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Titre :
Le samedi
Éditeur :
  • Montréal :Société de publication du "Samedi",1889-1963
Contenu spécifique :
samedi 30 décembre 1899
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque semaine
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  • Nouveau samedi
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Le samedi, 1899-12, Collections de BAnQ.

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[" 5 CTS 40 PAGES \u20145 cts Vol.XI.No 31 Montreal, 30 Décembre 1899 Journal Hebdomadaire Illustré Prix du numéro, 5c 11101 «Ifl MWt t'ViUiW ¦ S3& gBM| jSs»\u201c '.T?*' iÀ1.afaws*g jjSpppU- 1900 LE SAMEDI (Journal Hebdomadaire) PUBLICATION LITTÉRAIRE, ARTISTIQUE ET SOCIALE 02»cb-.a.:lt:h: dxt DTO-z-imro DOlwiass'X'XiaxrB A.B03SriTHlMHI3SrT î XJlST _A_:CT.$2.50 ; SX3C MOIS, Si.25 (Strictement payable d'avance) T\" *¦ t jbt rlil STTimevo, S OentinB Tarif (l\u2019annonce \u2014 10c la ligne, mesure agate.POIRIER, BESSETTE & Cie, No 616 rue Craio, Montréal.\tÉditeurs-Propriétaire!!.MONTRÉAL, An DÉCEMBRE 1899 VERS 1700 1 Autrefois, les dindons.lu'\u2019.W, 1899-1900 Ce nVst |ms .simplement pour obéir à une injonction de traditionnelle étiquette (pie nous viutons, aujourd'hui, présenter les meilleurs de nos souhaits à notre vaste clientèle de lecteurs et d\u2019annonceurs.C\u2019est une tâche toute de bonheur.Nous nous sommes accoutumé à regarder cette clientèle comme une famille tient le Samedi constitue, en quelque sorte, le pied-à terre, le point de ralliement.Cost l'endroit isolé et paisible où nous causons ensemble.Il semble bien, à la vérité, que nous soyons les seuls à tenir la conversation.Mais tel n\u2019est pas le cas.L\u2019échange de pensées se fait, d\u2019un côté, par le Samedi qui va dans tant de foyers amis, et, de l\u2019autre, par cette si éloquente expression de contentement qui se traduit par la fidelité de nos abonnés, par le travail de propagande qu\u2019ils font en disant un bon mot du journal qui a eu le don de leur plaire.Nous sommes lier de notre clientèle, nous nous en faisons gloire.Et ce n\u2019est pas son nombre comme sa composition et, nous dirons, son universalité, qui nous réjouissent.Cette clientèle a des ramifications dans toute l\u2019Amérique du Nord.Il n\u2019est pas, croyons nous, de hameau si humble, si perdu, qui ne reçoive chaque semaine son Samedi.C\u2019est surtout son caractère de journal de famille et do sens vraiment français qui a rendu si fort, si indissoluble ce lien qui existe entre nous et nos lecteurs.Tel ti été notre programme au début, tel il sera.Il n\u2019y a qu\u2019une chose qui a changé ; il n\u2019y en il qu\u2019une qui changera : c\u2019est lii beauté, c\u2019est le volume, c\u2019est la valeur matérielle et intellectuelle du Samedi.Et c\u2019est à vous la finite, chers lecteurs si le petit Samedi du début est devenu le journal puissant, vigoureux, infatigable dans sa marche vers le plus beau, le plus grand.Vous répondrez sans doute que nous u\\ ons bien eu notre quote-part de mérite.Nous l\u2019admettrons volontiers, et si d\u2019aucuns nous accusaient de pécher par manque de modestie, parodiant une phrase célèbre, nous répondrions en disant qu\u2019il nous sera beaucoup pardonné parce que nous avons beaucoup aimé.notre clientèle.Donc à tous : Bonne année et longue vie !\tT , A L\u2019ŒUVRE Les statisticiens s\u2019occupent activement, depuis quelques jours, à établir le nombre de pantoufles achetées dans les magasins et offertes par des mains qui prétendent les avoir faites.HISTOIRE CO MT EM PORA1 NE Deux hommes sont partis récemment pour le Transvaal en quête de renommée : 1 un a réussi et l\u2019autre.vit encore.ECHO DES FÊTES Dieu merci ! Nous sommes tous oxellents juge d\u2019un bon punch chaud .-Et des juges sans merci, car il ne dure pas longtemps après que le jugement est rendu.SIGNE AVANT-COUREU R \u2019Tuto.\u2014Je vais avoir en cadeau une jolie petite montre.Bob.\u2014Comment le sais-tu ?Tolo.\u2014Papa a dit à maman de faire mettre une jolie petite poche à mon veston.UN SIGNE INFAILLI BLE Elle.\u2014Je crois, maman, qu\u2019il est sérieux en amour.Hier, il a ri à gorge déployée .> - -.; iÜBÉÈ-è® l»Sl v- -'\" ssas® \u2022\t____¦ ^a-C-.-k\t\u2018 LA 8IKSTK r i: i; e - s eu; e HHi A-V H ma *- v ¦g^iiigSg ifeïUsh;, *>'¦ v.¦>*m tteZïaZiSSi m?m, »¦« jpijsBpg 2=- X: .-'-v jgiSgi «ïSS MM HKI mt ÎS» .CMÊ, m.' (Pour le Samiidi/ Plus que jamais on se pose la question : Quand commence le vingtième siècle?Fst-ee en 1 \u2018.*00 ! Est-ce en 1901 ?La question a été souvent réglée, mais il y a îles récalcitrants.Le décret concernant l\u2019Kxposition Universelle de 1000 annonçait quo cotte grande manifestation scientifique et industrielle marquait la dernière année du siècle.C\u2019était l\u2019arrêt ollieiel et tous les gouvernements l\u2019ont accepté.Mais il y a plus : il y a les précédents.Allons-nous changer, demande M.de Pareille, la manière de compter les siècles exprès pour le siècle qui vient?N\u2019allons-nous pas, au contraire, suivre la filière et faire pour 1900 ce quo l\u2019on a déjà fait pour 1800, pour 1700, pour IGOO, etc.?Est-ce que le calendrier n\u2019était pas le même on 1800, en 1700, qu\u2019aujourd\u2019liui ?Il su Mit de le con suiter pour savoir que 1800 a terminé le dix huitième siècle et que la première année du dix neuvième siècle a été 1801.Alors, de prendrions-nous 11)00 pour la première année du vingtième siècle ! Nous hifierions une année de notre plein gré ! C\u2019est un peu autoritaire.Ce qui est curieux, c\u2019est que tous les-cent ans revienne cotte question : \u2014Quand commence le siècle ! Mais, dit encore M.de Pareille, mais, bravos gens, il commence cette fois comme d'habitude, c est-a-diro en I an 1 de la série.On ne commence aucun compte par zéro.Du temps d\u2019Arago, les désenivrés, pour le faire parler, ne manquaient pas de lui demander aussi ce qu\u2019il en pensait.Et Arago, avec sa e.lai lé et sa bienveillance proverbiales, de répondre non sans une pointe de malice : \u201c Il faut examiner comment on a compté à l\u2019origine de notre ère, c\u2019est-à-dire dans l\u2019année acceptée de la naissance de Jésus-Christ.Or, il est constant que cotte année a compté I, dès son commencement, do manière que, en écrivant le '18 mars 1, on entendait le '28 mars de l\u2019année 1, qui venait de commencer, et non pas une année révolue, plus le mois de janvier, le mois de février et vingt-huit jours du mois de mars de l\u2019année 2.Il résulte de là, avec BONHOMME JANVIER Voici la bonhomme Janvier! Son cortège, Couvert de neige, Accourt chez nous Sans (levier.Salut, saint au bonhomme Janvier! LE Lorsqu'au son gite, Et Vmil au t/uct, Sur son Briquet Il voit l'heure prescrite, A vec sa suite, If part soudain Bien j/lus vite Que n'imjjorte (/net train.Dams son trajet Un temps d'arrêt, H apparaît, Ein du dernier trimestre.Et stupéfait, C'est à, regret (Jni Sa int-Si/lve-stre Fait alors son paquet.Celée et bise, (livre, aquilon, De Jins grêlons Ornent sa barbe grise : Soignant sa mise Four nos climats, Vite il J rise Sa j/er nique à /'rimas.Sons son chapeau Qui brave /'ran, Sons son manteau Qui peut narguer la reste, Au pied levé, Sur le pavé, De son pas teste H est vite arrivé ! Fort en charades, ];C premier jour De son retour.Témoin des embrassades, Des accolades, Des vœux pompeux, Vrais ou fades, Il les ¦devine au mieux.I ussi joujoux, Bonbons, bijoux, Sont à prix Jous, Car partout l'orgeuil perce : Crâce à lui l'or Coule à plein bord, Et le commerce Avec lui va très fort ! En joyeux drille, Malgré /'hirer, // trône fier .I ux fêtes de.famille : Le bon rin scintille ; Le bouchon part, L'esprit brilh, De tout il veut sa part.A ux lycéens, Monceaux, anciens, Churman/s va uriens, Il offre le champagne Dans un banque Oil, satisfait, Sa int Chat \u2022la magne Est orné d'un bouquet ! Si ma présence, Signe di froid, C/ace d'effroi La pénible indigence, Son éloquence Sait réveiller L'opulence Q ni pourrait sommeil b r.Oui, ses accents, Simples, touchants, M a is to ut- j/n issu n ts Allègent la souffrance ; Et la douleur Trouve un sauveur, ( 'ar l'espéra uct Est déjà ilu bonheur ! A.Saen.une entière évidence, que toute la journée du 21 décembre 1800 appartenait au dix-huitième siècle, quo le dix-neuvième a roulement commencé le U''janvier 1801.Celte dernière date doit, ou effet, se traduire ainsi : le premier joui1 de l\u2019année 1801 commençant, et non 1801 années plus un jour de l\u2019année 1802.\u201d Est-ce compris ?Le premier jour de notre ère, dit le chroniqueur scientifique des Annules Politiques, est survenu le samedi 1.Le premier jour de l\u2019année suivante est survenu un dimanche do l\u2019an 1 1 ; le premier jour de l\u2019année suivante un lundi de l'an I I I, etc.Et le premier jour de l\u2019année 100 est venu un mercredi de l\u2019an 100.Puis le premier jour du siècle suivant est venu un jeudi de l\u2019an 101.Comp tez ainsi jusqu\u2019en 1901, Et nous retomberons, après un intervalle séculaire exact, sur le premier lundi 1901, premier jour du vingt , ième siècle.C\u2019est tout ce qu\u2019il y a de plus évident ! Si l\u2019on considérait 1900 comme la première année du vingtième siècle, nous raccourcirions le dix neuvième siècle d\u2019une année.Le siècle ne serait plus un siècle.< >n tombe dans l\u2019absurde.1 espère bien que maintenant on restera convaincu qu\u2019il n\u2019y a aucune erreur* possible et que 1900 est bien la dernière année du siècle ac tuel et que 1901 sera la première année du vingtième siècle.Le 31 décembre 1900, à minuit, fin du dix neuvième siècle ! Kodak.UN PHILOSOPHE -\u2014As-tu eu ce que tu t\u2019attendais d\u2019avoir en cadeau ! ¦\u2014Non et je lie m\u2019y attendais pas.0^03 I LE SAMEDI CE QUI ADVINT DU DINDON DE CATIEN Vi /*£>'} % poète llcguard dans son I 'oi/ikji' an Laponie, rapporte une cou-! fort, touchante observée par les habitants de cette légion le souvenir de a été Suivi-:/, i.a iukixtion i:t vovkz : In Faites un pli un suivant la ligne pointue de 10 à K.*2u Plie/, la ligne 1*' sur la ligne 1) de manière (pie la tête et la queue des deux flèches se rencontrent.( îeei fait, pliez la ligne A sur la ligne C.MOSAÏQUE ollVe cominuné-une broche ou On ouvre brus- ( Pour le Samedi) A Christiania et dans les autres villes de Norvège, on ment aux dames ou demoiselles, comme cadeaux do l\u2019An une paire do boucles d\u2019oreilles, dans une botte de foin.(|iiement la porto de la personne à qui le présent est destiné, et l\u2019on jette dans la maison la botte do foin, qui peut être aussi une botte de paille, une gerbe ou un sac plein de menu paille.Il faut alors que la personne trie avec soin tout ee foin ou cette paille, au risque de ne trouver quelquefois qu\u2019une aiguille.Parfois aussi, le cadeau est simplement couvert de multiples enveloppes en papier d\u2019emballage.Sous le premier, quelques mots écrits excitent la curiosité.Alors on déplie, on déplie : et ce n\u2019est qu\u2019au dernier papier qu\u2019on trouve enfin quelque petit objet en or, en argent ou en cuivre doré.Une des plus.jolies coutumes de l\u2019An en Norvège est celle qui consiste à donner à dîner aux oiseaux.Le 'J.r> décembre au matin, on décore le pignon de la maison ou lu comble de la grange d\u2019une geibe destinée aux moineaux et autres petits oiseaux granivores.Le plus pauvre paysan tient à leur faire cette offrande.Quand la gerbe n\u2019est pas toute pillée le jour de Noël, on la laisse pour le lendemain et les jours suivants.Cette gerbe est parfois placée au bout d\u2019une perche que l\u2019on plante en terre, et c\u2019est, un réjouissant spectacle que la vue des oisil mât de \u2014Lesquelles?\t, ,,\t,\t., - - Premièrement, de\u2019\u2019argent ; secondement, de 1 argent ; troisièmement, de l\u2019argent.\t.\t.\t.\t, L\u2019auteur de cette réponse, qui avait d ailleurs fait toujours la \u2022merro pour les bénéfices matériels qu\u2019il pouvait en retirer, était î\u2019honimc le plus riche d\u2019Italie, le plus avare par inclination et quelquefois le plus prodigue par ostentation.Un jour de l An, a Milan, il donna au roi Louis XII un festin dont la dépense fut énorme.« Jl s\u2019y trouva, écrit Auton, aumônier de ce roi, douze cents dames, qui.eurent chacune un écuyer tranchant pour les serv ir.Il y avait pour l\u2019ordonnance de ce repas, cent-soixante maîtres d hôtel, portant à la main un bâton couvert do velours bleu brode do lleuis de lis d\u2019or.Le roi fut servi en vaisse'le d\u2019or et les autres convives en vaisselle d\u2019argent toute neuve, aux armes du maréchal.Le roi et quatre cardinaux mangèrent dans des chambres a part, et toutes les dames dans une salle que Trivulce avait fait faire exprès dans la rue où il demeurait.Il y eût bal dans cette salle avant le îepas.La presse y était si grande, que la place manquant pour danser, le roi se leva de son fauteuil, et, prenant la hallebarde d un de ses gardes, lit lui-niÊnie ranger la foule, en frappant a droite et a gauche.* * * Le .tume fort touchante observée pai boréale : \u201c Lorsque les Lapons, dit-il, veulent consacrer quelque événement intime, comme la fin d une annee qui bonne, la naissance d\u2019un enfant, la mort d un pore, la visite ou le départ d\u2019un ami, ils plantent un arbrisseau, auquel ils donnent le nom de la personne et qui en grandissant rappelle leur mémoiie.J.Del il le, dans son Poème dns Jardins, a rappelé ainsi cette coutume.Oh ! combien Je* Lapon* l'itsaije heurru.r ni i uchiinli : il nils surent him tromper leur* hirer* rii/oitreii.c ! Xos superbe* tilleul¦*, no* orme* riijoiircu.c, Ile ce* chump* ennemi-* reJonteut lu J roi Jure.Dr.quelque* noir* supins, l'inilUjèiu renllire, Dur interru/le à peine // pern h .* J rima *.Mai* le moini/re arbrisseau qu'epurqueiil ci* climat*, Dur île* rharme* plu* Joii.c à Inirs rcijuril* sail plain.Dlanti pour un ami, pour un Ji/s, pour nu pure, Dour nu hole qui part emportant h * reqret*, Il en revoit le nom, le nom cher ù jamais.Omni nus.UN OUBLIÉ Les ministres d\u2019Angleterre rédigent, comme c\u2019est 1 habitude, la liste de ceux (pic l\u2019on décore à l\u2019occasion du passage a une armee nouvelle.On vient de terminer la section des décorés qui so sont illustrés près du Transvaal, Tout à coup quelqu\u2019un s\u2019écrie : Nous avons oublié un major qui a eu les deux cuisses emportées par un obus.\u2014Qu\u2019on lui envoie la Jarretière ! répond le loustic du cabinet.UN COMMENCEMENT -Pour aller porter mes souhaits à la marquise, il me faudrait une cravate, un gilet, un pantalon et un frac.-l\u2019ai déjà la cravate.de me consacrer votre DEUX DEÇUS \u2014Mais, il y a à peine un mois, vous me juriez vie tout entière ?\u2014Je croyais quo le monde devait finir vingt-quatre heures après ?UN DOUBLE VŒU de Ions voltigeant autour cocagne à leur usage.* * * Louis XII, voulant faire la guerre au duc de Milan, demandait au maréchal Trivulce, eu qu\u2019il fallait pour la faire avec succès.\u2014Trois choses sont absoument nécessaires, lui répondit le célèbre capitaine.i : \u2022 iffi mm.?Osi S T rt*#*{ -f i i.« I \u2014Oui, .Jenny, je voudrais ctro trouve mort avec toute cotte dimlc dans le ventre et ce menu pour épitaphe. I! I E N V E N U E Wim Ijpipjjjj at'\\ mm.WWSÈ v if» sN&m HII RM * * gfe'- Ij ' \u2022' / r - , WM/Æï ¦ \u2022;>/ ff M mmm Ipgp L\u2019ANNEE NOUVELLE.§8 me 'NpVîîm1 lia.' \\v, j MB*! SvsSSÏ ;v*v «Sa» 'vieM?SsSs ' MS ¦fe HÜ3 «fi pi.i .v» *; *;.v/.- \u2022 v.»\u2018tyl 35*?1*- r- ¦ pp?¦I-:, i'-V _>\u2019rv\u2018v ';' Vs - h; ' Vïl ,h l$ç«g s y?.;:kV £4*\t¦\u2022 M ,*j*»* 9 \u2022 tits ilarrons, /.r jour i* !mm mm 'mm WMÊ mmm At, f iy* \\6&&*' j&llg îÿr-îY^ m?;V.V S«?< r: -2 f|§!pK «16 éÉé?é 6HgS g&gfte CSÇW 8&SÎ MB! OTi ¦*Sf i.1 pTfr HBra \u2022gMjjm?} ¦xpjsi :#\"Æe Mil MsS ?\u2022« \u201cS> LE SAMEDI FEUILLETON DU \u201cSAMEDI \u201d,30 DÉCEMBRE 1899 ») L\u2019Enfant du Mystère IV AU CHATEAU DES NEIGES (Suite) Après un long silence, les paB lourds du châtelain firent de nouveau craquer le plancher.La porte de fer se referma bruyamment ; puis, tout rentra dans le calme, troublé seulement par la bise qui s\u2019épuisait en vain sur l\u2019énorme masse do pierre.\u2014Comment faire, dit Maxime, pour empêcher qu\u2019il ne détruise ce portrait.\u2014Il ne s\u2019y résoudra jamais, affirma l\u2019ingénieur ; il y tient plus qu\u2019à la vie.Cet homme ebt vraiment à plaindre : artisan de son malheur, les remords le poursuivent ; il les trompe, le jour, par une activité qui, en apaisant l\u2019esprit, brisera le corpB ; maie, la nuit, il devient leur jouet, Maxime ne lui demanda pas de préciser ses inductions.Tous deux se comprenaient à demi-mot ; tous deux sentirent qu\u2019il leur était interdit de parler de la disparue, \u2014Minuit et demi, dit Pierre, en consultant sa montre.Il faut dormir.Songe que, demain matin, tu auras besoin de toutes tes facultés pour plaider ta cause.Bonsoir et bonne nuit ! Il lui serra la main et rentra dans sa chambre.A huit heures du matin, Maxime frappait à la porte du cabinet de son pèie.\u2014Entrez dit ce dernier.Maxime pénétra dans la pièce où le vicomte, assis devant son bureau, était occupé à dresser des factures.\u2014Bonjour, père.Comment avez-vous passé la nuit ?Le châtelain ne releva pas la tête.Sa physionomie avait repris l\u2019aspect sévère qui glaçait le pauvre garçon, \u2014Bonjour, fit-il en achevant une addition.Maxime s\u2019assit à quelque distance.Le vicomte ouvrit un registre, le consulta, inscrivit une note et maugréa contre les mauvais payeurs.Enfin, il daigna se tourner vers son fils.\u2014Ah ! dit-il, tu es bien heureux, toi ! \u2014En quoi donc, père ?\u2014En ce que ta comptabilité est toujours au courant.Ce coup de boutoir constituait un reproche des plus humiliants pour Maxime, \u2014Si vous ne m\u2019aviez pas tenu éloigné de vous, père, répliqua-t-il, j\u2019aurais pu vous aider dans vos travaux et vous épargner bien de la peine.Au moins aurais-je gagné les sacrifices que vous vous imDOsez en ma faveur.Le vicomte accepta la verte leçon qu\u2019il venait de s\u2019attirer.\u2014Tu es fier, Maxime, c\u2019est la qualité maîtresse d\u2019un gentilhomme.Et son visage, d\u2019une mobilité maladive, se radoucit.La glace était rompue, il fallait en profiter sans retard.\u2014Père, dit Maxime d\u2019un ton grave, j\u2019ai à vous parler.Le vicomte se leva, les yeux enflammés de colère.\u2014Si c\u2019est encore pour me demander de3 renseignements sur la disparition de ta mère, l\u2019entretien est clos.Je t\u2019ai dit et je te répète qu\u2019elle m\u2019a quitté, le 22 février 1871, après une discussion dont le motif doit rester éternellement secret.Depuis, je n\u2019en ai jamais eu de nouvelles, et tout porte à croiro qu\u2019elle s\u2019est jetée dans la Seine.Maxime l\u2019avait laissé aller jusqu\u2019au bout, dans l\u2019espoir d\u2019obtenir quelques renseignements nouveaux.Mais non, c\u2019était toujours le même langage, la même version, étrange, inexplicable ! \u2014 Pour aujourd\u2019hui, dit Maxime, je ne vous parlerai point de ma mère, mais d\u2019une personne qui m\u2019est chère et qui, j\u2019espère, vous le sera également bientôt.\u2014Ah ! ah ! tu es amouroux !.\u2014Oui, j\u2019aime d\u2019un amour qui ne s\u2019éteindra qu\u2019avec ma vie.\u2014C\u2019esi là une phrase qu\u2019on a répétée bien souvent.\u2014Elle peint mon état d\u2019âme; pourquoi chercherais-je des mots nouveaux alors que ceux-là expriment si bien ma pensée ?\u2014Tu as réponse à tout et je t\u2019en fais compliment.Ta Dulcinée est pauvre, je parie ?.(1) Commencé dans lo numéro du S3 déoombro 1899.Incomparables contre les 1 Demmes Malades et Fai-affections nerveuses j JO \u201e,, blés, employez les r.i Et sans lui laisser le temps de répondre, il ajouta : \u2014Crois-moi, n\u2019épouse pas une fille pauvre ; elles no valent pas mieux que les riches.Une vive rougeur d\u2019indignation se répandit sur les joues de Maxime.Il savait que sa mère, née Madeleine Breton, était, avant de devenir vicomtesse, une pauvre institutrico au service de la marquise de Parieux.\u2014Sur quoi basez-vous cette opinion, mon pèro ?demanda le jeune homme.\u2014Sur mon expérience do la vie.Il se rassit, et comme s\u2019il avait honte de son exécrablo insinuation, il n\u2019ajouta pas un mot.Maxime, venu de si loin pour attendrir son père, sentait gronder en lui une colère qui, en se déchaînant, pouvait lui faire manquer sa vie.Il rassembla son sang-froid et, affectant un calme parfait : \u2014La jeune fille que j\u2019aime, dit-il, est riche, ou plutôt le sera.\u2014Alors, dans ta situation mesquine, tu no poux l\u2019épouser.\u2014Pardon ! mon père, ma clientèle de Châteauroux et des environs m\u2019assure l\u2019indépendance.\u2014La bolle misère pour un Borianne ! à moins qu\u2019il ne fasse comme moi, qu\u2019il ne s\u2019exile au bout du monde civilisé et ne devienne un parfait croquunt ! A moins qu\u2019il n\u2019ait recours à la bourse du vieillard intraitable qui m\u2019a tant fait souffrir.Le vicomte voulait parler de son père avec qui il avait toujours été en mésintelligence et qui ne lui pardonnerait jamais ses sommations respectueuses.\u2014Je ne demanderai rien à mon grand-père, déclara Maxime ; je n\u2019accepterai rien de lui.\u2014J\u2019y compte bien, grogna lo vicomte, Alors, tu crois pouvoir tenir ton rang avec d'aussi maigres ressources ?.Si la fille que tu aimes est richement dotée, c\u2019est preuve qu\u2019olle a été accoutumée au luxe.Comment t\u2019y prendras-tu pour ne pas prolitor de ses dépenses?.Qui paiera les chevaux, les domestiques ?olle, toujours elle ! Après tout, s\u2019il te plaît d\u2019imiter nos gentilshommes décavés, fais redorer notre blason, il en a grand besoin ; mais avoue que c\u2019est là une faiblesse où ta dignité sera compromise.Le raisonnament frappait juste.Maximo en fut un instant décontenancé.\u2014Celle que j\u2019aime, dit-il, a des goûts simplos, ot si elle consent à devenir ma femme.\u2014Si elle consent ?.vous n\u2019êtos donc pas d\u2019accord ?\u2014Je me suis fait un devoir, mon père, de ne point m\u2019engager sans votre aveu.\u2014Cela est louable ; mais au moins, es-tu sur do plaire ?\u2014J\u2019en ai l\u2019espoir.\u2014Que font les parents ?\u2014Elle n\u2019en a pas.\u2014C'est une orpheline ?Bon cela ! Tu n\u2019auras pas à subir les reproches de purents qui, sans doute, s\u2019étaient enrichis dans le commerce et l\u2019industrie.\u2014Elle n\u2019a jamais connu ses parents.\u2014Comment s\u2019appelle-t-elle ?\u2014Rosita Speranzu.\u2014C\u2019est une Italienne ?\u2014Elle est Française par l\u2019éducation et très probablement par la naissance.Lo vicomto n\u2019y comprenait rien : d\u2019où sortait cette jouno tille riche, sans parents, do nom italien, et qu\u2019on croyait être Française ?\u2014Explique-toi, fit-il en s\u2019accoudant sur son bureau, les yeux baissés, l\u2019air visiblement énervé.\u2014Pendant l\u2019hiver de 1874, répondit Maxime, une femme voilée débarqua, un soir, à l\u2019hôtel de l'Espérance, à Naples.Elle portait dans ses bras une petite fille d\u2019environ trois ans.Le lendemain, cette femme disparaissait, abandonnant l\u2019enfant.L\u2019hôtelier était un brave homme.Il «laça l\u2019ubandonnée à ses frais dans un orphelinat.La petite qui, à cette époque était souffreteuse, très en retard comme développement, ne put articuler que quelques mots do français.Tout ce qu\u2019on tira d\u2019elle, c\u2019est qu\u2019elle s\u2019appelait Rose.Elle ignorait jusqu\u2019au nom de ses parents, jusqu\u2019à son lieu d habitation.Après de vaines recherches pour retrouver la fugitive, lo syndic de Naples fit donner un état-civil à l\u2019abandonnée.Rose devint Rositu Speranza, en souvenir de l\u2019hôtel où on l\u2019avnit recueillie.Deux ans après, une riche Française, Mmo Petitot, qui était venue demander au climat de l\u2019Italie le rétablissement de sa santé, s\u2019intéressait à l\u2019enfant et, après avoir reconnu en elle une nature douce et élevée, la prenait sous son égide, Mme Petitot n\u2019a eu qu\u2019à se louer de sa fille adoptivo.Elle lui a fait donner une éducation complète.Rositu est instruite, bonne musicienne, voilà pour l\u2019esprit.Quant au cœur, il n\u2019en est pas de plus tendre et de plus vaillant.La vie de Rositu se passe en témoignages constants de reconnaissance pour sa bienfaitrice.Elle est adorée à Châteauroux, particulièrement par les ouvriers de l\u2019usine.Il n\u2019y a guère de jours où elle no rende discrètement quelque Tablettes Royales Bolleas { 14 LE SAMEDI service aux familles nécessiteuses.Elle va au-devant de toutes les misères ; c\u2019est un ange de désintéressement et de charité.\u2014Bref, interrompit le vicomte, qui n\u2019était rien moins que sympatique aux déshérités, elle se fait tondre la laine sur le dos par les quémandeurs de profession.\u2014Erreur, père, Autant elle s\u2019apitoie sur les misères cachées, autant elle repousse les suppliques des paresseux.C\u2019est un caractère et de meilleure trempe.\u2014Combien aura-t-elle de dot ?\u2014Je n\u2019Sfrsais rien.\u2014Qui te prouve que Mme Petitot l\u2019avantagera si sérieusement ?\u2014Rosita sera son héritière, ainsi quo Pierre, dont le père, mort il y a dix ans, était le meilleur ami de cette dame.Le vicomte poussa un : ah ! d\u2019une indifférence, d\u2019un scepticisme qui inquiéta Maxime.\u2014Dans tout cela une chose m\u2019étonne, dit-il, c\u2019est que Mme Petitot ne se soit pas arrangée de façon à marier Pierre à Rosita, afin de concentrer sa fortune dans les mains de ses deux protégés, Maxime devint livide.\u2014Pierre, répliqua-t-il, est si peu amoureux de Rosita qu\u2019il m\u2019a promis d\u2019user de toute son influence pour enlever le consentement de Mme Petitot.\u2014Alors, tu comptes sur celui do la belle ?\u2014Je vous ai dit tout à l\u2019heure que je l\u2019espérais.Pierre n\u2019est-il pas encore là pour plaider ma cause auprès de celle qu\u2019il considère comme sa sœur et qui le regarde comme son frère.\u2014Décidément, Pierre Sorlac est nne providence pour toi.\u2014Sans lui, sans son amitié inaltérable, comment aurai-je pu vivre dans cet affreux isolement ! Cette plainte qni renfermait un reproche, toucha le vicomte.Un attendrissement passager se peignit sur son visage.Mais il se reprit aussitôt et, continuant sur le même ton de dureté ; \u2014Quel âge a-t-elle donc, la dame Petitot ?\u2014Pourquoi cotte question ?\u2014Parce que l\u2019intérêt qu\u2019ollo porte à Rosita Speranza me semble fort louche.\u2014Vos soupçons n\u2019ont aucuno base, père, Mme Petitot a soixante-dix ans passés et c\u2019est d\u2019ailleurs l\u2019honnête femme par excellence.\u2014Elle n\u2019a donc pas ou d\u2019enfants ?\u2014Si, une fille, morte on laissant une enfant que la fièvre typhoïde a enlevé à l\u2019âge de trois ans.Le gendre de Mme Petitot avait succombé également, de sorte que la pauvre femme se trouva seule au monde, sans autre appui quo celui du docteur Sorlac.Il paraîtrait que Rosita, étant enfant, lui a rappelé de loin sa petite fille, qui était blonde comme elle et avait, dans los yeux, la même expression de douceur.Cette ressemblance a fait la fortune de Rosita et le bonheur do sa mère adoptive.La situation ainsi précisée dans ses moindres détails, Maxime n\u2019avait plus qu\u2019à conclure.\u2014Bref, mon père, puis-je être assuré de votre consentement ?Le vicomte de Borianne, qui, pour épouser une institutrice, avait adressé des sommations respectueuses à son père, n\u2019aurait pas été logique en s\u2019opposant au projet do Maxime.\u2014Je no vois, dit-il, pour ma part, aucun empêchement sérieux à ce mariage.Cependant, il y a un point noir.\u2014Lequol, mon père ?\u2014Cette jeune fille peut un jour retrouver ses parents.Or, dans ce cas, tu courrais le risque d\u2019être alliée à quoique famille indigne de la nôtre.\u2014Après tant d\u2019années, il faudrait un bien grand hasard.\u2014Tout arrive.L\u2019objection ne causa aucun embarras à Maxime.Il y puisa, au contraire, un nouveau thème d\u2019éloges sur Rosita; \u2014Si tu la voyais, père, tu serais convaincu comme moi, comme tous eaux qui l\u2019approchent, qu\u2019elle ne saurait être de basse extraction ! La finesse de ses traits, la grâce de sa personne, tout porte en elle la marque d\u2019une race supérieure.A ce moment, Pierre frappa à la porte du châtetain, Maxime lui ouvrit.Le vioomte accueillit l'ingénieur avec la même cordialité que la veille et, abordant de suite le sujet brûlant : \u2014Mon fils, dit-il, vient de me faire connaître le but véritable de son voyage.Il ne tarit pas d\u2019éloges sur Rosita Speranza.Vous qui avez connu, tout enfant, cette jeune personne, qui avez été pour ainsi dire élevé auprès d\u2019elle, qu\u2019en pensez-vous.Les yeux de Maxime rellétèroutune joio intense ; il était sûr de Bon ami.\u2014Rosita, déclara Pierre, a toutes les perfections.Je ne lui reprocherais qu\u2019une chose, c\u2019est de n\u2019avoir jamais été réellement jeune.Enfant, elle se lassait vite des jeux et préférait l\u2019étude.Elle passait de longues lieuses à son piano.Il fallait lui arracher les livres et les aiguilles des mains.Si on lui parlait de futilités, elle n\u2019écoutait guère.Elle ne riait pas comme los autres enfants ; elle semblait porter en elle un fonds do tristesse inguérissable.Aujourd'hui encore, on ne lui voit de satisfaction réelle que lorsqu\u2019elle a rendu service à des infortunés.\u2014Tout cela est fort bien, mais aime-t-elle Maxime ?Cette question, si nette, si catégorique, troubla l\u2019ami du baron.Ii hésita une demi-seconde àvant de répondre et ses joues s\u2019empourprèrent.Mais reprenant aussitôt possession de lui-même.\u2014Je suis certain qu\u2019elle a pour lui la plus vive sympathie.Au fond, cette affaire, capitale pour son fils, semblait l\u2019intéresser fort peu.Il se remit à ses comptes, tournant le dos aux jeunes gens, additionnant à demi-voix et inscrivant les totaux avec une plume doeie qui grinçaient rageusement sur le papier.Pierre et Maxime rentrèrent dans leur chambre, où ils attendirent la sonnerie du déjeuner.\u2014Ta viens de le voir, de l\u2019entendre, dit Maxime.Est-ce l\u2019attitude et le langage d\u2019un père qui aime son enfant ?\u2014A chacun son caractère, répliqua Pierre.Qu\u2019es-tu venu faire ici ?lui demander son consentement : tu l\u2019as, réjouis-toi donc ! ton bonheur n\u2019est pas dans ce lugubre château.Marie-toi, et bientôt, tu ne pensera plus à ces misères.Les deux amis ne restèrent que cinq jours à Courlande.Chaque nuit, Maxime veillait, espérant surprendre son père dans un nouvel accès de somnambulisme ; mais il en fut pour sa peine ; la porte de fer ne grinça plus sur ses gonds.Du reste, il était temps pour eux de quitter cette demeure.Le châtelain devenait de plus en plus sombre et silencieux.On ne le voyait guère qu\u2019aux heures des repas, si froid et si sévère que Maxime, outré de tant d\u2019égoïsme et d'indifférence avait peine à contenir son indignation.La veille de leur séparation, le vicomte s\u2019enferma avec son fils.\u2014Assieds-toi, lui dit-il, en se forçant pour sourire, et causons.N\u2019as-tu donc, à la veille de marier avec une riche héritière, aucune réclamation à me faire ?\u2014Aucune, père.\u2014Le désintéressement est louable, surtout chez un gentilhomme ; mais, dans la vie pratique, il faut se résigner à compter sur du positif.Or, je suis ton débiteur de la somme de cinquante mille francs, réprésentant la dot de ta mère.Maxime fit un geste d\u2019étonnement.Il avait toujours cru que sa mère ne possédait rien.\u2014Cela te surprend, dit le vicomte.J\u2019aurais dû te rembourser à ta majorité ; mais tu n\u2019en as éprouvé aucun préjudice, puisque je t\u2019ai servi une rente double de celle de ton capital.Maxime saisit les mains de son père et, d\u2019une voix émue.\u2014Je ne puis que vous remercier de tout cœur, d\u2019autant plus que ce sacrifice a dû vous gêner.\u2014En aucune façon.\u2014Quant aux cinquante mille francs, ajouta Maxime, gardez-les.Vous en avez besoin pour les aléas de votre exploitation.Je travaillerai double ; je ferai en sorte de vous épargner à l\u2019avenir tout sacrifice.Le vicomte releva fièrement la tête, \u2014Je connais mon devoir, dit-il.Prévoyant qu\u2019un jour tu aurais besoin de ton dû, je l\u2019ai réalisé en rentes sur l\u2019Etat français.N\u2019insiste pas ; je n\u2019aurai qu\u2019un regret, celui de ne pouvoir y joindre un cadeau serieux de noces.\u2014Vous le pouvez, mon père ! s\u2019écria Maxime.Le vicomte fronça ses épais sourcils.Il prévoyait déjà quelque exigence inacceptable.\u2014Comment ?demanda-t-il.Sa voix tremblait.Maxime répondit sans hésitation ! \u2014En me donnant le portrait de ma mère.\u2014Quel portrait ?Mais le mensonge ne convenait guère à la loyauté d\u2019un Borianne.Le vicomte n\u2019attendit pas que son fils précisât.\u2014Qui t\u2019a parlé de ce portrait ?C\u2019est sans doute ce vieux bavard de Prosper ?\u2014Nullement ; c\u2019est ma tante Hermine.\u2014Ah ! ah ! De quoi se mêle ma sœur, en vérité ! Ce n'est pas assez de s\u2019étire rangée contre moi du côté de mon père, il faut encore qu\u2019elle me mette dans la nécessité de vous opposer un refus formel.J\u2019y tiens à ce portrait et je ne m\u2019en séparerai qu\u2019avec la vie.Vous m\u2019entendez, monsieur mon fils ! Le vicomte s\u2019était levé.Il se mit à arpenter fiévreusement la chambre.Ses traits se convulsaient; il jetait sur Maxime des regard obii-ques où se peignait une colère folle.\u2014Je n\u2019insiste pas, mon père, dit enfin Maxime en cherchant à pénétrer le secret qui se cachait derrière ce front terriblement énigmatique.Gardez ce portrait, c\u2019est votre droit, mais.\u2014Mais quoi, monsieur ?Le vicomte s\u2019arrêta devant Maxime et le fixa. LE SAMEDI 15 \u2014Mais, continua le jeune homme, d\u2019une voix ferme, ne pourriez-vous tout au moins, avant mon départ, me faire voir l\u2019image de ma pauvre mère.dont j\u2019ai oublié les traits et qui était, paraît-il, si belle et si bonne ?\u2014Belle ! certes, elle l\u2019était, votre mèro ! On no voua a pas trompé.\u2014Et si bonne ! répéta énergiquement Maxime.Le vicomte serra les poings jusqu\u2019à s\u2019enfoncer les onglos dans les chairs.Sa bouche se crispa et son visage se couvrit d\u2019une rougeur subite.\u2014J\u2019étouffa ! murmura-t-il, en se laissant tomber dans son fauteuil.Une congestion était imminente.Pour la prévenir, Maxime ouvrit toutes grandes les deux hautes et larges fenêtres du cabinet de travail.L\u2019air glacé entra dans la pièce, et le vicomte, bientôt remis, se leva, remercia son fils, et passant dans sa chambre à coucher, lui jeta ces mots en refermant la porte ; \u2014Ne me parle plus jamais de ce portrait ! jamais 1 ! Le lendemain, au moment du départ, le vicomte eut encore un accès de tendresse pour son fils.Il lui ouvrit ses braB, disant : \u201c Sois heureux ! \u201d mais, comme le traîneau s\u2019ébranlait, emmenant les voyageurs à travers la neige, Maxime retrouva sur le visage du père cette expression de dédain haineux qui lui avait tant de fois serré le cœur.Prosper avait pris la place du cocher.Il conduisit les jeunes gens au relais le plus proche et leur souhaita bon voyage.Maxime serra la main du vieil ami de sa jeunesse et, l\u2019attirant près de lui : \u2014N\u2019as-tu donc rien de plus à me dire ?lui demanda-t il tout bas.Le vieillard, ému par cette attaque si soudaine, laissa échapper ces mots : \u2014Madame la marquise vous a révélé l\u2019existence du portrait ; c\u2019est quelque chose, mais elle pourrait en dire d\u2019avantage.si elle voulàit.Et, remontant sur son siège, il s\u2019éloigna au grand galop des chevaux.sans écouter les rappels désespérés du baron de Borianne.Y LE BILLET DE LA MORTE En arrivant à Ohâteauroux, Maxime ne prit même pas le temps de changer de vêtements.PU se rendif d\u2019un pas rapide au château de Borianne, pour y questionner sa tante, la marquise de Parieux.Si, comme l\u2019assure Prosper, elle sait quelque chose sur la disparition de ma mère, pensait-il, je l\u2019obligerai bien à parler.A ce moment, la marquise de Parieux faisait la lecture à son père.Le vieillard, encore très vert malgré ses quatre-vingts, n\u2019y voyait guère plus.Il passait, avec juste raison, pour un des plus forts lettrés de France.On disait de lui : \u201c Il a tout lu et tout retenu.\u201d Sa prodigieuse mémoire subissait à peine les atteintes de l\u2019âge.A peine levé, il réclamait les journaux de Paris, les revues, les derniers livres à succès, la pièce en vogues, et se les faisait lire par sa fille.Il suivait avec passion les phases de l\u2019histoire contemporaine.Lo temps du sommeil n\u2019était pour lui, qu\u2019une sorte d\u2019entr\u2019acte, durant lequel il reprenait des forces pour ecouter la suite de l\u2019épopée universelle.Il se consolait ainsi de ne plus pouvoir caresser du regard ses chers bouquins.Menacé de perdre entièrement la vue s'il continuait à lire, il se réservait pour son courrior qu\u2019il déchiffrait péaiblement au moyen d\u2019une forte loupe.Oe matin-là, intéressé par les événements d\u2019Orion, il ne semblait pas s\u2019apercevoir que la voix do la marquise s\u2019assombrissait do minuto eu minute.Assis dans sou fauteuil, les bras croisés, il écoutait sans perdre un mot et, sur sa physionomie de vieillard maigre et nerveux se réüétaient toutes ses impressions.La marque s\u2019arrêta à la fia do l\u2019article et reprit sa respiration.Aux petits soins pour son père, dévouée envers lui jusqu\u2019à l\u2019abnégation, elle lui consacrait entièrement sa vie.Le comte disait d\u2019elle ; \u201c O\u2019est ma fille de charité.Je lui en fais voir de dures, mais je m\u2019en console en pensant qu\u2019elle gagne le paradis.où j\u2019espère qu\u2019elle me retrouvera ! \u2019\u2019 \u2014Après ?dit-il sans pitié pour la fatigue de sa fillo.\u2014Je ne vois plus rien qui puisse vous intéresser.\u2014Mais tout m\u2019intéresse, Hermine, tu lo sais bien.Passons au compte rendu des premières représentations.Lo Théâtre-Libre donnait un drame d\u2019Ibsen, hier soir.Voyous ce qu\u2019en pense la critique ?Il ne se trompait pas, et la marquise se disposait à lo satisfaire, lorsque le valet de chambre entra, apportant lo courrior.\u2014Une lettre pour monsieur le comte, dit le domestique, en la présentant sur un plateau à son inuître.Il ajouta : \u2014L\u2019enveloppe est toute jaunie et couverte de taches, J\u2019en ai fait l\u2019observation au facteur.\u2014C\u2019est bon, merci.Le comte alla s\u2019asseoir à un bureau placé devant la fenêtre dont il écarta les rideaux.Il défit l\u2019enveloppe avec soin et en tira un fouillot double, dont une partie avait été déchirée au-dessous de la signature.A la vue de cette signature, il poussa un cri de surprise.Hermine se leva, et s\u2019approchant do son père : \u2014De quoi s\u2019agit-il ?Vous paraissez tout émotionné.Il se détourna brusquement, serrant la lettre contre sa poitrine, \u2014Laisse-moi, dit-il ; ceci me regarde tout seul.\u2014Vous allez vous fatiguer les yeux.\u2014Laisse-moi ! répéta-t-il sur un ton qui ne souffrait pas de réplique.Hermine retourna à sa place.Elle ne quittait pas du regard son père, qui, d\u2019habitude, n\u2019avait aucun secret pour elle.Le billet que récélait l\u2019enveloppe jaunie et tachée, était signé \u201c Madeleine Breton, vicomtesse de Borianno.\u201d \u2014Elle ! pensait l\u2019intraitable vieillard, Je la croyais morte ! Il constata avec stupéfaction que la lettre do sa belle-fille était datée du 20 novembre 1871.Elle arrivait donc à son adresse vingt-trois ans trop tard.Les mains du vieillard tremblaiont.Il eut grand\u2019peino à lire d\u2019un bout à l\u2019autre, à l\u2019aide d\u2019une loupe, ce billet énigmatique, ainsi com-u : \u201c Monsieur le comte, \u201c En apprenant ma disparition, vous avez dû supposer que mon mari m\u2019avait chassé comme coupable et indigne.\u201c Eh bien ! oui.Et je ne pouvais me disculper ! Une atroce fatalité me condamnait au silence.\u201c Si vous saviez, monsieur ! si je pouvais parler, vous me béniriez au lieu de me maudire.Le désespoir a miné ma santé.Je suis perdue ; jo vais mourir ; c\u2019est l\u2019affaire de quelques jours, do quelques lioures peut-être.\u201c Avant de quitter la vie, j'ai tenu à vous écrire, non pour moi, mais pour mon enfant, mon petit Maxime, qui peut avoir un jour besoin de son grand-père.\u201cJe vous le jure, monsieur lo comte, je suis innocente.On no ment pas quand on est au seuil de l\u2019étornité, quand on va paraître devant Bon souverain juge.\t4 \u201c Pardonnez-moi le chagrin que jo vous ai causé on entrant dans votre famille.J\u2019avais déclaré à Hector que je no serais pas sa fomme sans votre consentement.Il m\u2019a forcé et c\u2019est sans mon aveu qu\u2019il vous a fait do3 consommations respectueuses, \u201c Telle est la pure vérité' \u201cAdieu, monsieur le cemto, oubliez-moi, mais donnez à Maxime une part de votre cœur, et dites à mon mari que je suis assez chrétienne pour lui pardonner, \u201d Le comte essuya son front baigné de sueur.Pourquoi cette lettre arrivait-elle au bout do vingt-trois ans ?Il y avait là un étrange mystèro qui le préoccupait plus que de la déclaration in extremis de sa belle-fille.Il examina l\u2019enveloppe et constata que l\u2019écriture en était hén-tante, grossière.Évidemment, cola avait été tracé par une personno illettrée, sachant à peine écrire.Le nom de Borianne manquait d\u2019un B majuscule et ne contenait qu\u2019un N, Celui do Châtoauroux était également estropié.Le mystère s\u2019obscurcissait de plus en plus.A cet examen, les yeux de l\u2019octogénaire s\u2019étaient voilés do fatigue.Il dut renoncer à déchiffrer le timbro du départ, à peine visible.\u2014Hermine, fit-il d\u2019une voix qu\u2019il essaya vainement de rendre calme, pourrais-tu me dire d\u2019où vient cotte lettre ?Et il lui tendit l\u2019enveloppe, après avoir eu soin de serror lo billet dans son portefeuille.La marquise de Parieux, de plus en plus intriguée, examina longuement le timbre du départ.\u2014Cela, dit-elle enfin, vient de la ville du Puy.\u2014Du Puy !.répéta le vieillard.Il la connaissait bien, cette pittoresque cité, où il avait rempli les fonctions d\u2019avocat général à la cour d\u2019assises, de 1872 à 1880, Si vous toussez prenez lo - - - BAUME IRIEETTIÆ-A-Ij LE SAMEDI 1() Il ajouta : \u2014Tu es bien sûre Il n y a pas de doute.Et l\u2019enveloppe est datée d\u2019avant-hier.Gela est vraiment extraordinaire ! Après vingt-trois ans.du Puy ! Quelle énigme ! Hermine se décida à interroger son père.De quoi s agit-il donc ?Cette lettre semble vous bouleverser.lu peux savoir.Tu tiens à ce nous parlions encore de cette malheureuse.Je l\u2019avais presque oubliée et elle s\u2019impose de nouveau à mon intention !.De cette malheureuse ! Hermine avait compris ; une pâleur mortelle recouvrait ses traits.Si son père avait pu la voir, lire sur son visage l\u2019angoisse inexprimable qui y éclatait, il s\u2019en serait demandé la cause avec stupeur.\u2014Je ne comprend pas, osa-t-elle affirmer.Il lui remit la lettre.Lis ce billot d outre-tombe et dis moi ce que tu en penses, La marquise de Parieux la connaissait bien, cette fine écriture d\u2019ancienne institutrice.Dès les premières lignes, elle laissa échapper un cri de saisissement.¦ Allons ! chère fille, dit le comte, il ne faut pas t\u2019émotioner à ce point.Certes, à aucun moment, je ne me serais attendu à ces protestations d innocence ; mais ce qui m\u2019échappe totalement, ce que je ne saurais m expliquer, cest que de ce billet m\u2019ait été envoyé au bout de vingt trois ans, et que l\u2019écriture de l\u2019enveloppe ne Boit pas de la même main que celle de la signataire.Hermine avait fini de lire et demeurait immobile, comme écrasée par ces protestations de la disparue.Des larmes rouluient dans ses yeux, des sanglots lui montaient à gorge et elle avait peine à les réprimer.litonné de son silence, le vieillard s\u2019écria : \u2014J ai bien vu, n\u2019est-ce pas ?.la lettre est datée de 1871 ?.Oui, du 20 novembre, sans indication de localité.Pauvre femme ! Le comte de Borianne ne protesta pas contre cette exclamation.Il était plus ému, au fond, qu\u2019il ne voulait le laisser paraître.Avec le temps, sa rancune s\u2019était apaisée.Du reste, il ignorait absolument les causes de la disparition de sa belle-fille.Il n avait pas revu son nls ; quand à Hermine, elle assurait ne rien savoir non plus.\u2014Y comprends-tu quelque chose ?demanda-t-il.\u2014Non, et c\u2019est un bien étrange mystère.\u2014A-t-on cherché la vicomtesse dans la Haute-Loire ?_ Oui tout justement.Madeleine y avait une amie de pension, à Virmont, petit bourg situé au pied d\u2019une montagne.Hector espérait qu elle était allé s\u2019y cacher.C\u2019était encoro une fausse piste, Madeleine n\u2019a point paru à Virmont.\u2014Pourtant, fit observer le comte, ce billet m\u2019arrive de la Haute-Loire.Virmont est-il loin du Puy ?Dix lieues tout au plus ; mais qu\u2019importe ?L\u2019amie de Madeleine y est morte en 1882, sans jamais avoir eu de ses nouvelles.\u2014De plus en plu3 singulier !.Hermine lisait et relisait la lettre.A ce passage : Si vous saviez, monsieur !.si je pouvais parler !.vous me béniriez au lieu de me maudire.la marquise joignait les mains et, levant les yeux vers le ciel, semblait implorer une puissance supérieure, Mais pourtant, dit tout à coup lo vieillard, si Hector recherchait Madeloine Breton, c\u2019est donc qu\u2019il lui avait pardonné ?.Tu ne m\u2019as jamais rien précisé à cet égard, et pourtant, à cette époque, tu voyais Hector tous les jours, tu avais même pris la surveillance de son fils, Il est impossible qu\u2019Hector ne t\u2019ait fait aucune confidence Bur les causes du départ de sa femme ?\u2014Aucune, mon père, répondit Hermine.Le vieillard hocha la tête.Avouo plutôt, fit-il, que tu ne veux rien dire.Peu m\u2019importe ! Ces dissentiments ne nous regardent pas.Que faire de cette lettre ?Je n ai pas le droit de la détruire.J\u2019estime même qu\u2019il est de mon devoir de la communiquer à Hector.Charge toi de la lui envoyer, lu lui diras en meme temqs que je suis désireux de le revoir avant de mourir, et que s il veut bien me faire cette concession jo m\u2019engage à ne pas lui parler du passé.Relis-moi une dornière fois le billet, afin que j\u2019en pèse tous les termes.Hermine commença cotte lecture.Mais son émotion était telle qu elle dut s interrompre à plusieurs roprises, étouffé par les sanglots, \u2014De tout cela, conclut le vieillard il ressort que ma belle-fille adorait son fils, Or, j'estime que si elle avait vécu, elle n\u2019aurait pu restor aussi longtemps sans le voir.Tout me dit quelle est morte.Elle n avait que faire de me recommander Maxime.Je chéris ce brave garçon comme il lo mérite.Je ne suis étonné que d\u2019une chose, c est qu il s obstine à rester célibataire.Les richos partis ne lui ont pourtant pas manqué dans son rang.A propos, t\u2019a-t-il écrit quand il reviendrait d Allemagne ?\u2014Non ; mais je l\u2019attends d\u2019un jour à l\u2019autre.Ne lui parle pas de la lettre.Il ne pense plus guère à sa mère, inutile de le tourmenter.Envoie-là à Hector et qu\u2019il n\u2019en soit plus question entre nous.Cette histoire m\u2019a brisé la cervelle ; je vais tâcher de sommeiller un peu jusqu'au déjeuner.Il rentra dans sa chambre à coucher, contiguë au petit salon où avait eu lien cet entretien.A peine seule, la marquise s\u2019agenouilla, joignit les mains et se perdit dans ses prières.Que demandait-elle à Dieu ?N\u2019était-ce pas plutôt la disparue qu\u2019elle implorait ?Quel étrange secret se cachait derrière ce visage encadré de cheveux blancs ?La marquise de Parieux, âgé de cinquante-deux ans, paraissait avoir dépassé la soixantaine.Un ohagrin, qu\u2019on attribuait à la perte de son mari et de sa fille unique, la minait sans trêve ni merci.On admirait l\u2019héroïsme avec lequel elle s\u2019efforçait d\u2019être gaie, parfois même enjouée, devant son père dont elle s\u2019était faite, suivant l\u2019expression du vieillard, la \u201c fille de charité.\u201d En dehors de la présence du comtp, elle se laissait aller à l\u2019accablement ; tout sourire fuyait ses lèvres, et les rides profondes attestaient le ravage des larmes secrètes, des cruelles insomnies.Elle ne sortait jamais du château.Du reste, le parc, très vaste et sillonné de larges allées, suffisait à ses promenades.Elle y faisait la conduite au père, durant la belle saison.Le vieillard, bientôt las, s\u2019asseyait sur un banc et réclamait la suite de la lecture.On rentrait et un secrétaire au service du comte lui prêtait le secours de ses yeux et de sa voix, compulsant sur son ordre, les encyclopédies, écrivant sous la dictée, classant des documents, ne restant jamais inactif, La marquise s\u2019enfermait dans sa chambre et attendait pour en sortir, l\u2019appel du maître.Le soir, elle se mettait au piano et jouait au père les opéras français et italiens dont il ne se lassait jamais.Elle avait un talent correct, mais froid.Les doubles croches de l\u2019opéra-bouffe manquaient d\u2019entrain sous ses doigts.Elle ne rendait bien que la musique triste ; alors elle faisait pleurer le piano et communiquait à l\u2019auditeur la désespérance de son âme.Et le père ne tardait pas à s\u2019écrier : \u2014Assez ! assez ! La vie est assez triste par elle-même, surtout pour un aveugle ! Ne l\u2019assombrissons pas davantage avec des airs d\u2019enterrement.La marquise vivait en ce châteaucomme en un cloître.En aucune occasion on ne la vit, même à l\u2019église : mais elle suivait assidûment les offices religieux dans sa chapelle particulière, desservie par un vieux prêtre, son confesseur.Des curieux tentèrent vainement de faire jaser ce pauvre vénérable ecclésiastique.Il ne lui échappa que cette indiscrétion, devant une de ses anciennes pénitentes qu\u2019il croyait discrète : \u2014Tout ce que je puis dire sur la marquise, c\u2019est qu\u2019elle est bien malheureuse et qu\u2019il n\u2019y a plus de remède à sa douleur.Cette confidence, bientôt colportée de bouche en bouche, fut l\u2019objet et Puis3e ton P^e te recevoir comme \u2014Pour quel motif agirait-il autrement ?On ne lui a jamais reprocher110 ^ -b°nneS D°te8 SUr mon comPte- Je n\u2019ai rien à me Elle ne s\u2019expliqua pas, mais elle se toucha le front du bout de ùanquilîe0 qU1 B6mhMt sgnifier : \u201c Avec les fous, on n\u2019est jamais Maxime partit néanmoins, plein d\u2019espoir.Le voyage lui sembla interminable.On était à la belle saison.finïfnaXi,m6 -irVeT Une Partie de Ia CourIande en voiture et arriva enfin, au millieu de campagnes verdoyantes, devant ce fameux château qu on lui avait dépeint d\u2019aspect si pittoresque.denei°ges0UVa simplement Pittoresq™ et ne regretta pas l\u2019absence Le cœur lui battait fort quand il pénétra dans la cour d\u2019honneur Ce fut le vieux Prosper qui le reçut à l\u2019arrivée, LE SAMEDI 23 Le vicomte s\u2019était rendu à l\u2019une de ces fermes, mais il devait rentrer déjeuner.Maxime reconnut à peine son ancien serviteur.Les souvenirs de sa première enfance, si choyée auprès d\u2019une mère qui l\u2019idolâtrai^, s\u2019étaient presque effacés à la suite d\u2019une fièvre typhoïde à laquelle il avait failli succomber chez sa tante.Tout en installant dans sa chambre son jeune maître, Prosper le contemplait les larmes aux yeux.\u2014Que remarquez-vous donc en moi ?lui demanda Maxime.\u2014Que vous ressemblez beaucoup à Mme votre mère.moins cependant qu\u2019autrefois.Vous avez son sourire.Seulement vous êtes brun comme M.votre père, tandis que Mme votre mère était blonde.Maxime brûlait du désir d\u2019interroger le vieillard.\u2014Je vous parais bien frêle, bien délicat pour un Borianne, n\u2019est ce pas, Prosper ?\u2014C\u2019est vrai ; mais je retrouve dans vo3 traits l\u2019expression de fierté qui distingue votre race.On voit que vous avez poussé à l\u2019ombre.Il vous aurait fallu le grand air, l\u2019habitude de la marche, du cheval, de tous les exercices du corps, Ce n\u2019est pas ce qui vous manquera ici.\u2014Très bien, Prosper ; mais je n\u2019y trouverai guère de plaisir.Un bon livre m\u2019est plus précieux que le meilleur cheval.\u2014C\u2019est un goût que vous tenez de Mme votre mère.Elle savait tout et elle apprenait encore.Maxime lui tendit la main.\u2014Merci, Prosper.Quand nous serons seuls, vous me parlerez souvent de ma mère ; rien ne saurait me faire plus plaisir.Un roulement de voiture se fit entendre.\u2014Voici votre père, dit le vieillard ; je vais l\u2019avertir.Maintenant, monsieur Maxime, je vous demanderais de ne plus me dire vous; parlez-moi comme jadis, quand vous étiez tout petit et que je vous faisais sauter sur mes genoux.\u2014C\u2019est entendu, Prosper.Maxime courut à la fenêtre pour voir ce père étrange, qui était resté si longtemps sans se préoccuper de lui.Un homme de haute stature, taillé en hercule, descendit de voiture.Prosper s\u2019avança à sa rencontre et lui dit quelques mots.Le vicomte porta la main à son front et sembla réflléchir une demi-minute.Puis d\u2019un pas décidé, il gravit les marches du perron.Maxime s\u2019empressa de descendre.Le père et le fils se rencontrèrent sur le palier du premier étage.Hector de Borianne ne tendit pas les bras à son fils, Il l\u2019enveloppa d\u2019un regard pénétrant, curieux, bizarrement indiscret, et ne laissa que trop voir sa surprise de trouver en ce jeune homme de seize ans tant de débilité et de grâce féminine.Il ouvrit la porte qui donnait sur son oabinet de travail, puis fit entrer cérémonieusement Maxime.Chez un étranger, le baron de Borianne n\u2019aurait pas été reçu de façon différente.Le vicomte lui désigna un siège, et prit place devant son bureau.\u2014A la bonne heure, dit-il en essayant d\u2019être aimable, tu n\u2019as pas perdu de temps.\u2014J\u2019avais hâte de vous voir, mon père, de.vous embrasser.Le vicomte, ému plus qu\u2019il ne voulait le laisser paraître, ouvrit enfin ses bras au jeune homme, Maxime s\u2019y précipita.Ce premier baiser paternel lui sembla d\u2019une douceur infinie.Son cœur se sentit allégé, pour un instant, de tout le lourd fardeau qui l\u2019oppressait.Après avoir demandé des nouvelles de sa sœur, le viconte se contenta de dire : \u2014Ton grand-père se porte toujours comme le Pont-Neuf ?\u2014Très bien ; seulement sa vue s\u2019affaiblit.\u2014Il te gâte ?.Il t\u2019a toujours gâté ?Maxime ne savait pas dissimuler.\u2014Eh bien, si tu veux me faire plaisir, ne te laisse pas accaparer par lui.Reste indépendant, Avec cinq cents franos par mois, un étudiant peut vivre largement à Paris.A partir de ce mois, tu les auras.Etranger à tout sentiment intéressé, il répugnait à Maxime de traiter de telles questions dans cette première entrevue.Sachant que son père ne possédait en tout et pour tout que ce maigre domaine de Courlande : \u2014Je ne voudrais pas, dit-il, vous être une lourde charge.A Paris, tout en étudiant, je puis donner des leçons.\u2014Vous !.un Borianne ! Voilà une idée qui, à sebe ans, ne me Berait jamais venue.Une expression de mépris se peignit dans ses yeux, où couraient des lueurs de folie.Maxime ne put soutenir ce dur regard.Il n\u2019y comprenait rien : un tel orgueil dépassait son entendement.Peur s\u2019appeler de Borianne, il ne se considérait nullement oomme un être supérieur, et à la pensée de gagner sa vie en donnant des leçons, comme le faisait sa mère étant jeune fille, ne lui semblait nullement dégradante.Cependant il se taisait, afin d\u2019éviter uno discussion.Le vicomte comprit d\u2019ailleurs combien son langage était blessant pour le jeune homme.\u2014Nous n\u2019avons pas, dit il, les mêmes idées, les mêmes goûts.Laissons cela.Tu auras cinq cents francs par mois, et je regrette de ne pouvoir t\u2019en donner le double.Oblige-moi de fairo le moins de dettes possibles, afin de n\u2019être pas forcé de recourir à la générosité de ton grand-père qui aurait trop de plaisir à me faire sentir sa supériorité et mon impuissance.Tu passeras, tous les ans, ici, la moitié de tes vacances.Nous chasserons, nous pêcherons, cela te convient-il ?\u2014Mais certainement.Vous m\u2019apprendrez ces choses, auxquelles je suis étranger.Auprès do vous, tout me semblera bon.Allons I fit le vicomte avec un sourire amer, je vois que tu es un garçon aimable.Les paroles coulent de ta bouche commo miel.C'est une qualité qui me manque, à moi, et qui m\u2019a toujours manqué.Tu n\u2019auras que trop souvent l\u2019occasion de le remarquer.La cloche sonna pour le déjeuner.Ils se rendirent à la salle à manger.Maxime resta tout un mois au château des Neiges.Il n\u2019y éprouva pas la joie qu\u2019il avait espérée.Maintes fois il eut à souffrir des inégalités de caractère du mystérieux exilé ! Parfois, le matin, son père lui-même frappait à sa porte et criait d\u2019une voix rajeunie : \u2014Debout paresseux.nous chassons le renard.Ils partaient, à l\u2019aube, chevauchant sous ce ciel à peine bleui du nord, à travers de vastes pleines où frissonnaient les bruyères violette et les genêts d\u2019or de l\u2019arrière-saison.Le vicomte de Borianne bavardait, comme regaillardi, et son fils se reprenait d\u2019espoir; le triple airain qui lui fermait ce cœur finirait à la longue par fondre.peut-être.Puis, soudain, il s\u2019arrêtait au milieu d'une phrase, ses traits Be faisaient dur», \u2014 il redevenait l\u2019homme sombre, qui porte au cœur, ineffaçable, un secret.Parfois aussi, le vicomte lançait les invitations aux gentilshommes du voisinage, pour de grandes chasses, Et c'étaient, durant plusieurs jours, des fêtes bruyantes., l\u2019antique chateau s\u2019emplissait de bruit, de toilettes claires et de caquetages.Les aigles noirs des rochers voisins s\u2019envolaient, effrayés par les coups de feu, et décrivaient de grands cercles au-dessus du castel.Et le propriétaire paraissait s\u2019amuser très fort, comme s\u2019il tût essayé de se griser de mouvement.pour oublier.Le lendemain, il s\u2019enfermait à clef dans sa chambre ; et l\u2019on entendait, pondant la nuit, les parquets craquer sous ses pas, s\u2019ouvrir la porte de fer.et des plaintes.Maxime, de son lit, écoutait, anxieux, les promenades nocturnes, les gémissement qui passaient, dans la mairon ensommeillée, comme les lamentations d\u2019âmes en peine.Le jour, il errait autour du manoir, guettant une fenêtre irrévocablement close.Ces crises passées, la vie redevenait normale au château des Neiges.Mais, toujours, le père gardait son regard énigmatique, souvent hostile.Et malgré les élans de tendresse qui transformaient subitement le châtelain, Maxime revint à Châteauroux avec l\u2019affreuse conviction de n\u2019être pas aimé.IX M ÉPUISES DU CdtUll A Paris, Maxime et Pierre furent des étudiants modèles.Ils avaient pris un appartement confortable, derrière lo Panthéon, dans cette paisible rue d\u2019Ulm où tant de savants et de lettrés en herbe se sont développés, à l\u2019abri de toutes tentations.Ils ne manquaient jamais un cours de leur faculté respective, rentraient travailler côte à côte, prenaient leur repas ensemble, allaient peu au théâtre, encore moins dans les brasseries tapageuses du quartier Latin, se couchaient généralement de bonne heure et se à l\u2019aube.Le jardinier du Luxembourg, ce paradis do la rive gauche, était leur promenade favorite.Se suffisant à eux-mêmes, ils fuyaient le monde.C\u2019est le privilège des Parisiens de pouvoir s\u2019isoler à volonté dans leur fourmilière.Le soir, Maxime, dont sa tante, excellente pianiste, avait fait un 24 LE SAMEDI virtuose, déchiffrait les nouveautés et se remettait dans les doigts ses morceaux favoris, Pierre l\u2019écoutait un instant en fumant son cigare : mais bientôt il se plongeait dans la lecture des revues scientifiques.Parfois ils causaient des heures entières sans jamais se lasser, car, occupés chacun de sujets si différents, ils avaient toujours quelque chose d\u2019intéressant à s\u2019apprendre.De ces piocheurs, le plus enjoué était Pierre.Il lui prenait souvent des accès de folle gaieté qui étonnaient le baron.Était-ce naturel, ou plutôt n\u2019avait-il d\u2019autre but que de secouer la mélancolie du beau ténébreux ?.Libre de toute entrave, protégé par Mme Petitot, qui le considérait comme son fils, Pierre Sorlac vivait heureux, d\u2019autant plus heureux qu\u2019il suivait en pleine liberté sa vocation.Son seul défaut, si toutefois on peut appeler cela un défaut, était une extrême timidité, qui le rendait silencieux ou emprunté devant des tiers.Pierre croyait manquer des qualités indispensables pour plaire.Certes, à côté de Maxime, si bien pris, si élégant, il paraissait, au premier abord, disgracié de la nature.Trop grand et d'une minceur inquiétante, le dos voûté, le visage osseux, le nez proéminent et recourbé il rappelait des oiseaux aquatiques dont l\u2019ensemble prête à rire.Mais tant de bonté éclatait sur ses traits, dans le son de sa voix, qu\u2019il plaisait quand même.Il poussait Ja délicatesse j\u2019usqu\u2019à l\u2019excès ; bien que sachant Mme Petitot très riche, il limitait ses dépenses au striot nécessaire, tant et si bien que l\u2019excellente femme était obligée de se fâcher pour lui ravitailler sa bourse de poche.Dè3 que les vacances leur laissaient du loisir, les deux amis revenaient en toute hâte au pays.Mais le château, habité par un octogénaire aveugle et sa sœur, éternellement, désespérée, semblait bien triste à Maxime, qui lui préférait la maison de Mme Petitot.Le baron de Borianne n\u2019avait pas plus tôt mis les pieds dans Ohâteauroux qu\u2019une force irrésistible l\u2019attirait chez la vieille dame.Rosita Speranza l\u2019avait charmé à leur première rencontre.Tout de suite il Bentit qu\u2019il ne lui était pas indifférent.Ne suffit-il pas d\u2019un regard échangé, pour se prouver qu\u2019on sympathise ?Mêmes goûts, mêmes aspirations les rapprochaient.Bonne musicienne, pianiste accomplie, Rosita ne pouvait manquer de s\u2019entendre avec ce gentilhomme qui, comme elle, aimait à s\u2019enivrer aux sources de l\u2019art le plus pur.Ils passaient de longues heures au piano, à déchiffrer à quatre mains ou à interpréter les chefs-d\u2019œuvres des maîtres anciens ou modernes.Cette musique sérieuse n\u2019était guère comprise de Pierre, encore moins de Mme Petitot.Aussi, pour se faire pardonner leurs excès d\u2019harmonie, les jeunes artistes avaient-ils soin de terminer le concert par des fragments d opéras-comiques et même par des airs de danse, Alors Pierre se rapprochait du piano, battait la mesure bruyamment et se livrait à des contorsions comiques.Ses crises de gaieté intime se traduisaient toujours par des excentricités ; mais bientôt il rentrait dans sa coquille de savant grave et silencieux.Lorsque le baron Maxime de Borianne fut certain d\u2019aimer la fille adoptive do Mme Petitot, il commença par se demander s\u2019il en avait le droit.Pierre songe peut-etre à elle, se disait-il, et je préférais mourir de chagrin que de lui causer cette peine, Le baron observa les deux jeunes gens qui, depuis si longtemps, vivaient côte à cote : il lui sembla que Pierre n\u2019avait aucune des apparences de l\u2019homme épris.Le fils du docteur Sorlac appelait Rose sa \u201c petite sœur \u201d et la considérait comme telle.Absorbé par ses études, déjà distrait comme un savaut, il ne voyait rien autour de lui, pas même la beauté éblouissante de Rose.t Maxime eut maintes fois l\u2019occasion de s\u2019en convaincre, avec autant d\u2019étonnement que de satisfaction.Mais Rose pouvait l\u2019aimer, son grand frères, et alors c\u2019en était fait des espérances du baron.Il épia Rose et ne sut à quoi s\u2019en tenir.Certes, la jeune fille lui faisait bon accueil ; mais ces plus douces inflexions de voix, ses meilleurs regards, ses plus tendres sourires, elle les réservait pour Pierre, qui, l'aveugle ! ne semblait même pas s en douter.Des années s\u2019écoulèrent sans rien changer à la situation.L arrivée de Lucile, dans cette maisou assombrie par des deuils et des souvenirs douloureux, y apporta une note de gaieté.Mlle Fallière regrettait son père, qui, usé par des voyages d\u2019exploration à travers l\u2019Afrique, s\u2019était éteint prématurément.Mais, chez elle, la jeunesse venait à bout de tous les chagrins.Sa gaieté exubérante, son rire argentin, sa physionomie expressive plaisaient à Pierre Et parfois, le jeune ingénieur se surprenait à penser : \u201c Lucile a tout ce qui manque à Rose.\u201d C\u2019était au moins reconnaître les qualités personnelles do cette dernière.Maxime se réjouissait de voir son ami en extase devant la figure rayonnante de Lucile, Et ce qui lai faisait le plus de plaisir, c\u2019était de constater que Rose se montrait moins tendre qu\u2019auparavant pour son grand frère.Il ne s\u2019apercevait pa3, le pauvre garçon, que dans ce refroidissement apparent, il y avait surtout du dépit.Et, comme les amoureux toujours prêts à s\u2019illusionner, il se croyait maintenant le préféré.Un soir, il rentra, ivre de joie, au château.Rose lui avait dit : \u2014C\u2019est étrange comme nos goûts et nos pensées se ressemblent ; lorsque je vous interroge, je devine toujours ce que vous allez me répondre.\u2014Moi aussi, fit Maxime, en lui prenant les mains, qu\u2019elle lui abandonna simplement.Us étaient toujours d\u2019accord.En musique comme en peinture, ils sentaient de la même façon.Ils relisaient les mêmes livres et toujours avec plaisir.Ils souffraient tout deux du même exè3 de sensibilité.Rose savait par Pierre les motifs du chagrin qui minait le jeune baron.Elle plaignait Maxime ; elle demandait à Dieu, dans ses prières, de guérir la folie qui semblait dessécher le cœur du vicomte de Borianne.Elle estimait que Maxime était encore plus malheureux qu\u2019elle, \u2014Mes parents, se disait elle, m\u2019ont cruellement abandonnée ; mais j\u2019ai trouvé une seconde mère, la plus aimante dss mères, tandis que le pauvre garçon ne saura jamais ce que la sienne est devenue.La pitié qu\u2019elle éprouvait pour Maxime lui inspira des attendris-ments dont elle ne devait pas tarder à se repeatir.Surprenant des larmes dans les yeux de Maxime, elle se laissa aller à lui dire : \u2014Il ne faut pas vous désespérer ainsi, A défaut des affections sur lesquelles vous aviez droit de compter, il vous reste l\u2019amitié de votre grand-père, de votre tante, de Pierre, de nous tous.\u2014Bien vrai ! fit-il transporté de joie, j\u2019ai une part de votre cœur ?Elle devina enfin ce qui se passait en lui et en éprouva une infinie tristesse.Elle n\u2019eut pas le courape de le détromper.\u2014Mais oui, répondit-elle, les larmes aux yeux.Etait-il besoin de vous le certifier ?Est-ce que l\u2019ami de Pierre n\u2019a pas été tout de suite le mien ?Est-ce qu\u2019il n\u2019y a pas entre nous une similitude d\u2019idées et de sentiments qui suffit à resserrer notre sympathie ?\u2022 L\u2019arrivée de Mme Petitot acheva de la tirer d\u2019embarras, Ce jour-là, Maxime se crut aimé ; mais dè3 le lendemain, les mêmes doutes le torturèrent : Rose évitait de rester avec lui ; Rose se montrait déjà moins confiante, Evidemment, elle battait on retraite.Pour Maxime, l\u2019indifférence de Rose, c\u2019était la mort.Elle le comprit à sa pâleur qui s\u2019accentuait de jour en jour en jour, à la désespérance qui trahissait le son de sa voix, Prise de pitié, elle le consola par de bonnes paroles, elle lui rendit Eon amitié toute entière, mais rien de plus.Et les mêmes illusions transportèrent le baron de Borianne dans les régions sublimes où fleurit l\u2019espoir, où il suffit d\u2019un mot, d\u2019un serrement de main, pour guérir les plaies de l\u2019âme.Pierre, aveuglé par la science, ne voyait rien.Leurs études terminées, les deux amis, après avoir satisfait à la nouvelle loi militaire, qui n\u2019exigeait d\u2019eux qu\u2019une année de service, s\u2019installèrent à Châteauroux.Pierre, sorti do l\u2019École centrale avec le diplôme d\u2019ingénieur, prit en main la direction de la fabrique de machines agricoles de Mme Petitot ; Maxime se fit inscrire au barreau et remporta un premier succès en faisant acquitter aux assises un faussaire qui avait subi l'influence néfaste d\u2019une femme galante.L\u2019ingénieur n\u2019eut pas les mêmes satisfactions d\u2019amour-propre à ses débuts dans l\u2019industrie, Comme il l\u2019avait prévu, d\u2019ailleurs, l\u2019outillage de l\u2019usine n\u2019était plus à la hauteur des perfectionnements apportés par la concurrence.Il étudia la question, fit acheter par Mme Petitot plusieurs brevets d\u2019invention de machines agricoles, se breveta pour divers perfectionnements, et entreprit des voyages d\u2019études à l\u2019étranger.F (A suivre.) LE FILS DE L'ASSASSIN La vente du livre si émotionnant qui porte ce titre va si rapidement que nous conseillons à ceux de nos lecteurs qui ne l\u2019ont pas déjà de se hâter.Comme on le sait, il ne coûte que 10 cts acheté d nos bureaux et 15 cts quand nous l\u2019expédions par la poste.Pom II DYSPEPSIE, id lien de Thé et Café, Buvez le CAFÉSANTÉ FORTIER (f ;\t_ \t/ames Efl CflSdeGerçures,Caissons, Rougeurs Adoucir, douter, (Blanchir la peau du Visage et des mains rion m\u2019égale la Erème Hmovv Se défier des Contrefaçons et Imitations foudre a* ffiiz ttavon DE LA MÊME MAISON 73\tœ\to\t'> 73 C\t\t\t,o * cj\t\t5\tO rr 7s\t0\tx-\t3 a w\ty,\t\to rt\ty.\t\t- ?o X\t\t\tJ3 \tQ\t\tm \ty\t\tü \t\t\tm \t\t\tcn \t\t\tS p\tp\t?\u2014*\to p o ü» O\t6\to o\t3 S z rs -iCN-g-en/t General povtr le Canada : IFL T.X3EVI1TS, 2STo XSSS me Ste.Ca,tlrerirre, UXdCorrtreal. LE SAMEDI \u201c LU JOURNAL\" Pour Paire Fine Taille Los vicliincH do cctlo modo meurtrière qui veut qu\u2019une jouno fille, pour être belle, ho serre m taille au point d'ompécher le fonctionnement régulier (lus organes «lu la digestion, se comptent.par milliern.Au lieu de protester encrai* finement contre cette maladie du siècle, \u2014 le désir de fuire line taille, Ioh parents les amis sont portés a admirer cette taille de guêpe, cotte taille élancée qui assure è la jouno fille un triomphe momanlané suivi de souffrances à bref delai et è longue durée.(Vest a cette mode cruelle que tant de jeunes filles immolent do gaîté de cœur leur preoiouso santé.L\u2019anémie s implante facilement dans un terrain préparé comme à souhaits et il faut les vertus réellement ino^veillei'seH des l\u2019ilulus de Longue Vio «lu (JldniLte Honard pour avoir raison (le l'appauvrissement du sang, «le l\u2019état nerveux qu\u2019entraine l\u2019anémie, tjénéralemeut un traitement de six semaines à deux mots Hiilllt à ramoner la santé.(Jos Pi.ules se vendent üOcts la boite dans toutes les pharmacies et à la Cie Médicale Franco-Coloniale, dont L.K.Hari-«lon, pharmacien.202 rue St Denis, est le représentant a* titré.Ktrc poète, «\u2022 mes amis, n\u2019est t ien : Le 50 Ainsi s\u2019oxp presque générale chez les femmes, des \"nmüx'qu\u2019oiVcwulroVritlnvVnMT'16 eut les Eruptions Komroilm^lTJ,'.n!i!b\u201eo m.!!lüS V\"\u2019,lc\"tes Migraines et très sou- d'hui les M la Perte de l\u2019i V0»H\u201c Kr»|\"l\u201e.\u201e So,ill'll \u2014U».lu,U,\tS,;,\u201c Casse-tête Chinois du \u201c Samodi \u201d - Solation du Problème No 212 «ft L- .\u201e\u201e\u201e.lu formule puissante et\u2019eurativ, .pd/sons ié nom de\t\"\" ^ \",,,VCreolle- \u201c tnmvi Pilules des Invalides de Milton, .La l)oite, £5 cents '* l\u2019\u2019\\ K il-:/.-les m: \\ otkk hostiles ii La Milton Drug Company.H24 rue St-Laurcnt.Montreal.I -\u201c«h Outtrouréla solution juste: Mme J Rivet Mllo A IJéromo, MM IJ Moucher, L «rousseau.H Gagnon, A lleroux, ,1 U l.abello, .1 Livernois ' -Aî?n ,Ql ; M J H Picard (Charlcmagnc.QI; at 11°\tArcl10' Â1 .1 il Servais (Dan ville, Q); Mlle A l.ariyéo (Maisonneuve.Ql ; M I, ,!u-ÎJ?an e?1\t\u2019 M \u2022ISJRomliicriOtln- ua.Ont): M K Huard (Plessisvillo, Qi ; Mlle II Poliqmn MMLA.nyot.KMédani.V Des, Lamps h Parent (Québec, Q, ; Mlle F 1 Ma Marre (Ht MUc Tr'Sli.* \u2019 SJ' Cartier (St Laurent-, Q) ; (Hr n™|B S10 t! A'1 J K llcrecron, ,1 I, Lnmomlo (hcltoclido Québec, Q) : Mile M U Mrossard |CrM ?r\"iC,r
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