de Sa in I -1 Tel ii'i'.quand la tempête d'harmonie s apaisa pour laisser le chanteur filer ses notes douces; non.ce sont là des rcVes.des lolies.Sa s-je seulement si vous m\u2019aimez?\u2014Si je vous aime! murmura René.Ah! j espérais que vous n\u2019eu doutiez plus.Si j
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