Le samedi, 1 septembre 1902, Supplément 2
[" Vol.XIV, No 15.LE SAMEDI (il) FEUILLETON DU \u201cSAMEDI\u201d, 13 SEPTE.MlUiK 19)2 U) L'homme Rouge OUÀTRIEME PARITE £\u2022#\t«3\" t».sûice I.\u2014X.15 CAI.ICUONIICN (Suite) Une voix monta: \u2014Tiens! le Calédonien arrive.Des têtes se dressèrent: \u2014Lis ! lis ! La voix lut dans le silence général : \u201cLe transport le Calédonien\u201d est attendu après-demain à Pauil-Lc.Il rapatrie les déportés qui ont été graciés le mois dernier.L\u2019état sanitaire.\u201d L\u2019entrée de Delmat interrompit la lecture ; tout le monde se tourna vers lui pour avoir les dernières nouvelles : \u2014Eh bien?\u2014Rien encore; mais la dépêche ne peut tarder maintenant et je la recevrai ici.L\u2019Homme-Rougc paraissait fort tranquille.\u2014Il n'y a qu\u2019à attendre; l\u2019issue n\u2019est pas douteuse: (la toi sera votée.Vingt voix crièrent : \u2014Sûr?' \u2014Sûr.On a fait le pointage; il y a une majorité certaine.Les visages se détendirent, des mains vinrent chercher celles de Delmat.\u2014Qu\u2019est-ce qu\u2019on lisait donc quand je suis entré?demanda-t-il.\u2014La nouvelle de l\u2019arrivée du Calédonien.L\u2019Homme-Rouge tressaillit.\u2014Voyons ! On lui passa le journal.\u2014Tiens ! fit-il, je n\u2019avais pas vu ça.\u2014Achève de nous lire.Noue en étions à l\u2019état sanitaire.Il lit : \u201cL\u2019état sanitaire est bon ; on signale un décès pendant la traversée, c\u2019est celui d\u2019un rapatrié qui était déjà malade au départ.\u201d \u2014Pauvre diable ! murmura quelqu\u2019un, il n\u2019aura pas revu la P'rance ! \u2014Le nom?le nom?Il fallut répéter la question plusieurs fois pour que Delmat entendit.Il semblait affecté jusqu\u2019au trouble.\u2022\u2014On ne le donne pas, répondit-il enfin, et c\u2019est vraiment cruel.Voilà, au lieu d\u2019une seule, trente familles en deuil jusqu\u2019à l\u2019arrivée des rapatriés.\u2014Tu as raison, approuva quelqu\u2019un ; mais il y a une indication ; le mort était parti malade.\u2014Et puis?\u2014Les familles savent peut-être si ceux qu\u2019elles attendent étaient malades là-bas.Nous avons eu des nouvelles ici.Je connais pour ma part un gracié dont la santé est fort chancelante.\u2014Oui donc ?\u2014Formas, le frère rie notre camarade.Tiens! le voici, le camarade Fouras.Le camarade entrait, l\u2019air très affecté.Comme il venait du dehors, on crut à l\u2019échec de la loi.\u2014Mauvaises nouvelles?11 inclina la tête : \u2014Oui.\u2014Le Sénat a repoussé?Il se redressa: \u2014Le Sénat?L\u2019amnistie?Je ne m\u2019occupe pas de ça, moi.Je suis bien à Londres; quoi qu\u2019il arrive, j\u2019y reste.Les mauvaises nouvelles, c\u2019est autre chose.C\u2019est.mon frère.mon frère qui était à la Nouvelle et qu\u2019on avait gracié.\u2014Et alors?\u2014Alors.il est mort dans la traversée.Le Calédonien l\u2019a semé en route.Il y eut un \u201coh !\u201d d\u2019oraison funèbre.L\u2019Homme-Rougc s\u2019était rapproché du camarade Fouras.\u2014Mes condoléances, mon pauvre vieux; mais tu prends le deuil peut-être à tort.Le journal ne donne pas le nom.(1) Commencé dans lo numéro du 28 juin 11)02.\u2014Le journal?possible; mais la lettre que je viens de recevoir de notre vieille mère le donne, le nom.\u2014Ah ! ta mère.\u2014Elle a reçu un avis officiel.Delmat naissa la tête: \u2014C\u2019est cruel! murmura-t-il.Il avait l\u2019air aussi affecté, pour le moment, que le frère du moi Des camarades l'invitèrent à boire.\u2014Du moment que l\u2019amnistie est sûre, arrosons-la! Il accepta, mais il trempa à peine ses lèvres dans la boisson, et oublia de lancer une de ces phrases à panache qui étonnaient les camarades.11 était étrangement soucieux; on n\u2019eût jamais dit qu'il était à la veille de rentrer à l\u2019aris, amnistié, libre! Il songeait.Sur ce Calédonien qui ramenait les camarades graciés, il voyait quelqu'un qui lui interdisait de reparaître à l\u2019aris, avec qui il faudrait d\u2019abord régler un compte, et quel compte! Il voyait sa victime, Raymond 1,arrêt! il savait que le martyr était sur ce bateau, et, un moment, il avait pu croire que c'était lui, le malade, le mort de la traversée.Mais Fouras avait souillé sur cet espoir.Raymond Larrêt n\u2019avait pas succombé, et il rentrait ; après-demain à l\u2019auillac, dans trois jours à l\u2019aris.et quelques Heures après en Normandie, dans les bras de sa famille, dans ceux «h1 sa femme\u2014 de sa femme qui allait peut-être recouvrer la raison en revoyant son mari ! Il était au courant de la situation; il savait exactement dans quel état sa victime était sortie de la maison de santé et comment sa tille l\u2019avait conduite à la i\u2019ommière.\u2014Eli bien! j'y serai, moi aussi, à l\u2019auillac! Je l'v attendrai et nous réglerons tout de suite! Je ne veux pas qu'il arrive à l\u2019aris! Il n'v arrivera pas ! Kl lui supprimé, je supprimerai sa femme qui fini rail par guérir sans lui; et après sa femme, ce sera le tour de tous ceux qui pourraient me faire obstacle.J'ai mon rôle à jouer à l\u2019aris, je le jouerai ! Son parti était pris, il allait s'embarquer ce soir meme, descendre à Calais, demain à l\u2019aris, et de là a l\u2019auillac par le rapide de l'.or-dcaux.Il serait à son poste avant l'heure et aurait le temps de preparer le règlement.Une réllexion le glaça : \u2014Ou l\u2019attendra là-bas, on sera allé au-devant de lui.il l'écarta: \u2014Je trouverai.Il faut que je trouve! Je ne veux pas qu'il arrive à Paris! D\u2019abord, partons! 11 entendit qu\u2019on l\u2019appelait : \u2014Delmat ! Delmat ! Il leva la tête: \u2014Quoi?qu\u2019est-cc qu\u2019il y a?\u2014La dépêche ! la dépêche ! On lui tendait le pli, il le prit et l\u2019ouvrit en trcmbalnt, d\u2019un émoi qui n\u2019était pas feint.Il lut\u2014et toute la salle lisant avec lui sur son visage hurla de colère : \u2014La loi est repoussée! Il secoua la tête, on se trompait : \u2014Non.ce n\u2019est qu'un retard: la fin de la discussion et le vote sont renvoyés à demain, mais ce vote est toujours sûr! Alors, pourquoi sa face s\u2019eiail-eHe si terriblement contractée que tous les camarades avaient pu y voir l'échec de la loi?Lui seul eût pu le dire, et il se 1 était dit, a lui : \u2014Votée demain! promulguée après-demain, trop lard pour que je pusse effectuer mon voyage librement et arriver à l'heure! Il serra la main aux camarades et s'en alla.\u2014A demain! Le vote est sûr.Dans la rue, il songea encore, s'obstinant sur le problème: \u2014\tIl faut que j'arrive et si je lente le coup ce soir, je serai peut-être arrêté à Calais, sûrement à l\u2019aris.( >n me surveille depuis mon vovage.Je sais bien que je serai relâché après le vole de la loi, mais trop tard ! Que faire?Il se souvint que, sur ce même bateau, il devait avoir un ami, ce vieux Martens dont la voix écoutée lui était sûrement acquise, mais cela 11c lui suffisait plus: il avait peur.Le lendemain, à huit heures du soir, l'I fomme-Rouge n'avait pas encore paru à la ' Kuiss-Tavern\".L\u2019heure d'angoisse sonnait comme la veille: la discussion close, le vote acquis et la dépêche qu'on attendait.\u2014\tDelmat?où est Delmat?L\u2019I fomme-Rouge ne se montrait pas.Cette idée s\u2019empara des camarades qu'il avait reçu la dépêche, que la loi était repoussée, et qu'après avoir tant promis, la veille, qu\u2019elle serait votée, il n\u2019osait pas reparaître.\u2022\u2014Il nous a bernés! Et on se souvint de ses airs préoccupés; il avait fallu lui corner aux oreilles l'arrivée de.la dépêche.Et de doute en soupçon, quelques-uns revinrent à l\u2019accusation: \u2014D\u2019oû vient l\u2019argent ? LE SAMEDI 70 \u2014C'est un mouchard ! lui un clin d\u2019œil, tous les arguments île jadis furent exhumés; on rappela tout ce qui avait paru louche dans sa façon de vivre et ces trahisons que lui seul avait pu commettre et qui avaient servi, le soir où Hijn s\u2019était trouvé là pour le sauver, à étayer l\u2019accusation.\u2014Mouchard ! \u2014Vendu ! \u2014Crapule ! Ls épithètes infâmes claquaient comme autant de gifles Soudain, tout ce hruit s\u2019apaisa; des camarades qui étaient allés aux nouvelles, rentraient en se bousculant, un papier à la main: \u2014Amnistie! Amnistie! J,a loi était votée.Un cri jaillit de toutes ces poitrines, une clameur de tempête qui ébranla la salle: \u2014Vive la France! h.t l'on s'embrassait, et dans ces yeux tout à l\u2019heure furieux, des larmes brillaient.Ah ! la patrie perdue, le sol natal, la famille, et cette lumière: Paris * et ce droit reconquis: citoyens français! Quelqu\u2019un monta sur une table: \u2014Citoyens, a cette heure de justice, je vous demande de redevenir justes et do reconnaître que Delmat ne nous a pas trompés! 1! n\u2019y eut qu\u2019un cri, un grondement de tonnerre: \u2014Vive l\u2019J fournie-Rouge ! S il eût été la, les camarades, retournés par l\u2019ivresse, l\u2019auraient porté en triomphe chez lui! Mais il n\u2019était pas là, il ne parut pas de la soirée.Des emballés se rendirent à son hôtel.( )n leur répondit qu\u2019on ne l'avait pas vu depuis la veille.I\tne inquiétude envahit les camarades; la préoccupation de la veille se représenta à leur esprit : \u2014 Il lui sera arrivé quelque chose, il le sentat venir! II\tavait reconquis toute sa popularité: pour une fois, cet absent avait raison.II.\u2014TRAIN l)F, l'AMIU.F I,e train du Méiioc allait son petit bonhomme de chemin, sans se piesser, vrai train de famille pour lequel le principal n\u2019est pas d\u2019aller vite mais d\u2019arriver.Cependant, ce matin-là, un voyageur témoignait d\u2019une très évidente impatience.A vrai dire aussi, il était fort mal à l\u2019aise: jnonté à la dernière minute dans un compartiment presque complet, il n\u2019avait trouvé de place\u2014et encore parce que fluet\u2014qu\u2019entre deux voyageurs aussi redondants qu\u2019il était mince et dont le ventre le débordait.Il disparaissait littéralement entre les deux panses ; on ne voyait que sa tête, un visage p.alc éclaré de deux veux ardents qui n\u2019étaient certainement pas ceux d\u2019un imbécile.Mais, si on le voyait à peine, on l\u2019entendait.il ne cessait de bougonner: \u2014Charrette! Charrette! C\u2019est une charrette! Différemment, monsieur, dit l\u2019un des gros voisins, avec cet accent que toute la Gascogne envie, vous n\u2019avez pas l\u2019air content! c\u2019est-ii qu\u2019on irait trop vite?Les bordelais cultivent, volontiers, l\u2019ironie, sans d\u2019ailleurs s\u2019en conter: ça leur vient tout naturellement.Le petit voyageur enfla sa voix: - Dites donc, vous, est-ce que vous n\u2019avez pas assez de m\u2019écraser sans vous payer ma tète?Il n avait pas l\u2019accent bordelais, lui, et ce n\u2019était pas de l\u2019ironie qui lui venait aux lèvres: \u2014Trop vite! un train-charrette! \u2014Monsieur.\u20141/omnibus de Ménilmontant quand il grimpe le faubourg du Temple! \u2014Monsieur.\u2014Absolument! Il n\u2019y manque que le conducteur qui vient demander : qui qu\u2019a pas payé sa place?Et encore, le voilà, le conducteur.Un contrôleur se présentait à la portière pour vérifier les billets.Tandis que les autres exhibaient leur carte d\u2019abonnement, le voyageur mécontent tirait six sous de sa poche et les tendait au contrôleur, réclamant gravement : \u2014Correspondance, s\u2019il vous plaît.L'employé repoussa les six sous: \u2014Différemment, vous voulez rire, monsieur.\u201cAh! non, par exemple! Différemment, je ne ris pas du tout.Il était arrivé à attraper l\u2019accent et le mot.L\u2019employé rit\u2014au fond, les Bordelais ne se fâchent que lorsqu\u2019on leur dit que Bordeaux n\u2019est pas la seconde ville de France.\u2014Farceur! Vous êtes Parisien, hein?Et gravement : \u2014Votre ticket.je suis pressé.\u2014Pressé?.Alors, vous êtes servi avec ce train-là! Vous ne pourriez pas me dire à quelle heure on le couche?\u2014Voyons! voyons! monsieur, votre ticket.Lé voyageur se décida à passer son petit carton : le contrôleur le prit, le perfora et le rendant : \u2014Vous serez à Pouillac à neuf heures.\u2014Neuf heures! Du soir?Le contrôleur avait disparu ; le petit voyageur retomba entre les deux ventres qui se refermèrent sur lui\u2014et il se reprit à bougonner: \u2014Charrette ! charrette ! sale pays\u2014 Chameau de pays !.\u2014Différemment, monsieur, dit le voyageur qui avait déjà constaté son impatience, vous êtes de moins en moins content.\u2014Non, c\u2019est que je chante! fit le voyageur.mais d\u2019abord pourquoi me dites-vous toujours: différemment?Qu\u2019est-ce que ça veut dire, ça, différemment?Est-ce que c\u2019est un mot pour se donner du ventre?Le Bordelais regarda ses autres compagnons de route; très sincèrement, il ne s\u2019expliquait pas l\u2019observation.\u2014Pardon, monsieur, est-ce que vous ne comprendriez pas le français?\u2014Ah! c\u2019est du français.Tiens! je ne m\u2019en doutais pas.Et ça veut dire?\u2014Différemment, monsieur, vous me blaguez, je crois?Apprenez que je suis.\u2014Ali ! non ! ah ! non, je ne vous demande pas ça.Le Bordelais avait tiré sa carte : Aristf BROCHET Négociant en vins Château des Sallières (Le Bouscat).Et il mettait sous le nez du voyageur: \u2014Lisez, monsieur! L\u2019autre lut : \u2014Un château?mes compliments, monsieur Aristc Brochet; je ne peux plus y faire avec vous.Et tranquilement, il déclina son nom : \u2014Moi, je m\u2019appelle Biju; je suis un ancien déporté de la Commune et je vais à Pauillac en chercher un autre qui arrive par le bateau Le Calédonien ! Immédiatement, il put respirer, il eut de la place: les deux ventres s\u2019étaient brusquement écartés de lui.\u2014Différemment, vous n\u2019avez pas Pair content?fit Biju.Vous avez tort, un négociant qui a un château, lé château des Sallières.Il prenait ses aises, jouissait de la place qu\u2019il s\u2019était fait faire \u2014C\u2019est ça qui m\u2019irait à moi, un château.J\u2019ai rêvé de ça pendant huit ans, au bagne.Vous n\u2019avez pas idée des dents que ça vous donne, le bagne ! Il insistait sur le mot, il roulait des yeux terribles maintenant et il mâchait dans le vide: il s\u2019était parfaitement rendu compte du petit effroi qu\u2019il avait soulevé.Le train s\u2019arrêta.Les deux ventres changèrent de compartiment; d\u2019autres voyageurs descendaient qui étaient arrivés à destination.Biju resta seul avec un voyageur qui le regardait d\u2019un oeil plutôt sympathique» \u2014Différemment, rigola-t-il avec l\u2019accent, c\u2019est pas plus difficile que ça de se faire faire de la place ! Son compagnon parla: \u2014Pardon, monsieur, est-ce seulement pour vous débarrasser de vos encombrants voisins que vous vous êtes dit ancien déporté?Celui-lâ n\u2019avait pas l\u2019accent et il ne paraissait pas s\u2019effrayer du tout de ce qui avait fait fuir les autres.Biju le regarda de plus près : \u2014Si je ne me trompe, monsieur, nous sommes venus de Paris par 1 * même train.\u2014Parfaitement; nous nous sommes rencontrés au buffet de Tours, puis à celui d\u2019Angoulême.\u2014Et nous nous retrouvons ici en charrette.Moi, je vais à Pauillac \u2014Moi aussi, mais vous ne m\u2019avez pas répondu.\u2014Vous tenez à savoir?\u2014Et pour cause: je vais à Pauillac au-devant d\u2019un ancien déporté .\u2014Un ami?.\u2014Mon père.Le visage de Biju devint grave: ;\u2014Je vous réponds, monsieur: il est parfaitement exact que je m\u2019appelle Biju et que j\u2019ai passé bien des années là-bas.Je me suis évadé il y a trois mois environ, on m\u2019a repincé à Paris, mais comme l\u2019amnistie allait être votée, on a fait l\u2019économie de mes frais de retour et des amis influents ont obtenu ma grâce.En ce moment j'arrive tout droit de Normandie où j\u2019étais au vert, et je me rends comme vous au-devant d\u2019un rapatrié. LE SAMEDI 71 Cela dit, Biju demanda: Pouvez-vous me dire le nom de votre père?je l\u2019ai peut-être connu.Ce voyageur ne lit aucune difficulté: \u2014Pierre Martens.\u2014Martens ! Biju 1 avat connu, en effet, et il le revoyait: c\u2019était ce vieillard à barbe blanche, qui, certain jour, au cours d\u2019une querelle où Biju défendait Larrêt et exécutait Delmat, avait pris parti pour ce dernier sans d'ailleurs accabler l\u2019autre.Et il l\u2019entendait encore: lu es dans la mauvaies voie; tu regrettes Paris et ça t\u2019aigrit.Il souleva son chapeau : \u2014Pierre Martens.je le voyais tous les jours.Un convaincu, celui-là, et un brave homme.C\u2019était notre juge de paix.Il ne s\u2019est trompé qu'une fois, à propos d\u2019un bandit que je dépiotais.Mais motus! il ne faut pas parler de ça; c'est un compte qu\u2019on réglera un de ces jours.Puis, dans un grand soupir : 7\u2014 Moi, c est.un martyr que je vais chercher, un vrai martyr, quel-Qu\u2019un à qui l\u2019on 11\u2019avait pas ça à reprocher.Et d\u2019abord, il n\u2019avait jamais été des nôtres, il avait horreur de la politique.C\u2019est le bandit en question qui l\u2019avait fait condamner.Je ne vous le nomme pas, le bandit c est un compte à régler, je vous dis\u2014mais, puisque nous en sommes la, permettez-moi de vous demander un service.\u2014A votre disposition! \u2014Je voudrais que votre père assistât à ce règlement.Le voyageur eut un geste qui refusait.\u2014Mon père fera ce qu\u2019il voudra, mais j\u2019espère qu\u2019il se tiendra désormais à l\u2019écart de la bataille politique.\u2014Pardon! il ne s\u2019agit pas de politique.c\u2019est une simple question d\u2019honnêteté, de justice.un bandit, je vous répète; j'ai les preuves.Le voyageur ne mordait pas; il ne prêtait à ces explications qu\u2019une oreille qui ne veut pas entendre.\u2014Ecoutez, monsieur; mon père a aujourd\u2019hui soixante-neuf ans; il nous a été enlevé deux fois, la première au Deux-Décembre; la seconde, vous savez comment.Dans quel état il nous revient, vous vous en doutez.Lh bien! mettez-vous un peu à ma place: ne vous donneriez-vous pas pour règle d\u2019assurer la paix des derniers ans de votre père?\u2014Oh! si.\u2014Alors, trouvez bon.\u2014Tout ce que vous voudrez ; mais, à mon tour, je vous dirai : mettez-vous à ma place! j\u2019ai vu pendant neuf ans souffrir un malheureux aussi innocent que vous de ce qui avait motivé sa condamnation.On avait enlevé cet homme à son père, à sa mère, à son enfant; on avait brisé sa vie, on atout fait pour qu\u2019il mourût là-bas; or, l\u2019auteur de ces infamies se prélassait au grand air, lui ; vendu à la police, il menait une vie de coq en pâte.L\u2019amnistie lui a rouvert les portes de la France; à l\u2019heure où je vous parle, il doit être déjà à Paris, et demain, il y jouera au martyr et il s\u2019y fera applaudir, acclamer par un tas de naïfs qu\u2019il trahissait hier encore pour gagner sa pâtée de mouchard ! Et vous ne voulez pas que je lui règle son compte, à ce bandit-là ! A son tour, le voyageur 11c put s\u2019empêcher de répondre : \u2014Oh! si.seulement, je 11e vois pas la nécessité de mêler mon père à ce règlement.\u2014Pardon ! votre père est de ceux que l\u2019on écoute; quand il a parlé', tout le monde s\u2019incline, personne ne discute.Mais je n\u2019nsiste pas, monsieur, je connais trop votre père ; quand il saura la vérité, rien 11c l'empêchera de la proclamer, et ce sera ma revanche de certains sermons qu'il 111c fit il y a neuf ans! Comme je le lui répondis alors, c\u2019est lui qui condamnera Delmat.\u2014Delmat! celui (pii fut l'Homme-Rouge ?C\u2019est lui que vous accusez.\u2014Oui, lui-même.Le fils du vieux déporté regarda Biju d\u2019un autre œil, sévère et méfiant.\u2014Monsieur, prononça-t-il froidement, je vous invite à ne pas vous occuper de mon père, et je vous déclare que je vais avertir Al Delmat.\u2014Allons, bon! interrompit Biju sans s\u2019émouvoir autrement ; voilà que vous allez le défendre, vous aussi, comme votre père.\u2014Et je le lui dois, monsieur! C\u2019est grâce à lui, par les appuis qu\u2019il m\u2019a procurés, que j\u2019ai pu obtenir la grâce de mon père! \u2014Ah! il a pu vous procurer.Je le disais bien, il rentre à Paris en maître, il fera ce qu\u2019il voudra.si je ne m'en mêle pas! Mais je vais m\u2019en mêler, monsieur! Prévencz-le, prévencz-le bien vite; tâchez surtout de faire cela de vive voix et rcgardez-le bien dans les yeux à ce moment; si vous n'y découvrez aucun trouble, je m\u2019engage à me taire ! Biju parlait avec une impressionnante conviction, eu homme sûr de son dire; mais le siège de son compagnon de route était fait: c\u2019était Delmat qui lui avait fourni les moyens d\u2019arriver à la grâce de son père.\u2014Vous vous tairez, répondit-il, ou c\u2019est vous (pii serez condamné.Et, sèchement : \u2014Brisons là-dessus, monsieur.Nous n\u2019aurions pas du commencer .\u2014Merci tout de même, sourit Biju; vous 111\u2019avez appris quelque chose qui n\u2019est pas pour me décourager.\u2014Quoi donc?\u2014Delmat s\u2019est employé pour votre père, c\u2019est qu\u2019il a senti le besoin de s\u2019attacher un défenseur solide, c\u2019est qu\u2019il a peur.Comme il est capable de tout, je me tiendrai sur mes gardes.Encore merci.11 salua et se rejeta dans un coin.La conversation en resta là.Biju sentait bien qu\u2019il avait fait une faute eu déboutonnant ses intentions, mais il était beau joueur et se savait trop bien armé pour regretter son imprudence.Le train arriva à Pauillac.Le fils du déporté descendit le premier, en saluant poliment mais froidement Biju.\u2014Ça y est, se dit l'ancien secrétaire de Delmat ; il m\u2019en veut et il aimerait mieux 11c m'avoir pas rencontré.Bah! j'en serai quitte pour lui prouver que je n\u2019accuse pas en l\u2019air.Il descendit à son tour, regarda l\u2019heure à l\u2019horloge de la gare; il avait juste le temps d'arriver; à moins d\u2019un retard, le Calédonien devait être là.\u2014Sacré train! Si c'est permis de mettre un temps pareil! Il s'élança hors de la gare et tomba sur son compagnon de route qui pleurait dans les bras d'un vieillard tout blanc.11 reconnut le vieillard, le père Martens, et cela l\u2019empoigna de retrouver là, pleurant avec son fils, le vieux déporté de là-bas.11 se découvrit, mais avec le désir de 11'ètrc pas vu, et passa très vite.Aussi bien l\u2019anxiété le talonnait: \u2014Le père Martens.et pas M.Larrêt ! Il regarda de tous ses yeux en courant vers le débarcadère.M.Larrêt ne se montrait pas.\u2014Ah ! mais.ah ! mais.Le brave cœur en était tout angoissé; des idées extraordinaires lui traversaient le cerveau; il pressentait un accident et il v vovait la main de Delmat.Soudain, il se retourna d'un bond; il avait entendu son nom: \u2014Biju! mon bon Biju! M.Larrêt était derrière lui, il le suivait depuis sa sortie de la gare: \u2014Où allez-vous?Nous nous sommes croisés, vous ne m'avez pas vu.moi-même, j\u2019étais si surpris.Biju sauta dans les bras qui lui étaient ouverts: \u2014Enfin!.Enfin!.Ah! monsieur Larrêt! Et il éclata en sanglots.*\u2014Eli bien! Eh bien! mon brave Biju, quoi donc?\u2014Ah! monsieur Larrêt.Oh! 11e vous inquiétez pas.tout le monde va bien chez vous, j\u2019en arrive.et on vous attend! Mais c\u2019est de vous revoir libre.et c'est vous, c\u2019est bien vous.Il le regardait, le tâtait.\u2014Mais oui, mon bon Biju, c'est bien moi.et, à mon tour, je me demande si c\u2019est bien vous! Et vous me dites que vous arrivez de chez moi.\u2014Je vais vous expliquer, je vais tout vous dire.je.Il s\u2019arrêta, l\u2019œil accroché par un homme qui passait, se dirigeant vers la gare.Lin individu sans barbe, les cheveux coupés de près, presque rasés sous un chapeau trop grand qui tombait sur un nez fort, armé d\u2019une paire de grosses lunettes vertes.En passant, il avait regardé les deux hommes et un mouvement nerveux lui était échappé: c'était ce mouvement qui avait coupé le siffiet à Biju.\u2014Est-ce (pic ce bonhomme était sur votre bateau?demanda ce dernier.\u2014Je ne me souviens pas de l\u2019y avoir vu, mais à terre seulement.B paraissait attendre quelqu'un.\u2014C'est bizarre, fit Biju; il m\u2019a semblé reconnaître cette tournure là.Je jurerais qu\u2019il nous connaît, lui.\u2014C\u2019est peut-être un ancien déporté.\u2014Non, il nous aurait parlé.Biju réfléchissait: \u2014Au fait, c\u2019est peut-être tout simplement un agent de la Sûreté venu pour surveiller le débarquement : j'aurai déjà vu sa dégaine à Paris.Et il revint ati récit qu'il allait faire.Il ne le termina qu\u2019à Bordeaux: il en avait tant à dire.Ils étaient seuls dans le compartiment; à cette heure, les trains qui revenaient sur Bordeaux étaient à peu près vides, et Biju pou vait parler à l\u2019aise.Le père de Catlie l\u2019écoutait sans l\u2019interrompre, et de grosses larmes descendaient sur ses joues.Tout à coup, il sursauta.Biju était arrivé à parler de la mère de Catlie.Raymond Larrêt savait déjà par les lettres de sa fille et de Georges de Bornv que Louise avait perdu la raison : ce qu\u2019il ne savait pas, c'est que, autant que lui, elle avait été victime. LE SAMEDI 72 Biju le lui révélait et le grondait presque: \u2014Ali ! monsieur J,arrêt, vous auriez du deviner cela, vous qui connaissiez le misérable, qui l'aviez peut-être vu opérer sur des élu (liantes! Je vous jure que Aime I,arrêt est aussi innocente que vous qu\u2019elle na jamais su ce que le monstre iui faisait faire! D'abord, le malheureux hésita à se rendre à cette explication qui lui permettait, qui lui taisait un devoir de pardonner à i.ouise.Biju donna des preuves, le témoignage de Bartavcl, l'internement dans cette maison de santé de Londres.Alors, Raymond I,arret éclata en sanglots et il étreignit lîijti a l'étouffer : \u2014( )li ! si vous me trompez, je vous pardonne! \u2014Vous aurez la preuve en arrivant chez vous, monsieur Larrêt; la pauvre malade n'a (pie votre nom à la bouche, elle ne réclame que vous.C'est navrant ! b.n débarquant a lîordeaux, Raymond ! «arrêt courut au télégraphe envoyer son baiser à tous les siens.\u2022\u2014-Vous oubliez quelqu'un, murmura doucement Biju qui ne le quittait pas d'une semelle.-\u2014Qui donc?\u2014Al.de Borny.\u2014Oh ! je suis ingrat ! b.l il rédigea une autre dépêche pour son libérateur.Cette dépêche, à mesure qu\u2019il l'écrivait.Bijit la lisait du coin de l'œil.\u2014C est très bien, dit-il; mais ce n\u2019est pas ça.\u2014°'n.! oc.n'osl l'as c'n quelques mots que je peux reconnaître.\u2022'lais si, monsieur Larrêt.mais si; seulement, ces quelques mots, vous devriez les signer: \"Voire père.\u201d -\u2014Son père, moi !.Iiiju sourit : \u2014Si vous saviez comme Aille Caille est jolie.et comme il est malheureux de ne plus avoir a s'occuper d\u2019elle, acheva-t-il en soupirant pour le petit père, comme il avait dû entendre le petit père soupirer.Raymond Larrêt sourit aussi, caressé par celte vision tendre que lui découvrait Biju.\u2014.Merci, murmura-t-il : nous éclaircirons cela.A quelques.pas deux, un homme rédigeait aussi une dépêche.Ils ne lavaient pas vu entrer derrère eux et ils ne s\u2019apercevaient pas de sa présence, dissimulé qu\u2019il était derrière un pilier cl penché ru\" son papier jusqu a disparaître entièrement.| II.attendit que Larrêt eût expédier ses deux dépêches pour relever 11 b'te, et le père de Cathc et Biju étant sortis du bureau, il sortit à son tour sans rien expédier.( était 1 homme sans barbe de qui Biju avait cru reconnaître la tournure.111.\u2014COUI'S PIC COUTlCAU Arrivés une grande heure avant le départ du train de Paris, le perc Alartens et son Ids causaient dans un coin de la salle d\u2019attente.Ils s étaient tout dit des souffrances de la séparation et delà joie de se retrouver pour ne plus se quitter.b.l I )elmat n avait pas été oublié, la providence intervenue pour faire réussir la requête.Maintenant le fils y revenait pour dire ce qu'il avait sur le cœur, les accusations de Biju.! ,c vieillard s\u2019agita : \u2014Biju.mais je l'ai bien connu.Il s\u2019est évadé, je crois?U brave garçon, un peu emballé, c\u2019est vrai, mais si jeune.Et je m souviens même de l\u2019avoir entendu attaquer Deliiiat et de lui avoi fait des observations la-dcssus.Alors, il continue à l\u2019attaquer?Il parle de ! exécuter.bien mieux, de le faire exécuter pu quclqu un que tout le monde écoutait là-bas.\u2014Qui donc?\u2014Vous-même.\u2014Moi! mon père.Le vieillard songea tout haut: .IJ s obstine dans la mauvaise voie, ce jeune homme.D\u2019où peut b'-en lui venir cette rancune contre Dclmat ?Le fils répondit par tout ce que Biju avait reproché à l\u2019Homme-kotige: .!l 'Icporle quo Delimit avait fait d\u2019abord condamner, le sachant innocent, puis accabler de rigueurs, pour qu\u2019il restât là-bas ce dé-po\u2019-te était rentré sur le Calédonien.Le père chercha un instant.Ah 1 je vois: 1 ami de Biju.en cflet.Un être bizarre, qui fuvait la.compagnie.Personne ne le connaissait d\u2019ailleurs.b.l avant dit cela, le père Alartens.qui était un juste, s\u2019y arrêta: \u2014Au fait, personne ne le connaissant, il se peut très bien que cet homme n\u2019ait pas été des nôtres, et Biju n'aurait pas tout à fait tort.\u2014A lais il accuse Delimit! ¦\u2014-Ici, il doit se tromper.Cependant, il était son secrétaire en 187t.il a dû voir bien des choses.Le fils protesta: \u2022\u2014Pardon, mon père! Voici que vous arrivez à douter de celui à qui je dois de vous retrouver.Le vieillard ne s\u2019émut pas de ce rappel: \u2014La vérité est la vérité, muninira-t-il gravement et le bien qu\u2019il m\u2019a fait ne le rachèterait pas, s\u2019il avait fait tout ce mal à l'autre : j aurais tout simplement le regret de devoir ma libération à un misérable ! lit il laissa tomber cette réflexion : \u2014J ni toujours défendu Delimit, mais pour le principe; au fond je suis un peu comme Biju; je lui en ai toujours voulu d'avoir disparu a l\u2019heure où il fallait se montrer.Je n'aime pas les habiles.Puis, se redressant: \u2014N\u2019empêche que je le crois incapable d'avoir commis l\u2019infamie en question, et je ne peux pas oublier qu\u2019il t'a aidé à me faire libérer.Mon premier mot sera pour le remercier; le second.\u2014Le second?\u2022\u2014Pour lui demander de se justifier.Il y avait quelque chose de la grandeur antique dans le caractère absolu du vieux révolutionnaire.Comme il cessait de parler, Raymond Larrêt et Biju traversaient la salle d'attente, très vite, sans rien voir; ils étaient en retard pour marquer leurs places.\u2014L\u2019accusateur! fit le fils à voix liasse.\u2014Et son ami Larrêt, compléta le vieillard qui les avait tout de suite reconnus l\u2019un et l\u2019autre.Biju est toujours le même; mais Larrêt est tout changé.Ah! l\u2019air de France! la liberté! 11 s\u2019arrêta sur ce mot.Un autre voyageur traversait à pas pressés.Le père Martens se frotta les yeux.\u2014C\u2019est drôle, fit-il; j\u2019ai cru que c\u2019était Delimit, et je le jurerais si cet hommc-là avait de la barbe et des'cheveux longs, au lieu d\u2019être rasé de partout.Le fils ne put rien dire, il n\u2019avait jamais vu lTIomme-Rougc.\u2014Je dois pourtant me tromper, ajouta le père : l'J Tomme-Rouge m\u2019a regardé, et Dclmat fût venu à moi.Il se levait: \u2014Ce doit être l\u2019heure de monter en wagon.11 prit le bras de son fils qui s\u2019était levé aussi, et ils sortirent delà salle d\u2019attente sur le quai de départ.Biju, Raymond Larrêt et l\u2019homme en qui le vieillard avait cru reconnaître Dclmat, avaient disparu.Les deux premiers avaient trouvé un compartiment vide; le troisième, en passant, avait jeté un coup d\u2019œil dans ce compartiment, et il était monté dans le voisin.L'homme sans barbe commença par jucher sa valise dans le filet, et il fit cela soigneusement, méthodiquement, avec un tas de petites précautions qui firent sourire deux autres voyageurs déjà installés dans ce compartiment.Lui ne riait pas.et.à bien regarder, on sc fût aperçu que l\u2019équilibre de sa valise n'était pas son unique préoccupation: plongeant par le jour triangulaire pratiqué dans la cloison du compartiment, il surveillait l\u2019installation de Raymond T «arrêt cl de Biju.Ces deux derniers avaient choisi leur coin et s\u2019y étaient arrangés pour faire le voyage à l\u2019aise.Biju tournait le dos à l\u2019homme rasé,\u2019et Raymond Larrêt était en face de Biju.Avant bien constaté cela, l'homme à la valise finit par s\u2019asseoir.Le train partit.\u2022\u2014Chouette ! fit Biju, nous sommes chez nous.Ils étaient toujours seuls dans leur compartiment.Ils causèrent; Biju dut répéter tout ce qu\u2019il avait déjà appris à soi:, ami et de La Pommièrc et de ses habitants.Puis, Raymond Larrêt donna des signes de fatigue: physiquement rompu, il était aussi brisé d\u2019émotions.\u2014On va dormir, dit Biju.\u2014-Volontiers, je n\u2019en puis plus.Ils s\u2019enroulèrent jusqu\u2019au menton dans leurs couverture et s\u2019allon gèrent sur les coussins.Mais Biju sc releva presque aussitôt: \u2022\u2014Nous oublions de souffler la camoufle.Tl tira le petit rideau de la lampe.Si, à ce moment, il eût songé à regarder derrière lui, il eût vu, à la vitre du jour triangulaire, la face de l\u2019homme rasé.Tl sc recoucha.\u2014Bonne nuit, monsieur Larrêt.\u2014Bonne nuit, ami Biju.T,a face rasée disparut.Biju n était pas moins fatigué que le père de Cathe: m'ais il resta longtemps les veux ouverts, attendant pour céder au sommeil que Raymond T.arrêt se fût endormi.(A siin-rr) "]
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